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01 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Accord transatlantique: les multinationales au-dessus des lois

Accord transatlantique: les multinationales au-dessus des lois dans Hollandie giphy

La crise économique actuelle ne voit pas un retour du protectionnisme entre les puissances économiques.

Si les négociations commerciales multilatérales dans le cadre de l’OMC n’avancent guère, les négociations commerciales bilatérales se multiplient. Le projet d’Accord transatlantique entre les États-Unis et l’Union européenne (UE) serait le traité commercial le plus important jamais conclu.
Les deux protagonistes représentent la moitié du PIB mondial et le tiers des échanges commerciaux. Gouvernements et entreprises négocient en ce moment cet accord pour se débarrasser de lois et règlements aux dépens des acquis sociaux et de l’environnement.

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Des enjeux considérables Ils concernent d’abord l’agriculture : les droits de douane moyens sont de 7 % côté États-Unis et de 13 % côté UE. Face à l’arrivée massive de nouveaux produits agricoles américains, l’agriculture européenne s’orienterait encore plus vers le modèle agro-exportateur. De plus, des normes (pesticides, OGM, bœuf aux hormones, poulet au chlore…) pourraient être condamnées comme « barrières commerciales illégales ». Par exemple, les lobbies agro-industriels font pression pour que la liste des 52 variétés d’OGM déjà autorisées soit élargie.

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Quant aux services financiers, avec leur libéralisation complète, il serait impossible de renforcer le contrôle des banques, de taxer les transactions financières, de mettre au pas les paradis fiscaux ou les fonds spéculatifs. En matière de technologies de l’information et de la communication : les droits de propriété intellectuelle (protection des brevets) seront renforcés et les données personnelles risquent de faire encore plus l’objet d’un espionnage légal et lucratif. Pour les services publics, l’Accord réduirait les principes d’accès universel et large au bénéfice d’une privatisation générale. Distribution d’eau et d’électricité, éducation, santé, recherche, transports, aide aux personnes pourraient ainsi être ouverts à la concurrence.

Contre cette arme atomique, mobilisation ! Pour imposer ses règles, l’Accord transatlantique prévoit, comme d’autres accords déjà imposés par les États-Unis, et même l’accord UE-Canada pas encore ratifié, un tribunal dit « de règlement des différends » entre acteurs économiques privés et gouvernements.

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Des entreprises pourraient ainsi porter plainte auprès de ce tribunal contre un État qui aurait fait évoluer sa législation, réduisant certains avantages concédés aux investisseurs. Exemple théorique : un géant de l’énergie pourrait contester un moratoire sur l’extraction de gaz de schiste. Certains eurodéputés avaient déposé en mai un amendement proposant de « ne pas prévoir de mécanisme de règlement des litiges entre État et investisseur ». Il a été rejeté !

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Cette arme atomique figurait déjà dans le projet d’accord multilatéral sur l’investissement (AMI) négocié secrètement entre 1995 et 1997 par les États membres de l’OCDE, projet qui avait capoté face aux mobilisations. Comme précédemment, pour l’Accord multilatéral pour l’investissement (AMI), puis l’Accord commercial anti-contrefaçon (ACTA), seule la mobilisation pourra faire capoter ce projet.

J.R.
Pour aller plus loin, un guide d’ATTAC : http ://www.france.attac.org/articles/guide-de-navigation-pour-affronter-le-grand-marche-transatlantique

Dimanche 1 décembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 219 (28/11/2013)

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01 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Et la gauche découvrit le racisme…(regards)

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Depuis quelques semaines, la France entière est saisie d’une immense stupeur : elle découvre avec effroi l’horrible visage du racisme.

Les injures racistes visant la Garde des Sceaux Christiane Taubira, la Une du journal Minute jouant des clichés racistes la comparant à un singe où l’invitant à manger des bananes exposent au grand jour des préjugés dont beaucoup semblaient croire qu’ils avaient été éradiqués de notre société.

Alors que certains déplorent le « retour » d’une France raciste, c’est un immense élan « républicain » qui meut la sphère politique. C’est ainsi que le Parti Socialiste a convoqué un grand meeting pour « défendre la République contre les extrémismes » talonné par les associations antiracistes historiques qui s’empressent de marcher contre le racisme alors que les plus jeunes générations encartées mobilisent une « marche des Républicains ». A les entendre, un racisme nouveau aurait ressurgi d’on ne sait où, après des années de silence.

Pourtant, si certains sembler penser que le racisme avait déserté la France, la plupart des personnes qui y sont quotidiennement exposées, n’avaient jamais remarqué son départ.

Plusieurs faits divers couverts par la presse sans susciter l’indignation générale illustrent la cruelle banalité d’un racisme jamais disparu mettant à jour l’indifférence dans laquelle il s’exprimait jusqu’alors. En octobre dernier, une famille d’origine africaine de Garges-les-Gonesse a dénoncé une descente policière au cours de laquelle un des représentants des forces de l’ordre a qualifié un enfant de 5 ans de « sale macaque » avant de le bousculer. Quelques jours plutôt, un chef de chantier était condamné pour avoir violenté et humilié un ouvrier noir qu’il qualifiait régulièrement de « singe » et de « macaque ».

Lors de son meeting le Parti Socialiste a choisi s’en prendre à l’« offensive réactionnaire et antirépublicaine de la part d’un bloc droitier » selon les termes de son premier secrétaire Harlem Désir sans jamais questionner ses propres pratiques.

L’ancien président de SOS Racisme a-t-il déjà oublié les propos de Manuel Valls déplorant le manque de « Blancs, de White, de Blancos » nuisant à « l’image » de la ville d’Evry dont il était le maire ? N’est-ce pas lui qui il y a quelques semaines déclarait que les Roms n’avaient pas vocation à rester en France ? C’est pourtant le même qui aujourd’hui tel un pompier pyromane condamne fermement toute expression du racisme.

A l’issue de l’événement, Harlem Désir affirme « Nous avons vu et entendu trop de choses inacceptables ces dernières semaines ! Je n’ai pas connu un tel déferlement de la parole haineuse et raciste depuis trente ans ». Mais où se trouvait-t-il lorsqu’en septembre 2012 des habitants des quartiers nord ont détruit et brûlé un campement de Roms avec la bénédiction de l’élue socialiste Samia Ghali qui affirmait les « comprendre » ? Personne dans les rangs de son parti n’a alors cru bon de marcher pour protester contre ces intolérables violences racistes.

« Cet islam sans gêne », « Le spectre islamiste », « La peur de l’islam », « Islam : ces vérités qui dérangent », « L’Occident face à l’islam », « Les islamistes et nous », « Pourquoi l’islam fait peur » « Les nouvelles tribus du crime » etc. depuis bien des années, les préjugés racistes s’étalent allègrement en une des magazines mainstream. Dans un paysage médiatique normalisant la parole offensive contre les minorités, pouvait-on attendre d’un journal d’extrême droite comme Minute autre chose qu’une surenchère ?

En réalité ce n’est pas le racisme qui avait disparu mais la vigilance des acteurs politiques et médiatiques. Au plus fort de la polémique relative au racisme visant Christiane Taubira, la journaliste Caroline Fourest se fendait d’une tribune dans laquelle, elle annonçait « nous sommes réveillés ».

Tandis que la gauche dormait ce sont des millions des Français anonymes qui les yeux bien ouverts ont subi un racisme quotidien alimenté par les unes anxiogènes des hebdomadaires d’information, les déclarations virulentes des politiques ou la violence des institutions républicaines.

L’habileté du racisme c’est d’avoir su se déguiser en se faisant rebaptiser « dérapage » justifiant ainsi l’inaction politique. Un pays qui accepte sans sourciller que ses citoyens noirs et d’origine maghrébine soient six à huit fois plus souvent exposés aux contrôles policiers que leurs concitoyens blancs ne peut raisonnablement croire que la question du racisme a été correctement traitée.

C’est parce que la République ferme les yeux sur les expressions les plus courantes du racisme, parce que le gouvernement n’a toujours pas conçu de plan national pour lutter concrètement contre le racisme, que celui ci s’affirme aujourd’hui de manière aussi choquante. Par Rokhaya Diallo| 30 novembre 2013

http://www.regards.fr/web/Et-la-gauche-decouvrit-le-racisme,7260

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01 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Eure-et-Loir, Chartres, face-à-face entre lycéens et policiers et des interpellations à Jehan-de-Beauce (l’er)

Une manifestation spontanée des lycéens de Jehan-de-Beauce, à Chartres, a mal tournée, ce matin.

Les élèves du Lycée Jehan-de-Beauce manifestent contre le projet de fermeture de la formation du baccalauréat professionnel Fonderie, prévu pour la rentrée de septembre 2014. Le face-à-face entre lycéens et policiers a fait l’objet de jets de pierres et d’usage de gaz lacrymogène. Six jeunes ont été interpellés. Le calme est revenu en début d’après-midi, devant l’établissement.  Un appel pour un nouveau blocus, ce vendredi 29 novembre, à 8 heures, circule sur les réseaux sociaux. Le projet est proposé conjointement par le Conseil régional du Centre et le Recto rat d’Orléans-Tours. 28/11/13 – 12h03

http://www.lechorepublicain.fr/eure-et-loir/actualite/2013/11/28/accrochage-entre-lyceens-et-policiers-au-lycee-jehan-de-beauce_1781743.html

 

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30 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Syndicats: le dialogue social comme seul avenir? (essf)

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Extrait de la déclaration des organisations CFDT, CFTC, CGT, FSU, UNSA du lundi 25 novembre : «   C’est pourquoi doit s’engager ou se poursuivre un dialogue social (…) dans les entreprises comme dans les secteurs d’activités, les territoires et au niveau national  »

À quelques mois des élections municipales et européennes, la majorité parlementaire et surtout le Parti so cialiste tentent par tous les moyens de remonter la pente depuis le fond du trou des sondages atteint par le président de la République et le Premier ministre. Avec un Valls à la manœuvre, difficile de faire de la défense de Christiane Taubira autre chose qu’un dérisoire prétexte pour tenter de ressouder les rangs de la majorité.

La fiscalité  : alibi et régression sociale Alors rien de tel que de nous rejouer le grand jeu du dialogue social. Le choix du thème est imposé par un ras-le-bol interclassiste et donc lourd de confusions  : la fiscalité. Certes, il s’agit de l’un des engagements du candidat Hollande, mais de renoncement en renoncement, on est presque surpris de ce retour sur une promesse électorale.

Ce qui frappe, c’est la rapidité avec laquelle les «  partenaires sociaux  » se sont empressés de répondre présents. Pour le patronat, il s’agit d’en remettre une couche sur le thème de la baisse des prélèvements obligatoires.

Pas de surprise non plus du côté de la CFDT qui « appelait depuis de nombreux mois à une mise à plat de la fiscalité », de la CFTC qui déclare ne pouvoir « qu’encourager cette démarche », et la CGC exprime « une certaine satisfaction ». Mais surtout, on connaît les prédispositions de ces confédérations à privilégier non seulement le dialogue avec le patronat et le gouvernement, mais aussi et surtout à soutenir leurs propositions et politiques.

De son côté, FO a salué « une bonne initiative ». Pour la direction confédérale de la CGT, Thierry Lepaon a rappelé qu’il avait demandé il y a six mois «  un débat national sur la création de richesse et sa répartition ». « Aujourd’hui, le gouvernement est contraint d’ouvrir une discussion, mieux vaut tard que jamais ». Pour Solidaires (finances publiques), « cette annonce est tardive mais l’orientation générale est nécessaire et doit se traduire concrètement dans les faits ».

Ainsi toutes les directions syndicales de salariéEs se retrouvent pour discuter avec le gou- vernement et le patronat. Pour le gouvernement, l’enjeu est de taille. Il s’agit, en affichant de nou- velles promesses sur le terrain de la fiscalité, de tenter de faire oublier sa politique antisociale. Le secrétaire général de la CFDT appelle Hollande à «faire acte de vision, de hauteur, d’autorité » et, comme la CFTC, n’est pas hostile à la fusion CSG-impôt sur le revenu. Pour les autres centrales, seules FO et la CGT se déclarent clairement hostiles à cette fusion et à l’augmentation de la TVA.

Faire oublier les faiblesses et les reculs Les directions syndicales nationales saisissent aussi la main tendue par le gouvernement pour faire oublier le trou d’air dans lequel elles semblent avoir sombré, de la loi sur la compétitivité aux mobilisations bretonnes en passant par la réforme des retraites.

Les manifestations unitaires bureaucratiquement organisées en Bretagne, depuis Carhaix jusqu’aux quatre manifestations du week-end dernier, le rendez-vous unitaire initié par la CGT, sont des contrefeux dont les objectifs et résultats sont peu convaincants.

L’affaiblissement des organisations syndicales permet aujourd’hui au gouvernement de supprimer les élections prud’homales. Les reculs de participation aux élections pro- fessionnelles ou celui de la CGT dans des bastions comme Renault ou EDF ne relèvent pas seulement des évolutions sociologiques. L’absence d’une volonté au niveau des exigences de la situation est largement critiquée dans les syndicats. Dans la CGT, la FSU et Solidaires, de nombreuses voix se sont élevées contre cette politique. Pour commencer à renverser le rapport de forces en notre faveur, ce n’est pas sur ces directions syndicales que l’on peut s’appuyer.

Plus que jamais, l’heure est à la construction de convergences entre les mobilisations. Les jeunes, les enseignantEs, les salariéEs de l’agro-alimentaire ou de La Redoute montrent une autre voie que celle de la résignation et du dialogue social.

Robert Pelletier 27 novembre 2013

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article30473

 

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29 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Toujours plus: pourquoi les centres commerciaux géants recouvrent la France (basta)

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Il en pousse partout de nouveaux : Aéroville, l’Atoll, Europa City, So Ouest, My Place, Rives de l’Orne, Confluence…

Les centres commerciaux ne connaissent pas la crise. La France est le pays d’Europe de l’Ouest où s’ouvrent le plus de ces mini-villes faites d’escalators et de galeries marchandes. En période de recul du pouvoir d’achat et de baisse de leur fréquentation, pourquoi ces temples de la consommation se multiplient-ils, malgré tout ? Quels profits en retirent leurs promoteurs ? Quels intérêts y trouvent les élus ? Enquête sur une nouvelle bulle spéculative.

Plus de 50 centres commerciaux sont actuellement en construction en France ! Le pays en compte déjà pourtant plus de 740. Et leur fréquentation est en baisse depuis 2008, tout comme leur chiffre d’affaires [1]. Qu’importe ! En région parisienne, des centaines de milliers de mètres carrés de surfaces commerciales sont sorties de terre en quelques années. S’y ajoutent une vingtaine de rénovations ou d’extensions en cours sur tout le territoire [2]. Le rythme de création des implantations commerciales ne cesse de s’accélérer depuis dix ans. « Tous les ans, la surface commerciale augmente de plus de 3% alors que la consommation évolue à moins de 1% », constate l’Assemblée des communautés de France, qui fédère les élus d’intercommunalités.

Certains projets rivalisent de gigantisme. (…)Pourquoi cet engouement des promoteurs, alors que la consommation et la fréquentation ne suivent pas ?

Une bulle spéculative qui gonfle, qui gonfle ! Beaucoup de projets ont été initiés avant la crise de 2008. Mais de nouveaux ont été lancés depuis. (…) D’où vient cette spéculation ?(…)

Des élus accros aux centres commerciaux Mais comment ces projets, en concurrence les uns avec les autres, peuvent-ils voir le jour ? Les centres commerciaux de plus de 1 000 m2 nécessitent une autorisation spécifique pour s’implanter. Celle-ci est accordée par les commissions dépar- tementales d’aménagement commercial (CDAC), qui les refusent rarement. L’an dernier,plus de 88% des demandes ont été acceptées. Les CDAC sont composées d’élus locaux et de personnes qualifiées en matière de consommation, de développement durable et d’aménagement du territoire. « Les élus sont majoritaires dans les commissions. Et ils ne contestent presque jamais les projets », témoigne Bernard Loup, porte-parole du collectif pour le Triangle de Gonesse, opposé au projet de centre commercial Europa City. (…)

Tout le monde veut son Ikea « Curieusement, certains recours (en Cnac) sont retirés par les requérants avant d’être jugés… », note Le Canard enchainé dans un article du 25 septembre 2013 [8]. « Sans modification du fonctionnement des CDAC et du mode d’autorisation des centres commerciaux, le phénomène des nouvelles ouvertures et de sur-offre ne peut que s’accélérer », conclut Bernard Loup. Les élus sont souvent favorables à ces projets, qui fournissent aussi aux territoires des revenus fiscaux conséquents. En Seine-Saint-Denis, le centre commercial Le Millénaire rapporte ainsi 1 à 2 millions d’euros annuels de taxe foncière à la ville d’Aubervilliers, qui en a bien besoin. Et 1,5 million d’euros de contributions équivalentes à l’ancienne taxe professionnelle à la communauté d’agglomération de Plaine commune. (…)

Des élus en situation de conflit d’intérêt ? Les développeurs comme Unibail ou Klépierre, qui encaissent chacun près d’un milliard d’euros de loyers annuels grâce à leurs centres commerciaux, ont-ils besoin de faire pression sur les élus pour que ceux-ci leur ouvrent les bras ? Au sein des CDAC, les élus prennent parfois les promesses des développeurs pour argent comptant. Existe-t-il pour autant des conflits d’intérêt ? Dans un ouvrage qu’il a co-écrit sur la grande distribution [9], Vincent Lecoq, délégué de l’association Anticor dans le sud-est, recense de nombreux cas dans les années 1980 et 1990. La situation a-t-elle changé depuis ? « C’est sûrement moins visible. Mais il y a toujours des marchés bidons, des surfacturations des espaces de pubs… », estime Vincent Lecoq.(…)

Un autre problème se dessine : celui des futures friches. Les États-Unis ont connu une vague de faillites de leur shopping centers durant la dernière décennie [10]. Une fois abandonnés, les immenses bâtiments reviennent… à la charge des collectivités. (…) par Rachel Knaebel 26 novembre 2013

Lire en entier http://www.bastamag.net/article3551.html

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29 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Front National et pauvreté: les équations tordues de Libération

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Le 22 novembre dernier, commençait à l’Assemblée nationale l’examen du projet de « loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine ».

Ce texte porté par le ministère de la ville s’appuie sur une nouvelle carte de la pauvreté en France réalisée par l’INSEE. Le 18 novembre, Libération se saisissait du sujet dans un article intitulé « Zones de grande pauvreté : les lignes de Front » pour en livrer une bien étrange « analyse ».

D’après le chapeau introductif, il s’agissait d’utiliser « la nouvelle cartographie sociale [comme] un outil précieux pour analyser la progression du vote d’extrême droite. » Pourtant, quitte à extrapoler quelque peu, la journaliste s’emploie surtout à lire dans les documents de l’INSEE la confirmation de ses idées préconçues sur l’existence d’un lien entre pauvreté et vote pour le Front National, corroborées par les convictions du ministre de la ville sollicité pour l’occasion.

Premier enseignement de cette « nouvelle cartographie sociale », qui aurait « sauté aux yeux du ministre de la ville », François Lamy : à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), l’ex-fief de Jérôme Cahuzac, « où le FN a percé, lors de la législative partielle de juin qui a vu le candidat UMP devancer de peu le candidat frontiste au deuxième tour », il existe « une poche de pauvreté, effet de la désindustrialisation ». Qu’en déduire ?Que dans une ville en difficulté, où un dirigeant politique détenant de très hautes responsabilités admet avoir fraudé le fisc dans les grandes largeurs et pendant des années, l’audience du Front national et de sa posture « anti-système » risque de croître ?

Beaucoup trop simpliste pour François Lamy, ex-collègue au gouvernement et camarade au Parti socialiste de Jérôme Cahuzac : « Quand il y a une telle concentration de pauvreté, c’est propice à la recherche de boucs émissaires. C’est un vieux classique de la construction des populismes, analyse-t-il. Ces poches qui apparaissent correspondent à des zones où le FN devient fort. »

Inspirée par le ministre, la journaliste s’improvise à son tour politiste et devine l’existence de corrélations similaires entre pauvreté et vote FN, à Brignoles cette fois : « Dans cette agglomération de 17 000 habitants, deux zones vont devenir des quartiers prioritaires de la politique de la ville, alors qu’auparavant, aucune n’était retenue dans les dispositifs d’aide. Comment ne pas rapprocher les deux résultats ? » Et emportée dans son élan, elle généralise à tout le territoire : « On relève des correspondances similaires dans le Pas-de-Calais, le Vaucluse ou le Var… »

Petit problème toutefois : cette belle construction se révèle… bâtie sur du sable. « Reprenons, poursuit l’article, l’exemple de Brignoles : les bureaux de vote du centre-ville déshérité ou des quartiers les plus populaires ne sont pas ceux qui ont le plus cédé aux sirènes du FN. Le parti de Marine Le Pen a en revanche fait le plein dans les petites communes résidentielles et aisées, alentour. Du coup, on ne sait pas si ces corrélations jouent au sein des (nouvelles) poches de pauvreté, et traduisent un vote social lié à la crise économique, ou si c’est une dynamique qui se situe à la périphérie, dans le halo de ces zones paupérisées, et qui ressemblerait plus alors à un vote nourri par la peur du déclassement. »

Pour résumer, on ne sait rien de précis. Mais comme le ministre s’interroge (« Est-ce le ras-le-bol d’être pauvre soi-même, ou la peur de voir de plus en plus de pauvres autour de soi ? »), c’est toujours la pauvreté, qu’elle soit vécue, perçue, attendue ou redoutée, qu’évoque la journaliste pour expliquer le vote frontiste. C’est ce que cette fine analyste appelle « resocialiser l’analyse du vote FN »…

Enquête à distance, association, en l’occurrence infondée, entre pauvreté et vote d’extrême droite : suivant la méthode proposée par Libération, on pourrait en conclure que cet article est exemplaire de la vision dominante des classes dominées dans ce quotidien. le 29 novembre 2013

http://www.acrimed.org/article4209.html

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29 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Doux, seuls 10 % des salariés licenciés ont retrouvé un CDI (of)

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(Oui mais moi je reste 146è fortune, c’est pas çà l’important?)

Plus d’un an après le licenciement de 873 salariés chez le volailler breton Doux, seules 87 personnes ont retrouvé un CDI.

Peu qualifiés, souvent usés par la pénibilité du travail dans les abattoirs de volailles – gros pour- voyeur de troubles musculo-squelettiques – et concentrés, en Bretagne, sur une zone où le volailler était l’employeur principal, les « ex-Doux », essentiellement des seniors n’ayant connu que cette entreprise, cumulent les difficultés.

D’autant que  » les offres d’emplois ont fondu comme neige au soleil, particulièrement pour les emplois peu qualifiés « , souligne Jean-Marc Thépaut, secrétaire général de la CFDT dans le Mor- bihan, qui confie son  » inquiétude pour cette population « , âgée en moyenne de 52-53 ans et peu mobile. Sur les 873 salariés restés sur le carreau après la liquidation en août 2012 du pôle « frais » de Doux, 87 sont en CDI – dont 30 issus du pôle administratif de La Vraie Croix (Morbihan) – et 59 en CDD de plus de 6 mois, selon des chiffres datant de septembre, et fournis par leurs syndicats.

Dans la moyenne La plupart des Morbihannais ayant retrouvé un emploi travaillent désormais dans l’agroalimentaire ou des secteurs variés (techniciens de maintenance, assistantes familiales ou de gestion…), selon Pôle Emploi, qui note que seulement deux d’entre eux ont quitté la région. Au total, quelque 280 autres sont à la recherche d’un emploi, 95 bénéficient d’une formation de moins de 6 mois, 88 d’une formation de 6 à 12 mois, 3 d’une formation de plus d’un an et 17 ont créé une entreprise.

Outre les 471 personnes licenciées en Bretagne, 246 salariés ont été remerciés dans le Pas-de-Calais, 139 dans le Centre et 17 dans le Vaucluse. Si ce résultat n’est pas satisfaisant, il y a  » malgré tout quelque chose de positif, car on avait un public peu formé, qui ne voulait pas forcément suivre de formation au départ « , note Stéphane Lavigne, directeur de Pôle Emploi dans le Morbihan. Dès septembre 2012, un important arsenal de mesures a été déployé. Un Contrat de sécurisation professionnelle (CSP) d’un an, financé par l’Unedic et l’Etat, a garanti aux anciens salariés 80% de leur salaire net et un accompagnement personnalisé par Pôle Emploi. Un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), financé par Doux (3,5 millions d’euros) et prolongé jusqu’en juin 2014, prévoit aussi des mesures de formation, d’aide à la mobilité et à la création d’entreprise.

1,4 millions de formation Au total, plus de 400 formations pour près d’1,4 million d’euros ont été financées, selon la préfecture de région. Elles ont concerné le transport, la logistique, la sécurité, le sanitaire et le social, le secrétariat. Des formations cruciales pour nombre d’entre eux.   » On a vu des salariés un peu perdus, une soixantaine n’avaient jamais vu un ordinateur ou des connexions internet « , relève Jean-Marc Belz, conseiller chez Opcalia Morbihan, un organisme collecteur finançant les formations.

 » On ne vous a jamais demandé de faire autre chose que couper des cuisses de dinde et mettre de la viande dans des barquettes: le gros frein pour retrouver un emploi, c’est le manque de formation, tempête Jean-Luc Guillart, ancien délégué CFDT chez le volailler. Les formations obligatoires pour faire tourner l’entreprise (sécurité, hygiène) étaient effectuées mais pas les formations pour développer les compétences des ouvriers. » Bretagne – 28 Novembre

http://www.ouest-france.fr/doux-seuls-10-des-salaries-licencies-ont-retrouve-un-cdi-1746810

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28 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Édito, pauvreté: la croissance est de retour!

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Il n’y a que la croissance qui les obsède. Laquelle ?

Celle du PIB, des profits du CAC40, du nombre de A des agences de notation. La réalité de ce système qui déraille et des politiques d’austérité menées par Hollande et ses prédécesseurs est autre.

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Les Restos du cœur, qui ouvrent cette semaine, nous le prouvent cruellement, avec 130 millions de repas servis l’an passé contre 8, 5 millions l’année de leur création, et 1 milliard de repas servis depuis. Sombre réalité d’un capitalisme qui broie, jette les salariéEs des entreprises et des logements et les affame…

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Les pauvres, c’est-à-dire les salariéEs privés d’emploi, les précaires, malades, exclus, sont légion et leur nombre ne cesse de croître, comme le rappellent les dernières études (1). Après une baisse du nombre de pauvres des années 70 jusqu’au années 90, une stagnation jusqu’aux années 2000, c’est depuis 15 ans une augmentation historique du nombre de personnes reconnues comme pauvres.

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Être pauvre en statistique, c’est vivre avec moins de 60 % du revenu médian (977 euros). La réalité et la vie est bien pire : qui boucle les fins de mois avec un SMIC ? Les estimations les plus pessimistes évoquent le chiffre de 8, 7 millions de pauvres en France, soit une augmentation de 16 % en 11 ans. Quels seront ces chiffres si ce gouvernement va jusqu’au bout de sa politique d’austérité et de cadeaux au patronat ?

Cette politique n’est pas austère pour tout le monde, car d’autres chiffres paraissent dans la presse : les 500 Français les plus riches ont augmenté leur fortune de 25 % en un an, dix milliardaires de plus cette année, des fortunes qui représentent 16 % du PIB français.

Des inégalités ? Non, tout simplement un hold-up, un détournement de fonds à grande échelle. Et pour justifier ce système prédateur, Hollande et Ayrault, tout comme Sarkozy avant eux, reprennent les mêmes rengaines : la dette, l’Europe…

Des vieilles rengaines qui rallument de bien mauvaises flammes, bleu-blanc-rouge, celles du racisme, de la haine et de la division. C’est ce poison et leur politique que nous combattrons dans la rue ces prochains jours. http://npa2009.org/node/39747

Thibault Blondin

1. Observatoire des inégalités : http ://www.inegalites.fr

 

Mercredi 27 novembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 219 (28/11/2013)

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28 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

La France au secours des agrocarburants qui font la fortune du président de la fnsea (politis)

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Dans quelques jours, le gouvernement français imposera probablement à l’Europe un haut niveau d’incorporation d’agrocarburants dans les carburants tirés du pétrole. Il est actuellement en moyenne inférieur à 5 % mais la France milite pour 7 %, position qui pourrait être actée lors d’un Conseil européen (spécial énergie) prévu pour le 12 décembre. De quoi réjouir les producteurs français qui bénéficient d’une importante défiscalisation pour ce type de production : 2,65 milliards d’euros au cours des dernières années, a expliqué l’année dernière un rapport de la Cour des comptes opportunément rappelé par plusieurs ONG, dont Oxfam France, le Réseau action climat et la Confédération paysanne, qui protestent contre l’attitude des représentants français.

Les céréaliers, principaux bénéficiaires de cette mesure, bloquaient les routes d’Île-de-France le 21 novembre en pleurant misère. À l’appel de la FNSEA, dont il faut rappeler que le président, Xavier Beulin, dirige la société Sofiprotéol, qui assure l’essentiel de la production des agrocarburants en France. Ce qui lui aura valu, à la fin de 2013, de bénéficier d’un cadeau fiscal de 50 millions d’euros, le reste de la filière se partageant 30 millions. Une niche fiscale prévue pour perdurer au moins jusqu’en 2016.

Ces cadeaux fiscaux sont d’autant plus scandaleux que non seulement la production de carburants d’origine végétale contribue à la pollution des sols et leur utilisation est encore plus polluante que celle des carburants fossiles, mais en plus cette culture mobilise (en France comme ailleurs) des terres qui pourraient être consacrées à une production alimentaire. Par Claude-Marie Vadrot28 novembre 2013

http://www.politis.fr/La-France-au-secours-des,24727.html

 

 

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28 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Dinan, antiracisme, rassemblement samedi esplanade de la Résistance (lt)

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Dans le cadre du mouvement national « Marchons contre le racisme », l’antenne dinannaise de la LDH appelle à un rassemblement, sur l’esplanade de la Résistance, samedi, à 15 h.

« Dérive raciste »  Après les propos visant la ministre de la Justice Christiane Taubira, un communiqué commun « condamne solennellement cette dérive raciste, de même que les actes et propos qui en ont permis la maturation. Nous n’admettons pas que des millions de personnes soient déniées dans leur humanité (…) Alors que la France doit affronter les énormes défis liés à la dégradation économique, au chômage et aux inégalités, face à ceux et à celles qui veulent aviver les souffrances sociales, les peurs et les colères, nous nous dressons pour affirmer avec force : la République n’a d’avenir qu’égale, solidaire et fraternelle ».

« Nous appelons toutes celles et ceux qui ont à coeur les valeurs de l’humanité, toutes celles et ceux qui veulent opposer l’égalité et la fraternité aux visages hideux du racisme à participer à ce rassemblement », invitent les signataires : Ligue des droits de l’Homme, CGT, FSU, UNSA, Union syndicale Solidaires, SNES, Mouvement de la paix, FCPE. Avec le soutien du PS, Front de Gauche, Europe Écologie – Les Verts et le NPA. 28 novembre 2013 à 11h02

http://www.letelegramme.fr/local/cotes-d-armor/dinan/ville/antiracisme-rassemblement-samedi-esplanade-de-la-resistance-28-11-2013-2318375.php

Commentaire: Voir ci-dessous à Nancy, nos réserves envers cet appel!

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