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14 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

SNCF : lutter contre la réforme

SNCF : lutter contre la réforme dans Europe la_bataille_du_rail2-256x300

Le 16 octobre, le projet de réforme ferroviaire va être présenté au Conseil des ministres, pour un examen au Parlement au premier semestre 2014 et une application au 1er janvier 2015.
Le gouvernement et la direction SNCF veulent accélérer l’ouverture à la concurrence du chemin de fer, c’est-à-dire le processus de privatisation. La direction SNCF a déjà pris de l’avance : aujourd’hui, presque toutes les missions remplies par des cheminots SNCF (conduire un train, réparer une rame, entretenir les voies, vendre des billets, accueil des voyageurs…) sont aussi remplies par des filiales de droit privé de la SNCF, qui font le même travail pour moins cher (avec du personnel sans le statut et la réglementation du travail SNCF). La concurrence, c’est en réalité l’auto-concurrence !
Cela aboutit à des suppressions de postes (–30 000 en 10 ans), à l’augmentation de la charge de travail, et aussi à rogner sur les investissements et les dépenses d’entretien. Les causes majeures de la catastrophe ferroviaire de Brétigny…

Démantèlement et reculs La réforme commence par diviser la SNCF en trois entreprises. La « SNCF » (maison mère) : une  coquille vide avec quelques milliers de chefs, mais qui encaisserait les bénéfices des 2 autres entreprises filiales. La filiale « SNCF Réseau », propriétaire et gestionnaire du réseau ferré (mission coûteuse en investissement et non privatisable), et qui absorberait les 55 000 agents des postes d’aiguillage et de l’entretien des voies (soit un tiers des cheminots). Enfin, la filiale « SNCF Mobilités », qui devra faire rouler les trains et les commercialiser, et qui regrouperait les 110 000 cheminots restants, en attendant de pouvoir les transférer par lots au privé, au rythme des appels d’offres (à partir de 2019)…

Le deuxième axe de cette réforme consiste à remplacer la réglementation du travail des cheminots (le « RH0077 ») par une convention collective qui alignerait les conditions de travail des cheminots SNCF sur celles du ferroviaire privé. Pépy et les patrons du ferroviaire veulent se libérer de règles jugées trop contraignantes et trop chères : ils veulent pouvoir faire travailler les cheminots plus longtemps, avec des repos plus courts, des amplitudes plus flexibles et plus de journées travaillées dans l’année…
C’est donc contre cette réforme que les cheminots se préparent à bagarrer. Le premier épisode a été la grève du 13 juin dernier, unitaire et très réussie : près d’un cheminot sur deux en grève. Mais au lieu de prendre appui sur ce succès pour préparer une grève reconductible et rechercher la convergence avec la lutte sur les retraites, les directions syndicales préfèrent commencer à préparer les élections professionnelles de 2014…

Comment comprendre autrement les appels timides et désunis pour les prochaines échéances ? La CGT appelle les cheminots à faire grève le 9 octobre dans le cadre d’un appel européen contre le « 4e paquet ferroviaire » de la Commission européenne, alors que SUD-Rail les appelle à manifester la semaine suivante, le 16 octobre, jour de présentation de la réforme au conseil de ministres. Sans parler de l’UNSA qui appelle le 15 octobre… Bref, une cacophonie qui ne prépare pas sérieusement l’affrontement. Il faudra donc que les cheminots comptent sur leurs propres forces, pour trouver le chemin de la grève reconductible !

Correspondants Samedi 12 octobre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 212 (10/10/2013)

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10 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Gouvernement : des paroles et des actes 100 % réactionnaires

Gouvernement : des paroles et des actes 100 % réactionnaires dans Macronie

C’est sans conteste à Manuel Valls que revient la palme du discours le plus nauséabond avec sa sortie raciste contre les Roms « qui ont vocation à revenir en Bulgarie ou en Roumanie ». Il ne fait pas que parler, il agit, en multipliant les démantèlements des campements, en expulsant à tout va.
C’est lui qui donne le « la » de la politique sécuritaire et discriminatoire du gouvernement : abandon du droit de vote des étrangers ou des récépissés des contrôles d’identité, bienveillance avec le syndicat d’extrême droite Alliance à chaque bavure policière, violente remise en cause de la réforme pénale, enterrement de l’amnistie sociale, laïcité sélective masquant mal son islamophobie…
À elle seule, cette politique appelle une opposition sans concession. Mais rien ne serait plus faux que de penser que le cours réactionnaire du gouvernement se cantonne à ce seul terrain.
La loi de sécurisation (des profits et de flexibilisation) de l’emploi qui reprend les dispositions de l’ANI, permet de réduire les salaires, d’augmenter le temps de travail, d’imposer la mobilité, et autorise les patrons à licencier plus et plus vite. Cette loi s’est accompagnée de la reprise à leur compte par les socialistes de la vieille rengaine de droite sur le « coût du travail », sur le code du travail et les droits des salariéEs comme un frein à l’emploi. C’est le triomphe du Medef. Une orientation confirmée encore tout récemment avec la « compréhension » empressée du gouvernement à l’égard des délinquants qui enfreignent la loi… en ouvrant leurs magasins le dimanche.

Un anti-Robin des Bois… Le budget 2014 accentue le transfert des impôts des entreprises vers les salariéEs. La baisse des dépenses publiques pénalise les plus modestes en sacrifiant les services publics et les budgets sociaux, et pour couronner le tout, ce gouvernement va jusqu’à réintroduire la très sarkoziste « TVA sociale », c’est-à-dire le remplacement des cotisations sociales des employeurs pour la branche famille par la TVA. C’est dans ce contexte d’une véritable contre révolution fiscale, d’un anti-Robin des Bois qui prend aux pauvres pour donner au riches, que le gouvernement choisit d’entonner l’air du « ras-le-bol fiscal », avec un Moscovici qui déclare « Je suis très sensible à ce ras-le-bol fiscal que je ressens de la part de nos concitoyens, qu’ils soient des ménages, des consommateurs, ou qu’ils soient des entreprises, et ça nous l’écoutons ». Ce même Moscovici qui assure aux patrons que les 20 milliards d’euros du Crédit impôts compétitivité des entreprises (CICE) leurs sont offerts « sans contrepartie » et « sans contrôle fiscal ».
Le gouvernement a lui-même enclenché une campagne populiste contre les impôts, et utilise l’indignation populaire contre les hausses d’impôts qui frappent les plus pauvres pour justifier les cadeaux fiscaux aux riches et aux entreprises. Un comble ! Mais la manipulation est lourde de dangers : l’antifiscalisme, la détestation des impôts sont depuis plus d’un siècle la spécialité de la droite ultra-libérale et de l’extrême droite. Chercher à concurrencer sur leur propre terrain les réactionnaires tenants du « trop d’impôts », « trop de fonctionnaires », est un jeu dangereux qui ne peut que les renforcer.
Élu pour virer Sarkozy, non content d’augmenter les inégalités et de semer le désespoir, ce gouvernement n’a de cesse de reprendre à son compte les idées qui constituent le fonds de commerce de la droite et de l’extrême droite. Nous avons donc deux raisons de le combattre frontalement : parce qu’il est immédiatement dangereux par sa politique d’austérité et parce que à chaque nouvelle mesure, à chaque nouvelle déclaration, il ouvre un peu plus la porte au Front national.

Christine Poupin Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 212 (10/10/2013)

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10 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

L’élection partielle de Brignoles : l’escroquerie du « front républicain » (LO)

L'élection partielle de Brignoles : l'escroquerie du « front républicain » (LO) dans Antifascisme vampires
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Les résultats du premier tour de l’élection cantonale partielle du 6 octobre à Brignoles, dans le Var, ont donné le candidat du Front national largement en tête. Le candidat du PCF, soutenu également par le PS, est éliminé. Et le second tour verra s’affronter FN et UMP.

Ce résultat agite les états-majors des partis politiques : PS et PCF s’angoissent devant l’ampleur du recul de leur électorat, le FN salive à l’idée de ce que cela annonce comme futurs succès électoraux, tandis que l’UMP, si elle est ravie de voir les partis de gauche jouer les rabatteurs de voix à Brignoles, s’inquiète plus largement de la concurrence du Front national. Mais que ressort-il réellement de ce scrutin ? Le résultat du Front national (40,4 %) est important au regard du score des autres partis (20,8 % pour l’UMP, 14,6 % pour le PCF soutenu par le PS et 8,9 % pour le candidat écologiste), d’autant plus que, pour mesurer le résultat électoral de l’extrême droite, il faut lui ajouter celui d’un candidat dissident (9,1 %) qui s’était présenté sous l’étiquette Front national il y a un an à peine. Mais il n’y a pas pour autant une explosion de l’électorat d’extrême droite : l’abstention a été importante et, si l’extrême droite totalise 3 330 voix, elle avait déjà obtenu 2 654 voix aux cantonales de 2004. En réalité, c’est surtout l’électorat du PS et du PCF qui s’est effondré. Le candidat du PCF paye la politique gouvernementale anti-ouvrière que son parti a cautionnée implicitement depuis un an et demi, et il la paye d’autant plus qu’il était aussi le candidat du PS. Il le dit lui-même : « En campagne, nous parlions de politique locale, on nous répondait chômage et difficulté à seulement vivre. »

Suite au désaveu électoral, PS et PCF ressortent maintenant l’argument du « front républicain » et appellent à voter UMP. Il y aurait pour eux une « solidarité républicaine » que les travailleurs devraient avoir avec la droite, alors même que celle-ci reproche au gouvernement de ne pas en faire assez pour les patrons et de ne pas cogner assez sur les travailleurs ; et alors même que les dirigeants de l’UMP se battent pour savoir lequel ira le plus loin pour concurrencer le Front national dans sa démagogie anti-immigrés et anti-pauvres.

La politique du Front national représente une politique féroce contre les travailleurs, plus encore même que celle du PS ou de l’UMP, mais ce n’est pas en se rangeant derrière ceux qui en font le lit qu’on pourra s’y opposer. Face au chômage et aux difficultés grandissantes des classes populaires, face à la politique du gouvernement pleine de servilité vis-à-vis des intérêts patronaux, il serait vital d’affirmer clairement les intérêts des exploités, sans se confondre avec les partis qui se sont succédé au pouvoir et ont fait payer la crise aux plus pauvres. Ce que paient aujourd’hui PS et PCF, c’est d’être devenus des piliers du système capitaliste en crise et du régime politique qui le soutient. Leur appel à voter UMP revient d’ailleurs à le confirmer, en affirmant leurs valeurs communes avec ce parti de droite. Ce n’est pas de tels partis qu’ont besoin les travailleurs et les couches populaires. Pierre ROYAN

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2358&id=2

 

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09 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Oise, rythmes scolaires, une première commune fait marche arrière (OF)

 Rythmes scolaires en Ile et Vilaine: ça coince! (RI) dans Educ'action Lcrw2

Premier échec de la réforme des rythmes scolaires. Crillon, petite commune de l’Oise, a fait marche arrière dans l’application dès la rentrée 2013 de la réforme des rythmes scolaires, à la suite de problèmes d’organisation.

Les élus de la commune de 440 habitants, située au nord-ouest de Beauvais, s’étaient mis d’accord au début de l’été pour la mise en place de la semaine de 4 jours et demi, une décision contestée par de nombreux parents. Selon le Courrier Picard, qui a révélé l’affaire, une pétition s’opposant à la mise en place de la réforme, controversée jusqu’au niveau national, a recueilli 66 signatures pour 70 élèves scolarisés. Par ailleurs, « la rentrée ne s’est pas faite dans les conditions retenues », a expliqué le rectorat d’Amiens.

Marche arrière pour le bien-être des enfants Notamment en raison de problèmes de transports scolaires, les enfants se retrouvaient avec six heures de classe le vendredi. Le directeur académique des services de l’Education nationale (Dasen), qui n’avait pas donné son autorisation aux changements effectués à la rentrée, a donc décidé de revenir à la semaine de quatre jours, une décision « pour le bien-être des enfants », a précisé le rectorat. Cette marche arrière est un cas unique dans le département de l’Oise, selon le rectorat. Cas unique en France également, mais qui pourrait faire école tant cette réforme a du mal à passer que ce soit au niveau des parents, des enseignants mais surtout des enfants, dont on semble enfin se soucier. Éducation mercredi 09 octobre 2013

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Rythmes-scolaires.-Une-premiere-commune-fait-marche-arriere_6346-2237043_actu.Htm

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07 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Communiqué du NPA Brignoles

Communiqué du NPA Brignoles  dans Antifascisme logo-horizontal1

La politique du gouvernement nourrit le Front national

Le résultat des élections cantonales de Brignoles est remarquable par ce qu’elles révèlent : effondrement de la gauche institutionnelle, recul de la droite UMP, progression spectaculaire, en pourcentages, de l’extrême droite dont le FN est la principale composante.

C’est le produit de l’écœurement massif des électeurs de gauche qui sanctionnent ainsi, par l’abstention, (plus de 66%) la politique du gouvernement, du PS et de ses alliés, même quand la liste est conduite par un militant du PC.

Cette situation est le résultat direct des politiques d’austérité, entraînant chômage de masse, démantèlement des protections sociales, baisse du pouvoir d’achat, et de l’alignement sur les revendications patronales.

Dans ce contexte, les prochaines échéances électorales risquent de donner des résultats identiques. A moins d’être capable de construire une opposition sans concession à ce gouvernement, dans les urnes comme dans les luttes.

Montreuil, le 7 octobre 2013

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07 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Florange : visite du président des patrons

Florange : visite du président des patrons dans Luttes ouvrières francois-hollande-enterre-ses-promesses-electorales

Quand pendant la campagne présidentielle le candidat Hollande juché sur le camion CFDT promettait de sauver Florange, les salariéEs du site sidérurgique voulaient y croire. Pourtant, après bien des hésitations, le Président Hollande est revenu sur le site jeudi 26 septembre pour y exposer ses renoncements.
En février 2012, Hollande était accueilli par des salariéEs prêtEs à voter pour lui dans la foulée de la déception causée par Sarkozy qui s’était précédemment engagé à sauver le site de Grandrange. Des espoirs bien mitigés mais qui répondaient à une situation où la colère se mêlait au désarroi.

Paroles, paroles
Le candidat du Parti socialiste promet alors de faire voter une loi prévoyant que « quand une grande firme ne veut plus d’une unité de production, elle soit obligée de la céder à un repreneur ». Et d’ajouter : « Je viens devant vous prendre des engagements… Je ne veux pas me retrouver dans la situation d’être élu un jour sur une promesse et ensuite de ne pas revenir parce qu’elle n’aurait pas été tenue ».
Dans les mois qui suivent l’élection présidentielle, les rodomontades ministérielles font rapidement place aux abandons successifs. En mai, le gouvernement « dialogue » avec Mittal puis confirme qu’il est prêt « à mettre à l’ordre du jour » une loi imposant aux patrons qui veulent vendre leur entreprise à rechercher un repreneur. Chérèque, secrétaire général de la CFDT, menace de quitter la table de négociation de l’ANI si la loi n’est pas votée avant la fin de l’année ! Quand début octobre Mittal confirme sa volonté de fermer le site, Montebourg fait monter la pression quelques semaines, en annonçant une prise de contrôle du site par l’État. L’horrible mot de nationalisation est prononcé.

Des actes
Le 30 novembre, le Premier ministre annonce un accord avec ArcelorMittal, prévoyant un investissement de 180 millions d’euros sur les cinq prochaines années et pas de plan social. Montebourg est désavoué, le projet de nationalisation n’a pas fait long feu. Pendant que FO et la CGC se félicitent de ce dénouement, Édouard Martin, responsable de la CFDT, déclare : « Je considère ça comme une très haute trahison d’État… Nous avons été le cauchemar de Sarkozy, on pourrait être celui de ce gouvernement ». Lionel Burriello, secrétaire de la CGT Florange : « C’est une trahison, une incohérence totale par rapport aux déclarations de toute la semaine, c’est de l’enfumage. Rien que le mot accord avec ArcelorMittal ça me donne envie de pleurer, on a l’impression de vivre un Gandrange 2. »
En avril 2013, la mort des hauts-fourneaux de Florange est entérinée à l’occasion d’un Comité central d’entreprise d’Arcelor. 629 salariés se retrouvent licenciés sans compter les centaines d’emplois induits dans la région.
Et, depuis, le retour de Hollande était annoncé et régulièrement reporté. La proposition de loi « Florange » qui doit être votée en ce début octobre par les députés est bien en deçà des annonces initiales. Elle n’impose aux groupes de plus de 1 000 salariés qu’une obligation de moyens : « rechercher » un repreneur sous peines de pénalités voire de remboursement des aides publiques perçues lors des deux dernières années.

