Archive | Hollandie

27 février 2014 ~ 0 Commentaire

Hollande au service du capital: des écrits aux actes (lo)

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Dans sa jeunesse, Hollande se faisait déjà une idée très claire du rôle de la gauche de gouvernement au service de la bourgeoisie.

Il n’est que de lire des extraits d’un ouvrage (aujourd’hui épuisé) qu’il a écrit avec ses comparses Jouyet et Le Drian, en 1985, sous le titre La gauche bouge, et que le couple Pinson-Charlot cite largement dans son récent ouvrage La violence des riches.

On peut en effet y trouver des passages édifiants. Par exemple : face « au capitalisme salva- teur et au marché libérateur, jamais les Français n’ont été aussi frileux devant les mutations, craintifs face à l’avenir, pessimistes sur leur destin, hostiles au changement et à la mobilité ».

Et plus loin le travail est devenu un « coût » qu’il faut abaisser.

Il justifie la politique anti-ouvrière de Mitterrand en ces termes : « Ce n’est pas par calcul ou par malignité que la gauche a accepté de laisser fermer les entreprises ou d’entamer le pouvoir d’achat des Français. C’est par lucidité. Refuser ces évolutions, et c’en aurait été fait de la perspective d’une gestion régulière du pays par la gauche. »

Hollande a compris de longue date qu’il fallait mener la politique voulue par les possédants pour que la gauche puisse prétendre gouverner en alternance avec la droite. C’est là un objectif assumé publiquement. Et les dirigeants à la gauche de la gauche qui font mine de le découvrir aujourd’hui sont des menteurs et méritent la défiance du monde du travail. Catherine OLIVIER

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2378&id=5

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26 février 2014 ~ 0 Commentaire

Écolo mais pas trop !

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Une fois de plus la démonstration est faite : entre l’écologie et la participation au gouvernement, il faut choisir.
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Une fois de plus les ministres d’Europe Écologie-les Verts choisissent de rester au gouvernement, quitte pour ça à avaler de nombreuses couleuvres, les tritons crêtés et toute la biodiversité de Notre-Dame-des-Landes…
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EÉLV aimerait bien tout à la fois confisquer la représentation politique des mobilisations sur les questions environnementales et en même temps rester une composante de la majorité gouver- nementale avec un Parti socialiste 100 % libéral et 100 % productiviste.
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Ce n’est pas un hasard si Notre-Dame-des-Landes reste le sujet qui coince. Dans le bocage, il n’y a pas d’arrangement : l’exigence unitaire, commune à toutes les composantes des opposantEs au projet d’aéroport, est l’abandon pur et simple. Ici, pas de négociations, de « contreparties », de compensations, mais une mobilisation radicale et déterminée. C’est cette mobilisation, celle qui la première à l’automne 2012 s’est opposée au gouvernement, que Hollande, Ayrault et Valls cherchent depuis des mois à casser.
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Face à la violence policière dans la ZAD, elle a tenu bon. À chaque initiative, les mani- festantEs sont plus nombreux. À l’occasion de la manifestation de Nantes, le gouvernement a fait une nouvelle tentative pour affaiblir et diviser le mouvement, organisant la provocation avec un déploiement policier inouï.
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Et dans la foulée, Ayrault admoneste EÉLV : « Tous ceux qui exercent des responsabilités publiques doivent condamner les squatteurs de la ZAD, organisateurs délibérés de ces violences. EÉLV doit sortir de l’ambiguïté. » Les écologistes gouvernementaux s’étaient pourtant déjà em- pressés de prendre leurs distances et de « condamner fermement » les violences… Les condam- nations sont renouvelées… sans un mot contre le dispositif policier provocateur ni contre les propos de Valls : « Cette violence venant de cette ultragauche, de ces Black Bloc, qui sont originaires de notre pays mais aussi de pays étrangers »… Ils ont déjà tant pardonné à Valls !
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L’écologie, la lutte contre les grands projets inutiles, la défense de l’agriculture paysanne et de la biodiversité sont des sujets bien trop graves pour être confiés à EÉLV : ils doivent pleinement faire partie du programme d’une opposition de gauche à ce gouvernement.
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26 février 2014 ~ 0 Commentaire

Municipales à paris: télérama efface le premier tour (acrimed)

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et ramène le second à un duel de catcheuses.

Rien de nouveau, diront certains.

Difficile pourtant de ne pas s’émouvoir à la lecture d’un numéro récent de Télérama dont la « Une » fait la part belle aux municipales parisiennes. Magazine d’opinion hebdomadaire cultivant sa sin- gularité dans le paysage médiatique, il semble ici s’aligner sur les pratiques les plus convenues de ses homologues : couverture tapageuse, pluralisme réduit à sa plus simple expression et, partant, débat démocratique réduit à néant.

Les deux (seules ?) prétendantes…

À plusieurs reprises ces dernières semaines, nous avons noté à quel point les grands médias ont tôt fait de résumer les élections municipales en France à l’élection municipale à Paris et l’élection dans la capitale elle-même à un simple « duel », entravant le jeu démocratique par avance et empêchant par là même tout (é)lecteur de se faire une opinion en connaissance de toutes les forces en présence [1].

Certes, l’entretien croisé entre la candidate UMP et la candidate PS proposé dans le numéro du 15 au 21 février 2014 ne constitue que « le premier épisode d’une enquête menée dans six villes de France ». Mais qu’on le veuille ou non, commencer cette « série » par une confrontation entre NKM et la première adjointe de Bertrand Delanoë paraîtra quelque peu arbitraire et très parisiano-centré. Au-delà de ce tropisme parisien, et bien que Télérama ne soit pas strictement soumis aux mêmes exigences de pluralisme que les « grands médias » d’information qui sont ou se veulent « neutres » et « nationaux », il reste surprenant de constater qu’ici comme ailleurs, la question du premier tour et de ses enjeux est tout bonnement escamotée.

D’ailleurs, les journalistes le disent sans ambages : « Le prochain maire de Paris sera une femme. À gauche, Anne Hidalgo, 54 ans, première adjointe, tentera de succéder à un Bertrand Delanoë au faîte de sa notoriété après deux mandats. À droite, Nathalie Kosciusko-Morizet, 40 ans, s’est engouffrée dans l’espace laissé vide par les atermoiements des leaders politiques de son camp […] et imposée facilement dans une primaire qui l’opposait à des seconds couteaux. »

Tout se passe comme si les projecteurs devaient être invariablement braqués sur les deux « élues » (des médias ?), et elles seules. La présentation des deux femmes, dans le chapeau de l’entretien, est sans appel : « Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) et Anne Hidalgo (PS), candidates favorites à la Mairie de Paris ». On ne laisse pas de s’étonner qu’aucun des trois autres candidats déclarés (Danielle Simmonet pour le Front de gauche, Christophe Najdovski pour Europe Écologie- Les Verts et Wallerand de Saint-Just pour le Front National) ne soit mentionné. Comme si, donc, 2 + 3 = 2. De ce point de vue là, Télérama ne fait pas mieux qu’Europe 1, TF1 ou encore France 2 ; c’est même pire car les « petits candidats » (sic) accédaient au moins à l’existence dans ces médias omnibus. Dans notre grand hebdo culturel, même pas. Ils sont purement et simplement passés sous silence.

Le tête-à-tête : simple mise en scène et mise en scène simpliste

Conformément à la plupart des médias concurrents, Télérama choisit donc de réduire l’élection – a priori démocratique, donc ouverte et indécise – à une opposition binaire, débat ou duel inévita- blement ramené à la logique du combat de boxe (ou de catch) et donc à une logique du spectacle et du spectaculaire qui souligne les antagonismes plus ou moins artificiels et artificiellement construits. La couverture est à cet égard un cas d’école :

Tout y est : l’opposition frontale, la focalisation sur deux visages, donc deux personnes (voire deux « personnalités »), plutôt que sur deux programmes, la faille qui scinde verticalement la couverture en deux, symbole (probable ?) de deux candidates vouées à se déchirer ; sans oublier le titre « à chacune sa culture », qui contribue un peu plus encore à distinguer les deux « prétendantes ».

Outre ce titre qui barre la couverture de lettres rouge sang, on retrouve dans les pages intérieures la formulation suivante, tout ensemble choc et réductrice : « Culture : le face-à-face des candidates » ; et la présentation qui suit est toute pugilistique : « À gauche, Anne Hidalgo, 54 ans, première adjointe, tentera de succéder à un Bertrand Delanoë […]. À droite, Nathalie Kosciusko-Morizet, 40 ans, s’est engouffrée dans l’espace laissé vide par les atermoiements des leaders politiques de son camp […] » En somme, c’est le ring qui se matérialise sous nos yeux – mais uniquement celui du second tour attendu. Et les journalistes de poursuivre : « Les deux femmes ont des projets qui se recoupent. […] Mais leurs origines sociales, leur style, leur tempérament, les moyens de leur politique les opposent. Elles ne s’aiment pas, ne s’épargnent pas. Le mépris affleure dans leur propos jusque dans leur refus de ne jamais citer le nom de l’autre. La fin de la campagne sera âpre. » Combat de boxe, de catch ou de coq, Télérama privilégie une ligne éditoriale payante car sensationnaliste au détriment d’une vision plus nuancée et plus complète – donc complexe – de la situation.

Ultime question des journalistes à chacune des candidates : « Question finale : un mot à l’autre ? » Et pourquoi pas celle-ci, pour journaliste en mal de réflexivité : un mot des autres ?

« À chacun sa culture » : le pluralisme façon Télérama

Voilà donc une publication qui prétend se distinguer de ses concurrents par son exigence et qui pourtant reproduit les mêmes recettes éditoriales réductrices dès qu’il s’agit de se pencher sur « la politique ». Alors qu’était annoncée une « enquête » sur les municipales à Paris, Télérama réduit le scrutin à son second tour – ou plutôt à un second tour manifestement espéré, sinon fantasmé, par tous les médias. Après avoir découvert cet article caricaturant et mutilant de la sorte la vie politique et le débat public, l’édito du numéro de Télérama en question, vibrant et louable appel à promouvoir la « Culture », paraissait quelque peu saugrenu :

« Bientôt les municipales. Espérons que les enjeux culturels ne soient pas les grands oubliés des promesses électorales. Si l’on sait combien les arts élèvent l’esprit, développent le goût du beau et l’ouverture à l’autre, on mesure désormais à quel point ils contribuent aussi à l’essor de nos villes, y créent des emplois, des richesses, et participent au mieux vivre. La culture n’est plus ce supplément d’âme jadis célébré qui ne profitait qu’à quelques uns, mais une nécessité pour faire prospérer et rayonner nos cités. Hier, seules les villes riches osaient la dépense culturelle. Aujourd’hui, elle peut apporter la richesse aux villes pauvres.

Le face-à-face sur ce thème des deux candidates à la Mairie de Paris est le premier épisode d’une enquête menée dans six villes de France. Comment se préoccupe-t-on de cette question essentielle pour notre avenir tout ensemble individuel et collectif ? Dans nos sociétés du tout-numérique, nous avons déjà tellement capitulé. Renoncé à tant de nos libertés […] Jusqu’au respect de notre vie privée, qui paraît moins nous concerner face aux illusoires avantages de la socialisation du Web. Réveillons-nous, la culture est aussi faite pour ça. Avec elle, il n’est jamais trop tard. »

Peut-être la presse sous toutes ses formes devrait-elle commencer par ne pas « renon- cer » à réunir les conditions d’un débat réellement démocratique à propos des municipales à venir et ne pas « capituler » devant la logique médiatique qui expose et impose certains candidats aux dépens de certains autres ? Nul doute que cette culture démocratique-là profiterait au plus grand nombre. Thibault Roques , le 26 février 2014

http://www.acrimed.org/article4277.html

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26 février 2014 ~ 0 Commentaire

Frustrée, la jeunesse française rêve d’en découdre (le monde)

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L’autoportrait est sombre.

Amenés à définir leur génération, ce sont les mots « sacrifiée » ou « perdue » qui leur viennent le plus souvent à l’esprit.

La vie en noir

A l’automne 2013, les jeunes de 18 à 34 ans étaient conviés par France Télévisions à répondre à un long questionnaire en ligne sur eux-mêmes et leur génération. 210 000 se sont pris au jeu de cette opération « Génération quoi ? ». Leurs 21 millions de réponses fournissent un matériau de recherche exceptionnel pour les deux sociologues de la jeunesse Cécile Van de Velde et Camille Peugny, maîtres de conférences respectivement à l’EHESS et à l’université Paris-VIII, qui ont contribué à concevoir le questionnaire. Ils en tirent aujourd’hui pour Le Monde les principaux enseignements, en se focalisant sur la tranche d’âge des 18-25 ans, centrale pour l’analyse.

Interrogés sur leur devenir personnel, les jeunes répondants sont près des deux tiers à se déclarer plutôt ou très optimistes. En revanche, le regard qu’ils portent sur le destin de leur génération est extrêmement sombre. Vingt ans n’est pas le plus bel âge de la vie, pensent-ils majoritairement (à 51 %). Les mots-clés librement choisis pour définir leur génération sont édifiants : « sacrifiée », « perdue ». Et encore (après « Y », « Internet », « connectée »), « désabusée », « désenchantée », « galère »… « Autant ‘‘sacrifiée” est un terme qui a pu être induit par le discours des médias, analysent Cécile Van de Velde et Camille Peugny, autant ‘‘perdue” semble un choix spontané. » Donc révélateur.

Seuls 25 % des 18-25 ans ont la conviction que leur vie sera meilleure que celle de leurs parents. Ils sont 45 % à imaginer qu’elle sera pire, 29 % qu’elle sera semblable. Près d’un tiers (33 %) sont persuadés qu’ils ne connaîtront jamais autre chose que la crise. Quant à la vie de leurs propres enfants, 43 % pensent qu’elle sera encore pire que la leur. A toutes ces questions, les jeunes femmes répondent de façon encore plus pessimiste que leurs congénères masculins. « Ces pourcentages sont très élevés, sachant que les jeunes sont, dans la plupart des enquêtes, plus optimistes que leurs aînés. Ils le sont d’ailleurs dans cette enquête concernant leur avenir personnel, remarque M. Peugny. Ce qui apparaît ici, c’est le poids du discours de crise dans lequel nous baignons désormais, et le sentiment d’être pris dans une spirale du déclassement. »

Deux pondérations à apporter, selon lui, néanmoins. Les participants peuvent avoir été tentés de « surjouer un discours noir et cynique, ce qui est une manière de conjurer le sort ». Surtout, cette génération est fortement clivée en fonction des parcours et des statuts, précaires ou non. Ce n’est pas une mais des jeunesses qui se dessinent. En passant des étudiants ou salariés en CDI aux chômeurs-intérimaires-inactifs, le pessimisme gagne 20 points. L’expérience du chômage affecte fortement la projection dans l’avenir.

Un besoin de reconnaissance

« Les 18-25 ans qui ont participé font voler en éclats le mythe d’une société méritocratique » : voilà le second enseignement majeur de l’enquête, à entendre les deux sociologues. Près des trois quarts (70 %) d’entre eux ont le sentiment que la société française ne leur donne pas les moyens de montrer ce dont ils sont capables. « C’est massif, et en forte progression. En 2006, ils étaient 53 % dans ce cas. »

Les jeunes se montrent très sévères sur le fonctionnement du système éducatif à la française. Récompense-t-il le mérite ? Non, à 61 %. Donne-t-il sa chance à tous ? Non, à 61 %. Logiquement, plus le statut du jeune est précaire, plus son opinion est négative. Des réponses lourdes de rancoeurs dans une société « où formation initiale et diplôme exercent une si forte emprise sur les parcours de vie ». D’autant que dans la sphère professionnelle non plus, les jeunes n’ont pas l’impression que leurs mérites et efforts soient récompensés. 60 % des répondants ne se croient pas payés, par exemple, à la hauteur de leurs qualifications.

Dans cette enquête transparaît donc, selon Cécile Van de Velde, « une génération consciente, lucide, désillusionnée, selon laquelle les instruments de mobilité sociale ne fonctionnent pas ». « Les jeunes se sentent abandonnés par la société. Ils ne sont pas aux commandes de leur vie, ils subissent. Sont frustrés de ne pas pouvoir faire leurs preuves, montrer qui ils sont. » Pour réussir dans la vie, la moitié des répondants pense donc ne pouvoir compter que sur soi-même. « Les jeunes sont individualistes, libéraux, par dépit plus que par essence. » Puisque très majoritairement (77 %), ils estiment également que dans la vie, on ne peut pas s’en sortir sans solidarité.

0La valeur travail

Les jeunes valorisent d’autant plus le travail qu’il leur échappe, un quart d’entre eux connaissant le chômage. Seule une toute petite frange le rejette, envisageant de vivoter en marge du système. 81 % des répondants disent que le travail est important dans leur vie. Et pas seulement pour gagner de l’argent. La moitié déclare que travailler sert avant tout à s’épanouir. « Qu’ils soient soucieux de l’équilibre vie privée-vie professionnelle ne veut pas dire que la valeur travail se perd », commente Camille Peugny, pour qui rien n’est plus faux que les clichés sur une « génération feignasse » : « Impossible de faire une conférence sur les jeunes sans qu’un manager assure qu’à peine arrivés en entreprise, les jeunes ne s’intéressent qu’à leurs RTT. Platon déjà évoquait la décadence de la jeunesse, c’est un discours vieux comme le monde, lié au cycle de l’âge, à la difficulté à concevoir le changement apporté par les jeunes. »

A la question « Actuellement, es-tu épanoui dans ton travail ? », 62 % des 18-25 ans ont acquiescé. Mais la statistique chute à 43 % pour les intérimaires… L’enquête Génération quoi ? fournit le plus grand échantillon d’intérimaires jamais réuni (8 000 répondants dans cette situation), et leur « souffrance » saute aux yeux des sociologues. « Il faut sortir du discours sur l’intérim choisi. Ces jeunes veulent travailler davantage, ils ont le sentiment insupportable que leur destin est aux mains des autres, que leur sort dépend d’un coup de téléphone, ce qui interdit toute projection dans l’avenir. »

La tentation du départ

« T’installer à l’étranger, ça te tente ? » Evidemment oui, cela tente les trois quarts des participants à l’enquête. Inhérente à la jeunesse, cette envie d’aller voir ailleurs est plus que jamais valorisée dans la société. Mais 24 % des jeunes se sont reconnus dans une expression volontairement rageuse, hargneuse, qui leur était suggérée : « Dès que je peux, je me barre. » « Une réponse aux portes fermées pour tous les jeunes dans l’impasse, chômeurs, petits contrats, stagiaires… », à en croire les sociologues. (…)

La faute aux baby-boomers

Autre ambivalence, chez les jeunes cette fois : ils ne sont pas en conflit avec la génération parentale parce que les relations sont souples, les solidarités fortes. Mais cela ne les empêche pas d’en vouloir à leurs aînés de ne pas leur faire de place dans la société. Pour un jeune sur deux, les générations précédentes sont responsables de leurs difficultés. « C’est assez nouveau en France, et l’on peut penser que cela monte, surtout chez les étudiants, observe Cécile Van de Velde. Le problème d’équité entre générations se conscientise, sans doute du fait de la politique d’austérité, de la réforme des retraites et des débats sur le poids de la dette. Les jeunes pensent qu’ils font les frais de tout cela. » Mais sur une même génération, leur regard est double. Les mêmes qui disent « Marre des baby-boomers, on paye pour leur retraite, nous on n’en aura pas » ne veulent surtout pas que la retraite de leurs parents soit amputée – c’est particulièrement frappant chez les jeunes filles. « Ce qui explique en partie pourquoi le mouvement des Indignés a si peu pris en France… »

La politique, ils n’y croient plus

Vis-à-vis d’elle, la défiance est énorme. Près de la moitié (46 %) des répondants n’ont pas du tout confiance dans les femmes et hommes politiques. Certes, ils sont encore plus nombreux à se méfier des institutions religieuses (60 %) Et presque aussi sceptiques à l’égard des médias (40 % de non-confiance) que des politiques.

Mais pour la moitié des 18-25 ans, c’est tout vu, les politiques sont « tous corrompus ». Ces derniers ont bien encore du pouvoir (64 % des réponses), mais l’utilisent mal, puisqu’ils laissent la finance diriger le monde (90 %). La charge est violente, aux yeux des deux sociologues : « Les jeunes expriment une demande d’Etat, en souhaitant par exemple que leur période de formation soit financée. Ils pensent que les politiques, s’ils en avaient le courage, pourraient avoir une influence sur leur vie. Mais qu’ils ont laissé la finance prendre le pouvoir. Il y a du mépris dans ce regard des jeunes. Ils n’y croient plus. »

Chez eux, jeunes diplômés en tête, le sentiment que droite et gauche se valent semble encore plus fort que dans l’ensemble de la population. « Ils font l’expérience de la désillusion politique. C’est la première fois qu’ils vivent la gauche au pouvoir. Et ils ont le sentiment que rien ne change pour eux. » Voilà qui poussera massivement à l’abstention, anticipent les chercheurs. « Ce sont des gens informés, qui ne se fichent pas de la politique, qui ont des habitudes participatives liées à l’usage des réseaux sociaux. Mais l’offre politique ne répond pas à leurs attentes. La démocratie ne s’adresse pas à eux. Ils n’iront pas voter mais ce sera une abstention politique, réfléchie, presque militante. »

S’ils critiquent au plus haut point la politique traditionnelle, les 18-25 ans s’engagent plus volontiers dans un militantisme de terrain : manifestations, associations, solidarités locales… Leur altruisme semble plus marqué que celui du reste de la population. 80 %, par exemple, seraient favorables à un service civique obligatoire. Autre valeur classique de la jeunesse, la tolérance demeure forte (70 % estiment que l’immigration est une source d’enrichissement culturel) mais semble s’éroder. « A l’image de ce qui se passe dans l’ensemble de la société, une grosse minorité campe sur des positions autoritaires et xénophobes. Une véritable bombe à retardement, craint Mme Van de Velde. Ce sont les jeunes invisibles, dans des vies d’impasse, perdants de la mondialisation. Beaucoup de ruraux et de périurbains, en difficulté, déclassés. Ils sont souvent tentés par le Front national. » Un tiers des répondants envisagent que des emplois puissent être réservés aux Français.

Un vent de révolte

Une Cocotte-Minute qui n’aurait pas de soupape. Telle est l’inquiétante image choisie par les deux sociologues pour décrire le « fort potentiel de révolte » perçu au travers de cette vaste enquête. « C’est une génération qui veut entrer de plain-pied dans une société vieillissante. Elle enrage de piétiner à son seuil. Elle ne veut rien renverser, elle n’est pas en conflit de valeurs, mais elle trouve toutes les portes fermées, et elle envoie un avertissement. »

Besoin d’expression étouffé. Frustrations de ne pas avoir de place, de n’obtenir aucune reconnaissance sociale, de ne pouvoir devenir des citoyens à part entière, dotés d’un travail et d’un logement. Trajectoires déviées parce que l’emploi trouvé ne correspond pas aux études. Craintes pour l’avenir. Défiance vis-à-vis du politique… « Ce sentiment d’être privés de l’essentiel constitue un terreau fertile à la contestation. »

Jamais la jeunesse, en France, n’a été aussi éduquée. Lorsqu’ils sont chômeurs, stagiaires, coincés dans l’intérim, ces enfants de la démocratisation scolaire et de la mondialisation culturelle, extrêmement informés, vivent comme une indignité de devoir se contenter de survivre alors que leurs études ont fait naître de forts espoirs. D’où cette frustration existentielle et cette capacité à développer un discours de plus en plus critique sur l’épreuve sociale qu’ils traversent. « Un ‘‘nous » pourrait se former, croient les sociologues, si les diplômés étaient rejoints par les jeunes en désespérance sociale. »

A la question « Est-ce que tu participerais à un mouvement de révolte type Mai 68 demain ou dans les prochains mois ? », ils sont 61 % à dire oui. Tous quasiment égaux dans la colère, femmes et hommes tirés d’affaire et jeunes en galère… 66 % des intérimaires. 63 % des chômeurs. 60 % des étudiants. Et même 54 % des employés en CDI !

« Les jeunes ne sont pas dans la résignation. Il y a une énergie latente, comme en 1968 », perçoit Cécile Van de Velde. En temps de crise, explique-t-elle, on peut adopter une stratégie d’adaptation au système (loyalty), de départ (exit), ou de révolte (voice). « ‘‘Loyalty » pourrait bien se transformer en ‘‘voice » si rien ne bouge… Il suffit d’une étincelle… » Et d’une figure cible. La chance des politiques jusqu’à présent ? Qu’il soit plus malaisé de se rebeller contre un ennemi lointain et abstrait – la finance, la mondialisation, l’Europe – que contre la génération de ses parents, comme en 1968.

LE MONDE | 25.02.2014 à 12h56 • Mis à jour le 25.02.2014 à 13h28 | Par Pascale Krémer

http://www.lemonde.fr/emploi/article/2014/02/25/frustree-la-jeunesse-francaise-reve-d-en-decoudre_4372879_1698637.html

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24 février 2014 ~ 0 Commentaire

Nddl: le préfet dénonce l’attitude des organisateurs (of)

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« L’opposition institutionnelle doit cesser d’être la vitrine légale d’un mouvement armé », a-t-il déclaré après la manifestation d’hier.

« En France, une manifestation, ça se prépare à deux, a déclaré Christian de Lavernée, préfet de Loire-Atlantique, lors d’un point presse ce dimanche matin. Trop de manifestations ne sont pas déclarées. S’agissant de cette importante manifestation annoncée publiquement il y a deux mois, nous avons eu à inviter les organisateurs à venir nous voir car ils ne déclaraient rien, encore la semaine dernière. »

À propos des manifestants radicaux, le préfet dénonce des « gens dans une logique de guérilla ur- baine. »   »Quand on voit les projectiles qui ont été utilisés, les provisions d’armes trahissent les intentions de faire des choses dans tous les domaines incendie, casse, atteintes aux engins de chantier, atteintes au trafic ferroviaire… »

« Je dis aux organisateurs de la manifestation qu’ils ont fait preuve de légèreté en organisant si peu. Ils connaissaient parfaitement la préparation des Zadistes. Ils fréquentent et traversent la Zad en permanence et ne peuvent pas prétendre ignorer ni l’état d’esprit, ni cette préparation. »

« L’opposition institutionnelle doit cesser d’être la vitrine légale d’un mouvement armé. Je compte demander plus précisément à chacune des composantes de cette opposition institutionnelle quelle est sa position au regard de l’occupation des squats actuels sur la zad. » Nantes – 23 Février -Vanessa RIPOCHE.

http://www.ouest-france.fr/nd-des-landes-le-prefet-denonce-lattitude-des-organisateurs-1953758

 

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23 février 2014 ~ 0 Commentaire

Nddl: communiqué des organisateurs de la manifestation anti-aéroport du 22 février

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La manifestation d’aujourd’hui a connu une mobilisation inégalée.

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520 tracteurs, venus de tous les départements limitrophes ont été comptés, deux fois plus que le 24 mars 2012 à Nantes. Cela marque une implication massive du monde paysan. Les tracteurs vigilants sont prêts à intervenir sur la zad.

Il y avait 63 bus venus de toutes les régions de France, deux fois plus encore que lors de la chaîne humaine. C’est le signe d’une mobilisation nationale et de la connection entre Notre Dame des Landes et d’autres luttes contre les grands projets inutiles et imposés.

Il y avait entre 50 et 60 000 personnes, plus encore que lors de la manifestation de réoccu- pation du 17 novembre 2012. Il s’agit de la plus grosse mobilisation du mouvement. Le défilé a été festif, créatif et déterminé, avec des batukadas, salamandres, tritons géants, masques d’animaux marquant le refus de la destruction des espèces protégées et des mesures dites de compensation. Des prises de paroles et animations ont eu lieu jusqu’à 18h square Daviais.

La préfecture avait choisit de mettre Nantes en état de siège et de nous empêcher d’être visible dans le centre ville. C’est la première fois qu’on interdit à une manifestation d’emprunter le Cours des 50 Otages. Une partie du cortège est passée par l’île Beaulieu. Une autre a essayé de passer par le trajet initialement prévu et a fait face à une répression policière violente avec tir de flashball, gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes. Cela n’a pas empêché les manifestants de rester en masse dans les rues de Nantes jusqu’à la fin.

Il existe différentes manières de s’exprimer dans ce mouvement. Le gouvernement est sourd à la contestation anti-aéroport, il n’est pas étonnant qu’une certaine colère s’exprime. Que pourrait-il se passer en cas de nouvelle intervention sur la zad ?

Cette journée est un succès et les différentes composantes de la lutte restent unies sur le terrain. L’opposition ne fait que croître depuis 30 ans. Le gouvernement n’a pas d’autre choix que d’abandonner le projet d’aéroport !

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23 février 2014 ~ 0 Commentaire

Mobilisation massive et populaire pour dire non à l’aéroport (npa 44)

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Samedi, à Nantes un pas de plus a été franchit dans la construction du rapport de force pour faire céder Vinci et le gouvernement.

La manifestation contre l’aéroport a été un véritable succès. Environ 40 000 personnes sont venues de toute la France pour dire non à un projet inutile socialement, dévoreur de fonds publics, dévastateur de biodiversité et destructeur de terres agricoles. Un projet dont le seul but est de satisfaire les appétits de la multinationale Vinci. Comme lors de toutes les batailles précédentes, les militant-e-s du NPA et leurs porte-paroles, Christine Poupin et Philippe Poutou se sont mobilisés.

En bloquant l’accès au centre ville et en tentant de diviser le cortège l’État a fait le choix de mettre Nantes en état de siège. Les forces policières se sont livrées à des violences inouïes : tirs de flash ball et de grenades lacrymogènes parfois à bout portant, jets de grenades assourdissantes, canons à eau et matraquages. Le choix de cette stratégie révèle en réalité la peur du gouvernement face à un mouvement déterminé à ne rien lâcher.

Plus que jamais, jusqu’à l’abandon total du projet, le mouvement doit rester uni et solidaire face à la répression et à la division organisée par l’Etat et le gouvernement Ayrault. Nantes, le 23 février 2014

 

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22 février 2014 ~ 0 Commentaire

Écologie: hollande n’en finit pas de reculer

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Alors que la crise climatique impose de s’engager sans tarder sur la voie de la sobriété énergétique, des économies d’énergie et de la réduction de la dépendance aux énergies fossiles, le gouvernement PS-EÉLV a reporté le vote de la loi de programmation sur la transition énergétique, bafouant ainsi les engagements pris en 2012, les mois de discussions et le rapport qui n’était pourtant qu’une synthèse des débats.

Une loi ajournée donc, et aucune date de conseil des ministres n’est fixée. Ce désengagement se nourrit et alimente d’autres reculs.

Nucléaire
Ainsi, l’objectif de réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité risque d’être  repoussé à 2028. De même, l’éventuel remplacement de centrales actuelles par des EPR dits de 3e et 4e génération montre la volonté du gouvernement de poursuivre la filière nucléaire ainsi confirmée. D’autant que la loi sur la transition énergétique est repoussée.

Gaz de schiste
L’offensive reprend de plus belle avec le retour en force de l’illusion d’une « exploitation propre » grâce à l’heptafluoropropane (dérivé fluoré non inflammable du propane ) qui permettrait d’utiliser peu d’eau et de produits chimiques. Mirage total propagé par Montebourg et Fabius qui, au passage, est un des trois ministres organisateurs de la conférence sur le climat à Paris en 2015. Ça promet ! Encore en phase d’expérimentation, la fracturation à l’heptafluoropropane est la solution que Montebourg défend pour exploiter en France les gaz et pétrole de schiste, selon le Canard Enchaîné du 29 janvier. Le potentiel de cette technique reste à démontrer. Comme le propane, il est « onéreux » ce qui pourrait rendre l’exploitation non rentable. Il n’est pas non plus sans danger pour le climat, puisqu’en raison du fluor contenu, il compte déjà pour 0,05 % des émissions totales de gaz à effet de serre.

OGM
La commission européenne est sur le point d’accorder le permis de culture du maïs transgénique de Pioneer (TC 1507), alors même qu’une majorité d’États (19 sur 28) ont voté contre cette autorisation le 11 février. Même si Martin et 11 autres ministres européens de l’écologie ont écrit à la commission de ne pas donner cette autorisation, on imagine déjà comment la commission, qui tient avant tout à donner des gages de bonne conduite dans le cadre du traité de libre-échange entre les États-Unis et l’Europe (TAFTA), va traiter leur demande… Que fera le Parlement français bientôt en vacances à cause des municipales ? Que fera le gouvernement PS-EÉLV si la commission européenne passe en force ?

Marche arrière toute !
Quand la marche arrière est enclenchée, pourquoi freiner ? Pour donner vie à ses convictions écologiques ? Rien que de l’écrire, ça fait rire ! Pour respecter l’accord électoral passé avec EÉLV ? Pourquoi Hollande respecterait-il davantage les engagements de cet accord que les promesses faites pendant la campagne présidentielle ? On se souvient comment la finance, cette tueuse d’emplois insatiable et invisible, allait souffrir et rendre gorge grâce à l’implacable gouvernance socialiste. On connaît aujourd’hui le résultat : les patrons sont gavés à coups de millions pris dans la poche des salariéEs et sur les budgets publics. Comment être étonné ou choqué par ces reculs attendus sur le terrain de l’écologie ? Hebdo L’Anticapitaliste – 230 (20/02/2014)

CorrespondantEs commission nationale écologie

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21 février 2014 ~ 0 Commentaire

La grande bouffe

La grande bouffe

Le Président et le Premier ministre ont invité trente chefs d’entreprises étrangères à dîner dimanche 16 et lundi 17 février, afin de leur présenter les mesures prises par le gouvernement pour « simplifier » la vie des entreprises…
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On aura compris qu’il s’agit d’une série de cadeaux au patronat. En entrée, le premier cadeau est le cortège de crédits d’impôts. Ayrault a expliqué : « tout ce que nous faisons sur la compétitivité, sur la simplification, sur l’amélioration de l’environnement réglementaire et fiscal ». Des largesses pour les plus riches alors que les impôts augmentent pour les plus pauvres et que le gouvernement projette de geler complètement les salaires des fonctionnaires.
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« L’amélioration de l’environnement réglementaire », c’est aussi la casse du code du travail, entre les accords compétitivité-emploi et l’attaque contre l’inspection du travail.
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En plat principal, le deuxième cadeau est la réduction des cotisations sociales des patrons, avec le Pacte de confiance. Hollande a déclaré : « Nous avons réduit les cotisations pesant sur le travail que paient les entreprises pour les aider à restaurer leurs marges, pour embaucher et pour investir ».
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Résultat : cela fait des années que les cotisations des patrons sont baissées, que leurs marges augmentent bien… mais que nos poches sont vides, que le chômage augmente toujours et que la Sécu agonise.
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Enfin, le dessert, raffiné, est la « simplification » des démarches pour que les « hommes d’affaires » obtiennent des visas, en quelques jours seulement. Hubert Védrine, de son côté, préconise, comme Sarkozy souhaitait le faire, de faciliter l’immigration des étudiants les plus qualifiés. Alors que Valls se félicite de ses succès en terme d’expulsion des sans-papiers, il s’agit d’une abjecte politique coloniale qui consiste à absorber les « cerveaux » et les financements étrangers, tout en virant les pauvres.
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Le digestif était un indécent cirage de pompes quand Hollande et Ayrault ont déclaré être « heureux de partager avec vous et de discuter de la richesse de vos expériences ».
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Refusons d’être les invités de ce « dîner de cons » en votant pour les listes présentées et soutenues par le NPA aux municipales et en construisant une manifestation nationale d’opposition au gouvernement le week-end des 12 et 13 avril.

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21 février 2014 ~ 0 Commentaire

Hollande aux USA

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Obama, Gattaz et le pigeon…

Tout au long de sa visite aux USA, Hollande a affiché son bonheur de côtoyer le président de la première puissance mondiale. Il y était sans première dame mais empressé auprès du nouvel élu de son cœur, Gattaz, lui aussi président mais du Medef, et comblé du plaisir de se mettre dans son rôle d’ami des patrons, des riches et des puissants.

La finance a enfin un visage dont Hollande devient, de toute évidence, de plus en plus familier… Une véritable mise en scène diplomatique. L’empressement, certes amusé voire condescendant, mis par Obama pour accueillir cet inconnu de la population américaine qu’est le french president, a de quoi étonner, mais il est symptomatique des difficultés que connaît la politique étrangère américaine, ainsi que de celle que mène la France à son égard.

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Tant sur le plan économique que sur le plan des rapports de forces internationaux, la domination des USA est contestée par l’émergence de nouvelles puissances, principalement de la Chine. D’où la volonté étatsunienne d’associer d’autres puissances à la défense de sa domination sur le monde, en particulier les puissances européennes. Face à l’Allemagne peu empressée à faire le boulot de gendarme, la France, elle, s’active avec zèle. Sarkozy avait donné le signal en réintégrant le haut commandement de l’Otan et l’intervention en Libye. Hollande accentue cette politique, cher- chant à profiter des difficultés des USA pour jouer son propre jeu en Afrique et au Moyen-Orient. Selon Obama et Hollande, « une alliance transformée »…

Offensive militariste et libérale Cette offensive militariste s’accompagne d’une offensive libérale sur le plan des échanges et du commerce avec l’Europe, offensive dont Hollande se fait, là encore, le champion. L’incident diplomatique provoqué par les pratiques de l’agence de renseignement NSA, révélées par Edward Snowden en 2013, pèse peu au regard des intérêts des amis de la finance et des multinationales.

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Hollande demande l’accélération de la mise en place de l’accord de libre-échange trans­atlantique en négociation. Le futur traité devrait contrebalancer les ravages provoqués par les politiques d’austérité. Ce sera tout le contraire, car ce sont bien les politiques soumises à la course à la rentabilité financière des grands groupes financiers et industriels qui alimentent la crise.

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« Des preuves d’amour »… Hollande a multiplié les gestes à l’égard des patrons français ou américains, sans oublier le FMI… Sans rire, Fleur Pellerin, ministre déléguée à l’Économie numé- rique, a parlé de « preuves d’amour » aux entrepreneurs, à propos de la visite à la Silicon Valley en Californie, et de l’accolade chaleureuse entre Hollande et le leader des prétendus « Pigeons ». Hollande s’est tout aussi chaleureusement félicité d’être accompagné par le patron du Medef qui, pourtant, avait ridiculisé le pacte de responsabilité en annonçant qu’il n’y aurait pas de contreparties dans les discussions. Mais, quand on aime, on n’est pas rancunier…

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« Venez en France ! » a-t-il lancé aux dirigeants de l’économie numérique américaine, après avoir énuméré une série de futurs cadeaux pour donner le moral aux patrons… C’est ce que Fleur Pellerin appelle « la pédagogie du risque» !

Hebdo L’Anticapitaliste – 230 (20/02/2014) Yvan Lemaitre

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