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24 juillet 2024 ~ 0 Commentaire

Qui c’est? (Reporterre)

Qui est Lucie Castets, la candidate de la gauche pour Matignon refusée par Macron<small class="fine d-inline"> </small>?
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Qui est Lucie Castets, la candidate de la gauche pour Matignon refusée par Macron ?

Le Nouveau Front populaire a enfin tranché : la gauche a proposé la haute fonctionnaire Lucie Castets pour Matignon. M. Macron a décliné, et dit qu’un nouveau gouvernement ne sera pas nommé avant « mi-août ».

Plus personne n’y croyait. Pourtant, juste avant l’interview d’Emmanuel Macron au journal télévisé de France 2, le 23 juillet, les représentants du Nouveau Front populaire (NFP) ont publié un communiqué, annonçant soudainement s’être mis d’accord sur un nom de Première ministre : Lucie Castets.

« Validée au consensus de nos quatre formations politiques », a précisé la cheffe des Écologistes, Marine Tondelier, sur le réseau social X. Et de lancer, comme un défi : « Prochaine étape : Macron doit reconnaître le résultat des élections et la nommer. »

Las, à peine une heure et demie après cette annonce, Emmanuel Macron déclinait l’offre lors de sa première interview depuis le second tour des élections législatives. « Je suis prête, nous sommes prêts, je demande au président de la République de prendre ses responsabilités et de me nommer », a insisté sur France Inter Lucie Castets, mercredi 24 juillet.

Seize jours après les résultats des élections législatives anticipées, où le Nouveau Front populaire est arrivé en tête (sans toutefois réussir à obtenir de majorité absolue), la gauche réunie a enfin tranché. Les Écologistes, La France insoumise, le Parti communiste et le Parti socialiste ont choisi une personnalité inconnue du grand public, moins marquée politiquement qu’Huguette Bello (présidente du conseil régional de La Réunion) et que Laurence Tubiana (directrice de la Fondation européenne pour le climat), dont les noms avaient créé la polémique au sein du NFP.

Une défenseuse des services publics

Le Nouveau Front populaire vante son profil de haute fonctionnaire, « animatrice de luttes associatives pour la défense et la promotion des services publics ». Lucie Castets, 37 ans, a en effet cofondé le collectif Nos services publics en 2021, dont elle est toujours l’une des trois porte-parole.

« Il manquait une entité qui prenne la parole de l’intérieur pour mettre en lumière les dysfonctionnements et faire des propositions », expliquait la Normande, originaire de Caen, au journal L’Humanité en 2023. « Le service public va très mal. Il ne s’agit plus d’une lente dégradation, on arrive à un point de rupture. On ne peut pas traiter le service public comme on traite une entreprise », estimait-elle aussi, ajoutant que nous allons avoir « massivement besoin de l’État pour lutter contre le réchauffement climatique ».

Elle s’est aussi distinguée en novembre 2022, en reprochant publiquement à Stanislas Guérini, ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, sur le plateau de l’émission C ce soir (France 5), de ne pas créer suffisamment de postes liés à la transition écologique et énergétique.

Lucie Castets travaille actuellement à la Mairie de Paris, où elle est directrice des finances et des achats. Après avoir étudié sur les bancs de Sciences Po, de l’ENA et de la London School of Economics, cette économiste a d’abord exercé à la direction générale du Trésor et à la Banque mondiale, relate L’Humanité. Elle a notamment travaillé « à la répression de la fraude fiscale et de la criminalité financière », souligne de son côté le Nouveau Front populaire.

Auprès de l’Agence France Presse, Lucie Castets a affirmé qu’elle souhaitait porter « l’abrogation de la réforme des retraites » — ce qui figure en bonne place dans le programme commun du NFP. Sans perdre de temps, elle appelle également à une « grande réforme fiscale pour que chacun, individus et multinationales, paie sa juste part ». En outre, elle souhaite impulser une « amélioration du pouvoir d’achat » par la revalorisation des salaires et le relèvement des minimas sociaux.

Selon Macron, « personne n’a gagné » aux législatives

Durant la soirée du 23 juillet, les représentants du Nouveau Front populaire se sont succédé sur les plateaux télé pour demander à Emmanuel Macron de nommer Lucie Castets Première ministre. Las, le président de la République ne l’a pas entendu de cette oreille.

Lors de son interview le même soir, le président de la République a enfin reconnu la défaite de la majorité sortante, estimant cependant que « personne n’a gagné » — quand bien même la coalition de gauche est arrivée en tête du scrutin. « Ce serait faux de dire que le Nouveau Front populaire a une majorité [à l’Assemblée] », a-t-il déclaré, soulignant que le député communiste André Chassaigne, qui avait été désigné candidat du NFP pour l’élection à la présidence de l’Assemblée nationale, n’a pas été élu le 18 juillet.

Interrogé par les journalistes de France 2 sur la proposition Lucie Castets, Emmanuel Macron a répondu que « le sujet [n’était] pas là ». « Le sujet n’est pas un nom donné par une formation politique, a-t-il poursuivi. [...] La question, c’est quelle majorité peut se dégager à l’Assemblée pour qu’un gouvernement de la France puisse passer des réformes, passer un budget et faire avancer le pays. »

Le président a donc préféré enjoindre les partis à « faire ce que toutes les démocraties européennes font », c’est-à-dire « savoir faire des compromis » pour « voter ensemble » et « essayer d’avancer ». À trois jours de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, Emmanuel Macron a affirmé qu’il ne nommera pas de Premier ou Première ministre avant la « mi-août », pour se « concentrer » jusque-là « sur les Jeux » et attendre « l’avancée de ces discussions ».

Macron fait du pied à l’extrême droite

Le président ne s’est pas contenté de nier le résultat de la gauche unie. Interrogé sur le fait que le Rassemblement national n’a obtenu aucun poste au sein du bureau de l’Assemblée nationale, Emmanuel Macron est allé jusqu’à estimer que « ce n’[était] pas une bonne chose », en observant que le Rassemblement national était « le premier parti à l’Assemblée » — quand bien même c’est la coalition des quatre partis de gauche qui est arrivée en tête. Au passage, il ne s’est pas empêché de critiquer les députés ayant refusé de serrer la main de membres du Rassemblement national, lors de l’élection au perchoir.

Continuant sur sa lancée de séduction de l’extrême droite, au moment de dérouler ses « priorités » pour le reste du mandat, Emmanuel Macron a déclaré vouloir « entendre ce que les Français nous ont dit sur [davantage] de fermeté, [davantage] de sécurité », reprenant ainsi les thèmes du Rassemblement national. À aucun moment durant son entretien le chef de l’État n’a mentionné les enjeux écologiques.

« Emmanuel Macron propose la suspension de la démocratie »

Sur le plateau de LCI, la présidente du groupe parlementaire insoumis Mathilde Panot a réagi en demandant à Emmanuel Macron de « se soumettre ou se démettre » pour « respecter le résultat des urnes et le résultat du vote des Français ».

« Il ne s’agit pas d’une trêve olympique que propose Emmanuel Macron, a-t-elle dénoncé. C’est tout simplement la suspension de la démocratie qu’il propose. J’espère que tout le monde comprend la gravité de ce que cela veut dire. »

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23 juillet 2024 ~ 0 Commentaire

Edito (NPA)

front

Après les urnes, le temps de la rue

Le résultat inattendu du Nouveau Front populaire aux élections législatives constitue un immense encouragement. Mais l’enlisement de cet été démontre d’un autre côté que la solution à la situation actuelle se situe plus que jamais dans la rue.

L’unité réalisée en quelques semaines par la gauche, « de Poutou à Hollande » – et même avec l’UCL et les syndicats –, est une forme de reconstitution éclair d’une structuration politique de la classe ouvrière. Comme lors des législatives de 2022 avec la NUPES, comme pendant la dernière bataille pour les retraites, les organisations ont su s’unir, sous la pression des attaques mises en place par la classe dominante et de la poussée de l’extrême droite. C’est un élément très positif, qui donne courage aux classes populaires et dans les organisations, qui reconstruit le goût de l’organisation collective et des batailles militantes.

Sortir de l’impasse

Mais cette unité n’a évidemment pas résolu grand-chose. En effet, le score de l’extrême droite n’en a été que faiblement diminué, et il est resté très haut avec 11 millions de voix pour l’extrême droite (9,5 millions pour la gauche, 9 millions pour la droite classique). Le danger de l’extrême droite, d’une alliance entre politiciens fascistes, bourgeoisie et forces de police, est toujours menaçant.

De plus, les désaccords au sein de la gauche en font une force difficilement capable d’apporter une solution à la situation. La paralysie autour de la proposition d’un·e Premier·e ministre montre deux écueils très dangereux : l’électoralisme qui conduit à vouloir absolument une candidature proche de son écurie pour préparer les municipales de 2026 et surtout la présidentielle de 2027, la volonté d’une partie de la gauche de trouver un accord avec une partie au moins des macronistes. Ces deux orientations nous mènent dans le mur.

En effet, Macron n’attend pas, il poursuit sa politique de casse sociale avec un décret permettant aux patrons viticulteurs de suspendre le repos hebdomadaire pendant les vendanges, avec la demande de Bruno Le Maire aux ministères de réaliser 5 milliards d’euros d’économies, et tandis que l’Union européenne, et la Cour des comptes dans la foulée, mettent en garde le futur gouvernement « pour déficit public excessif ».

Macron réalise un semi-coup d’État, refusant d’accorder le droit au NFP de former un gouvernement, reconduisant sa politique. Qui sait où cela mènera, avec une Assemblée nationale dans laquelle différentes alliances sont possibles.

Appliquer le programme du Nouveau Front populaire

Pour nous, l’essentiel est de faire appliquer le programme du Nouveau Front populaire : le SMIC à 1 600 euros net et les autres augmentations de revenus, l’abrogation de la réforme des retraites et des réformes de l’assurance chômage, l’abrogation de la loi immigration et la régularisation des travailleurs, des étudiants et des parents d’enfants scolarisés, l’abaissement du nombre d’élèves à 19 par classe, la suspension des projets d’autoroutes, de mégabassines, l’abandon de ParcourSup, etc. Mais aussi de rompre avec « le soutien coupable du gouvernement français au gouvernement suprémaciste d’extrême droite de Nétanyahou ».

Ces mesures ne changeraient pas radicalement la situation, mais elles permettraient d’améliorer significativement les conditions de vie de la population et ouvriraient une période de contre-offensive sociale. De plus, il faut poser le problème de la démocratie dans le pays, du fait que la Ve République permette au Président de bafouer de nombreux droits démocratiques, et il faut revendiquer une assemblée constituante.

Pour cela, il est nécessaire que le NFP se maintienne. Des actions ont lieu dès juillet, ce qui permet de maintenir la pression sur le pouvoir, et sur les appareils qui ne demanderaient pas mieux qu’un retour à une illusoire stabilité.

De toutes nos forces, sur les éléments du programme, nous voulons œuvrer à construire le NFP à la base, avec les partis, les syndicats, tous les collectifs militants de gauche, pour organiser une rentrée de luttes, avec des assemblées populaires à la base, des grèves, des actions de blocage.

Le temps des urnes est derrière nous, la bataille parlementaire ne peut pas réussir sans rapport de force ; c’est notre rôle de construire ce dernier, pour engager concrètement la contre-offensive contre Macron et l’extrême droite.

Antoine Larrache

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23 juillet 2024 ~ 0 Commentaire

Fûts (Reporterre)

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.Fûts

126 000 fûts de déchets nucléaires menacés d’inondation en Allemagne

Des infiltrations d’eau menacent un important site de stockage de déchets nucléaires en Basse-Saxe. Malgré des risques de pollution, les autorités peinent à mettre en place un plan d’évacuation des fûts radioactifs.

Berlin (Allemagne), correspondance

La mine d’Asse II, site de stockage de déchets nucléaires à scandales en Allemagne, fait à nouveau parler d’elle. Du fait de la structure géologique de la mine, ses parois s’effondrent sur elles-mêmes et l’eau des nappes phréatiques et des fleuves souterrains a commencé à s’y infiltrer dès 1988.

Depuis le début de l’année, les infiltrations se sont nettement intensifiées dans cette ancienne mine de sel située en Basse-Saxe. 12 m3 d’eau s’écoulent chaque jour à environ 25 mètres au-dessus de treize chambres creusées à plus de 600 mètres sous terre, selon l’Agence fédérale en charge des déchets nucléaires (BGE). Celles-ci abritent 126 000 fûts de déchets nucléaires de faible et moyenne radioactivité.

Le risque est double. La saumure — mélange de sel et d’eau — générée peut endommager les fûts et faire fuir leur contenu radioactif dans la nature. Cela s’est déjà produit : de 1988 à 2001, de nombreuses analyses de la saumure ont montré des concentrations de tritium supérieures aux valeurs autorisées (jusqu’à 75 fois trop élevées). Idem avec du cobalt 60 et du césium 137, des isotopes radioactifs dangereux.

L’eau peut aussi conduire à l’effondrement des parois de sel et tout bonnement empêcher la récupération prévue des déchets. « Je suis inquiet. Le désastre nucléaire d’Asse se poursuit. Les incidents montrent que la récupération des déchets radioactifs doit être accélérée », a jugé le ministre de l’Environnement de Basse-Saxe, Christian Meyer (Vert), à la télévision publique régionale NDR.

