Archive | Hollandie

12 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Villepin: un bonus de 100 000 euros pour une journée de travail ?

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Jackpot, selon le Daily Telegraph, l’ex-Premier ministre aurait travaillé une petite journée au quai d’Orsay afin de percevoir ce bonus de retraite.

L’INFO. C’est ce qu’on pourrait appeler une bonne journée de travail ! Selon le site internet du quotidien conservateur Daily Telegraph, l’ancien Premier ministre et chef de la diplomatie français, Dominique de Villepin, aurait en effet travaillé une petite journée pour son ancienne maison, en septembre dernier, afin de percevoir un bonus de retraite de 100.000 euros.

Des conditions floues. Revenir travailler une journée au ministère des Affaires étrangères aurait permis à Dominique de Villepin de faire valoir des droits à la retraite prévoyant le versement de ce bonus validé par le gouvernement socialiste, affirme le Daily Telegraph qui s’appuie sur des sources non identifiées au ministère. Selon le quotidien britannique, la raison et les détails de ce droit à une prime de retraite ne sont pas clairs, et le journal précise que ses tentatives pour obtenir des éclaircissements auprès du ministère français sont restées vaines. Car si tout est légal, l’information est difficile à digérer pour les salariés du Quai d’Orsay, invités à se serrer la ceinture.

Il n’a « pas eu de traitement discrétionnaire ou préférentiel ». Selon un porte-parole de Dominique de Villepin, cité par le Telegraph, il y aurait eu « une erreur administrative que M. de Villepin a déjà demandé de rectifier auprès des autorités compétentes dès qu’il en a été fait état », sans préciser de quelle erreur il s’agissait, ou si l’argent avait été remboursé. Un porte-parole du ministère a ajouté qu’il n’y avait « pas eu de traitement discrétionnaire ou préférentiel » à l’égard de celui qui occupa le poste de Premier ministre de 2005 à 2007, sous la présidence de Jacques Chirac.

Par Benjamin Bonneau avec AFP

Publié le 12 mars 2014 à 06h38 Mis à jour le 12 mars 2014 à 08h33

http://www.europe1.fr/Politique/Villepin-un-bonus-de-100-000-euros-pour-une-journee-de-travail-1911213/

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11 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Comment l’utah compte reloger tous les sdf d’ici 2015 (actualutte)

toit

En 2005, l’ancien gouverneur de l’Utah John Huntsman lançait le plan « Housing First » pour réduire drastiquement le nombre de sans-abri.

Près de 9 ans plus tard, 75% des SDF auraient déjà été relogés et l’État mise sur un taux de 100% d’ici 2015.

L’Utah est un état de l’ouest des États-Unis qui compte 2,8 millions d’habitants. En 2005, son gouverneur a décidé d’agir pour réduire de manière conséquence le nombre de sans-abri. Il estimait qu’un SDF avait un coût bien plus élevé pour la collectivité lorsqu’il était à la rue que dans un logement. En effet, ne pas avoir de domicile conduit bien souvent au chômage et à la dépendance.

L’État a calculé que le coût d’un sans-abri revenait à 16 670$ annuels (hôpital, dépendance sociale, prison..) contre 11 000$ pour un appartement et un travail social. Face à ce constat, John Huntman a estimé que leur retour à l’indépendance serait plus bénéfique à la collectivité que de laisser une personne à la rue.

Depuis, l’Utah attribue sans condition des logements ce qui a permis de réduire de 69% le nombre de sans-abris dans les cinq dernières années. L’initiative est donc un succès et de nombreux autres États américains ont commencé ou prévoient de mettre en oeuvre des mesures similaires. C’est le cas dans Colorado où le coût d’incarcération de SDF aurait déjà plongé de 76%. Un tel plan devenait plus que nécessaire après que le nombre de sans-abri est doublé dans certains États au cours des dernières années.

En Europe, 4 millions de sans-abri pour 11 millions de logements vides Une récente enquête menée par le journal britannique Guardian a montré que l’Europe serait dotée de 11 millions de logements vacants tandis que 4,1 millions de personnes se trouvaient sans-abris. En France, 693 978 personnes seraient privées de domicile selon la fondation Abbé Pierre, et malgré la décision prise en 2012 de réquisitionner une partie des logements inhabités, ce chiffre a peu évolué. Nos dirigeants devraient peut-être regarder du côté l’Utah. 10 mars 2014

http://actualutte.com/comment-lutah-compte-reloger-les-sdf-dici-2015/

Commentaire: Oui mais nous, on a un régime social-libéral, on respecte la propriété privée, c’est pas comme les communistes américains!

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10 mars 2014 ~ 0 Commentaire

TPE: les salariés ne sont pas de la chair à patron !

Contrat goubelle

Hier PSA, Sanofi, Virgin… Aujourd’hui Chapitre, Goodyear, Mory Ducros…

Ces mal nommés « Plans de sauvegarde de l’emploi », qui font régulièrement la une de l’actualité et donnent lieu à des résistances, ne doivent pas faire oublier la masse des licenciements quotidiens dans les très petites entreprises (TPE), que ce soit pour motif personnel ou via une rupture conventionnelle, le plus souvent contrainte.

Un salariat éclaté En 2008, on comptait un million d’entreprises de moins de 11 salariéEs, les TPE, soit 85 % des sociétés du secteur concurrentiel, et 20 % du salariat, soit 4,6 millions de salariéEs, dont 1,6 million pour le seul particulier-employeur.

Plus encore, la détérioration du marché du travail depuis 30 ans, qui se traduit par une hausse ininterrompue du travail à temps partiel, des contrats précaires et du chômage, se ressent plus fortement dans les TPE où, par ailleurs, le salaire moyen est inférieur de 20 % à celui des autres entreprises et où se concentre la moitié des smicards ! On retrouve aussi une majorité de ces sociétés, sous-traitantes pour l’essentiel, dans les défaillances d’entreprises qui ont atteint en 2013 un niveau supérieur à celui de 2008.

Pour se soustraire aux seuils sociaux et externaliser les contraintes salariales, se développe également un capitalisme de la franchise dans des secteurs tels que la grande distribution, la restauration rapide ou les services. Enfin, le management dans les TPE oscille, au mieux, entre le paternalisme et, au pire, les Thénardier… Exercer des droits élémentaires tels que se faire payer, prendre ses congés, etc. relève du parcours du combattant.

L’interprofessionnel en première ligne Le syndicalisme tente de réagir face à sa faiblesse : présence d’unions locales pour mener une action syndicale de proximité (CGT au réseau histo- riquement plus dense, Solidaires qui commence à la développer), création de syndicats de sites ou développement dans les secteurs les plus précaires (nettoyage par la CNT-SO, les services à la personne, les associations via Asso, etc.).

Depuis 2010, Sud Commerce s’efforce, avec une permanence juridique, de conseiller, de défendre devant la juridiction prud’homale ces travailleurEs, souvent d’origine étrangère et/ou avec un faible niveau d’instruction, parfois non déclarés, en butte à des employeurs de plus en plus arrogants. C’est à travers le respect des droits élémentaires que la prise de conscience de l’exploitation se construit.

Mettre à mal la subordination Des revendications existent, qui permettraient de changer le rapport de forces dans les TPE et au-delà :
– l’indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse doit être étendue à l’ensemble des salariéEs, indépendamment de leur ancienneté et de l’effectif de l’entreprise
– la rupture conventionnelle doit être abrogée
– il faut la reconnaissance, par voie administrative, des unités économiques et sociales pour contrecarrer la mise en franchise
– il faut élargir les prérogatives des conseillers du salarié, qui interviennent pour assister les salariéEs convoqués à un entretien de licenciement dans les entreprises dépourvues de représentation du personnel, et/ou faire qu’ils soient issus de ces mêmes boîtes à l’occasion de l’élection de représentativité dans les TPE de 2017, ce qui donnerait à cette dernière une vraie légitimité (10 % de participation en 2012)
– la réintégration, seul moyen de réparer intégralement le préjudice subi suite à la perte d’emploi, doit être de droit pour tout salarié dont le licenciement a été reconnu dénué de cause réelle et sérieuse.

Il y a urgence car se répand, dans les TPE, un infra-salariat soumis au bon vouloir du patron et, dans celles plus importantes, un droit du travail négocié à coups de reculs sociaux, dans la logique de la loi dite de « sécurisation » de l’emploi de juin 2013, par un syndicalisme le plus souvent englué.

Unifier le salariat, lui faire prendre conscience de sa force et développer ainsi la conscience de classe : c’est par des pratiques syndicales renouvelées et par nos luttes qu’on y contribuera !

LD Hebdo L’Anticapitaliste – 232 (06/03/2014)

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10 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Menaces sur l’avenir de libération et du monde (acrimed)

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Faut-il s’en inquiéter ?

Alors que Libération subit actuellement une crise si grave qu’elle menace son existence, celle que traverse une nouvelle fois Le Monde, plus larvée, n’en est pas moins menaçante pour son avenir.

Au moment même où l’éditocratie salue peu ou prou le prétendu « réalisme » de François Hollande et du gouvernement, il est à la fois cocasse et symptomatique de l’état général déplorable de la presse française, de constater que les deux quotidiens qui accompagnent avec plus ou moins de distance cette orientation politique connaissent de telles difficultés. Pourtant, quelle que soit l’estime dans laquelle on peut tenir ces deux publications, il y a tout lieu de s’en inquiéter…

L’avenir de Libération n’a jamais été aussi sombre et flou. L’hypothèse d’une restruc- turation, voire d’un « dépeçage » et « vente à la découpe » de « la marque » et des locaux reste posée. L’actionnaire de référence (et milliardaire de l’immobilier) Bruno Ledoux, particulièrement favorable à la transformation du quotidien fondé par JP Sartre en complexe de loisirs branché, a ainsi de débarqué Philippe Nicolas, ex-acolyte de Nicolas Demorand à la tête du journal et plutôt partisan d’un « dépôt de bilan », plus protecteur juridiquement et qui aurait pu permettre de ne pas cesser la parution dans l’attente d’un nouvel actionnaire éventuel.

Tout en promettant une restructuration « inévitable » et « très conséquente », le bien nommé Ledoux affirme qu’il n’est pas question d’abandonner le papier et entend créer, en plus, « une Libé TV, une radio »… Un peu magicien, donc, l’entreprenant entrepreneur est aussi un patron à poigne. En plein de bras de fer avec sa rédaction, il n’hésitait pas à lancer, le 6 mars, devant un parterre d’étudiants en journalisme que « si on est contre [ses projets], personne n’est tenu de rester. Le journal n’appartient pas aux journalistes. On n’est pas en Union soviétique. » Comme chacun sait, en Union soviétique, les journaux étaient autogérés par les journalistes !

La situation du Monde, en crise permanente depuis près de vingt ans, avec alternance de recapitalisations et de nouvelles formules est quelque peu différente. Alors qu’une nouvelle fois la situation financière du journal est très délicate, les mesures envisagées par la direction semblent plus radicales encore. Quelques mois après la création d’un cahier quotidien intitulé significativement « Éco & Entreprise », qui donne déjà une place disproportionnée à la micro-économie, il s’agirait à présent, au prétexte de développer l’édition web, de supprimer des postes au sein des pages Environnement, mais aussi ceux consacrés au suivi de l’exclusion/pauvreté, de la banlieue, de l’extrême-gauche ou des musiques populaires.

Avec comme objectif évident de séduire le seul lectorat qui semble importer : celui des décideurs et des cadres dirigeants à fort pouvoir d’achat, attirant les annonceurs les plus prodigues. Ce plan de réorganisation, avec menace de licenciements secs en cas de refus des réaffectations, qui couvrirait en sus une reprise en main éditoriale et idéologique, éloignerait encore davantage Le Monde de son statut de « quotidien de référence », auquel lui seul croit encore, et en ferait un concurrent toujours plus direct du Figaro et de « ses pages saumon », mais aussi du quotidien du monde des affaires, Les Échos.

Autant dire que les bribes vaporeuses d’orientation progressiste qui restaient au Monde risquent de définitivement s’évaporer sous peu.

D’un autre genre, les dérives de la ligne éditoriale de Libération n’en sont pas moins grandes. Auto- proclamée «maison commune de toute la gauche», Libération se complait depuis de nombreuses années déjà dans des postures radical-chic qui, à de rares exceptions près, réduisent à presque rien les préoccupations sociales et anticapitalistes de la gauche de gauche et du mouvement social, tout en se délectant du « réalisme » et de la conversion au libéralisme le plus brutal de la gauche de gouvernement.

Alors pourquoi ceux qui ne partagent pas les options politiques de Libération et du Monde devraient-ils s’inquiéter de l’éventualité que lecteurs soient privés des contorsions péri- gouvernementales du premier et du libéralisme vaguement social du second ?

Pour quatre bonnes raisons au moins :

- Parce que les options éditoriales d’un titre ne coïncident pas totalement avec ses options politiques et que comme le souligne Chomsky, l’information que diffusent les médias n’est pas réductible à la propagande ;

- Parce que le pluralisme forme un tout et que, aussi peu qu’il soit respecté dans les colonnes de ces journaux, il est peu probable qu’il sorte renforcé si, hormis L’Humanité et La Croix, seules demeu- rent comme grands quotidiens généralistes nationaux Aujourd’hui en France (Le Parisien) et Le Figaro ;

- Parce que les autres médias, en particulier sur Internet, ne peuvent pas être de purs et simples substituts à la presse écrite imprimée ;

- Parce que les usagers des médias ne sont pas (ou ne devraient pas être) seulement des consom-mateurs, décidant selon leurs goûts et opinions, aussi légitimes soient-ils.

Quelles que soient leurs préférences, qu’ils adorent ou détestent Le Monde et Libération, qu’ils se méfient des médias traditionnels ou seulement de certains d’entre eux, qu’ils privilégient ou non les sites en ligne et les médias associatifs, ces usagers sont tous concernés : ce n’est pas – ou pas toujours – par soustraction de titres que se gagne le combat pour une appropriation démocratique des médias

Par Blaise Magnin, Henri Maler, le 10 mars 2014

http://www.acrimed.org/article4285.html

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09 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Poste stressante

la poste

Au début de janvier 2014, une factrice du Lot s’est suicidée en se rendant à son travail1 ;

Le 31 du même mois, la presse annonce le cas d’une cadre de Coliposte à Noisy-le-Grand2. Quelques jours auparavant, l’ensemble de la presse, à la suite d’un document publié sur le site Bakchich3, s’était fait l’écho d’un rapport de l’inspection du travail mettant en cause la Poste après le suicide, en février 2013, d’un cadre de la direction de la communication4.

Ces drames, ou leurs derniers rebondissements, ne figurent pas dans le livre de Sébastien Fontenelle, paru l’automne dernier. Mais ils confirment que les cas de suicide d’employés et de cadres de la Poste se poursuivent malgré un prétendu « grand dialogue » instauré par la direction de l’entreprise, en fait une opération de communication censée apporter une réponse à une première vague de suicides et redorer une image écornée dans l’opinion publique. Certes, ils ont été, pour l’instant, moins nombreux qu’à Orange, l’ancienne entreprise publique France Télécom.

Celle-ci avait fait la Une de l’actualité à plusieurs reprises, aboutissant au remplacement du directeur du groupe, Didier Lombard, qui, depuis, a été mis en examen pour harcèlement moral suite à un rapport de l’inspection du travail et à une plainte de la fédération SUD-PTT. Il reste que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, la souffrance au travail des employés de la Poste perdure et alimente la rubrique des faits divers tragiques.

Du service public à l’entreprise néolibéale L’enquête de Sébastien Fontenelle éclaire une situation dont le grand public n’a pris conscience que récemment. En effet, malgré des changements majeurs imposés en interne depuis le début des années 1990, l’opinion a longtemps conservé l’image d’une entité désuète et sympathique, mais efficace et proche des gens. Pourtant, depuis 1991, l’ancienne administration des PTT a été séparée en deux entreprises publiques, la Poste et France Télécom, sous l’égide d’une loi du socialiste Paul Quilès, transformées ensuite en sociétés anonymes.

Sébastien Fontenelle rappelle d’abord ce qu’ont été les PTT comme service public et les attaques récurrentes qu’il a subies depuis les années 1970, puis les changements intervenus après la fin de l’administration publique. Bien avant le changement de statut d’il y a quatre ans, l’entreprise postale, outre la multiplication de ses filiales de droit privé, a vu l’introduction d’une « culture » et de méthodes managériales qui l’ont profondément modifiée, tandis que le personnel était géré sous plusieurs statuts (anciens fonctionnaires, contractuels de droit privé en CDI et précaires) et connaissait une explosion de la précarité.

Ensuite, l’ouvrage de Fontenelle synthétise et met en perspective nombre d’informations et de faits divers qui permettent de voir que la situation actuelle vient de loin et résulte d’une politique de long terme poursuivie sous tous les gouvernements successifs. Celle-ci est d’ailleurs ubuesque quand on se souvient que, au début des années 1990, l’un des principaux arguments des partisans du « changement » de statut était que la séparation des deux entités permettrait de libérer les potentialités et le développement de chacune d’entre elles, alors qu’aujourd’hui, la Poste cherche des alliances dans la téléphonie qu’elle avait naturellement à l’époque des PTT pour compenser la baisse annoncée, et entamée, du courrier.

L’ancienne administration des PTT était le second employeur de France, après l’Edu- cation nationale, et un bastion syndical avec de fortes et anciennes traditions de lutte, comme la longue grève de l’automne 1974.

Pour les contourner et normaliser l’entreprise, la Poste est devenue le laboratoire du démantèlement des services publics et de l’application des méthodes de management dans les administrations et les anciennes entreprises publiques. Grâce à ce livre, on peut enfin mesurer les répercussions désastreuses de cette politique de rentabilité et le gâchis humain qui s’ensuit. Une situation dans laquelle les socialistes actuellement au pouvoir portent, depuis le début, une grande part de responsabilité.

Revue L’Anticapitaliste n°52 (mars 2014)

Poste stressante - Sébastien Fontenelle

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08 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Transactions financières

hollande patrons a

Hollande enterre la taxe

Certains ont tendance à mettre la responsabilité du néolibéralisme en Europe sur les épaules de la Commission européenne. En réalité, ce qui est en train de se jouer sur les banques et la taxe sur les transactions financières (TFF) montre que les États nationaux, et notamment la France de Hollande, jouent un rôle majeur.

Dans les deux cas, réforme bancaire et taxe, la Commission européenne a des projets de régle-mentation, certes extrêmement insuffisants, mais si les États, et notamment la France, s’attachent à les amender, ce n’est pas pour les durcir mais pour les rendre encore plus anodins pour les banques et les financiers.
Pour ce qui est de la taxe sur les transactions financières (TTF), en septembre 2011, la Commission européenne avait proposé une directive. À la mi-2012, il est devenu certain que l’una- nimité ne serait pas atteinte, la Grande-Bretagne et le Luxembourg notamment s’y opposant fermement. Onze États (sur vingt-huit) semblaient cependant prêts à adopter un texte proche de celui proposé initialement. Le Conseil européen et le Parlement européen ayant donné leur feu vert, la Commission a proposé un nouveau texte le 14 février 2013 qui reprenait l’essentiel des dispositions de sa proposition de 2011. Cette TTF rapporterait entre 30 et 35 milliards d’euros. Puis la discussion technique s’est enlisée…

En coulisse, le gouvernement travaille… En fait, les banques sont farouchement opposées à cette taxe. Malgré ses proclamations (« Taxer les transactions financières, c’est maintenant » écrivaient les ministres Moscovici et Canfin le 30 janvier dernier), le gouvernement français a beaucoup agi en coulisse pour réduire drastiquement la portée de la TFF.
Dans ce contexte, à la veille du Conseil franco-allemand du 19 février, 283 associations, ONG et syndicats de 17 pays européens, avaient interpellé François Hollande dans une lettre ouverte en lui demandant de « ne pas céder à la pression du secteur financier » et de travailler à mettre en place dès 2015 « une TTF sur toutes les classes d’actifs, pour enrayer la spéculation et financer les enjeux de solidarité nationale, européenne et internationale ».

À l’issue du Conseil, François Hollande a affirmé que les deux pays avaient « la volonté d’aboutir avant les élections européennes », même si la TTF devait être « imparfaite ». Mais ça, c’est pour la galerie. Il n’y aura pas de TFF ou bien juste un faux semblant.
«  Mon véritable adversaire, c’est la finance », déclarait Hollande dans sa campagne électorale… Maintenant, on est fixé : son véritable adversaire, celui sur qui pèse le poids de sa politique, ce n’est ni la finance ni les patrons… mais tous les autres : salariéEs, chômeurEs, retraitéEs…

Henri Wilno Hebdo L’Anticapitaliste – 232 (06/03/2014)

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08 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Loi sur les stages: la précarité et la galère, ce n’est pas fini!

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Le gouvernement avait annoncé sa volonté de faire avancer le cadre légal des stages afin de changer la précarité grandissante que connaissent les jeunes. On est bien loin du compte !

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Aujourd’hui les stages sont une vraie arme pour le patronat afin de précariser les jeunes et les salariéEs, une main-d’œuvre à très bas coût corvéable à merci. En effet, la gratification, car on ne parle pas de salaire, est de 436 euros par mois, c’est-à-dire moins que le RSA, et les stagiaires, dépendant de la validation de ce stage, sont donc obligés de faire toutes sortes de tâches que personne ne ferait autrement.

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La situation était encore plus dramatique avec les stagiaires employés par Areva pour s’occuper des moteurs de réacteurs nucléaires pendant 2 à 6 mois, heureusement pas assez longtemps pour contracter des maladies liées à la radioactivité. La Société générale emploie 20 % de stagiaires… Autant de jeunes qu’elle n’a presque pas besoin de payer car un stage de moins de deux mois n’est pas rémunéré.

Avancée pour les jeunes ou cadeaux aux entreprises ? La nouvelle loi adoptée lundi 24 février apporte des avancés : interdiction d’effectuer des tâches dangereuses, accès aux tickets restaurant, aux remboursements des transports, rémunérations dès le premier mois de stage si celui-ci dure plus de deux mois…

Mais elle ne touche pas au cœur du problème ! Les stagiaires sont utilisés par les grandes entreprises car ils sont payés une misère et la pression qu’ils subissent pour valider leur formation permet qu’ils acceptent des tâches qui ne sont pas les leurs. Ni augmentation de la gratification au Smic, ni cadre contraignant pour les entreprises sur le lien entre formation et stage… De plus, la nouvelle loi s’accompagne d’une exonération d’impôts pour les gratifications ! Et une partie des stages qui se font dans le public sont menacés par les politiques d’austérité.

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Ainsi, un mouvement d’ampleur a eu lieu chez les étudiants en travail social qui ne pouvaient pas trouver de stage. Cynique, le gouvernement avait supprimé l’obligation de gratifier les stages et annoncé une enveloppe de 5,3 millions d’euros… alors qu’il en faudrait 70 millions.

Aujourd’hui une bataille s’ouvre aussi dans les Instituts de formation aux soins infirmiers (IFSI) : les étudiantEs s’y battent pour accéder aux stages dans le privé qu’on leur refuse, faute d’exonération, et pour une meilleure rémunération : elle est aujourd’hui de 66 centimes par heure !

JBP Hebdo L’Anticapitaliste – 232 (06/03/2014)

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08 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Centrafrique: le fiasco de la france

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Sans surprise et dans un consensus politique, l’Assemblée nationale vient de donner son aval à la continuité de l’opération Sangaris en Centrafrique.

Mais dans le même temps, les critiques de cette opération se font de plus en plus entendre. Dès le début, l’intervention française ciblait uniquement les milices de la Seleka venant du nord du pays qui ont porté au pouvoir Michel Djotodia.

Ces milices se sont rendues coupables d’exactions contre les populations en épargnant généralement les communautés musulmanes. En neutralisant les milices de la Seleka, les troupes françaises ont laissé en matière de sécurité un vide pour les populations musulmanes qui se sont fait massacrer par les milices anti-Balaka, largement encadrées par les partisans de l’ancien dictateur François Bozizé.

Pendant de longues semaines les soldats français ont continué cette opération en laissant agir les anti-Balaka qui ouvertement travaillaient à leur objectif : « nettoyer » le pays des musulmans. Ainsi l’armée française, même si ce n’était pas son intention première, a été d’une aide décisive dans le nettoyage ethnique qu’opèrent les milices anti-Balaka. Les convois de civils musulmans qui se dirigent vers le nord du pays sont sans cesse attaqués par ces miliciens dont la plupart sont des jeunes désœuvrés. En soutenant ces milices, Bozizé tente de son côté de reprendre le pouvoir.

Le remède pire que le mal… La situation politique se complique considérablement. Les anti-Balaka sont divisés. Une aile se déclare prête à travailler avec le gouvernement de Catherine Samba-Panza, tandis que l’autre partie dénie toute légitimité à ce pouvoir. Cette division peut amener à des conflits entre anti-Balaka eux-mêmes sur des bases ethniques.

Déjà on recense des méfaits de ces miliciens contre les populations chrétiennes. Et le fait que la France se donne désormais comme objectif le désarmement de ces milices va contribuer à l’hostilité grandissante d’une partie de la population. Régulièrement les soldats de Sangaris essuient des tirs de miliciens anti-Balaka.
Dans le nord du pays où les musulmans se sont réfugiés, les risques sont grands de voir les populations chrétiennes de cette région être victimes de la vengeance des miliciens de la Seleka. La question de la gestion de cette région se pose. En effet, si la partition institutionnelle du pays a été écartée, sa sécurisation et son contrôle restent problématiques.

La diplomatie française mise sur le dictateur tchadien Déby pour éviter que cette zone soit une zone de non-droit propice à un refuge de toutes les milices qui sévissent dans la région : celles du Darfour mais aussi la secte ougandaise de la LRA (acronyme anglais de l’Armée de Résistance du Seigneur), les zaraguinas bandits de grand chemin, et bien sûr les djihadistes. Le rôle d’Idriss Déby se retrouve ainsi renforcé et va bénéficier de la mansuétude de la France et des autres puissances occidentales.
De nouveau, la théorie d’un soutien aux dictatures pour assurer la stabilité dans la région est défendue, alors que ce remède est pire que le mal. La légitimation de ces dictatures ne fait que nourrir des conflits armés qui dégénèrent le plus souvent en guerres ethniques. La politique africaine de la France reste constante et continue à faire des ravages dont les principales victimes restent les populations.
Paul Martial Hebdo L’Anticapitaliste – 232 (06/03/2014)

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08 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Un plan «viennoiseries» chez renault (l’humanité)

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À rire ou à pleurer ?

La direction de l’usine Renault de Cléon a décidé d’offrir des croissants au personnel pour… prévenir les suicides. C’est ainsi.

Plantons le décor. Une usine de 4 000 salariés, implantée depuis la fin des années 1950 dans une boucle de la Seine près de Rouen, où l’on fabrique des boîtes de vitesses. Le boulot y a toujours été dur. Cadences infernales du travail à la chaîne, pénibilité de la fonderie. Mais il y avait de la résis- tance, de la solidarité, une certaine fierté, aussi, de bosser pour la marque au losange. Ces dernières années, l’ambiance a sérieusement dévissé, avec le cocktail classique de crise de l’automobile sur laquelle a surfé la direction pour augmenter la pression et faire passer son accord de compétitivité.

Les ouvriers y ont perdu 21 jours de congés par an, pas moins !

Alors en avril dernier, un gars se suicide. Début décembre, le rapport du cabinet Technologia expose que, comme tous ses collègues, ce salarié avait subi des pressions de la direction, parce qu’il faisait grève contre cet accord, justement.

Un chantage ignoble, une menace de le changer d’équipe et de lui faire perdre 700 euros par mois ! Et plus largement, le rapport décrit l’angoisse, la méfiance, la colère du personnel envers Renault. La direction est touchée au cœur. Deux mois d’intenses réflexions lui permettent d’aboutir à cette stupéfiante traduction, à la mi-février :
« Certains collaborateurs ressentent une certaine forme de pression et nous voulons changer cette perception », déclare ainsi le directeur de l’usine à l’AFP. Pourquoi arrêter les pressions, s’il suffit de s’attaquer à leur perception, n’est-ce pas ?

Le plan d’action : « Nous allons favoriser les temps d’échanges entre les collaborateurs et la hiérarchie lors de petits déjeuners ou événements festifs. » Rien qui ne coûte aux actionnaires. Le hic, qui est venu gâcher toute cette fête, c’est qu’un autre salarié s’est suicidé le 30 janvier sur le site. Nadia Cagnati

http://www.humanite.fr/social-eco/un-plan-viennoiseries-chez-renault-560497

Commentaire pour ceux et celles qui n’ont pas connu l’école à l’ancienne: on y apprenait que Marie Antoinette (femme de l’avant , avant dernier roi) avait répondu à: « Majesté ils n’ont plus de pain » par « Mais qu’ils mangent de la brioche ».

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07 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Poste(92): tout faire pour que les postiers gagnent

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La grève des postiers des Hauts-de-Seine est une affaire nationale.

C’est toute La Poste et donc l’ensemble de la direction qui travaille à la défaite des facteurs et factrices. Dans le 92, La Poste n’arrive pas à faire passer ses réorganisations, grâce à la mobilisation des postiers qui ont fait de longues grèves en 2009, 2010 et 2012.

La direction s’est donné comme objectif de détruire ou tout du moins d’affaiblir durablement cette réalité locale.

À l’origine, le conflit est parti sur un seul établissement, Rueil-Malmaison, mais c’est l’expérience des conflits précédents qui a montré que pour gagner il faut élargir à d’autres établissements. Deux établissements sont massivement en grève (Rueil-Malmaison et La Garenne-Colombes), un autre gros établissement est majoritairement en grève (Courbevoie), et des grèves ont une forte capacité de nuisance (CTED de Colombes, Gennevilliers, Nanterre PPDC). En tout 100 à 120 grévistes. Il y a donc des possibilités d’étendre la grève.

Perspectives de mobilisation La journée de grève nationale du 13 mars dans le secteur postal devrait être un moyen de faire un bond vers cet objectif. Le débat sur la reconduction peut et doit se poser dans les autres départements.

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Avant cela, la première échéance sera le vendredi 7 mars à 18 h devant la direction départementale (3 boulevard du Levant à Nanterre), puis le 8 mars un concert pour soutenir la grève et s’opposer à la répression.

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Pour aider les grévistes, il est possible de relayer les résumés quotidiens faits par le comité de grève, faire des motions de soutien dans les syndicats et organiser des collectes.

La question financière sera bien sûr capitale : 16 grévistes ont eu des paies à zéro euro en février. Il faut donc multiplier les initiatives de soutien financier. Correspondant

Hebdo L’Anticapitaliste – 232 (06/03/2014)

Pour la caisse de solidarité, envoyez vos chèques à SUD Poste 92, 51 rue Jean-Bonal 92250 La Garenne-Colombes, à l’ordre de SUD Poste 92, mention « Solidarité grévistes » au dos.
Blog de la grève : http://grevedespostiersdu92.tumblr.com
Facebook : Sudposte hauts de seine
Chaîne youtube : greveptt@gmail.com

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