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16 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Défendre et juger sur le tarmac (Libération)

Défendre et juger sur le tarmac (Libération) dans Hollandie fcpe_avion-mini

Au mois de septembre sera inaugurée une annexe du Tribunal de grande instance (TGI) de Bobigny au bord des pistes de l’aéroport de Roissy.

Pourquoi ce lieu incongru pour rendre la justice ? Parce que cet aéroport recèle le plus important lieu de détention d’étrangers (une «zone d’attente» dite Zapi) dans lequel sont enfermés, chaque année, des milliers de personnes (8 541 étrangers ont été placés en zone d’attente en 2011 dont près de 80 % à Roissy) empêchées d’entrer en France, parfois arbitrairement, par la Police aux frontières (PAF). La durée de cet enfermement est de quatre jours et peut être prolongée, à la seule demande de la PAF, par un juge judiciaire, le Juge des libertés et de la détention (JLD).

Faut-il s’en inquiéter pour la justice de notre pays ? Non, répondent, complices, les ministères de l’Intérieur et de la Justice. D’autant moins que cette «délocalisation» a été prévue de longue date par notre législateur et validée, sous réserves, par le Conseil constitutionnel. Non, puisque sera ainsi respectée, dit-on, la dignité du justiciable, que la PAF ne sera plus obligée de transférer en fourgon de sa «geôle» de Roissy au TGI de Bobigny. Non, argue-t-on, car il s’agit de bonne administration de la justice, alliée à des considérations d’efficacité puisque les effectifs de la PAF ne seront plus occupés qu’à la lutte contre les trafics de main-d’œuvre étrangère.

Ces justifications relèvent de la mystification. Car l’indignité du transfert de Roissy à Bobigny – que rien n’interdirait d’humaniser – trouve sa source dans le principe même d’un enfermement dans le quasi secret et l’indifférence générale. Car le transfert d’avocats, de greffiers et de magistrats pour défendre et juger dans des locaux dépendant du ministère de l’Intérieur, constitue une atteinte à l’indépendance de la justice. Ce n’est pas la première fois que la justice tente de se «délocaliser» pour de fausses bonnes raisons. Les salles d’audiences des centres de rétention des étrangers du Canet et de Cornebarrieu ont d’ailleurs été fermées à la suite de la censure de la Cour de cassation.

Mais alors, pourquoi revenir à la charge, avec cette salle d’audience aéroportuaire ? Depuis le milieu des années 90, les ministères de l’Intérieur successifs font pression pour que ces audiences soient organisées à Roissy. Un premier local avait été aménagé à l’intérieur même de la Zapi mais était resté à l’abandon, tous les acteurs du monde judiciaire s’étant élevés contre cette délocalisation. En octobre 2010, un appel d’offres était lancé pour l’extension des locaux préexistants avec une seconde salle d’audience et un accueil du public, pour 2,3 millions d’euros. De toute évidence, le cahier des charges de ce marché était empreint de l’étude attentive des décisions de la Cour de cassation et du Conseil constitutionnel.

A quelques mois de cette inauguration où en sommes-nous ? Le principe fondamental de la publicité des débats, condition absolue de l’indépendance et de l’impartialité de la justice, ne sera pas respecté compte tenu de l’éloignement de la salle d’audience et de son isolement dans la zone aéroportuaire sans, quasiment, aucun transport en commun. Les tribunaux doivent être accessibles aux proches du justiciable, mais aussi au citoyen qui veut voir la justice de son pays ou au collégien qui vient découvrir ses métiers. Les procès de Roissy ne verront ni citoyens ni collégiens. Par ailleurs, le juge des libertés et de la détention et l’avocat seront isolés, à l’écart de leurs collègues, et sous la pression constante de la police, chargée à la fois de gérer la Zapi et de saisir le juge.

Situé dans l’enceinte barbelée de la zone d’attente et au rez-de-chaussée même du bâtiment dans lequel sont enfermés les étrangers, rien ne sépare le futur «tribunal de Roissy» de cette «prison», si ce n’est une porte blindée. Comment avoir confiance en l’impartialité d’une justice implantée dans le lieu même où l’on enferme ? En réalité, cette annexe n’aura, de justice, que l’apparence puisqu’il ne sera rendu de décisions qu’à l’égard d’une seule catégorie de personnes – des étrangers – à la demande d’une seule et même partie – la Police aux frontières – poursuivant inlassablement l’unique objectif de leur enfermement. Ainsi, le rêveinachevé du précédent gouvernement d’intégrer le juge dans une gestion performative des lieux où la France enferme ceux qu’elle entend refouler ou expulser est-il en passe d’être réalisé par des ministres apparemment déterminés à inaugurer ces tribunaux d’exception. Est-il trop tard pour les en dissuader ?

5 juin 2013 à 19:06 Par des magistrats et des militants pour les droits de l’homme 

Signataires : Stéphane Maugendre Président du Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti), Françoise Martres Présidente du Syndicat de la magistrature, Flor Tercero Présidente de Avocats pour la défense des droits des étrangers (Adde), Pierre Tartakowsky Président de la Ligue des droits de l’homme (LDH), Patrick Peugeot Président de la Cimade, Anne Baux Présidente de l’Union syndicale des magistrats administratifs (Usma), Jean-Jacques Gandini Président du Syndicat des avocats de France (SAF), Bernadette Hétier Coprésidente du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Didier Ménard Président du Syndicat de la médecine générale (SMG), Anne Perraut-Soliveres Directrice de la rédaction de la revue «Pratiques», François Picart Président de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat), Didier Fassin Président du Comité médical pour les exilés (Comede), Jean-Eric Malabre Coprésident de l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé), Claude Peschanski Présidente de l’Observatoire citoyen du Centre de rétention administrative de Palaiseau.

http://www.liberation.fr/societe/2013/06/05/defendre-et-juger-sur-le-tarmac_908572

Pétition:  http://www.avaaz.org/fr/petition/Defendre_et_juger_sur_le_tarmac_stop_a_la_delocalisation_des_audiences/?tERNqeb

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14 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Retraites : une déclaration de guerre

Retraites : une déclaration de guerre  dans Hollandie lolo-parisot

Les choses sont claires : avec le rapport Moreau le gouvernement prépare une réforme qui, quelles qu’en soient les modalités tech- niques, se soldera par une baisse des retraites versées par les régimes des salariéEs du privé et du public.

Donc, une baisse du pouvoir d’achat des retraités… à l’exception de ceux qui pourront se tourner vers les formes privées de placement (et qui bénéficient pour cela d’exonérations fiscales). Cette réforme, les marchés financiers, la Commission européenne et le Medef l’exigent… et le gouvernement exécute. Comme le dit Jean-Marc Ayrault, « il n’y a pas de surprise, la France va respecter ses engagements ». La façon dont cette nouvelle contre-réforme est engagée constitue une leçon de choses. Après un inventaire commun au Conseil d’orientation des retraites (qui regroupe experts, administrations et pré- tendus « partenaires sociaux »), un rapport a été commandé à un collège d’experts en orientant par avance leur réponse… Comme le dit le quotidien financier les Échos du 5 juin : « Le rapport Moreau sur les retraites tape fort. Le gouvernement en a besoin. Il dramatise, prépare les esprits à l’effort de tous et distille ce qu’il faut de craintes pour donner un air de relative douceur au projet qui sera finalement arrêté. » Il s’agit de donner quelque crédibilité à la pseudo-concertation qui va s’engager à la conférence sociale des 20 et 21 juin.

Fuites organisées
Pour tester les réactions des uns et des autres, des fuites ont été organisés dans la presse avant la remise officielle du rapport le 14 juin. Elles permettent donc de connaître par avance les propositions du rapport : allongement de la durée pour une retraite à taux plein (soit par la hausse de l’âge légal, soit par l’augmentation de la durée de cotisations) ; refonte du mode de calcul de la retraite des fonctionnaires (période prise en compte pour le calcul de la pen- sion) ; augmentation des retraites inférieure à celle des prix ; hausse des impôts sur les retraites ; et pour donner du « grain à moudre » aux syndicats, il y aurait quelques miettes liées à la pénibilité et l’intégration de primes pour les fonctionnaires… Les réactions syndicales sont bien en-deçà de ce qui serait nécessaire. La CGT a certes déclaré que le rapport est « ouvert aux idées du Medef ». C’est le moins qu’on puisse dire ! Jean-Marc Canon, des fonctionnaires CGT, a fait une déclaration plus dure : « Si jamais l’hypothèse qui est évoquée de changer le calcul sur les six derniers mois est retenue, (…) pour la CGT, c’est clairement un casus belli irrémédiable (…) Toucher à ce mode de calcul serait une déclaration de guerre avec le gouvernement sur le sujet des retraites ». Bien, mais c’est l’ensemble du rapport qui constitue une déclaration de guerre ! Le pouvoir va essayer de diviser privé et public, il ne faut pas tomber dans ce piège, et surtout, il importe de préparer dès maintenant des mobilisations à la hauteur de l’enjeu.

Imposer nos choix
Quelques points devraient faire l’accord de tous ceux qui veulent préparer la riposte. D’abord que la retraite est un droit : des cotisations sur les salaires ont été versées lors des périodes de travail. Ceux qui ont connu chômage ou maladie, qui ont eu des enfants ne doivent pas être pénalisés et la société doit assu- rer un niveau de vie satisfaisant à toutes les personnes âgées. Ensuite qu’augmenter le nombre des trimestres ou l’âge de la retraite à taux plein, c’est péna- liser d’abord ceux qui font des travaux pénibles et les femmes. C’est ce qui s’est passé avec les réformes antérieures, depuis Balladur en 1993. Globalement, allonger la durée des cotisations, va multiplier les retraites incomplètes et donc faire baisser les pensions. Enfin que gouvernement et patronat distillent un discours qui vise à répandre la peur. Le système de retraite souffre d’une insuffisance de financement, mais n’est pas au bord de l’effondrement, même si la crise capitaliste, le blocage des embauches en accroissent le déficit. Le déficit 2011 est de 14 milliards d’euros (à comparer aux 20 milliards que le gouver- nement vient d’accorder aux entreprises avec le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi). D’après les prévisions officielles, il devrait passer à 20 milliards en 2020 et revenir à l’équilibre en 2040. Les rapports d’experts visent à faire croire que les choix sont techniques. En réalité, le choix de l’âge de la retraite à taux plein, du nombre de trimestres nécessaires pour avoir une retraite pleine et des modes de financement sont d’abord des choix politiques et sociaux. C’est une question de partage des richesses, et donc de rapport de forces. Il n’y a donc aucune raison de réviser en baisse les revendications de base : 37, 5 annuités, retraite à taux plein à 60 ans, hausse des cotisations patronales pour financer le déficit.

Henri Wilno Jeudi 13 juin 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 199 (13/06/13)

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13 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Retraites du public et du privé : l’égalité dans la baisse ? (LO)

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Le rapport Moreau sur les retraites, qui doit être rendu le 14 juin, prétend mettre fin aux différences de calcul entre public et privé.

Tel que le rapport le présente et que la presse l’a repris, l’inégalité viendrait du fait que la retraite est calculée dans le public sur le salaire des six derniers mois, tandis qu’il s’agit du salaire moyen des vingt-cinq meilleures années dans le privé. Cette présentation est tendancieuse. D’abord, dans le privé il ne s’agit que du calcul de la pension de retraite de la Sécurité sociale, sur la base de 50 % au maximum de ce salaire moyen. Il s’y ajoute généralement, pour 85 % des hommes et 75 % des femmes, une retraite complémentaire, qui représente plus de 20 % du dernier salaire. Dans le public, il n’y a pas de complé-mentaire et le calcul est fait en une seule fois. En ne prenant que les six derniers mois d’une part, les vingt-cinq meilleures années d’autre part, on compare donc des choses qui n’ont rien à voir. De plus, la pension des salariés du public est calculée sur la base d’un salaire hors primes, alors que celles-ci peuvent représenter plus de 10 % du salaire.

Le résultat est que, tout compris, les salariés du public et du privé touchent grosso modo la même somme, si on la rapporte au dernier salaire. Lorsqu’un salarié touche en fin de carrière 2 000 euros (si on prend la moyenne de ses cinq dernières années), il aura une retraite de 1 576 euros dans le privé et 1 574 euros dans le public. Ce sont là les chiffres très officiels de l’étude « Solidarité santé » de la Direction des statistiques du ministère de la Santé, parue en novembre 2012, reprise par le COR, le Conseil d’orientation des retraites, et comment voir là une inégalité ? Le gouvernement se cache derrière des « experts » pour habiller ses attaques. Les calculs censés démontrer une prétendue inégalité sont faux, mais de nombreux journalistes répè- tent ces bobards, pour conditionner l’opinion publique en montrant du doigt les salariés du public. Mais abaisser les uns ne fait jamais remonter les autres. Public ou privé, tous doivent se préparer à défendre leurs retraites et leur niveau de vie, et le faire ensemble serait le mieux. Alain LECAIRE 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2341&id=2

Retraites : la mascarade de la Conférence sociale (LO)

C’est vendredi 14 juin que Yannick Moreau, l’ancienne présidente du Conseil d’orientation des retraites, doit remettre au Premier ministre son rapport sur les « pistes » que devrait emprunter la prochaine réforme des retraites. Mais, en attendant, le chemin est déjà tout tracé, en vertu de ce qui est désormais une rengaine : « Puisqu’on vit plus vieux, il faut travailler plus longtemps. »

Les commentateurs distillent les mesures que le gouvernement pourrait prendre : allongement de la durée de cotisation, augmentation de l’âge légal de départ, désindexation du montant des pensions par rapport à l’inflation, hausse de la CSG, suppression de l’abattement de 10 % pour le calcul de l’impôt des retraités, etc. L’idée étant d’essayer de faire croire que, quelle que soit la méthode, la nouvelle attaque contre les retraites est inéluctable, qu’on ne peut pas y échapper et que ce sont les salariés qui doivent payer. À cette campagne sur la nécessité de la réforme, qui reprend les mêmes arguments que ceux de la droite en son temps lors des réformes de 2003 et 2010, s’en ajoute une autre, « de gauche ». Elle consiste à faire croire que c’est au nom de la « justice » et en vertu de « l’équité » que les nouvelles attaques se préparent. Ainsi, ce serait au nom de l’égalité des règles entre public et privé que se préparerait pour les salariés de la fonction publique un nouveau mode de calcul qui fera baisser le montant de leur pension.

Les arguments sont donc prêts pour la Conférence sociale des 20 et 21 juin, pour ce « dialogue »si cher au gouvernement socialiste entre patronat et con- fédérations syndicales sous l’égide du président de la République et du Premier ministre. La même manœuvre est donc annoncée que lors de la conférence qui, en 2012, a permis, après « dialogue » entre patronat et syndicats, le vote de la loi dite de sécurisation de l’emploi, qui a généralisé la précarité et la flexibilité du travail. Le calendrier est même fixé. Le gouvernement a promis aux syndicats de leur donner un texte de proposition de loi de réforme à la fin du mois d’août, puis que la loi serait présentée en Conseil des ministres au mois de septembre, afin qu’elle puisse être votée par le Parlement avant la fin de l’année.

Les confédérations syndicales acceptent toutes de participer à la mascarade de la Conférence sociale. Tout juste l’intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaires, CFTC et CFE-CGC de la fonction publique proteste-t-elle en disant qu’elle n’acceptera aucun recul et promet pour cela une journée de grève en… octobre ! Il faut s’en souvenir : quand en 1995 Juppé a tenté de s’attaquer à la retraite des fonctionnaires, ce n’est pas le « dialogue » qui l’a contraint à mettre son projet dans sa poche, mais la riposte des travailleurs par la grève et de puissantes manifestations. C’est une telle riposte, un tel mouvement général qu’il faut préparer. Sophie GARGAN

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2341&id=3

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11 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Réforme ferroviaire : la casse programmée

Réforme ferroviaire : la casse programmée dans Hollandie la_bataille_du_rail2

Le 30 octobre 2012, le ministre délégué aux Transports, Frédéric Cuvillier, dévoilait à l’occasion des 75 ans de la SNCF les grandes lignes de la réforme du ferroviaire voulue par le gouvernement socialiste.

Annonçant la dissolution de RFF, il prétend chercher à « réunir la grande famille cheminote sous un même toit ». Une manière cynique de présenter une réforme qui vise à démanteler la SNCF et à attaquer les conditions de travail des cheminots. La volonté de réformer le système ferroviaire français n’est pas nouvelle. La création de Réseau ferré de France (RFF) en 1997, sous le gouvernement Jospin, était censée répondre à deux exigences : absorber la dette du système ferroviaire français et séparer la propriété et la gestion du réseau ferroviaire de l’exploitant historique (la SNCF). Mais depuis, la dette du système ferroviaire s’est considérablement creusée et RFF n’est restée qu’une coquille vide qui délègue la gestion du réseau à la SNCF. C’est cette équation que prétend résoudre la réforme, se plaçant dans la continuité des Assises du ferroviaire, initiées sous Sarkozy en 2011. Elle s’inscrit dans le processus de libéralisation du rail qui s’opère depuis les années 1990 à l’échelle de l’Union européenne et qui tend à mettre fin aux monopoles des opérateurs ferro- viaires nationaux publics. Le processus est largement entamé : le transport ferroviaire de marchandises a été ouvert à la concurrence en 2006, le transport international de voyageurs en 2009.

L’actuelle réforme vise à approfondir la libéralisation du rail. Avec pour objectif le retour d’opérateurs privés sur les segments du ferroviaire susceptibles de dégager des bénéfices… en laissant à la charge de l’État les segments les plus coûteux, dont l’entretien et la gestion du réseau. Pour cela, les préconisations des rapports Auxiette et Bianco, récemment commandés par le gouvernement, s’articulent autour de deux points : l’éclatement de la SNCF et la mise en place d’un cadre social harmonisé, d’une convention collective commune à tous les travailleurs du rail.

S’adapter à la mise en concurrence. L’un des axes majeurs de la réforme consiste en la création d’un Gestionnaire d’infrastructure unifié (GIU) réu- nissant RFF et une partie de la SNCF. Présentée comme un retour de RFF au sein de la SNCF, cette mesure organiserait en fait l’éclatement de la SNCF. D’une entreprise unique réunissant l’ensemble des cheminots du public sans distinction d’activité, on passerait à trois entreprises, encore publiques mais séparées :

- Le GIU qui comprendrait donc RFF, ainsi que les 14 000 aiguilleurs et les 35 000 agents qui entretiennent les voies, soit un total de plus de 50 000 cheminots. Ce GIU serait le propriétaire des 30 000 km de voies du réseau ferré national mais hériterait également des 32 milliards d’euros de la dette du ferroviaire. Il aurait pour rôle la gestion et l’entretien des voies ainsi que l’attribution des sillons horaires.

- La SNCF rassemblant les 100 000 cheminots restants.

- Une troisième entreprise qui serait une holding, donneur d’ordre des deux précédentes, concentrant les directions RH (personnel) et Stratégie de la SNCF.

Il s’agit, d’une part, de séparer la gestion de l’infrastructure du reste de la SNCF pour garantir une concurrence « libre et non faussée » aux nouveaux concurrents privées, d’autre part, de concentrer l’ensemble des activités non rentables et nécessitant des investissements publics importants (travaux…) dans le GIU. Enfin, l’opération devrait permettre d’ouvrir plus encore la porte à l’externalisation de certains services.

Organiser la baisse du coût du travail. Si le démantèlement de l’entreprise publique est présenté comme un préalable à l’ouverture à la concurrence, la réforme ne se limite pas à ce seul aspect. Le gouvernement veut l’accompagner d’une attaque en règle contre la réglementation du travail des cheminots. Aujourd’hui, les statuts des cheminots sont multiples. Au sein de la SNCF tout d’abord, où les cheminots ne dépendent pas tous du même statut. L’accès au régime spécial de retraite et au statut cheminot est restreint aux salariés embauchés avant leurs 30 ans et de nationalité européenne. Entre salariés de la SNCF, il existe donc déjà des différences de déroulement de carrière, de couverture médicale, de retraite comme de primes. Mais tous sont soumis à une réglementation commune en matière d’organisation du travail : le RH 0077 (qui fixe les amplitudes horaires maximum, les temps de repos, etc.). Les sa- lariés des opérateurs privés dépendent quant à eux du régime général en matière de retraite et d’une convention collective. Entre le RH 0077 et cette convention collective, il y a de grandes différences : le nombre de repos annuel est de 122 à la SNCF contre 104 dans le privé, l’amplitude maximale des heures de travail y est de 13 heures contre 11 heures à la SNCF, les plannings de travail sont programmés une semaine à l’avance contre six mois à la SNCF… Le gouvernement et le patronat du ferroviaire, direction de la SNCF en tête, prétendent mettre fin à cette situation en imposant un « cadre social harmonisé », autrement dit une nouvelle convention collective commune à tous les cheminots. Cependant, la seule harmonisation envisagée est celle qui se fera par le bas, en alignant les conditions de travail des 150 000 cheminots du public sur celles des 3 000 cheminots du privé, plutôt que le contraire. Tout cela se fait sous prétexte de la baisse du coût du travail, du chantage à la compétitivité. La SNCF agite le chiffon rouge du dumping social, de la concurrence déloyale et demande pour y faire face aux cheminots de « faire des efforts » et d’accepter des reculs.

Le groupe SNCF et la libéralisation du rail. Néanmoins, l’image de l’entreprise publique, soucieuse de prodiguer un service de qualité aux usagers, livrée aux griffes du privé fait long feu. Le « groupe SNCF » fait partie des premiers groupes industriels logistiques au monde. Pas moins de 923 filiales de droit privé viennent se rajouter à l’EPIC (Établissement public à caractère industriel et commercial) SNCF pour former ce groupe. Avec un chiffre d’affaires de 34 milliards d’euros, une implantation dans 120 pays et près de 235 000 salariés à son service, le groupe SNCF ne se distingue pas des autres trusts et place la maximisation de ses profits en tête de ses préoccupations. En France, par le biais de ses filiales Geodis et Geodis Calberson, le groupe SNCF est le premier transporteur routier. Depuis l’ouverture à la concurrence du fret ferroviaire en 2006, c’est une autre filiale du groupe, VFLI, qui occupe la deuxième place d’opérateur privé de fret ferroviaire. La mise en concurrence entre travailleurs du rail est donc largement organisée par la SNCF elle-même, par le biais de ses propres filiales. Les salariés y sont régis par des conventions collectives moins favorables que la réglementation du travail des cheminots de l’EPIC SNCF. Le groupe SNCF utilise déjà ces distorsions pour raboter les conditions de travail des cheminots, comme dans n’importe quelle entreprise privée. C’est dans cette optique que la direction de la SNCF veut actuellement « réformer ». Il s’agit de réduire le coût du travail et de libéraliser plus encore le chemin de fer. C’est une attaque majeure et frontale contre les conditions de vie, de travail et de rémunération des cheminots.

Construire la riposte. Le gouvernement et les patrons du rail comptent sur le poids des reculs des années passées, sur la division et la concurrence déjà organisées entre les cheminots, ainsi que sur l’intégration des directions syndicales aux négociations, pour écarter le spectre d’une mobilisation contre la réforme. Il s’agit de leur opposer la perspective d’une mobilisation de l’ensemble des travailleurs du secteur ferroviaire en mettant en avant des revendications susceptibles de les unifier, quelle que soit leur entreprise. La réglementation du travail en vigueur dans l’EPIC SNCF – le RH077 – doit servir de base minimale, largement améliorable du reste, pour tous les cheminots travaillant sur le réseau. Le statut en vigueur dans l’EPIC SNCF doit s’appliquer aux cheminots de toutes les entreprises, sans discrimination d’âge ou de nationalité. Rappelons que le statut des cheminots est antérieur à la création de la SNCF et a été le fruit de grèves, de luttes communes menées par des cheminots de différentes compagnies privées qui avaient su s’unir. Enfin, il s’agit de lutter contre l’éclatement de la SNCF et d’y opposer la dissolution de RFF et sa réintégration au sein de l’EPIC SNCF. Au-delà, se pose la question du retour à un monopole public ferroviaire. Alors qu’il existait encore il y a à peine sept ans, cette perspective a été abandonnée dans les faits par les directions syndicales cheminotes. Pourtant, la libéralisation conditionne toutes les autres attaques.

Historiquement, le monopole a été un choix de gestion du transport ferroviaire de la part de la bourgeoisie. La nationalisation du chemin de fer et son unification au sein de la SNCF sous la direction de l’Etat ont été décidées en 1937 pour pallier la faillite de la plupart des compagnies privées qui se partageaient le réseau. C’est bien sûr un tout autre sens que les révolutionnaires donnent à la revendication de monopole public du rail. Son but premier doit être de répondre aux besoins sociaux en matière de transport, accessible à tous et donc gratuit. Un besoin aussi essentiel que le transport doit être libéré des intérêts privés, ce qui suppose qu’il soit dégagé de la recherche de profits. Et pour être géré dans l’intérêt de ceux-là même qui l’utilisent, et dans le respect des intérêts de ceux qui y travaillent, il doit être placé sous le contrôle démocratique des cheminots et des usagers.

Lundi 10 juin 2013 Publié dans : Revue Tout est à nous ! 44 (juin 2013) Par Matthieu Delest, Axel Persson et Romain Soria 

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11 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Notre-Dame-des-Landes, projet d’aéroport: une communication à 490 000 € (OF)

Notre-Dame-des-Landes, projet d’aéroport: une communication à 490 000 € (OF) dans Hollandie riche-300x255

Afin de vendre le projet contesté, les collectivités auront dépensé 490 000 euros en un an

Le syndicat mixte aéroportuaire, qui accompagne le dossier de Notre-Dame-des-Landes, a encore besoin d’argent pour sa « politique d’information et de communication » sur le projet d’aéroport. Au début de l’année, il a dépensé 340 860 €. Et ne compte pas en rester là. Il prévoit encore d’engager 140 202 € pour des actions à venir d’ici la fin de l’année, peut-on lire dans une délibération récemment votée par la commission permanente du conseil général de Loire-Atlantique. En 2013, les dépenses en communication du projet atteindront ainsi 490 062 €. Le syndicat mixte vient de demander une rallonge de 240 000 € aux collectivités qui soutiennent le projet. La Région Pays de la Loire doit donc verser une contribution complémentaire de 84 000 €. La région Bretagne : 60 000 €. Le Département de Loire-Atlantique : 48 000 €. Nantes Métropole : 37 200 €. La Carene (Saint-Nazaire) : 6 000 €. Cap Atlantique (La Baule Guérande) : 4 800 €.

« En attendant, pratiquement toutes les demandes d’augmentation des subventions d’associations du secteur social ou sanitaire ont été refusées », grince Françoise Verchère, conseillère générale (Parti de gauche), et opposante au projet d’aéroport, à propos des subventions en Loire-Atlantique. Politique lundi 10 juin 2013

http://www.ouest-france.fr/region/bretagne_detail_-Projet-d-aeroport-de-Notre-Dame-des-Landes-une-communication-a-490-000-_40815-2201147_actu.Htm

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11 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Cahuzac. Les nouvelles accusations de Mediapart (LT)

Cahuzac. Les nouvelles accusations de Mediapart (LT) dans Hollandie la-verite-si-je-mens-262x300

Nouvelles révélations de Mediapart concernant Jérôme Cahuzac. Le site d’information affirme ce lundi que l’ancien ministre des finances aurait cherché à protéger en 2010 la banque HSBC soupçonnée de blanchiment de fraude fiscale. Son frère, Antoine Cahuzac, était alors l’un des dirigeants de la filiale française de l’établissement britannique. empty dans Hollandie

Jérôme Cahuzac a-t-il voulu protéger la banque de son frère en 2010 ? C’est ce qu’affirme Mediapart ce lundi. L’ancien ministre des finances aurait disposé d’informations concernant les activités illicites de la banque HSBC. A l’époque, il était président de la commission des finances de l’Assemblée nationale et aurait donc pu faire avancer l’enquête au niveau parlementaire.

Des informations transmises par Montebourg
C’est d’ailleurs ce que semblait espérer Arnaud Montebourg. Car, selon Mediapart, qui a travaillé sur ce dossier avec les équipes de l’émission Cash investigation, l’actuel ministre du redressement productif a transmis lui-même à Jérôme Cahuzac les éléments d’enquête concernant les suspicions de blanchiment de fraude fiscale et de démarchage illicite. Et ce dernier n’a rien entrepris.

Un frère haut placé
Pourquoi ? Le site d’information apporte un élément troublant. En 2010, le frère de Jérôme Cahuzac, Antoine Cahuzac, était l’un des dirigeants de la filiale française de HSBC. Il est même devenu devenu président du directoire de l’établissement en 2011. L’intégralité de l’enquête est à découvrir mardi soir dans l’émission Cash investigation. 10 juin 2013 à 12h09

http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/cahuzac-les-nouvelles-accusations-de-mediapart-10-06-2013-2132075.php

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10 juin 2013 ~ 0 Commentaire

AFASPA : Le changement, toujours pas pour maintenant (Ael)

AFASPA : Le changement, toujours pas pour maintenant (Ael) dans Altermondialisme imgscan-contrepoints-191-hollande-francafrique-282x300

Michèle Decaster, secrétaire générale de l’Afaspa (Association française d’amitié et de solidarité avec les peuples d’Afrique[1]) a répondu à nos questions. D’abord, commençons par une présentation de l’Afaspa…

L’Afaspa a été créée il y a 40 ans par des militants anticolonialistes et anti-impérialistes, historiens, avocats, syndicalistes, scientifiques… qui voulaient étendre le mouvement de solidarité internationale, qui s’exprimait à l’époque à l’égard du peuple vietnamien, au continent africain qui subissait l’apartheid et dénoncer les manœuvres des anciennes puissances coloniales pour préserver leurs domination politique et économique sur les jeunes Etats indépendants. Depuis, elle agit pour faire connaître, en France, les réalités historiques, sociales et sociétales africaines au travers de divers outils (sa revue trimestrielle Aujourd’hui l’Afrique, des expositions, son site Internet, des projections-débats, des conférences). Elle met en relation des collectivités locales, des comités d’entreprises, des associations, des syndicats, des professionnels, etc. avec les forces démocratiques et des animateurs du mouvement social sur le continent ; elle soutient les luttes d’émancipation des peuples africains et mène des campagnes de solidarité à partir de leurs revendications ; elle interpelle les institutions françaises et internationales sur leurs responsabilités à propos des mesures économiques qui obèrent le développement durable des pays, l’état de guerre permanent dans ceux dont le sous-sol regorge d’immenses richesses.

Le mois dernier s’est tenue votre assemblée générale, peux-tu nous en dire quelques mots ?

Nous avons discuté des enjeux économiques que représente l’Afrique au regard de la mondialisation capitaliste et des conséquences pour l’avenir du continent. A ce sujet nous avons analysé la stratégie de déstabilisation, de fragilisation des Etats et des sociétés qui s’est traduite par l’intervention franco-britannique en Libye, la situation que connaît aujourd’hui le Sahel et le développement de conflits dans les régions de richesses minières comme la RDC et la Centrafrique. Nous avons aussi débattu des accaparements de terres par des Etats et des multinationales pour l’agrobusiness (sols, sous-sol et accès à l’eau) qui auront des conséquences dramatiques sur l’avenir de la paysannerie africaine et l’alimentation de populations déjà confrontées à la spéculation sur les denrées. Un débat s’est instauré sur l’intervention de la Chine en Afrique : s’agit-il d’un impérialisme comme les autres ? C’est une question que nous allons approfondir et qui fera l’objet d’un dossier dans un prochain numéro d’Aujourd’hui l’Afrique. Nous avons discuté et enrichi le document d’orientation qui servira de base au plan de travail pour les mois à venir.

L’Afaspa était présente au FSM de Tunisie, quel bilan en tirez-vous ?

Huit membres de l’association ont participé à cette grande rencontre internationale des peuples qui se tenait dans une Tunisie à la croisée des chemins. Nous y avons organisé trois ateliers qui ont connu une bonne fréquentation : « Déstabiliser les Etats pour poursuivre le pillage des ressources » ; « les multinationales à l’assaut de l’Afrique », co-organisé avec l’Union syndicale Solidaires en partenariat avec les syndicalistes tunisiens de l’UGTT Télécom et le syndicat marocain des Télécom auquel ont participé des camarades de la CGT services et des syndicalistes sud-africains et le « Règlement des conflits en Afrique, quelle place et quels rôles pour les femmes » co-organisé avec le Mouvement de la paix et en partenariat avec une association de femmes du Sud-Kivu (RDC) et des Tunisiennes du Réseau Dynamique Femme & FSM. Nous avons aussi eu des discussions très intéressantes autour d’un point rencontre improvisé durant ces trois jours devant l’amphi de la fac de droit. Les uns et les autres de notre délégation ont assisté à des débats très riches. Ces forums sociaux sont des moments essentiels pour le développement de luttes communes que nous avons à mener ensemble, peuples du monde en butte aux prédateurs de la planète, qui n’ont que faire de l’humanité.

Quelle est votre position sur l’intervention française au Mali ?

Au Mali, la France aurait prétendument voulu stopper l’avancée de mouvances du même acabit que celles qu’elle soutenait en Libye, un an plus tôt… Nous avons été contre cette intervention, comme nous étions contre celle en Libye et toutes celles qui ont suivi les indépendances des pays d’Afrique, qui se chiffrent à 54 avec des durées plus ou moins longues – celle du Cameroun étant la guerre la plus longue : cinq ans avant l’indépendance et 10 ans après. Voilà des pyromanes qui se reconvertissent en pompiers et prétendent aux médailles de sauvetage ! Toutes les conditions d’affaiblissement de l’État malien ont été réunies au travers de mesures économiques prédatrices comme la dette, la dévaluation du franc CFA, les plans d’ajustements structurels, la mainmise sur une grande partie des réserves monétaires, la corruption. Les interventions militaires n’ont qu’un but : la maîtrise politique… L’insistance des dirigeants français pour faire des élections en juillet, alors que des dizaines de milliers de réfugiés ne pourront s’exprimer et qu’une partie du territoire n’est pas accessible aux institutions de l’État est bien significative : on se demande où est la souveraineté du peuple malien ? Cette intervention atteste que la présence militaire de la France en Afrique se renforce.

Plus généralement, quelle est votre appréciation sur la première année du gouvernement Hollande concernant les relations de la France avec l’Afrique ?

Il y a une grande continuité avec la politique précédente avec la même promesse de mettre un terme à la Françafrique. Le PS avait, en son temps, approuvé l’intervention en Libye et on ne l’a jamais entendu proposer de modifier les modalités des rapports économiques avec les anciennes colonies françaises… Il s’apprêtait à présenter l’ancien directeur du FMI pour le fauteuil présidentiel : c’est tout dire ! Dix jours après son élection, le nouveau président François Hollande a reçu le roi du Maroc venu frapper à sa porte pour s’assurer que la France continuerait bien à soutenir sa colonisation du Sahara occidental et peut-être aussi recommander un poste ministériel pour Najat Vallaud-Belkacem, qu’il avait nommée au sein du conseil de la communauté marocaine à l’étranger en 2007. Il est aujourd’hui rassuré sur les deux sujets. La réception rapide du quatuor de sous-traitants régionaux de la Françafrique, Bongo-Déby-Sassou-Biya, a valu à chacun de ceux-ci reconnaissance, réhabilitation et légitimation… Depuis, effectivement, les troupes tchadiennes étaient bien à l’œuvre au Mali et Déby lui-même vient de contribuer en mars dernier au changement de marionnette au pouvoir en Centrafrique (l’islamiste Djotodia à la place du chiraquo-débyen Bozizé) en vue de la mainmise sur le pétrole de la RCA. Décidément, le changement des relations entre la France et les Etats indépendants d’Afrique ce n’est toujours pas maintenant !

Propos recueillis par Paul Martial 10 juin 2013 par Michèle Decaster

[1] afaspa@wanadoo.fr / www.afaspa.com http://www.afriquesenlutte.org/

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09 juin 2013 ~ 0 Commentaire

PS FN : jouer avec le feu et se brûler

PS FN : jouer avec le feu et se brûler dans Antifascisme chat

Le Parti socialiste aurait-il aidé le Front national à gagner un siège de députéE dans le Vaucluse, en contribuant concrètement à faire élire la jeune candidate Marion Maréchal-Le Pen ? C’est la question soulevée par le magazine l’Express, la semaine dernière.
L’hebdomadaire avance quelques sources qui semblent crédibles, et d’autres qui le sont moins. Il prétend que le lundi 11 juin 2012, au lendemain du premier tour des élections législatives, deux militants du FN sont passés dans un local du PS à Carpentras, afin de se livrer à un deal. Si la candidate PS Catherine Arkilovitch (arrivée en troisième position dans la circonscription de Carpentras et peu éligible) se maintenait au second tour face à l’UMP et au FN, le FN se maintenait à son tour dans la cinquième circonscription voisine, favorisant le candidat socialiste Jean-François Lovisolo contre son adversaire de l’UMP.C’est un militant de la campagne de Lovisolo, pour le moment anonyme, ainsi que le socialiste Patrice Lorello, qui auraient raconté à l’Express les termes du deal. L’autre source citée, Martine Furioli (la candidate FN de la cinquième circonscription) apparaît nettement moins crédible.

Des tactiques dangereuses
Il n’est pas impossible que les choses se soient déroulées comme le prétend le magazine. On connaît le résultat des élections à Carpentras : au second tour, la candidate PS s’était bien maintenue face aux candidatures UMP et FN et Marion Maréchal-Le Pen a été élue.  Il y a depuis longtemps dans l’appareil du PS la tentation de considérer la montée du FN comme bénéfique en divisant la droite. François Mitterrand était déjà expert de ce genre de combinaisons tactiques… et dangereuses. De plus, l’UMP de Carpentras étant dominée par le courant de la « Droite populaire », pas très éloigné du FN sur certaines questions, le PS local a pu se montrer indifférent à trancher entre UMP et FN… Toujours est-il qu’aucune tactique cynique ne peut être de mise avec un parti comme le FN, lourd de dangers.
Bertold du Ryon Vendredi 7 juin 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 198 (06/06/13)

http://npa2009.org/node/37563

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09 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Bosch Rodez: président du chantage patronal

Bosch Rodez: président du chantage patronal  dans Crise dans_tes_reves-300x223

Hollande est allé à l’usine Bosch de Rodez le mercredi 29 mai.

Bosch est l’un des principaux groupes mondiaux d’équipement automobile et l’usine de Rodez a notamment été affectée par l’arrêt des commandes de Volskwagen. Sud y est majoritaire et après deux jours de grève cet hiver, un accord avait été signé entre la direction et les syndicats Sud, CGT, CFDT et CGC. Quelle aubaine pour Hollande, lui le promoteur de l’Accord national interprofessionnel (ANI).  L’accord signé dans l’usine est le résultat d’un chantage. Suppression de 112 emplois grâce à des mesures d’âge, de limitation de l’augmentation des salaires et de compteur temps personnalisé pour ajuster le volume de production aux commandes. Le responsable de Sud déclarait au moment de la signature : « il ne faut pas se voiler la face, c’est un accord de flexibilité. C’était ça ou perdre une fabrication, voire fermer l’usine »…

L’accord ? Pas d’accord !
Même si le contenu de l’accord est moins pire que chez Renault ou avec l’ANI, cet accord de renoncement dans une usine aux traditions combatives est bien la preuve qu’une action isolée à une seule entreprise ne permet pas de résister face au patronat. À un Hollande enfermant les salariés dans la soumission à de tels chantages, « Non Monsieur Hollande, cet accord n’est pas une fierté pour l’usine de Rodez ! » a écrit Sud la veille de la visite.
Les leçons de Dijon, en particulier des interpellations publiques subies par Hollande à cette occasion, ont été tirées par le gouvernement : arrivée en hélicoptère pour éviter tout contact imprévu, réunion cadrée avec ministres et délégations choisies, contrôle des ouvriers aux portiques type aéroports mis en place pour l’occasion… Il fallait de belles images : toute pollution visuelle devait être bannie… dixit les flics déguisés en ouvriers chargés de faire le ménage à l’entrée de l’usine. Les militants Sud de l’usine ont vu leurs voitures fouillées, banderoles, porte-voix et affiches confisquées. De même pour un militant du NPA. C’est ainsi que les images d’un Hollande affublé d’une blouse « Bosch » sont préparées pour les journaux télévisés.

Correspondant Aveyron Jeudi 6 juin 2013

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07 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Éducation nationale : une loi largement votée…

Éducation nationale : une loi largement votée… dans Educ'action c23-10-12-classes-surchargee

Après son adoption au Sénat le samedi 25 mai, le gouvernement est sur le point de faire valider la loi d’orientation sur l’école.

Fait politique significatif, les sénateurs communistes ont voté pour cette loi. Ils seront certainement bientôt suivis par les députés, ce qui n’est pas sans créer des remous au sein du Front de gauche. Pour justifier ce vote, les sénateurs évoquent des « avancées » et arguent de reculs du gouvernement. Il  n’en est rien, les modifications sont marginales, le contenu de la loi d’orientation demeure le même, avec notamment la confirmation des mesures sarkozystes, la poursuite de la destruction de la formation des enseignants, la marche vers l’école du socle commun et le projet éducatif territorial contre lequel les enseignantEs du premier degré se battent toujours. Au-delà, qui peut croire que la régionalisation/destruction de l’enseignement professionnel public n’est pas enclenchée ?

Nouvelle offensive sur les rails
Le gouvernement ne peut que se féliciter d’un tel « rassemblement ». La suite logique, c’est le statut des enseignantEs. Vincent Peillon ne s’en cache pas, tandis que le rapporteur de la loi d’orientation explique que la Cour des comptes « donne 1 000 fois raison à notre politique » (cf. article dans Tout est à nous ! n°197). Une concertation sur le statut est prévue à l’automne. Plus que jamais, la défense de l’enseignement public implique de rompre avec ce gouvernement.

Eric Aba Jeudi 6 juin 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 198 (06/06/13)

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