Il a demandé à BGE, l’exploitant de la mine, de parer au plus vite pour empêcher la propagation incontrôlée de la boue d’eau et de sel dans la mine. « Sur les 12 m3, nous en récupérons chaque jour environ 9 m3 », a assuré la nouvelle directrice de la BGE Iris Graffunder, qui garantit que, pour l’instant, les fûts ne sont pas menacés.

Ces affirmations ne rassurent pas les riverains, d’autant qu’une partie de l’eau n’est pas récupérée et qu’un prélèvement de 2008 a montré que les concentrations de déchets radioactifs contenus dans les fûts étaient parfois bien supérieures à celles autorisées.

Un exercice dangereux

Asse II a commencé à faire les titres de l’actualité en 2008 et 2009, quand la société exploitante de l’époque avait annoncé la fermeture définitive d’un site pourtant connu pour son instabilité géologique grandissante. Suite à cela, l’évacuation des fûts, d’abord prévue à l’horizon 2022, puis 2033, a été inscrite dans la loi qui encadre la gestion des déchets nucléaires (Atomgesetz). Mais depuis, peu de choses se sont passées. Des riverains et l’initiative citoyenne Aufpassen ont d’ailleurs porté plainte en 2023 contre la BGE en l’accusant d’inaction.

Le 10 juillet dernier, la ministre fédérale de l’Environnement Steffi Lemke est venue s’enquérir elle-même de la gravité de la situation, comme en 2023. « Je suis là pour faire accélérer les choses et pour m’occuper de la manière dont nous devons évacuer les “cochonneries” qui ont été faites ici au siècle dernier », a-t-elle assuré, en promettant de tout faire pour clore l’évacuation d’ici à 2033.

Elle a cependant rappelé que cette opération était complexe et « n’a encore jamais été réalisée au monde ». « Nous devons soutenir le plafond et y pénétrer avec des appareils télécommandés. Nous avons aussi constaté, grâce à des caméras dans les chambres de stockage, que les fûts sont en grande partie endommagés. Nous devons développer des appareils capables de s’adapter à toutes les éventualités », a détaillé Jens Köhler, chef du projet pour la BGE, à la chaîne de télévision ZDF.

Pour accueillir les déchets de la mine d’Asse, un centre intermédiaire de stockage doit encore être construit en surface. Et si les galeries s’effondrent avant, un plan B prévoit l’inondation du puits de la mine avec une eau saturée au chlorure de magnésium. Leur entreposage définitif, lui, n’a toujours pas été réglé.

La situation des sites allemands n’est pas toujours aussi dramatique que celle d’Asse. Mais elle rappelle que le stockage des déchets nucléaires est un exercice dangereux qui n’a rien de sûr, ni de définitif.

Tel l’exemple de l’ancienne centrale nucléaire est-allemande de Greifswald, en démantèlement depuis trente ans.

En l’absence d’un site de stockage final pour les déchets hautement radioactifs, qui doit être officiellement déterminé d’ici à la fin du 21e siècle, la société exploitante EWN se prépare à y construire un nouveau bâtiment de stockage intermédiaire. Une option de « cellule chaude » y est intégrée, soit une salle spécialement confinée pour pouvoir ouvrir et réparer des conteneurs Castor, réputés indestructibles, mais eux aussi vieillissants et corruptibles.

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21 juillet 2024 ~ 0 Commentaire

Edito (NPA)

front

Contre la république autoritaire de Macron, faisons Front populaire !

Publiée dans la presse le 10 juillet, la lettre publique de Macron – qui affirme contre l’évidence que « personne ne l’a emporté » – est une nouvelle provocation. Face à ce bras d’honneur anti-démocratique, il est urgent d’en finir avec cette république autoritaire et de se mobiliser pour imposer le programme du Nouveau Front populaire.

En finir avec la 5e République antidémocratique

En maintenant Attal comme chef du gouvernement aussi longtemps que possible, alors que le camp présidentiel a fait l’objet d’un rejet massif, Macron a fait le choix de s’asseoir sur les résultats des législatives. En se servant des pouvoirs exorbitants que lui donne la Ve République, iI accentue encore la crise démocratique et institutionnelle.

Ce texte constitutionnel vieux de 64 ans aurait dû partir à la retraite depuis longtemps. Anti-démocratique dès son origine, organisant un pouvoir solitaire, la Ve République a aujourd’hui évolué vers un pouvoir toujours plus autoritaire. L’État se place désormais au-dessus de la société, et l’exécutif gouverne à rebours de la légitimité populaire.

Le régime bascule de plus en plus vers un État fort, la marque des régimes illibéraux qui croissent dans le contexte du néolibéralisme. Quand la bourgeoisie ne parvient pas à obtenir des urnes ce qu’elle veut, elle change les règles du jeu sans état d’âme.

Le prétendu retour de Macron au peuple pour justifier la dissolution, sa volonté de reconfigurer une majorité prétendument républicaine, en excluant LFI, en sont de sombres illustrations. Sans oublier, comme l’a révélé la presse, l’opacité du régime illustrée par le rôle de Thierry Solère comme agent de liaison entre la macronie et le Rassemblement national.

Il est temps de rompre avec ce régime, pour mettre en place comme le propose le programme du Nouveau Front populaire, une assemblée citoyenne constituante imposant la rupture immédiate avec l’hyper-présidentialisme, la prédominance de l’exécutif et fondant des institutions démocratiques.

Tou-TE-s ensemble, construire les assemblées populaires

Face à ce véritable coup de force de la bourgeoisie qui veut nous voler la victoire, il faut engager une nouvelle mobilisation générale de toutes les forces politiques, syndicales, associatives, qui ont porté la campagne du Nouveau Front populaire.

En 1936, ce sont les grèves, les occupations d’usines qui ont permis de faire pression sur le gouvernement Blum et d’arracher des acquis sociaux majeurs. C’est la condition pour éviter un possible éclatement autour du casting du premier ministrable, mais surtout pour peser sur l’application des mesures du programme dans un contexte où le Nouveau Front populaire est minoritaire au Parlement.

Des initiatives montrent la voie, comme l’appel lancé par la CGT à se rassembler à proximité de l’Assemblée nationale et devant les préfectures ce jeudi 18 juillet. Parce qu’il n’y a pas de trêve dans la lutte des classes, il faut se saisir également de la vitrine politique que constituent les Jeux olympiques pour se faire entendre.

Plus largement il faut faire vivre le Nouveau Front populaire, en construisant les assemblées populaires à la base avec les travailleurEs, la jeunesse et les quartiers populaires pour peser dans le rapport de force. Des milliers de militantEs ont construit, échangé, se sont coordonnés pendant la campagne, et cette expérience doit non seulement se poursuivre mais se développer.

C’est un espoir pour reconstruire la résistance indispensable de notre camp social aux politiques antisociales, racistes et anti-démocratiques. C’est une urgence pour les exploitéEs et les oppriméEs d’imposer une rupture avec le système capitaliste, ses institutions et celles et ceux qui le servent.

