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19 juin 2017 ~ 0 Commentaire

égalité des chances (l’étudiant)

excelence

Seul un étudiant sur dix est enfant d’ouvrier

Les enfants d’ouvriers sont trois fois moins nombreux que les enfants de cadres dans l’enseignement supérieur.

Si le nombre de diplômés de l’enseignement supérieur a augmenté, le nombre d’enfants d’ouvriers reste sous-représenté par rapport à son poids dans la population des 18-23 ans. Une des données à retenir du dernier rapport de l’Observatoire des inégalités, publié ce 30 mai 2017.

L’accès à l’enseignement supérieur reste inégalitaire en fonction de la catégorie socio-professionnelle d’origine : c’est ce qui ressort du dernier rapport sur les inégalités, publié ce mardi 30 mai 2017 par l’Observatoire des inégalités, organisme associatif indépendant s’appuyant sur un comité scientifique, fondé en 2003.Représentant presque 30 % des jeunes de 18 à 23 ans, les enfants d’ouvriers ne constituent que 11 % des effectifs étudiants en 2014-2015, pointe ce rapport sous la direction d’Anne Brunner et Louis Maurin. Ceux qui accèdent à l’enseignement supérieur sont surreprésentés dans les STS, et sous-représentés dans les autres filières.

Les filières d’excellence toujours aussi peu accessibles

Cette inégalité est particulièrement flagrante dans les  filières sélectives : classes prépara- toires, écoles d’ingénieurs, écoles de commerce. « La part, dans les classes préparatoires aux grandes écoles, des enfants d’ouvriers et d’employés, qui représentent 40 % des jeunes, n’a pas changé depuis la fin des années 1990″, pointe le rapport.

Une situation à mettre en regard des différentes opérations d’ouverture sociale menées par les établissements ou les pouvoirs publics, comme les Cordées de la réussite ou les dispositifs « Égalité des chances ». Ces programmes n’ont eu « aucun impact au niveau global et servent surtout d’outils de communication », répondent les auteurs. Certaines écoles « mettent l’accent sur l’augmentation de la part d’élèves boursiers, mais une partie de ces boursiers appartien- nent aux classes moyennes et disposent de bourses de très faible niveau ». La part, dans les classes préparatoires aux grandes écoles, des enfants d’ouvriers et d’employés, qui représentent 40 % des jeunes, n’a pas changé depuis la fin des années 1990.

Un accès aux études plus important, mais inégalitaire

L’inégalité entre enfants d’ouvriers et enfants de cadres concerne également l’université. Ici, les enfants d’ouvriers se raréfient au fur et à mesure de l’avancée dans le cursus, réprésentant 7,8 % des étudiants en master, contre 33,5 % pour les enfants de cadres ou de professions libérales.

Des chiffres à analyser sur fond d’augmentation des effectifs étudiants et du nombre de diplô- més de l’enseignement supérieur dans la population. « Près de la moitié des enfants d’ouvriers et d’employés âgés de 20 à 24 ans sont diplômés ou étudient dans l’enseignement supérieur, alors qu’un cinquième seulement de leurs aînés (45-49 ans) ont obtenu un diplôme de ce niveau. Les choses ont bien changé en une génération si on raisonne sur les chiffres bruts », écrivent les auteurs.

« Pour autant, le phénomène a aussi bénéficié aux enfants de cadres. Au fil du temps, l’écart entre les deux catégories s’est réduit, mais de façon assez modeste. [...] Au vu de la part des enfants d’ouvriers dans les cursus les plus sélectifs, il est peu probable que l’on observe une forme de démocratisation dans les filières les plus valorisées », poursuivent-ils.

RELATIVISER L’ENQUÊTE PISA

Autre enseignement du rapport : la comparaison internationale des systèmes éducatifs. Les auteurs nuancent les résultats de l’enquête Pisa, menée par l’OCDE auprès des jeunes de 15 ans, souvent utilisée pour dire que la France serait la championne des inégalités. Le rapport critique d’abord la méthode utilisée par l’enquête Pisa: « On mesure des compétences très spécifiques et non l’ensemble du niveau scolaire, alors que chaque pays n’a pas les mêmes programmes. »

Ensuite, s’appuyant sur les données d’Eurostat, les auteurs pointent le fait que la France, par rapport à ses voisins européens, n’est pas la plus mauvaise élève, à différents égards : elle est en effet l’un des pays qui comptent le plus de diplômés de l’enseignement supérieur « au sein des générations récentes », devant l’Espagne et l’Allemagne ; et l’un des pays qui « comptent le moins de sortants précoces du système scolaire », là encore devant l’Allemagne. La France est l’un des pays qui comptent le plus de diplômés de l’enseignement supérieur au sein des générations récentes.

Moins de reproduction sociale en France qu’en Allemagne

En matière d’ascenseur social également, la France n’apparaît pas mal située non plus par rapport aux autres pays européens : 22 % des enfants de parents peu diplômés (niveau troisième au maximum) sortent du système scolaire aussi peu diplômés que leurs parents, contre 36 % en Allemagne ou encore 50 % en Espagne et en Italie. « Seul le Royaume-Uni fait mieux avec 16 % », écrivent les auteurs.

