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20 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

macronie (npa)

gorille

Affaire Benalla : il y a quelque chose de pourri dans la Macronie

Mercredi 18 juillet, le Monde révélait, images à l’appui, qu’Alexandre Benalla, chargé de mission à l’Élysée en tant qu’adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron, s’était rendu coupable, le 1er mai, de violences contre des manifestantEs place de la Contrescarpe à Paris, coiffé d’un casque à visière et muni d’un brassard de police. Depuis ces premières informa-tions, les révélations s’accumulent, le pouvoir s’embourbe dans des explications fumeuses, des enquêtes sont ouvertes, et l’affaire Benalla est ainsi rapidement devenue une affaire d’État.

L’Élysée et l’Intérieur savaient

Toutes les informations réunies par la presse démontrent que l’Élysée et le ministère de l’Intérieur étaient au courant des agissements de Benalla, et ce dès l’immédiat après-1er mai. Le 2 mai, Gérard Collomb est ainsi informé des faits. Le ministère de l’Intérieur en informe à son tour la présidence et, le 3 mai, Patrick Strzoda, directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, écrit à Benalla pour lui reprocher son « comportement manifestement inapproprié » et pour lui notifier une mise à pied de 15 jours. Une sanction identique est prise contre Vincent Crase, gendarme réserviste comme Benalla dont il est un ami, et collaborateur occasionnel de l’Élysée, également présent place de la Contrescarpe.

La Macronie a-t-elle pensé que la sanction était appropriée ?

Si tel est le cas, le moins que l’on puisse dire est que le pouvoir est particulièrement compré-hensif à l’égard d’un individu qui s’est rendu non seulement coupable de violences, mais aussi, entre autres, d’usurpation de fonctions, soit des délits passibles de trois ans de prison et 45 000 euros d’amende…

Une sanction qui n’aura pas eu, en outre, de conséquences pour Benalla, présent dans le bus des « Bleus » sur les Champs-Élysées lundi 16 juillet, après avoir été mobilisé lors de l’entrée au Panthéon de Simone Veil, le 1er juillet. Une bienveillance qui contraste avec l’extrême sévé-rité requise et mise en œuvre, contre les syndicalistes ou les militantEs solidaires des migrantEs…

Un scandale d’État

La grossièreté de la manœuvre est d’autant plus choquante qu’elle est révélatrice du sentiment d’impunité qui semble régner aux sommets de l’État.

On ne peut en effet qu’être stupéfaits face à de tels comportements

-Qu’il s’agisse de celui de Benalla, confiant au point de se déguiser en flic pour frapper des manifestantEs,

-Ou de l’Élysée qui a cru, du moins dans un premier temps, que la meilleure posture était de rester « droit dans ses bottes », et de faire le pari que « l’affaire » ne prendrait pas trop d’ampleur.

Une attitude qui, venant des petits génies de la com’ qui composent la team Macron, est une illustration frappante du fait que le pouvoir jupitérien se croit, non seulement tout permis, mais pense en outre que tout peut être contrôlé et étouffé si nécessaire.

Et au-delà de l’Élysée, c’est bel et bien à un scandale d’État que nous sommes confrontés.

En effet, les ramifications de cette affaire, au fur et à mesure que les jours passent, sont de plus en plus complexes et de plus en plus troublantes : des policiers qui ont accepté de proté-ger physiquement Benalla à ceux qui, comme on l’a appris ce matin, lui ont transmis illégale-ment des images de vidéosurveillance, en passant par les révélations sur le «Monsieur sécurité» de Macron, déjà coupable de violences contre des militantEs et des journalistes, et à la tête d’une obscure « Fédération française de la sécurité privée » aux airs de milice, créée en 2016 avec Vincent Crase, il semble que l’on ne soit pas au bout de nos surprises…

Une manifestation de l’air du temps

Notons au passage que la petite musique qui se fait entendre depuis quelques jours, selon laquelle Benalla aurait « déshonoré » la police, a de quoi faire rire jaune. Entre ceux qui tentent de distinguer la « bonne » police des « mauvais » barbouzes et ceux qui ne semblent pas être choqués par les violences perpétrées par l’adjoint au chef de cabinet de Macron mais seulement par le fait qu’elles ont été commises par un usurpateur et non par un « vrai » flic, c’est un étrange front qui se constitue.

Car si l’affaire Benalla est révélatrice du fonctionnement de la Macronie, elle est également une manifestation de l’air du temps 

Celui des violences policières commises en toute impunité, avec la bénédiction et les encoura-gements du pouvoir, au point qu’un conseiller élyséen y participe directement avec la bienveil-lance de sa hiérarchie !

Il n’y a rien d’accidentel dans cette « affaire », sinon qu’elle a été rendue publique.

La présence d’individus comme Benalla dans les plus hautes sphères de l’État et leur sentiment d’impunité,  malheureusement justifié, démontre, s’il en était encore besoin, qu’il y a quelque chose de pourri dans la Macronie. L’affaire Benalla, dont on ne connaît pas encore les futurs développements, pourrait nous en apprendre beaucoup sur les pratiques de ce pouvoir à l’air, faussement, décontracté, moderne et branché.

En réalité il s’inscrit dans une longue tradition, celle des clans qui privatisent l’État pour leurs intérêts et ceux de leurs amis, un processus particulièrement facilité par la nature antidémo-cratique des institutions de la 5è République. Le barbouze Benalla, dont tout indique qu’il est un très proche de Macron, va probablement être « exfiltré », ce que semble confirmer son licenciement annoncé ce matin. Mais ne nous y trompons pas : c’est toute la Macronie qui est en cause et, au-delà, des institutions et un système qui n’ont que trop duré.

Julien Salingue Vendredi 20 juillet

https://npa2009.org/

 

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20 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

mater guingamp (fr3)

Sursis de deux ans pour la mater Guingamp: que comprendre ?

Qu’y a-t-il derrière les annonces ? C’est la question que se posent les salariés de la maternité de Guingamp (22) après la promesse d’un sursis de deux ans. La maternité devait fermer au 1er février prochain mais l’Elysée a promis, ce jeudi, de redonner une chance au service.

« Six mois ou deux ans… cela reste un sursis quand même ».

Pas d’effusion de joie au centre hospitalier de Guingamp (Côtes-d’Armor), ce jeudi, à l’annonce d’un nouveau report de la fermeture de la maternité.

Méfiance…

Le service devait cesser son activité pour le 1er février 2019. Une échéance encore confirmée par l’ARS (Agence régionale de santé) de Bretagne, il y a tout juste une semaine. Mais le  député LREM de la circonscription, Yannick Kerlogot, a annoncé qu’un délai supplémentaire de deux ans était accordée sur décision de l’Elysée. Bien des salariés, qui se sont fortement mobilisés ces dernières semaines, restent circonspects pour ne pas dire franchement méfiants.

Un délai supplémentaire pour mieux préparer la fermeture ?

Emmanuelle Morvan, auxiliaire de puériculture à la maternité, y voit un moyen de « gagner du temps pour consolider un dossier, [que l'administration] ne maîtrisait pas. Peut-être aussi s’agit-il de nous fixer des objectifs un peu plus difficile à atteindre. En n’oubliant pas que nous, de notre côté, nous réclamons depuis plus de vingt ans un pédiatre. »

« Encore un an et demi d’angoisse »

« Deux ans, ça passe très vite, renchérit de son côté Karen Boualègue, infirmière puéricultrice. Sachant que c’est deux ans à compter de la fermeture initialement prévue c’est à dire mai 2018« … ce qui mettrait l’échéance à mai 2020. « Ça veut dire vivre encore dans l’angoisse de l’incertitude en se disant que dans un an et demi, c’est reparti! Est-ce qu’ils [NDLR: l'ARS] ne vont pas en profiter pour nous demander des conditions qu’on ne peut pas mettre en place, par exemple un pédiatre 24h/24… ce qui, au passage, n’est pas le cas dans beaucoup de maternités. »

Au terme de ces deux années, « un bilan sera établi avec la communauté médicale. Et la décision finale sera prise », a précisé Yannick Kerlogot. Loin d’apaiser les inquiétudes, l’annonce de ce nouveau sursis lance surtout de nouvelles questions. Ce jeudi l’ARS n’a pas souhaité s’exprimer au sujet de la décision de l’Elysée.

La semaine dernière, l’agence avait reçu le soutien remarqué de la conférence des présidents de CME ( commission médicale d’établissement) constituée de professionnels de santé. Dans un communiqué, cette dernière soulignait le manque de médecins dans certaines spécialités, le coût du recours à l’intérim et dans certains cas, les insuffisances professionnelles. Constatant que  »faute de sécurité suffisante, le maintien de la maternité de Guingamp n’est plus tenable « .

La mobilisation continue

Bref, pas de quoi faire fléchir la mobilisation des défenseurs de la maternité.  Après la mani-festation qui a rassemblé 2.500 personnes le 30 juin à Guingamp, une marche symbolique entre les maternités de Guingamp et de Carhaix est notamment prévue en septembre 2018.

Hélène Pédech  19/07/2018 

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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19 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

barrages (reporterre)

pipeau

La privatisation des barrages menace la gestion de l’eau

Le 30 mai dernier, Marie-Noëlle Battistel, députée (PS) de l’Isère, présentait devant la commis-sion des Affaires économiques les conclusions du groupe de travail sur les concessions hydro-électriques. La rapporteuse s’alarme notamment de la possible mise en concurrence des 662 barrages qui représentent 10 % à 12 % de la production d’électricité en France.

Le 22 décembre 2015, l’Union européenne a adressé à la France une mise en demeure de favoriser la concurrence, dénonçant « la position dominante d’EDF ».

Dans une note datée du 22 janvier 2018, dévoilée dans la presse, le gouvernement semble aller dans ce sens en proposant l’ouverture à la concurrence de plusieurs lots de 3 à 5 con-cessions. 150 concessions hydrauliques arrivent en effet à échéance en 2023, dont les infra-structures nécessitent, pour la plupart, d’être rénovées. Si cette proposition se confirme, elle pourrait mettre à mal les objectifs de la loi de transition énergétique promulguée le 18 août 2015.

Un levier essentiel du développement des énergies renouvelables

Les grands ouvrages hydrauliques sont aujourd’hui l’un des seuls moyens de produire une énergie renouvelable fiable, efficace et rentable. Par le biais des stations de transfert d’énergie par pompage [1], l’énergie hydraulique est devenue stockable et on peut désormais la mobiliser en fonction des pics de consommation.

Représentant plus des deux tiers de la production d’électricité renouvelable en France, l’énergie hydraulique est un levier essentiel pour porter, comme inscrit dans la loi de transition énergétique, les énergies renouvelables à 32 % de la consommation finale brute d’énergie contre seulement 18,4 % en 2017.

Cependant, comme le souligne Marie-Noëlle Battistel, « la gestion des conces-sions ne doit pas être abordée sous le seul angle de la production d’énergie ».

Les barrages tiennent en effet un rôle structurant dans la gestion de la ressource en eau. Ils sont des instruments de régulation de la ressource pour l’irrigation agricole ou encore l’eau potable.

On oublie bien souvent que les barrages stockent 75 % des réserves d’eau douce de surface en France.

Les concessionnaires doivent impérativement prendre en compte les contraintes de l’amont et de l’aval des centrales également pour les enjeux touristiques. Au barrage de Serre-Ponçon, dans les Hautes-Alpes, par exemple, EDF et les collectivités territoriales sont en contact per-manent pour définir des niveaux d’eau satisfaisants tout à la fois pour les besoins de turbinage et pour les diverses pratiques nautiques. Les barrages jouent également un rôle fondamental dans la sécurité des populations en aval, en régulant les crues, en évitant les inondations et sont notamment en lien avec Météo France. À ce jour, toutes ces prérogatives incombent pour plus des deux tiers à un seul opérateur, qui n’est autre qu’EDF, détenu par l’État à plus de 80 %. Et c’est là où le bât blesse pour l’Union européenne.

Acteur historique, EDF est reconnue pour son expertise et son travail avec les collectivités pour préserver l’intérêt général. La mise en concurrence ouvrirait la porte à de nouveaux exploitants n’ayant pas la même connaissance du parc hydraulique français.

« Un risque pour la souveraineté énergétique et la maîtrise de la production » 

En fragmentant le réseau, il existe un risque de « désoptimisation » des chaînes de production hydraulique existantes. Disposées au gré des rivières et des fleuves, les centrales composent de véritables vallées hydrauliques en interface avec les collectivités territoriales pour la gestion du débit et des sédiments. Ouvrir à la concurrence les barrages imposerait d’écrire des cahiers des charges, prévoyant les usages futurs de la ressource en eau dans un contexte de change-ments climatiques.

Or cet exercice semble difficile.

Par ailleurs, pour s’assurer que les contrats de concession seront bien respectés, les pouvoirs publics devront se doter d’un outil de contrôle inexistant à ce jour. L’enjeu est de taille : assurer une qualité de service équivalente à celle des exploitants historiques, garantir la sûreté des barrages et prévenir les risques naturels.

L’autre pierre d’achoppement est la question de l’ouverture des marchés.

Comme le martèle Marie-Noëlle Battistel, « Elle introduit un risque pour la souveraineté énergétique et la maîtrise de la production ». Si des entreprises étrangères venaient à exploiter les grands ouvrages hydrauliques français, l’État pourrait ne plus être en mesure de garantir l’indépendance énergétique du pays.

La mise en concurrence ne pourrait-elle pas pourtant permettre de réduire les coûts de l’électricité ? Rien n’est moins sûr.

« Le consommateur, pour sa part, ne souffre en aucune manière de l’absence de concurren-ce. » Pour Marie-Noëlle Battistel, « la situation actuelle permet à l’usager français de bénéficier de tarifs acceptables et parfois plus accessibles que dans les pays ouverts à la concurrence ». Il faut admettre que les Français sont plutôt bien lotis au regard de leurs voisins européens et en particulier allemands, qui ont payé en moyenne, sur l’année 2017, deux fois plus cher leur électricité ! À ce jour, aucune étude n’a été menée pour prouver les effets potentiellement positifs sur les tarifs d’une mise en concurrence des barrages.

Le gouvernement semble donc avancer à l’aveuglette pour répondre à une exigence de la commission qui tiendrait davantage du dogme économique que d’une décision raisonnée. Espérons que cette tentative ne sera pas la goutte d’eau qui fera déborder le vase.

Sous l’impulsion de l’Union européenne, le gouvernement français prépare la mise en concur-rence des concessions des barrages hydroélectriques. Ce projet inquiète l’auteur de cette tribune, qui rappelle le rôle joué par les barrages dans la régulation des eaux, dans la transition énergétique et dans l’indépendance du pays. Nathan Méténier est étudiant à Sciences Po Grenoble.

17 juillet 2018 / Nathan Méténier

https://reporterre.net/

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19 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

broglie (npa)

revolution

Broglie : les réactionnaires en marche

Samedi 16 juin, une scène assez surréaliste s’est déroulée dans les rues du village de Broglie (27). Une procession descend du château pour se rendre à l’église. En regardant de plus près, on y voit le préfet de l’Eure, un ministre macronien (Lecornu), des maires locaux, un sénateur, d’autres élus de la République, des aristocrates, dont Philippe Maurice de Broglie (gros propriétaire terrien), des charitons, un évêque, un curé traditionaliste, un aumônier des armées, des officiers de gendarmerie, des anciens combattants portes-drapeaux et les habituelles grenouilles de bénitier de la campagne….

Un héros royaliste et contre-révolutionnaire 

Cette cérémonie autorisée par dérogation administrative avait pour but de retirer Victor François De Broglie (1718-1804), duc De Broglie et maréchal de France, de son tombeau en la chapelle du château pour le loger dans l’église du village de Broglie. Cette initiative incon-grue de la famille De Broglie visait à célébrer le glorieux ancêtre traîneur de sabre.

Mais qui était ce Victor sorti de la naphtaline ?

Un aristo mouillé au plus haut degré dans la monarchie des Bourbons, qui a fui comme un courageux militaire lors de la révolution de 1789, et qui a participé, à partir de la Russie, puis de l’Allemagne, aux assauts des troupes royalistes coalisées contre la République naissante. Émigré royaliste et contre-révolutionnaire, mort en exil, gommé par l’histoire, il fallait bien que sa famille, nostalgique d’une grandeur passée, lave l’affront…

Valeurs rances et conservatrices

Après une bonne messe en latin, où religieux, militaires, aristos, représentants de l’État, élus républicains, ont joyeusement communié ensemble, la dépouille a trouvé sa place, face à l’autel, au cœur de l’église. On connaissait le mariage du sabre et du goupillon, on y ajoute la participation des élus de la République. Cette collusion sent les valeurs rances et conservatri-ces de la vieille France.

La mascarade orchestrée par nobles et hobereaux est une véritable insulte faite à la Révolu-tion de 1789, à la République, aux droits humains, à la levée en masse du peuple pour abattre les partisans du vieux régime, aux valeurs d’égalité sociale. La Libre Pensée a organisé un rassemblement le jour même, et des habitantEs de Broglie ont exprimé leur surprise et leur colère par une campagne d’affichage. Vigilance face à la montée du conservatisme rural !

Correspondants Vendredi 6 juillet 2018

https://npa2009.org

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19 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

poste 92 (paris luttes)

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Fête des postières et postiers grévistes du 92

À PRES DE 4 MOIS DE GRÈVE LES POSTIÈRES ET POSTIERS DU 92 NE LÂCHENT PAS L’AFFAIRE !

Venez les soutenir dans une ambiance festive et combative à la fois !
Tous les dons sont reversés à la caisse de grève

Depuis le 26 mars dernier, 150 postiers et postières du 92 sont en grève, soit plus de 20% des effectifs du département. L’élément déclencheur de la grève a été le licenciement de Gaël Quirante, délégué syndical SUD-PTT, licencié avec l’autorisation express de la ministre du tra-vail Muriel Pénicaud. Rapidement, se sont ajoutées les revendications concernant les condi-tions de travail, le refus des réorganisations, la précarité et la perte de sens du métier de facteur.

Face à cette grève, la direction de la Poste avait jusqu’ici choisi de jouer la carte de la répression totale, en espérant que cela ferait plier les grévistes 

Intervention de la police sur les centres pour obliger à reprendre le travail, convocations de grévistes au commissariat, payes à 0 euros pour les grévistes… en réponse au mouvement des postiers du 92, la droite sénatoriale a même déposé un projet de loi pour restreindre le droit de grève à La Poste ! Le 5 juillet dernier, cette répression a atteint son paroxysme avec l’interpellation violente et la garde à vue de Nordine, postier gréviste, alors qu’il participait pacifiquement à une prise de parole pour appeler aux côtés du comité Vérité pour Adama à la manifestation du 21 juillet contre les violences policières.

Mais cela n’a pas suffi à faire plier la détermination des grévistes.

Ils restent unis et soudés, car, bien que la boite continue à montrer les crocs, la grève l’a obligée en réalité à d’ores et déjà céder du terrain sur une série de questions : titularisation d’une trentaine d’intérimaires en CDI, reconnaissance par la justice du droit pour Gaël de continuer à exercer son mandat syndical et de participer aux négociations, et report des réorganisations sur le département. Mercredi 18 juillet, une réunion a lieu avec des repré-sentants du Siège national de La Poste, de la direction départementale d’un côté et des gré-vistes ainsi que de la fédération SUD-PTT de l’autre. Alors c’est maintenant plus que jamais qu’il faut montrer le large soutien dont bénéficie cette grève.

19 juillet 2018

https://paris-luttes.info/

Il faut aider financièrement les grévistes à tenir en versant à la caisse de grève :

https://www.lepotcommun.fr/pot/kgmfkl66

Par chèque :

Sud Poste 92, 51 rue Jean Bonal 92250 La Garenne-Colombes, à l’ordre de SUD Poste 92, mention « Solidarité grévistes » au dos.

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19 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

privé public (politis)

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Privé ou public : une lutte des classes

À l’entrée au collège, les familles favorisées sont de plus en plus tentées par le privé, au nom de la réussite individuelle. Des parents se mobilisent contre cette forme de ségrégation.

Réforme du collège et des rythmes scolaires, classes surchargées, enseignants en sous-effectif, grèves… Craintes de problèmes de sécurité, d’encadrement, de niveau… Quelles qu’en soient les causes, l’érosion de l’école publique se poursuit. En élémentaire, un élève sur six est scolarisé dans le privé ; dans le secondaire, un sur cinq. Ce qui situe la France parmi les pays européens où l’enseignement privé est le plus présent.

Qui dit privé sous contrat dit enseignement catholique pour l’immense majorité.

Le privé hors contrat, quant à lui, se développe au rythme de quelques dizaines d’établis-sements par an, sur un millier existant, avec parfois une étiquette « pédagogies alternatives » qui séduit de plus en plus de déçus de l’école classique, dont certains enseignants du public eux-mêmes. Choix individuel contre choix collectif, réussite personnelle contre défense de la mixité, conflits de valeurs : l’inscription en sixième est source de tensions révélatrices d’enjeux politiques et sociétaux, a fortiori dans des villes de banlieue en pleine gentrification.

Entre Parcoursup et l’alerte sur la baisse des effectifs enseignants, la rentrée 2018 va-t-elle renforcer la tendance ? Les meilleurs lycées raflant le maximum de réponses favorables à l’inscription à l’université, bon nombre de parents pourraient être tentés d’anticiper en inscri-vant leur enfant dans le collège antichambre du lycée le mieux coté. Qui n’est pas forcément le collège de secteur. « Dans une société qui mise toujours plus sur la réussite individuelle depuis une dizaine d’années, ce ne sont plus la mixité sociale et la laïcité qui prévalent », analyse Rémy-Charles Sirvent, secrétaire national chargé du secteur « société, laïcité » au syndicat enseignant SE-Unsa.

Seuls 10 % des parents choisiraient le privé pour des raisons religieuses.

Les motivations qui arrivent en tête seraient la ­proximité, quand le collège privé est plus proche du domicile. Mais surtout le « niveau » et la promesse d’une « autre pédagogie », alternative ou traditionnelle. Sauf qu’aucune étude ne prouve que le niveau est réellement meilleur dans le privé. La plus-value apportée serait nulle, d’après une étude de décembre 2017 intitulée «Qui choisit le privé et pour quels résultats scolaires (1)?». «Il apparaît qu’en moyenne, et toutes choses égales par ailleurs, les résultats scolaires en CE2 ainsi que la probabilité de redoubler le CP ou le CE1 ne diffèrent pas significativement entre public et privé sous contrat.» En 2011, l’OCDE avait même publié une étude démontrant que les écoles privées étaient moins performantes, à situation sociale égale, que le public…

Quoi qu’il en soit, l’étude de 2017 établit qu’une « comparaison directe des résultats entre les deux secteurs n’est pas pertinente, car leurs élèves n’ont pas les mêmes caractéristiques ». Comprendre : si les élèves du privé ont de meilleurs résultats, c’est qu’ils appartiennent massi-vement aux classes sociales aisées et supérieures. De fait, la proportion d’élèves d’origine aisée est nettement plus forte dans les collèges privés que dans ceux du public (35,8 % contre 19,3 %). Inversement, les enfants d’origine populaire sont deux fois plus présents dans les collèges publics que dans le secteur privé (41 % contre 19,5 %). (… payant)

https://www.politis.fr/

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19 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

1er mai (bfm + libération + jdd + huff’)

Un collaborateur de Macron discrètement sanctionné pour avoir frappé un manifestant le 1er Mai

La vidéo avait circulé sur les réseaux sociaux peu après l’incident. On y voyait un homme coiffé d’un casque de policier débarquer en trombe vers un jeune manifestant du 1er Mai interpellé par les CRS et s’en prendre à lui.

Le Monde révèle ce mercredi que l’auteur de ces violences est un ancien responsable de la sécurité pendant la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, aujourd’hui chargé de mission pour l’Elysée. Il se trouvait sur les lieux de la manifestation ce jour-là parce qu’il avait demandé à assister à la gestion d’une grande manifestation par la police. Cela expliquerait pourquoi il portait un casque de policier. L’Elysée a été informé de l’incident puisque ce collaborateur de Macron a été discrètement mis à pied pour 15 petits jours.

http://www.liberation.fr/

Lire aussi:

Après les violences commises par un collaborateur de Macron, l’étonnante défense de l’Elysée (JDD)

Alexandre Benalla: L’Elysée et Macron accusés d’avoir failli à l’article 40 du code de procédure pénale (Le Huffington Post)

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18 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

parcoursup’ (npa)

le peril jeune

Parcoursup : Interminable attente pour unE bachelierE sur trois

Bientôt deux mois que dans de nombreuses familles, la consultation quotidienne de la plate-forme Parcoursup’ est devenue un rituel presque machinal duquel on n’attend rien. Au mieux quelques places sur une liste d’attente.

Au pire, un statu quo qui pourrait durer jusqu’en septembre.

Ils étaient 812 000 sur la ligne de départ de Parcoursup, mais seulement 52,8 % ont fini la course et se sont inscrits dans une des formations qui les acceptaient. Si 13,7 % se sont désinscrits de la plateforme, ou bien pour s’inscrire dans des formations hors Parcoursup (grandes écoles, formations privées hors de prix) ou pour abandonner l’idée de faire des étu-des, 33,5 % sont encore en attente sur la plateforme, soit 284 000 étudiantEs qui ne savent pas encore où ils et elles seront inscrits l’an prochain.

Une catastrophe annoncée

Selon le Monde, 160 000 d’entre elles et eux ont reçu une réponse positive d’un établissement sans que celle-ci ne les satisfasse, tandis que 110 000 n’ont toujours aucune réponse. À titre de comparaison, le 24 juillet 2017, ce sont 65 000 bacheliers qui étaient sans aucune réponse, soit presque deux fois moins qu’aujourd’hui, à une semaine près.

Pire encore 

14 000 étudiantEs n’ont reçu que des « non » et sont sans solution à l’heure actuelle. Tous ces chiffres montrent la catastrophe (ô combien annoncée !) de Parcoursup, qui avait été vendu par le gouvernement comme le remède miracle contre l’échec d’APB et de ses milliers de «sans-facs ». Mais tout comme les saignées médiévales, qui affaiblissaient plus les fiévreux qu’elles ne les guérissaient, Parcoursup montre tous les jours que, plutôt que de résoudre les problèmes de l’orientation dans l’enseignement supérieur, elle les aggrave, laissant sur le bord de la route des dizaines de milliers de jeunes.

Procédures opaques, claires discriminations 

Malgré le semblant de transparence gouvernementale sur l’algorithme de Parcoursup la procé-dure est encore plus opaque qu’APB, étant donné que l’algorithme national agit sur des résul-tats déjà produits par les universités, qui font leur classement en amont dans la plus grande opacité. Des parlementaires, comme Pierre Ouzoulias (PCF) ont d’ailleurs dénoncé cette «petite tambouille » des universités, leur permettant de classer de n’importe quelle façon, sans rendre de compte aux étudiantEs.

Les quelques informations qui ont pu paraître ici où là montrent cependant l’étendue des discriminations à l’ œuvre dans Parcoursup : les lycées sont ainsi classés et pondérés en fonction de leurs résultats. Un 18/20 dans un lycée de Seine-Saint-Denis pourrait valoir un 11/20 à Henri-IV, voire moins…

Si le gouvernement se défend de toute discrimination sociale et ose encore parler de réussite, ces méthodes ne permettent qu’une chose

La transformation complète des inégalités sociales géographiques en une discrimination cons-ciente pour l’entrée à l’université. Une seule voie semble possible : celle d’une reprise du combat contre la sélection à la rentrée, autour des « sans-facs » et de touTEs les lycéenEs de terminale qui seront maintenant avertis que jouer à la roulette Parcoursup, c’est le ­meilleur moyen de flinguer son avenir.

Georges Waters Mercredi 18 juillet

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17 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

prolétaires 2.0 (libération)

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Sarah Abdelnour : «Marx est toujours d’actualité pour comprendre les prolétaires 2.0»

Selon la sociologue Sarah Abdelnour, l’essor des travailleurs indépendants et des plateformes numériques a surtout permis de contourner le code du travail, avec l’aval de l’état. Prolétaires ubérisés de tous les pays…

Qui sont les «prolétaires 2.0» dont vous parlez ?

Ils sont nombreux dans le monde des indépendants, où de nouvelles formes de vulnérabilité économique sont apparues. Avec la promotion de la création d’entreprise, de plus en plus de travailleurs sont sortis des régulations collectives. Les formes «d’échange de travail», qui se développent sur les plateformes numériques sont devenues un véritable terreau de contourne-ment du droit du travail. Ces plateformes ont entraîné un phénomène d’externalisation des travailleurs, qui sont à leur compte, de manière plus ou moins fictive. Ces nouveaux modes de travail permettent de plus de contourner des règles des professions réglementées : vous pouvez faire appel à des amateurs (au sens de non-professionnels) pour faire des travaux chez vous ou vous faire à dîner. Et puis, il y a les nombreuses plateformes de microtravail, comme Amazon Mechanical Turk, sur lesquelles le travail n’est pas déclaré : il s’agit alors de travail dissimulé, non encadré, non rémunéré.

Marx permet-il de comprendre la situation des travailleurs «ubérisés» ?

Si la pensée de Marx est toujours d’actualité pour analyser la situation des prolétaires 2.0, c’est que tout cela ressemble d’une certaine façon à ce qui se passait au 19è siècle, avant que le droit du travail ne commence à se structurer : il y a en quelque sorte une réactualisation de ce moment que les historiens appelaient la «proto-industrialisation», quand, avant la concentra-tion industrielle, le travail était très fragmenté, avec des tâcherons qui amenaient du travail de confection à des couturières travaillant à domicile par exemple et passait sous le radar des lois sociales en train de se mettre en place.

A partir du 19è siècle et des premières lois sociales, les prolétaires en bas de la chaîne sont progressivement rentrés dans l’ordre salarial. Et, au fur et à mesure que le salariat est devenu une condition plutôt désirable, l’état et les entreprises ont abandonné le bas de l’échelle, l’ont sorti du salariat, alors que les patrons, eux, sont devenus salariés. Maintenant, de hauts fonc-tionnaires offrent l’opportunité à des dirigeants d’entreprise salariés de recourir à du faux travail indépendant.

Selon vous, l’état serait «complice de la précarisation». Pourquoi ?

Ce que fait l’etat en termes de régulation, ou plutôt de dérégulation, du travail consiste précisément à autoriser toutes ces formes d’emplois dérogatoires. C’est bien l’état qui crée la possibilité d’embaucher en CDD, qui a mis en place les contrats aidés, les stages, le statut d’auto-entrepreneur… Pourquoi ? Parce qu’on a quand même de larges pans de la machine étatique, les gouvernements et l’administration, qui se sont convertis au discours patronal selon lequel le travail est trop cher et pour qui la croissance économique viendra en dérégulant et en fragilisant l’emploi.

Ce que démentent nombre d’économistes, et ce qui néglige les enjeux de progrès et de développement social. Et au-delà de cette croyance, on peut observer les logiques d’intérêts à l’œuvre : les personnes qui ont le pouvoir de légiférer adoptent un point de vue socialement situé du côté du patronat.

C’est ce qu’observait déjà Marx 

On a les intérêts qui correspondent à la place qu’on occupe dans la société. Les objectifs d’harmonie sociale et de solidarité ne sont plus du tout au cœur des discours politiques. Depuis notamment le mandat de Nicolas Sarkozy et la création du régime d’auto-entrepreneur, il y a cette vision selon laquelle les travailleurs pauvres ou les chômeurs n’ont qu’à monter leur petit business s’ils veulent survivre, faire de tout un objet de revenu, marchandiser leur temps et ce qu’ils possèdent, et, surtout, ils ne devraient rien demander à l’Etat ou à l’entreprise pour mieux vivre. C’est, à mon sens, très dangereux en termes de solidarité et d’intégration sociale.

Employés, ouvriers, soit plus de la moitié des actifs aujourd’hui et tout particulièrement femmes et immigré(e)s : voilà les personnes les plus vulnérables en 2018. Une très large partie de la population française. Pour Sarah Abdelnour, maîtresse de conférences en sociologie à l’uni-versité Paris-Dauphine, les «nouveaux prolétaires» sont «globalement les mêmes que les anciens». L’auteure reprend la définition de Karl Marx: «toutes les personnes qui ont besoin de vendre leur force de travail pour survivre, donc d’abord celles qui n’ont pas de patrimoine» et explique comment ce terme de prolétaire«renvoie plus largement à un ensemble de positions sociales caractérisées par une faiblesse des rémunérations, de l’insécurité économique, une faible reconnaissance sociale et un éloignement par rapport aux lieux de pouvoir».

Sarah Abdelnour publie une réédition augmentée de son ouvrage les Nouveaux Prolétaires (Textuel), initialement paru en 2012, où elle défend la pertinence d’une grille d’analyse marxiste pour penser la question de la domination au travail. A l’heure du développement des inégalités et des politiques de dérégulation du travail, cette chercheuse met aussi en avant l’apparition de «nouvelles figures de prolétaires» depuis quelques années : les travailleurs «ubérisés».

Amélie Quentel 16 juillet 2018

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SARAH ABDELNOUR LES NOUVEAUX PROLÉTAIRES Ed. Textuel, 2018, 160 pp., 15,90 €

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17 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

barrages (bastamag)

 brouette

Des experts du secteur hydroélectrique appellent à ne pas privatiser les barrages

La mise en concurrence des barrages hydroélectriques français est « dangereuse » et « antinomique de l’intérêt général ».

C’est la conclusion d’un récent rapport du syndicat Sud énergie rédigé à la demande de la députée socialiste Marie-Noëlle Battistel, très impliquée sur le sujet de par l’important nombre de barrages sur sa circonscription, située en Isère.

Présenté à la mi-mai aux députés, ce rapport entend peser sur la possible décision estivale d’en finir définitivement avec la gestion publique des barrages, lors des discussions qui se tiendront dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

Cela fait dix ans déjà que la pression monte sur le sujet, et elle s’est accrue en octobre 2015, lorsque la Commission européenne a mis en demeure la France, considérant que les retards pris dans la mise en œuvre de l’ouverture à la concurrence du secteur hydroélectrique renfor-çaient la position dominante d’EDF. En octobre dernier, le gouvernement d’Édouard Philippe a répondu à l’intersyndicale du secteur, vent debout contre la privatisation des barrages, que l’ouverture à la concurrence restait bien d’actualité.

Un système public totalement amorti

Bâti pour l’essentiel au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le système hydroélectrique français est totalement amorti.

Nolwenn Weiler 17 juillet 2018

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