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11 août 2018 ~ 0 Commentaire

las rojas (mas)

arg

Les « rouges » du MAS

Qui sont Las Rojas?

Pourquoi s’appellent-elles Las Rojas?

Nous sommes l’organisation des femmes du « MAS » (Movimiento Al Socialismo-Mouvement pour le Socialisme), c’est un parti trotskyste. Nous nous appelons les rouges parce que nous sommes non seulement féministes, mais aussi rouges, socialistes. Nous pensons qu’il n’y aura pas de véritable féminisme ou de libération des femmes sans socialisme, et qu’il n’y aura pas de véritable socialisme sans l’émancipation des femmes.

Vous existez depuis combien de temps?

Nous existons depuis le début des années 2000. Nous avons constaté la nécessité de créer un mouvement de femmes et de lutter pour nos droits. À partir de 2004, le mouvement a commencé à se développer, renforçant la lutte de genre.

Comment ça s’est passé?

La lutte des femmes a commencé à se renforcer en 2001, avec l’envie de se battre dans les rues. Cela a rendu le mouvement des femmes plus dynamique. Il existe des réunions de femmes depuis les années 80, mais depuis 2001,  le parti a grandi et comme il luttait pour le droit à l’avortement et à l’indépendance économique, il était nécessaire que cette spécificité s’organise. C’est aussi une une conception théorique de ce que devrait être le socialisme.

Comment las Rojas ont-elles émergé ici à La Plata?

Nous appartenons à un courant international  «Socialisme ou Barbarie» car, tout comme le capitalisme est international, le socialisme devrait également être international. Nous avons des partenaires au Brésil, Las Rojas du Costa Rica, un groupe en France et au fur et à mesure que le mouvement progresse, il grandit. Nous avons des compañeras dans divers endroits d’Argentine parce que c’est là que le courant est né.

Comment êtes vous reçues par la société?

Très bien. Le combat est en cours de modification. Les années précédentes les femmes étaient certaines que le gouvernement allait nous accorder certains droits tels que le droit à l’avortement. Il ne la pas fait, alors les femmes ont commencé à chercher une autre alternative: la lutte et l’autonomie du mouvement des femmes. Elles ont compris qu’on ne peut compter que sur notre mobilisation.

http://mujeres-enlucha.blogspot.com/

Lire aussi:

Argentine. Trois trotskystes à la pointe du combat pour l’avortement en Argentine (Révolution Permanente)

Nuevo Mas (Wikipedia) Groupe de femmes « Las Rojas »

Movimiento Socialista de los Trabajadores (Wikipedia)

Forment « Izquierda al Frente por el Socialismo« 

Partido de los Trabajadores Socialistas (Wikipédia) Groupe de femmes « Pan y Rosas »

Partido Obrero (Wikipedia)

Izquierda Socialista (Wikipedia)

Forment « Frente de Izquierda y de los Trabajadores »

Commentaire:

Le trotskisme argentin est extrêmement fragmenté: au moins 5 partis avec 2 mouvements féministes! Ces militant(e)s sont souvent issu(e)s du courant de Nahuel Moreno, d’où le surnom de « morénistes ». Leur « flirt » en France avec le courant de Pierre Lambert du POI a autrefois créé des méfiances de la part de la LCR. Tout cela est fini et des partisan(e)s des deux Fronts de Gauche sont dans le NPA, aussi bien ceux du FIT que ceux du IFS.

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10 août 2018 ~ 0 Commentaire

fmi (cadtm)

dette

Le FMI met le feu en Haïti, en Guinée, en Égypte…

Les prémices d’une nouvelle crise de la dette se précise pour un certain nombre de pays du Sud

Le FMI et la Banque mondiale ont repris peu à peu le rôle qui avait été le leur durant la crise de la dette des années 1980. Ils imposent, en effet, de nouveaux plans d’ajustement structurel (le mot est d’ailleurs réapparu largement) aux pays qui se tournent vers eux, confrontés à une baisse des ressources et/ou à une hausse du service de la dette.

Les années qui ont suivi la mise en place des allègements de dettes (les années 2000) ont vu ces pays profiter de cette période pour investir massivement dans des infrastructures (énergie, transports…), en s’appuyant sur des prêts bilatéraux avec de nouveaux partenaires: Chine, In-de, pays du Golfe, sur une hausse des ressources tirées de l’exportation de matières premiè-res dont le cours a alors repris une courbe ascendante, sur l’accès à de nouveaux modes de financements (eurobonds, finance islamique, bons et obligations du trésor émis en monnaie locale).

Las, la tendance s’est retournée brutalement.

Un grand nombre de matières premières ont vu leur cours baisser fortement, même si elles ont connu sur les deux dernières années, un rebond. Les taux d’intérêt sont repartis à la hausse et les eurobonds émis au début des années 2010 arrivent à maturité entre 2018 et 2020.

Le scénario ressemble comme deux gouttes d’eau à celui du début des années 1980.

Au point que les acteurs essentiels de la période sont de retour. Fonds monétaire international, groupe Banque mondiale, Club de Paris, Institut de la finance internationale (qui a pris de facto la place du Club de Londres pour les créanciers privés), tout ce petit monde est à la manœu-vre pour imposer de nouveau ses règles, en tenant compte de la situation nouvelle. C’est ainsi, par exemple, que le Club de Paris essaie de s’élargir aux nouveaux bailleurs internationaux: Chine, pays du Golfe, Afrique du Sud. L’affaire de la ‘dette cachée’ mozambicaine permet à ces institutions de faire front pour imposer leur méthode.

Mêmes interprètes donc, et même partition : ajustement, austérité, rigueur, libéralisme, libre-échange…

Les conditionnalités sont ainsi de retour. Vous voulez renouer avec les institutions financières internationales (IFI) comme prêteurs en dernier ressort, bien ! Voila le programme, notre pro-gramme [1]. À prendre ou à laisser. La République du Congo, pour avoir tergiversé, voit de mois en mois repoussé le déblocage d’un prêt du FMI pour faire face à une dette qui explose (entre 117 % et 130 % du PIB selon les calculs). Les ‘bons élèves’ voient débloquées les tranches successives de prêts.

Parmi ces conditionnalités, on retrouve toujours l’abandon des mesures sociales, telles que subventions, compensations… qui permettent aux populations d’avoir accès à des services publics, même dégradés. Elles seraient, selon les IFI, trop lourdes pour le budget d’États qui doivent faire face à un service de la dette majoré et donc doivent diminuer leur déficit budgétaire.

Trois exemples d’actualité permettent de comprendre les enjeux sociaux, économiques et politiques de telles mesures.

Le FMI, depuis le début 2018, a imposé à Haïti, à la Guinée et à l’Égypte, l’abandon des subventions aux produits pétroliers.

