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14 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

élections (alternative libertaire)

FrontPopulaire

Fonction publique

Les élections professionnelles, miroir de l’action de terrain

Entre autres choses, les élections professionnelles sont un test d’audience. Syndicats d’accom-pagnement et syndicats de ­combat : elles permettent de mesurer qui pèse quoi, et où, dans l’esprit des salarié.es. Les élections du 6 décembre dans les trois fonctions publiques ont touché plus de 5 millions d’agents (titulaires ou contractuels). Retour sur leurs résultats et leurs enseignements.

Disons-le tout net

S’il y a une information à retenir de ce scrutin c’est que la CGT reste en tête sur l’ensemble des trois fonctions publiques (hospitalière, d’État et territoriale). Cela témoigne à la fois de son ancra-ge dans des milieux professionnels variés et de la possibilité d’y mener un syndicalisme offensif et revendicatif. À l’heure où les médias relaient avec une satisfaction à peine ­dissimulée la com-munication de la CFDT sur sa première place public/privé « historique », c’est important à rappeler.

Des milliers de scrutins différents

Mais s’il est toujours tentant d’analyser à la serpe le résultat d’un tel scrutin, il convient de bien prendre en compte son hétérogénéité. Car si plus de 5 millions d’agentes et d’agents votaient le même jour, ou presque, il y a bien eu plusieurs milliers de scrutin.

En effet, les travailleurs et travailleuses doivent voter à la fois:

Pour des comités techniques (qui s’occupent des questions générales d’organisation, de fonctionnement et d’emploi) et

Pour des commissions paritaires (qui s’occupent de la carrière des agents : promotions et mutations), et ce à la fois à l’échelon local et à l’échelon national.

Pour calculer la représentativité des organisations syndicales dans la fonction publique, on va regrouper les scores réalisés au niveau des différentes instances des ministères, des collec-tivités territoriales et des établissements hospitaliers. Avant de se livrer à de savantes analyses, il importe donc de bien prendre en compte que ce sont aussi (et parfois surtout) des scrutins de proximité lors desquels on vote, tout bêtement, pour le ou la collègue du service présent.e sur une liste.

Loin des enjeux nationaux

Les positionnements nationaux ne paraissent pas avoir été déterminants. Ni la distance syndi-cale vis-à-vis du mouvement des gilets jaunes, ni les scandales au sein de FO ne semblent avoir pesé sur le scrutin.

Ainsi, FO (18,1 %) baisse de 0,5 point par rapport à 2014 (mais gagne 1 point dans l’hospitalière et 0,1 point dans la fonction publique d’État) ;

La CGT (21,8 %) baisse de 1,3 ;

Solidaires (6,3 %) de 0,5 point.

Dans le même temps:

La FSU (8,7 %) ­progresse de 0,8 point tout en étant absente de l’hospitalière et en baissant légèrement dans ­l’Éducation nationale, sa principale implantation.

Du côté du syndicalisme d’accompagnement

La CFDT (19 %) qui crie victoire baisse de 0,3 point,

La CFTC (2,9 %) de 0,4 point tandis que

L’Unsa (11,2 %) gagne 0,8 point et

La CFE-CGC (3,4 %) 0,5 point.

Enfin, il faut noter que dans ces résultats globaux sont pris en compte des ministères à la culture syndicale singulière. Ainsi, au ministère de l’Intérieur, qui compte 184 000 inscrit.es, FO arrive en tête avec 34,4 % des voix (+ 2,41 points).

CGT, FO et Solidaires n’ont plus la majorité à eux seuls

Un changement notable tout de même, les trois syndicats: CGT, FO, Solidaires, qui s’étaient opposés à l’accord PPCR (pour « parcours professionnels, carrières et rémunérations ») ne pèsent plus la majorité des suffrages à eux trois. Passés sous la barre des 50 % ils ne peuvent plus bloquer d’accord sans le concours de la FSU [1].

Ainsi, alors que ces trois syndicats avaient réclamé un délai pour se positionner sur le protocole Égalité hommes-femmes qui avait recueilli la signature de CFDT, Unsa, FSU, FAFP, CGC et CFTC, les élections viennent d’offrir à ces organisations la majorité requise.

Une participation qui passe en dessous de 50 %

Difficile d’analyser ces élections sans parler du taux de participation, qui passe sous la barre des 50 % avec une baisse de 3 points depuis 2014. Et si l’on observe quelques exceptions comme à l’Intérieur, on note que plus le vote électronique se répand, plus la participation baisse.

On a pu observer également ce mouvement à la SNCF depuis plusieurs élections, ou à la RATP cette année. Dans l’Éducation nationale, qui l’utilise depuis 2011, la baisse spectaculaire ne se résorbe pas, même après trois scrutins. Mais le mode de scrutin et sa sous-médiatisation, la presse a beaucoup moins parlé de ces élections concernant plus de 5 millions de personnes que ­d’une législative partielle dans l’Essonne qui a mobilisé 12 634 votant.es, ne suffisent pas à expliquer cette baisse de participation. Elle doit interroger les syndicats sur la manière dont ils sont perçus par une partie des salarié.es.

Car plus que de grands enjeux nationaux, c’est l’implantation syndicale qui est mesurée par ce scrutin. Et ce n’est donc pas un hasard si la CGT, bien qu’en baisse, reste en tête, forte de son maillage professionnel et territorial, avec de nombreuses unions départementales investies dans la campagne. La force du syndicalisme, c’est sa proximité avec les salarié.es. Avoir des militan-tes et des militants dans les services, actifs toute l’année, et des adhérent.es en nombre, cela compte davantage qu’un discours idéologiquement pur mais jamais relayé.

Un enseignement à tirer

Ces résultats confirment donc la feuille de route des syndicalistes de combat : développer un outil syndical ancré dans l’interprofessionnel et sur les lieux de travail, présent toute l’année aussi bien sur les enjeux du quotidien que sur les grands enjeux de société. La crédibilité d’un syndicalisme de lutte se construit par la pratique auprès de nos collègues plus que par les dis-cours incantatoires. Et c’est bien dans les secteurs où l’implantation des syndicats combatifs est forte qu’ils réalisent leurs meilleurs scores.

Enfin, pour les communistes libertaires mais aussi pour de nombreuses et nombreux révolution-naires, la question de l’outil syndical est centrale mais doit être débattue loin des sectarismes d’appareil. Les élections passées, des débats ouverts mais sans tabous peuvent être menés dans nos structures sur la construction du meilleur outil pour mener des luttes. La question de la division syndicale y serait sûrement abordée.

Des syndicalistes et communistes libertaires

12 janvier 2019

la poste

SUD-PTT reste la 3e force à la Poste

Les élections professionnelles à la Poste se sont tenues du 3 au 6 décembre.

La CGT baisse légèrement à 24,80 % (– 1,74 point) et est talonnée par une

CFDT à 24,80 % (+ 2,25 points) qui a son bastion dans l’encadrement.

SUD baisse également à 18,84 % (– 1,33 point), talonné par

FO à 18,48 % (– 1,49 point).

Le pôle syndical de résistance (CGT-SUD) recule donc, mais reste à un niveau suffisant (43,64 %) pour organiser les luttes.

L’alliance CGC-CFTC a fait 6,68 % et

l’Unsa 4,84 %.

La CNT, qui s’est présentée en 2011 (1,65 %) et en 2014 (1,1 %) a recueilli 0,75 % des suffrages cette année.

http://alternativelibertaire.org/

[1] Même si en l’occurrence, sur PPCR, le Premier ministre Manuel Valls s’était affranchi des règles qu’il avait lui-même fixées en appliquant un accord minoritaire.

Lire aussi:

RATP : Le vote des cadres favorisé, les réformistes l’emportent (AL)

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13 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

écrans (courrier international)

tablette

Aux USA, la déconnexion est réservée aux enfants riches

Alors que de plus en plus d’enfants riches bénéficient d’une éducation fondée sur l’interaction humaine et le jeu loin des nouvelles technologies, les enfants pauvres se retrouvent vissés devant des écrans, à l’école comme à la maison.

Les parents d’Overland Park, dans la banlieue de Kansas City, en avaient assez. Ils voulaient que leurs enfants décrochent des écrans, mais ils avaient besoin de s’unir pour se sentir plus forts. D’abord parce que personne ne souhaite que son gamin soit le seul jeune un peu bizarre à ne pas posséder de téléphone portable. Ensuite parce que priver un collégien de son smartphone est vraiment très, très dur.

“Nous avons commencé nos réunions en se disant : ‘C’est difficile, on est dans un monde nouveau, qui va nous aider ?’, raconte Krista Boan, qui dirige le programme Start, acronyme de Stand together and rethink technology [“S’unir pour repenser la technologie”]. “Dans ce cas précis, il ne servait à rien d’appeler nos mères à la rescousse.”

Depuis six mois en effet, environ 150 parents d’Overland Park se réunissent le soir dans les bibliothèques scolaires de la ville pour ne discuter que d’une chose : comment amener leurs enfants à décrocher des écrans.

Fossé numérique

Il n’y a pas si longtemps, on craignait qu’en ayant accès plus tôt à Internet, les jeunes des classes aisées n’acquièrent davantage de compétences techniques et qu’il n’en résulte un fossé numérique. De plus en plus d’établissements scolaires demandent aux élèves de faire leurs devoirs en ligne, alors que seulement deux tiers des Américains ont accès au haut débit.

Mais aujourd’hui, alors que les parents de la Silicon Valley craignent de plus en plus les effets des écrans sur leurs enfants et cherchent à les en éloigner, on redoute l’apparition d’un nouveau fossé numérique. Il est possible, en effet, que les enfants des classes moyennes et modestes grandissent au contact des écrans et que ceux de l’élite de la Silicon Valley reviennent aux jouets en bois et au luxe des relations humaines.

Ce mouvement est déjà amorcé.

Les écoles maternelles à l’ancienne, qui proposent un apprentissage par le jeu, sont en vogue dans les quartiers huppés, alors que l’Utah finance une école maternelle entièrement en ligne, à laquelle sont inscrits quelque 10 000 enfants. Les autorités ont annoncé que les écoles mater-nelles en ligne se multiplieraient en 2019 grâce à des subventions fédérales versées aux États du Wyoming, du Dakota du Nord et du Sud, de l’Idaho et du Montana.

Selon une étude de Common Sense Media, une organisation à but non lucratif qui surveille l’exposition aux réseaux sociaux, les jeunes issus de familles modestes passent une moyenne de huit heures et sept minutes par jour devant des écrans à des fins récréatives, alors que la durée est de cinq heures et quarante-deux minutes chez des jeunes plus aisés.

Cette étude a pris en compte chaque écran séparément, si bien qu’un enfant qui tchatte une heure sur son téléphone tout en regardant la télévision est considéré comme ayant passé deux heures devant des écrans.  Deux autres études montrent que les enfants blancs sont beaucoup moins exposés aux écrans que les enfants africains-américains et latino-américains.

Et, selon les parents, il existe un fossé numérique croissant entre les établissements publics et privés d’un même quartier. Alors que la Waldorf School of the Peninsula, une école privée prati-quant la pédagogie Waldorf très cotée chez les cadres de la Silicon Valley, interdit la plupart des écrans, l’établissement voisin, le collège public Hillview Middle School, met en avant son programme d’enseignement sur tablettes.

Des outils très addictifs

Le psychologue Richard Freed, qui a publié un ouvrage sur les dangers pour les enfants d’une trop longue exposition aux écrans et sur la manière de les reconnecter au monde réel, partage son temps entre ses conférences dans la Silicon Valley et sa pratique clinique auprès de familles modestes de l’est de San Francisco, où il est souvent le premier à apprendre aux parents qu’en limitant l’accès de leurs enfants aux écrans ils pourraient contribuer à résoudre leurs problèmes de concentration et de comportement.

Il s’inquiète tout particulièrement de la manière dont les psychologues qui travaillent pour les entreprises de la Silicon Valley rendent nombre d’applications et d’outils extrêmement addictifs, beaucoup d’entre eux étant particulièrement versés dans le design de la persuasion (ou comment influer sur le comportement humain via l’écran). Par exemple : la lecture automatique des vidéos sur YouTube, le plaisir, comparable à celui d’une machine à sous, de rafraîchir Instagram pour avoir plus de likes, ou les flammes de Snapchat.

“Auparavant, le fossé numérique reposait sur l’accès à la technologie, observe Chris Anderson l’ancien rédacteur en chef du magazine Wired. Maintenant que celle-ci est accessible à tout le monde, le nouveau fossé numérique repose sur le fait de limiter l’accès à la technologie.”

Dans tout le pays, des parents, des pédiatres et des enseignants s’insurgent.

“Ces entreprises ont menti aux écoles et elles mentent aux parents. On s’est tous fait avoir, déplore Natasha Burgert, une pédiatre de Kansas. On est en train de soumettre nos enfants, les miens compris, à l’une des plus vastes expériences sociales entreprises depuis longtemps. Qu’arrivera-t-il à ma fille si elle ne peut plus communiquer pendant le dîner, comment va-t-elle trouver un mari ? ou décrocher un entretien d’embauche ? poursuit-elle. Je connais des familles qui optent aujourd’hui pour l’abstinence totale.”

Une de ces familles, les Brownsberger, interdisait depuis longtemps les téléphones portables à ses enfants, mais, récemment, elle a également proscrit la télévision connectée à Internet. “On l’a coupée, on a décroché l’écran du mur et j’ai résilié l’abonnement au câble”, raconte Rachael Brownsberger, 34 ans, mère de deux garçons de 11 et 8 ans. “Si fou que ça en ait l’air !”

“Méchante mère”

Le couple, qui a une entreprise de béton décoratif, n’autorise pas à ses enfants l’usage du téléphone portable, mais il s’est aperçu que même une légère exposition aux écrans pouvait influer sur leur comportement. Le fils aîné, qui souffre d’un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH), se mettait en colère lorsqu’ils éteignaient la télévision, ce qui inquiétait beaucoup Rachael. Sur sa liste de Noël, il n’y avait de la place que pour les consoles de jeux Wii, PlayStation et Nintendo, et pour un MacBook Pro et un iPhone. “Je lui ai dit : ‘Mon chéri, on ne va rien acheter de tout ça’, se souvient-elle. Oui, je suis une méchante mère.”

Un changement plus vaste lui a facilité la vie. Des habitants de son quartier, une zone rurale à la périphérie de Kansas City, ont commencé à adopter un comportement similaire. “Il faut que tout le quartier s’y mette. Comme je le disais l’autre soir à ma voisine, suis-je vraiment la plus mauvaise mère du coin?” observe-t-elle.

Krista Boan a formé trois groupes d’une quarantaine de parents chacun, qui étudient les meilleurs moyens d’amener leurs enfants à décrocher des téléphones et des écrans. La chambre de commerce d’Overland Park soutient son initiative et la municipalité s’efforce d’intégrer des éléments de santé numérique dans son nouveau plan stratégique. “Le service d’urbanisme et la chambre de commerce nous ont dit : ‘On a vu l’impact [du numérique] sur notre ville’, raconte la jeune femme. Nous voulons tous que nos enfants soient des utilisateurs autonomes et capables de se maîtriser, mais nous devons les y éduquer.”

Dans la Silicon Valley, certains s’inquiètent du fossé grandissant entre les classes sociales en ce que concerne le temps d’exposition. Kirstin Stecher et son mari, ingénieur chez Facebook, élè-vent leurs enfants loin des écrans. “Est-ce une question d’information, car on connaît pas mal de choses sur les effets de ces écrans ? Ou de privilège, étant donné que l’on n’en a pas si besoin que ça ?” s’interroge-t-elle.

“L’idée généralement admise est que, si votre enfant n’a pas d’écran, il va être handicapé et relégué dans une autre dimension”, explique Pierre Laurent, ancien dirigeant de Microsoft et d’Intel et actuellement membre du conseil d’administration de la Waldorf School of the Peninsula, dans la Silicon Valley. “Ce message n’a pas autant d’impact dans cette région.”

Et il poursuit : Les gens d’ici pensent que l’important est tout ce qui concerne le big data [les données numériques], l’intelligence artificielle, et que ce ne sont pas des domaines où vous allez être particulièrement bon parce que vous avez un téléphone portable à 9 ou 10 ans.”

Alors que des personnes impliquées dans le développement des outils numériques se font plus prudentes, l’offre faite aux enfants est en plein essor. Apple et Google se livrent une compétition féroce pour placer leurs produits dans les écoles et pour cibler les élèves au plus tôt, quand ils commencent à devenir fidèles aux marques.

Google a publié une étude sur sa collaboration avec le district scolaire de Hoover, en Alabama, dans laquelle on peut lire que la technologie permet aux élèves d’acquérir “les compétences de demain”. L’entreprise y conclut que ses [ordinateurs portables] Chromebooks et les outils Google transforment des vies : “Les responsables du district scolaire croient en la possibilité de préparer les élèves à la réussite en leur inculquant les compétences, les connaissances et les comporte-ments dont ils ont besoin pour devenir des citoyens responsables dans la communauté  mondiale.”

Le psychologue Richard Freed considère toutefois que les écoles fréquentées par des enfants de milieux défavorisés sont trop tributaires de ces outils. Il voit quotidiennement le fossé entre les classes sociales en rencontrant des élèves issus des classes moyennes et modestes qui sont accros au numérique. “Pour beaucoup d’enfants d’Antioch, les écoles n’ont pas les ressour-ces nécessaires pour financer des activités extrascolaires et les parents n’ont pas les moyens de payer une nounou”, dit-il. Selon lui, le danger de voir se créer un fossé des connaissances sur les dangers de la technologie est considérable.

Avec 200 autres psychologues, il a demandé en août à la Fédération américaine des psycho-logues de dénoncer formellement l’utilisation du “design persuasif” faite par certains de ses confrères pour des produits et applis conçus pour des enfants. “Une fois que le grappin est mis sur ces enfants, cela devient vraiment compliqué”, met-il en garde.

Nellie Bowles The New York Times Magazine  New York14/12/2018
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18 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

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Faire converger nos colères

Les gilets jaunes ne sont plus seuls dans la rue : leurs enfants leur ont emboîté le pas !

Tout le monde s’accorde à dire que le mouvement lycéen actuel contre la sélection à l’univer-sité, la réforme du lycée ou le BAC modulaire est fort et touche tout le territoire. Mais, outre son ampleur, un autre élément n’a pas échappé aux médias. En Seine-Saint-Denis, dans les quar-tiers nord de Marseille, dans la banlieue lyonnaise… plus qu’au moment de la lutte contre la loi travail, les lycées des périphéries et d’enseignement professionnel ont été parmi les premiers à se mobiliser.

Mais comment s’en étonner puisqu’il apparaît que les jeunes générations auront des conditions de vie plus difficiles que leurs parents ?  La jeunesse issue des classes populaires a bien du mal à se faire entendre, les médias ne retenant bien souvent que les incidents devant les établissements quand la colère légitime fait l’objet d’une répression particulièrement dure.

Tout le monde a en tête les images de ces jeunes de Mantes-la-Jolie agenouilléEs, mains sur la tête, pendant plusieurs heures sous la menace de la police et on ne compte plus les blesséEs. On n’insiste pas non plus assez sur le fait que l’on refuse systématiquement aux lycéen.nes de s’organiser en leur refusant la liberté de réunion et le droit d’expression alors que c’est leur avenir qui est en jeu.

Une école qui n’éduque pas les jeunes dans la démocratie et dans une perspective d’appro-fondissement de la démocratie prend le risque de l’affaiblir. On oublie en effet que le désir de démocratie n’est pas naturel et qu’il peut s’altérer. C’est la raison pour laquelle une éducation émancipatrice ne peut faire autrement que de le cultiver. En réalité, la démocratie a progressé toutes les fois que les sans voix ont fait irruption sur la scène politique pour réclamer justice et dignité en leur propre nom.

Quand les autorités disent à la jeunesse « sois sage et tais-toi ! », elle répond « no future ! » et elle a ses raisons. Pour ne prendre que l’exemple des lycées professionnels, parents pauvres de l’éducation, la réforme du bac pro a déjà provoqué une suppression impressionnante de postes et d’heures d’enseignement.

La réforme qui s’annonce de la voie professionnelle aura le même effet et va de plus renforcer sa soumission aux employeurs. Parcoursup a laissé des milliers de lycéen.nes sans affectation à la rentrée et la réforme du lycée, du bac et des programmes n’est pas une réponse aux iné-galités scolaires, le gouvernement n’a d’ailleurs pas annoncé des réformes allant dans ce sens.

Après une augmentation honteuse des droits d’inscription pour les étudiantEs étranger/ères, il est maintenant question d’une augmentation générale des frais de scolarité qui fermerait l’accès à l’université aux classes populaires (1).

La colère des lycéen.nes et des parents qui se constituent parfois en collectif pour s’élever contre la criminalisation de leur mouvement est aussi la nôtre. C’est pourquoi nous devons nous élever contre la répression et toute action qui les empêcherait de s’organiser librement.

Mais nous autres, éducateurs/trices et enseignantEs, nous devons les rejoindre dans la mobili-sation parce que nous avons enfin la possibilité de dire dans l’action et avec force que nous sommes contre des réformes qui ne correspondent en rien aux aspirations à plus d’égalité sociale et au besoin de démocratisation de l’école.

C’est le moment de faire converger nos colères !

17 décembre 2018 Jérôme Debrune

https://www.questionsdeclasses.org/

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1. Voir Le Monde du 21 novembre 2018, La Cour des comptes préconise une hausse des droits d’inscription à l’université, https://www.lemonde.fr/

 

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25 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

livreurs (à-l’encontre basta )

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Les livreurs de Deliveroo s’engagent sur la voie de ceux et celles de Ryanair

Ce jeudi 25 octobre et ce vendredi 26 octobre, les représentants des livreurs et de 12 syndicats se réunissent à Bruxelles.

Ces livreurs sont devenus inévitables, parties intégrantes du paysage urbain de Londres, en passant par Rome, jusqu’à Paris et Bruxelles. Eux, ce sont cette nouvelle main-d’œuvre à bicyclette qui livre à domicile à toute heure du jour et de la nuit, de plus en plus de plats de restaurant pour le compte de «plateformes» comme Deliveroo, UberEats (les deux sont actives en Belgique) ou encore Foodora, autre leader de la «foodtech».

Eux, de plus en plus nombreux aussi, en ont surtout «marre de ne pas être entendus» par les multinationales qui les emploient «à la demande», sur leurs conditions de travail qu’ils estiment «déplorables, dangereuses, sous-payées et sous-protégées». Un peu partout en Europe, ils se sont donc organisés en collectifs pour défendre leurs droits ces deux dernières années. La Belgique ne fait pas exception avec plusieurs arrêts de travail chez les coursiers Deliveroo à son actif.

40 mobilisations en un an

L’AlterSummit ­– réseau européen qui rassemble des syndicats et des mouvements sociaux (en Belgique, les centrales FGTB: Fédération générale du travail de Belgique et CSC: Confédé-ration des syndicats chrétiens – réunissant une dizaine de pays a donc décidé de les réunir pour la première fois à Bruxelles. Afin de créer un début de mouvement paneuropéen coordonné.

Soixante livreurs appartenant à des collectifs et trente représentants d’organisations syndicales de douze pays (Royaume-Uni, France, Italie…) seront présents jeudi et vendredi, pour une première assemblée générale, des débats et une action sur deux roues dans les rues de la Capitale (Bruxelles), ce vendredi soir.

Une idée qui a émergé naturellement.

«Nous nous intéressions à la question de la main-d’œuvre des plateformes numériques. Puis nous avons remarqué que, rien qu’en 2017, quarante actions de livreurs (des grèves, des actions symboliques…) avaient eu lieu partout en Europe, en Belgique, les premières mobilisations datent de janvier 2018», explique Anne Dufresne, chercheuse au Gresea, Groupe de recherche pour une économie alternative et co-organisatrice de l’assemblée générale européenne des coursiers .

Détail qui a tout son poids:

les syndicats classiques, qui normalement ne «couvrent» pas une main-d’œuvre indépendante [qui est donc considérée comme auto-entrepreneuse], ont un peu partout approché ces mouvements ou y ont apporté leur soutien (logistique et d’audience).

La démarche pensée par AlterSummit est donc simple, même si elle est compliquée à traduire en pratique

puisque les plateformes qui ont créé cette nouvelle forme de travail à la demande sont des transnationales, il faut leur répondre par une mobilisation transnationale. «Nous avons donc demandé aux collectifs de livreurs de nous expliquer ce qu’ils portaient comme revendications dans leurs douze pays respectifs. Tout en nous intéressant aux statuts sous lesquels étaient employés ces coursiers et à la manière dont ils étaient rémunérés», poursuit la chercheuse.

Une cartographie qui révèle des fortes différences mais également un socle possible pour des revendications et des actions communes.

«Aux Pays-Bas et en Autriche par exemple, les coursiers opèrent déjà sous un statut d’employé. Tandis que dans d’autres pays, ils sont indépendants. Mais les doléances sont finalement partout les mêmes: elles tournent autour d’un salaire horaire, d’une requalification du statut, d’une vraie protection sociale. La garantie du travail aussi est centrale puisque ces plateformes emploient quand elles le souhaitent.» Un appel auquel les organisations locales ont répondu en masse, selon AlterSummit qui assure «avoir dû limiter le nombre de participants à cette première réunion en sélectionnant des livreurs déjà très actifs au niveau local et des organisations syndicales également impliquées».

Une enquête belge toujours en cours

La question du statut des livreurs est bien sûr ici centrale: doivent-ils être reconnus comme des salarié·e·s de ces plateformes dites collaboratives ou comme des travailleurs/travailleuses indépendants libres de leurs mouvements? En Belgique, en raison du statut fiscal «spécial économie collaborative», la problématique est encore plus épineuse.

Deliveroo et UberEats, toutes deux actives en Belgique, disposent d’un agrément délivré par le pouvoir fédéral: les livreurs peuvent donc effectuer des prestations (jusqu’à 5 100 euros par an), quasi défiscalisées, sans se soumettre au statut d’indépendant.

Depuis de longs mois, l’Auditorat du travail, en collaboration avec l’Inspection sociale et l’ONSS (Office national de sécurité sociale), tente donc de trancher l’épineuse question à la demande du ministre de l’Emploi, Kris Peeters. «Nous irons au bout de l’enquête, assure la substitute générale de l’Auditorat, Nadine Meunier.

Mais notamment en raison du glissement vers le statut de l’économie collaborative, cela prend beaucoup de temps, nous ne pouvons rien éluder sur une telle problématique.» Il y a deux semaines, une nouvelle salve de livreurs a, comme en avril et mai dernier, été entendue par l’Inspection sociale; la direction de Deliveroo et celle d’UberEats suivront.

Pour Martin Willems – permanent de la CNE (Centrale nationale des employés) déjà active dans le cadre des mobilisations chez Ryanair – de Bruxelles et du Brabant wallon, qui a soutenu le collectif de livreurs belges dans leurs différentes actions et arrêts de travail, «l’enquête traîne trop, même s’il est important que la question ne soit pas prise à la légère par nos autorités».

velo

(Article publié dans Le Soir, en date du 25 octobre 2018; https://journal.lesoir.be; reproduit avec autorisation de l’éditeur)

 25  octobre  2018 Amandine Cloot
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24 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

olivier besancenot (regards)

 

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13 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

internet (jdd)

ordi

Même les moins de 35 ans sont touchés par la fracture numérique

Les moins diplômés éprouvent les plus grandes difficultés à apprivoiser Internet.

Mais les formations se multiplient pour lutter contre l’illettrisme numérique et favoriser une meilleure inclusion. On a tous connu la grande angoisse de la perte du mot de passe ou de son identifiant pour se connecter au site des impôts ou à celui de la Sécurité sociale.

Mais pour une grande majorité de Français, ouvrir un ordinateur et fureter sur le Web est bien plus qu’une frayeur. Un véritable handicap. Près de 14 millions de personnes se sentent mal à l’aise avec Internet. Parmi elles, des sexagénaires, de jeunes retraités. Un tiers ne sont ainsi pas connectés, selon une étude du CSA Research pour le Syndicat de la presse sociale, parue en mars. Mais pas que.

D’autres exclus du Web sont plus surprenants.

Comme les jeunes, notamment issus des quartiers prioritaires. Ils maîtrisent les usages ludi-ques, les réseaux sociaux, échangent via Instagram et Snapchat plutôt que par texto. Mais éprouvent toutes les peines du monde à saisir des mots-clés dans Google pour faire une recherche d’emploi ciblée, envoyer une pièce jointe dans un e-mail ou scanner un document. Face à ces lacunes, beaucoup ferment l’ordinateur et raccrochent.

Un phénomène de précarité numérique chez les jeunes

Ces « abandonnistes » seraient près de 19% d’après l’étude du CSA Research. Parmi eux, 21% sont des digital natives, âgés de moins de 35 ans. Jeunes souvent issus des quartiers prioritai-res, ils n’ont pas forcément de connexion à domicile, ni d’équipement. Juste un smartphone pas toujours adapté à la navigation. Les sociologues se sont penchés sur ce phénomène de préca-rité numérique et parlent de « digital naïfs ». C’est-à-dire de juniors qui vivent une double peine sur le marché de l’emploi : exclusion numérique et sous-qualification.

Des compétences de base au même titre que lire et écrire

Une enquête de 2015 d’Emmaüs Connect, qui lutte contre la précarité informatique, menée auprès du public suivi par les missions locales, livre un constat inquiétant : ces jeunes consul-tent moins régulièrement Internet que les plus diplômés et ne disposent que très rarement d’une adresse e-mail. À la mission locale de Lille, ils sont ainsi moins de 25% à en avoir une et 45% à Grenoble. Un sur deux ne la consulte jamais. Pénalisant quand on est au chômage et que la majorité des offres est diffusée on line.

Alors que toutes les démarches administratives seront dématérialisées d’ici à 2022, souffrir d’illettrisme numérique oblige à vivre à côté, voire même en dehors, de la société. « Ce sont des compétences de base au même titre que la capacité à lire et à écrire, observe Misoo Yoon, directrice générale adjointe de Pôle emploi. Elles incarnent un vrai besoin car lorsque vous recherchez un emploi, il est important et utile de pouvoir mobiliser les ressources disponibles sur le Web pour être plus performant dans sa recherche. »

Le discours infuse. Seuls 12% des demandeurs d’emploi n’utilisent pas le numérique pour dénicher un job et 3% parce qu’ils ne savent pas comment faire. Ainsi 260.000 sont formés chaque année à être plus à l’aise avec ces outils. Une obligation même alors que Pôle emploi digitalise de plus en plus ses services (inscription, échanges avec les conseillers, envois de documents…).

En agence, des équipements et 2.200 emplois en service civique spécialement formés sont à la disposition de ceux qui éprouvent les plus grandes difficultés. Après une phase de test à Paris, Lille et Strasbourg, le site Les Bons Clics, conçu en partenariat avec Emmaüs Connect, permet à chacun d’identifier son niveau de compétences numériques. En fonction, des ateliers de 40 heures peuvent être proposés. Un dispositif national de soutien est aussi en cours d’élaboration.

400 nouvelles « grandes écoles du numérique »

Des projets qui s’inscrivent dans la stratégie d’inclusion numérique prônée par le gouverne-ment et pilotée par Mounir Mahjoubi. Le secrétaire d’État chargé du Numérique est en train de déployer un passe dédié qui permettra aux administrations, entreprises et collectivités de venir en aide aux plus stressés. D’une valeur de 50 euros, il servira à financer des programmes d’accompagnement (formation, tutorat…). Expérimenté dans cinq régions cette année dont la Nouvelle-Aquitaine, il sera généralisé d’ici à 2019, avec un budget de plusieurs dizaines de millions d’euros.

Dur de les convaincre, l’autocensure est forte

La fracture numérique ne s’exprime pas uniquement dans les gestes et compétences. Mais aussi dans l’accès à l’emploi. Car la « Web révolution » a besoin d’experts pour la mener. Or elle en manque. « Il existe de fortes tensions sur ces métiers avec des difficultés de recrutement sur des profils de niveau supérieur au bac, souligne la directrice générale de Pôle emploi. Mais ce sont des secteurs qui peuvent proposer des emplois à des personnes peu qualifiées moyennant une formation. »

Voilà pourquoi l’État a lancé en avril le plan 10.000 formations au numérique pour des jeunes et des demandeurs d’emploi n’ayant pas le bac. Des préparations collectives à l’emploi (POC) sont ainsi proposées par Pôle emploi. Leur nombre d’heures a été relevé à 800 et une aide aux entreprises a été créée (prise en charge de 8 euros par heure de formation). Administra-teur de sécurité informatique, designer Web, développeur codeur, technicien cloud, animateur e-commerce… La palette de métiers est large et les premiers stages devraient ­démarrer ce mois-ci.

À la rentrée également, devraient être dévoilés les noms des 400 nouvelles écoles labellisées « grande école du numérique ». Elles sont déjà 400 à offrir un parcours de reconversion à celles et ceux qu’Internet séduit. Parmi eux, de nombreux décrocheurs.  Figures de proue de cet éco-système, les écoles Simplon en accueillent près de 50% sur les 1.500 nouveaux élèves reçus tous les ans. « C’est dur de les convaincre qu’ils sont capables d’intégrer ces filières tant l’auto-censure est forte : ‘Je suis nul en maths et en informatique, ça n’est pas pour moi’, c’est comme s’ils souffraient du syndrome de l’imposture, regrette Frédéric Bardeau, président et cofonda-teur de Simplon, une entreprise sociale et solidaire qui a formé près de 2.500 personnes depuis sa ­création. Beaucoup pensent qu’il faut être un homme blanc avec un bac +5 et aimer les jeux vidéo pour faire carrière dans le numérique. »

La preuve par l’exemple permet de combattre les stéréotypes de genre et de diversité. Six mois après leur sortie, 78% ont trouvé une solution d’insertion, (poursuite d’études, contrat de travail, création d’entreprise). Et douze mois plus tard, le taux grimpe à 98%. Mais pour toutes ces structures, le nerf de la guerre reste aussi financier. Beaucoup doivent avancer les frais de scolarisation, avant remboursement par l’État. Et la trésorerie manque parfois pour mener à bien ces missions salutaires…

8 septembre 2018

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08 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

marche climat (jdd)

climat

Marche pour le climat : ils nous racontent pourquoi ils y participent

clim

Camille, 18 ans, étudiante : « Nous avons besoin d’un sursaut citoyen »

« Je participe à cette marche car je voudrais d’abord que nos représentants politiques prennent conscience que l’écologie est une nécessité. Nous avons besoin d’un sursaut non seulement politique, mais également citoyen. En tant que ‘jeune’, je voudrais également montrer que les étudiants se préoccupent aussi de ces enjeux écologiques. Descendre dans la rue, c’est une première pour moi. La démission de Nicolas Hulot me semble être avant tout un aveu de faiblesse de notre démocratie face à la pression des lobbies et des grands groupes industriels. Mais cette démission pourrait également être l’événement déclencheur d’un sursaut collectif, en témoigne l’organisation spontanée de cette marche. De mon côté, au quotidien, je ne mange plus de viande, je ne prends pas de bain, je fais attention à ma consommation d’eau et d’électricité… » L’environnement doit devenir la préoccupation principale du gouvernement

clim

Maxime, 24 ans, maraîcher bio : « La situation est si grave »

« Je participe à cette marche car j’y vois une réelle occasion de faire entendre notre voix et de transmettre un message fort au gouvernement : la société attend des actions concrètes pour protéger l’environnement et ce sujet doit devenir sa préoccupation principale. Je ne descends pas souvent dans la rue, mais ce sujet me tient particulièrement à cœur. La situation est si grave, il faut agir avant qu’il ne soit vraiment trop tard. Je pense que Nicolas Hulot a eu raison de démissionner et que ce geste a eu un vrai impact. Au quotidien, j’essaye de produire une nourriture saine et de qualité tout en respectant l’environnement et en favorisant la biodiversité sur mon terrain. Je limite mes déplacements, je favorise les produits bio et locaux, et j’essaie de sensibiliser mes proches au respect de l’environnement. »

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Océane, 26 ans, professeure des écoles : « Ce sujet ne devrait pas être mis au second plan »

« Je ne suis pas militante politique, mais je participe lorsque je peux à des petites actions. C’est la première fois que je participe à une manifestation de ce genre. Je veux montrer à nos diri-geants que c’est un sujet qui nous préoccupe et qui ne devrait pas être mis au second plan. Concernant Nicolas Hulot, j’étais très déçue de ce qui avait été mis en place depuis son arrivée au gouvernement. Sa démission était pour moi une bonne chose, car il s’était trop parjuré. Le message de sa démission est bien passé. Au quotidien, pour l’écologie, j’ai supprimé la viande et quasiment tous les produits laitiers. J’essaie aussi de réduire mes déchets et d’acheter au maximum local et bio. »

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Linda, 36 ans, en formation de naturopathie : « L’humanité est au bord du gouffre »

« Je milite sur Internet pour essayer de limiter les dégâts et initier des prises de conscience sur le fait que l’humanité est au bord du gouffre. Ayant deux enfants en bas âge, je ne sors plus vraiment dans la rue [pour manifester]. Les violences contre les manifestants sont aussi un sérieux frein. Nicolas Hulot, je suis surprise qu’il ait tenu aussi longtemps dans ce gouverne-ment… Au quotidien, je fais attention à ma consommation d’énergie. Je réduis au strict néces-saire les déplacements en voiture, j’achète des produits issus d’une agriculture bio et durable au maximum, je réduis mes déchets (achats en vrac), je bouture des arbres, plante des végétaux… Avec mon conjoint, nous avons le projet de créer une micro-ferme en permaculture. »

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Yaël, 45 ans, scénariste : « La démission de Hulot m’a désespérée encore un peu plus »

« Je descends dans la rue à chaque fois que la cause ne me laisse pas le choix. Je ne milite dans aucune association, mais j’accueille des réfugiés, je suis investie dans mon quartier à Montreuil, et j’essaie que ma vie soit cohérente avec mes opinions politiques. La démission de Nicolas Hulot m’a désespérée encore un peu plus… Au quotidien, je suis plutôt une consom-matrice raisonnable, je suis globalement végétarienne et j’élève mes filles dans la conscience très anxiogène des enjeux du monde. » Seuls les citoyens peuvent faire pression sur le monde politique et économique

clim

Maryline, 34 ans, dirige une start-up : « Je veux montrer mon mécontentement »

« Je participe à cette marche pour montrer mon engagement et mon mécontentement. Je fais partie des personnes qui ne sont pas d’accord avec ce que fait aujourd’hui le gouvernement et qui veulent faire entendre leur voix. J’ai déjà manifesté pour la cause des indépendants, mais je ne descends pas souvent dans la rue. J’ai trouvé que la démission de Nicolas Hulot était courageuse et humble. Il n’avait pas envie de rentrer dans tous ces masques de la politique. C’est très bien, c’est un bel exemple. J’essaie de consommer intelligent, je recycle, j’essaie de faire attention à ce que j’achète, surtout des produits locaux à des petits producteurs… Je monte une start-up dans le domaine du tourisme et je vais m’associer à un organisme pour le nettoyage des mers. Cela me tient à cœur. »

clim

Prissyla, 46 ans, médiatrice culturelle dans un musée : « L’écologie est intimement liée à une certaine économie »

« Je descends dans la rue afin de porter un message quant à une pétition que j’ai lancée suite à l’abattage des arbres qui a eu lieu à la basilique Saint-Sernin de Toulouse. La démission de Nicolas Hulot et particulièrement les raisons qui l’y ont poussé: l’isolement et son sentiment de désengagement des français à l’égard de l’écologie, m’ont beaucoup touchée. Je souhaite que ce geste fort initie un élan et une nouvelle prise de conscience. J’essaie au quotidien de réduire mon impact sur l’environnement en me déplaçant quotidiennement en vélo et pour les trajets plus longs en covoiturage ou en train, en consommant le plus possible bio, je trie mes déchets, j’ai souscris à un contrat d’électricité vert, je ne suis pas consumériste, je prends soin de mes affaires afin de les conserver longtemps… J’ai travaillé plusieurs années dans un magasin de vêtements et chaussures bio. Pour moi, l’écologie est intimement liée à une certaine économie. »

clim

Sidonie, 45 ans, « militante indépendante » : « La marche reste symbolique, il faut agir dans ses choix quotidiens »

« Je participe à la marche pour dire que nous sommes prêts à changer de mode de vie pour mettre l’écologie au centre d’un projet politique. La prise de conscience générale commence. Seuls les citoyens peuvent faire pression sur le monde politique et économique. La marche reste symbolique, il faut agir dans ses choix quotidiens. C’est la seule cause qui me fait des-cendre dans la rue. Nicolas Hulot a exprimé à un haut niveau le ras-le-bol généralisé de comp-ter sur les générations futures et surtout des velléités du pouvoir politique. Il faut transformer en profondeur nos sociétés comme l’ont fait d’autres pays. »

Huit personnes expliquent au JDD pourquoi elles ont décidé de participer samedi à la « marche pour le climat » organisée dans plusieurs villes de France. Si l’on en croit les réseaux sociaux, ils seront nombreux samedi dans les rues pour la « marche pour le climat ». Suite à la démission de Nicolas Hulot, Maxime Lelong, un jeune homme de 27 ans, lance l’initiative sur Facebook. Il a été interpellé par les propos du désormais ex-ministre : « Est-ce que j’ai une société structurée qui descend dans la rue pour défendre la biodiversité? [...] Est-ce que j’ai une union nationale sur un enjeu qui concerne l’avenir de l’humanité et de nos propres enfants? », s’était alors interrogé à haute voix Nicolas Hulot. Maxime Lelong a voulu prouver que oui. D’abord prévu pour le dimanche 2 septembre, l’événement a été décalé au 8 septembre pour coïncider avec la mobilisation « #Riseforclimate » organisée au niveau mondial. Des rassemblements auront lieu dans de nombreuses villes de France. A Paris, la marche partira à 14 heures de l’Hôtel de ville pour rejoindre la place de la République. Le JDD a contacté plusieurs personnes qui, sur Facebook, ont indiqué participer à ce rassemblement en faveur du climat. Elles nous expliquent la raison de leur présence samedi, la manière dont elles ont réagi à la décision de Nicolas Hulot de quitter le gouvernement, mais aussi ce qu’elles font au quotidien pour préserver l’environnement.

8 septembre 2018

https://www.lejdd.fr/

Commentaire: Nous ne pensons pas que la solution peut venir seulement des petits gestes quotidiens, bien qu’ils sont indispensables pour l’agitation, la propagande, la prise de conscience! Notre job, c’est de faire de tous ces anticapitalistes qui s’ignorent des militants d’une écologie globale, enracinée dans les associations de terrain, pour un mouvement altermondialiste planétaire!

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11 août 2018 ~ 0 Commentaire

monsanto 2 (ouest france + rp)

pesticiides

Procès Monsanto. « Beaucoup d’espoir » pour les victimes, selon l’agriculteur Paul François

Après la condamnation de Monsanto aux États-Unis, l’agriculteur français Paul François, lui-même en procès contre le géant de l’agrochimie, estime que cela va donner « beaucoup d’espoir » pour les victimes. L’agriculteur Paul François, figure en France du combat contre Monsanto, a ressenti « beaucoup de joie » pour tous ceux qui se battent à travers le monde après la condamnation aux États-Unis du géant agrochimique.

« J’ai pensé à eux en me disant que cette décision allait les aider et leur donner beaucoup d’espoir », déclare samedi à l’AFP le président de l’association Phyto-victimes et auteur du livre « Un paysan contre Monsanto ».

« Le délibéré est fort »

Un tribunal de San Francisco a condamné Monsanto à payer près de 290 millions de dollars de dommages pour ne pas avoir informé de la dangerosité de son herbicide Roundup à l’origine du cancer de Dewayne Johnson, un jardinier américain. En apprenant cette décision, le céréa-lier, lui-même en procès contre Monsanto, explique avoir pensé aux victimes des épandages de glyphosate en Argentine « souvent désespérées » « qui n’ont que leur courage pour se battre », aux Burkinabés « avec moins que rien » ou encore à « tous les agriculteurs qui ont développé les mêmes pathologies que ce jardinier américain ».

« La décision américaine ne pourra pas faire jurisprudence en France mais les avocats pourront s’en servir dans leur argumentation », car « la décision américaine est argumentée », explique l’agriculteur. Même si « cette condamnation n’est pas définitive », « le délibéré est fort et stipule que Monsato a manqué à son devoir de bienveillance vis-à-vis de ses clients, à son devoir d’information sur les risques », ajoute-t-il.

Son dossier toujours en cours

Paul François, agriculteur charentais, avait lui été intoxiqué en avril 2004 après avoir inhalé des vapeurs de Lasso, un herbicide de Monsanto qu’il utilisait dans sa culture du maïs. Après des années de procédure, Monsanto a été reconnu responsable de l’intoxication de cet agri-culteur devant la cour d’appel de Lyon en septembre 2015 mais cette décision a ensuite été annulée à l’été 2017 par la Cour de cassation. Son dossier sera à nouveau débattu le 6 février 2019.

« Je pense que cette décision va donner un argument de poids à Nicolas Hulot pour dire à ces collègues européens qu’il est urgent de mettre en place un calendrier de sortie du glyphosate en Europe », ajoute Paul François qui attend « que les gouvernements prennent leur responsabilité ».

11/08/2018

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03 août 2018 ~ 0 Commentaire

complot (paris luttes)

pari unique

En finir avec les théories du complot

Il n’y a aucun « complot » derrière l’exploitation économique, il n’y a qu’un rapport social fondé sur la propriété privée des moyens de production

Celui qui possède les moyens de production n’a pas besoin de se dissimuler, et celui qui travaille, si il veut s’émanciper, n’a pas besoin de savoir si son patron est juif, catholique, de la planète mars ou membre du club d’échec de Bourg-en-Bresse.

Les théories du complot ne datent pas d’hier.

Pour mémoire, l’une des première théories relève elle-même d’un complot : l’invention d’un faux document (le Protocole des sages de Sion) par la police secrète tsariste afin d’utiliser l’anti-sémitisme pour canaliser la contestation naissante au sein du prolétariat russe, et le détourner de la critique du régime. Cette stratégie du bouc-émissaire va connaître, tout au long du 20è siècle, une propagation européenne (et même au-delà) qui la verra utilisée comme cache-misère par différents régimes politiques. Les théories complotistes antisémites connaitront jusqu’à aujourd’hui encore, le succès que l’on sait.

À notre époque, l’avènement des moyens de communications de masse, et surtout d’Internet, a fait littéralement exploser la quantité et la popularité des thèses complotistes.

Elles se déclinent désormais sous diverses formes plus ou moins ouvertement antisémites, ou plus ou moins grotesques. Le monde serait ainsi gouverné, au choix, par : les Juifs bien sûr, mais également la Reine d’Angleterre, des extraterrestres reptiliens, la société secrète des Illuminatis, des forces satanistes, les francs-maçons … Voire tout ça à la fois, selon certains syncrétismes.

On notera au passage qu’il ne faut pas s’étonner de voir Internet devenir le médium favori de la fausse critique, car Internet ne peut pas offrir les éléments les plus essentiels à la formation de l’esprit critique, à savoir la socialisation et l’expérimentation concrète. La socialisation qu’il offre est virtuelle, et l’expérience y est remplacée par une surabondance de moyens de racon-ter et de lire n’importe quoi, sans offrir aucun moyen de vérification par les faits, mais seule-ment par la confrontation d’autres opinions tout aussi invérifiables, et toutes aussi égales entre elles dans leur insignifiance.

Une fois qu’on les a dépouillés de l’énumération d’anecdotes rocambolesques.

Les pseudo-théories du complot se résument, (elles circulent via des documentaires Youtube les maîtres du monde sont décidément, de petits étourdis), à pas grand-chose, parce qu’elles n’ont pas grand-chose à dire, et elles n’ont pas grand-chose à dire parce qu’elles sont une hypothèse inutile.

Deux patrons peuvent bien faire partie, ou non, d’un même club, ce n’est pas en tant qu’ils sont membres de ce club qu’ils sont patrons, c’est du fait qu’ils possèdent les moyens de produc-tion. Pour celui qui travaille dans un fast-food, donc qui se fait exploiter dans la réalisation d’un travail aliéné et abstrait, on comprend mal en quoi le fait que son patron soit, ou non, un Juif, un Illuminati (ou même un extraterrestre) change quoi que ce soit à la nature de son rapport social avec lui.

Il n’y a aucun « complot » derrière l’exploitation économique

Celui qui veut s’émanciper de son exploitation doit s’organiser et lutter, mais toute la réelle difficulté est là, et aucune vidéo Youtube n’en viendra à bout. Certes, il existe diverses formes d’ententes et de coordinations chez les puissants, mais il existe tout autant de formes, de rivalités, de concurrences et de contradictions parce que le capitalisme repose sur une dialecti-que entre dynamiques hégémoniques et concurrentielles, entre concentration et rivalité, et ne peut pas exister sans l’une de ces forces, de même que l’une ne peut exister sans l’autre.

La domination capitaliste étant, en dernier ressort, une domination de l’économie sur les hommes

Il importe peu que cette domination s’incarne localement dans le grand patron X ou le petit patron Y, le groupe social W ou Z, dans Carrefour ou l’épicerie du coin : au final, il s’agit de rapports sociaux qui se sont détachés des hommes.

La conception complotiste du pouvoir est une conception « pyramidale » conception simpliste, pour ne pas dire totalement enfantine 

En réalité le pouvoir ne peut pas avoir de structure solide et stable parce qu’il est un ensemble de champs et un ensemble de rapports de force en leur sein, perpétuellement changeants, soumis à des tensions, des circulations, soumis à une logique de réseau, réseau qui n’a pas de sommet, ni de « tête », ni de « centre » mais une multiplicité de pôles et de nœuds, de formes d’alliances et de concurrences qui se font et se défont. C’est cette complexité qui le rend difficile à saisir, et qui ouvre donc la voie à des théories simplifiées.

Il n’y a pas de cristallisation définitive des rapports de pouvoir en une structure finale

Un champ définitif, qui serait de type pyramidal ou autre, n’est pas possible parce qu’une telle solidification supposerait un immobilisme qui signifierait sa fin, et l’existence d’une « tête » au pouvoir supposerait, dès lors, que cette « tête » n’aurait qu’à être coupée. Même à l’époque d’une structuration rigide et hiérarchique, quasi-pyramidale, des rapports de pouvoir, le complot était encore totalement inutile, au contraire : l’architecture, les arts, les moyens de communication en général ont toujours servi à mettre en scène le pouvoir.  Les empires, les monarchies ont duré des siècles, voire des millénaires sans que les maîtres du monde aient eu à faire face à des révoltes sérieuses.

La théorie du complot est un attrape-nigaud qui envoie les naïfs à la chasse à la licorne

La  réalité est simplement en permanence sous nos yeux : la police est dans toutes les rues, les managers et petits-chefs sont derrière nous au travail, chaque patron a sa propre page web, les chefs d’État sont sur toutes les chaînes, et le réveil sonne tous les matins pour nous appeler au travail forcé…

Simplement nous ne faisons jamais rien.

Parce que toute la vraie difficulté est là. Si le conspirationniste pense que c’est par le complot que l’on gouverne, il y a, derrière cette croyance, une forme d’idéalisme qui suppose que la révolte est tout naturellement produite par la connaissance de l’oppression, et non par des conditions matérielles et des circonstances déterminées.

Cette croyance que la connaissance de l’oppression produit la révolte comme par magie

ne peut être tenace que chez des individus qui se tiennent suffisamment à l’écart des mouve-ments sociaux pour méconnaître toutes les difficultés que rencontre tout en chacun qui, ayant pris connaissance de son oppression, doit ensuite faire face aux difficultés matérielles d’avoir à s’organiser.

13 juillet 2018 (2017?)

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27 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

médias (france info + rp + tc)

macronic

Affaire Benalla : « Les gens, est-ce qu’ils parlent de ça ? »

On a répondu à la question que se pose Emmanuel Macron

Depuis mercredi 18 juillet, « l’affaire Benalla » fait la une de la presse, des sites et des chaînes d’info. Pourtant, Emmanuel Macron et certains membres du gouvernement affirment que l’affaire « n’intéresse pas les Français ».

Révélations, auditions, déclarations…

Chaque jour apporte son rebondissement dans l’affaire Alexandre Benalla. Si le feuilleton médiatique gonfle d’heure en heure, plusieurs députés de la majorité ainsi que des membres du gouvernement comme Marlène Schiappa, affirment que les Français n’affichent pas un grand d’intérêt pour l’affaire. « Les gens, est-ce qu’ils parlent de ça ? », a même interrogé Emmanuel Macron face aux journalistes de CNews, mercredi 25 juillet, lors d’un déplacement à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées). La réponse est oui, et plutôt trois fois qu’une.

Plus de 3 millions de tweets en une semaine

En huit jours, 3 051 609 tweets ont été publiés par 203 858 internautes, déclare à franceinfo Visibrain, plateforme de veille des réseaux sociaux. À titre de comparaison, environ 500 000 tweets avaient été publiés, une semaine après le début de l’affaire Fillon, à quelques mois de la présidentielle de 2017.

La plateforme note qu’Emmanuel Macron et son gouvernement sont directement pris à partie sur les réseaux sociaux puisqu’un tiers des messages publiés sur l’affaire interpellent directe-ment le président de la République. De son côté, le spécialiste de l’étude des réseaux sociaux Nicolas Vanderbiest précisait, le 23 juillet, sur son blog que « le volume déployé est tout simple-ment gigantesque puisque 1,5 million de tweets [autour de Benalla] [ont] été échangé[s] en moins d’une semaine. À titre de comparaison, #MeToo, #BalanceTonPorc et #JeSuisCharlie sont inférieurs ».

Un fort engagement sur Facebook

« Ça fait le buzz sur Twitter, le réseau social du microcosme parisien, mais sur Facebook, où sont tous les Français, ça ne prend pas plus que ça », a avancé un collaborateur du Premier ministre, Edouard Phillipe, auprès du Parisien, samedi 21 juillet.

Là encore, l’argument résiste mal aux chiffres.

Certes, sur Facebook, les données exhaustives restent délicates à avoir. S’il est possible, en effet, de quantifier les messages partagés publiquement sur la plateforme, 20 266 posts dans le cas de l’affaire Benalla, une grande partie des posts privés ne peuvent être pris en compte.

Toutefois, d’après des données SocialBakers, qui analyse les réseaux sociaux, la page Face-book du Monde.fr a enregistré une augmentation de 67% des interactions likes, commentaires, partages, sur les contenus, portés particulièrement par l’affaire Benalla. Ce qui a d’ailleurs permis de dépasser le niveau d’interactions enregistrées le soir et le lendemain de la Coupe du monde. Et sur la page Facebook du Parisien, celles-ci ont augmenté de 57% depuis le début de l’affaire Benalla, par rapport au niveau moyen de la page.

Des recherches en forte en hausse sur Google

Mais l’intérêt des Français dépasse le simple cadre des réseaux sociaux. Ainsi, sur Google, les recherches autour du terme « Benalla » dans la catégorie « Actualités » rattrapent presque celles opérées sur « Coupe du monde » réalisées le soir de la finale. Et le 18 juillet, jour des révélations du Monde, la recherche « Alexandre Benalla » était largement en tête avec plus de 500 000 recherches – 10 fois plus que l’accident mortel de l’A7, deuxième actualité du jour.

Des records d’audience pour BFMTV, franceinfo et LCP

Invitée sur le plateau de franceinfo, mercredi 25 juillet, la secrétaire d’Etat chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a estimé que l’affaire Benalla « n’est pas un sujet qui les [les gens] intéresse », ajoutant qu’elle n’était « pas une obsession de la part des Françaises et des Français ».

Pourtant, les audiences contredisent cette analyse. L’audition du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a réuni 597 000 téléspectateurs en moyenne sur BFMTV, lundi 23 juillet de 10h05 à 12h27. Avec 11% de part d’audience, la chaîne était, à ce moment, la troisième chaîne la plus regardée de France. Au même moment, LCP était regardée par 3% des téléspectateurs : un record pour ce type de réunion parlementaire.

L’audition du préfet de police de Paris, Michel Delpuech, dans l’après-midi, a concentré 482 000 téléspectateurs en moyenne sur BFMTV, soit 6,3% de part d’audience tandis que celle  d’Alain Gibelin, le directeur de l’ordre public et de la circulation, a attiré 232 000 téléspecta-teurs sur LCP (soit 1,3% de PDA). De son côté, Franceinfo a signé un record d’audience avec 0,6% de part d’audience sur la journée, une première depuis son lancement.

80% des Français choqués par l’affaire, selon un sondage

Depuis les premières révélations, Emmanuel Macron tente de minimiser l’impact de l’affaire Benalla. Après s’être interrogé, sur l’intérêt des Français devant les caméras de CNews, le chef de l’Etat a estimé qu’il s’agissait « d’une tempête dans un verre d’eau ». Pourtant, un premier sondage* réalisé par Elabe pour BFMTV, publié la veille, donne des résultats bien différents : 80% des Français se disent choqués par l’affaire, dont 49% « très choqués ».

Seuls, 20% des Français jugent que l’affaire n’est pas choquante.

Pire, 73% des personnes interrogées assurent que l’affaire a un impact « négatif » sur l’image qu’ils ont du président de la République. Selon un sondage OpinionWay** publié par LCI, publié le lendemain, 59% des Français jugent que l’affaire Benalla revêt bel et bien le caractè-re d’une affaire d’Etat, 72% assurent que l’affaire Benalla est « grave ». Seuls 21% des sondés estiment qu’elle n’est pas grave tandis que 7% n’en ont pas du tout entendu parlé.

Malgré les dénégations de l’exécutif, un dernier sondage a retenu l’attention des proches d’Emmanuel Macron. Une étude réalisée pour Le Point, mardi 24 juillet, révèle que le président de la République a perdu quatre points d’opinions favorables à 32%, ce qui n’était pas arrivé depuis septembre 2017. Au même moment, il atteint 60% d’opinions défavorables, un record d’impopularité rapporte l’institut de sondage.

Lison Verriez 27/07/2018
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