Archive | Histoire

26 avril 2017 ~ 0 Commentaire

macron (npa)

macron

Tout est bon pour les patrons

Derrière l’aventure personnelle de Macron, on trouve le grand patronat et une partie du personnel politique du PS et de la droite. Rien d’étonnant donc à ce que la Bourse ait pris 4,5 % au lendemain du 1er tour.

Macron veut se donner l’image d’un homme jeune et nouveau.

Jeune, il l’est effectivement. Mais nouveau… Avant d’être ministre des Finances, l’énarque a fait une carrière marquée par des aller-retour entre la haute administration et la banque (plus précisément la banque Rothschild où il a gagné plus de deux millions d’euros).

Inspirateur et continuateur de Hollande

Il fut ensuite, d’abord comme secrétaire-général de l’Élysée, un des hommes-clefs de la prési- dence Hollande. « Les spartakistes, on les aura ! », proclamait-il à cette époque face aux velléités des « frondeurs » de s’opposer aux mesures du « pacte de compétitivité », c’est-à- dire aux cadeaux supplémentaires au patronat sous la forme du CICE et de nouvelles baisses de cotisations sociales employeurs et d’impôts. Macron a, par ailleurs, contribué au choix de l’Élysée de ne pas légiférer sur les salaires des patrons et de privilégier un « code de bonne conduite »… qui les laisse en pratique libres de faire ce qu’ils veulent.

Nommé ministre de l’Économie, il attache son nom à la « loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques » (la « loi Macron ») qui modifie notamment la réglemen-tation concernant le travail le dimanche et de nuit,  les transports avec l’ouverture du marché des autocars, etc. Par peur de ne pas trouver de majorité sur ce texte, le gouvernement Valls décide d’utiliser l’article 49-3 de la Constitution pour la faire adopter.

Macron n’est donc pas un ministre « lambda », mais il pressent l’effondrement du hollan- do-vallsisme. Il a compris que la crise du PS et l’incapacité du « centre » à se constituer en force politique indépendante des Républicains ouvraient la possibilité d’une opération bona- partiste (1) qu’il s’acharne à organiser. Il commence à collecter des fonds auprès de donateurs fortunés, crée en avril 2016 son propre mouvement « En Marche ! », puis démissionne du gouvernement. Il annonce en novembre 2016 sa décision de se présenter à la présidentielle sans passer par les primaires du PS.

L’homme de toutes les nomenklaturas

Il se présente comme « ni de droite, ni de gauche » et ne veut pas être assimilé aux hommes politiques qui ont exercé le pouvoir, qu’ils viennent de la droite ou du PS. Cela ne l’empêche pas d’additionner les soutiens : à droite du côté de Bayrou, et surtout du PS. Enfin, il faut mentionner quelques écologistes (Daniel Cohn-Bendit) et ex-communistes (Robert Hue, Patrick Braouezec) en perte de repères…

Du côté du patronat, Gattaz, le président du Medef, soutient Fillon mais il est loin de faire l’unanimité derrière lui.

Macron a derrière lui la fine fleur des patrons de la nouvelle économie, mais séduit aussi une partie du grand patronat adhérent à l’Afep (association qui regroupe les plus grands groupes français). Au niveau syndical, les soutiens sont plus discrets mais Pierre Ferracci, dirigeant du groupe de conseil Alpha (initialement lié à la CGT) l’a mis en relation avec les leaders syndicaux, et on peut penser à des contacts plus poussés du côté CFDT.

Une stratégie « attrape-tout »

Pendant la majeure partie de sa campagne, il est resté vague sur son programme. Son objectif a été de se placer au centre de ce qu’il pense être les aspirations de la société. Il a voulu s’a- dresser à tout le monde, y compris  aux jeunes des banlieues. Il panache baisse des impôts et des cotisations des entreprises, suppression de certaines cotisations salariés, hausse de la CSG, allègement de l’impôt sur la fortune et suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des foyers.

Tout le monde a l’air gagnant mais, en fait, si on additionne le tout, patrons et riches ramassent la mise. Il présente comme un gisement d’emplois la réforme du droit du travail, la flexibilité et le modèle Uber. Sur un certain nombre de terrains, il met le doigt sur des défail- lances : il annonce ainsi 12 000 postes dans le primaire dans les zones difficiles et un rem- boursement à 100 % des lunettes et des prothèses dentaires. Même si son objectif est au fond le même, Macron s’est bien gardé d’un discours austéritaire à la Fillon.

Le « troisième tour »

Macron est sans conteste l’homme du grand patronat. Il a su prendre la mesure de la crise de la 5è République et du système des partis. Dans la situation actuelle, son élection ne fait guère de doute. Il va continuer à émettre du brouillard et a commencé à recueillir des ralliements tous azimut. Au deuxième tour, certains issus de la gauche et des classes populaires feront prédo- miner leur rejet du FN, tandis que d’autres (parmi les plus éloignés de la politique) risquent d’être attirés par le discours « social » du FN.

Aux législatives, la partie sera sans doute plus difficile pour lui : les appareils des partis referont surface et voudront faire de l’élection des députés un « troisième tour des présiden- tielles ». Ils tenteront soit de peser (comme l’a annoncé Manuel Valls) sur les contours de la future majorité, soit de d’assurer leur hégémonie en dehors de cette majorité avec comme perspective les prochaines élections.

Au-delà, les braises existent encore qui ont donné le mouvement contre la loi tra- vail » : à nous, avec d’autres, de les entretenir pour construire le seul « troisième tour » qui vaille, celui de la défense des acquis sociaux. Mais il faudra aussi se mettre en situation de répondre à la crise politique dont le face-à-face Macron-Le Pen est l’expression…

Henri Wilno Mardi 25 avril 2017

https://npa2009.org/

Commentaire(1): Le Bonapartisme, une étape avant le fascisme?

Wiki Rouge Bonapartisme

Bonapartisme et fascisme (Léon Trotski)

Lire aussi:

Tout le monde déteste Macron ?

Le plan de bataille de Macron : « une loi El Khomri puissance 10 » contre le monde du travail

« Je ne suis pas là pour défendre les jobs existants », le Top 30 des citations de Macron

Lire la suite

22 avril 2017 ~ 0 Commentaire

émile masson (le peuple breton)

emile masson

Souscription : Réédition d’Émile MASSON

Rééditer Émile Masson

Pourquoi rééditer Émile Masson aux Presses populaires de Bretagne? Né à la fin du 19è siècle, il précède après tout largement la naissance de l’Union Démocratique Bretonne, en 1964. Pourtant, la gauche bretonne (en général) se revendique allègrement de cet auteur qui, seul contre tous, veut croire en l’émancipation du peuple breton.

Il faut dire que les références progressistes à cette époque sont rares.

Participer à la popularisation de cet « anachronisme », de cet homme si en avance sur son temps et pourtant si peu connu du grand public, nous paraissait salutaire. C’est d’autant plus vrai que cet ouvrage, à l’exception de la réimpression de la Bibliothèque nationale, est rare et souvent chère, donc inaccessible au grand public.

Malgré un style très lyrique, ce long poème qu’est Antée (paru en 1912) a pourtant réussi à traverser le temps.

À défaut d’être actuel, il donne quelques leçons historiques à tous ces « socialistes » qui ont échoué à faire partager leur idéal, par mépris ou défiance du peuple. Au-delà du seul cas de la langue bretonne, Émile Masson faisait corps avec le peuple breton, ce que ne font plus nos politiques, qui se retranchent derrière leur mandat pour parler en son nom, en le consultant assez rarement. Relire Masson est une façon de comprendre (et donc de combler) le fossé grandissant entre la « base » et le « sommet ». Masson a foi en l’humanité, il lui fait confiance et refuse, de ce fait, l’autoritarisme qui prétend guider le peuple pour son bien.

Nous plaçant parmi les derniers héritiers des fédéralistes, il nous semblait important que chacun puisse connaître ce beau texte d’un auteur qui, bien que se sachant minoritaire, n’a jamais abandonné ses convictions. Émile Masson est, pour notre courant de pensée, celui qui fait le lien entre l’identité et la gauche, ce qui n’est pas anodin à l’heure où la droite s’empare de la question identitaire, où le brouillage politique sème la confusion idéologique.

Nous avons demandé à Alan Le Cloarec d’écrire la préface de cette réédition. Diplômé en sciences politiques de l’université Rennes-2, Alan a récemment publié un ouvrage important que nous avons recensé en livre du mois en janvier 2017 : « Aux origines des mouvements bretons » (Coop Breizh, 2016). Ce jeune auteur s’est spécialisé dans l’étude des mouvements politiques bretons avant la Première Guerre mondiale et durant l’entre-deux- guerres. Il donne des conférences régulièrement.

Afin d’éditer ce livre, nous faisons encore une fois appel à la souscription et à votre générosité. Après notre appel réussi pour Morvan Lebesque (près de 150 personnes avaient précommandé l’ouvrage), nous estimons la collecte nécessaire à 1 500 €, correspondant au prix de la composition, de la relecture-correction, de la mise en page, de la conception de la couverture, de l’impression (environ 700 exemplaires) et d’une contribution forfaitaire pour notre préfacier. Nous espérons pouvoir éditer cet ouvrage d’ici cet été. Cela dépendra beaucoup de la somme récoltée…

Le livre sera vendu au prix de 8 € (+ 2 € de frais de port). Vous pouvez donc en commander autant qu’il vous plaira soit en ligne soit en envoyant un chèque à : Le Peuple breton, 9 rue Pinot-Duclos, 22000 SAINT BRIEUC (ordre : Le Peuple breton).

La rédaction

http://lepeuplebreton.bzh/

masson_bretons

Lire aussi:

Eun dra bennag a zo da jeñch er bed… Ar re baour a labour a-hed o buhez evid pinvidikaad ar re a zo re binvidig dija… Al labourerien eo nerz ar vro, ar gwir bobl… N’eus nemed an dud pinvidig-braz hag o-deus eur Vamm-Vro… Er lezenneu a ve groeit aveid er re beur ne dint nemed hanter-lezenneu…

Il y a quelque chose à changer dans le monde…Les pauvres travaillent toute leur vie pour enrichir ceux qui sont déjà riches…Les travailleurs sont la force du pays, le vrai peuple…les détenteurs de grandes fortunes n’ont pas de patrie…les lois qui sont faites pour les pauvres ne sont que des demi mesures…

Note du blog: Le texte breton dit « Seuls les riches ont une patrie »… Mais le texte français dit le contraire! Vieux débat!

Les pauvres seuls ont-ils une patrie?…(leur seule richesse selon Jaurès et JLM) et les riches malgré leur patriotisme affiché, sont-ils si liés aux autres riches du monde, qu’ils sont « a-patrides »? Ou alors doit on laisser le patriotisme aux riches et dire comme Marx que « les prolétaires n’ont pas de patrie? » (même s’ils ont une nationalité!) et « Prolétaires de tous tous les pays unissez-vous » (contre vos bourgeoisies et leurs patriotismes).

Émile Masson (Wikipedia)

Emil Masson (Wikipedia e Brezoneg)

Emile Masson (Fañch Broudig)

Eun dra bennag a zo da jeñch er bed

Lire la suite

16 avril 2017 ~ 0 Commentaire

charles martel (steet press)

 carte France poitiers

En 732 Charles Martel le Franc a mis fin à l’invasion musulmane de la France.
.
C’est en tout cas ce que les groupes identitaires martèlent (pas de jeu de mots ici) à longueur de blog. On respire et on décrypte le vrai du faux. Les années qui précèdent la bataille dite de “Poitiers”, les Sarrasins (arabo-berbères) avaient conquis une partie de l’Espagne et s’étaient installés dans le Languedoc, à Narbonne notamment.

À partir des années 719-720, ils mènent des razzia sur les terres des Francs. En 721, l’une d’elles a été particulièrement retentissante, mais oubliée de tous. Elle s’est déroulée à Tou- louse et c’est le duc d’Aquitaine qui est parvenu à les repousser et à prendre le pouvoir. Ce qui n’est pas sans intérêt dans le déroulement de la “bataille de Poitiers”. On va le voir dans ce qui va suivre.

