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17 octobre 2015 ~ 0 Commentaire

numérique (al)

obsolescence

Le virtuel, une pollution réelle

Il y a quelques années, on pouvait penser que la «dématérialisation» des données pouvait être un progrès pour l’environnement. Depuis, on déchante: l’informatique, Internet et le numérique sont écologiquement nuisibles, et c’est de pire en pire.

Avec l’avènement du numérique, on avait pu imaginer la possibilité de ralentir la défores- tation grâce aux économies de papier, réduire les déplacements au moyen des vidéocon- férences et du télétravail, le tout sans impact environnemental. Bref, l’informatique et Internet allaient venir au secours de la planète. Mais c’était un excès d’optimisme.

En effet, sous son aspect dématérialisé, le numérique est lui aussi ancré dans un arsenal matériel très polluant et en constant développement. Quelques chiffres permettent de saisir l’augmentation de l’usage des nouvelles technologies ; ainsi aujourd’hui seuls 3 milliards de personnes (40 % de la population) utilisent Internet, via 2 milliards de mobiles et 1 milliard d’ordinateurs.

Ces terminaux d’accès ne représentent qu’une partie du matériel nécessaire à l’usage d’Internet. Effectivement au bout des câbles on trouve pas moins de 45 millions de serveurs tournant à plein temps et 800 millions d’équipements réseaux. Internet est ainsi au coude à coude avec le trafic aérien quant aux émissions de gaz à effet de serre. En 2035 on devrait compter 9 milliards d’utilisateurs ; la quantité de matériel nécessaire serait colossale. Et les dégâts sur l’environnement irréversibles.

Pollution à tous les étages On peut constater la pollution liée au numérique durant toutes les phases du cycle de vie des produits. Lors de la fabrication, le principal facteur impactant l’environnement est l’extraction des ressources nécessaires au fonctionnement du matériel électronique. L’extraction du silicium nécessite de grandes quantités d’eau. L’eau est égale- ment polluée près des mines par les phtalates et les métaux lourds.

La phase d’utilisation des produits est un poste important de dépense d’énergie. L’alimentation en électricité des centres de données, lieux de stockage des serveurs, repré- sente 1,1 à 1,5 % de la consommation mondiale. Les terminaux clients: ordinateurs, télé- phones, télévisions, montres connectées, etc. sont également très gourmands en énergie. De nouveau l’effet rebond joue à plein : plus les batteries sont puissantes, plus les appareils sont voraces.

Mais c’est l’utilisation de la bande passante qui est le premier consommateur d’énergie et évidemment, plus le débit s’améliore, plus la taille des documents augmente. L’utilisation de papier atteint des sommets, elle qu’on imaginait disparaître grâce à la lecture à l’écran et aux démarches en ligne. En moyenne, les salarié-e-s français effectueraient vingt-huit impressions par jour. Notons cependant que l’Ademe a calculé qu’imprimer un document de 200 pages impacte moins l’environnement que de le lire à l’écran (de quoi déculpabiliser plus d’un militant d’imprimer le manifeste pour une alternative libertaire).

La fin de vie d’un produit n’est pas plus reluisante: seuls 15 % des 42 milliards de kilos annuels de déchets électroniques sont collectés et recyclés par les filières officielles. La majorité sont traités en dehors de toute légalité, et on l’imagine aisément, sans la moindre attention aux impacts environnementaux. Ces déchets contiennent du mercure, du cad- mium, du chrome et d’autres substances très néfastes pour la santé et les écosystèmes). Outre l’obsolescence programmée (limitation de la durée de vie des appareils par des pannes aléatoires), ce sont les évolutions technologiques qui empêchent l’augmentation de la durée de vie des appareils : difficile de surfer aujourd’hui avec un appareil datant d’il y a quinze ans, même en parfait état de marche.

Marotte des « petits gestes » Pour autant, les acteurs économiques et les autorités pren- nent conscience de l’impossibilité de continuer à tenir le discours du zéro-impact. On ressort ainsi la marotte des «petits gestes». Vous savez, ceux que chacun devrait faire pour sauver la planète: outre l’extinction systématique des appareils, on nous invite à éviter les images trop lourdes dans les emails, à supprimer ceux dont on n’a pas besoin, à imprimer en noir et blanc, etc. Si ces gestes sont évidemment appelés à devenir des habitudes, n’oublions pas qu’un tiers seulement de la consommation électrique vient des terminaux clients. De plus la moitié de l’émission de gaz à effet de serre provient de la fabrication du matériel.

Obsolescence programmée Donc d’autres pistes doivent être étudiées pour réduire l’em- preinte écologique du numérique. La lutte contre l’obsolescence programmée est engagée. Effectivement la loi sur la transition énergétique prévoit une peine de deux ans d’emprison- nement et 300 000 euros d’amende pour les entreprises concernées. L’obsolescence ne serait pas limitée aux pannes, mais engloberait également l’aspect fonctionnel (mises à jour logicielles qui rendent caduques l’usage d’un appareil). La portée de la loi est cependant amoindrie par le fait qu’aucun minimum de durée de vie du produit n’est défini. On peut éga- lement imaginer la mise en place de dispositions permettant un remplacement facile de tous les composants d’un produit électronique.

La conception des logiciels et sites Internet doit aussi être révisée dans le sens d’un contrôle des ressources consommées. Les choix technologiques et fonctionnels doivent être guidés en priorité par la sobriété apportée au logiciel. Mais la logique commerciale dicte une tout autre voie: le tout «cloud»: stockage des informations et applications sur des ser- veurs, est très consommateur de bande passante, et doublonne bien souvent les quantités stockées (l’email est à la fois sur le serveur et sur l’appareil de l’utilisateur). En outre, on pourrait imaginer des quotas de stockage à ne pas dépasser, tant au niveau des données personnelles (emails, images), que de la consommation de bande passante.

Car la réflexion ne doit pas seulement porter sur la technique. L’usage doit aussi être questionné. Ainsi, sans jouer les père-la-morale, le fait que le tiers de la bande passante utili- sée concerne des sites pornographiques pose question. De même 25 % des recherches porte sur une thématique ayant trait à la pornographie.

La profusion d’information, parfois de qualité, la possibilité d’échanger facilement, de s’organiser et même de lutter, ne doit pas faire oublier que l’usage principal d’Internet, c’est l’activité commerciale : sites de présentation, e-commerce, publicité… Enfin au delà même des impacts environnementaux, il faudrait faire l’état des lieux de l’apport d’Internet pour la société : aspect social, sociétal, problématiques de santé. Peut-on se permettre Internet (la question est réellement ouverte) ? Éric (AL Auvergne 16 octobre 2015)

http://alternativelibertaire.org/?Numerique-Le-virtuel-une-pollution

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06 octobre 2015 ~ 0 Commentaire

olivier besancenot (les inrocks)

aol

J’ai quitté le Minitel, je suis sur Twitter”

Chaque semaine, nous interrogeons une personnalité sur son rapport au web. L’ancien candidat à l’élection présidentielle, membre de la direction du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), Olivier Besancenot, nous livre ses considérations sur cet outil qu’il considère encore avec circonspection.

“Révolution 2.0”, manif en ligne, agit-prop numérique. Depuis de nombreuses années, les prophètes de la “révolution internet” n’en finissent plus de louer les capacités de cet outil pour mobiliser les masses et organiser des actions politiques. Du mouvement des Indignés en Espagne à Occupy Wall Street aux Etats-Unis, en passant par la révolution tunisienne, les réseaux sociaux ont en effet occupé une place prépondérante dans la vague de mouvements sociaux du début des années 2010.

Olivier Besancenot, membre de la direction du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), a obser- vé de près ces soulèvements contemporains. Mais il a toujours privilégié le tractage à l’an- cienne et les discours au porte-voix, aux agitations virtuelles. A l’occasion de la sortie de son livre, Le Véritable coût du capital (éd. Autrement), nous l’avons interrogé sur son rapport à internet.

Depuis peu, tu relayes personnellement sur ton compte Twitter des “paroles de guichet” entendues au bureau de La Poste où tu travailles, et des photos des luttes auxquelles tu participes. Pourquoi ?

Olivier Besancenot – Tout simplement parce que je sais désormais utiliser Twitter! rires Avant ce n’était pas moi qui m’en occupais, puis on m’appris. Je me suis dit : pourquoi pas ! Au guichet j’entends plein de trucs, souvent drôles – mais pas seulement. Je n’arrive même pas à tout retranscrire. Ce matin par exemple j’étais aux instances, et sur les quinze pre- mières lettres recommandées, j’ai vu une personne s’effondrer parce que c’était une fin de période d’essai, et une autre qui était convoquée pour un entretien préalable au licenciement. Au lendemain de l’émission Des paroles et des actes avec Manuel Valls [où le Premier ministre a réagi aux mauvais chiffres du chômage], tu te dis: voilà, ça fait deux chômeurs de plus…

Tu retranscris donc sur Twitter les scènes dont tu es parfois le témoin depuis ton guichet, et qui sont en lien avec le monde du travail ?

Oui, j’ai un retour en live de ce qui se passe dans la société, du moins en partie, mais aus- si de ce que les gens pensent de nous, pour le meilleur comme pour le pire. Ça a d’ailleurs commencé par une barre de rire. Une personne en avait marre d’attendre dans la file d’atten- te de mon guichet, et a lâché devant tout le monde: “Pour parler il parle bien, mais pour bosser c’est pas la même !”. (rires)

Tu as pris goût à ce réseau social ?

(Il fait la moue) Moi je suis un mec à l’ancienne, et je reste un mec à l’ancienne. Je n’ai jamais eu de théories sur l’usage des réseaux sociaux dans la lutte politique et sociale. Je pense qu’ils peuvent être un support extraordinaire, comme ils peuvent être un piège extraor- dinaire. Je ne vais pas jouer le postmoderniste : tous ceux qui me connaissent savent que je ne suis vraiment pas hyper-connecté. Je tweete et je snappe, c’est tout. Tout le monde se fout de ma gueule en me disant que j’ai basculé dans le 21è siècle. (rires) Mais je sais qu’autour de moi dans les quartiers ça a de l’importance. Des amis m’ont prouvé qu’ils faisaient du gros boulot grâce aux réseaux sociaux.

Pour des mobilisations? Oui, et pour faire circuler l’info aussi. Des connexions, des réseaux de quartier se forment. Mon pote Almamy Kanouté par exemple est très branché réseaux sociaux. Les antifa aussi. Ce qui est évident, parce que je l’ai vu en live, c’est que le mouvement des Indignés les a beaucoup utilisés.

Tu es allé sur place ?

Oui, je suis allé sur les places en Grèce et en Espagne, et aussi à New York pour le mouvement Occupy.

Et tu as constaté que les militants utilisaient internet ?

J’ai constaté que j’étais en noir et blanc, et que j’avais de grandes toiles d’araignée sous les bras, oui ! (rires) Même pendant les révolutions arabes d’ailleurs, je savais qu’internet pou- vait être utile. Les zapatistes lançaient déjà tous leurs appels sur internet. Je n’ai pas envie de me tenir particulièrement à la page à ce niveau-là, mais en même temps, il faut utili- ser tout ce qui peut permettre de tisser du lien, du “liénage” comme disent les Antillais.

Est-ce aussi un moyen pour toi d’accéder à des médias alternatifs, qui font entendre une voix dissonante par rapport à l’air du temps ?

Oui. Je vais sur des sites comme Ballast, MédiapartBellaciao, des trucs divers et variés. On m’envoie des vidéos aussi.

Tu penses faire d’internet un outil de propagation de tes idées ? Une vidéo de toi t’opposant à l’expulsion des migrants a été assez virale…

Je n’ai pas de stratégie à ce sujet. Je sais que ça a un impact. Mais je ne vais pas jouer de rôle, faire semblant, ce n’est pas mon genre. Je sais que ça a une place importante, mais je vais y aller step by step. J’ai quitté le Minitel, je suis sur Twitter, c’est déjà ça. (rires)

Personnellement comment utilises-tu internet ?

Je ne suis pas un geek, mais il m’arrive d’écouter un peu de son sur internet, de regarder des clips sur YouTube. Au niveau du rap, il y a des gars du quartier qui ne passent que sur internet au début, avant de sortir un disque. La Scred Connexion par exemple a un site pas mal. Même 18 Grammes, un mec du quartier. Ils m’invitent à aller voir, j’y vais, mais il faut me guider. 04/10/2015 | 12h04 Propos recueillis par Mathieu Dejean

capital

Le Véritable Coût du capital, d’Olivier Besancenot, éd. Autrement, 17€

http://www.lesinrocks.com/actualite/o-besancenot-jai-quitte-le-minitel-je-suis-sur-twitter-

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03 octobre 2015 ~ 0 Commentaire

le projet de loi de surveillance internationale (gv)

nsa-obama-humor

Alarme les défenseurs de la liberté d’Internet mais peine à mobiliser

Dans la foulée de l’attaque contre Charlie Hebdo, et malgré l’opposition véhémente des groupes de défense des libertés civiles, l’Assemblée nationale française a adopté en mai 2015 un projet de loi permettant au gouvernement de surveiller les appels téléphoniques et les courriels de terroristes présumés sans l’autorisation préalable d’un juge.

Le projet de loi impose également aux fournisseurs de services Internet d’installer de soi-disant “boîtes noires” qui balaient et analysent les métadonnées sur des millions d’utili- sateurs du Web, et les oblige à mettre ces données gratuitement à la disposition des servi- ces de renseignement.

Le projet de loi permet également aux agents du renseignement de planter des micros, des caméras et des enregistreurs de frappe dans les habitations des terroristes présu- més. Selon la loi, le gouvernement peut autoriser la surveillance pour des raisons vague- ment définies comme “intérêts majeurs de la politique étrangère” et empêcher “la délinquance organisée.”

Des groupes de défense des libertés civiles, y compris Amnesty International, Article 19, le Comité pour la protection des journalistes et de Global Voices Advox ont co-signé une lettre écrite par le principal groupe de défense des droits numériques français La Quadrature du Net, publiée le 30 septembre et adressée aux députés français, suggérant toute une série d’amendements au projet de loi. (…)

Malgré les critiques fermes des groupes de défense des libertés civiles, le projet de loi n’a suscité qu’une une attention minimale du public et de la classe politique. Le Président français François Hollande avait demandé au Conseil constitutionnel d’examiner le projet de loi après qu’il ait été définitivement approuvé en juin ; c’était la première fois qu’un président consulte les tribunaux avant de permettre à une loi d’entrer en vigueur. (…)

Pour un examen détaillé des dispositions de cette proposition de loi complémentaire sur la surveillance internationale, lire l’analyse complète publiée par le magazine français L’Obs le 9 septembre. Les associations militantes pour les libertés civiles sont immédiatement montées au créneau après la large validation de la loi par le Conseil Constitutionnel.  Amnesty International France a dénoncé le projet de loi complémentaire comme un “grand coup contre les droits humains.” Sur le plan juridique, une action a été également entreprise auprès des tribunaux français, comme le précise European Digital Rights (EDRI, un collectif basé à Bruxelles).

Le 3 Septembre 2015, le fournisseur de service Internet (FSI) à but non lucratif, French Data Network (FDN) et la Fédération FDN (FFDN) ainsi qu’un groupe de défense des droits numériques La Quadrature du Net ont annoncé l’introduction de deux recours en justice auprès du Conseil d’Etat contre les activités de surveillance de l’Internet de la part des services de renseignement extérieur de la France, Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). La mobilisation autour du projet de loi s’accélère, mais avec un certain retard.Traduction publiée le 2 Octobre 2015 (Résumé)

https://fr.globalvoices.org/2015/10/02/190838/

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01 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

manifestation massive contre le gouvernement en hongrie (ccr)

People holds up their mobile phones as they protest against new tax on Internet data transfers in centre of Budapest October 26, 2014. REUTERS/Laszlo Balogh (HUNGARY - Tags: BUSINESS TELECOMS CIVIL UNREST) - RTR4BNXM

Mardi 28 au soir, des dizaines de milliers de manifestants ont pris les rues de la capitale hongroise, Budapest.

C’est la deuxième manifestation massive en trois jours (dimanche 26 plus de dix mille personnes avaient manifesté également). Les manifestants s’opposent à un projet de loi du gouvernement conservateur de Viktor Orban qui prétend mettre en place une taxe sur l’utilisation d’internet. La contestation de cette loi semble être en train de jouer un rôle de canalisateur d’un mécontentement social plus profond contenu depuis des années au sein de la société hongroise.

D’après cette nouvelle loi, les fournisseurs d’internet et leurs clients devront payer une taxe de 0,50 euros par gigaoctet téléchargé. Cela a provoqué la rage de la population, notamment parmi les jeunes. C’est comme ça que l’on a organisé rapidement une manifestation dimanche dernier devant le ministère de l’économie et le siège du parti d’Orban, la FIDESZ.

Plus de 10.000 personnes y ont pris partie. Les manifestants scandaient «Internet libre, Hongrie libre» mais aussi des slogans contre le gouvernement. Face au mécontentement populaire, le gouvernement avait essayé de désamorcer la mobilisation en annonçant quelques concessions: la taxe serait limitée à 2,3 euros par mois et par internaute. Mais cela n’a pas été suffisant et les manifestants ont repris la rue mardi soir, encore plus nombreux. Certains parlent de près de cent mille participants. Des manifestations ont eu lieu également dans 8 autres villes du pays. Ils exigent l’abandon du projet de loi. Regrettablement après la manifestation de mardi soir, aucune prochaine date de manifestation n’a été prévue dans les prochains jours. D’après Orban, cette taxe est fondamentale pour combler les trous du budget 2015. En effet, la Hongrie est l’un des pays de l’UE les plus endettés et avec cette nouvelle taxe le gouvernement compte récolter 65 millions d’euros.

L’UE et les Etats-Unis contre Orban Dans les manifestations on n’a pas seulement noté la présence de responsables de partis politiques bourgeois d’opposition, on a aussi remarqué la présence de hauts fonctionnaires impérialistes comme Andre Goodfriend, chargé d’affaires de l’ambassade américaine en Hongrie. L’UE de son côté a dénoncé le projet de loi à travers de sa commissaire aux nouvelles technologies, Neelie Kroes.

En effet, depuis quelques années les relations entre Viktor Orban et l’impérialisme sont pour le moins «compliquées». Ses politiques économiques «hétérodoxes» ne plaisent pas vraiment aux fonctionnaires de l’UE et du FMI. En outre, depuis qu’Orban est arrivé au pouvoir, il a mis en place toute une série de réformes politiques qui, entre autres choses, limitent certaines libertés démocratiques.

Evidemment, ces mêmes fonctionnaires ne déploient pas la même énergie pour dénoncer les attaques contre les travailleurs et les classes populaires (restriction du droit de grève, travail forcé pour les chômeurs, stigmatisation du peuple rrom, criminalisation des SDF).

Ce qui a provoqué ces nouvelles tensions entre le gouvernement hongrois et les dirigeants impérialistes, c’est le rapprochement politique et économique de la Hongrie avec la Russie, ce qui au milieu des frictions avec Poutine ne plait pas à l’impérialisme. En effet, Viktor Orban déclarait en août dernier que la démocratie libérale «avait fait faillite» et qu’il voulait transformer la Hongrie en un régime «illibéral» prenant comme modèle la Turquie et notamment la Russie et la Chine.

Des brèches dans «l’orbanisme» et des opportunités pour les classes populaires Malgré cette tentative des impérialistes et des politiciens bourgeois locaux de contrôler la contestation, cette mobilisation commence à révéler peut-être certaines brèches dans le régime «orbaniste». En effet, malgré son écrasante victoire aux dernières élections municipales, la forte abstention (57%) montrait déjà certaines faiblesses.

Depuis quelques années, Orban a effectué un tournant bonapartiste, avec un discours droitier et nationaliste, qui dans certains aspects rentrait en contradiction avec des intérêts impérialistes. Son discours sur la défense des «intérêts nationaux», avec l’objectif de créer une sorte de «capitalisme magyar», se combine avec une orientation politique et économique profondément antipopulaire.

Face à la crise politique de l’opposition bourgeoise, qui quand elle était au pouvoir a dirigé le pays d’une façon non moins antipopulaire, et au manque d’alternatives propres, c’est plutôt le désenchantement avec la politique officielle et l’apathie qui se sont répandus parmi la société hongroise. Les taux élevés d’abstention et la croissance du parti xénophobe et ultraréactionnaire Jobbik sont, à leur manière, une expression de cela.

Cependant, ces mobilisations pourraient être en train de marquer un début de nouvelles perspectives pour les classes populaires à travers la lutte directe dans les rues. Un recul du gouvernement pourrait en effet donner une nouvelle force à l’action directe des masses en Hongrie et leur redonner confiance en leurs forces. 28/10/2014. Philippe Alcoy

http://www.ccr4.org/Manifestation-massive-contre-le-gouvernement-en-Hongrie

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27 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Le succès fou d’une pétition sur la pêche (politis)

Le succès fou d’une pétition sur la pêche

En 48 heures, une pétition contre la pêche en eaux profondes est passée de 26 000 à plus de 250 000 signatures. La raison ? Un post sur le blog d’une dessinatrice, Pénélope Bagieu.

Petit retour en arrière. Au mois de mars dernier, la jeune femme assiste à une conférence TEDxParis [1], où Claire Nouvian, directrice de Bloom, présente l’action de cette association contre la pêche en eaux profondes. Pénélope Bagieu décide alors de s’investir :

« Je voulais faire quelque chose à mon échelle, à part un chèque. Je lui ai alors proposé de mettre en images son discours, de le rendre un peu plus digeste, et compréhensible en 3 minutes. Internet nous offre la chance de pouvoir interpeller facilement l’opinion publique. »

Elle utilise alors la BD comme « cheval de Troie, c’est-à-dire qu’on lit, on comprend, sans même s’en rendre compte ». Elle revient notamment sur la biodiversité exceptionnelle et méconnue des fonds sous-marins et explique les conséquences dévastatrices de la pêche en eaux profondes, qui détruit tout sur son passage.

Elle dénonce aussi le fait que cette technique est subventionnée et désigne Intermarché, qui possède 6 des 9 bateaux français autorisés à pratiquer ce type de pêche. Claire Nouvian résume ainsi le travail de la dessinatrice : « Elle a réussi à aborder un sujet très sérieux, à inclure des chiffres précis tout en aboutissant à un travail drôle. En quelques minutes, vous avez compris toute la toxicité de ce modèle économique de façon simple et amusante. »

Pour finir, Pénélope renvoie vers la page de la pétition. Or, son compte twitter affiche plus de 114 000 abonnés. « Elle nous a alors prévenus que d’ici à la fin de semaine, nous devrions atteindre les 100 000 signatures. Pour nous, 20 000 de plus, ça aurait déjà été une petite victoire. »

« Le gouvernement ne peut ignorer une telle mobilisation »

Les deux femmes sont loin du compte. La page de la BD est « likée » 192 000 fois en 48 heures, retweetée 5 000 fois, partagées sur Facebook à tout-va… L’affluence sur le site de Bloom pour signer la pétition est telle que les serveurs de l’association lâchent. « On était déprimés. Imaginez, on bosse sur ce sujet depuis dix ans, ça fait dix ans qu’on souhaite une telle audience et, tout d’un coup, ça nous arrive. Toutes les campagnes rêvent de devenir virales. Là, ça devient le cas, et la technique nous lâche… »

Finalement, les serveurs finissent par repartir, et la pétition continue d’engranger des signatures. Forte de ces nouveaux soutiens, l’association interpelle les responsables politiques : François Hollande, Frédéric Cuvillier, ministre en charge des questions de pêche, ou encore Alain Cadec, député européen et vice-président de la commission en charge de la pêche.  Publié le 26 novembre 2013 par Politis

http://www.politis.fr/Le-succes-fou-d-une-petition-sur,24606.html

La pétition : http://petition.bloomassociation.org/

L’association Bloom : http://www.bloomassociation.org/

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20 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Internet mobile, l’UFC accuse les opérateurs de dégrader volontairement la 3G (lt)

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Ce mardi, l’UFC-Que Choisir a annoncé avoir saisi l’Arcep, le gendarme des télécoms, pour dénoncer la dégradation du réseau 3G, orchestrée, selon elle, par les opérateurs pour provoquer une migration forcée des utilisateurs vers la 4G.

Internet mobile, l'UFC accuse les opérateurs de dégrader volontairement la 3G (lt) dans Internet empty

« Les opérateurs ont fait de la 4G un enjeu stratégique majeur (…). Et il n’y a pas de meilleure façon de valoriser la 4G qu’en dégradant la 3G ». Alain Bazot, le président de l’UFC-Que Choisir, n’y va pas par quatre chemins… « Il y a une diminution de la qualité de l’offre (3G), ce qui conduit à une valorisation tout à fait artificielle et provoquée de la 4G ».


Une dégradation toujours plus prononcée
Après une première étude dénonçant une mauvaise qualité du réseau 3G en janvier, l’UFC a publié les résultats d’une seconde analyse réalisée selon la même méthodologie en Ile-de-France, ainsi qu’à Lille, Toulouse et Grenoble. Ses mesures sur les services vidéo, audio et de téléchargements d’applications montrent une dégradation toujours plus prononcée de la couverture.


Free est qualifié de « lanterne rouge« … Trois opérateurs sur quatre offrent une qualité de réseau dégradée par rapport à janvier. Seul Bouygues Télécom améliore légèrement ses services. « Free se singularise comme étant lanterne rouge des opérateurs », a indiqué Alain Bazot. La filiale d’Iliad, le groupe de Xavier Niel, affiche, en effet, les plus mauvaises performances sur son réseau propre, même si le débit s’améliore quand il passe par le réseau d’Orange (en itinérance). Une perspective « inquiétante » pour l’UFC, alors que Free s’est engagé à couvrir 75 % de la population avec son propre réseau en 2015.


… et va saisir la justice
Ce mardi, le quatrième opérateur a vertement réagi à toutes ces accusations, menaçant de traîner l’association devant les tribunaux. « L’UFC paraît regretter le temps paisible de l’oligopole. Free va saisir la justice contre l’UFC, qui, s’appuyant, une nouvelle fois, sur une étude partielle et partiale avec une méthodologie très contestable qui ignore la réalité de l’usage, tente d’accroître sa notoriété au détriment de Free », a déclaré un porte-parole.


Encore 35 millions de Français concernés
De son côté, l’association n’a pas hésité à qualifier la dégradation de la 3G d’ »illogique ». Le départ d’un million de consommateurs vers la 4G aurait, en effet, dû « désengorger le réseau 3G », encore utilisé par 35 millions de Français. En conséquence, elle a saisi l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) pour endiguer ce démantèlement organisé. AFP 19 novembre 2013 à 13h40

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/france-monde/france/internet-mobile-l-ufc-accuse-les-operateurs-de-degrader-volontairement-la-3g-19-11-2013-2308512.php

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09 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

La Syrie, terre de mission des conspirationnistes (L’E)

La Syrie, terre de mission des conspirationnistes (L'E) dans International asma-et-bachar-el-assad-4

Au moment où la communauté internationale se déchire sur une éventuelle intervention en Syrie, une partie de l’opinion publique se laisse bercer par la complotite très active des « Bacharophiles ». Pourquoi un tel succès? Eléments d’analyse. Les partisans de Bachar el-Assad voient dans la crise syrienne une machination contre un régime « laïc » et « défenseur des minorités », sans le moindre égard pour les 110 000 morts et les 6 millions de déplacés causés par le régime syrien.

Alors que plusieurs pays dont la France s’interrogent sur l’opportunité d’une action militaire en Syrie après l’attaque chimique qui a fait plus d’un millier de morts le 21 aout, une partie de l’opinion publique est sensible aux sirènes complotistes qui soutiennent plus ou moins objec- tivement le régime de Bachar el-Assad. Ils voient dans la crise syrienne une machination contre un régime « laïc » et « défenseur des minorités », sans le moindre égard pour les 110.000 morts et les 6 millions de déplacés causés par la réponse apportée par le régime syrien à ce qui n’était au départ qu’une demande de réformes.

De l’extrême droite à la gauche de la gauche Cette vision trouve un écho assez « naturel » au sein de l’extrême droite, mais également chez certaines personnalités et organisations qui se réclament de la gauche. « On observe pantois la gauche laïcarde faire des mamours à la droite identitaire et s’émouvoir soudainement du ‘sort des Chrétiens’, s’emporte l’historienne Marie Peltier, tandis que l’on découvre cette même droite subitement férue de laïcité et pourfendeuse de la volonté hégémonique occidentale dont elle a pourtant été l’un des plus fidèles apôtres ». Ces anti-impérialistes, relève Marie Peltier, ne se sont guère manifestés depuis les deux ans que dure la répression orchestrée par ce régime.

Comme il en a l’habitude après chaque massacre, le régime syrien a nié, le 21 août, l’usage d’armes chimiques: « Les infor- mations sur l’utilisation d’armes chimiques dans la Ghouta sont totalement fausses », a réagi l’agence de presse officielle Sana, avant, alors que l’indignation montait, d’accuser les insurgés d’être les responsables de cette attaque. Une lecture des faits aussitôt relayée par une multitude de sites complotistes pro-Assad aux noms évocateurs de cequelesmediasnenousdisentpas, Investig’action ou francaisdefrance. Ils s’empressent de préciser que la Russie a fourni aux Nations Unies des « images satellites, irréfutables, des 2 missiles chargés de produits chimiques qui se sont abattus sur Al Ghouta faisant des centaines de morts, dont la plupart des enfants », précisant que ceux-ci « ont été lancés depuis la région de Douma en Syrie, sous contrôle des rebelles! »

Depuis le début du soulèvement des Syriens contre quarante années de règne des Assad père et fils en mars 2011, Damas a trouvé, dans les pays occidentaux, une multitude de relais veillant à diffuser sa vision de la crise. Aux premières loges, des activistes d’extrême droite ou proches de l’extrême droite comme Frédéric Chatillon. Cette mouvance compte plusieurs figures issues de la gauche de la gauche se proclamant « anti-impérialiste », comme Thierry Meyssan, célèbre pour avoir imputé à une conspiration ourdie par la CIA les attentats du 11 septembre 2001, et fondateur du Réseau Voltaire, aujourd’hui installé à Damas. Mais aussi Alain Soral, qui dirige le site Égalité et Réconciliation, Louis Denghien, fondateur du site Infosyrie (Lire l’enquête de L’Express sur la « légion française d’Assad »), le journaliste Michel Collon, fondateur du site Investig’action, ou l’écrivain Jean Bricmont.

Le rôle démultiplicateur d’Internet L’obsession du complot à l’oeuvre à propos de la Syrie s’est largement développée grâce à Internet. Dans une « époque saturée par l’information, ceux qui tendent vers le conspirationnisme se piquent de pratiquer un hypercriticisme, qui n’est en fait qu’une fainéantise intellectuelle, explique Stéphane François, chercheur spécialisé dans les sous-cultures de la droite radicale. Les publications à connotation paranoïaque/conspirationniste étaient jusqu’à présent confidentielles, très peu lues. Internet, en dématérialisant les supports, a permis une diffusion accrue de ces thèses, au travers notamment de la démultiplication de ces sites ».

Relativiser les exactions du régime Les conspirationnistes, s’ils sont très actifs sur internet, sont certes assez peu nombreux, mais leur activisme est parvenu, bien au delà de leur cercle à instiller le doute sur la réalité des événements en cours en Syrie. Aussi voit-on, notamment sur les réseaux sociaux, nombre d’internautes et de d’activistes remettre en question la réalité des exactions du régime Assad, ou les rela- tiviser en mettant en balance l’incroyable répression menée par Damas, avec les dérapages, condamnables bien sûr mais d’une ampleur infiniment inférieure, d’une partie des rebelles syriens et des djihadistes qui ont profité du chaos pour avancer leurs pions. Et cette prose sert de justification à de nombreux acteurs politiques en France pour justifier leur rejet de toute idée d’intervention, du Front national au Front de gauche. Pour les « tenants de l’interprétation policière de l’histoire », peste l’éditeur franco-syrien Farouk Mardam-Bey, « les manifestations populaires à travers le pays, les dizaines de milliers de morts et de blessés, les centaines de milliers de réfugiés, les arrestations massives, les tortures, les viols, les pillages, les bombardements des villes et des villages à l’artillerie lourde et à l’aviation de combat ne sont qu’une illusion d’optique, des images fabriquées dans les officines de la CIA et les studios d’al-Jazeera. »

Le passif des pays occidentaux Comme souvent dans la complosphère, l’argumentaire sur lequel s’appuient ceux qui nient ou minimisent les crimes du régime Assad n’est pas dénué de fondement. Les réfractaires à toute intervention en Syrie ont beau jeu de rappeler les menson- ges américains sur les armes de destruction massives qui ont servi de justification à l’intervention en Irak en 2003. Et « comment accorder crédit aux invocations vertueuses des Etats-Unis, dont le Plan Condor a soutenu les tortionnaires d’Amérique latine avant de livrer à Saddam Hussein le gaz destiné à leur ennemi iranien? », fait valoir François Burgat, chercheur à l’Institut de Recherches et d’Etudes sur le Monde Arabe et Musulman. Il est difficile, complète-t-il, de donner crédit au soutien à la démocratie de « ces Européens qui boycottent les urnes arabes chaque fois que les vainqueurs ne leur plaisent pas. »

« Au coeur de tous les malentendus que manifeste la lamentable « complotite » qui paralyse aujourd’hui la solidarité internationale à l’égard de l’opposition syrienne, il y a le fait que des diplomaties occidentales au lourd passé de cynisme impérialiste ont compris, après le désaveu des révoltes tunisienne et égyptienne, les limites tactiques du soutien aveugle qu’elles apportaient à des régimes autoritaires déchus. Et qu’elles ont décidé de « changer », au moins partiellement, leur fusil d’épaule », ajoute encore le chercheur.

Un culturalisme frisant parfois le racisme Derrière la vision tronquée de ceux qui doutent de la véracité des massacres commis par le régime, transpire aussi un « culturalisme qui assigne aux autres peuples, consciemment ou inconsciemment, une culture à jamais différente de la nôtre, et qui leur colle à la peau comme une seconde nature, dénonce Farouk Mardam-Bey. S’il est en France tout à fait naturel, quand on est de gauche, de défendre les acquis sociaux et les libertés individuelles et collectives, il est en revanche impensable, inouï, aberrant, contre nature, selon cette même gauche, de vouloir en Syrie vivre libres et égaux. »

Une partie de la gauche latino-américaine, et notamment la communauté d’origine levantine dans ce continent soutient elle aussi de façon inconditionnelle le régime. Janaina Herrera, ancienne diplomate et consultante relève elle aussi « l’absence d’interrogations sur les causes du soulèvement syrien ». « Tout se passe comme si la souveraineté du peuple syrien, si souvent invoquée contre les ingérences extérieures, était dépourvue de tout volet interne. Le grand absent de ces débats est in fine le peuple syrien lui-même ». Pire, pour ces culturalistes, « les Arabes semblent être un peuple qui favorise la violence comme moyen de résoudre les conflits, s’abreuve au puits de l’extrémisme, dont la capacité à rejeter le fardeau du despotisme oriental et l’aptitude à la démocratie est toujours mise en doute. Vue sous cet angle, la violence qui accompagne la révolution n’est pas exceptionnelle et n’appelle donc pas une action urgente », avance le politologue libanais Ziad Majed.

La défense des minorités contre la majorité sunnite La justification que représente, selon la complosphère pro-Assad la « défense des minorités » par un régime qui les a plus souvent manipulées que véritablement défendues a un aspect paradoxal. Ainsi, ceux qui s’indignent des menaces qui pèsent sur les Chrétiens ou les Alaouites, ne s’embarrassent guère de justifier l’oppression de la majorité sunnite (70% de la popu- lation): « Ils préfèrent la tyrannie exercée sur la majorité afin de préserver la minorité », constate Ziad Majed.  La hantise de l’islam est égale- ment présente chez nombre de détracteurs de l’opposition syrienne qui réunit laïcards de gauche et de droite. Pour une partie de l’opinion et notamment au sein de la gauche arabe, par ailleurs, il est difficile d’accepter le cours des événements depuis le début des printemps arabes alors que les forces islamistes ont distancé les « modernistes » à chaque fois qu’ils ont pu voter librement, observe François Burgat. D’où « la tentation de l’alliance avec ces militaires qui disent vouloir ‘sauver la révolution’, comme en Egypte.

L’obsession du « grand jeu » international Les complotistes ne voient dans la crise syrienne qu’un champ de bataille pour les puissances mondiales et régionales. Les doutes légitimes sur les intentions des parrains de l’opposition que sont les monarchies du Golfe, bien peu démo- crates à domicile, servent aussi de prétexte pour délégitimer le combat des opposants syriens. Ceux qui voient dans la crise en cours une cabale américano-israélo-saoudo-qatarie, « sont obsédés par la lecture géostratégique des événements, au point d’en oublier le sort de millions d’individus, de leurs droits et de leurs dignité », regrette Ziad Majed. Ces conspirationnistes « ne s’intéressent qu’aux frontières, aux ressources et aux intérêts des acteurs externes de la crise », oubliant au passage que  » l’essence même des relations internationales est basée sur la quête des intérêts propres des protagonistes -Iran, Russie et Chine compris », ajoute-t-il.

Ceux qui apportent leur soutien au régime baasiste au nom de la cause palestinienne, oublient que les Assad ont plus fait peser leur bellicisme sur les Libanais les Syriens et les Palestiniens eux-mêmes, que sur « l’ennemi sioniste ». D’ailleurs, « l’Etat hébreu s’accommode fort bien des discours sur la ‘résistance’ baasiste, qui n’a jamais été suivie d’effets par le passé », relève Ignace Leverrier, auteur du blog « Un oeil sur la Syrie ». Bien qu’inquiets de la déstabilisation de la Syrie, les Israéliens préfèrent, jusqu’à aujourd’hui, « le diable qu’ils connaissent », selon l’expression employée par un responsable des services secrets israéliens.

En dernier ressort, il faut souligner ce paradoxe: le soutien occidental aux rebelles syriens, décrié par les conspirationnistes « est d’autant plus absurde qu’ils n’en n’ont, pour l’heure, pas vu grand chose, contrairement à l’effort russe, iranien ou libanais, efficacement concentré sur le maintien de l’écrasante supériorité militaire du régime, déplore François Burgat. « Jalonné d’une longue série d’atermoie-ments, faite de promesses incertaines soumises à des exigences irréalistes (Etes-vous tous vraiment laïques?) il est demeuré jusqu’à ce jour plus proche du baiser de la mort que de la main salvatrice. » Par , publié le 06/09/2013 à 10:47

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orient/la-syrie-terre-de-mission-des-conspirationnistes_1279058.html

Commentaire: Cet article de l’Express n’est pas du NPA. Il offre un éclairage sur la curieuse union rouge-bruns pour Assad que nous partageons.

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11 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Affaire Snowden : vol au-dessus d’un nid de barbouzes

Affaire Snowden : vol au-dessus d’un nid de barbouzes dans Internet cia

La semaine dernière l’affaire Snowden a atteint son paroxysme quand la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal ont fermé leur espace aérien à Evo Morales, président de la Bolivie, de retour de Russie, soupçonné d’avoir à son bord le fameux Snowden.

Cet épisode démontre une fois de plus le jeu de dupes que se livrent les différentes chancelleries européennes depuis les révélations autour des écoutes de la NSA. Nul n’ignorait ces écoutes maintes fois médiatisées ces 15 dernières années (par exemple Echelon en 2000). Les dernières révélations du Spiegel évoquent même la complicité de ces chancelleries dans la collecte et l’échange des informations et données. L’épisode du blocage de Morales prouve que l’impérialisme a des alliés bien dociles. Motivé par la rumeur, il fallait empêcher à tout prix Snowden de quitter la zone aéroportuaire moscovite dans laquelle il se trouve coincé depuis des semaines. Que l’avion concerné soit celui d’un président d’un des États qui dénoncent sans relâche l’impérialisme yankee n’a rien de fortuit. L’indignation feinte par les puissances européennes au moment des premières révélations s’évaporent aujourd’hui devant le pragmatisme des intérêts économiques.

Chasse à l’homme L’accueil de Snowden devient donc un enjeu de politique internationale. Les pays qui s’affrontent régulièrement aux États-Unis sur leur propre continent (Bolivie, Équateur, Venezuela) se déclarent prêts à accueillir Snowden. Et dans différents pays d’Europe, des voix s’élèvent pour pousser les gouvernements à prendre position afin accueillir l’ancien américain. Il ne fait malheureusement aucun doute que cette véritable traque, organisée par les Américains et leurs alliés comme la France, ne tourne mal pour l’homme qui a fait éclater la vérité. Snowden ne pourra sûrement pas quitter Moscou, comme l’illustre l’affaire de l’avion de Morales. Les pressions américaines sont énormes, car les États-Unis ne veulent pas revivre le camouflet subi avec Julian Assange qui avait révélé le fameux Wikileaks. Il faut donc exiger que la France cesse de soutenir les États-Unis dans cette accablante chasse à l’homme.

Thibault Blondin  Jeudi 11 juillet 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 203 (11/07/13)

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11 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Soutien à Médiapart, affaires politico-financières : nous avons le droit de savoir (Bastamag)

Soutien à Médiapart, affaires politico-financières : nous avons le droit de savoir (Bastamag) dans Internet censure

Quarante titres de presse, associations de défense des libertés et syndicats lancent un appel, pour protester contre l’arrêt de la cour d’appel de Versailles ordonnant à Mediapart et au Point de supprimer toute citation des enregistrements Bettencourt. Basta ! est signataire de cet appel, que nous relayons ici.

La liberté de l’information n’est pas un privilège des journalistes mais un droit des citoyens. Dans une démocratie vivante, le pouvoir du peuple souverain suppose le savoir d’un public informé. Etre libre dans ses choix et autonome dans ses décisions nécessite de connaître ce qui est d’intérêt public, c’est-à-dire tout ce qui détermine et conditionne nos vies en société.

S’agissant des affaires publiques, la publicité doit donc être la règle et le secret l’exception. Rendre public ce qui est d’intérêt public est toujours légitime, notamment quand le secret protège indûment des injustices et des délits, des atteintes au bien collectif ou aux droits humains. Ainsi la sécurité des Etats ne saurait empêcher la révélation de violations des libertés individuelles, pas plus que la sauvegarde de l’intimité de la la vie privée, impératif par ailleurs légitime, ne saurait être l’alibi d’infractions aux lois communes.

C’est pourquoi il importe de défendre les journalistes professionnels, les sources d’information et les lanceurs d’alerte ayant permis la révélation de faits d’intérêt général qui, sans leur travail et leur audace, seraient restés inconnus du public. Les soutenir, c’est protéger et étendre un droit de savoir universel, garantie d’un renforcement de la démocratie mondiale à l’heure de la révolution numérique.

Pour toutes ces raisons, nous nous disons solidaires de Mediapart après la récente condamnation lui imposant de censurer, trois ans après leur révélation, ses informations sur le scandale Bettencourt. En signe de protestation, nous faisons désormais nôtres toutes ces informations. Et nous encourageons les médias, les associations, les élus, les citoyens à les reprendre immédiatement et à les diffuser par tous les moyens démocratiques en leur possession.

Les premiers signataires :

Hebdomadaires. Charlie Hebdo, L’Express, Les Inrockuptibles, Marianne, Le Nouvel Observateur, Politis.

Quotidiens. Le Courrier (Suisse), L’Humanité, Libération, Le Soir (Belgique).

Sites d’information. Aqui ! Presse, Aqui.fr, Arrêt sur images, ArteRadio, Basta !, Le Courrier des Balkans, Edito+Klartext (Suisse), Electron Libre, Factuel.info, Infolibre (Espagne), lexpress.fr, Marsactu, Mediapart, Reflets, Rue89, Le Téléscope d’Amiens.

Radio. Radio Nova.

Mensuels et trimestriels. Causette, Lyon Capitale, Mensuel Le Ravi, Polka Magazine, Regards, Terra Eco.

Associations et syndicats. Association Anticor, Association de la presse judiciaire, Attac, Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception (Cadac), Déclaration de Berne (association pour un développement solidaire, Lausanne, Suisse), Ligue des droits de l’Homme, The National Union of Journalists (branche française), La Quadrature du Net, Syndicat de la magistrature, Syndicat national des journalistes (SNJ), Syndicat national des journalistes SNJ CGT, SNESUP-FSU Alsace, Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil), Reporters sans frontières.

Liste des personnes signataires

Pour signer l’appel

BitTorrent - 14.5 ko
Dossier Bettencourt Médiapart

Vous pouvez télécharger l’archive du « dossier Bettencourt » publié par Mediapart via ce fichier Torrent, avec par exemple le logiciel Transmission (pour Mac & Linux) ou Bittorrent (pour Windows).

À lire :
- Bettencourt-Mediapart : un appel contre la censure, sur Mediapart
- Médias censurés sur l’affaire Bettencourt, sur Basta !

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pour poursuivre son travail, faites un don.

Par Rédaction (11 juillet 2013) http://www.bastamag.net/article3187.html

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05 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Édito : yes we scan !

Édito : yes we scan ! dans Internet collectif-mickey-parade-n-142-mickey-espion-branche-revue-260212690_ml

Les prophéties orwelliennes n’en finissent pas de trouver réalité :

le dernière en date, le scandale de la NSA (National security agency), agence américaine d’espionnage… à l’écoute du monde. C’est l’ingénieur informaticien américain Edward Snowden qui a révélé l’étendue du réseau de surveillance américain, qui, loin de s’arrêter à ses propres frontières, espionne le monde entier. Les oreilles de la NSA sont par exemple capables de collecter près de 500 millions de « contacts » par mois en Allemagne. Cette nouvelle affaire fait suite au déjà oublié « Échelon », réseau de surveillance européen de la NSA, qui avait provoqué la constitution d’une commission d’enquête du Parlement européen à laquelle Alain Krivine, alors député européen, avait participé au début des années 2000.

Le scandale s’est amplifié quand Die Spiegel a révélé que des bâtiments de l’Union européenne sont aussi sur écoute. Il s’agit bien entendu d’une atteinte dramatique aux libertés publiques et individuelles, puisque n’importe quel quidam peut se retrouver espionné, de son mail à ses communications, par les différents barbouzes yankee, français ou encore anglais, tout autant qu’un état souverain. Une série de mots « suspects », prononcés ou écrits lors d’une conversation téléphonique ou électronique, et Big brother vous regarde… Il s’agit également du visage invisible de la guerre commerciale que se livrent les différents pays occidentaux, à l’image de la concurrence Airbus et Boeing, guerre qui conduit les États à mettre en place des moyens d’espionnage commercial et industriel.

Mais avec des lois de plus en plus liberticides, des nouvelles technologies (internet, smartphone, réseaux sociaux) qui nous fliquent, des multinationales telles que Google qui négocient avec des dictatures la mise en place de filtres sur le réseau, la surveillance des individus franchit aujourd’hui un seuil inégalé. Cet espionnage n’a pas servi à déjouer les attentats de 2001, mais est par contre responsable de la persécution à travers le monde de syndicalistes, de révolutionnaires comme celles et ceux assassinéEs ces deux dernières années en Égypte ou encore d’opposantEs comme en Chine. Alors attention : si vous dites « socialisme », « barricade », « action » et « États-Unis » au téléphone, Mickey est à l’écoute !

Jeudi 4 juillet 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 202 (04/07/13) Thibault Blondin

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