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27 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Octobre 1956, Budapest, Hongie, une révolution défigurée (Lcr)

Octobre 1956, Budapest, Hongie, une révolution défigurée (Lcr) dans Histoire 30432_vignette_1956

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Octobre 1956 : la révolution hongroise éclate. Mais l’un des traits caractéristiques de cette révolution – la poussée vers un nouvel ordre social et démocratique – est soigneusement ignoré par la propagande, tant à l’Est qu’à l’Ouest. En 1956, la possibilité d’une « troisième voie » institutionnelle, sociale et économique, entre capitalisme et stalinisme, est détruite. Les défenseurs d’un socialisme démocratique et autogestionnaire n’ont pas perçu l’ampleur de cette défaite à l’échelle historique.

Un tel mouvement d’auto-organisation nécessite une maturation sociale, politique, culturelle et le discrédit aigu des organes de pouvoir officiels, autocratiques. En mars 1955, Imre Nagy (exécuté le 18 juin 1958), placé au pouvoir en 1953 pour éviter une crise, est démis de ses fonctions et attaqué par Matyas Rakosi, nouveau chef du gouvernement et secrétaire général du Parti communiste. Un groupe peu organisé, composé d’écrivains, de journalistes et de membres du PC se forme autour de Nagy. Pour la première fois dans un pays de l’Est, une opposition durable au sein et à la marge des structures officielles existe. Elle sera vue par « l’opinion publique » comme une solution de rechange au pouvoir en place. Les mobilisations futures disposeront d’un objectif politique unificateur : le retour de Nagy au pouvoir. Mais la chape de plomb de la « normalisation » semble alors être retombée. Toutefois, les défis au régime de Rakosi continuent d’exister en 1955.

En 1956, le « printemps de Budapest ». Dès mars, les rumeurs se multiplient sur le rapport secret fait par Khrouchtchev devant le XXe Congrès du Parti communiste d’Union soviétique (PCUS). Khrouchtchev y avait étalé une partie des « crimes de Staline ». Deux mines se trouvent, dès lors, placées sous les pieds de Rakosi. Le rapprochement entre Khrouchtchev et Tito, en 1955, enlève toute validité aux procès qu’il a conduits en 1949 contre des membres prestigieux du Parti, tel Lazlo Rajk. Les « déviations titistes » lui avaient servi de chef d’accusation ! Ensuite, la reconnaissance des « crimes de Staline » renvoie à la répression menée par le PC hongrois depuis 1947-1948.

La revendication de la réhabilitation de Lazlo Rajk – lancée lors d’une réunion publique, le 27 juin 1956, par sa veuve, Julia Rajk – débouchera sur la première manifestation publique gigantesque d’opposition dans la Hongrie d’après-guerre : l’enterrement officiel de Rajk, le 6 octobre 1956. Depuis mars, et surtout depuis juin 1956, des intellectuels, des écrivains et des membres du parti animent un débat public au travers des réunions du Cercle Petöfi(1). Le 27 juin, quelque 6 000 personnes participent à un débat du Cercle sur le thème de la presse. Des causeries sont données dans les usines. Un « second centre politique » s’affirme dans le pays, comme le dénonce la direction du parti unique. Le 28 juin 1956, à Poznan, en Pologne, éclate une révolte ouvrière, durement réprimée. Elle deviendra un signe de ralliement en Hongrie.

Mouvement indépendant Matyas Rakosi cherche à utiliser la répression du soulèvement de Poznan pour lancer une vague de répression en Hongrie. Une liste de 400 « éléments opposants » est dressée. Mais la cote d’alerte est atteinte. Pour tenter d’éviter une crise ouverte, Souslov et Mikoyan, envoyés du PCUS, décident le remplacement de Rakosi par Ernö Gerö, son bras droit, et font monter un dirigeant qui reste en réserve, Janos Kadar. Ce lifting ne suffira pas.

Le 16 octobre, une organisation indépendante de masse des étudiants, la Ligue des asso- ciations étudiantes des universités et lycées hongrois (Mefesz), se crée. Apparaît donc, sur la scène publique, un mouvement de masse indépendant des structures du parti-État, avec son propre journal. Bill Lomax en souligne les implications : « Le mouvement d’opposition qui est passé [...] des écrivains aux organisateurs du Cercle Petöfi va tomber dans les mains des étudiants(2). » La plateforme de la Mefesz contient des revendications clés : une nouvelle direction du parti, un gouvernement dirigé par Nagy, de nouvelles élections, une nouvelle politique économique, l’ajustement des normes de travail dans les usines et l’autonomie des organisations ouvrières, la révision des procès et l’amnistie, la liberté de la presse. Le multipartisme et le retrait des troupes soviétiques stationnées en Hongrie s’ajoutent à la liste, lors des assemblées organisées dans tout le pays.

Le 22 octobre, les étudiants appellent à une grande manifestation pour le lendemain. Elle rallie tous les secteurs de la société, jusqu’aux soldats ! À 9 heures du soir, devant le Parlement, Nagy s’adresse à la foule. Il demande aux manifestants de rentrer chez eux et promet de tout faire… pour appliquer son programme de 1953 ! Nagy reste convaincu que tout doit être résolu dans le cadre du parti, tout en devant prendre acte, à chaque fois avec retard, de l’existence d’une impulsion populaire impétueuse.

La frustration des manifestants, après ce discours, est grande. Le mot d’ordre « Maintenant ou jamais » est largement repris. Des manifestants, avec l’aide de camions, déracinent la colossale statue de Staline… laissant une paire de bottes sur son socle. Les autres veulent entrer dans la Maison de la radio pour diffuser la plateforme des étudiants. Les forces de sécurité tirent sur la foule. L’affrontement militaire commence. Des soldats ont donné leurs armes et d’autres ont été réquisitionnées dans les casernes, sans trop de difficultés. La grève générale s’étend dans tout le pays.

Force insurrectionnelle La direction du parti et de l’armée, incertaine du comportement des troupes hongroises, demande l’intervention des forces soviétiques. Alors qu’un « monde s’écroule », la direction du parti se réunit. Nagy cherche encore des solutions dans ce cadre. Ce n’est qu’à midi, le 24 octobre, qu’il annonce que la loi martiale ne sera pas appliquée tout de suite et qu’il réclame le dépôt des armes…

Mais le mouvement de masse acquiert sa propre dynamique. « Les combattants étaient littéralement prêts à combattre jusqu’à la mort. C’est probablement la principale raison pour laquelle la direction politique n’a pas pu imposer un compromis et n’a pas réussi, avec des réformes partielles, à restaurer l’ordre. L’autre raison décisive résidait dans le mouvement révolutionnaire d’en bas, dans l’auto-organisation du peuple à tous les niveaux(3). » Du 24 au 28 octobre, l’armée soviétique ne peut imposer son ordre. Au début, des scènes de fraternisation ont lieu.

Mais, le 25 octobre, devant le Parlement, une fusillade éclate faisant de nombreux morts. C’est le tournant. Durant quatre jours, les combats sont violents. Les troupes « insurgées » réunissent 15 000 personnes au maximum. L’insurrection s’étend dans tout le pays autour de revendications socio-économiques, démocratiques et d’indépendance nationale face aux Soviétiques. Le 28 octobre, devant l’ampleur de la résistance armée et civile, le retrait des troupes soviétiques, insuffisantes pour s’imposer rapidement, est décidé. Apparence trompeuse d’une victoire. Aujourd’hui, on sait que la décision était d’ordre tactique, prise en accord avec Kadar. Dès le 27 octobre, Nagy prend la tête d’un nouveau gouvernement, encore en déphasage avec le soulèvement de la société.

Du 28 octobre au 4 novembre, date de la seconde intervention soviétique, quatre éléments se détachent. D’abord, le 31 octobre, la centralisation des conseils ouvriers commence. Les reven-dications sont claires : les entreprises appartiennent aux travailleurs ; le conseil est l’organe de contrôle, démocratiquement élu ; le directeur est élu ; salaires, méthodes de travail, contrats avec l’étranger (URSS) doivent être soumis au conseil ; engagements et licenciements relèvent de sa compétence ; l’utilisation des profits doit être décidée par le conseil(4). Ce programme traduit une vision de société peu conforme à l’idée d’un retour au régime d’avant-guerre. La jonction entre les conseils ouvriers et les comités révolutionnaires locaux se fait plus étroite.

Deuxièmement, le centre de gravité du pouvoir officiel passe clairement du parti au nouveau gouvernement de Nagy. Les négociations entre Nagy et les conseils, un peu sceptiques, avancent pour mettre fin à la grève et consolider la situation. Troisièmement, Janos Kadar met en place un nouveau parti, qualifié d’anti-stalinien, le Parti socialiste des travailleurs hongrois (MSZMP). Il doit servir de relais à l’instauration d’un nouveau pouvoir, une fois « l’ordre rétabli » par l’armée soviétique. Enfin, le gouvernement Nagy demande la reconnaissance d’une Hongrie neutre, revendication dont l’écho en Hongrie sera grand. La « communauté internationale » fait la sourde oreille.

Dès le 4 novembre, face à la deuxième intervention militaire soviétique, la population a recours à la grève générale, certainement la plus complète et unie connue jusqu’alors dans l’histoire. La résistance militaire, prenant appui avant tout sur la jeunesse des quartiers ouvriers, dure six jours. La Coordination des conseils devient le centre de résistance. Dès le 12 novembre, une structure officielle centralisée fonctionne comme contre-pouvoir, avec ses bulletins et ses tracts. Les revendications prioritaires sont les suivantes : retrait immédiat des troupes soviétiques, liberté de la presse, contrôle sur la police et l’armée pour empêcher l’infiltration des agents de l’AVH (police politique), amnistie pour les civils et les militaires ayant participé à l’insurrection.

Briser les conseils La représentativité du Comité central des conseils du Grand-Budapest (KMT) est telle que Kadar, arrivé dans les fourgons de l’armée soviétique, doit négocier avec lui. Une rencontre a lieu, les 14 et 15 novembre. Parmi les thèmes discutés : l’extension d’un système de conseils à l’échelle nationale, le droit de grève et le retrait des troupes soviétiques. À la première revendication, Kadar a répondu que « rien de la sorte n’existait ailleurs et qu’une telle structure était superflue dans une démocratie populaire(5) ».

Les délégués des conseils restent fermes sur leur position. La répression devient alors l’arme prioritaire de la bureaucratie. Le 27 novembre 1956, dans une circulaire, la direction du KMT indique l’enjeu central de l’heure : « Les entreprises sont dans nos mains, les mains des conseils de travailleurs. Le gouvernement le sait et veut, avant tout, en terminer avec cela(6). » L’arrestation des leaders les plus représentatifs du KMT provoquera la grève générale des 11 et 12 décembre. La répression se durcit. Le 5 janvier 1957, ceux qui refusent le travail ou « provoquent des grèves » sont susceptibles de la peine de mort… Le flot de réfugiés atteindra quelque 200 000 personnes(7). Charles-André Udry

Rouge2169, 27/07/2006 http://orta.dynalias.org/archivesrouge/article-rouge?id=2792

http://alencontre.org/europe/hongrie/hongrie-1956-une-revolution-defiguree.html

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27 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

25 octobre 1983 : Grenade et la restauration de l’ordre capitaliste mondial (Essf)

25 octobre 1983 : Grenade et la restauration de l’ordre capitaliste mondial (Essf)  dans Anticolonialisme grenadacomix2
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Un prélude aux catastrophiques années 1980…

Il y a 30 ans, le 13 mars 1979, la première révolution de Noir-es anglophones réussissait à renverser le régime néocolonial de Sir Eric Gairy et établissait un gouvernement révolutionnaire dans l’île de Grenade. Cette révolution connaîtra une double défaite : à l’intérieur avec le coup d’État opéré par une faction stalinienne [1] dirigée par Bernard Coard ; à l’extérieur avec l’invasion des marines américaines, le 25 octobre 1983.

L’importance des événements à Grenade Cette île n’est pas plus grande que celle de Martha’s Vineyard et sa population, en 1983, aurait pu remplir le Stade du Centenaire à Montevideo, en Uruguay. Ce stade peut accueillir 108 000 spectateurs. L’importance des événements ne tient donc pas au poids démographique ou encore à l’importance économique de l’Île des épices. Elle tient à d’autres facteurs. Tout d’abord, ce fut le plus grand déploiement militaire étatsunien après la défaite du Vietnam et sa première opération à « visage découvert ». Cela pavera la voie à d’autres interventions du même ordre, notamment au Panama.

L’armée de la superpuissance étatsunienne avait finalement réussi à surmonter le syndrome de la défaite vietnamienne et recomposé sa capacité d’intervention dans le monde. (…)

Essor révolutionnaire et offensive contre-révolutionnaire victorieuse La défaite états unienne au Vietnam en 1975 et l’incapacité de Washington d’intervenir militairement, à cause de la décomposition de son armée, a permis à plusieurs luttes de libération nationale de connaître un succès rapide, du Mozambique à la Guinée-Bissau en passant par l’Angola. Des révolutions ont éclaté un peu partout, du Nicaragua à l’Iran. Même le cœur de l’impérialisme mondial a été ébranlé, du moins à ses pourtours : les dictatures en Grèce et au Portugal ont été renversées et celle de l’Espagne a disparu avec la mort du Caudillo Franco. Un peu partout, les mouvements sociaux ont fait des gains non négligeables et les syndicats, mêmes ceux dont l’origine était de type corporatif ou catholique, se montraient combatifs. Plusieurs d’entre eux se réclamaient du socialisme et étaient tentés par l’action politique ouvrière indépendante des partis bourgeois. Bref, l’époque était plutôt favorable aux dominé-es. Et le monde aurait pu changer de base.

Un des premiers actes de la contre-révolution en marche, l’invasion militaire de Grenade, sera un élément significatif de la restauration de l’ordre capitaliste mondial, une esquisse de la catastro-phique décennie 1980, caractérisée par l’offensive réactionnaire victorieuse, laquelle imposera ce qui est désormais connu comme la mondialisation néolibérale.

Dans les pays capitalistes du Centre, les attaques contre les acquis du mouvement ouvrier ont été ponctuées par les défaites brutales des contrôleurs aériens aux États-Unis en 1981 et des mineurs en Grande-Bretagne en 1984. Les gouvernements Thatcher et Reagan ont pu dès lors imposer leurs politiques monétaristes antisociales — première mouture des politiques néolibérales —, procéder à la privatisation des services publics, affaiblir les droits sociaux et relancer les profits des entreprises.

Dans les autres pays capitalistes dominants, il n’y a pas eu un écrasement du mouvement ouvrier, mais les régressions ont été importantes : le niveau de vie des salarié-es stagnait ou baissait et le salaire indirect (ou salaire social) était en recul. Le mouvement ouvrier était désormais sur la défen- sive. Dans les pays de la Périphérie capitaliste, on a assisté à l’enlisement puis à la défaite des processus révolutionnaires, de l’Iran au Nicaragua, de l’Éthiopie au Burkina Faso, du Salvador à l’Afghanistan. Dans les pays du « socialisme (ir)réellement existant », l’échec de la révolution en Pologne en 1981 et la reconstitution de l’ordre bureaucratique (coup d’État du général Jarulevski) assureront la prédomi- nance des courants favorables à la restauration du capitalisme qui, en 1989, capteront à leur profit les fruits des mobilisations de masse en faveur de la démocratie politique.

En 1979, à la suite de l’invasion par les troupes vietnamiennes du Cambodge des Khmers rouges, ce qui a arrêté le génocide, une guerre a opposé la République populaire de Chine au Vietnam récemment libéré. Au plan intellectuel, les adieux au prolétariat se sont multipliés, de nombreux chan- tres de la « Grande Révolution culturelle prolétarienne » maoïste ont retourné leur veste et condamné toute révolution devenue pour eux synonyme de dictature totalitaire. Le « socialisme » était désormais largement déconsidéré, ce qui au niveau idéologique a laissé le champ libre aux forces réactionnaires. L’analyse de la révolution et de la contre-révolution à Grenade peut nous aider non seulement à comprendre les dynamiques internes au processus tumultueux de la prise du pouvoir par les dominé-es et de la construction d’une nouvelle société, mais également les moyens mis en œuvre par les dominants pour restaurer l’ordre bourgeois. POULIN Richard 13 septembre 2009

* Richard Poulin  Département de sociologie et d’anthropologie  Université d’Ottawa

Lire en entier http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article15019

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27 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Un aperçu de la sombre et véritable histoire du Front National (Npa 32)

Un aperçu de la sombre et véritable histoire du Front National (Npa 32) dans Antifascisme 9782757802939 A lire!

Six hommes pas tout à fait ordinaires Le 5 octobre 1972, dans la salle des Horticulteurs à Paris, le Front national (FN) voit le jour. Le premier bureau politique est composé de six membres.

Jean-Marie Le Pen, président Jean-Marie Le Pen avait participé à l’aventure antirépublicaine et anti-fiscale de Pierre Poujade et il avait été élu député en 1956. Il avait également participé à la Guerre d’Algérie (1954-1962) pendant laquelle il avait pu exprimer toutes ses qualités de tortionnaire.

François Brigneau, vice-président François Brigneau est un ancien membre de la Milice pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945). Créée en 1943, la Milice était l’organisation paramilitaire du gouvernement de Vichy pour lutter contre la résistance et pour traquer les juifs présents sur le sol français.

Alain Robert, secrétaire général Alain Robert est le fondateur du Groupe Union Défense (GUD) en 1968, une organisation étudiante ouvertement fasciste et violente qui a pour objectif de « nettoyer » les universités en chassant les communistes et les étrangers.

Roger Holeindre, secrétaire général adjoint Roger Holeindre est un ancien membre de l’Organisation Armée Secrète (OAS), organisation terroriste et criminelle qui sévissait pendant la Guerre d’Algérie afin que l’Algérie reste, à tout prix, sous domination coloniale française.

Pierre Bousquet, trésorier Pierre Bousquet est un ancien caporal de la division SS Charlemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a fait partie des 300 Français qui ont combattu l’armée rouge à Berlin en avril 1945 pour protéger le bunker d’Hitler.

Pierre Durand, trésorier adjoint Enfin, Pierre Durand est un monarchiste et catholique traditionaliste dans la pure tradition contre-révolutionnaire.

Le « front », une stratégie de renouveau du fascisme Au-delà du parcours de ces hommes, il est important d’étudier les raisons de la naissance du FN. Il est une création de l’organisation fasciste Ordre Nouveau (ON) dont Brigneau et Robert étaient des dirigeants. Née en 1969, ON appelait au « grand nettoyage » pour que la « France revienne aux Français ». Au début des années 1970, ON adopte une stratégie pour sortir l’extrême-droite française de la marginalité qui dure depuis la chute du régime de Vichy en 1944 et pour permettre, à moyen terme, l’instauration d’un régime fasciste en France.

Cette stratégie est celle d’un « front » qui rassemblerait toutes les familles d’extrême-droite françaises. Le chef d’orchestre de cette stratégie est François Duprat, un des dirigeants d’ON. Ancien chef de la section de l’OAS à Toulouse, il est passionné par l’histoire du fascisme. Il est l’auteur d’une Histoire des SS dans laquelle il remet en cause l’existence des chambres à gaz. Il porte le projet du front en s’inspirant du Mouvement Social Italien (MSI). Né en 1946, afin de faire vivre la tradition fasciste en Italie, le MSI choisit la stratégie du front à la fin des années 1960. Le FN va lui emprunter son emblème, la flamme tricolore, symbole de l’immortalité de Mussolini.

À ce sujet, les références au fascisme des années 1920-1930 sont présentes au sein de ces fronts mais toujours de façon implicites.  En effet, la stratégie du front n’est pas seulement l’union des nationalistes, elle est également une entreprise de « respectabilisation » selon le mot de François Duprat. Afin de gagner le peuple, il est impossible d’assumer publiquement une filiation avec les régimes fascistes du passé. Ainsi, le front est une stratégie globale de renouveau du fascisme qui consiste à réunir tous les « patriotes » en adoucissant les discours tout en garantissant les principes fondamentaux et en maintenant une direction éclairée consciente de l’objectif final. En s’appuyant sur une forte mobilisation populaire nationaliste et raciste, le front doit accéder au pouvoir via les élections. Hitler avait montré la voie, le 30 janvier 1933, en étant nommé chancelier de la République allemande suite à la victoire électorale des nazis.

De la marginalité à la percée du FN Lors des dix premières années de son existence, le poids du FN est marginal. En 1978, aux élections législatives, il enregistre un score de 1,6 % avec pour slogan « un million de chômeurs, c’est un million d’immigrés en trop ». Pendant ces années, Jean-Marie Le Pen, l’orateur et le fin politicien, prend le contrôle du parti et s’affirme comme le chef unique et fantasmé. C’est en 1983 que le FN prend son envol, lors des élections municipales. Le parti va profiter d’un contexte de crise (ralentissement de l’économie, montée du chômage) et de l’incapacité de la gauche au pouvoir à régler cette crise. Jean-Pierre Stirbois, candidat FN, devient adjoint au maire à Dreux dans le cadre d’un accord avec la droite.

Aux élections européennes de 1984, le FN remporte 11 % des voix. En 1986, pour les élections législatives, grâce à la proportionnelle, 35 députés frontistes rentrent à l’Assemblée Nationale. Lors des élections présidentielles de 1988 et de 1995, le FN réalise des scores de 14 % et 15 %. En parallèle, au sein de l’extrême-droite, le parti est devenu hégémonique. Le Pen se permet de temps en temps quelques petites sorties comme en 1987:  « les chambres à gaz, point de détail », en 1988 « Durafour crématoire », ou en 1996 « l’inégalité des races ». Ces phrases ne sont en aucun cas des dérapages, elles permettent de rassurer le noyau dur du FN, elles sont un message envoyé par le chef pour dire que l’objectif final reste le même.

Le tournant social et la poursuite du projet de « respectabilisation » En 1995, le parti prend un tournant social et abandonne son programme ultra-libéral. Dans un contexte de morosité écono- mique qui perdure, il se déclare le « parti des travailleurs ». Son slogan devient « Ni droite Ni gauche. Français ! » en s’inspirant du « Ni droite ni gauche » de Mussolini et de la propagande nationale-socia- liste des nazis.

L’objectif est de capter l’électorat populaire « de souche » et les classes moyennes en difficulté. Toutefois, si le programme et les mots changent, les fondamentaux restent. La « préférence nationale » puis la « priorité nationale » ne sont que des variables de la formule originelle « la France aux Fran- çais ». Le programme du parti en 2001 est très clair : « La France est une nation venue du fond des âges, sa population est pour l’essentiel fixée depuis plus de deux millénaires. Elle est principalement issue de la fusion de trois composantes européennes : celte, latine, germanique. Mais l’intégration massive de millions d’immigrés détruit cette identité. Il faut donc inverser le courant de l’immigration ».

Le racisme, le développement ethno-différencié, le culte de la nation, d’une identité homogène fantasmée et la mise en péril de celles-ci face aux « invasions » migratoires sont les principes fonda-mentaux du FN, ceux qui ne changent pas, ceux qui constituent son ADN. Ajoutez à cela les positions autoritaires ou anti-démocratiques et vous obtenez la parfaite synthèse de la pensée fasciste. Par ailleurs, le tournant social se combine à la poursuite du projet de « respectabilisation » désormais nommé dédiabolisation. C’est également en 1995 que Jean-Marie Le Pen renie publiquement l’appellation « extrême-droite ». Il va inonder la presse de droits de réponse et poursuivre en justice ceux qui ne cèdent pas.

La marche vers le pouvoir En 2002, le FN atteint le second tour des présidentielles avec 16,8 %. Malgré un score en baisse lors des présidentielles de 2007 (10,5 %), en 2012 il bat son record avec un score de 17,9 % soit 6 421 426 voix, près d’un million de plus qu’au second tour en 2002 (17,8 %). Le FN est devenu une force politique incontournable. À sa tête depuis 2011, Marine Le Pen ne fait que renforcer le tournant social et l’entreprise de dédiabolisation. Ajoutez à cela l’amplification de la crise du capitalisme et vous obtenez un cocktail explosif, un parti fasciste aux portes du pouvoir au début du XXIe siècle en France.

La conquête du pouvoir à toujours été la perspective du FN. Il a été créé pour cela, Jean Marie-Le Pen a mené le navire pendant près de 40 ans pour cela et sa fille a pris sa succession pour réaliser ce doux rêve du microcosme fasciste des années 1970. La forme est en perpétuelle évolution au FN, mais le fond reste de marbre tout comme l’objectif final, la conquête du pouvoir et la mise en place d’un Etat national fasciste. Le drame actuel n’est pas tant que la majorité de la classe politique ainsi que la majorité du monde médiatique aient abandonné tout travail de diabolisation du FN ou autrement dit de dénonciation de ce qu’il est. Le drame actuel est qu’ils sont devenus les portiers du FN. L’UMP tout comme le PS sont contaminés par les idées fascistes. Sous couvert de course à l’audimat, les médias servent la soupe du FN via le perpétuel amalgame insécurité/immigration tout en accueillant à bras ouvert ses représentants. Le 1er mai 2013, Marine Le Pen exulte: « Nous avons déjà gagné la bataille des idées ». En juin 2013, Florian Philippot (vice-président du FN) déclare: « Tandis que la dédiabolisation est achevée dans le peuple, c’est désormais la quête du pouvoir qui doit être l’objectif majeur pour traduire dans le réel notre domination idéologique.

La catastrophe est proche de se répéter.   De nombreux points de l’histoire du FN n’ont pas été abordés à l’image de ses relations ambiguës avec la droite, l’évolution de ses discours racistes dirigés aujourd’hui principalement contre les musulmans et les Roms ou ses liens permanents avec ses milices, les groupuscules fascistes et violents. La visée principale de cet article est de démontrer historiquement la nature du FN, sa nature fasciste qui en fait notre pire ennemi. Ainsi, nous devons nous unir et combattre ce parti car nous n’avons plus le choix.
J P (Comité du Gers)  Mis à jour le jeudi 24 octobre 2013

http://www.npa32.fr/spip/spip.php?article548

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21 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

La justice de la Commune de Paris (1871)

La justice de la Commune de Paris (1871) dans Histoire ico-commune-1-570x400

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La Commune voulait une justice pour tous, démocratisée et humanisée.
Pour que la justice soit accessible à tous, elle a instauré le principe de l’égalité par la gratuité totale de tous les actes de justice. Les huissiers, notaires, et greffiers recevaient un traitement fixe par les pouvoirs publics.
Comme tous les autres fonctionnaires, tous les magistrats devaient être élus et révocables par le peuple. L’élection par les citoyens se faisait sur une liste de personnes aptes au poste.
Les délégués à la justice visitaient quotidiennement les prisons et organisaient la libération de nombreux détenus. Pour empêcher les actes arbitraires, toute arrestation devait être transmise aux délégués de la justice. La garde à vue par la police était limitée à 24 heures.
Enfin, considérées comme les instruments serviles de la domination monarchique, les guillotines furent saisies et brûlées sur les places publiques, provoquant l’enthousiasme populaire. Car « la vie humaine est inviolable et nul ne doit pouvoir y attenter »…

http://www.npa2009.org/node/39219

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21 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Histoire. Un internement de Tsiganes sorti de l’oubli (LT)

Histoire. Un internement de Tsiganes sorti de l'oubli (LT) dans Antiracisme gendarmes02

Cette page sombre de l’histoire de Moisdon-la- Rivière (44) était oubliée. Désormais, une exposition rappelle que près de 200 Tsiganes ont été internés dans une ardoisière, entre 1940 et 1942.

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Avril 1940 : ordre est donné aux Tsiganes, par un décret-loi du gouvernement de Vichy, de rester « cantonnés » dans des communes que leur assignent les préfets. Officiellement par crainte d’« espionnage ». Mais en octobre 1940, quand les autorités allemandes ordonnent aux autorités françaises de les interner, nul ne s’en émeut réellement. Pour les « nomades », « forains », « romanichels », « bohémiens », « tsiganes » ou « roms » comme les désignent indifféremment les administrations françaises et allemandes, commence alors une terrible période de répression. À Moisdon-la-Rivière, petite commune de Loire-Atlantique située entre Nantes et Rennes, existe l’ancien camp de La Forge.

Le camp jugé insalubre dès 1942  En 1939, il a accueilli plusieurs centaines de républicains espagnols. Un an plus tard, cette ancienne ardoisière, dont subsiste encore notamment une grande grange en pierre, est occupée par plus de 200 Tsiganes, hommes, femmes et enfants. Ils y sont internés dans des conditions particulièrement éprouvantes. L’endroit, encaissé et inondable, fut d’ailleurs jugé tellement insalubre qu’il a été fermé en 1942. « Des enfants sont morts à cause des conditions de vie là-bas, on ne sait pas combien parce qu’on ne retrouve pas grand-chose… Mais on sait aussi qu’il y a eu de la solidarité locale, des gens qui portaient de la nourriture au camp, par exemple », témoigne le prêtre nantais Christophe Sauvé, lui-même membre de la communauté des gens du voyage et défenseur de familles roms. Après sa fermeture en 1942, les prisonniers furent transférés, pour beaucoup, dans le plus important de la trentaine de camps d’internement de Tsiganes de France, à Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire). Au total, selon les historiens, de 6.000 à 6.500 Tsiganes français furent internés, et ce jusqu’en 1946, bien après la libération du territoire national.

« Un anti-tsiganisme fort »  Pour Christophe Sauvé, l’exposition permanente qui a ouvert ses portes ce week-end, à Moisdon-la-Rivière, trouve une résonance dans l’actualité de ce début de XXIe siècle. « Aujourd’hui, un anti-tsiganisme fort, contre les gens du voyage comme contre les Roms, s’installe en Europe, les familles ont peur, elles le disent », souligne celui qui est également président de l’Association nationale des gens du voyage catholiques (ANGVC). « J’ai encore entendu récemment une vieille femme, qui avait vécu l’internement, me dire avant l’exposition : « Il faut pas en parler, sinon ils vont recommencer ». Au contraire, je crois qu’il faut connaître cette histoire, pour que ça ne recommence pas ». Cette exposition, qui prend la forme d’un parcours mémoriel, est présentée dans un lieu à l’histoire méconnue il y a peu encore, y compris à Moisdon, où la première commémoration « n’a eu lieu qu’en 2008 ». Samedi, le vernissage de l’exposition a été réalisé avec l’aide de lycéens et de jeunes de la communauté des gens du voyage. Constituée de panneaux qui retracent l’histoire du camp et l’illustrent à l’aide des rares photos retrouvées et de dessins faits par des lycéens des environs, elle est destinée à demeurer sur le site du camp.21 octobre 2013 Pratiquewww.campdelaforge.moisdon.fr

 

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/finistere/histoire-un-internement-de-tsiganes-sorti-de-l-oubli-21-10-2013-2275193.php

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20 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Albert Bourlon, et la plus longue échappée du Tour (El Pais)

Albert Bourlon, et la plus longue échappée du Tour (El Pais) dans Histoire 9980108-feu-rouge-pour-la-voie-de-la-bicyclette-en-allemagne1

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En 1947, premier tour d’après guerre, il a remporté une étape après une échappée de 253 kilomètres en solitaire

Avec l’intention d’empocher les 50.000 francs de primes distribués dans les 50 premiers kilomètres de l’étape, Albert Bourlon, coureur de l’équipe « Centrale Sud-Ouest » s’échappe dès que Jacques Goddet a donné le signe du départ à Carcassonne. C’est  la 12ème étape du Tour de France 1947, le premier d’après guerre. Son échappée provoque des sourires dans le peloton, habitué aux folles actions de Bourlon, qui ne donnent  jamais rien. Cependant, plus de huit heures plus tard (8h 10m 11s exactement ) et à 253 kilomètres de là, après avoir passé les cols du Portet d’ Aspet et de Port, Bourlon franchit victorieusement la ligne d’arrivée à Luchon, au cœur des Pyrénées . Comme le conte le journaliste Pierre Carrey, avant l’arrivée du peloton, Bourlon eut le temps de demander aux commissaires, en se moquant: « Vous m’avez vu,  cette fois , non? ». Deux jours auparavant, ils avaient juste oublié de l’inclure dans le classement. Après  s’être bien douché , 16minutes 20 secondes après son arrivée , il fut spectateur de l’arrivée du second, le belge Callens.

S’il y a un record impossible à battre sur le Tour, ce n’est pas le nombre de victoires consécutives (cinq pour Indurain, une fois  annulées les sept d’Armstrong) ou le plus grand écart obtenu par une échappée solitaire ( 22mn 50s pour l’espagnol Jose Luis Viejo à l’étape de Manosque en 1976), mais celui de Bourlon: à ce jour, détient celui de la plus longue échappée : la loi ne permet plus les étapes de plus de 250 km. Quand il est décédé mercredi à Bourges, Bourlon avait un autre record du monde, celui du plus vieux géant de la route vivant. Le 23 Novembre , il aurait eu 97 ans.

Après son exploit du Tour 1947, Bourlon, un cycliste, un cycliste d’un autre temps , un cycliste de la trempe de  Coppi, Bartali, Robic, Geminiani, Kubler et Vietto , Bourlon n’a jamais revu le Tour. Aucune équipe ne voulait de lui. «J’étais refusé parce que membre du Parti communiste « , se plaignait Bourlon,  ajoutant que ce militantisme  dérangeait Goddet, le dictateur du Tour. Avant guerre, Bourlon a travaillé chez Renault , où il a excellé dans le domaine de la lutte ouvrière .

Pendant la guerre, en 1940, après l’occupation par les nazis,  Bourlon le communiste fut interné par les Allemands au Stalag Sagan en Pologne, qu’il a tenté de fuir à deux reprises. Bourlon fut transféré dans un autre camp de prisonniers, à Fürstenberg, qu’il réussit à fuir en 1943. Il traversa l’Ukraine, la Slovaquie et la Hongrie  et atteignit la Roumanie en Novembre après le passage du fleuve frontière,  la Tisza ,  gelée à l’époque. A côté de cette échappée, celle de Carcassonne à Luchon était une blague évidemment.  Bourlon , qui a passé un an en Roumanie rejoignit l’équipe Dacia, avec laquelle il a remporté en 1944 la course la plus importante du pays, la Bucarest – Ploesti -Bucarest . Carlos Arribas 17 OCT 2013 – 18:54 CET3 Trad: Npa Brest

http://deportes.elpais.com/deportes/2013/10/17/actualidad/1382028847_833715.html

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16 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

« Un acte politique d’affirmation franquiste » (LM.fr)

 Futurs martyrs de la croisade contre la République
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Béatification controversée de « martyrs » de la guerre civile espagnole

La béatification, dimanche 13 octobre, en Espagne de plus de cinq cents religieux, pour beaucoup morts pendant la guerre civile aux mains de miliciens républicains, a provoqué l’indignation de victimes du franquisme. Alors que le pays peine à faire la lumière sur les exactions commises entre 1936 et 1939, les associations de victimes de la dictature de Francisco Franco ont dénoncé cette béatification comme un « acte politique d’affirmation franquiste ». « Je m’unis de tout cœur à tous les participants à la célébration », a pour sa part déclaré le pape François dans une vidéo enregistrée, qui a été saluée par des applaudissements nourris à Tarragone, sur la côte orientale de l’Espagne, où les organisateurs attendaient notamment deux mille sept cent vingt religieux et près de quatre mille proches des béatifiés. Le gouvernement conservateur était représenté par ses ministres de la justice, Alberto Ruiz Gallardon, et de l’intérieur, Jorge Fernandez Diaz. Le président de la région de la Catalogne, Artur Mas, était aussi présent.

La plus grande béatification de l’histoire de l’église Dédiée aux « martyrs du XXe siècle en Espagne », la cérémonie de béatification de cinq cent vingt-deux religieux, morts pour la grande majorité pendant la guerre civile qui a déchiré l’Espagne entre 1936 et 1939, était présentée par les médias espagnols comme « la plus grande béatification de l’histoire de l’Eglise ». Parmi les béatifiés figurent cinq cent quinze Espagnols et sept étrangers, dont trois Français. Pendant la cérémonie, leurs noms ont été énumérés et une immense affiche avec leurs portraits avait été déployée. Le plus jeune des béatifiés, José Sanchez Rodriguez, membre de l’ordre du Carmel, « a été assassiné à 18 ans contre le mur du cimetière » d’un quartier de Madrid, à l’aube du 18 août 1936, avec sept autres religieux, par « un groupe de miliciens », relatait l’archevêché de Madrid. La plus âgée, sœur Aurora Lopez Gonzalez, avait fui en juillet 1936 son couvent des alentours de Madrid lorsqu’elle « fut prise par les révolutionnaires ». Elle fut « exécutée, probablement dans la nuit du 6 au 7 décembre 1936 » à l’âge de 86 ans. La conférence épiscopale espagnole avait apparemment voulu éviter la controverse politique en ne faisant pas allusion à la guerre civile dans l’annonce de la cérémonie, usant du terme plus large de « martyrs du XXe siècle ». Juste avant la prière de l’Angélus, au Vatican, le pape a été plus explicite, déclarant que ce dimanche « sont proclamés bienheureux à Tarragone environ cinq cents martyrs tués pour leur foi pendant la guerre civile espagnole des années trente du siècle dernier ».

  » Un acte politique d’affirmation franquiste » Pour les associations de victimes de la dictature de Francisco Franco (1939-1975), la béatification était bien un « acte politique d’affirmation franquiste ». « Vous devez savoir que l’Eglise catholique a soutenu le soulèvement militaire de Franco contre la République espagnole en 1936, a considéré la guerre civile comme ’une croisade’ en soutenant les généraux qui s’étaient soulevés, a légitimé la dictature fasciste et la féroce répression que celle-ci a exercée sur les Espagnols », a écrit la Plate-forme pour une commission de la vérité sur les crimes du franquisme, qui affirme rassembler plus d’une centaine d’associations, dans une lettre adressée au pape François et diffusée vendredi. « Après la mort du dictateur, rien n’a changé. (…) D’un côté, la hiérarchie catholique espagnole (…) honore certaines victimes avec des béatifications et canonisations en masse et de l’autre, elle oublie celles de la répression franquiste », poursuivait-elle en réclamant l’annulation de la cérémonie.

Parmi les milieux les plus progressistes de l’Eglise, minoritaires en Espagne, des voix s’étaient aussi élevées avant la béatification. « Soixante-quinze ans après ces faits, la hiérarchie de l’Eglise catholique semble vouloir maintenir ouvertes les blessures, en honorant massivement les victimes d’un seul camp », écrivait à la fin de septembre dans un éditorial Redes Cristianas, une plate-forme qui dit réunir « plus de deux cents (…) mouvements catholiques de base » en Espagne. Malgré la pression internationale accrue ces dernières semaines, avec une demande des Nations unies d’enquêter sur le sort de dizaines de milliers de disparus victimes du franquisme et une enquête ouverte par la justice argentine, l’Espagne invoque une loi d’amnistie pour refuser d’ouvrir ce douloureux dossier.

* Le Monde.fr avec AFP | 13.10.2013 à 17h21 • Mis à jour le 13.10.2013 à 17h33.

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article30043

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14 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

17 octobre 1961 17 octobre 2013, 52ème Anniversaire, Vérité et Justice

17 octobre 1961 17 octobre 2013, 52ème Anniversaire, Vérité et Justice  dans Antiracisme police

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre feu discriminatoire qui leur avait été imposé par Maurice Papon, préfet de police de Paris. Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés – notamment par la « force de police auxiliaire » – ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrême des forces de police.

52 ans après, la Vérité est en marche. Cependant, la France n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu’elle a menées, – en particulier la Guerre d’Algérie – non plus que dans le cortège de drames et d’horreurs qu’elles ont entraînés, comme ce crime d’Etat que constitue le 17 octobre 1961. L’an dernier, le Président de la République a certes fait un premier pas important, en déclarant « Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes. » Mais le terme de crime n’est pas repris, et la responsabilité, sous entendue, n’est pas clairement définie, Certains osent encore aujourd’hui continuer à parler des « bienfaits de la colonisation », à célébrer le putsch des généraux à Alger contre la République, à « honorer » les criminels de l’OAS.

Dans ce domaine, il est donc nécessaire que des mesures significatives soient prises :
- Redéfinition de la « Fondation pour la mémoire de la Guerre d’Algérie « , (dotée de plus de 7 millions d’euros), créée en application de l’article 3 de la loi du 23 février 2005 (dont l’abrogation est demandée sous sa forme actuelle) vantant les « aspects positifs de la colonisation ». Cette Fondation est sous la coupe d’associations nostalgiques de l’Algérie Française qui voudraient exiger des historiens qu’ils se plient à la mémoire de « certains » témoins.
- Pour être fidèles à leur mission scientifique, les historiens ont besoin de pouvoir accéder librement aux archives, échapper aux contrôles des pouvoirs ou des groupes de pression et travailler ensemble, avec leurs homologues de l’autre rive de la Méditerranée.
- La vérité doit être dite sur l’organisation criminelle de l’OAS que certains, au sein de l’ancienne majorité présidentielle ont voulu réhabiliter.

Ce n’est qu’à ce prix que pourra disparaître la séquelle la plus grave de la Guerre d’Algérie, à savoir le racisme dont sont victimes aujourd’hui nombre de citoyennes et citoyens, ressortissants d’origine maghrébine ou des anciennes colonies, y compris sous la forme de violences policières récurrentes, parfois meurtrières.

On ne construit pas la démocratie sur des mensonges et des occultations. Après un demi-siècle, il est temps :
- Que le Président de la République, au nom de la France, confirme, par un geste symbolique, la reconnaissance et la condamnation de ce crime d’état
- que la Fondation pour la Mémoire de la Guerre d’Algérie soit redéfinie sur des bases totalement différentes.
- que l’Etat français reconnaisse sa responsabilité dans l’internement arbitraire, pendant la Guerre d’Algérie, d’Algériens dans des camps.
- que l’Etat français reconnaisse sa responsabilité dans l’abandon des harkis, les massacres et l’enfermement dans les camps en France en 1962.
- que la liberté d’accès aux archives soit effective pour tous, historiens et citoyens.
- que la recherche historique sur ces questions soit encouragée, dans un cadre franco-algérien, international et indépendant.

A l’occasion de ce 52ème anniversaire, nous exigeons Vérité et Justice. Rassemblement le 17 Octobre 2013 à 18h au Pont Saint Michel à PARIS

Signataires (au 12 octobre 2013) :

Associations : 4ACG (Anciens Appelés à la Guerre d’Algérie et leurs Amis contre la Guerre), 17 Octobre Contre l’Oubli, 93 Au Cœur de la République, ACCA (Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hu), Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Féraoun et leurs Compagnons, AHDH (Association Harkis droits de l’Homme), ANPROMEVO (Association Nationale pour la Protection de la Mémoire des Victimes de l’OAS), Au Nom de la Mémoire, ARAC (Association Républicaine des Anciens Combattants), Comité Vérité et Justice pour Charonne, FNACA Paris (Fédération Nationale des Anciens Combattants AFN de Paris), LDH (Ligue des Droits de l’Homme), MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié des Peuples), Réseau Féministe Ruptures, Sortir du Colonialisme,

Syndicats : FSU (Fédération Syndicale Unitaire), Fédération SUD Education, URIF-CGT (Union Régionale Ile de France de la Confédération Générale du Travail),

Partis Politiques : AL (Alternative Libertaire), NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) PCF (Parti Communiste Français), PG (Parti de Gauche)

Communiqué du Collectif du 17 octobre : Vérité et justice

Cette année encore, le « Collectif du 17 octobre » appelle à un rassemblement au Pont Saint Michel le 17 octobre 2013 à 18h30 pour commémorer le 52ème anniversaire du crime d’état commis le 17 octobre 1961, en plein cœur de Paris.

Trois raisons principales motivent ce rassemblement :
- Ne pas oublier ce crime, perpétrer la mémoire des centaines de victimes.
- Reconnaître et condamner ce crime d’état
- Ouvrir largement les archives (dans un cadre franco-algérien, indépendant) pour que toute la vérité soit enfin connue et que justice puisse être rendue

On se rappelle que l’Élysée diffusait enfin un communiqué, le 17 octobre 2012, 2 heures avant le rassemblement du Pont Saint Michel, tout en refusant de recevoir les responsables des associations animant le « Collectif du 17 Octobre ».

Le texte de ces 3 phrases était :
« Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression.
« La République reconnaît avec lucidité ces faits.
« Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes. »

L’expression du Président était bien en retrait de celui du candidat, un an auparavant, qui réclamait, en, signant la pétition du « Collectif 17 Octobre » sur Médiapart. La reconnaissance et la condamnation de ce crime d’état ne figurent pas dans cette déclaration. A quand un geste symbolique ?

http://www.mrap.fr/histoire-et-memoire/17-octobre-1961/17-octobre-1961-17-octobre-2013-52eme-anniversaire-verite-et-justice

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14 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Vo Nguyen Giap et le combat de libération au Vietnam (Essf)

Vietnam War. One of the most famous pictures from the Vietnam war in .gif form.

Le général Vo Nguyen Giap est mort à Hanoi le 4 octobre 2013, à l’âge de 102 ans. Militant anticolonialiste, puis communiste, depuis les années 1930, il est devenu le responsable politico-militaire vietnamien le plus renommé, connu notamment pour son rôle dans la bataille de Diên Biên Phu qui sonne le glas de l’Empire français.

Après Ho Chi Minh – « l’Oncle Ho » dont il était proche –, Vo Nguyen Giap est le seul dirigeant du Parti communiste vietnamien de renommée internationale. Si bien d’autres cadres du PCV mériteraient d’être mieux connus, ce prestige n’est pas volé : au sein d’une direction collégiale, Giap incarne de par ses fonctions successives le versant politico-militaire d’un combat de libération nationale mené 30 ans durant face aux occupations japonaise, française et états-unienne.

Dès la Seconde Guerre mondiale, il est chargé de constituer les Brigades de propagande armées qui donneront naissance – après la Révolution d’Août 1945, la proclamation de l’indépendance du pays, puis la nouvelle invasion française en 1946 – à l’Armée populaire dont il devient le commandant en chef. En 1954, il joue un rôle majeur dans la victoire vietnamienne de Diên Biên Phu qui sonne le glas de l’Empire colonial français. Après une mise à l’écart dans les années 1960, il occupe à nouveau des responsabilités centrales dans les offensives de 1973-1975 qui conduisent à la chute du régime de Saigon et à une fuite désordonnée des dernières forces US.

Initialement, la pensée militaire vietnamienne et l’organisation de l’armée de libération doivent beaucoup au précédent maoïste et à l’aide de conseillers chinois. Les principes de la « guerre du peuple » sont les mêmes, mais ils ont dû être adaptés à un contexte différent : impossible au Vietnam de jouer comme en Chine sur l’immensité géographique et démographique ou la rivalité entre impérialismes (sauf en 1945). Le PCV a notamment déployé comme jamais auparavant le champ d’action politique et diplomatique international : aider au développement des très divers mouvements de solidarité, réduire le coût de la fracture sino-soviétique, imposer progressivement son autorité propre dans les négociations de paix…

Le lien entre mobilisation militaire en masse, Front de libération nationale et révolution sociale est l’un des principes de base de ladite « guerre du peuple ». En ce domaine, tous les textes de référence vietnamiens soulignent les dangers symétriques du « gauchisme » (réduire le front de résistance nationale par des mesures sociales trop radicales) et « opportunistes » (démobiliser le peuple paysan en ne répondant pas à ses attentes en matière de réforme agraire). L’originalité des écrits de Vo Nguyen Giap est de ne pas s’en tenir à des généralités, mais d’indiquer, fusse brièvement, quand le PCV a commis de telles erreurs.

Marginalisé au bureau politique par le déclin d’Ho Chi Minh – qui meurt en 1969 –, Giap a gardé une rare liberté de parole. Il mène bataille contre le « noyau dur » de la direction du parti et le « modèle chinois », ses erreurs « de gauche » (telle la réforme agraire au Nord Vietnam) ou « de droite » (telle l’ouverture tous azimuts au marché mondial). Il engage encore en 2009 l’un de ses derniers combats, contre un projet gigantesque et destructeur d’exploitation par les Chinois de mines de Bauxites à ciel ouvert sur les hauts plateaux du Sud – avec un certain succès.

Exclut du comité central en 1996, Vo Nguyen Giap n’était pas en odeur de sainteté au sein de la direction du PCV, mais il a gardé un très grand prestige non seulement sur le plan mondial, mais aussi au Vietnam. En témoigne l’affluence considérable aux cérémonies officielles en son honneur, le 13 octobre, dans de nombreuses villes : notamment à Hanoi, dans sa province natale de Quang Binh, à Ho Chi Minh Ville (Saigon). Une affluence spontanée, du Nord au Sud, avec la présence très notable d’une jeunesse qui n’a pas connu les années de guerre.

ROUSSET Pierre * Article écrit pour l’Anticapitaliste, hebdomadaire du NPA (France). Une version plus longue de cet article sera ultérieurement mise en ligne sur ESSF. 14 octobre 2013

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article30039

Commentaire: Gif: exécution d’un Viet Cong pendant l’offensive du Têt 1968

 

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13 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

1914-1918, fusillés pour l’exemple : la barbarie impérialiste

1914-1918, fusillés pour l’exemple : la barbarie impérialiste dans Antimilitarisme world-war-one-o

Alors que l’État se prépare à commémorer le centième anniversaire de la Première Guerre mondiale, cette première grande boucherie impérialiste, une commission officielle d’historiens a remis au ministre des Anciens Combattants, Kader Arif, un rapport au sujet de la réhabilitation des soldats fusillés pour l’exemple.
Près de 2 500 condamnations à mort furent prononcées et plus de 600 exécutées dont environ  430 l’ont été en 1914 et 1915 après des conseils de guerre improvisés et sommaires. Sur un front qui n’était qu’un immense charnier, sous les obus et la mitraille, des hommes ont eu peur, ont refusé de partir à l’assaut, de tuer ou encore d’obéir à des ordres absurdes donnés par des officiers paniqués. À ces condamnations sommaires s’ajoutent les exécutions sommaires ou les soldats sacrifiés dans des expéditions sans retour.

Féroces avec les révoltés… En 1917 a lieu une véritable répression contre la vague des mutineries du Chemin des Dames provoquée par la folle et criminelle offensive décidée par le général Nivelle. Face à l’entêtement de l’état-major, des mutineries éclatent et gagnent progressivement toutes les armées le long du front pendant huit semaines. Elles toucheront 68 divisions sur les 110 qui composent l’armée française. À Craonne, lors des sanglants assauts commandés par Nivelle, ce sont 30 000 hommes qui meurent en 10 jours, 100 000 sont blessés. Sur environ 3 500 condamnations prononcées par les conseils de guerre contre les soldats mutinés, il y eut 1 381 condamnations aux travaux forcés ou à de lourdes peines de prison et 554 condamnations à mort, dont beaucoup furent cependant amnistiées par Poincaré.
Cent ans après le début de la première guerre pour le partage du monde entre puissances impérialistes, l’opprobre indigne jeté sur ces soldats n’est pas effacée.

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En 1998, dans un discours prononcé sur le plateau de Craonne, Lionel Jospin avait appelé à ce que « ces soldats fusillés pour l’exemple au nom d’une discipline dont la rigueur n’avait d’égale que la dureté des combats réintègrent aujourd’hui pleinement notre mémoire collective nationale». Sa déclaration avait suscité une levée de boucliers à droite pour qui la réhabilitation n’était «pas le meilleur exemple à    donner » ! Aujourd’hui encore, il se trouve des associations pour refuser une réhabilitation collective de tous les fusillés. « Une solution inenvisageable » pour l’UNC (Union nationale des combattants). « Sur les monuments aux morts, les noms de violeurs seraient alors au côté des noms de soldats morts pour la France. C’est impensable », ose affirmer le général Schmitt ! L’État de la bourgeoisie, ses serviteurs galonnés ont la haine et la morgue tenaces.

Cléments avec les criminels ! Par contre, ils ont fait preuve de la plus grande mansuétude à l’égard des dirigeants politiques de l’époque, les Clemenceau et autres responsables de « cette guerre infâme ». Ils n’ont jamais songé à sanctionner ces généraux qui, par aveuglement ou pour leur seule gloire personnelle, par mépris des poilus, simples ouvriers et paysans, ont envoyé à la mort des vagues d’assaut entières. Ils étaient pourtant coupables de crimes de masse. Jaurès avait raison quand il disait dans son dernier discours, à Lyon, le 25 juillet 1914, peu avant d’être assassiné : « Quoi qu’il en soit, citoyens, et je dis ces choses avec une sorte de désespoir, il n’y a plus, au moment où nous sommes menacés de meurtre et de sauvagerie, qu’une chance pour le maintien de la paix et le salut de la civilisation, c’est que le prolétariat rassemble toutes ses forces qui comptent un grand nombre de frères, Français, Anglais, Allemands, Italiens, Russes et que nous demandions à ces milliers d’hommes de s’unir pour que le battement unanime de leurs cœurs écarte l’horrible cauchemar. »

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Yvan Lemaitre Samedi 12 octobre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 212 (10/10/2013)

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« Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront, car c’est pour eux qu’on crève. Mais c’est fini, car les troufions vont tous se mettre en grève. Ce s’ra votre tour, messieurs les gros, de monter sur l’plateau, car si vous voulez la guerre, payez-la de votre peau ! » La chanson de Craonne (chanson anonyme de 1917)

 

 

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