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02 avril 2020 ~ 0 Commentaire

pandemies 5 (contretemps)

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Le pangolin : animal sauvage ou marchandise capitaliste ?

Pour mieux comprendre comment les interactions entre le mode de production capitaliste et l’environnement dans lequel il s’implante ont pu produire le covid-19, revenons au point zéro supposé de la maladie : le marché de Wuhan.

Là encore, la tentation de l’exotisme est forte : il s’agit d’un marché humide, c’est-à-dire un marché où l’on vend des animaux sauvages, morts ou vivants, pour la consommation humaine. La liste des animaux qui y sont vendus nous rend ce marché assez dépaysant : serpents, viande de crocodile, ânes, renard ou encore pangolins.

Revenons donc à notre question initiale : comment expliquer la consommation de telles espèces qui, en plus de nous paraître impropres à la consommation, sont potentiellement des agents pathogènes redoutables ?

L’explication culturaliste renverrait inévitablement ces modes alimentaires à une tradition chinoi-se pluriséculaire et ne manquerait probablement pas, pour finir, d’insister sur la nécessité de mettre fin à ces pratiques pour juguler les risques pandémiques.

Pourtant, s’il est exact que l’on retrouve en Asie des pratiques traditionnelles pouvant expliquer la consommation de ces animaux (les écailles de pangolin étant par exemple utilisées dans la médecine chinoise), ce fait masque un détail bien plus troublant : l’explosion nouvelle du marché des animaux dits sauvages.

Cette consommation d’animaux sauvages n’a ainsi rien d’immuable : elle a une histoire et cette histoire est récente. On peut la découper en deux temps. Le premier nous renvoie aux années 1970 [18].

Le régime chinois doit alors gérer une famine qui aura fait plus de 30 millions de mort et ne parvient pas à produire suffisamment de nourriture pour alimenter toute sa population (qui compte alors 900 millions d’habitants).

Il décide alors de réformer un système agricole jusque-là complètement étatisé : il autorise le développement de fermes d’élevage privées. Des petites exploitations paysannes, frappées de plein fouet par la famine, se tournent alors vers les animaux sauvages, comme la tortue, pour tenter de survivre.

Cela reste cependant très marginal et le deuxième temps de cette histoire est probablement bien plus décisif. En 1988, le gouvernement chinois décide de définir les espèces sauvages comme des « ressources naturelles », ouvrant de fait la voie à leur exploitation par de grandes fermes de type capitaliste visant à dégager du profit : c’est à partir de cette date que la consommation d’animaux sauvages a commencé à exploser.

Et c’est à ce moment également (et non avant) que se développent pleinement les discours mettant en avant les bénéfices médicaux que le consommateur peut espérer tirer de la consommation de ces animaux.

Loin d’un discours issu de la médecine traditionnelle, il s’agit donc d’une banale stratégie commerciale produite par les grandes fermes exploitant ces espèces dans le but d’augmenter les profits tirés de l’exploitation de cette nouvelle « ressource naturelle ».

C’est ce qui explique qu’on observe une expansion de la demande, notamment de la part des classes moyennes aisées vivant en ville [19]. Ainsi, le pangolin et autres espèces dites « sauvages » ont été l’objet d’une marchandisation les intégrant aux chaînes de valeurs agro-alimentaires [20].

Sous cet angle, le pangolin nous paraît bien moins étrange qu’au départ : il n’est finalement qu’une banale marchandise comme une autre (à ceci près, certes, que la marchandise en question est soupçonnée d’être à l’origine d’une pandémie particulièrement dangereuse).

Ce processus de marchandisation a évidemment une incidence directe sur le processus zoonotique produisant les nouvelles pandémies. D’abord parce que pour capturer les animaux destinés à être vendus, il devient nécessaire de s’enfoncer dans des zones peu accessibles, augmentant les risques d’exposition des éleveurs aux espèces porteuses de différents virus, comme la chauve-souris.

Ensuite parce qu’il implique de mettre sur le marché des espèces porteuses de virus face auxquels le système immunitaire des consommateurs ne peut avoir aucune réponse efficace puisqu’il n’y a jamais été confronté. On s’aperçoit donc que l’opposition binaire entre espaces urbanisés et espaces « sauvages » ne tient pas : le capitalisme subordonne complètement ces derniers aux premiers afin d’intégrer les différentes « ressources naturelles » qui s’y trouvent, précédemment transformées en marchandises, dans sa chaîne de valeurs.

Wuhan n’est pas qu’un marché : spéculation immobilière et agro-business

Cette expansion spatiale du capitalisme – des centres urbains vers des espaces supposément sauvages – est en plus aggravée par la spéculation immobilière (qui tend à grignoter, selon une logique déjà évoquée à propos du virus Ébola, les écosystèmes dans lesquels évoluent des espèces animales comme la chauve-souris) et par l’agro-business capitaliste.

Ainsi, Wuhan, avant d’être connu pour son marché humide, est d’abord, en Chine, « la capitale de la construction » [21]. Cette ville a en effet été au cœur de l’accélération brutale de l’urbanisa-tion chinoise, principalement après la crise de 2008 et l’introduction massive de capitaux étran-gers spéculant sur le parc immobilier chinois.

Selon les estimations du blog Chuang, en 2018-2019, la superficie totale consacrée aux chan-tiers de construction dans la ville était équivalente à la taille de l’île de Hong Kong dans son ensemble [22] !

Cela a eu pour conséquence de repousser plus loin dans la périphérie les infrastructures liées à l’agro-business et, en conséquence, la dépossession des petites exploitations paysannes qui se trouvaient alors sur ces terres.

Ces paysans n’ont donc eu d’autre choix que de rejoindre les périphéries urbaines ou de s’enfoncer davantage dans les espaces forestiers, s’exposant donc encore plus aux espèces animales contaminées.

Surtout, en lien avec la consommation d’espèces sauvages évoqué plus haut, ces paysans, dépossédés de leurs lieux de production, n’ont guère d’autre choix, pour survivre, que de chasser le gibier sauvage pour le vendre sur les marchés mondiaux ou pour leur propre consommation.

Ce qui explique que la consommation de pangolin soit à la fois le fait des classes moyennes urbaines aisées et des paysans les plus pauvres [23]. Ainsi, ce régime alimentaire, présenté ici ou là comme typiquement chinois, n’est en fait que le résultat de la marchandisation d’un côté et de la dépossession de l’autre – bref, de l’exploitation capitaliste.

Paul Sebillotte 2 avril 2020

https://www.contretemps.eu/

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02 avril 2020 ~ 0 Commentaire

pandémies 6 (contretemps)

stop elevage a

La pandémie est une question écologique

En somme, parce qu’il est lié à la déforestation massive et à l’exploitation capitaliste des sols, le risque pandémique doit être rattaché à la question écologique [24] :

C’est une des leçons importantes d’une « époque où la destruction causée par une accumulation sans fin s’est étendue à la fois vers le haut, au sein du système climatique mondial, et vers le bas, au sein des substrats microbiologiques de la vie sur Terre » [25].

Sans sombrer dans une rhétorique apocalyptique facile, il faut comprendre que le risque est immense. Au moment où les méthodes intensives d’élevage se généralisent, les pandémies pourraient se multiplier.

C’est qu’indépendamment des interactions évoquées dans cet article entre monde supposément « sauvage » et les êtres humains, la production des virus est aussi très fortement liée au systè-me agro-industriel lui-même. La monoculture intensive d’animaux supprime les pare-feux immunitaires permettant de ralentir la transmission [26].

Ce mode de production animale est directement à l’origine des différentes grippes porcines et aviaires qui ont circulé ces vingt dernières années.

Ainsi, le biologiste Rob Wallace a observé, dans le cas de la grippe aviaire (grippe de souche H5N1), que l’on n’a retrouvé aucune souche endémique hautement pathogène dans les populations d’oiseaux sauvages : ce sont dans les populations domestiques rassemblées dans les fermes industrielles que cette pandémie semble s’être développée [27].

Il est assez facile de comprendre que lorsqu’un virus a de nombreux hôtes de la même espèce vivant dans une grande promiscuité, son taux de transmission a de fortes chances d’être beaucoup plus élevé.

Les pratiques de l’élevage industriel montrent donc que les capitalistes, à la recherche de profits toujours plus importants, ne prennent jamais en compte les risques épidémiologiques qu’implique leur pratique.

Au pire des cas – et l’épidémie actuelle nous le montre – les coûts d’une épidémie seront exter-nalisés (les États les prendront en charge sans demander aucun compte aux capitalistes : la politique mise en place en France en est un exemple frappant).

Les crises sanitaires répondent aux mêmes logiques que les crises économiques : privatisation des profits, mutualisation des pertes. Nous nous retrouvons alors dans une situation que l’on serait tenté de qualifier d’absurde si elle n’était pas dramatique :

Un système capitaliste qui est indirectement responsable d’une pandémie qu’il est incapable de gérer du fait des reculs sociaux que la bourgeoisie nous a imposés (coup dans les budgets hospitaliers, baisse du financement des programmes de recherche, etc.).

Certes, les capitalistes, toujours prompts à se dédouaner des catastrophes qu’ils provoquent, feront valoir que les maladies zoonotiques ont toujours existé – ce qui est vrai [28]. Cependant, les dynamiques à l’œuvre concernant ce type de maladie sont effrayantes.

Si l’on a évoqué l’augmentation importante des maladies infectieuses en introduction de l’article, il faut noter que parmi ces maladies, celles d’origine animale sont de plus en plus nombreuses [29]. On pourra toujours alors évoquer la dimension « naturelle » de ces virus qui agiraient sur les humains sans que les humains n’y puissent rien. C’est oublier, comme le soutenait Engels il y a un siècle et demi, qu’ « en soutenant que c’est exclusivement la nature qui agit sur l’homme […], la conception naturaliste de l’histoire […] est unilatérale et oublie que l’homme aussi réagit sur la nature, la transforme, se crée des conditions nouvelles d’existence » [30].

C’est contre cette « conception naturaliste » des virus qu’il faut lutter : les pandémies sont directement liées à l’accumulation du capital qui bouleverse les équilibres écosystémiques des espaces dans le but d’accumuler toujours plus de richesses.

C’est que les pandémies, au même titre que l’appauvrissement des sols ou le réchauffement climatique, ne sont qu’une expression supplémentaire de l’antagonisme qui existe entre le capitalisme et l’environnement. Elles sont à mettre en lien avec ce que Marx avait appelé  la « rupture métabolique » [31] : un mode de production insoutenable qui implique une contradic-tion entre croissance et reproduction et met en danger la perpétuation des existences.

Socialisme ou Barbarie : actionnons le frein d’urgence !

Lutte écologique et lutte contre les pandémies sont donc inextricablement liées et elles impliquent toutes deux une lutte contre le capitalisme. Le renversement de ce mode de production permettrait une meilleure gestion des ressources grâce à une relocalisation de la production permise par la mise sous contrôle des moyens de production par les travailleurs.ses.

Cela permettrait ainsi aux animaux destinés à l’alimentation de se reproduire sur place et ainsi de transmettre aux consommateurs.trices les immunités développées. Cela mettrait fin aux monocultures industrielles et aux dangers qu’elles représentent d’un point de vue épidémiologique.

Enfin, cela supprimerait l’opposition entre ville et campagne grâce à une meilleure répartition de la population (dont la mobilité ne serait plus déterminée par les flux de capitaux) et une meilleure prise en compte des limites biologiques de notre environnement (retour des nutriments consom-més sur les sols qui les ont produits, conservation des barrières virologiques que constituent les espaces forestiers, etc.).

Comme l’écrivait Marx, « la suppression de l’opposition entre la ville et la campagne n’est pas plus une utopie que la suppression de l’antagonisme entre capitalistes et salariés. »

Ces changements ne sauraient attendre et la pandémie qui est aujourd’hui source de tant d’inquiétude doit nous servir d’avertissement. Plus que jamais, renverser le capitalisme devient la seule alternative crédible à la barbarie, que celle-ci prenne les traits d’une catastrophe dite « naturelle » ou d’une dynamique politique fascisante.

Pour que le confinement ne soit pas notre nouveau mode de vie, pour que les pandémies ne deviennent pas notre quotidien, il est temps d’imposer une organisation sociale nouvelle qui, par l’autogestion des ressources, serait à même de rétablir les équilibres que l’accumulation infinie a dangereusement menacés. Alors que les menaces s’amoncellent, que les dangers se multiplient, nous revient à l’esprit cette phrase de Walter Benjamin :

« selon Marx, les révolutions sont les locomotives de l’histoire. Mais parfois les choses sont différentes. Parfois les révolutions sont la forme par laquelle l’humanité, qui voyage dans ce train, actionne le frein d’urgence. »

Paul Sebillotte 2 avril 2020

https://www.contretemps.eu/

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02 avril 2020 ~ 0 Commentaire

colonisation (réseau-inter essf)

Colonisation

Coronavirus : le colonialisme aussi aggrave la situation

L’existence du virus n’est pas de la responsabilité du capitalisme ; sa propagation à l’échelle planétaire et l’incurie de nombre de mesures gouvernementales, en revanche, oui.

Et, de même que la situation de crise a des conséquences plus dramatiques pour les femmes à cause du patriarcat ou pour les personnes migrantes à cause de la xénophobie, le colonialisme aggrave aussi les choses.

Les populations des pays encore colonisés subissent une peine supplémentaire. Dans ces régions du monde, toute l’économie est tournée vers les besoins des pays colonisateurs. Cela a des conséquences dramatiques dans la crise que nous connaissons : infrastructure, habitat, centres de soins, alimentation, structures sociales, etc., tout est largement en-dessous des besoins ! Se laver les mains souvent est difficile quand il n’y a pas de point d’eau.

Une grande partie de la population de ces pays vit « ordinairement » dans des conditions effroyables ; l’état sanitaire de beaucoup accentuera les conséquences dramatiques de la pandémie.

Les gouvernements, les patrons et les riches des pays colonisateurs méprisent la population locale. Cela se traduit aussi en ces temps de crise sanitaire mondiale : le matériel de protection y est insuffisant (ou composé de matériel hors d’état), les consignes coloniales ne tiennent aucun compte des réalités locales. Alors que la population y est, globalement, en moins bonne santé, c’est là que sont affectés moins de moyens…

Et pourquoi faire appel à l’armée, à l’exemple de la France qui envoie deux navires porte-hélicoptères, un vers La Réunion, l’autre vers la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane ? Deux navires militaires mais non médicalisés…

Avec la pandémie, la situation est encore plus dramatique pour les populations où la situation est déjà insupportable en temps « normal », à l’exemple des territoires occupés comme la Palestine et de toutes les zones de guerre.

Le syndicalisme prône l’autodétermination des peuples, l’égalité sociale, l’antiracisme.

Les systèmes coloniaux, sous quelques formes et noms que ce soit, sont à l’inverse de cela. C’est pourquoi, les organisations syndicales membres du Réseau syndical international de solidarité et de luttes réaffirment leur volonté de lutter contre le colonialisme, leur solidarité avec les peuples de ces pays, leur exigence de liberté pour ceux-ci et, dans l’immédiat, la mise à disposition de tous les moyens de protection nécessaires (masques, produits hydro-alcoolique, tests de dépistage, etc.) et des mesures d’urgence spécifiques liées à l’état sanitaire local.

1er avril 2020

http://www.laboursolidarity.org/

Des organisations membres du Réseau syndical international de solidarité:

Central Sindical e PopularConlutas (CSP-Conlutas) -Brésil

Confederación General del Trabajo(CGT) -Etat espagnol.

Union syndicale Solidaires (Solidaires) -France.

Confederación STES (Intersindical) -Etat espagnol.

Confédération Nationale des Travailleurs -Solidarité Ouvrière (CNT SO) -France.

Confédération Nationale du Travail (CNT-f) -France.

Ezker Sindikalaren Konbergentzia (ESK) -Pays basque.

Ogólnopolski Związek Zawodowy Inicjatywa Pracownicza (OZZ IP) -Pologne

Lire aussi

L’État colonial et la crise sanitaire en Guyane (NPA)

À la Réunion, la pandémie aggrave les inégalités sociales (ESSF)

Kanaky Face à l’épidémie, l’État colonial donne sa priorité à l’économie (A&R)

Mayotte : une situation inquiétante

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01 avril 2020 ~ 0 Commentaire

alimentation (nueva tribuna)

malbouffe
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La fragilité du système alimentaire mondial à l’époque des coronavirus
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L’approvisionnement est-il garanti ?
Y a-t-il des risques dans la chaîne alimentaire?
Que se passerait-il si les pays commençaient à fermer les frontières, ou simplement à stocker la  la nourriture par peur de la pénurie?
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Depuis le début de cette crise des coronavirus, l’un des problèmes les plus importants qui inquiètent la population, outre l’impact de la maladie elle-même, est la sécurité de notre chaîne d’approvisionnement alimentaire.
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Peu de temps après l’état d’alerte, des files d’attente sont apparues dans les supermarchés, des pénuries sur les étagères, et cette angoisse, évidemment, s’est propagée comme une vague aux différents pays menacés par le virus.
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Rapidement, les gouvernements et les médias sont sortis pour nous transmettre un message univoque: les chaînes de supermarchés assurent l’arrivée de la nourriture. Ces chaînes de distribution, d’importation et d’exportation, l’agroalimentaire, les intermédiaires etc . qui étaient auparavant la cible des exigences apparaissent désormais essentiels, et d’une certaine manière il en est ainsi. Parce que nous n’avons pas d’autre choix, c’est le modèle dominant.
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Avec ce message, la population semble s’être calmée et nous sommes revenus à la normale. En quelques heures, on a effectivement transmis le message que l’approvisionnement est garanti . Mais en est-il ainsi? N’y a-t-il pas de risques dans la chaîne alimentaire? Que se passerait-il si les pays commençaient à fermer les frontières, ou simplement à stocker la nourriture par peur de la pénurie?
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.Plusieurs pays ont déjà commencé à accumuler des réserves alimentaires et des récoltes
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Selon Bloomberg, plusieurs pays ont déjà commencé à accumuler des réserves de nourriture et des récoltes, le Kazakhstan, l’un des plus grands producteurs de blé et a interdit les exporta-tions, le Vietnam a également suspendu temporairement l’exportation de riz.
Nous ne savons toujours pas si cette situation n’est que ponctuelle et marginale, ou va-t-elle devenir un mouvement qui brise la chaîne du commerce alimentaire mondial, et nous entrons comme en 2008 dans une crise alimentaire due à la hausse soudaine et dramatique des prix des denrées de base.
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La FAO elle-même vient d’avertir que la progression du coronavirus affecte l’offre et la demande de nourriture.Tant en raison de l’impact de la maladie, du manque de mobilité, de la limitation des transports ou du manque d’accès au crédit pour les producteurs,  des épisodes de manque de sécurité alimentaire sont possibles, notamment dans les pays les plus pauvres. 
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« Il est bon de savoir que notre alimentation dépendra des immigrés qu’on veut expulser »
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La réalité est que dans le cas espagnol et européen, nous avons une dépendance extraordinaire vis-à-vis des marchés étrangers et des importations alimentaires.
Pas seulement cela, notre nourriture est basée sur la main-d’œuvre immigrée, dans de nombreux cas précaire et qui avec la fermeture des frontières ne peut plus venir. Cela compromet la campagne de récolte des fruits, ce qui nous montre que la fragilité de notre système alimentaire est très élevée.
Près du quart de l’affiliation à la sécurité sociale du régime agraire spécial est de nationalité étrangère. Dans certaines régions, comme Huelva, Almería, Murcie ou Albacete, ce pourcentage monte à 40% et dans les zones de fruits et légumes , il dépend jusqu’à 90% des saisonniers.
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À tel point qu’en Allemagne, les alarmes ont déjà sonné qu’en raison de la fermeture des frontières, les récoltes des fraises et des asperges est déjà en danger.Maintenant, nous ne pouvons que rechercher des solutions urgentes telles que la régularisation des immigrants irréguliers très persécutés qui sont déjà là.
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Il est bon de savoir que notre alimentation dépendra des immigrants qui risquent être expulsés.Ce système est basé sur du pétrole bon marché, sur des aliments dits « kilométriques ». Pour se faire une idée, la distance moyenne parcourue par un aliment avant d’atteindre notre assiette est de 5 000 km.
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On peut croire que les aliments kilométriques sont les « desserts coloniaux », c’est-à-dire le café, le sucre, le cacao ou le thé, par exemple. En réalité, ces produits sont minoritaires dans les allées et venues de la nourriture espagnole ou européenne. Si nous continuons à agrandir le zoom, nous trouvons des aliments traditionnellement locaux mais nous savons qu’ils viennent de plus loin (pois chiches, lentilles, blé, oranges, pommes, raisins, melons, etc.)
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Au cours des 10 dernières années, l’importation des denrées alimentaires dans l’État espagnol a augmenté de 66%
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A Barcelone, par exemple, avec les kilomètres parcourus par 5 produits (pommes, raisins, riz, pommes de terre et crevettes), nous avons quasiment fait le tour de la terre (39 000 km), alors qu’en réalité tous ces produits peuvent être trouvés dans un rayon de moins de 100 km. Au cours des 10 dernières années, l’importation de denrées alimentaires dans l’État espagnol a augmenté de 66%.
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À partir des données, nous pouvons calculer, le jour de l’année où nous cessons d’avoir notre propre nourriture et commençons à consommer des aliments importés.Nous avons du blé jusqu’au 1er février, à partir de cette date, tout est importé, du maïs jusqu’au 22 juin, des lentilles jusqu’au 1er mars, des haricots verts le 27 février, du lait jusqu’au 20 août. Nos aliments de base dépendent des importations.
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Nous devons mettre le problème sur la table et débattre, s’il est vrai que ce système mondialisé actuel est vraiment si sûr, ou s’il y a une bonne partie du message qui repose sur un cadre idéologique néolibéral.
Nous savons que les systèmes alimentaires locaux, plus territorialisés et basés sur les marchés intérieurs, sont plus résilients et essentiels pour assurer la sécurité alimentaire de la population et lutter contre le changement climatique.
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Nous sommes liés à un modèle caractérisé par une maîtrise de la chaîne alimentaire par des oligopole, quelques multinationales de la grande distribution et de l’agro-industrie
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Aujourd’hui, nous n’avons pas de système basé sur la souveraineté alimentaire, nous sommes liés à un modèle de contrôle de la chaîne alimentaire par des oligopoles:  quelques multinationales de la grande distribution et de l’agro-industrie.
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Un modèle qui devient fragile dans les crises mondiales comme celle que nous vivons, mais qui est également irrationnel en termes de changement climatique, en termes de santé, en termes d’implication dans l’évolution du régime alimentaire et de l’augmentation des maladies. De plus il provoque l’exode et la crise du monde rural.Nous savons que ce modèle alimentaire dépend également des marchés financiers et en temps de crise, de volatilité, d’incertitude, ils sont la base pour gagner de l’argent avec la nourriture.
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Souvenons-nous qu’après la crise de spéculation alimentaire de 2008, les pays membres du G20 et l’UE n’ont pas réglementé ou limité ces marchés ou ces pratiques spéculatives sauvages. Et la situation est à nouveau dangereuse.Pour le moment, il est urgent que l’Union Européenne et les États du G20 s’accordent sur le contrôle, la réglementation et la transparence des marchés alimentaires internationaux et exigent que les banques évitent des mouvements spéculatifs qui vont sûrement se produire. Nous nous retrouverions plongés dans une crise alimentaire.Lorsque nous sortirons de cette crise, nous devront changer beaucoup de choses et deux d’entre elles: récupérer notre souveraineté alimentaire et  parier une fois pour toutes sur les systèmes alimentaires locaux.
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Javier Guzmán 30/03/20
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01 avril 2020 ~ 0 Commentaire

usa (pùblico à-l’encontre)

central park

Des millions d’Américains risquent de ne plus bénéficier de la couverture maladie après avoir perdu leur emploi lors de la pandémie

Avec l’expansion du coronavirus aux États-Unis, 3,3 millions de personnes ont perdu leur emploi en mars et le gouvernement Trump n’exclut pas que le chômage puisse atteindre 40 millions de personnes, qui perdraient ainsi leur assurance maladie en pleine urgence à cause du coronavirus. (Le gouvernement fédéral et ceux des États ont demandé à plus de 158 millions de travailleurEs sur un total de 200 millions de rester chez eux blog)
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Au mois de mars les États-Unis (327 millions d’habitants) avaient le plein emploi : 273 000 chômeurs, 3,6% de la population active. C’était son meilleur chiffre depuis un demi-siècle, puis la pandémie de la covid-19 a explosé ce bilan: mars s’est terminé hier avec 3,3 millions de chômeurs … et en augmentation constante.

Dans un pays où la couverture maladie est liée à l’assurance maladie sur le lieu de travail, des millions d’Américains risquent dans les semaines à venir de perdre toute couverture au milieu de la pandémie de coronavirus.

Ce chiffre pourrait atteindre jusqu’à 40 millions de personnes. À la mi-mars, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a assuré que la Maison Blanche fonctionne avec différents scénarios économiques, dont le pire viserait à atteindre 20% de chômage, pour une population active de 206 millions de personnes de 15 à 64 ans. Ce serait donc 40 millions de chômeurs qui pourraient se retrouver sans couverture maladie.

Selon l’ONG Public Citizen, il y a actuellement 29 millions de personnes sans assurance maladie aux États-Unis et à cela s’ajouteraient les 58 millions de citoyens sous-assurés.

« Nous ne parlons pas seulement des droits mais de la santé publique. S’il y a des gens qui ne vont pas chez le médecin ou à l’hôpital et qui ne reçoivent pas de traitement parce qu’ils n’ont pas d’assurance, non seulement la vie de cette personne est en danger, mais il y a un risque de de  propager aux autres la pandémie « , assure Melinda St. Louis, porte-parole de Public Citizen.

« Exclure les gens des soins de santé met la société dans son ensemble en danger. Si covid-19 nous montre quelque chose, c’est que nous sommes à un moment où nous devons repenser le système de santé aux États-Unis », ajoute-t-elle.

Dans le même esprit, le vice-président directeur de la Kaiser Family Foundation, Larry Levitt, a déclaré qu’ ‘ »avec le nombre de citoyens qui perdent leur emploi, il ne fait aucun doute que le nombre de personnes sans assurance maladie augmente dans ces pays. »

Tout cela arrive alors que le troisième paquet d’aide approuvé au Sénat et signé par Donald Trump fin mars, et qui implique des mesures d’une valeur de 2 milliards de dollars (1,82 en euros), comprend la concession aux hôpitaux privés de 100 milliards de dollars (environ 91  en euros) en échange de pratiquement rien.

« Nous ne savons pas exactement », « à quel point le taux de personnes non assurées augmente parce que certaines des 3,3 millions de personnes qui viennent de perdre leur emploi ou n’avaient pas d’assurance maladie ou étaient déjà dépendantes de programmes publics comme Medicaid ou Obamacare.  »

Medicaid est une assurance pour faibles revenus financée par l’État pour les particuliers et les familles. Obamacare est une autre assurance financée par l’État pour certains citoyens qui ne sont pas éligibles à Medicaid mais ne sont pas en mesure de souscrire une assurance privée. La troisième assurance maladie financée par l’État est Medicare, pour les retraités qui n’affecterait en aucun cas les chômeurs.

« Obamacare a le problème que la période d’enregistrement s’ouvre une fois par an et est fermée en ce moment, donc le gouvernement devrait décider de l’ouvrir et il ne s’est pas encore prononcé ».En ce qui concerne le programme Medicaid, « certaines de ces personnes ou familles totalement sans emploi seront éligibles à entrer dans Medicaid car c’est déterminé par le revenu sur une base mensuelle, mais elles peuvent ne pas être éligibles si elles vivent dans l’un des 14 États qui ont refusé Medicaid, laissant plus de deux millions de personnes dans la pauvreté sans assurance maladie ».Cependant, la couverture Medicaid et les différentes assurances proposées par Obamacare ne sont pas toujours complètes. Selon une estimation faite par la Fondation Kaiser en 2008, le traitement hospitalier d’une pneumonie avec complications s’élève en moyenne à 20 290 $ (18 380 euros).Si une personne est couverte par l’une de ces options mais avec une couverture, par exemple, de 80%, cela signifierait devoir payer plus de 4 000 $ (environ 3 600 euros). Et tout cela en étant au chômage. Le traitement hospitalier d’une pneumonie avec complications s’élève en moyenne à 18 380 euros, selon une estimation de 2008.

Selon la Kaiser Family Foundation, l’assurance maladie coûte en moyenne 7 200 $ par an (6 520 euros) pour un individu et plus de 20 000 $ (18 000 euros) pour une famille. Et, ils incluent des franchises (comme des franchises dans l’assurance automobile européenne).

« La seule option pour lutter contre la pandémie en toute sécurité », dit St. Louis, « serait de garantir la couverture sanitaire de l’ensemble de la population par la loi, mais cela n’est pas prévu par l’administration Trump. »

C’est pourtant le pari que les deux candidats démocrates à la tête du parti ont fait lors du face à face du 15 mars: Bernie Sanders et Joe Biden. Le premier est un défenseur invétéré de la santé publique gratuite et universelle pour tous les Américains. Le second, a déclaré que « tant que cette pandémie dure. Il doit y avoir des traitements et des tests gratuits pour tous ».

Cependant, tous les démocrates ne pensent pas de cette façon, ce parti a une majorité au Sénat, qui est la chambre qui a fini par approuver les mesures choc pour faire face à la pandémie de la covid-19.

Pendant ce temps, chaque jour, le nombre d’infections aux États-Unis augmente par milliers, des dizaines ou des centaines de morts et des dizaines ou des centaines de milliers de chômeurs, beaucoup d’entre eux avec le risque certain de perdre leur assurance maladie et donc la possibilité de recevoir soins médicaux. Ils sont la chair à canon de cette pandémie.

Ce n’est pas une situation nouvelle. Au cours de la dernière grande récession, une étude de l’Université Cornell a révélé que 9,3 millions d’Américains ont perdu leur assurance maladie entre 2007 et 2009. Pendant cette période, six Américains sur 10 qui ont perdu leur emploi et donc leur assurance.

Washington 01/04/2020 Manuel Ruiz Rico

https://www.publico.es/

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31 mars 2020 ~ 0 Commentaire

usa (npa à-l’encontre)

fbi

La tempête se déchaine aux États-Unis

Comme une furieuse tempête, la pandémie de coronavirus a atteint et commencé à ravager les États-Unis, qui comptent maintenant le plus grand nombre de cas recensés dans le monde.

Le coronavirus s’est propagé à tous les États de l’Union avec de grandes épidémies dans les villes de New York, Detroit, Chicago, La Nouvelle-Orléans, la Bay Area en Californie, Los Angeles, Atlanta et Miami.

Partout dans le pays, il y a une pénurie de lits d’hôpitaux, d’unités de soins intensifs, de blouses, de masques, de respirateurs et de ventilateurs pour les soins. Les personnels de santé les plus exposés – médecins, infirmières, tous les autres personnels hospitaliers et les paramédicaux qui conduisent les ambulances – ont souffert de maladies et de décès et travaillent dans la peur.

La peur au travail

Le gouvernement fédéral et ceux des États ont demandé à plus de 158 millions de travailleurEs (sur un total de 200 millions) de rester chez eux. Les cadres et les technicienEs, les professeurEs et autres enseignantEs continuent d’être rémunérés et de travailler à domicile.

Mais de nombreux salariés aux métiers essentiels doivent aller travailler dans la santé, les soins aux personnes âgées et aux enfants, les pharmacies, les épiceries, les entrepôts et les transports, les aéroports, la police et les pompiers, les systèmes énergétiques, la collecte des ordures, les services téléphoniques et Internet, et certaines autres activités essentielles de fabrication et de construction.

Tous ceux et toutes celles qui continuent de travailler sont plus susceptibles d’être exposés à la maladie

Des millions de travailleurEs ont été licenciés et ont déposé une demande de chômage, le plus grand nombre dans l’histoire des États-Unis. Les allocations versées par les États et l’Etat fédéral en aideront beaucoup, mais d’autres n’ont aucun revenu. De nombreux et nombreuses travailleurEs domestiques sans papiers, par exemple, sont déjà à court de ressources.

En réponse à la crise sanitaire et à la récession, le Congrès a voté et Trump a signé un plan de secours de 2000 milliards de dollars qui prévoit des milliards pour les hôpitaux, les petites entreprises et les sociétés, ainsi que des mesures limitées pour les travailleurEs.

Une mesure prévoit de verser jusqu’à 1 200 dollars aux adultes (gagnant moins de 75 000 dollars par an) et  500 dollars supplémentaires par enfant. La loi étend également l’assurance chômage avec un montant supplémentaire de 600 dollars par semaine pendant quatre mois.

Grèves, protestations et entraide

Pour exiger que leurs employeurs ferment leurs entreprises ou bien les sécurisent, les travailleurEs se sont mobilisés dans les entrepôts d’Amazon, dans une usine de transformation de poulet, dans des magasins et des fast-foods.

Des travailleurEs de l’automobile se sont mis en grève sauvage, obligeant leurs entreprises à fermer les usines. Les travailleurEs de l’assainissement de Pittsburgh ont quitté le travail pour protester.

Les travailleurEs de la construction de New York ont ​​forcé l’arrêt de la construction non essentielle. Et les enseignantEs de la ville ont fait pression sur le syndicat et la ville pour fermer les écoles. Des infirmières ont manifesté contre le manque d’équipement de protection individuelle. Des centaines de groupes locaux d’aide mutuelle se sont formés à travers le pays pour aider les personnes âgées et les handicapés.

Les socialistes démocrates d’Amérique (DSA) s’étaient profondément impliqués dans la campagne de Bernie Sanders à la primaire du Parti démocrate, mais maintenant Joe Biden est loin devant, et la pandémie a rendu ce travail difficile.

Le primaire continue théoriquement, mais bénéficie de peu d’attention. Bernie Sanders s’est battu noblement au Sénat pour améliorer le programme de secours tandis que Biden a pratique-ment disparu. Donald Trump domine l’actualité, utilisant chaque conférence de presse sur le coronavirus pour faire également campagne pour sa réélection.

DSA a organisé quelques actions de protestation sur les lieux de travail et, avec les syndicats, s’est engagée dans l’entraide, critiquant la logique de profit dans le système de santé.

Nous exigeons Medicare (l’assurance-maladie) pour touTEs, mais demandons également des nationalisations, des hôpitaux aux compagnies aériennes.

Nous plaidons pour le socialisme. Mais bien que ces idées soient toutes importantes, elles risquent de ne pas être entendues lorsque le chômage et le loyer, la maladie et la mort retiennent toute l’attention des Américains. Il est urgent d’élaborer une stratégie.

Mardi 31 mars 2020 Dan La Botz

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31 mars 2020 ~ 0 Commentaire

guerre? (psl)

star war

Y aura-t-il une troisième guerre mondiale ?

Selon une étude réalisée entre juin et octobre 2019 par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), plus de la moitié des personnes âgées de 20 à 35 ans sont convaincues qu’un conflit mondial, probablement nucléaire, est à prévoir dans la prochaine décennie.

Dans notre pays (la Belgique blog) aussi, plus de la moitié des jeunes craignent une troisième guerre mondiale. Allons-nous vers une guerre?

Ce sentiment a été renforcé par l’assassinat du général Qassem Soleimani, le plus haut responsable du service de sécurité iranien, et les menaces échangées entre les responsables américains et iraniens qui en ont résulté.

Les jeunes, en particulier, craignent profondément un conflit nucléaire mondial et comprennent généralement son potentiel apocalyptique. Cependant, il est peu probable qu’il y ait une troisième guerre mondiale avec un conflit nucléaire.

La perspective d’une destruction mutuelle assurée qu’impliquerait un conflit nucléaire mondial, menace également l’élite économique et politique. Cette élite apprécie les armes nucléaires pour le prestige international, l’influence diplomatique qui en découle (et les profits prélévés au passage blog) mais en faire usage est encore une toute autre affaire.

La classe capitaliste n’est intéressée que par le profit, ce qu’elle obtient grâce à l’exploitation des ressources naturelles et du travail humain. Ce serait impossible dans un désert post-apocalyptique à la Mad Max.

La manière dont l’économie capitaliste mondiale est étroitement imbriquée assure que même des frappes nucléaires à petite échelle sont indésirables pour l’establishment.

Cela perturberaient trop profondément les chaînes d’approvisionnement et menaceraient ainsi l’économie dans son ensemble. Mais le capitalisme est en crise profonde et les tensions sont croissantes.

La concurrence entre les États-Unis et la Chine aurait conduit à une guerre ouverte à peu près à n’importe quelle autre époque. Aujourd’hui encore, il existe des tensions et des conflits, des guerres commerciales aux confrontations entre régimes fantoches derrière lesquels se trouvent des puissances impérialistes mondiales et régionales. Les investissements dans l’armement et la défense sont inouïs : 1 822 milliards de dollars en 2018 !

Enfin, la menace de guerre est utilisée par pas mal de régimes politiques pour faire taire ou marginaliser l’opposition interne, à l’image de ce que le mouvement ouvrier dû subir au début du 20è siècle et avec le maccarthysme dans les années 1950.

Mais c’est là que le bât blesse pour les différents régimes. L’establishment politique américain panique à mesure qu’il perd le contrôle de son propre système et tandis que les idées socialistes connaissent un succès croissant dans le pays. Le régime iranien a lui aussi été confronté à une contestation de masse.

La menace d’un mouvement anti-guerre capable de faire vaciller le système politique et écono-mique est une autre raison importante pour laquelle une troisième guerre mondiale n’est actuellement pas à l’ordre du jour.

Le mouvement anti-guerre a joué un rôle majeur pour mettre fin à la guerre du Vietnam dans les années 1970. Aujourd’hui, un mouvement anti-guerre aux États-Unis pourrait se développer bien plus rapidement et également recourir à l’arme de la grève au vu de l’actuel contexte de multiplication des luttes syndicales aux USA.

