Archive | International

13 mai 2013 ~ 0 Commentaire

3e Université d’été (CADTM)

3e Université d’été (CADTM) dans A gauche du PS feedtheworld2

Comité contre la dette du tiers monde: bloquez vos agendas !

La 3e Université d’été du CADTM Europe se déroulera les 28, 29 & 30 juin à la Marlagne, près de Namur, en Belgique. Elle comprendra plus de 25 ateliers et plénières pour analyser les enjeux et discuter des actions à mener pour affronter le système dette au Nord comme au Sud de la planète : mouvements d’audit citoyen et d’opposition à l’austérité en Europe et ailleurs ; combats des femmes pour l’émancipation ; reconnaissance de la dette écologique ; retour sur les annulations de dette dans l’histoire de l’humanité ; outils pédagogiques…

Avec des conférenciers/cières d’Europe, d’Afrique et d’Amérique Latine.  Et en soirée, pour l’ambiance et la bonne humeur : concerts, spectacles et bar.

Une occasion unique de partager votre curiosité et vos expériences avec des centaines de personnes venues des quatre coins d’Europe et d’ailleurs.

CONTACT
CADTM, 345 avenue de l’Observatoire, 4000 Liège, Belgique, 0032 (0)4 226 62 85
Email : cecile@cadtm.org // Tel : 00 32 (0)484 99 53 81

Au plaisir de vous rencontrer à l’Université d’Été !
L’équipe du CADTM

POUR S’INSCRIRE (Clôture des inscriptions au 12 juin.)

http://cadtm.org/3e-Universite-d-ete-du-CADTM

Lire la suite

12 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Argentine : « Zanon est une tranchée dans et pour la lutte de classes »

Argentine : « Zanon est une tranchée dans et pour la lutte de classes » dans International godoy

Raúl Godoy est un des dirigeants de la lutte de Zanon, une usine de carrelage de plus de 400 travailleurs en Argentine, connue aussi comme Fasinpat, acronyme de « Fabrique sans patron ». Depuis 2001, à la suite de l’occupation et de la relance de la production, l’usine est sous gestion ouvrière. Raúl est également membre de la direction nationale du PTS (Parti des travailleurs socialistes) et actuellement député ouvrier au parlement provincial de Neuquén­ pour le FIT (Frente de Izquierda y de los Trabajadores).

Comment l’histoire de Zanon a-t-elle commencé ?
Notre première bataille a consisté à récupérer le syndicat qui était dirigé par des jaunes. Après avoir remporté les élections, il a fallu convaincre l’ensemble des camarades qu’on devait avoir un programme, un objectif. Désormais, tout devait être discuté en AG, et on défendrait non seulement les céramistes en CDI mais également les précaires, et les délégués seraient révocables. Le premier grand défi est venu avec le PSE de 2001. Les possibilités étaient d’accepter les indemnités de départ, ou alors de lutter pour le maintien de l’emploi. L’AG a fini par exiger l’ouverture des livres de comptes de l’entreprise pour démontrer que de l’argent, il y en avait. Une grève de 34 jours a été victorieuse. Les travailleurs se sont convaincus qu’ils étaient capables d’empêcher les licenciements et la fermeture annoncée.

Quelle est la particularité de Zanon ?
On a toujours refusé de devenir une SCOP renfermée sur elle-même. D’abord nous avons été à l’initiative d’un mouvement national des entreprises « récupérées », au sein duquel nous défendions la nationalisation sous contrôle ouvrier. Notre slogan était « Zanon appartient au peuple » pour souligner que l’usine n’était pas notre propriété, mais qu’on voulait la mettre au service de la population, notamment à travers la construction de logements publics.
Nous nous sommes liés aux mouvements de chômeurs qui nous ont défendus, notamment lors des tentatives d’expulsion. Lorsque la production a augmenté, c’est à eux qu’on a proposé les premiers emplois créés. On s’est aussi mis d’accord avec la communauté Mapuche pour l’extraction de l’argile, et avec la fac du coin qui a aidé à planifier la production. Nous avons impulsé la Coordination de l’Alto Valle, regroupant les secteurs en lutte de la région, puis un journal, Nuestra Lucha, avec des équipes syndicales combatives de tout le pays. Loin de vouloir « nous sauver tout seuls » ou construire un « îlot de socialisme », Zanon est une tranchée dans et pour la lutte de classes. Pendant très longtemps nous avons dû fonctionner en totale illégalité. Ça a été une grande discussion car on nous bourre le crâne pour qu’on accepte les lois des exploiteurs, pour qu’on ne remette pas en question la propriété privée… C’est par la discussion et dans la lutte que les copains ont compris que l’essentiel c’est le rapport de forces entre les classes. De ce point de vue, le rôle des militants révolutionnaires a été déterminant pour apporter un programme et une stratégie, sans lesquels Zanon n’aurait jamais été ce qu’elle est.

Comment envisages-tu ton séjour en Europe ?
Nous avons toujours défendu l’internationalisme ouvrier, et l’avons même inscrit dans les statuts du syndicat. Il nous a semblé que le moment actuel, avec la crise qui traverse l’Europe, était particulièrement propice pour des échanges avec des militantEs ouvrierEs. En Grèce, je vais rencontrer les travailleurEs de Vio.Me et en France, au moins ceux de PSA et de Goodyear. Cela me fait plaisir. Si notre lutte peut en inspirer d’autres, notre pari aura été réussi.

Rencontre avec Raúl Godoy

Jeudi 16 mai à 19h à la librairie Résistance,

4 villa Compoint, Paris 17e – Métro Guy Moquet ou Brochant

Propos recueillis par Daniela Cobet  Samedi 11 mai 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 194 (08/05/13)

Lire la suite

12 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Syrie. Entretien avec un témoin des massacres de Banias (Al’e)

197724_550051711713474_1847253722_n

Abu Mohammad: Ils ont laissé passer les gens normalement. On ne s’est tout d’abord pas imaginé ce qu’ils étaient en train de préparer. C’était mercredi 1er mai et les gens entraient et sortaient joyeusement du village. Il y avait des points de contrôle, mais ils n’arrêtaient personne, les gens allaient et venaient. C’est alors que, mercredi, ils ont coupé les routes et l’autoroute. Il n’y avait pas de pain. Les motos n’avaient pas l’autorisation d’entrer ou de sortir. Alors, les gens étaient effrayés; quelque chose était sur le point de se produire. Jeudi 2 mai, ils se sont tous dirigés en bas vers le pont, près du point de contrôle, afin de fuir. Il y avait environ 500 à 600 hommes et femmes. C’est alors que les soldats au point de contrôle les ont insultés et les ont fait s’allonger sur le sol. Un soldat a dit: «Espèce d’animaux, levez-vous et retournez vers vos maisons.» Il faisait nuit, c’était après le coucher du soleil.

Ils bombardaient cette fois Al-Bayda et Ras Elreefi.

C’est alors que les gens ont été saisis par la peur et ont tenté de s’enfuir vers le bas ou vers le haut. D’autres voulaient dormir sur place, à la belle étoile. Les gens, samedi 4 mai 2013, ont voulu partir, mais les soldats les en ont empêchés. Il y avait un couvre-feu; personne n’avait le droit de bouger. Les gens ne pouvaient même pas approcher le point de contrôle. Lorsque quelqu’un tenta de l’approcher, au moins 300 balles furent tirées dans le ciel. Les soldats ont repoussé les gens loin du point de contrôle afin de les empêcher de s’enfuir. Les gens sont alors restés dans leurs maisons. Entre 3 heures et 3 heures et demie, ils ont commencé à bombarder Banias, en particulier Ras-Elnabe’, en utilisant de l’artillerie et des mortiers. Les bombardements étaient effectués depuis Alqossor, ainsi que depuis le pont de Ooze et celui de Ras-Elnabe’, de même que depuis les points de contrôle. Les gens vivaient en paix auparavant, il n’y avait rien dans les villages et il n’y avait pas de rebelles armés.

Nous avons alors vu l’armée descendre depuis le pont de Ooze, s’approchant du village, soumis aux bombardements de l’artillerie. Les soldats ont atteint la première maison de la bourgade et ils ont alors contraint tous ses habitants à sortir, les ont plaqués face contre le mur avant des tous les abattre. Ils ont tué quatre ou cinq personnes qui habitaient dans la deuxième maison. C’est à ce moment que j’ai fait sortir ma famille, puis je suis retourné chercher tous les autres pour les emmener. Mais lorsque je suis revenu, j’ai dû me cacher dans une petite cave. J’étais coincé à l’intérieur, je dis donc que je ne suis pas meilleur que les autres. Ils ont emmené toute ma famille à l’extérieur, avec les autres familles. Ils les ont mis la face contre le mur. Il y avait 35 personnes qui faisaient partie de ma famille. Là, c’était seulement les membres de ma famille. Il y avait aussi d’autres familles. Ils les ont contraints de se mettre face contre le mur; et tout le monde l’a fait, y compris les enfants. Le plus jeune parmi eux avait 15 jours. Il y avait parmi eux huit enfants âgés de 15 jours  d’une année et demie, de deux ans et de trois ans. C’est alors que l’un des soldats a dit très clairement: «Tuez-les tous sans pitié, tuez-les tous sans pitié.» Je me trouvais à ce moment dans le sous-sol et j’ai tout entendu.

Des gens disent aussi que les tueurs parlaient avec un accent qui n’était pas syrien. D’après ce que vous avez vu, l’avez-vous remarqué?

Oui, oui, ma chère sœur, il y avait des paroles que je n’arrivais pas à comprendre. Je suis un Syrien de Banias, de Ras-Elnabe’. Il y avait des choses que je ne pouvais pas comprendre. Certains d’entre eux portaient des habits de la marine, d’autres des vêtements civils et des souliers blancs. Ils étaient environ 150. Ils ont ensuite tué les enfants. Ils les ont empilés les uns sur les autres. L’un d’entre eux à dit: regarde, celui-ci est encore vivant; ils lui ont tiré une balle dans la tête. Ils les ont pris les uns après les autres et ils les ont abattus. Si vous avez vu les photos, vous avez vu qu’il y avait deux enfants dont ils ont, après les avoir tués, brûlé les mains et les jambes. Il y avait la famille Rajab dont 16 d’entre eux ont été tués. Il y avait aussi la famille de Sabag, la famille de Al-Aleene, la famille de Turuk, la famille de Dahbaj, la famille de Jalul. De la famille de Jalul, ils ont tué Abu-Alabed, ses deux fils, ses six filles, ses parents et ses deux frères. Le père d’Abu-Alabed était handicapé, il ne pouvait pas bouger, il utilisait une chaise roulante. Il y avait aussi la famille de Lahoof et de Qasem.

Vous mentionnez les familles tuées. Combien de temps la tuerie a-t-elle duré?

Ils sont entrés à 3 heures 30 et ils ont commencé à bombarder. Ils tiraient environ 20 à 30 obus par minute. Les maisons étaient détruites et ils sont alors entrés dans les maisons pour tuer tous ceux qui étaient vivants. Je ne vous parle que d’une seule rue. Si vous comptez les autres rues, le nombre de morts dépasse les 1500. Il y en a plus de 1000 seulement à Ras-Elnabe’. Ils ont pris un camion (un camion congélateur) et ils ont commencé à jeter les corps dedans. Ils ont pris plus de 200 martyrs, plus de 200 martyrs.

Combien d’heures êtes-vous resté dans le sous-sol?

J’y suis resté une heure et demie et je retenais ma respiration parce qu’ils étaient très proches et que je ne pouvais ni bouger ni sortir. Ils sont restés une heure et demie devant la maison de ma famille. Après qu’ils les ont mis face contre mur et qu’ils les ont tous tués, ils se sont dirigés vers d’autres maisons pour continuer la tuerie. Ils ont fait une descente dans une autre famille, puis une autre puis encore une autre. Je me suis dit à ce moment qu’il n’y avait plus personne dehors. Lorsque je suis sorti, j’ai vu une petite fille bougeant de tous les côtés et levant les mains. On lui a tiré deux fois dans les mains. Lorsque je l’ai vue, j’ai été saisi de vertiges et j’ai perdu conscience. Un voisin est venu lorsqu’il m’a vu dans cet état, il m’a fait reprendre mes esprits et nous avons emmené la petite fille. Il y avait aussi un homme de sa famille qui était toujours en vie. Cet homme m’a dit que lorsqu’elle a commencé à lever sa tête, il lui a dit: «Dors, dors sinon ils vont revenir et ils vont nous tuer.» Il a laissé la fille se rendormir. Lorsqu’ils nous ont vus approcher, ils se sont sentis en sécurité et nous les avons portés et nous les avons emmenés. Je vous raconte ce que j’ai vu de mes propres yeux. Je suis retourné voir ce qui s’est passé dans le quartier, mais je n’ai trouvé personne d’autre. Plus de 1000 sont morts dans cette zone.

Ils s’en fichent donc des enfants, des femmes et des vieillards?

Un enfant de 15 jours a été tué.

Des gens affirment que des armes blanches ont été utilisées, avez-vous remarqué des personnes tuées à l’arme blanche?

Certaines personnes ont été tuées à l’arme blanche et au couteau, d’autres ont eu leurs têtes fracassées à coups de pierres jusqu’à ce qu’elles explosent. Ils n’ont pas épargné les enfants ou les vieillards. Les tueurs appartiennent à plus d’une confession. Il y a des Alaouites et des chiites d’Iran. Il y avait des accents que je n’avais jamais entendus. Je suis un Arabe et un Syrien. Je n’ai jamais entendu de tels accents. Il y a aussi la famille de Dandesh, ils ont tous été brûlés dans leurs maisons. Trois maisons proches les unes des autres. Ils les ont tous brûlés dans leurs maisons.

* Ce texte est la traduction – éditée par A l’Encontre – d’un entretien avec Abu Mohammad, témoin oculaire qui a survécu au massacre de Banias et qui a raconté ce qui précède sur la chaîne télévisée Al-Arabiyah.

http://alencontre.org/moyenorient/syrie/syrie-entretien-avec-un-temoin-des-massacres-de-banias.html

Lire la suite

12 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Le « choc des ressources » : au cap d’un nouvel ordre mondial (Essf)

Le « choc des ressources » : au cap d’un nouvel ordre mondial (Essf) dans Ecologie & climat

Dans un article paru dans la revue électronique «  TomDispatch.org  » le 21 avril, Michael Klare, professeur au Hampshire College, voit dans la raréfaction des ressources vitales pour l’être humain, couplée au changement climatique en cours, les prémices de conflits sociaux et militaires au niveau mondial. Nous présentons ici un résumé du tableau fort inquiétant qu’il nous livre.

Deux scénarios cauchemardesques – une pénurie mondiale de ressources vitales pour l’homme et un changement climatique d’une extrême profondeur – convergent actuellement pour donner lieu, dans les décennies à venir, à des troubles sociaux, des révoltes et des conflits majeurs. S’il est encore difficile de prévoir à quoi ressemblera exactement ce tsunami de désastres, les expert·e·s parlent d’ores et déjà de guerres de l’eau, d’émeutes alimentaires mondiales, de migrations massives de réfugié·e·s climatiques (accompagnées de réactions violentes contre ces mi­grant·e·s), de la chute de l’ordre social voir de l’effon-drement des Etats. Si les pays du Sud semblent être sur la ligne de front, toutes les régions de la planète finiront par être affectées par de telles catastrophes.

Pénurie de ressources, ressources de guerres

Le seul épuisement – et non pas la disparition totale – des matières premières énergétiques (pétrole, gaz, etc.), de l’eau, de la terre, de la nourriture et des minerais de base (uranium, cuivre, cobalt, métaux rares. etc.) suffit au développement de troubles sociaux, de frictions géopolitiques et de guerres. Le pétrole et l’eau, ressources les plus emblématiques, montrent déjà les limites de leur disponibilité en regard de la demande actuelle ou à venir. Or, la per- ception du manque imminent provoque des sentiments d’anxiété, d’inimitié, d’hostilité et par suite, d’agressivité. Ce schéma comportemental est bien connu tant il a eu cours dans l’histoire de l’humanité. Les civilisations anciennes on vu de nombreuses guerres exploser en raison du manque de ressources généré par l’accroissement démographique, le faible niveau des récoltes ou des disettes persistantes. Plus récemment, on peut citer l’invasion de la Mandchourie par le Japon en 1931 ou l’invasion de la Pologne par l’Allemagne nazie en 1939. Aujourd’hui, plusieurs conflits sont déjà le résultat d’une raréfaction de ressources vitales, telle la guerre du Darfour qui a fait 300 000 morts et plus de 2 millions de déplacés depuis 2003.

Les conséquences guerrières liées à une probable pénurie de pétrole trouvent une illustration pleine et entière dans la politique extérieure américaine depuis la formulation de la doctrine Carter en 1980.

Le président américain annonçait alors que tout mouvement visant à empêcher l’importation de pétrole en provenance des pays du Golfe serait considéré comme une menace contre les «  intérêts vitaux  » des Etats-Unis. En 1990, ce principe était à nouveau invoqué par le président George H. Bush pour justifier une intervention dans la Première Guerre du Golfe et il fut, en partie, repris par son fils pour envahir l’Irak en 2003. Aujourd’hui, ce principe est à la base des plans américains visant à user de la force s’il le faut pour empêcher le gouvernement iranien de fermer le détroit d’Ormuz, canal stratégique qui connecte le Golfe persique à l’océan Indien et où transite près de 35 % du commerce maritime mondial de pétrole. En d’autres points du globe, les tensions grimpent  : entre la Chine et ses voisins du Sud-est asiatique pour les réserves de pétroles et de gaz, entre la Chine et le Japon concernant les réserves sous-marines ou encore entre la Grande-Bretagne et l’Argentine pour le pétrole des îles Malouines.

Avec le changement climatique, tout devient plus terrifiant encore

Lorsque l’on pense au changement climatique, on pense généralement, en premier lieu, aux menaces pour l’environnement. Pourtant, un nombre croissant d’expert·e·s souligne que les effets les plus puissants du changement climatique se manifesteront directement sur les hommes au travers, notamment, de la destruction de l’habitat dont nous dépendons pour nous nourrir, pour produire, bref, tout simplement pour vivre. Les scientifiques connaissent désormais, avec une fiabilité que l’on peu qualifier de raisonnable, les effets du changement climatique  : l’augmentation du niveau des eaux qui entraine la destruction de nombreuses zones côtières, de grandes villes, d’infrastructures essentielles (routes, chemins de fer, ports, aéroports, pipelines, raffineries, etc.) et des terres agricoles ? ; la diminution des pluies et de la prolongation des disettes qui transforme les terres cultivables en nuages de poussière et qui ne peuvent que provoquer l’émigration de millions de ré­fugié·e·s climatiques ? ; enfin, les tempêtes sévères et les vagues de chaleur qui détruisent les récoltes, provoquent des incendies de forêt et des inondations.

Compte tenu des ces changements, des explosions sociales brutales risquent de se multiplier dans le futur. Une question se pose alors  : «  serions-nous à l’orée d’un nouvel ordre mondial dominé par la lutte pour l’accès aux ressources disponibles  ?  » Le directeur du Service national de renseignements étasunien, James R. Clapper, va dans ce sens lorsqu’il considère la «  compétition pour les ressources naturelles et leur rareté relative  » comme une menace pour la sécurité nationale au même titre que le terrorisme global, la guerre cybernétique et la prolifération nucléaire. Cette déclaration d’un haut représentant de la première puissance militaire mondiale laisse présager ce «  choc des ressources  » que dessine un nouvel ordre mondial.

KLARE Michael T. 2 mai 2013 Résumé et adaptation  : Isabelle Luca

* Paru en Suisse dans « solidaritéS » n° 227 (02/05/2013). http://www.solidarites.ch/journal/

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article28637

Lire la suite

11 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Blasphème et blasphème (Le Jour d’Algérie)

Blasphème et blasphème (Le Jour d'Algérie) dans International 330492-120922-pakistan-protests

A Dacca, au Bangladesh, 200 000 personnes sont sorties manifester le dimanche 5 mai, dans un immense brouhaha, paralysant une bonne partie de la ville. Quelques jours auparavant, le 24 avril, il y avait eu l’effondrement d’un immeuble abritant des ateliers textiles qui a fait un millier de morts parmi les ouvriers, pour un premier bilan. Nous aurions pu conclure, sans hésiter, que les deux événements sont liés et que la manifestation a été naturellement produite par une vague de colère, contre les criminelles conditions de travail infligées aux travailleurs. Très violente, elle a fait au moins 37 morts, un poste de police, des véhicules et des magasins ont été incendiés.

Cela peut paraître surréaliste, mais son moteur n’avait rien à voir avec le sort des victimes du mépris patronal, qui sont royalement ignorées, contre toute attente. La foule a envahi la rue, à l’appel du Allama Shah Ahmad Shahi, pour réclamer notamment une nouvelle loi sur le blasphème, pour que «les athées soient pendus» et pour la fin de la mixité entre hommes et femmes. Des préoccupations, à tous points de vue, bien plus importantes pour Hefazat-e-Islam, l’organisation concernée. Les patrons Bengalais peuvent être tranquilles et leurs clients occidentaux de même.

Les affaires peuvent continuer à l’abri du bruit religieux qui couvre les râles des enfants soumis à une exploitation inhumaine, au milieu des produits toxiques interdits par la réglementation internationale, durant plus de 14 heures par jour, pour quelques dollars par mois, sans jours de congé, sans sécurité sociale et sans même un simple contrat de travail.

Ce blasphème à l’encontre de l’humanité, contre la vie et contre la dignité, n’est pas à l’ordre du jour des fatwas et ne le sa probablement jamais. Allama Shah Ahmad Shahi et Hefazat-e-Islam ne pouvaient pas ne pas mesurer l’ampleur de la tragédie qui a frappé leurs concitoyens. Mais, ils n’ont de toute évidence pas été sensibles à l’ambiance macabre et à l’émotion qui a envahi la ville. Sinon, avec leur capacité de mobilisation, ils auraient pu lourdement peser en faveur d’une remise en cause de l’esclavage institutionnalisé, du moins introduire, dans leur plate-forme de revendications, un point qui concernerait la barbarie qui règne sur le marché du travail.

Alors nous en venons à renforcer notre compréhension de l’apparent paradoxe qui fait que les pays de l’OTAN préfèrent des gouvernements islamistes pour les «indigènes» quand, dans le même temps, ils développent l’islamophobie chez eux.

Youssef al-Qardaoui, le muphti de l’alliance atlantique, n’est décidément pas une exception isolée. Il n’est que la tête de proue d’une entreprise, qui provoque des questionnements chez certains «démocrates», du fait de l’incompatibilité, communément admise, entre le discours de Washington et de ses satellites et les alliances avec la Confrérie des Frères musulmans et le Wahhabisme. Tout est cohérent, pour qui sait voir. Le Hamas palestinien s’engage contre la Syrie aux côtés de l’OTAN, par Qatar, où son chef jouit d’un exil doré, et Al Saoud interposés, au nom de ce «printemps» dont rêve désormais tout Frère en mal de pouvoir. A l’instar de notre MSP * national qui s’est découvert une vocation d’opposant.

Source : Le Jour d’Algérie du 10-11 mai 2012 Par Nazim Rochd

* MSP (Mouvement de la société pour la paix), parti politique islamiste algérien se revendiquant des Frères musulmans et prônant un « islam modéré ». (Note LCR-Web)

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=2874:blaspheme-et-blaspheme&option=com_content&Itemid=53

Lire la suite

11 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Le mouvement démocratique et la gauche anticapitaliste en Russie (Essf)

Le mouvement démocratique et la gauche anticapitaliste en Russie (Essf) dans International putin

Le 7 mai dernier, solidaritéS et le Parti socialiste genevois avaient invité Aleksander Lekhtman, membre du Mouvement socialiste russe (MSR), à présenter la situation politique et sociale de son pays, où la gauche fait face à une campagne de répression sans précédent, dans le sillage de la grande manifestation démocratique anti-Poutine du 6 mai 2012. Nous en avons profité pour l’interviewer.

Jean Batou – En quoi consiste la répression actuelle envers la gauche russe ? Est-elle de nature à entraver le mouvement contre le régime de plus en plus autoritaire de Poutine ? Aleksander Lekhtman – Après la grande manifestation de l’opposition du 6 mai 2012, les autorités ont arrêté le leader du Front de gauche,  Sergueï Oudaltsov, mais ils ne se sont pas contentés de cela : ils s’en sont pris aussi à des militant-e-s de base, dont une trentaine font actuellement l’objet de graves inculpations. Cette offensive vise à affaiblir la gauche et à intimider ses membres, parce qu’ils jouent un rôle important dans la bataille démocratique en cours et peuvent faciliter sa jonction avec le mécontentement social croissant. Il faut dire que le mouvement démocratique a accusé le coup au cours de l’automne 2012. Pourtant, à l’approche du 6 mai 2013, date choisie pour une nouvelle démonstration de force à Moscou, il a redressé la tête, et nous avons été 25 000 à 30 000 à occuper la rue ce jour-là. Il est difficile de prévoir comment les choses vont tourner dans les mois à venir, mais il est essentiel de développer une large solidarité internationale avec les accusé-e-s des « Procès de Moscou » en préparation, qui ont été interpellés après le 6 mars 2012 pour « atteintes massives à l’ordre public ».

Peux-tu en dire plus sur les origines du mouvement démocratique qui conteste le régime autoritaire de Poutine ? Quels liens entretient-il avec le mouvement social ?

Ce mouvement démocratique est né de la convergence de protestations locales, de nature sociale (sur des objectifs précis) et politique (contre la corruption). Celles-ci ont alimenté une mobilisation d’ensemble, au niveau de la Fédération, à laquelle divers acteurs régionaux ont pris part à titre individuel. Il faut noter cependant que ce mouvement démocratique, compte tenu de son orientation politique majoritaire, libérale et nationaliste, a jusqu’ici bloqué la prise en compte de revendications sociales, par exemple en défense des services publics, suscitant une certaine méfiance des milieux populaires. La gauche doit donc tenir compte de cette contradiction en participant sans conditions aux mobilisations politiques démocratiques, tout en s’efforçant de consolider le mouvement social en leur sein. Dans cette perspective, nous œuvrons à renforcer, parfois même à mettre sur pied, des organisations syndicales dans l’industrie, mais aussi dans les services, notamment dans l’enseignement, la santé, les universités, etc.

Comment est organisée l’opposition démocratique ? Peux-tu présenter ses principales composantes ? Quel rôle joue la gauche en son sein ?

Depuis la fin de l’année 2011, les luttes démocratiques étaient portées par un ensemble de forces rassemblées spontanément, sans structure formelle. C’est dans de telles conditions que la première grande manifestation du 6 mai 2012, contre l’inauguration du nouveau mandat de Vladimir Poutine, a été organisée. Par la suite, en octobre-novembre 2012, l’idée s’est concrétisée de constituer une direction élue du mouvement d’opposition. Ce sont ainsi près de 100 000 personnes qui ont participé, dans les grandes villes, à l’élection d’un Conseil de coordination de l’opposition russe, composé de 60 personnes. Parmi elles, la fraction majoritaire est celle des nationalistes libéraux d’Alexeï Navalny. De son côté, la gauche compte 5 à 10 représentant-e-s, selon les critères utilisés. Depuis sa mise en place, ce Conseil n’a pas bien fonctionné, probablement en raison de sa profonde hétérogénéité politique. Ainsi, l’appel à la manifestation du 6 mai 2013 a été porté de façon très hésitante et désordonnée, que ce soit pour le choix de la date (un lundi, jour de travail) ou pour la préparation concrète de la mobilisation. En même temps, les foyers de protestation sociale se sont multipliés, de janvier à avril, mais nous ne savions pas s’ils trouveraient à s’exprimer dans la mobilisation démocratique du 6 mai dernier à Moscou. Le succès de cette manifestation semble indiquer que cette convergence à tout de même été possible.

Peux-tu présenter les principales organisations de la gauche russe et indiquer leurs priorités ?

J’appartiens au Mouvement socialiste russe (MSR), qui s’est formé au début de l’année 2011, à partir de différents courants et militant-e-s d’origine majoritairement trotskyste, issus notamment de la section de la Quatrième Internationale (Vperiod) et d’un groupe issu du Comité pour une internationale ouvrière. Son activité vise prioritairement le développement d’une gauche sociale, notamment dans le monde syndical. Nous sommes en lien avec le Front de gauche, qui regroupe différents courants de la gauche radicale, rassemblés d’abord autour des Forums sociaux, mais aussi autour d’une organisation qui se nomme l’Avant-garde de la jeunesse rouge et se revendique du marxisme-léninisme. La gauche russe compte une troisième composante d’obédience anarchiste, dont l’un des animateurs, Alexeï Gaskarov, vient d’être arrêté. Elle a joué un rôle significatif dans l’animation des luttes environnementales et antifascistes – le pouvoir russe ayant développé des liens forts avec l’extrême droite nationaliste depuis les années 90. Ce sont ces organisations qui subissent aujourd’hui la plus forte répression, dans la foulée de la manifestation du 6 mai 2012 à Moscou.

Interview réalisé par Jean Batou. La version finale n’a pas pu être relue par Aleksander Lekhtman.

LEKHTMAN Aleksander 7 avril 2013 * Cette interview va paraître en Suisse dans solidaritéS.

Lire la suite

10 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Aminata Traoré : « Ce qui se passe au Mali est l’illustration d’une nouvelle étape de la politique de mainmise sur les ressources du continent »

Aminata Traoré : « Ce qui se passe au Mali est l'illustration d'une nouvelle étape de la politique de mainmise sur les ressources du continent » dans International aminata-241x300

Entretien. Ancienne ministre de la Culture malienne et militante altermondialiste, Aminata Traoré a pris clairement position contre l’intervention de la France au Mali. Nous reproduisons ici des extraits d’une interview donnée au média Cameroonvoice.

Les autorités françaises ont refusé de vous accorder un visa d’entrée en France pour participer à une réunion publique le 22 avril dernier. Pouvez-vous nous confirmer cette information ?
En fait, j’ai été invitée par Die Linke, un parti de gauche allemand, et des militants français. Je devais faire un tour à Berlin et par la suite donner une conférence à Paris et Lille. J’avais un visa de circulation de quatre ans de l’espace Schengen qui a expiré au mois de février. Quand je me suis rendue à l’ambassade d’Allemagne pour solliciter un droit d’entrée dans l’espace Schengen, ils m’ont accordé un visa de trois jours uniquement pour leur pays en me notifiant que la France a donné des instructions pour qu’aucun pays de l’espace Schengen ne m’accorde de visa.

Il y avait donc une interdiction de circulation dans l’espace Schengen vous concernant, dont vous ignoriez totalement l’existence ?
J’ai été autorisée à aller en Allemagne et à revenir au Mali directement sans fouler le sol de l’espace Schengen mis à part l’Allemagne. Je ne sais pas si c’était une exception allemande, ou si les autres pays de l’espace Schengen pourront m’accorder la même « faveur ». Ma liberté de circuler est maintenant restreinte. Je ne sais pas ce que l’on me reproche. Dans mon cas, j’ai eu la chance d’avoir cette ouverture de la part de l’Allemagne. Mon compatriote Oumar Mariko (secrétaire général du Sadi, Ndlr), lui n’a pas pu voyager du tout…

Vos prises de position contre l’intervention militaire des forces étrangères au Mali, et notamment celle de la France, ne seraient pas la cause de cette interdiction ?
Certainement. Sinon je ne comprends pas pourquoi la France et surtout les membres de ce gouvernement de gauche, qui m’ont reçu et qui me connaissent parfaitement, le feraient. En principe, nous partageons les même idées. Sauf que la France considère son intervention au Mali comme une réussite politique et militaire, qui de leur point de vue exige qu’il n’ y ait pas de critiques, puisque l’unanimité leur réussit si bien ! Toutes les résolutions concernant cette guerre ont été adoptées à l’unanimité au Conseil de sécurité des Nations unies, et ils viennent aussi de voter à l’unanimité à l’ Assemblée nationale et au Sénat français la prolongation de l’opération Serval au Mali.

Le pouvoir politique a changé de main en France voilà bientôt un an et on peut constater que la politique africaine de la France, demeure toujours la même.
Elle demeure inchangée et il ne nous le cache pas. Le Général De Gaulle l’a dit : « la France n’a pas d’amis mais des intérêts ». Peut-être que c’est nous qui nous faisons des illusions, François Hollande l’a d’ailleurs répété récemment quand François Bozizé l’appelait à l’aide. Il lui a fait savoir que la France défendait ses intérêts et ses ressortissants.

Comment envisagez-vous l’avenir du Mali et de la sous-région suite à cette intervention militaire française appuyée par des troupes africaines ?
Je pense que les troupes africaines sont mises à contribution, et comme je l’ai déjà dit dans mon manifeste ce n’est pas notre guerre. Nous sommes entrés dans une phase de la globalisation qui implique la diplomatie économico-offensive et la militarisarisation. Mais seulement, Al Qaida est une réalité et en même temps une aubaine, car elle permet aux dirigeants africains qui ont mal géré, de dire maintenant que la priorité, c’est la lutte contre le terrorisme, et aux puissance étrangères de dire : faisons cause commune, luttons d’abord contre le terrorisme… Le véritable terrorisme, c’est la misère, les injustices, parce que je sais qu’une bonne partie des combattants des djihadistes sont avant tout des jeunes désespérés, sans boulot. Ils n’ont pas de visas et se font recruter à la fois par les narcotrafiquants et les djihadistes. C’est cette réalité qu’il nous faut regarder maintenant de près.

Quelles leçons devrons-nous tirer de la situation au Mali et de ce qui vous arrive à vous ?
Je souhaite que les Maliens et les Africains s’ouvrent grandement les yeux et les oreilles et se disent qu’en réalité, il n’y a pas un cas malien. Ce qui se passe aujourd’hui au Mali est l’illustration d’une nouvelle étape de la politique de mainmise sur les ressources du continent, notamment les ressources énergétiques, sans lesquelles la sortie de crise, la croissance et la compétitivité ne sont pas envisageables par l’Occident. Avec tout ce qui se passe, je considère que le Mali est humilié, il n’y a donc aucune raison d’en rajouter en gardant le silence et c’est ce que tout le monde fait, et les occidentaux le savent pertinemment. Raison pour laquelle je me réjouis aujourd’hui de ce soutien international, parce qu’il y a énormément de gens qui ne comprennent pas, quelle que soit la différence de lecture, qu’un tel traitement me soit réservé. C’est donc une nouvelle phase de la décolonisation de l ‘Afrique. Il nous appartient maintenant à nous-mêmes de voir où sont les véritables défis.

Propos recueillis le 28 avril par le média Cameroonvoice

Vendredi 10 mai 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 194 (08/05/13)

Lire la suite

10 mai 2013 ~ 0 Commentaire

5 caméras brisées de Emad Burnat et Guy Davidi, (le 15 mai à Penmarc’h)

Cinq cams.jpg

Ce documentaire est une chronique intime de la vie du village et de la propre famille du cinéaste au long des cinq premières années de vie de son quatrième fils, Jibril.

Réalisé sur une période de cinq ans, ce documentaire relate la lutte des habitants du village palestinien de Bil’in en Cisjordanie, la plupart paysans, spoliés de la moitié de leurs terres par la décision d’implanter et « protéger » la colonie juive de Modi’in illit construite pour 150 000 habitants.  Cette lutte non violente, constante, tenace en vue de conserver les terres, seul moyen de subsistance des paysans, est l’objet d’une répression brutale. Les moyens utilisés comportent des armes à feu avec utilisation de balles réelles (il y a plusieurs morts). Les cinq caméras utilisées pour fixer ces événements furent détruites dans l’action, plusieurs par balles.  Cette lutte a rencontré la solidarité de militantEs israélienNEs. Le peuple palestinien montre ici une haute conscience de ses droits bafoués par Israël et la « communauté internationale »,  sa lutte non violente n’en est que plus remarquable.
Jean-Paul Petit

Cinéma : 5 caméras brisées de Emad Burnat et Guy Davidi

Film programmé jusqu’au mois de juin :
La semaine du 8 mai : Paris, Saint-Denis, Saint-Honoré-les-Bains, Briançon, Valence, Bruz
La semaine du 15 mai : Paris, Questembert, Penmarch, Villeneuve d’Ascq, La Mure
La semaine du 22 mai : Paris, Lisieux, Saint-Malo
La semaine du 29 mai : Ferney-Voltaire, Blois, Montauban, Crécy-en-Ponthieu, La Bruguière, Clermont-Ferrand

Vendredi 10 mai 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 194 (08/05/13)

Lire la suite

06 mai 2013 ~ 0 Commentaire

France-Mali : les militaires remportent leur guerre d’influence au Parlement et à l’ONU (Survie)

France-Mali : les militaires remportent leur guerre d’influence au Parlement et à l’ONU (Survie) dans International tchad1

A l’unanimité et sans réel débat l’Assemblée nationale et le Sénat ont voté lundi 22 avril 2013 la prolongation de l’opération militaire française Serval au Mali.

Cette prolongation permettra à la France de continuer son intervention au Mali, de prendre part au commandement de la mission MINUSMA, créée le 25 avril par l’ONU, et de disposer d’une force militaire parallèle à la mission onusienne. Ainsi, la France continuera de peser lourdement sur les choix politiques maliens, comme elle le fait actuellement, en poussant à l’organisation d’élections suivant un calendrier irréaliste et en incitant les autorités maliennes à négocier avec le MNLA.

Mis à part les contributions critiques et l’abstention des députés GDR, les prises de paroles des groupes parlementaires à la tribune le 22 avril ont essentiellement repris les « éléments de langage » fournis par l’armée française depuis le début du conflit. Sans surprise, les parlementaires membres des commissions de la Défense ont été les plus zélés dans la promotion de l’armée française, à commencer par la présidente de la commission de la Défense, la socialiste Patricia Adam, pourtant chargée de conduire une mission parlementaire de suivi de l’opération Serval dont on attend toujours les premiers travaux.

L’opération est ainsi qualifiée par les députés de succès complet parce qu’elle aurait permis de stopper la descente des « islamistes » sur Bamako et de restaurer l’intégrité du territoire du Mali (à l’exception des zones qui échappent encore à l’armée malienne) mais surtout parce qu’elle aurait fait la démonstration du savoir-faire de l’armée française en terre africaine et du caractère « indispensable » de ses bases militaires permanentes. Ainsi, dans le Livre blanc de la défense qui est remis à François Hollande aujourd’hui, l’intérêt de disposer de forces prépositionnées en Afrique est réaffirmé. Cette guerre a, selon Laurent Fabius, «  […] renforcé d’une façon singulière la puissance d’influence de la France » !

La guerre déclenchée par François Hollande au Mali, a donc été utilisée par l’Armée française, avec la complicité de nombreux parlementaires, comme argument pour sanctuariser ses budgets et ses bases permanentes africaines, symboles du néocolonialisme français en Afrique, dont la pertinence était pourtant très fortement remise en cause ces dernières années.

Au delà des aspects militaires, l’alignement des députés sur les décisions de l’exécutif concerne également le volet politique.

Hormis quelques réserves sur le respect du calendrier électoral imposé par François Hollande aux Maliens, malgré les nombreuses voix maliennes qui le jugent irréaliste et inapplicable, les députés se sont pour la plupart rangés aux scénarios politiques, économique (conditionnalités de reprise de l’aide, conférence des bailleurs co-présidée par la France) et diplomatiques imposés par Paris aux Maliens, au mépris de leur souveraineté.

La pression qu’exercent en France les militaires sur le pouvoir politique se vérifie également par la décision de la France de s’installer militairement de façon durable au Mali. La France a fortement appuyé la mise sur pied d’une mission de stabilisation de l’ONU au Mali, la MINUSMA, créée le jeudi 25 avril par la résolution 2100, lui permettant de garder en parallèle, sans limite de temps et sans contrôle onusien une force militaire autonome au Mali – soit en tout 1000 hommes à partir de fin 2013 selon les annonces du président. Pour contrôler la MINUSMA, la France souhaite placer des hommes dans son état-major et se reposera en toute confiance sur le chef des opération de maintien de la paix, le français Hervé Ladsous.

Pire, le gouvernement français appuie ouvertement le souhait de l’armée tchadienne d’assurer le commandement de la MISMA. Ce soutien éhonté du gouvernement français au régime tchadien – comme celui des députés parmi lesquels certains ont salué l’engagement au Mali des troupes d’Idriss Déby – contribue ainsi à réhabiliter sur la scène diplomatique l’un des pires dictateurs du continent, très compromis dans la crise centrafricaine actuelle. Rappelons que l’opération supposée temporaire « Epervier » au Tchad, dure depuis 27 ans et qu’elle n’a jamais assuré que la stabilité de la dictature tchadienne.

Survie dénonce le renoncement des parlementaires à assumer leur mandat de contrôle de l’éxécutif, face à ces actes d’ingérence militaire et politique perpétrés par la France au Mali avec la complicité de l’ONU. L’association réitère sa revendication de mettre fin à la présence militaire française en Afrique, qu’il s’agisse de bases militaires ou d’ intervention sous commandement ou uniforme français.

29 avril 2013 par Survie

Lire la suite

06 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Brest, solidarité Syrie, le 11 mai

Brest, solidarité Syrie, le 11 mai  dans International syrie

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin