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20 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

riches (le seuil)

assis tes

Ce que les riches pensent des pauvres

Les pauvres suscitent-ils aujourd’hui, chez les riches, une répulsion similaire à celle que le peuple inspirait aux bourgeois au 19è siècle ? Autrement dit, les démunis sont-ils encore considérés comme une classe dangereuse, immorale et répugnante ?

En interrogeant le refus de la mixité résidentielle manifesté par les catégories supérieures, telle est la question frontale que pose cet ouvrage, issu d’une grande enquête comparative sur les perceptions de la pauvreté et des inégalités dans les beaux quartiers de trois métropoles : Paris, São Paulo et Delhi.

À partir d’entretiens approfondis, il montre que la quête d’entre-soi des habitants des ghettos dorés n’est pas seulement motivée par une recherche de prestige et de qualité de vie, mais également par des représentations des pauvres qui les incitent à s’en protéger.

Comment parviennent-ils à justifier leurs stratégies d’évitement et de relégation des catégories défavorisées, ainsi qu’à légitimer l’ordre local qu’ils s’efforcent de perpétuer ?

Au-delà de la peur de la criminalité et de l’insalubrité apparaît la crainte des élites d’être en quelque sorte contaminées par des modes de vie jugés culturellement indésirables ou moralement nuisibles. À travers les mécanismes du séparatisme social, ce sont les conditions de possibilité de la solidarité que cet essai explore.

Serge Paugam, directeur de recherche au CNRS et directeur d’études à l’EHESS, Bruno Cousin, professeur assistant à Sciences Po, Camila Giorgetti, chercheure associée du Centre Maurice Halbwachs, et JulesNaudet, chargé de recherche au CNRS, sont sociologues.

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20 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

bisounours (terra eco)

2017

« Avec le recul, les lois Pasqua paraissent toutes droit sorties du monde des Bisounours »

Ce jeudi, les députés ont voté la prolongation de l’Etat d’urgence. Les défenseurs des libertés fondamentales sont atterrés. Adrienne Charmet-Alix, coordinatrice de La Quadrature du Net explique pourquoi.

Il ne fait l’unanimité qu’au sein du Parlement. Le projet de loi modifiant et prolongeant l’Etat d’urgence pour une durée de trois mois a été adopté ce jeudi a 551 voix contre 6 à l’Assem- blée nationale. Au menu : extension de l’assignation à résidence à toute personne dont on a « des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace », élargis- sement des perquisitions à tous les lieux et systèmes informatiques, sauf ceux des professions protégées, avocats, journalistes, magistrats…  et dissolution facilitée des associations. «Pour votre sécurité, vous n’aurez plus de libertés», résume l’association de défense des libertés fondamentales La Quadrature du Net dans un communiqué. «Etat d’urgence ou Etat policier?», s’interroge sur Twitter, où elle se dit aussi «très énervée», Adrienne Charmet-Alix, sa coordinatrice. Elle détaille l’origine de ses craintes et les raisons de sa colère.

Terra eco : Qu’est ce qui, dans le texte adopté par les parlementaires, vous inquiète ?

Adrienne Charmet-Alix : Perpétuer l’Etat d’urgence en tant que tel pose problème. Cela consiste à faire perdurer des mesures exceptionnelles, un système parallèle dans lequel il n’y a plus de juges. Cela revient à considérer que, pour que la police puisse faire son travail, le pouvoir des juges doit être mis en sommeil. Comme si la justice était un frein à la sécurité. Dans l’Etat d’urgence, les citoyens n’ont pas de recours, le renseignement n’a pas de comptes à rendre, les forces de police n’ont plus besoin de l’accord du juge administratif… Leur pouvoir ne butte sur aucun contre-pouvoir. Sans compter que, dans le détail, le texte tel qu’il est for- mulé contient des atteintes fortes à nos libertés, qu’il s’agisse des dispositions concernant l’assignation à résidence ou les perquisitions.

Justement, les perquisitions sont élargies à tous types de supports informatiques. Qu’est-ce que cela implique ?

Pour les renseignements, c’est open bar ! S’ils ont des « raisons sérieuses de penser » que vous êtes une menace, ils ont désormais le droit d’aspirer tout le contenu de votre ordinateur, mais aussi des appareils de stockage accessibles « à partir du système initial ou disponibles pour le système initial », c’est-à-dire de tous les ordinateurs et appareils en réseau. C’est là la grande différence entre une perquisition de votre domicile et celle de votre ordinateur. Dans le second cas, vous êtes loin d’être le seul touché.

Pourquoi l’espace numérique doit-il garder une part de confidentialité ?

Aujourd’hui, une grande partie de nos libertés passe par nos téléphones, nos ordinateurs… La liberté d’expression, tout comme la liberté d’information, s’exprime par ces outils numériques, via les blogs, les réseaux sociaux, les forums. On utilise aussi beaucoup ces outils dans notre vie privée. C’est donc l’un des terrains où les atteintes aux libertés peuvent être les plus fortes.

Pourtant, au premier abord, la plupart d’entre nous ne voient pas le problème…

C’est vrai. L’interdiction de manifester, c’est quelque chose qui touche les gens, ils constatent directement que leur liberté est entravée. Pour les outils numériques, c’est différent. Même si énormément d’informations peuvent être collectées sur chacun d’entre nous par ce biais, nous n’avons pas forcément l’impression d’être surveillés. Imaginez qu’on place dans votre salon une caméra qui suive vos moindres faits et gestes, vous aurez alors conscience de l’intrusion. Pour les outils numériques, ce n’est pas le cas, alors que notre vie privée y est très exposée.

Une enquête réalisée après les attentats par l’Ifop pour RTL indique que 84% des sondés sont « prêts à accepter davantage de contrôle et une certaine limitation des libertés ». N’avez-vous pas le sentiment d’être seuls contre tous en ce moment ?

Ces sondages sont réalisés à chaud, dans l’émotion, les jours suivant ces attentats qui nous ont tous ébranlés. Il faut prendre leurs résultats avec distance : on ne sait pas quel type de questions sont posées, de quel type de libertés il est question de suspendre et on ne connaît pas la formulation. Si vous me demandez : « Préférez-vous voir vos libertés restreintes ou vous faire tirer dessus ? », il y a de grandes chances pour que je choisisse la première option. Mais la question a-t-elle seulement un sens ? On ne cesse d’opposer sécurité et liberté et on fait comme si cette opposition était naturelle. On oublie qu’à l’inverse sécurité et libertés se ren- forcent mutuellement. L’Etat de droit nous protège. Avoir des droits fondamentaux extrêmement bien définis et défendus constitue une garantie de sécurité.

Qu’est ce qui vous laisse penser que les terroristes ne seront pas les seuls visés par ces dispositifs ?

Prenez les dispositions du projet de loi sur l’Etat d’urgence relatives aux associations. Elles autorisent la dissolution de deux catégories d’associations: celles qui «constituent une mena- ce» directe pour la sécurité et celles qui « favorisent une menace » directe. Une association comme La Quadrature du Net prône le droit au chiffrement des communications pour garantir le respect de la vie privée. S’il est établi que les terroristes utilisent ce type de communications cryptées, l’Etat pourrait estimer que, par ses revendications, La Quadrature du Net favorise la menace terroriste et donc demander notre dissolution. Et puisque l’Etat d’urgence s’applique, nous ne pourrions nous retourner vers aucun juge pour contester cette décision.

La question du chiffrement revient beaucoup ces derniers jours. De quoi s’agit-il ?

Par chiffrement, on entend la protection des contenus de nos communications par des outils qui les rendent illisible pour des tierces personnes. Dès que vous êtes sur un site en « https», son contenu est chiffré. C’est le cas lorsque vous effectuez des achats. Sur Gmail aussi, il y a souvent chiffrement par défaut. Il existe aussi un chiffrement maîtrisé de bout en bout par l’utilisateur. C’est important, car c’est la base de la protection de notre vie privée.

Ce dispositif est-il menacé par l’Etat d’urgence ?

