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04 avril 2014 ~ 0 Commentaire

La cncdh dénonce un racisme «brutal et biologisant» (mediapart)

manuueel

Manuel Valls est destinataire du rapport annuel de la Commission nationale consul-tative des droits de l’homme (CNCDH).

Ses propos sur les Roms lui sont reprochés. Autre désaccord: l’islamophobie. Alors que Valls refusait ce terme, l’institution le juge incontournable.

C’est l’un des tout premiers rapports officiels que Manuel Valls, à peine nommé premier ministre par François Hollande, va trouver sur son bureau.

Et il n’est pas certain que son contenu lui fasse plaisir. Quelques heures avant la passation de pou- voir, ce mardi 1er avril 2014, la présidente de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), Christine Lazerges, s’est rendue à Matignon pour remettre son bilan annuel sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Jean-Marc Ayrault aurait dû, selon la tra- dition, le réceptionner le 21 mars, date retenue par les Nations unies pour la journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, mais il a préféré reporter en raison de la proximité des élections municipales…

En le parcourant, Manuel Valls aura le loisir de constater que ses propos sur les Roms, dont il a estimé qu’ils ne « souhaitent pas s’intégrer (…) pour des raisons culturelles », n’ont pas été appréciés. Interrogée la veille du remaniement par Mediapart, Christine Lazerges, ancienne députée socialiste, ne mâche pas ses mots à l’égard de l’exécutif en général. Elle fustige son « manque d’en- gagement » en matière de lutte contre les discriminations. « Cette politique de l’évitement a décou- ragé de nombreux électeurs d’aller voter », estime-t-elle en référence au taux d’abstention élevé, lors des élections municipales, de l’électorat de gauche, notamment dans les quartiers populaires. « Le gouvernement n’a fait preuve jusqu’à présent d’aucune audace pour contrer les discours populistes », insiste-t-elle.Au regard de l’année écoulée, la lutte contre le racisme a pourtant plus que jamais besoin de relais.

En matière de haine de l’autre, 2013 a en effet été le théâtre d’un retour aux sources, selon la CNCDH qui observe avec inquiétude la résurgence en France d’un « racisme brutal, biolo- gisant, faisant de l’étranger un bouc émissaire ». Dans son rapport, cette Autorité administrative indépendante, composée de 64 personnalités et représentants d’organisations issues de la société civile, s’indigne de l’attaque primaire dont Christiane Taubira, plusieurs fois comparée à un « singe » ou une « guenon », a été victime. En même temps, les nouvelles formes de racisme, moins frontales, essentialisant de supposées différences culturelles, ont continué de prospérer. Les « cibles privilégiées », constate-t-elle, changent de visage avec une cristallisation autour de la population arabo-musulmane et des Roms. La France « a été touchée au cœur », martèle-t-elle, dénonçant « ces mots injurieux » qui « ont trouvé à se démultiplier ».

Les données communiquées par le ministère de l’intérieur, très lacunaires puisqu’elles ne recensent que les cas ayant été constatés par les services de police et de gendarmerie, indiquent, une fois agrégées, une baisse en 2013 des actes et menaces à caractère raciste, xénophobe, anti- sémite et antimusulman (1 274 faits constatés, contre 1 542 en 2012). Pas de quoi, pour autant, se réjouir. Si les actes antisémites sont en net recul (-31,22 points), les actes anti-musulmans enregistrent une hausse de 11,3 points.

Sur plusieurs décennies, les analyses d’opinion étudiées par la CNCDH révèlent une so- ciété française globalement plus tolérante. Mais, depuis 2009, la situation se dégrade. Composé à partir des réponses apportées à 65 séries de questions, un « indice longitudinal » permet de mesurer les évolutions récentes. Pour la quatrième année consécutive, il recule. Ce résultat est jugé inquié- tant par les chercheurs mis à contribution – Nonna Mayer, Guy Michelat, Vincent Tiberj et Tommaso Vitale.

« On aurait pu penser que le plancher était atteint en 2012, le niveau de l’indice revenant à celui constaté juste après la crise des banlieues de 2005, indiquent-ils. Ce n’est pas ce qui s’est passé. Pour la quatrième année consécutive, l’indice est en recul. Surtout, la baisse enregistrée entre décembre 2012 et décembre 2013 est conséquente : 3,3 points. Autrement dit, on ne constate aucun tassement dans le rythme de ce retour des préjugés. Depuis 2009, l’indice global de tolérance a perdu près de 12 points. C’est d’autant plus préoccupant que le niveau de 2013, soit 56,3, corres- pond aux étiages bas de tolérance aux minorités qu’on observait en 1990 ou en 2001. On n’en est pas encore aux niveaux records de xénophobie enregistrés en 2000 (54,9) et en 1991 (51,4), mais l’indice s’en rapproche dangereusement. » (…)

Tous les groupes sociopolitiques sont désormais concernés : les diplômes immunisent de moins en moins contre la peur de l’autre. Plus surprenant encore : les électeurs de gauche basculent à leur tour. « Même dans le camp idéologique où les valeurs d’ouverture sont les plus fortes, où pour beaucoup elles font partie intégrante de leur identité politique, les digues sont en train de se fissurer », notent-ils, remarquant un rejet spécifique de l’islam.

Il convient de «nommer ce que l’on dénonce et souhaite combattre» La montée de l’into- lérance à l’égard des musulmans a incité la CNCDH à entamer un débat puis à revoir sa position à propos de l’usage du terme « islamophobie ». Le rapport annuel consacre un long développement aux raisons de ce revirement. Ses conclusions le placent, là encore, en porte-à-faux avec le nouveau premier ministre qui, alors qu’il était ministre de l’intérieur, avait fait de l’islamophobie le « cheval de Troie des salafistes ». « On ne peut nier que le mot fait aujourd’hui partie du paysage politique, médiatique et institutionnel. Il s’est notamment illustré par une actualité tout à fait prégnante, à l’occasion de faits divers inquiétants qui se sont succédé, à l’instar de ces agressions ciblant des femmes voilées », indique la CNCDH.

Outre ces violences de plus en plus fréquentes, l’institution met en avant plusieurs arguments. Le terme est certes « imparfait » sémantiquement, notamment en raison du suffixe « phobie » qui désigne une peur paranoïde et qui, en ce sens, déresponsabilise le coupable. Mais qui penserait à rayer de son vocabulaire « xénophobie » et « homophobie » ? Le terme, par ailleurs, s’est imposé partout dans le monde. Depuis les années 1990, la plupart des institutions internationales de défense des droits de l’homme et de la lutte antiraciste le reprennent. Enfin, et surtout, il sert à désigner une réalité actuelle. Les contours du racisme évoluent : sous couvert de défendre la laïcité ou l’égalité hommes-femmes, de nombreuses voix revendiquent une parole stigmatisante à l’égard des musulmans. La critique de l’islam (évidemment légitime) devient un paravent légal pour discriminer les personnes assimilées à tort ou à raison à cette religion. (…)

Faudra-t-il fabriquer un mot pour signifier le rejet dont les Roms font l’objet ? L’Autorité administrative indique avoir été contrainte de créer un indice particulier pour prendre en compte le caractère massif de l’hostilité à leur égard. Elle recense les préjugés innombrables qui les assimilent à des voleurs exploitant les enfants. Des entretiens en face à face conduits par l’institut de sondages CSA montrent les appréciations négatives qu’ils suscitent. En vrac : « Aversion et dégoût, accusation d’impureté et refus du contact, déception et frustration dues à leur incapacité supposée à changer, mépris et même haine en liaison avec la croyance en leur différence et leur infériorité. » Et de citer le témoignage emblématique d’une femme de 57 ans, secrétaire, qui habite à Paris, catholique non pratiquante, et qui vote PS : « Je ne suis pas raciste, mais je ne veux plus voir les Roms. C’est de la vermine. Ils volent les sacs à main. Ils agressent les vieilles dames. Ils maltraitent leurs chiens. Je donne à manger à leurs chiens, pas aux Roms. »

Cette population est la « moins-aimée » des minorités, conclut la CNCDH. Perçue comme « séparée du monde », elle se voit reprocher à la fois d’être « hors-système » tout en « profitant du système ». En déclarant que les Roms sont « des populations qui ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation », Manuel Valls n’a pas contribué à « arranger les choses », souligne l’institution dans une litote. 01 avril 2014 Par Carine Fouteau

http://www.mediapart.fr/article/offert/e69bdc43e1a5237d921a8543002eaf06

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03 avril 2014 ~ 0 Commentaire

PS et gouvernement: hollande liquide la gauche

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Le PS a subi une débâcle historique.

L’abstention a été encore plus élevée qu’au 1er tour, preuve que les incantations gouvernementales à la mobilisation de la gauche n’ont pas convaincu. Et l’arrivée de Valls à Matignon marque symbo- liquement la prise de pouvoir de la gauche de droite…

Les bons scores du FN constituaient la meilleure configuration pour le PS qui pouvait ainsi espérer sauver quelques municipalités. Force est de constater que front républicain et vote utile ne font plus recette. Le brouillage des repères politiques entraîné par la politique d’aus- térité de Hollande, la radicalisation de la droite sous le quinquennat de Sarkozy et les velléités du FN à se présenter comme un parti comme les autres, ont sonné le glas de la mobilisation du « peuple de gauche ».

Durant la campagne, le PS a pourtant tout fait pour faire du scrutin un enjeu local et non national ; les socialistes se targuaient même de pouvoir prendre la ville de Marseille… Or, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Après deux ans de présidence de Hollande, le PS qui tenait 55 % des villes de plus de 9 000 habitants n’en conserve que 38 %. Il perd 10 villes de plus de 100 000 habi- tants et pas des moindres, à l’image de Toulouse ou Saint-Étienne gagnées sur l’UMP en 2008. Des bastions historiques passent à droite, comme Limoges, Nevers, Tours ou Quimper.

Si les socialistes l’emportent haut la main à Paris, ils conservent Lyon de justesse (50,65 %) et gardent Strasbourg sans doute grâce à la mobilisation contre le FN. Et Montpellier voit la victoire d’un dissident du PS.

Cette cuisante défaite marque la fin du « socialisme municipal » dont Hollande lui-même avait été la cheville ouvrière lorsqu’il était premier secrétaire du PS de 1999 à 2008. Il avait  alors permis aux socialistes de se constituer des potentats locaux sur tout le territoire alors même qu’ils étaient dans l’opposition. Ainsi, le président Hollande défait lui-même son propre héritage et voue son parti aux gémonies : perte annoncée de beaucoup de communautés de communes, élections régionales de 2015 à haut risque, avec par effet de dominos la perte du Sénat…

Premier ministre « austéritaire » Malgré les agitations de la gauche du PS dans l’entre-deux- tours et les déclarations de François Hollande sur le « message des Français » et les promesses de « justice sociale », rien ne laisse augurer, en particulier dans le discours de Hollande lundi soir, du moindre changement de cap politique.

Au contraire, le choix de Manuel Valls comme Premier ministre apparaît comme un mauvais présage. Loin de tenir compte des rapports internes au PS et des réticences de EÉLV, le Président nomme celui qui est connu pour incarner l’aile droite du PS.

Libéral affirmé en matière économique, Manuel Valls a incarné, comme ministre de l’Intérieur, les pires renoncements des socialistes sur les questions de sécurité et d’immigration. Ses propos lors des émeutes d’Amiens, lors de l’expulsion de la jeune Leonarda, ses déclarations racistes à propos des Roms, sa politique envers les sans-papiers, en ont fait un personnage sulfureux, digne du personnel politique de Sarkozy.

Avec un tel Premier ministre à la tête d’un « gouvernement de combat », loin de s’adresser à la gauche, Hollande achève sa mue politique.

Hebdo L’Anticapitaliste – 236 (03/04/2014)

Camille Jouve

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03 avril 2014 ~ 0 Commentaire

La valls des chiffres

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S’il fallait une explication chiffrée à la débâcle que viennent de subir les socialistes, plusieurs indicateurs sont venus à point nommé rappeler ces derniers jours que la politique du gouvernement est entièrement tournée vers la satisfaction des intérêts patronaux.
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L’augmentation du nombre de chômeurs en février, publiée entre les deux tours des élections municipales, a sonné le glas de la méthode Coué gouvernementale. 31 500 chômeurs supplémentaires ont été enregistrés soit un accroissement de 0,9 % sur le mois précédent et de 4,9 % en un an.
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À défaut d’inversion des chiffres du chômage, c’est l’aversion des couches populaires devant l’incapacité du gouvernement à apporter des solutions, c’est-à-dire à s’en prendre aux profits et à la liberté de licencier, qui s’est exprimée principalement dans l’abstention de l’électorat ouvrier.
Pour parfaire le tableau, l’INSEE a publié ce lundi, au lendemain du deuxième tour et de la con- firmation de la sanction du gouvernement Hollande-Ayrault, les chiffres de la dette publique pour 2013 (1 925 milliards, soit 93,5 % du PIB, en progression de 84,3 milliards par rapport à 2012) et du déficit public (représentant 4,3 % du PIB au lieu des 4,1 % attendus).
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Le pouvoir d’achat des ménages, quant à lui, a subi un deuxième trimestre consécutif de baisse (– 0,2 %), entraînant évidemment une diminution de la consommation. Sourd aux exi- gences populaires, Hollande a choisi de remplacer Ayrault par Valls. Ce faisant, il indique clairement ses objectifs. C’est la fuite en avant destinée à imposer coûte que coûte la mise en œuvre des reven- dications du Medef et la diminution des déficits pour satisfaire aux impératifs des traités européens, c’est-à-dire de nouvelles coupes sombres dans les budgets publics pour financer les milliards de baisse de cotisations patronales et le rétablissement des profits.
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Annonçant un « gouvernement de combat », n’en doutons pas contre les salariéEs et la majorité de la population, en version autoritaire sous la houlette de l’ex-« premier flic de France », ces décisions appellent une riposte d’ampleur, la construction enfin clairement assumée d’une opposition de gauche et des mobilisations dans la rue et dans les grèves. Gageons qu’un fort chiffre de manifestants le 12 avril annoncera l’inversion… du rapport de forces.
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03 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Pascal lamy prône des petits boulots payés en dessous du Smic (le huff’)

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Jobs payés moins que le Smic: la proposition de ce proche de Hollande

 Pressenti pour entrer au gouvernement, Pascal Lamy ne fait pas partie de l’équipe de « combat » du nouveau Premier ministre Manuel Valls. Mais cela n’empêche pas l’ancien directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) de donner son avis.

Interrogé sur le remaniement mercredi 2 avril lors de « Questions d’Info » LCP/France Info/Le Monde/AFP, ce proche de François Hollande en a profité pour prôner plus de « flexibilité » sur le marché du travail. Il a notamment évoqué des « petits boulots » payés en dessous du Smic, à l’instar des « mini-jobs » en Allemagne.

« Un petit boulot, c’est mieux que pas de boulot »

« Je sais que je ne suis pas en harmonie avec une bonne partie de mes camarades socialistes mais je pense qu’il faut, à ce niveau de chômage, aller davantage vers de la flexibilité et vers des boulots qui ne sont pas forcément payés au Smic », a-t-il déclaré . « Un petit boulot, c’est mieux que pas de boulot. Je ne réponds pas ça dans l’absolu, je n’aurais pas dit ça il y a 10 ans ou il y a 20 ans, mais à ce niveau de chômage… »

Pour Pascal Lamy, « il faut accepter de temps en temps de franchir les espaces symboliques de ce type pour rentrer dans la réalité et la transformer ». Au risque que cela rappelle le « Smic jeunes » de Edouard Balladur ou le « CPE » de Dominique de Villepin, tous deux abandonnés après des semaines de contestation sociale ? « Ce n’est parce qu’une réforme n’a pas marché ou parce qu’on a reculé devant la pression de l’opinion que c’est une mauvaise idée. Si on prenait tous les réformes qu’on a essayées à un moment, qui n’ont pas marché et si on ne les avait pas reprises, on serait encore au Moyen-Age », a-t-il lâché.

Michel Sapin s’y oppose, les internautes ironisent

Des propos qu’a voulu nuancer Michel Sapin, nouveau ministre des Finances et des comptes publics et auparavant en charge du Travail et de l’Emploi. Invité de France Inter jeudi matin, il s’est dit « pas favorable » à la généralisation de « mini-jobs » en France. « C’est ce qu’il s’est passé en Allemagne, avec les réformes que l’on connaît, et qui ont permis à l’Allemagne d’avoir un taux de chômage très faible », a-t-il reconnu, tout en rappelant que l’Allemagne était en train de revenir sur ce modèle avec l’adop- tion d’un salaire minimum dans le pays. « L’objectif n’est pas de créer des petits boulots, mais qu’il y ait plus de boulot [...]. Moi, je suis pour le plein-emploi, mais je suis aussi pour le bon emploi », a-t-il ajouté.

La perspective de voir ce genre de petits boulots en France a aussi beaucoup fait réagir sur Twitter. Du syndicaliste Gérard Filoche au site parodique Le Gorafi en passant par de simples anonymes, la majorité des internautes s’y montre clairement hostile. Certains n’hésitent pas à interpeller Pascal Lamy en lui proposant de prendre lui-même un job payé sous le Smic.

Le HuffPost avec AFP  |  Par Maxime Bourdier Publication: 03/04/2014 12h20

http://www.huffingtonpost.fr/2014/04/03/pascal-lamy-petits-boulots-smic_n_5081880.html?utm_hp_ref=france

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03 avril 2014 ~ 0 Commentaire

PCF, Mélenchon: Hollande, sourd de l’oreille gauche…(lo)

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Une infirmité congénitale!

L’annonce de la nomination de Valls à Matignon a suscité des réactions critiques de la part de Mélenchon et des dirigeants du PCF pour regretter que « les électeurs de gauche n’aient pas été écoutés ».

Le dirigeant du Parti communiste, Pierre Laurent, a déclaré : « François Hollande n’entend que de l’oreille droite. » Mélenchon a, lui, expliqué que la nomination de Valls faisait « beaucoup de peine » et que « le chef de l’État aurait gagné à réfléchir au sens du vote » des Français aux élections municipales. Deux ans après leur appel à voter, « sans réserve », pour Hollande au second tour de l’élection présidentielle, ils maintiennent le fond de leur politique en expliquant que Hollande aurait fait un « mauvais choix », sous-entendant qu’il aurait pu en faire un autre.

Pourtant la politique que Hollande a choisi de mener était et est claire. Elle se situe dans la droite ligne de celle choisie par ses prédécesseurs socialistes : Mauroy, Bérégovoy, Fabius ou Jospin, qui ont siégé à Matignon dans les années quatre-vingt, y compris à certains moments avec des ministres communistes. Mélenchon a lui-même été ministre sous Jospin. Ni Mélenchon ni Laurent ne peuvent donc ignorer des épisodes auxquels ils ont été directement associés, ou que la direction de leur parti a assumés.

Quand Mélenchon conclut à la nécessité de « prendre à bras-le-corps le problème d’un gouver- nement de gauche qui fait une politique de droite », il propose en fait comme perspective la constitution d’une nouvelle « majorité de gauche », baptisée « nouveau front populaire écologiste », consistant en une alliance Front de gauche-Europe écologie-les Verts avec des socialistes dits de gauche… qui ont été des soutiens du gouvernement Ayrault !

En expliquant aujourd’hui aux travailleurs que leur sort dépend d’une « nouvelle perspective à gauche », c’est-à-dire d’une nouvelle combinaison politicienne, Mélenchon et le Parti communiste continuent à désarmer politiquement les travailleurs face aux attaques annoncées. Marc RÉMY

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2383&id=6

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02 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Pour en finir avec la « pédagogie » (regards)

Pour en finir avec la "pédagogie"

Si le PS s’est pris une claque historique aux municipales, c’est parce que le gou- vernement n’a « pas assez expliqué » son action.

Cela fait pourtant trente ans que les dirigeants et les médias font  de la pédagogie de  soumission à l’ordre économique.

Pourquoi donc les socialistes se sont-ils pris une telle raclée aux municipales ? Se pourrait-il que la politique austéritaire et récessionniste que mène le gouvernement y soit pour quelque chose ? Non, ça n’a rien à voir, assurent les dirigeants du parti.

Si de nombreux électeurs ont omis de glisser le bulletin PS dans l’urne, c’est parce qu’ils n’ont pas bien compris. Et s’ils n’ont pas bien compris, c’est parce que le gouvernement « n’a pas assez expliqué que l’action de redressement engagée depuis 2012 était essentielle pour notre pays », nous informe l’ex-Premier ministre Jean-Marc Ayrault. « Il faut plus de pédagogie et moins de couacs », confirme le premier secrétaire du PS, Harlem Désir.

Des Français obtus Même son de cloche dans les medias. Il ne faudrait surtout pas interpréter les résultats des élections comme une désapprobation rationnelle d’une politique nocive, cela risquerait de conduire à remettre en cause ladite politique.

Ivan Rioufol du Figaro met en garde contre une telle tentation : « L’erreur immédiate, pour François Hollande, serait de renoncer dans la panique à son pacte de responsabilité et à ses 50 milliards d’euros d’économies promis ». En effet, ce serait « renier sa parole internationale », renchérit Laurent Joffrin du Nouvel observateur, tandis que Le Monde déplore « l’absence d’une pédagogie capable de convaincre les Français de la pertinence du cap économique trop tardivement fixé ».

L’austérité du TSCG, la baisse des salaires de l’ANI et les cadeaux aux entreprises du Pacte de responsabilité, sont autant d’excellentes nouvelles pour les Français, trop obtus pour s’en apercevoir. Oui, le chômage augmente, mais c’est peu de choses comparé à la perspective enchantée de l’équilibre budgétaire et de la compétitivité restaurée. Simple question de com ! L’idée que le problème se trouverait forcément dans la forme, pas dans le fond, est symp- tomatique de la vision gestionnaire et technocratique qu’a le PS de l’économie. Les experts ont identifié la solution.

La solution, c’est la rigueur et la baisse du « coût du travail ». Nul besoin d’en débattre, il ne reste qu’à l’appliquer et à l’expliquer au peuple. « L’usage du terme de pédagogie est révélateur de la dimension anti-démocratique de nos élites », fustige ainsi sur Twitter l’économiste Jacques Sapir, qui souligne également que le terme renvoie à un « cadre maître-élèves, pas un rapport entre citoyens égaux ». La pédagogie «  c’est pour les enfants, les adultes sont des citoyens doués de libre arbitre », abonde Renaud Chenu, auteur de L’Antimanuel de guérilla politique.

Les électeurs n’ont pas compris L’argument de l’insuffisante pédagogique n’est pas nouveau, bien sûr. Il est ressorti par les responsables de gauche comme de droite, en France et en Europe, à chaque fois qu’une « réforme » est contestée ou que le peuple vote mal. Face à la colère des élus locaux devant la suppression de la taxe professionnelle en 2009, Jean-François Copé avait demandé au gouvernement de Sarkozy « plus de pédagogie ».

Lorsque les Français avaient osé dire « non » au TCE en 2005, le Premier ministre luxem- bourgeois Jean-Claude Juncker déplora que les électeurs n’avaient « pas compris que le texte du traité constitutionnel, la nature du traité constitutionnel visaient à répondre à leurs préoccupations. »

On ne peut pourtant pas dire que les dirigeants politiques et médiatiques aient négligé le volet pédagogique de leur mandat. Déjà en 1984, alors que le pouvoir socialiste venait de piloter le tournant de la rigueur, la mythique émission Vive la crise présentée par Yves Montand expliquait aux téléspectateurs qu’il allait falloir se serrer la ceinture, accepter l’austérité, renoncer aux « privilèges » de la protection sociale et en finir avec les « archaïsmes » de l’État providence. Cela fait donc trente ans qu’on explique aux Français que la rigueur sociale et salariale est faite pour leur bien. Curieusement, ils n’ont toujours pas compris.

Par Laura Raim| 1er avril 2014

http://www.regards.fr/web/la-gauche-unie-pour-la-marche-du,7624

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02 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Valls nommé premier ministre (militant)

valls

Dans l’après-midi la nomination de Manuel Valls à Matignon a fuité et été annoncée par avance, dans une ambiance délétère de petit coup d’Etat.

Il semble que François Hollande a dû accélérer la mise en œuvre de son choix.

En nommant Manuel Valls, François Hollande s’affirme comme le plus antidémocratique, le plus arcbouté contre le pays, de tous les présidents de la V° République dont le palmarès était pourtant fourni.

Dans son allocution, François Hollande a justifié ce choix par une triple déclaration de guerre au monde du travail et à toutes celles et ceux qui ont voté pour lui en 2012. Il a réaffirmé la mise en œuvre de son «pacte de responsabilité» avec Gattaz, prétendant que l’emploi dépend de la bonne santé du patronat.

Il a appelé «justice sociale» l’annonce d’attaques massives contre les services publics et contre la Sécurité sociale sous l’alibi de «baisses de charges» et d’une accalmie fiscale dont rien n’indique en vérité qu’elle ait un sens pour les plus pauvres.

Et il a confirmé que tout cela avait pour but de satisfaire la Commission européenne.

Jamais aucun président de la V° République, répétons-le, n’avait choisi ainsi l’affrontement avec la propre base sociale et électorale qui l’a mis là où il est.

Maintenant ça suffit : Hollande est le problème, s’il doit tomber, qu’il tombe.

Soyons des centaines de milliers dès le 12 avril.

Imposons le vote contre la confiance au gouvernement et contre le pacte de responsabilité à tous les députés élus contre la politique de Sarkozy, que reprend Hollande, en 2012.

Imposons aux organisations syndicales la rupture avec ce gouvernement, avec le «dialogue social» et la cogestion des attaques antisociales.

Le FN, c’est lui, la vague bleue, c’est lui, l’austérité, c’est lui, les licenciements, c’est lui.

Maintenant, la question politique, c’est : préparer l’affrontement avec Hollande. Première bataille : bloquer le pacte !

A bas la V° République ! A bas le pacte de responsabilité !

http://www.le-militant.org/Militant/Editoriaux/Entrees/2014/4/2_Valls_nomme_premier_ministre.html

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02 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Nddl, cet aéroport dont on n’a pas besoin (les echos)

Ayraulthon

Le devoir de réserve est particulièrement bien respecté dans notre beau pays.

C’est une des choses qui y rendent la vie douce et agréable. Mais c’est aussi pour cela que politiques et administration peuvent impunément faire passer un peu n’importe quoi. Parfois cela produit de grandes choses : Concorde était une aventure, mais quel bel oiseau et quel prestige pour les partenaires franco-britanniques ! L’aéroport de CDG dote Paris d’une capacité de trafic aérien unique en Europe.

J’ai eu la chance de participer à ces deux réalisations, mais je n’ai pas pu résister à sortir de la réserve d’usage s’agissant de ce projet absurde et ridicule de Notre-Dame-des-Landes. Une idée dépassée de hub provincial. Un aéroport grand comme Heathrow à Londres, le premier d’Europe, qui traite 70 millions de passagers sur 1.300 hectares. Cela dans l’espoir de traiter, peut-être, 7 millions de passagers vers 2030, alors que Nantes dispose d’un excellent aéroport, sacré en 2012 meilleur aéroport régional d’Europe.

Une commission du dialogue a été instaurée et a rendu, en avril 2013, un rapport très raisonnable demandant que l’on étudie la possibilité de développer l’aéroport existant. L’administration s’est acharnée à démontrer que cela coûterait plus cher que de construire l’aéroport neuf. On peut toujours trouver les hypothèses qui vont bien.

Par exemple, on ne tient pas compte du fait que les avions sont de plus en plus silen- cieux. On sous-estime aussi l’augmentation de capacité des avions, alors qu’il y a un net décalage entre croissance du nombre de passagers et stagnation du nombre de décollages.

Or seul ce paramètre joue sur la saturation de la piste. On veut ignorer que bien des aéro- ports vivent avec une seule piste et en tirent quatre à cinq fois le trafic espéré à Nantes dans vingt ans : San Diego, Gatwick, Lisbonne, Genève.

On prétend que le bruit augmentera à Nantes, mais on ne fait surtout rien pour dimi- nuer la (faible) gêne actuelle, alors même que tous les constats objectifs faits à Londres, Paris ou ailleurs pointent la diminution du bruit d’une année à l’autre. On veut construire une aérogare de standing, là où Marseille et Bordeaux ont construit des extensions parfaitement adaptées aux low cost, pour une bouchée de pain. En France, Vatry, Metz-Nancy ont été des échecs patents.

Un aéroport voulu par les politiques alors qu’il n’y a pas de marché, qui va remplacer 1.300 hectares de zones humides par du ciment sans aucun besoin, est une absurdité. Ainsi Lyon, avec sa belle plate-forme et ses deux pistes magnifiques, végète, à 100 kilomètres de Genève, qui prospère avec sa piste unique et tous les obstacles alentour.

L’étude de l’administration a duré six mois. Les opposants ont eu quinze jours pour réagir. Une réunion à la préfecture de Loire-Atlantique a bien eu lieu. Les études hâtives des opposants ont été qualifiées - très aimablement -, par l’administration, d’honnêtes et constructives. Sur quoi le préfet a indiqué que le temps du dialogue était terminé et, dans la foulée, a sorti précipitamment une série de décrets permettant d’envisager le début des travaux. Pas vraiment dans l’esprit d’une commission du dialogue, dont le ministre s’était engagé à respecter les conclusions.

Bien entendu, à Nantes et en Bretagne, il y a des défenseurs du projet. Mais très peu d’arguments sérieux. Il y a l’immobilier qui revient constamment ! Mais Nantes n’est ni Monaco ni Gibraltar : il y a toute la place. Il y a le chauvinisme local : pourquoi le Grand Ouest n’aurait-il pas son aéroport ? Il y a ce que les Américains appellent le « Not in my backyard » : allez faire du bruit ailleurs. C’est vrai qu’il y a forcément des nuisances, mêmes si elles s’atténuent. Il n’y a pas de désert en France et le bocage, autour de Notre-Dame-des-Landes, se peuplera comme chaque fois qu’il y a un nouvel aéroport. Devoir de réserve ou pas, nos politiques pourraient avoir l’élégance de privilégier le bon sens à l’entêtement. Jacques Bankir Par Les Echos | 01/04 | 06:00 |

Jacques Bankir est ancien directeur des aéroports à Air France

http://www.lesechos.fr/opinions/points_vue/0203401035778-notre-dame-des-landes-cet-aeroport-dont-on-n-a-pas-besoin-661187.php

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01 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Avec valls, hollande ne changera pas de politique (npa)

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Après la claque reçue ce week-end, Hollande a été contraint de remplacer Ayrault par Valls.

La chose a le mérite d’être claire. Il n’a pas l’intention de changer de politique.

Il va poursuivre sa soumission aux exigences du patronat.

La baisse des cotisations patronales, les milliards de cadeaux et le pacte de responsabilité dont se réjouit le MEDEF. En faisant ce choix il ne va faire qu’aggraver la vie de celles et ceux qui supportent les effets de cette politique injuste. Pour elles et eux toujours plus de chômage, d’exclusions, de salaires bloqués, de loyers en hausse et des services publics fracassés.

Mais le style va changer. Valls nous annonce en plus la manière forte, autoritaire. Il s’apprête à mettre en place un gouvernement de combat, resserré, pour faire passer leurs mauvais coups.

Plus de doute, il faut construire l’opposition à ce gouvernement, construire la riposte sociale en commençant par le 12 avril. Il n’y a que cela qu’ils peuvent entendre !

Montreuil, le 31 mars 2014

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01 avril 2014 ~ 0 Commentaire

premières leçons d’un «dimanche noir» (la commune)

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Les élections municipales des 23 et 30 mars 2014 sont frappées du sceau d’une abstention massive et sans précédent : 38,5% !

Il en découle une défaite cinglante du gouvernement Hollande-Ayrault. Cette défaite n’est pas le fait d’une vague bleue ou d’une vague « bleu-marine » (FN). Cette défaite a été infligée au gouvernement, non par la droite et l’extrême droite, mais par l’absten-tionnisme ouvrier et populaire. En conséquence de quoi, ils sont tous minoritaires, le PS flanqué des Verts et du Front de gauche, tout comme la droite flanquée du FN.

Abstention historique : nature et conséquences

Au premier comme au deuxième tour, le taux d’abstention dans ces élections municipales atteint des records historiques : plus de 38% ! Et, comme tous les soirs d’élection depuis 20 ans,  c’est la même chose. Commentateurs et politologues de pacotille annoncent les chiffres de l’abstention, se lamentent un peu puis, le reste de la soirée, plus personne n’en parle, ni n’essaie de comprendre ou tenter d’expliquer le phénomène et sa portée.

Certes, le phénomène abstentionniste n’est pas nouveau. Il a pris sa source en 1982, lorsque le gouvernement Mitterrand- Mauroy- Fiterman (PS-PCF- radicaux de gauche) s’est engagé dans la voie d’une politique toujours plus clairement anti-ouvrière. Aux municipales de 1983, l’abstentionnisme ouvrier et populaire ne concernait encore qu’une fraction de la base électorale du PCF et du PS. A présent, il embrasse l’ultra-majorité de la base sociale d’origine des partis socialistes et communistes. C’est ce phénomène qui provoque, mécaniquement, en laissant la place à l’électorat de droite, la cinglante défaite du gouvernement en place. Personne ne peut nier que l’abstention renferme un refus net des mesures d’austérité, du chômage, de la misère, du pacte de responsabilité et des « réformes ».

L’abstentionnisme ouvrier et populaire prend l’ampleur d’une véritable grève générale du vote, il s’apparente à un boycott des partis liés de près ou de loin aux gouvernements pro-capitalistes en place qui se succèdent depuis 30 ans. Il exprime une volonté de rupture avec le régime, avec le gouvernement et avec l’Union européenne. Nous l’affirmons : l’abstentionnisme des ouvriers et em- ployés, des jeunes, des chômeurs, des retraités pauvres est un mouvement conscient. Dans quel sens ?  Conscient que rien ne peut être réglé sur le terrain électoral dans le cadre de la Vème république et qu’il n’y a pas d’issue ou de « perspective » ou « d’alternative » dans le cadre institutionnel. Conscient qu’aucune force politique ne les représente.

Cet abstentionnisme est porteur, certes non mécaniquement et automa- tiquement, d’une situation de crise révolutionnaire. Les digues qui protègent encore le gouvernement contre la vague qui se forme finiront par céder. Ces digues sont dressées par les directions syndicales, par les chefs du Front de gauche ( toutes nuances confondues) pour tenter d’empêcher le front unique pour le retrait total du pacte de responsabilité, pour l’abrogation des « réformes », pour l’arrêt des licenciements, pour l’augmentation générale des salaires et des effectifs. D’ailleurs, cet abstentionnisme a tendance à se répercuter aux élections professionnelles, dans le privé ou le public, du fait de l’aide directe et indirecte que les directions syndicales apportent au gouvernement (élections professionnelles à la SNCF – 20 mars 2014 : 30% d’abstention, tous collèges confondus).

Hier, le mouvement spontané des bonnets rouges, aujourd’hui le raz-de-marée abstentionniste, annoncent la fin de la relative paix sociale dont a bénéficié Hollande, par la grâce des directions syndicales et, il faut bien le dire, du Front de gauche dont, faut-il le rappeler, les principaux dirigeants impulsent la politique des grandes centrales syndicales. Ceux qui, ils sont nombreux y compris dans le NPA, croient que l’abstention équivaut à de la démoralisation, voire de la passivité, s’interdisent de comprendre la réalité de l’actuelle situation. Et leur réveil sera brutal.

L’abstention exprime une profonde colère des opprimés et des exploités. Cambadélis, au soir du second tour, a dit, pour expliquer la défaite : «  il faut désormais une politique pour ceux qui gagnent 1000 à 1400 euros » C’est bien la première fois depuis longtemps que ce renégat du trotskysme a raison ! L’abstention ouvrière et populaire n’exprime pas seulement colère et rejet, elle se dirige réso- lument contre les fondements mêmes d’un système à bout de souffle et discrédité de haut en bas. Elle se cherche et ne manquera pas, inéluctablement de trouver les voies de la lutte de classes directe. S’inter- dire de le comprendre, c’est s’aveugler sur la situation, c’est trop regarder du côté des appareils de toute sorte et pas assez du côté de notre classe.

Première conséquence de l’abstention : y a-t-il une « vague bleue » ?

La droite dite « républicaine » a ravi de nombreuses villes à la gauche institutionnelle. Plus de 150 semble-t-il à l’heure où nous écrivons. Le PS a subi, comme le dit Cambadélis lui-même « un dimanche noir » Le propre bras droit de Hollande, Poignant, a été balayé à Quimper. Il faut dire qu’il s’était heur- té de front aux bonnets rouges. Quant à Jean-Vincent Placé, ce notable des Verts qui oublie de payer ses amendes, il parle de «Waterloo». Les journaux  de ce lundi emploient tous les adjectifs dont dispose la langue française  pour caractériser la raclée infligée à Hollande-Ayrault. Mais le PCF qui s’est allié dans la plupart des cas au PS en fait tout autant les frais : Saint-Ouen, Bobigny, Villejuif, Le Blanc-Mesnil, Bagnolet, (PCF depuis 1928) comptent parmi ces communes que le PCF administrait depuis des décennies. Le PS lui-même perd des fiefs historiques comme Limoges, «à gauch » depuis plus d’un siècle (1912). A Marseille, la gauche est littéralement écrabouillée. Mais lorsque l’on scrute les résultats en pourcentage des électeurs inscrits, il ne reste en revanche, de la prétendue «vague» bleue, sur le plan arithmético-politique, que l’écume. (…) Prenons le cas de Bordeaux où Juppé, maire sortant, a été reconduit dès le premier tour avec 33% des inscrits et une abstention à 45%  Maire certes, mais minoritaire et pas si légitime que ça. (…)

Qu’en est-il de la « vague bleue marine » ?

Sur ce point, nous serons d’accord avec Juppé, lorsqu’il déclare au soir du second tour : « il n’y a pas de vague bleue marine ». (…)A la différence des élections précédentes, il n’y a pas eu de « Front républicain » gauche-droite » face au FN lorsqu’il arrive en tête au premier tour. Dans certains cas, il y a même plusieurs listes de droite maintenues au second tour « face » au FN. D’autre part, le FN n’a pu atteindre ses objectifs à Forbach ou St Gilles-du-Gard, où Philippot et Collard briguaient la mairie. Les ténors du FN, dont Aliot, époux de Marine le Pen ont mordu la poussière.

Il pouvait par ailleurs espérer « gagner » Villeneuve Saint Georges, à la faveur d’une alliance avec la droite locale. Cette alliance a échoué de peu. La crainte de voir arriver le FN à la mairie a mobilisé une partie des abstentionnistes du premier tour. Au premier tour : 50% d’abstentions, au second : 40% (ce qui reste énorme) – 25% des abstentionnistes du premier tour ont finalement voté pour liste dirigée par le PCF, pour faire barrage au FN. Il s’en est fallu d’une poignée de voix.

Il n’y a donc pas de raz-de-marée FN tel qu’annoncé par les médias et les partis qui avaient intérêt à l’agiter comme un chiffon rouge pour faire oublier leur propre politique anti-ouvrière et jouer au second tour le «Front républicain» pour sauver leur peau. Certes, il ne saurait être question de mini- miser : 11 villes FN, c’est 11 villes de trop. 1200 conseillers municipaux, c’est 1200 de trop ; et on peut donc sans doute parler dorénavant « d’ancrage du FN» Cet «ancrag » du FN est certes inquiétant mais il convient de garder son sang-froid, pas de quoi dire «tous aux abris! », loin de là.

Le FN a tiré profit de toutes les sirènes médiatiques qui, chaque semaine, depuis des années, depuis 30 ans, nous annoncent « la montée du FN », le « FN à l’assaut des villes »… Les discours des appareils bureaucratiques (mais aussi de l’extrême-gauche institutionnelle) qui invoquent sans cesse et à tout propos « la montée de l’extrême-droite » sans dénoncer l’ennemi principal, les partis institutionnels qui font le lit du FN ne sont qu’une basse manœuvre. Tout ce tapage encourage la radicalisation à droite d’une fraction de l’électorat des partis de droite institutionnelle UMP-UDI minés par les « affaires » et les dissensions internes, et par la décomposition des institutions de la Vème République.

Ce phénomène de siphonage d’une partie de l’électorat de droite par le FN est, sur le fond, induit  par le consensus « gouvernement-UMP » sur les questions clés : défense de l’Union Européenne – Pacte de Responsabilité – Poursuite des « réformes » contre les retraites, la Sécurité sociale, les services publics, les HLM, etc.

Aucun progrès par rapport à 1995

Nous sommes en 2014. En vingt ans, la crise s’est approfondie, le gouvernement a abandonné tous ses pouvoirs aux forces du marché et aux eurocrates anonymes de Bruxelles : dans ce contexte aussi délétère, le FN aurait dû croître comme d’autres partis nationalistes en Europe. Mais non : comparé aux élections municipale de 1995, le FN fait du surplace :

Les ténors désavoués : Aliot, Collard et Phillippot

Le désaveu des ténors du FN est patent. A Perpignan, le compagnon de Marine Le Pen, par ailleurs vice-président du parti, Louis Aliot, s’est fait battre à plate couture par le maire sortant UMP, Jean- Marc Pujol, qui l’a emporté avec 55,1% des suffrages. Mauvais joueur, il a accusé le vainqueur d’avoir achetédes voix. Le député mariniste Gilbert Collard, qui rêvait de commencer une carrière de cumulard à Saint-Gilles (Gard), a perdu face à l’UMP Eddy Valadier. Lui aussi l’avale mal : il entend déposer un recours. Belle claque, également, pour Florian Philippot, numéro deux du parti et architecte de la dédiabolisation du FN. Il a été parachuté à Forbach, mais son parachute ne s’est pas ouvert : le maire sortant socialiste, Laurent Kalinowski, l’a emporté avec 47,7% des suffrages contre 35,2% pour le frontiste. C’est sa deuxième défaite après celle des législatives en 2012.

Quand ils gagnent, c’est grâce à un concours de circonstances très particulier

Lorsque le FN gagne, c’est presque toujours à cause d’un concours de circonstance exceptionnel. Ce n’est pas le talent de ses candidats qui explique la victoire, mais le coup de bol. Ainsi, la victoire du FN à Hayange, où se situent les deux hauts fourneaux du site sidérurgique de Florange, ne tient qu’aux  promesses gouvernementales trahies (sous Hollande et de Sarkozy) face au désastre industriel local. Le candidat FN est d’ailleurs un ancien Cégétiste. Le Luc, moins de 9 000 habitants, a été remporté par le FN Philippe de La Grange. Mais c’est une ville tout aussi particulière. Comme à Toulon, Orange, ou Fréjus, d’autres villes où l’extrême droite est forte, il y a ici, sur la commune voisine du Cannet-des -Maures, une importante base militaire : la base-école Général Lejay, les hélicos de l’armée de terre. Or, comme l’a montré une étude du Centre de recherches politiques de Science-Po (Cevipof), le FN arrive en tête dans le vote des militaires. En 2012, le vote Le Pen était très faible chez les cadres (4%) et les enseignants (3%), mais très fort chez les policiers et les militaires (37%) » (…)

A cette étape, les abstentions ont une première conséquence, inédite sous la Vème Répu- blique : au lendemain de la cinglante défaite du gouvernement en place, le Premier ministre est destitué. Comme chacun sait, les élections municipales ont souvent, dans le passé, désavoué les gouvernements en place. En 1977, la gauche les avait gagnées face au gouvernement Giscard-Barre, mais le Premier ministre Barre est resté en place. En 1983, l’Union de la gauche au pouvoir les avait perdues. Mais Mauroy, Premier ministre, était resté en place. En 2008, le gouvernement Sarkozy-Fillon avait été salement désavoué à l’occasion des municipales. Mais Fillon est resté Premier ministre.

Cette fois-ci, le chef de l’Etat est contraint de lâcher son insipide Premier ministre qui res- semblait déjà, il est vrai, à un ectoplasme. Valls prend sa place, pour, selon Hollande, mener un « gouvernement de combat » ce qui va glacer d’effroi ceux qui se prennent pour l’aile gauche du PS et les ministres « verts ». D’ailleurs, Duflot s’en va.  Valls qui passe pour être plus « social-libéral » et « plus à droite » que ses comparses et qui passe aussi pour l’homme fort du régime. Alors qu’il n’est ni plus ni moins qu’un social-démocrate comme les autres, déterminé à défendre l’ordre bourgeois, les « réformes » et les directives dites « européennes » au compte du Capital financier. Face à la révolte qui couve, Hollande et Valls vont tenter de mettre en place « un gouvernement de choc », mais en réalité, de choc contre les masses.

Plus que jamais, les opprimés et exploités de ce pays ont  besoin d’un Parti anticapitaliste qui sache recruter parmi les abstentionnistes (et les autres)  Le NPA sera-t-il celui-là ?

Source : http://www.lacommune.org/

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