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22 août 2019 ~ 0 Commentaire

contre g7 (libération rdf)

contre g7

Au contre-G7, «des unions pour faire avancer nos idées»

Si la présence de représentants politiques au Pays basque a agacé certains militants, d’autres ont prôné la convergence.

Au milieu des militants associatifs et des responsables d’ONG rassemblés à Hendaye (Pyrénées-Atlantiques) et Irún, quelques élus de gauche ont pointé une tête à l’ouverture du contre-sommet du G7 mercredi.

Parmi eux, David Cormand, eurodéputé et secrétaire national d’Europe Ecologie-les Verts (EE-LV), et Eric Coquerel, député insoumis (LFI), sont venus se faire secouer en participant à une conférence organisée par Attac, autour des «voies de l’émancipation, de l’échelon municipal à l’international».

Un thème vite dépassé au moment des échanges avec le public, quand les interventions se sont concentrées sur le rôle des responsables politiques dans la transition vers cet «autre monde» que le contre-sommet appelle de ses vœux. «Il faut réussir à s’accorder entre forces de gauche. Mais le leadership des partis et leur système pyramidal, c’est terminé !» tonne une participante. «Vous vous en êtes pris plein la tête», résume un autre, avant de suggérer aux élus sur scène de démissionner pour laisser place à un système de tirage au sort.

«Prêcheurs de vérité»

Olivier Besancenot, toujours porte-parole du NPA et invité de dernière minute à la conférence, se dévoue pour répondre :

«Je ne suis plus candidat à rien, sinon à la révolution, mais je suis venu plaider de l’intérêt de la politique pour avancer sur les grands enjeux auxquels on est confrontés aujourd’hui. Et dans ce lieu, on a l’occasion de discuter vraiment, en s’extrayant de l’agenda minuté de la République.»

A la sortie de la salle de conférence, quelques militants fulminent. «Ils ont été secoués, et c’est tant mieux. Qu’est-ce que c’est que cette idée d’organiser leur université d’été [du 22 au 25 août pour LFI, et du 22 au 24 pour EE-LV] en même temps que le contre-G7, puis d’y venir pour prôner l’unité ?» s’agace Marie.

Bernard, venu d’Aix-en-Provence, ne trouve à l’inverse «aucun inconvénient» à leur présence. «Je pense qu’en tant que militant d’Attac depuis vingt ans, je fais de la politique. Et pour faire avancer nos idées, il faut des unions. Les événements de ce type sont des bonnes occasions de discuter ensemble.»

Plus loin, Pierre, la soixantaine, approuve la venue de quelques élus. Mais «à la condition qu’ils sachent apprendre des autres mouvements sociaux sans rester dans leur posture de prêcheurs de vérité, précise-t-il. Ils viennent de nous faire un exercice vertueux d’union mais je doute de sa pérennité».

Descendu de l’estrade, Eric Coquerel tient lui aussi à parler d’unité pour repousser des critiques qui ont visé LFI en premier lieu. «Même si la situation est un peu houleuse, c’est un début de convergence nécessaire, dit le député de Seine-Saint-Denis.

On est d’accord pour condamner le G7, mais regardez septembre : des journées de mobilisation sont prévues presque tous les jours. Ce n’est pas possible de continuer lutte par lutte, il faut plus d’union.» Cormand temporise et retient le positif. «Il y a quelques années, cela aurait été beau-coup plus raide. Je retiens surtout que les militants étaient là pour nous interpeller et non pour dire que nous n’avions pas notre place ici.»

Discuter et travailler avec des responsables politiques n’a pas toujours été une évidence pour le mouvement altermondialiste, qui a toujours œuvré à faire émerger des initiatives locales fonc-tionnant sur une autre logique que celle du libéralisme.

Mais «aujourd’hui ceux qui ne veulent pas entendre parler des élus sont bien plus minoritaires, souligne Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac et modératrice du débat. Les initiatives locales et concrètes, c’est formidable et indispensable.

Mais comment on les transforme en modèle dominant ? Sans pouvoir politique, je ne vois pas. Certaines urgences, notamment climatiques ou de réglementation de la finance, ne peuvent pas être réglées uniquement par le bas.»

«Voie claire et crédible»

Un point de vue partagé par Txetx Etcheverry, cofondateur de l’association Alternatiba qui s’échine pourtant à faire émerger des schémas locaux de réponse à la crise sociale et écologique.

«Aujourd’hui, les plus ardents promoteurs du libéralisme arrivent à se poser en alternative à leur propre système, en reprenant des éléments du discours des associations, analyse le Basque. Ce n’est donc vraiment pas le moment de tomber dans le sectarisme. Chacun doit remplir sa fonction, politiques compris, si nous voulons proposer une autre voie claire et crédible.»

Le contre-G7, avec ses 200 intervenants et 80 associations réunis jusqu’à dimanche soir, fait figure de bon point de départ pour en discuter. Mais tous n’en font pas le même usage. Des trois invités politiques du matin, seul Olivier Besancenot est resté dans l’après-midi pour écouter d’autres orateurs et d’autres débats.

Nelly Didelot, Envoyée spéciale à Irún et Hendaye 21 août 2019

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22 août 2019 ~ 0 Commentaire

soudan (lutte-ouvrière à-l’encontre)

soud

Soudan : l’armée reste au pouvoir

Samedi 17 août, l’Alliance pour la liberté et le changement, au nom de l’opposition civile, et les généraux du Conseil militaire de transition ont signé à Khartoum une déclaration constitution-nelle censée organiser la transition politique pour les trois prochaines années.

Cette déclaration prévoit la mise en place d’un conseil de souveraineté composé de cinq militai-res et six civils. Cet organe, destiné à chapeauter la transition, devait confirmer la nomination du futur Premier ministre choisi par l’opposition, Abdallah Hamdok, économiste ayant travaillé pour l’ONU. Celui-ci devra former un gouvernement dont les postes clés de la Défense et de l’Intérieur sont d’ores et déjà réservés à des militaires.

Autant dire que les centaines de milliers de personnes qui ont manifesté depuis des mois pour que l’armée quitte complètement le pouvoir, ou encore les opposants qui ont survécu à la traque des militaires et des miliciens lâchés le 3 juin dans les rues de la capitale, peuvent se sentir trahis.

C’est d’ailleurs ce qu’ont exprimé certains partis ayant formé la coalition civile contre l’armée. Ainsi, pour le Parti Communiste soudanais, « Le futur gouvernement ne pourra répondre ni aux aspirations ni aux buts de la révolution ».

En réalité, cette transition négociée au sommet vise à assurer la perpétuation du pouvoir des militaires et de la minorité qui s’est enrichie sous la dictature d’al-Béchir.

Les militaires garderont la main sur le gouvernement, en plus de leurs multiples troupes de répression, qu’ils peuvent utiliser contre la population à tout moment. Ils garderont le contrôle sur les biens de l’ancien parti au pouvoir, qu’ils se sont appropriés, estimés à 28 milliards d’euros sous forme d’immeubles et de comptes en banque, et sur le puissant service de renseignement soudanais, le NISS, qui avait, sous al-Béchir, la mainmise sur des pans entiers de l’économie.

Si des politiciens sont prêts à brader les sacrifices consentis par les manifestants soudanais en échange de quelques miettes laissées par les militaires, rien n’assure que les exploités, les jeunes ou les femmes qui ont commencé à se révolter s’en satisferont.

21 Août 2019

https://journal.lutte-ouvriere.org/

Lire aussi:

La révolution soudanaise entre dans une nouvelle phase (A l’Encontre)

 

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21 août 2019 ~ 0 Commentaire

algérie langues (le télégramme)

algerie

L’Algérie, une tour de Babel linguistique

L’Algérie, un millefeuille linguistique ? Mourad Yelles, professeur en littératures maghrébines à l’Inalco (Paris) le confirme.

Comment cohabitent l’arabe et le berbère dans l’espace linguistique algérien ?

Le berbère (compris par environ 40 % de la population algérienne), qui est le fondement linguis-tique du Maghreb, cohabite en effet avec l’arabe algérien majoritairement parlé dans la vie quotidienne.

L’arabe algérien ne doit pas être confondu avec l’arabe littéral (littéraire) ou classique qui est la langue de l’administration, des médias, et qui est enseigné à l’école l’arabe standard moderne. D’où cet énorme paradoxe : l’arabe littéral, officiel, n’est pas pratiqué au quotidien !

Comment situer le français, introduit plus tardivement dans le pays ?

Le français, qu’on le veuille ou non, est très présent en Algérie, y compris dans le primaire. Certes, les jeunes générations ont été arabisées après l’indépendance mais entre 35 % et 40 % de la population du pays est capable de comprendre et converser dans la langue de Molière.

Récemment, le ministère de l’enseignement supérieur a proposé de substituer l’anglais au français dans le cursus universitaire, une initiative jugée farfelue et qui a suscité une vive polémique dans l’opinion publique comme dans les médias. Kateb Yacine, écrivain algérien, disait que le français est un butin de guerre. En outre, la littérature algérienne d’expression française est très dynamique.

Peut-on, de fait, considérer l’Algérie comme un espace polyphonique ?

Oui, d’ailleurs pendant le mouvement de contestation auquel nous assistons depuis plusieurs mois, les slogans figurant sur les banderoles étaient inscrits en arabe classique, arabe algérien, berbère, français. Les jeunes générations s’ouvrent aussi à l’anglais. D’autres, pour des raisons professionnelles, se tournent même vers le chinois…

Quelles autres langues peut-on dénombrer ?

Le judéo-maghrébin, une variété qui dérive de l’arabe algérien par la prononciation et quelques mots empruntés à l’hébreu : il ne subsiste difficilement en réalité que parmi les rapatriés, en banlieue parisienne. Évoquons, en outre, la place du tagnawit, un mélange d’arabe, de berbère et de bambara  (le bambara est une langue courante au Mali) qui est encore parlée par certains descendants des esclaves noirs.

L’usage d’une langue n’est pas neutre et relève consciemment ou non d’un acte politique, n’est-ce pas ?

Ce qui se passe en Algérie ne relève pas de l’exception. La question de la langue est centrale dans l’imaginaire collectif et politique du pays. Par exemple, si tous les berbérophones ou presque maîtrisent l’arabe, l’inverse n’est pas vrai.

Mourad Yelles, professeur des universités en littératures maghrébines et comparées à l’Inalco (Paris), comparatiste et anthropologue, invité du festival de cinéma de Douarnenez.

19 août 2019 Gilles Carrière

https://www.letelegramme.fr/

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21 août 2019 ~ 0 Commentaire

féministe algérienne (le-tél ouest-france)

alger

Douarnenez. Une féministe dans le mouvement algérien

L’Algérienne Amel Hadjadj s’affirme féministe. Mais aussi une militante qui œuvre pour la construction d’une démocratie dans son pays. Un itinéraire qu’elle raconte en tant qu’invitée du festival de Douarnenez, intitulé cette année « Algériennes, Algériens ».

Il faut croire que les têtes pensantes ont eu du flair en baptisant l’édition 2019 du festival de Douarnenez « Algériennes, Algériens ». Car le mouvement pacifique, qui secoue depuis six mois, l’Algérie est structuré aussi bien par des hommes que des femmes. Parmi elles figure, Amel Hadjadj, la trentaine pugnace. La jeune femme est originaire de Constantine, mais voilà quatre ans qu’elle réside à Alger où elle poursuit des études en médecine.

Amel Hadjadi c’est un œil vif et une faconde, une parole à la fois franche et déterminée. En résumé, une femme de son temps, résolue à activer une société civile étouffée par de longues décennies de gabegie FLN. « L’Algérie est un pays peuplé majoritairement de jeunes », rappelle Amel. Y cohabitent des forces vives qui comptent inscrire leur pays dans le mouvement de la modernité.

« Nos droits c’est tout le temps et partout »

À ce titre, Amel Hadjadj a activement contribué à la création du « Premier carré féministe », un groupe de manifestantes fondu dans la masse des contestataires qui battent le pavé. C’était le 8 mars 2019.

« Le 16 du même mois, on a mis sur pied la première coordination féministe à Alger ». En son sein on discute, on débat, on rêve d’une autre Algérie. Pas question pour Amel de dresser les femmes comme les hommes. Elle veut plutôt partager un idéal commun qui s’enrichit de contri-butions sur la page Facebook « Le Journal Féministe Algérien », autrement baptisé le JFA. « Nos droits c’est tout le temps et partout », peut-on lire notamment sur les banderoles d’Amel et ses amies.

L’Algérie et les femmes, c’est une longue série d’actes manqués. « À l’indépendance en 1962, on a dit aux femmes : retournez à vos fourneaux. Lors des évènements d’octobre 1988, on leur a assené : ce n’est pas le moment d’évoquer vos problèmes », rappelle Amel.

Mais il y a une date que la Méditerranéenne peine à digérer plus encore : 1984 et son code de la famille, entérinant sous la forme d’une loi l’inégalité de fait entre les hommes et les femmes.

Dans l’Algérie de 2019, « la majorité des diplômés du supérieur sont des femmes », assène dans la foulée Amel. Elle et ses « sœurs » en sont convaincues : il faut en finir avec « le génocide intellectuel, culturel et politique de l’ère Bouteflika ».

Se débarrasser d’un pouvoir honni est une chose, « contextualiser » son combat en est une autre. « Il faut donner du contenu au dégagisme. Le dégagisme en soi n’est pas un projet de société. C’est dans la réflexion que la mobilisation va perdurer », affirme Amel Hadjadj. « À la rentrée, en septembre, le combat va reprendre »

19 août 2019 Gilles Carrière

https://www.letelegramme.fr/

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19 août 2019 ~ 0 Commentaire

russie (msr)

russe

Les événements du mois dernier à Moscou ont entraîné une crise politique à l’échelle nationale.

Son trait distinctif est l’incapacité des autorités à «gouverner à l’ancienne», combinant méthodes politiques et répression. Le mécanisme qui préserve la légitimité du pouvoir par le biais d’élections contrôlées avec une participation faible et une victoire prévisible de Russie unie ne fonctionne plus.

La première sonnette d’alarme du Kremlin a été donnée aux élections régionales de l’année dernière, au cours desquelles les candidats au poste de gouverneur progouvernemental ont échoué lamentablement à Vladimir, à Khakassia et à Vladivostok.

Le vote de protestation qui s’y déroulait était associé non seulement à l’agenda régional, mais surtout au mécontentement général face à la pauvreté croissante et aux réformes antisociales – principalement l’augmentation de l’âge de la retraite. Les prochaines élections à Moscou et dans d’autres régions renforcent et radicalisent cette tendance.

Un refus flagrant de permettre aux candidats indépendants (y compris aux militants de gauche et aux organisations sociales telles que Sergei Tsukasov) de voter est une conséquence directe de leurs chances réelles de gagner.

Une campagne déjà active de collecte de signatures dans un certain nombre de districts a montré une augmentation du nombre d’électeurs dissdents, dont l’arrivée dans les bureaux de vote le 8 septembre pourrait faire tomber le scénario des autorités de la ville.

Les premières actions de rue ont également montré un haut niveau de mobilisation. Après le rassemblement de masse du 20 juillet, les autorités ne comptent que sur la force, ce qui les conduit dans une impasse.

Les manifestations en cours ne sont pas des bourgeois libéraux, comme disent certains soi-disant « Gauche-patriotes », mais démocratique, unissant différents groupes sociaux et politiques.

Non seulement les Moscovites ordinaires, les pétersbourgeois, les habitants d’autres villes sont en mesure d’influencer la prise de décision dans leurs villes, mais également l’équilibre du pouvoir entre les travailleurs et l’élite oligarchique à travers le pays.

Aujourd’hui, nous luttons non seulement pour des élections équitables, mais également pour la participation des masses à la vie politique: par le biais d’élections, de grèves, de rassemble-ments et de toutes les formes d’auto-organisation. Mais même une démocratie limitée effraie l’oligarchie dirigeante, provoquant les fantômes de la lutte de classe et de la révolution sociale.

Le Kremlin utilise déjà le modèle du «cas du marais», désignant les manifestations pacifiques comme des émeutes organisées de l’étranger. Comme en 2012, les principales victimes de la répression sont des participants ordinaires choisis au hasard dans les rassemblements. Le message principal est que quiconque se présente peut se retrouver en prison. Il y a sept ans, cela fonctionnait partiellement, mais ce n’est plus le cas.

La croissance de la pauvreté et du mécontentement social concerne de plus en plus non seulement la classe moyenne inférieure mais également les travailleurs, les jeunes et les habitants des régions. Beaucoup d’entre eux n’ont rien à perdre.

Les principales leçons tirées des «manifestations de marécages» de 2011-2012 – la nécessité d’une coalition politique large, l’inclusion des régions, l’importance des exigences sociales – doivent être apprises.

Le devoir de la gauche est non seulement d’appuyer inconditionnellement le mouvement populaire, mais également d’introduire dans les manifestations les exigences de la justice sociale, l’élimination complète des grandes entreprises du pouvoir.

Le MSR appelle toutes les forces démocratiques, les syndicats libres et les mouvements de défense de l’environnement à coordonner leurs actions, à élargir la géographie des manifestations et à créer une solidarité mutuelle.

Déclaration de RSD sur la crise à Moscou14/08/2019

Mouvement socialiste russe

http://anticapitalist.ru/

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16 août 2019 ~ 0 Commentaire

soudan yémen (brest)

soudan

GRANDE SOIRÉE D’ÉCHANGES et DE SOUTIEN AUX PEUPLES SOUDANAIS ET YÉMÉNITES.

Le CLAJ, Aidons les réfugiés-Brest, Zéro personne à la rue-Brest, Association Tadamoon- Le Mans proposent une rencontre : des prises de paroles, des concerts, des contes, de l’artisanat et un repas soudanais afin d’exprimer la situation et l’actualité au Soudan et au Yémen.

Des ami-e-s de la communauté brestoise prépareront des plats afin d’échanger sur la cuisine du pays.

La soirée débutera à 18h30, les musiciens et conteurs feront passer les chapeaux en solidarité.
Les repas seront à prix libre à partir de 5€ .

Vous pourrez également découvrir différents artisanats africains (broderie d’art, bogolans…).

Facebook

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16 août 2019 ~ 0 Commentaire

algérie lgbt (le monde diplomatique)

lgbt

Sexe, jeunes et politique en Algérie

Homosexualité, ou la « mort sociale »

A première vue, comme le dit Latifa, une lesbienne rencontrée à Oran, « la vie des homosexuel(le)s est beaucoup plus simple et joyeuse en Algérie. »

En effet, dans cette société où chacun vit cloisonné entre personnes du même sexe depuis le plus jeune âge, les possibilités de rencontres et de plaisirs homosexuels sont beaucoup plus nombreux.

A 15 ans ou 25 ans, un garçon peut faire venir son amoureux à la maison, s’enfermer avec lui dans sa chambre, et même lui proposer de passer la nuit, sans que ses parents n’y voient malice. Pareil pour les filles. A 30 ans, 40 ans, deux hommes ou deux femmes peuvent partir en week-end, louer une chambre double à l’hôtel, personne ne dira rien.

Zoheir Djazeiri est un activiste important parmi les homosexuels algériens. Militant à l’asso-ciation Abu Nawas (1), son action est strictement clandestine, et Zoheir Djazeiri (Zoheir L’Algérien) est un pseudonyme.

« Tout cela est vrai, admet-il, mais attention, le pendant négatif est très lourd ! Nous vivons dans une société machiste. Etre homosexuel, pour un mec, c’est se dégrader au niveau inférieur de la femme. »

Sans parler de la loi, qui réprime très durement ces pratiques à la fois « contre nature » et interdites par la religion d’Etat, l’islam (article 2 de la Constitution) (2). « Se faire arrêter pour homosexualité signifie la mort sociale, poursuit Zoheir. Tu es obligé de tout quitter : ta ville, ta famille, ton travail, tout ! » Détail important : En Algérie, aucun avocat n’est prêt à défendre publiquement les homosexuels. « Sa carrière serait ruinée. »

Malgré cela, non seulement il est possible d’avoir une vie homosexuelle, avec ses lieux de rendez-vous, ses bars et ses cabarets à Alger, Oran et Bejaia, mais beaucoup d’hétérosexuels algériens ont des pratiques homosexuelles : à l’école, lors du service militaire, à la cité U, etc.

« La femme étant un produit rare, on se rabat sur les hommes. », rigole Mourad, 25 ans, rencontré à Alger, qui ne sait pas « si [il] préfère les hommes ou les femmes ». Un universitaire français travaillant sur l’homosexualité masculine à Alger raconte : « Les copains homos que j’ai rencontrés il y a huit ans sont tous en train de se marier. Avec le mariage, ils cessent plus ou moins leur vie homosexuelle. »

Tout engagement social ou politique représente un immense danger. L’association Abu Nawas, qui revendique via le Net 1 500 adhérents, est considérée par l’Etat comme une organisation faisant l’apologie d’un crime.

« Nous sommes un noyau d’une vingtaine de militants, tous passibles de 10 ans de prison », explique Zoheir L’Algérien. Lors des mouvements contre un 4e mandat du président Abdelaziz Bouteflika (finalement réélu sur un fauteuil roulant le 17 avril 2014), Zoheir a dû s’enfuir pendant deux mois à l’étranger.

Une chaine de télévision avait diffusé un reportage intitulé « Le complot », montrant sa photo entourée d’un cercle. A-t-il eu peur de se faire agresser, voire tuer ? « Non, ce n’est pas ça. Mais comme ma mère et les gens du quartier regardent ces chaines, j’avais trop peur qu’elle apprenne la vérité. »

Pierre Daum  Pierre Daum

https://www.monde-diplomatique.fr

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13 août 2019 ~ 0 Commentaire

vicenzo (fr3)

Morbihan: un comité de soutien pour empêcher le renvoi de le militant italien

Depuis l’arrestation de Vincenzo Vecchi un groupe de quatre-vingts habitants du pays de Rochefort-en-terre se réunit pour discuter et échanger sur les actions possibles pour empêcher le renvoi du militant qui habitait dans ce coin de Bretagne depuis 8 ans.

Ils se retrouvent tous les jours en petits groupes ou en session plénière pour discuter et réfléchir aux actions à mener. « Ils » se sont des amis, des voisins ou de simples connaissances de Vincenzo qui le fréquentent pour certains depuis 8 ans, depuis qu’il avait posé ses valises dans ce coin du Morbihan. Ils ont donc décidé de créer un collectif de soutien pour empêcher le renvoi vers l’Italie de l’activiste.

Colère et détermination des soutiens de Vincenzo

« Après l’étonnement de découvrir le passé de Vincenzo nous sommes aujourd’hui dans la colère et la détermination » explique Jean-Pierre, un membre du collectif  « Soutien à Vincenzo ». Pour ce dernier il n’est pas question que Vincenzo soit renvoyer en Italie. « Le chef d’inculpation nous parait injuste et disproportionné ! Il a pris 13 ans pour avoir été au mauvais endroit au mauvais moment, cela nous révolte » s’indigne Jean-Pierre.  

Condamné grâce à une loi mise en place par Mussolini et réactivée par Berlusconi

Selon le collectif, Vincenzo Vecchi a été condamné en Italie pour « dévastation et saccage » au G8 de Gênes. « Cette condamnation a été rendue possible sur la base d’une loi adoptée en 1930  sous Mussolini et réactivée par Silvio Berlusconi » à l’occasion du sommet économique de 2001.

La justice italienne lui reproche aussi sa participation à une manifestation antifasciste, non autorisée, à Milan en mars 2006.

Pour le collectif morbihannais « il est impensable que la France renvoie cet homme vers l’Italie », pays qui a pour ministre de l’intérieur Salvini, un élu d’extrême droite. « Il va vouloir en faire un exemple » redoutent ses amis.

Ils rappellent aussi que « le G8 de Gênes a valu une lourde condamnation de l’Italie par la Cour européenne des droits de l’homme du fait des violences policières commises contre les manifestants, certaines ayant été assimilées à des « actes de torture », restait « une blessure ouverte en Italie ».

vicenzo

Appel au soutien devant le tribunal de Rennes Mercredi

Mercredi Vincenzo Vecchi doit passer devant la Chambre d’Instruction de Rennes. Les membres du collectif ont prévu de venir manifester leur soutien pacifiquement et espèrent que d’autres personnes se joindront à eux. Ils ne souhaitent cependant pas qu’il y ait le moindre débordement car cela pourrait pénaliser leur ami. Le collectif a fait appel à deux avocats afin d’avoir plus d’information sur le dossier et d’envisager une démarche en justice.

Maylen Villaverde 12/08/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

Répression. En Italie, la vengeance d’État se mange froide (L’Humanité)

 

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12 août 2019 ~ 0 Commentaire

lannion sans papiers (le trégor)

lannion

Sans papiers:  des tentes sur le quai d’Aiguillon pour attirer l’attention

Ce lundi 12 août, le Collectif de soutien aux sans papiers cherchait à alerter les autorités sur le sort de plusieurs familles de migrants, menacées d’être « mises à la rue ».

C’est un « appel à la conscience publique » qui a été lancé ce lundi par le Collectif de soutien aux sans papiers (CSSP). Avec plusieurs associations, il a installé des tentes de camping sur le quai d’Aiguillon. Jean Marc Fontaine, membre du collectif rappelle: « C’est une action symbolique»

Trois familles concernées

Le but : alerter les citoyens et les autorités sur le sort des sans papiers déboutés de leur deman-de de titre de séjour. Trois familles sont particulièrement concernées. Jean-Marc Fontaine:

Elles viennent du Congo, d’Angola et des Comores, avec sept enfants au total qui risquent de se retrouver à la rue du jour au lendemain. Ça va à l’encontre de tous les textes internationaux sur la protection de l’enfance que la France a signés. Ces familles n’ont ni abri ni ressources, des enfants à charge, on ne peut pas les mettre à la rue et fabriquer des clandestins, obligés de dormir dans des tentes ».

Arrivée en France il y a 4 ans

Parmi ces familles, celle de Babouana. Elle est arrivée en France il y a quatre ans avec ses enfants, pour rejoindre son mari. Depuis un an, elle loge à l’hôtel et redoute d’être mise à la porte : J’ai quatre enfants, deux fois des jumeaux. Ils sont déjà scolarisés à l’école de Pen Ar Ru et tout se passe bien, ils sont bien intégrés. J’ai peur ».

En effet, le CSSP, qui fournit une aide juridique aux sans papiers pour mener à bien leurs démarches administratives, est dans l’impasse. Les dossiers de ces familles ont été clos, les recours sont épuisés.

« Nous avons tout fait pour trouver une solution : explorer les possibilités de relogement privé, démarché tous les services sociaux et administratifs à tous les niveaux », rappelle Jean-Marc Fontaine. Pour autant, les autorités concernées, à la Maison du Département, se laissent jusqu’au 20 août pour statuer sur ces dossiers.

12 Août 2019

https://actu.fr/bretagne/lannion

http://cssp-lannion.fr/

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11 août 2019 ~ 0 Commentaire

lannion réfugiés (cssp)

lannion

DROIT ET HUMANITÉ AVANT TOUT

APPEL À LA CONSCIENCE PUBLIQUE

A Lannion le Lundi 12 août 2019àa 11h , nous installons des tentes sur le Quai des Possibles  pour mettre à l’abri deux familles comptant sept enfants dont trois de moins de trois ans, mais aussi quatre jeunes majeurs qui sont menacés d’être mis à la rue, tous sans abri ni ressources dans les jours qui viennent.

Nous avons tout fait pour trouver une solution : exploré les possibilités de relogement privé, démarché tous les services sociaux et administratifs à tous les niveaux. Mais cette incapacité passagère a régler ce problème  ne signifie pas résignation.

Nous constatons qu’en jetant des familles avec enfants à la rue, l’État ne respecte pas les textes de protection de l’enfance que la France a pourtant signé. Nous dénonçons des grilles et cadres législatifs et administratifs qui ne laissent aucune place à des considérations relevant des plus élémentaires notions de civilisation : on ne jette tout simplement pas à la rue des familles avec des enfants, dans notre pays.

L’État, les diverses instances administratives et politiques considèrent peut-être que cette pratique est justifiée, qu’elle fait du sens, qu’elle est raisonnable. Mais nous, associations et collectifs de citoyens, considérons qu’il s’agit là d’un acte de trahison des fondements du vivre-ensemble qui caractérise notre pays.

Nous nous sommes mobilisés depuis des années pour humaniser l’accueil des migrants, et suppléer, de fait, à la dureté des conditions qui leur sont faites par les instances officielles.

Nous les avons guidés dans le maquis des formulaires et démarches administratives, aidés à surmonter les incohérences des structures d’accueil, nous leur avons cherché et trouvé des logements, recueillis parfois dans nos propres foyers, distribué des aides d’urgence en espèces et en nature (plus de 12.000 euros de nos propres poches, des dons reçus, des recettes de vide-greniers etc.… pour le seul CSSP en 2018).

Bref, nous avons assumé, en tant que membres de la société civile, une part du devoir de décence et de solidarité qui constituent les bases de la civilisation.

Aujourd’hui, nous atteignons les limites de ce que nous pouvons faire.

Fatigués de jouer le rôle de supplétifs d’une politique que nous considérons comme honteuse, nous faisons appel à la société civile et l’opinion publique pour qu’elles s’opposent aux actes d’inhumanité qui sont sur le point d’être commis – discrètement, en plein mois d’août.

10 août 2019

http://cssp-lannion.fr/

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