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03 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Ce sont surtout des femmes qui sont mortes au Bengladesh pour les firmes européennes…

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30 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Attentat de Boston : drame et hystérie sécuritaire

Attentat de Boston : drame et hystérie sécuritaire dans International malcom-300x234

Quatre jours après les attentats qui ont fait trois morts et près de 180 blessés, l’arrestation du jeune d’origine tchétchène et la mort de son frère abattu par la police, ont été l’occasion d’une impressionnante mise en scène policière dans Boston en état de siège. Toile de fond d’une campagne réactionnaire et raciste, d’une hystérie chauvine orchestrée par les médias.

Alors que plus de 9 000 policiers traquaient Djokhar Tsarnaev, la population de Boston avait reçu l’ordre de rester enfermée chez elle. Les transports en commun avaient été arrêtés, magasins et écoles fermés… Puis, à l’annonce de son arrestation, ce fut un déchaînement xénophobe, des manifestations de nationalisme flattées par des médias empressés de dévoyer la légitime colère et la peur de la population par une campagne contre le terrorisme islamique, puis conte le prétendu « djihadisme intérieur »…
Obama lui-même était pourtant obligé de reconnaître : « Évidemment ce soir, il y a encore beaucoup de questions sans réponse. Parmi celles-ci, pourquoi de jeunes hommes ayant grandi et étudié ici, au sein de nos villes et de notre pays, ont eu recours à une telle violence ? » Qu’importe, les Républicains ont immédiatement utilisé la tragédie de Boston pour partir en guerre contre la politique d’immigration des USA actuellement en discussion au Sénat. Cette tragédie jette un éclairage inquiétant sur les tensions qui taraudent la Babylone capitaliste et la démagogie réactionnaire dans laquelle s’enferrent les classes dominantes, Obama lui-même.
« Jour de honte »
Ces deux jeunes frères d’origine tchétchène représentent un concentré de la tragédie de ce monde. Ils ont grandi enfants sur le terreau de la violence barbare engendrée par les armées russes de Poutine, la pauvreté qu’ils ont fuie, admis en 2003 à séjourner aux États-Unis en tant que réfugiés politiques. Enfermés dans la violence, confrontés à un monde qui les rejetait, leurs rêves et ambitions brisés, la folie les a entraînés dans la haine meurtrière. Suite au drame de Boston, la manipulation de l’opinion est d’autant plus choquante que, le mercredi qui a précédé l’attentat, la réforme des lois sur les armes, promue par Obama suite au massacre de l’école de Newtown, a été rejetée par le Sénat sous la pression des lobbys des marchands d’armes. Une défaite politique pour Obama qui a parlé d’un « jour de honte ».
Au même moment, 77 des 166 prisonniers de Guantanamo étaient samedi en grève de la faim, 17 d’entre eux étant nourris de force, dans cette prison où a sévi la torture et qu’Obama n’a toujours pas fermée au mépris de ses propres engagements. Au même moment aussi, la gigantesque explosion survenue mercredi dans une usine d’engrais à West, au Texas, faisait 12 morts, 200 blessés, 50 maisons détruites. Une usine qui aurait dû être l’objet d’une accréditation en… 2004 !
Bilan terrible d’une société emportée dans la violence de l’exploitation, du racisme et de la xénophobie qui délitent les rapports sociaux et humains, d’une société qui s’enferme dans le mensonge sur elle-même tentant de fermer les yeux sur sa propre vérité, d’une société qui sème la violence et la haine parmi ses propres victimes, qui se retournent contre elle, sans espoir.
Yvan Lemaitre

Lundi 29 avril 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 192 (25/04/13)

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30 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Bangladesh, ou la terreur capitaliste (Essf)

Bangladesh, ou la terreur capitaliste (Essf) dans International bp23-300x200
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Des centaines de morts dans l’effondrement d’un bâtiment industriel

Le 24 avril dernier, un bâtiment industriel de huit étages – pompeusement appelé le Rana Plaza – s’est effondré à Dacca, capitale du Bangladesh. Plus de 3000 ouvriers – en majorité des femmes – y travaillaient au moment du drame, notamment dans des ateliers textiles. Un bilan récent fait état de 376 décès confirmés, encore plus de 900 disparus et 2500 rescapé.e.s. Il y a aujourd’hui peu d’espoir de retrouver des survivants.

Le drame est d’autant plus scandaleux que la catastrophe était annoncée : des fissures étaient apparues dans les murs de l’immeuble, les ouvrières avaient donné l’alerte et la police avait demandé l’évacuation des lieux. Les patrons ont refusé, exigeant la poursuite du travail. Ils ont envoyé à la mort des centaines de salarié.e.s.

Il s’agit de l’un des plus grave « accident » industriel de l’histoire. Il n’est pas isolé. Il y a seulement cinq mois, au moins 112 ouvrières et ouvriers ont été tués dans l’incendie de l’entreprise textile Tazreen. La liste de tels drames– dans le secteur de l’habillement en particulier – est longue au Bangladesh. Dans la région de Dacca, le ministère du Travail n’a que 18 inspecteurs (inclut les adjoints) pour quelque 100.000 usines ! Les patrons meurtriers font ce qu’ils veulent et ne sont jamais condamnés. Symptomatiquement, le propriétaire bangladais du Rana Plaza appartient au parti actuellement au pouvoir, la Ligue Awami : les liens incestueux entre possédants, gouvernants et justice leur assurent une solidarité de classe (dominante). La corruption fait le reste.

Pour leur part, ouvrières et ouvriers vivent en sursis permanent sous le règne de la peur, de la terreur, sachant que le matériel anti-incendie est inopérant, que les sorties de secours sont inaccessibles, que des produits inflammables s’entassent partout, que les normes de construction ne sont pas respectées…

Cette violence bourgeoise n’est pas le seul apanage du Bangladesh. On retrouve de telles conditions d’insécurité au travail à la frontière des Etats-Unis et du Mexique, en Haïti, au Sri Lanka, au Pakistan… Très symboliquement aussi, l’un des propriétaires du Rana Plaza, arrêté à la frontière indienne, est Bangladais et l’autre, en fuite, est Espagnol : David Mayor. Le capital mondialisé est un tout. Les firmes occidentales sont les donneurs d’ordre. Elles dissimulent leurs responsabilités derrière une cascade de sous-traitants. Mais ce monde assassin est bien le leur.

Il est vain d’espérer « civiliser » les transnationales en leur faisant signer des codes de bonne conduite. Elles ne feront pas respecter les droits des Bangladais alors même qu’elles exigent la destruction de ces mêmes droits en Europe – et imposent le déchirement social de la Grèce. Les travailleur.e.s asiatiques ne sont pas les concurrents « déloyaux » des travailleur.e.s européens : ils sont victimes de mêmes exploiteurs. A la veille du 1er Mai – fête de l’internationalisme – le drame de Dacca vient nous le rappeler.

ROUSSET Pierre 29 avril 2013
Aidez à financer la solidarité envers les victimes et leurs familles: Lien

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30 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Bangladesh, tragédie dans le secteur textile : un appel à la solidarité (Essf)

Bangladesh, tragédie dans le secteur textile : un appel à la solidarité (Essf) dans International bangladesh1-300x168
ALAM Badrul, BKF 27 avril 2013

Au matin du 24 avril 2013, un événement tragique s’est produit à Savar, dans les faubourgs de Dacca, la capitale du Bangladesh. 376 personnes pour le moins [chiffre actualisé au 29 avril.], surtout des femmes, ont perdu la vie.

Un bâtiment de neuf étages s’est entièrement effondré, enfouissant les ouvrier.e.s qui travaillaient dans les ateliers textiles. A ce jour [26 avril], 297 corps sans vie ont été trouvés et plus de 2.000 personnes – blessées, mutilées… , ont été sauvées avec l’intervention des soldats, des policiers, du bataillon d’action rapide, des pompiers et de la population locale. Cependant, un nombre inconnu de personnes se trouvent toujours emprisonnées [probablement plus de 900 disparus], téléphonant de leurs portables à leurs proches, espérant qu’ils pourront leur porter aide. Malheureusement, les opérations de sauvetage sont lentes faute de moyens modernes d’action. Les gens blâment les responsables des services de secours pour ce manque de sérieux et ont pris sur eux de tenter de retrouver les survivants sous les décombres.

Le propriétaire du bâtiment, appelé Rana Plaza, est membre du parti gouvernemental, la Ligue Awami. Il a immédiatement pris la fuite.

En réaction à cet accident, les ouvrières et ouvriers de l’habillement ont manifesté dans le centre industriel, exigeant que les responsables soient punis et réclamant, aussi, une sécurité effective au travail. Un tel accident n’a rien de nouveau. En 2005, dans la même zone, le bâtiment de Spectrum Garments s’était aussi effondré, tuant un très grand nombre de personnes. Cependant, la surprise est que les responsables ne furent jamais condamnés. L’an dernier, presque au même endroit, 112 travailleur.e.s du textile ont trouvé la mort dans l’incendie brutal de l’usine Tasreen Garments. A ce jour, les coupables n’ont pas été traînés en justice.

La Bangladesh Krishok Federation (BKF, Fédération des paysans du Bangladesh) se sent profondément concernée par l’ampleur de l’accident. Elle juge qu’il est anormal que de tels événements se produisent si fréquemment. C’est la faillite d’un système qui ne se préoccupe ni de la vie ni des sources d’existence des salarié.e.s. On dit qu’une importante lézarde avait été découverte dans les murs du bâtiment deux jours seulement avant qu’il ne s’effondre. Le propriétaire n’en a pas moins forcé les ouvrières et les ouvriers à entrer dans les ateliers. Il s’agit d’un crime et le coupable doit en rendre compte devant la justice.

La BKF veut apporter une aide matérielle aux victimes. Bien que notre fédération intervienne au sein de la paysannerie de notre pays, elle va faire de cette question une priorité. En effet, la plupart des victimes, femmes et hommes, viennent des villages. Elles gardent leurs racines rurales. Elles sont allé à la ville pour trouver un travail, pour leur survie. En conséquence, en solidarité, la BKF va fournir de l’aide et un soutien financier pour le traitement médical des victimes et pour leurs familles. La BKF étant une organisation agissant au sein de la paysannerie marginalisée du pays, elle n’a pas elle-même les moyens de soutenir les victimes qui ont besoin d’une telle solidarité pratique, matérielle. Nous en appelons donc à nos ami.e.s, aux gens de bonne volonté et à nos sympathisant.e.s pour qu’ils contribuent à nos efforts en ce domaine. Tout aide que vous pourrez fournir sera hautement appréciée.

Très cordialement,

Badrul Alam, 26 avril 2013
President
Bangladesh Krishok Federation

La solidarité financière internationaleLa BKS a un compte en banque en Australie. L’aide financière peut y être directement envoyée :

Account Name : 
Friends of BKF and BKS
BSB : 633 000
Account Number : 145 327 037
Bendigo Bank
Australie

Via Europe solidaire sans frontières (ESSF)

Pour des raisons de commodité, il est aussi possible d’envoyer une aide via ESSF qui fera suivre. Mentionnez « Bangladesh » sur au dos des chèques ou pour les transferts.

Chèques
Les chèques en euros seulement et payables en France à l’ordre d’ESSF doivent être envoyés à :
ESSF
2, rue Richard-Lenoir
93100 Montreuil
France

Banque :
Crédit lyonnais
Agence de la Croix-de-Chavaux (00525)
10 boulevard Chanzy
93100 Montreuil
France
ESSF, compte n° 445757C

Références bancaires nationales (RIB)  :

Banque : 30002
Indicatif : 00525
N° de compte : 0000445757C
Clé : 12
Compte au nom de : ESSF

Coordonnées bancaires internationales :
IBAN : FR85 3000 2005 2500 0044 5757 C12
BIC / SWIFT : CRLYFRPP
Compte au nom de : ESSF

En France, ces dons donnent droit à des déductions d’impôt. Il nous faut votre adresse pour vous envoyer un reçu fiscal (en général indiquée sur les chèques).

Nous vous tiendrons régulièrement informés via notre site de la situation et de l’utilisation du fonds de solidarité.

ALAM Badrul, BKF

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28 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Guantanamo. 100 détenus sont désormais en grève de la faim (OF)

Guantanamo. 100 détenus sont désormais en grève de la faim (OF) dans International 150444_10_years_of_guantanamo_-_close_guantanamo_now_-300x139

Conflits, terrorisme samedi 27 avril 2013

La grève de la faim qui touche la prison de Guantanamo depuis bientôt trois mois a atteint samedi la barre des 100 détenus grévistes, sur une population carcérale de 166 hommes, a annoncé un porte-parole de la prison.

Ce bilan quotidien est en constante augmentation depuis le début du mouvement le 6 février, et depuis les premiers chiffres fournis par les autorités militaires, qui évoquaient 9 grévistes de la faim le 11 mars. Il se rapproche de plus en plus des estimations des avocats des détenus, qui clament depuis le début qu’environ 130 hommes observent ce jeûne.

Parmi les 100 grévistes de la faim dénombrés samedi, 20 étaient alimentés par des tubes reliés directement à l’estomac par la cloison nasale, selon le lieutenant-colonel Samuel House. Et parmi ces 20 prisonniers, cinq étaient toujours hospitalisés mais n’étaient pas en «danger de mort», a précisé le porte-parole, dans un communiqué.

Détenus depuis 11 ans sans inculpation ni procès

Selon les avocats, le mouvement a été déclenché quand des corans avaient été examinés d’une manière que les prisonniers ont jugée blasphématoire. Mais c’est maintenant plus largement leur détention illimitée depuis 11 ans, sans inculpation ni procès, que dénoncent la plupart des protestataires. Vendredi, la Maison Blanche a réaffirmé «l’engagement du président Obama à fermer cette prison».

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Guantanamo.-100-detenus-sont-desormais-en-greve-de-la-faim_55257-2187636_actu.Htm

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27 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Solidarité avec les travailleuses/eurs du Bengaldesh!

Solidarité avec les travailleuses/eurs du Bengaldesh! dans International bangladesh1

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27 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Le Bangladesh paie cher nos tee-shirts low-cost (OF)

Le Bangladesh paie cher nos tee-shirts low-cost (OF) dans International img_12081-300x225

samedi 27 avril 2013

Six jours sur sept, des salariés bangladais (surtout des femmes) produisent tee-shirts ou pantalons, pour 30 € par mois.

Au moins 324 personnes ont péri mercredi à Dacca, au Bangladesh, dans l’effondrement d’un immeuble où travaillaient des salariés du textile pour des sociétés occidentales. De violentes manifestations ont éclaté.

L’immeuble était construit illégalement. La police a annoncé l’arrestation de deux propriétaires d’ateliers de confection installés dans le bâtiment.

Colère

Usines attaquées, véhicules renversés, pneus brûlés… La colère grondait vendredi, au Bangladesh, après l’effondrement, mercredi, à Dacca, d’un immeuble où travaillaient 3 122 ouvriers pour cinq ateliers de confection à bas coûts. Le dernier bilan faisait état de 324 morts mais, selon les autorités, il pourrait dépasser 350. Les ouvriers travaillaient pour de sociétés occidentales, dont Mango. L’état déplorable de l’immeuble avait été signalé par des ouvriers, affirme l’Association des fabricants et des exportateurs de vêtements. Mais les propriétaires des cinq usines ont délibérément ignoré la mise en garde. Et rouvert le bâtiment. Une banque installée dans le même bâtiment avait, elle, fermé ses portes…

4 500 usines

L’industrie textile est devenue, en trente ans, la figure de proue de l’économie de ce pays de 153 millions d’habitants. Elle compte aujourd’hui 4 500 usines et emploie quatre millions de personnes. Essentiellement des femmes qui s’échinent une dizaine d’heures quotidiennement, six jours sur sept, sur des lignes de machines à coudre, à produire tee-shirts ou pantalons, pour 30 € par mois. Ce salaire minimum a été obtenu à l’arraché, après des émeutes, en 2010 (il était avant de 18 €) et n’a pas bougé depuis. Les syndicats n’ont pas voix au chapitre. Le boom de cette industrie a certes fait reculer la pauvreté, mais les conditions de travail de ces salariés pauvres restent épouvantables. Au Bangladesh se reproduit ce que la Chine a vécu ces dernières années.

Sécurité

Le non-respect des normes de sécurité est en cause dans la tragédie de mercredi, comme ce fut déjà le cas lors de drames précédents, en novembre (111 morts dans l’incendie d’un atelier) puis en janvier dernier (8 morts, dont deux mineurs). Sur place, les autorités promettent des sanctions. Mais les associations humanitaires n’y croient plus. « Le gouvernement estime que de strictes règles sur le droit du travail, qui pourraient augmenter les coûts de production, risqueraient de conduire les marques et détaillants à passer leurs commandes ailleurs », critique Scott Nova, du groupe de défense des ouvriers Worker Rights Consortium. Mais les associations pointent aussi du doigt la responsabilité des consommateurs occidentaux qui aiment « faire des affaires ». Elles les appellent à faire pression sur ces marques. Dans l’espoir d’une prise de conscience des industriels.

http://www.ouest-france.fr/actu/international_detail_-Le-Bangladesh-paie-cher-nos-tee-shirts-low-cost_3637-2187519_actu.Htm

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26 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Haïti : les charognards toujours là

Haïti : les charognards toujours là dans International amerimps-268x300

Plus de trois ans après le tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui a tué plus de 200 000 Haïtiens et fait 300 000 blessés, l’année 2012 a connu une sécheresse puis deux ouragans assombrissant encore un peu plus la situation. Mais les catastrophes naturelles ne seraient pas aussi meurtrières si les charognards capitalistes n’étaient pas en train d’intensifier le pillage du pays.
Le reportage récemment diffusé en France mettait en lumière la réalité de l’aide humanitaire et de la reconstruction d’Haïti(1), trois ans après le tremblement de terre qui a jeté plus de 1, 5 million de personnes dans les camps de réfugiés. L’aide humanitaire est un véritable désastre au vu des sommes englouties dans le fonctionnement et pour un résultat ­catastrophique sur place. Pire, quand elle n’est pas détournée par l’oligarchie locale, la mafia, ou les ONG elles-mêmes, elle sert à multiplier les zones franches qui recouvrent le pays de béton, ajoutant aux réfugiés des milliers de paysans expulsés.

Bienfaiteurs ou impérialistes ?

Pour rappel historique, après la période d’occupation de 1915 à 1934, les deux dernières invasions américaines datent de 1994, sous la présidence de Clinton, et de 2004, sous la présidence de Bush. En 2010, la gestion de la reconstruction et d’une partie des fonds internationaux pour la reconstruction d’Haïti est confiée à ces deux experts de Haïti(2). Ce fait illustre parfaitement le néo-impérialisme.  Alors que 360 000 personnes vivent toujours dans des abris de fortune, qu’un million de personnes sont retournées dans des bidonvilles, la priorité des moyens mis en œuvre va à des projets servant l’oligarchie locale, quand ce n’est pas à l’ancien président démocrate lui-même. En plus de ne pas résoudre le problème de la reconstruction, les projets mis en place tendent à l’établissement de zones franches. Les ressources naturelles sont pillées et bétonnées, et les infrastructures publiques (électricité, eau) vont en priorité vers les quartiers riches où pullulent affairistes américains, mafieux et oligarques…

Macoutisme patronal

L’exemple du parc de zone franche de Caracol est en ce sens très parlant. Clinton, qui avait déjà acheté toutes les terres de cette commune de 7 000 habitants en 2009, est venu récemment, accompagné de Mme Clinton, secrétaire d’État aux Affaires étrangères de la présidence Obama, inaugurer le tout nouveau parc de zones franches. Situé au nord du pays, sur la côte, au plus près de Cap Haïti et des États-Unis, la zone franche s’est construite en expulsant les paysans de cette plaine cultivable. La multitude des zones franches bétonne un peu plus un pays qui ne compte plus que 1 % de forêt, un pays qui ne cultive pas assez pour nourrir sa population et rend donc les Haïtiens plus dépendants de l’aide alimentaire des multinationales américaines, canadiennes et française.
Mais les zones franches sont surtout des outils à profit et exploitation.

Un jeune ouvrier haïtien déclarait récemment : « La situation que nous vivons et la situation que vivent les esclaves est la même »(3). Ces ouvrierEs sont exploités sans droits ni salaires décents. Ils gagnent moins de 200 gourdes par mois (4 euros). Et quand certains sont parvenus, avec l’aide de l’organisation Batay Ouvriye, à monter un syndicat reconnu par le ministère des Affaires sociales et du Travail, le macoutisme patronal a rejeté le document officiel, menaçant de révocation plusieurs membres de la délégation syndicale(4). L’entreprise choisie par Clinton est par ailleurs réputée pour sa répression et sa maltraitance physique des salariéEs, particulièrement des syndicalistes (5). Le tremblement de terre a donc permis aux impérialistes américains et canadiens (français et espagnols dans une moindre mesure) d’accélérer leur mainmise sur l’île.

Thibault Blondin

1. Assistance mortelle de Raoul Peck, Arte, diffusé le mardi 16 avril 2013
2. http://www.clintonbushhaitifund.org/
3. La Sentinelle du peuple, Volume III numéro 9, janvier-février 2013, journal de Batay Ouvriye en Haïti
4. Communiqué de l’Union syndicale Solidaires, 11 février 2013
5. Rapport de Workers Rights Consortium : http://flk.r.mailjet.com

Vendredi 26 avril 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 192 (25/04/13)

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26 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Colere: 300 morts au Bangladesh, nouvelle frontière de la mondialisation (Rue 89)

Colere: 300 morts au Bangladesh, nouvelle frontière de la mondialisation (Rue 89) dans International bangladesh-women-workers1-300x198
26/04/2013 à 09h42 Pierre Haski | Cofondateur

Colère au Bangladesh, la nouvelle frontière de l’économie mondialisée. Deux jours après la mort de 300 ouvriers dans l’effondrement d’un immeuble vétuste abritant des usines textiles, la police a tiré avec des balles en caoutchouc vendredi sur des centaines de milliers de protestataires dans la capitale, Dacca. Le Bangladesh est devenu la dernière destination des capitaux de la mondialisation, nouveau refuge d’investisseurs à la recherche de coûts de production toujours plus bas, fuyant l’augmentation des salaires en Chine ( !) pour assurer la sous-traitance des grandes marques de vêtements occidentales. C’est cette équation simple de la mondialisation -mettre les pays en concurrence pour faire baisser les coûts- qui s’est jouée dans cette terrible catastrophe de Savar, dans la banlieue de Dacca.

La colère des manifestants s’explique par l’ampleur de la catastrophe de Savar, même dans un pays qui en a connu beaucoup, et par son caractère prévisible, et donc évitable. L’immeuble qui s’est effondré comptait neuf étages, et abritait cinq entreprises textiles, employant plusieurs milliers d’ouvriers, surtout des femmes. La veille de la catastrophe, l’alerte avait été donnée à la suite de la découverte de carquements dans les structures du bâtiment et les ouvriers avaient été évacués. Mais le jour du drame, l’immeuble a été rouvert normalement, et le personnel a été forcé de reprendre le travail, sans tenir compte du danger. Quelques heures plus tard, l’immeuble s’effondrait comme un château de cartes.

Depuis mercredi, les secours tentent de trouver des survivants dans les décombres de l’immeuble, où des centaines de personnes sont restées coincées. Pour Lucky Alter, un activiste bangladais cité par notre partenaire Global Voices, « l’esclavage a été aboli il y a longtemps. Mais nous voyons que l’esclavage est revenu sous une autre forme. Comment comprendre autrement le fait que ces ouvrières ont été forcées de pénétrer dans cet immeuble au risque confirmé ? » Le choc est d’autant plus grand qu’il survient quelques mois seulement après une catastrophe similaire en novembre, lorsque 110 personnes avaient trouvé la mort dans l’incendie d’une autre usine textile située dans un immeuble vétuste de la banlieue de Dacca. La colère a donc éclaté vendredi, alors qu’une foule considérable s’est réunie dans la banlieue de Dacca, bloquant les routes et contraignant les usines textiles à fermer leurs portes.

Le Bangladesh possède plus de 4 000 usines de prêt-à-porter, ce qui représente plus des trois quarts des revenus d’exportation du pays. On retrouve les productions de ces usines « made in Bangladesh » dans de nombreuses marques occidentales type Gap ou H&M. La deuxième plus grande industrie d’exportation textile au monde emploie plus de trois millions d’ouvriers, dont 90% de femmes.  Le New York Times rapporte qu’après l’incendie de novembre, les clients étrangers des sous-traitants bangladais, craignant pour leur image, ont mis au point un plan pour renforcer la sécurité sur les lieux de production au Bangladesh. Toutes les marques ne se sont toutefois pas ralliées à ce plan.

En deux décennies, ces usines de textile ont contribué au changement du rôle des femmes pauvres du Bangladesh, lesquelles avaient pour habitude d’être essentiellement employées comme domestiques. Les salaires restent toutefois extrêmement bas : le salaire minimum est de 37 dollars par mois, soit 28 euros… Ces catastrophes à répétition et ces conditions de travail sont la face cachée du développement économique récent : comme d’autres pays d’Asie avant lui, le Bangladesh « vend » une main d’oeuvre sous-payée et des coûts de production très bas qui ont pour corrolaire les conditions de travail primitives et l’absence de sécurité.

Vendredi, les Bangladais se sont ralliés au cri de colère apparu sur les réseaux sociaux : « Mourn not, protest » (Ne portez pas le deuil, protestez !).

http://www.rue89.com/2013/04/26/300-morts-bangladesh-nouvelle-frontiere-mondialisation-241817

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26 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Bangladesh. 40 survivants secourus dans l’immeuble effondré (OF)

Bangladesh. 40 survivants secourus dans l’immeuble effondré (OF) dans International 132094149_31n-300x200

Bangladeshi garment factory workers demand safe workplaces (Les travailleurs de la confection demandent des usines solides)

Faits divers jeudi 25 avril 2013

L’effondrement d’un immeuble au Bangladesh, mercredi, a provoqué la mort d’au moins 230 personnes. On compte tout de même une quarantaine de survivants.

Quarante survivants ont été découverts par les secours ce jeudi dans une salle enfouie sous les décombres d’un immeuble effondré au Bangladesh, dans la banlieue de Dacca, la capitale. C’est ce qu’a annoncé la télévision nationale. Une émission en direct de la télévision a montré les secouristes acclamés par des milliers de personnes massées près de l’immeuble effondré mercredi et où au moins 230 travailleurs du textile ont été tués.

Le pire accident dans l’histoire industrielle du pays

Cet immeuble de huit étages abritait cinq ateliers de confection notamment liés à la marque espagnole Mango et au Britannique Primark. Le bâtiment s’est effondré comme un château de cartes peu après l’embauche mercredi, à Savar. Il s’agit du pire accident dans l’histoire industrielle de ce pays défavorisé qui a fait du secteur textile le pivot de son économie.

Des proches dans l’attente

Des plaintes et des appels à l’aide de victimes englouties par des tonnes de gravats et d’acier tordu guidaient l’épuisant travail des secours au milieu d’un site évoquant les conséquences d’un puissant séisme. Des centaines de personnes attendaient, rongées par l’angoisse, en brandissant des photos de leurs proches. Des ouvriers du textile travaillant au sein du bâtiment s’étaient publiquement inquiétés la veille de fissures mais leurs responsables ont ignoré les mises en garde, leur enjoignant d’embaucher normalement le jour suivant. Des dizaines de milliers d’ouvriers ont débrayé jeudi en signe de solidarité, provoquant la fermeture de centaines d’usines, tandis que les drapeaux étaient en berne pour une journée de deuil national.

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Bangladesh.-40-survivants-secourus-dans-l-immeuble-effondre_55257-2187004_actu.Htm

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