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04 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Chili: «La contre-révolution de 1973 fut à sa façon une vraie révolution capitaliste» (Al’e)

Chili: «La contre-révolution de 1973 fut à sa façon une vraie révolution capitaliste» (Al'e) dans Antiimpérialisme cheval

Vous avez vécu le coup d’Etat du 11 septembre 1973 et vous avez aussi été partie prenante du processus révolutionnaire au Chili. Dans quelle situation se trouve le mouvement social chilien aujourd’hui en comparaison de celui des années 1970?

Les mouvements sociaux ont souffert d’un terrible recul résultant du coup d’Etat et de la dictature. Les organisations sociales sur lesquelles prenait appui le mouvement populaire ont été dissoutes et durablement réprimées. Leurs dirigeants furent poursuivis, emprisonnés, torturés assassinés, bannis ou expulsés du pays. Durant des années ont pesé sur ces organisations la terreur dictatoriale et l’interdiction absolue de fonctionner.

Au cours de la décennie 1980, la réanimation des organisations sociales est allée de concert avec la renaissance de la protestation sociale se centrant sur la lutte contre la dictature. Toutefois, le mouvement populaire n’a  pas réussi à imposer son agenda et ses objectifs propres, restant finalement subordonné au projet des élites politiques de l’opposition modérée de l’époque, sacrifiant d’abord ses intérêts sur l’autel du «retour à la démocratie» et, par la suite, de la dite gouvernabilité [stabilité gouvernementale] en tant que système.

La législation du travail de la dictature,  les «lois menottes» et la Constitution pinochetiste se sont affirmées durant presque un quart de siècle comme autant d’entraves qui ont fonctionné comme de forts obstacles à l’expression de revendications sociales. A cela s’est ajouté l’énorme pouvoir de manipulation des consciences et des comportements qu’ont exercé les grands moyens de communication (avant tout la télévision) dont la concentration et le manque de pluralisme ont constitué une vraie «dictature médiatique» qui a diffusé la «pensée unique».

Il faut y ajouter la politique d’endiguement social mise en place par la Concertation [l’accord entre la démocratie chrétienne et la social-démocratie de 1990 à 2010] durant les vingt années de gouvernement du pays dont les objectifs principaux résidaient dans la dépolitisation des citoyens et le désamorçage des mouvements sociaux. Tout cela s’est produit dans le contexte d’un modèle économique et sociétal de type néolibéral, dont un des effets «naturels» réside dans la destruction du «tissu social» et le remplacement de la solidarité collective par la concurrence interindividuelle et la transformation des citoyens en de stricts consommateurs.

Néanmoins, depuis quelques années, et avec plus de force depuis 2011, nous assistons à un nouvel éveil de la mobilisation sociale dont les expressions les significatives ont été le mouvement étudiant, le mouvement national du peuple Mapuche et des mouvements de protestation aux plans régional et local sur différents thèmes à Magallanes, Aysén, Calama, Dichato, Freirina et Tocopilla, entre autres.

Sans oublier de mentionner les mobilisations des artisans pêcheurs contre la privatisation de la mer, les luttes pour la défense de l’environnement et pour les droits des minorités sexuelles; ainsi que les arrêts de travail, les grèves et les manifestations des employés des impôts, des mineurs du cuivre, des travailleurs des ports et des travailleurs de la construction industrielle, pour ne citer que les plus importants.

Néanmoins, il faut souligner que la renaissance des mouvements sociaux, que l’extension et la solidité de leur organisa- tion , ainsi que le niveau de politisation des citoyens et des citoyens sont incomparablement plus bas que dans la décennie 1970. Il y a des avancées importantes et des signes prometteurs, mais ces progrès sont très partiels et ne s’affirment pas comme une tendance déterminante de la situation présente. Au plan de la solidarité, non seulement elle est à un niveau inférieur de l’essor connu dans les années 1960 et au début des années 1970, mais y compris elle est en deçà de ce que le mouvement ouvrier pouvait exprimer il y a un siècle. C’est-à- dire lorsque les grèves de solidarité [avec d’autres grèves] étaient un faire relativement fréquent et non pas exceptionnel. Et si le point de comparaison réside dans la période 1970-1973, il faut constater qu’alors la question du pouvoir était le thème central pour de nombreuses organisations sociales, ce qui n’a rien à voir comparativement à la phase actuelle. Une phase qui est de réorganisation, de réanimation, l’élaboration de propositions et de développement d’actions afin de  regagner des droits fondamentaux violés par la dictature et le modèle néolibéral.

Quelles leçons tirez-vous de la période de 1973 pour qu’elle ne revienne pas? Si vous pouviez revenir en arrière, que feriez-vous pour éviter le revers imposé par le coup d’Etat militaire?

Ce serait très long de faire un bilan de ce que l’on a vécu il y a 40 ans. Mais si par magie nous pouvions revenir à cette époque ou mieux si devrions vivre dans le futur une conjoncture plus ou moins semblable, il s’agirait de me défaire de l’idéologisme et de l’avant-gardisme qui ont caractérisé notre génération. Je tenterais d’aboutir à des accords larges, qui, sans abandonner les objectifs émancipateurs, permettraient de faire front à des dangers communs qui menacent toujours les mouvements populaires.

Quels sont les pires facteurs provoqués par le coup à d’Etat à notre société? Un pays à l’individualisme extrême, une économie néolibérale à outrance ou une contre-révolution qui a bloqué la situation durant 40 ans?

Les trois éléments que vous mentionnez font partie du même processus. La contre-révolution de 1973 fut à la fois une vraie «révolution capitaliste» qui a changé le paradigme de développement en imposant le modèle néolibéral le plus outrancier du monde, qui est à l’origine d’un individualisme extrême et de la majorité des maux dont souffre la société chilienne. (Traduction A l’Encontre) Publié par Alencontre le 3 – septembre – 2013 Entretien avec Sergio Grez Toso conduit par Maria Alicia Salinas

Entretien publié dans la revue El Irreverente, n° 13, Santiago, 15 août-15 septembre 2013. Sergio Grez Toso est historien et professeur à la Universidad de Chile.

http://alencontre.org/ameriques/amelat/chili/chili-la-contre-revolution-de-1973-fut-a-sa-facon-une-vraie-revolution-capitaliste.html

Pour en savoir plus sur les pêcheurs

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03 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Equateur : La fin annoncée du projet Yasuni-ITT mobilise la jeunesse (Avanti.be)

Equateur : La fin annoncée du projet Yasuni-ITT mobilise la jeunesse (Avanti.be) dans Altermondialisme 656318

Le processus socio-politique de modernisation accélérée que vit l’Equateur depuis six ans et demi ne provoque pas seulement des changements physiques (développement des infrastructures) et dans la réduction des indices de pauvreté. Il entraîne également des bouleversements dans le domaine des acteurs ayant le plus d’impact dans le domaine social.

Bien que le gouvernement a eu la capacité de générer un réseau clientéliste autour des organisations sociales, ce qui lui a permis de contrôler dans une grande mesure leur capacité de réaction aux politiques publiques néfastes (licenciements de travailleurs du secteur public, politique de criminalisation de la protestation sociale, négociation d’un traité de libre-échange avec l’UE…), il n’ pas pu élargir son contrôle sur de nouveaux acteurs politiques en construction ou en reconstruction.

La décision du président Correa, annoncé le 15 août dernier, d’exploiter les réserves pétrolières du Bloc 43 – la zone Ishpingo-Tiputini-Tambococha (ITT) a provoqué le surgissement sur la scène politique nationale d’un acteur qui était resté jusqu’ici passif depuis l’avènement de l’ère « corréiste » : la jeunesse. La fin annoncée de l’Initiative Yasuní-ITT, qui était l’enseigne la plus révolutionnaire du gouvernement équatorien, a provoqué un malaise dans de vastes secteurs de la population mais elle a surtout particulièrement mobilisé les plus jeunes. Depuis lors, et jusqu’à aujourd’hui, plusieurs villes du pays sont le théâtre de mobilisations quotidiennes organisées par des jeunes qui manifestent leur refus de cette décision et exigent un référendum populaire dans lequel l’ensemble de la population pourra exprimer son opinion.

A mesure que ces mobilisations se sont faites de plus en plus massives, la réaction d’un gouvernement habitué à n’avoir aucune opposition ni mobilisation sociale soutenue dans les rues ne pouvait être autre chose que les insultes, la désinformation et la répression par rapport à ceux qui exercent leurs droits démocratiques à la participation sociale.

De l’ancien au nouveau D’après Antonio Gramsci, une véritable crise historique se produit quand quelque chose se meure mais n’a pas encore fini de mourir et qu’en même temps quelque chose naît mais n’a pas encore fini de naître. Dans le temps et l’espace où cela se produit se présente alors une crise organique authentique, une crise historique et totale.

L’alternative électorale « Allianza Pais » (du président Correa, NdT) s’était présentée en 2006 comme quelque chose de nouveau et voulait incarner une nouvelle forme de faire la politique face à la perte de légitimité du vieux système politique contrôlé par l’oligarchie et à la décadence de sa particratie. Cependant, l’adoption par le président Correa des discours et des pratiques historiquement utilisées par cette particratie ont transformé l’ « Allianza Pais » en un paradigme que ce qu’elle prétendait dépasser. Le processus accéléré de recul idéologique du « corréisme » a fait qu’il a fini par souffrir de ce que la médecine connaît sous le nom de « syndrome Hutchinson-Gilford » ; un état clinique caractérisé par le vieillissement prématuré des personnes (qui vieillissent de 5 à 10 fois plus vite que la normale).

Tandis que, chaque jour, de plus en plus de jeunes manifestent dans les rues avec des slogans en faveur de la vie, contre l’exploitation du Yasuni et pour un modèle de développement nettement distinct de celui prôné par les autorités, le président Correa leur lance à la figure les mêmes messages que tout les gouvernements équatoriens depuis ces 40 dernières années : « l’exploitation du pétrole sert à combattre la pauvreté » ; « sans exploitation du pétrole, il n’y aura pas d’écoles » ; « sans pétrole, il n’y aura plus d’essence subsidiée »… C’est ce genre de messages qui fait que le processus initié par Correa est vu aujourd’hui par les jeunes comme une « caricature de révolution ».

La majorité des personnes qui participent aujourd’hui à ces mobilisations avaient entre 14 et 20 ans quand Correa est arrivé au pouvoir. Ils ont grandis et se sont formés pendant le processus « corréiste », ils n’ont pas d’affiliation politique organisée et ce qui les mobilise c’est la construction d’un monde plus juste et respectueux avec une planète de plus en plus saccagée.

Ces jeunes qui ont grandit en entendant parler de la nécessité de préserver les peuples indigènes dans leur isolement volontaire ; que la véritable richesse du Yasuni réside dans sa biodiversité et non dans son pétrole ; ou encore que société doit se construire sur les piliers ancestraux du « Buen Vivir » (le « bien vivre » des indigènes, NdT) et non sur la consommation capitaliste effrénée ; ces jeunes se mobilisent donc aujourd’hui de manière conséquente et cohérente avec ces valeurs en disant au gouvernement et à tout Equateur que ce sont eux qui aiment réellement la vie.

L’appareil de propagande gouvernemental les disqualifie de manière systématique à travers les chaînes de télévision, dans lesquelles ont affirme que ce sont les dirigeants des partis de l’opposition qui organisent et dirigent les mobilisations. Dans les contre-manifestations organisées par le pouvoir (minoritaires et surtout composées de fonctionnaires publics) on scande des slogans qui dépeignent les jeunes comme des déstabilisateurs et des putschistes. La myopie politique habituelle des gouvernements qui exercent « tout le pouvoir » – par leur capacité d’influence dans tous les rouages de l’Etat – s’aiguise dans le cas équatorien, provoquant un niveau de confrontation contre les manifestants qui dépasse la dimension des faits et sans la moindre éthique politique. Or, de nombreux secteurs de la société soutiennent la revendication légitime et démocratique d’un référendum sur l’avenir du Bloc 43 et du Yasuni.

L’arrogance du gouvernement l’aveugle à tel point qu’il ne comprend pas que le Yasuni déborde de vie par tous les côtés au point de provoquer à nouveau la résurrection d’une société qui était politiquement moribonde, avec l’émergence de nouveaux acteurs sociaux et la réintroduction du débat politique dans la société. Quelles que soient les manipulations ou les manœuvres de ses laquais dans le Conseil de Participation Citoyenne et de Contrôle Social, l’Etat ne doit pas nier le droit de la citoyenneté à participer dans le processus démocratique de prise de décision.

Aujourd’hui, en Equateur, la politique – dont l’origine étymologique renvoi au domaine du « public », du communautaire, du collectif –dépasse heureusement son acceptation courante comme champ limité à l’Etat et au système des partis, et elle rompt en même temps avec le « fétichisme du pouvoir » qui s’exprime dans l’exercice de l’autorité. Un secteur de plus en plus large de la société est en train dire « basta » à un gouvernement qui se croit l’unique dépositaire du pouvoir souverain. Ce secteur assume ainsi un rôle d’acteur politique en brisant la tradition servile basée sur le clientélisme politique et social hérité des populismes antérieurs.

Source :http://www.deciomachado.blogspot.fr/2013/08/yasuni-convoca-la-vida.html
Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera

http://www.avanti4.be/actualite/article/equateur-la-fin-annoncee-du-projet-yasuni-itt

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03 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Chine : le procès de Bo Xilai (Essf)

wealthy China

Le procès retentissant de Bo Xilai, ancien chef du Parti communiste chinois de Chongqing, un important centre urbain dans le sud-ouest de la Chine, s’est terminé fin août.

Le procureur a réclamé une peine d’autant plus « lourde » que l’accusé est revenu sur les « confessions » qu’il avait rédigées lors de sa détention : loin de plaider coupable en espérant la clémence, il a contre-attaqué durant les cinq jours d’audience ; ce qui laisse préjuger une sentence « exemplaire » à son encontre puisque « l’accusé a refusé d’avouer ses crimes ».

Il y a des allures de roman noir à cette histoire, la matière d’un thriller: Wang Lijun, ancien chef de la police de Chongqing et bras droit de Bo Xilai, qui tente de s’enfuir en se réfugiant dans un consulat états-unien ; Gu Kailai, son épouse, purgeant aujourd’hui une peine de prison après avoir été accusée d’assassinat par empoisonnement (commis à l’insu de son mari) de l’homme d’affaires britannique Neil Heywood…

Le procès a aussi jeté une lumière crue sur l’ampleur des pratiques de corruption qui gangrènent le système chinois au point de rendre aléatoire l’efficacité des politiques économiques. Deux points saillants méritent d’être tout particulièrement soulignés : le procès a été partiellement public et mené avec des débats contradictoires ; il révèle en arrière-plan l’acuité de la « crise de succession » au sommet du PCC.

Bo Xilai a conduit sa propre défense et les débats ont été pour une part retransmis sur Weibo (le Twitter chinois). Alors que les témoignages à charge sont généralement déposés sous forme écrite, il a pu cette fois contre interroger ses accusateurs, les traitant plus d’une fois de « menteurs ». Ceci est d’autant plus important que le dossier d’accusation s’appuie presque exclusivement sur ces témoins et non sur des preuves matérielles. Bo a aussi pu expliquer qu’il avait rédigé sa « lettre d’aveux » pour éviter que sa femme ne soit condamnée à mort et son fils poursuivit ; pour éviter lui-même la peine capitale et pour garder un avenir politique (donc son appartenance au PCC).

Par sa « transparence » (très contrôlée) le procès est devenu un événement judiciaire, largement discuté en Chine. Il n’annonce cependant pas une libéralisation du régime : fin août aussi, Xu Zhiyong, chef de file du mouvement citoyen a été formellement mis en examen et Liu Hui, le frère de Liu Xia (l’épouse du Prix Nobel emprisonné Liu Xiaobo), a vu confirmer le verdict de onze ans de prison pour fraude infligé pour un simple différend commercial.

Par ailleurs, Bo Xilai appartient au club très fermé des « princes rouges », les fils de hauts dirigeants du PCC, à l’instar de Xi Jinping, le nouveau président de la République. Bo a incarné le « modèle de Chongqing », très autoritaire, mais perçu comme « de gauche » par l’aile néo-maoïste du parti, en opposition à la ligne de l’actuelle direction. La publicité donnée au procès visait probablement à le déconsidérer aux yeux de secteurs pour qui il incarne une option plus « populaire », en détaillant toutes les affaires de corruption dont il est accusé, en jouant sur son arrogance ou en réveillant de mauvais souvenirs : Bo a été attaqué par Wen Jiabo (l’ancien Premier Ministre) pour vouloir revenir au temps de la « Révolution culturelle » et du règne dictatorial de la « Bande des Quatre » au tournant des années 1970. Le procès de Bo Xilai participe ainsi des règlements de comptes au sein de la « cinquième génération » de dirigeants du PCC qui a accédé au pouvoir à l’occasion du 18econgrès du parti, réuni en novembre 2012. ROUSSET Pierre 3 septembre 2013

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article29634

 

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03 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

En Bretagne et ailleurs, ils luttent contre l’accaparement des terres (BD)

En Bretagne et ailleurs, ils luttent contre l'accaparement des terres (BD) dans Altermondialisme atencoba

Pour lutter contre l’accaparement des terres suite aux projets menés par les grandes entreprises, un collectif, « Paysan sans terre » est en train de se mettre en place, en Bretagne et plus largement en France.

Le but ? Rassembler agriculteurs et tout autres sympathisants et faire valoir le droit à la terre. Lors du festival de Mamm Douar, consacré aux résistances écologiques qui se déroulait à Saint Nolff (56) le 29 juin dernier, nous avons rencontré Ignacio del Valle Medina, activiste mexicain qui, de la même manière, lutte contre l’accaparement des terres dans son pays, et notamment contre un projet d’aéroport.

Le collectif « Paysans sans Terre » est en pleine phase de constitution. Dans un appel , les initiateurs expliquent que le collectif « a pour objectif de rassembler et soutenir les porteurs de projets (en agriculture paysanne respectueuse de l’environnement) en recherche de terre face aux lobbies (agro-alimentaires, syndicat majoritaire, banques et autres) et au bétonnage abusif des terres nourricières. » « Il devient de plus en plus difficile pour ces jeunes en projet dit « atypique » d’acquérir un outil de travail et de développer un projet de vie. En se regroupant en collectif, l’idée est d’échanger et de se soutenir et enfin de travailler sur nos projets respectifs avec des structures associatives travaillant sur le soutien aux installations alternatives (GAB, réseaux agriculture durable, CIVAMs, Terre de Lien, confédération Paysanne, RTF, réseaux locaux d’économie sociale et solidaire, etc) », détaillent-ils. Plus d’infos seront disponibles dans les prochaines semaines sur un blog dédié.

Interview d’Ignacio Del Valle Medina, activiste mexicain, rencontré à Saint-Nolff (56) lors du festival Mamm Douar le 29 juin dernier. Il évoque ici la lutte contre l’accaparemment des terres, et son combat contre un projet d’aéroport, qu’il compare à celui mené en France à Notre-Dame-Des-Landes.

Ignacio del valle medina, peux-tu te présenter ? Je viens de San Salvador Atenco (une région du centre sud du Mexique ndlr) et je fais partie d’une organisation qui y défend les peuples sans terre.

Quel problème rencontrez-vous avec votre droit à la terre dans ton pays ? Le problème en particulier à Atenco, c’est qu’on nous impose des projets qui ne répondent pas aux besoins réels de notre pays. Le système de gouvernement caduc, corrompu, insensible aux réels besoins du peuple, impose les lois de l’économie des entreprises. Le gouvernement ne consulte pas les parties concernées, mais concède les permis. La construction de n’importe quel projet d’autoroute sous l’impulsion d’initiatives privées est lancé. Dans le cas spécifique d’Atenco, un projet d’aéroport est en train de voir le jour sur des terres habitées par des communautés ancestrales, une racine historique. Le gouver-nement fait des concessions à des multinationales qui ne portent aucun intérêt pour les populations locales et pour la réalité. C’est le résultats du libre échange où la richesse nationale se voit vendue, sa faune et sa flore sont bradées. Quant aux métaux, à l’eau, tout ce qui peut générer du gain pour les capitalistes, ceux-ci s’en emparent. L’instabilité sociale est très forte. Par exemple, lors des derniers huit mois du gouver-nement actuel, nous comptons quasiment 10 000 disparus sous le prétexte de la lutte contre les narco-trafficants. La protestation sociale dans notre pays est criminalisée. Prenons l’exemple d’Atenco, d’où nous venons. Pour défendre notre terre, ils nous incarcèrent, nous assas-sinent. Ils violent nos femmes… Nous devons dénoncer cela, nous ne pardonnerons pas et nous ne l’oublierons pas. Ce n’est pas une forme de vengeance, mais une lutte pour la justice qui ne se reproduira ni dans notre pays, ni ailleurs. Face à ces représailles à la protestation sociale, Atenco considère que si il y a une raison légitime à défendre, c’est bien la terre.

Que faites-vous pour lutter ? C’est un consentement mutuel du peuple. Cet affront surgit comme une réponse naturelle des peuples qui se disent : pourquoi devrais-je quitter cette terre qui est la mienne ? Pourquoi devrais-je quitter cette terre alors que jamais, ils ne nous ont avisés. De quel droit arrivent-ils en disant : pars, cette terre n’est pas la tienne ? Ils n’ont pas pris en connaissance l’histoire, la culture, nos traditions, nos coutumes, notre mode de vie. Notre manière de nous organiser est efficace parce que nous nous connaissons bien entre communautés. Quitter nos terres nous touche chacun beaucoup, car cela signifie pour nous, quitter notre univers, Et nous défendre est un droit légitime. Dénoncer est également un droit légitime Ce projet d’aéroport sera construit avec une ville futuriste. Nous ont-ils avisés pour mener à bien ce projet ? Jamais, alors que nous sommes les premiers concernés puisque c’est de notre terre qu’il s’agit. Ils nous imposent leurs actions à travers des moyens de communication élaborés.

Je suis ici pour dire que la solidarité internationle, le travail des ONG, fonctionnent, donnent un poids aux luttes des peuples. A Atenco, nous savons reconnaître cette aide internationale. Ici aussi, on s’oppose à un aéroport, Notre-Dame des Landes. Cette lutte, elle est la nôtre. Nous nous y identifions depuis le Mexique, la lutte continue, Atenco ne se vend pas, la terre nous l’aimons et nous la défendons. Par Estelle Caudal le 29/08/2013 à 16h53

http://www.bretagne-durable.info/ecomag/initiative/en-bretagne-et-ailleurs-ils-luttent-contre-laccaparement-terres

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02 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Hollande « piégé » sur la Syrie : mais par qui ? (Rue 89)

Hollande « piégé » sur la Syrie : mais par qui ? (Rue 89) dans International

C’est un des petits bonheurs consolateurs de la rentrée.

Comme on retrouve sa trousse et ses gommes, on retrouve ses éditorialistes préférés, inchangés, intacts, requinqués par quelques semaines de débranchement. Au micro d’Inter, voici Thomas Legrand et Bernard Guetta, se partageant le plat du matin : Hollande piégé par Obama sur la Syrie. Oui, oui, piégé. Hollande était parti sabre au clair pour « punir » Assad après une attaque à l’arme chimique fin août. Là-dessus, le parle- ment britannique se prononce contre la guerre, et voilà Obama se souvenant qu’il existe aussi un Parlement aux Etats-Unis. La punition atten- dra donc le 9 septembre, au plus tôt, ce dont Obama a l’obligeance de prévenir Hollande. Lequel, donc, se retrouve « piégé », dans la position doublement inconfortable de celui qui a dégainé avant d’avoir un fusil, et du seul Président des « démocraties occidentales » à pouvoir s’as- seoir sur son Parlement, ce qui est tout de même un peu voyant.

Feu sur les « grandes démocraties » Croit-on que Legrand et Guetta vont saluer la sagesse d’Obama et la grandeur de la démocratie britannique ? Mais non. Legrand part dans de grandes explications sur la Ve République : elle est ce qu’elle est, et qu’elle a toujours été, aujour- d’hui davantage d’ailleurs que demain.

Guetta est plus net : feu sur Obama, cet « intellectuel », cet « observateur » (deux des défauts les plus épouvantables dans l’échelle Guetta). Feu sur ces « grandes démocraties », qui « paraissent se coucher devant un dictateur ». Que Hollande se soit « piégé » tout seul, en dégainant plus vite que son ombre, en utilisant un vocabulaire qui trahit le flou des buts de guerre (« punir » Assad) n’effleure l’esprit d’aucun des oracles du matin. S’ils sont pris à contrepied, c’est bien parce que les grandes consciences de la presse française sont parmi les premières à avoir « piégé » Hollande, en le sommant d’aller bastonner Assad, sans se soucier particulièrement du Parlement.

Aux avants-postes, Le Monde qui, en multipliant reportages et éditoriaux, tente depuis des mois de chauffer l’opinion française, en déguisant Assad en Hitler, et les rebelles syriens soutenus (notamment) par le Qatar en dépenaillés en sandales. Sans grand succès apparemment, sauf sur Harlem Désir, le seul à ce jour à avoir brandi à la droite l’inusable fantôme de la capitulation de Munich.

Les médias ignorent davantage qu’ils ne savent La presse est-elle dans son rôle en dénonçant des crimes de guerre ? Oui, incontes-tablement. Est-elle dans son rôle en rapportant de Syrie des échantillons pouvant concourir à la preuve de ces crimes (on en parlait dans une de nos émissions du printemps) ? Oui encore. Doit-elle donner ces échantillons au gouvernement français ? Ça se discute.

Ce travail de reportage l’autorise-t-elle moralement à sommer le gouvernement de partir en guerre ? C’est à cet instant qu’elle devrait se souvenir de tout ce qu’elle ne sait pas, c’est-à-dire l’essentiel. A quel niveau du commandement de l’armée syrienne a été donné l’ordre d’utiliser les gaz ? A quelle échelle ont-ils été utilisés ? Les rebelles ont-ils riposté avec les mêmes armes ? Entre Obama et Hollande, qui a poussé qui, qui s’aligne sur qui (tiens, cet article du New York Times vous a peut-être échappé en août. Lecture impérative) ? Autant de points sur lesquels les m« dias, avec les outils forcément imparfaits qui sont les leurs, ignorent davantage qu’ils ne savent. Daniel Schneidermann | Fondateur d’@rrêt sur images

http://www.rue89.com/2013/09/02/hollande-piege-syrie-245354

Commentaire:  Schneidermann se laisse aller à mettre sur le même plan le dictateur, finalement pas si pire, avec le peuple qui se laisse soutenir par le Qatar. Ce n’est pas notre avis!

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02 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Dix remarques pour les progressistes qui discutent de la Syrie (Essf)

Dix remarques pour les progressistes qui discutent de la Syrie (Essf) dans Antiimpérialisme syrie

Alors que la Syrie est de retour sur la scène médiatique en raison des horribles attaques à l’arme chimique de la semaine dernière [21 août] qui tuèrent des centaines de personnes ainsi qu’en raison des menaces des Etats-Unis d’opérer des frappes militaires, voici quelques remarques pour les militant·e·s et organisations progressistes et radicales aux Etats-Unis alors qu’elles envisagent une réponse adéquate.

1° Ne dites pas ou ne laissez pas entendre, en aucune manière, que les deux côtés ont tort et qu’il n’est pas clair qui devrait être soutenu si nous sommes impliqués militairement. C’est une insulte à tous les Syriens qui sont sortis et continuent à sortir dans les rues et qui protestent autant contre le régime que contre les forces qui cherchent à utiliser cette période de guerre pour affirmer leur propre pouvoir sur d’autres. C’est une honte de voir combien de groupes progressistes aux Etats-Unis sautent dans le wagon « les deux côtés sont mauvais », affirmant que nous ne devrions pas être impliqués. Un million d’enfants sont des réfugiés et c’est de la faute du régime. C’est le régime qui bombarde les villes avec des avions de combat ; c’est le régime qui a dirigé le pays par la force brutale pendant des décennies. Toute déclaration qui ne reconnaît pas cela est, une fois de plus, une insulte envers ceux et celles qui ont tant sacrifié.

2° Ne confondez pas l’Irak avec la Syrie. C’est aussi grotesque que ceux qui regardent le Kosovo comme un exemple d’intervention militaire pour en soutenir une en Syrie. C’est assez pathétique lorsque tant de progressistes et d’activistes de gauche sont obsédés par les affirmations prétendument fausses d’utilisation d’armes chimiques. Plus de 100 000 Syriennes et Syriens ont été tués, la majorité par des armes conventionnelles. Il y a donc mille et une excuses pour que les Etats-Unis interviennent. Des armes chimiques truquées ne sont donc pas nécessaires. Il n’y a aussi aucun élément qui me convainc selon lequel Al-Qaida a accès et utilise de telles armes. Al-Qaida a combattu les Etats-Unis en Irak pendant une décennie et n’a jamais fait usage de telles armes. Mais, subitement, Al-Qaida les utiliserait en Syrie ? Et si les rebelles possédaient de telles armes, le régime se serait effondré, il y a déjà longtemps.

3° Ne soyez pas obsédés par Al-Qaida, les extrémistes islamistes, les djihadistes, etc. Depuis le 11 septembre 2001, les progres- sistes ont justement esquivé l’utilisation de toutes ces étiquettes lorsqu’il était question de la guerre des Etats-Unis contre le « terrorisme », alors que nous les utilisons librement lorsqu’il s’agit de la Syrie et, en fait, nous en sommes convaincus. L’écrasante majorité des Syriens, autant ceux qui ont pris les armes que ceux qui continuent de résister par des moyens non violents, n’ont rien à voir avec les groupes ex- trémistes et se sont soulevés contre toutes les forces qui détruisent leur pays, qu’il s’agisse du régime ou des prétendus groupes « d’oppo- sition » [allusion, entre autres, aux manifestations contre Al-Nosra dans le nord de la Syrie]. Il est aussi important de comprendre que l’Armée syrienne libre (ASL) n’est pas une armée disposant d’un centre de commandement unique dont les ordres viennent d’en haut. Il s’agit d’un groupe dont le système d’affiliation des « bataillons » est lâche et dont quiconque peut affirmer en faire partie.

4° Soulignez tous les échecs des Etats-Unis envers la Syrie et comment larguer des bombes sur le pays n’est pas ce qui est nécessaire. Je ne suis pas personnellement convaincu que les Etats-Unis seront impliqués militairement. Ils ont promis des armes aux rebelles qui doivent encore être fournies. En aucune manière les Etats-Unis ne seront directement [sur le terrain] impliqués parce que, ainsi que cela a été souligné par le général Martin Dempsey [1] et dans une tribune du New York Times [2], il est bien plus utile pour les « intérêts » des Etats-Unis que les Syriens se massacrent les uns les autres. Je pense que prendre position sur le fait que les Etats-Unis ne doivent pas être impliqués par le biais d’une intervention militaire est bien. N’écrivez pas « Hands off Syria » [Bas les pattes de la Syrie] en supposant qu’il s’agit d’un genre de conspiration américaine. N’affirmez pas que cela à avoir avec le fait que les Etats-Unis ne disposent pas du droit de prendre parti dans une guerre civile. Ne faites pas comme s’il s’agissait d’argent pour ici [les Etats-Unis] dans la mesure où nous [Syriens] avons besoin de plus d’aide humanitaire. Faites de telle sorte que ce qui est mis en relief dans vos propos porte sur qui apportera de l’aide pour mettre un terme aux souffrances des Syriennes et Syriens.

5° Soulignez l’hypocrisie des Etats-Unis alors qu’ils jugent la Russie pour envoyer des armes au régime. La semaine dernière uniquement, un reportage est paru selon lequel les Etats-Unis expédiaient des bombes à fragmentation d’une valeur de 640 millions de dollars à l’Arabie saoudite [3]. Les armes [américaines] continuent de se répandre en Egypte, au Bahreïn et en Israël malgré de massives violations des droits humains. Appelez à ce que soit mis un terme à la vente à tous les régimes de la région.

6° Ne laissez pas d’authentiques préoccupations au sujet de l’impérialisme des Etats-Unis, d’Israël, de l’Arabie saoudite, etc. vous faire croire, lorsque vous observez des images et des vidéos d’enfants morts, qu’il s’agit de conspiration. Bachar [el-Assad] est un dictateur autoritaire et ses lettres de noblesse en matière de résistance sont un peu sommaires. Souvenez-vous simplement qu’il collabora avec les Etats-Unis sur des initiatives telles que les transferts [« renditions », le programme de prisons secrètes et de tortures sous-traité à des régimes autoritaires amis] de la CIA [4]. Ce n’est pas parce que la CIA entraîne quelques combattants en Jordanie ou que quelque dirigeant rebelle anonyme est cité dans un journal israélien que le soulèvement syrien contre un régime brutal n’est pas légitime.

7° Insistez sur la bravoure continue du peuple syrien qui descend dans les rues et qui proteste contre le régime, les extré- mistes et tous ceux qui cherchent à détruire leurs luttes pour la liberté et la dignité [5]. Comme c’est le cas partout, la couverture des violences prend le dessus sur les résistances non-violentes continues.

8° Exhortez avec force les gens à donner de l’argent pour l’aide humanitaire [Médecins sans frontières, par exemple]. Entre les morts, les emprisonnements, les déplacements intérieurs de populations et les réfugiés, je pense que 30 à 40% de la population syrienne est d’une façon ou d’une autre déracinée [le HCR estime que d’ici à la fin de l’année près de 10 millions de Syriennes et Syriens – soit presque la moitié de la population du pays – seront réfugié·e·s ou déplacé·e·s intérieurs].

9° Je n’ai pas de solutions réelles à vous proposer dont vous pourriez vous emparer pour encourager les gens à les soutenir. Peut-être que pousser à un véritable cessez-le-feu pourrait être une option, ce qui supposerait une pression sur la Russie pour exiger de Bachar qu’il se rétracte. Je sais que le fait que je ne possède pas de réponse sur ce qu’il faudrait faire est une lacune, mais quelquefois le meilleur moyen d’action est de seulement être en solidarité avec des personnes en lutte en le reconnaissant, tout simplement.

1o° Les Syriennes et les Syriens méritent le même respect pour leur lutte que toutes les autres luttes de la région : en Tunisie, en Egypte, en Libye, au Bahreïn, au Yémen et, toujours, en Palestine. KUDAIMI Ramah 27 août 2013

* Texte publié le 27 août 2013 sur le site mondoweiss.net ; traduction A l’Encontre.

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article29625

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01 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Quimper. Une cinquantaine de manifestants contre une intervention en Syrie (OF)

Quimper. Une cinquantaine de manifestants contre une intervention en Syrie (OF) dans Antiimpérialisme lcrsy

À l’appel du Mouvement pour la paix, une quarantaine de personnes se sont rassemblées, ce samedi à Quimper (Finistère), pour s’opposer à une intervention militaire en Syrie.

Pour Christian Colimard, porte-parole de l’organisation, « les solutions politiques n’ont pas été assez explorées. » D’autres mouvements ont rejoint l’initiative du Mouvement pour la paix. Politique étrangère samedi 31 août 2013

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Quimper.-Une-cinquantaine-de-manifestants-contre-une-intervention-en-Syrie_40820-2224340——29232-aud_actu.Htm

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31 août 2013 ~ 0 Commentaire

La Syrie, la gauche et le piège des alternatives infernales (lcr.be)

La Syrie, la gauche et le piège des alternatives infernales (lcr.be) dans Antiimpérialisme lcrsy

On partira de cette citation, lue dans La Libre Belgique: « Le pouvoir syrien est en butte à une révolte populaire déclenchée début 2011. Cette dernière s’est militarisée et a dégénéré en guerre civile qui a fait plus de 100.000 morts selon l’ONU » (28/8/2013). A propos de « médiamensonges », en voici un beau! En effet, ce n’est pas la révolte populaire qui s’est militarisée, mais la dictature qui a tenté, et tente toujours, d’écraser la révolte populaire, pacifique au départ, avec ses tanks, ses avions de combat, ses missiles et ses armes chimiques, et en jouant la carte confessionnelle. Elle est déjà responsable directement de plus de 80% des victimes du conflit, des centaines de milliers de pri- sonniers, de blessés, et de 1,5 à 2,5 millions de réfugiés et quatre millions de déplacés (chiffres du HCR) dont un tiers est en situation critique pour sa survie.

La nuance est plus qu’importante. Car parler d’une « révolte populaire qui se militarise » d’elle-même pour déboucher quasi naturellement sur une « guerre civile » contribue à disqualifier les luttes des peuples contre leurs despotes, à présenter ces luttes comme une menace, et en fin de compte à renforcer des préjugés racistes sur « les Arabes  (ou les musulmans) violents ». Tellement « violents » et « sauvages » qu’il faudrait des dictatures pour les mater… Cette lecture néo-orientaliste a d’autant plus d’écho que l’Occident est soumis depuis deux décennies à une déferlante politique et médiatique raciste et islamophobe.

Dans le mouvement « anti-guerre », l’extrême-droite en invitée surprise Le Pen soutenait Saddam en Irak. Sa fille dénonce les préparatifs de bombardements en Syrie. L’ex-président du Vlaams Belang, Filip Dewinter, était à Damas en juin, à l’invitation du régime (tous les détails sur le site du VB), « pour se faire une idée objective du conflit ». Cette « objectivité » ne l’a évidemment pas conduit à parler avec l’opposition ! Par contre, il a rencontré certains représentants de la communauté chrétienne que le régime instrumentalise pour donner un tour communautaire au conflit… En évitant soigneusement le père Paolo Dall’Oglio, qui soutient la révolution.

Dewinter s’est aussi spécialement intéressé aux combattants belges en Syrie.  « La guerre civile est exportée en Europe à cause de la politique défaillante de nos autorités», a-t-il déclaré. Il s’agit évidemment, dans son esprit, de la « politique défaillante » vis-à-vis des « alloch-tones » (ce terme!), des musulmans en général (du voile en particulier, car les femmes sont dans le collimateur des fascistes) et de l’asile, entre autres. La NVA joue un peu sur le même registre, et concrétise cela en coupant l’aide sociale aux familles des jeunes partis en Syrie. Côté francophone du pays, Nation, petite formation néonazie, a également à plusieurs reprises montré son soutien à Bachar Al-Assad « contre les USA alliés à l’islamisme ». Les mouvements d’extrême-droite redoublent de créativité sur Internet pour suggérer que tout ceci ne serait qu’un complot « américano-sioniste », et que les massacres et autres tueries au gaz sarin seraient des « inventions » ou des « crimes perpétrés par l’opposition » (contre elle-même, donc!). L’extrême-droite négationniste de l’Holocauste reste donc fidèle à elle-même à propos de la Syrie.

Non au « campisme », cette alternative infernale La gauche doit donc faire très attention. Plus encore que des partis d’extrême-droite, il convient de se méfier en particulier de certaines mouvances pseudo-intellectuelles qui, sous couvert d’information « alternative et indé- pendante », œuvrent délibérément à brouiller les lignes avec l’extrême-droite. Il y a sur la toile une foultitude de sites s’ingéniant très habi- lement à faire passer pour anti-impérialisme un projet de repli national-identitaire qui refuse les solidarités et cherche à nouer des alliances géostratégiques avec des régimes en place… notamment pour maintenir la « stabilité » et contrôler « l’afflux de demandeurs d’asile » vers les pays « développés »… De nombreuses prises de position face à l’attaque chimique du 21 août et aux préparatifs impérialistes montrent que ce brouillage fait des dégâts. En effet, au lieu de raisonner en termes de luttes des opprimé-e-s et de bataille pour l’hégémonie politique de la gauche au sein de ces luttes, quantité de courants qui se disent de gauche prennent position pour un des « camps » étatiques en présence, en le parant de vertus qu’il n’a pas.  La gauche court ainsi le risque d’être prise au piège d’alternatives infernales (pour reprendre l’expression d’Isabelle Stengers).

D’un côté, il y a ceux qui soutiennent l’intervention en affirmant qu’elle permettra d’empêcher plus de massacres. C’est ce que disent par exemple Hollande, le PSOE en Espagne et  Isabelle Durant, la vice-présidente verte du Parlement Européen. Inutile de perdre du temps ici à discuter cette prise de position. Son seul intérêt est de rappeler à quel point la social-démocratie et les verts sont intégrés à la « gouvernance »  capitaliste du monde.

D‘un autre côté, il y a ceux qui condamnent les bombardements impérialistes, mais sans rien dire du fait que Bachar El Assad bombarde son propre peuple depuis deux ans ! Et sans se demander pourquoi les Etats-Unis l’ont laissé faire et ne manifestent pas une envie particulière de le déboulonner… Revenant sur une phrase du discours d’Obama le 29 août, le Parisien résume fort bien : « Pour Washington, Paris ou Londres, il ne s’agit pas de renverser le régime, mais de «dissuader» le président syrien de recourir de nouveau aux armes chimiques… ». Quant aux autres moyens de répression, silence! Pour le coup, et dans la perspective d’une troisième guerre mondiale dont ils prédisent qu’elle est sur le point d’éclater, certains, à l’instar de Michel Collon, exhortent tout un chacun à se ranger dans un « camp » mondial peu ragoûtant, qui regrouperait l’Iran des ayatollahs, la Russie de Poutine et la Chine des bureaucrates capitalistes. Un « camp » dont ils seraient les représentants au cœur de la citadelle occidentale et dont ils veulent croire que la vigilance aurait réussi, jusqu’à présent, à retenir le bras assassin de l’impérialisme…

Cette vision « campiste » des choses escamote complètement l’élément déterminant de la situation : le processus révolu-tionnaire qui secoue tous les régimes du Proche et du Moyen-Orient. Ce processus est très diversifié mais il a partout les mêmes causes  fondamentales : le refus des inégalités sociales croissantes, de la corruption et de l’absence de droits démocratiques.  C’est sa puissance et sa profondeur qui s’expriment à travers l’âpreté des luttes, de la Tunisie au Bahrein, de l’Egypte à la Syrie.

Oser la révolution Comme tout processus révolutionnaire, celui-ci s’accompagne de la montée de forces hostiles, contre-révolutionnaires. A l’extérieur et à l’intérieur. Elles sont de différents types parce que les classes dominantes sont divisées sur la marche à suivre. D’autant plus divisées que le leadership US est affaibli suite aux échecs des interventions en Afghanistan, en Irak, en Libye. C’est pourquoi il est moins que jamais pertinent de tenter de tout expliquer par la mainmise de Washington…

Il est n’est pas toujours simple, d’ici, de connaître exactement l’état des rapports de forces sur le terrain en Syrie. Les acti- vistes syrien(ne)s, des chercheurs et journalistes et les courants démocratiques et de gauche (dont nos camarades du Courant de la Gauche révolutionnaire syrienne) nous fournissent des informations pour savoir globalement où on en est. La seule manière de s’orienter dans cette situation terriblement complexe est de prendre comme repère le soutien à la révolution et la lutte contre ses ennemis. Tous ses ennemis. L’impérialisme et ses alliés, bien sûr. Mais aussi et avant tout Bachar et ceux qui le soutiennent ! Sans oublier les djihadistes, toujours large- ment minoritaires malgré un armement et des fonds supérieurs aux brigades de l’ASL, et qui, en matière de crimes, n’ont de leçon à recevoir de personne.

Perdre ce repère de vue risque de provoquer une véritable déroute idéologique de secteurs de la gauche, y compris de la gauche « radicale », face à des éléments clés du projet de la droite, voire de l’extrême-droite. Sur les réseaux sociaux, le brouillage des repères bat son plein. Comme le dit le communiqué de la LCR: « La prise de position du Front National en France contre l’intervention montre que le refus des bombardements impérialistes et le rappel des mensonges américains qui ont servi à justifier la guerre en Irak ne suffisent pas à tracer une orientation de gauche face au conflit en  Syrie. » C’est le moins qu’on puisse dire.

Il s’agit de refuser l’intervention impérialiste à partir d’un point de vue internationaliste de solidarité avec les justes revendications démo- cratiques et sociales de la révolution syrienne contre le régime de Bachar, y compris son droit à l’auto-défense. En étant conscients que l’écrasement de la révolution favoriserait non seulement Bachar et l’impérialisme, mais aussi les djihadistes. C’est compliqué ? Sans doute, mais il n’y a pas d’autre voie digne de la gauche. Cela risque d’échouer ? Peut-être, mais il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais de certitude quant à l’aboutissement victorieux d’une révolution en marche.

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=2994:la-syrie-la-gauche-et-le-piege-des-alternatives-infernales&option=com_content&Itemid=53

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31 août 2013 ~ 0 Commentaire

11 septembre 1973,il y a quarante ans, le coup d’Etat contre Salvador Allende (LMD)

11 septembre 1973,il y a quarante ans, le coup d’Etat contre Salvador Allende (LMD) dans Histoire pinochet211

L’« octobre rouge » chilien et la naissance des cordons industriels

Héritière d’une tradition de lutte autonome et poussée par la radicalisation du mouvement social urbain et paysan au cours de la présidence de Salvador Allende (1970-1973), une partie de la classe ouvrière chilienne va donner naissance à un mouvement original, tant par son ampleur que par ses tentatives de contrôle démocratique de la production, du ravitaillement ou de la sécurité des quartiers. Au cours des affrontements d’octobre 1972 (lire notre chronologie) et des grandes mobilisations de 1973, les revendications purement économiques s’articulent avec les demandes politiques de certaines fractions ouvrières radicalisées : cette rencontre se traduit par la formation des « cordons industriels ».

L’« octobre chilien » est marqué par une offensive des classes dominantes qui passent de l’affrontement feutré sur les bancs du Parlement à l’occupation de la rue, la grève politique et le boycott économique généralisé. Parti d’un conflit corporatiste avec les propriétaires de camions, ce mouvement d’opposition agglomère peu à peu les syndicats patronaux (Sofofa, Confede-ración de la Producción y del Comercio), du commerce (Confederación del Comercio), de professions indépendantes (avocats, médecins) et des partis d’opposition (démocratie-chrétienne et Parti national), désormais unis sous la bannière de la Confédération démocratique.

Cette épreuve de force à l’échelle nationale a été préparée et appuyée par le gouvernement de Richard Nixon et la CIA (1). En toile de fond, la multiplication d’actions terroristes de la part de groupes d’extrême droite (comme Patria y Libertad) et la pression au niveau parlementaire de l’opposition pour destituer ministres et gouverneurs de province. Afin de rester dans le cadre de la légalité et valider la théorie de la constitutionnalité des forces armées, le gouvernement fait appel aux militaires pour contrôler la situation et décrète l’état d’urgence. La Centrale unique des travailleurs (CUT), seule grande confédération syndicale, appelle également les travailleurs à la vigilance et à participer aux travaux volontaires de ravitaillement, organisés en collaboration avec les camionneurs non-grévistes. Pourtant, c’est essentiellement depuis la base que surgit la réponse à la grève patronale.

L’un des aspects saillants de l’attitude du mouvement populaire est la création, au niveau des principales zones industrielles et quartiers périphériques du pays, d’organismes unitaires et transversaux, qui fonctionnent sur une base territoriale et permettent la liaison entre les différents syndicats d’un secteur industriel précis ou au sein des organisations de base d’un quartier. Suivant l’ampleur des couches sociales qu’elles parviennent à réunir, leur degré de pouvoir réel et l’orientation que leur donnent les militants présents, ces organisations vont prendre le nom de « Cordons industriels », « Commandos communaux », « Comités coordinateurs ». Au niveau de l’industrie, ces coordi-nations ouvrières horizontales répondent massivement aux boycotts et lock-out patronaux par une vague d’occupations d’usines, qui entre en adéquation avec la mobilisation au sein des principales entreprises de l’aire de propriété sociale (APS),formée par la nationalisation du secteur minier.

Les salariés de ce secteur parviennent ainsi à maintenir partiellement la production, en faisant fonctionner les usines sans leur propriétaire, la plupart du temps avec l’aide de peu de cadres et techniciens et sur des bases complètement nouvelles : délibération collective permanente, remise en cause de la division du travail et des rapports sociaux de sexes, rupture partielle des hiérarchies et dominations symboliques, critique de la légitimité du patronat à diriger l’économie. Ils organisent aussi des formes parallèles de ravitaillement direct, notamment avec l’aide des Comités d’approvisionnement et de contrôle des prix (Juntas de abastecimiento y control de precios, JAP), multiplient les brigades de surveillance et de défense des usines…

Ce moment crucial de l’Unité populaire démontre avant tout les capacités de la mobilisation populaire, la profonde décentralisation de l’activité politique et remet ouvertement en question les relations de production. Il existe alors une nette tendance à la rupture avec les schémas traditionnels de la politique. Comme l’écrivait le sociologue Alain Joxe en 1974 : « Le Chili a vécu en octobre une sorte d’énorme utopie d’urgence dont le souvenir ne peut plus s’effacer et que seule la répression la plus sauvage tente aujourd’hui de refouler dans la mémoire collective du peuple. C’est le souvenir d’octobre qui anime les luttes populaires pendant toute l’année 1973. (2» Les Cordons industriels sont formés sur la base d’une coordination territoriale de plusieurs dizaines d’usines et regroupent en majorité des délégués syndicaux des moyennes entreprises, aux côtés de certains représentants des entreprises de l’APS (3).

Les témoignages que nous avons pu recueillir, ainsi que l’examen de la presse et des débats de l’époque, démontrent que malgré une volonté réaffirmée de se structurer par le biais de l’élection systématique de délégués en assemblée et le rejet de la nomination « par en haut » (par les partis), une telle démocratisation n’a jamais été atteinte (même si dans certaines usines, les délégués sont bien élus en assemblée). Ce sont essentiellement des dirigeants syndicaux et des militants du Parti socialiste (PS) et du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR) qui y participaient et faisaient redescendre l’information dans leur usine, où, souvent, ils se heurtaient à la désapprobation des dirigeants syndicaux communistes.

Pendant la crise d’octobre 1972, à la suite du soulèvement militaire du colonel Souper en juin 1973 (appelé Tancazo ou Tanquetazo), puis après la nouvelle grève patronale de juillet de la même année, ces formes d’organisations populaires vont connaître une extension notable à travers tout le pays. Pour ce qui est des Cordons industriels à Santiago, ce sont les Cordons Cerrillos et Vicuña Mackenna qui joueront le rôle le plus important, mais aux côtés des Cordons O’Higgins, Macul, San Joaquín, Recoleta, Mapocho-Cordillera, Santa Rosa-Gran Avenida, Pana- mericana-Norte et Santiago Centro. On les trouve également du Nord au Sud du pays : à Arica autour de l’industrie électronique, à Concepción (Cordon Talcahuano), à Antofagasta, Osorno ou encore à Valparaíso (Cordons El Salto, 15 Norte, Quilpué) (4).

Il reste aujourd’hui ardu pour les historiens de connaître le degré de fonctionnement organique de ces Cordons, leur nombre exact et leur représentativité réelle des salariés de leur zone de développement. S’il y eut indéniablement levée en masse de nombreux Comités coordinateurs, très peu atteignent le niveau de structuration que l’on a pu constater à Cerrillos, par exemple. Les dirigeants de l’époque tendaient à confondre, à des fins de propagande, le nombre de salariés présents dans la zone industrielle avec ceux qui étaient réellement mobilisés autour de l’idée du Cordon industriel. Ainsi, Armando Cruces, président socialiste du Cordon Vicuña Mackenna, parlait de 80 000 travailleurs prêts à se soulever au moindre appel de la coordination des Cordons (ce qui est tout à fait exagéré si l’on en croit le nombre de travailleurs qui se déplaçait lors des manifestations ou la rapidité avec laquelle s’est déroulé le coup d’Etat).

Certains témoins ou commentateurs donnent une vision des Cordons déformée : celle d’immenses organisations de masse, extrêmement bien structurées. C’est paradoxalement cette version qui a également été défendue par la junte militaire pour justifier le coup d’Etat contre les « cordons de la mort », décrits comme une dangereuse armée parallèle prête à détruire la République et la Patrie (5). En fait, si de manière objective, la ceinture industrielle de la capitale concentre plusieurs dizaines de milliers de travailleurs, les Cordons industriels en tant qu’organisations mobilisées ont eu de nombreuses difficultés à rompre leur isolement politique au sein de la « voie institutionnelle » au socialisme et à s’insérer dans leur milieu social.

En nous appuyant sur la distinction classique du marxisme de la « classe en soi » et de la « classe pour soi » ou mobilisée, nous avons ainsi avancé l’idée de « Cordons en soi » qu’il faut distinguer des « Cordons pour soi ». Les premiers existent comme une donnée objective et structurelle au sein des périphéries industrielles des grandes villes (surtout à Santiago) et se développent le long des axes routiers. Ils représentent le territoire — souvent bien délimité — des principales entreprises et de l’habitat ouvrier. Les seconds, les « Cordons pour soi », sont les organisations de luttes créées par la classe ouvrière mobilisée, particulièrement à partir d’octobre 1972. Ils matérialisent des organes d’une dualisation de pouvoir encore embryonnaire et apparaissent comme une réponse politique, impulsée depuis « en bas » par les salariés et les militants les plus radicaux de la gauche chilienne.

 par Franck Gaudichaud, septembre 2013 http://www.monde-diplomatique.fr/2013/09/GAUDICHAUD/49663

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30 août 2013 ~ 0 Commentaire

Colombie, la colère gronde chez les paysans (CI)

Colombie, la colère gronde chez les paysans (CI) dans International web_colp_lo_00161_big_ce

Le mouvement de contestation des paysans colombiens se poursuit depuis le 19 août dans huit régions du pays. Ils dénoncent l’importation de produits agricoles plus compétitifs et l’indifférence du gouvernement face à leur précarité.

Il s’agit d’un événement historique dans un pays où les grèves nationales sont plutôt rares : des milliers de paysans, dans huit régions stratégiques du pays, bloquent les routes depuis le 19 août pour protester contre le gouvernement. Leurs demandes s’articulent  principalement autour de trois points : réduire le coût élevé des intrants agricoles, réviser les traités de libre-échange signés pendant ces dernières années et lutter contre la contrebande de produits agricoles. Les trois revendications visent à améliorer la compétitivité des paysans colombiens face à l’arrivée de manière légale ou illégale de produits agricoles étrangers moins chers.  Sur le site en ligne spécialisé en politique nationale La Silla Vacía, le journaliste Andrés Bermúdez souligne que la grève s’est concentrée surtout dans trois régions du pays : Boyacá (Centre),  Nariño (Sud-Ouest) et Cundinamarca (la région de Bogotá) avant de relever : « L’insistance du président Santos pour diminuer l’importance de la grève – probablement pour en réduire l’impact face aux médias – a fini par renforcer le sentiment chez les paysans que Santos et son équipe n’ont pas de contact réel avec la campagne. »

« L’abandon de la campagne c’est un vieux problème » Interviewé par La Silla Vacía, Jorge Londoño, un sénateur du Parti vert, com- mente : « L’abandon de la campagne c’est un vieux problème, mais il n’y a pas eu de vrais actions pour trouver une solution. Le gouvernement devrait se focaliser sur les moyens d’éliminer la contrebande d’aliments, d’aider les paysans à être mieux organisés et d’impulser des expor- tations. »   Le deuxième quotidien du pays, El Espectador, titre pour sa part : « La grève nationale est en train de s’élargir ? »  En effet, des syndicats d’ouvriers, d’éducateurs et de travailleurs de la santé ont manifesté dans les villes du pays le 28 août en solidarité avec les paysans, mais aussi pour faire part de leurs propres revendications. Le journal rappelle que lundi 26 août, il y avait quelque 48 routes bloquées dans huit régions du pays.

L’indigence et la misère ont augmenté Le quotidien le plus lu du pays, El Tiempo, constate que « les négociations entre le gouvernement et les paysans n’ont pas encore abouti. Les blocages des routes continueront. » La commission nationale de négociateurs mise en place à Tunja, dans la province de Boyacá, n’a pas réussi à trouver un accord, après neuf heures de négociations le 27 et le 28 août. Les paysans ont trouvé « insuffisantes » les propositions du gouvernement. Le journal rappelle que le président était allé lui-même à Tunja, le 26 août, pour participer aux négociations. Dans un article du journaliste Daniel Samper Pizano, frère de l’ancien président colombien Ernesto Samper Pizano (1994-1998), qui a connu un grand succès sur les réseaux sociaux (plus de 90 000 partages sur Facebook), Samper déclare : « Je ne suis pas étonné par le fait que les paysans soient sortis dans les rues pour protester. Ce qui m’étonne c’est qu’ils ne l’aient pas fait avant. Fedesarrollo [un centre de recherches économiques et sociales] signale que pendant les dernières années la pauvreté a reculé dans le pays, sauf dans la campagne, où l’indigence et la misère ont augmenté. Si vous étiez paysan, vous seriez sûrement aussi en train de protester sur la route ». Courrier international  Camilo Moreno 29 août 2013

http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/2013/08/29/la-colere-gronde-chez-les-paysans

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