Haïti

En juin 2018, l’équipe du FMI émet ses recommandations à Haïti [2]. On y voit combien ces techniciens ne tiennent aucunement compte des réalités sociales vécues par l’immense majo-rité de la population. Afin de privilégier ‘la création d’un espace budgétaire nécessaire au financement des programmes sociaux et d’accroître les investissements publics’, le FMI se félicite de l’élimination des subventions au prix des carburants, initiée par le gouvernement fin juin. C’est oublier rapidement l’effet immédiat sur le coût de la vie d’un hausse brusque des transports publics, dans un pays à l‘urbanisation anarchique, ou l’essentiel de ce qui est consommé est importé, où la production agricole doit être transportée vers la mégapole de Port-au-Prince.

La population, elle, ne s’y est pas trompée.

Aussitôt annoncée la hausse, début juillet, des émeutes éclataient dans les quartiers popu-laires. La gazoline devait, en effet, passer de 224 gourdes à 309 gourdes (1 dollar = 69 gourdes, 1 euro = 85 gourdes) le gallon, le gas-oil de 179 gourdes à 264 gourdes pour un gallon, le kérosène, très utilisé par la plupart des ménages en Haïti, de 173 à 262 gourdes.

Rappelons que 58 % de la population haïtienne vit avec moins de 2 dollars par jour, selon les chiffres du PNUD.

Depuis la mi-2017, des fortes mobilisations sociales exigeaient le passage du salaire minimum dans les zones franches à 800 gourdes par jour, pour faire face aux nécessités quotidiennes, montant porté à 1 000 gourdes en 2018, face à une inflation de 14%. La hausse de ce salaire minimum à 350 gourdes à l’été 2017 a été vécu, par les travailleu(rse)s comme une provoca-tion et du mépris. « On nous paie le samedi, le lundi on recommence à s’endetter » disait une des manifestantes. Ils exigent l’abandon de ces politiques antisociales, de véritables mesures économiques, en particulier la restitution des 5 milliards de dollars US détournés des fonds Petro-Caribe par l‘oligarchie locale.

En annonçant la hausse des prix des carburants en plein coupe du monde de football, et plus précisément pendant le match Belgique-Brésil, équipe préférée des Haïtiens, le 6 juillet, les autorités pensaient atténuer le choc. Aussitôt le match fini (et le choc accentué par l’élimination brésilienne ?), les rues étaient bloquées, des supermarchés pillés, un commissariat incendié… Bilan : 20 morts, des immeubles calcinés…

Et la démission du gouvernement de Jack Guy Lafontant, réclamée y compris par le patronat local, accompagnant le gel des hausses annoncées, n’a pas calmé les ardeurs. Quant au représentant du FMI, il se contente de dire que, peut-être il eut fallu étaler les hausses. Sa nouvelle bataille est la restructuration d’Électricité d’Haïti (ÉdH), qu’il réclame depuis des années. Par restructuration, tout le monde comprend, à juste titre, privatisation. Le bilan des privatisations imposées depuis les années 1980 (télécoms…) ne semble pas avoir été tiré.

Guinée

Juin 2018, toujours, le gouvernement guinéen annonce l’abandon des subventions aux carbu-rants, faisant ainsi passer de 8 000 francs guinéens (GNF) à 10 000 GNF le litre d’essence (de 76 à 95 centimes d’euro). Depuis 2016, le gouvernement, sous pression du FMI essaie de faire passer l’abandon de ces subventions. L’institution de Washington en fait une condition de la signature d’un accord de Facilité élargie de crédit FEC).

Une nouvelle fois, elle préconise des solutions les moins équitables, les plus injustes sociale-ment [3]. Le mois de juillet va voir se succéder manifestations, grèves, journées ‘ville morte’. Les syndicats et mouvements sociaux impliqués mettent en avant la hausse des exportations de bauxite (multipliées par trois en un an), dont le pays possède les principales réserves au monde. Ils montrent également du doigt les conditions d’octroi des passations de marché, essentiellement de gré à gré, permettant tous les petits ‘arrangements entre amis’.

Au tour de l’Égypte

21 juillet 2018, c’est au tour de l’Égypte d’annoncer une hausse des tarifs de gaz naturel de 75 %. Le prix de la consommation d’un maximum de 30 m3 a été fixé à 0,175 livre égyptienne (0,098 dollar US) à partir du 1er août contre 0,100 livre précédemment. Cette augmentation du gaz s’ajoute à celles, réalisées en 2016, du carburant, de l’électricité et des transports publics, en contrepartie d’un accord de prêt de 12 milliards de dollars US du FMI. Une nouvelle fois, ce sont donc les couches les plus défavorisées, déjà touchées, par une inflation galopante, une dévaluation de la monnaie, entraînant une hausse de tous les produits importés, qui vont faire les frais de ces politiques. [4]

D’autres pays suivront, si on n’arrête pas la machine infernale. L’Argentine, le Nicaragua ont été touchés récemment, en attendant de nombreux autres pays.

Ces mesures ne restent pas sans réaction. On peut, comme en Haïti, repousser l’échéance pays par pays. Bien sûr, la solidarité la plus large doit s’exercer avec les mobilisations en cours.

Mais la question posée est d’en finir avec ces politiques d’austérité qui font les payer les classes populaires pour les cadeaux faits aux transnationales, aux industries extractives, aux créanciers privés. Les mobilisations dette doivent reprendre le chemin qu’elles avaient emprunté ensemble après la crise des années 1980, mobilisations qui avaient entraîné une remise en cause du poids des institutions financières.

8 août  Claude Quémar

http://www.cadtm.org/

Lire aussi:

Haïti Chérie : Nou la épi-w ! (Cadtm)

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09 août 2018 ~ 0 Commentaire

ivg argentine (essf + le monde + jdd + anti-k + npa + rp)

Le sénat argentin a refusé de voter la loi sur l’avortement qu’a voté le parlement

Argentine : Le droit à l’avortement maintenant pour ne pas mourir ! (NPA)

Cette nuit, le sénat argentin a voté contre l’ouverture du droit à l’avortement libre et gratuit pendant les 14 premières semaines, avec 38 voix contre, 31 pour et 2 abstentions.
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En définitive l’influence de l’Eglise catholique et des héritiers de la dictature sur le monde politique a été victorieuse, alors qu’hier la mobilisation des féministes était massive dans les rues de Buenos Aires.
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L’ouverture de ce débat et la proposition de loi pour la première fois en Argentine s’est faite entièrement sous pression d’un mouvement féministe de masse qui a permis non seulement de se battre contre les violences faites aux femmes et pour le droit à l’avortement en Argentine, mais a donné un vrai souffle au mouvement féministe dans le monde entier. Ce sont les fémi-nistes argentines qui ont impulsé ces deux dernières années une grève internationale des femmes.
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Le vote du Sénat argentin montre encore une fois que la vie et le corps des femmes ne leur appartient pas alors qu’on y recense plus de 500 000 avortements illégaux chaque année.
 Mais cette décision ne mettra pas fin à un mouvement qui a mobilisé des centaines de millier de femmes depuis des mois. Il n’y a pas de retour en arrière possible!
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Le combat pour le droit à disposer de son corps, à la contraception et à l’avortement libres et gratuits est un combat international. Le NPA tient à exprimer sa solidarité féministe et internationale à toutes les féministes qui luttent en Argentine : le droit à l’avortement maintenant pour ne pas mourir !
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Montreuil, le 9 août 2018.
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arg
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Argentine : les sénateurs rejettent la légalisation de l’avortement (JDD)

Le projet de loi pour légaliser l’avortement a été rejeté par les sénateurs argentins à 38 votes sur 51 après deux semaines de débats intenses.

