Archive | International

04 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

révolution permanente 1 (wiki rouge)

061trotsky-wiaz

La révolution russe de 1905

Au 2e Congrès du Parti ouvrier social-démocrate de Russie tenu à Londres en 1903, il n’y eut aucun désaccord essentiel sur la question de la nature de la révolution russe à venir

C’était une Révolution bourgeoise. Les délégués envisageaient qu’elle donnerait naissance à une Assemblée Constituante et à une République Démocratique bourgeoise dans laquelle les travailleurs lutteraient pour leurs droits et en direction d’une société socialiste future.

Ni Lénine ni Trotsky ne se démarquèrent de cette position du Congrès, même si l’on peut relever que, très tôt dans leurs activités politiques, Lénine insistait tout particulièrement sur la place du problème paysan dans la révolution.

Trotsky insistait sur la lâcheté de la bourgeoisie libérale russe par comparaison avec les bourgeoisies anglaise et française lors des révolutions dans leurs pays respectifs. Ces points de vue les prédisposaient aux conclusions qu’ils allaient tirer deux ans plus tard.

C’est au cours et à la suite de la révolution de 1905 que de nouvelles positions se firent jour sur cette question.

Plekhanov et les mencheviks maintenaient que la révolution russe, démocratique bourgeoise par la nature de ses objectifs, devait aboutir à une république bourgeoise, gouvernée par des partis bourgeois.

Dans cette démocratie bourgeoise, le parti ouvrier se donnerait pour tâche de renforcer les positions et les conquêtes ouvrières bien avant de songer à la prise de pouvoir ou à la participation à un pouvoir révolutionnaire.

La Russie devait suivre la voie de l’Angleterre et de la France, connaître une longue période de démocratie bourgeoise. Cette vision conduisait les menchéviks à une attitude passive, la social-démocratie devant se contenter de soutenir la révolution bourgeoise.

Cela les amenait même à taire le mot d’ordre de République, et à adapter plutôt leur discours à celui des Cadets, la frange modérée de la bourgeoisie, en faveur d’une monarchie constitutionnnelle.

Lénine et les bolchéviks au contraire, défendaient un rôle moteur des ouvriers et paysans. Ils restaient convaincus que la révolution serait bourgeoise, mais « il y a démocratie bourgeoise et démocratie bourgeoise » :

  • Soit la révolution s’achève sur un « misérable compromis » entre le tsarisme (donc les propriétaires fonciers) et la bourgeoisie libérale-monarchiste, donc débouche sur une « constitution tronquée » et des droits démocratiques limités pour les classes populaires
  • Soit la révolution va « jusqu’au bout » grâce à l’action des ouvriers et des secteurs petits-bourgeois (surtout paysans), dans un sens révolutionnaire-républicain, améliorant bien plus la situation des ouvriers. Lénine appelait le gouvernement qui en sortirait la « Dictature Démocratique des Ouvriers et des Paysans ».

Lénine précisait « ce ne sera évidemment pas une dictature socialiste, mais une dictature démocratique. Elle ne pourra pas toucher (sans que la révolution ait franchi diverses étapes intermédiaires) aux fondements du capitalisme. »

Pour lui il était clair qu’elle ne pourrait que réaliser des mesures démocratiques radicales, une réforme agraire, un début d’amélioration de la condition ouvrière. Mais il avait aussi en tête un autre impact central : « Last but not least, étendre l’incendie révolutionnaire à l’Europe ».

Tous les social-démocrates constataient la lâcheté de la bourgeoisie. Mais les menchéviks tendaient plutôt à s’y adapter en prônant une attitude passive et rassurante au nom de la révolution bourgeoise, tandis que les bolchéviks ne voulaient pas hésiter à se mettre à la tête du mouvement démocratique-révolutionnaire, quitte à se substituer en partie à des secteurs bourgeois.

Trotsky quant à lui va plus loin avec sa théorie de la révolution permanente.

Contrairement à Lénine, qui se revendique de la « dictature démocratique » de Marx en 1848, il revendique une théorie originale. Il commence à l’élaborer en 1904, dans une brochure rédigée au cours de l’hiver et qui, paraissant après le Dimanche Sanglant de Saint-Pétersbourg, sera intitulée Avant le 9 janvier.

Trotsky développe ensuite son idée dans Bilan et perspectives (1906). Il défend un « gouvernement ouvrier s’appuyant sur la paysannerie » pour lequel se poserait le problème de l’internationalisation de la révolution : le maintien de la révolution permanente.

Lénine est à cette époque encore hostile à Trotsky étant donné les polémiques passées sur les questions d’organisation. Lénine critique que « L’erreur fondamentale de Trotsky réside dans la méconnaissance du caractère bourgeois de la révolution, dans le manque d’idées claires sur le problème du passage de cette révolution à la révolution socialiste ».

Trotsky: « Le prolétariat au pouvoir devra immédiatement assurer du travail aux chômeurs, aux frais de l’État, par tels ou tels moyens (organisation de travaux publics, etc…). Ces mesures appelleront nécessairement une grande lutte économique, et une longue suite de grèves grandioses: nous avons vu tout cela, dans une faible mesure, à la fin de 1905.

Et les capitalistes répondront alors (comme ils ont déjà répondu quand on exigeait la journée de huit heures) par le lockout. Ils mettront de gros cadenas à leur porte et ils se diront: notre propriété n’est pas menacée puisqu’il est décidé qu’actuellement le prolétariat s’occupe d’une dictature démocratique et non socialiste.

Que pourra faire le gouvernement ouvrier quand il verra qu’on ferme les usines et les fabriques? Il devra les rouvrir et reprendre la production pour le compte de l’État. Mais alors, c’est le chemin du socialisme? Bien sûr! ». (Résumé)

https://wikirouge.net/

Lire la suite

01 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

« socialiste » (france culture)

Le socialisme sauvage

« Socialiste » : comment ce mot vénéneux pendant un siècle est devenu porteur aux Etats-Unis

Bernie Sanders n’est plus cet ovni bizarre, ce papy nostalgique de Staline ou Pol Pot parce qu’il se réclame du socialisme. Longtemps marginale ou déviante aux Etats-Unis, l’étiquette « socialiste » est aujourd’hui revendiquée par de nombreux militants de gauche, et des élus plus visibles que jamais.

Chicago compte aujourd’hui six conseillers et conseillères municipales qui ont en commun de se dire “socialiste”.

Vu de France, ça paraît (encore) assez banal, même s’il faut bien reconnaître que, depuis la récente bérézina du Parti socialiste, on en vient aussi à compter les élus socialistes. Aux Etats-Unis en revanche, le fait de revendiquer cette étiquette n’a rien de banal et la présence de six élus ouvertement “socialistes” dans la même instance municipale est tout à fait singulière.

C’est même une exception suffisamment notable à l’échelle du pays pour être à l’origine d’un article le 3 avril 2019, dans le magazine de la politique et des idées Jacobin, que le trimestriel marxiste titrait : “A socialist wave in Chicago”. Pour décrire ce qu’il appelle un “raz-de-marée de changement dans la ville”, Will Bloom, qui signe l’article (traduit en français sur un site québécois de gauche  (Celuide nos camarades, le blog), écrit par exemple ceci:

C’est une rare occasion pour que des syndicats progressistes, des mouvements sociaux radicaux et des socialistes réénergisé.e.s exigent que la classe ouvrière ait son mot à dire dans cette ville.

Ainsi, à Chicago plus qu’ailleurs mais à Chicago comme ailleurs (quoique pas partout), le mot “socialiste” se déleste de la charge vénéneuse qu’il charriait de très longue date. Saugrenu, vu de France ? Depuis le congrès d’Epinay (1971) et la prise du parti par François Mitterrand, “socialiste” signifiait surtout social-démocrate de ce côté-ci de l’océan atlantique, et le tout s’entendait depuis cinquante ans dans une veine progressiste qui ne classait pas les socialistes français sur la crête la plus radicale de l’éventail de gauche.

Mais aux Etats-Unis en revanche, “socialist” fut longtemps un mot sulfureux, quasiment une étiquette subversive. Si bien que de même qu’il y a le “F word”… comme “fuck”), les Etats-Unis eurent longtemps leur “S word”… comme “socialist”.

L’import mal digéré d’un fils de Français 

La ponctuation en trois petits points (les « … ») surligne l’ambition d’une démonstration contre-intuitive, à rebours de pas mal d’idées reçues qui, depuis un siècle, soutiennent qu’américain n’est pas socialiste. Car l’étiquette fut longtemps honnie, stigmatisée comme un travers vaguement vénéneux, mais plus encore comme un import mal digéré et profondément contre-culturel.

A l’époque, la bataille pour l’investiture démocrate oppose Hillary Clinton, démocrate aux positions plutôt centristes, à Bernie Sanders, premier sénateur américain à se présenter comme “démocrate socialiste”. Une étiquette soudain largement médiatisée, à un moment où, locale-ment, le terme semble plus visible que jamais : dans le sillage de l’adhésion à la campagne de Sanders, les “Démocrates socialistes d’Amérique”, première organisation socialiste du pays, avait vu son nombre d’adhérents exploser, passant de 6 000 à 30 000 en 2016 (avec une moyenne âge qui fond de moitié, pour passer de 60 à 35 ans).

Des chiffres franchement marginaux au regard de la démographie américaine (327 millions d’habitants tout de même), mais du jamais vu depuis cent ans, c’était alors le « Parti socialiste américain ».

A l’époque, la tête de pont du socialisme américain s’appelle Eugene V. Debs . C’est lui, le syndicaliste, qui co-fonde le Parti socialiste américain (PSA) ; lui aussi qui obtiendra 90 000 voix (6% des voix) à l’élection présidentielle de 1912, « un record jamais égalé par lui-même ni par aucun autre candidat de gauche », rappellent des sites anti-capitalistes français comme anti-k.org (Site du NPA blog) qui se réfèrent encore à Debs aujourd’hui.

Après Debs, la fin des années 1920 et les décennies suivantes, celles du krach de 1929 et de la Grande dépression, verront décliner le PSA. En 1952, son candidat n’engrange guère plus de 20 000 voix, et il ne présentera aucun candidat aux présidentielles de 1956 et 1960.

Le succès, atypique et relatif, de Debs, avait-il à voir avec ses origines européennes puisqu’il est le fils de deux Alsaciens de Colmar qui ont émigré aux Etats-Unis? Sa popularité, réelle au début du 20è siècle, reste-t-elle en somme marquée du sceau de l’importation qui conforterait ceux qui affirment que socialiste n’est pas américain ?

Bernie Sanders

En 1979, c’est à Eugène Debs qu’un certain Bernie Sanders consacre un documentaire. Premier candidat depuis des lustres à exhumer explicitement le label « socialiste » à la primaire démocrate, le sénateur du Vermont battra campagne pour démentir la vieille idée qu’au fond le socialisme ne prendrait jamais.

Plus d’un siècle plus tard, il semblerait bien que ce pronostic n’ait jamais été si proche de la réalité – même s’il faut nuancer l’ampleur du phénomène.

  • C’est le site de la NPR, la radio publique, qui titre un article du 24 avril 2019 : ”Le socialisme n’est plus l’épouvantail qu’il fut jadis”
  • C’est, aussi le camp républicain qui parle de son “effroi” devant “une normalisation” des idées socialistes sur un air qui rappelle comment on parle ici, en France, de la “dédiabolisation” des discours lepénistes (père et fille).

De fait, une nouvelle génération de militants politiques se dit aujourd’hui explicitement “socialiste”. Certains appartiennent au Parti démocrate (auquel Bernie Sanders n’adhérera qu’en 2015 et 2016), d’autres se revendiquent d’autres formations.

Car se dire “socialiste” est longtemps resté stigmatisant sur la scène politique, en particulier au sein du Parti démocrate. Moins de donateurs, moins de soutien de l’establishment et des médias…

Les temps changent

Aujourd’hui, ce que le retour en grâce de l’étiquette “socialiste” raconte, c’est d’abord une évolution de la manière avec laquelle les nouveaux entrants ont bousculé de vieilles méthodes : Alexandria Ocasio Cortez, qui s’est réclamée du socialisme aussi rapidement que vigoureuse-ment, avait financé sa campagne par de petits donateurs – comme, avant elle, Bernie Sanders, pour la campagne duquel « AOC » avait justement travaillé.

Les sondages montrent plutôt que chez les moins de trente ans, 51% ont aujourd’hui une vision plus positive du socialisme que du capitalisme. Du jamais vu aux aux Etats-Unis. (Résumé)

Chloé Leprince 1er Juillet 2019

https://www.franceculture.fr/

Lire la suite

01 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

hendaye (cadtm)

http://www.cadtm.org/

Lire la suite

30 juin 2019 ~ 0 Commentaire

sans papier (global voices)

catalane

Maria Dantas rendant hommage à Marielle Franco après sa victoire en Espagne.

Cette Brésilienne qui est passée de la case “migrante sans papiers” à celle de “députée en Espagne”

La Brésilienne Maria Dantas, en veste en jean, a été élue députée en Espagne. Pour la première fois dans l’histoire de l’Espagne, une députée fédérale d’origine brésilienne va occuper un siège au Congrès des députés. Maria Dantas a été élue pour le parti Gauche Républicaine de Catalogne (ERC) le 28 avril 2019, lors des élections générales anticipées en Espagne.

La nomination de Dantas à ce poste est le fruit de ses années de militantisme social au sein du parti et de son travail en faveur des droits de l’homme en Catalogne. La députée était cinquième sur la liste de son parti, qui a obtenu un total de 15 sièges au Congrès. L’ERC est la première force politique catalane au Congrès espagnol – il y avait en tout 350 sièges en lice pour cette législature.

Maria Dantas est née en 1969 à Aracaju, capitale du Sergipe, dans le Nordeste du Brésil. Elle est avocate et militante sociale et elle vit à Barcelone depuis 25 ans. Elle est arrivée en Espagne pour faire des études de 2° et 3° cycle de Droit environnemental, philosophie juridique, morale et politique, et économie. Elle travaille actuellement dans une société catalane de financement, mais depuis des années, elle milite activement contre le racisme et le fascisme, et pour la défense des droits humains, civils et politiques des personnes.

La députée est, entre autres, membre de la plateforme Unité contre le fascisme et le racisme (UCFR). Elle collabore aussi avec le mouvement Tras la Manta (“Sous le manteau”, syndicat de vendeurs de rue à Barcelone), l’Association interculturelle des latinos pour la Catalogne, et l’Agence de communication interculturelle (Itacat).

Il y a environ dix ans, elle a obtenu la nationalité espagnole ce qui lui a donné accès à des droits politiques. Ces huit dernières années, elle s’est beaucoup investie dans des secteurs comme la citoyenneté, l’immigration et les mouvements sociaux au sein de la Gauche Républicaine de Catalogne (ERC).

Née dans une famille modeste, Dantas a vécu en Espagne pendant de nombreuses années comme une sans papiers et elle connaît bien les difficultés que cette réalité suppose. Après les élections, lors de son interview par téléphone à MigraMundo, elle a dédié sa victoire aux mouvements sociaux :

Je remercie grandement les mouvements sociaux pour leur soutien. C’est important qu’il y ait des femmes et des minorités au gouvernement pour changer les paradigmes.

Pour fêter sa victoire aux élections, Dantas portait un tee-shirt à l’effigie de Marielle Franco, conseillère municipale de Rio de Janeiro assassinée en mars 2018.

La députée a déclaré à MigraMundo avoir puisé son inspiration chez Marielle. Elle raconte qu’elle a accepté l’invitation à rejoindre la liste du parti motivée par une des idées de Marielle – sur l’importance de ne pas agir uniquement sur la base, mais aussi sur les institutions. “Le changement social se construit à partir de la base, mais il est important d’investir les institutions et d’agir de l’intérieur.”

L’avocate sait qu’elle n’a pas choisi la facilité. Brandir des étendards tels que les droits politiques pour les immigrants et trouver les moyens de les aider à entrer dans le pays, tout ceci va à l’encontre de la puissance des partis d’extrême droite à l’Assemblée nationale. C’est pourtant ce contexte hostile qui l’a décidée à accepter l’invitation de son parti.

Interrogée par MigraMundo sur la poussée de l’extrême droite en Espagne — représentée par le parti Vox , qui a obtenu 24 sièges, Dantas en a profité pour faire passer un message au député Santiago Abrascal, leader du parti. C’est en effet la première fois depuis la chute de la dictature de Francisco Franco (en 1975) qu’un parti d’inspiration franquiste va siéger au Congrès national.

“Il va devoir affronter une immigrante du Nordeste, une “cabra da peste” (au Brésil, personne courageuse, forte et sans peur que l’on pourrait traduire par : sale petite peste), qui lutte depuis des années contre les homophobes, les fascistes et les islamophobes”

Une fois l’élection passée, marquée par la victoire du parti socialiste de l’actuel Premier ministre Pedro Sánchez avec 123 sièges, le défi suivant est la formation du gouvernement, la formation d’alliances pour obtenir une majorité au Parlement. L’ERC, de Dantas, a déjà fait savoir qu’elle n’engagera aucune négociation avec les partis de droite et d’extrême droite.

17 Juin 2019

https://fr.globalvoices.org/

Lire aussi:

‘Qui a commandité l’assassinat de Marielle Franco ?’ demande le Brésil un an après le meurtre de la conseillère municipale (GV)

Lire la suite

30 juin 2019 ~ 0 Commentaire

métissage (global voices)

feminisme

« Le silence et l’invisibilité sont des violences masquées sous la supercherie qu’est le métissage »

Valeria Angola: Quand avez-vous commencé à vous reconnaître en tant que femme afro-mexicaine ?

Scarlet Estrada : Se reconnaître est un processus sans fin. Toute ma vie, les gens ont relevé une différence, cela signifie clairement que je ne suis pas comme les autres. Je me souviens que depuis mon enfance, les gens remettaient en cause ma nationalité. Ce processus d’auto-reconnaissance est donc constant, d’autant plus au Mexique, où les populations de descendance africaine sont invisibilisées.

VA: À quel moment avez-vous commencé à comprendre les raisons de ce phénomène ?

SE : Je n’avais jamais réfléchi à la question avant d’ étudier l’anthropologie. Pendant l’un de mes cours du deuxième semestre,  mon professeur a invité une étudiante colombienne à nous parler des cheveux afro et de l’afro-féminisme. Elle nous a parlé de ses cheveux, de l’importance de les laisser lâchés, frisés, libres. Pour elle, les laisser ainsi signifiait libérer une partie d’elle-même qui était opprimée. Elle nous a dit qu’elle s’était  sentie obligée de changer ses cheveux afin d’être acceptée et de s’intégrer dans la société. J’ai également vécu ça pendant mon enfance et mon adolescence.

VA: Est-ce de cette manière que vous avez réalisé que vous étiez noire ?

SE : Je crois que je l’ai toujours su, sans jamais le dire. Je voyais les dessins animés Barbie et je m’identifiais toujours à la poupée la plus foncée à cause de ses cheveux bouclés. Je m’identifiais également aux personnages noirs des séries que je regardais. Mais je pense au fond que cela a aussi quelque chose à voir avec le fait que les Afro-Mexicains me reconnaissent… Tu sais qui tu es dans le regard des autres.

VA: Quelles sont les conséquences de s’identifier en tant que telle au Mexique ?

SE : Cela signifie se rendre compte qu’il existe des populations invisibilisées depuis de nombreuses années. J’insiste, il faut embrasser et accepter la différence et nous donner les moyens d’agir grâce à elle également. Ne pas essayer d’assimiler nos corps à des règles de beauté qui ne sont pas faites pour nous. En outre, je pense que s’identifier ne signifie pas uniquement se proclamer afro-descendant. Dans la vie personnelle, cela signifie également prendre conscience des inégalités, des discriminations et du racisme dont sont victimes les afro-descendants et le reste des communautés indigènes du Mexique.

VA: Qu’est-ce que cela vous fait ressentir ?

SE : [Je me sens] libre et forte. Je ne me sens plus coupable d’avoir un si beau et gros fessier, je ne me sens plus coupable d’avoir les cheveux qui frisent. Je me sens totalement libérée, j’aime avoir ce corps. Je suis parfois en conflit avec moi-même, mais c’est un sentiment génial de pouvoir donner un nom aux violences dont nous femmes noires en particulier sommes victimes. J’ai la liberté et le pouvoir de nommer ces abus et de lutter contre eux.

VA: Comment décririez-vous le racisme au Mexique ?

SE : Au Mexique, bien que le racisme puisse se manifester de manière très explicite – comme par exemple lorsqu’il y a des attaques sur les réseaux sociaux contre l’actrice Yalitza Aparicio* à chaque fois qu’elle apparaît en couverture d’un magazine – il peut aussi se manifester silen-cieusement, lorsque la contribution politique, sociale et culturelle des Noirs est omise de l’histoire nationale. On dit qu’il n’y a pas de Noirs au Mexique, mais c’est faux.

En quoi le nationalisme a-t-il été utile au Mexique si ce n’est pour faire taire les voix et nier que les esclaves venus d’Afrique avaient la peau noire ? Le silence et l’invisibilité se cachent sous la supercherie que sont le métissage et la démocratie raciale du Mexique. Le métissage comme biopolitique a nié l’existence des Noirs de ce territoire.

Aujourd’hui ces corps rebelles se lèvent, parlent, se rassemblent, discutent entre eux et s’organisent pour reconfigurer les dynamiques discursives populaires qui nient leur présence. Le peuple noir du Mexique existe : nous sommes là !

25 Juin 2019

https://fr.globalvoices.org/

*Yalitza Aparicio est une actrice mexicaine d’ascendance mixtèque (peuple indigène du Mexique), nommée aux Oscars pour son rôle dans Roma d’Alfonso Cuarón

Entretien avec l’anthropologue mexicaine Scarlet Estrada

Scarlet Estrada est une anthropologue mexicaine qui étudie le journalisme à l’Université nationale autonome du Mexique. Son travail est centré sur la sexualisation des femmes noires au Mexique. Mme Estrada a également participé à plusieurs rencontres consacrées aux droits de l’homme ainsi qu’à des colloques universitaires concernant l’auto-dénomination des peuples noirs. Elle a en outre participé aux débats pour la reconnaissance du nombre de Noirs au Mexiqie afin que celui-ci soit pris en compte par l’Institut national des statistiques et de géographie en vue du recensement de 2020.

Dans cet entretien, Mme Estrada se penche sur ce qui se cache derrière la reconnaissance de l’appartenance aux communautés afros et de la difficulté de le faire dans un pays comme le Mexique, où l’imaginaire national exclut et rend invisible les Afro-Mexicains.

25 Juin 2019

https://fr.globalvoices.org/

 Afroféminas

https://afrofeminas.com/

Lire aussi:

Préface à « Le Maroc Noir. Une histoire de l’esclavage, de la race et de l’Islam » de Chouki el Hamel (Essf)

Lire la suite

28 juin 2019 ~ 0 Commentaire

russie (msr)

russie (msr) dans A gauche du PS
.
Les socialistes du MSR, ont soutenu les habitants de Kambarka en manifestant contre «l’usine de la mort»
.
Le 22 juin, dans la ville de Kambarka (Oudmourtie), un rassemblement a eu lieu contre «l’usine de la mort» qui, a rassemblé de 600 à 2 000 personnes. Rosatom veut créer une usine d’élimination des déchets hautement toxiques à Kambarka. Au total, il est prévu de construire sept entreprises de ce type en Russie, chacune devant neutraliser jusqu’à 50 000 tonnes de déchets par an.
.
À Kambarka a fonctionné pendant de nombreuses années une usine pour la destruction d’armes chimiques: gaz moutarde.
.
 dans Altermondialisme

.

Le MSR soutiendra Dmitry Nikolaev aux élections municipales à Saint-Pétersbourg

Dmitry Nikolaev, militant civique et sympathisant du MSR, participera aux élections des députés municipaux à Saint-Pétersbourg. « La base de mon programme est un agenda vert. C’est maintenant le plus pertinent, comme en témoignent les exemples de manifestations » anti-ordures « à Shiyes, dans la région de Moscou et dans d’autres villes.

.

Российское Социалистическое Движение

http://anticapitalist.ru/

Lire la suite

26 juin 2019 ~ 0 Commentaire

brésil (bastamag)

accaparement

Malgré la destruction de l’Amazonie

Les dirigeants européens négocient un traité commercial avec le Brésil

Les discussions entre l’Union européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay), ouvertes il y a 20 ans, pourraient aboutir cette semaine à un vaste accord de libre-échange. Dans une lettre ouverte, plus de 340 organisations appellent les présidents des institutions européennes, en amont de la réunion des ministres des affaires étrangères, à interrompre immédiatement ces négociations commerciales. En cause : la détérioration des droits humains et de la situation écologique au Brésil, depuis l’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro le 1er janvier dernier.

Ces derniers mois, le gouvernement brésilien a démantelé les mesures de protection de l’environnement. Il s’est notamment attaqué aux populations indigènes en plaçant leurs terres sous la juridiction du ministère de l’Agriculture, ouvrant la voie à la déforestation par les entreprises agroalimentaires de bétail.

Selon les associations environnementales, la déforestation en Amazonie aurait augmenté de 54 % en janvier 2019, par rapport à la même période en 2018. « Les attaques contre les personnes qui défendent leurs territoires ou leurs ressources naturelles sont de plus en plus fréquentes dans les zones rurales du Brésil, entraînant la mort d’un nombre croissant de dirigeants communautaires, paysans et activistes » alertent les organisations. (…)

Sophie Chapelle 25 juin 2019

Lire la suite sur Bastamag

APPEL

Lire la suite

26 juin 2019 ~ 0 Commentaire

arabie (amnesty)

 yemen

Arabie saoudite. La décision d’épargner la vie d’un adolescent doit être suivie de l’abolition de la peine de mort pour tous les mineurs

En réaction aux informations indiquant que Murtaja Qureiris, jeune Saoudien arrêté à l’âge de 13 ans, ne sera pas exécuté et a finalement été condamné à 12 ans d’emprisonnement, Lynn Maalouf, directrice des recherches sur le Moyen-Orient à Amnesty International, a déclaré :

« Apprendre que Murtaja Qureiris ne sera pas exécuté est un immense soulagement pour lui et sa famille, mais il est absolument scandaleux que les autorités saoudiennes aient même requis la peine de mort pour une personne arrêtée à l’âge de 13 ans. Le recours à la peine de mort contre des personnes ayant moins de 18 ans au moment des faits qui leur sont reprochés constitue une violation flagrante du droit international.

« Même si les autorités saoudiennes ont épargné la vie de Murtaja Qureiris dans cette affaire, la législation de l’Arabie saoudite permet toujours de condamner à mort des personnes arrêtées pour des faits commis alors qu’elles étaient mineures si ces faits sont passibles de la peine capitale selon la charia (loi islamique).

Si elles veulent montrer qu’elles souhaitent sincèrement respecter les droits de l’enfant, les autorités saoudiennes doivent abolir la peine de mort pour toutes les infractions commises par des mineurs. Lynn Maalouf, directrice des recherches sur le Moyen-Orient à Amnesty International

« Si elles veulent montrer qu’elles souhaitent sincèrement respecter les droits de l’enfant, les autorités saoudiennes doivent abolir la peine de mort pour toutes les infractions commises par des mineurs. Pour commencer, elles doivent immédiatement annuler les condamnations à mort prononcées contre Ali al Nimr, Abdullah al Zaher et Dawood al Marhoon – trois hommes chiites qui ont tous été arrêtés avant l’âge de 18 ans et risquent une exécution imminente. »

Murtaja Qureiris a été détenu à l’isolement, roué de coups pendant son interrogatoire et contraint à formuler des « aveux ». Son procès a été manifestement inique et il a été traité comme un adulte aux yeux de la loi, malgré le fait que certaines des charges retenues contre lui concernent des faits remontant à une époque où il avait seulement 10 ans.

Aujourd’hui âgé de 18 ans, il a été arrêté en septembre 2014. Il a été jugé par le Tribunal pénal spécial en septembre 2018. Parmi les charges retenues contre lui figuraient la participation à des manifestations antigouvernementales, la présence à l’enterrement de son frère Ali Qureiris, tué lors d’une manifestation en 2011, l’adhésion à une « organisation terroriste », le jet de cocktails Molotov sur un poste de police et l’usage d’une arme à feu contre les forces de sécurité.

En août 2018, le roi Salman bin Abdulaziz al Saoud a promulgué la Loi relative aux mineurs, qui prévoit une peine maximale de 10 ans d’emprisonnement pour les mineurs délinquants dans les affaires où, en tant qu’adultes, ils auraient encouru la peine capitale.

Cette loi ne s’applique toutefois pas aux crimes passibles de la peine de mort en vertu de la charia (loi islamique). La législation contrevient donc au droit international relatif aux droits humains, qui interdit strictement le recours à la peine de mort contre une personne qui était âgée de moins de 18 ans au moment des faits qui lui sont reprochés.

17 juin 2019

https://www.amnesty.org/fr

Lire la suite

25 juin 2019 ~ 0 Commentaire

bernie sanders (à l’encontre)

issue18-cover

Jacobin est une référence de la gauche américaine

Bernie Sanders

«La liberté est une valeur socialiste démocrate»

Dans son discours d’hier, le 12 juin dans le cadre du Marvin Center de l’Université de Washington sur le socialisme démocratique, le sénateur Bernie Sanders a refusé d’accepter la liberté comme une valeur de la droite, et il a exposé toutes les manières dont le capitalisme limite la liberté des travailleurs ordinaires.

Cette dernière défense du socialisme démocratique de Bernie Sanders a été une attaque frontale contre bon nombre des clichés qui servent à gouverner la politique américaine. Son titre même «How Democratic Socialism Is the Only Way to Defeat Oligarchy and Authoritarianism» [«Comment le socialisme démocratique est la seule voie pour battre l’oligarchie et l’autoritarisme»] a suscité l’incompréhension et le rire de ses principaux concurrents démocrates.

Le sénateur du Colorado Michael Bennet, l’une des nombreuses médiocrités nébuleuses qui envahissent le champ démocratique [24 candidat·e·s], a déclaré à un journaliste: «Je ne pense même pas que le peuple américain sache ce que cela signifie… Personne dans mes salles communales ne parle de socialisme démocratique contre l’oligarchie et l’autoritarisme.»

Bien qu’il soit toujours instructif de voir un politicien parler de ce que ses électeurs ne compren-nent pas, Bennet aurait bien fait de dépasser le titre du discours de Sanders et d’écouter son contenu réel. L’essentiel de l’allocution portait sur des questions que la plupart des électeurs ne comprennent que trop bien: l’endettement pour les soins, l’augmentation vertigineuse des coûts du logement, la surcharge de travail et les emplois qui volent littéralement la vie des pauvres.

Ce qui est le plus remarquable cependant, dans la discussion de Sanders sur ces questions,  c’est la façon dont il les a formulées. Toutes ces injustices du capitalisme, a-t-il soutenu, étaient des atteintes à la liberté des personnes.

Pendant longtemps, la liberté a semblé être le domaine déologique de la droite. La célèbre défense du capitalisme de Milton Friedman s’appelait Capitalisme et liberté. Et beaucoup à gauche y ont contribué, rejetant l’autonomie, le choix et la liberté comme «valeurs bourgeoises», incompatibles avec le socialisme.

Sanders a adopté l’approche opposée dans son discours d’hier, en posant la question :

  • Etes-vous vraiment libre si vous êtes incapable d’aller chez le médecin quand vous êtes malade, ou si vous faites face à une faillite financière quand vous quittez l’hôpital?
  • Etes-vous vraiment libre si vous n’avez pas les moyens de payer les médicaments prescrits sur l’ordonnance dont vous avez besoin pour rester en vie?
  • Etes-vous vraiment libre lorsque vous dépensez la moitié de votre revenu limité en logement et que vous êtes obligé d’emprunter de l’argent à un organisme de crédit (sur la base de votre salaire) à un taux d’intérêt de 200%?
  • Etes-vous vraiment libre si vous avez soixante-dix ans et que vous êtes forcé de travailler parce que vous n’avez pas de pension ou que vous n’avez pas assez d’argent pour prendre votre retraite?
  • Etes-vous vraiment libre si vous ne pouvez pas aller à l’université parce que votre famille n’a pas les revenus nécessaires?
  • Etes-vous vraiment libre si vous êtes forcé de travailler soixante ou quatre-vingts heures par semaine parce que vous ne pouvez pas trouver un emploi qui paie un salaire décent?
  • Etes-vous vraiment libre si vous êtes une mère ou un père avec un nouveau-né, mais que vous êtes forcé de retourner au travail immédiatement après la naissance parce que vous n’avez pas de congé familial payé?
  • Etes-vous vraiment libre si vous êtes propriétaire d’une petite entreprise ou un agriculteur familial qui est liquidé par les pratiques monopolistiques des grandes entreprises?
  • Etes-vous vraiment libre si vous êtes un ancien combattant qui a risqué sa vie pour défendre ce pays et qui dort maintenant dans la rue? 

Avec tout cela, Sanders s’est attaqué à l’un de principaux dogmes du capitalisme contemporain: qu’il renforcerait la liberté.

L’accent mis par Sanders sur la liberté en tant que valeur socialiste est aussi ce qui lui permet de relier les nombreuses manifestations différentes des pathologies du capitalisme. Lorsqu’il a parlé de la montée de dirigeants autoritaires comme Viktor Orbán et Jair Bolsonaro, il ne les a pas présentés comme des «populistes» peu libéraux, mais plutôt comme des manifestations différentes de la même menace à la liberté représentée par le 1% aux Etats-Unis.

Lorsqu’il a applaudi les femmes qui luttent pour le droit à l’avortement et les immigrant·e·s qui luttent contre la machine de déportation et de détention, il a célébré leurs combats sur différents fronts dans le but d’élargir les libertés des personnes.

Sanders refuse d’être mis sur la défensive pour son plaidoyer en faveur du socialisme démocratique. Les opposants capitalistes de Sanders y voient sa principale faiblesse. Mais dans leur confiance d’avoir trouvé là son point faible, ils sous-estiment précisément le fait que Sanders a identifié leur point faible.

Article publié sur le site de la revue Jacobin; traduction A l’Encontre

Paul Heideman docteur en études américaines de l’Université Rutgers-Newmark.

Alencontre le 25 – juin 2019

http://alencontre.org/

Lire aussi:

Jacobin

Mother Jones

Etats-Unis Bernie, fils de FDR (Franklin Delano Roosevelt) (Al’Encontre .ch)

Lire la suite

24 juin 2019 ~ 0 Commentaire

climat (bastamag reporterre science-et-avenir)

Des milliers d’activistes occupent pendant deux jours la mine de charbon la plus polluante d’Europe

Durant tout le week-end, quelque 4 000 activistes venus de toute l’Europe ont investi le complexe minier de Garzweiler, dans le nord-ouest de l’Allemagne, bloquant sa production avant d’être évacués par la police.

Le mouvement Ende Gelände organise des actions d’occupation des mines de charbon allemandes depuis plusieurs années. Avec l’émergence d’un nouveau mouvement climatique dans toute l’Europe, d’Extinction Rebellion aux Fridays for future, cette nouvelle action marque un tournant.

Gilles Potte 24 juin 2019

Lire la suite sur Bastamag

Lire aussi:

En Allemagne, des militants font le siège d’une mine de lignite (Le Monde)

6.000 activistes ont neutralisé le charbon allemand (Reporterre)

Opération coup de poing et manifestation contre le charbon en Allemagne (Sciences & Avenir)

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin