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05 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

madrid manif cop 25

Vendredi 6 Décembre à Madrid, manif climat. Nous appelons à rejoindre le cortège anticapitaliste.

cartel_cumbreclimamadrid

Mobilisons-nous dès maintenant contre le désastre climatique (Quatrième Internationale)

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04 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

cop 25 (lutte ouvrière)

voiture

COP 25 : les discours n’arrêteront rien

Initialement programmée au Chili où la révolte populaire contre le gouvernement se poursuit, la COP 25, vingt-cinquième conférence internationale des Nations unies sur le climat, se déroule finalement à Madrid jusqu’au 13 décembre.

De multiples associations et les scientifiques du monde entier répètent que cette COP 25 « est la dernière opportunité historique pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C d’ici la fin du siècle ».

Selon leurs études, si les émissions de dioxyde de carbone, le CO2, ne baissent pas de 7,6 % par an entre 2020 et 2030, la planète est partie pour un réchauffement supérieur avec des effets irréversibles. Une baisse aussi drastique est réclamée depuis des années par les experts.

Année après année, les grand-messes se succèdent, les mêmes discours alarmistes sont prononcés, des plans de réduction sont votés comme celui de Paris en 2015… et rien ne change.

Les épisodes caniculaires sont plus nombreux, les incendies ravagent l’Amazonie, les tempêtes augmentent en intensité dans diverses régions du globe, les glaces polaires fondent de plus en plus vite tandis que les émissions de CO2 ne baissent pas.

Il est de bon ton de dénoncer Trump et Bolsonaro, dirigeants des États-Unis et du Brésil, deux grands pays émetteurs de gaz à effet de serre qui refusent de mettre en œuvre l’accord de Paris, tout comme l’Australie.

De leur côté, les dirigeants européens jouent les vertueux. Ils préparent un Green New deal, un vaste programme d’aide publique censé organiser la transition écologique. Chacun dans son style, chacun flattant son électorat plus ou moins réactionnaire ou plus ou moins bobo, les dirigeants des grandes puissances défendent tous les intérêts immédiats de leurs groupes industriels.

Aucun ne prendra la moindre mesure contraignante pour imposer des contrôles et surtout des sanctions aux capitalistes de l’énergie, du transport, de la chimie ou du BTP qui polluent. À Madrid, Édouard Philippe fera des discours sur le climat, à Rouen il a couvert les manquements de Lubrizol. (Et c’est un ex-lobbyiste d’Areva blog)

En revanche, la lutte contre le réchauffement climatique fournit un nouveau prétexte pour arroser de subventions les grands groupes. Ainsi, les patrons de l’automobile sont venus lundi 2 novembre au ministère de l’Économie réclamer « un plan d’urgence » pour développer les moteurs électriques ainsi que des baisses d’impôts.

Nul doute que ceux qui ont imposé le moteur Diesel à toute la société trouveront le soutien de l’État pour se gaver avec la fabrication des moteurs électriques. Les travailleurs, eux, ont droit à des leçons de morale sur leur bilan carbone et à des taxes supplémentaires quand ils prennent leur voiture pour aller travailler ou quand ils se logent dans des passoires thermiques.

Le cynisme des dirigeants des grandes puissances alimente bien légitimement la révolte d’une partie de la jeunesse, qui manifeste dans de multiples pays.

Greta Thunberg, l’initiatrice de la grève de l’école pour le climat, prendra la parole à Madrid. Mais aucun discours, si sincère soit-il, n’arrêtera la machine à profit qui dicte ses choix à toute la société.

Pour enrayer la catastrophe climatique comme la catastrophe sociale en marche, il faut arracher le pouvoir aux capitalistes. C’est à cette tâche que la jeunesse révoltée et les travailleurs doivent s’atteler de toute urgence.

Xavier LACHAU 03 Décembre 2019
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03 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

dossier (jeunes npa)

dossier (jeunes npa) dans Educ'action

« La précarité tue ! » Voilà le cri qui fédère un mouvement de la jeunesse naissant en ce mois de novembre. Depuis le geste désespéré d’Anas à Lyon, une lycéenne a également tenté de s’immoler à Villemomble, et un étudiant d’origine rwandaise a été retrouvé mort dans sa chambre à Clermont-Ferrand, lui aussi après un possible suicide. Ces deux derniers actes ont fait moins de bruit, mais ils marquent un profond malaise dans la jeunesse. Quoi d’étonnant, alors que les gouvernements successifs font tout pour nous enfoncer dans la galère et la précarité, de la baisse des APL…

le peril jeune

Les jeunes au travail : exploitéEs et révoltéEs

La jeunesse précarisée fait pleinement partie de la classe ouvrière, et ses différentes mobilisa-tions, ces dernières années, balisent la lutte de classe.

En 1994, un mouvement de colère avait jeté à la poubelle le CIP, un contrat pour les moins de 26 ans visant à les payer 80 % du SMIC. En 2006, les mobilisations de la jeunesse scolarisée et leur écho dans le monde du travail avaient fait reculer la tentative gouvernementale d’instaurer le CPE, un contrat pour les moins de 26 ans permettant aux patrons de les virer sans motif deux ans après la signature de celui-ci.

En 2019, alors qu’une baisse très importante des enseignements disciplinaires (histoire, maths, français, etc.) a été organisée dans les lycées professionnels, la formule du mouvement contre les « stages Beullac », du nom d’un ministre souhaitant en 1980 mettre en place des stages dans les lycées d’enseignement professionnel, reste d’actualité: «Si les stages en usine, à 14 ou 15 ans, sont une « ouverture sur la vie », pourquoi la bourgeoisie n’y envoie-t-elle pas ses fils ? »

Depuis l’immolation d’Anas à Lyon, des mobilisations de la jeunesse étudiante agitent les universités et les resto U : beaucoup de villes touchées, beaucoup de monde en AG, un démarrage très vite et très fort dans le contexte chaud de l’automne 2019. La dénonciation de la précarité est dans les têtes comme dans les interventions en amphis et, plus généralement, les étudiantEs semblent vouloir être partie prenante du mouvement politique en formation de contestation du pouvoir. L’occasion pour nous de revenir sur l’exploitation des jeunes salariés et la nécessité de renverser cette société.

 dans Jeunes
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Du mousse à l’auto-entrepreneur

D’une certaine manière, le « jeune travailleur » apparait lorsque les enfants sont retirés des usines occidentales à la fin du 19e siècle.

Les étudiantEs infirmierEs en stage à l’hôpital travaillent sur les mêmes postes que les soignantEs, c’est-à-dire 35 h par semaine, payés un peu plus de 2 euros de l’heure pour un travail qui est fréquemment celui d’unE professionnelE en poste.

Je travaille chez un sous-traitant des compagnies aériennes (Easyjet, Air Algérie…) présent dans 6 aéroports français et qui s’occupe de l’assistance au sol. Une centaine de salariéEs, avec une moyenne d’âge autour de 30 ans, dans cette entreprise installée sur l’aéroport depuis un an et demi.

 dans NPA
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« Coup de feu » en cuisine

Cinq années consécutives de travail en restauration, et plus particulièrement en cuisine. Il faut admettre que, malgré les nombreux inconvénients, j’ai appris à aimer ce métier et l’univers s’y rattachant.

Dossier réalisé par le secteur jeune du NPA

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02 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

violences sexistes (pùblico)

 feminisme

La patrouille de femmes qui colle dans les rues de France contre la violence sexiste

A Paris, Lyon, Marseille … Les murs des principales villes françaises sont remplies d’affiches à la mémoire des femmes assassinées et contre les agressions sexistes.

Tout a commencé avec la mort de Julie Douibs. Elle avait 35 ans et deux enfants lorsque son ex-mari l’a tuée chez elle en Corse. Cela s’est passé dans la nuit du 9 au 10 mars. Puis Corinne, Christelle, Aminata sont venues … Mais le meurtre de Julie a tout changé.

«J’avais déposé jusqu’à cinq plaintes de violence conjugale. Quand une femme est assassinée après avoir dénoncé son ex-mari à cinq reprises, cela montre les faiblesses du système », explique la militante féministe Marguerite Stern, 29 ans.

Avec un ton calme et contenant son indignation, J Stern se souvient de quelques mots qui l’ont marquée de cette femme corse: « Ils ne me croiront que lorsque je serai morte. » Le cas de Julie Douibs ne signifie pas seulement un choc électrique en France, il a également conduit cette activiste à faire un geste apparemment insignifiant: coller son nom sur les murs de Marseille. Neuf mois plus tard, les noms des femmes assassinées envahissent les rues des principales villes françaises.

Ex Femen, Stern a lancé fin août à Paris une campagne puissante et efficace contre la violence sexiste. Son objectif initial était de rendre hommage aux femmes qui ont perdu la vie par leurs partenaires ou de leurs ex-partenaires masculins. «Je ne m’attendais pas du tout à ce que la campagne connaisse un tel succès. 40 filles ont participé à la première réunion », se souvient cette jeune militante féministe.

Environ 300 femmes se sont impliquées dans ce mouvement en septembre. Plus de 250 messages ont été postés au cours de la première semaine dans la capitale française. Une campagne qui a été reproduite non seulement dans le reste de la France, mais également en Belgique, Suisse et même en Turquie.

Bien que Stern s’en soit retirée en octobre, quelques milliers de femmes à travers la France – dont 800 à Paris – sont toujours impliquées. Son principe est très simple. Tous les soirs, par groupes de quatre, cinq ou six personnes, ils vont patrouiller dans la rue à la recherche de murs vides, pour faire des collages contre la violence sexiste et pour se souvenir des femmes assassinées. «Leur sang sur vos murs», «Ils les entendent plus mortes que vivantes», «Féminicides: l’état coupable et la justice complice»…

Voici quelques exemples de messages qui remplissent les rues de Paris, mais aussi de Marseille, Bordeaux ou Lyon . Tous sont exprimé dans des formules loin des euphémismes avec lesquels la violence machiste est nuancée.

