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20 mai 2019 ~ 0 Commentaire

européennes (bastamag ci)

europe

Rond point de Troyalac’h, Quimper

Gauches, écologistes, néolibéraux, droites extrêmes :

Quelle force politique dominera l’Europe de demain ?

Et si on prenait un peu de hauteur avec les débats et sondages franco-français sur les élections européennes ? Les intentions de vote exprimées dans chaque pays de l’Union européenne commencent à dessiner les contours du Parlement européen de demain.

Et des rapports de forces à l’œuvre parmi les près de 400 millions d’électrices et d’électeurs, entre celles et ceux qui aspirent à davantage de politiques sociales, environnementales, à plus d’égalité fiscale, et, au contraire, à ceux qui privilégient le business à tout prix ou – parfois les mêmes – qui préfèrent montrer du doigt les migrants. État des lieux en attendant l’expression concrète des citoyens à l’issue du scrutin, qui se déroule le 26 mai en France.

Ils seront 751 députés à siéger au Parlement européen, puis 705 quand les Britanniques auront quitté l’Union. Les nouvelles alliances qui se formeront suite au scrutin du 26 mai auront des conséquences sur les politiques européennes, économiques, sociales, écologiques ou vis-à-vis des migrants.

Quel rapport de force surgira de ses élections ? D’après les derniers sondages réalisés dans chacun des États membres, les deux forces politiques traditionnelles – les conservateurs du Parti populaire européen (PPE, dont LR en France) et les sociaux-démocrates (avec ce qui restera du PS français) – devraient demeurer prédominants même s’ils perdront entre 30 et 50 députés chacun, selon les estimations du site d’analyse politique Europe Elects.

Les députés français en voie de disparition chez les sociaux-démocrates européens

Les projections attribuent environ 180 sièges aux conservateurs et 150 aux sociaux-démocrates. Les élus français rattachés à ces deux familles politiques y perdront cependant de leur influence. La France est pourtant la deuxième pourvoyeuse d’eurodéputés, dont le nombre pour chaque pays dépend du poids démographique : 96 sièges sont ainsi attribués à l’Allemagne, 74 à la France, 73 à l’Italie et au Royaume-Uni, 54 à l’Espagne, etc. Mais la droite classique, et la gauche social-démocrate encore davantage, se sont effondrées électoralement en France.

Au sein du PPE, les élus LR, qui ne réunissent que 12 % des intentions de vote, pèseront donc bien moins que leurs homologues allemands, deux fois plus nombreux, ou polonais, et autant que les Hongrois du parti de Viktor Orban – si ces derniers ne rejoignent pas un groupe d’extrê-me droite. La Hongrie ne possède que 21 sièges, mais le Fidesz, le parti ultraconservateur, est crédité de plus de la moitié des suffrages.

Au sein du groupe social-démocrate, la deuxième force politique en Europe, les députés PS-Place publique feront, au mieux, de la figuration.

Si la liste emmenée par Raphaël Glucksmann atteint le seuil fatidique des 5 %, elle pourra prétendre à une poignée de sièges. Les socialistes français y seront donc soit inexistants, soit très affaiblis face au Labour britannique (quatre fois plus nombreux, selon les derniers sondages), aux socialistes allemands ou espagnols qui devraient chacun compter au moins trois fois plus de sièges que leurs camarades français. Une fois le Brexit finalisé, le groupe social-démocrate se réduira encore davantage avec le départ d’une vingtaine d’élus britanniques.

Ils pourraient aussi perdre l’appui de la quinzaine d’élus du Parti démocrate italien, désormais tenté par une alliance avec le groupe libéral et de centre-droit dont feront partie les élus LREM.

La gauche radicale inexistante en Europe de l’Est, légère progression des écologistes

Selon ces projections, la gauche radicale européenne et les écologistes tiennent bon, et pourraient même gagner quelques sièges.

La Gauche Unie ( PCF, FI blog) devrait faire élire une cinquantaine de députés, grâce à Podemos en Espagne, Die Linke en Allemagne et la liste France insoumise emmenée par Manon Aubry en France – chacune de ses listes étant créditées de plus ou moins 10 %. Grâce aussi aux probables bons scores de Syriza, du Premier ministre Alexis Tsipras en Grèce (créditée de 25 %), du « Bloc de gauche » portugais (17%) ou du Sinn Féin irlandais (18%).

La gauche radicale a cependant été totalement balayée en Italie et reste quasi inexistante en Europe de l’Est. Sauf surprise, le Parti Communiste français ne sera plus représenté au parlement : selon les sondages actuels, la liste de Ian Brossat demeure en-deça de la barre des 5 % nécessaires pour obtenir des sièges – comme celle de Benoît Hamon (Générations).

Les écologistes devraient compter sur plus d’une cinquantaine de députés.

Les Verts allemands y seront probablement prédominants (19 %, 18 sièges), devant les écologistes français d’EELV crédités d’une petite dizaine de sièges, suivi par l’ « Ecolos » belge autour de 15 % dans les sondages. Dans les pays baltes, les mouvements écologistes pourraient également réaliser de très bons scores (entre 20 % et 25%), mais ces petits pays envoient peu de députés au Parlement européen. (Extrait voir lien)

Ivan du Roy 20 mai 2019

https://www.bastamag.net/

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Lire aussi:

Le SPD envisage une alliance avec Macron (CI)

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18 mai 2019 ~ 0 Commentaire

giltes jaunes (npa)

isf

Gilets jaunes :

Un mouvement qui marquera durablement la situation sociale et politique

Le 18 mai sera le jour de l’Acte 27 des Gilets jaunes, qui correspondra au franchissement, par le mouvement, du cap des 6 mois de mobilisation. 6 mois durant lesquels, semaine après semaine, et ce malgré les pronostics d’« essoufflement », la répression policière et les manœuvres de Macron, le mouvement s’est installé et imposé comme un fait social et politique majeur, qui a profondément déstabilisé le bel édifice macronien… et le mouvement ouvrier.

Triple révélateur

Le mouvement des Gilets jaunes a joué, à bien des égards, un rôle de révélateur, au sens photographique du terme.

Révélateur, tout d’abord, par la soudaine irruption, sur la scène de la contestation des politiques gouvernementales, des fractions des catégories populaires peu habituées à se mobiliser et à revendiquer dans l’espace public, d’une colère massive contre une politique globalement perçue comme injuste, doublée d’un sentiment (légitime) de relégation territoriale, lié notamment à l’augmentation continue des distances à parcourir pour aller ou boulot, accéder aux services publics ou tout simplement faire ses courses.

Révélateur, ensuite, du caractère contradictoire de la situation politique et sociale, avec d’une part un rapport de forces global dégradé, en défaveur de notre camp, un recul et une paralysie des organisations traditionnelles, et un affaiblissement de l’identité de classe (entendue comme une condition et une force collectives) mais, d’autre part, la possibilité d’explosions sociales, dans un contexte de crise continue du système capitaliste et de gestion néolibérale de cette crise, génératrice de toujours plus de pauvreté, d’inégalités, de précarité et de peur du déclassement.

Révélateur, enfin, de la nature profonde du pouvoir macronien, dont la violence des politiques néolibérales n’a d’égal que le mépris contre les catégories populaires, et qui n’a pas hésité, face à l’extension de la contestation, à recourir à des méthodes répressives inédites depuis des décennies. Une escalade autoritaire qui n’est pas un accident de parcours mais un élément structurant du macronisme, qui intègre nécessairement une dimension ultra-répressive dans la mesure où la faiblesse de sa base sociale et son aversion pour les « corps intermédiaires » ne peuvent lui permettre d’établir une quelconque hégémonie.

Retour de la question sociale

Six mois après le 17 novembre, premier Acte d’une mobilisation qui a pris de court l’ensemble du mouvement ouvrier – y compris le NPA –, suscitant méfiance, voire défiance au sein de ce dernier, le mouvement des Gilets jaunes peut se targuer, même s’il est loin d’avoir obtenu une réelle victoire sur ses revendications, d’avoir contraint Macron à des reculs, notamment sur l’augmentation de la taxe sur les carburants et sur la CSG des retraitéEs.

Mais la principale victoire du mouvement est d’avoir su imposer, dans le paysage politique, un « retour de la question sociale », qu’il s’agisse des salaires et des revenus, des services publics ou de la nécessaire transition écologique. Un retour de la question sociale qui a pu jouer le rôle d’encouragement aux luttes, comme dans ces nombreuses entreprises où des grèves ont été organisées pour obtenir la « prime Gilets jaunes » concédée par Macron en décembre.

Les questions démocratiques continuent d’être elles aussi sur le devant de la scène, qu’il s’agisse du contrôle sur les élus, de la nécessité de structures permettant à la population de s’emparer des discussions la concernant, ou plus généralement des institutions antidémocratiques de la 5è République, même si le mouvement, dans son ensemble, ne se distingue pas par sa structuration démocratique et que la revendication du RIC est posée, par certaines franges des Gilets jaunes, comme une solution miracle alors qu’elle est loin d’être autosuffisante.

Ce retour des questions sociales et démocratiques n’a cependant pas, à l’heure actuelle, débouché sur des victoires majeures, et le gouvernement entend bien poursuivre ses projets destructeurs.

Mais force est de constater que le pouvoir n’a pas réellement repris la main, et que l’instabilité et la confusion demeurent au sommet de l’État, avec des crises et des départs à répétition et une légitimité considérablement et durablement, voire définitivement, érodée.

On peut affirmer sans exagération que le mouvement des Gilets jaunes a provoqué un change-ment de climat majeur, qu’il va marquer durablement la situation politique et sociale, et que la plupart de ses effets, et de ses répliques, sont devant nous. Autant de leçons à tirer, de débats à mener, de perspectives à tracer et d’initiatives à prendre et à soutenir pour envisager la nécessaire construction d’une mobilisation de masse qui aille jusqu’au bout.

Julien Salingue Jeudi 16 mai 2019

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16 mai 2019 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

L’opposition à Macron : nos mobilisations

La campagne des élections européennes est donc lancée… de la pire des façons. Macron et les siens nous expliquent qu’ils veulent faire de cette élection un référendum anti-Le Pen, en mettant en scène l’affrontement supposé entre « progressisme » et « nationalisme », comme si la seule alternative se posait entre LREM et Rassemblement national.

Ce faisant, la Macronie joue un jeu particulièrement dangereux et rend le plus grand des services à l’extrême droite, qui se réjouit d’ailleurs du cadeau qui lui est offert : passer pour la seule force d’opposition réellement crédible face à Macron.

Plutôt que d’un référendum anti-Le Pen, nous voudrions au contraire que les élections européennes soient l’occasion d’un référendum anti-Macron, contre son projet antisocial et liberticide, contre leur Europe des banques et des barbelés.

Contre Macron, le RN ne sera jamais une solution

La politique du gouvernement est en effet une catastrophe généralisée : maintien d’un haut niveau de chômage, offensive contre les services publics (notamment la SNCF, l’éducation, la santé…), fiscalité injuste, avec entre autres la suppression de l’impôt sur la fortune et les cadeaux aux grandes entreprises, attaques contre les retraites, réduction des cotisations sociales… Un chiffre parmi bien d’autres en dit long sur la situation : une personne sur cinq est frappée par la pauvreté, plaçant ainsi la France, 7e puissance économique mondiale, au même rang que la Slovaquie et la Slovénie…

Marine Le Pen et le Rassemblement national veulent profiter de ce très fort rejet de la politique de Macron. Ils se prétendent anti­libéraux et veulent apparaître comme un soutien aux classes populaires. Mais le programme du RN est en réalité opposé aux besoins de la population : il ne s’oppose pas du tout à la concurrence économique, aux privatisations… mais par contre combat les syndicats, la démocratie, l’égalité entre FrançaisEs et étrangerEs, entre hommes et femmes…

Après avoir prétendu soutenir, pendant quelques semaines, le mouvement des Gilets jaunes, il y est aujourd’hui opposé, en tant que parti de l’ordre, car la mobilisation conteste le système politique et économique, l’ordre social, et les violences policières. Malgré sa pseudo-modernisation et son discours faussement social, le RN reste le pire ennemi du monde du travail, des droits démocratiques.

Un vote anticapitaliste et internationaliste

Lors de ces élections européennes, le NPA appelle à voter pour la liste présentée par Lutte ouvrière, parce que nous estimons que cette organisation propose un programme anticapitaliste et internationaliste et défend les intérêts des classes populaires.

Une singularité à gauche, puisque l’ensemble des autres organisations, même si nous nous retrouvons avec certaines d’entre elles dans les luttes contre les politiques de Macron, refusent de s’inscrire dans une logique résolument anticapitaliste et d’affirmer un point de vue internationaliste, avec notamment la défense de la liberté totale de circulation et d’installation et l’opposition aux expéditions militaires et aux politiques impérialistes françaises et/ou européennes.

Cela n’élimine pas les nombreux désaccords que nous pouvons avoir avec Lutte ouvrière. En particulier, nous portons une critique bien plus forte de l’Union européenne, de ses institutions et de ses traités.

Nous considérons en outre que les revendications écosocialistes, démocratiques, antiracistes, féministes et contre toutes les formes de discriminations, ne peuvent se dissoudre dans une campagne exclusivement articulée autour de la défense des travailleurEs contre le « grand capital ».

Mais nous estimons que, dans une situation de confusion politique de laquelle l’extrême droite et le pouvoir envisagent, chacun à leur manière, de tirer les marrons du feu, il est important de faire entendre, autant que possible, une voix de rupture avec le capitalisme, pour une Europe des travailleurEs et des peuples, de la solidarité, contre celle du capital et de la mise en concurrence généralisée.

C’est dans la rue que ça se passe !

Au vu de l’urgence sociale et démocratique et de l’impossibilité de changer les institutions européennes de l’intérieur, nous demeurons cependant convaincus que ce sont bien l’expres-sion de la colère sociale et la contestation, dans la rue, de ce pouvoir, qui restent la meilleure façon d’obtenir ce que nous voulons.

Après avoir mis un rude coup à la SNCF et aux universités l’an dernier, le gouvernement poursuit en effet son offensive contre les services publics, malgré la forte déstabilisation et le changement de climat qu’a engendré le mouvement des Gilets jaunes. Il s’attaque ainsi à l’éducation avec la loi Blanquer, qui vise à décupler la sélection sociale de la maternelle au lycée, mais aussi au système hospitalier dans son ensemble, suscitant des résistances salutaires, comme dans les services d’urgences de l’AP-HP.

Le pouvoir veut également avancer sur l’augmentation de la durée des cotisations pour la retraite, la privatisation des aéroports, la suppression de 120 000 postes dans la fonction publique, l’augmentation des frais d’inscription dans les universités, en commençant par ceux des étrangerEs. Avec la stratégie éculée d’attaquer chaque secteur l’un après l’autre, Macron et le gouvernement espèrent que les colères ne vont pas converger. Faisons-le mentir ! Il est temps de mettre un coup d’arrêt à cette casse sociale et de dégager Macron et un pouvoir au service des riches et des multinationales.

Jeudi 16 mai 2019

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14 mai 2019 ~ 0 Commentaire

benoît (rp)

benoit

Benoît Hamon, l’itinéraire opportuniste d’une “nouvelle gauche” libérale

Aujourd’hui à 3% d’intentions de votes pour les Européennes, Benoît Hamon, homme politique apparatchik du PS, compte déjà derrière lui une longue carrière faite de renoncements et de revirements.

Parti prenant du vaste mouvement étudiant contre le projet de loi Devaquet en 1986 destiné à renforcer la concurrence et la sélection au sein des universités, Benoit Hamon se rapproche néanmoins du courant de Michel Rocard au sein du parti socialiste.

Premier marqueur politique de Benoît Hamon. Michel Rocard défendait alors cette “nouvelle gauche” enthousiaste à l’égard des marchés, adepte de la « nationalisation au compte-goutte », une gauche se voulant de gouvernement et « réaliste”.

A l’initiative d’un véritable tournant vers la droite, Rocard participera à traduire des ouvrages de Friedrich Hayek, maître-penseur du néolibéralisme. Un homme dont les prises de position résument à elles seule la trajectoire de cette « gauche de droite », qui, durant la deuxième moitié des années 1980, a été le 1er ministre qui a le plus usé du « 49-3 », avant de déclarer à l’orée de sa mort, qu’il considérait la loi travail comme « une chance pour la France ». Bref, un « homme de gauche » auprès duquel Hamon fera ses armes.

Ainsi, Hamon fera campagne avec sa section de Brest en faveur du traité de Maastricht lors du référendum de 1992. Acte de naissance de l’Union Européenne dans sa forme la plus aboutie, machine de guerre au service du capital, où prévalait l’intégration monétaire et le règne du marché.

Progressivement, Hamon parvient à la tête du Mouvement des Jeunes Socialistes  (MJS) et obtient son autonomie. Parvenu à grossir ses rangs de 500 à près de 3000 adhérents, Hamon accepte en 1995 un poste de conseiller de la jeunesse auprès de Lionel Jospin.

Alors candidat à la présidentielle, Jospin exprime une gauche qui lorgne toujours plus à droite, concédant que “l’Etat ne peut pas tout” et entérinant par là une longue série de renoncements qui feront la marque de fabrique de cette « gauche » qui porte la responsabilité du discrédit de la gauche auprès des classes populaires à l’heure actuelle.

En 1997, l’ancien président du MJS rejoint le cabinet de Martine Aubry au Ministère de l’emploi et contribue à la réforme des 35 heures. Mais à la primaire de 2007, il prend position pour Laurent Fabius contre Ségolène Royal.

Si Fabius était un partisan du non en 2005, tout comme Benoît Hamon, il a à son « crédit » la privatisation de 49% du capital des autoroutes du Sud de la France. Et le 16 mai 2012, Hamon accepte le poste de ministre délégué à l’Économie sociale et solidaire aux côtés de Pierre Moscovici.

Alors ministre de l’Economie et des Finances, Moscovici, proche de Strauss-Kahn et Rocard, mènera une « politique de l’offre », autrement dit des cadeaux aux patrons à travers le “Pacte de responsabilité” et le “CICE”, allégeant de 50 milliards les grandes entreprises. Pour rappel, ce dernier sera récompensé de ses loyaux services par une nomination au poste de Commissaire européen aux affaires économiques.

Début avril 2014, Benoît Hamon se voit nommé ministre de l’Education nationale par Manuel Valls. Mais, paralysé devant la possibilité d’une grève des enseignants à l’approche de la rentrée, il démissionne le 25 août.

De nouveau député, frondeur de la majorité, il profit de la droitisation accélérée du gouvernement Hollande pour s’offrir à moindre frais une image « d’homme de gauche ». Il s’oppose par exemple à la déchéance de nationalité, dénonce la position ambiguë du gouvernement sur le port du voile et bataille pour la reconnaissance du symptôme de “burn-out”.

Néanmoins, Benoît Hamon s’avère être “favorable à l’examen du texte” de la Loi Travail de 2016 portée par la ministre Myriam El Khomri, facilitant les licenciements et précarisant le statut de salarié. À la présidentielle de 2017, Hamon candidat continuera de tracer son sillon à gauche en militant notamment pour un revenu universel ou encore pour « une autre loi Travail », affirmant conserver le droit à la déconnexion ou encore le CPA, véritable cadeau empoisonné made in PS .

Derrière ce qui a été décrit comme un « sac à dos » des droits, se cache.en réalité une logique de précarisation et d’individusalition des droits sociaux, puisqu’il s’agit à terme d’intégrer dans le CPA « l’ensemble des droits sociaux et de la protection sociale » (retraite, chômage, assurance-maladie). Il fait entrer par la fenêtre la perspective de la protection sociale par capitalisation.

Totalement individualisés, les droits pourront être transférés d’un « compte » à l’autre et on pourrait imaginer que dans quelques années un salarié puisse être mis face au choix de puiser dans sa retraite pour se payer une formation, par exemple. Il s’agit d’un énorme coup porté contre quelque chose qui constitue une racine de toute l’histoire du mouvement ouvrier qui est le principe de mutualisation.

Ce qui est en jeu c’est la disparition de l’attachement des droits des travailleurs aux statuts collectifs au profit d’une individualisation et d’une réduction des charges patronales. Une mesure dans la lignée de cette « gauche » rocardienne résolument néolibérales

Aujourd’hui, si Benoît Hamon dénonçait il y a peu l’austérité économique prônée par Bruxelles, son itinéraire, jalonné de participations et de soutiens à des gouvernements et figures politiques influencées (ou revendiquant ouvertement) le néolibéralisme, a de quoi rendre confuses ses prises de positions pour une Europe « plus sociale », reprenant le rhétorique éculée de la « démocratisation » de l’Europe et des traités.

Une vision « sociale » quelque peu élargie si l’on prend note de la proposition de Benoît Hamon de créer une… armée européenne. Une position d’autant plus opportuniste, et marquée de maints revirements au sujet de l’Europe, ce dernier fustigeant désormais, après pourtant s’être prononcé en faveur du Traité de Maastricht, une Europe régie par la concurrence.

Un revirement à l’image d’un parcours scandé par les soubresauts et virages opportunistes d’une « gauche » dans la pure tradition du libéralisme à la Rocard.

Jules Fevre lundi 13 mai

https://www.revolutionpermanente.fr/

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14 mai 2019 ~ 0 Commentaire

macron biodiversité (npa)

macron maya

Plan biodiversité : Macron fait du surplace

Il aura suffi que l’IPBES1 dise qu’un million d’espèces animales et végétales (1 sur 8) sont menacées d’extinction à brève échéance, pour que Macron communique et dégaine un « plan pour sauver la biodiversité ».

Personne n’a oublié que, lors de sa conférence de presse du 25 avril, Macron n’a ni évoqué l’écologie, ni même prononcé le mot « biodiversité ». Un détail qui n’arrête pas le « roi de la Terre » toujours prêt à faire miroiter des promesses, surtout en période électorale. Mais qui peut y croire ?

Macron, roi du recyclage !

Rien de nouveau dans ses déclarations. Le « 100% derecyclage du plastique » dont la pollution a été multipliée par dix depuis 1980, a déjà été promis en août 2018. L’élimination des « emballages problématiques » est prévue dans le pacte signé en février 2019 avec la grande distribution.

La « baisse de 50% de l’utilisation des produits phytosanitaires d’ici 2025 » a été formulée dans les plans Ecophyto de 2007 et de 2018, avec la réussite que l’on connaît !

Cela alors qu’environ 300-400 millions de tonnes de métaux lourds, solvants, boues toxiques et autres déchets issus des sites industriels sont déversés chaque année dans les eaux du monde, que les engrais qui arrivent dans les écosystèmes côtiers ont produit plus de 400 « zones mortes » dans les océans. La « lutte contre le gaspillage alimentaire », déjà l’objet d’une loi qui oblige à donner aux associations les surplus alimentaires, ne sera renforcée d’aucune mesure concrète.

Quand c’est flou… 

Macron promet de « réviser les aides fiscales et budgétaires » et « de compléter le plan biodiversité de Hulot de 2018 », sans aucune précision. Il prévoit « l’extension des aires maritimes et terrestres protégées » (respectivement de 22% et 21%), qui passeraient à 30% d’ici 2022. Mais la plupart de ces espaces n’ont toujours pas de vrai plan de gestion avec des moyens pour le mener.

De plus, les annonces de Macron contredisent le texte voté au Sénat en avril dernier qui, s’il est adopté, confierait aux Fédérations de chasse la gestion de réserves naturelles nationales, et des réserves nationales de la chasse et de la faune sauvage, aujourd’hui sous la responsabilité de l’État. Macron cajole les chasseurs…

La biodiversité n’est pas compatible avec le système 

Macron veut enrayer l’artificialisation des terres. Chiche! Qu’il stoppe les projets inutiles et destructeurs : les projets autoroutiers (Rouen, Stasbourg…), le complexe Europacity au nord de Paris, le bétonnage de la côte prévu à Fréjus, le remplacement du transport des primeurs, par train Perpignan-Rungis, par 25 000 camions…

Qu’il signe l’arrêt du projet de mine d’or en Guyane, des importations d’huile de palme de la raffinerie Total de La Mède (Bouches-du-Rhône)… Fidèle serviteur des grands groupes du BTP, de l’énergie et des banques, il ne mettra jamais à contribution les profits pour enrayer la chute de la biodiversité.

Nul besoin d’un opportuniste de plus !

Ne comptons que sur nos collectifs de lutte pour imposer l’arrêt du saccage de la Terre. Servons-nous des réflexions et des expériences menées, appuyons-nous sur les mobilisations de plus en plus nombreuses dans le monde, amplifions-les, faisons-les converger pour sortir du système capitaliste responsable de la crise écologique majeure.

Commission nationale écologie

  • 1. Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystèmiques.

Mardi 14 mai 2019

https://npa2009.org/

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14 mai 2019 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

une

Sanctionnons Macron dans les urnes…

et surtout dans la rue !

La campagne des élections européennes est donc lancée… de la pire des façons. Macron nous explique qu’il veut faire de cette élection un référendum anti-Le Pen… alors que nous rêvons au contraire touTEs d’en faire un référendum anti-Macron !

En effet, la politique de ce gouvernement est une catastrophe généralisée. Maintien d’un haut niveau de chômage, offensive contre les services publics (notamment la SNCF, l’éducation, la santé…), suppression de l’impôt sur la fortune, attaques contre les retraites, réduction des cotisations sociales… Une personne sur cinq est frappée par la pauvreté, plaçant ainsi la France, 7e puissance économique mondiale, au même rang que la Slovaquie et la Slovénie…

Le RN ne sera jamais une solution

Marine Le Pen et le Rassemblement national veulent profiter de ce très fort rejet de la politique de Macron. Ils se prétendent antilibéraux et veulent apparaître comme un soutien aux classes populaires.

Mais le programme du RN est opposée aux besoins de la population 

Il ne s’oppose pas du tout à la concurrence économique, aux privatisations… mais par contre combat les syndicats, la démocratie, l’égalité entre FrançaisEs et étrangerEs, entre hommes et femmes…

Après avoir prétendu soutenir, pendant quelques semaines, le mouvement des Gilets Jaunes, il y est aujourd’hui opposé, en tant que parti de l’ordre, car la mobilisation conteste le système politique et économique, l’ordre social, et les violences policières. Le RN reste le pire ennemi du monde du travail, des droits démocratiques.

Dimanche 26 mai, votons anticapitaliste et internationaliste

Lors de ces élections européennes, le NPA appelle à voter pour la liste présentée par Lutte Ouvrière, parce que nous estimons que cette organisation propose un programme anticapitaliste et internationaliste et défend les intérêts des classes populaires.

Cela n’élimine pas les nombreux désaccords que nous pouvons avoir avec cette organisation. En particulier, nous portons une critique bien plus forte de l’Union Européenne

Nous pensons que, dans une situation de confusion politique dont l’extrême droite et le pouvoir entendent chacun à leur manière tirer les marrons du feu, il est important de faire entendre autant que possible une voix de rupture avec le capitalisme, pour une Europe des travailleurEs et des peuples, de la solidarité, contre celle du capital et de la mise en concurrence généralisée.

C’est dans la rue que ça se passe !

La colère sociale, la contestation de ce pouvoir restent encore la meilleure façon d’obtenir ce que nous voulons.

Après avoir mis un coup à la SNCF et aux universités l’an dernier, le gouvernement poursuit son offensive contre les services publics.

Il s’attaque à l’éducation avec la loi Blanquer, qui vise à décupler la sélection sociale de la maternelle au lycée.

Il veut aussi avancer sur l’augmentation de la durée des cotisations pour la retraite, la privatisation des aéroports, la suppression de 120 000 postes dans la fonction publique, l’augmentation des frais d’inscription dans les universités, en commençant par celles des étrangerEs.

Avec la stratégie éculée d’attaquer chaque secteur l’un après l’autre, Macron et le gouvernement espèrent que les colères ne vont pas converger.

Faisons-le mentir ! Il est temps de mettre un coup d’arrêt à cette casse sociale, de dégager Macron et le capitalisme.

Montreuil le lundi 13 mai 2019

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Mardi 14 mai 2019

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13 mai 2019 ~ 0 Commentaire

élections (red flag)

 maire

Que disent les marxistes sur les élections?

Pendant le chaos de la guerre entre la France et la Prusse entre 1870 et 1871, des travailleurs français s’emparèrent de Paris pour diriger la ville de manière radicalement démocratique. La Commune de Paris a prouvé que le socialisme pouvait être construit par l’auto-organisation directe de la classe ouvrière.

Et cela a convaincu Karl Marx que les travailleurs ne peuvent pas simplement prendre le contrôle de l’appareil d’État existant, mais doivent prendre le pouvoir par le biais de leurs propres institutions, qui sont bien plus démocratiques que «décider une fois en trois ou six ans quel membre de la classe dirigeante devait tromper le peuple au parlement « .

La Commune de Paris, de courte durée, a également secoué les parlements européens. En Prusse, des socialistes inspirés par Marx avaient été élus. Ils ont utilisé leur position pour dénoncer la guerre, même au plus fort de la ferveur nationaliste, et ont été brièvement emprisonnés pour cela. Libéré de prison et de retour au parlement, le socialiste allemand August Bebel a loué les ouvriers français révolutionnaires en répétant leur slogan: «La guerre dans les palais, la paix dans les maisons ».

Un peu plus tard, il fut reconnu coupable de trahison avec son camarade Wilhelm Liebknecht. Depuis leur cellule de prison, ils ont été réélus au Parlement après un vote socialiste qui avait plus que doublé. Ils ont utilisé leur place au parlement pour condamner l’État, pour construire la solidarité de la classe ouvrière internationale en temps de guerre et pour hisser la bannière des travailleurs français révolutionnaires à travers l’Europe. C’était une utilisation socialiste héroïque du système parlementaire.

Mais ce succès a aussi engendré un désastre. Les socialistes allemands étaient de brillants avocats parlementaires. Au cours des décennies suivantes, leur représentation au parlement augmenta et leur parti se concentra sur la participation et la victoire aux élections. Le mouvement socialiste s’est empêtré dans le royaume contre lequel il se battait.

Au début de la Première Guerre mondiale, en 1914, le mouvement socialiste allemand était transformé ainsi que son aile parlementaire. Le parti socialiste le plus important d’Europe occidentale était devenu pro-guerre et contre-révolutionnaire. De nombreux facteurs ont conduit à cette trahison, mais l’immersion dans le système parlementaire était important.

Pourtant, les anticapitalistes ne peuvent ignorer le Parlement.

C’est là que se passe la politique officielle, où les projets de loi deviennent lois et où sont définies les priorités sociales. En revanche, la prise de décision politique et démocratique est exclue. Le Parlement se veut un organe décisionnel ouvert à tous, sur un pied d’égalité: riches et pauvres, hommes et femmes, noirs et blancs, etc.

Chaque vote étant censé avoir le même poids, les inégalités sociales sont effacées lors d’une élection: le parlement est un modèle de société égalisé, dans lequel tous les principaux courants d’opinion sont représentés, dans lequel des décisions peuvent être prises qui représentent la volonté du peuple.

Bien sûr rien de tel. Les parlementaires deviennent membres des classes supérieures et la plupart sont issus des classes moyennes. Ils se déplacent dans les cercles des riches et des puissants. Leurs campagnes sont financées par les riches et les médias capitalistes fixent leurs limites dans les débats électoraux. Les politiciens loyaux reçoivent des retraites et des sinécures après avoir quitté le Parlement. Ce système de clientélisme pacifique est si bien enraciné que nous avons souvent du mal à imaginer ce qui se passerait si un politicien se révoltait.

La plupart des pouvoirs de la société sont en réalité extérieurs au Parlement – ils sont entre les mains des PDG et des présidents de sociétés qui contrôlent la plupart de l’économie.

Ainsi, les gouvernements rebelles peuvent être directement mis au pas par la classe dirigeante sans élection: les capitalistes peuvent utiliser leur pouvoir économique pour créer des ravages économiques, et ils le font systématiquement lorsque de véritables socialistes forment le gouvernement.

Des élections peu fréquentes aident à maintenir le système de cette façon. Nous ne les voyons qu’à à peine, et la plupart d’entre nous ne saurait nommer notre «représentant» parlementaire local. Mais les grands capitalistes les connaissent personnellement et peuvent interagir avec eux – et les aider de différentes manières à former les «bonnes» opinions – chaque fois qu’ils en ont besoin.

Si cela ne fonctionne pas, les structures non élues de l’État peuvent éliminer des gouvernements rebelles. Les tribunaux peuvent annuler leurs décisions. Les haut fonctionnaires peuvent saboter les parlements. Et, en fin de compte, les officiers de l’armée peuvent, au besoin, intervenir pour mettre en place un régime militaire.

Les parties élues de l’État constituent une partie relativement infime de la société, avec peu de pouvoir direct, et elles peuvent être restreintes ou dissoutes lorsque le système l’exige. Le vrai pouvoir est en dehors d’elles.

Daniel Taylor 07 mai 2019

https://redflag.org.au/

Commentaire:

Des camarades australien(ne)s

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13 mai 2019 ~ 0 Commentaire

cgt (anti-k)

cgt fsm

À la CGT, comme un air révolutionnaire

Le syndicat, doublé par la CFDT en termes de résultats aux dernières élections professionnelles, est tiraillé entre la ligne dure et la réformiste, au moment où s’ouvre son 52e congrès, à Dijon lundi.

«La CGT a été dans l’incapacité d’opposer un rapport de forces à la déferlante de lois et mesures antitravail, de la loi El Khomri aux ordonnances Macron.» 

Désormais deuxième centrale syndicale de France, après s’être fait doubler par la CFDT, elle «accuse une baisse sensible du nombre de […] syndiqués». Cerise sur le gâteau, elle est «étrangère au mouvement social le plus marquant de ces dix dernières années», celui des gilets jaunes.

Alors que s’ouvrira, ce lundi à Dijon, le 52e Congrès de la CGT, le bilan est sévère.

D’autant qu’il est dressé de l’intérieur, par sa Fédération nationale des industries chimiques, en amont de ce rendez-vous syndical au cours duquel le secrétaire général de la centrale doit être élu. En apparence, avec un seul volontaire déclaré, Philippe Martinez, candidat à sa succession, ces cinq jours s’annoncent sans suspense.

Pourtant, la centrale aux 653 194 adhérents déclarés (en 2017) pourrait connaître des turbu-lences. Pas moins de 1 000 délégués, issus des différentes fédérations, des unions départemen-tales ou locales, vont se réunir pour faire le bilan des trois dernières années et définir une nouvelle feuille de route. Or dans les rangs, ils sont plusieurs à pointer la stratégie de la direction et à réclamer un durcissement de la ligne, durcissement qu’ils comptent bien faire inscrire dans le texte qui sera voté.

Dialogue social ou lutte de classes ?

La querelle n’est pas nouvelle. Mais en décembre, elle est montée d’un cran. Dénonçant la «tentation d’un virage réformiste» de la CGT qui «prône le dialogue social comme une fin en soi», une vingtaine de syndicats cégétistes ont pris la plume pour rédiger un document de résolutions «alternatif» en vue du congrès.

Une initiative à contre-courant des traditions maison.

Objectif des signataires, dont la branche Info com : «Sauver la CGT en perte de repères» en réaffirmant son caractère «révolutionnaire», et son attachement à «la lutte des classes» et à la dénonciation du capitalisme. Quatre mois plus tard, en avril, un second coup a été porté par d’autres militants, issus de la fédération des industries chimiques et de celle du commerce et des services. En plein mouvement des gilets jaunes, ils ont lancé un large appel en faveur d’un «Front populaire et citoyen» avec un objectif clair : la convergence. Mais «rien à voir avec le congrès», assure un des initiateurs.

Reste que toutes ces critiques trouvent un écho chez les syndicalistes de la base croisés dans les cortèges.

Certains jugeant que la centrale «perd trop de temps à négocier» avec le patronat ou lors de «concertations» avec le gouvernement. D’autres plaident pour un «syndicalisme plus offensif» passant par la «grève générale». «A la CGT, il y en a qui me trouvent trop dur, il y en a qui me trouvent trop mou», reconnaissait, en avril, Philippe Martinez.

Pragmatique, le secrétaire général explique aussi que la grève générale «ne se décrète pas» et mise plutôt sur une «généralisation des grèves». Tout en cherchant à remettre au goût du jour le discours d’une ancienne figure de la CGT, Henri Krasucki, en promouvant un syndicalisme du quotidien, celui «de la feuille de paie et du carreau cassé». Pas sûr que cela suffise.

Syndicalisme solo ou rassemblé ?

Les atermoiements de la centrale, fin 2018, en disent long sur les tensions à ce sujet. Le  6  décembre, en sortant d’une intersyndicale, avec notamment la CFDT, la CGT signe une déclaration commune, dans laquelle les centrales s’engagent à participer au dialogue social avec le gouvernement, et ce de manière collective, «chaque fois que cela sera possible». 

En plein mouvement des gilets jaunes, le texte dénonce aussi «toutes formes de violence dans l’expression des revendications». Quelques minutes plus tard, changement total de ton. Une autre missive, rédigée par la seule CGT, pointe, cette fois, la «répression inadmissible». 

Dans la foulée, la centrale annonce qu’elle ne participera pas au grand débat lancé par Macron. Entre les deux textes, nul doute que les branches les plus contestataires de la centrale ont mis la pression. Les mêmes qui dénoncent régulièrement tout rapprochement avec la CFDT et veulent rompre avec le concept du «syndicalisme rassemblé» visant à favoriser l’unité d’action syndicale.

«Martinez, il ne met plus les pieds chez nous, sinon il ne peut plus rentrer à Montreuil», où se trouve le siège de la CGT, assure, un brin amusé, un responsable de la CFDT. «Qu’il y ait des gens de tous horizons chez nos militants, c’est normal, c’est comme dans le reste de la société», répond un responsable de fédération, agacé par le mythe d’une CGT divisée ou noyautée par l’extrême gauche.

La CGT au-delà des frontières : CES ou FSM ?

Dans la même veine, la question des alliances internationales de la CGT «devrait faire de l’animation» lors du congrès, prédit un responsable confédéral.

D’un côté, certains pensent que la centrale doit rester dans la Confédération européenne des syndicats (CES) à laquelle elle a adhéré, comme la plupart des syndicats français, dans les années 90. C’est le cas de Bernard Thibaud, ex-numéro 1 de la centrale, qui s’est récemment inquiété que la CGT «décide de faire cavalier seul en Europe en quittant la CES». 

En face, d’autres envisagent sérieusement ce scénario. Comme le secrétaire général de la CGT du Val-de-Marne qui décrivait, en 2017, la CES comme une organisation «engluée dans l’accompagnement du capitalisme mondialisé, dans le lobbying, dans le syndicalisme professionnel et institutionnel, dans la compromission et l’impuissance». 

En parallèle, se pose aussi la question d’une nouvelle adhésion à la bien plus contestataire et historiquement proche du PCF: la Fédération syndicale mondiale (FSM) que la CGT avait quitté au moment de rejoindre la CES. Un pas qu’ont déjà franchi des fédérations comme celle du commerce et des services ou encore celles de l’agroalimentaire et des industries chimiques.

«On a été confronté à des reculs sur le plan social ces derniers temps, ça entraîne plus de repli que d’ouverture de la part de certains militants», regrette un responsable de la CGT. Un autre se veut confiant et espère des «débats sereins», soulignant combien «tout le monde a conscience que, face à ce gouvernement, la CGT doit sortir de ce 52Congrès en ordre de bataille». 

Amandine Cailhol Libération, 10 mai 2019

https://www.anti-k.org/

Lire aussi:

Syndicalisme international: Un panorama pour y voir clair (Alternative Libertaire)

CGT: l’opposition à Philippe Martinez présente une alternative (Le Monde)

Fédération Syndicale Mondiale (Wikipedia)

Congrès de la CGT : pourquoi les débats s’annoncent vifs sur les questions internationales (Bastamag)

En congrès, la CGT face à ses difficultés structurelles (Anti-K)

En direct du congrès CGT : Philippe Martinez ne veut froisser personne (AL)

52ème Congrès CGT : Martinez sur la défensive (NPA)

CGT. Des syndicats « révolutionnaires » critiquent la ligne de Philippe Martinez (OF)

Congrès CGT : proposer ou lutter ? (LO)

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11 mai 2019 ~ 0 Commentaire

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flic

La liberté de manifester n’est déjà plus un droit à défendre

Mais à reconquérir!

La manifestation parisienne du 1er mai a été l’occasion, pour le pouvoir, de franchir un nouveau cap répressif. Une ville en état de siège, près de 18 000 contrôles préventifs, et des techniques de « maintien de l’ordre » qui apparaissent de plus en plus comme étant destinées à dissuader quiconque de revenir défiler dans la rue. À Paris et ailleurs, beaucoup se posent de plus en plus la question : pourra-t-on encore, demain, manifester en France ?

Si la question peut paraître provocatrice ou excessive, elle est bel et bien dans l’air du temps, et l’on ne peut guère douter de la sincérité de celles et ceux qui (se) la posent, et des craintes bien réelles que ressentent un nombre croissant de gens qui n’osent plus descendre dans la rue alors que, dans un autre contexte, ils et elles viendraient grossir les rangs des manifestations du samedi… et des autres défilés revendicatifs.

Contrôles préventifs, violences policières, utilisation d’armes mutilantes, condamnations judiciaires, législation anti-manifestation : force est de constater que ces éléments ne font pas que s’additionner, mais forment, ensemble, un système cohérent, dont la finalité, malgré l’affichage sécuritaire, n’est autre que de décourager le plus grand nombre de participer à des manifestations.

Quelque chose a changé

La répression des manifestations n’est pas nouvelle. Mais les transformations qui se sont opérées ces dernières années, notamment depuis l’instauration de l’état d’urgence en novembre 2015, sont spectaculaires. À Paris, et dans bien d’autres villes, il semble ainsi bien loin, pour ne pas dire révolu, le temps des « manifestations familiales » du 1er mai, où l’on pouvait défiler sans risquer de se faire gazer ou charger à chaque instant, et où les stands des organisations politiques étaient des endroits où l’on pouvait se retrouver, se restaurer et discuter, et non des lieux de refuge (précaire) face aux agissements violents des policiers et gendarmes.

Quelque chose a changé. L’autoritarisme est en marche, n’en déplaise à ceux qui nous répètent chaque semaine sur les plateaux des chaînes d’information que « la France est une démocra-tie » et qu’ « il ne faut pas tout mélanger ». On a parfois peur, ou honte, de (se) le dire, notam-ment lorsque l’on est militantE, mais il n’y a aucune raison de ne pas l’affirmer.

La répression des manifestations a atteint un niveau sans précédent depuis le début des années 1960. Pour le formuler autrement : la quasi-totalité d’entre nous n’a jamais connu ça, et ça fait peur. Et lorsque l’on regarde le chemin parcouru au cours des 5 dernières années, on ose à peine imaginer ce que pourrait être la situation dans 5 ans si le rouleau compresseur n’est pas stoppé…

« J’ai cru qu’ils voulaient nous tuer »

« Nous ne pouvons pas bouger et nous nous prenons de plein fouet la pression de la foule tentant d’échapper aux coups de matraque. Soudain je sens et j’entends ma cage thoracique craquer. Je hurle. Je pense que je vais mourir là, écrasée par la foule, à cause de cette stratégie policière criminelle » ; « On voulait juste éviter de se faire gazer, de se prendre un projectile. C’était complètement fou : tout le monde voulait échapper à ce que faisaient les forces de l’ordre ! » ; « Je n’ai jamais eu aussi peur dans une manifestation » ; « J’ai déjà vécu des moments difficiles en manif. Mais jamais à ce point-là.

J’ai cru qu’ils voulaient nous tuer » : les témoignages recueillis par Bastamag1 après la manifestation du 1er mai à Paris sont éloquents. Des milliers de personnes ont été prises dans une nasse géante, que les forces de répression ont, petit à petit, resserrée, gazant et matraquant à tout va, semant la panique et contraignant les gens à trouver refuge dans des commerces, des halls d’immeuble ou… la cour de la Pitié-Salpêtrière.

Depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, les récits et les vidéos affluent, depuis Paris, Toulouse, Bordeaux, Strasbourg, Lyon, Marseille, Rouen… qui confirment que nous sommes confrontés à une politique nationale, coordonnée, assumée par le pouvoir. Une politique violente, à l’image de la brutalité des contre-réformes d’un gouvernement pour qui l’anéantissement des droits démocratiques est le corollaire logique et même, dans une certaine mesure, la condition de possibilité, de la destruction des droits sociaux.

Crier au loup avant d’être dévorés

« Lorsque les fascistes reviendront, ils auront le parapluie bien roulé sous le bras et le chapeau melon. » Ainsi s’exprimait Georges Orwell, aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, pour avertir que l’histoire ne se répète jamais à l’identique et que le fascisme, à l’instar de bien d’autres courants politiques, pouvait tirer les leçons du passé et muter, au moins en apparence, pour se démarquer formellement d’un héritage peu glorieux tout en conservant l’essentiel de ses caractéristiques.

Il en va de même de l’autoritarisme, qui n’a pas besoin, pour se développer, d’instaurer le régime du parti unique, de mettre en place une police politique ou de jeter en prison l’ensemble de ses opposants.

Le pouvoir macronien ne peut évidemment pas être qualifié de fasciste, ce qui reviendrait à considérablement relativiser les singularités du fascisme, entre autres et notamment son obsession de la « régénération nationale » et de l’élimination des « dégénérés ». Mais l’affirma-tion selon laquelle, en France – comme dans bien d’autres « démocraties occidentales » –, l’autoritarisme est bel et bien en marche, est aujourd’hui difficilement contestable, à moins de vouloir s’accrocher à la métaphore-oxymore des « dérapages systématiques » ou d’oublier que la frontière entre quantité et qualité n’est pas étanche…

« L’autoritarisme se traduit notamment par la primauté de l’exécutif et la restriction des libertés politiques », nous apprend le dictionnaire Larousse : une définition certes incomplète et peu dynamique, mais qui décrit une réalité dont les ressemblances avec le macronisme ne sont pas purement fortuites…

Mensonges d’État

La multiplication des mensonges d’État, au cours des dernières semaines, est symptomatique de cette tendance. Là encore, dira-t-on, rien de bien nouveau. Mais on ne peut manquer de relever que, du cas de Geneviève Legay à la récente affaire de la Pitié-Salpêtrière, la récurrence de la dyade négation des violences policières-inversion de la culpabilité fait elle aussi système.

Confronté aux évidences, le pouvoir nie, le pouvoir ment, en conscience et effrontément, symptôme de sa crainte de laisser apparaître la moindre faille et, surtout, succession de réitérations quasi-pavloviennes de sa solidarité avec un appareil répressif duquel il est de plus en plus dépendant. Et l’on ne s’attardera pas ici sur cet autre indice qu’est le recours de plus en plus fréquent à une rhétorique toute orwellienne, par laquelle la guerre devient la paix, l’esclavage la liberté, l’ignorance la force et la répression la protection2.

Le développement de cet autoritarisme du 21e siècle n’est pas un accident de parcours. Répression policière, attaques contre la liberté de la presse et offensive contre les droits démocratiques font système, et sont un élément structurant du macronisme.

Comme le soulignait Romaric Godin3, la conviction de Macron et de ses proches de détenir la « vérité » en matière économique, à savoir la nécessité de « briser les compromis du passé et de soumettre le pays, pour son « bien », à l’ordre économique », couplée à la faiblesse de leur base sociale, légitime en effet à leurs yeux un contournement, voire une destruction des cadres démocratiques : « Puisque le président de la République connaît la vérité, sait quelle est la bonne voie pour la France, il a le devoir, pour le bien de la France, de mener le pays dans cette voie, contre le désir du pays lui-même. Il lui faut faire le bonheur de « son » peuple malgré lui. »

Ni fatalisme ni relativisme

Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de France. La bonne nouvelle, c’est que des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes l’ont compris, qui refusent de tolérer l’intolérable, de plier face à la répression, de céder face à la stratégie de terreur du pouvoir. En retournant chaque semaine dans la rue et/ou en continuant de dénoncer les violences policières et la politique ultra-répressive du gouvernement, ils et elles font passer un message indispensable : « Nous continuerons de revendiquer, vous ne nous ferez pas taire ».

Mais le danger est bien là

Celui de l’incorporation individuelle et collective de ces franchissements de cap et, partant, de la normalisation de l’intolérable. Ces processus sont malheureusement connus, par lesquels ce qui, hier encore, nous semblait inimaginable, devient petit à petit une norme, qui certes nous révolte, mais une norme tout de même.

Sans tomber dans le fatalisme, il convient donc de combattre toute forme de relativisme : l’intolérable est là, et il y a urgence à ce que syndicats, associations, partis, collectifs, groupes de Gilets jaunes, et bien d’autres encore, s’unissent pour enrayer cette machine infernale. Pour la liberté de manifester, qui n’est déjà plus, aujourd’hui, un droit à défendre, mais à reconquérir. Avant qu’il ne soit vraiment trop tard.

Julien Salingue  Mercredi 8 mai 2019

https://www.npa2009.org/

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11 mai 2019 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

Casseurs, éborgneurs, menteurs…

Dehors ce gouvernement!

Ils ont beau faire, rien n’y fait… Depuis près de six mois, contre la mobilisation inédite des Gilets jaunes qui s’exprime dans la rue et sur les ronds-points, le pouvoir a tout tenté : salir le mouvement en le traitant de débile, de fasciste ou d’antisémite, l’endormir en lançant durant plusieurs mois un prétendu « Grand débat », et surtout le réprimer, chaque semaine, en chargeant violemment les manifestations, en faisant un usage industriel de LBD et de grenades dites « défensives », en se livrant à des arrestations injustifiées, et en faisant passer une nouvelle loi liberticide contre, entres autres, le droit de manifester.

Ce n’est certainement pas la fin du « Grand débat » qui a calmé la mobilisation des Gilets jaunes. En effet, ce grand bla-bla n’a été, depuis le début, qu’une opération de communication orchestrée par Macron, qui s’est terminée par une vieille rengaine que nous ne connaissons que trop : la politique menée depuis deux ans est la meilleure, il faut donc la continuer et l’intensifier ! Macron a donc rejeté en bloc les revendications portées depuis six mois pour plus de démocratie, de justice fiscale et d’égalité sociale, mettant ainsi un peu plus en colère toutes celles et ceux qui, semaine après semaine, se mobilisent.

C’est dans ce contexte que le 1er Mai a été marqué par une profonde mobilisation, malgré le climat de peur qu’a voulu instaurer le gouvernement. Pour la première fois à cette échelle (plusieurs centaines de milliers de manifestantEs), on a assisté à une convergence entre militantEs syndicaux, du mouvement social, des partis politiques, et les Gilets jaunes. À noter qu’à Paris, la préfecture – toujours aussi manipulatoire – a réussi l’exploit d’annoncer deux fois moins de manifestantEs qu’Occurence, ce cabinet « indépendant » mandaté par plusieurs médias qui n’est pas connu pour gonfler les chiffres…

Un pouvoir autoritaire, violent et menteur

Après avoir créé un véritable état de siège dans la capitale, après s’être livré à près de 18 000 contrôles préventifs et avoir placé plus de 300 personnes en garde à vue, des charges policières accompagnées de gaz lacrymogène ont été lancées à de multiples reprises contre l’ensemble de la manifestation, y compris contre les cortèges syndicaux, bel et bien ciblés.

Et pour décrédibiliser la mobilisation, Castaner s’est ensuite livré à des déclarations mensongères afin de présenter quelques dizaines de manifestantEs, fuyant les violences policières et cherchant à s’abriter dans l’enceinte de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, comme des « casseurs » se livrant à une « attaque » de l’hôpital au mépris de la santé des patientEs… Une version largement relayée par les grands médias aux ordres, en dépit de toutes les vidéos et de tous les témoignages directs, en particulier ceux des soignantEs de l’hôpital ! Mais devant ces témoignages, pris en flagrant délit de mensonge, médias et gouvernement ont dû faire volte-face et rétropédaler.

Mais cette intox de Castaner n’est pas une première du genre : ce gouvernement utilise régulièrement mensonges et désinformation pour faire passer en force sa politique. C’était déjà le cas de Macron lui-même lors de sa dernière conférence de presse où, pour « convaincre » qu’il fallait « travailler plus », il a indiqué que « la France travaille beaucoup moins que ses voisins »… alors que tous les chiffres prouvent le contraire !

C’est eux les casseurs !

Lundi, le pouvoir a réuni à Matignon des représentantEs syndicaux, du patronat ou encore d’associations d’éluEs pour lancer une prétendue « mobilisation générale » pour l’emploi ou l’écologie… Fort heureusement, la CGT et Solidaires ne sont pas prêtés à cette mascarade qui n’a pour but que d’accompagner l’offensive d’ampleur contre les services publics et les droits du monde du travail.

Car le programme de ces prochaines semaines est clair 

Création des maisons de services au public qui vont se multiplier à la place de véritables services publics ; augmentation de la durée de cotisation pour les retraites ; baisse de l’impôt sur le revenu pour une partie de la population… financée en contre-partie par le « travailler plus » et/ou la baisse des dépenses publiques ! Bref, Macron et ses amis continuent leur entreprise de casse sociale : ils ne sont toujours pas revenus sur leur projet de supprimer 120 000 emplois dans la fonction publique !

TouTEs ensemble pour les faire reculer !

Après des convergences réussies entre le mouvement social et celui des Gilets jaunes autour du samedi 27 avril et du 1er Mai, la journée de grève et de manifestation de l’ensemble de la fonction publique de ce jeudi 9 mai doit permettre de franchir une nouvelle étape. D’abord pour la défense de nos services publics – de l’école aux hôpitaux en passant par la SNCF, La Poste ou les finances publiques – tous en danger mortel : postes supprimés, accumulation des tâches, management destructeur, dématérialisation…

Au-delà de la dénonciation, cette grande journée de revendication des salariéEs (fonctionnaires et contractuelEs) et des usagerEs (Gilets jaunes, parents d’élèves, retraitéEs…) pour des services publics répondant aux besoins sociaux du plus grand nombre est une étape essentielle.

La réussite du 9 mai doit permettre de préparer la suite : par la grève qui doit se prolonger, par la mobilisation commune du plus grand nombre, ce printemps doit bien être celui d’une riposte générale contre la répression, le mépris et la casse sociale.

Joséphine Simplon et Manu Bichindaritz Jeudi 9 mai 2019

https://npa2009.org/

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