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19 août 2013 ~ 0 Commentaire

Le bobard de la reprise

Le bobard de la reprise dans Crise reprise

A peu près simultanément, ont été publiés en France et au niveau européen des chiffres témoignant d’un arrêt du recul de la production.

En France, le PIB (produit intérieur brut) a augmenté de 0, 5% au 2ème trimestre 2013. Pour l’ensemble de la zone Euro, le PIB a progressé de 0, 3% durant la même période. Immédiatement, gouvernement français et Commission européenne ont multiplié les déclarations triom- phalistes. Jean-Marc Ayrault y a vu ainsi «un facteur de mobilisation et d’optimisme», avant de conclure : «Nous sommes sur la bonne voie et nous devons garder notre cap».

Une fois de plus, les dirigeants peignent en rose la réalité. La hausse du PIB français renvoie à deux facteurs : la consommation et les stocks. La hausse de la consommation s’explique pour une part par un printemps plus froid que d’habitude, d’où une augmentation des dépenses de chauffage. Certes, les achats d’automobile progressent un peu mais ils s’étaient effondrés antérieurement. La hausse des stocks (40% du rebond du 2ème trimestre) peut avoir diverses explications et n’annonce pas forcément que les entreprises anticipent une reprise de la demande. Dans le même sens, le journal économique anglais « Financial Times » dans son numéro du 15 août, note que la performance de l’ensemble de la zone Euro ce 2ème trimestre s’explique largement par des phénomènes « à un seul coup » : par exemple, en Allemagne, la forte reprise de la construction vient après un hiver très rude qui avait interrompu des chantiers. En France, l’investissement des entreprises continue à baisser, même si c’est moins fortement qu’antérieurement. Par ailleurs, l’emploi continue de se détériorer : au 2ème trimestre, 28 000 emplois ont été détruits dans le secteur marchand (contre 8300 au premier).

De la récession à la stagnation Sur l’ensemble de l’année 2013, même si la récession touche vraiment à sa fin, la croissance sera quasi nulle et le chômage va continuer à monter. En fait, la France va passer de la récession à la stagnation. Il en sera de même pour l’ensemble de la zone Euro. D’ailleurs, un mieux en termes de croissance ne signifierait pas la fin de la crise. Après la récession de 2009, il y a eu un redémarrage limité en 2010-2011, puis cela a replongé.

Aucune des causes profondes de la crise économique n’est résolue. Le taux de marge des entreprises françaises, qui a baissé depuis 2008, ne se redresse pas. D’un point de vue capitaliste, les conditions d’une reprise durable de l’accumulation ne sont pas réunies. De nou- veaux soubresauts des économies européennes peuvent résulter soit de la défaillance d’une banque, soit de la chute d’un gouvernement confronté au mécontentement populaire.

Il y a deux mois, les économistes officiels étaient d’humeur morose, aujourd’hui ils reprennent des couleurs. En fait les irrégularités de la croissance sont une chose normale dans une économie capitaliste, surtout quand elle est en crise. La hausse des taux de profit est le programme commun des dirigeants français et européens.

Il s’agit en fait de perpétuer pour l’essentiel le modèle de croissance néolibéral antérieur à 2007 pour le plus grand avantage des privilégiés.

Le Rapport sur le travail dans le monde publié en juin 2013 par le Bureau international du travail souligne l’accroissement des inégalités de revenus. Il montre aussi que, dans la plupart des pays, le chômage progresse tandis que se détériore la qualité des emplois, de plus en plus instables, de plus en plus précaires. Dans ce contexte, une croissance à 0, 5 % sur un trimestre ne change bien évidemment rien d’essentiel du point de vue des travailleurs et des chômeurs. Vendredi 16 août 2013 Henri Wilno

http://npa2009.org/node/38492

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16 août 2013 ~ 0 Commentaire

Sévérité pénale : Valls fait des calculs politiques, sans preuves (Rue 89)

Sévérité pénale : Valls fait des calculs politiques, sans preuves (Rue 89) dans Hollandie manuel-valls-enerve-300x199

Tribune

On peut discuter du calcul politique. Mais ce n’est pas cela qui m’intéresse ici, c’est plutôt l’efficacité des politiques de préventions de la récidive dont dépend la protection du public (car il est vrai qu’une petite partie de la population contribue bien plus que proportionnellement à la délinquance, même si cela doit être modulé suivant l’âge, le sexe, le type de crime ou délit et d’autres facteurs).

Il est faux de penser que le problème de la récidive serait résolu en augmentant la taille des prisons. Et le ministre de l’Inté- rieur ne donne aucun argument valide techniquement à l’appui de sa sortie politique. Il est dommage que le ministère de l’Intérieur d’un des grands pays industrialisé ne sache toujours pas lire les informations chiffrées qui lui servent de justification. Les chiffres donnés (dans Le Monde par exemple) présentés par Manuel Valls montrent que les délinquants récidivistes sont… récidivistes (« inscrits dans des parcours délinquants » pour reprendre ses mots). La description des trajectoires délinquantes n’indique pas quel est le remède au problème. C’est comme si on confondait la description des symptômes d’une maladie avec le traitement qui va permettre d’y faire répondre.

Produire des informations chiffrées probantes Ce n’est pas les taux moyens de récidive qui sont intéressants (il y a divers façons de les calculer), mais l’identification de ce qui les fait varier. Les politiques pénales doivent chercher à activer les leviers qui permettent ces variations.

Après plus de 20 ans de discussions en France, c’est un peu navrant d’en être toujours là. Comment se fait-il qu’aucun service ne soit capable de produire des informations chiffrées probantes ? Et de rédiger les courriers du ministre ? Si le ministère de l’Intérieur souhaitait avoir des informations crédibles sur la récidive, il est de sa responsabilité de faire produire les études nécessaires. La sortie de la récidive ne peut pas se produire par la sévérité.

Malheureusement peut-être, car ce serait le plus simple, il suffirait de construire plus de places de prison, par exemple. Et on aurait réglé la question des vols et violences associées, celle des violeurs et des assassins… La réponse est plus complexe, même s’il ne faut pas s’interdire de se donner des outils de suivi des délinquants les plus dangereux.

Les postures ne font pas une politique pénale Chez les adolescents vivant dans des démocraties occidentales en particulier, des pays proches de la France, il y a une base scientifique rigoureuse qui permet de montrer l’absence de bénéfice de la sévérité pénale mesurée par le recours à l’incarcération, et même, au contraire le renforcement de la récidive qu’elle produit.

Les professionnels policiers ont le droit d’avoir leur sensibilité, le ministre sa vision politique. Un bon calcul politique fait parfois une mauvaise politique publique. C’est le cas ici. Les postures ne font pas une politique pénale de prévention de la récidive efficace et fondée sur des preuves crédibles.

Les preuves, encore les preuves, c’est cela qui nous manque le plus. Cela était vrai sous la droite. Et le reste avec la gauche au pou- voir. Les responsables politiques, s’ils se soucient vraiment de la sécurité du public, feraient bien de s’en rendre compte.

Sebastian Roché | Directeur de recherche au CNRS

Manuel Valls a rendu publique son opposition à la réforme pénale de Christiane Taubira. Pour le moment, ni l’un ni l’autre n’ont engagé de réforme de leurs ministères respectifs, qui pourtant en auraient bien besoin. Le conflit actuel : la politique pénale, la sévérité pénale. Sur le détail des arguments, on peut trouver des faiblesses de part et d’autre. Il faut plutôt s’attacher au cœur de la divergence : elle est poli- tique et non technique, et c’est bien le mal qui ronge la France depuis trois décennies. De fins politiciens nous en avons, mais aucune base technique pour l’évaluation d’une politique pénale efficace et pour assurer sa durabilité dans le temps.

La gauche et la sévérité Valls pense être populaire parce qu’il incarne une sévérité pénale. Et il veut coller à son image, une fois encore : « Je suis pour une exécution ferme des peines de prison, même les plus courtes ». Il pense probablement que la gauche ne peut pas gagner la bataille de l’opinion (et probablement les élections) sans mettre en avant la sévérité. L’auteur:  Sébastian Roché, sociologue, directeur de recherche au CNRS, enseigne à Sciences Po Grenoble et à l’Ecole nationale supérieure de la police. Sur son blog, il commente l’actualité liée à ses domaines de recherche : la délinquance et les politiques publiques de sécurité. Rue89

http://www.rue89.com/2013/08/14/severite-penale-valls-fait-calculs-politiques-sans-preuves-244935

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16 août 2013 ~ 0 Commentaire

Taubira, voile à l’université, Roms… la méthode Valls décryptée en 5 points (Les Inrocks)

Taubira, voile à l’université, Roms… la méthode Valls décryptée en 5 points (Les Inrocks) dans Hollandie manuel

Devant les caméras ou dans les travées du pouvoir, Valls singe les deux mamelles du sarkozysme des premières années : conservatisme décomplexé et hyperactivité médiatique.

Le cocktail a déjà permis une première fois de scintiller dans l’ombre d’un président “corrézien”. Décryptage. En politique, les plus revan- chards lâchent souvent tout haut ce que le microcosme a pris l’habitude de murmurer. A la question d’un journaliste du JDD : “Avez-vous le sentiment que Manuel Valls en fait trop cet été ?“, le sénateur François Rebsamen, ex-concurrent de Valls à l’Intérieur, a rétorqué : “Disons qu’il sait être au service de sa popularité. C’est sa méthode et visiblement elle lui réussit plutôt bien.“ Voile à l’université, révoltes en ban- lieue, camps de Roms, SDF et désormais sabotage de la réforme judiciaire de sa collègue Christiane Taubira, décryptage de cette fameuse “méthode” Valls.

1. Rapporter au président 

Mardi, Le Monde a révélé une note rédigée par Manuel Valls, le 25 juillet dernier, à l’attention de François Hollande. L’objet : saper la réforme de la procédure pénale impulsée par Christiane Taubira. La garde des Sceaux s’est dite “surprise” par le fond autant que par la forme. Elle a eu le ministre de l’Intérieur au téléphone le 29 juillet, a “bu un verre” avec lui à Matignon le 31 juillet pourtant : “A aucun moment, le ministre de l’Intérieur n’a saisi ces deux occasions pour m’informer de la teneur de cette lettre“, relève la ministre. Outre la demande d’arbitrage réclamée auprès du président de la République sans informer sa propre collègue, il y a une divergence de fond. Deux visions s’affrontent, notamment, sur la façon de réguler la surpopulation des prisons (au 1er juillet 2013 : on comptait 68 569 détenus pour 57 320 places). Du côté du minis- tère de la Justice, on souhaite repenser la peine en évitant l’enfermement systématique induit par les peines planchers. Du côté du ministère de l’Intérieur, on propose de bâtir plus de prisons. Dans une interview à Libération, Françoise Martres, présidente du Syndicat de la magis-trature (classé à gauche) a dénoncé “les dangers d’une stratégie qui faisait de la loi pénale un vecteur de communication politique, au risque de provoquer un débat passionnel et irrationnel“. Et d’insister : “il reproduit en cela les méthodes de l’ancien gouvernement, alors même que nous les dénonçons“.

