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25 mai 2017 ~ 0 Commentaire

mouvements (street press)

mouvements
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Pourquoi les mouvements sociaux se radicalisent-t-ils?

Comment percevez-vous la dynamique contestataire en France ?

Comme plus incertaine que jamais. Je suis aussi convaincu que le monde que l’on connaît est en train de s’effondrer. 8% de votes blancs et 25% d’abstention au second tour des présiden- tielles, c’est un record ! On n’assiste plus à une simple méfiance vis-à-vis des institutions de la Ve République, mais à leur rejet massif. On a beaucoup à craindre ou à rêver de l’avenir. Ce qui est sûr, c’est que cela ne va pas rester en l’état.

Dans votre bouquin, vous dites que les mobilisations s’orientent de plus en plus vers des modes d’action « extra-légaux », c’est-à-dire ?

C’est une autre dynamique que l’on observe. Les plus déterminés agissent de plus en plus en dehors de la loi. Je préfère parler d’« extra-légalité » plutôt que d’« illégalité », car ils ne sont pas majoritairement contre la loi, mais contre le légalisme : ils refusent d’obéir de manière aveugle ou inconditionnelle aux lois. Quand ils désobéissent, c’est pour remplacer une loi par une autre plus juste, plus équitable. Je fais cette différence car ce ne sont pas des « hors-la-loi » selon moi, ou de mauvais citoyens. Au contraire, ils désobéissent et prennent des risques face à des situations qu’ils jugent anti-démocratiques.

Qui sont ces « nouveaux désobéissants » ?

Les combats se multiplient et se diversifient. J’en distingue trois types.

1 Les Zad d’abord, les « zones à défendre » contre les grands projets inutiles. Il y a bien sûr les cas emblématiques de Notre-Dame-des-Landes (NDDL), du barrage de Sivens, mais aussi le grand stade de Lyon, Europacity à Garges-lès-Gonesse, les déchets nucléaires à Bure, la ligne Lyon-Turin, etc. Ça foisonne ! Il y a toujours eu des mouvements que l’on appelle « nimby » pour « Not in my backyard » [pas dans mon jardin], refusant le projet d’une centrale ou d’une décharge pour ses propres intérêts. Mais ces nouvelles mobilisations territoriales ont une dimension publique et politique forte. On ne se bat pas seulement contre l’aéroport à NDDL, mais aussi contre le monde qui va avec.

2 Émergent aussi de plus en plus d’actions de désobéissance civile, comme les mouve- ments anti-pubs qui barbouillent ou déchirent des affiches dans l’espace public ou encore les actions spontanées de collectifs féministes comme les Femen, pour ne citer que les plus connues.

3 Il ne faut pas non plus oublier que certains contestataires se retrouvent extra-légaux, sans l’avoir choisi. Le droit de grève est remis en question depuis la mise en place du service minimum. En 2015 ou 2016, des manifestations ont été interdites, comme lors de la Cop 21 ou au printemps dernier. Sous prétexte d’État d’urgence, nous vivons dans un monde de plus en plus sécuritaire. Ces actions deviennent extra-légales, non pas parce que les contestataires se radicalisent, mais parce que l’État est de plus en plus autoritaire. On vit en réalité une période de radicalisation des différentes forces politiques et sociales. D’un côté, le racisme d’État, les violences policières, la criminalisation des mouvements sociaux ; de l’autre, des militants de plus en plus déterminés.

Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, l’un des gros dossiers du gouvernement, est à l’arrêt. La mobilisation a marché ?

L’échec cuisant du quinquennat Hollande, c’est bien NDDL. On ne le souligne peut-être pas assez. L’ancien Président voulait à tout prix que le dossier aboutisse, tout comme son premier ministre, Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes. Pourtant, 300 irréductibles et tous leurs soutiens en France, ont réussi à faire échec au gouvernement, malgré un préfet de Bretagne, Patrick Strzoda [de 2013 à 2016] particulièrement déterminé. L’homme est surnommé « Monsieur Flashball » depuis sa gestion des manifs contre la loi travail à Rennes (un étudiant a été éborgné par un tir de lanceur de balle de défense le 28 avril 2016.

Patrick Strzoda est ensuite devenu préfet de la région Île-de-France, en charge de la manif du 1er mai à Paris. De bonne augure pour les futures manifestations ?

Cette nomination est un signe fort. D’ailleurs, au lendemain du 1er mai, les médias ont relayé la photo du policier en train de brûler, mais n’ont pas cherché à en savoir plus sur le bilan des équipes de street medic. Ils ont pourtant relevé près de 130 manifestants blessés ce jour-là. Et puis quelques jours plus tard, lors du débat contre Marine Le Pen, le candidat a dit qu’il allait démanteler « toutes les associations qui invitent à la haine et à la violence . Il a dit ça, oui ! L’expression est terriblement vague. On peut imaginer qu’il va dissoudre une ou deux sectes djihadistes, mais il annonce aussi qu’il peut s’en prendre aux assos militantes pas assez «  Charlie», et donc aux opposants politiques. Je pense qu’on a toutes les raisons de le craindre.

De craindre Emmanuel Macron ?

Le plus inquiétant, c’est justement l’image plutôt libérale de cet homme sur le plan des mœurs et dans la sphère sociale, même au sein de la gauche radicale. On sait qu’il va détricoter le droit des salariés, mais on se dit que pour les musulmans ça va aller, que dans la rue, il ne sera pas trop vénère. Rappelons qu’il a soutenu les maires et leurs arrêtés anti-burkinis l’été dernier. Son défilé d’intronisation sur les Champs-Élysées était particulièrement militaire. Le front social sera aussi un front anti-répression. D’ailleurs, on a vu le 8 mai à Paris les CRS fendre en deux le défilé, de façon complètement arbitraire, pour isoler le cortège de tête. Il n’y avait pourtant pas eu de débordement avant.

Le front social a manifesté le 8 mai à Paris contre son élection. 70 unions syn- dicales ou collectifs (CGT, SUD, DAL, Urgence notre police assassin), mais à peine 7 000 personnes dans la rue, selon les organisateurs. Pourquoi cette manifestation a été peu suivie ?

À ma connaissance, c’est la première fois qu’une manifestation appelle le Président à démis- sionner dès le lendemain de son élection. C’est un rejet symbolique fort de Macron. En même temps, il vient d’être élu et de nombreuses personnes attendent de voir. Les énergies ont été canalisées dans les urnes cette année. Les élections ne sont jamais propices aux actions directes. C’est une forme de délégation, de dépossession : tant mieux si notre candidat gagne et si ce n’est pas lui, tant pis, c’est le jeu démocratique, se dit-on.

Printemps 2016. La mobilisation dure plusieurs mois contre la loi travail. On observait déjà une baisse du nombre de manifestants. Pourquoi ?

Il y a eu une vingtaine de manifs nationales en 2016, mais on n’a pas dépassé le million de manifestants sur une même journée en France. Contre la réforme des retraites en 2010 ou en 2006 contre le CPE, les cortèges étaient beaucoup plus massifs. On atteignait souvent les 3-4 millions de personnes. Ce seul critère numérique fausse la vue.

Au printemps 2016, les personnes mobilisées étaient beaucoup plus déterminées. Certaines ont passé trois mois, nuits et jours sur une place. C’est un tout autre engagement que de marcher deux heures en manif. Des raisons plus profondes expliquent aussi la baisse du nombre de manifestants d’année en année. Les plus combatifs, à savoir les collégiens, les lycéens ou les étudiants, sont de plus en plus précaires et inquiets pour leur avenir. La jeunes- se est plus divisée géographiquement, entre centres villes, banlieues et campagnes. Tous ces facteurs structurels, liés à la société capitaliste dans son ensemble, a pour effet de casser les collectifs. Une société fragmentée ne favorise pas les luttes.

Les syndicats contestataires perdent du poids en France, au profit de la CFDT, réformiste. Comment l’expliquez-vous ?

Les difficultés du syndicalisme français sont très anciennes. Du lendemain de la seconde guerre mondiale, où il y avait 50% de syndiqués en France, jusqu’aux 8% recensés aujour-d’hui, ils n’ont cessé de perdre en représentativité. Il existe de nombreuses raisons pour expli- quer ce déclin. L’une d’elles est très forte : ils sont passés à côté d’un certain nombre de thématiques, comme l’écologie ou le chômage. Dans de nombreuses entreprises, il est aussi risqué d’être syndiqué. Donc la contestation s’exprime de plus en plus en dehors des structures syndicales.

Parallèlement, on observe une radicalisation de leaders de terrain, comme Mickaël Wamen de la CGT Goodyear pour ne citer que lui. Ils appellent au front social et prennent la main dans certaines fédérations. Fermement anticapitalistes, trotskystes ou anarchistes-libertaires, ces militants sont désormais plus proches de partis comme le NPA ou LO que du PCF, leur parti d’antan. D’ailleurs, l’élection de Philippe Martinez marque un tournant. Il a durci le discours de la CGT et tenu tête au gouvernement pendant le mouvement contre la loi travail.

Le Black Bloc mobilise-t-il plus qu’avant ?

Les Black Blocs existent depuis les années 90. On les a toujours vus en queue de manifesta-tions, mais ils étaient peu nombreux. L’année dernière, ils sont passés devant les cortèges syndicaux et le mouvement s’est densifié. On a dénombré jusqu’à un millier d’autonomes sur certains rassemblements. Quelque chose de nouveau émerge. Ces idées prennent dans les mouvements lycéens. Le Mili, constitué au moment de l’affaire Leonarda, est très présent lors des blocages de lycée ou en manifestation. À en croire l’inventivité des slogans sur les murs, cette dynamique n’est pas prête de s’arrêter: «Une pensée pour les familles des vitrines», «Nous sommes un peuple de casseurs-cueilleurs», « La France bout à 49.3 ». Je crois que la créativité artistique va de pair avec la créativité politique. Je pense que les moments de grande invention littéraire, picturale – on peut penser au dadaïsme, au surréalisme – sont aussi des mouvements d’ébullition politique. Tout ça est circulaire.

Comment ces nouveaux désobéissants justifient l’usage de la violence ?

Certains ne la justifient pas. Et il faut faire la différence entre jeter un cocktail molotov – ils sont peu nombreux en réalité à le faire – et donner un coup d’épaule à un policier, casser une vitrine de concessionnaire ou taguer la vitrine de HSBC. Beaucoup d’entre eux ne considèrent pas ces actes comme violents. Au contraire, lorsqu’une banque aide ses clients à planquer deux milliards d’euros dans les paradis fiscaux, alors c’est violent, selon eux. Parle-t-on de violence physique ou de violence structurelle, de violence directe ou indirecte ? Pour les autonomes, la violence est économique, institutionnelle et sociale.

D’autres admettent qu’ils pratiquent une forme de violence. Au moins trois justifica- tions existent.

La première, c’est la légitime défense, contre l’État et le capitalisme.

La deuxième, celle de l’efficacité : l’affrontement physique direct permet de remettre en cause la substantifique moelle de l’État. Max Weber, qui citait Trotski, disait : « l’État, c’est le monopole de la violence physique légitime ». Donc, si l’État c’est la violence, il faut utiliser la violence pour le faire tomber.

Le troisième argument affirme que cette violence va permettre de révéler la vraie nature de l’État que nous avons en face de nous. Cet État n’est pas démocratique, mais autoritaire ; en l’obligeant à nous réprimer, il dévoilera sa vraie nature.

Ces arguments sont des classiques des mouvements anarchistes, ils sont utilitaristes. Il existe une autre réalité, plus existentielle, presque indicible : faire partie du cortège de tête procure une montée d’adrénaline, un sentiment d’être soi, d’être là où je dois être, d’être vivant ! On retrouve une densité, on sent le moment. Le capitalisme, au contraire, c’est la mort, l’assèche- ment. C’est pour cette raison que les textes du Comité Invisible trouvent un tel écho au sein du cortège de tête : ils posent des mots justes sur une expérience singulière, c’est « Maintenant » et avec « nos amis » aussi. Quand on court au milieu des lacrymos, on perd un peu les potes, mais on se retrouve ensuite, on débriefe. On est liés par une expérience, dont on se souvien- dra. On fonctionne par petits groupes affinitaires, avec des personnes que l’on connaît ou qui deviendront nos amis.

« Tout le monde déteste la police » est sans doute le slogan le plus scandé en manifestation. Avec lui, la rue porte une critique très forte de la démocratie et des institutions…

Oui et il faut être prudent. Il existe plusieurs critiques de la démocratie. Celle portée par Nuit debout qui consiste à dire que la Ve République est un régime quasi monarchique, qui se prétend démocratique, mais qui ne l’est pas. Il faut donc remplacer cette oligarchie par une vraie démocratie participative, délibérative, horizontale. Le deuxième discours, porté de maniè- re limpide par le Comité invisible, vient compliquer ce tableau : la Ve République est un leurre, tout comme le sont les assemblées étudiantes, les grèves ou Nuit debout. Tous ces « démo- crates des AG » prétendent prôner la vraie démocratie, mais s’enferment dans un formalisme démocratique, fait de prises de parole minutées qui nuisent à la spontanéité de la politique. Remplacer les vieilles institutions par de nouvelles, n’a aucun sens, car dès lors qu’il y a institution, la verticalité et la rigidité portent atteinte à la liberté.

Que pensez-vous de cette critique ?

Je ne suis pas d’accord. Dire que toute institution est nuisible pour la liberté semble avoir une conséquence pratique dommageable. Un certain nombre d’adeptes de l’insurrection que j’ai rencontrés et vus intervenir lors de rassemblements étaient souvent des personnes blanches, des hommes qui coupaient la parole à des femmes, par exemple. Au nom d’une idéologie réfractaire à toute verticalité, on réintroduit des rapports de domination. Je ne suis pas sûr que le mouvement soit aussi émancipateur qu’il prétend l’être. C’est une discussion que j’aimerais lancer. Il y a aussi une faiblesse théorique selon moi, celle de dire que toute institution est forcément étatique et autoritaire. Le seul moment émancipateur est celui de l’insurrection, de la destitution, selon le Comité invisible. C’est LA liberté. Or, la boulangerie de Tarnac est une institution. Les éditions de La Fabrique, dirigées depuis 20 ans par Éric Hazan ? Une institution. Lundi matin, le site internet et la revue : une autre institution.

Il peut donc exister des institutions démocratiques selon vous ?

Au Chiapas au Mexique, les zapatistes mènent une expérience de démocratie réelle, avec ses imperfections certes, mais le pouvoir est aux mains des communautés locales. Des assemblées se réunissent régulièrement. Les délégués ont des mandats révocables à tout moment. Ils touchent une indemnité faible, semblable au salaire du reste de la population. Ce mécanisme politique institue une égalité forte de revenus et de modes de vie. C’est une démocratie au sens social, pas juste politique et institutionnelle. Il me semble que ce que recherchent les zadistes est très proche en France, même s’il ne s’agit pas de transposer ces modèles, mais certains militants de NDDL sont allés au Chiapas. Ils discutent entre eux.

On aspire à quoi chez ces nouveaux désobéissants ?

C’est pas juste une quête d’alternance, mais d’alternative. L’aspiration est révolutionnaire. Le mot peut paraître usé, mais il est irremplaçable pour décrire le changement fondamental des structures économiques, sociales, politiques, éducatives, familiales, sexuelles et j’en oublie ! La grande absente, c’est l’utopie. Au XXe siècle, il y avait le capitalisme et le communisme. Ces deux-là ne tiennent plus. Pour se mobiliser, il ne suffit pas d’avoir des affects négatifs, il faut aussi une adhésion, un enchantement vers quelque chose qui donne envie d’aller au-delà de l’existant. Ce quelque chose, je ne le vois pas aujourd’hui.

L’écologie peut-être ? Rappelons-nous de ce mot d’ordre des manifestants de la Cop 21 : « Il faut changer le système, pas le climat ». Peut-être que ce changement est profond. Il y aura toujours des gens pour défendre le vieux monde, mais dans la mesure où l’on a tous un vécu ou des rapports concrets, bon ou mauvais, avec l’environnement, on peut imaginer que cette expérience serve de socle à la construction d’une utopie commune.

Dans nos sociétés occidentales, on ne réfléchit plus les territoires, où l’on vit. On y passe. On ne prend plus le temps d’y être. Pour de nombreux mouvements contestataires, la nature n’est pas une toile de fond que l’on viendrait gouverner ou exploiter. Au contraire, on l’habite au sens premier du verbe, on est en affinité avec.

Propos recueillis par Sarah Lefèvre 23 Mai 2017
Manuel Cervera-Marzal, chercheur en sociologie et philosophie politique, s’intéresse de près aux mouvements sociaux et aux différentes formes contemporaines de contestations : désobéissance civile, zad, occupation de places. L’enseignant à l’EHESS est l’auteur de l’essai Les Nouveaux désobéissants : citoyens ou hors-la-loi ?, paru en 2016 aux éditions Le Bord de l’Eau. On a causé manif, ZAD, black bloc, syndicats et utopies avec le sociologue Manuel Cervera-Marzal. Il nous explique pourquoi « on vit une période de radicalisation des forces politiques et sociales en France ».

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25 mai 2017 ~ 0 Commentaire

législatives (jdd)

solferino

Le PS va essayer de ne pas disparaître (50 sièges)

Nombre actuel de députés dans le groupe PS et alliés : 284

Si l’on se fie uniquement au score de Benoît Hamon au premier tour de la présidentielle 6,36%, le PS n’aurait plus aucun député à l’Assemblée nationale le mois prochain. C’est bien sûr ne pas tenir compte de la popularité de candidats locaux et surtout des configurations politiques. Une dizaine d’élus de gauche n’auront en effet pas de « marcheur » face à eux, avec donc des chances de succès plus élevées…  Pour le reste, Solférino se prépare à la Bérézina. Les esti- mations officieuses des cadres du parti vont bon train dans la presse : le seuil des 80 députés semble le plus optimiste, celui des 20 serait synonyme de déroute totale. Entre les deux, la barre des 50 ferait figure de moindre mal. Ce serait en tout cas au niveau de la plus grosse déroute du PS jusqu’à présent, lorsque seulement 52 députés avaient survécu aux législatives de 1993.

La France insoumise peut capitaliser (15 à 30 sièges)

Nombre actuel de députés FI : officiellement 0, mais 2 députés sortants investis

Officiellement, Jean-Luc Mélenchon veut toujours être le Premier ministre de cohabitation d’Emmanuel Macron. Le quatrième homme de la présidentielle (19,58%), qui s’est installé à Marseille, espère amplifier la dynamique de La France insoumise pour les législatives en se posant comme la seule alternative crédible à La République en marche. Dans le détail, Mélen- chon était arrivé en tête du premier tour dans 67 circonscriptions et avait dépassé les 30% des voix dans 30 d’entre elles. Ce dernier chiffre est une bonne base de départ pour pouvoir l’em- porter à l’issue du second tour des législatives car, sur le papier, les éventuels duels face à des candidats LREM ou LR ne l’avantageraient pas. Il faudra en tout cas trouver des reports de voix chez les communistes, dans les cas où des candidats PCF se présentent face à eux, et les socialistes.

