Archive | International

22 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Turquie : ce que Gezi est en train d’enseigner à la gauche (Avanti.be)

Turquie : ce que Gezi est en train d’enseigner à la gauche (Avanti.be) dans Europe k-bigpic

La capacité de la gauche révolutionnaire turque à aider à mener une révolte de masse a été testée en juin au cours du mois de manifestations et d’actions de protestations nées autour de la question du parc Gezi d’Istambul.

Après ce qu’elle appelle désormais « la Grande Résistance de Juin », la gauche se sent nettement plus légère, comme rafraîchie par ces événe-ments. Son moral est plus élevé qu’il ne l’a été depuis des décennies. Et surtout, elle a une direction à saisir. Le chemin à suivre est clair. Une lutte du peuple uni pour la révolution a été le rêve de la gauche turque depuis plus de quatre décennies. Et enfin, elle vient de connaître un véritable mouvement populaire de masse et uni.

Surmonter les divisions

La puissance de la Grande Résistance Juin a finalement forcé la gauche révolutionnaire à agir ensemble, quelque chose dans laquelle elle a très peu d’expérience. Car la gauche turque a une histoire terrible de division, pleine de colère et parfois de sang. Pour la première fois de son his- toire, la gauche turque vient de recevoir une leçon sur ce qu’est une lutte unie, et cela par un mouvement populaire de masse. Certains ne l’ont pas compris, mais les groupes qui font passer leurs slogans, leurs symboles et leur propre identité avant le peuple en révolte, ont rapidement perdu toute pertinence dans les manifestations.

Voici juste un bon exemple des leçons que Gezi a enseigné à la gauche. Lors de manifestations à Izmir, la troisième plus grande ville de Turquie, deux partis de gauche, le Parti communiste turc (TKP) et le Parti de la Démocratie Socialiste (SDP), se sont confrontés l’un à l’autre de la manière habituelle. Les choses se sont gâtées et il y a eu de la violence. Mais, pour la première fois, les comités centraux des deux partis se sont réunis ensemble, ont résolu le problème et a publié une déclaration conjointe regrettant ce qui s’était passé. Dans une situation dif- férente, ce conflit aurait traîné pendant une longue période, épuisant les énergies. Il n’aurait jamais été résolu, mais, au mieux, finalement oublié.

La confiance inspirée par la Grande Résistance de Juin se ressent comme un nouveau départ pour les relations au sein de la gauche. Elle donne lieu à des propositions qui n’auraient jamais été possibles auparavant. Certaines sections de la gauche ont commencé à appeler Sirri Sureyya Onder, le héros de Gezi, à être le candidat du mouvement à la mairie d’Istanbul lors des élections locales de l’an pro- chain. Onder est un député de l’Alliance qui regroupe les partis kurdes, verts et socialistes, le Congrès démocratique du peuple (HDK). Si cela se produit, il est probable qu’une très grande proportion de la gauche le soutiendrait et approfondirait les expériences de coopération et d’unité.

Écarter le nationalisme

Après 20 jours de combats de rue, l’esprit de Gezi continue à vivre maintenant dans les forums nocturnes organisés dans les parcs de banlieue d’Istanbul et d’autres villes. A Istanbul, les plus grands ont lieu dans le parc d’Abbasaga à Besiktas et dans le parc de Yogurtcu à Kadiköy. Des milliers de personnes y participent. Des discussions s’y mènent sur la façon dont ces forums peuvent être transformés pour former un nou- veau genre de regroupement national. Avec les élections locales dans seulement huit mois, ces forums pourraient être très utiles. D’autre part, le danger existe que ces forums puissent s’épuiser et disparaître avec le temps s’ils ne débouchent pas sur des plans et des objectifs concrets.

Depuis le début, il y a eu des craintes que les nationalistes turcs puissent détourner le mouvement. Si celui-ci avait été un mouvement nationaliste laïque, anti-islamiste et anti-kurde, le processus de paix entre le mouvement de libération kurde et le gouvernement de l’AKP aurait été pris comme cible, car il s’agit d’une initiative importante du gouvernement. Les nationalistes adoreraient voir des slogans contre le processus de paix, mais le mouvement ne les a pas suivi. Le principal slogan des nationalistes, « Nous sommes les soldats de Mustafa Kemal » (fondateur de la Turquie laïque) a été ridiculisé par le contre-slogan des manifestants : « Nous sommes les soldats de Mustafa Keser » (un musicien de folk contemporain qui personnifie le plaisir et la joie de vivre). Lorsque la police a tué un manifestant dans la ville kurde de Lice le 28 Juin (une ville qui a été entièrement brûlée en 1993), les cris de « Lice, résiste » ont jailli de partout sur les places Taksim et Kadikoy. Ce fut le dernier clou dans le cercueil des nationalistes dans la résistance de Gezi.

Nouvelle génération

Une toute nouvelle génération qui n’a jamais été politiquement active a pris part à des manifestations pour la première fois de leur vie pendant la résistance de Gezi. Elle a laissé sa marque sur tout. Il s’agit d’une nouvelle génération avec des attitudes, un langage et des comportements différents. Leurs parents ont peut-être cru que si les Kurdes parlent leur propre langue, le pays serait déchiré. Ou que si une fille est allée à l’école avec son foulard, la charia suivrait. Telle était la paranoïa créée par les nationalistes. Mais la nouvelle génération est différente et la plupart des socialistes peuvent le voir. C’est le défi auquel ils doivent répondre.

Zekeriya Ayman est un Kurde turc socialiste vivant à Melbourne en Australe.

Cet article est paru le 17 juillet sur le site australien www.greenleft.org
Traduction française pour Avanti : Jean Peltier. Les intertitres sont de la rédaction d’Avanti.

http://www.avanti4.be/analyses/article/turquie-ce-que-gezi-est-en-train-d-enseigner-a

Lire la suite

20 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Liberté immédiate pour Amina!

Liberté immédiate pour Amina! dans Féminisme tumblr_mk8lqycujm1qavmuuo1_12802

Amina Sboui, la première Femen tunisienne, a été arrêtée le 19 mai dernier alors qu’elle venait de taguer, seule, les cinq lettres du mot FEMEN sur un muret d’enceinte du cimetière de Kairouan.

D’abord inculpée pour détention illégale d’un aérosol d’autodéfense et écrouée à la prison de Messaadine, elle voit depuis les inculpations les plus fantaisistes tomber les unes après les autres : « association de malfaiteurs », « outrage public à la pudeur », « profanation de sépulture » (pour le tag, alors qu’il a été écrit à l’extérieur et non à l’intérieur du cimetière), puis « diffamation et outrage à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions », toutes accusations qui, si elles étaient retenues, seraient passibles de longues années d’emprisonnement. La liberté provisoire lui a été refusée en raison de « la gravité du crime imputé ». Elle répondra de la dernière accusation lors d’une audience prévue le 22 juillet. Amina Sboui a dix-huit ans. En Tunisie, un comité de soutien s’est constitué et elle a reçu la solidarité de l’Association Tunisienne des Femmes démocrates, de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme ou encore du Parti Pirate. Au niveau international, Amnesty International, Human Rights Watch, l’OMCT et la FIDH se sont d’ores et déjà mobilisées à des degrés divers. Reste que face à ce harcèlement judiciaire pour un simple délit d’opinion et d’expression, Amina a besoin d’une campagne de soutien au niveau international.

Le NPA exige sa libération immédiate et l’abandon des charges retenues contre elle.

Montreuil, le 19 juillet 2013

Lire la suite

18 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Les bull­dozers israé­liens démo­lissent le village d’Al-​​Araqib suc­ces­si­vement pour la 53ème fois (Afps)

Les bull­dozers israé­liens démo­lissent le village d'Al-​​Araqib suc­ces­si­vement pour la 53ème fois (Afps) dans Anticolonialisme caterpilarman-200x300

Les bull­dozers de la soi-​​disant « Autorité fon­cière israé­lienne », ren­forcés par d’importantes forces de police, ont démoli mardi matin, des dizaines de maisons du village d’al-Araqib dans le Néguev.

Le Sheikh, Sayah Abu-​​Mdighem, Sheikh d’al-Araqib qui est revenu sur ses terres il y a trois ans a déclaré : « Cette fois-​​ci c’est la 53ème fois depuis Juillet 2010 que les bull­dozers israé­liens détruisent les abris et les habi­ta­tions que nous avons construits pour y habiter, nous pro­téger et pro­téger nos terres contre cette poli­tique gou­ver­ne­mentale injuste et oppressive ».Il a précisé que la famille a recons­truit cinq maisons jusqu’ici, sou­li­gnant que les mili­tants de la paix juifs et arabes sont sur leur chemin vers le village afin d’achever la recons­truction des maisons qui abritent 25 familles.Il est à noter que le Néguev est exposé au pro­cessus de démo­lition de ses vil­lages bédouins et de chasser ses occu­pants confor­mément au plan Prawer. Hier les Pales­ti­niens de 48 ont pro­testé contre ce projet et la grève générale a été suivie dans la plupart des villes et vil­lages arabes.

Ma’an News, mercredi 17 juillet 2013 Beer­sheba Maan news  Traduit pour l’AFPS par Moncef Chahed

http://www.france-palestine.org/Les-bulldozers-israeliens

Lire la suite

17 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Le célèbre journaliste israélien, Gideon Levy, appelle au boycott d’Israël

Le célèbre journaliste israélien, Gideon Levy, appelle au boycott d’Israël dans Anticolonialisme gideon_Levy_autre-686e2

Dans un article que vient de publier le quotidien Haaretz, Gideon Levy écrit : « Quiconque s’inquiète réellement de l’avenir du pays doit maintenant être en faveur du boycott économique ».

« Le refuge ultime du patriote israélien : le boycott

Quiconque s’inquiète réellement de l’avenir du pays doit maintenant être en faveur du boycott économique. Une contradiction dans les termes ? On a examiné les alternatives. Le boycott est le moindre mal et il pourrait avoir des effets bénéfiques de portée historique. C’est l’option la moins violente et celle qui a le moins de chances d’aboutir à un bain de sang. Elle serait douloureuse, comme les autres, mais les autres seraient pires. Avec l’entrée d’Israël dans une nouvelle série d’inertie diplomatique, l’appel au boycott économique devient une exigence patriotique.

Si l’on convient que le statu quo actuel ne peut durer toujours, c’est l’option la plus raisonnable pour convaincre Israël de changer. Son efficacité a déjà été prouvée. De plus en plus d’Israéliens ont pris conscience récemment de la menace que représente le boycott. Lorsque la ministre de la justice, Tzipi Livni alerte sur son développement et appelle, en conséquence, à sortir de l’impasse diplo-matique, elle apporte une preuve de la nécessité du boycott. Elle et d’autres rejoignent ainsi le mouvement boycott, désinvestissement, sanctions. Bienvenue au club !

Le changement ne viendra pas de l’intérieur. C’est clair depuis longtemps. Tant que les Israéliens ne paient pas le prix de l’occupation, ou tout du moins ne font pas le lien entre la cause et l’effet, ils n’ont aucune raison d’y mettre fin. Et pourquoi le résidant lambda de Tel Aviv devrait-il se soucier de ce qui arrive dans la ville de Jénine en Cisjordanie ou dans la bande de Gaza ? Ces endroits sont très éloignés et pas particulièrement intéressants. Tant que l’arrogance et l’auto-victimisation continuent au sein du Peuple Elu, le plus élu du monde, toujours la seule victime, la situation réelle du monde n’y changera rien.

Nous disons que c’est de l’antisémitisme. Le monde entier est contre nous, sans que nous ne soyons responsables de son attitude à notre égard. Et par dessus le marché, en dépit de tout, le chanteur anglais Cliff Richard est venu se produire ici. L’opinion publique israélienne est pour l’essentiel coupée de la réalité – la réalité dans les territoires et à l’étranger. Et il y a ceux qui veillent à ce que cette déconnection dange- reuse se maintienne. Parallèlement à la déshumanisation et à la diabolisation des Palestiniens et des Arabes, les gens ici sont trop soumis à un lavage de cerveau nationaliste pour retrouver leurs esprits.

Le changement ne viendra que de l’extérieur. Personne – y compris bien sûr l’auteur de ces lignes- ne souhaite un nouveau cycle sanguinaire. Un soulèvement palestinien non-violent est une possibilité mais il est peu probable à court terme. Ensuite, il y a la pression diplo-matique américaine et le boycott économique européen. Mais les Etats Unis ne vont faire aucune pression. Si l’administration Obama n’en a pas fait, aucune autre Administration n‘en fera. Et puis l’Europe. La ministre de la justice Tzipi Livni dit que le discours en Europe est devenu idéologique. Elle sait de quoi elle parle. Elle a aussi dit qu’un boycott européen ne s’arrêterait pas aux produits des colonies de Cisjordanie.

Il n’y a aucune raison qu’il s’y arrête. La distinction entre les produits de l’occupation et des produits israéliens est une création arti-n ficielle. Ce ne sont pas les colons qui sont les principaux coupables, mais plutôt ceux qui cultivent leur existence. Tout Israël est immergé dans l’entreprise de colonisation, alors tout Israël doit en assumer la responsabilité et payer le prix pour cela. Tout le monde est impliqué dans l’occupation, y compris ceux qui ont envie de regarder ailleurs. Nous sommes tous des colons.

Le boycott économique a prouvé son efficacité en Afrique du Sud. Quand les milieux d’affaires du régime d’apartheid ont interpellé les dirigeants du pays en leur disant que la situation ne pouvait pas continuer comme cela, le sort en a été jeté. Le soulèvement, la stature de leaders tels Nelson Mandela et Frédérik de Klerk, le boycott des sportifs sud-africains et l’isolement diplomatique du pays ont bien sûr contribué à la chute de l’odieux régime. Mais le ton a été donné par les milieux d’affaires.

Et cela peut arriver ici aussi. L’économie israélienne ne résistera pas au boycott. Il est vrai qu’au début cela va accroître le sentiment de victimisation, d’isolement et le nationalisme, mais ce ne sera pas le cas à long terme. Le boycott pourrait donner lieu à un changement majeur d’attitude. Lorsque les milieux d’affaires s’adresseront au gouvernement, le gouvernement écoutera et peut-être agira. Quand la détérioration touchera le porte-monnaie de chaque citoyen, davantage d’Israéliens se demanderont, peut-être pour la première fois, de quoi il s’agit et pourquoi cela arrive.

Il est difficile et douloureux, presque impossible pour un Israélien qui a passé toute sa vie ici, qui n’a pas boycotté le pays, qui n’a jamais envisagé d’émigrer et qui se sent de tout son être attaché à son pays, d’appeler à un tel boycott. Je ne l’ai jamais fait. J’ai compris ce qui motive le boycott et j’ai pu y trouver des justifications. Mais je n’ai jamais appelé d’autres à faire ce pas. Néanmoins, Israël s’engageant dans une nouvelle phase de paralysie profonde tant diplomatique qu’idéologique, l’appel au boycott est une exigence, dernier refuge d’un patriote. »

(Traduction Sonia Fayman) lundi 15 juillet 2013 Source : http://www.haaretz.com/opinion/the-…

http://www.europalestine.com/spip.php?article8470

Lire la suite

17 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Pourquoi les détenus californiens se rebellent (CI)

Pourquoi les détenus californiens se rebellent (CI) dans International pelican-censored-300x217

Depuis le 8 juillet, des milliers de prisonniers californiens sont en grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention et en particulier contre la mise à l’isolement systématique et de longue durée.
La grève de la faim de milliers de détenus a débuté dans le quartier de haute sécurité de la prison d’Etat de Pelican Bay, en Californie. Si les autorités pénitentiaires et de réinsertion de Californie prenaient la réforme du placement à l’isolement aussi sérieusement qu’ils le prétendent, ils n’auraient pas vu près de 30 000 détenus entamer une grève de la faim le 8 juillet dernier. Aujourd’hui encore, plusieurs milliers de pri- sonniers californiens refusent toujours de s’alimenter. En octobre 2011, alors qu’une autre grève de la faim, suivie par près de 12 000 pri- sonniers, entrait dans sa troisième semaine, les services pénitentiaires avaient accepté de revoir les conditions de placement à l’isolement dans des unités de haute sécurité où atterissent des milliers de détenus pour des périodes prolongées.Ces unités sont particulièrement sinistres. Dans les quartiers de haute sécurité que j’ai visités dans la prison d’Etat de Pelican Bay, la plupart des détenus sont confinés, seuls, dans des cellules d’environ deux mètres sur trois mètres et demi dépourvues de fenêtre. Ils sont autorisés à faire de l’exercice une heure par jour, seuls, dans une cellule d’environ cinq mètres sur sept mètres et demi surmontée d’un toit en Plexiglas. Ils ne peuvent ni passer ni recevoir des appels téléphoniques et n’ont le droit à aucune visite de leur famille ou de leurs amis. Ils n’ont pas accès aux programmes de désintoxication et ne peuvent pas assister à des services religieux. Un détenu passe en moyenne sept ans et demi dans une cellule d’isolement.  Certains sont arrivés là après avoir commis des actes abominables en prison, mais il n’est pas nécessaire d’avoir un com- portement violent pour atterrir à l’isolement. Jusque récemment, il suffisait qu’un détenu soit considéré comme étant proche d’un gang par les autorités pénitentiaires sans qu’aucun organisme extérieur ou tribunal ne s’en mêle.

Une réforme pour rien Au fil des milliers de pages de dossiers de prisonniers que j’ai parcourus, j’ai découvert que parmi les “preuves” d’affiliation à un gang figurait la possession d’ouvrages sur les droits des prisonniers, de livres comme L’Art de la guerre, de Sun Tzu, ou Le Prince, de Machiavel. Même le fait de tenir un journal sur l’histoire africaine-américaine ou l’utilisation de termes comme “tio” ou “hermano” [“oncle” et “frère” en espagnol] ont été retenus comme des signes d’affiliation à un gang.  Il y a un an, alors que j’étudiais les chiffres de la popu- lation carcérale, j’ai remarqué que la majorité des détenus placés à l’isolement pour une durée indéterminée n’étaient même pas considérés comme des membres de gangs mais comme des “personnes associées”, c’est-à-dire qu’ils avaient fréquenté, au moins périodiquement, des membres de gangs ou des personnes considérées comme proches des gangs. Les services pénitentiaires ont entamé une réforme environ un an après la grève de la faim de 2011. Le changement le plus notable concernait la durée minimale du placement à l’isolement, réduite de six à quatre ans. Les autorités pénitentiaires ont également commencé à réexaminer les dossiers des détenus actuellement à l’isolement. Sur les quelque 400 cas examinés, plus de 200 ont été autorisés à rejoindre le reste de la population carcérale.  Depuis le début de la réforme, j’ai reçu plusieurs lettres enthousiastes de prisonniers espérant sortir d’isolement. Stanley Surray-Pete, un détenu de 68 ans, m’a écrit qu’il réapprenait à vivre en société pour la première fois depuis trente-neuf ans.  Le réexamen des dossiers est un pas important, néanmoins l’histoire ne s’arrête pas là. Lorsqu’ils parlent du nombre de prisonniers autorisés à sortir d’isolement, les représentants des services pénitentiaires omettent de mentionner une information importante : depuis le lancement de la réforme, le nombre de placements en quartier de haute sécurité a en réalité augmenté.

De plus en plus de détenus à l’isolement
D’après les chiffres officiels des autorités pénitentiaires, le nombre de détenus placés à l’iso-lement a augmenté de 15 % au cours de l’année passée et atteint actuellement un total de 4 527 prisonniers dans l’Etat de Californie.  Il est difficile de connaître les raisons de cette hausse car les services pénitentiaires ne m’ont pas encore fourni les chiffres susceptibles de l’ex- pliquer. Il est toutefois possible que la formulation des nouvelles règles ait fortement élargi le nombre de prisonniers susceptibles d’être placés à l’isolement pour une durée indéterminée.  Il y a un an, seuls les membres ou associés de sept gangs pouvaient être soumis au régime d’isolement pour une durée indéterminée. Aujourd’hui, ce sont les membres ou associés de près de 1 500 gangs qui sont concernés, même si les sept premiers restent les plus ciblés.  Les autorités pénitentiaires indiquent désormais recourir au régime d’isolement en fonction du “comportement” des prisonniers. Si auparavant l’affiliation à un gang était suffisante pour être placé à l’isolement pour une durée indéter- minée, aujourd’hui, toute personne associée à un gang peut être punie de la même manière pour avoir commis une ou deux infractions graves au règlement.  Toutefois un examen plus attentif des nouvelles règles montre que les autorités ont également modifié la définition des infractions “graves” au règlement. Par le passé, on désignait ainsi des transgressions comme le trafic de drogue, l’agression d’autres prison- niers ou une tentative d’évasion.

Aujourd’hui, les autorités considèrent comme une “grave” infraction le fait de posséder de “mauvais” livres ou des dessins réalisés par les prisonniers eux-mêmes, ou tout propos “révélant une affiliation” à un groupe menaçant la sécurité. Autrement dit, tout ce qui servait déjà à mettre les prisonniers à l’isolement auparavant.  Ce tour de passe-passe a suscité la colère des prisonniers et provoqué un mouvement de contestation bien plus important qu’en 2011. Il y a deux ans, les détenus ne dénonçaient que le placement en quartier de haute sécurité. Aujourd’hui, ils réclament une amélioration générale de leurs conditions de détention. Cette grève de la faim, massivement suivie, a de fortes chances de faire des victimes. Les autorités pénitentiaires doivent immédiatement ouvrir des discussions avec les leaders du mouvement pour améliorer leur sort.
Une détention inhumaine Journaliste d’investigation, Shane Bauer a publié en octobre dernier sur le site Mother Jones un grand article décrivant en détail la détention à l’isolement dans la prison californienne de Pelican Bay. Shane Bauer avait auparavant été détenu durant vingt-six mois en cellule d’isolement dans une prison iranienne, dans des conditions selon lui moins dures qu’à Pelican Bay.

Selon Bellaciao: Les prisonniers réclament principalement que les mesures d’isolement ne puissent excéder 5 ans. Actuellement, 4 527 condamnés sont officiellement internés en Segregated Housing Units (SHUs). Ils seraient en fait près de 10 000. Une douzaine d’entre eux sont maintenus à l’isolement depuis plus de 20 ans. Par ailleurs, le Center for Investigative Reporting a révélé le 7 juillet que, de 2006 à 2010, 148 prisonnières ont été stérilisées de force en Californie. Depuis 1982, début de la guerre aux drogues, le nombre de prisonniers de l’État de Californie a augmenté de 500 %. Il atteint actuellement 475 pour 100 000 habitants. Il faut bien sûr y ajouter les prisonniers des districts aussi bien que ceux de l’État fédéral.

Lire la suite

16 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Ce que dit l’arrestation d’un enfant de cinq ans (Afps)

Ce que dit l’arrestation d’un enfant de cinq ans (Afps) dans Anticolonialisme Palestine-Soldat-Israelien-1-2

Arres­ta­tions, déten­tions arbi­traires, vio­lences, torture à l’encontre des enfants : des constantes qui forment une politique.

Les images publiées par l’ONG Israé­lienne « B’Tselem » en disent long sur le trai­tement des enfants mineurs en Palestine occupée. On a donc pu voir, le 11 juillet, des soldats israé­liens arrêter un enfant, Wadia Karam Meswada, âgé de moins de six ans, cou­pable d’avoir lancé une pierre ! Il a été détenu pendant deux heures.

Comment com­prendre le com­por­tement de ces soldats israé­liens ? On ne trouve évidemment pas d’explication ration­nelle qui pourrait être liée par exemple à des impé­ratifs de sécurité. La seule expli­cation est que ces soldats se consi­dèrent tota­lement et, par défi­nition, dans leur bon droit. Les enfants pales­ti­niens, comme leurs aînés, ne font pas partie de la même humanité qu’eux. La convention des Nations Unies sur les droits de l’enfant ne les concerne donc pas. Rien ne peut passer au-​​dessus de leur mission : garantir le bien-​​être des colons d’Hébron… qui se sont eux-​​mêmes donné pour but de « pourrir la vie » des habi­tants de la vieille ville.

On touche au cœur même de la phi­lo­sophie de la colo­ni­sation qui amène à dis­tinguer entre ceux qui auraient tous les droits (divins) pour eux et ceux qui consti­tue­raient une véri­table sous-​​humanité. C’est tota­lement inac­cep­table. Ce n’est mal­heu­reu­sement pas nouveau. En 2012, un rapport publié par le ministère des affaires étran­gères bri­tan­nique après une enquête menée par une délé­gation de 9 avocats faisait état d’une situation inac­cep­table et émettait une série de demandes. Sans effet.

Le rapport de l’Unicef publié le 6 mars 2013 estimait à 700 le nombre d’enfants pales­ti­niens arrêtés, inter­rogés et détenus tous les ans en Cis­jor­danie par l’armée, la police et les agents de la sécurité israé­liens. Dans son rapport, l’Unicef dit avoir iden­tifié des trai­te­ments jugés « cruels, inhu­mains ou dégra­dants par la Convention des droits de l’enfant et par la Convention contre la torture ».

Yigal Palmor, porte-​​parole du ministère israélien des Affaires étran­gères a alors déclaré que les auto­rités civiles et mili­taires col­la­bo­raient avec l’Unicef sur ce rapport, dans le but d’améliorer le trai­tement des mineurs pales­ti­niens en détention.

Aujourd’hui nous voyons qu’il n’en est rien. En l’absence de réelles pres­sions inter­na­tio­nales, rien ne sera fait par les auto­rités israé­liennes pour arrêter ces crimes contre les enfants de Palestine car ces agis­se­ments sont au cœur même de leur poli­tique. C’est dire, une fois encore, la res­pon­sa­bilité de la com­mu­nauté inter­na­tionale. Et au-​​delà de toutes les orga­ni­sa­tions et citoyens attachés à la défense des droits humains.

Pour notre part, nous demandons au gou­ver­nement français de ne pas s’en tenir à des pro­tes­ta­tions de principe, mais de sanc­tionner cette poli­tique inhu­maine et por­teuse de chaos. Nous estimons que notre gou­ver­nement en a les moyens ; il suffit de la volonté poli­tique pour le faire. Bureau National de l’AFPS, mardi 16 juillet 2013

http://www.france-palestine.org/Ce-que-dit-l-arrestation-d-un

Lire la suite

15 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Les envahisseurs indigènes d’Israël (Afps)

Les envahisseurs indigènes d’Israël (Afps) dans Antiimpérialisme bedouin_demo.activestills.org_.62

Le « Haut Comité de Liaison des Arabes en Israël » appelle aujourd’hui à une grève générale pour réclamer l’abolition du plan Prawer-​​Begin qui a pour objectif de judaïser le Naqab/​Neguev.

Ce projet, qui a déjà été adopté en pre­mière lecture, vise à déplacer des dizaines de mil­liers de Bédouins pales­ti­niens d’Israël et de détruire leurs vil­lages, consi­dérés par le gou­ver­nement israélien comme illégaux alors même qu’ils existent bien avant la création de l’État d’Israël. Le but de ce plan est de dépos­séder la popu­lation pales­ti­nienne de 800.000 dunums de ces terres ances­trales, soit 4 fois plus que la dépos­session de 1976 en Galilée, celle qui a donné nais­sance à la « journée de la Terre ».

Israël jus­tifie le démé­na­gement imminent de mil­liers de Bédouins pales­ti­niens en les qua­li­fiant “d’envahisseurs“ Le 24 juin, le “Plan Prawer pour la règle­men­tation de l’installation des Bédouins-​​palestiniens dans le Néguev“ a été voté en pre­mière lecture au par­lement israélien. S’il est mis en œuvre, le Plan consti­tuera “la plus impor­tante mesure de dépla­cement forcé de citoyens arabes d’Israël depuis les années 1950 et il entraînera l’expulsion estimée de qua­rante mille Bédouins-​​palestiniens de leurs habi­ta­tions actuelles.

La finalité du Plan est de judaïser le Néguev israélien. Pour cela, cependant, soixante-​​dix mille Bédouins (sur un total de 200 000) qui vivent actuel­lement dans des vil­lages classés comme “non reconnus“ par le gou­ver­nement israélien doivent être déplacés. Le gou­ver­nement leur interdit déjà de se connecter au réseau élec­trique et aux sys­tèmes d’adduction d’eau et d’évacuation des eaux usées. Des règle­ments sur la construction sont aussi durement appliqués, et rien qu’en 2011 environ un millier d’habitations Bédouines et d’abris pour animaux –aux­quels le gou­ver­nement fait habi­tuel­lement réfé­rence comme à de simples “structures“ – ont été démolies. Il n’y a pas de routes gou­dronnées et les pan­neaux indi­ca­teurs signalant ces vil­lages sur la route prin­cipale sont retirés par les auto­rités gou­ver­ne­men­tales. Ces vil­lages n’apparaissent pas sur les cartes, puisque selon la géo­graphie offi­cielle, les lieux habités par ces citoyens israé­liens de seconde zone n’existent pas.

Pendant des années le gou­ver­nement a pré­tendu que, comme ces gens vivent dans de petits vil­lages épar­pillés sur de vastes étendues, il ne peut pas leur fournir les ser­vices de base, et qu’il faut donc les concentrer dans quelques agglomérations. En réalité, c’est dans le rapport “Il y a une solution“, publié en 2010 par l’organisation de colons Regavim (le Trust pour la pro­tection de la terre nationale), qui a tra­vaillé en relation avec plu­sieurs agences gou­ver­ne­men­tales, que la logique qui sous-​​tend ce plan est le mieux ex- primée. Le rapport main­tient que les habi­tants bédouins du Néguev “volent“ au peuple juif “la Terre d’Israël …. tou­jours en douceur, sans le rugis­sement d’une bataille ni la clameur d’une guerre“.

“Sur ce champ de bataille“ continue l’organisation, les béton­neuses ont rem­placé les tanks, les charrues rem­placent les canons, et des civils à l’air innocent rem­placent les soldats en uni­forme … Acre après acre, village après village, en achetant, en squattant, en exploitant une terre qui n’est pas à eux, parfois par la ruse, parfois par la vio­lence, avec d’énormes sommes d’argent, et fer­mement sou­tenus par des orga­ni­sa­tions anti­sio­nistes en Israël ou à l’étranger, ils font perdre à Israël son contrôle sur les terres du peuple juif. Regavim sou­tient en outre que jusqu’ici, Israël a “ offert des ‘carottes’ aux Bédouins – mais ne leur a jamais montré le ‘bâton’, et elle prétend qu’au moyen de leurs “acti­vités cri­mi­nelles “ ces Bédouins sont en train de colo­niser la terre et donc de menacer de “mettre fin au futur juif de la région sud“.

Citant la fameuse décla­ration du premier ministre Ben-Gurion “Le Néguev est le test de la nation en Israël“, Regavim propose une solution en quatre étapes pour contrer cette menace, qui com­porte juguler les “construc­tions bédouines illé­gales“, pré­parer la popu­lation à son départ, évacuer toutes les “popu­la­tions illé­gales“, et fina­lement les trans­férer dans des implan­ta­tions légales. Enfin, le gou­ver­nement doit pré­parer “le jour d’après“ et ne pas accepter “des raisons de revenir à leur état ori­ginal“. “État ori­ginal“ se rap­porte à la situa- tion actuelle, qui du point de vue de Regavim est carac­té­risée par l’invasion de l’espace juif par des “popu­la­tions pales­ti­niennes illé­gales“. Se- lon ce nar­ratif, l’espace est par défi­nition juif, et donc toute pré­sence non juive est une forme de conta­mi­nation, et l’enjeu du test de Ben-​​Gurion.

Ceci est pré­ci­sément le rai­son­nement der­rière le “bâton“ de Prawer et la façon dont les Bédouins ont été décrits et traités dans la sphère publique depuis des années. En réponse à une pétition soumise à la Cour Suprême contre l’évacuation de vil­lages de Bédouins à côté de la ville d’Arad, le maire adjoint d’Arad a dit à des jour­na­listes que les affir­ma­tions de ces “enva­his­seurs inso­lents“ sont  “déloyales“. De nom­breux articles ont utilisé le terme d’envahisseur pour décrire les acti­vités des Bédouins dans le sud d’Israël, tandis qu’un site web popu­laire note que les Bédouins ont com­mencé à envahir la région centre du pays. Même dans une opinion publiée dans Haaretz, journal qui avait soutenu la décision de la Cour Suprême condamnant la pra­tique offi­cielle de l’épandage de poison sur les “champs cultivés illé­ga­lement par les Bédouins“, l’auteur réfère à la popu­lation bédouine par le terme envahisseur.

La trans­for­mation de l’indigène en “enva­hisseur“ ou en “colon palestinien“, pour emprunter l’expression uti­lisée récemment par le vice-​​mi- nistre de la défense Danny Danon, est cru­ciale pour com­prendre non seulement le Plan Prawer, mais la logique fon­da­mentale de l’état d’Israël. Dans un contexte où les Pales­ti­niens ont sys­té­ma­ti­quement été aliénés et éliminés de l’histoire et de la géo­graphie, la consti­tution des autoch­tones pales­ti­niens comme sujet illégal ou enva­hisseur étranger est la condition pour pouvoir “judaïser“ la terre. L’étau dans lequel ceci se joue est fondé sur l’engagement eth­no­gra­phique d’Israël de dépos­séder les non Juifs, cyni­quement élevé au rang d’acte d’auto-défense, et fina­lement, de justice.

Neve Gordon est actuel­lement membre de l’Institute for Advanced Studies à Prin­ceton et il est l’auteur de L’occupation d’Israël. On peut le joindre sur son site web, http://www.israelsoccupation.info/

Nicola Per­ugini est un anthro­po­logue qui enseigne au Al Quds Bard Honors College à Jéru­salem. Il est actuel­lement membre de l’Institute for Advanced Studies à Princeton  Neve Gordon et Nicola Perugini, AlJazeera, lundi 15 juillet 2013

Traduction RP http://www.france-palestine.org/Les-envahisseurs-indigenes-d

Lire la suite

15 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Des associations dénoncent un défilé néocolonial le 14 juillet

Des associations dénoncent un défilé néocolonial le 14 juillet dans Antiimpérialisme amandla

« Ce défilé donne un parfum de victoire à une opération militaire qui est loin de pouvoir être présentée ainsi étant donné les nombreuses zones d’ombre qui l’entourent et les incertitudes qui demeurent sur son issue » a déclaré Fabrice Tarrit, Président de l’association Survie, rappelant que la France était probablement le pays le moins légitime pour intervenir au Mali, du fait de son passif historique dans la sous-région et de la succession d’interventions militaires qu’elle y a mené depuis 50 ans, contribuant à sa déstabilisation ». Une publication de l’association, intitulée « La France en guerre au Mali : enjeux et zones d’ombre » [1] apporte de nombreux éclairages sur ces aspects qui ont été jusque-là peu développés dans les médias.

Pour le Président de Survie, « sous couvert de mobilisation en faveur de la démocratie et des droits de l’Homme, cette intervention sert clairement les intérêts politiques, économiques et militaires de la France au Mali. Un parallèle peut être dressé avec le défilé organisé par Nicolas Sarkozy en 2010, année de commémoration du cinquantenaire des indépendances africaines, en présence de 10 chefs d’État africains. François Hollande perpétue cette politique, en prenant l’initiative sur des dossiers qui concernent avant tout les africains, en s’entourant d’un aréopage de chefs d’État et dictateurs alliés et en vantant l’ingérence militaire française sur le continent. »

« Cette intervention marque un échec », a renchéri David Mauger, lui aussi membre de Survie, « l’échec du multilatéralisme, tant il est flagrant que la France, concernant le Mali, a tenu le stylo pour toutes les initiatives, toutes les résolutions de l’ONU, qu’elle a dû constater l’incapacité opérationnelle des forces africaines de la Cedeao qu’elle est supposée renforcer depuis des décennies, et que par ailleurs elle n’a trouvé aucun partenaire pour intervenir au niveau de l’OTAN, peinant même à obtenir des soutiens européens à la mission de formation EUTM ». « Nous assistons à un retour du bilatéral entre la France et l’Afrique », a-t-il ajouté.

Ce retour du bilatéralisme est visible concernant la mobilisation des troupes tchadiennes au Mali, qui a fait l’objet de tractations diplo-matiques entre la France et le Tchad, pays dirigé par le dictateur Idriss Déby et dont les forces armées sont réputées pour leurs violations des droits de l’homme et le recrutement d’enfants soldats. « La société civile tchadienne, est la victime principale de cette intervention militaire française appuyée par le Tchad » a relevé Abdelkerim Yacoub Koundougoumi, soulignant la vague de répression qui a suivi ce début de retour en grâce de Déby sur le plan diplomatique, donnant lieu à de très faibles réprobations, de la France en particulier. « Je suis choqué et déçu que les troupes tchadiennes soient mobilisées pour défendre la liberté et la démocratie dans un pays étranger alors qu’elles les refusent à leur propre peuple », Le militant tchadien en a profité pour lancer un appel de soutien à Makaila Nguebla, blogueur poursuivi par le régime tchadien jusqu’au Sénégal, dont il a été récemment expulsé, actuellement en attente d’un visa pour la France.

Le porte-parole de Sortir du Colonialisme, Patrick Farbiaz a appuyé cette demande et exprimé sa préoccupation à propos du refus de visa subi récemment par l’écrivaine malienne Aminata Traoré, jusque-là considérée en France comme une interlocutrice de poids, mais victime de son discours discordant sur l’intervention militaire française.

Le mouvement Sortir du Colonialisme, qui a émis en février un appel intitulé « Mali : la politique de la canonnière n’est pas une solution » voit dans ce défilé du 14 juillet une relégitimation de l’ordre colonial, à travers la mise en scène d’une armée française intervenant en Afrique, de troupes africaines lavées de tout soupçon d’exactions, et plus globalement d’une Françafrique qui a adopté un nouveau look tout en restant dans le giron de l’Élysée, de l’Etat-major et des entreprises françaises. Le nouveau Livre Blanc de la Défense, redonne une légitimité d’intervention militaire française en Afrique, cautionnant cette « stratégie du gendarme ».

Ce défilé intervient en effet à mi-chemin entre deux dates importantes. Le lancement le 1er juillet de la MINUSMA, la mission onusienne censée prendre le relais de Serval pour « pacifier » le pays, au sein de laquelle la France conserve un rôle de commandement, disposant par ailleurs de sa propres force « parallèle » d’intervention. D’autre part la date prévue du premier tour de la Présidentielle malienne, le 28 juillet, date imposée par la France, qui avait menacé d’être « intraitable » selon les propres mots de François Hollande, alors que les conditions d’organisation de l’élection sont bien loin d’être réunies. A la veille de ce scrutin, alors que la France est très investie dans la course aux marchés pour la reconstruction du Mali, qu’elle engrange peu à peu, il y a fort à redouter que le régime qui sera issu de ce processus peine à conquérir une vraie légitimité, continuant ainsi à laisser la part belle à ceux qui, comme la France, ont décidé de maintenir le pays sous tutelle.

Les représentants de l’association Survie, en conclusion de la conférence de presse ont tenu à dénoncer le rôle autoproclamé de gendarme de l’Afrique que la France s’est octroyé au Mali et condamné l’ingérence politique, diplomatique et militaire dont elle a fait preuve depuis le déclenchement de la crise malienne, appelant à un départ des troupes françaises du pays et plus globalement du continent africain.

Un appel à la vigilance et à la mobilisation citoyenne a également été lancé en prévision de l’organisation à Paris les 5 et 6 décembre d’une conférence internationale consacrée à la sécurité en Afrique, initiative pilotée par la France et qui s’apparente à une nouvelle version des Sommets France-Afrique dont les prédécesseurs de François Hollande ont tous usé pour rassembler la « famille françafricaine ».

Réunis à l’occasion d’une conférence tenue à Paris le 11 juin, des militants de l’association Survie, de Sortir du Colonialisme et un activiste tchadien ont dénoncé l’organisation par la France le 14 juillet d’un défilé sur les Champs-Élysées mettant à l’honneur des troupes françaises et tchadiennes mobilisées dans la guerre au Mali.

14 juillet 2013

[1] Edition Tribord, 249 pages, 7 € parution le 22 Août, disponible auprès de Survie

Source : http://survie.org

http://www.afriquesenlutte.org/communiques-luttes-et-debats/communiques-autres/article/des-associations-denoncent-un

Lire la suite

15 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Nelson Mandela : un héritage et des contradictions

Nelson Mandela : un héritage et des contradictions dans International mandela

Bien des choses seront dites ou écrites sur l’héritage de Mandela.

Et nous ferons de notre mieux pour lui rendre justice. Le plus dur sera d’aller au-delà du mythe et de saisir précisément la nature contra-dictoire de cet héritage car on ne peut mettre à l’actif des seuls Zuma ou Mbeki [les successeurs de Mandela à la tête du pays] les problèmes rencontrés par l’Afrique du Sud aujourd’hui. Sans conteste, son plus grand acquis est le règlement négocié qui a permis l’existence d’une Afri- que du Sud démocratique fondée sur le principe d’«une personne = une voix ». Comme l’a expliqué l’un de ses co-détenus de Robben Island, «son but a toujours été la dé-racialisation de la société sud-africaine et la création d’une démocratie libérale ».

Contradictions et divisions C’est pourtant le compromis de la réconciliation qui est en train de se désagréger. Selon les propres mots de Thabo Mbeki, « les inégalités sociales ont entériné l’existence de deux nations en un seul pays  : l’une blanche et relativement prospère, la deuxième noire et pauvre  ». Le bilan de Mandela ne peut occulter le fait que le pays est plus divisé que jamais. La nature même de la récon-ciliation rendait impossible toute véritable redistribution des richesses et se fit aux dépends de la vaste majorité de la population noire. Cette politique signifiait l’abandon de la politique de l’ANC enracinée dans la Charte de la Liberté [1] dont Mandela disait en 1959 qu’« il est vrai qu’en demandant la nationalisation des banques, des mines d’or et de la terre, la Charte porte un coup fatal aux monopoles financiers et mi- niers et aux intérêts des fermiers qui pendant des siècles ont pillé ce pays et condamné son peuple à la servitude. Mais cela est impératif, car la réalisation de la Charte est inconcevable, en fait impossible si ces monopoles ne sont pas écrasés et si la richesse nationale n’est pas ren- due au peuple. » Toutefois, il ajoutait  : « Le démantèlement et la démocratisation de ces monopoles ouvriront la voie au développement d’une classe bourgeoise non-européenne prospère ». Cette contradiction fait partie intégrante de son héritage.

Réconciliation et adaptation À sa sortie de prison, Mandela réitérait l’engagement de nationaliser. Mais les besoins de la réconciliation, tant avec le pouvoir blanc qu’avec le capitalisme mondial, dictèrent l’abandon de cette politique. Ses rencontres avec l’élite mondiale à Davos l’ont convaincu que des compromis avec les bailleurs de fonds étaient nécessaires. Ses rencontres avec des hommes d’affaires sud-africains renforcèrent sa conviction qu’il n’y avait pas d’alternative au capitalisme. En 1996, confronté à un effondrement financier, c’est bien volon- tiers qu’il adopta une politique néolibérale.

Pour Ronnie Kasrils, [un des membres de l’ANC], «  C’est entre 1991 et 1996 que la bataille pour l’âme de l’ANC a été menée et perdue au profit du pouvoir et de l’influence des milieux d’affaires. Ce fut le tournant fatal. Ce fut notre moment faustien lorsque nous avons été pris au piège – certains clamant aujourd’hui que nous avons trahi notre peuple  ». Alors que nous poursuivons la tâche ardue d’unir notre peuple en une seule nation, le coût du compromis et de la politique de réconciliation pourrait bien revenir nous hanter. La renaissance et la reconnaissance croissante de l’autorité tribale sapent les bases de la démocratie et renforcent les divisions ethniques et tribales. Plutôt que d’en finir avec ces divisions, Mandela a utilisé tout le poids qu’il avait parmi les populations rurales pour donner une légitimité à ces structures largement discréditées.

Pour rendre justice à sa vie, à son dévouement et ses sacrifices pour l’égalité entre noirs et blancs, la lutte doit continuer. Cette lutte doit maintenant se focaliser sur l’élimination des inégalités sociales. Pour cela, nous aurons besoin de la grandeur et de la sagesse de nombreux Mandela. Nous aurons besoin d’une organisation dédiée à la mobilisation de tous les Sud-Africains, noirs et blancs, pour l’éman-cipation économique de ce pays. Nous aurons besoin d’un mouvement comme l’ANC de Mandela, un mouvement basé sur un leadership collectif avec les qualités combinées des grands noms qui ont mené notre lutte de libération nationale. Plus important encore, nous aurons besoin que le peuple prenne sa vie en main et devienne l’artisan de sa propre émancipation.

N’est-ce pas là ce pour quoi Nelson Mandela a vécu et combattu  ?

ASHLEY Brian 11 juillet 2013
Notes

[1] Charte de la liberté  : déclaration de principes adoptée en 1955 par l’Alliance réunissant l’ANC, le PC sud-africain, le congrès des démocrates et leurs alliés.

* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 203 (11/07/13). http://www.npa2009.org/

* Traduit de l’anglais par Raymond Adams.

* Brian Ashley est l’éditeur de la revue sud-africaine de gauche radicale Amandla!

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article29211

Lire la suite

13 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Cuba, les livrets d’approvisionnement fêtent leurs 50 ans (CI)

Cuba, les livrets d’approvisionnement fêtent leurs 50 ans (CI) dans Antiimpérialisme viva-cuba

Le gouvernement cubain les appelle « livrets d’approvisionnement ». Les Cubains « livrets de rationnement » ou simplement « la libreta ». Les centaines de magasins d’État fêtent leur 50e anniversaire ce 12 juillet. Le décret d’origine, lui, avait été signé en mars 1962, au moment où les sanctions économiques des États-Unis commençaient à provoquer des manques de nourriture et de médicaments dans le pays.La persistance de ces magasins symbolise, pour le correspondant à Miami du Virigin Islands Daily News, « l’épique échec du secteur agricole cubain et l’insistance bornée de son gouvernement communiste ». Grâce à cette subvention égalitaire, chacun des onze millions de Cubains est aujourd’hui supposé recevoir sept livres de riz [3,15 kg] par mois, la moitié d’une bouteille d’huile de cuisine et un morceau de pain « de la taille d’un sandwich » par jour. A cela s’ajoutent de petites quantités d’œufs, de haricots, de poulet ou poisson, de spaghettis, de sucre brun et blanc et de gaz.  Avec des rations supplémentaires pour les occasions spéciales : gâteaux pour les anniversaires ou rhum et bière pour les mariages. Mais, remarque le journal, « les rations ne sont pas toujours disponibles chaque mois. De même, le nombre d’articles et la taille des rations ont diminué avec les années. Les pommes de terre, le savon, le dentifrice, le sel, les cigarettes et les cigares ont, entre autres, disparu. »Aujour-   d’hui, le gouvernement dépense environ un milliard de dollars chaque année pour faire fonctionner ce système, un « chiffre énorme dans un pays où le salaire moyen officiel est de moins de 20 dollars par mois », note le quotidien.

Commentaire: Toute l’hypocrisie de la bien pensance (de gauche?): en aucun cas ce sont les USA qui maintiennent au 21è siècle  un blocus alimentaire « revenchard » pour punir les cubains d’avoir exproprié les capitalistes étrangers, qui sont coupables, c’est le gouvernement cubain qui a le tort de répartir la pénurie au lieu d’instaurer l’inégalité du « libéralisme ». Rappelons que Cuba ne figure pas parmi les pays d’Amérique latine où les enfants ont faim, que la santé y est gratuite et que personne ne meurt pendant les cyclones! Quelle horreur!

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin