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30 mars 2020 ~ 0 Commentaire

dossier: comores guyane réunion kanaky guadeloupe

comores

Des Bretons alertent sur la situation dans l’archipel des Comores

Dans une vidéo publiée les réseaux sociaux, une Finistérienne interpelle le gouvernement français sur le manque de moyens à Mayotte, pour faire face à l’épidémie. Deux Brestois originaires des Comores ont rejoint un groupe solidaire, qui informe la population de l’archipel sur le virus.

Ces Bretons ont décidé d’apporter leur soutien à l’archipel des Comores, dans l’Océan indien.
L’archipel englobe l’île de Mayotte, 101e département français, et les trois îles de l’Union des Comores, une ex-colonie française désormais indépendante.

« Relayer le message d’un département oublié »

Depuis Landerneau (Finistère), Annie Le Merrer lance un « cri d’alerte au gouvernement français sur l’absence alarmante de moyens adaptés » à Mayotte, face à l’épidémie de coronavirus qui touche désormais 74 personnes sur l’île.

Dans le 101e département français, la population vit « entassée dans des bidonvilles en tôle, sans eau ni commodités vitales« , déclare Annie Le Merrer dans une vidéo postée sur Facebook. « A ce jour, 59% des résidences principales de Mahorais ne sont pas non plus équipées en installations sanitaires de base. Mayotte a aussi un système de santé sous-équipé. »

Bien qu’elle ne soit jamais allée sur l’île, elle a rencontré de par son métier de nombreux Mahorais à Brest, avec qui elle est restée très proche. « Les Mahorais m’ont fait part de leur sentiment d’abandon, voire de mépris, ils ont peur de mourir. C’est un département français et ils n’ont pas les mêmes droits. Ils n’ont rien« , dénonce la Landernéenne par téléphone. « Je ne pouvais pas ne rien faire. »

Le gouvernement demande à ce qu’on soit solidaire, on doit l’être aussi avec Mayotte. L’île de 256 000 habitants, sans compter la population étrangère arrivée des Comores, ne possède actuellement que 16 lits de réanimation.

Depuis Brest, ils font de la prévention aux Comores

Les îles voisines de l’Union des Comores ne recensent à ce jour aucun cas, mais une contami-nation est redoutée. Le pays n’a pas suffisamment de moyens face à l’ampleur la crise sanitaire.

A Brest, Abdoulanzize Ahmed Koudra, ancien communicant, et sa fille Hidaya, étudiante à la faculté de médecine, ont voulu faire preuve de solidarité. Ils ont rejoint le réseau « Solidarité anti-Covid-19″, créé par des personnels soignants français originaires, comme eux, des Comores. Le groupe relaie des messages de prévention sur l’archipel en langue française, arabe et mahoraise et informe via une radio en ligne, Hayba FM.

« Nous sommes en contact avec le président de l’Union des Comores pour mettre en place de la prévention« , raconte Abdoulanzize Ahmed Koudra, en précisant que la démarche est apolitique.

Le gouvernement des Comores a pris quelques mesures : fermer les mosquées, raccourcir les heures de marchés par exemple. Mais dans l’archipel, « des mesures de confinement total sont impossibles à mettre en place : les gens vont au marché tous les jours pour se nourrir et n’ont pas facilement accès à l’eau« , rappelle le Brestois. « D’où l’importance de relayer des messages de prévention. »

J. Jeunemaître 30/03/2020

https://france3-regions.francetvinfo.fr

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À la Réunion, la pandémie aggrave les inégalités sociales (ESSF)

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30 mars 2020 ~ 0 Commentaire

meeting (npa)

meetihnh

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26 mars 2020 ~ 0 Commentaire

enseignant confiné (fr3)

decrochage

“Moi, enseignant confiné, je n’ai pas le temps d’aller aux champs parce que je travaille”

Les propos de la porte-parole du gouvernement sur les enseignants « qui ne travaillent pas car les écoles sont fermées » font réagir des enseignants en Bretagne.

« Non je n’ai pas le temps d’aller ramasser les fraises », ironise Annabelle, enseignante à Brest. Et elle a d’autant moins le temps qu’elle assure des permanences dans son école pour les enfants des personnels soignants. « En plus de mon travail à la maison pour mes élèves, dit-elle. C’est humiliant et choquant d’entendre de tels propos dans la bouche d’une responsable politique qui prouve une fois encore sa méconnaissance de notre métier. Quel mépris ! »

Hier, la porte parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye déclare : « Nous n’entendons pas demander à un enseignant qui aujourd’hui ne travaille pas, compte tenu de la fermeture des écoles, de traverser la France entière pour aller récolter des fraises ».Même si, dans un tweet posté dans la foulée, elle s’excuse, le mal est fait.

« Stupeur et indignation »

« Je ne me tourne pas les pouces chez moi, explique encore Annabelle. J’ai un contact quotidien avec les famillles, je prépare des exercices simples pour maintenir les apprentissages auprès de mes élèves de maternelle. Ce confinement nous oblige à inventer d’autres méthodes de travail et ce n’est pas simple« .