« Notre objectif n’est pas de faire des messages choquants, mais de dénoncer une réalité »,  déclare J Stern. En fait, le nombre de femmes françaises tuées par leur mari a augmenté cette année. Selon les associations féministes, 138 sont déjà décédées aux mains de leurs partenai-res ou ex-partenaires, alors qu’elles étaient 121 en 2018.

Un solde de l’Agence France-Presse réduit à 117. Toutefois, ce chiffre est plus important que celui  de l’année dernière. Une femme est tuée tous les trois jours à cause de la violence sexiste. Ce qui fait de la France le deuxième pays européen après l’Allemagne.

«Derrière les chiffres, il s’agit de vies réelles que nous voulons humaniser. Certains d’entre elles ont été tuées devant leurs enfants ou d’une balle dans la tête », explique l’ex-militante des Femen. Une réalité tragique qui provoque l’indignation. C’est cela que veulent refléter les colleuses, c’est ainsi que les membres de ce mouvement se sont désignées, dans l’esthétique de leurs messages.

Tous sont faits avec des lettres majuscules peintes avec de la peinture noire sur un fond blanc. « Nous voulons exprimer notre colère et demander que les femmes soient protégées de toute urgence », explique Pauline Georget, 21 ans, impliquée dans la campagne depuis la fin du mois d’août.

Cette étudiante d’école de communication et de journalisme à Paris souligne un autre avantage de ce style simple et efficace: « Nous voulons que toutes les femmes se réapproprient ce style. » En plus de la plainte, ces collages peuvent avoir une fonction rédemptrice ou même cathartique.

«Avec de la peinture et de la colle, nous ne mettrons certainement pas fin à la violence machis-te. Mais nous voulons dire aux femmes attaquées que nous les croyons, qu’elles ne sont pas seules, qu’elles ne craignent plus de dénoncer leur situation », a déclaré Georget. Elle rappelle l’exemple de Chloé Modesta, membre du collectif qui a imprégné l’espace public avec l’histoire de sa mère, battue à plusieurs reprises par son père alcoolique et violent.

«Plusieurs des personnes impliquées ont été victimes d’agression sexuelle»

« Beaucoup de ceux qui ont participé à cette campagne ont été victimes d’agression sexuelle »,  selon Marion Vander Cruyssen, 21 ans, après avoir collé « Une femme sur dix a été violée ou le sera pendant sa vie ». Jeudi soir, avec six autres femmes, elles collait les rues de l’est parisien, près de la place de la Bastille.

« Nous devons être plus efficaces », répéte l’une d’entre elles. Quelques minutes plus tard, elles collent très rapidement une lettre derrière l’autre avec de la colle liquide, à l’aide de pinceaux. En environ deux heures, ils pu accrocher une dizaine de messages.

Cette activité intense n’est altérée que par les commentaires moqueurs ou les réactions agressives de certains hommes, bien que de nombreux passants photographient leurs messages et les félicitent également.

«Nous rencontrons souvent des filles dans la rue qui décident de nous rejoindre», explique Sabine, rédactrice, après qu’une jeune femme ait joint les affiches après les avoir rencontrées par hasard. « Il est essentiel de faire passer le message sur la violence sexiste, car la plupart de ces agressions ont lieu à la maison et beaucoup de femmes ont honte d’avoir à les dénoncer », explique Lucy, une passante de 46 ans qui félicite le groupe de militants. .

« J’estime qu’il est essentiel d’aller au-delà des réseaux sociaux et que ces féminicides soient rapportés dans la rue »,  déclare J Stern. Une irruption dans l’espace public qui, selon ce militant, entretient des similitudes avec les actions des Femens.

«J’ai passé trois ans avec les Femens. J’ai tout appris d’elles », se souvient cette militante qui avait été emprisonnée pendant un mois en Tunisie en 2013 après avoir demandé torse nu la libération d’Amina Sboui, membre tunisien des Femens. « Elles m’ont appris l’importance d’agir et de se mettre en scène », ainsi que la valeur politique des images, explique-t-elle.

Les annonces « décevantes » de Macron

Avec des actions peut-être moins radicales que les Femens, mais plus accessibles, les colleuses souhaitent sensibiliser à la violence sexiste. «Cette campagne de dénonciation dans la rue a permis de créer des liens très forts entre les femmes et elles sont maintenant organisées pour promouvoir d’autres types d’actions, telles que des manifestations lors de la première du dernier film de Roman Polanski – récemment impliqué dans un nouveau cas présumé de viol en France – ou la chorégraphie chilienne «Le violeur c’est toi» vendredi dernier à Paris.

Après que #MeToo ait eu un impact timide en France fin 2017, le féminisme gagne des positions dans ce pays ces derniers mois.

Cela s’est reflété dans la manifestation massive du 23 novembre contre les violences sexistes à Paris, qui a rassemblé 49 000 personnes, selon un cabinet indépendant. Deux jours plus tard, le gouvernement français a annoncé une batterie de mesures contre les agressions sexistes, après presque trois mois de réunions entre ministres, députés, associations de victimes, avocats, personnel médical et forces de sécurité .

Bien que le président français, Emmanuel Macron, ait promis que l’égalité entre hommes et femmes serait la « grande cause de son mandat », les annonces de l’exécutif ont de nouveau déçu les groupes féministes.

La suspension de l’autorité parentale en cas de féminicide, assouplir le secret médical pour pouvoir dénoncer les violences conjugales, introduir dans le code pénal un facteur aggravant du « harcèlment psychologique » à l’origine du suicide de femmes, la création de 1 000 places supplément dans les refuges pour femmes victimes…

Ce sont quelques-unes des mesures proposées par Macron, qui résiste toutefois à une augmentation significative du budgétaires destinés aux victimes de violences sexistes. L’administration continuera d’allouer environ 316 millions (contre 1 milliard demandé blog) d’euros pour lutter contre ce fléau, un budget qui ne comprend pas uniquement des mesures visant à aider les femmes agressées.

«Nous sommes déçues, même si elles ne nous surprennent pas. La plupart des mesures annoncées existent déjà en France et ne peuvent pas être appliquées en raison d’un manque de budget », explique Georget, qui donne l’exemple« des politiques adoptées dans des pays tels que la Suède ou l’Espagne ».

Plus précisément, la loi espagnole de 2004 ou le milliard de dollars supplémentaire destiné à lutter contre la violence sexiste promis par le Pacte d’État contre la violence sexiste de 2017.

« Ces annonces ont été une grosse déception, mais nous n’abandonnerons pas »,  déclare Vander Cruyssen.  « Nous continuerons de coller des affiches jusqu’à ce que nous arrêtions de compter nos morts ».

12/02/2019 BONET ENRIC

https://www.publico.es/

Commentaire:

Plusieurs militantes ont été conduites au commissariat et ont été  condamnées pour « dégradation »

 

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30 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

liban (amnesty)

liban

Les forces militaires doivent cesser d’arrêter de manière arbitraire et de torturer les manifestants

Les forces armées libanaises doivent cesser d’infliger arrestations arbitraires, actes de torture et mauvais traitements aux manifestants pacifiques. Au cours des dernières semaines, l’armée et les forces de sécurité ont arrêté de très nombreux manifestants à travers tout le Liban.

Amnesty International a interrogé huit manifestants récemment arrêtés et placés en détention, ainsi qu’un avocat qui défend de nombreux manifestants. Des témoignages ont été recueillis et des vidéos et des rapports médicaux analysés. Les manifestants ont raconté avoir été soumis à une longue liste d’atteintes aux droits humains : ils ont notamment été arrêtés sans mandat, passés à tabac, insultés et humiliés, contraints de faire des « aveux » et ont eu les yeux bandés.

Certains ont été détenus dans des lieux secrets, privés de la possibilité de consulter leurs avo-cats ou de communiquer avec leurs familles, privés de soins médicaux et ont vu leurs télépho-nes fouillés. Deux d’entre eux ont déclaré avoir été soumis à des simulacres d’exécution.

« Depuis trois semaines, nous voyons les militaires frapper des manifestants pacifiques et les traîner dans les rues. En période de vives tensions politiques et sociales, les forces armées doivent faire preuve de retenue.

Ces actes violents sont un signe très inquiétant et doivent faire rapidement l’objet d’investiga-tions efficaces et approfondies menées par la justice civile, en vue de traduire en justice les responsables présumés dans le cadre de procès équitables. »

Au moins deux manifestants sont convoqués et inculpés devant un tribunal militaire. Amnesty International demande aux autorités de ne pas juger les civils devant des instances militaires et de veiller à ce que les auteurs d’actes de torture et d’autres mauvais traitements fassent dans les meilleurs délais l’objet d’enquêtes efficaces et approfondies, menées par le système judiciaire civil et non militaire, afin de garantir l’impartialité et le droit des victimes à un recours.

Des arrestations arbitraires brutales

Dans la nuit du 27 novembre, selon le Comité des avocats pour la défense des manifestants au Liban, des membres des services de renseignement de l’armée ont arrêté et détenu deux jeunes hommes, dans le district de Marjeyoun, dans le sud du pays, qui avaient tagué sur les murs des slogans en soutien aux manifestations. Ils ont été interrogés, puis relâchés le lendemain.

Dans sept autres cas recensés par Amnesty International, les forces militaires, notamment les services de renseignement, ont roué de coups les personnes interpellées. Celles-ci ont par la suite été libérées, au bout de quelques heures ou au maximum de six jours.

Le caractère systématique de ces atteintes aux droits humains viole dans les faits les lois liba-naises et les obligations qui incombent au Liban au titre du droit international, notamment la Loi n° 65 réprimant la torture et les autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, et le Code de procédure pénale qui définit le droit des détenus aux garanties d’une procédure régulière, notamment le droit d’entrer rapidement en contact avec un avocat et avec leur famille, et le droit de bénéficier de soins médicaux après l’arrestation.

En outre, la loi contre la torture précise que le procureur général doit saisir les tribunaux de droit commun de tout cas de torture dans les 48 heures.

« Les autorités libanaises doivent respecter les droits des citoyens à une procédure régulière et à un procès équitable au moment des arrestations, et notamment leur expliquer les charges motivant l’interpellation et leur assurer qu’ils pourront rapidement contacter leur avocat ou leur famille et seront protégés contre la torture et les autres formes de mauvais traitements.

Par ailleurs, les cas cités doivent faire l’objet d’investigations diligentées par un tribunal civil, conformément à la loi contre la torture en vigueur au Liban et à ses obligations internationales juridiquement contraignantes.

Aux termes de ces textes, les procureurs civils et militaires sont tenus de transférer sans délai tous les dossiers soumis au tribunal militaire à un tribunal civil, en vue de garantir le droit des citoyens à des procès équitables et à des recours », a déclaré Lynn Maalouf.

29 novembre 2019

https://www.amnesty.org/

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29 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

irak (the guardian)

Le sud de l’Irak est en feu

Les manifestations font rage.

La colère contre ceux qui sont perçus comme ayant tiré profit de la défaite d’Isis a alimenté le ressentiment.

Al-Shatrah, un étrange hurlement tiré d’une trompette en laiton brise le silence inquiétant. C’est le signal qu’un groupe de jeunes gens est appelé à se rassembler pour une nuit d’action personnelle ciblée: incendier les maisons de responsables locaux, de politiciens et de chefs de milices.

Sur un pont enjambant le canal de Gharraf, entre deux assauts de chants, les manifestants débattent de la maison à cibler. Internet étant coupé et la police anti-émeute lourdement armée errant dans les rues, les jeunes manifestants se sont tournés vers les appels à la trompette, un moyen ancien et sûr de communiquer et d’organiser des campagnes de combat.

Positionnés à différents coins du marché de la ville, les trompettes – d’anciens cuivres utilisés lors des mariages et des fêtes religieuses, d’autres des vuvuzelas en plastique aux couleurs vives – ont leur propre code. Un long son signifie rassembler, un éclat de staccato signifie se disperser.

« Le facteur de peur est brisé »: les manifestants exigent la destitution du gouvernement irakien

Comme de nombreuses villes d’Irak, al-Shatrah est le théâtre de manifestations quotidiennes depuis le début du mois d’octobre, lorsque des centaines de milliers d’Irakiens sont descendus dans les rues pour réclamer un nettoyage du système politique.

Les manifestations, alimentées par la corruption, la mauvaise gestion, le manque de services et le chômage, ont enflammé la révolte contre les partis politiques et religieux au pouvoir, ainsi que contre leurs milices affiliées, qui sont méprisées par les jeunes manifestants car dirigées par les Iraniens.

La réaction des autorités a été brutale: des centaines de personnes ont été tuées et des milliers d’autres blessées. Des manifestants ont « disparu », arrêtés par des hommes masqués ou déte-nus par les forces de sécurité. Bagdad a été le théâtre de la plus grande partie de la violence, mais elle a également eu lieu dans le sud.

Dans la capitale, les sit-in et les grèves des étudiants ont symbolisé les espoirs d’une jeune génération aspirant à une politique post-sectaire. Mais dans le sud, où les milices soutenues par l’Iran sont plus fortes que l’État ou sont l’État, et où un parti ou une milice peut dominer l’appareil de sécurité, la colère a été plus personnelles et  vengeuses..

À Ammara, par exemple, une foule a brûlé le siège d’une puissante milice soutenue par l’Iran. Les gardes ont ouvert le feu et, lors des affrontements qui ont suivi, les manifestants ont sorti le commandant blessé de la milice d’une ambulance et l’ont tué.

«Au début, seules quelques dizaines de personnes protestaient», raconte un manifestant âgé de 22 ans à Al-Shatrah. «Mais lorsque les habitants ont entendu les balles et ont vu leurs jeunes se faire tuer, ils ont quitté leurs maisons. C’est devenu une question d’honneur et de honte. Nous avons décidé de libérer nos villes de ces partis.  »

La plupart des politiciens et des commandants de milice les plus puissants d’Irak viennent du sud du pays. Cinq députés sont élus dans la seule petite ville d’Al-Shatrah. Le Premier ministre, Adel Abdul-Mahdi, est originaire d’un village voisin. Les jeunes de la région constituaient l’épine dorsale des milices chiites qui combattaient l’État islamique (Isis). La colère envers les milices et les partis politiques a commencé avec la défaite d’Isis, lorsque de jeunes hommes sont revenus du front pour constater que leurs commandants étaient devenus des chefs de guerre, accumu-lant fortune et contrats commerciaux.

«Beaucoup de politiciens et de responsables viennent d’ici, et pourtant c’est une ville très pauvre dans une province très pauvre»,  déclare Mohamed, défenseur des droits humains et militant énergique contre la corruption.

«Pendant les élections, les politiciens donnent aux gens des couvertures et quelques cartes téléphoniques, embauchent quelques hommes dans la police, mettent du bitume sur une route… c’est ainsi qu’ils obtiennent des votes. Après 16 ans de pouvoir chiite, les enfants chiites disent maintenant que les choses allaient mieux sous Saddam « .

«Qui sont les Hashed?», Demande un directeur d’école à Al-Shatrah, c’est un groupe para-militaire créé en 2014, formé de miliciens avec des armes disparates,  des volontaires pour lutter contre Isis. Il répond lui-même: «Nos enfants étaient les Hasheds. Ces politiciens et comman-dants en ont profité pour atteindre leurs objectifs.  »

« Le symbolisme et le statut du clergé chiite se sont effondrés ». « Si un commandant de milice venait sur la place de la ville, il serait frappé. »

Mercredi soir, des manifestants ont pris d’assaut et incendié le consulat d’Iran à Najaf, une ville du sud peuplée de sanctuaires de pèlerinages, qui abrite un puissant clergé chiite. Les manifes-tants ont accusé les autorités irakiennes de s’être retournées contre leur propre peuple pour défendre l’Iran.

Jeudi, avant l’aube, les forces de sécurité ont abattu 24 personnes qui bloquaient un pont à Nassiriya. Des membres armés de deux tribus sont entrés dans la ville pour défendre les mani-festants. Des milliers de personnes en deuil sont descendues dans les rues plus tard dans la journée, défiant le couvre-feu d’enterrer leurs morts après le tir de masse.

De retour sur le pont à Al-Shatrah, un nom est suggéré puis rapidement rejeté. Sa maison a déjà été brûlée. Un autre nom apparaît, mais celui-ci aussi est rejeté. Finalement, le groupe choisit le député local surnommé Um Shadda, ou la mère du bakchiche – une référence aux 10 000 dollars qu’elle demanderait à ceux qui cherchent un emploi de fonctonnaire.

«C’est une petite ville, nous connaissons touds les responsables et leurs familles, nous savions comment ils vivaient auparavant et comment ils vivent maintenant»,  déclaré un manifestant âgé de 22 ans.

«Certaines personnes autour de moi ramassent des cigarettes dans la rue pour fumer, d’autres sont des diplômés de l’université qui ne peuvent pas se permettre une tasse de thé. Ils voient les enfants de députés et de fonctionnaires qui ont grandi avec eux, conduisant des 4×4, dépensant de l’argent, dirigeant des affaires et recevant des contrats publics. C’est l’injustice. Tout est personnel ici.  »

Ghaith Abdul-Ahad à Al-Shatrah et  Nassiriya

Vendredi 29 nov 2019

https://www.theguardian.com/

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29 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

landi (côté brest)

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Landivisiau doit dire non à la centrale

150 à 200 personnes rassemblées devant le tribunal à Brest

Jeudi 28 novembre 2019, depuis midi, devant le tribunal de grande instance, rue de Denver à Brest, pour soutenir 21 militantes et militants, âgés de 19 à 76 ans, opposés à la construction de la centrale à gaz à Landivisiau, dans le Finistère, convoqués pour démontage de barrières et/ou entrave à la circulation.

Des membres du collectif Landivisiau doit dire non à la centrale, mais aussi d’autres associations et organisations :

Force 5, Gaspare, Commana doit dire non à la centrale, Sizun doit dire non à la centrale, Les Simples, La CLCV, la Fédération Bretagne Nature Environnement , AE2D, des Gilets Jaunes, Les citoyens pour le climat, Youth for climate, Extinction rebellion, UDB, EELV, Solidaires, S-eau-S… (et le soutien du NPA29).

Devant le tribunal, une douzaine de représentants des forces de l’ordre étaient en faction.

«Contre un projet dangereux»

Juliette, porte-parole du collectif Landivisiau doit dire non à la centrale, explique : « Ceux qui sont convoqués pour démontage de barrières le sont pour une manifestation qui s’était déroulée le 23 février, ceux qui doivent répondre du chef d’accusation d’entrave à la circulation pour un autre rassemblement qui s’était déroulé en mars : ils s’étaient simplement assis sur la route pour protester notamment contre la fermeture de chemins communaux et montrer que les travaux de la centrale nous entravent tous ».

Elle poursuit : «21 personnes ont été interpellées et convoquées au tribunal, mais cela aurait pu être d’autres militantes et militants, c’est assez aléatoire. En nous rassemblant devant le TGI aujourd’hui, nous voulons montrer qu’il n’ont pas agi pour en tirer un profit personnel mais plutôt qu’ils se sont mobilisés dans l’intérêt collectif, contre un projet dangereux pour la Bretagne et le monde.»

Les audiences des 21 militantes et militants ont débuté à 13h30 :  «Ceux qui le désirent vont y assister, car l’audience est ouverte au public. Les autres resteront devant le tribunal.» Combien de temps les audiences vont-elles durer ? «Cela peut être long…»

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Cantine et concerts à la salle de l’Avenir

Sur le cours Dajot, une cantine, avec notamment de la soupe, a été installée. Parce que la journée ne s’achèvera pas là. À partir de 19h, nous avons prévu de nous retrouver à la salle de l’Avenir, 22 rue Bugeaud, place Guérin. Sur place, cantine et concerts.

Infos pratiques :

www.nonalacentrale-landivisiau.fr

Facebook : LDDNLC.

28 Novembre 2109 Yann Guénégou

https://actu.fr/bretagne/

Lire aussi :

Opposants à la centrale de Landivisiau convoqués au Tribunal à Brest

Mobilisation contre la centrale à gaz de Landivisiau

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27 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

extinction rebellion (côté quimper)

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Extinction Rebellion s’enracine en Bretagne

Des mobilisations à venir dans la région

Extinction Rebellion, le mouvement de désobéissance civile contre le réchauffement climatique, se développe en Bretagne. Deux mobilisations sont prévues à Brest et à Rennes. Le mouve-ment mondial Extinction Rebellion, qui agit pour dénoncer les effets du réchauffement climatique sur l’environnement, a trouvé des échos en Bretagne.

En une année, plusieurs groupes locaux ont vu le jour à Quimper, Brest et Morlaix (Finistère) ; à Vannes, Lorient, Pontivy (Morbihan) ; Lannion, Dinan, Lamballe (Côtes-d’Armor) et dans le Grand Ouest, à Nantes (Loire-Atlantique) et Angers (Maine-et-Loire).

Deux mobilisations sont prochainement prévues dans la région, le jeudi 28 novembre à Brest et le lundi 2 décembre à Rennes.

Désobéissance civile et non violence

Extinction rebellion, né en octobre 2018 au Royaume-Uni, agit de deux manières : la désobéis-sance civile et la non violence. Ce qui peut cependant donner lieu à des blocages. En septembre dernier, les militants ont interrompu la circulation, place de Bretagne à Rennes.

Ils ont également mené une campagne d’affichage dans la capitale bretonne pour dénoncer le Black Friday, qui se tient le 29 novembre.

Début octobre 2019, les membres d’Extinction rebellion ont par ailleurs investi la scène médiatique en occupant durant cinq jours, la place du Châtelet à Paris. Cette action spectaculaire avait pour objectif de dénoncer « l’inaction des gouvernements » face au réchauffement climatique.

Deux priorités en Bretagne

Début novembre, une quarantaine de représentants des groupes du Grand Ouest de la France se sont retrouvés durant le week-end de la Toussaint à Penmarc’h (Finistère) pour définir leurs priorités en Bretagne.

Ils ont décidé de se mobiliser contre deux projets : la centrale à gaz de Landivisiau dans le Finistère et le poulailler géant de Langoëlan dans le Morbihan.

Jeudi 28 novembre, plusieurs collectifs et associations appellent ainsi à un rassemblement à Brest pour soutenir une vingtaine d’opposants au projet de centrale à gaz de Landivisiau, convoqués devant le tribunal.

Pour rappel, certains de ses opposants au projet de centrale sont poursuivis pour violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique, dégradations en réunion, refus de fichage ADN ; d’autres pour entrave à la circulation routière. Ces faits remontent à la manifestation du 23 février 2019. Une première audience avait été fixée, le 4 juillet avant d’être renvoyée.

Dans le Finistère, Extinction Rebellion a relayé l’appel au rassemblement sur Facebook :

Rassemblement le 2 décembre à Rennes

Les groupes bretons d’Extinction Rebellion ont également dans leur viseur le projet de ferme-usine de 120 000 volailles à Langoëlan dans le Morbihan.

Ils appellent à un rassemblement lundi 2 décembre en début de matinée à Rennes devant le siège du Conseil régional de Bretagne.

Extinction Rebellion forme ses militants à la désobéissance civile non violente. Une militante du groupe du pays de Quimper conclut : Lors de nos actions, chacun reste toutefois libre de prendre le risque de s’exposer à des poursuites judiciaires.

27 Nov 19

https://actu.fr/

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26 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

brest rennes ru (ouest france)

jeunes

Brest. Plus de 800 repas distribués gratuitement aux étudiants contre la précarité

Ce mardi 26 novembre 2019, à 12 h, à Brest, au restaurant universitaire de Segalen, les étudiants ont pu manger gratuit, sur une action de L’Alternative-UBO.

L’association dénonce un appauvrissement croissant. Ce mardi midi, opération RU gratuit au restaurant universitaire de Segalen, pour dénoncer la précarité étudiante.

Il s’agit de « donner à tous le même accès à la nourriture sans discrimination ». Ce mardi 26 novembre 2019, à l’heure du déjeuner, L’Alternative-UBO a organisé une opération « Resto U gratuit ».
Les étudiants n’avaient pas besoin de payer les 3,30 € du repas car la caisse du restaurant universitaire était neutralisée par une chaîne humaine. Un succès selon l’association étudiante. « À Brest et partout dans le pays, cette journée d’action symbolise la solidarité et l’entraide entre les étudiants. L’indifférence et le mépris ont trop duré ! », assure l’association étudiante.

Selon L’Alternative-UBO, plus de 800 repas ont été distribués gratuitement. Elle y voit un « beau signal » en prévision de la mobilisation du 5 décembre.

L’association dénonce la « baisse des allocations logements », la « création de la taxe étudiante de 91 € (CVECV) », l’augmentation du ticket du restaurant universitaire et des loyers des cités universitaires, la sélection avec Parcoursup, une augmentation des bourses « qui ne comble pas l’inflation », etc.

Bref, une précarité qui ne cesserait de s’aggraver. « Le gouvernement et le Clous ne font rien pour y remédier, bien au contraire ! »

26/11/2019

https://www.ouest-france.fr

Lire aussi:

Nouvelle opération “repas gratuits” à Rennes 2 contre la précarité étudiante (FR3)

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26 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

asiatiques (the guardian)

 tintin

Non au racisme contre les asiatiques!

« Vous entendez dire que les Chinois de France ont peur, c’est vrai »

Les personnes d’origine chinoise font depuis longtemps face aux préjugés et à la violence en France. Mais aujourd’hui, une nouvelle génération prend sa place dans la société.

Le 7 août 2016, Zhang Chaolin, un tailleur de 49 ans, a été sauvagement battu par un groupe de jeunes à Aubervilliers, une banlieue défavorisée de la banlieue nord de Paris, une des victimes d’une série d’agressions violentes contre les Chinois.

Comme les autres victimes, il a été pris pour cible en raison de la conviction répandue selon laquelle les membres de la communauté chinoise transportent une grande quantité de cash,  qu’ils sont dociles et peu susceptibles de se défendre; qu’ils hésitent à signaler des crimes parce qu’ils sont entrés dans le pays illégalement, qu’ils ne savent pas s’exprimer correctement en français, et que même s’ils le font, la police ne les prend pas au sérieux, ou simplement, que les Chinois « gardent çà pour eux».

En fin de compte, Zhang n’avait qu’un paquet de cigarettes et des bonbons sur lui. Il est décédé cinq jours plus tard des suites de ses blessures.

L’année suivante, le 26 mars, Liu Shaoyo, âgé de 56 ans, préparait le repas de ses enfants dans son appartement du 19e arrondissement de Paris lorsque la police est arrivée à son domicile à la suite d’un appel de voisins (la nature de la plainte reste incertaine).

La suite des événements est contestée: sa famille insiste fermement sur le fait qu’il avait simple-ment éviscéré du poisson et avait ouvert la porte en tenant toujours une paire de ciseaux de cuisine; la police affirme avoir agi en légitime défense. De toute façon, ils ont ouvert le feu, tuant Liu.

Au lendemain de la mort de chaque homme, d’énormes manifestations ont été organisées par les français d’origine chinoise, une communauté traditionnellement invisible et sous-représentée dans la vie publique.

J’ai été bouleversé par la vidéo d’une foule de plus de 15 000 personnes sur la place de la République en 2016, peu après la mort de Zhang, le 12 août, pour protester contre la poursuite des attaques contre l’ethnie chinoise à Paris. Une grande partie de ce que j’ai entendu dans les discours de ce jour-là, ainsi que dans les reportages des journaux et sur les médias sociaux, m’a semblé tragiquement familier: les cris d’un peuple qui se sent ignoré par l’État.

Nous travaillons dur, nous évitons les ennuis, personne ne se soucie de nous, nous devons nous battre tous seuls. Tels étaient les sentiments avec lesquels j’ai grandi dans ma famille d’origine chinoise de Malaisie – un sentiment de frustration et une douleur réprimée qui ont éclairé ma vision du monde.

Mais il y avait aussi quelque chose qui m’était totalement étranger dans ces manifestations: la dissidence ouverte, contester la hiérarchie et l’autorité. Les manifestants étaient extrêmement jeunes, extrêmement bruyants et, dans certains cas, disposés à recourir à des actions violentes – tout le contraire de comment les communautés chinoises d’outre-mer, les immigrés connus sous le nom de huaqiao – se sont toujours comportés.

En bref, les manifestations semblaient être nettement françaises.

J’avais été aussi surpris d’apprendre, comme la plupart des gens, que la France compte la plus grande population d’ethnie chinoise d’Europe. Dans un pays où les statistiques raciales s’accor-dent mal avec la notion d’égalité et de citoyenneté à la française, il est souvent difficile de trouver des chiffres précis, bien que la plupart des estimations suggèrent une population d’au moins 600 000 à 700 000 habitants, soit plus du double de celle du Royaume-Uni.

Il y a d’autres surprises. En France, où j’ai voyagé et vécu pendant plus de 15 ans, j’ai toujours pris l’habitude de qualifier quiconque d’apparence orientale ou asiatique de «chinois» une paresse frisant le racisme, en particulier depuis que la France abrite de grandes communautés vietnamiennes et cambodgiennes qui sont arrivées en grand nombre dans les années 1970 après les guerres dans les anciennes colonies françaises.

Mais comme je connaissais des membres des différentes communautés asiatiques, j’ai découvert que j’étais coupable d’avoir négligé un fait qui aurait dû être évident pour moi, à savoir que la grande majorité des Cambodgiens et des Vietnamiens en France sont de d’ascendance chinoise.

C’est-à-dire que comme moi, ils viennent de familles chinoises d’Asie du Sud-Est, familles qui avaient déjà émigré de leur pays d’origine avant de venir s’installer en Europe et pour qui le fait d’être un étranger fait partie intégrante de leur sens de l’identité. J’ai également appris les distinctions existant au sein de la communauté chinoise, principalement entre les Asiatiques du sud-est et les immigrants récents venus directement du continent.

(Voir la suite en lien)

Mardi 26 nov 2019 Tash Aw

https://www.theguardian.com/

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