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27 mai 2020 ~ 0 Commentaire

presse (cgt)

tonnerre de brest 1

Le pluralisme et la démocratie exigent un système régulé de distribution des titres de presse

Le pluralisme et la démocratie exigent un système régulé de distribution des titres de presse

Depuis plusieurs jours, les citoyens n’ont plus accès à la presse écrite en province.

Il ne s’agit pas, comme voudraient le faire croire certains, d’une action syndicale des ouvriers du Livre des centres de distribution. Non, cette pénurie de l’information est bien plus grave. Elle est due à l’attaque sans précédent des éditeurs de presse qui ont provoqué la liquidation des entreprises approvisionnant chaque jour les points de vente en région : la SAD (Société d’agences et de diffusion) et SOPROCOM (Société pour la promotion et la communication).

Le 15 mai dernier, Presstalis (anciennement NMPP) a été placée en redressement judiciaire avec période d’observation de deux mois. Le tribunal de commerce a profité de l’occasion pour prononcer à la demande de la direction de Presstalis, à la liquidation immédiate sans continuité d’activité de ses filiales, la SAD et SOPROCOM.

La conséquence sociale en a été elle aussi immédiate : 512 travailleuses et travailleurs, dont le métier était de vous acheminer vos quotidiens et magazines, licencié-e-s du jour au lendemain.

Cette liquidation intervient après de fortes dissensions entre les actionnaires de Presstalis que sont les principaux éditeurs de presse quotidienne nationale et ceux de la presse magazine, concernant en particulier la répartition des coûts de distribution de vos journaux.

Si l’Exécutif a pallié une nouvelle fois, par l’injection de dizaines de millions d’euros, à l’inconsé-quence des magnats milliardaires des empires de l’information, il ne peut être exempt de responsabilité.

Tout d’abord en adoptant en 2019 une réforme de la Loi Bichet, le gouvernement a donné le signal pour une déresponsabilisation des éditeurs dans la gestion des messageries et de l’abandon de leurs obligations de solidarité.

Ensuite en donnant des « subventions » à ces éditeurs milliardaires sans contreparties de responsabilités sociales et sans les contraindre à assurer la pérennité du système de distribution qui avait fait ses preuves depuis plus de soixante-dix ans, cela revient à jeter directement l’argent du contribuable dans leurs coffres forts.

Cette liquidation a des conséquences immédiates sur l’accès à l’information de tous les citoyens mais, à court et moyen terme, elle va entraîner la disparition de centaines de magazines à faible tirage qui n’auront plus les moyens de se faire distribuer sur l’ensemble du territoire.

Le président de la République et son Premier ministre ont souligné à maintes reprises durant la crise sanitaire, la nécessité du maintien de la diffusion de la presse écrite et de l’information vérifiée, comme un gage important du débat démocratique. Pourtant, sitôt le déconfinement amorcé, ils laissent liquider l’outil historique de ce débat démocratique par des entreprises privées, soumises aux seules lois du marché.

L’article 22 de la loi Bichet qui encadre le secteur stipule qu’en cas d’atteinte grave et immédiate à la continuité de la distribution de la presse d’information politique et générale, l’ARCEP peut prendre, dans le respect des principes énoncés au titre Ier, des mesures provisoires en vue d’assurer cette continuité.

Le gouvernement ne peut rester sans réagir alors que plus de 80 000 emplois de la filière sont en jeu et que la mission de distribution de la presse essentielle à la démocratie n’est plus assurée.

Les messageries étant manifestement défaillantes dans leur mission d’assurer la distribution de la presse sur tout le territoire, nous demandons à l’état d’intervenir et de tout mettre en œuvre en désignant un opérateur public qui pourrait être le groupe Poste, afin qu’il organise temporairement, en s’appuyant sur les outils, le savoir-faire et les compétences des salariés de la SAD, la continuité du service de distribution de la presse.

Cette période serait transitoire afin de laisser le temps de trouver une nouvelle organisation pérenne qui remplira cette mission tout en préservant l’emploi des salariés de la distribution de la presse.

La CGT, avec l’ensemble de ses structures, demande aux ministères de la Culture et de l’Économie d’organiser, dans les meilleurs délais, une table ronde avec les groupements d’éditeurs concernés (CDQ et CDM), les sociétés de distribution (Presstalis et MLP), les diffuseurs (kiosquiers et autres) et notre organisation syndicale, pour mettre fin à cette catastrophe sociale et à la destruction de la diffusion libre et pluraliste de la presse écrite.

La CGT a des propositions alternatives à faire valoir face la liquidation brutale des SAD, des dépôts SOPROCOM et au licenciement des 512 salarié×e×s concerné×e×s.

La mise en place de SCIC (société coopérative d’intérêt collectif), dont le capital serait ouvert aux éditeurs, aux messageries, aux institutions publiques, aux lecteurs, peut être une des solutions garantissant la continuité du service de distribution de l’information papier en tout point du territoire.

L’enjeu de cette table ronde que nous appelons de nos vœux est bien évidemment social. C’est celui de l’emploi des 512 salarié×e×s licencié×e×s ! Mais il concerne également nos valeurs démocratiques, culturelles et éducatives, qui ne peuvent être soumises aux lois du marché et du commerce.

La distribution de la presse est, et doit rester garante de l’expression des idées et des opinions politiques, philosophiques et culturelles. Il revient donc à l’État de s’assurer que toutes les publications écrites puissent être accessibles à tous et en tout lieu du territoire national, quels que soient les moyens financiers des éditeurs.

La presse n’est pas un produit commercial ! Nous devons choisir la démocratie, pas la loi du marché.

Montreuil 27 mai 2020

https://www.filpac-cgt.fr/

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Comme on peut l’observer sur le graphique ci-après, les titres de presse les plus subventionnés en 2014 sont Le Figaro (15 M€), Aujourd’hui en France (14 M€) et Le Monde (13 M€), suivis par La Croix, Ouest France et Libération (environ 8 M€), ou encore Télérama (7 M€) et L’Humanité (6 M€). On remarque que les journaux les plus aidés par l’État sont également ceux dont la diffusion est la plus importante en nombre d’exemplaires vendus par an.

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27 mai 2020 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (france bleu)

philippe poutou

Déconfinement et municipales à Bordeaux : « la colère est toujours là » pour Philippe Poutou

Philippe Poutou, avec la liste « Bordeaux en Luttes », est en lice au second tour des municipales, à Bordeaux. Invité de France Bleu Gironde ce mardi matin, il estime que crise sanitaire ou pas, « la colère, le ras-le-bol, l’envie que ça change » sont toujours là.

France Bleu Gironde : ce mardi, vous serez aux côtés des soignants qui se mobilisent devant le CHU Pellegrin. Parce qu’ils méritent davantage que des applaudissements, c’est aussi ce que vous pensez ?

Philippe Poutou : Plus que des applaudissements, plus que des merci, on est complètement solidaires de leurs revendications salariales, sur les conditions de travail et sur les recrutements. C’est le problème des services publics de santé qui est posé. On a vu avec la crise sanitaire tout l’urgence qu’il y a à reconstruire un vrai service public de santé, de combattre les logiques de marchandisation, qui ont coûté très cher aux hôpitaux. Il faut vraiment une politique qui donne des moyens et ça passera par des batailles sociales.

Édouard Philippe a promis lors du lancement du « Ségur de la santé », ce lundi, des investissements massifs pour l’hôpital public, vous y croyez ?

Bien sûr que non. La situation a montré l’extrême urgence des problèmes. Là on parle du système de santé, mais on pourrait discuter de l’ensemble des services publics puisqu’il y a une destruction depuis des années et des années, le gouvernement actuel n’en est pas le seul responsable. Aujourd’hui il faut tout reconstruire.

Les services publics, vous en aviez fait un élément phare de votre campagne pour les municipales à Bordeaux. Vous êtes qualifié pour le second tour, qui aura lieu le 28 juin, sauf regain de l’épidémie de coronavirus. Pourtant c’est une date qui ne vous convient pas …

On ne voyait pas l’intérêt de reprendre la campagne dès le mois de juin, on est toujours en pleine crise sanitaire. On sait qu’on ne pourra pas mener une campagne de terrain comme d’habitude que ce soit des réunions publiques, des tractages. On pensait qu’il valait mieux attendre la rentrée, en septembre-octobre. Maintenant la date est fixée.

Est-ce que c’est risqué, est-ce que c’est raisonnable ou pas ? On verra bien. Mais on va mener la bataille parce que c’est important que cette municipale aille au bout. Des questions politiques sont posées, les problèmes d’urgence sociale, de services publics, de redistribution des richesses et de démocratie. Il faut que la population ait les moyens de décider.

Ce mois qui s’annonce avant le second tour, comment est-ce que vous l’envisagez ?

Evidemment s’il y a des mobilisations, comme devant le CHU, ça nous permet, en les appuyant, en les relayant, de militer comme on milite au quotidien, de condamner cette société d’injustice et d’exploitation.

Ces mobilisations nous permettent de faire campagne un peu comme au premier tour en février-mars, avec la mobilisation contre la réforme des retraites. Après, on imagine bien que l’essentiel de la campagne se passera sur les réseaux sociaux et à travers les médias. On fera ce qu’on pourra pour se faire entendre mais ce qui est sûr c’est qu’on est motivé parce que la colère est toujours là, le ras-le-bol, l’envie que ça change.

La période de crise sanitaire vous a-t-elle amené à aménager votre programme pour le second tour des municipales ?

De fait, il se réoriente un peu. La crise sanitaire a montré que l’action était plus urgente qu’on pouvait le penser. On l’a vu surtout au début du confinement, les questions d’alimentation, les questions d’hygiène, les populations précaires se sont retrouvées complètement démunies.

Et aujourd’hui, c’est la question de la culture, puisque les concerts, les théâtres sont fermés. Tout ce qu’on posait au premier tour est toujours là aujourd’hui.

Mardi 26 mai 2020  Marie Rouarch, France Bleu Gironde

https://www.francebleu.fr/

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27 mai 2020 ~ 0 Commentaire

recherche (a manca)

capitlaislme

Pour une recherche médicale 100% publique !

Nos moyens de lutte sanitaire dépendent aujourd’hui en grande partie de certaines multinatio-nales parmi lesquelles les grands laboratoires pharmaceutiques. En 2020 les dix premiers acteurs de ce secteur ( Johnson & Johnson, Roche, Novartis, Merck & Co, Pfizer, GSK , Bristol-Myers Squibb, Sanofi, AbbVie et Astra-Zeneca ) pèsent 489 milliards de dollars. On comprend que ces Capitalistes tiennent à leurs part de marchés juteuses.

Récemment le laboratoire SANOFI (42 milliards de C.A en 2020) a défrayé la chronique quant-aux modalités de distribution d’un éventuel vaccin contre le COVID-19.

Tout d’abord le CEO de la firme, Paul Hudson, a bien déclaré que le marché américain serait prioritaire, mais devant le tollé suscité, son représentant français, Olivier Bogillot a effectué un rétro-pédalage médiatique piteux.

A la question de la gratuité d’accès à ce vaccin, il a opposé une fin de non recevoir en évoquant le coût de la recherche pour élaborer le vaccin en question. On est bien loin des envolées lyriques de Macron qui déclarait le temps d’une soirée : « Que la Santé doit être au dessus des marchés ».

Quoi qu’il en soit, l’argumentaire des Capitalistes de SANOFI ne tient pas, et pour au moins deux raisons.

D’une part SANOFI bénéficie au titre du CIR (crédit d’impôt recherche) d’un crédit d’impôt annuel de 150 millions d’euros ! Ce qui sur 10 ans représente un manque à gagner de 1,5 milliard au niveau fiscal. Au CIR s’ajoute le Crédit d’impôt Compétitivité (CICE) qui de 13 millions en 2013 est passé à 24 millions en 2018 !

D’autre part, la santé financière de SANOFI est excellente, le groupe ayant dégagé 24 milliards de marge brute en 2018, en privilégiant les actionnaires aux détriment de l’emploi. Le groupe BlackRock qui détient 6 % du capital de SANOFI n’est d’ailleurs pas étranger à cette stratégie. La recherche de vaccins représente moins de 15 % de l’activité du groupe, à contrario les frais commerciaux pour le marketing représentent 28,6 % du chiffre d’affaire !

Dans ce contexte de pandémie mondiale l’activité concurrentielle habituelle de ces laboratoires a un caractère profondément immoral et indécent, surtout au regard de l’argent public dont ils disposent, notre argent.

Mais plus fondamentalement se pose la question de la pertinence de l’existence de ces firmes parasites qui décident de l’accès aux traitements et de leurs coûts, disposant ainsi d’un droit commercial de vie et de mort sur de nombreux patients dans le Monde.

Le dernier argument de ces Capitalistes serait que la concurrence entre laboratoires privés stimulerait la compétition entre chercheurs et que la recherche publique ne dispose pas de la même capacité d’investissement.

C’est tout simplement sans fondement. Si les cadeaux fiscaux à ces firmes étaient consacrés au budget de la recherche publique, cette dernière serait ultra-compétitive. D’autres part, sur le plan de la créativité et de la motivation, il existe de très nombreuses techniques pour stimuler et encourager des équipes de recherche, surtout au vue des derniers progrès en pédagogie collaborative.

Dans le Monde d’après il faudrait mettre un terme à leur activité parasitaire et placer la recherche médicale et pharmaceutique, ainsi que la production de médicaments, dans le giron public. Cela coûterait nettement moins cher aux contribuables et aux patients. Plus que jamais notre santé vaut mieux que leurs profits.

A Manca  15 mai 2020

http://www.a-manca.net/

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27 mai 2020 ~ 0 Commentaire

onfray (a manca)

tardi drapeau

FRONT POPULAIRE où FRONT POPULISTE?

Non, la dérive politique de Michel Onfray ne doit rien à une sénilité précoce. Elle ne doit rien non plus au hasard. Le courant dans lequel il s’embourbe aujourd’hui plonge ses racines au cœur de l’histoire politique de la France.

L’appel à l’union sacrée de toutes les couches sociales de la nation contre l’ennemi, y a été régulièrement lancé. Ce nationalisme exacerbé au besoin, a toujours convoqué les classes populaires au rendez vous de l’histoire, pour fournir les grands bataillons et dans la réalité des faits, pour encore mieux les contrôler.

Les classes dominantes sont celles qui ont tiré profit de cette union de façade. Une fois leurs objectifs atteints, celles-ci, ont désarmé la plèbe et l’ont renvoyé à un rôle subalterne.

Les vraies nature et fonction du populisme ne sont pas autres choses que des instruments idéologiques destinés à maintenir un ordre garantissant la pérennité de la domination des classes dominantes en détournant la colère des classes populaires des véritables raisons de leur mécontentement.

Les droites et l’extrême droite donnent dans ce registre, mais l’histoire a vu aussi des courants issus de la gauche se compromettre gravement sur fond de nationalisme cocardier. Les réformistes, faux nez du capitalisme, mais véritables contre révolutionnaires, peuvent s’adonner eux aussi, aux « délices » de l’union sacrée.

Ce nationalisme est à combattre, sans concession aucune, car il n’a rien d’émancipateur et son idéologie ne peut que déboucher sur des régimes hyper-autoritaires, voire clairement dictatoriaux.

Alors oui, mille fois oui, le monde du travail a tout intérêt à exercer la plus grande vigilance sur ce qui se passe dans l’hexagone comme sous d’autres cieux de cette Europe en proie aux pires des tentations.

Les Horban, Salvini, Lepen ont ouvert les brèches dans lesquelles s’engouffrent désormais des marionnettes comme Michel Onfray. La concurrence entre tous ces réactionnaires est rude, mais rien ne s’oppose à l’hypothèse d’une conjonction d’intérêt entre ces courants, qui tous sans exception volent aujourd’hui aux secours d’un capitalisme traversé par de nouvelles contradictions.

C’est un Front Populiste que veut forger politiquement Onfray et par un abject abus de langage, il tente de présenter cette entreprise nationaliste sous le couvert d’un Front Populaire. Cette escroquerie intellectuelle mérite d’être dénoncée et plus encore radicalement combattue.

Si vous doutiez encore de la manœuvre en cours, voici les premiers noms et pedigrees de celles et ceux qui saluent l’initiative de ce minable. Entre autres :

– Alain de Benoist, fondateur du Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (Grece) – cette structure de la« nouvelle droite » à mi-chemin entre le club de pensée et l’association politique, élitiste, antiégalitaire, antidémocratique, qui a toujours eu pour objectif de réarmer idéologiquement la droite et l’extrême droite, et a fait office d’école de formation, à la fin du XXe siècle.
– Patrick Lusinchi, l’un des dirigeants d’Éléments, la revue de ce courant.
– Yann Vallerie, l’identitaire breton
– Claude Chollet, patron d’un observatoire (d’extrême droite) des médias.
– Robert et Emmanuelle Ménard, respectivement maire de Béziers et députée, chantres de « l’union des droites » .
– Philippe Vardon, ancien du Bloc identitaire, désormais membre du bureau national du Rassemblement national (RN).

Alain de Benoist résume l’accueil bienveillant à droite de la droite : « C’est une initiative excellente. Je trouve seulement que le terme de “souverainistes” est un peu limitatif. J’espère que Front populaire tiendra la promesse contenue dans son titre : qu’il soit un lieu d’échanges pour tous ceux qui regardent la notion de peuple comme plus importante encore que celle d’État ou de nation. ».

Même attente concernée du côté de l’identitaire Philippe Vardon, candidat du parti lepéniste aux municipales à Nice : « J’ai trouvé l’initiative intéressante, alors j’ai mis 30 ou 50 euros. Si ça peut participer à décloisonner le débat, c’est très bien. ».

Près de vingt ans après avoir lancé l’Université populaire de Caen pour contrer les idées de Jean-Marie Le Pen, Michel Onfray se voit même adoubé par son héritière, Marine Le Pen, laquelle est allée jusqu’à écrire un Tweet félicitant une « initiative (…) positive » qui « ne peut que [la] réjouir ».

Un hommage parmi d’autres, se défend le philosophe, qui prend soin de se détacher des figures des partis. « Il y a plus de seize mille personnes qui saluent [le lancement de Front populaire], elle en fait partie, très bien, déclarait Michel Onfray sur Sud Radio, le 17 mai.

Une ordure de plus aux poubelles de l’histoire.

Salut et Fraternité

Vandepoorte Serge. Militant Manca. 21 mai 2020

http://www.a-manca.net/

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26 mai 2020 ~ 0 Commentaire

protectionnisme (ucl)

François Kupka

Le faux dilemme du protectionnisme et du libre-échange

La crise économique qui frappe le monde entier a ravivé les débats interminables entre partisans du protectionnisme (qu’il soit « intelligent », « solidaire », ou « européen ») et défenseurs du libre-échange.

Que penser de ces débats ?

La gauche « radicale », communiste ou social-démocrate se prononce volontiers en faveur d’une forme ou une autre de protectionnisme contre le mondialisme libéral. On serait donc tentés de penser que le protectionnisme est la solution favorable aux intérêts populaires quand le libre-échange sert les intérêts bourgeois. Mais est-ce si simple ?

En réalité, ces deux types de politiques commerciales sont alternées fréquemment par les États bourgeois depuis les débuts du capitalisme, et même auparavant.

Le « mercantilisme », grosso modo l’ancienne forme du protectionnisme, est mis en place dès le règne de Louis 14 par Colbert afin de soutenir les exportations et d’accroître la richesse nationale. On ne peut pourtant pas dire que Colbert fut un socialiste…

Mais il est aussi vrai que le 19è siècle a été marqué par une ouverture généralisée des frontières commerciales, de même que la fin du 20è siècle, après des décennies de protectionnisme. Ce protectionnisme est d’ailleurs appliqué de manière hétérogène selon les secteurs : la Politique Agricole Commune (PAC) applique un fort protectionnisme européen pour le domaine agricole, contrairement à la plupart des autres secteurs soumis aux fluctuations du commerce international.

Quels intérêts ces politiques servent-elles ?

A y regarder près, elles défendent essentiellement une fraction à chaque fois différente des intérêts bourgeois : le libre-échange soutient le grand capital industrialo-financier, largement déraciné. Mais le protectionnisme porte les intérêts de la bourgeoisie industrielle nationale la moins intégrée à la mondialisation. Quand il s’applique à la production agricole, il défend aussi les intérêts des grands propriétaires terriens.

Pour l’autonomie productive

On pourrait penser que se rallier à la bourgeoisie la moins dominante, celle qui n’est peu ou pas intégrée au grand commerce mondial, est plus conforme aux intérêts du peuple. Après tout, ne sommes-nous pas dans le même bateau ?

Mais le recentrage sur une bourgeoisie nationale plus liée aux intérêts étatiques ne nous fera passer que d’un bout à l’autre du même bourbier. Nous, travailleurs et travailleuses, serions exposé.es à la guerre économique permanente que se livrent les États capitalistes.

Le protectionnisme pourrait certes permettre quelques relocalisations et réduire légèrement la pression de la concurrence internationale à court-terme, mais il est aussi l’instrument de politiques exportatrices agressives menées contre les autres pays et de probables surenchères impérialistes comme celle qui se déroule en ce moment entre les États-Unis et la Chine.

De sorte qu’un protectionnisme mené en France pourrait très rapidement se retourner contre nous. Enfin, les multinationales n’exploitent pas nécessairement davantage leurs salariés, à échelle d’un pays, que les entreprises locales…

Il nous faut lutter contre la totalité des politiques qui mettent en concurrence chaque peuple travailleur avec les autres.

Protectionnistes ou libre-échangistes, elles ne sont jamais que deux faces de la médaille en toc de la classe dominante.

Toutes ces politiques nourrissent les rivalités impériales et le nationalisme, faisant planer au-dessus de nous la menace permanente de la guerre. Nous n’avons pas à prendre parti pour une fraction ou une autre de nos exploiteurs.

Le bien de notre peuple ne peut pas et ne doit pas se réaliser au détriment de celui des autres. Si nous voulons réellement le défendre, alors il nous faut organiser la solidarité.

Il faut produire à échelle locale tout ce qui peut l’être raisonnablement, dans une perspective socio-économique et écologique.

Mais en parallèle, il faut coopérer systématiquement avec les autres peuples pour produire à grande échelle les biens qui ne peuvent l’être localement, et organiser des échanges utiles et apaisés.

Ce projet porte un nom : l’autonomie productive. Défendons là pour défendre notre classe et refusons les faux dilemmes des parasites qui nous gouvernent.

23 mai 2020 UCL

https://www.unioncommunistelibertaire.org/

Lire aussi:

« Contre le libre-échange, l’autonomie productive », congrès 2012 d’Alternative libertaire.

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26 mai 2020 ~ 0 Commentaire

gauche (révolution permanente)

caviar

UNE « GAUCHE » EN QUETE D’AVENIR

Au cœur de la crise, construisons l’avenir: une nouvelle « Union de la Gauche »… ex-LREM inclus ?

Plus de 150 personnalités politiques, syndicales et associatives ont signé une tribune intitulée « Au cœur de la crise, construisons l’avenir ». Parmi les principaux signataires, Yannick Jadot, leader d’EELV et Olivier Faure pour le PS. Une initiative dont le contenu commence à prendre une forme plus concrète avec, en perspective, une rentrée politique commune après l’été. Une politique à laquelle pourrait se joindre… Aurélien Taché, député LREM jusqu’à la semaine dernière…

La « gauche » qui s’est mise sur les rangs pour « le monde d’après », accélère le pas

A peine une semaine après la parution de la tribune intitulée « Au cœur de la crise, construisons l’avenir », signée par plus de 150 personnalités proches de la « gauche » et des écologistes, mais dont la visée politique restait encore relativement imprécise, le rythme s’accélère et les intentions prennent corps. Mardi 19 mai s’est tenue, à l’initiative du leader écologiste Julien Bayou, une visio-conférence qui a réuni une cinquantaine de représentants de partis, d’asso-ciations et de collectifs de la gauche institutionnelle, à l’exception de La France Insoumise.

Tandis que la tribune parue le 14 mai énonçait essentiellement les raisons d’être de cette initiative et se donnait pour horizon une « convention du monde commun » réunissant dans les prochains mois « des citoyens, des formations politiques, des associations, des syndicats et des ONG », la visio-conférence de mardi a annoncé la couleur et mis les points sur les « i » :

Il s’agit, en fait, de préparer une rentrée politique commune pour la fin de l’été ou l’automne prochain. Le coup d’envoi sera donné à l’occasion d’une « université commune de la gauche » dont le cadre politique est d’ores et déjà défini et accepté par tous les intervenants à l’issue de la visio-conférence comme l’explicite le journal Le Parisien : se situer en opposition à Emmanuel Macron et préparer une alternative crédible pour l’échéance électorale des présidentielles de 2022 avec pour axe validé : « Transition écologique dans la justice sociale ».

Un cadre politique dont l’énoncé plus qu’ouvert permet de ratisser large au sein d’un personnel politique blanchi sous le harnois.

Car tout le monde était là : EELV, le PCF, le Parti Socialiste, Génération.s, parti radical de gauche, Gauche Républicaine et socialiste, jusqu’à Cap 21 dirigé par Corinne Lepage, ancienne ministre de l’environnement d’Alain Juppé…

Mais le clou, c’est quand même la présence à cette visio-conférence d’Aurélien Taché, député LREM jusqu’à lundi, et devenu ce mardi membre du nouveau groupe dissident fondé à l’Assemblée sous la dénomination d’Ecologie, Démocratie, Solidarité. Une présence pour le moins étonnante et un attelage qui sera sans doute difficile à conduire, mais un éventail qui surprend beaucoup moins quand on regarde l’embryon de programme présenté dans la tribune du 14 mai et que « l’université » prochaine sera chargée de peaufiner.

Lors du lancement de la tribune, les signataires s’étaient résolument placés sous le signe du refus du monde d’hier et du « plus jamais ça ! » Quelque chose qui serait de l’ordre de « la table rase », et s’affronterait « à l’impasse où nous ont conduits les politiques dominantes et le capitalisme financier, depuis quarante ans. »

« Quarante ans » …. : un retour en arrière qui ramène au lendemain des trente glorieuses, à l’avènement de l’ère du néolibéralisme, et à une période où, sans que cela soit ouvertement évoqué dans le texte, depuis la présidence d’un François Mitterrand et un gouvernement « d’union de la gauche, » jusqu’à Hollande et plus récemment Macron les « grandes transitions n’ont pas été opérées ».

Pour ce rassemblement « de gauche » qui, semble-t-il, ne verrait pas de problèmes à accueillir dans ses rangs un Aurélien Taché, il s’agit en quelque sorte de reprendre le cours dévié de l’histoire en se situant « à la hauteur des principes que [ses] prédécesseurs ont affirmés dans la “reconstruction” qui suivit la seconde guerre mondiale ».

Il est donc difficile d’imaginer comment, à moins d’une autocritique profonde, tout ce personnel politique, dont plusieurs ont été membres de gouvernement, ou de parti comme le PS, qui ont directement gouverné et imposé les réformes néo-libérales, pourrait opérer une rupture un tant soit peu « radicale ».

Il y a tout lieu de penser que ce sera dans les vieux pots qu’on préparera la potion pour demain. Il suffit pour le vérifier de regarder d’un peu près cette tribune qui, même simplement ébauchée, dresse un inventaire déjà politiquement très significatif.

Des orientations programmatiques encore floues mais déjà inquiétantes pour les travailleurs

A la lecture de la tribune, il apparaît que c’est l’écologie qui est mise au cœur de l’édifice. Outre que cette question, d’un intérêt collectif essentiel pour le devenir de la planète et des populations, représente sans doute le plus grand dénominateur commun affichable par ces formations disparates.

Elle présente l’avantage, dans la perspective des présidentielles, de s’adresser à une base électorale dont la jeunesse, les mobilisations récentes, parfois même aux côtés des gilets jaunes, peuvent constituer l’une des « dynamiques collectives » puissantes et teintées de renouveau que le rassemblement recherche.

Le contenu lui-même, n’est pas nouveau. Appuyé sur « les propositions exprimées par la convention citoyenne pour le climat », il se range à une vision très étatique, à l’échelle européenne et nationale, qui prend pour point de départ les accords de Paris.

Quant à la responsabilité primordiale des entreprises, pourtant remise récemment en exergue par la catastrophe écologique de Lubrizol, pas un mot. Et pourtant, le combat contre l’organisa-tion capitaliste de la production, fondée sur le pillage des richesses, la surexploitation des populations, la répartition anarchique des zones et types de production, la circulation aberrante des marchandises à la surface du globe, la production au mépris des risques encourus par les travailleurs et l’environnement serait le point de départ indispensable d’une écologie orientée sur la satisfaction des besoins essentiels des travailleurs et des populations.

Pour ce qui concerne l’économie, le positionnement est très clair. Dans son propos la tribune réserve exclusivement sa critique au « capitalisme financier » cherchant de la sorte à dédouaner le « capitalisme industriel » qui serait sain.

Une rhétorique du bon et du mauvais capitalisme qui défend, de fait, le « système productif » français à travers une vision protectionniste, voire souverainiste. Pour les signataires, il faut sauver les « fleurons de notre économie au bord de la faillite ». Deux solutions clés : les « relocalisations » et les « nationalisations ».

L’une et l’autre relèvent du même postulat : en temps de crise, plus que jamais, les intérêts des patrons et des travailleurs seraient liés. La réalité c’est qu’ils n’ont jamais été plus opposés. Niant les frontières de classes et se repliant à l’intérieur des frontières géographiques, la « cohésion nationale » devient le leitmotiv cherchant à ériger « la France » comme une formule effaçant la distinction entre les salariés et le grand patronat tout en lui donnant une teinte souverainiste.

Pourtant la crise, on le sait, est mondiale, et on s’étonne que des formations qui se disent « de gauche », voire socialiste ou communiste, puissent se satisfaire de sauver les travailleurs de leur pays contre ceux des autres pays.

On touche d’ailleurs aux limites du scandaleux quand les auteurs de la tribune, poussant au bout leur logique protectionniste, en viennent à réclamer plus de « facilités » pour permettre aux travailleurs étrangers « d’exercer le droit au séjour ». Sous une apparente bienveillance, une négation de la liberté de circulation des travailleurs comme fondement de l’internationalisme et de la tradition du mouvement ouvrier.

Quant à parler de « nationalisations » sans évoquer la question de l’expropriation des détenteurs du capital et du placement de l’activité économique et financière de l’entreprise sous contrôle des travailleurs, cela équivaut, dans la période actuelle, à demander à l’Etat de renflouer les capitalistes, comme le gouvernement Macron a déjà commencé à le faire, à coup de milliards d’euros.

Cette question des « nationalisations » prend une acuité toute particulière, quand il s’agit de secteurs de l’activité sociale et économique, comme la santé ou les transports. Parler de « garantir à tout moment la disponibilité des principaux médicaments » sans parler de réquisition et de nationalisation sans indemnité ni rachat des laboratoires pharmaceutiques, sous contrôle des travailleurs, équivaut à un vœu pieux et une négation du caractère éminemment capitalistique de ce secteur.

Pour ce qui est enfin des aspects financiers et des politiques européennes, on ne peut que trouver extraordinaire que le texte préconise, la mutualisation de la dette des états européens, une proposition loin d’être en rupture avec l’ordre établi de sorte que Merkel et Macron y ont en partie déjà répondu lors du dernier sommet européen ressuscitant 500 milliards d’argent magique qui finiront dans l’escarcelle du grand patronat.

L’urgence sanitaire et sociale ne se règlera pas dans les urnes ni pour aujourd’hui, ni pour demain

La pandémie du Covid 19 a aggravé une crise sociale qui s’exprimait depuis près de deux ans avec des manifestations intenses et répétées. Une lutte des classes qui oppose depuis plusieurs mois les intérêts du patronat et du salariat sur des sujets aussi critiques que les salaires, les retraites, la précarité, le chômage, la santé, l’enseignement.

Tandis que les vagues de licenciements ont déjà commencé et s’annoncent dramatiques pour l’avenir, tandis que les travailleurs qui ont été en première ligne dans la santé, dans les trans-ports ou dans la distribution peinent à toucher de maigres primes et se mobilisent pour leurs revendications, tandis que les secteurs paupérisés commencent à connaître l’indigence et la faim et expriment leur révolte, la question est posée, à l’intérieur même des entreprises, de l’affrontement entre patrons et salariés.

Sous couvert de crise sanitaire, des coups violents ont déjà été portés aux travailleurs sur leurs conditions de travail, leurs horaires, leurs congés, leurs salaires largement amputés, les risques qu’ils encourent.

Les effets de la crise économique vont continuer à se faire sentir durablement. Face à cette situation, tandis que les conditions sont de plus en plus dures pour les travailleurs, tandis que la répression syndicale ne cesse de s’amplifier dans de nombreuses entreprises publiques ou privées, les propositions qu’avance la tribune à propos de la démocratie dans les entreprises ont quelque chose de totalement décalé et d’indécent :

« Pour réussir la sortie de crise, il faut y faire entrer la démocratie en associant réellement les salariés à leur stratégie. Cela doit s’incarner dans une codétermination à la française avec la présence de 50% de représentants des salariés dans les conseils de surveillance ou les conseils d’administration des grandes entreprises et le renforcement des pouvoirs des représentants des salariés à tous les niveaux. »

Ni plus ni moins que l’association capital-travail et la cogestion intégrées dans l’entreprise comme pendant naturel au dialogue social mené à l’échelle nationale, ainsi que le préconisent les signataires lorsqu’ils demandent « qu’il soit renoncé définitivement au projet de réforme des retraites qui mine la “cohésion nationale” dont nous avons tant besoin. »

Au total, même si les initiateurs du projet disent vouloir enclencher « des dynamiques collectives » pour l’avenir, il ne s’agit en aucun cas de mobilisations, de grèves, de manifestations, pourtant très probables dans les mois qui viennent, mais essentiellement de préparer à la rénovation d’une « union de la gauche » remasterisée, intégrant jusqu’à l’aile gauche ex-LREM en vue d’une candidature unique pour les présidentielles de 2022.

Une dynamique de regroupement au sommet des organisations, comme le préfigurent la visio-conférence et le projet d’université ; un rassemblement qui se conçoit d’un point de vue strictement électoral, se refusant même à nommer les mobilisations qui ont structuré la période précédant immédiatement la crise sanitaire, de la loi Travail en 2016 aux Gilets Jaunes, en passant par la réforme des retraites.

L’objectif avoué, c’est de se poser comme une alternative de pouvoir, face à Macron, dans le cadre des institutions de la Vème ou même d’une VIème république rénovée. Une voie institutionnelle qui semble s’inscrire en opposition même à tout processus de lutte de classe et dont l’objectif demeurera, comme par le passé, – le Parti Socialiste en étant la meilleure illustration – au mieux d’administrer l’austérité, au pire d’infliger des nouvelles réformes néo-libérales, maintenant les rapports entre les classes avec une fermeté d’autant plus grande que la crise sera plus forte.

Un projet qui démontre, s’il en était encore besoin, que toute voie institutionnelle se pensant dans le cadre du système capitaliste ne peut mener qu’à la réédition des plans et des programmes d’austérité qui visent à faire payer la crise aux travailleurs. En être conscient c’est se prémunir contre de nouvelles désillusions suscitées par une nouvelle version des ces « unions de la gauche » qui ont toutes failli. Il ne peut être question d’attendre 2022.

Il n’y aura ni « troisième voie », ni « vote utile » entre Macron et Marine Le Pen, simplement le chemin de la rue, des blocages et de la grève, pour imposer une autre issue à la crise sanitaire économique et sociale d’ores et déjà engagée.

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26 mai 2020 ~ 0 Commentaire

labour (swp)

sir keir

Starmer, un bobo, prétendant être d’origine ouvrière

Les banquiers célèbrent leur relation avec le Parti Travailliste de Sir Keir Starmer

Les nouveaux dirigeants de droite du parti travailliste ne perdent pas de temps pour bavarder avec les banquiers et les patrons

La City de Londres (centre du capitalisme mondial) salue un « changement radical » dans l’attitude envers les banquiers et les patrons du parti travailliste de Sir Keir Starmer. Le parti tente de « renouer avec les banquiers » et de montrer qu’il a abandonné la politique de gauche de l’ancien leader Jeremy Corbyn.

La chancelière de l’ombre Anneliese Dodds et son ministre de la ville ont bavardé avec des banquiers de la city, selon le Financial Times, le journal des patrons. Pat McFadden, futur (?) ministre travailliste, a récemment rencontré en ligne les banquiers de l’Association des investissements et de Standard Life Aberdeen.

Et M. Dodds s’est exprimée lors d’un événement en ligne organisé par la société de conseils aux entreprises Cicero, auquel ont participé 500 personnes, dont des gestionnaires de fonds d’investissement. Le patron de Cicero, Iain Anderson, a déclaré que cela montrait que le Labour de Starmer adoptait une approche « complètement différente » que sous la direction de Corbyn.

« Il y a maintenant une relation entièrement constructive et ouverte, et on parle à nouveau de partenariat avec la finance », a-t-il déclaré.

Exécutif

Et un cadre de la direction d’un fonds a décrit l’approche du Labour comme un « changement en profondeur ». Après sa rencontre avec les banquiers, McFadden – ancien assistant de Tony Blair et ministre des affaires du gouvernement de Gordon Brown – a déclaré : « J’ai toujours pensé qu’un parti aspirant à un gouvernement devrait s’intéresser autant à la création de richesses qu’à leur distribution équitable ».

C’est un écho de l’époque où les travaillistes sous Blair étaient intensément clairs sur le fait que des gens peuvent s’enrichichir de manière dégoûtante. Il est temps pour la gauche de quitter le parti travailliste et de se battre pour le changement en dehors de celui-ci

Le Financial Times a déclaré que les travaillistes sous Corbyn et son chancelier fantôme John McDonnell avaient adopté une « approche hostile » envers les entreprises et « se sont aliénés beaucoup de gens dans la City ».

En fait, Corbyn et McDonnell ont également passé beaucoup de temps à essayer d’apaiser les banquiers et les patrons. Alors que Corbyn s’adressait aux patrons lors de la conférence du CBI, McDonnell disait aux banquiers qu’ils n’avaient « rien à craindre » d’un gouvernement travailliste.

Et comme l’indique le Financial Times, le ministre fantôme de Corbyn, Jonathan Reynolds, a « de bonnes relations avec les entreprises ».

Mais cela n’a pas satisfait les banquiers et les patrons qui détestaient les prétentions de Corbyn d’essayer de nationaliser partiellement certains services publics ou d’augmenter l’impôt sur les sociétés. Les banquiers se réjouissent du travail de Starmer mais ils ne croient pas ses prétentions à « défendre l’héritage » de la direction de Corbyn. Mais leur attitude envers le Labour est tiède.

Après la rencontre avec McFadden, l’Association des Investisseurs a salué une relation « constructive et ouverte » avec « les partis politiques de tous les côtés ».

Elle a déclaré que cette relation est « essentielle, non seulement pour le bon fonctionnement de notre économie mais aussi pour notre démocratie ». C’est une preuve du pouvoir que les patrons et les banquiers ont sur les gouvernements.

Prouver que le Labour est un parti suffisamment « responsable » pour gouverner signifie convaincre les patrons qu’ils peuvent lui faire plus confiance qu’aux conservateurs pour protéger leurs profits.

Starmer leur donnera plus que ce qu’ils veulent – et fera passer leurs intérêts avant ceux des gens ordinaires.

Nick Clark 25 mai 2020

https://socialistworker.co.uk/

Lire aussi:

Time to leave the Labour Party and fight for change outside it (SWP)

Commentaire:

Le « Labour » c’est le Parti Travailliste, le PS outre-manche. Après avoir eu comme chef l’ultra libéralTony Blair, barre à gauche avec Jeremy Corbyn, battu et replacé par un « Sir ». Son gouvernement « dans l’ombre » (shadow cabinet) en cas de victoire, est rempli d’ultra-libéraux.

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26 mai 2020 ~ 0 Commentaire

algues vertes (fr3 reporterre lpb)

algues

Des journalistes vent debout contre la difficulté d’informer sur l’agroalimentaire en Bretagne

Une nouvelle génération de journalistes vient d’adresser une lettre ouverte au président de la Région Bretagne contre la difficulté d’informer sur l’agroalimentaire local. Depuis ce week end, des signatures affluent. Leur but : médiatiser la question auprés du public breton.

Tout est parti ce week-end d’une quinzaine de jeunes journalistes bretons, et ce sont désormais plus de 250 reporters professionnels, plus ou moins capés, indépendants ou implantés dans de grandes rédactions régionales, et même nationales.

Tous disent leur malaise et leur ras-le-bol dans une lettre ouverte à Loïg Chesnais-Girard, président de la région Bretagne. Même France Inter en a parlé ce matin. Les initiateurs de l’action n’en reviennent pas.
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La lettre « du club des 15″

Un « club des 15″ a sollicité par le bouche-à-oreille ses consoeurs et confrères avec ce courrier « Journalistes pour la liberté d’informer sur l’agroalimentaire en Bretagne ». Ils ne s’attendaient pas à un tel succès. Le lien sur les signataires.

Agroalimentaire breton et omerta

Tous font le même constat : face à l’omerta qui règne dans le monde de l’agroalimentaire breton, il est difficile d’informer sereinement le public.

Face à l’autocensure que s’appliquent certains journalistes, la censure plus ou moins explicite exercée par certains médias, les pressions sur les témoins, ou encore les procès ou menaces de procès auxquels témoins et médias sont confrontés, ils ont décidé d’agir.

Un véritable pavé dans le monde de l’agroalimentaire qui risque de faire des ricochets, bien au-delà des frontières britto-bretonnes, car beaucoup s’accordent aujourd’hui pour dire que le modèle agricole intensif, avec ses élévages massifs et ses monocultures, a vécu et doit revenir à une certaine raison.

L’aspect émergé de l’iceberg dans cette tribune, c’est bien sûr le procés intenté à Inès Léraud. Cette jeune journaliste et auteure de la bande dessinée « Algues vertes, l’histoire interdite » est attaquée en justice par une entreprise agroalimentaire bretonne.

Une lettre qui fait aussi référence à la tribune du journal Libération parue le 9 mai 2020.

Témoignages : ils ont signé cette lettre ouverte
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Plusieurs fines plumes bretonnes, qui ont préféré rester anonymes, nous ont expliqués au téléphone pourquoi il ont signé cette lettre ouverte :  » C’est une excellente chose qu’au-delà de la concurrence entre médias, les journalistes s’entendent sur une des bases de leur travail, à savoir sortir des informations étayées. »B. est journaliste dans la presse quotidienne régionale. Il se sent solidaire de ces jeunes confrères plus fragiles, car indépendants, n’appartenant pas à une grande maison.Il a eu l’occasion de travailler sur des sujets sensibles, liés à l’agroalimentaire breton. Et alors que son enquête n’était pas encore aboutie, il a reçu un coup de fil de la part du dirigeant de cette entreprise, lui expliquant qu’il savait très précisément ce sur quoi il enquêtait.Il parle de divers procès intentés à son journal par le PDG d’un grand groupe breton. Des procès qui ont un certain coût financier pour les gros médias :  » Alors pour les journalistes indépen-dants, vous imaginez les répercussions. C’est bien une manière délibérée de faire obstruction à une enquête, souvent de l’intimidation « .

Bémol

Mais une chose l’interroge dans cette démarche : pourquoi faire appel au président de région pour garantir la liberté de la presse ? Si d’un côté on lui reproche de construire l’avenir du territoire avec, notamment, les acteurs de l’agroalimentaire breton, comment peut-il être juge et partie dans ce dossier ?

D. travaille régulièrement sur l’agroalimentaire breton, les questions économiques et sociales,  mais aussi l’environnement :

« J’ai signé la lettre ouverte, car c’est vrai qu’on ne peut pas informer normalement sur les questions agricoles ou agroalimentaires en Bretagne. Or, les pratiques de certains agriculteurs et de certaines entreprises sont au cœur des débats actuels, sur les questions sociales ou environnementales, sur l’alimentation, sur la transition.

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Quand on sollicite une interview, souvent personne ne nous répond, ou alors on nous renvoie à des agences de communication parisiennes et ça ne débouche pas.  Et si on traite un sujet sans avoir les deux parties, on nous taxe d’« agribashing » « . » Quand on veut interviewer des ouvriers, même syndiqués, souvent ils ont peur de sanctions. Ils veulent rester anonymes. Quand on interviewe des agriculteurs qui ne sont pas d’accord avec la FDSEA, qui veulent un autre modèle agricole, certains reçoivent parfois des menaces. Je pense qu’il est grand temps que la Bretagne se regarde en face. « 
La réponse de la Région
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C’est en buvant son café, alors qu’il écoutait France Inter, que Loïg Chesnais-Girard a entendu pour la première fois parler de cette lettre ouverte à la Région. Un coup à ne pas apprécier son petit corsé du matin, pour cause dans son édito Sonia Devillers parle de mécanique de représailles, de subventions qui ne doivent pas disparaître.
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Mais après une relecture attentive de cette lettre, il se rend compte qu’il n’est pas directement visé. Il y a bien sûr la polémique avec la maison d’édition Skoll Vreizh et son refus d’éditer en breton la bande dessinée sur les algues vertes d’Inés Léraud. Mais toute cette polémique ne peut revenir au conseil régional.
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Pour preuve, le refus de la présence d’Inés Léraud au salon du livre à Quintin est plutôt à porter au crédit d’un élu local pas vraiment de son bord.Un bord d’ailleurs pas vraiment favorable aux subventions régionales versées à certaines associations environnementales qui ont pourtant joué leur rôle de sentinelles sur terre, dans l’eau et dans les airs, depuis bien des années. Mais c’est un secret de polichinelle que la région et l’agroalimentaire ont composé, composent et composeront encore ensemble pour l’avenir de la Bretagne.Mais alors, Monsieur Le Président, comment interprétez-vous cette lettre qui vous demande des moyens et un certain arbitrage, au même titre qu’un observatoire de l’agri bashing qui a vu le jour ? Je veux dire aux journalistes que, pour moi, c’est oui !.
Oui, je suis d’accord pour contribuer à garantir une information et une parole publique libre, sur les enjeux de l’agroalimentaire en Bretagne, comme sur n’importe quel autre sujet. La liberté de la presse n’est ni anecdotique ni à géométrie variable.Oui, je peux certifier que tous les journalistes peuvent interroger la Région, en toute transparence et indépendance, à chaque fois que cela est nécessaire. J’en serai le garant, et je suis prêt à répondre de tout manquement à ces principes.

Oui, je peux assurer, comme je l’ai dit à Inès Léraud et au président de la maison d’édition Skol Vreizh, qu’aucune maison d’édition ne verra ses subventions coupées pour la publication de la BD « Algues vertes, l’histoire interdite » en français, en breton ou en gallo. L’aide à la création culturelle et l’aide à la diffusion ne se conditionne pas, c’est un principe fort que j’assume.

Oui, je m’engage à poursuivre et à amplifier notre soutien aux lieux de formations universitaires à l’information en Bretagne, comme nous le faisons déjà avec l’IUT de journalisme de Lannion.

Oui, je suis disponible pour accompagner la création d’un observatoire régional indépendant des libertés de la presse. La liberté de la presse est un droit constitutionnel non négociable, et je m’engage à participer, à mon niveau, au démantèlement de toutes les autocensures qui empêchent les journalistes de travailler sereinement.

Oui, je suis volontaire pour faire en sorte que la presse puisse faire son travail en toute indépendance et en toute impartialité en Bretagne.

Oui, je suis disponible pour vous recevoir, collectivement ou au travers des représentants que vous choisirez. Loïg Chesnais-Girard

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De son côté, le vice-Président en charge de l’agriculture et de l’agroalimentaire, Olivier Allain nous a contacté pour une mise au point : « Jamais je n’ai exercé la moindre pression ni le moindre chantage à l’encontre de quiconque, ni en interne ni en externe. La liberté d’expression est une de mes valeurs fondamentales. Je n’ai plus aucune responsabilité à la FDSEA même si j’en suis toujours adhérent », ajoute celui qui est désormais maire de Corlay (22). Il se dit vexé et blessé par cette affaire d’autocensure.

Toujours plus de signataires

Le nombre de journalistes signataires de cette lettre ouverte avoisine ce soir les 300. Les rédactions de Mediapart et Disclose se sont également associées à cette demande comme certaines plumes nationales ou internationales du journal Le Monde.

Reste à savoir si cette tribune trouvera un écho dans le monde scientifique.

Une pétition en ligne veut en tout cas associer le public au sens large, puisqu’elle est ouverte à tous. Et comme le rappelle le club des 15, le but ici est bien de sensibiliser tout le monde à cette difficulté d’informer sur le monde agroalimentaire et par ricochet, sur ce que nous mangeons.

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Gilles Raoult 26/05/2020
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Lire aussi:
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Inès Léraud attaquée en justice pour avoir enquêté sur l’agroalimentaire breton : l’affaire devient politique 

Algues vertes : « l’histoire interdite » racontée en bande dessinée 

En Bretagne, la liberté d’informer sur l’agroalimentaire est menacée (Reporterre)

Quand la journaliste Inès Léraud remue le monde politico-économique (Le Peuple Breton)

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26 mai 2020 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

Du fric pour l’hôpital public ! 

Pour les services publics, pour nos salaires,

Tou-TE-s ensemble !

Depuis le lundi 11 mai, une mobilisation pour imposer que des moyens soient accordés à la santé a démarré. Des rassemblements de soignantEs, accompagnés de celles et ceux qui les soutiennent, ont eu lieu à Toulouse et à l’hôpital pour enfants de Paris Robert-Debré, avant de s’étendre dans plusieurs hôpitaux, dans la perspective d’une grande journée de mobilisation pour la santé mardi 16 juin. Le développement d’un tel mouvement ouvre la possibilité d’une lutte sociale d’ampleur qui peut causer bien des soucis à Macron et à ses amis.

Le pouvoir veut éteindre l’incendie

Forcé de rendre hommage aux hospitalierEs en « première ligne » pendant cette crise sanitaire, obligé de s’engager à « mettre fin » à la « paupérisation » des soignantEs, après avoir louvoyé en concédant une prime et des médailles, Macron veut désamorcer la crise en ouvrant pour sept semaines une concertation baptisée « Ségur de la santé » (du nom de la rue où se situe le ministère de la Santé)…

Concrètement, aucun changement de cap n’est prévu. Le plan « Ma santé 2022 » va continuer à s’appliquer, le gouvernement annonce des mesures sur l’investissement (locaux et équipements), une réforme de la « gouvernance » (pour donner plus de place aux médecins dans la gestion de l’austérité ?) et d’une privatisation rampante, avec la création d’établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC)… mais absolument rien sur la question centrale du recrutement et de la formation.

Mettons fin à l’« hôstérité » !

Il n’y a pas de besoin d’un tel cirque rue Ségur pour savoir de quoi l’hôpital et ses personnels ont besoin. Depuis deux décennies, pour des raisons budgétaires, 100 000 lits ont été fermés dans les établissements hospitaliers par des gouvernements de gauche comme de droite. De plus, la création de 120 000 postes s’impose pour donner de l’air au service public hospitalier.

La question de la rémunération est au cœur des revendications de celles et ceux qui se mobilisent. Les soignantEs attendent plus qu’une prime, d’autant plus que touTEs ne la toucheront pas, ou pas à la même hauteur : elles/ils veulent une véritable revalorisation des salaires, car les infirmierEs français touchent 300 euros de moins que la moyenne européenne. Du coup, beaucoup, découragés par les conditions de travail, ne s’en sortant pas financièrement, abandonnent le métier au bout de quelques années ou cumulent de façon illégale leur métier avec un deuxième job. En « première ligne » certes, mais surtout en « premierEs de corvée » !

Mobilisation générale !

Défendre les services utiles à la collectivité - que ce soit dans la santé, l’éducation ou les transports -, se battre pour une autre répartition des richesses en étant mieux payé - à commencer par une augmentation générale des salaires de 300 euros -, autant d’exigences pour lesquelles l’ensemble du monde du travail doit lutter ensemble.

Cela concerne donc la santé - aux cotés des hospitalierEs et pour exiger des réponses aux urgences sanitaires (gratuité des masques, politique de dépistage massif) - mais aussi pour défendre nos emplois.

Ainsi, alors que Renault a annoncé la possible fermeture de quatre site de fabrication en France, Le Maire, ministre de l’économie capitaliste, annoncé que l’État ne s’y opposait pas… A nous de construire une grande mobilisation pour refuser ces fermetures et garantir l’emploi en empêchant les licenciements. Enfin, pour la justice et l’égalité, a lieu ce samedi 30 mai une grande journée de manifestation à l’appel de la Marche des solidarités afin d’exiger la régularisation de tous les sans-papiers.

A l’échelon local comme national, sur nos lieux de travail et dans les quartiers, nous avons besoin de l’unité de notre camp social et de ses organisations (syndicats, associations et forces politiques) pour reprendre l’initiative.

Pour déconfiner… nos colères, et assurer la reprise… des mobilisations, c’est le moment !

mardi 26 mai 2020

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25 mai 2020 ~ 0 Commentaire

16 juin (rapports de force)

hopitaux-16-juin-2020

Mobilisation des hôpitaux le 16 juin à l’appel de 12 syndicats et collectifs

Pas question d’attendre sagement le plan santé promis par le chef de l’État avant l’été pour les personnels hospitaliers. Les collectifs nées d’un an de lutte à l’hôpital (inter-Urgences, Inter-Blocs et Inter-Hôpitaux) ainsi que les syndicats CGT, SUD et Unsa, l’association des médecins urgentistes de France ou le Printemps de la psychiatrie, appellent à une journée de mobilisation pour l’hôpital le mardi 16 juin.

Avant cette échéance, le ministre de la Santé organisera une réunion de concertation le lundi 25 mai sur le « Ségur de la santé », du nom de l’avenue où se trouve le ministère.

Au programme : la revalorisation de la rémunération des soignants pour se hisser dans la moyenne européenne. Si l’augmentation des salaires faisait bien partie des revendications des hospitaliers en grève l’an dernier, leurs autres exigences pour sauver l’hôpital n’ont pour l’heure fait l’objet d’aucune annonce gouvernementale. En effet, rien sur des embauches en nombre de soignants.

À la place : un aménagement des 35 h qui pourrait bien être une manœuvre pour ne pas recruter de personnel supplémentaire dans les hôpitaux. Aucun engagement non plus à mettre fin aux suppressions de lits.

Faute de voir leurs revendications essentielles prises en considérations, les 12 syndicats et collectifs déjà mobilisés repartent en « guerre » avec une date de mobilisation le 16 juin, pour qu’il n’y ait pas de « retour à l’anormal », après la crise du Covid-19.

20 mai 2020 Stéphane Ortega

https://rapportsdeforce.fr

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