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02 février 2018 ~ 0 Commentaire

brest palestine (ouest france)

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Brest. Un médecin engagé pour la paix en Palestine

Depuis 2002, le professeur Dominique Le Nen, chirurgien (orthopédiste Note du blog) au CHRU de Brest, a effectué vingt-quatre missions en Palestine. Dominique Le Nen s’y rend deux fois par an pour opérer et former. Une expérience forte dont il témoigne dans un livre. « L’envie d’aider cette population ne me quitte pas. »

Rencontre

« Imaginez un jeune Palestinien âgé de dix ans. Depuis sa naissance, il a connu trois guerres. Il n’a vécu que dans un pays occupé, entouré de murs. Sans liberté de mouvements. Quelle vie pour cet enfant ? Et quel avenir pour la jeunesse palestinienne ? » Le professeur Dominique Le Nen, chirurgien orthopédiste au CHRU de Brest, spécialiste de la main, est très investi dans l’humanitaire, en Palestine. Depuis 2002, il s’y rend deux fois par an pour opérer ou former des soignants. Soit vingt-quatre missions en quinze ans.

Un conflit « sans fin »

Une expérience relatée dans un livre poignant et touchant, « De Gaza à Jénine », dont la troisième édition vient de sortir. « J’ai ajouté un chapitre sur la guerre de septembre 2014 et sur ma dernière mission en septembre 2017. » « Je dénonce les aberrations d’un conflit qui semble sans fin ! Mais c’est aussi un appel à la paix. » Le médecin s’engage contre la guerre et la violence. « Pour moi qui aime écrire, ce témoignage était une obligation car on ne revient pas indemne de là-bas. »Mais sans « faire de politique »…

Le chirurgien rêve de deux États en paix. D’abord, « il faut qu’Israël cesse la colonisation en Cisjordanie, une annexion de terres en opposition à ce qui a été décrété à l’ONU ». Et aussi que Jérusalem, revendiquée conjointement comme capitale par Israël et la Palestine, devien- nent une cité internationale. « Tant que ces deux problèmes ne seront pas résolus, il n’y aura pas de paix. »

La situation actuelle est plus calme qu’au début des années 2000. Notamment à Jénine, où le médecin se rend le plus souvent. « Mais cette impression est trompeuse. Depuis décembre et les déclarations de Trump sur Jérusalem, il y a des arrestations tous les jours. Des barrages, des checkpoints… Un État occupé est un État en guerre. »

Un « besoin de dignité »

Au niveau sanitaire, la situation s’est améliorée. « Les Palestiniens bénéficient d’une importan- te aide internationale. Actuellement, c’est davantage de la coopération que de l’humanitaire. Au début, j’opérais beaucoup pour des séquelles de plaie par balles. Aujourd’hui, j’opère surtout des malformations congénitales, des paralysies du bras de l’enfant à la naissance. »

Dominique Le Nen a fait beaucoup de belles rencontres. « L’envie d’aider cette population ne me quitte pas. Leur quotidien est celui d’hommes, de femmes, d’enfants qui veulent tout simplement vivre et pouvoir voyager librement, ce qui leur est interdit. » Un mot résume le mieux la situation. « Le besoin de dignité humaine ! Ce manque de reconnaissance est difficile à vivre. Et c’est humiliant aussi. »

Il en appelle à tous les « autres gens ». À la société civile. « Si on est suffisamment nombreux, on pourra peser sur nos gouvernants. »

Laurence Guilmo.  01/02/2018

De Gaza à Jénine. Tant que la guerre durera, aux éditions L’Harmattan, 22,50 €. Préface d’Alain Gresh, Postface d’Irène Frachon. Les bénéfices sont reversés à Amani, association franco-palestinienne pour l’aide et la formation médicale.

https://www.ouest-france.fr/

Lire aussi:

La troisième édition du livre de Gaza à Jénine d’un chirurgien brestois (Le Télégramme)

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02 février 2018 ~ 0 Commentaire

ypg terroristes? (rtl)

kurdes

Macron qualifie de « potentiels terroristes » les Kurdes visés par la Turquie en Syri

Après Jean-Yves Le Drian, le président de la République a mis en garde le président turc contre une « opération d’invasion » dans le nord de la Turquie. Mais il n’est plus « préoccupé » par les attaques contre les YPG, désormais « potentiels terroristes ».

Les Kurdes lâchés par leurs alliés ? En Syrie, les YPG, branche syrienne du PKK (parti des travailleurs du Kurdistan), sont attaqués par l’armée turque depuis le 20 janvier dernier. Les bombardements se font de plus en plus intenses dans l’enclave kurde d’Afrine dans le nord de la Syrie.

Après avoir été soutenus par la coalition internationale, dont la France, cette milice qui a lutté contre Daesh est aujourd’hui traitée de « potentiels terroristes » par Emma- nuel Macron dans une interview accordée au Figaro, publiée le 31 janvier. « S’il s’avérait que cette opération devait prendre un autre tour qu’une action pour lutter contre un potentiel terroriste menaçant la frontière turque et que c’était une opération d’invasion, à ce moment, cette opération nous pose un problème réel », prévient le chef de l’État. Même discours tenu par le ministre des Affaires étrangères mardi 30 janvier devant les députés.

Dans un premier temps, pourtant, la France, à travers la voix de Florence Parly, a appelé Ankara à cesser ses interventions militaires.

« Il faut que nous revenions à l’essentiel, c’est la lutte contre le terrorisme et tous ces combats, notamment ceux qui ont lieu en ce moment de façon terrible en Syrie dans la poche d’Idleb ou ailleurs, doivent être arrêtés », avait réagi la ministre des Armées au lendemain des premières attaques, sur France 3.

« Ce sont les forces kurdes syriennes dont il s’agit, ne l’oublions pas, et il me semble que la préoccupation du président Erdogan ce sont les forces kurdes turques », avait-elle ajouté. Le PKK est en effet classé comme organisation terroriste sur les listes de nombreux pays, dont la Turquie mais aussi l’Union européenne. Mais les YPG forment une milice soutenue par Washington.

Florence Parly avait été soutenue par le président Emmanuel Macron qui avait exprimé sa « préoccupation » à son homologue turc.  »Le président a rappelé la nécessité d’une part de lutter en priorité contre Daesh et toutes les forces djihadistes en présence, d’autre part d’assurer pour les populations civiles des conditions humanitaires indispensables, et enfin de favoriser les conditions sur le terrain d’une solution politique durable », a conclu l’Élysée.

Ces YPG sont l’épine dorsale des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes soutenue par Washington dans la lutte contre l’État islamique (EI). Elle a offert au président américain Donald Trump sa première victoire militaire en faisant tomber Raqqa, la capitale syrienne de Daesh. Ce retournement de veste a été remarqué.

31/01/2018 Cécile De Sèze
http://www.rtl.fr

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01 février 2018 ~ 0 Commentaire

argentine: trotskisme (anti-k)

Trotsky by Diego Rivera

Argentine. Pourquoi la presse craint le trotskysme ?

UNE RADICALITÉ AUTRE QUE LE NÉORÉFORMISME

Après les mobilisations massives du 14 et 18 décembre dernier contre la réforme des retraites, qui a eu un coût politique immense pour le président Macri, la presse argentine commence à s’inquiéter de l’influence politique et syndicale de l’extrême gauche trotskyste.

« Les organisations de la gauche trotskyste sont une curiosité de notre système politique. (En France aussi! Note du blog)

Tant qu’elles occupent un espace marginal elles sont seulement cela, une curiosité particulière et même sympathique. Une voie de canalisation romantique pour l’énergie des jeunes qui regardent encore le système depuis l’extérieur. Mais si elles commençaient à avoir du poids dans la réalité, ne deviendraient-elles pas un danger pour la démocratie ? ». Voilà comment est posée la question que l’on retrouve dans un article de l’un des principaux journaux nationaux argentins, le pro-gouvernemental Clarín dans son édition du 29 janvier.

En effet, bien que depuis 2011 les partis de la gauche trotskyste, regroupés notamment au sein de la coalition électorale le Front de Gauche et des Travailleurs (FIT) ont gagné une notoriété importante par leurs résultats électoraux mais aussi par les luttes ouvrières et popu- laires qu’ils ont menées, depuis les mobilisations massives du 14 et 18 décembre dernier contre la réforme des retraites du gouvernement, la presse argentine semble s’inquiéter de plus en plus de la progression de ces forces.

Ainsi, l’article de Clarín continue en pointant cette continuité : « dans d’autres endroits du monde il y a des groupes antisystème, anti mondialisation, écologistes ou anarchistes, mais c’est rare qu’ils tiennent dans la durée et encore plus rare que ceux qui combinent tout cela dans une soupe idéologique cimentée dans la lutte de classes, avec une lecture marxiste, et pariant sur la radicalisation de tous les conflits ponctuels pour déclencher une situation révolutionnaire qui ne pourrait être résolue que par la classe ouvrière, pèsent dans la réalité. Pourquoi ceci est différent chez nous ? ».

L’auteur de l’article essaye de répondre à cette question en pointant en quelque sorte la force et la faiblesse de l’un des piliers du régime politique argentin : le péronisme.

En effet, le péronisme donnant une importance centrale à la question syndicale a su coopter une grande partie du mouvement ouvrier, devenant le courant politique dominant parmi les travailleurs malgré son caractère bourgeois. Ainsi, le péronisme, en absorbant les ailes politi- ques et syndicales modérées mais aussi les plus radicalisées, laissait peu de place au sur- gissement de courants de type social-démocrate ou réformistes indépendants.

Pendant les 12 ans de gouvernement des Kirchner, le péronisme a justement su coopter une partie de ces tendances « modérées », réformistes, notamment avec le discours sur la « défense des Droits de l’Homme » et quelques concessions clientélistes faites aux mouvements sociaux. Cependant, les organisations trotskystes, au moins les principales (le Parti des Travailleurs Socialistes et le Parti Ouvrier), ont su garder leur indépendance politique. Par exemple, lors de la dispute entre le gouvernement de Cristina Kirchner et les grands propriétaires terriens et agro-exportateurs en 2008, ces partis trotskystes ont constitué un pôle ouvrier, indépendant de ces deux camps capitalistes en dispute.

A cela il faut ajouter la construction patiente au sein de la classe ouvrière, dans les principaux centres ouvriers, augmentant l’influence des trotskystes dans les syndicats.

Cela a été notamment le cas du Parti des Travailleurs Socialistes (PTS). Cette implantation ouvrière leur a permis de mener des luttes importantes contre les multinationales, contre les attaques du gouvernement, de faire face à la répression policière mais aussi de faire face aux bureaucraties syndicales. La politique du PTS a aussi permis de créer à plusieurs reprises la convergence entre la jeunesse et les luttes ouvrières. Une autre politique importante a été celle de l’unité entre le mouvement féministe, notamment à travers l’organisation de femmes Pan y Rosas, et les luttes ouvrières.

Cette politique indépendante face aux gouvernements « progressistes » en Amérique latine et la politique au sein de la classe ouvrière et de la jeunesse sont pointées également par un autre grand journal national argentin, le conservateur La Nación. Dans un article datant de la fin décembre, très antitrotskyste, l’auteur écrit : « les différentes tribus trotskystes ont progressé dans les usines et universités […] au cours de la lutte contre le populisme latino-américain de la dernière décennie ».

Ces éléments, face à une situation sociale et politique qui se tendent de plus en plus, deviennent aujourd’hui un grand atout pour les partis trotskystes.

Comme on peut lire dans l’article de Clarín cité plus haut : « un gouvernement ‘de riches pour les riches’ obligé de mettre en place l’austérité ; un péronisme dans l’opposition divisé et affaibli électoralement, dont la seule perspective est de continuer à perdre de l’influence ; une écono- mie médiocre et des niveaux très élevés de pauvreté et d’exclusion. A tout cela s’ajoute le fait que le syndicalisme péroniste fait face, comme jamais auparavant, à de graves accusations de corruption et une partie de ce parti joue aussi la carte de la rébellion antisystème, face à son rapide déclin et ses problèmes avec la justice. Pour le trotskysme il ne pourrait y avoir un meilleur terreau ».

Effectivement, après les mobilisations du 14 et 18 décembre dernier ce n’est pas seulement le gouvernement « qui y a laissé des plumes ». Les directions syndicales, notamment de la CGT( pas de « gauche PC » comme ici Note du Blog) par leur passivité aussi. Mais ce discrédit a commencé bien avant. Les directions syndicales ont en effet eu un rôle fondamental pour permettre à Macri de faire passer ses attaques contre les travailleurs, la jeunesse, les retraités, les classes populaires depuis 2015. Aujourd’hui, face aux premiers signes de prise de distance de la bureaucratie vis-à-vis d’un gouvernement en pleine perte de popularité, le président Macri et la justice mènent une campagne contre la corruption de ces dirigeants syndicaux mafieux pour les obliger à soutenir les réformes du gouvernement.

Mais, comme l’affirme le dirigeant national du PTS, Christian Castillo dans une interview récente sur la situation politique et sociale en Argentine : « si l’attaque contre la bureaucratie peut avoir un certain sens d’un point de vue électoral, étant donné son image publique dégra- dée et qu’il s’agit d’un secteur qui va aider à la reconstruction du péronisme, stratégiquement pour le gouvernement c’est jouer avec du feu, car les bureaucrates jouent un rôle fondamental pour contenir le mouvement ouvrier ».

Étant donné que le trotskysme a toujours dénoncé ces bureaucraties syndicales, dans la presse on exprime la crainte que cet affaiblissement du syndicalisme péroniste ne le renfor- ce. Mais plus encore, alors que le péronisme kirchneriste n’arrive pas à attirer la base élec- torale du macrisme, au moins pour le moment, on craint que l’extrême gauche trotskyste soit capable d’attirer la base du kirchnerisme.

Ainsi, toujours selon l’article de Clarín : « [le trotskysme] a compris que sa position s’est renforcée après les évènements de décembre, qu’il a gagné en visibilité dans le rôle d’oppo-sition et que cela lui convient de se coller au kirchnerisme pour récolter ses morceaux et de dénoncer la CGT qui gronde mais ne lutte pas. Dans cet effort il est possible qu’il rencontre un écho […] d’autres acteurs de la gauche qui ne voient pas d’autre alternative pour faire face au macrisme ».

Dans ce contexte les forces politiques trotskystes ont de grands défis devant elles.

La situation qui s’ouvre pourrait être très favorable à l’avancée des idées révolutionnaires et communistes et de la nécessité de s’organiser politiquement. Comme l’explique Christian Castillo : « la gauche anticapitaliste et socialiste, comme celle que nous représentons dans le PTS et le Font de Gauche et des Travailleurs, possède un capital politique très important qui s’est renforcé lors des élections d’octobre dernier, où nous avons obtenu 1,2 millions de voix. Nous avons aussi une importante implantation militante parmi les travailleurs et la jeunesse. Bien que nous soyons encore une force minoritaire, ce que nous faisons ou ne faisons pas a en quelque sorte une influence sur le cours des évènements, et comme résultat de cette intervention notre influence sur les travailleurs et la jeunesse peut augmenter, et c’est à cela que nous aspirons ».

L’exemple des organisations trotskystes en Argentine est très riche en termes d’expériences pour les courants révolutionnaires dans le monde, notamment en Europe. En effet, alors que les phénomènes néoréformistes comme Syriza, Podemos ou encore le Front de Gauche/France Insoumise prenaient de l’ampleur dans le continent, plusieurs courants se revendiquant trotskystes s’y sont adaptés, voire y sont rentrés, pensant avoir trouvé un raccourci pour influencer les travailleurs et la jeunesse. Cette adaptation se révèle aujourd’hui être un échec total, notamment après la capitulation de Syriza face à la Troïka.

Au contraire, les principaux courants trotskystes en Argentine ont su aller à contre-courant, résister aux tentatives de cooptation des années Kirchner, en gardant une position de classe aussi face aux oppositions bourgeoises. Aujourd’hui face à la crise du péronisme et aux attaques du macrisme, les trotskystes apparaissent comme une alternative pour une partie de plus en plus importante de la jeunesse et de l’avant-garde ouvrière.

Pour le PTS notamment, la construction patiente au sein de la classe ouvrière et de la jeunesse s’est révélée être le meilleur « raccourci » pour augmenter son influence politique, dans les échéances électorales mais surtout dans la lutte de classes. C’est de cette politique dont nous devons nous inspirer en Europe pour faire face aux attaques des capitalistes mais aussi pour éviter les illusions réformistes qui amènent à des échecs désastreux comme ceux de Syriza en Grèce.

Philippe Alcoy mardi 30 janvier

http://www.revolutionpermanente.fr/

http://www.anti-k.org/

Commmentaire: Il existe (hélas!) plusieurs mouvements « trotskistes » selon les continents. Le NPA est proche de la « Quatrième Internationale » dont les correspondants en Argentine ne sont pas ceux cités ci-dessus: PO, PTS dans le FIT. Mais des militants s’y référant militent au sein  du NPA.

Lire aussi:

FIT (Wikipédia)

MST (Wikipedia)

MAS (Wikipedia)

Democracia Socialista (4è Internationale Argentine)

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31 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

rangoon (libération)

fr}homob

Birmanie Un premier défilé LGBT public à Rangoon

Des drapeaux arc-en-ciel au milieu des paillettes sur les pelouses d’un parc de Rangoun : la première édition publique du festival LGBT & Proud, qui a commencé samedi, a réuni quelque 6 000 personnes, venues assister dès le premier jour aux différents concerts de chorales, courses sur talons aiguilles ou lancers de sacs à main.

Après ce succès, la prochaine étape sera politique pour les militants locaux de l’égalité des droits : faire disparaître les lois discriminatoires contre les homosexuels, héritées de l’époque coloniale britannique.

29 janvier 2018

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26 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

nazim khalfa (afps kreiz breiz)

nazim

SALUT A NAZIM KHALFA.

Nos ami-es du groupe France-Palestine Solidarité-Centre Bretagne ont la grande tristesse de nous annoncer le décès de son président honoraire Nazim KHALFA

C’est toute l’AFPS, de Bretagne et d’ailleurs qui vient de perdre un ami avec qui nous parta- gions de longue date un engagement commun dans le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien. C’est cet engagement qui le plus souvent nous faisait croiser Nazim à Carhaix ou ailleurs, en tous cas, là où il fallait être pour soutenir la résistance palestinienne et dénoncer l’occupation.

C’est aussi cet engagement commun qui nous faisait apprécier l’homme, son humour, sa révolte, sa constance et sa ténacité à organiser avec tous ses ami-es du Groupe local de Carhaix les rencontres, les réunions publiques, les concerts pour la Palestine…

La dernière fois que nous avons rencontré Nazim, c’était le 13 novembre dernier lors d’une délégation de nos groupes locaux auprès du député Richard Ferrand pour la libération de Salah Hamouri. Il luttait déjà contre la maladie, fatigué par le déplacement et l’entretien, mais toujours là malgré tout…

Aujourd’hui, les adhérent-es et les ami-es de l’AFPS du Pays de Morlaix partagent l’immense tristesse et le chagrin de sa femme Colette et de ses filles à qui nous exprimons tout notre soutien et notre amitié.

Cette tristesse, nous la partageons aussi avec Jean-Pierre Jeudy et tous les ami-es de l’AFPS Centre Bretagne, mais aussi, avec ceux des groupes de Brest et de Quimper pour avoir perdu un compagnon de lutte contre l’injustice faite au peuple palestinien. Jean-Pierre a mille fois raison d’écrire que le meilleur hommage que nous puissions rendre à Nazim, c’est de continuer avec plus de force et de détermination les actions qu’il avait engagées avec nous.

La Palestine résistante vient de perdre l’un de ses plus fidèles amis et nous aussi…

La cérémonie d’hommage à Nazim se tiendra
vendredi 26 janvier 2018
à 14 heures à la salle du crématorium à Carhaix.

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24 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

efrin (cdkf + npa + al + yeniyol)

kurd

Depuis samedi 20 janvier, les avions de guerre turcs bombardent sans discontinuer la région d’Efrîn, au Rojava, dans le nord de la Syrie.

Au moins 20 civils ont été tués et 3 combattants kurdes des YPG/YPJ (un homme et deux femmes) sont tombés dans les bombardements de l’aviation turque. On compte par ailleurs de nombreux blessés.

Les Kurdes de Syrie (avec leurs forces armées, les YPG) et leurs alliés arabes (avec lesquels ils ont formé les FDS, Forces Démocratiques de Syrie) ont été le fer de lance de la résistance et de la reconquête contre Daesh, mondialement salués.

Ils ne demandent maintenant qu’à vivre en paix. Le système confédéral qu’ils ont choisi de mettre en place au Kurdistan syrien (dont – contrairement aux informations erronées ou malveillantes parfois distillées- ils ne demandent pas l’indépendance) ne peut que contribuer au développement de la démocratie et à l’instauration d’une paix durable au Moyen-Orient.

Depuis plusieurs mois, l’armée turque préparait ouvertement une offensive contre le canton d’Efrîn.

Le dictateur Erdogan ne s’en cachait pas et tout le monde le savait lors de sa récente venue en France ! Elle occupe déjà, en toute illégalité, un pan de territoire au nord-ouest de la Syrie, le long de sa frontière, où elle a renforcé le déploiement de ses forces et de son artillerie.

La région d’Efrîn était jusqu’à présent l’une des zones les plus sûres de Syrie, ce qui explique qu’elle abrite autant de réfugiés que le nombre de ses habitants, avec parmi ces réfugiés, des centaines de Yezidis qui avaient fui le massacre perpétré contre eux par Daesh et de nombreu- ses familles de la région d’Idleb qui ont fui la terreur imposée par les milices djihadistes armées et financées par la Turquie.

La Turquie n’a rien à faire en Syrie. Son intervention constitue une ingérence inadmissible contre laquelle nous appelons la communauté internationale à prendre des mesures d’urgence. Partout en France, il faut faire savoir au Sultan Erdogan que nous n’acceptons pas sa politique criminelle.

Nous exigeons du Président Macron et de son gouvernement une condamnation claire de l’agression turque, beaucoup plus nette que l’appel « à la retenue » du ministre Le Drian.

Partout, nous appelons à interpeler nos député-e-s pour qu’ils/elles prennent position et demandent une condamnation par la France.  L’Europe doit enfin réagir contre le régime liberticide et dictatorial d’Erdogan et prendre de véritables sanctions économiques et politiques contre lui.

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Lire aussi:

De Kobané à Afrin : Résistance!  (NPA)

Kobanê a vaincu, Afrîn vaincra (AL)

Face au consensus nationaliste et à la déraison militariste, nous condamnons la guerre d’Erdogan sur Afrine ! (Yeniyol)

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23 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

boum! (france info + bastamag)

boum

En 2017, le monde a connu un « boom des milliardaires », révèle l’ONG Oxfam

Un rapport d’Oxfam publié lundi 22 janvier 2018 révèle que les inégalités se creusent.  A l’occasion du forum de Davos, l’ONG lance un appel aux dirigeants pour que  »l’économie fonctionne pour tous et pas uniquement pour une riche minorité ».

Les inégalités se sont creusées en 2017, révèle Oxfam, lundi 22 janvier. 

Selon son nouveau rapport intitulé « Récompenser le travail, pas la richesse », publié à la veille de l’ouverture du World Economic Forum à Davos (Suisse), 82% de la richesse créée en 2017 dans le monde a terminé entre les mains du 1% le plus riche de la population de la planète. A l’inverse, 50% de la population mondiale n’a pas touché le moindre bénéfice de la croissance mondiale.

« Le boom des milliardaires n’est pas le signe d’une économie prospère, mais un symptôme de l’échec du système économique », a affirmé la directrice de l’ONG Winnie Byanyima. « On exploite les personnes qui fabriquent nos vêtements, qui assemblent nos téléphones portables et cultivent les aliments que nous mangeons, afin de garantir un approvisionnement constant en produits pas chers, mais aussi pour grossir les profits des entreprises et leurs riches investisseurs », s’est-elle insurgée.

Les femmes victimes des inégalités 

Depuis 2010, la richesse de cette « élite économique » a augmenté en moyenne de 13% par année, a précisé Oxfam, avec un pic atteint entre mars 2016 et mars 2017, période où « s’est produit la plus grande augmentation de l’histoire en nombre de personnes dont la fortune dépasse le milliard de dollars, au rythme de neuf nouveaux milliardaires par an ».

Selon cette étude, les femmes payent le prix fort de ces inégalités.  »Dans le monde entier, les femmes gagnent moins que les hommes et elles sont sur-représentées dans les emplois les moins bien payés et les plus précaires. De la même manière, sur dix nouveaux milliardaires, neuf sont des hommes », a-t-elle ajouté.

L’ONG lance un appel aux dirigeants, pour que « l’économie fonctionne pour tous et pas uniquement pour une riche minorité ». Elle préconise la limitation des dividendes pour les actionnaires et les dirigeants d’entreprises, la fin de « la brèche salariale » entre hommes et femmes, ainsi que la lutte contre l’évasion fiscale.

22/01/2018

https://www.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

Le patrimoine des milliardaires augmente six fois plus vite que la rémunération du travail (Bastamag)

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23 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

vénézuela (émancipation)

venezula

Où en est le Venezuela ?

Pour la droite, c’est une horrible dictature sanguinaire. Pour une certaine gauche, le chavisme est une expérience socialiste sabotée par l’impérialisme. Nous avons interrogé Thomas Posado, docteur en sciences politiques, qui a séjourné dans ce pays.

L’Émancipation : Peux-tu te présenter ? Ton parcours, ton positionnement politique, ton séjour au Venezuela, tes écrits…

Thomas Posado : Je m’appelle Thomas Posado. Je suis docteur en sciences politiques à l’Université Paris VIII, auteur d’une thèse sur les recompositions syndicales dans le Venezuela d’Hugo Chávez. Je milite depuis de nombreuses années dans la gauche radicale. J’ai décou- vert le Venezuela en 2006, enthousiasmé à l’époque par la rhétorique anti-impérialiste d’Hugo Chávez et j’y ai séjourné un an dans le cadre d’un stage auprès d’une radio de quartier dans un barrio de Caracas. J’ai vu un pays avec des perspectives révolutionnaires et j’ai pu constaté que l’horizon s’est assombri et le processus politique s’est institutionnalisé au fil de mes séjours de plusieurs mois pour réaliser ma thèse, en 2010 et 2013.

 Le chavisme a été vu comme une nouvelle forme de socialisme. Qu’est-ce qui a changé au Venezuela ? À qui appartiennent les moyens de production ? Y a-t-il eu réduction de la pauvreté ? Partage des richesses ?

T. P. : La pauvreté a été fortement réduite, principalement entre 2003 et 2007. La pauvreté a été divisée par deux, l’extrême-pauvreté par trois. Les classes populaires vénézuéliennes ont fait avorter plusieurs tentatives insurrectionnelles de l’opposition (un coup d’État militaire en avril 2002, un blocage de l’économie entre décembre 2002 et février 2003). Après ces événe-ments, le gouvernement Chávez a mis en place des “missions”, des programmes sociaux financés par la rente pétrolière (le cours du baril de pétrole dépasse les 100 dollars durant ces années-là), qui ont amélioré le quotidien des classes populaires vénézuéliennes en termes d’éducation, de santé, d’alimentation… Les structures de l’économie vénézuélienne ont en revanche peu changé. La part du secteur public dans le PIB a stagné durant le processus bolivarien, légèrement inférieur à un tiers de la production totale. Hugo Chávez a nationalisé des entreprises, indemnisées au prix du marché, mal gérées et peu productives.

Comment fonctionne l’économie vénézuélienne (production, importations, exporta- tions) ? Comment expliquer la crise économique sans précédent, l’hyperinflation et les pénuries ? Y a-t-il sabotage de l’économie ? Spéculation ?

T. P. : L’économie vénézuélienne est rentière, dépendante d’un seul produit, le pétrole, qui représente plus de 95 ?% de ses exportations. Cette dépendance date du début de l’exploita- tion de l’or noir au Venezuela, il y a un siècle. Hugo Chávez a réussi après maints affronte- ments, à récupérer le contrôle de la rente pétrolière, à en redistribuer une partie mais n’a pas réussi à diversifier l’économie vénézuélienne, ce que n’avaient pas réussi non plus ses prédécesseurs avant lui.

Nicolás Maduro aggrave cette dépendance aux matières premières avec le projet de l’Arc Minier de l’Orénoque, une zone représentant 12 ?% du territoire national, qui serait livrée aux multinationales étrangères pour l’exploitation de l’or, du coltan, de la bauxite, en dérogeant aux droits des communautés indigènes qui vivent sur place, au droit du travail et au droit de l’environnement sur le modèle des Zones Économiques Spéciales chinoises.

Une autre cause concourt à la crise actuelle : le détournement du taux de change. Les entre- prises ont obtenu plusieurs centaines de milliards de dollars pour des importations surfactu- rées ou non réalisées avec la complicité de hauts fonctionnaires gouvernementaux. La diffé- rence entre le taux de change officiel et officieux avec le dollar atteint aujourd’hui une échelle de 1 à plus de 8 000. Dans ces conditions, les importations sont très difficiles et la population subit de graves pénuries d’aliments et de médicaments.

Maduro est soutenu par certaines forces progressistes en Occident pour sa résistance à l’impérialisme et diabolisé par les médias et la droite. Qu’en penses-tu ?

T. P. : La diabolisation de Maduro par les médias et la droite internationale est réelle. L’oppo-sition, putschiste en 2002-2003, néolibérale dans son positionnement économique, est dépein- te comme de gentils démocrates, revendiquant la liberté contre une dictature totalitaire. Ce n’est évidemment pas le cas ! En février 1989, pour faire appliquer un plan d’ajustement signé avec le FMI, ils ont réprimé la population au prix de plus d’un millier de mort-e-s en une semai- ne.

Le soutien acritique à Maduro me semble également une erreur. Aussi réactionnaire que soit l’opposition vénézuélienne, le gouvernement Maduro connaît une dérive autoritaire qui ne touche pas seulement les élites d’opposition. Les élections syndicales sont reportées sine die, des “organisations de libération du peuple”, selon les ONG de défense de droits de l’homme, sont responsables de plusieurs dizaines d’assassinats extra-judiciaires sous le prétexte de lutter contre l’insécurité.

La droite au Venezuela a tenté plusieurs coups d’État contre Chávez. Est-ce une droite “démocratique” ? Ou faut-il craindre le pire si elle revient au pouvoir ?

T. P. : C’est une coalition de partis très hétérogènes, allant d’un post-maoïsme à la droite la plus radicale. Son habillage “démocratique” est évidemment une façade. La répression du Caracazo en février 1989, évoquée plus haut, et les tentatives de renversement de Chávez en 2002-2003 en attestent. Son retour au pouvoir serait sans doute l’application d’une austérité brutale pour la population et un alignement sur les États-Unis. L’opposition a d’ailleurs approu- vé les récentes sanctions de l’administration Trump qui rendent plus difficiles l’accès du Vene- zuela au financement de sa dette malgré les conséquences dramatiques que les décisions états-uniennes peuvent avoir pour la population, chose qui visiblement leur importe peu.

Y a-t-il eu des morts des deux côtés pendant les manifestations de cet été ?

T. P. : Oui. Un rapport de l’ONU, jugé partial par le gouvernement, le plus complet sur la ques- tion des manifestations et des violences d’avril à juillet, fait état de 73 morts dont la respon- sabilité peut être incombée au gouvernement (soit par les forces de l’ordre, soit par des grou- pes armés pro-gouvernementaux, des “colectivos”) et 28 à l’opposition, dont certains cas de lynchages de militants chavistes, qui relèvent d’une vengeance de classe particulièrement préoccupante.

On peut tirer quelques enseignements de ces données: que les violences politiques ont eu lieu des deux côtés, que la répression gouvernementale a été disproportionnée et que l’opposition ou au moins une partie d’entre elle, a des pratiques particulièrement violentes. Si on compare le ratio victimes du côté du gouvernement / victimes du côté de l’insurrection armée, on atteint un niveau de violence de l’opposition sans commune mesure avec ce qui se passe en Pales- tine, sans que les médias européens ne s’émeuvent de la “dictature Nétanyahou”.

Y a-t-il une internationalisation du conflit vénézuélien (menaces de Trump, décoration de l’opposition vénézuélienne par le Parlement européen, soutien de l’OEA à l’opposition) ? Y a-t-il ingérence ? Que deviennent les accords avec Cuba (pétrole contre professeurs et médecins) ?

T. P. : Oui, il y a une projection géopolitique de chacune des puissances sur le Venezuela. D’un côté, l’Union Européenne et les États-Unis. Les principaux gouvernements européens (Rajoy, Merkel, Macron) ont accueilli les dirigeants de l’opposition. Le Parlement Européen a décerné le prix Sakharov à l’opposition vénézuélienne, voté un embargo sur les armes au Venezuela et gelé les avoirs d’un certain nombre de dirigeants vénézuéliens.

Les États-Unis sont allés plus loin dans l’ingérence, avec en plus du gel des avoirs de hauts dignitaires, la menace d’une “option militaire” de Donald Trump dans sa fuite en avant belliciste et, surtout, une interdiction de contracter de nouvelles obligations envers l’État vénézuélien ou l’entreprise pétrolière publique, alors que le pays s’approche du défaut de paiement avec une dette qui est estimée à 150 milliards de dollars.

À l’inverse, la Russie et la Chine acceptent un rééchelonnement des paiements. Les montants sont tels que seuls un moratoire, voire une annulation partielle ou totale de la dette permet-traient à l’économie de redémarrer et de mettre fin aux pénuries. Les échanges avec Cuba perdurent mais affaiblis, d’une part par la crise au Venezuela qui a besoin de capitaliser chaque baril de pétrole, d’autre part par la diversification des partenaires commerciaux par Cuba, notamment avec l’amorce du dialogue avec les États-Unis.

Sur quelles forces sociales s’appuie le régime ? Et la droite ?

T. P. : L’armée demeure un soutien fidèle du gouvernement Maduro. Hugo Chávez ,qui en provenait, a bénéficié de sa fidélité. Nicolás Maduro, loin d’avoir la même autorité que son prédécesseur, cherche à maintenir cet appui en lui octroyant des privilèges substantiels. Un tiers des ministres en sont issus. De nombreuses entreprises publiques sont désormais dirigées par des militaires.

Les classes populaires, base sociale traditionnelle du chavisme, s’éloignent du gouvernement. Dans les zones rurales, le chavisme résiste mieux, les pénuries alimentaires étant moins fortes. Dans les zones urbaines, les classes populaires sont davantage déçues du gouvernement au point qu’on a pu voir l’opposition l’emporter dans certains barrios. Le gouvernement a mis en place des Comités Locaux d’Approvisionnement et de Production (CLAP) distribuant de la nourriture dans les quartiers populaires, avec plusieurs limites.

Ce panier est loin de subvenir aux besoins mensuels des personnes dans un pays où le salaire minimum, rongé par l’hyper-inflation, ne représente plus qu’un quart des nécessités d’un foyer. Ce panier est attribué en échange d’un soutien politique au gouvernement. Ne pas aller voter peut entraîner sa non-distribution. Même si l’opposition commence à gagner de l’influence dans les quartiers populaires urbains, sa base sociale traditionnelle depuis l’accession au pouvoir d’Hugo Chávez demeure les classes possédantes.

Le Venezuela est-il devenu une dictature ? Quelle est l’importance des dissidences apparues dans le camp chaviste ? Existe-t-il une gauche qui refuse de choisir entre le régime et la droite ?

T. P. : C’est un gouvernement qui connaît une dérive autoritaire incontestable mais qui ne me semble pas aujourd’hui un régime autoritaire, une dictature, à proprement parler. Le moyen de légitimation des autorités élues demeure l’élection concurrentielle, l’opposition peut se présen- ter à des élections, s’exprimer et se mobiliser, même si c’est sous des modalités très encadrées juridiquement.

Des dissidences sont apparues dans le camp chaviste. La plus célèbre d’entre elles est l’an- cienne Procureure Générale de la République, Luisa Ortega, qui a critiqué légitimement le virage répressif de ces derniers mois. Elle est exilée dans des pays conservateurs après avoir été accusée d’être l’auteure intellectuelle des violences d’avril à juillet. Le problème, c’est que dans un pays aussi polarisé que le Venezuela, il est difficile de critiquer le gouvernement sans rechercher le soutien de l’opposition conservatrice.

Certain-e-s militant-e-s libertaires ou trotskistes parviennent à dépasser ce dilemme mais ils et elles sont peu nombreux/ses (quelques centaines tout au plus) et ne sont malheureusement pas en mesure de peser sur les événements tragiques qui se déroulent actuellement dans le pays.

Entretien réalisé par Pierre Stambul samedi 20 janvier 2018

http://www.emancipation.fr/

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22 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

couscous (médiapart)

couscous

Le couscous « nu » de la dignité de Habib Ayeb

On se le demande, pourquoi « Couscous, les graines de la dignité » a-t-il été boudé par le jury des dernières Journées Cinématographiques de Carthage ?
Pourtant, le retour du documentaire dans la compétition était une belle occasion pour distinguer ce film essentiel qui permet de relire le récit de la «Révolution» et ses icônes à la lumière de la condition paysanne.

Pensez-donc, il y a six ans*, « Couscous, les graines de la dignité » n’aurait jamais pu être projeté en Tunisie. Idem pour le documentaire de Nada Mezni Hefaiedh, « Au-delà de l’ombre », ce beau plaidoyer en faveur de la communauté LGBT, qui a été, en revanche, gratifié avec un tanit de bronze. Une récompense, dira le président du jury Thierry Michel, qui « honore l’audace du propos, libre, impertinent et à l’esthétique provocatrice ».

Il faut convenir avec le réalisateur belge que « le festival a eu le courage de programmer cette œuvre résolument engagée dans la lutte pour des libertés individuelles au sein de la société musulmane ». Mais au-delà du courage, c’est le retour de ce festival militant à sa vocation originale qui a donné aussi une visibilité à un film comme « Couscous, les graines de la dignité », produit en marge du circuit industriel.

Précisément, « Couscous : les graines de la dignité » est un film sur la faim dont « le destinataire se trouve du côté de ceux qui luttent » parce que la souveraineté alimentaire n’est pas un luxe, mais une question de survie.

Et c’est, sans doute, en quoi il dérange parce qu’il restitue les dimensions occultées du débat sur les inégalités sociales et l’insécurité alimentaire engendrées par des modèles de dévelop- pement que dictent les bailleurs internationaux. Sachant que ces orientations profitent, encore et toujours, à l’agro-business.

Aussi, sous l’apparat de l’ingrédient de carte postale, le plat de couscous devient une mine d’informations sur le dévoiement des plans d’ajustement structurel.

On le voit dans le film où des petits agriculteurs, comme Youssef à Zaghouan, Fethi à Msaken et Lassad à la Manouba, racontent comment les champs ont été ruinés par des semences améliorées non-reproductibles qui sont venues remplacer les anciennes variétés locales de blé, tels que le chili, mahmoudi, biskri, jneh khottifa, swabaa aljia, bidi et chetla, alors que celles-ci résistent mieux aux microclimats tunisiens. Derrière la promesse d’un meilleur rende- ment, ces nouvelles semences importées par l’Etat obligent les agriculteurs à racheter chaque année leurs graines et à utiliser des engrais et des pesticides, également importés, ainsi que de grandes quantités d’eau. Or, l’accès à l’eau est l’autre grand problème des habitants des régions déshéritées.

Une enquête réalisée sur le sujet par Nawaat montre que l’usage des semences améliorées, distribuées, depuis les années 60, aux agriculteurs tunisiens, dans le cadre du Programme d’Aide Alimentaire Mondial (PAM), n’a cessé d’augmenter.

Il était de 35% en 1975, de 58% en 1994 et de 75% en 2004. Résultat : la Tunisie, qui était « pratiquement autosuffisante en céréales jusqu’au début du 20ème siècle, importe aujourd’hui plus de la moitié de ses besoins alimentaires ». En 2014, les variétés végétales inscrites au catalogue officiel étaient pour la grande majorité hybrides et provenaient de géants de l’agro- alimentaire, tels que Monsanto (27% du marché mondial), Synganta (9%), le groupe Limagrain (5%), ou encore l’entreprise japonaise Sakata (1,5%).

Incapables de concurrencer les entreprises privées, les paysans sont abandonnés à leur sort car qualifiés de «fardeau » pour le développement.

Ce qui ne les empêche pas de résister parce que leur survie en dépend. Les uns le font en remettant dans le circuit agricole des graines locales, précieusement gardées ; ce qui a permis d’alimenter le programme de sauvegarde des anciennes variétés, mis en place, depuis 2015, par la Banque Nationale de Gènes. D’autres, plus téméraires, contournent l’absurde monopole foncier de l’État en récupérant des terres agricoles comme ce fut le cas de l’oasis de Jemna au sud tunisien.

Comme Mohamed Bouazizi, « les subalternes ont parlé »!

Plus encore, « Couscous, les graines de la dignité » démontre, à travers les conditions politiques, sociales, économiques et écologiques de production des céréales, que la question alimentaire est au cœur de la revendication de la dignité portée par le soulèvement de décembre 2010 et janvier 2011. Le film nous permet ainsi de relire le récit dominant de la révolution qui brosse le portrait de Mohamed Bouazizi en « jeune chômeur diplômé urbain, humilié par un agent de police, et non un homme dont la situation précaire résulte en grande partie de la crise du secteur agricole », comme le révèle Mathilde Fautras qui a soutenu une thèse, sous la direction de Habib Ayeb, sur « les appropriations foncières à Regueb », dans le gouvernorat de Sidi Bouzid.

On notera que c’est le quatrième documentaire de Habib Ayeb, après « Sur les bords du Nil, l’eau en partage », « Fellahin » (Paysans) et « Gabès labess » (Tout va bien à Gabès).

Dans tous ces films, un constat s’impose : il faut une réforme agraire pour concéder aux paysans leur droit à la terre et à la démocratie.

Mais, avant d’aller à la rencontre du public des festivals, c’est d’abord en tant qu’académicien que le réalisateur s’est penché sur la condition paysanne. Car Habib Ayeb est d’abord géogra- phe et enseignant-chercheur à l’Université Paris 8. C’est là qu’il a soutenu sa thèse sur la « géopolitique des grands travaux d’aménagement hydrauliques de la vallée du Nil », sous la direction d’un certain Yves Lacoste. Celui-là même qui chamboula la discipline en interpelant ses condisciples sur les véritables enjeux de pouvoir inscrits dans l’espace. Pour le fondateur de la revue Hérodote, il ne s’agit plus tant de « dessiner la terre » que de ressortir les situa- tions géopolitiques locales, en tenant compte de la représentation que s’en font les pop- ulations.

Sur la ligne de partage des eaux, Ayeb nous apprend, justement, que la politique spatiale révèle la dépossession des fellahin et la lutte qui en découle pour l’accès aux ressources. Du Nil bleu à l’oasis de Gabès, son travail d’arpentage et de cartographie du monde rural remonte la mémoire des spoliations coloniales et néocoloniales pour redescendre en amont vers les bouleversements sociaux et politiques récents.

Ce cheminement nourrit un projet, nous semble-t-il, important parce qu’il contribue, à sa manière, à faire entendre ces « voix inaudibles » et à défaire la subalternéité des paysans. On connait le débat sur l’idée que les subalternes sont une sorte d’auteur et d’acteur collectif doté de conscience de soi, qui a permis au mouvement des études subalternes de distinguer les subalternes de leur représentation par l’impérialisme. Et à la question « les subalternes peuvent-ils parler ? », Habib Ayeb ne craint pas de répondre par l’affirmative en soulignant « l’ingéniosité des paysans et leur fort sens de l’analyse des défaillances des politiques de développement rural en Égypte et en Tunisie ».

Car la question n’est pas tant de prouver que les paysans peuvent parler que de montrer que leurs voix ne sont pas entendues par l’institution.

Ces paroles qui sont des lettres envoyées à un destinataire historiquement assourdi, Habib Ayeb nous les transmet en pratiquant la « destinerrance », c’est à dire en « réécrivant les bonnes adresses dans le service postal de l’histoire », comme l’expliquait plus clairement Gayatri Chakravorty Spivak, lors d’une conférence donnée à la Foire du livre de Tunis en mars 2017. En d’autres termes, « nous devons transformer le passé en poésie du futur. En embras- sant ceux qui soi-disant ne nous parlaient pas, et en transformant leur repliement sur soi, en un mouvement vers nous-mêmes, nous créons une modernité qui n’est pas centrée sur le passé. Comme notre propre modernité, qui ne nous est pas adressée aujourd’hui non plus », conclut la théoricienne des Subaltern Studies.

En attendant sa sortie nationale, « Couscous, les graines de la dignité » sera projeté, au cinéma Les Alizés, à Bron, en France, en présence du réalisateur.

11 janv. 2018 NADIA HADDAOUI

 L’affiche du film a été réalisée par Sadri Kiari, dessinateur, militant et chercheur.

https://blogs.mediapart.fr/

*On rappellera, en l’occurrence, que « Le fil » de Mohamed Ben Attia, sorti et projeté en France en avril 2011, et « La vie d’Adèle » d’Abdellatif Kechiche, Palme d’or du Festival de Cannes 2013, sont toujours censurés en Tunisie.

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21 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

nantes kurdes (cdkf)

nantes

Appel à manifester

L’État turc, avec son armée, viens d’envahir le nord de la Syrie. Pour protester contre ces agissements de l’État turc, le CDKF (Conseil démocratique Kurde en France) appelle à une manifestation de soutien  lundi 22 janvier à 13h place du COMMERCE à Nantes.

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