La “bataille de Poitiers” : une histoire de rivalité… entre Francs

Au même moment, plus haut au nord, Charles Martel prend le pouvoir par la force en faisant une sorte de coup d’Etat. Il devient maire du palais d’Austrasie (l’actuelle Belgique). Il veut unifier le royaume mérovingien, l’Austrasie et la Neustrie. Cette dernière est limitrophe du royaume d’Aquitaine de notre cher duc. Une rivalité s’installe alors entre le fameux duc d’Aquitaine qui a battu les Sarrasins à Toulouse et Charles Martel.

Cette rivalité brise cette vision de la “bataille de Poitiers” qu’en dressent les groupes identi-taires. Ils en parlent comme de deux blocs unifiés : les Francs contre les Sarrasins, mais non ! Il y avait des divisions d’un côté, comme de l’autre, et même des alliances entre les Sarrasins et les Francs. Du côté Sarrasin, des dissidences commençaient à émerger entre arabes et berbères. C’est ainsi qu’avant la bataille de Poitiers, un dignitaire berbère s’était temporai- rement allié au duc d’Aquitaine, avant d’être puni par le pouvoir de Cordoue [province sarrasine de l’actuelle Espagne].

Un récit basé sur de nombreuses zones d’ombre

Les circonstances de cette “bataille de Poitiers” ne sont pas vraiment connues. On ne possède qu’une seule source détaillée. C’est ce qu’on appelle la chronique Mozarabe. On définissait par ce terme les populations chrétiennes vivants sous domination islamique dans l’Espagne musul- mane. Dans les années 750, soit une vingtaine d’années après la bataille, l’un des habitants de cette région, raconte toute cette période. C’est quelqu’un qui était vraisemblablement au contact de la cours de l’Émir de Cordoue.

Il raconte donc, qu’il y a eu une bataille, mais sans préciser où. Les historiens pensent qu’elle s’est déroulée entre Tours et Poitiers. Il n’y a cependant pas de traces archéologiques qui en attestent. Il n’existe donc aucune trace physique prouvant que cette bataille a eu lieu dans cette zone. Tout ce qu’on sait c’est… qu’on ne sait pas où elle s’est déroulée.

Oui il y a eu une grande bataille

Selon la majorité des historiens, c’était une razzia comme il y en a eu tant auparavant. Mais dire que c’était une petite escarmouche est faux. Il y avait quand même plusieurs milliers d’hommes de part et d’autre et le gouverneur Sarrasin Abdelrahman était présent. Ce n’était pas n’importe qui. Les Sarrasins ont remonté la Garonne, pillant tout sur leur chemin, en particulier les monastères et les abbayes. Des lieux riches, en raison de la présence de reliques. Ils sont arrivés à Bordeaux et là, le duc d’Aquitaine n’a pas réussi à les arrêter.

Il aurait ainsi demandé de l’aide à Charles Martel. Ce dernier, voyant l’aubaine politique, aurait accepté d’intervenir. Il y a derrière ça un calcul simple : s’il aide le duc d’Aquitaine, celui-ci lui sera redevable. Il y a d’abord une série d’escarmouches, puis un affrontement important. Et ce qui est sûr, et là-dessus les sources arabes (très tardives et peu bavardes) comme celles des Francs s’accordent, ce sont les troupes de Charles Martel qui remportent la bataille. Le gouverneur Abdelrahman perdra la vie dans les affrontements.

Non Charles Martel n’a pas mis fin à une invasion musulmane

En revanche, cette victoire n’a rien de décisif. On met fin à une razzia. Rien ne prouve que les Sarrasins voulaient envahir la région. Il n’y a pas non plus de caractère religieux dans cette bataille. Ce n’est pas un affrontement entre chrétiens et musulmans. Il n’y avait pas de sym- boles religieux lors des batailles, comme c’était le cas lors des Croisades. Ce sont des affron-tements politiques avec des intérêts de part et d’autre. À l’époque les royaumes chrétiens ne connaissent absolument rien de l’Islam. Pour eux, ce sont des hérétiques ou des païens et ça s’arrête là. Ils ne considèrent pas les Sarrasins comme porteur d’une religion à part entière.

