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28 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

australie (slate)

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En Australie, la date de la fête nationale est une gifle donnée aux peuples autochtones

Célébrant l’arrivée de la première flotte britannique venue établir une colonie pénitentiaire en 1788, les festivités du 26 janvier morcèlent la nation. Au point qu’un changement de date n’est pas à exclure.

En Australie, la fête nationale est célébrée ce jeudi 26 janvier. Depuis 1994, cet «Australia Day» est un jour férié commun à tous les États du pays. Mais pour combien de temps encore? Car le choix d’une telle date est loin de faire l’unanimité et n’a d’ailleurs jamais permis d’inclure tous les habitants dans les festivités.

Cette date historique commémore en effet, pour les uns, l’arrivée de la flotte britannique destinée à fonder la première colonie pénitentiaire du pays, à Sydney, en 1788, mais marque aussi, pour les Aborigènes d’Australie, premiers habitants connus du pays, le début d’une colonisation violente et forcée.

«C’est une idée très étrange d’utiliser le jour de l’invasion d’un pays comme date d’une fête nationale. Y compris pour les personnes qui ne sont pas autochtones, ça semble bizarre», affirme la professeure Jakelin Troy, directrice de recherche à l’Université de Sydney et membre du peuple Ngarigo des Snowy Mountains (sud-est de l’Australie). «C’est un jour qui a été choisi par un nombre très limité de représentants et de descendants de bureaucrates, qui voulaient célébrer le fait d’avoir réussi à prendre le pays sans aucune tentative d’accord et sans aucune reconnaissance de leur souveraineté.»

Fête nationale ou «jour de deuil»?

L’«Australia Day» est donc logiquement perçu de manière négative par les Aborigènes et les Insulaires du détroit de Torrès, les deux grands ensembles de peuples autochtones d’Australie. Certains nomment ce jour «Invasion Day», quand d’autres évoquent un «Survival Day», célébrant la résistance des cultures autochtones parvenues à survivre à l’invasion.

Se réappropriant cette date, alors que certaines villes organisaient déjà des festivités pour l’anniversaire de l’arrivée de la première flotte britannique, l’Aboriginal Progressive Association avait organisé, dès 1938, à Sydney, le premier «Day of Mourning» («jour de deuil»), contre-manifestation aborigène dénonçant les festivités du 26 janvier.

Ce 26 janvier 2023, Sydney, la plus grande ville du pays, se partagera donc encore entre célébrations de l’Australia Day, manifestation pour les droits des Aborigènes et marquant l’«Invasion Day», et contre-festival célébrant les cultures autochtones, Yabun. Chaque année, les marches de l’Invasion Day prennent de l’ampleur dans les grandes villes quand les festivités de l’Australia Day, elles, s’essoufflent.

Si les Australiens qui profitent du jour férié restent nombreux, peu sont finalement ceux qui semblent réellement attachés à la signification du choix de cette date, plutôt qu’une autre. C’est peut-être pour cela que les événements publics organisés dans les grandes villes voient leur fréquentation diminuer d’année en année. En septembre 2022, la mairie de Melbourne révélait ainsi dans un rapport que seuls 12.000 participants avaient été dénombrés en 2019 et, pire, 2.000 en 2020, lors de la dernière édition avant la pandémie de Covid-19, contre 72.000 en 2018.

«Qui célèbre l’invasion, le meurtre et le vol?»

L’appel à déplacer la fête nationale est soutenu par certains politiques. Voix importante des peuples autochtones, la sénatrice aborigène Lidia Thorpe appelle notamment à remplacer l’Australia Day par un jour de deuil pour les communautés autochtones. «Qui célèbre l’invasion, le meurtre et le vol ce 26 janvier?», interrogeait-elle sur Twitter le 8 janvier dernier. Sur les réseaux sociaux, de nombreux comptes affichent aussi leur soutien à l’abandon de cette date, à l’aide du hashtag #changethedate.

Dans certaines régions, des actions politiques se mettent en place. Chaque mois de janvier, le gouvernement de l’État du Victoria organise normalement une parade. Mais cette année, le Premier ministre de l’État, Daniel Andrews, a annulé l’événement en toute discrétion –cette fois, le Covid-19 n’y est pour rien. Une décision qui a été saluée par le coprésident de l’Assemblée des premiers peuples du Victoria, Marcus Stewart.

«C’est un pas en avant, c’est positif, mais nous avons encore un long chemin à parcourir, a-t-il déclaré. Nous devons créer une fête que nous pouvons tous célébrer, et non qui nous éloigne les uns des autres.» Il a également rappelé que cette parade était ressentie chaque année par les autochtones «comme une gifle, et a remué le couteau dans la plaie».

Une idée de jeunes?

Les entreprises commencent, elles aussi, à se positionner et, pour certaines, à prendre leurs distances avec l’Australia Day. La direction de l’enseigne de supermarchés Woolworths et celle de l’un des principaux opérateurs téléphoniques du pays, Telstra, laissent notamment le choix à leurs employés de travailler ou non ce jeudi 26 janvier.

«Pour de nombreux peuples des Premières Nations, l’Australia Day est un rappel douloureux de la discrimination et de l’exclusion qu’ils subissent. Cette date marque un tournant, la mort de nombreuses personnes, la dévalorisation d’une culture et la destruction de liens entre gens et lieux», a justifié sur LinkedIn la PDG de Telstra, Vicki Brady le 23 janvier, avant d’ajouter que malgré tout, «pour beaucoup de gens, cette journée est aussi l’occasion de passer du temps avec leurs amis et leur famille et de célébrer les nombreuses choses dont nous pouvons être fiers en tant que communauté».

Un sondage réalisé en janvier 2022 par l’Université Deakin montre toutefois que les Australiens ne partagent pas majoritairement l’idée d’un changement de date de leur fête nationale: 60% des personnes interrogées avaient même affirmé vouloir continuer à célébrer la fête nationale le 26 janvier. Ce chiffre varie cependant selon les catégories d’âge.

Si seulement 23% des personnes nées avant 1945 souhaitent un changement de date, les millennials (nés entre 1986 et 2002) sont en effet 53% à l’appeler de leur vœux. Une différence qui s’explique notamment, selon Jakelin Troy, par la reconnaissance progressive de l’histoire des peuples autochtones, avant la colonisation britannique.

«On n’évite plus le terme “invasion” dans beaucoup d’écoles. Aujourd’hui, on enseigne plutôt le fait que l’Australie était déjà peuplée, qu’on était déjà là, reprend la linguiste. Les gens comprennent et les jeunes peuvent être embarrassés à l’idée de célébrer cet événement. Je pense que c’est pour ça qu’ils prennent moins part aux festivités.»

Une fête pour «célébrer ce qu’est réellement ce pays»

Trouver une autre date n’est pas la priorité du gouvernement australien d’Anthony Albanese, qui doit notamment se charger, en 2023, d’organiser un référendum sur l’intégration d’une voix autochtone dans la Constitution. Mais si cela devait arriver, Jakelin Troy indique que les options ne manquent pas. La fête nationale devra cependant, pour elle, avoir du sens et «célébrer ce qu’est réellement ce pays». À savoir «un lieu hybride, mais un endroit qui appartient fondamentalement aux Aborigènes et Insulaires du détroit de Torrès».

«Autour de moi, beaucoup de personnes aborigènes parlent du Mabo Day», reprend la professeure de l’Université de Sydney. Certaines communautés aborigènes célèbrent déjà, chaque 3 juin, ce Mabo Day, soit l’abandon par l’Australie de la notion de Terra Nullius, une décision de justice reconnaissant que le pays était bien peuplé lors de l’arrivée des Britanniques.

Peut-être que cela arrivera: selon un autre sondage, réalisé par l’institut Ipsos en 2021, 49% des Australiens pensent que la date de leur fête nationale sera amenée à changer dans les dix prochaines années.

Léo Roussel — Édité par Natacha Zimmermann — 26 janvier 2023 à 9h06

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27 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

cop 28 (écologistas)

arabie
La communauté internationale rejette la présidence du pétrole à la COP28

Ecologistas en Acción se joint au rejet de toutes les organisations de la société civile internationale contre la nomination de Sultan Al Jaber comme président de la prochaine COP28.

Le mouvement pour la justice climatique, ainsi que les réseaux représentant les jeunes, les femmes et les syndicats, demandent la fin de l’influence des grands pollueurs dans les négociations climatiques.