38 votes contre, 31 pour et 2 abstentions. Le sénat argentin a rejeté ce jeudi le projet de loi qui visait à légaliser l’interruption volontaire de grossesse pendant les 14 premières semaines de grossesse. C’est la septième fois en près de vingt ans qu’il était présenté devant le Congrès argentin, et jamais son approbation n’avait été aussi proche. En juin, le chambre des députés avait adopté ce projet. C’est une énorme déception pour les organisations féministes et les pro-IVG en général qui s’étaient accaparé l’espace public pendant ces semaines de débat.

Depuis mercredi matin, ils étaient massivement rassemblés aux abords du Congrès, brandis-sant les foulards verts, symbole des revendications d’avortement légal, libre et gratuit. A l’annonce des résultats, une poignée de manifestants isolés ont incendié des palettes contre une des deux rangées de grilles séparant les deux camps et lancé des pierres sur les policiers anti-émeutes.

L’avortement toujours considéré comme un délit

Chez les anti-IVG, le vote a été accueilli par des feux d’artifice et des cris de joie parmi les militants anti-IVG rassemblés à Buenos Aires devant le Parlement, où se déroulaient les débats. En juin, les opposants au projet de loi avait reçu le soutien du pape François, de nationalité argentine.  »Au siècle dernier, tout le monde était scandalisé par ce que faisaient les nazis pour veiller à la pureté de la race. Aujourd’hui nous faisons la même chose en gants blancs », avait déclaré le pontife.

La loi en vigueur reste donc celle de 1921 qui considère l’avortement comme un délit et qui le sanctionne entre un et quatre ans de prison.

Seuls deux exceptions sont autorisées. En cas de danger pour la santé ou la vie de la femme et en cas de viol. D’après les estimations, 500.000 avortements sont pourtant pratiqués chaque année en Argentine.

Il faudra probablement attendre 2020 avant que la question de l’avortement puisse de nouveau être examinée par le parlement.

La loi fixe un délai d’un an après un rejet, mais en août 2019, à deux mois de l’élection prési-dentielle, il est peu probable que les partis politiques souhaitent reprendre le débat en pleine campagne électorale. Le député de la coalition gouvernementale Cambiemos (Changeons) Daniel Lipovetzky, évoque la possibilité de convoquer un référendum. « Quand les députés pensent d’une manière et les sénateurs d’une autre. Cela mérite peut-être un système de démocratie directe. C’est possible qu’on le propose ». En Amérique latine, seuls deux pays, Cuba et Uruguay, autorisent l’IVG.

9 août 2018  Alexis Boisselier

https://www.lejdd.fr/

avortement

Lire aussi:

Argentine : malgré d’intenses mobilisations, le Sénat rejette la légalisation de l’avortement (Essf)

Après plus de seize heures de débats, le Sénat rejette la légalisation de l’avortement (Le Monde)

 Droit à l’avortement en Argentine : « Ce vote est une honte. Les sénateurs n’ont rien compris » (Le Monde)

Des millions de militants dans les rues en attente du vote des sénateurs sur L’IVG (le Monde)

Le combat des jeunes Argentines pour la légalisation de l’avortement (Le Monde)

Quino dénonce le détournement de son personnage Mafalda par les antiavortement (Le Monde)

«Le système patriarcal pèse sur les structures politiques» (Anti-k)

Grèves de femmes, grèves politiques. (Anti-k)

Argentine. L’avortement restera un privilège de classe (Révolution Permanente)

 

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09 août 2018 ~ 0 Commentaire

black panthers (lutte ouvrière)

black p

États-Unis : des militants du Black Power encore derrière les barreaux

Aux États-Unis, 19 militants afro-américains du Black Panther Party, de la Black Liberation Army et de l’organisation Move, arrêtés dans les années 1970 et 1980, sont encore derrière les barreaux.

Accusés d’avoir tué des policiers ou des gardiens de prison blancs, certains revendiquent ces assassinats comme des actes politiques, mais de nombreux autres, comme Mumia Abu-Jamal, ont toujours nié les meurtres qui leur étaient imputés.

Bien souvent, les accusations portées contre ces militants de la cause noire furent montées de toutes pièces et leurs procès furent des parodies de justice.

Depuis l’an 2000, dix de ces militants de la mouvance Black Power sont morts en prison. Mumia Abu-Jamal, s’il n’est plus menacé de la peine capitale, reste condamné à perpétuité et se voit refuser, à 64 ans, la prise en charge médicale dont il aurait besoin.

Coupables ou innocents des faits qui leur sont reprochés, ces activistes croupissent en prison depuis plus de quarante ans parce que l’État américain veut leur faire payer cher le fait d’avoir osé se dresser contre le système qui opprimait, et opprime encore, l’écrasante majorité des Afro-Américains. Le refus de les soigner correctement fait d’ailleurs aussi partie du châtiment politique infligé par le pouvoir. La justice américaine n’imagine pas les libérer et met un point d’honneur à les priver de liberté pour toujours.

Quant aux policiers blancs qui, chaque année, assassinent de jeunes Noirs, ils n’ont pas à s’inquiéter de connaître un tel sort. Protégés par l’État dont ils sont les serviteurs, ils ne passeront pour la plupart pas un jour de leur vie en prison.

Alan Grey 08 Août 2018

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08 août 2018 ~ 0 Commentaire

juifs arabes (orient 21)

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Sauras-tu reconnaître les berbères juifs et les arabes musulmans?

Ce que les juifs doivent aux musulmans

Le 23 avril dernier, Le Parisien publiait un « Appel des 300 contre le nouvel antisémitisme » suggérant que l’antisémitisme imprègne la tradition musul-mane. C’est oublier que l’expansion de l’islam joua un rôle dans la cons-truction du judaïsme.

Jamais ne s’est répandue en terre d’islam une judéophobie comparable à celle qui, dans le monde chrétien, fit des juifs une nation déicide. La « charte » (çahîfa) de Médine, rédigée peu après l’Hégire, mentionne que « les Croyants et Soumis de Qoraysh et de Yathrîb [Médine] et ceux qui les suivent se joignent à eux et luttent avec eux … forment une communauté unique, distincte des autres hommes », ou encore « les Juifs forment une seule communauté avec les Croyants ».

Les juifs étaient inclus dans l’oumma comme tous ceux qui « présenteront un front uni vers l’extérieur », Ceux des Juifs qui nous suivent ont droit à notre aide et à notre appui tant qu’ils n’auront pas agi incorrectement contre nous ou n’auront pas prêté secours (à des ennemis) contre nous. Des relations souvent cordiales furent entretenues avec les juifs d’Arabie. Le recueil de hadiths du Sahîh al-Bukharî rapporte que Mahomet était assis avec ses compa-gnons lorsque devant eux passa un convoi funèbre ; il se leva en signe de respect. Ses compagnons l’imitèrent, mais lui firent remarquer qu’il s’agissait des funérailles d’un juif. Il leur répondit : « N’est-ce donc pas une âme ? »

Une civilisation cosmopolite du Sahel à la Chine

L’islam mit en relation des espaces où se trouvaient des communautés localement converties au judaïsme. Sa progression permit que se constitue une civilisation cosmopolite de l’Afrique sahélienne à la Chine, qui fit de l’arabe une lingua franca. En pénétrant au Maghreb, les conquérants musulmans rencontrèrent des sociétés familiarisées avec le monothéisme, Berbè-res convertis au judaïsme ou au christianisme. Les judaïsants eurent peu de peine à adopter l’islam, ils observaient des interdits alimentaires similaires, pratiquaient la circoncision, et l’influence punique leur rendait accessible une langue sémitique. Dans le sillage de l’islam se propagea aussi une orthodoxie juive. Selon Joëlle Allouche-Benayoun et Doris Bensimon :

Au 7è siècle, les Arabes entreprennent la conquête du Maghreb ; leurs armées venant d’Orient étaient suivies de commerçants juifs du Yémen et de l’Égypte professant le judaïsme babylo-nien : Kairouan, fondé en 670, devient rapidement la capitale de cette orthodoxie juive qui s’oppose aux pratiques judéo-berbères considérées comme hétérodoxes.

À Kairouan se retrouvèrent des Orientaux nourris du Talmud de Babylone qui initièrent un influent centre d’étude.

Les expéditions arabes diffusèrent ainsi l’islam en même temps qu’elles facilitèrent l’expansion de l’orthodoxie talmudique. Au 11è siècle, la tribu musulmane des Banu Maqil originaire du sud de la péninsule Arabique entra au Sahara, accompagnée d’une clientèle de nomades arabes juifs venus du Yémen (où se trouvait encore au siècle le royaume judaïsé d’Himyar). Suivant l’expansion musulmane, un judaïsme oriental plus strict et moins teinté de paganisme que ne l’étaient les croyances judaïsantes berbères put se diffuser en terre africaine et poursuivre une mission prosélyte auprès d’Africains païens ou superficiellement judaïsés.

La cacherout, licite ou sacrilège ?

En Occident, cinq conciles interdirent aux chrétiens de partager le repas des juifs : Tout chré-tien, clerc ou laïc, doit s’abstenir de prendre part aux banquets des juifs ; ces deniers ne man-geant pas des mêmes aliments que les chrétiens, il est indigne et sacrilège que les chrétiens touchent à leur nourriture, précise le concile d’Agde en 506.

Pour l’islam, la consommation de viande cacher demeure licite, les conditions d’abattage étant conformes aux règles du halal. Dans le Coran, le cinquième verset de la sourate Al-Ma’idah rappelle : (…) vous sont rendues licites les choses bonnes. Par exemple, la nourriture de ceux qui ont reçu l’Écriture avant vous est licite pour vous, comme pour eux la vôtre … (trad. Jacques Berque)

Tout animal licite égorgé en citant le nom de Dieu peut être consommé par des musulmans qui se fient volontiers aux strictes règles de la cacherout. Le repas partagé avec des juifs et la sociabilité que cela implique étaient ainsi permis en terre d’islam. À voir leurs répétitions, on peut supposer que, même en terre chrétienne, les interdits conciliaires étaient toutefois faiblement respectés.

Berbères de toutes confessions

Dans Israël en exil publié en hébreu en 1926, l’historien Ben-Zion Dinur écrivait à propos de l’entrée des musulmans en Al-Andalus : Le troisième bataillon, envoyé contre Elvira, assiégea Grenade, la capitale de cet État, et la subjugua, il confia sa garde à une garnison composée de juifs et de musulmans. Et il en fut de même à chaque endroit où des juifs se trouvaient (…) ; après avoir neutralisé Carmona, Musa (ibn Nosseyr) poursuivit sa marche sur Séville (…). Après un siège de plusieurs mois, Musa conquit la ville, alors que les chrétiens s’enfuirent à Baya. Musa plaça les juifs en garnison à Séville et se dirigea vers Mérida.

La conquête de la péninsule ibérique menée en 711 par Tariq Ibn Ziyad fut le fait de contin-gents berbères islamisés parmi lesquels se trouvaient aussi des judaïsants. Shlomo Sand rappelle : Tariq Ibn Ziyad, le chef militaire suprême et premier gouverneur musulman de la péninsule ibérique (qui a donné son nom à Gibraltar), était un Berbère originaire de la tribu des Nefouça, celle de Dihya-el-Kahina. Il arriva en Espagne à la tête d’une armée de sept mille soldats qui bientôt s’agrandit à vingt-cinq mille hommes, recrutés parmi les populations locales. ‘‘ Parmi ceux-ci, il y avait aussi un grand nombre de Juifs’’, nous dit Dinur.

Tariq appartenait aux Ulhaça, issus des Nefzawa/Nefouça, tribu zénète comme celle des Djerawa à laquelle appartenait la Kahina. Il baigna sans doute dans une effervescence où le judaïsme était présent, ainsi Ibn Khaldun vit dans les Nefzawa une tribu judaïsée.

L’arabe, langue du judaïsme

La principale langue du judaïsme était l’arabe. Au 10è siècle, la traduction de la Bible en arabe par l’Égyptien Said Ibn Yusuf Al-Fayyumi, dit Saadia Gaon, descendant d’une famille convertie au judaïsme, témoigne de la nécessité de faire connaître la Torah à des Arabes juifs ne connaissant pas l’hébreu.

Le judéo-arabe ne fut pas l’équivalent d’un yiddish distinct des langues qui l’environnaient.

Les juifs du monde musulman ne parlaient pas une autre langue que celle des locuteurs non juifs qui les entouraient. Le judéo-arabe fut un arabe oral transposé à l’écrit, utilisé pour s’adresser à des lecteurs parlant un arabe « courant », déchiffrant les caractères hébraïques sans comprendre l’hébreu, ils n’en connaissaient que les formules liturgiques et peu familiers de l’écriture arabe. C’est dans cette langue que le « Rambam » Moussa Ibn Maïmoun, dit Moïse Maïmonide, écrivit son œuvre.

Une mystique judéo-musulmane se développa au Caire entre les 13è et 15è siècles, portée par le propre fils de Moïse Maïmonide. Abulmeni Maïmouni, plus connu sous le nom d’Avraham Maïmonide (1186-1237) en exposa les principes dans son Kitâb kifayat al-abidin Guide pour les serviteurs de Dieu »). Il n’y cachait ni son admiration pour les soufis ni son souhait d’imiter leur exemple. Le mouvement piétiste qu’il initia est connu grâce à un manuscrit de la guenizah du Caire, Futuhat az-zaman (Les conquêtes du temps), hommage aux Futuhat al-Makkiyya d’Ibn Arabi. Un courant mystique s’était aussi manifesté à Bagdad où les contacts furent nombreux entre juifs et soufis, et l’influence du mysticisme musulman put gagner jusqu’aux traditions hassidiques et kabbalistiques.

« Ne dites pas ‘‘Trois’’ »

Opposé au néo-polythéisme trinitaire chrétien, l’islam réactualisa le combat contre le poly-théisme jadis mené par un judaïsme dont le christianisme triomphant avait mis fin aux velléités prosélytes. Pour Mark R. Cohen, « contrairement au christianisme, l’islam n’éprouva nullement le besoin d’établir son identité aux dépens des juifs ». Les polémiques musulmanes visaient davantage les chrétiens, mushrikun (polythéistes) « associant » le nom de Dieu à celui du Christ. Les inscriptions de la mosquée du Dôme du Rocher à Jérusalem ne mentionnent pas les juifs, mais s’adressent aux chrétiens en leur rappelant l’indivisibilité de Dieu : Croyez en Dieu et aux envoyés, ne dites pas ‘‘Trois’’. Projeter une responsabilité de l’antisémitisme vers le monde musulman relève de la tentative d’en exonérer l’histoire européenne. Celle-ci fut pourtant davantage marquée par les persécutions antijuives que par l’édification d’une civilisation « judéo-chrétienne ».

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07 août 2018 ~ 0 Commentaire

suisse (rts.ch)

panic

Pas de panique!

Les températures futures « pourraient dépasser les 50 degrés en Suisse »

Les records de chaleur dans le monde illustrent les avertissements sur la modification du climat. Les records de chaleur qui s’enchaînent cet été à travers la planète illustrent les avertissements des scientifiques sur la modification du climat. Un groupe appelle à un sursaut collectif urgent dans la lutte contre ce dérèglement.

On s’attend à ce que l’Europe batte cet été le record établi à Athènes en 1977, avec presque 48 degrés.

La région de Santarem, au Portugal, en est toute proche. L’Espagne, elle, compte ses pre-miers décès dus à la chaleur. Même le nord de l’Europe a dû faire face à des incendies de forêt auxquels il n’était pas habitué. Ailleurs aussi, à Montréal ou à Séoul notamment, les ther-momètres s’emballent. Un événement météorologique ne prouve pas à lui seul le réchauffe-ment, mais c’est leur répétition et leur cumul qui le confirment. Et la situation actuelle illustre les avertissements des scientifiques.

Il est tout à fait logique que chaque année des records soient battus. Jean Jouzel

« Cette canicule s’inscrit clairement dans un contexte de réchauffement climatique global », assure Jean Jouzel, ancien vice-président du Groupe d’experts internationaux sur le climat (GIEC). « Les quatre dernières années ont été les plus chaudes que nous ayons connues depuis 150 ans. Et dans un tel contexte, il est tout à fait logique que chaque année des records soient battus en termes de températures et de canicule. On voit bien que ce que nous vivons aujourd’hui, c’est ce à quoi nous nous attendions. » Or les conséquences du réchauffe-ment climatique de manière générale sont assez négatives, rappelle le climatologue et glaciologue. « C’est très clair, et cette tendance va encore s’accélérer. »

Nous ne sommes pas préparés à des températures record de 50-55 degrés. Jean Jouzel

C’est dans ce contexte d’urgence qu’un collectif baptisé Pacte Finance-Climat (lire encadré) s’est constitué pour lancer un appel solennel. « Si la lutte contre le réchauffement climatique devait ne pas être efficace, et c’est un risque très clair, nous irions vers un réchauffement de 3-4 degrés dans la seconde partie du siècle (…) et nous pourrions avoir des températures record de plus en plus élevées », avertit Jean Jouzel, qui est l’un des deux scientifiques à l’origine de l’appel.

« On pourrait dépasser 50 degrés, voire 55 degrés, sur l’est et le sud de la France, je connais les données, mais c’est probablement les mêmes chiffres pour une partie de la Suisse. Les températures record, dans ce cas-là, pourraient aussi dépasser les 50 degrés en Suisse et c’est quelque chose auquel nous ne sommes pas préparés. » Le spécialiste est donc convaincu de la nécessité et de l’urgence d’agir. « C’est bien le sens de l’appel que nous avons lancé, avec cette idée que c’est au niveau du continent européen qu’il faut prendre un leadership dans la lutte contre le réchauffement climatique », dit-il.

Lutter contre le réchauffement climatique est synonyme de dynamisme économique. Jean Jouzel

Pour y parvenir, Jean Jouzel souligne qu’il faut décorréler activité économique et émissions de gaz à effet de serre. « Il faut aller vers une société bas carbone, c’est-à-dire construire un déve-loppement plus raisonné, ne pas le construire autour du combustible fossile. Il faut en prendre conscience, les Etats-Unis doivent jouer un rôle, la Chine doit jouer un rôle, et l’Europe peut jouer un rôle important parce qu’aller vers cette société bas carbone est aussi synonyme de création d’emplois.

Au niveau européen, on parle de 6 millions d’emplois créés d’ici 2050, qui accompagneraient cette transition énergétique. (…)

Lutter contre le réchauffement climatique est synonyme de dynamisme économique, et ce sont les pays, les continents, qui s’y attelleront les premiers qui réussiront, y compris du point de vue économique. Et la Suisse est un des pays très en pointe sur les recherches qui touchent à ce domaine. » « Nous n’avons plus le temps de regarder ce qu’il faut faire, il faut le faire », insiste Jean Jouzel. « Le climat que nos enfants auront à vivre se dessine aujourd’hui. »

Propos recueillis par Patrick Chaboudez 6 août 2018

https://www.rts.ch/

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07 août 2018 ~ 0 Commentaire

colonies (amnesty International + afps)

Colonisation

Colonies israéliennes : le rôle de la France

Les colonies israéliennes grignotent de plus en plus de terres dans les Territoires palestiniens occupés depuis la guerre de 1967. La communauté internationale, singulièrement l’Union euro-péenne, ne cesse de dénoncer cette colonisation, illégale au regard du droit international. Des entreprises européennes et françaises participent à cette entreprise de colonisation, pourtant condamnée.Cette participation prend trois formes:

1/ Soutien économique direct et indirect

La première, invisible sur le terrain, consiste pour les sociétés françaises concernées à avoir des liens économiques et financiers avec des entreprises israéliennes elles-mêmes mises en cause pour leurs activités liées à la colonisation. En février 2017, l’ONG israélienne Who Profits, spécialisée dans la recherche des bénéfices économiques de la colonisation, publie un rapport mettant en cause les grandes banques israéliennes.

Quelques semaines plus tard, un rapport français de l’ONG CCFD révèle que quatre banques françaises et une entreprise d’assurance (NP Paribas, Crédit agricole, Société générale, BPCE, AXA) ont des participations dans ces banques israéliennes. Elles ont donc un lien avec l’entreprise de colonisation.

Aussi indirect qu’il puisse paraître, ce lien n’en n’est pas moins réel et fondamental. Selon un diplomate qui a tenu à rester anonyme, « toute relation économique avec une entité israélienne quelle qu’elle soit pourrait être mise en cause dans ce cadre de fourniture de services aux colo-nies. Ça toucherait alors toute la relation économique entre la France et Israël. »

Le deuxième type de participation est direct et concerne exclusivement le tramway de Jérusalem. Ce tramway présente une ligne en service avec un projet d’extension et deux lignes en projet. Il relie des blocs colonies de Jérusalem Est (occupée) à la partie ouest de la ville (israélienne). De ce fait, il est considéré comme illégal au regard du droit international. Dans ce cas, les entreprises françaises qui y participent se font les acteurs directs d’une entreprise de colonisation.

Veolia s’est retiré suite à une campagne internationale. Alstom est toujours présente, ainsi qu’Egis Rail. Systra, filiale de la SNCF, a annoncé son retrait le 20 juin 2018 après la publica-tion d’un rapport mettant en évidence le rôle des trois entreprises françaises dans la concep-tion, la réalisation et le fonctionnement du tramway.

La troisième forme de participation à l’économie des colonies concerne les biens produits dans les colonies et exportés vers la France ou d’autres pays de l’UE.

Le consommateur les trouve sur ses marchés, dans ses supermarchés, chez son caviste, dans son centre de beauté ou sur le site Internet de sociétés dont le siège social est en France. Il s’agit principalement de produits alimentaires, fruits, légumes, herbes aromatiques, vins et cos-métiques. Ces produits doivent, conformément à plusieurs directives et recommandations inter-nationales, européennes et françaises, porter la mention de leur provenance exacte, c’est-à- dire qu’il doit être clairement indiqué qu’ils proviennent de colonies israéliennes de Cisjordanie, Jérusalem Est ou Golan syrien occupés.

Un étiquetage qui pose question ?

C’est l’exportateur qui étiquète ses produits et une société agréée, dans le pays d’origine, délivre une déclaration d’origine. Mais, la Commission européenne l’a précisé en 2015, il incombe au pays importateur d’appliquer la législation européenne sur l’étiquetage des produits des colonies.

La France s’en donne-t-elle les moyens ?

Le contrôle relève, au sein du ministère de l’économie, de la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes). Les autorités compé-tentes peuvent obtenir l’information sur l’origine par les documents douaniers, les facteurs, documents de transport et par les codes postaux des lieux de production. Une liste des codes postaux des localités situées dans les Territoires occupés (Cisjordanie, Jérusalem Est, Golan syrien) est publiée par l’Union européenne Sur le papier, tout est donc fait pour que soient dûment signalés les produits issus des colonies.

David Elhaiini, président du Conseil régional de la Vallée du Jourdain représentant les colons et lui-même agriculteur, nous déclare que l’étiquette elle seule est « un appel au boycott ». Du coup, les colonies de la Vallée du Jourdain ont fait une croix sur le marché européen : « les exportations vers l’Europe ne représentent plus que 5 à 10 % de notre production globale aujourd’hui, contre 80 % il y a 10 ans, affirme David Elhaiini. Nous serions fiers de les étiqueter ‘production de la Vallée du Jourdain’, comme BMW est fier d’apposer sa marque sur ses voitures, mais les risques de boycott sont trop grands. »

Toujours selon lui, les produits sont donc exportés vers la Russie et l’Europe de l’Est, ce qui entraîne un manque à gagner financier. Le discours de David Elhaiini est en partie au moins contredit par une enquête de terrain. Nous avons constaté que des entreprises situées dans des colonies de la vallée du Jourdain apposent une étiquette « made in Israel » ou « produce of Israel » sur des dattes et des herbes aromatiques destinés au marché français. Ainsi, l’usine de conditionnement Tamar Dvash, installée depuis 3 ans dans la colonie de Naama, trie et conditionne les dattes d’une vingtaine d’agriculteurs dont un seul Palestinien.

En 2015, première année de son activité, 400 tonnes sont passées sur ses chaînes de condi-tionnement. Elles étaient 1 200 tonnes en 2016 et le chiffre est monté à 1 600 tonnes en 2017. Les cartons sont étiquetés en fonction de la demande du client : « pour certaines commandes, on ne remplit pas la case concernant l’origine du pays », nous dit l’employée responsable du conditionnement.

Quand cette origine est mentionnée, elle l’est par le « produit en Israël ». Ces dattes sont exportées vers l’Union européenne, notamment la France et l’Espagne par l’entreprise coopé-rative Galilee Export qui possède une filiale en France. « Produce of Israel » aussi sur les car-tons des herbes aromatiques exportées par la coopérative « the Growers » située dans la même colonie de Naama.

Les bureaux exigus et la petite unité de conditionnement occupent une partie seulement d’un bâtiment bas et délabré sur les murs extérieurs desquels on peut voir les enseignes défraî-chies de Carmel et d’Agrexco. Cette dernière a fait faillite deux fois, en 2011 puis en 2016. Sept producteurs d’herbes aromatiques ont alors décidé de se regrouper et de vendre directement leur production, soit 3 000 tonnes par an. 30 % de celle-ci part sur le marché israélien, 70 % à l’export, dont l’immense majorité vers l’Union européenne. Les cartons de basilic, romarin et autres menthes partent chaque jour vers Amsterdam et trois fois par semaine vers Rungis. Tous sont étiquetés « produce of Israel ».

Certaines sociétés tentent de « maquiller » leur localisation en ayant leur siège social dans les limites internationalement reconnues d’Israël et leurs moyens de production dans un des Territoires occupés. C’est le cas des Laboratoires de la Mer Morte, qui fabriquent et commer-cialisent la marque Ahava. Ils ont promis de déménager leur usine, leur centre de recherches et leur centre visiteurs situés à Mitzpe Shalem, en Cisjordanie, mais ils sont toujours au même endroit. D’autres, en revanche, ont fini par déménager, comme le producteur de boissons Soda Stream. Mais ces derniers exemples sont rares et l’étiquetage tel qu’il est appliqué aujourd’hui paraît une arme bien peu efficace pour faire respecter le droit international.

06.08.2018

Lire aussi:

Pourquoi les colonies israéliennes sont illégale (Amnesty Internationnel)

Israël : l’Irlande interdit l’importation de produits et services en provenance des colonies (AI)

Le business des colonies israéliennes (AI)

Trump et ses alliés cherchent à mettre fin au statut de réfugié de millions de Palestiniens (Foreign Policy)

« Reléguer les réfugiés aux oubliettes » : pourquoi Israël veut tuer l’UNRWA

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07 août 2018 ~ 0 Commentaire

référendum (lnc-nc)

kanak

Non-participation au référendum : Les précisions du Parti travailliste

Estimant que l’échéance est une « farce électorale » ou encore un rendez-vous « bidon », le Parti travailliste avait décidé, le 15 juillet dernier, lors d’un congrès extraordinaire à Nouméa, d’appeler à « la non-participation massive » au référendum du 4 novembre. Avant de préciser qu’il s’agit bien d’une non-participation, et pas d’un boycott.

Deux semaines après cette annonce du Parti travailliste, le groupe UC-FLNKS et Nationalistes (UCFN) au Congrès a déposé une nouvelle constitution de groupe auprès de l’institution : le nom est identique mais l’équipe n’est plus la même. Celle-ci est désormais composée de treize membres et non plus quinze. Les absents ? Louis-Kotra Uregei et Marie-Pierre Goyetche. Qui ont rejoint Basile Citré et Gaël Yanno, deux élus également sans étiquette.

Dans un communiqué diffusé ce jeudi 2 août, le Parti travailliste « tient à préciser que ses élus ont été des partenaires loyaux et assidus du groupe UCFN [et que] le représentant du Parti travailliste a été le seul à défendre les positions du groupe alors même que les élus de l’Union calédonienne ont renié ces positions initiales pour s’aligner derrière celles de Paul Néaoutyine et de l’état colonial […] afin de permettre et de faciliter toujours davantage les inscriptions de non-Kanak.

Le communiqué, signé du bureau politique du Parti travailliste, qualifie ensuite la charte des valeurs communes de « fruit d’une nouvelle couillonnade issue d’un G10 illégitime devenu le G7 encore plus illégitime puisque les représentants indépendantistes n’ont jamais été mandatés par le peuple kanak ».

« C’est dans la dignité, poursuit le bureau politique du Parti travailliste, que nous assumons avec détermination et confiance notre choix de ne pas participer, le 4 novembre, au parachè-vement de l’œuvre commencée avec l’Accord de Nouméa, de négation du peuple kanak au profit du pseudo-peuple calédonien bricolé, cher à Philippe Gomès [qui] n’est pas victime de l’histoire au sens de Nainville-Les-Roches, ainsi qu’à l’Etat colonial et à leur complices indépendantistes ».

02.08.2018

https://www.lnc.nc/

Commetaire: Le Parti travailliste refuse les conditions de ce référendum: beaucoup trop d’expats ou métropolitains ont le droit de vote tandis que des canaques ne sont pas inscrits sur les listes. Il a rompu avec l’Union Calédonienne principal force du FNLKS plus accommodants.

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05 août 2018 ~ 0 Commentaire

lafarge (france info)

hollande

Laurent Fabius entendu par les juges dans le dossier Lafarge : « Cette audition est extrêmement inquiétante

franceinfo : Vous n’avez pas eu les réponses que vous attendiez de la part de Laurent Fabius ?

Marie Dosé : Non et cette audition est extrêmement inquiétante parce que Laurent Fabius a déclaré sous serment qu’il ne savait rien alors que son ministère savait tout. De nombreux documents ont été déclassifiés par le ministère des Affaires étrangères à la demande des juges d’instruction, et des notes diplomatiques démontrent que le Quai d’Orsay savait tout, du début jusqu’à la fin, c’est-à-dire le maintien de Lafarge en violation de la réglementation et ses tractations avec Daech. Comment est-ce que le Quai d’Orsay a pu ne pas en informer le minis-tre ? Il y a un vrai dysfonctionnement des institutions et ce qui m’effraie, c’est la sérénité avec laquelle Laurent Fabius nous explique qu’il ne savait rien. Comment peut-il accepter d’affirmer : « Les seules fois où j’ai vu le PDG de Lafarge, c’était pour parler de développement durable et de la COP21″ ?

Ce qui vous choque, c’est donc que ses collaborateurs les plus proches ne lui remontaient pas ces informations ou les remontaient à d’autres personnes ?

Nous sommes en train de parler de financement du terrorisme, de complicité de crimes contre l’humanité. Comment peut-il accepter que ses proches collaborateurs aient gardé ça pour eux ? Il met en cause un dysfonctionnement énorme des institutions et, étrangement, il n’a pas l’air de trouver ça si scandaleux. C’est donc une audition un peu étrange.

Selon l’article du Monde, les informations reçues par le Quai d’Orsay étaient davantage transmises à la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) ou au ministère de la Défense. Qu’est-ce que ça veut dire, selon vous, du fonctionnement et du rôle de l’État dans cette affaire Lafarge ?

Soit les informations de la DGSE sont faites pour la DGSE et rien d’autre, à partir de là, c’est donc un service de renseignement qui se renseigne et ne fait pas remonter l’information. Soit c’est un cabinet qui se trompe complètement sur les enjeux entre 2012 et 2016 en Syrie et c’est très inquiétant sur ce que ça veut dire de la position française. En tout cas, il va falloir rendre des comptes. L’association Sherpa va demander l’audition de personnalités liées au cabinet de Laurent Fabius et de certains fonctionnaires. Nous devons comprendre comment un ministre a pu être tenu dans l’ignorance d’informations aussi graves.

Interrogée sur l’affaire Lafarge, Marie Dosé, avocate de l’association Sherpa, veut  « compren-dre comment un ministre a pu être tenu dans l’ignorance d’informations aussi graves ». « Cette audition est extrêmement inquiétante », a déclaré sur franceinfo mardi 31 juillet Marie Dosé, avocate de l’association Sherpa qui est partie civile dans l’affaire de financement de terrorisme présumé en Syrie qui touche Lafarge. Le Monde a en effet révélé lundi que l’ancien ministre des Affaires étrangères et actuel président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius, a été entendu le 20 juillet par les juges d’instruction en charge du dossier. Lafarge, cimentier fran-çais, a été mis en examen en tant que personne morale le 28 juin, notamment pour finance-ment d’une entreprise terroriste et complicité de crimes contre l’humanité.

01/08/2018

https://www.francetvinfo.fr/

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05 août 2018 ~ 0 Commentaire

climat (jdd)

afrique

Réchauffement climatique: ce sont les pays les plus pauvres qui vont en pâtir le plus

Les pays en développement apparaissent comme étant les plus vulnérables face aux conséquences du réchauffement climatique sur l’économie mondiale. Explications.

Les degrés s’amoncellent et l’économie régresse : les prévisions concernant les conséquences du réchauffement climatique sur l’économie mondiale semblent aujourd’hui toutes plus pessi-mistes les unes que les autres. Et l’impact évoqué est d’être le même pour l’ensemble de la planète : dans la situation actuelle, plusieurs études montrent que les pays en développement seront les premiers à mordre la poussière, bien avant les pays les plus riches, pourtant responsables de la majeure partie des émissions de gaz à effet de serre.

Liens forts du développement économique et du climat

Un exemple. « La Côte d’Ivoire rattrape le temps perdu » : dans son rapport au titre évocateur « Pour que demain ne meure jamais, la Côte d’Ivoire face au changement climatique » publié en juillet, la Banque Mondiale est optimiste. Bonne nouvelle? Peut-être, mais le constat est large-ment nuancé quelques lignes plus tard. En effet, la forte croissance du pays de ces dernières années: 7.8% en 2017 d’après le FMI, a en partie reposé sur un stock de ressources natu-relles qui tend aujourd’hui à s’épuiser. Si le climat n’est pas seul en cause, la gestion de la croissance économique a elle aussi entamé le capital naturel national, il semble être aujourd’hui devenu le principal facteur de risque.

Conséquence principale?

Une sécheresse accrue, dans un pays où le tiers des exportations nationales, issu de la culture du cacao, repose sur la fertilité des terres. « Le développement économique et le climat sont inextricablement liés : sans mesures adéquates, le changement et la variabilité climatiques mettront en péril les progrès durement acquis depuis quelques décennies ».

L’agriculture en première ligne

Et le cas de la Côte d’Ivoire est loin d’être particulier. En Afrique, la courbe du PIB pourrait perdre entre trois et quatre points d’ici à 2060, selon l’OCDE. Une plongée pour le moins raide quand on la compare à la diminution annoncée pour les pays d’Europe et d’Amérique du Nord membres de l’organisation, sur le même intervalle de temps : entre 0,25 et 0,75 point.

La différence s’explique principalement par les domaines de l’économie affectés par le réchauf-fement climatique. L’agriculture, secteur économique clef dans les pays les plus pauvres, est heurtée de plein fouet par l’augmentation des températures. Si le phénomène est observable partout dans le monde, en France, les vendanges s’effectuent par exemple de plus en plus tôt dans l’année, il est d’autant plus important dans les pays en développement, où les rende-ments agricoles sont tout à la fois synonymes de source de revenu, de sécurité alimentaire, d’une large source d’emplois, et de recette d’exportation.

Toujours moins riches

D’ici à 2030, l’effondrement des rendements agricoles pourrait faire augmenter les prix des denrées en Afrique Subsaharienne de plus de 12% en moyenne, selon le rapport de la Banque Mondiale « Ondes de choc : maîtriser les impacts du changement climatique sur la pauvreté ». Une augmentation conséquente dans une région où les ménages les plus défavorisés consa-crent déjà plus de 60% de leurs revenus à leur alimentation. « La lutte contre la pauvreté est indissociable de la lutte contre le changement climatique. Il sera bien plus facile d’atteindre ces deux objectifs de façon conjointe », précise Stéphane Hallegatte, économiste à la Banque Mondiale en charge du rapport.

Vulnérables ou nantis

Depuis 2009, le Climate Vulnerable Forum (CVF) réunit 20 pays particulièrement exposés en termes d’économie au réchauffement climatique. Il se définit comme un outil de « coopération Sud-Sud », facilitant le dialogue entre gouvernements soucieux de travailler sur le sujet. « Depuis trop longtemps, nos peuples ont souffert alors que d’autres intérêts étaient mis au premier plan », a fait observer Gemedo Dalle, ministre éthiopien de l’environnement, lors du dernier sommet du CVF en juin dernier.

Dans un rapport publié en 2015, l’ONG britannique Oxfam établissait que 10% des habitants les plus riches de la planète étaient à eux seuls responsables, en termes de consommation individuelle, de plus de la moitié des émissions mondiales en CO2. Inversement, la moitié la plus pauvre de la planète était alors responsable d’environ 10% des rejets. Le propos est tranchant : « Le changement climatique est intrinsèquement lié aux inégalités économiques : c’est une crise induite par les émissions de gaz à effet de serre des nantis qui frappe le plus durement des pauvres ».

Sens de l’urgence

Lors du sommet, plusieurs membres des gouvernements membres du CVF ont pointé du doigt le manque d’effort des signataires des accords de Paris de 2015. L’objectif fixé était alors de limiter le réchauffement climatique à deux degrés supplémentaire d’ici à 2100, tout en fournis-sant le plus d’effort possible pour n’atteindre que les 1,5 degrés Celsius.

« Nos pays sont parmi les plus vulnérables, et nos objectifs parmi les plus ambitieux au monde. Nous invitons le reste du monde à remplir leurs engagements avec un plus grand sens de l’urgence. Nous savons que la poursuite des 1.5 degrés pour laquelle nous nous battons est le meilleur moyen pour non seulement protéger nos peuples et nos climats, mais aussi pour permettre à nos économies de croître », a assené le sénateur philippin Loren Legarda.

Cercle vicieux et « fardeau fiscal »

Les pertes économiques des pays vulnérables ne sont pas les seuls en cause. Le changement climatique semble aussi exercer une influence néfaste sur leurs endettements nationaux. Une étude publiée cette année par deux universités londoniennes (Imperial College et SAOS) pour le compte de l’ONU va jusqu’à évoquer un « fardeau fiscal » des 20 pays du CVF, dont l’évalua-tion par les agences de notation serait implicitement alourdie par les risques liés aux change-ments climatiques.

Ces résultats ont été obtenus par comparaison des charges d’intérêts de pays membres du CVF, avec celles d’un groupe de pays en développement, et de celles des pays du G7. « Les taux d’intérêt des pays issus du CVF sont déjà plus hauts qu’ils ne le seraient sans l’influence des conditions climatiques », observent les chercheurs. Coût supplémentaire estimé pour les dettes gouvernementales? 40 milliards de dollars d’intérêts dans les dix dernières années… Qui pourraient être multipliés par quatre dans la prochaine décennie.

3 août 2018

https://www.lejdd.fr/

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