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28 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Ethiopie : Union sacrée pour la peine de mort contre les homos (Ael)

Ethiopie : Union sacrée pour la peine de mort contre les homos (Ael) dans International afric-gay1

En juin 2012, une première conférence nationale sur « l’homosexualité et ses conséquences sociales désastreuses » avaient réuni les leaders religieux du pays, ainsi que des membres du Gouvernement.

Un groupe évangélique joue la carte de l’oecuménisme pour exiger un durcissement des lois antigay en Ethiopie. Dans un climat de « panique morale », beaucoup de gays fuiraient le pays. Tous les moyens sont bons pour décourager les « comportements » homosexuels, y compris les plus extrêmes. C’est le message qu’a convoyé United for Life Ethiopia (ULE) auprès des dirigeants éthiopiens, la semaine dernière. L’organisation évangélique tenait conférence en présence de membres du Gouvernement, de leaders religieux de différentes confessions et de représentants des organisations de charité et de santé na- tionale, rapporte Gay Star News. Objectif : combattre la reconnaissance de l’homosexualité comme un fait naturel ou comme une partie intégrante des Droits de l’homme. Le responsable du Conseil inter-religieux contre l’homosexualité a fait état de « progrès » pour convaincre le Gouvernement d’être plus strict dans la répression de l’homosexualité et d’introduire la peine de mort pour « de tels actes ». En Ethiopie, les actes homosexuels sont déjà illégaux et passibles de 15 ans de prison au maximum. En 2007, les principaux courants religieux avaient tenté d’inscrire l’interdiction de l’homosexualité dans la Constitution. Quelque 97% de la population (majoritairement chrétienne*) rejette l’homosexualité, selon un sondage mené cette année-là par le Projet Pew Global Attitude – le deuxième taux le plus élevé au monde.

Crimes de haine à la hausse

Une militante de Rainbow Ethiopia interviewée par le site britannique souligne que la manifestation a eu un grand retentissement dans le pays. « La ten- dance à l’homophobie et aux crimes de haine sont à la hausse en Ethiopie. Ces organisations créent une panique morale et alimentent le public en fausses informations et en allégations fantaisistes. Ils font peur en disant que les homosexuels violent les enfants et les ‘recrutent’. Ils présentent certains membres de la communauté LGBTI comme des mercenaires entraînés et financées par l’Occident. » Selon elle, les gays éthiopiens seraient de plus en plus nombreux à fuir le pays vers l’Europe ou vers Israël, via l’Egypte et la Libye, au péril de leur vie. Bien qu’elles fustigent l’Occident, les organisations à l’origine de cette campagne homophobe y bénéficieraient de puissants relais. ULE serait notamment basé au Royaume-Uni. Une autre organisation qui prend une part active à la diffusion de rumeurs sur les prétendus rapts d’enfants par des homosexuels, Bright Children Voluntary Association, bénéficie de l’appui de l’Onusida et de l’Ambassade des Etats-Unis à Addis Abeba. Pour mémoire, l’Ouganda voisin est aussi en proie à une violente agitation antigay, orchestrée là encore par des fondamentalistes basés aux USA.

* Le pays compte environ un tiers de musulmans. Sur les 60% de chrétiens, une large majorité est éthiopienne orthodoxe, dont le patriarcat prend une part active dans la dénonciation de l’homosexualité. Les évangéliques et pentecôtistes gagneraient du terrain. Ils représentent, pour l’instant, environ 10% des fidèles. par A.G. 27 mai 2013 Source : http://360.ch

http://www.afriquesenlutte.org/afrique-de-l-est/ethiopie/article/ethiopie-union-sacree-pour-la

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28 mai 2013 ~ 0 Commentaire

80e anniversaire d’Ar Falz (1933-2013) vendredi 28 juin 2013

            80e anniversaire d'Ar Falz (1933-2013) vendredi 28 juin 2013 dans Brest et région affiche

Le vendredi 28 juin 2013, sera célébré le 80e anniversaire de la fondation d’Ar Falz, à la faculté Victor Ségalen de Brest sur le thème : « De la Bretagne au monde – Minorités et impérialismes – Yves Person, historien de l’Afrique, militant breton ». Yves Person a été président d’Ar Falz dans les années 70. De nombreuses personnes (de Bretagne, France, Afrique) viendront rendre hommage à ce grand homme, qui fut le premier historien de l’Afrique.

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28 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Qui est Bergoglio et pourquoi l’ont-ils mis là ?

Qui est Bergoglio et pourquoi l’ont-ils mis là ? dans International conquistadores-

Acculée par les révélations sur les délits économiques du Vatican, ses alliances et intérêts mafieux, ses curés pédophiles, fragilisée par la crise des vocations sacerdotales et abandonnée par nombre de ses fidèles, l’Eglise catholique apostolique romaine avait bien besoin d’un coup de peinture fraîche…

Pour essayer de récupérer sa crédibilité et, au-delà, son pouvoir de force politique internationale contrerévolutionnaire. D’où Bergoglio. Dont la tâche, néanmoins, ne sera pas simple. Il fallait ravaler la façade, donner l’impression qu’il va y avoir du changement, et les cardinaux sont donc allés chercher leur nouveau pape au bout du monde, en jouant la carte de « l’outsider » capable de réformer l’institution. Mais qui est François et quel rôle est-il censé jouer ?

Le Jeune Bergoglio

Dans les années 1960 et 1970, dans la foulée du concile Vatican II [1], surgit en Amérique latine la théologie de la libération. Cela a été un courant de masse qui, sans être marxiste, utilisait dans ses analyses des éléments du marxisme. Son « choix en faveur des pauvres » l’avait conduit à préconiser une Église horizontale, ce qui fut immédiatement perçu comme une menace par le Vatican et les gouvernements successifs des Etats-Unis. Pas totalement à tort. Beau- coup de ses curés et plusieurs de ses évêques, qui exerçaient leur apostolat dans les quartiers ouvriers et les campagnes, furent rejoints par des milliers de jeunes catholiques qui croyaient en un socialisme « chrétien ». Certains rejoignirent des organisations de gauche luttant pour le socialisme, par la voie politique ou par celle de la lutte armée. Cette génération a été décimée par les dictatures militaires, fomentées par l’impérialisme US, qui se sont succédé sur le continent dans les années 1970. Tel ne fut pas le cas du nouveau pape François. En 1972, déjà ordonné prêtre, Jorge Bergoglio s’intégrait à la Garde de Fer, un groupe de la droite péroniste inspiré de l’organisation fasciste de même nom, fondée en Roumanie en 1927 par le catholique ultra Corneliu Codrenau. La Garde de Fer argentine fut un mouvement assez particulier. Ses lectures politiques allaient des discours de Perón aux écrits de mystiques et de jésuites du XVIe siècle en passant par… Lénine. Ses militants définissaient leur organisation comme « léniniste » et basée sur le centralisme démo- cratique. Au sein du mouvement péronisme, jamais ils ne se sont définis comme fascistes ; ils prétendaient se situer « au milieu », entre la gauche guérillériste des Montoneros et la droite péroniste fascisante. A sa meilleure époque, la Garde de Fer a pu compter jusqu’à 15 000 membres. Elle affirmait se tenir « à la disposition du général Perón ». A sa mort, en 1974, l’organisation s’est officiellement dissoute, ses membres conservant toutefois entre eux des relations [2].

Pendant la dictature

Sous la dictature de 1976-83, Bergoglio choisit d’éviter le rôle de martyr, à l’opposé de l’évêque Enrique Angelelli et de tant d’autres curés et bonnes soeurs, assassinés sans que la hiérarchie religieuse argentine ou romaine n’émette la moindre protestation. De même se garda-t-il de toute critique un peu ferme de la dictature, à l’opposé des évêques Miguel Hesayne, Jorge Novak ou Jaime de Nevares. Mais il est avéré qu’il n’a jamais été un complice direct des militaires, comme l’a établi le prix Nobel de la paix, Adolfo Pérez Esquivel. Quel a donc été son rôle comme « provincial » (responsable en Argentine) de l’ordre des Jésuites ? On sait que pèsent sur Bergoglio des accusations à propos de la séquestration et de la torture de deux pères jésuites, en mai 1976. En 2010, il a témoigné au procès tenu sur ce cas, en niant toute responsabilité [3] et en affirmant qu’il avait contacté des membres de la junte militaire pour demander leur libération – qui est finalement intervenue. Sa version a été corroborée par plusieurs témoignages. La revue Tiempo Argentino (du 17 mars 2013) cite le reportage dans lequel un dirigeant de la Garde de Fer dit avoir participé, comme représentant de Bergoglio, à une réunion avec l’amiral Massera [4] dans laquelle s’est négociée la libération des deux jésuites. Comme contrepartie, Massera fut nommé, quatre semaines plus tard, docteur honoris causa de l’université de Salvador. D’autres victimes de la dictature ont donné des témoignages sur des tentatives de Bergoglio, comportant pour lui certains risques, de les sauver du terrorisme d’Etat. Plusieurs de ces cas sont appuyés par des documents. Dans tous les cas, comme l’a affirmé Ricardo Lorenzetti, président de la Cour suprême de justice : « On ne peut pas parler d’une situation où il y aurait une personne totalement innocente (…) Au-delà des désaccords et de ce que certains peuvent dire de ce qu’il aurait fallu faire, il est clair qu’il n’y a aucune mise en cause concrète. » [5]

Leader de la réaction cléricale

Après la dictature, le rôle du futur pape a été beaucoup plus clair. Comme cardinal primat d’Argentine, il a systématiquement pris position contre toutes les causes progressistes. Ses déclarations contre le mariage pour tous – adopté par l’Argentine avant la France – le situaient à la hauteur des énergumènes de « la manif pour tous » : « Il ne s’agit pas d’un simple projet législatif mais d’un mensonge qui vise à tromper les fils de Dieu. » [6] Opposé à l’éducation sexuelle à l’école et aux droits des femmes à contrôler leur corps (contraception et avortement), Bergoglio a été l’instigateur de l’inclusion dans la Constitution argentine, en 1998, du droit du foetus comme « enfant à naître ». En 2011, il a qualifié de « lamentable » la décision de la ville de Buenos Aires de dépénaliser l’avortement, en ajoutant : « une fois de plus, on voit que l’on avance délibérément vers la limitation et l’élimination de la valeur suprême de la vie et l’ignorance des droits des enfants à naître. » [7] Défenseur des privilèges – élargis sous la dictature militaire – de l’Eglise, il n’a jamais évoqué l’idée d’en exclure les criminels dossier condamnés pour leur participation aux séances de torture et assassinats. Ses positions sont celles de l’institution ultraréactionnaire qu’est l’Eglise catholique. Rien d’étonnant à ce que son élection soit considérée comme une victoire de son secteur « centriste ».

En faveur des pauvres ?

Lors de son passage dans la Garde de Fer, le futur pape a appris à fréquenter les déshérités. Son épiscopat a été marqué par ses dénonciations de la condition des pauvres « persécutés parce qu’ils réclament du travail » alors que les riches « ignorent la justice et en plus en sont applaudis. » [8] Dans sa dernière homélie de Carême, il dénonçait le fait que « nous nous levons chaque matin en acceptant comme naturel le paysage de la pauvreté et de la misère qui marchent dans les rues de notre ville. » [9] Ses appels à une église des pauvres qui suivrait les pas de Saint-François-d’Assise, ajoutés à ses origines plébéiennes, à son mode de vie austère et à ses entorses aux mesures de sécurité, détonnent avec la tradition des papes élitistes et aristocratiques, en nourrissant les illusions des secteurs qui subsistent encore de la théologie de la libération. Mais le choix de François en faveur des pauvres est celui de la Doctrine sociale de l’Eglise, qui s’est toujours définie en opposition au capitalisme néolibéral… sur le papier. Un pape aussi conservateur que Jean-Paul II pouvait ainsi affirmer : « Chaque jour domine davantage le système appelé néolibéralisme ; un système qui fait référence à une conception économiciste de l’homme, considère les profits et les lois du marché comme des paramètres absolus au détriment de la dignité et du respect des personnes et des peuples. Ce système s’est parfois transformé en justification idéologique de certaines attitudes et manières de faire sur le terrain social et politique, qui entraînent la marginalisation des plus faibles. De fait, les pauvres sont toujours plus nombreux, victimes de politiques et de structures souvent injustes (…) La doctrine sociale de l’Eglise assume une attitude critique face au capitalisme libéral » [10]. Ces déclarations n’ont cependant rien de surprenant. Sinon, comment convaincre les pauvres que la « sainte-mère l’Eglise » est de leur côté ? Le choix en faveur des pauvres du pape François n’ira pas au-delà d’une dénonciation du néolibéralisme et d’un accompagnement pieux, à distance, des souffrances des masses. Sans jamais dire que la pauvreté n’est pas un résultat de la volonté de Dieu, mais le produit de la société capitaliste.

Les raisons d’un choix

Même si à cette étape on ne peut formuler beaucoup plus que des hypothèses, il semble bien que Bergoglio ait été choisi pour remplir deux tâches : la première, interne à l’institution catholique ; la seconde, liée aux processus en cours en Amérique latine. D’un côté, face à la corruption de la curie romaine, il fallait trouver quelqu’un d’idéologiquement fiable et qui, en même temps, n’ayant pas de lien avec l’establishment du Vatican, puisse au minimum donner l’illusion d’un changement. De l’autre, l’Eglise tente d’une certaine façon de rééditer avec François le coup de Jean-Paul II, qui avait réussi à surfer sur les processus révolutionnaires antistaliniens en Pologne et dans l’Est de l’Europe, pour ensuite les ramener dans le giron du capitalisme et de la domination impérialiste. Bergoglio devrait remplir le même rôle vis-à-vis du continent latino-américain, aujourd’hui au centre de l’effervescence révolutionnaire mondiale, tout en s’efforçant de liquider la théologie de la libération et de contenir l’avancée des évangélistes qui sapent l’influence catholique. Lorsque Jean-Paul II était devenu pape, en 1978, le néolibéralisme commençait son ascension et la structure monolithique de l’URSS et de ses satellites se fissurait. En Pologne avait surgi Solidarnosc, à la fois syndicat et mouvement de lutte de masse contre le régime stalinien, dont les prises de position radicales et autogestionnaires paraissaient ouvrir la possibilité d’une issue anticapitaliste. En Amérique latine, la théologie de la libération restait vigoureuse en dépit de la répression ; deux mois après son élection à la présidence des Etats-Unis, en 1981, Reagan avait organisé une réunion du Conseil national de sécurité US avec à son ordre du jour : comment en finir avec elle. Le résultat fut la sainte-alliance formée entre le Vatican et l’impérialisme US. Le pape polonais put ainsi disposer de tous les dollars dont il avait besoin pour corrompre Solidarnosc et utiliser son infl uence en faveur de la restauration capitaliste en Europe de l’Est. Dans le même temps, il s’engageait à tout faire pour marginaliser et faire taire la théologie de la libération. [11]

Miner les processus révolutionnaires

La situation mondiale est marquée par une profonde crise systémique et, dans ce cadre, la mobilisation des masses latinoaméricaines et l’existence de gouvernements indépendants de l’impérialisme constitue pour ce dernier un sérieux sujet de préoccupation. L’Eglise catholique va donc probablement tenter, en alliance avec les droites du continent et l’impérialisme US, une offensive similaire à celle de Jean-Paul II et Reagan. Son poids, sur un continent qui réunit 39 % des catholiques du monde entier, reste dans tous les cas considérable. Le pape François n’est pas un novice en politique. Il l’a démontré en Argentine, en se positionnant à la tête de l’opposition aux gouvernements des Kirchner. S’il n’a pas rencontré dans cette œuvre davantage de succès, c’est du fait du rejet populaire que l’Eglise catholique s’est gagnée pour sa complicité avec la dictature militaire. C’est grâce à ce rejet que les Kirchner ont pu, malgré l’opposition farouche du futur pape, imposer le mariage pour tous, la légalisation de la contraception et la dépénalisation de l’avortement. Mais la perte de prestige de l’Eglise catholique en Argentine ne se répète pas dans d’autres pays clés du continent, tels que le Brésil et le Chili, où les hiérarchies ecclésiastiques avaient eu une attitude différence face aux dictatures. Et vu le discrédit grandissant de son régime, Cristina Fernández pourrait-elle résister longtemps à une offensive de l’Eglise et de son pape argentin ? Il est de notoriété publique que le gouvernement argentin a tenté de bloquer l’élection de Bergoglio, en envoyant aux cardinaux un dossier contenant les dénonciations faites à son encontre pour atteintes aux droits de l’Homme. [12] Ayant échoué, la présidente s’est alors transformée en partisane enthousiaste du pape… Pour imposer son poids dans la région en minant les processus révo- lutionnaires en cours et en donnant le coup de grâce à la théologie de la libération, le nouveau pape devra reconstruire l’Eglise catholique comme pouvoir politique international. Restaurer sa crédibilité implique de surmonter sa crise historique au niveau financier et moral, de nettoyer à tous les niveaux les écuries d’Augias de la curie romaine, de sanctionner les prêtres pédophiles, de mettre fin aux relations mafieuses pour recomposer les finances vaticanes sous une apparence de légalité… tout en parvenant à convaincre les secteurs progressistes que « l’option pour les pauvres » est la leur.

Face à la difficulté de la tâche, les proches collaborateurs du pape ont déjà commencé à abaisser le niveau d’exigence. Pour Eduardo García, évêque auxiliaire de Buenos Aires, François ne fera pas des « changements » mais ouvrira des « processus ». Opinion partagée par un vieil ami du pape [13], qui estime que « plus que faiseur de changements, il sera semeur de changements, il ne tentera pas d’être lui-même le changement (…) Il ne sera pas un Cid Campeador de la transformation, mais agira comme un pont. » Quant au porte-parole de Bergoglio à Buenos Aires, Guillermo Marcó, il dément que celui-ci soit un ingénu nouveau venu et prévient : « Il connaît très bien la curie romaine et n’hésitera pas à l’heure de faire des réformes. Mais il faut lui donner du temps. L’Eglise n’a jamais pour attitude de tout changer en 24 heures. » [14] Dans tous les cas, comme disait ce Lénine que Bergoglio avait lu dans sa jeunesse : « attendre et voir ».

de la SIEGA Virginia 1er mai 2013 Publié dans : Revue Tout est à nous ! 43 (mai 2013). http://www.npa2009.org/

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27 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Du Bangladesh à l’Indonésie. «Ce que nous pouvons faire pour les vivants» (Al’E)

Du Bangladesh à l’Indonésie. «Ce que nous pouvons faire pour les vivants» (Al'E) dans Altermondialisme bangladesh

«Prie pour les morts et bats-toi férocement pour les vivants!»
Mother Jones (1837-1930)

Alors que le nombre de morts parmi les travailleuses du textile dans l’effondrement d’un bâtiment au Bangladesh a atteint plus de 1100 personnes, il est temps de commencer à protéger les vivants de prochains «accidents» ainsi que de la pauvreté écrasante de salaires de famine. Déjà, alors que j’écrivais cet article, au moins deux travailleurs ont été tués au Cambodge à la suite de l’effondrement du toit d’une usine de baskets. Lorsque des entreprises transnationales sont prises dans un désastre aussi terrible pour leurs «relations publiques» que la mort des travailleuses au Bangladesh, la réponse classique consiste à annoncer qu’elles vont signer un code de conduite afin d’assurer que cela ne surviendra jamais plus. Ces codes de conduite possèdent généralement deux choses en commun: ils sont inefficaces et n’apportent pas grand-chose si ce n’est rien dans la capacité des travailleuses à se défendre elles-mêmes. Dans les semaines qui ont suivi le désastre du Bangladesh, un groupe d’entreprises transnationales – comprenant Calvin Klein, Tommy Hilfiger et Izod – ont bien entendu annoncé soutenir un nouveau code de conduite dont elles affirment qu’il encouragera des normes de construction sûres en mettant en place des inspections d’usine indépendantes. Elles ne prétendent même pas «allouer» des salaires décents, des conditions de travail sûres ni même le droit d’organiser des syndicats.

Ainsi que deux journalistes du New York Times, Steven Greenhouse et Jim Yardley, l’écrivent la réalité est que «non seulement les salaires sont les plus bas au monde, mais aussi que les syndicats, qui font face à des obstacles à leur organisation, sont largement absents des usines textiles. Certaines travailleuses qui ont tenté d’organiser des syndicats ont été licenciées ou harcelées.»  Mais même ce nouveau code inefficace a pourtant été considéré comme allant trop loin par des entreprises comme Gap et Traget, ainsi que pour Wal-Mart et J.C. Penny, qui vendent des jeans fabriqués dans l’édifice qui s’est effondré. Gap a déclaré qu’elle craignait que des entreprises américaines soient poursuivies en justice si des travailleuses mouraient dans un incendie d’usine ou dans son effondrement.

Il existe des dizaines de ces codes de conduite. Dans son ouvrage Monitoring Sweatshops [littéralement «surveiller les ateliers de sueur»; Ed. Temple University, 2004], Jill Eshenshade cite Enriqueta Soto, une travailleuse du vêtement qui a travaillé dans une entreprise de Los Angeles «soumise» à ces codes: «J’ai travaillé pendant 17 ans dans l’industrie textile. Mon expérience dans cette industrie était vraiment difficile. Dans la plupart des ateliers aucun salaire minimum n’est garanti. Le travail supplémentaire n’est pas payé. Les vacances ne sont pas payées. Il n’y a pas de congés payés. Nous n’avons pas d’assurance-maladie. Selon mon expérience, là où existe un système de contrôle les conditions sont identiques. Nous ne pouvions pas nous plaindre auprès des personnes qui faisaient ces contrôles. Lorsque l’une de mes collègues a décidé de parler aux fabricants, lorsqu’elle a décidé d’élever la voix, ils ont simplement décidé de nous punir, ils nous ont donc retiré le travail. Ainsi 400 d’entre nous avons perdu notre emploi. Ils ont fermé l’usine.»   

La Fair Labor Association (FLA – Association pour le travail juste) soutient le code de contrats d’entreprise le plus connu. Ce code se présente avec un pedigree d’entreprise impeccable puisqu’il a été créé par des entreprises transnationales du vêtement en accord avec le président d’alors, Bill Clinton. La FLA est financée par les mêmes entreprises qu’elle est censée contrôler parmi lesquelles Nike, Reebok et Adidas. Aussitôt que les entreprises signent le code FLA, elles peuvent coudre un label sur leurs vêtements certifiant qu’ils ont été produits dans de justes conditions. Il ne s’agit pas seulement de bonne publicité, mais il y a très peu de risques qu’elles soient attrapées violant le code. Seules 10% des usines d’une entreprise sont inspectées chaque année et les entreprises peuvent sélectionner leurs propres contrôleurs. Dès lors qu’une entreprise sait à l’avance quelles sont les usines qui seront contrôlées, il faudrait être incroyablement idiot ou paresseux pour être attrapé. Bien que le code de conduite comprenne la «reconnaissance des droits des travailleurs à la liberté d’association et à la négociation collective», le FLA protège avec constance les entreprises contre les travailleurs:

• L’entreprise Primo, au Salvador, qui a signé sa participation à la FLA, Eddie Bauer, a licencié et placé sur liste noire les membres syndiqués de son usine de telle sorte qu’aucune autre entreprise ne les emploie.

• Les travailleurs de l’usine mexicaine Kukdong, qui fabrique des chaussures pour Nike, furent battus par la police antiémeute alors qu’ils revendiquaient leurs droits. Nike a fait mention de Kukdong comme d’une usine modèle.

• Des centaines de travailleurs de l’usine PT Victoria, en Indonésie, ont perdu leur emploi après avoir travaillé plusieurs tours de 24 heures afin de terminer des commandes passées par Eddie Bauer. La FLA a accrédité les standards de travail d’Eddie Bauer malgré le fait qu’elle devait plus d’un million de dollars aux travailleurs.

• Gildan Acrivewwear, un autre adhérant de la FLA, a licencié illégalement plusieurs dizaines de travailleurs qui tentèrent d’organiser un syndicat. Cela n’a pas empêché la FLA de garder Gildan comme membre de plein droit.

 La United Students Against Sweatshops (USAS – Etudiants unis contre les «ateliers de sueur») a développé le Workers Rights Consortium (WRC – consortium des droits des travailleurs) comme alternative à ces codes de conduite pro-entreprise. L’USAS a apporté le dynamisme des mouvements étudiants dans les campagnes pour la responsabilité sociale [des entreprises] par des sit-in, des débats publics et des manifestations ainsi qu’en faisant parler dans les universités de véritables travailleurs de sweatshop. Le WRC exige des entreprises qui fabriquent des vêtements pour les collèges et les universités de respecter un code qui comprend des salaires décents, la protection des droits des femmes, une information publique, des contrôles indépendants ainsi que – ce qui est peut-être le plus important de tout – le droit d’organiser des syndicats. Les universités parties achètent des vêtements provenant uniquement des fabricants qui adhèrent à ce code. Les entreprises qui violent le code peuvent perdre leur accord de licence ainsi que, avec elle, l’accès au business lucratif que constitue la vente de vêtements portant le nom et le logo d’universités.

A la différence de la FLA, le WRC contrôle 30% de toutes les usines couvertes par le code et toutes les usines dans un pays dans lequel les droits élémentaires des travailleurs sont inexistants. Les syndicats locaux, des associations des droits humains ainsi que des groupes religieux, et non les entreprises, décident quelles sont les usines à inspecter. Lorsqu’ils discutent avec des travailleurs cela se passe dans des localités éloignées des usines, dans un endroit choisi par les travailleurs eux-mêmes. C’est là une garantie à ce que les employeurs n’interfèrent pas dans les contrôles. L’importance de l’USAS et du WRC va au-delà du nombre de travailleurs couverts par leur code, fabriquant des vêtements pour le relativement petit marché des collèges et universités. Ces groupes font la démonstration que les entreprises peuvent être contraintes à payer des salaires décents et à fournir des conditions de travail sûres plutôt qu’œuvrer dans des ateliers de sueur. Par-dessus tout, en insistant sur le droit d’organiser des syndicats, ils permettent aux travailleurs et travailleuses d’être eux-mêmes en capacité de gagner les changements dont ils ont besoin.

Les travailleurs et travailleuses n’ont pas besoin de contrôleurs indépendants pour identifier les problèmes dans leurs ateliers. Les travailleurs et travailleuses du vêtement qui sont morts dans le bâtiment qui s’est effondré au Bangladesh savaient que la structure était dangereuse: ils-elles ne sont entrés qu’une fois que les employeurs les menacèrent de baisser leurs salaires ou de les licencier. Les travailleurs n’ont pas besoin de statisticiens pour évaluer le montant d’un salaire décent: ils connaissent la réalité quotidienne qui est celle de tenter de nourrir leurs familles. Tout ce dont les travailleurs et travailleuses ont besoin c’est de la capacité de réaliser des changements qui leur soient favorables, des changements qu’ils maîtrisent, au cours de conflits. Cela débute par la reconnaissance des syndicats et la négociation collective, qui est le résultat d’une bataille, un moment de «paix» dans une lutte de longue durée. Les étudiant·e·s du monde et les syndicats ensemble peuvent aider fortement les travailleurs à améliorer leurs conditions de vie en combattant pour les droits des travailleurs autour de la planète. C’est ce qui fait de la United Students Against Sweatshops et du Workers Rights Consortium un espoir pour l’avenir.

Publié par Alencontre le 27 – mai – 2013 Par Sandy Boyer (Traduction A l’encontre;  article publié le 21 mai 2013 dans SocialistWorker.org)

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26 mai 2013 ~ 0 Commentaire

100.000 brésiliens contre le mariage gay (Europe1)

 100.000 brésiliens contre le mariage gay (Europe1) dans International la-justice-bresilienne-autorise-le-mariage-pour-tous-300x195
Brésil: 200 millions d’habitants, çà fait peu!

Quelque 100.000 membres des églises protestantes brésiliennes ont défilé samedi à Rio de Janeiro pour défendre la notion de famille traditionnelle après que la justice brésilienne eut autorisé les mariages homosexuels. Les fidèles se sont rassemblés à l’occasion de la « Marche pour Jésus », une des principales fêtes des cultes évangéliques brésiliens depuis 20 ans.

Organisée par le Conseil des Ministres Evangéliques de Rio de Janeiro, la manifestation a réuni environ 100.000 personnes, a déclaré un porte-parole de la police militaire. Les fidèles ont parcouru les rues au milieu de chars allégoriques brandissant des pancartes et arborant des chemises et autres objets à motifs religieux. La fête s’est terminée par un rassemblement général à Cinelandia (centre de Rio), où ont notamment été organisés des concerts de gospel et des prêches de pasteurs.

Cette manifestation a servi à « marquer l’unité du peuple de Dieu (…) et l’affirmation de nos principes en faveur de la liberté d’expression, de la liberté religieuse, de la famille traditionnelle et de la vie », a déclaré le pasteur Silas Malafaia, de l’Eglise de l’Assemblée et organisateur de la marche. « Nous disons non au pêché, non à la corruption et non à l’homosexualité », a affirmé une participante.

Le Conseil national de justice a autorisé le 14 mai, de facto le mariage homosexuel, court-circuitant le Parlement qui traîne depuis des années à se prononcer sur le sujet. Cette décision peut en théorie être remise en question par la Cour suprême ou le Parlement. Auparavant, la justice d’une dizaine d’États, comme Sao Paulo, acceptait déjà systématiquement de transformer les unions stables entre personnes du même sexe en mariage.

Par Europe1.fr avec AFP Publié le 26 mai 2013 à 08h22 Mis à jour le 26 mai 2013 à 08h22

http://www.europe1.fr/International/100-000-bresiliens-contre-le-mariage-gay-1529527/

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22 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Mouvements de lutte et gauche au Bangladesh (Inprecor)

Mouvements de lutte et gauche au Bangladesh (Inprecor) dans Altermondialisme bangladesh-may-day-2013

Le Bangladesh (le Pakistan oriental avant son indépendance en 1971) est un pays avec une forte tradition de luttes.

Les luttes paysannes et ouvrières y ont toujours été très importantes et combattives et la gauche bien que faible et divisée reste puissante avec un soutien de masse important. La gauche bangladaise a été profondément marquée par la division internationale entre les courants maoïstes et staliniens. Le Parti communiste du Pakistan oriental (le Bangladesh depuis 1971) a lui-même été divisé entre une aile pro-Moscou et une aile pro-Pékin. Ces deux courants ont pris des positions radicalement opposées durant la guerre de libération en 1971. Le courant pro-Moscou, le Parti communiste bangladais (PCB), a soutenu la guerre de libération et l’établissement du socialisme au Bangladesh par la voix parlementaire. Cette orientation l’a amené à se rapprocher de la Ligue Awami (1) parvenue au pouvoir après la guerre de libération. Majoritairement, l’aile pro-Pékin, suivant le choix de Mao de s’opposer à la partition du Pakistan, n’a pas soutenu la guerre de libération. Elle l’a dénoncé comme étant une « machination indo-soviétique » pour favoriser l’expansionnisme indien dans la région et l’hégémonie soviétique. Aller à contre-courant d’une guerre soutenue massivement par la population a coûté cher au courant maoïste qui s’est divisé après 1971 en d’innombrables factions et s’en est trouvé durablement affaibli. Durant les années 1970 et 1980, une succession de dictatures militaires a renforcé les difficultés de développement des partis révolutionnaires et radicaux, renforçant les tendances à la division.

Aujourd’hui la gauche bangladaise est partagée en deux blocs distincts.

Des partis comme le PCB et le Parti des travailleurs ont choisi de collaborer avec la Ligue Awami lorsque celle-ci est au pouvoir (2). En dehors des sphères liées au pouvoir, certains partis de gauche ont cherché à dépasser leurs divisions en lançant en septembre 2007 une coalition nationale, l’alliance de gauche démocratique, avec pour objectif de lutter pour un Bangladesh démocratique et de faire émerger une opposition crédible aux deux principaux partis qui alternent au pouvoir (3). Cette alliance, qui est constituée par 10 partis de la gauche radicale, se situe clairement en opposition aux partis politiques de l’establishment mais aussi en opposition aux partis de gauche qui participent à la gestion du pouvoir. Des discussions sont en cours pour renforcer et élargir l’alliance à d’autres forces de l’opposition (4). Bien que les partis formant la coalition puissent avoir des idées sensiblement différentes, ils s’accordent sur un programme minimum qui leur permet d’intervenir sur la scène politique à un niveau national.

Sur le terrain, malgré ses divisions et sa faiblesse numérique, la gauche radicale bangladaise reste forte. Grâce à une longue tradition de luttes, elle a acquis un soutien de masse parmi les ouvriers et les paysans. Les partis politiques de la gauche radicale ont pour la plupart construit des organisations de masse qui ont permis le développement de luttes spectaculaires avec des résultats significatifs. À titre d’exemple, le CPB-ML dirige les fédérations Krishok et Kishani Sabha, deux organisations paysannes représentantes de la Via Campesina au Bangladesh et fortes de deux millions de membres. Plusieurs partis politiques comme le Parti des travailleurs révolutionnaire ou le Parti démocratique révolutionnaire ont construit des syndicats dans le secteur du textile. Les partis de la gauche radicale ont aussi développé un travail et des organisations de masse en direction des étudiants et des femmes.

On retrouve ces organisations de masse et ces syndicats dans de nombreuses luttes de ces dernières années et ont rencontré un certain écho au niveau international. En 2010 plusieurs vagues de grève ont éclaté dans le secteur de l’industrie textile. Ce secteur représente 80 % des exportations bangladaises et emploie plus de trois millions de personnes. Les ouvriers, principalement des femmes, y travaillent pour un salaire de misère dans des conditions moyenâgeuses pour des donneurs d’ordre occidentaux qui commandent de grandes quantités de textiles à bas coûts. Entre le 19 et le 23 juin 2010, 800 000 ouvriers ont cessé le travail pour réclamer une hausse des salaires. En juillet et août, près de 700 usines ont été touchées par des vagues de grève, toujours sur la question des salaires. En décembre, de nouvelles mobilisations ont eu lieu pour obtenir la prise en compte de la hausse des salaires obtenue en août et toujours pas effective en novembre. Les mobilisations sont fortement réprimées par la police anti-émeute et il n’est pas rare que des travailleurs soient tués dans le cours des mobilisations. Mais malgré la répression et les intimidations des militants syndicaux, les luttes restent très fortes (5).

D’autres luttes tout aussi significatives ont eu lieu, notamment sur les questions environnementales. Par exemple, dans le district de Phulbari, les communautés locales se sont mobilisées pour faire échec à un projet de mine de charbon à ciel ouvert d’une compagnie basée en Angleterre, GMC Resources plc, soutenue par des fonds de pension et des banques privées. Si ce projet voyait le jour, jusqu’à 500 000 personnes pourraient être déplacées et l’environnement serait très dégradé. La mobilisation a été soutenue par le comité national pour protéger le pétrole, le gaz, les ressources minérales et les ports (NCPOGMPP), un collectif constitué par des experts, des chercheurs, des partis politiques et des individus. Ce collectif constitue « une nouvelle forme de mouvement politico-social avec son expérience de travail sur l’intérêt national, particulièrement contre les accords douteux avec les multinationales » (6). Le mouvement de Phulbari est sans précédent tant par l’ampleur de la révolte que par la conscience qu’il a développée dans les communautés locales. Jusqu’à ce jour, il a réussi à empêcher la mise en œuvre de ce projet.

