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07 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

décennie (pùblico)

La décennie la plus chaude se termine sans mesures efficaces pour protéger notre santé contre le changement climatique

Sept millions de personnes meurent chaque année de la pollution de l’air avec les mêmes gaz qui provoquent le changement climatique. En outre, en 2018, le nombre de personnes de plus de 65 ans exposées aux vagues de chaleur a augmenté de 220 millions par rapport à la moyenne de la période entre 1986 et 2005.

Ce ne sont que deux aspects de la façon dont ce phénomène affecte notre santé. Cependant, seulement un pays sur cinq a des stratégies de santé pour le changement climatique.

Deux rapports publiés lors de la vingt-cinquième Conférence des Nations Unies sur les change-ments climatiques, COP25, tenue à Madrid, mettent en évidence la manière dont la température moyenne de la Terre augmente, avec des résultats catastrophiques pour la vie sur la planète , y compris notre propre santé, les êtres humains ne mettent toujours pas de remède efficace pour arrêter ce phénomène ou atténuer ses effets.

Le premier de ces documents, la Déclaration sur l’état du climat mondial, est signé par les scientifiques de l’Organisation météorologique mondiale et contient de nombreuses conclusions déjà révélées dans le rapport United in Science de septembre.

La déclaration confirme que l’année 2019 met fin à une décennie marquée par des registres de chaleur exceptionnels, par le retrait de la glace et par un niveau de la mer sans précédent dans le monde, des changements exacerbés par les émissions de gaz à effet de serre en conséquen-ce de l’activité humaine.

Les vagues de chaleur et les inondations qui se produisaient tous les 100 ans sont de plus en plus fréquentes.

Il est presque certain que les températures moyennes de la période de cinq ans (2015-2019) et de la décennie (2010-2019) seront les plus élevées de celles enregistrées et tout indique que 2019 sera la deuxième ou la troisième année la plus chaude.

Les concentrations de dioxyde de carbone dans l’atmosphère ont atteint un nouveau record de 407,8 parties par million en 2018, et en 2019, elles ont continué d’augmenter. Ce gaz reste dans l’atmosphère pendant des siècles et dans les océans pendant des périodes encore plus longues, de sorte qu’il perpétue le changement climatique.

Il a également été constaté que, depuis 1993, lorsque les mesures par satellite ont commencé, l’élévation du niveau de la mer s’est accélérée en raison de la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique.

L’océan agit comme un amortisseur en absorbant la chaleur et le dioxyde de carbone, mais cela a de graves conséquences. La chaleur accumulée dans les eaux océaniques a atteint des niveaux sans précédent et des vagues de chaleur marines généralisées se sont produites.

L’acidité de l’eau de mer a augmenté de 26% depuis le début de l’ère industrielle. En consé-quence, les écosystèmes marins vitaux se dégradent.La valeur minimale de l’extension quoti-dienne de la glace de mer dans l’Arctique en septembre 2019 était la deuxième plus faible depuis que des enregistrements par satellite sont disponibles, et des records ont également été établis en octobre.

En revanche, en Antarctique, les extensions de glace ont enregistré des valeurs minimales sans précédent au cours de certains mois de 2019.

Une augmentation de 3 degrés au coin de la rue

Jusqu’à récemment, des prévisions sur le changement climatique étaient projetées au-delà des générations qui allaient le vivre, mais le réchauffement climatique est devenu beaucoup plus rapide que prévu.

La température mondiale moyenne est actuellement estimée à 1,1 ° C, un degré de plus que la période préindustrielle (1850–1900) et les conséquences sont: les événements météorologiques extrêmes sont plus intenses et fréquents avec toutes les conséquences que cela implique.

Les effets du changement climatique se manifestent quotidiennement sous la forme d’événements météorologiques extrêmes et anormaux.

«Les vagues de chaleur et les inondations qui se produisaient tous les 100 ans sont de plus en plus fréquentes. Les effets des cyclones tropicaux d’une intensité dévastatrice se font sentir des Bahamas au Japon, en passant par le Mozambique, et les incendies de forêt dévastent de vastes zones de l’Arctique et de l’Australie », a déclaré Taalas. Et pourtant, ce n’est rien comparé à ce qu’il peut être.

Tout indique une augmentation de la température de plus de 3° C d’ici la fin du siècle.

« Si nous ne prenons pas de mesures urgentes pour lutter contre le changement climatique maintenant, tout indique une augmentation de la température de plus de 3 ° C d’ici la fin du siècle, et ses conséquences pour le bien-être de l’humanité seront encore plus dommageables », dit le secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale, Petteri Taalas.

À l’heure actuelle, nous sommes très loin d’atteindre l’objectif de l’Accord de Paris sur le changement climatique de maintenir la température moyenne de la terre en dessous de 2 degrés Celsius.

Risques pour la santé

Une partie importante de la Déclaration sur l’état du climat 2019 est consacrée aux impacts des phénomènes météorologiques et climatiques sur la santé. Par exemple, les mêmes émissions de gaz qui produisent l’effet de serre proviennent de la pollution atmosphérique, causent la mort prématurée de sept millions de personnes par an.

De plus, seulement en 2018, le nombre de personnes vulnérables de plus de 65 ans exposées aux vagues de chaleur a augmenté de 220 millions par rapport à la période de référence moyenne entre 1986 et 2005.

Par conséquent, la protection de la santé humaine contre les effets du changement climatique est plus urgente que jamais et, cependant, nous ne faisons pas grand-chose dans ce chapitre pour nous préparer. Un autre rapport publié par l’Organisation mondiale de la santé souligne que seul un pays sur cinq a conçu des stratégies pour atténuer les effets de ce phénomène.

Dans le rapport, basé sur une enquête réalisée dans plus d’une centaine de pays, cette agence des Nations Unies note que seulement 38% des pays disposent de ressources pour exécuter partiellement leur stratégie nationale sur la santé et le changement climatique, et moins de 10% allouent des ressources suffisantes pour sa pleine exécution.

Le Dr María Neira, du Département de la santé publique de l’OMS, qui participe à la COP25 à Madrid, a déclaré à UN News que l’Organisation veut souligner la nécessité pour «la santé d’être beaucoup plus présente dans les décisions» de cette conférence et que Accélérer les mesures « pour lutter contre le changement climatique, car il a un impact très négatif sur la santé des gens ».

La Déclaration sur l’état du climat mondial souligne également d’autres impacts négatifs tels que l’accès à la nourriture, la migration et les effets sur les écosystèmes et la vie marine.

À l’avenir, les pays vulnérables devront faire face à des défis considérables pour garantir l’accès à la nourriture.

La variabilité climatique et les événements météorologiques extrêmes sont quelques-uns des principaux facteurs qui expliquent l’augmentation récente de la faim dans le monde et l’une des principales causes de crises graves. Après une décennie de réduction constante, la faim connaît un rebond, étant donné qu’en 2018 elle a touché plus de 820 millions de personnes.

«L’une des principales conséquences du changement climatique est que la configuration des précipitations est plus irrégulière. Cela met en péril les rendements des cultures et, si la croissance démographique est également prise en compte, les pays vulnérables seront confrontés à l’avenir à des défis considérables pour garantir « l’accès à la nourriture », a déclaré le Secrétaire général de l’Organisation météorologique. Monde

Dans 26 des 33 pays touchés par les crises alimentaires en 2018, la variabilité climatique et les événements météorologiques extrêmes ont été, avec les perturbations économiques et les situations de conflit, des aspects qui ont aggravé la situation actuelle. Dans 12 de ces 26 pays, la variabilité climatique et les événements météorologiques extrêmes ont été les principaux facteurs à l’origine de la crise.

Entre janvier et juin 2019, plus de dix millions de nouveaux déplacements internes ont été enregistrés, et sept millions étaient dus à des phénomènes climatiques dangereux, tels que le cyclone Idai en Afrique du Sud-Est, le cyclone Fani en Asie du Sud, l’ouragan Dorian dans le Caraïbes et des inondations en Iran, aux Philippines et en Éthiopie. Ces épisodes ont généré des besoins humanitaires et de protection urgents au sein des populations.

12/07/19

https://www.salyroca.es/

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06 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

tanio (fr3)

dechets

Il n’y a pas que le Tanio qui fuit! Ici les déchets nucléaires

40 ans après, le Tanio continue de fuir

Le pétrolier Malgache Tanio, qui s’est cassé en deux le 07 mars 1980 au large de l’Ile de Batz, coule avec sa cargaison de 26 000 tonnes de fioul lourd.

Suite à la quarantaine d’oiseaux mazoutés recueillis sur les côtes du nord du Finistère, des investigations ont été menées. De petites fuites intermittentes d’hydrocarbure viennent d’être constatées sur l’épave du Tanio, coulé en 1980.

À l’issue des premières investigations, les analyses du pétrole recueilli sur les ailes des oiseaux mazoutés avaient montré de grandes similarités avec le fioul lourd transporté par le pétrolier Tanio.
Les investigations ont été poussées et l’opération menée par la Cellule Plongée Humaine et Intervention Sous la Mer (CEPHISMER) de la Marine Nationale a démontré que l’épave du Tanio fuit. A la demande des autorités maritimes, elle a réalisé, à l’aide d’un véhicule sous-marin téléguidé, des analyses sur la coque du pétrolier Tanio, situé à 46 kilomètres au nord de l’Ile de Batz, par plus de 80 mètres de fond.
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Résultat : des petites fuites de pétroles repérées proviennent de deux orifices de la coque de l’épave.  Reste à savoir comment, 40 ans après son naufrage, des éventuelles fuites d’hydrocarbures seraient encore possible ?Pour comprendre, rappelons les faits. Le 7 mars 1980, au large des côtes du Nord du Finistère, le pétrolier Tanio se brise en deux. 10.000 tonnes de pétrole se déversent en mer, contaminant 200 kilomètres du littoral.
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Des petites bulles d’hydrocarbures s’échappent de l’épave.
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Des opérations sous-marines sont conduites à la suite du naufrage. La coque est percée afin de pomper une partie de la cargaison du pétrolier. Le problème viendrait donc de ces orifices. Selon les investigations, les vannes de deux orifices qui permettaient de pomper ont été arrachées. Ce qui laisserait sortir des petites bulles d’hydrocarbures.

Mais d’après la préfecture maritime de l’Atlantique, il n’y a aucun risque de marée noire. Des  observations satellitaires, aériennes et une patrouille côtière sont renforcées. Aucune pollution en mer, ni sur les plages, n’a été repérée, d’après la préfecture maritime.

Un échantillon d’hydrocarbure a été prélevé pour être analysé par le Centre de Documentation de Recherche et d’Expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux (CEDRE). La Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) a également envoyé au centre des échantillons prélevés des oiseaux.

Depuis un mois, la LPO a recueilli une quarantaine d’oiseaux, blessés et morts. Des guillemots, des pingouins torda, des macareux moines… Tous portent des traces d’hydrocarbures sur leurs ailes. 4 ont pour le moment été relâchés, 10 sont en piscine, les autres sont morts. La présence d’hydrocarbure sur leurs ailes est probablement une des causes de leur décès.

Juliette Vincent-Seignet  06/12/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Commentaire:

La corosion atteint toutes les matières: métal des pétroliers et des sous-marins nucléaires coulés avec leurs ogives, bétons et autres emballages des déchets nucléaires qu’on jetait en mer dans la Manche. Enfin, les armes chimiques et gaz mortels des deux dernières guerres finiront bien aussi par atteindre la limite de 100 ans où plus rien n’est étanche.

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06 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

cop 25 (pùblico)

 climat

Tu es pour « Extinction Rebellion » ou pour « Vendredis pour le futur? »

Les nouveaux groupes militants pour climat

La lutte contre la crise climatique a entraîné la création de nouveaux groupes activistes, au-delà des associations traditionnelles telles que Greenpeace ou Ecologistas en Action. Ce sont les principaux acteurs du sommet social qui se déroulera parallèlement à la COP 25 à partir de vendredi.

C’est le bon moment pour se déclarer en rébellion et protester pour la planète. Le cadre du Sommet sur le climat de Madrid a redonné vie aux groupes environnementaux qui, tout au long de 2019, ont envahi les rues d’Espagne pour exiger une déclaration d’urgence climatique. Tandis que les hauts responsables se réunissent dans les séances plénières pour tenter de sauver l’accord de Paris, la société civile est organisée dans le cadre d’un contre-sommet qui commen-ce ce vendredi et qui irriguera l’Espagne pour des mesures contre la crise mondiale.

Dans ce contexte d’agitation, la carte des organisations qui exigent des mesures pour faire face à la crise climatique est aussi vaste qu’elle est hétérogène. Les « Ecologistes en action », Greenpeace, le WWF ou les Amis de la Terre ont longtemps été les principales organisations environnementales. Cependant, l’offre s’est développée avec l’apparition de nombreux collectifs.

Pùblico, vous explique quels sont les principaux acteurs du sommet social qui se déroulera parallèlement à la COP 25 à partir de ce vendredi.

2020 Rébellion pour le climat

C’est une plate-forme qui est définie comme « d’action non violente » face au climat et à la crise écologique. 2020 Rebellion for Climate est un mouvement européen qui regroupe de nombreu-ses organisations et sert d’outil de coordination. En Espagne, cette plate-forme agit comme une sorte de parapluie couvrant des groupes tels que « Ecologistas in Action » ou « Greenpeace », parmi beaucoup d’autres que vous pouvez consulter ici.

L’origine de 2020, We Rise Up (nom original en anglais) remonte à l’automne 2018, lorsque l’environnementalisme mondial a commencé à intensifier ses mobilisations sur tout le continent européen pour exiger des gouvernements, entre autres, une déclaration d’urgence climatique.

Chacune des organisations qui adhèrent à cette plateforme a toute liberté pour mener des actions et autres actes de protestation. Cependant, ce mouvement sert d’outil pour parvenir à un consensus au sein de l’organigramme hétérogène de l’organisation environnementale espagnole.

Alliance climatique

La Climate Alliance est l’autre grande plate-forme verte qui a envahi les rues au cours de la dernière année. Son origine remonte à 2015 et a été articulée comme un outil de débats sociaux et d’initiatives dans les moments qui ont précédé la Conférence des parties des Nations Unies (COP 21) qui a donné naissance à l’Accord de Paris.

Il est composé de plus de 400 organisations – vous pouvez les consulter ici - qui partagent les principes de la lutte environnementale, mais qui proviennent de mondes disparates tels que le syndicalisme, la coopération au développement, les droits des consommateurs ou les luttes agraires.

Au sein de l’Alliance pour le climat, il se peut que certains groupes soient également intégrés à Rébellion pour le climat en 2020, de sorte que ce ne sont pas des plates-formes antagonistes, car ils se complètent. En fait, la plupart des dernières grandes manifestations environnementales de l’Espagne ont été organisées par les deux.

Vendredis pour l’avenir-Jeunes pour le climat

Youth for Climate est sans aucun doute le nouvel encouragement du militantisme environne-mental. C’est un nouveau mouvement étudiant qui s’est développé en un peu plus d’un an sur toute la planète. Ils se définissent comme un mouvement partisan – ce qui n’est pas synonyme d’apolitique – et ils sont arrivés en Espagne il y a tout juste un an, après que Greta Thunberg eut prononcé son discours lors du dernier Sommet sur le climat de Katowice (COP 24).

En Espagne, ils ont dirigé les deux dernières grèves mondiales pour le climat – celle du 15 mars qui les a fait connaître aux médias, et celle du 27 septembre – avec des mobilisations partout. En outre, au cours de la dernière année, ils ont manifesté tous les vendredis dans les principales villes de l’État – dans le cas de Madrid, devant le Congrès des députés – pour exiger une décla-ration d’urgence institutionnelle et la promotion d’une loi sur les changements climatiques.

Extinction Rebellion (XR)

C’est une jeune organisation qui vient d’arriver en Espagne et qui commence à avoir une présence notable dans les rues lors de la grève mondiale des conditions météorologiques du 27 septembre. Au cours des derniers mois, ils ont déployé des activités médiatiques comme une performance dans laquelle ils simulent l’extinction de l’espèce humaine et l’effondrement de la planète Terre.

En outre, ils ont participé à d’autres manifestations sociales telles que le camping devant le ministère de la Transition Ecologique et l’interruption du trafic sur le pont de Nuevos Ministerios le 7 octobre.

Cette jeune organisation est originaire du Royaume-Uni, où des millions de personnes ont déci-dé de descendre dans la rue pour demander au parlement britannique de déclarer la situation d’urgence climatique et d’approuver un plan spécifique pour faire face au réchauffement plané-taire. Ces journées de protestation au mois d’avril 2019 – ont abouti à des milliers de détentions et ont été un autre élément dans la renaissance de l’environnementalisme européen.

madrid 12/05/2019 a. t. R.

https://www.publico.es/

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05 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

madrid manif cop 25

Vendredi 6 Décembre à Madrid, manif climat. Nous appelons à rejoindre le cortège anticapitaliste.

cartel_cumbreclimamadrid

Mobilisons-nous dès maintenant contre le désastre climatique (Quatrième Internationale)

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04 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

cop 25 (lutte ouvrière)

voiture

COP 25 : les discours n’arrêteront rien

Initialement programmée au Chili où la révolte populaire contre le gouvernement se poursuit, la COP 25, vingt-cinquième conférence internationale des Nations unies sur le climat, se déroule finalement à Madrid jusqu’au 13 décembre.

De multiples associations et les scientifiques du monde entier répètent que cette COP 25 « est la dernière opportunité historique pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C d’ici la fin du siècle ».

Selon leurs études, si les émissions de dioxyde de carbone, le CO2, ne baissent pas de 7,6 % par an entre 2020 et 2030, la planète est partie pour un réchauffement supérieur avec des effets irréversibles. Une baisse aussi drastique est réclamée depuis des années par les experts.

Année après année, les grand-messes se succèdent, les mêmes discours alarmistes sont prononcés, des plans de réduction sont votés comme celui de Paris en 2015… et rien ne change.

Les épisodes caniculaires sont plus nombreux, les incendies ravagent l’Amazonie, les tempêtes augmentent en intensité dans diverses régions du globe, les glaces polaires fondent de plus en plus vite tandis que les émissions de CO2 ne baissent pas.

Il est de bon ton de dénoncer Trump et Bolsonaro, dirigeants des États-Unis et du Brésil, deux grands pays émetteurs de gaz à effet de serre qui refusent de mettre en œuvre l’accord de Paris, tout comme l’Australie.

De leur côté, les dirigeants européens jouent les vertueux. Ils préparent un Green New deal, un vaste programme d’aide publique censé organiser la transition écologique. Chacun dans son style, chacun flattant son électorat plus ou moins réactionnaire ou plus ou moins bobo, les dirigeants des grandes puissances défendent tous les intérêts immédiats de leurs groupes industriels.

Aucun ne prendra la moindre mesure contraignante pour imposer des contrôles et surtout des sanctions aux capitalistes de l’énergie, du transport, de la chimie ou du BTP qui polluent. À Madrid, Édouard Philippe fera des discours sur le climat, à Rouen il a couvert les manquements de Lubrizol. (Et c’est un ex-lobbyiste d’Areva blog)

En revanche, la lutte contre le réchauffement climatique fournit un nouveau prétexte pour arroser de subventions les grands groupes. Ainsi, les patrons de l’automobile sont venus lundi 2 novembre au ministère de l’Économie réclamer « un plan d’urgence » pour développer les moteurs électriques ainsi que des baisses d’impôts.

Nul doute que ceux qui ont imposé le moteur Diesel à toute la société trouveront le soutien de l’État pour se gaver avec la fabrication des moteurs électriques. Les travailleurs, eux, ont droit à des leçons de morale sur leur bilan carbone et à des taxes supplémentaires quand ils prennent leur voiture pour aller travailler ou quand ils se logent dans des passoires thermiques.

Le cynisme des dirigeants des grandes puissances alimente bien légitimement la révolte d’une partie de la jeunesse, qui manifeste dans de multiples pays.

Greta Thunberg, l’initiatrice de la grève de l’école pour le climat, prendra la parole à Madrid. Mais aucun discours, si sincère soit-il, n’arrêtera la machine à profit qui dicte ses choix à toute la société.

Pour enrayer la catastrophe climatique comme la catastrophe sociale en marche, il faut arracher le pouvoir aux capitalistes. C’est à cette tâche que la jeunesse révoltée et les travailleurs doivent s’atteler de toute urgence.

Xavier LACHAU 03 Décembre 2019
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03 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

soudan (courrier-international inprecor)

soudan

Au Soudan, les femmes peuvent enfin danser et porter des pantalons

Le gouvernement soudanais a abrogé une loi sur “l’ordre moral et public”, qui, selon une interprétation rigoriste de la loi islamique, rendait des actes jugés indécents pour les femmes passibles de châtiments. Une grande victoire pour les Soudanaises, sept mois après la chute du régime militaro-islamiste d’Omar Al-Bachir.

Il y a un an, alors qu’éclatait le mouvement de protestation contre le régime d’Omar Al-Bachir, les Soudanaises prenaient la tête des manifestations. Aujourd’hui, “ces femmes obtiennent leur première victoire”, titre Middle East Monitor.

“Tard dans la soirée de jeudi soir [28 novembre], la loi sur l’ordre public, qui était dirigée spécifi-quement contre les femmes, a été abolie”, rapporte le site soudanais Sudan Tribune. Elle “octroyait aux tout-puissants services de police le pouvoir d’arrêter les gens pour une longue liste d’infractions”, explique le Washington Post.

Des peines allant de coups de fouets à la lapidation

“Ils pouvaient arrêter les femmes qui dansaient, celles qui portaient des pantalons, celles qui faisaient du commerce dans la rue, ou qui fréquentaient des hommes qui n’appartenaient pas à leur famille. Les peines allaient des coups de fouets aux amendes et pouvaient même, dans de rares cas, être la lapidation ou l’exécution”, poursuit le quotidien américain.

Cette loi avait été adoptée lors de l’arrivée au pouvoir du régime militaro-islamiste d’Omar Al-Bachir, l’ancien président soudanais, renversé en avril 2019.

“Une nouvelle ère au Soudan”

Dans un tweet, le Premier ministre, Abdallah Hamdok, a assuré qu’il ne s’agissait pas là d’une “revanche, mais bien de rendre leur dignité aux Soudanais après des années de tyrannie”, rapporte Sudan Tribune. “Il a également ajouté que cela marquait ‘l’avènement d’une nouvelle ère’ au Soudan.”

“Cette loi a été utilisée pour exploiter, humilier et violer des droits fondamentaux. Elle a servi à asservir financièrement et psychologiquement [les femmes]. De nombreuses Soudanaises ont subi des préjudices intolérables. […] Je leur rends hommage”, a écrit le Premier ministre soudanais.

Des manifestations spontanées pour saluer l’abrogation

Aussitôt après l’annonce de cette abrogation, des manifestants sont descendus dans les rues de plusieurs quartiers de Khartoum, la capitale, pour célébrer une décision attendue depuis longtemps, rapportent les médias du pays. Ils dansaient et chantaient des slogans révolution-naires. D’autres lois sur la “moralité”, régissant notamment “la sexualité, la façon de s’habiller ou de se conduire dans le privé”, restent néanmoins en vigueur, rappelle le Washington Post.

En décembre 2018, des protestations contre des mesures d’austérité et l’augmentation du prix du pain avaient éclaté dans ce pays tenu d’une main de fer par Omar Al-Bachir et les militaires depuis 1989, et avaient conduit à la chute de l’autocrate. Une femme, Alaa Salah, tout de blanc vêtue, chantant au milieu d’une foule, était devenue l’icône de ce mouvement mené par les Soudanaises.

03/12/2019

https://www.courrierinternational.com/

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La chute de l’autocrate Omar el-Béchir (Inprecor)

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03 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

cop 25 décennie (pùblico)

 temps

La dernière décennie a probablement été la plus chaude depuis qu’existent les relevés

Le rapport de l’Organisation météorologique mondiale dresse un tableau sombre du climat de la planète, où les événements extrêmes sont devenus monnaie courante.

La dernière décennie a été la plus chaude depuis les premiers relevés, ont averti plusieurs météorologues mardi, lors de la présentation du rapport annuel de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) lors du sommet sur le climat de Madrid.

L’évaluation annuelle de l’état du climat de la Terre a révélé les enjeux du sommet, qui visait à améliorer l’Accord de Paris de 2015 afin de freiner le réchauffement de la planète aux conséquences catastrophiques.

« Les bouffées de chaleur et les inondations qui étaient autrefois » une fois par siècle « sont de plus en plus régulières », a déclaré le Secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas, dans un communi-qué. «Des pays des Bahamas au Japon en passant par le Mozambique ont subi les effets des cyclones tropicaux dévastateurs. Les incendies de forêt se sont répandus dans l’Arctique et en Australie », a-t-il ajouté.

Les conclusions du rapport:

Les températures moyennes pour des périodes de cinq ans (2015-19) et de dix ans (2010-19) sont probablement les plus élevées depuis que des records ont été enregistrés;

L’année 2019 est sur le point d’être le deuxième ou la troisième plus chaud;

L’eau de mer est maintenant 26% plus acide qu’au début de l’ère industrielle, endommageant les écosystèmes marins;

Les banquise de l’Arctique ont presque atteint un creux record en septembre et octobre, et l’Antarctique a également enregistré des ruptures record cette année;

Le changement climatique est un facteur crucial dans la montée de la faim dans le monde après une décennie de réduction continue, avec plus de 820 millions de personnes souffrant de pénuries alimentaires en 2018;

Les catastrophes météorologiques ont déplacé des millions de personnes cette année et affecté les précipitations en Inde, dans le nord de la Russie et dans le centre des États-Unis, entre autres régions.

Le rapport montre également que l’élévation de la température de la mer, appelée «vagues de chaleur en mer», qui dévastent la vie sous-marine, est également devenue plus courante.

Le document indique que la concentration de CO2 dans l’atmosphère a atteint un record de 408,7 parties par million en 2018 et a continué d’augmenter en 2019.

Lors de l’ouverture du sommet, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a averti que 400 parties par million étaient arrivées. être considéré comme un seuil « inimaginable ».

La succession de sombres rapports scientifiques sur le climat au cours des dernières années a suscité une prise de conscience accrue de l’environnement, poussant certaines entreprises à promettre de réduire les émissions et aggravant les préoccupations des investisseurs concernant la stabilité des prix des actifs.

Mais les délégués à Madrid doivent faire face à une dure bataille pour convaincre les principaux émetteurs de procéder aux changements nécessaires pour ramener le système climatique sur une voie qui rend la Terre plus vivable.

Reuters 3 décembre 2019

https://www.publico.pt/

 

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03 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

brest ogm (faucheurs)

ogm

Vigilance OGM

Le collectif vigilance OGM propose une journée d’information sur les
conséquences des importations de soja OGM dans les ports Bretons.

Samedi 7 Décembre 14H Place de la Liberté

Notre système agricole s’appuie sur le soja OGM importé d’Amérique, sa culture entraîne de graves conséquences dans les pays producteurs, entre autres, déforestation, recul et incendie de la forêt Amazonienne, pollution des nappes phréatiques, expulsion des petits paysans, problèmes très graves de santé (nombreux cancers, mortalité néo-natale, malformations…)

Nos dirigeants et élus régionaux bretons s’expriment d’un coté contre ces importations alors que ce modèle agricole est fortement subventionné.

La région Bretagne s’est elle-même déclaré « RÉGION SANS OGM ».

Et si nous regardions un peu la réalité en face et pointions du doigt ce système à bout de souffle? La question la plus sensée serait :

Comment arrêter LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE, les importations de Soja en France et en Europe? »

Comme préambule à cette discussion le collectif Vigilance OGM vous invite à la projection du film de Christine SERGEZZI

« HISTOIRES DE LA PLAINE »

« Dans la pampa argentine, les terres autour de Colonia Hansen sont parmi les plus fertiles au monde. Pendant longtemps, des millions de vaches y vivaient en plein air. On disait que la meilleure viande de boeuf était argentine. Aujourd’hui d’immenses champs de soja transgénique ont pris la place des cheptels et couvrent la plaine jusqu’à l’horizon. « Histoires de la plaine » remue ces terres pour en faire jaillir des histoires qui racontent des massacres et des dispari-tions  du passé.

Des récits qui font écho à la survie et à la résistance des derniers habitants face à la destruction de l’environnement, des animaux et des hommes par la monoculture et les pesticides. A ce jour, peu de personnes osent élever leurs voix contre le système du soja, les enjeux économiques étant énormes. Des fortes pressions s’exercent envers ceux qui s’expriment contre la monoculture. »

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03 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

cop 25 (pùblico)

experts

COP 25

Températures record, dégel et élévation du niveau de la mer

2019 clôture une décennie qui témoigne de la crise climatique

L’Organisation météorologique mondiale présente son rapport annuel au Sommet sur le climat de Madrid et souligne que les émissions de CO2 sont le principal déclencheur du changement climatique dont la planète est la victime.

L’année 2019 clôt une décennie exceptionnelle marquée par les températures élevées, le dégel et l’élévation du niveau de la mer à des niveaux record. Cela a été annoncé mardi par l’Organi-sation météorologique mondiale lors du Sommet sur le climat de Madrid, qui a présenté son rapport annuel sur l’état du climat dans le monde.

En fait, selon les estimations proposées, cette année pourrait être « le deuxième ou le troisième » record, avec une température moyenne de 1,1 ° C au-dessus de la période préindustrielle.

La température augmente parallèlement à une concentration plus élevée de particules de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, atteignant 407,8 parties par million en 2018 et augmentant l’année suivante.

En ce qui concerne les océans, la fonte des calottes glaciaires s’est accélérée, comme l’ont détaillé les experts de l’Organisation météorologique mondiale, de sorte que le niveau de la mer a nettement augmenté depuis 1993.

En outre, l’océan a agi comme une sorte de tampon de pollution, car il absorbe une grande partie de la chaleur et du dioxyde de carbone émis par les humains. Cette situation a entraîné une augmentation de la température de la mer.

De plus, elle est devenue 26% plus acide que les niveaux préindustriels, ce qui finit par nuire à la biodiversité aquatique. Septembre 2019 a enregistré le deuxième record le plus faible de mesures satellitaires de l’étendue de la glace de mer.

« Si nous ne prenons pas de mesures climatiques urgentes maintenant, nous nous dirigeons vers une augmentation de température de plus de 3 ° C d’ici la fin du siècle, avec des conséquences de plus en plus dommageables pour le bien-être humain », a déclaré le Secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas. , qui a également averti que « nous ne sommes pas près d’atteindre l’objectif de l’accord de Paris ».

En outre, le rapport de l’OMM se concentre sur les phénomènes météorologiques extrêmes, que suscite de plus en plus fréquemment la crise climatique. C’est le cas des inondations et des vagues de chaleur, qui se produisaient tous les cent ans environ et se répètent plusieurs fois par an. Les pays situés dans le Pacifique, des Bahamas au Japon, en sont un bon exemple. Ces dernières années, ils ont subi les effets dévastateurs de la crise climatique.

«L’un des principaux impacts du changement climatique est la structure des précipitations la plus irrégulière. Cela représente une menace pour les rendements agricoles et, associé à l’augmentation de la population, représentera un défi considérable pour la sécurité alimentaire des pays vulnérables à l’avenir « , a ajouté M. Salas.

Les vagues de chaleur, qui sont également devenues plus fréquentes, ont des effets négatifs sur la santé humaine. À tel point qu’en 2018, environ 220 millions de personnes vulnérables et de personnes de plus de 65 ans ont eu du mal à se protéger de ce phénomène météorologique extrême.

En outre, les changements climatiques d’origine humaine sont devenus un facteur de faim dans le monde, ce qui a rendu vulnérables environ 820 millions de personnes, faute de nourriture. En outre, selon l’OMM, il y aurait eu 10 millions de nouveaux déplacements en raison des condi-tions météorologiques, dont 7 millions dus à des phénomènes dangereux tels que des ouragans ou des inondations.

Madrid 12/03/2019 Alejandro Tena

https://www.publico.es

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02 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

bhopal (rebellyon npa)

bhopal

Catastrophe de Bhopal

Depuis le 2 décembre 1984, des décennies de laisser-aller criminel

Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984 une cuve de produits chimiques explose dans une usine de pesticides à Bhopal, 800 000 habitants, capitale du Madhya Pradesh, au centre de l’Inde.

Cela fait suite à des déficiences récurrentes du système de sécurité, connues mais occultées pour raison d’économie. Ce sont 42 tonnes de gaz mortels qui s’échappent, asphyxiant en premier lieu le bidonville de Khasi Camp où les populations les plus pauvres sont agglutinées, et provoquent la mort de 3 800 personnes le 3 décembre, puis de 8 000 la première semaine, et de 25 000 personnes un peu plus tard dans d’atroces souffrances.

Mais il y a aussi de très nombreux blessés, malades et plus de 200 000 personnes qui sont maintenant gravement handicapées à vie et autant de personnes qui sont nées par la suite avec des malformations importantes.

L’entreprise américaine Union Carbide s’est volatilisée administrativement, puis a été rachetée par la multinationale Dow Chemical qui refuse de dépolluer le site et d’indemniser les victimes comme il se doit. Trente ans après, rien a changé. Un grand nombre d’enfants naissent encore aujourd’hui mal-formés suite à la consommation de l’eau des nappes phréatiques toujours contaminées…

Au sujet du nombre de morts et de blessés à vie, la catastrophe de Bhopal c’est Chernobyl + Fukushima réunies. Trente ans après, les habitants de notre planète ne font rien pour la plus grande catastrophe industrielle de l’histoire humaine…

La tragédie continue toujours…

Cette nuit-là, de l’eau s’infiltre dans la cuve n°610. La réaction chimique est instantanée : la température atteint 200°C ce qui fait monter en pression la cuve jusqu’à ce qu’elle explose. L’entreprise états-unienne Union Carbide, qui possédait l’usine, s’est volatilisée physiquement et financièrement après l’explosion et n’a jamais pris en charge le nettoyage du site.

Seuls les impacts médicaux avaient été pris en compte, en 1989, pour établir le montant de la compensation financière, qui avait alors été réglée à 470 millions de dollars (alors que la compensation avec la prise en charge du nettoyage du site est estimée à plus de 2 milliards de dollards). Depuis 2001, les actifs financiers et les bénéfices d’Union Carbide ont été repris par la multinationale géante Dow Chemical, qui a toujours refusé de reprendre les responsabilités dans la catastrophe de Bhopal.

Les prémices de la catastrophe de Bhopal

En 1982, déjà, une inspection détaillée fait apparaître dix déficiences sérieuses dans les systèmes de sécurité de l’usine. La population, elle, s’habitue à entendre le signal d’alarme qui, peu à peu, « fait partie du paysage ». De surcroît, elle n’a pas une éducation suffisante pour bien comprendre ce que peut signifier une véritable alerte dans cette usine.

Un autre problème apparaît. À partir de 1982, l’usine devient largement déficitaire à cause de la mévente de ses produits. UCC, la maison mère, envisage sa fermeture mais le gouvernement indien refuse car cela constituerait un très mauvais exemple pour d’autres investisseurs étrangers potentiels, un précédent défavorable.

Pour rééquilibrer ses comptes, la filiale indienne UCIL décide alors de réduire les frais d’exploita-tion et, pour ce faire, licencie progressivement une bonne partie du personnel qualifié, soit pour le remplacer par du personnel de moins bon niveau, soit pour ne pas le remplacer et simplement diminuer les effectifs. De ce fait, chacun s’habitue peu à peu à travailler avec des effectifs réduits. Il est donc probable qu’à partir de cette époque le personnel est conduit à ne plus faire que ce qui est directement contrôlable ou immédiatement nécessaire…

En 1984, après de multiples fermetures temporaires, on constate que deux des dix déficiences signalées en 1982 n’ont toujours pas été corrigées. Mais les directeurs pensent qu’il n’y a pas d’urgence, alors que l’unité de refroidissement du MIC continue à mal fonctionner et fait donc peser une menace permanente sur la sécurité. Il faut savoir que, dans le même temps, la maison-mère, UCC, gère une installation similaire à Institute en Virginie Occidentale ; par conséquent elle devrait être à même de peser très exactement les risques et les conséquences de chaque incident survenant à Bhopal.

La nuit tragique du 2 au 3 décembre 1984 :

Peu à peu les différents éléments du futur drame se mettent en place. Le premier incident significatif a lieu dans la journée du 21 octobre 1984 durant laquelle les opérateurs échouent dans leur tentative d’accroître la pression dans le réservoir 610 pour en extraire le MIC qui y est stocké. Il semble que les causes de cet échec, tout à fait anormal, ne seront pas examinées en profondeur et qu’aucune mesure ne va être prise, probablement par manque de personnel.

Arrive enfin la fatale nuit du dimanche 2 au lundi 3 décembre, alors que l’usine est partiellement fermée et tourne au ralenti avec des effectifs encore plus réduits que de coutume.

La majorité de la population alentour dormait à cette heure-là et sera frappée dans son sommeil par un nuage toxique qui s’abat sur elle, sur une étendue de vingt-cinq kilomètres carrés. Quant aux personnes qui ne dormaient pas, elles n’ont pas réagi car elles sont habituées depuis longtemps à ce signal d’alarme.

Les ouvriers de l’usine, conscients du danger, s’enfuient en courant dans la panique et personne ne songe même à utiliser les quatre autobus garés dans la cour. Comble de malchance, il sera difficile de prévenir les autorités car les lignes téléphoniques de l’usine fonctionnent mal.

La panique s’étend à toute la ville et, dans la plus totale incompréhension, des centaines de milliers de personnes sont prises au piège, errant dans les ruelles étroites du bidonville, cherchant des secours qui tarderont beaucoup à se mettre en place, essayant de sauver un proche agonisant.

Tout cela souvent à l’aveuglette car le gaz attaque d’abord les yeux, entraînant une cécité, provisoire dans les cas favorables, avant de s’engouffrer dans les poumons pour provoquer de graves insuffisances respiratoires.

Les trois cent cinquante médecins de la ville qui peu à peu se mobilisent perdent beaucoup de temps à comprendre ce qui se passe car aucun d’entre eux n’a été informé sur la nature exacte du pesticide et les dangers qu’il présente. Quant aux installations médicales disponibles, déjà insuffisantes en temps normal, il est inutile de préciser qu’elles apparaissent alors très en deçà des besoins.

Dès le 4 décembre, l’Américain Warren Anderson, PDG de l’usine, part sur les lieux avec une équipe d’experts pour essayer de faire la lumière sur le drame. Mais ce déplacement se fera en vain. Anderson est arrêté et emprisonné puis finalement expulsé. Il se soustrait par la suite à toutes les convocations judiciaires en Inde. [1]

Ce n’est que le 20 décembre que les autorités laisseront venir la commission d’enquête sur les lieux. Dès le 6 décembre, l’usine a été fermée et on a juste commencé d’entreprendre son démantèlement.

Les questions qui se posent dans le rôle et le comportement des dirigeants de Union Carbide

Dans cette sinistre affaire, il est utile de se poser d’abord quelques questions. Les intérêts en jeu et les différences de vision sur les développements juridiques, financiers, légaux entre Américains et Indiens font que bien souvent aucune réponse n’a été apportée, ou bien deux réponses contradictoires : l’indienne et l’américaine !

36 ANS APRÈS LA CATASTROPHE DE BHOPAL, DES MESURES SÉRIEUSES DE DÉCONTAMINATION N’ONT PAS ÉTÉ PRISES POUR LA SANTÉ DE LA POPULATION ET LES VICTIMES ATTENDENT TOUJOURS D’ÊTRE INDEMNI-SÉES COMME IL SE DOIT !

Encore aujourd’hui, il y a dans la région autour de Bhopal énormément de naissances avec des malformations, énormément de bébés morts prématurément, ainsi qu’énormément de personnes souffrant de graves problèmes de santé.

Une enquête montre que 90% des habitantes allaitantes de Bhopal présentent du mercure dans le lait maternel, ce qui ralenti le développement normal du foetus. Il semble que boire de l’eau aujourd’hui dans la région de Bhopal entraîne toutes ces malformations, car l’eau est, trente ans après, encore empoisonnée !

Mais on a prouvé d’ailleurs que l’eau était déjà empoisonnée bien avant la catastrophe… Selon une série d’analyses chimiques des sources d’approvisionnement en eau aux alentours de l’usine réalisée par Greenpeace, des métaux lourds ont été décelés dans l’eau : zinc, cuivre, plomb, nickel, mercure, parfois à un niveau jusqu’à six millions de fois supérieur à la présence naturelle de ces éléments dans les sols.

En effet on finit par connaître que des résidus de pesticides produits dans l’usine depuis 1977 étaient carrément déversés à l’époque dans un lac à proximité de l’usine. Et puis les pesticides abandonnés dans cette usine-poubelle depuis 30 ans, et qui ont été lessivés par les pluies, contaminent aussi les nappes phréatiques et donc l’eau potable pour toute la population aux alentours de l’usine d’Union Carbide.

C’est ainsi qu’un certain nombre de substances très toxiques perpétuent encore aujourd’hui la contamination et les impacts sur les populations. Quand cette tragédie va-t-elle être justement prise en compte ?

2 décembre 2019

https://rebellyon.info/

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