Archive | Hollandie

19 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

éducation, peillon recule sur les classes préparatoires mais prépare de nouvelles attaques contre les zep (lo)

peillon

Le ministre de l’Éducation nationale Vincent Peillon a annoncé qu’il « repoussait » la réforme des classes préparatoires.

Il s’agit d’un recul face à la forte mobilisation des enseignants auxquels le gouvernement projetait d’imposer une augmentation du nombre d’heures de cours à leur charge, ou une perte de rémunération.

Cherchant à opposer une catégorie d’enseignants à une autre, le gouvernement prétendait consacrer les sommes ainsi économisées à l’éducation prioritaire. La ficelle était un peu grosse, car en même temps que le ministère parlait d’accorder des crédits aux ZEP (zones d’éducation prioritaire), il prévoit d’en diminuer le nombre ! Il appelle pompeusement cela la « refondation de la politique de l’éducation prioritaire » !

Ce serait une attaque contre les enseignants des établissements visés qui, en perdant le statut de ZEP, verraient leur salaire diminuer. Quant à la baisse de deux heures de leur temps de service, afin de renforcer le suivi des élèves, ce sont les enseignants qui devraient la payer ! Mais cela se ferait surtout au détriment des élèves, qui perdraient les moyens supplémentaires qui leur sont attribués dans le cadre des ZEP et leur permettent de travailler dans de bonnes conditions.

Les élèves perdraient par exemple la possibilité de travailler en demi-groupe dans certaines matières, et leur nombre par classe ne serait plus limité à 24. Ce sont donc les enfants des milieux populaires qui feront les frais de la baisse du nombre d’établissements scolaires classés en ZEP, puisque ce sont eux qui n’ont pas d’autre choix que de les fréquenter. Marc RÉMY

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2368&id=14

Lire la suite

19 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

individualiser l’impôt sur le revenu: une nouvelle hausse en perspective? (lo)

divorced

La ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, envisage l’indivi- dualisation de l’impôt sur le revenu pour, dit-elle, favoriser l’accès des femmes à l’emploi.

Dans le système actuel, les revenus d’un couple marié ou pacsé sont déclarés ensemble. Cette déclaration commune a tendance à diminuer l’impôt à payer, du moins pour 60 % des couples mariés ou pacsés.

Pour les couples où l’homme et la femme ont des salaires à peu près équivalents, la différence est quasi nulle. Pour ceux dont l’un gagne beaucoup plus que l’autre, ou dont l’un ne travaille pas, elle peut devenir très importante. À l’inverse, le retour au travail de celui qui était inactif, le plus souvent la femme, peut s’avérer plus coûteux dans le cas de la déclaration commune.

S’appuyant sur ce constat, et en se basant un rapport de 2003 qui estime qu’un passage à la déclaration individuelle pourrait inciter 80 000 personnes (des femmes en majorité) à revenir sur le marché de l’emploi, Najat Vallaud-Belkacem affirme donc que la déclaration commune a pour conséquence de dissuader les femmes de travailler. Sauf que, si 1,5 million de femmes sont au chômage, c’est parce qu’elles ne trouvent pas de travail, et pas parce qu’elles paieraient un peu plus d’impôt si elles travaillaient.

Et, pour les couples qui ne sont pas concernés par ce retour à l’emploi très théorique, comme les couples de retraités, seule resterait l’augmentation d’impôt découlant d’une déclaration individuelle des revenus. Elle pourrait rapporter 3,7 milliards d’euros à l’État. Un aspect qui a sans doute plus compté que les droits des femmes pour rendre particulièrement attrayant aux yeux de la ministre le passage à la déclaration individuelle des revenus. Valérie FONTAINE

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2368&id=11

Lire la suite

19 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

l’ump prépare son programme: alignement sur le medef (lo)

jet set

L’UMP cherche à se doter d’un programme économique et social pour affronter les prochaines élections.

Toujours lézardée par sa querelle de chefs, l’UMP veut donner quand même l’apparence d’un parti uni et pourvu d’idées. Une vingtaine des ténors se sont donc réunis, le 18 décembre, pour« remettre la France du travail à l’honneur ». Mais ce n’est que le 25 janvier que les propositions devraient être soumises aux adhérents pour ratification. Pour le moment, les idées fusent de plusieurs côtés et se trouvent déjà dans les médias.

Le travail a été préparé par le club Génération entreprise, qui rassemble une centaine de députés de l’UMP. Cet organisme est présidé par Olivier Dassault, le fils de l’avionneur. Génération entreprise a donc préparé des propositions qui seront très probablement reprises par l’UMP. On y trouve la baisse tant désirée de ce qu’ils appellent les charges (en réalité, du salaire différé) des entreprises pour un montant de cent milliards en cinq ans. Cela fait 20 milliards par an, exactement ce que fait le gouvernement de Hollande avec les 20 milliards annuels de crédit d’impôt. Mais les 20 milliards de l’UMP sont conçus pour s’ajouter à ceux de Hollande.

Ensuite, il s’agirait de porter l’âge légal de départ en retraite à 65 ans, avec 45 ans de cotisation, puis d’abroger la loi des 35 heures. Dans nombre de secteurs, les 35 heures sont déjà, de fait, non appliquées et les salariés travaillent beaucoup plus.

Parmi d’autres pistes envisagées, il y a l’introduction d’une « dose de capitalisation » pour les retraites, ce qui fait saliver depuis longtemps les compagnies d’assurance.

On y trouve également l’abrogation du principe de précaution, inscrit dans la Constitution et censé protéger l’environnement. D’autres mesures de la même veine sont agitées.

De tout cela, il ressort que le programme qu’est en train de se donner l’UMP est celui du Medef. C’est d’ailleurs, à quelques détails près, celui que sont en train de réaliser Hollande-Ayrault.

En fait le Medef dispose de deux partis : l’un actuellement au pouvoir, le PS, et l’autre de rechange, l’UMP. D’ailleurs, un député partisan de Fillon a dit en plaisantant, au sujet dudit pro- gramme : « Si elle le veut, la gauche pourra même s’en inspirer pour sortir notre pays de l’ornière. » À ceci près que le pays n’est pas près de se sortir de l’ornière. Ce programme, comme la politique du PS et peut-être demain celle de l’UMP, n’a qu’une ambition : maintenir le patronat au sec, alors que la population s’enfonce. André VICTOR

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2368&id=10

Lire la suite

19 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

ayrault en bretagne: 2 milliards pour les patrons (lo)

ayrault

Aux mobilisations de salariés de l’agroalimentaire victimes des licenciements, et de petits agriculteurs, transporteurs et entrepreneurs contre l’écotaxe, le gouvernement a répondu par un « Pacte d’avenir pour la Bretagne ». Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault est allé le signer vendredi 13 décembre à Rennes.

Deux milliards d’euros s’échelonneront de 2014 à 2020.

Mais, sur ces deux milliards, 15 millions d’euros seulement, pas même 1 %, sont prévus pour les « salariés victimes de plans sociaux et les territoires fragilisés ». Tout le reste n’est qu’aides publiques au patronat et aux agriculteurs. Et on sait par avance comment se fera la répartition : si les petits sont en première ligne pour réclamer, ce sont toujours les gros qui négocient pour empocher.

Il y avait des dizaines de milliers de travailleurs dans les rues de Quimper et de Carhaix lors des manifestations de novembre dernier, et la mobilisation était massive. Mais les travailleurs ne manifestaient pas derrière leurs propres revendications. S’opposer à l’écotaxe était légitime, car c’est un impôt qui fait payer les petits et non les gros, et même en définitive aussi les travailleurs, car il se répercutera sur les prix. Mais ce n’est pas une revendication primordiale pour les salariés, comme l’est la défense des emplois et des salaires. Alors au final, en mélangeant les revendications ouvrières à des revendications régionalistes, ou plus précisément en mettant les premières à la traîne des secondes, cela a permis aux capitalistes de tirer profit de la mobilisation.

Pour obliger le patronat et le gouvernement à des mesures d’urgence, comme l’interdiction des licenciements, il ne suffira pas de se mobiliser, même de façon déterminée. Il faudra que la classe ouvrière le fasse, en Bretagne et ailleurs, mais en mettant en avant son propre programme. Pierre ROYAN

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2368&id=4

Lire la suite

18 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

pour les riches c’est noël tous les jours!

hollande cadeaux

Pas de cadeau pour ce gouvernement !

La fin d’année est traditionnellement le moment des bilans… et des cadeaux !

Alors, faisons le bilan des cadeaux distribués par le gouvernement Hollande-Ayrault aux patrons, aux plus riches. Force est de constater qu’ils n’ont pas eu besoin d’attendre Noël. Pour eux, la distribution, c’est toute l’année.

Toujours plus  d’injustices. Tandis que la dernière enquête de l’INSEE montre que les salaires ont effectivement baissé pour la majorité des salariéEs depuis 2008, les revenus n’ont jamais été aussi élevés pour une minorité. Certains patrons gagnent  77 fois plus que leurs salariéEs…

Mais, soyons rassurés, selon le ministre de l’emploi, les 3 millions de salariéEs payéEs au SMIC verront, dès le 1er janvier, un « gain » de leur pouvoir d’achat grâce aux 10 centimes accordés par le gouvernement au SMIC horaire.

Patrons et riches restent les grands bénéficiaires de la politique fiscale  du gouvernement Hollande-Ayrault. Pour les premiers, 20 milliards de cadeaux fiscaux au nom de la sacro-sainte compétitivité, pour les seconds, plafonnement de l’impôt sur la fortune (ISF) qui permet aux 7630 contribuables les plus riches une « petite » économie de 100 000 euros.

Dans le même temps, ce gouvernement maintient le gel du barème de l’impôt sur le revenu qui a rendu imposables environ 1 million de ménages qui jusque-là ne l’étaient pas. Sans parler de l’augmentation de la TVA au 1er janvier prochain qui pénalisera avant tout les plus pauvres.

Interdire les licenciements ! Sur le terrain de l’emploi, ce n’est guère mieux. Le chômage ne cesse d’augmenter. Aux licenciements, aux fermetures d’usines s’ajoute la précarité  avec toujours plus de contrats à durée déterminée, de temps partiels, de bénéficiaires du RSA…

Ce gouvernement  facilite les licenciements et la précarité grâce à la loi bien mal nommée de « Sécurisation de l’emploi », baisse le « coût du travail » sous prétexte de compétitivité… Bref, une politique qui amplifie celles qui ont été menées depuis 30 ans au nom de la prétendue lutte contre le chômage.

S’opposer à  la politique de ce gouvernement ! Le mécontentement est profond dans tout le pays comme la révolte bretonne en témoigne mais il ne trouve pas les moyens de s’exprimer. En effet soutenant ouvertement le gouvernement pour certaines, refusant de l’affronter pour d’autres, les directions des organisations syndicales et politiques qui prétendent  représenter  les travailleurs, les classes populaires, se sont, au mieux, contentées de laisser ces mobilisations se développer sans chercher à les coordonner, quand elles ne se sont pas opposées à elles.

Les salariéEs de Michelin et de  Total n’ont pas attendu 2014 pour engager la lutte pour leurs salaires. Pendant que ceux de Goodyear tiennent bon, ils pourraient être rejoints par ceux de La Redoute, d’Alcatel et de l’agro-alimentaire breton contre les liquidations d’emplois.                                                                           

En 2014, pour stopper les politiques d’austérité, pour nos salaires, pour défendre une fiscalité anticapitaliste, débarrassée de l’écotaxe et de la TVA, imposer l’interdiction des licenciements et la fin des expulsions de sans-papiers, il nous faudra  construire un mouvement d’ensemble,  une opposition politique, ouvrière et populaire à ce gouvernement au service du grand patronat.

Lire la suite

18 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

centrafrique: hollande s’enlise

hollande-rambo-droite

Depuis son intervention militaire en Centrafrique, le gouvernement français est confronté à une aggravation de la situation militaire et une absence de solution politique crédible.

Le risque de l’enlisement augmente chaque jour.

La situation sécuritaire en Centrafrique apparaît beaucoup plus compliquée que celle présentée par la presse et le gouvernement lui-même qui consistait en un simple désarmement de la Seleka. En fait cette dernière, qui n’était déjà pas une organisation structurée lorsqu’elle a pris le pouvoir, s’est complètement émiettée et devient autant de sources de dangers.

« Terrain miné » Ces miliciens agissent par petits groupes armés, en dehors de tout contrôle, et ils sont maintenant rejoints par des membres de la communauté musulmane qui ont subi des exactions des milices d’auto­défense anti-Balaka, milice composée de chrétiens encadrés, dans certains cas, par les anciens partisans du président déchu, ­François Bozizé.

*
Ainsi les opérations de DDR (Désarmement démobilisation et regroupement), pour reprendre le jargon onusien, deviennent une source supplémentaire de conflits où, une fois désarmées, les personnes et leurs familles risquent de subir les représailles de l’autre partie de la population.
Les nouvelles provenant de Bangui, la capitale du pays, sur les atrocités subies par chaque communauté, pourraient aussi aviver les conflits et le désir de vengeance dans le reste du pays. Autre risque, celui d’un départ de la capitale d’une partie des membres de la Seleka pour rejoindre le nord de la Centrafrique en occasionnant sur leur retour désolation et mort.

Vide politique Les difficultés sont aussi importantes au niveau politique. En effet, le gouvernement français est dans une situation qui ressemble fort à une impasse. Il est clair, et Hollande le réaffirmait publiquement, que Djotodia – le président de la transition arrivé au pouvoir par la Seleka – n’est ni l’homme de la situation ni l’homme de la réconciliation. Non seulement il a été incapable de tenir ses troupes, mais en plus, il profite de son pouvoir pour s’enrichir et attise le conflit en prenant parti systématiquement pour les musulmans, en mettant l’essentiel de la violence sur le compte des milices anti-Balaka.

*
Le Premier ministre, Nicolas Tiangaye, qui est lui issu de l’opposition politique civile, reste totalement impuissant. La difficulté porte sur le fait que le dispositif politique actuel a été entériné par les accords de Libreville, avec les principaux chefs d’états africains de la région, notamment le président congolais Sassou-Nguesso, et celui du Tchad Idriss Deby. La France n’a pas été mandatée par l’ONU pour présenter une autre solution politique, mais déjà Hollande parle de raccourcir la période de transition en annonçant des « élections au plus vite », initialement prévues pour février 2015.

Derrière l’humanitaire, l’impérialisme L’opération Sangaris, comme les autres opérations militaires qui se présentent comme humanitaires pour l’Afrique, est partie intégrante de la politique impérialiste de la France.

*
Si la France ne cesse d’intervenir en Afrique francophone, c’est aussi parce qu’elle a mené une politique vis-à-vis de ces pays qui est catastrophique. La mise en place par la France, avec l’aide du Tchad, de Bozizé en 2003 en est une énième démonstration. Que peut-on attendre d’un général de l’armée de Bokassa, responsable de la terrible répression contre les manifestations lycéennes qui a fait plusieurs dizaines de morts, si ce n’est la mise en place d’une dictature qui s’accompagne, tous les cinq ans, d’une mascarade électorale que la France, mais aussi les États-Unis, s’empresse de valider.

*

Le pédigrée de François Bozizé est connu de tous. Auteur de plusieurs tentatives de coups d’état, son pouvoir s’est caractérisé par l’enrichissement de son clan par la prédation des richesses de la Centrafrique et une politique de haine et de division ethnique. Il ne diffère pas en cela des autres présidents du Tchad, du Congo, de Djibouti et du Cameroun, etc., qui bénéficient de la même mansuétude des différents gouvernements français, qu’ils soient de droite ou de gauche, jusqu’à ce qu’un de ces pays s’enfonce dans des crises violentes et des désastres humanitaires.

*
En finir avec ce cercle vicieux impose une mobilisation des forces progressistes et une dénonciation de tous les instants de la politique française en Afrique.

Paul Martial Mercredi 18 décembre 2013

Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 222 (19/12/2013)

Lire la suite

18 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

que va faire la france en centrafrique? (essf)

olive1

Le 8 décembre, moins d’un an après l’opération Serval au Mali, voici l’opération Sangaris, menée par l’armée française, à nouveau sous la houlette d’un gouvernement « socialiste ». Bien entendu, il s’agirait encore une fois, pour la République des droits de l’homme, de sauver des milliers de vies humaines contre un risque d’emballement génocidaire. Mais en réalité, l’objectif de l’ancienne puissance coloniale est moins reluisant.

C’est au Sommet franco-africain de l’Elysée, le 6 décembre, placé sous le signe de la paix et de la sécurité, que François Hollande annonce cette opération « désintéressée » pour venir en aide à « un peuple qui souffre et nous appelle ». Ce sommet, destiné à la promotion des intérêts français en Afrique, notamment face à la concurrence internationale, a réuni 26 chefs d’Etat africains. Le jour précédent, le Conseil de sécurité adoptait la résolution 2127, autorisant l’intervention de la MISCA (une force africaine de 3600 hommes), mais aussi de 1600 parachutistes et membres des forces spéciales françaises, pour « rétablir la sécurité » en République centrafricaine (RCA).

Lourd héritage colonial

La République centrafricaine est peuplée de 5 millions d’habitant.e.s sur 623 000 km2, dont plus de 70% vivent de l’agriculture de subsistance. L’ancienne colonie de l’Oubangui-Chari est l’un des quatre territoires de l’Afrique équatoriale française, devenu indépendant en 1960, dans un cadre néo-colonial. En 1966, Bokassa s’empare du pouvoir par un coup d’Etat, et le nouveau potentat, qui deviendra empereur dix ans plus tard avec la bénédiction de l’Elysée, permet à la France de garder la haute main sur le pays. Depuis lors, tous les chefs d’Etat de RCA sont arrivés au pouvoir par un putsch, agréé par l’ancienne métropole.

Pendant la guerre froide, la RCA est érigée en bastion de la présence française en Afrique, en particulier face à l’intervention libyenne au Tchad, durant les années 80. Elle perd cependant cet intérêt au tournant des années 90, suscitant une réduction importante du dispositif militaire français.

Bois précieux et diamants

La RCA exporte surtout des bois tropicaux et des diamants. L’exploitation de près de 4 millions d’hectares de forêts, aux frontières du Congo et du Cameroun, est aux mains de compagnies privées étrangères, dont les françaises Bolloré et Thanry, qui s’acquittent de redevances, mais ont peu de considération pour la préservation des ressources naturelles dont dépendent les populations. Compte tenu des coûts de transport, seuls les bois nobles sont coupés, provoquant pourtant des dégâts collatéraux importants.

L’extraction d’un diamant de haute qualité repose sur les épaules de près de 100 000 petits prospecteurs, qui vendent le carat au tiers de sa valeur à des « collecteurs ». Ils ne bénéficient pourtant que d’une fraction de ce prix pour assurer la survie de leur famille (10% de la population du pays en vit partiellement), compte tenu des ponctions opérées par un Etat prédateur et ses agents (licences d’exploitation et corruption de la police des mines), par les « collecteurs » urbains et le racket des groupes armés. Pour couronner le tout, ces pierres sont écoulées sur le marché mondial par quelques exportateurs autorisés, dont le suisse Adamas, basé à Zoug.

L’épouvantail chinois Dans la seconde moitié des années 2000, François Bozizé, qui préside le pays depuis 2003 au profit de son clan familial, développe ses liens avec la Chine, qui lui accorde des crédits : le 10 septembre 2009, il est même reçu par Hu Jintao à Pékin, à qui il cède le site d’explo- ration pétrolier de Boromata. Les exportations de la RCA vers l’Empire du milieu s’envolent (12% en 2008, 14% en 2009, 19% en 2010… 28% en 2012) ; de même, des partenariats se développent dans les domaines de l’énergie (hydraulique et solaire), de la construction et des communications, sans parler du militaire (40 officiers centre-africains formés chaque année en Chine). Même les USA s’en inquiètent…

Par ailleurs l’exploitation des gisements d’uranium de Bakouma (S-E), découverts en 1960 (production potentielle de 2000 à 3000 t. par an), a été constamment repoussée avant d’être mise en stand by par Areva, en octobre 2011, en raison semble-t-il de la baisse des cours. Le géant français avait forcé la main du gouvernement de RCA pour en obtenir le monopole, si bien que sa non exploitation fait lors l’objet d’un contentieux. Bangui songeait-elle à en céder les droits à d’autres ?

Vers l’intervention française

C’est dans ce contexte qu’éclate la guerre civile en RCA, en décembre 2012, entre le gouvernement de Bozizé, lâché par une partie de ses partisans, et la Seleka (« coalition » en langue sango), réunissant cinq mouvements rebelles, dirigée par Michel Djotodia, un leader musulman qui s’empare de la capitale en mars 2013. Entre-temps, le Tchad et l’Afrique du Sud, cette dernière sans doute en contrepartie d’avantages miniers, ont apporté une aide comptée au régime de Bozizé, tandis que Paris et Washington refusaient de le soutenir, escomptant le pourrissement de la situation pour jouer leur carte ultérieurement.

Après la victoire de la Selaka, les groupes armés rebelles n’acceptent pas tous de rentrer dans le rang en se soumettant à l’autorité de Djotodia. Les dissidents s’engagent alors dans des exactions envers les populations civiles, auxquelles les anciens partisans de Bozizé répondent aussi par la violence. Il n’en faut pas plus pour agiter le spectre de massacres interconfessionnels, puisque les premiers sont musulmans et les seconds chrétiens, justifiant l’intervention de la France. Comme le note un chroniqueur du Guardian, François Hollande a développé « une nouvelle formule » pour intervenir dans ses anciennes colonies « avec doigté ». Mais quels peut être le but de cet activisme françafricain, si ce n’est le sauvetage de cette zone d’influence, fût-elle réduite ?

Jean Batou 17 décembre 2013

* Article écrit pour « solidaritéS (n° 240) (Suisse). Un article plus développé suivra.

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article30634

Lire la suite

17 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Des milliards pour une minorité, quelques centimes pour la majorité!

jet set

Michel Sapin, ministre de l’emploi a donc annoncé que la hausse légale du SMIC le 1er janvier 2014 prochain sera de 1, 1%.

Le SMIC passera donc de 9, 43 euros de l’heure à 9, 53 euros.

Alors qu’il y a quelques mois, ce gouvernement a accordé 20 milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux entreprises, il donne donc 10 centimes d’euros à environ 3 millions de salariéEs.

Et Sapin ose parler de « gain de pouvoir d’achat » à la veille de la hausse de la TVA qui pénalisera avant tout les classes populaires, sans compter toutes les autres augmentations dores et déjà annoncées : transport public, mutuelles, assurances….

Licenciements, suppressions d’emplois, salaires, injustice fiscale, austérité… les raisons sont de plus en plus nombreuses pour l’ensemble des salariéEs, des précaires, des privéEs d’emplois de s’opposer à ce gouvernement au service du patronat et des plus riches !

Montreuil, le 16 décembre 2013

Lire la suite

17 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Le mrap indigné de l’évacuation par la police des sans-abris de la basilique de saint-denis

Jean-François Copé et Manuel VallsLe mrap indigné de l’évacuation par la police des sans-abris de la basilique de saint-denis  dans Antiracisme rien

Dimanche 15 décembre 2013, la police a investi la basilique Saint-Denis pour déloger des sans-abris et leurs soutiens qui s’y étaient réfugiés.

« Depuis quand la police armée pénètre-t-elle dans une cathédrale ? Quelle honte pour notre police, notre préfet, notre pays » a déclaré Jean Courtaudière, curé de la Basilique, alors qu’elle accueillait des personnes expulsées de leur logement depuis le 7 juin 2013.

Pour le Maire de Saint-Denis, Didier Paillard, molesté par les forces de l’ordre,ou l’ancien Evêque de Saint-Denis, Olivier de Berranger, empêché d’entrer dans sa cathédrale, la la police, sous l’ordre de sa hiérarchie, s’est déshonorée en pénétrant par la force dans ce lieu sacré.

La brutalité de la méthode rappelle celle qui avait conduit à l’évacuation de l’église Saint-Bernard le 23 août 1996. Il est devenu impossible de distinguer les méthodes policières d’aujourd’hui de celles d’hier. Le MRAP dénonce avec la plus grande fermeté ces méthodes indignes.

Par ailleurs le MRAP, avec d’autres organisations et les expulsés, exige le relogement immédiat de l’ensemble du groupe dans les logements disponibles du centre d’hébergement qui vient d’ouvrir à Saint-Denis. Cette exigence est d’autant plus forte que la sous-préfète s’y était engagée le mardi 3 décembre pour se contredire 2 jours après…

La régularisation administrative est une condition indispensable pour permettre aux personnes de nationalités malienne et ivoirienne d’entrer dans un logement pérenne. Le Ministre de l’Intérieur, Monsieur Manuel Valls, et la Ministre du Logement, Madame Cécile Duflot, doivent prendre leurs responsabilités et donner une réponse positive à cette situation.

MRAP  lundi 16 décembre 2013 – 23h05

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article138843

Lire la suite

14 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Sommet franco-africain: continuité à tous les étages

Francafrique.1

*

« Présider la République, c’est ne pas inviter de dictateurs en grand appareil à Paris ».

Telles sont les fortes paroles prononcées par le candidat Hollande au Bourget le 22 janvier 2012. Lauréat du Grand prix de l’entubage, il a invité les 6 et 7 décembre, à Paris précisément, une qua- rantaine de chefs d’État africains à participer à un sommet intitulé « Paix et Sécurité en Afrique »…

*

Parmi eux se trouvaient Idriss Déby qui, arrivé au pouvoir au Tchad il y a 23 ans, y règne par la terreur et aurait depuis longtemps dû céder la place sans le soutien constant de l’armée française (face, notamment, aux rébellions qui, en 2005-2006, manquent de peu de le chasser). Étaient aussi là le Congolais Denis Sassou Nguessou, figure emblématique de la corruption à grande échelle des dirigeants africains, en place de 1979 à 1992 et, à l’issue d’une guerre civile, à nouveau sans interruption depuis 1997…

Sans oublier Faure Gnassingbé et Ali Bongo, à qui un coup d’État dans le cas du président togolais et la fraude électorale pour l’actuel président gabonais, ont permis de succéder à leurs pères qui avaient régné respectivement 40 et 42 ans. Et enfin Blaise Compaoré, solidement installé depuis le meurtre de son compagnon Thomas Sankara, il y a 26 ans.

Une indécence qui atteint les sommets ! On pourrait sans peine allonger la liste. L’important est que, en les recevant sur le perron de l’Élysée, François Hollande ne se contente pas de se déjuger une fois de plus. Il témoigne avec éclat de la continuité de la Françafrique sur ses trois piliers : politique (soutien sans faille aux dictateurs amis), économique (prédation organisée des ressources de l’Afrique) et militaire (avec l’éternelle justification coloniale des bonnes causes que l’on prétend défendre).

*
De tout cela, un tribunal citoyen a largement rendu compte, le 4 décembre avec l’audition de nombreux témoins. Une belle manifestation a été organisée le lendemain à l’initiative de l’association Survie. De nombreuses organisations africaines et françaises, dont le NPA, y ont appelé.

*
Car le seul infléchissement perceptible depuis quelques années, c’est la pose de la feuille de vigne que représente la caution recherchée et obtenue sans peine des Nations unies et de l’Union européenne. Il est clair que, en Afrique comme ailleurs, le changement, ce n’est pas maintenant pour celui qui a conclu son allocution d’ouverture en déclarant : « Aujourd’hui, c’est Nelson Mandela qui préside les travaux de ce sommet »… atteignant ainsi un sommet d’impudence ! Jeudi 12 décembre 2013

Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 221 (12/12/2013)

François Brun

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin