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21 mars 2019 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

C’est qui, les casseurs ?

Les saccages et pillages de magasins chics, restos et banques des Champs-Élysées le samedi 16 mars, lors du dernier rendez-vous des Gilets jaunes, ont déclenché l’hystérie chez ceux d’en haut, les riches et leur président. Il faut dire que les Gilets jaunes ont la rage et la niaque en cette fin de Grand débat de Macron, organisé non seulement sans eux mais contre eux.

L’incendie du Fouquet’s, qui a scandalisé les uns, rendu hilares les autres, a cristallisé cette lutte de classes qui se joue aujourd’hui sous gilet jaune. Le célèbre établissement, où la bourgeoisie parvenue et repue a ses habitudes, n’est pas un resto du cœur, c’est plutôt celui des portefeuilles à la place du cœur. On s’y paie un petit brunch à 95 euros. Tout un symbole, hautement inflammable !

Acte 18 des Gilets jaunes, donc dix-huitième crise de nerfs dans les allées du pouvoir : chez Macron (revenu fissa du ski), Philippe et son ministre de l’Intérieur Castaner.

Mais branle-bas de combat aussi chez les politiciens réactionnaires qui en appellent à l’action immédiate du gouvernement :

Interdiction des manifestations et

Arrestations préventives des fauteurs de trouble, demandent des Républicains ;

Dissolution des groupes d’extrême gauche, propose Marine Le Pen.

Police, justice : tout l’arsenal répressif est requis contre les rebelles.

Très exactement ce que fait Macron avec sa loi anticasseurs restreignant encore le droit de manifester, et avec les nouvelles dispositions annoncées par Philippe.

Tout sauf un début de réponse aux questions sociales et vitales, de vie chère et de démocratie, que posent les Gilets jaunes – et que posent avec eux les milieux populaires, dont bien des travailleurEs qui manifestaient le 19 mars à l’appel syndical. Et dont bien des jeunes et moins jeunes, qui manifestent contre les désordres climatiques ou contre le racisme et la chasse aux migrantEs.

Car ce ne sont pas les Gilets jaunes, rouges ou verts, les casseurs.

Ce sont au contraire ceux qui détruisent par millions leurs emplois, leur santé et leurs vies, par leur soif de profits. Ce n’est pas un plan d’urgence pour les Champs-Élysées qui s’impose. C’est un plan d’urgence pour toutes celles et ceux que le capitalisme tue à petit feu, ainsi que leur planète. Et qui fort heureusement, sur bien des terrains aujourd’hui, se rebiffent ! Ce qui commencerait, si elle n’était encore en ordre dispersé, à ressembler à une mobilisation générale.

Michelle Verdier  Mercredi 20 mars 2019

https://npa2009.org/

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21 mars 2019 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (brèche numérique)

poutou

« La conscience écolo progresse dans les milieux prolétaires »

Entretien avec Philippe Poutou

L’écologie est souvent perçue comme une préoccupation de bobos. Est-ce compliqué de porter un discours antiproductiviste et écolo auprès d’ouvriers et d’employés ?

Le NPA a toujours porté ces mesures. La Commission Ecologie existe depuis le début du parti et notre journal a une rubrique écologie quasiment toutes les semaines. Il y a cinq ans, notre programme disait la même chose.

Mais aujourd’hui, la question écologique prend de l’ampleur dans l’opinion publique ; du coup, quand nous en parlons, nous sommes davantage entendus. Et encore, je ne peux jamais en parler dans les médias : les interviews portent sur les licenciements, l’emploi… jamais sur l’écologie.

La prise de conscience progresse y compris dans les milieux prolos. On peut difficilement ignorer que la pollution est devenue catastrophique, provoquant maladies et surmortalité. L’actualité des derniers mois a été marquée par des pics de pollution à Paris, Grenoble, Bordeaux et même dans des endroits reculés. Les paysans souffrent de maladies profes-sionnelles. Près de Bordeaux, des viticulteurs sont morts à cause des pesticides, d’autres sont en procès contre les fabricants. Le milieu paysan, qui a longtemps ignoré ces problèmes, commence à résister. Même au boulot, on discute un peu de ces questions d’environnement et de santé.

Mais quand on bosse dans des secteurs industriels, la question du maintien de l’emploi est là. Concernant la fermeture de Fessenheim, la CGT énergie n’a pas bougé d’un iota. Pour elle, défense du nucléaire et défense des emplois vont de pair. C’est complètement dingue, parce qu’on peut discuter de sortie du nucléaire tout en parlant reconversion. Un démantèlement de centrale nucléaire dure des décennies. Ce n’est pas comme si l’on éteignait la lumière et qu’on se barrait !

La catastrophe de Fukushima avait entraîné une prise de conscience du risque nucléaire. Mais les années passent et la peur du nucléaire diminue à nouveau, malgré tous les problèmes — les pièces défectueuses dans les réacteurs, l’ASN qui alerte et tout le monde qui continue comme s’il n’y avait pas de problème. Difficile de faire face à cette propagande idéologique.

« La sortie du nucléaire, ce n’est pas éteindre la lumière et se barrer ! »

Dans le secteur automobile, ce n’est pas facile non plus. La CGT métallurgie défend la voiture et l’industrie. Beaucoup considèrent toujours que dénoncer le tout-voiture revient à se priver de son boulot. Mais nous, à la CGT Ford, nous nous sommes aperçus que quand nous évoquions les scandales liés au diesel dans nos tracts, nos collègues étaient plutôt sensibilisés et ouverts à la discussion.

Car en réalité, on s’en fout de fabriquer des bagnoles ; le problème, c’est d’avoir un boulot. Un mécanicien automobile pourrait très bien travailler non pas sur des voitures électriques — qui dépendent de l’énergie nucléaire et sont une fausse solution —, mais sur des bus. Ou, mieux, sur des trains.

Le problème, c’est qu’on ne peut pas faire confiance à l’État ou aux patrons pour les recon-versions. Si demain, on décide de fermer une usine d’armement, cela entraînera forcément des licenciements. D’où la question de rendre l’économie plus collective, de ne pas la laisser entre les mains des capitalistes. Nous voulons que les salariés et la population puissent assurer eux-mêmes les reconversions s’ils décident d’abandonner un secteur pour des raisons environnementales et de cohérence économique.

Comment se passeraient les reconversions dans une économie où les salariés contrôleraient les outils de production ?

On peut imaginer des structures nationales et locales où la population pourrait discuter de ses besoins et faire des choix politiques. Par exemple, pour le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, il faudrait qu’une population vraiment politisée impose ses choix — plutôt que des collectivités territoriales qui votent ce qu’elles ont envie de faire en lien avec les intérêts des multinationales. (…)  Car il y a déjà ce problème-là à régler : comment donner envie aux gens de discuter de ce qui les concerne collectivement, pour que les militants et les zadistes ne soient plus les seuls à s’en occuper ?

Sur le plan économique, les salariés devraient pouvoir prendre en main l’organisation du travail et même les choix stratégiques. L’exemple de Fralib est très intéressant. Alors qu’Unilever voulait fermer l’usine, des salariés l’ont reprise en Scop. Elle est militante d’un point de vue social : il n’y a quasiment pas d’écarts de salaires, tout est décidé collectivement — la répartition des postes, les heures supplémentaires, etc.

Elle a également une dimension écolo, puisqu’elle utilise du thé bio, cherche à s’approvisionner localement… C’est à toute petite échelle certes — ils sont une quarantaine —, mais c’est hyper bien. Autre exemple, l’usine Pilpa à Carcassonne, reprise en Scop par des salariés qui y produisent les glaces La Belle Aude : ils privilégient le bio, les produits locaux… Évidemment, les produits sont vendus un peu plus cher, mais cela montre qu’il est possible de produire en respectant les salariés, l’environnement et la santé de la population.

« L’histoire des luttes sociales nous donne des modèles de moments démocratiques. »

Le véritable objectif, c’est construire une démocratie qui deviendrait le problème de millions de gens. L’histoire des luttes sociales nous donne des modèles de batailles et de moments démo-cratiques. La Commune de Paris, il y a près de 150 ans, ébauche d’organisation collective à l’échelle d’une ville ; les expériences de démocratie participative à Porto Alegre, au Brésil, avec un mandat tournant et des réunions de quartier…

Mais il reste un impératif incontournable : il faut que la population s’en mêle. Un délégué qui parle à la place des autres, ce n’est pas bon ! Les gens doivent parler eux-mêmes pour eux-mêmes. Sinon, ces outils ne resteront que des coquilles vides.

Sur ce plan-là, les Zads sont des expériences intéressantes. Près de Bordeaux, une petite forêt a été rasée à cause d’un projet de golf, malgré la résistance de jeunes gens. Mais il y a eu des assemblées générales, des réunions à proximité de cet endroit, avec des militants et des agriculteurs écolos qui travaillaient dans le coin.

On a discuté culture maraîchère, coût des terres agricoles, pollution des sols, lien entre ruraux et urbains… On n’était pas nombreux, une cinquantaine! Ce sont de petites ébauches. Comment le NPA peut-il aider à les développer et à les renforcer, c’est la question !

Quel regard portez-vous sur les formes émergentes de mobilisation sociale — Nuit debout et têtes de cortège ?

Le NPA a la particularité d’être à la fois une organisation traditionnelle, ouvrière et liée au syndicalisme, et très impliquée dans des collectifs comme les Zads et les Nuits debout. Ce qui est intéressant dans ces occupations de sites ou de places, c’est la manière dont les gens organisent une sorte d’autogestion. Et le fait qu’elles ne sont pas limitées à une lutte, mais qu’on y discute de tout : de solidarité avec les migrants de Calais, de questions démocratiques, antiracistes, féministes… Elles rassemblent aussi des gens assez divers, en âge et en milieux sociaux.

Dans l’activité militante au quotidien, on est très peu à militer, donc très peu à faire le boulot. Ce sont les mêmes qui parlent, qui prennent les initiatives, font les tracts, etc. Pour nous, Nuit debout a été énorme. Le rapport était inversé : tout le monde militait, prenait la parole… C’est hyper reposant, car on n’est plus celui dont l’absence pose problème — si l’on n’est pas là, il y en a plein d’autres !

Les Zads, c’est un peu pareil. Tout n’est pas rose, on y trouve parfois des réflexes sectaires, anti-politiques, anti-organisations, du coup les rapports ne sont pas toujours simples… Mais tout cela va dans le bon sens. (Résumé)

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21 mars 2019 ~ 0 Commentaire

brestoise (émancipation)

femmes gj

Portrait d’une brestoise en gilet jaune

Débats et assemblées citoyennes : les ingrédients d’une avancée vers la démocratie

Elle a revêtu son gilet jaune à Brest depuis le début du mouvement, dans lequel elle a d’abord commencé par essayer de rassembler des personnes en vue de la journée du 17 novembre, puis a occupé des ronds-points, participé à toutes les assemblées citoyennes qui se déroulent les dimanches soirs. Elle participe activement à l’organisation du mouvement à Brest et mesure aussi tout ce qu’il lui a apporté.

La première fois, on s’est levé à 5h30, à 6h30 on se retrouvait sur un parking et on a commencé à occuper des ronds-points. Ça nous a permis de beaucoup discuter. Échanger est important. Sur les ronds-points, on a évacué nos questions, discuté de ce qui nous posait problème. C’est pour ça qu’il faut continuer à discuter. Les inquiétudes touchent tout le monde, gilets jaunes ou non. Quand on parle aux gens qui ne sont pas gilets jaunes de leurs inquiétudes, ça leur fait du bien, et ils nous le disent.

Ce que je constate, c’est que les gens ont envie de s’investir dans la vie politique. Ils se sentent concernés, alors il faut leur parler, discuter des problèmes, des solutions, des idées. Le pouvoir fait peur aux gens, il est perçu comme un Dieu, inattaquable, ce qui conduit les gens à être fatalistes, comme si rien n’était possible. Mais si on veut un monde meilleur, il faut faire quelque chose”.

L’importance de la discussion, Emmanuelle l’a mesurée pour elle-même au début du mouvement ce qui l’a “rassurée”. Le mouvement lui a permis de sortir d’un isolement dans lequel il est facile de tomber si les espaces d’échanges n’existent pas. D’ailleurs à Brest, les AG représentent le cœur du mouvement, même si d’autres actions sont évidemment organisées.

De fait, force est de constater que les espaces démocratiques de discussion sont absents et que c’est entre autres ce que le mouvement dénonce depuis le départ. Selon elle, ce qui ressort de la discussion politique, c’est un sentiment accru de trahison, qui s’est amplifié de gouvernement en gouvernement. Une minorité de la population qui gouverne pour tous les autres : une oligarchie qui tire le pouvoir à son avantage, pour ses propres privilèges. Pas étonnant que la colère monte.

C’est pourquoi la première des avancées serait selon elle que les citoyen·ne·s puissent être actrices et acteurs de la vie politique – autrement que par l’illusion d’un vote de temps en temps. Et décider par soi-même, sortir de la passivité, c’est multiplier les assemblées citoyennes, qui s’opposent en tout point à l’idée même d’un “grand débat” dirigé de part en part.

Déconstruire les idées reçues sur le mouvement et porter une égalité pour tous·tes !

Investir l’espace public pour permettre les échanges entre citoyen·ne·s permet aussi au mouvement de dire ses intentions, désamorcer les préjugés dont il est victime, clarifier ses positions.

À ce propos, Emmanuelle revient sur le prétendu caractère non écologique du mouvement qui s’est fondé entre autres sur la colère face à l’augmentation des tarifs du carburant :

“Évidemment qu’on défend la planète. C’est même sans doute la première chose qu’il faudrait prendre en compte et dont le reste peut découler”, mais il ne faut pas tout confondre, mener une véritable politique écologique, ce n’est pas augmenter les tarifs du carburant, et notamment les taxes, surtout si les taxes perçues par le gouvernement ne servent pas au financement de l’écologie. Les véritables responsables de l’absence de politique écologique, ce sont les gouvernements, pas les citoyen·ne·s.

De même, si le mouvement porte, selon Emmanuelle, sur l’égalité de tous les individus, il doit montrer aussi que les femmes sont les premières touchées par ces inégalités. Les gilets jaunes, hommes ou femmes, ne se revendiquent pas “féministes” à proprement parler, mais les questions des retraites, des inégalités salariales, d’accès aux postes, sont très présentes dans les discussions et revendications du mouvement.

C’est notamment ce qui a permis de faire émerger, le 16 février, une journée d’actions pour dénoncer les inégalités que rencontrent les femmes, mais aussi les violences sexuelles, les mutilations sexuelles ou encore les violences conjugales.

Cette journée était portée par un groupe de soignantes, d’assistantes maternelles (en gilet rose) et de gilets jaunes. Il s’agissait pour les femmes de défiler, de manière pacifique, en tête de cortège et pour certaines portions du parcours en cortège indépendant. Et dans la suite directe de cette journée, pourquoi ne pas “rejoindre les actions prévues le 8 mars”, s’il y en a.

Une détermination accrue face à un gouvernement qui vacille

À Brest, les cortèges sont plutôt pacifiques et il y a peu de répression dans les manifs mêmes. Pourtant, la répression est bien présente et montre que le gouvernement panique et vacille. Gardes à vue pour participation à des manifestations non déclarées, entrave à la circulation ou acte de rébellion en bande organisée, accusation de diffamation pour des actes dénoncés avec vidéo à l’appui suite à des violences lors du blocage d’un pont, “gazages” à bout portant…

Couplée à ces mesures de répression, la loi anti-casseurs est le signe que le gouvernement cherche à faire tomber ceux et celles qui parlent, agissent. Mais “nous priver de nos libertés ne nous empêchera pas d’agir”, d’autant que nombre des personnes actives dans le mouvement ont finalement très peu à perdre.

Si le mouvement s’est transformé, à Brest comme ailleurs, au fil des “actes”, il n’a pas perdu de sa détermination, donc. Il reste encore deux ronds-points occupés autour de Brest, où des personnes retraitées sont encore actives.

Mais la diminution du nombre de personnes sur les ronds-points, loin d’être le signe d’un essoufflement du mouvement, est en fait le corrélat du nombre de tâches croissantes dues à son extension : préparer des affiches, tenir des assemblées régionales… tout cela prend du temps et mobilise les personnes.

“Faire venir les étudiants à nous”, aller à la rencontre des gens, maintenir le mouvement malgré l’épuisement qu’il génère… voilà le programme pour les semaines à venir. À l’heure où les femmes, en Argentine, en Espagne, en Irlande, en Italie, au Brésil… se mobilisent pour leurs droits, celles qui luttent en gilet jaune montrent les voies possibles.

Depuis le début du mouvement social des gilets jaunes, qui dénonce les inégalités sociales et les privilèges qui n’avantagent qu’une infime partie de la population, les femmes se sont rassemblées en gilet jaune pour exprimer leur engagement dans la lutte, mais aussi rappeler qu’elles sont les plus touchées par ces inégalités. Récit de l’une d’entre elles, active dans le mouvement à Brest. Emmanuelle est AESH (Accompagnante des Élèves en Situation de Handicap) dans le Finistère, métier qui ne lui autorise aucune heure supplémentaire, aucune évolution de carrière et qu’elle a débuté après une carrière d’aide-soignante qu’elle a quittée parce que le caractère humain du métier était devenu inexistant : un travail pénible dans lequel il s’agit d’enchaîner les patient·e·s sans pouvoir générer ce qui est cœur du métier – le lien social, humain. Elle est aussi mère célibataire de quatre enfants.

Propos recueillis par Karine mardi 19 mars 2019

http://www.emancipation.fr/

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21 mars 2019 ~ 0 Commentaire

violence (the guardian)

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19 mars 2019 ~ 0 Commentaire

glyphosate (le monde)

 

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19 mars 2019 ~ 0 Commentaire

édito alternative libertaire)

Manara-marre

On a toutes les raisons de se révolter !

Des dizaines de milliers de jeunes dans la rue pour le climat vendredi. Des grèves dans les finances publiques et l’éducation. Un acte 18 qui prouve que la colère des gilets jaunes est toujours bien là. Partout samedi, des manifestations pour l’écologie, contre les violences policières ou pour la justice sociale… Macron, lui, était au ski. Qu’il continue à jouer ainsi avec le feu, le printemps pourrait être explosif.

Fin du grand bla-bla

Le matraquage médiatique autour du grand débat, qui ressemblait plutôt à une campagne électorale tout frais payés pour Macron, n’aura pas convaincu grand monde. Les revendica-tions sociales ont été dès le début balayées d’un revers de main par le gouvernement :

Pas de retour de l’ISF,

Pas d’augmentation des salaires,

Pas de démocratie directe,

Pas d’amélioration des services publiques !

En gros, rien qui ne touche les intérêts du grand patronat et des capitalistes. Quant aux propositions telles que la suppression du Sénat ou du conseil économique et social, elles ne changeront rien à nos fin de mois difficiles. Il est clair qu’il n’y a rien d’autre à attendre de ce gouvernement que les coups de matraques et le mépris

La colère est là

La colère est enracinée et partagée, en témoigne l’incroyable détermination des gilets jaunes après quatre mois de contestation.

Combien d’entre nous n’en peuvent plus des conditions de travail qui se dégradent toujours plus ? Les collègues poussés à bout, les pressions toujours plus fortes, le travail vidé de son sens, l’absence de moyens pour les services publics…

Tout ça pour un salaire qui ne suffit plus à boucler le mois, pour celles et ceux qui ont un emploi bien sûr. Le ras le bol est général et pourtant, la plus large partie de notre classe n’a pas encore rejoint la contestation.

Le capitalisme n’est pas la fin de l’histoire ! Pour enrayer la destruction de nos droits à vivre dignement, il faut s’organiser et opposer au système libéral une alternative basée sur l’égalité sociale, la liberté et la solidarité.

Augmenter les salaires !

Pour beaucoup obtenir une augmentation de salaire semble impossible au vu du rapport de force. Pour d’autres, augmenter les salaires, notamment le SMIC, détruira des emplois, en particulier dans les PME et TPE.

Cet argument est repris par l’ensemble du patronat pour tenter de nous effrayer. Mais jamais les hausses de salaires, les congés payés ou la réduction du temps de travail n’ont créé de chômage. Bien au contraire. Et de l’argent il y en a jamais eu autant : 57 milliards d’euros versés aux actionnaires du CAC 40 en 2018 !

Construisons la lutte

Que ce soit pour les fins de mois ou pour le climat, c’est par la lutte et par rien d’autre que nous arracherons notre victoire. C’est nous, les classes populaires, qui en s’organisant et en luttant collectivement pouvons changer radicalement cette société.

Les raisons de se révolter sont toujours plus nombreuses. De nouvelles explosions sociales sont inévitables. A nous de nous y préparer en créant ou renforçant des équipes militantes capables de casser l’isolement et d’impulser des grèves, en convergence les unes des autres. Pour nos revendications, pour une autre société que celle du profit et du chacun pour soi …

18 mars 2019

http://alternativelibertaire.org/

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18 mars 2019 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

Toutes et tous ensemble

« Système Dégage ! »

Les mobilisations des Gilets jaunes et pour le climat ont été massives, avec des dizaines de milliers de personnes mobilisées. C’est la réponse populaire à la crise profonde dans laquelle s’enfonce le capitalisme et à laquelle la mascarade du « Grand débat » et Macron ne peuvent en aucun cas être une solution.

La grève du 19 mars, sans être la déferlante nécessaire pour changer les choses, ajoute un élément capital : la mobilisation du monde travail.

« Fin du monde, fin du mois, même combat ! »

Depuis quatre mois, le mouvement des Gilets jaunes est une révolte populaire contre un monde qui tourne à l’envers. En France, les sociétés du CAC 40 ont réalisé 91 milliards d’euros de profits en 2018… tandis que 8,8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté !

Les politiciens et les médias au service des puissants s’indigne aujourd’hui de l’incendie du Fouquet’s alors qu’ils se moquent de la casse des services publics dans les campagnes et les quartiers populaires. Voilà pourquoi ce gouvernement, coupé des réalités des classes populaires, du monde du travail, n‘a pas de réponse à offrir au mouvement des Gilets jaunes.

La mobilisation des jeunes pour le climat est une réponse à un autre élément capital de la crise du système 

Le réchauffement climatique qui menace la survie de l’humanité. La majorité macroniste, malgré des déclarations de bonnes intentions, vient de prolonger l’utilisation de pesticides jusqu’en 2025. Et on estime que 70 % des émissions de gaz à effet de serre sont de la responsabilité de 100 entreprises seulement ! Pour sauver la planète, c’est bien le système capitaliste qu’il faut dégager !

La répression comme réponse à notre colère

La soif de profits des capitalistes enfonce le monde dans la crise. Ceux-ci, et le gouvernement à leur service, ne peuvent donc être un élément de la solution.

Dans un monde qui traverse une telle crise, la seule réponse possible pour eux est la répression. C’est pour cette raison que le gouvernement envoie la Police dans les manifesta-tions, qu’il mutile et blesse les manifestant·e·s , et que certains lui proposent, comme Marine Le Pen et Eric Ciotti, de dissoudre les organisations d’extrême gauche ou d’interdire les manifestations.

Tous sentent bien que les colères qui s’expriment depuis quatre mois se fédèrent contre le gouvernement et les plus riches et que le mouvement ne s’arrêtera pas avec les élections européennes ou un référendum biaisé.

Un mouvement d’ensemble pour prendre nos affaires en main

La mobilisation en Algérie montre la voie : des mobilisations de masse, et une grève générale qui, en deux jours, a arraché un recul du pouvoir sur le 5emandat de Bouteflika, même s’il tente de garder la main sans céder aux revendications des Algérien·ne·s.

En France aussi, il faut un mouvement d’ensemble contre ce gouvernement pour arracher:

- Une augmentation générale des salaires et pensions de 300 euros ; pour une autre répartition des richesses,

- Réquisitionner les multinationales de l’énergie et les banques, et imposer la gratuité des transports, véritables moyens de défendre le climat ; mettre l’économie sous le contrôle des travailleurs·ses pour répondre aux besoins du plus grand nombre.

Tant qu’on laissera le fonctionnement de la société aux capitalistes et aux gouvernements qui les servent, on ne résoudra aucun des problèmes auxquels nous sommes confrontés.

Dans les quartiers populaires, dans les entreprises, sur les lieux d’études, il y a urgence à construire –par des assemblées générales, les grèves et les manifestations- le mouvement nécessaire pour que le monde du travail prenne en main le fonctionnement de la société.

Lundi 18 mars 2019

https://npa2009.org/

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18 mars 2019 ~ 0 Commentaire

antisémitisme (gauche-révolutionnaire npa)

 antisme

Le gouvernement capitaliste et raciste de Macron

Se sert de l’antisémitisme

D’après un rapport publié par Édouard Philippe en novembre dernier, les actes commis contre les juifs en raison de leur confession ont augmenté de 74 % au cours de l’année 2017-2018. Le gouvernement a décrit ce phénomène comme une « explosion ». Mais quand on examine de plus près les chiffres de ces actes intolérables au cours des années 2000, on se rend compte que le taux actuel est très bas par rapport aux années 2014-2015.

Il a été plus élevé 9 fois sur les 19 dernières années.

Finalement, les chiffres témoignent plus d’une déplorable permanence des actes antisémites. Et ce chiffre est d’autant plus trompeur que ces dernières années, les individus sont plus enclins à porter plainte et dénoncer ces actes sur les réseaux sociaux.

Si le gouvernement parle d’explosion, c’est en fait une lamentable manœuvre politicienne pour pouvoir condamner et réprimer ce qui ne leur convient pas. En effet, il s’agit d’une problé-matique très sensible.

L’antisémitisme étant très largement rejeté dans la société, à l’exception de quelques imbéciles d’extrême droite.

Et le gouvernement en use pour aboutir à son intérêt : la destruction des mouvements sociaux. Dernièrement, le gouvernement a accusé le mouvement social de Gilets Jaunes d’antisémitis-me afin de délégitimer nos revendications. Car en réalité, dans ce type de mouvement de grèves / revendications socio-politiques, les gens sont beaucoup plus enclins à la solidarité. Les Gilets Jaunes l’ont démontré en interdisant le racisme sur les ronds-points par des affiches et diverses consignes « pas de racisme ».

Gouvernement d’hypocrites

Mais sur les autres discriminations telles que le racisme envers les migrants, les noirs, les arabes, les LGBT+, les musulmans etc, le gouvernement reste silencieux et se sert de la faiblesse des manifestations/revendications antiracistes pour déverser sa propre politique capitaliste et raciste.

Tous ces débats concernant l’antisémitisme donnent lieu en réalité à une chose 

Un sentiment de soutien du gouvernement à la communauté juive et donc à une disparité dans la lutte contre les discriminations ce qui amène à une division de la population.

Pour nous, la lutte contre le racisme, l’antisémitisme mais aussi contre toutes les discrimina-tions, sexistes, homophobes… est un combat indissociable de la lutte pour changer cette société injuste et inégalitaire.

18/03/2019

http://www.gaucherevolutionnaire.fr/

racism

Lire aussi:

Contre l’antisémitisme, tant qu’il le faudra (NPA)

Le racisme est indivisible (Emancipation)

Les propos entendus contre Alain Finkielkraut sont racistes, imbéciles et inexcusables. “La France est à nous” ? “Rentre chez toi en Israël” ? Il y aurait tellement de choses à dire sur ce philosophe qu’on est aussi indigné qu’atterré.

Faut-il rappeler les déclarations d’Alain Finkielkraut sur l’équipe de France de football qui est black, black, black et qui serait ainsi la risée de l’Europe ? Qu’aurait-on dit si quelqu’un·e estimait qu’il y avait trop de Juifs dans une équipe ? Finkielkraut a régulièrement stigmatisé les habitant·e·s des quartiers et les musulman·e·s accusé·e·s de ne pas aimer la France. Au-delà du racisme de comptoir, Finkielkraut montre là une sérieuse amnésie sur les stéréotypes dont les Juifs et les Juives ont été affublé·e·s.

Le Président de la République a immédiatement volé au secours de l’académicien provocateur. Au nom de quel antiracisme ? “Le boxeur, la vidéo qu’il fait avant de se rendre, il a été briefé par un avocat d’extrême gauche. Ça se voit ! Le type, il n’a pas les mots d’un gitan. Il n’a pas les mots d’un boxeur gitan”.

Tout y est : le mépris de classe, la suffisance des dominants. Et surtout, le racisme séculaire contre ceux qu’on appelle les “gens du voyage”. À la stigmatisation classique contre les “voleurs de poules”, le Président ajoute que ces gens-là sont forcément frustes et incultes.

Que dire d’un Président qui “combat” l’antisémitisme et a essayé par la bande de réhabiliter le Maréchal Pétain au moment des célébrations du 11 novembre dernier ? Comme si la boucherie de Verdun était plus honorable que la rafle du Vel d’Hiv !

Comment expliquer que des gens qui condamnent l’antisémitisme profèrent des propos racistes ? Probablement parce qu’ils veulent faire de l’antisémitisme un racisme à part. Il l’a été à l’époque du génocide nazi.

Tous les racismes ne mènent pas à l’extermination programmée comme cela été le cas contre les Juifs et les Juives, les Tsiganes, les Arménien·ne·s, les Tutsis. Mais aujourd’hui, en quoi l’antisémitisme est-il à part par rapport au racisme que subissent les Noir·e·s, les Arabes, les Roms, les musulman·e·s ?

Il n’y a qu’un seul racisme et qu’une seule lutte contre lui. Ceux et celles qui hurlent dès qu’il y a le moindre acte contre un juif ou une juive tout en multipliant les propos racistes contre d’autres sont infréquentables. Prenez les discours récurrents sur “l’immigration” et remplacez ce mot par “juif” : on retrouve les discours des années 30 qui ont permis l’arrivée au pouvoir des nazis.

Ceux et celles qui multiplient les amalgames entre antisémitisme et solidarité avec les Palestinien·ne·s, sont tout sauf des antiracistes.

Il faut relire le pasteur Niemoler : “Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste. Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste. Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester”.

Ceux et celles qui ont entretenu le racisme en pensant qu’il ne toucherait pas les Juifs et les Juives ont joué aux apprentis sorciers.

Comment peut-on penser qu’on peut mépriser, stigmatiser et insulter tous les jours les Noir·e·s, les Arabes ou les Roms sans que les Juifs et Juives ne soient touché·e·s ?

http://www.emancipation.fr/

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17 mars 2019 ~ 0 Commentaire

montessori (questions de classe)

N-autre-ecole-De-Monteori-aux-neuro-sciences

On assiste aujourd’hui à une création exponentielle d’écoles privées hors contrat (+15% en 2018)

 En lien avec une récupération et un détournement des « pédagogies alternatives »

.Ce phénomène s’explique par la convergence entre trois mouvances distinctes, mais qui partagent un même rejet de l’école publique :

Une droite catholique galvanisée par le succès de la « Manif pour tous »,

Un courant néolibéral partisan du « libre choix » des familles et du marché scolaire, et

Un courant « écologique » cherchant à créer des îlots de pédagogie « bienveillante ».

Tous mettent en avant la « méthode­ » de Maria Montessori et les neurosciences.

L’enjeu est bien idéologique : il s’agit de jeter à bas l’idée même d’une école égalitaire et émancipatrice commune à tou·te·s les élèves, au profit d’une vision individualiste et vitaliste de « l’enfant » dont le développement se ferait spontanément, selon des « lois de la nature ».

Ce numéro hors série se propose non seulement d’examiner le phénomène, à travers ses réseaux et ses références pédagogiques, mais également de dénoncer ces offensives, au nom d’un service public de l’éducation, à réinventer autour des notions de bien commun et d’égalité.

https://www.questionsdeclasses.org/

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14 mars 2019 ~ 0 Commentaire

algérie (npa)

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Algérie : une dynamique de crise pré-révolutionnaire

Le mouvement du 22 février prolongé par les manifestations du 1er et surtout du 8 mars constitue une rupture avec une période de désenchantement et de pessimisme qui a caractérisé les mouvements sociaux, le monde du travail, l’intelligentsia et surtout les forces vives de la société algérienne, comme la jeunesse et les femmes.

Un nouveau champ du possible est ouvert et la rupture avec un régime politique autoritaire, prédateur et clanique devient une perspective ouverte.

Un tournant

Depuis octobre 1988, nous avons accumulé les défaites politiques. Défaite face à l’islamisme qui a su, entre 1988 et 1993, capter la radicalité sociale en mouvement dans la société, celle des démunis et des travailleurs, en usant d’un populisme religieux prononcé et d’une insolence face au pouvoir admirée.

Le résultat a été un recul des forces démocratiques et de gauche laminées ensuite par la décennie noire où les islamistes vont jouer les va t’en guerre contre le pouvoir, mais aussi contre la militance politique anti-islamiste ciblant plus particulièrement intellectuels, syndicalistes et les femmes.

Défaite aussi face à un régime politique qui s’est fait une « crédibilité » d’un temps en jouant au pardon et à la réconciliation nationale, mais aussi en profitant du gonflement de la rente pétrolière pour construire deux millions de logements et le grands projet d’autoroute est-ouest en plus de méga-équipements dans le pays.

Ainsi, Bouteflika, venu sur les cendres d’une Algérie brulée, abimée, va jouer à l’homme providentiel et illusionner une partie de la population. Entre temps, son régime a multiplié les atteintes aux libertés démocratiques, verrouillé le champ politique et associatif, fait de la corruption un élément systémique et appliqué à l’aise les mesures en phase avec la mondialisation néolibérale.

Ces défaites n’ont pas brisé les luttes mais ont rendu les forces sociales et le monde du travail plutôt sur la défensive ! De ce point de vue, le mouvement populaire enclenché le 22 février représente un tournant, une rupture. Il fait bouger les rapports de forces et libère les luttes et l’action populaire contre le régime politique pro-néolibéral, corrompu et anti-démocratique.

Magie populaire

Ce mouvement a démarré sur une action presque morale dénonçant cet acte immoral du clan présidentiel de présenter un président vieillissant, malade, infirme et sans paroles depuis 2013. Rapidement, le mouvement a pris une dimension populaire, nationale et d’une mixité inimaginable.

La manifestation du 8 mars a été le summum de cette magie populaire où la fraternité, la présence massive des femmes, le civisme des jeunes et des slogans aussi politiques que faits d’humour ont marqué ce 8 mars. C’est surtout une manifestation grandiose par le nombre et par les couleurs, du jamais vu depuis l’indépendance !

La caractéristique de ce mouvement est l’implication de forces sociales comme les jeunes, les réseaux militants, les femmes et même les familles, les étudiants et de plus en plus les enseignants, les commerçants, qui ont bien répondu à l’appel à la grève générale et même des patrons qui ont des comptes à régler avec le clan Bouteflika et la façon sélective dont il a distribué la manne pétrolière durant son règne de 20 ans.

Le monde ouvrier, bien que présent dans les manifestations, n’a réagi qu’accessoirement au début du mouvement dans certaines villes et certaines entreprises. L’UGTA, trop collée à Bouteflika grâce à Sidi Saïd son secrétaire général, a tout fait pour éviter une réaction syndicale et ouvrière en s’appuyant sur une bureaucratie horizontale carriériste et corrompue. Les syndicats autonomes, encore peu présent dans les entreprises, n’ont pas encore la représentativité qui leur permet de changer le cours des choses.

Ceci dit, depuis le 1er mars, des entreprises commencent à se lancer dans le mouvement et entamer des grèves et des sit-in dans leurs entreprises, à l’exemple des travailleurs des ports, des filiales  de Sonelgaz (EDF algérien), et même de certaines administrations publiques comme la CNAS (caisse de la Sécurité sociale) ou les travailleurs de l’université.

Ceci reste encore parcellaire tant que les grandes entreprises industrielles concentrant le gros des effectifs ouvriers n’ont pas bougé comme El Hadjar à Annaba, la zone industrielle de Rouiba (Alger) ou les travailleurs de Sonatrach au Sud.

Cela représente des centaines de milliers de travailleurs et des secteurs stratégiques et sensibles dans la configuration de la classe ouvrière algérienne. La convergence des travailleurs avec ce mouvement de protestation populaire, à travers la grève générale plus précisément, pourra changer les rapports de forces très vite et favoriser la fin du régime, l’auto-organisation et la mise en œuvre d’une transition sous contrôle ouvrier et populaire.

Manœuvres machiavéliques du pouvoir

L’annonce lundi soir du retrait de Bouteflika du 5e mandat et du report des élections, accom-pagnés d’un changement de gouvernement et d’une conférence nationale devant travailler à assurer la transition à une « nouvelle république », a été perçue par les Algériens comme un parjure. Un scénario pervers qui donnera du temps au pouvoir de s’assurer un changement sans douleur pour le clan présidentiel et la bourgeoisie oligarque qui l’a portée.

Bien que le recul du clan dirigeant soit réel et que le mouvement populaire ait eu sa première victoire symbolique, qui traduit que c’est dans les luttes qu’on peut faire bouger les lignes d’un régime opaque, le piège d’un régime qui va perdurer en usant d’artifices pour apaiser la colère populaire est déjà perçu par ceux qui, à travers les réseaux sociaux, jouent le rôle d’acteurs et animateurs de ce mouvement. La classe politique et l’opposition, invalidée dés le début par ce mouvement, ont aussi rejeté ce scénario de Bouteflika.

De ce point de vue, la manifestation du vendredi 15 mars sera déterminante pour faire appa-raitre une plus grande détermination ou le début d’un reflux du mouvement populaire. Si les manœuvres machiavéliques du pouvoir sont réelles, l’inventivité du mouvement populaire et sa radicalité laissent augurer une dynamique de crise pré-révolutionnaire qui, certainement, prendra du temps, mais permettra d’entrevoir une nouvelle Algérie, celle qui tourne le dos aux diktats des prédateurs et des oligarques mafieux.

Adel Abderrezak (universitaire et ex porte-parole du syndicat des universitaires)                    Jeudi 14 mars 2019

https://npa2009.org/

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