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19 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Brésil. La colère sociale déferle dans la rue (OF)

Brésil. La colère sociale déferle dans la rue (OF) dans International truc-brez

Les manifestations se sont poursuivies, mardi, à Rio de Janeiro et à Sao Paulo, où des milliers de personnes se sont rassemblées devant l’emblématique cathédrale de la ville.

Lundi, la principale manifestation s’était tenue à Rio de Janeiro où 100 000 personnes se sont rassemblées, tandis que 65 000 étaient dénombrées à São Paulo, d’où est partie la contestation.

Grogne sociale À l’origine, il s’agissait de protester contre une légère augmentation locale du prix des tickets de bus et de métro. Le mouvement a pris de l’ampleur et a débordé São Paulo, agrégeant les récriminations d’une partie de la population, choquée par le budget consacré à la construction des infrastructures qui accueilleront la Coupe du monde. Mardi, les manifestants ont défilé sur l’avenue principale de São Paulo, la Paulista, espérant que la hausse des tarifs de bus et de métro serait annulée.

Incidents et violences Ces manifestations majoritairement pacifiques ont été émaillées par des incidents mardi soir. Un groupe d’émeutiers a brisé les vitres de la mairie de Sao Paulo avant de mettre le feu à un poste de sécurité de la police et à un camion de retransmission de la télévision. La veille, à Rio, d’autres incidents avaient entraîné une réplique brutale de la police antiémeute, rappelant les pires heures de la dictature (1964-1985).Le ministre de la Justice a indiqué qu’il enverrait des soldats dans les villes organisant la Coupe des Confédérations, qui a commencé samedi et constitue la répétition générale de la Coupe du monde de football que le Brésil accueillera l’année prochaine. Faits de société mercredi 19 juin 2013

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Bresil.-La-colere-sociale-deferle-dans-la-rue_55257-2203957_actu.Htm

 

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19 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Après Taksim, Rio de Janeiro!

Après Taksim, Rio de Janeiro! dans International v2-brazil-pepper-spray-ap

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17 juin 2013 ~ 0 Commentaire

USA : « Bradley Manning, un héros »

USA : « Bradley Manning, un héros » dans International 1-8604

« Libérez Bradley », « Bradley Manning, un héros » clamaient les pancartes des quelques dizaines de manifestantEs qui avaient pu se rassembler sous la pluie devant la base militaire de Fort Meade, près de Washington où s’est ouvert, la semaine dernière, le procès du soldat américain.

Bradley Manning, âgé de 25 ans, est accusé devant une cour martiale de l’une des fuites les plus importantes de l’histoire de l’armée américaine.L’ancien soldat de première classe est accusé d’avoir téléchargé, puis livré à WikiLeaks 700 000 documents militaires et diplomatiques classés secret-défense, alors qu’il travaillait comme informaticien dans l’armée américaine à Bagdad de novembre 2009 jusqu’à son arrestation en mai 2010. Il est jugé en partie dans le cadre de la loi sur l’espionnage, un texte qui remonte à la Première Guerre mondiale. Sous le coup de 22 chefs d’inculpation, il plaide coupable pour dix d’entre eux. Il est surtout accusé de « collusion avec l’ennemi » ou de « publication sur internet de renseignements militaires en sachant qu’ils seront acces-sibles à l’ennemi », en l’occurrence Al-Qaïda. Il encourt pour cela la prison à perpétuité.
Le procès du mensonge des États
Il nie avoir voulu « nuire » aux États-Unis, disant vouloir « provoquer un débat public » sur les guerres en Irak et en Afghanistan. L’armée cherche à le disqualifier en invoquant son homosexualité assumée, le traitant de déséquilibré, antiaméricain, un fou utopiste dangereux. Manning a clairement répondu en expliquant, dès le début du procès, ses buts expressément politiques : « Je veux que les gens voient la vérité… peu importe qui ils sont… parce que sans information, le public ne peut pas prendre de décisions éclairées. » L’armée américaine n’accepte pas ce débat public. Elle a refusé de rendre publiques les retranscriptions du procès et de donner les accréditations presse à 170 des 350 organismes médiatiques qui en avaient demandé. Prévu pour durer jus- qu’au 23 août, le procès se tiendra en grande partie à huis clos. D’après Juan Méndez, le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Manning a été soumis, depuis son arrestation jusqu’au procès, à un traitement cruel, inhumain et dégradant. Pendant des mois, il a été tenu au secret. Dévêtu, privé d’intimité, il a été contraint de dormir sans obscurité. Le Pentagone veut sa vengeance.  Bradley Manning doit être libéré. Son procès est celui des mensonges et des secrets d’État au service de la domination des grandes puissances contre les peuples.
Yvan Lemaitre  Dimanche 16 juin 2013  Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 199 (13/06/13)