Pour ces organisations et plateformes, aucun sommet sur le climat supervisé par un dirigeant d’une compagnie pétrolière ne peut être considéré comme légitime : « Les présidences des COP doivent être exemptes de toute influence des compagnies de combustibles fossiles ».

Le 11 janvier, on a appris que Sultan Al Jaber, PDG de la compagnie pétrolière nationale d’Abou Dhabi (ADNOC), sera le prochain président de la COP28, organisée par les Émirats arabes unis (EAU). Cette nouvelle a été saluée par les États-Unis, l’Union européenne et même le secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

La nomination et le soutien des leaders mondiaux est une preuve évidente de l’énorme pouvoir que les entreprises fossiles ont au sein des gouvernements. Des entreprises telles qu’ADNOC, qui est responsable d’une grande partie des émissions mondiales, étant le 12e plus grand producteur de pétrole au monde. Une entreprise qui continue à développer des plans d’exploitation de nouveaux projets fossiles, promettant d’augmenter sa production de cinq millions de barils par jour d’ici 2027.

Ecologistas en Acción souligne depuis des années l’énorme pouvoir et l’influence des entreprises fossiles dans les négociations et demande la fin du green washing. Avec de nombreuses autres organisations internationales, elle a collaboré à la dénonciation systématique de la présence de ces entreprises, du blocage qu’elles ont exercé sur les décisions importantes et de la demande d’un régime d’incompatibilités qui exclut ces acteurs des négociations internationales. Des négociations qui devraient se concentrer sur les indications scientifiques, les communautés et les personnes les plus vulnérables, et un changement radical du système dans les limites de la planète.

Cependant, au lieu d’accélérer l’action climatique pour limiter le changement climatique, cette nomination est un autre bâton dans la roue des progrès timides des négociations et un pas de géant dans la capture des négociations par les entreprises. Elle fait suite à la présence de plus de 630 lobbyistes du secteur des combustibles fossiles qui se sont inscrits pour assister à la COP27. Les Émirats arabes unis, qui accueillent actuellement la COP28, comptaient plus de lobbyistes dans leur délégation que tout autre pays. La réalité est que cette nomination représente un tournant où la CCNUCC perd rapidement sa crédibilité.

Ecologistas en Acción rejoint donc les plus de 450 organisations qui ont appelé les gouvernements du monde entier à exiger que les négociations soient au service des populations et des écosystèmes. Pour les organisations signataires, aucune COP supervisée par l’exécutif d’une entreprise de combustibles fossiles ne devrait être considérée comme légitime. Les présidences des COP doivent être libres de toute influence des compagnies pétrolières. Il est temps de parvenir à une élimination progressive et équitable des combustibles fossiles.

Une pétition coordonnée au niveau international par les principaux groupes de la CCNUCC – représentant les jeunes, les femmes, les syndicats et le mouvement pour la justice climatique – demande à la CCNUCC d’adopter enfin un cadre de responsabilité qui mette fin à la capacité des grands pollueurs à influencer la réponse mondiale au changement climatique. Comme le souligne la pétition, la CCNUCC devient de plus en plus une foire aux relations publiques pour l’industrie, tout en empêchant de progresser sur des négociations qui répondent suffisamment aux avertissements clairs déjà émis par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Pour Javier Andaluz, responsable du climat et de l’énergie chez Ecologistas en Acción, « mettre un pétrolier en charge des négociations sur le climat, c’est comme mettre l’agresseur dans le cachot avec sa victime. Une attaque contre le bon sens qui devrait être rectifiée immédiatement ». Andaluz ajoute : « Si la CNMUCC ne veut pas perdre sa légitimité déjà limitée, elle doit tracer des lignes rouges claires qui excluent les intérêts des combustibles fossiles et permettent une réponse globale, urgente et immédiate à l’urgence climatique.

Demandes des organisations de la société civile

Pas de gros pollueurs qui écrivent les règles. Les grands pollueurs ne doivent pas avoir un accès garanti à la législation sur le climat. Cela leur permet de continuer à exercer une influence négative pour affaiblir et saper la réponse au changement climatique. C’est pourquoi l’humanité est en voie d’extinction. La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques doit de toute urgence établir un cadre de responsabilité comprenant une politique visant à mettre fin une fois pour toutes aux conflits d’intérêts.

Aucun des grands pollueurs ne devrait financer l’action climatique. Arrêtez le partenariat ou le parrainage des négociations ou des actions sur le climat. Les plus gros pollueurs ne doivent pas être autorisés à faire du chantage à l’écologie et à acheter littéralement leur responsabilité pour une crise qu’ils ont provoquée. La CCNUCC restera non conforme si elle continue à considérer cela comme acceptable.

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Laissez sortir les pollueurs pour que les gens puissent entrer. Bien que la société civile ait toujours été impliquée dans le processus de la COP, les gouvernements ont rendu difficile l’écoute des organisations et mouvements de justice climatique. La société civile doit être incluse de manière significative et équitable. L’action climatique doit être centrée sur le leadership et l’expérience vécue des personnes, notamment celles qui sont en première ligne de la crise climatique. Avec les communautés en première ligne, il est possible de mettre un terme au financement et à la validation de distractions dangereuses et de fausses solutions, qui ne servent qu’à profiter aux grands pollueurs. Cela favorise leurs abus et garantit des décennies supplémentaires d’utilisation de combustibles fossiles.

Repenser le système pour protéger les personnes et la planète : plus de gros pollueurs. Le système capitaliste détruit la vie telle que nous la connaissons. Il est temps de construire une nouvelle façon de vivre et de collaborer qui fonctionne pour les gens, et non pour les pollueurs : une solution juste, responsable et sensible au genre qui propose une restauration écologique et garantit une transformation à mettre en œuvre immédiatement.

Une transition complète et équitable vers l’abandon des combustibles fossiles, avec des solutions réelles centrées sur les droits des peuples autochtones, des communautés locales et la protection de ceux qui luttent pour la justice. Il est impératif de mettre fin à l’impunité et aux abus des entreprises.

26/01/2023

https://www.ecologistasenaccion.org/

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26 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

crimée (anticapitalist)

criee

Noman Çelebicihan

La République populaire de Crimée

La révolution de février, écrit Vladyslav Starodubtsev, est devenue une période de possibilités pour les nations de l’Empire. Les Tatars de Crimée ont saisi cette possibilité et l’ont utilisée autant qu’ils le pouvaient.

Hryhoriy Potemkin a écrit en 1794 : « Retirez les Tatars de Belbek, Kacha, Sudak, Uskut, de l’ancienne Crimée, et généralement des régions montagneuses ; parmi les Tatars qui vivent dans les steppes, personne ne doit être laissé derrière ; et si l’un des Maures souhaite partir, il doit être immédiatement ajouté à la liste appropriée et recevoir l’ordre de partir dans les 24 heures. » Cette note explique beaucoup de choses. Ainsi, la grande réinstallation a commencé. Selon des sources turques, sur les 1,5 million de Tatars qui vivaient en Crimée au 18e siècle, il en restait 250 000 au début du 20e siècle. Les Tatars de Crimée ont beaucoup souffert de l’impérialisme russe, et en 1917, le mouvement national tatar a eu une chance de se libérer.

La révolution de février est devenue une période de possibilités pour les nations de l’Empire. Les Tatars de Crimée ont saisi cette possibilité et l’ont utilisée autant qu’ils le pouvaient.

En 1917, les cercles révolutionnaires de l’intelligentsia tatare de Crimée ont créé le parti tatar ou, comme on l’a appelé plus tard, le Milliy Firqa[1] (également appelé parti du peuple et parti socialiste tatar). Il s’agissait d’un parti démocratique, musulman et d’orientation socialiste, qui prônait une république parlementaire démocratique, avec la liberté de réunion, de syndicats, d’activités de parti, la liberté et l’inviolabilité individuelles, et la liquidation des successions. Il accordait également une grande importance à la liberté nationale, à l’égalité des langues, des cultures et des peuples. Il soutenait notamment la lutte pour l’autonomie ou l’indépendance de tous les peuples asservis de Russie et préconisait de larges garanties pour toutes les nationalités habitant la Crimée.

Milliy Firqa a été construit comme un parti centralisé qui n’autorisait que les membres musul-mans comme un parti national pour représenter leurs intérêts. L’un des principaux objectifs déclarés était l’établissement d’une société sans classes et d’un État ou d’une autonomie régie par une interprétation démocratique de la charia.

Noman Çelebicihan était l’un des dirigeants et fondateurs du parti, un ardent socialiste, un poète et un avocat. Çelebicihan a donné son caractère au parti et est devenu le symbole d’une révolution naissante dans la péninsule.

La Crimée possède un grand nombre de fleurs, de couleurs et d’arômes différents. Ces fleurs représentent les nations qui vivent en Crimée : Tatars de Crimée, Russes, Juifs, Grecs, Allemands et autres. La tâche du Kurultai est de rassembler tout le monde et, en en faisant un merveilleux bouquet, de transformer la Crimée en une véritable Suisse culturelle. Le Kurultai national ne s’occupera pas seulement des musulmans, mais aussi des autres nations, il les invitera à coopérer, et il avancera au même rythme qu’eux. Notre nation n’est que l’initiatrice dans cette affaire Noman Çelebicihan

Les Tatars de Crimée ont formé leurs bataillons nationaux dans l’armée et ont commencé à créer des centres culturels et politiques légaux. Cependant, ces actions sont mal accueillies par le gouvernement russe.

Le gouvernement de Kerensky (proche des socialistes révolutionnaires) s’oppose à ce mouvement des Tatars de Crimée et le 23 juin, Çelebicihan est arrêté (par le contre-espionnage de Sébastopol) pour « activités illégales ». Cette arrestation a porté un coup fatal au sentiment national des Tatars de Crimée. Après avoir recueilli plus de 5 000 signatures de protestation, il est rapidement libéré.

La révolution de février a renversé l’ancien régime, et notre peuple s’est rallié à la bannière rouge. Mais les mois ont passé, et nous ne voyons toujours ni science, ni connaissance, ni art, ni industrie, ni ordre, ni justice. De plus, l’ordre s’est encore détérioré, et tous nos espoirs ont été anéantis. Tout autour de nous, il y a un vide terrifiant qui donne à réfléchir. Nous attendions une solution aux problèmes de la part des autorités centrales (de Russie). Cependant, de là, du gouvernement provisoire, seule l’anarchie est venue, et toute la région (la Crimée) a plongé dans l’obscurité et le conflit. À cet égard, nous avons dit : « Nation ! N’attendez plus rien du gouvernement central, prenez votre destin en main ! ».

Le 2 octobre 1917, le deuxième congrès musulman de toute la Crimée à Simferopol a décidé d’organiser des élections au Kurultai, parlement des Tatars de Crimée. Lors des élections qui se sont tenues dans la seconde moitié de novembre, 76 députés ont été élus au parlement, dont 4 femmes. L’élection de femmes députées dans une république musulmane a été considérée comme un symbole de progrès social dont les membres du premier parlement de Crimée étaient fiers.

Le Kurultai reconnaît l’égalité générale des personnes comme base et affirme l’égalité des droits des hommes et des femmes et confie l’élaboration et l’adoption de la loi correspondante sur l’égalité au Parlement. Article 18 de la Constitution de la République populaire de Crimée.

Kurultai des Tatars de Crimée

Quelque temps plus tard, le 13 décembre 1917, Kurultai a proclamé la République populaire de Crimée, fondée sur les idéaux de libération nationale, d’égalité sociale et de démocratie.

La décision de déclarer la RPC était également soutenue par les membres ukrainiens et tatars de Crimée du Conseil des représentants du peuple.

Il s’agissait de la première république turque, de la première république musulmane à accorder l’égalité des droits aux femmes et de la première république socialiste du monde musulman. La plupart des membres élus du Parlement étaient membres du parti Milliy Firqa, et ont commencé à réaliser leur programme, comprenant des réformes politiques, culturelles et économiques.

Dans son programme, Milliy Firqa a déclaré la socialisation des usines et des fabriques : « …En ce qui concerne la question du travail, Milliy Firqa est totalement solidaire des demandes des sociaux-démocrates… », réformes politiques et foncières.

La majorité des Tatars de Crimée étaient des paysans, dont près de la moitié étaient sans terre. C’est pourquoi le programme du parti militait pour la liquidation de la propriété foncière waqf (église) : 87 614 acres de terre ont été transférés à l’État et loués aux paysans les plus pauvres. « Toutes les terres appartiennent aux communautés » (jamaats) : chaque personne se voit garantir autant de terres qu’elle peut cultiver. Les terres administratives, ecclésiastiques et foncières pouvaient être aliénées sans compensation.

Mais malheureusement, la vision de la République ne tiendra pas longtemps.

Bientôt, les bolcheviks, se considérant comme le successeur légal de toutes les terres précédemment détenues par l’Empire russe, ont déclaré la guerre à la République populaire de Crimée et ont complètement occupé la péninsule de Crimée. Ils capturent Noman Çelebicihan et, le 27 janvier, le chef du gouvernement national de Crimée, est emprisonné à Sébastopol. Comment il a été torturé ou interrogé par les nouvelles autorités bolcheviques – nous ne le savons pas, mais peu après, le 23 février 1918, il a été fusillé et son cadavre a été jeté dans la mer Noire.

La République populaire de Crimée est devenue un exemple frappant de la lutte d’un peuple asservi pour ses droits, son État et sa liberté. La république n’a pas duré longtemps, et la population de Crimée a subi un sort difficile – régimes d’occupation russes, troupes françaises et allemandes. Le parti Milliy Firqa a été persécuté par toutes les forces en présence : le gouvernement provisoire, les bolcheviks, les Blancs et les forces françaises.

L’aile gauche du parti décide de collaborer avec les bolcheviks et adopte la plate-forme soviétique, mais après la vague de répression, elle est finalement interdite par les bolcheviks en 1920.

1) Résolution (à adopter) rejetant l’accord avec le groupe dans son ensemble comme une relique nuisible et inutile. 2) Commencer une campagne contre « Milliy Firqa » avec une agitation orale et écrite 3) Publier un pamphlet dirigé contre « Milliy Firqa » .

Le 30 novembre 1920, résolution du RKP(b) sur Milliy Firqa.

Cela signifiait l’interdiction complète du parti.

Cependant, l’héritage de cette république éphémère, mais ambitieuse et courageuse, est toujours vivant.

[1] Certains historiens ont tendance à parler de Milliy Firqa comme d’un parti distinct, créé en 1919, mais la plupart s’accordent à dire qu’il s’agissait d’une nouvelle période de développement du parti tatar, et non d’un nouveau parti.

26 Jan 2023

https://ukrainesolidaritycampaign.org/

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22 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

fukushima (convergence)

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Fukushima : selon que vous serez simples victimes ou actionnaires…

Il y a bientôt douze ans, le 11 mars 2011, un séisme de magnitude 9,1 déclenchait au large du Japon un tsunami provoquant des vagues de trente mètres de hauteur.

La centrale nucléaire de Fukushima Daïchi ne résista pas à la déferlante : le système de refroidissement principal du site fut mis hors service, entraînant la fusion des cœurs de trois réacteurs sur quatre.

L’opérateur de la centrale, Tepco, fut très vite pointé du doigt, notamment pour ne pas avoir pris les mesures de prévention nécessaires, parmi lesquelles l’arrêt de la centrale face aux risques.

Si la catastrophe nucléaire elle-même ne fit aucune victime, elle provoqua indirectement la mort, reconnue par les autorités japonaises, dans les années qui suivirent de 18 500 personnes déplacées dans des conditions déplorables. Ce qui n’a pas empêché le tribunal de reconnaître les ex-dirigeants de Tepco non-coupables.

Petit rappel : l’été dernier, au civil, les mêmes avaient été condamnés, à l’issue d’une procédure distincte lancée par des actionnaires du groupe, à leur verser des dommages et intérêts pour un montant record de 13 300 milliards de yens (95 milliards d’euros).

Ce montant astronomique correspondait notamment à ce que devait payer Tepco pour faire face aux coûts de démantèlement de la centrale, de décontamination des sols et de stockage de déchets et débris radioactifs, ainsi qu’aux indemnités devant être versées aux habitants affectés par l’accident nucléaire. La justice japonaise ne badine pas lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts des actionnaires.

20 janvier 2023

https://www.convergencesrevolutionnaires.org/

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20 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

socialist worker (swp)

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Une vague massive de résistance balaie la France

De nombreux grévistes plaident pour une escalade de l’action afin de battre Macron et son gouvernement

De très nombreux travailleurs ont fait grève et manifesté à travers la France jeudi contre la tentative du gouvernement d’augmenter l’âge de la retraite de deux ans. Environ 400 000 personnes ont défilé à Paris, selon les syndicats.

Presque tous les services de trains locaux et régionaux se sont arrêtés, les bus et les trains dans des villes comme Paris étaient « très perturbés » et les lignes de trains à grande vitesse à travers le pays ne fonctionnaient pas. Le principal syndicat d’enseignants a déclaré que 70 % des enseignants du primaire étaient en grève et que de nombreuses écoles fermaient pour la journée.

Les grèves ont fortement perturbé les services publics de radio et de télévision qui ont été réduits à diffuser de la musique ou à montrer des répétitions. De nombreux théâtres ont été fermés. Des piquets de grève ont bloqué certaines raffineries et l’action des travailleurs de l’énergie a coupé l’alimentation en électricité. Certains élèves ont bloqué leurs écoles et ont été accueillis par des policiers armés de gaz lacrymogènes.

Sur les piquets de grève et les manifestations, le slogan « Metro-Boulot-Caveau » était courant. Selon ce slogan, les modifications apportées au régime de retraite signifient « aller au travail, travailler dur – et puis la tombe ». Les travailleurs ressentent un mélange de colère amère et de peur d’être obligés de travailler jusqu’à ce qu’ils tombent.

Dominique, un superviseur du commerce de détail, a déclaré à France 24 : « Je travaille dans le commerce de détail depuis 30 ans. J’ai déjà été opéré des deux épaules pour soigner une tendinite causée par tous les mouvements répétitifs et les charges lourdes.

« J’ai également dû recevoir des prothèses de pouce aux deux mains. J’ai perdu mes articulations à force de déchirer et d’arracher des boîtes pour les mettre sur des étagères. Donc, si on finit par me dire que je devrai retarder ma retraite, je ne pourrai pas l’accepter. Je n’ai jamais participé à une manifestation ou à une grève de ma vie, mais cette fois-ci, nous nous heurtons à quelque chose de vraiment désagréable. Si on demande trop aux gens, cela devient insupportable pour eux ».

Le projet de modification des retraites proposé par le président Emmanuel Macron et son gouvernement est en soi une question importante. Mais elle résume aussi les agressions auxquelles les travailleurs de tous âges et de tous horizons sont désormais confrontés.

Les grévistes et leurs sympathisants ont rejoint environ 220 manifestations dans toute la France, avec plus de deux millions de participants au total selon la fédération syndicale CGT. Même les rassemblements officiels de l’État ont enregistré bien plus d’un million de personnes dans les rues.

Selon les syndicats, jusqu’à 400 000 personnes ont défilé à Paris, 25 000 au Havre, 110 000 à Marseille, 50 000 à Toulouse, 40 000 à Saint-Étienne, 12 000 à Montpellier, 38 000 à Lyon, 12 000 à Pau et 20 000 à Nice.

Dans de nombreuses villes, les chiffres sont plus élevés que ceux des grandes grèves de 1995, qui ont brisé un gouvernement.

Les manifestations ont montré que les débrayages s’étendaient bien au-delà du noyau dur des travailleurs du secteur public. Dans la ville de Valenciennes, dans le nord du pays, le cortège de 6 000 personnes comprenait des grévistes des usines automobiles Peugeot et Toyota, ainsi que des travailleurs municipaux, des enseignants et des étudiants.

À Lyon, la plupart des manifestants étaient des pompiers, des travailleurs de la santé, des enseignants et des travailleurs municipaux. Mais il y avait aussi d’importantes délégations de Total (pétrole), Solvay (chimie), Renault Trucks, des ouvriers du bâtiment et Castorama (magasins de bricolage).

Au Havre, outre les travailleurs portuaires, les enseignants et les travailleurs hospitaliers, il y avait des groupes de Sidel (emballage), Safran (moteurs d’avion et de fusée), Auchan (supermarché), Yara (produits chimiques), Chevron (pétrole), Foure Lagadec (chaudronnerie), Nestlé (alimentation) et d’autres.

Des groupes LGBT+, des militantes féministes, des activistes climatiques, des groupes antiracistes et des travailleurs sans-papiers ont rejoint la manifestation parisienne. Le groupe de campagne Marche des Solidarités a tweeté :

« Français et migrants, même Macron, même combat ! Nous ne pouvons plus faire marche arrière. Nous devons vaincre ce gouvernement. Combattez les attaques contre nos retraites et contre la nouvelle loi sur l’immigration. »

Macron a fui la France jeudi en participant à un sommet franco-espagnol à Barcelone pour signer un traité d’amitié et de coopération avec le premier ministre espagnol Pedro Sanchez, du parti PSOE de type travailliste.

Mais si les syndicats peuvent être poussés à élargir et étendre les grèves, il peut être contraint à une nouvelle retraite humiliante.

Les dirigeants syndicaux ont appelé à une nouvelle journée de grèves et de manifestations le mardi 31 janvier – bien que de nombreux militants soient furieux qu’ils n’aient pas agi plus rapidement.

Il y aura également des actions plus limitées le 23 janvier, jour où les attaques contre les retraites seront officiellement présentées au Conseil des ministres (membres du cabinet).

En France et en Grande-Bretagne, c’est une période de luttes de classes cruciales. Quel est l’enjeu ?

Le gouvernement veut porter l’âge de la retraite à 64 ans. Les travailleurs ne pourront alors prétendre à une pension complète que s’ils ont cotisé au système pendant 43 ans. Les règles actuelles obligent déjà la plupart des gens à travailler au-delà de 64 ans pour avoir droit à une pension complète.
L’ajout de deux années supplémentaires est une attaque clé contre la classe ouvrière, conçue pour montrer que les syndicats ne peuvent pas arrêter les changements pro-patronaux et que les travailleurs devront payer pour l’inflation et la récession à venir,
Macron a tenté une manœuvre similaire en 2019, mais a été contraint de reculer en raison de grèves généralisées, de manifestations de masse et de grèves illimitées de certaines sections des travailleurs des transports.
Il a également été mis sur la défensive par le mouvement militant des Gilets jaunes et a craint que toute la résistance ne se rassemble pendant la pandémie.

Thursday 19 January 2023 Charlie Kimber

https://socialistworker.co.uk

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18 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

vietnam (radio france)

viet

Ça purge fort au Vietnam

Le président vietnamien Phuc a présenté sa démission alors même qu’il était en poste depuis moins d’un an. Avant lui des dizaines d’officiels en avaient fait de même, « victimes » d’une immense campagne contre la corruption qui prend des allures de purge.

Un président qui démissionne, des enquêtes de corruption, se passe-t-il au Vietnam ?

Il se passe exactement cela : le président Nguyen Xuan Phuc a présenté hier sa démission devant l’accumulation d’enquêtes de corruption qui commençaient dangereusement à se rapprocher de lui. Des rumeurs habilement orchestrées citaient même son épouse.

Rien d’étonnant en soi : le président vietnamien n’est que le dernier à tomber d’une furieuse campagne contre la corruption dont « la fournaise infernale » – c’est son nom officiel – est en train d’engloutir des centaines de personnalités depuis un an.

Elle a déjà emporté 70 officiels de haut-rang dont 5 ministres en exercice et 5 anciens ministres. Elle a pris une nouvelle ampleur depuis le 5 janvier avec la destitution surprise de deux vice-Premiers ministres et donc le retrait hier du président Phuc.

Président au Vietnam, c’est un poste important ?

Non, c’est un poste sans véritables responsabilités et un rôle largement cérémoniel. Sauf que le Vietnam est un régime dictatorial à parti unique, en l’occurrence le Parti communiste. Un parti qui déteste traditionnellement humilier ses cadres.

C’est encore plus vrai de ses hauts dirigeants. Or, le président qui a démissionné hier n’avait été désigné à ce poste que l’année dernière. Dans cet univers habituellement feutré, destituer – parce que c’est de cela qu’il s’agit – un prince rouge ça porte un nom : une purge.

Mais d’où vient-elle cette vague anti-corruption ?

Pour comprendre, il faut reprendre l’exemple chinois : en arrivant au pouvoir en 2012, Xi Jinping a déchainé la lutte contre la corruption : la campagne dite « des tigres et des mouches » pour expliquer qu’elle visait tous les niveaux de responsabilité.

C’était avant tout une reprise en main violente de l’appareil du parti tout en restant sur un thème populaire et populiste : lutter contre la corruption des élites. Résultat : le président Xi vient d’obtenir un 3e mandat absolument inédit dans l’Histoire récente de la Chine.

Le parallèle est saisissant avec le voisin vietnamien : l’actuel secrétaire général du parti, Nguyen Phu Trong, vient lui aussi d’obtenir un 3e mandat de 5 ans et les huit équipes d’enquêteurs qui sillonnent le pays à la recherche de coupables dépendent toutes de lui.

Vous parlez de parallèle… mais les deux sont liés ?

C’est compliqué : d’un côté le Vietnam et la Chine ont des systèmes politiques très semblables ; mais de l’autre, ils se sont fait la guerre aussi tardivement qu’en 1978/1979. Le Vietnam a d’ailleurs spectaculairement rossé la Chine. Du coup, les Vietnamiens veulent être prêts face à un durcissement militaire chinois.

En clair, plus la Chine se martialise, plus le Vietnam se raidit. Dans cette purge au sein de l’appareil de pouvoir, alias « campagne contre la corruption », ce sont les colombes qui ont perdu et les faucons qui semblent l’emporter.

Les deux pays se jaugent, même d’un point de vue économique. Les Etats-Unis cherchent une alternative à l’atelier du monde chinois ? Le Vietnam veut en être, lui qui est une des économies les plus dynamiques et les plus exportatrices au monde.

Donc la démission du président Phuc compte triple : elle signale une reprise en main du pouvoir, elle montre à la population que personne n’est à l’abri et c’est, en plus, un clin d’œil aux étrangers pour leur dire : ici votre argent peut s’investir en toute sécurité.

Mercredi 18 janvier 2023

https://www.radiofrance.fr/

 

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16 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

iran (huff’post)

kurdes

Iran : derrière les exécutions de Téhéran, un régime à bout de souffle ?

Oscillant entre répression et gestes d’apaisement, Téhéran semble divisée sur la meilleure stratégie à adopter pour faire taire les manifestants iraniens.

Les récentes exécutions de personnes contestataires au régime de Téhéran font craindre le pire pour les milliers d’Iraniens enfermés en prison depuis septembre. Comme à Londres, où une importante manifestation de soutien au peuple iranien a eu lieu dimanche 8 janvier.

Unanimement condamnés sur la scène internationale, les nouvelles exécutions de personnes liées à la contestation en Iran amorcent-elles une nouvelle escalade macabre ? La question se pose après que la nouvelle utilisation de la peine capitale par la justice iranienne. Deux hommes ont été pendus ce samedi 7 janvier, après avoir été reconnus coupables d’avoir tué un paramilitaire lors des manifestations déclenchées par le décès de Mahsa Amini en septembre dernier.

Deux mises à mort qui ont suscité un tollé international. Les États-Unis ont dénoncé un « simulacre de procès » quand le Canada s’offusque d’« exécutions insensées » que la France « révoltantes ». Les Pays-Bas ont d’ailleurs convoqué l’ambassadeur iranien, invitant les pays membres de l’UE à faire de même.

Si les arrestations et condamnations de manifestants n’ont jamais cessé, la libération de certaines figures de la protestation montrent aussi que certains cherchent, en filigrane, à pousser pour une approche moins ferme au sein du régime. Un jeu d’équilibriste particulièrement risqué pour Téhéran, confronté à son plus grand défi politique et social depuis la révolution islamique de 1979.

Des motifs d’espoir

D’après un dernier bilan fourni fin décembre par l’ONG Iran Human Rights, au moins 476 personnes ont été tuées par les forces de sécurité depuis le 16 septembre. Environ 14 000 personnes ont été arrêtées, d’après l’ONU. À cela, s’ajoute la condamnation à la peine capitale de 14 personnes liées à la contestation. Quatre ont déjà été exécutées par la justice iranienne à ce jour, dont deux ce samedi.

Mais curieusement, le gouvernement iranien a depuis annoncé l’ouverture de nouveaux procès pour six des 14 condamnés, relançant l’espoir d’une peine éventuellement plus légère. Il s’agit là d’un « calcul politique », tranche Mehrzad Boroujerdi, spécialiste de l’Iran et auteur du livre « L’Iran post-révolution : un guide politique » interrogé par l’AFP.

« Ils savent que les exécutions massives (…) feront descendre plus de gens dans la rue », souligne-t-il. « D’autre part, ils veulent envoyer le signal qu’ils n’hésitent pas à exécuter des manifestants pour intimider les gens ». Un grand écart pour le régime de Téhéran, contraint de se montrer intraitable face aux manifestants, tout en contrôlant son propre degré de violence pour éviter une vague de manifestation toujours plus large.

Pour les analystes, la libération de Majid Tavakoli et Hossein Ronaghi, deux figures du mouvement de contestation, quelques semaines après leur arrestation, est une autre tentative de calmer la situation.

« Un os » jeté aux manifestants

Anoush Ehteshami, directeur de l’Institut d’études islamiques et moyen-orientales de l’Université de Durham en Angleterre, estime surtout que ces nouveaux procès reflètent des pressions extérieures et intérieures au régime. « Au sein même du régime, il y a des divisions sur la façon de gérer la situation », les partisans de la ligne dure d’un côté et ceux qui considèrent les exécutions comme un encouragement supplémentaire à la résistance, précise Anoush Ehteshami.

Les nouveaux procès et la libération de dissidents sont « des mesures d’apaisement (…) pour essayer de jeter un os » aux manifestants, estime-t-il. De telles mesures peuvent sembler insignifiantes pour certains mais « un régime sécuritaire et aux abois estime qu’il agit généreusement et répond à la pression publique ».

« Les messages contradictoires que nous recevons du régime iranien suggèrent un débat interne sur la manière de gérer les protestations », décrypte également Nader Hashemi, directeur du Centre d’études du Moyen-Orient à l’Université de Denver.

« Ce régime a survécu pendant 44 ans »

Selon Nader Hashemi, cette stratégie d’arrêter et de libérer est utilisée entre autres par le régime pour « tâter le terrain, voir quelle est la réaction » de la rue. L’« indulgence » dont font parfois preuve les autorités « vise à empêcher davantage de division au sein de l’establishment sécuritaire », la répression ayant aliéné certains de ses partisans, abonde l’universitaire Afshin Shahi.

Le régime « ne semble pas avoir de stratégie claire », poursuit-il. Malgré certaines libérations, d’autres personnalités croupissent depuis des mois en prison, comme le militant Arash Sadeghi et les deux journalistes qui ont aidé à révéler l’affaire Amini.

Pour Nader Hashemi, le régime a toutefois montré par le passé sa capacité à « faire des concessions quand il le fallait ». Il finit par conclure en soulignant la longue expérience du régime religieux de Téhéran : « Les gens oublient que ce régime a survécu pendant 44 ans parce qu’il peut être très intelligent, très malin, très machiavélique ».

08/01/2023

https://www.huffingtonpost.fr/

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15 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

médias (basta!)

Quentin Müller
Quentin Müller
Journaliste reporter spécialiste de la péninsule arabique, travaille plus particulièrement sur le Yémen, Oman et l’Irak.

Pourquoi les médias s’intéressent-ils à la guerre en Ukraine mais pas aux conflits au Yémen et en Éthiopie ?

Il n’y a pas que l’Ukraine. Le conflit au Yémen dure depuis 2015. En Éthiopie, une guerre civile fait rage depuis 2020. Pourquoi en parle-t-on beaucoup moins dans les médias ? Réponse de Quentin Müller, grand reporter spécialiste du Yémen.

Techniquement, des pays comme le Yémen et l’Éthiopie sont beaucoup plus difficiles d’accès, et donc à couvrir pour les journalistes. Et tout le monde ne situe pas l’Éthiopie sur une carte.

Les médias parlent en général peu d’international, car les audiences et les ventes sont moindres sur ces sujets. Qui dit peu d’international dit qu’on va produire en priorité des reportages sur des pays qui « comptent » plus pour les audiences. C’est-à-dire surtout des sujets sur les États-Unis, la Russie, les puissances européennes, à la rigueur le Liban.

Plus on s’éloigne de ces références médiatiques françaises, plus c’est dur de se voir commander un reportage sur l’étranger. Ces contenus sont plus rares, car coûteux et vus par les médias comme peu vecteurs d’abonnements et d’audiences [1]. Ce qui explique que le conflit éthiopien soit peu couvert.

Il faut aussi savoir que les trois chaînes d’infos continues les plus célèbres, LCI, CNews, et BFMTV, ont délibérément et quasiment cessé de faire de l’international. Elles couvrent l’Ukraine uniquement parce que cela angoisse, à juste titre, les Français dans leur quotidien, et c’est donc susceptible de faire de l’audience.

France24 et RFI réalisent de leur côté des reportages sur les guerres qui nous paraissent lointaines, comme en Éthiopie et au Yémen. Mais encore faut-il regarder et écouter ces médias et surtout s’intéresser à l’actualité internationale qui est souvent anxiogène. Il y a un vrai problème d’intérêt du grand public pour l’actualité internationale.

Une autre donnée entre également en ligne de compte. L’invasion de l’Ukraine par la Russie est assez simple à lire pour qui n’aurait pas de notions en géopolitique. Une guerre civile, comme c’est le cas pour l’Éthiopie, suppose en revanche une connaissance ou un intérêt pour le pays ou la région pour en saisir les enjeux.

Une guerre civile est plus difficile à comprendre, car elle suppose des complexités de lecture intérieure au pays. Les médias ont alors peur de perdre leur lectorat. Nous, reporters, on nous demande constamment de faire court et de simplifier au maximum, au risque de dénaturer les nuances des situations sur le terrain.

Quand on fait du reportage sur ces conflits moins traités, comme je le fais pour le Yémen, on évoque souvent des factions et des groupes inconnus aux noms farfelus et ça, les médias mainstream en ont peur. Alors que pour la guerre en Ukraine, il y a grossièrement un « gros méchant », Poutine, et un peuple qui résiste avec courage.

C’est le récit que les médias ont adopté pour attirer le lectorat et l’audience. Ils ont un besoin de manichéisme, même quand il est flagrant comme ici, pour accrocher l’attention. Dans une guerre civile, c’est beaucoup plus compliqué, il y a rarement des « gentils » et des « méchants ».

Il y a souvent des revendications identitaires, géographiques, religieuses et linguistiques inconnues, faisant intervenir l’histoire ancienne de ces pays éloignés. C’est moins évident à lire, plus ardu, plus flou.

Quentin Müller est entre autres le coauteur du livre Les Esclaves de l’homme-pétrole. Coupe du monde 2022 au Qatar : la face cachée d’un esclavage contemporain, publié l’an dernier aux éditions Marchialy. Il collabore avec des médias comme Le Monde diplomatique, Marianne, Libération, Le Temps, La Croix ou encore So Foot.

13 janvier 2023 Quentin Müller

https://basta.media/

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10 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

iran ( à l’encontre)

iran

Iran-débat. «A propos de la mythologie ayant trait à la “période moderne” du shah. Sur la question de l’unité avec la droite. Et la lutte continue»

[Malgré la censure et les blocages d’Internet, des informations circulent tous les jours sur la répression exercée par les pouvoirs de la République islamique d’Iran. Le mardi 7 janvier, deux jeunes gens – Mohammad Mehdi Karami et Mohammad Hosseini – ont été pendus suite à l’accusation d’avoir tué un milicien paramilitaire en novembre 2022. Le 8 janvier, la peine de mort a été prononcée contre deux autres jeunes hommes, Mohammad Ghebadlou et Mohammad Boroughani.

Selon les médias iraniens, la Cour suprême a confirmé la peine capitale contre une quinzaine de personnes pour «atteinte à la sécurité nationale» et «attaque armée». Le pouvoir mise sur la répression, prenant appui entre autres sur les bassidjis.

Néanmoins, la mobilisation continue dans l’ensemble du pays, sous des modalités diverses. Elle suscite des tensions relatives au sein de la caste dominante, comme le relève Yassamine Mather dans l’article publié ci-dessous. L’auteure, sensible à la présence des courants royalistes dans une partie de la diaspora, démine les mythes de la période du shah à propos du «statut des femmes» et interroge, à sa manière, le thème du front unique entre droite et gauche dans le combat pour le renversement du régime de la République islamique et de la dynamique qui s’enclencherait. – Réd. A l’Encontre]

Plus de cent jours après le début des protestations de masse, les manifestations et les rassemblements mettant en question la République islamique d’Iran et le règne des ayatollahs ne semblent pas vouloir s’arrêter.

La répression, les condamnations à mort et les menaces de longs emprisonnements n’ont pas réussi jusqu’à présent à ramener «les choses à la normale». Des manifestations ont lieu dans tout le pays le 40e jour suite à la mort de chaque manifestant tué par les forces de sécurité. On constate également une nouvelle dynamique dans les revendications des travailleurs, certaines portant sur des salaires impayés, mais beaucoup sur les inégalités, la pauvreté et la haine de la corruption.

Ce ne sont plus seulement les «réformistes», mais des politiciens issus des factions les plus conservatrices qui suggèrent des changements dans le système juridique et politique de l’Iran. Bien sûr, la plupart de ces interventions sont trop faibles et trop tardives. Cependant, la liste de ces nouveaux «réformateurs» appelant à un changement profond est intéressante à suivre.

Parmi eux figurent l’ancien président du Parlement, Ali Larijani, l’actuel président du Parlement [de 2008 à 2020]; l’actuel président du Parlement Mohammad Baqer Qalibaf; le ministre du Patrimoine culturel, de l’artisanat et du tourisme, Ezzatollah Zarghami; un conseiller économique du président Ebrahim Raïssi, Mohsen Rezaee, qui a des liens étroits avec le commandement des Gardiens de la révolution (IRGC); et le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale (SNSC), Ali Shamkhani [en fonction depuis 2013].

Au milieu de tout cela, l’opposition de droite en exil s’efforce de présenter les récents événements comme de simples «manifestations de femmes contre le foulard». Il ne s’agit pas de mentionner la pauvreté ou les salaires des travailleurs… après tout, comment ces questions pourraient-elles mobiliser la presse et les médias internationaux de droite s’ils doivent parler de pauvreté et de corruption.

En limitant tout à «la femme, la vie, la liberté», les courants de droite en exil ont obtenu le soutien de célébrités décérébrées, allant du roi Albert de Monaco à Meghan Markle, sans oublier des dirigeants comme Rishi Sunak et Emmanuel Macron. Pour un tel auditoire, les protestations des travailleurs du pétrole iraniens qui se plaignent de bas salaires sont trop proches des grèves et des manifestations qui se produisent dans leur propre pays.

L’opposition de droite en exil et sa presse comme ses médias veulent cacher les vidéos des manifestations universitaires où sont tout aussi importants les slogans contre l’ex-shah et l’actuel prétendant royal [Reza Pahlavi] que les slogans contre l’ayatollah Khamenei. Quiconque suit les événements en Iran sait qu’indépendamment de l’origine des protestations – la mort tragique de Mahsa (Jina) Amini en détention – le mouvement qui a suivi a parcouru un long chemin depuis plus de 100 jours.

Réduire le mouvement à la stricte opposition des femmes au hidjab forcé, par opposition à l’égalité des femmes et à leur libération du fardeau de la double exploitation, permet à ces partisans de droite de la monarchie de parler au monde du «bon vieux temps du shah», où apparemment les femmes ne subissaient aucune discrimination…

Ainsi, le jour de l’an, à minuit et demi, une demi-douzaine d’exilés iraniens de droite, pour la plupart des inconnus, ont posté le même message que le fils de l’ex-shah Reza Pahlavi: «Que 2023 soit l’année de la liberté et de la justice.» Il s’agissait apparemment de l’annonce officielle d’une alliance politique qui entend remplacer la République islamique. Il est connu que lorsque de jeunes adolescents veulent annoncer qu’ils sont amoureux mais ne veulent pas que leurs parents le sachent, ils postent le même message simultanément sur les médias sociaux. Le fait que nos dirigeants «politiques» de droite semblent avoir imité ces adolescents en dit long sur leur intelligence.

Bien sûr, nous savons tous quel genre de liberté et de justice ils ont en tête. L’époque du shah est, après tout, de l’histoire contemporaine. Il ne fait aucun doute que nous devons attribuer à la République islamique et à ses 44 années de pouvoir désastreuses le fait que ces personnes soient sorties de la poubelle de l’histoire. Si nous ne voulons pas que les analphabètes de l’histoire gagnent, dénoncer tout ce qu’ils disent et font doit être un élément à part entière de nos tâches.

Un peu d’histoire: «les visions du Shah»

Commençons par les visions de Mohammad Reza Shah sur l’islam et la religion avant de le citer sur les femmes. Les Iraniens qui ne veulent pas faire l’autruche connaissent bien le tristement célèbre entretien que Pahlavi a accordé à la journaliste italienne Oriana Fallaci en 1973. La vidéo YouTube montre sa femme, Farah Diba, assise à côté de lui alors qu’il parle d’abord à la journaliste de ses «visions religieuses»

Cependant, la partie regardée par la plupart des Iraniens et Iraniennes concerne les femmes. Au moment de l’entretien, la rumeur courait en Iran que le shah avait pris une quatrième épouse.

Votre majesté. S’il y a un monarque dont le nom a toujours été associé aux femmes, c’est bien vous. Et maintenant, je commence à soupçonner que les femmes n’ont pas compté dans votre vie. (…)

«Mémoires intimes»

S’il s’agissait d’une conversation polie avec une journaliste étrangère, nous disposons par ailleurs également des Mémoires d’Assadollah Alam, ministre de la Cour du shah [de 1967 à août 1977] et son plus proche confident. Ces Mémoires constituent un compte rendu quotidien de l’exploitation sexuelle de centaines, si ce n’est des milliers de femmes par le shah. Selon les Mémoires d’Assadollah Alam, et confirmés par d’innombrables témoins, au cours des deux dernières décennies du règne du shah, les hommes de la classe supérieure se gardaient toujours d’emmener une belle femme ou une belle fille à la cour, de peur que le Shah n’exige de coucher avec elles – et, dans une dictature, personne n’était en mesure de refuser.

Toujours d’après les journaux intimes d’Assadollah Alam, nous connaissons le souci du shah de procurer des prostituées aux chefs d’Etat en visite et l’ampleur de ses efforts pour attirer une célèbre dame française et ses employés à Persépolis pour les célébrations des 2500 ans de l’histoire iranienne.

Les chaînes de télévision en exil continuent de diffuser des images et des vidéos du «bon vieux temps» sous le shah, montrant des femmes travaillant dans des bureaux et ne portant pas de foulard… mais ce n’était pas du tout la vie de la majorité des femmes.

Dans les quartiers traditionnels de la plupart des villes et à la campagne, les femmes portaient effectivement un foulard – et la façon dont les femmes de la classe moyenne qualifiaient les femmes des classes inférieures de «chadori» (qui porte le tchador) était une forme d’insulte qui a sans aucun doute créé du ressentiment.

Nombre des lois misogynes actuellement en vigueur en Iran faisaient également partie du système juridique du shah; après tout, comme il l’a affirmé dans l’entretien ci-dessus, il était en contact direct avec les prophètes et n’avait pas une grande estime pour les femmes. Il s’agit notamment de la loi interdisant à une femme de voyager à l’étranger sans le consentement de son mari, même si elle est séparée de lui. Une femme non mariée ne pouvait voyager à l’étranger que si elle avait l’autorisation d’un tuteur.

L’image véhiculée alors par la télévision nationale du pays – comme alors dans la plupart des pays capitalistes du tiers-monde – est celle de la femme comme marchandise. Dans les films approuvés par la censure, les femmes étaient présentées soit comme des prostituées, soit comme des jeunes filles innocentes espérant épouser un homme riche pour changer de statut social. Les magazines féminins pro-gouvernementaux sponsorisaient une sorte de concours de beauté – dokhtar shayeste – quelque chose comme Miss gentillesse, où les jeunes filles étaient exhibées comme du bétail devant des juges.

L’organisation féminine officielle parrainée par l’Etat était dirigée par la sœur jumelle du shah, célèbre pour ses activités de jeu et de trafic de drogue. A plusieurs reprises, elle et le shah ont essayé de lui trouver un poste officiel de «commissaire aux femmes»… toujours selon Assadollah Alam, ces efforts ont échoué parce que les fonctionnaires des Nations unies étaient préoccupés par ses activités criminelles de trafic de drogue.

Voilà le genre de droits des femmes que visent les partisans de l’ancien régime et leurs dits partisans de gauche et libéraux. Pourtant, certaines fractions de la gauche ne disent rien de tout cela. Pourquoi? Parce que non seulement ils n’ont pour l’heure pas réussi à proposer une stratégie, un plan, une organisation, mais ils ont encore des illusions sur des fronts unis avec la droite afin de se débarrasser de la République islamique.

Comme je ne cesse de le répéter, cela a-t-il si bien marché lorsqu’ils ont soutenu de tels fronts avec les islamistes? Le problème est que, cette fois, la droite a de puissants alliés mondiaux aux Etats-Unis et en Europe.

Problème d’organisation

Compte tenu de la situation actuelle, dans laquelle la gauche en exil est si faible et divisée qu’elle ne peut présenter une seule proposition décente, certains osent même mettre en question notre (de la gauche) soutien au mouvement en Iran. Je dois ici insister sur deux points:

  1. Le mouvement en Iran est bien plus radical, révolutionnaire et de gauche que la diaspora en exil.
  2. La République islamique d’Iran est si corrompue, si hypocrite, si répressive qu’elle a atteint la fin de sa vie et que personne de sensé ne peut ou ne devrait soutenir sa survie.

Dans de telles circonstances, et en l’absence d’une gauche révolutionnaire organisée, ce que nous devons faire est de démasquer ceux qui se présentent comme des «alternatives» au régime actuel, tout en cherchant à construire et à unir la gauche. Il est vrai que l’échec passé de nombreux partis de la classe ouvrière (à la fois de caractère réformiste et révolutionnaire) et les échecs d’un certain nombre de projets d’«unité» ont abouti à un déni irrationnel et, à mon avis, stupide de la nécessité d’une organisation révolutionnaire.

Cependant, l’idée que les conseils (shoras), par eux-mêmes, sans aucune direction politique, puissent mener à une révolution n’est rien d’autre qu’une chimère. Si la gauche iranienne ne sort pas de ce coma et ne commence pas à prendre au sérieux le défi de l’organisation révolu-tionnaire, nous devrons faire face à d’autres décennies de répression et d’injustice… cette fois-ci sous la direction d’une bourgeoisie pro-occidentale qui poursuivra les politiques économiques de la République islamique, mais qui ne sera pas confrontée aux mêmes critiques parce qu’elle apportera une exploitation «moderne» et non «islamique».

La promesse de «démocratie» du nouvel Etat durera moins de deux semaines. Nous pouvons prédire la chronologie car c’est exactement ce qui s’est passé en Egypte après le coup d’Etat militaire de Sissi soutenu par les Etats-Unis et ses alliés régionaux. Oui, l’ingérence de l’Etat religieux dans la vie privée des Iraniens cessera, mais n’attendez pas grand-chose d’autre.

(Article publié par le Weekly Worker, le 5 janvier 2023; traduction rédaction A l’Encontre)

9 janvier 2023 Yassamine Mather

https://alencontre.org/

Lire aussi:

https://lanticapitaliste.org/

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09 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

kurdes (st brieuc)

kurdes (st brieuc) dans Altermondialisme KURDE

SAINT BRIEUC SAMEDI 7 JANVIER 2023 EN SOUTIEN AU PEUPLE KURDE ET AU   ROJAVA.

Déclaration commune du CVA22

Nous sommes réunis aujourd’hui pour soutenir le peuple kurde qui a une nouvelle fois été la cible d’une attaque terroriste à l’arme automatique, tuant 3 personnes et en blessant grièvement 3 autres le 2 décembre 2022 à proximité du centre culturel Kurde de Paris: Evîn Goyi (Emîne Kara), l’artiste Mîr Perwer (Mehmet Şirîn Aydin) et Abdurrahman Kizil sont décédéEs. Sans l’intervention des témoins présents dans le salon de coiffure, le bilan aurait pu être plus meurtrier : en effet, il restait 70 munitions au tueur quand celui ci a été maîtrisé par les kurdes sur place.

Le meurtrier, William Mallet, est un homme blanc de 69 ans, ancien para,
raciste et le revendiquant ouvertement devant les services de police et
de justice. Il n’aurait jamais dû être en liberté sinon avec une étroite
surveillance des services de l’Etat et une interdiction de port et
détention d’arme.
.
En effet dès juin 2017, il a été condamné à six ans de prison avec sursis pour
« détention prohibée d’armes de catégories A, B et C » après avoir poursuivi des cambrioleurs muni d’un fusil d’assaut et révélant la détention d’une trentaine de calibres de toutes sortes.
.
En décembre 2021, il a attaqué au sabre un campement de refugiéEs, en
blessant certains. Pourtant, ce sont ses victimes qui ont été les plus
réprimées : 4 gardes à vue de 48 h, pas d’accès aux soins et 1 OQTF pour
s’être défendues avec des branches en bois !
.
Mais pour William Mallet : pas de fichage S ; une qualification des faits qui ne permet qu’une
année de préventive, alors même que des camarades ayant combattu DAESH
au côté des FDS subissent encore aujourd’hui une surveillance de la part
des services de renseignements et une oppression constante de la police.
Nous n’oublions pas Libre Flot qui est resté 1an et 1/2 en prison sans
aucun acte de violence.
.
L’état Français est responsable de la tragédie du 23 décembre 2022. Le laxisme dont a bénéficié William Mallet de la part des autorités Françaises fait écho à celui qui a permis à Loik Le
Priol, militant identitaire fiché et en attente de procès pour acte de torture, d’assassiner froidement le rugbyman Argentin Fédérico Aramburu
.
Il nous est primordial de rappeler que son attaque s’inscrit dans un
contexte de montée de l’extrême-droite en France et dans le monde.
En effet, 4 jours avant la tragédie, le 19 décembre 2022 , le secrétaire
de l’ONU, Antonio Guterres  déclarait :
.
« L’idéologie d’extrême droite est la principale source de terrorisme
dans les pays occidentaux. La plus grande menace de terrorisme
aujourd’hui provient de l’extrême droite, du néonazisme et de la
suprématie blanche ».
.
L’extrème-droite assassine partout dans le monde, visant sans
distinction militantEs associatif/ves,  militants politiques, minorités
ethniques ou religieuses…. on ne peut que le constater sur la décennie
écoulée :
.
Que ce soit contre des jeunes travaillistes en Norvège où Anders Breivik
a fusillé 77 jeunes en juillet 2011, contre des musulmans à Chrischurch
en Nouvelle Zélande en 2019 ou contre les minorités aux États-Unis lors
des nombreuses tueries de masse.
En Allemagne, la justice a annoncé récemment avoir déjoué plusieurs
projets d’attaques visant des institutions démocratiques et montés par
un groupuscule d’extrême droite et complotiste appartenant à la mouvance
des « citoyens du Reich », regroupant des militaires, artistocrates et
membres de l’AFD.
L’AFD, ce Parti d’extrême droite parlementaire qui se veut dédiabolisé comme le RN. En France, les projets d’attaques et d’attentats ne manquent pas non plus: programmation de l’assassinat de
Macron ou différents projets d’attaques contre les minorités, notamment musulmanes. Celles qui se sont réalisées, y compris par d’anciens candidats du FN, sont traitées comme s’ils s’agissaient d’actes isolés et totalement dépolitisés par les policiers, les procureurs et les journalistes. rappelons que c’est Claude Hermant, ancien membre du service d’ordre du DPS/FN qui a fourni les armes qui ont permis à Amedy Coulibaly de participer aux attentats de 2015 dans le magasin « hypercasher ».

Les médias eux-mêmes ont aussi une part de responsabilité dans la montée
de la haine de l’étranger et servent de marche-pied pour les idées
nauséabondes de l’extrême droite. Ils ont permis l’arrivée de 89 députés
RN, la responsabilité est partagée avec le président qui a refusé le
barrage républicain et avait déjà nommé comme ministre de l’intérieur
Gérald Darmanin. Ce dernier, qui a fait ses premiers pas en politique
dans un parti raciste, a participé à la dédiabolisation de Marine Lepen.

Dans ce contexte de montée du fascisme, la Bretagne n’est plus à l’abri,
que ce soit l’extrème-droite française menaçant de mort des éluEs comme
à Callac, ou que soit les loups gris, bras armé du MHP allié d’Erdogan,
qui ont un camp d’entraînement à Redon et sont présents à Brest où ils
ont attaqué le 13 février 2018 des militants de différentes
organisations démocratiques brestoises et kurdes rassemblés
pacifiquement.
Ces tabassages s’étaient déroulés à l’époque dans le contexte de
l’attaque de la ville d’Afrin par l’armée d’Erdogan. Aujourd’hui,
l’attaque du centre culturel Kurde à Paris prend place aussi dans un
cadre géopolitique plus large.
En effet, Erdogan est en guerre contre le PKK et plus généralement
contre les Kurdes. Depuis le 19 novembre 2022, l’autocrate turc Erdogan
a lancé une attaque sur l’ensemble du Kurdistan à coups de bombardements
menés par des avions de chasse et des drones dans les contrées kurdes de
Turquie, du Rojava (Syrie) et d’Irak.
Ceux-ci sont dirigés contre une multitude de villes, ils visent et frappent autant les infrastructures
des FDS (forces démocratiques syriennes) et YPG/YPJ, que des infrastructures civiles (hôpitaux, écoles, centrales électriques, stations services…) et des habitations. Et rappelons qu’au Kurdistan
iranien, le régime en place mène actuellement  une répression féroce et meurtrière contre la population Kurde en particulier et toute opposition politique!

Erdogan prétend ainsi répliquer à l’attentat qui a touché Istanbul le 13
novembre et qu’il a immédiatement imputé de façon fallacieuse au PKK.
Or, l’auteure suspectée de cet attentat, Ahlam Albashir, n’a non
seulement aucun lien avec le mouvement kurde, mais il se trouve surtout
qu’elle a été mariée 3 fois à des combattants de Daesh et que 3 de ses
frères sont morts en combattant dans ces mêmes rangs.
Mais la vérité dérange, c’est pourquoi l’AKP d’Erdogan et son parti allié MHP ont
rejeté le 25 novembre une motion d’enquête visant à faire toute la
lumière sur cet attentat.
Autre conséquence, les bombardements turques sur le Rojava ont permis à
de nombreu-x-ses combattantEs de daesh, détenuEs par les forces kurdes
de s’évader. Nous devons le rappeler les FDS ont permis de battre DAESH
en Syrie malgré les différents manipulations comme lors de la bataille
de Kobane en 2014 où l’Etat turque bloquaient les combattantEs Kurdes
mais permettait aux différents combattants islamistes de rejoindre
daesh.
La guerre que mène Erdogan qui se rêve en prince ottoman ou en nouvel
Atatürk, ne peut cacher un bilan catastrophique : muselage de la presse,
oppression de sa population, crise économique.

Ceci est à mettre en parallèle de la révolution du Kurdistan, promue par
Occalan: une révolution sociale, féministe et écologiste, respecteuse de
la  diversité des peuples et des religions. Celle-ci met notamment en
avant les femmes et féministes kurdes qui en janvier 2013 ont été la
cible de la Turquie en France.
Les services secrets turcs avaient organisé le triple assassinat des militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez. A l’époque le gouvernement Français avait décidé de stopper son enquête sans mettre en cause la responsabilité des dirigeants turques.
Ainsi, la proximité du 10ème anniversaire de cet attentat et les zones d’ombre autour de l’attaque du 23 décembre peuvent nous interroger sur l’implication de la Turquie : Pourquoi  une combattante des FDS qui a été blessée en combattant daesh à Raqua a été ciblée ? Que faisait la voiture avec un IMSI Catcher près du Centre Démocratique Kurde de Paris le vendredi 23 décembre 2022 ?

Nous exigeons :
    La levée du secret défense sur les attentats du 9 janvier 2013 à
Paris         
    La levée des zones d’ombre dans les attaques du 23 décembre 2022  
    L’arrêt immédiat des bombardements contre le Rojava Démocratique et
la population Kurde ;
    L’arrêt de la répression contre les femmes et les Kurdes par le
régime iranien ;   
    Le retrait du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) de la liste
des organisations  terroristes de l’Union Européenne ;   
    La libération de Abdullah Ocalàn, président fondateur du PKK et des
milliers de prisonniers politiques Kurdes, du HDP et de leurs
défenseurs.         
    Le jugement d’Erdogan par un tribunal international pour génocide
contre le peuple kurde         
    Le retrait des armées étrangères du Rojava pour permettre  le retour
des populations

BIJI ROJAVA BIJI OCCALAN
Jin, Jiyan, Azadî,

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