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21 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

avortement: le droit des femmes se prend une grande claque en espagne (rue 89)

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En Espagne, le Conseil des ministres a approuvé (après cinq tentatives ratées) ce vendredi la réforme de la loi sur l’avortement.

Le nouveau texte s’appellera « loi organique de protection de la vie de la personne conçue et des droits de la femme enceinte ». Si le texte est adopté par le parlement, il s’agira d’un extraordinaire retour en arrière de 30 ans. La grossesse ne pourra être interrompue volontairement que dans deux cas :

  • si elle présente un grave danger pour la santé physique et psychique de la mère constaté par (le délai est de 22 semaines)
  • ou si elle est le fruit d’un viol (il faut qu’il fasse l’objet d’une plainte et le délai est alors de 12 semaines)

Le fait que le fœtus soit atteint d’une malformation grave ne sera plus un motif d’avortement. « Il n’y a pas de première ou seconde catégorie », selon le gouvernement. La loi autorise en revanche l’objection de conscience pour les médecins du secteur public qui refuseraient de pratiquer l’intervention pour des raisons idéologiques. Les mineures de 16 et 17 ans n’auront plus la possibilité de passer outre la volonté parentale et devront avoir leur accord pour demander une interruption de grossesse.

Un retour en arrière de 30 ans

L’avortement ne sera donc plus un droit de la femme mais un « délit régulé ». Cette régression était une promesse électorale du gouvernement conservateur du premier ministre Mariano Rajoy. Jusqu’à présent, une femme en Espagne pouvait demander l’interruption de sa grossesse jusqu’à quatorze semaines sans avoir à justifier sa décision.

« La vie de l’enfant à venir [“el concebido”, le conçu, ndlr] et pas encore né représente une valeur fondamentale, » a expliqué le ministre de la Justice Alberto Ruiz-Gallardon. « Et l’Etat est obligé de la défendre. » Pour lui, ce projet de loi permet de rééquilibrer les droits de la femme et ceux de l’enfant à venir.

Les mouvements de gauche et féministes se préparent à une mobilisation exceptionnelle avant le débat devant le parlement pu le parti populaire au pouvoir détient la majorité absolue. Si elle est votée, la loi « la plus restrictive depuis le retour de la démocratie “selon El Pais, renverra l’Espagne 30 ans en arrière. Dans une déclaration qui enflamme déjà les progressistes espagnols, le ministre de la Justice a dit : ‘La femme n’est jamais coupable, la femme est toujours victime.’Signalé par
Blandine Grosjean

http://www.rue89.com/2013/12/20/avortement-droit-femmes-prend-grande-claque-espagne-248502

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21 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

charte d’amiens

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Le cas d’Edouard Martin nous permet de revenir sur cette mystérieuse « charte » (note du blog)

Syndicalisme révolutionnaire

Rarement un texte voté dans un congrès syndical aura connu une notoriété aussi importante et aussi durable. À tel point que, depuis 100 ans maintenant, le mouvement ouvrier français a connu de multiples confrontations au nom de la « défense de la Charte d’Amiens ».

La Charte d’Amiens reconnaît « l’entière liberté pour le syndiqué, de participer, en dehors du groupement corporatif, à telles formes de lutte correspondant à sa conception philosophique ou politique, se bornant à lui demander, en réciprocité, de ne pas introduire dans le syndicat les opinions qu’il professe au dehors ». Elle poursuit par l’affirmation que le syndicat n’a pas « à se préoccuper des partis et des sectes qui, en dehors et à côté, peuvent poursuivre en toute liberté la transformation sociale ». La revendication d’indépendance du syndicat par rapport aux partis est sans ambiguïté. Mais rien – et surtout pas l’histoire de son adoption – n’autorise, comme cela a trop souvent été le cas, à donner une traduction simpliste, du genre « le syndicat ne doit pas faire de politique ».

Lorsque la Confédération générale du travail (CGT) se réunit en congrès à Amiens, en octobre 1906, l’organisation syndicale existe déjà depuis onze ans. En 1902, elle s’est renforcée avec l’intégration en son sein de la Fédération nationale des bourses du travail.

Stratégie

La majorité de ses animateurs se réclament de l’anarcho-syndicalisme et du syndicalisme révo- lutionnaire. Et si ses militants sont extrêmement méfiants par rapport aux partis qui se réclament de la classe ouvrière et du socialisme, ce n’est pas tant par refus abstrait de la politique « en général » que par opposition à l’orientation politique particulière des différents courants socialistes. Ceux-ci se sont unifiés, en 1905, au sein de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO). Et ce que conteste la CGT, c’est très précisément la prétention d’une SFIO déjà largement marquée par les tentations électoralistes, municipales et parlementaires, à jouer un rôle dirigeant pour l’éman-cipation ouvrière.

De fait, le congrès d’Amiens ne va pas « inventer » l’indépendance de la CGT, déjà intégrée à ses statuts adoptés dès 1902. Mais il va la réaffirmer avec force. Des délégués proches du Parti socialiste, emmenés par Victor Renard, dirigeant de la fédération du textile, proposent que « des relations s’établissent entre le comité confédéral et le conseil national du Parti socialiste [...] pour faire plus facilement triompher ces principales réformes ouvrières ».

Après un débat où s’expriment longuement les trois principaux courants de la CGT – réformistes, révolutionnaires et pro-SFIO – cette motion sera très largement repoussée : 34 pour, 724 contre et 37 abstentions. Ce score sans appel voit l’addition des voix des délégués révo- lutionnaires – le courant le plus important – et des réformistes. Ils divergent sur l’objectif : les uns veulent renverser le capitalisme et changer radicalement la société, les autres pensent plutôt à améliorer la condition ouvrière, quel que soit le système. Mais, pour tous, le seul instrument fiable pour atteindre le but qu’ils se fixent, c’est la l’autonomie ouvrière et la lutte syndicale contre les patrons et l’État. Et sûrement pas le rapprochement avec les partis politiques !

Une fois écartée cette dernière orientation, le congrès va adopter une motion – la future Charte d’Amiens – par 830 voix pour, 8 contre et 1 abstention. Ce document ne se contente pas de confirmer que « la CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat », ce qui n’est déjà pas rien.

Il définit un véritable programme pour le syndicalisme : « reconnaissance de la lutte de classe » et « réalisation d’améliorations immédiates, telles que la diminution des heures de travail, l’augmentation des salaires, etc. ». Mais, pour les congressistes d’Amiens, le rôle du syndicat va bien au-delà : « Il prépare l’émancipation intégrale qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste ; il préconise comme moyen d’action la grève générale et il considère que le syndicat, aujourd’hui groupement de résistance, sera, dans l’avenir, le groupement de production et de répartition, base de réorganisation sociale. »

Voilà qui explique la postérité de la Charte : en quelques mots… tout est dit ! Le syndicalisme a un point de départ : la lutte des classes et la bataille pour des améliorations immédiates. Il a un horizon : une société débarrassée des capitalistes et reposant sur l’association des producteurs. Et une stratégie : la grève générale expropriatrice. Pas un refus de la politique, donc. Mais l’adoption d’une politique révolutionnaire !

Débat récurrent

La suite de l’histoire ne fut pas à la hauteur de ces ambitions : en 1914, comme ceux de la SFIO, les dirigeants de la CGT rejoignirent l’Union sacrée contre l’Allemagne et des millions de travailleurs périrent pour le seul profit de leurs patrons. Mais, en 1915, lors la conférence de Zimmerwald regroupant, autour de Lénine et de Trotsky, une poignée d’internationalistes opposés à la guerre impérialiste, la délégation française était constituée de syndicalistes révolutionnaires de la CGT. Après la naissance du Parti communiste en 1920, Trotsky s’efforça de convaincre Pierre Monatte et Alfred Rosmer de rejoindre celui-ci. Pour les dirigeants bolcheviques, seule l’adhésion des syn- dicalistes révolutionnaires pouvait réellement le transformer en un authentique parti révo- lutionnaire.

La référence à la Charte d’Amiens, majoritaire dans le mouvement syndical français, ne l’a pas prémuni contre la subordination aux stratégies politiques des partis réformistes. Pendant plusieurs dizaines d’années, la CGT a été soumise aux orientations du PCF, tandis que les directions de FO, de la CFDT ou de la défunte Fédération de l’Éducation nationale avaient partie liée avec le PS. Mais cette référence fut assez puissante pour que, aujourd’hui encore, les dirigeants socialistes – notamment ceux, de moins en moins nombreux, qui s’intéressent encore à l’histoire du mouvement ouvrier – lui attribuent leur incapacité à construire un grand parti social-démocrate adossé à un syndicat, comme c’est le cas dans de nombreux pays d’Europe du Nord.

Périodiquement, le débat resurgit. Dans les années 1960, la CFDT vit s’affronter partisans de la « stratégie autonome » et partisans de la « stratégie commune » avec les partis de la « gauche non communiste ». Les grèves de novembre et décembre 1995 ont remis au goût du jour la discussion sur « l’autonomie du mouvement social ». Fondamentalement, ce débat récurrent ne porte pas sur la forme : rapports entre partis et syndicats. Comme en 1906, il porte sur le fond : transformation révolutionnaire de la société ou soumission aux stratégies d’occupation des institutions.

François Duval Rouge2154, 13/04/2006

http://orta.dynalias.org/archivesrouge/article-rouge?id=2348

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21 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Le caractère national de l’école et de l’université (al’e)

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Une question décisive

Pour bien des militants qui observent la situation française, la volonté des défenseurs de l’école publique de préserver le cadre national des programmes et des diplômes est parfois peu facile à comprendre, car dans d’autres pays, toute velléité du pouvoir central de renforcer son contrôle sur les écoles ou les universités est perçue comme une tentative caporaliste inacceptable.

Ces différences d’approches traduisent l’histoire différente des luttes de classes selon les pays et la manière dont les bourgeoises ont constitué leur État respectif et développé un système d’en- seignement public. Sur ce plan, la situation française reste marquée par la révolution bourgeoisie de 1789 qui a construit un État fortement centralisé pour briser les reins à l’ancien régime et à ses pouvoirs locaux. De la même manière, la bourgeoisie du XIXe siècle qui avait encore, histo-riquement, un rôle progressiste à jouer, a combattu l’obscurantisme clérical en organisant un enseignement public très centralisé et unifié : un seul programme pour chaque niveau, les mêmes horaires pour tous, le même calendrier de vacances scolaires, et le même statut pour les instituteurs.

Cela répondait en particulier aux besoins de la bourgeoisie industrielle et des banques.

Depuis plusieurs décennies, cette bourgeoisie – qui n’a plus, depuis belle lurette, de caractère progressiste – a entrepris de remettre en cause le caractère public et national de cet enseignement. Le régime du général de Gaulle développa le financement des écoles privées, généralement cléri-cales, et les gouvernements successifs, dont ceux des années Mitterrand puis du gouvernement Jospin, entreprirent de fissurer et d’affaiblir ce caractère national. Ces « réformes » successives provoquèrent d’importantes mobilisations.

Combats en défense du caractère public et national de l’enseignement

Toute l’histoire de la lutte des classes en France depuis la prise du pouvoir par de Gaulle en 1958 est jalonnée par d’importantes, voire gigantesques mobilisations en défense de l’école publique et de l’université. Parfois, ces mobilisations se traduisirent par une défaite. D’autres fois par un succès, mais jamais définitif, la bourgeoisie revenant inlassablement à la charge. Ainsi l’historique mobilisation contre la loi Debré (qui organisait le financement des écoles religieuses) se traduisit par la collecte de plus de 10 millions de signatures et par une immense manifestation (près de 400 000 manifestants) à Vincennes le 19 juin 1960. Mais les organisateurs refusèrent de marcher sur Paris comme le voulaient nombre de manifestants : ces dirigeants, notamment syndicaux ayant ainsi choisi de protéger le gouvernement, la loi Debré votée en 1959 ne fut pas abrogée et s’applique toujours.

À l’inverse, la puissante mobilisation, en 1986, des étudiants et des lycéens contre le projet de loi du ministre de l’enseignement supérieur Devaquet qui prétendait instaurer la sélection à l’entrée de l’université – mobilisation qui culmina avec une exceptionnelle manifestation à l’Assemblée nationale (au cours de laquelle fut sauvagement tué l’étudiant Malik Oussekine), se termina par la débandade des ministres du gouvernement Chirac.

On pourrait prendre d’autres exemples. Mais, échec ou succès provisoire, l’essentiel est que ces mobilisations ont formé des générations de militants, qui ont intégré – quasi comme un réflexe – deux acquis pratiques : la nécessaire auto-organisation des mobilisations (ce qui ne veut pas dire le rejet des syndicats) et la nécessité de centraliser le combat contre le gouvernement et sa politique. De là résulte, à chaque vague de mobilisation, la constitution de coordinations nationales qui tendent à fonctionner comme un comité central de grève.

Enseignement national et diplômes nationaux

Il résulte de cette histoire et de ces combats une conviction qui est très fortement enracinée parmi les travailleurs, et en particulier parmi les militants syndicaux et politiques « ouvriers », selon laquelle ce sont toujours les couches les plus réactionnaires qui veulent démolir le caractère national et gratuit de l’enseignement public, et que ce sont les mobilisations des enseignants, des lycéens et des étudiants appuyés sur le mouvement ouvrier, qui défendent le caractère centralisé et national de l’enseignement, de ses moyens financiers, de ses programmes et de ses diplômes.

Certains en arrivent d’ailleurs ainsi à valoriser l’école « de la République » en oubliant qu’il s’agit d’une République bourgeoise et d’une école originellement construite pour les besoins du capitalisme. Il n’en reste pas moins que la gratuité de cet enseignement public, qui plus est protégé du contrôle des Eglises, demeure un acquis qu’il convient de défendre, et cela d’autant plus que la classe ouvrière a pu imposer qu’un nombre croissant de ses enfants puisse faire des études de plus en plus longues, même si l’inégalité sociale perdure fortement dans le système scolaire et l’enseignement supérieur (et, contrairement aux discours officiels, les réformes en cours accentuent cette inégalité).

Cela est d’autant plus vrai que ce système centralisé a, durant plus d’un siècle, délivré un ensemble de diplômes nationaux ayant une « valeur » nationale. Certes, cela correspondait alors aux besoins du patronat, mais cela est devenu une arme aux mains des travailleurs dans la mesure où ces diplômes et qualifications sont la base des conventions collectives, et limitent ainsi la concurrence entre les travailleurs. C’est d’ailleurs pour cette raison que la bourgeoisie (et le gouvernement actuel) ne cesse de vouloir démanteler ces diplômes nationaux, en cherchant à les remplacer par des « compétences individuelles » enregistrées sur un livret personnel : une sorte de néo-livret du travail rappelant le livret qui existait au XIXe siècle.

Dès lors, les positions de chacun sont clairement identifiées : et les militants révo- lutionnaires, les courants syndicaux « lutte de classe » combattent au côté de tous ceux qui défendent, pour l’école publique, un cadre national (programmes nationaux et diplôme nationaux) et des personnels protégés par un statut national. Les qualifications et diplômes nationaux étant des éléments substantiels des conventions collectives, il est donc possible de souder sur cette base, dans un même combat, les personnels de l’enseignement avec l’ensemble des salariés ainsi qu’avec les étudiants et les lycéens, et avec leurs organisations respectives. C’est en particulier quand se réalise une telle unité que peut être infligée une défaite au gouvernement, comme ce fut le cas en 1986 (avec retrait de la loi du ministre Devaquet), et en janvier 1994 lorsqu’un million de manifestants imposèrent le retrait d’un article décisif de la loi Bayrou accroissant le financement de l’école privée.

Une telle unité peut aussi se réaliser en défense du droit du travail, comme ce fut notamment le cas en 2006 quand se réalisa un front unique pour imposer, après trois mois de grèves et manifestations, l’abrogation du décret décidé par Dominique de Villepin, premier ministre de Chirac, instaurant l’inacceptable Contrat première embauche (CPE).

De telles alliances entre la classe ouvrière, la jeunesse et les personnels de l’éducation font partie des pires cauchemars de tout premier ministre au pouvoir à Paris.

Serge Goudar 19 décembre 2013

http://alencontre.org/europe/france/france-premieres-difficultes-du-gouvernement-face-a-la-resistance-des-enseignants-des-parents-et-des-etudiants.html

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20 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

du syndicalisme à la politique (jdd)

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Un passage pas si original

Edouard Martin n’est pas le premier syndicaliste à s’engager en politique. Certains combats syndicaux ont été des tremplins pour leurs leaders qui ont entamé ensuite une carrière politique. Explications.

Des meneurs syndicaux très courtisés

Avec la crise économique, de nombreux leaders syndicaux ont été médiatisés, notamment au moment de l’élection présidentielle en 2012. Ce sont souvent des responsables locaux, qui luttent contre la fermeture de leur usine ou des licenciements secs sur leur site. Des figures locales qui parlent directement aux électeurs. C’est le cas d’Edouard Martin, qui a officialisé sa candidature comme tête de liste socialiste aux prochaines européennes.

Les formations de gauche radicale, comme le Parti communiste, le Parti de gauche ou le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), recrutent aussi régulièrement dans les rangs syndicaux. A la tête d’une local Sud-PTT, Olivier Besancenot a ainsi mené une grève très médiatisée des facteurs en 1998-1999 dans les Hauts-de-Seine avant de devenir, bien plus tard en 2007, candidat de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) à l’élection présidentielle. Aujourd’hui, la LCR, devenue NPA, a recruté Pierre Le Ménahès, l’ancien métallo syndiqué à la CGT qui s’était rendu célèbre en tenant tête à Nicolas Sarkozy pendant un débat télévisé en mars 2012.

Des rapports ambigus entre deux mondes Le syndicalisme français est bien plus proche du champ politique que dans d’autres pays européens. Stéphane Sirot, sur le site Atlantico, explique ainsi que la Charte d’Amiens, qui définit le statut du syndicalisme en France, « consiste en fait à considérer que le syndicat suffit à tout : il soutient la revendication prosaïque tout en préparant la grève générale qui doit mener à une transformation radicale de la société ». « Le rapport du mou- vement syndical au champ politique est plus intense ici qu’ailleurs, dans la mesure même où l’organisation ouvrière se considère comme dépositaire des grands changements de l’avenir », complète le chercheur.

Avec la Ve République, les syndicats ont renoncé à renverser le système capitaliste et se sont rapprochés des organisations partisanes. La CGT relaie ainsi les idées communistes et, depuis 2012, celles du Front de gauche. La CFDT, partenaire privilégiée des gouvernements Jospin puis Ayrault, a souvent soutenu des réformes socialistes. Si Force ouvrière s’est toujours défendue d’avoir des rapports privilégiés avec un parti, la CFTC et plus encore la CFE-CGC sont marquées au centre-droit.

Des origines syndicales chez des élus de gauche comme de droite Edouard Martin, délégué CFDT, n’est pas le premier à avoir franchi le pas. Parmi les élus les plus célèbres passés par le syn-n dicalisme, on peut citer Arlette Laguiller, qui a œuvré pendant huit ans dans les instances de la CGT avant de cofonder Lutte ouvrière en 1968. José Bové, leader du syndicalisme agricole de 1983 à 2003 (notamment au sein de la Confédération paysanne qu’il a cocréé), a, lui été élu eurodéputé écologiste en 2009.

La droite a aussi su recruter au sein des syndicats. Christian Jacob, aujourd’hui patron des députés UMP, fut président des Centre national des Jeunes agriculteurs (CNJA). De novembre 1998 jusqu’au printemps 2010, Bruno Beschizza, aujourd’hui conseiller régional et spécialiste des questions de sécurité à l’UMP, a été secrétaire général du syndicat de police Synergie-Officiers.

Plus flagrant encore, l’Union nationale des étudiants de France (Unef), marquée à gauche, est quasiment considérée comme une écurie du Parti socialiste. François Hollande, Jean-Yves Le Drian, Manuel Valls, Lionel Jospin, Julien Dray, Harlem Désir, Benoît Hamon, Jack Lang… Tous sont passés par l’Unef. Les députés Jean-Christophe Cambadélis, Pouria Amirshahi ou Christophe Borgel l’ont même présidé. A droite, le RPR a longtemps trouvé de jeunes recrues au sein de l’Union nationale inter-universitaire (UNI) : Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé ou François Fillon, entre autres, en ont fait partie. Gaël Vaillant – leJDD.fr mercredi 18 décembre 2013

http://www.lejdd.fr/Politique/Du-syndicalisme-a-la-politique-un-passage-pas-si-original-644584

Commentaire: L’UNI n’est pas un syndicat étudiant « apolitique » (donc à droite) comme la FAGE, c ‘est une « officine » d’extrême droite!

Sur « La charte d’Amiens », à part la position « anarcho-syndicaliste » développée ci-dessus: le syndicat comme outil pour changer et organiser la société, il faut ajouter qu’elle nait d’une méfiance des anarco-syndicalistes, majoritaires, envers « le parti » de l’époque, socialiste, qui à peine créé « trahit » en participant à des gouvernements de droite!

Lire aussi: http://quefaire.lautre.net/spip.php?page=article&id_article=115

http://morsu.over-blog.com/article-charte-d-amiens-independance-syndicale-peut-on-s-en-reclamer–38546846.html

http://www.lcr-debatmilitant.org/archive_lettre/lettre_123_19_10_06.htm

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16 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

stompie moeketsi (wikipedia)

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James Seipei (1974-1989) , également connu sous le nom de Stompie Moeketsi , était un adolescent militant du Congrès national africain (ANC ) en Afrique du Sud . Lui et trois autres garçons ont été enlevés le 29 Décembre 1988 par des membres des gardes du corps de Winnie Mandela , connu sous le nom du Mandela  football club . Moeketsi a été assassiné le 1er Janvier 1989, le seul des garçons à être tué.

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Militantisme  Moeketsi rejoint le soulèvement de la rue contre l’apartheid dans les années 1980 à dix ans , et prit bientôt un rôle de premier plan . Il est devenu le plus jeune prisonnier politique du pays où il a passé son 12e anniversaire en prison sans procès . À l’âge de 13 ans, il a été expulsé de l’école.

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Assassiné Moeketsi , avec Kenny Kgase , Pelo Mekgwe et Thabiso Mono , ont été enlevés le 29 Décembre 1988 dans le presbytère méthodiste d’Orlando , à Soweto. Moeketsi a été accusé d’être un informateur de la police et tué à l’âge de 14 ans. Son corps a été retrouvé dans un terrain vague près de la maison de Winnie Mandela , le 6 Janvier 1989, et récupéré par la police. Sa gorge avait été coupée . Jerry Richardson , l’un des gardes du corps de Winnie Mandela , a été reconnu coupable de l’avoir  assassiné. Il a affirmé que c’est elle qui lui avait ordonné, avec les autres, d’enlever les quatre  de Soweto,  dont Moeketsi était le plus jeune . Les quatre ont été roués de coups.

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Participation de Winnie Mandela En 1991, Winnie Mandela a été reconnue coupable d’enlè- vement et de complicité de voies de fait,  mais de six ans de prison, sa peine a été réduite à une amende et une peine avec sursis de deux ans en appel. Cet incident est devenu une cause célèbre pour le gouvernement de l’apartheid et les opposants de l’ANC, et le statut d’icône de Winnie Mandela a pris un coup sévère .

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Comparaissant devant la Commission vérité et réconciliation en 1997 , elle a dit des allégationsselon lesquelles elle a été impliquée dans au moins 18 violations des droits de l’homme, dont huit meurtres étaient «ridicules» et affirmé que son principal accusateur , son ancien camarade Katiza Cebekhulu , était un ancien « malade mental » et les allégations portées contre elle étaient des « hallucinations » . La Commission a constaté que l’enlèvement a été effectué sur l’instruction de Winnie Mandela , et qu’elle avait  » initié et participé à des agressions « . Toutefois , en ce qui concerne l’ assassinat, la Commission n’a constaté de la part de Madame Mandela que des «négligences».

http://en.wikipedia.org/wiki/Stompie_Moeketsi

Commentaire: Il manque la description de l’action de ce jeune garçon…

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16 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

afrique du sud: steve biko, l’autre mandela (lm)

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 Il avait été, selon Nelson Mandela, le « premier clou dans le cercueil de l’apartheid ».
Steve Biko, mort en martyr le 12 septembre 1977 entre les mains de la police du régime raciste de Pretoria, repose dans le petit cimetière de sa ville natale, King William’s Town, dans la province du Cap-Oriental. Le souvenir de l’homme, mort en 1977 en prison, que tous jugent exceptionnel, est encore vif en Afrique du Sud.

Il a fallu vingt ans pour qu’à l’anniversaire de sa mort, où plus de 20 000 personnes s’étaient réunies, soit érigé un mur autour du cimetière pour empêcher les vaches du coin de venir brouter l’herbe sur les tombes. L’idée avait été lancée d’ériger aussi un mausolée. La famille s’y était refusée, considérant que Steve Biko n’aimerait pas qu’on l’extirpe du groupe des camarades enterrés comme lui dans leur modeste carré de terre.

Stephen Bantu Biko, dit Steve Biko, immense personnalité, beau gosse aux idées fulgu- rantes, est l’autre grande icône des années de lutte de l’Afrique du Sud (un pays qui n’en manque pas). Comme il se doit, il est mort pur, et il est mort trop tôt. Sur sa pierre tombale, donc, modeste parmi les modestes dans ce « jardin du souvenir » inauguré par Mandela, en 1997, figurent un poing levé et ces mots : « One Azania, one nation » (Azania, terme de l’Antiquité pour désigner une partie de l’Afrique, est utilisé comme synonyme d’Afrique du Sud dans les mouvements inspirés par le Black Consciousness).

« UN HOMME SENSIBLE AUX ARTS, À L’ÉDUCATION, AU DÉVELOPPEMENT »

Les idées de Steve Biko n’ont jamais cessé de circuler en Afrique du Sud, désormais relayées par une fondation qui œuvre dans de multiples secteurs, allant de l’appui à la lecture dans le township à l’organisation de dialogues entre groupes, couleurs, religions ou toutes autres entités à travers le monde, mais aussi en menant une réflexion approfondie sur des questions liées au destin des Africains à travers la planète.

Un bâtiment tout neuf a été érigé pour abriter ces activités, à quelques centaines de mètres à peine de sa maison, où trône encore le joli bureau avec son sous-main en cuir, où Steve Biko a travaillé à certains de ses écrits. A King William’s Town, au premier étage de la fondation qui porte son nom, des visiteurs parcourent un musée qui retrace la vie du martyr, pendant que des ado- lescents du coin répètent en xhosa un spectacle sur le mariage et ses déboires. Ses cliniques existent et fonctionnent encore, comme sa crèche.

« On pense à son combat politique, mais c’était aussi un homme qui s’intéressait à la fois aux arts, à l’éducation, au développement économique », rappelle Obenewa Amponsah, de la fondation.

Steve Biko est né – le 18 décembre 1946 – et a vécu une partie de sa vie à Ginsberg, le township de King William’s Town, qui doit son nom au patron de la fabrique de bougies installée ici au début du XXe siècle. M. Ginsberg n’aimait pas que ses employés s’en aillent trop loin quand ils n’étaient pas à l’usine. Il avait obtenu que la municipalité fasse construire les premières bicoques de ce quartier devenu, au fil des ans, un foyer de contestation.

C’est dans une de ces maisonnettes que Steve Biko a grandi, après avoir perdu son père préma-turément, aux côtés de sa mère, prénommée Alice, qui travaillait comme cuisinière à l’hôpital voisin, élevant ses enfants la tête haute malgré l’adversité. Une modestie qui jamais n’a fléchi, encore un exemple de ces héros anonymes produits par l’Afrique du Sud, ce pays impossible où l’horrible et le sublime se mélangent sans prévenir.

Critique des progressistes blancs adeptes de la protestation prudente plus que de la contestation à risque, qui auraient laissé survivre l’apartheid si on leur avait confié les clefs de la lutte, Steve Biko va à la fois forger une pensée, s’investir dans sa communauté et inspirer une grande partie de la jeunesse noire du pays.

SAUVAGEMENT BATTU, VISAGE DÉJÀ MÉCONNAISSABLE

L’insurrection de Soweto, en 1976, alors que le mouvement anti-apartheid semblait marquer le pas, est à la base un mouvement de jeunes lycéens dressés contre l’éducation au rabais en afrikaans, mais aussi fortement influencés par les idées du Black Consciousness. Dans la foulée, les townships s’enflamment et l’ANC (Congrès national africain) reprend le contrôle du mouvement. Dix-neuf organisations sont interdites (en plus de celles qui l’étaient déjà, comme l’ANC), et Steve Biko est assigné à résidence à Ginsberg.

Le 18 août 1977, il est arrêté à un barrage près de King William’s Town, alors qu’il circule dans un véhicule. L’assignation à résidence inclut l’interdiction de se trouver dans une pièce avec plus d’une personne à la fois, et plus encore de voyager à travers le pays. Steve Biko est transféré à Port Elizabeth. Il va y subir toute la violence des forces de sécurité.

Peut-être les services de renseignement ont-ils été informés de la préparation d’un voyage secret qu’il doit entreprendre (avec atterrissage clandestin d’avion) au Botswana voisin pour y rencontrer le chef de l’ANC en exil, Oliver Tambo, et étudier les possibilités de collaboration entre les organisations.

Quoi qu’il en soit, après avoir été sauvagement battu, le visage déjà méconnaissable, Steve Biko est jeté, nu, sans doute inconscient, à l’arrière d’une Land Rover et transporté à 1 200 km de là, à Pretoria, dans une autre prison abjecte, où sa mort est annoncée le 12 septembre.

La photo que Donald Woods, rédacteur en chef du journal local, The Daily Dispatch, prend de sa dépouille à la morgue, et publie en première page avec cette légende : « Nous saluons un héros de la nation », fera le tour du monde. Donald Woods sera obligé de fuir l’Afrique du Sud. Et Steve Biko devient l’une des grandes figures du mouvement anti-apartheid.

Et si Steve Biko était vivant, l’Afrique du Sud serait-elle différente ? « Si Steve Biko était encore en vie, il serait mort », répond Samdille Ziralala, qui fait visiter sa petite maison de Ginsberg. Le paradoxe, comme souvent en Afrique du Sud, n’est qu’apparent. « Vu ce qu’est devenu l’ANC, que nous, nous appelons “la mafia”, avec son enrichissement et sa corruption, et sachant que Steve Biko ne serait pas resté silencieux face à cela, on l’aurait fait disparaître. »

Jean-Philippe Rémy (King William’s Town, Cap-Oriental, envoyé spécial )

LE MONDE | 13.12.2013 à 14h15 • Mis à jour le 13.12.2013 à 19h22

Christy Moore en l’honneur de Steve Biko:

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15 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

A « la brèche », des livres pour les fêtes

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Free Angela raconte l’histoire d’une jeune professeure de philosophie, née en Alabama, issue d’une famille d’intellectuels afro-américains, politiquement engagée.

Durant sa jeunesse, Angela Davis est profondément marquée par son expérience du racisme, des humiliations de la ségrégation raciale et du climat de violence qui règne autour d’elle. Féministe, communiste, militante du mouvement des droits civiques aux États-Unis, proche du parti des Black Panthers, Angela Davis s’investit dans le comité de soutien aux Frères de Soledad, trois prisonniers noirs américains accusés d’avoir assassiné un gardien de prison en représailles au meurtre d’un de leur codétenu.
Accusée en 1970 d’avoir organisé une tentative d’évasion et une prise d’otage qui se soldera par la mort d’un juge californien et de 4 détenus, Angela devient la femme la plus recherchée des Etats- Unis. Arrêtée, emprisonnée, jugée, condamnée à mort, elle sera libérée faute de preuve et sous la pression des comités de soutien internationaux dont le slogan est FREE ANGELA !
Devenue un symbole de la lutte contre toutes les formes d’oppression : raciale, politique, sociale et sexuelle, Angela Davis incarne, dans les années 70, le « Power to People ». Avec sa coupe de cheveux « boule » et sa superbe silhouette elle lancera, malgré elle, la mode « afro », reprise à cette époque par des millions de jeunes gens.
Quarante ans plus tard, à l’occasion de l’anniversaire de l’acquittement d’Angela Davis, Shola Lynch, avec Free Angela, revient sur cette période cruciale de la deuxième partie du XXe siècle. Toujours engagée, militante abolitionniste, l’icône Angela continue le combat. Power to people !

DVD : Free Angela and all political prisoners

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15 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

A « la brèche », des livres pour les fêtes

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En 2004, à la mort de sa femme, Iván, écrivain frustré et responsable d’un misérable cabinet vétérinaire de La Havane, revient sur sa rencontre en 1977 avec un homme mystérieux qui promenait sur la plage deux lévriers barzoï.

Après quelques conversations, « l’homme qui aimait les chiens » lui fait des confidences sur Ramôn Mercader, l’assassin de Trotski qu’il semble connaître intimement. Iván reconstruit les trajectoires de Lev Davidovitch Bronstein, dit Trotski, et de Ramón Mercader, connu aussi comme Jacques Mornard, la façon dont ils sont devenus les acteurs de l’un des crimes les plus révélateurs du XXe siècle.

À partir de l’exil de l’un et l’enfance de l’autre, de la Révolution russe à la guerre d’Espagne, il suit ces deux itinéraires jusqu’à leur rencontre dramatique à Mexico. Ces deux histoires prennent tout leur sens lorsque Iván y projette ses aventures privées et intellectuelles dans la Cuba contemporaine.

Dans une écriture puissante, Leonardo Padura raconte, à travers ses personnages ambigus et convaincants, l’histoire des conséquences du mensonge idéologique et de sa force de destruction sur la grande utopie révolutionnaire du XXe siècle ainsi que ses retombées actuelles dans la vie des individus, en particulier à Cuba.

Un très grand roman cubain et universel. Leonardo Padura est né à La Havane en 1955. Diplômé de littérature hispano-américaine, il est romancier, essayiste, journaliste et auteur de scenarii pour le cinéma. Il est l’auteur, entre autres, d’une tétralogie intitulée Les Quatre Saisons, publiée dans quinze pays.  Edition : janvier 2011

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15 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

A « la brèche », des livres pour les fêtes

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Un livre qui, remettant en perspective l’histoire de la dette depuis 5 000 ans, renverse magistralement les théories admises.

Il démontre que le système de crédit, apparu dès les premières sociétés agraires, précède de loin l’invention des pièces de monnaie. Quant au troc, il n’a toujours été qu’un pis-aller et ne s’est réellement développé que dans des situations particulières ou de crise. La dette a donc toujours structuré nos économies, nos rapports sociaux et jusqu’à nos représentations du monde.

David Graeber montre que le vocabulaire des écrits juridiques et religieux de l’Antiquité (des mots comme « culpabilité », « pardon » ou « rédemption ») est issu en grande partie des affrontements antiques sur la dette.

Or il fonde jusqu’à nos conceptions les plus fondamentales du bien et du mal, jusqu’à l’idée que nous nous faisons de la liberté. Sans en avoir conscience, nous livrons toujours ces combats…

Selon l’auteur, l’endettement est une construction sociale fondatrice du pouvoir. Si autrefois les débiteurs insolvables ont nourri l’esclavage, aujourd’hui les emprunteurs pauvres – qu’il s’agisse de particuliers des pays riches ou d’États du tiers-monde – sont enchaînés aux systèmes de crédit.

« L’histoire montre, explique Graeber, que le meilleur moyen de justifier des relations fondées sur la violence, de les faire passer pour morales, est de les recadrer en termes de dettes – cela crée aussitôt l’illusion que c’est la victime qui commet un méfait. »

Trop d’économistes actuels perpétuent cette vieille illusion d’optique, selon laquelle l’opprobre est forcément à jeter sur les débiteurs, jamais sur les créanciers. Ils oublient aussi une leçon déjà connue de la civilisation mésopotamienne: si l’on veut éviter l’explosion sociale, il faut savoir « effacer les tablettes »…  Edition : septembre 2013

Dette, 5000 ans d'histoire

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09 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

A la brèche, des livres pour les fêtes

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Daniel Guérin souhaitait mettre à la portée d’un large public curieux d’histoire un condensé de son maître-ouvrage: « La Lutte de classes sous la Première République », également édité chez Gallimard (1946 ; deuxième édition 1968 ; 1169 pages, en deux volumes).

Guérin met en lumière l’embryon d’une révolution prolétarienne menée par les sans-culottes pour une République réellement égalitaire, contre les chefs jacobins de la révolution bourgeoise, qui les utilisent, avant de les réprimer, et de succomber à leur tour au moment du 9 Thermidor (27 juillet 1794).

Guérin rompt ainsi avec une longue tradition « robespierriste » de l’historiographie de la Révolution, et s’attire de la part des historiens communistes des critiques très violentes, sur lesquelles la présentation de Claude Guillon apporte d’utiles précisions.

On a ajouté, en complément, des extraits significatifs d’un texte de Guérin, « La Révolution déjacobinisée », dans lequel il explique l’articulation entre son travail d’historien et son projet politique libertaire. Daniel Guérin (1904-1988) est un militant révolutionnaire, pacifiste et anticolonialiste. Il a milité pour les droits des homosexuels. Il est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages, dont les plus connus, régulièrement réédités, sont Front populaire, révolution manquée, L’Anarchisme , Ni dieu ni maître. Anthologie de l’anarchisme.

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