Même constat chez cette enseignante du collège de l’Iroise à Brest. « Je suis dans la stupeur et l’indignation, confie Héléna. On a des journées plus denses que d’habitude, c’est ce que disent tous les collègues.

On a du adapter nos supports pédagogiques à l’enseignement à distance et on fait avec les moyens du bord. On passe du temps avec nos élèves au téléphone, on les rassure, on prépare les cours, on corrige les devoirs. Sans oublier que l’on doit aussi faire face à cette fracture numérique qui est bien réelle car tous n’ont pas d’accès à internet ».

« Si on avait le choix, on serait en classe »

Pour le porte-parole de Sud Education, Olivier Cuzon, « passer d’une situation de cours classique à du distanciel, ce n’est pas une mince affaire. Les enseignants ne se contentent pas de dépo-ser des cours sur une plateforme. Je pense que ce n’est pas une maladresse de la part de cette responsable politique : elle dit ce qu’elle pense des enseignants, elle alimente ce fantasme que les profs sont toujours en vacances ».

Clémence, enseignante de CE1-CE2 à Betton, près de Rennes, ne cache pas non plus son « agacement ». « D’abord, rappelle-t-elle, on n’a pas choisi cette situation. Si on avait le choix, on serait en classe, avec nos élèves ».

Et d’expliquer que, chaque matin, par mail ou via le blog de la classe, elle envoie du travail à faire à ses élèves. « En plus, la satisfaction que j’ai à exercer mon métier dans ces conditions est loin d’être complète. Alors non, je n’ai pas envie que quelqu’un dise que l’on ne travaille pas. Par ailleurs, cette période de confinement m’éloigne des enfants en difficultés scolaires et je dois trouver des solutions pour eux ».

Je n’ai pas à prouver que je travaille, souligne encore ce professeur de lettres et histoire-géographie dans un lycée professionnel de Brest. Eric évoque lui aussi sa « conscience professionnelle » et son « inquiétude » vis-à-vis de certains de ses élèves plus fragilisés.

« Quand tout cela sera terminé, il y aura un réel problème entre les élèves qui auront bossé parce qu’ils en ont les moyens et ceux qui ont des difficultés. Et puis, ce n’est vraiment pas le moment de remettre en cause le travail des profs. On fait avec nos armes et on travaille »

Carole Collinet-Appéré 26/03/2020

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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24 mars 2020 ~ 0 Commentaire

jeff bezos (npa)

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Le commerce au temps du coronavirus

Après l’annonce par le Premier ministre, le 14 mars dernier, de la fermeture des commerces non-essentiels, dont les restaurants et débits de boissons, puis celle du président de la République du confinement de la majeure partie de la population, les 700 000 salariéEs de la grande distribution se retrouvent, tout comme le personnel de santé, en première ligne pour pourvoir aux besoins accrus de millions de personnes recluses dans leur foyer avec les enfants…

On constate sur le terrain l’incurie des employeurs à mettre en place des mesures de protection élémentaires des salariéEs, qui se retrouvent surexposés au virus, et des comportements qui exacerbent le clivage existant entre management et « petit personnel » :

pas de gants, ou alors ils sont inadaptés (ceux pour manipuler le pain se déchirent au contact des gros volumes), pas de masque, parfois au motif que leur port serait anxiogène vis-à-vis de la clientèle, peu ou pas de gel (ou bien à acheter soi-même !), pas de pauses régulières pour se laver les mains, mise en place de protections de fortune en caisse dans l’attente de vitres en plexiglas, magasins bondés sans nécessairement la présence d’une sécurité…

Beaucoup de cadres sont, eux, en télétravail, et des enseignes comme Décathlon impose déjà au personnel en chômage partiel de poser des congés payés et des RTT alors même que le gouvernement, sous la pression des syndicats, a  décidé que cela devait passer par un accord d’entreprise. Il y a aussi une explosion des fins de période d’essai bien que celle-ci, même si elle n’a pas à être motivée, sert à évaluer la compétence du salarié.

Amazon, une bombe sanitaire et sociale

Le comble est atteint dans les six entrepôts français d’Amazon : seul 10% du volume des marchandises traitées peut être considéré comme de première nécessité, comme l’alimentation et les produits d’entretien et d’hygiène, là où on peut continuer à commander des jeux vidéos (qui affichent une progression de 200%), du vernis à ongle… ou des sextoys !

Pendant ce temps-là, les employéEs n’ont pour seule protection que leurs gants anti-coupures habituels, sont priés de laisser une place vide à côté d’eux à la cantine et travaillent dans une promiscuité, renforcée par l’embauche massive d’intérimaires, qui rend impossible le maintien des distances minimales.

Ce comportement criminel fait que les sites, depuis la semaine dernière, et désormais ceux de livraison, sont secoués par d importants mouvements d’absentéisme, de grève et de droit de retrait, en dépit des menaces de la direction qui tonne que le salaire ne sera pas maintenu pour les récalcitrantEs, voire qu’ils seront considérés en absence injustifiée !

