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10 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Réserves de gaz de schiste : les chiffres avancés sont très exagérés (Reporterre)

Réserves de gaz de schiste : les chiffres avancés sont très exagérés (Reporterre) dans Ecologie & climat no-frack1

Des chiffres de réserves mirifiques, notamment en France et en Pologne. Problème : leur élaboration est faite au doigt mouillé…

Partout dans le monde, les projections, espoirs ou polémiques suscités par les réserves de gaz de schiste, semblent prématurés. Car, pour l’heure, leur estimation précise demeure bien difficile. « En France, aujourd’hui, on n’a pas d’idées, mais on a du gaz de schiste ! » Laurence Parisot a fait sensation en avril dernier avec sa formule choc, référence directe au slogan en vogue dans les années 1970, « En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées. » La présidente sortante du Medef fondait son plaidoyer en faveur de l’exploitation des gaz de schiste, aujourd’hui interdite dans l’Hexagone, sur un rapport de l’US EIA (US Energy Information Administration), une administration américaine indépendante, qui fournit des statistiques sur l’énergie.Un rapport paru en avril 2011, que l’organisme vient tout juste de remettre à jour : selon lui, la France est effectivement au deuxième rang européen, derrière la Pologne, pour son potentiel en gaz de schiste, avec des réserves techniquement récupérables de 3.870 milliards de mètres cubes de gaz. Elle serait même numéro un pour le pétrole, avec 4,7 milliards de barils. Et ce, même si ces évaluations ont été revues à la baisse (« Les Echos » du 11 juin 2013). Seule source mondiale à s’aventurer sur la question, ce rapport suscite beaucoup d’excitation dans de nombreux pays. Selon ses dernières estimations, 32 % des réserves mondiales de gaz et 10 % de ­celles de pétroles sont des hydrocarbures de schiste, emprisonnés dans la roche dure appelée « roche mère », et que l’on sait désormais extraire grâce à la technologie – controversée – de la fracturation hydraulique. Leur exploitation, qui a démarré aux Etats-Unis au milieu des années 2000, y a donné lieu à une véritable révolution, qui fait rêver les autres pays potentiellement concernés. La Chine, notamment, serait le pays le plus riche au monde en gaz de schiste (avec 31.500 milliards de mètres cubes de réserves) et le troisième pour le pétrole de schiste (32 milliards de barils).

Placée au deuxième rang mondial pour le gaz et au quatrième pour le pétrole, l’Argentine pourrait de même devenir un futur géant énergétique. L’Algérie, le Canada, le Mexique, l’Australie, l’Afrique du Sud et le Brésil figurent aussi dans le Top 10 pour le gaz, comme la Russie, championne du monde pour le pétrole et numéro 9 pour le gaz. Les Etats-Unis, enfin, se placeraient au quatrième rang pour le gaz et au deuxième pour le pétrole. Les projections, espoirs, ou polémiques suscités par ces estimations semblent toutefois bien prématurés. Car, il faut bien le dire, le rapport de l’US EIA est fondé sur des calculs de coin de table. Les experts du cabinet ARI (Advanced Resources International), qui ont travaillé pour l’US EIA, ont sans nul doute passé des heures et des heures à éplucher de longs rapports de géologues, portant sur 137 bassins dans 41 pays. Mais, au final, la méthode utilisée relève bien du doigt mouillé.

Estimation acrobatique Ces analystes ont d’abord estimé le volume d’hydrocarbures « en place », contenu dans la roche. « Un premier calcul effectué en fonction de la perméabilité et la porosité de la roche, de son épaisseur moyenne et de la surface du bassin sédimentaire », explique Roland Vially, géologue à l’IFP Energies Nouvelles. Relativement précise lorsqu’elle concerne des bassins connus (ce qui est le cas en Amérique du Nord ou dans le bassin parisien), cette première estimation reste acrobatique en l’absence de forages anciens, ou pour les pays peu transparents comme la Russie ou la Chine. Surtout, les analystes lui appliquent ensuite un coefficient de récupération, estimé au jugé, à partir de ce qu’ils savent de la géologie. « Or ce coefficient peut tout à fait varier du simple au double, ou au final être nul », relève un autre géologue.

Sans nouvelles données, simplement en analysant mieux les informations disponibles, l’EIA a ainsi divisé par plus de dix son estimation du potentiel du sud-est de la France. « La surface jugée intéressante a été divisée par près de quatre, et le coefficient de récupération a de même été fortement réduit, l’EIA ayant finalement estimé que la roche dite de “terres noires” ne contenait pas d’hydrocarbures », indique Roland Vially. Ayant certes le mérite d’être transparente et homogène mondialement, l’approche volumétrique de l’EIA délivre, de fait, des estimations souvent très supérieures à celles des organismes nationaux. L’Institut géologique polonais a ainsi évalué les réserves du pays en gaz de schiste à 1.920 milliards de mètres cubes, très en deçà des chiffres de l’EIA, même après révision (4.200 milliards de mètres cubes). A chacun sa méthode. Les géologues utilisent des approches plus « microéconomiques », intégrant l’hétérogénéité des sous-sols, le nombre de puits nécessaires ou leur durée d’exploitation.

Difficile, toutefois, de s’approcher de la vérité sans nouveaux forages d’exploration. « C’est le seul moyen de tester la capacité de la roche à être fracturée et à produire des hydrocarbures », rappelle un géologue. Mais pas forcément de clore les débats. Même aux Etats- Unis, où des centaines de milliers de puits ont déjà été forés, tous les experts ne sont pas d’accord sur le potentiel des bassins exploités. « Deux approches s’affrontent, indique Roland Vially. La plus optimiste intègre les progrès technologiques, qui ont permis de multiplier par plus de trois la productivité des puits en cinq ans. A l’inverse, certains considèrent que les compagnies ont commencé par exploiter les gisements les plus faciles d’accès, et que le taux de récupération va baisser… » D’autres facteurs, moins techniques mais tout aussi cruciaux, auront aussi in fine une influence directe sur les potentiels nationaux : le coût d’extraction, l’acceptation par l’opinion, ou la densité de population. Les batailles de chiffres sont loin d’être terminées. Anne Feitz (Les Echos) mardi 9 juillet 2013 Source  : Les Echos

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10 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Turquie : des syndicalistes et des défenseurs des droits de l’Homme jugés comme des terroristes présumés (LDH)

Turquie : des syndicalistes et des défenseurs des droits de l’Homme jugés comme des terroristes présumés (LDH) dans Europe 121115165638

La mission du Réseau Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme (REMDH) à Ankara a fait part de son inquiétude à la suite de la seconde audience du procès contre un membre de son Comité exécutif, M. Osman İşçi, et 71 syndicalistes.

Les observateurs font état de leurs préoccupations concernant le manque de transparence et d’indépendance de la cour. Les mêmes constatations avaient déjà été faites lors de la première audience en avril dernier. Les observateurs de la seconde audience, qui s’est tenue le 8 juillet 2013, ont conclu que le procès ne respectait pas les normes internationales d’équité. Le manque d’indépendance du tribunal, l’inégalité entre l’accusation et la défense, la durée de la procédure et l’incertitude quant à ses délais, la dissimulation de preuves à la défense, l’enquête déséquilibrée de la police, l’impossibilité de remettre en cause des preuves contestées et le manque de transparence et de base juridique des décisions du tribunal sont autant d’éléments mis en avant par les observateurs.

Il convient de noter que toutes les déclarations des accusés ont révélé que leur mise en accusation revenaient à assimiler les activités d’or- ganisations légalement reconnues et de syndicats à celles d’organisations terroristes, sans pour autant apporter la preuve de tels liens. Ils ont souligné que la plupart d’entre eux étaient des Kurdes, des militants syndicaux et des droits de l’Homme, tous affiliés à la Confédération des syndicats de fonctionnaires (KESK). Les accusés ont dénoncé un procès politique, dans lequel leurs activités professionnelles et leurs discours pacifiques constituent des « éléments constitutifs de crimes » selon l’acte d’accusation. La troisième audience aura lieu le 25 Novembre 2013.

M. İşçi et 22 autres militants ont déjà fait dix mois de détention préventive. Ils ont été libérés, sans que les charges à leur encontre ne soient abandonnées, à l’issue de la première audience du procès qui s’est tenue le 10 avril 2013. Le REMDH avait également envoyé une mission d’observation à cette occasion, et cette dernière a rédigé un rapport d’observation du procès. D’autres observateurs internationaux ont assisté au procès, dont des représentants de l’ambassade de la Belgique, de la Suisse et du Royaume-Uni, ainsi que de la délégation de l’Union européenne.

Le REMDH appelle le gouvernement turc à abandonner les charges qui pèsent contre les 72 accusés, dans la mesure où cette procédure judiciaire a manifestement pour objectif de les réduire au silence et de mettre un terme à leurs activités légales. Le REMDH exhorte par ailleurs les autorités turques à garantir sur le plan législatif et dans la pratique que la liberté d’association et de réunion, la liberté d’expression et les droits des syndicats sont protégés et que personne n’est injustement poursuivi pour avoir exprimé de manière pacifique des critiques contre les politiques du gouvernement.

Ankara-Copenhague, le 10 juillet 2013 Communiqué REMDH http://www.ldh-france.org/Turquie-des-syndicalistes-et-des.html

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10 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Pétrole contre nourriture: retour sur un système de corruption mondial (Les Inrocks)

http://voixnouvelle.files.wordpress.com/2013/02/oil-on-flickr-photo-sharing.png Pas un mot sur les milliers d’enfants victimes…

Le tribunal correctionnel de Paris vient d’acquitter Charles Pasqua, le PDG de Total Christophe de Margerie et 18 autres personnes inculpées dans l’affaire “pétrole contre nourriture”. Détournements de fond, réseau d’influences, corruption… Retour sur un scandale vieux d’une vingtaine d’années. Après dix ans de procédure, le procès du volet français de l’affaire pétrole contre nourriture vient d’aboutir à la relaxe de l’ensemble des prévenus, dont Charles Pasqua et Total. Retour sur une affaire de corruption qui mêle le régime de Saddam Hussein, des firmes étrangères, des diplomates, des politiciens et des hommes d’affaires en marge du programme humanitaire lancé par l’Onu en Irak en 1995.

• La résolution 986 de l’Onu 14 août 1995, cinq ans après l’invasion du Koweït par l’Irak. Les Nations unies proposent des mesures per- mettant à l’Irak de vendre des quantités limitées d’hydrocarbures en échange d’équipements humanitaires et de produits de première né- cessité pour sa population. A cette époque en France, Jacques Chirac vient de succéder à François Mitterrand. Aux Etats-Unis, Bill Clinton débute son deuxième mandat. Le programme baptisé “pétrole contre nourriture” a pour but  d’atténuer les effets néfastes des sanctions internationales sur le pays mis au ban de la scène internationale et sous le coup d’un embargo économique depuis la première guerre du Golfe (1991). Le Conseil de sécurité de l’Onu adopte ainsi la résolution 986 qui vise à répondre, à titre de mesure temporaire, aux besoins humanitaires du peuple irakien jusqu’à l’application par l’Irak des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité”. Un an plus tard, l’Irak revient sur le marché du pétrole, sous le contrôle strict de l’Onu.

• Détournements, lobbying et pots-de-vin Les Nations unies doivent s’assurer que les fonds dégagés par l’Irak via les achats de son pétrole soient bien transférés sur le compte en banque onusien – à la BNP de New York – chargé du financement du programme humanitaire : pour un milliard de dollars de pétrole vendu, 300 millions doivent être versés aux victimes de la guerre du Golfe, 20 à 30 millions doivent servir à renflouer les coûts du désarmement des installations militaires irakiennes et 130 à 150 millions de dollars doivent permettre d’aider les populations kurdes du nord de l’Irak – autonomes depuis la fin de la Guerre. Or, le régime de Saddam Hussein (au pouvoir depuis 1979) réussit à détourner massivement les fonds du programme à son profit grâce à des ventes parallèles et des surfacturations. Le régime irakien exige des compléments de prix du baril par rapport à ceux négociés avec l’Onu et livre des barils à des personnalités “amies”. Mais les transactions opaques ne s’arrêtent pas là. Badgad monnaye des soutiens à la levée de l’embargo en échange de commissions indirectes à des diplomates, hommes d’affaires et multinationales. De cette manière, le président irakien offre des coupons de pétrole à ceux qui défendent sa cause sur la scène internationale.

Le voile tombe à la chute du Raïs Le 9 avril 2003, Badgad est prise par l’armée américaine. La fin d’une guerre éclair décidée par le président américain Georges W. Bush trois semaines plus tôt contre Saddam Hussein et les siens. En janvier 2004, le quotidien irakien Dar Al-Mada publie une liste de 270 personnalités et entreprises ayant touché des pots-de-vins de Saddam Hussein depuis 1999. Le General Accounting Office (GAO) – l’équivalent américain de la Cour des comptes, rapporte quant à lui que le gouvernement du raïs déchu a détourné environ 10 milliards de dollars entre 1997 et 2002. La presse étrangère se saisit du scandale et publie à son tour les premières révélations. En marge de l’affolement médiatique, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, met en place une commission d’enquête indépendante présidée par l’ancien patron de la Réserve fédérale américaine Paul Volcker. Après 19 mois d’enquête, le rapport tombe comme un couperet : près de 2 200 entreprises originaires de 66 pays ont versé illégalement à Saddam Hussein des sommes correspondant à 10 % du montant de leurs contrats dans le cadre du programme.

• Charles Pasqua et Total inculpés Le juge Philippe Courroye se saisit du rapport américain alors qu’il mène une enquête depuis 2002 contre Total, soupçonné d’avoir lui aussi d’avoir versé des dessous-de-table au régime baasiste pour contourner la mainmise onusienne sur le pétrole irakien. Il découvre par là-même les personnalités françaises impliquées dans l’affaire. Parmi elles : Charles Pasqua et son conseiller diplomatique Bernard Guillet sont visés. L’ancien ministre de l’Intérieur aurait obtenu près de 11 millions de barils de brut en deux ans. Pasqua dément avant d’être mis en examen aux côtés de son bras droit. Sans preuves suffisantes,  le parquet de Paris requiert le 25 octobre 2010, un non-lieu pour Charles Pasqua et Total, alors dirigé par Christophe de Margerie. Mais l’épos judiciaire est relancé le 28 juillet 2011 quand Serge Tournaire – le troisième juge d’instruction après Xavière Simeoni et Philippe Courroye en charge de l’affaire – décide de renvoyer à la barre 19 personnes physiques et une personne morale (Total). Les principaux chefs d’inculpation sont le trafic d’influence et la corruption d’agents publics étrangers.

• Le volet français de l’affaire de nouveau devant les juges Suite de la procédure judiciaire début 2013 : le parquet requiert finalement 750 000 euros d’amende à l’encontre de Total, accusé d’avoir versé des rétrocommissions aux dirigeants irakiens via des sociétés-écrans et acheté du pétrole à des tarifs illégaux. Des responsables d’associations et d’anciens diplomates sont également pointés du doigt. L’ensemble des prévenus viennent finalement d’être relaxés par la justice française. Pour autant, 14 autres sociétés passeront prochainement devant les juges lors d’un second procès. 08/07/2013 | 15h14  par

http://www.lesinrocks.com/2013/07/08/actualite/petrole-contre-nourriture-retour-sur-un-systeme-de-corruption-mondial-11407808/

Pétrole contre nourriture: retour sur un système de corruption mondial (Les Inrocks) dans Droite républicaine re1

L’Irak, laboratoire des sanctions criminelles de l’occident

En 1990, les occidentaux avaient accablé de sanctions l’Irak de Saddam Hussein. L’objectif était officiellement de punir le pays pour son invasion du Koweït. Invasion orchestrée, rappelons-le, avec des armes fournies à l’Irak par… l’occident ! Le but était encore une fois de nuire à l’Iran. La jeunesse irakienne, qui représente 45% de la population, a été la première victime du programme « pétrole contre nourriture ».

Mais revenons-en aux sanctions de destruction massive, appelées sans ambages « pétrole contre nourriture ». Amir Khadir, un médecin canadien très réputé, affirme « qu’elles ont ramené l’Irak 40 ans en arrière au niveau des indices de développement ». Ce voyage dans le temps confectionné au pays de Disneyland n’était évidemment pas gratuit : 500 000 enfants périront de maladies facilement guérissables comme la dysenterie ou la diarrhée. Les sanctions ont également entraînée une large paupérisation qui a poussé les enfants à quitter les bancs de l’école. Résultat, le taux d’alphabétisation a lui aussi fait un formidable bond en arrière. L’eau potable était devenue une ressource rare, les éléments chimiques nécessaires à sa purification étant interdits du fait de l’embargo.

Finalement, les États-Unis et leurs alliés ont obtenu ce qu’ils voulaient. Dans un premier temps, ils ont affaibli ce qui était alors le pays le plus prospère et le plus puissant du Moyen-Orient. Ensuite, en 2003, ils se sont débarrassé de Saddam le tyran. Depuis, l’Irak n’est plus que l’ombre de lui-même. Bagdad vit au rythme des explosions, la pauvreté galope comme une lasagne Findus, l’avenir a déménagé.

http://voixnouvelle.wordpress.com/2013/02/25/iran-rats-mutants-snipers-et-sanctions/

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07 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Mandela: le mythe et l’homme

Mandela: le mythe et l'homme dans Histoire Mandela+Fidel

Il était tout à fait prévisible, je suppose, que les médias se ruent devant l’hôpital où Nelson Rolihlahla Mandela était hospitalisé pour la quatrième fois en près de quatre mois, un peu comme des vautours autour d’un cerf à l’agonie.

Qu’ils soient rejoints par des sympathisants en prière et d’autres personnes également était aussi inévitable, comme le fut l’effusion média- tique qui a sans doute égrené tous les éléments possibles de sa future nécrologie.

Un éditorialiste scandinave au moins eut la présence d’esprit d’aborder l’événement sous un angle légèrement différent : il demanda à son correspondant en Afrique d’essayer de savoir qui pourrait « perpétuer l’héritage de Mandela ». Bien sûr, cela soulève une question essentielle : quel est l’héritage de Mandela ? Où finit la réalité et où commence le mythe ? Cependant, cet éditorialiste en resta au mythe, au saint réconciliateur, au demi-dieu virtuel qui passa 27 ans en prison avant d’émerger et de marcher d’un pas sûr sous les projec- teurs des médias du monde entier.

Vingt ans plus tôt, récemment libéré, Mandela aurait sans doute été stupéfait de voir ce qu’il adviendrait. En décembre 1992, assis derrière son nouveau bureau au siège du Congrès national africain (ANC) à Johannesburg, il avait exprimé sa perplexité et son in- quiétude devant l’image de lui-même qu’il voyait se forger. Le fruit, selon lui, d’attentes « naïves et romantiques »; « l’idée d’un Messie armé d’une baguette magique ». Alors que je rédigeais pour lui un article qui devait être signé de son nom pour le service de presse des Nations Unies, il me dit : « Tout ce que je sais, c’est que je ne suis pas un messie ». Beaucoup alors lui attribuait ce rôle – même parmi ceux qui avaient été ses adversaires des décennies durant. Mythe et réalité se confondaient pour créer l’image de ce que Mandela qualifiait de croyance en « un demi-dieu marchant résolument de l’avant ». A l’époque, lui était convaincu que cette image n’était qu’une illusion passagère déjà en passe de se dissiper.

« Je sais que j’ai été l’objet de telles illusions quand je suis sorti de prison », disait-il, ajoutant que non seulement il n’avait pas de baguette magique, mais que lui-même, ses compagnons de captivité « étaient et sont les produits d’une tradition qui croit en l’effort collectif, au travail d’équipe ». Il poursuivait, confiant : « Les mythes se sont en grande partie dissipés : aujourd’hui nous sommes perçus comme des êtres humains ordinaires, faits de chair et de sang, sujets à toutes les faiblesses humaines habituelles ».  Il se trompait. Le processus de mythification se poursuivit faisant de Mandela une « icône planétaire », ou en d’autres termes en messie laïque, dans la vie… comme dans la mort. Un journal dominical sud-africain l’a bien résumé, avant même les premiers signes de sa mort prochaine : « Notre Mandela est immortel, il transcende les races, les sexes, la géographie, la religion et la politique. Notre Mandela ne mourra jamais. Il est le père de notre nation ». L’auteur a toutefois reconnu que c’était-là le produit d’un « culte de Mandela ».

C’est un culte qui semble encore grandir malgré son rejet par Mandela lui-même. Un culte qui a sans doute encore plus d’adeptes en dehors de l’Afrique du Sud, en particulier dans les démocraties parlementaires libérales qui se sont ralliées avec enthousiasme à la cause anti-apartheid lorsque l’ANC a fait de lui l’icône de la lutte anti-raciste. Comme le veut le dicton, « si vous ne pouvez pas les vaincre, joignez- vous à eux ». Alors peut-être Mandela s’est-il aussi adapté au mythe, estimant qu’il pourrait tirer profit, par exemple, de grosses sommes d’argent provenant des magnats de l’industrie pour financer des projets qui lui tenaient à coeur tels que les écoles dans sa province du Cap Oriental. Il supervisait la création du Centre Nelson Mandela de la mémoire qui retrace non seulement sa propre histoire, et celle de ceux qui ont lutté pour les droits humains, mais qui continue aussi à collecter, rassembler et analyser les luttes en cours pour la défense de ces principes. Et il n’est pas anodin qu’il ait approuvé le fait que le logo du centre soit une main ouverte et non pas son propre visage.

Et pourtant, il se vit souvent accorder, particulièrement en tant que président de l’Afrique du Sud, le statut de demi-dieu virtuel par ceux qui lui rendaient hommage en espèces et en nature. Il devint rapidement un homme très riche à l’inverse de ses co-détenus, condamnés avec lui en 1964 (1). L’équipe politique qu’ils avaient formée au cours de leurs années dans la célèbre prison de Robben Island ne devait pas subsister. Pourtant, comme Mandela lui-même le soulignait en 1992 : « Il n’y a pas une seule personne parmi nous qui soit au dessus des autres en terme de position ou de capacité. »

Plusieurs raisons expliquent que Mandela ait fini par émerger, à commencer par ses propres capacités et sa personnalité. Mais la volonté de son parti de construire un culte de la personnalité autour d’un homme fait de « chair et de sang, sujet à toutes les faiblesses humaines habituelles », a joué un rôle majeur. Il y a aussi un autre facteur que les partisans du mythe préfèrent occulter. Parce qu’il ternit celui-ci, même s’il ne ternit pas l’homme. Car le fait est que quelles que soient la dévotion et la force de caractère d’individus soumis aux rigueurs et à l’extrême monotonie de la vie carcérale pendant plus de 20 ans, il est impossible d’en sortir du jour au lendemain comme si de rien n’était.

Alors que les autres prisonniers condamnés avec Mandela en 1964 passaient, pour la plupart, directement de la prison à une vie qui avait changé du tout au tout pendant leur incarcération, on préparait Mandela à jouer son rôle à la tête de l’organisation qui négocierait la fin du système de l’apartheid. Leader naturel du groupe, il était aussi reconnu comme le leader du mouvement anti-apartheid le plus important, l’ANC. C’est également lui – malgré l’opposition de certains de ses anciens co-accusés du procès de Rivonia – qui ouvrit des discussions avec un régime déjà affaibli sur le plan économique et sur le plan intérieur.

La notoriété de Mandela, l’énorme publicité construite autour de son nom dans le monde, avaient persuadé des dirigeants comme le ministre de la Justice Kobie Coetzee, qu’il pourrait être l’homme du compromis. Coetzee, comme Daniel Barnard, le chef du Service du renseignement national, était également conscient que Mandela n’était ni le révolutionnaire radical, ni même le terroriste, dépeint par leur propre régime.

Rolihlahla – « Nelson » – Mandela était un aristocrate et avocat dont le but manifeste était d’éradiquer les préjugés raciaux du système, et non d’en finir avec le système lui-même. C’était un réformiste qui avait été obligé par les circonstances en Afrique du Sud à devenir révolu- tionnaire. Comme Albert Luthuli, son prédécesseur à la présidence de l’ANC, il avait toujours défendu l’idée d’une convention nationale, d’un règlement négocié en vue d’une représentation parlementaire non raciale.

Qu’il soit resté fidèle à cet idéal pendant près de deux décennies d’incarcération à Robben Island – malgré les nombreuses incitations et les pots de vin offerts – en dit long sur l’intégrité d’un homme au talent exceptionnel. Qu’il ait refusé, en dépit même de nouvelles incitations, d’en rabattre sur ses exigences après son transfert de l’île, conforte sa stature d’homme politique. Mais c’était un homme malgré tout. A l’échelle internationale, cependant, il était devenu une icône – un demi dieu virtuel – avant même d’avoir été transféré, après 17 ans à Robben Island, à la prison de Pollsmoor au Cap où le régime était moins sévère.

Dans l’espace plus grand mais toujours confiné de la prison de Pollsmoor, la nourriture s’était améliorée et celui qui passait du matricule 466/64 dans la prison de l’île au numéro D220/82 renouait avec les visites, les livres et les informations. En 1964, il avait été le 466ème prisonnier de l’île. En 1982, il devint le 220ème condamné de la section « D » de Pollsmoor. Il serait transféré une fois de plus –matricule 1335/88 – avant d’être finalement libéré le 11 février 1991.

Et quand le prisonnier, qui n’avait pas été vu en public depuis 27 ans, franchit les portes de la prison Victor Verster à Paarl, au nord du Cap, il parut en forme, en bonne santé, heureux et confiant. Rares furent ceux qui – si ce n’est certaines personnes qui avaient passé de longues périodes en prison –s’étonnèrent que Mandela, apparemment détenu depuis 27 ans dans les geôles de l’apartheid, ait réussi à franchir les portes d’une prison d’un pas assuré pour s’adresser aux milliers de supporters qui se pressaient sur la place principale du Cap.

Il fut en mesure de le faire parce que ceux qui cherchaient désespérément à réformer l’appareil de l’apartheid, menés par Kobie Coetzee, avaient réalisé qu’ils avaient besoin, autant que l’ANC, d’un leader capable, dès sa libération, de faire face à un monde qui avait radicalement changé depuis le procès de Rivonia en 1964. Lorsque les portes de la prison s’étaient refermées sur Mandela et ses camarades, il n’y avait pas de télécopieurs, sans même parler de téléphones portables ou d’ordinateurs personnels. Le monde extérieur avait connu des changements rapides, alors que, en prison, les rigueurs et la routine de l’enfermement, les files de prisonniers attendant l’ouverture et la fermeture des portes étaient restées les mêmes, jour après jour, année après année, parfois pendant des décennies.

Les détenus de longue durée nouvellement libérés furent souvent déconcertés par des choses aussi banales que le volume de la circulation automobile, les bruits, les odeurs ou encore le nombre de passants dans les rues. C’est pourquoi dans un premier temps l’on emmena Mandela à plusieurs reprises en excursion en dehors du Cap. Puis, après un passage à la clinique privée de Constantiaberg pour soigner sa tuberculose, il fut transféré dans la maison spacieuse de l’ancien vice gouverneur de la prison Victor Verster. Les autorités avaient décrété que cela serait sa « demeure de transition » avant son éventuelle libération. Nous étions en 1988 et la maison contenait tout le confort moderne, y compris un télécopieur, une télévision, un magnétoscope, et une piscine.

Ce fut véritablement une cage dorée pour l’homme destiné à devenir le premier président élu sur une base non raciale en Afrique du Sud. « Tout ce dont vous avez besoin, tout ce que vous désirez, il suffit de le demander », lui dit-on en lui présentant son chef personnel, Jack Swart, qui, bien que qualifié dans les arts culinaires, était aussi gardien de prison. Selon l’un des gardiens présents à l’époque, Mandela aurait souri et dit « merci » – s’abstenant de demander sa liberté et un régime démocratique. Il se savait toujours prisonnier, savait que chaque appel télé- phonique et fax seraient surveillés. Mais il savait aussi que ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne se promène librement, n’ayant jamais passé de compromis avec le régime. Dans les faits, il était aux commandes.

C’était là le Mandela pragmatique prêt à négocier, comme il l’avait fait avec les dirigeants de l’apartheid, avec des dictateurs comme Mobutu Sese Seko du Zaïre et avec Suharto d’Indonésie pour peu que cela serve l’ANC et sa vision de l’avenir du pays. Comme il le disait, il avait « toutes les faiblesses habituelles » – et désacraliser son nom, ne diminue en rien l’homme. Loin de renverser un demi-dieu, cela permet de briser les illusions et d’humaniser un individu exceptionnel.

En revanche, ce qui ternit son nom, c’est le comportement de certains membres de sa famille, qui, quand il est devenu évident que Mandela était malade, ont commencé une querelle déplacée afin de mettre la main sur son argent. Ces questions sont actuellement devant les tribunaux. Cela n’a rien à voir avec l’héritage que laisse Mandela qui, dépouillé du mythe, démontre tout simplement qu’il est possible de tirer le meilleur de toutes les circonstances tout en restant fidèle à ses convictions. Et Mandela aurait probablement été heureux de voir Gloria Tibani venu lui souhaiter ses meilleurs vœux de rétablissement devant la Heart Hospital Medi-Clinic à Pretoria tout en vendant des vetkoek (petit pain frit) et des tranches de Polony pour augmenter ses revenus.

Terry Bell, militant syndical et socialiste (traduit de l’anglais par Raymond Adams)

Samedi 6 juillet 2013 publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 202 (04/07/13)

(1) NDT : Le procès de Rivonia eut lieu entre octobre 1963 et juin 1964. Il impliquait une dizaine de dirigeants de la branche militaire de l’ANC, dont Nelson Mandela, jugés pour 221 actes de sabotage. Les faits reprochés étaient : sabotage, destruction de biens (tous deux passibles de la peine de mort), violation de la loi sur l’interdiction du communisme. Le 12 juin 1964, Mandela et d’autres co-accusés étaient reconnus coupables et condamnés à la prison à vie.

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07 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Marine tais-toi, Mandela n’est pas à toi !

Marine tais-toi, Mandela n’est pas à toi ! dans International mandela.11-300x196

Marine Le Pen ne recule devant rien dans son entreprise de dédiabolisation du Front national.

La porte-parole du F Haine n’hésite pas aujourd’hui à parler de Nelson Mandela comme « une figure d’apaisement »,qualifiant de « bonne nouvelle pour le monde entier la fin du système d’apartheid, condamnable et injuste »… Venant de la porte-parole d’un parti ayant toujours soutenu le régime raciste afrikaner, ces éloges sont indignes. Les Le Pen et consors haïssaient Mandela pour ce qu’il était : un dirigeant communiste noir militant pour l’émancipation… par tous les moyens nécessaires.

Marine Le Pen a-t-elle « oublié » que son père qualifiait régulièrement le leader de l’ANC de « terroriste » ? Qu’en 1986 les députés du groupe F Haine à l’Assemblée, alliés à quelques membres du RPR et de l’UDF, avaient monté un « groupe d’amitié France Afrique du Sud » en pleine campagne mondiale anti-apartheid ?

Que Catherine Mégret, maire F Haine de Vitrolles, n’avait pas hésité à débaptiser la place Nelson Mandela, changeant le nom en « place de Provence » ? La lutte contre l’apartheid et pour la libération de Mandela font partie du patrimoine de la gauche dans toutes ses composantes. La mobilisation internationale, combinée au soulèvement de toute un peuple, ont fini par mettre à bas la dictature raciste… que le FHaine et les autres groupes d’extrême droite ont soutenue jusqu’au bout.

Alain Pojolat  Samedi 6 juillet 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 202 (04/07/13)

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07 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Il faut mettre un terme au har­cè­lement judi­ciaire ciblant des mili­tants palestiniens (Afps)

Il faut mettre un terme au har­cè­lement judi­ciaire ciblant des mili­tants palestiniens (Afps) dans International nariman-tamimi

Photo: Narima Tamimi

Amnesty Inter­na­tional accuse les auto­rités israé­liennes d’infliger des bri­mades à Nariman Tamimi et de la har­celer judi­ciai­rement. Cette mili­tante pales­ti­nienne des droits humains a été placée en rési­dence sur­veillée par­tielle le 4 juillet dans le but de l’empêcher de par­ti­ciper à des mani­fes­ta­tions paci­fiques, alors qu’elle attend d’être jugée le 9 juillet. « Il s’agit d’une cam­pagne sou­tenue de har­cè­lement, la der­nière d’une longue série de vio­la­tions des droits humains ciblant Nariman Tamimi, sa famille et les habi­tants de son village. Ces res­tric­tions arbi­traires doivent être immé­dia­tement levées et les charges aban­données », a indiqué Philip Luther, directeur du pro­gramme Afrique du Nord et Moyen-​​Orient d’Amnesty International

Nariman Tamimi a été arrêtée avec une autre mili­tante, Rana Hamadi, ven­dredi 28 juin, alors que les vil­la­geois de Nabi Saleh mar­chaient en direction d’une source d’eau proche pour pro­tester contre la perte de leurs terres. En 2009, les colons israé­liens se sont emparés de la source d’Al Qaws, près du village de Nabi Saleh, où habite Nariman Tamimi. La colonie illégale jouit désormais de la pro­tection de l’armée.

Lors de la mani­fes­tation, un soldat s’est approché des deux mili­tantes en agitant une feuille de papier, les aver­tissant qu’elles seraient arrêtées si elles ne par­taient pas. Lorsqu’elles ont tenté de quitter la zone, d’autres soldats se sont avancés et les ont inter­pellées. Les deux femmes sont inculpées de pré­sence dans une « zone mili­taire fermée ». Elles ont été libérées sous caution le 1er juillet, et le tri­bunal a ordonné leur pla­cement en rési­dence sur­veillée par­tielle le 4 juillet. Elles ont l’interdiction de quitter leur domicile familial entre 9 heures et 17 heures les ven­dredis, jour où se déroule la marche hebdomadaire.

« Ces deux femmes sont privées du droit élémen­taire de mani­fester paci­fi­quement pour pro­tester contre la confis­cation illégale de terres par les colons israé­liens et la justice israé­lienne se sert de moyens juri­diques fal­la­cieux pour les sanc­tionner d’avoir exercé ce droit fon­da­mental », a estimé Philip Luther. S’adressant à Amnesty Inter­na­tional après son arres­tation, Nariman Tamimi a raconté que les deux femmes avaient notamment porté des entraves pour les pieds, avaient été retenues dans une voiture toute la nuit et détenues dans un fourgon où se trou­vaient des pri­son­niers israé­liens, qui les avaient insultées et inti­midées physiquement.

Nariman Tamimi a déjà été arrêtée à plu­sieurs reprises et sa maison a été per­qui­si­tionnée. Son époux Bassem Tamimi a été incarcéré à deux reprises au moins en tant que pri­sonnier d’opinion. En 2012, son frère Rushdi Tamimi a été blessé dans le dos, lorsque des soldats israé­liens ont tiré à balles réelles lors d’une mani­fes­tation. Il a suc­combé à ses bles­sures à l’hôpital deux jours plus tard. Sur des vidéos, on peut voir des soldats israé­liens qui retardent sa famille lorsqu’elle tente de le conduire à l’hôpital.

« Ces éléments témoignent de la bru­talité per­sis­tante de l’armée et de la déter­mi­nation des auto­rités israé­liennes à cibler et har­celer ceux qui sont prêts à défendre leurs droits. Elles uti­lisent tous les moyens à leur dis­po­sition pour inti­mider les mili­tants et leurs familles dans le but de les faire taire », a conclu Philip Luther.

Notes des rédac­teurs Depuis 2009, Israël a interdit aux Pales­ti­niens, y compris à ceux qui sont pro­prié­taires, d’accéder à leur source et aux ter­rains qui l’entourent, tandis que les colons peuvent y accéder librement et ont été auto­risés à pour­suivre les construc­tions alentour. Les mani­fes­ta­tions heb­do­ma­daires sont mar­quées par un recours excessif et inutile à la force de la part des soldats israé­liens, qui uti­lisent notamment des balles réelles, des balles métal­liques recou­vertes de caou­tchouc, des gre­nades assour­dis­santes lancées sur les mani­fes­tants, des aérosols de gaz poivre, des matraques et du gaz lacry­mogène de manière abusive. Les forces israé­liennes ont tué deux mani­fes­tants à Nabi Saleh et en ont blessé des cen­taines au cours des quatre der­nières années. Les enquêtes mili­taires qui ont été menées sur ces faits n’ont pas res­pecté les normes inter­na­tio­nales d’indépendance et d’impartialité. Les soldats font régu­liè­rement des des­centes dans le village, ils per­qui­si­tionnent des habi­ta­tions et arrêtent des habi­tants, y compris des enfants, pendant la nuit.

Nariman Tamimi et Rana Hamadi sont inculpées de pré­sence dans une « zone mili­taire fermée ». Leur procès doit s’ouvrir mardi 9 juillet.

AMNESTY INTERNATIONAL, communiqué, dimanche 7 juillet 2013

http://www.france-palestine.org/Il-faut-mettre-un-terme-au

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07 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Où va l’Egypte ? (Esther Vivas)

Où va l’Egypte ? (Esther Vivas) dans International egypt-protest-1

L’emblématique Place Tahrir du Caire a de nouveau été le cœur de la protestation sociale en Egypte. Et c’est un cri unanime exigeant la démission du président Mohammed Morsi qui s’est imposé. Mais la prise du pouvoir par l’armée, après quatre journées de protestations massives dans tout le pays, ouvre une série de questionnements sur l’avenir de la révolution. Nombreux sont ceux qui se demandent : où va l’Egypte ?

La montée des Frères Musulmans au pouvoir fut aussi rapide que leur chute. Les aspirations et les espoirs de changements que beaucoup avaient posés en eux se sont évaporés après un an de gouvernement. Non seulement la situation ne s’est pas améliorée depuis lors, mais elle a empiré. La continuité dans la politique sociale et économique avec l’ancien régime a été la tonalité dominante. Leur enracinement social et leur forte structuration organisationnelle ont permit aux Frères Musulmans de s’ériger en tant que force électorale dominante, mais ceux qui avaient vus en eux et en Mohammed Morsi une alternative les désignent aujourd’hui comme les responsables de la situation de crise.

Leur arrogance au pouvoir a aiguisé le mécontentement social. La nouvelle Constitution fut approuvée de manière unilatérale dans un Parlement dominé par les Frères Musulmans. Et Mohammed Morsi s’est auto-octroyé une immunité totale en tant que président. Les reculs dans les libertés individuelles et collectives, particulièrement pour les femmes, et la persécution de journalistes critiques avec le gou- vernement et les Frères, n’ont fait que jeter de l’huile sur le feu.

En conséquence, les aspirations émancipatrices du peuple égyptien l’ont fait descendre à nouveau dans les rues du pays. Et le cri « Pain, liberté et justice sociale », à l’origine de la révolte de 2011, est à nouveau d’actualité, à côté de nouveaux slogans. Vastes et très diversifiés sont les secteurs politiques et sociaux qui ont exprimé ces derniers jours leur profond mécontentement avec les politiques gouvernementales et leur opposition au projet néolibéral, conservateur et autoritaire de Morsi. On a clairement vu comment des élections n’apportent pas une pleine démocratie et encore moins la justice économique.

L’armée, alliée à un premier moment avec les Frères Musulman, a de nouveau pris les rennes du changement de cap. Une armée qui, quand elle était au pouvoir, n’avait pas hésité à utiliser la répression contre ceux qui protestaient, qui est étroitement liée aux Etats-Unis par des liens tant politiques qu’économiques (les forces armées reçoivent chaque année 1,3 milliards de dollars du gouvernement étasunien) et qui contrôle une partie très importante de l’économie du pays.

Une fois de plus, les militaires tentent de prendre le contrôle de la transition démocratique et de freiner la révolution. On ne peut avoir aucune confiance dans l’armée. Au-delà de sa rhétorique, son objectif n’est pas la défense de la révolution mais bien sa domestication et sa canalisation afin de la rendre inoffensive pour les structures du pouvoir.

Il s’ouvre maintenant une période d’incertitudes. Et la fragmentation et la faiblesse de l’ensemble de la gauche sociale et politique loyale avec le processus révolutionnaire grève les perspectives futures. Dans ce contexte, la ferme volonté et le potentiel de mobilisation du peuple égyptien afin de construire une société plus juste et égalitaire constituent, comme cela a été démontré à plusieurs reprises, la prin- cipale espérance pour le changement. Les événements de ces derniers jours – des protestations massives mais avec un dénouement capitalisé par l’armée – illustrent ses forces et ses faiblesses.

« Les révolutions – disait le philosophe Daniel Bensaïd – ont leur propre rythme, marqué par des accélérations et des décélérations. Elles ont également leur propre géométrie, où la ligne droite est interrompue par des bifurcations et des tournants brusques ». Alors que beaucoup considéraient que la révolution égyptienne était morte, l’histoire nous surprend une fois de plus avec de brusques changements de cap dont l’évolution est imprévisible.

Source :
http://blogs.publico.es/esther-vivas/2013/07/05/adonde-va-egipto/
Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera

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06 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Obama en Afrique : derrière la « com »

Obama en Afrique : derrière la « com » dans International obama-imperialism1

Pour un impérialisme cool!

S’il est bien compréhensible après des siècles de racisme et d’humiliation que les Africains aient eu un sentiment de fierté qu’un homme dont le père est Kényan puisse accéder à la tête de la première puissance mondiale, la déception fut à la hauteur des espoirs.

Comme pour le reste, Obama s’est inscrit dans le sillon des politiques africaines précédentes sans apporter une quelconque note positive. Lors de sa tournée en Afrique, il évitera soigneusement le Kenya, où se trouve la tombe paternelle, mais dont le dirigeant Kenyatta est inculpé par le tribunal pénal international pour crime contre l’humanité. Il préférera le Sénégal, la Tanzanie et l’Afrique du Sud, afin de donner une image des États-Unis soutenant la démocratie en Afrique. Mais on a affaire à une véritable opération de « com », doublée d’une parfaite hypocrisie.

Concurrence entre grandes puissances En effet, Washington reste un soutien de taille pour les dictatures des pays comme l’Éthiopie, le sud-Soudan, le Rwanda et l’Ouganda. Ces deux derniers soutiennent des milices qui se rendent coupables des pires violations des droits humains contre les habitants notamment au Kivu dans la partie nord-est du Congo Kinshasa. L’existence d’une dictature à Dji- bouti ne semble pas non plus gêner l’administration d’Obama, Djibouti où est installée une base de l’armée américaine alors que récemment les sbires de Guelleh ont torturé à mort un jeune opposant(1).
Mais derrière ce voyage particulièrement médiatique se cache un autre enjeu: contrecarrer le poids important de la Chine sur le continent. En effet, cette présence est un élément majeur de la décennie, comme en témoigne l’importance des échanges économiques qui s’élèvent à 160 milliards de dollars. Les États-Unis poursuivent un double objectif en Afrique : permettre une plus grande diversification de leurs sources d’approvisionnement – notamment énergétique – et lutter contre le terrorisme. Si ce dernier point n’est pas nouveau, avec la mise en place en 2008 du commandement militaire unifié pour l’Afrique (Africom), cette tendance s’est largement renforcée notamment avec l’implantation de bases US au Sahel après l’intervention française au Mali.

Paul Martial
1. http ://www.afriquesenlutte.org/afrique-de-l-est/djibouti/article/sahal-djibouti-ali-youssouf-24-ans

Jeudi 4 juillet 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 202 (04/07/13)

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05 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Hollande en voyage d’affaires en Tunisie

Hollande en voyage d'affaires en Tunisie dans International Yara-6_Drop-Egypts-Debts

Jeudi et vendredi, François Hollande effectue une visite officielle en Tunisie, à un moment clé de l’Histoire qui est en train de s’écrire dans le monde arabe.

Il assistera à une séance spéciale de l’Assemblée Nationale Constituante pour y prononcer un discours de charlatan. Car le président français vient avant tout en Tunisie pour aider, comme la France et l’Union Européenne le font depuis la chute du dictateur Ben Ali, à la conservation du « modèle économique » ancien : axé sur l’exportation, la dépendance vis-à-vis du marché européen (par exemple dans le secteur automobile, dont la Tunisie héberge de nombreux sous-traitants), l’accaparement des services par les multinationales françaises.

Pour cela, il emploie les moyens de pression financiers comme l’attribution récente d’un prêt du Fond Monétaire Internationale (FMI) pour un montant de 1, 7 milliards de dollars. Loin de s’agir d’une « aide » désintéressée, ce prêt est conditionné. En contre partie la Tunisie doit mettre en œuvre des « réformes » aux conditions anti-sociales, comme la réduction de subventions sur des produits de première nécessité. Le deuxième temps fort de la visite de François Hollande sera d’ailleurs sa participation, avec son homologue tunisien Moncef Marzouki, à une réunion entre le MEDEF français et l’UTICA tunisienne : les principales organisations patronales des deux pays respectifs.

A l’évidence François Hollande n’est pas là pour développer la démocratie et la justice sociale, ni pour dénoncer la répression qui frappe celles et ceux qui luttent contre le régime actuel, alors que les groupes islamistes violents et les assassins de Chokri Belaïd échappent à la justice. Il ne faut pas compter sur la France, ancienne puissance coloniale, pour qu’elle soit le garant des libertés fondamentales des Tunisien-ne-s : c’est le combat populaire pour l’émancipation qui est décisif.

Le NPA demande l’annulation de toutes les dettes que la Tunisie a contractées sous l’ancien régime qui ne représentait en rien les intérêts du peuple. Il exige la restitution de tous les avoirs du clan Ben Ali à son pays. Le NPA est solidaire de toutes les luttes démocratiques, de toutes les luttes sociales qui sont menées en Tunisie en particulier contre des sous-traitants du patronat français telle la multinationale française Téléperformance ou Airbus. Il est solidaire du processus révolutionnaire qui se poursuit aujourd’hui.

Montreuil, le 4 juillet 2013 http://www.npa2009.org/node/38018

Plus sur notre blog spécialisé: http://revolutionarabe.over-blog.com/

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05 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Mobilisations : « Le Brésil a changé »

Mobilisations : « Le Brésil a changé » dans International 946533_522742627785681_667462255_n Si vous ne baissez pas les tarifs, on arrête la ville!

Les grandes manifestations de rue des deux dernières semaines au Brésil ont pris de court tout le monde. Il y avait pourtant une reprise significative des mobilisations. L’année 2012 a enregistré le plus grand nombre de grèves depuis 1996, et cette tendance s’est poursuivie en 2013. Outre les luttes de nombreux secteurs pour des salaires plus élevés et des conditions de travail meilleures, des mobilisations ont été croissante pour des revendications plus larges : la lutte contre la réaction homophobe et raciste (avec une grande visibilité de la lutte contre la désignation du député Marco Feliciano à la présidence de la Commission des droits de l’homme de la chambre des députés) ; la lutte des peuples indigènes pour la préservation de leurs terres, contre la construction de l’usine de Belo Monte, et pour le droit à la vie (les assassinats d’indigènes par de grands propriétaires terriens sont fréquents) ; la lutte de secteurs populaires pour le droit à un logement (et contre les expulsions, transferts et « rénovations urbaines » qui créent des ségrégations dans l’espace urbain) en prévision de la Coupe du monde de 2014 et des jeux Olympiques de 2016 ; des luttes en défense de l’environnement…

Cristallisation des colères
Cette reprise des mouvements était une réaction aux difficultés économiques – la stagnation qui tend à se poursuivre, la reprise (limitée, mais perceptible) de l’inflation – et au conservatisme économique du gouvernement : coupe dans les dépenses publiques et réduction des impôts sur le capital, privatisations (nommées « concessions » ou « partenariats avec le secteur privé ») d’aéroports, de ports, de chaussées routières, du pétrole, reprise de l’augmentation des taux d’intérêts, concessions successives aux pressions de l’agro-business. En somme, tout pour le capital ! De plus, le mécontentement a été croissant dans certains secteurs de la population, notamment dans la jeunesse, face au conservatisme social et politique du gouvernement et la criminalisation des mouvements sociaux.
C’est dans ce contexte que le mouvement contre les augmentations de tarifs des transports publics (qui, outre leur cherté, sont de mauvaise qualité), l’indignation contre la répression et celle contre les dépenses et la forme d’organisation de la Coupe des Confédérations, se sont cristallisés pour conduire à l’explosion des mobilisations. La tendance semble être aujourd’hui à la baisse des mobilisations, au moins pour les prochains jours. Mais elles ont déjà transformé le pays. Le Brésil a changé (comme la propagande gouvernementale du PT se plaisait à le dire, évidemment avec dans un sens bien différent…). Ceux qui gouvernent, du niveau fédéral jusqu’au municipal, sont sur la défensive. Ils ont été contraints de baisser les tarifs des transports publics et de reconnaître leur discrédit, surtout au sein de la jeunesse. Ils annoncent divers projets de changement, cherchant à faire de « bonnes choses » pour soigner leur image. Les sondages d’opinion révèlent une chute drastique du prestige du gouvernement fédéral (et ce devrait être pareil aux autres niveaux de gouvernance, même si c’est à un niveau moindre). Le peuple était mécontent, mais ils n’en avaient pas conscience. Maintenant, il ne se contentera plus de miettes et il sera beaucoup plus difficile de le tromper.

Construire une alternative socialiste Il y a maintenant un processus très riche de discussions politiques, de réunions de divers secteurs sociaux (jeunes, habitants des périphéries, mouvements pour le transport public, l’éducation, etc.), qui réunissent beaucoup plus de gens que par le passé, pour discuter de quoi faire et que revendiquer maintenant. Bien que les mobilisations tendent dans l’immédiat à se réduire, le peuple y a pris goût et a compris qu’elles peuvent mener à des victoires. C’est, à n’en pas douter, un changement dans le rapport de forces entre classes. Évidemment, reste encore à résoudre l’épineuse question de la reconstruction d’une gauche socialiste brésilienne, rendue nécessaire par l’adhésion du PT aux institutions du pouvoir bourgeois. Faute de quoi, il n’existera pas d’alternative à gauche à l’actuel pouvoir fédéral. Mais les nouvelles conditions sont les plus favorables qu’aient connues le pays depuis l’élection de Lula en 2002 pour progresser dans la construction de cette alternative.

De Sao Paulo, João Machado
(traduction du portugais par Luiza Toscane) Vendredi 5 juillet 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 202 (04/07/13)

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