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24 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Quand l’escalade russo-européenne s’immisce dans le projet de centrale gaz de landivisiau (fr3)

gaspare

Le contexte géopolitique actuel, la crise Ukrainienne et l’escalade russo-européenne, qui en découle, suscite quelques inquiétudes pour le projet de centrale gaz de Landivisiau dans le Finistère.

Un équipement dépendant des importations de gaz, dont la Russie est un des principaux producteurs. Quand on sait que 98 % du gaz consommé en France est acheté, que l’Europe est dépendante du gaz russe pour un tiers de son approvisionnement, les gesticulations actuelles entre la Russie et l’Europe, à propos de l’Ukraine, ont de quoi inquiéter. L’Union européenne a beau affirmer sa détermination à réduire sa dépendance énergétique envers la Russie, les alternatives au gaz russe sont limitées et coûteuses. Les gazoducs européens par exemple, sont alimentés par un seul et unique fournisseur : le Russe Gazprom.

Une Centrale, mais avec quel gaz ? A Landivisiau dans le Finistère, où le projet de Centrale au gaz n’en finit plus de faire des vagues, les opposants rappellent le paradoxe de vouloir renforcer l’autonomie énergétique de la Bretagne, par la construction d’une centrale dépendante de la trans- formation d’une énergie fossile importée. Les promoteurs du projet se veulent eux, rassurants, en mettant en avant la nécessité pour la Russie d’exporter son gaz et la possibilité aussi d’aller en chercher vers d’autres pays producteurs.

Par Krystell Veillard Publié le 22/03/2014 | 10:56

http://bretagne.france3.fr/2014/03/22/quand-l-escalade-russo-europeenne-s-immisce-dans-le-projet-de-centrale-gaz-de-landivisiau-438393.html

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21 mars 2014 ~ 0 Commentaire

La bataille pour le salaire minimum aux usa (essf)

star wars 15 dolars

Un salaire minimum de 15 $ de l’heure (il n’est aujourd’hui que de 7,25 $ au niveau fédéral, et oscille entre ce plancher et 9,30 $ selon les Etats) est aujourd’hui l’une des revendications les plus populaires aux Etats-Unis.

La mobilisation autour d’un tel objectif a été initiée par les working poor des fast-food et des grande surfaces avant de trouver un large écho au sein du mouvement Occupy. Elle est aujourd’hui relayée largement par les syndicats, à tel point que le président Obama s’est déclaré en faveur d’un compromis à 10,10 $ pour les emplois publics. Au tournant du siècle, lorsque la gauche syndicale a été battue, et que le syndicalisme de métier s’est imposé, notamment dans le bâtiment, ce sont les salaires des professionnels qualifiés qui ont été défendus avant tout.

Tout cela a commencé à changer avec l’émergence du Congress of Industrial Orga- nizations (CIO) dans les années 30, avec l’idée d’organiser la masse des travailleurs-euses en résistant au dumping salarial. Le tournant s’est produit dans l’industrie automobile, où les méca- niciens, les électriciens, etc., avaient des organisations séparées, et où l’idée d’un syndicalisme d’industrie s’est imposée. Cette perspective avait déjà pointé le nez à la fin du 19e siècle, parmi les mineurs et les cheminots, notamment sous la direction d’Eugene Debs, qui se revendiquait du socia- lisme. Mais ces derniers ont connu une importante défaite à Chicago, en 1894. Le syndicalisme d’in- dustrie mettra donc quatre décennies pour s’imposer et dominer le monde du travail, entre le milieu des années 1930 et le milieu des années 1950. C’est dans cette période, en 1938, que le salaire minimum a été introduit, sous la double influence de la mobilisation des travailleurs-euses et de la législation sociale du New Deal.

Big Labor contre salaire minimum Durant cette période, les Etats-Unis ont vécu sous le signe du Big Labor : les patrons acceptaient de mener des négociations collectives avec la bureaucratie syndicale en échange de l’éviction de la gauche socialiste et communiste, et de leur liberté d’action pour accroître la productivité et affaiblir la présence syndicale sur le lieu de travail. En échange, le niveau de vie des salarié-e-s progressait et les grandes industries – automobile, acier, charbon, etc. – fixaient un standard pour les travailleurs-euses non syndiqués ; en même temps, de grandes sociétés comme Xerox, IBM, etc., pouvaient se débarrasser des syndicats en acceptant ces standards.

Les USA ont donc connu une indéniable amélioration des salaires réels, en dépit du maintien d’importantes inégalités aux dépens des Afro-Américains et des femmes. Ainsi, vers la fin des années 60, le salaire minimum était supérieur (de 40% en termes réels) à ce qu’il est aujourd’hui, permettant de faire profiter les secteurs les plus fragiles de la classe ouvrière des gains des Trente Glorieuses – à noter cependant que l’agriculture, la restauration et le travail domestique ont toujours été exclus du salaire minimum.

Dans de telles conditions, les couches dirigeantes du CIO (AFL-CIO depuis 1955) n’ont jamais songé à faire du salaire minimum légal une priorité, même si le contexte des mobilisations sociales pour les droits civiques et des réformes sociales des administrations Kennedy et Johnson – qui visaient à renforcer la base populaire du Parti démocrate en répondant à la pression croissante du monde du travail – offraient des opportunités dans ce sens, notamment en rapprochant la bureau- cratie syndicale du gouvernement fédéral. C’est à cette époque, qu’on parle de la collaboration du Big Government du Big Buisness et du Big Labor. C’est pourquoi, le déclin du salaire minimum en termes réels a commencé dès la fin des années 1960.

En 1996, un après avoir été nommé à la tête de l’AFL-CIO, John Sweeney a écrit un pamphlet intitulé America Needs a Raise (L’Amérique a besoin d’une augmentation) qui marque un changement dans la politique des syndicats. Ses prédécesseurs avaient été jusqu’ici opposés à la Earned Income Tax Credit (EITC), introduite dans les années 1970, qui prévoit des ristournes d’impôts pour les travailleurs-euses à bas salaires – ce qui équivaut, en réalité, à une subvention indirecte de l’Etat aux entreprises. Ainsi Walmart ou McDonalds ont-ils pu continuer à payer des salaires de misère, tandis que les autres contribuables permettaient de rembourser une partie de leurs taxes à ces salarié-e-s, en plus des aides sociales auxquelles ils avaient droit. Désormais, une telle position n’était plus tenable, vu le nombre croissant de working poor.

Fini le « rêve américain » de l’emploi Le raisonnement des dirigeants syndicaux était désormais le suivant : nous sommes plus faibles qu’auparavant, nous avons essuyé une défaite avec l’Accord de libre échange nord-américain (ALENA) (1994), nous perdons des membres dans l’automobile, dans la sidérurgie, etc., et nous ne pouvons plus songer à réguler le marché du travail comme lorsque nous organisions 25 à 30% des salarié-e-s. Or, comment une bureaucratie syndicale qui cherche un terrain d’entente entre les travailleurs-euses et le capital, mais à qui les patrons ne veulent plus faire de concessions, peut-elle survivre ? Pour cela, elle va s’efforcer de reconstruire une ligne de défense en tentant d’organiser les services (Sweeney venait de ce secteur), moins faciles à délocaliser, et les immigré-e-s (ne serait-ce que pour maintenir les cotisations nécessaire à la survie de l’appareil). Afin de gagner ces nouvelles couches, elle va engager une nouvelle génération de permanent-e-s, souvent issus de la gauche étudiante des années 70 – des jeunes enthousiastes, sincères, investis, prêts à faire des heures supplémentaires non rétribuées.

Pour Sweeney, ce qu’il n’était plus possible de gagner par la négociation collective, il fallait essayer de l’obtenir politiquement en misant sur une intervention plus forte dans le champs électoral, en jouant sur le poids numérique des travailleurs-euses. Il ne s’agissait donc pas d’investir la politique pour venir en aide à l’organisation et aux mobilisations sur les lieux de travail, mais de substituer très largement la lutte syndicale par la lutte politique. En réalité, l’AFL-CIO avait renoncé à défendre « le rêve américain de l’emploi » : travailler dur dans la grande industrie, obtenir des augmentations de salaire, avoir droit à une honnête retraite, posséder une petit cabane dans la forêt, et même un petit bateau pour aller pêcher le week-end…

Les défaites des année 80-90 ne permettaient plus de croire à un tel horizon, malgré de sérieuses grèves dans l’automobile, à la fin des années 90, notamment pour empêcher la sortie des machines à Flint (Michigan) – qui avait été le principal foyer des grandes luttes des années 30 –, mais qui n’ont pu empêcher la fermeture des usines et les licenciements massifs à la General Motors. De même, la grève générale [de 1997] chez UPS, principale multinationale de l’expédition de colis, dont le slogan était « L’Amérique à temps partiel ne marche pas », n’a pas permis de gagner : les salaires avaient été boqués à 8,30 $ de l’heure depuis 1986, et les travailleurs-euses n’ont obtenu que 50 cents de plus, ce qui explique l’explosion des profits et la diversification des activités de cette société. Une telle impasse permet de comprendre le tournant plus récent des syndicats en faveur du salaire minimum.

Dégringolade des salaires De 1997 à nos jours, les salaires des nouvelles personnes embauchées dans l’industrie automobile ont baissé de 40% (50-60%, en tenant compte des primes et avantages supprimés), alors que les salaires des plus anciens ont été bloqués à 17$ de l’heure, en tenant compte de l’inflation. Dans les secteurs syndiqués, on assiste à la mise en place de salaires à plusieurs vi- tesses, qui ont globalement été gelés. Les conventions distinguent ainsi une catégorie de nouveaux employé-e-s avec des salaires et des droits syndicaux fortement réduits. Et ce processus s’est accé- léré depuis le début de la récession, en 2007-2008. C’est pourquoi, le salaire minimum apparaît clairement comme un plancher absolument indispensable.

Durant Occupy, les syndicats ont fait de bonnes choses, qu’ils n’auraient jamais faites quelques années auparavant. Ils ont considéré le plus souvent le mouvement comme une expression de la colère de jeunes travailleurs-euses qu’il fallait soutenir. En réalité, des dizaines de milliers de salarié-e-s, souvent syndiqués (à NYC, les taux de syndicalisation sont élevés dans les services publics) participaient à ces manifestations, avec ou sans le soutien de leurs syndicat, montrant ainsi la force d’une idée simple : les 99% doivent défendre leurs intérêts contre les 1% qui accumulent la plupart des richesses. Les syndicats ont saisi le message, même s’ils ont plus suivi le mouvement qu’ils ne l’ont organisé, et qu’ils l’ont aussi souvent détourné vers des objectifs électoraux à court terme.

Lors du dernier congrès de l’AFL-CIO, en septembre 2013, ce qui était inimaginable au temps de la guerre froide, la direction syndicale a pratiquement renoncé à présenter le syndicat comme une organisation de travailleurs-euses pour défendre une conception inclusive de l’orga- nisation, qui tend la main aux grandes associations d’Afro-Américains, de Mexicains-Américains, d’environnementalistes, et affirme en même temps que le centre de gravité de la lutte n’est plus sur les lieux de production. Il y a en même temps quelque chose de mal assumé dans tout cela : par exemple, les syndicats vont se mobiliser contre le racisme ou la pollution ici et là, mais en même temps, ils vont défendre la construction du Keystone pipeline depuis le Canada, parce que cette entreprise pharaonique crée de l’emploi.

Succès prometteurs A Seattle, le soutien apporté par une partie des syndicats à la campagne de Kshama Sawant, la première candidate socialiste, présentée par Socialist Alternative, un groupe trotskyste, à avoir été élue, en novembre dernier, à la tête d’une grande ville du pays a surtout porté sur la revendication d’un salaire minimum de 15 $ de l’heure, à laquelle adhère le principal syndicat des services (SEIU).

Il faut comprendre que le large soutien apporté à cette revendication a germé aussi au sein du mouvement Occupy, où de larges secteurs de travailleurs-euses ont réalisé que leurs bas salaires n’étaient pas dus à des carences personnelles ou à de la malchance, mais résultaient de rapports de force sociaux dégradés. Obama a bien saisi cette prise de conscience en évoquant les inégalités sociales dans son dernier « Rapport sur l’état de l’Union » : bien qu’il ne défende aucun programme social et qu’il ne propose aucune disposition légale au Congrès, il fait appel à la bonne volonté des entreprises, et se prononce pour un salaire minimum de 10,10 $ pour le secteur public. Une façon de mettre les républicains sur la défensive, et de tirer le mouvement syndical dans sa roue. Tout en faisant campagne pour le salaire minimum à 15 $ et en lançant des référendums locaux sur ce thème, la bureaucratie syndicale va sans doute faire du lobbying pour une proposition inter- médiaire au Congrès.

Plus fondamentalement, la revendication de l’élévation du salaire minimum a suscité une vague de luttes des salarié-e-s des fast-food et des grandes surfaces. Cependant, pour gagner, les syndicats ne peuvent se contenter de signer un accord, par exemple, avec McDonalds. Il faut qu’un tel accord conduise aussi à la renégociation des contrats du groupe avec ses milliers de points de vente, gérés par des indépendants, afin qu’ils puissent supporter des augmentations de salaires. A ce propos, une expérience développée au sein de la chaîne Taco Bell (spécialisée dans la « cuisine mexicaine »), a donné de bons résultats. Dans la petite ville d’Immokalee, en Floride, un groupe de travailleurs-euses immigrés a lancé une campagne sur les points de vente de la chaîne pour exiger un meilleur salaire, mais aussi un meilleur prix pour les tomates achetées aux agri- culteurs de la région ; ils ont obtenu le soutien des étudiant-e-s, qui ont organisé un boycott national de Taco Bell, créant ainsi une large coalition autour de ces objectifs. Et ça a fini par marcher, montrant qu’il est possible de gagner au niveau des entreprises en cherchant des alliés.

Jean Batou 16 mars 2014

* Cet article, écrit pour Viento Sur, a été rédigé sur la base d’un entretien, le 11 mars 2011, avec Lee Sustar (Chicago), membre de l’International socialist organization (ISO) et responsable de la rubrique « monde du travail » du site Socialist Worker.

http://www.vientosur.info/spip.php?…

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article31404

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20 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Ukraine : après l’annexion russe de la crimée

poutin, caricature

Ainsi Poutine a-t-il réussi son coup – pour l’instant.

Après l’invasion militaire, le plébiscite à la pointe du fusil. La majorité russe de la population de Crimée a soutenu massivement la déclaration d’indépendance, premier pas vers l’intégration à la Fédération de Russie. Cette annexion est la réponse du pouvoir russe à l’insurrection populaire et démocratique de la place Maïdan qui a renversé son homme de paille, Ianoukovitch.

Et tout indique que Moscou va maintenir voire accentuer sa pression. À la veille du référendum, on apprenait que des troupes russes s’étaient déployées dans la région de Kherson, en dehors de la Crimée.

Des sanctions symboliques Au regard de ce qui constitue une violation majeure du dit droit international, fondé en premier lieu sur la stabilité des frontières, les « sanctions ciblées » annoncées lundi 17 mars par les États-Unis puis par l’Union européenne sont bien dérisoires. « Soyons réaliste, hormis par une intervention militaire nous ne pouvons changer le statut actuel de la Crimée », aurait déclaré un ministre européen.

La palme revient à la France, qui s’apprête à livrer à la flotte russe deux porte-­héli- coptères de combat, pour un montant de 1,2 milliard d’euros. Au moment où les troupes de Poutine envahissaient la Crimée, Hollande avait déjà écarté toute remise en cause du contrat. Fabius vient de déclarer que Paris ne pourrait envisager d’annuler la vente que si le Royaume-Uni, de son côté, prenait des mesures contre « les avoirs russes des oligarques à Londres » ! Chacune des deux hypothèses paraît bien improbable, même si les 400 marins russes attendus le mois prochain à Saint-Nazaire pourront voir leur voyage reporté.

Autant dire que les dirigeants occidentaux sont prêts à faire leur deuil de la Crimée – si bien sûr, prient-ils avec ferveur, Poutine ne va pas trop loin et ne les contraint pas à prendre des mesures dont ils ne veulent pas. Il est un fait que le sort de l’Ukraine est infiniment moins important aux yeux des impérialismes occidentaux qu’il ne l’est à ceux de l’impérialisme russe. Le mot d’ordre « ni Washington et Bruxelles, ni Moscou » est utile et juste, mais à condition de ne pas omettre que c’est concrètement, aujourd’hui, la Russie qui agresse et occupe l’Ukraine.

Les marges de manœuvre de Poutine Un autre facteur joue en faveur des dirigeants russes : la très grande confusion politique des masses ukrainiennes elles-mêmes, et dans ce cadre leurs illusions – évidemment compréhensibles – dans l’Union européenne. Certes, le phénomène n’a rien de particulier à ce pays. Il caractérise même très largement les processus révolutionnaires aux quatre coins de la planète. Que l’on pense seulement aux manifestations égyptiennes du 30 juin 2013, dont on a dit qu’elles étaient les plus grandes de l’histoire mondiale, et qui ont eu pour conséquence pratique de ramener au gouvernement l’armée et d’anciens responsables de l’ère Moubarak.

De même a-t-on vu à Kiev le retour au pouvoir d’une autre fraction d’oligarques, avec la participation au gouvernement intérimaire – composé à la proportionnelle des forces politiques – de trois ministres fascistes. Le danger est là, même si l’influence des fascistes est trop souvent sur- estimée : selon une enquête du centre SOCIS conclue le 4 mars, les possibles candidats de Svoboda et de Pravyi Sektor à la prochaine présidentielle recueilleraient aujourd’hui, à eux deux, le soutien de seulement 4,1 % des Ukrainiens.

Il reste que Poutine a pu user et abuser d’une rhétorique « antifasciste » faisant appel au souvenir de la « Grande guerre patriotique »… La lutte pour défendre l’indépendance de l’Ukraine ne fait que commencer, et seul le mouvement ouvrier saura la garantir. L’espoir réside dans le ren- forcement des syndicats indépendants et de l’auto-activité des travailleurs, dans le développement de forces révolutionnaires antistaliniennes telles que l’union socialiste Opposition de gauche. La grande manifestation anti-guerre qui a eu lieu samedi 15 mars à Moscou est un encouragement fort dans cette voie.

Jean-Philippe Divès Hebdo L’Anticapitaliste – 234 (20/03/2014)

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20 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Ukraine: austérité? d’abord pour les oligarques! (solidarités.ch)

Ukraine: austérité? d'abord pour les oligarques! (solidarités.ch) dans Antiimpérialisme 0STS3-N8

Pour obtenir un prêt du Fonds monétaire international (FMI) de 15 milliards de dollars le pouvoir ukrainien est prêt de provoquer une catastrophe sociale.

Le gouvernement préfère nuire à la majorité des citoyens au lieu de sacrifier les intérêts d’une poignée d’oligarques.

Ce n’est pas une invention de notre Union socialiste « Opposition de gauche » : il s’agit d’une politique d’austérité sans précédent, des coupes qui éliminent les prestations sociales, de la destruction du système de santé et de l’augmentation des prix. « L’impopularité de ces mesures ne garantit pas pour autant leur efficacité. L’Ukraine tombe dans une servitude de l’endettement encore plus grande, le grand business va renforcer son pouvoir et, au cours des deux années à venir, il n’y aura aucune incitation du développement économique », disent les socialistes.

 Le nouveau gouvernement a déclaré que l’Ukraine va fidèlement réaliser toutes ses obligations afin de préserver son image « d’emprunteur souverain ». Il compte réaliser toutes les conditions imposées par le FMI. Le ministre des Finances a déclaré que toutes les institutions budgétaires vont réaliser les restrictions suivantes : interdiction de l’achat de vêtements du travail, interdiction de pourvoir les postes vacants, interdiction de payer les primes. Cette approche générale touche particulièrement le service de santé et va provoquer la fuite des cadres de ce secteur. « La gratuité des soins de santé est garantie par la Constitution, alors comment le pouvoir compte-il l’assurer sans payer le travail du personnel médical ? », demandent les militants de gauche.

Si le gouvernement voulait vraiment faire des économies, il s’en prendrait aux oligarques qui ont acquis pour rien les entreprises privatisées et n’ont rien fait pour les moderniser. Si ces derniers sont de véritables patriotes, ils devraient donner leur argent pour éliminer le déficit budgétaire de l’État.Pour le moment le gouvernement parle de la nécessité de réduire les dépenses de 65 à 80 milliards de hryvnia [5 à 6,25 milliards d'euro]. Un tel montant peut être obtenu même sans procéder à une « dépossession » massive. « Le développement de l’Ukraine doit commencer par l’élimination de l’injustice sociale », disent les militants de l’Opposition de gauche.

Selon Forbes la fortune du gouverneur de Dniptopetrovsk, Igor Kolomoïskyï, s’élève à 2,1 milliards de dollars ; 1,5 milliard de dollars, c’est celle du député Vadim Novinskyï ; 1,3 milliard de dollars – ce sont les avoirs du député Petro Porochenko ; le député Serhyï Tihipko possède 1 milliard; le gouverneur de la région de Donetsk, Sergueï Taruta, dispose de 0,59 milliard… La somme totale de ce que possèdent les politiciens les plus riches atteint 6,49 milliards de dollars. Si l’on se fonde sur le taux de change officiel (9,23 hrivnia pour 1 dollar), on peut estimer qu’ils disposent de 59,9 milliards de hrivnia. « C’est sont donc en réalité ces mêmes 60 milliards de hrivnia que le premier ministre Yatseniouk veut prélever dans les poches des plus pauvres citoyens ukrainiens », conclue l’Opposition de gauche.

L’Ukraine n’a pas besoin du crédit conditionnel du FMI, qui va accroître le nombre des pauvres. De plus, nous pensons qu’il ne faut pas recourir au crédit du FMI alors qu’il y a un tel potentiel d’autres réformes, en particulier celles réduisant le coût prohibitif des oligarques.

L’Opposition de gauche exige la mise en œuvre des changements suivants :

1. Une large discussion publique sur la façon de surmonter la crise. On nous dit que jusqu’à la fin du conflit avec la Russie une telle discussion professionnelle n’est pas possible. Mais pourquoi est-il possible de nommer des cadres sur la base de discussions formelles, alors qu’il ne serait pas possible de soumettre les mesures d’austérité à l’ensemble de la population ? Les économies dans l’appareil d’État devraient commencer immédiatement. Et les économies sur les retraités, sur les salaires des employés d’État et sur les programmes sociaux ne peuvent être décidées qu’à la condition que la comptabilité des agences gouvernementales et des entreprises d’utilité publiques soit disponible en ligne pour tout le monde.

2. Lustration sociale : il faut priver les oligarques soit du pouvoir, soit du capital. Car il y là un risque important de conflit d’intérêts. Les businessmens nouvellement nommés aux postes dirigeants vont utiliser ces postes pour s’enrichir et ainsi tous les sacrifices économiques serviront seulement pour assurer leur propre prospérité. Ils utilisent leurs positions pour passer des contrats avec leurs entreprises, ce qui fait que l’argent économisé sur le budget de l’État sera employé par eux pour des aides et des subventions fournies pour que ces entreprises réalisent leurs obligations sociales, qu’elles devraient de toute façon accomplir (compensation de la création des emplois, etc.). La revendication de l’autodéfense du Maïdan est juste : chacun de la centaine des Ukrainiens les plus riches doit verser un dixième de sa richesse pour le bien commun.

3. Refus de signer l’accord sur la Zone de libre-échange. L’Ukraine peut signer l’Accord d’association sans pour autant intégrer la Zone du libre-échange – déjà en octobre 2013 l’Opposition de gauche avait fait état du réalisme de cette exigence. La libre circulation des marchandises européennes sur le territoire ukrainien aurait des effets encore pires que celles des plus dures réformes néolibérales : ce serait la ruine de l’économie ukrainienne.

4. Le secteur clandestin de l’économie doit être soumis à la loi (près de 170 milliards de hryvnia sont payés sous forme d’« enveloppes » et le volume total de l’économie de l’ombre atteint 350 milliards). Les travailleurs doivent avoir le droit de grève même si l’employeur ne leur a pas fourni le contrat du travail. Les sanctions pour le non-paiement des salaires et pour les emplois sans contrat du travail doivent être augmentés, en les multipliant au moins par dix (actuellement, selon le Code pénal, l’amende pour non déclaration du travail est de 850 hryvnia).

5. Récupérer les fonds exportés illégalement vers les paradis fiscaux. Nous devons immédiatement dénoncer l’accord sur la double imposition, qui permet aux oligarques de ne pas payer les impôts. Du fait de la juridiction visant à éviter la double imposition, chaque année quelques 30-40 milliards de hryvnia finissent sur les comptes des paradis fiscaux sans payer d’impôts. En tout c’est près de 350 milliards de dollars qui ont été transférés dans des paradis fiscaux. En 2010, les impôts ont vidé les poches de tout le monde, sauf celles de Pintchouk, Kolomoïskyï, Akhmetov, Tarouta, Zhevago, Firtasch etc. Ces gens là accaparent 70 % du revenu ukrainien, car ils possèdent toutes les grandes entreprises. Ils paient un faible impôt à Chypre ou ailleurs, mais rien en Ukraine. Les entreprises ukrainiennes appartiennent formellement à des compagnies situées à Chypre ou aux Maldives. Et c’est là que les profits ukrainiens arrivent en tant que recettes des investissements chypriotes, non imposables. Que les capitalistes oligarques commencent par payer les impôts, et alors nous déciderons si nous devons payer les prix des services publics « fondés sur leur coût ».

6. Impôts progressifs sur les revenus des riches et de leurs corporations. Il faut imposer les revenus personnels jusqu’à 100 % pour la part qui dépasse 15.000 dollars par mois ou 150.000 dollars par an. Il y a (officiellement) 127 millionnaires dans notre pays et, en tant qu’entrepreneurs, leur impôt sur le revenu n’est que de 17 % à partir d’un revenu de 15.000 hryvnia. Alors que la plupart d’entre nous, qui gagnons 2.000 à 4.000 hryvnia par mois, sommes imposé à 15 %. Et ce sont ces gens là qui veulent réduire de 20 % les salaires des ambulanciers ! Allons nous tolérer cela ? Nous soutenons le choix européen ! En Europe les millionnaires payent au moins 40 % à 60 % d’impôts sur leur revenu personnel (et rappelons, qu’en France les revenus supérieurs à un million euros devaient être imposés à 75 %). Il est aussi nécessaire de fixer un taux de TVA supérieur sur les produits de luxe (à 25 %).

7. En situation de crise, il faut soutenir les gens. Il faut les transports publics gratuits, des prix fixes pour les médicaments, le blocage des prix des services publics, des services publics gratuits pour ceux dont les salaires n’ont pas été payés ou ceux qui n’ont pas reçu leurs prestations sociales.

8. Refus du payement de la dette extérieure, au moins jusqu’au remboursement du capital qui a été pillé (la dette extérieure atteint 75 milliards de dollars). Il faut exiger l’annulation de toutes les dettes qui sont le résultat des emprunts du pouvoir oligarchique.

L’Opposition de gauche dit depuis longtemps que tous les partis politiques présents dans le Parlement professent l’idéologie néolibérale et veulent faire financer leur business par la majorité de la population. L’arrivée au pouvoir de l’ancienne opposition et ses annonces de mesures « impopulaires » confirme cette thèse. « Il faut continuer le mouvement de protestation ukrainien jusqu’à la démission de toute la classe politique et l’abolition du cours néolibéral. Le pouvoir dans l’État et dans les entreprises doit être exercé par les conseils des travailleurs – de ceux qui créent directement la richesse », explique l’Opposition de gauche.

D’autres propositions ont été présentées dans les « 10 Thèses pour le changement social » (1).

Communiqué de GASLO:  Golovnyï Analititchnyï Sait Livoï Opozitsii – principale page d’analyses de l’Opposition de gauche est la page web animé par l’Union socialiste « Opposition de gauche » : http://gaslo.info/

- See more at: http://www.solidarites.ch/common/index.php/activites/63-ukraine-austerite-d-abord-pour-les-oligarques-communique-de-gaslo#sthash.5aHFTXxE.dpuf

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18 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Le véritable adversaire: harper et le projet néolibéral (pressegauche.ca)

stephen_harper

Maintenant que la campagne électorale québécoise est commencée, le débat politique va être naturellement orienté vers les propositions des partis au Québec.

Depuis les années 1970 de toute façon, le processus électoral provincial occupe la plus grande place dans l’imaginaire de la nation. C’était un peu inévitable, compte tenu de l’enjeu de la souveraineté, qui a pris beaucoup de place pour des raisons qui peuvent être comprises. Dans ce débat sans cesse renouvelé, on a parfois tendance, cependant, à oublier qu’au Canada, il y a un seul État, qui dispose des véritables leviers du pouvoir.

Face à cet État, les gouvernements provinciaux ont des capacités limitées et une juri- diction assez restreinte compte tenu du fait que c’est à Ottawa que le pouvoir réside. On voit donc le dilemme. On dira que la souveraineté va éventuellement régler ce problème, mais en attendant, il faut regarder la réalité en pleine face. Ce n’est tout simplement pas vrai que Québec est un « gou- vernement » autrement que « provincial », au sens propre comme au sens figuré du terme, et ce, malgré les déclarations habituellement tonitruantes des diverses administrations du PQ ou du PLQ.

Les nouvelles priorités du gouvernement fédéral

Depuis l’élection des Conservateurs en 2006 (et surtout depuis leur victoire en 2011), le Canada est entré dans une phase de restructuration en profondeur. Ce n’est pas un gouvernement d’« alter- nance », comme on a eu pendant plusieurs décennies et où les deux grands partis étaient dans le fond au « centre-droit ».

Avec Harper, on a un projet qu’on peut qualifier de « révolutionnaire ». En premier lieu, il a pour mission de « réorganiser » l’économie canadienne selon un axe « Toronto-Calgary ». Toronto doit détenir tous les leviers du système financier et devenir une des plaques tournantes de l’éco- nomie financiarisée de l’Amérique du Nord (elle est déjà le 2 ème centre financier après New-York). Calgary bien sûr devient le quartier-général du Canada « pétrolier », en gérant les gigantesques projets qui continuent de croître d’un bout à l’autre de l’ouest et du nord du Canada.

Cet « axe » par définition exclut bien des régions : le sud-ouest industriel de l’Ontario, les provinces maritimes et bien sûr, le Québec, qui pourrait devenir, si la tendance se maintient, une sorte de gros Nouveau-Brunswick, fournisseur de main d’œuvre à bon marché, comme c’est déjà le cas pour les dizaines de milliers de travailleurs québécois exilés à Fort McMurray.

Les élites et le gouvernement conservateur qui les représente veulent accélérer ce transfert, ce qui veut dire entre autres, l’abolition des filets de sécurité comme l’assurance-chô- mage, et qui permettaient non seulement de protéger les gens, mais aussi les secteurs économiques qui tournent au rythme des saisons dans plusieurs régions. Le gouvernement minoritaire du PQ est pourtant associé à ce projet qui est inacceptable, non seulement sur le plan environnemental, mais aussi de par ses impacts économiques prévisibles. En avalisant les projets de pipe-line sous prétexte de sauver quelques centaines d’emploi dans une pétrochimie réduite en peau de chagrin à Montréal, le PQ s’aligne sur l’« axe » Toronto-Calgary ». Est-ce une « erreur » ou un changement de cap ?

Mondialisation tout azimut

Le capitalisme financiarisé canadien, comme dans les autres pays capitalistes, lutte depuis plusieurs années pour les traités de libre-échange, soi-disant pour favoriser le commerce. Pour Harper en tout cas, la priorité est de sécuriser le libre-échange avec l’Europe. Dans l’ombre mais pas loin, il y a également le projet d’une zone de libre-échange Asie-Pacifique, dont les États-Unis seraient maîtres. Au lieu de favoriser l’économie et la création d’emplois, ces traités visent à précariser davantage la main d’œuvre, à la déstabiliser avec les menaces de délocalisation, et à imposer aux gouvernements des politiques d’austérité présentées comme « nécessaires » pour faire face à la «  compétition ».

Encore là, on constate que le PQ est devenu le supplétif de Harper dans cette affaire, en se présentant comme un « champion » du libre-échange (c’est Bernard Landry qui avait pondu cette formule dans les années 1990). On essaie de faire passer la « pilule » en évoquant des clauses con- cernant la protection du travail et de l’environnement, mais jusqu’à cette date, aucun de ces traités, à commencer par l’ALÉNA, n’a intégré autre chose que la défense des « droits » des entreprises qui vont jusqu’au point d’interdire des législations votées par le parlement.

Du néolibéralisme au néoconservatisme

Depuis l’avènement du gouvernement Harper, l’accent a été mis sur la mise de l’avant de « valeurs » conservatrices autour du triangle « famille-Dieu-patrie ». Un dispositif législatif sans précédent a été inventé pour criminaliser la dissidence et les pauvres en général, appuyé sur un discours « mora- liste ».

Les immigrant-es et les réfugié-es sont soudainement devenus des « menaces » à la « sécurité nationale », ce qui fait qu’on peut les emprisonner et les expulser en plus grand nombre. Sur ce tournant, l’opinion québécoise a été plutôt hostile à Harper, ce qui explique, en partie en tout cas, leur déroute électorale au Québec en 2011. Mais voilà que la question rebondit sous la figure de la « charte des valeurs québécoises ».

C’est pervers, car au nom du droit des femmes, on crée une autre polarisation entre « nous » (blancs et catholiques) et « eux » (surtout Musulmans et plutôt bruns ou noirs). Fait à noter, le projet de cette charte a été appuyé à Ottawa par une majorité de députés conservateurs, y compris ceux qui représentent des circonscriptions québécoises. Derrière le discours du gouvernement du PQ qui se veut rassurant, on a une explosion de racisme et de néoconservatisme exprimant un réel mépris pour une partie importante de la population qui ne sont pas, aux yeux des « Janettes » et des médias-poubelles, des personnes « réellement civilisées ». Encore là, il y a une convergence inavouable entre Harper et le PQ.

Retour dans le futur

Pendant la grande noirceur au Québec, le Québec mené par une coalition de droite et d’extrême droite a « gouverné » la province en symbiose avec les intérêts des grandes élites canadiennes. Celles-ci voyaient d’un très bon œil un gouvernement qui matraquait les syndicats et laissait les investisseurs mener « leurs » entreprises dans des opérations de prédation et de pillage pendant qu’on laissait la santé et l’éducation dans les « bonnes mains » de l’Église.

Ces grands capitalistes, dont la bourgeoisie anglo-montréalaise, n’aimaient pas néces- sairement le langage nationaliste et catholique de Duplessis et du Chanoine Groulx, mais à la limite, ils savaient bien que c’était le « prix à payer » pour éviter la mise en place d’une coalition pro- gressiste. Et quand celle-ci a pris forme au tournant des années 1960, ces élites, de même que les gouvernements fédéraux et la droite au Québec, ont tout fait pour empêcher le PQ et ses alliés syndicaux de faire avancer le projet d’une souveraineté axée sur le progrès social, désengluée du discours frileux et réactionnaire du nationalisme de l’ancienne manière. En ce moment, il y a des éléments qui laissent penser qu’un sérieux retour en arrière n’est pas impensable, et où le natio- nalisme dans sa version péquiste trouverait sa place dans une sorte de « gouvernance souve- rainiste » bien alignée sur le projet néolibéral.

Il faut dire non

Contrairement aux années de la grande noirceur cependant, l’alignement des forces sociales et politiques constitue un obstacle à ce projet néoconservateur/néolibéral. On l’a vu avec les Carrés rouges et bien d’autres mobilisations populaires et syndicales. À l’Assemblée nationale, le débat n’est plus le même avec les députés solidaires dont Françoise David est devenue la politicienne la plus populaire au Québec. Ce n’est pas un hasard ! Néanmoins, le PQ en se rangeant dans le camp de la droite avec les encouragements de l’élite québécoise à la PKP, fragilise la capacité et la volonté d’une majorité de la population à résister au bulldozer nommé Harper. Il faut dire non à cela.

Note: PQ: Parti Québéquois. Québec Solidaire: Gauche indépendantiste.

http://www.pressegauche.org/spip.php?article16826

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16 mars 2014 ~ 0 Commentaire

50.000 à moscou contre la guerre! (inprecor)

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Aujourd’hui, environ 50.000 personnes ont participé à la « Marche pour la paix » dans le centre de Moscou.

Tout indique une nette opposition à la politique de Poutine en Ukraine de la part des secteurs politiquement actifs de la société russe.

C’était la plus grande mobilisation depuis longtemps, la plus grande depuis un an.

La manifestation a été organisée par l’opposition libérale, en particulier le Parti du progrès d’Alexeï Navalny. Beaucoup de jeunes et moins jeunes avec des drapeaux ukrainiens et russes et des pancartes pour la paix ont défilé sur les boulevards de Moscou pendant au moins trois heures. A la fin, une oratrice du Maïdan ukrainien, Nadya Tolokonnikova (de Pussy Riot), venue spécialement à Moscou, a pris la parole ainsi que des musiciens et des journalistes de premier plan.

Il y avait un secteur visible d’extrême gauche dans la manifestation, composé par le Mouvement socialiste de Russie (RSD), la section russe du Comité pour une Internationale ouvrière (CIO/CWI), les anarchistes, le contingent LGBT et quelques autres.

En même temps, il y avait deux autres manifestations « pour une Crimée russe », organisées par des groupes fondamentalistes d’extrême droite et orthodoxes. Ces deux mani- festations n’ont rassemblé pas plus de 5.000 personnes.

Il y avait aussi des actions antiguerre à Saint Petersbourg, Ekaterinbourg (avec le maire de la ville, qui a soutenu la manifestation et a pris la parole), Nizny Novgorod et dans d’autres villes.

Tout indique une nette opposition à la politique de Poutine en Ukraine de la part des secteurs politiquement actifs de la société russe. ■

Correspondance Russie. Samedi 15/03/2014

http://orta.dynalias.org/inprecor/article-inprecor?id=1599

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08 mars 2014 ~ 0 Commentaire

La révolution ukrainienne (attac)

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Interview de Vasyl Cherepanin

Vasyl Cherepanin dirige le centre de recherche « Culture Visuelle » de Kiev et est l’éditeur de la version ukrainienne du magazine « Krytika politiczna » (Critiques Politiques). Il a été un des organisateurs de la conférence [1] organisée par l’initiative « Post Globalization » à Kiev en juin 2013 en préparation du contre-G20 de St Petersburg et a participé le 2 mars 2014 aux débats avec les militants « Indignados » de Madrid [2].

Tout d’abord que faisais-tu pendant le mouvement Maidan ?

VC : Le centre de recherche Culture Visuelle a participé à Maidan depuis décembre 2013. Nous avons aidé à organiser un programme d’éducation dans le cadre de l’université ouverte de Maidan pour ceux qui étaient sur la place appelé « Global Protests » qui a cherché à situer l’insurrection ukrainienne dans un contexte plus large, celui des insurrections du printemps arabe, des mouve- ments Occupy et Indignados et des différents mouvements sociaux que le monde a connu en 2013. Nous avons participé également au réseau de protection des militants blessés qui étaient dans les hôpitaux et qui risquaient d’être enlevés par la police. Les groupes de gauche et les activistes ont été impliqués dans beaucoup d’activités, en particulier « SOS Maiden », une sorte de média alternatif et d’aide juridique pour le mouvement Maidan.

Beaucoup de commentaires insistaient sur le poids des fascistes et des néo-nazis sur la place Maiden et dans l’insurrection qui a mis fin au pouvoir de Viktor Ianoukovitch, qu’en penses-tu ?

VC : Je pense que c’est, en Occident, de l’aveuglement sur ce qu’est la réalité du mouvement en Ukraine. Bien sur l’extrême-droite était dans la mobilisation, mais c’était une vraie révolution et, comme dans une vraie révolution toutes les forces d’opposition étaient présentes. Tout le monde était là, sauf bien sûr les oligarques et la petite élite des super riches.

Pour contextualiser le rôle de l’extrême-droite, il est important de rappeler la séquence des évènements. Ce que l’on a appelé « Euro-Maidan » a commencé le 24 novembre 2013. Le prétexte à la mobilisation a été le refus du Président de la République de signer l’accord commercial avec l’Union européenne et dans les premiers jours le mouvement était formé de journalistes et d’étu-diants, ainsi que l’extrême-droite qui les a rejoints dans un esprit de parasitisme. Le parti néo-nazi Svoboda a été le premier parti parlementaire à rejoindre le mouvement, ce qui leur a donné une certaine visibilité. Puis, le 29 novembre, il y eu l’intervention des forces de l’ordre sur la place. Cela a élargi le mouvement et à partir de là tous les secteurs sociaux et toutes les forces politiques d’opposition ont été là. A partir de là l’Euro-Maidan est devenu Maidan et plus le mouvement grandissait plus le rôle et l’influence de l’extrême-droite se réduisaient.

Je sais que pour certains, à gauche, il est impossible de participer à un mouvement si l’extrême-droite est également présente. Mais la réalité n’est pas aussi pure que la théorie politique et, à mon avis, le rôle de la gauche est de s’engager et de participer au mouvement. Un dernier détail à propos de l’extrême-droite, il y a maintenant une lutte entre le parti Svoboda et le « Secteur de Droite », un nouveau groupe politique formé par des organisations nationalistes et une partie des hooligans du monde du football. L’aspect le plus important est que le moteur de Maidan était le peuple et pas les partis ou les organisations politiques : des gens ordinaires qui sont venus sur la place et qui sont restés jusqu’à la victoire. Certains l’ont payé de leur vie.

Une autre critique venue de certaines organisations de gauche en Europe a été l’interdiction du Parti Communiste en Ukraine ?

VC : Le Parti Communiste n’a pas été interdit. Il y a eu une initiative pour interdire à la fois le Parti des Régions, le parti de Viktor Yanoukovytch, et le Parti Communiste quand ils ont voté ensemble, le 16 janvier dernier, la loi qui interdisait les manifestations et qui mettait sous contrôle les ONGs et les médias indépendants. Cette initiative n’a pas abouti, et, bien sûr, aucun parti n’a été interdit. Mais vous devez savoir que le Parti Communiste n’est communiste que de nom : son seul programme est la nostalgie pour l’Etat-providence de la période de l’Union Soviétique, il n’y rien de communiste dans cela !

Et quel a été le rôle des syndicats ?

VC : La fédération syndicale officielle était du côté des autorités, mais la fédération syndicale indé- pendante était dans le mouvement. La direction de la fédération syndicale était dans le conseil de Maidan. Il y a eu un appel à la grève générale, mais elle n’a pas eu lieu : les usines et les industries sont dans les mains des oligarques, et ils ont cassé toute tentative pour organiser des grèves. Il y en a cependant eu quelques-unes à l’ouest et dans le centre de l’Ukraine, principalement dans le secteur des employés. Je pense que si nous avions réussi à organiser une grève générale, le mouvement aurait été encore plus massif et moins violent.

La situation en Ukraine a été analysée comme une division en deux du pays, les pro-européens contre les pro-russes. Dans ce contexte les propositions de trans- former le pays en fédération et la récente décision du parlement de ne pas recon- naître le russe comme langue officielle ont donné l’impression d’un pays profon- dément divisé ?

VC : La décision prise par le parlement de faire du russe une langue officielle était en fait incons-titutionnelle, la constitution disant clairement que seul l’ukrainien est la langue officielle. Cependant, même si la décision de 2010 était anti-constitutionnelle, je pense que la récente décision du parle- ment a été une erreur, et celui-ci est d’ailleurs en train de revenir sur cette décision. Il est important de rappeler que plus de 50% des participants à Maidan étaient russophones.

De façon plus générale, le discours sur les « deux Ukraines » était populaire dans les années 1990, juste après l’indépendance quand des intellectuels théorisaient la division historique de l’Ukraine, l’ouest dans l’empire austro-hongrois et l’est dans l’empire russe. Cependant, dès les années 2000, cette idée n’a pas passé le test de la réalité : l’Ukraine est resté unie et Maidan l’a prouvé.

Maidan a eu lieu dans tout le pays, pas seulement à Kiev, mais aussi à Odessa, Kharkov, Donest et même à Sébastopol, en Crimée. En janvier nous avons eu des actions pour se saisir des immeubles administratifs dans toute l’Ukraine. A l’est, où le parti de Yanukovych, le Parti des Régions, contrôle toutes les institutions étatiques, la répression a été féroce : les militants ont été attaqués par les forces spéciales et il y a eu des kidnappings, de la torture, des fusillades.

Je pense que le régime a avancé l’idée de fédération quand il a perdu le contrôle de la situation : cela a été une tentative désespérée de garder le pouvoir. La réalité est que le peuple ukrainien est plus préoccupé par les questions sociales et économiques que par les mythes culturels qui ont été un instrument de propagande contre notre unité.

Et comment vois-tu la situation actuelle en Crimée ?

VC : L’histoire de la Crimée est spécifique. La Crimée a un statut de république autonome dans l’Ukraine et elle représente une valeur stratégique immense pour la Russie. Pendant des années, la Russie a financé des organisations pro-russes, y compris certaines qui se présentent comme d’extrême-gauche et utilise un discours radical dans leur propagande.

Mais sur un plan basique, l’occupation militaire de la Crimée est un putsch : une contre-révolution contre le mouvement. Ce qui est arrivé en Ukraine est le pire des cauchemars pour Poutine : il a besoin d’utiliser tous les moyens – de la propagande à l’intervention armée – pour discréditer l’alternative politique en Ukraine, y compris l’alternative de gauche (et par extension la discréditer en Russie elle-même). Mais la réalité est que la situation en Ukraine est maintenant hors du contrôle de la Russie.

Qu’est-ce que la gauche, en Europe et au-delà, devrait faire maintenant ?

VC : Comme toujours l’Union européenne et l’Occident ont réagi trop tard. Nous avions besoin des sanctions en décembre, mais il vaut mieux tard que jamais. Et la gauche a été également trop lente à réagir. Nous espérions des manifestations internationales pour soutenir Maidan et pour mettre la pression sur l’Union européenne et les Etats-Unis pour qu’ils agissent de façon plus déterminée, mais cela n’a pas eu lieu. Il n’y a pas eu de solidarité internationale.

Mais nous pouvons voir que Maidan a aussi inquiété l’Union européenne. Maidan était pour une Europe alternative et nous avons trouvé la voie pour nous battre pour nos droits de façon radicale et démocratique. C’est peut être aussi pour cela que l’Union européenne a été aussi lente à réagir. La gauche doit être mieux informée et plus active. La gauche ne doit pas répéter la propagande de Poutine qui dit que les fascistes occupent Maidan. La gauche doit prêter plus d’attention au contexte et comprendre que Maidan a été un vrai mouvement social et que l’Ukraine a fait une vraie révolution.

Et pour la gauche en Ukraine ?

VC : Il y a maintenant un nouvel espace politique dans lequel la gauche peut être plus visible et plus influente. Auparavant la vie politique était monopolisée par les néo-nazis et les oligarques. Cela a en partie changé.

Maintenant la force active, c’est le peuple ukrainien. Maidan a été la preuve que les masses étaient le vrai moteur du progrès et de la révolution. La gauche ne peut pas rester comme elle était : élitiste et sectaire. Nous devons maintenant être plus inclusifs et travailler avec les larges masses. Nous avons à ouvrir nos perspectives, à les maintenir dans la réalité et à nous engager sur toutes les questions sociales possibles. Plus que le contenu, la forme de notre activité est vraiment importante.

Bien sûr nous devons construire de nouvelles plates-formes comme des centres sociaux, et institutionnaliser quelques initiatives issues de Maidan. Mais plus que tout, la gauche doit sortir et écouter le peuple. Toute défaite de la gauche serait une victoire pour l’extrême-droite. Nous devons écouter ce que veut le peuple et ne pas seulement prêter attention aux idoles du passé. L’absence de pratique politique peut créer des hallucinations théoriques…

Interview réalisée le 6 mars 2014 par Nicola Bullard et Christophe Aguiton

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08 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Ceux qui en russie diront « non » à la guerre demain

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Crise ukrainienne

Dimanche 2 mars les rues de Moscou sont devenues l’arène des premières réactions sociales à la préparation par le pouvoir russe de l’intervention militaire en Crimée.

Il y avait, d’une part, les adversaires de la guerre qui se sont rassemblés devant le ministère de la Défense, puis sur la place du Manège. Plus de 1.000 personnes, se rassemblant spontanément dans une action antiguerre auto-organisée, vue l’actuelle atmosphère politique de Moscou, ce n’est pas mal. Sont venus les meilleurs de ceux qui restent du mouvement démocratique d’il y a deux ans, depuis les libéraux jusqu’à l’extrême gauche.

D’autre part, à 17h, a commencé la procession patriotique progouvernementale organisée comme d’habitude grâce à l’aide des « ressources administratives ».

La guerre n’a pas encore commencé, il est donc difficile de préjuger les contours politiques possibles d’un mouvement antiguerre de masse. Mais je suis certain que ce ne sera pas seulement un mouvement de gens sympathiques, corrects et honnêtes qui refusent les mensonges et la cruauté. Ce sera aussi le mouvement de tous ceux qui vont avoir à payer les frais d’une nouvelle guerre.

Il y aura même ceux qui, aujourd’hui, dimanche jour férié, craignant de na pas toucher leur prime mensuelle, se sont laissés entraîner par la « postpolitique » de Poutine pour défiler en défense de Poutine et de « notre Sébastopol ». De ces travailleurs du rang, qui baissent les yeux. De ces employées modestes habillées dans les manteaux des institutions. De ces étudiants timides et velléitaires qui veulent s’assurer leur avenir ou gagner quelques centaines de roubles. De tous ceux qui ont été utilisés dans les campagnes électorales pour qu’elles apparaissent comme populaires, ceux qu’on a forcé à danser en silence autour des tambours patriotiques.

Maintenant ils vont payer : pour l’effondrement du marché de demain, pour la brutale augmentation des prix, pour l’accroissement des dépenses militaires et parce qu’ils devront « se serrer la ceinture ». Leur vie se détériore rapidement, chaque jour le taux de change dégringole. Et lorsqu’une nouvelle fois on leur offrira de se détendre en regardant le spectacle de Kiselyov [1] sur les « bandéristes » [2], ils regarderont à un moment avec leur poches, vides… Et ils comprendront alors qu’ils se sont fait avoir. C’est un tel mouvement anti-guerre que Vladimir Poutine peut provoquer. Dans ce cas il n’aura plus qu’à fuir. Ilya Budraitskis

Notes:

[1] Dmitry Konstantinovitch Kiselyov est un journaliste russe, nommé à la tête de l’agence de presse Rossiya Segodnya par Vladimir Poutine en décembre 2013, spécialisé dans la propagande homophobe et grand-russe.

[2] Les « bandéristes » vient du nom de Stepan Bandera, dirigeant de l’Organisation des nationalistes ukrainiens – fraction révolutionnaire (OUN-R) et un des fondateurs de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) qui mènera une guérilla contre les occupants allemands et contre les partisans polonais et soviétiques, puis contre l’URSS jusqu’en 1953-1954 et dont les partisans sont également accusés d’avoir liquidé des populations polonaises et juives en Ukraine occidentale. S. Bandera a participé à la proclamation le 30 juin 1941 à Lviv d’un nouvel État ukrainien, non reconnu par Hitler qui l’a fait emprisonner dans le camp de concentration de Sachsenhausen jusqu’en septembre 1944. Il a été assassiné en 1959 à Munich par un agent du KGB. En Russie et en Pologne le terme « bandériste » est employé par les chauvinistes en tant qu’insulte à l’encontre des Ukrainiens.

BUDRAITSKIS Ilya 2 mars 2014

* http://www.inprecor.fr/article-inpr…

* Ilya Budraitskis, journaliste et chercheur, est militant de la section russe de la IVe Internationale.

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article31274

 

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07 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Je déteste!

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Sur la guerre en Ukraine

Écrire d’une position critique n’est pas quelque chose de très apprécié dans les périodes troubles. Pour certains idiots surexcités j’ai succombé aux fascistes, pour d’autres j’ai trahi la Patrie. Le temps est maintenant précieux et à utiliser efficacement. C’est pourquoi je réponds à tous dans un seul post.

Je déteste les Euro-idiots qui ont commencé tout ceci à cause de leurs illusions et de leur chauvinisme culturel.

Je déteste le salaud qui s’accrochait au pouvoir, malgré des dizaines de morts et qui veut maintenant revenir dans le pays par l’appui de chars étrangers.

Je déteste l’ancienne opposition, qui est devenu le gouvernement actuel, et qui n’a rien trouvé de mieux que de «sauver la langue ukrainienne » [en limitant l'usage du russe], peupler le gouvernement de fascistes et promettre des mesures sociales impopulaires.

Je déteste les autorités de Crimée, qui ont tellement peur pour leur poste qu’elles seraient heureuses de servir de paillasson à une administration occupante.

Je déteste le tyran au Kremlin, qui a besoin d’une petite guerre victorieuse pour renforcer le rouble et son propre pouvoir, qui est presque illimité.

Je déteste tous ces bureaucrates européens et américains «profondément préoccupés», qui n’introduisent des sanctions qu’au moment où le gouvernement est renversé et accordent des aides sous des conditions qui ressemblent à un braquage en plein jour.

Je déteste les fascistes ukrainiens et russes, qui ne peuvent pas s’habituer à la réalité d’un pays multiculturel et multilingue, et sont prêts à le détruire.

Je déteste ces «libéraux», qui étaient prêts à couvrir et ne se sont jamais distancés des fascistes présents sur le Maidan pour donner une chance au mouvement démocratique pour tous les Ukrainiens plutôt que de pousser le pays vers une guerre civile.

Je me déteste moi-même et d’autres militants de gauche pour passer la plupart de notre temps dans des conflits entre nous plutôt que de construire une organisation politique forte. Divisés, nous avons eu peu d’influence sur le Maidan ou l’anti-Maidan. Une partie de la responsabilité nous en incombe.

Mais je suis pour la paix mondiale. J’envoie ces fleurs de Wallonie. Des flocons de neige sur l’arrière-plan de feuilles vertes de l’année dernière. J’espère que ce n’est pas la dernière fois que nous les voyons. Je viens juste de revenir de mon pays divisé et je prie pour que tout ça se termine par une deuxième guerre de Crimée plutôt qu’une Troisième Guerre mondiale. Parce que cette guerre ne se transformera pas en une révolution mondiale (les chances pour cela sont beaucoup plus réduites qu’ il y a 100 ans) mais en un Holocauste nucléaire.

Camarades russes, prenez les places centrales de vos villes afin de stopper l’intervention en Ukraine.

Camarades ukrainiens, réfléchissons ensemble sur ce que nous pourrions faire. Il est clair qu’il est exclu de s’inscrire dans la démarche du [mouvement fasciste] « Secteur de Droite » [qui a fait un appel à la mobilisation].

5 mars 2014 par Volodymyr Ishchenko

Traduction: Michel Etxebarria. Attention: il ne s’agit pas d’une traduction de la version originale mais d’une traduction en anglais

(http://www.criticatac.ro/lefteast/i-hate-on-war-in-ukraine/)

http://www.lcr-lagauche.org/je-deteste-sur-la-guerre-en-ukraine/

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07 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Effondrement programmé du parc nucléaire des USA (odn)

tout va bien
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Nous avons évoqué dans nos précédents numéros les réacteurs américains définitivement fermés par leurs propriétaires à qui ils faisaient perdre trop d’argent :
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Crystal River 1, San Onofre 1 et 2, Kewaunee 1 et bientôt Vermont Yankee (fin 2014), ces deux derniers ayant pourtant en poche une prolongation de durée de vie jusqu’à 60 ans (2032 et 2033) !
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Le Journal de l’environnement évoque pour sa part la possible exploitation de réacteurs américains au delà de 60 ans (!), en notant à juste titre que cela pourrait coûter fort cher, mais c’est aller plus vite que la musique. En effet, le Financial Times, peu connu pour un quelconque activisme antinucléaire, annonce la possible fermeture prochaine de nombreux réacteurs devenus non rentables : les 5 évoqués ci-dessus ne sont probablement que les premiers d’une longue liste. Tant mieux, mais espérons qu’aucune de ces antiquités ne causera d’ici là un Fukushima américain.
*
Uneconomic US nuclear plants at risk of being shut down
(Les centrales nucléaires non rentables aux USA menacées de fermeture)
Financial Times, 19 février 2014 :
http://on.ft.com/1mEKOmm
Nucléaire: aux Etats-Unis, les centrales vont être éternelles
Journal de l’Environnement, 25 février 2014 :
http://bit.ly/1gDZttV
*

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