Mardi 16 juillet 2024

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21 juillet 2024 ~ 0 Commentaire

Périclès (France Info)

facho

Plan « Périclès » : ce que l’on sait du projet du milliardaire catholique Pierre-Edouard Stérin pour promouvoir des valeurs conservatrices et faire gagner la droite aux élections

Ce plan de « bataille culturelle » ambitionne de promouvoir des valeurs culturelles de droite en finançant des cercles de réflexion qui visent à influencer le cadrage médiatique. Il passe aussi par un soutien à des personnalités politiques acquises à sa cause, RN en tête.

Il a échoué à racheter le magazine Marianne, mais son influence dépasse ses propriétés médiatiques. Le milliardaire français Pierre-Edouard Stérin, fervent catholique et exilé fiscal libertarien, n’agit pas seulement à travers les nombreuses entreprises dont il possède des parts. Ses équipes ont conçu un plan structuré pour faire gagner du terrain à ses valeurs politiques et religieuses conservatrices, à travers les médias et en soutenant des personnalités politiques de droite et d’extrême droite.

Ce projet, baptisé « Périclès », est présenté en détail dans un document datant de 2023. Son existence a été dévoilée intégralement par le quotidien de gauche L’Humanité, jeudi 18 juillet, et confirmée par les équipes de Pierre-Edouard Stérin auprès de plusieurs médias, dont Mediapart et Le Journal du Dimanche. Voici ce qu’on sait de cette stratégie de « bataille culturelle », comme le présente au FigaroVox Pierre-Edouard Stérin, une des plus grandes fortunes de France, qui doit notamment son succès à la société de coffrets-cadeau Smartbox.

La promotion du libertarisme économique et de convictions conservatrices

Dans le document dévoilé par L’Humanité, le projet « Périclès » (pour « Patriotes, Enracinés, Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes ») est présenté comme fondé et administré par Pierre-Édouard Stérin et deux de ses proches : François Durvye, directeur général du fonds Otium Capital, et Alban du Rostu, directeur général du Fonds du bien commun. Les deux structures financières appartiennent au milliardaire, plusieurs fois placé au sommet du classement des investisseurs français spécialisés dans les entreprises innovantes, et qui met en avant depuis plusieurs années ses dons à des associations portant ses valeurs.

Leur stratégie vise à « permettre la victoire idéologique, électorale et politique » d’un ensemble de « valeurs clés ». Parmi elles, des valeurs libérales comme la « liberté individuelle et d’entreprendre », et d’autres plus conservatrices ou traditionalistes, comme la présentation de « la famille » comme la « base de la société », la revendication d’une « place particulière du christianisme » ou d’une « fierté de notre histoire, notre identité, notre culture ». Ces idées sont placées en opposition de « tendances » présentées par les auteurs du document comme « les maux principaux de notre pays », dans lesquels ils incluent pêle-mêle « socialisme, wokisme, islamisme, immigration » ou « laïcité agressive ».

« Imposer ses thèmes » par une « guérilla juridique » et médiatique

Pour distiller leur idéologie, les concepteurs de Périclès prévoient une stratégie d’action à tous les niveaux de la société – juridique, médiatique, politique et administratif. Dans un premier temps, le plan prévoit une « guérilla juridique » contre « l’islamisme, l’immigration, l’attaque à la liberté d’expression, la théorie du genre (…) afin de faire changer la peur de camp, faire appliquer la loi et se défendre des attaques adverses, faire évoluer la loi ». Un projet déjà partiellement lancé, à travers la création du collectif Justitia en mai 2023 en collaboration avec le cercle de réflexion conservateur Institut Thomas More.

L’équipe de Pierre-Edouard Stérin compte aussi « imposer [ses] thèmes » et leur traitement privilégié à travers les médias, les réseaux sociaux et la « production intellectuelle ». Pour les diffuser, les auteurs misent en 2024 sur la production de « baromètres » sur l’« islam et insécurité », l’« immigration » ou l’« extrême gauche », en partenariat avec des médias chargés de relayer « massivement ces résultats pour toucher toute la population française ».

A terme, les auteurs du plan Périclès ambitionnent de diffuser leurs idées conservatrices en créant « le premier think tank de droite en France afin de réunir les principaux experts thématiques des sujets régaliens », et ainsi « d’influencer la sphère politique, médiatique et intellectuelle, de préparer les mesures politiques et les réformes ».

Un soutien concret au RN, et bientôt à d’autres candidats de droite

Au niveau des institutions politiques, le document explique vouloir « identifier les élections prioritaires » et « former au combat électoral » les « candidats alignés » sur ce projet idéologique qui ont « le plus de chances de victoire ». Pour cela, l’équipe du milliardaire compte, par exemple, sur la création d’une « école des futurs maires » qui distribuerait à partir de septembre 2024 une formation théorique et pratique à des candidats « partageant [leurs] valeurs », de sorte à leur faire remporter les élections municipales dans près de 1 000 « petites et moyennes communes ».

Un parti est plus particulièrement soutenu par Pierre-Edouard Stérin : le Rassemblement national. Les concepteurs de Périclès revendiquent viser une « victoire » du RN aux municipales de 2026, en aidant le parti d’extrême droite avec un « plan structuré » et des équipes départementales chargées d’« identifier les candidats » potentiels, avec un objectif de « 300 villes à gagner absolument ». Ce projet est présenté comme déjà partiellement lancé.

Les auteurs du document se défendent de vouloir aider exclusivement le RN, et comptent « lancer dans les prochains mois des missions similaires correspondant aux besoins de chacun (par exemple, recrutement de candidats pour LR) ». Ils recommandent aussi de « construire une présence proche des dirigeants de demain » à droite, notamment chez Les Républicains, Reconquête et le Rassemblement national. Parmi leurs cibles prioritaires : Jordan Bardella et Marine Le Pen, avec qui ils disent déjà disposer d’une « relation de confiance » et d’une « influence réelle ».

A plus long terme, les concepteurs du plan Périclès comptent préparer « en amont de la présidentielle » de 2027 « une réserve de 1 000 personnes (technocrates, professionnels de la politique, experts thématiques) » acquis à leurs idées et « pouvant être mis aux postes clés (cabinets, structures parapubliques, haute administration) ». Pour atteindre tous ces objectifs, les administrateurs de Périclès prévoient de dépenser environ « 150 millions d’euros » en dix ans.

Auprès du Journal du Dimanche (passé sous le giron d’un autre milliardaire fervent catholique, Vincent Bolloré), les équipes de Pierre-Édouard Stérin ont confirmé la création de Périclès, tout en ajoutant que le document était « un peu daté ». « Nous communiquerons très vite plus précisément sur nos projets. »

20/07/2024

https://www.francetvinfo.fr/

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13 juillet 2024 ~ 0 Commentaire

Syndicats (CGT SUD)

Syndicats (CGT SUD) dans Macronie 616662396_socialmedia
Sophie Binet.

«La pression populaire doit continuer»

Entretien avec Sophie Binet conduit par Amandine Cailhol et Frantz Durupt

La secrétaire générale de la CGT salue la victoire du Nouveau Front populaire aux législatives et prévient que, quel que soit le prochain gouvernement, son syndicat «ne compte pas ranger les drapeaux». Selon elle, «une mobilisation sociale est nécessaire» à la rentrée.

Deux jours après la victoire surprise de la gauche aux élections législatives, la bouteille de champagne est encore au frais dans le bureau de Sophie Binet. Rencontre avec la secrétaire générale de la CGT qui n’a pas encore eu le temps de trinquer à cette issue à laquelle elle estime que son syndicat a largement participé. Elle fixe ses priorités pour les semaines et mois à venir, avec une mobilisation sociale en chantier pour la rentrée.

En mars, vous sortiez un livre intitulé Il est minuit moins le quart [Grasset, 2024]. Jusqu’à dimanche soir, il était minuit moins une. Aujourd’hui, quelle heure est-il?

On est revenu à minuit moins le quart. On a réussi à remonter le temps, donc c’est une belle victoire, mais si on veut redescendre à 11 heures et demie ou à 10 heures du soir, une heure plus raisonnable, il faut qu’on ait un gouvernement qui se mette en place et qui change la vie des gens.

Pour vous, ces élections, c’est une victoire de la gauche ou une défaite de l’extrême droite?

Les deux. On espérait une défaite de l’extrême droite et on a eu en plus une victoire de la gauche qu’on est allés chercher avec les dents, notamment les syndicats. Quand on voit que cette élection s’est jouée à quelques voix près. Quand on voit le brouillage idéologique organisé notamment par Emmanuel Macron, avec une mise dos à dos de la droite et de la gauche, et tous les repères qui tombaient sur le mode «l’antisémitisme c’est la gauche», «ceux qui défendent la République c’est l’extrême droite». Que le patronat s’est positionné en fonction de ses seuls intérêts financiers, ce qui était une honte républicaine… Les organisations syndicales et la CGT en particulier ont participé à remettre la mairie au milieu du village.

Que doit-il se passer maintenant? Lors du Front populaire de 1936, des grèves massives avaient été organisées…

La pression populaire doit continuer parce que la situation est extrêmement fragile. La majorité du NFP est étriquée. Emmanuel Macron veut nous voler la victoire, il a une stratégie pour construire une majorité de centre droit et poursuivre sa politique économique et sociale [1]. Et en face, le premier groupe d’opposition est l’extrême droite. Nous sommes en sursis. Nous n’avons pas le droit à l’erreur. S’il y a un faux pas, c’est l’extrême droite qui récupère à la fin.

Que compte faire la CGT?

Dans l’immédiat, il faut que la mobilisation de la société civile continue. Mais c’est plutôt à la rentrée que les choses peuvent se passer. La CGT ne compte pas ranger les drapeaux. Une mobilisation sociale est nécessaire. Elle sera de conquête, pour gagner des avancées, pour que notre quotidien au travail change. Parce que ça fait des années et des années qu’on se mobilise pour empêcher des reculs… Les avancées sociales n’arrivent jamais toutes cuites d’en haut. Elles arrivent quand on lutte et qu’on s’organise. Nos équipes syndicales vont aussi rencontrer l’ensemble des députés républicains pour leur dire qu’ils ont donc des comptes à rendre [2].

Une mobilisation intersyndicale?

C’est bien sûr notre objectif, mais il est trop tôt pour le dire, on va avancer par étapes en continuant à se respecter.

Un syndicaliste à Matignon, ce serait une bonne idée?

Nous, on n’est pas dans le casting. Mais il faut un gouvernement qui rassemble, de l’intelligence collective. Il y a aussi une rupture démocratique à faire. Ce n’est plus possible de diriger le pays seul comme l’a fait Emmanuel Macron.

Quelles sont les mesures les plus urgentes à prendre?

D’abord l’abrogation de la réforme des retraites. Ce serait un symbole de justice et ça montrerait tout de suite qu’on fait autrement.

Comment? Une loi adoptée par 49.3 ou avec les voix du RN, ce ne serait pas gênant?

Il vaut mieux gouverner sans 49.3. Quant aux députés d’extrême droite, il y en a 143 et ils votent, on ne peut rien y faire. Le sujet se posera sur tous les textes. Mais s’ils votent l’abrogation de la réforme, ça ne contredira pas le fait que c’est le parti de l’imposture sociale. S’ils avaient été au pouvoir, il y a de gros doutes sur le fait qu’ils l’auraient abrogée. Par ailleurs, sur les salaires, ils ont dit clairement qu’ils ne voulaient pas les augmenter. C’est notre deuxième urgence.

Sur les salaires justement, que défendez-vous?

L’extrême droite prospère sur le déclassement et le fait que le travail n’est plus payé à sa juste hauteur. Il y a quasiment la moitié de la population qui ne peut plus vivre dignement de son travail, et l’autre moitié qui considère que sa qualification n’est pas reconnue. Il faut traiter les deux. Indexer les salaires sur les prix est une mesure de protection, et dans un moment où l’inflation se calme, que le patronat ne vienne pas nous expliquer que ça va mettre les entreprises en déficit. Sur le smic, il faut une mesure immédiate car on a un smic horaire, mais pas mensuel. Or, quasiment 20% des salariés, notamment les femmes, sont à temps partiel. Donc bien loin du smic mensuel.

En augmentant d’un coup le smic à 1600 euros net, il y aurait un effet de tassement des grilles, mais aussi une explosion des exonérations de cotisations patronales…

Nous, on dit qu’il faut augmenter les salaires. Quand il y aura un gouvernement, on négociera avec lui sur comment on le fait. Pour que cela ne mette pas en difficulté les petites entreprises, il faut des stratégies d’anticipation et d’accompagnement. Il y a besoin de remettre à plat les 170 milliards d’aides fiscales et sociales dont bénéficient les entreprises. Plein de multinationales n’ont pas besoin de ces exonérations. Il ne faut plus qu’elles se cachent derrière les petites entreprises pour justifier de tirer les salaires vers le bas. Les exonérations sous 1,6 smic créent un effet de trappe à bas salaire. Il faut mettre fin à cette addiction du patronat aux aides publiques. On peut mettre en place un plan de décrochage progressif pour l’aider à se sevrer.

La troisième urgence?

Ce sont les services publics. Le gouvernement devra préparer le budget 2025. Il y a besoin d’un plan d’urgence pour nos hôpitaux, nos Ehpad. L’enseignement supérieur et la recherche, la justice, c’est la cata aussi. Les 60 milliards d’euros de cadeaux par an pour les plus grandes entreprises et les plus riches peuvent être remobilisés là.

Comment allez-vous travailler avec les autres acteurs sociaux?

Pour l’instant, il n’y a pas de calendrier. Mais il faut qu’on puisse reprendre la main sur l’assurance chômage sur une tout autre base que celle qui était prévue par la lettre de cadrage du gouvernement, qui nous imposait des économies inacceptables alors que les comptes de l’assurance chômage sont au vert et que le chômage et la précarité repartent à la hausse. Il y a besoin d’améliorer les droits à la protection des privés d’emploi, y compris pour permettre les transitions environnementales nécessaires.

Est-ce que la CGT envisage d’élaborer des propositions de loi à soumettre aux députés?

Bien sûr, on l’a fait avec succès, notamment sur les questions d’énergie, et on peut continuer à le faire sur plein de questions, qui peuvent être transpartisanes. Je pense à la réindustrialisation, mais aussi aux violences sexistes et sexuelles. La CGT sera disponible pour travailler sur une loi-cadre, sur la question de l’égalité femmes hommes, avec des sanctions pour les entreprises qui ne respectent pas l’égalité salariale, et de vraies mesures et un vrai budget sur les violences sexistes et sexuelles.

Les syndicats porteront-ils des choses ensemble?

On peut le faire au coup par coup. Nous avons suffisamment de bouteille sur le travail intersyndical pour se dire que ça va durer. Nous sommes conscients de nos responsabilités de boussole et de rassemblement d’un pays qui est fracturé. Nous le voyons dans nos collectifs de travail, avec une explosion des situations de racisme ces dernières semaines. Il faut lutter contre le racisme et l’antisémitisme, car on ne peut pas lutter contre l’un sans lutter contre l’autre. Le patronat doit aussi prendre ses responsabilités, la question ne lui est pas extérieure.

Le RN reste aux portes du pouvoir. Comment préparer l’après dans le monde syndical?

La priorité, c’est la syndicalisation. La force citoyenne qui a permis d’éviter le pire, il faut la structurer, que les choses continuent de fonctionner par en bas. Le principe du syndicalisme, pour nous, c’est «Ni Dieu, ni César, ni tribun, producteurs sauvons-nous nous-mêmes!» Se syndiquer est aussi en soi une arme contre l’extrême droite et le racisme, car on agit alors ensemble pour ses intérêts de travailleuses et travailleurs à être mieux payés et respectés au travail. Et ces intérêts sont les mêmes quelle que soit la couleur, l’origine, la religion.

(Entretien publié par le quotidien Libération le 10 juillet 2024)

https://alencontre.org/

Solidaires dans Syndicalisme

L’Union syndicale Solidaires réunie en comité national ce jour, se félicite que la mobilisation des organisations du mouvement social ait contribué à faire barrage à l’extrême droite.

Pour autant, rien n’est réglé. Le RN augmente significativement le nombre de ses député·es et ses moyens financiers pour promouvoir ses idées rétrogrades, racistes et accentuer son imposture sociale.

Cette réalité doit questionner le syndicalisme et en particulier le nôtre, notamment nos pratiques militantes, réinventer nos actions pour améliorer le quotidien des travailleurs et travailleuses et plus globalement de l’ensemble de la population.

Les années de politiques néolibérales et la montée de l’extrême droite nous engagent à renforcer la défense quotidienne des travailleurs et travailleuses, de répondre à leurs attentes, tout en refusant toutes les discriminations et en défendant nos valeurs d’égalité, d’antiracisme, de féminisme, de liberté, de solidarité et de justice…

Pour l’Union syndicale Solidaires, les luttes à mener dans l’unité la plus large sont essentielles dans les avancées sociales, dans chaque entreprise, secteur professionnel, comme au niveau interprofessionnel.

Trois revendications d’urgence seront portées dans les prochaines semaines par l’Union syndicale Solidaires pour reconquérir nos droits, pour reconquérir ce qui nous est dû face au patronat et au capitalisme devenu roi:

– l’abrogation de la réforme retraite 2023 et le retour à une retraite à 60 ans avec 37,5 annuités;

– exiger notre dû: l’augmentation des salaires dans le public comme dans le privé et le SMIC à 2000 euros nets;

– la défense, l’accès et le développement des services publics de qualité partout sur le territoire, gages d’égalité, de cohésion sociale, d’accès aux droits. Ces services publics sont indispensables pour la bifurcation écologique;

Pour l’Union syndicale Solidaires l’urgence est de gagner concrètement. Quel que soit le gouvernement en place.

C’est pourquoi, dès maintenant, l’Union syndicale Solidaires travaille à la construction d’une mobilisation unitaire, pour gagner par la lutte, l’abrogation de la réforme retraite et le retour de la retraite à 60 ans. (9 juillet 2024)

https://alencontre.org/

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11 juillet 2024 ~ 0 Commentaire

USA (NPA)

2024

USA : une décision de la Cour suprême fait du président un roi au-dessus de la loi

La semaine dernière, une décision de la Cour suprême des États-Unis a fondamentalement modifié le système politique américain, mis un terme aux poursuites engagées par les tribunaux de rang inférieur contre l’ancien président Donald Trump et laissé entrevoir la possibilité que, s’il est réélu pour un second mandat, il disposera de pouvoirs dictatoriaux.

Le président Joe Biden, 81 ans, semble décliner physiquement et mentalement et, depuis une performance calamiteuse lors d’un débat, chute dans les sondages. Pour l’heure, la situation est sombre.

L’immunité pour le président

Le 1er juillet, la Cour suprême des États-Unis, a décidé, par six voix contre trois, que les présidents des États-Unis jouissaient d’une immunité dans leurs actes officiels, d’une immunité totale dans leurs fonctions présidentielles essentielles et d’une immunité présumée dans les autres actes officiels. La définition exacte des actes non officiels ou personnels est laissée à l’interprétation des tribunaux à l’avenir.

La juge Sonia Sotomayor, dans une opinion dissidente puissante et passionnée, a écrit : « La décision prise aujourd’hui d’accorder l’immunité pénale aux anciens présidents remodèle l’institution de la présidence. Elle tourne en dérision le principe, fondateur de notre Constitution et de notre système de gouvernement, selon lequel nul n’est au-dessus de la loi… Le président des États-Unis est la personne la plus puissante du pays, voire du monde… Lorsqu’il utilisera ses pouvoirs officiels de quelque manière que ce soit, selon le raisonnement de la majorité, il sera désormais à l’abri de toute poursuite pénale…

Il ordonne à l’équipe Seal Team 6 de la marine (une unité menant des opérations spéciales et souvent secrètes) d’assassiner un rival politique ? Immunisé. Il organise un coup d’État militaire pour se maintenir au pouvoir ? Immunisé. Il accepte un pot-de-vin en échange d’une grâce ? Immunisé. Immunisé, immunisé, immunisé. » Et, elle conclut sa déclaration en disant que « le président est désormais un roi au-dessus de la loi ».

C’est Trump qui a porté l’affaire devant la Cour en invoquant l’immunité contre les accusations portées contre lui pour son rôle dans l’insurrection et la tentative de coup d’État du 6 janvier 2021. La décision signifie que cette affaire et une autre affaire contre Trump pour manipulation de documents officiels seront retardées jusqu’après l’élection présidentielle, puisqu’il faudra tenir des audiences dans les deux cas sur ce qui peut être considéré comme des actes officiels ou des actes non officiels.

Trump, qui a toujours revendiqué une « immunité absolue », a salué la décision de la Cour en la qualifiant de « grande ­victoire pour la Constitution », et il a ­immédiatement exigé que toutes les affaires judiciaires le concernant soient classées. Le juge chargé de l’affaire des documents a déjà suspendu la procédure.

Un débat désastreux

La décision de la Cour est intervenue peu après la prestation désastreuse de Joe Biden lors du premier débat des candidats à la présidence avec Trump, le 27 juin, une débâcle qui a semé la panique au sein du Parti démocrate. Depuis lors, Trump a gagné du terrain dans les sondages, tandis que plusieurs représentants démocrates au Congrès ont demandé à Joe Biden de se retirer. Mais alors que les dirigeants du parti, les donateurs et les conseillers se sont réunis, ils n’ont pas réussi à prendre la décision de remplacer Biden par un autre candidat à la présidence. Toutefois, à l’heure actuelle (7 juillet), M. Biden a déclaré qu’il restait dans la course.

Comment peser sur la candidature démocrate ?

Le Progressive Caucus et laSquad, qui se situent à la gauche du Parti démocrate, ont gardé le silence sur Biden et sur la question de son remplacement, par crainte de représailles. De plus, la Squad a été récemment affaiblie par la défaite de Jamaal Bowman dans sa tentative de réélection à la Chambre des représentants.

Le Democratic Socialist of America (DSA) a publié une déclaration disant : « Dites à la direction du Parti démocrate que M. Biden doit se retirer », qui a fait écho à de nombreuses publications grand public et progressistes, mais la gauche socialiste n’a aucun poids dans ces questions.

Si le Parti démocrate remplace rapidement Biden par un autre candidat lors de la convention nationale du parti à Chicago du 19 au 22 août, il y a encore une chance que Trump soit stoppé. Peut-être.

L’été est là, certains sont en vacances et 130 millions de personnes souffrent d’une chaleur extrême et dangereuse causée par le réchauffement climatique ; les plages sont pleines, les rues sont calmes et les mouvements se sont pour l’instant calmés. Pour l’instant, la situation semble très sombre.

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11 juillet 2024 ~ 0 Commentaire

Olivier BESANCENOT ( Poing Hebdo)

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11 juillet 2024 ~ 0 Commentaire

Edito (NPA)

Crédit Photo Photothèque Rouge / Martin Noda / Hans Lucas

Macron veut nous voler la victoire. Mobilisation générale pour imposer le programme du NFP !

Les résultats de dimanche ont été clairs. La menace immédiate de l’arrivée à Matignon de Bardella a été écartée, en plaçant troisième le Rassemblement national. Au-delà, c’est la macronie, tout un système politique, antisocial et autoritaire, qui a été sanctionné – le groupe macroniste reculant fortement malgré les désistements systématiques de la gauche.

Pourtant, Macron persiste et signe. Profitant des pouvoirs exorbitants que lui donnent les institutions de la 5e République, après s’être empressé de dissoudre l’Assemblée pour tenir compte des résultats du 9 juin et mené campagne, il maintient Attal à Matignon,tout en gardant le silence.

Dans sa lettre publiée hier dans la presse, il ne reconnaît pas le résultat des élections. Selon lui, “personne ne l’a emporté”, au mépris d’un suffrage qui a pourtant placé le Nouveau Front populaire en tête, constituant ainsi le plus gros groupe à l’Assemblée nationale.

Selon lui, les forces politiques devraient plutôt construire des compromis pour un gouvernement de “front républicain” mêlant la gauche et la droite et excluant LFI. Il est évident qu’un tel gouvernement ne mettra pas en place le smic à 1600 euros, l’abrogation de la contre-réforme sur les retraites et l’ensemble des mesures du rupture du programme du Nouveau Front populaire.

D’autant plus qu’au même moment, la presse nous informe des collusions entre la macronie et l’extrême droite via les repas secrets organisés par Thierry Solère. On appréciera la réalité du “front républicain” sauce Macron…

Face à ce coup de force, l’enjeu des prochains jours est donc d’imposer à Macron et à la classe dominante le résultat des urnes et de créer les conditions pour un gouvernement qui mette en œuvre le programme du Nouveau Front populaire.

Dans ce rapport de force, le monde du travail, la jeunesse et l’ensemble de la population doivent faire irruption pour peser de tout leur poids. Le bras de fer est engagé et il se joue maintenant.

L’ensemble des composantes du Nouveau Front populaire – tant les forces politiques que les syndicats, associations et collectifs qui l’ont soutenu – doivent se voir très rapidement pour discuter des moyens d’action à mettre en œuvre pour mener cette bataille démocratique. Dans ce cadre, l’initiative de la CGT cheminots, appuyée par la confédération CGT, montre la voie. L’appel à des rassemblements dans tout le pays jeudi 18 juillet, devant l’Assemblée et les préfectures, est à construire et à réussir.

Dans ce cadre, la période des Jeux olympiques ne peut constituer une trêve : elle doit être l’occasion de nous faire entendre pour que le Nouveau Front populaire et notre camp social ne se laissent pas voler cette victoire.

Au-delà, il est essentiel que les cadres de mobilisations qui ont arraché la victoire du NFP continuent à se réunir, occupent le terrain pour poursuivre la bataille. Ces comités seront des points d’appui pour une rentrée sociale qui impose la mise en œuvre du programme du NFP. Ce sont les travailleurs/euses, les quartiers populaires, les jeunes, les femmes, les LGBTI, toutes les personnes discriminées, qui doivent prendre leurs affaires en main pour rompre avec ce système qui détruit nos vies et la planète.

Jeudi 11 juillet 2024

https://npa-lanticapitaliste.org

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09 juillet 2024 ~ 0 Commentaire

Surprise! (LRLP)

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La victoire de la gauche : une mobilisation

citoyenne massive et solidaire

Cette victoire surprise a redonné ses lettres de noblesse au statut de citoyen.ne. Face à la menace de la majorité absolue du RN à l’Assemblée nationale, ils et elles ont été des centaines de milliers à se mobiliser partout en France, dans la rue et sur les réseaux. Galvanisés, l’heure est à la réjouissance et ils se sentent prêts pour la suite. Afin de redonner à la devise française « liberté, égalité, fraternité » une réalité.

Une mobilisation en ligne

La dissolution de l’Assemblée nationale a été un coup de tonnerre énorme et a plongé la France dans une crise politique majeure, qui a inquiété jusqu’à l’international. Tout comme les partis de gauche ont réussi à faire fi de leurs divergences pour opérer une coalition en un temps record, la société civile s’est mobilisée bien au-delà des associations et cercles militants traditionnels. Avec un seul objectif : faire barrage à l’extrême droite.

Dès le 9 juin, des initiatives ont ainsi essaimé dans toute la France et sur tous les supports pour faire mentir les sondages et les grands médias traditionnels. Nathan, 33 ans, a ainsi rejoint l’appel des bien-nommées « Victoires Populaires » suite aux résultats du 1er tour des législatives.

« Après l’énorme douche froide des résultats le dimanche soir, rejoindre une réunion avec 200 personnes prêtes à se battre m’a donné de l’énergie et surtout un sentiment d’utilité » explique-t-il à La Relève et La Peste

Nathan a participé aux campagnes d’appels téléphoniques pour recruter de nouvelles forces, d’autres consistaient à débattre avec les proches qui s’apprêtent à voter RN ou encourager les absentionnistes à aller voter. Afin de faciliter leur démarche, la plateforme internet « procuration front populaire » a été mise en place.

Une stratégie efficace : s’il y a autant de candidats du camp présidentiel élus, c’est parce que les électeurs du NFP se sont largement mobilisés pour faire barrage au RN. L’inverse est moins vrai : 72% des électeurs NFP ont fait barrage, pour moins de 50% côté du camp présidentiel. Dans sa circonscription, les efforts de Nathan ont été récompensés car le candidat RN a été battu.

Plus original, des trolls numériques déguisés en « vieux patriotes » ont révélé leur vrai visage suite à la défaite du RN. Pendant un mois, ces militants de gauche avaient infiltré les groupes de discussion des sympathisants d’extrême-droite pour changer leur regard sur la société l’air de rien, et enrayer la propagation d’idées racistes sur la toile. L’humoriste Swann Périssé et son équipe ont aussi été particulièrement créatifs en réussissant à en écrire un spectacle en seulement 5 jours qui a cumulé près de 270 000 vues sur YouTube.

De nombreux influenceurs et influenceuses sont aussi sortis de leur habituel silence sur la vie politique pour appeler leurs abonné.e.s à faire barrage au RN et affirmer leurs valeurs. Quitte à perdre quelques membres de leur communauté et recevoir des messages haineux, comme cela a été le cas pour Claire Seiller, alias c.lairdutemps, ou se fermer des partenariats rémunérés.

Sur le terrain

Au-delà des manifestations dans la rue pour crier le rejet de l’extrême-droite, la société civile a aussi occupé l’espace public à la rencontre des électeurs. Ainsi, la créatrice de contenus Camille Chaudron, alias GirlGoGreen (dont les valeurs étaient déjà connues de ses abonné.es), a rejoint une campagne de terrain de grande ampleur près de Joigny.

« Les militants de gauche habituels nous ont dit qu’ils n’avaient pas vu une telle mobilisation depuis 20 ans. Alors que nous sommes dans un écosystème dans lequel il y a beaucoup d’associations et de militants de longue date. Il y a vraiment eu une énorme mobilisation de la société civile en parallèle et avec l’équipe de campagne du NFP » raconte Camille Chaudron pour La Relève et La Peste

Au programme : café militant tous les matins à 09h pour définir les priorités et se répartir les tâches, réunions publiques, tractage dans l’espace public, dialogue avec les habitants. Certaines personnes venues de passage pour découvrir une semaine le tiers-lieu « La Caserne Bascule » ont été happées par cette mobilisation inédite et sont finalement restées trois semaines sur le territoire, comme Alexandre.

« Grâce à vous, j’ai pu expérimenter la politique, découvrir la région et rencontrer de chouettes personnes, ici et dans l’incroyable écosystème Jovinien » a-t-il témoigné au groupe en les remerciant

Hélas, le candidat RN l’a emporté à Joigny dès le 1er tour, et celui de la circonscription voisine lors du deuxième, alors que l’équipe de Joigny était venue renforcer les sympathisants de gauche.

« Malgré la défaite, cette mobilisation énorme nous a donné beaucoup de force pour la suite et permis de réaliser ce qu’on serait capables de faire avec beaucoup plus de temps. Il n’y a pas eu de guerre des partis, et c’est beau de se dire que l’union fait vraiment des choses formidables. Mais ici, nous sommes sur un territoire difficile avec de nombreux déserts médicaux et le discours médiatique dominant a marché. Les gens ont plus peur de Mélenchon que de Marine Le Pen » explique Camille Chaudron pour La Relève et La Peste

Hé oui, tout n’est pas rose pour autant. La banalisation des idées d’extrême droite a encore gagné du terrain dans les médias, les attaques des néonazis se sont multipliées dans les rues, et le RN a doublé son nombre de députés. Rien n’est donc gagné pour la gauche, et de nouveaux défis s’ouvrent maintenant pour faire appliquer un programme progressiste. Les défis politiques sont nombreux et les débats s’annoncent houleux.

Pourtant, le résultat du NFP est d’autant plus admirable que la diabolisation de la gauche – et particulièrement de La France Insoumise, traitée d’extrême-gauche malgré un rappel à l’ordre du Conseil d’Etat – a été aussi bien perpétrée par les médias dominants que la majorité présidentielle elle-même. Le rôle des médias indépendants, dont La Relève et La Peste, a permis de donner d’autres analyses et points de vue aux citoyens.

« Aujourd’hui j’ai clairement l’impression qu’on a réussi : éviter le cataclysme d’une majorité RN. Avoir pris part à cet élan citoyen collectif me rend fier et plus optimiste qu’avant. Il suffit juste qu’on endosse tous un peu notre rôle de citoyen pour changer les choses. Cette fois-ci, l’Histoire prouve encore une fois que quand la gauche est unie, elle gagne, et c’est vraiment émouvant » conclut Nathan

Une chose est sûre : cette défaite est définitivement celle du Président Macron, à force de polariser le débat et diviser la société. Pendant les gilets jaunes et la réforme des retraites, la population avait prouvé sa capacité de mobilisation et de protestation. Elle vient de le faire à nouveau. Reste donc à savoir si cette participation citoyenne hors-norme à la vie et au débat politique permettra aux revendications citoyennes de s’incarner dans l’Hémicycle les deux prochaines années.

Texte: Laurie Debove Photographie: Jerome Gilles / NurPhoto via AFP 8 juillet 2024

https://lareleveetlapeste.fr/

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