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19 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

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Irak : le souffle révolutionnaire

La mobilisation actuelle en Irak est-elle inédite ?

Loulouwa al-Rachid : Oui et non. L’Irak connaît des cycles constants de manifestations de plus ou moins grande ampleur, plus ou moins durables, et se vit comme une terre de révoltes. Dans l’imaginaire collectif, c’est un pays constamment en ébullition, indomptable et ingouvernable.

L’Irak a connu des manifestations en 2011, d’autres flambées en 2015, en 2017 et à l’été 2018 à Bassora. La seule chose sur laquelle les Irakiens sont d’accord, c’est qu’ils vivent dans un pays d’Intifada depuis au moins 1920 et le soulèvement national contre le mandat britannique, dont la répression, avec les premiers bombardements aériens de l’histoire du pays, a fait des milliers de morts.

Depuis, chaque soulèvement s’inscrit dans une continuité révolutionnaire. La colère, sa vitesse de propagation, la virulence des manifestants, le courage d’en découdre au prix de sa vie, la dénonciation de la corruption : tout cela était déjà présent dans les mouvements précédents, mais sans doute pas avec l’intensité qu’on voit depuis début octobre.

Ce soulèvement est néanmoins inédit, d’abord parce qu’il a éclaté là où on l’attendait le moins. D’habitude, cela flambe dans le Sud, à Bassora, ville sinistrée d’un point de vue sanitaire et socio-économique.

Mais après les soulèvements de l’été 2018, le gouvernement a amélioré l’approvisionnement électrique de cette deuxième grande ville du pays pour « acheter » la paix sociale. Cette fois-ci, le soulèvement éclate à Bagdad, plus précisément à partir de la ceinture de pauvreté qui entoure la capitale, notamment Sadr City.

Cette banlieue, construite à la fin des années 1950 pour loger les ruraux arrivant en ville, rassemble aujourd’hui presque un quart des habitants de la capitale. C’est à partir de là que la révolte s’est répercutée dans les grandes villes du centre (Nadjaf, Kerbela, etc.) et du sud du pays (Nassiriyya et Bassora).

Ce soulèvement est aussi inédit car il oblige à laisser tomber les prismes confessionnels ou ethniques qui sont toujours convoqués dès qu’on parle de l’Irak. Le conflit aujourd’hui se construit sur des bases purement socio-économiques.

La dimension des sunnites qui rejetaient l’ordre politique post-2003 est absente. Là, on est face à des manifestants chiites qui affrontent un pouvoir aux mains de la majorité chiite. Les Kurdes et les sunnites restent en position de spectateurs, non sans quelque satisfaction de voir les chiites s’étriper entre eux, même s’ils ont aussi des griefs contre le pouvoir central.

Ensuite, c’est la première fois que les femmes ont autant de visibilité sur la place Tahrir.

Cela montre que, depuis 2003, la société irakienne est en mouvement, en dépit de la chape de plomb du conservatisme imposé par l’islamisme chiite au pouvoir ou le salafisme dans les régions sunnites. On voit des jeunes femmes, sans voile et en jean, se mêler aux protestations sans peur du harcèlement sexuel. Cela montre à la fois des évolutions souterraines sur la place de la femme, et qu’on vit un moment de bascule où les cadres sociaux habituels s’ébranlent.

Enfin, un autre élément est le retour sur scène des corps constitués, des syndicats, qui étaient dans le coma. Les médecins, les ouvriers du secteur pétrolier, les enseignants ont appelé à la grève générale, ce qui est nouveau. Les travailleurs du port de Bassora appellent à bloquer ce qui constitue le poumon économique du pays, décisif dans un pays où la plupart des produits de première nécessité sont importés. C’est comme si la société irakienne tout entière fusionnait enfin dans un souffle révolutionnaire.

mercredi 13 novembre 2019 CONFAVREUX Joseph

http://www.europe-solidaire.org/

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19 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

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Le PC irakien existe toujours

Irak : le souffle révolutionnaire

Ce qui frappe, quand on regarde les manifestations en Irak, c’est l’extrême jeunesse des manifestants et le fait que, parmi les morts et les blessés, on ne voit quasiment que des visages d’adolescents…

Cette révolution est une révolution des jeunes et même des très jeunes, venus des marges déshéritées de la société. Les 15-25 ans, souvent des adolescents, sont en effet les acteurs principaux de la révolte. Bon nombre d’entre eux ont dû se transformer en chefs de famille, avec des pères morts, disparus ou partis du fait de la violence et des guerres successives. Ils travaillent dans l’économie informelle pour nourrir des familles entières. Selon la Banque mondiale, 60 % des Irakiens ont moins de 25 ans et leur taux de chômage dépasse les 40 %.

Mais cette mobilisation est frappante au-delà des conditions socio-économiques qui sont faites aux jeunes. Ainsi, les héros de ce soulèvement sont les conducteurs de « touk-touk » qui transportent au quotidien petites marchandises et travailleurs journaliers, dans la construction ou le commerce, venus des banlieues. Alors qu’ils incarnaient, aux yeux de beaucoup d’Irakiens, les bas-fonds et les classes dangereuses, accusés de harceler les jeunes filles, de se comporter en voyous et d’embouteiller les villes, ils ont structuré la mobilisation en ravitaillant les manifes-tants en eau et en servant d’ambulanciers.

Un autre aspect frappant est la façon dont ces jeunes envisagent leur entrée dans l’arène politique comme un jeu vidéo. On les surnomme la « génération PUBG », du nom d’un jeu vidéo en ligne qui a des millions d’adeptes en Irak, Players Unknown’s Battlegrounds. Le joueur y est parachuté sur un champ de bataille inconnu et doit se débrouiller pour trouver des vivres et des armes.

Dans la façon dont ils se déplacent, la manière dont ils érigent des barricades, les jeunes mani-festants s’inspirent de ce à quoi ils jouent quotidiennement. En avril 2019, le Parlement irakien, qui n’est pourtant pas fichu de légiférer sur quoi que ce soit, avait d’ailleurs voté une loi interdi-sant ces jeux vidéo incitant à la violence. Mais comme le gouvernement irakien n’a aucune capacité d’action, l’interdiction est restée lettre morte, même si elle avait été relayée par le clergé chiite.

Que peut-on alors dire du « champ de bataille » des jeunes révolutionnaires ?

Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a, à l’entrée du pont, un bâtiment appelé le « restaurant turc », dont l’histoire et la façon dont il est aujourd’hui approprié racontent beaucoup de choses sur ce qu’est l’Irak. Ce bâtiment de 14 étages, construit en 1983, devait héberger un grand centre commercial qui n’a jamais vu le jour, même si un restaurant panoramique turc s’est installé au dernier étage, avec vue plongeante sur le Tigre et la place Tahrir. Il a été lourdement bombardé en 1991, pendant la guerre du Golfe, puis reconstruit, avant d’être à nouveau bombardé par les Américains en 2003.

Cette fois-ci, le bâtiment a été totalement laissé à l’abandon, d’autant que circulait la rumeur qu’il avait été contaminé par des substances radioactives. Mais, au moment du printemps arabe de 2011, les forces de l’ordre du gouvernement de Maliki ont occupé le bâtiment et des snipers ont tiré depuis les étages vides sur les manifestants, contribuant à tuer dans l’œuf le soulèvement.

Pour éviter que l’histoire ne se répète, au début de ce mois d’octobre, le premier objectif des manifestants a été d’occuper cet édifice. Les jeunes s’y sont rués, ont escaladé les façades et en ont fait le QG de la révolution, déroulant banderoles et drapeaux irakiens. La manière dont les révolutionnaires se réfèrent aujourd’hui à ce bâtiment est extrêmement significative. Certains d’entre eux le désignent comme « les jardins suspendus de Babylone », en référence aux grappes humaines assises aux étages sans garde-corps, les jambes ballantes dans le vide. Cette référence permet de se raccrocher à l’histoire mésopotamienne, celle d’un Irak berceau des civilisations.

D’autres l’appellent « Jabal Uhud », nom emprunté à l’hagiographie islamique puisque le mont Uhud, situé au nord de Médine, a été un lieu où se sont retranchés les premiers musulmans livrant bataille aux mécréants et auxquels les jeunes en révolte s’identifient.

L’Irak a toujours oscillé entre ces deux pôles de l’identité nationale : insiste-t-on sur la Mésopotamie pour dépasser les clivages ethniques et confession-nels ou sur la religion, au risque d’attiser les tensions entre sunnites et chiites ?

À cela s’ajoute une minorité qui se manifeste à travers l’expression « intifadat oktober ». Le mot oktober n’existe pourtant pas dans l’arabe irakien, où le mois d’octobre n’est jamais appelé comme cela. La référence est donc directement faite à la révolution d’Octobre 1917, trace du fait que l’Irak est le pays ayant eu le Parti communiste le plus puissant du monde arabe.

En ce qui concerne les slogans, deux sont dominants : « Je descends prendre mes droits » et « Je veux une patrie ». Au-delà de la dénonciation de la corruption et des injustices sociales, on en revient à l’identité de l’Irak et de ses composantes : le passé mésopotamien, l’islam, l’islamis-me, le vieux fond révolutionnaire marxisant, les rapports avec l’environnement régional, à commencer par l’Iran…

mercredi 13 novembre 2019 CONFAVREUX Joseph

http://www.europe-solidaire.org/

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17 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

mossoul irak (le huff’)

En Irak, ils reprennent « Bella Ciao » façon « Casa de Papel » pour dénoncer le régime

Le célèbre chant italien révolutionnaire, remis au goût du jour par la série espagnole, n’en finit pas de servir d’étendard.Tout y est. En combinaisons rouges, masques de Dali couvrant leurs visages, ils entonnent un “Bella Ciao” revisité en arabe et avec les codes de la série espagnole “La Casa de Papel”: des jeunes du nord de l’Irak font la “révolution” en vidéo, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête de cet article.

Ils partagent les mêmes maux et revendications que les manifestants à Bagdad ou dans le sud chiite gagné par la contestation. Mais à Mossoul, un temps “capitale” du groupe Etat islamique (EI) en Irak, les habitants disent craindre de sortir dans les rues pour faire, eux aussi, leur “révolution” à cause de pressions sociales et politiques.

C’est en endossant la tenue des braqueurs de la série culte “La Casa de Papel” et en reprenant l’hymne antifasciste de la Seconde Guerre mondiale qu’un groupe de jeunes affiche son soutien au mouvement de contestation qui embrase le reste du pays depuis le 1er octobre.

“Bella ciao” est devenu “Blaya Chara” ―“pas d’issue” en dialecte irakien―, le “Professeur” de la série Netflix brandit des banderoles “Justice pour les martyrs” et un chanteur blotti sous une couverture entonne: “pas de chauffage, pas un sou en poche”.

Vue des centaines de milliers de fois malgré le blocus des autorités sur les réseaux sociaux, la vidéo de la petite troupe de Mohammed Bakri a rapidement connu le succès en Irak, où le mouvement inédit de contestation réclame la “chute du régime”.

À Mossoul “on ne peut pas manifester”

“On a acheté des vêtements d’occasion, on a peint nous-mêmes nos masques et on a tourné dans la rue ou dans nos maisons”, raconte ce chanteur et acteur amateur de 26 ans. Acteur à la scène et instituteur bouclant difficilement les fins de mois à la ville, lui, comme les 13 autres membres de sa troupe montée en 2016, ne rêve que d’une chose: défiler avec Bagdad et le sud.

Mais à Mossoul, “on ne peut pas manifester”, confie ce père de deux enfants à la petite barbe taillée de près. Dans le nord et l’ouest du pays, majoritairement sunnites et repris il y a presque deux ans à l’EI, les habitants disent que s’ils descendaient dans les rues, la répression chez eux serait bien pire.

Les protestataires sont en effet souvent accusés par leurs détracteurs d’être des jihadistes ou des partisans du dictateur déchu Saddam Hussein, un sunnite originaire d’une région au nord de Bagdad.

Des allégations que personne ne prend à la légère alors que les autorités ont annoncé que les “saboteurs” qui infiltrent selon elles les manifestations seraient jugés sous le coup de la loi antiterroriste, qui prévoit au pire la mort, au mieux la perpétuité. “Mais avec notre art, on soutient (le mouvement) à notre façon, et je pense que comme ça, on parle aux noms de tous les Irakiens”, poursuit Mohammed.

Il fallait que Mossoul soit présente, renchérit Abderrahmane al-Rubaye, 25 ans, le réalisateur du clip. Tout s’est fait dans l’urgence pour dire aux manifestants ailleurs dans le pays qu’“on est de tout coeur avec eux”. “On a bouclé notre clip en 12 heures”, se félicite-t-il.

Risque d’être arrêté

Et surtout, il dit avoir réussi à le poster en ligne “entre deux coupures d’internet”, alors que Bagdad a fermé les robinets du net à plusieurs reprises depuis début octobre. Une tentative de museler le mouvement et une grave entrave à la liberté d’expression, assurent défenseurs des droits humains et communauté internationale.

Pour Jihane al-Mazouri, 23 ans, qui chante sous un long voile noir dans le clip, participer était impératif. “C’est le minimum que je peux faire pour soutenir les manifestants et je suis encore prête à utiliser mon art pour eux”, assure-t-elle. “Des gens sont morts et ont été blessés dans ces manifestations, alors quoiqu’on fasse, on ne sera jamais à la hauteur de ces énormes sacrifices”, poursuit-elle.

Avec les autres, elle a déjà tourné une deuxième vidéo. Cette fois-ci, la troupe a fait le déplacement jusqu’à Bagdad et à la place Tahrir, l’épicentre de la “révolution”. Là, ils ont détourné une chanson de la diva arabe Fayrouz, la transformant en ode aux conducteurs de touk-touks, ces petits véhicules à trois roues qui transportent les blessés faute d’ambulances.

Et encore une fois, dans l’urgence et avec le risque d’être arrêtés, qui pèse sur tous les militants et manifestants. “Mais maintenant, on ne s’inquiète plus”, tranche Abderrahmane. “Les gens ont pris confiance en eux. On ne se tait plus”, ajoute-t-il.

17/11/2019 Matthieu Balu

https://www.huffingtonpost.fr/

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17 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

iran (pùblico)

  iran
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L’Iran coupe Internet

Manifestations contre la hausse du prix de l’essence

Le site Internet netblocks indique que « les plus grands opérateurs de réseaux de téléphonie mobile en Iran ont été déconnectés samedi à 18 heures, heure locale ».

L’Iran a coupé l’accès à Internet ce samedi après des manifestations contre la hausse des prix de l’essence, qui ont provoqué de violents affrontements entre manifestants et forces de sécurité.

L’accès à Internet est encore coupé aujourd’hui à la fois à Téhéran et dans d’autres villes. « Nous sommes pratiquement au secret »,  Ali, 28 ans, de Jorramshahr, qui estime que « la mesure a été prise pour nous empêcher d’envoyer les images des manifestations, ils ne veulent pas que le monde voie ce qui se passe dans la région ».

Maryam, 45 ans, de Bandar Abas, se plaint de ne pas pouvoir suivre l’actualité. « Je suis aussi traductrice et mon travail dépend d’Internet, ma vie est paralysée, je n’ai pas réussi à faire de virement bancaire, c’est insupportable ». Les organisations internationales basées à Téhéran, telles que les agences des Nations Unies, ils ont demandé à leurs employés de travailler à domicile.

Dans une première réaction, le ministre iranien de l’Intérieur, Abdolreza Rahmaní Fazlí, a averti les manifestants que s’ils continuaient à descendre dans la rue, ils feraient face aux forces de sécurité. « Jusqu’à présent, ils ont été tolérés », a déclaré Rahmaní Fazlí aux médias locaux. « Mais il a été décidé que si le problème continuait, les forces de sécurité y feraient face », a-t-il ajouté.

Les manifestations ont commencé vendredi contre l’augmentation du prix de l’essence et se sont propagées dans tout le pays avec des slogans politiques contre le gouvernement et le système, ce qui a provoqué de vives réactions des forces de sécurité. Selon des données non officielles, au moins une douzaine de personnes ont perdu la vie lors d’affrontements avec les forces de sécurité, bien que les médias officiels n’aient confirmé qu’un seul mort dans la ville de Sirjan.

Le prix de l’essence jusqu’à jeudi était unifié et coûtait dix mille rials (moins de 0,10 dollar), mais il est déjà vendu dans des stations-service à trente mille rials (0,30 dollar) et chaque véhicule a une ration mensuelle au prix de quinze mille rials (0,15 $).

Téhéran 17/11/2019

https://www.publico.es/

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10 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

chili, liban, irak (a manca ci)

protester

CHILI, LIBAN, IRAK 

LES RAISONS DE LA COLÈRE ET PREMIERS ENSEIGNEMENTS

Trois pays, trois sociétés, trois histoires différentes et cependant de fortes similitudes. Un fil invisible et pourtant très présent relie ces pays et ces peuples : c’est la colère. Cette colère plonge ses racines dans un contexte social marqué par de profondes inégalités et une corruption endémique. Face à ces contestations, deux des gouvernements concernés, ceux d’Irak et du Chili optent pour la manière forte en faisant tirer sur les foules et en procédant à des milliers d’arrestations.

Au Liban, ce sont les milices du Hezbollah (liées au gouvernement théocratique iranien) qui se livrent aux basses besognes en tentant d’intimider la contestation par leur propagande et au besoin par les menaces et autres agressions physiques. Et c’est ainsi que la droite au pouvoir au Chili, les marionnettes de l’impérialisme US (et de l’Iran? Blog) en Irak et le Hezbollah au Liban se font les gardiens du capitalisme et des classes sociales qui en tirent un maximum de profits.