Si, selon les auteurs, on ne peut pas dire que « l’école augmente les inégalités », on ne peut pas affirmer pour autant que le système éducatif joue pleinement son rôle de réduction des inéga- lités sociales. « La situation n’est pas bonne », estiment-ils. Parmi les facteurs qui expliquent cette situation, le rapport cite notamment l’apprentissage précoce de la lecture « à un moment où les inégalités dans la maîtrise du vocabulaire sont grandes », la « valorisation de la culture académique et d’un savoir mathématique théorique »… et les « évaluations à répétition ».

Catherine de Coppet   30.05.2017

http://www.letudiant.fr/

Commentaire: Comme dirait Franck Lepage: « Pour que les pauvres puissent rattraper  les riches, il faudrait interdire à ceux-ci de se cultiver le temps d’arriver à l’égalité? »

D’autre part les riches (même pas très riches) ont des stratégies pour contrer les progrès des pauvres: classes réservées (latin, grec, langues rares) déménagement ou logements fictifs…

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16 juin 2017 ~ 0 Commentaire

rij (npa jeunes)

rebeldia

23 29 juillet:Rencontres Internationales de Jeunes de la Quatrième Internationale

Une fois encore, la Quatrième Internationale organise son camp d’été : Les Rencontres Internationales de Jeunes. Cette année, les RIJ auront lieu à côté d’Otranto, dans le sud de l’Italie, du 22 au 29 juillet.

Les RIJ, qu’est-ce que c’est ?
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Les RIJ sont avant tout un camp politique, une semaine de formation, d’échange et de débat avec des jeunes anticapitalistes et révolutionnaires d’un peu partout dans le monde. Comme le système et les capitalistes s’organisent à l’échelle internationale, et essayent chaque jour de créer toujours plus de barrières et de frontières entre nous, cette semaine internationaliste est le moment idéal pour tisser des liens, s’organiser, et préparer la riposte contre ce système qui ne nous offre aucun avenir.
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C’est une excellente occasion de discuter de sujets variés et de se former sur plein de questions, à la fois d’un point de vue théorique, mais aussi en confrontant les différentes expériences de vie et de militantisme que nous pouvons avoir dans nos différents pays.
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C’est aussi un espace de mise en pratique de ce que nous défendons au quotidien : promotion d’un mode de vie alternatif, basé sur l’autogestion, le respect de chacun-e-s et la remise en cause des rapports de domination et d’exploitation ; les participant-e-s prennent en charge les tâches qui permettent le bon fonctionnement du camp (ménage, bar, gestion des journées…) ; une monnaie interne au camp permet de réduire les inégalités économiques entre les pays ; des espaces dédiés à l’auto-organisation de celles et ceux qui subissent des oppressions spécifiques sont mis en place et, dans le camp de manière générale, nous essayons de développer les rapports les moins oppressifs possibles.
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C’est enfin un espace de rencontres et un moment festif et convivial, l’occasion d’expérimenter la vie en (très grande) collectivité, de faire connaissance avec des jeunes d’un peu partout, et bien sûr de faire la fête toutes et tous ensemble. 3 soirées un peu différentes sont organisées dans le camp (une fête femmes en non-mixité, une soirée LGBTI+ et une soirée sur le thème de la Révolution).
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Pour plus d’informations sur le programme,  l’événement Facebook
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Comment y aller ?
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Le prix du camp pour la semaine est de 110€ par personne, et nous organisons des transports collectifs au départ de Paris et de Toulouse (AR 130€ par personne). Pour s’inscrire, il suffit de nous faire parvenir au minimum 20€ d’arrhes (mais il est aussi possible de payer la totalité ou une partie du prix du camp et des transports dès maintenant) soit en liquide ou chèque par le biais des copines et copains qui organisent le camp dans votre comité, soit en envoyant un chèque à l’ordre de NPA par la poste à NPA, 2 rue Richard Lenoir, 93100 Montreuil. Le tout accompagné du formulaire d’inscription (en PJ) complété.
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Pour que tout le monde puisse venir quelque soit sa situation, nous demandons à chacun et chacune de nous faire remonter les problèmes (médicaux ou autres) qui pourraient se poser, au plus vite afin que nous puissions trouver des solutions. Par ailleurs la situation économique individuelle ne doit pas être un frein à la participation au camp. C’est pourquoi nous mettons en place une socialisation pour que les personnes les plus précaires puissent venir. Merci donc de nous indiquer, lors de votre inscription, si vous ne pouvez pas payer l’intégralité des frais d’inscriptions et de transport et, le cas échéant, le montant total que vous pouvez payer.
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Nous avons besoin de toute l’aide disponible
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Pour nous permettre d’organiser le camp dans les meilleures conditions possibles, nous avons besoin de l’aide de l’ensemble des camarades. N’hésitez pas à parler du camp avec tous les jeunes autour de vous, à relayer l’événement Facebook.
Pour nous permettre de maintenir les transports à un prix raisonnable malgré la distance et de financer le camp pour les copains et copines les plus précaires, nous allons mettre en place dans les semaines qui viennent un système de souscription et toute contribution sera la bienvenue.
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Les jeunes de la SFQI-NPA
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05 juin 2017 ~ 0 Commentaire

jeunes (révolution permanente)

jeunes

Précarité: La Croix Rouge alerte. La malnutrition chez les jeunes, un mal chronique

Ce 31 mai, la Croix Rouge a publié un rapport relatif à la santé des 12-25ans. Selon Jean-Jacques Eledjam, président de l’association, « il y a une forme de misère cachée ».

Interrogé ce mercredi sur France Info, le professeur Jean-Jacques Eledjam, président de la Croix-Rouge française qui vient de sortir son deuxième rapport annuel, relatif à la santé des jeunes (12-25 ans), assure que « la précarité augmente chez les moins de 25 ans et elle prend une part relativement importante parce qu’il y a une forme de misère cachée » . Une précarité qui se traduit par des situations de malnutrition chronique, qui entre plus globalement par un accès difficile à la santé en général.

Il leur reste à peu près, selon les études que nous avons faites, 89 euros par mois pour vivre et se nourrir

Bien sur, il est difficile de parler de « jeunesse » en générale, tant les situations peuvent différer selon les cas (étudiants, origine sociale etc.), ce qui, selon le rapport, permet de constater des difficultés plus ou moins grande d’accès à la santé.

Dans son interview, Jean-Jacques Eledjam analyse les réticences à pousser les portes des épiceries solidaires comme étant relatives à « un problème de fierté, de dignité » et à la nécessité de prioriser « l’éducation à la santé ». S’il est bien-sûr adéquat de penser que des campagnes d’éducation à la santé peuvent permettre une meilleure prise en compte de la part des jeunes, cela ne règle en rien le problème d’accessibilité au soin et aux médicaments, difficile pour une grande part des jeunes les plus précaires.

Quant à la question de la « dignité », le président de la Croix Rouge propose une solution pour le moins insolite.

J’ai la conviction qu’il faut redonner aux gens qui poussent la porte d’une épicerie solidaire une certaine forme de dignité et qu’ils aient l’impression de participer à leur bien-être, à leur entrée dans la vie. Et s’ils participent financièrement, même modestement, ils ont l’impression qu’on ne leur fait pas la charité.

Bien évidemment, la « solution » proposé par Jean-Jacques Eledjam à de quoi faire grincer des dents, et semble totalement lunaire alors que lui même affirme qu’il ne reste que 89 euros en moyenne aux jeunes pour vivre ou manger ! Surtout quand on sait que, dans le milieu universitaire, plus de 50 % des étudiants sont obligés de se salarier en parallèle de leurs études pour pouvoir subvenir à leurs besoins.

Les problèmes de malnutrition chronique et d’accès à la santé chez les jeunes ne peuvent pas être réglés par des abstractions philosophiques ou idéologiques. La réalité de la précarité ne peut être résolue que par l’imposition de solutions à la hauteur des enjeux, avec un salaire socialisé permettant à tout les jeunes de pouvoir s’émanciper financièrement de la tutelle familiale, un accès gratuit à tous les soins et à l’éducation.

Un ensemble de mesures minimales pour sortir de la spirale infernale, qui chaque année atomise un peu plus la jeunesse et la plonge dans une misère sans cesse plus noire.

Karel Venuvitc jeudi 1er juin

http://www.revolutionpermanente.fr/

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26 mai 2017 ~ 0 Commentaire

brest 10 juin (brest médias libres)

10juinbrest_affiche-b857e

Si nous nous laissons représenter, rien ne changera, prenons la rue et parlons-en ! Brest 10 juin 2017

Ceci est un appel à toutes personnes ayant l’envie d’exprimer leur sentiment de ras­-le­-bol en cette période électorale.

Le résultat de la présidentielle et son déroulement n’a fait que confirmer le fossé entre cette « démocratie représentative » et un système où le pouvoir obéit à ses citoyens. Ce ne sont pas les législatives qui amèneront à ce changement du système politique. Bien au contraire, les opportunistes de la politique (des Républicains ou du Parti Socialiste) semblent se mettre dans le sens de « la marche ! ». Nous retrouverons les mêmes têtes au parlement ou au gouverne- ment. Quand bien même elles changeraient, Macron entend bien renforcer l’autorité présiden- tielle en passant ses lois à coup d’ordonnances (afin de palier à une absence de majorité parlementaire).

L’élection de Macron n’est que la victoire du capitalisme. Dans la droite ligne des précédents gouvernements et de leurs réformes à répétition (comme par exemple les lois « Macron » et celles dites « Travail », 2013 et 2016 respectivement, réforme des retraites en 2010,… ), nous aurons le droit à de nouveaux plans d’austérité, de nouvelles lois sécuritaires et racistes, une flexibilisation des conditions de travail, réduction des minimas sociaux, de nouveaux grands projets inutiles et imposés destructeurs pour l’humain et son environnement…

Face à cela, plusieurs collectifs existent déjà dans le Finistère (que ce soit depuis la loi « travail » ou sur des thématiques spécifiques). De plus, plusieurs personnes ont pu se retrouver dans des manifestations dès le soir du premier tour pour y exprimer un rejet des politiques libérales ou fascistes. Au même moment, des bases syndicales (sans attendre l’aval des différents leaders) poussent à la constitution d’un « Front Social » pour poser le plus rapidement une résistance à celles-­ci. Cette journée du 10 juin a comme objectif de poursuivre ces élans. C’est en se rassemblant que des formes d’organisation horizontales se mettront en place pour ne pas rester isolé-e-s face à ce qui nous tombera dessus.

Cette journée sera l’occasion de partages d’expériences, de rencontres afin de tisser entre les individus des liens de solidarité.

