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10 juin 2018 ~ 0 Commentaire

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09 juin 2018 ~ 0 Commentaire

portables (la rotative)

message

Interdiction des portables au collège : regard d’un assistant d’éducation

Quel regard portes-tu sur cette proposition de loi interdisant l’utilisation du téléphone portable dans les collèges ?

C’est une proposition de loi inutile, et c’est une proposition de loi qui, une fois de plus, ignore les réalités vécues sur le terrain. Inutile, puisque la loi prévoit déjà que l’utilisation d’un télé- phone mobile est interdite aux élèves « durant toute activité d’enseignement et dans les lieux prévus par le règlement intérieur ». Un collège peut donc déjà interdire toute utilisation des portables dans son enceinte : c’était le cas d’un des établissements où j’ai travaillé. En annon-çant cette mesure, tout en rouvrant le débat sur le port de l’uniforme, le gouvernement semble surtout vouloir flatter une frange conservatrice de l’électorat qui réclame toujours plus de discipline dans l’espace scolaire.

Ça signifie quoi, concrètement, interdire les téléphones portables dans les collèges ?

Ça veut dire que les assistants d’éducation, qui sont souvent en sous-effectif [1], passent une bonne partie de leur temps à traquer les collégien(ne)s qui en font usage. Car il ne faut pas se leurrer, les élèves ne les laissent pas éteints au fond de leurs sacs. Donc, au lieu de se consa-crer à d’autres besoins plus importants, il faut faire la chasse aux téléphones. « C’est idiot, et c’est chronophage ». C’est idiot, et c’est chronophage. Parce que chaque cas va donner lieu à une négociation : telle élève était au téléphone avec sa mère pour la prévenir qu’elle sortait plus tôt, tel autre annonçait qu’il faisait l’objet d’une punition, un autre enfin l’utilisait simplement pour écouter de la musique, etc. On n’est pas dans l’accompagnement éducatif des élèves, on est dans la traque et la punition. Punition qui sera souvent contestée par les parents qui ne peuvent plus joindre leur enfant…

Les auteurs de la proposition de loi invoquent différents problèmes pour justifier leur volonté d’interdiction : usages malveillants, cyber-harcèlement, problèmes de concentration en cours… Qu’en penses-tu ?

L’une des caractéristiques du cyber-harcèlement, c’est qu’il se poursuit une fois les élèves sortis de l’établissement. Les insultes et les menaces circulent sur les réseaux sociaux, et le harcèlement se poursuit en soirée, la nuit, s’étend parfois à plusieurs établissements de la ville… C’est un vrai sujet, mais l’interdiction du téléphone portable à l’intérieur des collèges n’y répond absolument pas. Quant aux prises de photos et de vidéos malveillantes, d’après mon expérience, les équipes éducatives sont généralement très vigilantes à ce sujet, font des rap-pels de la loi en vigueur aux élèves surpris en train de filmer des bagarres ou des moqueries… Et si l’objectif annoncé de protéger les élèves est louable, il faut quand même constater que les équipes éducatives sont très vite démunies face aux situations de harcèlement : on manque de moyens, de formations, de solutions adaptées pour protéger les élèves qui en sont victimes.

On a besoin de pognon pour l’éducation, pour financer des postes à la hauteur des besoins, pas de mesures comme celle-là, qui se limitent à de l’affichage. Je veux bien qu’on dise que « l’utilisation du téléphone portable par les élèves pendant les cours porte atteinte à leurs ca-pacités d’attention et de concentration », ou qu’on explique que «l’usage des portables dans l’enceinte des établissements scolaires peut soulever de réelles difficultés (…) pédagogiques»  [2], mais sur ces points il vaudrait mieux réduire le nombre d’élèves par classe, offrir un enca-drement adapté aux élèves qui ont de gros troubles de concentration, et assurer le remplace-ment des personnels absents.