Le PCF espère résister (5 à 10 sièges)

Nombre actuel de députés PCF et alliés : 9

Le patron des communistes, Pierre Laurent, a dit lundi espérer « une vingtaine de députés » de son parti. Mais sans accord national avec la France insoumise, les candidats PCF ont une redoutable concurrence de la part de Jean-Luc Mélenchon. Seuls quatre députés sortants n’ont rien à craindre de ce point de vue, dont Marie-George Buffet en Seine-Saint-Denis. Dans 25 autres circonscriptions, LFI ne présente pas non plus de candidats face au PCF, sans que ce soit gagnable pour autant. Les autres bastions communistes sont menacés.

EELV en danger (1 à 3 sièges)

Nombre actuel de députés EELV : 9

Leur groupe, divisé entre pro et anti-gouvernement, avait éclaté au cours de la dernière légis- lature. Les députés EELV sortants ont beau être protégés par un accord avec le PS, cela risque de ne pas suffire. La plus connue d’entre eux, Cécile Duflot, est ainsi menacée dans sa circonscription à Paris. Avec son investiture La France insoumise, Sergio Coronado est davantage protégé chez les Français d’Amérique latine.

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24 mai 2017 ~ 0 Commentaire

le canard (europe1 + le parisien)

Professions réglementées. Plus de souplesse ? --

Épinglé par Le Canard enchaîné, Ferrand parle de « dénonciations calomnieuses

Selon Le Canard enchaîné, les Mutuelles de Bretagne, dont Richard Ferrand était le directeur, auraient loué des locaux à une société appartenant à sa compagne.

Dans un communiqué, le ministère de la Cohésion des Territoire Richard Ferrand assure de la probité de Richard Ferrand, après la révélation du Canard Enchaîné.

Le ministre de la Cohésion des Territoires Richard Ferrand a évoqué mercredi des « dénon- ciations calomnieuses » après la révélation dans Le Canard Enchaîné de la location de locaux appartenant à sa compagne par les Mutuelles de Bretagne à l’époque où il en était le directeur.

Ferrand n’a « rien à se reprocher ». « Cette polémique est le fruit de la nomination récente de Richard Ferrand au Ministère de la Cohésion des Territoires », estime le ministère dans un communiqué.  »Cette nouvelle responsabilité a conduit à donner de manière injustifiée de l’écho à des dénonciations calomnieuses qui poursuivent Monsieur Ferrand depuis de longues années, sans qu’il n’ait rien à se reprocher : il est au contraire unanimement reconnu qu’il a su redresser les Mutuelles de Bretagne, sauver 120 emplois et en créer plus de 200″, ajoute-t-il.

Un « choix économique de bonne gestion ». Selon Le Canard Enchaîné, les faits remontent à 2011 : à Brest, les Mutuelles de Bretagne qui souhaitent louer des locaux commerciaux pour ouvrir un centre de soins, choisissent entre trois propositions celle d’une société immobilière appartenant à la compagne de Richard Ferrand.  »Cette décision a été prise dans la pleine connaissance des liens qui unissaient Richard Ferrand et la propriétaire des locaux, dans le respect de toutes les règles en vigueur par le Conseil d’administration, seul décisionnaire, et dont Richard Ferrand n’a jamais été membre », assure le ministère, estimant qu’il s’agissait également d’un « choix économique de bonne gestion pour les Mutuelles ».

Castaner souligne « la probité » de Ferrand. Sur Europe 1 mercredi matin, Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement, a déclaré :  »Ça tombe mal parce que ça crée la suspicion dans un contexte de suspicion, je ne veux pas être langue de bois sur le sujet (…) Ça meurtrit évidemment Richard qui est un homme d’une probité exceptionnelle (…) mais une chose est sûre, il n’y a rien d’illégal, il n’y a rien qui ne serait pas moral », a-t-il certifié.

24 mai 2017

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Le lucratif montage immobilier de Richard Ferrand et son épouse fait polémique (Le Parisien)

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22 mai 2017 ~ 0 Commentaire

philippe martinez (jdd)

cgt macron-edouard-philippe

« Les ordonnances de Macron sont irrecevables! »

INTERVIEW - Le secrétaire général de la CGT affûte ses armes pour riposter au projet de réforme du Code du travail.

Que vous inspire ce nouveau gouvernement?

Je n’ai pas pour habitude de porter de jugement sur les ministres et sur ce qu’ils ont fait, mais c’est d’abord un gouvernement de communication. L’arrivée de Nicolas Hulot en est un exem- ple. On nous avait parlé de renouvellement… Certes, il y a des inconnus, mais d’autres ne sont pas des nouveau-nés comme Gérard Collomb, François Bayrou, Bruno Le Maire… Gérald Darmanin est peut-être jeune, mais pas en politique. Il s’est prononcé contre le mariage pour tous, ça n’est pas un signe de grande ouverture. On a un patchwork de gens de droite qui ont soutenu Juppé, Fillon ou Sarkozy. Cela dit, le Premier ministre a été honnête en disant qu’il était de droite.

Et la nomination de Muriel Pénicaud, ancienne directrice générale de Business France, vous la saluez comme le font FO, le Medef et la CFDT?

Certes, elle a démarré au cabinet de Martine Aubry dans le gouvernement Jospin. Mais j’en ai connu d’autres qui une fois devenus DRH dans une grande entreprise n’ont pas appliqué les 35 heures! Chez Danone, elle a mis en œuvre un plan de 900 suppressions d’emploi dont 200 en France et remis en question de nombreux droits pour les salariés de ce groupe. Ce qui a satisfait les actionnaires et Franck Riboud aussi. Depuis plusieurs années, elle fréquente plus les conseils d’administration que les ateliers ou les bureaux! Elle a un parcours de dirigeante d’entreprise, et le programme de Macron est clair. Elle est là pour l’appliquer.

L’appel téléphonique du Premier ministre, jeudi, est-il de nature à vous rassurer sur ses intentions?

Nous avons discuté quatre minutes trente et il nous a confirmé qu’il souhaitait nous rencontrer. Qu’un Premier ministre contacte les organisations syndicales la première semaine de sa prise de fonction est plutôt une bonne chose. C’est une attitude correcte.

Sur la réforme du Code du travail, le gouvernement évoque plus une consultation…

Ça ne veut rien dire une consultation! La loi Larcher prévoit une concertation sur les projets de loi en matière sociale. Il faut donc prendre le temps de discuter. À moins que la loi ne soit déjà écrite… Avec le gouvernement Valls, on a découvert le projet de loi travail dans un quotidien! Si Édouard Philippe et Emmanuel Macron ont cette conception de la concertation, il s’agit alors plus d’un affichage que d’un dialogue réel et sincère. Nous, on est prêts, on soumettra au Premier ministre une dizaine de mesures urgentes à prendre pour le pays. Si on écoute nos propositions, nous voulons bien parler du Code du travail. Mais notre objectif est de renforcer les droits des salariés. Pourquoi le gouvernement se comporterait-il comme le Medef, qui arrive en négociation avec un texte sur lequel on n’a ni marge de manœuvre ni possibilité d’amendement

Que pensez-vous de son projet de légiférer à partir de trois ordonnances?

Ces ordonnances sont complètement irrecevables! L’homme neuf a de vieilles recettes. Consi- dérer que le travail à un coût, faciliter le licenciement pour créer de l’emploi, c’est vieux comme Juppé! Dire que les licenciements d’aujourd’hui sont les emplois de demain, on voit où ça mène. À la précarité ! Le Président souhaite aller plus loin que la loi travail rejetée à 70 % par les Français. Sur les classifications, par exemple. Le principe des conventions collectives est de poser un barème de salaire minimum pour un niveau de diplôme. Permettre aux entreprises d’y déroger signifie donc que demain un jeune sera payé en fonction de ce qu’aura négocié l’employeur et non plus en fonction du nombre d’années d’études qu’il aura faites. C’est ça la loi travail XXL! Depuis que les entreprises dérogent au code du travail, il a triplé de volume!

Et concernant la fusion des instances représentatives du personnel?

Le Président se prononce pour plus de dialogue social et en même temps il veut réduire les lieux et moyens qui lui sont dédiés! Par exemple, mélanger les prérogatives des comités d’hy- giène, de sécurité et des conditions de travail [CHSCT] avec celles des comités d’entreprise alors que le coût du mal-être au travail en France atteint 13.000 euros par an et par salarié, c’est une très mauvaise idée !

Une unité syndicale se dessine pour refuser la limitation des indemnités versées par les prud’hommes en cas de licenciement injustifié…

On veut traiter les salariés comme des yaourts. Quel que soit le type de licenciement, le prix d’une vie au travail est barémisé. Sans tenir compte de la situation familiale, de l’état de santé, de l’ancienneté. C’est proprement scandaleux. Réformer le code du travail n’est pas une prio- rité. L’assouplir ne permet pas de lutter contre le chômage. Nous ne nous bornerons pas à commenter les décisions du gouvernement. Je n’ai pas une tête d’alibi ! Nous avons des efforts à faire pour mettre en avant nos propositions. Nos idées détonnent dans le milieu ambiant, elles n’inspirent ni le Medef, ni les financiers, mais l’opinion publique y est réceptive. Notre priorité n’est pas de convaincre le gouvernement mais les salariés !

Le gouvernement compte travailler sur ces ordonnances cet été. Cela s’annonce compliqué pour mobiliser?

Nous voulons être écoutés et qu’on prenne le temps de la discussion en tirant les enseigne- ments du passé. Quand on veut dialoguer et qu’on est attaché au bien-être des salariés, on ne discute pas pendant les vacances. L’expérience de la loi travail devrait attirer l’attention de ceux qui nous gouvernent aujourd’hui.

Jean-Luc Mélenchon promet de mobiliser la rue. Ça fait un concurrent de plus?

Que des hommes et des femmes politiques viennent soutenir des luttes sociales, c’est une bonne chose. Mais nous avons la prétention de croire que nous sommes les mieux placés pour le faire. Jamais le FN ne serait venu chez Whirlpool sans les caméras et Emmanuel Macron. C’est de la communication, pas de l’action. Pourtant, le pouvoir politique sert à quelque chose : à légiférer, à peser, à relayer et à veiller à l’égalité entre les citoyens. Mais face aux intérêts des marchés financiers et des grands groupes internationaux, il démissionne trop souvent. Quand des salariés, comme ceux de GM&S, en sont réduits à casser leur outil de travail, on devrait pousser un cri d’alerte généralisé et ne pas se contenter de dire que l’État ne peut pas tout. 21 mai 2017

Propos recueillis par Rémy Dessarts et Emmanuelle Souffi

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21 mai 2017 ~ 0 Commentaire

logement (bastamag + dal)

dal

Le ministère du Logement disparaît, la crise du logement est toujours là

Pour son premier gouvernement, le nouveau président Emmanuel Macron a décidé de se passer de ministère du Logement. Il n’y a pas non plus de secrétariat d’Etat dédié à la question. C’est le ministère de la « Cohésion des territoires », sous l’égide de Richard Ferrand, qui prendra en charge la compétence.

L’absence du logement dans l’intitulé ministériel a été perçu comme un « signal négatif » par le Président de l’Union sociale pour l’habitat, Jean-Louis Dumont.

La crise du logement, elle, perdure. Selon le dernier rapport de la fondation Abbé-Pierre, 3,8 millions de personnes sont mal-logées en France en 2016. 140 000 personnes sont sans domicile et plus de 80 000 vivent dans un habitat de fortune (camping…). 3,5 millions de per- sonnes souffrent du froid en hiver en raison de la précarité énergétique (mauvaise isolation, facture de chauffage trop élevée…). Les voyants sont aussi au rouge en ce qui concerne les expulsions : celles de locataires par les forces de l’ordre ont augmenté de 41 % en 10 ans, et de 24 % rien que l’année dernière, signalait la fondation Abbé-Pierre au moment de la fin de la trêve hivernale, en mars.

Les locataires connaissant des difficultés pour payer leurs loyers sont de plus en plus nombreux.

Évidemment, la crise du logement pèse davantage sur les pauvres que sur les riches. En moyenne, près d’un tiers des revenus des ménages modestes sont engloutis dans leur loyer ou le remboursement de leur emprunt immobilier. Pour les plus aisés, cette part constitue 12% du budget familial [1]. Plus les salaires demeureront faibles, plus il sera difficile de se loger décemment. À moins de réduire la part des revenus accaparés par le logement, donc d’encadrer drastiquement les loyers. C’est ce qu’avait tenté Cécile Duflot, lorsqu’elle était ministre du Logement, en faisant voter la première loi française d’encadrement des loyers (comme cela existe en Allemagne).

Une vague d’expulsions après les législatives ?

La suppression du ministère du Logement dans ce premier gouvernement Macron n’annonce rien de bon. « Nous nous attendons à des expulsions en masse une fois les législatives pas- sées », s’inquiète Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au logement (Dal). Avant l’élection présidentielle, le Dal avait analysé le programme du candidat d’En marche ! en la matière. Macron y appelait notamment à faciliter les expulsions locatives.

« Le programme de Macron était proche des demandes du secteur immobilier, en particulier des promoteurs », souligne le militant associatif.

Le texte d’En Marche ! mettait surtout l’accent sur la nécessité de construire plus, surtout dans les zones tendues. « Notre inquiétude, c’est que ce sera essentiellement du logement privé spéculatif. » Une surproduction risquerait, selon le Dal, de conduire à une crise immobilière. « Cela pénaliserait par ricochet principalement les classes populaires, comme cela est arrivé en Espagne et aux États-Unis, craint le porte-parole.

Selon nous, il faut avant tout encadrer les loyers ». Sur la question, Macron avait déclaré vouloir évaluer le dispositif avant. « Nous sommes également inquiets sur la question du loge- ment social. » Dans son programme, le nouveau président assurait vouloir maintenir le nombre de logement sociaux construits chaque année. 130 000 nouveaux logements sociaux ont été financés en 2016, dont plus d’un quart pour des familles très modestes, alors que les deman- des de logement social atteignent 1,8 millions. « Nous nous attendons à des coupes sur les aides aux logements », s’inquiète encore Jean-Baptiste Eyraud.

Le DAL appelle à une marche vers le ministère de la “Cohésion des territoires” le 24 mai, « contre les expulsions et la spéculation, pour la baisse des loyers et la réalisation massive de logements sociaux ».

Rachel Knaebel 20 mai 2017

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19 mai 2017 ~ 0 Commentaire

macron (npa)

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Pas d’état de grâce pour Macron. Faire face à une situation nouvelle

Le candidat de la finance a gagné face à la représentante de ce qu’est actuellement le fascis- me en France. Ce face-à-face marque la fin d’une période politique et le début d’une autre. Sauf à se satisfaire de vérités justes mais abstraites (« le capitalisme reste le capitalisme, les patrons restent les patrons et seuls les travailleurs peuvent vraiment changer le monde »), les anticapitalistes devront apprendre à faire dans un contexte largement nouveau.

Macron a gagné la présidentielle en surfant sur la déconsidération de la gauche institutionnelle et de la droite traditionnelle et en se dotant aussi de sa propre machine électorale. L’épisode des législatives sera sans doute plus périlleux : rien ne garantit que des candidats peu connus d’En Marche réussissent à s’imposer au point d’apporter une majorité stable au nouveau président.

Pour surmonter cette difficulté, des tractations sont engagées tant avec les « vallsistes » et « hollandais » du PS qu’avec divers échantillons de la droite.

Malgré les incertitudes sur la majorité dont disposera finalement Macron parmi les députés, on peut penser que dans un premier temps, la voie sera dégagée pour ce président qui a annoncé vouloir réformer le Code du travail par ordonnances.

Marine Le Pen a été battue et il n’est pas évident que le FN réussisse à avoir son propre groupe parlementaire dans la prochaine assemblée.

Mais ses résultats électoraux montrent un enracinement réel, de plus dans une fraction impor- tante des classes populaires. Son emprise au sein de la police et de l’armée est de plus en plus affirmée.

Fasciste ou pas, le FN ? On ne tranchera pas ce débat ici, mais il faut constater que tout ce qui compte dans le fascisme en France (en dehors de quelques bandes de nervis et illuminés) est avec le Front et souvent dedans, et pas seulement à la base mais au plus profond de son appareil. Ni faire de l’antifascisme abstrait un principe d’action et d’unité, ni relativiser la lutte spécifique contre le FN dans l’attente du grand mouvement ouvrier qui balaiera la puanteur : la voie n’est certes pas simple.

Mélenchon, pour sa part, a tiré un bilan de la déconsidération du PS et de l’impuis- sance du reste de la gauche institutionnelle.

Il a construit une machine ultra-personnalisée à gagner des élections, qu’il va maintenant tester aux législatives en n’offrant à ses partenaires potentiels que le choix entre soumission totale ou rejet. Néanmoins, au-delà des législatives, ce serait une erreur d’assimiler la France insoumise (militants ou sympathisants) à Mélenchon et son cercle de fidèles.

La fin d’une époque

C’est la fin de la configuration politique qui a marqué la Ve République depuis 1974 : l’oppo-sition de deux camps, la droite parlementaire mêlant gaullistes et libéraux, et la gauche parle-mentaire hégémonisée par le PS. Durant ces années, marquées par le chômage de masse, s’est progressivement effritée la capacité des travailleurs, non pas à mener des luttes mais à « faire peur » au patronat en tant que classe (pour reprendre une expression d’une étude sur Peugeot-Sochaux1), ce qui a laissé celui-ci et ses serviteurs politiques, malgré des vagues périodiques de mouvements d’ensemble, en capacité de déployer des attaques de plus en plus systématiques.

D’autant que le champ syndical a lui aussi été marqué par des évolutions dramatiques, non seulement en termes militants, mais du fait du soutien quasi inconditionnel de la CFDT et de ses satellites aux multiples contre-réformes mises en œuvre depuis 1995.

Outre le cycle des grands partis et celui des luttes, cette période a aussi vu se dérouler un cycle des anticapitalistes : ces derniers ont gagné une implantation dans les entreprises et une légitimité politique, mais pas au point de construire des organisations élec- toralement significatives dans la durée et, surtout, de peser, au-delà de quelques entreprises, sur un mouvement d’ensemble comme celui contre la loi El Khomri en 2016.

Dans cette présidentielle, Philippe Poutou a réussi à incarner partiellement le refus de ce système et à faire entrer les vrais problèmes (chômage, racisme, corruption des « élites »), mais le NPA ne l’a pas capitalisé électoralement : le « vote utile » et l’attentat des Champs-Elysées y ont certainement contribué, même s’il conviendra aussi d’engager le débat sur les moyens propres à apparaître, non seulement comme les plus honnêtes et les plus résolus, mais aussi comme les représentants d’une alternative à ce monde.

Notre horizon immédiat, outre les législatives, est évidemment « Pas d’état de grâce pour Macron, non aux ordonnances, levée de l’état d’urgence, arrêt de Notre Dame-des-Landes ». Il faut unifier autour de ces mots d’ordre (et dans la lutte contre la répression) tout ce qui peut l’être. Ces batailles nécessaires conditionneront en partie l’avenir.

Vendredi 19 mai 2017Henri Wilno 

Les articles de la rubrique Idées n’expriment pas nécessairement le point de vue du Parti mais de camarades qui interviennent dans les débats du mouvement ouvrier.

  • 1. Stéphane Beaud et Michel Pialoux, « Retour sur la condition ouvrière – Enquête aux usines Peugeot de Sochaux-Montbéliard », rééd. La Découverte, 2012.

https://npa2009.org/

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18 mai 2017 ~ 0 Commentaire

ps (npa)

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Parti socialiste : En marche… vers la balkanisation !

Pas un jour ne se passe depuis la déroute du candidat Hamon à l’élection présidentielle sans que les politiciens du PS ne lavent leur linge sale en public. Valls, Hamon, Aubry, Hidalgo, Taubira, chacun à leur manière, précipitent le PS vers l’explosion.

Valls, le grand perdant de la primaire socialiste, doublé sur sa droite par Macron pour la succession de Hollande à l’Élysée, n’a plus qu’une possibilité pour ne pas disparaître des écrans-radars politiciens pendant les cinq prochaines années : se faire élire député de l’Essonne ! Mais le mouvement En marche ! l’avait prévenu que s’il se présentait au nom du PS, il trouverait évidemment un candidat macronien face à lui. Pour éviter le risque de se prendre une nouvelle veste, Valls a donc annoncé le 9 mai vouloir être candidat aux législati- ves… pour le compte de Macron, ce qui a immédiatement entraîné une menace d’exclusion du PS par Cambadélis.

Mais cette conversion intéressée a été fraîchement accueillie par l’entourage du nouveau président qui a rappelé que, comme les 17 000 prétendants à un siège à l’Assemblée dans le sillage de la victoire élyséenne, Valls devait d’abord soumettre sa candidature au comité macronien… Et il a finalement été recalé! Mais, sans doute pour préserver l’avenir, En Marche ! ne présentera pas de candidat contre lui. Cela n’a pas empêché Valls de traiter Macron de « méchant » dans une interview au Journal du Dimanche le 14 mai… No comment.

Tous ensemble… vers le chacun pour soi !

Valls n’est pas le seul à organiser sa vie d’après. Alors que le PS espère au mieux renouveler 80 sièges de députés sur les 295 détenus aujourd’hui (alors que l’institut Opinionway ne lui en accorde que 28 à 43), c’est le sauve-qui-peut général pour préserver ses chances de revenir un jour jouer dans la cour du pouvoir.

Ainsi, Hidalgo, Aubry et Taubira, accompagnées d’intellectuels et d’artistes, ont lancé le 10 mai un nouveau mouvement.

Dès demain est, un « mouvement d’innovation » ouvert à « tous les humanistes qui croient encore en l’action ». On ne sera pas étonnés de lire que le premier défi de notre temps est le changement climatique dont les signataires pensent que la prise en compte pourrait créer de très nombreux emplois.

Le second défi est « l’inclusion », nouveau terme à la mode pour parler de lutte contre la pauvreté. Les défis trois et quatre sont la démocratie (dont les citoyens « sont la première source d’énergie ») et la défense du « vivre ensemble » à travers la culture et l’édu- cation. Bon, circulez, y a rien à voir,  aurait dit Coluche ! « Ça n’est pas un parti, ça n’est pas un courant », a rassuré Hidalgo, précisant : « mon travail, ma mission, mon mandat, c’est Paris, et de gagner les jeux Olympiques pour Paris 2024 ». Et sans doute sa réélection en 2020 !

Quant à Hamon, il a annoncé le même jour qu’il lancerait le 1er juillet un mouvement « large, transpartisan », afin de « reconstruire la gauche », sans pour autant quitter le Parti socialiste car « on peut appartenir au Parti communiste, aux écologistes, se reconnaître dans différentes candidatures et avoir envie de travailler ensemble ». Le retour du retour de la gauche plurielle ? Là encore, que du vieux pour tenter de faire croire qu’il y aurait quelque chose de neuf. Pourvu que les dirigeants du PS nous épargnent la suite de leurs querelles picrocholines autour de la dépouille pour l’héritage.

Jeudi 18 mai 2017  Marie-Hélène Duverger

https://npa2009.org/

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18 mai 2017 ~ 0 Commentaire

territoires (le peuple breton)

beca ssine

Nouveau gouvernement. Un mauvais signal pour les territoires ?

L’Union démocratique bretonne a réagi dans un communiqué à l’annonce du premier gouvernement d’Edouard Philippe. Même si celui-ci est transitoire et que les législatives peuvent tout à fait le faire évoluer, quelques éléments inquiètent le parti autonomiste.

Outre la nomination du premier ministre, nucléocrate notoire, le parti estime que la nomination de Gérard Collomb au ministère de l’Intérieur n’est pas un bon signe pour les collectivités locales et l’équilibre du territoire.

« Gérard Collomb a en effet été un des fervents partisans de la loi de métropolisation, qui s’était substituée à la régionalisation promise par François Hollande », argumente Nil Caouissin,  porte-parole de l’UDB, avant de compléter : « concentrer les financements, les emplois et les pouvoirs de décisions dans quelques centres urbains, comme le souhaite le lobby métropoliste, n’est bon, ni pour la cohésion sociale, ni pour la démocratie, ni pour le développement soutenable. Ce processus nous entraîne vers une compétition acharnée entre territoires, au contraire du modèle fédéral que défend l’Union Démocratique Bretonne ».

Cette nomination va de pair avec un point de programme d’Emmanuel Macron peu traité des médias (sans doute étaient-ils trop concentrés à le regarder marcher sur l’eau ?), celui de la baisse de 10 milliards des dotations aux collectivités territoriales !

Souvent, les libéraux semblent plus « décentralisateurs » que les autres, mais « derrière les références au rocardisme se profile une recentralisation qui ne dit pas son nom » selon Nil Caouissin. « La promotion des soi-disant métropoles régionales se fait plus, pour l’instant, au profit de la région parisienne que dans le sens d’un rééquilibrage de l’activité sur le territoire ». Et de s’interroger : « Dans ce contexte, la création d’un ministère de la Cohésion des territoires [ndlr : occupé par Richard Ferrand] peut-elle aller au-delà d’une bonne intention affichée ? On ne pourra qu’en douter tant que le spectre d’une nouvelle saignée financière des collectivités locales ne sera pas écarté », estime le porte-parole de l’UDB.

On reprochera sûrement au parti, plus que cinquantenaire, de « crier avant d’avoir mal », mais on dit aussi que « chat échaudé craint l’eau froide ».

Une fois que l’« apartheid territorial » sera mis en place, il sera extrêmement difficile de le déconstruire. D’où l’importance d’envoyer suffisamment de députés fédéralistes à l’Assemblée Nationale. Pour Nil Caouissin, « chaque voix qui se portera sur les candidats de Oui la Bretagne sera un avertissement pour le gouvernement, et la preuve que la Bretagne dans son ensemble entend être respectée ».

La Rédaction 18 mai 2017

http://lepeuplebreton.bzh/

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17 mai 2017 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

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Macron: ni gauche ni gauche, combattre les reculs sociaux, c’est maintenant !

Le roi est mort, vive le roi ? La cérémonie du sacre républicain a bien eu lieu, et Macron est devenu dimanche le huitième président de la 5e République… Pourtant, au regard le la séquence électorale et de ses nombreux retournements de situation, le nouveau président semble être le grand gagnant… d’un concours de circonstances.

Vainqueur du premier tour après une campagne à multiples rebondissements qui a vu le renoncement de Hollande, l’élimination de Valls à la primaire, la dégringolade de Hamon et l’affaiblissement d’un Fillon donné grand gagnant, Macron a pu bénéficier à plein du « front républicain » pour battre le FN.

Demandez le programme… de régression sociale !

Macron n’en reste pas moins le candidat de la bourgeoisie. Les relations qu’il a nouées dans sa fulgurante carrière, tant dans le privé que dans le public, ont vu en lui la figure parfaite du grand commis d’État et du banquier d’affaire. Idéal pour faire le job ! Car Macron, comme il aime à le répéter, a un « projet », celui du néolibéralisme.

Et tel le premier DRH de France, il compte bien le mener jusqu’au bout.

Sa volonté de modifier de nouveau le code du travail par ordonnances et ce dès cet été, s’inscrit dans cette optique. Pour parvenir à ses fins, le nouveau président ne compte s’embarrasser ni de dialogue social ni de débats parlementaires, et surtout espère ainsi prendre de court tout mouvement social en appliquant la « stratégie du choc ».

Et il ne s’agit que d’un début, car dans ses premières mesures figurent également la suppression des cotisations salariales, le plafonnement des indemnités en cas de licenciement abusif, l’étatisation de l’assurance chômage, la suppression de 120 000 postes dans la fonction publique… Bref, une cure d’austérité assurée, une privatisation des profits et une socialisation des pertes.

Quant à ses mesures pour plus d’égalité, notamment en matière d’éducation, elles s’inscrivent également dans un cadre d’austérité.

Dans les écoles relevant de l’éducation prioritaire, la mise en place de classes de CP et de CE1 avec 12 élèves… se fera au détriment du dispositif « plus de maîtres que de classes » afin de redéployer des postes existants et de ne pas avoir à en créer. Sans compter que, dans son empressement à afficher une mesure progressiste, le nouveau président néglige le problème des locaux, laissant les communes trouver des solutions pour s’adapter.

À peine élu et déjà affaibli ?

Mais pour faire passer de telles mesures, le nouveau président risque de se retrouver confron- té à un déficit de légitimité. Derrière les 66 % des voix pour Macron se cache une autre réalité : si l’on retire les votes blancs, nuls et l’abstention, seuls 43,63 % du corps électoral s’est exprimé en sa faveur, chiffre auquel il faut encore retirer toutes celles et ceux qui ont seulement voulu faire barrage au Front national.

Les législatives sont donc un enjeu crucial pour le nouveau président. Certes, il dispose des commodes, et autoritaires, institutions de la 5e République (ordonnances, 49.3…), d’un solide appareil d’État, et d’un appareil de répression renforcé dans le cadre de l’état d’urgence. Mais pour en bénéficier pleinement, il lui faut une solide majorité.  Face aux risques d’une assemblée fragmentée entre les forces politiques ayant fait les quatre plus hauts scores au premier tour de la présidentielle, le nouveau président risque de se retrouver sans majorité absolue.

La nomination d’Édouard Philippe, Premier ministre « transgressif » de droite 100 % assumée, vise alors à essayer de rassembler autour de lui, une partie du PS lui mangeant déjà dans la main. Cette majorité présidentielle rassemblera en réalité tous ceux qui depuis dès années cherchent à nous faire avaler la pilule de l’austérité et à appliquer des mesures néolibérales. Reste à voir combien de temps une si fragile alliance pourra tenir avec un pouvoir si peu légitime et dans le cadre d’un système à bout de souffle.

Riposter, reconstruire

Une telle fragilité du pouvoir, dans un contexte de rejet de la politique institutionnelle, avec un président qui tentera par tous les moyens d’imposer son programme néo­libéral, risque fort de mener à une crise politique et sociale majeure. Avec le FN en embuscade, il est plus qu’urgent de reconstruire un mouvement ouvrier organisé, de renforcer les outils d’action collective et de créer un front social et démocratique qui permette de s’opposer concrètement au nouveau gouvernement.

Il nous faut porter l’idée d’un élargissement et d’un dépassement des forces de l’extrême gauche et de la gauche radicale, mais aussi et surtout la convergence des forces inorganisées des luttes, des luttes du salariat mais aussi de celle pour l’égalité des droits et celles de nouveaux terrains comme la justice climatique.

Car, on l’a vu il y a un an au moment de la loi travail, les possibilités de résistance existent, mais il faut tracer des perspectives politiques dans ces luttes pour leur permettre de s’amplifier et de contrer jusqu’au bout l’offensive antisociale et réactionnaire.

Mercredi 17 mai 2017, Camille Jouve

https://npa2009.org/

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16 mai 2017 ~ 0 Commentaire

dossier ps (npa)

socialo

PS : Fin d’une histoire ?

Tous les dirigeants socialistes, de Jean-Christophe Cambadélis à Manuel Valls en passant par Benoît Hamon, sont d’accord entre eux : le PS d’Épinay est mort.

La déroute de l’élection présidentielle acte de la fin d’un cycle, la « fin d’une histoire ». Il parlent de refondation, de reconstruction. Mais ce n’est pas la première fois dans son histoire que le PS connaît une telle situation. Ce dossier a pour objectif de resituer les débats à venir de cette recomposition dans l’histoire du Parti socialiste en France.

1905 : la naissance de la SFIO

PS : parti de gouvernement, parti de gestion du capitalisme

Le congrès d’Épinay, une mutation en jeu de dupe

PS : De l’Élysée aux poubelles de l’Histoire ?

Hebdo L’Anticapitaliste – 383 (11/05/2017)

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