Rendez­-vous donc à celles et ceux qui préfèrent sauter du train en marche, samedi 10 juin à Brest.

Signatures : Collectif des Monts d’Arrée, Collectif brestois contre la loi travail…

http://brest.mediaslibres.org/

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25 mai 2017 ~ 0 Commentaire

mouvements (street press)

mouvements
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Pourquoi les mouvements sociaux se radicalisent-t-ils?

Comment percevez-vous la dynamique contestataire en France ?

Comme plus incertaine que jamais. Je suis aussi convaincu que le monde que l’on connaît est en train de s’effondrer. 8% de votes blancs et 25% d’abstention au second tour des présiden- tielles, c’est un record ! On n’assiste plus à une simple méfiance vis-à-vis des institutions de la Ve République, mais à leur rejet massif. On a beaucoup à craindre ou à rêver de l’avenir. Ce qui est sûr, c’est que cela ne va pas rester en l’état.

Dans votre bouquin, vous dites que les mobilisations s’orientent de plus en plus vers des modes d’action « extra-légaux », c’est-à-dire ?

C’est une autre dynamique que l’on observe. Les plus déterminés agissent de plus en plus en dehors de la loi. Je préfère parler d’« extra-légalité » plutôt que d’« illégalité », car ils ne sont pas majoritairement contre la loi, mais contre le légalisme : ils refusent d’obéir de manière aveugle ou inconditionnelle aux lois. Quand ils désobéissent, c’est pour remplacer une loi par une autre plus juste, plus équitable. Je fais cette différence car ce ne sont pas des « hors-la-loi » selon moi, ou de mauvais citoyens. Au contraire, ils désobéissent et prennent des risques face à des situations qu’ils jugent anti-démocratiques.

Qui sont ces « nouveaux désobéissants » ?

Les combats se multiplient et se diversifient. J’en distingue trois types.

1 Les Zad d’abord, les « zones à défendre » contre les grands projets inutiles. Il y a bien sûr les cas emblématiques de Notre-Dame-des-Landes (NDDL), du barrage de Sivens, mais aussi le grand stade de Lyon, Europacity à Garges-lès-Gonesse, les déchets nucléaires à Bure, la ligne Lyon-Turin, etc. Ça foisonne ! Il y a toujours eu des mouvements que l’on appelle « nimby » pour « Not in my backyard » [pas dans mon jardin], refusant le projet d’une centrale ou d’une décharge pour ses propres intérêts. Mais ces nouvelles mobilisations territoriales ont une dimension publique et politique forte. On ne se bat pas seulement contre l’aéroport à NDDL, mais aussi contre le monde qui va avec.

2 Émergent aussi de plus en plus d’actions de désobéissance civile, comme les mouve- ments anti-pubs qui barbouillent ou déchirent des affiches dans l’espace public ou encore les actions spontanées de collectifs féministes comme les Femen, pour ne citer que les plus connues.

3 Il ne faut pas non plus oublier que certains contestataires se retrouvent extra-légaux, sans l’avoir choisi. Le droit de grève est remis en question depuis la mise en place du service minimum. En 2015 ou 2016, des manifestations ont été interdites, comme lors de la Cop 21 ou au printemps dernier. Sous prétexte d’État d’urgence, nous vivons dans un monde de plus en plus sécuritaire. Ces actions deviennent extra-légales, non pas parce que les contestataires se radicalisent, mais parce que l’État est de plus en plus autoritaire. On vit en réalité une période de radicalisation des différentes forces politiques et sociales. D’un côté, le racisme d’État, les violences policières, la criminalisation des mouvements sociaux ; de l’autre, des militants de plus en plus déterminés.

Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, l’un des gros dossiers du gouvernement, est à l’arrêt. La mobilisation a marché ?

L’échec cuisant du quinquennat Hollande, c’est bien NDDL. On ne le souligne peut-être pas assez. L’ancien Président voulait à tout prix que le dossier aboutisse, tout comme son premier ministre, Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes. Pourtant, 300 irréductibles et tous leurs soutiens en France, ont réussi à faire échec au gouvernement, malgré un préfet de Bretagne, Patrick Strzoda [de 2013 à 2016] particulièrement déterminé. L’homme est surnommé « Monsieur Flashball » depuis sa gestion des manifs contre la loi travail à Rennes (un étudiant a été éborgné par un tir de lanceur de balle de défense le 28 avril 2016.

Patrick Strzoda est ensuite devenu préfet de la région Île-de-France, en charge de la manif du 1er mai à Paris. De bonne augure pour les futures manifestations ?

Cette nomination est un signe fort. D’ailleurs, au lendemain du 1er mai, les médias ont relayé la photo du policier en train de brûler, mais n’ont pas cherché à en savoir plus sur le bilan des équipes de street medic. Ils ont pourtant relevé près de 130 manifestants blessés ce jour-là. Et puis quelques jours plus tard, lors du débat contre Marine Le Pen, le candidat a dit qu’il allait démanteler « toutes les associations qui invitent à la haine et à la violence . Il a dit ça, oui ! L’expression est terriblement vague. On peut imaginer qu’il va dissoudre une ou deux sectes djihadistes, mais il annonce aussi qu’il peut s’en prendre aux assos militantes pas assez «  Charlie», et donc aux opposants politiques. Je pense qu’on a toutes les raisons de le craindre.

De craindre Emmanuel Macron ?

Le plus inquiétant, c’est justement l’image plutôt libérale de cet homme sur le plan des mœurs et dans la sphère sociale, même au sein de la gauche radicale. On sait qu’il va détricoter le droit des salariés, mais on se dit que pour les musulmans ça va aller, que dans la rue, il ne sera pas trop vénère. Rappelons qu’il a soutenu les maires et leurs arrêtés anti-burkinis l’été dernier. Son défilé d’intronisation sur les Champs-Élysées était particulièrement militaire. Le front social sera aussi un front anti-répression. D’ailleurs, on a vu le 8 mai à Paris les CRS fendre en deux le défilé, de façon complètement arbitraire, pour isoler le cortège de tête. Il n’y avait pourtant pas eu de débordement avant.

Le front social a manifesté le 8 mai à Paris contre son élection. 70 unions syn- dicales ou collectifs (CGT, SUD, DAL, Urgence notre police assassin), mais à peine 7 000 personnes dans la rue, selon les organisateurs. Pourquoi cette manifestation a été peu suivie ?

À ma connaissance, c’est la première fois qu’une manifestation appelle le Président à démis- sionner dès le lendemain de son élection. C’est un rejet symbolique fort de Macron. En même temps, il vient d’être élu et de nombreuses personnes attendent de voir. Les énergies ont été canalisées dans les urnes cette année. Les élections ne sont jamais propices aux actions directes. C’est une forme de délégation, de dépossession : tant mieux si notre candidat gagne et si ce n’est pas lui, tant pis, c’est le jeu démocratique, se dit-on.

Printemps 2016. La mobilisation dure plusieurs mois contre la loi travail. On observait déjà une baisse du nombre de manifestants. Pourquoi ?

Il y a eu une vingtaine de manifs nationales en 2016, mais on n’a pas dépassé le million de manifestants sur une même journée en France. Contre la réforme des retraites en 2010 ou en 2006 contre le CPE, les cortèges étaient beaucoup plus massifs. On atteignait souvent les 3-4 millions de personnes. Ce seul critère numérique fausse la vue.

Au printemps 2016, les personnes mobilisées étaient beaucoup plus déterminées. Certaines ont passé trois mois, nuits et jours sur une place. C’est un tout autre engagement que de marcher deux heures en manif. Des raisons plus profondes expliquent aussi la baisse du nombre de manifestants d’année en année. Les plus combatifs, à savoir les collégiens, les lycéens ou les étudiants, sont de plus en plus précaires et inquiets pour leur avenir. La jeunes- se est plus divisée géographiquement, entre centres villes, banlieues et campagnes. Tous ces facteurs structurels, liés à la société capitaliste dans son ensemble, a pour effet de casser les collectifs. Une société fragmentée ne favorise pas les luttes.

Les syndicats contestataires perdent du poids en France, au profit de la CFDT, réformiste. Comment l’expliquez-vous ?

Les difficultés du syndicalisme français sont très anciennes. Du lendemain de la seconde guerre mondiale, où il y avait 50% de syndiqués en France, jusqu’aux 8% recensés aujour-d’hui, ils n’ont cessé de perdre en représentativité. Il existe de nombreuses raisons pour expli- quer ce déclin. L’une d’elles est très forte : ils sont passés à côté d’un certain nombre de thématiques, comme l’écologie ou le chômage. Dans de nombreuses entreprises, il est aussi risqué d’être syndiqué. Donc la contestation s’exprime de plus en plus en dehors des structures syndicales.

Parallèlement, on observe une radicalisation de leaders de terrain, comme Mickaël Wamen de la CGT Goodyear pour ne citer que lui. Ils appellent au front social et prennent la main dans certaines fédérations. Fermement anticapitalistes, trotskystes ou anarchistes-libertaires, ces militants sont désormais plus proches de partis comme le NPA ou LO que du PCF, leur parti d’antan. D’ailleurs, l’élection de Philippe Martinez marque un tournant. Il a durci le discours de la CGT et tenu tête au gouvernement pendant le mouvement contre la loi travail.

Le Black Bloc mobilise-t-il plus qu’avant ?

Les Black Blocs existent depuis les années 90. On les a toujours vus en queue de manifesta-tions, mais ils étaient peu nombreux. L’année dernière, ils sont passés devant les cortèges syndicaux et le mouvement s’est densifié. On a dénombré jusqu’à un millier d’autonomes sur certains rassemblements. Quelque chose de nouveau émerge. Ces idées prennent dans les mouvements lycéens. Le Mili, constitué au moment de l’affaire Leonarda, est très présent lors des blocages de lycée ou en manifestation. À en croire l’inventivité des slogans sur les murs, cette dynamique n’est pas prête de s’arrêter: «Une pensée pour les familles des vitrines», «Nous sommes un peuple de casseurs-cueilleurs», « La France bout à 49.3 ». Je crois que la créativité artistique va de pair avec la créativité politique. Je pense que les moments de grande invention littéraire, picturale – on peut penser au dadaïsme, au surréalisme – sont aussi des mouvements d’ébullition politique. Tout ça est circulaire.

Comment ces nouveaux désobéissants justifient l’usage de la violence ?

Certains ne la justifient pas. Et il faut faire la différence entre jeter un cocktail molotov – ils sont peu nombreux en réalité à le faire – et donner un coup d’épaule à un policier, casser une vitrine de concessionnaire ou taguer la vitrine de HSBC. Beaucoup d’entre eux ne considèrent pas ces actes comme violents. Au contraire, lorsqu’une banque aide ses clients à planquer deux milliards d’euros dans les paradis fiscaux, alors c’est violent, selon eux. Parle-t-on de violence physique ou de violence structurelle, de violence directe ou indirecte ? Pour les autonomes, la violence est économique, institutionnelle et sociale.

D’autres admettent qu’ils pratiquent une forme de violence. Au moins trois justifica- tions existent.

La première, c’est la légitime défense, contre l’État et le capitalisme.

La deuxième, celle de l’efficacité : l’affrontement physique direct permet de remettre en cause la substantifique moelle de l’État. Max Weber, qui citait Trotski, disait : « l’État, c’est le monopole de la violence physique légitime ». Donc, si l’État c’est la violence, il faut utiliser la violence pour le faire tomber.

Le troisième argument affirme que cette violence va permettre de révéler la vraie nature de l’État que nous avons en face de nous. Cet État n’est pas démocratique, mais autoritaire ; en l’obligeant à nous réprimer, il dévoilera sa vraie nature.

Ces arguments sont des classiques des mouvements anarchistes, ils sont utilitaristes. Il existe une autre réalité, plus existentielle, presque indicible : faire partie du cortège de tête procure une montée d’adrénaline, un sentiment d’être soi, d’être là où je dois être, d’être vivant ! On retrouve une densité, on sent le moment. Le capitalisme, au contraire, c’est la mort, l’assèche- ment. C’est pour cette raison que les textes du Comité Invisible trouvent un tel écho au sein du cortège de tête : ils posent des mots justes sur une expérience singulière, c’est « Maintenant » et avec « nos amis » aussi. Quand on court au milieu des lacrymos, on perd un peu les potes, mais on se retrouve ensuite, on débriefe. On est liés par une expérience, dont on se souvien- dra. On fonctionne par petits groupes affinitaires, avec des personnes que l’on connaît ou qui deviendront nos amis.

« Tout le monde déteste la police » est sans doute le slogan le plus scandé en manifestation. Avec lui, la rue porte une critique très forte de la démocratie et des institutions…

Oui et il faut être prudent. Il existe plusieurs critiques de la démocratie. Celle portée par Nuit debout qui consiste à dire que la Ve République est un régime quasi monarchique, qui se prétend démocratique, mais qui ne l’est pas. Il faut donc remplacer cette oligarchie par une vraie démocratie participative, délibérative, horizontale. Le deuxième discours, porté de maniè- re limpide par le Comité invisible, vient compliquer ce tableau : la Ve République est un leurre, tout comme le sont les assemblées étudiantes, les grèves ou Nuit debout. Tous ces « démo- crates des AG » prétendent prôner la vraie démocratie, mais s’enferment dans un formalisme démocratique, fait de prises de parole minutées qui nuisent à la spontanéité de la politique. Remplacer les vieilles institutions par de nouvelles, n’a aucun sens, car dès lors qu’il y a institution, la verticalité et la rigidité portent atteinte à la liberté.

Que pensez-vous de cette critique ?

Je ne suis pas d’accord. Dire que toute institution est nuisible pour la liberté semble avoir une conséquence pratique dommageable. Un certain nombre d’adeptes de l’insurrection que j’ai rencontrés et vus intervenir lors de rassemblements étaient souvent des personnes blanches, des hommes qui coupaient la parole à des femmes, par exemple. Au nom d’une idéologie réfractaire à toute verticalité, on réintroduit des rapports de domination. Je ne suis pas sûr que le mouvement soit aussi émancipateur qu’il prétend l’être. C’est une discussion que j’aimerais lancer. Il y a aussi une faiblesse théorique selon moi, celle de dire que toute institution est forcément étatique et autoritaire. Le seul moment émancipateur est celui de l’insurrection, de la destitution, selon le Comité invisible. C’est LA liberté. Or, la boulangerie de Tarnac est une institution. Les éditions de La Fabrique, dirigées depuis 20 ans par Éric Hazan ? Une institution. Lundi matin, le site internet et la revue : une autre institution.

Il peut donc exister des institutions démocratiques selon vous ?

Au Chiapas au Mexique, les zapatistes mènent une expérience de démocratie réelle, avec ses imperfections certes, mais le pouvoir est aux mains des communautés locales. Des assemblées se réunissent régulièrement. Les délégués ont des mandats révocables à tout moment. Ils touchent une indemnité faible, semblable au salaire du reste de la population. Ce mécanisme politique institue une égalité forte de revenus et de modes de vie. C’est une démocratie au sens social, pas juste politique et institutionnelle. Il me semble que ce que recherchent les zadistes est très proche en France, même s’il ne s’agit pas de transposer ces modèles, mais certains militants de NDDL sont allés au Chiapas. Ils discutent entre eux.

On aspire à quoi chez ces nouveaux désobéissants ?

