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10 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

omerta (reporterre)

algues

Briser l’omerta : des journalistes bretons s’unissent face aux pressions de l’agro-industrie

En Bretagne, des journalistes se sont réunis en collectif contre la « loi du silence » imposée par l’agroalimentaire. Procès-bâillons, intimidations… Ils dénoncent l’omerta qui règne autour du secteur agroindustriel et la difficulté d’exercer leur métier.

Quinze journalistes viennent de créer le collectif Kelaouiñ — Kelaouiñ signifie « informer » en breton — qui lutte pour la liberté d’informer sur l’industrie agroalimentaire en Bretagne. Menaces, pressions, poursuites judiciaires, auto-censure… Ils dénoncent l’omerta qui règne autour du secteur agroindustriel et la difficulté d’exercer leur métier.

Dans les témoignages des journalistes, pas de pneus crevés. Mais des pressions souvent insidieuses, qu’ils ne veulent plus taire. « Un coup de fil de l’agroalimentaire à une rédaction, ça n’arrive jamais. C’est beaucoup plus pernicieux… » souligne Pierre-Yves Bulteau, journaliste et membre du collectif. Pour Hélène, pigiste dans la région, « ces pressions, sans être hyper spectaculaires, finissent par influencer le travail des journalistes ».

Elle a choisi de témoigner anonymement de ce qu’elle a vécu après la publication d’une enquête sur une pratique agricole controversée : « J’ai reçu un SMS d’une chambre d’agriculture me disant qu’elle voulait porter plainte. Puis un courriel d’un laboratoire de recherche public qui disait que j’avais écrit des fake news. Ils m’ont demandé d’écrire un correctif et m’ont signifié que si je refusais, ils entameraient des poursuites pour diffamation. »

Une réaction disproportionnée, estime-t-elle. « Quand quelqu’un n’est pas content d’un papier, on s’explique. Si nécessaire, il y a un droit de réponse. Mais une menace de procès, c’est assez violent. » Pour la journaliste pigiste, « la technique de dissuasion des procès-bâillons fonctionne très bien. C’est de l’intimidation. »

La journaliste Inès Léraud a également fait l’objet de menaces de poursuites à la suite de ses enquêtes bretonnes. Fin 2019, Christian Buson, président du GES — un bureau d’études environnementales mis en cause dans l’enquête que la journaliste a réalisé pour la Revue dessinée Algues vertes, l’histoire interdite (éditions La Revue dessinée — Delcourt, 2019) — lui a intenté un procès en diffamation.

L’ouvrage ne fait pourtant que citer ses propos lors d’une conférence filmée par France 3. En janvier 2020, Christian Buson a finalement renoncé à sa plainte quelques jours avant l’audience. Dans sa bande dessinée, Inès Léraud évoque aussi les menaces du chargé de communication de la préfecture des Côtes-d’Armor. Aujourd’hui, la journaliste explique à Reporterre :

« C’était fou qu’un représentant de l’État laisse aussi clairement entendre que le sujet était gênant et cherche à m’intimider, je n’avais jamais vu ça. »

« Si tu écris sur l’agroalimentaire, tu sais que tu seras relu très attentivement avant la publication par la direction »

À la suite d’une enquête parue dans le média Basta sur le groupe Chéritel, grossiste en fruits et légumes, pris en flagrant délit de « franciser » des tomates venues d’ailleurs, Inès Léraud a fait l’objet d’une poursuite pour diffamation.

Son procès aura lieu les 20 et 21 janvier prochain devant le tribunal de grande instance de Paris. « Le cas d’Inès Léraud n’est que la partie immergée de l’iceberg » souligne Erwan, membre du collectif et journaliste précaire qui a travaillé au journal Le Télégramme. Il préfère ne pas donner son vrai nom « de peur de ne plus retrouver de travail au sein des journaux locaux qui m’embauchent ». Pour lui, « la presse bretonne doit composer avec l’agroalimentaire tout comme les collectivités locales, le milieu associatif et chaque citoyen individuellement. On doit faire attention à ce qu’on dit par peur de subir des pressions… C’est systémique ».

Parfois, estime t-il, les pressions viennent de l’intérieur même des rédactions. « C’est un secret de polichinelle : si tu écris sur l’agroalimentaire, tu sais que tu seras relu très attentivement avant la publication par la direction. Dans l’article, si on donne la parole à des opposants, il faut abso-lument laisser de la place, voire plus de place, au syndicat FNSEA, la chambre d’agriculture ou les représentants de l’agro-industrie. À l’inverse, vous lirez rarement la parole des opposants dans un article qui parle d’un nouveau projet agroalimentaire », dénonce Erwan.

Pour exemple, il se souvient des journaux du Télégramme parus le 5 septembre 2018. « La veille, des pseudos manifestations de salariés avaient été organisées devant les sites de Triskalia à l’appel de la direction, pour dénoncer le « Triskalia bashing » dont la coopérative faisait l’objet d’après eux. »

Triskalia était notamment poursuivie pour l’intoxication de salariés ayant travaillé dans des entrepôts de pesticides. « Le lendemain de ces manifestations, toutes les antennes locales du Télégramme concernées avaient chacune écrit un compte-rendu avec le témoignage des dirigeants, et une pleine page dans toutes les éditions donnait aussi la parole à Triskalia » énumère Erwan. Pour lui, « ce jour-là, Le Télégramme a été le journal de Triskalia ».

Les pressions commencent parfois très tôt. C’est ce qu’ont constaté deux étudiantes en journalisme de l’IUT de Lannion, lors d’une immersion à l’hebdomadaire Le Poher, en Centre-Bretagne en 2017.

« Contrairement aux articles des autres étudiants, leur enquête sur l’ouverture d’une nouvelle usine de lait en poudre à Carhaix-Plouguer (29) n’a pas été publiée, raconte le journaliste Pierre-Yves Bulteau qui enseignait à l’IUT à l’époque.

L’enquête révélait, contrat à l’appui, que contrairement à la promesse d’emplois pérennes pour dix ans, les investisseurs chinois de Synutra se réservaient le droit de quitter Carhaix en fonction de la rentabilité financière du projet. » Ce qui a fini par arriver deux ans plus tard.

Mais au moment de l’inauguration, on préfère la version optimiste « de la bouffée économique » offerte à ce territoire régulièrement frappé par la crise du lait. « Un responsable éditorial a alors refusé la publication de l’enquête sous prétexte qu’elle manquait de contradictoire alors que les étudiantes avaient proposé à la direction de l’usine de s’exprimer, en vain. Il avait surtout anticipé que la sortie de l’enquête sur « son » territoire aurait pu fermer les sources aux journalistes du Poher. »

L’enquête a finalement été publiée sur la plateforme en ligne Alimentation générale. « Il n’y a pas eu de poursuites lors de sa publication. Ça montre bien que ce n’est pas le fond qui était en question mais bien le rapport aux sources, notamment institutionnelles. Pas évident quand on travaille sur un petit territoire où l’on rencontre ceux sur qui l’on écrit à la boulangerie », conclut Pierre-Yves Bulteau.

De telles histoires sont courantes en Bretagne, d’où la création du collectif Kelaouiñ : « On ne monte pas ce collectif pour se plaindre, prévient Pierre-Yves Bulteau. On en parle parce que ces pressions vont de pair avec le droit de savoir des citoyens sur ce qui se passe autour de chez eux. » (Extrait voir lien)

9 juillet 2020 / Klervi Le Cozic (Reporterre)

Lire aussi :

Algues vertes en Bretagne : 4 points pour comprendre le problème

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11 mai 2020 ~ 0 Commentaire

complots (npa)

trump

Vaccinons-nous contre le complotisme

La pandémie de Covid-19 entraîne dans son sillage une autre pandémie, celle du complotisme. Aussitôt on a vu apparaître la thèse du virus fabriqué en laboratoire1 par les Chinois, tandis qu’en Chine, certains accusent les États-Unis !2

Ce n’est pas seulement un phénomène spontané dans la population, des politiciens le plus souvent nationalistes n’hésitent pas à propager ces rumeurs, comme des conservateurs aux États-Unis3, le régime iranien qui parle de complot israëlo-américain4, ou encore Marine Le Pen qui surfe sur la thèse du virus fabriqué volontairement5.

Le complotisme n’est évidemment pas né avec le Covid-19 en fin 2019. Mais les grandes crises favorisent la diffusion et la réceptivité à ces discours, ce qui oblige les militant·es à redoubler de vigilance.

Mais pour mettre directement les pieds dans le plat : qu’est-ce qui relève du complotisme ? Douter de ce que dit BFM, n’est-ce pas le début de l’esprit critique ? Ne pas croire béatement tout ce qu’on nous dit est bien sûr une bonne chose.

Nous avons toutes et tous assisté aux mensonges des communicants de l’Élysée, que les gens ont de suite compris : « Pénurie de masques ? On va dire que ça ne sert à rien. Finalement la situation nous échappe ? Oubliez-ça, et mettez-vous à coudre des masques ».

Pareil sur le confinement, les gouvernements voulaient surtout pouvoir l’éviter, parce que c’est un coup dur pour la croissance et les profits. Quand ensuite notre Edouard Philippe martèle qu’il n’y a eu aucun retard dans le confinement6, il est tout à fait logique que sa crédibilité soit de zéro.

Dans ces petites manœuvres politiciennes, il n’y a au fond rien de mystérieux : des déformations de faits dans le sens qui arrange les intérêts des capitalistes. Mais les mots sont importants : la déformation, ce n’est pas la même chose que l’invention ou la censure de faits.

Avant la crise, il n’y avait effectivement pas de consensus scientifique sur l’importance ou non d’équiper toute la population de masques, surtout dans l’exemple d’une grippe classique7. Au début de la crise, l’expérience des autres pays, touchés plus tôt aurait dû conduire plus vite à des mesures fortes. Le capitalisme avec au centre de sa logique la profitabilité, et donc le maintien de l’économie, a joué contre le principe de précaution.

Pour étouffer des faits flagrants à la 1984, il faut une puissance tyrannique exceptionnelle. Le fait de cacher des choses graves à une population entière est très difficile, même dans des pays avec un pouvoir en place très autoritaire. Même en Chine, où les autorités ont d’abord contredit et réprimé le docteur Li Wenliang, la dictature n’a pas pu étouffer bien longtemps le fait qu’une épidémie s’était déclarée.  Les totalitarismes ayant le pouvoir de contrôler quasi-totalement l’information, qui hélas existent, sont des choses trop graves pour que l’on fasse des comparaisons à tout va.

Ce ne sont pas des faits alternatifs qu’il faut traquer. 99% du temps, hors situation où les informations circulent dans l’urgence, les grands médias, ne diffusent pas de « faux faits ». Leur idéologie transparaît dans le choix des faits traités, les titres choisis, l’interprétation et les conclusions données. Et 99% du temps, ils croient eux-mêmes à ce qu’ils racontent.

Mais les labos pharmaceutiques, eux, peuvent nous cacher tout ce qu’ils veulent ! Si un secteur de l’économie concentre la suspicion, c’est bien l’industrie pharmaceutique. Pour nous communistes, le seul fait que ce secteur soit privé est particulièrement intolérable : pour le dire brutalement, le revenu de plus d’un million d’euros du PDG de Sanofi8, c’est autant d’argent qui tue (le même argent pourrait se convertir en plus de recherches médicales, ou des prix de médicaments plus bas).

Et tout ce concours de gros milliards chez les capitalistes est connu et étalé au grand jour dans Forbes9 et autre, et ce type de constats bruts n’est pas du tout censuré, même pas par BFM : 26 milliardaires ont autant d’argent que la moitié de l’humanité10. Au fond, le monde est plus cynique et désanchanté que la pensée complotiste ne le voit. Car pour les amateurs et amatrices de complots, plutôt qu’un système froid, il y a un monde peuplé de monstres malfaisants.

Non, les capitalistes ne sont pas des empoisonneurs, ou très, très rarement. De nombreux prétendus raisonnements « anticapitalistes » consistent à dire que ces labos ont en fait intérêt à nous empoisonner, par exemple nous rendre malades pour nous vendre ensuite le remède. La cohérence est rarement au rendez-vous, par exemple dans les discours anti-vaccins : les traitements sont en fait la plupart du temps bien plus chers que les vaccins11, donc si un complot devait être choisi par les labos, ce serait plutôt celui de cacher l’existence d’un vaccin.

En revanche, vu les coûts pour l’État (et la sécurité sociale) et pour les autres patrons (qui subiraient plus d’arrêts maladie…), l’intérêt global des capitalistes est de vacciner la population, pour qu’elle ne tombe pas massivement malade. Pour la même raison, si les vaccins causaient plus de ravages sur la santé que les fléaux qu’ils ont endigués (rougeole, polio…), quel serait le calcul économique si rationnel derrière ?

Les versions de complotisme les plus extrêmes vont jusqu’à affirmer que l’on empoisonne volontairement la population, cauchemar que l’on retrouve chez les pourfendeurs de chemtrails, HAARP, 5G…

Pourtant, on comprend alors mal comment les capitalistes pourraient être immunisés à ces « empoisonnements » massifs. Pour trouver ce qui s’en rapproche le plus dans la réalité, on peut trouver des exemples, rares, et déjà bien assez horribles :

le projet MK Ultra mené par la CIA entre 1951 et 1975, qui visait à trouver des méthodes de manipulation mentale en faisant des tests sur des sujets non volontaires dans des universités ;
moins connu et pourtant bien pire : l’étude de Tuskegee sur la syphilis (Alabama entre 1932 et 1972)12. Les autorités ont observé l’évolution de la syphilis sur des communautés de Noir·es trop pauvres pour se soigner, jusqu’à la mort éventuellement (auquel cas on leur promettait 1000 dollars…).

Ce qui devait arriver arriva : des projets qui nécessitent autant de personnes impliquées doivent finir et ont fini par être dénoncés par des gens impliqué·es dedans. Un projet ne peut rester secret sur la durée que si ceux et celles qui y participent sont convaincu·es idéologiquement du bien fondé du mensonge13.

Plus un complot est scandaleux, plus il est improbable. L’implication d’un gouvernement ou d’une multinationale dans un mensonge d’ampleur signifie que toute une chaîne de commandement consent à ce secret : non seulement le machiavélique conseil des actionnaires, mais aussi les cadres intermédiaires, l’informaticienne de l’entreprise qui accès à tout le réseau, le secrétaire qui a rangé les documents…

Critiquer les théories complotistes n’est pas nier qu’il peut exister des complots, ou, plus souvent, des opérations ponctuelles sciemment cachés au grand public. La CIA, sans doute une des principales responsables du complotisme au 20e siècle, a participé à de nombreuses conspirations (coups d’État de 1953 en Iran, de 1954 au Guatemala, de 1973 au Chili…), de même que les barbouzes de la Françafrique.

La diplomatie des grandes puissances impérialistes repose aussi beaucoup sur la discrétion, car leur intérêts sont peu reluisants et car les États veulent cacher leurs atouts à leurs rivaux. Mais même si les modalités précises (type « clauses secrètes ») sont cachées, les intérêts en question, tout ce qu’il y a de plus prosaïques, sont décryptables, et trouvent même des justifications dans les idéologies nationalistes.

Version soft : un scandale sanitaire honteusement caché ? Il n’y a pas besoin d’être « un·e complotiste » pour tendre l’oreille à des suspicions plus softs envers les autorités politco-médicales. Après tout, l’utilisation de l’amiante a été justifiée officiellement bien après que l’on connaisse ses dangers. Pourtant si cela doit enseigner quelque chose, c’est bien que le consensus scientifique existait depuis bien longtemps, qu’il avait raison contre les intérêts capitalistes.

Le « consensus scientifique » n’est pas quelque chose de mystique et d’infaillible, puisqu’il évolue, mais il se trouve que nous n’avons pas de meilleur indicateur de vérité dans un domaine donné. C’est un indicateur qualitativement plus fiable qu’un seul scientifique pris isolément. Pourtant, de nombreuses personnes, par méfiance envers l’institution, vont donner bien trop vite leur confiance à un scientifique qui s’élève seul contre tous14 (le Pr Raoult ! le Pr Montagné ! le Pr Fourtillan !)…

Le complotisme exprime de façon déformée une conscience de classe, tout en constituant un obstacle sur son chemin. Les statistiques montrent que la prégnance du conspirationnisme est très liée à la classe15. Les dirigeants, et les grands patrons sont moins conspirationnistes : ils se connaissent et savent que les seuls complots de leurs collègues sont pour gagner des parts de marché.

Contrairement à ce qu’une petite musique méprisante laisse entendre, ce n’est pas le manque d’éducation qui est la cause première du complotisme plus répandu chez les travailleur·ses16. Comme le dit le cogniticien Nicolas Gauvrit, « on peut arriver à un esprit conspirationniste en raisonnant très bien, en partant simplement de l’idée qu’il y a beaucoup de complots dans le monde. »17 Or, on accepte plus souvent ce postulat si l’on est plus exposé aux injustices criantes, si l’on sent confusément que « quelque chose ne tourne pas rond », et qu’on se sent très différents de ceux qui gouvernent.

On pourrait se dire qu’au fond, les superstitions présentes au sein de notre classe importent peu. Mais le complotisme pose des problèmes d’ordre stratégique :
Dans le fonctionnement du capitalisme, les complots sont des épiphénomènes. L’exploitation ordinaire peut s’en passer. Si l’on se met à croire que nous sommes gouverné·es par une clique malveillante, on peut en déduire qu’un simple remplacement de ces gens suffirait.

S’enfoncer dans le complotisme conduit souvent plus à un repli individuel (passer des heures à chercher une pseudo-vérité sur des sites internet louches) et à un mépris envers les « moutons », voire à la résignation (ils sont tout puissants de toute façon) qu’à la lutte collective.

Le fait que la définition de « l’élite secrète » ne repose pas sur des critères objectifs, comme dans la vision marxiste, laisse la porte ouverte à toutes les désignations imaginables de boucs émissaires. En creusant à partir de n’importe quelle porte d’entrée sur les blogs et autres sites conspirationnistes, on peut finir par trouver n’importe quelle connexion avec n’importe quoi, et ce phénomène n’a rien de nouveau : la théorie du complot juif a ainsi été fusionnée un nombre incalculable de fois (du « compot judéo-maçonnique » au « judéo-bolchévisme » ou encore chez ceux qui les voient derrière le grand remplacement).

Il ne s’agit pas ici d’accuser sans transition la ou le moindre camarade ou collègue qui partage un contenu douteux d’être un fou furieux fasciste. Et il faut garder nos distances avec l’anti-complotisme quasi-institutionnel à la Rudy Reichstadt (conspiracywatch) qui plonge à plat ventre dans le mépris de classe.

En revanche, nous qui appelons à cimenter une classe contre une autre, et qui appelons à nous émanciper de l’idéologie dominante, nous avons l’obligation d’apporter une vigilance particulière sur ce point.

Lundi 11 mai 2020

https://npa2009.org/

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07 mai 2020 ~ 0 Commentaire

blanquer (a et r)

blanquer

Éducation nationale : les mensonges de Blanquer

La crise sanitaire aura aussi été l’occasion de discréditer définitivement le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer. Très bon client des plateaux télé, il a noyé – avant et pendant le confinement – les élèves, leurs parents et les personnels sous une impression-nante série d’injonctions tellement absurdes que le plus souvent, elles ont été contredites quelques heures après par Macron, Philippe ou un autre membre du gouvernement.

L’ouverture coûte que coûte des écoles jusqu’au 16 mars 

Au début de la crise sanitaire, Blanquer se sera avant tout illustré par son entêtement à nier la réalité de cette crise et le danger que faisait courir à tous l’ouverture des écoles, des collèges et des lycées.
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Début mars, dans différents établissements, les cas de coronavirus se sont multipliés au sein de « clusters », comme dans l’Oise. Les personnels ont évidemment réagi en demandant la fermeture des établissements où des cas ont été dépistés.
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Face au mutisme de la hiérarchie et à la situation de danger grave et imminent, des personnels ont décidé d’exercer leur droit de retrait, comme au lycée Blaise Cendrars de Sevran (93) le 9 mars. Le ministère a alors montré son vrai visage, en refusant jusqu’au bout de reconnaître ces droits de retrait.
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Blanquer défend l’image d’une Éducation nationale coûte que coûte au travail en pleine crise sanitaire. Avec le reste du gouvernement, il porte une énorme responsabilité dans la progression de la pandémie en ayant autant tardé à fermer les écoles et les établissements. Il était impos-sible de maintenir de quelconques « gestes barrières » dans des salles de classe ou des amphithéâtres !
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Le 12 mars au matin, Blanquer a encore affirmé que « la fermeture totale des écoles n’a jamais été envisagée »… Mais le soir même, Macron l’a annoncée pour le lundi suivant.

Le maintien à tout prix d’une prétendue « continuité pédagogique » 

Obligé de changer son fusil d’épaule en quelques heures, le ministre n’a rien trouvé de mieux à faire que d’affirmer que « tout [était] prêt pour assurer la continuité pédagogique »

 Aucune mise en place réglementaire du « télétravail », environnements numériques de travail (ENT) saturés et inaccessibles (à moins de se connecter la nuit !), invitation de la hiérarchie à utiliser des outils d’entreprises privées en dehors de tout cadre légal… C’est le rêve de Blanquer qui se réalise, celui d’un système scolaire dérégulé !
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Pour les enseignants comme pour les élèves et leurs familles, c’est un cauchemar éveillé. Ne peuvent suivre les cours en ligne que les jeunes qui possèdent les outils informatiques nécessaires, ne sont pas malades, n’ont pas à s’occuper de leurs frères et sœurs, n’aident pas leurs parents dans une vie quotidienne confinée bien souvent difficile…
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Cela n’a pas empêché l’envoi de devoirs notés, voire des appels en ligne avec remontée à l’administration des noms des « absentéistes ».

Les résistances s’organisent, même à distance ! 

Les cadres d’auto-organisation hérités de la grève historique du bac en juin dernier, qui avaient été réactivés pour la bataille des retraites et la grève des E3C, ont été particulièrement utiles dans la période, des AG locales à la Coordination nationale de l’Éducation.
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Alors que le syndicat majoritaire, la FSU, s’était empressé d’affirmer que les personnels allaient assurer la « continuité pédagogique »  les dits personnels remercient d’ailleurs les directions syndicales de s’engager en leur nom…, une coordination à distance s’est réunie dès le 15 mars, à la veille de la fermeture.
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Elle a affirmé des positions simples : refus de noter pendant la période de confinement, protections et conditions sanitaires pour les collègues accueillant les enfants des personnels soignants ou droit de retrait dans le cas contraire…
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Des revendications de bon sens, comme la suite l’a malheureusement prouvé : des écoles accueillant des enfants de soignants ont dû être fermées suite à la multiplication de cas de coronavirus.
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Les AG et coordinations à distance ont permis de dénoncer le scandale des fermetures de classes annoncées en plein confinement – alors que les profs ne peuvent ni manifester, ni faire grève, de lancer une campagne en ligne contre la vague impressionnante de répression des grèves du bac Blanquer et d’exiger l’obtention du bac pour toutes et tous. Ces cadres militants ont également permis de réagir rapidement au sujet du déconfinement annoncé.

Rouvrir les écoles pour faire reprendre le travail 

Macron ose utiliser le prétexte des inégalités scolaires pour justifier la réouverture des écoles le 11 mai. Sa décision n’obéit ni à des considérations pédagogiques, ni à des considérations sanitaires. Son seul objectif est de faire garder par les enseignants les enfants des travailleuses et travailleurs qui doivent retourner au boulot, pour faire marcher la machine à profits.
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Pour le président de la Fédération des médecins de France, cette réouverture « fait courir un risque inutile ». Blanquer a beau bricoler un étalement de la reprise sur trois semaines, cela ne change rien au problème.
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Tant qu’il n’y aura pas de tests et de masques, tant qu’il n’y aura pas de moyens de faire respecter les « gestes barrières » et la distanciation sociale (impossibles à respecter, même à 15 par classe), il est hors de question d’accepter une réouverture des écoles.
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D’ailleurs, de nombreux personnels ont d’ores et déjà annoncé qu’ils feraient usage de leur droit de retrait si le gouvernement persistait. Cette question qui se pose dans l’Éducation nationale, se pose en réalité pour tous les salariés obligés de se rendre sur leur lieu de travail.
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Et si le 11 mai devenait la journée du droit de retrait ?
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David 92 jeudi 7 mai
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Commentaire:
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A & R (Anticapitalisme et Révolution) est un courant du NPA

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26 avril 2020 ~ 0 Commentaire

l’émission à 17h (npa)

Avec

Gérard Chaouat, immunologiste au CNRS,

Zahia Aissat, médecin en Algérie,

Frank Prouhet, médecin,

Pauline Salingue, éducatrice et syndicaliste à Toulouse,

Sandrine Caristan, chercheuse chez Sanofi, et membre du collectif “Antisanofric”

Loïc salarié en Ehpad.

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25 avril 2020 ~ 0 Commentaire

tracing (cnrs basta)

non

« Il n’existe pas d’application capable de remplacer une politique de santé publique »

Membre de l’Institut interdisciplinaire de l’innovation et chercheur associé à l’Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain, vous étudiez depuis 2009 les effets des plateformes et des outils numériques sur la société et la vie privée. Alors que l’on commence à préparer le déconfinement en France, quels sont les différents scénarii observés dans le monde ?

Antonio Casilli1 : La première possibilité est de ne suivre que les personnes infectées et d’en restreindre la circulation. C’est le cas en Corée du Sud où les itinéraires des personnes contaminées sont reconstruits grâce aux données des mobiles et des cartes bleues. Hong Kong, quant à lui, impose désormais des véritables bracelets électroniques pour assurer le respect de la quarantaine par les personnes venant de l’étranger.

Ensuite, il y a la possibilité de suivre tout le monde. En Chine, cela a été réalisé via les données de géolocalisation des citoyens de Wuhan, obtenues par les télécoms d’État. De son côté, Singapour a mis en place une application, TraceTogether, basée sur le Bluetooth.

Même si elle ne géolocalise pas les usagers, elle relève toutes les personnes croisées sur une période de 14 jours. Elle a été très faiblement adoptée, par 12 % de la population. Impossible donc d’en évaluer l’efficacité contre le virus. La France, à l’instar d’autres pays européens, s’oriente vers cette même technologie, avec une application Bluetooth, StopCovid, dont l’installation serait volontaire mais qui aurait vocation à être adoptée par tout le monde, et pas seulement les personnes en quarantaine.

Les scenarii de déconfinement sont multiples, et assez cohérents avec les orientations politiques de chaque pays. En France, on assiste par exemple depuis longtemps à une baisse importante des dépenses publiques dans certains secteurs retenus non stratégiques, et notamment dans la santé publique. L’exécutif a promis un plan massif d’investissement pour l’hôpital, mais pourrait aller plus loin dès à présent en misant plutôt et entièrement sur la consolidation des moyens à disposition des personnels soignants.

Le recours au pistage numérique n’est-il pas indispensable pour organiser un déconfinement ? 

En vérité, la question de la surveillance numérique et celle du déconfinement sont entièrement décorrélées : cantonner le numérique à des fins de surveillance est un choix politique. Pour moi, le succès du déconfinement est d’abord une question d’investissements dans des dépenses de santé publique, permettant de réaliser des tests massifs, de doter tout le monde de masques et d’optimiser la gestion de lits d’hôpitaux.

Dans l’idéal, on pourrait ainsi imaginer un numérique au service du référencement de ces éléments, par exemple une application officielle qui permettrait de savoir combien de tests sont disponibles et où les effectuer autour de moi.

ll a été décidé d’aller dans un sens différent qui fait passer le pistage des êtres humains avant le dépistage de la maladie. C’est une tendance à la généralisation de la surveillance électronique qui se dessine depuis deux décennies, mais qui se retrouve aujourd’hui dans des expériences menées partout dans le monde au nom de la lutte contre le Covid-19.

Mais nous sommes en état d’urgence sanitaire et nos déplacement sont déjà contrôlés. En quoi cette surveillance numérique serait-elle selon vous si problématique ?

A. C. : Avec le confinement, nous avons fait l’expérience d’une assignation à résidence collec-tive ; avec les applications de surveillance, nous risquons d’assister à la banalisation du bracelet électronique. Autrement dit : si la surveillance numérique est la condition pour recommencer à circuler dans l’espace public, nous ne sommes pas face à la fin d’une restriction temporaire de nos libertés, mais à la continuation du confinement par d’autres moyens.

Or, rendre visible dans l’espace public les personnes malades comporte des risques, avec différentes dérives possibles. En Chine, il existe ainsi une application de livraison de repas qui affiche la température des coursiers.

En Corée du Sud, on a vu la prolifération d’applications non officielles qui permettent le traçage ciblé de personnes positives au virus, avec tous les risques de harcèlement que cela induit. Par exemple, l’appli « Corona 100m » vous permet de savoir si autour de vous quelqu’un a été déclaré positif au Covid-19. Outre la violation du secret médical, cette information est inutile puisqu’elle ne dit même pas si cette personne est encore contaminante, ou désormais immunisée…

Et puis pour chaque usage, des problèmes importants de consentement des usagers se posent. Lorsque par exemple des start-up proposent de construire des cartographies de la mobilité des Français au temps du Covid-19 en récupérant à notre insu les données d’applications en appa-rence aussi anodines  qu’un jeu sur mobile ou des applis GPS, comment être sûr que ces mouchards respectent bien la loi ?

Justement quelle est plus précisément la voie envisagée en France ?

A. C. : Le déploiement en Europe du « tracking », utilisé dans de nombreux pays où il permet grâce aux données mobiles ou à la reconnaissance faciale de suivre les déplacements des personnes et de mettre une amende en cas d’éloignement du domicile, n’est pas facile en Europe à cause des législations comme le Règlement général sur la protection des données (RGPD) et la directive ePrivacy.

De même, l’utilisation des données de géolocalisation (la liste des antennes-relais auxquelles nos téléphones se connectent au fil de la journée) a été proposée par certains acteurs de télécommunications comme Orange. Quels que soient les efforts pour anonymiser ces données, ceci est impossible une fois qu’elles ont été collectées.

Ce que proposent Google et Apple et qui est sérieusement débattu en France est un système de « contact tracing » par Bluetooth. Là, si vous êtes testé positif, toutes les personnes qui auront été à proximité de votre smartphone recevront une notification du type : « au cours des deux dernières semaines vous avez été en contact avec une personne contaminée ».

Il s’agit de la version numérique d’une méthode qui existait bien avant l’arrivée des smartphones et qu’utilisaient les soignants pour enquêter sur les chaînes de contaminations en cas d’épidémie de tuberculose par exemple, et prévenir les personnes concernées si besoin.

Confier cette mission à une application mobile élimine le discernement des professionnels et introduit un fort risque de faux positifs. Si j’oublie le smartphone dans mon manteau, toute personne qui passe à proximité sera-t-elle notifiée ?

Cela pourrait rendre le système inefficace. De plus, il deviendra possible de discriminer les personnes qui n’installeront pas l’application ; ce qui constitue un risque notable en termes de libertés publiques. Imaginez qu’une telle application soit obligatoire pour monter dans les bus. Cette obligation pourrait être étendue indéfiniment, tout comme le plan Vigipirate, qui à l’origine devait être limité dans le temps. D’où l’importance d’avoir maintenant un débat au Parlement sur ce sujet .

N’est-il pas possible d’établir des garde-fous pour limiter les atteintes aux libertés et à la vie privée ?

A. C. : On peut les limiter, oui, mais pas les éliminer. En France on envisage que l’application StopCovid produise des pseudonymes, des identifiants éphémères. De cette manière si je croise un individu, mon smartphone ne détecte pas son identité. Mais ces pseudonymes devraient être envoyés à une base de données centralisée. Et c’est là que, selon des experts en informatique, une ré-identification reste possible.

En effet, dès que vous êtes déclaré positif, les personnes dans votre entourage sont infor-mées; sous certaines conditions, ceci peut suffire à retrouver votre identité. Par ailleurs, ce genre d’application est très vulnérable au piratage et aux détournements: on peut notamment imaginer l’apparition d’applications « parasites » capables de croiser les données Bluetooth avec d’autres informations, voire des « blagues » informatiques où des plaisantins s’amuseraient à désanonymiser les identifiants de leurs voisins et de leurs connaissances testées positives.

Voulons-nous vraiment abolir le secret médical ? Il faut casser ce modèle dystopique auquel le discours ambiant semble nous avoir destinés. Cette surveillance numérique est présentée comme inéluctable, alors qu’elle peut s’avérer inefficace, discriminatoire et atteindre la vie privée des citoyens si on ne permet pas aux citoyens de protéger leur vie privée et la confidentialité de leurs informations médicales.

En réalité, il ne s’agit pas de lutter contre une maladie difficile à détecter en renonçant à nos libertés, mais en nous efforçant de la détecter ! La question centrale est celle des tests, des masques et du nombre de lits d’hôpitaux, et il n’existe pas d’application « magique » capable de remplacer une solide politique de santé publique. ♦

24.04.2020, Lydia Ben Ytzhak
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Le sociologue Antonio A. Casilli nous livre son regard sur l’utilisation d’outils numériques par de nombreux pays pour accompagner le déconfinement.
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Note:

  • 1. Antonio Casilli est chercheur à l’Institut interdisciplinaire de l’innovation (I3 – CNRS/École polytechnique/Mines ParisTech/Telecom Paris) et chercheur associé à l’Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain (IIAC – CNRS/EHESS).

https://lejournal.cnrs.fr

Lire aussi:

Des applis numériques pour lutter contre la pandémie: quels problèmes éthiques ? (CNRS)

Application numérique StopCovid : le « contact tracing » des humains, c’est NON!

Le projet d’application de traçage « Stop-Covid » de plus en plus contesté en France comme en Europe (Bastamag)

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11 avril 2020 ~ 0 Commentaire

tous égaux (courrier inter)

Tous égaux devant le Covid-19 ?

La tirade remarquée de cette journaliste britannique

Depuis le 6 avril au soir, le Premier ministre britannique Boris Johnson est en soins intensifs à l’hôpital St. Thomas de Londres, en raison du Covid-19. Depuis lors, les membres de son gouvernement n’ont eu de cesse de vanter son esprit combatif et sa force caractère, se voulant rassurants sur son état de santé et ses chances de s’en sortir.
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Mais pour Emily Maitlis, journaliste et présentatrice de l’émission Newsnight sur la chaîne publique BBC 2, cette rhétorique est indécente. Mercredi 8 avril, elle a rappelé en introduction de son émission qu’on “ne survit pas à la maladie grâce à sa force d’âme ou son tempérament”, et que les citoyens sont loin d’être égaux face au Covid-19.
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Les citoyens les plus exposés à la maladie, insiste-t-elle, sont aussi les citoyens les moins bien payés dans la société britannique.
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11 avril 2020 ~ 0 Commentaire

flyers (npa)

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06 avril 2020 ~ 0 Commentaire

virus (arte)

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5 documentaires qui avaient mis en garde

Et qui ont du succès actuellement

Nous avons été prévenus. Si un expert en santé publique voulait savoir , il pourrait le faire, il y avait une longue liste de documentaires qui avertissaient qu’il y a une forte probabilité de souffrir d’une pandémie comme celle qui a finalement émergé.

« La question n’est pas de savoir s’il y en aura une,  la question c’est quand », affirme-t-on avec force dans bon nombre de ces docus. Cinq programmes qui avaient déjà mis en garde contre le risque de virus dans une société aussi mondialisée que la nôtre.

Au cours des dernières semaines, rechercher des «documentaires pandémiques» sur Google est difficile, le réseau est complètement saturé d’informations sur la série documentaire Pandemic, une production Netflix qui est arrivée en janvier dernier comme une prophétie flagrante de ce qui allait arriver.

Nous avons creusé sur Internet pour sauver d’autres documentaires similaires qui ont déjà mis en garde contre le danger imminent pour la santé publique.

Le 5 mars, le documentaire « Le retour de la peste noire »  a été diffusé dans « La 2″ (chaîne espagnole), qui aborde les conséquences de cette épidémie survenue en 1349, un événement tragique qui pourrait se répéter comme les experts consultés insistaient.

Ce n’est pas la peste noire qui inquiète le monde aujourd’hui, mais il existe de nombreux virus et bactéries qui attendent leur chance lorsque les circonstances se présenteront. En plus de Pandemic, nous avons trouvé quatre autres documentaires qui ont déjà mis en garde contre ces défis qui ne sont pas vus mais qui sont là.

stop virus

Pandémie (2020)

Pandémie: comment prévenir l’épidémie. C’est le titre complet de la série documentaire dont tout le monde parle. Netflix l’a publié en janvier dernier, coïncidant avec l’expansion du coronavirus au-delà des frontières de la Chine, et depuis lors, il est devenu prémonitoire puisqu’il qui nous avertit (peut-être trop tard) de ce qui allait arriver. Tout au long de six chapitres, cette série documentaire plonge dans le monde des virus avec l’aide de ceux qui les connaissent le mieux: des chercheurs, des médecins et des agents de santé qui ont dû faire face à certaines des épidémies qui mettent le monde contemporain sous tension. .

Où?: Netflix.

stop virus

Épidémies: la menace invisible

L’épidémie de pneumonie liée au coronavirus remet à l’ordre du jour la question des épidémies et du risque qu’elles représentent au niveau planétaire. Une enquête rigoureuse de 2014 pour nous rappeler les enjeux de cette menace invisible.

En soixante ans, plus de trois cent cinquante nouvelles maladies infectieuses sont apparues : SRAS, H1N1, H5N1, Ebola… Une émergence de virus qui semble s’accélérer. Unanimes, les experts s’interrogent : quand une nouvelle épidémie mondiale va-t-elle frapper ? Peste, grippe espagnole, variole, sida… : l’histoire est traversée d’épisodes infectieux qui ont décimé des populations. Mais où en est la recherche aujourd’hui ? Sommes-nous mieux préparés ? Le film part sur les traces de trois virus particulièrement menaçants : le H7N9 de la grippe en Asie, le MERS-CoV, cousin du SRAS, actif au Moyen-Orient, et le virus Ebola, qui suscite les pires terreurs en Afrique de l’Ouest.

Animaux porteurs

De la cellule de crise de l’Organisation mondiale de la santé en Suisse, chargée de lancer les alertes, jusqu’aux confins de la forêt du Gabon sur les traces d’Ebola, l’enquête nous mène aux quatre coins du monde. Grâce au travail de terrain de scientifiques qui risquent leur vie, nous savons désormais que les animaux sauvages sont des réservoirs potentiels de virus dangereux pour l’homme. Ainsi, la fièvre Ebola a été transmise par les chauves-souris frugivores, et la grippe asiatique H5N1 portée par des oiseaux migrateurs. Face à la menace, le monde scientifique se mobilise.

« Nous sommes entourés de milliers de microbes différents et nous n’en connaissons qu’une très petite partie. Une question importante est de comprendre comment un virus animal est transmis à un humain. Ce sont des prédateurs invisibles. Ils sont rares, mais lorsqu’ils agissent, ils sont dévastateurs. » C’est ainsi que commence Epidemics: The Invisible Threat, un documentaire de la chaîne de télévision française Arte qui est sorti quelques mois après que trois virus ont capté l’attention de la planète: Ebola, une nouvelle souche de grippe aviaire, et une variété de coronavirus. Comment les virus surviennent-ils? Comment les combattez-vous? Pour répondre à ces questions et à d’autres, Arte s’est tourné vers l’un des plus grands spécialistes du monde, Luis Enjuanes, médecin de l’Université autonome de Madrid.

Où?: Arte

stop virus

La prochaine pandémie

Une série documentaire Netflix qui aborde différents sujets, a consacré l’un de ses reportages à « The Next Pandemic ». En seulement 20 minutes, ce petit document enregistré en 2019 devient encore plus inquiétant que Pandemic. Plusieurs experts, dont le fondateur de Microsoft, Bill Gates, exposent leurs versions du moment et de la façon dont la prochaine épidémie mondiale pourrait émerger, devenant ainsi une mention implicite du coronavirus.

Où?: Netflix.

stop virus

Le retour des épidémies

TVE 2 a diffusé en 2013 un chapitre du programme Réseaux dédié exclusivement aux épidémies. Parce que, bien que les antibiotiques et l’hygiène aient permis au cours du siècle dernier de surmonter un grand nombre de microbes nuisibles à l’espèce humaine, les maladies infectieuses se propagent désormais plus facilement entre les continents et de nouveaux virus apparaissent constamment, posant des défis majeurs à professionnels de la santé publique. Dans ce documentaire sur les réseaux, Eduardo Punset avait pour invité l’épidémiologiste Ned Hayes, avec qui il a échangé des idées concernant les caractéristiques des épidémies qui menacent notre espèce et ce qui est réellement fait pour prévenir et prévenir la contagion.

Où?: RTVE 

stop virus

Sentinelles de la grippe
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En 2010, le programme TVE DocumentosTV a préparé un rapport sur la grippe A, la première pandémie du 21e siècle qui, il y a seulement un an, avait alarmé les gouvernements du monde entier. Le programme Sentinelles contre la grippe a rappelé comment la propagation du virus avait été contenue et a évoqué la possibilité que ce ne soit pas le dernier choc auquel les États devaient faire face. « Le fait que cette vague soit passée ne signifie pas que nous devons baisser la garde », a averti l’un des experts interrogé par Televisión Española.
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04.05.2020 Gabriel Arias Romero

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https://vertele.eldiario.es/

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04 avril 2020 ~ 0 Commentaire

gestion de crise (pùblico)

irresponsables
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Les Espagnols désapprouvent la gestion par le gouvernement de la crise des coronavirus, selon un sondage
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Une enquête Metroscopia révèle que Pedro Sánchez a perdu 25 points en un peu plus d’un mois. Tous les dirigeants politiques baissent, même si le président obtient la meilleure note et Santiago Abascal (Vox Fasciste), la pire.
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Les Espagnols soutiennent le personnel de santé mais doutent de la capacité du système à lutter contre la pandémie faute de moyens
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La gestion que fait le gouvernement de Pedro Sánchez de la crise provoquée par le coronavirus ne convainc pas les Espagnols. Une étude de Métroscopia réalisée en plusieurs vagues révèle qu’une majorité désapprouve « la façon dont le gouvernement agit pour prévenir le coronavirus », alors que jusqu’à présent les citoyens approuvaient l’exécutif.
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Selon les dernières données, 51% désapprouvent la gestion de la pandémie, tandis que 39% l’approuvent. Il y a un mois, les chiffres étaient inversés: 64% pour, 24% contre.Métroscopia a commencé ses travaux sur le terrain fin février, lorsque l’épidémie causée par le virus du SRAS-CoV-2 avait à peine touché l’Espagne. Depuis, la société a réalisé plusieurs vagues d’enquêtes, reflétant une baisse progressive.De l’ensemble des institutions, l’Union Européenne est la moins performante, avec seulement 19% de retours positifs. De l’autre côté du tableau se trouvent les municipalités, qui reçoivent l’approbation de 76% des répondants. Les communautés autonomes reçoivent (60%).

Quant à l’évaluation des dirigeants, les principaux visages du gouvernement de coalition sont également affectés par la gestion de crise. Pedro Sánchez et le deuxième vice-président, Pablo Iglesias, ont été mal notés par les Espagnols. Le Premier ministre se maintient un peu mieux, sa note, qui est passée de 47% d’approbations en janvier à 46% en février et 44% en mars. Le leader d’Unidas Podemos, quant à lui, a obtenu 44% d’approbation en janvier, 40% en février et 30% en mars. Une baisse de 14 points en un mois.

Les dirigeants de l’opposition ne sont pas non plus épargnés, qui obtiennent les mêmes notes ou des notes pires que les membres de l’Exécutif. La leader de Ciudadanos, Inés Arrimadas, est le mieux évaluée, avec 32% d’approbation. Le président du PP, Pablo Casado, termine mars avec 28%, tandis que son homologue Vox Santiago Abascal est à 20%.

Le chef du parti d’extrême droite est le moins apprécié par tous (seulement 20% l’approuvent), mais il est le plus apprécié par ceux qui ont voté pour lui. Pablo Iglesias suit: le leader de Podemos reçoit l’approbation de 78% de ses électeurs. De l’autre côté se trouve le leader du Parti Populaire (PP): Pablo Casado est celui qui reçoit le plus faible pourcentage d’approbation parmi son électorat, 61%.
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03/04/2020
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03 avril 2020 ~ 0 Commentaire

france inter (acrimed)

 france inter

Matinale de France Inter

Parlez, parlez, mais de grâce, parlez dans les clous !

Le 27 mars, dans le grand entretien de France Inter, Ali Baddou recevait Frédéric Worms, professeur de philosophie contemporaine à l’ENS et membre du Comité national d’éthique. Parmi d’autres thématiques, il sera question de la continuité du débat politique en temps de crise. Un sujet dont on peut visiblement discuter à l’antenne… mais uniquement sur un plan théorique ! Car lorsqu’un auditeur choisit de mettre les pieds dans le plat et de critiquer la réponse du gouvernement avec des exemples concrets, Ali Baddou n’oublie pas le rappel à l’ordre.

En milieu d’entretien avec Frédéric Worms, Ali Baddou s’interroge :

On ne pense qu’à ça, on ne pense qu’à nos vies confinées. On ne pense qu’au virus. Que deviennent les autres problèmes qui se posent et qui n’ont pas disparu ? Ils ont disparu de l’espace médiatique, ils ont disparu de la conversation générale, mais ils sont toujours là les grands sujets politiques dont on a arrêté de parler. Comment est-ce qu’ils vont ressortir de cette crise ?

« On » se demande d’emblée qui est ce « on »… dont Ali Baddou se fait le porte-parole. « On » se questionne sur ce que l’animateur entend par la « conversation générale », d’où auraient « disparu » « les autres problèmes ». « On » se demande si, comme souvent, Ali Baddou ne projetterait pas arbitrairement sur la population les réflexes et réflexions propres à « l’espace médiatique »… et à ses têtes d’affiche.

Car le moins qu’on puisse dire actuellement, c’est que les « sujets politiques », les questionne-ments et la colère sont loin d’être sous le tapis dans de très nombreux secteurs (confinés ou non) de la population. Encore moins parmi les travailleurs, qui, de l’hôpital à la grande distribu-tion en passant par La Poste, les entreprises du BTP, de l’automobile, etc. ont largement de quoi « parler »…

Ce que son invité lui fait d’ailleurs remarquer en répondant que non, « on » n’a pas « arrêté de parler »… et que ce ne serait d’ailleurs pas souhaitable :

- Frédéric Worms : Heureusement, ils sont encore là. Les gens discutent, ils ont en tête leur situation sociale, leur situation économique, la question de l’éducation, de l’avenir des enfants, du soin. […] Tous ces sujets sont là, et moi mon souci justement, c’est de ne pas attendre la sortie de la crise pour en parler, pour mobiliser autour, pour construire un débat citoyen mais qui ait des effets réels. Si on attend la sortie, ce sera très dangereux.

- Ali Baddou : Mais pendant la crise ? Pendant la crise il faut penser l’après, Frédéric Worms ? Il faut dès maintenant essayer de penser l’après ?

- Frédéric Worms : Exactement. Et y participer dès maintenant.

Seulement voilà : Ali Baddou ne semble pas convaincu. Car à peine cinq minutes plus tard (soit « dès maintenant »), et alors qu’il est question du concept de « guerre » employé par Emmanuel Macron, un auditeur va mettre les pieds dans le plat. Et s’il parvient à s’exprimer, il est interrom-pu puis définitivement coupé, avant que son intervention soit littéralement aseptisée par l’animateur :

- Ali Baddou : Justement, c’est une question que veut vous poser Marc, qui est auditeur d’Inter, et qui est avec nous ce matin. Bonjour Marc, et bienvenue dans la matinale !

- Marc : Bonjour, merci. Moi, je ne supporte pas les discours martiaux de monsieur Macron. C’est pas la guerre, c’est une crise sanitaire comme vous l’avez dit. Et à mon avis, il ferait mieux de dire la vérité, à savoir qu’il a choisi la stratégie de l’immunité collective, puisqu’il n’y a pas de masques, pas de tests, pas de moyens !

 

À moins qu’il considère que c’est la guerre, et que les salariés sont de la chair à canon, puisqu’il veut les faire travailler jusqu’à 60 heures par semaine, sans moyens de protection, et au moins jusqu’à la fin de l’année ! Et moi j’ai l’impression que le gouvernement est plus préoccupé de sauver les marchés financiers que la population… [Coupé]

- Ali Baddou : C’est votre point de vue Marc ! [1]

- Marc : … puisqu’il annonce des centaines de milliards pour eux alors que pour les hôpitaux et les EHPAD, on fait appel à la générosité du public, avec la Fondation de France. Il y a urgence à faire le contraire ! Par exemple, par exemple… [Coupé].

Ciao Marc ! Car non seulement la parole ne lui sera pas rendue, mais Ali Baddou va prendre grand soin de recadrer les choses : « reformuler » complètement l’intervention de l’auditeur pour son invité, tout en feignant d’accorder du crédit au premier. On ne sait jamais… Frédéric Worms aurait pu vouloir embrayer sur le cadrage de Marc. Et c’est bien là tout le savoir-faire de l’édito-crate : avec beaucoup d’eau tiède, des propos vigoureux deviennent… insipides :

Ali Baddou : Il y a malgré tout, il y a malgré tout Marc, un grand effort collectif, et c’est vrai que c’est le temps du débat alors même qu’on est en pleine crise. Mais votre question était forte justement sur les mots qu’employait le Président de la République et ce mot de « guerre » Frédéric Worms, qui gêne et qui irrite Marc. Pourquoi ce besoin d’employer ce mot-là en particulier ?
« Que deviennent les autres problèmes qui se posent et qui n’ont pas disparu ? » se demandait Ali Baddou avant cet épisode. Il aura donc répondu, en actes, à sa propre question, en refoulant quelques-uns de ces « autres problèmes » dès leur énonciation.

 

Cette mise en veilleuse nous rappelle combien les garants autoproclamés de la parole médiatique ne renoncent jamais – avant, pendant et probablement après la crise – à veiller au bon respect du pré-carré politique : parlez, parlez ! mais de grâce, parlez dans les clous !

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 Pauline Perrenot, mardi 31 mars 2020

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https://www.acrimed.org

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