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23 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

plan santé (la rotative + npa + rp)

guing

« Ce plan de santé délaisse les hôpitaux pour favoriser la médecine libérale »

Le mardi 18 septembre, Emmanuel Macron présentait son plan santé, censé « transformer » le système de santé français. Réaction du collectif 37 Notre santé en danger.

La ministre de la santé nous annonçait un plan-hôpital pour répondre aux actuels scandales sanitaires : déserts médicaux, urgences des hôpitaux saturées, mobilisations et grèves des personnels des hôpitaux généraux, psychiatriques et EHPAD qui n’acceptent plus les conditions de soins qu’ils sont amenés à faire subir aux patients.

En réalité, c’est un plan de développement pour la médecine libérale qu’a présenté le chef de l’État ; il propose une réorganisation de la santé avec la médecine libérale, sans contrainte, mais avec incitations financières, pour se regrouper dans des CPTS, Communautés Professionnelles de Territoires de Santé, pour l’aide à l’informatique, pour faire des dossiers de patients informatisés…

Bien sûr il a parlé des aides-soignantes ou des professionnels des hôpitaux pour lesquels il faudrait prévoir des aménagements pour la deuxième partie de la carrière, mais concrètement… rien ; des paroles en l’air.

Il n’est pas question d’arrêter de fermer des maternités, des services d’urgence, des hôpitaux de proximité, juste d’utiliser les bâtiments pour en faire des EHPAD ou des Services de Soins de Suite. Est-il prévu d’augmenter le nombre de personnels par résident dans les EHPAD ? Non ! Est-il prévu de donner plus de moyens aux hôpitaux pour qu’ils répondent aux besoins de santé de la population ? Non !

Ce plan de santé délaisse les hôpitaux qui assurent les services publics pour favoriser la médecine libérale, laquelle ne sera pas en capacité de répondre à tous les besoins. Les 400 médecins salariés qui vont être envoyés dans les déserts médicaux ne suffiront pas.

Le collectif 37 Notre santé en danger qui défend les services publics de santé pour un accès aux soins pour toutes et tous, appelle à le rejoindre pour refuser cet abandon. A Tours, nous refusons le démantèlement de l’hôpital, avec la suppression de 3 sites et des centaines de postes et de lits. Actuellement c’est l’hospitalisation de semaine de médecine qui est menacée avec la suppression de 20 lits.

21 septembre 2018

https://larotative.info/

La prochaine réunion du collectif aura lieu le 4 octobre 2018 à 18h, dans une salle du passage Chabrier de Saint-Pierre-des-Corps. Elle offrira la possibilité de décrypter plus précisément ce plan santé. https://collectifsante37.blogspot.fr/

Lire aussi:

Des projets mortifères pour la Sécu (Npa)

Macron présente son plan santé : cure de soins ou cure d’austérité ? (Révolution Permanente)

Plan santé de Macron-Buzyn: un projet libéral et technocratique (NPA Guingamp)

 

 

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22 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

macronistes (huffington post)

macron g

Qui sont les macronistes

L’étude qui ne va pas inciter l’exécutif à gauchiser son discours

« Le socle électoral d’Emmanuel Macron pense clairement au centre-droit », estime la Fondation Jean Jaures. L’Objet politique non identifié est en cours de dissection. Lancée en en avril 2016 La République en marche fait l’objet de deux études minutieuses réalisées par des think-thank politiques. Avant les résultats d’une enquête sur les 400.000 adhérents LREM dévoilée ces prochaines semaines par Terra Nova, c’est la Fondation Jean Jaurès (proche du PS) qui a disséqué les sympathisants du parti d’Emmanuel Macron.

Il s’agit des 14% de Français qui répondent LREM à la question « de quel parti politique êtes-vous le plus proche ou le moins éloigné », ce qui correspond au noyau dur des macronistes. « C’est la France qui va bien et qui se sent bien », résume Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation Jean Jaurès qui démonte aussi deux idées reçues:

Non, les macronistes ne sont pas que des jeunes (« c’est au dessus de 64 ans qu’il y en a davantage) et des urbains (« par rapport à la moyenne des Français, ils ne sont guère moins nombreux dans le monde rural, guère plus nombreux dans les grandes agglomérations).

Publiés ce vendredi, les résultats ont été dévoilés il y a quelques jours aux parlementaires de la majorité qui, de l’avis de Gilles Finchelstein, ont été surpris. « Certaines choses qu’ils pressentaient ont été confirmées mais des résultats les ont vraiment étonnés », explique le politologue. Face à un groupe majoritairement composé de personnalités issues du centre-gauche, l’expert a en effet présenté « un socle électoral qui penche clairement au centre-droit ». Plusieurs éléments chiffrés le mettent en évidence.

Un recyclage de sympathisants de droite

Dans ce panel de 1700 Français issus d’une vaste étude menée depuis plusieurs années par Ipsos pour le Cevipof, Le Monde et la Fondation Jean Jaurès, on note que 70% ont voté pour Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle mais aussi que 20% ont voté pour François Fillon ce qui confirme un basculement vers la droite quand on sait que son électorat de premier tour penchait à gauche.

La proximité partisane de ces sympathisants avant le décollage de LREM est encore plus parlante. En septembre 2016, 40% des actuels sympathisants macronistes étaient proches de LR ou de l’UDI et seulement 27% étaient proches du PS. L’étude pointe par par ailleurs l’un des échecs du macronisme: ne pas avoir réussi à attirer des personnes qui étaient éloignées de la politique alors que c’était l’une des promesses. Seulement 13% des sympathisants LREM n’étaient proches d’aucun parti auparavant. « L’essentiel, c’est du reclassement, résume Gilles Finchelstein. Ils ont plus recyclé des sympathisants d’autres partis qu’attiré des déçus de la politique. »

Dernier élément criant, l’autopositionnement des macronistes. Sur un axe gauche droite allant de 0 à 10, ils se situent eux-même en moyenne à 5,6. Si un gros quart se place en position centrale (en s’attribuant la note de 5), seulement 16% se positionnent à gauche (2-3-4) contre 53% à droite (6-7-8).

Des libéraux dans tous les sens du terme

Conséquence, les idées économiques défendues par les macronistes sont étiquetées à droite, ou plus précisément libérales. Comme tous les Français (à l’exception des sympathisants frontistes qui répondent l’immigration) c’est la lutte contre le chômage qui est leur priorité numéro un. En revanche, alors que les sympathisants de gauche (FI et PS) placent le pouvoir d’achat en deuxième priorité, les sympathisants LREM placent la compétitivité des entreprises. A titre d’exemple, la défense de l’environnement n’arrive qu’en huitième position.

Ils sont aussi les plus ouverts au libre échange (81% veulent aller vers plus de libre-échange contre 54% des sympathisants LR) et sont ceux qui font le plus confiance aux entreprises face aux difficultés économiques.

Libéraux sur les questions économiques, les macronistes le sont aussi sur les questions sociétales (abolition de la peine de mort, acceptation de l’homosexualité), ce qui les rapproche plus des sympathisants de gauche. C’est aussi le cas sur les question d’immigration. Ce qui fait dire à Gilles Finchelstein que les sympathisants LREM « appartiennent à une famille politique qui n’a jamais existé ». « Ce sont des libéraux, des libéraux dans la France d’aujourd’hui pour qui la question européenne est centrale », précise-t-il.

Bref, un résumé assez fidèle du positionnement d’Emmanuel Macron. Ce n’est donc pas étonnant de les voir apprécier largement le bilan du président de la République. 93% des sympathisants portaient (en juin, soit avant l’affaire Benalla) un jugement positif sur son action. C’est 12 points de plus que les sympathisants UMP avec Nicolas Sarkozy en 2008 et 16 points de plus que les sympathisants PS avec François Hollande en 2013. « On peut parler de Macronophiles voire de Macronolâtres », conclut Gilles Finchelstein.

Alexandre Boudet 21/09/2018

https://www.huffingtonpost.fr/

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22 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

capital (bastamag)

attac

Fiscalité : les revenus du capital n’ont jamais été aussi peu taxés

« Un allègement sans précédent dans l’histoire de l’imposition des revenus en France. »

C’est ainsi que la fondation Jean Jaurès définit dans une note relayée par l’Obs, la réforme fiscale mise en place en France en janvier 2018. Selon la fondation, c’est la première fois, depuis la création de l’impôt sur le revenu en France il y a un siècle, que les revenus du capital sont aussi peu taxés par rapport aux revenus du travail.

La fiscalité sur les revenus du patrimoine diminue fortement, passant d’une imposition progres-sive sur le revenu à un « prélèvement forfaitaire unique » (ou flat tax) fixé à 30 %. Coût estimé de la mesure : 1,3 milliard d’euros.

Idem pour l’imposition du patrimoine financier qui diminue avec la sortie des biens mobiliers de l’assiette de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Montant de ce second cadeau fait aux détenteurs de patrimoine : 3,2 milliards d’euros. « 1% des ménages bénéficieront de 44% des gains liés, par exemple, à la mise en place de la flat tax, dit la fondation Jean Jaurès. Le gain moyen issu de la réforme fiscale dans son ensemble, pour les « 1% », sera de plus de 10 000 euros par an environ. » Pour les 100 contribuables les plus riches, le gain serait de 1,5 million d’euros en moyenne.

Inégalités : retour au 19ème siècle ?

L’accumulation du patrimoine est de moins en moins taxée. Et le phénomène n’est pas compensé par une taxation accrue de la transmission de ce patrimoine entre générations, comme l’avait pourtant évoqué le candidat Macron lors de sa campagne présidentielle.

« Le sujet est d’importance car le patrimoine des ménages augmente plus vite que leur revenu, souligne le rapport de la fondation Jean Jaurès. Il est très inégalement réparti et le risque est grand que le vieillissement de la population ne se traduise par une concentration accrue des patrimoines au sein des générations les plus âgées de la population. D’ores et déjà, la part du patrimoine hérité atteint 70% du patrimoine total, et pourrait atteindre 90% dans 30 ans, soit le niveau de 1850. »

La nouvelle loi a créé une énorme niche fiscale.

Pour la grande majorité des citoyens qui tirent leur revenu du travail salarié, la contribution au service public prendra la forme d’un impôt progressif qui pourra atteindre 55 % de leurs reve-nus. Tandis que ceux qui tirent essentiellement ou exclusivement leur revenu du capital ne pourront pas être taxés au-delà de 30 %.

« La réforme de la fiscalité du capital est avant tout guidée par des motivations politiques, dénonce la fondation 

« Récompenser ceux qui réussissent par l’argent, et ceux qui ont hérité de la réussite de leurs ascendants, sans considération en matière d’inégalités (…). Les 5% de ménages les plus aisés voient leur niveau de vie progresser de 1,6% en moyenne, quand les 5% les plus pauvres voient leur niveau de vie décroître de 0,6% en moyenne. »

Nolwenn Weiler 21 septembre 2018

https://www.bastamag.net/

Lire aussi:

La révolution fiscale selon Macron : une « grande machine à redistribuer à l’envers ».

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21 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

guingamp (npa 22)

npa 22

COMMUNIQUE DU COMITE DU NPA LANNUON GWENGAMP BEAR

Plan santé de Macron-Buzyn : un projet libéral et technocratique

Suicides, grèves de la faim, souffrance des patientEs… Autant de conséquences d’un manque criant de moyens pour la santé. Et pourtant, avec un l’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) à 2,5%, le gouvernement refuse les créations de postes indispensables dans les hôpitaux, les Ehpad, sans lesquelles aucune médecine de qualité ne peut se faire. Et les fermetures de lits et d’hôpitaux de proximité sont toujours au rendez-vous.

Dans le plan annoncé aujourd’hui par le président lui-même, rien n’est fait pour favoriser l’égalité des soins et lutter contre l’explosion des dépassements d’honoraires, qui sont passés de 900 millions en 1990 à 2,5 milliards d’euros aujourd’hui. Pour éviter que 30% de la population ne reporte les soins, il n’y a pourtant pas d’autre solution que d’interdire ces dépassements, et d’instaurer un tiers payant généralisé à 100%.

Alors que les médecins de ville travaillent déjà en moyenne 56 heures par semaine, comment penser qu’ils pourront demain assurer des gardes dans les hôpitaux, coordonner les soins à domicile de malades plus lourds sortis plus tôt des hôpitaux, même si tout cela est baptisé « communauté professionnelle de territoire de santé » ? Et ce n’est pas l’exemple de la psychiatrie de secteur qui nous rassurera…

Alors que le service public de santé mentale était déployé au plus près des patientEs sur tout le territoire, la politique d’austérité et de privatisation du gouvernement l’a détruit. Seuls les patientEs les plus riches auront la possibilité de se faire suivre par une psychiatrie libérale de ville elle aussi surchargée. Les restructurations dans les hôpitaux vont se poursuivre, avec leur lot de fermetures de services, de lits, et de suppressions de postes.

Les déserts médicaux vont aussi se maintenir. Si les 4000 infirmières de pratique avancée seraient bien utiles dans des centres de santé pour faire de l’éducation thérapeutique, des réunions de malades, de l’information sur l’alimentation, cela ne va pas dégager plus de temps pour les médecins. Sauf à considérer que « prendre le poids, la température, tenir le dossier… » sont des tâches inutiles, comme le dit Buzyn. Elle espère ainsi « faire gagner 15 % du temps médical », alors qu’une consultation à 15 minutes en moyenne est déjà un rythme infernal à tenir.

Pour lutter contre les déserts médicaux, pas d’autre solution que de créer sur tout le territoire un service public de santé de proximité géré par la Sécurité sociale, où touTEs les praticienEs de santé se retrouveraient au plus près des patientEs pour donner des soins gratuits, organiser la formation, la prévention, la démocratie sanitaire, et assurer la permanence des soins pour désengorger les urgences. Répartir les médecins en fonction des besoins, cela, Buzyn ne peut l’envisager !

Enfin, il faut aussi en finir avec le numerus clausus qui a scandaleusement baissé de 8000 à 4000 pour préparer la pénurie actuelle de médecins, et créer une allocation d’études pour touTEs, ce qui permettrait d’ouvrir la médecine aux enfants de salariéEs, de paysanEs, de chômeurEs… La formation doit se faire dans les hôpitaux de proximité, chez les généralistes, et pas seulement au CHU. Et il faut surtout qu’un investissement massif dans la santé pour touTEs donne envie, permettant aux étudiantEs de conjuguer la technique et le temps nécessaire pour écouter les patientEs, pour se former indépendamment des laboratoires…

Les conséquences certaines de ce plan Macron-Buzyn, libéral et technocratique, c’est le développement d’une médecine à deux niveaux : de qualité, avec dépassements d’honoraires, pour celles et ceux qui en ont les moyens et habitent les grandes villes ; à la chaîne, parfois sans médecin et sans examen clinique, pour celles et ceux qui sont au pied des tours, à la campagne ou dans les déserts médicaux.

La santé pour touTEs doit rester un droit fondamental. Nos vies valent plus que leurs profits !

Le 21 septembre 2018

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21 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

robin des riches (npa)

robin des riches

Budget 2019 : Macron, Robin des bois à l’envers

Les documents budgétaires pour 2019 (budget de l’État et loi de financement de la Sécurité sociale) se préparent dans un contexte économique médiocre. Raison de plus, du côté du pouvoir, pour donner encore plus aux patrons et aux riches et taper sur les autres.

Le gouvernement tablait au départ sur une croissance de l’économie de 2 % en 2018 et 1,9 % en 2019. En raison du ralentissement du premier semestre, il a dû réviser ses prévisions à 1,7 % pour chacune des deux années (et tout récemment la Banque de France a annoncé s’attendre plutôt à 1,6 % pour 2018).

Échec économique pour Macron

C’est clairement un échec pour la politique économique de Macron. Selon lui, moins d’impôt (sur les entreprises et les riches) et moins de contraintes (pour le patronat), c’est plus d’investissement, donc plus de croissance et d’emplois.

Au 1er janvier 2018 sont entrées en vigueur les mesures de baisse de l’impôt sur le capital et les ordonnances sur le code du travail.

Tout était théoriquement en place pour renforcer la croissance et la compétitivité, en favorisant l’investissement supposément découragé par la fiscalité du capital et la « rigidité » du marché du travail. En fait, la croissance a freiné brutalement au cours du premier semestre 2018.

Ce ralentissement s’explique largement par le coup d’arrêt de la consommation des ménages, causé par les mesures de taxation du tabac et de l’essence, et par la hausse de la CSG. Globalement, les choix gouvernementaux ont contribué au net ralentissement de l’économie française en ce début d’année 2018. Moins de croissance, c’est moins de rentrées fiscales ; le déficit devrait donc rester stable, aux alentours de 2,6 % du PIB (comme en 2017) contre les 2,3 % prévu.

On prend les mêmes… 

En 2019, ce déficit devrait remonter. La décision de transformer le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en baisse des cotisations sociales patronales va coûter un «pognon de dingue». Le gouvernement a décidé de mettre en place cette baisse de cotisations dès le 1er janvier 2019, alors que, en 2019, l’État devra aussi payer le CICE au titre de 2018.

Cela entraine un coût supplémentaire de près de 20 milliards d’euros en plus du coût «habi-tuel» du CICE qui est quasiment équivalent. C’est un nouveau cadeau offert aux entreprises, qui bénéficieront aussi de la poursuite de la baisse de l’impôt sur les sociétés. Des sommes qui n’ont rien à voir avec le « plan pauvreté » : 8 milliards sur 4 ans, soit par an 20 fois moins que les 40 milliards des entreprises en 2019.

Comme il faut bien trouver de l’argent quelque part, Édouard Philippe a annoncé que les prestations sociales et les retraites – à l’exception des minima sociaux qui y échapperaient – progresseront de 0,3 % par an. Or l’inflation est repartie : la valeur réelle des prestations devraient reculer de plus de 1 % en 2019 (1,2 % si la hausse des prix est de 1,5 %). Et cela touchera même les plus faibles retraites et s’ajoutera à la hausse de la CSG sur les retraites en 2018 !

Pour le reste, il va y avoir des économies tous azimuts, dont les 1 800 suppressions de postes dans l’éducation donnent un premier aperçu, et sur lesquelles le gouvernement est en train de phosphorer. Macron confirme bien sa stature de Robin des bois à l’envers : prendre aux pauvres, donner aux riches !

Henri Wilno

Créé le Mercredi 19 septembre 2018

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21 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

nantes sncf (lutte ouvirère)

cheminot

SNCF Nantes : guichetiers en colère

À Nantes, la direction de la gare a annoncé la suppression de 13 postes aux guichets, s’ajou-tant aux six suppressions qu’entraînera la fermeture de la boutique du centre-ville le 1er novembre.

Cela porte à 19 le nombre de postes supprimés aux guichets à Nantes.

Tous les syndicats ont décidé de lancer une démarche pour une grève dans deux semaines, ce qui correspond au délai légal à la SNCF. Ils ont été reçus lundi 17 octobre par la direction, mais l’entrevue n’a rien donné. Dans l’après-midi, des guichetiers ont commencé à parler autour d’eux de leur volonté de se mettre en grève dès le lendemain, sachant qu’ils étaient couverts par le préavis de grève Sud Rail national qui court depuis le printemps. Le mot a été passé à toute l’équipe et l’impression que la grève allait être très suivie a vite dominé.

Le matin du 18 septembre, la direction a découvert, comme les voyageurs, que les guichets étaient tous fermés. Tous les agents ou presque se sont mis en grève. Elle qui croyait que le sentiment d’écœurement et d’abattement allait dominer en a été pour ses frais. Dans la mati-née, les cheminots se sont réunis pour faire le point ensemble et, après discussion, ils ont décidé de distribuer aux voyageurs trouvant porte close un tract unitaire contre les suppres-sions de postes.

Cela a aussi été l’occasion de discuter entre eux de l’organisation de leur mouvement, pour le faire connaître aux autres cheminots et aux voyageurs. Ils en ont profité pour faire signer la pétition qui dénonce ce choix de la direction de la SNCF.

La plupart des voyageurs qui passaient marquaient leur soutien et signaient avec sympathie la pétition.

Tout cela a donné le moral à tous, y compris aux délégués syndicaux qui ne croyaient pas à une réaction collective. C’est un encouragement pour la suite du mouvement qui commence déjà à se préparer.

Correspondant LO 19 Septembre 2018
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21 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

traverse la rue (révolution permanente)

macronic

Ce que #TraverseLaRueCommeManu, dit du monde du travail et de son refus de l’ultra-précarité

Le phénomène #TraverseLaRueCommeManu ne désenfle pas, bien au contraire.

Loin d’être seulement un « mass joke », il exprime la colère du monde du travail et de la jeunesse contre le modèle néo-libéral prôné par Macron, tout en pointant l’épuisement du projet tant vanté par « le président des riches ».

Le phénomène est devenu rapidement viral sur les réseaux sociaux, et force est de constater qu’il perdure.

Ce qui semblait n’être qu’une « petite phrase » de Macron expliquant à un horticulteur qu’il lui suffit de « traverser la rue » pour trouver du travail, s’inscrit en réalité dans une forme de tradi-tion du « président des riches ». Celle d’un mépris de classe affiché et assumé depuis le début du quinquennat. Au-delà de l’incroyable créativité de détournement et de réaction à la phrase d’Emmanuel Macron que l’on peut constater sur les réseaux sociaux, ce qui mérite d’être souli-gné c’est le caractère viral et massif de la réaction. Plusieurs jours après, l’avalanche de tweet et post facebook se poursuit. Et cela va en augmentant.

Au premier coup d’œil, ce phénomène en dit long sur l’épuisement du discours macronien, promettant un « nouveau monde » et une politique axée sur la fiche de paye.

La base sociale du « président des riches », déjà étroite, ne cesse de s’effriter tandis que les tensions et fissures au sein du dispositif macronien, et en premier lieu de La République En Marche, se font de plus en plus visibles. Des démissions au gouvernement, à la bataille pour le perchoir de l’Assemblée Nationale en passant par les départs du mouvement LREM lui-même, il est aujourd’hui clair que la crise qui touche la « macronie » n’est en rien conjoncturelle.

Dans cette situation, la popularité de Macron est en chute libre, pire que Hollande après un an de pouvoir.

En ce sens, le #TraverseLaRueCommeManu, son ampleur et son ancrage dans le temps, est un miroir déformé de ce que la jeunesse, les travailleurs et les classes populaires pensent du pouvoir macronien.

Mais la petite phrase de Macron n’est pas qu’une punchline méprisante.

Elle est aussi la synthèse idéologique, sous sa forme la plus brutale, du modèle néo-libéral anglo-saxon. Celui de l’ultra-précarité, des contrats « zéro heure » et de la flexibilité absolue. Rien de très surprenant, puisque Macron se rêve en « Thatcher français », bien qu’il ne bénéficie ni d’un contexte international propice, ni d’une assise sociale suffisamment solide pour incarner une telle posture politique.

Et c’est bien la que le bas blesse pour Macron. Ce qu’exprime fondamentalement le phéno-mène #TraverseLaRueCommeManu, c’est un rejet massif de ce modèle de société, ou règne l’ultra-précarité.

Mais si Macron se révèle aujourd’hui être profondément affaibli, et qu’il suscite une profonde colère dans nos rangs, il n’existe pour le moment pas de plan de bataille qui soit à la hauteur pour transformer la brèche en une véritable offensive pour le monde du travail et la jeunesse.

Les principales organisations qui se revendiquent du mouvement social, qu’elles soient syndi-cales ou politiques, continuent à entretenir l’idée selon laquelle il serait possible de négocier avec celui qui a d’ores et déjà orchestré la destruction du statut cheminot ou de l’accès à l’université, et qui promet de ne pas s’arrêter là.

D’un côté, la France Insoumise opère un recentrage de la rue vers les institutions, depuis la fin de l‘été, et promet de mettre le paquet pour les européennes comme s’il s’agissait du véritable terrain d’affrontement. De l’autre, la CGT fait des élections professionnelles sa priorité et ne propose qu’une journée de grève interprofessionnelle le 9 octobre, qui apparait d’ores et déjà comme une politique insuffisante. Au lieu de proposer un programme offensif pour notre classe, ces organisations maintiennent leur stratégie de « dialogue social », comme s’il était possible de « dialoguer » avec le président des riches !

Non, la régression sociale ne se négocie pas.

En lieu et place de cette politique, nous devons exiger un plan de bataille d’ensemble qui impo-se un rapport de force qui aille jusqu’à la grève générale et qui soit capable de dégager Macron et d’approfondir la crise que traverse actuellement la macronie.

Contre la précarité comme seule perspective que nous promet Macron, exiger un vrai CDI pour tous, car personne n’a envie de passer sa vie dans l’angoisse de se retrouver au chômage, n’en déplaise au patron-coiffeur Franck Provost. Et pour en finir avec le chômage de masse, qui touche plus de 6 millions de personnes en France, il ne suffira certainement pas de traver-ser la rue, mais bien de la prendre pour imposer la baisse et le partage du temps de travail sans baisse de salaire.

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21 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

lorient lieu d’accueil (bastamag)

feminsite

Un lieu d’accueil pour les femmes victimes de violences fermé faute de budget

A Lorient, un lieu d’accueil de jour pour les femmes victimes de violences a fermé fin 2017, faute de budget.

Malgré la constitution d’un collectif, une pétition, des manifestations, des rencontres avec les élus locaux et des demandes de rendez-vous auprès de la ministre Marlène Schiappa, les quelques dizaines de milliers d’euros nécessaires à la réouverture du lieu n’ont pu être déblo-qués. Une situation qui n’a malheureusement rien d’exceptionnel : partout en France, alors que la question est censée être une priorité du quinquennat d’Emmanuel Macron, les associations qui accompagnent les femmes victimes de violences peinent à boucler leurs budgets.

« En France, il faut faire la manche pour les femmes victimes de violences qui ont besoin d’écoute et que l’État abandonne », proteste le collectif « Femmes en marge ». Ce collectif se mobilise depuis des mois pour la réouverture d’un accueil de jour à Lorient, dans le sud de la Bretagne. Pilotée par le centre d’information sur le droit des femmes et des famille du Morbihan (CIDFF) et l’association Sauvegarde 56, l’antenne lorientaise du dispositif « Moments Pour Elles » était ouverte trois demi-journée par semaine. Le lieu voyait passer près de 100 femmes chaque année, reçues par une psychologue, une travailleuse sociale et une juriste.

Un lieu pour souffler et être soutenues

« L’accueil de jour, qui existe aussi pour les SDF, les personnes handicapées ou les personnes âgées, offre un lieu de convivialité où l’on peut se ressourcer, en parlant de ses difficultés autour d’un café ou d’un goûter. Les femmes victimes de violences peuvent y reprendre confiance en elles, explique Charline Houet, présidente du CIDFF du Morbihan.

La convivialité peut être un tremplin, ensuite, pour entamer un combat juridique contre le conjoint violent. » À l’annonce d’une coupe de plusieurs milliers d’euros dans la subvention allouée par l’État, le CIDFF a décidé, la mort dans l’âme, de fermer l’accueil de jour de Lorient pour se concentrer sur un seul lieu, à Vannes. « Le territoire de Lorient reste couvert par notre juriste, qui assure des permanences dans divers endroits de la ville », précise Charline Houet.

« Beaucoup de femmes nous ont témoigné leur reconnaissance pour le travail d’écoute et d’accompagnement proposé par l’équipe », souligne le rapport d’activité 2017 du CIDFF. Certaines nomment comme un « déclic » la rencontre avec ce lieu d’accueil, qui leur a été indispensable pour entrevoir autre chose dans leur existence que la violence subie. Les femmes qui élèvent seules leurs enfants ont pu y trouver des relais. La fermeture de cet endroit où elles pouvaient être reçues sans rendez-vous, souffler et être soutenues, leur semble totalement incompréhensible.

Silence du côté du ministère

« Dans le Morbihan, il n’existe donc désormais plus qu’un seul lieu d’accueil de jour pour les femmes victimes de violences. Cela laisse de côté environ les 4/5èmes de la population du département, constatent Marilyn et Aurore, porte-paroles du collectif en lutte pour la réou-verture de l’antenne lorientaise. On sait combien la proximité est importante pour les femmes victimes de violences, dont beaucoup sont surveillées par leur conjoint ou ex-conjoint. » Le collectif a commencé par lancer une pétition qui a recueilli 30 000 signatures. Puis, sans réponse aux courriers envoyés à la Caf, à la Préfecture, aux élus locaux et régionaux, au ministère et à l’Élysée, Aurore, Marilyn et le reste du collectif décident d’organiser une série de mobilisations et de rendez-vous pour rencontrer des élus et responsables administratifs.

En fin de semaine dernière, le collectif s’est invité à l’ouverture de l’université d’été du féminisme organisé par la ministre en charge de l’égalité femmes-hommes Marlène Schiappa. Sollicitée par le collectif à plusieurs reprises, elle n’a jamais donné suite. Elle n’a pas non plus, à ce jour, répondu à Laurence Cohen, sénatrice PCF du Val de Marne qui lui a demandé « comment elle entendait intervenir pour permettre la réouverture [du lieu d’accueil] et accorder les moyens nécessaires aux associations accompagnant les femmes victimes de violences ». Entre 40 000 et 60 000 euros sont nécessaires pour ouvrir à nouveau l’antenne de Lorient. Une somme bien moindre que celle consacrée à l’université du féminisme de Marlène Schiappa, qui aurait coûté 300 000 euros selon le Canard Enchaîné.

225 000 femmes subissent des violences dans leur couple chaque année

Avant d’arriver à Paris, le collectif a fait escale à la communauté d’agglomération de Lorient, où aucun élu n’a pris le temps de les rencontrer. Reçues par le directeur de cabinet du maire (PS) de Lorient Norbert Métairie, Aurore et Marilyn se sont entendues dire que le financement d’un tel lieu n’entrait pas dans les compétences de l’agglomération.

Au conseil régional de Bretagne, où la vice-présidente chargée de l’égalité, Anne Patault, n’était pas non plus disponible, les citoyennes ont rencontré des membres du pôle « Égalité des droits », qui ont également évoqué un budget « restreint » pour les droits des femmes. Pas de budget non plus du côté de la Préfecture, où l’on ne pense pourtant que du bien de l’accueil de jour, et où l’on concède que 40 000 euros, ce n’est pas grand chose. Seule la Caf pourrait peut être allouer quelques milliers d’euros….

« Il est difficile de mobiliser des fonds sur la problématique des violences, constate Charline Houet.

C’est beaucoup plus facile d’obtenir des financements sur ce que l’on considère comme « positif » : la sensibilisation des scolaires à l’égalité, ou la communication autour des métiers qu’il faut féminiser. Il y a vraiment des réticences à prendre en compte l’accompagnement des victi-mes de violences. C’est comme si on ne voulait pas regarder le problème en face. » Massives, les violences faîtes aux femmes nécessiteraient pourtant un vrai plan d’urgence (lire notre article ici). En France, 225 000 femmes subissent des violences dans leur couple, la plupart du temps de manière répétitive. Plus de 10% des femmes déclarent avoir été violées. Près de 150 femmes sont tuées chaque année par leur conjoint ou ex-conjoint.

0,007% du budget de l’État

Le 25 novembre 2017, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violen-ces faites aux femmes, Emmanuel Macron avait fait observer une minute de silence en hom-mage aux 123 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2016. Il avait déclaré l’égalité entre les femmes et les hommes « grande cause du quinquennat ».

L’accompagnement des victimes faisait partie des « priorités ». Malheureuse-ment, aucun financement exceptionnel n’est venu appuyer ces déclarations.

En pourcentage du budget total de l’État, la « grande cause nationale » plafonne à 0,007%… Les associations qui prennent en charge les victimes continuent à compter leurs sous et à bricoler avec des budgets qu’il faut sans cesse négocier. Celles qui font de l’accueil télé-phonique travaillent à flux tendu, d’autant que le mouvement #Metoo a encouragé les femmes à dénoncer les violences qu’elles subissent.

La situation du lieu d’accueil de Lorient « n’est malheureusement pas isolée, rappelle la sénatrice Laurence Cohen dans la question qu’elle a adressée à Marlène Schiappa. Nombre de structures associatives dans ce domaine se trouvent en difficulté faute de financements suffisants. » Le collectif Femmes en marge rappelle dans l’un de ses communiqués qu’à Boulogne- Billancourt (92), « c’est carrément le CIDFF (centre d’information sur les droits des femmes et des familles) qui a mis la clé sous la porte.

À Saint-Denis (93), l’existence de la maison des femmes est menacée, aucun financement pérenne n’étant prévu. À Lille (59), l’association l’Échappée qui prend en charge des victimes de violences sexistes et sexuelles a dû lancer un appel aux dons pour boucler les 15 000 euros qui manquaient à son budget pour ne pas fermer en 2018 ».

On se souvient également qu’en janvier 2018, l’AVFT, association européenne contre les violences faites aux femmes au travail, avait dû fermer son accueil téléphonique faute de moyens pour faire face aux demandes. « On s’inquiète du maintien des permanences juridi-ques en milieu rural, ajoute Charline Houet, dans des endroits où les femmes ont de réels problèmes de mobilité. C’est bien d’encourager les femmes à se séparer d’un conjoint violent mais derrière, qui les accompagne ? Comment ? »

Nolwenn Weiler 21 septembre 2018

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20 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

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20 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

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Guyanes : les conséquences écologiques désastreuses de la ruée vers l’or

Pratique illégale, l’orpaillage est l’une des plus grandes menaces sur le Plateau des Guyanes, aussi bien pour la nature que pour ses habitants.

Près de 100 ans après le chef-d’œuvre de Chaplin, comment la ruée vers l’or peut-elle encore être d’actualité ? Il suffit de se rendre sur le Plateau des Guyanes, en Amazonie, pour réaliser l’expansion de l’orpaillage, aux graves conséquences environnementales, sanitaires et écono-miques. Le parc amazonien révèle que la région a fait face à une augmentation de 78 % du nombre de sites clandestins destinés à l’activité aurifère seulement sur ces 6 derniers mois.

L’ORPAILLAGE, UN ENJEU INTERNATIONAL

La première préoccupation à laquelle font face les défenseurs de l’environnement lorsqu’il s’agit d’orpaillage est la déforestation massive. Plus de 17 000 hectares de la forêt amazo-nienne ont été rasés au cours de la seule année 2015. En plus de détruire l’écosystème et les ressources naturelles indispensables, on estime que ce phénomène conduit chaque année à la libération d’environ 200 000 tonnes de carbone dans l’atmosphère. L’autre problème majeur de cette pratique est à la fois sanitaire et environnementale, et implique le mercure.

Dans la pratique, le mercure est ajouté à la matière aurifère extraite.

L’ensemble est chauffé, ce qui permet d’évacuer le mercure et de ne laisser que l’or brut dans la batée. Ainsi, le mercure se transforme en vapeur nocive relâchée directement dans l’atmos-phère. Et lorsque l’on sait que pour obtenir 1 kilo d’or, il faut utiliser 1,3kg de mercure, le compteur s’affole. Mais le mercure ne pollue pas que l’air que nous respirons.

Lors de l’extraction de l’or, les garimpeiros (chercheurs d’or) creusent le sol à l’aide de jets à très haute pression. La pression exercée provoque une forte érosion des sols qui relâchent le mercure naturellement présent. Cette propagation dans l’eau crée une réaction biologique qui transforme le mercure en Méthylmercure, fort neurotoxique. Ce dernier va contaminer la chaî-ne alimentaire des plantes aquatiques jusqu’à l’homme, fortement dépendant des poissons d’eaux vives pour son alimentation.

Dans ces régions aurifères, la contamination des adultes est 1,5 fois supérieure au seuil jugé tolérable par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Les cours d’eau doivent également faire face au phénomène de turbidité, c’est-à-dire l’augmentation de la teneur en eau de matières qui la troublent. Cette turbidité défavorise l’oxygénation des plantes et entraîne la destruction de la vie aquatique par asphyxie.

L’AGGRAVATION DE LA SITUATION GUYANAISE

Une étude coordonnée par la WWF et l’ONF International, en collaboration avec les institutions forestières et environnementales guyanaises, vient de révéler que 157 000 hectares avaient été détruits entre 2001 et 2015 dans le cadre de l’exploitation aurifère. Environ 72 % de cette disparition a eu lieu entre 2008 et 2015, ce qui est symptomatique d’une forte accélération du phénomène.

Si on assiste à une amélioration de la situation en Guyane française, ce n’est pas pour autant bon signe.

Il s’agit juste d’un déplacement de l’activité illégale puisque, toujours entre 2008 et 2015, 95 % de la déforestation liée à l’orpaillage avait lieu au Guyana et au Suriname, des régions fronta-lières. En Guyane, c’est environ 500 hectares de forêt qui sont rasés chaque année pour assouvir la soif des chercheurs d’or ; c’est le premier facteur de déforestation du territoire.

Ce rapport alarme également sur la condition des anciens cours d’eau devenus des bassins boueux suite à l’extraction intensive.

Résultat ? Plus de 5 840 km de cours d’eau détruits, sans compter l’ensemble des eaux contaminées en aval des sites d’orpaillage. À ce jour, il n’existe presque plus de cours d’eau sain en Guyane. Cette grave faute environnementale devient une grave situation sanitaire. Les eaux stagnantes favorisent fortement le développement du paludisme dans la région et les camps de garimpeiros, premiers exposés, contribuent à sa propagation en faisant office de souche virale.

Aucun des pays concernés ne bénéficient d’une contrepartie à sa destruction, même pas économique, puisque l’or est systématique exfiltré du territoire.

Les autorités ont énormément de mal à modérer ces activités illégales, en particulier sur l’Oyapock et le Maroni, fleuves principaux pour la circulation du trafic. Les habitants et les insti-tutions environnementales attendent avec impatience la création d’une coopération transfron-talière entre les autorités guyaniennes, surinamaises, brésiliennes et françaises pour mettre en place des mesures judiciaires, inexistantes à ce jour.

 Juliette Heuzebroc

https://www.nationalgeographic.fr/

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