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30 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

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RT, Sputnik : la propagande du Kremlin en orbite

Traitement orienté des crises ukrainienne et syrienne, promotion du FN en France et des courants identitaires ailleurs : RT et Sputnik sont de plus en plus influents. Comment cet empire médiatique international, armé par l’État russe, s’est-il étendu ?

2008. La Russie gagne la guerre en Ossétie du Sud, mais son gouvernement com- prend qu’il perd celle de l’information, selon la journaliste et chercheuse Nina Bachkatov. En 2013, un décret de Vladimir Poutine crée Rossia Segodnia, nouvelle agence officielle de communication du Kremlin. En son sein, deux antennes médiatiques : Russia Today, désormais RT et Sputnik.

Objectif affiché : proposer « un point de vue alternatif sur tous les grands évènements du monde et [offrir] au public étranger un aperçu de la position russe ».

Trois ans plus tard, le Parlement européen dénonce dans un rapport une « guerre de désinformation et de propagande russe ».

Lancé en 2005, Russia Today fait dans le multimédia.

Sa chaîne de télévision diffuse aujourd’hui en anglais, arabe et espagnol dans une centaine de pays, et dispose de studios à Londres et Washington. Elle s’appuie sur un site Internet d’actualité et d’analyses politiques, et sur une chaîne de documentaires YouTube revendiquée à plus d’un milliard de vues [1].

De son côté, l’agence Sputnik se décline en trente-trois sites à l’architecture similaire, produits en autant de langues. À un traitement identique de l’actualité internationale s’ajoutent des rubriques d’information adaptées à chaque pays cible. Là aussi, des bureaux éditoriaux sont délocalisés : à Washington, au Caire, à Pékin et à Montevideo. Dans chaque pays, Sputnik dispose d’une radio à diffusion quotidienne

Médias d’État pour intérêts nationaux

Les deux médias sont implantés en France, où ils ont connu une rapide croissance d’audience, grâce à un usage efficace de formats variés. En première ligne de la couverture des manifes- tations contre la loi travail, RT atteint aujourd’hui d’importants chiffres d’audience sur l’ensem- ble des plateformes exploitées : 42.000 abonnés sur Youtube et presque 263.000 mentions « j’aime » sur Facebook, par exemple.

Doté d’une rédaction d’une quinzaine de professionnels basée à Paris depuis le printemps 2015, le site prévoit l’ouverture d’une chaîne de télévision en français pour l’année 2017. Le CSA lui a délivré son accord l’année dernière. Pour sa part, Sputnik radio diffuse en français et en continu depuis janvier 2015.

RT et Sputnik sont frileux quand il s’agit d’aborder leur qualité de voix du Kremlin.

Pourtant, Maria Simonyan, la rédactrice-en-chef de RT et Sputnik, est aussi celle de l’agence gouvernementale qui les englobe, Rossia Segodnia. Elle est titulaire, en compagnie d’autres journalistes, d’une médaille pour leur «couverture objective» de la crise ukrainienne, remise en toute objectivité par… Vladimir Poutine. Le directeur général de Rossia Segodnia, Dmitri Kisselev, également vice-président du groupement des médias d’Etat russes (VGTRK), évoque sous ces termes sa conception du service public [2] : «Je suis à la tête d’une agence publique, et en cela il est clair que je me place du côté de mon gouvernement. Notre agence incarne les intérêts nationaux de la Russie».

Le fonctionnement interne, notamment dans le choix des sujets, est décrit comme « très vertical, avec une tutelle très forte » par un ex-journaliste de RT France cité par France TV Info. Quant aux financements, de nombreux médias occidentaux affirment qu’ils proviennent « à 100% du Kremlin ». Selon une enquête de News Statement citée par Libération, l’État russe a versé, en 2013, 300 millions d’euros à RT.

Relais des mouvances identitaires

C’est ainsi tout logiquement que les idées promues sont en adéquation avec les intérêts du Kremlin, voire les appuient, lorsque cela se révèle nécessaire. Sur le cas syrien, RT et Sputnik défendent l’idée d’une Russie en soutien d’un gouvernement légitime, celui de Bachar Al- Assad, dans sa lutte contre l’État islamique, et d’une population syrienne en liesse à la « libération » d’Alep. Les exactions commises contre les civils à Alep-Est seraient ainsi exclusivement le fait des « rebelles ».

Plus globalement, la technique employée se rapproche de celle du whataboutism, initiée par l’Union Soviétique, qui consiste à répondre à des dénonciations en formulant des accusations sur d’autres activités menées par le camp adverse. Dans son dernier sondage en date, Sputnik International interroge ses lecteurs: «Selon vous, quelle fut l’efficacité de l’intervention menée par les États-Unis dans la lutte contre Daesh?»

Ces plateformes n’hésitent pas non plus à promouvoir, dans chaque pays, les personnalités et courants politiques propices aux intérêts russes et à la vision du monde traditionaliste portée par le Kremlin.

Une exploration de Sputnik France permet d’en cerner l’orientation idéologique identitaire : relais intense de l’activité du Front National ; chroniques régulières de personnalités comme Jacques Sapir, Édouard Chanot (rédacteur sur le site d’extrême droite Boulevard Voltaire) ou Nicolas Bonnal (Boulevard Voltaire, Eurolibertés). Les méthodes et vocabulaire de RT et Sputnik se rapprochent d’ailleurs de ceux employés par la fachosphère française : objectif affirmé de « réinformation » ; critique des médias de masse occidentaux – dont les accusations ne semblent déboucher que sur la promotion des médias incriminés ; hiérarchisation de l’information relativement similaire.

Un régime de confusion

La dilution de la propagande dans un vaste ensemble d’articles et émissions aux sujets variés jette un flou sur la réelle nature des deux médias. Le 26 décembre dernier, le juriste Raphaël Dalmasso était, par exemple, invité sur Sputnik radio pour une émission au contenu sérieux, consacrée aux ressorts de la montée du chômage en France.

Des personnalités de gauche, très minoritaires parmi les interviewés, comme Bernie Sanders ou Pierre Laurent ont accordé des entretiens à RT, Yanis Varoufakis à Sputnik. Jeremy Corbyn faisait même l’éloge de Russia Today sur Twitter en 2011.

Russia Today est devenu RT, et les deux médias « réutilisent les méthodes innovantes » des médias indépendants muselés en Russie, comme le relève la chercheuse Françoise Daucé pour France 24. La confusion porte alors ses fruits auprès d’une audience large qui ne réalise pas qui lui parle. Une audience, également, en recherche d’information alternative aux médias occidentaux de masse dont le positionnement apparaît tout aussi partisan.

L’opacité de la stratégie médiatique du Kremlin ne s’arrête pas là.

L’Agence d’investigation de l’Internet, basée à Saint-Pétersbourg, comporte une armée de trolls dont l’activité consiste à intervenir sur les réseaux sociaux et sites Internet de toutes langues, en usant de faux comptes, afin de faire basculer le débat d’idées vers les thèmes chers au gouvernement russe. Dans leurs commentaires, ces activistes conseillent souvent au lecteur de se réinformer sur… RT.

Notes:

[2] Dans le documentaire La propagande selon Poutine, diffusé sur ARTE (2015)

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30 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

c’est quoi la complosphère 1 (blogyy.net)

squelettes

Desintox à l’attention des visiteurs des sites Meta TV, Cercle des Volontaires, Agence Info Libre, Informaction, Crôa, Alterinfo, Le Message, Le Libre Penseur, Wikistrike, Quenel+, TV Libertés ou encore Égalité & Réconciliation.

C’EST QUOI LA « COMPLOSPHÈRE » ?

La « complosphère » est une nébuleuse de sites internet qui attire beaucoup de déçus de la politique et qui déstabilise doublement les plus crédules. D’abord, en expliquant la misère du monde comme étant le produit de complots plus ou moins spectaculaires (alors que le capita- lisme n’est pas un complot puisque nous savons parfaitement comment il fonctionne et qui en profite). Ensuite, en mélangeant ses sources avec des références d’extrême-droite ce qui conduit à une grande confusion politique et au fantasme de l’union des contraires (ce qu’on appelle le confusionnisme).

Quand on surfe parmi ces sites internet diversement reliés (via des liens, des sources ou même simplement des noms qui aiguisent la curiosité et qui suscitent des recherches), on avance progressivement dans un méandre où le savoir antérieur s’obscurcit, se brouille et se retrouve finalement balayé par des révélations stupéfiantes et l’affirmation répandue d’être passé de l’autre côté du miroir.

On croit avoir atteint un autre niveau de conscience du monde, comme éveillé ou réveillé, à la manière de Néo dans Matrix ou d’Alice aux pays des Merveilles (certains vont jusqu’à évoquer l’allégorie de la caverne de Platon, le malin génie de Descartes ou encore quelques contes et romans, dont ceux d’Huxley et Orwell).

Dès lors, on se sent appartenir à une nouvelle famille, bien au-delà des liens antérieurs, parmi un réseau d’initiés qui ont compris ce que d’autres n’arrivent pas ou ne veulent pas comprendre. Des initiés qui doivent à leur tour convertir d’autres incrédules, pour que la « dissidence » s’étende et devienne majoritaire. Et au bout, si elle devient majoritaire ? Que va-t-il se passer ? Suivons encore un peu le méandre.

Parmi les nombreux sites qui composent la complosphère, du Cercle des Volontaires à Meta TV, en passant par Agence Info Libre, Informaction, Crôa, Alterinfo, Le Message, Le Libre Penseur, Wikistrike, Quenel+ ou TV Libertés, il y a, par exemple, Egalité & Réconciliation : Le site complotiste de loin le plus fréquenté et auquel tous les chemins mènent tôt ou tard.

Ce bout du chemin peut se résumer en une image, un seule image, mais la plus repré- sentative du site Egalité & Réconciliation puisque c’est la photo de famille officielle (surnommé « le mur des bons ») sur laquelle on retrouvent ses principaux collaborateurs et ses principales références. Regardons un peu de qui se prévaut Égalité & Réconciliation pour comprendre à quoi mène le méandre de la complosphère (la photo et sa légende sont en bas de cette page).

Tout est résumé dans cette liste. Nous sommes arrivés dans les égouts d’Internet qui sont, en l’occurrence, les égouts de l’Histoire. Autrement dit, ceux qui ont cru être passés de l’autre côté du miroir sont juste passés dans le camp d’en face.

Au final, le méandre de la complo-sphère n’est qu’une machine à remonter le temps ou, plus précisément, à mystifier le présent tout en mythifiant le passé. C’est le vieux chemin déjà emprunté à maintes reprises, sombre et tortueux, qui brouille la voie de l’utopie en proposant un repli chimérique. Ce chemin, c’est tout simplement celui du fascisme.

Yannis Youlountas · 29/12/2016

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30 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

c’est quoi la complosphère 2 (blogyy.net)

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Ce photo-montage a été publié le 6 mai 2013 très officiellement sur le site d’Egalité & Réconciliation (et légendé par nos soins par la suite).

1 – Franck ABED (royaliste)
2 – Robert FAURISSON (négationniste)
3 – Vincent REYNOUARD (nazi, amoureux d’Hitler comme le montrent certaines de ses vidéos délirantes.
4 – DIEUDONNÉ M’BALA M’BALA (amuseur de fachos et d’imbéciles, boutiquier en produits dérivés, antisémite monomaniaque)
5 – Joe LE CORBEAU (dessinateur monomaniaque et bras droit de Dieudonné)
6 – POUTINE (dictateur, grand criminel)
7 – Alexandre DOUGUINE (inspirateur de Poutine)
8 – Louis Ferdinand CELINE (écrivain antisémite et sympathisant nazi)
9 – Stan MAILLAUD (flic autoproclamé)
10 – Gérard DEPARDIEU (barrique de Médoc rouge 13°)
11 – Kemi SEBA (gourou suprématiste affirmant la supériorité de la prétendue race noire)
12 – Sheikh IMRAN HOSEIN (laveur de cerveau)
13 – Bachar EL ASSAD (dictateur, grand criminel)
14 – Jean-Marie LE PEN (matière fécale)
15 – Alain SORAL (gourou d’Egalité & Réconciliation, soutien des néo-nazis grecs d’Aube dorée et grand admirateur de JM Le Pen, antisémite monomaniaque, dont le positionnement est comme souvent bâti sur des frustrations.
16 – Jésus CHRIST (ajouté par Soral sans son accord)
17 – CHAVEZ (sans rentrer dans un long débat à son sujet, signalons qu’il détestait Soral comme l’a clairement montré l’épisode d’Agnès Soral avec le Vénézuela à cause de son nom)
18- Mahmoud AHMADINEJAD (dictateur, financeur de Soral, Dieudonné, Meyssan et quelques autres)
19 – Thierry MEYSSAN (confusionniste et conspirationniste financé par l’Iran)
20 – Piero SAN GIORGO (gourou survivaliste et boutiquier de matériel de survie revendu très cher)
21 – Etienne CHOUARD (gourou confusionniste dont les disciples diffusent « le message », rabatteur du FN qu’il déclare être de gauche, soutien de Soral et collaborateur d’E&R, également démasqué par l’un de ses proches.
22 – Marion SIGAUT (royaliste, intégriste, faire-valoir chrétien d’E&R)
23 – Biquette (chèvre pseudo-candidate à l’élection présidentielle de 2012 avec Dieudonné)
24 – Boris BOITEUX (sosie de Soral et créateur du « Soral Show »)
25 – Pascal FERNANDEZ alias ZEON (dessinateur monomaniaque)
26 – Salim LAÏBI (copieur médiocre de Soral, ex-bras droit de ce dernier, puis parti en claquant la porte et en le démasquant)

Manquent sur la photo :
27 – Pierre HILLARD (écrivailleur confusionniste et conspirationniste)
28 – Hervé RYSSEN (raciste délirant invité par Laurent Louis et Dieudonné à Bruxelles lors du congrès de la dissidence et dont Soral vend les livres, auteur de vidéos à vomir, notamment celle-ci, titrée « Pourquoi je suis raciste et antisémite » .
29 – Laurent LOUIS (nano-poujadiste belge, ex-collaborateur de Dieudonné parti en claquant la porte et en le démasquant).

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18 décembre 2016 ~ 1 Commentaire

théorie du complot? (rue 89)

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En cas de doute, il y a trois questions à se poser

Ruche89 : Comment se déroulent vos ateliers d’« autodéfense intellectuelle » ?

Sophie Mazet : Il y a d’abord une partie sur le langage, les mots, les arguments. On commen- ce par de la rhétorique à l’ancienne, Aristote, etc. En ce moment, on travaille sur Orwell et la novlangue : comment on arrive à faire dire aux mots le contraire de ce qu’ils ont l’air de vouloir dire. Puis on enchaîne sur le discours publicitaire : comment est-ce qu’il peut nous atteindre sans même qu’on s’en rende compte ? On travaille aussi sur les connotations qu’on peut donner aux mots.

Par exemple ?

Un exemple qu’on travaille beaucoup est celui du Rwanda. Les mots qui ont été utilisés pour désigner les Tutsi faisaient référence à des animaux comme des chiens et des cafards, et donc petit à petit, en utilisant ces mots, on allait vers le fait de ne plus considérer les Tutsi comme des humains – or il est bien plus facile d’aller tuer un cafard que d’aller tuer une personne.

Vous avez démarré ces cours après vous être rendu compte de la grande crédulité de certains de vos élèves… Les jeunes sont-ils plus crédules ?

Je ne suis pas sûre que ce soit spécifique aux jeunes. Vous n’avez pas de bol parce que vous êtes les premiers à vous informer principalement sur Internet donc peut-être que finalement il y a un effet trompeur.  L’un d’entre vous, parlait de l’information comme d’un marché. Eh bien, le sociologue Gérald Bronner est tout à fait d’accord avec vous. Il propose d’envisager le marché cognitif comme une démocratie où certains voteraient une fois et d’autres voteraient 1 000 fois. Et dans cette catégorie, il y a les complotistes, qui s’expriment beaucoup plus que ceux qui luttent contre les théories du complot. Donc la tâche n’est vraiment pas aisée pour les internautes.

Il y a aussi un processus de construction, non ? Parfois, dans des moments de doute, on cherche des arguments pour se rassurer.

C’est la pente qu’il faut, en théorie, essayer d’éviter dans la façon dont on s’informe. Qu’est-ce qui nous mène vers l’erreur ? C’est le biais de confirmation, c’est-à-dire chercher à confirmer ce que l’on pense déjà. C’est une pente naturelle de notre esprit, on est tous comme ça. On essaye toujours de se donner raison au lieu de se donner tort. Pour se prémunir contre ça, l’idée c’est d’essayer, même si c’est vraiment dur, de s’auto-donner tort à chaque fois qu’on cherche à construire un raisonnement.

Pensez-vous qu’Internet est en train de faire des jeunes des complotistes endurcis ?

Hélas, il y a des risques. Un certain nombre de jeunes sont seuls sur Internet et ne parlent pas d’actualité avec leur famille. Ça me paraît un peu problématique. C’est ce que le sociologue Daniel Bougnoux appelle la « clôture informationnelle » : on est enfermé à l’intérieur de la façon dont on s’informe. Toujours sur les même sites, les mêmes blogs et donc on va trouver des choses qui confortent nos idées.

Si l’on observe votre parcours, vous avez pris conscience de l’existence de théories du complot en enseignant dans un lycée ZEP.

Ça fait neuf ans que j’enseigne dans le même lycée en zone sensible mais je suis persuadée que si l’on lisait la plupart des études sociologiques, on trouverait la même chose dans tout type de lycée. Cela m’étonnerait fort que le niveau social y soit pour quelque chose. D’ailleurs, si l’on s’attarde sur les sensibilités aux croyances en fonction du niveau d’étude, une étude sociologique de Daniel Boy et Guy Michelat, qui date de 1986, dit que les plus crédules sont ceux qui ont fait des études supérieures non scientifiques. C’est une question de démarche. Ces personnes ont développé une certaine curiosité intellectuelle et sont habituées à s’intéresser à tout plein de sujets.

Comment vous y prenez-vous avec des gens qui, comme certains d’entre nous, croient à certaines théories ?

Il faut mettre vos théories à l’épreuve. Une méthode m’a été soufflée par l’équipe qui a réalisé la série de documentaires « Conspi Hunter » – d’excellentes petites vidéos qui démontent des théories du complot.

En cas de doute, il y a trois questions à se poser :

  • Quelles sont les sources ? Essayez d’en croiser plusieurs ;
  • Qu’est-ce que ça donnerait si on poussait la théorie jusqu’au bout ? Qu’est-ce que ça aurait impliqué, très concrètement ?
  • Est-ce qu’il n’y a pas une explication beaucoup plus simple ?

C’est comme l’histoire des messages subliminaux.

C’est-à-dire ?

Il y a deux origines principales aux messages subliminaux. Deux raisons pour lesquelles ça nous fait peur.

La première, c’est un directeur de cinéma dans les années 50 qui s’est dit : « Je vais essayer de faire vendre du pop-corn et du Coca à des gens qui regardent les films. » Des pays se sont mis à interdire les messages subliminaux, comme l’Australie ou la Grande-Bretagne. Des gens ont essayé de se faire du pognon en vendant des méthodes subliminales pour maigrir, pour arrêter de fumer… On a fini par découvrir que ce directeur de cinéma avait complètement bidonné l’expérience. Le problème, c’est que la panique était lancée.

La deuxième origine, c’est un exemple magnifique de complot, dont on a la preuve grâce à des documents déclassifiés. Pendant la guerre froide, la CIA a voulu tester l’influence du LSD sur des gens pour savoir si on pouvait vider complètement un esprit humain et essayer de le reprogrammer entièrement. Evidemment, ça n’a jamais fonctionné. Les gens à qui on a admi- nistré ces doses-là de LSD sont devenus fous, ils se sont suicidés, ça a ruiné complètement un certain nombre de vies… Mais personne n’a été « reprogrammé ».

Donc, sur la question des messages subliminaux, quand vous voyez des gens qui font des triangles dans les clips de Lady Gaga, ça crée une ambiance de mystère, mais rien n’entre dans notre cerveau. L’esprit humain ne marche pas comme ça.

Comment distinguer le lanceur d’alerte du complotiste ?

C’est décevant mais je n’ai pas du tout de méthode miracle. Si ce n’est, encore une fois, essayer d’avoir une certaine rigueur au niveau des sources.

Dans votre livre, vous dites qu’en France on est un pays où on est plus enclins qu’ailleurs à se méfier des autres et où la tendance au complotisme peut être particulièrement prononcée. Comment l’expliquez-vous ?

Sur ce sujet, ma source principale, c’est un bouquin vraiment intéressant, « La Société de défiance », de Pierre Cahuc et Yann Algan. Pourquoi on est comme ça ? Je ne sais pas. Si ça se trouve, c’est Descartes qui nous fait douter. Si ça se trouve, c’est aussi la Révolution française, on n’aime pas trop les institutions centralisées qui se présentent comme détentrices de vérités. On peut penser que l’une des causes est une certaine culture intellectuelle française.

Vous luttez en quelque sorte contre le manque d’esprit critique. Sur quels sujets est-il le plus criant ?

C’est compliqué. Je ne peux pas mettre les théories du complot sur le même plan que les peurs alimentaires. Un jour, j’ai entendu deux collègues qui disaient à la cantine qu’il fallait se méfier de McDo parce que la pastille blanche dans les hamburgers serait un anti-vomitif.

Et ce n’est pas vrai ?

Si vous achetez des hamburgers au supermarché, vous verrez exactement la même chose. C’est juste un effet de la décongélation. Mais c’est une rumeur intéressante à observer. Si on la pousse jusqu’au bout, ça voudrait dire qu’il y a un budget antivomitif chez McDo. Il faut acheter ces médicaments en grande quantité. Combien de personnes ça impliquerait ? Combien seraient tenues au secret ?

C’est comme la rumeur des steaks aux vers de terre. Vous la connaissez celle-là, non ? Eh bien si on regarde, en fait, les vers de terre sont plus chers que le bœuf ! Donc ça n’aurait aucun intérêt pour McDo. Idem pour l’antivomitif, ça a quand même un certain coût. Déjà qu’une boîte de Spasfon, c’est cher !

Derrière chaque rumeur ou chaque complot, il y a souvent une explication un peu plus simple. On appelle ça le rasoir d’Ockham, du nom du philosophe médiéval Guillaume d’Ockham. Le rasoir, ça veut dire qu’on rase tout ce qui dépasse, toutes les hypothèses inutiles. Je prends toujours le même exemple avec mes élèves : vous avez rendez-vous avec un garçon ou une fille ce samedi. Le rendez-vous s’est très bien passé, c’était parfait, tout le monde avait l’air très séduit. Il ne vous rappelle pas. Pourquoi ?

  • a. il a été enlevé par les extraterrestres ;
  • b. il a perdu son téléphone ;
  • c. il a oublié son téléphone chez sa grand-mère ;
  • d. il n’a pas envie de vous rappeler.

Et on répond quoi ?

On répond d. Le problème, c’est qu’on a plutôt envie de croire a, b, ou c, parce que ça nous rend triste que la personne n’ait pas très envie de nous rappeler. On préfère se raconter des petites histoires qui paraissent peu crédibles plutôt que de croire à l’explication plus simple. La plupart des théories du complot fonctionnent de cette manière. (Résumé)

Note:

Dans son lycée, Sophie Mazet anime un atelier d’autodéfense intellectuelle. Elle nous explique comment elle enseigne le scepticisme à ses élèves. Prof d’anglais dans un lycée de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), Sophie Mazet est l’auteure d’un « Manuel d’autodéfense intellectuelle », fruit d’un atelier organisé dans son établissement. Les jeunes de la Ruche89 l’ont interrogée. C’est leur toute première interview.

Initialement publié le 4 mars 2016

 Ruche89. Publié le 17/12/2016
.
Commentaire: Cet article qui s’adresse aux enfants vaut aussi pour bien des adultes qui n’ont jamais mis les pieds en Syrie mais qui savent que Poutine a « libéré » Alep!

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20 juillet 2016 ~ 0 Commentaire

olivier besancenot sur « là-bas si j’y suis »

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12 juillet 2016 ~ 0 Commentaire

ludo, d’osons causer (les inrocks)

Le visage du mouvement social sur YouTube

Depuis un an ce jeune youtubeur décrypte l’actualité politique et sociale d’un point de vue critique, avec sa chaîne “Osons Causer”. De “On vaut mieux que ça” à Nuit debout, portrait d’un médiactiviste nouvelle génération. (…)

La tête enturbannée dans un t-shirt rouge pour se protéger du soleil, chemise ouverte sur une poitrine velue, barbe de deux semaines et chaussures de marche usées aux pieds : Ludovic Torbey, 29 ans, tient plus du vagabond ayant sauté d’un train de marchandise au hasard d’un ralentissement, que du youtubeur au faîte de sa popularité. Pourtant, il est apostrophé comme le digne rejeton de Philippe Martinez : “Bravo pour le taf !”, “Merci pour ta dernière vidéo !”. “Ici, pour moi, c’est comme le salon de l’auto !”, ironise-t-il en souriant.

Des tracts-vidéos qui dépassent les 3 millions de vues

Du collectif On vaut mieux que ça à Nuit debout, en passant par les manifestations contre la loi travail, ce jeune strasbourgeois a fait ses classes dans la chaleur du mouvement social. Depuis un an, avec ses acolytes Xavier et Stéphane, il anime la chaîne Youtube Osons Causer, qui cumule aujourd’hui 60 000 abonnés, et bientôt 2 millions de vues. Dans ses vidéos, il livre face caméra une analyse critique des sujets qui agitent l’actualité – égalité des chances, concen-tration des médias, état d’urgence… – dans un langage simple, comme s’il parlait à un pote – d’où le tutoiement qui s’impose comme une évidence quand on l’aborde.

Dernièrement, Osons Causer s’est même lancé dans le format court : des vidéos de 3 minutes prenant davantage la forme de billets d’opinion sur des événements très récents – des vitres cassées de l’hôpital Necker aux menaces d’interdiction de manifester. Incrustées sur le mur Facebook de la chaîne, ces tracts-vidéos ont dépassé plusieurs fois les 3 millions de vues.

A la fois cause et symptôme d’une époque dont le fond de l’air s’empourpre, Osons Causer peut se targuer d’avoir contribué à déplacer le centre de gravité du débat public vers les thématiques sociales, en faisant entendre une voix dissonante par rapport au libéralisme dominant. C’était pourtant loin d’être gagné.

“Alimenter une offre politique alternative à Soral”

Il y a deux ans, la fachosphère assoit son hégémonie sur internet. Soral, Dieudo, Fdesouche et consorts exploitent cet espace de liberté, structurant une communauté politique hyperactive et efficace, sans rencontrer de résistance, ou si peu. Usul, débarrassé de sa casquette de criti- que de jeux vidéo, se bat un peu seul sur Youtube, avec sa série Mes Chers contemporains. C’est à ce moment que Ludo, sa licence de philo et de socio pour seul viatique, passe comme la rumeur à Paris. Il squatte chez son pote de prépa, Stéphane, qui vit en colocation avec Xavier, le plus geek des trois, qui avait créé à quinze ans un site de fans de Kyo.

Après avoir loupé les concours de recrutement à l’Education nationale “pour des actes manqués” – une panique à une dissertation, et un zéro éliminatoire dans la section “agir en fonctionnaire éthique et responsable” (il avait utilisé des mots grossiers) – Ludo hésite entre écrire un livre de philo sur “la compréhension” et monter une boîte de conseil “citoyenne”, pour remettre l’intérêt général au centre des processus des collectivités publiques. Paradoxalement, l’emprise des idées soraliennes sur certains de leurs amis les conduit à investir le web à leur tour.

“On ne se serait pas lancé si on n’avait pas voulu alimenter une offre politique alter- native à Soral, explique Ludo. Il fallait offrir une autre vision du monde aux gens qui, faute d’une offre critique alternative, tombaient sur l’extrême droite”. “Je lui disais qu’il devait faire une sorte de contre-point critique à toutes les thèses confusionnistes qui circulaient sur inter- net à ce moment là”, se remémore Stéphane, son ami depuis qu’ils se sont rencontrés il y a dix ans en prépa BL (Lettres et sciences sociales) à Henri IV.

“C’est un gros tchatcheur”

Quelques bidouillages techniques appris sur le tas par Xavier plus tard, Osons Causer – titre choisi pour le double-sens sur la “cause” – publie sa première vidéo. Sept minutes de mono- logue en une seule prise : “Ludo ne voulait pas refaire le taf. Il déteste relire ses copies, il a un problème avec le fait de revenir sur ce qu’il a déjà fait”, rapporte Xavier avec une pointe d’amertume. A l’époque, Usul écoute le doux babil politique du strasbourgeois avec enthousiasme :

“J’ai vu ça d’un œil sympathique, forcément, en plus il parlait de socio, il y avait des livres dans le fond. Je trouvais le ton simple, accrocheur, même si je n’étais pas le cœur de cible. Depuis longtemps, à chaque fois que je vois des militants, je leur dis d’investir cet espa- ce, qu’on s’y sent seuls, cernés. Osons Causer a amené un peu de renfort sur internet !”

Un an après, le style n’a pas changé, même si le trio s’est amélioré avec l’expérience. Ce que Ludo a perdu en volume de cuir chevelu, il l’a gagné en densité argumentaire. Depuis le début, le rôle d’orateur un brin idéologue lui sied à merveille : “Il parle tout le temps, explique toujours des trucs à ses potes, c’était assez naturel que ce soit lui”, explique Stéphane. “C’est récurrent : sur YouTube, il y’a beaucoup de gens qui étaient déjà des grandes gueules dans leur groupe de potes. Je pense que c’est le cas de Ludo. C’est un gros tchatcheur”, balance Usul.

“J’ai fait la campagne de Royal, c’est ma casserole” Naturellement volubile et rompu à l’art de l’éloquence, la gouaille en plus, Ludo passe donc régulièrement son grand oral face à un jury d’internautes : “Quand on filme, il ne dit pas son texte, ce n’est pas écrit, ce sont juste des arguments. Il garde une part d’impro sur la formulation”. Assis devant une bibliothèque digne de La Joie de lire – la librairie engagée et érudite créée par François Maspero en 1957, qui a marqué des générations de militants -, il aligne les punchlines avec un accent qui hésite entre le sud-ouest et l’Alsace, décochant si nécessaire un argument d’autorité emprunté à son Panthéon – Bourdieu, Spinoza, Marx, Hegel, Lacan et Rancière.

Cette aisance n’est sans doute pas étrangère à sa formation politique. Adhérent à l’UNL en seconde, puis au MJS – “J’ai fait la campagne de Royal, c’est ma casserole”, con- vient-il –, il adhère en 2008 au Parti de Gauche “sans y militer”, puis s’éloigne des partis : “La politique pour moi ce n’est pas la réunionite, ni la quête des cartes”. Le médiactiviste n’échappe cependant pas aux turpitudes du militantisme.

Tempête à #OnvautMieuxQueça En février 2016, il est à Strasbourg quand il reçoit un appel du youtubeur DanyCaligula, qui le contacte pour lui proposer de participer à une action com- mune de vidéastes contre le projet de loi travail. Sitôt intégré à une réunion sur Skype, à laquelle assistent notamment Usul et Le Fil d’actu, il met son grain de sel dans la discussion. “On se met d’accord sur l’objectif de libérer la parole, de faire entrer la réalité du travail dans le débat public par effraction, relate-t-il. Et on s’accorde aussi sur le moyen : une campagne avec un hashtag”. Sur suggestion de DanyCaligula, ce sera #OnVautMieuxQueça.

C’est à Ludo que revient la conclusion de la vidéo. Montée et publiée en un week-end, son succès dépasse les espérances de ses concepteurs. Avec la pétition montée par Caroline de Haas, et l’appel à manifestation lancé par des syndicalistes frustrés par la lenteur de leurs directions le 9 mars, cette vidéo a lancé le mouvement contre la loi travail.

“Qui l’eut cru ? On n’en dormait plus tellement on recevait de témoignages sur le monde du travail qu’il fallait recueillir et relayer, rapporte Ludo. Dans ce mouvement social, rien ne s’est passé comme d’habitude. François Ruffin [le réalisateur de Merci Patron!, ndlr] a même contribué à lancer une nouvelle forme d’action sociale jamais vue en France ! C’est un débor- dement des cases permanent”. Pendant les mois d’avril et de mai, le lascar a allègrement squatté la place de la République : “Je n’ai jamais fait mieux que Nuit debout : c’était un mélange de free party, de Fête de l’Huma et d’université politique”. (…)

Malgré les écueils et les embrouilles, Osons Causer persiste à taper la discute. Grâce à un système de financement participatif et, marginalement, aux vidéos qu’ils monétisent, Xavier, Stéphane et Ludo se partagent “un bon Smic” à trois. À la rentrée, ils réfléchissent à augmenter leur rythme de publication, et comptent se mettre à plein temps sur leur chaîne. Peut-être même qu’ils participeront à une conférence gesticulée, et des collaborations avec des médias amis sont aussi “dans les tiroirs”. De quoi irriguer cet insatiable moulin à parole politique de Ludo. Mathieu Dejean 09 juillet 2016

http://www.lesinrocks.com/lludo-dosons-causer-visage-mouvement-social-youtube

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07 juillet 2016 ~ 0 Commentaire

un peu de feminisme… (pùblico.es)

Dans ce monde de brutes!

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25 juin 2016 ~ 0 Commentaire

merci patron! (fr3)

nsa-obama-humor

Licencié après en avoir proposé la diffusion 

En mars dernier un ingénieur dinanais envoie un mail aux syndicats de Renault pour faire la promotion de « Merci Patron ! », le film de François Ruffin. Le lendemain il est mis à pied par son entreprise, sous traitante du constructeur automobile.

Henri (prénom modifié), un ingénieur originaire de Dinan, travaillait depuis dix ans pour des entreprises prestataires de Renault. Depuis deux ans il exerçait ses responsabilités au sein du technocentre Renault de Guyancourt, le plus grand centre de recherche et dévelop- pement en France. Jusque là tout va bien. Mais Henri sur son temps libre est aussi bénévole pour le journal alternatif Fakir.

Licencié pour avoir proposé la projection gratuite de « Merci Patron ! « 

Le 15 mars dernier il envoie une dizaine de mails à différents syndicats de Renault pour leur proposer une diffusion gratuite du film. Un courrier électronique envoyé depuis chez lui et depuis son ordinateur personnel. Pourtant le lendemain matin le patron d’Henri l’appelle. Renault a transmis son mail et exige qu’Henri quitte le site. A 15h il est convoqué pour un entretien et est mis à pied. Henri enregistre cet échange avec son directeur pour « être sûr de ce qu’il allait entendre » : « Ils surveillent… ils surveillent les mails des syndicalistes »  lance le PDG, et de conclure « tu as fait une grosse bêtise ». Le PDG lui annonce alors son intention de le licencier. « J’étais scié  » raconte Henri à nos confrères du Télégramme.

La toile s’empare de l’affaire en pleine saison des nuits debout

Henri décide de ne pas se laisser faire et raconte ses déboires aux journalistes de Fakir. Il leur confie également l’enregistrement de l’échange avec son employeur. La publication de son témoignage fait immédiatement le buzz. Cette vilaine publicité deviendra la faute invoquée pour justifier son licenciement lors de son entretien préalable

La liberté d’expression bafouée ?

Comment Renault a pu être informé de ce mail ? Les journalistes de Fakir et Mediapart  s’inter- rogent et publient différents articles. L’affaire prend une toute autre ampleur…. Pour l’avocate d’Henri, Maître Dufresne Castets (également avocate de la CGT Renault) Henri est un lanceur d’alerte et le motif de son licenciement est un prétexte. Bien embarrassé, Renault se défend de surveiller les messageries des syndicalistes mais affirme que les messageries professionnelles ne doivent pas être utilisées à but promotionnel. Et d’ajouter « c’est un contentieux entre ce monsieur et son employeur ». L’affaire sera jugée en référé le vendredi 1er juillet. Délibéré attendu quinze jours plus tard. M.V. avec fakirpresse.info et letelegramme.fr 24 juin 2016

http://france3-regions.francetvinfo.fr/licencie-apres-avoir-propose-la-diffusion-de-merci-patron

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26 mai 2016 ~ 0 Commentaire

anti-k

internet uete

Participez aux ateliers Anti-K pendant l’U d’été 2016 du NPA

Vous aurez cette année plus de raisons que jamais d’aller vous armer d’infos, de stratégie et de tactique à l’U d’été du NPA.

En voici une de plus : connaître et renforcer Anti-K.org. Nous avons profité de la dernière Université d’été du NPA, en Aout dernier, pour informer les 700 participants de l’existence du site et surtout pour les consulter sur le fond et la forme du site. Nous en avons tiré quelques leçons utiles. Le site en est sorti renforcé et a gagné des milliers de lecteurs dont vous faites partie. Et la lecture du site explose dès que s’accélère la lutte des classes, comme c’est le cas ces jours-ci, vers un tous ensemble pour le retrait de la loi travail et construire un autre monde.

Mais pas question pour notre petite équipe, dont tous les membres seront à votre dispo- sition lors de l’U d’été du NPA, de faire d’autosatisfaction. Pour que le mouvement social et politique, déjà passé de l’indignation à la révolte, aille jusqu’à la Sociale, c’est à dire la démo- cratie réelle, soit le contrôle de l’économie par les producteurs, il faut, entre autres conditions, développer au plus vite la conscience anticapitaliste, autrement dit révolutionnaire. Le travail à faire reste considérable, passionnant et inéluctable.

Anti-K est né comme un des outils de cette bataille. Son prochain grand pas en avant aura lieu lors de quatre ateliers thématiques,  sur la forme, le contenu,  la diffusion du site, et son dépassement national et international, lors de la prochaine Université d’été du NPA (du 23 ou 26 Aout à Port Leucate, Aude).

Vous êtes invités à participer à ces ateliers : de 17 :00 à 18:30 chaque jour. Nous pren- drons le temps de rassembler toutes les critiques et suggestions, et surtout, de trouver la forme et les moyens de les mettre en œuvre.

En plus, ceux qui veulent rejoindre la petite équipe d’animation, soit faire de la veille d’infos ou écrire directement des articles, sont aussi invités à l’une des quatre matinées de formation. Tous les camarades intéressés par Anti-K.org, comme lecteurs ou contributeurs, sont invités à ces ateliers. Nous communiquerons d’ici quelques deux semaines, soit après vos critiques et suggestions, le calendrier exact des ateliers de discussion et de formation organisés par l’équipe d’animation de Anti-K.org.

Comment en une matinée à l’Université d’été du NPA devenir veilleur ou contributeur d’Anti-K ?

Vous connaissez un peu déjà ou aimez la pédagogie, ou l’Asie du Sud Est, ou la psychiatrie, ou le droit du travail, ou la bataille antifa, ou l’agriculture bio, ou l’industrie du parfum, ou le cinéma militant, ou la chanson engagée, ou l’urbanisme, ou même la spéculation sur l’or et la bourse. C’est parfait. Ou vous voulez apprendre sur la globalisation, les finances, la fiscalité, le taux de profit. Parfait, c’est le lieu de lire, apprendre et en même temps aider les autres à s’informer ! Tout est bon dans la bataille de l’info contre les Lagardère, Bolloré, Arnault, et les médias officiels. Vous avez votre place dans l’équipe d’Anti-K.

Pour poster vous-même les articles ou informations que vous trouvez en faisant veille d’actualité avec un camarade déjà contributeur, amenez à l’U d’été du NPA :

-un ordi portable,

-un téléphone que vous connecterez par câble à l’ordi, pour être sûr d’avoir accès internet

Faites cela deux heures un matin avec l’un d’entre nous, et le lendemain, vous pourrez veiller et poster sur un thème de votre choix. Et le faire tout seul. C’est facile, car nous avons la meilleure version de WordPress !

Sans attendre, nous sommes immédiatement preneurs d’articles, infos, critiques, débats et de toute suggestion !

26 mai 2016

Pour tout contact : gte@anti-k.org

http://www.anti-k.org/participez-aux-ateliers-anti-k-pendant-lu-dete-2016-du-npa

Port-Leucate 8e Université d’été du NPA

La prochaine Université d’été du NPA a lieu du mardi 23 au vendredi 26 août à Rives des Corbières (Port-Leucate). Accueil des participantEs le lundi 22 août à partir de 14h, départ le samedi 27 août après le petit-déjeuner.

Pour info, la rentrée scolaire des élèves a lieu le jeudi suivant, c’est-à-dire le 1er septembre (la prérentrée enseignante se faisant la veille, mercredi 31 août).

Pour s’inscrire à l’Université d’été

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13 mai 2016 ~ 0 Commentaire

après l’obsolescence programmée (basta)

gargamel

Google invente « l’obsolescence connectée »

Les objets connectés sont à la mode. De la montre au frigo en passant par le lave-linge, la voiture ou le thermostat, de plus en plus d’objets du quotidien sont désormais connectés à internet.

L’objectif ? Nous faciliter la vie, disent les constructeurs… Qui n’a jamais eu envie de lancer son chauffage ou sa machine à laver à distance, avant de rentrer chez lui ? N’est-il pas plus simple de mettre à jour automatiquement les cartes routières du système de guidage de votre véhicule ? Mais si l’objet est connecté, son fabricant peut aussi le désactiver. C’est ce qui va arriver le 15 mai aux propriétaires d’un boitier de « domotique » de la société Revolv. Une « centrale de contrôle » qui permet de gérer votre « maison connectée » – la musique, la lumière ou les détecteurs de fumée – via votre téléphone portable, tablette ou ordinateur.

Pionnière dans le domaine de la domotique, la société Revolv est rachetée en 2014, pour 3,2 milliards d’euros par Nest, une filiale de Google. Revolv vendait alors pour 300 dollars un boitier permettant de gérer différents appareils du domicile via un téléphone. Sauf qu’à partir du 15 mai, ce beau boitier sera aussi utile qu’un presse-papier [1].

Pourquoi ? Parce que Google en a décidé ainsi : le nouveau propriétaire de Revolv fait le choix de neutraliser à distance tous ces appareils. Le géant de l’informatique préfère dévelop- per sa filiale de domotique Nest : « Nous mettons toute notre énergie dans notre travail pour Nest et nous sommes incroyablement excités par ce que nous faisons », indique le site de Revolv. La loi américaine autorise l’entreprise à agir ainsi.

« Ce n’est pas encore un tremblement de terre, mais une secousse annonciatrice, analyse Cory Doctorow, journaliste, romancier et militant de l’Electronic Frontier Foundation, dans un article traduit par Framasoft. Qu’il s’agisse de votre voiture, de vos ampoules ou de votre stimulateur cardiaque, les objets que vous possédez reposent de plus en plus sur des logiciels en réseau.

Supprimez ces logiciels et ils deviennent des déchets électroniques inutilisables. » Et le journaliste de conclure en citant un utilisateur de Revolv : « Quel sera le prochain appareil que Google décidera de neutraliser ? S’ils arrêtent le support d’Android, vont-ils décider que dès le lendemain de l’expiration de la dernière garantie, votre téléphone va s’éteindre à jamais ? [...] Dans tous ces appareils, les aspects logiciels et matériels sont inextricablement liés. En vertu de quoi l’expiration d’une garantie donnerait-elle le droit de désactiver le fonctionnement d’un appareil ? »

Un abus de pouvoir de la part du géant américain ? En tout cas, un signe du peu de cas qu’il porte aux questions écologiques et à l’obsolescence de ses produits. Mais Google ne nous veut pas de mal – « don’t be evil » est sa devise –, Google fait juste des profits.  Mathieu Lapprand 13 mai 2016

Pour aller plus loin : The Guardian, Framablog, Numerama

A voir également : La campagne de Framasoft « Dégooglisons internet »

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