C’est pas juste une quête d’alternance, mais d’alternative. L’aspiration est révolutionnaire. Le mot peut paraître usé, mais il est irremplaçable pour décrire le changement fondamental des structures économiques, sociales, politiques, éducatives, familiales, sexuelles et j’en oublie ! La grande absente, c’est l’utopie. Au XXe siècle, il y avait le capitalisme et le communisme. Ces deux-là ne tiennent plus. Pour se mobiliser, il ne suffit pas d’avoir des affects négatifs, il faut aussi une adhésion, un enchantement vers quelque chose qui donne envie d’aller au-delà de l’existant. Ce quelque chose, je ne le vois pas aujourd’hui.

L’écologie peut-être ? Rappelons-nous de ce mot d’ordre des manifestants de la Cop 21 : « Il faut changer le système, pas le climat ». Peut-être que ce changement est profond. Il y aura toujours des gens pour défendre le vieux monde, mais dans la mesure où l’on a tous un vécu ou des rapports concrets, bon ou mauvais, avec l’environnement, on peut imaginer que cette expérience serve de socle à la construction d’une utopie commune.

Dans nos sociétés occidentales, on ne réfléchit plus les territoires, où l’on vit. On y passe. On ne prend plus le temps d’y être. Pour de nombreux mouvements contestataires, la nature n’est pas une toile de fond que l’on viendrait gouverner ou exploiter. Au contraire, on l’habite au sens premier du verbe, on est en affinité avec.

Propos recueillis par Sarah Lefèvre 23 Mai 2017
Manuel Cervera-Marzal, chercheur en sociologie et philosophie politique, s’intéresse de près aux mouvements sociaux et aux différentes formes contemporaines de contestations : désobéissance civile, zad, occupation de places. L’enseignant à l’EHESS est l’auteur de l’essai Les Nouveaux désobéissants : citoyens ou hors-la-loi ?, paru en 2016 aux éditions Le Bord de l’Eau. On a causé manif, ZAD, black bloc, syndicats et utopies avec le sociologue Manuel Cervera-Marzal. Il nous explique pourquoi « on vit une période de radicalisation des forces politiques et sociales en France ».

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18 mai 2017 ~ 0 Commentaire

rij 2017 (jac)

RIJ-2017

Rencontres Internationales des Jeunes (RIJ) 2017

Du 23 au 29 juillet 2017, dans le Sud de l’Italie, auront lieu les 34èmes Rencontres internationales de jeunes, qui rassemblent chaque année plusieurs centaines de jeunes militant-e-s et sympathi-sant-e-s de la gauche radicale, venant principalement de pays européens mais aussi d’ailleurs. Ces Rencontres sont organisées par les jeunes de la Quatrième internationale, dont la LCR/SAP et les Jeunes anticapitalistes (JAC) sont membres en Belgique.

Cette semaine de rencontres est l’occasion de discuter, d’échanger, de s’informer autour des luttes sociales et politiques visant à l’émancipation de tou-te-s et au renversement du capita- lisme à l’échelle mondiale. Crise économique et précarité, impérialisme, guerres et racisme, féminisme, droits des MOGAI et luttes contre le patriarcat, changement climatique et nécessité d’un écosocialisme seront, parmi d’autres thèmes, au centre des discussions. Bien sûr, une place forte est accordée aux moments festifs et aux échanges informels autour d’un verre !

Ce camp auto-organisé est l’occasion de mettre en pratique notre vision de la société : participation de tou-te-s aux différentes tâches, bienveillance mutuelle, lutte contre les discriminations et organisation autonome des victimes d’oppressions spécifiques (femmes, MOGAI, personnes racisées…).

Les frais de participation au camp sont de 140 € et permettent de couvrir les frais de nourriture, de location du terrain, du matériel et d’utilisation des installations sanitaires. Un transport collectif (départ le 22 juillet et retour le 30 juillet) depuis Bruxelles sera organisé, dont le prix devrait tourner autour de 150 € pour celles et ceux qui l’utiliseront à l’aller et au retour. Cependant, le coût ne devrait pas être un obstacle à la participation et nous tâcherons de trouver des solutions pour celles et ceux qui ne pourraient pas assumer l’entièreté de ces dépenses.

Le programme complet des RIJ est ici !

Commentaire: Ceci est l’invitation belge, pour les français(e)s:

Facebook Jeunes Toulouse

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30 avril 2017 ~ 0 Commentaire

jeunes toulouse (npa)

toul ouz

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27 avril 2017 ~ 0 Commentaire

brest ni le pen ni macron

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26 avril 2017 ~ 0 Commentaire

blocus (paris luttes)

blocus (paris luttes) dans Altermondialisme

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Rien d’étonnant, le premier tour des élections a ouvert les portes du second à le Pen et Macron.

D’un côté le fascisme et de l’autre le libéralisme, même si personne n’est dupe et que tout le monde sait bien que le premier permet au deuxième de se maintenir en jouant sur les peurs collectives de voir l’extrême droite le pouvoir.

Ces élections n’ont rien de sérieux car c’est la nature même du système électoral de permettre une stabilité en jouant sur ce que les médias appellent les « extrêmes », alors qu’il n’y a que des conceptions de la vie en société différente que l’on pourrait résumer ainsi. Le fascisme, le libéralisme qu’il soit écologique, social ou dur, puis les révolutionnaires qui essayent d’agir au quotidien et localement.

