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17 avril 2019 ~ 0 Commentaire

antisionisme (émancipation mee)

antisem

De “l’État juif” à l’apartheid décomplexé

Les sionistes disent qu’Israël est un État juif et démocratique. Et que c’est la seule démocratie du Proche-Orient.

État juif et démocratique, c’est un oxymore. Dans un État juif, la terre est juive. Les Juifs/Juives en possédaient 8 % à la veille de la guerre de 1948, ils en auront 92 % après et 97 % aujourd’hui (dans les frontières d’avant 1967). Sur la carte d’identité, pour les non Juifs/Juives, est apposée la mention “musulman”, “chrétien”, “druze”, “bédouin” mais surtout pas palestinien. L’ancienne dirigeante Golda Meir avait expliqué que les Palestinien(ne)s, ça n’existe pas.

C’est la définition religieuse qui sera adoptée pour savoir qui est juif/ve. On est juif/ve parce qu’on a une ascendance juive du côté de la mère, ou parce qu’on s’est converti. Une application très souple permettra à des centaines de milliers de soviétiques qui n’ont pas grand-chose à voir avec le judaïsme de partir et parfois de devenir colons.

Les non Juifs/Juives qu’il serait plus exact d’appeler les Palestinien·ne·s de 1948 subissent le plus légalement du monde toute une série de discriminations à l’emploi (la plupart des métiers de l’énergie, de la sécurité, des transports et en général de la Fonction publique leur sont interdits) et au logement. Alors que le taux de pauvreté est de l’ordre de 10-15 % chez les Juifs/Juives israélien·ne·s, il dépasse largement les 50 % chez les Palestinien·ne·s d’Israël. En 1976, une révolte générale a éclaté contre le vol des terres en Galilée. Cet événement est commémoré par la journée de la terre.

Quant à la “seule démocratiedu Proche-Orient”, on se retrouve depuis 1967 dans la situation suivante. Entre Méditerranée et Jourdain, il y a 50 % de Juifs/Juives israélien·ne·s et 50 % de Palestinien·ne·s. Ce qui permet la domination absolue des premiers sur les seconds, c’est la fragmentation voulue de la Palestine : Cisjordanie, elle-même balkanisée en trois zones aux statuts différents et mangée par la colonisation, Jérusalem-Est où les Palestinien·ne·s ont un sous-statut de “résident” qu’on essaie de leur enlever, Gaza, véritable cage où deux millions de personnes sont retirées du monde.

Il faudrait ajouter à tout cela les prisonnier·e·s (40 % de la population masculine a connu la prison depuis 1967) et les réfugié·e·s. S’il y avait démocratie avec droit de vote pour tou.te.s, ce système de colonisation et d’apartheid serait impossible.

Quand on critique radicalement l’idéologie sioniste, on entend souvent l’objection suivante : le sionisme a créé l’État d’Israël. Maintenant qu’il existe, c’est de l’histoire ancienne. Erreur absolue. On ne comprend pas le rouleau compresseur colonial actuel, le racisme débridé, le développement des idées suprémacistes et le rapprochement avec l’extrême droite si on ne comprend pas que le projet sioniste est plus que jamais à l’œuvre.

Deux grands courants du sionisme se sont partagé le travail depuis 1948.

Les travaillistes étaient aux commandes lors de la Nakba, de l’arrivée des Juifs/Juives orientaux/ales ou de l’expédition impérialiste de 1956. Le travail des historien·ne·s a modifié ce qu’on sait sur la guerre de 1967.

Israël n’était pas menacé d’anéantissement. Le projet israélien de conquête de toute la Palestine historique existait depuis des années, Ben Gourion avait dit dès 1948 qu’il “faudrait finir le travail”. Sitôt cette conquête réalisée, c’est un ministre travailliste, Yigal Allon qui a conçu les plans de colonisation et annexé Jérusalem-Est.

Comme les travaillistes ne disposaient pas de militant·e·s prêt·e·s à partir coloniser la Cisjor-danie, ils se sont adressés au seul courant religieux sioniste (minoritaire chez les religieux à l’époque), les disciples du rabbin Kook. Le ralliement des religieux à la colonisation a été un point de départ de la fascisation du pays, en tout cas du fait que les droits et même la vie des nouveaux et nouvelles dominé·e·s n’avaient aucune importance. Puisque Dieu a donné cette terre au peuple juif, puisqu’on refait ce qui est décrit dans le livre de Josué, pourquoi se gêner ?

Les descendants idéologiques de Jabotinsky (Begin puis Shamir) qui arrivent au pouvoir en 1977 sont déjà idéologiquement majoritaires. Ils ont l’appui des religieux et des Juifs/Juives orientaux/ales qui pensent se venger ainsi des discriminations qu’ils/elles subissent.

Au moment de Sabra et Chatila (1982), les milliers de manifestant·e·s qui ont protesté en Israël ont donné le mince espoir qu’Israël devienne un État normal, acceptant de vivre avec ses voisins. La société israélienne hésitera: la répression féroce de la première Intifada puis signature des accords d’Oslo.

Certain·e·s ont voulu croire à cette époque qu’il existait un sionisme à visage humain incarné par Rabin. Quand on examine de près les accords d’Oslo, la seule chose réelle qui a été signée, c’est l’obligation pour l’occupé d’assurer la “coopération sécuritaire” au profit de l’occupant. Dans les 26 mois qui séparent Oslo de l’assassinat de Rabin, celui-ci installe 60 000 nouveaux colons. De quelle paix s’agissait-il ?

25 ans se sont écoulés. Plus personne ne peut ignorer l’apartheid. Pour ceux qui doutent de ce mot, je conseille une visite à Hébron, où tous les jours, quelques centaines de colons fous de Dieu caillassent les enfants palestinien·ne·s qui vont à l’école et déversent leurs ordures dans la rue palestinienne sous la protection de 2 000 soldats. Le projet initial du sionisme, transformer les Palestinien·ne·s, comme cela s’est fait pour les Amérindien·ne·s ou les Aborigènes, en population enfermée dans sa réserve, rendue incapable de réclamer ses droits, est à l’œuvre.

L’instrumentalisation de l’antisémitisme ou comment faire accepter l’ethnocide en cours

On est donc aujourd’hui dans une situation absurde, où un État raciste veut faire taire les critiques au nom de l’anti-racisme. Le sionisme a installé au Proche-Orient un morceau d’Occident qui concentre, même s’il n’en a pas le monopole, le racisme, l’apartheid, le militarisme, le suprémacisme et les technologies de pointe de répression.

Comment empêcher que cela ne soulève partout dans le monde une vague de protestation, à l’image de celle qui a fini par se déclencher comme les tenants de l’apartheid en Afrique du Sud ? Ils ont trouvé sans peine. Comme le dit sans honte Macron, “l’antisionisme est l’une des formes modernes de l’antisémitisme”. C’est le dirigeant du CRIF, ancien membre du Betar (une milice violente d’extrême droite), qui lui a soufflé cette idée lumineuse.

Il faut dire qu’une telle affirmation est une obscénité. La mémoire des révolutionnaires juifs et juives, des résistant·e·s, du ghetto de Varsovie, d’Abraham Serfaty et de bien d’autres est confisquée par des racistes d’extrême droite qui poussent jusqu’à la caricature la ressemblance idéologique avec les bourreaux d’hier. L’Europe se débarrasse de sa responsabilité dans l’antisémitisme et le génocide nazi en adoubant des suprémacistes.

Bien sûr, l’antisémitisme demeure. En France, il a tué. Merah, l’hypermarché casher,… Il n’est pas la seule forme de racisme meurtrier. Les Arabes, les Roms, les Noir·e·s subissent régulièrement discriminations, humiliations, assassinats et violences policières. Les médias s’en préoccupent moins. Finkielkraut peut reprendre les pires stéréotypes antisémites contre les Noir·e·s et les habitant·e·s des quartiers (“ils n’aiment pas la France”), les médias ne parleront que d’antisémitisme quand il est insulté. De lui on dira juste qu’il est “controversé”.

Pour l’antisémitisme, s’est ajoutée à la traditionnelle détestation du Juif, de la Juive par l’extrême droite, la confusion systématique et voulue entre juif et sioniste. Les antisémites qui s’en prennent aux Juifs en prétendant défendre la Palestine, ne sont pas seulement “immoraux”, ils rendent le plus grand service à ce qu’ils prétendent combattre.

Plus que jamais, combattre le sionisme qui est une idéologie criminelle contre les Palestinien·ne·s et suicidaire pour les Juifs/Juives, est une nécessité. Être antisémite a été, est et sera toujours un crime. (Résumé voir lien)

Pierre Stambul  Lundi 15 Avril 2019

http://www.emancipation.fr/

Lire aussi:

De l’antisémitisme en France (MEE)

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17 avril 2019 ~ 0 Commentaire

extrême droite (courrier international)

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kkk

Le terrorisme d’extrême droite, une menace mondiale sous-estimée

Souvent minimisées, les violences commises par les nationalistes extrémistes se multiplient dans de nombreux pays. Et les groupes fascistes, identitaires et suprémacistes sont de plus en plus liés entre eux.

C’était apparemment un loup solitaire.

D’après la police, l’homme qui a massacré 50 fidèles musulmans et en a grièvement blessé neuf autres dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, le 15 mars, ne faisait partie d’aucune organisation. Cet Australien de 28 ans, Brenton Tarrant, dit s’être forgé des convictions extrémistes en surfant sur Internet et en visitant l’Europe. Il a acheté ses armes seul, et son projet de massacre était resté secret.

Pourtant, son action s’inscrit dans un projet plus vaste.

Les noms et les slogans inscrits sur ses armes résonnent familièrement aux oreilles des nationalistes blancs du monde entier. Son manifeste publié sur Internet, intitulé “Le Grand Remplacement”, reprenait une des théories du complot les plus prisées de l’extrême droite, qui affirme que les immigrés non blancs et musulmans dans les pays occidentaux sont des envahis-seurs, poussés par des élites manipulatrices afin de remplacer les populations européennes d’origine. Ces idées autrefois marginales sont devenues monnaie courante, pas seulement dans les posts de cinglés anonymes sur les réseaux sociaux, mais également dans les discours de politiques élus, aussi bien en Hongrie que dans l’État de l’Iowa.

Une meute

Ce qui signifie que ce loup solitaire faisait quand même partie d’une meute. Les attentats commis par des néonazis, des suprémacistes blancs et autres fanatiques d’extrême droite sont de plus en plus fréquents. Aux États-Unis leur nombre dépasse ceux perpétrés par des islamis-tes. Entre 2010 et 2017, sur 263 actes de terrorisme, 92 ont été le fait d’assaillants d’extrême droite, contre 38 perpétrés par des djihadistes, selon le Washington Post. En Europe, les tueries des djihadistes continuent d’être majoritaires, mais le nombre de morts liés au terrorisme d’extrême droite a fortement augmenté depuis 2010.

Ces six derniers mois ont été marqués par une multiplication du nombre d’actes terroristes d’extrême droite.

À l’automne dernier un nationaliste blanc a tué 11 personnes dans une synagogue à Pittsburgh. La France a déjoué un complot d’ultradroite destiné à supprimer Emmanuel Macron et l’Espagne a arrêté un fasciste qui voulait assassiner le Premier ministre, Pedro Sánchez. L’Allemagne a découvert une cellule extrémiste dans son armée, cellule qui comptait éliminer des ministres, notamment celui des Affaires étrangères. En février, le FBI a arrêté un officier des gardes-côtes américains qui possédait tout un arsenal et une liste d’élus démocrates à éliminer.

Si, dans le monde, le terrorisme des nationalistes blancs est bien moins meurtrier que sa variante djihadiste, il est plus fréquent que ne le reconnaissent les autorités, explique Jacob Aasland Ravndal, du Centre de recherche sur l’extrémisme, établi en Norvège.

La définition légale du terrorisme veut qu’une attaque ait été planifiée.

Or la violence d’extrême droite peut avoir un caractère « spontané ». Ainsi, l’incendie d’un centre de réfugiés est considéré comme un acte de haine et non comme du terrorisme. Europol, l’agence européenne de police criminelle, a attribué 3 % seulement des attaques terroristes en 2017 à l’extrême droite. Mais la base de données de Ravndal sur les incidents violents motivés par une idéologie montre que, en Europe de l’Ouest, si les djihadistes tuent plus de gens, l’extrême droite est à l’initiative de plus d’attaques.

Si la menace des nationalistes blancs est sous-estimée, c’est en partie parce qu’ils communiquent peu.

Brenton Tarrant et son héros, Anders Breivik, qui a tué 77 personnes en Norvège en 2011, sont des exceptions. Ils ont écrit des manifestes et essayé de médiatiser leur cas au maximum. Le tueur de Christchurch était même proche des djihadistes dans la cruauté affichée de son massacre et sa volonté de diviser… (Payant)

17/04/2019

https://www.courrierinternational.com/

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16 avril 2019 ~ 0 Commentaire

morlaix (afps)

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mor 1wardi

Du cinéma, une rencontre sur la résistance culturelle en Palestine occupée et de la poésie, voilà en substance ce que vous propose l’AFPS du Pays de Morlaix le Jeudi 18, le Samedi 20 et le Dimanche 21 avril.

Des rendez-vous en solidarité avec la résistance du peuple palestinien préparés en collaboration avec les équipes du cinéma La Salamandre, du bar des 2 Rivières et du Festival d’Arts et de Poésie Les Possible(s).

Au programme :

Le film WARDI de Mats Grorud  Jeudi 18 Avril à 20h 30 à La Salamandre suivi d’un débat sur les réfugiés palestiniens

Une rencontre sur le thème de la résistance culturelle face à l’occupation avec le poète palestinien TARIK HAMDAN – Samedi 20 Avril à 18 h au bar des 2 rivières

Une participation au Festival Les Possible(s) à Berrien autour de la poésie arabe – dimanche 21 avril à partir de 11h au café-librairie L’Autre Rive.

Facebook Pays De Morlaix Afps

afps.jv pg

 

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16 avril 2019 ~ 0 Commentaire

algérie (cqfd)

alger

De la décennie noire à la révolution des sourires

La jeunesse algérienne a transformé notre cynisme en espoir

Avec 1994 (Rivages, 2018), Adlène Meddi exhumait le souvenir de la décennie noire dans un thriller sentant le vécu. C’est dire si le journaliste et romancier algérien a saisi combien le spectre des violences des années 1990 hante encore la mémoire collective du pays. Un traumatisme qui explique la nature inédite du mouvement en cours contre le régime. Entretien à Alger, au lendemain de la manifestation du vendredi 15 mars.

Quel est ton regard sur les manifestations actuelles ?

« Pour tout avouer, je pensais qu’à la première marche du 22 février il n’y aurait pas beaucoup de monde. Les Algériens n’étaient pas sortis en 2014 après la quatrième élection de Bouteflika. La répression et l’achat de la paix sociale avaient complètement neutralisé la société. Aussi, le gouvernement jouait sur la peur en agitant le trauma de la décennie noire et, pour celles et ceux qui n’ont pas connu ces années-là, les syndromes libyen et syrien.

J’avais sous-estimé toute une nouvelle dynamique d’autonomie et de désobéissance civile, qui s’est exprimée avec le mouvement des chômeurs dans le Sud en 2013 ou encore lors les manifestations contre les gaz de schiste à Ouargla en 2015. Une sorte d’archipel extérieur aux structures de l’opposition classique – c’est-à-dire la presse privée, les partis et les syndicats.

Cette autonomisation vis-à-vis de l’État se traduit par des faits : des parents se saignent pour mettre leurs enfants dans le privé, des mosquées refusent les prêches officiels du gouverne-ment, des maisons d’édition osent sortir des livres qui peuvent être considérés comme “dangereux”…

Il faut aussi évoquer les anciens militants communistes et trotskystes qui continuent à former des jeunes et à faire un travail de base. Sans parler des mouvements des femmes et des militants LGBT.

CQFD n°175 (avril 2019)

Margaux Wartelle, Mickael Correia,  14/04/2019

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15 avril 2019 ~ 0 Commentaire

lait (reporterre)

L’exportation du lait européen en Afrique est nuisible, alerte un collectif d’ONG

En 2015, l’Union européenne a supprimé les quotas laitiers : résultat, de nombreux paysans poussés à la faillite et une surproduction laitière. Pour tenter d’y faire face, l’Europe pousse à l’exportation de lait vers l’Afrique. Où ce lait déséquilibre les économies agricoles locales. Une campagne est lancée pour arrêter ce gâchis. En voici la vidéo explicative

15 avril 2019

https://reporterre.net/

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14 avril 2019 ~ 0 Commentaire

israel (essf)

pc israel

Manif du PC

Michel Warschawski. En Israël, l’élection de tous les dangers

Six points à retenir suite aux élections en Israël

La victoire de Netanyahu

Non seulement Netanyahu a remporté les élections, mais son parti a augmenté le nombre de ses membres dans la nouvelle Knesset de 30 à 36, soit un de plus que la liste du chefs d’état-major des FDI (liste bleue-blanche).

Son grand succès a été rendu possible en attirant les votes d’autres partis d’extrême droite 

La liste de son ancien ministre de l’Education, Naftali Benett, et de son ancien ministre de la Justice, Ayelet Shaked (La nouvelle droite) n’a même pas obtenu le minimum pour entrer à la Knesset. La campagne personnalisée de Netanyahu (« moi ou la gauche ») était le bon choix. Le bloc de droite, c’est-à-dire les partis qui ont déjà indiqué tout au long de la campagne qu’ils feraient partie de la coalition de Netanyahu, représentent 65 membres de la Knesset sur 120, soit une nette majorité avant même la négociation.

Israël est vraiment à droite

On ne peut plus le nier : une nette majorité de la communauté juive israélienne partage les valeurs de droite, chauvines et racistes. Leur vote pour le Likoud n’est plus un « vote de protestation » mais un choix politique et idéologique. Le fait que le chef de la droite soit soupçonné de plusieurs chefs de corruption n’a pas nui à son soutien massif.

Parti Travailliste : la fin

Avec ses 6 députés élus, le Parti Travailliste poursuit sa chute jusqu’à sa fin programmée. Le parti qui a créé l’État d’Israël et qui l’a dirigé jusqu’en 1977 n’est que l’ombre de lui même. Aux dernières élections, il comptait toujours 24 députés et pouvait prétendre être une alternative au Likoud. Plus maintenant, et le déclin semble être irréversible.

Un bon score pour la liste des « chefs d’état-major »

En quelques mois, les anciens chefs d’état-major de l’armée israélienne, sous la direction du général Beny Gantz, ont créé une nouvelle liste. Leur seul programme était de se débarrasser du régime corrompu de Netanyahu.

Cependant, ils s’abstiennent de l’attaquer, peut-être pour laisser la porte ouverte à une future participation à la coalition du Likoud. La liste des généraux, alliée à l’ancien ministre des Finances Yair Lapid, compte 35 députés, soit un de moins que le Likoud. C’est un succès, certes, mais inutile : la plupart des partis de centre-gauche (comme le Parti Travailliste) ont perdu leurs électeurs au profit de la droite. Par conséquent, contrairement à Netanyahu, Gantz n’a pas d’alliés potentiels pour la constitution d’une éventuelle coalition alternative.

La montée des partis ultra-religieux

Les deux partis ultra-religieux – Le drapeau de la Tora et le Shas – ont réuni 15 députés (contre 13 lors des dernières élections) et pourraient accroître leurs tentatives d’accroître le poids de la religion dans l’espace public. Netanyahu semble prêt à céder, au moins à une partie de leurs demandes (fermeture de magasins et réduction des transports en commun le samedi).

Abstention massive de la minorité palestinienne

Gantz et ses partisans du centre-gauche accusent les électeurs arabes d’avoir contribué à la victoire de Netanyahu grâce à leur abstention massive (environ 50%). Comme c’est typique ! Gantz a refusé de dénoncer sans équivoque la loi constitutionnelle d ‘« Israël en tant qu’État-nation du peuple juif » qui énonçait formellement la discrimination à l’égard des citoyens palestiniens d’Israël. Pourquoi la minorité palestinienne devrait-elle se mobiliser pour soutenir la copie de Netanyahu ?

De plus, les partis palestiniens ont décidé de briser leur unité qui, lors des précédentes élections, leur avait permis de devenir une voix politique claire d’opposition au racisme et à la discrimination.

Cette décision, initiée par le député Ahmad Tibi – un opportuniste bien connu – a été adoptée par le chef du Parti Communiste Aiman ​​Odeh. C’était se tirer une balle dans le pied : l’alliance Tibi-Communistes n’a obtenu que 6 députés.  Le bloc national-islamiste, l’autre coalition, quatre.

Les députés arabes israéliens ont été ramenés de 13 à 10. La moitié des électeurs palestiniens a décidé de s’abstenir, à la fois en protestation à la nouvelle loi et aussi par déception de l’abandon de l’unité nationale.

samedi 13 avril 2019 WARSCHAWSKI Michel

http://www.europe-solidaire.org/

Source: Plateforme altermondialiste Québec

http://alter.quebec/5910-2/

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13 avril 2019 ~ 0 Commentaire

icebergs (à l’encontre)

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Et celle des soudanais!

«Bouteflika et El-Béchir ne sont que le sommet de l’iceberg»

 Le professeur de relations internationales et politiques Gilbert Achcar redoute des transitions difficiles au Soudan et en Algérie au vu des expériences passées, en Libye ou en Egypte notamment.

Peut-on parler d’un nouveau printemps arabe?

Il y a effectivement une nouvelle poussée révolutionnaire en Algérie et au Soudan. Il ne faut pas non plus oublier qu’il y a depuis l’année dernière des épisodes de révolte sociale en Tunisie, au Maroc et en Jordanie. On voit donc les signes d’une nouvelle montée révolutionnaire. Mais depuis 2013, nous sommes aussi dans une phase contre-révolutionnaire. La situation en Libye ne s’améliore pas avec l’offensive de Khalifa Haftar contre Tripoli, qui marque en un sens un retour de l’ancien régime. Elle ne s’améliore pas non plus en Syrie et au Yémen, qui sont en guerre civile, et en Egypte. Nous sommes dans un moment contradictoire. Il y a les éléments d’un nouveau printemps mais il s’agit plutôt d’une phase de transition.

Quels sont les points communs entre les soulèvements algérien et soudanais?

Il y a deux grandes catégories de pays dans le monde arabe. La première rassemble les Etats que l’on peut qualifier de patrimoniaux, avec des familles régnantes qui possèdent l’appareil d’Etat. Elles considèrent l’Etat comme leur propriété privée.

C’est le cas des huit monarchies du monde arabe, où le souverain est le roi, pas le peuple, mais aussi de républiques, comme la Syrie, ou naguère l’Irak de Saddam Hussein, où des familles ont pris possession de l’Etat. Dans ces cas-là, on ne peut pas imaginer un renversement de la famille régnante par les forces armées. Et si d’aventure une partie d’entre elles se joint au soulèvement, comme en Syrie ou en Libye, alors une guerre civile devient pratiquement inévitable.

L’autre catégorie d’Etats est celle des néo-patrimoniaux, dont les institutions disposent d’une relative autonomie par rapport aux dirigeants. C’est le cas de l’Algérie et de l’Egypte. L’armée y est l’institution principale et elle exerce un contrôle direct sur le pouvoir politique qui en émane. C’est elle qui fait et défait les présidents.

Le Soudan est dans une catégorie intermédiaire. Omar el-Béchir, qui a pris le pouvoir avec un coup d’Etat militaire, avait tenté de remodeler l’armée pour pouvoir la contrôler directement, comme l’avait fait Hafez al-Assad en Syrie ou Muammar al-Kadhafi en Libye, sans finalement pouvoir le faire totalement. L’armée a pu le renverser.

Redoutez-vous des transitions difficiles?

Oui, sans aucun doute. Quand le peuple veut renverser un régime, c’est en réalité toute la façon de fonctionner de l’Etat qu’il veut changer, pas uniquement son Président. Bouteflika et El-Béchir ne sont que le sommet de l’iceberg si l’on peut dire, la grande masse reste en dessous de la surface.

Leurs deux régimes ont comme modèles l’Egypte d’Abdel Fatah al-Sissi et veulent présenter l’armée comme le sauveur de la nation et asseoir encore un peu plus son pouvoir. Cela peut éventuellement fonctionner au Soudan mais ce sera plus compliqué en Algérie, où la population n’a pas d’illusion sur le fait que ce sont les militaires qui contrôlent le pouvoir.

Il ne faut pas non plus oublier que ce qui a explosé en 2011, c’est un processus révolutionnaire historique et long, qui durera des décennies. Il se heurte à un blocage culturel, social et économique, qui produit les taux de chômage les plus élevés du monde, surtout chez les jeunes. Pour le contourner, il faudrait des changements radicaux des politiques économiques qu’on ne voit nulle part, y compris en Tunisie, où la politique économique est dans la continuité de l’ancien régime.

Et on continue avec les recettes du Fonds monétaire international, ses politiques d’austérité et de retrait de l’investissement économique qui sont absurdes. L’idée que l’investissement privé va devenir moteur est illusoire. Dans cette partie du monde où l’arbitraire, l’instabilité et le népotisme règnent, les fonds privés vont dans l’argent facile et la spéculation foncière.

L’autre difficulté est que, pour faire advenir ce changement radical, il faut des forces politiques qui le représentent et qui portent les aspirations démocratiques et progressistes de la population, et surtout de sa jeunesse. Le problème est qu’on ne les voit pas, elles manquent cruellement dans toute la région.

Anticipez-vous d’autres soulèvements?

Hormis le Qatar et les Emirats arabes unis, où 90 % de la population est étrangère, aucun pays n’est à l’abri d’une explosion, y compris ceux du printemps 2011. La situation économique est insupportable en Egypte.

Les gens ne descendent pas dans la rue parce qu’ils sont échaudés par les résultats obtenus depuis 2011. Ils sont revenus à la case départ, voire pire. Mais quand ils voient ce qui se passe à côté, au Soudan et en Algérie, cela leur redonne courage. Tôt ou tard, le mouvement repartira. Le ras-le-bol est général.

Alencontre le 12 – avril – 2019 Entretien avec Gilbert Achcar conduit par Luc Mathieu

(Entretien publié dans le quotidien français Libération, en date du 11 avril 2019)

Originaire du Liban, Gilbert Achcar est professeur de relations internationales et politiques à la School of Oriental and African Studies à Londres. Il est l’auteur de Le Peuple veut (Actes Sud, 2013) et Symptômes morbides (Actes Sud, 2017).

http://alencontre.org/

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11 avril 2019 ~ 0 Commentaire

«thawra», révolution ! (révolution-permanente npa mee regards)

soudan

Soudan : le président Omar el-Béchir évincé du pouvoir par l’armée (MEE)

« La révolution continue »

L’armée a mis fin aux trente ans de règne du président soudanais après des mois de manifestations populaires, mais les meneurs de la contestation rejettent le « coup d’État du régime ».
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Les meneurs de la contestation ont quant à eux rejeté le « coup d’État du régime ».

« Déclaration importante : la révolution continue. » Telle a été la réaction concise du Comité des médecins soudanais suite à l’annonce que l’armée planifiait de prendre le contrôle du pays pour les deux prochaines années.

L’Association des professionnels soudanais, fer de lance de la contestation, a également annoncé qu’elle rejetait le « coup d’État » et appelé à la poursuite des manifestations jusqu’à ce que le pouvoir soit transféré à « un gouvernement civil de transition représentant les forces de la révolution. »

« Le régime a mené un coup d’État militaire en présentant encore les mêmes visages et les mêmes institutions que ceux qui ont provoqué la colère de notre grande nation. Ceux qui ont détruit le pays et tué son peuple cherchent à voler chaque goutte de sang et de sueur répandue par la nation soudanaise pour secouer son trône », a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Les activistes avaient averti depuis le matin, dans l’attente de l’annonce de l’armée, qu’ils accepteraient seulement que le pouvoir passe à un gouvernement civil, et beaucoup ont réagi avec colère à la déclaration télévisée du ministre de la Défense.

Certains manifestants se sont moqués de l’annonce et ont insisté pour que leurs manifestations se poursuivent. (…)

https://www.middleeasteye.net/fr/

soudan

Les soudanaises en première ligne contre le régime, Révolution! (RP)

L’image a fait le tour du monde : cette femme vêtue de blanc le doigt tendu vers le ciel haranguant la foule de manifestants au cri de « Thawra », Révolution ! Un symbole qui en dit long sur ce soulèvement populaire où les Soudanaises sont en première ligne. 

Si la gronde dans le pays résonne depuis plus de 4 mois, c’est depuis le 6 avril que le Soudan est secoué d’une vague massive de contestation contre le régime autoritaire d’Omar el-Béchir, qui la réprime dans le sang.

Ce sont 9 manifestants qui ont été tués depuis le 6 avril.

Une situation de précarité et de misère extrême dévore le pays, et c’est à l’annonce d’une hausse de trois fois le prix du pain, à côté d’une hausse de 30 % des prix du carburant, avec une inflation délirante, que la population a commencé les manifestations. Les manifestations ont connu un immense regain de mobilisation le 6 avril, date anniversaire du 6 avril 1985 qui avait marqué le renversement du régime du président Jaafar Nimeyri.

Pour donner un aperçu de la situation dramatique pour les classes populaires, comme le précise Mediapart : « Un Soudanais sur cinq vit au-dessous du seuil de pauvreté et le Soudan est, selon l’ONU l’un des huit pays les plus touchés par la malnutrition. Alors que 7 % seulement du budget national sont consacrés à la santé, et 75 % à la défense, à la sécurité et à la rémunération des principaux dirigeants, la crédibilité du chef de l’État est au plus bas et sa marge de manœuvre paraît dérisoire. Avec la division du pays, le Soudan a perdu 75 % de ses ressources en pétrole, c’est-à-dire 90 % de ses exportations et la moitié de ses recettes budgétaires. »

Dans ce contexte, ce sont encore les femmes qui sont les plus touchées par la misère sociale et l’autoritarisme du régime islamique.

D’un côté, elles subissent le chômage, en plus de devoir supporter le travail domestique et l’entretien de la famille dans des conditions d’extrême précarité. De l’autre, ce sont des lois discriminantes et sexistes qui président. Ayant pris le pouvoir par un coup d’État en 1989, le président islamique el-Béchir n’a fait que pérenniser la charia (loi islamique) qui avait été instaurée en 1983, en plus de lois gouvernementales tentant de restreindre le plus possible l’accès du marché du travail aux femmes, les contraignant à rester au foyer.

Une professeure à l’université de Bahri déclarait à l’AFP : « Car depuis le premier jour, ce gou-vernement a fait des lois contre les femmes. Ne portez pas de pantalon, couvrez vos cheveux, ne parlez pas fort… ».

Une loi qui se matérialise par la condamnation à la flagellation de 15.000 femmes en 2016, par la multiplication des viols et violences sexuelles, pour lesquels, jusqu’en 2015, elles pouvaient être jugées pour adultères. En 2017, Noura Hussein, figure tragique des lois misogynes était condamnée à mort pour s’être défendue face à son violeur, en l’occurrence l’homme auquel, selon la loi soudanaise, son père avait pu la marier de force.

Des conditions de vie effroyables pour les femmes rompues par le chômage, la surexploitation, et l’oppression systématique dont elles sont victimes. Mais ce sont elles qui aujourd’hui, sont sur le devant de la scène du combat contre ce régime mortifère, à l’image de cette femme dont la vidéo est devenue virale appelant la foule de manifestants à reprendre le mot d’ordre « Thawra », Révolution.

France 24 relate : « D’après Hind Makki […] la femme « porte une robe blanche comme en portaient nos mères et grand-mères dans les années 60, 70 et 80, lors des grandes manifes-tations contre les précédentes dictatures militaires ». Cet habit de coton blanc était en effet porté par les femmes lors des mouvements populaires de 1964 et 1985, au Soudan. »

La répression qui s’abat sur les femmes est tout aussi violente. Lors du 8 mars ayant été une date de mobilisation importante dans ce contexte, Eilman, une jeune manifestante déclarait à RFI Afrique concernant les arrestations arbitraires du régime : « Je pense qu’il y a une volonté d’humilier les femmes. Certaines étudiantes ont eu leur foulard qu’elles portent sur la tête arraché par les forces de l’ordre ; on a également coupé les cheveux de certaines qui étaient en détention. Tout ça c’est une façon d’humilier les femmes de ce pays, de leur faire peur et de dire aux hommes, on a violenté vos femmes »

La moitié des manifestants sont des manifestantes, faisant suite à cette histoire de lutte et de combat, et dans un moment où les femmes, internationalement sont à l’avant-garde des luttes contre les régimes autoritaires.

La situation ne devient que plus explosive avec, en ce début de semaine, la division de l’armée. Loin d’être du côté de la population, les forces militaires se posent néanmoins en opposition au régime d’El-Béchir, faisant office d’arbitre du conflit qu’elle cherche avant tout à canaliser pour reprendre la main. Nul doute que le projet politique qu’elle porte ne soit pas beaucoup plus progressiste que celui d’El Bechir.

Iris Serant mercredi 10 avril

https://www.revolutionpermanente.fr/

soudan

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11 avril 2019 ~ 0 Commentaire

israël (l’orient le jour)

election izrzrrrr

Hadash-Taal (6 élus)
Liste la plus populaire parmi les électeurs arabes, elle allie le mouvement communiste Hadash, dirigé par Ayman Odeh, et le parti Taal d’Ahmed Tibi. En 2015, les deux partis faisaient partie de la Liste arabe unie.

Balad-Raam (4 élus)
Autre réminiscence de la Liste arabe unie de 2015, l’alliance comprend le parti nationaliste arabe Balad et le parti islamiste Raam.

Meretz (4 élus)
Le parti sioniste,  laïc et socialiste créé en 1992 et dirigé par Tamar Zandberg, a tremblé jusqu’au bout mais a réussi à franchir le seuil de 3,25% des votes pour rester au Parlement. Meretz soutient une solution à deux Etats avec les Palestiniens.

https://www.lorientlejour.com/

Commentaire:

Les partis « décents ». Le parti travailliste ne l’étant pas. La liste arabe unie (trop laïque?) s’est cassée en deux, la Liste Unifiée en 2015 devint la troisième force politique en remportant 13 sièges.

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11 avril 2019 ~ 0 Commentaire

yémen (npa)

yemen

Yémen : les armes françaises complices de la crise humanitaire

Au Yémen, un enfant meurt toutes les 10 minutes. La pire crise humanitaire du monde, selon l’ONU. C’est le triste bilan des quatre années de guerre lancée par Mohammed ben Salmane (MBS), le nouveau maître de l’Arabie saoudite. Et des révélations récentes viennent de montrer que la France poursuit ses ventes d’armes à l’Arabie saoudite et aux Émirats, se rendant complice de crimes de guerre…

C’est le peuple yéménite qui paie le prix de cette guerre. Bombardements ciblés sur les réservoirs d’eau, les centrales électriques, les hôpitaux, les zones de stockage de denrées, blocus aérien et maritime d’un pays qui, plus que jamais, est dépendant de l’aide alimentaire internationale : tout est fait pour rendre insupportable la vie quotidienne des Yéménites, pour les affamer, les priver d’eau potable, rendre hors de prix les denrées ­alimentaires et les soins de base.

Une guerre ravageuse

Triste bilan. Mohammed ben Salmane, nommé ministre de la Défense de la richissime Arabie saoudite en 2015, espérait ne faire qu’une bouchée du pauvre Yémen. Il y voyait une guerre facile pour affermir son pouvoir dans la lutte de succession entre princes, pour réaffirmer aux USA d’Obama, qui venaient de signer avec l’Iran un accord sur le nucléaire, que son pays était le seul véritable rempart face au terrorisme et aux révolutions dans cette région riche en pétrole.

La guerre aux Houthis, accusés d’être à la solde de l’Iran, est alors déclarée.

Depuis, le Yémen a explosé. Les Houthis dominent toujours Sanaa, la capitale. Le reste du pays est fractionné en autant de groupes militaires, parfois jihadistes, armés et financés par les Émirats ou l’Arabie saoudite. La facture est payée par le peuple yéménite, qui avait réussi à chasser le dictateur Saleh par sa révo­lution de 2011. Officiellement plus de 10 000 mortEs, 60 000 blesséEs. Peut-être cinq fois plus ­selon de nombreuses ONG. Une terrible épidémie de choléra, 14 millions de Yéménites qui n’ont pas accès aux soins de base et 20 millions de personnes en état de dépendance alimentaire alarmant, soit les deux tiers de la population.

« Les ventes d’armes rapportent gros »

Fin mars, lors d’une conférence de presse, mais aussi en projetant sur les murs de l’Assemblée nationale des slogans comme « En France les ventes d’armes rapportent gros, au Yémen elles coûtent cher. Des milliers de civils tués. »

Plusieurs ONG comme Amnesty, Médecins du Monde ou Oxfam ont rappelé que la France a vendu, entre 2015 et 2017, plus de quatre milliards d’euros de matériel à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.

Les ONG ont réclamé l’arrêt des ventes d’armes françaises à l’Arabie saoudite, en suivant l’exemple allemand, qui a officiellement décidé d’un gel de ses ventes d’armes après le meurtre de Jamal Khashoggi.

Pour toute réponse, le gouvernement, qui refuse une commission d’enquête parlementaire, a déclaré par la voix de Jean-Yves le Drian, ministre des Affaires étrangères, que l’action militaire de l’Arabie saoudite au Yémen se fait essentiellement par voie aérienne, et que la France ne fournit « rien à l’armée de l’air saoudienne ».

Complicité française avérée

Mensonge. Pour connaître la vérité concernant les ventes d’armes françaises, il faut faire un détour par la Chambre des communes britannique, qui a exigé du ministre du Commerce international la liste détaillée des exportations pour transfert vers l’Arabie saoudite et les Émirats.

Et l’on a appris qu’en 2016 et 2017, le gouvernement britannique a exporté vers la France des composants destinés à la fabrication de pods Damocles, du système de téléguidage laser de bombes embarqué sur les avions de combats de l’Arabie saoudite.

Quand les hôpitaux de Médecins sans frontières sont bombardés par les avions saoudiens, il est probable que les systèmes de guidage soient français. De même, une enquête de Mediapart a révélé qu’en plein blocus maritime du Yémen, qui bloque Hodeida et affame les Yéménites, l’entreprise publique française Naval Group assurait la rénovation de navires de guerre saoudiens, dans le port de Djedda.

Un contrat supérieur à un milliard d’euros selon la Tribune, pour Naval Group, mais aussi Thales ou MBDA. Des informations qui s’ajoutent à la longue liste des matériels militaires français qui participent aux massacres !

Frank Cantaloup  Jeudi 11 avril 2019

https://npa2009.org/

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