Archive | Hollandie

09 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Austérité : un tournant ?

Austérité : un tournant ? dans Crise humour4

La commission européenne a accordé le 3 mai un délai de deux ans à la France (et à d’autres pays) pour ramener son déficit budgétaire à 3 %, conformément à la « règle d’or » des traités européens. Cela deux semaines après le lancement d’une polémique, au sein même du parti socialiste, sur l’austérité en Europe.
Ce fut alors un vrai « petit débat à la con ». Suite à la diffusion d’un brouillon de rapport interne à la direction du PS déplorant « l’égoïsme » du gouvernement allemand, Bartolone réclama une « confrontation » avec Merkel, Valls cria à l’irresponsabilité, la droite condamna la démagogie socialiste, Hollande synthétisa : la France est en « tension amicale » avec l’Allemagne. Bref, un « débat » bien fait pour masquer les vrais problèmes et alimenter les préjugés nationalistes. C’est dans ce contexte que Moscovici s’est réjoui de la décision de la Commission européenne. « Entre la réduction des déficits et le soutien à la croissance, c’est [le dernier point] qui l’emporte et c’est fondamental. (…) Ce sont les thèses françaises qui ont été entendues. » Il y aurait donc un virage, de l’austérité (allemande ?) vers la « relance » (française ?) ?

La crise s’aggrave
La décision de la commission n’a pourtant rien d’extraordinaire. D’abord, il s’agit un simple délai. Pas une remise en cause de fond des politiques d’austérité. La commission ne fait que constater l’impossibilité d’appliquer la « règle d’or ». Partout la crise du capitalisme, conjuguée aux plans d’austérité, se traduit par la récession, qui fait plonger les recettes fiscales et donc… enfler les déficits. Bruxelles prévoit une récession de 0, 4 % pour la zone euro cette année, un tout petit + 1, 2 % pour 2014. En France une récession prévue de 0, 1 % du PIB en 2013 devrait donc s’accompagner d’un déficit budgétaire de l’État de 3, 9 % du PIB en 2013, et de 4, 2 % en 2014. La commission a demandé au gouvernement français d’accélérer les réformes du marché du travail, des retraites, des services publics, et les dirigeants socialistes se sont empressés de dire qu’ils feraient ces réformes !

La faute à l’Allemagne ?
Le débat sur l’austérité va donc (heureusement) continuer à faire rage. Mais faut-il insister sur une « responsabilité allemande » ? En Europe, il y a des situations économiques différentes d’un pays à l’autre, et des rapports de force. L’Allemagne est l’État qui a aujourd’hui le plus intérêt à imposer l’austérité la plus systématique. Il est aussi incontestable que l’on voit, depuis le début de la crise, se durcir des relations qui fleurent le néo-colonialisme au sein de l’Union européenne. Les plus grandes puissances européennes ont imposé des réformes semblables aux plans d’ajustement structurel du FMI dans les pays qu’on disait du « tiers-monde », à la Grèce, à Chypre, ou au Portugal, avec la même arrogance antidémocratique. Mais si la France est censée être un « pays du milieu », par la situation économique, entre ceux du nord et ceux du sud du continent, ses gouvernements, sous Sarkozy puis sous Hollande, ont été pleinement coresponsables de ces politiques, en accord avec l’Allemagne sur l’essentiel, pour le plus grand profit de ses riches, de ses grandes entreprises et de ses banques.
C’est qu’au-delà de la situation de tel ou tel pays, il y a une sorte de programme commun de tous les capitalistes du continent européen, du nord au sud : leur argent est placé partout, en titres financiers divers, via un système financier globalisé, et ils tiennent tous à maintenir la valeur de leurs fortunes, leurs titres de dettes publiques, leurs actions, leurs créances. Pour cela, les États doivent payer leurs dettes rubis sur ongles, ne doivent pas laisser filer l’inflation, et doivent « sécuriser » les institutions financières et les fortunes. À l’inverse, tous les travailleurs européens, les Allemands comme les Français et ceux du sud, doivent être plongés dans l’insécurité sociale généralisée, par ces fameuses « réformes » qui doivent servir de levier pour exploiter toujours plus les salariés. Les socialistes européens, même ceux de la gauche du PS français, n’ont pas d’autre horizon. Leurs gesticulations (inspirées de Mélenchon ?) contre « l’hégémonie » allemande sont dérisoires et contribuent à diviser les classes populaires du continent. Et comme par hasard, plus ils sont virulents dans le chauvinisme, moins ils sont radicaux sur le plan économique, face aux profits et comportements des banques et des grandes entreprises françaises… et aux responsabilités de leur propre gouvernement.

Yann Cézard Mercredi 8 mai 2013

Lire la suite

09 mai 2013 ~ 0 Commentaire

L’État prêt à céder des participations : ces privatisations qui ne disent pas leur nom (LO)

L'État prêt à céder des participations : ces privatisations qui ne disent pas leur nom (LO) dans Crise humour_benefices_records_banques-300x277

Dimanche 5 mai sur TF1, Jean-Marc Ayrault a annoncé que, « dans un certain nombre d’entreprises » dont l’État est actionnaire, le gouvernement envisageait de vendre ses participations « pour financer l’investissement ». Le lendemain, son ministre de l’Économie, Moscovici, se hâtait d’affirmer que « ce n’est pas le retour des privatisations ». Mais on n’est pas obligé de le croire…

De 1997 à 2002, Moscovici n’a-t-il pas été ministre d’un autre gouvernement PS, celui de Lionel Jospin ? Or, ce dernier, après avoir déclaré ne pas entendre mener une politique de privatisations, s’était vanté, lors d’un débat télévisé durant la campagne présidentielle de 2002, d’avoir « plus privatisé en cinq ans que la droite en sept ans ». Cette fois-là, il ne mentait pas. En effet, Jospin avait privatisé, entre autres, le Crédit lyonnais, la Caisse nationale de prévoyance… Il avait aussi, formule hypocrite, « ouvert le capital » de France Télécom ou d’Air France, pour ne pas dire qu’il les livrait aux appétits du privé.

Aujourd’hui, le gouvernement Ayrault s’apprête à faire de même. L’État détient l’équivalent de 100 milliards d’euros de participations dans diverses entreprises (EDF, 26,9 milliards, GDF, Suez 14,5 milliards, EADS, près de 5 milliards, Safran, Aéroports de Paris, France Télécom, Renault, Thalès, Areva, Air France…, pour ne citer que les plus importantes), dont 62,5 milliards d’euros dans des sociétés cotées en Bourse. Avant même qu’Ayrault n’évoque publiquement la possibilité de « céder des participations », le gouvernement a déjà commencé à le faire. Ainsi, il vient d’obtenir 448 millions en vendant 3,12 % du capital du groupe aéronautique Safran, dont l’État reste le premier actionnaire avec 27 % du capital.

Bien sûr, le gouvernement ne s’apprête pas à vendre tous ses « bijoux de famille », même si leur valeur estimée correspond au montant du déficit public annuel qu’il peine à combler. Pour vendre, il faut trouver preneur. Certaines entreprises — celles qui rapportent le plus — étant plus alléchantes que d’autres pour les capitaux en quête de bonnes affaires, il y a fort à parier que ce sont principalement celles-là dont le gouvernement jettera des parts aux capitaux privés. Mais l’État s’en trouvera appauvri du même coup, car les seules entreprises cotées en Bourse dont il est actionnaire lui rapportent 4,5 milliards de dividendes par an. Qu’il en vende tout ou partie, ce sera autant de moins qui rentrera dans les caisses de l’État. Cela creusera un peu plus à l’avenir les déficits publics qui servent à tous les gouvernements de prétexte pour s’en prendre au niveau de vie des classes laborieuses.

