Archive | Macronie

04 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

La culture rapporte gros mais les artistes coûteraient trop cher (basta)

La_strada

Intermittents du spectacle :

58 milliards d’euros et 670 000 emplois, c’est le « PIB culturel » de la France.

Ce qui n’empêche pas Medef et gouvernement de remettre en cause le statut qui permet aux artistes et techniciens du spectacle les plus précaires de vivre de leur métier et de faire dé- couvrir leurs créations. Et pas seulement sur de grandes scènes urbaines ou lors de presti- gieux festivals, mais sur tout le territoire. (…)

L’exception culturelle française repose sur la précarité

L’intermittence n’est pas un métier, c’est plutôt l’opposé: un statut de chômage. Il concerne les ouvriers, techniciens ou artistes dont le travail est, par nature, discontinu et précaire. Un dispositif «unique au monde» fondé lors du Front populaire qui a permis un «foisonnement créatif inouï», rappelle la ministre de la Culture Aurélie Filippetti, dans une tribune publiée dans Le Monde du 30 juin. Issus du monde du spectacle, du cinéma, de la production ou de l’audiovisuel, tous doivent travailler un minimum de 507 heures, sur une période de dix mois pour les techniciens (annexe 8 de l’Unedic) et de dix mois et demi pour les artistes (annexe 10). Cette durée travaillée ouvre un droit à 243 jours indemnisés, indemnités qui seront perçues les jours «chômés» ou non payés, entre deux contrats.

Chaque fin de mois, l’intermittent déclare donc ses jours travaillés, Pôle Emploi com- plète pour assurer un salaire complet. En moyenne, un intermittent perçoit 2322 € par mois, un revenu composé pour moitié de son activité et pour moitié de ses indemnités. S’il existe des disparités entre techniciens, mieux rémunérés, et artistes, l’exception culturelle fran- çaise repose sur la précarité: 87% des contrats sont des CDD, et un tiers des intermittents perçoivent des revenus inférieur au salaire médian français (1675 euros bruts mensuels) [1]

Travailler 30 heures, payées 10 Pendant la durée d’indemnisation, pas question de se tourner les pouces. De nouveaux cachets et contrats permettront de renouveler le statut en travaillant le nombre d’heures demandé. Pour un salarié à temps plein, 507 heures de travail s’effectuent en un peu plus de trois mois. Et pourtant, pour obtenir leur statut, ces hommes et femmes scrutent tout au long de l’année l’avancée de leurs prestations, réalisent de vrais comptes d’apothicaire, tout en travaillant sans compter leurs heures. C’est la nature contra- dictoire de leur métier. «Si l’emploi est intermittent, le travail, lui, est permanent! Avant de jouer, il faut s’être formé, avoir répété, avoir cherché inlassablement le moyen de donner au public le meilleur de soi-même», décrit la ministre de la Culture.

Amélie, une jeune technicienne-son, ne la démentira pas. «Lors de l’une de mes der- nières dates, j’ai été payé pour dix heures: préparer la scène, gérer le son lors du concert et ranger. Mais je considère que j’en ai travaillé trente: la préparation du matériel, le chargement du camion, le transport et au retour le déchargement du matériel et le rangement… Tout ce temps là, je bosse, mais je ne suis pas payée par mon employeur.» Impossible de savoir le nombre d’heures réellement accomplies par un intermittent sur cette période de dix mois. En France, en 2011, près de 254 400 personnes ont, un moment ou un autre, cotisé au régime des intermittents. Seul 108 600, moins de la moitié, ont obtenu leur statut, 46% de tech- niciens et 54% d’artistes.  Par Morgane Thimel 3 juillet 2014

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03 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Le guen: arrogant contre les travailleurs, menteur avec le fisc (lo)

saluauds

Le secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, s’il- lustre en ce moment par ses méthodes d’adjudant-chef pour faire taire les députés socia- listes qui ont osé de bien timides critiques contre la politique du gouvernement Valls.

Mais son arrogance se fait bien plus virulente contre les travailleurs et les grévistes. Lors d’une émission de télévision, il avait affiché sa haine de classe en affirmant que les gré- vistes de PSA Aulnay et les militants syndicaux étaient responsables de la fermeture des usines. Plus récemment encore, il a insulté les grévistes de la SNCF en les traitant de « ja- mais contents» qui n’en ont «jamais assez» et prennent «en otages» les voyageurs.

Ce même personnage est accusé d’avoir caché au fisc une grosse partie de sa fortune personnelle, estimée à 2,6 millions d’euros. Au moins, il sait de quoi il parle quand il évoque «ceux qui n’en ont jamais assez»! Il sait éructer contre les travailleurs, s’aplatir face aux patrons et se considérer comme au-dessus des lois : il a un profil parfait pour un ministre.

Marion AJAR

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2396&id=7

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03 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Le scandale de l’amiante: les responsables à nouveau exonérés de poursuites (lo)

amiante

Pour défendre l’indéfendable, complices actifs de l’assassinat de dizaines de milliers de travailleurs par l’inhalation d’amiante au travail, certains juges sont prêts à mentir avec le dernier aplomb.

Le 27 juin dernier, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris vient, une nouvelle fois, d’annuler la mise en examen de Martine Aubry et de toute une brochette de hauts fonc- tionnaires, pour avoir pris des décisions de 1984 à 1995 qui ont permis aux patrons de l’amiante de continuer à empoisonner leurs salariés.

Comme le relevait, indigné, l’avocat de l’Association des victimes de l’amiante, l’An- deva: «Dans son arrêt, la cour d’appel estime que c’est seulement en 1995 que les dangers de l’amiante ont été connus.» Ce qui est une grossière contrevérité.

Déjà en mai 2013 la cour d’appel avait annulé une première fois les mises en examen de tous ces hauts fonctionnaires et des dirigeants de la société Eternit. La Cour de cassa- tion avait cassé ce jugement en le déclarant illégal. Mais la cour d’appel n’a pas voulu revoir sa copie. Elle persiste et signe. Tout cela pour empêcher le procès, attendu depuis des an- nées, concernant l’usine Eternit de Condé-sur-Noireau, dans le Calvados, qui a connu une hécatombe de salariés tués par l’amiante. Eh bien, ces juges ont donc osé défier la Cour de cassation. Fallait-il que la cause en vaille la peine !

Oui, le gouvernement de gauche et ses hauts fonctionnaires ont une responsabilité écrasante dans la continuation de l’empoisonnement par l’amiante des travailleurs dans ce pays. C’est en 1982, au début du gouvernement de la gauche PC-PS, que ce dernier, par l’intermédiaire de Martine Aubry et d’une brochette de hauts fonctionnaires, conjointement avec les patrons de l’amiante, a mis sur pied le Comité permanent amiante (CPA) qui avait pour but d’empêcher l’interdiction de l’amiante.

Les risques mortels de l’amiante étaient tellement connus qu’ils avaient entraîné des procès monstres aux USA. En Europe, plusieurs pays réclamaient son interdiction, conjoin- tement avec les services internationaux du travail, l’OIT. D’ailleurs, en France, une inter- diction partielle avait déjà été promulguée cinq ans auparavant. Mais, pour faire le sale boulot au service du patronat, la gauche se déclare toujours prête. L’interdiction définitive ne sera prononcée qu’en 1997 par Chirac-Juppé, à l’issue d’une nouvelle campagne des victimes et des associations engagées dans ce combat.

L’affaire va donc revenir une nouvelle fois devant la Cour de cassation. On verra ce qu’il en est sur le plan judiciaire. Mais tout cela est bien révélateur de la mentalité de toute cette clique de l’appareil d’État, y compris d’une partie de la justice, qui considère que faire crever des travailleurs pour asseoir les profits des patrons est bien dans l’ordre des choses ordinaires. Et qu’il n’y a là rien à redire Paul SOREL

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2396&id=5

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03 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Valls au patronat: oui chef!

Valls au patronat: oui chef!  dans Crise

Dès que les organisations patronales, Gattaz en tête, ont menacé le gouvernement de boycotter la «conférence sociale», Valls a annoncé le report du compte pénibilité.

Ce compte pénibilité n’était qu’un geste illusoire pour faire passer l’attaque contre les re- traites, puisqu’il fallait des années de travaux pénibles pour gagner un seul trimestre de retraite.

Mais, même cela, le patronat le refuse avec acharnement et le gouvernement s’exécute. Seuls quatre facteurs de pénibilité, sur les dix retenus par cette réforme, seront pris en compte à partir du 1er janvier 2015. Les patrons du bâtiment n’auront pas à appliquer cette réforme en 2015, sous prétexte de grande complexité. Comme s’il était si difficile de mesu- rer que les travaux du bâtiment sont pénibles !

En mai 2014, le gouvernement avait déjà reculé sur le financement par les patrons de ce compte pénibilité. Il a décidé maintenant qu’en 2015 seuls un million de travailleurs seront concernés par le compte pénibilité. Et il promet «une mise en œuvre plus souple» en 2016. Une façon de dire aux patrons qu’ils pourront la contourner avec facilité… si elle existe encore.

Dans le même discours, Valls a aussi annoncé des reculs sur la réforme du temps par- tiel. Il s’est aussi engagé à baisser encore plus les cotisations pour les patrons et à aug- menter le CICE. C’est vraiment Noël pour les capitalistes !

Et dire que, face à ce patronat à l’attaque et à ce gouvernement à plat ventre, les organisations syndicales, elles, vont se précipiter à cette conférence sociale sans même oser penser à la boycotter! Marion AJAR

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2396&id=3

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03 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

L’appel du patronat à hollande et valls: faites ce que je vous dis(lo)

francois

… et tout de suite !

Huit organisations patronales, dont le Medef et la CGPME, ont rédigé le 29 juin un appel adressé à Hollande et à Valls, pour qu’ils appliquent les «réformes» plus rapidement, tout ça paraît-il dans l’intérêt général.

Le patronat, par la bouche de Gattaz et des autres représentants patronaux, veut plus : plus de cadeaux, plus de facilités pour exploiter les travailleurs, et tout de suite.

C’est, comme d’habitude, au nom de la lutte contre le chômage que, tout d’abord, il ex- horte le gouvernement à accélérer la mise en œuvre du pacte de responsabilité en l’incluant «de manière explicite et rapidement» dans la loi. Le dispositif englobant pacte de respon- sabilité et CICE représentera sur trois ans un cadeau d’un montant total de 41 milliards d’eu- ros, que le gouvernement compte financer par un plan d’économies de 50 milliards d’euros pris dans la poche des classes populaires. Le patronat veut s’assurer de recevoir le chèque.

Les Gattaz pour le Medef, Roubaud pour la CGPME et autres affirment également ne plus vouloir de textes qui viendraient «complexifier» la réglementation actuelle sur les entre-prises, allusion aux textes sur la pénibilité et le temps partiel, qui ne sont que de petites avan- cées venant après de grands reculs, mais qui ont suscité une levée de boucliers des pa- trons. De manière générale, ils exigent du gouvernement la mise en œuvre, «avec le Parle- ment, d’un moratoire sur tout texte législatif et administratif qui viendrait complexifier notre réglementation, mettre des contraintes ou renforcer les contrôles et les sanctions sur les entreprises et les entrepreneurs».

Ils demandent, autrement dit, la possibilité d’exploiter les travailleurs sans la moin- dre contrainte. Le patronat sait parfaitement qu’Hollande tout comme Valls sont prêts à le servir en menant une politique anti-ouvrière, quoi qu’il leur en coûte électoralement. Mais il est à l’offensive, il en veut plus et tient à faire savoir au gouvernement qu’il n’est prêt à ac- cepter aucun flottement, aucune déclaration, aucune «posture» qui peut laisser croire à un recul, même petit, dans l’application des «réformes», c’est-à-dire des mesures favorables aux patrons.

Que les signataires de l’appel «menacent» le gouvernement de boycotter la conférence sociale fait partie du jeu. Cela montre, si besoin en était, que le dialogue social qu’elle est censée permettre n’est que du cinéma destiné à couvrir les reculs imposés aux travailleurs, cinéma auquel les directions des confédérations syndicales participent. Le secrétaire géné- ral de FO, Jean-Claude Mailly, a ainsi déclaré sans rire avoir «le sentiment parfois que les organisations patronales se prennent pour le gouvernement». Belle découverte!

Effectivement, les patrons constituent le véritable pouvoir, et l’État n’est que l’instrument qui leur permet de l’exercer. Aline RETESSE

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2396&id=2

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03 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Economies tous azimuts pour l’assurance-maladie (lo)

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La vie de malades sacrifiés… aux milliards du patronat

Le conseil d’administration de la Caisse nationale d’assurance-maladie, la Cnam, qui re- groupe toutes les dépenses de santé, propose des mesures pour mettre en application le plan gouvernemental d’économies. Sur les 50 milliards d’économies sur les dépenses publiques voulues par Hollande et Valls, 10 milliards devraient être imputés à la santé.

Parmi les mesures d’économies préconisées, il y a la réduction drastique du temps de présence des malades dans les hôpitaux, pas pour mieux les soigner mais pour sup- primer des dizaines de milliers de postes de soignants. La dernière trouvaille de la Cnam serait de ramener de quatre à trois jours l’hospitalisation pour un accouchement.

La Cnam va jusqu’à proposer de limiter l’utilisation des IRM pour les examens des membres inférieurs. Pourtant la France, un des pays les plus riches du monde, est depuis de longues années mise au ban des organismes internationaux de santé pour son sous-équipement chronique en matière d’IRM. En dix ans, leur nombre a péniblement augmenté chaque année pour atteindre, fin 2013, 646 IRM dans le pays, alors qu’il en faudrait le double pour répondre aux besoins et pour atteindre le taux d’équipement existant dans les autres pays avancés : deux fois plus en Espagne et trois fois plus en Allemagne il y a encore peu de temps.

La main sur le cœur, les gouvernants successifs avaient promis d’y remédier, en particulier dans le cadre des plans cancer, le dépistage qui est vital pour l’espoir de guérison étant bien loin de ce qu’il devrait être. Mais les promesses ont été foulées aux pieds. Le temps d’attente pour pouvoir bénéficier d’un examen «urgent» d’IRM est en France supé- rieur à un mois en moyenne, c’est-à-dire beaucoup plus dans certaines zones encore plus sous-équipées que les autres régions. Cela a évidemment des conséquences directes sur le taux de mortalité.

Bien que connaissant tout à fait cette situation dramatique, la Cnam, intervenant comme agent du gouvernement, propose donc de faire la chasse aux examens «excessifs» d’IRM, en oubliant le principal, la situation dramatique de sous-équipement. Des économies sur la santé pour offrir des milliards au patronat, c’est tout simplement criminel. Paul SOREL

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2396&id=29

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03 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Deux mille milliards d’euros de dette publique: la vache à lait des financiers (lo)

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L’Institut national de la statistique (Insee) vient de publier le nouveau montant de la dette publique.

Elle s’est accrue de plus de 40 milliards d’euros au premier trimestre 2014 et frise désor- mais les deux mille milliards.

Avec Hollande, l’État a continué à s’endetter exactement au même rythme qu’avec Sarkozy, c’est-à-dire cinq fois plus vite qu’avant la crise financière de 2008. L’État avait alors largement ouvert ses caisses aux banquiers, puis à tous les groupes capitalistes. Il avait diminué leurs impôts, inventé de nouvelles façons de les subventionner, puisé dans ses caisses pour compenser les cadeaux qu’il leur faisait sur les cotisations sociales. Et il continue depuis avec constance.

Pour contrebalancer ces dépenses, Hollande, suivant Sarkozy, a imposé la réduction de tous les budgets sociaux, attaqué la retraite et la Sécurité sociale, organisé la diminution du nombre de fonctionnaires et celle des dotations aux collectivités locales, exigé le dérem-boursement de nouveaux médicaments, modifié les barèmes d’impôts qui frappent désor- mais les plus modestes, etc.

Mais ces sacrifices imposés aux couches populaires n’ont même pas suffi à payer les cadeaux faits aux capitalistes. Pour le solde, il a fallu emprunter aux banques autour de 50 milliards d’euros par trimestre depuis 2008, creusant encore et toujours la dette publique. Le service de la dette, c’est-à-dire ce que l’État doit payer aux prêteurs chaque année, se monte désormais à 45 milliards d’euros. C’est son deuxième poste de dépense, après celui de l’enseignement scolaire.

Et c’est la façon la plus simple, la plus sûre et la plus ancienne qu’aient trouvé les banquiers pour piller les fonds publics. Paul GALOIS

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2396&id=19

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02 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Budget rectificatif: l’austérité, encore et toujours!

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Depuis quelques jours, deux textes cruciaux sont discutés par les députéEs : le projet de loi de finances rectificative (PLFR) et le projet de loi de financement rectificative de la Sécurité sociale (PLFRSS). Ces deux textes vont décliner très concrètement les premières mesures du plan d’économie de 50 milliards et du Pacte de responsabilité.

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Pour faire avaler la pilule, le gouvernement, a pris soin de mettre en avant, dès l’ouverture du débat, la baisse des impôts sur le revenu, voire son exonération. Et les chiffres donnés pourraient faire croire à un « tournant social » de ce gouvernement. Mais la réalité est tout autre.

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On serre la ceinture, un cran de plus En septembre, l’impôt sur le revenu des contri- buables dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 1,1 fois le Smic baissera de 350 euros.

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Cela concerne 3,7 millions de foyers fiscaux dont 1,9 seront exonérés et reviendront ainsi à leur situation antérieure, ni plus ni moins. Mais le gel du barème de l’impôt sur le revenu, instauré par la droite, est lui bel et bien maintenu! Les foyers situés juste au-dessus de ce seuil assez bas verront donc leur impôt augmenter. Un bel enfumage !

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Mais le cœur de ce projet de budget rectificatif est ailleurs: il s’agit d’entamer le plan d’économie de 50 milliards, avec d’ores et déjà, 4 milliards de baisse supplémentaire des dépenses publiques en 2014: annulation de crédits sur les budgets de la défense, de l’éco- logie, de la recherche, du travail, etc. Ces 4 milliards supplémentaires de baisse des dépen- ses pour 2014 devraient selon le gouvernement permettre de rester dans les clous vis-à-vis du Pacte de stabilité européen. Mais même de ça, on n’en est pas sûr…

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Le patronat pleure la bouche pleine La baisse du coût du travail est au cœur des discus- sions et du projet de loi rectificatif de financement de la Sécurité sociale: c’est tout simple- ment la mise en musique du Pacte de responsabilité. Et là les cadeaux au patronat sont assez inédits…

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Voilà donc la réduction dès 2015 des cotisations sociales sur les bas salaires, ainsi que celle des cotisations sociales des indépendants. De plus, une seconde salve d’allègements sur les salaires jusqu’à 3,5 Smic est prévue pour 2016. Ces mesures s’ajoutent au crédit impôt-compétitivité emploi (CICE), voté en 2012, qui consiste déjà en une réduction des cotisations sociales pour les entreprises: il coûtera 10 milliards à l’État en 2014, et 20 à l’horizon 2017.

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Enfin, le projet prévoit des gels de prestations sociales, notamment familiales, et le maintien du pouvoir d’achat des retraitéEs les plus pauvres n’est toujours pas garanti. Selon ce gouvernement si attentionné, toutes ces mesures sont prises au nom de la «compé- titivité» et de l’emploi.

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Hélas pour eux, la rapporteure générale du projet a fait chiffrer l’impact du Pacte de responsabilité et des 50 milliards d’économies par la Direction générale du trésor et des finances publiques. Et les résultats sont sans appel puisque selon ce chiffrage le plan d’éco- nomies de 50 milliards d’euros pourrait avoir un «impact négatif sur la croissance de 0,7 % par an en moyenne entre 2015 et 2017», et «entraîner la suppression de 250 000 emplois à l’horizon 2017». Si même eux le disent…

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Dis-moi ce que tu votes, je te dirai qui tu es…  L’examen de ce projet de loi de finances rectificative devrait se terminer jeudi 3 juillet dans la soirée. Mais dès mardi 1er juillet, les députés se sont prononcés – majoritairement de façon favorable cela va sans dire – sur ce texte. Puis le mardi 8 juillet, il feront de même sur le financement de la Sécurité sociale.

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Au PS, les «contestataires» et autres «frondeurs» ont laissé planer la menace d’une abstention, voire de voter contre… ce qui n’a pas été mis à exécution! Contre l’avis de leur groupe, ils ont déposé des amendements sur les deux projets de loi rectificative (d’autres amendements allant dans le même sens ont également été déposés par le Front de gauche et EÉLV) : «fléchage» du crédit d’impôt compétitivité emploi, aides à l’apprentissage, au logement, crédits supplémentaires pour les contrats aidés, mesures sur l’impôt sur les sociétés…

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Si cela correspond bien à leur souhait de «rééquilibrer» les efforts d’économies, ils sont bien loin de proposer une politique véritablement alternative au service des salariéEs et du plus grand nombre. Quand on n’est pas d’accord, on commence d’abord par s’opposer. C’est aussi simple que ça.

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Sandra Demarcq Hebdo L’Anticapitaliste – 249 (03/07/2014)

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02 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Sarkozy: la descente aux enfers d’une république (ci)

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La mise en examen de Nicolas Sarkozy est un coup de tonnerre pour la Ve Répu- blique, estime la presse étrangère.
Elle cristallise surtout un profond malaise du système politique du pays. “Veuillez nous sui- vre, Monsieur”, titre la Süddeutsche Zeitung, qui emploie la formule que les policiers ont dû utiliser au matin du 1er juillet pour conduire l’ancien président dans les locaux de la police judiciaire. Le quotidien de Munich rapporte que, “pour les conservateurs, il n’y a que François Hollande qui puisse être derrière la garde à vue de Nicolas Sarkozy, leur idole soupçonnée de corruption”.

Entre la crise, la montée du Front national et l’opposition sans tête de file, “le contexte politique semblait idéal pour un retour de Nicolas Sarkozy”, note la SZ, qui rappelle les trois conditions que l’ancien président français avait lui même fixées pour son retour en politique après la défaite de 2012. Aujourd’hui pourtant, à cause de scandales politiques accumulés, “le passé pourrait bien rattraper l’ancien monarque avant même que son rôle de ‘sauveur de la République’ ne dé- bute”. Le quotidien ne manque pas de souligner que Marine Le Pen se frotte les mains : “On doit désormais la présenter comme une femme politique particu- lièrement chanceuse”, remarque la SZ. “Entre un parti au pouvoir qui déprime les Français et une opposition qui se perd dans ses scandales, la jeune chef de file de l’extrême droite peut compter sur ses adversaires politiques”, estime le quotidien allemand.

L’arroseur arrosé En Espagne, El Mundo estime que Nicolas Sarkozy est victime du syn- drome de l’arroseur arrosé. Sous le titre “Le voyeur chassé”, le quotidien espagnol explique « qu’en essayant de dissimuler un délit de financement illégal, l’ancien leader conservateur français en a commis un autre. D’après l’interrogatoire du juge, le voyeur a été surpris “en flagrant délit” d’utilisation de ses propres méthodes. On l’a écouté exactement comme lui- même le faisait grâce à son réseau d’espionnage fait sur mesure”.

Son confrère El País rappelle que cet épisode sans précédent dans l’histoire républicaine française combine des actes extrêmement graves, comme les pots-de-vin à un juge, avec d’autres plus cocasses, comme l’utilisation d’un portable avec un nom imaginaire. “Dans un pays de longue tradition républicaine, où les symboles ont une signification presque sacrée, l’image d’un ancien président interrogé dans un bureau comme un délinquant normal est simplement impardonnable. Sarkozy devra beaucoup lutter pour démonter les accusations portées contre lui. Et même s’il réussit à s’en sortir, cet épisode démolit ses aspirations politiques.”

Scandales et confusion A Londres, le Financial Times estime que la mise en examen de Nicolas Sarkozy sonne le glas de son retour et indique qu’il est grand temps que la France ait les dirigeants qu’elle mérite. “Même en admettant qu’il puisse laver son nom de tous soupçons, M. Sarkozy n’est pas l’homme qu’il faut” à la France. “Sa présidence a été mar- quée par son hyperactivité et par son image vaniteuse, qui lui a valu son surnom de ‘prési- dent bling-bling’”, rappelle le FT. Le quotidien de Londres affirme que “la France a un besoin urgent de nouveaux dirigeants politiques qui, contrairement à M. Sarkozy, auront une vision nouvelle, courageuse et lavée du passé”.

Outre-Atlantique, c’est également l’état général du système politique français qui interpelle le New York Times. “Ces événements surviennent au moment où la gauche et la droite se débattent dans leurs problèmes, alors que le Front national n’en finit pas de célé- brer sa victoire aux élections européennes du printemps dernier. Le gouvernement de M. Hollande est plombé par une économie apathique, des scissions idéologiques et un record d’impopularité pour le président de la République. Le parti conservateur de M. Sarkozy nage également en pleine confusion, perclus de scandales et orphelin d’un leader évident.”

L’incontournable case justice Même tonalité en Belgique, où Le Soir consacre son édi- torial à “la descente aux enfers d’une République” : “Nicolas Sarkozy bénéficie de la pré- somption d’innocence. Et, à ce stade, rien de ce qui lui est reproché n’est établi. La justice suit son cours. Il n’empêche, l’image – un ex-président de la République en garde à vue – est terrible. Elle l’est d’autant plus qu’elle n’est pas juste un moment isolé. Au contraire, il y a là l’incarnation et l’aboutissement de la descente aux enfers d’une République, d’une classe politique, d’une éthique publique. Qu’il soit reconnu coupable ou innocent, l’idée même que le parcours d’un chef d’Etat passe par la case justice après des années d’affaires en dit long sur ce morceau d’histoire française”, assène le quotidien de Bruxelles.

Courrier international 2 juillet 2014

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02 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Droits sociaux: des cheminots, intermittents et paysans tentent de s’unir (basta)

 unite

Face au gouvernement

La plupart arborent une croix blanche sur leurs vêtements, symbole des précaires en lutte. Pendant que des cheminots revêtent leur chasuble fluo, d’autres citoyens recouvrent leur visage d’un masque de vache, en écho à la lutte contre le projet de ferme-usine des « 1000 vaches ».

Ils sont près de 200 paysans, précaires et cheminots, à s’être donnés rendez-vous le 1er juillet devant le palais de justice de Lyon. A l’appel de la Confédération paysanne de Rhô- ne-Alpes, ils dénoncent «l’acharnement judiciaire dont sont trop souvent victimes les mili- tants syndicaux». «Le droit de grève et de manifester ne sont pas négociables», lancent les militants présents.

«Six paysans et trois salariés de la Confédération paysanne sont convoqués aujourd’hui au tribunal correctionnel d’Amiens, suite à une action de démontage de la salle de traite des 1000 vaches, rappelle Adrien Mazet, paysan dans la Loire. Nous sommes là pour eux» «C’est un nouvel épisode de cette répression de l’action syndicale, indigne dans un pays démocratique», renchérit une militante du Collectif unitaire 69, créé au printemps par des intermittents du spectacle, des intérimaires et des chômeurs (plus d’infos ici). « Paysans, intermittents, précaires, cheminots, chômeurs, postiers… Solidarité!», clame t-elle.

Dans le rassemblement, des cheminots insistent sur la nécessité d’une «convergence des luttes» face aux reculs sociaux. «Nous assistons à une offensive sans commune me- sure contre les mouvements sociaux avec des réactions à géométrie variable», observe Sébastien Gillet de Sud Rail. La réaction du gouvernement se révèle assez conciliante vis à vis de la frange plutôt droitière, que ce soit avec les Bonnets rouges ou la FNSEA, et appa- rait démesurée lorsque des militants déboulonnent une salle de traite. Il y a une répression toujours plus grande de celles et ceux qui luttent et refusent les orientations néolibérales de l’Europe et du gouvernement.».

Pour symboliser cette répression syndicale, l’ensemble des personnes présentes s’al- longent en silence sur les marches du palais de justice. L’annonce du report du procès au 28 octobre prochain des neuf militants de la Confédération paysanne, clôt sur une note positive cette action commune. «Nous avions envie de nous rassembler, de montrer que nos luttes sont collectives et que nous nous battons pour les mêmes droits», confie Christine Riba, paysanne en charge de la coordination de cet événement. Des moments de solidarité qui renforcent la détermination des militants, à l’aune de la poursuite du mouvement des inter-mittents cet été et de la reprise des négociations pour les cheminots à l’automne.

Par Sophie Chapelle 2 juillet 2014 http://www.bastamag.net/Droits-sociaux-cheminots

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