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27 avril 2014 ~ 0 Commentaire

La plus grande grève, pour «fêter» le 1er mai en chine (essf)

chine micro

Depuis 12 jours, des travailleuses et travailleurs chinois du grand groupe Yue Yen sont en grève, dans deux de ses principales usines en Chine. Le 25 avril 2014, ils étaient au nombre de 40 000 à suivre ce mouvement, selon divers comptes rendus crédibles.

Yue Yen a son origine à Taïwan. Il a été créé en 1969 par la famille Tsai. Dès le début, il s’est concentré, pour l’essentiel, sur les chaussures de sport. Le groupe se spécialise, dès les années 1970, sur les chaussures d’athlétisme. En 1988, la famille Tsai s’implante à Hong Kong et établit ses premières usines en République populaire de Chine (RPC), à Zhu Hai et Zhong Shan, dans la province du Guangdong. C’est l’heure des réformes de Deng Xiaoping et des négociations avec Margaret Thatcher pour la rétrocession de Hong Kong. Le groupe est d’ailleurs coté, depuis cette date, à la Bourse de Hong Kong.

En même temps, les Tsai disposent d’une participation significative dans la firme de distribution de chaussures de sport et produits similaires du nom de Pou Chen Corporation. Elle est cotée à la Bourse de Taipei. Dans les années 2000, Yue Yen va prendre le contrôle complet de Pou Chen. Il va acheter Pro Kingtex qui a des usines en Chine et au Mexique, puis Eagle Nice, en 2005. Son extension par acquisitions et réorganisations de la production a continué.

Actuellement, c’est le plus grand groupe mondial dans les divers segments de chaus- sures de sport. Selon le rapport annuel de 2013, publié le 26 mars 2014 par le holding basé à Hong Kong, Yue Yen met au travail 423 000 salarié·e·s dans le monde. Il se qualifie de Manu- facturer for the Global Market. Yue Yen possède des usines et « centres de recherches » en Chine – au nombre de cinq – ainsi qu’au Cambodge, au Vietnam, à Hong Kong, au Bangla- desh, en Indonésie, au Mexique et aux Etats-Unis.

Simultanément à sa production, Yue Yen produit divers types de chaussures « sportives » pour des grandes enseignes telles que Nike, Adidas, Reebok, ASCIS, New Balance, Puma, Under Amour, Salomon et Timberland. Par le biais de Pou Chen, il est aussi un distributeur de premier plan en RPC pour ses produits et ceux de certaines marques (Limited Nike, Addidas et Converse) dont il assure, au moins en partie, la production.

En 2013, 313,4 millions de paires de chaussures ont été confectionnées à l’échelle interna- tionale, pour un chiffre d’affaires de 5,8 milliards de dollars. Ces deux chiffres permettent d’es- timer la marge obtenue par les grandes marques et leurs distributeurs sur chaque paire ven- due, souvent à plus de 100 dollars l’unité. Les principaux marchés de Yue Yen sont : l’Asie (42,3%), les Etats-Unis (29,3%), l’Europe (19,8%), l’Amérique du Sud (4,6%) et le Canada (1,5%).

Les prix imposés par les grandes marques – face à la grève, Addidas vient de changer de fournisseur en Chine – compressent la marge. Yue Yen indique que la riposte à cette pression s’est faite, en 2013, d’une part, en localisant des volumes de production dans des sites qui permettent de jouer sur la dépréciation de la monnaie, et, d’autre part, sur une hausse de la productivité (dans le sens de production « rationalisée » techniquement) et sur une intensi- fication du travail (durée du travail, cadences plus élevées, avec une journée de travail sans porosité, c’est-à-dire sans « temps morts »). D’ailleurs de 2012 à 2013, le groupe a réduit le total de ses employés de 460 000 à 423 000 ; alors que la production de 2013, sur 12 mois, a légèrement augmenté par rapport à 2012.

La grève a démarré à Dongguan, ville du sud-est de la Chine. C’est la grève engagée par le plus grand nombre de travailleuses et travailleurs dans l’histoire de la RPC. Les reven- dications portent d’abord sur un constat très important pour des salarié·e·s qui travaillent, souvent, depuis des années dans la même usine : Yue Yen ne s’est pas acquitté des « coti- sations » pour la retraite et pour le fonds d’acquisition d’un logement. Et cela depuis 10 ou 20 ans, selon les salarié·e·s concernées. Un grand nombre d’entre eux continuent d’avoir des contrats à durée déterminée (CDD), après des années de travail, ce qui participe d’une politi- que d’intensification du travail et d’une technique éprouvée pour ne pas verser de cotisations sociales.

L’autre procédé pour « réduire le coût du travail » est le suivant : sur un salaire de 480 dollars, Yue Yen s’acquitte de « ses » cotisations en prenant comme salaire de référence 288 dollars. Tout cela aboutit à ce que les retraites perçues seront au-dessous du niveau de la retraite dite légale, qui est misérable. A ces revendications s’ajoute une exigence de réajus- tement salarial lié à la hausse des prix. Elle est de 37 dollars. Selon un reportage de NBC News et des informations de la China Labour Watch des salaires de 1,70 dollar par heure sont cou- rants. Pour atteindre les 400 dollars par mois, la semaine de travail de 60 heures est donc obligatoire.

Le 15 avril 2014, la police intervient devant les portes de l’usine de Yue Yen à Dongguan. La grève a commencé le 13-14 avril. Afin de ne pas subir une répression trop brutale, les sa- larié·e·s pointent le matin, puis, soit manifestent un certain temps devant l’usine, soit retour- nent dans leur logement. Face à l’absence de syndicat indépendant, les structures d’aide aux travailleurs et travailleuses migrants jouent, en partie, un rôle d’instrument de substitution. Dès le 22 avril, alors que la grève s’étendait à la deuxième plus importante usine du groupe, la police arrête deux représentants de l’organisme d’aide, fouille leurs locaux, saisit leurs ordinateurs.

En date du 25 avril, l’un est libéré. Il a toutefois refusé de signer un ordre lui intimant de ne plus s’approcher de l’usine et de ne plus appuyer la grève. L’autre militant est encore prison- nier dans un « endroit inconnu ». La police, depuis la même date, « visite » les logements des grévistes pour les intimider. Le résultat semble, pour l’heure, peu efficace.

Les grévistes ont refusé l’accord proposé par la direction. Cette dernière s’engageait à payer les cotisations depuis le 1er mai 2014. La crainte que les cotisations jamais versées le restent a motivé le refus. En effet, les sommes dues par Yue Yen s’élèvent à hauteur de 3200 et 4800 dollars pour une grande partie des salarié·e·s, soit souvent plus d’une année de salaire.

Dans cette situation, les travailleurs et travailleuses ont décidé de continuer la grève jusqu’au 1er mai 2014. En RPC, le 1er mai est aussi « une fête du travail ». Cette date semble devoir être commémorée de manière radicalement différente par les travailleurs et travailleuses des usines de la famille Tsai, dans le Guandong, et par le Parti-Etat du camarade président Xi Jinping, qui est aussi Secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois et se situe, dès lors, à la tête de « l’atelier du monde » !

Charles-André Udry 25 avril 2014* Publié par A l’encontre le 25 avril 2014 : http://alencontre.org/asie/chine/ch…

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article31717

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25 avril 2014 ~ 0 Commentaire

La gauche et maidan: entretien avec le révolutionnaire ukrainien denis pilas (rs 21)

ukraine

Environ 150 personnes se sont rassemblées à Kiev récemment pour une conférence organisée par des organisations ukrainiennes, y compris l’opposition de gauche , avec le soutien de la Fondation Rosa Luxemburg. La conférence , intitulée « La gauche et Maidan » a discuté des perspectives pour la gauche en Ukraine. Il y avait des visiteurs de Russie, de France, d’Allemagne, de Pologne et de Biélorussie, y compris des membres de gauche du Bundestag allemand et de la Douma russe(1). Denis Pilas est l’un des organisateurs de l’événement .

BN : Denis , pourriez-vous me parler des buts et des objectifs de la conférence ?

DP : Elle a été organisé pour permettre aux révolutionnaires qui ont participé aux manifes- tations de Maidan de partager leurs expériences et analyses, afin d’élaborer un plan et une vision claire de la stratégie future pour la gauche en Ukraine. Et, bien sûr, je l’ai vue comme un outil important pour promouvoir la solidarité internationale. J’étais vraiment heureux de la participation de militants syndicaux de Dniepropetrovsk et Kryvyï Rih, les deux dirigeants de travailleurs [qui avaient pris part à des grèves des mineurs en 1989 à la fin de l'Union soviétique], des jeunes mineurs qui ont participé à leur Maidans locaux et par la suite à des manifestations pour des causes sociales .

BN : Quels sont les principaux résultats de la conférence ?

DP : L’un des principaux résultats a été la consolidation des initiatives de Maidan et la pré- paration des futures manifestations sociales – aujourd’hui contre le nouveau gouvernement . De plus, il y a le lancement de l’Assemblée pour la révolution sociale, la première liste de gau- che radicale à Kiev aux élections au conseil de ville, sur la base de la «démocratie liquide». Il a été convenu d’y participer, sous l’étiquette « Ukraine socialiste » .

BN : L’un des principaux sujets de discussion ici, chez les révolutionnaires du Royaume-Uni , c’est de savoir quel regard la gauche internationale doit porter sur la situation en Ukraine, en particulier sur la gauche dans ce pays. Que pouvez-vous dire à ce sujet ?

DP : La gauche internationale ne doit succomber à aucun type de « géopolitique », de soutien à un impérialisme du « moindre mal ». Au lieu de cela, il lui faut faire campagne à la fois contre les politiques militaristes et aventuristes des États-Unis comme de la Russie. Elle devrait construire un véritable mouvement anti-guerre, contre une éventuelle guerre civile en Ukraine. Il faut s’opposer au régime conservateur, autoritaire et oligarchique de Poutine en Russie, et y être  solidaire de la gauche persécutée par lui. Dans le cas de l’Ukraine, elle doit s’adresser aux des travailleurs de l’Ouest comme de l’Est de l’Ukraine et leur dire de s’unir dans la lutte contre les oligarques. Il convient également de protester contre les exigences du FMI et inclure l’Ukraine dans la lutte de toute l’Europe contre l’austérité .

BN : Que devrions nous faire face aux gouvernements occidentaux ?

DP : Vous devrier exiger d’eux : l’effacement de la dette ukrainienne, la suppression des visas pour les citoyens ukrainiens, qu’ils arrêtent de réclamer de l’austérité pour les ukrainiens,  des sanctions efficaces contre les oligarques ukrainiens et confisquer leurs biens à l’Ouest pour les rendre à la population.

BN : Que peut faire la gauche internationale faire pour construire la solidarité avec les révolutioannires d’Ukraine ?

DP : Créer des liens avec les syndicats et les mouvements populaires progressistes, et mener des campagnes pour des causes communes. Se rendre en Ukraine, voir de leurs propres yeux et partager leur expérience avec les militants au retour.

(1) Andrei Hunko du Linksparteifraktion au Bundestag et Ilya Ponomarev du Front de gauche , qui a été le seul membre de la Douma russe à voter contre l’annexion de la Crimée .

Evénement à venir

Réunion organisée par RS21 et Socialist Resistance avec la militante russe Maria Chekhonadskikh sur «La révolte et la répression en Ukraine et la Russie  » mardi 29 Avril, à 19h30, au Centre communautaire, 62 Marchmont St , London , WC1N 1AB .

RS21April 24 , 2014

http://rs21.org.uk/2014/04/24/the-left-and-maidan-interview-with-ukrainian-socialist-denis-pilas/

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23 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Travailleurs de russie et d’ukraine,

russie

Rassemblez-vous pour l’égalité sociale et nationale !

Alors que les autorités russes affichent une touchante « inquiétude » pour les travailleurs de Crimée et du Donets, les travailleurs et les personnes défavorisées en Russie même font toujours plus intensément l’expérience des conséquences de la crise économique.

Selon les sondages d’opinion, 69 % des Russes s’inquiètent de l’inflation, 51 % de la pauvreté, 33 % de la montée du chômage, 32 % de la corruption, 29 % de la crise économique, 27 % des divisions aiguës entre riches et pauvres et 25 % de l’inadéquation des soins de santé.

La stagnation en cours dans les secteurs industriels en pleine transformation a déjà donné lieu à des réductions massives dans les effectifs et à la croissance du chômage partiel. De plus en plus de conflits sociaux sont provoqués par le non-paiement des salaires.

Dans de nombreuses villes, les scènes sombres des années 1990 sont en train de se répéter au fur et à mesure que s’arrête la reconstruction municipale. Dans le secteur public, le nombre d’actions de protestation des travailleurs augmente, après que la grève « à l’italienne » menée l’an dernier par le personnel des hôpitaux ait jeté les bases pour toute une série d’actions collectives menées en vue d’obtenir des augmentations de salaire.

Mais la classe dirigeante se préoccupe de questions « plus importantes »: construction de l’empire, propagande et lutte contre les dissidents.

Après avoir offert aux magnats des monopoles de la construction et aux bureaucrates corrompus les Jeux Olympiques les plus coûteux de l’Histoire, le gouvernement de Poutine est intervenu dans le conflit intérieur en Ukraine afin de sauver et d’accroître les biens des oligarques liés au Kremlin.

Exploitant habilement l’insatisfaction justifiée des habitants des régions du Sud-Est face au cours nationaliste poursuivi par les nouvelles autorités de Kiev, l’élite russe a été capable d’annexer la Crimée et de faciliter un embrasement de la guerre civile dans le Donbass et les autres régions frontalières de la Russie.

En soumettant Kiev au chantage avec la menace d’une intervention militaire, le Kremlin tente de rétablir son contrôle économique et politique sur l’Ukraine, qu’il considère comme appartenant à sa sphère d’influence.

Il utilise de façon démagogique la défense des habitants russophones de l’Ukraine pour défendre les biens et les revenus d’un petit cercle de millionnaires russophones.

Agiter des menaces militaires profite tant aux autorités russes qu’ukrainiennes. Les premières tentent de transformer la révolution ukrainienne en une guerre fratricide insensée afin de dissuader leurs propres citoyens de protester. Les autres espèrent détourner les critiques grandissantes contre le gouvernement dans des voies nationalistes. Et les deux contribuent objectivement à renforcer les positions des néo-nazis.

Le prétendu « antifascisme » du Kremlin est incapable de dissimuler le flirt de celui-ci avec l’idéologie fasciste, qui se manifeste dans ses financements en faveur de partis d’extrême-droite à l’étranger, son utilisation active des nationalistes russes en tant qu’agents en Ukraine, sa création de milices de cosaques, son encouragement à l’utilisation de déclarations xénophobes et antisémites dans les médias de masse semi-officiels, etc.

La stimulation d’une psychose patriotique de grande puissance en Russie, une nouvelle législation anti-extrémiste encore plus dure que la précédente, la poursuite de prétendus  » traîtres à la nation » et la fermeture des médias d’opposition visent à écraser les troubles sociaux, à perpétuer le système existant de domination et à rendre les « ennemis extérieurs » responsables de la situation de plus en plus misérable dans le pays.

Malgré le fait que le retour à la Russie satisfait une partie significative de la population de Crimée et que le séparatisme pro-russe existe dans un certain nombre d’autres régions d’Ukraine, l’agression contre ce qui est une nation beaucoup plus faible qui vient à peine de renverser un régime corrompu n’est rien autre qu’un acte de pillage impérialiste.

Dans une perspective à moyen terme, l’inclusion de la Crimée et de toute autre partie du territoire ukrainien dans la structure d’un État russe autoritaire et oligarchique n’aura comme résultat que l’écrasement des libertés civiles et la poursuite de l’exploitation économique des travailleurs de ces territoires.

Dans cette situation, le devoir de toutes les forces de gauche et démocratiques dans notre pays est de s’opposer à tout ce qui pousse les peuples russe et ukrainien l’un contre l’autre dans le seul intérêt de différents groupes de capitalistes. La concur- rence entre ceux-ci pour le contrôle des marchés et des ressources, dans le contexte d’une crise économique qui s’intensifie, menace de dégénérer en une guerre dont l’impérialisme russe ne peut pas sortir victorieux.

Tout en soutenant le droit à l’autodétermination pour tous les groupes ethniques ou linguistiques et en partageant l’inquiétude des habitants de la région du Sud-Est face au cours radicalement droitier du gouvernement de Turchinov, nous nous opposons en même temps à une intervention militaire du Kremlin dans la lutte politique en Ukraine.

Les travailleurs de Russie et d’Ukraine doivent se regrouper, non pas autour des gou- vernements et des oligarques, qu’ils soient « nationaux » ou étrangers, mais autour des revendications de démocratie et d’égalité sociale et nationale.

Le Mouvement Socialiste russe appelle à soutenir les actions de protestation qui auront lieu le 1er mai, autour des slogans :

  • Nous ne paierons pas pour les crises et les guerres !
  • Non à la répression politique !
  • Pour la liberté d’Information, de réunion et de grève !
  • Réduisez le nombre de bureaucrates, pas de travailleurs !
  • Gel des prix, et pas des salaires !
  • Non aux guerres des oligarques, oui à la solidarité des peuples

Le Mouvement Socialiste russe est la section russe de la Quatrième Internationale

http://www.avanti4.be/analyses/article/travailleurs-de-russie-et-d-ukraine-rassemblez

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22 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Un an après le drame du rana plaza (basta)

bengla

Les grandes marques d’habillement ont-elles changé leurs pratiques ? Ils fabriquaient des tee-shirts, polos ou pantalons pour de grandes marques occidentales. 1138 ouvriers et ouvrières du textile ont été tués dans le drame du Rana Plaza, il y a un an au Bangladesh. Suite à l’indignation, un accord sur la sécurité des usines textiles a été signé, notamment par les Français Auchan, Carrefour, Camaïeu, Casino et Leclerc.

Les grandes entreprises ont-elles respecté leurs engagements? La situation des ouvrières du textile s’est-elle améliorée ? Les victimes du drame et leurs familles ont-elles été indemnisées ? Enquête. Le 24 avril 2013, s’effondre à Dhaka, capitale du Bangladesh, l’im- meuble du Rana Plaza. 5 000 ouvriers et ouvrières du textiles y travaillent. Bilan : 1 138 morts et plus de 2 000 blessés, dont certains resteront handicapés à vie. Le bâtiment de neuf étages – alors qu’il est conçu pour n’en posséder que cinq – comprend cinq ateliers de confection, travaillant pour des marques aussi diverses que Benetton, Walmart ou Mango. Mais probable- ment aussi pour Camaïeu et Auchan – qui ne reconnaît qu’une possible sous-traitance « sau- vage » – et peut-être pour Carrefour, qui nie cependant tout lien avec le Rana Plaza. Le jour précédent, les ouvrières remarquent des fissures dans les murs. Les patrons les contraignent à reprendre leurs postes, en les menaçant de ne pas verser leurs salaires.

L’événement mobilise comme jamais les médias et l’opinion publique internationale, mettant en lumière les conditions de travail et de vie des ouvrières – majoritairement de très jeunes femmes – qui fabriquent les vêtements commercialisés en Europe et en Amérique du Nord. Au Bangladesh même, la catastrophe entraîne des manifestations de masse des travailleurs du textile, qui se sont poursuivies pendant plusieurs mois et n’ont pas encore vraiment cessé à ce jour (lire « Depuis la catastrophe du Rana Plaza, les ouvrières du textile se sont radicalisées. »). La pression conjuguée des ouvrières et de la communauté internationale a forcé les élites du Bangladesh et les multinationales du textile à des concessions. Les pa- trons des ateliers, malgré leur proximité avec les dirigeants du pays, sont aujourd’hui derrière les barreaux.

Du côté des donneurs d’ordres, plus de 150 marques ont signé un Accord sur la sécu- rité des usines textiles au Bangladesh, en association avec les syndicats nationaux et interna- tionaux, et sous l’égide de l’Organisation internationale du travail (OIT). En France, Carrefour, Auchan, Leclerc, Casino et Camaïeu en sont signataires. Cet accord social novateur prévoit notamment un programme d’inspection des usines et un suivi transparent de ces inspections. Sur le papier, le texte constitue une avancée significative, justifiant les espoirs de nombreux observateurs que le drame du Rana Plaza représentera un tournant décisif en matière de droits humains et de conditions de travail dans l’industrie textile au Bangladesh, voire dans d’autres pays. «Nous avons tout fait pour que cet accord voit le jour», assurait, à l’époque, le négociateur de Carrefour, premier signataire français du texte. «Nous attendons des syndicats un échéancier de ce qu’il y a à faire, et nous sommes impatients!». Si elles affichent fièrement leur participation au processus, les marques françaises – à l’exception de Camaïeu – refusent cependant catégoriquement de participer à l’indemnisation des victimes.

« Pas de responsabilité dans l’effondrement du bâtiment » Les organisations non gou- vernementales françaises, emmenées par Peuples Solidaires et le collectif Éthique sur l’éti- quette, ont lancé un appel (déjà signé par plus de 100 000 personnes) à Auchan et Carrefour, ainsi qu’à l’Italien Benetton, à contribuer au fonds d’indemnisation des victimes et à assumer effectivement leurs responsabilités vis-à-vis des conditions de travail des ouvrières de leurs sous-traitants. Les ONG espèrent profiter de l’anniversaire du Rana Plaza pour faire avancer la proposition de loi sur le « devoir de vigilance » des multinationales françaises vis-à-vis des atteintes aux droits de l’homme dans leurs filiales et leur chaîne d’approvisionnement à l’étran- ger. Déposée par trois députés socialistes et écologistes, la proposition est pour l’instant au point mort, confrontée à l’opposition des lobbies économiques et du gouvernement. Une pétition en ligne vient d’être lancée.

De son côté, Carrefour n’a pas reconnu de lien avec le Rana Plaza, bien que des syn- dicalistes bangladais aient retrouvé une étiquette de sa marque Tex dans les décombres de l’immeuble après la catastrophe. Des anciens ouvriers de l’immeuble affirment également avoir produit des T-shirts de marque Tex, mais il pourrait y avoir confusion avec une marque danoi- se [1]. Le cas Auchan est plus problématique. L’entreprise admet initialement que des panta- lons de sa marque In Extenso sont fabriqués au Rana Plaza, mais explique qu’il s’agit d’une production sous-traitée « en cascade » par l’un de ses fournisseurs officiels, sans que l’ensei- gne n’en soit informé.

Accord international: Auchan tiendra-t-il ses engagements? Réponse des ONG : « Le fait qu’Auchan n’ait pas été capable de maîtriser sa production tout au long de sa chaîne d’ap- provisionnement ne la dédouane en aucun cas de sa responsabilité envers les victimes. » Le groupe semble avoir choisi de durcir le ton. Dans un communiqué récemment diffusé, Auchan affirme désormais que son enquête approfondie « n’a permis d’apporter aucune preuve for- melle ». Ce qui n’a pas empêché Auchan de « mettre fin de manière unilatérale à [ses] rela- tions commerciales avec [le fournisseur en question] ». Conclusion de la multinationale: «Auchan (…) n’a pas de responsabilité dans l’effondrement du bâtiment. »

La responsabilité du groupe français est cependant bel et bien engagée dans la mise en œuvre de l’accord qu’il a paraphé. Le programme d’inspection prévu concerne environ 1 700 usines textiles sur les 4 500 que compte le Bangladesh [2]. Ces inspections ont commencé fin 2013. Les dix premiers rapports – qui relèvent des problèmes importants de sécurité – ont été rendus public. Selon les dispositions de l’accord, les donneurs d’ordre – Carrefour, Auchan et consorts – s’engagent à aider leurs fournisseurs à réaliser les travaux nécessaires, à main- tenir des relations d’affaires pendant au moins deux ans, et à rémunérer pendant au moins six mois les ouvriers et ouvrières mis au chômage pendant la durée des travaux. Pourtant, au moins deux usines viennent d’être fermées suite aux inspections, dont un fournisseur d’Auchan employant 3 500 ouvrières, Softex. Les ouvrières ont été congédiées sans compensation, les patrons de l’usine se défaussant sur Auchan : « Nous fermons des usines à leur demande. Aussi c’est à eux de financer le chômage des ouvriers. » [3]. Dans son récent communiqué, le groupe français reconnaît les faits, mais garde le silence sur le sort réservé au fournisseur et aux ouvrières. Toujours pas responsable ?

200 ouvrières toujours portées disparues Suite aux manifestations et aux mouvements de grève, le gouvernement bangladais a été obligé d’augmenter le salaire minimal du secteur textile. Celui-ci a été porté à 50 dollars mensuels (36 euros), contre 28 dollars auparavant. Les ouvriers réclamaient cependant le double (100 dollars). Encore loin du salaire vital au Bangla- desh [4], qui prend en compte le prix de besoins essentiels – logement, énergie, eau, habil- lement, protection sociale, alimentation, transport, éducation santé, petite épargne – et estimé à 260 euros au Bangladesh. H&M, principal donneur d’ordre au Bangladesh, a ainsi proposé de payer directement les ouvriers et de leur assurer un «salaire vital» au moins, pour commen- cer, dans quelques usines pilotes. « Nous saluons ces annonces, mais nous n’avons pas connaissance d’initiatives concrètes à ce stade », nuance cependant un autre syndicaliste bangladais.

L’attitude d’Auchan et de Carrefour n’est certes pas exceptionnelle : seulement dix entreprises se sont engagées formellement dans le dispositif d’indemnisation (dit « Arran-gement »), contre plus de 150 pour l’accord! Les besoins financiers pour assurer une com- pensation « juste, complète et transparente » aux victimes du Rana Plaza – couvrant les frais médicaux et la perte de revenus, en conformité avec les conventions de l’OIT – ont été estimés à 40 millions de dollars (54 millions d’euros). Un peu moins de la moitié doit être abondée par les donneurs d’ordres internationaux. Une somme extrêmement modeste comparée aux béné- fices des entreprises concernées en 2013, comme le signalent Peuples solidaires et Éthique sur l’étiquette : « 2,4 milliards [d’euros] pour Inditex (Zara), 1,26 milliard pour Carrefour, 767 millions pour Auchan ». Pourtant, à ce jour, 7 millions de dollars ont été promis selon l’OIT…

En attendant, grâce aux contributions d’ONG et de quelques entreprises comme l’irlandaise Primark, des aides d’urgences ont été versées, mais de manière aléatoire et insuffisante au regard des besoins. Pire : près de 200 ouvrières seraient encore portées disparues, leurs corps n’ayant pas été officiellement retrouvés dans les décombres [5]. Leurs familles n’ont donc pas droit à des indemnités.

Carrefour et Auchan, une « conduite exemplaire » ? Pourquoi refuser de participer au fonds d’indemnisation, au risque de se donner une mauvaise image ? Probablement parce que ces entreprises considèrent un tel geste comme un aveu implicite de relation commerciale avec les entreprises du Rana Plaza, pouvant engager leur responsabilité juridique [6]. La mise en place du fonds d’indemnisation – fruit d’une laborieuse négociation entre entreprises et syn- dicats sous l’égide de l’OIT – s’est pourtant entourée de bien des précautions. Soin a été pris de dissocier contribution financière au fonds et responsabilité directe dans le drame, en pré- cisant que les contributions pouvaient très bien être volontaires. Nombre d’entreprises y ont d’ailleurs participé par le biais d’organisations caritatives internes, comme la « Fondation C&A », ou externes, via des ONG.

Cela n’a visiblement pas suffi à apaiser les craintes dans les directions de Carrefour et Auchan. Leur attitude contraste avec celle d’autres groupes européens, comme l’irlandaise Primark, qui a contribué au fonds en plus de mettre en place son propre programme d’indem-nisation. Ou encore C&A ou Inditex (Zara), qui y ont abondé sans pour autant reconnaître avoir des sous-traitants dans le Rana Plaza. Même les géants américains Gap et Walmart – pourtant très critiqués par la société civile internationale pour avoir refusé de signer l’accord – ont par- ticipé à l’indemnisation! Si le groupe Carrefour a pu se présenter comme un « artisan de l’Accord », et vante sa «conduite exemplaire», la réalité paraît donc beaucoup moins reluisante.

La mise en cause de la sous-traitance sauvage et le risque juridique paraissent des ex- cuses bien commodes pour ne rien changer fondamentalement au système établi, et se dé- fausser de toute responsabilité sur leurs fournisseurs. « Les grandes marques occidentales sont celles qui ont le plus profité de la sueur et du sang des ouvrières. Elles doivent donc prendre leurs responsabilités et s’occuper des victimes et des autres ouvrières, au même titre que les propriétaires bangladais des usines », estime Shahidul Islam Shahid, de l’un des principaux syndicats du secteur textile bangladais, le National Garment Worker’s Federation (lire notre entretien). Sera-t-il écouté ?

Ouvrière bangladeshie et new-yorkaise : un destin commun? Dans la foulée du Rana Plaza, Auchan s’est empressé d’annoncer un «plan de lutte contre la sous-traitance sauva- ge». Pourtant, ce sont bien les pratiques d’achat des groupes de grande distribution et de leurs concurrents qui créent, en imposant des délais très courts pour des volumes excessifs à des coûts ultra compétitifs, le problème de la sous-traitance sauvage. «Auchan a bien entendu été bouleversé par cet événement, mais la responsabilité de la catastrophe est celle de ceux qui ont obligé les salariés à travailler dans un immeuble ne respectant pas les normes d’urba- nisme locales et présentant des risques visibles d’effondrement», déclare aujourd’hui le groupe.

Qui a contribué à placer les ouvrières dans cette situation et quels sont les différents degrés de responsabilité ? Plutôt que de répondre à cette question, Auchan choisit d’adop- ter un ton martial : en cas de violation par les fournisseurs des « contrats commerciaux » et des « modes de relations habituels », la sanction sera immédiate et les sous-traitants ne seront plus référencés parmi les fournisseurs. Une logique similaire à celle de Disney, très critiqué pour avoir décidé unilatéralement de se retirer totalement du Bangladesh après le drame. Et laissant les ouvrières à leur sort après avoir exploité leur travail, en les privant, du même coup, des opportunités économiques et sociales offertes malgré tout par l’emploi textile [7].

Un précédent souvent invoqué à propos du Rana Plaza est celui de l’incendie de la Trian- gle Wistshirt Factory, une usine textile située en plein New York, en 1911. Cette catastrophe industrielle avait fait 146 victimes : des jeunes femmes qui n’avaient pu s’enfuir de l’immeuble parce que leurs patrons avaient fermé les portes à clé. Le scandale qui a suivi a entraîné la mise en place de régulations pionnières visant à améliorer la sécurité des usines et les condi- tions de travail des ouvriers aux États-Unis. L’une des artisans de ses réformes, Frances Perkins, est ensuite devenue secrétaire d’État sous Roosevelt, puis l’une des fondatrices de l’Organisation internationale du travail. Suite au Rana Plaza, nous en sommes encore loin.

Olivier Petitjean par Olivier Petitjean 22 avril 2014

http://www.bastamag.net/Rana-Plaza

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22 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Inde: l’élection de tous les dangers (essf)

india

Le scrutin législatif en cours revêt une importance toute particulière pour l’Inde, le favori des sondages promouvant un nationalisme agressif d’extrême droite, racial et religieux.

L’organisation d’élections générales en Inde mobilise une logistique gigantesque : 814 millions d’électrices et d’électeurs sont appelés aux urnes ; initié le 7 avril, le scrutin légis- latif se poursuivra ainsi pendant 37 jours. Rares sont les partis implantés dans l’ensemble du pays et les formations régionales fleurissent, si bien qu’une majorité gouvernementale exige la constitution d’alliances à géométrie variable. Dans ces conditions, les journalistes se gardent de prédictions aléatoires. Mais quelques lignes de force apparaissent, fort inquiétantes.

Le Parti du Congrès, héritier de l’Indépendance en 1947, revenu au pouvoir en 2004 après une éclipse, se trouve aujourd’hui discrédité. Rejeton de la dynastie familiale à la tête de cette formation, Rahul Gandhi, 43 ans, n’a pas l’envergure nécessaire pour redresser la situ- ation. Cela semble la seule certitude. La crise du Parti du Congrès libère le champ politique alors que le régime est à bout de souffle, miné par la corruption, et que la société indienne subit le contrecoup des politiques néolibérales mises en œuvre par les gouvernements suc- cessifs. Le pays connaît une croissance économique bien réelle, mais très inégalitaire.

L’alternative traditionnelle à gauche est elle aussi discréditée, incarnée par les Partis communistes marxiste et indien qui se sont pliés aux diktats néolibéraux dans les Etats qu’ils gouvernaient – comme le Bengale occidental –, au point de réprimer violemment des secteurs de la paysannerie.

Narendra Modi est particulièrement bien placé dans la course électorale, avec le BJP (Parti du peuple indien). Il veut hindouiser l’Etat indien, laïc (au sens anglais de secular) depuis l’Indépendance ; il développe un nationalisme racial et religieux agressif qui lui permet de s’adresser aux hindous de toutes castes – y compris les plus basses – et de tourner la colère sociale contre les musulmans (qui sont environ 150 millions en Inde). En 2002 au Gujarat, l’Etat qu’il contrôle d’une main de fer, des émeutes inter-communautaires ont fait quelque 2000 morts. Les tenants du nationalisme hindou animent des milices armées qui se sont plus d’une fois attaquées aux minorités. Pour la plupart des organisations de gauche, le BJP est un mouvement fasciste.

Modi promet aux classes moyennes la « bonne gouvernance ». Il a réécrit sa propre histoire au point qu’il se présente, en mobilisant les médias de la bande dessinée à la télé- vison, comme un demi-dieu. Il use de toutes les techniques de communication, intervenant simultanément en plusieurs endroits grâce aux hologrammes.

Une nouvelle formation se présente aux législatives, l’AAP (Parti de l’homme ordinaire), lancé par Arvind Kejriwal. Ce parti tient un discours social, s’adresse aux jeunes (50% de la popu- lation a moins de 25 ans) et a fait son flambeau de la lutte contre la « corruption quotidienne » qui pourrit la vie des plus pauvres. Mais son programme politique mêle thèmes de droites et de gauche, ce qui n’est pas sans évoquer des cas comme celui du Mouvement 5 étoiles en Italie.

La gauche sociale et politique se trouve placé devant un dilemme : pour faire barrage à Narenda Modi et son fascisme hindouiste, faut-il voter pour des partis laïcs qui, à force de néolibéralisme, ont fait le lit du BJP et de ses milices ? Le réseau Socialisme Radical s’y refuse. D’autres se résignent à soutenir le « moindre mal ». Les forces de gauche « authentiques » sont très actives sur le plan local, animent d’importantes campagnes (comme contre la cons- truction de centrales nucléaires), aident au développement de nouveaux syndicats militants…, mais pèsent peu nationalement.

L’issue du scrutin législatif aura d’importantes répercussions dans toute la région. L’Etat indien est le gendarme du sous-continent et les mouvements religieux d’extrême droite, anti-laïcs et identitaires, sont en pleine croissance dans les pays du voisinage. Pierre Rousset

* Article écrit pour le prochain numéro de l’hebdomadaire « L’Anticapitaliste ».

Les camarades indiens de Radical Socialist : http://www.radicalsocialist.in/

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21 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Plougastel-daoulas, l’image, mission humanitaire en palestine (lt)

 

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Mercredi, à 18 h 30, le cinéma l’Image diffusera, en avant-première, un documentaire de Mikaël Baudu, « Battements de coeur en Palestine », tourné au mois de février. Riwana, jeune étudiante en médecine, participe à une mission humanitaire en Palestine au côté de deux médecins brestois, Dominique Le Nen et Jean Branellec, l’un chirurgien, l’autre anesthésiste. Tous deux consacrent chaque année quelques semaines de leur temps pour aider des populations dans le besoin, loin de l’attention de la communauté internationale.

Rencontres et témoignages  Le documentaire, coproduit par Gwengolo Filmoù et France 3, avec le soutien de la région Bretagne, les suit lors d’une mission à l’hôpital de Jénine, à deux pas d’un camp de réfugiés palestiniens reconstruit, après avoir été rasé en 2002 par l’armée israélienne. C’est aussi une rencontre forte avec des Palestiniens, oubliés d’une fausse paix, et heureux de témoigner de leurs aspirations nationales et sociales. Chef de service au CHUR de Brest, le professeur Le Nen effectue, depuis 2002, deux missions médicales par an. Il a notamment publié « De Gaza à Jénine, au coeur de la Palestine ». 19 avril 2014

http://www.letelegramme.fr/finistere/plougastel-daoulas/l-image-mission-humanitaire-en-palestine-19-04-2014-10131627.php

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18 avril 2014 ~ 0 Commentaire

En Chine, des dizaines de milliers d’ouvriers en grève dans une usine géante (fr.tv)

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Plus de 30 000 ouvriers ont cessé le travail dans l’usine Yue Yuen qui fabrique des chaussures de sport pour Nike, Adidas, Puma, Asics, Converse et New Balance dans le sud du pays.

Une grève géante à la démesure de l’usine. Plus de 30 000 ouvriers ont cessé le travail dans l’usine Yue Yuen qui fabrique des chaussures de sport pour Nike, Adidas, Puma, Asics, Converse et New Balance, à Dongguan, une ville du sud de la Chine. Ils refusent depuis une semaine de reprendre le travail. Ils se plaignent de leurs conditions salariales, de leurs contrats d’embauche lacunaires et de carences dans leur couverture sociale. Cette grève est rap- portée, mercredi 15 avril, par une ONG, China Labor Watch (en anglais), spécialisée dans les mouvements sociaux du secteur industriel chinois, mercredi 16 avril.

Les grévistes exigent le paiement d’allocations sociales qui leur seraient dues, affir- me Dong Lin, un membre d’une association de défense des droits, basée à Shenzhen et proche des ouvriers. La direction de l’entreprise s’est engagée à effectuer un rattrapage dans ces versements d’ici fin 2015, a relaté sous couvert de l’anonymat, une salariée du site. Mais cette proposition a été rejetée par les ouvriers en grève, inquiets par la perspective que la direction puisse brusquement décider de fermer l’usine pour la délocaliser, sans honorer ses promesses, un cas de figure classique en Chine.

Imposant déploiement des forces de l’ordre China Labor Watch a diffusé une série de photos montrant le déploiement de centaines de policiers autour de l’usine, certains équipés de matériel antiémeute et d’autres tenant en laisse des bergers allemands. Selon l’ONG, les policiers ont frappé ou interpellé plusieurs ouvriers depuis le début de la grève. « Personne n’ose se lever et prendre la tête de la contestation, car nous avons tous peur que l’usine exerce des actions de représailles par la suite », a confié une salariée sous couvert de l’ano- nymat. Et d’ajouter : « La presse locale n’ose même pas mentionner l’existence de notre grève. » Mis à jour le 16/04/2014 | 12:55 , publié le 16/04/2014 | 12:35

http://www.francetvinfo.fr/monde/asie/des-dizaines-de-milliers-d-ouvriers-en-greve-dans-une-usine-geante-en-chine_578371.html

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17 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Les amérindiens, premières victimes dans les luttes pour l’environnement (les inrocks)

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Selon un rapport publié par l’ONG Global Witness, les conflits liés à l’environnement et aux droits du sol sont de plus en plus violents.

Entre 2002 et 2013, 908 activistes ont été tués, dans 35 pays différents. Les communautés indigènes d’Amérique latine sont particulièrement touchées.

Il ne fait pas bon défendre l’environnement. Selon un rapport publié le 15 avril par l’ONG Global Witness, basée à Londres, en dix ans le nombre de personnes assassinées pour avoir défendu leurs droits territoriaux et environnementaux a quasiment triplé, passant de 51 en 2002 à 147 en 2012. Au total, dans cet intervalle, ce sont 908 personnes qui ont payé de leur vie pour défendre leur terre, leur forêt ou leur environnement contre l’exploitation productiviste.

Les causes des décès sont multiples. Depuis 2002, 46 personnes ont été tuées par la police au Pérou alors qu’elles manifestaient contre l’exploitation minière de leur pays. En mai 2011 les écologistes brésiliens José Cláudio Ribeiro da Silva et Maria do Espírito Santo, qui s’opposaient à la déforestation de l’Amazonie, ont été assassinés par balles dans une embus- cade. Au Honduras, 93 paysans qui luttaient contre les plantations de palmiers dans la région très militarisée de Bajo Aguán ont été assassinés en toute impunité par des mercenaires employés par les industries de l’huile de palme, des militaires ou des policiers depuis 2010.

Les Amérindiens face aux bulldozers En Amérique latine, le nombre de victimes de ce type de conflits est particulièrement élevé : plus de 80 % des crimes comptabilisés dans le rapport de l’ONG (qui n’est pas exhaustif) y ont été perpétrés. Le Brésil détient le record funeste de 448 morts en dix ans, suivi du Honduras (109 morts), du Pérou (58 morts) et de la Colombie (52 morts). La violence de ces conflits est alarmante. Ce ne sont pourtant pas des extrémistes écologistes à la “Unabomber”, ni même des militants de Greenpeace qui tombent. Il s’agit en fait bien souvent de membres des communautés indigènes qui défendent leur territoire, comme le met en évidence l’ONG dans un communiqué :

“Dans beaucoup de cas, leurs droits territoriaux ne sont pas reconnus par la loi ou en pratique, laissant leurs terres à la merci de l’exploitation menée par des intérêts économiques puissants, qui les disent ‘opposés au développement’. Souvent, ils apprennent qu’un accord allant à l’encontre de leurs intérêts a été conclu lorsque des bulldozers arrivent dans leurs fermes et leurs forêts.”

Les deux tiers des assassinats répertoriés par Global Witness ont en effet eu lieu dans le contexte de conflits liés à la propriété, au contrôle et à l’usage de la terre. Plusieurs facteurs expliquent l’augmentation de la violence dont sont victimes ces populations. D’abord, les entreprises qui exploitent les ressources naturelles empiètent de plus en plus sur leurs terres.

“Plus on va à l’intérieur de l’Amazonie, plus on construit de barrages, plus il y a un affrontement avec les indigènes: c’est cet affrontement qui est source de violence, explique Jean-Baptiste Mouttet, co-auteur de La Grande Revanche. Les Amérindiens à la reconquête de leur destin (éd. Autrement). Les exploitations tendent à pénétrer de plus en plus au cœur de territoires habités par des peuples qui étaient jusqu’à présent éloignés de la civilisation telle qu’on la connaît.”

Selon la journaliste Anna Bednik, engagée dans le collectif ALDEAH (Alternatives au Développement Extractiviste et Anthropocentré), l’expansion des zones touchées par l’exploitation des ressources naturelles a atteint un seuil critique: “84% de l’Amazonie péruvienne et 75% de l’Amazonie équatorienne sont concernés par l’exploitation pétrolière, et 15% des terres du Pérou sont possédées par des compagnies minières”.

“Les grandes entreprises internationales ont l’habitude de faire leur loi” Les peuples autochtones n’entendent pas se laisser déposséder de leur environnement sans réagir. “Il y a davantage d’affrontements car les Amérindiens ont pris conscience de leurs droits, et reven- diquent plus facilement leur territoire qu’auparavant. Or les grands propriétaires terriens et les grandes entreprises internationales ont l’habitude de faire leur loi dans ces lieux reculés, d’où le clash”, explique Jean-Baptiste Mouttet.

Le mouvement social qui s’est levé au Pérou, dans la région de Cajamarca, contre le projet minier Conga, est emblématique de ces nouveaux conflits territoriaux et indigènes. Les paysans des hauts plateaux andins s’opposent depuis 2011 à ce projet d’exploitation d’une mine de cuivre et d’or par la multinationale Yanacocha, qui mettrait en péril les ressources hydriques et l’agriculture de l’ensemble de la région. En juillet 2012 cinq personnes sont mortes dans ce conflit.

“C’est une réponse sociale à l’extractivisme, c’est-à-dire l’exploitation massive des ressources naturelles, qui a connu une accélération importante ces dernières années, explique Anna Bednik. Le prix des matières premières produites en Amérique Latine a considérablement augmenté, ce qui pousse les gouvernements de ces régions, de droite comme de gauche, à les exploiter. Il y a une intensification des exploitations pétrolières, gazières, de charbon, de métaux, du soja, et de la palme africaine. Tous ces centres d’extraction sont reliés par des projets routiers et des barrages hydrauliques qui endommagent l’environnement naturel, et entrent en concurrence avec les populations pour les ressources qui sont sur ces territoires ancestraux des peuples autochtones”.

La relation particulière qu’entretiennent les peuples autochtones avec la nature les rend également plus vulnérables, comme l’explique Jean-Baptiste Mouttet :

“En Colombie, dans la croyance des Amérindiens Kogi, Kankuamos et Arhuacos, qui vivent dans la Sierra Nevada, la montagne et la mer doivent être connectés par la nature, par la forêt. C’est pourquoi ils essayent de racheter leur terre pour que la nature reprenne ses droits sur ces territoires. Ce faisant, ils entrent en conflit avec les Farc, avec les paramilitaires, et avec les grands propriétaires terriens. Ce sont des peuples en position de victime car ils ne peuvent s’appuyer sur aucune aide extérieure. Ils ne prennent pas parti entre Farc et paramilitaires: ils sont pris en tenaille par ces deux groupes-là.”

Dans certains pays, les peuples autochtones sont même considérés comme des terroristes tombant sous le coup de lois répressives, comme les Mapuches au Chili. En comparaison, l’impunité des coupables de crimes dans ces conflits laisse pantois: 1 % d’entre eux seulement ont été condamnés selon le rapport de Global Witness. Dans le communiqué publié par l’ONG, son représentant Andrew Simms conclut : “La protection de l’environnement est désormais un champ de bataille stratégique pour les droits de l’homme.” 17/04/2014 | 10h27

http://www.lesinrocks.com/2014/04/17/actualite/de-plus-en-plus-damerindiens-se-font-tuer-en-defendant-lenvironnement-11498634/

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17 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Morlaix, ras­sem­blement pour la libé­ration de marwan bar­ghouti (afps)

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Et de tous les Pri­son­niers Poli­tiques Palestiniens

Le 17 avril 2014, à 18 heures, à l’occasion de la journée inter­na­tionale de soli­darité avec les pri­son­niers poli­tiques et dans la tra­dition des ini­tia­tives soli­daires en pays de Morlaix (vague blanche pour la Syrie, journée contre la torture, ) l’antenne de l’Association France Palestine Soli­darité du Pays de Morlaix, appelle à un grand ras­sem­blement pour la libé­ration de Marwan Bar­ghouti et de tous les Pri­son­niers Poli­tiques Pales­ti­niens, sur le parvis de la Mairie de Morlaix, entre le kiosque à musiques et la dalle dédié à la Décla­ration Uni­ver­selle des Droits de l’Homme qui sera sym­bo­li­quement empri­sonnée pour cette occasion.

Ce ras­sem­blement per­mettra de rap­peler la situation des nom­breux enfants, femmes et hommes empri­sonnés, souvent sans jugement, loin de chez eux et en dépit des règles de Droit Inter­na­tional. Des habi­tants du Pays de Morlaix, Mar­raines et Par­rains de Pri­son­niers Pales­ti­niens, témoi­gnerons à cette occasion. AFPS du Pays de Morlaix, jeudi 17 avril 2014

http://www.france-palestine.org/Rassemblement-pour-la-liberation,23439

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17 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Génocide au rwanda: l’état français, le déni et la triche

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Vingt ans après, la polémique sur les responsabilités de l’État français dans le géno- cide au Rwanda ne désarme pas. Du côté de l’accusation, des témoignages précis, graves et concordants. De l’autre, la langue de bois la plus abrupte… Monté en première ligne, notre nouveau Premier ministre déclare sans ambages, à l’occasion du débat de politique générale à l’Assemblée  : «  Je n’accepte pas les accusations injustes, indignes, qui pourraient laisser penser que la France ait pu être complice d’un génocide au Rwanda, alors que son honneur c’est toujours de séparer les belligérants  ». Ben voyons  ! Il «  n’accepte pas  ».

 «  Honneur  » et continuité Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères du gouvernement de cohabitation au moment des faits, appelle François Hollande «  à défendre sans ambiguïté l’honneur de la France, l’honneur de son Armée, l’honneur de ses diplomates  ». Ce mot, «  honneur  », revient ainsi en une inlassable litanie, comme s’il suffisait à couper court à tout questionnement, à réfuter tous les témoignages. C’est aussi celui qu’on retrouve dans un récent message aux armées du ministre de la Défense, qui retournant l’histoire comme un gant, explique que «l’honneur de la France et de ses armées», est d’avoir réagi «en étant la première… à reconnaître dans ces tueries un génocide et à réclamer un sursaut de la communauté internationale» et «en incarnant elle-même ce sursaut».

Cela pour mieux boucler la boucle par une conclusion sans appel, marque de la cohé- rence de la politique française  : «L’armée qui est courageusement intervenue il y a vingt ans, c’est celle-là même qui a délivré le peuple malien de la violence terroriste, et qui s’engage aujourd’hui, aux côtés des Africains, et notamment de soldats rwandais, pour prévenir une nouvelle tragédie en Centrafrique». Continuité à tous les étages  ! Voilà qui est faire bon marché des responsabilités de la France, à trois niveaux au moins  : par les choix effectués dans les années qui ont précédé le génocide  ; au moment des faits, par l’engagement direct des troupes françaises au côté des génocidaires; au cours des années qui ont suivi, par l’occultation délibérée et obstinée de la vérité qui perdure encore aujourd’hui.

 Les faits sont têtus La France est intervenue, de façon particulièrement active dès 1990, en tant qu’alliée sans faille du Président hutu Habyarimana sous l’égide, notamment, du socialiste Hubert Védrine, alors secrétaire général de l’Élysée. La politique de la Françafrique consiste alors à prendre le contre-pied de celle du colonisateur belge qui s’appuyait sur une «élite» tutsi minoritaire. Le pouvoir ayant changé de mains, il s’agit de rectifier le tir en se rangeant active- ment et sans réserve au côté de la majorité hutue pour s’inscrire pleinement dans le jeu des rivalités des grandes puissances et établir solidement la position de la France.

Dans ces conditions, dès que le régime en place se sent menacé par les troupes tutsies du FPR, la France décide d’intervenir militairement : c’est, en 1990, l’opération Noroît, présentée comme «  temporaire  » comme il se doit… et qui durera jusqu’en 1993. Quand à l’opération «Turquoise» de 1994, celle-ci s’annoncera comme une opération humanitaire, uniquement destinée à «mettre fin aux massacres partout où cela sera possible, éven- tuellement en utilisant la force.»

La responsabilité français classée «  secret défense  » C’est autour des tenants et abou- tissants de cette dernière que la polémique est la plus vive. De la responsabilité dans les mas- sacres à la participation directe de certains membres des forces armées en passant par la complicité qu’induirait la formation des milices hutues, il y a place pour nombre de thèses qui s’affrontent encore. Il n’est pas possible ici de les lister et de les mettre en regard.

En 1998, une mission d’information parlementaire sous la présidence Paul Quilès produira un rapport de 1 800 pages, au fil desquelles elle sera conduite à reconnaître rien moins, par exemple, que la «sous-estimation du caractère autoritaire, ethnique et raciste du régime rwandais»… dont la France assurait la protection et formait les milices. Pourtant, le président de la mission s’évertue à la dédouaner en indiquant en préambule de la présentation de ce document  : «Ce sont bien des Rwandais qui, pendant plusieurs semaines, ont tué d’autres Rwandais dans les conditions que l’on sait. Au moment où il se produit, la France, n’est nullement impliquée dans ce déchaînement de violence».

Nous en sommes toujours là. Quilès a beau se targuer d’avoir obtenu, dans le cadre de la mission d’information, la déclassification de 7 500 documents, il reste que la levée du «  secret défense  » sur nombre de documents est toujours refusée. On peut gager que ce ne sont pas les moins intéressants. Mais une fois de plus, «  l’État comprime et la loi triche  »  !

François Brun  Hebdo L’Anticapitaliste – 238 (17/04/2014). http://npa2009.org/

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