Des intérêts politiques et personnels

Charles Martel n’était pas là pour arrêter une invasion, mais plutôt parce qu’il sentait qu’il pouvait en tirer profit. Le véritable perdant de cette bataille a été le duc d’Aquitaine, car même s’il est dans le camps des vainqueurs, il a une dette envers Charles Martel qui en est ressorti plus fort politiquement. Du côté du gouverneur de Cordoue, il y avait la nécessité d’accumuler un butin pour nourrir ses troupes, car ça commençait à s’agiter dans l’Espagne musulmane. Et c’est la même chose du côté Franc, pour calmer les troupes, il faut un butin.

Les alliances entre Sarrasins et Francs, rien d’étonnant à l’époque

Après la “bataille de Poitiers”, les Provençaux ont passé un accord avec les Sarrasins, leur permettant d’arriver jusqu’à Avignon. Ce qui a conduit à une nouvelle intervention de Charles Martel qui est parvenu à les battre. Mais ce genre d’accord est banale pour l’époque. Dans le contexte actuel, elles nous surprennent car certains groupes identitaires en font un récit biaisé et manichéen entre les gentils Francs chrétiens et les sauvages Sarrasins musulmans.

Une alliance entre Francs et Sarrasins à l’origine de la bataille ?

Certains historiens pensent même que la razzia lancée par le gouverneur de Cordoue s’inscrit dans le prolongement de l’alliance entre le dignitaire berbère, cité plus haut, et le duc d’Aqui-taine. Les troupes du gouverneur seraient remontées jusque dans les Pyrénées pour lui faire payer sa traitrise et auraient poursuivi leur mission en lançant une razzia. On le voit bien, dans ce récit, il y a beaucoup de suppositions et d’incertitudes.

Une bataille devenue un mythe

Il y avait une idée reçue, selon laquelle cette bataille serait un fait majeur de ce qu’on appelle le “roman national”. En enquêtant un peu, on voit que ce n’est pas le cas. Contrairement à Charlemagne ou Jeanne d’Arc, Charles Martel a été longtemps absent ou très peu présent dans les programmes d’histoire. On a regardé les grands manuels des 3ème et 4ème Répu- blique et il est soit absent, soit au second plan. À partir des années 70 et jusqu’à aujourd’hui, on mentionne cette histoire, mais elle n’est pas explicitement mise en avant.

Pour la première fois, cette année on en parle vraiment dans les programmes scolaires (cela ne figure que dans les documents pour aider les enseignants de 5e pour le programme mis en place à partir de la rentrée 2016) mais pour dire que la bataille de Poitiers n’a pas été décisive et que celle de Toulouse en 721 est beaucoup plus importante.

Ce sont bien les mouvements identitaires qui ont placé la bataille de Poitiers sur le devant de la scène. Ceux qui la mette en avant ont juste un intérêt politique derrière.

Propos recueillis par Aladine Zaïane
.
13 Avril 2017 Christophe Naudin, coauteur de Charles Martel et la bataille de Poitiers (Libertalia) et Les historiens de garde (Inculte/Libertalia)
.
.
Commentaire: Tiens les bretons n’étaient pas en France? Rappelons qu’en « Hispanie » les juifs et les chrétiens ont bien accueilli les « arabes » (des berbères en fait) fatigués des persécutions des wisigoths chrétiens. Quand au fameux « Cid » (Sidi voire Caïd) des siècles après, il était aussi mercenaires… des sarrasins!

Lire la suite

14 avril 2017 ~ 0 Commentaire

rafle du vél’d’hiv (lutte ouvrière + npa)

marine baiser porc

Un crime d’État

En déclarant le 9 avril que la France n’était pas responsable de la rafle du Vél’d’Hiv, Marine Le Pen a d’une part proféré un mensonge éhonté, de l’autre soulevé une tempête de protestations à l’hypocrisie consommée.

« La France », si cela a un sens, cela ne peut être que l’appareil de l’État français, dans sa continuité.

Or il n’y a nul besoin d’invoquer des travaux ou des recherches récentes d’historiens pour ce qui est une histoire publique. C’est bien cet État français, gouvernement et administration, police et préfecture, qui organisa les 16 et 17 juillet 1942 la rafle des Juifs résidant à Paris. L’opération, exécutée par 7 000 policiers français, grâce aux fichiers constitués depuis des années, envoya 13 000 personnes, dont un tiers d’enfants, d’abord au vélodrome d’Hiver, puis dans les camps de la mort. Une centaine seulement devait en revenir.

Paris était certes occupé par l’armée allemande. Les nazis entreprenaient la dépor- tation et l’extermination des Juifs dans toute l’Europe.

Mais le gouvernement de Pétain et l’État français allèrent au devant de leurs désirs, pour mener une opération que l’occupant allemand n’aurait accomplie qu’avec difficulté. L’extrême droite française n’avait pas besoin des nazis pour être antisémite, anti-étrangère, anti-commu- niste et anti-ouvrière. Elle l’était de naissance, elle le resta lors de son passage aux affaires entre 1940 et 1944, elle l’est demeurée depuis.

Quant aux policiers, il est vrai que certains d’entre eux ont averti les personnes qu’ils allaient arrêter, leur permettant de s’enfuir.

Mais, en tant que telle, la police française n’avait besoin de personne pour être dressée à traquer les étrangers, à embarquer ceux qu’on lui désignait, à pousser des enfants dans les bus, à surveiller des familles enfermées au vélodrome d’Hiver. D’ailleurs, loin de toute pression allemande, en Algérie ou aux Antilles, l’État français mit en place avec zèle la politique de Vichy, y compris les décrets antisémites.

Pour passer sans heurts de Pétain à de Gaulle à l’été 1944, l’État procéda à une opération de blanchiment.

Ainsi la police parisienne « s’insurgea » opportunément alors que les chars américains approchaient de Paris. Elle fut en conséquence dédouanée des crimes perpétrés pendant l’occupation, dont la rafle, décorée pour faits de résistance et prête à continuer son office. La continuité répressive de l’État français peut se résumer par la carrière du préfet Papon : orga- nisateur de la déportation des Juifs de Bordeaux, il commandait la police parisienne lorsqu’elle assassina des centaines de manifestants algériens le 17 octobre 1961.

Les politiciens ayant commencé leur carrière avant ou durant la guerre, notamment de Gaulle et Mitterrand, ont toujours veillé à conserver la légende de l’innocence de « la France ». Ils poursuivaient en cela leur politique de 1944-45 visant à protéger, en commun avec tous les partis, y compris le PCF, la continuité de l’État français, de sa police, de son armée et de ses colonies.

À partir de Chirac, le temps ayant passé, une version un peu plus conforme à la vérité historique a commencé à se faire jour. Les écoliers apprennent désormais que «la France» a envoyé des enfants de leur âge à la mort, sans que jamais on leur explique par quel miracle cet État criminel se serait ensuite transformé en État secourable.

S’appuyant sur cette nouvelle histoire officielle, les concurrents de Le Pen l’accusent en fait de s’en tenir à l’ancienne. Mais le fond est le même. Ceux qui postulent à la direction de l’État français d’aujourd’hui sont d’accord sur l’essentiel comme ils l’étaient alors. Leur priorité est d’assurer la continuité de l’État, de cet État qui montre son vrai visage dans des occasions comme la rafle du Vél’d’Hiv.

12 Avril 2017 P.G.

http://journal.lutte-ouvriere.org

Lire aussi:

Marine Le Pen, le révisionnisme en héritage (NPA)

Lire la suite

02 avril 2017 ~ 0 Commentaire

blagues (anti-k)

carrero

Les 3 puissances spaciales

Espagne: un an de prison pour avoir tweeté des blagues sur l’assassinat d’un dirigeant franquiste

La justice espagnole a condamné mercredi une utilisatrice de Twitter pour avoir publié des blagues sur l’assassinat d’un dirigeant franquiste en 1973 par l’organisation armée ETA. L’Au- dience nationale, tribunal chargé d’affaires complexes et touchant au terrorisme, a condamné Cassandra Vera, jeune femme transgenre de 21 ans, à un an de prison pour « un délit d’humiliation des victimes du terrorisme« .

Assassinat de l’amiral Luis Carrero Blanco

Elle a cependant peu de risques d’aller en prison, les peines inférieures à deux ans n’étant généralement pas exécutées en Espagne. La jeune femme était poursuivie pour 13 tweets publiés entre 2013 et 2016 sur l’assassinat de l’amiral Luis Carrero Blanco, Premier ministre désigné en juin 1973 et numéro deux du régime dictatorial de Francisco Franco (1939-1975).

Une blague potache sur un serviteur du dictateur franquiste 

Le 20 décembre 1973, la voiture du militaire avait été projetée en l’air par une explosion lors d’un attentat revendiqué par l’organisation séparatiste basque armée ETA. Parmi les tweets incriminés: « l’ETA a combiné une politique contre l’utilisation des voitures officielles et un programme spatial » ou « Carrero Blanco est-il aussi retourné vers le futur avec sa voiture?  »

L’ETA, à laquelle sont attribuées 829 morts en 40 ans de violences, a renoncé définitivement à la lutte armée en 2011 et devrait révéler l’emplacement de toutes ses caches d’armes le 8 avril prochain. L’affaire a aussi pris une tournure politique: le parti de gauche radicale Podemos a demandé la suppression du délit d’apologie du terrorisme dans le Code pénal espagnol, et son leader Pablo Iglesias a accompagné Cassandra Vera au tribunal.

RTBF avec Belga

mercredi 29 mars 2017 
carrero 1
Je m’en vais, ma planète a besoin de moi

Lire la suite

01 avril 2017 ~ 0 Commentaire

corrida (midi libre)

corrida

La corrida: qu’en pensent les candidats à la présidentielle?

L ‘alliance anticorrida, association très active qui milite pour l’abolition de cette pratique tauromachique a interpellé les candidats à l’élection présidentielle sur le thème, et a choisi de diffuser les réponses. On fait le point sur les positions de chacun.Certains sont clairement contre, d’autre délèguent le choix, tandis que certains veulent la préserver. La corrida fait toujours polémique, même au sein de cette campagne présidentielle, à en croire les réponses très variées obtenues par l’alliance anticorrida sur la question.

Des prises de positions également confirmées par l’observatoire national de la culture taurine, se réjouissant que trois d’entre eux (lire ci-dessous), « respectent la législation actuelle », malgré les pressions « de la part des milieux animalistes et végans ».

Nathalie Artaud et Philippe Poutou : des « anti » assumés

La candidate de Lutte Ouvrière et le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste n’y vont pas par quatre chemins. Ils ont répondu à l’alliance anticorrida, exprimant clairement leur rejet de la pratique tauromachique. « Il n’est pas légitime de se divertir d’un spectacle qui occasionne des sévices aux animaux », répond Nathalie Artaud, affirmant rejoindre l’association sur sa volonté de proposer une loi « demandant l’abrogation de l’alinéa 7 qui autorise les courses de taureaux et combats de coqs sur 10 % du territoire ».

Philippe Poutou, via la réponse de son équipe de campagne, apparaît encore plus direct : il se prononce pour l’abolition définitive des corridas. « Se divertir en voyant souffrir et mourir des animaux – et parfois aussi, des êtres humains atteints de blessures mortelles – relève d’un autre âge et nous combattons ce type de rapports entre les êtres humains et les animaux », est-il précisé dans la réponse transmise à l’association.

Jean-Luc Mélenchon : la priorité est ailleurs

Le candidat de la France insoumise ne fait pas de la question de la corrida une priorité. « L’assemblée a de nombreux autres sujets à connaître », écrit-il dans une réponse qui froisse l’alliance anticorrida. « Il existe aujourd’hui un cadre légal restrictif concernant les corridas, qui ne les autorise que dans les villes et les régions où elle est une tradition culturelle ininter- rompue. Au regard de la restriction géographique quant à la légalité d’organisation de corridas, qu’a confirmé le conseil constitutionnel, il ne serait pas légitime d’organiser un débat parlementaire sur ce sujet », tranche Jean-Luc Mélenchon.

Benoît Hamon : agacé par les méthodes de l’alliance anticorrida

Enfin, le candidat du Parti Socialiste, également interpellé, visiblement à de nombreuses reprises par l’association, n’a pour l’heure toujours pas apporté de réponse, sa communication déplorant les méthodes de harcèlement, employées par l’alliance anticorrida pour obtenir une réponse. « Vous êtes sans doute au courant que notre service presse a reçu aujourd’hui des centaines de mails contenant exactement le même message et émanant de divers membres de votre association. Sachez que ce procédé est très regrettable et n’améliore en rien la rapidité de prise en charge de votre demande », a reçu l’association en guise de réponse.

MORGANE MASSON

Pour les autres candidats voir lien

Lire la suite

14 mars 2017 ~ 0 Commentaire

c’hwec’had/vieux marché (le trégor)

nopasaran

Projection-débat sur la guerre d’Espagne au Vieux-Marché

Le comité des Amis de la Commune des Paris organise une projection du documentaire

«Brigades internationales entre mémoire et silence»

mercredi 15 mars à 19 h salle Victor-Hugo au Vieux-Marché,

suivie d’une conférence et d’un débat avec par son coauteur Dominique Gautier.

Vente de livres sur la Commune de Paris 1871 et pot à 18 h.

Exposition « Les Brigades Internationales » jusqu’à vendredi.

Permanence mercredi après midi. Accessible sur demande au 06 37 55 31 78.

Philippe Gestin

http://www.letregor.fr

Lire la suite

09 mars 2017 ~ 0 Commentaire

guerre du lait (le télégramme)

guerre du lait

Lire la suite

04 mars 2017 ~ 0 Commentaire

bobby sands (arte)

Les oubliés de l’histoire

Bobby Sands, le martyr de Thatcher

Membre médiatique de l’IRA condamné à la prison, Bobby Sands exige d’être traité comme un prisonnier politique et entame une grève de la faim, jusqu’à sa mort, le 5 mai 1981. Bien qu’il soit élu député à la Chambre des communes durant sa captivité, Thatcher refuse de céder.

Lire la suite

26 février 2017 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (europe1 + fr2)

Présidentielle : Philippe Poutou défend l’ouverture totale des frontières « comme au néolithique.

C’est le grand retour de Philippe Poutou sur les plateaux médiatiques. Candidat du NPA à la présidentielle pour la deuxième fois de suite après 2012, l’ouvrier-candidat bénéficie de l’équité du temps de parole pour faire entendre sa voix particulière dans la campagne à moins de deux mois du premier tour du scrutin.

Invité de l’émission On n’est pas couché, samedi 25 février sur France 2, Philippe Poutou a défendu le programme de son parti sur l’ouverture absolue des frontières comme politique migratoire. « Comme au néolithique », s’amuse-t-il :

On est convaincu qu’il faut un système avec la liberté d’installation et de circulation. Pour nous c’est ça une société moderne, humaine, de solidarité. (…) On se rend bien compte qu’en Hongrie ou que chez Trump, c’est pas du tout le même discours. (…) Dans tous les pays, il y a des courants anticapitalistes ou humanistes qui défendent cette idée-là. (…) On a des intérêts communs. (…) Nous, c’est l’ouverture des frontières. La liberté de circulation. Comme au néolithique. Et il n’y avait personne pour faire chier et heureusement sinon on n’aurait pas de peintures à la grotte de Lascaux.

Sébastien Tronche sebastien.tronche@europe1.fr

http://lelab.europe1.fr

Commentaire: Les hommes du néolitique (agriculteurs) venaient du moyen-orient, tandis que ceux du paléolitique (Lascaux) venaient d’Afrique!

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin