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18 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Gouvernement : mise en scène des ambitions… contre les travailleurs (npa)

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L’échec de sa conférence sociale ne trouble guère le gouvernement: tout semble le combler d’aise… De Hollande à Montebourg en passant par Sapin et Valls, les uns et les autres se bousculent pour vanter les mérites des réformes et nous en annoncer de nou- velles. Pour la plus grande satisfaction de leur «amie, la finance».

Dans ce ridicule empressement, Montebourg est le gagnant de l’étape. Son appel vibrant au «patriotisme économique» laisse loin derrière Valls et son «réformisme assumé», afin de «remettre en marche» une France «bloquée».

Mais les deux sémillants ministres rivalisent d’ardeur pour afficher leurs mêmes ambi- tions à servir le patronat et les banques. Valls parle d’une «nouvelle séquence du quin- quennat» depuis sa nomination, «Le président de la République a voulu marquer une nou- velle étape… Oui, il a voulu changer les choses!», et de s’élancer: «Mes chers amis, enfants de la patrie, marchons, marchons, réformons, et ensemble redressons notre pays!»

Tout cela pour défendre le Pacte de responsabilité, une «application plus intelligente et plus souple» du Pacte de stabilité européen. «Soutenir les entrepreneurs (…), soutenir la production, c’est aussi combattre la rente, l’argent qui dort, la spéculation. C’est cela aussi être de gauche». Et d’annoncer «une baisse de l’impôt sur le revenu des classes mo- yennes», «200 millions d’euros supplémentaires» pour relancer l’apprentissage, c’est-à-dire offrir aux patrons «une aide de 1 000 euros par apprenti».

Les pitreries de Montebourg Jeudi 10 juillet à Bercy, au lendemain de la dite conférence sociale, devant un parterre réunissant tout le gratin du monde patronal, politique et syndical, Montebourg déclamait sur la «feuille de route du redressement économique de la France» et les premiers éléments de la «loi sur la croissance et le pouvoir d’achat» annoncée pour septembre.

Le but en sera de «réformer les mécanismes profonds de l’économie» en luttant contre «des phénomènes de rentes, de monopoles». Pour lui aussi le jour de gloire est arrivé: il sonne la charge contre les professions réglementées. Sus aux huissiers, avocats, phar- maciens, opticiens et autres notaires… «Ce sera la bataille des Modernes contre les An- ciens, la bataille de l’audace contre le conformisme, la bataille contre les révolutionnaires du statu quo»!

De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace: «cette union de tous les Fran- çais autour du made in France, cette bataille culturelle pour le patriotisme économique con- duit la France peu à peu vers une transformation progressive de son modèle économique. […] Nous nous battons pour modérer nos coûts de production, nous nous organisons pour réinventer nos productions.» Tant de baratin  pour conclure à l’essentiel, faire baisser le coût du travail!

Des mots creux pour faire avaler une pilule amère: «c’est le moment de faire de cette politique un compromis historique populaire: donnez aux Français, en contrepartie, à voir votre sens patriotique, en créant de l’activité en France, en embauchant autant que vous le pouvez et en investissant dans votre appareil productif » Voilà le patronat appelé au patrio- tisme !

Pierre Gattaz a quelques raisons d’afficher son sourire en coin. Avec de tels ministres si empressés à son égard, il y aurait presque de quoi être gêné. Et peut-être inquiet, car, à trop en faire, le peuple pourrait se rappeler aux ministres pour leur faire danser la Carmagnole…

Yvan Lemaitre Hebdo L’Anticapitaliste – 251 (17/07/2014)

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18 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Contre les militants de nddl, la justice devient folle (reporterre)

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Depuis la manifestation du 22 février à Nantes, la police multiplie les arrestations, la justice condamnant les militants à des peines de prison ferme, à partir de dossiers pourtant peu étayés. Dans un palais de justice désormais en état de siège à chacun de ces rendez-vous judiciaires, quatre personnes sont à nouveau jugées, vendredi 18 juillet.

Les lendemains de la manifestation du 22 février à Nantes contre le projet d’aéroport n’en finissent pas de remplir les tribunaux, six mois après. A retardement, la police et la justice ont multiplié les arrestations et les comparutions. Le plus souvent en ayant recours à la comparution immédiate, procédure d’urgence pour le moins étonnante aussi longtemps après les faits.

Cette procédure expéditive offre l’avantage à la police d’enchaîner la garde à vue et le pas- sage devant un juge. Mais où est l’urgence, cinq ou six mois après ? La police a, depuis fin février, procédé à plus d’une trentaine d’arrestations a posteriori, sur des bases de photos d’origine indéterminée, de captures d’écran de vidéos visibles sur internet, d’images obte- nues de certains médias locaux après appel à délation, le tout croisés avec des fichiers de militants présents dans les manifestations.

L’objectif officiel premier était de confondre des membres de « black blocks originaires de notre pays mais aussi de pays étrangers », forcément hautement organisés, annoncés et dénoncés par Manuel Valls en février dernier, et qui « continuera à trouver une réponse particulièrement déterminée de la part de l’État ».

De ce point de vue, c’est carrément un échec, la police reconnaissant que ceux qu’elle a pu interpeller à retardement relèvent de la catégorie des «casseurs par opportunité», à sup- poser qu’ils aient vraiment cassé quelques chose. La police reconnaît piteusement que ces fameux black blocks, si tant est qu’ils aient existé ce 22 février, ne sont pas tombés dans ses filets.

L’inventaire des charges retenues lors des dizaines de procès qui se sont déjà tenus montre la faiblesse des preuves et un ciblage arbitraire de militants anti-aéroport. Leur faute, au regard de la police ? Etre des militants, ce qui, en démocratie, n’est pas un délit.

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Lire aussi : Le tribunal nantais assomme les manifestants anti-aéroport et laisse courir la police

Cet article a été rédigé par un journaliste professionnel et a entrainé des frais. Merci de soutenir Reporterre :

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17 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Le cap des réformes et des guerres (npa)

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Hollande est un président heureux.
Certes, les sondages sont au plus bas, mais il affiche un optimisme bonhomme. Un beau mois de juillet, le Tour de France, la Coupe du monde, quoi de mieux pour une président normal. Puis, un superbe 14 juillet commémorant la prise de la Bastille et la première grande boucherie impérialiste mondiale. De quoi prendre la dimension de l’histoire.
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Sauf qu’il n’avait rien à dire. Il avait annoncé que la croissance serait au rendez-vous. Si, si, elle est là mais trop fragile… Il avait annoncé l’inversion de la courbe du chômage, «et puis ce n’est pas venu». Il devait faire du dialogue social sa boussole, il ne réussit qu’à dialoguer avec le patronat et les banques. Il se voulait offensif, plein d’autorité, et le voilà qui s’efface devant son Premier ministre.
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Il se disait adversaire de la finance et le voilà réconcilié avec « son amie ». Mais tout va bien, il garde le cap et réforme, et réforme encore… pour le compte du Medef. Il garde le cap du Pacte de responsabilité et voudrait laisser croire qu’il y aura des contreparties. Mais plutôt que des contreparties, nous aurons en prime les 50 milliards d’économies au détri- ment de l’éducation, de la santé, des services publics.
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Mais il faut réformer, privatiser… Et pour fournir une main d’œuvre quasi gratuite et facile- ment exploitable au patronat, il promet de tout faire pour développer l’apprentissage.  «Il y a plus de Français qui payent l’impôt sur le revenu aujourd’hui qu’il y a 5 ans », reconnaît-il. Oui l’impôt touche aujourd’hui bien plus de bas revenus, mais quand il dit vouloir baisser les impôts, ce n’est pas d’eux dont il parle.
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Garder le cap, oui, garder le cap de la défense des intérêts des classes dominantes con- tre les travailleurs et les peuples. Toute honte bue, cynique, Hollande a rappelé son soutien à l’État d’Israël qui répand, sous ses bombardements, la mort et la terreur parmi les enfants, les femmes, les hommes, qu’il a contraint de survivre dans le camp qu’est la Bande de Gaza.
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Et il se félicite du succès de l’intervention militaire au Mali pour annoncer une inter- vention permanente de 3 000 soldats dans toute la région du Sahel. Hollande, c’est le cap des réformes et des guerres contre les travailleurs et les peuples. Notre adversaire a bien un visage et un nom, c’est ce gouvernement du Medef.
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Yvan Lemaitre Hebdo L’Anticapitaliste – 251 (17/07/2014)

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17 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

François hollande et l’armée française continuent de défiler en afrique (survie)

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Alors que certaines armées africaines étaient à l’honneur le 14 juillet sur les Champs Elysées en hommage à l’implication des troupes coloniales dans la Grande Guerre, François Hollande s’envole 48 heures après pour une tournée françafricaine. Ce voyage, initialement axé sur les intérêts économiques en Côte d’Ivoire, consacre finalement l’ingérence militaire française au Sahel, incarnée par la nouvelle opération « Barkhane ».

Selon l’Élysée, le 14 juillet est « une vitrine pour montrer la puissance militaire française ». Cette puissance est surtout au cœur du déplacement du président en Afrique de l’Ouest : derrière la vitrine, l’Exécutif va œuvrer dès le 16 juillet à son fonds de commerce, en allant de symbole en symbole.

Au départ de cette tournée présidentielle en Afrique, il y a le voyage officiel prévu de longue date en Côte d’Ivoire, et son traditionnel panel de patrons venus dans le sillage de François Hollande. Ceux-ci vont négocier la sécurisation ou le renforcement des positions économiques françaises, y compris grâce aux opportunités offertes par les dispositifs d’aide publique française tels que le gigantesque « contrat de désendettement et développement » signé avec ce pays. Mais c’est aussi l’occasion pour François Hollande, sur les pas de son prédécesseur Nicolas Sarkozy, d’officialiser la pérennisation d’une base militaire permanente, « les forces françaises de Côte d’Ivoire » se substituant à l’opération Licorne dont le bilan est pourtant catastrophique.

Déployée en 2002 au motif d’éviter un affrontement sanglant entre forces loyalistes et rebelles, elle a en effet permis à ces derniers de s’imposer par la force avec Alassane Ouattara, au terme d’une parodie d’élection présidentielle. Conséquence logique, on assiste aujourd’hui, derrière le discours trompeur d’une réconciliation, à une justice des vainqueurs qui assure l’impunité et même la promotion sociale des criminels pro-Ouattara et à la répression continue des partisans de Laurent Gbagbo (censure, détention arbitraire, tortures) |1|. Mais, comme l’illustre la suite de la tournée de François Hollande, les droits humains comptent toujours aussi peu face à la realpolitik françafricaine.

L’étape suivante est prévue au Niger, où le président Issoufou, en proie à une dérive autoritaire pour contenir la poussée de son opposition, vient de céder à une partie des prétentions du géant nucléaire français Areva, au terme d’un bras de fer pour la renégo- ciation des conditions fiscales d’exploitation de l’uranium. Mais ce pays est aussi, selon le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, un « maillon clé » du dispositif militaire au Sahel, où l’armée française a vocation à s’implanter « dans la durée » |2|.

Dans la plus grande opacité, des forces spéciales s’y sont installées au titre de l’opération secrète « Sabre ». Elles ont été suivies, lors du déclenchement de l’opération Serval au Mali, par des forces conventionnelles mettant en œuvre des moyens de rensei- gnement aérien (notamment des drones). Mais comme elles n’ont jamais été déclarées comme relevant d’une opération extérieure, aucun vote n’a eu lieu au Parlement à leur sujet. On apprend pourtant à la faveur d’une mission d’information qu’il existerait un accord militaire donnant « à la France le droit de mener seule des opérations sur le territoire nigérien, y compris en y pratiquant des frappes » |3|.

Mais la principale étape de la tournée présidentielle, aux yeux des militaires français, est le Tchad, où devrait prochainement être installé le commandement opérationnel de la nouvelle opération extérieure française, « Barkhane » : un nom de dunes mobiles symbo- lique de la liberté de circulation et d’intervention que l’armée française entend s’arroger au Sahel, sans même chercher, désormais, la caution mystificatrice d’une résolution onu- sienne.

En permettant à son pays de devenir l’épicentre d’un interventionnisme français décomplexé dans la région, François Hollande offre un nouveau soutien à la dictature d’Idriss Déby, marquée depuis 1990 par la répression, les arrestations arbitraires et les dispa- ritions |4|. Une illustration, parmi tant d’autres, des aberrations de la « guerre » que la France entend mener contre un terrorisme dont sa politique africaine est depuis toujours un terreau fertile.

Le lancement de cette nouvelle « opex », qui se substitue aux opérations « tempo- raires » Serval, Sabre et Epervier, en prétendant qu’elles sont arrivées à leur terme, vient clore une année marquée par un fort interventionnisme de la France en Afrique et un impor- tant lobbying des militaires qui, s’appuyant particulièrement sur leur démonstration de force au Mali, cherchent à préserver leur budget.

Surtout, la Loi de programmation militaire adoptée en décembre dernier a introduit des dispositions qui interdisent désormais à des parties civiles de porter devant la justice des crimes commis par des militaires français en opération extérieure |5|. En complément des « nouveaux » accords de Défense avec les pays africains, cette loi posait les bases d’un redéploiement militaire français sur le continent par un usage accru des forces spéciales, prépositionnées dans différents pays et capables d’être « projetées » rapidement suivant le bon vouloir de l’exécutif français |6|.

L’accord de Défense qui doit être signé à Bamako ce 16 juillet est lui aussi emblé- matique de ce redéploiement et ne manque pas de susciter de virulentes réactions au Mali : cet accord institutionnalisera la présence de l’armée française dans ce pays dont elle avait été chassée par Modibo Keita en 1961, et entérinera probablement les dispositions scan- daleuses qui encadraient l’opération Serval, notamment en termes d’immunité pour les militaires français |7|.

Derrière des prétextes toujours généreux (intervention humanitaire, interposition dans une guerre civile, lutte contre le terrorisme, etc.), et malgré un bilan catastrophique sur le plan politique, l’armée française continue donc d’intervenir en Afrique et cherche à sanctuariser son « pré carré ». Elle n’hésite pas pour cela à promouvoir, à l’instar des rapporteurs de la mission d’information parlementaire sur l’évolution du dispositif militaire français en Afrique, « un continuum très clair entre toutes les formes d’influence », assumant qu’« il n’y a pas de raison que la France, par une pudeur que ses rivaux n’ont pas, s’interdise de les exploiter dans une optique de partenariat » |8|.

L’association Survie, qui milite depuis 30 ans pour d’autres relations entre la France et l’Afrique, dénonce cet interventionnisme décomplexé et exige à nouveau le retrait des troupes françaises d’Afrique, vecteur privilégié du néocolonialisme.16 juillet par Survie

http://cadtm.org/Francois-Hollande-et-l-armee

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17 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Livret a: les banques peuvent dire merci (lo)

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Le ministère de l’Économie a annoncé jeudi 10 juillet que le taux d’intérêt du livret A passerait de 1,25 % à 1 % à partir du mois d’août.

Il atteint ainsi son niveau le plus bas depuis sa création en 1818.

Alors qu’avant 2003 le taux du livret A était directement fixé par le gouvernement, depuis cette date il est déterminé par une formule qui dépend notamment du taux officiel de l’inflation. De juin 2013 à juin 2014, les prix auraient augmenté en moyenne de 0,3 % si l’on en croit les chiffres officiels, ce qui devrait conduire à fixer le taux du livret A à 0,5 %. Le gouvernement aurait donc décidé de «limiter la baisse» en le ramenant à 1 %. Les petits épargnants, qui forment la grande majorité des 63 millions de détenteurs de livrets A, devraient donc s’estimer heureux !

Un banquier, interviewé dans le journal Le Monde, déclarait: «Il faudrait que les Fran- çais prennent enfin conscience que l’argent sans risque ne rapporte plus rien.» Les banques aimeraient bien mettre la main sur les 268 milliards d’euros et quelques déposés sur ces livrets, des sommes qui leur échappent en partie et qui servent entre autres à financer la construction de logement HLM.

En baissant le taux du livret A, le gouvernement favorise encore les solutions d’épargne gérées par les banques, qui mettent les dépôts directement à leur disposition pour spéculer. Une prime de vacances pour les banquiers, en quelque sorte. Jean FIELD

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2398&id=3

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15 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Logement: des mesures d’épuration sociale (npa)

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Le gouvernement vient de découvrir qu’il y a une crise du logement avec une situation de pénurie qui ne fait que s’accroître malgré les engagements pris…

Le nombre de logements neufs en construction sur les 3 derniers mois est en baisse de 2,7 % et reste très éloigné de ce qu’il faudrait pour répondre à la demande. À peine 300 000 dont la construction est engagée, alors qu’Hollande s’était engagé à 500 000 logements par an et ce jusqu’en 2020.

Du coup, deux ministres du gouvernement Valls, Najat Vallaud-Belkacem pour le ministère de la Politique de la ville et Sylvia Pinel pour le Logement, ont présenté en conseil des ministres de nouvelles dispositions censées répondre à cette situation dramatique. Particulièrement remarquables, celles concernant le logement.

En effet, la loi ALUR, défendue par Cécile Duflot et qui vient à peine d’être adoptée (les décrets d’application ont été validée en mars 2014), se voit déjà en partie remise en cause officiellement par Valls. « Foin d’idéologie, de l’efficacité… » déclare-t-il pour annoncer des « modifications » au nom du fait que le secteur du BTP est en difficulté, et que la construction de logements est au point mort. Ces modifications visent directement à favoriser le marché de l’immobilier. « Nous avons besoin que nos entreprises puissent aussi investir… »

Disperser la pauvreté La politique de la ville est, elle, revue à la baisse et réorientée. On est passé de 2 300 quartiers visés à 1 300 seulement repérés dans 700 communes. Près de 300 communes ne bénéficieront plus des financements de l’État. Plus précisément, un ciblage de 200 quartiers a été fait, quartiers qui relèveront des moyens financiers de l’ANRU (Agence nationale de rénovation urbaine) : l’objectif annoncé est non plus de reconstruire des tours en lieu et place de celles qui ont été démolies, mais de désenclaver les quartiers mais aussi les esprits !

Il n’est plus question de lutte contre la pauvreté, de s’attaquer aux problèmes de la population la plus défavorisée en mettant le maximum de moyens pour garantir l’accès au logement social, mais bien de disperser la pauvreté à un niveau non visible. Tout cela au nom d’une « mixité sociale » et de l’accession à la propriété, une autre façon de dire l’épuration sociale en cours dans les quartiers en rénovation. Une façon bien particulière de relancer le marché de l’immobilier et de porter secours aux entreprises du BTP.

JMB Hebdo L’Anticapitaliste – 250 (10/07/2014)

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14 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Comment la loi de transition énergétique démantèle le droit nucléaire (reporterre)

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Le projet de loi de programmation sur la transition énergétique présenté par Ségolène Royal fragilise les principaux acquis en termes de sûreté et «donne lieu à un détricotage impressionnant de la réglementation concernant le démantèlement».L’industrie nucléaire ne jouit plus des privilèges qui lui ont permis de construire dans un temps record 58 réacteurs, sans compter les autres installations du cycle du combustible. Une réglementation spéci- fique a été élaborée au fil des années.

La déconstruction des installations s’est imposée comme un des sujets majeurs de ce droit nucléaire naissant. Au vu des innombrables déboires du démontage de la petite cen- trale de Brennilis, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a commencé à réfléchir à un dispositif permettant d’encadrer strictement des chantiers complexes, nocifs et dangereux. En 2010, un guide spécifique est publié. Pour l’ASN, il ne peut y avoir de mise à l’arrêt d’un réacteur nucléaire sans que l’exploitant propose un plan de démantèlement détaillé.

L’arrêté du 7 février 2012 traduit sous forme réglementaire ces recommandations. L’ASN est chargée de contrôler si le plan de démantèlement est satisfaisant, ne serait-ce qu’au regard de la loi, et surtout l’exploitant nucléaire doit maintenir «en prévision du déman-tèlement, une connaissance de l’installation ainsi que des capacités techniques et finan-cières permettant d’effectuer, jusqu’à leur achèvement, les opérations de démantèlement en assurant la protection des intérêts mentionnés à l’article L. 593-1 du code de l’environne- ment». Ce n’est pas la panacée mais force est de reconnaître là un acquis réglementaire.

De telles règles ne pouvaient que soulever la colère de l’industrie nucléaire. Comme le disait François Roussely en 2010, «la seule logique raisonnable ne peut pas être une croissance continue des exigences de sûreté». C’est ce que n’a cessé de répéter EDF tout au long du débat sur la transition.

Le problème est que le gouvernement a entendu ces jérémiades. Loin de graver dans le marbre un renforcement du droit nucléaire, la loi de transition énergétique présentée le 18 juin 2014 le fragilise. Le titre VI du projet de loi de transition est indigent. Non seulement les demandes de l’ASN et de l’IRSN sont ignorées, mais ce projet de loi donne lieu à un détricotage impressionnant de la réglementation concernant le démantèlement.

L’article 32 du projet de loi bouleverse en effet toute la procédure existante. Seules les dispositions qui soulèvent la colère des antinucléaires sont conservées. C’est le cas en particulier du principe de démantèlement immédiat défini par l’ASN en dépit des réserves explicites de l’IRSN. Mais au moins cette procédure, fût-elle immédiate, restait placée sous l’œil vigilant de l’ASN.

C’est cela que le projet de loi remet en cause. L’article L. 593-25 du Code de l’environne- ment est copieusement amputé. Il n’est plus question ni des dispositions de mise à l’arrêt, ni des modalités de démantèlement et de gestion des déchets, ni de la surveillance du site. La nouvelle version se contente d’indiquer que l’exploitant d’une installation nucléaire de base dont le fonctionnement est définitivement arrêté doit procéder au démantèlement de celle-ci dans un délai aussi court que possible, les détails du démantèlement relevant d’un décret ultérieur.

Non seulement le projet de loi s’écarte des normes de sûreté de l’AIEA, mais il des- saisit l’ASN de ses prérogatives. La modification de l’article L. 593-26 précise l’objectif visé par le projet de loi. Si auparavant, une «autorisation est délivrée après avis de l’Autorité de sûreté nucléaire et après l’accomplissement d’une enquête publique», la nouvelle version se contente d’indiquer qu’une simple déclaration est adressée au ministre en charge de la sûreté nucléaire.

On passe d’un régime d’autorisation sur avis de l’ASN à une procédure par décret. Une procédure très floue si l’on s’en tient au nouvel article L. 593-27 proposé. En tout cas, le nouvel article L 593-28 laisse au ministre la capacité en dernier recours de décider si le démantèlement sera réalisé. L’enquête publique est certes réintroduite mais on ne sait plus quelles règles précises l’exploitant devra respecter. Quant aux revendications des antinu- cléaires et des écolos, elles sont tout simplement ignorées.

On est bel et bien en présence d’une refonte du droit nucléaire. Refonte inquiétante au vu de la modification proposée de l’article L. 593-30. «Lorsque l’ensemble d’une instal-lation nucléaire de base a été démantelé conformément aux dispositions des articles L. 593-25 à L. 593-29 et qu’elle ne nécessite plus la mise en œuvre des dispositions prévues au présent chapitre et au chapitre VI du présent titre», cela signifie-t-il que si les procédures ont été correctement respectées par l’exploitant, ce dernier ne peut plus être l’objet de con- trôle et de contentieux spécifiques ?

Décidément l’Etat a bien retenu la leçon de Brennilis. Il ne veut plus être ennuyé par des antinucléaires soucieux de protéger l’environnement et la santé publique. Un déman-tèlement selon ce projet de loi est présumé correct non pas tant parce qu’il se déroulerait bien mais parce que les bons documents seraient adressés aux pouvoirs publics.

Circulez, il n’y a rien à voir… Le ministre ordonne et les choses se font au bon vouloir de l’exploitant. Au mieux, cela va permettre au président de tenir ses promesses de campagne pour Fessenheim. L’industrie nucléaire est la grande gagnante du détricotage du droit nu- cléaire. La simplification des procédures lui permet d’envisager plus sereinement des démantèlements chers et difficiles qui vont s’accumuler au fil des années à venir.

Une fois encore, les humains et l’environnement vont payer la facture. La prudence imposait de préciser la doctrine de démantèlement et surtout de différer ces chantiers. Le gouvernement n’en a pas jugé ainsi, cédant aux injonctions du lobby nucléaire…

Références :

. Revue Contrôle, n°181, Le démantèlement des installations nucléaires, novembre 2011

. Ordonnance n° 2012-6 du 5 janvier 2012 modifiant les livres Ier et V du code de l’environnement

. Loi n° 2006-686 du 13 juin 2006 relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire

Source : Courriel à Reporterre Guillaume Blavette mardi 1er juillet 2014

Guillaume Blavette est membre du collectif Stop EPR Ni à Penly ni ailleurs.

Lire aussi : Le nucléaire coûte de plus en plus cher, selon la Commission d’enquête parlementaire

http://www.reporterre.net/spip.php?article6080

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13 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Grève des cheminots: un vent nouveau? (npa)

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La grève des cheminots représente un événement majeur dans le quinquennat de Hollande.

Non pas, hélas, parce qu’elle a changé le rapport de forces entre les classes : il s’agit d’une défaite importante, un saut dans la casse du service public ferroviaire et du statut des che- minots. Mais parce qu’elle est le premier signe de l’émergence d’une révolte contre le gou- vernement du côté du mouvement ouvrier.

Les deux premières années de Hollande ont été marquées par la passivité ou des luttes dispersées, en raison notamment de la collaboration quasi complète des directions syndicales avec le PS. L’opposition au gouvernement a été dirigée par les réactionnaires, de la «Manif pour tous» au Front national.

Le gouvernement a relevé le défi que représentait la mobilisation des cheminots, a mis tous les moyens pour obtenir sa victoire. Il a déployé l’arsenal patronal habituel, en intégrant les syndicats, en mobilisant les médias et dix mille cadres de l’entreprise pour faire rouler quelques trains et décourager les grévistes. La nomination de Valls était d’ailleurs en elle- même un signe politique pour montrer que Hollande était prêt à aller jusqu’au bout de l’affron- tement. Sa victoire lui a permis de faire voter, dans les jours qui ont suivi, un nouveau budget d’austérité et une nouvelle étape du «pacte de responsabilité».

Des leçons pour les luttes

Mais la grève a accumulé des expériences fondamentales pour les prochaines luttes. En effet, la brutalité du gouvernement a modifié les méthodes de mobilisation des salariés. Tout d’abord, les directions syndicales ont dû aller plus loin qu’elles ne le souhaitaient elles- mêmes; presque deux semaines de grève reconductible là où elles en prévoyaient seule- ment quelques jours…

Les équipes syndicales locales se sont partiellement détachées des confédérations et du Front de gauche: de nombreux militants du PCF et de la CGT ont été poussés à critiquer frontalement l’attitude de leur syndicat et à reconnaître que les amendements au projet de loi présentés par Chassaigne représentaient de «l’enfumage». Ces militants se sont souvent tournés vers les révolutionnaires, en leur demandant: «et vous, qu’est-ce que vous proposez pour lutter?»

Une nouvelle génération de cheminots, qui n’a pas connu les mobilisations de 1986 ou 1995, mais qui a participé à celle contre le CPE, a poussé pour des actions combatives, contraignant les syndicats à organiser des rassemblements près de l’Assemblée puis trans- formant ces rassemblements en manifestations et occupations de voies. Les assemblées générales ont été organisées de manière intersyndicale et inter-services dans de nom- breuses gares, et une «AG des AG», embryon d’auto-organisation, s’est mise en place à Paris.

Une nouvelle période politique

La mobilisation confirme que nous sommes entrés dans une nouvelle phase de la crise. Dans cette phase, une fraction du  mouvement ouvrier prend lentement son autonomie par rapport au gouvernement. Ses organisations sont traversées par des contradictions impor- tantes, entre une base qui aspire à se révolter et des directions qui restent largement inféo- dées, directement ou indirectement, au PS.

La tâche fondamentale des révolutionnaires est de s’appuyer sur les éléments com- batifs, de les encourager, les aider. Les tentatives de «convergence des luttes», même si elles ont nécessairement eu un caractère limité du fait des grandes différences entre les mobilisations des intermittents, des cheminots et des postiers de la région parisienne, repré- sentent un élément positif.

De ce point de vue, la mobilisation révèle aussi nos faiblesses: les collectifs de soutien à la grève ont été limités, il n’y a pas eu de caisse de grève, il n’existe pas encore d’oppo- sition organisée dans les syndicats pour contribuer à organiser les luttes. Et, surtout, l’ex- trême droite est plus que jamais en position de force. En effet, même s’il a bien sûr critiqué l’utilisation de la grève, qui est le seul outil efficace pour les travailleurs, le FN s’est payé le luxe de soutenir la mobilisation au nom du service public national.

De plus, dans les manifestations, on a pu voir des militants combatifs effectuer des «que- nelles» et chanter la Marseillaise. Quelques semaines après la mobilisation, le déluge raciste du FN et de l’UMP contre les supporters de l’équipe algérienne de football montre que l’extrême droite a toujours le vent en poupe.

Force est donc de constater que les difficultés restent très importantes, mais que les cheminots ont ouvert une voie: la possibilité pour les travailleurs de reconquérir leur auto- nomie, de prendre leurs affaire en mains pour s’opposer au gouvernement, par leurs moyens de lutte traditionnels que sont la grève, le blocage de la production, l’auto-organisation et l’unité de classe.  Revue L’Anticapitaliste n°56 (été 2014)

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12 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Europe: la grande coalition de l’austérité (npa)

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Un mois après les élections du 25 mai, le Parlement européen a tenu sa séance inau- gurale avec l’élection de son président ou plutôt la réélection de Martin Schulz comme président pour deux ans et demi.

Cet arrangement entre la droite: le PPE (Parti populaire européen) et l’Alliance socialiste et démocrate, l’ancien Parti socialiste européen, met en place une grande coalition au niveau européen pour appliquer les politiques d’austérité.

Martin Schulz, membre du SPD qui participe au gouvernement à Berlin avec la CDU sous la houlette d’Angela Merkel, a été écarté de la présidence de la Commission face à Jean-Claude Juncker, le candidat de la chancelière. Ce dernier a reçu le soutien des chefs d’État et de gouvernement des 28 (à l’exception du Royaume-Uni et de la Hongrie).

En échange, la chancelière a soutenu la candidature de Schulz pour la présidence du Parlement, son lot de consolation négocié entre le PPE et le SPD. La grande coalition à Strasbourg vient en effet en complément de la grande coalition de Berlin et des négociations sur la répartition des sinécures et présidence de commissions orchestrées par Berlin.

Élu au premier tour du scrutin par 409 voix pour 612 suffrages exprimés sur un total de 751 députés, Schulz a du mal à faire l’unanimité, mais les mécontentements des députés de la grande coalition tiennent plus à des rivalités pour les postes qu’à de réels désaccords politiques.

Le Parlement est le résultat d’un « perpétuel compromis » selon les mots de M. Schulz, mais ce consensus prend aujourd’hui un sens politique bien particulier, celui d’un consensus politique pour mener une offensive contre les travailleurs et les peuples afin d’imposer les politiques d’austérité au seul profit des banques. Hebdo L’Anticapitaliste – 250 (10/07/2014)

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12 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Austérité: le gouvernement s’attaque aux victimes d’accidents du travail (la rotative)

 penib

Et de maladies professionnelles

Le dernier numéro du magazine Santé & travail révèle que la Sécurité sociale a décidé de réduire sa dotation aux centres de consultations de pathologies professionnelles. Le gouver-nement a aussi cherché à geler les rentes versées aux victimes d’accidents du travail et aux patients souffrant de maladies professionnelles. Un nouveau cadeau au patronat qui a été rejeté par les députés.

Sous le titre « Menace sur les consultations de pathologies professionnelles », le magazine Santé & travail annonce que le directeur de la prévention des risques profes- sionnelles de la Caisse nationale d’assurance maladie a décidé de réduire la dotation versée par la branche accidents du travail-maladies professionnelles (AT-MP) de la Sécurité sociale aux consultations de pathologies professionnelles. Ces consultations de pathologie profes- sionnelles participent pourtant activement à la reconnaissance des maladies profession-nelles.

Assurées par des médecins spécialisées, elles aident au diagnostic et au traitement des maladies liées aux expositions professionnelles des patients, et sont aussi un lieu d’écoute pour les personnes souffrant de harcèlement moral au travail. Un médecin interrogé par le magazine indique: «C’est le thermomètre qu’on veut casser. Avec ces consultations, nous participons à la reconnaissance des maladies professionnelles. Si elles ferment ou sont moins efficaces, ce sont autant de malades qui seront pris en charge par le régime général, aggravant le déficit de celui-ci.»

En effet, si les maladies sont reconnues comme d’origine professionnelle, elles sont prises en charge par la branche AT-MP de la Sécurité sociale, financée par les employeurs, et non par le régime général, financé par tous les salariés. La baisse de la dotation aux con- sultations de pathologies professionnelles sera de 10 % par an pendant quatre ans.

Elle s’accompagnera aussi de la suppression d’une dotation de 50 000 euros versés au Réseau national de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles, qui mène une veille sur les maladies liées au travail et cherche à détecter de nouvelles pathologies professionnelles. Santé & Travail conclut son article en indiquant : «Plusieurs enseignants en médecine du travail craignent que l’objectif de la mesure soit précisément de « réduire une source de reconnaissance de nombreuses maladies professionnelles ». »

Encore un motif de satisfaction pour le patronat, qui serait ainsi dédouané de son obli- gation de prendre en charge des maladies contractées par les salariés du fait de leur travail. Dans le même temps, le gouvernement a cherché à geler le montant des rentes versées aux victimes d’accidents du travail et de maladies professionnelles. La mesure, inscrite dans l’avant-projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2014 consistait à suspendre temporairement le mécanisme d’indexation automatique de ces rentes sur l’inflation. Soit une baisse de pouvoir d’achat pour les victimes du travail.

La mesure, qui visait à faire 200 millions d’euros d’économies en année pleine, a fina- lement été retoquée lors du passage du projet devant les députés. Lors de la séance du 8 juillet à l’Assemblée nationale, la députée communiste Jacqueline Fraysse s’est exclamée: «Il aura fallu se battre pied à pied pour faire reculer un gouvernement qui se dit de gauche et qui proposait, toute honte bue, de pénaliser (…) les salariés ayant droit à une pension d’inva- lidité à la suite d’une maladie professionnelle ou d’un accident du travail.»

Jean-Paul Bacquet, député du Parti socialiste, lui a répondu : « Nous n’avons pas de sang sur les mains ! » A ce rythme-là, ça ne saurait tarder. Publié le 10 juillet 2014

http://larotative.info/austerite-le-gouvernement-s.html

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