Archive | Jeunes

07 mai 2026 ~ 0 Commentaire

Livreurs à vélo (LO)

peynard

L’esclavage moderne

Mercredi 22 avril, une plainte a été déposée en France contre les deux multinationales de la livraison, Uber Eats et Deliveroo, pour « traites d’êtres humains ».

Les quatre associations à l’initiative de cette plainte représentent des livreurs qui ont appris à ne pas se laisser faire et à s’organiser.

Ces plateformes de livraison se sont développées depuis plus d’une quinzaine d’années et les deux entreprises ont un quasi-monopole dans ce secteur qui les rend richissimes. Elles sont cotées en bourse et valent chacune plusieurs dizaines de milliards d’euros. Et, comme toutes les entreprises capitalistes, l’exploitation de travailleurs est à la base de leur fortune.

Dans leur cas, il s’agit beaucoup de travailleurs étrangers, dont les deux tiers sont en situation irrégulière. Ce n’est pas un hasard, mais un choix de ces multinationales pour aggraver l’exploitation. Sous couvert d’un statut de travailleur indépendant, elles ont pu imposer des horaires à rallonge, des tarifs extrêmement bas.

Ces livreurs sont à la merci des plateformes qui peuvent les ostraciser à loisir, les faire courir au maximum, et ne prendre en charge aucun frais, aucune sécurité sociale, etc. Ceux qui protestent sont immédiatement discriminés et même mis sur liste noire dans les magasins opérant avec les plateformes. Quant aux truands qui profitent de ces travailleurs irréguliers en leur louant des comptes à leur nom et en les faisant payer des sommes délirantes juste pour avoir le droit de travailler, ils ne sont pas inquiétés.

Malgré tout cela, les livreurs ont assez vite trouvé le chemin de la lutte. Des premiers rassemblements il y a quelques années, aux associations d’aujourd’hui, ils se sont fait entendre. Certains ont imposé à Deliveroo d’être reconnus comme salariés pour avoir leurs droits en cas de licenciement. Deliveroo a aussi été condamné pour travail dissimulé. Aujourd’hui avec cette plainte, une première mondiale, ils veulent imposer à ces vautours des conditions de travail et de salaires moins scandaleuses. Ils méritent un plein soutien !

Quand ce type de plateforme a vu le jour, bien des commentateurs glosaient sur la nouvelle forme d’indépendance censée rendre le salariat dépassé. Mais, quelle que soit la forme plus ou moins moderne qu’il assume, le capitalisme reste un système barbare d’exploitation, auquel la seule réponse est la lutte collective. Et comme à chaque fois, il se trouve des travailleurs qui ont l’énergie et le courage de l’engager.

Marion Ajar 28/04/2026

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02 mai 2026 ~ 0 Commentaire

Stages

jeunes

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04 avril 2026 ~ 0 Commentaire

Carte Scolaire (OF)

sardines

Bohars, mobilisation contre la fermeture annoncée d’une classe (OF)

Risque de fermeture de classes dans le pays de Morlaix : une réunion prévue le 8 avril 2026 (OF)

 

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21 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Harteloire (Le Tél)

onlacherien

« On ne veut pas voir cet établissement mourir à petit feu » 

Elèves, parents et enseignants mobilisés à l’Harteloire, à Brest 

Les parents et élèves de la cité scolaire de l’Harteloire à Brest, soutenus par de nombreux enseignants, mènent une opération de blocage du collège et du lycée, ce vendredi. Ils dénoncent les dotations en baisse pour la prochaine rentrée.

Une action de blocage est en cours à la cité scolaire de l’Harteloire, à l’initiative des élèves et de leurs parents.

Pierre Chapin 20 mars 2026 
https://www.letelegramme.fr/

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18 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Jeunes LFI (LCE)

3 petis peruvienss

Le fournil jeune de Jean-Luc Mélenchon et de LFI

Des cadres jeunes, une posture radicale sur les sujets sociétaux… A Lille, Roubaix, Saint-Denis ou encore Toulouse, la stratégie des Insoumis a séduit une génération qui s’informe sur les réseaux sociaux. De quoi permettre à certains candidats de rafler la mise dès le premier tour ou de se poser en acteur incontournable pour le second.

« Il faut mobiliser la jeunesse et les quar­tiers populaires (…). Là se trouve la masse des gens qui ont intérêt à une politique de gauche. » C’est en ces termes que Jean-Luc Mélenchon exhortait ses sympathisants à l’action, le 7 septembre 2024, en marge d’une manifestation parisienne (TMC, 9/9/24).

Un an et demi plus tard, sa stratégie politique semble avoir porté ses fruits. Malgré les récentes polémiques (accusations d’antisémitisme, relations avec le groupuscule antifasciste La Jeune Garde, etc.), un certain nombre d’Insoumis ont fait des étincelles au premier tour des municipales :

Bally Bagayoko a conquis Saint-Denis, la 2e plus grande ville d’Ile-de-France, avec 50,8 % des voix ; David Guiraud est en passe de l’emporter à Roubaix (46,7 %) ; François Piquemal est arrivé ­deuxième à Toulouse (27,6 %), derrière le sortant, Jean-Luc ­Moudenc (LR), et conduira la liste d’union de la gauche au second tour ; à Lille, la liste de Lahouaria Addouche (23,4 %) talonne celle du socialiste sortant, Arnaud Deslandes (26,3 %)… (Achetez le!)

  • 17 mars 2026

Clara Bamberger et Yann Voldoire

https://www.lecanardenchaine.fr/

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10 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Welcome (Studios Brest)

refug

Cinédébat : « WELCOME TO EUROPE »

En présence du réalisateur Cyril Montana

« Welcome to Europe » : et si l’Europe n’était plus qu’un mirage pour celles et ceux qui risquent leur vie à ses portes ? À travers le voyage de Cyril Montana, petit-fils de réfugié espagnol, le film démonte les peurs et révèle une réalité crue : entre murs, violences et hypocrisie politique, l’idéal de fraternité se noie en Méditerranée. Une enquête humaine, pédagogique et implacable.

Beaucoup de collectifs et d’associations ont contribué à l’existence de ce film.

Une histoire intime, miroir de l’Histoire. Cyril Montana, petit-fils d’un républicain espagnol ayant fuit la dictature franquiste, se souvient : en 1939, son grand-père, comme des milliers d’autres Européens, fut interné dans un camp en France, malgré la devise « Liberté-Égalité-Fraternité ». Quatre-vingts ans plus tard, face aux déclarations de figures politiques comme Éric Zemmour et à l’instrumentalisation des peurs migratoires, il s’interroge : les mentalités ont-elles vraiment évolué ?
De ce parallèle naît Welcome to Europe : les exilés d’hier, européens et catholiques, subissaient déjà les mêmes rejets que ceux d’aujourd’hui. Le film entreprend alors un voyage à contre-courant, de la France vers la Méditerranée (Italie, Grèce, Turquie, Libye) pour confronter les lieux communs à la réalité vécue par les personnes en migration.
Un parcours en sens inverse : de Paris à Lampedusa.  Le voyage commence à Barcelone puis Paris, où Cyril rencontre des Afghans, des mineurs isolés et les bénévoles d’Utopia 56 qui tentent de pallier la maltraitance institutionnelle. À Villeurbanne, des femmes exilées racontent leur désarroi ; à Calais, la sur-sécurisation du port, financée par les accords du Touquet, transforme la ville en laboratoire de la perte des droits humains.
Étape après étape – Vintimille, la vallée de la Roya, Briançon – se dessine l’image d’une Europe barricadée, où la fraternité gravée dans les textes se cogne aux murs, barbelés et dispositifs policiers.
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Les chiffres contre les fantasmes : sociologues et économistes convoqués par le film remettent les pendules à l’heure : la part des personnes issues de l’immigration en France n’a jamais été aussi faible (seulement 5% de la population adulte a quatre grands-parents immigrés).
L’OCDE souligne que l’impact économique de l’immigration est globalement neutre, loin des scénarios catastrophistes brandis par certains responsables politiques. Benoît Hamon le souligne : « Les murs n’empêchent rien, ils ne font que déshumaniser. »
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La théorie de « l’appel d’air », brandie par l’extrême droite, sert de justification à une répression coûteuse : le budget de Frontex avoisine les 845 à 922 millions d’euros ces dernières années, avec une montée en puissance programmée au‑delà du milliard d’ici 2027.
Autant d’argent pourrait être investi dans un accueil digne, plutôt que dans une forteresse inefficace.
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La Méditerranée, cimetière des espoirs
À Lampedusa ou Lesbos, les images sont accablantes : centres fermés, refoulements (pushbacks) illégaux, violences documentées par le Legal Center. Depuis 10 ans, près de 30 000 personnes ont disparu ou sont mortes en Méditerranée en tentant de rejoindre l’Europe, faisant de cette mer l’une des routes migratoires les plus mortelles au monde. Criminalisées pour leurs actions de sauvetages en mer, les ONG se heurtent à une Europe qui externalise toujours plus le contrôle de ses frontières, notamment en Libye, où rapports onusiens et enquêtes d’ONG documentent tortures, détentions arbitraires et formes d’esclavage moderne.
Le film en tire une conclusion claire : la politique européenne bafoue les droits humains qu’elle prétend défendre. 
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La fraternité en résistance. Face à cette Europe fermée, le film donne chair à une fraternité têtue, incarnée par des figures comme Cédric Herrou (Emmaüs) ou Damien Carême, député européen, qui rappellent une évidence : « Nos enfants sont aussi ceux de l’immigration. »
En parallèle, le film suit Yadullah, jeune Afghan passé par Lesbos avant d’arriver à Paris. On le voit dans son quotidien : démarches administratives, apprentissage du français, cours de yoga , puis son engagement dans un projet théâtral qui l’emmène jusqu’à la scène.
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Cyril résume l’absurdité du système :
Je n’aurais jamais imaginé que mon voyage me mènerait si loin… pour comprendre que les migrants cherchent seulement la paix.
Un héritage piétiné
Welcome to Europe est une enquête sensible, portée par la présence de Cyril Montana, qui donne au film une forte dimension pédagogique sans jamais effacer l’émotion.
Il montre comment la fermeture des frontières crée précisément les problèmes qu’elle prétend résoudre, faisant des passeurs les seuls maîtres du jeu.
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« France, terre d’accueil » n’est plus qu‘un slogan vidé de sa substance. Le vrai problème, martèle le film, n’est pas l’immigration, mais le racisme et la peur, devenus les outils d’une fiction politique qui divise et hiérarchise les vies.
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En conclusion . Une Europe à la croisée des chemins ? Entre discours anxiogènes et réalité du terrain, Welcome to Europe pose une question simple : et si la solution résidait dans l’accueil, plutôt que dans la répression ? Grâce à un équilibre subtil entre intervenants (exilé·es, bénévoles, chercheur·reuses, responsables politiques) et scènes du quotidien, le film permet d’aborder les droits humains, le racisme et les politiques migratoires, en montrant les conséquences concrètes de la mise en œuvre des idées d’extrême droite.
Un film nécessaire, qui rappelle que notre humanité se mesure à la façon dont nous traitons les plus vulnérables.
  • lecture complémentaire En finir avec les idées fausses sur les migrations aux Éditions de l’Atelier.
  • mercredi 11 mars 2026 à 20 H

    Cinéma Les Studios – 136 rue Jean Jaurès – Brest – 

Bande-annonce : https://vimeo.com/1138448572 

 

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10 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Mouvement du 22 Mars (RF, LM, Wikipedia, Contretemps)

mai 68

Mouvement du 22 Mars

Le Mouvement du 22 Mars est un mouvement étudiant français d’extrême-gauche antiautoritaire fondé trois jours après l’occupation d’un bâtiment administratif, dans la soirée du vendredi 22 mars 1968 à la faculté de Nanterre pour obtenir la libération de militants en opposition à la guerre du Viêt Nam.

Il sera ensuite considéré comme faisant partie des éléments déclencheurs des événements de mai-juin 1968. Il fait partie des mouvements étudiants de l’université Paris-Nanterre. La perception des Soixante-huitards ayant évolué avec l’historiographie de Mai 68, l’importance du Mouvement du 22 mars dans la perception de cet événement social a fluctué aussi.

La notoriété du Mouvement du 22 mars est postérieure à celle acquise au début du mois de mai 1968 par un de ses militants sans appartenance syndicale, Daniel Cohn-Bendit, et il n’a pas de lien avec le Mouvement du 25 avril 1968 créé à Toulouse à la même époque ni avec le Mouvement du 11 mai, qui a lancé à Marseille le premier appel à une grande manifestation le 13 mai 1968.

L’historiographie de Mai 68 a cependant rappelé à partir des années 1990 que la révolte étudiante avait eu lieu sur l’ensemble du territoire, dès le mois de février comme lors du Mai 68 à Nantes ou dans les résidences universitaires de nombreuses villes de province, pour constituer le plus important mouvement social de l’histoire de France du 20e siècle. Les universités de Clermont-Ferrand, Nantes, Montpellier ou Nancy sont ainsi en ébullition avant le 22 mars, qui leur fait référence dans ses premiers tracts.

Mouvement spontanéiste, le 22 mars revendique des méthodes d’action directe (occupations de bâtiments administratifs) et de démocratie directe en assemblées générales ouvertes à tous et déjà pratiquées dans d’autres villes au début 1968 (Nantes et Caen). Tout en refusant l’institutionnalisation en « organisation », il veut participer à ce processus d’auto-organisation des étudiants « ici et maintenant ».

Inspirés notamment par le mouvement Provo des Pays-Bas, les modes d’action souvent provocateurs (happening, prises de parole sauvages, interruptions de cours, refus systématique de toute autorité, fût-elle symbolique) et, surtout, la critique virulente du contenu de l’enseignement universitaire attirent l’attention au-delà des cercles restreints des étudiants politisés.

Mouvement pluraliste, il réunit selon Daniel Cohn-Bendit des libertaires, des situationnistes, des trotskistes, des futurs mao-spontex, des chrétiens de gauche, des « sans étiquette ». Daniel Cohn-Bendit en est la personnalité la plus médiatisée.

Il est interdit par le gouvernement, dans le cadre du décret du 12 juin 1968 portant dissolution d’organismes et de groupements, en même temps que onze autres mouvements d’extrême gauche.

Les tensions avec l’extrême-droite

Le virage d’Occident après la présidentielle de 1965

Lors de l’Élection présidentielle française de 1965 la première depuis un siècle et surtout depuis la guerre d’Algérie, le score jugé décevant de Jean-Louis Tixier-Vignancour qui ne passe à peine le cap des 5% et fédère guère au-delà de l’électorat traditionnel de l’extrême droite et des rapatriés d’Algérie entraine un déplacement du militantisme depuis la scène politique vers la rue.

À gauche, après l’Élection présidentielle française de 1965, le soutien de tous les partis à Mitterrand dès le 1er tour, y compris du Parti communiste français déclenche des départs massifs au sein de ce dernier et du PSU, en particulier de jeunes qui s’étaient mobilisés contre la guerre d’Algérie.

Fin 1965 intervient un tournant très net dans la tactique du mouvement d’extrême-droite Occident après l’éviction de Pierre Sidos, vers une action « jeuniste » et proaméricaine. exclusivement tournée vers la politique internationale, le Viêt Nam en premier lieu, en réaction, à la fondation de deux groupes d’extrême gauche issus du Parti communiste, l’Union des Jeunesses communistes marxistes-léninistes (JCML) et les Jeunesses communistes révolutionnaires (JCR). Sur cette période, les différentes estimations convergent pour évoquer un quadruplement de ses effectifs.

À partir du printemps 1966, l’extrême droite durcit sa tactique en s’attaquant à la représentation de la pièce de Jean Genet Les Paravents au Théâtre de l’Odéon à Paris le 4 mai 1966, parvenant finalement à son retrait, la librairie de gauche de François Maspero ou encore le café Champollion, le même mois. Le plus sérieux de ces assauts a lieu en octobre et novembre 1966 et cause sept blessés parmi les militants d’extrême gauche, dont trois sont hospitalisés, lorsqu’il vise des partisans du Nord-Vietnam.

Les violences de novembre 1966 à janvier 1967

  • Le 16 et 17 novembre 1966, Occident intervient deux jours de suite à Nanterre. Le mouvement a lui-même déclaré qu’une « trentaine de ses militants ont attaqué un meeting » de gauche devant le restaurant universitaire, déclenchant « une violente bagarre à coups de barre de fer et de manches de pioche » causant « deux blessés graves parmi les membres des mouvements de gauche et une dizaine de blessés légers.
  • Début 1968, les militants d’Occident es militants d’Occident reprennent des provocations bien que très affaiblis par les 13 condamnations du 12 juillet 1967

Le mouvement des résidences universitaires

L’affaire démarre un an plus tôt, le 21 mars 1967, lorsque 60 étudiants décident de manière spontanée d’investir un des pavillons de la cité universitaire réservé aux étudiantes : les garçons ont le droit d’accueillir des filles dans leur chambre mais l’inverse est interdit. Les étudiants revendiquent « la libre circulation » dans l’ensemble de la résidence universitaire.

Le doyen Grappin fait appel aux forces de l’ordre, ce qui choque, car à l’époque, et depuis le Moyen Âge, les forces de police n’ont pas le droit d’intervenir dans le périmètre universitaire. Cernés par la police, 25 étudiants maintiennent l’occupation pendant une semaine, nourris par les filles. Enfin, après de longues tractations, ils obtiennent le droit de se retirer du pavillon des filles sans donner leur identité et avec l’engagement qu’il n’y aura ni poursuites, ni sanctions.

1968

Janvier

Le 8 janvier 1968, le militant anarchiste Daniel Cohn-Bendit interpelle François Missoffe, ministre de la Jeunesse et des Sports, qui inaugure la nouvelle piscine de Nanterre, sur son livre blanc sur la jeunesse : « Monsieur le ministre, j’ai lu votre Livre blanc sur la jeunesse. En trois cents pages, il n’y a pas un seul mot sur les problèmes sexuels des jeunes ».

Le 26 janvier, un groupe d’étudiants anarchistes entraîne une manifestation contre la menace d’exclusion de Cohn-Bendit, de nationalité allemande et qui risque l’expulsion du territoire. Première journée d’émeutes à Nanterre, les affrontements sont violents. Des étudiants se heurtent aux forces de l’ordre appelées en renfort par le doyen.

Fondation et déroulement

Le 20 mars 1968, à l’occasion d’une manifestation organisée par le Comité Vietnam national (CVN) « pour la victoire du peuple vietnamien contre l’impérialisme américain », trois cents étudiants saccagent le siège de l’American Express, à l’angle de la rue Scribe et de la rue Auber à Paris. Six activistes sont arrêtés, un membre du service d’ordre de la Jeunesse communiste révolutionnaire et Nicolas Boulte, ex-secrétaire général de la Jeunesse étudiante chrétienne, secrétaire du Comité Vietnam national.

Le 22 mars, à 15 h, une assemblée générale réunit de 600 à 700 personnes pour exiger la libération des militants interpellés et en garde à vue depuis le 20 mars. Après de vifs débats, il est décidé d’occuper, le jour même, le dernier étage de la tour universitaire où siège le conseil de la faculté. Le lieu est symbolique : c’est celui du pouvoir universitaire d’où sont exclus les étudiants.

À 21 h, 150 étudiants, profitant d’une porte laissée ouverte, occupent le huitième étage du bâtiment administratif de l’université, la salle du conseil des professeurs, « un symbole de l’autorité de l’université».

Une commission rédige un « manifeste » qui appelle à « rompre avec des techniques de contestation qui ne peuvent plus rien » et reprend l’essentiel des revendications portées par les étudiants depuis un an : l’anti-impérialisme, la dénonciation de la répression policière, la critique de l’université et du capitalisme.

L’occupation se termine vers deux heures du matin, lorsque les étudiants apprennent la libération des activistes arrêtés le 20 mars.

La polémique avec la presse le 28 mars

Le jeudi 28 mars dans la soirée, le journal L’Humanité est violemment attaqué par Daniel Cohn-Bendit, qui prend la parole lors d’une réunion et conférence de presse au Foyer F de la Résidence universitaire, organisée par l’Association des résidents de la cité universitaire de Nanterre.

L’invasion de la Sorbonne

Finalement, le vendredi 29 mars les étudiants de Nanterre partent à la Sorbonne envahir un amphithéâtre, sans y parvenir, et s’installent dans un autre, ce qui déclenche une protestation sur RTL du ministre de l’Éducation nationale au cours du week-end.

Suites fin avril

Du 21 au 25 avril, les étudiants de droite, qui protestent contre leur radiation de l’UNEF et espèrent la reconquérir, se heurtent à des étudiants du PSU, qui sont à la tête de l’UNEF, mais aussi des JCR , du CLER et de l’UJCml .

Un graffiti mural laisse entendre qu’Occident pourrait répliquer. Une banderole « Fascistes échappés de Dien Bien Phu, vous n’échapperez pas à Nanterre », est alors écrite en lettres géantes juste au-dessus du grand hall reliant tous les bâtiments de la faculté des lettres de Nanterre.

Les événements de Toulouse le jeudi 25 avril

À Toulouse, les heurts entre étudiants le 25 avril, causés par l’attaque d’une réunion dans un amphithéatre où s’exprimait le nanterrois Daniel Bensaid vont connaitre dès le lendemain une couverture importante de la presse, ce qui suscite une réaction rapide du ministère de l’Éducation nationale qui réunit plusieurs doyens à la Sorbonne le samedi 27 avril.

La garde à vue de Cohn-Bendit le samedi 27 avril

Le 27 avril, Daniel Cohn-Bendit est arrêté chez lui, perquisitionné, puis relâché vers 20 h après avoir été interrogé au commissariat de Nanterre et à la préfecture de police de Paris. Le 30 avril, le parquet annonce l’ouverture d’une information judiciaire contre lui pour « menaces verbales de mort sous condition et coups et blessures volontaires », après la plainte déposée par un militant de Nanterre de la FNEF, Hubert de Kervenoael.

Le 30 avril au soir, Daniel Cohn-Bendit assiste à un meeting en faveur du Black Power au Palais de la Mutualité, au cours duquel s’expriment James Forman, Aimé Césaire, Daniel Guérin et Jean-Paul Sartre. Le lendemain 1er mai, lors de la manifestation pour la Journée internationale des travailleurs, il participe au cortège du « 22 mars » qui s’affronte violemment au service d’ordre de la CGT. Il y est notamment avec le groupe de l’UJCml et notamment Roland Castro.

Historiographie

L’historiographie du Mouvement du 22 mars passe d’abord par une phase d’idéalisation dans les années 1980 dans le sillage du premier livre écrit par Daniel Cohn Bendit depuis onze ans, Nous l’avons tant aimée, la révolution, publié en mars 1986. Il est suivi un an après par le premier tome de l’enquête de Hervé Hamon et Patrick Rotman, Génération. S‘ajoutent en 1988 deux autres livres centrés sur les personnalités du Mouvement du 22 mars, celui d’Élisabeth Salvaresi, qui trace 14 portraits de « stars » du mouvement et celui de Jean-Pierre Duteuil, ami proche de Cohn-Bendit.

En 2018, trente ans après cette vague de 1988, certains médias vont se poser la question de l’importance réelle du 22 mars, comme France Inter, qui a enquêté dans ses archives et observe qu’on « parle bien d’un mouvement étudiant dans le 13 heures de France Inter, le 23 mars 1968, mais à Varsovie, en Pologne, pas à Nanterre ». « Le plus fou, c’est que non seulement le journal de 13 heures n’en dit pas un mot, mais qu’en plus, après ce reportage sur Varsovie, on propose un tour du monde de l’agitation sur les campus, à Milan, à Madrid et à Washington. Rien sur Nanterre », ironise le journaliste.

Le Monde

C’est le jeudi 28 mars seulement que Le Monde, quotidien alors le plus lu chez les étudiants et les enseignants des universités, loin devant Le Figaro, évoque l’occupation de la tour administrative, en page 10.

L’article ne parle brièvement de l’occupation du 22 mars qu’au 3e paragraphe d’un très court article titré « Le doyen va prendre des mesures pour tenter de mettre fin aux incidents » pour signaler que des déprédations et de menus vols ont eu lieu au cours de cette occupation.

Le lendemain 29 mars, le journal consacre quatre fois plus d’espace à une manifestation nationale à laquelle appellent l’UNEF, CGT, Parti communiste et conseils de parents d’élèves.

Le quotidien rapporte aussi les inscriptions peintes en noir sur les murs du grand hall et dans les escaliers de la faculté :

  • « Professeurs, vous êtes vieux et votre culture aussi ! » ;
  • « Laissez-nous vivre ! » ;
  • « Prenez vos désirs pour des réalités ! » ;
  • « A bas la répression policière ! » ;
  • « F.N.L. vaincra ! ».

Tout cela ne semble pas pour autant « troubler la quiétude » d’un campus à l’américaine, plein d’étudiants, « assis au soleil sur les pelouses.

De leur côté, les « perturbateurs », dont certains appartiennent à des petits groupes politiques d’extrême gauche « estiment que les meetings ou les manifestations traditionnelles n’ont plus d’efficacité », explique le journal, tout en observant que « les manifestants sont, à vrai dire, peu nombreux ».

L’Humanité

L’Humanité a de son côté couvert le samedi 29 mars « la manifestation du Quartier Latin et la grève de 90 % des étudiants en sciences de Paris et d’Orsay » en déplorant la presse les mettent au second plan, pour laisser entendre, pour la seconde fois en deux jours, qu’il existe des convergences entre l’action du gouvernement et celle des groupuscules. Le jeudi 27 mars le quotidien communiste s’était attiré les foudres de Daniel Cohn-Bendit par un article évoquant cette possibilité.

Le rédacteur du quotidien communiste écrit en particulier: « On peut même se demander ce qu’a signifié la complaisance de Missoffe à l’égard du leader des anarchistes de Nanterre, invité au ministère comme interlocuteur vedette, alors qu’il se permet d’injurier certains professeurs, de dire en privé que ça (cours suspendus pour 12 000 étudiants) l’amuse « .

Le Mouvement du 22 mars s’auto-dissout fin mai 1968. Ce qui n’empêche pas sa dissolution officielle le 12 juin 1968 selon la loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et milices privées, comme onze autres mouvements d’extrême gauche.

Différentes tendances le composent :

  • des libertaires comme Daniel Cohn-Bendit,
  • des trotskistes des Jeunesses communistes révolutionnaires (JCR) comme Daniel Bensaïd (cofondateur de la Ligue communiste, puis de la LCR et du NPA)
  • des futurs maoistes comme Serge July et Alain Geismar
  • des sans-étiquettes tels Marie-France Pisier (alors étudiante à Nanterre et déjà actrice)
  • des militants du Centre d’études, de recherches et de formation institutionnelles comme son fondateur en 1967 le psychanalyste et philosophe Félix Guattari

Cet article très long est résumé

https://fr.wikipedia.org/

« Le mouvement du 22 mars un détonateur » (Le Monde)

Radio France

Contretemps

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04 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Fañch (CB, Le Tél, FB)

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Fañch peut désormais porter fièrement son tilde à Brest

Fañch, avec son tilde, c’est désormais possible. Le parquet de Brest autorise les officiers de l’état civil de la ville à enregistrer les prénoms ainsi orthographiés.

Lundi 23 février 2026, les officiers de l’état civil de la cité du Ponant ont reçu une instruction du parquet de Brest les autorisant à enregistrer, lors des déclarations de naissance, les prénoms orthographiés avec un tilde sur le n. Ce qui leur était interdit, jusqu’à présent.

L’exemple le plus frappant étant, bien entendu, celui de Fanch. Qui ne pouvait être Fañch. Suscitant de nombreuses incompréhensions de la part de parents qui, parfois, saisissaient la justice pour obtenir gain de cause.

Mardi 6 janvier 2026, Amélie Caro, maire de Pleyben (Finistère), et son mari, Jérémie, s’étaient déplacés au tribunal de Brest pour défendre le prénom de leur fils, Fañch, refusé par l’état civil pour son tilde sur le n.

« L’incompréhension des parents »

Rappelons que, jusqu’à présent, il était « impossible d’intégrer les signes diacritiques régionaux dans les actes de l’état civil, particulièrement dans les prénoms et noms inscrits dans ces actes ». Les services de l’État mettant en avant la circulaire du 23 juillet 2014 relative à l’état civil. Laquelle précise que « les seuls signes diacritiques admis dans les actes de l’état civil sont les points, accents et cédilles tels qu’ils sont souscrits ou suscrits aux voyelles et consonnes autorisés par la langue française. Le tilde n’en fait donc pas partie. »

Mais ça, c’était avant et les défenseurs de la langue bretonne peuvent désormais s’enorgueillir d’avoir fait évoluer la législation.

  Rédaction Côté Brest    26 févr. 2026   

Fañch et tous les prénoms avec tilde désormais autorisés (FR3)

Le « tilde » sera autorisé (Le Tél)

Le ministère de la Justice demande de ne plus poursuivre les parents (France Bleu)

Note:

C’est quoi ce « tilde »?

Pour les francophones il y a un problème avec les nasales: an, on, un et en

Le ñ ce Fañch  veut dire que ce n’est ni Fane-ch, ni Fann-ch mais « an » comme en français

An-n n’existe pas en français.

Par exemple: Nann! Non! Un-e- français-e lit: Nane et nous Nan-n. Donc : Yan-n et pas Yane. Erwan-n et pas Erwane…

Amañ ou ama (Ici) et pas amane.  Kouign aman-n et pas Kouign amane!

Cela vaut pour « O »: Bon-n et pas bone,

Cela n’a donc rien à voir avec le son « gn » (kouign) et son écriture ñ en espagnol: enseñar, señalar, coño. Un son qui s’écrit nh en portugais, occitan, catalan: Bretaña ou Bretanha

 Sur votre clavier: Alt164

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04 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Jeunes (Solidaires)

mars

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13 février 2026 ~ 0 Commentaire

Crous (NPA)

 

politis

Élections aux CROUS : les étudiantEs organisent la riposte à l’extrême droite

Les élections aux CROUS ont confirmé les recompositions du paysage étudiant, sur fond de division syndicale. Face à la progression inquiétante de l’extrême droite dans les universités, les étudiantEs multiplient les initiatives unitaires et antifascistes.

Du 3 au 5 février ont eu lieu les élections des CROUS. Toustes les étudiantEs de France étaient invitéEs à voter pour des représentantEs qui siégeront dans les conseils d’administration des CROUS afin de porter leurs intérêts sur le logement, les bourses, etc. Ces élections permettent de montrer le reflet de l’état des forces politiques et syndicales du mouvement étudiant.

Stagnation du bloc syndical

Du fait d’une division syndicale entre l’Unef et l’Union étudiante, la Fage (Fédération des associations générales étudiantes) remporte le plus de sièges. Composée d’organisations corporatives proches des directions d’université, la Fage ne lutte pas pour les droits des étudiantEs.

Par ailleurs, cette organisation ne participe pas aux mouvements étudiants.
Malgré leur division, les listes se réclamant du syndicalisme étudiant sont en tête de ces élections. Cela prouve un rejet important des politiques libérales, de casse de l’université publique. Les étudiantEs défendent donc majoritairement une politique de lutte contre la précarité et la sélection.

Inquiétante présence de l’extrême droite

Cette année, deux organisations d’extrême droite étaient présentes lors de ces élections : l’UNI et la Cocarde étudiante. En lien avec des groupuscules fascistes violents, racistes, antisémites, LGBTIphobes et sexistes, ces ­organisations étudiantes d’extrême droite tentent de se construire une tribune afin d’assoir leur légitimité dans nos universités, grâce au tremplin des élections étudiantes.

Depuis plusieurs années, les organisations syndicales alertent sur l’implantation de l’extrême droite dans les universités dans un contexte de casse des services publics et d’austérité instaurée par le gouvernement et relayée par les directions d’université. Déblocages violents, attaques contre les facs et lynchages d’étudiantEs : l’extrême droite s’octroie tous les droits quand il s’agit de s’attaquer aux étudiantEs et à leurs droits.

Leur protection par les directions d’université, leur légitimation dans les médias et leur place dans les conseils étudiants leur permettent de continuer à exercer leurs violences sur les facs. Les directions des universités couvrent systématiquement les violences de l’extrême droite. Leur sécurité protège les auteurEs de violences, comme ce fut le cas à Lyon 3 ou à Nanterre, où les services de sécurité ont protégé les groupes néofascistes alors même qu’ils viennent d’agresser des étudiantEs.

Résistance antifasciste

Face à ces nombreuses attaques et à ces violences, les militantEs étudiantEs s’organisent. À Bordeaux, au printemps 2025, les étudiantEs de l’Université de Montaigne avaient réagi aux agressions de l’extrême droite en organisant un village antifasciste. Cette initiative a par la suite inspiré de nombreuses villes.

À Toulouse, les étudiantEs se sont organiséEs autour d’une assemblée générale mise en place lors des élections. À Tours, l’organisation d’assemblées générales similaires rend l’implantation de l’extrême droite plus compliquée dans les milieux universitaires. Ainsi, dans de nombreuses universités, l’extrême droite fait face à une résistance antifasciste des étudiantEs.

Alors que la division syndicale a affaibli cette lutte contre l’extrême droite, il est nécessaire de construire un front unitaire antifasciste, rassemblant toutes les organisations de notre camp social sur les facs.

Jeunesses anticapitalistes du NPA-A

https://lanticapitaliste.org/

Voir aussi:Email : union.pirate.finistere@gmail.com

Tel : 0662213775

A Rennes:

Union Pirate

4461 voix soit 38,51 % (3 sièges)

Le Poing Levé

1258 voix soit 10,86 % (1 siège)

 

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