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22 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Ps: l’aile gauche sur le flanc (les inrocks)

flan Sur le flanc, pas sur le flan!

Le virage social-démocrate du président Hollande a jeté le trouble au sein d’une aile gauche du PS en proie à d’importantes dissensions.

Pendant que Benoît Hamon rêve de reprendre la main en succédant à Harlem Désir à la tête du parti, son réseau est récupéré par Emmanuel Maurel, le nouvel homme fort à la gauche de la gauche… A ceux qui l’attendaient au tournant sur ses histoires de scooter, François Hollande aura montré qu’il savait “accélérer” et négocier ses propres virages – ou dérapages, c’est selon. Le 14 janvier, devant un parterre de journalistes venus sans doute aussi chercher la vérité de ses présumées romances, le président de la République aura réalisé la plus surprenante volte-face de son jeune mandat. Un an et demi après son élection, c’est sur le terrain du social et de l’économie que François Hollande s’est offert un joli frein à main – dont les traces au sein de la majorité sont d’ores et déjà palpables.

En présentant les grands axes de son fameux pacte de responsabilité, Hollande s’est approprié quelques mots-clés de la novlangue sociale-démocrate qui ont dû faire froid dans le dos de certains à gauche. “Fin des cotisations familiales sur les entreprises”, “politique de l’offre”, “crédit d’impôt aux entreprises”, “hausse de la TVA”.

Au final, ce sont 30 à 35 milliards d’euros de baisse de “charges” qui profiteront aux entreprises entre 2015 et 2017. Le président de la République – reprenant ici les grandes lignes des vingt-deux mesures proposées par le rapport Gallois – a énoncé des directions que certains trouveront forcément éloignées des intentions affichées lors du discours du Bourget (“Mon véritable adversaire, c’est la finance”, avait alors déclaré le candidat à l’élection présidentielle en janvier 2012). Hollande se veut rassurant : “Le discours du Bourget reste ma référence”, affirme-t-il. Si le centre salue quelques-unes de ses propositions, si la droite est un peu paniquée et si la grande majorité des socialistes valide silencieusement ce changement de cap, sur l’aile gauche du parti, on ne feint pas la consternation.

Aubry : “François sait ce que j’en pense”

” Surpris par les annonces de François Hollande ? Le mot est un peu faible”, note Paul Quilès, ancien ministre de l’Intérieur et animateur du club Gauche Avenir. “Je ne ferai pas de déclarations mais François sait ce que j’en pense”, confie pour sa part, embarrassée, Martine Aubry. Pour Henri Em- manuelli, figure de l’aile gauche du PS, “la démocratie est un moteur qui fonctionne à deux pistons et pas avec un piston bloqué à droite comme c’est le cas actuellement”. Emmanuel Maurel, chef de file de la motion Maintenant la gauche, s’interroge sur la méthode :

“Entre le vote bloqué et le mode de gouvernement par ordonnances, ce n’est pas exactement ce qu’on avait prévu. On n’est censé suivre le petit doigt sur la couture ? Je pense qu’il faut faire une cure de détox par rapport aux institutions de la Ve République. Le côté ‘le chef décide et nous on suit’, ce n’est pas comme ça que je conçois la délibération collective…C’est bien beau de parler de politique de l’offre, mais même le prix Nobel d’économie Paul Krugman s’en amuse (dans une tribune intitulée “Scandal in France”, dans le NY Times du 16 janvier, Krugman a fustigé le récent virage libéral de Hollande – ndlr).”

La méthode aura donc choqué autant que le fond. “Le côté idéologique est très important, mais je pense que c’est surtout un tournant dans le quinquennat dans le sens où c’est une reprise en main politique de Président sur le dispositif. C’est ça qui est très marquant”, explique le député socialiste Malek Boutih. “Jamais Lionel Jospin n’aurait usé de ce genre de mesures monarchiques”, s’alarme la députée socialiste Barbara Romagnan. Pour justifier son passage en force et ce que cer- tains considèrent comme un cadeau aux entreprises, le président de la République aura néanmoins offert un os à ronger à la gauche de la gauche : ça s’appelle “l’observatoire des contreparties”.

Un laboratoire des contreparties pour consoler la gauche de la gauche 

Une sorte de comité Théodule associé au Parlement et chargé de définir par branches profes- sionnelles, les compensations exigées aux entreprises. “On va chercher à obtenir es contreparties, promet Julien Dray. Mais on ne peut pas se contenter d’être des observateurs, nous souhaitons rapidement des avancées en termes d’emploi, d’investissement et de redistribution des gains de productivité”. De son côté, le parlementaire Pouria Amirshahi estime qu’” avant de créer un observatoire des contreparties, il faut créer un observatoire des engagements(…) Car pour l’instant, François Hollande met en place une politique d’assistanat généralisée au patronat le plus cupide d’Europe.”

Marie-Noëlle Lienemann, ancienne ministre et aujourd’hui sénatrice, regrette le manque de dialogue : “Depuis sa prise de fonction, François Hollande ne cherche aucun compromis avec notre courant, il préfère écouter les conseils de Louis Gallois (l’ancien président d’EADS, auteur d’un rapport sur la compétitivité – ndlr).” Cette tête de file de l’aile gauche du PS estime que les attaques de ses camarades sont la seule issue pour sauver la gauche d’un désastre électoral en 2017 : “Nous ne souhaitons pas rééditer ce qui s’est passé avec Lionel Jospin, expliquet-elle. De 1997 à 2002, tout le monde a dit ‘amen’ à la politique sociale-démocrate de Lionel Jospin et au final, nous nous sommes retrouvés avec le 21 avril 2002.”

Souvent qualifiée de “mauvaise conscience de François Hollande” par les observateurs, l’aile gauche du PS n’a pas attendu l’annonce du “pacte de responsabilité” pour hausser le ton en cette année d’élection électorale. Le mardi 7 janvier, une violente passe d’armes éclate au bureau national du PS entre le Premier secrétaire, Harlem Désir, et Emmanuel Maurel. Pour critiquer l’absence de réactions du Parti socialiste face au tournant libéral opéré par François Hollande, Emmanuel Maurel lit des passages du discours d’Harlem Désir lors du congrès de Toulouse, afin de montrer l’écart avec la politique menée par François Hollande. Rapidement irrité, Harlem Désir rétorque : “Où-veux tu aller avec tes critiques incessantes ?”  Sans répondre directement, Emmanuel Maurel a poursuivi sa lecture déclenchant le courroux d’Harlem Désir : “Emmanuel, tu ne peux pas être en seconde position pour la circonscription Grand-Ouest lors des élections européennes et critiquer le parti en permanence !”

Minoritaire au sein de l’Assemblée nationale, l’aile gauche peine plus que jamais à infléchir la ligne du gouvernement. “Les membres de ce courant ont des réflexes pavloviens dès qu’ils entendent parler de ‘politique de l’offre’ ; ils crient avant d’avoir mal, se désole un membre du bureau national. Ils peuvent manifester toutes les prudences oratoires du monde, ils ne pèsent rien politiquement. Ils ont une vingtaine de députés (sur les 292 qui composent le groupe socialiste – ndlr), leur puissance n’est que verbale.” Une analyse que partage le député de l’Essonne Malek Boutih : “Aujourd’hui, la gauche de la gauche, c’est plus une addition de “monsieur plus” qu’une véritable alternative politique. Elle était déjà affaiblie avant la victoire de François Hollande.” “J’ai vu tout ça arriver, confie Jean-Luc Mélenchon. Quand j’ai quitté le PS, mes camarades m’ont dit qu’on était plus efficace à l’intérieur du parti qu’à l’extérieur. Aujourd’hui, avec cette rupture totale avec le socialisme historique actée par Hollande, leur monde s’effondre !”

Le lent affaiblissement de l’aile gauche du PS

Pourtant, ce courant, auquel a appartenu Jean-Luc Mélenchon et longtemps incarné par Benoît Hamon, fut l’un de ceux qui a le moins souffert de l’épreuve du temps. Pendant que les autres motions se sont progressivement effritées ou vendues à la découpe, du congrès de Dijon en 2003 à celui de Toulouse en 2012, l’aile gauche est restée très structurée et a toujours représenté appro- ximativement 20 % du parti. En 2008, Benoît Hamon avait même réussi l’exploit de rassembler l’ensemble des chapelles de la gauche (mélenchonistes, poperénistes, partisans d’Henri Emmanuelli, de Marie-Noëlle Lienemann ou encore de Gérard Filoche…) au sein du courant Un monde d’avance.

Le tournant est intervenu en mai 2012. En appelant au gouvernement Benoît Hamon, François Hollande a circonscrit l’influence de l’aile gauche du parti. “C’est habile, en le nommant ministre de l’Economie sociale et solidaire et de la Consommation, François Hollande a privé l’aile gauche de son meilleur portevoix, commente un cadre socialiste. Tous les proches d’Hamon sont aujourd’hui emmerdés pour critiquer l’action gouvernementale.” Surtout que six mois plus tard, lors du congrès de Toulouse en octobre 2012, Benoît Hamon s’est senti obligé – en tant que membre du gou- vernement – de soutenir la motion d’Harlem Désir (et donc de se constituer en sensibilité de la majorité). “Benoît Hamon est désormais coincé, commente un proche. Pendant qu’il est au gouvernement, Emmanuel Maurel siphonne son courant et agrège à lui ses anciens militants.” Seul adversaire d’Harlem Désir au congrès de Toulouse, Emmanuel Maurel incarne aujourd’hui l’aile gauche du parti et a raflé de nombreuses investitures aux européennes, au détriment des proches d’Hamon.

Hamon rêve de Solférino Benoît Hamon a d’ailleurs demandé à voir François Hollande, le jeudi 16 janvier. Officiellement, il s’agissait de discuter du virage à droite pris par le président de la République. Officieusement, le ministre de l’Economie sociale et solidaire réfléchirait à des contre-parties pour ses proches. “Hamon est dans le deal permanent, commente Malek Boutih. Il réfléchit à sa place au gouvernement, au nombre d’élus qu’il peut avoir en contrepartie. Dans ce genre de situations, il y a toujours un grand couscous au cours duquel on troque son idéologie contre des postes.”

En réalité, les hamonistes lorgnent sur Solférino et ont leur scénario en tête. Ils espèrent qu’Harlem Désir sera appelé au gouvernement lors d’un prochain remaniement afin que leur chef de file récupère au passage le poste de Premier secrétaire. “C’est vrai que Benoît réfléchit à un rôle plus important au sein du parti, concède Guillaume Balas, secrétaire général d’Un monde d’avance. Le prochain congrès du Parti socialiste est en 2015 mais s’il y a un remaniement, il y aura peut-être des opportunités (…) Je souhaite que Benoît Hamon soit candidat…” Au PS, le virage et la contrepartie seraient-ils devenus une mode ?

22/01/2014 | 11h21 David Doucet et Pierre Siankowski

http://www.lesinrocks.com/2014/01/22/actualite/ps-laile-gauche-sur-le-flanc-11462946/

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21 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Chômage/précarité: uni(e)s pour l’unédic (al)

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Les négociations Unédic ont débuté le 17 janvier et devraient s’achever fin mars.

Pour résorber le déficit, le patronat refuse d’augmenter ses cotisations. Il aimerait rétablir la dégressivité des indemnités, et va peser de tout son poids pour augmenter le flicage et les objectifs de radiations de chômeurs de Pôle Emploi.

Il reste quelques semaines pour se faire entendre. Le samedi 7 décembre, seules 2000 personnes ont manifesté à Paris contre le chômage et la précarité à l’appel des quatre principales organisations de lutte contre le chômage – Mouvement national des chômeurs précaires, Apeis, Agir ensemble contre le Chômage !, et CGT-Chômeurs. AL en était, bien sûr, avec les CNT, la CGT, le SNU-FSU, Solidaires, le PCF, le PG et LO.

Peu de participants, certes… Mais comme ils ne s’inscrivent pas dans une stratégie d’action, ce type de rassemblement rituel est trop peu préparé en amont… et fait un bide. Il est décidément urgent de repenser la manif comme un outil parmi d’autres dans notre répertoire d’actions. L’enjeu, c’est de permettre le passage à un niveau supérieur  : l’action directe. Espérons que ce soit le cas en 2014.

La convention prorogée Au mois de juin dernier, la coordination fédérale d’AL a souligné le danger que représentait la renégociation de la convention Unédic, prévue initialement pour l’automne 2013. En fait, la bataille a été différée de plusieurs semaines. L’actuelle convention est prorogée jusque fin mars, et on chuchote qu’elle pourrait l’être jusqu’à la fin de la séquence électorale municipales-européennes. Pourquoi ? Parce que le gouvernement n’est pas neutre dans cette affaire. Certes la convention Unédic est toujours une coproduction Medef-CFDT. Mais elle nécessite également l’agrément de l’État. Or le gouvernement PS-EELV peut difficilement se permettre d’agréer, juste avant les élections, une convention qui sera nécessairement antisociale.

La crise et les vagues de licenciements ont creusé le déficit de l’assurance chômage. Avec 15 500 chômeurs indemnisé-e-s de plus en 2013, et encore 29 500 de plus attendus en 2014, la dette de l’Unédic pourrait atteindre 22,3 milliards d’euros à la fin de l’année. Pour rétablir l’équilibre, le Medef refuse toute augmentation des cotisations patronales, et préconise le retour de la «  dégressivité des allocations  », une disposition active entre 1992 et 2001, selon laquelle les indemnités des chômeurs décroissaient régulièrement jusqu’à atteindre les minima sociaux. La convention Unédic de 2001 l’a annulée, en échange du flicage des chômeuses et chômeurs, désormais menacé-e-s de radiation s’ils refusent deux «  offres raisonnables d’emploi  ».

Dans un premier temps, l’enjeu, pour le Medef, était de rétablir la dégressivité en conservant le flicage. Cependant, vu la situation sociale explosive, il s’est montré plus prudent dans un second temps, et envisage désormais surtout d’augmenter le flicage et les radiations, ce qui en langage policé donne : « Il faut inciter à l’emploi ».

Occuper les agences

La situation est grave, et pressante, mais il est encore temps de se mobiliser. Il nous semble indispensable de constituer un front large, unissant toutes les forces syndicales et politiques opposées au gouvernement PS-EELV, et dont les organisations de chômeurs-précaires seraient le pivot. Il est nécessaire d’informer la population des enjeux, de mettre du monde dans la rue et, si on a accumulé suffisamment de forces pour cela, d’occuper les agences Pôle Emploi. Mais on ne peut laisser ce mauvais coup se préparer sans réagir.

La menace sur l’assurance-chômage est claire, mais elle ouvre une possibilité de réveiller la contestation sociale. Celle-ci permettrait de dégager des perspectives plus radicales  : abolition du chômage par le partage du travail et la réduction des profits capitalistes, droit de veto des salarié-e-s sur les licenciements. Ce n’est pas aux travailleuses et aux travailleurs de payer les pots cassés du système. 17 janvier 2014 Par Commission Journal

Guillaume Davranche (AL Montreuil) & François Molinier (AL Paris Nord-Est)

http://alternativelibertaire.org/?Chomage-Precarite-Uni-e-s-pour-l

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21 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Grandes surfaces, première chute de la consommation depuis 2008 (lt)

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C’est une information du « Figaro » : pour la première fois depuis 2008, les Français ont réduit de 0,5 % en volume leurs achats de produits de consommation courante (alimentaire, entretien, hygiène…) l’an passé.

L’institut IRI (*), qui analyse l’intégralité des tickets de caisse, chiffre, en effet, cette chute à 0,5 %, tous circuits confondus (hypermarchés, supermarchés, hard discount et drive). Pour mémoire, les volumes étaient restés stables en 2012, après avoir progressé de 1 % en 2011. « Les Français ont continué à procéder à des arbitrages et réduit leurs achats en volume par foyer, a constaté Jacques Dupré, directeur Insight chez IRI. Ils ont sans doute également voulu limiter le gaspillage, comme c’est souvent le cas en temps de crise ».

* Institut de recherche et d’innovation.

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/economie/grandes-surfaces-premiere-chute-de-la-consommation-depuis-2008-21-01-2014-2375858.php

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19 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Dexia augmente ses dirigeants de 30%! (jdd)

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Trois cadres de la banque ont vu leurs salaires passer de 340.000 à 450.000 euros par an.

Le directeur financier, le directeur des risques et le secrétaire général de Dexia ont vu leurs salaires s’envoler de 340.000 à 450.000 euros par an à la simple faveur de leur entrée au comité de groupe. La banque a perdu 15 milliards d’euros depuis trois ans après avoir été renflouée de 5,5 milliards d’euros par la France et la Belgique.

http://www.lejdd.fr/Economie/Entreprises/Dexia-augmente-ses-dirigeants-de-30-649054

Sauvée par l’Etat, Dexia augmente trois dirigeants de 30% (jdd)

Trois dirigeants de la banque franco-belge Dexia, renflouée par les contribuables, ont vu leur rémunération s’envoler de 30% au 1er janvier. Tous gagnent au moins 450.000 euros par an.

Piscine intérieure, sauna, hammam et salle de sport. Le luxueux château Saint-Just, dans l’Oise, a accueilli jeudi et vendredi 70 cadres de Dexia pour un « séminaire stratégique ». Deux jours et une nuit en pension complète pour un coût d’environ 20.000 euros. La banque a mis les moyens pour introniser les trois nouveaux dirigeants nommés mi-décembre. Mais elle a oublié de dire que leurs salaires avaient été augmentés de 30%! Selon nos informations, le directeur financier, Pierre Vergnes, le responsable des risques, Marc Brugière, et le secrétaire général, Johan Bohets, ont vu leurs rémunérations annuelles passer de 340.000 à 450.000 euros. Le patron Karel De Boeck émarge déjà à 600.000 euros.

Pierre Vergnes et Marc Brugière remplacent Philippe Rucheton — qui partira en mars — et Claude Piret, en cours de négociation pour quitter la banque. Ces derniers gagnaient respectivement 500.000 euros et 480.000 euros. Un niveau plutôt élevé pour une banque détenue à 44% par l’État français et à 50% par la Belgique. En France, les salaires des dirigeants d’entreprises publiques chez EDF, Areva ou encore à La Poste sont plafonnés à 450.000 euros. En Belgique, le plafond descend à 290.000 euros.

« La banque ne fait plus rien »

En interne, ces augmentations font grincer des dents. Nationalisée en 2008, Dexia a perdu plus de 15 milliards d’euros en trois ans et a été renflouée par la France et la Belgique pour 5,5 milliards en 2012! Au siège, on confirme ces salaires mais on peine à les justifier. Liquider les 238 milliards d’euros de prêts au bilan « nécessite d’avoir des compétences pointues », explique la direction ajoutant : « On ne peut pas offrir d’énormes perspectives de carrière. » Sauf que depuis son déman- tèlement en 2012, « la banque ne fait plus rien », explique un banquier. Ces salaires sont comparables à ceux des dirigeants de grandes banques comme le Crédit agricole ou les Caisses d’épargne qui comptent près de 150.000 salariés.

Chez Dexia, les effectifs sont tombés à 1.300 personnes contre 22.000 il y a trois ans. Surtout, les trois dirigeants concernés n’ont pas endossé de nouvelles responsabilités. Ils occupent leurs fonctions depuis plus d’un an. Leur seule entrée au comité de direction, simple organe de gouver- nance, justifie leurs émoluments. En octobre 2012, le comité avait été réduit à trois membres pour faire des économies.

Dimanche 19 janvier 2014 Matthieu Pechberty – Le Journal du Dimanche

http://www.lejdd.fr/Economie/Sauvee-par-l-Etat-Dexia-augmente-trois-dirigeants-de-30-649180

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18 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Contre tous les racismes !

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Depuis deux semaines, le feuilleton Valls Dieudonné occupe le devant de la scène jusqu’à l’overdose, alimentant une confusion idéologique et politique. Une diversion savamment orchestrée.

Rappel des faits : la circulaire Valls du 6 janvier demandant aux préfets d’interdire les spectacles de Dieudonné est suivie le 7 par un arrêté du préfet de Loire-­Atlantique interdisant le spectacle prévu à Nantes. Puis le 8 à 14 h 30, annulation de l’arrêté préfectoral par le tribunal administratif de Nantes. À 17 h, Valls saisit en référé le Conseil d’État, et à 18 h le magistrat maintient l’interdiction du spectacle, cassant la décision du tribunal administratif de Nantes et donnant raison au gouvernement…

Dieudonné, le bouffon antisémite, ne fait pas rire Dieudonné est antisémite, ses liens avec l’extrême droite, du Front national à Soral, sont bien connus, et ses spectacles puent le racisme et l’homophobie. Et ce n’est pas nouveau. S’il fut par le passé un humoriste et un militant anti­raciste, il n’a pas hésité en 2008 à décerner le « prix de l’insolence » au négationniste Robert Faurisson, dans une mise en scène antisémite à vomir. Plus aucun doute n’était permis.

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Nous ne serons jamais de ceux qui relativisent, excusent ou banalisent les propos racistes. Les paroles préparent et permettent les actes, les agressions, les crimes. Pour nous, sans aucune ambiguïté, le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie, comme le sexisme ou l’homophobie, ne sont pas des opinions, mais des délits qui doivent être condamnés. Et il y a largement matière à condamnation dans les spectacles et déclarations de Dieudonné.

L’interdiction par Valls est dangereuse et inefficace Le ministre de l’Intérieur est totalement disqualifié pour prétendre mener le combat antiraciste. Outre ses déclarations contre les Roms, il poursuit une politique d’expulsion des sans-papiers, de discriminations à l’égard des étrangerEs, des musulmanEs, de destruction des campements de Roms…

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Valls mène aussi une politique sécuritaire. L’interdiction d’un spectacle est une interdiction à priori. Comme il le revendique lui-même dans sa circulaire, c’est une justice d’exception, et l’exception ne fait jamais bon ménage avec la justice. Ces derniers temps, les décisions de justice à caractère politique se multiplient. Ainsi, le parquet général de Lyon fait appel contre la relaxe des cinq militants CGT de Roanne poursuivis pour avoir refusé un prélèvement d’ADN.

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Dans l’affaire Dieudonné, le Conseil d’État a donné raison à Valls en une petite heure. Avec la même rapidité, il avait confirmé lors du mouvement sur les retraites en 2010 la réquisition des grévistes du dépôt de carburant pour l’aéroport Charles-de-Gaulle ! Celles et ceux qui attendent des années pour qu’un tribunal oblige enfin leur patrons à payer leur salaires ont de quoi enrager. Justice aux ordres, justice nulle part !

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Si Valls voulait faire de la publicité à Dieudonné, il ne s’y prendrait pas autrement. Pire, en donnant l’image du pouvoir politique voulant le faire taire, il conforte l’image usurpée de « rebelle » victime du système que cherche à se construire Dieudonné, lui attirant la sympathie de celles et ceux qui n’en peuvent plus de l’injustice, de l’exclusion, du mépris. Il jette dans les bras d’un multi-millionnaire antisémite, fraudeur d’extrême droite, des exploitéEs et des oppriméEs que tout le brouillage idéologique actuel amène à se tromper de colère.

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La mobilisation comme seul rempart Valls et le gouvernement cherchent à faire diversion, à faire oublier les attaques antisociales, en saturant l’actualité avec ce vrai faux duel. À l’inverse, ils instrumentalisent l’antiracisme, contribuant ainsi à pourrir un climat politique et à renforcer l’extrême droite, en même temps qu’ils refusent toute mesure réelle contre les discriminations.
Le droit de vote des immigréEs, le rapport « sur l’intégration » remis le 13 novembre à Ayrault qui préconise des mesures concrètes pour l’égalité d’accès aux prestations (APSA ou RSA), l’abrogation des lois discriminatoires, la reconnaissance des identités multiples et des cultures plurielles à l’école comme dans les lieux culturels… sont purement et simplement enterrés.

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Le combat contre le racisme et contre l’extrême droite doit être mené malgré et contre le gouvernement par le mouvement social, le mouvement syndical, la gauche non gouvernementale, dans les lieux de vie, de travail, d’étude. Ce combat ne sera efficace que s’il s’inscrit dans un projet émancipateur combinant partage des richesses, partage du travail, égalité des droits et démocratie réelle, dans le cadre d’une mobilisation capable de reconquérir le terrain de la contestation, de la subversion et d’en chasser les faux rebelles démagogues. Christine Poupin

Hebdo L’Anticapitaliste – 225 (16/01/2014)

http://npa2009.org/content/luttons-contre-tous-les-racismes%E2%80%89

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18 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Hollande: la continuité sans fard

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Les débats vont bon train sur le prétendu tournant social-libéral de François Hollande, selon la formule que reprend dans son titre l’éditorial de l’Humanité Dimanche. Un tournant, vraiment ? Il faut ne pas avoir été très lucide sur les 20 premiers mois du gouvernement Hollande-Ayrault pour voir dans les annonces des vœux présidentiels, puis dans sa conférence de presse de mardi, un tournant.

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«  Une accélération » a dit le ministre du Travail Sapin, nous dirons une escalade dans la continuité des attaques contre les travailleurs et la population. S’il y a tournant c’est au sens où il n’est plus possible à Hollande de continuer le jeu des faux-semblants ou de la méthode Coué sur l’inversion de la courbe du chômage.

Gauche droite ? «  Nous devons faire des économies partout où ce sera possible. C’est vrai pour l’É- tat, pour les collectivités locales… et pour la Sécurité sociale, qui doit en terminer avec les excès et les abus », le fond n’est pas nouveau. La forme, contre les « excès » et les « abus », en accompa gne- ment du « pacte de responsabilité » auquel Hollande a invité les patrons, l’est un peu plus, surtout quand cela  est suivi de l’encouragement aux ministres à gouverner par décret et ordonnance.
Pierre Gattaz s’en est aussitôt réjoui, se déclarant « prêt à jouer le jeu » en rappelant sa proposition formulée mi-novembre d’« un pacte de confiance, signé par plus de 80 fédérations professionnelles et 120 Medef territoriaux ». C’est aussi la copie conforme de ce que propose l’UMP, qui n’a pu qu’approuver l’annonce de Hollande. Woerth s’est ainsi félicité : « C’est notre politique ! Cela correspond au programme de Nicolas Sarkozy. » Chiche ont-ils dit, sauf Copé qui fait toujours semblant de croire qu’Hollande est de gauche !
Et c’est bien sûr dans la même optique que François Hollande est allé à Toulouse pour vanter son projet sur la simplification de la vie des entreprises, qui viserait 1 à 2 milliards d’économies d’ici à deux ans. Des économies dont certaines seraient réalisées par la suppression d’une partie des 150 taxes pesant sur les entreprises.

L’ami de patrons, notre adversaire Hollande est bien dans la continuité de l’ANI, de la course à la compétitivité par la baisse du coût du travail. Il s’agit maintenant d’exonérer à terme le patronat du paiement de sa part des cotisations famille et maladie de la protection sociale. C’est bien une partie du salaire qui serait ainsi offert aux patrons, un nouveau cadeau de 37,7 milliards d’euros pris sur les salaires. Gattaz en demande encore plus, un allègement des contributions patronales de 100 milliards d’euros, une ponction sur le salaire différé qui serait compensé par l’impôt ou par une hausse de TVA que paieront les salariés.
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L’argument du « donnant-donnant » est un mensonge éhonté, un marché de dupes : « moins de charges sur le travail, moins de contraintes sur les activités » en contrepartie de « plus d’embauches et plus de dialogue social ». Qui peut encore y croire ?
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Hollande justifie cette brusque accélération de son offensive contre les salariés en invoquant le fait que « la crise s’est révélée plus longue et plus profonde que nous l’avions nous-mêmes prévu ». Mais la crise ne tombe pas du ciel, elle est la logique de la politique des gouvernements qui se sont succédé et de leurs amis les patrons, l’oligarchie financière. Cette nouvelle escalade ne fera que l’aggraver.

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Se regrouper pour affronter ce gouvernement D’une certaine façon, c’est vrai qu’Hollande et son gouvernement n’ont pas d’autre choix que d’accentuer les attaques contre les salariés et, en conséquence, il ne peut plus manier un bluff auquel plus personne ne croit. Il est contraint de dire plus crûment les choses.
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Comment alors est-il encore possible de voir des syndicats comme la CFDT soutenir le pacte ? Comment est-il possible que les autres syndicats restent passifs et attentistes, comme s’ils n’avaient pas d’autre politique à opposer à celle des patrons et de Hollande ? Comment continuer à prôner un changement de cap comme le fait le Front de gauche ?
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Ce tournant dans la continuité de Hollande est une nouvelle démonstration de la nécessité de regrouper toutes les forces, les équipes militantes qui ont conscience qu’il n’y a pas d’autre issue que l’affrontement pour imposer nos exigences, mettre fin à l’austérité et à la course à la compétitivité, c’est à dire au profit.  Yvan Lemaitre  Hebdo L’Anticapitaliste – 225 (16/01/2014)
 

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17 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Dassault: le far west au sud de paris…

de niro

Racket, fraude électorale, règlements de comptes sanglants, tentative d’homicide…

À Corbeil-Essonnes (91), il ne s’agit pas de petits bandits protégés par des politiques de deuxième zone. Ici, au centre d’un système visiblement mafieux se trouve Serge Dassault, cinquième fortune de France (13 milliards d’euros).

Dassault : sénateur, ami des ministres… et protégé au plus haut niveau par le bureau du Sénat qui vient de voter contre la levée de son immunité parlementaire ! Maire de la ville de 1995 à 2009, il a été obligé de céder sa place à son bras droit, Jean-Pierre Bechter, lorsque le Conseil d’État a invalidé l’élection de 2008 pour achat de voix… Mais la corruption continue.

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Pour acheter la paix dans certains quartiers ainsi que des voix lors des élections, Dassault aurait arrosé une série de jeunes pour 1,7 million d’euros. Cette somme aurait transité par un certain Younès B. qui n’aurait pas fait suivre tout l’argent. Pas contents, deux jeunes se plaignent auprès de Dassault et dans un enregistrement tourné clandestinement et remis à Mediapart, on entend Dassault leur confirmer la somme donnée et que si Younès n’a pas tout réparti, « Démer- dez-vous avec lui ! » Finalement, c’est Younès qui se « démerdera » avec eux trois mois plus tard en leur tirant dessus, blessant l’un d’entre eux de trois balles. D’après les écoutes téléphoniques de la police, Younès aurait ensuite été conseillé par la mairie dans sa fuite en Algérie, avant d’être rattrapé, une des multiples histoires incroyables de cette affaire…

Justice à deux vitesses Le maire Bechter a déjà été mis en garde à vue et entendu dans cette affaire. Les juges auraient souhaité également entendre Dassault. Cela n’a pas été possible, car en juillet 2013 le bureau du Sénat a rejeté une première fois la levée de son immunité parlementaire.
Il vient de nouveau de se prononcer contre dans un vote à bulletin secret.

Les sénateurs de gauche (PCF, PS, EÉLV et PRG) ont la majorité dans ce bureau. Tous affirment avoir voté pour, mais il y en a au moins un qui ment. Pourquoi ? Une histoire de renvoi d’ascenseur ? Une menace ? Une promesse de subvention, de contrat pour leur ville ? Ont-ils simplement été achetés ? Quelqu’un qui le connaît bien a affirmé récemment que Dassault a grandi avec l’idée que, comme son père Marcel, il pouvait acheter tout et tout le monde mais qu’il commençait à perdre pied avec la réalité.

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Combien de temps encore avant que la colère explose et fasse non seulement que ce type perde pied mais qu’il coule complètement et tout le système pourri qu’il symbolise avec ?

Ross Harrold Hebdo L’Anticapitaliste – 225 (16/01/2014)

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17 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Syndicalisme: stratégie(s) perdante(s)

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Le 6 janvier, la CGT, la CFDT, la FSU et l’UNSA se sont réunies pour adopter, conformément à ce qu’elles avaient décidé le 25 novembre 2013, des revendications communes.

Mais ces dernières sont divisées sur le nouveau « pacte de responsabilité » de Hollande, rendant ainsi difficile de futures mobilisations unitaires à la hauteur de l’attaque annoncée. Le 25 novembre dernier, à l’initiative de la CGT et de la CFDT, une intersyndicale nationale réunissant six orga- nisations syndicales (CGT, CFDT, UNSA, CFTC, FSU et Solidaires) s’est réunie alors que cela faisait plus de deux ans qu’il n’y avait pas eu d’intersyndicale aussi large (et pourtant  les attaques n’ont pas manqué…).
Suite à cette première réunion, une déclaration commune a vu le jour engageant les organisations signataires à travailler ensemble sur différents sujets (emploi, justice fiscale, pouvoir d’achat, services publics) pour voir si il était possible de porter des revendications communes. Une déclaration non signée par Solidaires puisqu’aucun débat n’était possible sur les questions de mobilisations. Pire, la CFTC, avec l’aval des cinq autres organisations, a  fait retirer du texte initial une phrase qui disait « la responsabilité des syndicats est de mobiliser les salariés »…

Des revendications communes, mais pour faire quoi ? 
Suite à plusieurs réunions, les cinq organisations syndicales indiquent début décembre que « cette démarche de confrontation des analyses vise à parvenir à des propositions communes sur l’emploi, le pouvoir d’achat et les politiques salariales, la fiscalité et le financement public, les services publics et enfin le plan d’investissement européen proposé par la Confédération européenne des syndicats (CES) ».

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Au final, seules la CGT, la CFDT, la FSU et l’UNSA se sont mises d’accord sur des revendications communes en matière d’emploi, de pouvoir d’achat et de fiscalité qui seront détaillées dans une déclaration dans les jours qui viennent.

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La CFTC ne sera pas signataire du texte car pour eux « il y a des divergences entre organisations syndicales », notamment sur la politique familiale. Mais on peut se demander à quoi va servir ce « programme commun  syndical », puisque dès le départ (texte du 25 novembre), les directions des organisations syndicales se sont limitées à un appel « aux responsables économiques et politiques », et non à un appel pour construire la confrontation, à des mobilisations larges contre ce gouvernement.

Divisions face au « pacte de responsabilité »
Dans le même temps, et au risque de brouiller encore plus leur message, les mêmes se retrouvent divisés face au « pacte de responsabilités » proposé par Hollande lors de ses vœux télévisuels. Les directions sont incapable de proposer une réaction unitaire à la hauteur de cette énième future attaque.

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Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, se déclare hostile à un « mano a mano entre le gouvernement et le patronat ». Il veut que les syndicats soient associés aux négociations… à la proposition claire et nette de Hollande de baisse du coût du travail. Il veut des « contreparties d’abord en direction des salariés sur la qualité des emplois proposés, la baisse de la précarité, sur l’embauche des jeunes, le type de contrat » ainsi que sur les salaires et l’investissement. L’UNSA a plus ou moins la même position.

Seules la CGT et FO ont fortement critiqué ce « pacte de responsabilité », Thierry  Lepaon jugeant même que Hollande avait « répondu point par point au programme revendicatif du Medef »… et appelant seul à une manifestation le 6 février prochain.

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Il faut être clair : la baisse du coût du travail n’est pas négociable. Pour être à la hauteur, il est nécessaire de préparer la mobilisation la plus unitaire et large possible, en n’ayant pas peur de se confronter réellement à ce gouvernement. L’absence de stratégie de lutte des directions syndicales pèse aujourd’hui lourdement sur la situation, mais pèsera également demain sur l’avenir du syndicalisme.

Hebdo L’Anticapitaliste – 225 (16/01/2014) Sandra Demarcq

http://npa2009.org/content/syndicalisme-strat%C3%A9gies-perdantes

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17 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

30 milliards d’euros de baisses de cotisations: ce que l’on pourrait faire à la place (odi)

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Que faire avec 30 milliards d’euros ?

Le gouvernement a choisi d’aider les entreprises à réduire leurs cotisations sociales. Il aurait pu en être autrement.

Quelques exemples concrets.

Le Président de la République a annoncé, lors de ses voeux à la presse du 14 janvier, que le gouvernement allait réduire de 30 milliards d’ici 2017 les cotisations familiales versées par les entreprises et donc alléger leurs charges. Cette somme colossale ne veut rien dire pour la majorité de la population. Nous vous proposons un chiffrage très simple de ce qui aurait pu être fait en matière de services publics, si l’exécutif en avait décidé autrement. Et si, par exemple, il avait augmenté les dépenses au lieu de réduire les recettes, ce qui revient au même [1].

Bien entendu, ce calcul totalement théorique n’a aucun sens pratique. Multiplier par deux le budget de la Défense ou par six celui de la Justice n’aurait aucun intérêt. Dépenser pour dépenser est absurde, il reste nécessaire d’économiser l’argent public. Ce chiffrage permet simplement de comprendre les ordres de grandeur. A chacun de faire son choix. On peut imaginer l’impact économique, social et au final politique d’une hausse de 20 % du budget de la recherche et de 50 % des forces de sécurité et des moyens au service de l’environnement… On aurait pu aussi utiliser ces 30 milliards pour réduire le déficit public (ce qui en représenterait 40 %), et permettrait de réduire la masse des intérêts versés par l’État.

On peut considérer les choses de façon encore plus opérationnelle. Voici le coût de quelques mesures qui auraient pu être prises pour une addition totale d’environ 30 milliards :

  • Embaucher 100 000 enseignants pour réduire le nombre d’élèves par classe et moderniser l’école = 4,5 milliards d’euros.
  • Verser un minimum social aux 1,1 million de 18-24 ans en situation de pauvreté = 6 milliards.
  • Créer 250 000 emplois jeunes : 4 milliards.
  • Construire 70 000 logements sociaux en Ile-de-France : 12,6 milliards.
  • Verser une allocation mensuelle de 70 euros à toutes les familles ayant un enfant : 3 milliards.

Chacune de ces mesures est discutable. On peut y préférer des places en crèche, un meilleur remboursement des prothèses dentaires ou des lunettes, la rénovation des prisons, les transports en commun ou encore l’amélioration de l’accueil des personnes âgées démunies, etc. La liste est longue des domaines qui font l’objet d’un relatif consensus dans notre société sur la nécessité d’agir. A chacun de choisir en fonction de la valeur qu’il accorde à ces besoins.

Il faut mesurer l’impact social qu’un tel programme de modernisation de l’action publique aurait, en répondant à des besoins sociaux majeurs. De son côté, le plan proposé par le gouvernement est censé créer des emplois et donc réduire le chômage. L’impact de la baisse des charges déjà décidée par le gouvernement – le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) [2], d’un coût de 20 milliards – a été évalué par l’OFCE à 150 000 emplois qui pourraient être créés d’ici 2018 soit une baisse du taux de chômage de 0,6 point. Soit pas moins de 130 000 euros dépensés par poste de travail créé.

Notes

[1] Pas tout à fait en réalité, car l’effet économique n’est pas similaire. Une hausse de dépenses relance davantage l’activité qu’une baisse de recettes.

[2] En fait, la nouvelle mesure sera un ajout de 10 milliards au CICE.

[3] Même s’il n’est pas besoin de financer l’ensemble la baisse des recettes ou de la hausse des dépenses, car l’une comme l’autre a un effet de relance de l’activité économique, et donc va augmenter à terme les recettes fiscales. Les économistes appellent cela un effet « multiplicateur », plus élevé pour une augmentation de dépense publique qu’une baisse d’impôt (en partie épargnée).

Dernière révision le 17 janvier 2014

© Tous droits réservés – Observatoire des inégalités

http://www.inegalites.fr/spip.php?article1894

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16 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Hollande baisse les salaires (prométhée)

Super-Hollande d

Le MEDEF est aux anges, l’UMP fait la gueule.

Sarkozy l’avait rêvé, Hollande va le faire. D’ici 2017, les cotisations pour les allocations familiales seront supprimées. Soit la bagatelle de 35 milliards d’euros par an que les travailleurs devront payer d’une façon ou d’une autre (TVA, CSG, impôts, écotaxe, réduction des prestations sociales, diminution des retraites, etc…).

Du point de vue de l’économie politique bourgeoise c’est le Capital qui règle les salaires. Ce qui justifie la propagande sur les « charges », le « coût du travail » et la tendance générale à tirer les salaires vers le bas. La décision de Hollande représente un gain brut pour le Capital.

Du point de vue du Travail, c’est lui qui rémunère le Capital une fois défalqué le salaire direct et le salaire socialisé (les cotisations sociales y compris la part dite « patronale »). La décision de Hollande représente, en réalité, une baisse de salaire.

Et si l’on n’attendait pas 2017 pour mettre un terme à cette catastrophe !

Publié le 16 janvier 2014

http://www.promethee-1871.com/hollande-baisse-les-salaires/

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