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25 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

kurdes (courrier)

turc

“Washington nous a vendus” : face à l’offensive turque, les Kurdes de Syrie se sentent lâchés

Dans la ligne de mire d’Ankara, les forces kurdes syriennes, ciblées par des bombardements aériens, en appellent aux pays occidentaux, notamment les États-Unis, en espérant qu’ils se tiennent encore à leurs côtés.

En riposte à un attentat ayant tué six personnes à Istanbul le 13 novembre, Ankara, qui a imputé l’attentat au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a lancé, une semaine plus tard, l’opération Griffe-Épée contre les forces kurdes présentes en Irak, mais aussi et surtout dans le nord de la Syrie, théâtre, depuis, de bombardements aériens quotidiens.

Ces deux derniers jours, l’opération est entrée dans une nouvelle phase. Après avoir principalement visé les régions vallonnées autour de la ville de Kobané, “la campagne s’est étendue mercredi [23 novembre] dans les zones du Nord-Est syrien − le Rojava −, où des cibles non militaires sont principalement visées”, écrit le média kurde Rudaw.

Mercredi 23 novembre, huit combattants kurdes détachés à la sécurité du camp d’Al-Hol − abritant plus de 50 000 proches de djihadistes appartenant au groupe État islamique (EI), dont plus de 10 000 étrangers − ont été tués dans des frappes turques.

https://www.courrierinternational.com/

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23 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

coupe carhaix (france info)

clim a

Coupe du Monde au Qatar. Partisans du boycott, ces Bretons se mobilisent pour dénoncer un désastre environnemental et humain

Alors que la France s’apprête à disputer son premier match de Coupe du Monde face à l’Australie, des manifestations s’organisent en Bretagne pour dénoncer « l’aberration » du tournoi. Avec des rassemblements, et même un match de foot « éthique » en guise de contre-pied.

A quelques heures de l’entrée en lice de l’équipe de France en Coupe du Monde, le choix d’organiser la compétition au Qatar continue de provoquer la polémique.

On savait depuis des mois que des villes comme Rennes, Brest, Lorient etc avaient décidé de ne pas retransmettre les rencontres des Bleus sur écran géant. Aujourd’hui, ce sont des citoyens qui se mobilisent pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une aberration.

A Carhaix, dans le Finistère, ce 22 novembre, une trentaine de jeunes militants du collectif « Youth for climate » se sont rassemblés pour dénoncer une « Coupe du Monde de la Honte ».

Ils pointent du doigt le désastre environnemental que représente la construction des huit stades climatisés en plein désert, et l’atteinte aux droits humains. Ceux des travailleurs étrangers venus travailler sur les chantiers avec un bilan dramatique, (6 500 morts selon le journal britannique Le Guardian), ceux d’une partie de la population du Qatar, femmes et homosexuels notamment.

« On sait qu’on n’arrêtera pas la Coupe du Monde, explique Armel Kermanac’h du collectif « Youth For the Climate », mais si on peut favoriser une prise de conscience pour éviter que de tels projets continuent de voir le jour, ce serait bien. On pense notamment aux futurs JO d’hiver de 2029 en Arabie Saoudite ».  

La stratégie du contrepied : en face de France/Australie, un match de foot « éthique » à Plœuc-sur-Lié

Ce 22 novembre au soir, à l’heure où les Bleus disputeront leur premier match contre l’Australie, une association costarmoricaine organisera même une rencontre alternative : un match de foot « éthique » en guise de contrepied pour dénoncer une compétition que les « Eco-liés » considèrent comme totalement absurde.

« A Plœuc-sur-Lié, la vocation des « Eco-liés », est comme le nom l’indique, d’apprendre ensemble à tisser du lien pour relever les défis environnementaux, explique le président Gaétan Villeneuve. Moi, je suis amateur de foot, et c’est la première fois que je vais rater un mondial. Mais quand on connaît le bilan humain et environnemental de la construction de ces 8 stades climatisés en plein désert, il faut s’abstenir de regarder. Et s’indigner ».

L’organisation de la compétition est en décalage total avec les enjeux que doit relever l’humanité à l’heure du réchauffement. Et on ne tire toujours pas de de leçons. L’argent reste roi, les droits humains, et l’avenir de la planète passent après. Et nous ce monde-là on n’en veut pas » .

L’association appelle donc au boycott des matchs à la télé, et invite tout ceux qui le souhaitent, amateurs de sports notamment, à participer à une rencontre alternative, « éthique », à 19h30 ce 22 novembre au Stade George Boulaire à Plœuc. Les Eco-liés feront donc la Coupe du Monde buissonnière.

22/11/2022 Gilles Le Morvan .

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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22 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

coupe (npa)

foot-06

La Coupe du monde de la honte

Le Mondial de football démarre avec son accumulation de scandales. Les infrastructures ont été construites par des salariés immigrés en semi-esclavage : conditions de travail désastreuses, salaires pas toujours payés, des milliers de morts… Sur le plan écologique, malgré les déclarations, la compétition reste un scandale : des centaines d’avions vont transporter chaque jour les 1,5 à 1,7 million de supporters, les stades climatisés à ciel ouvert libèrent des fluides et consomment de l’énergie pour refroidir les stades à 20°C… Tout cela sans parler du régime du Qatar, une dictature où les droits démocratiques, les droits des LGBTI et des femmes sont bafoués.