Les luttes paysannes sont aussi particulièrement importantes. Au Bangladesh, 80 % de la population travaille dans le secteur agricole et 70 % des paysans sont sans terre. Les fédérations Krishok et Kishani Sabah ont mené des luttes importantes pour l’accès à la terre des paysans notamment en organisant des occupations de terre. Depuis les années 2000, ces organisations ont aussi développé la mobilisation des paysans sur les questions du changement climatique et de la souveraineté alimentaire, deux questions fondamentales pour le Bangladesh qui est déjà affecté par le réchauffement climatique. ■

* Danielle Sabai, militante du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) et de la IVe Internationale, est correspondante d’Inprecor pour l’Asie

http://orta.dynalias.org/inprecor/article-inprecor?id=1239

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22 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Bangladesh : les ouvrières s’opposent aux islamistes (Essf)

Bangladesh : les ouvrières s’opposent aux islamistes (Essf) dans Altermondialisme bengla
Après la catastrophe du Rana Plaza : « Nous voulons créer une contre-hégémonie des travailleurs »
Quelles sont les revendications que les travailleurs mettent en avant dans les grèves et les manifestations face à cette catastrophe ? Badrul Alam –Ils exigent le procès du propriétaire de l’immeuble effondré et l’arrestation des propriétaires des cinq usines installées dans le bâtiment. Ils veulent aussi la sécurité sur tous les lieux de travail, le traitement approprié pour les propriétaires, l’indemnisation des familles des personnes tuées et l’aide pour ceux qui sont à l’hôpital. Ils réclament un code spécifique pour la sécurité dans les bâtiments industriels. Il y a beaucoup d’autres usines de vêtements potentiellement dangereuses qui nécessitent des enquêtes. bLe propriétaire de la Rana Plaza a été arrêté, le gouvernement s’est engagé à le faire juger par un tribunal, mais, selon le code du bâtiment actuel, il ne sera condamné qu’à trois ans d’emprisonnement. Ce n’est pas la peine appropriée pour lui. Après trois ans, il sera libre de faire encore plus de mal aux travailleurs. Les gens qui protestent réclament une nouvelle loi pour qu’à l’avenir aucun des propriétaires de bâtiments et d’usines ne puissent s’en tirer de cette manière. Des drames similaires ont eu lieu à Dacca dans le passé. En novembre dernier, 112 personnes sont mortes lors d’un incendie dans l’usine de confection Tazreen Fashion. Delwar Hossain, le propriétaire de cette usine, n’a jamais été puni.Votre parti soulève-t-il des revendications ou des idées particulières ?

Nous parlons bien sûr de la question de la sécurité au travail et nous soulevons également la question du système, et de la place des travailleurs dans le système. Nous voulons créer une « contre-hégémonie » des travailleurs. Nous parlons de la nécessité d’une révolution. Les travailleurs ont besoin de droits mais cette société ne peut pas assurer ces droits. Seuls les travailleurs peuvent résoudre ces problèmes.

Qu’en est-il de la capacité des travailleurs à s’organiser dans les syndicats et de celle des syndicats à exercer un contrôle sur la santé et la sécurité ?

Les travailleurs du textile ont le droit légal de se syndiquer mais les organisateurs syndicaux ne sont pas autorisés à entrer dans les usines pour construire des syndicats. La loi est du côté des travailleurs, mais les propriétaires la défient sans problème. Cela est particulièrement vrai dans les Zones Economiques Spéciales. L’absence de syndicats à la base signifie que beaucoup de mauvaises choses arrivent aux travailleurs. L’organisation parmi les travailleurs du vêtement a aussi, dans une certaine mesure, été corrompue par les institutions gouvernementales. Certains travailleurs du vêtement sont utilisés par le gouvernement et ont collaboré avec les propriétaires. Et cela est en train de faire du mal à un mouvement uni. Mais, dans l’ensemble, les travailleurs du vêtement sont très militants et les protestations ont été fortes.

Le principal parti d’opposition, le Parti nationaliste du Bangladesh, tente-t-il de prendre le contrôle des manifestations ?

Oui, l’opposition cherche à utiliser les protestations et toutes les formes de lutte, même celles construites par les travailleurs du vêtement eux-mêmes. Et ils ont des liens étroits avec des groupes extrémistes religieux. Mais quand l’opposition était au pouvoir, ils ont fait les mêmes choses aux travailleurs du vêtement.

Les travailleurs du vêtement font partie du secteur « formel ». Qu’en est-il des travailleurs dans le secteur informel ?

Les travailleurs du secteur informel sont encore plus vulnérables. Au moins il y a des lois en faveur des travailleurs du secteur formel. Mais la plupart des travailleurs sont dans le secteur informel et donc en dehors de la loi. Encore une fois, l’organisation est la clé.

Ces derniers jours, les islamistes ont organisé de grandes manifestations pour revendiquer des lois religieuses plus fortes. Quels sont leurs objectifs ?

Il y a eu de très grandes manifestations mais leurs demandes sont illégitimes. Ils exigent que le gouvernement adopte une loi limitant les droits des femmes. Leurs revendications sont médiévales et irrationnelles. Ils croient en la primauté du Coran, dans le pouvoir d’Allah, leur organisation s’appelle Hifazat-e-Islam, « Protection de l’Islam ». Ils prétendent être apolitiques et non partisans et disent qu’ils sont seulement pour l’islam, mais ils ont aussi affirmé que le gouvernement devrait accepter et appliquer leurs exigences, sinon il serait obligé de démissionner ou même renversé. Le 5 mai, les islamistes ont érigé des barricades dans les rues. Ils ont d’abord dit qu’ils allaient partir, puis qu’ils s’engageaient à rester jusqu’à ce que le gouvernement ait démissionné. Au petit matin du 6 mai, les forces de l’ordre les ont dispersés et de nombreux militants musulmans ont été tués dans ces affrontements. Le gouvernement dit qu’environ 20 personnes ont perdu la vie, Hifazat-e-Islam prétend qu’il y a eu des milliers de morts tandis qu’Amnesty International dit que 44 personnes ont été tuées.

D’où le Hizafat tire-t-il son soutien ?

Beaucoup de manifestants sont de jeunes étudiants des madrasas [les écoles religieuses]. Un grand nombre d’entre eux n’en savent pas beaucoup sur les revendications politiques, ils vont à la manifestation par loyauté, ou parce qu’ils ont entendu que quelqu’un aurait dit quelque chose à propos du Prophète ou d’Allah. Nous avons parlé à quelques-uns des jeunes étudiants, et ils nous ont dit qu’ils ne savaient pas grand-chose à ce sujet. Ils ont raconté qu’ils avaient été appelés par leur Huzur [l’enseignant en chef qui est le responsable de la madrasa] qui leur a dit qu’on leur paierait les frais de déplacement et de nourriture pour un voyage à la capitale. Beaucoup d’entre eux viennent de différents districts et de régions éloignées.

Comment ont réagi les femmes face aux manifestations des islamistes ?

Le 11 mai, les organisations de femmes progressistes se sont rassemblées devant le National Press Club et ont déclaré que les femmes refusent les exigences de Hifazat. Depuis notre indépendance en 1971, les femmes ont obtenu beaucoup de choses et elles ne sont pas prêtes à les perdre. Il y avait environ 20.000 femmes à cette manifestation, tandis que 100.000 partisans du Hifazat avaient manifesté le 6 mai.

Et les travailleurs ?

Les travailleurs protestent également contre le Hifazat. La plupart des travailleurs du vêtement sont des femmes, alors si le Hifazat fait passer ses exigences, leurs droits seront sévèrement limités et elles ne seront plus en mesure d’aller travailler. Les ouvrières ont utilisé l’exemple de Reshma Begum, une travailleuse du vêtement qui a survécu pendant plus de deux semaines dans les décombres de Rana Plaza. Elles ont dit que cela montrait comment les travailleuses peuvent survivre dans des conditions très difficiles, et qu’elles n’accepteront jamais d’être ignorées ou réprimées, d’où que viennent les attaques, y compris des militants islamistes.

ALAM Badrul15 mai 2013

Badrul Alam, militant du Parti Communiste du Bangladesh (marxiste-léniniste), a répondu aux questions de l’hebdomadaire britannique « Solidarity ».
Son parti assiste comme observateur à la 4è Internationale

* Article publié sur www.workersliberty.org * Traduction pour avanti4.be : Jean Peltier.

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20 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Afrique du Sud, « Annus horribilis » dans les mines de platine

Afrique du Sud,

L’industrie de platine ne parvient toujours pas à sortir de la crise après les violentes grèves de l’année dernière. La révolte sociale menace toujours le secteur.

« La menace d’une grève à Anglo American Platinum (Amplats) plane toujours », titrait le site d’information sud-africain Daily Maverick. Les mineurs avaient menacé la direction de se remettre en grève à l’appel des syndicats. En debut de semaine, la direction avait annoncé la suppression de 6 000 emplois dans la ceinture de platine au nord-ouest du pays. Finalement, les mineurs étaient toujours au travail, ce vendredi 17 mai. A quelques kilomètres de là, dans les environs de Rustenburg, leurs collègues de Marikana, retournaient, eux aussi, sous terre, après deux jours de grève sauvage. La situation semble être retournée à la normale. Mais jusqu’à quand?  Après les violents mouvements sociaux de l’année dernière dans le secteur qui avaient fait 34 morts en août à Marikana, le Daily Maverick rappelle que « les mineurs d’Amplats ont repris le travail en janvier avec la promesse de pouvoir négocier une hausse de salaires. Ils ont été accueilli avec une autre nouvelle : la suppression de 14 000 emplois ». L’annonce avait déclenché une levée de bouclier des syndicats et de l’ANC (African National Congress), le parti au pouvoir. Amplats avait finalement reculé, mais « après consultation avec le gouvernement, la compagnie est revenue avec un nouveau chiffre : 6 000 licenciements sont prévus ».

Les trois-quarts de sa valeur perdus

Vendredi matin, le quotiden économique Business Day rappelait la terrible crise que traverse le secteur du platine. « Jeudi, le cours des actions d’Amplats ont chuté à leur plus bas niveau depuis huit ans, et se vendent désormais pour 286 rands (24 euros). Il y a cinq ans, elles valaient 1480 rands (123 euros). En plein âge d’or, la compagnie était estimée à 330 milliards de Rands (27 milliards d’euros). Aujourd’hui, elle ne vaut plus que 77 milliards (6,4 milliards d’euros). » Et lorsque le secteur minier est en crise, c’est toute l’Afrique du Sud, ce poids lourd dans l’extraction mondiale de platine et d’or, qui tremble. Le Business Day cite Edna Molewa, ministre des Eaux et de l’Environnement, qui a appelé tous les mineurs au calme : « Nous sommes inquiets que ces nouveaux troubles sociaux n’affectent pas seulement Marikana, pas seulement la ceinture de platine, mais le pays entier, d’un point de vue économique et sur les marchés. » Le cours du Rand ne cesse de s’effondrer.  La situation, dans la province du nord-ouest, est explosive. L’hebdomadaire de référence le Mail and Guardian consacre un long dossier en une sur les rivalités qui opposent les syndicats, responsables selon eux des troubles sociaux. « A Marikana : le NUM (National Union of Mineworkers) et Amcu (Association of Mineworkers and Construction Union) recrutent leurs adhérents, un pistolet sur la tempe », titrait l’hebdomadaire. Mawethu Steven, leader d’Amcu, nouveau syndicat majoritaire, a été abattu le week-end dernier, alors qu’il portait un T-shirt à l’effigie de son organisation.

Des anciennes terres confisquées

Bloomberg rapporte aussi que le massacre de Marikana a déclenché une vague de suicides chez les mineurs. Le 5 mai, l’un d’eux a été retrouvé pendu sur la colline où il avait manifesté l’année dernière et assisté à la tuerie de ses collègues par la police sud-africaine. Sept autres se sont données la mort depuis le mois de janvier. Selon Bloomberg, les mineurs croulent sous les dettes après ces longs mois de grève, et restent traumatisés par cette période douloureuse. David van Wyk, directeur de la Fondation Bench Marks, qui évalue la bonne gouvernance des compagnies minières, estime que « rien n’a été résolu. Tout peut exploser à nouveau. »  Enfin, le Business Day rappelle qu’ »une autre bombe à retardement menace l’industrie de platine » : « Plusieurs mines, en particuliers celle d’Amplats, sont situées sur des terres confisquées pendant la période coloniale et d’apartheid. Leurs anciens propriétaires réclament aujourd’hui des compensations. » Alors que l’Afrique du Sud célèbre cette année le triste centenaire du « Land Act », une loi votée en 1913 pour confisquer les terres à la population noire du pays, le Business Day note que toutes « ces frustrations pourraient précipiter l’industrie de platine dans une crise supplémentaire. » La crise économique mondiale frappe de plein fouet une Afrique du Sud en pleine transformation politique et sociale, vingt ans après la fin de l’apartheid.

http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/2013/05/19/annus-horribilis-dans-les-mines-de-platine

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20 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Grâce à la Brique, les rues de Rennes se féminisent (Les Inr)

Grâce à la Brique, les rues de Rennes se féminisent (Les Inr) dans Féminisme marion

A Rennes, moins de 10% des lieux publics portent des noms de femmes.

Depuis un mois, une campagne d’affichage sauvage dénonce ce constat. A la tête de l’initiative, un collectif : la Brique. “Trop peu de rues portent des noms de femmes.” Derrière ce slogan se cache le travail de fin de cursus de deux étudiantes en dernière année des Beaux Arts de Rennes. Mathilde, 23 ans, marinière, grandes lunettes et cheveux coupés au carré et Juliette, 24 ans, gilet mauve, foulard rouge et forêt de cheveux rassemblés dans un chignon. Le voilà, le duo créateur de la Brique. “Militantes comme le pavé”, avec l’envie de “construire” quelque chose de nouveau “comme avec des briques”, elles se sont lancées dans l’aventure en avril. “On a eu l’idée pendant l’été. De retour à Rennes, le projet était lancé.” L’ absence de chiffres précis sur leur ville les a incitées à réaliser un décompte manuel. “On a pris une carte de la ville et on a pointé tous les lieux avec des noms de femmes.” Timidement, elles avancent la proportion suivante : “94% des personnalités donnant leur nom aux rues sont des hommes, 6% des femmes”.

“Une fois la preuve sous les yeux, on a réalisé que Rennes se prêtait parfaitement à l’affichage sauvage.

Toutes deux étudiantes en graphisme, elles conçoivent des affiches noires et oranges. Elles tapissent les rues la nuit. “Notre premier essai fut un échec. Le papier n’était pas de bonne qualité. Mais une fois changé, on n’a plus eu de problèmes”, rigolent-elles. En une nuit, Juliette et Mathilde – armées de patience et de force – ont collé plus de 150 affiches dans les rues du centre historique. “On a voulu se concentrer sur le centre historique pour mieux sensibiliser les gens. Certaines affiches sont un peu dégradées, mais elles sont encore toutes là”, soulignent-elles fièrement. Accrochées au même niveau que les yeux des passants, les pancartes sont toutes accompagnées d’une petite biographie de “la personnalité féminine choisie”. Elles ont puisé dans l’histoire locale, repéré les parcours de femmes remarquables. “Elles ont vécu, pour la plupart, entre le XIXe et le XXe siècle.” Comme Odette du Puigaudeau, journaliste et ethnologue, Louise Bodin, femme politique, ou Clotilde Vautier, artiste peintre. Cependant, les deux étudiantes ne manquent pas de souligner les efforts de la ville de Rennes. En effet depuis 1995, le nombre de femmes représentées dans les rues a presque doublé, passant de 47 à 98. Une augmentation constatée notamment au nord ouest de Rennes, dans le nouveau quartier Beauregard. “La parité progresse”, affirment-elles, un soupçon d’ironie dans la voix.

Un phénomène répandu en France

“Rennes n’ est pas la seule ville française à avoir un problème de parité dans les rues. A Toulouse, 9% des rues seraient de sexe féminin”, explique Mathilde. Elle poursuit : “Dans une dizaine de villes de France, l’administration a l’obligation de mener une politique de féminisation de la rue.” Les premières plaques furent accrochées en 1728. Réservées d’abord aux bourgeois, écrivains et hommes de théâtre, elles donneront à partir de 1782 leurs noms aux rues autour de la Comédie Française. Sous l’Empire, les deux premières femmes, Blanche de Castille et Marie Stuart, trouvent leur place dans le paysage masculin parisien. Aujourd’hui, sur les 6 000 voies et places parisiennes, près de 200 portent des noms de femmes. La municipalité de la ville essaye de faire évoluer les choses. A l’occasion de la journée internationale de la femme, le 8 mars, douze femmes ont été célébrées : on a donné leur nom à des endroits de la ville. Le 12 mars dernier la Commission d’attribution des noms de lieux parisiens s’est prononcée en faveur d’une liste strictement paritaire. Cent personnalités sont concernées, dont Romy Schneider pour une rue dans le XVIIIe arrondissement, ou encore Anna Marly pour un jardin dans le XIVe. La Brique risque de ranger ses posters. Le projet de Juliette et Mathilde se termine d’ici fin mai. “On n’est pas sûres de continuer avec l’affichage”. Mystérieuses, elles ajoutent : “En tout cas, c’est le début de quelque chose. La parité homme femme commence dans la rue.”


16/05/2013 | 09h28 http://www.lesinrocks.com/2013/05/16/actualite/grace-a-la-brique-les-rues-de-rennes-se-feminise-11395021/

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20 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Manger des insectes pour résoudre la faim dans le monde ? (Esther Vivas)

Manger des insectes pour résoudre la faim dans le monde ? (Esther Vivas) dans Altermondialisme ecarts-entre-riches-pauvres-rigolons-peu_1_604722

L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, la FAO, a publié cette semaine un rapport qui fait grand bruit :

« Insectes comestibles. Perspectives d’avenir pour la sécurité alimentaire et l’alimentation » et où elle recommande la consommation d’insectes pour donner à manger à une population mondiale en croissance. Mais la lutte contre la faim dans le monde passe-t-elle par la consommation d’insectes ou en faisant en sorte que la nourriture existante soit accessible aux personnes ? J’opte résolument pour la seconde option. Je n’ai rien contre la consommation de « bêbêtes », une pratique qui, sous d’autres latitudes est courante. Selon la FAO, aujourd’hui dans le monde au moins deux milliards de personnes en consomment régulièrement : coléoptères, chenilles, abeilles, fourmis, sauterelles, et un long « etc. ». Un total de 1.900 espèces sont mangées dans des pays d’Afrique, d’Asie et aussi d’Amérique latine. Et, selon ce rapport, elles ont un haut contenu en protéines, matières grasses et minéraux. Dans nos pays par contre, l’idée même de porter à notre bouche ces insectes provoque notre dégoût.

Les discussions et les débats médiatiques de ces derniers jours qui ont tourné autour de la proposition de la FAO l’ont fait à partir d’une perspective clairement ethnocentrique sur ce que nous mangeons. Associant la consommation d’insectes à un comportement primitif, comme si nous avions la vérité absolue sur ce que l’ont peut manger ou non. On peut pourtant se demander ce que pensent les gens dans d’autres pays des escargots en sauce, le lapin rôti ou même de la paella de riz au lapin et aux escargots. Je crois que dans plus d’un pays européen on ne supporterait même pas de rester deux minutes à table en imaginant son lapin mascotte favori cuisiné comme un bifteck et entouré de mollusques baveux…

Mais au-delà de ces considérations culturelles, je crois que le problème de la faim doit être abordé à partir d’une autre perspective.

Il ne s’agit pas, comme si c’était une solution magique, d’opter pour l’ingestion d’insectes, indépendamment des vertus nutritives qu’ils peuvent apporter ; le nœud de la question est de nous demander comment il se fait que dans un monde où les aliments existent en abondance il y a autant de personnes qui n’ont rien à manger. Aujourd’hui, le problème de la faim ne réside pas dans la production mais bien dans la distribution. Il ne s’agit pas de produire plus, ou de chercher de nouvelles sources de comestibles, mais bien de distribuer la nourriture déjà existante et de la rendre accessible aux gens. D’après la FAO elle-même, on cultive aujourd’hui suffisamment de nourriture que pour alimenter 12 milliards de personnes alors que nous sommes 7 milliards sur Terre.

De la nourriture, il y en a.

Le problème c’est : aux mains de qui est-elle ? Les aliments sont devenus une source de profit pour une poignée de multinationales de l’agro-industrie qui donnent priorité à leurs intérêts privés face aux besoins alimentaires des personnes. Ceux qui n’ont pas les moyens nécessaires pour payer le prix chaque jour plus élevé de la nourriture ou qui n’ont pas accès aux moyens de production (la terre, l’eau, les semences…) ne mangent tout simplement pas. En finir avec la faim passe par l’exigence de justice et de démocratie dans les politiques agricoles et alimentaires. Et par le fait de rendre aux peuples leur sou- veraineté alimentaire, leur capacité de décider ce qu’on produit et comment on le produit, sur sa distribution et sa consommation. Accorder la priorité aux droits et non aux privilèges. Et opter pour un autre modèle d’agriculture et d’alimentation : de proximité, paysanne, agro-écologique, etc. Ce n’est qu’ainsi que tout le monde pourra manger.

VIVAS Esther 18 mai 2013

* Article publié dans « Publico.es », 18/05/2013. * Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera.

* http://esthervivas.com/francais/man…  info : http://esthervivas.com/francais/

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