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11 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Centrafrique: néfaste continuité française

Couverture Valises Diplomatiques

L’annonce de l’intervention française vient de susciter de nouvelles flambées de violence.

Ainsi, à la fin de la semaine dernière, une attaque coordonnée a eu lieu dans la capitale centrafricaine Bangui, probablement menée par les anciens partisans du président déchu François Bozizé renversé par la Seleka.
La Seleka est l’alliance de différentes milices du nord du pays, composée majori- tairement par des Tchadiens et des Soudanais, qui a installé Michel Djotodia aux affaires. À défaut de reconquérir le pouvoir, les anciens partisans de Bozizé veulent au moins améliorer les rapports de forces avant l’arrivée des militaires français. En effet, la résolution, écrite par le Quai d’Orsay et adoptée par les quinze membres du conseil de sécurité de l’ONU, autorise l’intervention militaire française sous le chapitre 7 c’est-à-dire la possibilité d’utiliser les armes si nécessaire. Dans le même temps le contingent français vient d’augmenter sensiblement puisqu’il passe à 1 600 soldats.

Un Sommet pour quoi ? Le « Sommet Afrique France pour la paix et la sécurité » vient de se terminer. Rien de neuf dans sa déclaration finale : les mêmes recettes sont avancées, notamment la nécessité d’une force d’intervention africaine et la formation des soldats du continent à hauteur de 20 000 par an. L’idée n’est pas neuve et on voit mal la différence avec le dispositif existant Recamp (Renforcement des capacités africaines de maintien de la paix) qui date de 1994, dispositif censé répondre à la même problématique de la prise en charge par l’Afrique de sa sécurité… et qui n’a jamais fonctionné.
Il est illusoire de croire que l’armée pourrait être une sorte d’îlot d’efficacité dans des États déstructurés par des décennies de politique d’ajustement structurel. Les armées africaines sont à l’image du reste de leur pays, en crise et divisées par les différentes factions diri- geantes. De plus, demander aux États africains ce que l’Europe elle-même est incapable de réaliser, à savoir une force commune d’intervention rapide, relève de la gageure.  La Centrafrique en est un exemple puisque les troupes sud-africaines ont soutenu Bozizé, pendant que le Tchad aidait en sous-main la Seleka.

De Bokassa à la Seleka Ce sommet ne doit pas nous faire oublier les responsabilités des gou- vernements français successifs. Avec ou sans l’ONU, les interventions de la France en Centrafrique sont récurrentes. Elle a soutenu la dictature de Bokassa, qu’elle a renversé ensuite en 1979 avec l’opération Barracuda. Elle a mis au pouvoir Bozizé avec l’opération Boali en 2002, puis l’a défendu par une opération aérienne sur Birao contre la rébellion menée par Djotodia en 2006. Et aujourd’hui elle intervient avec l’opération dénommée Sangaris à l’appel de… Djotodia !
Évidemment la continuité de la politique impérialiste implique la continuité des arguments et des justifications. Ainsi l’intervention ne serait qu’un appui aux forces africaines déjà présentes sur le terrain et est motivée par des considérations humanitaires… Il est évident que la question humanitaire s’est dégradée de manière dramatique en Centrafrique mais hélas ces souffrances ne sont pas nouvelles. À l’époque de Bozizé, mis en place et soutenu par la France et par Deby, le dictateur tchadien, les populations étaient continuellement agressées par les différents groupes armés, dont les forces armées centrafricaines, encadrées par l’armée française étaient les pires. C’est ce qu’indiquait déjà en 2007 un rapport de l’organisation de défense des droits de l’homme Human rights watch (1).

Une histoire déjà écrite ? L’objectif officiel de l’intervention française est de sécuriser Bangui et les routes principales pour les accès humanitaires, le reste du pays où vivent les trois quarts de la population va être ignoré et il est probable que les miliciens de la Seleka abandonnent la capitale et pourront sévir dans les villes et villages du pays en toute impunité. L’histoire semble déjà écrite.

L’armée française va mettre en déroute la Seleka, sous les applaudissement de la presse nationale et les félicitations de la classe politique, confisquer aux population centrafricaines le débat politique sur l’avenir de leur pays et mettre en place avec des élections bâclées un protégé de la France et du Tchad qui dans quelques années sera renversé par une nouvelle rébellion, qui occa- sionnera une crise humanitaire poussant la France… à intervenir. À moins que les peuples des pays du nord et du sud mettent fin à ce sinistre bégaiement de l’histoire.

Paul Martial
1– Rapport de Human rights watch « État d’anarchie, rébellions et exactions contre la population civile »

Mercredi 11 décembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 221 (12/12/2013)

Commentaire: N’oublions pas la protection de « nos » ressortissants!

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09 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

L’Afrique perd Mandela mais garde Déby, Biya, Sassou et l’armée française (survie)

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L’association Survie a déjà largement dénoncé la tenue à l’Élysée d’un Sommet pour la paix et la sécurité en Afrique organisé par une ex-puissance coloniale qui n’a jamais cessé son ingérence sur le continent, et en présence de dictateurs qui y ruinent tout espoir de paix.

Rien ne pouvait cependant laisser présager la tonalité de la cérémonie d’ouverture, marquée par l’annonce du décès de Nelson Mandela. L’hommage rendu à cette icône des résistances africaines par le Président français et des chefs d’Etat qui méprisent leur peuple laisse un goût particulièrement amer lorsque l’on s’intéresse aux autres symboles véhiculés par ce Sommet.

Alors que les émissions de télévision repassent en boucle des images de la libération du héros de la résistance contre l’apartheid, en 1990, il est intéressant de faire le compte du nombre de chefs d’États invités à l’Élysée par François Hollande qui étaient déjà au pouvoir à cette époque.

C’est le cas de Paul Biya (Cameroun, depuis 1982), Denis Sassou Nguesso (Congo-B, depuis 1979), Blaise Compaoré (Burkina Faso, depuis 1987), sans oublier les héritiers des régimes Bongo et Eyadéma au Gabon et au Togo.

C’est en cette même année 1990 que le président tchadien a accédé au pouvoir par un coup d’État soutenu par la France. La comparaison entre ce qu’est devenue l’Afrique du Sud et la situation économique et humanitaire de ces pays du « pré-carré », malgré le « soutien  » supposé apporté par la France, paraît bien cruelle. Et sur le plan politique, combien de militants inspirés par le combat de Nelson Mandela sont passés eux-aussi par les prisons de ces dictatures ?

C’est pourtant avec le régime tchadien, notoirement violent et corrompu, mais aussi avec les régimes camerounais, gabonais et congolais que la France intervient aujourd’hui en Centrafrique pour contribuer à éteindre un feu qu’elle a largement contribué à alimenter.

Il est ainsi paradoxal de constater l’absence à ce sommet de Jacob Zuma, Président sud-africain, alors que l’événement a justement pour objet de plaider pour la constitution d’une force inter-africaine, qu’à ce jour seuls les sud-africains seraient susceptibles de conduire.

Jacob Zuma aurait décidé de ne pas se rendre à Paris pour dénoncer le rôle de gen- darme de l’Afrique que s’est octroyé la France dans des conflits récents (Côte d’Ivoire, Libye, Mali, Centrafrique). Nelson Mandela n’avait pas participé non plus au Sommet France-Afrique du Louvre, en 1998, organisé sur le même thème de « la paix et de la sécurité », avec les résultats (ou plutôt l’absence de résultats) que l’on connaît.

Outre les 50 années d’ingérence militaire et de soutien à des dictatures, peut être que ces deux présidents ont gardé en mémoire les longues années de coopération économique et militaire de la France avec le régime de l’apartheid, quand malgré les sanctions internationales, les gouver- nements français successifs, y compris sous la présidence socialiste de François Mitterrand, fournissaient en armes l’État qui maintenait Nelson Mandela dans ses geôles, en utilisant les ports gabonais ou comoriens.

Le 29 mars 1988, c’est même avec la complicité supposée des services secrets français que la représentante de l’ANC Dulcie September était assassinée à Paris alors qu’elle enquêtait sur les ventes d’armes entre la France et l’Afrique du Sud.

Les Français et les Africains qui défendent la justice et la fraternité entre les peuples garderont longtemps en eux le souvenir de Nelson Mandela et de nombreux héros sacrifiés, souvent remplacés par des tyrans, en espérant pouvoir tourner rapidement la page sombre de la Françafrique et du néocolonialisme. 7 décembre 2013 par Survie

http://survie.org/francafrique/article/l-afrique-perd-mandela-mais-garde-4592

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09 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Paris Quimper (prométhée)

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Avec les encouragements de la place du Colonel Fabien, la Fédération de Paris du PCF a choisi l’alliance dès le premier tour des prochaines élections municipales.

Au diable l’unité du Front de Gauche ! Pour treize élus, la direction du PCF montre, ainsi, le peu de crédit qu’il convient d’accorder à ses critiques de la politique gouvernementale. Jusque là ce n’est que la continuité d’un longue pratique de l’union de la « gauche », quel que soit son nom depuis 1935. Mais, cette fois l’électoralisme sort de ce cadre traditionnel.

En effet, la Fédération de Paris côtoiera sur les listes de Anne Hidalgo deux « démocrates sincères » : Dominique Versini et Jean-François Martins. La première est chiraquienne et fut ministre de Jean-Pierre Raffarin. Le second est l’actuel conseiller MODEM de Paris.

Et ce sont les ouvriers qui ont manifesté à Quimper qui sont traités de « nigauds » enlisés dans un mouvement interclassiste ! Publié le 4 décembre 2013

http://www.promethee-1871.com/

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08 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Enseignants, syndicats et appareil d’Etat: conquérir l’autonomie

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La mobilisation contre la réforme des rythmes scolaires est une illustration des relations complexes que les enseignants entretiennent à l’appareil d’Etat.

La grève du 14 novembre a montré l’ampleur du rejet de la réforme : plus d’un enseignant sur deux était en grève alors que les deux syndicats majoritaires (SNUipp-FSU et SE-Unsa) n’avaient pas appelé à la grève sur le plan national, certaines villes rassemblaient jusqu’à 92 % de grévistes…

Mais, quelques jours plus tard, leurs organisations syndicales sont sagement allées négocier avec le ministère des modifications sur le statut des personnels… Cela pose de façon assez crue la question de qui contrôle qui.

Les organisations syndicales sont supposées tirer leur légitimité des personnels alors qu’en réalité, et en particulier lorsque la gauche est au gouvernement, elles semblent pour la plupart d’entre elles recevoir directement leurs ordres du Parti socialiste.

Dans le SNUipp-FSU, près de la moitié des sections départementales ont appelé à la grève contre l’avis de la direction nationale, la tendance d’opposition de gauche a recueilli au con- grès son meilleur score depuis la création du syndicat, mais la direction tient, refusant même de se rendre aux intersyndicales proposées par SUD et FO. Bien sûr, elle n’a pas la bêtise d’aller aussi loin que la direction de la FCPE, qui défend la réforme par n’importe quel moyen. Mais elle joue indéniablement un rôle de frein d’une rare ampleur.

Les mobilisations actuelles des enseignants, avec leurs grèves départementales, leurs tentatives de reconduction de la grève, un certain réinvestissement dans les assemblées générales, les débuts de prise de contact avec les personnels des mairies, témoignent de la nécessaire auto- nomisation des personnels de leurs directions.

Un syndicaliste, s’opposant dans une réunion à « la grève reconductible comme fin en soi »,oubliait un peu vite l’aspect décisif de la grève dans la construction de la conscience de classe : comment décider de ce que l’on veut, comment agir en subissant l’aliénation que constitue le travail ? Il ne s’agit pas de déserter les syndicats, mais de considérer qu’en temps de mobilisations, ils sont un outil d’action beaucoup plus restreint que l’auto-organisation.

La relation de dépendance des personnels vis-à-vis de leurs syndicats est à la hauteur de la pression exercée par le cadre bourgeois de l’école : il aura fallu plusieurs mois pour que nous soyons capables de considérer que nous pouvons nous battre avec les personnels des mairies contre la réforme du gouvernement et les municipalités qui l’appliquent.

Car l’école que nous voulons est à l’opposé de celle des réformes Darcos et des rythmes scolaires, qui organisent les discriminations et le décrochage des classes populaires. Notre école ne distinguerait et ne hiérarchiserait pas ce que les pédagogues libéraux appellent le « socle commun de connaissances » (la grammaire, les techniques opératoires, la connaissance des dates historiques) par rapport au jeu, à la culture, à la production libre dans tous les domaines.

Avec sa contre-réforme, le gouvernement aggrave les inégalités, avance dans la casse du cadre national de l’éducation et la mise en concurrence des différents personnels (enseignants, animateurs et spécialistes de certains domaines culturels). Pour nous, tous ces personnels devraient collaborer, avec des statuts d’enseignants, pour construire des apprentissages appuyés sur la réalité et la culture populaire. Samedi 7 décembre 2013

Publié dans : Revue L’Anticapitaliste n°49 (décembre 2013)

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08 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Fiscalité: hold-up sur la Sécu

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Au-delà d’un « coup » politique, la « remise à plat fiscale » annoncée par Ayrault est d’abord un projet libéral annoncé, dès sa campagne électorale, par Hollande.

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La principale mesure qui en émerge actuellement est la fusion de la CSG (Contribution sociale généralisée) et de l’impôt sur le revenu (IR).

Son enjeu : rien moins que la liquidation de la Sécurité sociale. La Sécurité sociale est en France une institution indépendante qui gère un budget une fois et demi supérieur à celui de l’État pour financer les soins, les retraites, les allocations familiales, les accidents de travail. Elle était à l’origine entièrement financée par des cotisations sociales (c’est-à-dire une partie du salaire) versées par les employeurs.

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Les cotisations sociales représentent aujourd’hui 45 % de la masse salariale. En 1990, le gou- vernement socialiste de Michel Rocard a remplacé une part de ces cotisations par un impôt versé à 88 % par les salariés actifs ou retraités : la CSG. C’est un impôt proportionnel qui taxe chacun uniformément, contrairement à l’impôt sur le revenu dont la proportion augmente avec le niveau de revenus.

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Aujourd’hui, les recettes fiscales (CSG et taxes) financent 1/3 des dépenses de Sécurité sociale. Cette montée en puissance sous tous les gouvernements de droite et de gauche a permis d’exonérer les patrons d’une partie du financement de la Sécu. Elle permet ainsi la « baisse du coût du travail », et en conséquence l’augmentation de la part des profits.

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Le gouvernement veut maintenant passer à une nouvelle étape de la contre-réforme. La CSG a un avantage et un seul : c’est un impôt « dédié », obligatoirement affecté aux dépenses de Sécurité sociale. La réforme Ayrault ferait sauter définitivement ce verrou. Ce serait la fin de l’autonomie financière de la Sécu. Les prestations sociales deviendraient des variables d’ajustement des finances publiques.

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Un financement « plus juste » de la protection sociale ?
L’argument du gouvernement en faveur de la fusion serait le caractère plus juste d’un impôt progressif, reposant davantage sur les revenus les plus élevés. Il s’agit là d’une illusion : le but de celle-ci est d’exonérer à terme les patrons de la responsabilité du financement de la protection sociale, et d’en faire porter la charge sur les classes populaires. La fusion permettrait seulement de moduler l’augmentation de l’impôt entre les salariés, les retraités, les chômeurs et les « classes moyennes », pour le rendre plus acceptable.

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Mais dans cette perspective, toute amélioration de la protection sociale signifierait une aug- mentation immédiate des impôts pour tous les ménages. Elle aboutirait très vite à une pression fiscale insupportable.

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La fiscalisation de la Sécurité sociale aurait pour conséquence inévitable le retour à une couverture minimum pour les plus pauvres, payée par une fiscalité de plus en plus lourde. Pour celles et ceux qui en auraient les moyens, la Sécu serait complétée par les assurances. Les seuls et uniques gagnants de l’opération seraient les patrons.

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Il y a donc urgence à expliquer le sens de ce projet face à la passivité scandaleuse des directions des confédérations syndicales. La CFDT ou la CGC sont des VRP zélés de la contre-réforme. Les autres organisations ne vont guère au-delà d’une acceptation peu critique. Le NPA et ses militantEs doivent être porteurs d’une alternative claire : la défense d’une Sécurité sociale indépendante de l’État et des patrons, financée exclusivement par des cotisations sociales et gérée par les salariés.

Commission santé-sécu-social Vendredi 6 décembre 2013

Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 220 (05/12/2013)

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06 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Lutte contre la corruption: les efforts de la France jugés largement insuffisants (basta)

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La France est-elle à la hauteur concernant la lutte contre la corruption ?

Le financement des partis politiques et des campagnes électorales est-il suffisamment contrôlé ? Les peines encourues par les entreprises qui seraient tentées d’acheter le soutien de responsables politiques sont-elles assez dissuasives ? Pas vraiment, a répondu le Groupe d’Etats contre la corruption (Greco), une émanation du Conseil de l’Europe qui veille au respect des normes anti-corruption [1].

Le Greco a fait des recommandations à la France lors de son précédent rapport d’évaluation, sur deux thématiques : la lutte contre la corruption et le financement des partis politiques. Depuis, seules trois recommandations sur 17 ont été mises en œuvre de manière satisfaisante !

Fin 2012, la France devait de nouveau rendre compte de ses avancées. Verdict : elle peut largement mieux faire…

Le Greco a notamment recommandé d’étendre le délai de prescription pour les délits de corruption et de trafic d’influence, au-delà de trois ans, comme c’est le cas actuellement. Résultat : aucune avancée, estime l’instance européenne. Qui plus est, tout projet législatif « a manifestement été abandonné ».

Autre recommandation : la publication des noms des grands donateurs à un parti ou à un candidat, au-delà d’un certain montant. Un élément important pour la transparence du financement des partis et des campagnes électorales que la France refuse de mettre en place. « Le manque de transparence que cela génère ouvre en effet la voie à la spéculation de la part de l’opinion publique, comme l’a de nouveau montré la couverture médiatique de la dernière élection présidentielle en France », analyse le Greco, qui souligne que de nombreux États membres ont validé ce dispositif.

« Absence de tout progrès décisif » La France a progressé sur la question du financement des partis : une personne physique ne pourra désormais faire qu’un seul don de 7500 euros à un seul parti. Ce qui rend plus difficiles les stratégies de contournement, notamment par la création de micro-partis, satellites de grands partis.

Une décision sans doute salutaire : le nombre de partis était passé, depuis le début des années 1990, de 23 à 280, selon la Commission nationale des comptes de campagnes et des financements politiques (CNCCFP). Liliane Bettencourt pourra toujours faire un chèque pour soutenir ses favoris, mais seulement à un parti et non à des dizaines de micro-partis à l’existence douteuse.

Concernant la transparence du financement des partis politiques, seule une recommandation sur 11 a été traitée « de manière satisfaisante », estime le Greco. Qui conclut à « l’absence de tout progrès décisif » depuis le dernier rapport. Aucun projet n’étant annoncé pour améliorer cette situation, le Greco « n’a d’autre choix que de considérer la situation comme « globalement insuffisante » », dans son nouveau rapport publié le 26 novembre [2].

La France serait-elle une si mauvaise élève ? Un rapport de l’OCDE [3] pointe du doigt le faible nombre d’enquêtes ouvertes pour corruption d’agents publics étrangers : depuis 2000, 33 pro- cédures seulement ont été engagées, et cinq condamnations ont été prononcées (dont une seule contre une entreprise), pour des faits de corruption. Les sanctions – cinq ans d’emprisonnement et 750 000 euros d’amende – s’avèrent trop peu dissuasives, estime l’OCDE, qui se dit préoccupée « par la faible réactivité des autorités dans des affaires impliquant des entreprises françaises pour des faits avérés ou présumés de corruption à l’étranger. » L’organisme international préconise la confiscation des profits tirés de la corruption, ainsi que la mise à l’écart des marchés publics pour les entreprises condamnées pour corruption étrangère.

Le prochain cycle d’évaluation du Greco portera entre autres sur les conflits d’intérêt et sur les pratiques de pantouflage des élus au sein d’entreprises au terme de leur mandat. Pas sûr que sur ce sujet la France obtienne les félicitations du jury… par Agnès Rousseaux 6 décembre 2013

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04 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Édito: travail du dimanche

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… un trompe-l’œil qui ne trompe personne

Sous prétexte d’aller vers une « société qui s’adapte en gardant ses valeurs », le gouvernement s’appuyant sur le rapport Bailly, entérine et aggrave les possibilités d’ouverture des magasins le dimanche. Des ouvertures, aujourd’hui illégales ou dérogatoires, sont autorisées jusqu’en 2015. De plus, il propose d’autoriser tous les magasins à ouvrir douze dimanches par an, au lieu de cinq aujourd’hui.
En ce qui concerne la future législation, c’est la décentralisation des décisions sans cadre contraignant qui est à l’ordre du jour. Une version décentralisée du dialogue social dans laquelle les droits des salariéEs seront soumis aux rapports de forces locaux sans garantie sur les majorations salariales ou les horaires.
Mais, à côté de la réaffirmation de la « spécificité » du travail du dimanche, le rapport Bailly avalise toutes les justifications et facilitations de son extension. D’un côté, les « attentes nouvelles du consommateur », et « l’importance des enjeux du tourisme ».

De l’autre, l’indécence de l’évocation des « demandes de salariés qui peuvent être volontaires pour travailler le dimanche »et de la « question du travail des étudiants ».
Sous couvert d’un rapport « impartial », le gouvernement rend légal l’illégal, ouvrant la porte toujours plus grand à l’extension du travail du dimanche. Déjà, un quart des salariéEs sont contraints de renoncer au repos dominical. C’est le plus souvent pour ajouter quelques centaines d’euros à des salaires de misère, voire le seul moyen de s’assurer de maigres ressources pour vivre.
Il faut revenir aux seules obligations socialement impératives – services à la personne sociaux et sanitaires, besoins alimentaires journaliers, sécurité – et à la mise en place de ressources financières suffisantes pour toutes et tous, avec un minimum au niveau du Smic.
La hausse de la TVA c’est maintenant. La protection de la vie professionnelle et personnelle des salariéEs, ce n’est pas envisagé avant 2015… Robert Pelletier

Mercredi 4 décembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 220 (05/12/2013)

Commentaire: Illustration piquée à l’UDB!

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04 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Contre les politiques racistes…

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 … pour l’égalité des droits, la marche continue

Le mercredi 27 novembre au matin, la police intervenait pour évacuer un campement de Roms à Saint-Ouen, dans la banlieue nord de Paris.

Ce camp s’était agrandi suite aux expulsions de terrains qui avaient eu lieu dans tout le département du 93 l’été dernier. Près de 800 personnes, dont la moitié sont des enfants, se sont donc retrouvés à la rue, sans aucune solution de relogement, même provisoire, à l’entrée de l’hiver.
Les municipalités qui ont ordonné ces expulsions sont pour la plupart de gauche (PS ou Front de gauche ), à l’instar de la mairie de Saint-Ouen dont la maire(FdG) avait signé l’arrêté d’expulsion ordonnant aux familles de quitter les lieux…
La scène pourrait presque paraître banale, car depuis des années, les expulsions se sont multipliées. Et l’élection de Hollande, avec l’arrivée de Valls au ministère de l’Intérieur, n’y a rien changé. Il y a bien une continuité dans la désignation de boucs émissaires, le recours à des expulsions médiatisées et le discours musclé qui les accompagne.
Le lendemain, jeudi 28, le Réseau éducation sans frontière (RESF) faisait le bilan de la première année de circulaire Valls qui devait alors permettre d’apporter des réponses « humaines et fermes » censées clarifier et uniformiser les conditions de régularisation des sans-papiers, qu’il s’agisse de parents d’enfants scolarisés, de travailleurs ou de jeunes majeurs scolarisés.

La promesse de rompre avec l’arbitraire qui régnait sous le gouvernement Sarkozy a fait long feu. RESF constate : « la circulaire Valls de novembre 2012 a, dans les faits, manqué quasiment tous ses objectifs officiellement proclamés. (…) La circulaire Valls est à l’image de la politique migratoire du gouvernement, sans vision, sans rupture avec la politique précédente, souvent mesquine, inhumaine, arbitraire… ».

Après les actes, les paroles… Ironie, mercredi 27 novembre au soir, jour où était détruit le campement Rom de Saint-Ouen, le Parti socialiste organisait un « grand meeting de la gauche » afin de « défendre la République contre les extrémismes ». Pour répondre aux attaques racistes d’une incroyable violence qui se sont multipliées ces derniers mois, en particulier celles dirigées contre Christiane Taubira, le PS avait décidé de reprendre l’offensive…
Et que croyez vous que firent le Parti socialiste et ses amis ? Une remise en cause de la politique actuelle du gouvernement ? Des propositions pour une autre politique qui permettrait de redistribuer les richesses ? Pour le droit de vote des étrangers ? Contre la division, pour l’égalité des droits ? Mais non ! Ils ont convoqué à la Mutualité une série de ministres et de responsables politiques et en ont tous appelé à la République. Comme si l’appel répété en boucle, presque incantatoire, à la République pouvait être une réponse à la situation.
Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, est lui aussi monté à la tribune pour donner sa leçon pour lutter contre le racisme. Il y a défendu… la République et la laïcité. Toutes les occasions sont bonnes pour agiter le chiffon du repli communautaire ! Puis de conclure à propos de Christiane Taubira : « Au fond, ceux qui ont voulu s’en prendre à elle ont d’une certaine manière rendu un grand service. Ils ont fait la démonstration que la gauche pouvait enfin se réveiller, que la gauche était capable d’indignation. »

C’est vrai, la gauche est capable de petites indignations. Mais de quoi d’autre ?

Contre la république du mépris Il y a 30 ans, le 3 décembre 1983, la Marche pour l’égalité des droits et contre le racisme arrivait à Paris après plusieurs semaines à travers la France. Lancée après une série de crimes racistes, de violences policières, et faisant écho à une campagne électorale marquée par la xénophobie et l’idéologie sécuritaire, l’histoire de cette marche rejoint la situation actuelle.
Ce samedi, nous serons dans la rue, au côté d’associations, de collectifs de quartier, d’orga- nisations, vraiment de gauche. Cette fois-ci, il n’y aura pas Manuel Valls !
Cette manifestation doit être l’occasion de faire entendre d’autres voix. Celles qui refusent toute forme de racisme et de discrimination, et qui, comme l’affirme l’appel lancé par les orga- nisateurs, propose « à toute la société d’autres solutions, celles de l’égalité des droits pour en finir avec la République du mépris ». La marche continue.

Pierre Baton

Mercredi 4 décembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 220 (05/12/2013)

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04 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Roms: faux ennemis et vraie démagogie (essf)

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Après Sarkozy-Fillon et leurs ministres de l’Intérieur successifs, avec Valls c’est tout le gouvernement Hollande-Ayrault qui banalise et répand la xénophobie et le racisme, en s’attaquant aux bouc-émissaires et parias que sont devenues quelques milliers de personnes sur le territoire hexagonal, les Roms.

77 % des sondés sont d’accord avec Valls lorsqu’il déclare que «  seule une minorité de Roms cherche à s’intégrer  » et que «  leur mode de vie  » serait en «  confrontation  » avec celui des fran- çais, et ce sont même 93 % qui trouvent que les Roms «  s’intègrent mal dans la société française  » [1].
Dans le camp socialiste, il est loin d’être seul à tenir de tels propos : Michel Destot, maire de Grenoble, s’accorde à dire qu’il «  a raison sur toute la ligne  » ; Francis Chouat, maire d’Evry, pense pour sa part «  qu’il faut démanteler les camps et organiser leur retour  », sans même parler de Gilles Bourdouleix, maire UDI de Cholet, pour qui «  Hitler n’en n’a peut-être pas tué assez  »… Valls de conclure  : «  les Roms ont vocation à revenir en Roumanie  ».

Il y a dix ans à peine, personne ne parlait des Roms. Ils n’occupaient pas le devant de la scène médiatique, ils ne constituaient pas «  un problème  » et seul Jean-Marie Le Pen se serait permis son «  Ils arrivent. Sie kommen  »… Depuis, la France est régulièrement interpellée pour sa violation des droits des Roms et elle est le seul Etat de l’Union européenne à ne pas avoir signé la convention- cadre pour la protection des minorités nationales.

De plus, la parole xénophobe s’est banalisée. Mais cela ne serait que nauséabond, si les fantasmes agités par tous les politiciens en mal de thème de campagne «  populaire  » à la veille des municipales et des européennes ne venaient pas trouver l’oreille et la sympathie de nombreuses personnes déboussolées par la crise et écœurées par l’alternance de la gauche et de la droite. Le degré de rejet que subissent les Roms est alarmant. Quant au calcul politicien de l’UMP et du PS, il est dérisoire. Sans même rien faire, le FN est gagnant.

Qu’importe que les Roms qui sont des populations sédentaires n’aient que peu à voir avec les gens du voyage [2], ils sont perçus comme des populations instables et cette minorité poussée à fuir son pays fait peur. Hors la loi, mafieux, sale, voleur, feignant… Le «  boulet tsigane  » a créé «  l’overdose  » [3] et génère les interrogations les plus pernicieuses  : «  sont-ils tous délinquants  ?   » [4] peut-on ainsi lire dans un journal qui se veut de gauche…

Les «  hordes  » [5] débarquent et refusent de s’intégrer Le nombre de Roms en France est resté sensiblement le même depuis vingt ans, entre 15 000 et 20 000 personnes. En d’autres termes, ce nouvel ennemi représente au plus 0,03 % de la population  ! On est loin de « l’hémorragie rom  » chère au maire socialiste de Clermont-Ferrand, à laquelle il invite à «  mettre un terme  ». Mais ils sont visibles car avec les Roms ce sont les bidonvilles qui ont refait surface. Comme le note Carine Fouteau, «   paradoxalement, en France, les démantèlements entretiennent une impression «  d’invasion  » car en « poussant », selon le terme administratif, les personnes d’un lieu à l’autre, les expulsions à répétition multiplient les points de contacts avec le voisinage. Plutôt que d’avoir quelques centaines de voisins mécontents, des milliers le sont  » [6].

De plus, la très grande majorité des communes refuse de trouver des solutions de logements pérennes et décentes pour les quelques milliers de Roms, la plupart installés depuis plus de cinq ans, et préfèrent expulser ces populations même si cela aggrave et détériore plus encore leurs conditions de vie. Le ministre de l’Intérieur a beau jeu d’évoquer leur refus de s’intégrer, quand ce sont les services de l’Etat qui les expulsent et que le campement illégal est leur seule «  solution  ». Comment par ailleurs s’intégrer, quand certaines mairies refusent de scolariser leurs enfants ?

Ces nouveaux «  bohémiens  » seraient sales. « Une présence urticante et odorante », selon Jean-Marie Le Pen, le 4 juillet à Nice. Qu’en est-il  ? Ce sont les municipalités qui leur refusent le ramassage d’ordures, et ce malgré les obligations du code général des collectivités locales. Mais les quelques rares militants de la cause Rom qui entrent dans leurs campements l’affirment  : les cabanons et autres habitats de fortune sont extrêment propres. Les femmes Roms passent un temps considérable chaque jour à nettoyer leurs lieux de vie, malgré les tracas là aussi causés par les communes qui leur refusent souvent – en dépit de la réglementation – l’accès à des points d’eau.

Protégeons nos poules, nos enfants et nos allocs Mais le pire évidemment c’est qu’il faut, à l’approche d’un Rom, serrer bien fort son sac à main. Rachida Dati l’affirme  : ils « viennent arracher les sacs des enfants à la sortie des classes »   ! Diantre, au « voleur de poule » s’est substitué le perfide assaillant de nos chérubins… La France a créé les conditions pour faire en sorte que les Roms ne trouvent pas de travail. En effet, en tant que citoyens européens, ils bénéficient de la libre circulation mais depuis 2007, l’Europe a restreint le nombre de métiers autorisés aux ressortissants roumains et hongrois. Moralité  : ils survivent le plus souvent grâce au travail au noir ou à la débrouille et à la mendicité, comme y pousse l’extrême pauvreté.

C’est donc sans surprise que de nombreux Roms sont ferrailleurs ou chiffonniers, et de l’économie de la pauvreté découle aussi le vol  : vols de métaux dans les décharges et les voies ferrées, encombrants récupérés, containers d’habits convoités. A la guerre comme à la guerre, les Roms cherchent à survivre alors que leur accès à l’emploi est très fortement limité. Mais à gauche comme à droite, de plus en plus nombreux sont les hommes politiques à s’alerter du fait que le 31 décembre 2013, ces mesures restrictives sur l’emploi devraient prendre fin. Enfin pour travailler, il faut un permis de séjour, et trois mois c’est à peine suffisant pour l’obtenir. Au mieux, le temps d’obtenir les bons papiers, le boulot disparaît… De plus, contrairement aux préjugés ambiants, comme les Roms ont rarement des revenus suffisants pour pouvoir rester en France, ils sont expulsables au bout de trois mois et par conséquent ne peuvent percevoir aucune aide sociale.

Si l’insatisfaction et l’amertume contre le gouvernement sont palpables, les diversions   politiciennes que Valls et d’autres nous jettent en pâture fonctionnent désespérément bien. En temps de crise, les recettes nauséabondes du passé sont ressorties sans ambages  : diviser pour mieux régner, désigner des boucs émissaires. Pourtant les Roms ne sont en rien responsables de l’aggravation et de la dégradation bien réelle des conditions de vie de la grande majorité.

Et pendant que Valls fanfaronne et monte dans les sondages, fort de sa popularité gagnée par la démagogie la plus crasse, c’est autant d’énergie que notre camp social ne consacre pas à s’en prendre aux vrais responsables de la crise, des gouvernants et des patrons, bien «  comme il faut  », bien «  intégrés  » et qui s’ils ne volent pas de poules nous dérobent, à mesure que s’égrènent les mesures d’austérité, la possibilité de vivre décemment. Jihane Halsanbe 1er novembre 2013

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article30508

 

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04 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Nantes, l’ex-suppléant d’Ayrault mis en cause par le canard enchaîné (of)

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L’hebdomadaire fait le lien entre des invitations acceptées par Jean-Pierre Fougerat et des marchés attribués par Nantes métropole au groupe Spie

Le député socialiste de Loire-Atlantique, Jean-Pierre Fougerat, s’est laissé inviter pour suivre des matches de l’équipe de France de rugby par le groupe Spie, qui passe des marchés avec l’agglo- mération nantaise, selon Le Canard enchaîné. L’hebdomadaire affirme que le groupe d’équipements électriques et climatiques, qui a remporté 33 appels d’offres depuis 2007 avec Nantes métropole, pour un montant de plus de 15 millions d’euros, a emmené Jean-Pierre Fougerat en Irlande, au Pays de Galles, en Italie et en Écosse, de 2007 à 2010.

« Ce n’est pas dans ma nature » Le maire de Couëron, vice-président de Nantes Métropole et député de Loire-Atlantique depuis la nomination en 2012 à Matignon de Jean-Marc Ayrault (dont il était le suppléant) « reconnaît avoir accepté deux invitations à Cardiff et Dublin » mais juge « bles- santes«  les allégations du Canard. Il insiste sur le fait qu’il ne siège pas à la commission d’appel d’offres de Nantes Métropole. « Je vois bien ce que l’on tente de me reprocher, mais ce n’est pas dans ma nature. » Nantes – 27 Novembre

http://www.ouest-france.fr/nantes-lex-suppleant-dayrault-mis-en-cause-par-le-canard-enchaine-1743856

Commentaire: Nous n’en parlerions pas si le Canard n’était pas si fiable, en général, (et le Canard cite un autre membre du PS cette semaine!) et s’il n’y avait pas NDDL, étonnant non?

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