2. Se positionner avant la sortie des rapports

Le 5 août, douze proposition du Haut conseil à l’intégration (HCI) fuitent dans Le Monde. L’une d’elles préconise l’interdiction des “signes et tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse” à l’université, comprendre le hijab, précise l’historien de la laïcité Jean Beaubérot dans un coup de gueule sur son blog. Manuels Valls juge immédiatiquement ces propositions “dignes d’intérêt“. Peu importe que le HCI n’ait plus de fonction officielle depuis qu’il a été remplacé par l’Observatoire de la laïcité cette année, que son président Alain Seksig sem- ble engagé dans une croisade personnelle et que des universitaires dénoncent sur les Inrocks.com des travaux à connotation islamophobe basés sur une “disqualification des sciences sociales“. La méthode Valls n’attend pas. Faisant fi du rapport en cours de rédaction que l’Observatoire doit lui remettre en tant que ministre des Cultes, il prend position. En 2004 déjà, Valls fut le seul député socialiste à voter pour la loi interdisant les signes religieux ostensibles dans les écoles publiques. Cette énième sortie a énervé jusqu’à Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur, qui a précisé que le voile à l’université “ne pose pas de problème“. “Ne nous précipitons pas, ne faisons pas une polémique d’un sujet qui n’en est pas un“, a-t-elle glissé à qui de droit.

3. Une com’ à l’épreuve du réel

Trappes, 18 juillet dernier, le contrôle d’une femme voilée dérape. Les policiers disent avoir été agressés par le mari, le mari dénonce les pro- vocations des policiers. S’en suit une semaine d’affrontements entre des jeunes et la police. Plus de 48 heures après le début des échauffourées, Valls débarque sur place entouré d’appareils photos et de caméras. Assurant que le calme était de retour, il déclare “inacceptable” et “into- lérable” la violence à l’égard des policiers dont feraient preuve “une minorité de voyous“. Le coup de com’ tourne court. Alors qu’il est filmé en direct par I-Télé lors de son déplacement, une habitante du quartier l’interpelle. Calmement mais avec insistance, elle pointe le fait que le maire de Trappes présent aujourd’hui ne répond pas aux courriers. Valls s’énerve et ose : “Ça ne sert à rien de mettre en cause au milieu des caméras“… “Chère madame je vais vous dire quelque chose : la mise en cause d’un élu, la mise en cause d’un ministre, la mise en cause des forces de l’ordre y compris dans vos mots montre bien qu’il y a un problème.” L’habitante le coupe. “Acceptez aussi que vous ayez affaire à une population qui est en détresse.” Un article du Monde intitulé Les limites de la méthode Valls reviendra en détail sur ce bref échange qui en dit long. Le lendemain, Valls suggère que cet épisode pourrait être “fabriqué“…

4. Sortir la phrase choc

“[L'expérience des villages d'insertion] ne peut concerner qu’une minorité (de Roms) car, hélas, les occupants des campements ne souhaitent pas s’intégrer dans notre pays pour des raisons culturelles ou parce qu’ils sont entre les mains de réseaux versés dans la mendicité ou la pros- titution”, a déclaré jeudi 14 mars Manuel Valls au Figaro. Autre punchline savamment distillée par le ministre : “Les Roms ont vocation à res- ter en Roumanie ou à y retourner“. L’association la Voix des Roms a estimé que les propos du ministre étaient “un concentré de mensonges et de messages jetant l’opprobre sur les Roms” : “Des références à la délinquance, aux trafics, à la prétendue non-acceptation des Roms par les habitants des quartiers populaires touchés par la crise, comme si les Roms en étaient à l’origine…” s’est indigné l’association. Derrière ces phrases lui permettant d’incarner l’intransigeance sécuritaire du “Premier flic de France”, se dessine une politique identique à ses prédéces- seurs de droite. Dans un entretien au Monde.fr, Grégoire Cousin, chercheur à l’Observatoire européen Urba-Rom, estimait qu’il n’y avait “ni diminution ni augmentation des expulsions forcées des camps de Roms depuis l’élection de François Hollande en mai. Elles se poursuivent sur le même rythme que pendant le mandat de Nicolas Sarkozy.”

5. SDF : “not in my backyard”

Selon une enquête du Canard enchainé d’octobre 2012, les policiers du XIe arrondissement de Paris se sont échinés à chasser les sans-abris et les Roms de la rue de la Roquette sur les ordres de Manuel Valls. La raison de cette politique hyper locale ? L’un des déplacés aurait importuné sa compagne Anne Gravoin qui habite dans les parages… Le journal satirique racontait que les policiers chargés de déloger les SDF “finissent parfois par ce terrible aveu: ‘C’est une décision du ministère de l’Intérieur’.” Interrogé, le cabinet du ministre “jure que le ministre n’a fait aucune demande privative, qu’il n’y a aucune consigne“.

Bilan : un ministre de l’Intérieur qui n’échappe pas à la tentation du messianisme

Entre omniprésence médiatique et surenchère sécuritaire, la méthode Valls se dessine petit à petit : surprendre sur des sujets clivants en assumant des positions traditionnellement classées à droite. Pourtant, à sa prise de fonction une analyse du Monde croyait déceler une évolution : “Manuel Valls est aussi parvenu – ou presque – à échapper à la multiplication des annonces. L’exercice est difficile tant, depuis 2002, le poste de ministre de l’Intérieur a pris un caractère “quasi-messianique” intégré par tous, des élus aux syndicats de policiers.” Valls flirte de plus en plus avec sa propre image. Comme Narcisse, il y prend goût. La photo de son “baiser calculé” à sa compagne publié en double page dans Paris Match semble annoncer la tentation d’une autre facette : la pipolisation. L’ambition grandissante, comprendre présidentielle, du ministre de l’Intérieur lui donne des ailes, mais attention aux envols précipités. “Manuel pense déjà trop au coup d’après : Matignon et pourquoi pas la présidentielle de 2022 !”, prévenait dans Le Monde un élu souhaitant rester anonyme. Mais il part beaucoup trop tôt, il s’expose plus qu’il ne le devrait et il va finir par le payer”.

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15 août 2013 ~ 0 Commentaire

Le centenaire d’Aimé Césaire: négritude ou négripub ?

Le centenaire d’Aimé Césaire: négritude ou négripub ? dans Antiracisme men-in-black

Il y a longtemps de cela, un jeune Martiniquais montait dans un tramway à Paris.

Il s’assoit face à une jeune femme effrayée par la vision de ce Nègre. S’ensuivra une discussion au cours de laquelle le jeune impétrant lui clouera le bac en lui disant « Oui Madame, je suis un Nègre et le Nègre, il vous emmerde… » C’était en 1934 et Aimé Césaire venait d’entrer dans l’histoire.

France 2013. Nous sommes le 10 mai au jardin du Luxembourg. La commémoration de l’abolition de l’esclavage bat son plein. Un soleil éclatant, un auditoire métissé, attentif, écoute et applaudit le discours de François Hollande. On se croirait sous les tropiques. Tout paraît normal, le discours est humaniste, rien à voir avec ceux de Sarkozy. On se dit qu’enfin l’homme africain est entré dans l’histoire. Qu’en- fin il sera question des réparations, de la réappropriation et de la répartition des terres…

Et puis paf… Comme à son habitude, Hollande se prend les pieds dans le tapis. Il nous fait une pirouette. « Les réparations, mais vous n’y pensez pas mon brave garçon… Même le grand Césaire était contre…. » Sauf que Césaire avait tout bonnement déclaré que les répa- rations financières ne suffiraient jamais assez, car la réparation dont il s’agit doit être à la hauteur du crime commis… Imprescriptible… Incommensurable.

Et puis 2013, année de l’intervention de l’armée française au Mali. Hollande dit son admiration pour Césaire tout en jouant les Sar- kozy de gauche et en interdisant l’accès au territoire français à l’ancienne ministre de la Culture, Aminata Traoré, du seul fait qu’elle est op- posée à cette intervention qu’elle juge coloniale. Et puis, tant qu’on y est, puisqu’on interdit à une ex-ministre malienne de poser le pied en France, qu’on expulse encore plus d’immigrés, interdisons (l)également la présence de militants nègres venus signifier à l’État Français qu’aujourd’hui encore la négrophobie n’est pas un vain mot mais un comportement raciste légalisé. Le maître ne saurait tolérer de contestation dans sa propre maison.

Et pourtant, visite présidentielle « normale » oblige, il y avait là un cordon de CRS. Ah ! Mais c’est qu’il y a des Nègres à mater, de ceux qui ne s’en laissent pas conter. Trois membres de la brigade anti-négrophobie en ont subi les conséquences. Pourtant munis d’une in- vitation officielle, Franco Lollia, Joel Ardes et Alamamy Mam Kanouté (conseiller municipal de Fresnes) ont été interdits de cérémonie, mais surtout menottés et encerclés par les forces de l’ordre vallsiennes… Tabassés dans les règles de l’art – Almamay sera même maintenu à terre par plusieurs CRS, ils sont placés direct en garde à vue pour 24 heures, ce qui est totalement injustifié et inhabituel pour ce type d’arrestation.

Joël Ardes et Franco Lollia, apprennent qu’ils sont convoqués devant le substitut du procureur le 28 mai. « Ils vont avoir droit à un rappel à la loi, en gros on va leur dire : “c’est mal ce que vous avez fait, il ne faut pas recommencer” », explique Me Bourdon, l’avocat de Joël et Franco. Alamamy est, quant à lui, convoqué devant la 28e chambre du tribunal de grande instance de Paris. Il lui est reproché d’avoir résisté avec violence à son arrestation et d’avoir bousculé un policier, entraînant sa chute. Ce dernier s’est vu signifier quatre jours d’ITT, le pauvre…

Du côté de la préfecture de police, on réserve les détails des preuves pour l’audience. Le service presse lit les quelques lignes « qu’il y a sur la fiche » : « Vendredi 10 mai, en fin de matinée, un petit groupe portant des tee-shirts de la brigade anti-négrophobie a tenté de passer en force. Deux personnes sur les trois n’avaient pas d’invitation. » Ce qui se révèle faux. Pour Me Maati, « ils tentent de justifier l’in- justifiable ». Son client risque un an de prison et une amende. « Il n’aura sans doute pas de prison ferme mais l’idée, dans ce procès, c’est de plaider la relaxe. » Almamay Kanouté annonce, par ailleurs, qu’il souhaite porter plainte « dans un premier temps contre le ministère de l’Intérieur »[1].

Au moment de l’arrestation,  puis de la libération, d’un néo-nazi, de l’indulgence accordée à Serge Ayoub, « Batskin » pour les intimes, mais surtout leader de la mouvance skinhead, impliqué dans la mort de Clément Méric, on ne peut donc s’empêcher de penser qu’on assiste à la criminalisation des militants antiracistes.

On se doutait déjà qu’il ne fallait pas être jeune, noir ou arabe/musulman et croiser un bataillon de keufs. On sait maintenant qu’il ne faut pas, en plus, perturber une cérémonie officielle ou le maître vous joue la Ultima Cena… Grand Seigneur, il vous offre le couvert, faut quand même pas abuser de sa générosité.

D’autant plus que le Grand Césaire doit faire des bonds dans sa tombe. Lui qui en 1950 éclaira le monde avec son discours sur le colonialisme et affirma dans sa fameuse lettre à Maurice Thorez que le paternalisme ça suffisait, se trouve écartelé aujourd’hui par la récu- pération hypocrite et misérable d’un Delanoë ou d’une Voynet. Tout juste s’ils ne sont pas tous des Nègres… Tous bientôt vont nous sortir leur amour pour la négritude en même temps que s’installe une négrophobie banalisée, étatique.

Alors 2013, année du centenaire de Césaire ? Année de la négritude ou année de la négripub ? Avec le PS, en tout cas, on connaît la réponse… Et c’est pas un Harlem Désir qui nous fera changer d’avis.

[1] Le 5 juillet 2013, le procès d’Almamy Kanouté est annulé pour vice de procédure. Le matin même, coup de théâtre. A peine arrivé dans la salle Me Maati demande l’annulation du procès pour vice de procédure : les forces de l’ordre n’ont pas notifié à l’accusé le droit de garder le silence. Fait plutôt rare, le parquet se range du côté de la défense. Le juge décide donc d’annuler la procédure. En cinq minutes à peine, l’affaire est pliée. « Il ne faut pas tout de suite fanfaronner, tempère l’avocat. Ils ont dix jours pour faire appel. » A ce jour, 19 juillet, le parquet n’a toujours pas fait appel. 15 août 2013 par Mariam Seri Sidibe

Source : http://www.afriquesenlutte.org/notr…

http://www.afriquesenlutte.org/communiques-luttes-et-debats/livres-etudes-debats/article/le-centenaire-d-aime-cesaire

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15 août 2013 ~ 0 Commentaire

Gouvernement et FMI sur la même longueur d’onde: encore plus d’austérité au programme (LO)

Gouvernement et FMI sur la même longueur d'onde: encore plus d'austérité au programme (LO)   dans Austérité 63417373_p

Dans un rapport sur la France rendu public le 5 août dernier, le Fonds monétaire international (FMI), saluant les efforts du gouvernement français pour réduire son déficit budgétaire, lui recommandait de « ralentir le rythme de l’ajus-tement », ce que la presse, dans son ensemble, a présenté comme une invitation du FMI à alléger les mesures de rigueur.

Pour « soutenir la reprise hésitante », le FMI recommande au gouvernement français de lever le pied sur les hausses des prélèvements obligatoires (en particulier des cotisations sociales, dont la réduction « rehausserait la compétitivité des entreprises »). Mais c’est pour lui conseiller de « mettre davantage à contribution la limitation des dépenses, notamment dans le domaine de la Sécurité sociale et celui des dépenses locales, où il existe une certaine marge pour réaliser des gains d’efficacité » et pour l’appeler à réformer les retraites mais, précise le rapport, « sans relever les cotisations », c’est-à-dire sans mettre le patronat à contribution.

Le FMI salue les « réformes structurelles » engagées par le gouvernement français en matière de flexibilisation du marché du travail (allusion à l’accord signé en janvier dernier par le Medef, la CFDT, la CFE-CGC et CFTC, qui facilite les licenciements) et de com- pétitivité des entreprises (allusion au cadeau annuel de 20 milliards d’euros aux entreprises sous forme de crédit d’impôt). Il l’invite même à aller plus loin et plus vite dans cette voie, pour lever les « rigidités structurelles » qui « entravent le potentiel de croissance de la France », comme par exemple le niveau du smic, trop élevé, qui « reste un obstacle à l’emploi non qualifié ».

Autant de mesures qui visent à faire porter tout le poids de « l’ajustement » sur les travailleurs, les chômeurs, les retraités, mais qui évitent soigneusement les capitalistes, industriels et financiers, et qui, en fait de croissance, ne favorisent que celle des profits et des dividendes. Commentant le 6 août ce rapport, Pierre Moscovici, ministre de l’Économie et des Finances, a relevé « une grande convergence de vues » avec le FMI.

Cela n’est pas surprenant, et n’augure évidemment rien de bon pour les travailleurs. Sous prétexte de relancer la croissance, le programme du FMI n’est pas moins mais plus d’austérité pour les populations laborieuses et, au bout du compte, comme en Grèce, en Espagne, au Portugal, à la fois la catastrophe sociale et la catastrophe économique. En fait de « rigidités structurelles », ce n’est ni le niveau du smic, ni celui des pensions de retraite, ni le code du travail, ni le nombre de fonctionnaires qui « entravent le potentiel de croissance » de la société et la plongent dans la crise, mais bien le capitalisme et son fonctionnement aberrant.

Jean-Jacques LAMY http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2350&id=7

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11 août 2013 ~ 0 Commentaire

La douce vie des monarques républicains (CI)

La douce vie des monarques républicains (CI) dans Hollandie super-hollandef-300x269

Notre « bébé royal »  à nous, nous coûte 2 fois la reine d’Angleterre!

En France, les présidents ont toujours vécu dans le luxe.
Les dépenses de l’Elysée n’ont jamais été contrôlées. Aujourd’hui, François Hollande souhaite faire des économies. Du moins, un peu. Situé à côté du PC Jupiter, le poste de commandement du feu nucléaire installé sous les jardins de l’Elysée, se trouve un des lieux les plus secrets du palais présidentiel : ses caves. Près de 15 000 bouteilles des meilleurs crus français,  Châteaux Petrus, Figeac, Ausaune et Yquem, sont entre- posées sous ces voûtes. Depuis 2007, c’est une femme, Virginie Routis, qui choisit quels vins auront l’honneur de la table présidentielle. La chef sommelière de l’Elysée n’est toutefois pas autorisée à faire trop de confidences. Elle dira seulement que tous les vins sont français et qu’ils coûtent moins cher qu’à une certaine époque.
Un budget royal La Cour des comptes a déjà complimenté le président Hollande pour les six millions d’euros qu’il a permis d’épargner au bout d’un an de mandat en économisant non seulement sur les vins, mais aussi sur les frais de bouche de ses réceptions, les décorations flo- rales, les voyages et autres dépenses. Et pourtant, on ne peut pas dire que le président se soit tellement serré la ceinture. Avec un budget an- nuel de 102,9 millions d’euros, il peut encore dépenser plus du double que la reine d’Angleterre.  De fait, les présidents français, qui gouver- nent depuis le “palais” de l’Elysée, ont longtemps pu régner comme des rois sans couronne. Jusqu’en 2008, les dépenses présidentielles écha- ppaient à tout contrôle. Les diverses majorités au Parlement approuvaient le budget de l’Elysée sans jamais poser trop de questions. Cela ne se faisait tout simplement pas de surveiller les comptes du monarque républicain. Charles de Gaulle jugeait inutile de faire contrôler ses dépen- ses, et il faut dire que dans son cas, cela n’était pas nécessaire : le général faisait même établir les factures d’électricité de ses appartements privés à l’Elysée et les réglait de sa poche.  Tous ses successeurs n’eurent toutefois pas la même élégance et finirent par céder au cémémonial de cour inspiré par tant de lustres, de colonnes dorées, de pilastres, de damas et de marbres.

Un luxe qui semble plaire à Hollande Aujourd’hui encore, le président français peut se sentir comme un être élu, constamment devancé par un laquais en livrée, arborant chaîne en or et gants blancs, chargé d’annoncer solennellement : « Monsieur le Président ». Les journalistes, dont certains l’avaient traité « d’incapable » en une de leurs journaux, se lèvent désormais respectueusement chaque fois que le président arrive pour une conférence de presse. François Hollande, qui avait promis durant sa campagne d’être un président “normal”, apprécie manifeste- ment toutes ces marques de respect. Alors qu’il s’était engagé, en tant que candidat, à résister aux coulisses monarchiques, le président Hollande s’est bel bien mis en scène, le 14 juillet dernier, devant les allées fraîchement sablées de l’Elysée.

Le président s’accommode dorénavant aussi d’autres privilèges liés à son statut. En 2007, lorsque Nicolas Sarkozy avait investi le pavillon de la Lanterne, non loin du château de Versailles, François Hollande n’avait pas manqué de souligner ses mauvaises manières. Au- jourd’hui, il y a lui-même élu domicile après y avoir installé une piscine et un cour de tennis. Et son Premier ministre n’a rien à dire non plus. Cette décision a bien fait tiquer la cour des comptes, mais voilà, il n’y a pas de règles, seulement des coutumes. Et l’une d’elles mettait le pa- villon de la Lanterne à la disposition du Premier ministre. ( Et il paie les factures Note du Blog)

Un vrai contrôle, pour bientôt ? C’est avec une grande compassion que Bernadette Chirac avait écouté l’ancien chancelier allemand, Geh- rard Schröder, expliquer qu’il devait lui-même payer les frais de ses déplacements privés. « C’est monstrueux ! », s’était exclamée la première dame à propos de cette “manie du contrôle”. De son côté, son président de mari prophétisait : “Nous aussi, nous en serons là dans quelques années”. Et effectivement, un député socialiste de Picardie, René Dosière, rêve depuis longtemps de renforcer les contrôles sur les dépenses du plus beau palais de la république. Pour lui, le président ressemble à un “monarque absolu”. Auteur de deux ouvrages sur la question, L’argent caché de l’Elysée (Seuil, 2007) et L’argent de l’Etat (Points, 2013), le député réclame la publication des comptes de l’Elysée. Nicolas Sarkozy avait fini par céder et avait révélé une hausse de 140% de ses propres émoluments.  François Hollande a promis de continuer à réduire les dépenses. Il n’y a que le fromage, rayé de la carte par son prédécesseur, auquel il ne renoncera pas. Une décision qui a réjoui le chef de l’Elysée mais pas sa compagne, Valérie Trierweiler, qui confiait dans un entretien que le président devait faire attention à sa ligne. Frankfurter Allgemeine Zeitung  Michaela Wiegel 10 août 2013

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08 août 2013 ~ 0 Commentaire

Natation : le revers des médailles (LO)

Natation : le revers des médailles (LO) dans Hollandie images

À l’occasion des championnats du monde de natation à Barcelone, on a eu droit aux cocoricos d’usage sur les médailles remportées par les nageurs français : « Apothéose… Feux d’artifice…

Vitalité de la natation tricolore », etc. Mais le haut niveau auquel parvient une infime minorité de sportifs n’arrive pas à masquer le fait que la majorité de la population est confrontée à la pénurie de piscines publiques ainsi qu’à la vétusté de nombre d’entre elles.

Un habitant sur cinq ne sait pas nager. Mais apprendre à nager, ou tout simplement se détendre dans une piscine, relève de la gageure. Il y a moins de trois mille piscines municipales, celles dont les tarifs sont accessibles à la population, très inégalement réparties sur le territoire. Certaines régions, telles la Corse ou les DOM-TOM, n’en possèdent aucune, et les banlieues ou les régions populaires à forte croissance démographique sont aussi les moins bien loties. Une ville comme La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, n’en a pas, les habitants devant se reporter sur la seule piscine publique de Saint-Denis, ville elle aussi très peuplée. À Lyon, à la mi-juillet, les piscines, prises d’assaut à cause de la chaleur, ont été obligées de refuser du monde, et l’une d’entre elles a même été fermée une journée, la sécurité n’étant plus respectée.

La plupart des groupes scolaires ne possédant pas de bassin de natation, les piscines publiques sont réservées aux élèves les trois quarts de l’année, puisque l’enseignement de la natation est en principe obligatoire. Le public, lui, a toujours la possibilité d’y aller le matin entre 7 heures et 8 h 30… horaires qui n’encouragent guère les vocations sportives. Quant aux plages horaires réservées aux scolaires, elles font à chaque rentrée l’objet d’âpres négociations entre les professeurs d’EPS des établissements qui se partagent la même piscine. Si l’on retire le temps de trajet aux deux heures accordées à chaque classe, il reste au maximum une heure réellement passée dans le bassin chaque semaine, et cela seulement une partie de l’année scolaire. Signalons que, face à la pénurie des piscines publiques, la France compte environ 1,5 million de piscines privées, dont un quart dans la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Certains savent donc nager et même surnager ! Marianne LAMIRAL

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2349&id=12

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08 août 2013 ~ 0 Commentaire

Leur société (LO)

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Pas de crédit pour les travailleurs pauvres

Le gouvernement a annoncé son intention de ne pas revaloriser en 2014 la prime pour l’emploi, ce crédit d’impôt en faveur des travailleurs dont les salaires, trop faibles, ne leur permettent pas de joindre les deux bouts. Ce gel a été instauré sous Sarkozy en 2009 et a déjà été depuis régulièrement reconduit, y compris en 2013 sous Hollande. La prime pour l’emploi a coûté en 2013 au budget de l’État 2,5 milliards d’euros pour six millions de bénéficiaires : une goutte d’eau par rapport aux dizaines de milliards de cadeaux divers du gouvernement au patronat et aux riches contribuables, cadeaux eux aussi reconduits et même augmentés des 20 milliards d’euros annuels du crédit d’impôt compétitivité par le gouvernement Hollande. C’est vraiment prendre dans la poche des pauvres pour donner aux riches, et c’est inique : l’augmentation des salaires, des retraites, des prestations sociales est pour la population une urgence vitale. J.J.L.

Les banquiers peuvent dire merci

Le taux d’intérêt du livret A est passé de 1,75 % à 1,25 % depuis le 1er août. Mauvaise nouvelle pour les foyers populaires, mais bonne nou- velle pour les banquiers, qui ne cessent de dénoncer le livret A parce que son succès leur fait de l’ombre en captant la plus grosse partie de l’épargne populaire. Décidément, le gouvernement n’a rien à refuser aux banquiers. Le mois dernier, il annonçait qu’ils pourraient disposer de 30 milliards d’euros supplémentaires sur la collecte de l’épargne, au lieu de les reverser à la Caisse des dépôts pour financer le logement social. C’est ce qui s’appelle choisir son camp. J.J.L.

Coût de la vie : salaires stagnants, prix en hausse

Les tarifs de l’électricité ont augmenté de 5 % début août. Mais de leur côté, les prix des produits alimentaires frais ne sont pas en reste. Les dernières statistiques officielles de juin confirment ce que nous indiquent nos porte-monnaie tous les jours. Les fruits et légumes ont flambé : 8 % de plus sur un an. Mais les prix des viandes ont aussi augmenté de 3,1 % en un an et ceux des boissons alcoolisées de 3,2 % ; et on peut difficilement nous raconter que les conditions climatiques difficiles y sont pour quelque chose. Quant à ceux qui partent en vacances en de- hors des hébergements familiaux, ils peuvent constater que l’inflation a touché aussi les loyers des locations de vacances (2,5 % de plus en juin selon l’Insee). Les gérants de campings interrogés par les médias remarquent que la bonne vieille tente revient à la mode, aux dépens des caravanes ou des locations de mobile-homes. Évidemment les statistiques de l’Insee indiquent que les prix des produits manufacturés sont stables (+1 % sur un an pour l’habillement) ou baissent, un peu dans le cas des voitures neuves, ou davantage pour les équipements audio-visuels ou informatiques (-7,5 % en un an). C’est le genre de produits que non seulement on n’achète pas tous les jours mais qu’on achètera sans doute de moins en moins, avec des salaires bloqués ou des indemnités de chômage. Sylvie MARÉCHAL

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2349&id=11

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07 août 2013 ~ 0 Commentaire

Dans le « Canard » (2)

Dans le

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05 août 2013 ~ 0 Commentaire

Pourquoi Valls n’aime pas le mot « islamophobie » (Rue 89)

Pourquoi Valls n’aime pas le mot « islamophobie » (Rue 89) dans Hollandie meneurs

Devinette: nos ennemis sont dans notre pays, mais ce ne sont pas les étrangers!

Dans une interview, le ministre attribue l’origine du mot « islamophobie » aux intégristes Iraniens. Un choix contestable, expliquent des sociologues.

Dans une interview publiée jeudi dans Le Nouvel Observateur, Manuel Valls a repris à son compte la théorie controversée selon laquelle l’islamophobie était un concept utilisé par ceux qui cherchent à empêcher toute critique de l’islam. Une idée défendue par Caroline Fourest ou Pascal Bruckner, et qui est loin de faire l’unanimité. Le ministre de l’Intérieur, également chargé des Cultes, préfère parler d’actes « anti- musulmans » : « Derrière le mot “islamophobie”, il faut voir ce qui se cache. Sa genèse montre qu’il a été forgé par les intégristes iraniens à la fin des années 70 pour jeter l’opprobre sur les femmes qui se refusaient à porter le voile. [...] Pour les salafistes, “[l’]islamophobie” est un cheval de Troie qui vise à déstabiliser le pacte républicain. » Rue89 est allé demander à plusieurs sociologues spécialistes de la perception de l’islam ce que cachait la déclaration de Manuel Valls.

Une invention d’ethnologues… français

Pour Raphaël Liogier, auteur du « Mythe de l’islamisation, essai sur une obsession collective » (éd. Seuil) : « En réutilisant l’argumentaire erroné de Caroline Fourest, Manuel Valls adresse un signe à ceux qui ont peur de l’islam. » Marwan Mohammed, sociologue au CNRS, a coécrit avec Abdellali Hajjat « Islamophobie : comment les élites françaises fabriquent le “problème musulman” » (à paraître le 26 septembre aux éditions La Découverte). Pour cet ouvrage, il a assisté à beaucoup de mobilisations organisées ces dernières années contre l’islamophobie. Selon lui, il est faux d’affirmer que ce combat serait le « cheval de Troie des salafistes » :  « Parmi les composantes de l’islam pratiqué, il sem- blerait que ceux qui se revendiquent du “salafisme” soient parmi les moins mobilisés contre l’islamophobie. » La datation avancée par Manuel Valls serait tout aussi inexacte. Le néologisme « islamophobie » a en réalité été inventé en 1910, par un groupe d’ethnologues-administrateurs français, Alain Quellien, Maurice Delafosse et Paul Marty. Dans leurs ouvrages, ce mot était utilisé pour expliquer que traiter différemment les musulmans sur la base de leur religion risquait de nuire à l’administration coloniale, explique Marwan Mohammed : « Ces spécialistes de l’islam ouest-africain ont inventé le terme pour dénoncer une frange de l’administration coloniale qui affiche ouvertement son hostilité à l’encontre des musulmans et de la religion musulmane. Ce qui, selon eux, tend à fragiliser la domination coloniale française. »

Fourest : « Empêcher toute critique féministe et laïque »

Contactée, la journaliste Caroline Fourest affirme que la véritable acception du terme n’est pas là : « Il y a peut-être une occurrence dans les années 20, mais ce sont bien les mollahs iraniens, à la fin des années 70, qui en feront la vraie première utilisation publique et politique, en accusant les féministes qui se battaient contre le voile, d’être islamophobes. » Elle poursuit : « L’objectif de ces intégristes est de faire croire que critiquer l’islam, c’est être antimusulman. Cela leur permet d’empêcher toute critique féministe et laïque de la religion. » Une manœuvre qui n’aurait pas cessé depuis. Caroline Fourest en veut pour preuve la fatwa lancée en 1989 à l’encontre de Salman Rushdie, dont le livre « Les Versets sataniques » a été jugé blasphématoire par l’ayatollah iranien Khomeini. Ou celle visant depuis 1993 Taslima Nasreen. Cette féministe bangladaise a dû fuir son pays après que sa tête ait été mise à prix pour avoir critiqué le fondamentalisme religieux au Bangladesh. Et c’est la sémantique de la notion d’islamophobie qui permet de couper court à toute tentative de critique, selon la journaliste : « C’est comme si on disait de quelqu’un qu’il était “marxismophobe”. L’islam c’est une religion, un corpus de croyances que certains choisissent d’adopter. Alors avec le terme islamophobie, on fait le jeu des intégristes, en acceptant de ne pas critiquer une idéologie. Et ça, c’est la fin du débat public. »

Liogier : « Lutter contre l’islamophobie, c’est lutter contre un rejet phobique »

Un argumentaire que ne comprend pas le chercheur Raphaël Liogier : « Je ne vois pas en quoi combattre l’islamophobie empêche la libre critique de l’islam. On peut très bien discuter de ses aspects misogynes par exemple. Lutter contre l’islamophobie, c’est précisément lutter contre un rejet phobique – c’est-à-dire émotionnel, non réfléchi – de l’islam. » Et permettrait d’élever le débat en forçant l’argumentation : « La généralisation du terme islamophobie a aussi conduit plein de gens à se déclarer islamophobes. Mais pour cela, ils sont obligés d’exposer des raisons précises, réfléchies. Ceux qui veulent critiquer l’islam ne peuvent plus se contenter de mettre tous les musulmans dans le même sac. » Surtout, pour le sociologue, ceux qui continuent à contester la sémantique du terme islamophobie « tentent de noyer le poisson et, par là, essayent de faire croire que ce phénomène n’existe pas » : « En affirmant que le terme a été créé par des fanatiques, Manuel Valls ou Caro_ line Fourest essayent de rendre le concept inopérant. Mais l’islamophobie c’est une réalité sociale. Depuis le 11 Septembre, l’hostilité à l’égard des musulmans n’a pas cessé d’augmenter. Aujourd’hui, trois Français sur quatre déclarent avoir une image négative de l’islam. » C’est pour répondre à ce nouveau climat d’animosité que le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) a proposé en 2008 une définition de l’islamophobie : « L’ensemble des actes de discrimination ou de violence qui vise des institutions ou des individus, en raison de leur appartenance réelle ou supposée à l’islam. »

Marwan Muhammad : « Valls continue à chercher à nous infantiliser »

Selon le porte-parole du CCIF, Marwan Muhammad (à ne pas confondre avec le sociologue cité plus haut), les termes qualifiant les discri- minations ne sont jamais vraiment satisfaisants : « Mais quand la genèse d’un mot pose problème, c’est l’usage, en l’occurrence le fait de l’associer à des faits de violence et de discrimination existants, qui lui donne sa légitimité. » Selon lui, puisque les musulmans se sont désor- mais approprié ce terme qui leur sert à définir les agressions dont ils sont victimes, le débat sémantique sur le terme « islamophobie » n’aurait plus lieu d’être. Et c’est précisément ça qui poserait problème à ceux qui « sont mal à l’aise avec le fait musulman » : « En voulant placer le terme “islamophobie” sur liste noire, Manuel Valls continue à chercher à nous infantiliser en nous imposant de l’extérieur des termes pour dire notre indignation. Depuis le début des années 2000, il y a une volonté de la part de l’Etat de contrôler les musulmans en leur dictant leur organisation. Car c’est toujours quand les minorités se saisissent de leur combat qu’elles obtiennent des droits. »

Une autre définition

Marwan Mohammed et Abdellali Hajjat proposent dans leur ouvrage à paraître le 26 septembre une définition de l’islamophobie non pas comme toute forme de critique de la religion musulmane, mais comme la conséquence de la construction du « problème musulman » – du nom de ce processus historique de racialisation qui assigne à des individus une identité religieuse (« origine musulmane », « musulman d’apparence ») et qui est en train de faire passer les musulmans d’un groupe religieux hétérogène (socialement, politiquement, spirituellement ou ethniquement) à un groupe homogène. Ce processus débouche sur un régime juridique d’exception et des multiples formes de violences symboliques (discriminations) et physiques (agressions). Les descendants d’immigrés sont beaucoup plus sensibles aux discriminations que ne l’étaient leurs parents, ajoute le sociologue Marwan Mohammed. Et cette nouvelle génération aurait retenu la leçon des échecs des précédentes luttes menées par les personnes issues de l’immigration : « La génération qui se mobilise contre l’islamophobie mise sur l’indépendance, se saisit de l’arme du droit et de la communication. Ce sont ces acteurs, notamment le CCIF, qui sont la cible de Manuel Valls, de Caroline Fourest mais également du Figaro ou du responsable de l’Observatoire de l’islamophobie. A défaut d’un dialogue ou d’une emprise sur ces mouvements, ils préfèrent les disqualifier par l’accusation somme toute classique d’être “salafistes” ou des intégristes. » Dans la construction de son personnage politique, Manuel Valls vient donc de donner une indication claire de son choix sur une question-clé du débat actuel. Tiphaine Le Liboux | Journaliste

A lire, l’entretien avec Marwan Mohammed.

http://www.rue89.com/2013/08/04/debat-lislamophobie-manuel-valls-a-choisi-camp-244732

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