Quand il s’agit de servir la soupe aux capitalistes, le gouvernement sait donc se souvenir que l’État est un actionnaire important et parfois majoritaire de certaines entreprises. En revanche, quand ces mêmes entreprises — Renault, Air France, France Télécom par exemple — annoncent des suppressions d’emplois, il se met aux abonnés absents et prétend ne pas pouvoir s’y opposer. Ayrault refuse de parler d’austérité à propos de sa politique. Il refuse maintenant que l’on parle de privatisation pour qualifier ces nouveaux cadeaux qu’il veut faire aux capitalistes. Peu importent les mots, c’est la réalité qui compte : celle d’une politique tout au service de la bourgeoisie et que les travailleurs doivent combattre.

Pierre LAFFITTE

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2336&id=6

Lire la suite

08 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Une promesse vite amnistiée (Lce)

Une promesse vite amnistiée (Lce) dans Hollandie logo-canard

amnistie-canard dans Hollandie

http://blog-de-canard.blog4ever.com/blog/articles-cat-442415-729155-le_canard_du_30_04_2013.html

Lire la suite

07 mai 2013 ~ 0 Commentaire

8 mai 1945/ 8 mai 2013, le MRAP rend hommage aux « oubliés de l’histoire »

8 mai 1945/ 8 mai 2013, le MRAP rend hommage aux « oubliés de l’histoire »  dans Antiracisme banania-etiquetterien dans Hollandie

Le 8 mai 1945 était signée la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie. Les peuples étaient « venus à bout de la bête immonde ».

Le MRAP se doit de rappeler inlassablement, qu’à cette victoire sur le IIIe Reich et le fascisme ont contribué, à côté des alliés –Soviétiques, Américains et Anglais pour la plupart – de nombreux immigrés venus d’Afrique noire et du Maghreb mais aussi de l’Europe toute entière. Les uns avaient fui l’idéologie fasciste qui avait d’abord triomphé en Italie, puis en Allemagne et en Espagne ; d’autres, colonisés, espéraient que leurs peuples bénéficieraient eux aussi de cette liberté chèrement acquise pour sortir du statut colonial et devenir des citoyens de leur propre patrie.

On ne demandait pas alors aux combattants étrangers de la résistance s’ils mangeaient de la viande hallal ou s’ils avaient des papiers !

Qu’il s’agisse des Algériens, Marocains, Tunisiens, Africains, Antillais, Malgaches, de ceux du groupe Manouchian de la Main d’Œuvre Immigrée (MOI) désignés comme « terroristes » sur l’Affiche rouge, ou encore de ceux, notamment les Républicains espagnols, qui, dans des chars baptisés Guadalajara Ebro, Teruel, Brunete, Madrid – mais également Don Quijote ou Durruti – ont contribué à libérer Paris. « Pourrions nous accepter que nos cimetières où se mêlent par milliers les croix chrétiennes, les étoiles juives et les croissants de l’Islam, soient ensevelies sous l’oubli et l’ingratitude ? », interrogeait le Général De Gaulle le 23 avril 1968.

Aujourd’hui, après les 5 années de xénophobie d’Etat du gouvernement Sarkozy et une campagne électorale 2012 durant laquelle, une droite – dont les composantes de droite extrême n’ont plus rien de républicaines, ainsi que le Front National – ont rivalisé dans l’abject, le racisme atteint des proportions particulièrement inquiétantes : 69% des Français estiment qu’il y a trop d’immigrés (+22% par rapport à 2009), le rapport de la CNCDH indique une hausse des menaces et actes racistes de 23%. Des thèses racialistes se développent.

Le MRAP espérait, avec l’élection de François Hollande et une majorité PS à l’Assemblée des changements notoires. Mais hélas, la douloureuse question des sans papiers demeurent inchangée : aujourd’hui un très grand nombre d’ enfants et petits enfants des combattants morts pour la France sont sans papiers, sans droits, sans reconnaissance. Ceux qui ont des papiers se voient toujours refuser le droit à la citoyenneté : le droit de vote aux résidents non communautaires, pourtant promesse du candidat François Hollande semble oublié. Ce n’est pourtant qu’une question de justice d’égalité, de dignité.

Ceux d’entre eux qui sont de nationalité française sont trop souvent victimes du racisme, de la relégation, de la discrimination.

Le MRAP tient également à rappeler que non seulement ces « indigènes » ont été exclus du défilé de la victoire du 8 mai 1945 à Paris, mais que, ce même jour, une répression terrible s’abattait en Algérie, sur la région de Sétif, parce qu’un drapeau algérien, symbole de l’indépendance, était brandi au cours d’un défilé célébrant la victoire. Il y eut alors des milliers de morts. Ces massacres préfiguraient ceux de dizaines de milliers de manifestants perpétrés à Madagascar par l’armée française face aux insurgés Malgaches qui avaient attaqué un camp militaire. En ce 8 mai 2013, le MRAP tient à rendre hommage à tous ces combattants venus d’ailleurs, « à ces étrangers et nos frères pourtant », qui ont lutté pour que la devise Liberté, Égalité, Fraternité ne soit pas un vain mot. Et quel meilleur hommage que de continuer leur lutte pour une société plus juste d’où le racisme aura enfin disparu, où le « vivre ensemble » l’emportera sur toutes les peurs et les haines.

 MRAP  mardi 7 mai 2013 – 12h18

Lire la suite

07 mai 2013 ~ 0 Commentaire

«Pas de privatisations», promet Harlem Désir (Libération)

«Pas de privatisations», promet Harlem Désir (Libération) dans Hollandie pinocchio-300x221

«Céder des actifs, ce n’est pas forcément privatiser», souligne le numéro un du PS après l’annonce des projets du gouvernement en la matière.

Par AFP

Harlem Désir, Premier secrétaire du PS, interrogé mardi sur le projet gouvernemental de vente de participations de l’Etat dans des entreprises publiques, a assuré qu’il n’y aurait «pas de privatisations». Sur BFMTV et RMC, l’eurodéputé a expliqué, à propos de l’évocation par Jean-Marc Ayrault dimanche d’une réduction de la participation de l’Etat dans certaines des ces entreprises : «céder des actifs, ce n’est pas forcément privatiser. En l’occurrence, il n’y aura pas de privatisation». «Il s’agira d’utiliser la recette de la vente de parts dans certaines sociétés industrielles pour investir dans de grands plans d’avenir : le numérique, la transition écologique», a poursuivi Harlem Désir. «L’Etat peut décider qu’il peut être intéressant de céder quelques pour cent dans des entreprises industrielles sans mettre en cause sa capacité à y garder une influence», a insisté le numéro un socialiste. «Ces cessions ne serviront pas à financer le fonctionnement du budget de l’Etat ou à combler le déficit», a-t-il assuré. Cependant, il ne faudra pas, dit-il, de désengagement de l’Etat dans des entreprises «où il y a des enjeux de service public», comme la SNCF ou La Poste.

Il a cité Renault ou France Télécom où des baisses de participation de l’Etat ont déjà été opérées sans que ce dernier perde son influence stratégique. «Heureusement que l’Etat est là pour influer sur les choix d’investissement !», a souligné Désir. Il a mis en avant l’exemple de Safran, entreprise du secteur de l’armement où «il y a eu quelques pour cent qui ont été vendus», «ça peut aider demain à accompagner ce que décidera la Banque publique d’investissement». Jean-Marc Ayrault a expliqué dimanche que le gouvernement envisageait de réduire la participation de l’Etat dans le capital «d’un certain nombre d’entreprises publiques» pour consacrer le produit à l’investissement, «pas pour boucher les trous du budget».

7 mai 2013 à 09:33 (Mis à jour: 10:13)

http://www.liberation.fr/politiques/2013/05/07/pas-de-privatisations-promet-harlem-desir_901422

Lire la suite

07 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Un an pour Hollande : Zéro pour les salariéEs !

Un an pour Hollande :  Zéro pour les salariéEs ! dans Hollandie chute-libre-300x214

Un an après son élection, force est de constater que le changement tant promis par le candidat Hollande n’a pas eu lieu.

Rien d’étonnant à cela puisque depuis le 6 mai 2012, Hollande et son gouvernement n’ont eu de cesse d’apporter « des preuves d’amour » au Medef. Les 20 milliards d’euros de cadeaux fiscaux et la destruction du code du travail via la loi dite de « sécurisation de l’emploi » en sont des illustrations  édifiantes.

Un an de reniements

Des rares promesses du candidat Hollande qui auraient pu un tant soit peu froisser le patronat et les plus riches, rien n’est resté. La renégociation du TSCG, l’imposition à 75%, la loi de « dissuasion » des licenciements, la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, le droit de vote des étrangers, le non-cumul des mandats, la révolution fiscale… tout est passé à la trappe, sauf la loi en faveur du mariage pour tous, seule promesse tenue, qui ne peut cacher la forêt des reniements.

Pire, en un an, aucune attaque majeure de Sarkozy n’a été remise en cause.

Sur certaines questions comme celle de la réduction des déficits ou de l’immigration, il y a même une véritable continuité avec le gouvernement précédent. 2012 a été l’année record des expulsions des immigréEs… triste record sous un gouvernement dit de gauche. Continuité aussi également de la politique de la françafrique avec l’intervention au Mali.

Ils gardent le cap !

La politique d’austérité menée par le gouvernement Hollande-Ayrault dégrade les conditions de vie  du plus grand nombre. Le taux de chômage bat des records historiques, la précarité et la pauvreté s’installent durablement et touchent de plus en plus de jeunes, de salariés, de chômeurs et de retraités. Face à cette situation, la colère se fait entendre. Celle des salariés qui luttent contre les licenciements et les fermetures d’usines ou les suppressions d’emploi dans le secteur public ; celle qui s’exprime contre l’Ayraultport à Notre-Dame- des-Landes ou encore celle des manifestants du 1er et du 5 mai. Malgré cela, Hollande et son premier ministre ont décidé de garder le cap. L’austérité sera poursuivie au nom de la croissance et de l’emploi. Nos retraites sont d’ores et déjà dans le collimateur du gouvernement et du Medef  et les privatisations vont s’accélérer.

Résister et s’opposer

Cette politique prépare le retour de la droite, si discrète sur les mesures économiques du gouvernement et  nourrit la montée du Front national qui se renforce grâce aux reculs sociaux et aux affaires qui touchent la gauche et la droite. Il y a urgence à développer et à faire converger les mobilisations afin de changer le rapport de force et construire une alternative politique contre la droite et l’extrême droite dans la perspective d’un gouvernement anti-austérité qui interdise les licenciements, augmente les salaires et les retraites pour imposer une autre répartition des richesses, développe les services publics,  annulent la dette et crée un monopole public bancaire. Il y a urgence à mettre les banques, le patronat et leurs serviteurs hors d’état de nuire.

Lire la suite

06 mai 2013 ~ 0 Commentaire

En campagne Égalité pour tous : et le droit de vote ?

En campagne Égalité pour tous : et le droit de vote ? dans Hollandie droit-de-vote1-290x290-300x298

Un pas en avant avec l’égalité dans le droit au mariage et à l’adoption.

Deux pas en arrière avec l’abandon du droit de vote pour tous les résidents… Le candidat avait peu de promesses, on avait cru à très peu… mais pour celle concernant le droit de vote, on est nombreux à avoir pensé « c’est sûr, il ne pourra pas nous la rejouer comme Mitterrand il y a 30 ans ». Eh bien, si, ils ont osé. Et pourtant, au moment de l’engagement, le PS avait les mêmes données que maintenant : il savait que ce serait difficile d’obtenir la majorité du congrès (Assemblée nationale + Sénat) et qu’il y aurait des parlementaires à convaincre. Au lieu de ça, en renonçant, en repoussant à après 2014,  il a « ouvert le débat »… sans même le mener ! On a seulement eu ­l’annonce du projet de loi de révision constitutionnelle, sans le droit de vote et sans commentaire du gouvernement, et dans un silence assourdissant. Un silence heureusement rompu par une tribune dans le Monde signée entre autres par Jeanne Moreau et François Durpaire, membre du collectif Droit de vote 2014, mais qui fut peu relayée ou commentée, et surtout pas côté gouvernement !

On vit ici, on vote ici

*
La campagne de pétitions Droit de vote 2014, soutenue par 161 organisations, plafonne à 50 000 signatures, malgré le succès dans les villes où elle a été menée, y compris dans les quartiers populaires où il se disait que le sujet n’intéressait pas. Et pourquoi les brillants analystes de l’abstention ne voient-ils jamais comme cause l’exclusion du terrain électoral d’une partie de la population des quartiers ? Un site d’extrême droite propose une comparaison entre la « nation » et une famille qui emploie une domestique : on la traite (éventuellement) bien, mais on ne la fait pas participer aux choix financiers ou d’éducation des enfants. Ignoble équation entre résident étranger et domestique, qui illustre la pensée de ceux qui séparent nationalité et citoyenneté. La nationalité, c’est l’indication de l’endroit où l’on est né ; quitter ce pays, changer ou pas de nationalité, avoir envie de garder des liens avec cette origine n’a aucun rapport avec le droit de participer à la vie du pays d’installation au même titre que ceux qui y sont nés – par hasard.  À rapprocher d’un des principaux « motifs » de refus d’une carte de séjour : le sans-papier a encore de la famille dans son pays…

*

Les dégâts du racisme d’État

*

Depuis 2005, où un sondage indiquait que 56 % contre 39 % des sondés étaient favorables au droit de vote pour tous les résidents étrangers, le racisme d’État joint à la crise a fait des ravages. Et une fois de plus, de trop, le signal est donné par le gouvernement, de gauche, que « l’immigration est un problème ». Chasse aux Roms, expulsions de sans-papiers, maintien de quotas d’immigration (induisant l’idée fausse que celle-ci augmente), poursuite des politiques d’austérité qui aggravent la vie des plus pauvres – et donc des étrangers non communautaires qui sont en majorité dans cette part de la population la plus exploitée –, la liste serait longue de tout ce qui alimente le racisme dans ce pays.
Et si l’on emploie ici cette expression d’étrangers « non communautaires », c’est que la différence marquée par l’accès au droit de vote entre deux catégories d’étrangers n’est pas anodine : ceux à qui on refuse ce droit sont en grande partie les victimes de l’islamophobie. Et même si le racisme ne se résout pas par des mesures administratives, quelques décisions devraient être prises rapidement concernant les menus dans les cantines scolaires, les interdictions faites aux mamans voilées d’accompagner les sorties. Parce que « les prolétaires n’ont pas de patrie », parce que solidarité internationale et liberté de circulation et d’installation sont des bases importantes du changement que nous voulons, nous combattons toutes les discriminations racistes. Et la discrimination dans l’accès aux urnes pourrait être supprimée par une loi. Même si la limitation aux élections locales accrédite l’idée que ce droit n’est pas une évidence. À nous de nous battre pour l’imposer, comme les révolutionnaires de 1793, comme ceux de la Commune.

*
Isabelle Guichard

Dimanche 5 mai 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 193 (01/05/13)

Lire la suite

06 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Amnistie sociale : ils ont franchi le mur des cons

Amnistie sociale : ils ont franchi le mur des cons dans Hollandie imiunite-300x202

Il y a des décisions dont le caractère symbolique est presque aussi important que le contenu. Le refus de faire voter par le Parlement une loi d’amnistie sociale en est un des meilleurs exemples.
«Je veux être clair : la position du gouvernement dans ce débat sera non, nous ne sommes pas favorables à cette amnistie, ni à aucune autre (…) Ça a été la position du président de la République depuis l’origine et ce qui se passe en ce moment montre qu’il faut avoir une seule réponse, le respect de la loi républicaine pour tous (…) Le droit à manifester, le droit à faire grève sont des grands principes constitutionnels. Mais justement, pour respecter la force de ces principes, il ne faut pas permettre en quelque moment que ce soit des débordements » qui « entrent dans le champ de la loi pénale » a déclaré Alain Vidalies, ministre des Relations avec le Parlement sur France Info mercredi 24 avril. Ce gouvernement n’est revenu sur pratiquement aucune des mesures les plus réactionnaires, les plus antisociales de Sarkozy : limitation du doit de grève, élections professionnelles tous les quatre ans, mise en cause de la médecine du travail, etc. Dans le même temps, refusant toute loi contre les licenciements, le gouvernement offre une loi sur leur facilitation avec la légalisation de l’Accord national interprofessionnel sur la prétendue sauvegarde de l’emploi.
« Selon que vous serez puissant ou misérable… »
À l’opposé, contre les salariéEs qui défendent leurs droits, leurs emplois, il s’agit de préserver l’ordre républicain : matraquage, gazage des manifestantEs d’Arcelor (un salarié a perdu un œil), des salariéEs souhaitant manifester dans le Mondial de l’automobile, des ­salariéEs de Goodyear devant le siège de l’entreprise où se tenait le comité central d’entreprise devant lequel l’employeur annonçait la liquidation de 1 100 emplois, des salariéEs de PSA Aulnay convoquéEs devant les flics sur ordre de Valls, ou d’autres licenciés pour un prétendu jet d’œuf ou une bousculade. Dans le même temps, pas un patron n’est condamné pour les centaines de milliers d’emplois supprimés pour sauvegarder les profits de quelques-uns. Pas une condamnation pour ces suppressions d’emplois synonymes de misère, destruction de vies, suicides. Peu de condamnations de patrons pour les milliers de salariéEs gravement blesséEs ou décédéEs au travail ou qui se sont suicidéEs, comme ce salarié de Renault Cléon mettant clairement en cause le « système » Renault. Carl Ghosn, condamné un jour ?
Pas de condamnation pour tous ces flics qui matraquent, tuent jeunes et immigréEs. Pas de condamnations pour celles et ceux qui attaquent les maternités et appellent à la guerre civile pour empêcher le vote de la loi du mariage pour tous. Et, pour une juge, Marie-Odile Bertella-Geffroy, qui risquait d’inculper des employeurs responsables de l’exposition à l’amiante de milliers de salariéEs, le premier prétexte (trop longue présence à son poste) fut bon pour s’en débarrasser. Mais quand même, quel culot, quel manque de décence, pour un gouvernement obligé d’exfiltrer Cahuzac, le ministre de l’austérité, et qui se couche devant les cris de Parisot et de la droite, qui donne un gage scandaleux de plus de soutien au patronat. Et des députés UMP qui, du coup, ont même osé pousser le bouchon plus loin en proposant une loi d’amnistie fiscale ! Justice de classe, politique de classe, gouvernement de classe, c’est bien plus qu’un changement de République qu’il nous faut imposer, par la lutte, les mobilisations.
Robert Pelletier

Dimanche 5 mai 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 193 (01/05/13)

Lire la suite

06 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Ayrault, l’austérité bis repetita !

Ayrault, l’austérité bis repetita ! dans Hollandie chute-300x214

Communiqué du NPA :

Jean-Marc Ayrault, était ce soir sur TF1 pour faire le bilan de cette première année au pouvoir. Aucune surprise, c’est le moins qu’on puisse dire tant le premier ministre n’avait rien à dire sauf à répéter la même rengaine rigoriste et austère.

Il reste droit dans ses bottes. Malgré l’impopularité historique de Hollande et de son gouvernement, la réduction des déficits, au nom de la croissance et de l’emploi, sera poursuivie ainsi que les réformes structurelles comme celle des retraites. Au nom de cette politique, il annonce la vente d’un partie des « bijoux de famille » c’est-à-dire des parts « détenues par l’Etat dans des entreprises publiques ». Une vente qui annonce la dégradation du sort des salariés de ces entreprises.

Il reste sourd à la colère des salariés, des jeunes, des chômeurs, des retraités qui voient chaque jour leurs conditions de vie se dégrader. Il continue de nier qu’il mène une politique d’austérité, à la botte du Medef et tourne le dos aux aspirations des classes populaires. Pour Ayrault, la seule politique viable est la sienne. Plus que jamais nous devons construire une opposition de gauche à ce gouvernement comme nous l’avons rappelé, dans la rue, quelques heures avant l’intervention du premier ministre.

Montreuil le 5 mai 2013.

Lire la suite

05 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Éducation nationale : pas bon pour la morale…

Éducation nationale : pas bon pour la morale… dans Educ'action cahuzac-f

À la rentrée scolaire 2012, alors que les suppressions de postes se faisaient une fois de plus cruellement ressentir dans l’Éducation nationale, le ministre Vincent Peillon insistait sur la nécessité d’enseigner la morale laïque à l’école qui, dans un pur esprit pétainiste, serait un vecteur de redressement intellectuel et moral de la France. C’est dorénavant chose faite.
La loi d’orientation et de refondation de l’école de 2013 entérine la disparition de l’éducation civique et son remplacement par un enseignement « moral et civique ». Mais, à la décharge du ministre de l’Éducation nationale, il faut noter que ce dernier s’inscrit dans la droite ligne de ses prédécesseurs qui, de droite comme de gauche, n’ont eu de cesse ces dernières années de remettre la morale au goût du jour.  Instaurée en 1882 par la IIIe République, supprimée en 1968, la morale fait son retour en 1985 dans les programmes de l’enseignement primaire sous l’impulsion de Jean-Pierre Chevènement qui, en fervent républicain, invente cette discipline des plus ambiguës qu’est l’éducation civique. De Bayrou à Claude Allègre, ses successeurs se chargeront de la diffuser dans les enseignements au collège et au lycée.
Des valeurs au contrôle social
Certes, le glissement sémantique du civisme à la morale laïque n’est pas anodin, mais il s’agit ici d’une opération de communication. Car à y regarder de plus près, derrière l’effet d’annonce se dissimule surtout une coquille vide. L’éducation civique remplit déjà parfaitement les offices de la morale laïque puisqu’ on y inculque déjà les valeurs de la République, avec une dimension morale et laïque importante, et cela sans le moindre esprit critique. Au point qu’il n’est pas aisé dans les établissements, notamment les plus défavorisés, d’enseigner des concepts comme l’égalité ou la solidarité à des élèves qui subissent la violence sociale au quotidien.
Plus grave encore, l’enseignement « moral et civique », ne recouvre plus seulement des valeurs à connaître, mais des compétences à valider par chaque élève dans son livret personnel de compétences (LPC). Grâce à cette morale laïque, l’institution scolaire peut attester, ou pas, qu’un élève est apte à bien se comporter en groupe, à agir en citoyen et à respecter les valeurs de la République. Sachant que le LPC est destiné à suivre l’élève, puis l’étudiant, dans toute sa scolarité et qu’il pourra, à terme, être utilisé sur le marché du travail, la morale laïque peut se transformer en instrument de contrôle social renforcé.
Camille Jouve

Vendredi 3 mai 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 193 (01/05/13)

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin