Archive | Macronie

21 février 2020 ~ 0 Commentaire

algues vertes (arte)

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21 février 2020 ~ 0 Commentaire

séparatisme (orient 21)

cocos

Hommage à Marcel Cachin

Du séparatisme communiste au séparatisme musulman

Vieilles lunes, nouvelles sorcières

Le président de la République Emmanuel Macron devait prononcer à Mulhouse, mardi 18 février 2020, un discours contre le « séparatisme » musulman, dont il espère faire un thème central de sa campagne bien mal partie pour les élections municipales.

Avant de se lancer, il aurait dû réfléchir à l’expérience de son illustre prédécesseur Charles de Gaulle, engagé dans la lutte contre le « séparatisme communiste ».

« Notre premier devoir, c’est de guérir cette plaie affreuse du séparatisme, c’est de refaire l’unité nationale à partir de laquelle on refera, sans aucun doute, la puissance, la prospérité, le bonheur de la France… » (1). Qui est l’auteur de cette envolée lyrique ? Emmanuel Macron ? Ou celui dont il disait s’inspirer au début de son quinquennat « vertical » : Charles de Gaulle ? Évidemment le second !

Si ce discours date de 1952, c’est en 1947 que de Gaulle, écarté du pouvoir et qui cherche à y revenir, crée son propre parti politique, le Rassemblement du peuple français (RPF). C’est le moment où il commence à dénoncer le « séparatisme communiste », celui d’un parti très puissant (un quart des suffrages environ) à l’époque, qui fait peur et suscite la haine dans les milieux bien-pensants. Dans un discours célèbre prononcé à Rennes le 27 juillet 1947, il s’écrie :

Mais, si l’unité nationale put être maintenue malgré ceux qui avaient accepté la loi de Hitler, tout le monde sent qu’elle est aujourd’hui et de nouveau en péril. Je dis qu’elle est en péril par le fait d’un groupement d’hommes, dont ceux qui les mènent placent au-dessus de tout le service d’un État étranger. Je le dis avec d’autant plus de force que j’ai moi-même, comme c’était mon devoir, essayé, jusqu’aux limites du licite et du possible, de les attirer vers le service de la France. Oui ! À la Libération, j’avais, avec la Résistance tout entière, jugé qu’il fallait offrir à ces « séparatistes » l’occasion de s’intégrer dans la communauté nationale.

En 1951, le RPF perd les élections législatives.

À nouveau de Gaulle tente de relancer ce thème du « séparatisme », comme l’indique la citation en tête de cet article. Une campagne s’organise. Dans d’innombrables meetings, les orateurs gaullistes clouent au pilori ceux qui regardent vers Moscou, et ses fidèles se bagarrent avec les militants du Parti communiste, faisant ici et là des victimes.

Cette campagne va durer un peu plus d’un an, mais elle ne permet pas de remobiliser, et nombre de députés RPF désertent, cherchent à rallier telle ou telle force, se précipitent vers « la gamelle ». En 1953, l’échec de de Gaulle est acté. Il se retire de la vie politique, voyage en Afrique avant de rentrer à Colombey-les-Deux-Églises.

Remplacer Moscou par La Mecque

Près de 70 ans plus tard, son lointain successeur reprend le thème dans l’avion le ramenant d’Israël fin janvier 2020 : « Il faut essayer de dire sans diviser. Il faut accepter, en disant de parfois bousculer. Mais il faut accepter qu’il y ait, dans notre République aujourd’hui, ce que j’appellerais un séparatisme. »

On peut se demander quel conseiller en communication lui a soufflé ce thème destiné à remplacer le communautarisme et sa menace, et s’il a conscience de prétendre se mettre dans les pas du général de Gaulle.

Ou, peut-être dans ceux d’un autre de ses prédécesseurs, François Mitterrand, ministre de la IVe République qui dénonçait la montée de « mouvements séparatistes » en Afrique, identifiés au communisme, et prônait « l’insertion des pays colonisés dans une communauté plus vaste et plus puissante » — c’est-à-dire une Union française qui ébauche ce que sera la « Françafrique » (2). Moins de trois ans plus tard, les « séparatistes » sont « séparés » et, pour certains, gardent le pouvoir plusieurs décennies durant.

Plus proche de nous, dans Le Figaro du 19 mars 2018, cent intellectuels, allant de la droite la plus radicale à la gauche islamophobe signaient un texte en ce sens, mais avec assez peu d’échos, sinon un soutien de Manuel Valls, qui cherche à faire oublier des échecs successifs en France comme en Espagne — comme par hasard, on apprend que le personnage vient de se réconcilier avec Emmanuel Macron.

Comme de Gaulle, Macron est en difficulté au plan politique, à la veille d’échéances électorales majeures et a besoin de se « refaire », comme disent les joueurs de poker. Mais la cible a changé, les communistes ont été remplacés par les musulmans. Les séparatistes, accuse-t-on, ne regardent plus vers Moscou, mais vers La Mecque, Riyad, Doha ou Ankara.

Cependant, comparaison n’est pas raison et on aura du mal à comparer la force du Parti communiste au début des années 1950, représentant un quart de la population, avec les différents courants de l’islam politique en France, implantés très localement, divisés, parmi une population qui ne représente qu’une minorité des habitants de l’Hexagone.

Et si on nous promet un projet de loi contre le séparatisme, on conçoit mal ce qu’il peut contenir de nouveau. Si l’on en croit Le Point (6 février), on veut supprimer les cours de langue et de culture d’origine, enseignements assurés par du personnel venant de Turquie ou du Maghreb, sous prétexte qu’ils véhiculeraient des idées contraires à celle de la République. Noble objectif, mais la République est-elle disposée à assurer ces cours avec ses propres enseignants ? On peut en douter quand on connaît le statut de l’enseignement de l’arabe en France.

Les vieilles sorcières communistes ne font plus peur, il faut en trouver de nouvelles, et l’islam politique est tout désigné. Les nouveaux inquisiteurs préparent des bûchers pour sauver leur peau électorale. Pourtant, le précédent gaulliste démontre en l’espèce qu’on peut tout faire avec le « séparatisme », sauf gagner des élections.

Jean-Pierre Sereni 18 février 2020

https://orientxxi.info/

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21 février 2020 ~ 0 Commentaire

séparatisme (npa orient-21)

2003

Macron et le « séparatisme » : surenchère islamophobe

Tout à sa stratégie de concurrencer le RN sur son terrain raciste, Macron, à un mois des municipales, vient de proclamer haut et fort – complaisamment relayé par les grands médias – son « offensive républicaine » contre le « séparatisme islamiste ». C’était le 18 février à l’occasion de sa visite à Bourtzwiller, un quartier populaire de Mulhouse (dans le Haut-Rhin).

La « Reconquista » de la République 

Ce quartier fait partie des « Quartiers de reconquête républicaine » ; il est un des quinze territoires mis il y a deux ans sous surveillance et contrôle administratif et policier renforcés dans le cadre d’un plan interministériel ayant pour objet d’expérimenter de nouvelles mesures de « lutte contre l’islamisme et le repli communautaire ».

Une expérimentation qui aboutira, en novembre dernier, à la circulaire du ministère de l’Intérieur visant à combattre toute « tentative de sécession » et à détecter et réprimer tout ce qui – au niveau cultuel mais aussi culturel, associatif ou même sportif – pourrait « [contribuer] au repli communautaire ».  De simples « doutes » suffisent, précise Castaner…

Dans sa circulaire, il prend néanmoins bien soin de rappeler qu’ « il est indispensable  de porter un discours [!] républicain fondé sur  la liberté, l’égalité et la fraternité, ainsi que sur la laïcité » mais, loin du « discours », la réalité c’est un véritable plan de guerre renforçant encore et encore la politique raciste qui stigmatise et ostracise les musulmanEs ou supposéEs telEs.

Castaner enjoint tous les préfets à faire de cette lutte une « priorité » et enrôle dans sa croisade non seulement les autres services de l’État (Éducation nationale, Justice, etc.) mais aussi les maires qui sont « les mieux placés aussi  pour percevoir les signes faibles [!] d’une dégradation de la situation, d’un glissement – voire d’un basculement et d’une fracture ».

Le refrain tristement connu du musulman et de la musulmane potentiellement communau-taristes et donc potentiellement terroristes… mais également la porte ouverte à l’arbitraire le plus total et à la délation « populaire » qui évoque immanquablement une autre période sombre de ce pays et un autre racisme d’État, l’antisémitisme, qui, désigna les JuifEs eux et elles aussi comme boucs émissaires et ennemis potentiels de la République (la 3è).

L’ennemi de l’intérieur et de l’extérieur

La prestation mulhousienne de Macron s’inscrit dans ce nouveau plan de guerre islamophobe. Il a même tenu à faire de la surenchère en remplaçant le stigmate raciste habituel « communautarisme » par « séparatisme islamiste ».

Un terme inventé par des « intellectuels » aussi réactionnaires que médiatisés, comme Finkielkraut, à l’occasion d’une tribune publiée il y a deux ans dans le Figaro, dénonçant « l’islamisme » comme un « nouveau totalitarisme » (l’ancien étant bien sûr le « communisme ») et menaçant le pays d’un « apartheid d’un nouveau genre ». Le séparatisme c’est la destruction de la République française. Le combattre est un combat national suprême qui autorise tout !

En choisissant sciemment ce terme, Macron désigne, plus clairement encore qu’avec le mot « communautarisme », un ennemi de l’intérieur musulman, potentiellement islamiste. Un ennemi de l’intérieur clairement identifié comme étant en lien avec l’ennemi de l’extérieur.

Il a évoqué le financement étranger de mosquées (suffisamment vaguement pour ne pas fâcher le précieux partenaire commercial qatari, impliqué dans la construction de la mosquée de Mulhouse !).

Puis le président a déclaré fermer désormais la France aux « imams détachés » envoyés par d’autres pays considérés comme des viviers de terroristes islamistes.

Autre annonce, la disparition du dispositif de cours en langues étrangères (ELCO) dispensés dans les établissements scolaires par des enseignants mis à disposition par les gouvernements d’autres pays et soupçonnés par Macron  d’ « enseigner des choses qui ne sont manifestement pas compatibles ou avec les lois de la République ».

La suppression de ce dispositif facultatif est une mesure discriminatoire qui va priver les enfants d’un enseignement de la langue et de la culture originelles de leur famille dans le cadre de l’école publique et laïque.

À l’occasion du traditionnel bain de foule à Bourtzwiller, quelque peu « interpellé »  par des habitantEs sur l’état de leur quartier: désert médical, chômage… Macron osera cette réponse : « On doit lutter contre le séparatisme parce que quand la République ne tient pas ses promesses d’autres essaient de la remplacer ».

Quelles promesses ?! Et le destructeur des services publics, des acquis sociaux et de l’emploi ne se contentera pas de cette cynique pirouette ; il se fera aussi combattant des discriminations ! Mais à sa façon, très « premier de cordée » : « On doit lutter contre les discriminations, on doit mettre la méritocratie partout » !

Combattre l’islamophobie et tout racisme !

La droite et l’extrême droite n’ont rien à redire à cette nouvelle campagne islamophobe, bien au contraire, si ce n’est de réclamer toujours plus de mesures concrètes et notamment, comme le martèle à chaque occasion Valeurs actuelles, un renforcement de la lutte contre l’immigra-tion, une immigration qui alimente et « cimente au quotidien le repli communautaire ». Macron et les siens n’auront rien à y faire : l’original sera toujours préféré à la copie…

La présente campagne islamophobe a bien sûr un sale arrière-goût électoraliste mais elle survient fort à propos en pleine mobilisation sociale contre la politique néolibérale du gouver-nement. Une opération de diversion et de division qu’il faut combattre comme telle, mais qu’il faut également combattre comme opération de terrorisation de toute une population.

Jean Boucher Jeudi 20 février 2020

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Du séparatisme communiste au séparatisme musulman (Orient 21)

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20 février 2020 ~ 0 Commentaire

retraites (la conf’)

conf
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L’augmentation immédiate de l’ensemble des pensions agricoles : une mesure d’urgence

Ce jeudi 20 février a lieu la dixième journée de grève interprofessionnelle et de manifestations contre la réforme des retraites. La Confédération paysanne appelle à poursuivre la mobilisation contre ce projet injuste, qui n’apportera rien aux paysan·nes retraité·e·s.

Alors que l’examen du projet de loi a démarré à l’Assemblée Nationale, le gouvernement s’oppose toujours à la revalorisation des pensions agricoles.

La retraite à 1 000€ par mois ne serait une réalité que pour une très faible part des paysan·nes : les chef·fe·s d’exploitation, ayant une carrière complète et partant en retraite à partir de 2022.

Nous demandons une augmentation immédiate des pensions pour l’ensemble des non salarié·e·s agricoles :

Chef·fe·s d’exploitation, collaborateurs·trices d’exploitation et aides familiaux, de métropole et d’outre-mer, ayant liquidé leur retraite avant ou à partir du 1er janvier 2022.

Pour améliorer les pensions les plus faibles, nous proposons d’augmenter la retraite de base, de faciliter l’accès à la Pension Majorée de Référence et de porter les retraites des chef·fe·s d’exploitation à 85% du SMIC*.

Cette revendication est soutenue par l’ensemble des syndicats agricoles et plusieurs amende-ments ont été déposés en ce sens, par des député·e·s de la majorité et de l’opposition. Il serait incompréhensible que le gouvernement s’oppose à cette mesure de justice sociale qui fait l’objet d’un large consensus.

20.02.2020

http://www.confederationpaysanne.fr/

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20 février 2020 ~ 0 Commentaire

20 février en bretagne

ouest

Réforme des retraites : nouvelle mobilisation alors que le débat patine à l’Assemblée nationale

L’augmentation immédiate de l’ensemble des pensions agricoles : une mesure d’urgence (La Conf’)

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Lannion. Les opposants de la réforme manifestent à Ker-Uhel

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Environ 350 personnes manifestent à Quimper

À Brest 300 personnes manifestent contre la réforme des retraites

 

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20 février 2020 ~ 0 Commentaire

actu (npa)

npa 29 vertic

.Après le séisme dans le land de Thuringe, c’est aux classes populaires de préparer les répliques !

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20 février 2020 ~ 0 Commentaire

guerre gréco-turque? (à l’encontre)

macron soldat

Militarisation en Méditerranée orientale

Menace d’une guerre gréco-turque

De nombreuses forces aériennes et navales des Etats impérialistes occidentaux sont rassemblées dans la Méditerranée orientale, «coexistence compétitive» de grands navires de guerre dotés d’une puissance de feu significative.

Les navires de la Marine états-unienne, qui opèrent à partir de la grande base navale de Souda, sur l’île de Crète, forment le plus fort contingent. Cette base est considérée comme étant d’une importance stratégique cruciale pour les Etats-Unis, en tant que principal pilier de son «arc d’endiguement» qui s’étend de la Pologne à Israël.

Récemment, le Parlement grec a approuvé un nouvel accord militaire entre la Grèce et les Etats-Unis [le 5 octobre 2019 entre Mike Pompeo et Nikolaos Dendias, ministre des Affaires étrangères], qui rend permanente la présence de bases militaires américaines en Grèce. Ce qui place l’alliance entre les deux Etats au rang de «partenariat stratégique». Cet accord a été salué par Mike Pompeo et célébré par tous les partis politiques grecs – à l’exception de la gauche radicale, qui a protesté dans la rue.

L’accord a été préparé par le gouvernement SYRIZA d’Alexis Tsipras, puis il a été signé par le gouvernement de la Nouvelle Démocratie sous Kyriakos Mitsotakis.

A l’intérieur du pays, outre la base de Souda qui ne cesse de s’agrandir, les Etats-Unis disposent désormais de grands aérodromes militaires, de bases de transport et de ravitaillement pour les forces d’«intervention rapide» et de bases fixes pour les «armes stratégiques» modernes (comprenant probablement les armes nucléaires dites «petites»).

Dans le même temps, l’Etat français, dirigé par Emmanuel Macron, a établi une base navale permanente à Chypre et le navire français Charles de Gaulle patrouille dans les mers autour de Chypre. Le 29 janvier 2020, un «partenariat stratégique de sécurité» a été signé entre Emmanuel Macron et le premier ministre Kyriakos Mitsotakis.

Début février, dans la petite île de Skyros, au centre de la mer Egée, un exercice militaire conjoint a été mené avec la participation des forces grecques, états-uniennes et françaises.

Le lendemain, Mike Pompeo a donné le message: une éventuelle attaque militaire contre les positions grecques recevra une réponse «euro-atlantique», symbolisée par l’activité des forces armées états-uniennes et françaises dans la zone.

Cette alliance dispose également d’importantes forces locales. Au cours des dernières années, la diplomatie grecque a joué un rôle de premier plan dans la mise en place de deux «axes». Il s’agit des «triades» Grèce-Chypre-Israël et Grèce-Chypre-Egypte.

Les Etats qui composent ces «triades» coopèrent étroitement, ils ont adopté une position commune concernant le partage des zones économiques exclusives ZEE.  Selon le droit de la mer, il s’agit d’un espace maritime sur lequel un Etat exerce un droit souverain. Ils déclarent ouvertement (avec des exercices militaires conjoints) qu’ils ont la force militaire d’imposer leur accord de partage dans la région.

Deux facettes des tensions entre la Grèce et la Turquie, avec leurs extensions géopolitiques

Deux facteurs sont à la base de ces développements:

Les tensions dans les relations entre le régime d’Erdogan en Turquie et les Etats-Unis ainsi que le camp occidental en général. Elles sont apparues au grand jour après l’échec de la tentative de coup d’Etat de 2016. Les tensions existaient déjà mais elles se sont accrues lorsque le gouvernement turc a commencé à travailler avec les Russes en Syrie.

Le réalignement des relations diplomatiques dans la région – avec la détérioration des relations américano-turques et israélo-turques et l’amélioration consécutive des relations militaires et économiques américano-grecques et israélo-grecques – a pris son envol lorsque la géopolitique des hydrocarbures est entrée en jeu.

D’importants gisements de gaz naturel ont été découverts dans la région. A l’exception des zones occidentales (où l’ENI italienne est engagée), les «gisements de gaz» du sud-est de la Méditerranée ont été concédés à un consortium de grandes transnationales occidentales, dirigé par l’américaine ExxonMobil et la française Total.

Ces sociétés, en coopération avec Israël, l’Egypte, Chypre et la Grèce, ont conclu le plan de l’oléoduc EastMed (Eastern Mediterranean). Il s’agit d’un projet pharaonique. Il prévoit la construction d’un pipeline sous-marin de grande longueur, qui reliera Israël aux côtes italiennes, en contournant la Turquie tout en s’étendant dans des eaux très profondes et soumis à de forts risques sismiques.

Le coût d’un tel mégaprojet est inconnu, ses problèmes techniques sont sans précédent et sa rentabilité commerciale est douteuse. Par conséquent, de nombreux «experts», dont certains dirigeants des industries extractives, sont très prudents. Pour construire la Méditerranée orientale sans la participation de la Turquie, il faut s’assurer que les ZEE d’Israël, de Chypre et de la Grèce soient géographiquement reliées.

Malgré tout cela, le plan EastMed a été officiellement signé par les gouvernements de Grèce, de Chypre et d’Israël le jeudi 2 janvier. Récemment, le Congrès américain a voté en faveur du East Med Act, qui déclare que ce plan est la politique énergétique officielle des Etats-Unis en Méditerranée orientale.

Le droit international

Ce plan a été mis en œuvre par une tactique de faits accomplis. Le gouvernement d’Erdogan, afin de rompre son isolement, a procédé à la délimitation des ZEE entre la Turquie et la Libye – plus exactement la partie de la Libye qui est contrôlée par le «gouvernement» de Fayez el-Sarraj (qui est formellement reconnu par les gouvernements occidentaux). Cette délimitation crée un «fragment» maritime sous souveraineté turque, ce qui interrompt la continuité entre les ZEE de Chypre et de la Grèce, faisant ainsi du projet EastMed un rêve inaccessible.

Cet accord de délimitation échouera probablement, au même titre que le «gouvernement» libyen qui l’a cosigné (Athènes soutient déjà le «général» Khalifa Haftar en Libye…). Mais en attendant, la Turquie a demandé aux Nations unies d’enregistrer l’accord maritime signé avec la Libye.

Cette évolution a provoqué un débat stratégique crucial au sein de la classe dirigeante grecque. Il existe un courant «sage et prudent». Ils semblent se rendre compte que toute perspective réelle d’exploitation des hydrocarbures en Méditerranée orientale ne peut être réalisée que par un accord avec la Turquie. Ils soutiennent donc le recours à la Cour internationale de justice.

Mais une autre partie de l’establishment insiste pour profiter de l’alliance avec les Etats-Unis et la France et exploiter la conjoncture actuelle d’isolement de la Turquie, afin de poursuivre un affrontement aboutissant au résultat: le gagnant rafle tout. Ils maintiennent la possibilité d’une escarmouche militaire, espérant qu’elle sera facilement contenue et qu’elle ne dégénérera pas en une guerre gréco-turque totale.

La concurrence autour des ZEE et des hydrocarbures s’étend à toutes les questions de souveraineté dans la mer Egée. Or, elles se sont avérées extrêmement dangereuses dans l’histoire des deux pays. Rappelons que l’«équilibre» actuel entre les deux Etats est le produit de 5 (!) guerres au cours du 20è siècle.

Extractivisme et militarisme

L’amplification de la stratégie extractiviste est littéralement absurde dans les conditions de crise économique et sociale que connaissent les deux pays et face à la menace de la crise clima-tique mondiale et de la catastrophe environnementale. Mais sous un capitalisme anarchique et vorace, les décisions sont basées sur les critères et la concurrence intercapitaliste.

En outre, la stratégie extractiviste dans les mers, entrelacée avec les questions de souverai-neté de l’Etat sur celles-ci, est directement liée à un renforcement du militarisme.

La stratégie de l’«axe» en Méditerranée orientale a conduit l’Etat grec à consacrer, année après année, plus de 2% de son PIB pour les dépenses militaires de l’OTAN, devenant ainsi le plus gros acheteur d’armes de l’alliance euro-atlantique.

Malgré la crise économique, la Grèce (tant sous Tsipras que sous Mitsotakis) modernise ses forces navales et aériennes, dans le but de conserver l’avantage technologique militaire. Le gouvernement a déjà tenté l’achat d’avions américains F-35, très chers (seul Israël en possède dans la région). Il a signé une lettre d’intention acquérir des frégates françaises. Les sites web bellicistes, «liés» au commandement militaire, décrivent ces armes comme étant uniquement adaptées aux «guerres d’agression»…

La politique d’armement est liée au renforcement politique du militarisme. Dans les grands médias, il y a un défilé quotidien d’officiers à la retraite et d’analystes faucons qui tentent de stimuler un climat de ferveur patriotique et de familiariser la population avec la perspective d’une guerre.

Lors du débat sur le budget SYRIZA a voté en faveur des dépenses militaires de Mitsotakis, invoquant la nécessité d’une «unité nationale face aux menaces qui pèsent sur le pays».

La gauche radicale en Grèce est consciente de la nature oppressive du régime d’Erdogan. La solidarité envers les réfugiés politiques turcs, les exilés et fugitifs kurdes ainsi que les réfugiés syriens était une tâche soutenue par les forces de la gauche radicale. Nous sommes obligés de placer nos espoirs dans la lutte contre ce régime auprès des mouvements sociaux et de la gauche actifs en Turquie.

Ici en Grèce, nous avons d’autres tâches: la confrontation avec le nationalisme grec, l’opposition aux politiques pro-guerre, la résistance aux armements, au militarisme et à la collaboration avec les puissances impérialistes «dans notre pays», la dénonciation de l’extractivisme comme stratégie absurde et dangereuse. La Méditerranée orientale est redevenue une «poudrière». Toute guerre «ici» peut avoir des conséquences négatives et imprévues en Europe et dans le monde. (Résumé voir lien)

(Article envoyé par l’auteur; traduction rédaction A l’Encontre)

Alencontre  20 février 2020 Antonis Ntavanellos

https://alencontre.org/

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20 février 2020 ~ 0 Commentaire

vie privée (lutte ouvrière)

anar

Qui est privé de vie privée ?

La publication sur les réseaux sociaux de la vidéo de Griveaux et sa démission ont suscité une vague d’indignation quasi unanime dans le monde politique et médiatique.

Tous ces braves gens ont rivalisé de messages affirmant avoir « mal à la démocratie », condamnant la révélation d’une affaire purement privée, affirmant que, Griveaux n’ayant rien fait d’illégal, les réseaux sociaux ne devaient pas intervenir dans le processus électoral.

Tout ce bruit parce qu’il est arrivé à l’un des leurs la mésaventure de voir un épisode pitoyable de sa vie privée étalé sur le Net. Ce genre de chose arrive pourtant à tout le monde.

Qui sait tout de chaque travailleur, jusqu’au moindre centime de son salaire ? À quelle vie privée ont donc droit les chômeurs, les précaires, les migrants ? Qui fiche sans relâche les opposants, les militants, les travailleurs rebelles, écoute leurs conversations téléphoniques ? L’État a-t-il jamais respecté la vie privée des opprimés ?

Pour ne pas avoir mal à leur démocratie, ce genre de commentateurs devrait commencer par ne pas s’asseoir dessus.

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19 février 2020 ~ 0 Commentaire

monique pinçon-charlot 3

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19 février 2020 ~ 0 Commentaire

monique pinçon-charlot 2

 

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