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02 août 2019 ~ 0 Commentaire

deliveroo (le monde)

bici

« C’est un ras-le-bol généralisé » 

Des livreurs Deliveroo réfléchissent à une grève nationale

Le site a baissé les tarifs des courses courtes et augmenté ceux des courses longues, ce qui « entraîne de fait une baisse de rémunération de 30 à 50 % pour les livreurs », selon un des collectifs qui appellent à la mobilisation.

Les livreurs de Deliveroo sont en colère et le Collectif des livreurs autonomes de Paris (CLAP 75) appelle à un rassemblement place de la République samedi 3 août à Paris pour décider d’une grève nationale, « probablement la semaine prochaine ».

A Nice, Toulouse, Tours, Besançon, des mouvements ponctuels de grève et de blocage de restaurants ont déjà eu lieu cette semaine pour protester contre la décision de la plate-forme britannique de baisser les tarifs des courses les plus courtes et d’augmenter celui des courses longues, délaissées par les livreurs car peu rentables.

« C’est un ras-le-bol généralisé », explique Jean-Daniel Zamor, président du CLAP 75. « Deliveroo a supprimé le tarif minimum, fixé à 4,70 euros à Paris (variable selon les villes), et on tourne avec des courses à moins de 3 euros ». La nouvelle grille, selon lui, veut « obliger les livreurs à prendre les courses longues » et entraîne de fait une baisse de rémunération de 30 à 50 % pour les livreurs. Jusqu’à présent, Deliveroo offrait de meilleures conditions à ses livreurs que les autres plates-formes, et cette décision revient à « s’aligner sur Uber Eats », déplore-t-il.

« 100 % des livreurs consultés d’accord pour la grève »

Selon la plate-forme, la nouvelle grille offre au contraire « une meilleure tarification, plus juste » et « plus de 54 % des commandes sont payées davantage ». Mais si les livreurs sont payés plus « pour les courses de distances intermédiaire et longue », ils le sont moins « pour certaines commandes les plus courtes », a reconnu un porte-parole auprès de l’Agence France-Presse.

Le collectif a commencé à consulter les livreurs sur les réseaux sociaux et assure avoir « 100 % des livreurs consultés d’accord pour la grève ». Ils réclament un retour au tarif minimum anté-rieur et l’ouverture de discussions sur plusieurs sujets cruciaux pour les livreurs, comme la composition de l’algorithme qui attribue les courses et une régulation du nombre de livreurs inscrits. Les plates-formes « jouent des sureffectifs » pour maintenir des tarifs au plus bas, estime M. Zamor.

Avec 10 000 restaurants partenaires dans 200 villes, le marché français est le deuxième pour Deliveroo, après le marché britannique, d’où l’entreprise est issue. Le développement à grande vitesse du secteur de la livraison de repas s’accompagne de nombreuses critiques sur la précarité des emplois et les conditions de travail des livreurs.

https://www.lemonde.fr/

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02 août 2019 ~ 0 Commentaire

emma (ballast)

emma

Comment en vient-on un jour à parler politique en dessin ?

Emma: À la base, je suis ingénieure en informatique. Je n’ai jamais été très politisée ; c’est récent. J’ai grandi avec des parents profs, un peu « gauche molle », puis j’ai évolué dans un milieu plutôt de droite durant mes études.

J’ai d’ailleurs eu quelques difficultés avant de prendre cette direction : ma formation initiale de BTS informatique n’était pas censée déboucher sur des études d’ingénieure. Lorsque j’ai obtenu mon diplôme, j’avais vraiment l’impression d’avoir mérité ma place, de m’être construite toute seule. J’en étais assez fière. J’avais bien intégré le discours selon lequel « Quand on veut on peut », celui qui dit que si les gens sont en difficulté, c’est qu’ils n’ont pas assez travaillé…

Lorsque j’ai pris des responsabilités professionnelles, dans un environnement très toxique, je me suis retrouvée en difficulté malgré tous les efforts que je fournissais : je faisais des horaires de malade, je me donnais tout le mal du monde et m’organisais avec mon fils sur les bras. Malgré tout ça, je ne m’en sortais pas. Comme j’étais toujours convaincue que « Quand on veut, on peut », je me disais que je n’avais pas fait assez d’efforts, que je n’étais pas capable.

Je m’en voulais. C’est à cette époque que j’ai rencontré des ami·e·s politisé·e·s qui m’ont aidée à analyser la situation et à réaliser que si je rencontrais autant de difficultés, c’est d’abord parce que j’étais une femme. J’ai alors commencé à beaucoup lire sur le féminisme, surtout sur Internet, et, peu à peu, j’ai saisi que j’avais eu des bâtons dans les roues… mais aussi des privilèges ! Et que d’autres personnes avaient encore plus de difficultés que moi à s’en sortir. Je suis blanche, hétérosexuelle, fille de profs : j’ai galéré à l’école mais j’avais aussi un bagage culturel qui me permettait de gravir des échelons, qui passait bien auprès des enseignants, lesquels avaient sur moi un a priori positif.

Début 2016, au moment du projet de la loi Travail, j’ai commencé à faire des petits dessins sur Valls. On m’a suggéré de créer une page publique ; au début, on était 10 dessus !

Avez-vous été ou êtes-vous proche de certaines organisations politiques ?

Je me sens proche du NPA, comme pas mal de mes ami·e·s, parce que je suis d’extrême gauche et révolutionnaire. C’est l’organisation à laquelle je participe le plus. J’ai essayé de rejoindre des collectifs mais, malheureusement, des rapports de pouvoir s’y exercent — y compris dans des collectifs non-mixtes.

Ces expériences m’ont beaucoup aidée à avoir davantage confiance en moi, à prendre la parole, mais j’y ai quand même rencontré des personnes qui ont intégré les codes masculins de notre société, qui cherchent à s’imposer en parlant plus fort. Je n’arrive pas du tout à m’adapter dans ces circonstances.

Parmi les collectifs féministes, j’ai milité à « Stop harcèlement de rue », mais il faut passer beau-coup de temps à essayer de faire entendre sa voix et ce n’est pas adapté à tous les caractères. Ils font des trucs géniaux, ils ont beaucoup fait avancer les choses et j’y ai rencontré des person-nes formidables, mais j’avais le sentiment de ne pas avoir mon utilité car j’étais trop effacée. Je préfère bosser seule de mon côté pour le collectif, plutôt que de bosser collectivement pour finalement me mettre en retrait…

Votre travail porte à la fois sur les luttes sociales, comme celle des cheminots et les questions féministes.  Les différents publics qui vous lisent parviennent-ils à suivre cette oscillation ?

Cette alternance est tout à fait volontaire. J’essaie de faire converger les luttes. Mais ce n’est pas seulement fait « exprès » : tous les sujets m’intéressent. Je parle à des publics différents et ne fais pas un format adapté pour chacun. Le public féministe est composé de femmes, à 90 %, mais aussi de quelques hommes qui viennent en support pour parler aux autres hommes — ce que je trouve génial. Sur les sujets qui parlent de luttes sociales, il y a en revanche beaucoup d’hommes et très peu de femmes.

On pourrait rapprocher votre production du dessin de presse, pourtant majori-tairement axé sur la caricature et l’humour. Quel regard portez-vous sur cet espace d’expression ?

Il y a beaucoup à dire. Déjà, c’est un monde qui a été possédé par les hommes blancs, depuis toujours, et ça se ressent énormément dans les orientations qui sont prises. Même dans les supports de gauche, ça n’est jamais antiraciste ni féministe. Il y a donc une place à prendre pour nous, pour redresser la barre. Je réfléchis de plus en plus aux moyens d’avoir un pouvoir d’action plus fort sur ces questions.

Comment appréhendez-vous la multiplication et la rapidité des réactions, liées à la vitesse de propagation de l’information sur les réseaux sociaux ?
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Je le vis plus ou moins bien. En un sens, j’apprécie. C’est valorisant de poster quelque chose et d’avoir des réactions immédiatement, davantage que de préparer un livre pendant un an et de n’avoir le résultat que bien plus tard. J’aime ce contact avec les gens et c’est ce que je voulais : pouvoir échanger autour d’un support. Ça change tout. Par contre, dans les retours que j’ai, il y a différents types de réactions. Il y a des insultes, certes, mais ça ne m’affecte pas.  Mais ce qui me fatigue le plus, c’est le nombre d’hommes qui viennent m’apprendre comment militer, qui m’écrivent des pavés immenses.
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Généralement, quand j’ouvre un mail et que je vois qu’il y a plus de 50 lignes, je me dis que ça va être un mec-cis-hétéro-machin qui vient m’expliquer comment faire mon travail alors qu’il n’est pas militant, bien sûr. Mais il croit qu’il a les 10 bonnes façons de mieux faire, ou qu’il peut changer ma façon de faire.
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Des changements qui incluent évidemment de brosser dans le sens du poil, d’arrêter de « dire du mal des hommes », d’arrêter bien entendu l’écriture inclusive… Et puis d’être « plus objective » ! Il faudrait que je présente le point de vue des cheminots mais aussi le point de vue du gouvernement… Certaines semaines, je n’en peux plus.

Vous évoquiez lors d’un entretien le fait que les conseils prodigués à propos de la charge mentale s’adressent uniquement aux femmes et sont relayées par des médias qui ciblent un lectorat féminin…

Je ne pense pas que j’arriverai jamais à m’adresser aux hommes sur les questions féministes. Ça viendra de nous. Quand les femmes décideront que c’est fini, ce sera fini. Ma cible, ce sont les femmes. Quand certains hommes disent que mon travail les touche, je suis contente mais ça n’est pas mon objectif premier. Certaines féministes me disent que sans les hommes, on ne pourra pas y arriver. On est mal barrées dans ce cas !

Sur le congé paternité, par exemple, chaque fois que j’ai assisté à des réunions, il n’y avait que des femmes. Tant qu’on est dans une société de concurrence, de loi du plus fort, de survie, les hommes conserveront leurs privilèges car ça leur permet de mieux y vivre.

Je ne vois pas quel homme aujourd’hui se dirait qu’il préfère rester à la maison s’occuper des enfants, prendre un congé parental et avoir une retraite de merde. Qui a envie d’avoir le statut des femmes aujourd’hui ? Personne. Nous, on est dedans et on essaie d’en sortir.

Je ne dis pas non plus qu’il faut accéder au statut des hommes, ni prendre leur position actuelle comme référence. Les valeurs des femmes sont importantes — je ne dis pas ça dans une perspective essentialiste. Je parle des valeurs qu’on nous a transmises petites : l’attention portée aux autres, le soin, l’empathie.

Lorsque les femmes s’organiseront, elles feront péter le patriarcat en même temps que le capitalisme. Car cette société ne nous permet pas de vivre convenablement avec ces valeurs ; elle nous rend vulnérables, pauvres, exposées aux violences. Il faut bien sûr qu’on accepte de se mettre plus souvent en colère, de s’affirmer, mais je ne crois pas qu’on doive essayer de se rapprocher du rôle qu’ont les hommes aujourd’hui. (Extraits, voir lien)

https://www.revue-ballast.fr/

 

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31 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

gâchis (anti-k)

 techno

“En France, le gâchis d’électricité est vraiment effrayant”

À la “fuite en avant technologique”, l’ingénieur et essayiste Philippe Bihouix oppose la “sobriété intelligente”.

Vous critiquez sévèrement la notion d’économie circulaire, qui fait actuellement l’objet d’un projet de loi. Pourquoi ?

Ce que je reproche à cette notion, c’est de nous faire croire, comme avec le concept de “développement durable”, que nous allons pouvoir maintenir notre niveau de confort matériel en baissant le prélèvement des ressources non renouvelables, notamment les métaux. En réalité, cette économie circulaire est très difficile à atteindre.

Par exemple, on ne fait pas d’économie circulaire avec des produits non récupérables comme la lessive, la peinture ou les engrais. Certains produits étant très mélangés (alliages ou produits électroniques contenant parfois plusieurs dizaines de métaux différents), on ne peut pas les recycler correctement : les ressources sont perdues ou, si elles sont recyclées, elles ne sont pas réutilisées pour leurs fonctionnalités d’origine.

Surtout, plus on fait du “high tech” [technologies de pointe, ndlr], plus on fabrique des matériaux composites et des nanomatériaux, plus on perd en capacité à recycler correctement. Actuellement, moins de 1 % des métaux emblématiques des hautes technologies (lithium, tantale, germanium, gallium, terres rares…) est recyclé.

En quoi une société “low tech” serait-elle meilleure qu’une société “high tech” du point de vue de l’utilisation des ressources naturelles ?

Aujourd’hui, on nous promet, avec l’innovation technologique, de résoudre tous les problèmes que nous avons générés. On commence même à évoquer une économie réparatrice dans laquelle, par exemple, la géo-ingénierie pourrait atténuer le changement climatique.

Face à la fuite en avant technologique, l’idée n’est pas de revenir à la traction animale ou à l’âge de la bougie, mais de regarder à quels endroits nous avons vraiment besoin de technologies complexes et à quels endroits nous pourrions nous en passer. La concentration humaine dans les villes fait que nous avons besoin des hautes technologies et des technologies numériques pour des services comme l’eau, l’assainissement ou l’énergie.

Une société low tech n’est donc pas une société qui aurait débranché l’intégralité des ordina-teurs et des smartphones. C’est plutôt une société qui cherche à économiser les ressources. Je vois au moins trois manières d’y parvenir.

D’abord, en entrant dans une logique de sobriété intelligente 

Il faut tailler dans le gras, au bon endroit, là où ça nous fait le moins mal. Exemple : en attendant de passer au vélo (terriblement plus efficace d’un point de vue énergétique), on pourrait construi-re des voitures beaucoup plus légères, moins puissantes, donc moins consommatrices de ressources et d’énergie et moins émettrices de CO2.

Dans le bâtiment, on pourrait intensifier les usages : le week-end, le soir ou pendant les vacances scolaires, pourquoi ne pas accueillir dans nos écoles des associations, des clubs, des concerts ? (Cela poserait des tas de problèmes: l’accord des profs, le rangement et la désinfection des locaux pour les enfants dès le lendemain matin blog)

Ensuite, il y a l’éco-conception qui permet de rendre les objets réparables, réutilisables, modu-laires, plus faciles à démanteler en fin de vie. Enfin, il y a l’arbitrage entre le travail humain et celui de la machine. À chaque fois qu’on remplace un guichetier ou un métier d’accueil par une borne électronique, on remplace du travail humain par de la consommation de ressources (métaux rares et énergie).

Entrer dans la société low tech, c’est mener une démarche de sobriété intelligente, de conception optimisée et d’usage raisonnable et raisonné des technologies et des machines, pour remplacer le travail humain uniquement là où il est le plus pénible ou là où c’est le plus utile.

Dans le domaine des énergies, n’est-il pas illusoire de vouloir passer d’une gestion centralisée (grands barrages, parcs éoliens ou photovoltaïques industriels…) à de petites unités de production à l’échelle d’une famille ou d’un village ?

Dans “l’Âge des low tech”, je recommande en effet d’aller vers un certain nombre d’énergies plus douces : micro-hydraulique, “éoliennes de village”, solaire thermique… Pour autant, je ne pense pas du tout qu’il faille débrancher les grands barrages sous prétexte qu’ils sont plus complexes et plus centralisés.

Dans les smart cities et les smart grids [villes et réseaux intelligents, ndlr] qu’on nous promet pour demain, il y a des effets pervers : à chaque fois qu’on améliore l’efficacité, la demande augmente mécaniquement. On a l’impression de régler les problèmes, mais en réalité on en génère d’autres.

Maintenant, comment fournir les kilowattheures dont chacun a besoin pour vivre une vie de qualité ? Personnellement, j’estime qu’avant de se lancer, par exemple, dans de grands programmes éoliens offshore (Problème des poissons qui vivent dessous blog) , il faut d’abord et avant tout réfléchir à la question de la sobriété.

Aujourd’hui, la consommation électrique en France augmente plus rapidement que la population. Comment est-ce possible alors que nous sommes censés devenir de plus en plus efficaces ? Et bien, parce qu’on crée de nouveaux usages, parce que des data centers [centres de données, ndlr] ouvrent à Gravelines ou à Aubervilliers. Il y a un gâchis phénoménal d’électricité dans le chauffage, l’éclairage, la production industrielle de plastique, de verre, d’aluminium… qu’on va ensuite incinérer ou balancer dans des décharges quelques semaines plus tard. Ce gâchis est vraiment effrayant !

Avec les basses technologies, ne risque-t-on pas de mettre fin en France à l’égalité d’accès à l’énergie garantie par la péréquation tarifaire ?

Je suis tout à fait favorable aux tarifs harmonisés. Simplement, l’évolution tarifaire de cette dernière décennie va à l’encontre de l’usage intelligent et de la sobriété. Aujourd’hui, plus je consomme de kilowattheures, moins mon kilowattheure me revient cher. Je suis farouchement opposé à cela : ce n’est pas normal de payer son kilowattheure au même prix quand on grelotte chez soi et quand on vit dans 300 mètres carrés avec les fenêtres ouvertes. Il faudrait rendre progressifs les tarifs d’accès et d’usage de l’électricité.

Je suis donc pour la péréquation tarifaire, mais en introduisant aussi une forte incitation à la sobriété, en baissant le prix de l’abonnement et en faisant payer chaque kilowattheure de plus en plus cher, selon la quantité consommée.

Ensuite, est-ce que des unités plus décentralisées conduiraient forcément à des politiques tarifaires et commerciales hétérogènes ? Pas forcément ! Concernant le modèle français, je ne suis pas persuadé que l’ouverture à la concurrence ait été un bon calcul. Je préfèrerais qu’EDF soit le fer de lance d’une réelle transition énergétique.

Enfin, que nous ayons des systèmes techniques installés plus proches, plus décentralisés, plus intelligents, plus bigarrés, avec plus d’aides sur le photovoltaïque ou le solaire thermique local, pourquoi pas.

Mais avant de construire des centrales photovoltaïques en plein champ, il faut tenir compte du problème de l’artificialisation des sols : un département français disparaît tous les sept ans sous le béton, les parkings, les ronds-points, les lotissements… À cette vitesse-là, en six siècles, on aura artificialisé la totalité du territoire français.

L’auteur de “l’Âge des low tech” propose des pistes pour tourner la page du gaspillage énergétique. Au passage, il égratigne le concept d’économie circulaire et défend la péréquation tarifaire.Philippe Bihouix défend les “low tech”, c’est-à-dire les techniques simples, accessibles et facilement réparables, faisant appel à des moyens courants et localement disponibles. Philippe Bihouix est ingénieur centralien et essayiste. Après avoir été consultant dans différents secteurs industriels (énergie, chimie, bâtiment, télécommunications, aéronautique…), il travaille actuellement dans le fret ferroviaire.

Samy Archimède 18 juillet 2019

https://journal.ccas.fr/

Pour aller plus loin

“Le bonheur était pour demain. Les rêveries d’un ingénieur solitaire”, de Philippe Bihouix, Seuil, 2019

“L’Âge des low tech. Vers une civilisation technologiquement soutenable”, de Philippe Bihouix, Seuil, 2014

Commentaire:

Le CCAS c’est le comité d’entreprise d’EDF. Donc pas touche au nucléaire qui nous fournit des millions de tonnes de déchets non recyclables! Et le gâchis est en partie dû à l’équipement généralisé des logements en tout-électrique, donc nucléaire « bon marché ».

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30 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

signez!

ref

Signez!

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14 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

élections (alternative libertaire)

FrontPopulaire

Fonction publique

Les élections professionnelles, miroir de l’action de terrain

Entre autres choses, les élections professionnelles sont un test d’audience. Syndicats d’accom-pagnement et syndicats de ­combat : elles permettent de mesurer qui pèse quoi, et où, dans l’esprit des salarié.es. Les élections du 6 décembre dans les trois fonctions publiques ont touché plus de 5 millions d’agents (titulaires ou contractuels). Retour sur leurs résultats et leurs enseignements.

Disons-le tout net

S’il y a une information à retenir de ce scrutin c’est que la CGT reste en tête sur l’ensemble des trois fonctions publiques (hospitalière, d’État et territoriale). Cela témoigne à la fois de son ancra-ge dans des milieux professionnels variés et de la possibilité d’y mener un syndicalisme offensif et revendicatif. À l’heure où les médias relaient avec une satisfaction à peine ­dissimulée la com-munication de la CFDT sur sa première place public/privé « historique », c’est important à rappeler.

Des milliers de scrutins différents

Mais s’il est toujours tentant d’analyser à la serpe le résultat d’un tel scrutin, il convient de bien prendre en compte son hétérogénéité. Car si plus de 5 millions d’agentes et d’agents votaient le même jour, ou presque, il y a bien eu plusieurs milliers de scrutin.

En effet, les travailleurs et travailleuses doivent voter à la fois:

Pour des comités techniques (qui s’occupent des questions générales d’organisation, de fonctionnement et d’emploi) et

Pour des commissions paritaires (qui s’occupent de la carrière des agents : promotions et mutations), et ce à la fois à l’échelon local et à l’échelon national.

Pour calculer la représentativité des organisations syndicales dans la fonction publique, on va regrouper les scores réalisés au niveau des différentes instances des ministères, des collec-tivités territoriales et des établissements hospitaliers. Avant de se livrer à de savantes analyses, il importe donc de bien prendre en compte que ce sont aussi (et parfois surtout) des scrutins de proximité lors desquels on vote, tout bêtement, pour le ou la collègue du service présent.e sur une liste.

Loin des enjeux nationaux

Les positionnements nationaux ne paraissent pas avoir été déterminants. Ni la distance syndi-cale vis-à-vis du mouvement des gilets jaunes, ni les scandales au sein de FO ne semblent avoir pesé sur le scrutin.

Ainsi, FO (18,1 %) baisse de 0,5 point par rapport à 2014 (mais gagne 1 point dans l’hospitalière et 0,1 point dans la fonction publique d’État) ;

La CGT (21,8 %) baisse de 1,3 ;

Solidaires (6,3 %) de 0,5 point.

Dans le même temps:

La FSU (8,7 %) ­progresse de 0,8 point tout en étant absente de l’hospitalière et en baissant légèrement dans ­l’Éducation nationale, sa principale implantation.

Du côté du syndicalisme d’accompagnement

La CFDT (19 %) qui crie victoire baisse de 0,3 point,

La CFTC (2,9 %) de 0,4 point tandis que

L’Unsa (11,2 %) gagne 0,8 point et

La CFE-CGC (3,4 %) 0,5 point.

Enfin, il faut noter que dans ces résultats globaux sont pris en compte des ministères à la culture syndicale singulière. Ainsi, au ministère de l’Intérieur, qui compte 184 000 inscrit.es, FO arrive en tête avec 34,4 % des voix (+ 2,41 points).

CGT, FO et Solidaires n’ont plus la majorité à eux seuls

Un changement notable tout de même, les trois syndicats: CGT, FO, Solidaires, qui s’étaient opposés à l’accord PPCR (pour « parcours professionnels, carrières et rémunérations ») ne pèsent plus la majorité des suffrages à eux trois. Passés sous la barre des 50 % ils ne peuvent plus bloquer d’accord sans le concours de la FSU [1].

Ainsi, alors que ces trois syndicats avaient réclamé un délai pour se positionner sur le protocole Égalité hommes-femmes qui avait recueilli la signature de CFDT, Unsa, FSU, FAFP, CGC et CFTC, les élections viennent d’offrir à ces organisations la majorité requise.

Une participation qui passe en dessous de 50 %

Difficile d’analyser ces élections sans parler du taux de participation, qui passe sous la barre des 50 % avec une baisse de 3 points depuis 2014. Et si l’on observe quelques exceptions comme à l’Intérieur, on note que plus le vote électronique se répand, plus la participation baisse.

On a pu observer également ce mouvement à la SNCF depuis plusieurs élections, ou à la RATP cette année. Dans l’Éducation nationale, qui l’utilise depuis 2011, la baisse spectaculaire ne se résorbe pas, même après trois scrutins. Mais le mode de scrutin et sa sous-médiatisation, la presse a beaucoup moins parlé de ces élections concernant plus de 5 millions de personnes que ­d’une législative partielle dans l’Essonne qui a mobilisé 12 634 votant.es, ne suffisent pas à expliquer cette baisse de participation. Elle doit interroger les syndicats sur la manière dont ils sont perçus par une partie des salarié.es.

Car plus que de grands enjeux nationaux, c’est l’implantation syndicale qui est mesurée par ce scrutin. Et ce n’est donc pas un hasard si la CGT, bien qu’en baisse, reste en tête, forte de son maillage professionnel et territorial, avec de nombreuses unions départementales investies dans la campagne. La force du syndicalisme, c’est sa proximité avec les salarié.es. Avoir des militan-tes et des militants dans les services, actifs toute l’année, et des adhérent.es en nombre, cela compte davantage qu’un discours idéologiquement pur mais jamais relayé.

Un enseignement à tirer

Ces résultats confirment donc la feuille de route des syndicalistes de combat : développer un outil syndical ancré dans l’interprofessionnel et sur les lieux de travail, présent toute l’année aussi bien sur les enjeux du quotidien que sur les grands enjeux de société. La crédibilité d’un syndicalisme de lutte se construit par la pratique auprès de nos collègues plus que par les dis-cours incantatoires. Et c’est bien dans les secteurs où l’implantation des syndicats combatifs est forte qu’ils réalisent leurs meilleurs scores.

Enfin, pour les communistes libertaires mais aussi pour de nombreuses et nombreux révolution-naires, la question de l’outil syndical est centrale mais doit être débattue loin des sectarismes d’appareil. Les élections passées, des débats ouverts mais sans tabous peuvent être menés dans nos structures sur la construction du meilleur outil pour mener des luttes. La question de la division syndicale y serait sûrement abordée.

Des syndicalistes et communistes libertaires

12 janvier 2019

la poste

SUD-PTT reste la 3e force à la Poste

Les élections professionnelles à la Poste se sont tenues du 3 au 6 décembre.

La CGT baisse légèrement à 24,80 % (– 1,74 point) et est talonnée par une

CFDT à 24,80 % (+ 2,25 points) qui a son bastion dans l’encadrement.

SUD baisse également à 18,84 % (– 1,33 point), talonné par

FO à 18,48 % (– 1,49 point).

Le pôle syndical de résistance (CGT-SUD) recule donc, mais reste à un niveau suffisant (43,64 %) pour organiser les luttes.

L’alliance CGC-CFTC a fait 6,68 % et

l’Unsa 4,84 %.

La CNT, qui s’est présentée en 2011 (1,65 %) et en 2014 (1,1 %) a recueilli 0,75 % des suffrages cette année.

http://alternativelibertaire.org/

[1] Même si en l’occurrence, sur PPCR, le Premier ministre Manuel Valls s’était affranchi des règles qu’il avait lui-même fixées en appliquant un accord minoritaire.

Lire aussi:

RATP : Le vote des cadres favorisé, les réformistes l’emportent (AL)

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13 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

écrans (courrier international)

tablette

Aux USA, la déconnexion est réservée aux enfants riches

Alors que de plus en plus d’enfants riches bénéficient d’une éducation fondée sur l’interaction humaine et le jeu loin des nouvelles technologies, les enfants pauvres se retrouvent vissés devant des écrans, à l’école comme à la maison.

Les parents d’Overland Park, dans la banlieue de Kansas City, en avaient assez. Ils voulaient que leurs enfants décrochent des écrans, mais ils avaient besoin de s’unir pour se sentir plus forts. D’abord parce que personne ne souhaite que son gamin soit le seul jeune un peu bizarre à ne pas posséder de téléphone portable. Ensuite parce que priver un collégien de son smartphone est vraiment très, très dur.

“Nous avons commencé nos réunions en se disant : ‘C’est difficile, on est dans un monde nouveau, qui va nous aider ?’, raconte Krista Boan, qui dirige le programme Start, acronyme de Stand together and rethink technology [“S’unir pour repenser la technologie”]. “Dans ce cas précis, il ne servait à rien d’appeler nos mères à la rescousse.”

Depuis six mois en effet, environ 150 parents d’Overland Park se réunissent le soir dans les bibliothèques scolaires de la ville pour ne discuter que d’une chose : comment amener leurs enfants à décrocher des écrans.

Fossé numérique

Il n’y a pas si longtemps, on craignait qu’en ayant accès plus tôt à Internet, les jeunes des classes aisées n’acquièrent davantage de compétences techniques et qu’il n’en résulte un fossé numérique. De plus en plus d’établissements scolaires demandent aux élèves de faire leurs devoirs en ligne, alors que seulement deux tiers des Américains ont accès au haut débit.

Mais aujourd’hui, alors que les parents de la Silicon Valley craignent de plus en plus les effets des écrans sur leurs enfants et cherchent à les en éloigner, on redoute l’apparition d’un nouveau fossé numérique. Il est possible, en effet, que les enfants des classes moyennes et modestes grandissent au contact des écrans et que ceux de l’élite de la Silicon Valley reviennent aux jouets en bois et au luxe des relations humaines.

Ce mouvement est déjà amorcé.

Les écoles maternelles à l’ancienne, qui proposent un apprentissage par le jeu, sont en vogue dans les quartiers huppés, alors que l’Utah finance une école maternelle entièrement en ligne, à laquelle sont inscrits quelque 10 000 enfants. Les autorités ont annoncé que les écoles mater-nelles en ligne se multiplieraient en 2019 grâce à des subventions fédérales versées aux États du Wyoming, du Dakota du Nord et du Sud, de l’Idaho et du Montana.

Selon une étude de Common Sense Media, une organisation à but non lucratif qui surveille l’exposition aux réseaux sociaux, les jeunes issus de familles modestes passent une moyenne de huit heures et sept minutes par jour devant des écrans à des fins récréatives, alors que la durée est de cinq heures et quarante-deux minutes chez des jeunes plus aisés.

Cette étude a pris en compte chaque écran séparément, si bien qu’un enfant qui tchatte une heure sur son téléphone tout en regardant la télévision est considéré comme ayant passé deux heures devant des écrans.  Deux autres études montrent que les enfants blancs sont beaucoup moins exposés aux écrans que les enfants africains-américains et latino-américains.

Et, selon les parents, il existe un fossé numérique croissant entre les établissements publics et privés d’un même quartier. Alors que la Waldorf School of the Peninsula, une école privée prati-quant la pédagogie Waldorf très cotée chez les cadres de la Silicon Valley, interdit la plupart des écrans, l’établissement voisin, le collège public Hillview Middle School, met en avant son programme d’enseignement sur tablettes.

Des outils très addictifs

Le psychologue Richard Freed, qui a publié un ouvrage sur les dangers pour les enfants d’une trop longue exposition aux écrans et sur la manière de les reconnecter au monde réel, partage son temps entre ses conférences dans la Silicon Valley et sa pratique clinique auprès de familles modestes de l’est de San Francisco, où il est souvent le premier à apprendre aux parents qu’en limitant l’accès de leurs enfants aux écrans ils pourraient contribuer à résoudre leurs problèmes de concentration et de comportement.

Il s’inquiète tout particulièrement de la manière dont les psychologues qui travaillent pour les entreprises de la Silicon Valley rendent nombre d’applications et d’outils extrêmement addictifs, beaucoup d’entre eux étant particulièrement versés dans le design de la persuasion (ou comment influer sur le comportement humain via l’écran). Par exemple : la lecture automatique des vidéos sur YouTube, le plaisir, comparable à celui d’une machine à sous, de rafraîchir Instagram pour avoir plus de likes, ou les flammes de Snapchat.

“Auparavant, le fossé numérique reposait sur l’accès à la technologie, observe Chris Anderson l’ancien rédacteur en chef du magazine Wired. Maintenant que celle-ci est accessible à tout le monde, le nouveau fossé numérique repose sur le fait de limiter l’accès à la technologie.”

Dans tout le pays, des parents, des pédiatres et des enseignants s’insurgent.

“Ces entreprises ont menti aux écoles et elles mentent aux parents. On s’est tous fait avoir, déplore Natasha Burgert, une pédiatre de Kansas. On est en train de soumettre nos enfants, les miens compris, à l’une des plus vastes expériences sociales entreprises depuis longtemps. Qu’arrivera-t-il à ma fille si elle ne peut plus communiquer pendant le dîner, comment va-t-elle trouver un mari ? ou décrocher un entretien d’embauche ? poursuit-elle. Je connais des familles qui optent aujourd’hui pour l’abstinence totale.”

Une de ces familles, les Brownsberger, interdisait depuis longtemps les téléphones portables à ses enfants, mais, récemment, elle a également proscrit la télévision connectée à Internet. “On l’a coupée, on a décroché l’écran du mur et j’ai résilié l’abonnement au câble”, raconte Rachael Brownsberger, 34 ans, mère de deux garçons de 11 et 8 ans. “Si fou que ça en ait l’air !”

“Méchante mère”

Le couple, qui a une entreprise de béton décoratif, n’autorise pas à ses enfants l’usage du téléphone portable, mais il s’est aperçu que même une légère exposition aux écrans pouvait influer sur leur comportement. Le fils aîné, qui souffre d’un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH), se mettait en colère lorsqu’ils éteignaient la télévision, ce qui inquiétait beaucoup Rachael. Sur sa liste de Noël, il n’y avait de la place que pour les consoles de jeux Wii, PlayStation et Nintendo, et pour un MacBook Pro et un iPhone. “Je lui ai dit : ‘Mon chéri, on ne va rien acheter de tout ça’, se souvient-elle. Oui, je suis une méchante mère.”

Un changement plus vaste lui a facilité la vie. Des habitants de son quartier, une zone rurale à la périphérie de Kansas City, ont commencé à adopter un comportement similaire. “Il faut que tout le quartier s’y mette. Comme je le disais l’autre soir à ma voisine, suis-je vraiment la plus mauvaise mère du coin?” observe-t-elle.

Krista Boan a formé trois groupes d’une quarantaine de parents chacun, qui étudient les meilleurs moyens d’amener leurs enfants à décrocher des téléphones et des écrans. La chambre de commerce d’Overland Park soutient son initiative et la municipalité s’efforce d’intégrer des éléments de santé numérique dans son nouveau plan stratégique. “Le service d’urbanisme et la chambre de commerce nous ont dit : ‘On a vu l’impact [du numérique] sur notre ville’, raconte la jeune femme. Nous voulons tous que nos enfants soient des utilisateurs autonomes et capables de se maîtriser, mais nous devons les y éduquer.”

Dans la Silicon Valley, certains s’inquiètent du fossé grandissant entre les classes sociales en ce que concerne le temps d’exposition. Kirstin Stecher et son mari, ingénieur chez Facebook, élè-vent leurs enfants loin des écrans. “Est-ce une question d’information, car on connaît pas mal de choses sur les effets de ces écrans ? Ou de privilège, étant donné que l’on n’en a pas si besoin que ça ?” s’interroge-t-elle.

“L’idée généralement admise est que, si votre enfant n’a pas d’écran, il va être handicapé et relégué dans une autre dimension”, explique Pierre Laurent, ancien dirigeant de Microsoft et d’Intel et actuellement membre du conseil d’administration de la Waldorf School of the Peninsula, dans la Silicon Valley. “Ce message n’a pas autant d’impact dans cette région.”

Et il poursuit : Les gens d’ici pensent que l’important est tout ce qui concerne le big data [les données numériques], l’intelligence artificielle, et que ce ne sont pas des domaines où vous allez être particulièrement bon parce que vous avez un téléphone portable à 9 ou 10 ans.”

Alors que des personnes impliquées dans le développement des outils numériques se font plus prudentes, l’offre faite aux enfants est en plein essor. Apple et Google se livrent une compétition féroce pour placer leurs produits dans les écoles et pour cibler les élèves au plus tôt, quand ils commencent à devenir fidèles aux marques.

Google a publié une étude sur sa collaboration avec le district scolaire de Hoover, en Alabama, dans laquelle on peut lire que la technologie permet aux élèves d’acquérir “les compétences de demain”. L’entreprise y conclut que ses [ordinateurs portables] Chromebooks et les outils Google transforment des vies : “Les responsables du district scolaire croient en la possibilité de préparer les élèves à la réussite en leur inculquant les compétences, les connaissances et les comporte-ments dont ils ont besoin pour devenir des citoyens responsables dans la communauté  mondiale.”

Le psychologue Richard Freed considère toutefois que les écoles fréquentées par des enfants de milieux défavorisés sont trop tributaires de ces outils. Il voit quotidiennement le fossé entre les classes sociales en rencontrant des élèves issus des classes moyennes et modestes qui sont accros au numérique. “Pour beaucoup d’enfants d’Antioch, les écoles n’ont pas les ressour-ces nécessaires pour financer des activités extrascolaires et les parents n’ont pas les moyens de payer une nounou”, dit-il. Selon lui, le danger de voir se créer un fossé des connaissances sur les dangers de la technologie est considérable.

Avec 200 autres psychologues, il a demandé en août à la Fédération américaine des psycho-logues de dénoncer formellement l’utilisation du “design persuasif” faite par certains de ses confrères pour des produits et applis conçus pour des enfants. “Une fois que le grappin est mis sur ces enfants, cela devient vraiment compliqué”, met-il en garde.

Nellie Bowles The New York Times Magazine  New York14/12/2018
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18 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

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Faire converger nos colères

Les gilets jaunes ne sont plus seuls dans la rue : leurs enfants leur ont emboîté le pas !

Tout le monde s’accorde à dire que le mouvement lycéen actuel contre la sélection à l’univer-sité, la réforme du lycée ou le BAC modulaire est fort et touche tout le territoire. Mais, outre son ampleur, un autre élément n’a pas échappé aux médias. En Seine-Saint-Denis, dans les quar-tiers nord de Marseille, dans la banlieue lyonnaise… plus qu’au moment de la lutte contre la loi travail, les lycées des périphéries et d’enseignement professionnel ont été parmi les premiers à se mobiliser.

Mais comment s’en étonner puisqu’il apparaît que les jeunes générations auront des conditions de vie plus difficiles que leurs parents ?  La jeunesse issue des classes populaires a bien du mal à se faire entendre, les médias ne retenant bien souvent que les incidents devant les établissements quand la colère légitime fait l’objet d’une répression particulièrement dure.

Tout le monde a en tête les images de ces jeunes de Mantes-la-Jolie agenouilléEs, mains sur la tête, pendant plusieurs heures sous la menace de la police et on ne compte plus les blesséEs. On n’insiste pas non plus assez sur le fait que l’on refuse systématiquement aux lycéen.nes de s’organiser en leur refusant la liberté de réunion et le droit d’expression alors que c’est leur avenir qui est en jeu.

Une école qui n’éduque pas les jeunes dans la démocratie et dans une perspective d’appro-fondissement de la démocratie prend le risque de l’affaiblir. On oublie en effet que le désir de démocratie n’est pas naturel et qu’il peut s’altérer. C’est la raison pour laquelle une éducation émancipatrice ne peut faire autrement que de le cultiver. En réalité, la démocratie a progressé toutes les fois que les sans voix ont fait irruption sur la scène politique pour réclamer justice et dignité en leur propre nom.

Quand les autorités disent à la jeunesse « sois sage et tais-toi ! », elle répond « no future ! » et elle a ses raisons. Pour ne prendre que l’exemple des lycées professionnels, parents pauvres de l’éducation, la réforme du bac pro a déjà provoqué une suppression impressionnante de postes et d’heures d’enseignement.

La réforme qui s’annonce de la voie professionnelle aura le même effet et va de plus renforcer sa soumission aux employeurs. Parcoursup a laissé des milliers de lycéen.nes sans affectation à la rentrée et la réforme du lycée, du bac et des programmes n’est pas une réponse aux iné-galités scolaires, le gouvernement n’a d’ailleurs pas annoncé des réformes allant dans ce sens.

Après une augmentation honteuse des droits d’inscription pour les étudiantEs étranger/ères, il est maintenant question d’une augmentation générale des frais de scolarité qui fermerait l’accès à l’université aux classes populaires (1).

La colère des lycéen.nes et des parents qui se constituent parfois en collectif pour s’élever contre la criminalisation de leur mouvement est aussi la nôtre. C’est pourquoi nous devons nous élever contre la répression et toute action qui les empêcherait de s’organiser librement.

Mais nous autres, éducateurs/trices et enseignantEs, nous devons les rejoindre dans la mobili-sation parce que nous avons enfin la possibilité de dire dans l’action et avec force que nous sommes contre des réformes qui ne correspondent en rien aux aspirations à plus d’égalité sociale et au besoin de démocratisation de l’école.

C’est le moment de faire converger nos colères !

17 décembre 2018 Jérôme Debrune

https://www.questionsdeclasses.org/

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1. Voir Le Monde du 21 novembre 2018, La Cour des comptes préconise une hausse des droits d’inscription à l’université, https://www.lemonde.fr/

 

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25 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

livreurs (à-l’encontre basta )

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Les livreurs de Deliveroo s’engagent sur la voie de ceux et celles de Ryanair

Ce jeudi 25 octobre et ce vendredi 26 octobre, les représentants des livreurs et de 12 syndicats se réunissent à Bruxelles.

Ces livreurs sont devenus inévitables, parties intégrantes du paysage urbain de Londres, en passant par Rome, jusqu’à Paris et Bruxelles. Eux, ce sont cette nouvelle main-d’œuvre à bicyclette qui livre à domicile à toute heure du jour et de la nuit, de plus en plus de plats de restaurant pour le compte de «plateformes» comme Deliveroo, UberEats (les deux sont actives en Belgique) ou encore Foodora, autre leader de la «foodtech».

Eux, de plus en plus nombreux aussi, en ont surtout «marre de ne pas être entendus» par les multinationales qui les emploient «à la demande», sur leurs conditions de travail qu’ils estiment «déplorables, dangereuses, sous-payées et sous-protégées». Un peu partout en Europe, ils se sont donc organisés en collectifs pour défendre leurs droits ces deux dernières années. La Belgique ne fait pas exception avec plusieurs arrêts de travail chez les coursiers Deliveroo à son actif.

40 mobilisations en un an

L’AlterSummit ­– réseau européen qui rassemble des syndicats et des mouvements sociaux (en Belgique, les centrales FGTB: Fédération générale du travail de Belgique et CSC: Confédé-ration des syndicats chrétiens – réunissant une dizaine de pays a donc décidé de les réunir pour la première fois à Bruxelles. Afin de créer un début de mouvement paneuropéen coordonné.

Soixante livreurs appartenant à des collectifs et trente représentants d’organisations syndicales de douze pays (Royaume-Uni, France, Italie…) seront présents jeudi et vendredi, pour une première assemblée générale, des débats et une action sur deux roues dans les rues de la Capitale (Bruxelles), ce vendredi soir.

Une idée qui a émergé naturellement.

«Nous nous intéressions à la question de la main-d’œuvre des plateformes numériques. Puis nous avons remarqué que, rien qu’en 2017, quarante actions de livreurs (des grèves, des actions symboliques…) avaient eu lieu partout en Europe, en Belgique, les premières mobilisations datent de janvier 2018», explique Anne Dufresne, chercheuse au Gresea, Groupe de recherche pour une économie alternative et co-organisatrice de l’assemblée générale européenne des coursiers .

Détail qui a tout son poids:

les syndicats classiques, qui normalement ne «couvrent» pas une main-d’œuvre indépendante [qui est donc considérée comme auto-entrepreneuse], ont un peu partout approché ces mouvements ou y ont apporté leur soutien (logistique et d’audience).

La démarche pensée par AlterSummit est donc simple, même si elle est compliquée à traduire en pratique

puisque les plateformes qui ont créé cette nouvelle forme de travail à la demande sont des transnationales, il faut leur répondre par une mobilisation transnationale. «Nous avons donc demandé aux collectifs de livreurs de nous expliquer ce qu’ils portaient comme revendications dans leurs douze pays respectifs. Tout en nous intéressant aux statuts sous lesquels étaient employés ces coursiers et à la manière dont ils étaient rémunérés», poursuit la chercheuse.

Une cartographie qui révèle des fortes différences mais également un socle possible pour des revendications et des actions communes.

«Aux Pays-Bas et en Autriche par exemple, les coursiers opèrent déjà sous un statut d’employé. Tandis que dans d’autres pays, ils sont indépendants. Mais les doléances sont finalement partout les mêmes: elles tournent autour d’un salaire horaire, d’une requalification du statut, d’une vraie protection sociale. La garantie du travail aussi est centrale puisque ces plateformes emploient quand elles le souhaitent.» Un appel auquel les organisations locales ont répondu en masse, selon AlterSummit qui assure «avoir dû limiter le nombre de participants à cette première réunion en sélectionnant des livreurs déjà très actifs au niveau local et des organisations syndicales également impliquées».

Une enquête belge toujours en cours

La question du statut des livreurs est bien sûr ici centrale: doivent-ils être reconnus comme des salarié·e·s de ces plateformes dites collaboratives ou comme des travailleurs/travailleuses indépendants libres de leurs mouvements? En Belgique, en raison du statut fiscal «spécial économie collaborative», la problématique est encore plus épineuse.

Deliveroo et UberEats, toutes deux actives en Belgique, disposent d’un agrément délivré par le pouvoir fédéral: les livreurs peuvent donc effectuer des prestations (jusqu’à 5 100 euros par an), quasi défiscalisées, sans se soumettre au statut d’indépendant.

Depuis de longs mois, l’Auditorat du travail, en collaboration avec l’Inspection sociale et l’ONSS (Office national de sécurité sociale), tente donc de trancher l’épineuse question à la demande du ministre de l’Emploi, Kris Peeters. «Nous irons au bout de l’enquête, assure la substitute générale de l’Auditorat, Nadine Meunier.

Mais notamment en raison du glissement vers le statut de l’économie collaborative, cela prend beaucoup de temps, nous ne pouvons rien éluder sur une telle problématique.» Il y a deux semaines, une nouvelle salve de livreurs a, comme en avril et mai dernier, été entendue par l’Inspection sociale; la direction de Deliveroo et celle d’UberEats suivront.

Pour Martin Willems – permanent de la CNE (Centrale nationale des employés) déjà active dans le cadre des mobilisations chez Ryanair – de Bruxelles et du Brabant wallon, qui a soutenu le collectif de livreurs belges dans leurs différentes actions et arrêts de travail, «l’enquête traîne trop, même s’il est important que la question ne soit pas prise à la légère par nos autorités».

velo

(Article publié dans Le Soir, en date du 25 octobre 2018; https://journal.lesoir.be; reproduit avec autorisation de l’éditeur)

 25  octobre  2018 Amandine Cloot
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24 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

olivier besancenot (regards)

 

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13 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

internet (jdd)

ordi

Même les moins de 35 ans sont touchés par la fracture numérique

Les moins diplômés éprouvent les plus grandes difficultés à apprivoiser Internet.

Mais les formations se multiplient pour lutter contre l’illettrisme numérique et favoriser une meilleure inclusion. On a tous connu la grande angoisse de la perte du mot de passe ou de son identifiant pour se connecter au site des impôts ou à celui de la Sécurité sociale.

Mais pour une grande majorité de Français, ouvrir un ordinateur et fureter sur le Web est bien plus qu’une frayeur. Un véritable handicap. Près de 14 millions de personnes se sentent mal à l’aise avec Internet. Parmi elles, des sexagénaires, de jeunes retraités. Un tiers ne sont ainsi pas connectés, selon une étude du CSA Research pour le Syndicat de la presse sociale, parue en mars. Mais pas que.

D’autres exclus du Web sont plus surprenants.

Comme les jeunes, notamment issus des quartiers prioritaires. Ils maîtrisent les usages ludi-ques, les réseaux sociaux, échangent via Instagram et Snapchat plutôt que par texto. Mais éprouvent toutes les peines du monde à saisir des mots-clés dans Google pour faire une recherche d’emploi ciblée, envoyer une pièce jointe dans un e-mail ou scanner un document. Face à ces lacunes, beaucoup ferment l’ordinateur et raccrochent.

Un phénomène de précarité numérique chez les jeunes

Ces « abandonnistes » seraient près de 19% d’après l’étude du CSA Research. Parmi eux, 21% sont des digital natives, âgés de moins de 35 ans. Jeunes souvent issus des quartiers prioritai-res, ils n’ont pas forcément de connexion à domicile, ni d’équipement. Juste un smartphone pas toujours adapté à la navigation. Les sociologues se sont penchés sur ce phénomène de préca-rité numérique et parlent de « digital naïfs ». C’est-à-dire de juniors qui vivent une double peine sur le marché de l’emploi : exclusion numérique et sous-qualification.

Des compétences de base au même titre que lire et écrire

Une enquête de 2015 d’Emmaüs Connect, qui lutte contre la précarité informatique, menée auprès du public suivi par les missions locales, livre un constat inquiétant : ces jeunes consul-tent moins régulièrement Internet que les plus diplômés et ne disposent que très rarement d’une adresse e-mail. À la mission locale de Lille, ils sont ainsi moins de 25% à en avoir une et 45% à Grenoble. Un sur deux ne la consulte jamais. Pénalisant quand on est au chômage et que la majorité des offres est diffusée on line.

Alors que toutes les démarches administratives seront dématérialisées d’ici à 2022, souffrir d’illettrisme numérique oblige à vivre à côté, voire même en dehors, de la société. « Ce sont des compétences de base au même titre que la capacité à lire et à écrire, observe Misoo Yoon, directrice générale adjointe de Pôle emploi. Elles incarnent un vrai besoin car lorsque vous recherchez un emploi, il est important et utile de pouvoir mobiliser les ressources disponibles sur le Web pour être plus performant dans sa recherche. »

Le discours infuse. Seuls 12% des demandeurs d’emploi n’utilisent pas le numérique pour dénicher un job et 3% parce qu’ils ne savent pas comment faire. Ainsi 260.000 sont formés chaque année à être plus à l’aise avec ces outils. Une obligation même alors que Pôle emploi digitalise de plus en plus ses services (inscription, échanges avec les conseillers, envois de documents…).

En agence, des équipements et 2.200 emplois en service civique spécialement formés sont à la disposition de ceux qui éprouvent les plus grandes difficultés. Après une phase de test à Paris, Lille et Strasbourg, le site Les Bons Clics, conçu en partenariat avec Emmaüs Connect, permet à chacun d’identifier son niveau de compétences numériques. En fonction, des ateliers de 40 heures peuvent être proposés. Un dispositif national de soutien est aussi en cours d’élaboration.

400 nouvelles « grandes écoles du numérique »

Des projets qui s’inscrivent dans la stratégie d’inclusion numérique prônée par le gouverne-ment et pilotée par Mounir Mahjoubi. Le secrétaire d’État chargé du Numérique est en train de déployer un passe dédié qui permettra aux administrations, entreprises et collectivités de venir en aide aux plus stressés. D’une valeur de 50 euros, il servira à financer des programmes d’accompagnement (formation, tutorat…). Expérimenté dans cinq régions cette année dont la Nouvelle-Aquitaine, il sera généralisé d’ici à 2019, avec un budget de plusieurs dizaines de millions d’euros.

Dur de les convaincre, l’autocensure est forte

La fracture numérique ne s’exprime pas uniquement dans les gestes et compétences. Mais aussi dans l’accès à l’emploi. Car la « Web révolution » a besoin d’experts pour la mener. Or elle en manque. « Il existe de fortes tensions sur ces métiers avec des difficultés de recrutement sur des profils de niveau supérieur au bac, souligne la directrice générale de Pôle emploi. Mais ce sont des secteurs qui peuvent proposer des emplois à des personnes peu qualifiées moyennant une formation. »

Voilà pourquoi l’État a lancé en avril le plan 10.000 formations au numérique pour des jeunes et des demandeurs d’emploi n’ayant pas le bac. Des préparations collectives à l’emploi (POC) sont ainsi proposées par Pôle emploi. Leur nombre d’heures a été relevé à 800 et une aide aux entreprises a été créée (prise en charge de 8 euros par heure de formation). Administra-teur de sécurité informatique, designer Web, développeur codeur, technicien cloud, animateur e-commerce… La palette de métiers est large et les premiers stages devraient ­démarrer ce mois-ci.

À la rentrée également, devraient être dévoilés les noms des 400 nouvelles écoles labellisées « grande école du numérique ». Elles sont déjà 400 à offrir un parcours de reconversion à celles et ceux qu’Internet séduit. Parmi eux, de nombreux décrocheurs.  Figures de proue de cet éco-système, les écoles Simplon en accueillent près de 50% sur les 1.500 nouveaux élèves reçus tous les ans. « C’est dur de les convaincre qu’ils sont capables d’intégrer ces filières tant l’auto-censure est forte : ‘Je suis nul en maths et en informatique, ça n’est pas pour moi’, c’est comme s’ils souffraient du syndrome de l’imposture, regrette Frédéric Bardeau, président et cofonda-teur de Simplon, une entreprise sociale et solidaire qui a formé près de 2.500 personnes depuis sa ­création. Beaucoup pensent qu’il faut être un homme blanc avec un bac +5 et aimer les jeux vidéo pour faire carrière dans le numérique. »

La preuve par l’exemple permet de combattre les stéréotypes de genre et de diversité. Six mois après leur sortie, 78% ont trouvé une solution d’insertion, (poursuite d’études, contrat de travail, création d’entreprise). Et douze mois plus tard, le taux grimpe à 98%. Mais pour toutes ces structures, le nerf de la guerre reste aussi financier. Beaucoup doivent avancer les frais de scolarisation, avant remboursement par l’État. Et la trésorerie manque parfois pour mener à bien ces missions salutaires…

8 septembre 2018

https://www.lejdd.fr/

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