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08 août 2013 ~ 0 Commentaire

2011/2013 : vers une mondialisation de la « rébellion » ? (1)

2011/2013 : vers une mondialisation de la « rébellion » ? (1) dans Austérité A-Phony-Class-War_wide

Avec l’immolation du jeune vendeur tunisien de fruits et légumes, Mohamed Bouazizi, le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid s’est ouverte une période de révoltes massives dans différentes régions du monde.
D’abord l’ensemble du monde arabe, contre des régimes dictatoriaux captant les richesses au profit des clans, et où la vague révolutionnaire est loin d’être finie. Au Brésil et en Turquie, dans des pays qui ont connu ces dernières décennies des transformations vertigineuses. En Afrique du Sud, dans le secteur minier et parmi les agents publics face à une sanglante répression patronale et gouvernementale. En Europe de l’Ouest, contre les politiques d’austérité et la loi inique de la troïka, avec la levée des IndignéEs espagnolEs, des manifestations massives, des journées de grève générale et d’occupations radicales d’entreprises en Grèce ou au Portugal. Nouvellement intégrés à l’Union européenne, les pays d’Europe centrale ont connu de puissantes mobilisations contre des gouvernements corrompus et austéritaires. L’écho de l’indignation s’est même fait entendre auprès du monde du travail et de la jeunesse d’Israël.
L’Inde a connu une grève générale qui a mobilisé des centaines de millions de salariéEs, et la Chine, des grèves répétées dans les entreprises industrielles tandis que les campagnes sont parcourues d’explosions contre l’accaparement des terres. En Amérique du Nord, le mouvement Occupy Wall Street, les grèves radicales des agents publics dans le Wisconsin et le profond mouvement étudiant québé- cois ont secoué le continent ces deux dernières années… Il n’y a pas une identité unique de tous ces mouvements, les formes et les degrés en sont divers. Mais ils sont l’expression sur le terrain social et politique des bouleversements engendrés par la mondialisation financière et l’é-  puisement d’un système qui se traduit dans une crise économique globale. Dans ce dossier d’été, nous allons modestement essayer de montrer, au-delà de la diversité des conditions et des rythmes, l’émergence d’un nouveau mouvement de contestation social et politique, d’une nouvelle radicalité.
Mondialisation, crises et révoltes Nous vivons une ère de révoltes massives, aux formes et aux degrés divers. Ces révoltes renvoient à deux composantes de la situation économique mondiale : la poursuite de la mondialisation capitaliste et la crise du système.
La globalisation capitaliste ébranle sociétés et liens traditionnels. C’est aujourd’hui que s’accomplissent pleinement les intuitions prophétiques de Marx dans le Manifeste : tous les liens traditionnels sont brisés « pour ne laisser subsister d’autre lien, entre l’homme et l’hom- me, que le froid intérêt, les dures exigences du « paiement au comptant » (…) les eaux glacées du calcul égoïste. Elle [la bourgeoisie] a fait de la dignité personnelle une simple valeur d’échange ; elle a substitué aux nombreuses libertés, si chèrement conquises, l’unique et impitoyable liberté du commerce. En un mot, à la place de l’exploitation que masquaient les illusions religieuses et politiques, elle a mis une exploitation ouverte, éhontée, directe, brutale ».

Mardi 6 août 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 206 (01/08/13)

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08 août 2013 ~ 0 Commentaire

Turquie : « l’esprit de Gezi » bien vivant (3)

Turquie : « l’esprit de Gezi » bien vivant dans Europe fest-noz

Fest Noz (Kurde) à Taksim

Si la « révolte de juin » a constitué une mobilisation sans précédent dans l’histoire de la Turquie, elle fut aussi une première défaite pour le Premier ministre Erdogan, une première brèche dans le projet hégémonique néolibéral-conservateur de l’AKP.
La révolte fut engendrée par le projet de destruction d’un des seuls parcs publics du centre-ville d’Istanbul pour y construire un centre commercial, mais il est évident qu’elle fut le résultat d’un ras-le-bol général. Le rejet des politiques y a été central :
- Politiques néolibérales et écocides. Précarisation et privatisations. « Rénovation urbaine » ayant pour effet le déplacement des couches défavorisées (surtout kurdes et gitanes) vers la périphérie. Construction de centrales nucléaires et hydroélectriques polluant les rivières. Projet de construction d’un troisième pont à Istanbul et d’un canal de 50 kilomètres dévastateurs pour l’environnement…
- Politiques sécuritaires et antidémocratiques. Arrestations arbitraires (envers les Kurdes, les révolutionnaires et des membres de l’armée suspectés d’avoir participé à des réunions de préparation de coups d’État). Longue période de détention préventives et procès interminables. Violences policières. Criminalisation de toute contestation. Impunité des responsables d’actes meurtriers (comme l’assassinat du journaliste arménien Hrant Dink).
- Politiques conservatrices, patriarcales et identitaires (sunnites). Tentative d’interdiction de l’avortement. Sacralisation de la famille. Cours sur le Coran et sur la vie du prophète dans l’enseignement secondaire. Restriction de la vente d’alcool. Refus d’accepter les revendications de la minorité musulmane Alévi…
À cela s’ajoutent le style autoritaire d’Erdogan et la politique interventionniste à l’égard de la Syrie. Les ingrédients de la potion magique qui transforma nombre de citoyens en « résistants ».

Préparer la prochaine vague Lors des manifestations et des affrontements, plus de 2 millions et demi de personnes ont pris part aux événements. La moyenne d’âge des résistants est de 28 ans. Des jeunes travailleurs en entreprise, des « cols blancs » en proie à la préca- risation, des lycéens… Mais le plus exceptionnel et enthousiasmant fut la participation massive de jeunes femmes, plus de la moitié des résistants ! Il faut aussi souligner une présence importante des LGBT tout autant sur les barricades que dans la « commune de Gezi », ce qui a eu comme conséquence une gay-pride de plus de trente mille personnes à Istanbul ! La résistance entraîna ainsi un contact entre différents secteurs de la société. La participation des Kurdes (réticents au début du mouvement) et des musulmans anticapitalistes et révolutionnaires fut aussi important.
Après l’évacuation violente du parc Gezi, le gouvernement a déclenché une véritable chasse aux sorcières : plus de 700 gardes à vue et une quarantaine d’arrestations. Cependant, la mobilisation continue à travers les forums nocturnes dans les parcs de quartiers et diverses activités locales comme les repas de rupture du jeûne (iftar) organisés par les musulmans anticapitalistes. Bien entendu, le risque d’essoufflement du mouvement existe, mais la rentrée et l’ouverture des universités peuvent le ­revivifier. La gauche radicale doit se préparer à la prochaine vague de mobilisation, car quoi qu’il en soit, « l’esprit de Gezi » ne s’épuisera pas facilement. Les murs  de la ville en témoignent : « Rien ne sera plus comme avant ! » D’Istanbul, Uraz Aydin http://npa2009.org/node/38413

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02 août 2013 ~ 0 Commentaire

Trappes : « Le gouvernement a choisi de répondre à la révolte sociale par la répression…

Trappes : « Le gouvernement a choisi de répondre à la révolte sociale par la répression...  dans Austérité trappes

… plutôt que de s’attaquer aux causes de la misère »

Trappes (29 400 habitants) est une des six communes de la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines. En 2012, le taux de chômage y était de 15, 8 % et 62 % des jeunes sont sans diplôme ou ont un diplôme inférieur au bac. À l’élection présidentielle de 2012, Hollande avait obtenu 77 %, Sarkozy 23 %, et l’abstention avait été de 23, 6 %.
Trois jours après le contrôle de la jeune femme portant le niqab, la ville est redevenue calme comme avant les événements surmédiatisés. Le niqab, un masque pour cacher le malaise social qui s’aggrave depuis de nombreuses années. Un vieux trappiste déclare : « L’islam n’est pas à l’origine de cette révolte de la population, mais sans aucun doute le manque de vision d’avenir et l’agressivité quotidienne de la police vis-à-vis des jeunes. »
La population jeune subit la crise de plein fouet : un chômage important et des problèmes pour se loger. La ville est livrée aux promoteurs par le maire PS et la prétendue « rénovation urbaine » (des digicodes, des kilomètres de grilles autour des squares) répond aux normes d’architecture sécuritaire et les camionnettes de CRS ont repris leurs rondes… La jeunesse est profondément déçue et en colère, mais c’est une grande partie de la population qui est touchée : impôts parmi les plus chers de la ville nouvelle, une vie associative bien affaiblie… C’est la mosquée ou l’Union des musulmans de Trappes qui créent aujourd’hui du lien social dans les quartiers. On constate désormais que le discours de quelques intégristes est de plus en plus audible auprès de certains jeunes désorientés. Tabassages, mises en examen, condam- nations, tournoiement des hélicoptères afin de mettre la pression sur la population, et la déclaration de Valls (« Acceptez les lois de la République dans tous les sens ») sont donc les seules réponses du gouvernement…

Tout est à nous ! a choisi de donner la parole à Guilaine Geffroy, assistante sociale à Trappes, et Didier Cordry, élu municipal, qui militent tous deux au NPA. Des témoignages qui tranchent, dans le concert d’inepties médiatiques et de propagande politicienne.

Quelles sont les difficultés sociales auxquelles tu es confrontée dans ton travail à Trappes ?
Guilaine  : Les habitantEs de Trappes vivent les mêmes conditions de vie que la majorité de la population. Leur enfer est celui vécu dans les quartiers populaires : s’épuiser à chercher du travail ou en menant de front plusieurs boulots précaires chez des employeurs différents, tenter de régler les factures, effectuer des démarches administratives devenues chaque jour plus complexes, résoudre les problèmes familiaux et éducatifs avec leurs enfants…  Parmi les plus exposéEs, les femmes seules ou les sans papierEs se débattent dans un cumul de difficultés. Cette misère pèse aussi sur les jeunes. La plupart tentent de s’insérer, avec beaucoup de difficultés. Certains sortent du système scolaire sans aucun diplôme. D’autres, qui arrivent à s’accrocher scolairement, sont obligés de quitter leurs parents très tôt et de s’autonomiser, vivre en foyer ou du bizness pour s’en sortir. Les obstacles sont nombreux, et plus difficiles à franchir quand on est pauvre !

Quel est la responsabilité de la politique municipale dans cette situation ?
Didier  : La liste d’attente en logement sociaux sur Trappes est d’environ 5 ans… Le coût d’un loyer dit HLM est quasiment le même que dans le privé. La population de Trappes est la plus pauvre de toutes les communes de la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines et les prestations municipales les plus chères. Cherchez l’erreur ! Il y a aussi un manque de places en crèche. Autrefois très actif, le tissu associatif est aujour- d’hui en difficulté, à cause de la politique de l’équipe actuelle qui taille à la hache les subventions. Le maire PS, qui s’est fait élire par un électorat votant à gauche, applique une politique « de droite ». Bien qu’élu au premier tour, il ne l’a été que par un quart des électeurs inscrits, avec un taux d’abstention de 50 %. Les quartiers en difficultés se sont le plus abstenus. Le maire dirige la ville sans toujours tenir compte des avis et des besoins de sa population. Dernier exemple en date : la mise en place à marche forcée des nouveaux rythmes scolaires dès la prochaine rentrée, malgré l’opposition des parents d’élèves et des équipes pédagogiques.

Les derniers événements étaient-ils prévisibles ?
Guilaine  : Bien évidemment oui ! Face à la galère, l’obscénité des richesses affichées par les capitalistes et les exemples donnés par les politiciens sont des modèles désespérants. Aucune possibilité pour les jeunes de se projeter dans l’avenir. Cette explosion correspond à des réactions de ras-le-bol, dans un contexte de ramadan et de contrôles au faciès. De Sarko à Valls, pas de changement !
Didier : Compte tenu des problèmes, il est même étonnant que ça n’explose pas plus souvent. Les groupuscules religieux fanatiques cherchent à surfer sur la vague de la misère en profitant du vide créé par les services de l’État qui a laissé faire, et la municipalité avec, pensant acheter une relative paix sociale.

Comment la population de cette ville perçoit cette situation (avant et depuis les affrontements) selon les éléments que vous en avez ?
Guilaine : Se débattre tous les jours avec ses problèmes demande beaucoup de temps et d’énergie. Cela laisse peu de temps pour caillasser des commissariats de police ou casser des abri-bus. Ceux qui parlent, et c’est sans doute la majorité, déplorent ce type d’actions voire les dénoncent. Ils attendent plutôt des solutions concrètes à leurs problèmes. Ils se sentent laissés à l’abandon depuis des années. Un signe qui ne trompe pas : l’année dernière, Philippe Poutou a été très bien accueilli au marché de Trappes. Les habitantEs demandent de véritables mesures sociales, comme le droit à l’emploi, l’accès au logement, à la santé, à l’éducation, aux loisirs.
Didier : Les victimes sont nombreuses. Les jeunes, déjà discriminés, vont l’être encore plus dans leur recherche d’emploi. Le gouvernement va trouver prétexte à durcir sa répression car il a choisi de répondre à la révolte sociale par la répression plutôt que de s’attaquer aux causes de la misère.

Propos recueillis par Cathy Billard

Correspondant Jeudi 1 août 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 206 (01/08/13)

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30 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Grève dans les McDonald’s de New York (Jdd)

Grève dans les McDonald's de New York (Jdd) dans International macdo

D’autres fast-foods du pays devraient être touchés cette semaine. Les employés des fast-foods new-yorkais ont fait grève lundi pour protester contre leurs conditions de travail et demander des hausses de salaires, rapporte CBS News. Les restaurants McDonald’s, Burger King et Wendy’s de la ville étaient notamment touchés. Les employés veulent que le salaire minimum passe de 7,25 dollars de l’heure à 15 dollars, soit de 5,5 à 11 euros. La campagne a été lancée par l’organisation Fast Food Forward, qui proteste contre la prolifération d’emplois mal rémunérés, dans un pays qui se relève tout juste de la crise. International  |  30/07/2013 – 10:31

http://www.lejdd.fr/International/Depeches/Greve-dans-les-McDonald-s-de-New-York-621618

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29 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Lamballe, près de 4 000 personnes recherchent un emploi (OF)

 Lamballe, près de 4 000 personnes recherchent un emploi (OF) dans Chômage & précarité gueule

Fin mai, près de 4 000 personnes étaient inscrites à Pôle emploi, à Lamballe. Parmi elles, 2 237 n’exercent aucune activité.

Les femmes majoritaires La part des femmes a augmenté de 14,7 % en un an, contre 21,1 % pour les hommes. « Les femmes sont repré- sentées dans l’emploi agroalimentaire et dans l’assistance auprès d’enfants. Elles restent inscrites car ce n’est pas une activité à temps plein et elles peuvent avoir plusieurs employeurs », fait remarquer Hervé Le Pottier, directeur de Pôle emploi.

Les jeunes souffrent Les moins de 25 ans sont les premiers à subir des difficultés : 662 jeunes sont concernés par le chômage. En un an, leur nombre a augmenté de 23,7 %. « Le territoire de Lamballe fonctionne beaucoup avec l’intérim. Si l’intérim ne fonctionne pas, les jeunes sont touchés », observe le directeur.

Le poids de l’intérim Sur les 4 000 demandeurs d’emploi du bassin, 1 095 sont des intérimaires. Soit 3 % de l’intérim breton. « Contre 5 % pour le bassin briochin alors que nous avons trois fois moins de demandeurs d’emploi ! C’est un poids énorme. » Emploi lundi 29 juillet 2013

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Bassin-de-Lamballe.-Pres-de-4-000-personnes-recherchent-un-emploi_40771-2216116-pere-bre_filDMA.Htm

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28 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Égypte : un spectre hante le monde

Égypte : un spectre hante le monde dans International Egypt-Youth-We-Shall-Overcome

Les coups d’État militaires de juillet 2013 et février 2011 ont les mêmes raisons, couper l’herbe sous le pied à la révolution pour l’empêcher d’aller plus loin sur le terrain social.

Mais ils diffèrent aussi et cela a des conséquences. Le premier coup d’État avait surpris. Annoncé 48 heures à l’avance, le second était aussi appelé par les libéraux et les socialistes nassériens, avec le soutien critique d’une partie des démocrates. Et cela contre le moteur de la révolution populaire du 30 juin qui se faisait, elle, contre la politique sociale du gouvernement. Le soutien au coup d’État par la majorité de l’opposition, y compris de gauche, a déporté et polarisé la colère sur des affrontements laïcs / religieux, ce qui permet aujourd’hui aux Frères musulmans de mobiliser (infiniment moins toutefois que la révolution) en affichant un combat à la vie à la mort.

Joie et méfiance Si les libéraux et les nassériens sont au gouvernement, de même que trois femmes et trois coptes, c’est l’expression tout autant de la pression révolutionnaire que de la trahison de l’opposition. Ainsi le secrétaire de la principale des nouvelles confédérations syn- dicales, un nassérien nommé ministre du Travail, promet des hausses de salaires mais appelle les travailleurs à travailler plus pour sauver l’économie et à renoncer aux grèves. Cela donne l’orientation de fond du gouvernement et désarçonne certains révolutionnaires frustrés d’une victoire détournée à de telles fins.
La partie de l’opposition démocrate qui n’applaudit pas au coup d’État montre, elle, son absence d’influence profonde sur le mouvement. Pour eux, Morsi ne dirigeait que pour son clan, il y avait insuffisance à approfondir la démocratie, à distribuer l’excédent économique pour réduire pauvreté et inégalité… Mais la rue ne se dresse pas seulement contre un dirigeant ou une politique mais contre un régime d’accumulation des richesses et demande la fin de toute exploitation et injustice.
Le fleuve révolutionnaire, quand à lui, est sans parti pour dire tout à la fois sa joie du départ de Morsi, sa méfiance de l’armée et le maintien des objectifs sociaux. Il choisit la ligne de moindre résistance : beaucoup de gens ont exprimé seulement leur joie en applaudissant l’armée, affichant moins la revendication de « pain, justice sociale et liberté », ne l’oubliant pas mais attendant de voir la suite. Ce qui se paie momentanément en temps perdu et en souffrances.

Une marche lente et progressive En Occident, surtout à gauche, après « l’hiver islamiste », un nouveau consensus apparaît : faire tomber des dictatures serait sans effet ou contre-productif. La rue peut faire tomber les gouvernements mais ne réussit pas à aller beaucoup plus loin, car elle n’a pas d’organisation, de programme, d’expression politique. Moubarak et Morsi sont tombés… et l’armée a toujours le pouvoir. Au nouveau gouvernement, on trouve certes l’opposition du FSN mais trois ministres du précédent, des anciens du parti de Moubarak, des technocrates et représentants de la finance inamovibles, des militaires toujours…
De là percent diverses formes de déconsidération ou de soupçon. Tamarod aurait joué aux apprentis sorciers ; l’armée, l’État profond, les Feloul, la CIA, Israël, l’Arabie Saoudite et même le grand patronat copte se trouveraient derrière les foules… Tout cela n’est que peur et aversion envers le peuple (et fait monter l’anti-américanisme en Égypte).
Car la révolution continue à avancer. Depuis 6 mois, le plus marquant, c’est la croissance du recours aux comités populaires, une marche lente et progressive vers l’auto-organisation. Ces jours-ci, ce sont des résidents des classes simples, de Mahalla à Kafr El-Sheikh, d’Alexandrie au Caire, qui dispersent eux-mêmes les Frères musulmans lorsqu’ils menacent leur sécurité ou leur gagne-pain par des sit-in et coupures de routes.
Cette confiance des hommes et des femmes ordinaires en eux a été considérablement accrue par le 30 juin. Peu à peu, ils sont en train d’imposer leur réalité et leur révolution au pays… et au globe. Un spectre hante à nouveau le monde.

Jacques Chastaing Vendredi 26 juillet 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 205 (25/07/13)

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24 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Trappes : « Il y a un abus de pouvoir de la part de certains policiers » (JDD)

Trappes :

INTERVIEW – Pour Béchir Lassoued, président de l’Union des musulmans de Trappes, le dialogue entre la police et les citoyens est primordial pour éviter des débordements comme ceux de ce week-end.

Les violences qui ont eu lieu dès vendredi soir, à Trappes, ont fait suite au contrôle houleux par la police, jeudi, d’une femme musulmane portant un voile intégral. Pour Béchir Lassoued, président de l’Union des musulmans de Trappes qui organise le culte musulman et dialogue avec les pouvoirs publics locaux, il existe un ras-le-bol de la jeunesse, qu’un meilleur dialogue entre institutions et citoyens peut contribuer à apaiser.

Comment expliquer les événements qui ont eu lieu ce week-end?  Il y a un ras-le-bol de la jeunesse, qui n’a pas de travail, et qui tourne en rond. Si on ajoute à cela un climat d’islamophobie, et certains contrôles de police au-delà du normal, on peut considérer que ce week-end, les jeunes ont craqué.

Peut-on parler d’une radicalisation religieuse de cette jeunesse?  Absolument pas! Parmi les jeunes musulmans que l’on a vus s’opposer à la police, la plupart ne font même pas la prière. Et cela, sans compter tous les jeunes non pratiquants ou non musulmans. Il n’y a pas de radicalisation.

«Certains rapportent des grossièretés lors de contrôle de police.»

Les contrôles de police sont-ils abusifs envers les membres de la communauté musulmane de Trappes?  En France, le voile intégral est interdit. Une femme portant un niqab doit accepter le contrôle de police, montrer son visage et présenter une pièce d’identité, comme tout citoyen. C’est tout à fait normal, c’est la loi. Mais il y a contrôle et contrôle. A la mosquée, certaines personnes rapportent des grossièretés lors de contrôle de police. Tout n’est peut-être pas vrai, mais les gens ne viennent quand même pas se plaindre par plaisir. Il y a un abus de pouvoir de la part de certains membres de la police.

Quelle est l’attitude de la police?  Il y a quelques années, nous avions un commissaire qui allait sur le terrain, qui dialoguait avec les gens, et il n’y avait pas de tension entre la police et la population. Aujourd’hui, les nouveaux commissaires dialoguent moins et ne sont plus aussi présents. Mais nous demandons le dialogue, que la police vienne nous voir, discuter. Nous appelons toujours au dialogue. Il y a des musul- mans, des chrétiens, des juifs… nous pouvons arriver à vivre tous ensemble. Il faut que chacun se dise qu’on vit ensemble, et qu’il n’y a pas d’autre choix. Il faut respecter la loi de la République.

Les événements de ce week-end peuvent-ils ouvrir une possibilité pour renouer le dialogue que vous souhaitez?  Avec les responsables de la mosquée de Trappes, nous sommes allés au commissariat vendredi à 17h30, avant le début des violences, pour dialoguer avec la police. Nous avons rencontré l’adjoint du commissaire, qui a dit qu’il maîtrisait la situation et n’a pas beaucoup échangé avec nous. A 20h30, les violences commençaient. Mais le lendemain, nous avons appelé au dialogue et à l’apaisement dans différentes prières. Nous avons joint le maire de Trappes, les Renseignements Généraux nous ont contactés, et nous avons été reçus par le directeur de la police des Yvelines. Nous sommes donc sur la bonne voie. Nous pouvons travailler la main dans la main dans un respect mutuel, pour éviter que cela se reproduise.  Thibaut Sardier – leJDD.fr lundi 22 juillet 2013

http://www.lejdd.fr/Societe/Actualite/Trappes-Il-y-a-un-abus-de-pouvoir-de-la-part-de-certains-policiers-620458

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24 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Le message de la jeunesse brésilienne (Al’e)

Le message de la jeunesse brésilienne (Al'e) dans International americanlife

Au moment où les mobilisations au Brésil, dans leur dynamique, faisaient s’écrouler le mythe d’un  Brésil nouveau paradis des «classes moyennes» et qui connaissait une «croissance qui en fera la cinquième économie du monde», l’ex-président Lula s’est tu.

Pourtant la police exerçait une répression brutale, en particulier le 13 juin 2013 à São Paulo. Depuis cette date des couches de jeunes d’origine plébéienne se sont «ajoutées» aux manifestations. Le 3 juillet 2013, la grève des camionneurs a fortement paralysé ce pays-continent. Ces mobilisations ont mis en lumière la crise de crédibilité du système et du régime politique brésilien. Aujourd’hui, l’avenir de Dilma Rousseff lors des prochaines élections présidentielles n’est pas assuré.

C’est le moment pour Lula, comme une sorte de patron-sauveur du Brésil, d’intervenir… dans le New York Times! Et de répondre aux vœux du Capital des castes politiciennes et syndicales qui se résument en un cri: «que Lula revienne !» Lula et le pape Francesco –  pour présider les Journées mondiales de la Jeunesse – se donnent la main. Le but: canaliser la colère de la jeunesse et des couches populaires à qui il faut apprendre un «mode de vie austère»! Le goupillon franciscain et le Lula pétiste (Parti des travailleurs) se doivent de regagner du terrain sur le «rugissement de la rue»; et pour le Vatican marquer quelques buts contre les Eglises évangéliques. Publié par Alencontre1 le 22 – juillet – 2013

http://alencontre.org/ameriques/amelat/bresil/le-message-de-la-jeunesse-bresilienne.html

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23 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Trappes, les musulmans et le racisme d’Etat (Noël Mamère)

Trappes, les musulmans et le racisme d’Etat (Noël Mamère) dans Antiracisme

Trappes, la ville de Jamel Debbouze et d’Omar Sy, ne rigole plus avec ses humoristes. Des centaines d’habitants ont attaqué le commissariat, à coups de pierres, symbole pour ces jeunes Français, issus de la colonisation, de l’atteinte à leur dignité. Le motif de cette poussée de violence ? L’exigence de libérer un homme qui avait osé protester contre l’interpellation de sa femme par des policiers ; elle portait le voile intégral, les policiers voulaient contrôler son identité.

Ces faits posent d’emblée trois questions :

  • Où est passée la police de proximité promise par la gauche qui devait remplacer les BAC et autres compagnies de CRS dans les quartiers dits sensibles ?
  • Pourquoi interpeller en plein ramadan une jeune femme voilée, sachant que durant cette période, un tel geste peut être interprété comme une provocation à l’égard des populations musulmanes ?
  • Enfin, la loi sur le voile intégral est-elle pertinente ?

Des lois productrices de discriminations

J’ai fait partie des rares députés qui ont toujours considéré les différentes lois sur le voile comme productrices de discriminations et de vio- lences potentielles. Nous y sommes. Si l’on ajoute à cela le refus de Manuel Valls d’appliquer la promesse de François Hollande d’en finir avec le contrôle au faciès, une telle conjonction ne pouvait que produire le type d’émeute à laquelle nous venons d’assister. Les déclarations mar- tiales du ministre de l’Intérieur, les vociférations de Christian Estrosi, Hortefeux et Le Pen n’y changeront rien. La révolte de Trappes nous oblige aussi à réfléchir sur la vague d’islamophobie qui s’est emparée de notre pays. Le ministre de l’Intérieur, cette dernière semaine, dénon- çait la multiplication des faits anti-musulmans dans plusieurs villes de la périphérie parisienne, à Chanteloup-les-Vignes et à Argenteuil. A Marseille, la question du voile revient au centre de l’actualité et avec elle, celle de la place des musulmans dans la société.

Le boomerang du racisme d’Etat

Au nom de l’universalisme, on a trop longtemps eu tendance à nier le rôle de la religion dans la société française. L’Etat a fait de l’Islam – deuxième religion de France – un culte discriminé sans que le législateur tente de résoudre les problèmes vécus au quotidien par les fidèles (comme les carrés musulmans au sein des cimetières, la régulation du marché de la viande hallal ou la construction des mosquées). Sous prétexte de combattre les signes religieux ostentatoires, on a privilégié la seule lutte contre le voile et inventé de nouvelles discriminations pour des femmes qui se voient doublement mises à l’index : en tant qu’arabe et musulmane, ne pouvant plus travailler dans certains établis- sements, et stigmatisées dans tous leurs actes quotidiens. De fait, un racisme d’Etat, utilisant l’amalgame entre musulmans, islamistes, terro-ristes et immigrés, s’est lentement insinué dans la société française, préparant le terrain à des conflits de civilisations à l’échelle des territoires. Le moment est venu pour la France de prendre cette question à bras-le-corps. Si on ne lui donne pas de réponse autre que répressive, elle va nous revenir au visage comme un boomerang.

Trente ans après la marche pour l’égalité

Le problème que nous rencontrons se joue dans le cadre franco-français, dans un pays qui a érigé la laïcité en dogme. Mais – et c’est là toute la difficulté – il est marqué par un contexte international où l’islam politique a pris le pouvoir dans plusieurs sociétés musulmanes, à la faveur des printemps arabes. Dans ces sociétés, comme la Tunisie ou l’Egypte, les classes moyennes refusent à juste titre ce qu’elles considèrent comme un dévoiement théocratique de leur révolution. Elles ont raison et nous les soutenons. Mais cette solidarité ne doit pas nous faire oublier qu’en France, ce sont des populations discriminées qui se revendiquent de l’Islam. Il faut donc refuser tout amalgame entre les deux situations et tracer les chemins d’un dialogue pour parvenir à apaiser les tensions. Malheureusement, en temps de crise morale, économique et sociale, il est tellement plus facile pour de nombreux responsables politiques d’utiliser les musulmans comme des boucs émissaires, que de trouver les mots d’apaisement et de prendre le temps de comprendre pourquoi on en est arrivés là. Mais Trappes, trente ans après la marche pour l’égalité et contre le racisme, nous oblige aussi à reconsidérer la politique de la ville menée par les gouvernements de droite et de gauche. Depuis novembre 2005 et les révoltes urbaines généralisées, rien n’a été fait pour répondre aux préoccupations des habitants des quartiers populaires.

L’américanisation des banlieues françaises

L’Etat a démontré son incapacité à apporter des réponses à la lutte contre le chômage des jeunes, aux questions d’éducation et de formation, à l’enclavement des quartiers et à la relégation des habitants. Cette inertie a favorisé la fuite d’une partie de ses habitants a créé, malgré le dis- cours ambiant sur la mixité sociale, des ghettos où sont concentrées des populations en fonction de leur appartenance ethnique et reli- gieuse. Or, de nouveaux conflits urbains dessinent le portrait d’une France séparée. Cette américanisation des banlieues françaises est en contra-diction absolue avec le rappel intangible des principes républicains, rabâchés par ceux qui croient encore vivre sous la Troisième République.

La vulgate anticommunautariste n’est qu’un prêt-à-penser inutile pour comprendre notre société multiculturelle. Il faudra un jour dépasser cette contradiction :

  • ou accepter une certaine logique communautaire, en s’appuyant sur les forces vives de « l’empowerment », c’est à dire la capacité des populations à faire surgir en leur sein de nouvelles élites urbaines, comme aux Etats-Unis ou en Afrique du Sud ;
  • ou appliquer l’égalité réelle des droits, ce qui suppose un investissement sans commune mesure avec nos capacités actuelles. Mener les deux de front, c’est possible et cela porte un nom : la société du bien vivre ensemble.
Noël Mamère Député de Gironde Publié le 22/07/2013 à 18h09

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23 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Universités, l’Unef pointe des « frais illégaux » à Rennes, Nantes et Brest (LT)

Universités, l'Unef pointe des

Vingt-quatre établissements du supérieur, dont Rennes 1, l’UBO et Centrale Nantes, imposeraient des frais d’inscription « illégaux » à leur étudiants, selon l’Unef. Le syndicat dénonce par ailleurs des « sélections illégales » des étudiants dans 27 universités, mais aucune en Bretagne. 

La cuvée 2013 du dossier Unef sur le non-respect par les universités et les établissements publics de l’enseignement supérieur de leurs obligations en matière d’accueil des étudiants vient de sortir. Comme chaque année, le syndicat pointe notamment les « frais d’inscription illégaux » ayant cours dans plusieurs d’entre eux.

« Frais de dossier » ou de « sport » Cette année, l’AgroCampus Ouest et l’Université de Rennes 1 sont notamment pointés du doigt pour des « frais pédagogiques » à hauteur de 750 euros demandés aux étudiants en Master 1 et 2 co-habilités dans les deux établissements, frais « dont les prestations ne sont pas définies », dénonce le syndicat. L’AgroCampus Ouest, présent à Rennes et Angers, est également accusé de demander 50 euros de « frais de dossier » à l’inscription. L’Ecole Centrale de Nantes est pointée du doigt pour ses 92 euros de frais de dossier à l’inscription au concours. L’Université de Bretagne occidentale (rebaptisée Bretagne Ouest dans le document de l’Unef), enfin, apparaît au titre des 25 euros qu’elle demande pour « frais de sport ». C’est d’ailleurs sous cette dénomination, correspondant à des sommes de 10 à 50 euros, que sont pointés le plus grand nombre d’établissements. Le « record » de l’année reviendrait à l’Institut national polytechnique de Toulouse (INPT), où l’inscrip- tion au diplôme d’ingénieur s’élève à 9.000 euros contre un tarif réglementé de 606 euros. Le montant de 9.000 euros « concerne seulement une cinquantaine d’étudiants de masters internationaux, majoritairement dispensés en anglais », a précisé l’établissement.

« Prestations clairement identifiées » La tendance est plutôt à l’amélioration avec 24 établissements épinglés, contre 30 l’an dernier et plus 50 en 2005, souligne toutefois le syndicat.  Une baisse que souligne également dans un communiqué la ministre de l’Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, ce qui « témoigne de l’engagement des établissements à y mettre fin ». La ministre « a demandé que soit procédé à l’examen rigoureux des informations » rendues publiques par l’Unef.  « Les recteurs seront saisis pour rappeler à l’ordre les universités qui sor- tiraient de la légalité » et « le cas échéant, l’Etat prendra ses responsabilités pour y mettre fin », assure Geneviève Fioraso. »Si les universités dis- posent de la possibilité de réclamer des droits d’inscription complémentaires, ceux-ci doivent être facultatifs dès l’inscription, correspondre à des prestations clairement identifiées et qui ne relèvent pas du coeur des missions de service public des universités », rappelle la ministre.

Une « tendance » à la sélection Vingt-sept universités pratiquent une sélection illégale des étudiants après le bac, dénonce par ailleurs l’Unef. « De plus en plus d’établissements choisissent de limiter le nombre de places disponibles dans leurs licences par un processus de sélec- tion », déplore le premier syndicat étudiant dans son rapport annuel sur les dérives des universités.  « Cette nouvelle tendance » est « en totale contradiction avec la loi, qui stipule que la sélection d’un bachelier pour l’accès aux premiers cycles universitaires est prohibée », ajoute le syndicat.  Parmi les mises en cause figurent les universités de Savoie (pour ses licences de physique-chimie), Bordeaux 1 (mathématiques), Paris I et Paris X (droit franco-allemand), Bourgogne (Administration économique et sociale), Rouen, Marne-la-Vallée, etc.

« Pré-requis » ou non ? Certaines universités s’abritent, selon l’Unef, derrière le fait que des formations spécialisées nécessitent des « pré- requis », par exemple en musique. Le syndicat rejette cet argument au motif qu’une formation de licence « est censée être adaptée au niveau baccalauréat ».  Cette pratique résulte du « manque de moyens » des établissements, dont 16 prévoient d’être en déficit à la fin de l’année, selon le syndicat. Dans ce contexte, certaines « préfèrent réduire le nombre d’étudiants plutôt que d’affecter leurs moyens à l’embauche d’enseignants et au maintien de leurs capacités d’accueil », ajoute l’Unef. Elle a pour conséquence de pousser les étudiants « dans les bras du privé », estime le syndicat. Selon son rapport, seuls 32,2% des bacheliers suivent des cours en faculté aujourd’hui contre 39,1% en 2005, alors que la progression des étudiants dans le privé a augmenté de 32% au cours de cette période.

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