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22 mars 2017 ~ 0 Commentaire

colonialisme (npa)

kanaks

Kanaks

Ces îles que l’on dit françaises…

Existe-t-il encore des colonies françaises dans le monde ?

Oui, presque trois millions d’hommes et de femmes vivent dans les derniers territoires subsis- tant de l’Empire colonial de la France, des territoires appelés DROM (département et région d’outre-mer) ou COM (collectivités d’outre-mer). Les plus importants sont dans la Caraïbe (Martinique, Guadeloupe, Saint-Barthélemy et Saint-Martin), en Amérique latine (Guyane), dans l’océan Indien (Réunion, Mayotte) et dans le Pacifique (Kanaky, la Polynésie dite française). Il faut également y ajouter la Corse, achetée et occupée militairement sous le Premier Empire.

La seule consultation concernant l’indépendance de ces territoires fut celle de 1974 dans les îles des Comores… où les Comoriens se prononcèrent à 96 % pour l’indépendance ! Malgré plusieurs résolutions de condamnation de l’ONU, l’État français décida de séparer Mayotte (où le non avait été majoritaire grâce aux populations françaises) des autres îles des Comores et de la maintenir comme possession française.

De nombreuses luttes furent menées pendant des dizaines d’années, avec d’importantes grèves générales, en particulier dans les Antilles, et la lutte prolongée des Kanaks, notamment dans les années 1980. Une consultation en Kanaky doit avoir lieu en 2018. Les colonialistes essayent de limiter l’accès des Kanaks (59 % des électeurs potentiels) à un scrutin dans lequel population colonisée et population colonisatrice auraient le même droit de vote…

Quel est l’intérêt pour l’État français de maintenir ces colonies ?

Plus de 6 000 militaires sont disposées dans 5 zones stratégiques : Mayotte, Réunion, Kanaky, Polynésie et Antilles. La France a un territoire de souveraineté maritime de 11 millions de km2, en faisant le deuxième espace maritime derrière celui des USA. Cela induit un contrôle militaire, notamment sur le détroit de Mozambique, et des ressources potentielles de pêche et d’extra- ction minière. Au-delà de ressources minières et agricoles exploitées par les descendants des colons, ces îles ont un indéniable intérêt stratégique.

La structure coloniale existe-t-elle toujours ?

Dans ces « départements français », les revenus médians révèlent la pauvreté de la popula- tion : 880 euros à la Réunion, 1 100 euros à la Martinique… Et dans tous ces territoires, le chômage est de 36 % en moyenne, plus de 50 % pour les jeunes ! Le coût de la vie est par contre de 12 à 17 % plus élevé qu’en « métropole », parfois plus de 30 % sur des produits de première nécessité.

Les richesses, les terres, les mines, les conseils d’administration des grandes entreprises présentes (notamment dans le tourisme et le bâtiment) sont essentiellement des possessions des descendants des colons. Ainsi à la Martinique, ils possèdent les 2/3 des terres cultivables, la quasi-totalité des usines à sucre, les 9/10 des plantations de bananes, la totalité des conserveries d’ananas et le quasi-monopole du commerce d’import-export. Les coloniséEs, eux, sont ouvriers, précaires ou chômeurs.

Aux Antilles, les mouvements indépendantistes revendiquent une redistribution des terres qui permettrait de revenir sur l’accaparement des terres par les colons.

En Polynésie, les populations exigent la réparation des désastres humains et écologiques produits par les explosions nucléaires.

Le système économique fonctionne pour le profit des compagnies et entreprises de la métro- pole, appuyés par la présence des colons. Les populations autochtones ou descendantes d’esclaves sont exploitées économiquement, discriminées. Ségrégation raciale et sociale se confondent. Celles-ci se prolongent dans la situation vécue dans l’hexagone par les populations issues des dernières colonies.

Le monopole de la « métropole » française sur les moyens de communication et les échanges commerciaux, l’isolation maintenue avec les pays limitrophes, ont développé un système liant dépendance financière et non-développement, avec l’utilisation par le colonialisme de toute une couche, essentiellement d’origine française, dépendante des emplois de la fonction publique. Mais ce carcan n’empêche pas des luttes de résistance. Ainsi, le mouvement du LKP, la grève générale de 2009 aux Antilles, a permis de mettre clairement en avant des exigences populaires.

Quelle position défend le NPA ?

Le NPA a toujours considéré que c’était aux populations de ces dernières colonies de former leurs organisations, leurs exigences face à l’État français. Nous sommes partie prenante des actions de solidarité avec les mouvements anticolonialistes.

Pour notre part, nous défendons évidemment le droit à l’autodétermination des popu- lations colonisées et soutenons la revendication d’indépendance de ces territoires. Nous exigeons le retrait de toutes les troupes et installations militaires françaises.

La nature des liens à établir entre ces territoires devenus souverains et les autres pays à l’échelle internationale doit être du seul ressort des populations locales. Nous considérons évidemment que la libération des liens coloniaux doit aller de pair avec la libération sociale. Car trop d’exemples existent d’États libérés du joug colonial pour retomber ensuite dans un nouveau, celui du néocolonialisme dans le cadre de la mondialisation capitaliste…

https://poutou2017.org/

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17 mars 2017 ~ 0 Commentaire

saint brieuc (afps)

s brieux.jpg

http://www.france-palestine.org/

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14 mars 2017 ~ 0 Commentaire

c’hwec’had/vieux marché (le trégor)

nopasaran

Projection-débat sur la guerre d’Espagne au Vieux-Marché

Le comité des Amis de la Commune des Paris organise une projection du documentaire

«Brigades internationales entre mémoire et silence»

mercredi 15 mars à 19 h salle Victor-Hugo au Vieux-Marché,

suivie d’une conférence et d’un débat avec par son coauteur Dominique Gautier.

Vente de livres sur la Commune de Paris 1871 et pot à 18 h.

Exposition « Les Brigades Internationales » jusqu’à vendredi.

Permanence mercredi après midi. Accessible sur demande au 06 37 55 31 78.

Philippe Gestin

http://www.letregor.fr

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14 mars 2017 ~ 0 Commentaire

rennes réfugiés (fr3)

nor 1960

80 illustrateurs vendent leurs oeuvres pour aider les réfugiés

À Rennes, plus de 80 illustrateurs de livre jeunesse ont mis en vente dessins et illustrations afin de récolter des fonds destinés à venir en aide aux réfugiés. Une action était organisée par l’association Encrage qui n’en est pas à son coup d’essai.

L’association Encrage, dont le but est de promouvoir la littérature jeunesse et la lecture auprès de publics défavorisés, organisait ce dimanche 12 mars après-midi à Rennes, une vente solidaire au profit de l’accueil des réfugiés. Plus de 80 artistes ont ainsi pour ce rendez-vous offert des œuvres, illustrations, dessins originaux, proposés à des tarifs très accessibles allant de 25 à 100 €.

Divers ateliers étaient également proposés aux visiteurs : dessin, découpage, lectures animées par des professionnels du livre, goûter, concerts, des moments d’échange aussi et de partage avec des réfugiés présents.

Avant Rennes, de telles ventes solidaires avaient été organisées à Paris, Lyon, Nantes ou encore Angoulême. L’argent ainsi récolté est destiné à soutenir des associations locales d’accueil pour les migrants.

Eric Nedjar 13/03/2017

http://france3-regions.francetvinfo.fr/

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13 mars 2017 ~ 0 Commentaire

lannuon palestina (afps tregor)

lannion 2

 Création Bretagne/Palestine
Jeudi 30 mars à 20h30
Ouvert à tous – Amphi du lycée Le Dantec

Dans le cadre du 14ème concours Interlycées de Musique Bretonne, le Lycée Félix Le Dantec, l’association Digor an Nor, Ti ar Vro et l’AFPS Trégor s’associent pour accueillir à Lannion la création Bretagne-Palestine du Quintet Hamon-Martin et de Basel Zayed. Un concert unique à ne pas manquer pour son passage dans le Trégor

Kharoub ou la rencontre du Quintet Hamon-Martin, l’un des groupes les plus créatifs de la musique bretonne d’aujourd’hui avec le chanteur palestinien Basel Zayed et son frère percussionniste Yousef. Ils se sont rencontrés en 2014 à Jérusalem et ont souhaité croiser leurs expressions. Musique populaire du pays de Redon et de Cisjordanie, reprises de Fairouz, Oum Kalthoum, textes originaux écrits par Sylvain GirO et Denis Flageul. Ici se racontent en français et en arabe la résistance, la lutte, le partage et le vol. Ici se dit aussi en tissage les émotions universelles, les joies et les peines, l’amour et la mort. Et les rondes bretonnes deviennent un miroir de la dabké arabe…

Plus d’infos sur : http://alazim-muzik.com

ti

afps

Cliquez!

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10 mars 2017 ~ 0 Commentaire

camarades pakistanais (awp)

awami

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08 mars 2017 ~ 0 Commentaire

croix celtiques (eirigi)

Eirigi

Drapeaux de nos camarades du FPLP palestinien et d’Eirigi

A propos du GUD, de la croix et des symboles celtiques

Le blog communiste Occitan « Servir le Peuple » a eu l’excellente idée de traduire un communiqué de l’organisation républicaine et socialiste Irlandaise Eirigi sur l’utilisation la croix Celtique par le GUD. Un communiqué qui tombe à point après la parade puante de 20 nervis du GUD « Bretagne » samedi dernier à Rennes en parallèle d’un rassemblement de solidarité avec des migrants.

Les néo-nazis n’ont aucun droit à se revendiquer de Pádraig Pearse et du républicanisme irlandais !

Comme il apparaît qu’un groupe français d’extrême droite, le GUD (Groupe Union Défense) a tenu une réunion publique en tentant de récupérer Pádraig Pearse et la liberté de l’Irlande, Éirígí affirme qu’il n’y aucune place pour les néo-nazis, racistes ou fascistes au sein de lutte révolutionnaire irlandaise.

Le républicanisme socialiste irlandais est une idéologie internationaliste, laïque et inclusive, avec une longue et fière histoire d’opposition à la menace fasciste, qu’elle ait montré sa tête affreuses dans les rues de Dublin ou sur les champs de bataille de l’Espagne. Depuis plus de 200 ans, le républicanisme irlandais a eu pour objectif de donner plus de pouvoir aux petites gens, indépendamment de leur religion ou leur nationalité, et a cherché à construire sur cette île un système social qui mettrait fin à toutes les formes d’exploitation. De tels principes reposent sur une totale opposition à l’idéologie d’extrême droite.

En tant que signataire de la Proclamation de 1916, Pádraig Pearse s’est battu pour les libertés civiques et religieuses, des droits égaux et des opportunités égales pour tous, et a finalement donné sa vie dans la tentative d’établir une République irlandaise qui chérirait tous les enfants de la nation de manière égale. L’absurdité de la suprématie raciale prêchée par l’extrême droite ne saurait être plus éloignée des convictions politiques de Pearse.

En tant que républicains socialistes irlandais, Éirígí rejette toute tentative de la part de l’extrême droite de récupérer le combat pour la liberté de l’Irlande. Nous affirmons que la lutte en Irlande est une lutte socialiste de libération nationale. Nous affirmons, avec les mots de James Connolly, que “le salut de l’Irlande ne peut venir que du socialisme” !

Étant donné que l’extrême droite à travers le monde se sent pousser des ailes depuis la victoire de Donald Trump, nous rappelons aux groupes tels que le GUD que toute tentative néo-nazie de s’organiser en Irlande a été empêchée par le Peuple irlandais, qui a sans cesse démontré qu’il est déterminé à affronter l’idéologie de la haine.

Aucune tribune ne sera donnée aux racistes, fascistes ou néo-nazis et leur soutien n’est pas le bienvenu. No pasarán !

Eirigi (Wikipedia)

http://www.bretagne-info.org/

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28 février 2017 ~ 0 Commentaire

corée du nord (npa)

kim coree d n

La Corée du Nord et l’escalade des tensions en Extrême-Orient

Le régime nord-coréen veut accéder au rang de puissance nucléaire. Dans une région déjà soumise à de très fortes tensions, chaque nouveau tir de missile a de lourdes conséquences géopolitiques.

Le 12 février dernier, la Corée du Nord a effectué un nouveau tir de missile de moyenne portée, l’engin terminant son vol au large du Japon. L’objectif semble clairement de tester la réaction de l’administration Trump, tout en en profitant de la crise politique qui paralyse actuellement le gouvernement sud-coréen et de l’acuité des tensions entre Pékin et Washington.

Le régime nord-coréen est convaincu que son avenir dépend de sa capacité à construire un arsenal nucléaire opérationnel.

D’octobre 2006 à septembre 2006, il a effectué cinq essais de bombes atomiques et développe un programme de missiles balistiques – préparant ostensiblement la mise au point d’engins intercontinentaux susceptibles d’atteindre les Etats-Unis. Pas de quoi inquiéter sérieusement le Pentagone vu les moyens d’interception déployés par les USA. En revanche, la politique «provocatrice» de Pyongyang a des effets de plus en plus déstabilisateurs en Extrême-Orient.