Non, pas directement. Mais il a été accusé dans les jours qui ont suivi les attentats. Il a été question de l’usage de WhatsApp ou de la PS4 par les terroristes. On a aussi lu et entendu des choses assez ignobles, suggérant que les défenseurs des droits fondamentaux et des libertés numériques avaient, par leur combat, rendu possibles ces attentats ou, dans la même veine, qu’Edward Snowden avait du sang sur les mains. Notre crainte est de voir les autorités continuer à exploiter l’émotion de la panique pour faire passer un agenda de restrictions des libertés qui est là depuis longtemps. La question du chiffrement n’est pas nouvelle. Dans ses discours qui ont suivi les attentats, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a de nouveau ciblé le dispositif. L’interdire ou donner à l’Etat les clés permettant de lire tous les messages chiffrés, ce serait s’engager sur la voie d’une surveillance de masse.

Renforcer les contrôles et donner un meilleur accès aux contenus des échanges aux renseignements, n’est-ce pas efficace dans la lutte contre le terrorisme ?

Nous n’en savons rien. Mi-janvier, une commission d’enquête parlementaire a été demandée par des députés Europe Ecologie Les Verts et Les Républicains pour faire le bilan de l’effi- cacité des renforcements des dispositifs de sécurité après le 11 janvier. Mais elle n’a pas été lancée, le processus a été bloqué par la présidence de l’Assemblée. A ce moment-là, des pressions du gouvernement ont été évoquées. Quoi qu’il en soit, personne n’a, à ce jour, tiré de bilan. Dans le cas du chiffrement, on comprend mal ce que cette surveillance de masse peut apporter. Si un individu intéresse les renseignements, il existe déjà tout un tas de méta- données accessibles qui permettent de savoir avec qui il a été en contact, à quelle heure… On voit mal ce que l’interdiction des échanges cryptés pourrait apporter de plus. Sans compter que ces mesures peuvent être contreproductives : quand on fragilise le réseau, qu’on ouvre l’accès à certaines données, on facilite leur accès aux autorités, mais aussi aux personnes mal intentionnées.

Mais si l’on apprend que les terroristes utilisent WhatsApp, Telegram ou la PS4, ce qui est loin d’être confirmé, ne doit-on pas réglementer l’usage de ces outils ?

La question est posée dans le mauvais sens. On s’en prend à l’outil plutôt qu’à la personne qui l’utilise. Les terroristes utilisent des voitures, dorment dans des appartements privés fermés à clé. Est-ce que pour autant ces voitures et ces appartement doivent être jugés comme des menaces à la sécurité ? Est-ce que, pour éviter que des personnes potentiellement dange- reuses communiquent, on doit interdire l’usage d’enveloppes fermées ? On a le sentiment que demander toujours plus de pouvoir de surveillance est un moyen d’éviter les remises en question et d’échapper aux bilans des actions passées.

Il faut donc à tout prix conserver la possibilité de chiffrer nos communications ?

Oui, mais le chiffrement est finalement une question relativement accessoire. Notre crainte concerne l’ensemble des mesures de restriction des libertés. On est atterrés de voir que la réponse de la classe politique va uniquement dans ce sens. Il y a dans la société civile des gens qui travaillent sur le sujet, qui savent évaluer l’efficacité de ces mesures, mais on ne les écoute pas, on préfère décider dans l’émotion et l’urgence absolue. Or, à chaque fois, la politique sécuritaire grimpe d’un cran, elle ne redescend jamais… Avec le recul, les lois Pasqua paraissent toutes droit sorties du monde des Bisounours. Aujourd’hui, on étend les perqui- sitions, les assignations à résidence… Au prochain attentat, ce sera quoi ?

Tant qu’un gouvernement démocratique est au pouvoir, a-t-on quelque chose à craindre de ces mesures ?

Il faut se garder de réserver ses inquiétudes pour le jour où le FN sera au pouvoir. Il faut être vigilant et prendre soin de nos libertés dès maintenant. Ne serait-ce que parce que les droits fondamentaux, comme celui à la vie privée, ne se négocient pas. Ensuite, parce que le gouvernement actuel n’est pas très à cheval sur la protection des libertés. Enfin, parce que la surveillance de masse est inacceptable. La cour de justice de l’Union européenne elle-même l’a réaffirmé, ce n’est pas une lubie de militants !

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20 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

brest procureur (atlantico)

ferrand-macron

Tour de passe-passe » : Le Canard enchaîné charge le procureur qui a blanchi Ferrand

Le procureur de Brest « confirme en tous points les révélations du ‘Canard’ sur les exploits immobiliers de l’éphémère ministre de la Cohésion sociale. Mais c’est pour mieux en conclure qu’il n’y a pas de quoi ferrer Ferrand », raille l’hebdomadaire satirique. Justice ou injustice ?

Le 13 octobre, le procureur de Brest, Jean-Philippe Récappé, a classé l’affaire Ferrand sans suite. Dans son édition du 18 octobre, Le Canard Enchaîné critique cette décision. « Il confirme en tous points les révélations du ‘Canard’ sur les exploits immobiliers de l’éphémère ministre de la Cohésion sociale. Mais c’est pour mieux en conclure qu’il n’y a pas de quoi ferrer Ferrand », raille-t-il, ajoutant que « pour arriver à blanchir un macronien d’élite, le magistrat énonce une contrevérité d’importance et se voile les yeux ».

Le « tour de passe-passe » du procureur de Brest

Dans son communiqué, le procureur affirme en effet que l’épouse de Richard Ferrad, Sandrine Doucen, « avait acquis dans le centre de Brest un immeuble qui a été loué ultérieurement aux Mutuelles ».

« En clair : le bien n’a pas été acheté en vue de le louer auxdites Mutuelles », explique l’hebdo- madaire satirique. « Or les documents publiés par le ‘Canard’ attestent du contraire : c’est Ferrand qui a signé, à titre personnel, le compromis de vente sous la condition suspensive que les Mutuelles soient d’accord pour louer ces bureaux !

Et ce n’est qu’une fois cette question réglée que le directeur général a cédé l’affaire à sa compagne, qui se sera constitué, en dix ans, un patrimoine de 600 000 euros sans bourse délier », enfonce le palmipède. Il explique ensuite qu’à « l’époque cette manœuvre a permis à Ferrand de camoufler son rôle dans l’opération. Les comptes rendus des conseils d’adminis- tration des Mutuelles de Bretagne de janvier 2011, consacrés à cet achat immobilier, ont passé sous silence le rôle joué dans l’affaire par le duo Ferrand-Doucen ».

Pour autant, le procureur a conclu que « les investigations menées n’ont pas mis au jour d’élé- ments de dissimulation avérée », s’étonne le Canard Enchaîné, précisant que « la reconnais- sance de cette dissimulation aurait eu pour effet d’allonger les délais de prescription ». « Grâce à son tour de passe-passe, le procureur peut proclamer qu’un éventuel délit de prise illégale d’intérêt est prescrit depuis 2015″, conclut Le Canard enchaîné, ajoutant que l’association anticorruption Anticor envisage de déposer plainte.

18 Octobre 2017
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20 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

bidonvilles (europe1)

bidonville

Les démantèlements de bidonvilles s’accélèrent avant la trêve hivernale

Dans bientôt dix jours, la trêve hivernale interdira d’expulser quiconque de son logement. Cela vaut également pour les bidonvilles dont les démantèlements s’accélèrent.

Il existe 571 bidonvilles en France, dans lesquels vivent 16.000 personnes, selon les derniers chiffres du gouvernement. Mais cet hiver, les bidonvilles seront, pour la première fois, égale- ment concernés par la trêve hivernale, qui interdit d’expulser quiconque de son logement de fin octobre à fin mars. À dix jours du début de la trêve, c’est donc la course aux démantèlement des campements et bidonvilles.

« Une accélération vraiment inquiétante. » En une matinée, jeudi, trois campements ont été démantelés dans le département de l’Essonne. Depuis le mois de juillet, ce sont pas moins de 4.600 personnes qui ont été évacuées dans tout le pays. Du jamais vu depuis deux ans.  »Les préfets ont bien compris que pendant la trêve hivernale, ils ne pourront plus expulser les personnes qui vivent en bidonville. Il y a une accélération vraiment inquiétante, sans solution de relogement », s’alarme Manon Fillonneau, du collectif RomEurope.

Pas de relogement donc, ou alors trois nuits d’hôtel, dans des communes parfois éloignées.  Kostyn dit sa « tristesse », sa « souffrance » et sa « colère ». Il se retrouve loin de l’entreprise en bâtiment qui l’emploie, loin de l’école où sa fille vient d’être acceptée cette semaine.

« On devient des rats ? » À l’association Intermèdes Robinson, Yasmina dénonce les tenta- tives d’insertion ruinées. Elle a connu trois évacuations : « On se dit : ‘Où on va ? Qu’est-ce qu’on fait avec les enfants ?’ On s’est battu des mois pour les faire inscrire à l’école. Pas d’école, plus de maison. Les hôtels c’est bien pour trois jours, mais après, on va où ? Qu’est- ce qu’on va manger ? Qu’est-ce qu’on devient ? On devient des rats ? Ça, personne ne se pose la question. »

Le gouvernement assure de son côté avoir hébergé 3.600 personnes après des évacuations l’an passé. Sauf que le nombre de personnes vivant dans des bidonvilles a continué d’augmenter, signe du retour systématique à la rue.

20 octobre 2017

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20 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

unité? (à l’encontre.ch)

je m ennuie

«S’il n’y a pas unité d’action, ce n’est même pas la peine d’en parler»

Pourquoi les syndicats ne sont-ils pas parvenus à se mettre d’accord sur une action commune alors que tous critiquaient la réforme du travail?

Parce qu’ils n’en avaient aucune envie. La question est : y a-t-il ou non une volonté de trouver un chemin commun? Chaque centrale syndicale pense qu’elle peut se renforcer en se distin-bguant des autres. Je pense qu’elles se trompent toutes. C’est dommage parce que dans chacune d’entre elles il y a des réflexions qui montrent une perception des enjeux de recons- truction d’un rapport de proximité avec les travailleurs. Mais il n’y a pas de stratégie qui va avec. Et encore moins de stratégie unitaire. Les syndicats sont inaudibles auprès des salariés, sans même parler des pouvoirs publics. S’ils ne sortent pas de ce réflexe anti-unitaire, ils vont au-devant du risque de l’insignifiance.

Comment expliquez-vous que les syndicats de fonctionnaires réussissent à s’entendre?

La fonction publique est un milieu plus syndiqué, où les rapports de force syndicaux sont différents de ceux du privé. Le syndicalisme y est historiquement plus unitaire et la question salariale devient incontournable. Le syndicat qui se placerait à côté d’une mobilisation sur les salaires est mort.

Pourquoi la CGT a-t-elle de nouveau annoncé seule la date de sa mobilisation?

Il y a une sorte de fuite en avant un peu incompréhensible. Les objectifs ne sont pas crédibles : on peut toujours demander le retrait des ordonnances mais personne ne peut y croire. Le mouvement ne fait pas tache d’huile et l’enchaînement d’annonces unilatérales de journées sans objectif sérieux ne peut qu’écarter les autres. Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, l’a souligné : on ne répond pas à l’invitation à se joindre à un mouvement déjà calé. Les équipes FO qui ont suivi le 12 septembre ne veulent pas entrer dans cette course à l’abîme. Et même la FSU a renoncé pour le 19 octobre.

C’est un choix qui est la rupture effective avec la logique que Louis Viannet, secrétaire général de la CGT de 1992 à 1999, avait cherché à impulser : celle du syndicalisme rassemblé. Aujour- d’hui, la CGT a choisi une démarche identitaire. C’est un pari extrêmement dangereux car elle risque d’afficher son isolement et un certain affaiblissement dans un contexte où son audience s’effrite. Le risque de cette tactique, c’est d’épuiser les forces alors que le combat devrait normalement être considéré comme à son début.

Comment percevez-vous la stratégie de la CFDT, elle qui a perdu sa place d’interlo-cuteur privilégié du gouvernement?

La direction de la CFDT ne veut pas jouer le rapport de force, elle préfère le rapport de convic- tion entre gens de bonne compagnie : cela peut fonctionner quand les pouvoirs publics ou le patronat estiment que ça vaut le coup de l’écouter. Mais quand Macron lui dit non sur les ordonnances, elle se retrouve démunie. Son secrétaire général ne peut que dire sa déception mais ça ne définit pas une démarche syndicale. Ils n’ont pas de réponse à la demande de leurs militants. Si le pouvoir politique sait où il va et passe par-dessus l’avis de la CFDT, elle ne sait que faire.

Qu’en est-il de Force ouvrière dont les cadres intermédiaires ont signifié à leur direction qu’il fallait revoir leur copie?

FO est très éclatée. Jean-Claude Mailly, son secrétaire général, a joué le même rôle que la CFDT avec la loi El Khomri. Il a fait pression auprès des pouvoirs publics pour éviter le pire. C’est utile, mais ça limite l’autonomie de positionnement sur l’ensemble. FO est apparu en grand écart avec ses positions antérieures. Les cadres intermédiaires se sont rebellés mais pas au point de se jeter dans les bras d’une CGT qui ne négocie pas.

En quoi la méthode du gouvernement a-t-elle pu déstabiliser certains syndicats?

Du côté du gouvernement, ils savent à peu près où ils veulent aller et ils pensent avoir le ter- rain dégagé. Ça prend évidemment de court la CFDT ou même FO qui, du coup, essayent de voir s’ils peuvent obtenir certaines satisfactions sur les marges, ce que la CFDT appelle le syndicalisme de « résultats » . Mais le gouvernement, lui, agit au cœur de la relation sociale : le droit du travail, le système d’assurance-chômage, les retraites. Nous sommes à un moment de bascule où prend forme un nouveau paradigme de la relation de travail qui, dans bien des domaines, rend la main au patronat. Si le mouvement syndical veut peser, il doit lui aussi viser le cœur et pas la périphérie et le faire ensemble. On n’en est pas là.

Comment les syndicats abordent-ils les réformes sur la formation professionnelle, l’apprentissage et l’assurance-chômage?

Le plus gros enjeu est sur l’assurance-chômage. Que veut faire Emmanuel Macron? Si c’est un renforcement du contrôle des chômeurs et la réduction tendancielle de leurs droits, il y a une base d’accord possible entre les syndicats. Mais pour faire quoi? Si c’est pour enchaîner des journées d’action sans autre demande que le retrait, c’est perdu d’avance. S’il n’y a pas unité d’action, ce n’est même pas la peine d’en parler. (Publié dans Le Monde daté du 20 octobre 2017)

Jean-Marie Pernot, questions: Raphaëlle Besse Desmoulières

Commentaire:

Jeudi 19 octobre, la CGT appellait à une nouvelle journée d’actions contre les ordonnances réformant le code du travail. Mais elle semble de plus en plus isolée: si Solidaires l’a rejointe, la FSU n’a pas souhaité s’associer à la mobilisation. Jean-Marie Pernot, politologue, spécialiste des mouvements sociaux et du syndicalisme, décrypte l’absence de stratégie unitaire de la part des principales organisations syndicales.

Selon la CGT, qui appelait à cette troisième journée de mobilisation contre le Code du travail aux côtés de l’Union syndicale Solidaires, quelque 20 000 personnes ont participé à la mani- festation à Marseille. Ce qui traduit un recul prononcé par rapport au 12 septembre et au 21 septembre. Dans la ville de Rennes, le secrétaire départemental de Force ouvrière, Fabrice Le Restif, présent à toutes les manifestations, en opposition à la direction de Jean-Claude Mailly, a déclaré: «Ce n’est pas spectaculaire, et pourtant ça participe de la construction du mouvement social.»

La politique du gouvernement Macron-Philippe consiste à affirmer que «les ordonnances ont été signées, publiées et sont en vigueur». La partie est donc, selon l’exécutif, terminée. Le conseiller en «relations syndicales», Raymond Soubie, de Chirac, Sarkozy et Fillon a expliqué: «Les ordonnances ont été signées, elles sont derrières nous. Et elles sont extrêmement com- plexes, le texte comporte 159 pages. Les gens savent qu’elles apportent plus de flexibilité, mais les mesures concrètes ne sont pas perçues. Pour ces deux raisons, la mobilisation reste faible, ce qui ne veut pas dire qu’il y a approbation.» Une nouvelle échéance s’annonce pour le 24  octobre qui semble pouvoir constituer une journée plus unitaire de mobilisation, d’autant plus que se profile la contre-réforme de l’assurance chômage. (Rédaction A l’Encontre)

Al encontre 19 octobre 2017

http://alencontre.org/

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19 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

gattaz (tc)

bracelet

Gattaz propose un «contrôle journalier» des chômeurs ! Bientôt le bracelet électronique ?

Le numéro du syndicat du patronat, Pierre Gattaz, a évoqué cette idée mardi. Le numéro un du Medef, Pierre Gattaz, a estimé mardi qu’il fallait mieux contrôler les chômeurs dans leur recherche d’emploi et a évoqué un «contrôle journalier». Une prise de position qui tombe alors que Matignon a commencé à recevoir les partenaires sociaux sur le chantier de l’assurance chômage.

«L’assurance chômage est un outil indispensable pour sécuriser les salariés en transition mais il faut que le système soit incitatif à la reprise d’emploi et aide réellement à retrouver un emploi, a-t-il estimé lors d’une conférence de presse. Il ne faut pas qu’il donne un confort fictif qui entraîne encore plus de difficultés quand il prend fin.»

«Des gens qui profitent du système»

Soulignant qu’il fallait «aider ceux qui ont vraiment besoin de formation», le patron des patrons a affirmé qu’il y avait aussi «des gens qui profitent du système», sans pour autant être «hors-la-loi». Dans ce contexte, il a jugé qu’il fallait contrôler les demandeurs d’emploi sur leur recherche, «peut-être par un contrôle journalier», et surveiller qu’ils ne refusent pas à plusieurs reprises des offres raisonnables d’emploi.

Le chef de file du patronat a par ailleurs réitéré ses mises en garde contre l’intégration des démissionnaires et des indépendants dans le régime d’assurance chômage, soulignant que le système actuel était «toujours plombé par une dette énorme» et «toujours déficitaire à ce jour». «Le financement de la formation des chômeurs est un sujet, a-t-il déclaré. Les entre-prises sont prêtes à participer, mais il ne saurait être question de ponctionner massivement les fonds de la formation professionnelle de nos salariés à cette fin.»

Après l’Elysée la semaine dernière, Matignon a pris le relais mardi en recevant les partenaires sociaux, jusqu’à jeudi. Le sujet : les réformes de la formation professionnelle, de l’appren- tissage et de l’assurance chômage, qui visent à donner davantage de protection aux salariés, après avoir offert plus de flexibilité à l’entreprise, avec les ordonnances.

18 octobre 2017

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19 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

ensemble! (regards)

Commentaire:

Ensemble! est en partie formé d’anciens de la LCR et ou du NPA, avec les anciens « Alternatifs » (issus de la mouvance PSU ) et de « Communistes Unitaires ». En fait Ensemble! recueille toute la galaxie des antilibéraux qui a eu un moment le vent en poupe après le succès du vote « NON de Gauche » en 2005.

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19 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

jaloux! (politis)

mendiant

La jalousie des pauvres

Pour guérir de cette envie pathologique qui aigrit les cœurs et mine le corps social, le chômeur, le smicard, le salarié feraient donc mieux d’accepter leur sort une fois pour toutes. À le refuser, ils font du mal à la France.

L’air de rien, Emmanuel Macron a inventé un nouveau concept sociologique, dimanche sur TF1 : la jalousie sociale.

À l’en croire, le smicard aurait tendance à regarder dans l’assiette de Bernard Arnault. Et le syndicalisme ne serait qu’un fâcheux trait de caractère. Car c’est « la jalousie qui paralyse la France ». Au cours d’un long monologue à peine interrompu par quelques questions dont il ne semblait guère s’embarrasser, Macron a également innové en économie.

À la théorie du ruissellement, un peu trop connotée « idéologie libérale », il a préféré l’image du « premier de cordée », que l’on imagine traînant derrière lui comme un fardeau un peuple ingrat. On voit bien l’idée. Notre société serait construite à partir de hiérarchies immua- bles dont la verticalité est aussi abrupte que la face nord des Grandes Jorasses. Pour guérir de cette envie pathologique qui aigrit les cœurs et mine le corps social, le chômeur, le smicard, le salarié feraient donc mieux d’accepter leur sort une fois pour toutes. À le refuser, ils font du mal à la France. Voilà où nous en sommes !

Près d’un siècle et demi après la chute de l’empire et l’avènement de la République, la pensée ante-révolutionnaire est toujours vivace au plus haut sommet de l’État. Au terme d’une émission surtout consacrée à l’autojustification (« fainéant », « cynique », fouteur de « bordel » seraient autant de marques de considération exprimées dans un « langage soutenu »), le Président a déployé une vision du monde qui mêle néolibéralisme et ancien régime. Emmanuel Macron ne croit pas si bien dire quand il déclare à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel que la France est « un pays de monarchistes régicides ». Quand Montesquieu parlait de « jalousie », n’était-ce pas pour louer un peuple « jaloux de sa liberté » ?

Nos concitoyens qui ont eu la patience de regarder ce long plaidoyer pro domo ne pouvaient guère être convaincus. C’est d’ailleurs ce que confirme un sondage publié peu après l’émission [1]. Emmanuel Macron est-il un naïf ou un cynique ? Croit-il vraiment, contre toutes les évidences, que les gros actionnaires, encore enrichis par sa politique, vont investir dans l’économie réelle ? Que les propriétaires vont baisser leurs loyers pour compenser la suppression de l’aide personnalisée au logement ? Il le croit si peu qu’il s’apprête à contraindre les offices HLM, quitte à mettre en difficulté le logement social.

C’est toujours la même histoire : quand les concessions faites aux riches sont énormes, immédiates, et ruineuses pour le budget de l’État, les contreparties promises aux plus modes- tes sont, au contraire, pour des lendemains incertains. Comme l’augmentation des salaires des fonctionnaires, budgétée, puis reportée… à 2019.

Ou encore ce marché de dupes : une augmentation bien réelle de la CSG, appliquée sans délai, mais une suppression de la taxe d’habitation renvoyée à plus tard, et qui va appauvrir les collectivités territoriales, lesquelles, d’une façon ou d’une autre, le feront payer à leurs résidents, on annonce déjà l’explosion des prix du stationnement en ville, sans parler d’une prévisible détérioration des infrastructures. Au total, la politique d’Emmanuel Macron ressemble de plus en plus à une partie de bonneteau. Les perdants sont toujours les mêmes.

L’extension de l’assurance-chômage aux salariés démissionnaires risque de procéder de la même illusion. Elle était inconditionnelle dans le programme du candidat. La voilà sérieusement encadrée dans le discours du Président, et conditionnée à un « projet » qui la rend aléatoire et arbitraire. En fait de pédagogie, on a surtout le sentiment d’un enfumage.

Dimanche, Emmanuel Macron n’a pas parlé des promesses faites aux agriculteurs à l’occa- sion des États généraux de l’alimentation. Dommage, car l’engagement de déterminer les prix à partir des contraintes du producteur est intéressant. S’il est tenu, ce dont tout le monde doute , il devrait permettre à ceux des paysans qui ne parviennent même plus à se rémunérer de vivre de nouveau de leur travail.

Mais l’affaire est comme un condensé de toutes les difficultés du pays. La grande distribution, qui, jusqu’ici, régnait sur les prix, hurle déjà au crime économique, et promet de faire lourdement payer le consommateur. Où l’on retrouvera l’étudiant, le fonctionnaire, le retraité et tant d’autres déjà attaqués dans leur pouvoir d’achat… Car c’est aussi cela la politique libérale : le risque d’opposer entre elles des catégories de citoyens prises dans le piège infernal des fameux critères européens.

[1] Selon un sondage Harris Interactive, 61 % des Français « exposés à la prise de parole du Président » n’ont pas été convaincus.

Denis Sieffert 18 octobre 2017

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19 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

ferrand 1 (le canard)

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Trois dessins dans le même numéro! La consécration pour un artiste!

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19 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

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