Archive | Macronie

13 février 2019 ~ 0 Commentaire

imposition (basta)

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En Europe, plus une entreprise est grande

Plus son taux d’imposition est faible

Dans la plupart des pays européens, les multinationales paient nettement moins d’impôts que ne le suggère le taux d’imposition officiel. C’est ce que démontre, chiffres à l’appui, un rapport commissionné par le groupe des Verts au Parlement européen. La palme en la matière revient au Luxembourg où le taux d’imposition théorique est de 29 %, mais où les multinationales ne reversent au fisc en moyenne que 2 % de leurs bénéfices, grâce à des arrangements du type de ceux dénoncés dans le scandale des LuxLeaks. Mais la France est aussi concernée.

En matière de fiscalité des entreprises, le premier indicateur à regarder est le taux de l’impôt sur les sociétés, calculé sur la base des profits déclarés. On suppose généralement que ce taux d’imposition est plutôt plus élevé en Europe qu’ailleurs, a fortiori dans les paradis fiscaux où ce taux d’imposition est nul, comme dans les îles Caïmans, les Bermudes, Jersey ou les Bahamas. Les pays européens se sont toutefois engagés, ces dernières années, dans une course à l’attractivité qui les a poussés à réduire progressivement leur taux d’imposition pour mieux attirer les multinationales [1]. Le taux de l’impôt sur les sociétés en France doit ainsi être ramené progressivement de 33 % à 25 % à l’horizon 2022.

Quel que soit le taux d’imposition théorique affiché par les pays européens, les possibilités ne manquent pas pour les multinationales de réduire discrètement leur ardoise fiscale. Le scandale des « LuxLeaks » a mis en lumière les accords secrets passés par le fisc luxembourgeois (rescrits ou rulings en anglais) permettant à de nombreuses entreprises internationales d’y opti-miser leurs impôts. Ce qui explique sans doute qu’en dépit d’un taux d’impôt sur les sociétés nominal de 29 %, en théorie parmi les plus élevés de l’Union européenne, les filiales de multina-tionales présentes au Luxembourg ne lui versent en réalité en moyenne que 2 % de leurs bénéfices !

En France, les profits des multinationales imposés à 17 % et non 33 %

Ce chiffre est tiré d’un rapport commissionné par le groupe des Verts au Parlement européen [2], qui étudie le taux réel auquel ont été imposé les bénéfices des entreprises dans les pays de l’Union européenne entre 2011 et 2015, sur la base des chiffres partiels disponibles. L’estimation s’appuie sur des échantillons de plusieurs dizaines à plusieurs milliers d’entreprises – 1011 sociétés pour le Luxembourg par exemple, 20 498 pour la France.

Olivier Petitjean 13 février 2019

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12 février 2019 ~ 0 Commentaire

panique (npa)

benalla

Benalla-Mediapart

Panique et autoritarisme à l’Élysée

Lund 4 février, Mediapart a fait l’objet d’une tentative de perquisition quelques jours après avoir publié de nouvelles révélations sur l’affaire Macron-Benalla. Selon le Monde, c’est sur la base d’un courrier du directeur de cabinet du premier ministre, que le procureur de la République de Paris a ouvert une enquête. La dérive autoritaire de Macron se poursuit… 

Même Hollande, pendant les révélations sur Cahuzac, n’avait pas osé. Macron, lui, l’a fait. Suite à une lettre du directeur de cabinet d’Édouard Philippe, le procureur de la République de Paris, très proche de Macron, a ouvert une enquête pour « atteinte à l’intimité de la vie privée de l’ancien collaborateur du chef de l’État Alexandre Benalla et/ou de son acolyte, le gendarme Vincent Crase », selon les mots de Mediapart, alors que ni Benalla ni Crase n’ont eux-mêmes porté plainte ! Et une tentative de perquisition a eu lieu dans les locaux de Mediapart, le 4 février quelques jours après la publication d’enregistrements d’une conversation entre Benalla et Crase.

Liberté d’informer

Face à un début de scandale d’État impliquant le noyau dur du pouvoir, le parquet de Paris a voulu identifier les sources de Mediapart, attaquant ainsi un droit fondamental : celui de la protection des sources. Pas si étonnant quand on se rappelle que, la semaine précédente Macron, selon Le Point, a indiqué sa volonté d’une sorte de mise sous tutelle de la presse…afin de permettre sa « neutralité ». Sans doute une promesse qu’il l’a faite à ses amis grands patrons de presse. On en rirait presque si ce n’était si grave !

Cette perquisition montre, une nouvelle fois, les tentatives des gouvernants de mettre au pas la presse, de la museler. Rappelons-nous les mises sous écoute de journalistes, comme ce fut le cas par exemple de celui du Mondequi s’occupait de l’affaire Woerth-Bettencourt, ou encore les attaques sans précédent du pouvoir de l’époque, mais aussi d’une certaine caste  journalistique contre Mediapart au moment de l’affaire Cahuzac. La critique des médias est plus que nécessaire tant aujourd’hui l’information est malmenée, instrumentalisée, sacrifiée car soumise à des impératifs de rentabilité. Mais s’attaquer à la liberté d’informer et à la liberté de la presse est une attaque contre un droit démocratique élémentaire.

Dérive autoritaire

Cette tentative de perquisition montre, à la fois, la crise et le scandale politiques en cours mais aussi, une nouvelle fois, la dérive autoritaire du pouvoir actuel. Macron, affaibli par la mobilisation des Gilets jaunes, qui tient depuis plus de 12 semaines, est en panique.

Alors que le « grand blabla » semble avoir réveillé, dans les sondages, une partie de son électorat le plus fidèle, un scandale politique risquerait de tout anéantir ! Une dérive autoritaire du gouvernement qui ne s’arrête pas à sa volonté d’un retour à l’ORTF, mais se voit également dans la rue chaque semaine avec la volonté de « briser » le mouvement des Gilets jaunes avec un bilan toujours plus lourd ; 175 blesséEs à la tête ; 17 éborgnéEs et 5 mains arrachées, dont la dernière samedi dernier devant l’Assemblée nationale.

Sans oublier la loi « anti-casseurs » qui permettra d’interdire, sans passer par un juge, à des personnes de manifester…

Joséphine Simplon Mardi 12 février 2019

https://npa2009.org/

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12 février 2019 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

Les casseurs

C’est ce gouvernement

Grand débat, réformes de l’éducation, répression policière et perquisition au siège du journal en ligne Mediapart sont les réponses de Macron face au mouvement des Gilets jaunes.

La grève du 5 février et les mobilisations des Gilets jaunes samedi dernier ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes en grève et dans la rue. Mais elles ne sont pas suffisantes pour faire reculer le gouvernement sur le cœur de ce qui révolte le monde du travail : le pouvoir d’achat, l’illégitimité de Macron et de sa clique au service des grands capitalistes. Le pouvoir le sait et a engagé une contre-offensive, qui pourrait bien se retourner contre lui.

Débat d’un côté, répression de l’autre

Le gouvernement est en campagne pour vendre sa politique par les débats dans les communes. Comme avec sa « lettre aux français », son but est de nous demander quels services publics il faut casser, comment nous faire accepter l’austérité budgétaire. C’est aussi une façon pour lui de commencer la campagne des élections européennes, une campagne pour laquelle il se sent mal engagé.

Dans le même temps, il réprime comme jamais. Le week-end dernier, lors de l’Acte XIII, des gaz lacrymogènes ont été envoyés sur les manifestantEs et surtout, une nouvelle fois, un manifestant a perdu une main en recevant une grenade.

Ce sont bien des armes de guerre que la police utilise, il faut les interdire !

La perquisition au journal Mediapartest une réponse directe aux nouvelles révélations sur les magouilles qui caractérisent l’entourage de Macron, avec Benalla en premier lieu mais aussi probablement celles d’autres conseillers très proches. Benalla est tout de même accusé d’avoir négocié des contrats avec la mafia russe !

En s’attaquant à la presse, Macron veut faire taire un scandale d’État qui secoue le pouvoir depuis l’été dernier. C‘est la démonstration que ce pouvoir très autoritaire est lié aux magouilles des grands capitalistes comme Ghosn, le patron voyou de Renault.

Arrêter la casse sociale, stopper ce gouvernement

Après Parcoursup et la réforme du lycée et du bac, qui visent à aggraver la sélection sociale, le gouvernement attaque encore. Il veut faire cadeau de 150 millions d’euros à l’école privée avec la scolarisation à 3 ans, augmenter encore la concurrence entre les établissements avec son projet d’évaluation de l’école, et contrôler les profs pour qu’ils appliquent des pédagogies sélectives et réactionnaires, sur fond de drapeau tricolore dans chaque classe.

Dans le même temps, le gouvernement vient de confirmer la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires d’ici la fin du quinquennat.

Avec la réforme de la fonction publique, celle des retraites qui se prépare, le gouvernement veut continuer à attaquer le monde du travail et les classes populaires.

Il est absolument nécessaire de l’arrêter.

Dans plusieurs entreprises, des mobilisations ont lieu pour des augmentations de salaires, avec parfois des succès profitant du mouvement des Gilets jaunes. Dans l’éducation, des grèves ont lieu contre les suppressions de postes.

Après la grève du 5 février, dans le contexte des mobilisations des Gilets jaunes, nous avons besoin de nouveaux de mobilisations générales du monde du travail, d’une grève générale indispensable pour en finir avec Macron, son gouvernement Macron et construire une autre société.

Mardi 12 février 2019

https://npa2009.org

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12 février 2019 ~ 0 Commentaire

barcelone (jdd)

barcelone

Dernier sondage: de gauche à droite: ERC gauche libérale, En Comun (Podemos, PC), CS Valls, PSC-PSOE, Nationalitse de droite, CUP anticapitalistes, Vox (fachos), PP absent.

Où en est Manuel Valls

De sa conquête de Barcelone?

L’ancien Premier ministre français Manuel Valls participait dimanche à Madrid à une manifes-tation contre le gouvernement socialiste, à l’appel de la droite et l’extrême droite. Une mobili-sation qui entre dans sa stratégie de campagne pour la mairie de Barcelone, où l’ancien responsable PS devenu marcheur n’est pas favori.

« Stop Sanchez », « Sanchez démission », « traître »… Dimanche à Madrid, le président du gouverne-ment espagnol, Pedro Sanchez, était prié de quitter le pouvoir et de convoquer de nouvelles élections législatives. Environ 45.000 personnes ont participé à ce rassemblement voulu par la droite espagnole, les conservateurs du Parti Populaire et les libéraux de Ciudadanos, auquel s’est joint le parti d’extrême droite Vox. Ils reprochent au chef du gouvernement – arrivé au pouvoir en juin notamment grâce aux voix des indépendantistes catalans -, d’aller à l’encontre de l’unité du pays en tentant de dialoguer avec les séparatistes.

Cette mobilisation est intervenue deux jours avant l’ouverture mardi à Madrid du procès histo-rique de douze anciens dirigeants indépendantistes pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne d’octobre 2017. Parmi les manifestants figuraient Manuel Valls, candidat à la mairie de Barcelone soutenu par Ciudadanos. L’ex-Premier ministre, qui appartenait jusqu’en 2017 au PS, allié européen du PSOE de Sanchez, s’est défendu de marcher « à côté de l’extrê-me droite ». Ce n’est « pas elle qui a le monopole du patriotisme et de l’amour de la Constitution », « ici, ce sont les Espagnols qui ont envie de défendre la Constitution », arguait-il.

Candidat à Barcelone depuis septembre 2018, officiellement en campagne depuis la mi-décembre, Manuel Valls a encore plus de trois mois devant lui pour tenter de réussir son pari : conquérir la ville catalane et s’implanter dans la vie politique espagnole. Le scrutin se tiendra le 26 mai, le même jour que les élections européennes. Mais pour l’heure, l’ancien responsable français a encore beaucoup de travail.

A Barcelone, Manuel Valls ni favori ni décroché

L’ex-député de l’Essonne est un outsider de la campagne municipale barcelonaise. Si les sonda-ges et les projections ne sont pas légion, ils livrent tous le même constat : la liste Ciudadanos se situerait en troisième ou quatrième position (autour des 15% d’intentions de vote quand cela est précisé).

Dimanche, le quotidien catalan Ara a dévoilé les résultats – en sièges – d’une enquête comman-dée par les indépendantistes d’ERC (centre-gauche), qui font actuellement la course en tête. Les choses sont plus resserrées : la force incarnée par Manuel Valls récolterait 8 sièges sur 41, contre 9 pour l’ERC et 8 ou 9 pour le mouvement « Barcelone en commun » de la maire sortante Ada Colau, venue du mouvement des « Indignés ».

Les socialistes catalans sont eux crédités de 5 à 6 sièges, contre 5 sièges pour le mouvement « Ensemble pour la Catalogne » lancé par l’ancien leader indépendantiste de la région, Carles Puigdemont. Enfin, la gauche radicale Cup, elle aussi indépendantiste, garderait ses 3 sièges et la formation d’extrême droite Vox ferait son entrée avec 2 sièges. Le PP, lui, n’en aurait aucun.

Pour Ciudadanos, un tel résultat serait déjà une progression par rapport au précédent scrutin de 2015 où la formation de centre-droit n’avait obtenu que cinq sièges. Mais la victoire reste lointai-ne, dans une configuration où le jeu des alliances ne plaide pas en faveur de Manuel Valls. Il faut en effet 21 sièges pour obtenir la majorité municipale, actuellement formée par Ada Colau avec l’appui de l’ERC et des socialistes. Or, les options ne sont pas nombreuses pour l’ancien Premier ministre français…

Tout sauf les indépendantistes, son créneau de campagne  

« Il ne faut pas laisser l’avenir du pays dans les mains des séparatistes, des nationalistes et des populistes », répétait encore Manuel Valls dimanche dans les rues de Madrid. Tel est son créneau dans cette campagne. A Barcelone, l’homme de 56 ans doit en effet composer avec ce clivage indépendantistes-loyalistes auquel il n’était pas habitué en France : lui a clairement choisi son camp, dans la droite ligne de ses positions lors de la déclaration d’indépendance de la Catalogne en octobre 2017.

Ainsi, Manuel Valls fustige régulièrement cette alliance des populistes et des séparatistes, comme la semaine dernière lors d’une réunion campagne. Il vise notamment le « populisme municipal » que porterait Ada Colau, dont il critique systématiquement le bilan, notamment sur le thème de l’insécurité, ainsi que l’ambiguïté à l’égard du mouvement indépendantiste. Le leader franco-espagnol entend ainsi mobiliser les Barcelonais contre le risque sécessionniste. Il renvoie les partisans « d’une république imaginaire » à ceux qui entendent, comme lui, faire de Barcelone une ville ouverte et « européenne ».

Mais avec une position aussi tranchée, l’ex-Premier ministre ne se facilite pas la tâche. Si on écarte les listes indépendantistes, il lui resterait en l’état peu d’alliés pour gouverner la métropole catalane, malgré un récent appel du pied du candidat PP à s’allier avec lui et l’extrême droite. Sa principale option se situerait en fait du côté des socialistes catalans. Manuel Valls les a interpel-lés la semaine dernière, leur demandant de choisir leur camp. Lui assure de toute façon vouloir surmonter le clivage gauche-droite. Pas sûr toutefois que sa présence dimanche dans le cortège anti-Sanchez soit de nature à le rapprocher du candidat du PSC, soutenu par le Premier ministre espagnol…

L’ex-Premier ministre attaqué sur ses ambiguïtés 

Ses adversaires, eux, ne manquent pas de flèches contre Manuel Valls. Son passage d’abord de la gauche française au centre-droit espagnol. Ou, comme lui faisait remarquer son adversaire Ada Colau, de la République française au soutien de la monarchie espagnole… Récemment, c’est l’alliance de Ciudadanos avec le PP et surtout Vox pour gouverner la région Andalousie qui l’a placé dans une position délicate. Manuel Valls s’en est dissocié, rejetant ce soutien de l’extrê-me-droite et répétant qu’il était surtout un « candidat indépendant » à Barcelone. Mais sa présence au défilé de la droite et de l’extrême droite ce week-end a jeté une nouvelle ambiguïté, bien qu’il se défende de pactiser avec cette force politique.

D’autres épisodes de campagne n’ont rien arrangé. L’équipe de Manuel Valls avait dû supprimer fin décembre un clip de campagne, dans lequel apparaissait une sympathisante d’extrême droite qui clamait son soutien au candidat franco-espagnol. Plus récemment, c’est son bilan gouverne-mental en France qui lui a été rappelé, comme le racontait le site catalan El Nacional. Manuel Valls avait rencontré des responsables d’associations gitanes de Catalogne, imputant leur malaise à l’action municipale actuelle. Certains lui ont alors remémoré son action comme ministre de l’Intérieur en France : en 2013, il avait mené un nombre d’expulsions record de Roms.

11 février 2019 Arnaud Focraud

https://www.lejdd.fr/

cat

Mardi 12 février à 18h30, soyons donc nombreux devant le Consulat Général d’Espagne à Perpignan, 12 Rue Franklin (secteur Place de Catalogne/ Avenue de la Gare)

 

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11 février 2019 ~ 0 Commentaire

maxine roussillon (regards)

 Sur le projet de loi de l’école de confiance 

« La confiance pour Jean-Michel Blanquer, c’est la débrouille. Chacun se débrouille tout seul pour choisir sa formation. »
« Ce gouvernement a une vision libérale de l’école comme on en a depuis un bout de temps et qui part de l’idée que tous les enfants ne sont pas faits pour réussir à l’école. Du coup, il faut sélectionner le plus tôt possible. »
« L’école d’aujourd’hui est une école qui n’est pas faite pour faire réussir tous les enfants. C’est pas faute de bonne volonté du côté des enseignants et des familles mais on est dans un système qui date de la IIIème République, qui est un système sélectif. »

 Sur ce qu’il faudrait faire pour l’école 

« L’axe fondateur ça serait de refonder l’école pour qu’elle soit construite sur le modèle de l’enfant qui n’a que l’école pour réussir et qui ne peut pas s’appuyer ni sur une culture familiale, ni sur des cours privés. »
« Il faut faire confiance aux enseignants en leur donnant les moyens de réussir, en changeant leurs conditions de travail, en abaissant les effectifs, en revalorisant les salaires et en construisant une formation de haut niveau pour les enseignants. »

 Sur les points principaux du projet de loi 

« Cette histoire de niveau [qui consiste à dire que le niveau des élèves baisse] est une façon de ne pas parler du vrai problème de l’école qui est celui des inégalités. »
« Nos très bons élèves sont plutôt meilleurs aujourd’hui qu’il y a dix ou vingt ans. Le problème c’est que les inégalités s’accroissent. »
« Il y a bien une démocratisation scolaire, le niveau global monte plutôt dans la société mais la différence entre les plus démunis et ceux qui réussissent le mieux est de plus en plus grande. Et évidemment l’école produit du tri social. »

 Sur la scolarisation dès 3 ans 

« Blanquer est connu depuis très longtemps pour être un grand copain des écoles privées. »
« Rendre l’instruction obligatoire dès trois ans, c’est obliger les communes à financer les écoles maternelles privées. »
« C’est un énorme marché qui s’ouvre à l’éducation privée d’autant que Blanquer favorise toutes les pédagogies alternatives marchandes. »
« Vu l’état actuel des finances des communes, on ne voit pas comment elles peuvent tout payer. »

 Sur l’attractivité du métier d’enseignant 

« On va permettre à des gens de faire le métier d’enseignant en étant payés deux fois moins et sans la formation. »
« Il faut rendre l’attractivité au métier de l’enseignement mais pour ça il faut mettre en place un vrai pré-recrutement sous statut de la fonction publique avec un vrai salaire. »

 Sur la mobilisation des enseignants 

« Le monde enseignant est déjà mobilisé, la question c’est celle des moyens d’actions. »
« Le monde enseignant est peu en manif, peu en grève. Il est très largement opposé à ce projet de loi. Et il cherche les moyens de se faire entendre après des années où il n’a pas réussi à se faire entendre. »
« Ça fait dix ans que l’éducation se prend des réformes dans la tête, à un rythme très élevé qui fait que d’une part il y a de l’usure, d’autre part les nouvelles générations d’enseignants qui arrivent ont beaucoup moins de culture du métier parce qu’ils ont beaucoup moins eu accès à une formation, ils sont plus précaires, ils sont plus noyés sur les heures supplémentaires et c’est beaucoup plus difficile de se mobiliser dans ces conditions-là. »

 Sur les stylos rouges 

« C’est très important ce qu’il se passe avec les stylos rouges. »
« Il y a beaucoup de syndiqués dans les stylos rouges, ça n’est pas un mouvement anti-syndical. » « On cherche des moyens efficaces de se mobiliser. »
« C’est une mobilisation qui se développe dans les endroits où ça se mobilisait peu avant : dans des lycées privés, dans des écoles rurales. Et maintenant, il fait qu’elle trouve ses moyens d’actions pour se faire entendre. »

 Sur l’échec de la gauche en matière d’éducation 

« Je pense que si on veut reconstruire une gauche de combat, ça passe par un projet pour l’école. » « Le projet on l’a mais ça fait plus de dix ans qu’on a perdu la bataille idéologique. De plus en plus de gens sont convaincus qu’il y a des enfants qui ne sont pas faits pour l’école alors que le fond du problème c’est que l’école n’est pas faite pour tous les enfants. Et il faut la transformer dans ce sens là. »

http://www.regards.fr/

 

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11 février 2019 ~ 0 Commentaire

les riches (npa)

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« Les riches ont sans cesse besoin de légitimer leur fortune, l’arbitraire de leurs richesses et de leur pouvoir »

Par Monique Pinçon-Charlot

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Qu’est-ce qu’un riche, en France, aujourd’hui ? 

Monique Pinçon-Charlot : Près de 10 millions de Français vivent aujourd’hui en-dessous du seuil de pauvreté. Celui-ci est défini très précisément. Mais il n’existe pas de « seuil de riches-se ». C’est très relatif, chacun peut trouver que son voisin est riche. Et pour être dans les 10 % les plus riches en France, il suffit que dans un couple chacun gagne 3 000 euros.

Nous nous sommes intéressés aux plus riches parmi les riches. Sociologiquement, le terme « riche » est un amalgame. Il mélange des milieux très différents, et regroupe ceux qui sont au top de tous les univers économiques et sociaux : grands patrons, financiers, hommes politiques, propriétaires de journaux, gens de lettres… Mais nous utilisons délibérément ce terme. Car mal-gré son hétérogénéité, ces « riches » sont une « classe », mobilisée pour la défense de ses inté-rêts. Et nous voulons aujourd’hui contribuer à créer une contre-offensive dans cette guerre des classes que mènent les riches et qu’ils veulent gagner.

Pourquoi est-il si difficile de définir cette classe ? 

La richesse est multidimensionnelle. Bourdieu parlait très justement de capital – économique, culturel, symbolique –, c’est ce qui donne du pouvoir sur les autres. A côté de la richesse économique, il y a la richesse culturelle : c’est le monde des musées, des ventes aux enchères, des collectionneurs, des premières d’opéra… Jean-Jacques Aillagon, président du comité des Arts décoratifs, vient d’être remplacé par un associé-gérant de la banque Lazard. Dans l’asso-ciation des amis de l’Opéra, on retrouve Maryvonne Pinault (épouse de François Pinault, 6e fortune de France), Ernest-Antoine Seillière (ancien président du Medef, 37è fortune de France avec sa famille)…

À cela s’ajoute la richesse sociale, le « portefeuille » de relations sociales que l’on peut mobiliser. C’est ce qui se passe dans les cercles, les clubs, les rallyes pour les jeunes. Cette sociabilité mondaine est une sociabilité de tous les instants : déjeuners, cocktails, vernissages, premières d’opéra. C’est un véritable travail social, qui explique la solidarité de classe. La quatrième forme est la richesse symbolique, qui vient symboliser toutes les autres. Cela peut être le patronyme familial : si vous vous appelez Rothschild, vous n’avez pas besoin d’en dire davantage… Cela peut être aussi votre château classé monument historique, ou votre élégance de classe.

Il existe aussi une grande disparité entre les très riches…

Bernard Arnault, propriétaire du groupe de luxe LVMH, est en tête du palmarès des grandes fortunes professionnelles de France, publié chaque année par la revue Challenges. Il possède 370 fois la fortune du 500e de ce classement. Et le 501ème est encore très riche ! Comparez : le SMIC à 1 120 euros, le revenu médian à 1 600 euros, les bons salaires autour de 3 000 euros, et même si on inclut les salaires allant jusque 10 000 euros, on est toujours dans un rapport de 1 à 10 entre ces bas et hauts salaires. Par comparaison, la fortune des plus riches est un puits sans fond, un iceberg dont on ne peut pas imaginer l’étendue.

Malgré l’hétérogénéité de cette classe sociale, les « riches » forment, selon vous, un cercle très restreint.

On trouve partout les mêmes personnes dans une consanguinité tout à fait extraordinaire. Le CAC 40 est plus qu’un indice boursier, c’est un espace social. Seules 445 personnes font partie des conseils d’administration des entreprises du CAC 40. Et 98 d’entre elles détiennent au total 43 % des droits de vote2 ! Dans le conseil d’administration de GDF Suez, dont l’État français possède 36 % du capital, il y a des représentants des salariés. Ceux-ci peuvent être présents dans divers comités ou commissions, sauf dans le comité des rémunérations. Cela leur est interdit. Qui décide des rémunérations de Gérard Mestrallet, le PDG ? Jean-Louis Beffa, président de Saint-Gobain, notamment. C’est l’entre-soi oligarchique.

Cela semble si éloigné qu’on peut avoir l’impression que ces riches vivent dans un monde parallèle, sans impact sur notre vie quotidienne. Vous parlez à propos des riches de « vrais casseurs ». Quel impact ont-ils sur nos vies ? 

Avec la financiarisation de l’économie, les entreprises sont devenues des marchandises qui peuvent se vendre, s’acheter, avec des actionnaires qui exigent toujours plus de dividendes. Selon l’Insee, les entreprises industrielles (non financières) ont versé 196 milliards d’euros de dividendes en 2007 contre 40 milliards en 1993.

Vous imaginez à quel niveau nous devons être sept ans plus tard ! Notre livre la Violence des riches s’ouvre sur une région particulièrement fracassée des Ardennes, avec l’histoire d’une entreprise de métallurgie, qui était le numéro un mondial des pôles d’alternateur pour auto-mobiles (les usines Thomé-Génot). Une petite entreprise familiale avec 400 salariés, à qui les banques ont arrêté de prêter de l’argent, du jour au lendemain, et demandé des rembourse-ments, parce que cette PME refusait de s’ouvrir à des fonds d’investissement.

L’entreprise a été placée en redressement judiciaire. Un fonds de pension l’a récupérée pour un euro symbolique, et, en deux ans, a pillé tous les savoir-faire, tous les actifs immobiliers, puis fermé le site. 400 ouvriers se sont retrouvés au chômage. C’est un exemple parmi tant d’autres ! Si vous vous promenez dans les Ardennes aujourd’hui, c’est un décor de mort. Il n’y a que des friches industrielles, qui disent chaque jour aux ouvriers : « Vous êtes hors-jeu, vous n’êtes plus rien. On ne va même pas prendre la peine de démolir vos usines, pour faire des parcs de loisirs pour vos enfants, ou pour planter des arbres, pour que vous ayez une fin de vie heureuse. Vous allez crever. »

Comment s’exerce aujourd’hui ce que vous nommez « la violence des riches » ? 

C’est une violence inouïe. Qui brise des vies, qui atteint les gens au plus profond de leur corps, de leur estime, de leur fierté du travail. Être premier dans les pôles d’alternateur pour automo-biles, c’est faire un travail de précision, c’est participer à la construction des TGV, à l’une des fiertés françaises. Casser cela est une violence objective, qui n’est ni sournoise ni cachée, mais qui n’est pas relayée comme telle par les politiques, par les médias, par ces chiens de garde qui instillent le néolibéralisme dans les cerveaux des Français. Pour que ceux-ci acceptent que les intérêts spécifiques des oligarques, des dominants, des riches, deviennent l’intérêt général.

Comment cette violence objective se transforme-t-elle en assujettissement ?

C’est une forme d’esclavage dans la liberté. Chacun est persuadé qu’il est libre d’organiser son destin, d’acheter tel téléphone portable, d’emprunter à la banque pendant 30 ans pour s’acheter un petit appartement, de regarder n’importe quelle émission stupide à la télévision.

Nous essayons de montrer à quel système totalitaire cette violence aboutit. Un système totalitaire qui n’apparaît pas comme tel, qui se renouvelle chaque jour sous le masque de la démocratie et des droits de l’homme.

Il est extraordinaire que cette classe, notamment les spéculateurs, ait réussi à faire passer la crise financière de 2008 – une crise financière à l’état pur – pour une crise globale. Leur crise, est devenue la crise. Ce n’est pas une crise, mais une phase de la guerre des classes sans merci qui est menée actuellement par les riches. Et ils demandent au peuple français, par l’intermédiaire de la gauche libérale, de payer. Et quand on dit aux gens : « Ce n’est quand même pas à nous de payer ! », ils répondent : « Ah, mais c’est la crise »…

Pourquoi et comment les classes populaires ont-elles intégré cette domination ? 

C’est une domination dans les têtes : les gens sont travaillés en profondeur dans leurs représentations du monde. Cela rend le changement difficile, parce qu’on se construit en intériorisant le social. Ce que vous êtes, ce que je suis, est le résultat de multiples intério-risations, qui fait que je sais que j’occupe cette place-là dans la société.

Cette intériorisation entraîne une servitude involontaire, aggravée par la phase que nous vivons. Avec le néolibéralisme, une manipulation des esprits, des cerveaux, se met en place via la publicité, via les médias, dont les plus importants appartiennent tous à des patrons du CAC 40.

Sommes-nous prêts à tout accepter ? Jusqu’où peut aller cette domination ?

Dans une chocolaterie qu’il possède en Italie, le groupe Nestlé a proposé aux salariés de plus de cinquante ans de diminuer leur temps de travail3, en échange de l’embauche d’un de leurs enfants dans cette même entreprise. C’est une position perverse, cruelle. Une incarnation de ce management néolibéral, qui est basé sur le harcèlement, la culpabilisation, la destruction.

Les riches entretiennent une fiction de « surhommes » sans qui il n’y aurait pas travail en France, estimez-vous. Menacer les riches signifie-t-il menacer l’emploi ?

Cette menace est complètement fallacieuse. Dans la guerre des classes, il y a une guerre psychologique, dont fait partie ce chantage. Mais que les riches s’en aillent ! Ils ne partiront pas avec les bâtiments, les entreprises, les autoroutes, les aéroports… Quand ils disent que l’argent partira avec eux, c’est pareil. L’argent est déjà parti : il est dans les paradis fiscaux ! Cette fiction des surhommes fonctionne à cause de cet assujettissement, totalitaire. Quand on voit le niveau des journaux télévisés, comme celui de David Pujadas, il n’y a pas de réflexion possible. En 10 ans, les faits divers dans les JT ont augmenté de 73 % !

Certains se plaignent d’une stigmatisation des « élites productives ». Les riches ont-ils eux aussi intériorisé ce discours, cette représentation ?

Notre livre s’ouvre sur une citation extraordinaire de Paul Nizan4 : « Travaillant pour elle seule, exploitant pour elle seule, massacrant pour elle seule, il est nécessaire [à la bourgeoisie] de faire croire qu’elle travaille, qu’elle exploite, qu’elle massacre pour le bien final de l’humanité. Elle doit faire croire qu’elle est juste. Et elle-même doit le croire. M. Michelin doit faire croire qu’il ne fabrique des pneus que pour donner du travail à des ouvriers qui mourraient sans lui ».

C’est pour cela que cette classe est tout le temps mobilisée : les riches ont sans cesse besoin de légitimer leur fortune, l’arbitraire de leurs richesses et de leur pouvoir. Ce n’est pas de tout repos ! Ils sont obligés de se construire en martyrs. Un pervers narcissique, un manipulateur, passe en permanence du statut de bourreau à celui de victime, et y croit lui-même. C’est ce que fait l’oligarchie aujourd’hui, par un renversement du discours économique : les riches seraient menacés par l’avidité d’un peuple dont les coûts (salaires, cotisations…) deviennent insuppor-tables. On stigmatise le peuple, alors que les déficits et la dette sont liés à la baisse des impôts et à l’optimisation fiscale.

Nous publions de larges extraits d’un entretien que la sociologue Monique Pinçon-Charlot avait accordé au magazine Bastamag en 20131. Ce texte est d’une actualité brûlante dans un moment où l’on ne parle que de la « violence » des manifestantEs, des Gilets jaunes, des lycéenEs. La sociologue met en lumière ce que représente la violence des riches, celle qui ne se voit pas, qui est feutrée, mais qui marque durablement des générations d’exploités, précarisés, méprisés, licenciés, celles et ceux qui manifestent ou soutiennent les manifestations des Gilets jaunes aujourd’hui.

Lundi 11 février 2019

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11 février 2019 ~ 0 Commentaire

violences (bastamag)

violence

Violences

« Comparer des voitures brûlées avec les ravages du néolibéralisme depuis 40 ans est absurde »

Les images de violence « ne résument en rien le mouvement actuel », estime l’historien François Cusset, auteur d’un livre sur « Le déchainement du monde, logique nouvelle de la violence », publié au printemps dernier.

Pourtant, nombre de commentateurs indignés tentent bien de réduire la mobilisation des gilets jaunes aux seules images de dégradations et d’affrontements. Et passent sous silence d’autres violences, celles « du temps ordinaire » que décrit l’historien dans son livre : contagion sociale du stress, précarité, violences contre l’environnement, oppressions sexistes… « Jamais le système économique actuel ne s’est autant accommodé de la violence », dit-il. Entretien.

Basta ! : Une nouvelle loi anti-casseurs adoptée en vitesse, une profusion de commentaires s’indignant de la violence des manifestations sur les plateaux télés, et même un défilé, celui des « foulards rouges », dont le mot d’ordre est « stop à la violence »… Que vous inspire cette focalisation sur la violence du mouvement des gilets jaunes qui en arrive à son troisième mois de mobilisations ?

François Cusset : La violence est avant tout celle que subissent les gilets jaunes : non seule-ment de la police, avec 300 blessés graves en trois mois, mais aussi des bons bourgeois et des nouvelles lois liberticides. Le rôle désormais central de l’image permet de réduire un mouvement social à ses exactions, ou à sa défense active, aux dépens de ses autres aspects. Les images des détériorations, de l’Arc de triomphe à Paris par exemple, et celles des visages tuméfiés des manifestants après l’usage d’armes par la police circulent plus facilement, mais elles ne résument en rien le mouvement actuel. (…)

La question de la violence n’est pas un thème en soi. Nous sommes face à diverses formes, complémentaires, d’expression de la contestation. La voiture brûlée ou le cordon policier défié font partie d’une panoplie d’ensemble, qui va de l’indocilité à la mise en œuvre d’alternatives collectives en marge de la société, en passant par la subversion depuis l’intérieur du système économique.

Et, tout simplement, comparer quelques voitures de sport enflammées et des abribus brisés avec les ravages systématiques du néolibéralisme dans les vies depuis 40 ans est absurde. Une telle violence systémique engendre mécaniquement une contre-violence réactive, dérisoire dans ses moyens mais photogénique. Pour l’essentiel, cette violence s’exprime sur des objets ou des façades.

Ivan du Roy 11 février 2019

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11 février 2019 ~ 0 Commentaire

nucléaire 2 (npa)

 nuklear

EPR

Performance en fraudes à la législation du travail, sous-traitance

S’il fallait un exemple pour démontrer que la course au profit est la motivation essentielle d’EDF, le maître d’ouvrage, d’Areva, concepteur et fournisseur du réacteur, et de Bouygues, pour le béton, celui de l’EPR de Flamanville est parlant. En 2011, suite à la mort d’un ouvrier sur le chantier, l’ASN s’est penchée sur les conditions de travail. Et ce qu’elle a trouvé est consternant : dissimulation des accidents et travail illégal règnent en maître. Le tribunal de Cherbourg a été saisi. « L’EPR de Flamanville pourrait être un cas d’école pour les fraudes en matière de droit du travail », déclarait ainsi un des inspecteurs.

Depuis une trentaine d’années, le recours à la sous-traitance par EDF ne cesse en effet d’aug-menter. Les objectifs sont de limiter les coûts en mettant ces sous-traitants en concurrence et, surtout, en employant des salariés qui ne bénéficient pas du statut d’EDF. Ce système permet aussi de truquer les statistiques sur les risques encourus par les travailleurEs du nucléaire car les études de santé rassurantes portent le plus souvent sur les employéEs fixes et non sur cette main-d’œuvre volatile.

Ce sont elles et eux qui effectuent des tâches de maintenance, nettoyage, et réparations diverses, souvent les plus dangereuses. Ce n’est pas pour rien qu’on les appelle « viande à rems ». Des témoignages récurrents venant de diverses centrales expliquent que la société sous-traitante change le badge de l’ouvrier qui a dépassé la dose admise, pour échapper au contrôle.

Le recours massif à la sous-traitance ne fait pas courir de risques aux seulEs travailleurEs du domaine, mais également à la sécurité générale des centrales. La sous-traitance en cascade, avec une pression maximale sur les coûts, fait que des travaux sont forcément vite faits et mal faits. Cette sous-traitance incontrôlée apparaît comme une des causes les plus importantes d’accident.

Le coût de démantèlement largement sous-évalué

Cela va coûter cher, très cher ou très très cher, questionne un journaliste de l’Obs, à la suite d’un rapport parlementaire sorti en février, où il apparaît clairement qu’EDF minimise, comme à son habitude, les coûts.

« Les hypothèses optimistes sur lesquelles EDF a bâti des prévisions, de même qu’un certain nombre de dépenses lourdes négligées, conduisent à s’interroger sur la validité des prévisions » de l’énergéticien, pointe ainsi diplomatiquement le document. En tout cas, les provisions d’EDF pour le démantèlement sont pour le moins maigrelettes : 350 millions environ alors que les autres exploitants européens de centrales mettent de côté entre 900 millions et 1,3 milliard d’euros par réacteur à démanteler. Les coûts de démantèlement sont deux fois plus élevés aux États-Unis et jusqu’à trois fois plus en Allemagne !

Orano (ex-Areva) et ses dégâts humains, économiques et financiers

Orano tire l’essentiel de son uranium (40 %) au Niger, un des pays les plus pauvres de la planète, qui, comme de nombreux autres pays possesseurs de ressources précieuses, n’en profite pas. SeulEs 16 % des habitantEs y ont accès à l’électricité. Renégocié en 2014, le contrat entre Areva et le Niger semble, selon des ONG, plus défavorable qu’auparavant.

Les chiffres publiés montrent que les revenus de l’uranium ont chuté de 15 millions d’euros entre 2014 et 2015. Il faut savoir que les filiales d’Orano bénéficient de nombreux avantages fiscaux : exemptions sur les droits de douane, exonération de TVA ou encore exonération sur les taxes sur le carburants. Ce qui leur permet au final d’échapper quasiment à l’impôt.

Qui plus est, comme l’a montré un remarquable documentaire1  et un film, Colère dans le vent, d’Amina Weira, la population locale est contaminée par les activités de la mine : difficultés respiratoires, cancers, malformations d’enfants. L’eau est empoisonnée, les maisons construites avec la terre des mines, la nourriture est contaminée et le bétail se meurt. La réalisatrice reproche à Orano d’avoir accaparé les richesses du pays, sans prévenir les travailleurEs des risques, tablant sur l’ignorance des populations.

Des accords secrets, négociés en son temps par Jacques Foccart, l’un des pères de la Françafrique, ont permis à la France de se targuer de son « indépendance énergétique », basée sur l’exploitation du sous-sol africain, au prix d’ailleurs d’ingérences politiques et de conséquences environnementales et sanitaires catastrophiques.

On pourrait également parler du scandale de l’achat d’UraMin par Areva en 2007, qui a probablement donné lieu au versement de rétro-commissions et de malversations, pour lesquelles certains cadres d’Areva ont été mis en examen. Lorsqu’on sait que les noms de Balkany et Sarkozy apparaissent dans l’affaire, ainsi que des noms de banques situées dans des paradis fiscaux, on sent bien qu’il s’agit encore d’une affaire de la Françafrique.

L’ancien agent des services secrets français, Vincent Crouzet, a écrit un ouvrage2 (que la direction d’Areva a essayé en vain de faire interdire) pour rappeler les conditions de cette transaction, dans laquelle Areva a investi à perte près de 2 milliards d’euros, à l’origine en grande partie de ses difficultés financières.

L’affaire : trois gisements inexploitables ont été achetés pour près de 40 millions de dollars par des hommes d’affaires britanniques et canadiens, et revendus 15 mois plus tard pour 2,490 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros) à Areva. C’est donc de l’argent public (l’État détient 87% du capital), qui s’est évaporé dans la nature. Cette fuite est en grande partie à l’origine des difficultés financières d’Areva, renflouée par l’État à hauteur de 4,5 milliards. Deux informations judiciaires sont en cours, mais peinent à déboucher sur quoi que ce soit.

L’État continue de soutenir le nucléaire envers et contre tout

S’il fallait un exemple de cet entêtement, l’usine d’hydroliennes de Cherbourg pourrait en être une bonne illustration. En juillet 2018, le projet de déploiement de sept hydroliennes au large de Cherbourg est mort né. Naval Energies, filiale de Naval Group, détenue à 60% par l’État, a annoncé l’arrêt de ses investissements dans cette technologie.

Une usine de 5 500 m2 flambant neuve avait pourtant été inaugurée le 14 juin, juste un mois auparavant. Mais faute de soutien public, elle n’ouvrira pas. De l’argent des collectivités avait pourtant été insufflé dans le projet : 900 000 euros des collectivités locales, 100 millions pour le port. La raison ? Les pouvoirs publics s’étaient engagés par contrat sur un prix de rachat de l’électricité produite, et maintenant ils trouvent que cela coûte trop cher. Ils prétendent aussi qu’il n’y aurait pas assez de débouchés. Malgré des commandes fermes signées avec le Canada et le Japon…

Il y a donc loin des déclarations volontaires pour développer les énergies renouvelables et alternatives au nucléaire à la réalité.

Le solaire n’est plus soutenu, et du coup, ne se développe pas. L’éolien en mer a été décidé il y a dix ans, mais on ne voit toujours rien venir. Notons que la France est le pays d’Europe qui possède le plus grand nombre de kilomètres de côtes, et pourrait donc développer sans problème ces techniques.

Par exemple, le Danemark possède 506 éoliennes, le Royaume-Uni 1 753, et l’Allemagne 1 169. Et là, de nouveau, le gouvernement renonce à l’émergence d’une nouvelle filière industrielle, concurrente du nucléaire. Et c’est peut-être ici que le bât blesse : la volonté de construire six EPR à partir de 2025 semble indiquer le chemin que le gouvernement, sous la pression des lobbys du nucléaire, a décidé d’adopter.

Sortir du nucléaire, développer les énergies propres et renouvelables, semble plus que jamais urgent dans la période actuelle.

Régine Vinon Lundi 11 février 2019

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11 février 2019 ~ 0 Commentaire

affaires (france culture)

depardiau

Macron et les «affaires»

Discrétion «renfermée» et grondements policés:

Dans le vacarme politique ambiant en France, il est un silence dont on ne s’étonne même plus, un silence pourtant assez incongru. Qui a-t-on entendu dans le monde politique s’exprimer sur le contrat russe, dont ont bénéficié, selon Médiapart, les proches d’Alexandre Benalla ?

Résumons un instant le dossier, si vous en avez manqué les contours.

Un homme d’affaires russe, du nom de Iskander Makhmudov, a passé un contrat avec une société française de protection rapprochée. Autrement dit, des gardes du corps, pour sécuriser ses biens immobiliers en France, et les allées et venues de sa famille à Monaco.

La société de sécurité s’appelle Mars, elle a été créée par Vincent Crase, l’ami d’Alexandre Benalla. Ce contrat est signé début juin 2018, alors que les deux hommes, A. Benalla et V. Crase, occupent des postes sensibles. Le premier est chef adjoint du cabinet d’Emmanuel Macron. Le second est responsable adjoint de la sécurité du parti présidentiel, la République en Marche. Ils occupent toujours ces fonctions lorsqu’un versement de près de 300 000 euros est effectué, en juin 2018, par l’homme d’affaires russe.

Engrenage

Ce dernier a parfois été qualifié d’«oligarque» : le mot est un peu flou. Il s’agit en tout cas d’un milliardaire à la tête d’une société minière et de métallurgie, dont les liens avec la mafia russe ont fait l’objet d’enquête dans plusieurs pays européens.

Mediapart relève que Benalla a été en contact avec l’intermédiaire de ce milliardaire; le journal écrit même qu’il a participé de bout en bout à la négociation du contrat, ce que l’intéressé a démenti devant la commission d’enquête du Sénat.

Les enquêtes et les nouvelles révélations préciseront son rôle. Mais ces révélations dessinent un homme qui semble porter davantage d’attention à ses proches – et à leurs poches -, qu’aux obligations déontologiques d’un serviteur de la puissance publique, qui plus est au sommet de l’Etat. Un engrenage dont on se demande jusqu’où il serait allé si un article du Monde sur les violences du 1er mai n’avait pas stoppé la carrière de Benalla à l’Elysée.

Le Parquet national financier a d’ailleurs ouvert une enquête pour corruption, suite aux enregistrements dévoilés par Médiapart. Et voici la réaction hier, du ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner :

«Je pense qu’on est plus dans une affaire de cornecul que dans une affaire de James Bond». (dans l’émission « Questions politiques » sur France Inter)

Cornecul : expression chantante, légère, badine, qui confère une tonalité anodine, presque farce, à toute cette affaire. Déminer un dossier embêtant par une expression qui fait sourire, la technique ne date pas d’aujourd’hui :

«Aujourd’hui on rapporte une histoire abracadabrantesque!» (septembre 2000 par Jacques Chirac)

Revenons en 2019. Les révélations sur le contrat russe changent beaucoup de choses.

Désormais, l’affaire Benalla n’est plus réductible à la faute ponctuelle et individuelle d’un homme qui maîtriserait mal ses nerfs face à des manifestants hostiles. C’est une affaire qui mêle des flux financiers, un réseau d’amitiés et de soutiens dans les cercles officiels – le compagnon de la cheffe de sécurité de Matignon avait d’ailleurs été recruté pour le contrat russe – et donc un homme d’affaires étranger controversé, proche de Vladimir Poutine, écrit Médiapart.

Comment est-ce imaginable? Quels dysfonctionnements rendent cette faille possible?

Depuis plusieurs mois, Emmanuel Macron a dénoncé à raison l’ingérence de puissances étrangères, d’acteurs para-étatiques, dans la vie politique française. Les déclarations bruyantes d’hier n’en accentuent que davantage le contraste avec la discrétion d’aujourd’hui.

Alencontre  11 février 2019 Frédéric Says Billet de 8h15, sur France Culture 11 février 2019

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11 février 2019 ~ 0 Commentaire

baccalauréat (médiabask)

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Réforme du baccalauréat
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La langue basque en danger

A l’occasion d’une conférence de presse, l’association Euskara Geroan (défense de l’enseignement en langue basque dans les établissements du secondaire dans l’enseignement public et privé) ; a exprimé ses inquiétudes sur la réforme du lycée et du baccalauréat. Les enseignants du secteur public et privé – hors filières immersives- , redoutent des conséquences néfastes pour l’enseignement de la langue basque

Alors que le coefficient des langues anciennes se maintiendrait à 2, celui des « langues dites régionales » chuterait à 0,6.

Ce mercredi 6 février, les enseignants de basque, mais aussi de breton, d’occitan et de corse se sont mobilisés afin de défendre le statut des « langues dites régionales » dans le cadre de la réforme du lycée et du baccalauréat. Ils dénoncent la chute du coefficient de l’option « Langue régionale » et craignent une baisse des dotations pour les matières enseignées en langue basque dans les filières bilingues.

Comme l’explique Laida Etxemendi, enseignante de SVT (Sciences de la Vie et de la Terre) en basque, Euskara Geroan s’est constituée « pour veiller à l’évolution de l’euskara dans le temps, car cet enseignement est souvent fragilisé par des réformes ». Aujourd’hui, les membres de l’association ont semble-t-il de quoi s’inquiéter concernant la place des langues territoriales dans les réformes en cours.

Basques, Corses, Bretons et Occitans ont souhaité unir leurs voix afin de mieux se faire entendre.

Leur objectif : protéger le statut de ces langues afin qu’elles ne soient pas affaiblies mais au contraire préservées et renforcées. Au Pays Basque Nord, les enseignants ont remis une lettre aux élus locaux afin de les interpeller.

« Des locuteurs complets »

Deux mesures sont particulièrement visées par Euskara Geroan. Tout d’abord, l’association dénonce le flou qui entoure les dotations des matières enseignées en langue basque dans les filières bilingues.

« Nous avons très peu d’informations sur la réforme concernant la filière bilingue et nous ne savons pas si les disciplines non linguistiques vont bénéficier de dotations restrictives » s’inquiète Laida Etxemendi. Pour elle, le constat est sans appel : « s’il n’y a pas les moyens nécessaires, la filière ne pourra pas se développer et nous ne pourrons pas atteindre la parité horaire nécessaire pour obtenir des locuteurs complets ».

Les enseignements optionnels pour les élèves n’ayant pas pu suivre la filière bilingue font eux aussi l’objet d’inquiétudes.

« On voit que même si un effort a été fait pour les langues anciennes (latin et grec), cela est loin d’être le cas pour les ‘langues dites régionales’ », regrette l’enseignante. L’association Euskara Geroan dénonce la chute du coefficient de l’option Langue basque à 0,6. Celui pour les langues anciennes est pour sa part maintenu à 2. « La question de la motivation de l’élève à suivre une option comportant trois heures de cours par semaine pour un coefficient aussi bas se pose évidemment » s’indigne-t-elle.

« Peu d’établissements »

La réforme prévoit enfin une spécialité « Langue vivante étrangère régionale ». « On pourrait s’en réjouir » commente l’enseignante de SVT. « Seulement, dans la pratique, très peu d’établisse-ments bénéficieront de cette spécialité ». La réforme du lycée envisage en effet des spécialités que les élèves pourront suivre en fonction de leur projet post-bac. Sur trois spécialités choisies au niveau de la classe de première, seules deux seront poursuivies en terminale.

Le collectif d’enseignants demande également le rétablissement de l’enseignement optionnel « Langue et culture régionale » qui a été supprimé des séries technologiques.

AINHOA AIZPURU 08/02/2019

https://mediabask.naiz.eus/

Commentaire:

Les langues « régionales » sont plus en danger par le désintérêts de leurs locuteurs, de leurs enfants et petits enfants, plus que par les coupes dans les budgets. En Bretagne c’est une infime minorité qui fréquente le bilingue et les « initiations ». C’est la transmission familiale et la vie sociale qui font aussi vivre une langue. Pas que les enfants par l’école. Ce n’est pas une raison de voir l’argent des langues régionales passer en crédit d’impôts pour les riches!

Le NPA pour sa part, soutient le droits des parents de voir leurs enfants recevoir du breton: que ce soit en bilingue, initiation ou immersion, de la maternelle au BAC, avec embauche des CDI nécessaires.

 

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