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20 mai 2019 ~ 0 Commentaire

alabama (le huffington post)

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20 mai 2019 ~ 0 Commentaire

européennes (bastamag ci jdd)

europe

Rond point de Troyalac’h, Quimper

Gauches, écologistes, néolibéraux, droites extrêmes :

Quelle force politique dominera l’Europe de demain ?

Et si on prenait un peu de hauteur avec les débats et sondages franco-français sur les élections européennes ? Les intentions de vote exprimées dans chaque pays de l’Union européenne commencent à dessiner les contours du Parlement européen de demain.

Et des rapports de forces à l’œuvre parmi les près de 400 millions d’électrices et d’électeurs, entre celles et ceux qui aspirent à davantage de politiques sociales, environnementales, à plus d’égalité fiscale, et, au contraire, à ceux qui privilégient le business à tout prix ou – parfois les mêmes – qui préfèrent montrer du doigt les migrants. État des lieux en attendant l’expression concrète des citoyens à l’issue du scrutin, qui se déroule le 26 mai en France.

Ils seront 751 députés à siéger au Parlement européen, puis 705 quand les Britanniques auront quitté l’Union. Les nouvelles alliances qui se formeront suite au scrutin du 26 mai auront des conséquences sur les politiques européennes, économiques, sociales, écologiques ou vis-à-vis des migrants.

Quel rapport de force surgira de ses élections ? D’après les derniers sondages réalisés dans chacun des États membres, les deux forces politiques traditionnelles – les conservateurs du Parti populaire européen (PPE, dont LR en France) et les sociaux-démocrates (avec ce qui restera du PS français) – devraient demeurer prédominants même s’ils perdront entre 30 et 50 députés chacun, selon les estimations du site d’analyse politique Europe Elects.

Les députés français en voie de disparition chez les sociaux-démocrates européens

Les projections attribuent environ 180 sièges aux conservateurs et 150 aux sociaux-démocrates. Les élus français rattachés à ces deux familles politiques y perdront cependant de leur influence. La France est pourtant la deuxième pourvoyeuse d’eurodéputés, dont le nombre pour chaque pays dépend du poids démographique : 96 sièges sont ainsi attribués à l’Allemagne, 74 à la France, 73 à l’Italie et au Royaume-Uni, 54 à l’Espagne, etc. Mais la droite classique, et la gauche social-démocrate encore davantage, se sont effondrées électoralement en France.

Au sein du PPE, les élus LR, qui ne réunissent que 12 % des intentions de vote, pèseront donc bien moins que leurs homologues allemands, deux fois plus nombreux, ou polonais, et autant que les Hongrois du parti de Viktor Orban – si ces derniers ne rejoignent pas un groupe d’extrê-me droite. La Hongrie ne possède que 21 sièges, mais le Fidesz, le parti ultraconservateur, est crédité de plus de la moitié des suffrages.

Au sein du groupe social-démocrate, la deuxième force politique en Europe, les députés PS-Place publique feront, au mieux, de la figuration.

Si la liste emmenée par Raphaël Glucksmann atteint le seuil fatidique des 5 %, elle pourra prétendre à une poignée de sièges. Les socialistes français y seront donc soit inexistants, soit très affaiblis face au Labour britannique (quatre fois plus nombreux, selon les derniers sondages), aux socialistes allemands ou espagnols qui devraient chacun compter au moins trois fois plus de sièges que leurs camarades français. Une fois le Brexit finalisé, le groupe social-démocrate se réduira encore davantage avec le départ d’une vingtaine d’élus britanniques.

Ils pourraient aussi perdre l’appui de la quinzaine d’élus du Parti démocrate italien, désormais tenté par une alliance avec le groupe libéral et de centre-droit dont feront partie les élus LREM.

La gauche radicale inexistante en Europe de l’Est, légère progression des écologistes

Selon ces projections, la gauche radicale européenne et les écologistes tiennent bon, et pourraient même gagner quelques sièges.

La Gauche Unie ( PCF, FI blog) devrait faire élire une cinquantaine de députés, grâce à Podemos en Espagne, Die Linke en Allemagne et la liste France insoumise emmenée par Manon Aubry en France – chacune de ses listes étant créditées de plus ou moins 10 %. Grâce aussi aux probables bons scores de Syriza, du Premier ministre Alexis Tsipras en Grèce (créditée de 25 %), du « Bloc de gauche » portugais (17%) ou du Sinn Féin irlandais (18%).

La gauche radicale a cependant été totalement balayée en Italie et reste quasi inexistante en Europe de l’Est. Sauf surprise, le Parti Communiste français ne sera plus représenté au parlement : selon les sondages actuels, la liste de Ian Brossat demeure en-deça de la barre des 5 % nécessaires pour obtenir des sièges – comme celle de Benoît Hamon (Générations).

Les écologistes devraient compter sur plus d’une cinquantaine de députés.

Les Verts allemands y seront probablement prédominants (19 %, 18 sièges), devant les écologistes français d’EELV crédités d’une petite dizaine de sièges, suivi par l’ « Ecolos » belge autour de 15 % dans les sondages. Dans les pays baltes, les mouvements écologistes pourraient également réaliser de très bons scores (entre 20 % et 25%), mais ces petits pays envoient peu de députés au Parlement européen. (Extrait voir lien)

Ivan du Roy 20 mai 2019

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20 mai 2019 ~ 0 Commentaire

soudan (à l’encontre)

soudan

En quoi le Soudan est différent?

Gilbert Achacar: Au Soudan, le régime de Bachir a en fait combiné les deux pôles contre-révolutionnaires. Il a gouverné par l’armée tout comme les dictatures en Egypte ou en Algérie, mais en étroite collaboration avec les fondamentalistes islamiques. Ces derniers faisaient également partie du régime. C’est pourquoi j’ai parlé de Bachir comme d’une combinaison de Morsi et de Sissi; je l’ai appelé «Morsisi».

Le fait que les fondamentalistes islamiques fassent partie du régime les a empêchés de jouer un rôle dans le soulèvement; le peuple se soulevait en fait contre eux. Ils n’étaient donc pas en mesure de détourner le soulèvement comme ils l’ont fait en Egypte, en Tunisie, en Libye, au Yémen et en Syrie. Cette différence est très importante. Elle a façonné la révolte elle-même qui a dû défier les pôles fusionnés de la contre-révolution.

Cela a contribué à faire de la manifestation soudanaise la plus progressiste de tous les soulèvements que nous ayons vus dans la région jusqu’ici.

C’est la plus avancée en termes d’organisation et de politique. La coalition des groupes qui la dirigent se nomme: Forces de la Déclaration de la Liberté et du Changement (FDLC). Elle comprend à l’origine des associations professionnelles et ouvrières clandestines, des partis politiques de gauche comme le Parti Communiste, des mouvements musulmans libéraux, des mouvements armés luttant contre l’oppression ethnique, ainsi que des groupes féministes.

Ces forces progressistes ont façonné la politique de la révolte.

En particulier, les femmes et les organisations féministes, qui ont joué un rôle de premier plan, ont fait pression pour que les revendications féministes soient incluses dans le programme des FDLC. Ce programme stipule maintenant, par exemple, que le nouveau conseil législatif doit être composé à 40% de femmes.

Mais nous ne devons pas sous-estimer les défis auxquels les FDLC s’affrontent. La coalition est placée sous la contrainte d’une lutte acharnée contre les militaires, qui veulent maintenir le pouvoir entre leurs mains et n’accorder que des fonctions subordonnées aux civils. Les FDLC exigent au contraire que le pouvoir souverain soit entièrement entre les mains d’une majorité civile et que les forces armées soient limitées au rôle de défense apolitique qu’elles devraient normalement jouer dans un Etat civil.

Ainsi, les révolutionnaires soudanais font face aux militaires, qui sont soutenus par toutes les forces régionales et internationales de la contre-révolution. Le Qatar, le royaume saoudien, les Emirats arabes unis, la Russie et les Etats-Unis soutiennent tous les militaires dans cette lutte acharnée. Ajoutez à cela les fondamentalistes islamiques qui soutiennent naturellement l’armée.

Dans cette situation, la principale force du mouvement a été sa capacité à conquérir la base des forces armées et certains officiers subalternes. Jusqu’à présent, cela a dissuadé les militaires de tenter de noyer la révolution dans le sang. Bachir voulait que l’armée écrase le soulèvement, mais ses généraux ont refusé, non pas parce qu’ils sont démocrates ou humanistes, bien sûr, mais parce qu’ils n’étaient pas convaincus que les troupes suivraient leurs ordres.

Le commandement militaire savait qu’une partie des soldats et des officiers subalternes sympa-thisaient avec le soulèvement au point de même utiliser leurs armes pour défendre les manifes-tants contre les attaques des voyous du régime et de la police politique. La sympathie des trou-pes pour le mouvement populaire a été déterminante pour amener les généraux à se débar-rasser de Bachir.

La chose la plus importante à présent est que le mouvement consolide son soutien parmi les officiers de base et les officiers subalternes des forces armées. Le succès ou l’échec de cet effort déterminera tout le sort de la révolution.

Pourquoi les forces progressistes soudanaises ont-elles réussi à faire une percée aussi importante par rapport au reste de la région?

GA: La composition politique des FDLC n’est pas très différente de celle des forces progressis-tes partout dans la région. Mais ailleurs, ces forces progressistes ont été discréditées en prenant parti pour l’un des deux pôles contre-révolutionnaires. Là où les fondamentalistes islamiques étaient dans l’opposition, ils ont réussi à prendre le train en marche et à détourner le mouvement grâce aux moyens de loin supérieurs dont ils disposaient en termes d’organisation, de fonds et de médias.

Prenons l’exemple de l’Egypte. C’est là que les Frères musulmans ont détourné la révolte populaire. Ils répandent des illusions sur l’armée en 2011. Au moment du renversement de Moubarak et par la suite, les Frères travaillaient main dans la main avec les militaires. Cela a grandement aidé les militaires à désamorcer le mouvement populaire.

Parce que les deux pôles contre-révolutionnaires ont été combinés au Soudan, un espace s’est ouvert pour que les forces progressistes puissent percer par leurs propres moyens.

Ce n’est pas entièrement le cas en Algérie. Alors que les forces fondamentalistes islamiques ne jouent aucun rôle visible dans le soulèvement, elles conservent un réseau puissant et peuvent donc jouer un rôle contre-révolutionnaire si l’occasion se présente. De plus, contrairement au Soudan, il n’y a pas de leadership reconnu du soulèvement en Algérie, ce qui rend le mouvement vulnérable aux manipulations politiques.

Aujourd’hui, Trump semble vouloir réaffirmer la puissance américaine en soutenant des alliés comme Israël et l’Arabie saoudite, ainsi qu’en déployant des navires et des bombardiers dans le golfe Persique contre l’Iran. Que fait Trump?

GA: Eh bien, comme pour tout ce qui concerne Trump, sa politique est très grossière (fruste). Ce terme «grossier» (brut) convient particulièrement bien dans ce cas-ci parce que toute sa stratégie, si on peut l’appeler ainsi, est déterminée par le pétrole brut.

Il retire donc ses troupes de Syrie parce qu’il n’est pas intéressé à soutenir les guérillas kurdes de gauche et parce que le pays a peu de pétrole. Mais il n’a pas appelé au retrait des troupes américaines d’Irak. En fait, lorsque Trump a visité la base américaine dans ce pays, il a exprimé sa détermination à y rester. L’alibi était le besoin supposé de surveiller l’Iran, mais ce n’est en réalité qu’un prétexte puisque les Etats-Unis ont déjà de nombreuses bases dans tout le Golfe ainsi qu’une technologie sophistiquée pour surveiller l’Iran.

Mais, d’une manière typiquement peu diplomatique, Trump avait admis la vraie raison pour laquelle il veut des troupes américaines en Irak: le pétrole. Il a en fait déclaré que le pétrole était le prix que les Etats-Unis auraient dû obtenir comme récompense pour leur invasion et leur occupation de ce pays. Il a dit carrément: «Nous aurions dû prendre le pétrole irakien.» Il est donc extrêmement «grossier» (brut) dans ce double sens.

C’est pourquoi il soutient le royaume saoudien et les autres Etats clients de Washington parmi les monarchies pétrolières du Golfe. Il les traite comme des chiens et ils sont d’accord. Même lorsque Trump les insulte ouvertement, ils n’ont pas osé protester. Ce ne sont que des vassaux des Etats-Unis qui dépendent de leur seigneur pour leur protection.

La même «approche» pétrolière est à l’origine du brusque changement de cap de Trump sur la Libye. Il a changé radicalement la politique américaine qui consistait à soutenir le gouvernement soutenu par l’ONU à Tripoli, en appuyant soudainement Haftar de manière ouverte ( Et Macron? blog). Pourquoi? Parce que Haftar contrôle maintenant les champs de pétrole en Libye.

C’est la logique de ce que fait Trump, un impérialisme très «brut», déterminé par des intérêts économiques avant tout, sans aucune prétention idéologique sur la démocratie ou les droits de l’homme. A cet égard, comme il le dit ouvertement, il envie les dirigeants autoritaires.

De même, sa position agressive contre l’Iran n’est pas seulement pour plaire à son ami d’extrême droite, Netanyahou d’Israël, ni n’obéit à aucune fin démocratique, bien sûr, pas plus que sa position agressive contre le Venezuela. L’accent mis par Trump sur ces deux pays ne peut être dissocié de leurs principales réserves de pétrole. Quoi que l’on pense des régimes des deux pays, il est crucial de contrer les menaces et les gesticulations de l’administration Trump – surtout dans le cas de l’Iran, où le risque de guerre est assez élevé.

AS: C’est clair comme de l’eau de roche. Mais que devrait faire la gauche internationale à l’égard du Soudan?

GA: Le besoin le plus urgent est la solidarité avec le soulèvement, qui est dangereusement isolé en ce moment. Il est confronté à un seul camp contre-révolutionnaire soutenu par toutes les puissances impériales et régionales. Dans une telle situation, la solidarité internationale est extrêmement importante.

Tout geste de solidarité significatif encouragera et donnera du courage au mouvement souda-nais. La clé aux Etats-Unis est de dénoncer le soutien de Trump à l’armée soudanaise, en compagnie des monarchies pétrolières. Il serait important de contraindre les démocrates, même si ce n’est que pour des raisons électorales, à mettre en question cette politique. C’est urgent, car cela pourrait grandement aider les FDLC à prendre l’avantage dans leur lutte acharnée contre l’armée pour la transition démocratique dans le pays.

L’expérience de l’Egypte et de la Tunisie leur a appris que plus les élections ont lieu tôt, plus il est probable que ceux qui ont le plus d’organisation, de ressources et de soutien international gagneront. Dans ces pays, c’étaient les fondamentalistes islamiques. Au Soudan, il s’agirait probablement de forces politiques issues de l’ancien régime, dont les Frères musulmans et les salafistes. Ils disposent de moyens matériels bien supérieurs à ceux des FDLC.

Il est donc très important que les forces politiques de gauche aux Etats-Unis se rallient pour soutenir le soulèvement soudanais et appuyer les exigences de ses dirigeants. Cela fait partie intégrante de la reconstruction d’une tradition de solidarité de la gauche internationaliste avec le mouvement mondial des exploité·e·s et des opprimé·e·s.

Entretien publié le 18 mai 2019 sur le site Jacobin; traduction A l’Encontre

Gilbert Achcar est professeur au SOAS (Université de Londres) et auteur de nombreux ouvrages dont Symptômes morbides: La rechute du soulèvement arabe, Actes Sud, 2017.

Ashley Smith collabore à de nombreuses publications de gauche aux Etats-Unis.

http://alencontre.org/moyenorient/

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19 mai 2019 ~ 0 Commentaire

soudan (amnesty)

soud

Omar el Béchir doit être traduit en justice pour ses crimes récents et passés

Faisant suite à l’annonce du procureur général du Soudan indiquant qu’il va inculper l’ancien président Omar el Béchir des récents homicides de manifestants, Seif Magango, directeur adjoint du programme Afrique de l’Est, Corne de l’Afrique et région des Grands Lacs d’Amnesty International, a déclaré :

Omar el Béchir doit être traduit en justice à la fois pour ses crimes récents et pour les crimes de droit international qu’il a vraisemblablement commis quand il était au pouvoir.

« Cette mesure promet d’être un premier pas pour amener Omar el Béchir à rendre des comptes pour ses crimes odieux, mais les autorités soudanaises doivent le remettre à la Cour pénale internationale pour qu’il réponde des accusations de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et de génocide. Omar el Béchir doit être traduit en justice à la fois pour ses crimes récents et pour les crimes de droit international qu’il a vraisemblablement commis quand il était au pouvoir.

« Cette annonce a d’autant plus de sens après une nouvelle nuit de violences sanglantes au Soudan, durant laquelle au moins quatre personnes ont été tuées et environ 90 ont été blessées par balle. Le procureur doit en outre diligenter des enquêtes et des poursuites contre toutes les autres personnes présumées responsables de l’usage persistant d’une force meurtrière excessive à l’encontre de manifestants pacifiques.

« Il ne faut pas oublier que le Conseil militaire de transition du Soudan porte également la responsabilité de ne pas avoir protégé les manifestants. Il doit amener tout membre des forces de sécurité ayant tiré à balles réelles sur les manifestants qui campaient devant le quartier général de l’armée et ailleurs dans le pays à rendre des comptes. »

Complément d’information

Le 13 mai vers midi, des membres des forces de sécurité en uniforme ont été filmés en train de fouetter des manifestants. La vidéo a été largement relayée sur les réseaux sociaux. La répres-sion a dégénéré aux alentours de 18 heures, lorsque des tirs à balles réelles ont fait au moins quatre morts, dont un militaire, et plus de 90 blessés, selon le Comité central des médecins soudanais. Les médecins ont indiqué avoir aussi soigné 40 personnes blessées par les coups de fouet ou intoxiquées par des gaz lacrymogènes.

14 mai 2019

https://www.amnesty.org/

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16 mai 2019 ~ 0 Commentaire

l’inter en breton (trésor du breton)

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1896 L’internationale en breton

Kan Etrebroadel ar vicherourien

Sur des paroles du communard Eugène Pottier, l’Internationale fut mis en musique par Pierre Degeyter en 1888 et adopté par la 2ème internationale socialiste en 1992. Charles Rolland, barde républicain de Guerlesquin, après avoir traduit la Marseillaise en breton, s’attaqua aussi à l’Internationale qu’il publia en 1896 :
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War zao ! Tud daonet deus an douar !
Kent mervel gant an naon, war zao
Ar skiant a gomz hag a lavar
Reiñ an diwezañ taol-chao !
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Littéralement : « Debout les Damnés de la terre ! Avant de mourir de faim, debout !
La science parle et dit de donner un dernier coup de boutoir. »Charles Rolland habitait une maison peinte en rouge sur la place de Guerleskin et se targuait d’être un sosialist dispac’her (socialiste révolutionnaire) et disranner breizat (dissident breton). Ce texte a été chanté sur France Inter en 2013 par Marthe Vassalo.La deuxième version a été écrite par Jean Delalande (Kerlann) en 1937. Second président d’Ar Falz (la faucille), mouvement des instituteurs socialistes partisans du breton et ami de Marcel Cachin, directeur de l’Humanité, il publie une traduction de l’Internationale dans le journal des émigrés bretons de Paris War Zao (Debout) :

Deomp d’an emgann diwezañ
Holl war zao ! ha warc’hoaz
E kerzo unanet
Ar pobloù skoaz ouz skoaz.

Littéralement : C’est la dernière bataille, tous debout ! et demain, les peuples marcheront ensemble , épaules contre épaules.

Cette version est célèbre par un film de propagande montrant des Bigoudenn à une fête du PCF à Pont L’Abbé en 1938. La bande sonore off nous fait entendre la chorale « Labour ha Kan » (travail et chant) des Bretons émancipés de Paris ; Ils chantent l’Internationale version Kerlann.

La dernière version connue est signée Marcel Hamon, député PCF des Côtes du Nord à la libération :

An traou koz a c’hall monet pell
Mevelien kaez, war sav, war zao !
Sklepomp aneze a-benn boell
Skuizh ez omp o vezañ esklav.

Littéralement : « Les vieilles choses peuvent durer longtemps, Pauvres domestiques, debout ! debout ! Jetons les sciemment, Nous sommes fatigués d’être esclaves ».

Cette version fut chantée par la chorale Amzer Nevez (Le temps nouveau) devant 10 000 personnes à la fête de la libération de Quimper le 5 août 1945.

02/04/2017

http://www.tresor-breton.bzh/

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16 mai 2019 ~ 0 Commentaire

congrès cgt (lo npa al rp )

cgt

Congrès CGT : proposer ou lutter ?

Ouvert lundi 13 mai, le 52e congrès de la CGT devait se tenir toute la semaine, réunissant près d’un millier de délégués.

La presse a beaucoup glosé sur l’affaiblissement de la CGT, qui aurait perdu 40 000 adhérents en trois ans et serait passée derrière la CFDT lors des élections professionnelles.

Mais, alors que le capitalisme en crise généralise la misère et la précarité, les militants ouvriers ne peuvent baser leur perspective sur des succès électoraux et des calculs d’appareil. Ils doivent viser à renverser le rapport de force avec le patronat et le gouvernement. Et, malgré son recul, la CGT reste, et de très loin, le principal syndicat en termes d’influence et de nombre de militants capables de jouer un rôle décisif lors de luttes ouvrières.

C’est pourtant cette nécessité que Philippe Martinez, son secrétaire général, a esquivée, mêlant tout au long de son discours des références aussi bien à la lutte qu’à la négociation. « La contestation ne peut se conjuguer qu’avec propositions », a-t-il répété dans son discours d’ouverture du congrès.

Le vocabulaire a un sens.

Alors, à qui sont destinées ces propositions ? Pas aux travailleurs, car on parle alors de revendications, mais évidemment à ceux qui ont le pouvoir : aux patrons et aux gouvernants. Mais la bourgeoisie se moque bien des propositions et autres plans industriels des syndicalistes.

Dans le même registre, dans une interview au Monde précédant l’ouverture du congrès, Martinez affirmait : « Aujourd’hui, comme hier, le rôle d’un syndicat est de négocier à tous les niveaux où cela est possible. Et quand la négociation bloque, il faut créer un rapport de force, dans les entreprises ou dans la rue. Cela a toujours été comme ça.

Ce qui change aujourd’hui, c’est que le gouvernement considère que la négociation interprofessionnelle ne sert plus à rien, et renvoie tout dans les entreprises. Il n’y a aucune raison de changer de ligne. “On ne lâche rien !” sera mon mot d’ordre à ce congrès. »

On le voit, même en en étant privé au niveau national, Martinez veut encore maintenir la fiction de la négociation comme moyen de défense des travailleurs.

Mais la parenthèse d’après-guerre est largement révolue, où le patronat pouvait concéder aux syndicats le fameux grain à moudre, les profits issus de la production étant alors en expansion. Le marasme de l’économie a rendu les profits de la classe capitaliste incompatibles avec l’amé-lioration ou même le simple maintien du niveau de vie des travailleurs. La devise des capitalistes est maintenant : On ne lâche rien et on reprend tout ce qu’on peut.

Face à cette guerre sociale, menée avec la complicité des gouvernements de droite et de gauche depuis quarante ans, la lutte n’est pas une option. Il faut au contraire être persuadé que seule une mobilisation déterminée de l’ensemble du monde du travail peut changer le rapport de force et offrir une issue.

Martinez a pu objecter lors de son discours : « On peut crier haut et fort “grève générale”, mais posons-nous d’abord et surtout la question de l’absence, dans les actions professionnelles ou interprofessionnelles, d’une partie importante de nos syndiqués. »

Évidemment, un tel mouvement ne peut se déclencher sur un claquement de doigts. Les défaites successives pèsent lourd dans la conscience des travailleurs, comme pèsent aussi les trahisons des directions politiques et syndicales du mouvement ouvrier.

Mais le rôle des militants est d’affirmer la nécessité de la lutte de classe et de s’y préparer. Car la brutalité des attaques des capitalistes ne laissera pas d’autre choix et provoquera tôt ou tard la radicalisation des masses populaires. Le mouvement des gilets jaunes en donne un avant-goût.

La classe ouvrière devra se placer à la tête de ces révoltes, leur donner le contenu d’une contestation de la domination du capital sur la société. C’était la perspective des militants qui ont fondé et animé la CGT avant 1914. Elle est d’autant plus valable aujourd’hui.

Christian BERNAC 15 Mai 2019
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Lire aussi:

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Benjamin Amar, le prof du 9-4 qui monte à la CGT (JDD)

Revers pour Philippe Martinez, au troisième jour du congrès de la CGT (Le Monde)

En direct du congrès CGT : l’ombre des gilets jaunes plane sur les débats (AL)

En direct du congrès CGT : Philippe Martinez ne veut froisser personne( AL)

Un Congrès de la CGT qui s’ouvre en pleine crise des Gilets Jaune (RP)

Intervention de Marie (SFA) au 52e congrès de la CGT (TC)

Commentaire du lien ci-dessus:

On comprend que la présence de Berger (CFDT) à la tête de la CES à laquelle la CGT est affiliée ainsi qu’à la CSI dérange. Mais de là aller à la FSM que Le Monde qualifie « d’internationale communiste » sans guillemets? Elle regroupe certains « syndicats officiels » , des nostalgiques des pays « socialistes » et des syndicats du « tiers monde ».

CES

CSI

FSM

Syndicalisme international : Un panorama pour y voir clair (AL)

 

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15 mai 2019 ~ 0 Commentaire

turquie (npa)

turkeywomenpic

Turquie : « Les femmes sont plus fortes ensemble »

Alors que de nombreuses mesures progressistes ont été adoptées grâce aux luttes féministes en Turquie, il est particulièrement difficile pour les femmes turques de voir que les pas en avant vers l’égalité femmes-hommes sont remis en question, un par un, par les cercles pro-gouvernementaux, par les médias et par le gouvernement lui-même.

440 féminicides en 2018

L’attaque de la police, à coups de gaz au poivre, contre la 17e édition du rassemblement nocturne d’Istanbul à l’occasion de la journée internationale pour les droits des femmes du 8 mars, a montré que le gouvernement entend adopter une attitude encore plus dure – si cela est possible – vis-à-vis des revendications des femmes et des questions d’égalité.

Cette année, la police turque a tout simplement déclaré illégal ce rassemblement pacifique, et bloqué tous les accès à l’avenue İstiklal, lieu de nombreuses manifestations et rassemblements de tout type depuis bien longtemps, soumis à un contrôle de plus en plus strict au cours des dernières années.

L’une des questions les plus importantes de l’agenda féministe en Turquie est la question des violences sexistes.

L’année dernière, ce sont pas moins de 440 femmes qui ont été tuées par des hommes, selon les chiffres de la plateforme « Nous stopperons les féminicides ». Plus de 60 % de ces meurtres ont été commis par des maris, des ex-maris, des frères ou des pères.

D’après un rapport présenté par Sezgin Tanrıkulu, député du parti d’opposition CHP, ce sont 15 034 femmes qui auraient été assassinées depuis l’accession au pouvoir d’Erdogan et de son parti AKP en 2002, année où 66 féminicides avaient été comptabilisés.

Mais au lieu de prendre des mesures pour lutter contre les violences sexistes, le gouvernement AKP préfère établir des commissions destinées à lutter contre le divorce, forcer les femmes à rester dans les foyers où elles sont victimes de torture quotidiennement, qualifier les féministes de briseuses de foyers et s’appuyer sur ses alliances avec les médias conservateurs pour attaquer les instruments légaux, nationaux et internationaux, les plus vitaux pour les femmes : loi nationale pour la prévention des violences, droit à la pension alimentaire pour les femmes, droits sexuels, convention d’Istanbul (1), CEDAW(2), etc.

Violences au foyer et au travail

Alors que la Turquie a été secouée par des affaires de maltraitance sur des enfants et de viols au cours des dernières années, le gouvernement a proposé un projet de loi dont l’objectif est de baisser l’âge légal pour les relations sexuelles dans le cadre d’un mariage.

Si ce projet devait être adopté, cela pourrait conduire au pardon de milliers d’hommes actuellement en prison pour des violences sexuelles et à leur libération, et les tribunaux pourraient retarder les peines ou différer les verdicts pour des hommes ayant illégalement épousé des filles trop jeunes.

On le voit, les raisons sont multiples pour que les femmes en Turquie soient en colère. En janvier dernier, une plateforme de 157 organisations féministes et LGBTIQ ont signé une déclaration pointant le fait qu’une telle amnistie serait un encouragement pour les auteurs de violences sexuelles et les mariages illégaux avec des enfants, et qu’elle découragerait définitivement les survivantes d’engager des ­poursuites judiciaires.

La place et la participation des femmes au travail est une autre question essentielle en Turquie, un pays dans lequel un ancien ministre des Finances de l’AKP avait déclaré que les taux de chômage « avaient l’air » élevés car les femmes aussi cherchaient des emplois…

Pas besoin, dans de telles circonstances, de faire de grandes démonstrations pour comprendre quelle est l’approche dominante quant aux questions d’égalité en Turquie. Avec moins de 35 % de femmes dans la force de travail, la Turquie se classe au 131e rang (sur 144) du Rapport mondial sur l’écart entre les sexes (édition 2017).

On peut le dire sans hésiter : en Turquie, le travail gratuit des femmes est invisible, et le travail salarié est plus précaire. En outre, les questions de discriminations au travail, de critères patriarcaux dans les embauches et d’inégalités de salaire sont loin d’être résolues.

Les femmes ne renoncent pas

Il convient en outre de souligner que l’espace dans lequel peuvent se développer les organi-sations travaillant sur les questions de genre est de plus en plus réduit, et de rappeler qu’à peu près toutes les organisations de femmes kurdes ont été déclarées illégales par le gouvernement après la proclamation de l’état d’urgence en 2015.

Cela ne signifie pas, bien sûr, que les femmes renoncent. Bien au contraire. En 2018, des organisations de femmes et des militantes indépendantes venues de toute la Turquie ont formé une nouvelle coalition, « Les femmes sont plus fortes ensemble », un front uni contre le patriarcat et les inégalités de genre. Parce que les femmes en Turquie en ont vraiment assez de l’antiféminisme, des fauteurs d’inégalités, et des attaques contre leurs corps, leurs identités, leurs droits et leurs vies.

Sanem Ozturk, traduit par J.S. Lundi 13 mai 2019

  • 1. Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, adoptée en 2011 à Istanbul.
  • 2. Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, adoptée en 1979 par l’Assemblée générale des Nations unies.

https://npa2009.org/

 

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13 mai 2019 ~ 0 Commentaire

élections (red flag)

 maire

Que disent les marxistes sur les élections?

Pendant le chaos de la guerre entre la France et la Prusse entre 1870 et 1871, des travailleurs français s’emparèrent de Paris pour diriger la ville de manière radicalement démocratique. La Commune de Paris a prouvé que le socialisme pouvait être construit par l’auto-organisation directe de la classe ouvrière.

Et cela a convaincu Karl Marx que les travailleurs ne peuvent pas simplement prendre le contrôle de l’appareil d’État existant, mais doivent prendre le pouvoir par le biais de leurs propres institutions, qui sont bien plus démocratiques que «décider une fois en trois ou six ans quel membre de la classe dirigeante devait tromper le peuple au parlement « .

La Commune de Paris, de courte durée, a également secoué les parlements européens. En Prusse, des socialistes inspirés par Marx avaient été élus. Ils ont utilisé leur position pour dénoncer la guerre, même au plus fort de la ferveur nationaliste, et ont été brièvement emprisonnés pour cela. Libéré de prison et de retour au parlement, le socialiste allemand August Bebel a loué les ouvriers français révolutionnaires en répétant leur slogan: «La guerre dans les palais, la paix dans les maisons ».

Un peu plus tard, il fut reconnu coupable de trahison avec son camarade Wilhelm Liebknecht. Depuis leur cellule de prison, ils ont été réélus au Parlement après un vote socialiste qui avait plus que doublé. Ils ont utilisé leur place au parlement pour condamner l’État, pour construire la solidarité de la classe ouvrière internationale en temps de guerre et pour hisser la bannière des travailleurs français révolutionnaires à travers l’Europe. C’était une utilisation socialiste héroïque du système parlementaire.

Mais ce succès a aussi engendré un désastre. Les socialistes allemands étaient de brillants avocats parlementaires. Au cours des décennies suivantes, leur représentation au parlement augmenta et leur parti se concentra sur la participation et la victoire aux élections. Le mouvement socialiste s’est empêtré dans le royaume contre lequel il se battait.

Au début de la Première Guerre mondiale, en 1914, le mouvement socialiste allemand était transformé ainsi que son aile parlementaire. Le parti socialiste le plus important d’Europe occidentale était devenu pro-guerre et contre-révolutionnaire. De nombreux facteurs ont conduit à cette trahison, mais l’immersion dans le système parlementaire était important.

Pourtant, les anticapitalistes ne peuvent ignorer le Parlement.

C’est là que se passe la politique officielle, où les projets de loi deviennent lois et où sont définies les priorités sociales. En revanche, la prise de décision politique et démocratique est exclue. Le Parlement se veut un organe décisionnel ouvert à tous, sur un pied d’égalité: riches et pauvres, hommes et femmes, noirs et blancs, etc.

Chaque vote étant censé avoir le même poids, les inégalités sociales sont effacées lors d’une élection: le parlement est un modèle de société égalisé, dans lequel tous les principaux courants d’opinion sont représentés, dans lequel des décisions peuvent être prises qui représentent la volonté du peuple.

Bien sûr rien de tel. Les parlementaires deviennent membres des classes supérieures et la plupart sont issus des classes moyennes. Ils se déplacent dans les cercles des riches et des puissants. Leurs campagnes sont financées par les riches et les médias capitalistes fixent leurs limites dans les débats électoraux. Les politiciens loyaux reçoivent des retraites et des sinécures après avoir quitté le Parlement. Ce système de clientélisme pacifique est si bien enraciné que nous avons souvent du mal à imaginer ce qui se passerait si un politicien se révoltait.

La plupart des pouvoirs de la société sont en réalité extérieurs au Parlement – ils sont entre les mains des PDG et des présidents de sociétés qui contrôlent la plupart de l’économie.

Ainsi, les gouvernements rebelles peuvent être directement mis au pas par la classe dirigeante sans élection: les capitalistes peuvent utiliser leur pouvoir économique pour créer des ravages économiques, et ils le font systématiquement lorsque de véritables socialistes forment le gouvernement.

Des élections peu fréquentes aident à maintenir le système de cette façon. Nous ne les voyons qu’à à peine, et la plupart d’entre nous ne saurait nommer notre «représentant» parlementaire local. Mais les grands capitalistes les connaissent personnellement et peuvent interagir avec eux – et les aider de différentes manières à former les «bonnes» opinions – chaque fois qu’ils en ont besoin.

Si cela ne fonctionne pas, les structures non élues de l’État peuvent éliminer des gouvernements rebelles. Les tribunaux peuvent annuler leurs décisions. Les haut fonctionnaires peuvent saboter les parlements. Et, en fin de compte, les officiers de l’armée peuvent, au besoin, intervenir pour mettre en place un régime militaire.

Les parties élues de l’État constituent une partie relativement infime de la société, avec peu de pouvoir direct, et elles peuvent être restreintes ou dissoutes lorsque le système l’exige. Le vrai pouvoir est en dehors d’elles.

Daniel Taylor 07 mai 2019

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À la CGT, comme un air révolutionnaire

Le syndicat, doublé par la CFDT en termes de résultats aux dernières élections professionnelles, est tiraillé entre la ligne dure et la réformiste, au moment où s’ouvre son 52e congrès, à Dijon lundi.

«La CGT a été dans l’incapacité d’opposer un rapport de forces à la déferlante de lois et mesures antitravail, de la loi El Khomri aux ordonnances Macron.» 

Désormais deuxième centrale syndicale de France, après s’être fait doubler par la CFDT, elle «accuse une baisse sensible du nombre de […] syndiqués». Cerise sur le gâteau, elle est «étrangère au mouvement social le plus marquant de ces dix dernières années», celui des gilets jaunes.

Alors que s’ouvrira, ce lundi à Dijon, le 52e Congrès de la CGT, le bilan est sévère.

D’autant qu’il est dressé de l’intérieur, par sa Fédération nationale des industries chimiques, en amont de ce rendez-vous syndical au cours duquel le secrétaire général de la centrale doit être élu. En apparence, avec un seul volontaire déclaré, Philippe Martinez, candidat à sa succession, ces cinq jours s’annoncent sans suspense.

Pourtant, la centrale aux 653 194 adhérents déclarés (en 2017) pourrait connaître des turbu-lences. Pas moins de 1 000 délégués, issus des différentes fédérations, des unions départemen-tales ou locales, vont se réunir pour faire le bilan des trois dernières années et définir une nouvelle feuille de route. Or dans les rangs, ils sont plusieurs à pointer la stratégie de la direction et à réclamer un durcissement de la ligne, durcissement qu’ils comptent bien faire inscrire dans le texte qui sera voté.

Dialogue social ou lutte de classes ?

La querelle n’est pas nouvelle. Mais en décembre, elle est montée d’un cran. Dénonçant la «tentation d’un virage réformiste» de la CGT qui «prône le dialogue social comme une fin en soi», une vingtaine de syndicats cégétistes ont pris la plume pour rédiger un document de résolutions «alternatif» en vue du congrès.

Une initiative à contre-courant des traditions maison.

Objectif des signataires, dont la branche Info com : «Sauver la CGT en perte de repères» en réaffirmant son caractère «révolutionnaire», et son attachement à «la lutte des classes» et à la dénonciation du capitalisme. Quatre mois plus tard, en avril, un second coup a été porté par d’autres militants, issus de la fédération des industries chimiques et de celle du commerce et des services. En plein mouvement des gilets jaunes, ils ont lancé un large appel en faveur d’un «Front populaire et citoyen» avec un objectif clair : la convergence. Mais «rien à voir avec le congrès», assure un des initiateurs.

Reste que toutes ces critiques trouvent un écho chez les syndicalistes de la base croisés dans les cortèges.

Certains jugeant que la centrale «perd trop de temps à négocier» avec le patronat ou lors de «concertations» avec le gouvernement. D’autres plaident pour un «syndicalisme plus offensif» passant par la «grève générale». «A la CGT, il y en a qui me trouvent trop dur, il y en a qui me trouvent trop mou», reconnaissait, en avril, Philippe Martinez.

Pragmatique, le secrétaire général explique aussi que la grève générale «ne se décrète pas» et mise plutôt sur une «généralisation des grèves». Tout en cherchant à remettre au goût du jour le discours d’une ancienne figure de la CGT, Henri Krasucki, en promouvant un syndicalisme du quotidien, celui «de la feuille de paie et du carreau cassé». Pas sûr que cela suffise.

Syndicalisme solo ou rassemblé ?

Les atermoiements de la centrale, fin 2018, en disent long sur les tensions à ce sujet. Le  6  décembre, en sortant d’une intersyndicale, avec notamment la CFDT, la CGT signe une déclaration commune, dans laquelle les centrales s’engagent à participer au dialogue social avec le gouvernement, et ce de manière collective, «chaque fois que cela sera possible». 

En plein mouvement des gilets jaunes, le texte dénonce aussi «toutes formes de violence dans l’expression des revendications». Quelques minutes plus tard, changement total de ton. Une autre missive, rédigée par la seule CGT, pointe, cette fois, la «répression inadmissible». 

Dans la foulée, la centrale annonce qu’elle ne participera pas au grand débat lancé par Macron. Entre les deux textes, nul doute que les branches les plus contestataires de la centrale ont mis la pression. Les mêmes qui dénoncent régulièrement tout rapprochement avec la CFDT et veulent rompre avec le concept du «syndicalisme rassemblé» visant à favoriser l’unité d’action syndicale.

«Martinez, il ne met plus les pieds chez nous, sinon il ne peut plus rentrer à Montreuil», où se trouve le siège de la CGT, assure, un brin amusé, un responsable de la CFDT. «Qu’il y ait des gens de tous horizons chez nos militants, c’est normal, c’est comme dans le reste de la société», répond un responsable de fédération, agacé par le mythe d’une CGT divisée ou noyautée par l’extrême gauche.

La CGT au-delà des frontières : CES ou FSM ?

Dans la même veine, la question des alliances internationales de la CGT «devrait faire de l’animation» lors du congrès, prédit un responsable confédéral.

D’un côté, certains pensent que la centrale doit rester dans la Confédération européenne des syndicats (CES) à laquelle elle a adhéré, comme la plupart des syndicats français, dans les années 90. C’est le cas de Bernard Thibaud, ex-numéro 1 de la centrale, qui s’est récemment inquiété que la CGT «décide de faire cavalier seul en Europe en quittant la CES». 

En face, d’autres envisagent sérieusement ce scénario. Comme le secrétaire général de la CGT du Val-de-Marne qui décrivait, en 2017, la CES comme une organisation «engluée dans l’accompagnement du capitalisme mondialisé, dans le lobbying, dans le syndicalisme professionnel et institutionnel, dans la compromission et l’impuissance». 

En parallèle, se pose aussi la question d’une nouvelle adhésion à la bien plus contestataire et historiquement proche du PCF: la Fédération syndicale mondiale (FSM) que la CGT avait quitté au moment de rejoindre la CES. Un pas qu’ont déjà franchi des fédérations comme celle du commerce et des services ou encore celles de l’agroalimentaire et des industries chimiques.

«On a été confronté à des reculs sur le plan social ces derniers temps, ça entraîne plus de repli que d’ouverture de la part de certains militants», regrette un responsable de la CGT. Un autre se veut confiant et espère des «débats sereins», soulignant combien «tout le monde a conscience que, face à ce gouvernement, la CGT doit sortir de ce 52Congrès en ordre de bataille». 

Amandine Cailhol Libération, 10 mai 2019

https://www.anti-k.org/

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CGT: l’opposition à Philippe Martinez présente une alternative (Le Monde)

Fédération Syndicale Mondiale (Wikipedia)

Congrès de la CGT : pourquoi les débats s’annoncent vifs sur les questions internationales (Bastamag)

En congrès, la CGT face à ses difficultés structurelles (Anti-K)

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