Archive | Hollandie

26 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Il y a très longtemps…

Il y a très longtemps… dans Histoire 200_sfio-phalempin-1937
Dès sa naissance, le Parti socialiste s’est posé la question de sa participation ou non à un gouvernement dans le cadre du capitalisme.

En quarante ans, de la fin du XIXe siècle à 1936, il est passé du refus de principe à la direction du premier gouvernement de Front populaire, avec des républicains radicaux. Le refus de principe était limité : la Deuxième Internationale socialiste se prononce en 1900 contre le « ministérialisme » sauf « circonstances exceptionnelles », par exemple « l’hypothèse d’une guerre d’invasion ». Dans les années 1920, le dirigeant socialiste Léon Blum invente une distinction subtile entre la conquête, c’est « la prise totale du pouvoir politique, prélude possible et condition nécessaire de la transformation du régime de la propriété, c’est-à-dire de la révolution » et l’exercice du pouvoir « la conséquence de l’action parlementaire elle-même, que vous pouvez être obligés d’accepter, de demander, de subir. »
Gérer l’économie de marché
Puis d’autres évolutions vont apparaître dans les textes de référence des socialistes.  La déclaration de principes du PS de 1969 affirmait que la « transformation socialiste ne peut pas être le produit naturel et la somme de réformes corrigeant les effets du capitalisme. Il ne s’agit pas d’aménager un système, mais de lui en substituer un autre ». En 1990, il s’affirme encore « parti de transformation sociale », pour une société « d’économie mixte ». Au- jourd’hui, finie l’orientation sur la transformation sociale, il reste toujours l’idée d’économie mixte mais surtout l’objectif d’une « économie sociale et éco- logique de marché (…) régulée par la puissance publique, ainsi que par les partenaires sociaux (…) qui a pour finalité la satisfaction des besoins sociaux essentiels. » Sans s’illusionner sur la façon dont s’appliquent ces déclarations, ce qui est déterminant c’est ce que font les gouvernements : on est passé du refus affiché de participer à un gouvernement socialiste à l’objectif de gérer une économie de marché !

http://npa2009.org/node/37354

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26 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Dossier PS: repères chronologiques

Dossier PS: repères chronologiques dans Histoire tppps

« Toujours prêt pour servir »,  service d’ordre de la fédé de la Seine de la SFIO

*
23 Juin 1899 : Entrée d’un député socialiste, Alexandre Millerand, dans le gouvernement de « défense républicaine » de Waldeck-Rousseau, aux côtés du général de Galliffet, « fusilleur de la Commune ». Soutenu par Jaurès, condamné par Guesde, Millerand sera exclu du Parti socialiste pour ses prises de position au sein de ce gouvernement.
26 août 1914 : Face à l’« agression » de la France, Jules Guesde, Marcel Sembat et Albert Thomas sont ministres dans le gouvernement d’union nationale. Il y aura la présence de socialistes dans tous les gouvernements jusqu’en septembre 1917. La SFIO (section française de l’internationale ouvrière, PS de l’époque), participe au Cartel des gauches, avec des républicains bourgeois de gauche dont les radicaux-socialistes, et soutient les gouvernements qui vont être élus en 1924 et 1932, sans toutefois y participer.
5 juin 1936 : Le Front Populaire est le premier gouvernement dirigé par un socialiste, Léon Blum, avec la participation des radicaux et le soutien sans participation des communistes. Présence des socialistes dans les gouvernements qui se succèdent jusqu’au 8 avril 1938.
10 septembre 1944 au 10 juillet 1951 : Les gouvernements d’union nationale avec le général de Gaulle, intègrent la SFIO, le PCF et le MRP (parti bourgeois, démocrate chrétien centriste). À partir de mai 1947, ne restent que le MRP, les radicaux et la SFIO, qui constituent la « troisième force », entre le PCF et le parti gaulliste.
31 janvier 1956 au 8 janvier 1959 : Gouvernement Guy Mollet, puis participation à tous les gouvernements ultérieurs.
22 mai 1981 : Début de deux septennats de gouvernements socialistes sous la présidence de Mitterrand, à l’exception de deux périodes de cohabitation avec la droite (1986-88 et 1993-95).
4 juin 1997 au 6 mai 2002 : Gouvernement de Lionel Jospin (sous la présidence de Chirac).
15 mai 2012 : Jean Marc Ayrault sous la présidence Hollande.

Par Roseline Vachetta et Patrick Le Moal http://npa2009.org/node/37354

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25 mai 2013 ~ 0 Commentaire

France-Allemagne : une démagogie sur fond d’antagonisme

France-Allemagne : une démagogie sur fond d'antagonisme dans Europe 89522324tardi2-jpg

Une campagne est actuellement menée contre l’Allemagne, rendue responsable de tous les maux (capitalistes et gouvernement français n’y seraient pour rien !).

Ainsi, Claude Bartolone, le président de l’Assemblée, appelle à une confrontation avec Merkel. Dans la foulée, la direction du PS a failli adopter un texte dénonçant l’« intransigeance égoïste » de Berlin. Tout ceci s’articule évidemment aux prises de positions d’un Montebourg sur le « patriotisme éco- nomique », censé permettre de « retrouver l’ADN historique de ce qu’a été le capitalisme français », c’est-à-dire « un modèle entrepreneurial innovant et d’essence patriotique » (!). Et Jean-Luc Mélenchon joue évidemment sa partition dans ce chœur. À propos de Chypre, il n’hésite pas à titrer un billet de son blog « En route vers l’Europe allemande »…

Fin de partie à l’Élysée
Dans ce contexte, la conférence de presse de Hollande du 16 mai était attendue, tant à Berlin qu’à Bruxelles. Comme l’écrit le Monde, il a choisi « l’apaisement » et a commencé à reprendre à son compte les « conseils » de la troïka UE-BCE-FMI. Un jour avant, le président « normal » s’était d’ailleurs rendu à Bruxelles. Là, au côté de Barroso, il avait annoncé l’accélération du rythme des réformes dites « structurelles » (en premier lieu, les retraites). Le lendemain, Hollande a donc repris à son compte l’objectif d’un « véritable gouvernement économique de la zone euro », menant à une « union politique renforcée ». Les termes étaient visiblement choisis pour ne pas heurter l’équipe Merkel. Il s’agirait de discuter la politique économique, d’harmoniser la fiscalité, d’entamer la convergence des politiques sociales (« par le haut »), etc. Par contre, pas un mot sur les taux de change, alors que le niveau de l’euro handicape incontestablement les capitalistes français, italiens, etc. L’hétérogénéité de la fiscalité dans l’UE a permis depuis 30 ans que se développe le dumping fiscal. Qui peut croire que Merkel et Barroso puissent envisager de revenir dessus ? Idem en ce qui concerne les politiques sociales.

Une crise sans fin
En arrière-plan, Paris cherche en fait à sortir du face-à-face actuel avec Berlin en renforçant le pouvoir de ses alliés traditionnels (Italie, Espagne…) face à celui de la BCE sous influence de l’Allemagne et de ses alliés. Mais, affaibli, en pleine récession, l’impérialisme français rencontre bien des difficultés pour imposer un compromis sérieux à son grand rival.  Quant à Merkel, elle bénéficie à plein de la situation : la bonne santé de ses capitalistes se fait largement au détriment de ses « partenaires » et pas seulement ceux d’Europe du sud. Pour Berlin, le but est de doter l’UE de nouveaux outils de « discipline bud- gétaire ». S’il voit le jour, le gouvernement économique prôné par Hollande ne sera donc qu’un super gendarme de la zone dominé par l’Allemagne. Les discours « européens » de Hollande tente de masquer une nouvelle radicalisation de la politique anti-sociale et l’accentuation des rivalités entre puissances. La réponse est du côté des travailleurs et des peuples.

Pascal Morsu  Samedi 25 mai 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 196 (23/05/13)

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24 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Loi d’amnistie : à la poubelle

Loi d’amnistie : à la poubelle dans Hollandie le-marginal-magnifique-poeme-on-est-tous-sans-le-meme-bateau-galeres-ben-hur-gatsby-le-magnifique-sur-un-yatch-inegalites-des-chances

Jeudi 16 mai, la motion de renvoi en commission de la proposition de loi sur l’amnistie sociale à été adoptée par 95 voix pour et 15 voix contre, avec un refus de prendre part au scrutin des députés de l’UMP.
Ainsi une majorité des députés du PS et autres radicaux de gauche s’est alignée sur la position de François Hollande déclarant, lors de sa dernière conférence de presse, que « Il y a nécessité de regarder plus précisément cette question et de ne pas rentrer dans la logique de l’amnistie, il faut donc qu’il y ait des cas exceptionnels, un certain nombre peuvent l’être d’ailleurs ». Il a répété qu’il y avait « des actes qui ne sont pas tolérables et n’ont pas à être amnistiés. Quand on détruit un bien, c’est un très mauvais exemple ». Ce renvoi en commission signifie en fait l’enterrement pur et simple d’une loi sur l’amnistie avec au mieux un renvoi du débat à l’automne et de nouvelles limitations du champ couvert par la loi. Le ministre des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies, a pour sa part une nouvelle fois rappelé son refus de l’amnistie : « En l’état, le gouvernement n’est pas favorable au principe de la loi car il considère que dans la situation que la France vit aujourd’hui, il doit y avoir une seule réponse, qui est au cœur de la République, c’est le respect de la loi républicaine. »

Justice nulle part !
Pour les salariéEs en lutte, le combat est trop inégal : à la violence sociale imposée par les patrons, le gouvernement ou la police, ils ne peuvent répondre qu’en respectant les règles du dialogue social. D’autant plus scandaleux que, dans le même temps, la Cour d’appel de Paris abandonnait les poursuites contre le lobby des industriels de l’amiante et les mises en examen pour « homicides et blessures involontaires » de neuf personnes, dont Martine Aubry.
Nouvelle illustration d’une justice à deux faces : répressive contre celles et ceux qui défendent emplois et conditions de travail, permissive pour celles et ceux qui violent en permanence le code du travail, détruisent emplois, santé et vie.  Alors, plutôt qu’attendre une loi nouvelle chichement accordée par un gouvernement à la solde du Medef, nous devrons plutôt marcher dans les pas des salariéEs de PSA, dont Jean-Pierre Mercier, responsable CGT de l’usine d’Aulnay, affirmait qu’avec leur quatre mois de grève, ils avaient gagné, par leur lutte, leur amnistie.

Robert Pelletier Vendredi 24 mai 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 196 (23/05/13)

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24 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Ils ne l’emporteront pas au paradis !

Ils ne l'emporteront pas au paradis ! dans Crise dukercy-le-superpatriote-d-serteura

À la veille d’un Conseil européen traitant de l’évasion fiscale, le ministre du Budget, Bernard Cazeneuve, a voulu se montrer ferme contre les fraudeurs.

Dans une interview donnée au Parisien, il est revenu sur le projet de loi du gouvernement qui sera présenté au Parlement dans quelques semaines. « Il n’y aura ni amnistie ni cellule de régularisation [des fraudeurs]. Il doit y avoir un processus transparent, de droit commun, leur permettant de se mettre en conformité avec la loi. Il n’y aura donc aucune disposition dérogatoire ». Et Pierre Moscovici, le grand argentier, d’en rajouter : « La finalité n’est pas de faire un cadeau aux exilés ».

Les deux ministres font mine de bomber le torse, mais la baudruche se dégonfle bien vite.

Ce dont il est ici question, ce n’est pas de prendre les mesures autoritaires pourtant nécessaires afin de récupérer les 60 à 80 milliards d’euros qui chaque année échappe à l’État (de 16 à 22 % des recettes fiscales brutes de 2012, d’après le syndicat Solidaires-finances publiques). Non, que les grands fraudeurs, avec à leur tête les entreprises, se rassurent : il s’agit tout simplement de continuer une pratique… finalement très favorable aux fraudeurs ! Comme l’ex- plique Moscovici lui-même, « Dès lors que quelqu’un est exilé fiscal, l’objectif est de le faire revenir (…) Il faut mettre en place des discussions avec le fisc pour trouver un accord dans le respect du droit (…) Les fraudeurs devront rembourser 60 % des sommes dissimulées ». Curieux droit des puissants. Et ce n’est pas la maigre cinquantaine d’agents supplémentaires recrutés pour la lutte contre la fraude fiscale qui aideront à régler le problème.

Quelques semaines après l’affaire Cahuzac, rien de bien neuf donc.

Pour récupérer les fortunes dérobées au fisc et les mettre au service de la collectivité, les mesures sont pourtant connues : lever le secret bancaire, et mettre les banques sous le contrôle des salariés et de la population. En un mot, socialiser. Qu’il soit fiscal ou autres, c’est sûr, les puissants et leurs amis du gouvernement ne l’emporteront pas au paradis !

Manu Bichindaritz Jeudi 23 mai 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 196 (23/05/13)

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24 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Les salaires des grands patrons ne seront pas encadrés (JDD)

Les salaires des grands patrons ne seront pas encadrés (JDD) dans Hollandie theartistgoodman

Contrairement à ce qui avait été affirmé à plusieurs reprises, le gouvernement ne proposera pas d’encadrer par la loi les rémunérations des grands patrons. Dans Les Echos, le ministre du Travail, Pierre Moscovici, indique « concentrer l’action législative sur la contribution de 75% sur la part des rémunérations dépassant 1 million d’euros ».

Finalement, il n’y aura pas de projet de loi spécifique sur la gouvernance des entreprises. Et donc le gouvernement a décidé de ne pas encadrer les rémunérations des grands patrons. L’annonce est faite par Pierre Moscovici dans une interview aux Echos vendredi. « Après plusieurs mois de concertation, j’ai décidé de concentrer l’action législative sur la contribution de 75% sur la part des rémunérations dépassant 1 million d’euros, qui sera acquittée par l’employeur », explique le ministre de l’Economie. « Elle sera soumise au Parlement dans le cadre du budget 2014, et aura une durée limitée à deux ans », ajoute-t-il. Le gouvernement n’ira « pas au-delà sur le plan législatif ». « J’ai choisi d’agir dans le dialogue », explique Pierre Moscovici, qui indique avoir rencontré la semaine dernière la présidente du Medef, Laurence Parisot, et le président de l’Association française des entreprises privées (Afep),  Pierre Pringuet. Selon lui, ces derniers « se sont engagés à présenter rapidement un renforcement ambitieux de leur code de gouvernance » et sont « prêts à des avancées importantes ». « Nous préférons miser sur une ‘autorégulation exigeante’ », a renchéri Pierre Moscovici.

« Pas une reculade, mais à l’évidence, on n’est pas au niveau »

Fin mars, Najat Vallaud-Belkacem, la porte-parole du gouvernement, avait pourtant précisé le calendrier. Il y aura « avant l’été » un projet de loi pour encadrer les salaires des grands patrons du secteur privé, a-t-elle annoncé. Le texte aura pour objet de « mettre fin à un certain nombre de pratiques et d’introduire la transparence dans la rémunération » de ces dirigeants. « Le gouvernement est devenu presque officiellement le porte-parole du Medef », a dénoncé Olivier Besancenot (NPA) vendredi matin sur i-Télé. De son côté, le député socialiste Jean-Christophe Cambadélis a refusé de parler de « reculade » de la part du gouvernement sur ce dossier. « Ce n’est pas une reculade, mais à l’évidence, on n’est pas au niveau que nous nous étions nous-même fixés », estime l’élu parisien, qui met en avant « la réalité de la crise » qui est « complexe ». « C’est très difficile aujourd’hui de faire passer ce type de loi dans un moment où nous avons besoin de tous pour avancer », a-t-il ajouté, précisant qu’il « est évident qu’on aurait aimé que cela puisse être fait ».

http://www.lejdd.fr/Economie/Actualite/Les-salaires-des-grands-patrons-ne-seront-pas-encadres-609173

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23 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Où va la France de François Hollande ?

Où va la France de François Hollande ? dans Hollandie verite

L’affaire Cahuzac, au- delà du personnage, doit s’analyser à la lumière d’une double crise :

la crise de l’économie mondiale et celle de la représentation politique des travailleurs et des couches populaires. Le gouvernement Hollande- Ayrault est balloté dans ces remous. La crise économique mondiale est loin d’être terminée. Dans la plupart des grands pays, y compris la Chine, la situation du système bancaire reste incertaine. Malgré un ralentissement, la Chine connaît toujours une croissance élevée, la croissance américaine est limitée mais réelle (du moins pour l’instant), mais il n’en est pas de même pour l’Europe dont le poids économique recule. Pour tenter de reconquérir leurs positions sur le marché mondial, les bourgeoisies européennes veulent liquider ce qui reste de « modèle social européen ».

Les politiques d’austérité pèsent sur la croissance : le produit intérieur brut de la zone euro a baissé en 2012 (de 0,5%) et devrait encore reculer en 2013 (0,3%). La croissance française est en panne et beaucoup d’organismes de prévision pensent que 2013 sera une année de récession tandis que le commerce extérieur français enregistre de larges déficits. Les politiques économiques conduites dans la zone euro, inspirées par la volonté de redresser les profits, s’inscrivent dans le traité budgétaire accepté par Hollande au début de son mandat (moyennant un pacte de croissance postiche) tandis qu’est maintenue la liberté de circulation des capitaux et la possibilité pour les banques de faire à peu près tout ce qu’elles veulent. Tout au plus, des mesures limitées d’information ont-elles été demandées aux paradis fiscaux et bancaires. Qu’à cela ne tienne ! Même si les risques sont minimes, les banques se sont dotées des instruments nécessaires pour transférer les fonds vers les pays restés plus opaques. C’est ainsi que le compte Cahuzac a migré de la Suisse vers Singapour. Des dispositions supplémentaires sont aujourd’hui annoncées, mais il y a tout lieu d’être sceptiques sur leur impact.

Cette crise économique mine la crédibilité des gouvernements européens qui, de droite ou de gauche, mènent peu ou prou la même politique. Il est erroné de tonner, comme Jean-Luc Mélenchon, que « c’est la faute aux Allemands ». Au-delà de quelques nuances secondaires, Hollande et Ayrault sont des agents zélés et convaincus de cette orientation. Et d’ailleurs, ils n’ont pas d’alternative sauf à se lancer dans un affrontement majeur avec le capital ce qui serait contradictoire avec leurs gênes. La précarisation croissante des salariés, la stagnation ou la baisse du pouvoir d’achat, la destruction des grandes concentrations de travailleurs, notamment dans l’industrie, la déconnexion des lieux de production et des centres de décision patronaux, rendent plus difficiles des réponses coordonnées des travailleurs à ces politiques anti-ouvrières et aux plans de licenciement. Ceci d’autant plus que les directions syndicales, même lorsqu’elles refusent certains reculs (comme en France, la CGT et FO par apport à l’ANI), ne se situent pas en position de préparer des mouvements à la hauteur des enjeux.

La crise du social-libéralisme

Après l’effondrement ou le très fort recul des PC (la situation variant selon les pays), la social-démocratie est restée la principale force représentant les travailleurs et le couches populaires. La social-démocratie traditionnelle pouvait être qualifiée de courant « ouvrier-bourgeois » : c’est-à-dire qu’elle défendait certains intérêts ouvriers dans le cadre de la société bourgeoise et sans remettre en cause celle-ci, voire en étant prête à la défendre contre une poussée révolutionnaire. Elle a mué en un social-libéralisme, profondément inscrit dans la logique du capitalisme désormais reconnu comme « horizon indépassable ». Lionel Jospin avait inventé une formule hypocrite : « Oui à l’économie de marché, non à la société de marché ». En fait, l’économie de marché généralisée suppose la société de marché et c’est bien dans ce cadre que prospèrent les Cahuzac. D’autant que le passage de la social-démocratie au social-libéralisme s’est également accompagné d’une transformation du personnel dirigeant des partis « socialistes ». Les dirigeants traditionnels de ces partis étaient pour une part issus de milieux syndicaux ou militants, les nouveaux dirigeants n’ont souvent jamais distribué le moindre tract (sauf pour se faire élire). Ils proviennent des mêmes catégories de cadres de la fonction publique ou du privé que l’essentiel du personnel politique national de la droite. Ils fréquentent les mêmes milieux, ont les mêmes aspirations sociales.

Ils se retrouvent dans les mêmes lieux commodes de contacts et de connivence. Le Cercle de l’industrie a ainsi été créé en 1973 par le PDG de Renault de l’époque (Dominique Lévy) et par Dominique Strauss-Kahn. Il regroupe les dirigeants des principales entreprises européennes et a traditionnellement deux vice-présidents : un de droite, un « de gauche » (Pierre Moscovici l’a été durant plusieurs années). « Le Siècle », pour sa part, a comme objectif de faire se rencontrer les « élites pour mieux se connaître au-delà du clivage gauche-droite ». Il est actuellement présidé par Nicole Notat, succédant à Denis Kessler (ancien vice-président du Medef). Parmi ses membres ou les invités de ses dîners mensuels, la gauche socialiste est largement représentée. On pourrait multiplier les exemples de ces lieux de rencontre entre « adversaires ».

Une véritable osmose

Jérôme Cahuzac est un des produits de cette osmose entre dirigeants politiques de droite et de gauche et monde des affaires. Dans cette galaxie, les politiques gagnent moins que ceux qui font directement du business. D’où des envies, magnifiquement exprimées par Nicolas Sarkozy décorant Stéphane Richard (actuel PDG d’Orange, auparavant passé d’un cabinet ministériel de gauche à un autre de droite) de la Légion d’Honneur, en 2006 : « Tu es riche, tu as une belle maison, tu as fait fortune… Peut-être y parviendrai-je moi-même. » Pour satisfaire de telles aspirations, il faut se placer sur le chemin de l’argent. C’est ce qu’a fait Cahuzac qui, après avoir travaillé au sein du cabinet de Claude Évin au ministère de la Santé, déposait en 1993 les statuts de « Cahuzac Conseil », qui travaillera exclusivement pour l’industrie pharmaceutique. En ce sens-là, il est bien le produit d’un système. Au sein du ministère Ayrault, il était le « père-la-rigueur », incarnation hautaine des grands équilibres budgétaires, ce qui ne l’empêchait pas de faire ses petites affaires en douce. Au-delà de Cahuzac, la soumission complète de Hollande au capital financier est visible. Dans sa conférence de presse du 28 mars dernier, il proclamait « Je ne suis pas un président socialiste » et annonçait la diversion désormais traditionnelle : une nouvelle loi sur le foulard. Les turpitudes de Jérome Cahuzac dévoilées, Hollande promet des mesures de « moralisation » de la vie politique mais maintient le cap de l’austérité. La crise du pouvoir est ouverte, elle va rebondir. Mais ce qui serait nécessaire, la rupture avec un système économique et politique pourrissant, ne se profile pas encore. Bien que l’économie de profit soit déconsidérée, la crédibilité d’une alternative anti-capitaliste est loin d’être évidente au-delà de milieux restreints. Dans le même temps, l’extrême-droite unie à une partie de la droite se lance dans une offensive réactionnaire qui ne se limitera pas à la question du mariage et de l’adoption. Cette offensive est d’autant plus dangereuse qu’elle s’accompagne de manifestations de rue.

Construire une alternative

Dans la France des années 1930, la crise économique se doublait de la crise du parti traditionnel le plus important à gauche, le parti radical qui représentait essentiellement la petite bourgeoisie. Mais l’espérance socialiste était vivace et il semblait exister une relève du côté des partis se réclamant de la classe ouvrière – socialiste et communiste. La victoire électorale du Front populaire a ainsi favorisé les grandes grèves de juin 36. Les limites de ces partis, leur refus de s’appuyer sur les masses en lutte pour aller au-delà du cadre de l’Etat bourgeois (on se souvient du « Il faut savoir terminer une grève » de Maurice Thorez, dirigeant du PCF), ont entraîné la dislocation des espoirs initiaux. Aujourd’hui, autant qu’en 1938, face au pourrissement du système économique et politique, face à la crise écologique, il est clair que « sans révolution socialiste, et cela dans la prochaine période historique, la civilisation humaine tout entière est menacée d’être emportée dans une catastrophe ». Mais, par contre, la suite de ce raisonnement de Trotsky ne correspond plus à la réalité : on ne peut dire aujourd’hui que « la crise historique de l’humanité se réduit à la crise de la direction révolutionnaire. »

Les anticapitalistes, le révolutionnaires ont donc à reconstruire les capacités d’offensive des travailleurs et de la jeunesse. Il faut remettre en cause cette logique de séparation entre luttes sociales et champ politique, présente non seulement au PS mais aussi dans le Front de gauche : la situation actuelle ne se dénouera favorablement pour le camp populaire qu’à travers une intervention directe de ceux d’« en-bas », tant sur le terrain social que sur le terrain politique. Et certainement pas d’un coup de baguette magique – avec, par exemple, Jean-Luc Mélenchon dans le rôle de l’enchanteur Merlin. Il faut, pour reprendre la formule de Daniel Bensaïd, faire preuve d’une « lente impatience », tout en étant prêt aux accélérations de la situation, aux tournants brusques probables dans le climat d’incertitude actuel.

WILNO Henri 1er mai 2013 * Publié dans : Revue Tout est à nous ! 43 (mai 2013).

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23 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Les écoles devront afficher le drapeau tricolore et la devise républicaine (OF)

Les écoles devront afficher le drapeau tricolore et la devise républicaine (OF) dans Antimilitarisme tardi-drapeau

Le Sénat a décidé mercredi d’imposer la devise de la République «liberté, égalité, fraternité» et le drapeau tricolore, au fronton des écoles, collèges et lycées, dans le cadre du projet de loi pour la refondation de l’école dont il a commencé l’examen des articles.

Les sénateurs ont voté un amendement du gouvernement prévoyant que « la devise de la République et le drapeau tricolore sont apposés sur la façade des écoles et des établissements d’enseignement du second degré publics et privés sous contrat ». Il stipule également que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 sera affichée «de manière visible» dans les locaux scolaires.

« Réaffirmer l’attachement de la nation»

«Aucune disposition législative ou réglementaire ne détermine les conditions de pavoisement des écoles, des collèges et des lycées», a fait valoir le ministre de l’Éducation Vincent Peillon. Il s’agit de «réaffirmer l’attachement de la nation à son école et de contribuer à l’appropriation par les élèves des fondements de la Constitution». La commission de l’Assemblée nationale avait proposé un amendement similaire, mais il ne figurait que dans l’annexe jointe au projet de loi. Ça fait combien de drapeaux ? En tout, il y a 64 835 établissements scolaires en France. Les fabricants de drapeaux et de plaques vont avoir du pain sur la planche… Éducation jeudi 23 mai 2013

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Les-ecoles-devront-afficher-le-drapeau-tricolore-et-la-devise-republicaine_39382-2195049_actu.Htm

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22 mai 2013 ~ 0 Commentaire

La jutice intraitable avec les vrais délinquants!

La jutice intraitable avec les vrais délinquants! dans Hollandie intraitalbr

Pendant ce temps là les « syndicalistes » paysans peuvent casser le mobilier urbain, des gares, sans JAMAIS être inquiétés!

C’est pas beau la justice?

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21 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Pour quel syndicat votent les permanents des partis politiques ? (Rue 89)

Pour quel syndicat votent les permanents des partis politiques ? (Rue 89) dans Hollandie 220px-cdu_wahlkampfplakat_-_kaspl010-300x241

À quoi ressemble la représentation syndicale chez les permanents des partis politiques ? La base de données MARS ouverte par le Ministère du Travail permet d’y répondre.

Au PS, qui déclare 119 salariés, 107 ont voté lors des élections professionnelles (89 % de taux de participation) et 57 % des voix se sont portées sur la liste de la CGT, contre 26 % sur celle du syndicat maison, le SPPS (Syndicat du personnel du Parti socialiste) et 13 % sur celle de la CFDT qui n’obtient aucun siège. Autrement dit, la CGT, non signataire de l’ANI – l’Accord national interprofessionnel sur l’emploi proposé par le gouvernement socialiste –, est le premier syndicat au PS.

Côté UMP, c’est le syndicat maison baptisé « Unis et mobilités » qui a le monopole de la représentation des 114 salariés déclarés, dont 70 % ont voté (même si FO a bien tenté de présenter une liste).

à lire sur miroirsocial.com 21/05/2013 à 10h00 Signalé par Elsa Fayner

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