Beaucoup d’intérêts en jeu pour les capitalistes

Des voix s’élèvent, y compris dans le monde sportif, pour critiquer cette Coupe du monde. Mais les intérêts en jeu sont immenses. Pour la FIFA, les télévisions, les annonceurs, il faut absolument amener le plus de spectateurs devant les écrans pour maintenir les recettes des droits de retransmission, de la publicité ou des produits dérivés. Elle exerce donc une pression sur les joueurs qui voulaient par exemple, pourtant de façon assez modeste, dénoncer les discriminations en portant un brassard arc-en-ciel.

Pour les États alliés du Qatar, il est impensable de gêner leur partenaire, et la France est au premier plan. Sarkozy a manifestement appuyé la candidature du Qatar en échange de financements personnels. Le rachat du PSG et les centaines de millions dépensés par celui-ci font apparemment partie d’un arrangement global… en plus de la corruption habituelle dans le choix des pays accueillant les coupes du monde ou les jeux Olympiques.

La France au premier rang des magouilles

Une pression est donc exercée, notamment par Macron, pour légitimer cette Coupe du monde. Il prétend que le régime du Qatar va changer… Comme si la Russie ou la Chine avaient changé après les compétitions organisées dans ces pays. On nous demande d’être tolérants avec une culture différente… alors qu’en réalité, ce sont les grandes puissances occidentales qui contribuent à maintenir des dictatures réactionnaires. Ainsi, en 2018, la France a vendu au Qatar pour 2,37 milliards d’euros d’hélicoptères et d’avions Rafale !

Le pouvoir et les médias dominants appellent à se rassembler pour la grande fête du sport. Ils tentent aussi de nous convaincre que nous devrions, pour le plaisir des matchs, oublier les attaques antisociales comme la réforme de l’assurance chômage, le projet d’attaque contre les retraites ou les baisses de salaires.

Ce que nous montre cette compétition, c’est que l’argent existe, mais qu’il est gaspillé ou capté par les capitalistes, et jamais redistribué aux salariéEs… ou aux petits clubs sportifs. Ainsi, la FIFA devrait engranger plusieurs milliards de profits dans l’opération du Mondial.

Et pendant ce temps-là, à la COP 27

Le week-end dernier, la conférence internationale pour le climat a abouti à des résultats indécents. 360 millions de dollars de « pertes et dommages » ont été promis par les pays riches, une goutte d’eau, alors que le coût des destruction liées au chaos climatique est estimé à 580 milliards par an d’ici 2030. Rien n’a été décidé pour limiter les énergies fossiles, les pays pauvres n’en ayant pas les moyens tandis que les pays riches, qui polluent librement la planète depuis au moins 150 ans, s’en désintéressent.

ChacunE choisira de boycotter ou non à titre personnel la Coupe du monde, mais en tout cas, il est clair que politiquement, il faut rejeter cette vision du sport et ces magouilles faites pour engraisser d’immenses entreprises, tout autant qu’il faut reconstruire des mobilisations de masse pour le climat. Des mobilisations qui ne pourront faire l’impasse sur la nécessité d’exproprier tous les groupes capitalistes qui menacent nos vies et la planète chaque jour un peu plus.

Mardi 22 novembre 2022

https://nouveaupartianticapitaliste.org/

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17 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

voiture électrique

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16 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

israël (l’étincelle-courrier)

Palestinian_refugees

La naqba, la fuite devant l’armée israëlienne

Élections législatives en Israël : quasi-disparition de la gauche, renforcement de l’extrême droite

Deux traits saillants ont marqué les élections législatives israéliennes qui se sont déroulées au début de ce mois.

D’abord, la quasi-disparition de l’échiquier politique de la gauche sioniste qui n’a plus que quatre sièges au Parlement, la Knesset, sur un total de 120. Ensuite, la forte poussée d’une extrême droite religieuse, raciste à l’égard des Arabes et des non-juifs, homophobe et expansionniste, dont le leader, Itamar Ben Gvir, rêve de débarrasser la Palestine de tous les Arabes qui seraient envoyés en Jordanie. Les deux phénomènes sont d’ailleurs étroitement liés.

La gauche sioniste, creuset de l’État sioniste

Il faut d’abord rappeler que la gauche israélienne – sous ses variantes travailliste et socialiste – a toujours proclamé son sionisme à tout crin, c’est-à-dire son nationalisme juif. Avant même la proclamation officielle de l’État d’Israël, en 1948, elle avait mis en place pas à pas une structure étatique avec une force armée, la Haganah, et ses commandos d’élite, le Palmach, des coopératives ouvrières, des colonies collectivistes (kibboutz), des villages coopératifs (moshav), une centrale syndicale (la Histadrout), une sécurité sociale, des organisations culturelles et sportives, etc.

De plus elle contrôlait l’essentiel des municipalités juives. Ce qui incita dans les années 1950 et 1960 une partie de la gauche européenne et nord-américaine à parler à ce propos, et un peu vite, de « socialisme israélien ». Et lorsque l’État sioniste est né, les travaillistes se sont retrouvés naturellement aux postes clés du pouvoir, depuis les dirigeants du gouvernement (Ben Gourion, Golda Meir) jusqu’à ceux de l’armée (Moshe Dayan, Itzhak Rabin), en passant par la police, la justice, voire régulièrement la présidence de l’État (Ben-Zvi, Shazar, Herzog), etc.

Mais dès l’origine, le ver était dans le fruit. En s’affirmant sioniste, cette gauche désignait peu ou prou comme adversaire la population arabe, supposée occuper indûment la terre de ses ancêtres. Et nombre de kibboutz et de moshavs furent érigés sur des terres d’où avaient été chassés les fellahs palestiniens. De même il fallut une lutte de longue haleine pour faire accepter les travailleurs palestiniens au sein de la Histadrout, réservée à l’origine aux seuls travailleurs juifs et qui interdisait aux entreprises dirigées par des juifs d’employer des salariés arabes.

C’est cette même gauche sioniste qui était à la tête du pays lors des différentes guerres israélo-arabes et de l’occupation de la Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem-Est en 1967. Et là encore, elle continua la même politique nationaliste et expansionniste, toujours au nom de la préser-vation de « la Terre d’Israël ». Tout comme elle couvrit toutes les exactions de l’armée, qu’elle présentait comme « la plus morale » au monde, et accusait « d’antisémitisme » et de « négation de l’Holocauste » ceux qui critiquaient sur sa gauche cette politique colonialiste.

Le tournant des années 1970

Mais peu à peu s’est développée dans le pays une bourgeoisie qui a trouvé de plus en plus pesante la tutelle des travaillistes qui lui avaient pourtant mis le pied à l’étrier. Elle ne cachait pas son admiration pour les politiques économiques ultra-libérales de Reagan et de Thatcher.

Après quelques tâtonnements, elle fit sienne l’idéologie du « sionisme révisionniste », une tendance qui, avant la Seconde Guerre mondiale, flirtait avec Mussolini et les régimes dictatoriaux du genre de l’Espagne franquiste, mettait en avant son goût marqué pour des actions terroristes contre la population arabe et son opposition viscérale à tous ceux qui, de près ou de loin, se réclamaient de la gauche et du socialisme.

Elle s’opposait à tout étatisme économique et jugeait la gauche trop molle à l’égard des Pales-tiniens. Elle trouva une oreille attentive parmi certains Juifs orientaux, c’est-à-dire ceux originai-res du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, généralement très conservateurs, qui s’estimaient lésés par les « élites » travaillistes, en général venues d’Europe, qui occupaient le haut du panier.

C’est en s’appuyant principalement sur eux que fut fondé le Likoud, parti dirigé d’abord par Menahem Begin, puis plus tard par Benyamin Netanyahou, le type même du politicien affairiste impliqué dans nombre de scandales financiers. Begin, dont le parti avant remporté les élections, fut Premier ministre de juin 1977 à octobre 1983. C’est lui qui, en 1978, signa les accords de paix avec le président égyptien Anouar el-Sadate.

Une alternance qui penche de plus en plus à droite

À partir de ce moment, gauche et droite sionistes vont alterner au gouvernement. Le dernier grand succès des travaillistes date de 1992, lorsque qu’avec le petit parti socialiste Meretz ils totalisèrent plus de 44 % des voix. Une victoire qui n’eut pas de suite et qui fut marquée par l’assassinat du Premier ministre, Yitzhak Rabin, en 1995, par un extrémiste juif mécontent des accords d’Oslo qui avaient été signés avec l’Autorité palestinienne.

Depuis lors, la droite et l’extrême droite n’ont cessé de se renforcer. Même le dernier gouverne-ment israélien, celui de Yaïr Lapid, qualifié de « centriste » par les observateurs, faisait une large place dans ses rangs à des formations de droite, certaines proches des colons.

Formé sous la bannière de « tout sauf Netanyahou », ce gouvernement a continué une répres-sion féroce contre les Palestiniens, fait évacuer des villages entiers pour laisser la place à des colons juifs ou à l’armée et multiplié les assassinats ciblés. Aujourd’hui il est remplacé par une bande de politiciens véreux, de fanatiques religieux et de fascistes juifs qui veulent encore aller plus loin dans cette voie et affirment pouvoir faire mieux que lui.

La fin des « deux États » ?

Beaucoup de commentateurs se sont lamentés sur le fait que le résultat de ces élections signifiait dans les faits la fin du concept des « deux États », l’un juif, l’autre arabe, vivant côte à côte en bonne harmonie. Mais ce concept a surtout servi aux différents gouvernements israéliens, de gauche comme de droite, à gagner du temps pour repousser les négociations aux calendes grecques tout en continuant sans vergogne la colonisation et les expropriations.

Il a aussi été utilisé comme cache sexe par les « amis d’Israël », au sein de l’Union européenne et aux États-Unis, pour ne jamais condamner clairement l’occupation israélienne sous prétexte de préserver l’avenir d’hypothétiques négociations.

Construire une gauche révolutionnaire et internationaliste

Aujourd’hui la gauche israélienne n’existe pratiquement plus. La plupart des militants sincère-ment pacifistes et anti-occupation ont déserté la sphère politique pour demeurer actifs au sein des organisations non gouvernementales d’aide et de soutien aux Palestiniens. Des ONG qui sont parfois devenues la bête noire des autorités.

Pourtant, un jour ou l’autre, il faudra bien construire une gauche nouvelle, profondément anti-raciste, internationaliste et révolutionnaire, non seulement opposée à l’occupation et au statut de seconde zone dans lequel sont cantonnés les Arabes israéliens, mais soutenant pleinement le droit des Palestiniens à disposer d’eux-mêmes et le droit au retour des réfugiés chassés de leurs terres au cours des différents conflits.

Jean Liévin 14 novembre 2022

https://www.convergencesrevolutionnaires.org/

Lire aussi:

La perte des kibboutz précipite la chute de la gauche israélienne

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16 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

20n (biblio)

cartel astrurias

La répression des Asturies c’était déjà Franco

20 novembre : le rendez-vous des nostalgiques du fascisme en Espagne

Commémorée par l’extrême droite espagnole, la journée du 20-N, pour 20 novembre, est l’anniversaires du décès de deux personnages controversés de l’histoire du pays, José Antonio Primo de Rivera et Francisco Franco.

Le premier, fils de l’ex-dictateur Miguel Primo de Rivera, est le fondateur du parti fasciste la Phalange espagnole. Il a été fusillé le 20 novembre 1936 à Alicante après avoir été jugé par un tribunal de la deuxième république espagnole pour complot et rébellion.

La guerre civile espagnole avait déjà commencé, suite au coup de force du général Franco, figure de l’extrême droite. Celui-là même qui imposera son pouvoir autoritaire à l’issue de la guerre d’Espagne, avec l’aide de la phalange et des nazis. Sa dictature ne se terminera que le 20 novembre 1975, jour de son décès. La date était déjà célébrée sous le régime franciste, comme le “Jour de la douleur”. On se demande si l’annonce du décès de Franco dont l’agonie a duré des semaines, n’a pas été repoussée de quelques heures pour coïncider avec cette date déjà mythique pour le monde fasciste.

Chaque 20 novembre, parfois la veille ou le lendemain, tout ce qui reste de nostalgiques du régime du général Franco ou de la phalange espagnole manifeste dans diverses villes du pays, en particulier à Alicante et à Madrid.

Cette année, dans la capitale, c’est dimanche à 12h, place d’Orient que les franquistes se rassembleront. Chaque année, des militants de gauche se mobilisent pour protester contre ces manifestations hors la loi. Longtemps ces manifestations ont été tolérées par les autorités, aujourd’hui, elles tombent sous le coup des lois mémorielles qui interdisent toute promotion du fascisme et du franquisme, sa variante locale.

Ce qui n’a pas dissuadé un certain nombre d’églises partout en Espagne, et même en France, d’annoncer des messes à la mémoire de ces deux héros de l’extrême droite espagnole. La Conférence des évêques espagnols est totalement muette sur le sujet, car divisée.

On se souvient que l’Église catholique, avec l’armée, a été un des principaux soutiens du régime franquiste et une partie du clergé n’a toujours pas renié cet engagement en dépit d’une levée des tabous sur les crimes du franquisme et l’ouverture des fosses communes où reposent plus de 100 000 victimes.

Chaque année, le Mouvement catholique espagnol (MCE) appelle à un pèlerinage à la Vallée des morts (la Valle de los Caídos) d’où la dépouille de Franco a été retirée en 2019 mais où repose toujours José Antonio Primo de Rivera. Chaque 20 novembre, la Phalange organise sa traditionnelle Marche bleue en l’honneur de son héros.

Le bleu en référence à la division des volontaires espagnols, mieux connue sous le nom  de Division bleue, qui était la contribution de  l’Espagne de Franco  à  l’ armée allemande d’ Hitler  pendant la  Seconde Guerre mondiale .

La date du 20 novembre demeure une date symbole pour l’extrême droite espagnole. Est-ce un hasard si le nationaliste basque Santiago Brouard a été assassiné le 20 novembre 1984, puis à nouveau cinq ans plus tard, Jusu Muguruza, à nouveau un 20 novembre.

En 1992, c’est une fusillade contre un groupe d’immigrés qui cause la mort de la dominicai-ne Lucrecia Pérez, encore un 20 novembre… Chaque année se rejoue ce jour-là les affrontements politiques qui ont ensanglantés l’Espagne, il y a plus de 80 ans.

Longtemps, les nostalgiques du fascisme sont restés discrets et très minoritaires. Depuis peu tout a changé, les tabous sont tombés aussi bien du côté des républicains qui osent évoquer les victimes et demander réparation, que du côté de l’extrême droite, aujourd’hui représenté par Vox, un parti qui en quatre années s’est imposé comme la quatrième force politique du pays.

https://www.bibliomonde.fr/

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14 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

sahara (jdd)

polisario

Que font les armées algérienne et russe à la frontière marocaine ?

Quelque 200 soldats des forces antiterroristes russes et algériennes seront réunis à partir de mardi dans le cadre de l’exercice s’appelle « Bouclier du désert ». Un pied de nez aux États-Unis qui ont décidé de soutenir le Maroc sur le dossier du Sahara occidental.

L’exercice s’appelle « Bouclier du désert » et réunira à partir de mardi quelque 200 soldats des forces antiterroristes russes et algériennes dans la région de Béchar, à 80 kilomètres de la frontière du Maroc. Clin d’œil historique, le quartier général des opérations sera localisé sur la base de Hammaguir, dont les accords d’Évian entre la France et l’Algérie avaient prolongé l’existence de cinq ans après ­l’indépendance afin que l’armée française continue d’y tester fusées et missiles.

Au Maroc, où se sont déroulées les manœuvres Africa Lion l’été dernier, les Algériens ont bien noté qu’il s’agissait des exercices les plus volumineux jamais engagés, avec des troupes venues des États-Unis, de pays de l’Otan mais aussi pour la première fois d’Israël. « C’est taquin de la part des Algériens d’avoir choisi Béchar », commente donc un haut gradé d’un pays méditerranéen, même si la porte-parole des Affaires étrangères russes souligne que ces manœuvres conjointes « ne visent aucun pays tiers ».

Un degré inédit de coopération

Les relations entre Alger et Rabat sont extrêmement dégradées depuis que les États-Unis ont décidé de soutenir le Maroc sur le dossier du Sahara occidental, où le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, plaide depuis des décennies pour un référendum d’indépendance. Le fait que le roi Mohammed 6 ne se soit pas déplacé au récent sommet arabe d’Alger en est un exemple criant.

Avec Bouclier du désert, si les effectifs et le matériel impliqué visant à simuler « la recherche, la détection et la destruction de groupes armés illégaux » sont limités, ce sera la première fois que des soldats des deux pays s’entraîneront ensemble sur le sol algérien. Mais cet événement illustrera surtout un degré de coopération militaire entre Alger et Moscou jamais atteint.

Depuis la première visite de Vladimir Poutine à Alger en 2006, le budget de défense algérien a quasiment triplé et 80 % des équipements militaires importés depuis 2017 viennent de Russie, avec laquelle la marine algérienne multiplie les exercices navals.

La rivalité du Maroc, proeuropéen et proche des États-Unis, et de l’Algérie, alliée historique de la Russie, n’est pas nouvelle. Mais dans le contexte de la guerre en Ukraine et de la tentation hégémonique russe en Méditerranée orientale et occidentale, elle continue de s’accentuer sans que l’on sache où elle conduira les deux grandes nations du Maghreb.

François Clemenceau 14/11/2022

https://www.lejdd.fr/

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Front Polsario

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13 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

nucléaire (médiapart)

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13 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

« torch » (france 24)

torch

L’opération Torch, un « premier débarquement allié réussi » pourtant oublié des manuels d’histoire

Le 8 novembre 1942, les Alliés débarquaient en Afrique du Nord, au Maroc et en Algérie alors sous domination du régime de Vichy. Surnommé « opération Torch », cet événement majeur de la Seconde Guerre mondiale a été couronné de succès, mais reste peu connu du grand public.

« Brusquement, les sirènes retentirent ; je les entendais pour la première fois en Afrique du Nord. Puissant, leur bruit recouvrait la ville. Tout s’éteignit brutalement, ce fut l’obscurité totale. Quelques minutes après, nous vîmes un avion biplan, à train de roues fixes, volant au ras de l’eau, lâcher un rideau de fumée. Je sus enfin quelle était sa nationalité : c’était un Américain. » Dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942, le soldat Louis Laplace est en première ligne à Alger pour assister à l’opération Torch. Membre des forces terrestres antiaériennes de l’armée française du régime de Vichy, il fait face aux forces alliées qui viennent de lancer leur débarquement en Algérie et au Maroc.

Cette opération est actée quelques mois plus tôt à l’été 1942 par les Américains et les Britanniques. « Cette décision tient aux difficultés britanniques dans la ‘bataille du désert’, avec des défaites à Gazala et à Tobrouk, en Libye, en juin 1942. De plus, le Premier ministre anglais, Winston Churchill, est mis sur la sellette par un vote de censure au Parlement britannique. Il s’en faut de peu pour que cela aboutisse à un désastre politique », décrit l’historien Tramor Quemeneur, auteur de « 8 novembre 1942. Résistance et débarquement allié en Afrique du Nord » (éd. du Croquant). « De ce fait, les États-Unis décident de venir en aide à leur allié anglais en difficulté en Afrique du Nord, tout en créant un ‘second front’ en Méditerranée, où les Anglais ont des intérêts. »

Le rôle de la Résistance locale

Pour mener à bien ce projet, les Alliés décident de s’appuyer sur la Résistance locale, qui est encore à l’époque disparate et mal organisée alors que l’opinion publique est majoritairement favorable aux thèses vichystes.  »La Résistance est quasiment inexistante parmi les Européens d’Afrique du Nord, le pétainisme y est triomphant et l’Algérie en particulier constitue une sorte de proconsulat vichyste, ce qui ne signifie pas que l’on y soit favorable aux Allemands ou au nazisme », résume l’historien Jean-Marie Guillon, professeur émérite à l’université d’Aix-Marseille.

Les Américains et les Britanniques peuvent cependant compter en Algérie sur un groupe de quelques centaines de personnes qui leur est favorable et qui s’est constitué dès l’automne 1940. La très grande majorité d’entre eux sont de jeunes juifs qui ne supportent pas les mesures antisémites prises par le maréchal Pétain et son gouvernement, comme l’étudiant en médecine José Aboulker, qui devient la figure de ce réseau à Alger. Épaulé par le résistant royaliste Henri d’Astier de La Vigerie, il donne « des renseignements tactiques pour faciliter le débarquement anglo-américain », comme le souligne Tramor Quemeneur.

Le plan de l’opération Torch se compose finalement de quelque 107 000 hommes (84 000 Américains et 23 000 Britanniques, bénéficiant de 200 bâtiments de guerre, 110 navires de transport et d’une importante couverture aérienne). Au total, neuf sites sont retenus sur les côtes d’Afrique du Nord, six au Maroc et trois en Algérie.

À Alger, la Résistance, composée d’environ 400 personnes, permet de mettre hors d’état de nuire les forces vichyistes. Elle s’empare des points stratégiques administratifs et militaires et arrête les principaux chefs militaires, y compris le général Juin, commandant en chef des forces en Afrique du Nord, et l’amiral Darlan, commandant en chef de l’armée française, qui se trouve par hasard sur place ce jour-là.

Des combats très durs

Dans les autres secteurs, la situation se révèle plus compliquée et la lutte plus acharnée. « Là, les combats ont été très durs : en trois jours, on compte 1 827 morts et 2 717 blessés », détaille Tramor Quemeneur. « À Oran et au Maroc, les forces vichystes ont reçu l’ordre de se battre, ce qu’elles ont fait. À Oran, le plan du débarquement a en partie été éventé par un officier – le lieutenant-colonel Tostain – qui en a parlé à son supérieur, facilitant ainsi l’engagement du combat contre les Alliés. Dès lors, en combattant directement contre les Alliés, la position de Vichy est claire : Vichy est résolument du côté des forces de l’Axe. » En réponse à ce débarquement, les Allemands décident d’occuper le 11 novembre 1942 l’ensemble de la France. La zone sud n’existe plus.

En Afrique du Nord, les tractations continuent. Le 22 novembre, les Américains finissent par signer avec l’amiral Darlan, le représentant du maréchal Pétain en Afrique du Nord, un accord de coopération politique et militaire. Il stipule que les forces françaises de Darlan sont considérées comme des alliées à part entière des États-Unis et du Royaume-Uni, tandis que l’intégrité de l’Empire colonial français est reconnue.

« Les Américains ont fini par arriver en Afrique et l’armée d’Afrique a repris le combat », résumera plus tard José Aboulker. Grâce à cette opération, les Alliés peuvent ainsi ouvrir un nouveau front sur le continent africain face aux forces de l’Axe avec, pour première étape, la reconquête de la Tunisie. Pour Tramor Quemeneur, « cela facilite les combats de la ‘guerre des Sables’ contre le général Rommel, avec l’appui des Français libres : les Alliés savent désormais qu’ils doivent compter avec eux. Mais l’opération Torch prépare surtout la campagne d’Italie et le renverse-ment du régime mussolinien. Désormais, les forces de l’Axe perdent du terrain et deviennent moins puissantes en Méditerranée. »

Un pan oublié de l’histoire de France

Quatre-vingts ans plus tard, cet événement est en tout cas peu présent dans la mémoire collective. À la tête de l’association Les compagnons du 8 novembre 1942 – qui met en lumière le rôle de la Résistance locale lors de l’opération Torch –, Nicole Cohen-Addad le constate tous les jours : « J’ai fait une étude sur les manuels scolaires en France. Si on en parle, il y a une seule ligne. Sinon, il n’y a rien. » Selon cette fille de l’un du « groupe des 400″, cet oubli est dû à l’écartement du général de Gaulle de cette opération : « Il n’y a pas participé et n’en a pas été informé. »

Un avis partagé par Tramor Quemeneur. « Ces événements perturbaient la lecture gaulliste de la Seconde Guerre mondiale : le général de Gaulle y jouait un rôle secondaire. Il n’était pas encore reconnu par les Alliés », explique-t-il. « D’autre part, y ont participé quelques figures très controversées, en particulier celle d’André Achiary (un commissaire chargé de neutraliser les personnalités civiles collaborationnistes à Alger, NDLR). Celui-ci a joué un rôle central dans la répression de mai-juin 1945 à Guelma, dans l’Est algérien, ce qui a conduit à la mort de près de 20 000 Algériens. Pendant la guerre d’indépendance, il est devenu un partisan résolu de l’Algérie française jusqu’à basculer en faveur de l’OAS à la fin du conflit. Cette personne a en partie jeté le discrédit sur les résistants, alors qu’en grande majorité, ils ne sont pas sulfureux. »

Pour ce spécialiste de l’Afrique du Nord, l’opération Torch souffre aussi d’une marginalisation de l’histoire coloniale :  »Cela renvoyait dans l’imaginaire national à la décolonisation, à la perte des colonies et aux déchirements que cela a suscité.

Les résistants ont même eu du mal à se faire reconnaître comme tels, de même que les internés dans les nombreux camps d’Afrique du Nord n’ont eu absolument aucune reconnaissance a posteriori du drame qui les a frappés. Mais aujourd’hui, on commence à s’apercevoir de l’importance de ces événements. Il est temps que les choses changent et d’embrasser cette ‘histoire globale de la France coloniale’, pour paraphraser le titre d’un récent ouvrage. »

08/11/2022

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11 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

prestige (greenpeace)

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Manuel Santos, Greenpeace Galicia : « Le plus grave est que nous ne disposons pas d’une évaluation sérieuse de l’impact environnemental du Prestige ».

Le représentant de l’un des groupes environnementaux les plus présents en Galice analyse les conséquences environnementales et sociales de la plus grande catastrophe de l’histoire de la péninsule ibérique.

Vingt ans ont passé, mais dans la mémoire de Manuel Santos, coordinateur de Greenpeace Galice, l’odeur du fioul sur la côte de sa ville, Corrubedo (La Corogne), est restée comme un souvenir indélébile.

Mais la marée noire ne ternit pas tout. La catastrophe environnementale du naufrage du Prestige a également donné lieu à ce qu’il considère comme « le plus grand acte d’amour collectif pour la défense de la nature de l’histoire ».

Les marins, les ramasseurs de coquillages et tous les gens de la mer se sont lancés dans la défense du littoral galicien face aux mensonges et à l’inaction de la classe politique. Dans ce même port, où il y a vingt ans, lui et ses voisins travaillaient main dans la main à l’extraction du chapapote, Santos s’entretient avec elDiario.es pour analyser les conséquences environnementales et sociales de la plus grande catastrophe de l’histoire de la péninsule ibérique.

-Que s’est-il passé ici, dans ce port où nous sommes maintenant, il y a vingt ans ?

-Il y a 20 ans, nous étions dans ce village parce que la côte s’est effondrée. Surtout à partir du 2 décembre 2002, lorsque la grande nappe de pétrole provenant du naufrage du Prestige a atteint ces côtes. C’était complètement rempli de goudron.

-À cette époque, l’une des grandes luttes s’est engagée pour défendre un espace naturel situé à quelques mètres d’ici, le parc naturel de Corrubedo. Qu’avez-vous vu à cette époque, qui travaillait ici, quels moyens avaient-ils à leur disposition ?

-Ici, avant que la marée noire n’arrive dans sa totalité, il y a eu des jours où les fameux « biscuits » ou taches éparses arrivaient sur les plages. La nuit précédente, je me souviens parfaitement que toute la ville sentait le diesel, le mazout. Je me souviens que nous étions tous à Saint-Jacques-de-Compostelle lors de la première grande manifestation de Nunca Máis.

Nous sommes venus la poitrine gonflée après cette expression de la dignité du peuple. Et, le 2 décembre, cette côte s’est réveillée pleine de goudron. La première chose que nous avons faite le matin a été de descendre, de regarder la côte et de pleurer. Nous avons tous pleuré en pensant que nous ne serions jamais en mesure de le nettoyer de notre vivant. Des milliers de tonnes de goudron inondaient tout.

-Cette enclave a également une condition particulière en ce qui concerne la biodiversité.

-Oui, je pense que ce conseil est le seul en Galice à posséder un parc naturel et un parc national [des îles de l'Atlantique]. L’île de Sálvora était également remplie de goudron. C’est alors que tous les marins de l’estuaire d’Arousa sont sortis de l’estuaire pour tenter d’arrêter la marée noire. C’était épique. Avec les planeurs, avec les dornas, avec leurs bateaux bateeiros. Ils ont fait tous ces efforts pour essayer de l’empêcher d’entrer dans les bancs de coquillages.

Mais ici, au cap, quand la marée noire est arrivée, nous n’avions absolument rien. Au début, les habitants se sont rendus sur les plages pour ramasser le pétrole de leurs propres mains. Nous n’avions nulle part où déverser tout le pétrole que nous avions collecté. C’était une masse très dense, très lourde. Ça vous irritait les yeux, vous aviez des problèmes respiratoires à cause de l’exposition à une substance aussi toxique. Finalement, Greenpeace et le CSIC ont analysé le carburant du Prestige et nous avons montré qu’il contenait beaucoup d’hydrocarbures aromatiques polycycliques, dont certains étaient cancérigènes et mutagènes. C’était très toxique et les gens étaient exposés à ce risque.

Le manque de capacité à éliminer le goudron était-il l’un des principaux problèmes ?

-Absolument. Je me souviens qu’un voisin qui habitait à Vigo a négocié avec le maire de l’époque et qu’ils nous ont envoyé des dizaines de conteneurs à ordures pour y déverser l’huile que nous avions retirée. De véritables barbaries ont été commises. Dans le parc naturel de Corrubedo, des fosses ont été creusées au bulldozer, recouvertes de plastique et remplies de chapapote.

ulez dire qu’il y a peut-être encore du carburant enterré sous les dunes de Corrubedo ?

-Je ne pense pas. Théoriquement, il a été collecté après, mais je suis sûr que si on commence à creuser, il doit y avoir des restes. Surtout, parce que la chapapote s’est mis partout. Il a pénétré dans le substrat et a même créé des couches. Ici, nous trouvions du goudron, nous le nettoyions et la marée nocturne apportait du sable, le recouvrait et ramenait plus de fuel. Ça a créé une sorte de lasagne.

Je suis sûr que, vingt ans plus tard, sous les rochers, il y a encore des restes de la marée noire du Prestige. Mais la majeure partie du fioul a été retirée. Ce sont les gens qui l’ont enlevé. C’est la société civile qui a agi pour atténuer la catastrophe, la retirer de la mer et exiger la responsabilité politique et administrative de l’accident. S’il n’y avait pas eu cette mobilisation sociale, même les gouvernements n’auraient pas réagi. Nous ne savons donc pas ce qui se serait passé si cette marée de personnes venues du monde entier n’avait pas fait ce qu’elle a fait. Il faut penser que plus de 300 000 volontaires ont aidé à nettoyer le littoral galicien, en plus des milliers de travailleurs en mer. Le fioul serait resté sur la côte et ses effets auraient été pires.

-Que vous rappelez-vous de la vie dans les rues de ce conseil ? Surtout quand les discours politiques étaient calmes. Qu’ont dit les marins ?

-Je me souviens très bien que, lorsque l’accident s’est produit, tout le monde était très attentif aux médias. Nous étions tous des témoins oculaires du fait que ce que les politiciens nous disaient ne correspondait pas à ce que nous voyions. On nous a dit qu’il n’y avait pas de marée noire, qu’il y avait des taches éparses…

Nous avons vu la marée noire, elle était là. Cela a suscité beaucoup d’indignation. Même dans les jours qui ont suivi l’accident, lorsqu’ils ont fait du navire un pèlerinage au large de toute la côte galicienne, tout le monde dans le monde maritime ici a dit que c’était barbare. Les gens ne pouvaient pas expliquer pourquoi ils ne l’avaient pas amené au port. En fait, il aurait eu le temps car le navire naviguait depuis six jours dans un coup de vent de force neuf avec des vagues de huit mètres.

Et ils l’ont envoyé contre la tempête. Il y aurait eu le temps de l’amener dans un estuaire et l’impact aurait été moindre. Elle aurait certainement touché de nombreux kilomètres de côtes, mais elle ne serait pas devenue une catastrophe écologique continentale, car elle s’étendait de la Galice à la France, soit près de 3 000 kilomètres de côtes. Aujourd’hui, personne ne dit que l’éloignement du navire était une bonne chose, même à l’époque, on disait que c’était une chose scandaleuse à faire.

-Je voulais vous demander à ce sujet. Comparé à d’autres catastrophes, le Prestige est l’un des accidents de pétroliers les plus dommageables pour l’environnement de l’histoire.

-Parce que les actions politiques et administratives ont maximisé la catastrophe. Nous aurions pu avoir une catastrophe localisée comme d’autres. En Galice, nous en avons déjà fait l’expérience. Cela a rendu les gens très indignés. Au cours des trois décennies précédentes, nous avons connu jusqu’à quatre grandes marées noires (Polycommander, Aegean Sea, Andros Patria et Urquiola). Chaque génération a eu sa propre marée noire.

En comparaison, celui-ci était beaucoup plus important que les autres, mais à cause de décisions politiques. Déplacer le navire était barbare. La gestion était mauvaise. D’abord, parce que nous n’étions pas préparés. Nous n’avions pas de navire anti-pollution. Nous avions huit kilomètres de barrières anti-pollution et trois mille étaient pollués. Il n’y avait pas de moyens et il n’y avait pas de plan d’urgence sérieux impliquant la population. Ensuite, il a été démontré que sans la population, il ne pouvait pas être réparé.

Avec l’expérience que nous avions, la gestion avant la catastrophe a été désastreuse. Pendant la catastrophe, la classe politique a paniqué. Je ne pense pas que l’on puisse séparer cela du fait qu’il y avait des élections locales à venir et que personne ne voulait du bateau dans sa localité. Ils étaient plus préoccupés par leurs propres positions que par la nature et le problème social qui en découlait. Cela a conduit à de très mauvaises décisions qui ont maximisé la catastrophe. Et, par la suite, c’est tout à l’honneur de la société civile qui s’est mobilisée héroïquement. Je pense que nous avons également des choses à célébrer à l’occasion de cet anniversaire.

C’est la pire catastrophe de l’histoire de la péninsule ibérique, mais c’est aussi le plus grand acte d’amour collectif pour la défense de la nature. C’est la société civile qui a tout résolu. Tant la crise environnementale que la crise sociale qui en résulte. Le mouvement Nunca Máis nous a tous accueillis, et sans cela, nous ne savons pas ce qui se serait passé. Ce mouvement a canalisé les indignations, les colères, les frustrations et les a portées vers l’activisme : exiger des responsabilités et des moyens avec un mouvement civique spectaculaire. Surtout les responsabilités politiques. Il semble être resté dans l’imagination populaire que le peuple galicien récompensait une fois de plus le PP, mais ce n’était pas le cas. Au final, le Prestige a fini par chasser Manuel Fraga de la Galice.

-Vingt ans plus tard, que savons-nous de l’état de santé de la mer de Galice ?

-Nous en savons beaucoup moins que nous le devrions. La première chose à dire est qu’il n’y a eu aucune évaluation sérieuse de l’impact environnemental du Prestige à court, moyen ou long terme. Je pense que l’une des raisons est qu’une partie de la crise environnementale et sociale est devenue une crise politique et que cela n’avait aucun intérêt. Il fallait le cacher à tout prix. En fait, il n’existe aucune étude sérieuse qui dise comment étaient les côtes galiciennes avant et comment elles sont maintenant. De nombreux écosystèmes côtiers n’étaient ni surveillés ni caractérisés avant le Prestige. La raison en est que nous n’avons pas investi dans la science. Évidemment, le littoral s’est régénéré à un rythme très élevé. On sait que les captures d’espèces d’intérêt commercial ont chuté, ou que plus de 200 000 oiseaux de mer sont morts pendant la catastrophe. D’autant plus que cela s’est produit à une période de migration.

A-t-il permis de tirer des leçons ou sommes-nous toujours les mêmes qu’à l’époque ? A-t-il entraîné un réel changement dans notre façon de gérer l’environnement ?

-Il y a eu du changement. Bien que Greenpeace ne soit pas un expert en matière de sécurité maritime, il y a eu de petits changements, mais probablement plus cosmétiques. Une catastrophe comme celle du Prestige doit être traitée à l’avance. S’ils ne le font pas, cela peut se reproduire.

Il y a encore 40 000 navires qui passent chaque année sur ces côtes, dont 35 % transportent des marchandises dangereuses. En d’autres termes, la cause du Prestige passe encore chaque jour par ici. Cela n’a pas changé. Il y a eu de petits changements réglementaires, comme l’interdiction des navires à simple coque.

Aujourd’hui, nous disposons d’un navire anti-pollution, ce qui n’était pas le cas auparavant. Nous avons peut-être plus de moyens, mais ici nous devons agir à la racine du désastre. Nous ne pouvons pas transporter autant de pétrole en mer. Soit nous changeons le système énergétique, soit le danger sera toujours là.

Le coordinateur de Greenpeace Galicia, Manuel Santos

Javier H. Rodriguez  11/11/2022https://www.eldiario.es/
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