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Retour sous les sifflets
C’est dans cette situation que Hollande a été accueilli par des sifflets et des huées lors de son retour à Florange. Rencontre avec les responsables syndicaux, dans une salle à l’écart des mobilisations, et prise de parole publique devant quelques cadres triés sur le volet. Il faut dire que Hollande n’avait pas grand-chose à annoncer : la création à Florange d’un Centre de recherche pour la sidérurgie française, qui devra permettre « d’assurer l’acier de demain… », a-t-il expliqué en s’engageant à venir chaque année à Florange pour vérifier que les promesses sont tenues.
Pas de quoi convaincre les salariéEs qui, derrière le cordon de policiers, criaient : « Hollande comme Sarkozy président des patrons ! »

Robert Pelletier Jeudi 3 octobre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 211 (03/10/2013)

 

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06 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Budget 2014 : prendre aux classes populaires pour donner aux entreprises

Budget 2014 : prendre aux classes populaires pour donner aux entreprises dans Macronie la-guerre-des-pauvres-cest-le-reve-des-riches

Le 25 septembre, le projet de loi des finances 2014 a été présenté en conseil des ministres. Deux lignes directrices : 15 milliards d’euros d’économies, 3 milliards de recettes supplémentaires. Bref, un budget d’austérité aggravée pour la majorité de la population… épargnant une fois de plus les entreprises et les plus riches.
Selon le gouvernement, ce serait un budget « pour la croissance », « orienté vers l’emploi et le pouvoir d’achat ». Mais en y regardant de plus près, on s’aperçoit très vite qu’en réalité ce budget va aggraver l’austérité pour les classes populaires. Sur la base d’une croissance pour le moins modeste, le gouvernement continue de se fixer comme objectif la réduction des déficits publics : -3, 6 % du PIB en 2014 (-4, 1 % en 2013), soit environ 18 milliards d’euros. Pour parvenir à trouver ces 18 milliards, le gouvernement table sur 15 milliards d’économies et 3 milliards d’euros de recettes supplémentaires, donc d’impôts nouveaux. Pour faire taire la polémique sur le « ras-le bol fiscal », le gouvernement souligne que 80 % de l’effort sera fait via les économies budgétaires et 20 % seulement par hausses d’impôts, en oubliant dans son calcul « savant » d’intégrer la hausse de la TVA dès le 1er janvier prochain et la hausse des cotisations retraites…

Austérité à tous les étages Sur les 15 milliards d’économies, 6 milliards sont programmées sur les dépenses sociales dont 2, 9 milliards doivent provenir d’économies sur l’assurance maladie. Selon le gouvernement ces économies « porteront principalement sur des baisses de prix de médicaments, des baisses de tarifs dans certaines spécialités, la maîtrise médicalisée et des gains de productivité dans le secteur hospitalier ». Mais nous ne savons pas encore quelle forme cela prendra, et au vu de ce que subi le service public de la santé, cela n’est du tout rassurant.  Une saignée aussi sur les budgets de l’État, à hauteur de 9 milliards d’euros en 2014, dont 2, 6 milliards d’euros au titre des dépenses de fonctionnement ; 3, 3 milliards d’euros pour ce qu’il est convenu d’appeler « concours aux autres entités » et 2, 6 milliards pour le titre « autres dépenses »…  Derrière ces chiffres, ce sont une nouvelle fois les emplois qui seront sacrifiés : maintien du gel des salaires pour la majorité des fonctionnaires, deux à trois milliards d’euros en moins pour les organismes de l’État et les collectivités locales… Autant de services publics en moins pour la population.

Les entreprises et les plus riches bichonnés  L’autre volet du projet de loi de finances 2014 porte sur les recettes à hauteur de 3 milliards d’euros.  À écouter le gouvernement, on pourrait penser que celui-ci a décidé de taxer aussi bien les entreprises que les particuliers. Mais une nouvelle fois, le gouvernement nous fait de l’intox ! Certes de nouveaux impôts sont programmés sur les entreprises, mais les allègements, et exonérations en particulier dans le cadre du fameux « choc de compétitivité » feront en sorte que les entreprises ne paieront rien de plus, et pire elles verront même leur imposition baisser.
Le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) apportera 10 milliards aux entreprises en 2014… financé par « les ménages », c’est-à-dire nous : hausse de la TVA (plus de 5 milliards), fiscalisation des majorations de pensions (1, 2 milliard), abaissement du quotient familial (1 milliard), fiscalisation de la part employeur des complémentaires santé (1 milliard), réduction d’impôt pour les frais de scolarité (440 millions)…  À cela s’ajoutent les mesures en matière de fiscalité écologique, comme la contribution climat énergie qui ne remet pas en cause les exonérations dont bénéficient les secteurs du transport, de l’agriculture ou de la pêche.

S’opposer maintenant ! Le budget 2014 s’inscrit dans les politiques d’austérité de l’ensemble des pays européens. Moscovici a rencontré la Commission européenne pour démontrer que la France était un bon élève et qu’elle respectait bien les critères du Pacte de stabilité. Le gouvernement confirme bien qu’il préfère protéger les riches et faire les poches aux classes populaires.
Face à cela il y a urgence ! Urgence de s’opposer à cette politique de classe, qui ne fait qu’accentuer les inégalités, la précarité et le chômage et permet aux plus riches de faire toujours et encore plus de profits. S’y opposer clairement, dans l’unité, en n’ayant pas peur de l’affrontement.

Sandra Demarcq Mercredi 2 octobre 2013Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 211 (03/10/2013)

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04 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Manuel, tu avais « vocation » à retourner en Espagne (Bastamag)

Manuel, tu avais « vocation » à retourner en Espagne (Bastamag) dans Antiracisme cropped-y1pxl2b3m5m97i4x5ozo5duchoo51icquxsqlqtmtwwfu-kj-u_ow7nk_5grglghluk8sdn9km_hmg

« Alors toi l’espagnol devenu Français, tu ne comprends pas ? Fuir son pays, tu ne comprends pas ? Toi, tu ne comprends pas que personne n’a « vocation » à rester ou revenir dans son pays ? Sauf si tu es adepte de conceptions très spéciales, à savoir que ce qui vaudrait pour un Roumain ne vaudrait pas pour un Espagnol. » Une tribune de l’ancien député communiste du Val-de-Marne Jean-Claude Lefort suite aux déclarations de Manuel Valls sur les Roms.

Manuel, tu as déclaré hier soir sur BFM TV (le 29 septembre), que la situation était très différente pour toi, relativement à celle des Roms, car ta famille espagnole était venue en France pour fuir le franquisme.

Tu as été naturalisé Français en 1982. Franco est mort en 1975. Sept ans avant ta naturalisation. Quand tu es devenu Français il n’y avait donc plus de dictature en Espagne. Tu avais donc « vocation », selon tes mots, à retourner dans ton pays de naissance, en Espagne. Tu ne l’as pas fait et je comprends parfaitement de même que je comprends totalement ton souhait de devenir Français. Cela sans l’ombre d’un doute. Tu avais « vocation » à retourner à Barcelone, en Espagne où tu es né, pour reprendre tes propos qui concernaient uniquement les Roms.

Celui qui t’écris, en ce moment, est un Français d’origine manouche par son père. Mon père, manouche et Français, est allé en 1936 en Espagne pour combattre le franquisme les armes à la main dans les Brigades internationales. Pour la liberté de ton pays de naissance et donc celle de ta famille. Il en est mort, Manuel. Des suites des blessures infligées par les franquistes sur le front de Jarama, en 1937. Je ne te demande aucun remerciement ni certainement pas la moindre compassion. Je la récuse par avance. Je suis honoré en vérité qu’il ait fait ce choix quand bien même il a privé ma famille de sa présence alors que je n’avais que 9 ans et ma sœur 18.

La guerre mondiale est venue. Et les camps nazis se sont aussi ouverts aux Tziganes. Tu le sais. Mais un nombre énorme de Manouches, de Gitans et d’Espagnols se sont engagés dans la résistance sur le sol français. Ton père aurait pu en être. Il en avait l’âge puisque il est né en 1923. Georges Séguy [1] et d’autres sont entrés en résistance à 16 ans. Je ne lui reproche aucunement de ne pas l’avoir fait, bien évidemment. Mais je te demande le respect absolu pour celles et ceux qui se sont engagés dans la résistance contre le franquisme, puis ensuite contre le nazisme et le fascisme. Contre ceux qui avaient fait Guernica. Et pourtant, à te suivre, ils avaient « vocation » à retourner ou à rester dans leurs pays d’origine, ces « Etrangers et nos frères pourtant »…

Manuel, « on » a accueilli la Roumanie et la Bulgarie dans l’Union européenne alors que ces pays ne respectaient pas, et ne respectent toujours pas, un des fondamentaux pour devenir ou être membre de l’Union européenne : le respect des minorités nationales. Sensible à cette question pour des raisons évidentes, je m’en étais fortement inquiété à l’époque. En tant que député je suis allé à Bruxelles auprès de la Commission pour prouver et dire que ces pays ne respectaient pas cette clause fondamentale. On m’a souri au nez, figures-toi.

Et aujourd’hui dans ces pays la situation des Roms s’est encore aggravée. Pas améliorée, je dis bien : aggravée. Et ils ont « voca- tion » à rester dans leurs pays ou à y revenir ? C’est donc, pour toi, une espèce humaine particulière qui pourrait, elle, supporter les brimades, les discriminations et les humiliations de toutes sortes ? Ces pays d’origine ne sont pas des dictatures ? C’est certain. Mais ce ne sont pas des démocraties pleines et entières pour autant.

Alors toi l’espagnol devenu Français, tu ne comprends pas ? Fuir son pays, tu ne comprends pas ? Toi, tu ne comprends pas que personne n’a « vocation » à rester ou revenir dans son pays ? Sauf si tu es adepte de conceptions très spéciales, à savoir que ce qui vaudrait pour un Roumain ne vaudrait pas pour un Espagnol. Tu sais pourtant que le mot « race » va disparaître de nos lois. A juste titre car il n’y a pas de races, juste une espèce humaine. Et les Roms en sont.

La fermeté doit s’exercer là où se trouvent les responsabilités. Pas sur de pauvres individus qui n’en peuvent plus. Savoir accueillir et savoir faire respecter nos lois ne sont pas deux concepts antagoniques. Mais quand on est de gauche on n’a pas la matraque en guise de cœur. C’est un Français d’origine manouche qui t’écris et qui écris au Français de fraiche date que tu es. C’est un fils de « brigadiste » qui se rappelle à toi. Souviens-t-en : « Celui qui n’a pas de mémoire n’a pas d’avenir ».

Pour l’heure Manuel, j’ai la nausée. Tes propos me font gerber, même pire. Nos pères auraient donc fait tout ça pour rien ou pour « ça » ? Ils sont morts pour la France, Manuel. Pour que vive la France. Inclus « ces étrangers et nos frères pourtant. » Jean-Claude Lefort, député honoraire (PCF), fils de Manouche. Tribune également publiée sur le site de L’Humanité Par Jean-Claude Lefort (4 octobre 2013)

Notes

[1] Secrétaire général de la CGT de 1967 à 1982.

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http://www.bastamag.net/article3353.html

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04 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Valls : le chef d’orchestre de la campagne anti-Roms (Essf)

Valls : le chef d’orchestre de la campagne anti-Roms (Essf) dans Antiracisme axing

Plan de carrière personnel, démagogie à l’approche des élections municipales, zèle et perversité du bon élève, sûrement tout à la fois. Qu’importe, Valls a trouvé son filon  : dérapages racistes calculés, surenchères populistes, sécuritaires…

Il utilise avec un cynisme qui n’a d’égal que celui de Sarkozy au même poste toutes les ressources du ministère de l’Intérieur pour s’imposer au centre des surenchères et rivalités réactionnaires. «  Ils ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres, en confrontation avec les populations locales. Et cela veut bien dire que les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie  », a-t-il déclaré pour justifier sa politique d’expulsions.

Il orchestre ainsi une campagne raciste livrant les Roms à la vindicte populaire, flattant fantasmes et délires paranoïaques. Il en rajoute reprenant l’argumentation de Le Pen: « Nous avons les chiffres (de la délinquance) concernant les populations d’origine roumaine ou bulgare. La proximité des campements provoque de la mendicité et des vols. Nous ne pouvons pas accepter au cœur de la capitale des campements et des mineurs qui pratiquent de la délinquance  ». Il adhère aux propos de Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate UMP à la mairie de Paris  : «  les Roms harcèlent les Parisiens  »… Il n’est pas question de relogement, l’aide au retour a été supprimée, et Valls et tous les autres savent très bien ce qui attend les Roms en Bulgarie et en Roumanie.

Fort avec les plus faibles Ce zèle abject a bien suscité quelques réactions au sein du Parti socialiste mais le gouvernement ne cache pas sa satisfaction de voir le mécontentement dévoyé contre des boucs émissaires. Avec les élections municipales en ligne de mire, il fait le pari lâche et stupide de concurrencer le Front nationale en faisant… sa politique  ! Cécile Duflot a protesté  : «  On ne peut pas dire qu’il y a une catégorie de population où leur origine justifierait qu’elle ne puisse pas être intégrée et que leurs pratiques et modes de vie sont un dérangement pour leur voisin. Quand on dit cela, on est au-delà de ce qui met en danger le pacte républicain  » pour en appeler à l’arbitrage de Hollande.

Mais quelle crédibilité peuvent avoir ces déclarations d’une ministre accrochée à son poste qui tente vainement de regagner un peu de dignité. Elle s’indigne de voir Valls «  utiliser les mêmes méthodes  » que Sarkozy, mais reste dans un gouvernement qui fait la même politique  ! La Commission européenne a rappelé que «  les Roms, comme tous les citoyens de l’UE, bénéficient de la liberté de circuler librement dans tous les États membres de l’UE et de résider dans un autre pays que leur pays d’origine  ».

Qui peut croire que la France serait incapable de loger 15 000 personnes en grande difficulté ? De scolariser leurs enfants ? De garantir leurs droits à la santé ou à la formation  ?

À défaut d’être capable de s’opposer aux exigences des patrons et financiers, couard vis à vis d’eux, ce gouvernement sans force ni caractère s’attaque à toute la population et est assez stupide pour croire qu’il va s’en tirer par la politique du bouc-émissaire.

Les seuls vainqueurs de cette sinistre farce où Valls se prend pour un grand homme seront Marine Le Pen et ses amis.

LEMAITRE Yvan * Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 211 (03/10/2013). http://www.npa2009.org

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03 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Edito : liberté du Medef contre droits des travailleurs

Edito : liberté du Medef contre droits des travailleurs dans Justice & libertés libres-

Le Medef et ses divers relais se sont trouvés un nouveau combat : la liberté du travail.
On a droit à un beau florilège d’arguments, de l’évolution sociétale à la défense intégriste de la liberté individuelle de travailler comme on veut et quand on veut…
Tout cela ne constitue qu’une nouvelle tentative de démolition du Code du travail. Déjà de nombreux dispositifs permettent aux entreprises de déroger au droit du travail et de faire travailler leurs salariéEs la nuit ou le dimanche, dans des secteurs aussi vitaux que la vente de produits de beauté ou les matériaux de bricolage.
Certaines « petites » entreprises comme Sephora ou Leroy-Merlin instrumentalisent une minorité de leurs salariéEs pour réclamer la suppression de toute réglementation contraignante. Plus pragmatiques, le Medef et le gouvernement mais aussi certains dirigeants syndicaux comme Laurent Berger de la CFDT, proposent de ne pas toucher à la loi mais de laisser les accords locaux entre « partenaires sociaux » entériner la volonté patronale. Le gouvernement a mis en place une commission présidée par Bailly, ex-PDG de La Poste où il a géré, entre autres, les réorganisations et la flambée des suicides de salariéEs et dont on peut déjà prévoir les conclusions…
En fait de libertés pour les travailleurs, ce serait juste un recul de plus. Pour la majorité des salariéEs qui acceptent des horaires qui nuisent à leur santé et à leur vie sociale, la liberté se résume à un mot : le salaire. Dans le secteur de la distribution, beaucoup subissent des temps partiels imposés pour des salaires qui ne décollent pas du Smic horaire.
Interdire le temps partiel imposé et augmenter le Smic à 1 700 euros net. Réduire le temps de travail pour partager le travail entre touTEs. Créer une allocation d’autonomie pour tous les jeunes en formation et en recherche d’emploi, leur évitant ainsi de devoir accepter n’importe quel petit boulot.
Ces revendications supposent une rupture avec les politiques d’austérité qui permettent la flambée des profits de LVMH et autres groupes de la distribution. Elles sont la condition d’une réelle liberté pour touTEs les salariéEs : disposer de notre temps libre !

Cathy Billard Mercredi 2 octobre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 211 (03/10/2013)

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