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17 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

salah hamouri (afps)

szla hamouri

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29 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

ceta (jdd + le canard)

ceta

Trois questions pour comprendre rapidement le CETA

L’accord de libre échange entre l’Union européenne et le Canada, qui est entré en vigueur jeudi, continue de donner des sueurs froides à certains secteurs, à commencer par le monde agricole.

Le CETA est entré jeudi en vigueur de façon provisoire. Mais cet accord commercial que l’Europe a signé avec le Canada divise : ses détracteurs craignent une concurrence accrue entre secteurs agricoles et un affaiblissement des normes sanitaires et environnementales, et demandent donc son retrait.

À quoi sert le CETA ?

Le CETA va permettre à partir de jeudi de faciliter les échanges commerciaux entre l’Europe et le Canada, grâce à la disparition de la quasi-totalité des droits de douane. Pour les Français, cet accord va notamment faciliter les exportations de fromages ou d’alcool.

Pourquoi cet accord divise-t-il autant ?

Mais ce qui marche dans un sens marche aussi dans l’autre. Les éleveurs de bovins français craignent par exemple un déferlement de bœuf canadien. Le contingent d’importation de bœuf canadien va ainsi passer du jour au lendemain de 7.600 tonnes annuelles à 65.000 tonnes, presque dix fois plus. Pour la France, premier producteur de viande bovine en Europe, la facture pourrait être salée. Les professionnels du monde agricole craignent aussi que les normes sanitaires soient moins drastiques concernant les produits venus d’outre-Atlantique. C’est un des points qui cristallise le plus de mécontentements.

En tout cas, dans certains secteurs comme les travaux publics, on se réjouit de cet accord ; les entreprises européennes vont avoir accès plus facilement aux marchés publics canadiens. Car le but de ce type d’accords est de doper le commerce entre deux zones.

Pourquoi son entrée en vigueur est-elle seulement provisoire ?

Le CETA qui créé la polémique a été âprement négocié, et ce n’est pas fini. Les opposants ont encore des espoirs, même si l’accord entre en vigueur jeudi, ils ne deviendra définitif qu’une fois une fois voté par les 38 assemblées nationales et régionales des pays membres de l’Union européenne, ce qui pourrait prendre des années. Le refus d’une seule assemblée pourrait tout faire basculer.

21 septembre 2017

http://www.europe1.fr/

Commentaire: A-t-on vraiment besoin de 50 000 tonnes de viande de boeuf sans les même normes que nous et pour cela augmenter la consommation de gaz pour les tranporter?

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29 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

kurdistan (à l’encontre + npa)

 Achcar

«Le référendum au Kurdistan irakien dessert la cause kurde elle-même»

L’intellectuel de gauche libanais revient sur le référendum d’indépendance (remporté à 92,73% par le « oui ») au Kurdistan irakien, sa réception dans le monde arabe, et les questions qu’il pose à la gauche arabe ou encore au mouvement amazigh.

Le « oui » l’a emporté avec 92,73 % lors du référendum d’indépendance organisé le 25 septembre au Kurdistan irakien. Les gouvernements irakien, iranien et turc se sont montrés menaçants à l’égard du président de cette région déjà autonome, Massoud Barzani, à l’initiative de cette consultation. Ce dernier n’a en revanche pas reçu de manifestations de solidarité massives de la part d’autres mouvements kurdes de Turquie, de Syrie ou d’Iran. Gilbert Achcar, professeur de sciences politiques à la School of Oriental and African Studies (SOAS) de l’université de Londres, et intellectuel franco-libanais d’obédience marxiste, nous donne un point de vue original sur ce référendum. Alors que de très nombreux intellectuels arabes semblent hostiles à la création d’un ou de plusieurs états kurdes, lui n’est pas de cet avis.

Jeune Afrique: Quel est votre point de vue sur le référendum sur l’indépen- dance organisé au Kurdistan irakien ?

Gilbert Achcar : Avant toute chose, je veux préciser que je soutiens le droit des peuples à l’autodétermination et que je comprends la lutte des Kurdes. Maintenant, le référendum est présenté par ses organisateurs eux-mêmes comme purement indicatif. Et au fond, il ne faisait aucun doute que de très nombreux Kurdes soutiendraient les principes de l’autonomie ou de l’indépendance. En fait, il s’agit d’une opération politique de la part d’un leader, Massoud Barzani, qui fait face à une opposition toujours plus franche. Nous avons là un premier para- doxe, en apparence seulement: Barzani, qui incarne pour certains la lutte du peuple kurde, ressemble trait pour trait aux leaders arabes habitués à exploiter la fibre nationale pour faire taire leur opposition dans une sorte de geste démagogique.

L’opération de Barzani semble pourtant politiquement funeste, car même ses alliés le désa- vouent. La Turquie, qui le soutenait jusque-là, se montre agressive à son égard. Les États-Unis ne le suivent pas dans sa démarche. Les Nations-Unies, qui protègent pourtant le droit à l’autodétermination des peuples, ne semblent pas emballées. Ce référendum apparaît comme contraire aux intérêts des Kurdes, compris dans leur ensemble.

Pourquoi d’autres mouvements kurdes, comme ceux proches du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), se gardent-ils de se prononcer sur ce référendum ?

Il y a peu de temps encore, Barzani était un proche du pouvoir turc. Il suffit de faire un rapide tour dans le Kurdistan irakien pour voir à quel point le capital turc est présent. Les Kurdes qui s’opposent à Ankara sont donc forcément frileux. Barzani n’a pas, loin s’en faut, le monopole de la lutte kurde. Par le passé, en butte à Jalal Talabani (leader kurde et ex-président de la République d’Irak, ndlr), il a même conclu des ententes avec Saddam Hussein. Enfin, au vu des cadres de son parti, le Parti démocratique du Kurdistan, et plus généralement des forces dominantes dans le Kurdistan irakien par exemple, on ne peut pas parler d’un camp progres- siste. C’est au contraire une force archaïque et frappée par la corruption. Le PKK et ses alliés ou affidés, comme le Parti de l’union démocratique (PYD) en Syrie, représentent au contraire un pôle politique progressiste, voire très progressiste pour la région.

Le regard arabe sur ce référendum semble différent de celui qui existe en Occident. Comment le comprenez-vous ?

Le regard de l’opinion publique arabe serait long à décrypter mais on peut remarquer qu’il est en partie déterminé par le fait que le seul soutien visible au référendum soit celui d’Israël. On comprend, dès lors, que certains se montrent méfiants. Au Liban par exemple, dans les milieux favorables ou proches du Hezbollah, tout un chacun dénonce le référendum. On peut com- prendre que les Arabes soient effrayés par ce qu’ils perçoivent comme un affaiblissement de pays arabes eux-mêmes en proie à des formes de néo-colonialisme ou d’impérialisme.

Pourtant, il faut faire attention avec cette lecture. Les Kurdes déjà, ne sont pas responsables de l’affaiblissement des États arabes. Au contraire, ils sont souvent victimes des autocrates corrompus qui sont précisément des personnes qui affaiblissent les États qu’ils dirigent. Et à titre purement indicatif, je rappelle que la gauche kurde, même en Turquie, et malgré donc les barrières linguistiques, soutient la lutte du peuple palestinien.

Pour vous ce point de vue est donc une erreur ?

Aujourd’hui, les analystes arabes qui, à juste titre, rappellent la violence des accords Sykes-Picot pour expliquer la situation terrible de la région, ignorent ou feignent d’ignorer que les Kurdes eux aussi ont été victimes du jeu des impérialistes occidentaux, et que leur avis aussi a été ignoré et leur peuple morcelé. Un monde arabe fort, c’est un monde arabe uni, et cela le peuple kurde ne l’empêche pas. On peut concrètement appeler à l’unité d’un monde arabe fort mais respectueux des droits des minorités.

Pourquoi la gauche arabe ne soutient-elle pas le mouvement kurde, alors même que ce dernier est souvent très progressiste ?

Pour commencer, il ne faut pas se faire trop romantique : en Occident, certains décrivent le PKK ou le PYD comme de purs libertaires, ce qui est bien sûr d’une naïveté confondante. Maintenant, les mouvements de la gauche arabe, comme je le disais à propos des milieux proches du Hezbollah, basent souvent toute leur analyse politique sur la question israélienne. Au point de ne pas parvenir à l’articuler avec d’autres tendances lourdes.

Dans le même temps, ils se laissent gagner par une culture chauviniste. Mais on peut imaginer en effet des dialogues entre des mouvements progressistes. En Turquie, le Parti démocratique des peuples, de gauche et issu du mouvement kurde, a tracé une voie : il a tendu la main aux secteurs turcs les plus progressistes. Le pari est alors celui-là : militer pour une démocratisa- tion de la Turquie, ce qui permettrait de dégager une majorité disposée à parler avec sérénité de la question kurde. C’est un exemple intéressant à analyser dans le monde arabe.

On assiste à des formes de soutien ou de solidarité à ce référendum au Maghreb, dans le mouvement amazigh. Ces questions sont-elles liées ?

La situation est très différente dans le sens ou rares sont les forces politiques amazighes séparatistes qui appellent à des indépendances formelles, totales. En revanche, les questions kurdes et amazighes se rejoignent sur un point : elles soulèvent l’existence d’un chauvinisme arabe qui ne se montre pas respectueux des spécificités culturelles, linguistiques ou encore religieuses. Dans le monde arabe comme ailleurs, la démocratie est encore trop comprise au sens restrictif du droit au vote ou du non cumul et de la rotation des charges.

Alencontre  29  septembre  2017

Entretien avec Gilbert Achcar par Jules Crétois

 

http://alencontre.org/

Source

Lire aussi:

Oui à l’autodétermination des Kurdes d’Irak, mais… (NPA)

Gilbert Achcar (Wikipedia)

Gilbert Achcar : « Daesh, c’est la contre-révolution » (Jeune Afrique)

Gilbert Achcar «Le monde arabe est entré dans un processus révolutionnaire sur le long terme» (Libération)

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23 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

glyphosate (france info)


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 » Il faut retirer le glyphosate du marché »

François Veillerette, directeur de Générations Futures, est revenu sur la polémique autour de l’herbicide présent dans certains produits de consommation.

« Le rapport de l’agence sanitaire allemande chargée de faire le rapport d’évaluation sur cet herbicide contenait des copiés-collés énormes du dossier de l’industrie. C’est-à-dire que l’évaluation des études scientifiques de l’industrie s’est retrouvée dans le dossier fourni par l’agence d’évaluation allemande » déclare François Veillerette, mardi 19 septembre, sur le canapé gris de « :L’éco ».

« On a acheté une trentaine de produits de consommation courante. On les a fait analyser et on a retrouvé des résidus de glyphosate dans plus de la moitié de tous ces échantillons. Ça peut aller jusqu’à 2 mg par kilos, c’est quand même déjà très important » explique-t-il.

« Un lobbying considérable »

Vous vous battez contre le glyphosate depuis des années et il n’est toujours pas interdit interdit en Europe ni en France. Faites-vous vraiment le poids face à Monsanto ? Il répond à la Question qui fâche : « Les associations sont unies aux niveaux Européen et mondial sur ces questions et font reculer ces multinationales sur ces produits. Il faut rappeler qu’en France, par exemple, on a plus le droit d’utiliser dans les communes des herbicides du type Roundup. On progresse, mais il y a un lobbying absolument considérable de ces firmes au niveau mondial ».

Clément Coti 19/09/2017

http://www.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

Glyphosate: l’industrie chimique américaine presse la France de revoir sa position (L’Express)

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18 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

vendredi 22 septembre (afps)

salalh

Libérez Salah Hamouri!

L’avocat Franco-Palestinien Salah Hamouri, emprisonné en Israël depuis le 23 août vient d’écoper de 6 mois de détention administrative, renouvelables, sur ordre du ministre d’extrème droite Avidgor Lieberman.

Un déni de droit absolu, dans un silence total des autorités de notre pays (et aucune réponse des parlementaires locaux à nos mails), à la différence du journaliste Loup Bureau, dont nous nous réjouissons de la libération après l’intervention de Jean-Yves Le Drian en Turquie. Ce deux poids deux mesures entre deux citoyens français n’est pas acceptable !