Le virus, qui peut survivre plusieurs jours sur des surfaces, continue quant à lui à être livré à domicile, y compris par les livreurs des plateformes, qui manipulent les commandes des rares restaurants encore en activité et les digicodes des clientEs, développant à leur tour en nombre la maladie…

1 000 euros, le prix du danger !

Comme le bâton ne suffit pas et que beaucoup de salariéEs, quand ils n’imposent pas tout bonnement à leur direction les mesures de sécurité précitées, refusent de venir travailler la peur au ventre, le ministre de l’Économie a incité les entreprises à verser au personnel de terrain en activité une prime de 1000 euros sur le modèle de celle Gilets jaunes.

« C’est de l’enfer des uns qu’est fait le paradis des autres » a dit Victor Hugo : manutention-naires, livreurEs, caissières, etc., se prennent de plein fouet tous les jours la réalité du virus mais aussi de la barrière entre classes.

« Ceux qui ne sont rien » démontrent aussi que leur travail est indispensable au bon fonctionne-ment de la société et que, quand les institutions devant les protéger vacillent (syndicats, inspec-tion, médecine du travail et prud’hommes tournent au compte-gouttes), ils et elles doivent avant tout compter sur leurs propres forces et leur solidarité.

LD Mardi 24 mars 2020

https://npa2009.org/

Une page Facebook, mise en place par la CNT-SO et SUD Commerce, recense les situations-problèmes rencontrées par les personnels du commerce et des services : https://www.facebook.com/

 

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29 février 2020 ~ 0 Commentaire

douarnenez syrie (ouest france)

Un court film admirable et drôle, tourné par les habitants de Kafranbel eux-mêmes !
C’est en hommage, en soutien à ces gens là que nous vous invitions à venir leur envoyer un message de soutien ce samedi 29 février 11H : à Plouguerneau (Médiathèque), au Run Ar Puns Châteaulin , à Paimpol à L’image qui parle, au marché de Pleyben, Place des Halles à Douarnenez… 

« Nous voulons soutenir ces Syriens dont les villages sont détruits par les bombes »

À Douarnenez comme dans d’autres communes finistériennes, ce samedi 29 février 2020, des centaines de personnes se sont fait prendre en photo avec des pancartes de soutien aux peuples syriens.

Il y avait foule, place des Halles, à Douarnenez, ce samedi 29 février 2020, jour de marché. Mais, contrairement à d’habitude, un stand supplémentaire était installé.

À l’initiative d’un groupe de citoyens et de l’association Rhizomes, accueillant depuis 2012 des écrivains étrangers en résidence, les Douarnenistes étaient invités, sous un barnum, à apporter leur soutien aux peuples syriens, dont la situation géopolitique continue de faire l’actualité. «

Nous avons fabriqué des pancartes avec un message simple : « Gens d’Idleb (ou toute autre localité syrienne), nous vous entendons ! »

Nous invitons les Douarnenistes à se faire prendre en photo, explique, ce samedi, Caroline Trouin, présidente de Rhizomes. Les clichés et messages récoltés circuleront jusqu’en Syrie via les réseaux sociaux. Nous voulons juste apporter et adresser notre soutien à ces peuples qui voient leurs villages être détruits par les bombes. » (Payant)

Quentin BURBAN. 29/02/2020

https://www.ouest-france.fr/

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07 février 2020 ~ 0 Commentaire

zéro (résistance critique)

blanquer

Le « 0 »orwellien. Entre cynisme et simulacre

  • Jamais la menace de la note (« 0 » aux épreuves dites « E3C » du baccalauréat) n’aura mieux signifié la dimension policière d’une évaluation.
  • La note comme amende, sanction. La note comme embrigadement. Qui s’intéresse encore aux contenus ? Au sens des formations intellectuelles ? A ce que devient un examen national quand les sujets sont parfois connus à l’avance ?
  • La mise en concurrence des disciplines, le clientélisme pour remplir les classes de certaines « spécialités » finiront d’achever le peu qu’il restait d’égalité et de justice. Le système (scolaire est un attribut désuet)  et ses algorithmes opaques décideront désor-mais  de l’avenir des lycéens en fonction de leur lycée d’origine, de leur origine tout court.
  • La peur du « 0 » c’est l’équivalent de l’amende de 135 euros pour manifestation non déclarée, un pouvoir de dissuasion purement formel, indifférent à toutes interrogations sur la légitimité, un pouvoir qui échappe d’ailleurs aux professeurs qui seront absents des commissions d’harmonisation.
  • Une machine autistique à produire du classement, de l’évaluation afin de confirmer et de survalider un ordre social d’airain dissimulé derrière des algorithmes. Le pouvoir de classe, d’autant plus cynique qu’il fait de la vacuité son carburant, ne croit plus à ces diplômes nationaux ringards, à ces idéaux d’égalité et de justice sociale.
  • Il ne jure que par des dispositifs de contrôle qui ne peuvent (ils sont construits pour cela) que le confirmer. Le contrôle continu a pour seul horizon l’auto-validation continue. Il s’agit d’entériner certainement pas de former, mieux de transformer. Pouvoir tautologique qui nasse le social en lui faisant miroiter une bonne note qui, in fine, ne servira à rien. Le tri se joue sur une toute autre scène.
  • Alors que faire ? Ce que nous observons relève bien du pourrissement, d’une décomposition terminale, fascinante à de nombreux égards. Fascinant en effet d’observer la panique d’un ministère qui veut de la note pour ne pas perdre la face.
  • Fascinant d’observer la docilité avec laquelle nous intériorisons le simulacre. Épreuves passées dans des conditions délirantes, fuites de sujets, impréparation, tricheries, malversations, peu importe. Ce qui compte désormais, c’est la pérennité du simulacre dans une pure forme policière. C’est donc cette forme que nous devons interroger, comprendre. Si le baccalauréat ne sert à rien, si tout est joué sur une autre scène, pourquoi une telle démesure de moyens, un tel rapport de forces ? Qu’est-ce qui est en train de se jouer exactement ?
  • Évidemment, tout cela n’a rien à voir avec le baccalauréat que les précédents ministères ont réduit à néant, le dispositif de sélection parcours sup venant définitivement anéantir la valeur de ce diplôme.
  • Non, il s’agit d’autre chose. Une crainte hante tous les systèmes de contrôle : la dérision. La hantise d’un pouvoir qui carbure au vide ? Ne plus être pris au sérieux. Vous ne pouvez pas nous mettre « 0 » car cela ferait chuter des statistiques qui n’ont pour seule fonction que de masquer formellement les inégalités réelles.
  • Mettre « 0 » à qui d’ailleurs ? Aux élèves les plus défavorisés du système, les plus indoci-les, ceux qui savent pertinemment que cette note ne changera rien à leur affaire ? Entéri-ner publiquement  le cynisme ou montrer toujours publiquement l’étendue du simulacre ? C’est ici que nous touchons le point de réversion du pouvoir par la pure forme. Il faut mettre « 0 » (pouvoir du simulacre) mais le « 0 » est impossible à mettre (simulacre du pouvoir).
  • Celui qui gouverne par la vacuité périra par la vacuité. C’est ainsi qu’il faut comprendre la nécessité du rapport de force et du déploiement policier : les E3C c’est sérieux, la preuve, nous envoyons la police.
  • Quand le sérieux ne peut plus se prévaloir de la réalité (réalité d’un diplôme équitable, réalité d’une formation, réalité d’une valeur), il doit s’équiper de tous les attributs de l’ordre policier.
  • Non pas cela a une valeur donc il y a la police mais il y a la police donc cela a une valeur. C’est justement ici que nous quittons les exigences d’un régime démocratique (la démocratie doit être défendue car elle promeut la justice comme réalité) pour épouser les traits des régimes liberticides en carton pâte, les autocraties de pacotille qui sont incapables d’instituer des valeurs autrement que par la force de leur police.
  • 7 février 2020

http://www.critiquedelacritique.fr/

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02 février 2020 ~ 0 Commentaire

coronavirus (reporterre)

tintin

Ce ne sont pas les chinois, c’est le capitalisme, idiots!

Le coronavirus, une épidémie favorisée par l’avion et le dérèglement climatique

Les causes de l’apparition du coronavirus sont encore inconnues mais le dérèglement climati-que pourrait être l’un des responsables. « À chaque fois qu’un écosystème est modifié ou dégradé, il est possible que des maladies apparaissent », explique un spécialiste des maladies infectieuses.

Le nouveau coronavirus 2019, détecté en Chine en décembre, continue sa progression. À ce jour, plus de 8.000 cas ont été recensés, dont 111 hors du pays. La France compte actuelle-ment cinq personnes atteintes.

Même si cela fait longtemps que les virus se transmettent par des voyages, la mondialisation et les nombreux flux aériens provoquent également la diffusion rapide de cette nouvelle maladie. Moins de deux mois après sa détection en Chine, dans la ville de Wuhan, à l’est du pays, le nouveau coronavirus 2019 — appelé également 2019-nCoV — a déjà tué 171 personnes. Jeudi 30 janvier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a qualifié la situation d’« urgence de santé publique de portée internationale ».

Les causes de l’apparition du 2019-nCoV sont encore inconnues. Des soupçons pèsent toutefois sur le grand marché de la ville, le Huanan Seafood Wholesale Market, où des espè-ces d’animaux sauvages (rats, serpents, chauve-souris…) étaient vendues illégalement.

Le marché a été fermé par les autorités début janvier. Mais le virus ne s’est pas arrêté aux frontières de la Chine.

Cent onze cas du nouveau coronavirus ont été recensés hors de Chine

Une équipe de chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), menée par la chercheuse Vittoria Colizza au sein de l’Institut Pierre Louis d’épidé-miologie et de santé publique, a réussi à modéliser la diffusion possible du nouveau coronavirus 2019 en Europe.