Au nom du danger nord-coréen, Washington implante en Corée du Sud une base de missiles d’interception Thaad.

Or, vu leur portée, ils seront susceptibles d’intervenir sur une grande partie du territoire chi- nois. Pékin considère donc que la Chine est en fait visée et que sa propre capacité de dissua-  sion nucléaire sera remise en question. La direction chinoise apprécie de moins en moins l’interventionnisme incontrôlable du président nord-coréen Kim Jong-un, alors que la situation régionale est explosive.

Ainsi, le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné à l’unanimité le dernier tir nord- coréen, avec cette fois l’accord de la Chine.

Pékin a accepté d’appliquer des sanctions : les importations de charbon en provenance de Corée du Nord sont suspendues pour le restant de l’année. Un coup très rude pour l’économie du pays que l’agence de presse de Pyongyang dénonce violemment, y voyant l’acte d’un Etat ennemi « dansant sur la musique des USA » [1].

Pékin n’a aucune affinité politique ou idéologique avec le régime nord-coréen, bien au contraire.

Elle ne le soutient que dans la mesure où, s’il s’effondrait, la péninsule traverserait une crise qui pourrait profiter à Washington – ou plonger la région dans le chaos. Pas question pour la direction chinoise que Pyongyang n’achève son programme nucléaire et augmente d’autan son pouvoir de nuisance.

Les conséquences géopolitiques déstabilisatrices du « facteur nord-coréen » se font déjà pratiquement sentir. Face à la menace que représente le « bouclier antimissile » Thaad, Pékin a décidé l’an dernier de déployer ses sous-marins dans les océans pour mieux protéger une partie de son arsenal nucléaire.

Cette décision est plus facile à prendre qu’à mettre en œuvre : elle se heure à de nombreuses difficultés techniques, financières, politiques ; mais elle signifie que dorénavant, la direction chinoise juge que pour maintenir une force de dissuasion crédible, il lui faut constituer une capacité de seconde frappe (en réponse à une attaque dévastatrice de première frappe).

En Extrême-Orient, l’escalade militaire et la course aux armements entre puissances prennent aujourd’hui une dimension nucléaire.

Pierre Rousset lundi 27 février 2017,

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27 février 2017 ~ 0 Commentaire

trump 1 (essf)

 donald's penguin donald duck gif

Quelles peuvent être les implications internationales de l’élection de Donald Trump ?

L’accession de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis représente très probablement un point d’inflexion dans le désordre géopolitique et l’instabilité mondiale. Il est cependant trop tôt pour mesurer ses conséquences. Trump lui-même et une grande partie de son équipe n’ont aucun passé politique de gouvernants, qui offriraient un point de référence fiable. Le pouvoir présidentiel est encadré aux USA (beaucoup plus qu’en France !), par les pouvoirs du Con- grès, de la justice et des Etats, comme en témoignent les bras de fer engagés après le décret interdisant l’accès du territoire aux ressortissants de sept pays musulmans (même à celles et ceux qui possédaient un permis de séjour ou étaient résidents) décret dont l’application a été suspendue par des juges.

On ne peut donc pas fonder un jugement sur les seuls Tweets vengeurs, les coups de téléphone ou les déclarations péremptoires dont Trump a la spécialité – ni sur les multiples correctifs apportés parfois dans la précipitation : sur Taïwan et la politique « Une seule Chine », sur la Russie en Europe oriental (…)

Trump et… l’instabilité. L’élection de Donald Trump est en elle-même un nouveau facteur d’instabilité internationale. En effet elle n’était ni prévue ni souhaitée par les secteurs domi- nants de la bourgeoisie des Etats-Unis : le contrôle du processus électoral leur a échappé. Que cela ait pu se produire dans le principal pays impérialiste est un sujet de grande inquié- tude pour les gouvernants dans le reste du monde. Comment prévoir quand la gouvernance US devient si aléatoire ?

Les premières mesures de Trump ont accru ce sentiment d’inquiétude : retrait de l’Accord de partenariat transpacifique (TPP), critiques de l’OTAN. Les cadres de concertation entre Etats et bourgeoisies semblent menacés par une administration qui s’affiche unilaté- raliste. Le sens donné au slogan « America First » deviendrait alors « America Alone ». La multiplication des accords bilatéraux – où chaque fois les USA se retrouvent en position de force par rapport à leur interlocuteur – prendrait la place des accords multilatéraux.

Il y a bien évidemment de la continuité entre les politiques annoncées par Donald Trump et celles des précédentes administrations, y compris d’Obama ; mais il y a aussi de possibles points de rupture, une inflexion générale et une escalade au moins verbale. Les Etats-Unis se présentaient hier comme le chef de file de diverses alliances (sans pouvoir nécessairement assumer réellement cette fonction) ; Trump menace de faire cavalier seul. Il a ainsi permis au président chinois Li Xiping de postuler à la relève lors de son discours de Davos : ne vous inquiétez pas du repli US, nous Chine sommes prêts à assurer la poursuite du processus de mondialisation capitaliste !

Trump et… la crise écologique globale. Donald Trump est élu alors qu’en termes de réchauffement atmosphérique, en particulier, nous sommes déjà sur le fil du rasoir. Or, un climatosceptique se retrouve à la tête de l’Agence pour l’Environnement des Etats-Unis. Le nouveau président se fait le porte-voix des industries extractives et rejette les conclusions des études scientifiques en ce domaine. L’ampleur de la crise écologique multiforme à laquelle nous devons faire face et l’extrême gravité de ses conséquences sont ignorées, niées.

Les engagements pris par les gouvernements à l’occasion de la COP21 étaient très insuffisants et les politiques préconisées (géo-ingénierie…) dangereuses : ils ne permettent pas de contenir à 1,5% le réchauffement. Le limiter à 2% (un niveau déjà bien trop élevé) semble en l’état très difficile. Cela devient inatteignable en cas de replis US, s’il se confirme.

Les grands accords intergouvernementaux récents sur le climat ont été « cadrés » par des négociations préalables bilatérales à Washington et Pékin. Certes, la Chine et autres «grands» Etats promettent aujourd’hui de maintenir leurs objectifs en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre – mais le pas en arrière amorcé par Trump servira de prétexte aux autres pays. Chaque gouvernement va s’attaquer à des problèmes nationaux majeurs (comme les pollutions en Chine…) ou développer des secteurs industriels qu’il juge porteurs sur le plan international, mais la somme de ces égotismes ne fondera pas une politique d’ensemble.

Trump et… les femmes. Donald Trump a décidé de couper tous financements à des ONG qui évoqueraient la question de l’avortement (et pas seulement à celles qui en pratiqueraient). Les présidents républicains l’ont fait plus d’une fois dans le passé. Les conséquences en sont très graves sur le plan international, beaucoup des associations concernées n’ayant pas les moy- ens financiers de poursuivre leurs activités d’aides aux femmes une fois que ces fonds leur sont retirés.

Le prix à payer pour la politique de Trump risque d’être aujourd’hui particulièrement élevé, car l’extrême droite réactionnaire (notamment à référence religieuse) se renforce. Les Eglises sont bien souvent elles-mêmes à l’offensive contre les droits des femmes : on assiste en fait à une régression dramatique de la condition féminine dans une grande partie du mon- de. Le rôle de l’administration Trump peut, dans cette situation, être particulièrement néfaste – ce qui explique certainement pour une part le répondant international aux Marches de femmes aux Etats-Unis lors de l’intronisation du nouveau président et l’annonce d’autres journées mondiales.

Trump et… la réaction idéologique. Donald Trump « suinte » littéralement la réaction. Ce qui est vrai pour les femmes le sera probablement pour les LGBTI, pour le racisme, pour les obscurantismes.

Trump n’est pas contre « la » science. Il est contre la recherche scientifique là où elle peut créer des problèmes aux intérêts économiques qu’il défend, il devient alors négationniste. Comme Harper avant lui au Canada (qui voulait détruire les bases de données permettant de retracer l’histoire du climat), il veut contrôler la recherche et museler les cher- cheurs. Il a pris pour ce faire des mesures d’isolement et de censure des climatologues et des agences de l’Environnement d’une brutalité exceptionnelle – provoquant l’organisation d’une grande marche des scientifiques sur Washington en avril prochain.

Même « ciblée » sur les questions environnementales, climatiques, la dénonciation par Trump de la démarche scientifique a des conséquences générales : légitimer les obscurantismes à l’heure où le créationnisme (y compris sa version « dessin intelligent ») poursuit son offensive, menant en particulier une bataille de longue haleine sur les programmes scolaires en de nombreux pays.

Trump et… les extrêmes droites. Pour les mouvements d’extrême droite en Europe, la vic- toire de Donald Trump apparaît tout d’abord comme une très bonne nouvelle. Rompre par la droite avec le « mondialisme » est possible, la preuve ! Rejeter par la droite les « élites » aussi.

Cependant, il n’est pas évident que les extrêmes droites occidentales souhaitent s’identifier trop étroitement à Donald Trump. Le nationalisme de grande puissance « America First » est une menace – et nul ne sait si son administration va réussir à se stabiliser. Le ridicule peut finir par tuer. Donnée pour l’heure gagnante du premier tour de la présidentielle en France, Marine Le Pen ne s’est pas mise à parler « à la Trump ».

Les extrêmes droites islamistes, fondamentalistes, saluent pour leur part l’élection de Trump comme un don du ciel. C’était déjà le cas en France après que Manuel Valls, Premier ministre, a soutenu des décrets illégaux adoptés par quelques municipalités contre le port du Burkini – écartant d’un revers de main l’avis du Conseil d’Etat (il a ainsi fait du Trump avant la lettre : « le Conseil d’Etat dit le droit, moi je fais de la politique »  un Premier ministre peut donc s’asseoir sur le droit ?).

Valls, c’était encore de la petite histoire (sauf pour nous, en France) qui a bien fait rire à l’étranger. On ne rit plus avec le « Muslim Ban » de Trump interdisant l’accès des Etats-Unis aux ressortissants de sept pays musulmans. Les mobilisations spontanées aux USA, aux aéroports, pour permettre l’entrée de résidents étrangers bloqués, et la suspension par des juges du décret signé par Trump ont une portée internationale très importante. Ils brisent la bipolarisation extrême souhaitée tant par Trump que par les extrêmes droites fondamentalistes.

http://www.anti-k.org/

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27 février 2017 ~ 0 Commentaire

trump 2 (essf)

the force awakens donald duck gif

Impacts sur les équilibres entre puissances

Trump et… l’Amérique latine. La morgue impériale n’a pas étouffé Donald Trump concernant l’Amérique latine, « chasse gardée ». Les chefs d’Etat de cette région n’ont pas dû apprécier la brutalité avec laquelle il a humilié, de façon répétée, le président mexicain à force de Tweets plus lapidaires les uns que les autres. La gauche militante en Amérique latine va devoir se mobiliser contre les nouveaux diktats impérialistes, sans pour autant défendre l’ordre présent et l’agenda néolibéral [2].

Le Mexique est le pays de la « ligne de front » avec les Etats-Unis en ce qui concerne, notamment, les implications internationales de la xénophobie et du racisme anti-immigré, anti-latinos, de l’administration Trump, symbolisée par une politique d’expulsion massive, à marche forcée, et de construction du mur frontalier. Toute l’immigration latino est concernée ! Les musulmans sont loin d’être les seuls concernés, tant s’en faut.

Trump et… le Moyen-Orient. Donald Trump a tapé du poing pour dénoncer l’échec d’Obama et de l’OTAN au Moyen-Orient ; il a annoncé un désengagement du théâtre irako-syrien au profit de la Russie ; il a promis de déplacer l’ambassade US de Tel-Aviv à Jérusalem (ce qui reviendrait à la reconnaître comme capitale d’Israël – mais il ne le fera pas) ; il a rompu avec la politique des deux Etats (palestinen et israélien), base des négociations de paix ; il cible en priorité l’Iran et l’accord nucléaire passé avec Téhéran, tout s’ouvrant à l’Arabie saoudite et aux monarchies du Golfe ; il prône une alliance militaire régionale incluant ces Etats et Israël pour « contenir » l’Iran…

Trump et… la Russie. Dans le domaine diplomatique, une chose semblait claire : parmi ses priorités, Donald Trump voulait un rapprochement avec la Russie et Moscou tablait là-dessus. Depuis, les cartes se sont un peu brouillées. Dans le monde de Trump où la géopolitique de puissance sert très directement à faire des affaires, ce choix (si confirmé) a du sens : A la différence de la Chine, la Russie n’est pas un concurrent mondial. L’industrie extractiviste (pétrolière) qu’il veut incarner a tissé des liens étroits en Russie. Il peut y avoir convergence au Moyen-Orient. Un axe Whashington-Moscou isolerait Pékin, l’ennemi principal… Si ce schéma se confirme, la position de la Russie sortirait consolidée sur le théâtre d’opérations syro-irakien et en Europe orientale, aux dépens de l’UE.

Trump et… l’Union européenne. Une collaboration russo-américaine aurait beaucoup d’implications pour l’Union européenne, dont Donald Trump a dit tout le mal qu’il pensait. Malgré les envolées sur l’Europe Puissance, elle n’a pas pu, pas su, pas voulu se constituer en puissance géopolitique mondiale. La nouvelle présidence US a menacé de réduire son engagement dans l’OTAN, refusant de payer ad vitam æternam pour sa défense. L’UE est placée sous-pression, alors qu’elle est en crise : Brexit, hétérogénéité croissante, impopularité…

La question de l’armement réel de l’Allemagne se pose de façon de plus en plus pressante pour les milieux dirigeants européens. Il n’y a pas d’armée européenne. Les armées britanni- ques et françaises ne comblaient cette absence que très partiellement, étant surtout mobilisées dans le cadre de choix nationaux. Elles ont dû faire face à des exigences contradictoires : réduire les coûts au nom des politiques austéritaires tout en accroissant leurs engagements sur les théâtres extérieurs ou aussi intérieurs (France). Le matériel et le personnel militaire sont usés au risque du « burn out », ce qui serait déjà le cas en Grande-Bretagne, alors que ce « décrochage brutal » s’annoncerait pour bientôt en France [4].

L’incertitude ne vient pas seulement d’outre-Atlantique. Rien de sérieux ne peut se discuter dans l’UE avant le résultat des prochaines élections françaises et allemandes. La construction européenne est en crise structurelle. L’Union est incapable de jouer le rôle qui devrait être le sien sur le plan international, dans le maintien d’un ordre impérialiste. Qui que soit le président des Etats-Unis, Washington ne sait qu’espérer des Européens.

Trump et… la Chine. Comment la confrontation USA-Chine va-t-elle évoluer sous Trump ? C’est bien l’une des plus graves questions à suivre dans la période qui vient. Un nombre croissant de commentateurs évoque même la possibilité d’une nouvelle guerre mondiale (sous quelle forme ?) que la situation en Asie orientale préfigurerait.

Sans s’aventurer dans le débat sur « la guerre qui vient », notons que Trump est confronté à un problème auquel Obama n’a pas pu répondre : comment reprendre la main en Asie orientale après avoir laissé trop longtemps l’initiative à la Chine ? D’autant plus que ces derniers temps, Pékin a consolidé sa mainmise régionale. Son emprise économique s’est accrue dans la région, ainsi que son poids politique et diplomatique.

La militarisation à son bénéfice de la mer de Chine du Sud est maintenant un fait quasi accompli. La construction d’îles artificielles est suffisamment avancée pour en faire un réseau de défense opérationnel : pistes d’aviation, implantation en cours de nombreux lances missiles sol-air, etc. La flotte chinoise navigue ainsi dans son environnement. Un seuil qualitatif est franchi. Aucune pression ne forcera Pékin à replier bagage. Les enjeux sont trop impor- tants : le contrôle des accès aux océans, l’influence dominante dans la région (USA ou Chine), le nationalisme de puissance (ciment idéologique du régime)…

La barre est placée très haut. La VIIe Flotte US peut certes cingler en mer de Chine, mais elle ne peut pas refouler l’armée chinoise – sans du moins s’engager dans un conflit actif dont nul ne peut mesurer les conséquences.

Les sous-marins chinois sont encore « bruyants » (facilement détectable), la portée de leurs missiles balistiques est trop faible, il leur faut produire plus d’armes à têtes multiples technologiquement fiables, la mise en place d’une chaine de commandement capable d’agir en temps de crise est problématique – et tout cela coûte très cher…

L’escalade militaire en Asie du Nord-Est prend néanmoins aujourd’hui une dimension nucléaire. Les puissances « mineures » doivent alors montrer qu’elles ont une capacité sérieuse de seconde frappe, au cas où la Russie d’un côté, les Etats-Unis de l’autre tenteraient de détruire d’un coup leurs sites de lancement. La France, la Grande-Bretagne, la Chine ne le peuvent pas. La question reste toute théorique en Europe. Pékin s’inquiète maintenant de sa vulnérabilité, comme son programme de déploiement de sous-marins nucléaires semble l’attester.

La Chine et la Russie

La Chine s’impose comme une « puissance mondiale » (avec son parc d’armes nucléaires notamment), mais à « zone d’influence régionale ». La Chine est une puissance mondiale au profil militaire beaucoup plus discret, bien qu’en progression permanente. Cependant, sa zone d’influence économique et diplomatique est déjà quasi universelle. C’est l’aboutissement d’une politique d’expansion mise systématiquement en œuvre depuis près de 30 ans – et du rapport entre établit entre enjeux nationaux et déploiement international.

Pays capitaliste, la Chine connaît et connaîtra la crise. Il y a aujourd’hui de fortes surca-pacités de production, la crise immobilière, l’endettement, de très mauvaises créances, les tensions sur le marché du travail, la fuite de capitaux… Le déploiement international répond pour une part à ces facteurs « internes » de crise. Il doit garantir l’approvisionnement régulier de l’économie en matières premières; achat de terres, de mines, de compagnies de transports, de ports….

Dans divers pays, ces investissements (financés par des banques chinoises) sont politique- ment à risque. Un Etat endetté peut facilement mobiliser la population contre « les Chinois » pour s’en débarrasser, une fois les travaux réalisés, mais pour l’heure l’expansion chinoise garde son dynamisme. Jusqu’à quand ? Grande question.

Parce qu’elle est la première puissance mondiale, les Etats-Unis ont perdu l’initiative straté- gique : ne pouvant assumer toutes ses responsabilités, ne pouvant espérer grand-chose des Européens, elle a laissé la main aux Russes en Syrie et aux Chinois sur le plan international.

Parce qu’il semble ne rien connaître de la complexité des rapports de forces mon- diaux et des combinaisons géopolitiques régionales, Trump a commencé par demander à l’Union européenne et au Japon « qu’ils paient plus » (rendez-moi mon argent !), et aux institutions comme l’OTAN qu’elles se plient aux priorités définies unilatéralement par son administration. La réalité ne va pas se plier à son imaginaire. Comment va-t-il tenter de contrer la Chine, en provoquant quelles réactions en chaine ? On peut s’en inquiéter.

Nous sommes entrés dans une nouvelle époque. J’ai parlé d’une période contre-révolu- tionnaire, ce qui a suscité bien des réticences ou incompréhensions. A cause du mot « pério- de » qui semblerait trop « long », trop « sombre » ? Contre-révolutionnaire ne signifie pas que la contre-révolution l’a emporté – mais que c’est à cela que nous sommes confrontés, que ce soit de façon ouverte comme dans une grande partie du monde musulman, ou que ce soit de façon plus insidieuse comme souvent en Occident.

Dans une partie du monde, la violence des attaques provoque en riposte des mobilisations parfois spectaculaires, comme aux Etats-Unis après l’élection de Trump : marches des femmes, soutien aux victimes du « Muslim Ban », marche pour la journée de la terre et des scienti- fiques… C’est une vague de protestation d’une ampleur rare. La « droitisation » des gouver- nants suscite aussi l’émergence de processus politique à gauche, comme avec Corbyn en Grande-Bretagne. Voilà qui offre de très nombreuses opportunités d’action pour nos organisations.

La répression sans limites annonce l’expansion des tâches de solidarité.

Nous sommes actuellement surtout confrontés à des tâches de solidarité « collective » : envers les populations victimes de catastrophes humanitaires d’origines diverses : envers les migra- tions et déplacements forcés (plus amples aujourd’hui qu’à la fin de la Seconde Guerre mon- diale) ; envers les peuples agressés ; ou sinon envers les militantes et militants détenus dans leurs pays…

Nous allons devoir accueillir des exilé.e.s, personnellement menacées, avec une particularité : en exile, ils continueront peut-être de se voir pourchassés. C’est déjà le cas de journalistes et d’intellectuels du monde arabe contre qui des fatwas sont lancées. C’est aussi le cas de Thaïlandaises et Thaïlandais, « coupables » de lèse-majesté et obligés de se cacher parce qu’ils sont dénoncés par des réseaux ultra-royalistes opérant en France. C’est déjà ou cela sera le cas de Kurdes et de Turcs, que les services d’Erdogan ont été ou seront prêts à assassiner. Nous devrons, nous devons non seulement les accueillir, mais aussi les protéger.

Tout cela exige la reconstitution d’une « culture collective de la solidarité » dans les milieux progressistes. La solidarité (sous de multiples formes humanitaires, politiques et financières [11]) doit être intégrée aux tâches « courantes » des organisations populaires (associations, partis, syndicats…). Collectivisée, la solidarité concrète est l’un des piliers sur lesquels peut se fonder le nouvel internationalisme dont nous avons besoin [12].

Europe Solidaire Sans Frontières  26/02/2017 Pierre Rousset

http://www.anti-k.org/

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