Archive | Jeunes

05 avril 2020 ~ 0 Commentaire

rosa (npa)

mai 68

Encore et toujours, socialisme ou barbarie

En 1915, Rosa Luxemburg, emprisonnée pour son refus de la guerre, écrivait un texte (1) dont nous avons extrait ces lignes qui résonnent toujours en cette époque de pandémie.

« Souillée, déshonorée, pataugeant dans le sang, couverte de crasse ; voilà comment se présente la société bourgeoise, voilà ce qu’elle est.

Ce n’est pas lorsque, bien léchée et bien honnête, elle se donne les dehors de la culture et de la philosophie, de la morale et de l’ordre, de la paix et du droit, c’est quand elle ressemble à une bête fauve, quand elle danse le sabbat de l’anarchie, quand elle souffle la peste sur la civilisation et l’humanité qu’elle se montre toute nue, telle qu’elle est vraiment. […]

Friedrich Engels a dit un jour : « La société bourgeoise est placée devant un dilemme : ou bien passage au socialisme ou rechute dans la barbarie. »

Mais que signifie donc une « rechute dans la barbarie » au degré de civilisation que nous connaissons en Europe aujourd’hui ? Jusqu’ici nous avons lu ces paroles sans y réfléchir et nous les avons répétées sans en pressentir la terrible gravité.

Jetons un coup d’œil autour de nous en ce moment même, et nous comprendrons ce que signifie une rechute de la société bourgeoise dans la barbarie. […]

Nous sommes placés aujourd’hui devant ce choix : ou bien triomphe de l’impérialisme et décadence de toute civilisation, avec pour conséquences, comme dans la Rome antique, le dépeuplement, la désolation, la dégénérescence, un grand cimetière …

Ou bien victoire du socialisme, c’est-à-dire de la lutte consciente du prolétariat international contre l’impérialisme et contre sa méthode d’action : la guerre. C’est là un dilemme de l’histoire du monde, un ou bien – ou bien encore indécis dont les plateaux balancent… […] »

Mercredi 1 avril

https://npa2009.org/

Lire la suite

03 avril 2020 ~ 0 Commentaire

racisme (ucl)

Bandeau-UCL-merle

Confinement, entre mépris de classe et racisme d’Etat

Depuis le début du confinement, un véritable mépris de classe s’affiche partout. Dans les médias, sur les réseaux sociaux et dans les déclarations des hommes politiques, les responsables semblent tout désignés : es habitant·es des quartiers populaires.

C’est dans ces quartiers que les contrôles sont plus intenses : 10% des verbalisations et des mises en garde à vue concernent la Seine-Saint-Denis pour la première journée de confinement.

Les zones de contrôle sont « ciblées » d’après la police, nombreux sont les signalements des racistes et de multiples agressions policières envers des personnes racisées lors des contrôles ont d’ores et déjà été signalées.

La validité ou non du motif de déplacement laissé à l’appréciation de la police tend à favoriser les inégalités de traitement du non confinement entre les quartiers favorisés ou populaires.

Si les médias semblent faire preuve d’une certaine bienveillance vis-à-vis des personnes appartenant à la classe moyenne et à la bourgeoisie, il n’en est rien concernant les personnes vivant dans la précarité.

Comme toujours, et de manière encore plus visible dans la période, ce sont les personnes racisé·es et habitant.es des quartiers populaires sur lesquels s’abattent le plus la répression. Si les contrôles, amendes et violences policières étaient déjà la norme avant l’apparition de la pandémie, désormais, le coronavirus donne une justification de plus à ces pratiques, poussant le vice jusqu’à placer en garde à vue des personnes sur simple suspicion de défiance et augmentant encore plus les risques sanitaires pour les personnes enfermées.

Le romantisme du confinement, un privilège de classe

Si le confinement se vit sans trop de difficulté pour les plus aisé·es, ayant pu quitter leurs appartements pour des résidences secondaires (transportant potentiellement le virus à des endroits où il n’était pas encore), c’est une tout autre affaire pour celles et ceux qui vivaient déjà dans la précarité.

En effet, comment ne pas s’émouvoir de la vie enfermée pour des familles vivant à plusieurs dans des logements insalubres et/ou de petites tailles, sans balcon ni jardin, quand d’autres nous expliquent la « chance » que peut représenter une telle période pour faire le point sur leur vie ?

Ainsi, il n’est pas étonnant de croiser des personnes dans les rues. L’État, par ses injonctions contradictoires, ne fait que renforcer cet état de fait. D’un côté, on impose le confinement et de l’autre, le gouvernement multiplie les appels à ne pas stopper l’activité économique et encourage à maintenir la production dans des secteurs non essentiels en période de crise.

Dans les quartiers populaires, parmi les populations issues de l’immigration et de la colonisation, nombreuses et nombreux sont les travailleurs précaires, smicard·es, qui continuent de travailler et de mettre leur santé et celle de leurs familles en danger, sacrifié·es sur l’autel du capitalisme (sans oublier ceux ou celles qui ont été mis au chômage et qui vont perdre une partie de leur revenu dégradant encore plus les conditions d’existences).

Les boucs émissaires changent, mais la logique reste la même.

Si nous avons pu observer une explosion du racisme anti-asiatique dans les premiers temps de la crise, c’est aujourd’hui toutes les personnes considérées comme extérieures au consensus national et républicain qui sont touchées par ces logiques.

L’État inscrit sa gestion de l’épidémie dans les quartiers « de reconquête républicaine » dans une logique postcoloniale. En effet, l’actualité nous renvoie à des épisodes de l’histoire coloniale où les populations « indigènes » étaient considérées comme « indisciplinées » et pour qui le confinement était plus sévère.

Aussi, médias et personnalités politiques, de la LREM à l’extrême-droite construisent et diffusent un discours qui vise à culpabiliser et à désigner comme responsables une partie de la popula-tion, racisée et appartenant aux classes populaires, décrite comme « indisciplinée » et « inconsciente ».

Pour eux, il s’agit d’opposer les populations racisées – suspectées de répandre le virus – aux « vrais français·es » susceptibles d’être contaminé·es, malades ou en deuil. Cette rhétorique est d’autant plus abjecte qu’elle cherche à déshumaniser une partie de la population en niant la réalité de leur vécu durant cette crise, et au passage la réalité des difficultés sanitaires encore plus criantes des hôpitaux de certaines villes pauvres, comme en Seine-Saint-Denis.

Des violences policières toujours plus fortes

La multiplication des pratiques coercitives, des discours guerriers et de retour à l’ordre (voir les déclarations du préfet Lallement) sont un prétexte à davantage de répressions et ouvrent la voie à l’arbitraire et aux violences policières sur des personnes lors des contrôles d’attestation dans nos quartiers.

Cette violence raciste sert à masquer les manquements du pouvoir, tant du point de vue de l’échec des politiques urbaines et antisociales passées, que sa gestion catastrophique de la crise sanitaire. C’est aussi dans un contexte de tensions anciennes et d’une certaine défiance des populations envers un pouvoir et une police qui les méprisent, les excluent et les brutalisent depuis des années, que les violences policières s’exacerbent.

Cette situation ne fait que mettre encore plus en lumière les faillites successives de l’État et des communes avant cela.

Alors que nous connaissons une crise sanitaire inédite et violente, l’UCL dénonce la double peine subie par les populations des quartiers populaires : aux risques encourus pour leur santé, s’ajoute les violences de classe, sexiste et raciste, accompagné d’un discours idéologique méprisant et disciplinaire.

Aucune situation, même exceptionnelle, ne justifiera la répression et la désignation d’une catégorie de la population, en raison de sa classe ou de ses origines, comme responsables. Face à cela, ne nous trompons pas d’ennemis, seule l’auto-organisation et la solidarité entre précaires nous permettront de nous en sortir, que ce soit face à la répression ou à l’isolement.

Union communiste libertaire 2 avril 2020

https://www.unioncommunistelibertaire.org/

Lire la suite

31 mars 2020 ~ 0 Commentaire

guerre? (psl)

star war

Y aura-t-il une troisième guerre mondiale ?

Selon une étude réalisée entre juin et octobre 2019 par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), plus de la moitié des personnes âgées de 20 à 35 ans sont convaincues qu’un conflit mondial, probablement nucléaire, est à prévoir dans la prochaine décennie.

Dans notre pays (la Belgique blog) aussi, plus de la moitié des jeunes craignent une troisième guerre mondiale. Allons-nous vers une guerre?

Ce sentiment a été renforcé par l’assassinat du général Qassem Soleimani, le plus haut responsable du service de sécurité iranien, et les menaces échangées entre les responsables américains et iraniens qui en ont résulté.

Les jeunes, en particulier, craignent profondément un conflit nucléaire mondial et comprennent généralement son potentiel apocalyptique. Cependant, il est peu probable qu’il y ait une troisième guerre mondiale avec un conflit nucléaire.

La perspective d’une destruction mutuelle assurée qu’impliquerait un conflit nucléaire mondial, menace également l’élite économique et politique. Cette élite apprécie les armes nucléaires pour le prestige international, l’influence diplomatique qui en découle (et les profits prélévés au passage blog) mais en faire usage est encore une toute autre affaire.

La classe capitaliste n’est intéressée que par le profit, ce qu’elle obtient grâce à l’exploitation des ressources naturelles et du travail humain. Ce serait impossible dans un désert post-apocalyptique à la Mad Max.

La manière dont l’économie capitaliste mondiale est étroitement imbriquée assure que même des frappes nucléaires à petite échelle sont indésirables pour l’establishment.

Cela perturberaient trop profondément les chaînes d’approvisionnement et menaceraient ainsi l’économie dans son ensemble. Mais le capitalisme est en crise profonde et les tensions sont croissantes.

La concurrence entre les États-Unis et la Chine aurait conduit à une guerre ouverte à peu près à n’importe quelle autre époque. Aujourd’hui encore, il existe des tensions et des conflits, des guerres commerciales aux confrontations entre régimes fantoches derrière lesquels se trouvent des puissances impérialistes mondiales et régionales. Les investissements dans l’armement et la défense sont inouïs : 1 822 milliards de dollars en 2018 !

Enfin, la menace de guerre est utilisée par pas mal de régimes politiques pour faire taire ou marginaliser l’opposition interne, à l’image de ce que le mouvement ouvrier dû subir au début du 20è siècle et avec le maccarthysme dans les années 1950.

Mais c’est là que le bât blesse pour les différents régimes. L’establishment politique américain panique à mesure qu’il perd le contrôle de son propre système et tandis que les idées socialistes connaissent un succès croissant dans le pays. Le régime iranien a lui aussi été confronté à une contestation de masse.

La menace d’un mouvement anti-guerre capable de faire vaciller le système politique et écono-mique est une autre raison importante pour laquelle une troisième guerre mondiale n’est actuellement pas à l’ordre du jour.

Le mouvement anti-guerre a joué un rôle majeur pour mettre fin à la guerre du Vietnam dans les années 1970. Aujourd’hui, un mouvement anti-guerre aux États-Unis pourrait se développer bien plus rapidement et également recourir à l’arme de la grève au vu de l’actuel contexte de multiplication des luttes syndicales aux USA.

Cela menacerait le règne de l’establishment et l’ensemble du système capitaliste. Un mouve-ment international de masse des travailleurs et des jeunes contre la guerre et l’impérialisme est la meilleure réponse aux menaces de guerre.

En mettant toute l’industrie militaire aux mains de la collectivité, les énormes ressources et connaissances technologiques pourraient être utilisées dans l’intérêt de la paix et de la solidarité entre les travailleurs.

Construisons ce mouvement anti-guerre!

Eugenio (Bruxelles) lundi 30/03/20

Lire la suite

29 mars 2020 ~ 0 Commentaire

double peine (acat solidarités)

droits

Covid-19 : Pas de double peine pour les plus vulnérables

Les mesures législatives et réglementaires sont entrées en vigueur pour les premières d’entre elles depuis une semaine afin de lutter contre la propagation de l’épidémie du Covid-19.
Pourtant, aucune mesure particulière à la hauteur du danger que représente ce virus et sa propagation n’est prise pour protéger les personnes sans abri ou logées en hébergement collectif, les plus vulnérables, pourtant soumises aux mêmes règles de confinement que le reste de la population et dans l’impossibilité matérielle de les respecter.

De multiples autorités se sont pourtant prononcées sur l’urgence de loger et de prévoir des mesures adaptées en faveur des mal-logés ou sans abri.

Ainsi et notamment, le Conseil scientifique a pu souligner dans son avis du 23 mars « la nécessité des mesures d’accompagnement spécifiques pour les personnes en situation de précarité ou sans domicile ainsi que pour les personnes susceptibles de faire l’objet de discrimination comme les « gens du voyage ».

De même, le Défenseur des droits, a justement interpellé le gouvernement sur l’inadéquation des mesures actuellement prises par le gouvernent vis-à-vis de certaines populations et le respect de leurs droits fondamentaux en précisant que « les personnes enfermées, isolées, celles qui vivent à la rue, qui ont besoin d’aide sociale pour une partie de leurs besoins fondamentaux, seront les premières à subir une double peine si rien n’est fait pour les accompagner » (Tribune du 21 mars 2020).

De nombreuses associations ont également alerté sur le risque sanitaire extrême des populations sans abri ou logées dans des hébergements collectifs.

Aussi et face à l’absence de prise en considération des personnes les plus précaires à la rue, en habitat de fortune, ou confinés dans des conditions dangereuses (gymnases, dortoirs) particulièrement vulnérables face à une telle pandémie, les associations:

Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat), Droit au logement (DAL), Droits d’urgence, Elu/es contre les violences faites aux femmes (ECVF), Fédération CGT Santé Action sociale, KALI, Gisti, Ligue des droit de l’Homme (LDH) et Utopia 56

ont décidé de saisir le Conseil d’Etat, afin que soit ordonnées en urgence les mesures indispen-sables à la protection des personnes les plus vulnérables et, parmi elles, la réquisition, sur le fondement des textes nouvellement adoptés, des appartements en location meublée touristique et chambres d’hôtels vacants, et tout autre habitation permettant une installation immédiate, lorsque le contingent d’hébergement individuel géré par les prestataires de l’Etat est insuffisant.

L’audience devant le Conseil d’Etat se tiendra le lundi 30 mars à 14h30.

 27 mars  2020

https://www.acatfrance.fr/

Lire aussi:

Et la population la plus précarisée ? (Solidarités)

Les oublié·e·s du confinement (Solidarités)

Lire la suite

27 mars 2020 ~ 0 Commentaire

macron (npa)

macronflics

La marche autoritaire de Macron et de son gouvernement

Le gouvernement a organisé par décrets depuis le 14 mars le confinement généralisé.

Tout en essayant de protéger l’économie, « les premiers de cordée » chers à Macron, plutôt que les salarié·es, lesquels ont compris depuis longtemps que rien ne « ruissellerait » jamais pour eux de l’abondance donnée aux premiers!

En refusant de stopper toutes les productions non indispensables, donc inutiles en ce moment de pandémie, il met les travailleurs en danger.

Et il se moque bien d’envoyer sans aucune protection, même si déjà certain·es y ont laissé leur vie, tous les salariés et salariées dont le travail permet d’assurer les besoins vitaux de tous.

L’application de ces décrets se fait à coups de militarisation de l’espace public et de sanctions surdimensionnées. Alors pourquoi avoir en plus fait adopter à la va-vite une loi créant un état d’urgence sanitaire (EUS) ?

« Leur guerre, nos morts »

Macron ne remet en cause  évidemment strictement rien des responsabilités totales de son monde. Ni la barbarie de l’économie capitaliste, ni la casse systématique de tout ce qui nous permet de vivre ensemble, de faire société : nos services publics, les services de santé, de soins, l’éducation nationale, la recherche publique… la prise en compte de qualité des plus fragiles.

Pire, lui et ses pairs ont bien l’intention que tout recommence comme avant dès que cette épidémie sera terminée. Tout : leurs profits exorbitants, notre exploitation insupportable.

C’est pour cela que le soutien à l’économie, 300 milliards d’euros rien qu’en France, est déjà acté. C’est pour cela qu’il lui faut aussi déclarer l’assignation à résidence pour 66 millions de personnes et pour une durée indéterminée.

Le confinement généralisé, et qui va visiblement être long, est le résultat du manque de tout : la perte de 200 000 lits d’hôpital en 5 ans, l’absence de tests pour toute la population, le manque de gel, de masques, le manque de personnels déjà énorme avant la crise.

Mais notre isolement, ce confinement rendu inévitable pour mater l’épidémie par « ces connards qui nous gouvernent » (Frédéric Lordon) va aussi être utilisé par ceux-là pour nous préparer à accepter notre surexploitation à venir, puisque bien sûr « il faudra bien relever l’ économie ».

L’assignation à résidence généralisée

Concrètement, les dispositions générées par l’état d’urgence adopté en novembre 2015 pour ce qui concerne l’assignation à résidence ­ ­- et qui pour certaines personnes n’ont pas cessé de s’appliquer depuis, il faut s’en souvenir -, sont généralisées aujourd’hui à toute la population.

Une seule règle : plus personne ne bouge de chez soi. Même tous ceux et celles enfermés dans les CRA ou les prisons, et même, comble de l’absurde et de l’inhumanité de ce gouvernement, ceux et celles qui vivent encore et toujours à la rue.

Pour tous les autres, l’obligation de remplir une attestation de dérogation autorisée se double de sanctions disproportionnées. Sans laissez-passer convenable, c’est d’abord 135 euros l’amende, si récidive, 1 500 euros, ensuite cela peut aller à 10 000 euros et 4 mois de prison fermes.

Le directeur général de la sécurité civile a fait savoir que les 100 000 policiers et militaires déployés sur le territoire avaient déjà bien travaillé : 1 million 800 000 contrôles et 91 824 amendes pour non-respect des restrictions.

Il ne parle pas du nombre de GAV, ni des infractions annexes qui ne vont pas manquer de se multiplier : rébellion, soupçons d’intention de prendre la fuite… et qui se termineront elles aussi par des sanctions.

Évidemment, la peur généralisée favorise l’adhésion à « l’union sacrée » que réclame tous les deux jours le président de la République ou ses ministres. Elle vise, bien entretenue notamment par « le journalisme de préfecture » (Acrimed), à obtenir notre consentement au confinement et incite à la recherche des « déviants »…

Ceux et celles qui n’ont rien compris, ou qui le font exprès. Parce que comme l’affirme Jordan Bardella « les banlieues profitent de la situation pour organiser des pillages et des guet-apens contre les forces de l’ordre ».

Ou Marine le Pen « la désinvolture de ces territoires est totale par rapport aux lois de la République et à la solidarité nationale ». Ce qui permet à un Éric Ciotti, droit dans ses bottes, de réclamer « le couvre-feu et le déploiement de l’armée dans ces quartiers ».

Et demain l’état de siège ? Du coup, les délations sont nombreuses (la police demande même l’arrêt des appels au 17 pour dénoncer des rassemblements de plus de trois personnes en bas des tours !).

Se consolide alors la figure bien utile au gouvernement du « bouc émissaire » livré aux racistes ordinaires, le coupable habituel, l’habitant des quartiers populaires. Pourtant c’est souvent lui et « ses sœurs et frères », les tirailleurs d’aujourd’hui, qui accomplissent les tâches sans lesquelles nous serions tous et toutes bien incapables de survivre.

L’EUS, un grand pas de plus vers le droit d’exception généralisé.

Ce gouvernement qui a préféré acheter suffisamment de grenades de type LBD 40 et de gaz lacrymogènes pour les 4 prochaines années et qui est incapable de donner, même plusieurs semaines après le début de l’épidémie en France, des masques de protection aux personnels soignants a cependant les moyens de gérer, quitte à militariser toutes nos vies, le confinement de toute la population.

Malgré cela, il a jugé nécessaire de faire adopter 3 lois en urgence le 23 mars 2020. L’une dite loi de finances rectificative, l’autre dite d’urgence ordinaire, l’autre est une loi d’urgence organique. Il est trop tôt pour faire une analyse approfondie de ce trio de lois. Cependant des tendances se dessinent.

Dans les conséquences connues à ce jour : pour deux mois dans un premier temps la fermeture des marchés couverts, la réduction à une heure par jour de sortie et dans un rayon d’un kilomètre, la possibilité de se rendre dans les centres de soins seulement sur convocation ou en cas d’extrême urgence.

Quant à l’état d’urgence sanitaire, une vraie création sécuritaire, il donne les pleins pouvoirs à l’exécutif. À toute la chaîne de l’exécutif  : du Premier ministre aux préfets. Par décret ministériel ou arrêté préfectoral, la liberté d’aller et venir, la liberté d’entreprendre, la liberté de se réunir, et cela « jusqu’à nouvel ordre » peuvent être supprimées.

Il ne resterait que la liberté d’expression, et encore. Par ailleurs, l’exécutif peut réquisitionner tous les biens et services qui lui semblent utiles au vu de son analyse de la situation, l’indemnisation des réquisitions sera financée par le ministère de la Défense comme en temps de guerre. Même les logements pour les sans-abri ?

Ce qui est le plus dangereux c’est que ces dispositions prises aujourd’hui pour deux mois devraient être inscrites dans le Code de santé publique le 1er avril 2021. La volonté gouvernementale, c’est qu’elles deviennent pérennes et pourront être utilisées à n’importe quel moment dès que le pouvoir en aura besoin.

Leur peur des contre-pouvoirs, de nos mobilisations qui vont finir par devenir victorieuses les rend inventifs. L’Élysée cherche aujourd’hui à mettre en place « une stratégie numérique des personnes » qui permettrait de suivre les personnes, une sorte de géolocalisation permanente des individus.

Macron a décidément décidé de nous faire essayer la dictature !

Pour défendre et /ou reconstruire leurs prérogatives et leurs profits, ils ont aujourd’hui besoin d’avancer vite à coups d’autoritarisme, à coups de violences sociales, policières, militaires. D’où ce nouvel outil de répression.

Car Macron et ses sbires n’obtiendront jamais notre consentement, notre résignation devant la casse quasi totale annoncée de tous nos conquis sociaux, congés, repos hebdomadaires, temps de travail, âge des retraites, salaires décents… ou devant l’abandon des plus fragiles d’entre nous.

Nous sommes là et nous continuerons d’être là !

Roseline Vachetta Jeudi 26 mars 2020

https://npa2009.org/

Lire la suite

26 mars 2020 ~ 0 Commentaire

enseignant confiné (fr3)

decrochage

“Moi, enseignant confiné, je n’ai pas le temps d’aller aux champs parce que je travaille”

Les propos de la porte-parole du gouvernement sur les enseignants « qui ne travaillent pas car les écoles sont fermées » font réagir des enseignants en Bretagne.

« Non je n’ai pas le temps d’aller ramasser les fraises », ironise Annabelle, enseignante à Brest. Et elle a d’autant moins le temps qu’elle assure des permanences dans son école pour les enfants des personnels soignants. « En plus de mon travail à la maison pour mes élèves, dit-elle. C’est humiliant et choquant d’entendre de tels propos dans la bouche d’une responsable politique qui prouve une fois encore sa méconnaissance de notre métier. Quel mépris ! »

Hier, la porte parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye déclare : « Nous n’entendons pas demander à un enseignant qui aujourd’hui ne travaille pas, compte tenu de la fermeture des écoles, de traverser la France entière pour aller récolter des fraises ».Même si, dans un tweet posté dans la foulée, elle s’excuse, le mal est fait.

« Stupeur et indignation »

« Je ne me tourne pas les pouces chez moi, explique encore Annabelle. J’ai un contact quotidien avec les famillles, je prépare des exercices simples pour maintenir les apprentissages auprès de mes élèves de maternelle. Ce confinement nous oblige à inventer d’autres méthodes de travail et ce n’est pas simple« .

Même constat chez cette enseignante du collège de l’Iroise à Brest. « Je suis dans la stupeur et l’indignation, confie Héléna. On a des journées plus denses que d’habitude, c’est ce que disent tous les collègues.

On a du adapter nos supports pédagogiques à l’enseignement à distance et on fait avec les moyens du bord. On passe du temps avec nos élèves au téléphone, on les rassure, on prépare les cours, on corrige les devoirs. Sans oublier que l’on doit aussi faire face à cette fracture numérique qui est bien réelle car tous n’ont pas d’accès à internet ».

« Si on avait le choix, on serait en classe »

Pour le porte-parole de Sud Education, Olivier Cuzon, « passer d’une situation de cours classique à du distanciel, ce n’est pas une mince affaire. Les enseignants ne se contentent pas de dépo-ser des cours sur une plateforme. Je pense que ce n’est pas une maladresse de la part de cette responsable politique : elle dit ce qu’elle pense des enseignants, elle alimente ce fantasme que les profs sont toujours en vacances ».

Clémence, enseignante de CE1-CE2 à Betton, près de Rennes, ne cache pas non plus son « agacement ». « D’abord, rappelle-t-elle, on n’a pas choisi cette situation. Si on avait le choix, on serait en classe, avec nos élèves ».

Et d’expliquer que, chaque matin, par mail ou via le blog de la classe, elle envoie du travail à faire à ses élèves. « En plus, la satisfaction que j’ai à exercer mon métier dans ces conditions est loin d’être complète. Alors non, je n’ai pas envie que quelqu’un dise que l’on ne travaille pas. Par ailleurs, cette période de confinement m’éloigne des enfants en difficultés scolaires et je dois trouver des solutions pour eux ».

Je n’ai pas à prouver que je travaille, souligne encore ce professeur de lettres et histoire-géographie dans un lycée professionnel de Brest. Eric évoque lui aussi sa « conscience professionnelle » et son « inquiétude » vis-à-vis de certains de ses élèves plus fragilisés.

« Quand tout cela sera terminé, il y aura un réel problème entre les élèves qui auront bossé parce qu’ils en ont les moyens et ceux qui ont des difficultés. Et puis, ce n’est vraiment pas le moment de remettre en cause le travail des profs. On fait avec nos armes et on travaille »

Carole Collinet-Appéré 26/03/2020

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Lire la suite

24 mars 2020 ~ 0 Commentaire

jeff bezos (npa)

commerc2

Le commerce au temps du coronavirus

Après l’annonce par le Premier ministre, le 14 mars dernier, de la fermeture des commerces non-essentiels, dont les restaurants et débits de boissons, puis celle du président de la République du confinement de la majeure partie de la population, les 700 000 salariéEs de la grande distribution se retrouvent, tout comme le personnel de santé, en première ligne pour pourvoir aux besoins accrus de millions de personnes recluses dans leur foyer avec les enfants…

On constate sur le terrain l’incurie des employeurs à mettre en place des mesures de protection élémentaires des salariéEs, qui se retrouvent surexposés au virus, et des comportements qui exacerbent le clivage existant entre management et « petit personnel » :

pas de gants, ou alors ils sont inadaptés (ceux pour manipuler le pain se déchirent au contact des gros volumes), pas de masque, parfois au motif que leur port serait anxiogène vis-à-vis de la clientèle, peu ou pas de gel (ou bien à acheter soi-même !), pas de pauses régulières pour se laver les mains, mise en place de protections de fortune en caisse dans l’attente de vitres en plexiglas, magasins bondés sans nécessairement la présence d’une sécurité…

Beaucoup de cadres sont, eux, en télétravail, et des enseignes comme Décathlon impose déjà au personnel en chômage partiel de poser des congés payés et des RTT alors même que le gouvernement, sous la pression des syndicats, a  décidé que cela devait passer par un accord d’entreprise. Il y a aussi une explosion des fins de période d’essai bien que celle-ci, même si elle n’a pas à être motivée, sert à évaluer la compétence du salarié.

Amazon, une bombe sanitaire et sociale

Le comble est atteint dans les six entrepôts français d’Amazon : seul 10% du volume des marchandises traitées peut être considéré comme de première nécessité, comme l’alimentation et les produits d’entretien et d’hygiène, là où on peut continuer à commander des jeux vidéos (qui affichent une progression de 200%), du vernis à ongle… ou des sextoys !

Pendant ce temps-là, les employéEs n’ont pour seule protection que leurs gants anti-coupures habituels, sont priés de laisser une place vide à côté d’eux à la cantine et travaillent dans une promiscuité, renforcée par l’embauche massive d’intérimaires, qui rend impossible le maintien des distances minimales.

Ce comportement criminel fait que les sites, depuis la semaine dernière, et désormais ceux de livraison, sont secoués par d importants mouvements d’absentéisme, de grève et de droit de retrait, en dépit des menaces de la direction qui tonne que le salaire ne sera pas maintenu pour les récalcitrantEs, voire qu’ils seront considérés en absence injustifiée !

Le virus, qui peut survivre plusieurs jours sur des surfaces, continue quant à lui à être livré à domicile, y compris par les livreurs des plateformes, qui manipulent les commandes des rares restaurants encore en activité et les digicodes des clientEs, développant à leur tour en nombre la maladie…

1 000 euros, le prix du danger !

Comme le bâton ne suffit pas et que beaucoup de salariéEs, quand ils n’imposent pas tout bonnement à leur direction les mesures de sécurité précitées, refusent de venir travailler la peur au ventre, le ministre de l’Économie a incité les entreprises à verser au personnel de terrain en activité une prime de 1000 euros sur le modèle de celle Gilets jaunes.

« C’est de l’enfer des uns qu’est fait le paradis des autres » a dit Victor Hugo : manutention-naires, livreurEs, caissières, etc., se prennent de plein fouet tous les jours la réalité du virus mais aussi de la barrière entre classes.

« Ceux qui ne sont rien » démontrent aussi que leur travail est indispensable au bon fonctionne-ment de la société et que, quand les institutions devant les protéger vacillent (syndicats, inspec-tion, médecine du travail et prud’hommes tournent au compte-gouttes), ils et elles doivent avant tout compter sur leurs propres forces et leur solidarité.

LD Mardi 24 mars 2020

https://npa2009.org/

Une page Facebook, mise en place par la CNT-SO et SUD Commerce, recense les situations-problèmes rencontrées par les personnels du commerce et des services : https://www.facebook.com/

 

Lire la suite

24 mars 2020 ~ 0 Commentaire

grève des loyers (expansive)

rent

Appel à la grève des loyers

Aux États-Unis, de nombreux appels se relayent dans la rue à travers les banderoles et tags qui fleurissent dans beaucoup de grande villes, notamment de l’ouest américain, mais aussi sur les réseaux sociaux.

Le hashtag #rentstrike parmi d’autres exemples permet de rassembler des propositions autonomes d’organisation d’une lutte contre les loyers durant la pandémie et pourquoi pas au-delà !

Le refus de paiement des loyers d’avril marquera le début de cette grève.

Ne pas payer son loyer, son gaz, son électricité, son eau, c’est payer déjà un peu moins, à une époque où chacun paye le prix fort, et de plus en plus fort. Refuser de payer le prix de la gestion de cette pandémie est une réaction de bon sens, et une manière de commencer à s’opposer à la vie qu’on nous prépare, dont les conditions sont encore incertaines.

On le voit déjà, les mesures du gouvernement permettent au flics de réaliser leurs rêves les plus crades, de vider les rues des indésirables, de vider les halls d’immeubles, de vider les villes des gens qui n’ont pas de « bonnes raisons » de s’y déplacer, de pouvoir contrôler les moindres déplacements de la population.

C’est aussi pour l’État l’occasion de s’entraîner à la gestion de toutes les sortes de « catastro-phes », gestion qui s’exercera toujours contre nous.

Bien sûr de nombreuses personnes subissaient déjà ces mesures à plus ou moins grande échelle, et en particulier tous ceux qui sont confinés dans le confinement, et livrés à des institutions d’autant plus maltraitantes dans ce contexte, comme les centres de rétention, les prisons, les maisons de retraites, les centres où sont regroupés les sans abris, mais le plan d’urgence du gouvernement va clairement au delà de la gestion de la crise présente pour modifier durablement « l’après ».

Si la crise est exceptionnelle, les mesures que prend l’État dans cette situation ne vont évidem-ment pas s’arrêter une fois le problème du virus régulé. On a connu vigipirate dans les années 90, les mesures anti terroristes des années 2000, l’état d’urgence post-attentats, et on sait comment, en démocratie, l’exceptionnalité fait Loi.

Le contrôle social, la répression, le développement de la vie complètement assistée depuis chez soi, toutes ces manières de vivre vont sûrement perdurer par certains aspects après la période de confinement dans laquelle nous nous trouvons : c’est toute la normalité qui aura changé.

Emmanuel Macron l’a dit dans son discours, le fameux « jour d’après » qui ne sera pas comme le « jour d’avant ». C’est dès maintenant que nous devons lutter contre l’appareil étatique tel qu’il est en train d’évoluer et le monde qu’il nous prépare.

Nous ne pouvons accepter la position intenable dans laquelle l’État nous contraint, entre la peur justifiée du virus avec tout ce qu’elle implique au quotidien, et ses mesures aliénantes renfor-cées par la précarité que beaucoup subissent aujourd’hui et subissaient déjà hier.

Dans ce contexte, continuer d’engraisser les propriétaires devient plus que jamais une impasse. Refusons de payer les proprios, les banques, les prêts, refusons de continuer à faire vivre ce système qui, en plus de nous asservir, fait de nous les premières victimes des situations de crise.

Ne payons pas nos loyers, ne payons plus pour l’État. Arrêtons de payer pour le jour d’avant, ne payons plus aujourd’hui, et ayons la perspective de ne plus payer le jour d’après !

Inventons et partageons les moyens de lutter contre les brimades légales et menaces répressi-ves à la merci desquelles on pourrait se retrouver si on reste isolés et désarmés.

Solidarité avec les révoltés, solidarité avec ceux à qui le confinement impose une double-peine.

Révolution !
Des confinés

24 mars 2020

https://expansive.info/

Lire la suite

23 mars 2020 ~ 0 Commentaire

journée de l’eau (rfi)

haddock eau

Journée mondiale de l’eau:

«Ce qui inquiète, c’est l’eau nécessaire à la production agricole

RFI : Comment le changement climatique affecte-t-il l’eau ?

Isabelle La Jeunesse : En fait, le changement climatique, c’est une accélération du cycle de l’eau. Plus il fait chaud, plus il y a d’évaporation et plus il y a de l’eau qui transite dans l’atmos-phère. En théorie, il pleut donc plus à l’échelle de la planète. Mais cela de façon plus irrégulière, car le réchauffement induit une augmentation de la variabilité climatique. Or, cette variabilité fait que l’on peut moins prévoir les quantités d’eau de pluie qui représentent le renouvellement de la ressource en eau.

Les conséquences peuvent prendre différentes formes suivant les régions. La saisonnalité va être bouleversée, avec une plus grande variabilité des précipitations. On assiste aussi à une recrudescence des événements climatiques extrêmes (sécheresses, inondations, vagues de chaleur). Enfin, dans les zones côtières, nous avons un phénomène d’élévation du niveau de la mer.

Quelles régions vont être les plus touchées ?

Globalement, ce sera compliqué pour toutes les régions côtières en raison donc du risque d’élévation du niveau des mers. Les régions qui se réchauffent le plus, les régions polaires, sont aussi en première ligne. Leur cycle va être très rapidement bouleversé avec un impact très important : les permafrosts fondent, la végétation change, certains glaciers disparaissent, tandis qu’on assiste à une dilatation des masses océaniques.

Il y a ensuite ce que l’on appelle des « hotspots » climatiques [régions qui concentrent les effets du changement climatique, NDLR]. Comme le bassin méditerranéen où l’on assiste à la fois à une forte augmentation des températures et une baisse importante des précipitations. Et l’Euro-pe est en train de se « méditerranéiser », c’est-à-dire que le climat méditerranéen remonte avec sa variabilité, ses événements extrêmes, ses périodes sèches un peu plus grandes.

Les zones tropicales vont, elles, se réchauffer plus lentement. Mais ce n’est pas pour ça que les conséquences seront moins violentes pour les populations. Car ce sont aussi les pays les moins développés et les plus vulnérables dans leur capacité à répondre aux conséquences du changement climatique*.

Si l’on prend l’exemple de la zone du delta du Bangladesh, la pression démographique et le niveau de développement du pays sont tels, que des événements climatiques comme des inondations ont forcément des conséquences plus graves que chez nous.

Quelles conséquences cela a-t-il sur les populations ? Peut-on imaginer des migrations liées à la problématique de l’eau, par exemple ?

L’eau est importante, parce que c’est une ressource pour des usages humains (boire, se laver, cultiver) mais sa variabilité en tant que ressource dépend du territoire, des usages et de la capacité d’adaptation qu’on va avoir.

Pour l’instant, les migrations sont plutôt politiques, mais l’on sait qu’il faut s’attendre à des migrations climatiques. Le problème n’est pas tant l’eau potable qui pourrait manquer. Ce qui inquiète, c’est l’eau nécessaire à la production agricole.

Comment va-t-on produire toute la nourriture dont on a besoin dans ces conditions ? D’autant que ce sont les zones où il y a déjà le moins de ressources qui se développent le plus en termes de population (pourtour méditerranéen, Afrique et une partie de l’Asie).

Peut-on agir sur ce phénomène ?

Le levier principal, c’est réfléchir à ce qu’on produit et à la façon dont on produit : on sait que l’élevage et la production de viande consomment beaucoup d’eau par exemple. Au-delà bien sûr, l’urgence c’est de limiter le réchauffement pour tenter d’en atténuer les effets sur l’eau, et d’être économe sur la ressource.

Indirectement, le changement climatique peut-il avoir des répercussions sur la qualité de l’eau ?

L’élévation de la mer entraîne, par exemple, la salinisation des nappes côtières – irréversible – et des terres. Au-delà d’un gramme par litre, l’eau n’est plus potable et il ne faut plus irriguer, parce que cela rend les sols infertiles au bout d’un moment.

Le changement climatique peut aussi avoir des répercussions sur le cycle anthropique de l’eau [la circulation de l’eau résultant de l’intervention humaine, NDLR] et ainsi affecter la qualité de l’eau potable. Les stations d’épuration sont souvent en zones inondables, par exemple.

En cas d’inondation, les déchets risquent de se déverser dans l’eau. C’est réversible, mais cela peut aussi contaminer les sources d’eau potable. Dans certains pays, on sait que les grandes inondations sont synonymes de retour du choléra.

Par ailleurs, moins il y a d’eau dans une rivière, moins les potentiels polluants sont dilués et plus facilement les seuils de toxicité sont dépassés. Enfin, on sait que certains virus ou bactéries se réveillent passée une certaine température…

Multiplication des inondations et des sécheresses, élévation du niveau de la mer, manque d’eau chronique… À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, RFI revient sur les graves consé-quences du changement climatique sur l’or bleu. Isabelle La Jeunesse, maître de conférences en géographie à l’Université de Tours et chercheuse au CNRS-Citeres (réseau MIDI), coauteure des livres Facing Hydrometeorological Extreme Events : A Governance Issue (« Faire face aux événements hydrométéorologiques extrêmes : un problème de gouvernance ») et Changement climatique et le cycle de l’eau (2016), explique la diversité des impacts du réchauffement climatique sur cette précieuse ressource.

*Le GIEC définit la vulnérabilité comme « le degré par lequel un système risque d’être affecté négativement par les effets du changement climatique sans pouvoir y faire face ».

22/03/2020 Aurore Lartigue

http://www.rfi.fr/

Lire la suite

22 mars 2020 ~ 0 Commentaire

migrant-e-s (ujfp acat)

refugees

Exilé.e.s, migrant.e.s et demandeurs / euses d’asile

Sont nos frères et soeurs !

Face à l’épidémie de coronavirus qui sévit en France, Emmanuel Macron compte la freiner en faisant notamment appel à l’hôpital public.

Il compte aussi sur des mesures de confinement et de fermetures des frontières européennes.

Compte-t-il aussi la freiner en laissant les migrants entassés, dans des conditions déplorables, dans les Centres de rétention administrative (CRA) ? En laissant dormir dans la rue ou, quand ils ne sont pas détruits, dans des camps de fortunes, des mineurs étrangers isolés, des sans papiers, des femmes enceintes et/ou des enfant en bas âge ?

Compte-t-il aussi la freiner en poursuivant les expulsions hors des frontières, comme cela se fait notamment en Grèce, à coup de fusil et en repoussant les bateaux à la mer, sans aucun souci de la santé des personnes victimes de ces agissements ?

Compte-t-il la freiner en laissant des familles immigrées vivre dans des logements insalubres et trop petits ou en expulsant des travailleurs immigrés de leurs foyers ?

Compte-t-il la freiner en laissant nombre de travailleurs sans papiers continuer à travailler sous peine, s’ils se protègent en restant chez eux, de ne plus être payés ou, s’ils vont travailler, de se faire arrêter par la police et enfermer en CRA ?

Compte-t-il la freiner en continuant la chasse aux migrants, aux maraudeurs solidaires et à tous ceux qui aident les sans papiers ?

En fait, de toutes ces personnes, il n’est pas question dans les discours, alors que ce sont les plus précaires, celles qu’il faudrait protéger en priorité car les plus vulnérables. Tout se passe comme si elles n’existaient pas. Les migrants sont devenus invisibles.

Mais les virus ne connaissent pas les frontières, ni les origines des gens, ils frappent tout le monde, sans discriminations.

Alors que la journée internationale contre le racisme devait voir plusieurs manifestations en France le samedi 21 mars, l’UJFP tient à réaffirmer qu’elle continue à travailler contre le racisme et les discriminations sous toutes leurs formes. Nous demandons à tous d’être plus vigilants que jamais et de soutenir les migrants.

jeudi 19 mars 2020 par Coordination nationale de l’UJFP

https://www.ujfp.org/

Lire aussi:

Salubrité publique en période d’épidémie : une urgence humaine et sanitaire (Acat)

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin