Archive | Hollandie

24 février 2017 ~ 0 Commentaire

eelv (npa)

verts-schtroumpf

Europe Écologie-Les Verts : Deux pas trois…

Les dirigeants d’Europe Écologie-Les Verts vantent une « candidature commune » permettant de « dépasser les egos et les appareils politiques pour privilégier le projet de société et la dynamique collective »…

Jean-Luc Mélenchon sera candidat sans aucune discussion unitaire, pas plus avec Hamon ou Jadot qu’avec ses anciens partenaires du Front de gauche d’ailleurs. Ne reste plus que le retrait possible de la candidature de Yannick Jadot au profit de celle de Benoît Hamon, avec un accord entre le PS et EÉLV.

Jamais sans le PS (ou si brièvement !)

La victoire de Hamon a suscité une aspiration unitaire, sincère mais illusoire, chez de nombreux militantEs du mouvement social. Au sein d’EÉLV, elle repose l’éternelle question de l’alliance avec le PS. En juin 2016, le mandat donné à la direction d’EÉLV pour les échéances électorales de 2017 étaient pourtant relativement précis : « un projet écologiste clairement défini porté par une candidature émanant d’EÉLV ou de la société civile », excluant « tout accord même technique avec l’appareil du PS ».

Valls et sa politique avaient amené EÉLV à quitter le gouvernement… mais pas au point de faire le deuil d’une stratégie intrinsèquement liée à la social-démocratie. David Cormand, le secrétaire national a salué la victoire de Hamon en déclarant : « Cette victoire, c’est un peu notre victoire par procuration »… Le gouvernement Valls est donc devenu une désagréable parenthèse qu’il convient de refermer avec empressement et soulagement.

Les 17 077 votantEs à la primaire écologistes ont donc été consultés ces derniers jours sur la « recherche de convergences et de rassemblement ». Les 60 % de participantEs ont approuvé la démarche à près de 90 %. Ils et elles doivent être à nouveau interrogés sur le résultat des négociations.

Avec des « si »…

« Si Benoît Hamon est prêt à se détacher de la vieille garde PS et à s’engager avec nous sur un projet de société alternatif, il ne faut pas hésiter », dit aujourd’hui Noël Mamère (interview à Reporterre le 20 février) qui voit en Hamon « dans la gauche “mainstream”, un vrai partenaire décidé à rompre avec les vieux schémas de la gauche productiviste », ajoutant quand même un peu méfiant : « C’est en tout cas ce qu’il a dit… »

Certes, Hamon parle de suspendre la déclaration d’utilité publique pour Notre-Dame-des-Landes, d’interdire « tous les pesticides dangereux », de réduire la part du nucléaire… C’est d’abord le signe, positif, que ces exigences sont devenues incontournables. Mais dans la bouche de Hamon, ce sont avant tout des paroles de campagnes.

Abandonner le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes et les autres grands projets inutiles imposés, c’est nécessairement affronter Vinci et les autres grands groupes du BTP, mais aussi les élus PS qui les soutiennent. Interdire les produits dangereux, c’est mettre au pas l’industrie chimique. La sortie « progressive » et « définitive » du nucléaire (la position défendue par EÉLV), c’est exproprier et mettre sous le contrôle des salariéEs et des populations les groupes de l’énergie pour imposer l’abandon de l’EPR à Flamanville, du projet Cigéo à Bure et l’arrêt des centrales…

Une gauche de rupture avec le productivisme ne peut être qu’une gauche de rupture avec le capitalisme. C’est ce projet écosocialiste et l’outil pour le porter qu’il faut construire, et pas une énième union de la gauche…

Jeudi 23 février 2017 Christine Poupin

https://npa2009.org/

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24 février 2017 ~ 0 Commentaire

menaces sur les droits (amnesty)

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23 février 2017 ~ 0 Commentaire

amnesty (francetv)

flic

« Injustifiable », « inefficace » et « détourné de son objectif » : l’état d’urgence en France dans le viseur d’Amnesty International

« Le risque est que la France s’habitue à ce que des droits, considérés comme acquis, soient remis en cause », s’alarme l’ONG alors que son rapport annuel est publié, mercredi.

L’état d’urgence en France est dans le collimateur d’Amnesty International. Dans son rapport annuel, publié mercredi 22 février, l’ONG estime que les autorités françaises ont mis à mal « certains droits fondamentaux » avec les multiples prolongations de ce régime d’exception. Selon l’organisation, « le risque est que la France s’habitue à ce que des droits, considérés comme acquis, soient remis en cause ». Après avoir déjà épinglé l’état d’urgence en France, à la mi-janvier, dénonçant des mesures « discriminatoires », Amnesty international en remet une couche. France Info revient sur les trois principales critiques.

Des prolongements « injustifiables » 

« Pour qu’un état d’urgence soit déclaré ou prolongé, il faut que les autorités en démontrent, à chaque fois, la nécessité », explique à franceinfo le responsable du programme « Libertés » à Amnesty International, Nicolas Krameyer. Or, notre lecture, c’est qu’il n’y a plus de nécessité de l’état d’urgence, ou que cette nécessité n’est plus du tout démontrée par les autorités, ni même par les faits avancés. »

Des experts du terrorisme, auditionnés par l’Assemblée nationale, ont indiqué que « les bénéfices de l’état d’urgence ont essentiellement été durables pendant quelques semaines, après son déclenchement en novembre 2015″, rapporte également Nicolas Krameyer.

« Nous n’avons pas à prolonger l’état d’urgence au-delà de ce qui est strictement nécessaire, mais le gouvernement considère qu’à partir du moment où il y a toujours un danger terroriste, on sera toujours sous l’état d’urgence. Donc, on peut faire comme les Egyptiens, et y être pendant cinquante ans », estime auprès de franceinfo Michel Tubiana, président d’honneur de Ligue des droits de l’Homme. Pour l’avocat de l’ONG, Patrice Spinosi, le renouvellement de l’état d’urgence est une mesure « essentiellement politique ».

A partir du moment où on a vendu aux Français que l’état d’urgence était une nécessité pour combattre le terrorisme, aucun gouvernement ne peut se permettre d’y mettre fin car ce serait prendre un risque politique considérable. Patrice Spinosi, avocat de la Ligue des droits de l’Homme à franceinfo

Un dispositif inefficace

« Le gouvernement exploite la peur et ment ostensiblement quand il soutient que l’état d’urgen- ce a une quelconque efficacité dans la lutte contre le terrorisme », lance Michel Tubiana. Les  chiffres avancés par Amnesty International sont accablants. L’ONG souligne que « de la fin 2015 à la fin 2016, seules 0,3% des mesures liées à l’état d’urgence ont débouché sur une enquête judiciaire pour faits de terrorisme ».

Dans le détail, quelque 6 500 mesures (perquisitions administratives, assignations à résidence, etc.) ont été prises dans le cadre de l’état d’urgence. Mais cela n’a débouché que sur le lancement de 20 enquêtes judiciaires et sur l’ouverture de 196 enquêtes par le parquet antiterroriste.

Derrière ces chiffres, il y a des personnes et des vies parfois en miettes. Comme celle de Julien, 31 ans, que franceinfo a rencontré au début du mois de février. Il est assigné à résidence depuis quatorze mois. Il n’a plus le droit de quitter sa commune de Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne) sauf pour aller pointer au commissariat de Noisiel, trois fois par jour, dimanche et jours fériés compris.

Converti à l’islam, il lui est reproché d’avoir suivi les cours d’un « militant pro jihad » et d’être en relations avec des « personnes radicalisées ». Julien fréquentait la mosquée de Lagny, présen- tée par le gouvernement comme un « foyer d’idéologie radicale« , et fermée le 1er décembre 2015. Une assignation à résidence injustifiée pour son avocat : « Si les enquêteurs n’ont pas réussi à rassembler assez d’éléments en plus d’un an, c’est qu’il y a un problème. » Sauf qu’entre-temps, Julien a perdu son travail et que sa vie sociale est désormais quasi-inexistante.

Un texte détourné du cadre anti-terroriste

« Si c’est la lutte antiterroriste qui a été invoquée pour déclencher l’état d’urgence, ce qui était tout à fait justifié, selon Amnesty International, en novembre 2015, il faut bien voir que la rédaction même de la loi pose problème », déclare Nicolas Krameyer. Dans le texte, on ne parle pas de mettre en place des mesures contre des personnes suspectées d’actes terroristes ou d’intentions terroristes, mais des personnes dont le comportement est susceptible de constituer une menace pour l’ordre public. Nicolas Krameyer esponsable du programme Libertés chez Amnesty International

En clair, avec ce texte, il est possible de viser d’autres personnes que celles soupçonnées de préparer des attentats. Ce qui a permis au gouvernement d’interdire des manifestations de militants écologistes pendant la COP21, à la fin 2015, et pendant les débats sur la loi Travail. Ainsi, 141 manifestations ont été interdites en France à cause de l’état d’urgence pour la seule année 2016. « C’est beaucoup plus que les années précédentes, mais nous attendons encore les chiffres détaillés des autorités », précise Nicolas Krameyer.

Pour Michel Tubiana, « la situation est plus grave que ce que dit Amnesty. « Aujourd’hui, nous retrouvons dans la loi un certain nombre de mesures qui ont été prises sous couvert de l’état d’urgence et qui sont passées dans le droit commun : on a fait de l’exception la règle », s’inquiète-t-il.

Louis San 22/02/2017

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22 février 2017 ~ 0 Commentaire

non à la mine d’or industrielle (slf)

Un toucanet koulik (Selenidera piperivora) se nourrisant de fruits du palmier comou (Oenocarpus bacaba) Le toucanet koulik fait partie de l’extraordinaire biodiversité de « l’Amazonie Française » (© Tanguy Deville)

En forêt guyanaise !

En toute discrétion, l’Etat français encourage l’industrialisation de la filière aurifère en Guyane. Le projet Montagne d’Or, prévu pour 2018, deviendrait la plus grande mine du territoire français. Il aurait de graves impacts humains et environnementaux et ouvrirait la porte aux autres multinationales minières en attente !

Lettre

Au Président et au gouvernement de la France.

Ne laissez pas détruire l’exceptionnelle biodiversité guyanaise ! Merci d’arrêter Montagne d’Or et tous les autres projets de mines d’or industrielles en Guyane

Afficher la lettre de pétition

Un monstre industriel : le projet « Montagne d’Or » s’inscrit sur 190 km2 de concessions et prévoit une fosse de 2,5 km de long, 500 m de large et 400 m de profondeur. Son usine de traitement de minerai par cyanuration exige l’énergie de 20 % de la consommation annuelle de la Guyane.

Les sites industriels de ce type détruisent immanquablement la forêt et les écosystèmes sur lesquels ils s’implantent et bien au-delà, du fait du drainage minier acide. Le risque majeur repose sur le stockage en digue de millions de tonnes de boues cyanurées. Au moins 25 ruptures de digue ont eu lieu depuis 2000 dans le monde. En 2015, le Brésil a connu un accident similaire considéré comme l’une des pires catastrophes écologiques.

La Guyane inclut une partie encore intacte de la forêt amazonienne, poumon de notre planète, et zone de biodiversité extraordinaire. Ce territoire doit absolument être préservé d’activités aussi destructrices.

L’exploitation minière de l’or n’est pas indispensable. Les besoins industriels représentent seulement 8 % de l’or extrait. La filière du recyclage en a fourni 3 fois plus en 2015.

Si la France autorise l’exploitation à grande échelle de ce premier gisement, elle s’exposera nécessairement à la multiplication de projets miniers équivalents.

Ce choix de société n’est pas une solution de développement pérenne. La population n’a d’ailleurs pas été consultée et les procédures imposant de recourir au Conseil Consultatif des Populations Amérindiennes et Bushinengué n’ont pas été respectées.

Le collectif Or de question qui regroupe des ONG locales et nationales, demande au gouvernement français l’arrêt immédiat des projets de méga-industrie minière. L’économie guyanaise doit s’orienter vers un développement écologiquement et socialement soutenable.

Merci de le soutenir en signant la pétition

Contexte

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21 février 2017 ~ 0 Commentaire

il court, il court, le macron… (npa)

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La politique de Macron expliquée aux imbéciles qui le suivent…

Il est évidemment impossible de préjuger du score de Macron à l’élection présidentielle. Mais même si la bulle médiatique finissait par faire « pschitt », sa candidature et sa campagne expriment des tendances à l’œuvre dans le monde politique comme dans la société.

«Les spartakistes, on les aura ! », proclamait fièrement Emmanuel Macron quand il était conseiller de Hollande à l’Elysée, face aux velléités des « frondeurs » du PS de s’opposer aux mesures du « pacte de compétitivité ». En novembre 2016, il n’a pourtant pas craint pas de baptiser « Révolution » son livre publié en défense et illustration de sa personne et de sa candidature présidentielle.

L’homme de main du président Hollande, devenu ministre de l’Economie et défenseur des mesures économiques les plus libérales, avait pressenti que le hollando-vallsisme allait s’effon- drer. Il avait alors choisi de ne pas retourner dans la banque mais de creuser son propre sillon. Il a donc créé en avril 2016 son mouvement « En marche ! », puis démissionné du gouver- nement et décidé de se présenter à la présidentielle sans passer par les primaires du PS.

L’individu (à l’instar d’ailleurs d’un Mélenchon : c’est leur seul point commun) endosse la posture de l’homme providentiel. Macron est sans nul doute un aventurier, qui a compris que la crise du PS et l’incapacité du « centre » à se constituer en force politique indépendante des Républicains ouvraient la possibilité d’une opération mini-bonapartiste. D’autant qu’il a eu les moyens financiers d’amorcer la pompe grâce à une fortune personnelle faite dans la banque Rothschild et au soutien de l’homme d’affaire Abel Hermant, récemment décédé.

Une pluie d’euros Ensuite, les euros ont commencé à ruisseler si l’on en juge par des initia- tives multiples et coûteuses, telles que le meeting parisien du 10 décembre dernier (coût : 400 000 euros). Comment Macron finance-t-il toutes ces dépenses ? Certes, son mouvement se targue de 130 000 membres… mais l’adhésion y est gratuite ! En fait, depuis qu’il a envisa- gé de se lancer dans la politique pour son propre compte, Macron a utilisé toutes les ficelles possibles pour récolter des fonds.

Paris Match a assuré qu’en mai 2016, alors qu’il était encore ministre de l’Economie, Macron « aurait levé près de 10 millions de livres sterling » (environ 12,75 millions d’euros) lors d’un déplacement à Londres. L’ancien ministre a ainsi organisé plusieurs dîners, à Londres ou à New York. Pour y participer, chaque convive a dû débourser 7500 euros, ce qui fait relative- ment cher le plat. Mais ce prix est juste une manière déguisée de récolter le don maximum autorisé par la loi qu’un particulier peut faire à un parti politique, soit effectivement 7500 euros… Cinq millions d’euros auraient été collectés fin décembre, tandis que les sondages favorables permettaient désormais d’emprunter auprès des banques pour financer la présidentielle.

Des comités à un seul adhérent On peut adhérer à « En marche ! » par internet et quand on clique sur « J’adhère », le premier item est « adhérer, c’est gratuit ». Le mouvement se targue, outre de 130 000 adhérents, de 3 293 comités en France et à l’étranger. Une enquête serait nécessaire pour en déterminer la réalité. Le site de « En marche ! » permet de se livrer à une première exploration. Sauf erreur, il y a ainsi sept comités sur le 13e arrondissement de Paris : trois regrouperaient ensemble 88 adhérents et pour les quatre autres, deux ont trois adhérents chacun, deux autres, deux adhérents et un dernier, un seul adhérent. A Saint-Denis, dans le 93, il y aurait quatre comités : un de douze adhérents et trois avec un adhérent chacun…

A priori, donc, beaucoup de comités fantôme, peut-être créés par des personnes qui se sentent des vocations de petits Macron pour les prochaines élections locales. Les adhérents peuvent en effet soit rejoindre un comité existant, soit en créer un nouveau. L’entourage de Macron agglomère plusieurs strates. D’abord, une garde rapprochée composée d’une faune relativement jeune (la trentaine) d’anciens membres de son cabinet à Bercy, de communicants et de consultants. S’y sont adjoints une série de « grosses pointures » : un ex-banquier à la collecte des fonds, un spécialiste chevronné des sondages et l’économiste Jean Pisani-Ferry, compagnon de route de la droite du PS et qui a porté de multiples casquettes officielles, européennes et françaises. Il y a ensuite, relations personnelles de Macron ou soutiens plus ou moins discrets, les hommes d’affaires, tant du côté des start-up que du CAC 40.

Un début d’émiettement du PS Dernière composante, les politiques. Il y a ceux de droite,  dont quelques anciens ministres comme Renaud Dutreil, Serge Lepeltier ou Jean Arthuis, ainsi que des ralliés de moindre importance en provenance de chez Juppé ou du Modem. Du côté de la gauche, il y a depuis la première heure une poignée de députés PS et le sénateur-maire socialiste de Lyon, Gérard Collomb.

D’autres élus PS commencent à se montrer aux meetings de Macron. Des ralliements importants sont attendus (François Rebsamen, voire Ségolène Royal), mais aussi, après la primaire, un afflux d’élus qui peuvent penser que leur chance de sauver leur siège est plus importante avec Macron qu’avec Hamon. Un processus de scission, ou plutôt d’émiettement du PS, est donc en cours.

Mais l’écho de Macron ne s’explique pas seulement par le soutien d’une partie de l’oligarchie et l’opportunisme d’élus PS déboussolés. Il est aussi représentatif de ten- dances réelles de la société. Trente-trois ans de politiques économiques libérales (depuis le tournant définitif de François Mitterrand en 1983) ont détruit dans une large partie de la popu- lation l’espoir que ces politiques soient un point de passage obligé pour réduire le chômage et donner un avenir plus assuré à la jeunesse. De moins en moins de gens sont prêts à gober le théorème de Schmidt (un ancien chancelier social-démocrate allemand) : « les profits d’aujourd’hui sont les investissements de de demain et les emplois d’après-demain ».

Or c’était le fond commun des deux grands courants qui alternaient au gouverne- ment. Ce désarroi idéologique force les prétendants au pouvoir à faire du neuf (ou à faire semblant). Fillon et Valls s’accrochent encore au libéralisme mais en mettant au premier plan un « supplément d’âme » : la référence catholique pour Fillon et un autoritarisme-social pour Valls. Marine Le Pen se démarque de la « pensée unique » en présentant la Nation comme le remède et le rejet des étrangers comme la condition et le moyen d’une politique sociale.

L’autre aspect de la situation est que les mouvements sociaux, de 1995 à 2016, n’ont pas réussi à mettre fondamentalement en échec les politiques de réaction sociale. Le « mélenchonisme » essaie de susciter une autre espérance collective fondée sur le changement des institutions par le vote, dans le cadre d’un mélange de social et de référence à une prétendue mission historique progressiste de la France.

La promotion de la réussite individuelle Macron, pour sa part, promeut l’espoir de la réussite individuelle. Il affirme que ceux qui le méritent s’en tireront et qu’il va créer les condi- tions pour qu’il en soit ainsi : « ce que je défends (…) doit permettre à chacun de trouver dans son pays une vie conforme à ses espérances les plus profondes ». « Les pressions corpora-tistes doivent laisser la place aux sécurités individuelles » . « Notre volonté de donner l’autonomie à tous, de permettre à chacune et chacun d’avoir une place ».

La lecture de Révolution est éclairante. Une mise en scène édifiante de sa personne et une dénonciation du « conformisme de caste » permettent à un inspecteur général des finan- ces et ex-banquier de se dépeindre en esprit libre et indépendant, en « démocrate français » (p. 36), contrairement à tous les autres. Il fait des références multiples à la France, mais se démarque habilement de la tentative de Hollande sur la déchéance de la nationalité. L’ouvrage montre d’abord le souci de Macron de se placer au centre de ce qu’il pense être les aspirations de la société. Les raisonnements sont souvent construits sur le modèle « ni, ni » ou « oui, mais », ce qui permet de se garder de tous les côtés.

Son discours sur la République est habile : il rappelle les guerres coloniales, la condam- nation de Dreyfus, l’absence de droit de vote des femmes, ce qui lui permet d’affirmer : « Tout ce qui est bon n’est pas républicain. Et tout ce qui est républicain n’est pas bon ». Il décrit les ravages de la mondialisation (« des dizaines de milliers d’emplois ont été détruits dans le textile (…) il suffit de parler à un éleveur de la Lozère, ou d’ailleurs, pour toucher du doigt l’aberration d’une organisation mondiale. » Cependant, « une sortie ferait encore plus de victimes ». Même balancement sur la finance, avec une conclusion en trompe-l’œil : « lutter contre la finance sans finalité et encourager la finance qui permet d’investir ».

Une stratégie attrape-tout A certains moments, Macron se fait habile : après une phrase générale (« Je veux d’abord garantir que chacun puisse trouver une place sur le marché du travail, quel que soit son parcours scolaire »), il enchaîne : « Lorsqu’on habite Stains en région parisienne ou Villeurbanne en région lilloise – visiblement, il a écrit trop vite –, il est plus simple de créer son entreprise et de chercher des clients que d’avoir un entretien d’embauche. » A partir de la difficulté réelle d’accès à l’emploi des jeunes des banlieues, Macron vend en fait la déréglementation et le modèle Uber.

Plus loin, on doit reconnaître qu’il touche assez juste quand il souligne les faux-sem- blants de la rénovation des logements dans des quartiers populaires qui continuent de souffrir de transports en commun insuffisants et où perdurent les difficultés d’accès à l’emploi. Il se démarque aussi de la seule gestion policière des quartiers et dénonce les débats sur les menus des cantines, les tenues vestimentaires, etc. Paroles creuses, dira-t-on, mais qui sont énoncées dans le cadre d’une stratégie « attrape-tout » qui ne néglige pas les électeurs des banlieues.

Par contre, Macron reste vague sur presque tout ce qui concerne la politique économique et sociale. D’emblée, il annonce qu’il n’écrit pas un programme. Il se contente d’exposer trois priorités générales : l’éducation, le développement durable et le déploiement de la fibre. Il affirme que la réduction du déficit budgétaire est nécessaire et passe par une réduc- tion des dépenses, mais contrairement à Fillon il se garde de préciser. Et dans ses meetings, il ne craint pas d’annoncer des mesures qui se traduiraient par des dépenses supplémentaires, comme le remboursement à 100 % des frais d’optique et des soins dentaires.

Outre l’« assouplissement » des 35 heures, il s’avance sur deux points. La protection sociale doit être reconstruite « autour, et pour l’individu » (p. 149), avec une étatisation de l’assurance-chômage. Enfin, il faut remettre en cause le statut des fonctionnaires. Macron  est habile, il a de l’argent et des appuis. Mais surtout, le « macronisme » a des racines : dans la crise des espoirs collectifs et du mouvement social, s’en tirer individuellement est pour beau- coup le seul horizon crédible. Quel que soit son destin électoral, le « macronisme », avec ou sans Macron, pourrait donc ne pas être dénué d’avenir. En démasquer les impasses et les illusions est une tâche nécessaire.

Lundi 20 février 2017 Henri Wilno

https://npa2009.org/

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21 février 2017 ~ 0 Commentaire

ps (npa)

hamon

Hamon et le Parti socialiste : Replâtrage ou chant du cygne ?

Loin d’un Corbyn français

Benoit Hamon a construit sa campagne autour de trois propositions principales : l’abrogation de la loi Travail (un passage obligé pour l’emporter !), le remplacement de l’article 49.3 de la Constitution, qui serait abrogé, par un « 49.3 citoyen » (une loi pouvant être soumise à référen- dum sur demande de 1 % du corps électoral) et un « revenu universel de base » fixé à 750 euros.

On a également parlé de « 32 heures », mais c’est une exagération : Hamon a affirmé clairement qu’il n’entendait pas diminuer la durée légale du travail et précisé, lors de son débat de l’entre-deux tour avec Valls : « moi ce que je propose, c’est qu’en contrepartie de baisses de cotisations sociales patronales, il y ait des accords de réduction du temps de travail » (« dans le cadre de la démocratie sociale »). La réponse du patronat étant connue d’avance, il est permis d’oublier.

C’est le revenu universel qui a surtout polarisé le débat.

La première chose à dire à son sujet est qu’il s’agit d’une mesure d’inspiration libérale, de nombreux libéraux, de droite ou de gauche, l’ont faite leur, avec une large gamme de propo- sitions1 : au lieu de l’augmentation des salaires, au lieu de la réduction du temps de travail jusqu’à disparition du chômage, l’Etat (les patrons étant quant à eux… épargnés) verse à chacun-e une somme qui est totalement insuffisante pour vivre (mais globalement coûteuse) et qui viendrait de plus se substituer à une série de prestations sociales: RSA, aides au logement, prestations familiales, voire allocations de chômage –, avec pour conséquence possible une baisse de revenu pour des secteurs les plus défavorisés de la population.

La seconde constatation est que, confronté aux critiques dénonçant l’irréalisme du finance- ment de cette mesure, le vainqueur de la primaire a très vite rétropédalé : il ne s’agit plus désormais que d’augmenter le RSA à 600 euros et de verser un revenu (d’un montant non défini) aux jeunes de 18 à 25 ans. Le reste et la suite, au-delà de 2018, seront à discuter dans une « conférence ». Tout cela a quand même un air déjà vu d’enfumage réformiste (et de « promesses qui n’engagent que ceux qui veulent bien y croire »).

Benoit Hamon a été comparé à Jeremy Corbyn, celui qui dirige depuis septembre 2015 le Labour britannique. Mais leurs programmes n’ont pas grand chose à voir. Corbyn est un réfor- miste old style, qui veut prendre un peu aux patrons pour donner aux ouvriers (tout en laissant les patrons en place – son objectif est celui d’une « économie mixte »). Chez Hamon, on peine à trouver quoi que ce soit qui s’en prenne, même minimalement, aux profits patronaux ou aux intérêts capitalistes.

Les personnage sont également différents. Quand Hamon est pur homme d’appareil, formé à l’origine dans le sérail de l’Unef, Corbyn n’est pas seulement un élu de longue date mais aussi un militant, qui s’est engagé à de nombreuses reprises (et souvent assez seul au sein de son parti) dans des combats contre l’austérité et les privatisations, pour l’écologie ou contre l’impérialisme (notamment en Irlande, note du blog).

Enfin, les partis sont différents. Le PS, qui n’a jamais été une organisation de masse, se trouve aujourd’hui réduit à une formation d’élus : 280 000 membres en 2006, 170 000 en 2012, et aujourd’hui 42 300 à jour de cotisation. Le Parti travailliste britannique est resté organique- ment lié aux syndicats, représentés en son sein en tant que tels, et il a de plus ouvert large- ment ses portes pour l’élection de son dirigeant, ce qui l’a fait bénéficier d’une forte vague d’adhésions. C’est pour ces raisons que Corbyn a pu l’emporter à deux reprises sur l’appareil qui est, outre-Manche, l’homologue du hollando-vallsisme.

Confrontation et négociation Il reste que le nouveau candidat du PS se situe étonnamment haut dans les premiers sondages ayant suivi sa désignation : ainsi, 17 % selon Elabe/Les Echos (le 1er février), à seulement six points du deuxième qualifié, Macron qui profiterait de l’effondrement de Fillon. Mélenchon de son côté chute brutalement, à 9 ou 10 %, et risquerait de baisser davantage si une dynamique de « vote utile » se développait autour de Hamon.

Dans ces conditions, tant les hollando-vallsistes que les frondeurs (et d’autres) se disent qu’au moins jusqu’à la présidentielle, il serait peut-être sage de ranger les couteaux. Après la victoire de Hamon, les défections vers Macron n’ont d’ailleurs pas augmenté qualitati- vement et il ne s’est trouvé à ce jour que 17 parlementaires pour revendiquer un « droit de retrait ».

Hollande, son gouvernement et la direction socialiste jouent aujourd’hui sur le regis- tre de la neutralité, voire d’une collaboration prudente, tout en exerçant des pressions « amicales »,  à l’instar de Bernard Cazeneuve, afin d’inviter le candidat à s’ouvrir aux autres secteurs du PS et à revendiquer une part au moins du bilan gouvernemental. Et puis, quels que soient les désaccords, tous ont en tête la possibilité que cette candidature serve à redorer un peu le blason socialiste, après tout, Hamon est loin du Mitterrand qui promettait avant 1981 le dépassement du capitalisme…

Peut-on aboutir à un accord raisonnable, conduisant à un certain rééquilibrage interne mais ne bouleversant pas les structures du PS ?

Pour Hamon et ses partisans, dont le but n’est pas de rompre avec le parti mais de s’y assurer de meilleures positions, la perspective est tentante. Le plus probable est donc que l’on assiste pour l’instant à un affrontement feutré, une confrontation/négociation à l’issue incertaine. Après les élections, de toute façon, tous les problèmes ressurgiront avec force. Dans la séquence marquée par la préparation des présidentielles et des législatives, écrivions-nous il y a quel- ques mois2, « une question centrale sera celle de savoir qui, quel courant politique, se montre- ra capable de rallier tout ou partie des milieux très larges qui viennent de rompre avec Hollande et le gouvernement.

Les concurrents réformistes, de Mélenchon aux gauches du PS (sans oublier le PCF, même s’il est aujourd’hui mal en point), ne manqueront pas. » Nous y voilà. Il y avait Mélenchon et sa France insoumise. Sur un tout autre plan, on a vu arriver Macron. Hamon est maintenant venu compléter le tableau. La lutte sera féroce…

 Jean-Philippe Divès Mardi 21 février 2017 (Résumé)

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21 février 2017 ~ 0 Commentaire

forêts (bastamag)

 tarzan

L’étrange décret qui ouvre les forêts françaises protégées à l’exploitation minière

Dès les 1er mars, les principales forêts protégées de France pourraient se trouver ouvertes à l’exploitation minière. C’est ce que propose un projet de décret élaboré par le ministère de l’Agriculture et soumis à consultation publique jusqu’au 20 février.

Celui-ci vise les « forêts de protection » – le régime de protection le plus contraignant, créé en 1922, qui concerne environ 150 000 hectares sur tout le territoire métropolitain.

En bénéficient notamment les forêts de Fontainebleau et de Rambouillet en Ile-de-France. Jusqu’à présent, il était absolument impossible d’y procéder à des travaux de quelque type que ce soit, à l’exception de la recherche de sources d’eau potable. Désormais, il deviendrait envisageable d’y procéder, moyennant autorisation, à des fouilles archéologiques ou à « la recherche et l’exploitation souterraine des ressources minérales revêtant un intérêt national ou régional, telles que les substances de mines et certaines substances de carrières ».

Pourquoi ce décret aujourd’hui ?

Faut-il voir un lien avec la politique de «relance minière» souhaitée par de nombreux indus-triels et politiques?

Selon le ministère, il ne s’agit que de permettre le classement de massifs forestiers abritant déjà une carrière ou présentant un intérêt archéologique. Une démarche aujourd’hui irréalisable «faute de l’existence d’un régime spécial». Sont notamment avancés les exemples de la forêt de Montmorency, dans le Val-d’Oise, qui abrite l’une des plus impor- tantes carrières de plâtre d’Europe (propriété conjointe du groupe cimentier Lafarge et de Placoplatre, filiale de Saint-Gobain), ainsi que celui de la forêt de la Haye, près de Nancy, qui abrite des sites archéologiques.

Une formulation inquiétante

Il n’en reste pas moins que la formulation très large du décret, qui vise toutes les forêts de protection, inquiète les défenseurs de l’environnement ainsi que les dizaines de collectifs citoyens qui se sont créés sur tout le territoire métropolitain pour s’opposer aux nouveaux projets miniers. Beaucoup y voient le résultat du lobbying des industriels des carrières, représentés par l’Unicem (Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction). D’autant plus qu’au même moment, la proposition de réforme du code minier n’a pas vraiment permis d’y intégrer les garde-fous environnementaux et démocratiques nécessaires (lire notre enquête récente).

Derrière ce décret, y aurait-il aussi des projets précis ?

Il existe au moins un exemple : la société Variscan mines vient d’obtenir un permis de recher- che en Ariège, le « permis de Couflens », à proximité de l’ancienne mine de Salau, mais aussi d’une forêt de protection de 1000 hectares…

Plus généralement, la logique d’affaiblissement des protections environnementales sous- jacente au projet de décret va immanquablement affecter les rapports de forces dans bien des endroits. Ainsi dans le Lot, où un collectif citoyen se bat pour préserver un verger à graines unique, au cœur d’un site classé « Espace naturel sensible », contre l’expansion d’une carrière de galets de quartz appartenant à l’entreprise française Imerys.

Une pétition en ligne a été créée, qui a déjà recueilli plus de 30 000 signatures.

Olivier Petitjean 17 février 2017

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20 février 2017 ~ 0 Commentaire

les députés votent une loi qui protège les corrompus (osons causer)

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17 février 2017 ~ 0 Commentaire

macron (libération)

lgbt

Emmanuel Macron, les humiliés ne sont pas sont pas ceux que vous désignez

En déclarant que le gouvernement avait «humilié la France de la Manif pour tous», le candidat d’En marche nie les violences homophobes subies par les personnes LGBT et réécrit l’histoire.

Sacrifiant à la traditionnelle séquence «confidences littéraires», Emmanuel Macron a confié à l’Obs, entre deux hommages à Kant et à Ricoeur: «Une des erreurs fondamentales de ce quinquennat a été d’ignorer une partie du pays qui a de bonnes raisons de vivre dans le ressentiment et les passions tristes. C’est ce qui s’est passé avec le mariage pour tous, où on a humilié cette France-là.»

Ainsi, le gouvernement Hollande, dont il fit partie dès 2014, aurait «humilié» la France de la «Manif pour tous».

Humiliée, cette Manif pour tous, qui fut reçue à l’Elysée dès janvier 2013 ? Humiliée, cette Manif pour tous que François Hollande caressa dans le sens du poil en invoquant la «liberté de conscience» des maires de France, portant ainsi la première estafilade à cette loi: un argument d’ailleurs repris récemment par l’actuelle maire de Bollène pour refuser de marier deux femmes?

Humiliée, cette Manif pour tous qui distilla pendant des mois, à coup de pancartes, une puissante rhétorique antihomosexuelle et antiféministe, reprise avec entrain par nombre de politiques, et dont Christine Boutin est loin d’être la seule représentante ? Humiliée, cette France-là, dont les vociférations permirent, un peu plus tard, l’enterrement en catimini de la loi famille, de la procréation médicalement assistée (PMA) pour les lesbiennes ou encore des ABCD de l’égalité, simple programme pédagogique visant à lutter contre les stéréotypes dès les bancs de l’école ?

Humilié, ce mouvement populiste chrétien qui s’inscrit dans la droite ligne des manifes-tations anti-pacs et anti-IVG des années 90, où l’on vit, par exemple le 31 janvier 1999, environ 100 000 personnes à Paris défiler sous les cris de «les pédés au bûcher»? Humilié, ce mou- vement anti-égalité des droits qui n’a jamais cessé d’exister ni de se déverser dans les médias? Faut-il par ailleurs rappeler à Emmanuel Macron qui, la semaine passée, badinait en démentant une rumeur sur sa relation homosexuelle cachée avec le directeur de Radio France, Mathieu Gallet, que les gays, les lesbiennes, les bisexuel(le)s et les trans ont particulièrement souffert pendant la période couvrant ces débats ?

A cette époque, face à la libération de la parole homophobe (le rapport 2013 de SOS homophobie évoquait une hausse de 78% des actes par rapport à 2012), les personnes LGBT ont été abandonnées par les pouvoirs publics (hormis le fameux discours de la garde des Sceaux Christiane Taubira dans l’hémicycle). Dans la rue, on niait leur légitimité à avoir les mêmes droits que les autres ; à l’Assemblée et au Sénat, on raillait leurs désirs de reconnais- sance d’une vie de famille digne et libre ; sur les réseaux sociaux et à la télé, on vomissait leurs identités, leurs sexualités et leurs amours.

Ce rejet, dans une France que s’est redécouverte sujette à une haine de la différence, n’a pas totalement disparu. Bien au contraire. Les discriminations à l’école, au travail, dans l’accès aux soins ou dans l’exercice de la parentalité, les violences subies en ligne ou dans la bouche des responsables politiques censurant des campagnes anti-VIH, résonnent avec des blessures qui ne se sont jamais complètement refermées depuis octobre 2012 pour bon nombre de LGBT.

En vérité, en dissertant dans l’Obs sur l’humiliation supposée de la Manif pour tous, Emmanuel Macron rejoint Mélenchon, puisque le candidat de la France insoumise a livré dernièrement une interview assez éclairante sur le sujet à l’hebdomadaire conservateur Famille chrétienne, sur l’air de «Je fais le pari positif du malentendu». Ces deux candidats, qui se définissent comme «hors système», semblent avoir une vision assez œcuménique de leur électorat, au point de tenter de séduire un mouvement réactionnaire traditionnellement associé à la droite.

Ceci étant, que dit la gauche, au sens large, sur ces questions ? Que répond-elle aux arguments des opposants à cette loi dont elle fut pourtant l’instigatrice ? Pas grand-chose. Rappelons que le PS et une grande partie de ses intellectuels ont depuis toujours construit leur réflexion sur une ligne conservatrice – en s’inspirant, par exemple, de Marcel Gauchet ou de Sylviane Agacinski. Et qu’ensuite, comme le souligne le juriste Daniel Borrillo dans un récent ouvrage (1), «tous les arguments mobilisés par la Manif pour tous en 2013 avaient été élaborés par les experts du gouvernement socialiste en 1999».

Avant de poursuivre : «Le gouvernement – à l’exception de Christiane Taubira, membre du Parti radical de gauche – non seulement n’offre aucun discours pédagogique sur la non-discri- mination et l’égalité, mais il se montre particulièrement attentif aux revendications de la Manif pour tous.» Une Manif pour tous qui est en premier lieu anti-mariage pour tous, mais aussi anti-GPA, anti-IVG et anti-PMA.

Si la question du mariage pour tous semble acquise au sein de la gauche, l’absence de réflexion sur ces sujets est devenue encore plus visible lors des débats à la primaire du PS et de ses alliés, où les seuls arguments sur la GPA des candidats Benoît Hamon et Manuel Valls pouvaient se résumer à un slogan de la Manif pour tous : «Non à l’asservissement de la femme ! Non à la GPA».

Que Manuel Valls y fut favorable en 2011 et défavorable en 2014 – il est vrai à la veille d’une Manif pour tous et dans un entretien à la Croix – n’est certainement pas un hasard. Avec un espace laissé vacant par une gauche pas très libérale sur ces questions et la puissance d’une «révolution conservatrice» (2), en marche depuis au moins les années pacs, il devient aisé d’en arriver à ce que vient de faire Emmanuel Macron : réécrire l’histoire.

(1) Les Défis de la République, sous la direction de Bruno Perreau et Joan W. Scott. Presses de Sciences Po. 24 euros. 

(2) L’expression s’inspire de D’une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française, de Didier Eribon. Ed. Léo Scheer, 2007.

Johanna Luyssen et Florian Bardou  16 février 2017

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17 février 2017 ~ 0 Commentaire

ps verts

Hamon et Jadot arriveront-ils à s’entendre? Toute l’histoire!

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