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06 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

kervihan fouesnant (fr3)

sardines

Rentrée au collège de Kervihan à Fouesnant 

Professeurs et parents mobilisés

Ce lundi 6 juillet marque le début officiel des vacances d’été et la fin de l’école pour les enfants. Les professeurs et les parents restent malgré tout très mobilisés, comme ceux du collège de Kervihan à Fouesnant. Ils souhaitent l’ouverture de deux nouvelles classes pour la rentrée prochaine.

« Collège Kervihan de Fouesnant très mécontent » pouvait-on lire sur une banderole tandis que certains scandaient « Des heures, des postes, pour l’enseignement à Kervihan. » Une quarantaine de professeurs et parents de cet établissement se sont réunis ce lundi matin, devant les locaux de la Direction des services départementaux de l’Education nationale du Finistère, à Quimper. Kervihan représente l’un des plus gros établissements scolaires du Finistère. 820 élèves y sont en effet accueillis.

Alors que les vacances débutent à peine, la rentrée est au coeur de leurs préoccupations. Ils aimeraient l’ouverture de deux classes : une cinquième et une quatrième en plus.

« On a appris que sur ces niveaux, on se retrouverait avec 30 à 31 élèves par classe. Nous, on veut vraiment des ouvertures de classe. Avec toute la situation du confinement, du Covid, on estime que les élèves ont vraiment besoin de consolider leurs acquis, d’être dans des conditions de confiance, de bien-être et ce qui est proposé là ne nous semble pas acceptable » déplore Morgane Le Gall, professeur de lettres.

« Il faut 26 heures d’enseignement en plus pour ouvrir une classe. Là le rectorat nous en donne 15″, précise un professeur d’histoire-géographie. « Du coup, on bidouille en interne. On est obligé de supprimer des dédoublements pour trouver 11 heures nécessaires à cette nouvelle ouverture, ce qui ne nous satisfait pas. » Une nouvelle classe de cinquième ouvrira en septembre, grâce à cette organisation loin d’être optimale pour les enseignants.

La délégation a été reçue par l’inspection académique à 11 h. « Cela n’a rien donné du tout, on nous a dit qu’il n’y aurait pas de moyens supplémentaires. On nous a dit qu’il fallait se satisfaire de cette situation car c’était déjà beaucoup. »

« Notre lutte devrait continuer à la rentrée. »

06/07/2020

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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06 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

caissières (bastamag)

Les-damnees-de-la-caisse

Les caissières : hier « héroïnes », aujourd’hui flouées malgré les profits de la grande distribution

La grande distribution affiche de confortables profits, réalisés en particulier grâce au dévouement de leurs employés de caisse.

Certaines grandes enseignes ont cependant décidé d’accélérer leur remplacement par des caisses automatiques, et les promesses de primes à 1 000 euros n’ont pas vraiment été tenues.

Un peu partout en France, certains supermarchés ont fait un pas de plus vers l’automatisation pendant la crise du Covid-19.

C’est le cas dans plusieurs magasins Casino parisiens, comme à Riquet ou à Ménilmontant, équipés de nouvelles caisses automatiques en plein confinement, en plus de celles qui avaient été installées avant.

Au Géant Casino de Lannion, dans les Côtes-d’Armor, les clients ont également vu apparaître un nouveau mode de paiement. Ils ont désormais la possibilité de passer par un grand portique vert dont l’accès est réservé au « Scan Express » avec l’application Casino Max.

Autrement dit : les acheteurs peuvent dorénavant scanner et payer les produits directement avec leur smartphone, en ayant préalablement téléchargé l’application et enregistré leur carte bancaire. Pour sortir, plus de passage en caisse, mais un portillon à ouvrir avec un code barre affiché sur son smartphone.

Du côté de la vente en ligne chez Monoprix, qui appartient au groupe Casino, préparer un panier de 50 produits prend désormais six minutes. Depuis le 19 mai, la marque a lancé sa solution de e-commerce alimentaire « Monoprix Plus » : un entrepôt géant de 36 000 m² à Fleury-Mérogis, dans lequel des robots se chargent d’empaqueter, en l’espace de quelques secondes, les produits commandés par les clients.

Ce n’est pas le scénario d’une dystopie imaginant nos futurs modes d’achats dans la grande distribution, mais la réalité d’une automatisation qui pourrait encore s’accélérer. Et qui rend certaines caissières, « héroïnes » en première ligne face au virus, profondément amères.

Vers une « digitalisation » accrue des magasins

Dans son assemblée générale du 17 juin 2020, le groupe Casino détaille plusieurs mesures spécifiques liées à l’épidémie du Covid-19. Parmi elles : l’accélération de l’encaissement automatique, l’augmentation des capacités de livraison à domicile, du « click & collect » et du drive.

Ce n’est qu’une nouvelle étape d’une stratégie de « digitalisation du parcours clients » entamée depuis plus longtemps : en février et mars 2020, 45 % des paiements en hypermarchés et 36 % en supermarchés Casino ont été réalisés par smartphone ou en caisse automatique. Sur les deux derniers mois de 2019, l’enseigne loue également « une forte pénétration de l’application digitale CasinoMax avec 20 % du chiffre d’affaires généré par les utilisateurs ».

Objectif affiché lors de l’assemblée générale des actionnaires du groupe l’année précédente : « Atteindre 40 % du chiffre d’affaires réalisé par les utilisateurs de l’application Casino Max en 2021 ».

Même si l’automatisation généralisée des caisses n’a pas été observée dans toutes les ensei-gnes pendant le confinement, ce dernier a bel et bien mis un coup d’accélérateur aux stratégies de vente en ligne.

Au premier trimestre 2020, le e-commerce alimentaire chez Carrefour a par exemple affiché une croissance de +45 %. Parmi les objectifs financiers de l’entreprise : 4,2 milliards de chiffre d’affaires e-commerce alimentaire en 2022.

Mais aussi « un plan d’économies sur trois ans de 2,8 milliards en année pleine à fin 2020 » et la « poursuite de la dynamique d’économies de coûts au-delà de 2020 ». En 2019, le groupe Casino avait annoncé, de son côté, « un plan d’économies de coûts de 200 millions d’euros » d’ici 2020, tout en se félicitant en conclusion d’une « trajectoire d’amélioration continue de la rentabilité ». Au détriment des caissières ?

Ouverture 24h/24 et remplacement des caissières par des vigiles

« Sous couvert de crise sanitaire, Casino accélère la mise en place des caisses automatiques. Mais ces dernières ne représentent qu’une pierre de l’édifice », prévient Jean Pastor, délégué syndical central CGT Géant Casino.

Prochaine étape, déjà bien enclenchée par endroits, selon lui : l’ouverture de 6h à 8h, de 20h à minuit, et le travail de nuit. Plusieurs magasins Casino sont déjà ouverts 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Au supermarché Casino de Ménilmontant à Paris, où de nouvelles caisses automatiques ont été installées en avril dernier, ce sont les agents de sécurité qui surveillent les clients à partir de 21h, et ce pour toute la nuit, jusqu’à l’arrivée des caissières à 8h30.

« Ces salariés n’ont pas la même convention collective et peuvent travailler les dimanches et les jours fériés », commente Jean Pastor. En octobre dernier, un Casino avait d’ailleurs été rappelé à l’ordre à ce propos par le tribunal de grande instance d’Angers. Pour contourner l’interdiction de travail dans les commerces alimentaires après 13h le dimanche, l’hypermarché faisait appel à des animatrices en événementiel les week-ends.

Dans le supermarché Casino du boulevard Gambetta à Nice, ce sont des vigiles qui assurent la relève quand les hôtesses de caisse finissent leur service à 20h15. Mais peut-être plus pour longtemps : « Ils parlent de nous faire travailler jusqu’à 23h pour nous faire vendre de l’alcool.

C’est en pourparlers mais ça va finir par être accepté », témoigne une caissière. Comme elle, de nombreuses collègues craignent une disparition de leurs emplois. Dans ce magasin, de nouvelles caisses automatiques ont également été installées pendant le confinement. Et ce, au détriment des emplois : « Il y a beaucoup de caissières qui sont parties en retraite et n’ont pas été remplacées ».

Face aux craintes des employé.es, et alors que le nombre de caissières a baissé de 5 à 10 % en 10 ans, selon la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), le groupe Casino a annoncé vouloir les former à un « nouveau métier ».

« Nous avons réussi à négocier un accord d’anticipation sur ce que vont devenir les salariés du secteur de l’encaissement. Nous avons obtenu un engagement de la direction à ne pas ouvrir de plan social, mais à recaser les gens », explique Laurence Gilardo, déléguée Force ouvrière de Casino. Cet accord, conclu le 26 février et doté d’une enveloppe de cinq millions d’euros, vise à former 6 000 « hôtes » et « hôtesses » de caisses des enseignes Géant Casino et Casino Supermarché (qui emploient 25 000 salarié.es au total) à de nouveaux métiers.

Le nouveau métier de « conseiller clientèle » bénéficierait ainsi d’un salaire légèrement supérieur à celui des caissières, mais compterait aussi 30 % de contrats à temps partiel. Si le syndicat FO se félicite de ce plan, la CGT n’est pas de cet avis : « Sous couvert de créer un nouveau métier, la direction va simplement remplacer les départs dans les rayons par des caissières », alerte Jean Pastor.

Craignant une « casse sociale sans précédent », Sylvie Vachoux, secrétaire fédérale de la CGT commerce et services, salariée du Groupe Casino, attend toujours des précisions de la direction sur ces promesses : « Ils ont commencé à évoquer une évolution des métiers, mais les caissières ne voient rien venir, personne ne leur parle de formations ». (…)

Rozenn Le Carboulec 6 juillet 2020

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06 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

ps (essf)

socialistes

Second tour des municipales en France : la résistance du PS est toute relative

Si les positions locales des socialistes ont été préservées, cela ne dit pas grand-chose d’une éventuelle « renaissance » nationale. Et les chiffres sont durs. Jamais le PS d’Épinay n’avait contrôlé aussi peu de villes de plus de 30 000 habitants à l’issue d’un scrutin municipal.

Sans se laisser aller au triomphalisme, les dirigeants du Parti socialiste (PS) ont trouvé dans les élections municipales un motif de soulagement.

Plusieurs d’entre eux évoquent une étape importante dans la « renaissance » de leur organi-sation. Le maintien global de ses positions et même des conquêtes de grandes villes comme Nancy ou Saint-Denis illustreraient, en effet, la résilience d’un parti ayant subi un véritable effondrement en 2017 [1], mais restant incontournable à gauche grâce à son implantation territoriale.

À quel point ce récit est-il corroboré par les chiffres ?

Après tout, certaines victoires ont été compensées par des défaites tout aussi symboliques, comme à Carmaux, la ville de Jaurès, perdue après 128 ans de règne socialiste [2], ou à Lorient, passée à droite après 55 ans de gouvernement de la ville. Quant à la bonne tenue socialiste, elle ne s’observe qu’au regard de 2014, année d’une véritable « saignée » du PS aux municipales.

Et si la résistance est avérée, présage-t-elle d’une reconquête par le PS d’un statut plus envia-ble ? La position avantageuse des maires sortants, qui ont obtenu l’essentiel des victoires enregistrées cette année, n’aura pas d’équivalent lors des élections décisives pour le pouvoir national.

Florent Gougou, maître de conférences à Sciences-Po Grenoble, a fait les comptes sur les villes de plus de 30 000 habitants. Il observe une stabilité plutôt qu’une redressement : 46 maires sortants portaient l’étiquette socialiste à la veille du scrutin de 2020, contre exactement le même nombre de maires élus à l’issue des opérations électorales.

La décrue s’est même poursuivie par rapport aux villes détenues en 2014, dans la mesure où six d’entre elles ont été perdues par le PS au cours du dernier mandat, à cause d’élections partielles ou de changements d’étiquette (notamment à Lyon et Besançon, deux communes passées à La République en marche et conquises cette année par les écologistes).

Mis en perspective sur une plus longue durée, les résultats de 2020 sont encore moins impres-sionnants. Depuis la fameuse vague rose de 1977, lors de laquelle le parti d’Épinay s’était révélé conquérant et avait placé de nombreux maires militants métamorphosés en « technotables » à la tête de grandes cités [3], jamais le nombre de villes socialistes de plus de 30 000 habitants n’était descendu en dessous de 50. Ajoutons que pour la première fois, les suffrages exprimés acquis au premier tour sont passés en dessous de la barre des 20 % (reculant même davantage cette année qu’il y a six ans).

Sur les trois dernières décennies, hormis les gains massifs de 2008 acquis dans l’opposition à Nicolas Sarkozy, l’emprise du PS n’a cessé de reculer. La lourde défaite de 2014, de même que la stabilité relative de 2020, s’inscrit donc dans une tendance structurelle à la baisse. Les maires sortants PS qui se représentaient arborent certes un taux de reconduction élevé, à 83 %, mais Florent Gougou remarque qu’« il s’agit de la même proportion que pour l’ensemble des partis. Le taux de reconduction moyen est même légèrement plus élevé, à 86 % ». Le PS ne se singularise donc pas : si ses édiles résistent, ce n’est ni plus ni moins que les édiles en général.

Remarquons en outre que beaucoup de candidats PS ont préféré rester discrets sur leur appar-tenance au parti, ce qui relativise les conclusions nationales à tirer d’un scrutin local. Philippe Juhem, maître conférences à Sciences-Po Strasbourg, estime d’ailleurs que la progression ou la régression de l’étiquette socialiste au niveau municipal constitue un indicateur fruste de la bonne santé du parti. Ce dernier, rappelle-t-il, « a renoncé depuis longtemps à imposer un programme municipal unifié aux porteurs de sa marque. Il n’y a pas d’effort de cohérence, de synchroni-sation des attitudes et des idées ».

Au plan local et d’un point de vue électoral, le PS continue en tout cas d’être menacé par plu-sieurs tendances lourdes. Celles-ci se repèrent aussi bien dans l’archipel métropolitain français, où se concentrent des populations à capital économique et culturel élevé, que dans des villes moyennes frappées par la désindustrialisation puis la dégradation de l’emploi public.

L’effilochement des loyautés envers le socialisme municipal

D’une part, les bases matérielles de ce qu’on a appelé le « socialisme municipal » se sont réduites avec le désengagement de l’État poursuivi ces dernières années. Le sociologue Élie Guéraut et le géographe Achille Warnant l’ont illustré avec une étude de cas sur Nevers, publiée dans Métropolitiques [5], qui délivre des enseignements généralisables à d’autres villes du même type.

Contactés par Mediapart, ils expliquent que dans les années 1980-90, l’emploi public y a nette-ment progressé, notamment grâce à la décentralisation qui battait son plein, permettant de consolider « une alliance entre petite bourgeoisie culturelle et classes populaires », à travers des politiques d’intervention dans la « culture » et le « social ». Or, le processus s’est inversé à partir des années 2000.

Plutôt que la baisse en volume de l’emploi public, c’est sa précarisation qui a été le phénomène marquant.

« Les chances d’ascension sociale par la fonction publique se sont réduites génération par génération », précisent les deux chercheurs, soulignant à quel point le noyau dur de l’électorat socialiste local a ainsi été fragilisé.

Les fidélités partisanes se sont d’autant plus défaites qu’au cours du quinquennat Hollande, « le socialisme a été perçu comme ayant trahi à la fois localement et nationalement ». Fait aggra-vant, lorsque les villes ont été perdues (c’est le cas de Nevers, mais on pourrait appliquer la même observation à Limoges), les reconquêtes sont rendues délicates par la réorientation des ressources municipales vers « les fractions économiques des classes supérieures locales », au détriment d’autres groupes sociaux proches de la gauche, qui perdent des subventions et des locaux utiles pour s’organiser.

D’autre part, les socialistes ont subi une concurrence de plus en plus aigüe dans les très grandes villes les mieux intégrées à la mondialisation économique et culturelle – ce que nous avons appelé les idéopôles [6].

Dans la plupart d’entre eux, une sorte de social-libéralisme métropolitain a vu le jour, qui a débouché sur une dépolitisation de l’action municipale. Il s’est traduit par des politiques privilé-giant l’attractivité économique et une amélioration du cadre de vie socialement sélective, sans grand souci d’implication citoyenne. Un tel modèle a cependant généré des contradictions croissantes (gentrification exacerbée, pollution, problèmes de mobilités et de logement…).

Comme le raconte le politiste bordelais Gilles Pinson dans la revue L’Économie politique, il en a résulté là aussi des délitements de loyautés électorales :

« On peut penser ici au précariat intellectuel et aux groupes sociaux caractérisés à la fois par un attachement à la ville dense et un capital économique modeste. Les gauches urbaines ont aussi vu “fondre” une partie de leur électorat traditionnel, celui des ouvriers et employés de plus en plus contraints à (et souvent aussi séduits par) l’exil périurbain. » Au contraire, des contestations provenant d’une gauche alternative, souvent écologiste, ont gagné en audience, en même temps que le macronisme a pu séduire les couches les plus privilégiées de l’électorat de centre-gauche.

En 2014, c’est Grenoble qui a été le théâtre remarqué de cette re-politisation des enjeux urbains [7].

En 2020, cette dynamique a été rendue visible dans tous les autres idéopôles : pour la première fois, la moyenne des suffrages écologistes au premier tour y a dépassé celle des suffrages socialistes. Des ambiguïtés persistent quant aux politiques alternatives que les écologistes parvenus au pouvoir pourraient engager et la tribune de Pierre Charbonnier [9]), mais la compétition politique n’a plus rien à voir avec une situation d’hégémonie socialiste dont le seul adversaire serait la droite patrimoniale (on s’en rapproche encore à Paris ou Nantes, où les maires sortantes ont su profiter des failles écologistes locales).

Selon les villes, certains groupes sociaux et responsables politiques se sont tout bonnement convertis du socialisme à l’écologie politique. C’est ce que Philippe Juhem a repéré à Stras-bourg : « Jeanne Barseghian [la nouvelle maire écologiste ] s’est appuyée sur les mêmes réseaux culturels progressistes que les socialistes autrefois, ainsi que sur les classes moyennes diplômées.

Plus largement, ce sont les écologistes qui portent désormais le mieux les aspirations au renouvellement. » Même dans des villes moyennes, observent Élie Guéraut et Achille Warnant, la substitution partielle d’EELV au PS s’est produite dans certains milieux militants et associatifs, se traduisant parfois par un changement de leadership de l’opposition de gauche.

L’absence de « force propulsive » autonome

Il est vrai que dans beaucoup de cas où ils ne sont pas eux-même à la tête de la gauche unie, l’apport des socialistes reste crucial pour engranger des victoires. Cela correspond à la théorisation par le premier secrétaire Olivier Faure d’un « bloc social-écologique » dont le PS serait l’un des piliers.

Carole Bachelot, professeure de science politique à l’université de Lille, confirme que « le PS n’a pas disparu comme élément de stabilisation de la gauche. Dans un certain nombre d’endroits, les écologistes ont besoin d’eux. Et la plupart du temps, les élus socialistes, même autonomisés du national et préoccupés par leur réélection, ne choisissent pas n’importe quel partenaire ».

Si cela est vrai au niveau local, où l’ancien système partisan persiste encore, la logique ne se transpose pas si facilement au niveau national. La centralité de l’élection présidentielle, qui a relégué les élections législatives à un scrutin de second ordre, ne permet guère à une force d’exister dans un statut intermédiaire de « parti charnière » faiseur de roi.

On ne peut pas occuper à moitié le trône de la monarchie républicaine. D’où les résistances internes provoquées par le scénario d’un PS soutenant un candidat non issu de ses rangs [10], ainsi qu’est prêt à l’envisager Olivier Faure.

Pour qu’une véritable renaissance advienne, il faudrait qu’une personnalité crédible pour l’élection présidentielle émerge du parti. Ce n’est pas encore le cas, et l’organisation est encore très abîmée et discréditée à l’échelle nationale.

Pour ceux qui voudraient accomplir une carrière politique comme pour ceux qui souhaiteraient militer pour une cause forte, c’est peu dire que le PS n’est plus la destination la plus évidente. À plus long terme, l’historien Mathieu Fulla émet l’hypothèse que le socialisme français pourrait être « sauvé par ses maires » [11].

Non seulement les collectivités locales ont constitué une base de repli et de survie au moment des crises nationales, mais elles ont aussi fourni l’occasion, au tournant du 20è siècle et dans la décennie 1970, de crédibiliser et de « dynamiser le projet national du parti ».

Dans sa contribution à The Conversation, Mathieu Fulla estime ainsi qu’au lieu de « la continuité gestionnaire », le PS pourrait développer à nouveau une « singularité par rapport à celle de ses adversaires de droite ou de gauche ». De la même façon que son ancêtre la SFIO avait promu un « socialisme de l’eau et du gaz » dans les années 1900, le parti pourrait se distinguer par sa capacité de poursuivre à égalité « des impératifs sociaux et écologiques ». Rien que ce « premier jalon » est néanmoins douteux.