Fabienne Colboc, députée d’Indre-et-Loire, a présenté un amendement qui prévoyait carrément « d’étendre l’interdiction de l’usage du téléphone portable à l’ensemble de la communauté éducative ». Ton avis ?

Ça ne leur suffit pas d’infantiliser les élèves, ils veulent aussi infantiliser les personnels de l’éducation. Mais je n’ai pas de leçon à recevoir de Madame Colboc sur l’utilisation que je peux faire de mon téléphone sur mon lieu de travail, en particulier lorsqu’elle invoque la nécessité de « renvoyer à nos jeunes une image d’exemplarité ». Quand elle recopie mot pour mot des amendements écrits par des lobbys de l’industrie des pesticides, est-ce qu’elle fait preuve d’exemplarité ? Encore une fois, ce texte témoigne de la méconnaissance des parlementaires sur ce qui se passe dans les établissements scolaires. Avec mes collègues, on a besoin de nos téléphones pour s’organiser, se coordonner, se prévenir en cas de retard ou d’absence, pour pallier au manque de postes téléphoniques et informatiques. Ils imaginent quoi pour remplacer ça ? Un réseau de talkie-walkies ?

Je veux bien qu’on ait un débat national sur les téléphones portables, en particulier les smartphones, qui traiterait de leur impact sur la santé et sur la concentration – puisque cela fait partie des arguments avancés dans le cadre de cette proposition de loi –, ou sur leurs condi-tions de production, qui sont notoirement dégueulasses. Mais dans ce cas, que les députés s’attaquent à Free, à Orange ou à Bouygues, qu’ils s’attaquent à Apple et à Samsung, pas aux collégiennes et aux personnels de l’éducation.

Le 7 juin, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi interdisant aux élèves l’utili-sation des téléphones portables dans les écoles et les collèges. Certains députés, parmi les- quels Fabienne Colboc, réclamaient même que l’usage des téléphones soit interdit aux person-nels. Entretien avec un assistant d’éducation d’un établissement de Tours.

 8 juin 2018

https://larotative.info/

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09 juin 2018 ~ 0 Commentaire

idiotie (publico.pt + france info)

macron couronne

Vu du Portugal. Macron contre les “fake news”, une “idiotie” politique

Público s’intéresse à la croisade du président français contre la propagation des “fausses nouvelles”. Le quotidien portugais estime que son projet de loi “est peut-être pavé de bonnes intentions, mais il sent la censure à plein nez”.

“Macron marche contre les ‘fake news’ et met les journalistes à l’épreuve”, titre ce vendredi 8 juin Público. Le quotidien portugais rappelle en ouverture de ses pages Monde que l’Assem-blée nationale française a commencé à examiner jeudi deux textes relatifs à la “lutte contre la manipulation de l’information”. L’objectif étant d’empêcher les “fake news” de saper les campagnes électorales.

Dans son éditorial, également consacré au sujet, le directeur adjoint de la rédaction de Público, Diogo Queiroz de Andrade, estime que cette loi présente des “aspects dangereux” : Le texte est peut-être pavé de bonnes intentions, mais il sent la censure à plein nez ; le projet a des objectifs louables, mais il est voué à l’échec dans la mesure où il repose sur des décisions de justice extrêmement rapides.”

Les lois existantes suffisent

Le journaliste s’insurge contre “l’idiotie” de cette loi, dont l’objectif affiché est de protéger la démocratie du danger que représentent pour elle les fausses informations. Mais nous savons bien, poursuit-il, où peuvent mener les bonnes intentions, spécialement quand elles prennent la forme d’une loi : il ne faut pas beaucoup d’imagination pour deviner ce qui adviendrait de la presse libre si une Marine Le Pen prenait le pouvoir en France avec une loi de ce genre en vigueur. La volonté de protéger la démocratie s’accommode mal de lois qui menacent les libertés fondamentales.”