Cela menacerait le règne de l’establishment et l’ensemble du système capitaliste. Un mouve-ment international de masse des travailleurs et des jeunes contre la guerre et l’impérialisme est la meilleure réponse aux menaces de guerre.

En mettant toute l’industrie militaire aux mains de la collectivité, les énormes ressources et connaissances technologiques pourraient être utilisées dans l’intérêt de la paix et de la solidarité entre les travailleurs.

Construisons ce mouvement anti-guerre!

Eugenio (Bruxelles) lundi 30/03/20

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31 mars 2020 ~ 0 Commentaire

virus (à l’encontre)

free

Trump et ses alliés ont décidé de sauver le capitalisme.

Quoi qu’il en coûte

Il se passe quelque chose d’intéressant en Chine, si le Wall Street Journal (du 26 mars 2020) a vu juste. Cette nation commence à émerger de sa propre expérience, dévastatrice, du coronavirus, mais le statu quo ante ne semble pas se rétablir:

«Il semble que la Chine soit aujourd’hui parvenue au point qu’espèrent atteindre les Etats-Unis et l’Europe dans quelques semaines ou quelques mois.

Et pourtant, de nombreuses usines chinoises constatent que la demande pour leurs produits a disparu. Les consommateurs, en Chine et ailleurs, hésitent à dépenser préoccupés par ce qu’ils ont perdu et craignant ce qui les attend.

« Pour les entreprises américaines liées au commerce mondial, les exportateurs et les sociétés multinationales, la limite d’un retour à la normale en Chine pourrait préfigurer la perspective d’une reprise américaine lente.

La consommation constitue plus des deux tiers de l’économie américaine. La perte d’emplois, la baisse des revenus et une chute de la confiance pourraient l’entraver pour une période d’une durée inconnue.»

Voulez-vous savoir pourquoi Trump et la vorace bande de ses copains veulent nous ramener à la vie d’avant, quand bien même l’air serait chargé d’un virus mortel?

Pour que nous consommions!

La machine qui leur bourre les poches s’est arrêtée parce que les gens préfèrent pouvoir continuer à respirer plutôt que de leur acheter des trucs. En Chine, cela se passe comme ça. Attendez seulement. Ici aussi, ce sera comme ça! [Et diverses données tendent à valider la sous-estimation des décès en Chine, à Wuhan en particulier.]

Pour Trump et les capitalistes, c’est la fin d’un monde, celui qu’ils connaissent et qu’ils possèdent, qu’ils aiment depuis toujours. Pour lequel, ils sont prêts à nous sucer la moelle des os et se fichent complètement de notre détresse.

Un de ces jours, au mépris des experts, Trump annoncera peut-être le retour à la normale. Reste à savoir si les gens l’écouteront. Ce n’est encore que le début. Haut les cœurs! N’écoutons pas le président.

Article publié sur le site de Truthout en date du 28 mars 2020; traduction  A l’Encontre

30 mars 2020 William Rivers Pitt

https://alencontre.org/

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29 mars 2020 ~ 0 Commentaire

vaccin (npa)

medicament

« On aurait pu sans doute avoir un vaccin et / ou des traitements prêts… »

Bonjour, peux-tu d’abord brièvement te présenter ?

Je suis immunologiste, chercheur CNRS dans une unité INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) en milieu hospitalier, retraité depuis 2009 mais directeur de recher-ches émérite, et, à ce titre, en temps normal, je vais tous les jours à mon labo.

Commençons par le commencement : CoVid ?

C’est un « nouveau » virus, pour l’homme en tout cas, puisqu’il était présent depuis longtemps chez le pangolin et la chauve-souris (la transmission vient plus probablement d’elle). La séquence du génome l’a démontré.

Il n’est nul besoin d’imaginer un complot de l’armée US ou des laboratoires chinois. Des transmissions de ce genre se sont déjà produites : Ebola, le Sida où là encore les théories du complot ont surgi alors que les équipes de Pasteur en France et au Cameroun (entre autres) ont démontré le rôle des chimpanzés et/ou du singe vert.

C’est un virus « émergent », comme l’a été en son temps (2002-2003) le SARS-CoV-1, respon-sable du SRAS, lui aussi un coronavirus. Ils appartiennent à la même famille, qui n’a rien a voir avec les virus de la grippe, mais ce coronavirus là est nettement plus contagieux que le SARS-CoV-1.

Tu parles de virus émergents. Était-ce « prévisible » ?

Oui, et je renvoie d’ailleurs à l’excellent article du Monde diplomatique de mars (1). La multiplication des épidémies et pandémies à intervalles de plus en plus rapprochés est pour beaucoup d’éco-scientifiques liée à la mondialisation :

Transports aériens (qui nous mènent en quelques heures là où les caravelles prenaient des semaines) et réseaux routiers « désenclavant » les petits villages auparavant isolés – ce qui limitait la propagation – se surimposant à l’envahissement/destruction d’écosystèmes à des fins mercantiles, provoquant inévitablement la « confrontation » de l’homme à des virus avec lesquels il n’a eu aucun contact récent.

Dans notre cas, la survenue d’une nouvelle épidémie à SARS était inévitable. D’où l’existence de réseaux d’alerte.

Mais était-ce prévisible, donc pouvait-on avoir une action préventive ?

Il est difficile de dire « oui » dans la mesure où les recherches ad hoc ont été stoppées avant d’aboutir. Un petit parallèle avec d’autres virus est utile. Pour la grippe, par exemple, on « prévoit » les mutations à venir, de sorte que l’on vaccine chaque année contre l’épidémie qui va survenir.

Cela n’exclut pas une mutation inattendue. Ça a été le cas du H1N1 (2009-2010), mais l’existen-ce d’équipes en alerte continue sur le sujet a permis de détenir très vite un vaccin, et de vacciner en masse.

On sait que la mortalité en Europe et USA a été estimée au préalable de façon excessive, ce qui a nourri en 2010, et ensuite, les soupçons de collusion entre OMS et industrie pharmaceutique pour écouler une surproduction vaccinale.

Là, pour les corona, c’est un peu l’inverse. La structure des virus corona permettait d’envisager un/des déterminant(s) antigénique(s) commun(s) permettant le projet d’un « pan vaccin » anti-corona. Un des meilleurs spécialistes français à ce sujet, Bruno Canard, mérite d’être cité longuement :

« On venait alors de lancer de grands programmes de génomique structurale sur les virus pour essayer de ne pas être pris au dépourvu en cas d’émergence. La démarche est très simple : comment anticiper le comportement d’un virus que l’on ne connaît pas ?

Eh bien, simplement en étudiant l’ensemble des virus connus pour disposer de connaissances transposables aux nouveaux virus. Un projet européen lancé à cette fin à l’époque a été suivi d’autres programmes.

L’irruption du SARS-CoV en 2003 a illustré la pertinence de cette démarche. Cela nous a conduits à décrire une première structure cristallographique dès 2004. […] Je pense qu’énormé-ment de temps a été perdu entre 2003 et aujourd’hui pour trouver des médicaments.

En 2006, l’intérêt pour le SARS-CoV avait disparu ; on ignorait s’il allait revenir. Nous avons alors eu du mal à financer nos recherches. L’Europe s’est dégagée de ces grands projets d’anticipa-tion au nom de la satisfaction du contribuable.

Désormais, quand un virus émerge, on demande aux chercheurs de se mobiliser en urgence et de trouver une solution pour le lendemain. Or, la science ne marche pas comme cela. Cela prend du temps et de la réflexion. […] 

J’ai pensé à tous les projets ANR (Agence nationale de la recherche) que j’ai écrits, et qui n’ont pas été sélectionnés. J’ai pensé à ce projet ANR franco-allemand, qui n’a eu aucune critique négative, mais dont l’évaluation a tellement duré qu’on m’a dit de le redéposer tel quel un an après, et qu’on m’a finalement refusé faute de crédits. » (2)

Tu veux dire que des projets de recherche sur des « pan vaccins » existaient et qu’ils n’ont pas été financés ?

Oui. D’abord, ça prend du temps de rédiger des projets et de les soumettre pour ne pas survivre qu’avec de maigres projets récurrents. Ensuite, il faut attendre et, en France, les projets retenus par l’Agence nationale de la recherche ne sont qu’une fraction des projets soumis, et c’est la même chose au niveau européen.

De plus, ces projets sont soumis en réponse le plus souvent à des « appels d’offres » qui correspondent aux sujets « en pointe », « prioritaires », à la mode ou « susceptibles de débouchés importants »… On voit ici, je vais y revenir, le danger de collusion public-privé…

Tu veux dire que les établissements français de recherche ne sont plus subventionnés comme « avant » ?

Oui. Quand j’ai démarré la recherche je fonctionnais très bien avec les seuls crédits d’État récurrents (normalement reconduits d’année en année). Puis sont apparus, à la fin des années 1970, les « actions thématiques programmées ». Mais elles représentaient une « cerise sur le gâteau ».

La situation s’est vite dégradée sous Chirac, puis Sarkozy et Hollande. D’abord, les crédits récurrents – hors grands instruments et programmes spatiaux – ont été rognés systémati-quement, en dépit des promesses d’atteindre le niveau, défini par l’Europe, de 2 puis 3 % du PIB…

Actuellement, un labo INSERM – favorisé par rapport au CNRS – ne fonctionne qu’à 25-30 % sur crédits récurrents, 15 à 20 % pour le CNRS. Puis sont venus les financements « privés », qui certes (ARC, LNFCC pour le cancer, legs à Pasteur ou à Curie) existaient déjà, mais une nouvelle ampleur a été donnée par le Téléthon et le Sidaction (« La recherche ne doit pas vivre de quêtes » reste un slogan d’actualité). Puis les fameux projets ANR.

Tu parais très critique sur la recherche sur projets…

Soyons clairs : jamais au Wellcome Research Institute ni au NIH (Bethesda, près de Washington, USA) on ne m’a demandé dans les années 1973-1974 puis 1980-1981 mon projet comme « exchange fellow » puis « visiting scientist », ni à mon retour sous Mitterrand et même Chirac au début. J’avais, attention – comme on l’a encore – une évaluation annuelle sur « rapport d’activité », et le labo était évalué tous les quatre ans, avec dépôt d’un nouveau projet pour reconduction ou fermeture.

La recherche en réponse sur projets change tout. Hors thématiques que l’on ne peut abandon-ner (la recherche sur le Sida en est un exemple), ça donne beaucoup de définitions programma-tiques par des technocrates…

Or, comme disaient les manifestants au temps de « Sauver la Recherche », sous Fillon,             « l’ampoule électrique n’a pas été inventée en faisant des programmes sur la prolongation de la vie et l’amélioration de la luminosité de la bougie ». Puis sont venues les fausses déclarations sur les budgets en augmentation, et en parallèle les coupes de postes… et l’arrivée des ­partenariats public-privé.

Le privé joue un rôle ?

Eh oui ! Merci Jospin, merci Allègre (et aussi Geismar), et la loi innovation recherche qui permet de créer des start-up à côté de son labo, mais aussi le crédit impôt recherche, don de milliards d’euros au privé sans retour vérifié, Cour des comptes dixit. Dans un certain nombre de cas, start-up et grosses boîtes pharmaceutiques deviennent de fait co-directeurs du labo… public.

Et les postes ?

Alors là, cata absolue : chute des postes, développement de la précarisation – très net en biologie mais pas que là –, d’où les premières manifestations sous Fillon, et la manifestation récente des collectifs de laboratoires. Macron annonce une augmentation du budget recherche sur 10 ans…

D’abord, le compte n’y est même pas, comme le souligne le communiqué du Syndicat national des chercheurs scientifiques (SNCS). Ensuite, on a l’habitude de ces annonces. Tant qu’il n y aura pas de vote sur ça au Parlement, je resterais plus que sceptique… Pour moi, ce qui compte, c’est la situation actuelle qui est quasi catastrophique…

Alors, le virus ?

Bon, on aurait pu sans doute avoir un vaccin et/ou des traitements prêts… Mais ça, c’est un investissement sur l’avenir. Pas toujours à fonds perdus. Parfois oui. C’est comme les machines à amplification génique (PCR, Polymerase Chain Reaction) pour détecter le virus.

En avoir un nombre apparemment surdimensionné aurait en fait permis un dépistage à large échelle et une stratégie à la coréenne. Alors, bon, comme dit Bruno Canard, des chercheurs vont être mobilisés en urgence sur un « crash program »…

Trop peu, trop tard. Et là encore, avec œil du privé qui, depuis les années 1990, investit peu en vraie recherche, mais engrange les profits. Alors qu’on a refusé entre 2009 et 2019 d’investir dans des projets fondamentaux (j’ai pris Canard comme exemple, il y en a d’autres).
La recherche, comme les infra­structures hospitalières, est un investissement sur l’avenir et le public, pas une « short run », à flux tendu, avec personnel précarisé, pour profits immédiats. Une politique, disons-le, et on le voit à chaque crise, criminelle.

Interview du docteur Gérard Chaouat, immunologiste, chercheur CNRS.

  • 1. Sonia Shah, « Contre les pandémies, l’écologie », le Monde diplomatique, mars 2020.
  • 2. « Face aux coronavirus, énormément de temps a été perdu pour trouver des médicaments », lemonde.fr, 29 février 2020.

Vendredi 27 mars 2020 Gérard Chaouat

https://npa2009.org/

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28 mars 2020 ~ 0 Commentaire

choc (sin permiso)

mickey choc

« Les élites profitent des crises pour adopter des politiques qui aggravent encore les inégalités »

Commençons par l’essentiel:

Qu’est-ce que le capitalisme de catastrophe? Quelle est sa relation avec la « doctrine du choc »?

La façon dont je définis le «capitalisme de catastrophe» est très simple: elle décrit comment les industries privées agissent pour bénéficier directement des crises à grande échelle. La spéculation sur les catastrophes et la guerre n’est pas un concept nouveau.

Elle s’est clairement intensifiée avec l’administration Bush à partir du 11 septembre, lorsque le gouvernement a déclaré ce type de crise sécuritaire sans délai, et simultanément privatisé et externalisé; Cela comprenait la privatisation de l’État de sécurité nationale, ainsi que l’invasion et l’occupation (privatisée) de l’Iraq et de l’Afghanistan.

La «doctrine du choc» est la stratégie politique consistant à recourir à des crises à grande échelle pour faire avancer des politiques qui aggravent systématiquement les inégalités, enri-chissent les élites et affaiblissent les autres.

En temps de crise, les gens ont tendance à se concentrer sur les urgences quotidiennes pour survivre comme ils le peuvent, et ils ont tendance à dépendre principalement des personnes au pouvoir. En temps de crise, on regarde ailleurs, loin du vrai jeu.

D’où vient cette stratégie politique? Comment retracer son histoire dans la politique américaine?

La stratégie de la doctrine du choc était une réponse de Milton Friedman au programme New Deal. Cet économiste néolibéral pensait que tout allait mal dans le New Deal: pour répondre à la Grande Dépression et au Dust Bowl / Tempête de poussière, un gouvernement beaucoup plus actif est apparu dans le pays, qui a décidé de résoudre directement le crise économique de l’époque créant des emplois publics et offrant des aides directes.

Si vous êtes un économiste néolibéral, vous comprenez que lorsque les marchés échouent, vous avez préparé le terrain à un changement progressiste beaucoup plus décisif que le type de politiques de déréglementation qui favorisent les grandes entreprises.

La doctrine du choc a été développée comme un moyen d’empêcher les crises de céder la place à des moments organiques où des politiques progressistes émergent. Les élites politiques et économiques ont compris que les moments de crise sont l’occasion d’avancer leur liste de souhaits de politiques impopulaires qui polarisent davantage la richesse, dans ce pays et dans le monde.

Nous sommes actuellement confrontés à de multiples crises: une pandémie, le manque d’infrastructures pour la résoudre et le naufrage du marché boursier. Pourriez-vous expliquer comment chacun de ces éléments fait partie du schéma que vous avez décrit dans la doctrine du choc?

Le choc c’est le  virus. On l’a traité d’une façon qui maximise la confusion et minimise la protection. Je ne pense pas que ce soit un complot; c’est juste la façon dont le gouvernement américain et Trump ont géré, horriblement mal, cette crise. Jusqu’à présent, Trump a traité cette situation, non pas comme une crise de santé publique, mais comme une crise de perception et un problème potentiel pour sa réélection.

« Ce que cette crise révèle, c’est notre interrelation. Nous constatons que nous sommes beaucoup plus interconnectés que ce que notre système économique brutal nous laisse croire »

C’est la pire des situations, surtout si l’on considère que les États-Unis n’ont pas de programme national de santé et que la protection dont bénéficient les travailleurs est très faible: par exemple, la loi n’établit pas de prestations en cas de maladie.

Cette situation a provoqué un choc maximum. Il sera exploité pour sauver les industries qui sont au cœur de la crise extrême à laquelle nous devons faire face, le climat: les compagnies aériennes, le pétrole, le gaz et les croisières. Ils veulent sauver tout cela.

L’avons-nous déjà vu auparavant?

Dans The Shock Doctrine, je parle de ce qui s’est passé après l’ouragan Katrina. Des groupes de réflexion de Washington comme la Heritage Foundation se sont réunis pour créer une liste de solutions de « marché libre » pour Katrina.

Nous pouvons être sûrs que le même type de réunions a lieu en ce moment. En fait, la personne qui a présidé le groupe Katrina était Mike Pence [ La personne qui dirige maintenant la gestion du coronavirus].

En 2008, cette décision s’est traduite par des versements aux banques, lorsque les pays leur ont remis des chèques en blanc, qui se sont finalement élevés à plusieurs milliards de dollars.

Mais le coût réel de cette situation a pris la forme de vastes programmes d’austérité économique (nouvelles réductions des services sociaux). Il ne s’agit donc pas seulement de ce qui se passe maintenant, mais aussi de la façon dont nous le paierons à l’avenir, lorsque la facture de tout ce qui sera dû nous sera présentée.

Si nos dirigeants et l’élite mondiale vont profiter de cette crise à leurs propres fins, que peuvent faire les gens pour se soutenir mutuellement?

« Je vais prendre soin de moi et des miens, je peux acheter la meilleure police d’assurance maladie privée, et si tu ne l’as pas, c’est probablement de ta faute, ce n’est pas mon problème. »

Voici ce qu’une économie libérale met dans nos cerveaux. Faire face dans un moment de crise comme le moment actuel, c’est notre interrelation. Nous constatons en temps réel que nous sommes beaucoup plus interconnectés que ce que notre système économique brutal nous laisse croire.

Nous pouvons penser que nous serons en sécurité si nous recevons de bons soins médicaux, mais si la personne qui prépare ou fournit nos aliments, ou qui emballe les boîtes, n’a pas accès aux soins médicaux et ne peut pas se permettre les tests, encore moins rester à la maison car elle n’a pas prestations de maladie, nous ne sommes pas en sécurité. Si nous ne prenons pas soin les uns des autres, aucun ne sera en sécurité. Nous sommes piégés.

Les différentes façons d’organiser la société favorisent ou renforcent différentes réactions. Si vous êtes dans un système qui, comme vous le savez, ne prend pas soin des gens et ne répartit pas les ressources de manière équitable, notre volonté d’accumulation pose problème. Pensez-y et réfléchissez.

Au lieu d’insister sur la façon dont on peut prendre soin de soi-même et de sa famille, nous pouvons changer de perspective et réfléchir sur la façon de partager avec nos voisins et d’aider les personnes les plus vulnérables.

Le coronavirus est officiellement une pandémie mondiale et a jusqu’à présent infecté dix fois plus de personnes que le SRAS 2003. Aux États-Unis, les écoles, les universités, les musées et les théâtres ferment leurs portes; et bientôt, des villes entières feront de même.

Les experts préviennent que certaines personnes, infectées par le virus, poursuivent leur routine quotidienne. Leur emploi ne leur permet pas de congés payés compte tenu des carences du système privatisé de santé américain.

La plupart d’entre nous [NT: citoyens américains] ne sait pas quoi faire ni qui écouter. Le président Donald Trump a rejeté les recommandations des Centers for Disease Control and Prevention; Et ces messages contradictoires ont réduit notre marge de manœuvre pour atténuer les dommages causés par ce virus extrêmement contagieux.

Ce sont les conditions idéales pour que les gouvernements et l’élite mondiale déploient des programmes politiques qui, autrement, rencontreraient une grande opposition. Cette chaîne d’événements n’est pas exclusive à la crise créée par le coronavirus; C’est le projet que les politiciens et les gouvernements poursuivent depuis des décennies, connu sous le nom de « doctrine du choc », un terme inventé par l’activiste Naomi Klein dans un livre du même titre en 2007.

L’histoire est une chronique des «chocs»: guerres, catastrophes naturelles et crises économiques, et leurs conséquences. Ces conséquences se caractérisent par un «capitalisme catastrophique»: des «solutions» calculées et de libre marché aux crises qui exacerbent et exacerbent les inégalités existantes.

Selon Klein, nous assistons déjà à un capitalisme catastrophique sur le terrain national; Pour répondre au coronavirus, Trump a proposé un plan de relance de 700 milliards de dollars qui comprend la réduction des charges sociales (ce qui va dévaster la sécurité sociale) et l’aide aux industries manquant d’opportunités commerciales causées par la pandémie: « Ne pas ils le font parce qu’ils pensent que c’est le moyen le plus efficace de soulager les souffrances causées par la pandémie; Ils formulent de telles idées car ils voient une opportunité de les déployer « , a déclaré Klein.

VICE a demandé à Klein comment le « choc » des coronavirus conduit à la chaîne d’événements qu’il a décrite il y a plus de dix ans dans The Shock Doctrine.

Marie Solis (Vice / Sin Permiso) 26/03/2020 Traduction par Ramón Sánchez Tabarés.

https://ctxt.es/es/

Lire aussi

La Stratégie du choc

Article détaillé : La Stratégie du choc.

Le troisième livre de Naomi Klein, La stratégie du choc : la montée d’un capitalisme du désastre, commence par traiter des méthodes de chocs régressifs utilisant des chocs psychologiques amenant à une régression du sujet, via électrochocs, privations sensorielles et administration de drogues. Des recherches, subventionnées par la CIA, ont permis la rédaction du manuel de torture The Kubark CounterIntelligence Interrogation handbook (9) de la CIA, décrivant différentes manières d’amener un prisonnier à régresser jusqu’à un état infantile, ce que Naomi Klein appelle un choc psychologique.

Le livre dresse un parallèle entre ce choc et les chocs sociaux, économiques et politiques — désastres naturels, guerres, attaques terroristes, coup d’État, crises économiques — qui sont selon l’auteur délibérément utilisés pour permettre la mise en œuvre de réformes économiques néolibérales majeures qui seraient impossibles en temps normal. Elle soutient que Milton Friedman appelait à l’utilisation de ces chocs pour permettre ces réformes.

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