Le modèle de la « mairie-providence » n’a jamais été pratiqué par le seul PS et a perdu beaucoup de sa pertinence maintenant que la plupart des fonctions de protection sociale sont assurées par d’autres collectivités et surtout des politiques nationales.

En outre, comme on l’a vu, un contexte d’austérité publique prive de crédibilité cette orientation. Dans les communes les plus populaires où une politique sociale a été maintenue, comme dans l’ancienne ceinture rouge, on ne peut d’ailleurs pas dire que les socialistes fassent campagne sur ce terrain : la conquête de Saint-Denis par Mathieu Hanotin [12] s’est par exemple faite sur des enjeux de propreté, de sécurité et d’attraction de populations plus aisées.

De l’autre côté, EELV reste une force historiquement et largement mieux identifiée à l’écologie que le PS, dont les contradictions ou le bilan en la matière [13] risquent de le desservir encore longtemps.

Philippe Juhem insiste pour sa part sur le fait que de toute façon, « le parti ne demande rien en termes de programme » à ses têtes de liste. À le suivre, le seuil de crédibilité franchi par les écologistes aux municipales de 2020 pourrait être « le dernier clou dans le cercueil du PS ». Même les édiles sortants ont été contraints de reprendre le vocabulaire de l’écologie politique, et « quand ils ne l’ont pas fait, le boulet est passé près, comme dans le cas de Martine Aubry ».

Le politiste estime que « la force de percussion du discours égalitaire que portait le socialisme, épuisée après un siècle de mouvement ouvrier et 50 ans du parti d’Épinay, réside aujourd’hui dans le discours écologiste.

Elle est même potentiellement plus forte pour produire du consensus, car peu de gens peuvent assumer de vouloir “cramer la planète”. Or, pour éviter ce scénario, on retrouve le même objectif d’arraisonner la liberté économique, et la même nécessité d’en passer par de la planification et de la gestion collective. Le PS, qui n’a jamais pu atteindre cet objectif ni fait comprendre cette nécessité, est aujourd’hui dépourvu de thématique propre et de clientèle électorale spécifique à qui donner des garanties : il n’a donc plus de raison d’être ».

Si ce diagnostic s’avère juste, alors le destin du PS sera celui d’une force périphérique, condam-née à une survivance territoriale de plus en plus résiduelle, comme les radicaux puis les commu-nistes l’ont expérimenté. De manière plus positive, sa culture, ses militants et ses responsables pourraient aussi devenir partie prenante d’une nouvelle construction politique, voire s’y fondre, ce qui semble être l’horizon du « bloc social-écologique » promu par le premier secrétaire actuel, au détriment du patriotisme de parti. La voie d’une véritable renaissance autonome, jusqu’à retrouver son statut perdu, apparaît décidément comme le scénario le moins probable.

Réelle, la résistance du PS à ces municipales doit donc être relativisée au regard des reculs subis au fil du temps, et ne pas nourrir d’illusion quant à la reproduction du même phénomène au niveau national. Le dernier test électoral probant à cette échelle, avec une participation nettement plus élevée – c’était aux européennes de l’an dernier –, s’est d’ailleurs conclu par un score proche du premier tour de l’élection présidentielle de 2017 : 6,2 %.

Fabien Escalona MEDIAPART. 3 juillet 2020

https://www.europe-solidaire.org

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05 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

t2a castex (nap)

penibilite

Castex, « Monsieur T2A »

N’est pas un inconnu pour l’Hôpital

« Un inconnu à Matignon », c’est souvent en ces termes qu’a été accueillie la nomination de Jean Castex au poste de Premier ministre. Le monde de l’hôpital ne le connait certes pas, mais il connait par contre très bien les effets de son passage au ministère de la santé. Il y fut en effet le promoteur zélé d’une réforme de la tarification hospitalière dite « T2A », l’un des piliers de la transformation de l’Hôpital en entreprise.

La rentabilité ou la fermeture

La Tarification à l’activité, la « T2A », a fait de l’Hôpital une « entreprise de production de soins ». Avec elle, l’établissement ne reçoit plus un budget destiné à répondre à des besoins, mais est rémunéré d’après sa « production ». Et comme dans toute entreprise, celle-ci doit être suffisante et rentable.

La conséquence est inéluctable. Les Hôpitaux sont incités financièrement à sélectionner les pathologies les mieux rémunérées et les patients n’entrainant pas de « surcoûts », comme par exemple les personnes âgées ayant de multiples pathologies.

La « T2A » pousse à la fermeture des services de soins ou les maternités de proximité n’atteignant pas le « seuil de rentabilité ». Pour être rentable un séjour doit être court, mieux vaut donc renvoyer au plus vite (et parfois trop vite) le malade chez lui… quitte à le réadmettre quelques jours plus tard, en générant un nouvel acte à nouveau « rentable ».

Les missions de service public, la nécessité de disposer de lits disponibles pour faire face à des événements exceptionnel (épidémie) n’ont guère de place dans un tel système.

Monsieur T2A

Castex, en tant que Directeur de l’Hospitalisation et de l’Offre de Soins au ministère de la santé fut l’homme qui défendit et mit en place cette réforme. Il déclarait au Monde en 2006 : « ce système nécessite un gros travail de pédagogie. Il a le mérite, d’obliger tous les établissements à se regarder avec lucidité. »

L’abolition de la T2A, un financement fondé sur les besoins, est avec l’exigence de recrutements massifs pour l’hôpital l’une des revendications principales des personnels et médecins hospitaliers, qu’ils ont portée dans toutes leur lutte depuis un an.

Avec l’arrivée à Matignon de J. Castex, flanqué, comme directeur de cabinet de Nicolas Revel, ancien directeur de l’Assurance Maladie et défenseur de toutes les politiques d’austérité, les personnels hospitaliers savent à qui ils auront à faire. Au lendemain de la mascarade du Ségur de la santé. Le « monde d’après », est bien le retour au « monde d’avant », avec les pires acteurs de celui ci.

Pour Macron le « temps de héros » est bien passé. Pour les personnels hospitaliers et leurs soutiens, celui de la lutte déterminée et coordonnée pour la défense de l’Hôpital Public, pour l’accès aux soins de tous et toutes est à l’ordre du jour.

Samedi 4 juillet 2020 Jean-Claude Delavigne

https://npa2009.org/

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05 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

nokia lannion (le monde)

dragon rouge

Encore une fois: « Trégor Debout! » (le dragon en est l’emblème)

« C’est presque une ville qu’on assassine » : des milliers de manifestants à Lannion contre les suppressions d’emplois chez Nokia

L’entreprise a annoncé son projet de restructuration avec 1 233 suppressions de postes, dont 402 dans cette ville bretonne.

Entre 3 500, selon la police, et 5 000 personnes, selon la CFDT, ont manifesté samedi 4 juillet en fin de matinée à Lannion (Côtes-d’Armor) contre la suppression de 402 emplois sur le site de Nokia. Au total, le groupe prévoit de supprimer plus d’un millier d’emplois en France.

« Le Trégor debout contre les suppressions d’emploi », « En dix ans, c’est le 13e plan », « Jeunes embauchés, déjà virés » ou « keep Nokia jobs in Lannion », pouvait-on lire sur les banderoles ou pancartes brandies par les manifestants.

Il s’agit du quatrième plan social depuis le rachat, en 2016, d’Alcatel-Lucent par Nokia. Les trois précédents plans avaient touché les fonctions support alors que, dans ce cas, c’est la branche recherche et le développement (R&D) qui est concernée « à 95 % », ont rappelé les syndicalistes.

Richard Alexandre, 39 ans, est ingénieur à Nokia, où travaille également son épouse. « Avec ce plan, on est touchés tous les deux », constate-t-il auprès de l’Agence-France-Presse (AFP). Pour les centrales syndicales, le plan mènera inéluctablement à terme à la disparition du site de Lannion, mais aussi à la disparition de Nokia du paysage industriel français.

« C’est une trahison, envers les salariés, envers le territoire, envers les pouvoirs publics (…), le pouvoir politique doit agir », a lancé Bernard Trémulot, délégué central CFDT. Avec le départ de Nokia, « Lannion, bastion historique des télécommunications, perdrait une partie de son identité », a-t il fait valoir lors d’une prise de parole avant le début de la manifestation.

« Injustifiées, incompréhensibles, intolérables »

Pauline, 24 ans, s’est installée à Lannion il y a deux ans, pour travailler à Nokia. Comme elle, plus de 200 jeunes ingénieurs ont été recrutés sur ce site depuis son rachat par le groupe, en 2016. Avec le crédit impôts recherche (CIR) auquel le géant des télécoms a eu recours, « un ingénieur français ne coûte pas plus cher qu’un ingénieur chinois » à l’entreprise, a affirmé à l’AFP M. Trémulot, s’interrogeant ainsi sur les motivations d’un tel plan social.

« C’est presque une ville qu’on assassine quelque part, parce que c’est le troisième employeur de la ville qui est presque en passe de liquider son site », a déploré auprès de l’Agence France-Presse le maire de Lannion, Paul Le Bihan (Parti socialiste) : « C’est intolérable. Une ville de 20 000 habitants ne peut pas encaisser ce genre de plan. » Ces suppressions d’emplois sont « injustifiées, incompréhensibles, intolérables et insupportables », a résumé un syndicaliste.

« Tous les efforts sont demandés aux salariés »

Plusieurs élus arborant leurs écharpes tricolores étaient présents lors de la manifestation, qui s’est terminée vers 13 heures. Mais aussi des représentants du site de maintenance Hop ! de Morlaix (Finistère), à quelques dizaines de kilomètres, menacé de fermeture avec 276 suppressions d’emplois à la clé.

« C’est quarante-sept ans d’histoire qui sont balayés d’un revers de la main », a fait valoir Sébastien, en référence à Brit Air, la compagnie fondée à Morlaix en 1973, rachetée par Air France il y a une quinzaine d’années et dont Hop ! est une filiale. « Tous les efforts sont demandés aux salariés et rien à la finance », a-t-il regretté.

Le 22 juin, Nokia a annoncé son projet de restructuration en France avec 1 233 suppressions de postes, dont 402 dans cette ville bretonne de 20 000 habitants.

Le Monde avec AFP Publié 17h02 samedi 4

https://www.lemonde.fr

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05 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

Macron nomme un Premier ministre à sa main pour continuer les attaques antisociales

La nomination de Jean Castex illustre la politique d’Emmanuel Macron. En nommant un membre des Républicains, il montre que sa politique est clairement de droite. Il espère également, en nommant Jean Castex, réduire l’espace politique des Républicains, comme il l’avait fait en nommant Édouard Philippe, et d’écarter ce dernier qui commençait à lui faire de l’ombre dans le contexte de la prochaine présidentielle.

Il s’agit aussi de continuer les attaques contre les classes populaires, dans le cadre de la crise économique : il semble qu’il veuille remettre en route la réforme des retraites, de l’assurance chômage, comme a été relancée l’attaque sur la recherche et les universités.

Pendant ce temps, Macron espère se repositionner en président écolo, pour ne pas être trop associé aux attaques antisociales, et gagner ainsi la prochaine élection présidentielle. Mais sur ce terrain, il ne pourra qu’être dans la continuité de ce qu’il a mis en œuvre jusqu’ici sur ce plan, à peu près rien, puisqu’il a maintenu le glyphosate, le nucléaire, plafonné les énergies renouvelables à 17% (50% en Allemagne)1

Alexis Corbière (FI) a dénoncé dans un tweet l’autoritarisme de cette nomination « En Ve République, un homme inconnu par environ 95% du peuple, peut devenir chef de gouvernement pour mettre en œuvre une politique dont on ignore tout. Demain, la majorité des députés godillots le soutiendront à l’Assemblée… puisque le Président-monarque le veut. »

Et effectivement, les institutions de la République permettent à un président totalement illégitime, sanctionné par le résultat des municipales, de continuer à tenir les manettes du pouvoir et de placer qui il veut au plus hautes fonctions de l’État, sans que qui que ce soit puisse peser. Cela montre l’absence de démocratie réelle, de contrôle, dans ce système.

L’avantage de nommer un inconnu, qui n’a pas d’attache réelle dans un appareil politique, est aussi d’avoir un Premier ministre à sa main, qui ne sera pas soumis à des pressions d’en bas, y compris de droite.

Cela s’inscrit dans la logique des « gouvernements d’experts », de dirigeants non élus qui imposent des politiques libérales sur la base de pseudos expertises, de supposés impératifs. Un fonctionnement particulièrement utile, comme la répression policière, pour mener des politiques dans le cadre de la crise du système capitaliste, qui va se renforcer dans les prochains mois.

Antoine Larrache Vendredi 3 juillet 2020

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02 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

Crise démocratique et illégitimité du parti au pouvoir après les municipales

Le second tour des élections municipales a donc bien eu lieu le 28 juin. Ces élections témoignent d’une crise démocratique sans précédent et, plus que jamais, l’illégitimité du pouvoir.

Selon le ministère de l’Intérieur, l’abstention a atteint 58,4 % lors du second tour d’un des scrutins auxquels les électeurEs sont les plus fidèles, soit près de 4 points de plus qu’au premier tour, le 15 mars, et plus de 20 points de plus qu’au second tour des élections municipales de 2014.

Et dans certaines villes comme à Roubaix ou à Vitry-sur-Seine dans le Val-de-Marne, l’abstention a même atteint plus de 77 %, fragilisant ainsi tous les nouveaux éluEs y compris celles et ceux qui clament leur victoire.

La faute du Covid ? Du délai entre les deux tours ? Sans doute un peu de ça, mais surtout aussi un système qui est à bout de souffle. En effet, la participation aux élections décline depuis désormais de nombreuses années et la défiance envers les « politiques » jugés hors-sol, envers un système organisé par et pour ceux d’en haut est très grande, en particulier chez les jeunes et les classes populaires.

Illégitimité du parti au pouvoir

La claque est forte pour LREM, et ses alliances avec Les Républicains n’auront pas permis de l’éviter. Le parti au pouvoir a enregistré sans surprise le désastre qui était annoncé avant le scrutin et que le premier tour avait esquissé.

À l’exception notable du Havre, LREM a perdu partout, ou presque, comme à Tours, Besançon, Bordeaux, Lyon et surtout à Paris qui fait figure de symbole. En effet, la tête de liste Buzyn a fait moins de 15 %, et ne siégera pas au Conseil de Paris.

La ministre Marlène Schiappa, candidate dans le 14e arrondissement, n’en sera pas non plus, pas davantage que Cédric Villani… Le désaveu du pouvoir actuel rejoint la colère contre tout un système et ceux qui le défendent.

Les dures semaines de la pandémie qui ont succédé à un mouvement social contre la réforme des retraites, la gestion désastreuse de l’épidémie par ce gouvernement, son mépris toujours vérifié envers les classes populaires… c’est tout ce qui a nourri la sanction contre Macron et ses amis, au premier comme au second tour.

De la poudre de perlimpinpin

Dans ce contexte de crise sociale, sanitaire, économique et démocratique, on assiste à une poussée de l’écologie libérale qui polarise aujourd’hui la gauche institutionnelle. C’est le cas à Lyon, Besançon, Strasbourg ou Tours…

Si, au vu notamment de l’ampleur de la crise climatique et des graves menaces qui pèsent sur l’avenir de la planète, les aspirations écologiques sont évidemment légitimes et salutaires, la solution ne viendra toutefois pas de ceux qui, comme EÉLV, ont fait depuis belle lurette une croix sur la transformation de la société, se contentant d’un saupoudrage vert capitalo-compatible.

Le PS réussit à gagner plusieurs villes et à en garder d’autres alors qu’il avait été laminé en 2014. Quant au PCF, même s’il a conquis et reconquis des villes précédemment perdues, comme Villejuif ou Bobigny, des « bastions » historiques disparaissent comme Saint-Denis, Aubervilliers, Champigny, Choisy-le-Roi ou encore Arles, Bezons et Gardanne, affaiblissant encore plus son implantation municipale.

L’arrivée du Rassemblement national à la tête de la mairie de Perpignan, une ville de plus de 100 000 habitantEs,  montre que la crise actuelle peut aussi accoucher du pire. Si le RN maintient une implantation certaine (la majorité de ses sortants ont été réélus dès le 1er tour), il a globalement échoué à élargir son implantation et a même enregistré plusieurs défaites et perdu de nombreux conseillers municipaux.

Après ce scrutin l’heure est plus que jamais à la mobilisation générale : pour en finir avec ce système, nous ne pouvons compter que sur nos propres forces.

La résignation n’est pas de mise contre Macron et ses amis capitalistes, dont l’illégitimité est confirmée, et plus globalement contre la violence de tout un système qui nous précipite chaque jour un peu plus vers la catastrophe sociale et écologique.

Mercredi 1 juillet 2020  Joséphine Simplon

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02 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

municipales (le-figaro arc)

Libro rojo

Municipales: Mélenchon admet que sa stratégie n’a «pas fonctionné»

Le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a reconnu mercredi que son «choix d’appuyer partout des listes citoyennes» aux élections municipales «n’a pas fonctionné», sans pour autant trouver urgence à discuter avec les Verts.

Les écologistes ont remporté plusieurs grandes villes dimanche, dont Lyon, Bordeaux ou Strasbourg, tandis que LFI s’est cantonnée à faire l’appoint de coalitions ou des scores modestes au sein de collectifs citoyens – même si elle a aussi revendiqué 35 maires dans de petites et moyennes communes.

«Mon choix, qui n’a pas fonctionné, c’était d’appuyer partout des listes citoyennes en dehors des cadres classiques des partis, parce que je pensais que c’était ce qui allait faire voter les quartiers populaires», a expliqué Jean-Luc Mélenchon sur LCI.

«C’est frustrant pour moi, ça m’interroge, pourquoi plus personne ne veut bouger dans ces secteurs-là?», a-t-il confié. Dimanche soir, son discours s’était aussi concentré sur l’abstention historiquement haute (près de 60%), une «insurrection froide».

Concernant le succès des Verts, le patron des députés Insoumis a estimé que «c’était plutôt bon signe que les électeurs des villes aient voté écolo, ça centralise l’écologie, donc la question des biens communs».

Compte-t-il dialoguer avec eux en vue de la présidentielle de 2022? «D’abord laissons-les se mettre en place, régler leurs problèmes entre eux. Il y aura des discussions, des rencontres. Mais ce qui ne serait pas normal, c’est que tout le monde se précipite en-dessous de l’arbre de Noël en disant  »et moi, et moi? »».

«Une candidature commune, on verra», a poursuivi le député des Bouches-du-Rhône. «Il faut d’abord qu’eux-mêmes intègrent leur dimension nouvelle.

Ils sont d’une grande férocité, à Lyon ils ne nous ont pas laissé une seule mairie d’arrondisse-ment alors que nous en avions», s’est-il plaint à propos de leur accord de second tour. Mélenchon a aussi pointé des divergences de fond:

«Quand David Cormand, l’un des plus respectés dans l’écologie politique, dit  »Vive l’Europe des régions » ou d’autres  »A bas l’Etat jacobin », on va avoir du mal à discuter».

«Et on peut pas parler de la planification écologique, ils n’aiment pas le plan, ça leur rappelle l’Union soviétique», a-t-il ironisé. Mais «ce qui nous différencie, ce n’est pas l’écologie, c’est le social», a estimé le tribun.

1er juillet 2020

https://www.lefigaro.fr/

Commentaire:

On peut aussi l’interpréter comme une volonté de ne pas laisser se créer des « chefferies locales » qui affaibliraient son autorité avant le but ultime: la présidentielle de 2022. C’est aussi l’avis d’Iglesias de « Podemos ». Tout doit descendre de Paris ou de Madrid.

Lire aussi:

France Insoumise (lvsl)

SONDAGE 2022 : Mélenchon en tête de la gauche et devant LR

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02 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

état (npa)

macron ecolo

La crise marque-t-elle le retour de l’État ?

Souveraineté de l’État…

(…) Non seulement les États ont interrompu les circulations internationales, les interactions sociales et donc de larges pans de l’activité économique, mais ils ont presque immédiatement pris des mesures massives de soutien à l’économie.

En France, le chômage partiel concernait 8,6 millions de salariés en avril : un tiers des salariéEs du privé étaient payéEs par l’État ! Aux États-Unis, Trump et le Congrès sont rapidement parvenus à un accord de 2 200 milliards de dollars (12 % du PIB), comprenant l’envoi à la plupart des américains (les non citoyens étant exclus du dispositif) d’un chèque de 1 200 dollars, sur lesquels était inscrit le nom de Trump, tel un souverain battant monnaie.

L’action économique de l’État se poursuit d’ailleurs, et le fait que Merkel et Macron utilisent le niveau supranational comme relai de leurs politiques3 ne remet pas en cause la centralité des États dans la gestion de la crise.

ll serait pourtant erroné de penser la situation comme une reconquête par les États de leur souveraineté économique, que ce soit contre les institutions internationales, les banques centra-les ou les règles limitant les déficits. Les interventions massives des États, pour interrompre comme pour relancer l’activité, n’ont pas été décidées par un acte de souveraineté faisant « passer la santé devant l’économie » comme l’a dit Macron dans son discours du 14 juin, et ne marquent pas la fin du néolibéralisme4. Elles ont simplement été prises car la reproduction du capitalisme était défaillante.

…ou reproduction du capitalisme

Marx écrit dans le Manifeste du parti communiste (1847), que « le gouvernement moderne n’est qu’un comité qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise tout entière ». Et Engels dit dans l’Anti-Dühring (1878) qu’il est « l’organisation que la société bourgeoise se donne pour maintenir les conditions extérieures générales du mode de production capitaliste. […] Il est le capitaliste collectif en idée ».

Les États capitalistes se définissent par leur fonction, qui est de permettre la reproduction du système capitaliste et de favoriser l’accumulation du capital. Au cours de la crise, c’est cette fonction que les États capitalistes ont continué à remplir (avec plus ou moins d’efficacité selon les pays).

L’État peut remplir cette fonction en intervenant dans au moins trois domaines.

D’abord, il a un pouvoir coercitif, et peut réprimer ce qui menace la domination de classe en vigueur (un tel pouvoir est au cœur de l’État dans toute société de classe). Ce rôle correspond largement à ce que Pierre Bourdieu appelle la « main droite » de l’État (armée, police, justice, prisons, etc.).

En second lieu, l’État prend en charge une partie (plus ou moins importante selon les époques) de la reproduction de la force de travail : sa « main gauche » est ainsi constituée de tous les services publics qui forment les futurs travailleurs (éducation), maintiennent en vie la population (santé) ou assurent certains moyens de subsistance pour les périodes de non-emploi (sécurité sociale), etc.

Enfin, l’État joue un rôle directement économique de régulation et de stabilisation relative du système capitaliste, toujours menacé par le chaos du marché.

En temps normal, hors période de crise, l’État néolibéral cherche à intensifier l’accumulation du capital en limitant son « poids » économique, et en maximisant les sources possibles de profit (privatisations, partenariats public-privé, etc.).

Il affaiblit donc les services publics, ce qui implique que la reproduction de la force de travail sera assurée dans une plus grande proportion soit par le secteur marchand (cliniques privées ou EPHAD dans la santé, par exemple), soit par les femmes au sein des foyers5.

Tout cela sert l’accumulation du capital mais rend la société plus vulnérable à la crise sanitaire et accélère l’advenue de la crise économique. Mais cela ne signifie pas qu’un tel État soit faible. Il agit (« réforme ») au contraire frénétiquement, il diffuse l’idéologie néolibérale (qui, en faisant de l’entreprise et du marché les valeurs suprêmes, nie pourtant l’importance de l’État), et il conserve un rôle économique fondamental, bien que diffus et discret.

Lorsqu’une crise advient, l’État capitaliste (néolibéral ou non) intervient d’une manière plus directe et visible, précisément parce que le système dont il doit garantir la reproduction est grippé, voire menacé.

Lors d’une crise économique (en 2008, ou cette année) il pourra adopter des politiques de relance voire des nationalisations provisoires. Lors d’une crise socio-politique (comme en 1945 ou 1968), il pourra négocier, céder du terrain ou accorder de nouveaux droits politiques et sociaux, afin de retrouver une certaine stabilité et garantir la pérennité du capitalisme. Et, lors de la crise sanitaire inédite que nous vivons, il a été contraint d’interrompre les activités sociales et économiques en confinant la population.

Dans ce cas, cela a impliqué des coûts économiques pour les capitalistes (une minorité de secteurs, comme l’économie numérique, en tirant toutefois profit), malgré les efforts de l’État pour les limiter au maximum en faisant travailler la population autant que possible durant le confinement et en faisant reprendre l’activité à tous au plus tôt.

Mais si les dirigeants des États capitalistes ont accepté ces coûts économiques, c’est parce qu’à leurs yeux il n’y avait pas d’alternative à la fois pour maintenir leur propre position de pouvoir et pour éviter que le système capitaliste soit bouleversé.

Les risques d’un non-confinement (et donc de la mort de dizaines ou centaines de milliers de personnes en France) étaient vraisemblablement trop grands : scandale politique, surtout si les dirigeants des pays voisins avaient choisi de confiner ; instabilité et troubles sociaux d’une ampleur difficile à anticiper ; avec, de toutes façons, une crise économique importante.

Il est révélateur que les dirigeants qui ont pris le moins de mesures gênant l’activité économique (à court terme) soient ceux qui, comme Bolsonaro et Trump, craignent le moins le scandale et la polarisation de l’opinion, puisque ce sont leurs éléments naturels.

Au Brésil et aux États-Unis, du reste, de nombreuses mesures de type confinement ont été prises au niveau régional, et il en a découlé une crise politique au sein de l’appareil d’État, entre le niveau fédéral et le niveau régional (crise symbolisée par les insultes publiques de Bolsonaro aux gouverneurs des provinces de Rio de Janeiro et São Paulo) ; il s’agissait au fond d’un désaccord sur la meilleure manière pour l’État de remplir sa fonction de reproduction du capitalisme (désaccord qui recoupe des styles politiques différents).

Si l’aspect sanitaire de la crise est inédit, son aspect économique est plus simple à analyser, puisque l’on a encore en mémoire la crise de 2008. Le rôle de garantie en dernier ressort du système capitaliste par l’État est dans ce domaine parfaitement clair.

Il s’agit de remplir cette fonction en prenant des mesures d’exception (Romaric Godin a employé l’expression suggestive de « flash keynésien »), mais en s’efforçant de revenir dès que possible à la norme néolibérale et à un État plus discret (même si cela peut s’avérer de plus en plus difficile, comme le montre par exemple la nécessité pour la BCE de mener continûment depuis 2015 des opérations de Quantitative easing, c’est-à-dire de rachat de dettes à des acteurs financiers).

Le discours néolibéral essaiera donc bien vite de faire oublier le supposé retour de l’État, et les dirigeants invoqueront à nouveau de prétendues contraintes insurmontables (l’économie, la nécessité de réformer, les traités européens, etc.) entravant son action. (…)

Le gouvernement français a pris soin (par calcul délibéré ou par blocage idéologique, peu importe) de ne prendre aucune mesure qui créerait un précédent sur lesquels les classes populaires pourraient prendre appui.

Ainsi, l’interdiction des licenciements durant le confinement, un temps évoquée dans les médias (et que l’État espagnol a adoptée le 27 mars, évidemment à titre de « parenthèse »), a rapidement été écartée par E. Philippe.

De même, aucune nationalisation n’a eu lieu, même celles des entreprises pouvant produire des masques, des tests ou des appareils respiratoires, alors que cela aurait permis non seulement de sauver des vies mais aussi, vraisemblablement, de déconfiner plus tôt et donc de limiter les pertes des capitalistes.

Alors que le pouvoir macroniste avait mis les réformes de l’assurance chômage, des retraites et de l’enseignement supérieur et de la recherche (LPPR) en pause afin d’élargir sa base sociale (ou du moins de neutraliser partiellement les oppositions par une pseudo-union nationale) durant la phase la plus périlleuse de la crise, il repart à la charge à la première accalmie.

Enfin, si l’État néolibéral a injecté de l’argent dans l’économie, il ne l’a fait qu’au profit direct ou indirect des entreprises, même dans le cas des mesures qui étaient en apparence destinées aux salariés, comme le chômage partiel (les fraudes des entreprises ont été massives puisqu’il est estimé que 24 % des salariéEs payés au chômage partiel auraient en réalité travaillé6).

Si des mesures peuvent constituer un précédent, ce sont celles qui reviennent sur des conquêtes sociales. Le 25 mars, le gouvernement, habilité par la loi d’urgence sanitaire à légiférer par ordonnance (ce qui est en soi une procédure antidémocratique, renforçant le pouvoir accru de l’exécutif dans le sens d’un « étatisme autoritaire », pour reprendre une expression de Nikos Poulantzas) a ainsi donné aux entreprises de certains secteurs (là encore par décret) le droit d’augmenter les durées horaires maximales du travail, d’augmenter la durée maximale de travail quotidien des travailleurs de nuit, de faire travailler le dimanche sans autorisation administrative, etc7.

Cette ordonnance est, en l’état actuel, en vigueur jusqu’à la fin de l’année8. Macron a du reste annoncé à la population le 14 juin qu’il allait falloir travailler et produire plus pour entamer la « reconstruction » économique, c’est-à-dire pour payer la crise, sans donner plus de détails sinon qu’il n’y aurait pas d’augmentations d’impôts.

Si l’on se penche sur les autres domaines d’action de l’État, et que l’on reprend la métaphore des deux mains de Bourdieu, on peut dire que l’État capitaliste est intrinsèquement droitier. Il peut être contraint, par des mobilisations de masse et un rapport de force plus favorable aux subalternes, comme entre 1945 et les années 1970, de renforcer également sa main gauche.

À l’inverse, c’est à une atrophie volontaire de cette dernière que l’époque néolibérale correspond. Et il faut remarquer, sans que cela implique de contester l’utilité sanitaire du confinement, que c’est bien sa main droite que l’État a utilisée pour empêcher les personnes de circuler et de se réunir (notamment car les services publics de santé avaient été trop affaiblis pour pouvoir prendre en charge à eux seuls la crise sanitaire).

Et il l’a fait d’une manière particulièrement brutale, la police ayant provoqué la mort de 12 personnes pendant le confinement. L’État s’est du reste donné des moyens de muscler encore sa main droite à l’avenir, créant là aussi des précédents (en France et ailleurs) : drones de surveillance, traçage numérique des populations, capteurs de température, autorisation de sortie, etc9.

Le gouvernement a même tenté de prolonger l’interdiction des manifestations (interdiction finalement suspendue par le Conseil d’État, les luttes passées ayant permis de faire reconnaître dans le droit comme une « liberté fondamentale » le fait de manifester).

La crise actuelle intensifie donc les tendances autoritaires de l’État néolibéral.

La révolte internationale en réaction à l’assassinat de George Floyd, et en France à celui d’Adama Traoré, révolte dirigée contre le racisme et l’oppression policière (subie avec une intensité particulière pendant le confinement) est cependant en mesure de s’opposer à ces tendances.

La main gauche de l’État a évidemment joué un rôle décisif dans la crise sanitaire, grâce au courage et à l’abnégation des soignantEs. Malgré les proclamations du pouvoir (Ségur de la santé), il ne souhaite vraisemblablement rien faire pour la renforcer, à l’exception de quelques décisions peu coûteuses comme le renouvellement des stocks de masques (qui avait été abandonné depuis 2013), et d’une reconnaissance symbolique (applaudissements, médailles, etc.).

Notre camp peut cependant contraindre l’État à prendre de véritables mesures en établissant un puissant rapport de forces, à partir des grèves et manifestations des soignantEs dont la lutte, qui ne s’est pas interrompue depuis plus d’un an, a trouvé une intensité nouvelle après le confinement.

Plus encore que celle de 2008, la crise actuelle démontre que, malgré toutes ses défaillances, si l’État ne peut pas tout, il peut beaucoup, mais que sa puissance est au service du système capitaliste. Elle révèle donc ce qu’ont de faux les deux idéologies dominantes symétriques : le discours néolibéral qui veut faire oublier le rôle de l’État ; le discours étatiste-souverainiste qui veut laisser penser que l’État est parfaitement autonome.

Si dans la situation actuelle le pouvoir cherchera à renforcer encore les tendances néolibérale et autoritaire de l’État, les deux principaux mouvements post-confinement, le mouvement des soignantEs et le mouvement antiraciste (contre les violences policières et pour les sans-papiers) constituent déjà une résistance puissante et déterminée contre ces deux tendances. (Résumé)

Mardi 30 juin 2020 Yohann Emmanuel

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02 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

gauche (lutte ouvrière)

union

Gauche : de vieilles recettes avec un peu de vert

Le succès, dans plusieurs grandes villes du pays, de listes municipales conduites par Europe écologie – Les Verts (EELV) a suscité de nouvelles conversions à l’écologie à gauche.

Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste, s’est revendiqué de la vague verte, expliquant s’être battu depuis deux ans pour « l’union des partis de gauche et des écologistes ». Il s’est ensuite empressé de se dire prêt, pour la présidentielle de 2020, à se ranger derrière le candidat qui incarnerait « le bloc social- écologiste ».

Il est vrai que le Parti socialiste, laminé lors des précédentes élections, peut d’autant plus proclamer d’avance son ralliement à une candidature verte, qu’il ne peut guère prétendre à la première place dans l’attelage tirant le char de la gauche.

Ce ne sont pas Les Verts qui lui donneront tort ! L’eurodéputé EELV Yannick Jadot a ainsi déclaré : « Il y aura clairement un avant et un après municipales 2020. » Dans son monde d’après, « c’est plus que l’union des gauches qui est possible. C’est une recomposition du paysage politique, autour de l’écologie. » Voilà le cadre des futures tractations entre les partis de gauche posé.

Du côté des dirigeants du Parti communiste, qui ont encore moins que le PS les moyens de peser, on se félicite de toutes les situations où « l’union des forces de gauche locales a permis la victoire ».

Et Ian Brossat affirme : « Il faut continuer à construire des convergences à l’échelle nationale. Nous avons montré que la condition de la victoire, c’est le rassemblement. »

Voilà un langage déjà entendu, qui a d’ailleurs déjà mené la gauche au gouvernement avec Hollande par exemple, avec le résultat que l’on connaît. Alors, se rassembler pour gagner quoi, et derrière quel programme ?

Si celui-ci est désormais habillé de vert, jamais il n’est question de remettre en cause la domination de la bourgeoisie sur l’économie et la société. Jamais il n’est question d’expliquer aux travailleurs qu’il faudra arracher son pouvoir de nuisance à la classe capitaliste dominante.

La classe ouvrière a effectivement besoin d’unir et de rassembler toutes ses forces dans la guerre que lui mènent les capitalistes. Mais ce n’est pas une énième variante de coalition de gauche, ne proposant rien pour lutter contre les responsables de la crise économique, sociale et écologique qui menace l’humanité, qui le lui permettra.

Nadia CANTALE 01 Juillet 2020
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