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02 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

alain bihr (alternative libertaire)

 traité

Signature du premier traité de libre échange avec l’Espagne

Alain Bihr, Le Premier Âge du capitalisme 1415-1763 

Au terme d’un travail de douze années de recherches, Alain Bihr fait paraître L’Expansion européenne, premier tome d’une trilogie sur le développement du capitalisme.

Comment le capitalisme est-il possible  ? Cette question n’a rien de rhétorique. Le capitalisme se définit par un processus d’accumulation de capital qui nécessite deux conditions  : d’un côté, il faut une masse de prolétaires pauvres – voire miséreux selon les cas – n’ayant d’autre choix que de vendre leur force de travail.

D’un autre côté, il faut une minorité disposant d’un capital économique garanti par une puissance coercitive (un État) qui permet de mettre ces prolétaires au travail. Le problème posé par Marx est que cela constitue un cercle logique: pour accumuler du capital, il faut déjà en avoir…

Comment s’est donc produite, avant même le capitalisme, cette «accu-mulation primitive» de capital  ?

La grande innovation de Marx a été de montrer que cela relevait d’une extorsion violente et non d’une accumulation pacifique par de simples thésauriseurs. Il a fallu d’abord paupériser des masses pour enrichir des capitalistes. Les différentes étapes de ce processus sont connues: les enclosures: c’est à dire l’expropriation des paysans de leurs terres, puis l’exode rural transformant d’anciens paysans des campagnes en prolétaires des villes; les différentes lois entérinant la disparition des «  communs  » (le jeune Marx, alors journaliste, avait étudié une loi interdisant le ramassage de bois) ; l’apparition des manufactures (et leur rupture par rapport aux anciennes coopérations dans le travail)  ; la domination du mode de production capitaliste industriel au niveau européen, puis mondial.

Conquête et expropriation

L’ouvrage d’Alain Bihr, qui revient sur l’histoire de cette «  accumulation primitive  », montre en quoi le développement de l’industrie nécessitait, au préalable, la soumission d’une partie du monde aux grands États européens. Économie capitaliste et développement des États-nations sont allés de pair, et ont été imposés au monde entier.

Comment ?

C’est à cette question que tente de répondre le livre, en analysant toutes les formes qu’a revêtues cette expansion, des moins brutales (commerce) aux plus violentes (colonisation). Quelles résistances les autres sociétés ont-elles opposées  ? Pour le comprendre, il faut étu-dier la manière dont «l’attaque» s’est produite (développement des ports et du commerce maritime, des armées nationales etc.), mais également les conditions sociales de la « défense» des sociétés. Travail d’ampleur abyssale.

Dans La Préhistoire du capital (2006), Alain Bihr examinait les conditions de la formation de l’éclosion des rapports de production capitaliste au sein du féodalisme. Il concluait alors que «  le féodalisme, tel qu’il s’est formé en Europe à la fin du premier millénaire et dans l’archipel nippon dans le cours de la première moitié du second millénaire, est le plus favorable, à la limite le seul favorable, à la formation de ce rapport de production ».

Mais le féodalisme n’était pas, à lui seul, une condition suffisante. Il a fallu également la «mondialisation». Non pas celle qu’on fantasme comme extension naturelle des échanges entre êtres humains sur la Terre et condition d’une paix perpétuelle entre les États, mais la mondialisation violente de la conquête et de l’expropriation, celle qui s’est nourrie du sang et des larmes, dans la boue des batailles.

Bernard Gougeon (Sud-Educ 81) 1er octobre 2018

http://alternativelibertaire.org/

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02 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

rennes warschawski (ujfp)

michel-warschawski

À Rennes, rencontre-débat avec Michel Warschawski

Autour de son dernier livre « Israël : chronique d’une catastrophe annoncée…et peut-être inévitable »

Dans le cadre du mois de la Palestine à Rennes et de 2018 Le Temps de la Palestine.
Organisé par un collectif d’associations dont l’UJFP-Bretagne

Le 7 novembre à 20h30
À l’auditorium de la Maison Internationale de Rennes
7 quai Chateaubriand 35000 Rennes

Jamais peut-être Israël n’est apparu autant « sûr de lui et dominateur » qu’aujourd’hui.
Cette année du 70ème anniversaire est marquée par l’installation de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem « définitivement » annexée, par la répression de la « marche du retour » des Gazouis avec une volonté de faire des morts et des milliers de blessés, par la poursuite accélé-rée de la « judaïsation » du Neguev et de la vallée du Jourdain comme des villes de Saint-Jean d’Acre ou de Haïfa, par le vote de la Loi fondamentale faisant d’Israël l’État de la nation juive.

C’est ce moment que choisit Michel Warschawski, revenant sur un siècle de sionisme, sur le passage de la domination d’une « gauche « travailliste » à une droite extrême, pour dire que cette évolution est une dangereuse impasse pour le peuple juif israélien lui-même, et qu’il est temps de faire retraite. Préface de Jean Ziegler

http://www.ujfp.org/

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02 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

élections au québec (libération la-presse le-devoir le huff’ essf)

quebec

Les Québécois ont porté pour la première fois au pouvoir lundi la Coalition Avenir Québec (CAQ)

Un parti nationaliste non indépendantiste qui souhaite réduire la taille de l’État et l’immigration, tournant la page de près de 15 ans de gouvernement libéral quasi ininterrompu. Il s’agit d’un nouveau coup dur pour les Libéraux, la famille politique du Premier ministre fédéral Justin Trudeau. En juin ils avaient perdu l’Ontario, province la plus riche et la plus peuplée, au profit d’une autre formation conservatrice.

Le Podemos québecois « Québec Solidaire » progresse (de 3 à 10 élus et 16%) mais c’est un « Dupont Aignan » qui a gagné avec tous les thèmes que nous connaissons bien: laïcité, voile, immigration… contre les Libéraux (de Trudeau au Canada) et surtout le PQ Parti Québécois quelquefois appelé « social-démocrate ».

quebec s

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01 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

grève en palestine (courrier international)

strike palestine

Grève des Palestiniens contre la loi israélienne sur « l’Etat-nation juif »

Les Palestiniens ont observé lundi une grève générale en opposition à une loi israélienne très controversée votée en juillet, définissant Israël comme « l’Etat-nation du peuple juif ».

En Cisjordanie occupée, à Gaza et à Jérusalem-Est, la partie palestinienne de la ville annexée et occupée par Israël, écoles et commerces sont restés pour la plupart fermés, ont constaté des journalistes de l’AFP. Des manifestations sont prévues dans la journée à Ramallah, en Cisjordanie, et à Jatt, dans le nord d’Israël, où vivent des Arabes israéliens, les descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d’Israël et qui constituent aujourd’hui 17,5% de la population israélienne.

La grève est dirigée « contre la politique appliquée par Israël pour éliminer le nationalisme palestinien et l’expulsion de citoyens de leurs terres », a déclaré Khaled Abou Ayouch, un habitant de Ramallah. La loi votée par le Parlement israélien le 19 juillet, avec le soutien du Premier ministre Benjamin Netanyahu, confère aux juifs le droit « unique » à l’autodétermination en Israël et proclame que l’hébreu est la seule langue officielle d’Israël, l’arabe n’ayant qu’un statut « spécial » qui n’a pas été défini.

Aucun article ne mentionne l’égalité entre les citoyens ou le caractère démocratique du pays, faisant craindre que le caractère juif d’Israël ne prime sur les autres principes. Outre la protestation contre cette loi, que les minorités arabes dénoncent comme un texte faisant d’eux des citoyens de seconde zone, la grève vise aussi à montrer la solidarité des Palestiniens avec les habitants de Khan al-Ahmar, en Cisjordanie, selon Hanane Achraoui, une haute responsable de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Ce village bédouin d’environ 200 personnes est voué à être détruit par Israël qui le juge illégal, malgré les appels de plusieurs Etats à épargner cette localité devenue emblématique de l’opposition de communautés confrontées à l’occupation et à la colonisation israélienne en Cisjordanie. Les Arabes israéliens commémorent aussi le 1er octobre la mort de 13 des leurs lors de manifestations de solidarité avec les Palestiniens en 2000, au tout début de la Seconde Intifada.

Jérusalem était particulièrement calme lundi, la plupart des commerces de la Vieille ville, située à Jérusalem-Est, étant fermés. Les juifs observent par ailleurs le dernier jour de Souccot, la fête des Tabernacles. Mahmoud Hamed était l’un des rares à avoir gardé son échoppe ouverte, à l’extérieur des remparts de la Vieille ville. « Nous tenons une boulangerie », a-t-il justifié. « Pendant les guerres ou les grèves, les gens ont besoin d’une pause ».

La loi sur « l’Etat-nation du peuple juif » inquiète d’autant plus les minorités que le document fait partie des lois fondamentales qui font office de Constitution, inexistante en Israël. Des recours ont été déposés devant la Cour suprême et des manifestations contre le texte ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes en Israël cet été.

Jérusalem  01.10.2018 

https://www.courrierinternational.com/

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01 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

bundisme et sionisme (ujfp)

Chanson anarchiste en yiddish

Juifs européens opposés au mouvement sioniste naissant : une histoire oubliée ?

L’idée sioniste est plus ancienne que le mot, qui fut employé en public pour la première fois par Nathan Birnbaum au cours d’une réunion qui se tint à Vienne dans la soirée du 23 janvier 1892.

L’ironie veut que cet homme deviendra par la suite, pour des raisons religieuses, un antisio-niste acharné. C’est aussi dans les dernières années du 19è siècle qu’eurent lieu les deux événements fondateurs du sionisme politique : la tenue du premier congrès sioniste mondial à Bâle en 1897 précédée, un an plus tôt, par la publication du Judenstaat (L’Etat des Juifs) de Theodor Herzl, œuvre fondatrice du sionisme politique.

Pourtant, « l’opposition au sionisme est aussi ancienne que le sionisme même [1] ». En raison de son caractère colonial, l’entreprise sioniste n’a pu que provoquer, dès le départ, une vive hostilité de la part des populations arabes, spécialement de Palestine [2]. Mais au sein même des communautés juives d’Europe, les critiques furent nombreuses et provenaient principal-ement de trois milieux : les assimilationnistes, les religieux orthodoxes et les révolutionnaires de gauche.

Les assimilationnistes

Tout en reconnaissant la gravité de l’antisémitisme, les assimilationnistes critiquaient le carac-tère éternel que lui attribuaient les sionistes ; ils ne voyaient dans cet antisémitisme que des manifestations de croyances héritées des temps anciens, amenées naturellement à dispa-raître. Pour eux, l’assimilation était partout en marche en Europe et il serait vain, voire même dangereux, de s’y opposer :

Certes, autrefois, l’émancipation des Juifs dépendait du bon vouloir du prince et ce qui avait été donné pouvait toujours être repris.

Certes encore, l’antisémitisme moderne pouvait rendre l’assimilation plus difficile en fermant, par exemple, certaines professions aux Juifs. Il pouvait la freiner mais il ne pouvait pas l’empê-cher. Car l’émancipation des Juifs n’était plus fondée sur des facteurs subjectifs mais sur les tendances économiques et sociales de l’histoire du monde et sur le progrès irrésistible de la civilisation.

Bien entendu, cette critique libérale était beaucoup plus répandue en Europe occidentale et centrale et aux Etats-Unis, la majorité des juifs de ces pays se sentant enracinée dans son pays respectif, qu’en Europe orientale où la situation sociale des juifs était beaucoup plus précaire. De même que cette critique libérale et assimilationniste au sionisme n’était pas dépourvue d’arrières pensées racistes. L’argument de la laïcité, ou devrions-nous plutôt dire du sécularisme, était ici brandi contre l’appartenance juive. L’opposition au sionisme pouvait ainsi aller de pair avec la négation de soi en tant que juif.

Les religieux orthodoxes

De nombreux religieux juifs critiquèrent très tôt le projet de création d’un foyer national juif en Palestine en raison de sa contradiction avec la promesse messianique de la Bible et des autres sources du judaïsme, qui conditionnaient le retour en eretz israel (littéralement terre d’Israël) à l’avènement du messie et non aux actions humaines. Ces critiques expliquent pourquoi les diri-geants de la communauté juive de Munich s’étaient opposés à la tenue dans leur ville du premier congrès sioniste mondial, qui s’est finalement ouvert à Bâle le 29 août 1897.

Ces critiques des juifs orthodoxes à l’égard du sionisme rejoignaient parfois celles des milieux libéraux sur la question spécifique de l’attachement des populations juives à leur patrie, le sionisme ne pouvant que créer une double allégeance néfaste, qui entraînerait un regain d’antisémitisme. C’est ce que déclarait, par exemple, le rabbin américain Isaac Wise peu après le premier congrès sioniste mondial : « Nous dénonçons toute cette affaire d’un Etat juif comme étrangère à l’esprit du Juif moderne de ce pays, qui considère l’Amérique comme sa Palestine et dont les intérêts sont situés ici ».

Certains juifs orthodoxes voyaient en outre d’un très mauvais œil le caractère séculier de l’idéologie nationaliste sioniste naissante, qui ne manquerait pas d’entrainer une perte d’influence de ces autorités religieuses au sein des populations juives :

Les théoriciens de l’aile ultra-orthodoxe, comme Isaac Breuer, considéraient les Juifs comme une nation religieuse, c’est-à-dire comme une nation différente de toutes les autres en ce que la religion était son seul contenu.

Le sionisme voulait laisser la religion en dehors de la renaissance nationale, ce qui faisait que la nation deviendrait une coquille vide.

Sans religion, en effet, toute l’histoire juive pendant des milliers d’années n’avait aucun but. La nation juive avait refusé de périr parce qu’elle voulait sauver sa religion ; inversement, la reli-gion avait sauvé la nation juive. Après avoir tant souffert pendant deux mille ans, n’était-ce pas une folie de faire des Juifs une nation comme toutes les autres, de les politiser, de créer un Etat qui serait neutre en matière de religion ? Selon cette doctrine, le sionisme dépouillait la nation juive de son véritable contenu culturel en empruntant à l’Europe occidentale le nationa-lisme moderne. Il s’était ainsi lancé dans la pire sorte d’assimilation.

Pourtant, après une lutte acharnée, sur les détails de laquelle il n’est pas possible de revenir ici,  la majorité des orthodoxes (spécialement ceux de l’« Agoudat Israël ») se ralliait à l’Etat d’Israël au moment de sa création, au prix d’une certaine réinterprétation de la réalité : « A leurs yeux, Israël n’avait pas vu le jour comme résultat des efforts des sionistes mais comme un don du ciel ».

Les milieux révolutionnaires de gauche

Enfin, si le sionisme ne manqua pas d’attirer sur lui les critiques des milieux révolutionnaires de gauche, les différences étaient là aussi très grandes selon que l’on provenait d’Europe centra-le et occidentale ou d’Europe orientale.

On pourrait synthétiser la situation des Juifs de l’Est européen dans les termes suivants:

Une structure sociale formée essentiellement par un prolétariat d’origine artisanale et par une petite bourgeoisie appauvrie, un processus d’assimilation très faible ou inexistant, la conserva-tion du yiddish en tant que langue nationale, un attachement important à la tradition religieuse et une identité ethnique influencée par un contexte largement imprégné d’antisémitisme.

Le judaïsme d’Europe centrale présentait des caractères différents 

Une prédominance des classes moyennes et bourgeoises, un très haut niveau d’urbanisation, un processus d’assimilation linguistique et culturelle complètement achevé et, enfin, l’abandon du yiddish et de l’orthodoxie religieuse [3]. Et c’est précisément en Europe centrale et orientale que « s’esquissaient les traits d’une nouvelle question juive fondée sur la dialectique nationali-té-assimilation [4] » et à propos de laquelle s’affrontaient les conceptions bundistes et marxistes :

Le Bund (Union générale des ouvriers juifs de Pologne, Russie et Lituanie)

Fondé en 1897 (soit l’année même du premier congrès sioniste mondial), se situe « au carre-four du socialisme et de la judéité [5] ». S’il a largement contribué à fonder le POSDR Parti ouvrier social-démocrate de Russie (des bolchéviques et menchéviques note du blog), il n’en a pas moins revendiqué une certaine autonomie vis-à-vis de ce dernier.

Recrutant principalement dans les milieux artisanaux et les petites entreprises, le Bund s’est nettement opposé au sionisme lors de son quatrième congrès de 1901, en adoptant une réso-lution visant l’autonomie culturelle extraterritoriale, qui s’articulerait autour de ces trois revendications :

  • La transformation de l’empire russe multinational en une fédération de peuples ;
  • Le droit à l’autonomie nationale pour chacun de ces peuples, indépendamment du territoire d’implantation
  • L’attribution aux Juifs du statut de nation à part entière [6].

L’originalité des bundistes tenait donc à « leur tentative de penser différem-ment la nation » 

L’autonomie juive n’était pas pensée comme territoriale mais comme nationale-culturelle, et le yiddish, véritable langue nationale, y tenait une place très importante.

Pour ce qui est des marxistes, leurs positions à l’endroit de la question juive restaient somme toute prisonnières du prisme de l’assimilation, considérée unanimement comme un progrès de l’histoire, ce qui les conduisit à critiquer le sionisme dans des termes parfois très proches de ceux, des intellectuels juifs libéraux.

Sans revenir sur l’ensemble des positions des marxistes au sujet des questions juive et nationale [7], il sera simplement question ici des écrits de celui qui a su le mieux, parmi les socialistes, théoriser la question nationale [8] et qui, même s’il n’était pas juif, a exercé une influence importante parmi certains socialistes juifs d’Europe sur les questions du sionisme et du Bund : Vladimir Lénine.

Pourtant, la position que défendit Lénine a souvent été mal comprise et surtout critiquée comme ayant conduit à opposer marxisme et nationa-lisme [9].

Or, la réflexion de Lénine sur ces sujets a toujours été empreinte de pragmatisme et a donc évolué au fur et à mesure que la situation politique évoluait elle-même. Aux premières inter-ventions polémiques à l’endroit des conceptions sionistes et de celles défendues par le Bund surtout après la scission entre ce dernier et le POSDR, ont laissé place des publications au ton plus mesuré, dans lesquelles Lénine reconnaissait l’existence du concept de nation juive.

En fait, pour comprendre ce qui peut être apparaître comme des hésitations de sa part, il est utile de rappeler la double approche dans laquelle s’inscrivait constamment ses réflexions sur la question nationale et sur la question juive.

D’une part, il défendit vigoureusement le principe du droit à l’auto-détermi-nation des peuples opprimés (s’opposant sur ce point précis à Rosa Luxemburg).

A l’appui de ce principe, Lénine affirmait que cela aidait à la prise de conscience politique des travailleurs, qui se rendaient compte qu’ils avaient la même nationalité que ceux qui dirigeaient l’Etat oppresseur (mais pas les mêmes intérêts). En agissant ainsi, les socialistes de l’Etat oppresseur encourageaient l’internationalisme aussi bien au sein de leur propre classe ouvrière que dans celle de la nation opprimée [10]. Lénine fondait donc sa position sur le principe de la lutte contre les idées réactionnaires au sein de la classe ouvrière de la nation dominante.

D’autre part, Lénine rejeta la conception de Bauer d’une « autonomie nationale culturelle »

en raison des concessions qu’elle faisait au nationalisme bourgeois. C’est donc dans cette perspective que s’inscrit son opposition aux conceptions bundistes, opposition davantage fondée sur des considérations de stratégie révolutionnaire et de tactique plutôt que sur des principes généraux. Car la critique de Lénine fut élaborée dans le contexte particulier du mouvement révolutionnaire socialiste russe (plus précisément à la suite du 2è congrès du POSDR de 1903 et la scission intervenue avec le Bund). Lénine reprenait ainsi des critiques émises par des socialistes russes juifs comme Martov et Trotsky à l’encontre du Bund : on reprochait à ce dernier son séparatisme qui affaiblissait le mouvement socialiste russe dans son ensemble.

Pour Lénine, il s’agissait de faire une distinction claire entre, d’une part, la lutte contre chaque élément de discrimination à l’encontre de tout groupe sur la base de sa langue ou de sa culture, et l’exaltation, d’autre part, de cultures nationales particulières.

lundi 1er octobre 2018  Rafik Chekkat

http://www.ujfp.org/

Lire aussi:

Union générale des travailleurs juifs (Wikipedia)

Commentaire:  Question nationale sans forcément une réponse nationaliste « fermée », autodétermination avec ou sans séparation, ces questions sont toujours d’actualité, que ce soit dans l’Etat Espagnol, au Royaume Uni ou chez les Kurdes.

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28 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

gwengamp (stop ceta)

gwenng

22 – Côtes d’Armor
Le collectif Stop TAFTA-CETA de Lannion organise une action de tractage sur le marché de Guingamp de 10h à 11h30 puis rassemblement à 11h30 place de l’échiquier avec prise de parole du collectif et des soutiens.

35 – Ille et Vilaine
Le collectif de Saint Malo organise une Conférence de presse pour parler des un an de la mise en application provisoire du CETA.

44 – Loire Atlantique
Le Collectif 44 organise une conférence de presse le samedi matin puis présence du collectif à Notre-Dame-Des-Landes.

https://www.collectifstoptafta.org/

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28 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

fracking (bastamag)

uk

Royaume-Uni: trois opposants au gaz de schiste condamnés à de la prison ferme

15 et 16 mois d’emprisonnement ferme 

Ce sont les peines auxquelles ont été condamnés trois militants britanniques opposés à la fracturation hydraulique, ce mercredi 26 septembre. C’est la première fois, depuis près d’un siècle, que des militants environnementaux sont condamnés si sévèrement au Royaume-uni, a rappelé l’un de leurs avocats [1].

C’est une action pourtant non violente qui vaut à Simon Roscoe Blevins, 26 ans, Richard Loizou, 31 ans, et Richard Roberts, 36 ans, de se retrouver derrière les barreaux pour plus d’un an à la fin du mois de juillet 2017. Alors que des camions contenant du matériel de forage tentaient de s’approcher du site de Preston New Road, dans le nord ouest de l’Angleterre, les trois hommes ont grimpé sur les engins pour stopper le convoi. Ils sont restés à bord des véhicules entre deux et quatre jours, soutenus par de nombreux manifestants venus leur amener des couvertures et de quoi s’alimenter.

Le site de Preston New Road est un haut lieu de lutte contre l’extraction des gaz de schiste.

La concession est détenue par la société britannique Cuadrilla. Créée spécialement en 2007 pour prospecter et exploiter le gaz de schiste, elle est la propriété d’une compagnie minière australienne et d’un fonds d’investissement new-yorkais, Riverstone Holdings, particulièrement présent dans le financement d’énergies fossiles, responsables du réchauffement climatique [2].

En juin 2015, le comté de Lancashire avait refusé un premier projet de fracturation hydrau-lique,  une technique qui consiste à fracturer la roche et à y injecter des produis chimiques pour en extraire le gaz de schiste. Le conseil du comté avait notamment mis en avant les risques importants de pollution sonore. Cuadrilla avait fait appel, et obtenu gain de cause en octobre 2016. Le gouvernement conservateur a défendu le potentiel économique des gaz de schiste et ses promesses d’indépendance énergétique.

Le tribunal qui a condamné Simon Roscoe Blevins, Richard Roberts et Richard Loizoles a estimé que les trois hommes, « militants convaincus » risquaient de récidiver. Il compte donc sur les sévères peines de prison pour les en dissuader. Un quatrième militant a été condamné à 12 mois avec sursis. La société Cuadrilla a déclaré que ses opérations de fracturation devraient commencer dans les prochaines semaines.

Nolwenn Weiler 28 septembre 2018

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28 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

razan ( ujfp bds afps)

razan4

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Razan (Wikipédia)

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27 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

kurdistan d’irak (courrier international orient21 npa)

Kurdistan-map

L’écartèlement des kurdes, héritage des découpages des grandes puissances

Irak: le Kurdistan élit ses députés un an après la facture salée du référendum

Le Kurdistan irakien, divisé et en proie à une crise économique, élit dimanche son nouveau Parlement, un an après le fiasco de son référendum d’indépen-dance conclu par la perte des zones pétrolifères qu’il disputait à Bagdad.

Cette consultation, tenue il y a pile un an et marquée par un « oui » massif, a été « une initiative malheureuse sur une décision hasardeuse de Massoud Barzani », alors président du Kurdistan, dit Karim Pakzad, chercheur à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris).

Le référendum, qui s’est déroulé contre l’avis de Bagdad et de la communauté internationale, a « ramené le Kurdistan 10 ans en arrière », poursuit-il. « Les sanctions des autorités irakiennes, ainsi que les fermetures temporaires de poste-frontières avec la Turquie et l’Iran « ont eu des conséquences catastrophiques sur le plan économique », note encore M. Pakzad.

Un an plus tard, quelque 673 candidats émanant de 29 mouvements politiques briguent les 111 sièges du Parlement de la région, autonome depuis 1991, elle est la seule d’Irak à disposer d’une assemblée et d’un gouvernement. Si le Kurdistan a gagné ces prérogatives politiques après la chute en 2003 du dictateur Saddam Hussein, il avait surtout gagné en territoires et pétrole dans le chaos créé en 2014 par la percée du groupe Etat islamique (EI) dans le nord.

Espoir ruiné

Toutes ces zones où les forces kurdes s’étaient déployées aux dépens de forces fédérales en pleine débandade ont toutefois été reprises en quelques jours à l’automne dernier par Bagdad, en représailles au référendum d’indépendance. Par la même, Bagdad a repris les champs pétroliers de Kirkouk et ruiné tout espoir d’un Etat indépendant. Loin de leurs 550.000 barils exportés par jour il y a encore un an, les Kurdes ont donc perdu cette province disputée et la moitié de leur or noir. En conséquence, souligne Karim Pakzad, « le manque d’argent pour payer les salaires (des fonctionnaires) a été durement ressenti ».

« Les Kurdes ont beaucoup perdu avec ce référendum », confirme Omar Karim, 62 ans, installé dans son magasin de chaussures à Souleimaniyeh. « Et ces élections ne nous redonneront pas ce que nous avons perdu », déplore cet habitant de la deuxième ville du Kurdistan, bastion traditionnel de l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK) du défunt président irakien Jalal Talabani. Selon lui, les dirigeants kurdes « n’apprennent pas de leurs erreurs ».

A Erbil, plus au nord, Ahmed Ali, journalier de 44 ans, pense, lui, ne pas aller voter dimanche. « De toute façon, les élections ne changent jamais rien », affirme-t-il. Le Parlement régional actuel est dominé, comme le gouvernement local, par le grand rival de l’UPK, le Parti Démo-cratique du Kurdistan (PDK) de Massoud Barzani, qui a quitté fin 2017 la présidence de la région.

Nouvelles forces?

Le PDK dispose actuellement de 38 sièges, contre 18 à l’UPK. Le parti Goran (changement, en kurde) est la principale force d’opposition avec 24 sièges. La seule nouvelle force est le mou-vement « Nouvelle Génération », formé en 2018 et qui a emporté quatre sièges au Parlement central à Bagdad aux législatives de mai. « Mais tout changement démocratique par des forces politiques nouvelles se heurte à la dure réalité de la société kurde », où plus de la moitié de la population active travaille dans la fonction publique, prévient M. Pakzad.

« Les grands postes gouvernementaux et les leviers économiques sont détenus par les différen-tes personnalités issues du PDK et de l’UPK et il y a peu de place pour que des partis réforma-teurs se développent d’une manière durable », poursuit-il. Salar Mohammed, fonctionnaire de 31 ans à Erbil, ira d’ailleurs une nouvelle fois mettre dimanche un bulletin PDK dans l’urne. « L’opposition n’a pas été bonne ces dernières années et ce sont les grands partis qui resteront majoritaires au gouvernement et au Parlement », assure-t-il à l’AFP.

Le statu quo qui maintenait la balance entre les deux poids lourds de la politique kurde a récemment volé en éclats avec la fin de la présidence Barzani. Le leader historique n’a pas été remplacé et ses pouvoirs ont été temporairement attribués au Parlement et au gouvernement local. Or, jusqu’ici les deux partis avaient un accord tacite: le PDK emportait la présidence du Kurdistan tandis que l’UPK présentait seul des candidats pour la présidence de l’Irak réservée à un Kurde depuis 2003.

Cette année, des délégations de l’UPK et du PDK ont visité différents leaders politiques à Bagdad pour avancer leurs pions sur l’échiquier fédéral. Car le grand rendez-vous pour les Kurdes se joue également dans la capitale irakienne, où l’échéance de l’élection du président de la République par le Parlement fédéral coïncide presque avec le scrutin de dimanche.

Erbil (Irak)  27.09.2018

https://www.courrierinternational.com/

Lire aussi:

Kurdes (Wikipédia)

Un vote au Kurdistan qui pèsera sur l’avenir de l’Irak (Orient 21)

Kurdistan d’Irak : Après le référendum pour l’indépendance, tout reste à faire…(NPA)

Oui à l’autodétermination des Kurdes d’Irak, mais… (NPA)

Combattantes kurdes : héritage de décennies de résistance des femmes (NPA)

Une Commune au Rojava ? (NPA)

Où vivent les kurdes?

Drapeau de la Turquie Turquie 12-15 000 000
Drapeau de l'Iran Iran 6-9 200 000
Drapeau de l'Irak Irak 5-7 000 000
Drapeau de la Syrie Syrie 2 800 000
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 1 000 000
Drapeau de la France France 150 000
Drapeau de la Suède Suède 83 600
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 70 000
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26 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

russie retraites (ouest-france npa)

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Nos camarades russes sont dans le mouvement

Russie. Les députés adoptent l’impopulaire réforme des retraites

Le texte a été approuvé par 326 voix pour, 59 voix contre et une abstention en deuxième lecture.

Le texte prévoit le premier relèvement de l’âge de la retraite depuis la période soviétique. Ce qui a déjà provoqué de multiples protestations dans le pays.

326 voix pour, 59 voix contre et une abstention. 

Les députés russes ont adopté, ce mercredi 26 septembre, une impopulaire réforme prévoyant le premier relèvement de l’âge de la retraite depuis la période soviétique. Une adoption en deuxième lecture, la plus importante du parcours parlementaire. Le texte doit être approuvé en troisième lecture puis par les sénateurs, généralement une formalité, avant d’être promulgué par le président Vladimir Poutine.

Les députés ont introduit dans le texte, qui a provoqué de nombreuses manifestations et des revers électoraux inattendus pour le parti au pouvoir, tous les amendements proposés par Vladimir Poutine lors d’une adresse à la nation fin août. Confronté à une fronde inhabituelle qui a fait chuter sa cote de popularité, le président avait notamment promis de n’augmenter l’âge de départ à la retraite pour les femmes à 60 ans contre 63 dans le texte initial et 55 actuellement. Pour les hommes, l’âge de la retraite passe à 65 ans contre 60 ans aujourd’hui.

« L’augmentation de l’âge de la retraite est un génocide ! »

Les députés russes ont également adopté d’autres mesures prônées par Vladimir Poutine telles que le départ anticipé pour les mères de familles nombreuses, le maintien d’avantages pour certaines professions comme les mineurs et l’introduction de sanctions pénales pour les entreprises licenciant des employés proches de l’âge de la retraite.

Le rejet du projet de réforme des retraites, une mesure annoncée le jour de lancement de la Coupe du monde de football en Russie le 14 juin, est devenu l’un des thèmes majeurs de l’opposition libérale et a suscité la colère du Parti Communiste. Des manifestants se sont rassemblés mercredi devant la Douma, la chambre basse du Parlement russe où le texte était examiné, avec des pancartes fustigeant le Premier ministre Dmitri Medvedev, qui avait proposé la réforme en juin. L’opposant d’extrême gauche Sergueï Oudaltsov était présent, tenant une pancarte « L’augmentation de l’âge de la retraite est un génocide ! », a constaté un photographe de l’AFP.

Les opposants à la réforme affirment que beaucoup de Russes, notamment les hommes – dont l’espérance de vie plafonne à 66 ans – ne pourront guère profiter de leur retraite. Mardi, des militants ont annoncé avoir transmis à l’administration présidentielle une pétition signée par un million de personnes demandant l’abandon de la réforme.

26/09/2018

https://www.ouest-france.fr/

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