Nous appelons à un rassemblement de soutien à Salah, afin d’exiger sa libération:
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Vendredi 22 Septembre 
18h Place de la Liberté à Brest.
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Salah Hamouri : injustice est faite, un déni absolu de droit
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Ainsi donc la « loi du plus fort » est passée ! Dans cette partie du monde la démocratie ne vaut que pour certains : ceux qui depuis 50 ans – en toute impunité – occupent, colonisent, humilient tout un peuple en le privant de ses droits nationaux.
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Salah Hamouri, avocat franco-palestinien résident de Jérusalem-Est, est de nouveau victime de cette arme inique utilisée illégalement de façon massive par le pouvoir israélien : la détention administrative. Après avoir déjà été emprisonné 7 ans pour des accusations fantaisistes, il est condamné à 6 mois de détention administrative sans qu’aucune charge ne pèse sur lui et sans avoir eu droit à aucun procès.
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La détention administrative permet à un pouvoir autoritaire de maintenir en prison sans aucun motif un opposant – ou supposé tel – sans avoir à avancer le moindre commencement d’un début de preuve. De plus cette condamnation est renouvelable à l’infini sans plus de justification. Ils sont actuellement plus de 400, victimes de ce déni de justice et de démocratie, dans les prisons israéliennes, dont des femmes, des enfants, des député.e.s, pour certains depuis de nombreuses années.
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Il a fallu 28 jours au pouvoir israélien pour parvenir à ses fins au gré des atermoiements d’une justice aux ordres d’un pouvoir colonial. Pendant ces 28 jours, la solidarité citoyenne s’est amplifiée, des milliers de messages ont été envoyés aux autorités françaises. Le silence de ces autorités a été assourdissant, insoutenable. L’appel au Président de la République pour qu’il ne reste pas muet face à cette situation est resté sans effet ! Comment expliquer ce silence ? Quand un citoyen français est victime d’arbitraire et d’injustice, c’est la République qui est humiliée.
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Et cela, Emmanuel Macron le sait très bien, il en a fait la démonstration pour faire sortir des geôles turques Loup Bureau dont le père rappelait que son fils avait été accusé, de manière fantaisiste et arbitraire, d’appartenir à une « organisation terroriste » par M. Erdogan et les autorités turques.
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Monsieur le Président de la République, il suffit de remplacer Loup Bureau par Salah Hamouri et Monsieur Erdogan par Monsieur Netanyahou pour éclairer la situation. Monsieur le Président de la République, pourquoi ce silence ? Un avocat franco-palestinien victime de l’arbitraire du pouvoir israélien n’a-t-il pas la même valeur à vos yeux qu’un journaliste français victime de l’arbitraire du pouvoir turc ? Ne mérite-t-il pas le même traitement, le même respect ?
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Plus que jamais mobilisé.e.s, nous ne lâcherons rien, tant que Salah n’aura pas retrouvé sa liberté !
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Liberté pour Salah Hamouri, l’acharnement du pouvoir israélien contre lui doit cesser !
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Le Bureau national de l’Association France Palestine Solidarité
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08 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

salah hamouri (quimper)

salh

Salah Hamouri a été condamné avant-hier 5 septembre à trois mois de prison, par le tribunal d’instance de Jérusalem.
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Au lieu de la libération sous conditions décidée le 29 août dernier, le jugement a été remis en cause par le gouvernement israélien (en fait par la volonté du ministère de la Défense, et surtout de son ministre de la défense, Avigdor Liberman, dirigeant d’un parti d’extrême-droite) en faveur d’un ordre de détention administrative, sans inculpa- tion, ni jugement, d’une durée de six mois, indéfiniment renouvelable, et ce sur des « preuves secrètes ».
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La peine de trois mois de prison est en fait la réimposition, totalement injuste et arbitraire, de la partie de la condamnation à 7 ans qui n’a pas été purgée par Salah, libéré avec trois mois d’avance le 18 décembre 2011 dans le cadre d’une échange de prisonniers palestiniens et du soldat israélien (franco-israélien en fait) Gilad Shalit.
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En outre cette libération anticipée avait été faite avec l’accord du gouvernement français de l’époque qui avait demandé que Salah soit libéré dans l’échange de prisonniers.
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Mais le gouvernement israélien (en fait le ministre de la Défense), ne trouvant pas la peine prononcée avant-hier assez dure, le procureur a fait appel, et une nouvelle audience est prévue le 12 septembre prochain (mardi).
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Evidemment l’on ne peut dire ce qui sortira de cette audience, mais il est à craindre que l’ordre de détention administrative de six mois ne soit entériné. En outre, l’on ne connaît toujours pas le motif de l’arrestation de Salah, le 23 août dernier, trois jours  après avoir passé son examen d’admission au barreau des avocats palestiniens. 
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Quelle que soit la décision, Salah Hamouri ne sera sans doute pas libéré, à partir de cette date. En outre le gouvernement français ne se montre pas particulièrement actif (c’est le moins que l’on puisse dire) pour demander que Salah, citoyen français et palestinien, soit libéré.
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C’est pourquoi, au lieu du piquet de solidarité avec le peuple palestinien qui devait avoir lieu le jeudi 14 septembre à 17 h 30
docu-Salah-Hamouri_1
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Le groupe du Pays de Cornouaille de l’AFPS appelle à un
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Rassemblement,  jeudi 14 septembre,  18 h, Place de la Résistance Quimper
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Pour exiger la libération de notre compatriote Salah Hamouri , ainsi que de tous les prisonniers politiques palestiniens. Un rendez-vous sera également demandé au préfet du Finistère.
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Une conférence de presse aura lieu lundi prochain, 11 septembre, à 11h, au Bar « Au Gavarnie »,Quai de l’Odet à Quimper.

Association France-Palestine Solidarité, Pays de Cornouaille

Contact: yjardin7@wanadoo.fr

Lire aussi:

Assez d’acharnement ! Liberté pour Salah Hamouri ! (Npa)

Non à l’arbitraire colonial ! Liberté pour Salah Hamouri ! (Npa)

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01 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

islam (joseph daher)

crois

Après les attentats de Barcelone, la même question: «l’Islam est-il responsable des attentats terroristes»?

Chercher les réponses ailleurs que dans le Coran ou la Bible!

Après chaque attentat, qui sont des actes à condamner avec des conséquences tragiques, les médias et politiques concentrent les discussions sur la religion islamique pour tenter d’expli- quer les crimes et violences par les assassins de l’Etat Islamique (EI), cette fois à Barcelone.

Le débat se fait dès lors sur quelle interprétation ou tradition, réformiste ou réaction- naire, du Coran avons nous pour tenter d’expliquer les violences commises au nom de la religion.

La Télévision Suisse Romande a par exemple invité le lundi 21 aout Noureddine Ferjani, imam de la Mosquée de Genève, pour commenter les attentats de Barcelone, savoir si il dispose de moyen de combattre l’extrémisme, comment les auteurs des attentats justifient cela en terme de religion, etc… Le problème de toutes ces discussions, c’est qu’elles axent l’explication et les sources de toutes violences commises au nom de l’Islam (y compris par l’EI) dans la religion islamique et plus précisément le Coran.