Afin de lutter contre “le populisme à l’œuvre dans des sociétés toujours plus connectées”, l’éditorialiste estime qu’il suffit de recourir aux lois existantes. Et d’imposer notamment, comme à la télévision, une responsabilité sociale et un cahier des charges aux plateformes en ligne. “Il est certain qu’on assisterait à une diminution drastique des ‘fakes news’.”

Vincent Barro  08/06/2018

https://www.courrierinternational.com/

Lire aussi:

Pourquoi la loi contre les fake news suscite une levée de boucliers (France Info)

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07 juin 2018 ~ 0 Commentaire

linky baden (le télégramme)

stop linky

Le collectif badennois anti-Linky propose une conférence d’informa- tion, ce soir Jeudi 7 Juin  à 20 h 30, salle Saint-Jean, rue Park ar Puñs.
Selon eux, il s’agit de « comprendre le caractère non obligatoire de l’installation d’un compteur Linky et prendre conscience des phénomènes de causalité entraînés par ce type d’appareil

Projection d’une conférence de Stéphane L’homme sur les applications du compteur Linky et les craintes qu’elles génèrent suivie d’un échange avec le public. Cette projection est organsée par le Collectif anti-Linky de Baden.

Jeudi 7 juin, 20h30, salle Saint-Jean, 11, rue Park-er-Puns, Baden.

Contact : anti.linky.baden@gmail.com

http://www.letelegramme.fr/

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21 avril 2018 ~ 0 Commentaire

mai 1968 videos 1. 2. 3. (npa)

 

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21 avril 2018 ~ 0 Commentaire

mai 68 videos teasers (npa)

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20 avril 2018 ~ 0 Commentaire

magdalene indonésie (global voices)

Le magazine Magdalene offre une plateforme en ligne dédiée aux femmes et aux autres communautés marginalisées d’Indonésie

“Je suis Magdalene. Je représente une multitude de personnes.” Depuis 2013, Magdalene publie des articles qui s’adressent aux adolescentes et aux femmes, aux membres de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre (LGBT) et aux minorités religieuses d’Indonésie.

Ce magazine en ligne a été lancé pour offrir un espace dédié aux auteurs qui souhaitaient s’attaquer aux sujets tabous dans un pays où les radicaux islamistes poussent avec acharne- ment les autorités à  imposer leurs croyances religieuses à la société.

L’Indonésie est le plus grand pays majoritairement musulman au monde. Les principes fondamentaux qui régissent la nation incluent la promotion du pluralisme et de la modération, ainsi qu’un concept d’harmonie entre religions, connu sous le nom de Pancasila.

Magdalene est le fruit de notre vision d’une publication en ligne qui offre des perspectives nouvelles transcendant les limites classiques relatives au genre et à la culture. Nous faisons entendre les voix des féministes, des pluralistes et des progressistes ou tout simplement de ceux qui n’ont pas peur d’être différents, peu importe leurs genres, couleurs ou préférences sexuelles. Notre objectif est d’impliquer et pas de marginaliser.

Les fondatrices de Magdalene sont d’anciennes journalistes : Devi Asmarani, Hera Diani et Karima Anjani. Elles ont indiqué dans une récente interview que leur objectif de départ était de créer un magazine en ligne qui servirait de plateforme de lecture alternative pour les femmes. Asmarani explique plus en détails : Nous souhaitons aborder des questions importantes… des questions progressistes qui bénéficient d’une faible couverture médiatique grand public entre autres parce que les sujets sont tabous.

Cinq ans après sa création, Magdalene continue à publier des histoires dont on parle rarement dans les médias grands publics. Les sujets délicats abordés incluent les LGBT, le pluralisme, la violence sexuelle et le “body shaming” (harcèlement lié à l’apparence physique). Le magazine a acquis une équipe d’auteurs dévoués ainsi qu’une base de lectorat en constante augmentation qui soutient le manifeste du site internet.

Voici ci-dessous quelques commentaires élogieux de la part des lectrices de Magdalene :

L’un des journaux quotidiens en ligne que j’ai toujours lu, en tant que musulmane je trouve le contenu varié très inspirant.

Un article si important !  C’est bon de savoir que je ne suis pas seule dans cette situation. Je suis une féministe et j’ai du mal avec le concept de religion. “Nous remettons en question notre cercle social. Nous ne nous sentons pas à l’aise quant à la façon dont les membres de notre famille, nos proches et nos amis voient le monde.”

Dans une interview, l’auteure Hera Diani a mentionné que depuis peu 30 à 40 pour cent des lecteurs sont des hommes. Elle a ajouté que de nombreux hommes lisant Magdalene ont exprimé leur gratitude pour les articles instructifs publiés par le magazine. Les lecteurs de la communauté LGBT ont également commenté la façon dont les articles de Magdalene ont ouvert leurs esprits sur les comportements paternalistes, misogynes et hétéro-normatifs qui existent encore dans la communauté.

17 Avril 2018

https://fr.globalvoices.org/

Lire aussi:

Le Doing Cafe à Séoul : lieu privilégié pour parler féminisme, un sujet toujours tabou en Corée du Sud (GV)

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03 avril 2018 ~ 0 Commentaire

réseaux (jdd + al)

affiche_sncf_2018

Les cheminots livrent aussi bataille sur les réseaux sociaux

Pour défendre leur profession et lutter contre les clichés, les cheminots communiquent de plus en plus sur Twitter et Facebook. Souvent en dehors du cadre syndical.

Les mobilisations se déclinent aussi en 2.0.

Le 22 mars, jour de manifestation, la colère ferroviaire ne s’exprimait pas seulement dans la rue, mais également derrière les écrans d’ordinateur et de smartphone. « Plus de 98.000 tweets ont été échangés, a calculé Véronique Reille-Soult, présidente de Dentsu Consulting, cabinet conseil en ­influence et ­e-reputation. D’habitude, pour ce type de mouvement, on tourne plutôt autour de 50.000 messages. » Au point que les hashtags:

#Jaimanif,

#fiersdetrecheminot ou encore

#Manif22mars se sont vite retrouvés en « trending topic » sur Twitter.

En tête, @Amelie_Picardie

Depuis le conflit sur la loi Travail et le mouvement Nuit debout, il y a deux ans, les réseaux sociaux sont ­devenus un lieu de riposte alternatif aux traditionnels cortèges et aux défilés. Agent de conduite, aiguilleur, chef de bord, commercial… Sans être forcément encartés ou syndiqués, ces cheminots utilisent Twitter, Facebook, les forums de discussion, Instagram, en dehors de tout mot d’ordre syndical, pour y conter leur quotidien. Les pannes d’appareil, les réveils dès potron-­minet, les relations avec les usagers…

Ils ont même leur ambassadrice, @Amelie_Picardie. Le directeur de cabinet de la ministre des Transports serait même un grand fan de son compte! Cette jeune Picarde, qui a la SNCF chevillée au corps, s’est récemment fait ­remarquer avec un long thread – un récit, en langage twittos – où elle déconstruit le ­discours ambiant autour des privilèges dont elle et ses collègues bénéficieraient. Les jours de congés, les billets gratuits, l’emploi à vie, le paiement des jours de grève… Son « contre-bashing » a été repris plus de 1.800 fois – et notamment par le directeur général adjoint de la SNCF, Mathias ­Vicherat, et le ­directeur général du Transilien, Alain Krakovitch – et « liké » par près de 1.600 personnes.

« Je fais un métier que j’adore et j’en ai assez d’entendre des bêtises. Il faut communiquer avec les gens avec les outils qu’on a, leur montrer les choses telles qu’elles existent et non pas telles qu’ils croient qu’elles sont », plaide cette contrôleuse sur la ligne Paris-Amiens. Soutien aux usagers qui galèrent, aux fonctionnaires en colère… Certains font aussi part de leurs doutes quant à la pertinence de la grève alternée, qui démarre mardi 3 avril. Les dubitatifs plaident pour des journées de grève « massues », comme en 2014. « Ça se tente », rétorque @amv_ac, alias Sylvain, « fainéant en 3X8″ et qui anime aussi un blog.

Le #TeamSNCF détourné

Ce langage de vérité fait mouche. Bien plus que les tracts syndicaux. « Les centrales fonction- nent sur le modèle du top/down, avec un message central qui va du haut vers le bas. Je te dis quoi dire, je te donne le matériel et tu vas défiler. Ça n’est plus adapté », tacle Véronique Reille-Soult. Champion toutes catégories, Jean-Luc Mélenchon avec sa vidéo « Macron, ça va péter », dans laquelle on voit le chef de file des Insoumis faire sauter une bombe de chantier inoffen- sive dans les cortèges du 22 mars : elle a été vue plus de 200.000 fois sur Twitter et 400.000 fois sur Facebook.

Comme La France insoumise, la direction de la SNCF a parfaitement saisi la force de frappe de ces porte-voix virtuels. Depuis des années, elle forme des agents à leur usage. Sous la bannière #TeamSNCF, ces derniers véhiculent une image ­positive du géant ferroviaire et de ses métiers, mais aussi de diffuser des informations aux voyageurs. Certains ont pu en retour être récompensés. Et aujourd’hui, beaucoup mettent à profit ces compétences pour batailler contre la réforme voulue par le gouvernement. De la communication à la politique, il y a finalement à peine un passage à niveau à franchir…

3 avril 2018

http://www.lejdd.fr/

Lire aussi:

SNCF : Face à Macron, dos rond ou bras de fer ? (Alternative Libertaire)

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20 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

rojava brest quimper

kobane

ACTES en Cornouailles, l’AFPS Brest, les Amis du Monde Diplo Brest, ATTAC Brest, ATTAC Quimper, la Ligue des Droits de l’Homme BMO, la LDH Quimper, le Patronage laïque Guérin et  organisons des projections, suivies de débats avec les deux réalisateurs, du documentaire « Rojava : une utopie au cœur du chaos syrien ».

Elles auront lieu :

Quimper le mercredi 24 janvier, de 20h, aux halles Saint-François (rue Astor)
Brest le jeudi 25 janvier, de 19h à 20h30, au Patronage laïque Guérin (1, rue A Ribot)

A Brest, l’association de cinéma Termaji a bien voulu prêter main forte pour assurer la technique.

Projection en présence de Mireille Court et Chris Den Hond, réalisateurs du film.

Vous trouverez l’article de Mireille Court et Chris Den Hond paru dans le Monde diplomatique  au lien suivant : https://www.monde-diplo

Et la présentation de l’ouvrage collectif qu’ils ont dirigé avec Stephen Bouquin La Commune du Rojava. L’alternative kurde à l’État-nation  aux éditions Syllepse sur celui-ci : https://www.syllepse.net/

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11 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

le média (jdd)

media melechon

« Le Média » : la webtélé des Insoumis bientôt lancée

A une semaine de son lancement officiel, le 15 janvier, Le Média, la webtélé voulue par les Insoumis, a choisi de s’établir métro Robespierre à Montreuil.

On a beau être Insoumis, devenir millionnaire, ça fait toujours rêver! Malheureusement, l’argent ne tombe pas du ciel. Le 19 novembre 2017, après avoir reçu 950.000 euros de dons, Le Média organise un « point d’étape ». ­Sophia Chikirou, sa cofondatrice, en appelle donc à la générosité des internautes. « En une heure et demie d’émission en direct, nous avons déjà récolté 38.000 euros, il ne nous en manque plus que 12.000 pour franchir la barre du million! » s’enflamme-t-elle, avant d’exhorter les e-contributeurs de la chaîne – appelés « socios » – à mettre la main au porte-monnaie : « Allez, encore un petit effort! » Une ténacité payante.

Ce vendredi, la barre symbolique du million a été allègrement dépassée. Quelque « 500.000 euros supplémentaires sont venus garnir la cagnotte du Média », assène fièrement l’ex-conseillère en communication de Jean-Luc Mélenchon. De quoi acheter, afin d’être prêt pour le lancement officiel le 15 janvier, un coûteux matériel de tournage et de montage, mais aussi louer des bureaux à Montreuil, en banlieue rouge. « On ne voulait pas suivre les autres rédactions qui s’installent toutes dans le 15e arrondissement, explique-t-elle. À côté de chez nous, il y a des coopératives, de jeunes ­entreprises, bref, tout un écosystème alternatif. Nous voulions nous installer là où ça bouge! »

Comme un symbole, pour pénétrer dans l’antre flambant neuf du Média, il faut sortir à la station de métro Robespierre puis prendre la rue de la Fraternité.

À l’intérieur, c’est l’effervescence. Sur trois étages de bureaux aux airs de loft, des dizaines de ­personnes ­s’affairent sur leurs iMac, tournent des pilotes et montent les ­programmes « enga- gés » qui seront prochainement diffusés à l’antenne. La chaîne aura son 20 Heures quotidien… comme les autres. Évoquant une « aventure exaltante », le psychanalyste ­Gérard Miller, compa- gnon de route historique de l’extrême gauche (du PCF en réalité Note du Blog) et cofondateur de la webtélé, confie : « J’ai connu le lancement de Libé dans les années 1970 et celui des radios libres dans les années 1980. Il y a peu de moments où on a le sentiment enthousias- mant que quelque chose bouge dans le petit monde clos des médias ! »

Une rédaction hétéroclite

Pas refroidis par les critiques dénonçant la mainmise des Insoumis et l’ombre tutélaire de Jean-Luc Mélenchon sur la ­rédaction, 300 CV ont déjà atterri en quelques mois sur le bureau de Sophia Chikirou. Les recrues ­affluent donc: « douze pour l’heure, sans compter les ­pigistes » , à l’image de l’ex-journaliste de L’Obs Aude Lancelin, recrutée « sauvagement » après avoir signé le manifeste de lancement du Média, ou encore la prise de guerre Marc de Boni, ancien ­reporter politique au Figaro, en quête d’ »un nouveau défi ».

À la tête de ce petit monde, Aude ­Rossigneux, ancienne de L’Express et du Parisien, ne sait plus où donner de la tête. Elle aura la difficile mission de faire cohabiter cette rédac- tion hétéroclite, « collaborative et paritaire, indépendante et pluraliste, écolo et antiraciste », où voisinent déjà l’ancien maire de Bègles Noël Mamère et des étudiants à peine sortis des écoles de journalisme.

Sur le pont depuis plusieurs semaines, l’équipe du Média ne ménage pas sa peine. Remontés contre le pouvoir en place et ­méfiants par nature, ses membres communiquent désormais via ­Telegram. La visite guidée se poursuit et Marc de Boni parle en slogans. « Le Média nous donne l’opportunité de montrer ce que peut être une pensée de gauche mise en http://www.lejdd.fr/economie/le-budget-2018-va-surtout-profiter-aux-plus-riches-selon-lofce-3546752application! » En off, un journaliste nous avouera « jouer gros, c’est-à-dire [sa] carte de presse et peut‑être même la suite de [sa] carrière ». Pas le droit à l’erreur, donc! Leur nouvelle boss, Sophia Chikirou, résume : « Le Média est le média d’opposition à Macron!* De toute manière, en cas de faux pas, on sait bien que nos confrères nous auront dans le viseur. » À bon entendeur…

*Cette citation a été changée, après la publication du JDD papier, à la demande de Sophia Chikirou.

10 janvier 2018

http://www.lejdd.fr/

Lire aussi:

Aude Lancelin : « Pas question de faire seulement la météo des luttes sociales sur Le Média » (JDD)

Du côté de La France insoumise, on a adoré le premier JT de Le Média (Europe1)

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