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19 août 2021 ~ 0 Commentaire

talibans (lmd)

afghan

Quand les djihadistes étaient nos amis

Héroïques hier, barbares aujourd’hui

Pendant une période comprise entre la défaite cinglante des Etats-Unis en Indochine (avril-mai 1975) et les craquements en chaîne dans les pays européens satellites de l’Union soviétique (notamment en Pologne, où l’état d’urgence est proclamé en décembre 1981), les Etats-Unis et l’Europe occidentale imaginent — ou font croire — que Moscou a lancé une grande offensive mondiale.

En Afrique, l’Angola et le Mozambique, nouvellement indépendants, semblent lui tendre les bras ; en Amérique centrale, des guérilleros marxistes font tomber une dictature proaméricaine au Nicaragua ; en Europe occidentale, un parti communiste prosoviétique oriente pendant quelques mois la politique du Portugal, membre fondateur de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord.

L’invasion de l’Afghanistan par l’Armée rouge, en décembre 1979, semble marquer une fuite en avant de Moscou. Elle ouvre une nouvelle étape de la guerre froide entre les deux blocs. Le combat des moudjahidins (« combattants de la foi engagés dans le djihad ») afghans va apparaître comme providentiel pour contrer les ambitions hégémoniques prêtées à l’Union soviétique. Et, souvent, être célébré à la façon d’une épopée.

Peu importe que la quasi-totalité de ces combattants héroïsés soient des musulmans traditionalistes, intégristes, même. A cette époque, la religion n’est pas nécessairement perçue comme un facteur de régression, à moins qu’elle s’oppose, comme en Iran au même moment, aux intérêts stratégiques occidentaux. Mais ce n’est le cas ni dans la Pologne catholique couvée par le pape Jean Paul II, ancien évêque de Cracovie, ni, bien sûr, en Afghanistan. Par conséquent, puisque la priorité géopolitique est que ce pays devienne pour l’Union soviétique ce que le Vietnam a été pour les Etats-Unis, un récit médiatique quasi unique va, pendant des années, exalter les moudjahidins, présentant leur révolte comme une chouannerie sympathique, attachée à sa foi. Il dépeindra en particulier la place et la vie des femmes afghanes à travers le prisme essentialiste, naïf (et parfois enchanté) des traditions populaires.

Revenir trente-cinq ans plus tard sur ce discours général et sur ses images d’Epinal, pléthoriques dans la presse française — du Figaro Magazine au Nouvel Observateur —, permet de mesurer à quel point presque tout ce qui suscitait hier l’admiration quand il s’agissait de populariser le combat contre l’« empire du Mal » (l’Union soviétique selon Ronald Reagan) est devenu depuis source d’exécration et d’effroi. Entre 1980 et 1988, on applaudissait les exploits des « combattants de la foi » contre l’Armée rouge. A partir de la décennie suivante, leurs cousins idéologiques en Algérie (Groupe islamique armé, GIA), puis en Afghanistan (talibans), et plus récemment au Proche-Orient avec Al-Qaida et l’Organisation de l’Etat islamique (OEI), ont été dépeints sous les traits de « fanatiques », de « fous de Dieu », de « barbares ».

Assurément, les moudjahidins des années 1980, qui ne commettaient pas d’attentats à l’étranger, se distinguent par plusieurs aspects importants des militants du GIA algérien ou des membres de l’OEI. Il n’en est pas moins vrai que l’Afghanistan a souvent servi de creuset et d’incubateur à leurs successeurs.

Le Jordanien Abou Moussab Al-Zarkaoui, considéré comme le « père » de l’OEI, y a débarqué au moment où l’Armée rouge s’en retirait et y est demeuré jusqu’en 1993. Oussama Ben Laden, fondateur d’Al-Qaida, a été dépêché par les services secrets saoudiens à Peshawar, au Pakistan, afin d’appuyer la lutte des moudjahidins.

L’Algérien Mokhtar Belmokhtar, dont le groupe, Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), vient de revendiquer l’attaque contre l’hôtel Le Splendid à Ouagadougou, au Burkina Faso, est parti lui aussi pourchasser les alliés afghans de l’Union soviétique à la fin des années 1980 ; il est ensuite revenu en Algérie pendant la guerre civile et a combattu avec le GIA (les Algériens ayant le même parcours étaient appelés les « Afghans ») avant de rejoindre Al-Qaida. Ceux-là, et beaucoup d’autres, ont été accueillis favorablement par l’Occident tant qu’ils servaient ses desseins stratégiques. Puis ils se sont retournés contre lui. L’image que la presse européenne ou américaine donna de leurs motivations, de leur extrémisme religieux, de leur férocité changea alors du tout au tout… (Extrait voir lien)

Denis Souchon  Février 2016

https://www.monde-diplomatique.fr/

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18 août 2021 ~ 0 Commentaire

kaboul (gj-brest lo)

239073799_10223579477107899_2866893796193565834_n

RASSEMBLEMENT EN SOUTIEN AU PEUPLE AFGHAN MERCREDI 18 AOÛT À 18 H PLACE DE LA LIBERTÉ À BREST
SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE AFGHAN !
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Nous avons le devoir d’accueillir ces réfugiés qui fuient les talibans. Certains ont qui plus est travaillé pour la France et d’autres pays occidentaux. Ne pas les accueillir serait les abandonner alors qu’eux, nous ont aidé.
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Globalement nous avons le devoir de faire preuve de solidarité internationale avec les réfugiés issus de peuples martyrisés. Les traiter à priori comme des terroristes ou futurs délinquants est une faute morale.
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Macron dans son discours du 16 août s’est empressé d’instiller la peur de l’immigration à des fins électoralistes, pour déjà chasser sur les terres du Rassemblement National pour 2022. Ne tombons pas dans ce piège grossier. Nous avons un devoir d’accueil et d’humanisme élémentaire !
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Gilets Jaunes Brest

Ouverture des frontières pour les réfugiés afghans !

Une fuite dans la presse belge a révélé une lettre secrète adressée début août à la Commission européenne par six gouvernements des États membres de l’Union européenne. Ils soulignaient le « besoin urgent » de procéder à des retours volontaires et forcés vers l’Afghanistan.

Cette lettre est d’autant plus révoltante qu’elle était écrite au moment où les pays de l’UE conseillaient à leurs ressortissants de quitter l’Afghanistan de toute urgence.

Des millions d’Afghans ont été contraints à l’exil du fait que depuis plus de quarante ans, depuis l’invasion soviétique en 1979, l’Afghanistan n’a rien connu d’autre que la guerre. L’Iran a accueilli 3,5 millions de réfugiés, le Pakistan 1,4 million. En comparaison l’Union européenne n’en a accueilli que quelques dizaines de milliers qu’elle a toujours incités à retourner dans leur pays. La France n’est pas en reste. En 2019 encore, Amnesty international l’accusait de « continuer de renvoyer les personnes vers l’enfer. »

Les puissances occidentales portent une responsabilité écrasante dans le chaos qu’est devenu l’Afghanistan. Abandonner les Afghans à leur sort est criminel. Non seulement les retours forcés doivent cesser mais l’Europe doit ouvrir ses frontières à tous les Afghans qui veulent fuir le régime des talibans.

Denis Aler  18 Août 2021
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28 juillet 2021 ~ 0 Commentaire

tunisie (socialist-worker lo)

Virus Outbreak Tunisia

 « La pauvreté augmente, les privations augmentent »

Les manifestations en Tunisie déclenchent une crise

Le président tunisien a limogé le gouvernement du pays après des protestations contre la pauvreté, le chômage et un pic de cas de Covid-19. Les manifestants se sont rassemblés dans les villes de Tunisie au cours du week-end pour demander la démission du gouvernement.

Beaucoup se sont réjouis après que le président Kais Saied a annoncé qu’il limogeait le premier ministre et suspendait le parlement. Pourtant, M. Saied, élu président en tant qu’indépendant, a pris des mesures pour s’approprier davantage de pouvoir politique.

Les manifestants ont affronté la police dans plusieurs villes tunisiennes au cours du week-end. Ils ont également pris d’assaut ou tenté de prendre d’assaut plusieurs bureaux du parti au pouvoir, Ennahda (islamiste).

Beaucoup sont en colère contre le chômage élevé, l’augmentation des cas de Covid-19 et la pénurie de vaccins.

Ces manifestations interviennent après que les Tunisiens des quartiers pauvres se soient révoltés contre la pauvreté au début de l’année, et après des manifestations antérieures contre les brutalités policières.Un manifestant, Nourredine Selmi, chômeur, a déclaré à l’agence de presse Reuters : « Notre patience est à bout. Il n’y a pas de solutions pour les chômeurs. Ils ne peuvent pas contrôler l’épidémie. Ils ne peuvent pas nous donner de vaccins ».

La pauvreté et le chômage étaient au cœur de la révolution tunisienne qui a renversé le dictateur Zine El Abidine Ben Ali en 2010.

Le parti actuellement au pouvoir en Tunisie, l’islamiste Ennahda, a gagné du soutien car il avait été interdit sous le régime de Ben Ali. Beaucoup de gens le considéraient comme étant du côté de la révolution.

Pourtant, les gouvernements dirigés par Ennahda ont mis en œuvre des réformes du marché libre en échange de prêts du Fonds monétaire international. Ces réformes comprenaient la réduction des subventions aux carburants, l’augmentation des prix et la fin de l’embauche dans le secteur public.

Aujourd’hui, dix ans après la révolution, le taux de chômage en Tunisie est de près de 18 %.

Saied a été élu président en 2019 en tant qu’indépendant, affirmant être du côté des gens ordinaires et contre la corruption.

Pourtant, depuis son élection, il a essayé de concentrer le pouvoir entre ses mains – notamment en insistant sur le fait qu’il était le « commandant suprême des forces armées militaires et civiles. »

Il a également bloqué la formation d’une cour constitutionnelle en avril. Et en mai, le site d’information Middle East Eye a révélé une lettre des conseillers de Saied l’exhortant à prendre le contrôle.

La lettre stipule qu’il doit arrêter les dirigeants du gouvernement et instaurer une « dictature constitutionnelle », en prétextant une « urgence nationale » due au coronavirus.

Pour rendre le coup d’État populaire, la lettre dit que tous les paiements de factures d’électricité, d’eau, de téléphone, d’Internet, de prêts bancaires et d’impôts devraient être suspendus pendant 30 jours. Le prix des produits de base et du carburant serait réduit de 20 %.

Dix ans après le renversement de Ben Ali, beaucoup de gens ordinaires se sentent trahis par l’incapacité de leurs nouveaux dirigeants à répondre aux exigences de la révolution.

Aujourd’hui, certains au sommet veulent utiliser cette colère pour revenir sur certains des acquis démocratiques de la révolution.

Mais tous les gouvernements depuis la révolution ont été confrontés à des protestations et à des crises. Cette crise ne disparaîtra pas, quel que soit le responsable, et la colère des Tunisiens ordinaires non plus.

Nick Clark Mon 26 Jul 2021

https://socialistworker.co.uk/

Lire aussi:

Tunisie : catastrophe sanitaire et crise politique

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23 juillet 2021 ~ 0 Commentaire

cuba (4è internationale)

cuba

Face aux mobilisations populaires à Cuba et aux agressions impérialistes

Nous avons assisté, le 11 juillet dernier, à des mobilisations motivées par les formidables pénuries que subit Cuba depuis que Trump l’a placée sur la liste des pays terroristes, coupant les envois de fonds des États-Unis vers l’île ; celles-ci ont augmenté avec la pandémie qui a coupé drastiquement les revenus du tourisme.

Cela se passe sur une île qui doit importer une grande partie des produits qu’elle consomme, sans aucun soutien international (les énormes difficultés que traverse le Venezuela ont également eu un impact négatif sur Cuba), ce qui, à certains égards, rappelle les pires moments de la « période spéciale ». Ce blocus entrave également la production de vaccins contre le Covid-19 pour les Cubain·e·s, malgré l’aide que Cuba a fournie à d’autres pays durant la pandémie.

À cela s’ajoute le malaise profond de l’île : la différenciation sociale qui s’est fortement accrue au cours des trente dernières années, pendant lesquelles le gouvernement a cherché à attirer les investissements étrangers, a développé le secteur touristique et a permis une augmentation des initiatives privées employant une main-d’œuvre salariée.

Dans une situation de rareté des biens, l’accès inégal aux dollars américains a encore amplifié les inégalités, qui sont néanmoins restées bien plus faibles que dans les pays ayant restauré le capitalisme, comme la Chine, le Vietnam et l’ancien bloc d’Europe de l’Est.

À Cuba, il ne s’est pas développé un vaste secteur capitaliste local autorisé à exploiter le travail salarié. Le secteur capitaliste local est certes en pleine croissance, mais pas dans la même mesure que les pays mentionnés ci-dessus. Les amendements de 2019 à la constitution ont clairement montré qu’il existe encore des obstacles juridiques au libre développement du secteur capitaliste, notamment la limitation du nombre de salarié·e·s que le secteur privé local peut embaucher.

Aux effets inquiétants de l’accroissement des inégalités et du blocage de l’augmentation de la production nationale pour répondre aux besoins de la population, s’ajoute le développement de sectes religieuses évangéliques qui font pression sur le gouvernement pour limiter, par exemple, la pleine reconnaissance des droits LGBTQI+.

Il convient également de noter l’activité des nouvelles générations, très connectées aux réseaux sociaux, au sein desquelles s’est développée une nouvelle génération d’artistes, qui ne se sentent pas du tout concernées par l’héritage de la révolution. Dans le même temps, une partie importante de la génération qui a participé directement au processus révolutionnaire du troisième quart du siècle dernier s’éteint.

Ce cocktail explose dans un contexte où le gouvernement a très peu de marge de manœuvre pour atténuer les effets à court terme de la pénurie et beaucoup de résistances à ouvrir un processus démocratique de prise de décisions qui attire les nouvelles générations (le processus constituant de 2018-2019 était une tentative en ce sens, mais a clairement été insuffisant).

En favorisant des méthodes bureaucratiques, le gouvernement ne fait aucun effort pour accroître la participation des travailleurs et travailleuses, en particulier pour développer le contrôle ouvrier dans les entreprises et le contrôle citoyen dans la société.

Cela explique la répression et la mobilisation des secteurs qui lui restent fidèles pour arrêter les protestations et essayer de récupérer au moins un certain revenu touristique pendant la saison estivale, ce qui lui redonnerait une marge de manœuvre pour combattre certains aspects de la désaffection populaire.

Le discours du président Miguel Díaz-Canel, dimanche 11 juillet, suite à la vague de protesta-tions qui a touché plus d’une douzaine de villes du pays, d’est en ouest, ne constitue pas une réponse adéquate à la situation.

Bien que Díaz-Canel reconnaisse que de nombreux manifestant·e·s étaient sincèrement préoccupé·e·s par les difficultés de la vie, il n’a fait aucune autocritique de sa gestion de la situation et n’a fait que souligner les manipulations du secteur contre-révolutionnaire qui est clairement en faveur de l’intervention des États-Unis, ce qui doit évidemment être condamné. L’appel gouvernemental aux révolutionnaires à se mobiliser dans les rues en réponse aux menaces des contre-révolutionnaires risque de provoquer des affrontements et une répression accrue.

On ne peut pas séparer les protestations à Cuba de ce qui se passe dans d’autres pays d’Amérique latine où, avec des motivations différentes, la cherté de la vie aggravée par la pandémie et les mesures ultra-libérales sont à l’origine d’explosions sociales comme en Colombie récemment, ou en Équateur et au Chili en 2019.

La pandémie a sans aucun doute exacerbé toutes les contradictions sociales au niveau international et en Amérique latine en particulier, entraînant une exclusion sociale croissante et une augmentation des inégalités. Malgré des soins de santé exemplaires à bien des égards, Cuba n’est pas non plus en mesure d’échapper aux effets économiques et sociaux les plus pervers de la crise mondiale et de la pandémie. Cependant, la résistance sociale latino-américaine, tout aussi croissante, en affrontant les plans économiques et politiques de l’impérialisme pour la région, joue en faveur de la rupture de l’isolement de Cuba et du maintien de son indépendance politique.

Malheureusement, d’importants secteurs de la gauche ne font aucune analyse critique de la situation que vit Cuba, de l’usure de son système politique et du désespoir des jeunes générations.

Au contraire, nous assistons dans de nombreux pays à un resserrement non critique des rangs, où tout est une conspiration de l’impérialisme, où la légitimité de la mobilisation populaire n’est pas reconnue et est attribuée exclusivement aux « agents de l’impérialisme ».

Il est évident que l’impérialisme cherche à contester le sens des protestations sociales au service de ses intérêts dans les différents conflits internationaux d’un monde de plus en plus convulsif, a fortiori dans un pays qui fait figure d’exemple de résistance souveraine pour toute la région…

Et qu’il le fasse de plus en plus par le biais de campagnes intenses sur les réseaux sociaux, par lesquelles il tente de diriger le mécontentement social de l’extérieur, afin de le canaliser vers l’effondrement du gouvernement cubain. Mais prétendre que tout est le produit de l’ingérence des grandes puissances est une position bien éloignée de la réalité complexe et contradictoire.

En outre, cette réponse fait fi de la participation des secteurs populaires aux conflits sociaux, comme si tout était une partie d’échecs à laquelle le peuple n’est jamais invité et dans laquelle il est considéré comme une sorte de mineur incapable de prendre conscience de ses intérêts et de les défendre.

Bien que la situation soit complexe et contradictoire, nous, la Quatrième Internationale, qui depuis le début avons soutenu inconditionnellement la Révolution cubaine, défendons quelques idées fondamentales :

- D’abord, nous condamnons et exigeons la fin immédiate du blocus illégal et inhumain auquel est soumis le peuple cubain. Nous appelons à la mobilisation solidaire pour pallier la situation de pénurie de produits de base dont souffre l’île et pour s’opposer au blocus décrété par les États-Unis.

- Nous exigeons que l’administration Biden retire Cuba de sa liste des pays qui abritent et favorisent le terrorisme, ce qui est indispensable, pour des raisons évidentes, pour soulager la situation économique du pays. Nous répudions les menaces d’intervention avec lesquelles Biden cherche à encenser l’ultra-droite cubaine en exil et les secteurs républicains les plus réactionnaires.

- Nous dénonçons la campagne médiatique internationale qui prétend faussement que tout le peuple cubain se soulève contre le gouvernement et que celui-ci répondrait avec une grande brutalité, alors que ces mêmes médias ont fermé les yeux face aux formes de répression antipopulaires beaucoup plus violentes utilisées dans des pays comme la France face aux Gilets jaunes en 2018-2019, aux États-Unis lors des manifestations de Black Lives Matter en 2020, ou en Colombie en 2021, pour ne citer que quelques exemples d’une longue liste.

- Nous exigeons aux autorités cubaines de respecter le droit démocratique de protester, le développement de mouvements sociaux indépendants, le pluralisme politique et le débat démocratique, seul moyen d’éviter que la Révolution ne cesse d’être un exemple pour les peuples d’Amérique latine et du monde.

- Exiger la vérité sur les conditions de détention et de répression afin de mettre fin à l’utilisation abusive de la force et de traduire en justice les responsables des abus.

- Nous demandons la libération immédiate des personnes détenues lors des manifestations du 11 juillet, à condition qu’elles n’aient pas commis d’actes menaçant la vie d’autrui.

- Nous défendons une Cuba souveraine et indépendante avec une véritable participation démocratique-populaire des travailleurs et des travailleuses au destin de l’île. Pour une Cuba socialiste et démocratique.

- Fin immédiate du blocus économique impérialiste de Cuba !
- Pour une Cuba libre et souveraine !
- À bas l’ingérence impérialiste !
- Pour une démocratie socialiste à Cuba !

21 juillet 2021

Bureau exécutif de la Quatrième Internationale

https://fourth.international/

Lire aussi:

Cuba en trois temps historiques. A l’occasion du 26 juillet…

Cuba. Le parti unique face à la crise

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22 juillet 2021 ~ 0 Commentaire

hong kong (ouest france)

loup

Hong Kong. Cinq syndicalistes arrêtés pour des livres pour enfants jugés anti-gouvernement

Cinq personnes, faisant partie d’un syndicat hongkongais d’orthophonistes, ont été arrêtées par la police à Hong Kong pour sédition. Ils sont jugés pour la publication d’une série de livres pour enfants sur un village de moutons en résistance contre des loups, a annoncé la police, ce jeudi 22 juillet.

Cinq membres d’un syndicat hongkongais d’orthophonistes ont été arrêtés pour sédition pour une série de livres pour enfants sur un village de moutons en résistance contre des loups, a annoncé jeudi la police, dans un contexte de répression contre le mouvement pro-démocratie.

Ces interpellations ont été réalisées par l’unité de police chargée de l’application de la loi sur la sécurité nationale qui a été imposée à Hong Kong par Pékin pour faciliter la reprise en main du territoire après les mois de manifestations de 2019.

Les autorités accusent les trois femmes et deux hommes âgés de 25 à 28 ans de « complot pour publier, distribuer, montrer ou copier des publications séditieuses ».

Le groupe accusé « d’attiser la haine de la population »

Le groupe cherchait à « attiser la haine de la population, en particulier des jeunes enfants, à l’égard du gouvernement et de la justice de Hong Kong et à encourager la violence et les actions illégales », poursuit la police dans un communiqué.

Les cinq appartiennent au Syndicat général des orthophonistes hongkongais, selon une source policière. La police a précisé que 160 000 dollars hongkongais (17 500 €) avaient été gelés.

Le syndicat avait ces derniers mois publié trois livres électroniques illustrés cherchant à expliquer aux enfants le mouvement pro-démocratie. Les partisans de ce mouvement y sont représentés comme des moutons vivant dans un village entouré par les loups.

Le premier livre, intitulé « Les protecteurs du village des moutons », explique l’immense mobilisation populaire de 2019 à Hong Kong.

Le deuxième, « Les gardiens du village des moutons », raconte la grève lancée par le personnel nettoyant le village pour protester contre les loups qui laissent leurs déchets partout.

Une référence à la grève du personnel médical de Hong Kong

Son introduction raconte que c’est une référence à la grève que le personnel médical de Hong Kong avait entamée en 2020 pour demander la fermeture des frontières avec la Chine pour protéger le territoire au début de la pandémie.

Le dernier opus, « Le 12 courageux du village des moutons », évoque un groupe de moutons fuyant le village par bateau à cause des loups.

C’est une référence directe aux 12 Hongkongais qui avaient été arrêtés par les gardes-côtes chinois l’été dernier alors qu’ils tentaient de fuir vers Taïwan.

La sédition est une infraction définie par une loi datant de la colonisation britannique qui, jusqu’à l’année dernière, n’avait plus été utilisée depuis la rétrocession en 1997.

La police l’utilise désormais régulièrement en même temps que la loi sur la sécurité nationale pour réprimer toute forme de dissidence dans le territoire chinois pourtant censé jouir d’une large autonomie jusqu’en 2047.

La libération sous caution est généralement refusée à la plupart des personnes interpellées sous cette qualification.

« Les habitants doivent voir les choses clairement, ne doivent ni cautionner ni enjoliver les actes de violence, et ne doivent pas permettre que les générations futures soient encouragées et trompées par des informations fausses et biaisées », a affirmé la police.

22/07/2021

https://www.ouest-france.fr/

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21 juillet 2021 ~ 0 Commentaire

cuba (la taupe rouge)

viva-cuba

A Cuba avec amour (La Taupe rouge)

Nous aimons Cuba. Nous aimons la révolution cubaine. C’est pourquoi nous sommes contre les mesures qui favorisent l’implantation d’entreprises capitalistes et le développement du marché libre.

Notre amour pour Cuba est pour la proposition d’un socialisme construit par le bas, comme le souhaitaient Luxemburg, Kollontai, Mariátegui et le Che.

Dimanche, des manifestations ont eu lieu à Cuba pour dénoncer la situation sanitaire, le manque d’approvisionnement et les coupures d’électricité qui ont lieu sur l’île depuis le 21 juin. Des protestations qui, dans un socialisme sain, conduiraient à élargir la base du dialogue entre le gouvernement et la population.

Au lieu de cela, le gouvernement a répondu par une rhétorique belliciste :  » L’ordre de combattre a été donné « , a déclaré le président Díaz Canel. Elle a transformé une simple marche en une confrontation entre Cubains.

Il est faux de dire que le peuple est descendu dans la rue à la recherche d’un retour au capitalisme. Les communistes cubains disent le contraire : ils sont descendus dans la rue au-delà d’un slogan, ils sont sortis pour exiger du gouvernement un socialisme réel.

La meilleure démonstration que derrière les mobilisations se cache la lutte pour plus de révolution est la liste des personnes arrêtées :

Frank García Hernández, historien et marxiste cubain ; Leonardo Romero Negrín, jeune étudiant en physique socialiste à l’Université de La Havane, qui dans des manifestations précédentes avait déjà appelé à un socialisme sans répression ; Maykel González Vivero, directeur de la revue Tremenda Nota ; Marcos Antonio Pérez Fernández, mineur, étudiant pré-universitaire.

Parce que nous aimons Cuba, nous rejetons les tentatives de l’impérialisme et de la droite d’utiliser ces marches pour discréditer la révolution. Il est normal que les gens manifestent, qu’ils se plaignent. Dans les pays que l’impérialisme et la droite admirent, la réponse ne se fait pas avec des prisonniers, mais avec des morts.

Ce qui est dit dans le Manifeste communiste est toujours valable : la première tâche de la révolution est la construction de la démocratie. Une construction qui ne peut se faire que par le bas. Ni le capitalisme ni la bureaucratie ne peuvent contribuer à la lutte pour la démocratie.

Un bon nombre de détenus ont déjà été libérés. Dans le cas de Frank García Hernández avec un mandat d’arrêt à domicile. Cependant, le problème le plus grave est celui de Leonardo Romero Negrín, qui est porté disparu. Comme dans le reste de l’Amérique latine, ils l’arrêtent mais ne l’inscrivent pas dans le registre, le laissant à la merci de la police.

Leonardo Romero Negrín n’est plus porté disparu. Mais il est détenu dans la prison pour mineurs de Cotorro. Il y a plus de 300 prisonniers. Beaucoup d’entre eux ont été fouillés à leur domicile lors d’un raid contre la gauche cubaine.

2021-07-16     Anticapitalistas (Pérou)

https://toupeiravermelha.home.blog/

Source :

https://contraelcapital.lamula.pe/

Lire aussi:

Explosion sociale à Cuba : les signaux ignorés

Cuba. Le tabou des gauches

Cuba. «L’agitation sociale comme crime politique»

Face aux mobilisations populaires à Cuba et aux agressions impérialistes

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17 juillet 2021 ~ 0 Commentaire

résidences secondaires (bastamag)

maison

« La demande de résidences secondaires rend les logements inaccessibles pour l’immense majorité des habitants »

Pour limiter le nombre de résidences secondaires, qui exercent une pression croissante sur le prix de l’immobilier, un élu breton propose de mettre en place un statut de résident. Celui-ci existe déjà ailleurs en Europe. Entretien.

Basta ! : Nouvel élu à la région Bretagne, vous avez décidé de vous attaquer à la question des inégalités d’accès au logement, via la limitation des résidences secondaires. Pourquoi ?

Nil Caouissin [1] : Cela fait longtemps qu’il y a des résidences secondaires en Bretagne, mais aussi dans d’autres régions françaises et européennes, le phénomène n’est pas nouveau. Mais il a pris de l’ampleur ces dernières années, et cela s’est encore accentué avec la crise sanitaire liée à l’épidémie de coronavirus qui a déclenché des envies de campagne, sans que les gens ne décident pour autant de s’y installer.

Il s’agit plutôt de pied-à-terre où l’on vient de temps en temps ; en moyenne trois mois par an. Nous avons en région Bretagne 250 000 logements vides neuf mois sur douze (et 330 000 si l’on ajoute la Loire-Atlantique). Si tous ces logements étaient transformés en logement principal, on pourrait loger 500 000 personnes, soit une bonne partie des 800 000 nouveaux arrivants pressentis pour ces quinze prochaines années. Ce n’est pas anecdotique.

Quel est le « profil type » des résident secondaire ?

Ils sont plus âgés (61 % d’entre eux sont retraités) et plus riches que la moyenne des Français, avec des revenus 30 % plus élevés que ceux des propriétaires d’un seul logement. Au sein des ménages multipropriétaires (qui comportent aussi les propriétaires de logements locatifs), ce sont les résidents secondaires qui bénéficient des plus hauts revenus. Une large partie d’entre eux vit en région parisienne (32 %).

Cette croissance de la part de résidences secondaires – qui représentent jusqu’à 50 % des logements dans certaines communes du littoral – pose de vrais problèmes de « distorsion d’accès au logement », dites-vous. Pouvez-vous préciser ?

L’augmentation de la demande de résidences secondaires et les moyens que peuvent y mettre les acheteurs font réellement flamber les prix des logements qui deviennent inaccessibles aux classes moyennes et populaires, c’est-à-dire à l’immense majorité des habitants du pays.

Le cas le plus caricatural est celui de ces communes du golfe du Morbihan dont plus de 50 % des logements (voir plus de 70 % par endroits !) sont la propriété de résidents secondaires. Beaucoup de personnes travaillant sur les littoraux ne peuvent absolument pas s’y loger et il devient parfois difficile d’embaucher des salariés. Pour les saisons touristiques, mais pas seulement.

Le vieillissement de la population entraîne un besoin de services accru dans le secteur de la santé, parmi les auxiliaires de vie par exemple. Mais ces femmes sont souvent très mal payées et elles ne peuvent pas habiter près de leur lieu de travail. On est face à une situation très injuste : on fait venir des travailleurs sur un territoire où ils ne peuvent pas se loger décemment… alors que la moitié des maisons y sont vides ! Même des personnes avec des revenus moyens, voire plutôt favorisés, ne peuvent pas s’installer sur la côte. Il ne s’agit pas de dire que toutes les tensions sur le marché du logement dans les régions touristiques sont dues aux résidences secondaires, mais le fait est que partout où ces dernières sont concentrées, elles aggravent la situation.

Selon vous, la part croissante des résidences secondaires a aussi de graves conséquences écologiques. Lesquelles ?

La pression des résidences secondaires, nous l’avons dit, rend le marché de l’immobilier inabordable pour un grand nombre de foyers. Résultat : la seule solution pour permettre l’installation des jeunes, c’est la construction de logements neufs. On voit ainsi pousser sans cesse de nouveaux lotissements, qui ne sont pas là pour attirer de nouveaux habitants mais pour maintenir une population « à l’année ». En même temps, sans ces programmes de constructions nouvelles, l’éviction des classes moyennes et populaires serait encore plus forte. Mais on voit là que le taux élevé de résidences secondaires pousse indirectement à une surconsommation de foncier et de matériaux de construction.

Il faut également considérer l’enjeu de la sécurité alimentaire, puisque ce sont pour l’essentiel des terres agricoles qui sont consommées pour l’urbanisation. Autre problème : avec l’éloignement des actifs de la côte, on a un allongement des distances domicile-travail qui entraîne une consommation accrue de carburant. Cela plombe les budgets tout en participant au réchauffement climatique et à la pollution de l’air.

Vous évoquez un « ressentiment » provoqué par cette prise de contrôle inégalitaire de certains territoires. C’est-à-dire ?

Il y a toujours eu un peu de ressentiment vis-à-vis des résidents secondaires quand ils deviennent majoritaires. Mais quand il y a une explosion des prix avec des personnes qui ne peuvent plus se loger, cela crée réellement de la colère. Le risque, c’est d’avoir une opposition forte entre plusieurs catégories de la population. Typiquement entre anciens résidents et nouveaux arrivants. Avant que la société ne soit trop fragmentée, il faut une réponse politique forte.

L’enjeu n’est pas de chercher à « moraliser » les résidents secondaires, mais bien de trouver une réponse politique à un problème politique : ce sont les règles du jeu économique qui posent problème en permettant de tels niveaux d’inégalités entre personnes et entre territoires, et en laissant des actions individuelles en apparence anodines aboutir par l’effet de masse à des situations intenables. C’est en modifiant ces règles collectives que les problèmes seront résolus.

Pour réglementer l’accès au logement, politique que vous jugez indispensable, l’outil fiscal ne vous semble pas convaincant. Pourquoi ?

C’est un outil qui peut être intéressant, mais qu’il faut utiliser finement et pas tout seul. Je m’explique : les riches peuvent payer des taxes, et même des surtaxes, davantage que la moyenne de la population. Si la taxation est uniforme elle va retomber sur les moins fortunés qui risquent de vendre aux plus fortunés sans mettre fin pour autant au phénomène des résidences secondaires vides neuf mois sur douze. La surtaxe, si l’on y tient, devrait être modulée en fonction de deux critères : la richesse des propriétaires et la localisation de la résidence (certains territoires subissant une pression plus forte que d’autres).

On peut dire la même chose pour le taux maximum de résidences secondaires, adopté en Suisse par exemple ou dans le Tyrol autrichien. Cela peut permettre de limiter la construction de nouvelles résidences secondaires, mais cela ne suffit pas à enrayer le phénomène.

Vous défendez la création d’un statut de résident, qui réserverait l’achat de logement aux personnes vivant dans telle ou telle commune tout au long de l’année. Vous expliquez que l’on interviendrait ainsi « à la racine en bloquant l’essentiel du potentiel spoliateur du marché ». Pouvez-vous préciser ?

Le principe est simple : seuls les résidents permanents du territoire peuvent acheter ! La possibilité d’acheter un bien immobilier serait donc réservée aux habitants de tel ou tel territoire, ou, dans une version extrême, de la commune, ce qui impose de définir le temps de résidence nécessaire pour bénéficier du droit d’achat ; un an serait bien je pense. Une partie du stock de résidences secondaires passerait progressivement et sans doute assez rapidement vers la résidence principale, à un prix par ailleurs réduit pour les acheteurs [2].

Dans le détail, il faut préciser le dispositif et souligner les enjeux de certains ajustements. Pas question, par exemple, de faire un statut de résident régional car beaucoup de résidences secondaires sont aussi possédées par des Bretons. De plus, il existe des territoires où il y a peu d’acheteurs et où le statut de résident n’est donc pas nécessaire. Il pourrait même être contre-productif, avec un risque de voir plus de logements vacants et de paupériser les personnes qui comptent sur la vente de leur maison pour payer leur Ehpad par exemple (reste à voir quel est l’impact à moyen terme de la crise Covid sur les territoires où l’immobilier n’était pas tendu jusqu’à présent). C’est un principe qu’il faudrait appliquer finement, au plus près des territoires, mais qui pourrait-être très efficace.

Pourquoi serait-il si efficace pour résoudre les problèmes d’inégalités d’accès au logement ?

Parce que la baisse de la demande entraînerait mécaniquement une baisse des prix. En revanche, la baisse du taux de résidences secondaires serait plus lente que la baisse des prix puisque personne ne serait exproprié. Les résidences se libéreraient donc au fur et à mesure qu’elles seraient mises en vente. Autre avantage de cette mesure : un effet indirect sur le prix des locations. Pourquoi ? Parce que quand on achète un bien cher, on le loue cher pour le rembourser. On peut donc supposer que les loyers baisseront. Ensuite, les gens qui veulent acheter mais qui ne peuvent pas pourront à nouveau le faire et ils libéreront des locations. La baisse de la pression sur les logements locatifs pourrait également faire baisser les prix.

Des dizaines de milliers de personnes — voir des centaines de milliers en cas d’application massive — accéderaient à un logement bon marché (ou au moins plus accessible qu’aujourd’hui), se rapprocheraient de leur lieu de travail, agrandiraient la surface disponible pour leur famille, accéderaient à un jardin… sans construction supplémentaire, donc sans extraction de matériaux et sans consommation de foncier agricole. Des communes revivraient. Les déplacements domicile-travail seraient réduits sur les côtes et jusqu’à trente kilomètres dans l’intérieur des terres, d’où un bénéfice écologique et économique évident.

Est-ce que cela ne va pas freiner les nouvelles arrivées ?

Pas du tout. Il sera toujours possible de venir vivre en Bretagne pour quelqu’un venant de Paris, de Berlin ou de Ouagadougou. Simplement, il faudra attendre un certain temps (je suggère un an) avant d’acheter, ce qui pour un futur résident permanent n’est pas forcément une mauvaise affaire, car le temps ainsi passé en location permet de se faire une meilleure idée de la situation locale avant d’acheter. Je pense que cela crée plutôt de nouvelles opportunités pour les nouveaux arrivants qui veulent s’installer. Aujourd’hui, si vous n’avez pas de hauts revenus ou que vous n’avez pas vendu de bien avant de venir vivre en Bretagne, c’est très compliqué de s’installer.

Cela signerait par contre la fin de la possibilité d’acquérir une résidence secondaire. Est-ce qu’il n’y a pas là une restriction des libertés ?

On ne l’interdit pas directement mais, de fait, il devient impossible d’acquérir une résidence secondaire si on n’habite pas sur place. Il y a effectivement une restriction de la liberté de ceux qui peuvent acheter ce qu’ils veulent, où ils veulent, quand ils veulent. Mais pour la majorité des gens, qui n’ont pas les moyens d’être multipropriétaires, c’est au contraire un gain de liberté. C’est évidemment un débat de classe. Les personnes qui peuvent faire ce qu’elles veulent ne voient pas forcément le problème.

N’est-ce pas injuste pour les futurs vendeurs ?

Il est vrai que dans les endroits où le statut de résident s’appliquerait, les prix baisseraient certainement puisque la demande serait réduite. C’est d’ailleurs l’objectif. Certains vendeurs trouveraient cela injuste. S’ils comptent racheter dans le même périmètre, il n’y aura pas vraiment de problème car la perte de valeur du bien à la vente sera compensée par la baisse du prix du nouveau logement acheté. Si en revanche ils comptent racheter ailleurs, ou faire autre chose du produit de la vente, ils pourront effectivement éprouver un sentiment d’injustice. Mais ce problème est à mettre en balance avec l’injustice plus grande du statu quo, et avec les enjeux que nous avons évoqués : sécurité alimentaire, préservation d’espaces naturels, lutte contre le changement climatique.

Ce statut de résident existe-il déjà ailleurs en France ou en Europe ? Comment imaginez-vous qu’il pourrait être mis en place ?

Il fait débat en Corse. Et il a d’ores et déjà été mis en place dans la province autonome de Bolzano en Italie, ainsi que sur l’Archipel de Aland en Finlande (où il faut avoir résidé cinq ans avant de devenir propriétaire !). Il n’y a pas eu d’intervention de l’Union européenne (UE) pour bloquer le statut, cela n’a donc pas été jugé comme attentatoire aux principes fondamentaux de l’UE. Précisons qu’il ne s’agit pas de mettre en place ce statut partout mais seulement sur les territoires en tension.

Il est évident qu’aucune majorité politique au pouvoir dans les régions françaises (PS/LREM/LR) ne portera ce projet. Cela touche à des points idéologiques trop compliqués sur la propriété privée et le libre marché. La première chose à construire, c’est donc un mouvement populaire qui fasse pression sur les élus. Beaucoup de collectifs luttent déjà pour l’accès au logement. Il faudrait aussi nouer des alliances avec d’autres régions en France et en Europe ; car le problème des résidences secondaires ne touche pas que la Bretagne, loin s’en faut. D’autant que l’on peut le relier au problème des locations touristiques de courte durée type Airbnb. Un certain nombre de résidents secondaires louent leur logement de vacances pour des courtes durées de façon à le rentabiliser.

Après, il faudra nécessairement passer par l’Assemblée nationale pour changer les lois ou en instaurer de nouvelles car aucune commune ni région n’a le pouvoir d’instaurer ce statut. Ce qui est possible en revanche c’est de l’expérimenter. On peut en effet tester un dispositif sur un territoire pour un temps donné. Il reste toujours nécessaire de le demander à l’État mais les blocages seraient moindres que pour une loi nouvelle. C’est par là qu’il faut commencer je pense, pour affiner le projet avant de se lancer dans une grande bataille politique qui sera sans doute difficile.

Propos recueillis par Nolwenn Weiler 15 juillet 2021

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30 juin 2021 ~ 0 Commentaire

pma gpa (le monde)

pma

PMA, GPA, accès aux origines… Ce que change (ou non) la loi de bioéthique dans dix situations

Après une gestation de presque deux ans, un texte historique, qui ouvre beaucoup plus largement la procréation médicalement assistée, entre en vigueur.

Le long chemin de la loi de bioéthique s’achève enfin. Après vingt-deux mois de discussions au Parlement, l’Assemblée nationale a adopté définitivement, mardi 29 juin, un texte ouvrant la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes.

Ce texte aura également un effet sur d’autres situations, comme l’accès aux origines des enfants nés d’une PMA, le double don de gamètes, etc. Certaines dispositions controversées ont été âprement discutées dans l’Hémicycle. Nous avons tenté de montrer les répercussions concrètes de cette loi pour les parents, seuls ou en couple, les donneurs et les enfants, en examinant dix situations types.

  • Situation 1 : deux femmes en couple souhaitent bénéficier d’un don de sperme pour avoir un enfant

Interdit avant la loi

Jusqu’alors, il ne leur était pas possible de bénéficier d’une PMA en France. Elles pouvaient toutefois passer par une insémination « artisanale » (non médicalisée), avec le concours d’un donneur. Si elles en avaient les moyens financiers, elles pouvaient aller dans les pays (Belgique, Danemark, Espagne…) où le don de sperme est autorisé pour les couples de femmes.

Depuis 2013, le « parent social » peut adopter l’enfant de son conjoint (qui est le géniteur), à condition que le couple soit marié. L’adoption plénière est parfois refusée par certains tribunaux quand il n’a pas été prouvé que le don était anonyme – ce qu’il n’est pas s’il est « amical » et « artisanal ». Dans ce cas, l’adoption est dite « simple » : les deux liens de filiation, biologique (avec le donneur) et adoptif (avec la mère adoptante), coexistent.

Autorisé après la loi

Une femme en couple avec une autre femme pourra bénéficier, en France, de la PMA et prétendre à un don de sperme, aujourd’hui réservé aux couples hétérosexuels infertiles. Pour établir un lien de filiation, les deux femmes, qu’elles soient mariées ou non, devront produire une « reconnaissance conjointe anticipée » de l’enfant à naître.

  • Situation 2 : une femme célibataire souhaite donner naissance à un enfant en bénéficiant d’un don de sperme

Interdit avant la loi

A l’instar d’une femme en couple avec une autre femme, une femme seule ne pouvait bénéficier d’une PMA en France. Elle pouvait toutefois avoir recours à une insémination « artisanale », avec le concours d’un donneur. Si elle en avait les moyens financiers, elle pouvait aller dans les pays (Belgique, Danemark, Espagne…) où le don de sperme est autorisé.

Autorisé après la loi

Une femme seule pourra bénéficier du système français de PMA avec tiers donneur et prétendre à un don de sperme. Les frais seront remboursés par la Sécurité sociale, de la même façon que pour les couples hétérosexuels qui en bénéficient actuellement.

  • Situation 3 : une femme en âge de procréer souhaite congeler ses ovocytes pour ne pas se faire rattraper par l’« horloge biologique »

Interdit avant la loi

La loi autorise la conservation des ovocytes, mais seulement pour des raisons médicales – si une maladie ou une intervention altère ou risque d’altérer la fertilité. Seule exception : une femme qui pratique un don d’ovocytes peut être autorisée à en conserver pour elle-même, sous conditions.

Autorisé après la loi

Une personne majeure, homme comme femme, répondant aux critères d’âge peut recourir à la conservation de ses gamètes pour réaliser une PMA ultérieurement. Selon les derniers arbitrages, la stimulation et la ponction seront remboursées (avec des limites d’âge fixées par décret), mais la conservation des ovocytes, estimée à 40 euros par an environ, restera à la charge des personnes concernées.

  • Situation 4 : un homme et une femme souhaitant un enfant, mais ayant tous les deux des problèmes de fertilité, voudraient bénéficier d’un double don

Interdit avant la loi

La loi n’autorisait la conception d’un embryon qu’avec les gamètes d’au moins l’un des membres du couple, l’ovocyte de la femme ou le sperme de l’homme, afin de maintenir un lien biologique avec au moins l’un des deux parents.

Autorisé après la loi

Le texte adopté permet la conception d’un embryon avec des gamètes exclusivement issus du don. Le Conseil d’Etat a estimé que cette autorisation est juridiquement possible et a rappelé que l’assistance médicale à la procréation demeure soumise à l’obligation de privilégier les pratiques et procédés qui permettent de limiter le nombre des embryons conservés.

  • Situation 5 : des enfants nés de dons de gamète souhaitent connaître leurs géniteurs

Interdit avant la loi

Un enfant né d’un don de gamète n’avait pas la possibilité d’accéder à l’identité du donneur, le don de gamètes étant soumis au principe général de l’anonymat des dons de matière corporelle.

Autorisé après la loi

A partir du moment où un donneur (homme ou femme) souhaite faire un don de gamète (spermatozoïdes ou ovocytes), il devra obligatoirement accepter que son identité puisse être dévoilée à l’enfant qui sera issu de ce don, lorsque celui-ci aura 18 ans. Les enfants qui le souhaitent peuvent alors déposer une demande auprès d’une commission d’accès aux origines, auprès d’une commission dépendant du ministère de la santé.

Pour les enfants nés avant la promulgation de la loi, les anciens donneurs pourront être recontactés après formulation d’une demande par la personne née du don, mais ils auront le choix de fournir ou non leurs coordonnées.

  • Situation 6 : deux hommes sont en couple et souhaitent avoir un bébé

Reste interdit

La gestation pour autrui (GPA) est formellement interdite en France. Plusieurs cas de couples gays ayant un ou des enfants ont été médiatisés, mais c’est une situation qui reste rare. Ceux qui en ont les moyens financiers se tournent vers les pays qui autorisent la GPA. Au retour, si la mère porteuse figure sur l’acte de naissance étranger, aux côtés du géniteur, seule l’adoption simple est possible pour le conjoint de même sexe, car il y a déjà deux parents légaux.

  • Situation 7 : un couple infertile qui a recours à la PMA souhaite choisir l’identité de son donneur

Reste interdit

Le don de gamètes est soumis au principe général de l’anonymat des dons de matière corporelle. Un couple ne peut ni connaître l’identité du donneur, ni le choisir. La décision incombe aux seuls médecins qui, très généralement, suivent un critère de ressemblance physique.

En vertu de la même logique, il reste interdit de « diriger » son don d’ovocytes ou de sperma-tozoïdes pour en faire bénéficier un couple en particulier. Cette possibilité a été rejetée lors des discussions à l’Assemblée et au Sénat. C’est pourtant ce qui se passe dans la pratique, lors des dons de sperme « artisanaux » ; les dons d’ovocytes nécessitent, eux, davantage de moyens techniques et restent donc impossibles hors cadre hospitalier.

  • Situation 8 : après le décès de son conjoint, une femme souhaite poursuivre le processus de PMA

Reste interdit

Il n’est pas possible pour une femme dont le conjoint est mort d’avoir recours à une PMA. Elle n’a pas le droit d’utiliser les gamètes ou les embryons fécondés à partir du sperme du défunt qui ont été conservés. Certains pays, comme l’Espagne, le permettent avec l’accord préalable du conjoint.

  • Situation 9 : un couple veut s’assurer que leur enfant n’aura pas de maladie génétique

Reste interdit

En France, le diagnostic préimplantatoire (DPI) n’est autorisé que pour éviter la transmission d’une maladie génétique grave, déjà diagnostiquée dans la famille au préalable (mucoviscidose, myopathie, etc.). D’autres pays le permettent sans condition médicale dans le cas de fécondation in vitro, mais il faut compter plusieurs milliers d’euros en plus de la PMA elle-même.

  • Situation 10 : un homme trans veut recourir à la PMA

Reste interdit

La loi de bioéthique n’inclut pas les hommes transgenres dans les personnes qui pourront dorénavant recourir à la PMA. Des amendements dans ce sens avaient pourtant été déposés par des députés de la majorité, ainsi que des députés socialistes et « insoumis », précisant que le « changement de sexe à l’état civil ne [faisait] pas obstacle » à la PMA. Cette possibilité a été rejetée par l’Assemblée nationale en septembre 2019.

Mathilde Damgé

https://www.lemonde.fr

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28 juin 2021 ~ 0 Commentaire

lgbt (jdd)

drapeau_gay_breton

Au fait, que veut dire le sigle « LGBT »?

Les associations LGBT ont manifesté à Paris samedi 26 juin à l’occasion de la Marche des fiertés. mais au fait que signifie le terme LGBT?

Ce samedi 26 juin 2021, la Marche des fiertés parisienne s’élançait de Pantin (Seine-Saint Denis) pour revendiquer les droits des personnes LGBT et lutter contre les discriminations qu’elles subissent. Mais que veulent dire exactement le sigle LGBT, apparu dans les années 1990, et sa déclinaison LGBTQIA+?

> L comme lesbienne : désigne les femmes homosexuelles, qui sont attirées sexuellement et/ou affectivement par des femmes.

> G comme gay : il s’agit des hommes homosexuels, qui sont attirés sexuellement et/ou affectivement par des hommes.

> B comme bisexuel : c’est des personnes qui peuvent être attirées sexuellement et/ou affectivement par les deux sexes (hommes et femmes).

> T comme trans : représente à la fois les personnes transsexuelles et transgenres. Une personne transsexuelle est une personne née homme ou née femme qui ne se sent pas appartenir à ce genre et qui a choisi d’opérer un changement de sexe. Alors qu’une personne transgenre n’a pas opéré de changement de sexe.

> Q comme queer : désigne l’ensemble des minorités sexuelles et de genre qui ne se définissent ni comme hétérosexuelles ni comme cisgenres (les personnes qui s’identifient à leur genre de naissance).

> I comme intersexe : ce terme fait référence aux personnes qui sont nées avec des caractères sexuels (génitaux, chromosomiques…) différents des définitions traditionnelles du sexe féminin ou du sexe masculin.

> A comme asexuel : pour les personnes qui ne ressentent pas d’attirance sexuelle pour les autres.

> + : désigne tous les autres groupes ou personnes qui ne sont pas représentées par les groupes décrits ci-dessus.

Avant que le sigle apparaisse dans les années 1990, le terme « homosexuel » ou « gay » était utilisé pour désigner les personnes non-hétérosexuelles.

Cependant, ce terme a été jugé trop restrictif et remplacé par le sigle LGBT qui permet d’inclure à la fois une orientation sexuelle (lesbienne, gay, bisexuel) et une identité de genre (transsexuel et transgenre).

Le sigle LGBTQIA+ n’est pas qu’un sigle mais aussi un mouvement qui lutte pour la reconnaissance des droits des personnes concernées et contre les discriminations qu’elles subissent.

De nombreuses associations comme l’Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans (Inter-LGBT) mènent ces combats car, bien que les mœurs sociétales évoluent, les actes homophobes et transphobes sont encore nombreux. Quelque 55% des personnes concernées ont subi des actes anti-LGBT au cours de leur vie.

26 juin 2021 Isabelle Veloso Vieira

https://www.lejdd.fr/

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20 juin 2021 ~ 0 Commentaire

gaza (irish times)

Child victims of trauma die in Gaza attack

Frappes à Gaza : « La plupart de ces enfants étaient avec leurs familles dans leurs maisons ».

Les récentes frappes aériennes israéliennes ont tué 11 enfants dans un programme de traumatologie financé par l’Irlande à Gaza.

Les deux semaines de bombardement de Gaza le mois dernier ont fait payer un lourd tribut aux enfants d’un programme de traitement des traumatismes financé par l’aide humanitaire de l’Union européenne et l’argent des impôts irlandais. Onze enfants bénéficiant d’un traitement dans le cadre de ce programme ont été tués, dont plusieurs étaient des frères et sœurs ou des cousins, et certains peu de temps après avoir participé à des séances de mise en pratique de techniques telles que le relâchement des tensions et l’imagination d’un espace sûr.

« La plupart de ces enfants étaient avec leur famille à l’intérieur de leur maison », a déclaré Maysa Saleh lors d’un appel WhatsApp depuis Gaza. Saleh est responsable de l’éducation au sein du programme Better Learning, géré par le Conseil norvégien pour les réfugiés.

« Ils faisaient de bons progrès pour surmonter le traumatisme et étaient sur la voie de la guérison. Mais malheureusement, certains d’entre eux ont perdu la vie, et pour d’autres, le traumatisme s’est aggravé. » Ces décès illustrent l’impact des guerres répétées sur la jeune population de Gaza, dont environ la moitié sont des enfants, et qui ne peuvent pas partir en raison des blocages des déplacements par Israël et l’Égypte voisine.

    Les étudiants de Gaza souffrent de nombreux mauvais événements. La situation violente que nous vivons ici à Gaza s’accumule, et ils ont donc besoin de notre soutien.

Les enfants de Gaza ont généralement vécu plusieurs périodes de bombardements – il y a eu quatre grandes offensives israéliennes et d’incessants petits affrontements depuis 2006 – et la population de deux millions d’habitants, petite et dense, signifie que les gens connaissent souvent quelqu’un qui a été tué.

