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05 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Mobilisations : « Le Brésil a changé »

Mobilisations : « Le Brésil a changé » dans International 946533_522742627785681_667462255_n Si vous ne baissez pas les tarifs, on arrête la ville!

Les grandes manifestations de rue des deux dernières semaines au Brésil ont pris de court tout le monde. Il y avait pourtant une reprise significative des mobilisations. L’année 2012 a enregistré le plus grand nombre de grèves depuis 1996, et cette tendance s’est poursuivie en 2013. Outre les luttes de nombreux secteurs pour des salaires plus élevés et des conditions de travail meilleures, des mobilisations ont été croissante pour des revendications plus larges : la lutte contre la réaction homophobe et raciste (avec une grande visibilité de la lutte contre la désignation du député Marco Feliciano à la présidence de la Commission des droits de l’homme de la chambre des députés) ; la lutte des peuples indigènes pour la préservation de leurs terres, contre la construction de l’usine de Belo Monte, et pour le droit à la vie (les assassinats d’indigènes par de grands propriétaires terriens sont fréquents) ; la lutte de secteurs populaires pour le droit à un logement (et contre les expulsions, transferts et « rénovations urbaines » qui créent des ségrégations dans l’espace urbain) en prévision de la Coupe du monde de 2014 et des jeux Olympiques de 2016 ; des luttes en défense de l’environnement…

Cristallisation des colères
Cette reprise des mouvements était une réaction aux difficultés économiques – la stagnation qui tend à se poursuivre, la reprise (limitée, mais perceptible) de l’inflation – et au conservatisme économique du gouvernement : coupe dans les dépenses publiques et réduction des impôts sur le capital, privatisations (nommées « concessions » ou « partenariats avec le secteur privé ») d’aéroports, de ports, de chaussées routières, du pétrole, reprise de l’augmentation des taux d’intérêts, concessions successives aux pressions de l’agro-business. En somme, tout pour le capital ! De plus, le mécontentement a été croissant dans certains secteurs de la population, notamment dans la jeunesse, face au conservatisme social et politique du gouvernement et la criminalisation des mouvements sociaux.
C’est dans ce contexte que le mouvement contre les augmentations de tarifs des transports publics (qui, outre leur cherté, sont de mauvaise qualité), l’indignation contre la répression et celle contre les dépenses et la forme d’organisation de la Coupe des Confédérations, se sont cristallisés pour conduire à l’explosion des mobilisations. La tendance semble être aujourd’hui à la baisse des mobilisations, au moins pour les prochains jours. Mais elles ont déjà transformé le pays. Le Brésil a changé (comme la propagande gouvernementale du PT se plaisait à le dire, évidemment avec dans un sens bien différent…). Ceux qui gouvernent, du niveau fédéral jusqu’au municipal, sont sur la défensive. Ils ont été contraints de baisser les tarifs des transports publics et de reconnaître leur discrédit, surtout au sein de la jeunesse. Ils annoncent divers projets de changement, cherchant à faire de « bonnes choses » pour soigner leur image. Les sondages d’opinion révèlent une chute drastique du prestige du gouvernement fédéral (et ce devrait être pareil aux autres niveaux de gouvernance, même si c’est à un niveau moindre). Le peuple était mécontent, mais ils n’en avaient pas conscience. Maintenant, il ne se contentera plus de miettes et il sera beaucoup plus difficile de le tromper.

Construire une alternative socialiste Il y a maintenant un processus très riche de discussions politiques, de réunions de divers secteurs sociaux (jeunes, habitants des périphéries, mouvements pour le transport public, l’éducation, etc.), qui réunissent beaucoup plus de gens que par le passé, pour discuter de quoi faire et que revendiquer maintenant. Bien que les mobilisations tendent dans l’immédiat à se réduire, le peuple y a pris goût et a compris qu’elles peuvent mener à des victoires. C’est, à n’en pas douter, un changement dans le rapport de forces entre classes. Évidemment, reste encore à résoudre l’épineuse question de la reconstruction d’une gauche socialiste brésilienne, rendue nécessaire par l’adhésion du PT aux institutions du pouvoir bourgeois. Faute de quoi, il n’existera pas d’alternative à gauche à l’actuel pouvoir fédéral. Mais les nouvelles conditions sont les plus favorables qu’aient connues le pays depuis l’élection de Lula en 2002 pour progresser dans la construction de cette alternative.

De Sao Paulo, João Machado
(traduction du portugais par Luiza Toscane) Vendredi 5 juillet 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 202 (04/07/13)

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05 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

«C’est une seconde révolution» (Le Courrier.ch)

«C’est une seconde révolution» (Le Courrier.ch) dans International rebel

EGYPTE Les événements se sont encore accélérés, hier, avec l’installation d’un nouveau président. Témoignage du chef du mouvement Tamarod, qui a fait tomber le régime Morsi. En Egypte, Mahmoud Badr est un «batal», (héros en arabe). Le jeune journaliste de 28 ans est le chef du mouvement Tamarod (rébellion en arabe) qui a mobilisé une nouvelle fois la rue égyptienne et provoqué la chute du président Mohammed Morsi après une année de règne des Frères musulmans. Avec ses cinq copains, Mahmoud Badr a rédigé une pétition intitulée «Tamarod», qui énumère les échecs de Mohammed Morsi et qui exige une élection présidentielle anticipée. En quelques semaines, l’appel connaît un immense succès et 22 millions de signatures sont récoltées. Tamarod appelait à manifester dimanche dernier. En trois jours, le régime de l’islamiste Morsi vacille. L’armée finit par démettre le président issu des Frères musulmans et organise la transition. Entretien.

Vous êtes rentré dans l’histoire: votre mouvement a réussi à destituer un président élu. Pensiez-vous réussir ­votre coup si facilement?
Mahmoud Badr: C’est incroyable! Nous avons réussi à chasser du pouvoir Morsi et la confrérie des Frères musulmans. En une année de pouvoir, les «Ikhwan» (les Frères) nous ont tellement méprisés, ignorés et marginalisés que nous étions finalement des millions d’Egyptiens dans la rue à réclamer leur départ immédiat. Au final, nous sommes des millions à mettre fin au règne des Frères musulmans, qui ont volé notre révolution et qui ont divisé l’Egypte. La rue a gagné une première manche. Mais il ne faut pas baisser les bras. Le pire est à venir.
En fait, s’agit-il d’un coup d’Etat militaire ou d’une deuxième révolution?
Il n’y a aucune ambiguïté sur la situation que vit l’Egypte aujourd’hui. C’est une seconde révolution populaire. Ce n’est pas un coup d’Etat militaire. C’est un coup de la rue, qui après avoir chassé Moubarak, a mis fin au mandat de Morsi, un président incompétent qui a plongé le pays dans le chaos. Il a imposé une Constitution taillée sur mesure pour sa confrérie. Il a également mené une opération d’«ikhwanisation» des institutions de l’Etat. Il a aussi tenté de mettre la main sur l’appareil judiciaire et restreindre les libertés. Il y a eu quatre fois plus de plaintes contre des journalistes pour «insulte au président» lors des 200 premiers jours de Morsi que pendant les 30 ans de Moubarak. Il est normal que l’armée intervienne pour sauver l’Etat de droit, appuyer les revendications du peuple et repousser l’islamisation radicale du pays.
Qu’attendez-vous de la nouvelle période de transition?
Les Egyptiens veulent des élections présidentielles et législatives et une Constitution au service du peuple et non pas des intégristes qui fonctionnent comme une secte. L’armée a remis le pouvoir politique dans les mains du président du Conseil constitutionnel, Adly Mansour, un civil, jusqu’à la tenue d’une présidentielle anticipée. Il faudrait aussi que les partis politiques se parlent et ne cherchent plus l’appui des militaires ou de la police. L’armée n’a aucun rôle politique à jouer. Elle doit assurer l’unité et la sécurité du pays.
Quel rôle demain pour les Frères ­musulmans?
Il ne faut surtout pas les exclure de la vie politique. Moi, j’ai voté Morsi avant de me rendre compte qu’il a trahi et s’est coupé du peuple et de la révolution. Reste que les Frères musulmans sont l’unique parti politique organisé. Mais ils ont montré qu’ils ne respectent pas l’Etat, ni la diversité de la société. J’ai peur qu’ils n’optent pour la rébellion armée et enfoncent le pays dans la guerre civile. Pour le moment, les Frères occupent les rues et nous jettent des regards menaçants. Nous voulons une Egypte pour tous, non pas un régime d’exclusion comme a voulu l’imposer Morsi.
C’est un peu la chasse aux sorcières?
L’armée a arrêté le président Morsi et ses cadres de la confrérie après qu’ils ont appelé à la résistance. Plus de 35 chaînes de TV en main des Frères musulmans ont été fermées. Elles ont incité à la haine et à la violence. Depuis des mois, les médias des islamistes poussent les gens à punir les chrétiens égyptiens, accusés de comploter contre le pays. Reste que les risques de chasse aux sorcières sont énormes. Il faut absolument que la rue ne cible pas les femmes voilées ni les barbus. Tout barbu n’est pas un islamiste ni un Ikhwan.
C’est bizarre que la rue s’allie avec les militaires pour chasser un président élu alors que vous avez toujours ­dénoncé l’armée qui veut gouverner le pays…
J’ai été présent à la réunion qui a mis fin au régime de Morsi. J’ai dit au général Abdel Fattah al-Sissi que sa mission est de restaurer l’image et le pouvoir de l’armée. Elle doit rester neutre et garantir la stabilité du pays. On ne veut pas que les militaires fassent de la politique. Aujourd’hui, il faut sauver le pays de la faillite. Morsi laisse un peuple de pauvres et une économie en ruine. Le taux de chômage est à 25% et 35% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Les milliards des pays du Golfe, qui soutiennent les islamistes, ne sont jamais arrivés dans les mains du peuple.
Que pensez-vous d’Obama qui se dit inquiet pour l’Egypte?
L’Administration américaine et les pays occidentaux ont soutenu pendant 40 ans la dictature de Moubarak et pendant un an les dérives autoritaires des Frères musulmans. Et aujourd’hui, Obama veut nous donner des leçons de démocratie lui qui a parié jusqu’à la dernière minute sur Morsi, lâché même par le plus ignorant des Egyptiens. Il faut que les pays occidentaux revoient leur manière archaïque d’analyser le monde arabe. Ça devient gênant.

VENDREDI 05 JUILLET 2013 Sid Ahmed Hammouche
Plus d’infos sur Révolution arabe: http://revolutionarabe.over-blog.com/

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04 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Brésil : « les mobilisations ont continué de s’étendre dans tout le pays, avec des objectifs qui se sont élargis »

Brésil : « les mobilisations ont continué de s’étendre dans tout le pays, avec des objectifs qui se sont élargis » dans International psolrally

Entretien. João Machado est dirigeant du PSOL (le parti du socialisme et de la liberté). Avec lui, nous prenons la mesure de là où en est la formidable mobilisation du peuple brésilien et discutons de ses conséquences politiques.
Où en-est-on de la mobilisation ? Dans la semaine du 24 au 30 juin, les mobilisations ont continué de s’étendre dans tout le pays, avec des objectifs qui se sont élargis. Il y a eu probablement plus de manifestations que la semaine précédente. Mais en même temps, elles n’étaient pas aussi massives. Les plus grandes ont eu lieu dans les villes où se sont joués les matchs de la Coupe des Confédérations de football. Il y a des différences significatives dans leur composition : le nombre des jeunes des couches moyennes a diminué tandis que la participation de jeunes prolétaires, aux revenus les plus bas, s’est maintenue, voire a augmenté. Le thème du prix des transports publics a perdu de son importance (sur ce point il y a eu des victoires conséquentes), les manifestations contre la Coupe ont eu lieu au centre, les revendications sociales se sont imposées (revendications relatives à la santé, l’éducation, le logement). Les manifestations contre la répression policière ont continué et il y a aussi des expressions pures de révolte sociale. La présence de secteurs de la droite et de l’extrême droite s’est réduite. Il semblerait que la tendance soit pour les prochains jours à une diminution du nombre de manifestations et de manifestantEs.

Quelles sont les réponses aux propositions de Dilma Roussef ? Dilma Rousseff a prononcé deux discours, un le 21 juin et l’autre le 24, avec des propositions un peu différentes, qui ont encore changé par la suite. Elle en est arrivée à parler d’une Assemblée constituante le 24, puis la proposition a été abandonnée, s’en tenant à la proposition d’un référendum sur des thèmes précis. Il est possible d’identifier deux tendances. Dans le « registre » social (éducation, santé, logement), les différents secteurs des mouvements sociaux présentent leurs revendications propres, sans tenir grand compte de ce que dit Dilma Rousseff. Pour ce qui est du registre de la « réforme politique », les secteurs les plus à droite (dont ceux qui sont au gouvernement) ont cherché à mettre en avant le référendum sur une réforme qui serait votée par le congrès lui-même. Plus à gauche, tant au sein du gouvernement qu’à sa gauche, la tendance est à amplifier la portée du référendum.

Quelles réactions dans le PT au pouvoir, suite à ces manifestations et à la répression ? Au début, les différents secteurs du PT ont cherché à disqualifier les manifestations, et leurs membres au gouvernement ont défendu la répression. À partir du 13 juin, quand les manifestations se sont étendues, des secteurs du PT ont critiqué les « excès » de la répression, et ont tenté de participer aux mani- festations. Mais ayant dû essuyer de l’hostilité, ils ont dénoncé le caractère prétendument droitier des manifestations, et ont même parlé d’une tentative de putsch contre Dilma Rousseff. D’autres secteurs se sont mieux positionnés : ils ont dit que les manifestations révélaient les problèmes et les limites des gouvernements. La semaine dernière, une position curieuse a gagné en force au sein des secteurs les plus à gauche du PT, ou liés à ces derniers, comme le MST : ils ont commencé à dire que pour défendre le gouvernement, il fallait le pousser sur la gauche. Il semblerait que refasse surface une position des premières années du gouvernement Lula, qui consiste à dire que le gouvernement est encore « en débat », que son orientation n’est pas tranchée… La CUT, ainsi que d’autres centrales syndicales et des mouvements sociaux (liés à l’instar du MST au PT dans leur majorité) ont appelé le 11 juillet à une « journée nationale de lutte et de blocage », avec un programme très en pointe, qui inclut la réduction de la semaine de travail à quarante heures, une réforme agraire (thème totalement absent au sein du gouvernement), la dénonciation du génocide de la jeunesse noire et des peuples indigènes. Il n’est pas dit que ces organisations et mouvements vont réellement s’emparer de cette mobilisation. Peut-être veulent-ils juste donner satisfaction à leur base sociale.

Le comportement du PSOL dans ces mobilisations ? Le PSOL y a participé et les a impulsées depuis le début, de même qu’il a été allié, dans les années passées, à d’autres mouvements similaires. Il participe activement aux comités populaires de la Coupe. Certes, il a pâti du sentiment de rejet des partis très présent dans les manifestations mais, de façon générale, moins que d’autres partis. Il n’y a pas de doute qu’il sortira renforcé de ce processus.

Peut-on évaluer l’impact politique des mobilisations ? A la fin de la semaine, des sondages sur le soutien au gouvernement et aux intentions de vote pour les candidats à la présidence pour les élections de 2014, effectués par Datafolha, un des principaux instituts de sondage d’opinion du pays, ont été rendus publics. Les résultats sont catastrophiques pour le gouvernement : les appréciations positives pour le gouvernement, qui tournaient toujours autour de 65% dans les premiers mois de l’année, et qui étaient tombées à 57 % début juin avant les mobilisations, ont dégringolé à 30%. Les intentions de vote pour Dilma Rousseff pour les élections présidentielles ont dégringolé de 51% début juin à 30%. Il n’y a pas eu de sondage sur le rôle des gouverneurs ou des préfets, mais on peut présumer que leur perte de popularité serait aussi substantielle.

Propos recueillis par Alain Krivine (traduction du portugais par Luiza Toscane) Mercredi 3 juillet 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 202 (04/07/13)

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04 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Egypte : la rue en veut à Obama (CI)

Egypte : la rue en veut à Obama (CI) dans International 130630_egypt_protester_obama_ap_605

En faisant le choix de soutenir sans critique les Frères musulmans depuis leur arrivée au pouvoir, le président américain s’est aliéné la fraction de la population égyptienne hostile au président Morsi, observe la presse américaine.
Interdiction de quitter l’Egypte : d’après des sources sécuritaires égyptiennes, le président Morsi et de hauts responsables des Frères musulmans ne peuvent plus sortir du territoire à compter de ce mercredi 3 juillet. Un conseiller de Mohamed Morsi avait auparavant déclaré qu’un coup d’Etat était en cours, d’après l’agence Reuters.  Alors que Morsi est (peut-être) en train perdre le pouvoir, la presse américaine s’interroge sur la politique de la Maison Blanche en Egypte depuis l’arrivée des Frères musulmans à la tête de l’Etat. Le Washington Post souligne le discrédit qui frappe les Etats-Unis, dans un pays qui a longtemps été le plus proche allié de Washington dans le monde arabe. « Une des rares certitudes dans la situation tumultueuse que connaît l’Egypte cette semaine est que le prestige et l’influence des Etats-Unis sont en berne. Les manifestants anti-gouvernement sur la place Tahrir portaient des pancartes et chantaient des slogans dénonçant l’ambassadeur américain », observe le quotidien.Si Barack Obama n’est pas entièrement responsable de cette mauvaise image, pour le Washington Post, son gouvernement a favorisé l’anti-américanisme en ne réagissant pas aux coups de force du gouvernement Morsi. La Maison Blanche n’a jamais utilisé l’aide américaine pour pousser les Frères musulmans à changer de politique, estime également le site The Daily Beast. C’est aussi la perception des manifestants égyptiens. L’ambassadrice Anne Patterson a aggravé le problème lorsqu’elle a déclaré douter que « les manifestations dans la rue puissent produire de meilleurs résultats que des élections », tout en passant sous silence les mesures quasi-autoritaires du gouvernement.Enfin, en encourageant lundi 1er juillet le président Morsi à « répondre » aux demandes de l’opposition, sans condamner explicitement un hypothétique coup d’Etat militaire, Barack Obama a prêté le flanc à l’accusation de donner un blanc-seing à l’armée, note The Washington Post. Moins sévère, le New York Times estime que la Maison-Blanche n’a de toute façon pas beaucoup d’influence sur les événements actuels en Egypte.

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04 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

C’est assurément un coup d’Etat militaire qui est en cours, mais un coup d’Etat dans la révolution (JC)

C'est assurément un coup d'Etat militaire qui est en cours, mais un coup d'Etat dans la révolution (JC) dans International 981888-mideast-egypt

Le but de ce coup d’Etat, en renversant Morsi, n’est pas d’affronter la révolution, la briser mais plutôt la contenir, la freiner, l’empêcher d’aller jusqu’au bout de ce qu’elle porte.

L’armée avait déjà fait la même chose  en février 2011 lorsqu’elle avait lâché Moubarak au moment où il y avait eu des appels à la grève générale et que tout montrait qu’ils commençaient à être suivis. En lâchant l’accessoire, Moubarak, l’armée préservait l’essentiel, la propriété des possédants. Elle recommence aujourd’hui la même chose. La contestation permanente ne cesse pas en Egypte depuis plus de deux ans, qui s’amplifie depuis décembre 2012 et qui est quasi non stop depuis cette date, avec une extension considérable des conflits sociaux puisque des records historiques mondiaux de grèves et de protestations sociales marquent l’Egypte depuis le début de l’année. Or ces mouvement sociaux ont trouvé une cristallisation politique extraordinaire au travers la campagne Tamarod qui arrivait non seulement à obtenir 22 millions de signatures contre Morsi mais mobiliser des millions et des millions d’égyptiens dans les rues pour exiger la chute de Morsi. Il n’était pas difficile de comprendre que si la rue faisait tomber Morsi, c’était la porte ouverte à un déferlement de revendications sociales et économiques qui  allaient s’attaquer aux riches, aux possédants,  à la propriété et donc aussi à l’armée puisque c’est le plus grand des propriétaires en Egypte, aussi bien dans le domaine industriel qu’agri- cole ou commercial. Il lui fallait éviter cela. Évidemment elle aurait pu s’en prendre directement au mouvement social et faire front avec les Frères Musulmans et accessoirement le FSN contre la révolution en marche.
Le problème pour elle c’est qu’elle ne le pouvait pas. 
Elle avait déjà tenté un coup d’Etat contre la révolution en juin 2012, fait quelques pas dans ce sens mais avait finalement reculé, devant la mobilisation populaire, qu’elle avait  d’autant plus craint à l’époque, qu’après et malgré deux ans de répression féroce ( plus de 11 000 condamnations de militants par des tribunaux militaires, des tortures, une répression féroce) le mouvement social était plus vivant que jamais, n’avait pas peur alors et  surtout que ses propres soldats paraissaient moins sûrs que jamais.

Il y avait eu des révoltes à la base de l’armée et de la police, on avait vu des officiers manifester avec les révolutionnaires. La direction de l’armée avait alors craint que son appareil militaire ne se dissolve dans cette épreuve. C’est pour ça qu’ils avaient finalement confié le pouvoir aux Frères Musulmans qui paraissaient les seuls à avoir un appareil ( 2 millions d’adhérents) et une idéologie influente, la religion, pour endiguer cette révolution qui ne cessait pas.
Or là, en juin 2013, elle se trouvait dans une situation encore pire.
Les Frères Musulmans ont perdu toute leur influence, le poison religieux ne marche plus ou moins,  et le mouvement révolutionnaire était bien plus fort qu’en janvier 2011, infiniment plus nombreux dans les manifestations, sur un fond de luttes sociales bien plus importantes qu’en janvier 2011 et beaucoup plus expérimenté avec de nombreux militants qu’il n’avait pas en 2011.  S’opposer au mouvement aurait voulu dire perdre probablement l’armée qui se serait disloquée, seul rempart entre la révolution et la propriété. Car le FSN ne pèse d’aucun poids réel même s’il a fait preuve de bonne volonté contre la révolution plusieurs fois.
L’armée a donc préféré ne pas affronter la révolution, mais tenté d’en détourner le cours, momentanément.
Bien sûr, on peut se demander pourquoi le mouvement révolutionnaire a accepté cette collaboration momentanée de l’armée à leur cause alors qu’ils sont très nombreux à savoir qu’on ne peut pas faire confiance à l’armée pour l’avoir connue, à travers ses prisons, ses tortures et ses mille violences ?

Tout simplement parce que si le mouvement est très fort, leur conscience l’est un peu moins, même si elle grandit. Non pas qu’ils ne sachent pas quel peut-être le danger d’un coup d’Etat militaire à ce moment, mais parce qu’ils ne savent tout simplement pas bien encore ce qu’ils veulent et quoi faire, quels objectifs avoir. Il est significatif que ce soient des démocrates, révolutionnaires certes, mais démocrates surtout, qui ne jurent donc que par les bulletins de vote et la démocratie représentative, qui se soient trouvés à la tête de ce mouvement avec le seul objectif d’organiser de nouvelles élections présidentielles mais qui ne veulent en aucun cas se faire les représentants des revendications sociales des plus pauvres, même pas de leur antilibéralisme et encore moins de leur anticapitalisme. La faiblesse du mouvement était donc ses chefs ou plus exactement, sa conscience,  ce qu’il a en tête qui fait qu’il ait accepté d’avoir de tels chefs.
Dans cette situation, on verra donc l’armée tenter de reprendre des positions, grignoter à nouveau les libertés, réprimer, comme elle l’avait fait après la chute de Moubarak, mais elle aura beaucoup plus de mal pour le faire qu’il y a deux ans, parce que le mouvement est infiniment plus fort et plus expérimenté, et averti de ce qu’est l’armée. Et que cette dernière n’aura plus à ses côtés son ami/rival qu’est la confrérie des Frères Musulmans pour tromper les gens.

Enfin la situation sociale est lamentable, l’économie à deux doigts de s’effondrer et c’est pour cela que la majeure partie des gens étaient dans la rue.

Or l’armée n’a pas de réponse et est en plus un grand propriétaire ultra riche, bref la cible de beaucoup des luttes sociales. Et ce n’est pas le FSN s’il est admis au gouvernement qui pourra tromper longtemps les pauvres, n’ayant jamais eu une grande autorité auprès de la population et surtout des plus pauvres.
L’avenir est à la révolution. Et pas qu’en Egypte comme on le voit avec la Turquie, le Brésil… Or c’est peut-être de la convergence de ces mouvements, de leurs encouragements réciproques, qu’ils pourront s’enrichir de ce qu’il y a de meilleur dans chacun d’eux , pour finalement avoir une conscience claire de ce qu’ils veulent, des objectifs qui font de la prochaine révolution, une révolution clairement sociale et pas seulemnet démocratique.
Il y a un nombre considérable de gens place Tahrir et Ittahidiya, mais aussi devant le palais Qubba et devant le siège de la garde présidentielle. Et ça arrive toujours d eplus en plus. Y aura-t-il plus de monde que les jours précédents ? C’est bien possible.
L’armée bloque les accès aux places où sont concentrés les Frères Musulmans

Jacques Castaing

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04 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Morsi est tombé (JC)

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Egypte, 3 juillet, 21H00

Déclaration de l’armée par la bouche du général Sissi en présence du Sheikh d’Al Ahzar, du pape des coptes, de El Baradei du FSN et quelques autres:

Morsi est tombé remplacé par un gouvernement technocratique mis en place par la haute Cour Constitutionnelle, sous l’autorité de l’armée,  jusqu’à ce qu’un gouvernement de coalition nationale soit constitué,  la constitution islamiste est suspendue, tenue d’élections présidentielles anticipées, mesures pour intégrer les mouvements de jeunesse à l’autorité, commission pour réviser la constitution. Ensuite parlent le sheikh d’Al Ahzar et le pape des coptes qui confirment et parlent d’unité du peuple, etc.
Immense, immense, immense explosion de joie, partout, les gens chantent, crient, parlent, s’embrassent,  dans la rue, les cafés, le métro, les bus, hurlements de joie, concerts de klaxons, applaudissements, youyous , feux d’artifice, tout le monde descend  dans la rue. Immense fierté. Les gens crient »Tenez la tête haute, nous sommes égyptiens« , « le peuple a fait tomber le régime« . Des gens commencent à dire « libérez les prisonniers« , la révolution continue…
L’armée a informé Morsi à 17 h 00 qu’il n’était plus président
Le guide suprême des Frère Musulmans a été stoppé à la frontière lybienne alors qu’il essayait de passer. Misr 25, la TV des Frères Musulmans n’émet plus. On entend des coups de feu vers Rabaa où sont les Frères Musulmans. Les Frères Musulmans dans les rues sont consternés et affolés, mais la plus grande terreur doit être en Tunisie, Lybie, Arabie Saoudite, Qatar, etc, etc
La révolution ne fait que commencer

Jacques Castaing

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03 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

En 2000 déjà le réseau « Echelon » de la NSA espionnait le monde

En 2000 déjà le réseau

Tout le monde s’indigne de la découverte d’un immense réseau d’espionnage américain dirigé par la NSA et capable d’espionner politiquement et économiquement le monde entier. Et pourtant cette découverte est ancienne. Le parlement européen avait même du créer en 2001 une « commission temporaire » pour enquêter sur ce réseau baptisé « Echelon ». Notre camarade Alain Krivine, alors député européen, faisait partie de la vingtaine de députés envoyés notamment aux USA pour mener « l’enquête » et de la petite minorité qui refusa de voter le rapport. Nous publions ici une interview de ce dernier pour RFI datant de mai 2001.

Le réseau Echelon et le «cynisme» américain

Une délégation des membres de la commission temporaire du Parlement européen chargée de faire la lumière sur le réseau d’écoutes électroniques Echelon s’est rendue du 8 au 11 mai dernier aux Etats-Unis pour y rencontrer différentes autorités. Entretien avec l’un de ses parlementaires-enquêteurs l’eurodéputé Alain Krivine, leader de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR).

RFI: Que s’est-il passé lors de votre mission à Washington ?
Alain Krivine:
La commission qui a été élue il y a un an, doit rendre un rapport en juin. Une délégation des coordinateurs de cette commission, un représentant par parti politique, soit une douzaine d’eurodéputés s’est rendue à Washington pour y rencontrer les trois plus importantes institutions dans l’enquête sur le réseau Echelon, c’est-à-dire la CIA (l’Agence américaine de renseignements), la NSA (l’Agence Nationale de Sécurité) et l’Advocate Center, un organisme lié au ministère de l’Economie et de l’Industrie dont les réunions ont lieu en présence de la CIA. La délégation a essuyé un refus. On a appris par courrier que ces rencontres ne pourraient avoir lieu. Ce refus est déjà une réponse politique. La délégation a donc décidé par mesure de rétorsion de rentrer un jour plus tôt. Nicole Fontaine, la présidente du Parlement européen a publié un communiqué de protestation sur l’attitude des autorités américaines par rapport à la commission. Il y a eu un «mini incident diplomatique» entre la commission et le Parlement d’un côté et les autorités américaines de l’autre. Lors de ce voyage, nous avons tout de même eu des discussions avec des personnalités officielles et des ONG qui travaillent sur le problème des écoutes parmi lesquelles des représentants de l’American civil liberties union (Aclu) et de l’Electronic privacy information center (Epic). Mais parmi les personnes que nous avons rencontrées, les interlocuteurs les plus intéressants ont été l’ancien directeur de la CIA, Jim Woolsey et la commission du renseignement de la Chambre des représentants qui est chargée de contrôler la totalité des services d’espionnage américains en liaison directe avec le président Bush.

RFI: Quelles sont les informations que vous avez pu tirer de ces différents entretiens ?
Alain Krivine :
Il en ressort un énorme cynisme. Leur réponse: les Etats-Unis ont une constitution qui respecte les droits de l’homme, donc il n’y a pas d’écoutes illégales. Les Etats-Unis ne font pas d’espionnage industriel sauf exception. Les Etats-Unis ne font pas d’espionnage des citoyens américains, car la Constitution l’interdit. Quant aux citoyens non-américains, les Etats-Unis ne font pas d’espionnage si ce n’est pour des raisons exceptionnelles comme le terrorisme. L’ancien chef de la CIA nous a dit également qu’il a pris connaissance du système Echelon par le livre du journaliste Duncan Campbell et par la presse européenne. C’est un peu grossier venant de la CIA. Quant à la commission du renseignement, quand on leur a demandé si Echelon existe. Ils ont répondu: no comment. En gros, cela n’a servi à rien. Cela ne fait que confirmer qu’il y a quelque chose qui existe. L’ancien chef de la CIA a reconnu qu’il y avait un espionnage en Europe dans trois domaines. Premier domaine où ils reconnaissent qu’ils font de l’espionnage industriel en Europe c’est pour vérifier s’il n’y a pas de commerce avec les pays qui sont sous embargo comme l’Irak, Cuba, etc. Deuxième domaine: les pays européens qui signent des traités commerciaux à coup de pots de vins. Dernier domaine où il reconnaît que les Etats-Unis font des écoutes industrielles des sociétés qui peuvent vendre du matériel militaire qui irait contre la stratégie américaine. Cela fait beaucoup. De leur côté, les ONG confirment qu’il y a un système d’espionnage, avec des relais dans le monde entier, notamment en Europe par le biais de la Grande-Bretagne. Par rapport à ce que l’on savait déjà, il n’y a rien de nouveau si ce n’est cette attitude insolente, hautaine et silencieuse des autorités américaines. Mais ce n’est pas étonnant.

RFI: Comment allez-vous poursuivre votre enquête ?
Alain Krivine:
La Commission s’est réunie mercredi 15 mai à Strasbourg pour faire le point. Le rapporteur de la commission, le social-démocrate allemand Gerhard Schmid nous a donné un pré-rapport de 100 pages qui compte servir de base pour son rapport qu’il publiera fin mai-début juin. Il veut notre avis. On se revoit à Bruxelles dans 15 jours. En juin la commission doit voter un rapport ou un contre-rapport, car il peut y avoir des avis contraires. Tout cela va passer vraisemblablement en septembre devant le Parlement. Le rapport dira qu’Echelon existe. Tout le monde en est convaincu. Après là où il peut y avoir des divergences c’est sur l’étendue, sur la signification politique et surtout sur les moyens de lutter contre. Mardi 2 juillet 2013 http://www.npa2009.org/node/37981

 

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01 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Egypte. Les manifestants envoient un carton rouge à Morsi (LT+OF)

Egypte. Les manifestants envoient un carton rouge à Morsi (LT+OF) dans International image

La BBC a confirmé ce que disait CNN, 33 millions de manifestants le 30 juin en Egypte, déclarant que c’est la plus grande manifestation de l’histoire de l’humanité: il y aurait donc eu 3 fois plus de manifestants que d’habitants en Tunisie, presqu’autant que d’espagnols… Le chiffre de 33 millions est contesté ( Reuters dit 14 millions). (Selon nos sources, Blog)

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Criant « Dégage ! » et brandissant des cartons rouges, des milliers d’Egyptiens ont hué, ce dimanche, Mohamed Morsi sur la place Tahrir, site emblématique qui a retrouvé l’ambiance et les mots d’ordre de la révolution de 2011 contre Hosni Moubarak.

empty dans Jeunes« Le peuple veut la chute du régime », a lancé la foule, reprenant le slogan-phare déjà crié sur ce haut lieu de manifestation politique au Caire par les opposants à l’ancien président. Ce dimanche, hommes, femmes et enfants ont agité une multitude de cartons rouges en scandant « Morsi, dégage », au son des sifflets et des vuvuzelas.

« Une deuxième révolution »« C’est une deuxième révolution et elle va partir d’ici, car Tahrir en est le symbole », a affirmé Ibrahim Hammouda, un charpentier venu de Damiette, sur la côté méditerranéenne, pour se joindre aux manifestants dans la capitale. En 2011, la foule était descendue dans la rue en portant des portraits des dignitaires du régime Moubarak barrés d’une croix rouge. Ce dimanche, les manifestants ont brandi des photos des dirigeants des Frères musulmans, le mouvement dont est issu Mohamed Morsi, eux aussi barrés de rouge. Mohamed Morsi avait été élu en juin 2012, à l’occasion de la première présidentielle libre de l’histoire du pays. Mais, aujourd’hui, ses détracteurs l’accusent de gouverner au seul profit du camp islamiste et de renier les idéaux démocratiques de la révolution sans laquelle il ne serait sans doute jamais arrivé au pouvoir.
« Morsi m’a trahi »
« Je suis ici, parce que Morsi, pour qui j’ai voté, m’a trahi et n’a pas tenu ses promesses. L’Egypte sera, une nouvelle fois, libérée à partir de la place Tahrir », a déclaré Mohamed Samir, venu de la ville de Mansourah, dans le delta du Nil. Les manifestants se sont regroupés sur la place Tahrir plusieurs heures avant des marches programmées en fin d’après-midi, au départ de différents endroits du Caire, pour converger vers le palais présidentiel situé dans le quartier d’Héliopolis, où l’essentiel des rassemblements est prévu.
« Nous protégeons la révolution de ceux qui la menacent »

A l’heure actuelle, des haut-parleurs diffusent à pleins décibels des chants patriotiques et, aux abords de la place, un service d’ordre porte des gilets fluorescents sur lesquels on peut lire : « Accès interdit aux Frères musulmans ». « Nous protégeons la révolution de ceux qui la menacent », a assuré un manifestant. « Les Frères ne continuent pas la révolution, ils veulent monopoliser l’Etat », a ajouté Mohammed Abdel Wahab, un cadre en marketing venu à Tahrir avec sa famille . N. A. avec AFP30 juin 2013 à 16h36

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/france-monde/monde/egypte-les-manifestants-envoient-un-carton-rouge-a-morsi-30-06-2013-2155385.php

Deux morts en Egypte lors de manifestation monstre

Politique dimanche 30 juin 2013

Deux personnes ont été tuées dimanche dans des heurts entre partisans et adversaires du président islamiste égyptien Mohamed Morsi, en marge de manifestations monstre à travers tout le pays à l’appel de l’opposition pour réclamer son départ. L’armée estime à «plusieurs millions» le nombre de manifestants anti-Morsi descendus dans la rue, un an jour pour jour après son investiture, a déclaré une source militaire.

«ll s’agit de la plus grande manifestation dans l’histoire de l’Egypte», a ajouté cette source sous couvert de l’anonymat. Une personne a été tuée à Beni Suef et une autre dans la province d’Assiout, au sud du Caire, au cours d’affrontements qui ont aussi fait des dizaines de blessés aux abords de locaux des Frères musulmans, selon les services de sécurité Au Caire, le QG de la confrérie islamiste, dont est issu Mohamed Morsi, a été attaqué dans la soirée avec des cocktails Molotov et des tirs de chevrotine. Sur la place Tahrir, site emblématique de la révolte contre M. Hosni Moubarak début 2011 puis de nombreux autres rassemblements politiques, la foule a afflué en brandissant des cartons rouges à l’adresse du président. Sur la place Tahrir dans le centre du Caire, site emblématique de la révolte qui fit chuter le régime de Hosni Moubarak en février 2011, la foule a afflué en scandant « le peuple veut la chute du régime ». De nombreux manifestants brandissaient des cartons rouge portant l’inscription « dégage » à l’adresse du président, issu du mouvement des Frères musulmans. « C’est une deuxième révolution, et Tahrir en est le symbole », affirmait Ibrahim Hammouda, un charpentier de Damiette (nord) venu participer aux rassemblements dans la capitale.

Le canal de Suez protégé Des manifestations anti-Morsi ont également lieu à Alexandrie (nord), deuxième ville du pays, à Menouf et Mahallah, dans le delta du Nil, ainsi qu’à Port-Saïd et Suez, sur le canal du même nom, ou encore dans la ville natale de M. Morsi, Zagazig, au nord-est du Caire. Redoutant de graves troubles dans cette épreuve de force, l’armée et la police se sont déployées à travers le pays pour renforcer la protection des installations vitales, notamment du canal de Suez. Alors que des heurts entre pro et anti-Morsi ont fait huit morts cette semaine dont un Américain, les militaires se sont dit garants de la stabilité du pays si le climat de crise dégénérait.

Manifestation en soirée Le gros des manifestations est attendu en fin d’après-midi et en soirée, avec plusieurs défilés anti-Morsi qui doivent converger vers le palais présidentiel à Héliopolis. Non loin delà, dans le quartier de Nasr City, des militants islamistes campent depuis vendredi pour défendre la « légitimité » du premier chef de l’Etat égyptien à avoir été librement élu. Le Parti de la liberté et de la justice, émanation des Frères musulmans, a lui aussi mobilisé ses partisans pour soutenir M. Morsi, premier président civil et islamiste du pays.

Consignes de prudence Plusieurs pays, dont la France et la Grande-Bretagne, ont diffusé des consignes de prudence à leurs ressortissants, leur recommandant d’éviter les rassemblements ou de limiter leurs déplacements. La crainte d’une aggravation de la crise provoque en outre depuis plusieurs jours une ruée des automobilistes sur les stations service, et pousse de nombreux Egyptiens à faire des provisions. Dimanche, premier jour de travail de la semaine, de nombreuses entreprises et bureaux étaient fermés par mesure de sécurité.

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Deux-morts-en-Egypte-lors-de-manifestation-monstre_55257-2207805_actu.Htm

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29 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Turquie : la résistance « debout »

Turquie : la résistance « debout » dans Europe turkey-protest-photos-occupy-istanbul-taksim-gezi-17

Depuis le début des événements, pour pouvoir mettre fin à cette explosion de masse inattendue, le Premier ministre Erdogan a eu recours à une stratégie reposant sur une véritable violence d’État.

Tout d’abord il y a la répression brutale, avec des interventions policières d’une violence inouïe causant la mort de trois résistants (dont un avec une balle dans la tête). Parmi les 8 000 blesséEs, plus d’une dizaine ont perdu un œil. La violence policière a atteint son sommet lors de l’intervention qui a eu lieu en fin de semaine dernière, afin d’évacuer totalement le parc Gezi : usage démesuré de gaz lacrymogène à l’intérieur du parc où se trouvaient aussi beaucoup de familles avec enfants, de même que dans les halls d’hôtel où se réfugièrent les manifestantEs et dans les infirmeries de la résistance ; mise en garde à vue des médecins soignant les résistantEs blesséEs ; présence de véhicules anti-émeute militaires ; ajouts de produits chimiques dans les canons à eau, causant un sentiment de brûlure sur toute la peau… Un véritable état d’urgence non déclaré.

Le spectre du complot et du coup d’État… Cette répression est accompagnée par une criminalisation du mouvement. La rhétorique selon laquelle le mouvement de contestation serait le produit d’un complot international afin de renverser le gouvernement, dirigé par des organisations terroristes et commandité par un présumé « lobby d’intérêts (financiers) » est diffusée à chaque occasion par les responsables du gouvernement et les médias conservateurs. Cette criminalisation a pour conséquence l’arrestation de nombreux militantEs d’organisations révolutionnaires et de supporters du club de foot Besiktas (véritables « héros » de la résistance ayant, entre autres, réussi à mettre la main sur un bulldozer pour pouvoir contrer l’assaut des véhicules anti-émeute).
Le dernier point, le plus dangereux, de la stratégie d’Erdogan repose sur une tentative délibérée de polarisation entre la base électorale conservatrice de l’AKP et les manifestants présentés comme ennemis de la religion, qui auraient par exemple pris de l’alcool dans une mosquée ou uriné sur une femme voilée après l’avoir frappée… Ainsi, à la théorie du complot s’articule un discours plus traditionnel : face à la véritable « nation » (conservatrice-religieuse), les élites républicaines-kémalistes (représentées par le Parti républicain du peuple – CHP – soutenant le mouvement) se mobiliseraient pour provoquer un coup d’État militaire, et cela alors que l’armée est bel et bien sous le contrôle de l’AKP… Ceci a déjà des conséquences : des militants de l’AKP armés de bâtons et couteaux commencent à défiler dans les rues pour s’attaquer aux manifestantEs ou empêcher par la force des réunions publiques, organisées selon eux par des Grecs et Arméniens !

Nouvelle phase de la mobilisation Suite à l’évacuation violente du parc et de la place de Taksim, l’appel des confédérations syndicales de gauche à la grève et à un rassemblement pour marcher sur Taksim s’est soldé par un échec, avec une faible participation. Mais cet échec a laissé place à un nouveau type de protestation individuelle consistant à rester debout et immobile sur la place de Taksim. Initié au début par une seule personne face à l’interdiction des rassemblements de masse sur Taksim, cette nouvelle forme de contestation s’est rapidement propagée et des milliers d’hommes et femmes restent debout pendant plusieurs heures sur les places publiques afin de protester contre le gouvernement.
Depuis que l’accès au parc Gezi a été interdit, les résistantEs se retrouvent désormais tous les soirs dans les parcs de quartier pour débattre de diverses questions : bilan de l’occupation de Taksim, problèmes écologiques locaux, solidarité avec les résistantEs emprisonnéEs, nécessité ou non d’une organisation politique pour le mouvement, importance de nouer des rapports avec la base de l’AKP… De ces forums locaux forgés par l’indignation et l’espoir peuvent émerger de nouvelles formes d’organisation. La gauche révolutionnaire ne manquera pas ce rendez-vous.

D’Istanbul, Uraz Aydin Jeudi 27 juin 2013

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29 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Bal d’hypocrites pour Mandela : quand l’Occident soutenait Pretoria (Rue 89)

Bal d’hypocrites pour Mandela : quand l’Occident soutenait Pretoria (Rue 89) dans International fidel+nelson

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L’avalanche d’hommages déjà prêts à Nelson Mandela est certes méritée par la personnalité, le sacrifice, et la vie du grand leader sud-africain.

Mais elle pourrait laisser croire que tout le monde l’a toujours adoré, et qu’il n’aurait donc été victime que d’une poignée d’extrémistes blancs isolés au bout de l’Afrique. La réalité est bien différente. Pour l’essentiel de sa vie politique, Nelson Mandela a été considéré comme un homme dangereux par le monde occidental, y compris par certains des signataires des communiqués enflammés prêts dans toutes les capitales. La polémique autour de l’attitude de Jean-Marie Le Pen, provoquée par la réécriture de l’histoire par sa fille sur France Inter, pourrait là aussi laisser penser qu’il était seul dans ce cas. Il n’était que le plus franc, y compris quand le qualificatif de « terroriste » n’était plus de mise pour le futur prix Nobel de la paix…

Du coté de l’apartheid

L’histoire est pourtant cruelle. L’ensemble du monde occidental a été du côté du pouvoir blanc sud-africain pendant plusieurs décennies, jusqu’à ce que le soulèvement de la jeunesse noire, à Soweto en juin 1976, ne finisse par lézarder ce consensus, qui ne prendra véritablement fin qu’à la fin de la guerre froide, en 1989.

La condamnation morale de l’apartheid, et même l’exclusion de l’Afrique du Sud du Commonwealth après le massacre de Sharpeville en 1960, prélude à l’emprisonnement de Nelson Mandela en 1962, aura finalement pesé moins lourd que les considérations géopolitiques. Pas surprenant, mais peut-être faut-il quand même le rappeler, au lieu de s’abriter derrière un consensus très récent. Dans les années 60 et 70, l’Afrique du Sud était considérée par les stratèges de l’Otan comme un pion essentiel à la fois pour le contrôle de la route maritime du Cap empruntée par les supertankers de l’époque, et comme source de certains minerais vitaux pour l’industrie de défense. L’appartenance à l’Otan du Portugal de la dictature Salazar, engagée dès les années 60 dans des guerres interminables dans ses colonies d’Angola et du Mozambique, renforçait cette appartenance officieuse du pouvoir minoritaire blanc de Pretoria au « front anticommuniste ». A Silvermine, dans la péninsule du Cap, l’armée sud-africaine avait installé dans un bunker une station d’écoute et de surveillance des mers du sud, dont les informations étaient transmises aux services de renseignement occidentaux. Les informations allaient dans les deux sens, et c’est sur un tuyau de la CIA que Nelson Mandela aurait été arrêté une première fois.

Complicités françaises La France a elle aussi collaboré étroitement avec le régime de l’apartheid. Elle a vendu à l’Afrique du Sud sa première centrale nucléaire dans les années 70, au risque de contribuer à la prolifération militaire à laquelle Pretoria a officiellement mis un terme à la fin de la domination blanche.

En 1976, alors que j’étais correspondant de l’AFP à Johannesburg, l’ambassade de France n’ayant aucun contact à Soweto et craignant de déplaire au gouvernement de Pretoria, me demandait si j’acceptais d’organiser un dîner chez moi pour qu’un émissaire du Quai d’Orsay puisse rencontrer le docteur Ntatho Motlana, représentant personnel de Winnie Mandela, l’épouse du leader emprisonné. Le Congrès national africain (ANC) dont les principaux dirigeants croupissaient en prison à Robben Island, était bien isolé… Dans les années 70, lorsque des délégations du mouvement de libération, conduites par son responsable international, le futur président Thabo Mbeki, passait par Paris, il habitait dans la chambre de bonnes d’un ami marocain, et était royalement ignoré par le gouvernement.

Chirac et la « troisième voie »

Plus tard, au début des années 80, lorsque la situation à l’intérieur de l’Afrique du Sud est devenue quasi insurrectionnelle, la droite française a participé au stratagème de Pretoria de favoriser une « troisième voie » en la personne du chef zoulou Gatsha Buthelezi, un Noir « présentable ». Alors que ses miliciens s’en prenaient aux partisans de l’ANC à coups de machettes, Buthelezi était officiellement reçu par Ronald Reagan et Margaret Thatcher, et, en France, par Jacques Chirac alors maire de Paris (les photos sont exposées dans le salon de Buthelezi au Kwazulu-Natal). Au même moment, Laurent Fabius, alors Premier ministre, imposait les premières vraies sanctions françaises et retirait l’ambassadeur de France à Pretoria. Il faudra la révolte des Noirs d’Afrique du Sud, la chute du mur de Berlin et un puissant mouvement d’opinion dans le monde entier, pour que les dirigeants occidentaux changent d’attitude, et poussent le régime de l’apartheid à libérer Mandela et à négocier. Le consensus d’aujourd’hui autour de Nelson Mandela ne doit pas faire oublier les errements criminels d’hier qui ont contribué à le laisser plus d’un quart de siècle en prison, et à prolonger la durée de vie du système inique de l’apartheid. Il est plus facile de faire croire qu’on a toujours été du côté du « bien » contre le « mal » que de s’interroger sur les raisonnements fallacieux qui ont poussé la « patrie des droits de l’homme » et les autres défenseurs de la démocratie à rester aussi longtemps complices d’un système basé sur un déni d’humanité. La disparition d’un géant de l’histoire devrait pourtant être le moment de regarder objectivement le passé. Pierre Haski | Cofondateur

http://www.rue89.com/2013/06/27/bal-dhypocrites-mandela-quand-loccident-soutenait-pretoria-243746

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