Selon moi, les explications qui veulent trouver dans le Coran et dans la religion islamique les raisons des phénomènes tel que les attentats de Barcelone, des actes des combattants de l’EI et autres organisations djihadistes font fausse route, et ne permettent pas d’y voir clair, mais surtout elles renforcent très souvent les amalgames racistes et islamophobes tout en voulant octroyer une nature intrinsèquement violente à l’Islam et plus généralement aux populations musulmanes.

Les phénomènes tel que l’EI et / ou les attentats de Barcelone doivent être analysés dans leurs contextes politiques sociaux et économiques actuels de notre monde, et non dans le Coran.

Prenons par exemple l’EI : ce dernier est le résultat principalement de l’impérialisme occidental, des interventions des différents régimes autoritaires de la région du Moyen Orient en Irak (Iran, Qatar, Arabie Saoudite, etc…), et du régime autoritaire et confessionnel actuel de l’Irak hérité de l’invasion de 2003, sans oublier dans le passé du régime de Saddam Hussein et ses politiques. L’écrasement des mouvements populaires débutés à la fin de l’année 2010 et début de l’année 2011 par des régimes autoritaires a permis à l’EI une deuxième phase d’expansion. [1]

De même, certains tentent d’expliquer les tensions religieuses actuelles entre Chiites et Sunnites au Moyen-Orient dans le Coran ou comme une conséquence du conflit qui est apparu à la mort du prophète et sur sa succession il y a 1400 ans. Cela nie le contexte politique et social actuel hérité de l’invasion américaine et britannique en 2003 et du rôle de ces deux derniers dans la destruction du tissu social irakien et qui ont privilégié l’arrivée au pouvoir de forces politiques confessionnels et réactionnaires. Même si l’EI et autres djihadistes se réclament de l’Islam, la religion n’explique pas leurs comportements et leurs agissements. Ces groupes ou personnes ont des raisons qui s’inscrivent dans l’époque actuelle et non il y a 1400 ans.

Analyse t-on l’invasion américaine de l’Iraq par les paroles et les croyances religi- euses de Bush (qui avait déclaré avoir entendu en rêve Dieu lui dire qu’il avait une mission et qu’il fallait envahir l’Iraq) ou bien selon des motivations impérialistes (politiques et économiques) ?

Allons-nous trouver les raisons de l’invasion américaine dans la Bible ? Allons-nous analyser l’invasion américaine sur la base du comportement des chrétiens il y a 2000 ans ? De même, lors de la tuerie perpétrée en Norvège le 22 juillet 2011 par Anders Breivik, qui affirmait agir pour préserver la chrétienté face au multiculturalisme, a-t-on cherché les raisons de son acte dans le christianisme ou la Bible ?

De manière similaire, récemment une jeune syndicaliste membre des IWW (Industrial Workers of the World), Heather Heyer, a été tuée et une douzaine des manifestant.e.s ont été blessé.e.s par une voiture folle conduite par un militant fasciste. A aucun moment a t’on cherché à savoir la religion de l’assassin ou si elle expliquait son geste ? D’ailleurs on remar- quera qu’il est plus facile pour la majorité des médias mainstream de qualifier de terrorisme, même “terrorisme islamiste”, les actes d’un djihadiste de l’EI, mais pas ceux de groupes et individus fascistes s’attaquant à des minorités religieuses ou manifestant-es de gauche.

Par exemple, les médias au début dans leur grande majorité ont décrit les évène- ments à Charlottesville dernièrement comme une “manifestation d’extrême droite qui a dégénéré”. C’est seulement après la désignation de “terrorisme intérieur” par le ministre de la Justice des Etats Unis, Jeff Sessions, que la rhétorique a changé. L’écrivain arabe, Aziz Al- Azmeh, affirmait que « la compréhension des phénomènes politiques islamiques nécessite l’équipement normal des sciences sociales et humaines, et non leur déni ». Ne pas s’atteler à cette tâche, c’est nous mener vers une essentialisation de « l’Autre », en l’occurrence aujourd’hui « des musulmans ».

Toute religion n’existe en effet pas indépendamment des personnes, de la même manière que Dieu n’existe pas en dehors du domaine de l’action intellectuelle de l’homme. Bien au contraire la religion, comme le pouvoir surnaturel de Dieu, sont une expression mystique populaire des contradictions et des réalités matérielles dont les gens vivent. C’est pourquoi il faut tenter de trouver et d’expliquer les raisons de ces crimes, sans vouloir les excuser ou les justifier, perpétrés par ces groupes ou personnes et comprendre les motivations qui les ont poussé ou les poussent à agir dans ce sens.

Ces raisons ne se trouvent pas en lisant le Coran ou la Bible, mais bien d’abord dans le contexte politique et socio-économique dans lequel se trouvent ces groupes et personnes et aussi dans les dynamiques politiques sur la scène internationale. De la même manière, les « islamologues » qui tentent de définir les sources du terrorisme de l’EI ou autres organisations djihadistes dans un seul fait social limitent la compréhension de ces phénomènes.

Les crimes et le parcours des djihadistes sont à bien des égards et très souvent un reflet des contradictions des politiques internes et externes des pays dans lequel ils ont grandi, tout en prenant compte le climat politique régional et international. Les motivations et le parcours de vie d’un djihadiste français ne sont en effet pas les mêmes que celles d’un syrien ou irakien. Leurs réalités sont complètement différentes. Il est nécessaire d’analyser et de comprendre la complexité et la multitude des raisons des trajectoires et actes des militant-es djihadistes de manière matérialiste.

Le révolutionnaire russe Vladimir Lenine par exemple dans le texte « L’attitude du Parti des travailleurs à la religion » de mai 1909 écrit qu’en tant que marxistes, « devons expliquer la source de la foi et de la religion des masses d’une façon matérialiste ». Il poursui- vait en affirmant que si l’on ne s’attelait pas à cette tâche, nous n’aurions pas une vision différente des classes bourgeoises, qui accusent les masses d’ignorance pour expliquer le phénomène de la croyance religieuse. Le fondamentalisme religieux n’est en fait que l’expression de cette frustration et non sa source.

Il faut comprendre les fondamentalismes religieux, quel qu’ils soient, comme des facteurs et raisons modernes et qui trouvent leurs sources dans des phénomènes actuels et non du passé, même si leur propagande fait référence à un passé mystifié. La barbarie des assassins de Barcelone et des groupes comme l’EI se nourrit en premier lieu des contra-dictions et les différentes formes d’oppressions de leurs sociétés, mais aussi de la barbarie des Etats occidentaux capitalistes et impérialistes qui ont commis beaucoup plus de victimes que les organisations djihadistes.

D’ailleurs, aucune égalité au niveau absolu ne peut égaler la barbarie des Etats occidentaux dans le nombre de victimes qu’ils ont causé à travers le monde.

Ce sont des Etats occidentaux qui ont mené des interventions militaires destructives ces dernières décennies par exemple comme en Iraq en 2003, intervention qui a suivi l’embargo meurtrier contre le peuple irakien pendant plus de 10 ans. Ce sont des Etats occidentaux qui apportent leur soutien sans faille aux dictatures sanglantes au Moyen-Orient, sans oublier un soutien total à l’Etat colonial et d’Apartheid d’Israël qui opprime depuis plus de 60 ans le peuple palestinien. Que dire des politiques néo-libérales imposées par les Etats occidentaux et les institutions monétaires internationales qui on causé l’appauvrissement de sociétés entières, des déplacements de populations, des famines, etc…

Nous devons mener une opposition sans merci aux politiques impérialistes des Etats occidentaux qui assassinent et appauvrissent les peuples de nombreuses régions du monde. Nous devons également opposer toutes les formes d’impérialismes internationales et d’impéria- lisme régionales qui ont tous pour objectifs d’écraser d’autres peuples pour les intérêts politiques de leurs classes dirigeantes. Pour rappel les assassins de Charlie Hebdo avaient dans leurs interviews, vidéos et autres parlé de la souffrance du peuple syrien, irakien, de l’intervention française au Mali des offenses faites aux populations musulmanes en France et dans le monde, etc…

Les bombardements de la coalition internationale contre l’EI sous la direction des Etats-Unis et avec la participation de plusieurs pays occidentaux en Irak et en Syrie on causé la mort de nombreux civils, plusieurs milliers depuis son déclenchement en septembre 2014.

Le mépris pour les victimes civiles et autres dommages causés dans cette « guerre contre le terrorisme » est patent et nourrit le discours des organisations fondamentalistes religieuses tel que l’EI ou al-Qa’ida. En plus son efficacité pour mettre fin aux actions de l’EI au niveau inter- national est à questionner fortement. Bien que l’Etat islamique a perdu de nombreux combat- tants et des large pans de territoires en Irak et en Syrie, l’organisation djihadiste est restée l’organisation la plus meurtrière du monde en 2016, selon un rapport de l’Université du Maryland. Les militant-es de l’État islamique ont mené plus de 1 400 attaques l’année dernière et ont tué plus de 7,000 personnes, soit une augmentation d’environ 20% par rapport à 2015, selon le même rapport.

Encore une fois, sans s’attaquer aux sources, mentionnées plus haut dans le texte, de l’avènement de groupes tel que l’EI, on ne mettra pas fin à ses actes meurtriers uniquement par des solutions militaires et sécuritaires. Cela dit, ce n’est pas pour cette raison qu’il ne faut pas également analyser le discours et pratiques d’organisations tel que l’EI pour tenter de les combattre, mais dans les pays occidentaux il nous faut surtout mettre fin aux raisons qui permettent à ce genre d’organisations de recruter des nouveaux soutiens.

Aucune illusion ne doit exister sur les mouvements islamiques réactionnaires et djihadistes, qui dans le passé (entre les années 50 et début des années 1980) ont reçu le soutien des Etats occidentaux et des dictatures de la région du Moyen-Orient pour affaiblir les mouvements progressistes et nationalistes de la région. Sans oublier le soutien des Etats-Unis, de l’Arabie saoudite et Pakistan aux organisations djihadistes en Afghanistan durant les années 1980. L’échec politique et économique des régimes du nationalisme arabe et leurs évolutions vers des dictatures patrimoniales ou néo-patrimoniales ont également renforcé les mouvements fondamentalistes islamiques.

Les mouvements djihadistes ont connu une nouvelle expansion suite à la répression des mouvements populaires du Moyen-Orient et en Afrique du Nord depuis 2010- 2011 et ont pu capter les frustrations de certaines tranches des classes populaires, mais ils ne représentent en aucun cas une alternative progressiste ou anti impérialiste, bien au contraire, ce sont des organisations ultra-réactionnaires, anti-démocratiques et anti sociales, certaines comme l’EI sont sans aucun doute des entités totalitaires et meurtrières. Leurs comportements et attaques sur les forces démocratiques et progressistes durant les processus révolution-naires témoignent de cette réalité. Ils sont dans une optique de guerre de civilisation et d’imposition autoritaire de leur hégémonie culturelle et religieuse contre une autre et non une perspective d’émancipation et de libération des classes populaires.

En conclusion et en plus de s’opposer aux politiques impérialistes des Etats occiden- taux, la tâche de la gauche où qu’elle soit est de reconstruire un mouvement progressiste et démocratique large, qui permet l’unité et l’indépendance des classes populaires et travailleu- ses sans distinction ethnique, communautaires et autres qui est la seule voie pour la libération et l’émancipation des classes populaires. Les différences (de genre, “race”, et autres) qui existent aux sein de la classe populaire ne doivent néanmoins pas être nié, mais au contraire incluses et reconnues.

Cela signifie qu’il ne pas faut simplement avoir une approche « économiste », pensant que les luttes ouvrières seront suffisantes pour unir les classes populaires. La gauche radicale doit être bien sûr à la tête de la lutte contre les politiques d’austérité et néolibérales, mais la gauche radicale doit être également le champion de la défense des droits démocratiques dans leur ensemble que ce soit dans la liberté d’expression ou la lutte contre toutes les formes de discriminations comme le racisme, le sexisme, l’orientation sexuelle, etc…

Dans ce cadre, l’islamophobie, comme les autres formes du racisme, très présent dans de nombreux pays européens doit être combattu de manière radicale. L’islamo- phobie n’est pas seulement un instrument des classes dirigeantes racistes pour diviser les classes populaires et les détourner des questions socio-économiques (chômage, élévation de l’âge de la retraite, effectifs et éducation à l’école, etc…), mais entraîne des violences et politiques oppressives envers les populations musulmanes désignées comme responsable principal des problèmes survenant dans nos sociétés.

Pour construire un mouvement progressiste, nous devons comprendre comment, dans les dynamiques capitalistes de notre monde globalisé, les questions de genre, de discrimination basée sur la religion et/ou sur la « race » influencent à la fois la structure et les dynamiques de nos sociétés et de nos lieux de travail et les processus de développement de la conscience. Il s’agit de comprendre comment ces éléments interviennent ensemble dans la production et les relations de pouvoir capitalistes, qui se traduisent par une réalité complexe.

Les discriminations basées sur la race, le genre, l’orientation sexuelle, les oppressions culturelles et idéologiques ne doivent pas être sous-estimées, au risque de perdre de vue la complexité de la tâche, au moment de construire un mouvement progressiste comprenant des travailleurs et travailleuses de tous les horizons. L’absence de prise en compte de ces discriminations dessert la volonté d’unir les classes populaires et le projet politique visant la transformation radicale de la société.

A nous de nous attaquer aux sources des problèmes (le capitalisme, l’impérialisme, les différentes formes d’oppressions, etc…) et donc des politiques des Etats capitalistes occidentaux et autres dans le monde, pour réellement couper l’herbe sous les pieds des forces ultra réactionnaires et les faire disparaître et de construire un projet de société alternatif bénéficiant aux classes populaires dans leurs ensembles.

Joseph Daher vendredi 25 août 2017

https://syriafreedomforever.wordpress.com/

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01 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

santiago maldonaldo (rfi)

Nos camarades du MST dans la manif

Argentine: où est Santiago Maldonado, disparu depuis près d’un mois?

 «Où est donc Santiago Maldonado ?», ce sera le mot d’ordre de la manifestation du 1er septembre 2017 organisée pour le 1er mois de la disparition du jeune homme, après avoir pris part à une manifestation de Mapuches dans le sud de l’Argentine, est sur tous les réseaux sociaux argentins. Pourquoi une telle mobilisation sur les réseaux, rappel des faits.

Santiago Maldonado est un artisan de 28 ans, originaire de Buenos Aires, installé en Patagonie depuis quelques mois.

Le 1er août 2017 il a pris part à une manifestation de représentants de la communauté indigène Mapuche qui coupaient une route de la région. On ne l’a plus vu depuis. Selon deux témoins, il aurait été tabassé puis embarqué dans une camionnette par les gendarmes venus dégager la route, ce que nie la gendarmerie. Dans un premier temps, sa famille et des organisations des droits humains se sont adressés à la justice pour réclamer qu’il soit localisé et libéré, sans que l’affaire ne fasse beaucoup de bruit.

Mais, devant les lenteurs de l’enquête judiciaire et les explications embarrassées de la ministre de la Sécurité, Patricia Bullrich, l’opinion s’est mobilisée à travers les réseaux sociaux. Ces derniers jours, le hashtag # Maldonado a été repris un demi million de fois sur plus de 100.000 comptes Twitter. Sur ce réseau, ainsi que sur Facebook (avec plusieurs pages dédiées), une campagne a été lancée pour réclamer sa réapparition, la formule la plus usitée étant : «  Je suis Untel et je vais bien. Mais je me demande où est Santiago Maldonado  ».

Des artistes et dessinateurs y ajoutent des illustrations, que l’on retrouve aussitôt sur les comptes de leurs followers. Des célébrités s’y mettent aussi, donnant plus d’écho à la campagne comme Adolfo Perez Esquivel, prix Nobel de la paix, le rocker Ricardo Mollo ou encore des équipes de football.

Le spectre de la dictature militaire

Au début, la mobilisation a été spontanée. Mais, depuis quelques jours, l’extrême gauche et l’opposition kirchnériste se sont engouffrés dans la brèche. Au-delà de la préoccupation pour le sort de Maldonado et des soupçons concernant la Gendarmerie, ils mettent en cause le gouvernement du président Mauricio Macri, accusé d’être responsable d’une disparition comparable à celles de la dictature militaire des années 70. Rien à voir en réalité, puisqu’à l’époque il y a eu un plan systématique d’élimination d’opposants décidé au plus haut niveau de l’État (le plan Condor), ce qui n’est évidemment pas le cas aujourd’hui. Mais l’utilisation du terme « disparu » porte encore en Argentine.

Qu’est donc devenu Santiago Maldonado ? On n’en sait rien. L’hypothèse la plus probable est celle d’une bavure des gendarmes que la hiérarchie voudrait cacher. Si c’est le cas, la vérité devrait éclater bientôt. Mais il est sûr que ce vendredi 1er septembre, des dizaines de milliers d’argentins participeront à la manifestation organisée pour marquer le premier mois de sa disparition.

Que nos digan donde está (Qu’on nous dise où il est)

Jean-Louis Buchet 30-08-2017

http://www.rfi.fr/

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30 août 2017 ~ 0 Commentaire

usa (le monde)

Etats-Unis : derrière l’« alt-right », cinq grandes mouvances qui convergent

Le mouvement pro-Trump est notamment né de la réunion de conspirationnistes, de trolls et de masculinistes, estime un chercheur après une analyse lexicale des messages postés sur le forum Reddit.

L’« alt-right » est plus qu’une étiquette rajeunie pour l’extrême droite anglophone : c’est un agrégat de cinq grandes mouvances distinctes. Telle est la conclusion partagée par Tim Squirrel, doctorant en science et technologie à l’université d’Edimbourg (Ecosse) et membre du laboratoire de recherche Alt-Right Open Intelligence Initiative, dans un billet publié le 18 août sur le site américain Quartz. Pour y parvenir, le chercheur a conduit une vaste analyse lexicale sur The Donald, principale sous-section « alt-right » du forum Reddit avec ses 450  000 abonnés.

Depuis l’explosion médiatique du terme « alt-right » à l’automne 2016, de nombreux éditorialistes ont appelé à bannir son usage, qui servirait à masquer l’idéologie néonazie. Ces appels avaient redoublé à la suite des manifestations suprémacistes de Charlottesville (Virginie). Mais, oppose le chercheur, « l’alt-right n’est pas un groupe uni. Ils n’ont pas d’identité cohérente. »

En utilisant BigQuerry, un programme de Google d’analyse de données pour étudier le champ lexical des messages postés, ainsi qu’un petit outil supplémentaire pour observer les recou- pements entre différents subreddits (les sous-sections de Reddit, classées par centre d’intérêts), il estime être parvenu à établir une « taxinomie des trolls ».

« Shitposters », gamers, MRA, conspirationnistes

L’« alt-right » telle qu’elle s’exprime sur The_Donald s’avère ainsi constituée de cinq grandes catégories de participants bien distincts :

  • Les shitposters de 4chan, ou purs trolls. Ils sont dans la provocation sans limite et utilisent de manière intensive les termes « kek » (variante de « lol », et par extension sorte de dieu du politiquement incorrect) et « Pepe » (leur grenouille symbole) ;
  • Les anti-progressive gamers ou joueurs antigauche. Dans le sillon du GamerGate, mouvement antiféministe né en 2014 qui constitue l’un des leurs mots-clés, ils luttent depuis 2014 contre la diffusion des idées féministes, de défense des droits LGBT et du mouvement Black Lives Matter dans les jeux vidéo, et dénigrent ceux qu’ils appellent avec mépris les « SJW » (combattants de la justice sociale) ;
  • Les men rights activists ou militants masculinistes. Ils s’opposent aux féministes autant qu’ils cherchent à revaloriser une certaine vision de la virilité, à travers toute une échelle de valeurs des hommes en fonction de leurs performances comme séducteurs (ils appellent « alpha » les hommes et séducteurs jugés dominants, « omega » les moins musclés, etc.) ;
  • Les anti-globalization. Sur des schémas souvent simplistes, conspirationnistes et antisémites, recherchent des « élites » à combattre (comme « George Soros », « the etablishment », ou la « globalist scum », la vermine mondialiste) ;
  • Les suprémacistes blancs. Ce sont militants actifs de la défense d’une supposée « identité occidentale » chrétienne, notamment face à l’islam et la charia, deux de leurs thèmes fétiches. Ils idéalisent, par ailleurs, les Croisades.

« Risque qu’ils entrent en osmose »

Les frontières entre ces catégories sont loin d’être étanches, notamment parce que les factions les plus anciennes et structurées, à savoir les suprémacistes et les masculinistes, profitent de cette proximité relativement récente pour recruter. Un phénomène que Le Monde avait pu observer dès juillet 2015 lors d’une réunion de gamers « antipolitiques » et de néoconservateurs à Paris.

Tim Squirrel alerte :

« Des adolescents qui s’ennuient et des joueurs sont en train de se faire endoctriner dans un antiglobalisme radical, des théories du complot et l’islamophobie, et cela se déroule juste devant nos yeux, sur un forum accessible publiquement. »

Le chercheur observe qu’à force de se fréquenter ces différentes populations se sont créé un vocabulaire en commun, constitué, entre autres, du mot « centipede », la manière dont ils se définissent entre eux, « MAGA » (acronyme de Make America Great Again, le slogan de Donald Trump) et surtout de nombreux mots-valises formés à partir de « cuck » (insulte désignant les personnes jugées soumises aux minorités et aux femmes).

Le sous-forum The_Donald est autant un lieu de rassemblement que de radicali- sation, estime Tim Squarrel. « [Les forums de ce type] servent de lieu de rencontre pour des hommes blancs mécontents venus de toutes parts et qui partagent une haine commune. Ils sont issus de coins différents d’Internet avec des intérêts et des lexiques différents. Ils restent séparés quand ils ne sont pas sur The_Donald, mais plus ils passent de temps ensemble, plus leurs visions pernicieuses du monde risquent d’entrer en osmose. »

William Audureau 24.08.2017 

http://mobile.lemonde.fr/

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27 août 2017 ~ 0 Commentaire

vénézuela (révolution permanente)

chavez

Avec ou sans Maduro ? Qui a raison ? Les médias ou Mélenchon ?

Depuis quelques semaines, la dramatique situation vénézuélienne est au cœur de l’actualité avec des interprétations diamétralement opposées. D’un côté, la plupart des médias prennent ouvertement parti pour l’opposition. D’un autre côté, les dirigeants de la France Insoumise continuent de justifier le gouvernement de Nicolás Maduro. Qui a raison ? La presse française évoque abondamment la crise au Venezuela. Une fois n’est pas coutume, les éditorialistes prennent partie pour les manifestants contre les violences de l’État. Un parti-pris inverse à celui qui avait été le leur durant la loi travail lorsque les violences policières étaient commises sur leur propre territoire.

Mauvaise-foi de la grande presse

Le 29 juillet dernier, Le Monde publiait un éditorial cumulant tous les lieux communs de l’oppo- sition bourgeoise au gouvernement Maduro. L’article évoque la centaine de personnes décé- dées durant la crise de ces derniers mois comme s’ils étaient tous « tués par balles lors de manifestations » « violemment réprimée(s) par la soldatesque du régime », omettant de pré- ciser la diversité des sources de violences, le fait que certains militants chavistes aient été brûlés vifs par des opposants ou soient décédés à cause d’actions de guarimberos, des groupes armés exigeant le départ de Maduro. Évoquer cette diversité des sources de violen- ces n’est pas une manière de justifier la répression du gouvernement, nous l’avons à maintes reprises dénoncé sur ce site, mais de souligner que l’opposition de droite utilise des méthodes tout aussi détestables que celles du gouvernement.

Si Le Monde est aussi sévère avec le gouvernement Maduro et aussi complaisant avec l’oppo- sition, c’est parce qu’il identifie (à tort) le chavisme à l’idéal socialiste qu’il défend… sans le mettre en œuvre.

Ainsi, dans le même éditorial, l’effondrement des cours du pétrole est refusé explicitement comme une explication de l’affaiblissement du gouvernement d’un pays dont l’or noir repré- sente plus de 95 % des exportations, et ce pour mieux accabler « l’incompétence et la corrup- tion du régime chaviste ». Il est évident que si le cours du baril de pétrole était à 150 dollars, le gouvernement Maduro aurait des marges de manœuvre financière pour maintenir le même niveau de programmes sociaux que par le passé, et ce malgré la corruption qui, en effet, gangrène le budget de l’État vénézuélien.

L’opposition est ainsi considérée, dans cet éditorial, comme « majoritairement de centre-gauche », alors qu’elle reste libérale, liée aux États-Unis avec une base sociale centrée sur les classes possédantes. Le Monde confirme son point de vue depuis l’accession d’Hugo Chávez au pouvoir. En avril 2002, lorsque la droite et le patronat avaient orchestré une tentative de coup d’État contre Hugo Chávez, en lançant une répression immédiate sur les classes populaires, Le Monde écrivait dans son édition du 13 avril 2002 que Pedro Carmona, figure-clef de la tentative de putsch était une homme « pondéré » aux « qualités de dialogue et son ouverture », à « l’attitude conciliatrice ». La répression « de la soldatesque du régime » suscitait alors l’indifférence du quotidien de référence.

On touche-là aux véritables intentions des médias dénonçant la répression de Maduro. Leur but est d’en tirer des conséquences politiques sur le territoire national. L’édito- rial que nous avons abondamment cité commence par l’accusation de la « gauche européenne et américaine » de « complaisances » à l’égard de Maduro. Mais cette volonté de disqualifier d’entrée de jeu tout projet de société alternatif au capitalisme néolibéral est également visible dans la déclaration de Saraï Suarez à l’émission « 28 minutes » de Arte du 2 août dernier : « c’est le rêve cubain, c’est la fascination qu’une gauche européenne garde par rapport au projet de Fidel et de Cuba, c’est juste un rêve impossible et insoutenable. Le Venezuela est la preuve aujourd’hui que ce système, ce projet politique, c’est un grand échec qui est juste rempli de mensonges et de manipulations qui vont contre la population de ces pays ».

Cette accusation est d’autant plus absurde qu’au Venezuela, la part du secteur privé dans le PIB n’a pas régressé durant la présidence Chávez dont le bolivarisme est loin de l’archétype du socialisme tant honni par les journalistes. Les crises économiques ne sont d’ailleurs pas le propre de gouvernements menant des politiques économiques non-libérales. Des pays respectant scrupuleusement l’orthodoxie néolibérale peuvent aussi connaître des crises économiques profondes avec des conséquences dramatiques pour la population comme en témoignent l’Argentine en 2001 et la Grèce depuis 2009.

Les errements de Mélenchon

Si les éditorialistes instrumentalisent la crise vénézuélienne pour faire le procès de la gauche anti-libérale française, c’est en partie parce que la France Insoumise et le PCF prêtent le flanc à la critique. Les liens de Jean-Luc Mélenchon avec les gouvernements post-néolibéraux latino-américains tel celui d’Hugo Chávez sont anciens. Dès 2012, il les présentaient dans son livre-programme, Qu’ils s’en aillent tous, comme « des expériences dont on peut s’inspirer, des exemples qu’on peut suivre » (p.15), « des révolutions qui régénèrent les pays » (p.13).

Mélenchon a réalisé deux voyages au Venezuela, en 2006 et à l’été 2012, dernier séjour au cours duquel il fut reçu officiellement par Chávez à l’occasion du Forum de São Paulo regroupant des partis de gauches, alors réunis à Caracas. Mélénchon avait créé des liens amicaux avec le jeune chef du bureau diplomatique d’Hugo Chávez, Maximilien Arvelaiz, et pendant la campagne présidentielle vénézuélienne d’octobre 2012 le leader de la France Insoumise avait écrit dans Le Monde avec Ignacio Ramonet une tribune intitulée « Hugo Chávez, un homme diffamé » prenant la défense du leader bolivarien.

Il apparaît en pleurs le jour de la mort d’Hugo Chávez et lui rend hommage : « ce qu’est Chávez ne meurt jamais ! C’est l’idéal inépuisable de l’espérance humaniste, de la révolution ». Au moment de l’élection de Nicolás Maduro, Melenchon avait également tweeté que le « Venezuela bolivarien est une source d’inspiration » et avait salué sa victoire.

Le dirigeant de la France Insoumise partage avec la « révolution bolivarienne » la volonté de redistribuer les richesses sans exproprier les plus riches, de refonder les institutions à travers la mise en place d’une Assemblée constituante et de mécanismes de contrôle des élus tels que le référendum révocatoire. Jean-Luc Mélenchon comme Hugo Chávez utilisent à l’envi leur charisme pour arbitrer les différends politiques et laissent peu de place à la critique.

Face à la crise dramatique que connaît aujourd’hui le Venezuela, la France Insoumise connaît un réel « embarras » comme le souligne Lilian Alemagna dans Libération. La propo- sition n°62 de l’Avenir en Commun, qui prévoit notamment une adhésion à l’Alliance Boliva- rienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), avait handicapé la fin de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Depuis le début de la crise au Venezuela, le silence de Jean-Luc Mélen- chon est assourdissant mais les paroles de ses lieutenants se font parfois les complices de la dérive autoritaire de Nicolás Maduro. Ainsi, Adrien Quatennens n’a pas hésité à déclarer le 1er août sur RTL que la crise « ne tient pas à une mauvaise gestion de Nicolás Maduro ».

Le Venezuela devient un talon d’Achille de la France Insoumise. Plantu, fidèle à ses habitudes réactionnaires, publie dans l’Express une caricature dressant un parallèle entre les tête de mort symbolisant les affrontements meurtriers au Venezuela et la France Insoumise. Une députée juppéiste de la République en Marche, Aurore Bergé, n’a pas hésité à interpeller sur Twitter Jean-Luc Mélenchon en reprenant son message saluant la victoire de Nicolás Maduro. Il est évident que ces messages se situent dans le sillage d’une presse qui se situe dans le camp de la droite vénézuélienne anti-chaviste tout en instrumentalisant le cas du Venezuela pour discréditer tout projet alternatif au néolibéralisme.

Il est tout aussi évident que la mise en œuvre du programme de l’Avenir en Commun n’emmènerait pas la France dans une situation similaire à celle du Venezuela.

L’économie d’une des plus grandes puissances de la planète, une puissance impérialiste pillant de nombreux pays, n’a pas grand chose à voir avec l’économie d’un pays rentier dépendant du cours du pétrole. Les errements de la France Insoumise sur le Venezuela doivent néanmoins toutefois être analysées. Le projet de la « Révolution bolivarienne » comme celui de la France Insoumise restent ceux d’une transition graduelle du capitalisme vers une société plus solidaire mais qui reste un projet illusoire.

Il est évident que les élites économiques n’accepteront jamais de renoncer progres- sivement à leurs richesses. La stratégie de conciliation avec le patronat du gouvernement Maduro à travers le Conseil National de l’Économie Productive était vouée à l’échec. Désor- mais pris au piège, l’État vénézuélien réprime aussi bien les opposants bourgeois que les militants syndicaux et indigènes. La France Insoumise préfère se solidariser avec le gouvernement qu’avec les classes populaires.

A l’instar de nos camarades de La Izquierda Diario –Venezuela, nous dénonçons autant la dérive autoritaire de Nicolás Maduro que la droite putschiste vénézuélienne et les menaces d’intervention militaire des Etats-Unis, parce que nous défendons l’intérêt des classes popu- laires face à tous leurs ennemis, dont les éditocrates hexagonaux qui utilisent la souffrance du peuple vénézuélien pour disqualifier tout projet de société qui s’inscrirait en faux par rapport au modèle dominant préconisé par leurs maîtres.

Romain Lamel vendredi 25 août

http://www.revolutionpermanente.fr/

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