Les traumatismes nuisent à la capacité d’apprentissage des enfants. L’objectif du programme « Better Learning », qui a reçu 1,6 million d’euros d’aide humanitaire de l’UE dans la dernière tranche, était d’enseigner des techniques de méditation et de mettre en place des structures de soutien impliquant des conseillers, des enseignants et des parents autour de 116 écoles de Gaza.

« Les élèves de Gaza souffrent de nombreux mauvais événements. La situation violente dans laquelle nous vivons ici à Gaza s’est accumulée, et ils ont donc besoin de notre soutien. Ils ressentent généralement de la colère, de la peur, ils ne sont pas complètement bien dans leur peau », explique Saleh. « Nous formons les étudiants à pratiquer ces techniques pour s’aider eux-mêmes dans des situations d’urgence. Dites à votre esprit que vous êtes en sécurité. Regardez votre corps, sentez votre corps. Vous allez bien, pas de blessures, pas de plaies ; vous allez bien, vous pouvez vous en sortir. »

Le dernier conflit a éclaté le 10 mai. Au milieu des tensions croissantes liées à la tentative d’expulsion des Palestiniens de leurs maisons à Jérusalem-Est et à la violente prise d’assaut de la mosquée al-Aqsa par la police israélienne, le groupe militant Hamas a lancé des roquettes en direction d’Israël dans des attaques qui allaient finalement tuer 10 civils et résidents israéliens, dont deux enfants, selon les Nations unies.

Israël a répondu par des frappes aériennes sur Gaza qui ont fait 256 morts et 1 900 blessés, selon les autorités palestiniennes, tout en déplaçant 72 000 personnes, selon une estimation de l’ONU. Environ un quart des morts étaient des enfants.

La première élève du programme « Better Learning » est décédée le 11 mai. Lina Iyad Sharir (15 ans) a été tuée avec ses parents lorsque leur maison du quartier Al-Manara de la ville de Gaza a été touchée par un missile tiré par un avion de guerre israélien, selon le Conseil norvégien pour les réfugiés. La petite sœur de Lina, Mina (2 ans), a subi de graves brûlures et est décédée une semaine plus tard dans le principal hôpital de Gaza, al-Shifa.

La nuit suivante a emporté une autre élève du programme Better Learning : Hala Hussein al-Rifi (13 ans) a été tuée lorsqu’une frappe aérienne a touché l’immeuble résidentiel Salha dans le quartier Tal Al-Hawa de la ville de Gaza.

C’est le bombardement de deux rues parallèles du centre de Gaza, pendant deux jours à la mi-mai, qui a fait le plus de victimes parmi les étudiants du programme Better Learning. Les attaques sur la rue Al-Wehda et la rue de l’ambassade d’Égypte ont commencé vers 1 heure du matin le dimanche 16 mai, lorsqu’au moins 25 bombes provenant d’avions de guerre israéliens ont rasé « plusieurs bâtiments résidentiels », selon le bureau palestinien de Defense for Children International.

Une étudiante du programme Better Learning, Dana Riad Hasan Ishkantna (9 ans), a été tuée ainsi que ses frères Yahya (4 ans) et Zain (2 ans). Deux autres sœurs, Mira Rami al-Ifranji (11 ans) et Dina (15 ans), qui suivaient toutes deux le programme de traumatologie, ont également été tuées.

Deux maisons de quatre étages appartenant à la famille al-Qawlaq, qui possédait un petit supermarché, ont été rasées. Une vingtaine de membres de la famille élargie ont été tués.

Parmi eux, trois sœurs qui avaient participé au programme « Better Learning » : Rula (5 ans), Yara (9 ans) et Hala (12 ans). Dans un message transmis à l’Irish Times, Hala a été décrite par son enseignante, Ahlam Al Shanti, comme une « excellente élève » qui aimait les cours d’art. Leur cousine Hana (14 ans), décrite comme une « élève assidue » qui aimait le sport et les cours d’arabe, a été tuée dans les mêmes frappes.

Le bombardement a également frappé un immeuble de cinq étages appartenant aux Abu al-Aufs. La famille élargie s’était réunie après que certains aient été évacués de leurs propres maisons situées ailleurs ; 12 ont été tués. « Ils ont dû évacuer leurs maisons car elles n’étaient pas sûres, alors ils sont venus et sont restés les uns avec les autres, pour se soutenir mutuellement », a déclaré Saleh.

Avec la fermeture des écoles en raison de la pandémie de Covid-19, le programme de traumatologie a mis en place des groupes WhatsApp pour poursuivre le soutien psychologique.

Parmi les personnes décédées figurent Tala Ayman Abu al-Auf (13 ans), une élève du programme qui aimait les mathématiques, ainsi que son frère Tawfeeq (17 ans). Ils étaient les enfants du docteur Ayman Abu al-Auf, chef du service de médecine interne du principal hôpital al-Shifa de la ville de Gaza, qui a également supervisé la réponse à la pandémie de Covid-19. Il a également été tué. « Sa mort est une catastrophe », a déclaré à la BBC un collègue médecin, le Dr Haya Agha.

Le 17 mai au soir, la famille Abu Dayer prenait son repas dans un jardin lorsque des avions sont revenus bombarder l’immeuble de sept étages de Ghazi Shawa, dans la rue Al-Wehda. Un autre étudiant du programme, Rafeef Murshed Abu Dayer, a été touché par des éclats d’obus et est mort une semaine avant son 11e anniversaire. Sept autres membres de sa famille, dont deux frères, ont été blessés, et son oncle Zeyad a été tué.

Avec la fermeture des écoles en raison de la pandémie de Covid-19, le programme de traumatologie a mis en place des groupes WhatsApp pour poursuivre le soutien psychologique. Rafeef participait activement aux appels vidéo et avait fait un dessin de son espace de sécurité dans les heures précédant son assassinat, se souvient Saleh. « Elle a toujours dit à son professeur qu’elle pratiquait des techniques de relâchement de la tension, et elle est toujours en train de ‘parler à l’esprit’ et de pratiquer un espace sûr quotidiennement, comme nous le recommandons pour eux. »

Le dernier élève du programme Better Learning a été tué le 19 mai, deux jours avant le cessez-le-feu. Vers 20 heures, Dima Sa’d Ali Asaliya (10 ans) s’aventurait hors de sa maison à Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza, lorsqu’un drone israélien a tiré un missile dans la rue. Elle a été touchée par des éclats d’obus et est décédée.

Pendant le bombardement, les forces de défense israéliennes ont publié une déclaration indiquant que le groupe militant Hamas « place délibérément et systématiquement des cibles militaires au sein de la population civile ». L’organisation a défendu ses frappes et a déclaré qu’elle accordait une grande importance à la réduction des dommages causés aux civils et qu’elle « utilise, dans la mesure du possible, divers outils, notamment des avertissements préalables, des frappes sur les toits, des frappes dans les rues, des opérations de nettoyage des cibles et divers calculs professionnels ».

Après le cessez-le-feu, la haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a déclaré que les tirs de roquettes du Hamas étaient clairement contraires au droit international et a annoncé l’ouverture d’une enquête internationale pour déterminer si Israël avait commis des crimes de guerre au cours de son offensive.

« Les attaques israéliennes ont fait de nombreux morts et blessés parmi les civils », a déclaré Mme Bachelet, notant que des maisons, des installations médicales, des ONG et des bureaux de médias avaient été touchés.

« Malgré les affirmations d’Israël selon lesquelles nombre de ces bâtiments accueillaient des groupes armés ou étaient utilisés à des fins militaires, nous n’avons pas vu de preuves à cet égard…. Si elles sont jugées indiscriminées et disproportionnées, ces attaques pourraient constituer des crimes de guerre. »

sa, Jun 19, 2021 Naomi O’Leary

https://www.irishtimes.com/

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Commentaire:

L’Irlande est le seul pays européen osant critiquer Israel à l’initiative de Sinn Fein

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