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15 août 2017 ~ 0 Commentaire

marikana

maarika,na

Grève des mineurs à Marikana (Wikipedia)

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14 août 2017 ~ 0 Commentaire

tourisme (france info)

« Ce n’est pas de la tourismophobie, c’est de l’anticapitalisme » : en Espagne, des activistes torpillent le tourisme de masse

Roues de vélo crevées, agences de voyage verrouillées, touristes bousculés… Plusieurs groupes anticapitalistes et indépendantistes catalans ou basques mènent des actions coup de poing pour dénoncer les dérives du tourisme.

A quelques pas du célèbre stade du Camp Nou de Barcelone (Espagne), des touristes  profitent de l’architecture de la ville derrière les vitres d’un bus, en cette fin juillet. Au croise- ment d’une rue, trois hommes encagoulés surgissent et bloquent le véhicule. « Nous nous préparions à voir quelqu’un monter avec un couteau ou une arme », raconte l’un des touristes britanniques installés dans le bus. En réalité, des activistes taguent simplement le pare-brise avec ces mots : « Le tourisme tue les quartiers. » La scène, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, ne dure que quelques secondes, mais son retentissement dépasse vite les frontières espagnoles.

Depuis quelques mois, des actes de vandalisme contre des installations touristiques se multiplient en Espagne. Des pneus de vélos de location sont percés, les grilles d’agen- ces de voyage sont verrouillées avec du silicone… Derrière ces actions coup de poing se cachent des militants d’Arran. Un groupe anticapitaliste et indépendantiste catalan, considéré comme le mouvement de jeunesse de la CUP, un parti qui compte dix députés au Parlement catalan. “Il est clair que le tourisme de masse a provoqué de nombreux problèmes : le manque de logements, la destruction de l’environnement et l’augmentation de la précarité des travail- leurs”, expliquent ses porte-paroles, Palma, Àngels et Pau Oliver. Pour changer ce système, ils ont décidé de passer à la méthode forte.

Des confettis sur les touristes en terrasse 

Une semaine auparavant, à quelques centaines de milles nautiques de Barcelone, d’autre militants d’Arran avaient secoué les professionnels du tourisme. Le 20 juillet, vers 20h30, le soleil inonde les terrasses des restaurants de Palma de Majorque, dans l’archipel des Baléa- res. Les touristes sont nombreux, attablés autour de paellas et de fruits de mer, quand une vingtaine de jeunes activistes débarquent sur les planches du restaurant Mar de Nudos. Fumi- gènes dans une main, confettis dans l’autre, ils sèment rapidement la panique, entourés par des serveurs en chemise blanche et cravate noire qui tentent de les contenir. Sur leur pancarte, le message est toujours le même : « Le tourisme tue Majorque ». L’action est filmée et ensuite diffusée avec un montage soigné, façon clip musical.

Là encore, les militants justifient leur méthode brutale. « La violence, elle provient des politiques néolibérales qui nous expulsent et nous précarisent, explique Maria Rovira à France- info. Nos actions, c’est de l’autodéfense. » En pleine saison touristique, les militants ont bien compris que leurs happenings trouvaient une caisse de résonance inédite. « D’autres actions sont en préparation », lâchent les porte-paroles d’Arran, sans donner d’autre précision.

« Le problème, ce n’est pas le tourisme, mais le modèle touristique actuel »

Les militants d’Arran ne sont plus les seuls à mener de telles actions pour dénoncer « l’inva- sion » des touristes. Le mouvement s’est peu à peu étendu en Espagne. Dans l’ouest du pays, dans la ville de Saint-Sébastien, les activistes de gauche d’Ernai, liés cette fois au mouvement indépendantiste basque, ont tagué les murs des rues du centre-ville avec le mot d’ordre :  «Turistas go home» (en français, « Touristes, rentrez chez vous »). Le 17 août, ils appellent aussi à une manifestation dans cette ville de 180 000 habitants qui a accueilli 2 millions de touristes en 2016. Leur slogan : « Votre tourisme, la misère des jeunes. » Toujours le tourisme en ligne de mire. Pourquoi ? Parce que « la question touristique représente le problème libéral avec une grande clarté », expliquent les militants d’Ernai.

Face à ces actions, les politiques ont commencé à monter au créneau. « L’Espagne ne peut pas recevoir le touriste à coups de pied », s’est emporté le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, lundi 7 août. Un mot s’est même imposé dans le débat public : « Turismofobia », la « tourismophobie ». Mais le terme ne plaît pas du tout aux activistes. « Ce n’est pas de la tourismophobie, c’est de l’anticapitalisme », plaident les militants d’Ernai. « C’est un concept inventé qui tente de dénaturer une lutte complètement légitime », abondent les militants d’Arran. Nous savons que voyager est une activité humaine qui peut être très enrichissante. Le problème, ce n’est pas le tourisme, mais le modèle touristique actuel. Les militants d’Arran

« Il faut faire très attention avec la poule aux œufs d’or »

Après de nombreuses condamnations de leurs actions, ces militants tentent de redorer leur blason. « Ces actions de protestation sont légitimes pour créer un débat public, explique Maria Rovira, une militante d’Arran, à Franceinfo. De cette manière, nous avons placé ce débat indispensable sur la table. » Et pour montrer leur implication, ces activistes font d’ailleurs des propositions précises pour mettre fin aux dérives du tourisme de masse : stopper l’attribu- tion de licences aux hôtels et activités touristiques, augmenter les impôts sur les entreprises touristiques et interdire les sociétés de location d’appartements entre particuliers, notamment Airbnb. Un programme validé par la CUP. Début août, le parti a répété que les actions d’Arran étaient « légitimes » et qu’elle lui « renouvelait » son soutien.

Nous demandons concrètement que l’industrie touristique arrête d’exploiter le territoire à coût zéro, précarisant les travailleurs et expulsant les habitants. Maria Rovira, militante à Franceinfo

Cette stratégie sera-t-elle payante ? « Ils font une grave erreur », analyse dans le Guardian Santi Vila, conseiller au gouvernement de Catalogne. Selon lui, les actions d’Arran nuisent à l’image de Barcelone et de la Catalogne et « ne vont pas aider la cause de l’indépendance ». La droite espagnole a d’ailleurs commencé à utiliser ces actions pour dénoncer, plus largement, les positions politiques de la gauche et des indépendantistes.

Dans un pays qui accueille 75 millions de touristes chaque année, ce qui génère 11% de son PIB, le sujet est plus que sensible. « Il faut faire très attention avec la poule aux œufs d’or », a prévenu sur RTVE  un député basque, inquiet de voir diminuer cette manne économique. La réponse des militants est déjà toute trouvée : « A ceux qui disent que le tourisme est la principale activité économique du pays, nous leur répondons que c’est précisé- ment le problème, explique Maria Rovira. Nous devons diversifier l’économie et remettre les personnes au centre de nos préoccupations. »  Quitte à se mettre à dos une bonne partie de la population, pourtant favorable à une modération touristique.

Robin Prudent  13/08/2017

http://www.anti-k.org/

Commentaire: Rien de bon à attendre « d’anticapitalistes » pas vrai? En attendant tous ceux/celles qui on visité l’Espagne ont pu observer combien ce pays est saccagé par le tourisme…

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14 août 2017 ~ 0 Commentaire

heather (esquerda + npa)

heather

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Heather Heyer we love you!
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#Heatherheyer a été assassinée hier (12) à Charlottesville, en Virginie / États-Unis par une attaque terroriste.
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Heather travaillait dans un cabinet d’avocats, elle avait 32 ans, et c’était une fan de Bernie Sanders. Un jour avant la manifestation elle a affiché sur son profil sur facebook « Si vous n’ êtes pas indigné, vous ne faites pas attention », un slogan qui est devenu très populaire après que Trump a pris la présidence. Au moment où elle a été assassinée, elle chantait aux manifestants « Black lives matter ».
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Vendredi dernier, des centaines de nazis ont participé à une manifestation pour empêcher le retrait d’une statue du général Robert Lee, qui a dirigé les états confédérés contre le nord abolitionniste dans la guerre civile (1861-65) Nord-Américaine. Les mouvements sociaux ont réagi en convoquant une manifestation le lendemain qui a été attaquée par l’extrême droite des États-Unis et une voiture a renversé environ 20 personnes, tuant Heather et en laissant plusieurs autres blessés.
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Notre solidarité avec les amis, la famille et les camarades de Heather. Elle ne sera pas oubliée. Elle a donné sa vie pour la cause de l’égalitarisme et de la lutte contre le racisme. La meilleure façon de l’honorer est de maintenir ce combat et d’intensifier la bataille pour un monde libre du racisme, de la xénophobie, du machisme, de la lgbt-phobie, de l’oppression et de l’exploitation. C’est de se battre pour un monde communiste.
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antiff 35

 

Aux États-Unis comme en Europe, l’extrême droite tue. Construisons un large front antifasciste et antiraciste !

Dans la nuit de samedi à dimanche, à Charlottesville dans l’État de Virginie, un militant d’extrê- me droite, James Alex Fields Jr., a foncé avec sa voiture sur une contre-manifestation antifasciste, tuant Heather Heyer et blessant des dizaines de personnes

Nos premières pensées et notre solidarité vont évidemment à la famille, aux ami·e·s et aux camarades de Heather. Sa mort, et les conditions dans lesquelles elle est survenue, viennent rappeler que la terreur est inscrite dans l’ADN politique de l’extrême droite, et que la crise sans fin du capitalisme, en suscitant une guerre de chacun contre tous et en exacerbant les nationalismes et le racisme, crée le risque d’une radicalisation fasciste.

Syndicaliste membre des IWW (Industrial Workers of the World), Heather Heyer avait 32 ans. Elle était venue manifester contre la présence à Charlottesville de milliers de militants de divers groupuscules appartenant à toutes les franges de la droite et de l’extrême droite nationaliste états-unienne (Ku Klux Klan, néo-nazis, etc.).

Armés, brandissant des torches et vociférant « You will not replace us » (« Vous ne nous remplacerez pas »), ces derniers s’opposaient au retrait d’une statue du général Lee, chef des armées sudistes durant la guerre de Sécession. Mais cette manifestation intitulée « Unite the right » (« Unissons la droite ») avait aussi un but très actuel : pousser Trump, dont l’élection avait ravi toute l’extrême droite états-unienne, à intensifier sa politique contre les minorités, la gauche et le mouvement syndical.

Nous n’oublions pas et nous ne pardonnons pas ceux qui ont armé le bras de James Alex Fields Jr. et de tous les terroristes d’extrême droite.

Trump est le principal complice dans cette affaire, ayant passé sa campagne à promettre la restauration de l’Amérique d’autrefois en stigmatisant les musulman·e·s, les immigré·e·s et l’ensemble des minorités. Mais il y en a bien d’autres, notamment parmi les éditorialistes, « intellectuels » et hommes politiques, qui ont contribué, aux États-Unis comme en France, à alimenter la haine raciste.

Nous n’oublions pas et nous ne pardonnons pas non plus, ici en France, ceux qui prétendent que le FN aurait changé ou qui affirment que ce parti d’extrême droite ne serait pas menaçant, alors même que Le Pen vient d’obtenir plus de 10 millions de voix. Nous n’oublions pas et nous ne pardonnons pas ceux qui, de Valls à Sarkozy, ont emprunté leur rhétorique et leurs politi- ques au FN. Nous n’oublions pas et nous ne pardonnons pas, enfin, les morts de Brahim Bouarram, Ibrahim Ali et Clément Méric, sous les coups de militants de l’extrême droite française.

Le néolibéralisme autoritaire de Macron ne peut que renforcer le nationalisme et le racisme en suscitant encore plus de misère, d’inégalités et de désespérance sociale.

Le NPA appelle donc tous ceux et toutes celles qui veulent combattre activement l’extrême droite et le racisme, toutes les organisations qui n’ont pas renoncé aux valeurs d’égalité et de justice sociale, à construire un large front antifasciste et antiraciste pour s’opposer non seulement au FN mais à toutes les politiques et tous les gouvernements qui nourrissent l’extrême droite.

Communiqué du NPA. Montreuil 13 août 2017

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Lire aussi:
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07 août 2017 ~ 0 Commentaire

vénézuela (brecha.uy)

chavez

Réflexions critiques sur l’assemblée constituante « maduriste »

Le décès de Chávez en 2013 et la chute des prix du pétrole peu de temps après ont corres- pondu à l’effondrement de deux piliers fondamentaux du processus bolivarien, qui entra alors dans une crise  profonde.

La crise structurelle due à l’épuisement du modèle pétrolier rentier qui s’était imposé depuis le début des années 1980 et qui avait semblé s’effacer au cours de la première décennie de ce siècle, surgit à nouveau avec une vigueur renouvelée. Maduro, qui ne jouit pas des capacités de leader de Chávez, gagne les élections présidentielles de 2013 avec une différence de moins de 2% des voix.

En 2015, l’opposition remporte les législatives par une très large majorité, et obtient ainsi les 2/3 des sièges, majorité « qualifiée » permettant de nommer les membres du  Tribunal Suprême de Justice (TSJ) et du Conseil National Électoral (CNE). Le gouvernement de Maduro reconnait rapidement qu’il a perdu la majorité de l’appui populaire mais constate également qu’il ne peut pas se maintenir au pouvoir s’il respecte les limites imposées par la Constitution.

Il commence alors à prendre une série de décisions qui, de fait, l’éloignent peu à peu du cadre de la Constitution Bolivarienne: le référendum révocatoire, qui avait été consi- déré comme une des plus importantes conquêtes de la démocratie participative, n’a pas lieu; les élections de gouverneurs, qui auraient dû se tenir en décembre 2016, sont reportées; les membres du TSJ et du CNE sont nommés de manière non conforme à la Constitution ; enfin, ignorant pour la première fois les résultats d’une élection populaire, le gouvernement dépos- sède l’Assemblée Nationale de ses attributions constitutionnelles qu’il répartit entre le pouvoir exécutif et le TSJ.

À partir de février 2016, le président Maduro gouverne en s’appuyant sur les pou- voirs qu’il s’auto-attribue, en lien avec l’état d’urgence,  sans attendre l’aval de l’Assemblée Nationale, pourtant nécessaire constitutionnellement et pour une période nettement supérieure au maximum permis par  la Constitution.

C’est dans ces conditions que  se déroule d’avril à juillet une forte offensive contre le gouvernement, de la part de l’opposition qui réalise conjointement des mobilisations pacifiques massives dans les villes principales du pays, des activités violentes, la destruction d’installations publiques d’éducation, de santé et de transport, ainsi que des actes terroristes et des opérations menées pas des groupes paramilitaires qui bénéficient d’un appui extérieur. Le gouvernement répond par une répression indiscriminée, complétée par les actions de collectifs civils armés qui attaquent violemment les mobilisations de l’opposition. Il en résulte une escalade de violence qui se solde par plus de 120 morts, des centaines de blessés et de détenus dont beaucoup sont directement jugés par des tribunaux militaires.

Voilà le contexte dans lequel le président Maduro annonce le 1er  mai la convocation d’une Assemblée Nationale Constituante (ANC). Une ANC, c’est en principe un acte démocratique, le début d’un processus participatif au cours duquel les secteurs les plus larges et les plus divers de la société peuvent délibérer, négocier, s’accorder sur des critères et des normes de base permettant d’avancer vers le modèle de société souhaité. C’est ainsi que s’était déroulée la Constituante convoquée au moyen d’un  référendum national, pendant les premiers mois du gouvernement de Chávez, en 1999. Cette  belle expérience  n’a rien de commun avec la convocation réalisée par le président Maduro.

Certes, la Constitution n’est pas complètement explicite sur ce sujet mais elle  établit une nette différence entre  “prendre l’initiative” de la convocation, ce que peut faire le président, et “convoquer”, ce qui est une attribution exclusive du peuple souverain (article 347). Cela implique qu’il aurait fallu réaliser un référendum consultatif  pour décider de la convocation, comme cela s’est fait en 1999.

Il est évident que cela ne s’est pas passé ainsi en 2017 parce que le gouvernement ne bénéficiait pas de l’appui électoral nécessaire pour remporter cette consultation. Un autre problème résulte du découpage électoral absolument arbitraire et anti-démocratique, élaboré pour  convertir la minorité actuelle de soutien au gouvernement  en majorité écrasante à l’ANC.

Les formes sous lesquelles avaient été réalisées les élections antérieures ont été modifiées : un double régime de représentation, territorial et sectoriel a été créé. Au sein du découpage territorial, les municipalités rurales, moins peuplées, ont bénéficié d’une extraor- dinaire sur-représentation, en comparaison avec les municipalités urbaines qui concentrent la majeure partie de la population et où le rejet du gouvernement est plus important.  Le principe constitutionnel de la représentation proportionnelle a donc été violé expressément et intentionnellement.

La définition de la participation sectorielle a aussi posé problème. Il avait en effet été décidé que des constituants seraient élus pour représenter chacun des sept secteurs de la population. Environ cinq millions de citoyens ont été exclus de ce droit de vote par secteur, ce qui a créé une différence entre les citoyens de première catégorie dotés du droit de voter deux fois et les citoyens de deuxième catégorie qui n’avaient droit qu’à un seul vote.

Selon la Constitution, le vote n’est pas  obligatoire. Pourtant des porte-paroles du gouvernement, en commençant par le président lui-même, ont lancé des menaces sur les graves risques courus par ceux qui ne participeraient pas au vote. Des listes d’employés publics, de travailleurs des entreprises d’État et de bénéficiaires des programmes sociaux ont été utilisées pour les prévenir qu’ils perdraient leur emploi et leurs avantages s’ils ne votaient pas. Maintenant que les élections sont passées, on assiste à une multiplication de plaintes contre l’application effective de ces sanctions.

À l’occasion de ces élections, le CNE a abandonné les principaux mécanismes de contrôle qui avaient fait du système électoral vénézuélien un modèle de transparence et de fiabilité. Les différentes auditions exigées par les normes électorales n’ont pas toutes été réalisées. L’encre indélébile destinée à garantir que chaque électeur ne vote qu’une fois n’a pas été utilisée. Le papier des registres électoraux a de fait été éliminé. Ces registres étaient tenus avec la participation des différents groupes politiques pour confirmer leur exactitude. Quand le CNE a décidé au dernier moment que les électeurs pourraient voter dans n’importe que centre électoral, y compris en dehors de leur municipalité, c’en était terminé de cet instrument vital de contrôle et de transparence du processus électoral !

En conséquence de la convocation inconstitutionnelle de l’ANC et des délais très serrés établis pour le dépôt des candidatures, seuls ont participé en tant que candidats, électeurs et asses-seurs, les  partisans du gouvernement. Tout cela a pratiquement transformé les élections du 30 juillet en des élections internes au PSUV sans témoins extérieurs.

De fait, les médias n’ont pas pu couvrir la journée électorale car les journalistes ne pouvaient pas s’approcher à moins de 500 m des centres de vote, ce qui a fait de ces élections un processus absolument pas public.  Le président de Smartmatic, l’entreprise qui a fourni la base technologique de tous les processus électoraux entièrement automatisés réalisés depuis 2004, a déclaré qu’il ne pouvait pas garantir la véracité des résultats présentés par le CNE, car ceux-ci avaient été manipulés et que le nombre total d’électeurs avait eté  augmenté d’au moins un million.

Il n’y a aucune raison de faire confiance aux résultats annoncés par le CNE.  Celui-ci a déclaré une participation de 8 089 320 électeurs, chiffre hautement suspect, pour ne pas dire plus. Ce chiffre ne correspond pas du tout à ce qu’indiquaient, sans aucune exception, les principales enquêtes d’opinion qui s’étaient déroulées dans le pays avant les élections et qui prévoyaient des niveaux de participation très inférieurs ; il n’est pas non plus cohérent avec les sondages de sortie de bureau de vote.

Ces résultats ont provoqué un profond malaise parmi des secteurs de base du chavisme et certains de ses alliés au sein du Pôle Patriotique. Il est clair que les candi-datures ont été déterminées de manière à assurer que le nouveau pouvoir constituant soit une fidèle expression du pouvoir constitué, en garantissant l’élection de tous les hauts dirigeants du PSUV, ainsi que de tous les ministres et gouverneurs qui ont renoncé à leurs charges pour se présenter à ces élections.

Les graves problèmes affrontés aujourd’hui par le pays ne sont pas d’ordre  juridico-normatif. Ce n’est pas au moyen de modifications constitutionnelles que se résoudront  la sévère crise humanitaire au niveau de l’alimentation et de la santé, la profonde récession, la détérioration  de l’appareil productif ou l’existence d’une dette externe qu’il est impossible de payer. On peut encore moins espérer qu’une Constituante qui, au bas mot, n’a pas obtenu le soutien de 58,47% de l’électorat, puisse servir d’instrument de dialogue et de paix.

Lors de ces élections, il s’est produit un démantèlement du système électoral que de grands efforts avaient permis de construire depuis 2004. Dans un pays si polarisé, qui souffre d’une telle  violence, ce démantèlement est grave. Il nous prive d’un pilier nécessaire à la possibilité d’une cohabitation démocratique. Nous n’avons plus d’arbitre de confiance. Il ne s’agit plus de savoir si des élections se réaliseront ou pas, il faut aussi s’interroger sur le but des  processus électoraux si le supposé arbitre neutre, de toute évidence, a cessé de l’être. Que se passera-t-il dans le pays si cela mène à la clôture totale de toute option électorale? Cela signifiera-t-il que s‘installeront la violence, le terrorisme paramilitaire et la répression d’État comme seules manières de gérer nos inévitables différences?

À partir du vendredi 4 aout, au moment où s’installe la nouvelle Assemblée Consti-tuante, le pays entre dans une période de grande incertitude. Les porte-paroles du gouvernement ont annoncé que cette assemblée est plénipotentiaire et supra-constitutionnelle  et qu’elle pourra, par exemple, intervenir directement au niveau du Procureur General de la République et remplacer l’Assemblée Nationale actuelle, dont la validité est prévue jusqu’en janvier 2021. Que, prochainement, on  consulte ou non la population sur la nouvelle Constitution qui sera élaborée, il est clair que le gouvernement en est venu à désavouer, par voie de faits, la Constitution de 1999.

Edgardo Lander, sociologue vénézuélien, membre de la Plateforme Citoyenne de Défense de la Constitution du Venezuela. Il a été un des principaux organisateurs du Forum Social Mondial de 2006 à Caracas.

Source : https://brecha.com.uy/

Edgardo Lander  Traduction  Cathy Ferré – 04/08/2017

http://www.anti-k.org/

Commentaire: Oser exposer ces idées ne veut pas dire aux USA: « Bienvenue et venez remettre de l’ordre »! Aux révolutionnaires vénézuéliens de définir eux-mêmes leur propre politique face aux USA et à la clique Maduro!

Lire aussi:

Venezuela : «Il y a un réel doute sur le fait que la Constitution puisse permettre de dépasser la crise» (NPA)

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01 août 2017 ~ 0 Commentaire

auto électrique (anti-k + amnesty)

voiture-oui-oui

Voiture électrique: la France est-elle prête à abandonner l’essence et le diesel ?

Les constructeurs automobiles assurent que la technologie sera au rendez-vous pour répon- dre à la promesse de Nicolas Hulot de mettre fin aux véhicules thermiques en 2040. Mais ils appellent l’État à assumer sa part de responsabilité en déployant les infrastructures néces- saires à cette transformation. Selon France Stratégie, le coût pour la collectivité s’élèvera entre 25 et 35 milliards d’euros pour mettre en place 30 millions de bornes de recharge d’ici 2050.

C’est l’annonce choc du plan climat, détaillé début juillet par Nicolas Hulot : la fin de la vente des voitures thermiques à l’horizon 2040. Mais concrètement, sommes-nous prêts à passer à un modèle plus propre ? Oui, répondent à l’unisson les constructeurs automobiles.  « C’est très positif. Nos propres constructeurs ont dans leurs cartons de quoi alimenter et incarner cette promesse, ils sont déjà dans cette dynamique d’électrification », assure François Roudier, le directeur de la communication du Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA).

« Nous serons prêts technologiquement » 

L’Alliance Renault-Nissan domine le marché de la voiture électrique à l’international avec plus de 460 000 véhicules vendus jusqu’à aujourd’hui. « Ce qui est deux fois plus que notre compétiteur immédiat et le plus médiatisé, Tesla », a déclaré Carlos Goshn, son PDG, lors de l’Assemblée générale des actionnaires en juin. La Zoé de Renault, qui a vu son autonomie doublée pour passer à 400 kilomètres, est ainsi la voiture électrique la plus vendue en France et en Europe.

De son côté, le groupe PSA s’engage à proposer à ses clients 80% de ses modèles électrifiés à horizon 2023. Le groupe prévoit de sortir, entre 2019 et 2021, 5 modèles électri- ques et 7 modèles hybrides essence rechargeables. « Nous serons prêts technologiquement »,  assure Christian Chapelle, directeur chaîne de traction et châssis. « Nous avons notamment progressé sur l’autonomie des véhicules : en 30 minutes de temps de recharge, vous pouvez déjà récupérer 80 % de l’autonomie. »

Attentisme

Si les constructeurs français se positionnent sur les voitures électriques à batterie, ils se contentent de suivre de loin le marché des véhicules électriques à hydrogène (ou à pile à combustible) trusté par les asiatiques Toyota et Hyundai. « Je ne vais pas demander à l’État de déployer des infrastructures alors qu’il n’y a pas d’offres de véhicules, explique Pierre-Etienne Franc, directeur Marchés et technologies avancées d’Air liquide. La Chine qui mise sur le développement de bus à hydrogène va permettre de faire bouger les lignes. La France se contentera alors de rejoindre le peloton. »

C’est là tout le nœud du problème : faut-il attendre les infrastructures pour lancer les véhicules ou bien l’inverse ? Pour l’instant, les uns et les autres s’observent sans qu’aucun ne bouge. Pour les constructeurs, si la transition vers des véhicules propres « ne réussit pas, ça ne sera pas un problème technique chez nous, mais un problème dans le soutien à l’infras- tructure », insiste François Roudier du CCFA. « Il faut qu’on ait la capacité de recharger un véhicule électrique ou hybride aussi bien qu’un véhicule essence ou diesel ».

« Comment va-t-on produire toute l’électricité nécessaire et la déployer chez M. et Mme tout le monde, et même dans les endroits les plus reculés ? », interroge Christian Chapelle. « Cela va nécessiter des aménagements importants en termes d’infrastructures. » Et de rappeler que le groupe PSA avait été pionnier dans les véhicules électriques avec deux modèles lancés dès 1995 (une Citroën Saxo et une Peugeot 106). « Pourquoi ça n’a pas marché ? Parce que les infrastructures et l’Etat n’ont pas suivi. »

Un coût de 35 milliards d’euros

Selon une étude de France Stratégie (1) publiée en décembre dernier, un parc automobile français 100 % électriques consommerait près de 90 TWh (térawattheures) par an. Ce qui correspond à un surplus de 20 % de la consommation d’électricité actuelle. En revanche, ce qui risque de poser problème c’est la concomitance des recharges. « Un parc de 30 millions de véhicules électriques se rechargeant en même temps à 19 heures, même lentement à 3 kW, nécessiterait une puissance supplémentaire installée de 90 GW (gigawatts), soit un quasi-doublement de la demande de pointe actuelle », estiment les auteurs.

Par ailleurs, le déploiement de bornes de recharge coûterait entre 25 et 35 milliards d’euros d’ici 2050 à la collectivité. Pour Victor Poirier, chargé d’études à l’Institut Montai- gne, et auteur d’une étude sur la place de la voiture demain (2), « il faut encourager toutes les technologies prometteuses à parts égales et ne pas privilégier une seule solution afin de ne pas reproduire les erreurs du passé avec le diesel ».

La France n’est pas seule à se lancer dans la voie des véhicules propres. L’Inde et la Suède veulent mettre fin aux moteurs à explosion en 2030, la Norvège étudie déjà cette possi- bilité pour 2025 et le gouvernement britannique vient également d’annoncer qu’il souhaitait interdire la vente des véhicules diesel et essence d’ici à 2040. Du côté des constructeurs, Volvo assure qu’il ne lancera plus que des modèles électriques ou hybrides dès 2019.

Concepcion Alvarez 31/07/2017

http://www.novethic.fr/

Lire aussi:

République démocratique du Congo (RDC) Les enfants qui travaillent ne doivent pas payer le prix de la transition du Royaume-Uni vers les véhicules électriques (Amnesty)

Commentaire:

La voiture électrique, solution d’avenir ? Rien n’est moins sûr. En dehors du fait que les véhicules électriques sont énormément subventionnées par l’État, c’est à dire nos impôts, leur intérêt écologique est contestable. La voiture électrique présente de l’intérêt pour les cons- tructeurs automobiles qui y voient un bon moyen de relancer leur activité. Pour ce qui est de l’intérêt général de la société, c’est beaucoup moins évident :

  • Des études approfondies ont montré que l’utilisation de véhicules électriques n’était pas globalement plus écologique que ceux fonctionnant à base de pétrole.
  • La voiture électrique présente l’intérêt de ne pas diffuser de gaz et particules dangereux pour la santé, ce qui est un avantage sérieux pour les déplacements en ville. Cependant, d’autres technologies comme le moteur à hydrogène ou à gaz comprimé ont aussi cette qualité.
  • La généralisation de cette technologie poserait des problèmes très difficiles à résoudre sans gros inconvénients, en particulier la fabrication d’un nombre gigantesque de batteries et l’approvisionnement en matériaux pour les fabriquer.
  • Un problème majeur : l’augmentation très importante de la consommation électrique et la création d’infrastructures pour la recharge des batteries. Augmentation du nucléaire ? Augmentation des gaz à effet de serre ? Ajoutons à cela que les constructeurs auto comptent sur la collectivité pour prendre en charge les énormes investissements des stations de recharge des batteries. Par le passé, au moment de l’essor de la voiture individuelle, est-ce l’État qui a constitué ou financé un réseau de station-services ?
  • Il est clair que l’avenir des déplacements ne passe pas par une seule technologie, mais aussi par un grand nombre de mesures contradictoires avec les intérêts des capitalistes et des politiciens qui les soutiennent : diminution des déplacements par le rapprochement des lieux d’activité, développement des déplacements doux, développement des transports en commun gratuits , de qualité et à horaires élargis, forte diminution de la place de la voiture en général en ville en particulier, développement du rail et du covoiturage solidaire et autres formes d’utilisation ponctuelles de véhicules, urbanisme maîtrisé, diminution du temps de travail.
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  • http://www.anti-k.org/

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31 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

anjela davis (france culture)

angela_davis

Angela Davis à Berlin en 1973

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Angela Davis : « Pour détruire les racines du racisme il faut renverser tout le système capitaliste »

Entretien avec Angela Davis dans le cadre des « Après-midi de France Culture ». En mai 1975, Jean Montalbetti recevait Angela Davis, de passage à Paris. Elle avait été emprisonnée quelques années plus tôt, puis acquittée suite notamment à d’immenses manifestations de soutien en sa faveur. La militante féministe et communiste pour les droits civiques des Noirs et des autres minorités opprimées en Amérique (les Indiens, les Hispaniques) revenait sur ses combats et leur actualité. Elle évoquait (dans un français parfait) le mouvement pour libérer les Noirs opprimés et d’autres minorités, un mouvement parfois plus défensif que combatif en raison des attaques répétées du gouvernement américain. A propos de son communisme elle expliquait : Je crois que de plus en plus les Noirs voient le racisme et toute l’oppression dirigée contre les Noirs comme une partie d’un système plus grand, comme une partie du capitalisme et alors il est nécessaire pour détruite les racines du racisme de renverser tout le système. Il y a beaucoup de Noirs qui, maintenant, se considèrent comme marxistes.

  • Jean Montalbetti
  • Les Après-midi de France Culture
  • Entretien avec Angela Davis – 1ère diffusion : 16/05/1975
Les Nuits de France Culture 22.01.2017

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28 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

corée: kia en grève (ap)

Le gouvernement emploie des méthodes très musclées contre le syndicat KCTU « contestataire » allant jusqu’à attaquer les locaux

Wikipedia Corée syndicats

Wikipedia KCTU

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25 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

vénézuéla (essf + tc)

venezuela

 Critique et internationalisme face à la crise vénézuélienne

Le processus vénézuélien reste très ouvert. En grande partie parce qu’il n’y a pas eu [pour l’instant] de brèche importante au sein des Forces armées. Néanmoins les conditions de vie dramatiques que connaît quotidiennement le peuple pourraient accélérer le cours des évènements.

Suivant quelles fractions du chavisme et/ou de l’opposition finiront pas s’imposer (ou par conclure un accord), le cours historique de Venezuela pourrait prendre une orientation impré- visible. Mais plutôt que de chercher à prédire ce que l’avenir réserve au Venezuela, nous tenons à réaffirmer quelques réflexions sur la crise du chavisme et – qu’on le veuille ou non – ce qu’héritent de cette expérience les efforts de ceux qui visent à une transformation anti-néo- libérale et cherchent la faire émerger sous différentes latitudes de la planète.

D’abord, quelle que soit l’attractivité des bénéfices que procure l’exploitation des ressources naturelles pour étendre la « démocratie sociale », y compris lorsque ces bénéfices sont monopolisés par l’Etat, ce moyen impose des limites aux projets politiques de transformation. En effet, ils génèrent une extrême dépendance par rapport aux cycles écono- miques internationaux [prix des commodities], ils produisent des crises socio-environnemen- tales dans les territoires exploités et entraînent en général une dépression d’autres secteurs productifs (le dit « syndrome hollandais » qui résulte d’une surexploitation des ressources naturelles et conjointement produit le déclin de l’industrie manufacturière). Il est évident que de telles critiques doivent être compatibles avec les revendications légitimes de redistribution des secteurs populaires, qui sont justement ceux qui alimentent ces expériences.

Deuxièmement, il a été démontré une fois de plus qu’il ne suffit pas de « prendre l’Etat » pour avancer dans la transformation de la société capitaliste, même si c’est avec les outils de la démocratie libérale. La tragédie que vit le Venezuela nous renvoie de nouveau aux limites historiques des gauches au pouvoir au cours du 20è siècle qui, de manière répétée, ont réduit le problème du socialisme à l’étatisme, alors qu’il s’agit au contraire de socialiser de manière permanente le pouvoir et de démocratiser de manière croissante la vie sociale.

Troisièmement il faut noter que la crise au Venezuela aura un impact énorme pour la gauche latino-américaine. Une défaite entraînerait la délégitimation de certaines bonnes idées que le chavisme a tenté de développer, et permettrait une prédominance accrue de l’influence états-unienne dans la région, cette fois par le biais de la Colombie, où les Etats-Unis disposent de bases militaires importantes. D’autant que le Brésil est également traversé par une crise politique aiguë.

Nous ne savons pas comment va se terminer cette crise vénézuélienne. Mais quelle qu’en soit l’issue nous devrons porter la lourde charge de son héritage. Nous devrons l’expli- quer, apprendre de ses réussites et de ses erreurs. Mais la gauche ne pourra en tout cas pas l’ignorer, même si cela entraîne des coûts politiques (ou électoraux) importants.

Au minimum nous devons sortir de ce silence intéressé, défendre le fait que notre critique à l’égard du Venezuela est destinée à radicaliser ses réussites et à ne pas les inverser, apprendre de ses erreurs, mais aussi contrer les termes qu’essaient de nous imposer la réac- tion et le progressisme néolibéral dont les orientations ont été les principales responsables des conditions de vie très pauvres que connaissent les peuples latino-américains, jour après jour.

Dans l’immédiat, la solidarité de la gauche latino-américaine avec le peuple vénézué- lien doit s’appuyer sur son engagement critique en faveur d’une solution anti-néolibérale et démocratique de la crise, poussant pour que les forces qui représentent cette orientation s’imposent.

Avec la même détermination il faudra affronter le caractère putschiste, élitaire et néolibéral que représentent les actuels agissements de l’opposition. En fin de compte, la constitution d’une gauche radicale passe aussi par le fait de récupérer l’internationalisme critique et solidaire qui a caractérisé la tradition révolutionnaire de notre Amérique latine.

Sebastian Caviedes et Giorgio Boccardo

Conclusion de l’article lire ici:

http://www.anti-k.org

Lire aussi:

Venezuela : « Consultation populaire » contre Constituante : une polarisation réactionnaire (NPA)

http://www.franceameriquelatine.org/

Chaos économique, violences et recherches d’alternatives (NPA)

Nouveaux sondages surprises au Venezuela (Tendance Claire)

 

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18 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

argentine (npa)

« Il faut que toutes les traditions de la gauche anticapitaliste argentine convergent »

FG : Où en est la gauche ?

CK : La réapparition de Cristina Kirchner (Péroniste) amène deux types de réactions. Certain-es pensent que c’est la seule en capacité de battre Macri (Droite). D’autres voient en elle une posture compatible avec le pouvoir en place. Ils me semblent que les deux sont erronées.

EL : Totalement d’accord. La première oublie que la dissolution dans le kirchnerisme amènerait à laisser de côté une grande part de tout “progressisme”. Cette option accepte le fonctionnement vertical de Kirchner, la répression de Berni, la désignation de Milani ou le paiement de la dette à Repsol, la Banque mondiale ou le Club de Paris. La deuxième posture fait l’erreur inverse. Elle n’analyse pas les virages du kirchnerisme et les conflits réels entre ce courant politique et le pouvoir.

CK : En ce moment, le message de Cristina est un message de protestation et d’indignation nationale. Elle ne reprend pas l’esthétique marketing du PRO, ni le message dépolitisant des républicains. Il faut voir le fossé qui existe entre elle et Macri et aussi comprendre que cette différenciation n’est pas une simple construction médiatique artificielle le tout dans un contexte social différent de celui de 2015.

Vous avez tous les deux voté, lors des élections précédentes, pour le Front de la gauche et des travailleur-ses (FIT)1. Vous continuerez ? 

EL : Le FIT a poursuivi une tradition de gauche très présente dans l’espace politique argentin, lui a donné une audience nationale en se présentant dans 22 provinces sur 24 et dans 100 districts de la province de Buenos Aires. C’est une première. Que ce soit dans les assemblées, les médias ou la rue, ces militants affirment un profil anticapitaliste explicite. Ils rendent ainsi audible un discours socialiste qui politise à échelle de masse.

CK : J’ajouterai qu’ils ont renforcé numériquement des secteurs militants par un grand investissement dans les luttes. C’est un débouché organisationnel pour les secteurs combatifs du syndicalisme. Mais l’argument principal qui justifie le vote pour eux est des plus simples : leurs élu-es sont en première ligne dans les luttes sociales et contre l’austérité. A l’inverse, chez les kirchneristes, c’est la désertion, en particulier ces dernières années. Malgré tout ces éléments et cette reconnaissance, j’ai de nombreuses objections vis-à-vis du FIT.

Lesquelles ?

CK : Au fil des ans, ils ont créé un véritable «plafond de verre» qui empêche tout saut qualitatif de la gauche. Ils ont refusé d’intégrer des forces proches comme le MST (Mouvement socialiste des travailleur-ses) et le Nuevo Mas (Mouvement vers le Socialisme) qui se sont résolus à fonder un autre front avec les mêmes visées en termes de base électorale. Il n’y a, derrière ce choix, aucun arguments politiques, encore moins idéologiques qui justifierai ce refus. Ce sont trois partis trotskystes qui repoussent les autres partis de même filiation. La seule explication est un calcul d’appareil. Ils font le pari que ce front ne passera pas les primaires et appellera finalement à voter pour eux. Ce sont les mêmes logiques qui régissent la vie interne du FIT. Il n’y a pas de discussion sur le fond. Le FIT s’est fermé aux autres traditions de la gauche et ne veut pas provoquer d’élections internes pour se dépasser.

EL : Ce sectarisme que -et j’insiste là dessus- l’on ne retrouve pas que chez le FIT mais aussi dans les autres forces de la gauche, a deux origines. D’une part, une logique d’auto-construction, ce que Gramsci appelle « le patriotisme de parti » qui se termine toujours par des controverses et luttes d’appareils. D’autre part, ce type d’organisation a une lecture du champ politique «classe contre classe» qui limite de fait les alliances et amène même à confondre fronts électoraux et alliances stratégiques. Il me semble que ces conceptions sont à l’origine de leur incompréhension de la complexité des processus latino-américains.(…)

FG : On pourrait donc déduire de ce que vous dîtes qu’il existe des opportunités mais que le chemin reste complexe pour la gauche radicale…

CK : C’est ça. Les possibilités découlent de l’énorme capacité de résistance des classes populaires, de l’accumulation d’expérience et de la force militante qui existe dans le pays. Les difficultés viennent quant à elles de la difficulté à interpréter correctement les changements à venir, tout en dépassant le sectarisme. C’est un défi commun dont personne ne peut préjuger du résultat à ce stade.

EL : La situation est complexe et contradictoire mais représente une vraie opportunité pour les forces anticapitalistes. Il existe désormais une nouvelle possibilité pour démontrer que les obstacles à surmonter pour résoudre les problèmes que cause le capitalisme dans notre société, et qu’aucune fraction de la bourgeoisie au gouvernement n’a résolu, se trouvent dans le capitalisme lui-même. Et j’abonde en ce sens avec ce que dit Claudio quand il affirme que d’ici à 2019, c’est l’affaire de touTEs que de vaincre le sectarisme. Pour ces élections, le FIT a trouvé un accord avec un courant guévariste «pouvoir populaire» qui aura des candidat-es sur ses listes. C’est une avancée, petite certes, mais avancée quand même. Je garde encore espoir, sûrement des restes de « l’optimisme de la volonté », que tôt ou tard la pression sociale obligera le FIT, ou n’importe quel autre front à gauche d’ailleurs, à se transformer en un mouvement qui permettra la convergence de toutes les expériences de la gauche anticapitaliste.

Entretien avec Claudio Katz et Eduardo Lucita, par Franck Gaudichaud. Publié par Rebelion.org, traduit par Antoine Bouyou. Discussion sur la gauche argentine à l’approche des élections. 

Dans un contexte politique et social tendu, la campagne électorale argentine s’annonce comme très conflictuelle, tout en étant d’une importance capitale pour toute la région latino-américaine. Aujourd’hui, avec le gouvernement Mauricio Macri, l’Argentine s’affirme comme un des bastions de la droite néo-libérale après 12 année de gouvernement kirchneriste (2003-2015). Les élections à venir représentent un défi central pour les trois forces qui structurent, de manière inégale et hétérogène, le paysage politique argentin : la droite et les forces autour de Macri, le péronisme et les forces autour du kichnerisme (Cristina), qui joue le rôle de la gauche-libérale ici, et enfin les trotskistes et les mouvements anticapitalistes. C’est dans ce contexte et pour analyser le rôle des forces de gauche que nous avons interviewé Claudio Katz et Eduardo Lucita, deux militants et penseurs reconnus de ce courant, membres du collectif des Economistes de Gauche (EDI).

Juillet 2017

  •  1 / Le FIT est un regroupement de parti trotskystes : le PO (parti ouvrier), le PTS (Parti Socialiste des travailleur-ses, « Révolution Permanente » en France) et IS (Gauche Socialiste). Il a obtenu 5,32% des voix lors des élections de 2013. Le FIS lui est formé de MAS et MST

https://npa2009.org/

Nos camarades argentins

Pour une histoire de l’extrême gauche argentine

Site du MST

Site du MAS

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17 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

sionisme (médiapart)

antisem

Exemple d’antisémitisme de Plantu dans « Le Monde »

Antisionisme = antisémitisme ? Une erreur historique, une faute politique

« Nous ne céderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme. » Cette phrase finale est venue gâcher le discours salutaire d’Emmanuel Macron lors de la commémoration du 75e anniversaire de la rafle du Vél d’Hiv, devant Benyamin Netanyahou. Une erreur historique, une faute politique.

La présence inédite et scandaleuse du Premier ministre le plus belliciste de l’histoire d’Israël à cette cérémonie n’est sans doute pas pour rien dans la faute politique commise par le nouveau président. Car celle-ci résulte d’un alignement sur son hôte, incroyablement qualifié de « cher Bibi » celui-ci l’a-t-il appelé « Manu » ?  et par la même occasion sur le Conseil représentatif de institutions juives de France (CRIF).

L’histoire du conflit central du Proche-Orient, faut-il le rappeler à Emmanuel Macron? , ne commence pas le 14 mai 1948, lorsque naît l’État d’Israël.

C’est en 1897 que l’Organisation sioniste voit le jour, avec pour but la création d’un Foyer national juif en Palestine. Entériné par la déclaration Balfour en 1917, puis par le mandat que la Société des Nations confie au Royaume-Uni en 1922, cet objectif ne rallie pas la majorité des Juifs, loin de là : l’immense majorité y est hostile, communistes et bundistes, mais aussi religieux. Antisionistes, tous ces Juifs étaient-ils antisémites ?

Bien sûr que non ! A vrai dire, le sionisme est une idéologie parmi d’autres. Imagine-t-on les communistes interdire la critique du communisme ? Les gaullistes interdire la critique du gaullisme ? C’est pourtant la prétention des tenants les plus extrémistes du sionisme. Présenter l’antisionisme comme une forme d’antisémitisme reviendrait à leur donner raison.

Il faudra la Seconde Guerre mondiale et le génocide nazi pour que des millions de Juifs – et d’abord les survivants refusés par les États-Unis – gagnent la Palestine, puis l’État d’Israël créé le 14 mai 1948. Mais, ne l’oublions pas, le second État prévu par les Nations unies disparaît, et les quatre cinquièmes des Palestiniens qui y vivaient seront expulsés. Dix-neuf ans plus tard, Israël s’empare du reste de la Palestine : Jérusalem-Est, qu’il annexe, et la Cisjordanie ainsi que la bande de Gaza qu’il occupe et colonise. Cinquante ans après, en 2017, plus de 700  000 colons ont fait leur les territoires occupés, empêchant la naissance de l’État de Palestine pourtant admis aux Nations unies.

Entre-temps, 45 % des Juifs du monde, 6 millions sur près de 14 millions, vivent en Israël. À supposer que les statistiques israéliennes soient fiables. Or, selon les démographes, plusieurs centaines de milliers de citoyens recensés par les autorités d’Israël n’y résident plus. Bref, la majorité des Juifs n’a pas éprouvé le désir de s’installer dans l’« État juif ». Autrement dit, ils ne sont pas suffisamment sionistes – à moins de s’en tenir à la définition qui veut qu’un bon sioniste est celui qui envoie ses amis en Israël, mais reste en France… Et si, dans l’opinion israélienne, la droite et l’extrême droite comptent sur un large soutien, il n’en va pas de même à l’étranger : un grand nombre de Juifs n’appuient pas leur politique anti-palestinienne – ils réprouvent, en particulier, la colonisation.

(Ajoutons que, sur les milliers de Français qui, ces dernières années, ont réagi aux violences antisémites en faisant leur « aliya », un tiers, voire la moitié, sont revenus[i]. Leur sionisme n’a pas résisté à la difficulté de la vie dans le meilleur élève de la classe néo-libérale, avec son cortège de pauvreté, de précarité et d’inégalités, mais aussi l’atmosphère étouffante d’un conflit omniprésent au quotidien…)

Indéfendable historiquement comme idéologiquement, l’assimilation de l’antisio- nisme à l’antisémitisme constitue surtout une faute grave : elle permet en effet à la droite et à l’extrême droite israéliennes de tenter d’étouffer la voix de tous leurs opposants, à l’intérieur comme à l’extérieur. Et ce « cadeau » arrive à point nommé, alors que la violation permanente du droit international et des droits humains a isolé Israël comme jamais au sein de la communauté internationale.

Marginalisé diplomatiquement, le gouvernement Netanyahou s’inquiète en outre de l’hostilité de l’opinion, avec notamment la montée de la campagne Boycott-Désinvestis- sement-Sanctions – je pense au BDS militant, mais aussi au BDS institutionnel, qui voit de puissants fonds de pension, de grandes entreprises et de grosses banques se retirer des territoires occupés, voire d’Israël. On imagine sans mal comment les autorités israéliennes utiliseront la petite phrase d’Emmanuel Macron pour criminaliser les pressions internationales qui s’exercent sur elles.

Il y a de la schizophrénie dans la démarche de notre nouveau président. Il prétend relancer la négociation et, condamnant la colonisation, se fixe pour objectif la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël, les deux États ayant leur capitale à Jérusalem. Mais la diplomatie française ne saurait l’ignorer : des tractations israélo-palestiniennes ne sauraient suffire seules pour atteindre cet objectif. Même François Hollande, malgré son « chant d’amour pour Israël et pour ses dirigeants », l’avait compris, en acceptant le projet de conférence internationale proposé, en son temps, par Laurent Fabius.

Si Emmanuel Macron veut vraiment contribuer à une paix juste et durable, il faut qu’il accepte le principe de sanctions contre Israël, dès lors que celui-ci refusera de se plier au droit international. Commencer par museler l’opinion en présentant la critique d’Israël comme antisémite n’est pas un bon début.

[i] Il n’existe pas de statistiques officielles.

17 juil. 2017 dominique vidal

https://blogs.mediapart.fr/

Lire aussi:

Antisionisme / antisémitisme ? Les scandaleux amalgames de Macron (NPA)

VÉl d’hiv’: Netanyahou n’a rien à faire aux commémorations! (NPA)

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