Archive | Internet

20 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

rojava brest quimper

kobane

ACTES en Cornouailles, l’AFPS Brest, les Amis du Monde Diplo Brest, ATTAC Brest, ATTAC Quimper, la Ligue des Droits de l’Homme BMO, la LDH Quimper, le Patronage laïque Guérin et  organisons des projections, suivies de débats avec les deux réalisateurs, du documentaire « Rojava : une utopie au cœur du chaos syrien ».

Elles auront lieu :

Quimper le mercredi 24 janvier, de 20h, aux halles Saint-François (rue Astor)
Brest le jeudi 25 janvier, de 19h à 20h30, au Patronage laïque Guérin (1, rue A Ribot)

A Brest, l’association de cinéma Termaji a bien voulu prêter main forte pour assurer la technique.

Projection en présence de Mireille Court et Chris Den Hond, réalisateurs du film.

Vous trouverez l’article de Mireille Court et Chris Den Hond paru dans le Monde diplomatique  au lien suivant : https://www.monde-diplo

Et la présentation de l’ouvrage collectif qu’ils ont dirigé avec Stephen Bouquin La Commune du Rojava. L’alternative kurde à l’État-nation  aux éditions Syllepse sur celui-ci : https://www.syllepse.net/

Lire la suite

11 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

le média (jdd)

media melechon

« Le Média » : la webtélé des Insoumis bientôt lancée

A une semaine de son lancement officiel, le 15 janvier, Le Média, la webtélé voulue par les Insoumis, a choisi de s’établir métro Robespierre à Montreuil.

On a beau être Insoumis, devenir millionnaire, ça fait toujours rêver! Malheureusement, l’argent ne tombe pas du ciel. Le 19 novembre 2017, après avoir reçu 950.000 euros de dons, Le Média organise un « point d’étape ». ­Sophia Chikirou, sa cofondatrice, en appelle donc à la générosité des internautes. « En une heure et demie d’émission en direct, nous avons déjà récolté 38.000 euros, il ne nous en manque plus que 12.000 pour franchir la barre du million! » s’enflamme-t-elle, avant d’exhorter les e-contributeurs de la chaîne – appelés « socios » – à mettre la main au porte-monnaie : « Allez, encore un petit effort! » Une ténacité payante.

Ce vendredi, la barre symbolique du million a été allègrement dépassée. Quelque « 500.000 euros supplémentaires sont venus garnir la cagnotte du Média », assène fièrement l’ex-conseillère en communication de Jean-Luc Mélenchon. De quoi acheter, afin d’être prêt pour le lancement officiel le 15 janvier, un coûteux matériel de tournage et de montage, mais aussi louer des bureaux à Montreuil, en banlieue rouge. « On ne voulait pas suivre les autres rédactions qui s’installent toutes dans le 15e arrondissement, explique-t-elle. À côté de chez nous, il y a des coopératives, de jeunes ­entreprises, bref, tout un écosystème alternatif. Nous voulions nous installer là où ça bouge! »

Comme un symbole, pour pénétrer dans l’antre flambant neuf du Média, il faut sortir à la station de métro Robespierre puis prendre la rue de la Fraternité.

À l’intérieur, c’est l’effervescence. Sur trois étages de bureaux aux airs de loft, des dizaines de ­personnes ­s’affairent sur leurs iMac, tournent des pilotes et montent les ­programmes « enga- gés » qui seront prochainement diffusés à l’antenne. La chaîne aura son 20 Heures quotidien… comme les autres. Évoquant une « aventure exaltante », le psychanalyste ­Gérard Miller, compa- gnon de route historique de l’extrême gauche (du PCF en réalité Note du Blog) et cofondateur de la webtélé, confie : « J’ai connu le lancement de Libé dans les années 1970 et celui des radios libres dans les années 1980. Il y a peu de moments où on a le sentiment enthousias- mant que quelque chose bouge dans le petit monde clos des médias ! »

Une rédaction hétéroclite

Pas refroidis par les critiques dénonçant la mainmise des Insoumis et l’ombre tutélaire de Jean-Luc Mélenchon sur la ­rédaction, 300 CV ont déjà atterri en quelques mois sur le bureau de Sophia Chikirou. Les recrues ­affluent donc: « douze pour l’heure, sans compter les ­pigistes » , à l’image de l’ex-journaliste de L’Obs Aude Lancelin, recrutée « sauvagement » après avoir signé le manifeste de lancement du Média, ou encore la prise de guerre Marc de Boni, ancien ­reporter politique au Figaro, en quête d’ »un nouveau défi ».

À la tête de ce petit monde, Aude ­Rossigneux, ancienne de L’Express et du Parisien, ne sait plus où donner de la tête. Elle aura la difficile mission de faire cohabiter cette rédac- tion hétéroclite, « collaborative et paritaire, indépendante et pluraliste, écolo et antiraciste », où voisinent déjà l’ancien maire de Bègles Noël Mamère et des étudiants à peine sortis des écoles de journalisme.

Sur le pont depuis plusieurs semaines, l’équipe du Média ne ménage pas sa peine. Remontés contre le pouvoir en place et ­méfiants par nature, ses membres communiquent désormais via ­Telegram. La visite guidée se poursuit et Marc de Boni parle en slogans. « Le Média nous donne l’opportunité de montrer ce que peut être une pensée de gauche mise en http://www.lejdd.fr/economie/le-budget-2018-va-surtout-profiter-aux-plus-riches-selon-lofce-3546752application! » En off, un journaliste nous avouera « jouer gros, c’est-à-dire [sa] carte de presse et peut‑être même la suite de [sa] carrière ». Pas le droit à l’erreur, donc! Leur nouvelle boss, Sophia Chikirou, résume : « Le Média est le média d’opposition à Macron!* De toute manière, en cas de faux pas, on sait bien que nos confrères nous auront dans le viseur. » À bon entendeur…

*Cette citation a été changée, après la publication du JDD papier, à la demande de Sophia Chikirou.

10 janvier 2018

http://www.lejdd.fr/

Lire aussi:

Aude Lancelin : « Pas question de faire seulement la météo des luttes sociales sur Le Média » (JDD)

Du côté de La France insoumise, on a adoré le premier JT de Le Média (Europe1)

Lire la suite

11 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

cgt pontivy (le télégramme)

cgt super h

CGT. L’Union locale aussi active sur les réseaux sociaux que le terrain

Avec les réseaux sociaux, le syndicalisme aussi a changé. Pour la CGT, dont l’Union locale Pontivy/Loudéac distribuait des tracts devant Brocéliande, hier, les contacts directs sur le terrain ne sont pas passés de mode.

Au printemps dernier, les deux Unions locales (UL) CGT de Pontivy et Loudéac ont officielle- ment fusionné. Une première en France que cette fusion entre deux sections de départements différents.

«Nous voulions privilégier la logique d’un territoire où l’agroalimentaire prédomine », rappelait le Pontivyen Ronan Le Nézet, secrétaire général, hier midi. Devant l’entrée de l’usine de Brocéliande, une opération de tractage était organisée pour rencontrer les salariés au moment de l’embauche ou de la sortie du travail. Des tracts, il y en avait à distribuer puisque le site loudéacien ne compte pas moins de 700 employés avec Loudéac Viandes. Le renfort des membres du collectif agroalimentaire du Centre-Bretagne, qui s’étend de Ploërmel (56) à Carhaix (29), était le bienvenu. D’autant plus que, depuis bien des années, la CGT n’y est plus implantée, pas comme à la Cooperl de Lamballe. Même si les dates des prochaines élections du Comité social et économique (CSE), nom de l’ancien comité d’entreprise, ne sont pas encore fixées, l’UL ne désespère pas d’y faire son retour.
.

« Le support papier reste indispensable »

« Aujourd’hui, le militantisme syndical a évolué, remarque Ronan Le Nézet. Pour toucher les plus jeunes, nous sommes présents sur les réseaux sociaux (Facebook et Twitter) où certains n’hésitent pas à nous faire part de leurs conditions de travail. Mais le support papier et le contact avec le terrain restent indispensables pour réactiver la fibre de la solidarité. » Avant Loudéac, le collectif CGT avait organisé la même opération chez Josselin Porc Abattage, en juin, et une réunion à Ploërmel (56).

Bien-être au travail

« Dans le bassin Pontivy/Loudéac, conscientes que les métiers de l’agroalimentaire n’attirent pas, certaines entreprises ont réalisé des investissements matériels et humains pour améliorer le bien-être au travail (Mix Buffet à Guer ou Alot à Saint-Gérand) », reconnaît Yann Ollitrault, responsable cégétiste loudéacien. « À Brocéliande, racheté par Cooperl Arc Atlantique fin 2009, nous nous demandons quelle est la place des salariés ? Ou si les engagements, comme la valorisation du travail de chacun, pris par la Cooperl, un des leaders français de l’agro- alimentaire, sont respectés. Notre objectif : que les gens n’aillent plus à reculons au boulot », ajoute son collègue pontivyen.

10 janvier 2018
.
Contact :
.
cgt.pontivy@wanadoo.fr
06.38.55.29.65.
.

Lire la suite

08 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

fuites (jdd)

macron medias

Emmanuel Macron s’agace après de nouvelle fuites dans la presse

Emmanuel Macron a procédé à un recadrage général mardi en Conseil des ministres après des fuites dans la presse. Selon Le Figaro, Emmanuel Macron a profité du Conseil des ministres de mardi pour faire un recadrage général.

Le courroux présidentiel est dû à un article paru dans Le Parisien sur le futur remanie- ment attendu dans les prochaines semaines en raison de la nomination de Christophe Casta- ner à la direction d’En Marche. Dans cet article paru lundi, les piques venues de « proches du Président » ou de « conseillers du pouvoir » étaient nombreuses contre plusieurs ministres. « Quand on les voit à la télé, ça n’est pas le macronisme flamboyant! », notait par exemple un ami du Président. « Il y a des trous dans la raquette », affirmait encore un conseiller de l’exécutif.

Macron s’était déjà offusqué de fuites dans la presse fin octobre

« Je ne cautionne en rien ces propos », a réagi Emmanuel Macron devant ses ministres. Le chef de l’Etat a ensuite rappelé qu’une « cohésion de groupe » s’était formée au sein du gouverne- ment et qu’il convenait de ne pas retomber dans les « travers » des quinquennats précédents.