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17 juin 2013 ~ 0 Commentaire

«La solution en Iran est dans la révolution, pas dans cette élection ridicule» (Essf)

«La solution en Iran est dans la révolution, pas dans cette élection ridicule» (Essf) dans International iranriots42-300x225

Les électeurs iraniens votaient ce vendredi 14 juin pour élire un nouveau président. Installé à Téhéran, où il a été emprisonné pendant un an pour avoir critiqué la politique économique du gouvernement, Fariborz Raisdana, 64 ans, économiste de gauche et écrivain, estime que cette élection est « ridicule ». C’est un homme amaigri mais déterminé. Notre envoyée spéciale, Murielle Paradon l’a rencontré dans sa maison de Téhéran. Et malgré les risques, il livre un témoignage édifiant, en commençant par ses conditions de vie en prison.

RFI : Quelles ont été vos conditions de vie en prison ?

Fariborz Raisdana : La prison c’est la prison, j’ai l’habitude mais cette fois, peut-être que c’était plus difficile parce que j’ai 64-65 ans. Mais en même temps, j’ai rencontré beaucoup de jeunes gens, des anciens étudiants à moi. Ils étaient très actifs, très au courant, et déterminés sur l’avenir de leur pays. Ils étaient très curieux de la situation sociale. Ils m’ont accueilli. Nous avons organisé des cours, même si les gardiens veillaient et ne nous permettaient pas de nous rassembler mais on l’a fait. Cette fois ça a donc été prometteur, plein d’espoir mais plus dur à cause de la nourriture et de la santé. J’ai été malade et je ne m’en suis remis qu’il y a un mois.

Avez-vous été victime de mauvais traitements ? Pas cette fois. La première fois que j’avais été arrêté, j’ai été maltraité pendant 5 jours. Ils m’avaient enchaîné au mur et ne m’autorisaient pas à bouger pendant 7-8 heures. Ensuite ils m’accordaient 10 minutes, pas plus. Mais cette fois, c’est la justice qui m’a mis en prison après une condamnation de un an.

Que pouvez-vous nous dire de la situation des droits de l’homme en Iran ? Les droits de l’homme en Iran sont constamment violés, dans bien des aspects. En prison, l’alimentation n’est pas convenable. Durant un an, je n’ai eu que 20 grammes de viande à manger. Et la situation sanitaire était très mauvaise. Et puis les prisonniers ne sont pas autorisés à voir leur famille. Ils peuvent se parler seulement par téléphone derrière une vitre Et ce n’est pas facile d’aller à l’hôpital, même si on paye, même si vous êtes vraiment malade. Mais en même temps j’étais content car on a résisté. On a beaucoup mani- festé, on criait. Ils nous réprimaient mais on recommençait. On critiquait la situation en prison et la situation politique du pays, de la société.

La situation économique est catastrophique, les prix augmentent sans cesse. Vous qui êtes économiste, pouvez-vous nous dire pourquoi ? Je ne peux pas dire que c’est à cause de la mauvaise politique gouvernementale. C’est à cause de la structure même de la société. Une minorité a le pouvoir économique entre les mains. La bourgeoisie détient l’immobilier. Les commerçants du bazar, le clergé, l’armée… tous ont une idéologie com- mune qui est l’islam. Mais les avantages qu’ils tirent de leur situation ne leur permet pas d’améliorer la situation des gens. Ils ne peuvent pas aller vers une redistribution des revenus ou vers plus d’aides.

C’est la seule raison ? Et les sanctions économiques internationales ? La raison essentielle c’est quand même cela. Les sanctions et la crise économique mondiale n’ont fait qu’aggraver la situation.

Quelles sont les solutions ? La solution est dans la révolution. Je n’ai jamais cru aux réformes, je n’ai jamais cru en cette élection ridicule, jamais. Je pense que la solution réside dans le transfert du pouvoir au peuple. Le peuple est intelligent, il peut améliorer son sort, il peut édifier sa démocratie.

Mais cela voudrait dire la fin du régime islamique ? Bien sûr, la suppression du lien entre le gouvernement et la religion, la démocratisation, de vraies élections. 90 % des gens ne vont pas aller voter, ils vont rester chez eux et rien ne va changer.

Vous ne croyez pas en ces élections ? Bien sûr que non et je n’irai pas voter. Cette fois, c’est un peu difficile pour moi, les autorités m’ont dit que si jamais j’appelais au boycott, elles me remettraient directement en prison. Mais j’ai précisé dans mes dernières interviews que selon Mark Twain, dans un pays où il n’y a pas de liberté, ils ne vous laissent pas voter, s’ils vous laissent voter, c’est que rien ne va changer. Sinon ils ne vous laisseraient pas !

Vous parlez de révolution mais pensez-vous que les gens et les jeunes vont vous suivre ? Quand je parle de révolution ce n’est pas forcément dans le sang, il faut un changement radical. Beaucoup de jeunes que j’ai rencontré en prison, croient en un changement radical mais nous devons trouver un moyen de convaincre les gens d’y croire aussi, de comprendre que c’est plus risqué d’accepter la situation actuelle que de demander un changement radical. A cause de la prison, du manque de nourriture, à cause de la pollution, des conditions sociales, de la dictature.

Quel message souhaiteriez vous adresser au monde, aux pays occidentaux ? Les Occidentaux font pression sur l’Iran et ils transfèrent cette pression sur les gens pauvres. Mais Je ne suis pas pessimiste, je suis optimiste. Il y a des gens, des amis, en prison qui réfléchissent à une forme de démocratie qui ne soit ni néo-libérale, ni la démocratie des mollahs et son élection ridicule, mais une démocratie indépendante. Par Murielle Paradon Entretien réalisé le 14 juin 2013 pour RFI Publié par Alencontre le 16 – juin – 2013

http://alencontre.org/moyenorient/iran/la-solution-en-iran-est-dans-la-revolution-pas-dans-cette-election-ridicule.html


 

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17 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Turquie, 600 arrestations après les heurts à Istanbul (OF)

Turquie, 600 arrestations après les heurts à Istanbul (OF) dans Europe femmes-taksim-300x199

La police turque a arrêté près de 600 personnes à la suite des échauffourées dimanche à Istanbul avec des manifestants hostiles au gouvernement de Recep Tayyip Erdogan.

Tout au long de la journée de dimanche, les forces de l’ordre ont affronté à Istanbul des milliers de manifestants cherchant à entrer sur la place Taksim, berceau d’un mouvement de contestation contre le gouvernement depuis fin mai.

« Environ 460 manifestants ont été interpellés par la police à Istanbul dimanche », a indiqué un responsable du barreau d’Istanbul sous couvert d’anonymat. Après leur interrogatoire, ces personnes seront remises en liberté ou déférés devant un procureur, a-t-il souligné. À Ankara, autre théâtre d’affrontements, « entre 100 et 130 personnes ont été interpellées » dimanche, a précisé une responsable du barreau de la capitale. La police peut procéder à quatre jours de garde à vue, selon la loi turque. Politique lundi 17 juin 2013

Lire aussi : Erdogan défend son coup de force à Istanbul

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Turquie.-600-arrestations-apres-les-heurts-a-Istanbul_6346-2203272-fils-tous_filDMA.Htm

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17 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Dans le « Canard enchaîné »

Dans le

http://blog-de-canard.blog4ever.com/

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16 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Pérou. Conga : ni maintenant ni jamais !

Pérou. Conga : ni maintenant ni jamais ! dans Altermondialisme conga-no-va-calajo-207x300

Le samedi 8 juin, a eu lieu à Paris un rassemblement pour demander l’interruption du projet minier Conga que le gouvernement du président Ollanta Humala et la société minière transnationale Newmont-Buenaventura-Yanacocha viennent de relancer. Ce rassemblement était appelé, entre autres, par le Comité de solidarité avec Cajamarca, France Amérique latine (FAL), Fondation Danièle-Mitterrand, Coor- dination Eau Ile-de-France, Mouvement contre le racisme (MRAP), ALDEAH, Association des populations des montagnes de France (APPM), Collectif d’appui aux luttes du peuple argentin (CALPA), Colectivo de Peruanos en Francia, Université populaire Mariategui (Unipoma), Radio Latinos, SUD Solidaires, EÉLV, PCF et NPA. Il a réuni plusieurs dizaines de personnes pour protester contre un passage en force.
La « loi » des multinationales
Le 28 mai, près de 1 500 « comuneros », gardiens des lacs et autres représentants de la population, ont marché dans la montagne pour aller inspecter la relance des travaux. Ils ont été violemment réprimés par la police, qui n’a pas hésité à tirer sur eux. La première victime était un paysan, blessé par un tir de chevrotines. Il y a un an, les tirs de la police et de l’armée avaient tué cinq personnes, et blessé une cinquantaine. Le gouvernement de Lima vient d’adopter des dispositions qui modifient les lois en vigueur et permettent aux multinationales de contourner les règles de protection environnementale et de protection du patrimoine archéologique, tout en se moquant bien sûr du droit à la santé, à la vie et à l’autodétermination de la population affectée. Cette décision est très grave. Outre la grande catastrophe environnementale qu’elle implique et impliquerait dans le futur, elle peut conduire dans l’immédiat à des conséquences humaines tragiques. La destruction et la contamination des sources d’eau à Conga vont affecter le bassin de l’Amazone et les rivières qui se jettent dans l’océan Pacifique. La France et le monde entier sont concernés. Plus que jamais, il faut arrêter Conga.
Correspondante Samedi 15 juin 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 199 (13/06/13)

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16 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Istanbul

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13 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Turquie. Des manifestants très organisés (LT)

Turquie. Des manifestants très organisés (LT) dans Europe tak1

« Le parc doit être dégagé dans les 24 heures » : face à l’ultimatum lancé par le Premier ministre turc, les manifestants campent sur leurs positions et sont très organisés pour tenir le siège.empty dans International

Ce matin, parc Gezi, les occupants se réveillent plutôt détendus, sous le soleil, après une nuit qui a été beaucoup plus calme que la précédente, qui avait été émaillée de violences.  Cette fois, même si les policiers étaient très nombreux, le face-à-face n’a pas dégénéré. Il n’en reste pas moins que les forces de l’ordre ne font pas de cadeaux et de nombreux avocats du barreau d’Istanbul ont rejoint le mouvement de contestation, hier, pour protester contre les arrestations arbitraires de ces derniers jours. Et les heures qui viennent pourraient faire monter la tension d’un cran : le Premier ministre Erdogan a posé un ultimatum à ses opposants. Ils doivent lever le camp dans les 24 heures. A la fermeté gouvernementale, les occupants du parc Gezi répondent par la détermination, et une impressionnante organisation : sous leurs milliers de tentes, les occupants bdu parc Gezi, que le gouvernement veut raser pour y construire un centre commercial, bénéficient d’une logistique particulièrement efficace.  Sur place, ils mangent gratuitement, on leur fournit vêtements et masques à gaz, des brigades de nettoyage assurent l’entretien du siège… A l’heure de la pause déjeuner, des salariés viennent les rejoindre, et ce soutien de la population pour les inciter à tenir les aide à poursuivre leur mouvement. Avec toujours pour revendications l’abandon du projet de centre commercial, mais aussi de mesures gouvernementales portant sur des questions de société. De notre envoyé spécial à Istanbul.

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12 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Turquie : chronique d’une révolte inattendue

Turquie : chronique d'une révolte inattendue dans Europe ist-anb

A l’heure où nous bouclons ce dossier, les forces de répression attaquent de nouveau les occupants pacifiques de la place Taksim qui depuis 12 jours donnent le la au formidable mouvement de contestation qui secoue le pays.

Un nouvel appel à manifester dans la soirée a été lancé. Erdogan choisit une nouvelle fois la répression et tente de masquer celle-ci en se disant prêt à rencontrer les opposants à son régime dictatorial. Bien que sûr de son assise sociale et politique, le gouvernement est confronté à une critique sociale et politique radicale aux ressorts encore difficiles à évaluer. Les réactions immédiates des gouvernements des États-Unis, de France et d’Allemagne, prônant dès le début des manifestations la modération dans la réponse, et la répression du gouvernement, illustrent l’importance des questions géostratégiques mises en jeu par une crise politique turque.


Enjeux économiques d’abord. Avec plus de 74 millions d’habitants, la Turquie est le troisième pays le plus peuplé d’Europe après la Russie et l’Alle-magne. Avec un produit intérieur brut qui la place au deuxième rang des grands pays émergents derrière la Russie et une situation géographique déci- sive à l’entrée de l’Europe et au cœur du Moyen-Orient, la Turquie est une pièce maîtresse sur l’échiquier géopolitique de ce début de XXIe siècle. La ba- taille pour la construction de gazoducs permettant l’approvisionnement de l’Europe de l’Ouest avec le gaz russe en est l’illustration la plus visible.  Enjeux politiques et militaires. La Turquie alliée historique et tête de pont militaire des États-Unis est une pièce essentielle de la politique étatsunienne, tant dans la question palestinienne que dans les derniers développements en Syrie. « Homme malade » de l’Europe du début du XXe siècle, la Turquie et son « modèle » de développement, devenu une référence comme alliance du modernisme économique et du conservatisme moral et social, sont entrés en crise.

Les failles de l’économie turque
La formidable mobilisation démarrée contre la suppression du parc Gezi cristallise une crise inscrite dans l’évolution économique et politique de la Turquie depuis une trentaine d’années. On est loin de la Turquie de la fin du XIXe siècle, pays sous-peuplé de moins de 10 millions d’habitants, une économie en faillite, placée sous tutelle des grands pays européens, démembrée et occupée à l’occasion de la Première Guerre mondiale. C’est contre cette domination que se développe la guerre d’indépendance (1919-1922) menée par Mustapha Kemal Pasha, Attatürk, père fondateur de la république et acteur décisif du développement économique de la Turquie. Le nouveau pouvoir prend ses distances tant avec ses voisins arabes qu’avec l’Islam qui lui paraît un frein aux réformes. Il abolit le califat, instaure un régime laïque et impose l’alphabet latin contre l’alphabet arabe.

Faillite, crises et coups d’État
Jusqu’aux années 1950, la République assure un développement économique basé sur une industrialisation de substitution aux importations, avec l’instauration de hautes barrières douanières. Ces efforts s’appuient sur une agriculture qui occupe 75 % de la population jusqu’aux années 50 et fournit près de la moitié du PIB.  En dépit de réelles avancées économiques et sociales, le Parti républicain du peuple, Cumhuriyet Halk Partisi (CHP) est battu aux premières élections pluralistes de 1950 par le Parti démocrate. Ce dernier, qui a gagné la confiance de la population rurale, s’engage dans une politique de privatisation des entreprises publiques et de soutien à l’agriculture. Cette politique tourne à la faillite, avec une inflation galopante, le tarissement des devi- ses et de multiples pénuries. Les difficultés économiques et la montée de mobilisations fournissent les conditions de coups d’État militaires répétés de 1960 à 1980 avec des violences et une répression systématiques contre les syndicats, les organisations de gauche et d’extrême gauche. Visites du pape, soutien des USA, construction de pont sur le Bosphore, premières démarches en direction de l’Union européenne, intervention militaire victorieuse à Chypre ne suffisent pas compenser les difficultés économiques. Les premiers effets de la crise économique mondiale entrent en résonance avec les erreurs éco- nomiques et l’instabilité politique du pays. En 2001, le PIB chute de près de 10 %, l’inflation atteint les 50 % et la dette 75 % du PIB.

Derrière la prospérité…
C’est dans ce contexte que le Parti pour la justice et le développement ou AKP (Adalet ve Kalkınma Partisi), fondé en 2001, arrive au pouvoir en 2002 avec seulement 34 % des voix mais la majorité au Parlement. S’adressant économiquement et idéologiquement aux populations victimes de l’exode rural, il élar- git son audience (47 % en 2007, 50 % en 2011) grâce à ses succès économiques : industrialisation tournée vers l’exportation (plus de 75 % des exportations totales), appuyée sur une forte dévaluation et une politique budgétaire très stricte, assainissement des finances publiques, restructuration du secteur bancaire et garantie d’indépendance de la banque centrale.

Mais la réalité de cette relative prospérité économique ne saurait faire oublier trois éléments essentiels dans le développement de la crise actuelle.

Économiquement, les progrès récents reposent plus sur l’immobilier et les services et moins sur l’industrie en raison d’une compétitivité encore insuf- fisante. Socialement, le secteur informel emploie 40 % des actifs (25 % hors agriculture) pendant que les femmes représentent seulement 29 % de la popu- lation active. Les inégalités de développement perdurent entre l’Est et l’Ouest du pays : trois fois plus de richesse par habitant dans la région de Marmara (45 % du PIB et 31 % de la population) que dans le sud-est de l’Anatolie. Enfin politiquement, idéologiquement, l’autoritarisme du régime d’Erdogan, sa volonté de s’appuyer sur l’islam pour justifier les orientations réactionnaires, heurtent de plus en plus violemment des couches sociales imprégnées de laïcité, de liberté, en osmose avec les Indignés des États-Unis ou d’Espagne.
Robert Pelletier

Mercredi 12 juin 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 199 (13/06/13)  http://npa2009.org/node/37640

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