Les réseaux sociaux, catalyseurs de la lutte

Mais à y regarder de plus près, tous ces mouvements de contestation ont également une caractéristique commune. Ils ne sont pas déclenchés et organisés par des organisations syndi-cales ou des partis politiques représentants des classes laborieuses. En leur lieu et place, ce sont les réseaux sociaux qui font office de catalyseurs, sans qu’une direction guide ou incarne encore pour l’heure ces mouvements de colère.

Ce phénomène déjà constaté en France avec l’irruption des Gilets Jaunes, inquiète et rassure tout à la fois les gouvernants et leurs appareils d’Etat.

Il inquiète car ce qu’on appelle communément les corps intermédiaires sont soit inexistants, soit éradiqués, ignorés et marginalisés par les pouvoirs en place – quand ils ne sont pas décrédibili-sés aux yeux des classes populaires par leur absence de volonté en termes de contestation réelle, de l’ordre néo-libéral. Les Etats concernés et leurs gouvernements sont cependant rela-tivement rassurés par l’absence de forces organisées susceptibles de leur contester le pouvoir.

Un impératif pour les classes populaires : se doter de ses propres outils politiques

L’histoire de la lutte des classes est têtue. Si les classes sociales dominées ne se dotent pas de leurs propres outils politiques, et si plus encore et au-delà, elles ne s’engagent pas sur le chemin d’un renversement radical des rapports de force, alors peuvent-elles soit subir de sanglantes défaites, soit arracher quelques progrès sociaux, lesquels seront immanquablement remis en cause dans le temps.

Les centaines de milliers de jeunes femmes et hommes qui se sont engagées dans ces combats vont sans nul doute, et quelques soient les issues dans les pays respectifs, tirer des enseigne-ments et se forger une plus grande conscience politique. Encore plus bien entendu, s’ils arra-chent aux pouvoirs en place des avancées significatives, peuvent-ils prendre la mesure de la force et de la portée de leurs actions, et donc de prendre confiance en leurs propres potentialités.

Pas de mécanique révolutionnaire immanquable

Pour autant, la lutte de classes ne débouche pas mécaniquement sur des crises révolution-naires. Il faut que les expériences des luttes soient accumulées et que l’ennemi soit clairement identifié, lui et son idéologie qui, sans se dire en tant que telle, obscurcit bien des esprits.
Cette condition n’est pas la moindre au cœur des enjeux. C’est là que l’internationalisme prend toute sa place.

Travailler à une contestation intercontinentale

Il ne faut pas s’y tromper : il est plus que vital que s’amorce une contestation intercontinentale face à la globalisation capitaliste, afin d’éviter les isolements et leurs inévitables conséquences.
C’est l’autre condition nécessaire à la maturation des mouvements.

Le problème est de taille car au cœur des sociétés, là où le mouvement ouvrier fut puissant, ne subsistent que des pans épars d’organisations révolutionnaires. Ce sont pour l’heure encore des mouvements fascisants et/ou populistes qui engrangent toute une partie de la colère des classes laborieuses.

L’affaiblissement des potentialités sous les coups des fascismes et des fondamentalismes

Le racisme et la xénophobie divisent le monde du travail et en affaiblissent considérablement les potentialités. Les nationalismes chauvins reprennent de la vigueur. Et les instruments d’informa-tions sont quasiment tous aux mains de propriétaires privés ou corsetés par les appareils d’Etat.
De plus, des fondamentalistes religieux de toutes obédiences, se présentent comme autant de recours, ce qui n’est que pure tromperie, tant ils sont assujettis au « modèle de l’économie de marché ».

Sans une claire vision de ces maux, nous qui ne vivons pas sous des dictatures ni dans les affres de conflits armés – et qui tendons à des changements réels, nous toutes et tous, pouvons nous condamner à l’impuissance ou à des échecs cuisants. La construction tenace et patiente d’une force politique réunissant les premiers éléments conscients des enjeux ne relève donc pas d’une lubie mais d’une impérieuse nécessité.

L’obstacle du crypto stalinisme et de la social-démocratie

Encore faut-il que les leçons de l’histoire de la lutte des classes soient globalement tirées.
Ne nous cachons pas le fait que quelques avatars barrent encore ce chemin. Ils se nomment social-démocratie et crypto stalinisme, deux tendances mortifères qui ont conduit les masses là où elles en sont ; quasi totalement désarmées face au néo libéralisme.

Sûrement est-il tout autant nécessaire que les chapelles en « iste » qui végètent à la gauche de la gauche, se départissent de leur sectarisme et de leur immaturité politique. Il ne s’agit pas de castrer ni de censurer les débats, mais de ne pas camper sur des postures irresponsables en confondant des fantasmes de sectes avec les nécessités de la lutte des classes.

Notre mouvement n’est pas à l’abri de ces tentations. En regardant par-dessus nos épaules, ayons la capacité et l’humilité de constater que d’autres, bien plus mal lotis, s’engagent dans des luttes et ce partout dans le monde.

L’internationalisme a aussi cette fonction.

A Manca  2 novembre 2019 

https://www.a-manca.net/

Commentaire:

Sauf erreur le « crypto-stalinisme » est aussi nommé « campisme »: la division du monde en deux camps et nous devrions en choisir un, contre les USA. Ce sont généralement des régimes autoritaires, bureaucratiques ou liés à l’ex-URSS.

Lire aussi:

Les Irakiens de nouveau dans la rue malgré la répression (CI)

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30 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

gael quirante (sud ptt 92)

gael

18 DÉC : POUR LA RELAXE DE GAËL

Double procès en correctionnelle :
Le 18 décembre, prenons au sérieux l’ampleur de l’attaque
Mobilisation Générale pour la relaxe de Gaël Quirante !

Gaël ne passe pas une mais deux fois en correctionnelle le 18 décembre prochain. Il est accusé par des cadres de La Poste de « vol avec violence » et « violence ».

Cela fait partie des dizaines de plaintes déposées par la direction de La Poste pendant le conflit des postiers et postières des hauts-de-seine. Cette grève qui a duré près de 15 mois avait fini par gagner et surtout s’était conclue par les révélations d’Envoyé Spécial sur la politique de La Poste faite de cadences industrielles, de vol de temps de travail et de suicides.

La Poste tente, par le biais de ses cadres de reprendre sur le terrain judiciaire ce qu’elle a perdu sur le terrain de la grève. Nous devons l’en empêcher.

Pour cela elle bénéficie de la bienveillance et de l’aide de l’Etat qui instruit vite les plaintes de la direction qui ne s’appuient que sur leurs dires. Deux poids et deux mesures, car dans le même temps, l’Etat classe sans suite des dépôts de plaintes des grévistes sur des actes de violences avérés (filmés) de la part de cadres de l’entreprise ou de la Police.

Nous ne pouvons laisser passer cela. Gaël risque 5 ans de prison et 75 000 euros d’amendes dans chacun de ses procès. Le double procès double donc les risques.

C’est bien évidemment une figure de la lutte contre la politique anti-sociale de La Poste qui est visée. Un militant ouvrier qui sait articuler dans un langage populaire une politique lutte de classes. Mais au-delà, un militant qui fait partie d’une équipe qui a su non seulement faire face à la répression, mais également se renforcer en répondant à chaque coup porté à la hauteur de l’attaque.

Une équipe militante lutte de classes qui s’adresse à tous les fronts de luttes depuis des années maintenant. Réussissant à construire des ponts entre différents secteurs, syndicats et fronts de luttes.

Nous avons déjà toutes et tous largement soutenu Gaël face à la répression. Mais il faut bien comprendre que l’acharnement qui vise Gaël a franchi une étape : criminaliser par la prison l’action militante dans l’entreprise et suite à une grève. Avec le risque ajouté d’années de mise à l’épreuve.

En somme : une épée de Damoclès qui le mettrait à la merci d’une dénonciation calomnieuse du moindre policier dans n’importe quelle manifestation. L’enjeu est donc très élevé, notre mobilisation doit être à la hauteur.

Réservons toutes et tous la date, organisons des transports collectivement pour être présentes et présent à Nanterre Préfecture le 18 décembre à 8h (des hébergements seront disponibles).

Un comité de soutien va voir le jour prochainement. N’hésitez pas à nous contacter  pour vous aider à organiser des transports collectifs ou vous informer de ceux qui se mettent en place près de chez vous.

N’hésitez pas à envoyer un mail à SUD-POSTE-92@wanadoo.fr  si vous voulez de l’aide pour organiser des transports collectifs ou vous informer de ceux qui se mettent en place près de chez vous.

Le lien de l’émission  https://www.francetvinfo.fr/

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27 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

asmat brest (france 3)

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Brest : les assistantes maternelles contre l’article 49 du projet de loi de financement de la sécurité sociale

Les assistantes maternelles manifestent ce 26 octobre à Brest. Elles pointent du doigt l’application de l’article 49 dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale. Ce dernier prévoit notamment leur inscription obligatoire sur un site internet.

Les assistantes maternelles manifestent ce samedi 26 octobre dès 10 h 30 place de Strasbourg vers la place de la Liberté à Brest. Les ASMAT se mobilisent en effet contre l’application de l’article 49, prévu dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale. Cet article vise, selon le gouvernement, à favoriser la visibilité des modes de garde aux parents.

Pour Anne Créach du Collectif des Assistants Maternels en Colère du Finistère, certains aspects de l’article pose question notamment l’obligation de s’inscrire sur le site internet mon-enfant.fr.

« On devra donner nos coordonnées et nos disponibilités régulièrement. Si on ne le fait pas, on nous menace de nous retirer notre agrément. Pour nous c’est un vrai problème de ne plus avoir d’anonymat. Tout sera accessible sur un site, un listing national. N’importe qui pourra l’utiliser. »

Anne Créach ajoute « cela pose des soucis pour certaines femmes comme des femmes de militaires qui doivent garder une certaine confidentialité par rapport au métier de leur conjoint. » Elle s’interroge « quel est le rôle de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) là-dedans, de diffuser des informations sans notre accord ? »

Les assistantes maternelles craignent également « du flicage » car les relais des assistants maternels devront contrôler les informations données sur le site.

« On va nous imposer un remplissage, sans prendre en compte nos contraintes » indique Anne Créach. Alors que jusqu’ici le fonctionnement des assistantes maternelles relevait d’un choix entre elles et les parents, là « dès qu’on aura une disponibilité, on nous enverra quelqu’un. Nous n’aurons plus le choix. » 

Les assistantes maternelles s’étaient déjà mobilisées en février dernier, contre le projet de réforme de l’assurance-chômage.

E.C 26/10/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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27 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

insurrections (france info)

chili

Liban, Chili, Hong Kong, Soudan…

Pourquoi le monde est-il en train de se soulever 

Franceinfo : Peut-on dire qu’il existe un « climat insurrectionnel » dans le monde en ce moment ?

Mathilde Larrère : Il y a des explosions insurrectionnelles dans différents points du monde et cette simultanéité crée un climat insurrectionnel. D’autant plus que chaque insurrection fait référence aux autres et que dans chacune, les contestataires cultivent les similitudes et les symboles communs.

Par exemple, lorsqu’on regarde les graffitis sur les murs, on voit clairement que les révoltes font référence les unes aux autres. J’ai vu une photo d’un graffiti à Malmö, en Suède – qui n’est pourtant pas un lieu de contestation – faire référence en caractères latins et arabes à ce qu’il se passe au Chili, au Liban, en Irak ou à Hong Kong.

On est dans ce qu’on appelle la « citation révolutionnaire », qui est du registre de la solidarité internationale, où on fait référence aux autres pays en lutte. Apprendre à Beyrouth que le peuple se soulève au Chili, puis au Chili qu’il se lève en Equateur rend aussi la contestation légitime. Et on se dit qu’elle est possible puisque d’autres le font.

Chaque nouvelle insurrection suscite des marques de solidarité avec les autres insurrections.Mathilde Larrère

Autre similitude : quand on regarde les images de ces révoltes, les insurgés portent les mêmes vêtements et masques pour se protéger des forces de l’ordre et de la reconnaissance faciale, ils lancent des objets, il y a souvent du feu… Si on ne connaît pas bien chaque révolte, si l’image est peu identifiable, on peut avoir du mal à faire la différence, d’autant plus que les médias choisissent le même type de photos « iconiques » pour symboliser les révoltes.

A propos des symboles communs, des masques du Joker ont été repérés dans plusieurs manifestations. 

Ce n’est pas étonnant. Ce personnage est associé à la révolte, tout comme le masque de Guy Fawkes. Et puisque ces révoltes sont portées par la classe populaire et moyenne, les mani-festants vont utiliser les codes de la culture qui est la leur : la culture populaire, avec des personnages qui sont connus du continent sud-américain au Moyen-Orient.

On a moins affaire à des mouvements organisés de façon classique comme le mouvement ouvrier par exemple, donc les symboles traditionnels de la révolution – comme le poing, le drapeau rouge, la faucille et le marteau, ou le drapeau noir dans une culture politique plus anarchiste – sont moins mobilisés.

Les images circulent sur les réseaux sociaux, on voit un symbole qui marche à un endroit et on le reprend par mimétisme. Il est ensuite relayé dans les médias et se retrouve à plusieurs endroits du globe. Par ailleurs, internet accélère aussi la diffusion de ces symboles. Il existe un « internationalisme du numérique ».

Cette accumulation de soulèvements simultanés est-elle inédite ?

Non, ce n’est pas inédit qu’il y ait des mouvements d’embrasement dans plusieurs espaces, c’est même très classique. Sauf que cette fois, ils se produisent dans un temps très ramassé, notamment grâce aux réseaux sociaux.

De 1770 à 1790 par exemple, on a eu la révolution américaine, la révolution batave [ Hollande / Pays-Bas], la révolution en Irlande, la révolte haïtienne dans les Caraïbes… A partir de 1810, les colonies d’Amérique latine conquièrent leur indépendance en l’espace d’une quinzaine d’années.

Et puis autour des années 1820 et 1848, on a une série de révolutions dans l’Europe méridiona-le, au Portugal, en Espagne, à Naples… Toutes visent à renverser des monarques autocrates pour les remplacer par des monarchies constitutionnelles. La Grèce entre en insurrection pour arracher son indépendance à l’Empire ottoman en 1821, il y a la révolution de juillet 1830 en France contre la monarchie… En 1848, le Printemps des peuples est un soulèvement quasi généralisé en Europe.

En 1917, la révolution d’Octobre aboutit à la création de l’Internationale communiste, qui doit propager la révolution dans les autres pays. Quand l’Allemagne ou la Hongrie tentent leur révolution en 1918-1919, elles font référence aux bolcheviques…

Sans oublier 1968, qui est un mouvement mondial : les révoltes explosent au Japon, au Mexique et sur tout le continent européen. En 1989, les pays du bloc soviétique d’Europe de l’Est  s’effon-drent, à l’instar de la Tchécoslovaquie pendant la « révolution de Velours ». En 2011, c’est au tour de la Tunisie, de l’Egypte et de la Libye de connaître leur Printemps arabe.

Comment expliquer le basculement vers l’insurrection ?

Il ne faut pas s’arrêter au détail du déclenchement ou de l’étincelle. A première vue, les raisons de la colère dans certains pays peuvent paraître dérisoires, mais il faut voir cela comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase. L’historien britannique Edward P. Thompson a étudié cette étincelle et l’a expliquée avec son concept d’ »économie morale de la foule »

La population est prête à accepter un certain nombre de sacrifices, financiers, économiques, sociaux… Mais arrive un moment où le sacrifice supplémentaire est perçu comme inacceptable, illégitime et injuste. C’est à ce moment que se fait la rupture et la bascule.

On refuse ce nouveau sacrifice, mais aussi tout ce qui a été accepté jusqu’ici : les politiques néolibérales et leurs effets austéritaires, les écarts de fortune qui se creusent. La goutte d’eau de trop provoque le rejet du vase entier.

Il semble que l’un des points communs de ces mouvements soit la dénoncia-tion des inégalités économiques…

Certains économistes ont montré que les politiques d’austérité choisies par certains Etats après la crise financière de 2007 pèsent encore très lourdement sur les classes populaires et les classes moyennes.

Les ultrariches ne cessent de s’enrichir depuis une décennie tandis que beaucoup d’autres connaissent des processus de paupérisation. Et quand l’élite de la classe moyenne s’allie aux classes populaires, on assiste à des situations explosives. Quand il n’y a que les classes populaires, c’est plus facile à modérer, mais là, il y a une alliance. On l’a vu chez les « gilets jaunes », où la dimension inter-classiste a été démontrée par des études.

Ces mouvements pointent-ils une crise de la démocratie et de la représentation ?

Il y a une véritable demande de démocratie dans ces révoltes. On assiste, à Hong Kong, en France ou encore au Liban, à l’expression de la souveraineté populaire, qui est à la base de la démocratie. Les contestataires usent de moyens d’action qui ne sont pour l’instant pas considé-rés comme démocratiques, puisqu’ils utilisent la violence, mais le fond de leurs demandes est profondément démocratique : ils veulent mettre fin aux politiques qu’on leur impose.

Ils rejettent le fait d’être gouvernés toujours par les mêmes familles ou par des personnes issues des mêmes classes sociales, que ce soit les mêmes qui monopolisent le pouvoir.

A Santiago (Chili), j’ai vu un graffiti qui faisait le rapprochement entre le président Sebastian Piñera et Augusto Pinochet [dictateur entre 1973 et 1990]. Ces insurrections montrent que la démocratie n’est pas à l’abri de la révolution. Elles questionnent la nature même de la démocratie et de son application.

La violence a-t-elle augmenté au cours de l’histoire ?

En France, on n’est pas au niveau de la violence politique du 19è siècle, encore heureux ! Les révolutions du 19è siècle que j’étudie laissent sur le pavé des centaines de morts et se concluent par des jugements massifs qui débouchent sur un grand nombre de peines de mort et de déportations. Le niveau de répression au 19è siècle est évidemment bien supérieur.

Mais cela dépend des pays et des régimes. En ce moment, au Chili ou en Irak, on tire aussi à balles réelles. L’escalade de la violence dans plusieurs endroits s’explique aussi par la répres-sion des forces de l’ordre. C’est leur violence qui explique le passage à l’acte. Les deux sont liés.

Le désordre est toujours co-construit, il y a une répression d’un côté, et en réponse, des actes émeutiers de l’autre.

Quant aux tactiques de la guérilla urbaine, elles circulent depuis toujours. Aujourd’hui, grâce aux réseaux sociaux, on dispose en plus des photos de ces techniques. A Hong Kong, on a repris la tactique « Be Water », qui consiste à être insaisissable pour les forces de l’ordre. C’est une tacti-que assez classique du bloc [les black blocs] depuis les grands sommets internationaux et altermondialistes. Elle est juste appliquée à des masses plus importantes à Hong Kong.

Les femmes sont-elles plus présentes dans ces mouvements ?

De fait, on représente davantage les femmes. Non pas forcément qu’elles soient plus présentes ; les femmes ont été présentes dans toutes les luttes. Mais elles étaient moins représentées parce qu’elles combattaient moins les armes à la main. Elles étaient à l’arrière, pour recharger les fusils, soigner les blessés, ravitailler les barricades… Mais ce qu’on représente en priorité, ce sont les combattants.

A chaque révolution, on tend à invisibiliser le rôle et la présence des femmes. On les a davanta-ge vues au sein des  »gilets jaunes » parce qu’on est sans doute plus sensibles qu’avant à leur présence et parce qu’elles ont aussi plus été en première ligne que dans les mouvements précé-dents, où elles étaient là, mais en retrait. Et il y a aussi eu des manifestations de femmes « gilets jaunes ».

Même si toutes ces révoltes n’aboutissent pas à une victoire des contestatai-res, que changent-elles dans l’histoire ?

Si, après une révolte, on peut avoir des vagues contre-révolutionnaires, il n’y a plus de retour en arrière. On peut avoir cette impression, mais quand on regarde la décennie qui suit, il y a quand même des évolutions. Après les révoltes de 1848 en Europe, le système féodal et le servage ont définitivement été abandonnés. Il y a des points de non-retour. L’histoire montre qu’après-coup, des compromis et des améliorations ont lieu. Je suis optimiste.

Notre monde est-il en ébullition ? Depuis plusieurs mois, de nombreux conflits sociaux traversent les continents, du Hirak en Algérie à la fronde à Hong Kong en passant par les « gilets jaunes » en France. La planète connaît des révoltes populaires dont les points communs sont la dénoncia-tion des inégalités, la demande de démocratie et le rejet des élites.L’étincelle qui déclenche la colère peut sembler dérisoire, comme la hausse du prix des tickets de métro au Chili ou la taxe sur les appels via des messageries comme WhatsApp au Liban, mais elle est révélatrice d’un malaise plus profond. Pour comprendre ces soulèvements au regard de l’histoire, franceinfo a interrogé Mathilde Larrère, maîtresse de conférences à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée, spécialiste des mouvements révolutionnaires au 19è siècle. Elle est l’autrice dIl était une fois les révolutions (Editions du Détour). Une flambée d’insurrections embrase la planète depuis plusieurs mois. Le moteur commun de ces soulève-ments est la dénonciation des inégalités économiques et sociales ainsi que la perte de contrôle démocratique. Entretien avec Mathilde Larrère, historienne des révolutions.

Elise Lambert 27/10/2019

https://www.francetvinfo.fr/

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26 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

irak (le-monde le-huff’ ci)

irak

En Irak, manifestations pour « la chute du régime » après une nuit de feu et de sang

Le Parlement, qui devait se réunir samedi pour discuter des revendications des protestataires, a de nouveau annulé sa séance faute de quorum.

Les forces de sécurité irakiennes tentaient, samedi 26 octobre, de venir à bout de nouvelles manifestations, à Bagdad et ailleurs en Irak, qui réclament « la chute du régime » après une nuit de violences meurtrières.Depuis le 1er octobre, environ deux cents personnes sont mortes dans la contestation – inédite parce que spontanée –, interrompue pendant dix-huit jours, le temps du plus important pèlerinage chiite avant de reprendre jeudi.Près du quart des personnes tuées, 42, l’ont été vendredi, quand les violences ont pris un tour nouveau avec l’incendie dans le sud du pays de dizaines de sièges de partis, de bureaux de députés et surtout des QG des factions armées du puissant Hachd Al-Chaabi, coalition de paramilitaires dominée par les milices chiites pro-Iran et alliée du gouvernement irakien.De telles violences n’ont pas eu lieu à Bagdad. Les manifestants sur la place Tahrir, proche de la « zone verte » où siègent le Parlement et l’ambassade des Etats-Unis, assurent que leur mobilisation contre le pouvoir est pacifique.Samedi, après avoir replié les couvertures sous lesquelles ils ont dormi sur place, ils ont de nouveau défilé sous les grenades lacrymogènes et assourdissantes des forces de sécurité.

Système à bout de souffle

Les protestataires rejettent en bloc les mesures sociales annoncées. Ils veulent, disent-ils, une nouvelle Constitution et une classe politique entièrement renouvelée, alors que l’Irak est classé douzième pays le plus corrompu au monde.

Le premier ministre, Adel Abdel Mahdi, a plaidé pour réformer le système d’attribution des postes de fonctionnaires et abaisser l’âge des candidats aux élections, dans un pays où 60 % de la population à moins de 25 ans.

Pour les manifestants, les gouvernements successifs depuis la chute du dictateur Saddam Hussein en 2003 ont amené le système à bout de souffle alors qu’en seize ans, la corruption a officiellement coûté 410 milliards d’euros à l’Etat, soit deux fois le PIB de l’Irak, deuxième producteur de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).

Le Parlement, qui devait se réunir samedi pour discuter des revendications des manifestants, a de nouveau annulé sa séance faute de quorum.

Dans plusieurs villes du Sud sous couvre-feu depuis vendredi, des appels à manifester ont été lancés pour la fin d’après-midi, après les enterrements des victimes des violences de la nuit.

https://www.lemonde.fr/

Lire aussi

Iraq clashes: at least 15 die as counter-terror police quell protests (The Guardian)

Au moins 15 autres manifestants iraquiens ont été tués samedi dans des affrontements avec les forces de sécurité, alors que des milliers de personnes ont participé à des manifestations anti-gouvernementales nationales. Le premier ministre, Adil Abdul-Mahdi, a ordonné aux membres du service de lutte contre le terrorisme de l’élite du pays (CTS) dans les rues de Bagdad et dans la ville sud de Nassiriya. On leur a dit d’ »utiliser toutes les mesures nécessaires » pour mettre fin aux manifestations, les sources de sécurité selon Reuters.

Plus de 60 morts en 48 heures en Irak dans les manifestations contre le gouvernement

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26 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

flambée (courrier inter)

revolution

Une flambée de manifestations dans le monde depuis début octobre

Du Chili au Liban, en passant par la Guinée…, les mouvements de contestation se sont multipliés ces dernières semaines autour du monde. Tour d’horizon des principaux soulèvements populaires :

CHILI

Quand ? Depuis le 18 octobre.

Quel élement déclencheur ? La hausse des tickets de métro à Santiago.

Où en est-on ? Malgré la suspension de la hausse suivie de mesures sociales proposées par le président conservateur Sebastian Piñera, la contestation face aux conditions socio-économiques et aux inégalités s’est amplifiée et étendue à d’autres régions. Une grève générale a commencé le 23 octobre.

Quel bilan humain ? 18 morts.

LIBAN

Quand ? Depuis le 17 octobre.

Quel élément déclencheur ? Une nouvelle taxe sur les appels passés via la messagerie WhatsApp.

Où en est-on ? Le gouvernement de Saad Hariri a rapidement annulé la mesure et annoncé des réformes économiques d’urgence. Mais le mouvement de contestation, réclamant le départ de l’ensemble de la classe politique, continue de grandir du nord au sud du pays, provoquant sa quasi-paralysie.

Quel bilan humain ? Manifestations pacifiques, émaillées de quelques heurts.

GUINEE

Quand ? Depuis le 7 octobre.

Quel élément déclencheur ? Le projet prêté au président sortant Alpha Condé, 81 ans, de briguer sa propre succession en 2020 et de changer à cette fin la Constitution.

Où en est-on ? Les manifestations rassemblant des milliers de Guinéens se succèdent à l’appel du Front National pour la défense de la constitution (FNDC), coalition de partis d’opposition, de syndicats et de membres de la société civile.

Quel bilan humain ? Une dizaine de morts.

EQUATEUR

Quand ? 1-13 octobre.

Quel élément déclencheur ? La hausse du prix des carburants.

Où en est-on ? Après 12 jours de manifestations, un accord a été conclu entre le mouvement indigène, fer de lance de la contestation, et le président Lenin Moreno, qui a retiré le décret controversé.

Quel bilan humain ? Huit morts et 1.340 blessés.

IRAK

Quand ? Depuis le 1er octobre.

Quel élément déclencheur ? Appels spontanés sur les réseaux sociaux pour réclamer du travail et des services publics fonctionnels.

Où en est-on ? Après une semaine de contestation violemment réprimée, le gouvernement a annoncé des mesures sociales, mais aucune réforme en profondeur. La rue veut, elle, une nouvelle Constitution et un renouvellement total de la classe politique. Vendredi, la contestation a repris, avec une nouvelle flambée de violences, attisée par le leader chiite Moqtada Sadr.

Quel bilan humain ? Plus de 150 morts la première semaine. Plus de 40 morts pour la seule journée de vendredi.

D’autres mouvements, entamés plus tôt dans l’année se poursuivent :

A Hong-Kong, un mouvement de contestation est né le 9 juin, enclenché par un projet de loi autorisant les extraditions vers la Chine continentale.

Les manifestations et actions quasi-quotidiennes, rassemblant jusqu’à deux millions de personnes dans ce territoire de 7,3 millions d’habitants, ont plongé l’ex-colonie britannique dans sa pire crise politique depuis la rétrocession en 1997. Le projet a été suspendu début septembre mais les revendications se sont élargies à la dénonciation du recul des libertés et des ingéren-ces grandissantes de Pékin dans les affaires de sa région semi-autonome. Initialement pacifi-ques, les manifestations ont dégénéré en violents heurts entre militants et forces de l’ordre. De nombreux militants pro-démocratie ont été attaqués par des partisans du pouvoir de Pékin.

En Algérie, la décision du président Abdelaziz Bouteflika de briguer un 5e mandat a provoqué une vague de manifestations pacifiques le 22 février. M. Bouteflika a démissionné début avril, mais les manifestations ont continué, réclamant le départ de l’ensemble de l’appareil politique. Le « Hirak » (mouvement) rejette la tenue d’une élection présidentielle, annoncée le 12 décembre par le pouvoir intérimaire, n’y voyant qu’un moyen pour le « système » de se maintenir au pouvoir.

26.10.2019

https://www.courrierinternational.com/

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Le vent du monde

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