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12 juin 2013 ~ 0 Commentaire

« On s’indigne, on s’insurge et puis on voit »

« On s'indigne, on s'insurge et puis on voit » dans Europe gamin1

« Stupéfaction ». Voilà plus de deux semaines que la place de Taksim est occupée par le peuple et que des dizaines de milliers de personnes défilent tous les jours malgré les brutales interventions policières dans les quatre coins du pays.
Au-delà de l’indignation et de ­l’espoir, la stupéfaction demeure le principal sentiment, un sentiment partagé par les protagonistes du mouvement et tout particulièrement par l’extrême gauche. En effet, malgré l’offensive néolibérale et les politiques sécuritaires, anti-démocratiques et conservatrices du gou- vernement, la Turquie semblait être l’un des seuls pays de la région à ne pas être affecté par la radicalisation de masse que représentaient les révolutions arabes et les mouvements d’indignéEs sur la côte méditerranéenne.  Mais finalement la tentative du gouvernement de construire une ancienne caserne d’artillerie, un centre commercial et une résidence de luxe en détruisant un parc public en plein centre d’Istanbul, déclencha cette révolte inattendue, spontanée et pratiquement « magique » qui se déroule actuellement sous nos yeux.

Tension et tentatives de division Pris au dépourvu, l’étonnement n’est pas moindre pour le gouvernement. Au-delà de l’accumulation de diverses causes de mécontentement, c’est principalement l’auto­ritarisme et l’arrogance du Premier ministre Erdogan qui provoque la résistance. Lors du séjour de ce dernier en Afrique du Nord, le vice Premier ministre Bülent Arınç et le Président de la République Abdullah Gül tentèrent de se montrer plus con- ciliateurs, en s’excusant pour la brutalité policière et en organisant une rencontre avec les représentants de l’initiative « Solidarité pour Taksim ». Face aux revendications, qui comprennent l’annulation du projet, la sauvegarde du parc, la démission des responsable de la violence policière et le droit de mani- fester sur les places publiques, le Premier ministre, même s’il semble avoir fait marche arrière à propos du centre commercial et de la résidence, réaffirme sa décision de reconstruire la caserne à Taksim.
Comme stratégie d’apaisement du mouvement, le gouvernement joue la carte de la division. D’une part, il essaye d’isoler Taksim, en faisant intervenir brutalement la police (accompagnée parfois de policiers en civil armés de bâtons) lors des manifestations se déroulant dans les autres villes (et principalement à Ankara). Parallèlement, une distinction entre « ceux qui ont sincèrement des inquiétudes environnementales » et « les voyous qui ne pensent qu’à détruire et brûler » est incessamment soulignée. D’autre part, et de façon très dangereuse, Erdogan rappelle à chaque occasion que sa base est aussi prête à se mobiliser si les manifestations perdurent. Et ceci sans cacher sa satisfaction face au slogan « laisse-nous y aller, nous écraserons Taksim ! » scandé par des milliers de sympathisants.

Potentialités et difficultés du mouvement
Entourés et ainsi « protégés » par plus d’une dizaine de barricades, Taksim et le parc Gezi sont devenus de véritables lieux de rassemblements politiques et syndicaux, d’activités ludiques et festives, régis par ce que l’historien marxiste E.P. Thompson appelait « une économie morale » : inter­diction de tous rap- ports commerciaux au sein du parc, dénommé désormais « la commune de Gezi » ; gratuité de la nourriture, de la boisson et des services sanitaires ; utili-sation de l’énergie solaire dans la cuisine ; bibliothèques fonctionnant par dons ; principe de volontariat pour l’accomplissement de toute tâche et un sen- timent irréductible de solidarité, de responsabilité envers l’autre, mais aussi et surtout envers la nature.
Cependant la prudence des confédérations syndicales à se mobiliser (à part quelques grèves symboliques), l’absence de formes d’auto-organisation et d’autogestion au sein de la commune, et de débats stratégiques concernant l’avenir du mouvement, sont des problèmes à souligner. L’hétérogénéité du mouvement soulève aussi plusieurs difficultés. La sensibilité nationaliste et parfois militariste (symbolisée par l’abondance de drapeaux turcs et du slogan « nous sommes les soldats de Mustafa Kemal ») portée par la composante républicaine-kémaliste du mouvement, engendrent les réti- cences des Kurdes à y participer, malgré plusieurs appels de leurs organisations à la mobilisation. De plus, cela donne l’occasion au gouvernement et à ses intellectuels organiques de stigmatiser le mouvement de « putschiste » et de consolider ainsi sa base.
Difficile de prévoir le dénouement de la situation pour le moment, mais cette semaine peut s’avérer décisive, étant donné que le gouvernement ne peut se permettre de laisser une telle crise se perpétuer, et que les résistants de leur côté refusent de rentrer chez eux sans que les revendications soient satisfaites. Mais, dans tous les cas, une nouvelle génération a pris le goût de la liberté, expérimenté la lutte collective et saisi la nécessité de résister. Un slogan inscrit sur la place de Taksim exprime bien l’importance de cette résistance pour la transformation des consciences : « Nous avons résisté et nous avons avorté le citoyen mort qui résidait en nous ».
D’Istanbul, Uraz Aydin

http://npa2009.org/node/37640

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12 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Les faiblesses de la gauche radicale

Les faiblesses de la gauche radicale dans A gauche du PS yy021-259x300

La gauche radicale est divisée en Turquie, sans véritable pôle fort, ce qui explique le peu de visibilité de l’anticapitalisme dans les événements.
L’ODP (Parti de la Liberté et de la ­Solidarité). A la fin des années 90, une tentative de parti large et pluraliste, dans le cadre de l’ODP, a échoué, avec des conséquences néfastes pour chacune des composantes. L’ODP reste l’une des principales forces de la gauche radicale, mais n’est plus un parti large et pluraliste. Il se limite au groupe Dev Yol (Voie de la Révolution). La tradition de ce parti peut être considérée comme « centriste », entre réformisme radical et programme révolutionnaire.
Halkevleri (les maisons du peuple) est issue de la même tradition. Important réseau s’appuyant sur des centres sociaux et des organisations locales, elle peut prétendre devenir le centre de gravité de la gauche radicale. Ses militants actifs dans les mouvements sociaux tentent de gagner une influence dans les syndicats. Mais ils ne cherchent pas à politiser ces relations et ont renoncé à construire un parti large. Bien que très impliqués dans les mani- festations actuelles, ceci les amène à soutenir le principal parti social-démocrate.
Le TKP (Parti communiste de Turquie) est le mieux organisé et le plus actif de la gauche. C’est le principal parti stalinien en Turquie, entretenant des liens étroits avec les partis communistes grec et chypriote et des relations avec Parti communiste français. Il est critiqué par la gauche, notamment en raison de son « tournant » nationaliste l’ayant conduit à former un « Front patriotique ». Ils ont une organisation de jeunesse forte et une influence dans la classe moyenne, mais un fonctionnement très bureaucratique. Malgré un nombre important de militants, son influence est très limitée : 0, 14 % des voix aux dernières élections. Des membres de leur organisation de jeunesse furent présents dans les barricades, notamment sur la place Taksim avec, comme mot d’ordre principal « ne pas obéir ». Le parti décida alors de participer aux manifestations, sans utiliser le logo du parti.
Le HDK (Congrès démocratique du peuple) est la composante la plus importante de la gauche. C’est une coalition électorale formée par le mou- vement politique kurde avec de plus petits groupes de gauche, mais cela ne constitue pas un parti au sens strict du terme. En raison de l’importance de la base sociale du mouvement kurde, elle peut être considérée comme la plus grande organisation de gauche, mais ne constitue pas un cadre très organisé. Sa préoccupation principale reste la question kurde et des problèmes internes sont survenus à l’occasion du « processus de paix » entre le PKK et de gou- vernement. Les groupes de gauche qui font partie de cette coalition étant petits, le mouvement kurde en est l’élément déterminant. Le président du BDP (Parti politique kurde) avait appelé, aux premiers jours des événements, à ne pas participer aux manifestations car il ne fallait pas agir avec les natio-nalistes. Malgré ces déclarations, les jeunes du mouvement kurde furent sur les barricades dès le premier jour.

*
Il y a enfin plusieurs petits groupes trotskystes correspondant aux divers courants internationaux et regroupant chacun moins d’une centaine de militants.
D’Istanbul, Eyup Ozer

Note: Yeni Yol est la section de la 4é Internationale

http://npa2009.org/node/37640

 

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12 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Les Kurdes et le soulèvement de Taksim

Les Kurdes et le soulèvement de Taksim dans Europe kurdes-manif-paris-du-12-janvier-2013-web-91-300x199

« En tant que Kurdes, nous combattons depuis des années pour la libération du Kurdistan et la démocratisation de la Turquie.

Notre combat dans ce sens continuera. En tant que Kurdes, nous continuerons à participer à la résistance de Gezi Park, avec notre propre identité et sous nos couleurs. » C’est en ces termes que le KCK (Union des communautés kurdes, fondé par le PKK) soutient la lutte de Taksim. Depuis sa prison d’Imrali, Abdullah Öcalan a salué la résistance, tout en mettant en garde contre d’éventuelles dérives ou manipulations. Cette réserve est liée à la position délicate dans laquelle se trouve le PKK actuellement. Recip Erdogan a entamé il y a plusieurs mois des négociations directes avec le leader du PKK emprisonné depuis 1999, une première depuis 15 ans. L’accord conclu prévoit un cessez-le-feu et un retrait des combattants de Turquie, en échange de négociations sur une plus grande autonomie de la région kurde. Ce retrait est effectif et se déroule en ce moment même.

Négociations et prudences
Les raisons qui ont poussé Erdogan à s’engager dans ce processus sont sans doute multiples mais les deux plus évidentes sont la situation en Syrie, où la province syrienne kurde, frontalière de la Turquie et du Kurdistan d’Irak, a de fait conquis une autonomie qu’elle n’abandonnera pas quelle que soit l’issue du conflit, et le rapprochement avec le gouvernement du Kurdistan d’Irak, Ankara cherchant à conclure des accords sur le pétrole dans la région. Il est donc difficile pour le PKK d’attaquer de front Erdogan et l’AKP, qui par ailleurs ont mené une épuration sans précédent de l’armée, en envoyant devant les tribunaux ou à la retraite un grand nombre d’officiers supérieurs et de généraux corrompus. La présence massive du CHP et d’autres partis nationalistes turcs dans les rassemblements de solidarité avec la révolte, comme celui de Paris, rend les militants kurdes prudents.
Mireille Court

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12 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Mexique. 275 esclaves d’une société d’exportation de tomates (bio!) délivrés (OF)

Mexique. 275 esclaves d’une société d’exportation de tomates (bio!) délivrés (OF) dans International liste-de-courses-300x238

La police mexicaine a délivré mardi au moins 275 personnes, dont 39 adolescents, qui étaient retenues en quasi-esclavage par une société de production et d’exportation de tomates bio, dans l’ouest du pays.

L’entreprise mexicaine Bioparques de Occidente, qui se vante d’être une entreprise « socialement responsable », détenait des centaines de personnes originaires de communautés rurales de plusieurs Etats mexicains dans des conditions équivalant à un quasi-esclavage, a confirmé le procureur régional Salvador González. Les fugitifs étaient « ramenés et battus » La société passait des annonces à la radio pour recruter, offrant 100 pesos (5,20 €) par jour, nourri et logé pour trois mois. Mais une fois sur place, le salaire était ramené à 70 pesos, payés en bons d’achat valables uniquement dans les magasins de la société, où les prix étaient anormalement élevés. Si les employés avaient officiellement le droit de quitter l’entreprise, ceux qui tentaient de s’enfuir et étaient repris « étaient ramenés et battus, et pour certains, obligés de travailler un mois supplémentaire sans être payé ».

Dénoncée par un ancien employé Le coup de force de la police a fait suite à une dénonciation par un ancien employé qui avait réussi à s’enfuir et arriver à Guadalajara, la capitale de l’Etat. Droits de l’homme mercredi 12 juin 2013

http://www.ouest-france.fr/region/bretagne_detail_-Mexique.-275-esclaves-d-une-societe-d-exportation-de-tomates-delivres_6346-2201707_actu.Htm

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10 juin 2013 ~ 0 Commentaire

AFASPA : Le changement, toujours pas pour maintenant (Ael)

AFASPA : Le changement, toujours pas pour maintenant (Ael) dans Altermondialisme imgscan-contrepoints-191-hollande-francafrique-282x300

Michèle Decaster, secrétaire générale de l’Afaspa (Association française d’amitié et de solidarité avec les peuples d’Afrique[1]) a répondu à nos questions. D’abord, commençons par une présentation de l’Afaspa…

L’Afaspa a été créée il y a 40 ans par des militants anticolonialistes et anti-impérialistes, historiens, avocats, syndicalistes, scientifiques… qui voulaient étendre le mouvement de solidarité internationale, qui s’exprimait à l’époque à l’égard du peuple vietnamien, au continent africain qui subissait l’apartheid et dénoncer les manœuvres des anciennes puissances coloniales pour préserver leurs domination politique et économique sur les jeunes Etats indépendants. Depuis, elle agit pour faire connaître, en France, les réalités historiques, sociales et sociétales africaines au travers de divers outils (sa revue trimestrielle Aujourd’hui l’Afrique, des expositions, son site Internet, des projections-débats, des conférences). Elle met en relation des collectivités locales, des comités d’entreprises, des associations, des syndicats, des professionnels, etc. avec les forces démocratiques et des animateurs du mouvement social sur le continent ; elle soutient les luttes d’émancipation des peuples africains et mène des campagnes de solidarité à partir de leurs revendications ; elle interpelle les institutions françaises et internationales sur leurs responsabilités à propos des mesures économiques qui obèrent le développement durable des pays, l’état de guerre permanent dans ceux dont le sous-sol regorge d’immenses richesses.

Le mois dernier s’est tenue votre assemblée générale, peux-tu nous en dire quelques mots ?

Nous avons discuté des enjeux économiques que représente l’Afrique au regard de la mondialisation capitaliste et des conséquences pour l’avenir du continent. A ce sujet nous avons analysé la stratégie de déstabilisation, de fragilisation des Etats et des sociétés qui s’est traduite par l’intervention franco-britannique en Libye, la situation que connaît aujourd’hui le Sahel et le développement de conflits dans les régions de richesses minières comme la RDC et la Centrafrique. Nous avons aussi débattu des accaparements de terres par des Etats et des multinationales pour l’agrobusiness (sols, sous-sol et accès à l’eau) qui auront des conséquences dramatiques sur l’avenir de la paysannerie africaine et l’alimentation de populations déjà confrontées à la spéculation sur les denrées. Un débat s’est instauré sur l’intervention de la Chine en Afrique : s’agit-il d’un impérialisme comme les autres ? C’est une question que nous allons approfondir et qui fera l’objet d’un dossier dans un prochain numéro d’Aujourd’hui l’Afrique. Nous avons discuté et enrichi le document d’orientation qui servira de base au plan de travail pour les mois à venir.

L’Afaspa était présente au FSM de Tunisie, quel bilan en tirez-vous ?

Huit membres de l’association ont participé à cette grande rencontre internationale des peuples qui se tenait dans une Tunisie à la croisée des chemins. Nous y avons organisé trois ateliers qui ont connu une bonne fréquentation : « Déstabiliser les Etats pour poursuivre le pillage des ressources » ; « les multinationales à l’assaut de l’Afrique », co-organisé avec l’Union syndicale Solidaires en partenariat avec les syndicalistes tunisiens de l’UGTT Télécom et le syndicat marocain des Télécom auquel ont participé des camarades de la CGT services et des syndicalistes sud-africains et le « Règlement des conflits en Afrique, quelle place et quels rôles pour les femmes » co-organisé avec le Mouvement de la paix et en partenariat avec une association de femmes du Sud-Kivu (RDC) et des Tunisiennes du Réseau Dynamique Femme & FSM. Nous avons aussi eu des discussions très intéressantes autour d’un point rencontre improvisé durant ces trois jours devant l’amphi de la fac de droit. Les uns et les autres de notre délégation ont assisté à des débats très riches. Ces forums sociaux sont des moments essentiels pour le développement de luttes communes que nous avons à mener ensemble, peuples du monde en butte aux prédateurs de la planète, qui n’ont que faire de l’humanité.

Quelle est votre position sur l’intervention française au Mali ?

Au Mali, la France aurait prétendument voulu stopper l’avancée de mouvances du même acabit que celles qu’elle soutenait en Libye, un an plus tôt… Nous avons été contre cette intervention, comme nous étions contre celle en Libye et toutes celles qui ont suivi les indépendances des pays d’Afrique, qui se chiffrent à 54 avec des durées plus ou moins longues – celle du Cameroun étant la guerre la plus longue : cinq ans avant l’indépendance et 10 ans après. Voilà des pyromanes qui se reconvertissent en pompiers et prétendent aux médailles de sauvetage ! Toutes les conditions d’affaiblissement de l’État malien ont été réunies au travers de mesures économiques prédatrices comme la dette, la dévaluation du franc CFA, les plans d’ajustements structurels, la mainmise sur une grande partie des réserves monétaires, la corruption. Les interventions militaires n’ont qu’un but : la maîtrise politique… L’insistance des dirigeants français pour faire des élections en juillet, alors que des dizaines de milliers de réfugiés ne pourront s’exprimer et qu’une partie du territoire n’est pas accessible aux institutions de l’État est bien significative : on se demande où est la souveraineté du peuple malien ? Cette intervention atteste que la présence militaire de la France en Afrique se renforce.

Plus généralement, quelle est votre appréciation sur la première année du gouvernement Hollande concernant les relations de la France avec l’Afrique ?

Il y a une grande continuité avec la politique précédente avec la même promesse de mettre un terme à la Françafrique. Le PS avait, en son temps, approuvé l’intervention en Libye et on ne l’a jamais entendu proposer de modifier les modalités des rapports économiques avec les anciennes colonies françaises… Il s’apprêtait à présenter l’ancien directeur du FMI pour le fauteuil présidentiel : c’est tout dire ! Dix jours après son élection, le nouveau président François Hollande a reçu le roi du Maroc venu frapper à sa porte pour s’assurer que la France continuerait bien à soutenir sa colonisation du Sahara occidental et peut-être aussi recommander un poste ministériel pour Najat Vallaud-Belkacem, qu’il avait nommée au sein du conseil de la communauté marocaine à l’étranger en 2007. Il est aujourd’hui rassuré sur les deux sujets. La réception rapide du quatuor de sous-traitants régionaux de la Françafrique, Bongo-Déby-Sassou-Biya, a valu à chacun de ceux-ci reconnaissance, réhabilitation et légitimation… Depuis, effectivement, les troupes tchadiennes étaient bien à l’œuvre au Mali et Déby lui-même vient de contribuer en mars dernier au changement de marionnette au pouvoir en Centrafrique (l’islamiste Djotodia à la place du chiraquo-débyen Bozizé) en vue de la mainmise sur le pétrole de la RCA. Décidément, le changement des relations entre la France et les Etats indépendants d’Afrique ce n’est toujours pas maintenant !

Propos recueillis par Paul Martial 10 juin 2013 par Michèle Decaster

[1] afaspa@wanadoo.fr / www.afaspa.com http://www.afriquesenlutte.org/

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10 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Brésil : des Indiens tués pour la terre (OF)

Brésil : des Indiens tués pour la terre (OF) dans Altermondialisme guarani-kaiowa

Les conflits entre grands propriétaires terriens et tribusse multiplient. Avec parfois des assauts violents de la police.

Rio de Janeiro. De notre correspondante

Oziel Gabriel, un Indien de l’ethnie Terena, avait 35 ans. Il est mort la semaine dernière d’une balle dans l’estomac, tirée par la police fédérale. Au cours de l’assaut, vingt-huit autres de ses pairs ont été blessés. Les autorités tentaient d’expulser les Indiens qui avaient investi une partie de leur territoire ancestral occupé par un éleveur. Depuis, le Brésil a le regard tourné vers la petite ville de Sidrôlandia, dans l’Etat du Mato Grosso do Sul (proche du Paraguay), où se déroule le conflit. Ce n’est pourtant pas le seul. Les Indiens rappellent que 503 d’entre eux ont été assassinés entre 2003 et 2010, dont 273 appartiennent à la seule ethnie Guarani Kaiowa.

Parallèlement, 555 Indiens de la même tribu se sont suicidés, pendus pour la plupart.

Selon le Conseil Indigéniste Missionnaire (Cimi), lié à la Conférence Nationale des Évêques du Brésil, les conflits pour la terre conduisent à une « véritable extermination des Indiens ». En deux ans et demi de mandat, la présidente Dilma Rousseff n’a jamais reçu aucune délégation d’Indiens, dénonce le Cimi, « alors que durant le seul mois de mai, elle a rencontré cinq fois les représentants des grands propriétaires terriens ». Le gou- vernement s’oppose déjà aux Indiens sur la question des barrages hydroélectriques : celui de Belo Monte, en Amazonie, devrait entraîner le déplacement de 20 000 d’entre eux. Il envisage désormais de retirer à la Funai, lagence gouvernementale qui gère les questions liées aux peuples indigènes, la res- ponsabilité de la délimitation des réserves. Il voudrait la confier à l’Embrapa, un organisme agricole public pour que la productivité des terres soit aussi prise en compte.

Lamia OUALALOU.lundi 10 juin 2013

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09 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Liberté pour Alexeï Gaskarov!

Liberté pour Alexeï Gaskarov! dans Antifascisme tumblr_inline_mn7ekybu5a1qz4rgp-300x179

À l’appel de nos camarades russes, les JAC et la LCR se mobilisent dans le cadre de la semaine d’actions solidaires contre l’arrestation et la détention arbitraire du militant antifasciste russe Alexeï Gaskarov et de tous les prisonniers de l’affaire du 6 mai. Rejoignez-nous le lundi 24 juin de 17h30 à 18h30, devant le bâtiment de la Représentation de la Fédération de Russie auprès de l’Union européenne, 31-33 Boulevard du Régent, 1000 Bruxelles.

Alexei Gaskarov, jeune économiste et activiste de gauche, défenseur des forêts de Khimki et de Tsagovskii, a été à nouveau arrêté le 27 avril 2013 à Moscou. La police entend clore cette affaire retentissante par une longue peine de prison. Alexei s’est fait connaître comme « otage de Khimki » en 2010 : le lendemain d’une action de protestation à Khimki, il a été arrêté comme porte-parole d’initiatives antifascistes et écologiques. Après trois mois de détention provisoire et un acquittement complet il n’a pas cessé son activité. Au contraire, il s’est engagé plus activement dans l’auto-administration locale de sa ville natale, Joukovskii (région de Moscou). Depuis 2011, il s’investit dans le mouvement de protestation et prend part régulièrement à des débats publics. En octobre 2012, il est élu au Conseil de coordination de l’opposition où il met en place un agenda social. Antifasciste célèbre, Alexei est devenu ces deux dernières années, grâce à son énergie et à sa compétence, une figure publique gênante pour le pouvoir. À la police, le tristement célèbre département « E » (pour « anti-extrémisme ») ne peut pardonner à Alexei son rôle-clef dans les mouvements sociaux. Depuis son acquittement triomphal dans l’affaire de Khimki, la police fait pression sur lui, organise des provocations. Cette fois, la police essaie de poursuivre Gaskarov dans un dossier fabriqué de toute pièce sur les « désordres » du 6 mai 2012 lors d’un meeting autorisé à Moscou.

La solidarité internationale a déjà montré plus d’une fois son efficacité dans les cas mêmes les plus difficiles. Grâce à votre soutien, en octobre 2010 les « otages de Khimki » ont été libérés. Désormais votre soutien est surtout important pour toutes les personnes arbitrairement jetées en prison depuis le 6 mai 2012, qui sont désormais au nombre de 28. Le 18 juin Alexei Gaskarov fête son anniversaire. Le 28, un tribunal fantoche devra décider s’il doit rester en détention en attendant son procès. Il est très probable qu’il passera la prochaine année de sa vie en prison. Nos actions de solidarité sont nécessaires pour obtenir sa libération et celle de dizaines d’innocents détenus dans le cadre de cette affaire montée de toute pièce. Rejoignez-nous, agissons ensemble contre l’arbitraire et les répressions politiques en Russie !

De quoi sont accusés Alexei et les autres prévenus de « l’affaire du 6 mai » ?

Ce jour-là des formations spéciales de la police ont fait un usage massif de violence afin de provoquer les manifestants, violant ainsi la liberté de réunion publique. Les débats publics du 22 avril 2013 ont montré de manière irréfutable que la police était responsable de ces incidents et de la violation de la loi. Pourtant les pouvoirs publics russes n’ont jusqu’à ce jour pas lancé d’enquête sur les actions de la police. Au contraire, le Comité d’instruction a été utilisé pour intimider les participants de cette manifestation. Le montage de l’affaire a commencé le 27 mai 2012, avec l’arrestation du premier suspect, une étudiante de 18 ans, Alexandra Doukhanina. Depuis, sans aucune logique, la police a arrêté encore 27 personnes. Parmi eux on trouve des étudiants, des entrepreneurs, des chercheurs, des activistes, des retraités, des citadins lambda. Alexei Gaskarov a été arrêté en dernier. Le 6 mai 2012 il a été blessé lors du meeting par un policier qui l’a d’abord jeté à terre puis lui a mis un coup de pied au visage. Gaskarov s’en est sorti avec des points de suture. Il a envoyé une plainte au Parquet. Mais comme avec d’autres cas de violence policière le 6 mai 2012, le Parquet n’a pas donné suite à sa plainte.

On observe un schéma général dans le montage de cette affaire : chacun des accusés est d’abord enfermé pour deux mois, puis la détention provisoire est prolongée plusieurs fois. Les juges refusent de prendre en compte les arguments de la défense et les falsifications patentes de preuves. Certains des interpellés ont montré, pièces justificatives en main, qu’ils n’étaient pas à Moscou ce jour-là. Et pourtant, eux aussi ont été écroués. Les répressions menacent encore au minimum quelques dizaines de participants au meeting. Sur son site, le Comité d’instruction déclare que « l’identification de tous les personnes sans exception qui ont pris part aux désordres de masse » va continuer. À nous de nous opposer aux répressions politiques !

Par LCR-Web le Vendredi, 07 Juin 2013 Plus d’info : http://fr.gaskarov.info/ 

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=2903:lundi-24-juin–liberte-pour-alexei-gaskarov-et-pour-les-detenus-dun6nmain&option=com_content&Itemid=53

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07 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Grève générale en Bolivie

Grève générale en Bolivie dans Altermondialisme image011-300x225 Les mineurs boliviens ont des traditions

Jeudi 23 mai, la Bolivie en était à son 19e jour de grève générale.

Le mouvement a commencé à l’initiative des syndicats de mineurs, soutenus par la COB (Centrale ouvrière bolivienne, confédération syndicale qui réunit deux millions de travailleurs). Leur principale exigence est que le montant des retraites soit porté à 100 % du dernier salaire, au lieu de 70 % actuellement. L’espérance de vie du mineur bolivien est particulièrement faible. Les militaires et les responsables de la police perçoivent déjà une pension de retraite à 100 %. Le 22 mai, les députés ont quant à eux augmenté leur salaire de 20 %.

Les mineurs ont entraîné avec eux d’autres secteurs du salariat, les plus nombreux, organisés et combatifs :

enseignants, personnels de santé et ouvriers de l’industrie. Les manifestations, blocages de routes, occupations, affrontements avec la police sont quotidiens. Plus de 500 grévistes ont été emprisonnés et on a relevé chez eux le premier mort. Les mineurs répliquent à la violence policière avec l’outil de travail qui est aussi leur arme historique : le bâton de dynamite. Non seulement le gouvernement d’Evo Morales refuse toujours d’accéder aux reven- dications – ce qui impliquerait de sa part d’augmenter les cotisations patronales , mais il s’est livré à une attaque vicieuse contre les grévistes. Le 16 mai, Morales déclarait ainsi que « certains dirigeants de la COB frappent aux portes de l’état-major [des armées] en vue de fomenter un coup d’Etat ; ils ré- clament maintenant à cor et à cris que la police se mutine pour qu’il y ait un coup d’Etat ; ce n’est plus une revendication, c’est une action politique ; c’est pourquoi j’appelle tous les camarades à défendre d’abord la démocratie et à défendre ce processus de changement. » Et d’appeler ses partisans, en par- ticulier les organisations paysannes qui le soutiennent encore, à descendre à leur tour dans la rue, contre la COB et les travailleurs en lutte.

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Il y aura un avant et un après cette grève. Dès à présent, deux grands enseignements peuvent en être tirés.

Le premier est que la classe ouvrière bolivienne est de retour. Les grandes mobilisations populaires et les mouvements semi-insurrectionnels du début des années 2000, dont le débouché institutionnel fut l’élection de Morales à la présidence, étaient fondamentalement le fait des paysans (dont les cocaleros, producteurs de feuilles de coca) et de secteurs urbains marginalisés. Le mouvement ouvrier, avec toujours à son avant-garde les mineurs, reprend au- jourd’hui le fil d’une geste révolutionnaire qui est incomparable dans l’histoire des luttes du continent. Le second est que le projet de ce « capitalisme andin » , plus ou moins indépendant de l’impérialisme et plus ou moins démarqué du néolibéralisme, théorisé par le vice-président Garcia Linera, rencontre désor- mais ses limites. Plus généralement, si l’on considère aussi la crise du régime chaviste consécutive à la mort de son fondateur, ou le discrédit croissant qui frappe le régime Kirchner en Argentine, la question est posée de savoir si l’on n’est pas en train d’assister au début de la fin du « progressisme » latino-américain. Si c’était le cas, les responsabilités du mouvement ouvrier n’en seraient que plus écrasantes. Sa capacité ou non à offrir une alternative, en re- groupant autour de lui tous les secteurs exploités et opprimés, sera décisive. De ce point de vue, il convient de suivre de près – et naturellement de sou- tenir – le processus que la COB vient d’engager vers la formation d’un Parti des travailleurs. 

Par Jean-Philippe Divès Mardi 4 juin 2013 Publié dans : Revue Tout est à nous ! 44 (juin 2013)

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07 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Hollande couronné à l’Unesco : la Françafrique célèbre la paix en répandant la guerre (Essf)

Hollande couronné à l’Unesco : la Françafrique célèbre la paix en répandant la guerre (Essf) dans Altermondialisme affiche-guerr-mali_0.preview_0-206x300

François Hollande recevra mercredi le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix.

A travers ce prix de l’UNESCO, c’est un triple hommage qui est rendu par la Françafrique à son parrain feu- le président kleptocrate ivoirien, à la guerre comme résolution des conflits, et aux dictateurs « [amis de la France » qui entoureront le Président français. Pour l’association Survie, la remise de ce prix au Président français est révoltante à plusieurs titres.

En premier lieu, l’intitulé de ce prix, décerné chaque année par l’UNESCO, et l’hommage ainsi rendu à Houphouët-Boigny apparaissent tout à fait scandaleux si l’on se réfère au rôle joué par cet ancien président ivoirien dans le sabotage des projets indépendantistes et souverainistes en Afrique, la multiplication des conflits, la longévité des dictatures et dans le pillage des ressources de son propre pays, dirigé d’une main de fer pendant 30 ans.

En second lieu, la remise de ce prix au Président français, dans le contexte que connaissent le Mali et le Sahel sonne comme un étrange hommage à la guerre. Le Président français est en effet le chef militaire d’une opération massive, mobilisant un véritable arsenal offensif, lancée sans véritable mandat international, au bilan humain (victimes, prisonniers) à ce jour inconnu et dont les répercussions dans la sous-région (Niger, Algérie) et au-delà (Cameroun, Nigeria, Libye, Tchad) s’avèrent fort préoccupantes. Est-il possible à ce stade d’imaginer que cette guerre au Mali, instrumentalisée en « guerre contre le terrorisme » pour dissimuler des ambitions de puissance de la France en Afrique soit porteuse de valeurs de paix et de stabilité susceptibles d’être célébrées à l’UNESCO ?

Enfin, au moment de recevoir ce prix, François Hollande sera entouré de nombreuses personnalités africaines contestables, parmi lesquelles l’ancien président ivoirien Konan Bédié, chantre de l’ivoirité et le sénégalais Abdou Diouf, ex-garant de l’influence française au Sénégal et désormais dans tout l’espace francophone. Il sera surtout entouré par plusieurs chefs d’Etat en exercice dont la politique est marquée par la violence : Blaise Compaoré, dictateur du Burkina Faso, indirectement impliqué dans les conflits les plus sanglants d’Afrique de l’Ouest ; Alassane Ouattara, président de la Côte d’Ivoire, imposé par les armes françaises ; Mohamed Ould Abdel Aziz, président putschiste de la Mauritanie ; Idriss Déby Itno, dictateur du Tchad, qui voit là une nouvelle marque de reconnaissance suite à son intervention au Mali aux côtés des forces françaises, malgré la nature de plus en plus répressive de son régime . Devant ces chefs d’Etat « amis », François Hollande doit prononcer un discours annoncé comme « important » qui s’apparentera à un tour de chauffe, en prévision du Sommet sur la sécurité qui se tiendra à Paris en décembre. Le premier sommet « France-Afrique » d’un Président français qui a pris ses aises dans le décorum de la Françafrique.

Survie demande à l’UNESCO, de supprimer le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, dont l’appellation est une insulte aux démocrates et pacifistes africains, et à François Hollande, peu digne de recevoir une décoration vu son passif en matière de politique africaine depuis son élection [1], de décliner ce prix.

TCHAD : La France Déby trice !

Le dictateur tchadien Idriss Déby 1er doit se frotter les mains car il a réussi un coup de maître ! En envoyant 2000 soldats tchadiens soutenir le maître français, Idriss 1er avait bien flairé le coup. Le 13 mai, les soldats tchadiens rentrés au pays ont défilé sous les acclamations de la foule. Il fallait bien capitaliser cette participation des FATIM (forces armées tchadiennes en intervention au Mali ). Désormais et c’est là le coup de maître, Idriss Déby 1er peut continuer à tuer les opposants, falsifier les votes et continuer son règne…La France a une dette à son égard. Chapeau bas Monsieur le dictateur mais les forces anti-impérialistes elles ne vous donneront jamais un chèque en blanc…A bon entendeur.  Moulzo 7 juin 2013

http://www.afriquesenlutte.org/afrique-centrale/tchad/article/tchad-la-france-deby-trice

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07 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Départements d’Outre-mer : la suppression du RSTA, un coup porté aux plus démunis (LO)

Départements d'Outre-mer : la suppression du RSTA, un coup porté aux plus démunis (LO) dans Austérité manif-vers-tribunal-16-janvier-2013

Photo: Jeunes du journal « Rebelle » de Guadeloupe

Le 1er juin, le gouvernement a mis fin au revenu de solidarité temporaire d’activité (RSTA), instauré sous le gouvernement précédent, suite aux grèves contre la vie chère et les bas salaires menées par les travailleurs de Guadeloupe et de Martinique en 2009. Ce dispositif avait été étendu à La Réunion après que des dizaines de milliers de travailleurs eurent eux aussi manifesté en mars de cette année-là.

Le RSTA apportait aux salariés percevant mensuellement moins de 1,4 smic un supplément de 100 euros. À ce revenu était venue s’ajouter ce que l’on a appelé à La Réunion la prime Cospar, payée par le patronat, d’un montant de 50 à 60 euros selon les tranches de salaire. C’est donc sur un résultat obtenu par les luttes que revient aujourd’hui le gouvernement, n’hésitant pas à porter ses coups contre les travailleurs les plus pauvres. La mise en place du RSTA à La Réunion avait été laborieuse. Des milliers de travailleurs avaient attendu des mois avant de pouvoir le percevoir, sous prétexte par exemple de pièces manquantes aux dossiers. Beaucoup d’entre eux furent ainsi privés de nombreux versements. Mais, malgré tous ces obstacles, jusqu’à 100 000 travailleurs ont bénéficié les années suivantes de ce dispositif. Ce chiffre est dernièrement descendu à 40 000, tant le bilan de la gestion du RSTA est catastrophique, disent des militants syndicaux.

Pensant atténuer les effets de la mesure qu’il vient de prendre, le gouvernement a rappelé que d’autres dispositifs existaient, dont le RSA, oubliant au passage de préciser que, même si le RSA est activé pour remplacer le RSTA, la majorité des bénéficiaires actuels du RSTA y perdront jusqu’à 100 euros, ce qui est énorme pour des travailleurs aux faibles revenus. En fait, le gouvernement Hollande-Ayrault applique ce qui avait été décidé par le précédent gouvernement de droite, qui avait limité la mesure à une période de trois ans, prolongée d’une année en 2012, période électorale oblige. Tous partagent l’idée, avec la bourgeoisie qu’ils représentent, que les revenus des travailleurs sont un « coût » qu’il convient de réduire. Et c’est donc sans aucun état d’âme qu’ils ont décidé de priver 40 000 familles ouvrières de rentrées annuelles pouvant aller jusqu’à 2 000 euros, quand deux conjoints étaient éligibles au RSTA et ne le seraient pas au RSA. Et l’argent ainsi grappillé dans la poche des travailleurs sera, à n’en pas douter, redistribué par le gouvernement aux classes riches qui, dans les DOM, bénéficient d’importants avantages fiscaux.

C’est par leurs luttes que les travailleurs avaient arraché des revenus supplémentaires. Ce n’est que par leurs luttes qu’ils pourront les maintenir.

Émile GRONDIN http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2340&id=38

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