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21 février 2020 ~ 0 Commentaire

lutte ouvrière lannion (ouest france)

jeunes

Lannion. Yann Guéguen : « Une autre société à bâtir »

Candidat à la mairie de Lannion (Côtes-d’Armor), Yann Guéguen conduit une liste Lutte ouvrière. Il répond à la question que nous lui avons posée : quels sont vos projets pour la jeunesse à Lannion ?

« Scandales financiers et sanitaires, fermeture d’usines, vagues de licenciements, aggravation du chômage, avenir bouché pour les enfants des classes populaires… Voilà ce que Macron et ses acolytes présentent comme un avenir radieux.

La jeunesse sera précipitée demain dans la jungle que représente ce monde capitaliste, quel que soit le niveau de ses études.

Croire que l’on peut vivre à l’abri, au milieu de cet océan de misère et de pauvreté qui domine la planète et qui gagne progressivement les pays riches, est non seulement illusoire mais stupide.

Si l’on ne veut plus d’un monde qui ne mette en avant que la réussite individuelle, le repli sur soi et l’égoïsme, qui considère que le profit est le but ultime à atteindre, il faut se donner les moyens de le changer.

Oui il est possible de bâtir une société débarrassée de la concurrence, la recherche du profit individuel, débarrassée des frontières qui dressent les peuples les uns contre les autres. Une société dirigée et gérée démocratiquement, où l’on décidera collectivement de ce qu’il faut produire et comment le produire pour préserver les êtres humains ainsi que la planète.

Une économie planifiée permettra d’en finir avec les crises où les progrès techniques et scientifiques profiteront à tous et non pas à accroître la fortune d’une minorité. »

Yann Guéguen 21/02/2020

https://www.ouest-france.fr/

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10 février 2020 ~ 0 Commentaire

e3c (npa rp)

blanquer

La guerre au bac

Les E3C qui cachent la forêt ?

Nîmes, lundi 13 janvier. Des profs, en lien avec des cheminotEs grévistes, organisent une manifestation devant le lycée Alphonse-Daudet. En entraînant les lycéenEs, ils obtiennent le report des épreuves communes du contrôle continu, les fameuses E3C, nouvelle mouture du baccalauréat, haï tant en salle des profs qu’en salle de classe.

(Dés)organisées dans une impréparation quasi scientifique, ces E3C s’inscrivent dans un projet plus global de transformation du système scolaire, entre Parcoursup et réforme du lycée, réforme du bac pro et baisse des dotations horaires globales (DHG) qui déterminent le nombre d’heures de cours de telle ou telle matière dans les établissements.

Le projet : moins de moyens pour l’éducation. L’effet : renforcer le tri social auquel se livre déjà l’école.

La grève… et sa répression

L’expérience nîmoise a fait des petits. Dans bien des lycées, des profs en grève depuis le 5 décembre ont été le déclencheur de la mobilisation des lycéenEs. Dans d’autres, ce sont les noyaux déjà dans l’action qui ont entraîné leurs potes.

Mais partout, le même caractère massif, quel que soit le mode d’action, qui ne se limite d’ailleurs pas au seul blocus : piquet de grève devant le lycée et parfois débrayage des épreu-ves avant qu’elles ne commencent, en renversant les tables s’il le faut, caisses de grève remplies par des gâteaux et des jus de fruits a prix libre, AG spontanées au mégaphone ou au porte-voix plus artisanal.

Le tout sous le regard mauvais du proviseur qui enchaîne les mauvais coups pour que les épreuves aient lieu (même si les salles sont aux trois quarts vides) tout en agitant la menace du 0 pour les plus récalcitrants.

Mais ça ne marche pas : c’est la grève ! À Ella-Fitzgerald à Vienne, 1 000 élèves se sont retrouvés dans la cour mardi 28 juste avant les épreuves de l’après-midi, suite a une assemblée générale qui avait réuni 400 personnes le jeudi d’avant et qui s’était positionnée pour l’annulation.

Mais le proviseur a décidé que les épreuves allaient quand même se tenir sous haute surveil-lance policière (un flic devant chaque salle !) et alors que les salles étaient a moitié vide. C’est sous la pression du rectorat, craignant pour les épreuves du jeudi suivant, que l’annulation a finalement eu lieu.

Car c’est un autre aspect de la mobilisation en cours. Les proviseurs sont en tout point les adjoints des flics. Les lycéenEs, en lien avec leurs profs font massivement grève, et ça les effraie.

À Max-Linder à Libourne, la journée de mercredi 5 février a été banalisée pour faire passer les épreuves. Les profs ont été interdits de rentrer dans le bahut et des gendarmes contrôlaient l’entrée, histoire de mettre la pression sur les plus rebelles.

La répression est administrative et policière, tant les heures passées au poste se rajoutent aux conseils de discipline déjà programmés. Au moins 25 lycéenEs de Paris, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne ont fait de la garde a vue ces derniers jours, parfois jusqu’à 48h.

La répression ne vise d’ailleurs pas ceux qui « animent » les blocus par des feux de poubelle, mais ceux qui organisent, qui distribuent des tracts et entonnent des slogans, qui se saisissent de l’occasion pour faire de la politique. Ils ont bien compris que le danger était là.

Que la grève lycéenne passe des E3C à une remise en cause plus générale de cette société de sélection et de misère, et c’est le gouvernement qui tremble ! À nous d’en prendre la mesure et de répondre à la répression avec nos armes : la mobilisation collective.

Au lycée Lakanal a Sceaux, c’est parce que 500 élèves ont refusé de rentrer en cours pour protester que les conseils de discipline qui étaient prévus ce jour ont été annulés.

Devant l’obstacle

« Nous avons annulé le bac, l’examen central du cursus scolaire français qui fait passer des inégalités sociales pour des différences de niveau scolaire et d’intelligence ».

On ne l’aurait pas mieux dit que les 126 lycéenEs de 57 lycées de toute la France réunis en coordination nationale lycéenne le week-end des 8-9 février : derrière l’annulation du bac, c’est l’institution scolaire toute entière qui est ébranlée.

Ce qui n’est pas sans poser tout un tas de questions. D’abord, les lycéenEs qui se sont fait entendre sur les E3C ne sont pas toujours celles et ceux qui étaient mobilisés depuis le 5 décembre contre la réforme des retraites et son monde.

De nouvelles têtes ont émergé. Le mouvement gréviste à la RATP, à la SNCF et chez les profs, ainsi que le ras-le-bol visible contre la réforme leur ont donné confiance en leurs forces. Mais ces lycéenEs montés a l’assaut du bac continueront-ils le combat dans les semaines à venir ? Ou s’en tiendront-ils là ? C’est ainsi que le problème se pose pour les plus mobilisés.

Le terreau est plutôt favorable pour pousser l’expérience plus loin : au printemps 2018, les lycées avaient été secouées par la mobilisation contre Parcoursup et la réforme du bac. Rebelote en décembre de la même année : en plein mouvement des Gilets jaunes, les lycéens, notamment des lycées populaires, sortaient dans la rue et scandaient « Ni bac Blanquer ni Parcoursup » sur fond de « Gilets jauné hé-hé ».

Dans les lycées, cela fait deux ans que l’injustice de ces réformes fait réfléchir, discuter et suscite la colère des jeunes. C’est le moment ou jamais d’exprimer ce qu’on pense. Pas pour le retour au vieux bac prétendument « national » et « égalitaire », conçu pour réaliser à l’échelle du pays une vaste opération de tri social et de reproduction des classes, sous le paravent de l’égalité des chances.

Aux enfants du prolétariat, les moins bonnes filières des moins bons établissements, pour ceux de la bourgeoisie, le gratin scolaire. Dans cette société, l’école comme le reste n’échappent pas aux intérêts de la bourgeoisie.

Les logiques qui président aux réformes dans l’éducation sont les mêmes que celles qui orientent la réforme des retraites, de l’assurance chômage ou la destruction de l’environne-ment !

C’est la main rampante du profit et de la préservation de la domination de classe. Voilà ce que pourraient être les axes de discussion parmi les lycéenEs dans les prochains temps, dans les assemblées générales ou dans les rencontres interlycées qui fleurissent un peu partout, y compris au niveau national avec cette coordination nationale qui a déjà prévu une « semaine noire » a la rentrée, à partir du 16 mars.

Voilà ce qui pourrait permettre de franchir le pas des E3C et faire rentrer plus avant les lycéenEs dans la lutte de touTEs contre les patrons et leur gouvernement.

Bastien Thomas Lundi 10 février 2020

https://npa2009.org/

Lire aussi:

E3C : quelles perspectives pour le mouvement lycéen et la jeunesse mobilisée ?

Malgré les annonces de Blanquer, les épreuves de bac continuent à être bloquées dans de nombreux lycées

Coordination lycéenne nationale : la jeunesse organise la riposte contre Blanquer

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10 février 2020 ~ 0 Commentaire

irlande sinn fein (marxist)

ireland

Élection générale irlandaise: les partis de l’establishment rejetés alors que Sinn Féin gagne du terrain

Les résultats des élections générales montrent que l’Irlande a rattrapé le reste de l’Europe en termes de polarisation politique et de mort du centre. Ce qui va suivre c’est une nouvelle période d’instabilité.

Les élections générales en Irlande ont porté un coup historique aux deux principaux partis capitalistes et ont mis KO le système bipartite. Au moment de la rédaction,  Sinn Féin avait obtenu le pourcentage de voix le plus élevé avec 24%, surpassant à la fois Fine Gael et Fianna Fáil, qui ont réussi 22% chacun.

Le Parti Vert a également connu une augmentation à 7%. Le système bipartite en Irlande a vu le pouvoir passer entre Fine Gael et Fianna Fáil depuis 1932, mais cette configuration est en crise depuis 2008. Cette élection représente un tournant. Les travailleurs et les jeunes irlandais ont catégoriquement rejeté les deux principaux partis et le statu quo induit par l’austérité qu’ils représentent.

Dans le passé, Fianna Fáil faisait appel à la gauche si nécessaire, tandis que Fine Gael faisait des ouvertures au populisme de droite. Aucun de ces 2 partis n’a jamais été intéressé par un réel changement et il semble que leur domination soit terminée. Cela fait partie d’un effondre-ment européen, et même mondial, du soi-disant «centrisme».

Establishment discrédité

L’Irlande est unique en Europe occidentale: le pays n’a jamais eu de gouvernement de gauche. La crise bancaire de 2008 a particulièrement touché l’Irlande et son économie est entrée dans une grave récession, glissant dans une dépression. Afin de réduire les emprunts et les dépenses et dans une tentative désespérée d’équilibrer les comptes, les deux partis de l’establishment ont infligé des coupes brutales et l’austérité à la classe ouvrière.

En 2016, après huit ans de ces attaques par les gouvernements successifs, la part des voix combinées pour les deux partis est tombée en dessous de 50% pour la toute première fois. La seule façon de former un gouvernement fiable était de s’appuyer les uns sur les autres.

La question nationale est exacerbée par le Brexit et la totale ineptie et incapacité du Stormont  (Belfast) et de Westminster. Cette période de gouvernement stable a eu un prix que la classe dirigeante paie maintenant. En faisant partie d’une «grande» coalition, Fine Gael et Fianna Fáil ont ouvertement montré à quel point leur politique est identique et qu’aucun des deux partis ne changera quoi que ce soit pour la classe ouvrière.

Fine Gael voulait que cette élection devienne un référendum sur le traitement par Varadkar du Brexit, les problèmes de classe sont apparus et ont montré un net virage à gauche dans la société irlandaise.

Cela s’est reflété dans les réponses au sondage de sortie des urnes, où les problèmes de classe du « pain et du beurre » dominaient. Parmi les principales raisons pour lesquelles les gens ont donné leur vote, 32% ont déclaré pour la santé et 26% ont déclaré pour le logement.

Le Brexit était très peu à l’ordre du jour avec seulement 1%. Il y a une colère croissante de la classe ouvrière concernant la baisse des conditions de vie et la situation économique en Irlande. Des rapports récents montrent que 15,7% de la population irlandaise vit en dessous du seuil de pauvreté, ce qui équivaut à 760 000 personnes.

Il y a une crise immobilière en cours, les loyers à Dublin étant désormais plus élevés qu’à Tokyo ou Singapour. Les prix des logements ont bondi de 86% en sept ans. Selon les données du gouvernement, près de 10 000 personnes vivent dans des hébergements d’urgence et sont considérées comme sans-abri.

Dans le secteur de la santé, des grèves historiques ont eu lieu au cours de l’année écoulée, les infirmières et le personnel paramédical exigeant de meilleures conditions de rémunération et de travail. Ces grèves ont trouvé un écho chez des millions de travailleurs et ont recueilli le soutien de masse d’une population malade des temps d’attente record à l’hôpital et du manque chronique de lits d’hôpital. Il n’est pas surprenant que la «crise des soins de santé» figure en tête de l’ordre du jour de nombreuses personnes.

Sinn Féin capture l’ambiance

Sinn Féin a été efficace dans cette élection pour exploiter cette colère, ses slogans pour les élections étaient: «Donner une pause aux travailleurs et aux familles» et «Les gens veulent du changement, le Sinn Féin peut apporter ce changement».

Les politiques phares qui consistaient à offrir à chaque locataire un mois de loyer gratuit chaque année, à abolir l’impôt foncier, à réduire les impôts sur les bas salaires et à pouvoir toucher sa pension d’État à 65 ans, ont été très populaires.

Le passage au Sinn Féin et à la gauche en général est le plus visible chez les jeunes électeurs, 52,8% des 18-24 ans se sont partagés entre Sinn Féin, les Verts et Solidarité-People Before Profit (Proche du NPA blog).

Le vote combiné de Fine Gael et Fianna Fáil n’y est que de 29,1 pour cent! Chez les 25-34 ans, le soutien à Sinn Féin atteint 32%. En fait, Sinn Féin est le parti le plus populaire pour tous les groupes d’âge, à l’exception des plus de 65 ans.

Parmi les «classes sociales» qui correspondent à peu près à la classe ouvrière, le soutien au Sinn Féin était passé à 33-35%. La colère et l’humeur de gauche dans la société se sont également reflétées dans les débats de Richard Boyd Barrett ( le Besancenot irlandais blog), représentant de la coalition électorale de gauche « Solidarité – People Before Profit ».

Chaque fois qu’il a souligné la terrible inégalité des richesses dans le pays et que les deux partis de l’establishment ont voté contre le projet de loi qui proposait de modifier la Constitution pour y inclure un droit au logement et mettre fin à la spéculation immobilière, il a reçu des applaudissements bruyants.

Patrick Freyne de l’Irish Times, plaisante à propos de l’audience en disant: « Si je ne savais pas que Galway était un foyer rouge. » Cela reflète la colère à travers l’Irlande que Sinn Féin a su exploiter. Cependant, cet enthousiasme ne s’est pas traduit par des votes ou des sièges pour Solidarité-People Before Profit, car la classe ouvrière a misé sur les grands partis Sinn Féin et les Verts, ces derniers promettant également des réformes.

Pendant la campagne, la classe dirigeante était remplie d’effroi et de panique. Il n’est pas difficile de voir pourquoi. Sinn Féin a promis de rompre avec l’austérité. Les réformes qu’il propose sont modestes, notamment la taxation des riches, les dépenser pour les soins de santé et l’éducation.

Mais la classe dirigeante irlandaise s’est basée sur la création d’une économie à faible taux d’imposition pour les multinationales. D’où la réponse de Leo Varadkar à la politique écono-mique populaire de Sinn Féin dans le débat: «Ce sera une occasion, d’exposer ces politiques, elles ne fonctionnaient pas en Allemagne de l’Est, pas plus au Venezuela ou en Irlande. »

Fondamentalement, ce que redoute la classe dirigeante, c’est la masse des travailleurs et des jeunes irlandais qui soutiennent Sinn Féin, qui bouillonnent de colère contre tout le système.

Par ailleurs, la question nationale est revenue au premier plan. Les autorités irlandaises ont peur d’où cela se terminera si Sinn Féin prend le pouvoir. Le parti appelle à un référendum sur l’unification irlandaise du Nord et du Sud. Des sondages récents suggèrent que 51% des électeurs d’Irlande du Nord et plus de 60% des électeurs du Sud soutiennent l’unification. Il n’est pas étonnant que la classe dirigeante britannique et irlandaise veuille à tout prix éviter un gouvernement Sinn Féin

Au début, ils ont tenté d’ignorer Sinn Féin dans cette campagne électorale, certains comparant le traitement de ce dernier par le diffuseur public RTÉ à l’époque de l’article 31 (une loi de censure utilisée contre Sinn Féin pendant les troubles). Mais après qu’un sondage l’ait mis à 25%, l’establishment politique est devenu frénétique. Une campagne d’attaques, comme celle  contre Jeremy Corbyn au Royaume-Uni et Bernie Sanders aux États-Unis.

Tout en étant attaqué pour leur politique économique, la principale ligne d’attaque contre le Sinn Féin a été, de façon prévisible, liée aux actions de l’IRA provisoire (PIRA), dont le parti était l’aile politique depuis sa fondation dans les années 1970 jusqu’à à l’Accord du Vendredi Saint en 1998 et à la dissolution du PIRA en 2005.

Mais cela n’a pas fonctionné. Le succès Sinn Féin en a pris beaucoup par surprise, y compris la direction du parti elle-même! En mai, ils ont eu un résultat décevant aux européennes: 11,7% et 1 seul député. Le parti s’attendait à un résultat similaire aux élections générales.

En raison du système de vote spécifique en Irlande, où un vote unique transférable est utilisé dans les circonscriptions élisant 3 à 5 représentants, si vous n’attendez pas de bons résultats, il est plus sage de présenter moins de candidats afin d’éviter de diviser votre propre vote.

Très mauvaise tactique,  Sinn Féin n’a présenté que 42 candidats au niveau national dans 39 circonscriptions, bien en deçà des 79 nécessaires pour une majorité au Dáil Éireann et moins que Fianna Fáil ou Fine Gael.

Nouvelle période d’instabilité

Et maintenant? Quelles perspectives de nouveau gouvernement? Lors de l’élection, Fianna Fáil et Fine Gael ont exclu une coalition avec le Sinn Féin, mais ils pourraient y être contraints en raison de l’arithmétique parlementaire. Toute coalition serait risquée pour la classe dirigeante. Ce serait un désastre pour le Sinn Féin, qui a été porté par une vague anti système.

Le Parti Travailliste (Labour) a reçu une énorme coup aux élections générales de 2011 après avoir lancé un programme plus à gauche, promettant de nombreuses réformes et la fin de l’austérité. Le Labour s’est allié à Fine Gael. Dans ce gouvernement, ils ont aidé à passer des budgets d’austérité et mené des attaques anti ouvrières et ont été détruits, tombant de 19,4% en 2011 à 6,6% en 2016.

Ils n’ont pas récupéré depuis à 4%, réduit à la position d’une secte réformiste. Cela sert d’avertissement à Sinn Féin contre toute coalition à laquelle il pourrait être persuadé de se joindre dans les semaines à venir.

Il est probable que les deux partis de l’établissement doivent à nouveau former une «grande coalition», nécessitant cette fois l’aide d’autres petits partis. Ils flirteront sans doute avec les quelques sociaux-démocrates, travaillistes et TD indépendants pour rassembler une majorité. Cela ne peut fonctionner. Nous pourrions assister à de nouvelles tour élections.

Si Fine Gael et Fianna Fáil parviennent à obtenir un gouvernement viable, il n’y aura pas de changement. Les conditions économiques et sociales qui ont créé ce résultat électoral resteront et ne feront qu’empirer et s’aggraver.

La crise deviendra de plus en plus profonde. Les deux partis se sont préparé un plus grand échec à l’avenir. La gauche ne sera que renforcée et le peuple irlandais sera de plus en plus politisé, ouvrant la porte à une voie socialiste et des mouvements de masse dans le pays.

Une chose est sûre: la classe ouvrière irlandaise a mis le bipartisme dans la poubelle de l’histoire. Il ne peut y avoir de retour en arrière. Cette élection marque le début d’une nouvelle période d’instabilité dans l’histoire irlandaise.

Stephen Agnew 09 février 2020

https://www.marxist.com/

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08 février 2020 ~ 0 Commentaire

haïti (combat-ouvrier cadtm cetri inprecor)

haiti
Haïti : février 1986, les masses renversaient la dictature des Duvalier

Le 7 février 1986, il y a 34 ans, la population laborieuse d’Haïti « déchouquait » la dictature sanglante des Duvalier.

Il y a eu d’abord la mobilisation des jeunes lycéens qui s’est amplifiée à la suite de l’assassinat de trois jeunes élèves de la ville des Gonaïves. Les manifestations qui ont suivi se sont généralisées à toutes les villes du pays.

Les masses populaires se sont mobilisées et ont abattu la dictature des Duvalier père puis fils qui durait depuis 29 ans.   À travers tout le pays il y eut des scènes de liesse, « Ké makak la kasé » (la queue du macaque s’est cassée).

Mais en même temps la colère des masses était à la hauteur de la terreur et des massacres qu’elles avaient subis. Elles s’en sont prises aux différents symboles du régime, les édifices, les monuments, les individus. Les miliciens, les macoutes défenseurs du régime ont été pourchassés à travers tout le pays. La peur avait changé de camp !

La force des masses en mouvement emmenait un nouvel élan, une soif de s’exprimer, un enthousiasme qui poussait les jeunes à partir vers « les mornes » (les collines) pour alphabétiser la population ou dans les quartiers populaires à s’organiser pour remettre à neuf, nettoyer et embellir.

Ces masses ont tenté de se prendre en main et réaliser ce qui était possible dans l’immédiat. Dans leur sillage, la presse recommençait à s’exprimer à travers de nouveaux journaux et des radios qui ouvraient le micro à la population.

Mais cet enthousiasme si communicatif pendant quelques semaines, allait être douché par la misère et cassé par les militaires qui reprirent en main la gestion du pays. Les masses pauvres avaient mis fin à la dictature des Duvalier mais la dictature capitaliste dans les entreprises subsistait toujours.

Certains bourgeois ont certes pris l’avion avec leurs familles et leurs biens, fuyant vers les USA, mais la bourgeoisie n’a pas été inquiétée par les organisations qui ont pris la tête de cette révolte populaire.

Ces organisations se sont mises à son service en maintenant en place l’armée. Une fois le mouvement populaire retombé, la bourgeoisie a retrouvé toute sa puissance. L’exploitation des travailleurs avec des salaires de misère a continué, en s’accentuant avec la dévaluation de la gourde, monnaie locale.

À l’image de cette classe qu’ils représentent, les politiciens pourris, véreux ont occupé le devant de la scène. Il y a eu une succession de militaires, d’hommes et de femmes politiques et un soi-disant sauveur comme Aristide.

Qu’ils soient chanteurs, économistes, humanistes tous ont martelé la soumission à la démocratie et à l’ordre bourgeois.

Et maintenant ces politiciens se battent pour le pouvoir présidentiel à coup de blocage du pays, en payant des bandes armées qui terrorisent la population.

Aujourd’hui la population des travailleurs est enfermée dans les quartiers et risque sa vie pour aller au travail à la merci des gangs armés ! Mais la force des travailleurs est toujours là, sourde, diffuse, s’exprimant par des explosions de colère jusqu’à ce qu’elle construise un parti qui va lui permettre de renverser cet ordre bourgeois.

http://www.combat-ouvrier.net/

Lire aussi:

Haïti : comment les femmes secouent le monde politique (Cadm)

Les Jacobins Noirs (CLR James)

Avis de tempête : Haïti face à l’injustice (notamment) climatique

Les Jacobins noirs. Toussaint Louverture et la Révolution de Saint-Domingue (C. L. R James)

Des mobilisations inédites (Inprecor)

 

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07 février 2020 ~ 0 Commentaire

zéro (résistance critique)

blanquer

Le « 0 »orwellien. Entre cynisme et simulacre

  • Jamais la menace de la note (« 0 » aux épreuves dites « E3C » du baccalauréat) n’aura mieux signifié la dimension policière d’une évaluation.
  • La note comme amende, sanction. La note comme embrigadement. Qui s’intéresse encore aux contenus ? Au sens des formations intellectuelles ? A ce que devient un examen national quand les sujets sont parfois connus à l’avance ?
  • La mise en concurrence des disciplines, le clientélisme pour remplir les classes de certaines « spécialités » finiront d’achever le peu qu’il restait d’égalité et de justice. Le système (scolaire est un attribut désuet)  et ses algorithmes opaques décideront désor-mais  de l’avenir des lycéens en fonction de leur lycée d’origine, de leur origine tout court.
  • La peur du « 0 » c’est l’équivalent de l’amende de 135 euros pour manifestation non déclarée, un pouvoir de dissuasion purement formel, indifférent à toutes interrogations sur la légitimité, un pouvoir qui échappe d’ailleurs aux professeurs qui seront absents des commissions d’harmonisation.
  • Une machine autistique à produire du classement, de l’évaluation afin de confirmer et de survalider un ordre social d’airain dissimulé derrière des algorithmes. Le pouvoir de classe, d’autant plus cynique qu’il fait de la vacuité son carburant, ne croit plus à ces diplômes nationaux ringards, à ces idéaux d’égalité et de justice sociale.
  • Il ne jure que par des dispositifs de contrôle qui ne peuvent (ils sont construits pour cela) que le confirmer. Le contrôle continu a pour seul horizon l’auto-validation continue. Il s’agit d’entériner certainement pas de former, mieux de transformer. Pouvoir tautologique qui nasse le social en lui faisant miroiter une bonne note qui, in fine, ne servira à rien. Le tri se joue sur une toute autre scène.
  • Alors que faire ? Ce que nous observons relève bien du pourrissement, d’une décomposition terminale, fascinante à de nombreux égards. Fascinant en effet d’observer la panique d’un ministère qui veut de la note pour ne pas perdre la face.
  • Fascinant d’observer la docilité avec laquelle nous intériorisons le simulacre. Épreuves passées dans des conditions délirantes, fuites de sujets, impréparation, tricheries, malversations, peu importe. Ce qui compte désormais, c’est la pérennité du simulacre dans une pure forme policière. C’est donc cette forme que nous devons interroger, comprendre. Si le baccalauréat ne sert à rien, si tout est joué sur une autre scène, pourquoi une telle démesure de moyens, un tel rapport de forces ? Qu’est-ce qui est en train de se jouer exactement ?
  • Évidemment, tout cela n’a rien à voir avec le baccalauréat que les précédents ministères ont réduit à néant, le dispositif de sélection parcours sup venant définitivement anéantir la valeur de ce diplôme.
  • Non, il s’agit d’autre chose. Une crainte hante tous les systèmes de contrôle : la dérision. La hantise d’un pouvoir qui carbure au vide ? Ne plus être pris au sérieux. Vous ne pouvez pas nous mettre « 0 » car cela ferait chuter des statistiques qui n’ont pour seule fonction que de masquer formellement les inégalités réelles.
  • Mettre « 0 » à qui d’ailleurs ? Aux élèves les plus défavorisés du système, les plus indoci-les, ceux qui savent pertinemment que cette note ne changera rien à leur affaire ? Entéri-ner publiquement  le cynisme ou montrer toujours publiquement l’étendue du simulacre ? C’est ici que nous touchons le point de réversion du pouvoir par la pure forme. Il faut mettre « 0 » (pouvoir du simulacre) mais le « 0 » est impossible à mettre (simulacre du pouvoir).
  • Celui qui gouverne par la vacuité périra par la vacuité. C’est ainsi qu’il faut comprendre la nécessité du rapport de force et du déploiement policier : les E3C c’est sérieux, la preuve, nous envoyons la police.
  • Quand le sérieux ne peut plus se prévaloir de la réalité (réalité d’un diplôme équitable, réalité d’une formation, réalité d’une valeur), il doit s’équiper de tous les attributs de l’ordre policier.
  • Non pas cela a une valeur donc il y a la police mais il y a la police donc cela a une valeur. C’est justement ici que nous quittons les exigences d’un régime démocratique (la démocratie doit être défendue car elle promeut la justice comme réalité) pour épouser les traits des régimes liberticides en carton pâte, les autocraties de pacotille qui sont incapables d’instituer des valeurs autrement que par la force de leur police.
  • 7 février 2020

http://www.critiquedelacritique.fr/

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07 février 2020 ~ 0 Commentaire

e3c (jdd)

blanquer

Blocage des épreuves du bac

Peut-on surveiller ses élèves sur les réseaux sociaux pour justifier un zéro?

A La Rochelle, un proviseur a sanctionné d’un « zéro » des élèves qui s’opposaient aux nouvelles épreuves communes de contrôle continu. Pour se justifier, il a notamment évoqué leur abonnement à un compte Instagram de blocus. Une décision contestée.

#Bacastrophe, #stopE3C, #JeSuis01PourCent : sur les réseaux sociaux, on ne compte plus l’occurrence de ces hashtags, utilisés par les opposants aux épreuves communes de contrôle continu (E3C) du nouveau baccalauréat.

Depuis le début de la première vague d’épreuves, la contestation ne s’affiche pas seulement devant les grilles des lycées : sur Internet aussi, la lutte s’organise. Et, parfois, aux dépens des lycéens. A La Rochelle (Charente), un proviseur a attribué la note de zéro à des élèves mobilisés contre les E3C, notamment car ils s’étaient abonnés à un compte Instagram relatif au blocus de leur établissement. Un argument valable? Le JDD fait le point.

Le 20 janvier, le lycée Valin de la Rochelle a été la cible de perturbations, alors que ses élèves de première devaient composer pour leur épreuve d’histoire-géographie. A l’instar de plusieurs établissements dans l’Hexagone, lycéens et enseignants ont bloqué les entrées du bâtiment pour dénoncer les modalités et l’organisation des E3C, jugées inéquitables et trop complexes sur la forme.

Selon le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer, ces nouvelles épreuves du baccalauréat « se déroulent dans 85% des établissements sans problème ». Mais selon un sondage du SNDPEN, le principal syndicat des proviseurs, 43% des lycées ont été au moins partiellement perturbés.

« Flicage numérique »

Au lycée Valin, la veille de l’examen, le proviseur a assuré aux élèves que l’examen serait assuré. Et donc, comme le prévoit un arrêté, que toute absence équivaudrait à la note de zéro. Mais le lendemain, sur 489 candidats, 130 sont restés dehors selon le rectorat de Poitiers, soit parce qu’ils étaient en train de bloquer l’établissement, soit parce qu’ils se trouvaient dans l’impossibilité d’y rentrer.

Dix jours plus tard, la plupart des absents ont pu passer une épreuve de remplacement. A l’exception de quatorze élèves. D’après le courrier adressé par leur proviseur, contrairement à leurs camarades, leur absence ne relevait pas d’un cas de force majeure.

Et de justifier cette décision par leur présence devant le bâtiment, mais aussi, dans certains cas, par leur abonnement à un compte Instagram dédié au blocus de leur lycée. Un raisonnement surprenant, que de nombreux internautes ont dénoncé comme du « flicage numérique ».

Contacté par le JDD, Rodrigo Arenas, coprésident de la FCPE, l’une des principales fédérations de parents d’élèves, dénonce une « traque » contre les élèves mobilisés de manière à « les intimider ».  » Si c’est ça, l’école de la confiance… », ironise-t-il dans une allusion au nom de la loi sur l’éducation nationale choisi par le ministre Jean-Michel Blanquer.

Selon les lycéens concernés, ce deuxième argument ne tient d’ailleurs par la route : « Beaucoup d’entre nous étaient abonnés à ce compte, certains juste pour se tenir informés », raconte Louis, un élève de première. Comment, dès lors, distinguer les lycéens bloqueurs des lycéens empêchés? Pour sa camarade Tima qui a l’impression de « servir d’exemple », cette surveillance virtuelle va même plus loin : « Ces profils Instagram sont utilisés comme un argument, alors que c’est notre liberté d’expression ».

La Cnil pourrait trancher le débat 

Sanctionner ses élèves sur la base d’une consultation de leurs comptes sur les réseaux sociaux, même s’ils sont publics, constitue une pratique « problématique » pour Véronique Rondeau-Abouly, avocate spécialisée dans le droit numérique.

Elle compare la situation à celle du fisc, qui collectera bientôt des données sur les réseaux sociaux pour lutter contre la fraude. En septembre, la Cnil (Commission Nationale de l’Informa-tique et des Libertés) s’inquiétait de ce traitement, « susceptible de modifier, de manière signi-ficative, le comportement des internautes » et donc « de porter atteinte à leur liberté d’opinion et d’expression ».

Pour l’avocate, « les lycéens en question ne connaissaient ni la finalité, ni la base légale, ni les garanties de ce traitement », comme l’exige le RGPD (Règlement général sur la protection des données). « De fait, s’ils savaient que ces données allaient être collectées, peut-être qu’ils n’auraient pas manifesté », poursuit-elle. « Quand je me suis abonné, je ne me suis pas posé la question », confirme Louis.

Pour autant, cette collecte contestable de données suffit-elle à rendre caducs les « zéros » attribués aux lycéens? « La notion de force majeure est très compliquée à évaluer », reconnaît Véronique Rondeau-Abouly, qui recommande aux intéressés de se tourner vers les tribunaux administratifs et la Cnil.

Un rassemblement vendredi devant le ministère

Le rectorat de Poitiers, lui, défend la décision du proviseur du lycée Valin et assure qu’elle n’a pas été motivée par l’abonnement ou non à un compte Instagram.  » Les élèves ont été clairement identifiés le jour des perturbations », assure-t-on au JDD.

Même son de cloche du côté du SNDPEN : « Toute forme de blocage est inacceptable et illégale », martèle Stéphane Allioux, le secrétaire départemental du syndicat des proviseurs. Ce dernier assure son soutien au proviseur du lycée Valin, depuis cible de menaces de mort. Thierry Roul, secrétaire académique du même syndicat, relativise la situation des élèves concernés : « une épreuve ne représente que 1,6% de la note finale. »

Quant à la surveillance des élèves sur les réseaux sociaux, le rectorat de Poitiers reconnaît l’existence d’un travail de « veille ». Thierry Roul parle lui d’une démarche « inédite » et « individuelle », même s’il indique que son syndicat « prendra sûrement le temps d’y réfléchir à l’avenir ».

Vendredi, la FCPE organisera un rassemblement devant le ministère de l’Education nationale pour demander l’annulation des « zéros » attribués aux quatorze élèves du lycée Valin. De quoi mettre maintenir la pression avant le mois de mars, où un comité de suivi tirera le bilan de cette première session d’épreuves communes de contrôle continu.

7 février 2020 Léa Guyot

https://www.lejdd.fr/

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06 février 2020 ~ 0 Commentaire

usa (npa)

socialism

Nouveau mouvement socialiste aux États-Unis : DSA tient bon

Tandis que s’ouvre la période des primaires présidentielles aux États-Unis, Bernie Sanders semble avoir retrouvé une popularité comparable à celle qui lui avait permis de devenir contre toute attente le principal rival de Hillary Clinton aux primaires de 2016. Mais où en sont les milieux militants qui le soutiennent toujours et dont il avait contribué à faire gonfler les rangs de façon remarquable ?

Organisation tout à fait modeste il y a encore quelques années, les Democratic Socialists of America sont encore loin d’avoir conquis une base sociale de masse. Pourtant, il y a environ six mois, DSA organisait le plus grand congrès d’une organisation politique de gauche « socialiste » aux États-Unis depuis plusieurs générations, regroupant plus de 1 000 délégués pendant trois jours à Atlanta (2-4 août 2019).

Un congrès agité… par l’afflux militant 

Le congrès de 2017 avait déjà réuni 700 délégués, suite à l’afflux d’adhésions déclenché d’abord grâce à la campagne Sanders puis en réaction à la victoire de Trump. DSA avait ensuite continué de croître, en particulier grâce à l’arrivée sur la scène politique nationale d’Alexandria Ocasio-Cortez, jeune militante du Bronx ayant ravi son siège à un influent député démocrate.

C’est ainsi que près de 60 000 membres se trouvaient représentés par des déléguéEs à l’édition 2019 du congrès de DSA. Plusieurs comptes rendus publiés en ligne laissent entendre que dans certaines régions, la proportion de militantEs parmi les adhérentEs atteint à peine 10 à 20 %, mais s’avère bien plus élevée dans d’autres.

Cet afflux de nouvelles forces militantes n’est pas sans apporter ses nouveaux défis. Comment faire évoluer les structures pré-existantes de DSA, tout en familiarisant beaucoup de militantEs peu expérimentéEs à un fonctionnement collectif aussi démocratique que possible ? Et pour quelle orientation politique anticapitaliste ?

CertainEs militantEs estiment que les membres n’ont pas eu accès suffisamment tôt aux textes qui seraient débattus en congrès, empêchant de lancer certaines discussions importantes et d’en permettre l’appropriation par les déléguéEs et les autres.

Le bon déroulement du congrès, mais aussi l’animation du débat politique dans l’ensemble de l’organisation, semblent en avoir pâti. D’un autre côté, si l’organisation est quelque peu bousculée, c’est au moins le signe que les nouvelles adhésions ne sont pas restées lettre morte.

Un renforcement organisationnel et politique

Le congrès a entrepris de renforcer l’organisation, avec un certain succès. L’un des débats les plus vifs concernait une éventuelle décentralisation accrue de DSA, à l’appel de certaines tendances internes.

C’est finalement le maintien d’un certain degré de centralisation qui a emporté la majorité des votes, accompagné de mesures de soutien aux sections locales nouvelles, isolées ou fragili-sées, et d’un effort général en faveur de la formation politique de l’ensemble des militantEs. Le renouvellement de l’exécutif national, très affaibli dès le début de la mandature précédente par plusieurs « scandales » et autres conflits internes, devrait également consolider DSA.

Le congrès ne s’est pas pour autant privé de débattre du positionnement politique de DSA. Il a été l’occasion d’esquisser une série de nouvelles campagnes pour les droits des immigréEs, ou pour l’accès à l’avortement, face aux ravages de la politique de Trump et de la majorité républicaine sur ces sujets. Le profil écosocialiste de DSA en est également sorti renforcé.

Mais le plus remarquable concerne la recherche d’une plus grande indépendance vis-à-vis du Parti démocrate : non seulement DSA s’est engagé à ne soutenir aucun candidat démocrate si Sanders n’obtient pas la nomination, mais une résolution bien plus audacieuse a été adoptée.

DSA affirme désormais publiquement que son projet de moyen terme est la constitution d’un parti des exploitéEs et des oppriméEs indépendant du Parti démocrate. Une réelle avancée quand on se souvient du passé de DSA et d’une bonne partie de la gauche aux États-Unis, séduite par une stratégie visant à un « réalignement » de classe du Parti démocrate.

En attendant le moment de la rupture avec la nébuleuse démocrate, DSA continuera de partici-per aux primaires démocrates là où ce sera nécessaire, ne serait-ce que parce que dans certaines circonscriptions, c’est la primaire démocrate qui constitue la véritable élection. Cela n’empêchera pas DSA de développer ses propres campagnes politiques, visant à populariser des idées et construire une implantation réellement ouvrière et multiraciale de l’organisation.(Extrait voir lien)

Mathieu Bonzom  Mercredi 5 février 2020

https://npa2009.org/

Commentaire:

Les articles de la rubrique Idées n’expriment pas nécessairement notre point de vue.

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04 février 2020 ~ 0 Commentaire

réunion publique (brest)

profs

Grève à Brest

Réunion publique d’information parents-enseignants Jeudi 6 Février 18h Faculté Victor Segalen

Réforme du BAC (E3C PARCOURSUP
Dans quelles écoles les élèves vont-ils étudier ?

Chacun son bac maison ?

La réforme du bac et la mise en place de ParcourSup font déjà de l’avenir une source d’angoisse pour les élèves : les lycéen·nes suivent désormais des parcours individualisés.

Leur bac ne leur garantit plus l’accès à l’université de leur choix, sa valeur ne sera certaine-ment plus la même pour toutes et pour tous. A l’avenir, elle dépendra de leurs spécialités, de leur département, de leur établissement.

La triche généralisée que nous avons pu constater lors des premières épreuves E3C montre bien que le bac à la mode Blanquer provoque une rupture d’égalité dans les conditions de passage des épreuves E3C.

Cette année scolaire est aussi perturbée par un mouvement social d’ampleur qui touche de nombreux secteurs dont celui de l’éducation nationale.

Chacun ses petits points retraite ?

Le pouvoir promet une application de la réforme aux seules personnes nées après 1975 et tente de négocier des bouts de chandelle avec certains secteurs stratégiques. Mais en quoi dispenser de cette réforme seulement une partie plus âgée de la population la rendrait-elle plus acceptable ?

Abandonnons-nous officiellement les générations futures ?

Ces évènements vont avoir une incidence sur la notation et donc l’avenir des élèves.
Ces réformes concernent tout le monde !

Il est plus que jamais nécessaire que les parents et les personnels de l’éducation se rencontrent pour échanger et agir contre les conditions lamentables dans lesquelles les élèves vont devoir étudier à l’avenir.

C’est pour cela que les personnels de l’Éducation vous invitent à les rejoindre.

Réunion publique d’information
PARENTS-ENSEIGNANTS
JEUDI 6 FEVRIER 18H à 20h FAC Segalen (BREST)

https://giletsjaunesbrestois.home.blog

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02 février 2020 ~ 0 Commentaire

verts (révolution)

ecologie-conflits-energie

Les Verts : une alternative sérieuse ?

D’après les sondages, les Verts ont le vent en poupe. Ils pourraient faire de bons résultats aux élections municipales de mars prochain. Aux élections européennes de juin dernier, ils ont réalisé un score significatif : 13,5 %.

Cette poussée électorale des Verts s’explique d’abord par la crise environne-mentale qui s’accélère à l’échelle mondiale.

La jeunesse, en particulier, est révoltée par l’inaction des gouvernements. Dans les 3 millions de voix qui se sont portées sur les Verts, aux européennes, il y avait beaucoup de jeunes : 25 % des électeurs de 18 à 24 ans, et 28 % des électeurs de 25 à 34 ans.

Est-ce que, pour autant, ces jeunes font confiance aux Verts pour régler la crise environne-mentale ? Non. Ou plutôt, ce n’est pas ce qui a déterminé leur suffrage. En votant pour les Verts, beaucoup de jeunes ont surtout voté « pour le climat », contre la pollution et contre la passivité des gouvernements. Ils n’ont pas accordé leur confiance à un parti ; ils ont envoyé un message aux politiciens : « occupez-vous de ce problème ! ».

Capitalisme vert

Reste que le messager – la direction des Verts – n’est absolument pas à la hauteur du message. Certes, la direction des Verts parle d’écologie à longueur de journée. Mais elle n’avance aucune solution sérieuse pour régler la crise environnementale.

Son programme est un bric-à-brac de mesures dérisoires : une petite taxe par-ci, une petite subvention par-là… Ces mesures sont entièrement compatibles avec le capitalisme, la course folle aux profits, la domination des banques et des multinationales – bref, avec les responsables de la crise environnementale.

Les dirigeants des Verts ont une conviction chevillée au corps : le capitalisme est l’horizon indépassable de l’humanité. Non seulement il ne faut pas le renverser, mais il faut éviter toute mesure susceptible d’en entraver le fonctionnement « normal » (l’accumulation du Capital).

Ainsi, lorsque Jean-Luc Mélenchon avance l’idée – assez modérée, au fond – d’une « planification écologique », les dirigeants des Verts l’accusent de vouloir instaurer une dictature stalinienne.

Tête de liste des Verts aux élections européennes, Yannick Jadot insistait, en mars dernier, sur son attachement « à la libre entreprise et à l’économie de marché ». Il appelle cela « une écologie positive et pragmatique ». En clair, c’est du « capitalisme vert » : une contradiction dans les termes.

Gauche caviar bio

Comme force électorale, l’ascension des Verts date de la fin des années 80. A l’époque, ce parti se présente comme « ni de droite, ni de gauche », formule typique d’un parti petit-bourgeois, qui prétend se tenir au-dessus des classes en lutte (mais, dans les faits, défend l’ordre établi, donc le pouvoir du grand patronat).

Les Verts affirment leur « ancrage à gauche » au milieu des années 90, à une époque où les dirigeants de la gauche française – du PS et du PCF – sont eux-mêmes engagés dans une longue dérive droitière.

Dans la foulée de l’effondrement du Bloc de l’Est, les années 90 sont balayées par une immense vague de propagande pro-capitaliste. Les Verts prennent place sans difficulté dans les systèmes d’alliances de cette « gauche » qui a renoncé à renverser le capitalisme – et qui, au pouvoir, privatise massivement des actifs publics, comme le fit la « gauche plurielle » (PS, PCF et Verts) entre 1997 et 2002.

Profitant de la crise du PS et du PCF, les Verts se sont transformés en une machine à exploiter, électoralement, les préoccupations environnementales de la population.

Leur soi-disant « ancrage à gauche » ne les empêche pas de conclure des alliances avec la droite, à l’occasion. Et on ne compte plus les dirigeants des Verts qui ont rallié la droite contre un poste (ou une promesse de poste) : De Rugy, Pompili, Cohn-Bendit, etc.

Avec un bilan politique aussi lamentable, les Verts auraient été marginalisés de longue date si les partis de gauche avaient fait leur travail : mobiliser la jeunesse et les travailleurs dans une lutte décisive contre le capitalisme. C’est le nœud du problème. Les Verts ont surtout profité des renoncements de la gauche traditionnelle. (…)

2 février 2020

https://www.marxiste.org/

Commentaire:

Ces camarades qui disent des choses justes, prétendent redresser la France Insoumise, nous avons d’autres priorités!

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02 février 2020 ~ 0 Commentaire

plastiques (le monde)

Loi antigaspillage : « Recycler 100 % de nos plastiques à l’infini est une illusion »

Une loi contre le gaspillage fixant à 100 % l’objectif de plastique recyclé d’ici à 2025 a été adoptée, mais pour la chercheuse Nathalie Gontard cette méthode ne répond pas à l’urgence de la situation.

C’était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron. Jeudi 30 janvier, le Parlement a définitivement adopté le projet de loi contre le gaspillage, qui fixe à 100 % l’objectif de plastique recyclé d’ici à 2025.

En 2016, seuls 26 % des emballages plastique étaient recyclés en France, selon les derniers chiffres publiés par l’organisation Plastics Europe, qui représente les producteurs européens de matières plastiques. Les meilleurs élèves européens en la matière (l’Allemagne, la République tchèque ou la Suède) plafonnaient, eux, à 50 %.

Pour Nathalie Gontard, directrice de recherche à l’Institut national de la recherche agrono-mique (INRA) de Montpellier, « un objectif 100 % recyclage » est « impossible à atteindre » dans l’immédiat et ne répond pas à l’urgence de la situation.

L’objectif de 100 % de plastique recyclé d’ici à 2025 fixé dans la loi vous paraît-il réaliste ?

Nathalie Gontard : Il faut commencer par définir ce qu’on appelle « recyclage ». Ce terme est en effet souvent utilisé pour décrire des processus aux conséquences très différentes pour l’environnement.

Le « vrai » recyclage, au sens de l’économie circulaire, signifie qu’un déchet redevient sa matière d’origine, intacte. Ainsi, une bouteille en verre peut être refondue en une bouteille que vous ne distinguerez pas du matériau originel. Idem pour le métal. Vous pouvez répéter ce processus de très nombreuses fois sans compromettre la qualité d’utilisation du produit final. La boucle est bouclée, il s’agit bien de recyclage.

Ce processus ne fonctionne pas pour les plastiques. Seul ce qu’il conviendrait plutôt d’appeler un « décyclage » est possible : on les transforme en objets de plastique de moindre qualité, comme des cintres, des pulls ou des matériaux de construction. Remplaçant ainsi à moindre coût le bois, la laine ou la terre cuite.

Une fois cette transformation effectuée, ils deviendront impropres à tout nouveau recyclage, parce qu’ils seront fragilisés, dégradés, chargés d’additifs et de contaminants. Arrivés à la fin de leur deuxième vie, ces plastiques ne pourront pas être à nouveau injectés dans un circuit de fabrication et finiront en décharge ou incinérés – et produiront des micro-, nano-déchets plastique et autres résidus toxiques dont on ne sait que faire.

Recycler 100 % de nos plastiques à l’infini et faire ainsi disparaître ces déchets est une illusion.

Ce constat vaut-il aussi pour les bouteilles en polyéthylène téréphtalate (PET), dont le recyclage semble pouvoir se rapprocher de celui du verre ou du métal ?

Lorsqu’elles sont correctement collectées (ce qui est le cas pour à peine 55 % d’entre elles en France), le processus de recyclage des bouteilles en PET est relativement efficace et peu coûteux. Mais il subsiste cependant des limites qui font que le PET ne peut subir qu’un recyclage unique.

Contrairement au verre ou au métal, qui sont des matériaux très denses, le plastique se comporte comme une éponge. Il absorbe les substances hydrophobes qu’il rencontre sur son chemin, qu’il s’agisse des substances colorées du jus de carottes, des arômes du pastis… ou de produits pesticides. Le recyclage consiste à nettoyer, à éliminer autant que faire se peut ces substances absorbées. Le PET ainsi recyclé est un peu moins transparent et un peu moins résistant que le PET vierge. Les industriels ajoutent donc souvent du plastique vierge au plastique recyclé pour camoufler les faiblesses de ce dernier dans leur produit final.

L’état des connaissances ne permet pas de dire avec certitude que le PET recyclé plusieurs fois ne présentera pas de risques pour le consommateur

Par ailleurs, le nettoyage élimine les contaminants volatiles, mais il n’élimine pas, par exemple, les métaux lourds. Les opinions de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) démontrent que la sécurité des consommateurs vis-à-vis du PET, recyclé grâce aux technologies autorisées, est assurée pour un cycle unique de recyclage. L’état des connaissances ne permet donc pas de dire avec certitude que le PET recyclé plusieurs fois ne présentera pas de risques pour le consommateur. On ne sait pas comment les débris de polymère, les additifs et les contaminants résiduels peuvent s’accumuler et se dégrader au fil des cycles d’utilisation/décontamination, et venir polluer nos aliments.

Dès lors, à quelles solutions recourir pour réduire la pollution par les plasti-ques ? Les techniques de recyclage du plastique ne seront-elles pas amenées à s’améliorer dans un futur proche ?

D’aucuns parient sur le développement de technologies de « vrai » recyclage du plastique dans un avenir pas trop lointain. Mais ce pari est terriblement hasardeux, car la rentabilité environnementale de ces technologies reste à établir, alors que les enjeux environnementaux se jouent dès aujourd’hui.

Nous focaliser sur un objectif 100 % recyclage impossible à atteindre détourne notre attention de toutes les autres mesures à prendre, qui sont à la portée de tous, dès maintenant, pour réduire notre consommation de plastique. Il s’agit d’encourager une utilisation optimale des plastiques irremplaçables et de nouvelles pratiques qui évitent le recours au plastique, comme le vrac, par exemple, ainsi que de privilégier les matériaux qui sont vraiment biodégradables, comme les bois, papiers et cartons, ou bien encore les matériaux réellement recyclables, comme le verre et le métal.

31 janvier 2020

https://www.lemonde.fr/

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