Le groupe a publié ses premiers résultats le 24 janvier 20202, basés sur l’état de la situation au moment de leur étude. Sept cas de personnes atteintes du 2019-nCoV étaient alors recen-sés à l’extérieur de la Chine, avant la quarantaine aérienne décidée par le gouvernement local.

Le nombre de personnes touchées hors Chine s’est avéré plus élevé encore 

Au vu de la vitesse de propagation, Air France a suspendu ses vols vers la ville de Wuhan. Cependant, la compagnie aérienne française dessert toujours les villes de Shangai et Pékin de façon réduite, « en raison de la baisse de la demande sur ces destinations ».

D’autres, comme British Airways ou Lion Air, ont préféré retirer leurs avions du territoire chinois. 250 Français (jugés en bonne santé par les médecins) vont être rapatriés de Wuhan en fin de semaine. Un second vol partira dans quelques jours : il accueillera des ressortissants français et d’autres pays européens.

« Avec la mondialisation, il y a le risque de transmettre des maladies d’humains à humains »

Si les causes de l’apparition de ce nouveau coronavirus 2019 sont encore floues, il est cependant évident que la mondialisation, et plus particulièrement les voyages en avion, est l’une des raisons de sa propagation hors de l’Asie.

« On vit dans un monde qui est communicant, donc les déplacements des gens entraînent un déplacement des microbes qui sont avec eux, dit à Reporterre le Pr Didier Raoult, chef de service à l’Institut Hospitalo-Universitaire (IHU) de Marseille, spécialisé dans les maladies infectieuses. Toutes les étapes de la mondialisation vont avec le risque de transmettre des maladies inter-humaines. »

Il nuance : les virus n’ont pas attendu la mondialisation actuelle et l’expansion du tourisme par avion que nous connaissons aujourd’hui pour se propager. « On pense par exemple que la grande peste d’Athènes [de 430 à 426 av. J.-C.] était due à l’arrivée des Perses en Grèce pour la guerre, rappelle le chercheur.

On croit aussi que l’arrivée des Européens en Amérique [à la fin du 15è siècle], qui a été la première mondialisation, a entraîné l’exportation en Amérique de la variole, de la rougeole et de la typhoïde. En échange, les Américains nous ont donné la syphilis et le typhus. » En somme, les voyages en avion n’ont pas créé les virus, ils n’ont fait qu’augmenter la rapidité de leur propagation.

Les voyages en avion augmentent la rapidité de propagation des virus.

« La grippe espagnole de 1918 était une épidémie qui s’est transformée en pandémie », donne comme exemple Chiara Poletto, chercheuse à l’Inserm. Alors que les trajets en avion n’étaient pas encore développés, le virus a pourtant tué 20 à 50 millions de personnes dans le monde, d’après l’Institut Pasteur.

Ainsi, la force d’une épidémie dépend surtout de la rapidité et des voies par lesquelles le virus se transmet. Le 2019 n-CoV s’attrape principalement par contacts rapprochés et par voie aérienne (toux ou éternuement).

Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont évoqué la possibilité de contracter le virus en recevant des colis venant de Chine. « C’est peu plausible, tranche le Pr Raoult. Ce qui a vraiment été transporté de cette façon depuis la mondialisation, ce sont les moustiques. Le moustique-tigre, par exemple, peut être transporté par les bateaux ou les porte-conteneurs parce qu’il y a toujours un peu d’eau à l’intérieur, et les larves vont vivre dedans. Mais ces virus-là [les coronavirus] sont assez fragiles, ils ne résistent pas assez longtemps [pour survivre dans un colis]. »

Le dérèglement climatique pourrait être l’une des causes de l’apparition 

Le dérèglement climatique pourrait, lui aussi, être l’une des causes de l’apparition du virus, comme cela est le cas pour d’autres virus émergents. « Les maladies infectieuses sont toujours des maladies d’écosystèmes, assure le Pr Raoult.

C’est pour ça que vous ne pouvez pas avoir les mêmes maladies dans le pôle nord et dans les zones intertropicales humides. À chaque fois qu’un écosystème est modifié ou dégradé, il est possible que des maladies apparaissent et que d’autres disparaissent. »

Pour lutter contre ces nouveaux virus, le chercheur estime que la seule solution est alors de créer des outils permettant de les détecter rapidement.

« C’est ce que les Chinois ont fait, précise-t-il. Ils ont développé une stratégie d’identification extrêmement fonctionnelle et rapide. Je crois qu’il faut essayer de détecter les choses le plus précocément possible. Donc je suis optimiste. » « Le laps de temps entre le moment où une personne est atteinte du coronavirus, va chez le docteur, est hospitalisée puis mise en quarantaine est de plus en plus court », approuve Chiara Poletto.

Sur les plateaux de radio ou de télé, les spécialistes sont unanimes : cela ne sert à rien de paniquer. La seule bonne chose à faire ? « Se laver les mains, préconise sobrement le Pr Raoult. C’est vraiment la clé pour éviter les infections. »

31 janvier 2020 / Justine Guitton-Boussion (Reporterre)

https://reporterre.net/

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Vu de l’étranger. En France, le racisme plus contagieux que le coronavirus

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19 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

irak 1 (essf)

irak

Irak : le souffle révolutionnaire

La mobilisation actuelle en Irak est-elle inédite ?

Loulouwa al-Rachid : Oui et non. L’Irak connaît des cycles constants de manifestations de plus ou moins grande ampleur, plus ou moins durables, et se vit comme une terre de révoltes. Dans l’imaginaire collectif, c’est un pays constamment en ébullition, indomptable et ingouvernable.

L’Irak a connu des manifestations en 2011, d’autres flambées en 2015, en 2017 et à l’été 2018 à Bassora. La seule chose sur laquelle les Irakiens sont d’accord, c’est qu’ils vivent dans un pays d’Intifada depuis au moins 1920 et le soulèvement national contre le mandat britannique, dont la répression, avec les premiers bombardements aériens de l’histoire du pays, a fait des milliers de morts.

Depuis, chaque soulèvement s’inscrit dans une continuité révolutionnaire. La colère, sa vitesse de propagation, la virulence des manifestants, le courage d’en découdre au prix de sa vie, la dénonciation de la corruption : tout cela était déjà présent dans les mouvements précédents, mais sans doute pas avec l’intensité qu’on voit depuis début octobre.

Ce soulèvement est néanmoins inédit, d’abord parce qu’il a éclaté là où on l’attendait le moins. D’habitude, cela flambe dans le Sud, à Bassora, ville sinistrée d’un point de vue sanitaire et socio-économique.

Mais après les soulèvements de l’été 2018, le gouvernement a amélioré l’approvisionnement électrique de cette deuxième grande ville du pays pour « acheter » la paix sociale. Cette fois-ci, le soulèvement éclate à Bagdad, plus précisément à partir de la ceinture de pauvreté qui entoure la capitale, notamment Sadr City.

Cette banlieue, construite à la fin des années 1950 pour loger les ruraux arrivant en ville, rassemble aujourd’hui presque un quart des habitants de la capitale. C’est à partir de là que la révolte s’est répercutée dans les grandes villes du centre (Nadjaf, Kerbela, etc.) et du sud du pays (Nassiriyya et Bassora).

Ce soulèvement est aussi inédit car il oblige à laisser tomber les prismes confessionnels ou ethniques qui sont toujours convoqués dès qu’on parle de l’Irak. Le conflit aujourd’hui se construit sur des bases purement socio-économiques.

La dimension des sunnites qui rejetaient l’ordre politique post-2003 est absente. Là, on est face à des manifestants chiites qui affrontent un pouvoir aux mains de la majorité chiite. Les Kurdes et les sunnites restent en position de spectateurs, non sans quelque satisfaction de voir les chiites s’étriper entre eux, même s’ils ont aussi des griefs contre le pouvoir central.

Ensuite, c’est la première fois que les femmes ont autant de visibilité sur la place Tahrir.

Cela montre que, depuis 2003, la société irakienne est en mouvement, en dépit de la chape de plomb du conservatisme imposé par l’islamisme chiite au pouvoir ou le salafisme dans les régions sunnites. On voit des jeunes femmes, sans voile et en jean, se mêler aux protestations sans peur du harcèlement sexuel. Cela montre à la fois des évolutions souterraines sur la place de la femme, et qu’on vit un moment de bascule où les cadres sociaux habituels s’ébranlent.

Enfin, un autre élément est le retour sur scène des corps constitués, des syndicats, qui étaient dans le coma. Les médecins, les ouvriers du secteur pétrolier, les enseignants ont appelé à la grève générale, ce qui est nouveau. Les travailleurs du port de Bassora appellent à bloquer ce qui constitue le poumon économique du pays, décisif dans un pays où la plupart des produits de première nécessité sont importés. C’est comme si la société irakienne tout entière fusionnait enfin dans un souffle révolutionnaire.

mercredi 13 novembre 2019 CONFAVREUX Joseph

http://www.europe-solidaire.org/

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19 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

irak 2 (essf)

irak

Le PC irakien existe toujours

Irak : le souffle révolutionnaire

Ce qui frappe, quand on regarde les manifestations en Irak, c’est l’extrême jeunesse des manifestants et le fait que, parmi les morts et les blessés, on ne voit quasiment que des visages d’adolescents…

Cette révolution est une révolution des jeunes et même des très jeunes, venus des marges déshéritées de la société. Les 15-25 ans, souvent des adolescents, sont en effet les acteurs principaux de la révolte. Bon nombre d’entre eux ont dû se transformer en chefs de famille, avec des pères morts, disparus ou partis du fait de la violence et des guerres successives. Ils travaillent dans l’économie informelle pour nourrir des familles entières. Selon la Banque mondiale, 60 % des Irakiens ont moins de 25 ans et leur taux de chômage dépasse les 40 %.

Mais cette mobilisation est frappante au-delà des conditions socio-économiques qui sont faites aux jeunes. Ainsi, les héros de ce soulèvement sont les conducteurs de « touk-touk » qui transportent au quotidien petites marchandises et travailleurs journaliers, dans la construction ou le commerce, venus des banlieues. Alors qu’ils incarnaient, aux yeux de beaucoup d’Irakiens, les bas-fonds et les classes dangereuses, accusés de harceler les jeunes filles, de se comporter en voyous et d’embouteiller les villes, ils ont structuré la mobilisation en ravitaillant les manifes-tants en eau et en servant d’ambulanciers.

Un autre aspect frappant est la façon dont ces jeunes envisagent leur entrée dans l’arène politique comme un jeu vidéo. On les surnomme la « génération PUBG », du nom d’un jeu vidéo en ligne qui a des millions d’adeptes en Irak, Players Unknown’s Battlegrounds. Le joueur y est parachuté sur un champ de bataille inconnu et doit se débrouiller pour trouver des vivres et des armes.

Dans la façon dont ils se déplacent, la manière dont ils érigent des barricades, les jeunes mani-festants s’inspirent de ce à quoi ils jouent quotidiennement. En avril 2019, le Parlement irakien, qui n’est pourtant pas fichu de légiférer sur quoi que ce soit, avait d’ailleurs voté une loi interdi-sant ces jeux vidéo incitant à la violence. Mais comme le gouvernement irakien n’a aucune capacité d’action, l’interdiction est restée lettre morte, même si elle avait été relayée par le clergé chiite.

Que peut-on alors dire du « champ de bataille » des jeunes révolutionnaires ?

Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a, à l’entrée du pont, un bâtiment appelé le « restaurant turc », dont l’histoire et la façon dont il est aujourd’hui approprié racontent beaucoup de choses sur ce qu’est l’Irak. Ce bâtiment de 14 étages, construit en 1983, devait héberger un grand centre commercial qui n’a jamais vu le jour, même si un restaurant panoramique turc s’est installé au dernier étage, avec vue plongeante sur le Tigre et la place Tahrir. Il a été lourdement bombardé en 1991, pendant la guerre du Golfe, puis reconstruit, avant d’être à nouveau bombardé par les Américains en 2003.

Cette fois-ci, le bâtiment a été totalement laissé à l’abandon, d’autant que circulait la rumeur qu’il avait été contaminé par des substances radioactives. Mais, au moment du printemps arabe de 2011, les forces de l’ordre du gouvernement de Maliki ont occupé le bâtiment et des snipers ont tiré depuis les étages vides sur les manifestants, contribuant à tuer dans l’œuf le soulèvement.

Pour éviter que l’histoire ne se répète, au début de ce mois d’octobre, le premier objectif des manifestants a été d’occuper cet édifice. Les jeunes s’y sont rués, ont escaladé les façades et en ont fait le QG de la révolution, déroulant banderoles et drapeaux irakiens. La manière dont les révolutionnaires se réfèrent aujourd’hui à ce bâtiment est extrêmement significative. Certains d’entre eux le désignent comme « les jardins suspendus de Babylone », en référence aux grappes humaines assises aux étages sans garde-corps, les jambes ballantes dans le vide. Cette référence permet de se raccrocher à l’histoire mésopotamienne, celle d’un Irak berceau des civilisations.

D’autres l’appellent « Jabal Uhud », nom emprunté à l’hagiographie islamique puisque le mont Uhud, situé au nord de Médine, a été un lieu où se sont retranchés les premiers musulmans livrant bataille aux mécréants et auxquels les jeunes en révolte s’identifient.

L’Irak a toujours oscillé entre ces deux pôles de l’identité nationale : insiste-t-on sur la Mésopotamie pour dépasser les clivages ethniques et confession-nels ou sur la religion, au risque d’attiser les tensions entre sunnites et chiites ?

À cela s’ajoute une minorité qui se manifeste à travers l’expression « intifadat oktober ». Le mot oktober n’existe pourtant pas dans l’arabe irakien, où le mois d’octobre n’est jamais appelé comme cela. La référence est donc directement faite à la révolution d’Octobre 1917, trace du fait que l’Irak est le pays ayant eu le Parti communiste le plus puissant du monde arabe.

En ce qui concerne les slogans, deux sont dominants : « Je descends prendre mes droits » et « Je veux une patrie ». Au-delà de la dénonciation de la corruption et des injustices sociales, on en revient à l’identité de l’Irak et de ses composantes : le passé mésopotamien, l’islam, l’islamis-me, le vieux fond révolutionnaire marxisant, les rapports avec l’environnement régional, à commencer par l’Iran…

mercredi 13 novembre 2019 CONFAVREUX Joseph

http://www.europe-solidaire.org/

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17 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

mossoul irak (le huff’)

En Irak, ils reprennent « Bella Ciao » façon « Casa de Papel » pour dénoncer le régime

Le célèbre chant italien révolutionnaire, remis au goût du jour par la série espagnole, n’en finit pas de servir d’étendard.Tout y est. En combinaisons rouges, masques de Dali couvrant leurs visages, ils entonnent un “Bella Ciao” revisité en arabe et avec les codes de la série espagnole “La Casa de Papel”: des jeunes du nord de l’Irak font la “révolution” en vidéo, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête de cet article.

Ils partagent les mêmes maux et revendications que les manifestants à Bagdad ou dans le sud chiite gagné par la contestation. Mais à Mossoul, un temps “capitale” du groupe Etat islamique (EI) en Irak, les habitants disent craindre de sortir dans les rues pour faire, eux aussi, leur “révolution” à cause de pressions sociales et politiques.

C’est en endossant la tenue des braqueurs de la série culte “La Casa de Papel” et en reprenant l’hymne antifasciste de la Seconde Guerre mondiale qu’un groupe de jeunes affiche son soutien au mouvement de contestation qui embrase le reste du pays depuis le 1er octobre.

“Bella ciao” est devenu “Blaya Chara” ―“pas d’issue” en dialecte irakien―, le “Professeur” de la série Netflix brandit des banderoles “Justice pour les martyrs” et un chanteur blotti sous une couverture entonne: “pas de chauffage, pas un sou en poche”.

Vue des centaines de milliers de fois malgré le blocus des autorités sur les réseaux sociaux, la vidéo de la petite troupe de Mohammed Bakri a rapidement connu le succès en Irak, où le mouvement inédit de contestation réclame la “chute du régime”.

À Mossoul “on ne peut pas manifester”

“On a acheté des vêtements d’occasion, on a peint nous-mêmes nos masques et on a tourné dans la rue ou dans nos maisons”, raconte ce chanteur et acteur amateur de 26 ans. Acteur à la scène et instituteur bouclant difficilement les fins de mois à la ville, lui, comme les 13 autres membres de sa troupe montée en 2016, ne rêve que d’une chose: défiler avec Bagdad et le sud.

Mais à Mossoul, “on ne peut pas manifester”, confie ce père de deux enfants à la petite barbe taillée de près. Dans le nord et l’ouest du pays, majoritairement sunnites et repris il y a presque deux ans à l’EI, les habitants disent que s’ils descendaient dans les rues, la répression chez eux serait bien pire.

Les protestataires sont en effet souvent accusés par leurs détracteurs d’être des jihadistes ou des partisans du dictateur déchu Saddam Hussein, un sunnite originaire d’une région au nord de Bagdad.

Des allégations que personne ne prend à la légère alors que les autorités ont annoncé que les “saboteurs” qui infiltrent selon elles les manifestations seraient jugés sous le coup de la loi antiterroriste, qui prévoit au pire la mort, au mieux la perpétuité. “Mais avec notre art, on soutient (le mouvement) à notre façon, et je pense que comme ça, on parle aux noms de tous les Irakiens”, poursuit Mohammed.

Il fallait que Mossoul soit présente, renchérit Abderrahmane al-Rubaye, 25 ans, le réalisateur du clip. Tout s’est fait dans l’urgence pour dire aux manifestants ailleurs dans le pays qu’“on est de tout coeur avec eux”. “On a bouclé notre clip en 12 heures”, se félicite-t-il.

Risque d’être arrêté

Et surtout, il dit avoir réussi à le poster en ligne “entre deux coupures d’internet”, alors que Bagdad a fermé les robinets du net à plusieurs reprises depuis début octobre. Une tentative de museler le mouvement et une grave entrave à la liberté d’expression, assurent défenseurs des droits humains et communauté internationale.

Pour Jihane al-Mazouri, 23 ans, qui chante sous un long voile noir dans le clip, participer était impératif. “C’est le minimum que je peux faire pour soutenir les manifestants et je suis encore prête à utiliser mon art pour eux”, assure-t-elle. “Des gens sont morts et ont été blessés dans ces manifestations, alors quoiqu’on fasse, on ne sera jamais à la hauteur de ces énormes sacrifices”, poursuit-elle.

Avec les autres, elle a déjà tourné une deuxième vidéo. Cette fois-ci, la troupe a fait le déplacement jusqu’à Bagdad et à la place Tahrir, l’épicentre de la “révolution”. Là, ils ont détourné une chanson de la diva arabe Fayrouz, la transformant en ode aux conducteurs de touk-touks, ces petits véhicules à trois roues qui transportent les blessés faute d’ambulances.

Et encore une fois, dans l’urgence et avec le risque d’être arrêtés, qui pèse sur tous les militants et manifestants. “Mais maintenant, on ne s’inquiète plus”, tranche Abderrahmane. “Les gens ont pris confiance en eux. On ne se tait plus”, ajoute-t-il.

17/11/2019 Matthieu Balu

https://www.huffingtonpost.fr/

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