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27 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Afrique du sud, dans les mines, la lutte a fini par payer (ci)

south african miners strike

Après six mois de grève, les miniers du platine ont signé un accord, le 23 juin, avec les trois principales entreprises d’extraction sud-africaines. C’est la fin d’un mouvement social sans précédent.

 

Un accord a été trouvé entre l’Association des mineurs et de la construction (le syndicat Amcu) et les trois principaux exploitants des gisements de platine sud-africains, les sociétés Lonmin, Impala Platinum et Anglo-American Platinum. En grève depuis le 23 janvier, les mi- neurs réclamaient des augmentations de salaire. L’accord prévoit des revenus majorés de 1 000 rands (70 euros) par mois, en particulier à destination des mineurs gagnant au-dessous du salaire minimum, établi à 12 500 rands (865 euros).

Le leader du syndicat déclare dans le Financial Times que ”c’est la plus forte augmentation de salaire acquise par des travailleurs en Afrique du Sud », avant de préciser que « la grève a coûté plus de 2 milliards de dollars aux producteurs, et a réduit l’offre mondiale de platine de 40 % ».

« Cette grève prend racine dans la politique actuelle, les inégalités, l’apartheid et le massacre de Marikana [34 mineurs ont été abattus par la police en août 2012]« , écrit The Guardian. Saluant « la première victoire d’une organisation noire autre que le Congrès natio- nal africain (ANC, parti au pouvoir) », le quotidien déclare qu’il est souvent dit que « l’apartheid est fini, mais pas pour ces mineurs. Eux, le vivent tous les jours. »

Le webzine sud-africain Daily Maverick tempère cet enthousiasme. Le journal rapporte que le leader du syndicat minier a dit aux mineurs que le travail n’était pas fini et il les a appe- lés à « défendre leur syndicat et leurs acquis, car la lutte continue ». En effet, les hausses de salaire ne concernent que les travailleurs syndiqués du secteur du platine.

Quant au quotidien économique sud-africain Business Day, il rappelle d’abord que « l’accord signé avec l’Acmu s’étend sur trois ans. Les négociations recommenceront. Les produc- teurs risquent de restructurer, avec comme conséquence des pertes d’emplois et d’autres grèves. » Après avoir listé les détails de l’accord, le journal écrit que la fin de la grève a réjoui la présidence, le corps religieux, les associations d’affaires et les organisations du travail. Mais, au-delà, « des voix se font entendre pour changer la législation du travail afin d’empê- cher des grèves si dommageables ».

A Marikana, la grève des mineurs continue

La colère, toujours, sur la mine de platine. La semaine dernière, l’inculpation des mineurs grévistes pour le meurtre de leurs 34 camarades, qui avaient été abattus par la police, a ravi- vé la tension. Lundi 3 septembre, la justice sud-africaine a relâché 162 des 270 grévistes arrêtés le 16 août, après la suspension de leur inculpation. Les 108 autres devaient être remis en liberté le jeudi 5 septembre, sous réserve qu’ils n’aient pas été impliqués dans des violences antérieures à la fusillade du 16 août.

En grève depuis le 10 août, les 3 000 mineurs réclament au groupe britannique Lonmin le triplement de leur salaire mensuel de 450 euros. Les négociations continuent. Le secteur minier emploie plus de 1 million de personnes dans le pays et représente près de 20 % du PIB sud-africain. Courrier international  Lionel Pelisson 26 juin 2014

http://www.courrierinternational.com/article/2014/06/26/dans-les-mines-la-lutte-a-fini-par-payer

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27 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Festival mamm douar à saint-nolff (of)

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Les Pussy riot ne viennent pas!

Les jeunes Russes, condamnées et emprisonnées, pour leur manifestation anti- Poutine ne peuvent se rendre au festival militant de Saint-Nolff, Mamm douar, faute de visas.

Les Pussy riot, les militantes russes anti-Poutine, invitées phare du deuxième festival Mamm Douar (terre mère), organisé par l’association bretonne de commerce équitable, Ingalañ, ne viendront pas à Saint-Nolff. Les organisateurs qui ont prévu une conférence de presse en début de soirée expliquent cette défection par « des visas qui leur ont été refusés. »

Débat sur la montée de la xénophobie Maria et Nadezhda, fondatrices de l’OGN Zona Prava Prisoners’ Rights devaient participer samedi, au cœur du festival militant à une confé- rence sur la montée de la xénophobie, du populisme, de l’autoritarisme d’extrême droite en Europe.

Trois jours de musique et militantisme Mamm douar, événement musical et militant avec son village aux stands d’informations sur les luttes et alternatives sociales et écologiques, ouvre ses portes, vendredi 27, à 17 h 30, et pour une durée de trois jours avec une quinzaine de groupes Sergent Garcia, Wonder monster, Outernational, Strup X… Vannes – 26 Juin

http://www.ouest-france.fr/festival-mamm-douar-saint-nolff-les-pussy-riot-ne-viennent-pas-2653233

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26 juin 2014 ~ 0 Commentaire

La chine est proche (lo)

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L’époque où les bas salaires faisaient de la Chine l’atelier textile du monde semble révolue.

Le salaire minimum légal y atteint maintenant 175 euros, quand il est de 71 euros en Moldavie, de 80 euros en Ukraine et guère supérieur en Bulgarie, Macédoine ou Roumanie. Et parfois il faut accumuler des heures supplémentaires pour atteindre ce salaire misérable, en travaillant dans des conditions abominables.

Les grands groupes de la confection, les H&M, Zara, Hugo Boss, Benetton et autres, rapa- trient donc de plus en plus leurs commandes en Europe de l’Est et en Turquie. Et s’ils parviennent à rendre les salariés d’Europe de l’Ouest assez flexibles, ils relocaliseront leurs usines en Italie ou en Angleterre.

À ces conditions, ils seraient même d’accord pour «produire français», comme les en supplient certains politiciens et syndicalistes. Vincent GELAS

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2395&id=16

 

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24 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Mais qu’est-ce que c’est la fifa ?

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Pendant tout un mois, le monde entier devrait être sous l’emprise de la Coupe, propulsé par les médias en un véritable état de «suspension de réalité».

Cependant, au Brésil, une partie importante et diversifiée de la population manifeste depuis un an contre la Fédération internationale des associations de football (FIFA) et son occu- pation de l’espace public. Mais qu’est-ce que c’est que cette FIFA qui prétend depuis son siège de Zurich gouverner le monde et qui gouverne sûrement celui du football?

Installée en Suisse, dont elle apprécie tout autant de l’air frais que des facilités fis- cales, la FIFA, fondée en 1904, y bénéficie aussi de l’enviable statut d’association à but non lucratif, un statut qui la met à l’abri d’une fiscalité déjà en soi pas très pénalisante. C’est elle qui organise tous les quatre ans la «Fifa World Cup», en choisissant le pays hôte selon des critères de pure rentabilité. A en croire la vulgate médiatique, la FIFA ferait œuvre de bien- faisance en attribuant l’organisation de la coupe à tel ou tel pays. C’est comme si, en lui octroyant le droit d’organiser l’événement, elle bénissait le pays, contribuant au bien-être de sa population grâce au ballon et aux investissements privés.

Une mafia Malheureusement, la réalité est bien différente: c’est à une colonisation à temps limité que la FIFA procède dès qu’elle attribue l’organisation de la coupe à tel ou tel autre pays. C’est elle qui lui impose les règles à appliquer, l’adoption ou la modification de lois qui lui sont nécessaires, occupant ainsi son espace public. Au gouvernement local par la suite, conscient de l’immense privilège d’avoir été choisi, d’obéir aux ordres, le plus souvent contre l’intérêt de ses propres citoyens.

Durant cette suspension de la démocratie, la FIFA fait donc bâtir un cirque gigantesque, opulent, qui ne sert à rien sinon à héberger luxueusement une petite caravane de passage, que la masse peut seulement admirer et envier à la télé, et qui, une fois la fête finie, repart sans rien laisser… sauf d’immenses dettes publiques. Les seuls locaux qui s’enrichissent ce sont les grandes entreprises de la construction, qui dépassent régulièrement leurs bud- gets et qui souvent réalisent des éléphants blancs, en opérant dans l’opacité la plus totale, garantie par la fédération internationale et par le gouvernement local, otage et complice au même temps.

Au service des grandes multinationales Mais les meilleurs amis de la FIFA ce sont sans doute les grandes sociétés commerciales partenaires, ces sponsors comme Coca-Cola, Visa ou McDonald’s qui paient la FIFA pour avoir un retour commercial inestimable et qui sont les vrais bénéficiaires de cette occupation mégalomane de tous les espaces, réels et symboliques.

Mais alors, qu’est-ce que la FIFA, en somme? C’est la plateforme opaque qui, sous la façade de garante du spectacle-football, permet, préside et justifie la création d’un moment d’enrichissement sauvage et colossal pour une minorité de multinationales dont elle est l’employée. Tout en utilisant son rôle pour véhiculer des concepts et des valeurs qui sont celles du capitalisme le plus agressif – la réussite, la performance, les taux d’audience –, celui qui prétend régenter la population mondiale en asservissant les 99% à la minorité infime des détenteurs de capitaux.

Il s’agit alors du déploiement de ce qu’on appelle «impérialisme symbolique», dont la FIFA, tout comme le Comité international olympique, – qui suit la même logique et exerce les mêmes activités dans le cadre des JO – est actuellement le plus puissant vecteur, vam- pirisant la passion populaire pour le football, afin d’instaurer dans le sport une culture du succès monétaire et de l’opulence inaccessible à la majorité, qui ne peut qu’en acheter les fétiches (les marchandises de masse).

Les Brésiliens déjà champions du monde… En réponse à cette attaque néocolonialiste, au Brésil, il est arrivé quelque chose d’inattendu, et de beau: pour la première fois dans l’his- toire de la coupe du monde de football, soit depuis 1930, une large partie des citoyens est descendue dans les rues pour manifester contre l’occupation du pays par la FIFA, et contre le déroulement même de cette coupe du Monde.

On peut en être certains: Michel Platini, président de l’UEFA, et Sepp Blatter, président de la FIFA, ne s’attendaient pas à une contestation d’une telle ampleur de la part du peuple pour lequel le football devrait être une «religion». Or, depuis plus d’un an, les Brésiliennes et les Brésiliens manifestent pour réclamer, tout simplement, une amélioration des écoles, des transports et des hôpitaux, dont l’état contraste singulièrement avec les milliards dépensés pour la construction des stades. A titre d’exemple, celui construit à Manaus et qui a coûté 260 millions n’accueillera que quatre matches, pour ensuite rester vraisemblablement inutilisé.

…de la contestation sociale Dans la rue, les mouvements sociaux – que la droite bré- silienne essaie de récupérer à des fins politiciennes contre le PT au pouvoir – exigent une utilisation autre de l’argent public, qui devrait donc être investi pour l’amélioration de la vie quotidienne du peuple et pas pour être détourné au profit des plus riches. D’ailleurs, l’inci- tation adressée par Dilma Roussef, la présidente du Brésil, aux prochains organisateurs de la coupe du monde à bien lire et dans les moindres détails les contrats signés avec la FIFA pour éviter les mauvaises surprises, laisse supposer que le gouvernement brésilien s’est bien fait rouler dans la farine par les loups de Zurich…

Ces mouvements anti-FIFA, qui, au Brésil, mettent profondément en cause la fête du foot- ball commercial, sont une très bonne nouvelle. Ils sont la preuve vivante de l’existence d’une conscience populaire critique de ce circuit inaltérable et inaccessible du sport d’élite, et ceci dans un pays qui devrait être «fou» de ballon.

C’est une leçon de maturité que le peuple brésilien offre au monde. En Suisse aussi il est fondamental de faire connaître ses mobilisations, d’autant plus que nous sommes dans le pays qui accueille la FIFA et les autres instances de domination du sport international. Car, prendre conscience de la place que ce pays occupe dans l’asservissement d’une partie de la planète aux intérêts des multinationales domiciliées chez nous est une qualité tout aussi importante que l’air frais et la légendaire politesse discrète du peuple suisse… Déposé par VB dans 16 juin 2014

http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=12143

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20 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Brésil: la coupe des troupes 

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Dans toutes les villes où se déroule actuellement le Mondial, il y a tous les jours des manifestations contre celui-ci: contre les dépenses gigantesques, son caractère d’ex- clusion des populations, avec des centaines jusqu’à quelques milliers de manifestantEs. Pour une bonne part, la dureté de la répression explique la participation limitée à ces mobilisations…

D’après Valor Econômico du vendredi 13 juin, un bon exemple de la presse patro- nale, «le début de la Coupe du monde a donné l’impression que la politique du gouver-nement est de ne laisser aucune place au développement de manifestations susceptibles de perturber les accès aux stades et aux zones «Fan Fest» de la FIFA. Même les petits actes ont été réprimés (…). Ainsi, les groupes qui ont tenté de faire des actions critiques contre la Coupe n’ont pas pu manifester longtemps en raison de la forte répression policière»

Pour ne pas «perturber les accès», d’impressionnants dispositifs policiers visent donc à empêcher les manifestations. Le nombre de policiers est bien souvent plus élevé que celui des manifestantEs. La police militaire justifie la répression des manifestantEs en disant qu’elle empêche des «dégradations du patrimoine»… mais ce qui se passe le plus souvent, c’est que c’est la police elle-même qui déclenche les affrontements: bombes lacrymogènes, tirs de balles en caoutchouc… Dans plusieurs manifestations, il y a eu des dizaines de bles- séEs. Beaucoup de manifestants sont fouillés, et placés en détention, certains pendant plus d’une journée, tandis que d’autres sont cités à comparaître pour être interrogés dans les postes de police.

Le cas de répression qui a eu le plus d’impact a été celui d’une journaliste de Media Ninja, un réseau qui depuis 2013 fait des émissions en direct, des reportages et publie des photos des manifestations sur Internet et les réseaux sociaux. À Belo Horizonte (dans l’État de Minas Gerais), Karinny Magalhães, 19 ans, a été arrêtée, harcelée, battue (y compris à coups de matraque) jusqu’à s’évanouir. Elle a été mise en détention, puis conduite à l’hô- pital… pour enfin être mise en prison. Elle a été libérée après l’intervention des avocats.

Les manifestations résistent La dureté accrue de la répression contribue largement à décourager les manifestantEs depuis le début du Mondial. La Coupe du monde, qui avait été surnommé «la Coupe des Coupes» par la propagande officielle a été renommée «la Coupe des troupes» par les manifestantEs. Mais malgré cette répression, les manifestations con- tinuent. Celles-ci ne sont bien entendu pas de la même importance que par exemple lors des journées de juin 2013. Mais rien n’indique qu’elles vont s’arrêter ces prochains jours.

Dans ce climat de protestation, plusieurs grèves se déroulent, parfois courtes, comme les chauffeurs de bus de Natal, dans l’État du Rio Grande do Norte, parfois longues, comme celle des enseignantEs et du personnel administratif des universités de l’État de São Paulo, ou du personnel administratif des universités fédérales, des grèves qui durent depuis plusieurs semaines.

Enfin, signalons qu’il y a aussi beaucoup de BrésilienEs qui bien entendu célèbrent la Coupe du monde. Très probablement, la majorité de la population regarde les jeux à la télé- vision, en dehors du petit nombre qui a pu acheter des billets et aller dans les stades… Mais jusqu’à présent, l’ambiance est mitigée. Elle peut devenir plus festive, surtout si l’équipe brésilienne est victorieuse. Mais, quoi qu’il en soit, on est loin du climat dans lequel se déroule habituellement la Coupe du monde de football.

Décidément, le Brésil a bien changé  !

De São Paulo, João Machado Hebdo L’Anticapitaliste 19/06/2014 http://www.npa2009.org/

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19 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Les petits paysans seraient plus productifs que l’agriculture industrielle (basta)

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Les petites paysannes, oui!

Ce n’est pas l’industrie agro-alimentaire qui nourrit le monde, mais les petits produc-teurs. Ceux-ci produisent jusqu’à 80 % de l’alimentation des pays non industrialisés, rappelle l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) [1].

« Mais combien d’entre nous se rendent compte qu’ils le font avec moins d’un quart de la superficie agricole mondiale, et que cette part, déjà maigre, se réduit comme peau de cha- grin ? », interpelle l’ONG Grain, dans un rapport rendu public le 18 juin. Ces petits produc- teurs disposeraient de seulement 17,2 % de la superficie agricole mondiale, si l’on exclut la Chine et l’Inde du calcul.

Selon Grain, plus de 90 % des exploitations agricoles dans le monde ont une super- ficie moyenne de 2,2 hectares. Mais celles-ci ne cessent de rétrécir. En cause, la nouvelle vague d’accaparement de terres (nos articles sur le sujet). Les phénomènes de concen- tration et d’accaparement des terres ne concernent pas que l’Afrique ou l’Asie. La moitié des terres en Europe est ainsi contrôlée par 3 % des plus gros propriétaires. Alors que la résis- tance s’organise, le rapport souligne la criminalisation des paysans, «trainés en justice, voire éliminés, quand ils luttent pour la terre».

«Si rien n’est fait pour renverser cette tendance, le monde perdra sa capacité à subvenir à ses propres besoins alimentaires», indique Henk Hobbelink, coordinateur de Grain. Le rapport montre que les petites fermes sont plus productives que les grandes. S’appuyant sur des données d’Eurostat, Grain énonce que 20 pays de l’Union européenne enregistrent un taux de production à l’hectare plus élevé dans les petites fermes que dans les grandes [2]. « Dans les 7 pays [3] où les grandes exploitations ont une productivité plus élevée, celle-ci n’est que légèrement supérieure à celle des petites fermes », précise Grain.

Les auteurs du rapport appellent à de véritables programmes de réforme agraire qui rendent les terres aux paysans et aux petits producteurs. Elizabeth Mpofu, coordinatrice générale de La Via Campesina, s’appuie sur l’exemple du Zimbabwe: «La taille moyenne des petites fermes a augmenté suite au programme de réforme agraire et elles produisent main- tenant plus de 90% des cultures vivrières agricoles, contre 60 à 70% avant la redistribution foncière ». De quoi renforcer l’idée de développer des micro-fermes en France. par Sophie Chapelle 19 juin 2014

Télécharger le rapport de Grain en cliquant ici.

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17 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Arrêtez la guerre en ukraine!

poupee russe

Appel des forces de gauche de Russie, d’Ukraine et de Biélorussie contre la guerre

Nous, les participants à la réunion organisée par des organisations, des groupes de gauche et marxistes de Biélorussie, de Russie et d’Ukraine, considérons que notre tâche principale est de mettre fin à la guerre civile en Ukraine.

Ce conflit militaire qui a suivi la victoire des forces néolibérales et nationalistes de l’«Euro- maidan» de Kiev a emporté des centaines de vies et a contribué à une montée sans précé- dent du chauvinisme et de la xénophobie dans les sociétés ukrainienne et russe.

Cette guerre permet à la classe dirigeante de rassembler la société ukrainienne autour de son régime, de distraire les travailleurs de l’ouest et de l’est du pays de la lutte pour leurs droits sociaux et politiques, les opposant les uns aux autres dans l’intérêt de la grande bour- geoisie. Les gouvernements de Russie, de l’Union européenne et des Etats-Unis exploitent cette guerre civile en Ukraine pour le même but; les personnes qui meurent au Donbass sont des pions dans un affrontement qui les oppose les uns aux autres.

Nous exprimons notre solidarité avec tous les participant·e·s des mouvements ukrai- niens de gauche qui luttent contre la guerre, contre le nationalisme et contre la xénophobie, et nous considérons qu’il faut leur fournir toute l’information, tout l’appui politique et matériel possible. Nous nous opposons à la pression et à la répression de la part des parties au conflit. Nous nous opposons aux pogroms, à la torture et aux enlèvements dont les victimes sont des militants de gauche anti-fascistes et tout autre citoyen ukrainien, indépendamment des opinions politiques.

Nous nous opposons également à la persécution politique en Crimée. Arrêter la guer- re est la tâche principale de tous les mouvements de la gauche démocratique, indépen- damment de leurs différends sur d’autres questions politiques à l’ordre du jour. A cette fin, nous croyons qu’il est nécessaire de coordonner les efforts de tous les opposants à la guerre en Ukraine et de former un puissant mouvement anti-guerre de masse.

Nos revendications sont:

• Nous exigeons du gouvernement ukrainien qu’il mette fin immédiatement à la dite «opé- ration anti-terroriste», qu’il retire ses troupes du territoire des régions de Donetsk et Lugansk et qu’il conclue un cessez-le-feu avec la milice et des Républiques populaires de Donestk et de Lugansk.

• Nous exigeons que les parties liées au conflit signent une entente de paix pour la cessation complète des hostilités, la libération de tous les prisonniers politiques et de guerre et le démantèlement des groupes armés.

• Nous exigeons que le gouvernement ukrainien libère les soldats qui ont été mobilisés par contrainte et dont les familles organisent maintenant des manifestations dans différentes régions d’Ukraine pour demander leur libération du service militaire.

• Nous exigeons de la Russie, de l’UE et des Etats-Unis de cesser complètement leur ingérence dans le conflit ukrainien et de cesser tout soutien aux parties liées au conflit.

• Nous exigeons la fin des campagnes chauvines menées par les médias russes et ukrai- niens, qui, en utilisant le langage de la haine, sont parmi les principaux instigateurs de la guerre.

• Nous demandons l’adoption d’une nouvelle Constitution pour l’Ukraine, de nouvelles élec- tions aux institutions gouvernementales des régions de Donetsk et Lugansk, un véritable droit à l’autodétermination et à l’autonomie du Donbass et de toutes les régions d’Ukraine.

Nous croyons qu’une condition importante pour la formation du mouvement anti-guerre est la consolidation tant au niveau de l’information que de l’organisation des groupes de gauche dans l’ancien espace soviétique. A cette fin, nous allons lancer des initiatives conjointes – sous le nom de «Croix-Rouge» – pour aider les militants de gauche et les objecteurs de conscience au service militaire qui ont souffert, ainsi qu’un réseau d’information des groupes de gauche et marxistes du Bélarus, de Russie et d’Ukraine. Publié par Alencontre le 16 – juin

Les 7-8 juin, une conférence des forces anti-guerre de la gauche de Russie, d’Ukraine et du Belarus a eu lieu près de Minsk. Son but était de renforcer l’unité des internationalistes des trois pays dans la lutte contre la violence endémique, contre l’hystérie nationaliste et la répression des deux côtés de la frontière russo-ukrainienne. Ci- dessous le texte de la déclaration de la conférence. Cet appel a été traduit du russe par David Mandel. Le texte en langue française a été publié par le site québécois Presse-toi à gauche, le 15 juin 2014. (Réd. A l’Encontre)

http://alencontre.org/europe/ukraine/arretez-la-guerre-en-ukraine.html

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14 juin 2014 ~ 0 Commentaire

La question de fond est qu’il y a un gouffre, qui est même générationnel, entre l’ancienne et la nouvelle gauche

Armee-Legion
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A l’heure de la Coupe du Monde : luttes sociales et alternative politique an Brésil –

João Machado Où en est-on aujourd’hui des mobilisations contre le coût du Mondial de football  ?

Fernando Silva Depuis les journées de juin 2013, lorsque des centaines de milliers ont manifesté dans plus de 500 villes, une nouvelle conjoncture s’est ouverte, avec la reprise des grandes luttes sociales. Il y a beaucoup plus de grèves pour des augmentations de sa- laires, plusieurs d’elles contre la volonté des dirigeants syndicaux bureaucratiques, des oc- cupations de terrains urbains et des blocages de routes par des mouvements qui luttent pour le logement, des grèves d’étudiants, des luttes contre la répression policière, des luttes des peuples autochtones touchés par l’expansion de l’agro-industrie.

Et, bien sûr, des mani- festations contre les dépenses et les crimes de la Coupe du monde de football. En ce moment, les plus importantes sont les grèves dans les secteurs des transports et de l’éducation, et la lutte populaire pour le logement. Ce sont des luttes très massives, des combats radicalisés, qui paralysent de grandes villes où le problème de la mobilité urbaine est très grave, et où une grève du métro ou des bus peut être suffisante pour poser des problèmes pour la production dans d’autres secteurs.

La Coupe du monde a été organisée presque entièrement avec l’argent public. La grande majorité de ces infrastructures ne sont pas terminées, ce qui montre qu’il a eu dé- tournement d’argent vers la corruption. Des milliards de Reals ont été dépensés pour les stades et on n’a pas avancé dans l’infrastructure et la mobilité urbaine. Et si l’on ajoute le fait que nous sommes dans un pays où la santé publique est au bord de l’effondrement, où les problèmes élémentaires de logement pour tous et d’assainissement de base ne sont pas résolus, les dépenses pour la Coupe du monde ont été considérées comme un luxe inutile, un gaspillage, un manque de respect pour la situation de la majorité de la population.

Les billets d’entrée sont aussi très chers, et la FIFA a imposé, avec la «loi générale de la Coupe», un vrai état d’exception. Le résultat est un surprenant esprit critique à l’égard de cette Coupe, compte tenu de la relation du Brésil avec le football. C’est très impressionnant dans un pays où le football fait partie de la culture nationale.

Comment le pouvoir actuel PT répond à ce mouvement  ?

Fondamentalement, de trois façons. Il a essayé d’intensifier sa politique de petites conces- sions pour les secteurs les plus pauvres de la classe ouvrière: un petit réajustement de la «Bourse famille» (les allocations familiales), du salaire minimum, en dessous de ce qui serait nécessaire, et des annonces d’augmentations partielles des investissements (pour l’éducation, la mobilité urbaine). Il a organisé un dispositif répressif monumental pour con- tenir les manifs pendant la Coupe du monde et une politique dure de criminalisation du point de vue juridique.

Pour avoir une idée, le gouvernement fédéral a dépensé 500 millions de Reals dans la sécurité pour la Coupe du monde (armes, haute technologie de contrôle et espionnage). L’armée sera dans les rues des villes lors de la Coupe. Il fait une large propagande natio- naliste et d’euphorie pro-Coupe pour essayer de convaincre les gens que le moment est venu pour le pays de faire une grande Coupe du monde, etc. La situation dans le pays est très contradictoire, car, même si la population suivra les jeux étant donné l’énorme intérêt pour le football au Brésil, il n’y a aucune euphorie. Un esprit très critique, et beaucoup de volonté de protester et revendiquer.

Comment la gauche radicale peut relayer la mobilisation des Brésiliens  ?

En rendant compte des luttes sociales du Brésil, et par la dénonciation de la répression qui se prépare à mettre en pratique un vrai état d’exception. Il faut profiter de ce mois de Coupe pour expliquer que les gouvernements sociaux-libéraux du PT ne sont pas des alliés des luttes de la classe ouvrière, car ce qu’ils font au Brésil, c’est gouverner en alliance avec le capital financier, les grands entrepreneurs de travaux publics et avec l’agrobusiness indus- triel. C’est très important de nous aider à expliquer qu’il n’y a pas une véritable gauche au pouvoir au Brésil, que le gouvernement du PT est identique aux gouvernements «socia- listes» en Europe.

Est-ce que cette radicalité sociale trouve des traductions politiques  ?

C’est une contradiction brutale du processus. Les journées de juin ont montré une énorme usure et une crise des représentations politiques traditionnelles, y compris des syndicats, qui sont parmi les institutions les plus usées. Mais pour le moment, il n’y a pas de processus de construction d’une direction nationale, de nouveaux instruments d’organisation de masse ou de références claires à un nouveau projet politique. Il y a des expressions partielles, com- me le MPL (pour le transport gratuit) qui a pris beaucoup d’importance en juin 2013, ainsi que le Mouvement des travailleurs sans toit. Mais ces mouvements sont sectoriels.

Dans la sphère politique, le PSOL est respecté par ces mouvements et, parmi les partis politiques radicaux, il est celui qui peut le mieux dialoguer avec les exigences de la rue. Mais il est encore très fragile. Il est déchiré par une contradiction interne entre deux visions de plus en plus incompatibles: un secteur, actuellement la majorité de la direction, de plus en plus ouvertement réformiste, avec les pratiques bureaucratiques de la vieille gauche, et face à lui, un bloc large de gauche qui regroupe diverses forces de la gauche révolutionnaire bré- silienne, soit la moitié du parti. Ces dernières sont généralement beaucoup plus ouvertes et liées aux demandes des rues. La preuve en est que ce sont les courants de jeunesse ani- més par des secteurs de gauche du PSOL qui sont le mieux insérés dans les nouveaux processus, malgré la méfiance et le profil «autonomiste» des manifs.

La question de fond est qu’il y a un gouffre, qui est même générationnel, entre l’ancienne et la nouvelle gauche. Les jeunes ont été l’axe des manifestations de juin 2013, et ce sont surtout eux qui alimentent les processus de mobilisation qui ont suivi. Cette génération est entrée dans l’arène politique par l’école de la rue, en voyant le PT au pouvoir. Aux yeux de cette jeunesse, la gauche est au pouvoir. Par conséquent, il y a un processus de négation très forte, beaucoup de méfiance des outils traditionnels tels que les partis, les syndicats, ou sur ce qu’est exactement le socialisme.

Nous sommes donc toujours au Brésil en début de reprise du mouvement, avec une rupture entre l’ancien et le nouveau, et de nombreuses incertitudes. C’est seulement le début d’un processus, et une bonne participation (non dogmatique, sans enjeu d’appareil) de la gauche radicale anticapitaliste peut donner forme à de nouveaux instruments et à une nouvelle direction capable de relancer un projet politique de rupture à une échelle de masse.

Quelle sont alors les perspectives de la gauche brésilienne, notamment avec les élections présidentielle en octobre  ?

C’est encore difficile à prévoir. L’espace à la gauche du PT est un espace ouvert, mais pas une grande avenue. Majoritairement, le PT est encore perçu comme le moindre mal, compte tenu du fait que les alternatives à sa droite ou «de centre» sont inoffensives ou catastro- phiques aux yeux de la plupart des gens. D’un autre côté, il y a de la méfiance, et un discré- dit des partis et les élections. C’est très fort chez les jeunes. Des enquêtes ont montré que les prochaines élections devraient connaître une augmentation importante de l’abstention (même si le vote est obligatoire au Brésil) et des bulletins de vote blancs et nuls.

De plus, il n’y aura pas un candidat unique des partis de la gauche radicale, et le PSOL risque de se présenter avec un profil de campagne très institutionnel si la ligne du candidat de la majorité actuelle ne changent pas. Mais même avec ces problèmes, le PSOL est en train de croître, y compris au plan électoral, depuis 2010. C’est lui qui peut tirer parti de cette nouvelle situation et de l’espace ouvert pour une critique de gauche dans la société. C’est plus important qu’il y a 4 ans, peut-être pas tellement au niveau national (l’élection présidentielle), mais plus dans les élections des états et pour les députéEs. Propos recueillis et traduit par João Machado

Fernando Silva a 55 ans. Journaliste, il est actuellement secrétaire général du PSOL (Parti du socialisme et de la liberté) et membre de la Coordination nationale de Insurgência (courant du PSOL).

* Publié sous le titre « Pour le moment, il n’y a pas de processus de construction de nouveaux instruments d’organisation de masse ou de références claires à un nouveau projet politique ». Paru dans l’Hebdo L’Anticapitaliste – 246 (12/06/2014). http://www.npa2009.org/

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12 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Brésil: et si la contestation sociale gagnait le mondial ?

Brésil: et si la contestation sociale gagnait le mondial ? dans Altermondialisme fifa

On le préférait lorsqu’il marquait des buts.

Devenu président de l’UEFA (Union européenne de football), Michel Platini a opté pour les tacles, principalement à destination du peuple brésilien, à qui il a demandé, sans rire et sans vergogne, «d’attendre un mois avant de faire des éclats sociaux» (sic).

C’est que, pour tous ceux qui ont misé, dans tous les sens du terme, sur la bonne tenue du Mondial au Brésil, les enjeux sont importants. La FIFA (fédération internationale de football), prétendue «association à but non lucratif», compte quasiment mille millions d’euros de chif- fre d’affaires, plus de 50 millions de bénéfices, et environ un milliard de réserve financière…

À qui profite le match ? Pour la FIFA, et toutes les firmes avec qui elle travaille en bonne entente (Coca Cola, Adidas, McDonald’s…), l’enjeu est donc de taille. Tous les quatre ans, le Mondial est l’occasion de réaliser de juteux bénéfices sur le dos des budgets publics du pays accueillant. Et peu importe bien entendu l’état de délabrement dans lequel ils laisseront la situation sociale du pays.

Denier hôte en date, l’Afrique du Sud a vu les surcoûts liés au Mondial dépasser les 1 700 %, faisant doubler la dette extérieure du pays! Et chacun sait à qui la facture des dettes publiques est présentée par les gouvernements à la solde de l’ordre dominant: au peuple, même lorsque plus de la moitié de celui-ci vit au-dessous du seuil de pauvreté, ce qui est le cas en Afrique du Sud.

Au Brésil, les promesses politiques initiales – le financement du Mondial serait privé et les retombées publiques – se sont rapidement inversées. Des 600 millions d’euros qui devait être assurés par des fonds privés, le budget de fonctionnement a explosé et fluctue selon les versions autour de 2,5 milliards d’euros. Seule certitude, l’argent public le renflouera dans l’écrasante majorité des cas. Le coût lié aux infrastructures, lui, est estimé à plus de 10  milliards.

Quant à la suractivité économique liée à l’affluence de l’événement, ce ne sont pas les petits vendeurs à la sauvette, nombreux au Brésil, qui pourront en profiter : un périmètre de 2 kilomètres de sécurité, surprotégé par l’armée et la police, a été installé autour des sta- des et strictement réservé à l’activité commerciale dûment agréée par la FIFA. Stades et autres infrastructures pour lesquelles 170 000 familles vivant dans les favelas ont été délogées de force.

Le Mondial de la révolte Aussi, dans un pays où les prix flambent depuis plusieurs années déjà – pour les denrées alimentaires, les loyers ou les transports – quoi de plus légitime que de se révolter et de réclamer son dû. Dans ce Brésil, dont on aime dire que son peuple vit à l’unisson des victoires de sa «seleçao», l’équipe nationale, voilà que depuis un an le Mondial cristallise le mécontentement au point que le gouvernement et les institutions footballistiques internationales en sont venus à implorer une qualification de l’équipe du Brésil pour les huitièmes de finale et plus…

Car sinon, le Mondial risquerait alors de n’être plus, aux yeux des Brésiliens, que l’im- mense fléau économique qu’il est en réalité.  L’approche des premiers matches ne «calme » pas les esprits, et trompe les pronostics officiels, tendant même à raviver les mobilisations sociales. La lutte s’élargit, s’intensifie, s’enracine, marquée notamment par une mani- festation de 20 000 personnes du mouvement des travailleurs sans toit, ainsi que par une grève des employés des transports à Sao Paulo. Un mouvement où les grèves s’addi- tionnent aux manifestations de rue a de quoi inquiéter le gouvernement et la classe possédante brésilienne.

Les luttes sociales déjà en finale ! Voilà donc un Mondial qui promet d’être chaud et plein de rebondissements. La contestation sociale s’est déjà qualifiée pour la finale, et c’est l’équipe qu’il nous faut soutenir. Notre solidarité affichée avec celles et ceux qui luttent et lutteront durant le Mondial est essentielle : contre la répression des manifestations et leur criminalisation par un possible recours aux mesures «antiterroristes» ; contre les expul- sions de familles jetées à la rue par milliers ; contre l’organisation mafieuse d’une prostitution de masse qui touchera les villes où auront lieu les matches ; et contre le coût de la vie face auquel travailleurs, jeunes, paysans sans terres, habitants sans toit se dressent.

Il est nécessaire de dire, ici aussi, que ceux qui luttent là-bas ne sont pas seuls face au pouvoir, et qu’ils nous montrent la marche à suivre. Comme le clame le collectif unitaire de solidarité avec ces mobilisations auquel participe le NPA, «la coupe est pleine»! Et lorsqu’elle déborde, nos revendications et notre aspiration au changement de société doivent pouvoir se faire entendre clairement, par-delà les frontières, dans ce monde où décidément, rien, pas même le ballon de foot, ne tourne rond.

Olivier Besancenot Hebdo L’Anticapitaliste – 246 (12/06/2014)

 

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11 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Cette « loi fifa » qui ligote le brésil (europe1)

estado

Brasilia a dû voter la « loi générale de la Coupe », qui dédouane la Fifa de toute responsabilité et préserve les sponsors de la Coupe du monde.

Le Brésil doit gérer une fronde sociale et l’organisation de la Coupe du monde de football au même moment. 42 employés du métro de Sao Paulo ont été licenciés lundi pour avoir fait grève, en vertu d’une législation mise en place pour la Fifa, estiment les signataires d’une tribune dans Libération. La Fédération, elle, n’est pas très inquiète, puisqu’elle a assuré ses arrières en mars 2012 en faisant voter la Lei geral da Copa, la loi générale de la Coupe.

Le Fifa protège ses deniers. Cet appareil législatif imposé par l’instance internationale du football bouleverse fortement l’économie brésilienne. Quand la Seleçao jouera, la Fifa a ordonné un jour férié dans les villes.

Plus grave : porter atteinte à l’image de la Fifa ou à ses sponsors est désormais un crime fédéral, tout comme l’utilisation sans autorisation de l’image de la Coupe du monde. Des employés de métro de Sao Paulo ont été licenciés après leur grève justement dans le cadre de cette loi. « C’est une grave atteinte à la liberté d’expression », estime pour Europe 1 Marc Perelman, chercheur en esthétique philosophique à Nanterre, signataire de la tribune. La tradition du football populaire en prend également pour son grade, puisque la Fifa a imposé la fin des prix réduits. Le gouvernement a malgré tout voulu maintenir des tarifs seniors.

La libre-concurrence, connais pas. Mais les vrais protégés de la Fifa avec cette Lei geral da Copa controversée, ce sont ses sponsors. Fini l’interdiction de boire de l’alcool dans les stades brésiliens. Peu importe la violence engendrée par l’alcool, la Fifa veut préserver ses relations avec un de ses plus gros sponsors, Anheuser-Busch, qui fabri- que la bière Bud- weiser. La fédération a également assuré de gros cadeaux aux entreprises engagées dans l’organisation de la compétition, notamment les entreprises de travaux pu- blics, grâce à des exonérations fiscales, des réductions de délais dans l’obtention de permis, …

Comme le remarque pour Europe 1 le sociologue Patrick Vassort, la Fifa a réussi à mettre la libre-concurrence entre parenthèses le temps de la compétition. Elle se réserve le privilège de toute activité commerciale sur certains produits aux abords des stades. Les 300.000 vendeurs installés dans un périmètre de 2km autour des stades devront baisser leur rideau s’ils ont l’intention de vendre des produits de sponsors de la Fifa.

Des tribunaux spéciaux. Pour juger si les Brésiliens respectent ou non cette loi Fifa, l’ins- tance internationale de football a bien l’intention de créer des tribunaux d’exception, comme cela a été le cas en Afrique du Sud, totalement anticonstitutionnels dans un pays qui assure l’égalité de ses citoyens devant la justice. Pourtant, le Tribunal fédéral suprême a débouté une action contre la Loi générale de la Coupe.

De plus, la Fifa se dédouane par avance d’éventuels incidents : « Le gouvernement fédéral assumera la responsabilité » d’un incident « lié à la sécurité » et « objectivement attribué à la Fifa, à moins que la Fifa elle-même contribuera à cet incident », explique l’Etat.

Mais le Brésil le promet, l’Etat garde sa souveraineté, puisqu’ »aucun amendement ne va à l’encontre de la Constitution fédérale ou de l’ordre légal du pays. » Ce n’est pas l’avis des deux signataires de la tribune de Libération, qui estiment, comme l’ancien joueur brésilien Romario, que la Fifa sera le temps du Mondial « la vraie présidente du Brésil ». Cette loi temporaire, dans tous les cas, sera supprimée cinq jours après la compétition.

Par Pauline Hofmann Publié le 10 juin 2014 à 19h59 Mis à jour le 10 juin 2014 à 20h48

http://www.europe1.fr/International/Cette-loi-Fifa-qui-ligote-le-Bresil-2148087/#

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