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24 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Hollande, premier patriarche de france (regards)

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« Les affaires privées se traitent en privé. »

Ainsi parlait François Hollande, tout auréolé d’une dignité très Ve République, en réponse aux journalistes qui l’interrogeaient sur ses aventures adultérines lors de sa dernière prestation télévisuelle.

« Les affaires privées se traitent en privé. » Si seulement c’était vrai… peut-être que François Hollande aurait évité de traverser tout Paris en scoot, casque au vent, pour rejoindre sa jeune maîtresse, sachant qu’il était Président et donc susceptible d’être photographié à tout moment. Peut-être que le soir de son élection, il nous aurait épargné le patin de la victoire face caméra avec Valérie Trierweiler, ainsi intronisée dans son rôle de « Première dame » (la version élyséenne de la femme au foyer ?).

Car en réalité, s’il avait réellement voulu garder privée sa vie privée, il l’aurait fait. Or au lieu de cela, il nous rejoue, dans une version légèrement remaniée (hors mariage), l’histoire du couple présidentiel de la Ve république. À savoir une représentation publique du privé, qui promeut le modèle du couple bourgeois, largement inspiré du XIXe siècle : Monsieur aux affaires du pays, Madame aux bonnes œuvres (travail non rémunéré) et quand Monsieur a des maîtresses, Madame regarde ailleurs et garde le sourire lors des déplacements officiels.

C’est dire si l’on aimerait que la vie privée des hétéros-Présidents français reste privée tant cette répartition des rôles entérine les stéréotypes de sexes et impose le modèle de la domi- nation masculine au sommet de l’État. Évidemment, il ne s’agit pas ici de porter un jugement moral sur la fidélité en général, et les infidélités du Président en particulier, mais bien de souligner que le couple bourgeois réclame une femme vertueuse et compréhensive tandis qu’il autorise les « liaisons mondaines » du mari.

Et gare à celle qui tentera de modifier, même à la marge, la narration bien rodée de la vie privée du couple présidentiel. Pour preuve, depuis le début du mandat de Hollande, Valérie Trierweiler, «  »ingérable » dans les « moments de faiblesse » », n’a pas tout à fait tenu sa place de « Première-dame-même-pas-mariée » (un statut conjugal qui aurait nécessité de sa part davantage d’humilité ?), et sa cote, affaiblie par un tweet « déplacé » adressé au rival politique de la première dame du Président, peine à s’en relever. « Ne vous mariez pas avec Valérie, on l’aime pas », conseillait en mars dernier une Dijonnaise à François Hollande. Une franche hostilité qui semble ravivée par sa récente hospitalisation pour « grosse fatigue » . « À l’heure ou Hollande veux en finir avec le gaspillage de la sécu, Trierweiler serait bien inspirée de se calmer chez elle » [1] – tandis que les amours adultères de Hollande lui confèrent pour de bon le statut de Président normal… dans la lignée de ses prédécesseurs. Par Sophie Courval| 22 janvier 2014

http://www.regards.fr/web/Hollande-premier-patriarche-de,7405

 

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24 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Dérapage statistique de françois chérèque (politis)

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L’ex-dirigeant réformiste de la CFDT, François Chérèque, bombardé inspecteur général des affaires sociales et président de l’Agence de service civique par le gouvernement, est fâché avec les statistiques. Invité à répondre aux questions de Patrick Cohen sur France Inter le jeudi 23 janvier, jour de la remise à Jean-Marc Ayrault d’un rapport sur l’évaluation du plan de lutte contre la pauvreté, l’inspecteur, qui en est l’un des deux auteurs, a dès ses premiers mots commis deux grosses bourdes. S’exprimant sur l’évolution de la pauvreté, l’inspecteur général des affaires sociales indique avec certitude : « Le seuil de pauvreté, c’est 976 euros pour une personne seule, c’est 60 % du salaire moyen. »

François Chérèque confond salaire et revenu, puis moyenne et médiane. Aurait-il oublié le contenu de son rapport ? Pour illustrer le propos de l’inspecteur des affaires sociales, un lecteur de Politis et auditeur de France Inter, a adressé cette brillante démonstration :

« Il suffit de penser à la situation suivante : Dans un bar 10 personnes boivent un coup. 5 sont pauvres et 5 sont riches. La valeur du revenu médian des 10 est A et la valeur de la moyenne B. Deux personnes les rejoignent, l’une percevant le RSA, l’autre étant Carlos Ghosn, grand patron de Renault. La valeur de la médiane A ne change pas car elle partage le groupe en 6 pauvres et 6 riches. En revanche, la valeur de la moyenne B explose : le niveau du seuil de pauvreté, selon la définition de François Chérèque, va augmenter. Il y aura donc moins de pauvres ! Il suffit donc que les riches deviennent plus riches pour diminuer le seuil de pauvreté en France ! En attendant, le niveau de la réflexion, lui, il baisse. »

Transmis à l’inspection générale des affaires sociales.

Par Thierry Brun  23 janvier 2014 

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23 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Lepaon au monde: quand le dirigeant de la cgt critique hollande…(lo)

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Tout en le défendant !

Dans une interview au journal Le Monde, le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, a critiqué la collusion du gouvernement avec le patronat : « On a le sentiment que le Premier ministre, c’est Pierre Gattaz, et les ministres chargés de cette nouvelle gestion de la France sont des employeurs ! », a-t-il déclaré.

Et dans la même interview, le secrétaire général de la CGT dénonce la pseudo-concertation organisée par le gouvernement. On s’attendrait donc à ce que Lepaon conclue à la nécessité de ne pas se prêter à ce jeu et de lutter contre le patronat et le gouvernement qui fait sa politique. Mais non, il affirme aussitôt dans la foulée que son organisation ne pratiquera pas la politique de la chaise vide dans ces pseudo-négociations.

Que peut-il sortir de réunions organisées pour discuter exclusivement sur le terrain du patronat et en l’absence d’un rapport de force favorable aux travailleurs ? Rien, on le sait à l’avance. Ce n’est pas le nombre d’heures passées par les représentants syndicaux à négocier qui peut y changer quelque chose, à moins que la mobilisation des travailleurs à l’échelle du pays change le rapport de force avec le patronat. Mais cela, Lepaon ne l’envisage pas.

Enfin, et ce n’est pas le moins grave, le secrétaire de la CGT déclare qu’il se refuse à mettre un signe d’égalité entre Hollande et Sarkozy : « Jamais je ne mettrai un signe égale. Je sais où cela mène, cela mène au Front national. » Et de poursuivre : « Dire à des électeurs de gauche qu’ils ont cru voter pour un Hollande de gauche et qu’ils ont un Hollande de droite, cela conduit à des impasses. »

Ce qui conduit à l’impasse, ce n’est pourtant pas de dire aux travailleurs ce qui n’est que la stricte vérité, c’est de continuer à leur faire croire qu’il y aurait quelque chose à espérer de ce gouvernement « socialiste ». Pour défendre leurs emplois et leurs conditions de vie, les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes et sur leur propre lutte. Quant à favoriser le Front national, ceux qui y contribuent sont ceux qui lui permettent de se présenter comme le seul opposant à la politique des gouvernements, qu’ils se disent de droite ou se prétendent de gauche. Marc RÉMY

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2373&id=15

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23 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Gouvernement: vers une recomposition à droite? (lo)

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L’hypothèse d’un recentrage politique des alliances de Hollande revient pério-diquement à la une des commentateurs.

Les annonces faites lors de sa conférence de presse ont, tout naturellement, réactualisé cette hypothèse. Particulièrement auprès des leaders de la droite centriste incarnée par le couple Borloo-Bayrou, qui y ont vu une ouverture prometteuse… pour eux. Cette attitude n’est pas surprenante de la part de Bayrou qui, ses rivaux de la droite se sont fait un malin plaisir de le rappeler, avait voté Hollande lors de la présidentielle de 2012.

Quant à Borloo, qui salue lui aussi le prétendu tournant présidentiel, il y voit non sans gourmandise « la clôture de l’acte ouvert en 1971 par la signature de l’Union de la gauche ». Pour lui, c’est la fin de cette alliance qui lie le PS avec le reste de la gauche parlementaire, autrement dit essentiellement avec le PCF et avec le Front de gauche qui inclut Mélenchon et son parti. Ces deux vieux loups de la politique y voient surtout, plus concrètement, une éventuelle opportunité de revenir aux affaires, et se mettent sur les rangs.

Certes, il ne faudrait pas donner à ces contorsions politiciennes plus d’importance qu’elles n’en ont. L’avenir dira si oui ou non ces hypothèses vont prendre corps. Mais elles sont significatives, car elles sont tout à fait plausibles.

On ne peut nullement exclure en effet que ce gouvernement, dit de gauche, ne termine sa trajectoire comme gouvernement d’alliance avec une fraction de la droite. De telles combinaisons se sont déjà réalisées dans d’autres pays, mais aussi en France.

Du coup, c’en serait fini des espoirs et des ambitions de ceux qui, comme les dirigeants du PCF, s’obstinent, contre vents et marées, à s’affirmer comme une composante de la majorité présidentielle, en espérant qu’on leur fasse une place à un moment ou à un autre ; ou encore des espoirs d’un Mélenchon qui a rêvé à voix haute de devenir Premier ministre de Hollande.

Que les dirigeants du PCF ou Mélenchon soient les dupes dans cette opération, ce ne sera qu’un juste retour des choses, d’autant qu’ils étaient amplement avertis. Ce qui risque d’être plus lourd de conséquences, c’est la déception de ces millions de femmes et d’hommes à qui on a demandé de voter pour Hollande, en leur faisant miroiter un changement qui leur aurait été favorable, et qui héritent de cette situation.

À quelque chose malheur peut être bon, du fait que la situation serait désormais plus claire. Mais les déceptions ne doivent pas se traduire par une nouvelle démoralisation. Il faut avant tout que le camp des travailleurs se fasse entendre de tous ses adversaires, de droite, évidemment, mais aussi de ceux qui se prétendent de gauche. Jean-Pierre VIAL

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2373&id=6

Voir aussi:

http://www.leparisien.fr/municipales-2014/en-regions/municipales-a-pau-bayrou-rejoint-par-trois-adjoints-de-la-maire-ps-23-01-2014-3520183.php

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23 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Quand la vérité sort de la bouche d’un patron (lo)

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À l’instar de Pierre Gattaz, le patron des patrons, mais de manière plus provocante encore, Joël Freuchet, le président du Medef Anjou et du Medef Pays de la Loire, ne tarit pas d’éloges sur le pacte de responsabilité de Hollande : « Il a changé le nom, mais c’est bien le pacte de confiance que nous avons proposé.

Ne le répétez surtout pas, mais le président Hollande est à la solde du Medef. » Pour enfoncer le clou il ajoute : « C’est beaucoup plus facile de réformer sous un gouvernement de gauche que sous un gouvernement de droite, il y a moins de freins. » On le croit sur parole !

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2373&id=5

Gattaz et son million d’emplois : je veux tout et je ne donnerai rien (Lutte ouvrière)

Dès la conférence de presse de Hollande, Pierre Gattaz, le président du Medef, a salué « un discours qui va dans le bon sens ». Il est revenu sur l’idée d’un million d’emplois supplémentaires que pourraient créer les entreprises, à certaines conditions.

Son appel à créer un million d’emplois, signé dès fin octobre par les fédérations du Medef, était à usage interne, avec la volonté de poser au promoteur d’un pacte de confiance. Pour répondre aux désirs des patrons, Hollande n’avait pas besoin de cet électrochoc, comme le qualifie Jérôme Frantz, le président de la Fédération des industries mécaniques (FIM).

Cette complicité affichée entre Hollande et le patron des patrons pour, paraît-il, sauver l’emploi est touchante. Ces deux compères nous jouent ce qui pourrait être une véritable comédie, si les conséquences pour les travailleurs n’étaient pas aussi graves.

Gattaz n’a d’ailleurs pas attendu pour préciser : « Je ne signerai jamais un engagement juridique sur le nombre d’emplois créés. Il ne faut pas commencer à remettre des contraintes aux entreprises. » D’autres représentants patronaux, qui trouvent que le président du Medef en fait parfois un peu trop, ont renchéri. « Nous n’avancerons jamais de chiffre. On ne peut pas faire de pari sur la capacité des entreprises à créer des emplois, car celle-ci dépend avant tout des commandes », a déclaré Frédéric Grivot, le vice-président chargé de l’industrie à la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME). Le patron de Total, Christophe de Margerie, a ajouté : « Je préfère éviter le côté « je te donne ceci, tu me donnes cela », parce que, dans certains métiers comme le nôtre, ce n’est pas aussi facile. » Comment donc !

Le Medef réclame une baisse des prélèvements obligatoires de 100 milliards d’euros, la réduction des dépenses publiques, la simplification des normes juridiques pour les entreprises et un peu plus de considération, car « parler de cadeau fait aux patrons (…) c’est insupportable à entendre », parole de Gattaz ! Finalement, conclut-il, « les créations d’emplois, c’est par la confiance que cela va passer ». Eh bien, les travailleurs n’ont aucune raison de faire confiance ni aux patrons, ni au gouvernement.

Sylvie MARÉCHAL

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2373&id=3

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23 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Pour les associations, pas de pacte de confiance! (lo)

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En France, le secteur associatif est en train de vivre des « charrettes de licenciements » invisibles. Les baisses de subventions de l’État, qui réserve sa générosité au grand patronat, entraînent en effet une explosion des déficits des associations, qui a déjà conduit à 10 000 suppressions de postes l’an passé. Avec des coupes annoncées de 1,5 milliard en 2014 et de 3 milliards en 2015, le gouvernement programme donc l’aggravation de la saignée.

Ces licenciements sont un drame pour les travailleurs concernés et pour la population, car les associations s’occupent de mille et une missions éducatives et sanitaires que l’État n’assume pas. Le gouvernement les étrangle sans s’en vanter. 22 janvier 2014

http://www.lutte-ouvriere.org/notre-actualite/breves/#1

Commentaire: Les salarié(e)s brestois(e)s d’AIDES étaient en grève.

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22 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

30 milliards pour les patrons, la liquidation de la Sécu et pas un emploi de plus!

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Le pacte de responsabilité

Le patronat ne cache pas sa satisfaction depuis que François Hollande a détaillé son fameux « pacte de responsabilité » qui répond à ses principales revendications.

Attaque contre la sécurité sociale : Hollande va supprimer d’ici 2017 les cotisations pour la branche famille de la sécurité sociale payées par les entreprises, soit 30 milliards d’euros de cadeaux.

Ces 30 milliards destinés aux allocations familiales passeront de la poche des salariés à celle des patrons. Seuls les établissements publics, comme l’hôpital, devront continuer à payer ces cotisations familiales (5 milliards d’€). Alors que les cliniques privées qui réalisent des profits seront exonérées ! Cette attaque majeure ne sera sans nul doute pas la dernière. Après les allocations familiales, ce sera l’assurance maladie, puis toute la protection sociale… Comme l’a toujours réclamé le patronat.

L’austérité à tout va ! Ces 30 milliards de cadeaux aux patrons seront compensés par un plan sans précédent, d’économies sur les dépenses de l’État, des collectivités locales et de la Sécurité sociale : une baisse sur trois ans de 50 milliards d’euros, venant s’ajouter aux 15 milliards déjà décidés pour 2014.

Ce sont là encore les classes populaires qui paieront la note, avec une destruction sans précédent des services publics, nationaux ou territoriaux et une baisse massive des prestations sociales. L’hôpital public et son personnel seront particulièrement touchés. Ayrault, a expliqué que « l’on pouvait y faire beaucoup d’économies » !

Une politique qui a fait ses preuves… En échange, Hollande a demandé au patronat des « contreparties claires, précises, mesurables et vérifiables »… Celles-ci seront définies au niveau national et « déclinées par branches ». Mais sans aucune contrainte ou obligation. En un mot, rien n’obligera le patronat à embaucher et encore moins à ne pas licencier !

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Cela fait 30 ans que la même politique est menée, on peut mesurer son inefficacité à l’aune des 5 millions de chômeurs. C’est une toute autre politique qu’il faudrait : mettre fin aux exo- nérations de cotisations sociales, réduire le temps de travail, interdire les licenciements…

Pour une opposition unitaire, claire et cohérente Le dialogue social tant prisé par les directions syndicales est un leurre quand le Medef décide de tout et que le gouvernement s’apprête à légiférer par ordonnances.

Il y a urgence à choisir la mobilisation pour combattre cette politique, et non le dialogue social ni la « négociation » de contreparties à la liquidation de la Sécu. Il y a urgence à créer une opposition unitaire à la gauche de ce gouvernement. Mais cette dernière doit être claire et cohérente.

Elle doit choisir l’opposition à ce gouvernement, et non l’alliance avec le PS dès le premier tour et la gestion des municipalités avec eux. Choisir la rupture pour imposer des mesures d’urgence, et non la simple mise en place d’une nouvelle majorité avec Europe Écologie les Verts et la gauche du Parti Socialiste…

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Cette opposition de gauche doit se faire à partir des mobilisations, de la rue pour faire reculer ce gouvernement. L’un des premiers rendez-vous doit être la manifestation du samedi 8 février, initialement appelée contre la TVA, pour la justice fiscale. Elle doit être une première étape dans la construction d’une opposition à l’austérité gouvernementale made in Medef.

http://npa2009.org/content/le-pacte-de-responsabilite-30-milliards-pour-les-patrons-la-liquidation-de-la-secu-et-pas-un

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22 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Ps: l’aile gauche sur le flanc (les inrocks)

flan Sur le flanc, pas sur le flan!

Le virage social-démocrate du président Hollande a jeté le trouble au sein d’une aile gauche du PS en proie à d’importantes dissensions.

Pendant que Benoît Hamon rêve de reprendre la main en succédant à Harlem Désir à la tête du parti, son réseau est récupéré par Emmanuel Maurel, le nouvel homme fort à la gauche de la gauche… A ceux qui l’attendaient au tournant sur ses histoires de scooter, François Hollande aura montré qu’il savait “accélérer” et négocier ses propres virages – ou dérapages, c’est selon. Le 14 janvier, devant un parterre de journalistes venus sans doute aussi chercher la vérité de ses présumées romances, le président de la République aura réalisé la plus surprenante volte-face de son jeune mandat. Un an et demi après son élection, c’est sur le terrain du social et de l’économie que François Hollande s’est offert un joli frein à main – dont les traces au sein de la majorité sont d’ores et déjà palpables.

En présentant les grands axes de son fameux pacte de responsabilité, Hollande s’est approprié quelques mots-clés de la novlangue sociale-démocrate qui ont dû faire froid dans le dos de certains à gauche. “Fin des cotisations familiales sur les entreprises”, “politique de l’offre”, “crédit d’impôt aux entreprises”, “hausse de la TVA”.

Au final, ce sont 30 à 35 milliards d’euros de baisse de “charges” qui profiteront aux entreprises entre 2015 et 2017. Le président de la République – reprenant ici les grandes lignes des vingt-deux mesures proposées par le rapport Gallois – a énoncé des directions que certains trouveront forcément éloignées des intentions affichées lors du discours du Bourget (“Mon véritable adversaire, c’est la finance”, avait alors déclaré le candidat à l’élection présidentielle en janvier 2012). Hollande se veut rassurant : “Le discours du Bourget reste ma référence”, affirme-t-il. Si le centre salue quelques-unes de ses propositions, si la droite est un peu paniquée et si la grande majorité des socialistes valide silencieusement ce changement de cap, sur l’aile gauche du parti, on ne feint pas la consternation.

Aubry : “François sait ce que j’en pense”

” Surpris par les annonces de François Hollande ? Le mot est un peu faible”, note Paul Quilès, ancien ministre de l’Intérieur et animateur du club Gauche Avenir. “Je ne ferai pas de déclarations mais François sait ce que j’en pense”, confie pour sa part, embarrassée, Martine Aubry. Pour Henri Em- manuelli, figure de l’aile gauche du PS, “la démocratie est un moteur qui fonctionne à deux pistons et pas avec un piston bloqué à droite comme c’est le cas actuellement”. Emmanuel Maurel, chef de file de la motion Maintenant la gauche, s’interroge sur la méthode :

“Entre le vote bloqué et le mode de gouvernement par ordonnances, ce n’est pas exactement ce qu’on avait prévu. On n’est censé suivre le petit doigt sur la couture ? Je pense qu’il faut faire une cure de détox par rapport aux institutions de la Ve République. Le côté ‘le chef décide et nous on suit’, ce n’est pas comme ça que je conçois la délibération collective…C’est bien beau de parler de politique de l’offre, mais même le prix Nobel d’économie Paul Krugman s’en amuse (dans une tribune intitulée “Scandal in France”, dans le NY Times du 16 janvier, Krugman a fustigé le récent virage libéral de Hollande – ndlr).”

La méthode aura donc choqué autant que le fond. “Le côté idéologique est très important, mais je pense que c’est surtout un tournant dans le quinquennat dans le sens où c’est une reprise en main politique de Président sur le dispositif. C’est ça qui est très marquant”, explique le député socialiste Malek Boutih. “Jamais Lionel Jospin n’aurait usé de ce genre de mesures monarchiques”, s’alarme la députée socialiste Barbara Romagnan. Pour justifier son passage en force et ce que cer- tains considèrent comme un cadeau aux entreprises, le président de la République aura néanmoins offert un os à ronger à la gauche de la gauche : ça s’appelle “l’observatoire des contreparties”.

Un laboratoire des contreparties pour consoler la gauche de la gauche 

Une sorte de comité Théodule associé au Parlement et chargé de définir par branches profes- sionnelles, les compensations exigées aux entreprises. “On va chercher à obtenir es contreparties, promet Julien Dray. Mais on ne peut pas se contenter d’être des observateurs, nous souhaitons rapidement des avancées en termes d’emploi, d’investissement et de redistribution des gains de productivité”. De son côté, le parlementaire Pouria Amirshahi estime qu’” avant de créer un observatoire des contreparties, il faut créer un observatoire des engagements(…) Car pour l’instant, François Hollande met en place une politique d’assistanat généralisée au patronat le plus cupide d’Europe.”

Marie-Noëlle Lienemann, ancienne ministre et aujourd’hui sénatrice, regrette le manque de dialogue : “Depuis sa prise de fonction, François Hollande ne cherche aucun compromis avec notre courant, il préfère écouter les conseils de Louis Gallois (l’ancien président d’EADS, auteur d’un rapport sur la compétitivité – ndlr).” Cette tête de file de l’aile gauche du PS estime que les attaques de ses camarades sont la seule issue pour sauver la gauche d’un désastre électoral en 2017 : “Nous ne souhaitons pas rééditer ce qui s’est passé avec Lionel Jospin, expliquet-elle. De 1997 à 2002, tout le monde a dit ‘amen’ à la politique sociale-démocrate de Lionel Jospin et au final, nous nous sommes retrouvés avec le 21 avril 2002.”

Souvent qualifiée de “mauvaise conscience de François Hollande” par les observateurs, l’aile gauche du PS n’a pas attendu l’annonce du “pacte de responsabilité” pour hausser le ton en cette année d’élection électorale. Le mardi 7 janvier, une violente passe d’armes éclate au bureau national du PS entre le Premier secrétaire, Harlem Désir, et Emmanuel Maurel. Pour critiquer l’absence de réactions du Parti socialiste face au tournant libéral opéré par François Hollande, Emmanuel Maurel lit des passages du discours d’Harlem Désir lors du congrès de Toulouse, afin de montrer l’écart avec la politique menée par François Hollande. Rapidement irrité, Harlem Désir rétorque : “Où-veux tu aller avec tes critiques incessantes ?”  Sans répondre directement, Emmanuel Maurel a poursuivi sa lecture déclenchant le courroux d’Harlem Désir : “Emmanuel, tu ne peux pas être en seconde position pour la circonscription Grand-Ouest lors des élections européennes et critiquer le parti en permanence !”

Minoritaire au sein de l’Assemblée nationale, l’aile gauche peine plus que jamais à infléchir la ligne du gouvernement. “Les membres de ce courant ont des réflexes pavloviens dès qu’ils entendent parler de ‘politique de l’offre’ ; ils crient avant d’avoir mal, se désole un membre du bureau national. Ils peuvent manifester toutes les prudences oratoires du monde, ils ne pèsent rien politiquement. Ils ont une vingtaine de députés (sur les 292 qui composent le groupe socialiste – ndlr), leur puissance n’est que verbale.” Une analyse que partage le député de l’Essonne Malek Boutih : “Aujourd’hui, la gauche de la gauche, c’est plus une addition de “monsieur plus” qu’une véritable alternative politique. Elle était déjà affaiblie avant la victoire de François Hollande.” “J’ai vu tout ça arriver, confie Jean-Luc Mélenchon. Quand j’ai quitté le PS, mes camarades m’ont dit qu’on était plus efficace à l’intérieur du parti qu’à l’extérieur. Aujourd’hui, avec cette rupture totale avec le socialisme historique actée par Hollande, leur monde s’effondre !”

Le lent affaiblissement de l’aile gauche du PS

Pourtant, ce courant, auquel a appartenu Jean-Luc Mélenchon et longtemps incarné par Benoît Hamon, fut l’un de ceux qui a le moins souffert de l’épreuve du temps. Pendant que les autres motions se sont progressivement effritées ou vendues à la découpe, du congrès de Dijon en 2003 à celui de Toulouse en 2012, l’aile gauche est restée très structurée et a toujours représenté appro- ximativement 20 % du parti. En 2008, Benoît Hamon avait même réussi l’exploit de rassembler l’ensemble des chapelles de la gauche (mélenchonistes, poperénistes, partisans d’Henri Emmanuelli, de Marie-Noëlle Lienemann ou encore de Gérard Filoche…) au sein du courant Un monde d’avance.

Le tournant est intervenu en mai 2012. En appelant au gouvernement Benoît Hamon, François Hollande a circonscrit l’influence de l’aile gauche du parti. “C’est habile, en le nommant ministre de l’Economie sociale et solidaire et de la Consommation, François Hollande a privé l’aile gauche de son meilleur portevoix, commente un cadre socialiste. Tous les proches d’Hamon sont aujourd’hui emmerdés pour critiquer l’action gouvernementale.” Surtout que six mois plus tard, lors du congrès de Toulouse en octobre 2012, Benoît Hamon s’est senti obligé – en tant que membre du gou- vernement – de soutenir la motion d’Harlem Désir (et donc de se constituer en sensibilité de la majorité). “Benoît Hamon est désormais coincé, commente un proche. Pendant qu’il est au gouvernement, Emmanuel Maurel siphonne son courant et agrège à lui ses anciens militants.” Seul adversaire d’Harlem Désir au congrès de Toulouse, Emmanuel Maurel incarne aujourd’hui l’aile gauche du parti et a raflé de nombreuses investitures aux européennes, au détriment des proches d’Hamon.

Hamon rêve de Solférino Benoît Hamon a d’ailleurs demandé à voir François Hollande, le jeudi 16 janvier. Officiellement, il s’agissait de discuter du virage à droite pris par le président de la République. Officieusement, le ministre de l’Economie sociale et solidaire réfléchirait à des contre-parties pour ses proches. “Hamon est dans le deal permanent, commente Malek Boutih. Il réfléchit à sa place au gouvernement, au nombre d’élus qu’il peut avoir en contrepartie. Dans ce genre de situations, il y a toujours un grand couscous au cours duquel on troque son idéologie contre des postes.”

En réalité, les hamonistes lorgnent sur Solférino et ont leur scénario en tête. Ils espèrent qu’Harlem Désir sera appelé au gouvernement lors d’un prochain remaniement afin que leur chef de file récupère au passage le poste de Premier secrétaire. “C’est vrai que Benoît réfléchit à un rôle plus important au sein du parti, concède Guillaume Balas, secrétaire général d’Un monde d’avance. Le prochain congrès du Parti socialiste est en 2015 mais s’il y a un remaniement, il y aura peut-être des opportunités (…) Je souhaite que Benoît Hamon soit candidat…” Au PS, le virage et la contrepartie seraient-ils devenus une mode ?

22/01/2014 | 11h21 David Doucet et Pierre Siankowski

http://www.lesinrocks.com/2014/01/22/actualite/ps-laile-gauche-sur-le-flanc-11462946/

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21 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Chômage/précarité: uni(e)s pour l’unédic (al)

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Les négociations Unédic ont débuté le 17 janvier et devraient s’achever fin mars.

Pour résorber le déficit, le patronat refuse d’augmenter ses cotisations. Il aimerait rétablir la dégressivité des indemnités, et va peser de tout son poids pour augmenter le flicage et les objectifs de radiations de chômeurs de Pôle Emploi.

Il reste quelques semaines pour se faire entendre. Le samedi 7 décembre, seules 2000 personnes ont manifesté à Paris contre le chômage et la précarité à l’appel des quatre principales organisations de lutte contre le chômage – Mouvement national des chômeurs précaires, Apeis, Agir ensemble contre le Chômage !, et CGT-Chômeurs. AL en était, bien sûr, avec les CNT, la CGT, le SNU-FSU, Solidaires, le PCF, le PG et LO.

Peu de participants, certes… Mais comme ils ne s’inscrivent pas dans une stratégie d’action, ce type de rassemblement rituel est trop peu préparé en amont… et fait un bide. Il est décidément urgent de repenser la manif comme un outil parmi d’autres dans notre répertoire d’actions. L’enjeu, c’est de permettre le passage à un niveau supérieur  : l’action directe. Espérons que ce soit le cas en 2014.

La convention prorogée Au mois de juin dernier, la coordination fédérale d’AL a souligné le danger que représentait la renégociation de la convention Unédic, prévue initialement pour l’automne 2013. En fait, la bataille a été différée de plusieurs semaines. L’actuelle convention est prorogée jusque fin mars, et on chuchote qu’elle pourrait l’être jusqu’à la fin de la séquence électorale municipales-européennes. Pourquoi ? Parce que le gouvernement n’est pas neutre dans cette affaire. Certes la convention Unédic est toujours une coproduction Medef-CFDT. Mais elle nécessite également l’agrément de l’État. Or le gouvernement PS-EELV peut difficilement se permettre d’agréer, juste avant les élections, une convention qui sera nécessairement antisociale.

La crise et les vagues de licenciements ont creusé le déficit de l’assurance chômage. Avec 15 500 chômeurs indemnisé-e-s de plus en 2013, et encore 29 500 de plus attendus en 2014, la dette de l’Unédic pourrait atteindre 22,3 milliards d’euros à la fin de l’année. Pour rétablir l’équilibre, le Medef refuse toute augmentation des cotisations patronales, et préconise le retour de la «  dégressivité des allocations  », une disposition active entre 1992 et 2001, selon laquelle les indemnités des chômeurs décroissaient régulièrement jusqu’à atteindre les minima sociaux. La convention Unédic de 2001 l’a annulée, en échange du flicage des chômeuses et chômeurs, désormais menacé-e-s de radiation s’ils refusent deux «  offres raisonnables d’emploi  ».

Dans un premier temps, l’enjeu, pour le Medef, était de rétablir la dégressivité en conservant le flicage. Cependant, vu la situation sociale explosive, il s’est montré plus prudent dans un second temps, et envisage désormais surtout d’augmenter le flicage et les radiations, ce qui en langage policé donne : « Il faut inciter à l’emploi ».

Occuper les agences

La situation est grave, et pressante, mais il est encore temps de se mobiliser. Il nous semble indispensable de constituer un front large, unissant toutes les forces syndicales et politiques opposées au gouvernement PS-EELV, et dont les organisations de chômeurs-précaires seraient le pivot. Il est nécessaire d’informer la population des enjeux, de mettre du monde dans la rue et, si on a accumulé suffisamment de forces pour cela, d’occuper les agences Pôle Emploi. Mais on ne peut laisser ce mauvais coup se préparer sans réagir.

La menace sur l’assurance-chômage est claire, mais elle ouvre une possibilité de réveiller la contestation sociale. Celle-ci permettrait de dégager des perspectives plus radicales  : abolition du chômage par le partage du travail et la réduction des profits capitalistes, droit de veto des salarié-e-s sur les licenciements. Ce n’est pas aux travailleuses et aux travailleurs de payer les pots cassés du système. 17 janvier 2014 Par Commission Journal

Guillaume Davranche (AL Montreuil) & François Molinier (AL Paris Nord-Est)

http://alternativelibertaire.org/?Chomage-Precarite-Uni-e-s-pour-l

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21 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Grandes surfaces, première chute de la consommation depuis 2008 (lt)

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C’est une information du « Figaro » : pour la première fois depuis 2008, les Français ont réduit de 0,5 % en volume leurs achats de produits de consommation courante (alimentaire, entretien, hygiène…) l’an passé.

L’institut IRI (*), qui analyse l’intégralité des tickets de caisse, chiffre, en effet, cette chute à 0,5 %, tous circuits confondus (hypermarchés, supermarchés, hard discount et drive). Pour mémoire, les volumes étaient restés stables en 2012, après avoir progressé de 1 % en 2011. « Les Français ont continué à procéder à des arbitrages et réduit leurs achats en volume par foyer, a constaté Jacques Dupré, directeur Insight chez IRI. Ils ont sans doute également voulu limiter le gaspillage, comme c’est souvent le cas en temps de crise ».

* Institut de recherche et d’innovation.

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/economie/grandes-surfaces-premiere-chute-de-la-consommation-depuis-2008-21-01-2014-2375858.php

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