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27 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

gel des retraites, appel à manifester mardi matin (of)

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Les syndicats de retraités dénoncent « le ras-le-bol » face au plan d’économies du gouvernement qui touche les plus petites retraites.
Les syndicats retraités vont manifester, mardi à 10 h 30, rue Branda, suite à l’abandon de la revalorisation des retraites, initialement prévue le 1er octobre.

Les syndicats retraités descendront dans la rue, mardi prochain, au sujet des pen- sions de retraite. Le gouvernement a en effet décidé d’abandonner leur revalori- sation, normalement prévue pour le 1er octobre.

Invoquant un « ras-le-bol » et tirant la sonnette d’alarme sur la situation de certains retraités, ils dénoncent le peu d’efforts du gouvernement, notamment pour les pensions de moins de 900 € par mois. Les syndicats se dirigeront ensuite vers la sous-préfecture pour y déposer une motion. Brest – 26 Septembre

http://www.ouest-france.fr/gel-des-retraites-appel-manifester-mardi-matin-2855384

Social à Quimper. Les retraités manifestent mardi prochain (Ouest France)

En première ligne la CGT et la FSU.
A l’appel de la CGT et de la FSU, les retraités manifesteront mardi prochain. Après un rassemblement devant la permanence du député, ils se rendront à la préfecture. « Il ne s’agit pas d’une petite lutte égoïste, le pouvoir d’achat des retraités concerne aussi les actifs », Michèle Jézéquel, responsable des retraités CGT de la Poste est caté- gorique. « La situation des retraités devient dramatique. » Dans le cadre d’une jour- née nationale d’action, un rassemblement est prévu à Quimper le mardi 30 sep- tembre à 10 h 30.  » C’est la continuité de la manifestation réussie du 3 juin à Paris ». Quimper – 26 Septembre

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26 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

gouvernement-medef: entre provocations et surenchères (npa)

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Emmanuel Macron s’est platement excusé de ses propos scandaleux au sujet des salariées des abattoirs Gad placés en liquidation judiciaire: «il y a dans cette société une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées. » Les excuses ne coûtent pas cher, et surtout elles n’effacent pas le fond, le mépris, un réflexe qui imprègne les classes dominantes comme leurs serviteurs politiques. Ces gens pratiquent ce mépris avec brutalité, même quand ils ne parlent pas des « sans-dents » et emploient des termes plus mesurés.

Leur « infinie bienveillance »… Macron a été bêtement maladroit mais que dire des discours et des actes de Valls, de Hollande, Gattaz et leurs amis… Que dire de ces discours qui pratiquent systématiquement un double langage cynique et méprisant.

Quel mépris que les élans de Valls dans son discours à l’Assemblée parlant des souffrances du peuple pour vanter son «infinie bienveillance», cela alors que sa politique n’a qu’une obsession: servir les classes dominantes, l’austérité, les cadeaux aux entreprises. Quel mépris que ces 26 centimes d’augmentation par jour du minimum vieillesse! Tous leurs discours sont marqués du sceau de la du- plicité, du double langage d’une politique qui prétend correspondre aux intérêts de l’ensemble de la population, alors qu’elle ne sert que les intérêts des patrons et des banques.

«Jusqu’au bout» Les propos tenus par Hollande lors de sa quatrième conférence de presse en sont l’illustration. Il n’avait rien à dire ni à annoncer, si ce n’est faire le service après-vente de la politique défendue par Valls à l’Assemblée. Pour tenter de combler le vide, il a pris la pose du chef des armées et du père de la Nation. «Mon premier devoir, c’est d’assurer la sécurité de la France» alors que «l’Euro- pe, le monde, sont menacés», justifiant la participation de la France à la troisième guerre d’Irak.

Des discours creux plein de complaisance à son propre égard, exercer le pou- voir: «c’est pas facile», «c’est dur»… Mais il entend bien s’y accrocher. Pas d’in- quiétude à avoir sur la stabilité à la tête de l’État, Hollande ira «jusqu’au bout». Pas de dissolution ni de démission en vue, et s’il évite le ridicule d’annoncer sa can- didature pour 2017, il ne pense qu’à ça, les charmes et les attraits du pouvoir…

Mais cela n’empêche pas le monarque républicain de voir dans l’affaire Théve- noud «une blessure faite à la démocratie», en fait une égratignure au regard de sa propre démarche! Et le même de justifier sa politique au service des possé- dants. Le soutien à la compétitivité est «irrévocable».

Les résultats «tardent à venir. Je le sais, je le vois. Ils viendront […], j’espère avant 2017», disant faire «tout ce qu’il doit» pour «que la France retrouve ses forces» et  que les Français vivent mieux». De qui se moque-t-il? «Je serai pré- sident jusqu’au bout. Je n’ai pas d’autre objectif. […] Mon seul devoir, c’est la France», c’est-à-dire ceux qui y détiennent le pouvoir économique et financier.

La brutalité des patrons Le ton patelin et pleurnichard de Hollande n’est là que pour vendre la politique du patronat que le vieux renard Gattaz exprime sans dé- tour. «Notre modèle social a vécu, il n’est plus adapté», il y a «des freins à l’em- bauche que l’on peut faire sauter sans que cela coûte un centime».

«Autoriser le travail le dimanche et après 21 heures, sur volontariat, quand une entreprise le demande par exemple. Je ne dis pas que cela doit devenir un jour normal, mais les modes de vie changent. Si certains de nos salariés veulent tra- vailler entre 21 heures et minuit et gagner plus, qu’on les laisse faire»…

«Aujourd’hui, les 35 heures appliquées de manière uniforme, ce n’est plus d’ac- tualité», affirme-t-il avant d’ajouter: «Je ne dis pas qu’il faut travailler 48 heures par semaine. Mais si des sociétés ont besoin de travailler 40 heures et d’autres 32 heures hebdomadaires, il faut les laisser s’organiser.» Il faudrait aussi «fluidifier le marché du travail» en «intégrant les nouveaux modes de vie».

En finir avec le SMIC, supprimer deux jours fériés… le patronat ne manque pas d’idées pour aménager la vie des salariéEs au gré des nouveaux modes de vie.
Gattaz veut en finir avec le «conservatisme. [...] Les mots interdits, les tabous, ça suffit.» Oui, pas de tabou: parlons ouvertement et sans détour de la nécessaire lutte de classe contre le vieux monde de la grande bourgeoisie et de ses larbins politiciens !

Yvan Lemaitre Hebdo L’Anticapitaliste – 257 (25/09/2014)

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26 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

la réforme des rythmes scolaires favorise… l’école privée

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selon Le Canard enchaîné

Un comble pour un gouvernement de gauche: selon Le Canard enchaîné, la réforme des rythmes scolaires est une aubaine… pour l’école privée.

A double titre: en terme d’effectifs et de budget. « La réforme des rythmes sco- laires n’étant obligatoire que dans le public, 90% des écoles privées ont décidé de ne pas l’adopter. Du coup, elles connaissent un afflux de nouveaux élèves, que leurs parents hostiles à la semaine de 4,5 jours, ont retiré du public. La réforme fait donc gonfler les effectifs », assure l’hebdomadaire sans toutefois donner le moindre chiffre.

Mais il y a mieux: grâce à la réforme des rythmes, l’école privée fait une bonne opération…financière! Aujourd’hui, les mairies, qui financent en partie l’école pu- blique, versent aux écoles privées un « forfait communal » compensatoire, calculé en fonction du coût moyen d’un élève dans les écoles publiques. Vous voyez l’idée? « Les dépenses supplémentaires des communes pour les nouvelles activités périscolaires vont gonfler ce coût moyen », explique Le Canard. Du coup, le « forfait communal » compensatoire, versé aux écoles privées, va automatiquement augmenter.

Des effectifs en hausse, un budget en hausse: l’école privée apparaît donc comme la principale bénéficiaire d’une réforme… qu’elle ne s’applique pas. Incroyable, non? Le Canard enchaîné · 20 sep. 2014 à 18:12 ·

http://www.politique.net/2014092001-ecole-privee-reforme-des-rythmes-

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25 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

derrière les annonces, l’injustice fiscale (npa)

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À la surprise générale, Valls, au lendemain de son discours de politique générale, a annoncé la suppression de la première tranche de l’impôt sur le revenu.

Mais cette annonce accentue l’incompréhension d’un système injuste nullement remis en cause…

Pour retrouver un peu de popularité, Manuel Valls a donc annoncé sur l’an- tenne de France Inter, la suppression de la première tranche de l’impôt sur le revenu. Une mesure, selon lui, nécessaire «pour redonner du pouvoir d’achat à nos compatriotes».

Il s’attendait sans doute à ce que cette annonce soit reçue avec enthou- siasme, mais les réactions ont été plutôt froides, perçue surtout, y compris dans sa propre majorité, comme une annonce politique très improvisée. Cette première tranche de l’impôt sur le revenu de 5,5 % concerne la part fiscale des revenus compris entre 6 011 et 11 991 euros, et les ménages ne devraient donc plus être taxés sur la partie des revenus comprise dans cette première tranche.

Le gouvernement veut réserver son nouvel allègement aux ménages ayant jusqu’à 26 764 euros de part fiscale. De nouveaux mécanismes vont donc être mis en place pour redéfinir les tranches fiscales. Ainsi, le gouvernement va par exemple abaisser le seuil d’entrée dans la tranche imposée à 14 %, de façon à éviter que trop de ménages échappent à l’impôt… Selon Bercy, cette nouvelle ré- forme devrait bénéficier directement à 3 millions de foyers fiscaux qui devraient sortir de l’impôt sur le revenu et 6 autres millions devraient voir une diminution de leur impôt.

Transfert de fonds… Pour justifier cette annonce, Manuel Valls a prétexté un «haut le cœur fiscal», surfant ainsi sur l’idée familière et populiste du soi-disant «trop d’impôt» et du « ras-le-bol fiscal », refrains repris régulièrement par la droite et le patronat. Pourtant les exemples de fraude fiscale ne cessent de se multiplier, y compris chez les éluEs…

Sur le fond, cette annonce ne remet évidemment pas en cause les politiques fiscales antisociales mises en place par la droite et accentuées depuis l’arrivée de Hollande au pouvoir, celles où l’on préfère taxer les ménages plutôt que les entre- prises: gel du barème, suppression de la demi-part veuvage, réduction du quotient familial, fiscalisation des heures supplémentaires… faisant ainsi entrer dans l’impôt des millions de foyers fiscaux alors qu’ils en étaient jusque-là exonérés.

Ces mesures ont eu pour effet d’aggraver les difficultés du plus grand nom- bre, qui sont de plus en plus à demander aux centres des finances publiques des demandes gracieuses et des délais de paiement. Dans le même temps, les niches fiscales pour les plus riches perdurent, les impôts sur les entreprises baissent, et les cadeaux fiscaux au patronat augmentent. Bref, l’injustice fiscale totale…

Nouvelle usine à gaz Au-delà de l’annonce politique, la suppression de la pre- mière tranche rend encore plus difficilement compréhensible le système fiscal. Chocs fiscaux après chocs fiscaux, il est devenu pour une grande majorité com- plètement illisible et opaque, mais surtout totalement injuste et dégressif.

Supprimer la première tranche concentrerait encore plus l’impôt sur les 4 tranches imposables restantes, alors que par le passé, il y a eu jusqu’à 14 tran- ches d’imposition, assurant une plus grande progressivité. Le résultat de cette nouvelle mesure sera encore une fois celui de rendre l’impôt encore plus ineffi- cace et toujours plus contesté. Au final, cela ne servira donc pas à restaurer de la progressivité. Mais cette annonce ne serait-elle pas surtout un nouveau moyen pour nous endormir, pour faire oublier la politique d’austérité du gouvernement ?

Pour une fiscalité anticapitaliste Bien entendu, il faut redonner du «pouvoir d’achat» aux salariéEs mais pour cela, il faudrait en premier lieu augmenter le SMIC, les salaires, les pensions de retraite et les minimas sociaux, il faudrait en finir avec les exonérations de cotisations patronales et les cadeaux fiscaux aux entreprises.

Les politiques fiscales des dernières décennies ont renforcé le côté obscur du système actuel, accentuant la dégressivité de l’impôt. La politique du gouver- nement Hollande-Valls n’a rien changé à cela, bien au contraire.

Une vraie poli- tique anticapitaliste serait de privilégier les impôts directs et la progressivité de l’impôt; de taxer réellement le capital mais aussi le patrimoine ; de rendre la fiscalité compréhensible par tous et toutes, ce qui est la condition même pour qu’elle puisse donner lieu à un véritable débat démocratique dans lequel les arbitrages politiques soient réellement maîtrisés par tous.

Sandra Demarcq

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25 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

loi antiterroriste: un grand pas dans le tout sécuritaire (npa)

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En procédure accélérée, la loi antiterroriste a été adoptée à l’Assemblée nationale le 18 septembre, et sera soumise au vote des sénateurs à la mi-octobre. Elle s’inscrit dans l’arsenal antiterroriste, déjà riche de 14 lois votées depuis 1986, qu’elle durcit encore…

Un bel exemple d’unité nationale: l’appel du ministre de l’Intérieur dans l’hémi- cycle, à «la nécessité de se rassembler devant la menace» a donc été entendu. Tous les députés, du FN au Front de gauche, à l’exception des députés EÉLV qui se sont abstenus, ont voté cette quinzième loi de lutte contre le terrorisme. Il est à noter que le PG a désavoué le vote des députés du Front de gauche et appelle les sénateurs et sénatrices du FdG à voter contre. À suivre.

Portée par le ministère de l’Intérieur, la loi affiche la volonté d’empêcher de manière administrative le départ en Syrie de jeunes, garçons et filles. La raison avancée serait essentiellement de diminuer le risque d’action terroriste qu’ils pourraient commettre à leur retour.

Une loi liberticide Outil de communication gouvernementale, cette loi de circons- tance est une atteinte massive aux droits des citoyenEs. Dès le premier article, l’interdiction administrative de sortie du territoire pour 6 mois renouvelables, avec confiscation des papiers d’identité, donne le ton. C’est une mesure préventive quand il y a «des raisons sérieuses de croire que les personnes concernées ont l’intention de partir en Syrie», dixit Bernard Cazeneuve.

La présomption de culpabilité remplace donc la présomption d’innocence. C’est une sanction pénale qui s’applique sans jugement et sans qu’un acte répré- hensible n’ait été commis. Bref, c’est la pénalisation de l’intention!

Par ailleurs, un nouveau délit est créé, celui d’entreprise terroriste individuelle. Là, il ne s’agit plus d’intentions mais d’infractions: deux infractions doivent avoir été commises, parmi une liste large dans laquelle figurent par exemple la consul- tation de sites djihadistes ou la possession de livres ou de documentations sur le sujet.

Autant dire que cela peut concerner de nombreux citoyenEs curieux, des militants qui tiennent à s’informer à des sources variées, des associations ou partis prenant des positions publiques à partir de sources diverses… Autant dire que, dès l’application de la loi, nous serons tous suspects… et donc coupables !

De plus, les délits de provocation à la commission d’actes terroristes et d’apologie du terrorisme, sur internet, infractions jugées auparavant en tant qu’u- sage abusif de la liberté d’expression dans le cadre de la loi régissant la presse, seront désormais considérés comme des actes terroristes à part entière, relevant du pénal. Un éditeur ou un hébergeur internet devront retirer les contenus relatifs à l’incitation au terrorisme sous 24 heures, sous peine de blocage du site. Les perquisitions à distance des équipements informatiques seront légales, et les données déchiffrées seront conservées.

Police partout, libertés nulle part? Les pouvoirs de police administrative sont fortement augmentés, bien au-delà de la seule question du terrorisme. Les pou- voirs d’enquête sur la criminalité seront étendus, les prérogatives de contrôle ren- forcées, et le ministre a promis d’augmenter le nombre d’enquêteurs. Pour réaliser «le parcours de radicalisation» des suspects, les policiers auront le droit de pas- ser au scanner toute leur vie, de leurs comptes en banque à leurs messageries en passant par leurs relations.

Cette nouvelle loi remet en cause de nombreux droits : ceux relatifs à l’infor- mation, à la liberté de circulation, à la liberté de communication, à la protection de la vie privée…

Quelle efficacité contre le terrorisme ? Peu, voire pas du tout. Il est quasi im- possible de bloquer un contenu jugé litigieux sur les réseaux sociaux sans sur- bloquer tous les réseaux, ce que personne ne fera… Et pour certains des jeunes candidats au départ, ce n’est pas le passage sur des sites de propagande qui les ont convaincus mais le passage en prison!

Pour rappel, 70 % des jeunes incarcérés le sont pour de très courtes peines qui pourraient facilement s’effectuer autrement que dans ces prisons. Mais pour cela, il faudrait miser sur l’éducation et non sur l’enfermement. Plus globalement, si la volonté était de protéger des jeunes des «sirènes du djihad», il faudrait qu’ils trou- vent de bonnes raisons de vivre en France : cela passe par une réelle égalité à l’éducation, à la culture, aux sports, par la fin des harcèlements policiers, et surtout la possibilité de s’imaginer un avenir ici !

Jeudi 25 Septembre 2014 Roseline Vachetta

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21 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

Francafrique, la famille recomposée (survie)

survie

Diplomatie, armée, entreprises

L’expression «Françafrique» est popularisée par l’association Survie dès les années 1990 sous la plume de François-Xavier Verschave pour dénoncer les pratiques néocoloniales de l’État français.

Alors que le terme, parfois vidé de son sens, s’est imposé dans le débat public, comment la Françafrique s’est-elle recomposée ces dernières années, notamment sous une présidence socialiste qui clame sa disparition?

Une politique prétendument «normalisée» vis à vis de l’Afrique est-elle com- patible avec le soutien toujours apporté par l’exécutif français à des régimes dic- tatoriaux, sur fond de préservation d’intérêts jugés stratégiques?

Quel sens donner au «retour à l’Afrique» qui semble s’imposer au plan politi- que, économique et surtout militaire, comme l’illustrent l’interventionnisme au Mali, en Centrafrique et le repositionnement de l’armée française dans plusieurs pays ?

Quelle est la réalité de la concurrence internationale pour «nos entreprises», comment se sont-elles adaptées à la mondialisation et aux différentes évolutions de la relation franco-africaine dans un contexte où la diplomatie économique s’affiche de manière totalement décomplexée?

En s’intéressant successivement aux trois principaux pouvoirs (politique, militaire et économique) qui déterminent la politique africaine de la France, les contributions rassemblées dans cet ouvrage proposent des réponses à ces ques- tions et offrent ainsi une analyse actualisée de ce que continue d’être la Françafrique aujourd’hui. 3 septembre 2014 par Ophélie Latil

Editions Syllepse, 224 p., 12 euros. Les contributeurs de cet ouvrage sont des militants, chercheurs, écrivains mobilisés dans le combat contre la Françafrique de l’association Survie.

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19 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

Macron est le pur produit du système scolaire élitiste français (les inrocks)

bonnets d'ânes eureka  via equus asinus

Dans la foulée du “sans-dents” attribué à François Hollande par Valérie Trierweiler, la sortie d’Emmanuel Macron sur les ouvrières “illettrées” de l’usine Gad a provo- qué un tollé. Retour sur cette polémique avec le sociologue Bernard Lahire, spécialiste de l’illettrisme, qui pointe le mépris de classe intériorisé de nos élites.

Le ministre de l’économie Emmanuel Macron a évoqué mercredi 17 septembre sur Europe1 une prétendue “majorité de femmes pour beaucoup illettrées” de l’abat- toir Gad à Lampaul-Guimiliau (Finistère). Ces propos ont provoqué un tel tollé qu’il a dû s’excuser dans l’hémicycle. Vous qui avez travaillé sur la question de l’illet- trisme, comment jugez-vous ces propos? Maladroits? Surprenants? Choquants?

Bernard Lahire - Déjà, il présuppose. L’illettrisme est une catégorie floue qui tourne très rapidement au stigmate. Il y a une mise à distance d’une catégorie de la population. Alors que le problème de ces ouvrières est d’avoir un emploi et de le garder, Emmanuel Macron rajoute une couche stigmatisante en évoquant leur présupposé illettrisme. La première des choses à dire est qu’il n’y a pas de travail car plus d’emploi. En France, on a un traitement pédagogique du chômage: on met les gens en formation et on se rend compte qu’ils ont des difficultés à écrire et à lire. Puis on finit par dire que c’est le problème. Tout énarque qu’ils sont, ils pensent à l’envers: les gens ne sont pas au chômage parce qu’ils ont des problèmes de lecture ou d’orthographe, mais parce qu’il n’y a pas d’emploi.

Dans votre livre L’Invention de l’illettrisme, vous parlez d’“ethnocentrisme lettré”. Est-ce le cas d’Emmanuel Macron ?

La sortie de Macron fait évidemment écho aux “sans dents”, expression que Fran- çois Hollande aurait utilisée pour qualifier les pauvres selon Valérie Trierweiler, ce que dément le président de la République. Emmanuel Macron utilise aussi dans l’interview sur Europe1 l’expression “ces gens-là”, ces gens-là n’ont pas le per- mis de conduire”. Il y a une mise à distance, et l’on voit bien qu’Emmanuel Ma- cron est loin de tout ça. C’est un fils de médecin neurologue, sa mère est méde- cin, il a fait des classes préparatoires à Henri IV, puis l’ENA. Macron est le pur produit du système scolaire élitiste français. Il ne faut donc pas s’étonner que cela puisse sortir de sa bouche. Les hauts niveaux de diplôme ont intériorisé le lien entre diplôme et emploi. Même au sein du monde ouvrier, on fait progresser les salariés par des examens de nature scolaire, alors que ce ne sont pas forcément les meilleurs ouvriers. Tous ces présupposés organisent le monde social aujourd’hui.

En regardant la vidéo de ses excuses à l’Assemblée nationale, on a l’im- pression qu’Emmanuel Macron ne pensait pas dire quelque chose de potentiellement blessant…

Au moment où il prononce ce mot, Emmanuel Macron est plutôt en train de dire qu’il veut défendre ces femmes. Mais à travers la volonté de sortir les illettrés de leur misère, il y aussi un mépris de classe qui s’entend. Quant à sa sincérité, d’autres ont dit qu’ils n’avaient pas de compte à l’étranger et étaient extrêmement convaincants…

Selon le député du Finistère Gwenegan Bui, la proportion de salariés dans cette situation dans l’usine Gad de Lampaul-Guimiliau serait d’environ 20 % contre 7 % en moyenne en France, rapporte le Monde. Cela crée des pro- blèmes de reclassement. Emmanuel Marcon décrit une réalité qui existe.

Je défie quiconque aujourd’hui de dire précisément ce qu’est un illettré. Un anal- phabète n’a pas appris à écrire et à lire: là au moins la situation est nette. Certains dits-illettrés savent rédiger des lettres mais font des fautes. C’est ce qui fera qu’on les qualifiera d’illettrés. Cette catégorie n’est pas très sérieusement définie.

On présuppose par ailleurs qu’il y a un lien direct, de cause à effet, entre le fait de ne pas avoir les bonnes qualifications et la perte d’emploi ou la difficulté à en trou- ver. On occupe la jeunesse au chômage depuis très longtemps par la formation, c’est une solution d’attente, qui peut parfois être utile.

Quand dans les années 70, le chômage s’est installé de manière structurelle, les pouvoirs publics ont répondu au problème par le retour à la formation. C’est à cette époque qu’a émergé la notion d’illettrisme. On a inversé la causalité. Le moment où l’on a commencé à observer des gens qui avaient des problèmes à l’écrit, une cause d’échec scolaire, correspond au moment d’apparition du chô- mage. Les mines et les usines sidérurgiques ferment. Les formateurs disent des chômeurs qu’on leur envoie: ‘ils ont du mal à lire et à écrire’. Le chômage a été une condition de mise en évidence de l’illettrisme, mais on a fini par en faire une des causes du chômage. Il y a de nombreux emplois pour lesquels être fort en orthographe n’est pas très important. Les “illettrés” avec un emploi sont des cito- yens comme les autres, qui payent leurs impôts. Mais au moment où ils perdent leur emploi, on commence à rendre leur illettrisme responsable de leur situation. Et certains discours ont laissé entendre que les dits “illettrés” ne seraient pas des citoyens comme les autres.

Emmanuel Macron a précisé qu’on ne pouvait par leur demander “d’aller travailler à 50 ou 60 kilomètres” faute de permis de conduire…

C’est bien connu: aucun “illettré” n’a de voiture! Encore des présupposés. Comme le fait qu’une mère illettrée ne saurait pas lire sur le flacon d’un produit dangereux et qu’elle serait donc potentiellement une mauvaise mère. On a parlé à une époque de la citoyenneté de la même façon : comment voulez-vous qu’ils fassent des choix alors qu’ils ne savent pas lire. C’est bien connu : tous les intellectuels lisent les programmes des partis avant de voter ! Les diplômés eux ne seront jamais em- merdés. On ne fera pas porter sur eux le stigmate du mauvais père, du mauvais citoyen. A une époque, on a même dit que les illettrés pouvaient être dangereux. C’était les thématiques d’un expert en matière d’illettrisme: ils ne maîtrisent pas la langue et par conséquent ils peuvent passer à l’acte.

Dans L’invention de l’illettrisme, vous expliquez qu’avec l’émergence de cette notion apparaît la figure de l’illettré “honteux” désigné comme faible, sensible aux thématiques simplistes, aux manipulations. Cela sous-entend que “ces gens-là” sont plus susceptibles de voter Front national ?

C’était clairement ce que soutenait Alain Bentolila, linguiste qui a été conseiller de Jacques Chirac. Certains de ses papiers parus dans Libé à l’époque disaient que les illettrés sont “moins humains” que les autres, qu’ils sont manipulables. Depuis la fin des années 1990, le début des années 2000, il y a moins de ramdam autour de ces questions. En revanche tout ce qui a été entendu dans les années 80 et 90 est rentré dans les têtes et les gens continuent à avoir une vision portée par ces discours.

Aujourd’hui, il semble que la gauche est coincée entre un discours condes- cendant, de sauveur, à la Macron et un discours qui dit que les élites ont abandonné le peuple au FN, comme si par nature le peuple allait vers les extrêmes. Etes-vous d’accord?

Les votes FN ne sont pas que des votes ouvriers. C’est caricatural au possible de dire cela. Oui ils sont aujourd’hui nombreux à voter à l’extrême-droite mais les cadres du FN sont des avocats, des médecins, des juristes, des professions libé- rales. Les dérapages verbaux au FN sont commis par des gens très cultivés. La culture n’a jamais protégé de la barbarie, de la violence, ce ne sont pas les dits- ”incultes” les plus intolérants. On fait peser beaucoup de soupçons sur les dits- illettrés, on les voit comme des objets de manipulations. On peut dire que la gau- che a abandonné le monde des ouvriers, des petits employés et des petits pay- sans, dans le sens où ces catégories ne voient pas leur situation s’améliorer lorsque la gauche arrive au pouvoir. 19/09/2014 | 11h27

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L’invention de l’”illettrisme”. Rhétorique publique, éthique et stigmates, de Bernard Lahire, éd. La Découverte.

par Anne Laffeter
le 19 septembre 2014 à 11h27

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18 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

Impôt, illettrés: alors, heureux, les «sans-dents»? (rue 89)

Ma cron

«Je ne m’en excuserai jamais assez»

On n’en a pas fini avec le délicieux décomplexé Emmanuel Macron, ministre de l’Economie et des Gaffes. Après avoir, le matin, évoqué les salariées «pour beau- coup illettrées» de l’abattoir Gad, en Bretagne, et devant l’avalanche de réactions outrées, il est venu dans la journée se défoncer la coulpe à l’Assemblée.

«Je ne m’en excuserai jamais assez»: mais de quel crime exactement? Macron, à bien l’écouter, ne dit pas que son assertion était fausse. Il dit qu’elle était «mala- droite». Autrement dit (traduction libre du matinaute) :

«J’ai évidemment raison, mais puisqu’il faut s’excuser, dans ce pays, d’appeler les “sans-dents” par leur nom, alors voilà, prenez-les dans la figure, mes excuses. » Combien de temps va-t-il tenir ?

Le potentiel explosif d’une information La phrase de Macron ne sort pas de nulle part. Dans la journée, le site d’Europe 1, à l’origine en décembre dernier de l’estimation, non sourcée, de 20% d’illettrés chez Gad, réitérait son estimation, «de source syndicale» cette fois. De source syndicale toujours non précisée: nos propres sources syndicales chez Gad n’ont jamais entendu parler de cette estimation.

Au printemps, insistait Le Lab, site appartenant à Europe 1, le ministre Michel Sapin et la sénatrice du Finistère Maryvonne Blondin avaient d’ailleurs avancé au Sénat des affirmations comparables. Aucun tollé à l’époque. Il est vrai que c’était dans le confortable huis clos de fait d’un débat sur la formation professionnelle au Sénat.

Il est vrai que ce n’était pas Macron. Comme quoi, le potentiel explosif d’une information dépend étroitement du lieu, et du locuteur. Ce qu’on savait déjà. Pro- pos faux ou propos maladroits? Si c’est vrai, pourquoi ne pas le reconnaître sur- tout, comme Macron, dans une phrase censée venir à la rescousse des salariés sans permis de conduire, refusant des réaffectations trop éloignées de leur domi- cile? Question qui se subdivise en deux: est-il décent, est-il utile de le dire?

Ce pouvoir a un problème avec le peuple Au «20 heures», France 2 était à la sortie des abattoirs, donnant la parole à des ouvrières outrées. «Nous au moins, on paie nos impôts» disait l’une, en une amicale salutation à l’ex-ministre et tou- jours député Thomas Thévenoud.

Les impôts, donc. Au même moment où Macron trébuchait sur les ouvrières des abattoirs, Valls annonçait la suppression de la première tranche de l’impôt sur le revenu. Subrepticement, à la fin de la matinale de France Inter. Ah oui les gars, j’allais oublier de vous dire, on supprime la première tranche de l’impôt. Alors, heureux, les «sans-dents»?

Comment la mesure, apparemment annoncée sans qu’il en ait prévenu aucun de ses ministres, sera-t-elle financée? Par une hausse de l’impôt des plus riches ? Oui. Non. Peut-être. On va voir. On va étudier. Ce qui est certain, c’est «qu’il n’y aura pas de perdant». Apparemment, et sans trop vouloir s’avancer, on peut constater que ce pouvoir a comme un problème avec le peuple.

Arrêt sur images 18/09/2014 à 10h55
Daniel Schneidermann | Fondateur d’@rrêt sur images

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18 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

A quoi ressemblerait la vie d’un salarié si le medef réussissait à imposer ses vues? (libération)

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Je veux vivre, pas survivre…

Fiction (ou pas): 1er mai 2017, Bernard sort à 22 h 30…

Lundi 1er mai 2017, 22 h 30, Bernard, 52 ans, termine sa journée de labeur. Un brin nostalgique, il se souvient des défilés «Bastille-Nation» de la Fête du travail en faveur du progrès social. Une institution du passé.

Depuis deux ans, le jour sacré a perdu son statut de jour férié, tout comme le 1er janvier. Le travail, Bernard l’a donc fêté… au travail. «Le meilleur endroit pour lui rendre hommage», selon son patron. Depuis vingt mois, et après deux ans de chômage, il est vendeur dans un magasin alimentaire. Licencié du secteur de la communication, la vente n’était pas sa vocation. Père de famille, il n’était pas non plus très enclin à travailler le dimanche, comme le prévoit son poste. Mais la pres- sion liée aux contrôles renforcés de Pôle Emploi ne lui a guère laissé le choix. Il a donc accepté un salaire 1 156 euros brut mensuels (80% du Smic actuel).

Quinquagénaire, Bernard fait partie des «populations les plus éloignées de l’emploi» éligibles aux nouveaux contrats payés en dessous du revenu minimum. En complément, il perçoit une allocation sociale de 289 euros brut par mois. Mais, tous les mois, les lourdeurs administratives retardent le versement de l’aide. Pour débloquer la situation, le mieux serait de se rendre dans l’agence en charge de son suivi, mais certaines semaines, Bernard a du mal à se libérer.

L’an passé, son entreprise a mis en place un nouvel accord sur le temps de travail, faisant passer la durée de son contrat à quarante heures hebdomadaire. «Un retour en arrière de plus de quinze ans», se lamente-t-il, lui qui a battu le pavé pour les 35 heures instaurées en 2000 par Martine Aubry.

Turnover. Les nouveaux horaires de fermeture du magasin, repoussés à 22 h 30, ont aussi généralisé les heures sup. Et ce, d’autant plus que la direction a obtenu leur majoration à seulement 5%. Pour Bernard, impossible désormais de savoir en avance à quelle heure il va pouvoir partir. «On s’adapte au flux de clientèle», lui a expliqué son supérieur. L’absentéisme galopant, suite à la mise en place des nouvelles conditions de travail, et le fort turnover n’ont pas arrangé les choses.

Autre subtilité de son contrat, ce dernier est «à durée indéterminée qui pren- dr[a] fin automatiquement une fois le projet réalisé», selon le jargon du patronat. Pensé pour réduire la «peur de l’embauche» qui «tétanise» les patrons, son con- trat peut donc s’arrêter à tout moment si son employeur décide de clore le projet pour lequel il a été embauché. Dans ce cas, vu sa faible ancienneté, Bernard serait remercié avec une indemnité symbolique.

«Lissage». Le plus pénible? Les trois longues heures de coupure, imposées entre 13 h 30 et 16 h 30 au titre du nouvel aménagement du temps de travail. Pour Ber- nard, qui habite en banlieue, à une heure de trajet en transport en commun, impossible de rentrer chez lui. Du coup, il attend dans un fast-food du coin.

Avant que le comité d’entreprise ne plie, suite à la réforme des seuils so- ciaux, il profitait de cette pause pour se rendre à la salle de sport. Mais depuis, sans prise en charge de son abonnement par le CE, il n’a plus les moyens. Prise de poids, mal de dos, les résultats se sont vite fait ressentir. La situation a empiré quand la direction a imposé de nouvelles tâches de manutention aux vendeurs.

Dans les rayons, Bernard n’est pas le seul à s’en plaindre. Mais se faire entendre est devenu plus difficile. Le «lissage» des seuils sociaux, voulu par le Medef, a beaucoup joué dans sa société de 62 personnes. Outre le CE, son entreprise a perdu son comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Et ses délégués syndicaux. Depuis, les délégués du personnel ont pris le relais. Mais peinent à tout gérer.

Amandine CAILHOL 15 septembre 2014 à 19:46

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18 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

Hygiène dentaire: l’état économise sur la santé des enfants (lo)

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Visiblement quand le Medef « a les crocs » çà passe avant les dents des enfants!

Les fonds attribués par l’État au programme de prévention et d’éducation à l’hygiène dentaire «M’T dents» sont supprimés pour trois ans.

C’est ce qui ressort de la convention d’objectifs et de gestion conclue entre l’État et la Caisse nationale d’assurance maladie pour la période 2014-2017. Créé en 2007, M’T dents organisait jusqu’à présent des interventions auprès de 250 000 écoliers, qui permettaient de sensibiliser enfants, parents et enseignants aux bonnes pratiques d’hygiène bucco-dentaire.

Associées à des visites gratuites chez les dentistes, ces actions de prévention ont fait baisser de manière spectaculaire le nombre de caries des enfants. Si les visites gratuites chez le dentiste ne sont pour l’heure pas touchées par ces écono- mies, les interventions en classe ne concerneront plus que 20 000 enfants dans les zones d’éducation prioritaires, soit une dizaine de classes par département.

D’après une enquête de l’IFOP de 2013, une personne sur trois renonce aux soins dentaires pour des raisons financières. La mesure qui vient d’être prise ne pourra qu’augmenter ce nombre. Nadia CANTALE

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2407&id=14

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