Pour nous la question n’est donc pas strictement celle de voter ou pas, mais d’agir dès à présent pour prévenir Macron que nous sommes prêts et capables de nous mobiliser massi- vement s’il ose s’en prendre aux acquis sociaux, couvrir les flics racistes qui tuent, cracher sur les travailleurs, déloger la commune de la Zad de Nddl, renforcer la répression contre les migrants, bref, mener une politique dans la droite ligne de ses prédécesseurs.

C’est pour ces raisons que nous pensons plus que nécessaire de bloquer nos établissements ce jeudi 27 avril et de continuer à amplifier la mobilisation contre cette farce du second tour où dans tous les cas on se retrouvera dans la rue pour scander notre dégoût d’un système qui se meurt tous les jours un peu plus.

Que faire ?

  • Se réunir en comité d’action pour organiser les blocages, mais aussi d’autres moments allant de la réflexion à diverses actions.
  • Se réunir en assemblée inter-comités pour organiser des manifestations, banquets ou autres.
  • Occuper des salles dans les lycées ou facultés si le rapport de force le permet, puis s’en servir pour repenser le politique là où l’on passe une grande partie de nos journées.

Appel national a bloquer les lycées contre Le Pen et Macron Jeudi 27 Avril !

Manifestation République  11h.

Ni fascisme, ni libéralisme !

https://paris-luttes.info/

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20 avril 2017 ~ 0 Commentaire

brest migrants (ouest france)

soudan

Darfour, Soudan

« Nous sommes des réfugiés, pas des criminels »

Arrivés à Brest en novembre, plusieurs migrants venus du Soudan ne peuvent pas demander l’asile. Désespérés, ils ne savent plus vers qui se tourner. Ils risquent à tout moment être d’expulsés, et renvoyés vers leur pays où ils se disent en danger de mort.

Ils sont une quinzaine, âgés de 25 à 30 ans. Dans leurs yeux, la détresse se mêle à la colère. Le fruit d’une insupportable impuissance face au cauchemar éveillé qu’ils vivent depuis des mois, voire des années. « Je suis parti de mon pays, le Soudan, il y a plus de deux ans », raconte Hichem (1). À Brest depuis novembre, le jeune homme, comme ses camarades d’infortune, revient de loin. « Chez moi, au Darfour, c’est la guerre. Je suis parti pour sauver ma peau », raconte-t-il en arabe, assisté d’une traductrice. Sur les répressions endurées dans son pays natal, Hichem ne s’étend pas. Pudeur ou douleur, l’exilé préfère insister sur le périlleux voyage jusqu’en France.

160 au départ, 15 survivants

« Je suis passé par la Libye, comme la majorité d’entre nous. Là-bas, j’ai dû payer un passeur à deux reprises pour avoir le droit de monter sur un bateau en direction de l’Europe. » Bateau qui, selon son récit, aurait été volontairement coulé par les autorités libyennes. « Sur les 160 du départ, nous sommes 15 à avoir survécu. » Secouru par des pêcheurs, le groupe atteint enfin Lampedusa, en Italie. L’arrivée en Europe n’offre aucun répit, au contraire. « Comme je refusais de donner mes empreintes, ils ont utilisé un taser et j’ai été incarcéré », poursuit Hichem. Après six tentatives infructueuses, le Soudanais parvient enfin à gagner la France en juillet dernier.

« Je préfère être jeté à la mer »

Là, il rejoint le campement parisien de Stalingrad, dans le 19e, où plus de 3 000 autres migrants sont installés sous des tentes d’infortune. À l’évacuation du camp par la préfecture de Paris, une trentaine de Soudanais sont envoyés vers le Finistère. « On nous a assuré que la procédure Dublin (2) serait cassée, et qu’on pourrait faire une demande d’asile », se souvient Nessim, venu lui aussi du Darfour.

Hébergé au centre d’accueil et d’orientation de Kermaria, une ancienne maison de retraite brestoise, le groupe de déplacés ne connaît pas le même sort. « Certains ont effectivement vu leur Dublin cassé, mais la majorité s’est vue refuser le dépôt de demande d’asile à cause du passage par l’Italie », explique une Brestoise, membre du collectif Zéro personne à la rue. Trois sont également assignés à résidence.

« Injustice criante »

« Résultat : ils peuvent être expulsés à tout moment vers l’Italie. D’où ils seront très probable- ment renvoyés vers le Soudan », poursuit la militante. « Je préfère être jeté à la mer plutôt que de retourner en Italie », soupire Hichem, qui ne sait plus vers qui se tourner pour obtenir de l’aide. Accablés par ce qu’ils qualifient d’« injustice criante», les migrants réfugiés à Brest ne comprennent pas le blocage de leur situation. «Nous sommes des réfugiés, pas des criminels», clament-ils en chœur.

Le collectif Zéro personne à la rue, qui les soutient, dénonce les « humiliations » subies par les jeunes hommes de la part d’une préfecture du Finistère « particulièrement zélée ». Sollicitée sur la situation des migrants soudanais, la préfecture a indiqué « ne pas souhaiter commu- niquer sur un sujet aussi sensible en pleine période de réserve », due à la campagne électorale.

19/04/2017 Charlotte HEYMELOT.

http://www.ouest-france.fr/

Notes:

(1) Les prénoms ont été modifiés.

(2) Procédure européenne dite « Dublin III » selon laquelle le pays responsable de la demande d’asile est celui dans lequel la personne est entrée en Europe, et où elle a été contrôlée.

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