Selon Le Parisien, Emmanuel Macron n’avait déjà pas apprécié que des propos échangés lundi 23 octobre au cours d’un dîner à l’Elysée avec sa garde rapprochée se retrouvent dans la presse.

« Ils sont furieux! Ils cherchent qui a parlé », racontait ainsi un macroniste. Le dîner avait eu lieu au palais avec Gérard Collomb, Julien Denormandie, Benjamin Griveaux, Christophe Castaner, Richard Ferrand et Alexis Kohler. C’est ce soir là qu’avait été actée la candidature de Christophe Castaner à la tête d’En Marche.

8 novembre 2017

http://www.lejdd.fr/

Commentaire:

Quelle modernité, quelle fraîcheur! On ne se croirait pas à l’époque d’internet, mais à celle d’OSS 117 et de son président Coti!  On avait déjà compris avec Ferrand que pour le pognon et les pression sur la justice, c’était pareil. Ce genre de gesticulation anti-média après coup ferait presque rire, si le but n’était pas de transférer l’argent des pauvres sur les comptes des riches!

Enfin, la « dissimulation » de la nomination tiers-mondiste de l’ami du chef à la tête du parti a dû rappeler quelque chose en Afrique où le président lui aussi était nommé à l’Elysée!

Conclusion: le projet est-il si affreux qu’il faille le dissimuler coûte que coûte?

Lire la suite

18 avril 2017 ~ 0 Commentaire

joann sfar (ouest france)

internet-troll-1

Joann Sfar dénonce les pratiques d’une « armée de trolls » pro-Mélenchon

Le dessinateur et réalisateur Joann Sfar s’est attiré les foudres des mélenchonistes en criti- quant la décision du candidat de la France Insoumise de rallier l’Alliance bolivarienne, s’il est élu président de la République. Il pensait voter pour Jean-Luc Mélenchon. Mais c’était avant de lire son programme. Et avant les attaques des militants de la France Insoumise à son encontre. Le dessinateur Joann Sfar s’est indigné de la violente campagne de communication orchestrée contre lui par le camp Mélenchon sur les réseaux sociaux.

Épisode 1 : Sfar critique la politique internationale de Mélenchon

À l’origine de ce déferlement de commentaires virulents : un long post Facebook du dessi- nateur publié jeudi 13 avril. Joann Sfar y critique la décision du candidat de la France insou- mise de rejoindre l’Alliance bolivarienne, une entente économique entre des pays sud-amé-ricains et les Caraïbes : « De quoi on parle ? De quitter l’OTAN et de s’allier militairement et diplomatiquement à l’Iran, la Chine et le Venezuela. Une fois encore, si ça venait de Jean Lassalle ça me ferait marrer car il est à 1 pour cent. »

Il fustige également l’apparente désinvolture de la porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, Clémentine Autin, qui a appris en direct sur Europe 1 la volonté de Jean-Luc Mélenchon de rallier cette alliance militaire : « Je crois que le PCF a eu tort de se livrer à Mélenchon. Je crois qu’ils se sont fait voler tout ce qu’ils avaient, à mes yeux, de défendable. Peut-être que j’ai tort. Tant pis. Mais pour moi, Clémentine Autain qui ignore tout des alliances militaires que propose son candidat, ça dit une équipe inapte à quelque fonction sérieuse que ce soit. » En parallèle de ce coup de gueule, Joann Sfar a publié sur Twitter et Instagram des dessins à charge contre Jean-Luc Mélenchon.

Épisode 2 : Les mélenchonistes hurlent à la « désinformation »

Il n’en fallait pas plus pour déchaîner les soutiens du candidat de la France Insoumise. Ces derniers se sont organisés via une plateforme prisée des gamers, « Discord », que Les Insou- mis utilisent pour faire campagne sur la Toile. Les militants se sont donc coordonnés pour commenter massivement les posts Facebook, Twitter et Instagram du dessinateur.

La méthode est simple : l’un des 3 000 internautes de la communauté « Discord » des Insoumis signale un message anti-Mélenchon et les autres s’attachent à « convaincre » l’auteur des lignes de la nécessité de voter pour leur candidat.

Sous les textes et les dessins de Joann Sfar, les militants pro-Mélenchon ripostent à force de : « C’est dommage de manquer d’inspiration au point d’aligner autant de bêtises… Une carica- ture prend sens quand elle est fondée » ou de « J’aime en général bien votre travail mais là c’est un travail d’idiot utile… Quand on ne sait pas de quoi on parle on s’abstient M Sfar ».

Épisode 3 : Sfar riposte à coups de crayon

Après avoir dénoncé un « procédé d’intimidation » imaginé par une « armée de trolls ultra-flippants », Joann Sfar réplique par une série de dessins mettant en scène les Insoumis la manière d’une secte. « Voilà donc le genre d’outil qui permet à tant d’inconnus de venir «spon- tanément » « désintoxiquer » votre cerveau et vos pages web. Ça me fout bien la gerbe!» réagit le réalisateur en dessous d’une capture d’écran appelant à partager une vidéo de « désintox » sur l’alliance bolivarienne.

« C’est très huilé, ça marche très bien, et c’est exactement l’inverse d’une discussion. J’en ai assez de revoir les mêmes éléments de langage et les mêmes leçons répétées par les uns et les autres », s’agace encore l’auteur du Chat du Rabbin.

Maïté Hellio  17/04/2017

http://www.ouest-france.fr/

Commentaire: Ouest France n’est pas pro-JLM. Mais tout çà c’est de la faute de JLM qui laisse entendre un cynisque: « Les peuples n’ont que les dictateurs qu’ils méritent, qu’y puis-je, faut bien que j’ai des alliés ».

Lire la suite

30 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

russie (regards)

syrie-poutine-defie-etats-unis

RT, Sputnik : la propagande du Kremlin en orbite

Traitement orienté des crises ukrainienne et syrienne, promotion du FN en France et des courants identitaires ailleurs : RT et Sputnik sont de plus en plus influents. Comment cet empire médiatique international, armé par l’État russe, s’est-il étendu ?

2008. La Russie gagne la guerre en Ossétie du Sud, mais son gouvernement com- prend qu’il perd celle de l’information, selon la journaliste et chercheuse Nina Bachkatov. En 2013, un décret de Vladimir Poutine crée Rossia Segodnia, nouvelle agence officielle de communication du Kremlin. En son sein, deux antennes médiatiques : Russia Today, désormais RT et Sputnik.

Objectif affiché : proposer « un point de vue alternatif sur tous les grands évènements du monde et [offrir] au public étranger un aperçu de la position russe ».

Trois ans plus tard, le Parlement européen dénonce dans un rapport une « guerre de désinformation et de propagande russe ».

Lancé en 2005, Russia Today fait dans le multimédia.

Sa chaîne de télévision diffuse aujourd’hui en anglais, arabe et espagnol dans une centaine de pays, et dispose de studios à Londres et Washington. Elle s’appuie sur un site Internet d’actualité et d’analyses politiques, et sur une chaîne de documentaires YouTube revendiquée à plus d’un milliard de vues [1].

De son côté, l’agence Sputnik se décline en trente-trois sites à l’architecture similaire, produits en autant de langues. À un traitement identique de l’actualité internationale s’ajoutent des rubriques d’information adaptées à chaque pays cible. Là aussi, des bureaux éditoriaux sont délocalisés : à Washington, au Caire, à Pékin et à Montevideo. Dans chaque pays, Sputnik dispose d’une radio à diffusion quotidienne

Médias d’État pour intérêts nationaux

Les deux médias sont implantés en France, où ils ont connu une rapide croissance d’audience, grâce à un usage efficace de formats variés. En première ligne de la couverture des manifes- tations contre la loi travail, RT atteint aujourd’hui d’importants chiffres d’audience sur l’ensem- ble des plateformes exploitées : 42.000 abonnés sur Youtube et presque 263.000 mentions « j’aime » sur Facebook, par exemple.

Doté d’une rédaction d’une quinzaine de professionnels basée à Paris depuis le printemps 2015, le site prévoit l’ouverture d’une chaîne de télévision en français pour l’année 2017. Le CSA lui a délivré son accord l’année dernière. Pour sa part, Sputnik radio diffuse en français et en continu depuis janvier 2015.

RT et Sputnik sont frileux quand il s’agit d’aborder leur qualité de voix du Kremlin.

Pourtant, Maria Simonyan, la rédactrice-en-chef de RT et Sputnik, est aussi celle de l’agence gouvernementale qui les englobe, Rossia Segodnia. Elle est titulaire, en compagnie d’autres journalistes, d’une médaille pour leur «couverture objective» de la crise ukrainienne, remise en toute objectivité par… Vladimir Poutine. Le directeur général de Rossia Segodnia, Dmitri Kisselev, également vice-président du groupement des médias d’Etat russes (VGTRK), évoque sous ces termes sa conception du service public [2] : «Je suis à la tête d’une agence publique, et en cela il est clair que je me place du côté de mon gouvernement. Notre agence incarne les intérêts nationaux de la Russie».

Le fonctionnement interne, notamment dans le choix des sujets, est décrit comme « très vertical, avec une tutelle très forte » par un ex-journaliste de RT France cité par France TV Info. Quant aux financements, de nombreux médias occidentaux affirment qu’ils proviennent « à 100% du Kremlin ». Selon une enquête de News Statement citée par Libération, l’État russe a versé, en 2013, 300 millions d’euros à RT.

Relais des mouvances identitaires

C’est ainsi tout logiquement que les idées promues sont en adéquation avec les intérêts du Kremlin, voire les appuient, lorsque cela se révèle nécessaire. Sur le cas syrien, RT et Sputnik défendent l’idée d’une Russie en soutien d’un gouvernement légitime, celui de Bachar Al- Assad, dans sa lutte contre l’État islamique, et d’une population syrienne en liesse à la « libération » d’Alep. Les exactions commises contre les civils à Alep-Est seraient ainsi exclusivement le fait des « rebelles ».

Plus globalement, la technique employée se rapproche de celle du whataboutism, initiée par l’Union Soviétique, qui consiste à répondre à des dénonciations en formulant des accusations sur d’autres activités menées par le camp adverse. Dans son dernier sondage en date, Sputnik International interroge ses lecteurs: «Selon vous, quelle fut l’efficacité de l’intervention menée par les États-Unis dans la lutte contre Daesh?»

Ces plateformes n’hésitent pas non plus à promouvoir, dans chaque pays, les personnalités et courants politiques propices aux intérêts russes et à la vision du monde traditionaliste portée par le Kremlin.

Une exploration de Sputnik France permet d’en cerner l’orientation idéologique identitaire : relais intense de l’activité du Front National ; chroniques régulières de personnalités comme Jacques Sapir, Édouard Chanot (rédacteur sur le site d’extrême droite Boulevard Voltaire) ou Nicolas Bonnal (Boulevard Voltaire, Eurolibertés). Les méthodes et vocabulaire de RT et Sputnik se rapprochent d’ailleurs de ceux employés par la fachosphère française : objectif affirmé de « réinformation » ; critique des médias de masse occidentaux – dont les accusations ne semblent déboucher que sur la promotion des médias incriminés ; hiérarchisation de l’information relativement similaire.

Un régime de confusion

La dilution de la propagande dans un vaste ensemble d’articles et émissions aux sujets variés jette un flou sur la réelle nature des deux médias. Le 26 décembre dernier, le juriste Raphaël Dalmasso était, par exemple, invité sur Sputnik radio pour une émission au contenu sérieux, consacrée aux ressorts de la montée du chômage en France.

Des personnalités de gauche, très minoritaires parmi les interviewés, comme Bernie Sanders ou Pierre Laurent ont accordé des entretiens à RT, Yanis Varoufakis à Sputnik. Jeremy Corbyn faisait même l’éloge de Russia Today sur Twitter en 2011.

Russia Today est devenu RT, et les deux médias « réutilisent les méthodes innovantes » des médias indépendants muselés en Russie, comme le relève la chercheuse Françoise Daucé pour France 24. La confusion porte alors ses fruits auprès d’une audience large qui ne réalise pas qui lui parle. Une audience, également, en recherche d’information alternative aux médias occidentaux de masse dont le positionnement apparaît tout aussi partisan.

L’opacité de la stratégie médiatique du Kremlin ne s’arrête pas là.

L’Agence d’investigation de l’Internet, basée à Saint-Pétersbourg, comporte une armée de trolls dont l’activité consiste à intervenir sur les réseaux sociaux et sites Internet de toutes langues, en usant de faux comptes, afin de faire basculer le débat d’idées vers les thèmes chers au gouvernement russe. Dans leurs commentaires, ces activistes conseillent souvent au lecteur de se réinformer sur… RT.

Notes:

[2] Dans le documentaire La propagande selon Poutine, diffusé sur ARTE (2015)

http://www.regards.fr

Lire la suite

30 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

c’est quoi la complosphère 1 (blogyy.net)

squelettes

Desintox à l’attention des visiteurs des sites Meta TV, Cercle des Volontaires, Agence Info Libre, Informaction, Crôa, Alterinfo, Le Message, Le Libre Penseur, Wikistrike, Quenel+, TV Libertés ou encore Égalité & Réconciliation.

C’EST QUOI LA « COMPLOSPHÈRE » ?

La « complosphère » est une nébuleuse de sites internet qui attire beaucoup de déçus de la politique et qui déstabilise doublement les plus crédules. D’abord, en expliquant la misère du monde comme étant le produit de complots plus ou moins spectaculaires (alors que le capita- lisme n’est pas un complot puisque nous savons parfaitement comment il fonctionne et qui en profite). Ensuite, en mélangeant ses sources avec des références d’extrême-droite ce qui conduit à une grande confusion politique et au fantasme de l’union des contraires (ce qu’on appelle le confusionnisme).

Quand on surfe parmi ces sites internet diversement reliés (via des liens, des sources ou même simplement des noms qui aiguisent la curiosité et qui suscitent des recherches), on avance progressivement dans un méandre où le savoir antérieur s’obscurcit, se brouille et se retrouve finalement balayé par des révélations stupéfiantes et l’affirmation répandue d’être passé de l’autre côté du miroir.

On croit avoir atteint un autre niveau de conscience du monde, comme éveillé ou réveillé, à la manière de Néo dans Matrix ou d’Alice aux pays des Merveilles (certains vont jusqu’à évoquer l’allégorie de la caverne de Platon, le malin génie de Descartes ou encore quelques contes et romans, dont ceux d’Huxley et Orwell).

Dès lors, on se sent appartenir à une nouvelle famille, bien au-delà des liens antérieurs, parmi un réseau d’initiés qui ont compris ce que d’autres n’arrivent pas ou ne veulent pas comprendre. Des initiés qui doivent à leur tour convertir d’autres incrédules, pour que la « dissidence » s’étende et devienne majoritaire. Et au bout, si elle devient majoritaire ? Que va-t-il se passer ? Suivons encore un peu le méandre.

Parmi les nombreux sites qui composent la complosphère, du Cercle des Volontaires à Meta TV, en passant par Agence Info Libre, Informaction, Crôa, Alterinfo, Le Message, Le Libre Penseur, Wikistrike, Quenel+ ou TV Libertés, il y a, par exemple, Egalité & Réconciliation : Le site complotiste de loin le plus fréquenté et auquel tous les chemins mènent tôt ou tard.

Ce bout du chemin peut se résumer en une image, un seule image, mais la plus repré- sentative du site Egalité & Réconciliation puisque c’est la photo de famille officielle (surnommé « le mur des bons ») sur laquelle on retrouvent ses principaux collaborateurs et ses principales références. Regardons un peu de qui se prévaut Égalité & Réconciliation pour comprendre à quoi mène le méandre de la complosphère (la photo et sa légende sont en bas de cette page).

Tout est résumé dans cette liste. Nous sommes arrivés dans les égouts d’Internet qui sont, en l’occurrence, les égouts de l’Histoire. Autrement dit, ceux qui ont cru être passés de l’autre côté du miroir sont juste passés dans le camp d’en face.

Au final, le méandre de la complo-sphère n’est qu’une machine à remonter le temps ou, plus précisément, à mystifier le présent tout en mythifiant le passé. C’est le vieux chemin déjà emprunté à maintes reprises, sombre et tortueux, qui brouille la voie de l’utopie en proposant un repli chimérique. Ce chemin, c’est tout simplement celui du fascisme.

Yannis Youlountas · 29/12/2016

http://blogyy.net/

Lire la suite

30 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

c’est quoi la complosphère 2 (blogyy.net)

complt

Ce photo-montage a été publié le 6 mai 2013 très officiellement sur le site d’Egalité & Réconciliation (et légendé par nos soins par la suite).

1 – Franck ABED (royaliste)
2 – Robert FAURISSON (négationniste)
3 – Vincent REYNOUARD (nazi, amoureux d’Hitler comme le montrent certaines de ses vidéos délirantes.
4 – DIEUDONNÉ M’BALA M’BALA (amuseur de fachos et d’imbéciles, boutiquier en produits dérivés, antisémite monomaniaque)
5 – Joe LE CORBEAU (dessinateur monomaniaque et bras droit de Dieudonné)
6 – POUTINE (dictateur, grand criminel)
7 – Alexandre DOUGUINE (inspirateur de Poutine)
8 – Louis Ferdinand CELINE (écrivain antisémite et sympathisant nazi)
9 – Stan MAILLAUD (flic autoproclamé)
10 – Gérard DEPARDIEU (barrique de Médoc rouge 13°)
11 – Kemi SEBA (gourou suprématiste affirmant la supériorité de la prétendue race noire)
12 – Sheikh IMRAN HOSEIN (laveur de cerveau)
13 – Bachar EL ASSAD (dictateur, grand criminel)
14 – Jean-Marie LE PEN (matière fécale)
15 – Alain SORAL (gourou d’Egalité & Réconciliation, soutien des néo-nazis grecs d’Aube dorée et grand admirateur de JM Le Pen, antisémite monomaniaque, dont le positionnement est comme souvent bâti sur des frustrations.
16 – Jésus CHRIST (ajouté par Soral sans son accord)
17 – CHAVEZ (sans rentrer dans un long débat à son sujet, signalons qu’il détestait Soral comme l’a clairement montré l’épisode d’Agnès Soral avec le Vénézuela à cause de son nom)
18- Mahmoud AHMADINEJAD (dictateur, financeur de Soral, Dieudonné, Meyssan et quelques autres)
19 – Thierry MEYSSAN (confusionniste et conspirationniste financé par l’Iran)
20 – Piero SAN GIORGO (gourou survivaliste et boutiquier de matériel de survie revendu très cher)
21 – Etienne CHOUARD (gourou confusionniste dont les disciples diffusent « le message », rabatteur du FN qu’il déclare être de gauche, soutien de Soral et collaborateur d’E&R, également démasqué par l’un de ses proches.
22 – Marion SIGAUT (royaliste, intégriste, faire-valoir chrétien d’E&R)
23 – Biquette (chèvre pseudo-candidate à l’élection présidentielle de 2012 avec Dieudonné)
24 – Boris BOITEUX (sosie de Soral et créateur du « Soral Show »)
25 – Pascal FERNANDEZ alias ZEON (dessinateur monomaniaque)
26 – Salim LAÏBI (copieur médiocre de Soral, ex-bras droit de ce dernier, puis parti en claquant la porte et en le démasquant)

Manquent sur la photo :
27 – Pierre HILLARD (écrivailleur confusionniste et conspirationniste)
28 – Hervé RYSSEN (raciste délirant invité par Laurent Louis et Dieudonné à Bruxelles lors du congrès de la dissidence et dont Soral vend les livres, auteur de vidéos à vomir, notamment celle-ci, titrée « Pourquoi je suis raciste et antisémite » .
29 – Laurent LOUIS (nano-poujadiste belge, ex-collaborateur de Dieudonné parti en claquant la porte et en le démasquant).

http://blogyy.net/

Lire la suite

18 décembre 2016 ~ 1 Commentaire

théorie du complot? (rue 89)

eau

En cas de doute, il y a trois questions à se poser

Ruche89 : Comment se déroulent vos ateliers d’« autodéfense intellectuelle » ?

Sophie Mazet : Il y a d’abord une partie sur le langage, les mots, les arguments. On commen- ce par de la rhétorique à l’ancienne, Aristote, etc. En ce moment, on travaille sur Orwell et la novlangue : comment on arrive à faire dire aux mots le contraire de ce qu’ils ont l’air de vouloir dire. Puis on enchaîne sur le discours publicitaire : comment est-ce qu’il peut nous atteindre sans même qu’on s’en rende compte ? On travaille aussi sur les connotations qu’on peut donner aux mots.

Par exemple ?

Un exemple qu’on travaille beaucoup est celui du Rwanda. Les mots qui ont été utilisés pour désigner les Tutsi faisaient référence à des animaux comme des chiens et des cafards, et donc petit à petit, en utilisant ces mots, on allait vers le fait de ne plus considérer les Tutsi comme des humains – or il est bien plus facile d’aller tuer un cafard que d’aller tuer une personne.

Vous avez démarré ces cours après vous être rendu compte de la grande crédulité de certains de vos élèves… Les jeunes sont-ils plus crédules ?

Je ne suis pas sûre que ce soit spécifique aux jeunes. Vous n’avez pas de bol parce que vous êtes les premiers à vous informer principalement sur Internet donc peut-être que finalement il y a un effet trompeur.  L’un d’entre vous, parlait de l’information comme d’un marché. Eh bien, le sociologue Gérald Bronner est tout à fait d’accord avec vous. Il propose d’envisager le marché cognitif comme une démocratie où certains voteraient une fois et d’autres voteraient 1 000 fois. Et dans cette catégorie, il y a les complotistes, qui s’expriment beaucoup plus que ceux qui luttent contre les théories du complot. Donc la tâche n’est vraiment pas aisée pour les internautes.

Il y a aussi un processus de construction, non ? Parfois, dans des moments de doute, on cherche des arguments pour se rassurer.

C’est la pente qu’il faut, en théorie, essayer d’éviter dans la façon dont on s’informe. Qu’est-ce qui nous mène vers l’erreur ? C’est le biais de confirmation, c’est-à-dire chercher à confirmer ce que l’on pense déjà. C’est une pente naturelle de notre esprit, on est tous comme ça. On essaye toujours de se donner raison au lieu de se donner tort. Pour se prémunir contre ça, l’idée c’est d’essayer, même si c’est vraiment dur, de s’auto-donner tort à chaque fois qu’on cherche à construire un raisonnement.

Pensez-vous qu’Internet est en train de faire des jeunes des complotistes endurcis ?

Hélas, il y a des risques. Un certain nombre de jeunes sont seuls sur Internet et ne parlent pas d’actualité avec leur famille. Ça me paraît un peu problématique. C’est ce que le sociologue Daniel Bougnoux appelle la « clôture informationnelle » : on est enfermé à l’intérieur de la façon dont on s’informe. Toujours sur les même sites, les mêmes blogs et donc on va trouver des choses qui confortent nos idées.

Si l’on observe votre parcours, vous avez pris conscience de l’existence de théories du complot en enseignant dans un lycée ZEP.

Ça fait neuf ans que j’enseigne dans le même lycée en zone sensible mais je suis persuadée que si l’on lisait la plupart des études sociologiques, on trouverait la même chose dans tout type de lycée. Cela m’étonnerait fort que le niveau social y soit pour quelque chose. D’ailleurs, si l’on s’attarde sur les sensibilités aux croyances en fonction du niveau d’étude, une étude sociologique de Daniel Boy et Guy Michelat, qui date de 1986, dit que les plus crédules sont ceux qui ont fait des études supérieures non scientifiques. C’est une question de démarche. Ces personnes ont développé une certaine curiosité intellectuelle et sont habituées à s’intéresser à tout plein de sujets.

Comment vous y prenez-vous avec des gens qui, comme certains d’entre nous, croient à certaines théories ?

Il faut mettre vos théories à l’épreuve. Une méthode m’a été soufflée par l’équipe qui a réalisé la série de documentaires « Conspi Hunter » – d’excellentes petites vidéos qui démontent des théories du complot.

En cas de doute, il y a trois questions à se poser :

  • Quelles sont les sources ? Essayez d’en croiser plusieurs ;
  • Qu’est-ce que ça donnerait si on poussait la théorie jusqu’au bout ? Qu’est-ce que ça aurait impliqué, très concrètement ?
  • Est-ce qu’il n’y a pas une explication beaucoup plus simple ?

C’est comme l’histoire des messages subliminaux.

C’est-à-dire ?

Il y a deux origines principales aux messages subliminaux. Deux raisons pour lesquelles ça nous fait peur.

La première, c’est un directeur de cinéma dans les années 50 qui s’est dit : « Je vais essayer de faire vendre du pop-corn et du Coca à des gens qui regardent les films. » Des pays se sont mis à interdire les messages subliminaux, comme l’Australie ou la Grande-Bretagne. Des gens ont essayé de se faire du pognon en vendant des méthodes subliminales pour maigrir, pour arrêter de fumer… On a fini par découvrir que ce directeur de cinéma avait complètement bidonné l’expérience. Le problème, c’est que la panique était lancée.

La deuxième origine, c’est un exemple magnifique de complot, dont on a la preuve grâce à des documents déclassifiés. Pendant la guerre froide, la CIA a voulu tester l’influence du LSD sur des gens pour savoir si on pouvait vider complètement un esprit humain et essayer de le reprogrammer entièrement. Evidemment, ça n’a jamais fonctionné. Les gens à qui on a admi- nistré ces doses-là de LSD sont devenus fous, ils se sont suicidés, ça a ruiné complètement un certain nombre de vies… Mais personne n’a été « reprogrammé ».

Donc, sur la question des messages subliminaux, quand vous voyez des gens qui font des triangles dans les clips de Lady Gaga, ça crée une ambiance de mystère, mais rien n’entre dans notre cerveau. L’esprit humain ne marche pas comme ça.

Comment distinguer le lanceur d’alerte du complotiste ?

C’est décevant mais je n’ai pas du tout de méthode miracle. Si ce n’est, encore une fois, essayer d’avoir une certaine rigueur au niveau des sources.

Dans votre livre, vous dites qu’en France on est un pays où on est plus enclins qu’ailleurs à se méfier des autres et où la tendance au complotisme peut être particulièrement prononcée. Comment l’expliquez-vous ?

Sur ce sujet, ma source principale, c’est un bouquin vraiment intéressant, « La Société de défiance », de Pierre Cahuc et Yann Algan. Pourquoi on est comme ça ? Je ne sais pas. Si ça se trouve, c’est Descartes qui nous fait douter. Si ça se trouve, c’est aussi la Révolution française, on n’aime pas trop les institutions centralisées qui se présentent comme détentrices de vérités. On peut penser que l’une des causes est une certaine culture intellectuelle française.

Vous luttez en quelque sorte contre le manque d’esprit critique. Sur quels sujets est-il le plus criant ?

C’est compliqué. Je ne peux pas mettre les théories du complot sur le même plan que les peurs alimentaires. Un jour, j’ai entendu deux collègues qui disaient à la cantine qu’il fallait se méfier de McDo parce que la pastille blanche dans les hamburgers serait un anti-vomitif.

Et ce n’est pas vrai ?

Si vous achetez des hamburgers au supermarché, vous verrez exactement la même chose. C’est juste un effet de la décongélation. Mais c’est une rumeur intéressante à observer. Si on la pousse jusqu’au bout, ça voudrait dire qu’il y a un budget antivomitif chez McDo. Il faut acheter ces médicaments en grande quantité. Combien de personnes ça impliquerait ? Combien seraient tenues au secret ?

C’est comme la rumeur des steaks aux vers de terre. Vous la connaissez celle-là, non ? Eh bien si on regarde, en fait, les vers de terre sont plus chers que le bœuf ! Donc ça n’aurait aucun intérêt pour McDo. Idem pour l’antivomitif, ça a quand même un certain coût. Déjà qu’une boîte de Spasfon, c’est cher !

Derrière chaque rumeur ou chaque complot, il y a souvent une explication un peu plus simple. On appelle ça le rasoir d’Ockham, du nom du philosophe médiéval Guillaume d’Ockham. Le rasoir, ça veut dire qu’on rase tout ce qui dépasse, toutes les hypothèses inutiles. Je prends toujours le même exemple avec mes élèves : vous avez rendez-vous avec un garçon ou une fille ce samedi. Le rendez-vous s’est très bien passé, c’était parfait, tout le monde avait l’air très séduit. Il ne vous rappelle pas. Pourquoi ?

  • a. il a été enlevé par les extraterrestres ;
  • b. il a perdu son téléphone ;
  • c. il a oublié son téléphone chez sa grand-mère ;
  • d. il n’a pas envie de vous rappeler.

Et on répond quoi ?

On répond d. Le problème, c’est qu’on a plutôt envie de croire a, b, ou c, parce que ça nous rend triste que la personne n’ait pas très envie de nous rappeler. On préfère se raconter des petites histoires qui paraissent peu crédibles plutôt que de croire à l’explication plus simple. La plupart des théories du complot fonctionnent de cette manière. (Résumé)

Note:

Dans son lycée, Sophie Mazet anime un atelier d’autodéfense intellectuelle. Elle nous explique comment elle enseigne le scepticisme à ses élèves. Prof d’anglais dans un lycée de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), Sophie Mazet est l’auteure d’un « Manuel d’autodéfense intellectuelle », fruit d’un atelier organisé dans son établissement. Les jeunes de la Ruche89 l’ont interrogée. C’est leur toute première interview.

Initialement publié le 4 mars 2016

 Ruche89. Publié le 17/12/2016
.
Commentaire: Cet article qui s’adresse aux enfants vaut aussi pour bien des adultes qui n’ont jamais mis les pieds en Syrie mais qui savent que Poutine a « libéré » Alep!

Lire la suite

20 juillet 2016 ~ 0 Commentaire

olivier besancenot sur « là-bas si j’y suis »

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin