Archive | Histoire

20 mai 2018 ~ 0 Commentaire

mai 1968: 9 et 10 (npa)

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13 mai 2018 ~ 0 Commentaire

mai 1968 (regards + télérama + libération)

mai 1968

Mai 68 : un printemps inachevé

Regards. Vous avez dédié votre livre à ceux qui ont fait 68. Alors, qui sont-ils ?

Ludivine Bantigny. Dix millions de personnes se sont mobilisées. On peut parler d’un vérita- ble brassage social. Ce brassage et ces rencontres ont constitué un enjeu politique important. Il faut nuancer l’idée que 68 a d’abord concerné les étudiants, puis le monde ouvrier et salarié. 68 a commencé avant mai, et même avant mars, avec des grèves et manifestations importan- tes à Quimper, Caen ou Besançon. Ce qui s’y passe est un creuset intéressant socialement et politiquement.

Et ce qui est passionnant, c’est de voir que parmi ces dix millions de personnes figurent des professions auxquelles on ne pense pas forcément : des chauffeurs de taxi, des garçons de café, des coursiers, des vendeuses de magasins, nombre d’employés, sans oublier les agri- culteurs. À Quimper, en octobre 67, il y avait déjà eu de grandes mobilisations paysannes : ce sont des agriculteurs qui ont lancé les premiers pavés. Ces phénomènes de solidarité entre la paysannerie, le monde ouvrier et salarié, les enseignants et les étudiants sont très importants. Il y a des rassemblements et des occupations partout, jusque dans les toutes petites entre- prises. On dit souvent aujourd’hui qu’il ne pourrait plus y avoir de 68 parce qu’il n’y a plus de Billancourt, ou l’équivalent des grandes usines d’avant – comme Peugeot-Sochaux –, mais en réalité, 68 ce sont aussi des grèves dans de toutes petites boîtes.

Ludivine, vous dénoncez l’idée que 68 n’aurait été que « la pensée par slogan ». Vous dites au contraire qu’une vraie vision du monde s’est imposée avec un projet de société en perspective.

Ludivine Bantigny. Je suis en effet plus nuancée sur cette question des projets de société. Certains détracteurs de 68 affirment que les gens ne savaient pas pourquoi ils se mobilisaient. C’est pour moi un contre-sens historique. Tout une réflexion s’ouvre, à la faveur de la grève, sur les conditions de travail, les questions d’emploi qui commencent à se poser, les bas salai- res ou même tout simplement la dignité ouvrière et la dignité du travail, bref, sur les conditions d’existence et la possibilité d’une émancipation.

Cette pensée pratique s’oppose à la mécanique de la rentabilité et du profit, comme l’explicite la formule des grévistes de la Rhodiaceta dès 1967 : « Nous sommes des hommes, pas des robots ». Et c’est à partir de cette réflexion que les comités de grèves, les comités d’action, les comités de quartier ou les assemblées générales ont mis en cause les conditions de produc- tion jusqu’à poser des questions plus structurées du point de vue économique. On commence à parler d’autogestion.

Regards. Est-ce que, parmi ces effets, il y a l’individualisme contemporain, le néolibéralisme ?

Ludivine Bantigny. Il faut arrêter de distinguer le supposé sociétal du supposé social et du supposé politique parce que, précisément, ce qui est fondamental en 68, c’est l’imbrication de ces questions qui en font des enjeux politiques. 68 est un événement profondément politique au sens où tout à chacun se sent en légitimité et en capacité de parler de choses qui sont politiques ou le deviennent. Ce périmètre du politique s’élargit à partir de 68.

L’événement est innervé par un esprit critique ; il englobe des questions qui jusqu’alors pouvaient relever de l’intime : la sexualité, le rapport au corps, la place des femmes. On ne peut pas dissocier l’immense dimension sociale et politique de l’événement et les aspects culturels qui le traversent. C’est pourquoi les contresens qui identifient 68 comme l’avènement de l’individualisme ou du néolibéralisme sont pour moi de véritables aberrations.

Regards. Quel est le sens des événements selon cette dernière interprétation ?

Ludivine Bantigny. Je n’aime pas l’idée de commémorer et surtout pas si c’est Emmanuel Macron qui commémore. Ce serait une gigantesque contradiction : quel pouvoir célébrerait une contestation du pouvoir par la grève et les occupations ? Et l’on voit très bien ce qu’il pourrait lisser et même récupérer de 68. Le système actuel est un grand avaleur, un grand récupé-rateur. Mais cette fois, personne n’est dupe. Et c’est la raison pour laquelle il y a eu tant de levées de boucliers, sur sa droite comme sur sa gauche. Il lui était impossible de commémorer 68. Et c’est tant mieux.

Regards. Dans Politis, Geoffroy de Lagasnerie affirme que « Fétichiser Mai 68, c’est aussi risquer de fétichiser des modes d’action : la grève, le rassemblement, la mani- festation ». Il ajoute que « Mai 68 a instauré une imagerie qui nous empêche de faire exister un présent puissant »

Ludivine Bantigny. Je ne suis pas d’accord sur ce point avec Geoffroy de Lagasnerie. Il me semble qu’il a tort de considérer qu’il faut remiser au magasin des accessoires des formes qui sont au plan historique et politique extrêmement intenses : grèves reconductibles, occupations, manifestations. 68 n’est pas un fétiche ni un modèle, ce qui n’empêche pas d’y revenir, parce qu’il y avait là une intensité des projets, des luttes et des possibles.

C’est ce que Marx avait dit de la Commune et que l’on peut dire aussi de 68 : la Commune a existé et c’est déjà sa première vertu. En 68 c’est pareil : on a pris conscience qu’on pouvait parler, occuper, subvertir, critiquer, et aussi poser la question d’un autre futur, d’une société différente, hors du capitalisme, hors du marché et de la concurrence. Mais encore poser la question du pouvoir, ce qui a été le cas en 68.

Regards. Se pose-t-on encore ces questions, aujourd’hui ?

Ludivine Bantigny. Dans les organisations du mouvement ouvrier et révolutionnaire, de cette gauche qui veut vraiment changer la vie comme le disait Rimbaud, il n’y a plus ni stratégie, ni programme. La question stratégique qui s’est posée à la charnière de mai et de juin 68 était : qu’est-ce qu’on fait de tous ces comités d’actions ? Est-ce qu’il ne faut pas essayer de les coordonner pour poser la question d’un double pouvoir ? Et là, il y a eu des discussions très serrées.

On retrouve là les tendances qui s’opposent historiquement sur d’autres questions straté- giques. Avec, d’un côté, les libertaires qui, avec Daniel Cohn-Bendit ou Jean-Pierre Duteuil et d’autres, refusent toute centralisation et mettent en avant l’indépendance et la spontanéité des comités d’actions. Et, d’un autre côté, ceux qui voient dans la séquence un moment de bascu- lement et veulent saisir ce moment décisif pour regrouper les forces, sous la forme d’un comité central de grève. Toutes ces questions-là sont à revivifier aujourd’hui. Il ne s’agit pas de figer ou d’embaumer 68, mais de contribuer à en parler avec d’autres événements insurrectionnels ou révolutionnaires : à cet égard, il n’y a pas de raison de faire table rase du passé.

Ludivine Bantigny. Geoffroy de Lagasnerie a le sens du contre-pied : évidemment, il fait réfléchir. On s’est d’ailleurs posé la question, avec lui, sur les formes à inventer lors des occupations des places publiques pendant Nuit debout…

Regards. Diriez-vous que l’on vit en ce moment une période prérévolutionnaire qui pourrait, par certains aspects, ressembler aux prémices de 68 ?

Ludivine Bantigny. L’histoire ne se répète pas, mais je ne trouve pas aberrante l’éventualité que quelque chose d’assez ressemblant surgisse. On est dans une phase encore plus aigui- sée de saturation et de profonde indignation face aux inégalités et à l’indignité généralisée. Il y a des luttes, des résistances, des grèves. Mais elles sont dispersées, comme c’était le cas en 1967. On peut se sentir « à la veille de ». 1967 était une année de pic de grèves.

Regards. Qu’apprend-on aux enfants de ce qui s’est passé en 68 ?

Ludivine Bantigny. On apprend à oser, à ne pas se résigner, à créer et à s’emparer du politique : on a la légitimité à agir autrement que ce à quoi nous assigne la pensée dominante. 68 peut conduire à ne pas être uniquement sur la défensive. Le capitalisme est historiquement déterminé. Il fera son temps. Et il faut pouvoir se mettre à l’ouvrage pour imaginer des alternatives. (Nous n’avons gardé que Ludivine Bantigny)

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11 mai 2018 ~ 0 Commentaire

mai 1968 en bretagne (cgt)

cgt 2

Nous avons voulu souligner que mai 68 en Bretagne, ce n’était pas seulement quelques semaines de luttes, mais un moment de convergence des luttes qui  ont secoué la Bretagne et le grand Ouest les années auparavant.

« Colère à l’ouest », c’est la couverture de notre publication. Chaque département a fourni des archives, des témoignages, des anecdotes qui retracent l’ambiance exceptionnelle qui a marqué cette période. Le choix a été difficile pour sélectionner ce qui pouvait tenir dans les 32 pages que nous nous étions fixées. Mais, rien n’est perdu dans la collecte qui a été réalisée…

Je vous invite donc à vous approprier cette publication, car « il est important de connaître hier, pour aujourd’hui construire demain »… N’hésitez pas non plus à la diffuser le plus largement possible dans vos structures…Le prix de vente est fixé à 5€,

La publication est actuellement disponible à l’Union Départementale 22.

cgt22

 

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10 mai 2018 ~ 0 Commentaire

botoù koad dredan (fr3)

«Les sabots électriques»: une bande de jeunes Bretons dans l’euphorie post-68

Le documentaire de Soazig Daniellou revient sur les débuts de la troupe de théâtre Strollad ar Vro Bagan et la découverte d’une vie libérée par ces jeunes gens du pays léonard. Dans les années 70, une bande de jeunes ruraux du Nord-Finistère veulent changer de vie et changer le monde. Leurs parents les rêvent médecins, prêtres ou militaires. Ils préfèrent devenir saltimbanques, « Vivre et travailler au pays ». Voyage au pays de leur utopie et à l’origine d’une compagnie de théâtre, Ar Vro Bagan, qui vient de fêter ses 40 ans.

« Bevañ ha labourat er vro »

Er bloavezhioù 70, e fell d’ur vandennad tud yaouank a vro Bagan cheñch buhez ha cheñch ar bed. Brav a vefe d’o zud ma teufent da vezañ medisined, beleien pe ofiserien a vor. Int-i gav gwelloc’h dont da vezañ furlukined, « Bevañ ha labourat er vro ». Beaj e bro o utopia pa savont strollad c’hoariva Ar Vro Bagan a zo o paouez lidañ e 40 vloaz.

Arthur Thouvenin  09/05/2018

Bali Breizh

Botoù-koad dredan Les sabots électriques 
Samedi 12 mai 2018 à partir de 10h50.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Le Groupe Storlok, qui chantait « Botou koad dredan », chantait aussi « Gwerz Maro Georges Jackson » membre des Black Panthers assassiné par la police.

Bonus: Botou koad dredan:

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10 mai 2018 ~ 0 Commentaire

rouge midi (la riposte)

Béziers_1907

Fraternisation à Béziers

1907, la révolte du Midi !

« Era l’an 1907, los paures manifestavan »…
C’était l’an 1907, les pauvres manifestaient…

Pourquoi n’a- t-on pas oublié, entre Gard, Hérault, Pyrénées-Orientales et au-delà, l’insurrec- tion du midi viticole de 1907 ? La mémoire collective conserve au coin du feu, de génération en génération, le souvenir de cette épopée, qui pendant deux mois a fait trembler la France.

Il y a 111 ans, de mars à juin, dans tout le Midi viticole en crise, nos frères catalans du Langue- doc, ceux qui s’appelaient « los que crevan de fam », « ceux qui crèvent de faim », se jettent chauffés à blanc dans les rues, et affrontent l’armée au son du tocsin (Journal de Marcellin Albert)… Et cette image qui a fait le tour du monde, celle de nos « piou-piou », crosses en l’air, mutinés du 17e RI, refusant de tirer sur la foule criant en occitan « perque pòble e soldats eran fraires »: « parce que peuple et soldats étaient frères » comme disait la chanson !

Les raisins de la colère

La crainte de l’excédent, de la mévente, est pour le Midi viticole, à la fin du 19è siècle, déjà, une obsession, une question de survie. Pourquoi cette colère ? Après la crise du Phylloxera des années 1890, la viticulture est désormais soumise aux lois du marché capitaliste. La replante de nouveaux ceps, les moyens nécessaires, ont poussé à la concentration des terres, l’exode rural…

De plus, se développe une spécialisation dans le « vignoble de masse », mono- culture tournée vers l’exportation. La surproduction fait diviser par trois le prix de l’hecto- litre de vin, le marché reste saturé par des produits de qualité douteuse, trafiqués via l’utilisa- tion massive de sucre des betteraviers du Nord, qui enrichissent plus l’industriel que le viti- culteur. Dans ces conditions, il faut vendre pour faire des profits, mais le producteur ne définit plus le prix, il le subit. Le petit propriétaire n’est plus que le maillon au centre d’une chaîne, entre banquier et négociant.

Ce qui amplifie la crise, c’est la structure, la nature même de la propriété privée, dominée par le petit exploitant qui assume avec sa famille et la communauté villageoise, en rapport d’entraide, l’ensemble du travail de la vigne. Dans la plaine languedocienne le fier cultivateur reste très majoritaire. Il vit de son bien, symbole de cette « République au village » d’après 1848, indépendante des grands notables. A ses côtés l’ouvrier agricole, accroché à quelques ares, loue ses bras « aux gros » pour compléter ses revenus, tous deux sont solidaires, car menacés par la faillite et la prolétarisation.

Au village, dans cet espace de liberté politique, rien d’étonnant que dans le « Midi Rouge », les idées républicaines avancées de type radical-socialiste voire socialistes soient majoritaires. Nul n’oubliait sans doute la Commune de Narbonne de 1871 et la main donnée par les ouvriers à leurs frères paysans… Il ne suffit pas que les conditions nécessaires d’une révolte existent pour que celle-ci éclate. Il faut aussi l’élément déclencheur… Là s’inscrit la personnalité de Marcellin Albert, modeste cabaretier et ses « 87 amis du comité de défense viticole d’Argelliers » qui mettent le feu à la plaine au son du tocsin et aux cris de « non au sucre », « non à la fraude » !

L’insurrection : de la justice pour le vin à la justice en général…

Partis une poignée de « fous », ils arrivèrent des centaines de milliers… Au nom de la « Justice pour le vin », tout commence le 14 mars 1907. Ce jour-là, le journal de Marcellin Albert appelle à manifester… Ils sont quelques centaines entre Béziers et Narbonne à revendiquer leur droit à vivre de leur travail… Mais rien désormais ne pourra arrêter l’escalade. L’Histoire qui sait donner des vertiges va s’accélérer, processus rassurant quant à l’avenir de l’humanité et à notre idéal révolutionnaire…

Tous les dimanches du mois de mars à juin, les manifestations vont crescendo et s’enflent. Le 9 juin, uniquement à Montpellier, ils sont plus de 50 000, soit plus d’habitants que n’en conte- nait la ville à l’époque…Les municipalités accueillent de partout les révoltés, les églises et cathédrales s’ouvrent pour la nuit et accueillent femmes et enfants. C’est notre midi chaleureux pris d’un coup de sang, solidaire dans la lutte, qui s’organise, se radicalise… Les cheminots font des prix à tous ceux qui en train spéciaux convergent vers nos métropoles…

Les conseils municipaux en bloc démissionnent, des drapeaux noirs sont plantés sur les frontons des mairies par centaines, on boycotte l’impôt. La mobilisation touche les villes, les villages en entier, derrière les maires, les curés, les instituteurs et même les notables, pour exiger « le vin naturel »… Nous l’exigeons encore… A ce moment le gouvernement a choisi sa tactique, laisser pourrir la situation, attendre… Pour écraser ensuite… Cette politique délibérée de Clemenceau qui exaspère nos méridionaux va entraîner le mouvement sur un terrain où personne ne l’attendait…

Le 5 mai 1907, devant un public monstre, Ernest Ferroul, le socialiste, l’ami de Jaurès, le maire de Narbonne devient le second grand personnage de cette lutte… Il dénonce « les barons de l’industrie du Nord, qui nous ont envahis et ruinés, qu’il ne faut plus les sup- porter », et qui rappellent selon lui « les nobles chevaliers de jadis, venant réduire les catha- res ». Cet orateur exceptionnel exalte « l’occitan contre le négociant » parisien, en appelle même à Frédéric Mistral, un écrivain originaire du pays d’Oc et prix Nobel de littérature en 1904.

C’est en occitan que le peuple hurle, on voit sur les affiches et pancartes : « La França laissara mouri ta vigna » (« la France laissera mourir ta vigne »), « la triquo se preparo » (« la trique se prépare »), « l’armada dels estranglats, arrestas vos ou vous farem calà » (« l’armée des étrangleurs, arrêtez-vous ou nous vous ferons taire »)… Tout cela annonce le retour fracassant de notre passé, d’une passion si longtemps refoulée…

Quand l’Etat montre sa nature policière

La violence qui débuta en juin secouera le Midi. Elle fut le résultat de la volonté délibérée du « premier flic de France », Georges Clemenceau, qui décida d’envoyer la troupe pour écraser les manifestations, au lieu de prendre les mesures concrètes exigées, comme la taxation du sucre ou la réponse à la chambre aux propositions de Jaurès. Pour empêcher les manifes- tations, on arrête les meneurs, on les salit publiquement. On assiste à une occupation militaire systématique, la région est placée sous la menace du sabre et du chassepot, le pays est quadrillé, en état de guerre.

Là devant la provocation, la répression injuste, la colère du peuple devient fureur… C’est l’embrasement général… le 20 juin à Narbonne, c’est partout la chasse au gendarme, aux indics, aux journalistes, on insulte l’armée, on jette dans le canal l’inspecteur de police, l’armée tire à bout portant sur cinq manifestants. Le sang du peuple occitan a coulé !

En réponse à cette horreur, partout les villages se barricadent, à Narbonne on voit ressortir le drapeau de la Commune caché depuis 37 ans. Du 20 au 21 juin, la préfecture de Perpignan est incendiée, on dépave, de Béziers à Paulhan. A Montpellier on brise les réverbères, on dresse des fils de fer dans les rues, pour faire chuter les charges de dragons… Tous savent pour Narbonne, « vengeance », « on assassine nos frères, nous voulons les défendre ».

A ce cri, les soldats du17e régiment d’infanterie se mutinent dans la nuit du 20, armés jus- qu’aux dents, décidés à protéger les leurs, et montent sur Béziers… Cet évènement excep- tionnel a une raison, l’immense majorité des recrues sont de la région, ils étaient cultivateurs eux aussi, ruraux déclassés. C’est leurs parents qui manifestent et qu’on exécute…

Quelles leçons peut-on tirer de cette insurrection du Midi en 1907 ?

Classiquement, c’est l’état bourgeois, par sa brutalité, qui par le nombre de ses soldats, la force pure et l’hypocrisie, a écrasé sans état d’âme l’insurrection. Jamais les Méridionaux n’ont manqué de vigueur, d’audace, de courage… Sans vouloir paraître anachronique on peut dire, dans ses perspectives, son organisation, que le mouvement n’a jamais été pan-occitan, même s’il a révélé une fois de plus l’amitié, la solidarité, occitano-catalane, l’action dans quatre départements ce n’était pas suffisant.

Ce ne sont pas les propos régionalistes, dans les meetings, qui auraient pu mettre en pratique des perspectives nouvelles. Aucune organisation politique structurée, ouvrière ou paysanne, révolutionnaire, n’était en mesure de faire sortir le mouvement de l’ornière strictement caté- gorielle, en avançant un projet de société global intégrant les difficultés viticoles. Sans compter qu’avec la répression, rien, n’était « militairement » disposé pour opposer à une armée professionnelle une quelconque résistance efficace. De plus, alors que le mouvement ouvrier aurait pu se solidariser, et plus encore avancer des perspectives, les socialistes ont paru perdus dans cette lutte « inter-classiste ».

Seul Jaurès, à la va-vite, proposera à la chambre un projet autogestionnaire. Dans la « Dépê- che » du 26 mai 1907, il explique qu’il faut « sauvegarder l’unité du Midi », « développer une organisation solidaire, de la production et de la vente avec la participation des prolétaires du Midi ». Il parle même quelques jours plus tard, « d’une nationalisation des domaines viticoles qui devront être exploités, par une association des travailleurs de la vigne ». Tout cela était trop éloigné, encore, des aspirations des petits exploitants, attachés à la propriété privée, et d’une rupture avec un capitalisme dont les règles du jeu n’étaient pas remises en cause. En tout cas, il faut quand même retenir que Jaurès n’hésitera pas à s’attaquer à la monoculture, précisant « qu’il est dangereux pour un pays de laisser porter par un seul produit toute sa fortune ».

Numériquement, le mouvement fut dominé par des non-viticulteurs. Artisans, commer- çants, salariés, déclassés, monde rural et urbain réunis dans les comités de défense viticole. Se retrouvent dans ce mouvement toutes les couches sociales, des formes de démocratie directe de « décidir e viure al pais », de « décider et vivre au pays », où l’intérêt personnel était dépassé par celui du “país” dont la viticulture restait l’élément-clef.

Par sa nature, ce mouvement porte du début à la fin la marque d’une lutte catégorielle, la défense viticole, contre le marché, la surproduction, l’industriel betteravier, soit une forme d’anticapitalisme, contre les profiteurs. Cependant entre l’anticapitalisme tripal et la proposition consciente, d’autres règles du jeu, en rupture radicale, s’ouvrant socialement, politiquement, à d’autres pans de la société, vers la classe ouvrière, à l’époque, déjà qualifiée dangereuse, bref, entre révolte et révolution, il y a un monde que le mouvement de 1907 n’a jamais dépassé.

Laurent Gutierrez PCF  Côte d’Or 8 mai 2018

https://www.lariposte.org/

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08 mai 2018 ~ 0 Commentaire

corse histoire (a manca)

a manca 1

Macron : le successeur de Morand

« Tous les peuples l’ont convoitée. Fière, elle a résisté avec héroïsme à tous. Enfin est venu le beau français qui l’a prise de force, et, comme la Sabine elle a fini par aimer passionnément son ravisseur ». in F.Girolami-Cortona, « Histoire de la Corse », Librairie la Marseillaise.

Sur la dernière intervention militaire de Louis XV en Corse.

« La France essaye de négocier avec le chef de la jeune nation qui en 1755 et en 1763 avait sollicité une sorte de protectorat auprès de Louis XVI. Elle n’obtient de Paoli que la réaffirmation de sa volonté d’indépendance et l’acceptation d’un protectorat (…

Sur le Traité de Versailles

« Le traité a un mauvais effet en Corse. Vendue ou cédée en gage d’une dette, le jeune royaume corse indépendant a le sentiment qu’une « transaction » s’est faite par-dessus sa tête ».

Sur les suites de Ponte Novu

« La France s’efforce de consolider et d’asseoir pacifiquement sa présence en Corse. »

Ce florilège de contrevérités historiques est facilement attaquable du point de vue des sciences historiques. Quant à l’introduction, dont le fond pro colonialiste et sexiste est daté, elle ne mérite même pas de commentaires de notre part.

Rétablir les faits historiques

Le premier ministre de Louis XV, Choiseul, s’est exprimé à maintes reprises sur l’importance stratégique de la Corse pour le commerce français vers le Levant et a justifié en tout point l’entreprise coloniale de destruction de la République paoline par le feu, le fer et le sang. En 1763, c’est avant tout l’espion de Louis XV, le Chevalier de Valcroissant, qui est chargé de négocier un accord secret avec Pasquale Paoli pour rapprocher la Corse de la France.

L’idée de céder purement et simplement le Cap Corse et tous ses habitants à la France a un caractère injuste et arbitraire aux yeux de Paoli.

Cela remet en cause la souveraineté de la nation corse sur tout le territoire qu’elle administre. N’oublions pas non plus la tentative d’achat de Paoli à qui l’on propose un haut grade dans l’armée française, que ce dernier refuse. Le traité de Versailles est bien un accord secret négocié dans le dos des Corses. Il est utile de rappeler la condition expresse du Doge de Gênes adressée par courrier à Choiseul en Juin 1768 après la signature de ce traité : « La totale suffocation du peuple corse ». C’est donc bien un peuple libre qui a été vendu par une ancienne puissance coloniale à son repreneur, avec une clause orale visant à la destruction.

Évoquer la conquête pacifique de la Corse est la négation pure et simple des faits.

De nombreux travaux historiques sont là pour démontrer plusieurs éléments que nous rappe- lons pour mémoire comme le nombre de veuves dans certains villages corses sur la ligne de front, les déportations et les morts au bagne de Toulon, la répression et la destruction de communautés par le feu et le pillage (tel que précisé dans l’édit de Chauvelin de Mai 1768). À cela s’ajoutent la révolte et la répression de 1774(cf pendus du Niolu), mais aussi les raids de la résistance extérieure corse « I Fuorusciti » jusqu’en 1782.

La mise sous tutelle a besoin d’un cadre idéologique

Considérer que cette présentation est très éloignée du sort des corses en 2018 est une erreur d’appréciation. Dans le bras de fer actuel, après le mépris et le renouveau colonial exprimé par le gouvernement de Macron, c’est bien la fin du processus de pacification dont il est question.

Le premier acte est la mise sous tutelle et une remise en cause du statut Joxe par l’Etat fran- çais, qui entend redonner au corps préfectoral toute sa puissance régalienne. C’est le Préfet qui doit décider qui fait quoi, et la Collectivité de Corse doit suivre. C’est une régression histo- rique majeure qui est non seulement déni de démocratie mais gomme cinquante années d’histoire récente. La Collectivité de Corse a raison de ne pas accepter cette tentative de mise au pas coloniale.

Tout cela est tout sauf symbolique car il n’y a rien à attendre du représentant d’un Etat policier et néo-libéral.

Cette mise sous tutelle menace frontalement les droits économiques, sociaux et culturels des Corses. Citons en dernier exemple les limites du dispositif « Ritirata » qui permet à la moitié des retraités corses de bénéficier de 20% à 50% de réductions sur tous les transports. Cer- tains retraités déplorent à juste titre de ne pouvoir en bénéficier. Comment développer un droit social sans fiscalité et budget propre ?

Il ne faut pas, et aujourd’hui moins que jamais, opposer les luttes sociales aux luttes démo- cratiques, car elles sont indissociables, surtout face à une puissance intéressée à notre seule dissolution dans un modèle néo- libéral.

Suite à la motion déposée par le Président de la Collectivité de Corse concernant un texte sur l’histoire de la Corse diffusée par le Préfecture de Corse et retiré depuis, A Manca tient à réagir sur le caractère idéologique que revêt cette affaire. Notre peuple a une mémoire collective et s’est réapproprié depuis des décennies des pans entiers d’un passé censuré par la puissance coloniale. Ce faisant, il était assez révélateur de trouver en 2018 sur le premier portail internet de l’Etat français en Corse, une petite histoire de la Corse comportant des passages, notamment sur la période de la conquête française, ouvertement révisionnistes. Il convient de revenir sur les points les plus litigieux.

A MANCA  27 avril 2018

http://a-manca.org/

Commentaire:

L’histoire trafiquée participe aussi ici en Bretagne à terminer le travail d’assimilation et ainsi concourir à l’adhésion unanime à la « patrie »: tout naturellement.  De l’avènement de Clovis, qui fait des bretons des « étrangers » accueillis, en passant par l’état breton qui n’a (bien sûr) jamais existé!

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08 mai 2018 ~ 0 Commentaire

alain krivine (le dauphiné)

kri

Alain Krivine : « La force qu’on a eue, c’est d’être unitaires dans l’action »

Alors leader de la contestation, deux ans après avoir fondé la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR)

Que retenez-vous de Mai-68 ?

« Pour moi, ce n’est pas une explosion révolutionnaire, c’est une explosion populaire. Je ne veux pas commémorer, parce que c’est un enterrement. Ce qui m’intéresse, c’est ce qui reste valable aujourd’hui  : la force du mouvement spontané des gens. Quand on a été arrêtés le 3 mai (pacifiquement) à la Sorbonne, on a été entourés dans les cars de flics par des milliers d’étudiants qui gueulaient « libérez nos camarades ». Chez les étudiants, il y avait l’arrivée de nouvelles couches moyennes, la guerre du Vietnam a politisé rapidement les gens. Le prolétariat était numériquement plus faible qu’aujourd’hui, mais plus uni. »

L’ alliance étudiants-ouvriers a-telle vraiment eu lieu ?

« Il n’y avait pas de réelle unité, en tout cas à Paris. Moi, je n’allais qu’aux AG de la Sorbonne, il n’y avait que des étudiants. Cohn-Bendit était un leader fantastique, les gens l’écoutaient appeler à bloquer le Quartier latin, les ouvriers étaient prêts à suivre mais ne voulaient pas le pouvoir. J’ai emmené un cortège étudiant à Renault Billancourt : les types qui nous ont accueillis chantaient L’Internationale , ils ne nous ont pas laissés entrer. S’allier, les étudiants ne demandaient que ça ; ils étaient déçus, moi je m’y attendais. J’étais déjà trotskiste. »

La gauche était donc divisée ?

« Aux réunions des dirigeants, Cohn-Bendit avait le micro et on faisait le service d’ordre, ce n’était pas très démocratique. Le 10 mai, je me souviens des maoïstes et des lambertistes allant vers les barricades, et, voyant qu’il y avait peu d’ouvriers, ils sont partis se coucher. Le PC et la CGT nous traitaient de gauchistes. Pour eux, les étudiants étaient des petits-bour- geois. Après les barricades, ils ont été obligés de lancer un appel à la grève générale. »

Peut-on et faut-il critiquer 68 ?

« Il faut avoir un regard lucide. Ce fut un mouvement extraordinaire, les gens se parlaient, c’était fantastique. Il y a toute une génération pour qui c’est divin, il ne faut pas y toucher. Quand Sarkozy a attaqué 68, il s’est mis tout le monde à dos. Mais il ne faut pas être acritique, il y a eu des carences. Il n’y avait pas d’alternative crédible en termes de pouvoir politique parce que le PC et la CGT ne voulaient pas le prendre. La force qu’on a eue, c’est d’être unitaires dans l’action. »

Que reste-t-il de ce mouvement ?

« Si vous regardez les leaders connus de 1968, ils sont morts : soit physiquement, soit politi- quement. Il y a plein d’anciens comme Cohn-Bendit et Goupil qui sont devenus macronistes. Je crois qu’ils ont tourné parce que la situation a viré, mais je crois qu’ils ont tort. »

Pensez-vous qu’un nouveau Mai-68 est réellement possible ?

« Il faut croire à un nouveau Mai-68, mais en voyant les faiblesses. Je ne sais pas ce qui va se passer. Localement, les gens sont anticapitalistes, plus qu’en 1968, mais ils sont aussi plus démoralisés par les défaites passées, et ne voient pas d’alternative crédible au capitalisme. C’est compliqué, il n’y a pas d’expérience longue d’auto-organisation ouvrière. Les partis, y compris de l’extrême gauche, sont en crise. Les gens en ont marre de Macron, mais il n’y a rien d’autre. »

Pourtant on voit des mobilisations…

« Il y a plus d’étudiants aujourd’hui et ils sont obligés de travailler pour payer les études et le logement. Ça commence à bouger, mais il y a le problème des partiels, à l’époque, les gens s’en foutaient. Le mouvement de contestation est radical mais très divisé  y compris entre syndicats… La convergence est indispensable mais marginale pour le moment. »

 Léa BUCCI 03/05/2018

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07 mai 2018 ~ 0 Commentaire

martin luther king (à l’encontre.ch)

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Etats-Unis. Pourquoi? L’assassinat de Luther King nécessite une réponse

Cette année marque le cinquantième anniversaire de l’assassinat du Dr Martin Luther King, le 4 avril 1968. Ce meurtre de l’un des grands dirigeants noirs de l’époque par des racistes blancs avec la complicité du gouvernement américain, très probablement le FBI, a stupéfié tous les Afro-Américains du pays. Immédiatement, des soulèvements violents ont éclaté dans des centaines de villes et de villages, les soulèvements les plus amples qui ont marqué la période du mouvement des droits civiques et du «pouvoir noir» (Black Power).

La chanteuse afro-américaine Nina Simone a rapidement écrit une chanson intitulée «Why? The King of Love Is Dead»:

Que va-t-il se passer maintenant, dans toutes nos villes?
Les miens se soulèvent, ils vivent dans le mensonge
Même s’ils doivent mourir, même s’ils doivent mourir
Pour l’instant, ils savent ce qu’est la vie

Même dans ce moment où tu sais ce qu’est la vie
Si tu dois mourir, ce n’est pas grave
Parce que tu sais ce qu’est la vie
Tu sais ce qu’est la liberté, pour un moment, dans ta vie

Les scènes des soulèvements furent diffusées sur les réseaux TV.

L’une de ces images permet d’en saisir l’impact national: dans la ville à majorité afro-amé-ricaine de Washington D.C. (district de Columbia), l’édifice du Capitole [parlement] a été partiellement obscurci par la fumée montante de la ville en flammes. Le sentiment était que s’«ils», selon le langage de l’époque: soit le système du pouvoir blanc, pouvaient tuer le Dr King, l’avocat de la non-violence, ils pourraient faire de même avec toute personne noire.

La police n’a pas été en mesure de contenir le soulèvement de masse. Et partout la Garde nationale a été appelée, forte de 40 000 hommes, pour le réprimer. Quarante Afro-Amé- ricains ont été tués, des centaines d’autres blessés et beaucoup d’autres arrêtés. L’un d’entre eux était un jeune homme nommé Andrew Pulley que j’ai appris à connaître plus tard. Le juge lui a dit qu’il avait le choix entre la prison ou l’armée. Il a opté pour l’armée. Une fois dans l’armée, il a rencontré sur sa base, à Fort Jackson, un groupe de soldats anti-guerre organisé par des GI socialistes. Il est devenu un combattant anti-guerre et socialiste lui-même, et une fois sorti de l’armée, il a rejoint la Young Socialist Alliance et le Socialist Workers Party, et est devenu un leader national des deux organisations.

Le dirigeant du FBI, cet anticommuniste dédié à la chasse aux sorcières, John Edgar Hoover [à la tête du FBI de 1924 à 1972], a choisi King comme cible après le boycott des bus à Mont- gomery [Alabama], en 1956, une initiative que King a aidé à développer. Hoover a ensuite mis en place un programme secret appelé COINTELPRO [Counter Intelligence Program] pour contrer le nouveau mouvement noir au moyen d’un espionnage illégal, de la désinformation, des arrestations sur la base d’accusations inventées de toutes pièces et d’autres coups bas.

Dans une note de service ultérieure, Hoover a ordonné à l’agence de chercher à empêcher l’émergence d’un «messie noir», en désignant King et Malcolm X.

L’attention du gouvernement sur King est devenue plus prononcée lorsqu’il s’est prononcé contre la guerre du Vietnam en 1967. Ce faisant, il a dû rompre avec le reste de l’establish- ment des droits civiques qui ne voulait pas offenser le président Lyndon Johnson (démocrate note du blog) [1963-1969, qui succède à Kennedy, suite à son assassinat] qui menait mainte- nant la guerre. Des mémoires récents de partisans de King racontent comment il a été rejeté, évité. En s’opposant à la guerre, il s’était joint à l’aile jeune, plus militante, dirigée par le Comité de coordination des étudiants non-violents qui s’était déjà opposé à la guerre, tout comme les Noirs nationalistes militants tel Malcolm.

En expliquant sa position, il a déclaré: «mon pays» est «le plus grand commanditaire de violence» dans le monde.

Il est difficile de nos jours, alors que le nom de King est utilisé de manière désinvolte par des politiciens capitalistes de toutes allégeances, même par des racistes qui dénaturent le discours de 1963 de King «J’ai un rêve» pour se vanter qu’ils «ont un rêve»… de mettre fin à l’action affirmative (que King a fortement soutenu), d’avoir à l’esprit les déclarations anti-King dans la presse de l’époque, aussi bien que celles des différentes autorités fédérales et locales char- gées de l’application de la loi, et au Congrès après que King s’est prononcé contre la guerre.

Le FBI a été encore plus alarmé lorsque King a également cherché à élargir la lutte.

Dès le début de son entrée sur la scène nationale, lors du boycott des bus de Montgomery, contre la ségrégation dans les transports publics, il a soulevé des questions plus profondes ayant trait à l’oppression des Noirs. Après les victoires du mouvement des droits civiques pour l’obtention du droit de vote des Noirs dans les Etats du Sud et le début du démantèlement de la ségrégation par le système Jim Crow [ensemble de règlements et d’arrêtés organisant la discrimination, de 1876 à 1964, dans les Etats du Sud], King a compris que la surexploitation économique des Noirs serait un problème plus difficile à résoudre.

Il avait commencé à voir que la lutte pour l’égalité raciale était une lutte écono- mique et que le système capitaliste était le problème.

En 1967, dans un discours intitulé «L’Autre Amérique», il parlait d’«hommes affamés de travail à la recherche d’emplois qui n’existaient pas». Il a décrit la population noire comme vivant sur une «île de pauvreté déserte, entourée d’un océan de prospérité matérielle» et vivant dans un «triple ghetto de race, de pauvreté et de misère humaine».

Il a affirmé: «Le mouvement doit aborder la restructuration de l’ensemble de la société amé- ricaine. Il y a 40 millions de pauvres ici. Et un jour, nous devrons nous poser la question: “Pourquoi y a-t-il 40 millions de pauvres en Amérique”. Et lorsque vous commencez à poser cette question, vous soulevez une question sur le système économique, sur une répartition plus large de la richesse. Quand vous posez cette question, vous commencez à remettre en question l’économie capitaliste… Nous devons commencer à poser des questions sur l’ensem- ble de la société… Cela signifie que des questions doivent être soulevées. A qui appartient le pétrole? A qui appartient le minerai de fer? Pourquoi les gens doivent-ils payer les factures d’eau dans un monde où il y a deux tiers d’eau?»

En 1968, King a appelé à un «mouvement ouvrier revitalisé» pour mettre «les questions économiques en première place de l’agenda».

«Une coalition d’une section revitalisée des travailleurs, des Noirs, des chômeurs et des béné- ficiaires de l’aide sociale peut être la source d’un pouvoir qui remodèle les relations écono- miques et ouvre la voie à une percée vers un nouveau niveau de réforme sociale…» Dans un discours antérieur, King déclara: «On ne peut pas parler de résoudre le problème économique des Noirs sans parler des milliards de dollars nécessaires. On ne peut pas parler de mettre fin aux bidonvilles sans d’abord dire que le système des profits ne doit plus organiser les bidonvilles.

Dans ce cas, vous êtes vraiment en train de ficher le bazar et de vous placer sur un terrain dangereux parce que vous vous frottez à certaines personnes. Vous semez le désordre face aux capitaines d’industrie… Maintenant, cela signifie que nous marchons sur des eaux difficiles, parce que cela implique vraiment que nous disons que quelque chose ne va pas avec le capitalisme… Il doit y avoir une meilleure distribution de la richesse et peut-être que l’Amérique doit s’orienter vers un socialisme démocratique.»

Il a été assassiné en 1968 alors qu’il se trouvait à Memphis, dans le Tennessee, pour soutenir les travailleurs de la voirie en grève.

Les ouvriers majoritairement noirs sont devenus célèbres, inoubliables, car identifiables sur des photos placées sur des pancartes qu’ils tenaient et sur lesquelles on pouvait lire: «I Am A Man». Les Etats-Unis sont toujours le plus grand commanditaire de violence dans le monde. Ils sont en guerre ouvertement ou clandestinement depuis 1941. L’alliance anticapitaliste des travailleurs/travailleuses et de tous les opprimé·e·s que King a esquissée (et aujourd’hui nous pouvons ajouter d’autres secteurs) reste la voie à suivre. Barry Sheppard

(Article envoyé par l’auteur le 2 mai 2018; traduction A l’Encontre le 6  mai 2018)

http://alencontre.org/

 

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07 mai 2018 ~ 0 Commentaire

black block (essf)

black

Manifestation du 1er Mai : Appel aux convaincu(e)s : une critique anti-auto-ritaire du Black Bloc

Au risque de paraître tirer sur l’ambulance, nous avons choisi la voie du dégrisement. Pour nous la manifestation du 1er mai a été un échec et la stratégie imposée de façon autoritaire par le Black Bloc n’était ni justifiée, ni n’a profité au reste de la manifestation. Collectivement, nous en prenons acte et appelons à dépasser nos pratiques ritualisées du cortège de tête.

C’est assez frappant, et ce malgré la situation sociale généralement morose, que chaque manifestation qui tourne un peu à la confrontation avec la flicaille soit saluée comme une victoire. Un peu comme si le fait de casser en nombre des vitrines égalait un but marqué par son équipe de foot préférée. Ne faisant qu’un, le groupe de supporters fait la Ola et retourne chez lui attendre le prochain match, la prochaine bagarre. Il nous apparait que l’intérêt ponctuel et circonstancié d’un Black Bloc n’est pas là et que nous sommes, peu à peu, en train de nous enfermer dans un trip égotique et autoritaire.

Loin de condamner d’une façon générale les actions directes des manifestants, Blacks Blocs ou pas d’ailleurs, nous aimerions les remettre en cause d’un point de vue stratégique, avec une perspective anti-autoritaire. En effet, pour nous, peu importe qu’on brûle un Mac Do ou un concessionnaire Renault : brûlez les tous même ! Mais, selon nous, on ne peut avancer avec une action directe sans réfléchir à

1) la pertinence de la cible

2) la finalité politique de l’action directe

3) les circonstances de la manifestation en question

4) l’inclusion et la compréhension par le reste de la manifestation ou de la population.

Un échec stratégique

Pour nous ces questions n’ont pas été correctement posées par certains membres du Black Bloc lors du 1er mai qui s’est, la majeure partie du temps, borné à foncer dans le tas et à fuir l’avancée des troupes en détruisant tout sur son passage. Le fait de s’être rués directement sur le Mc Do et les cibles adjacentes en début de manifestation a provoqué:

1) le blocage de la manif qui n’a jamais pu avancer

2) une pression qui s’est reportée sur les manifestants non équipés et en partie acculés sur le pont

3) Un des plus gros cortèges de tête de l’histoire s’est dissout de fait et a perdu toute sa force potentielle

4) Les cortèges de syndicalistes se sont retrouvés à suivre l’itinéraire bis de la Préfecture de Police

5) Une répression très dure et de nombreuses arrestations

6) Une campagne médiatique dans l’opinion pour augmenter l’intensité de la répression.

 La gueule du loup

Il nous apparait qu’on a foncé tête baissé dans un piège tendu par la Pref sans se soucier de l’impact sur le reste du cortège, de l’intérêt stratégique de ce qui était fait, ni de la répression qui allait s’abattre sur tout le monde (plus de 200 arrestations !). Cela pose plusieurs problè- mes. Est-ce que cela était prévisible ? Oui ! Et, selon nous, c’était même évident.

Sur le Boulevard, toutes les banques ou cibles potentielles de la casse avaient été « proté- gées » mais pas le Mc Do au début de la manif… Sans vouloir se la jouer théorie du complot, cela nous paraissait bien bizarre ou en tout cas mauvais plan dès le départ. D’autant plus que ce lieu a été le lieu de plusieurs affrontements en 2016, que c’est un des seuls lieux du trajet qui était pavé, que la densité sur le pont ne permettait pas un retrait rapide… On a voulu déborder là où on nous attendait.

Il aurait fallu attendre que la manifestation avance, prenne ses marques sur le Boulevard, que les cortèges se mélangent, comme cela est arrivé lors des dernières manifestations, et ne pas se jeter dans la gueule du loup. Nous aurions alors gagné en force et ce n’est pas les possibilités qui manquent quand nous sommes si nombreux et déterminés.

 La manifestation a aussi été vécue par les autres

La situation vécue sur le pont a été très désagréable, frustrante, voire traumatisante pour certains manifestants. Impossible de savoir ce qu’il se passait à l’avant, impossible d’aller aider les cop(a)in(e)s à l’avant, impossible de reculer pour ceux qui le souhaitaient. Ceux qui se trouvaient avec ou à côté du Black Bloc (de la ligne de front au pont) ont été obligés de sauter les rambardes et de fuir vers les quais. Super entraide d’ailleurs pour faire descendre les gamin(e)s et les plus agé(e)s.

Les flics empêchaient de contourner le dispositif par les quais et tout le monde, dont faisaient partie de nombreuses personnes non équipées, s’est fait copieusement gazer pendant une heure. Pas de médics à l’horizon (ils devaient être tous avec le Black Bloc). La seule sortie était à l’ouest au bord du fleuve et ne menait qu’au trajet Bis de la manifestation, par le pont Charles de Gaulle. Le quai de l’Arsenal et le quartier Bastille ont été bien amochés lors du repli : on s’en fiche, on y traine pas, les loyers et les bars y sont bien trop chers. Vous auriez cramé l’opéra Bastille, repeint en rouge la colonne Bastille, mis à sac l’Hipopotamus, on ne s’en serait pas émus… Par contre, qu’est ce que cela a apporté ? Quel intérêt politique ? Quels sont les retours de ceux qui n’étaient pas habillés en noir ou équipés ?

Nous pouvons tous faire des erreurs tactiques, cela arrive, encore faut-il les reconnaitre et en prendre acte, surtout si cela déteint sur le reste de la manifestation. Nous n’avons pas l’impres- sion que c’est le cas… l’autocritique c’est pourtant bien utile ! Néanmoins, il nous semble que l’erreur du 1er mai est symptomatique d’une dérive autoritaire et égocentrée. Nous détaillons ici quelques écueils auxquels nous devrons tous nous confronter.

 La Révolution ne sera pas télévisée

Ce qui est étonnant, c’est qu’une stratégie qui déteste les médias et les caméras (à raison) utilise cette technique pour apparaitre dans ceux-ci. Au-delà du trip « porn riot » à la Taranis encore populaire chez une fraction de la jeunesse, l’idée générale est d’accaparer l’attention médiatique et de faire de l’ombre à l’image de la manif « plan-plan » de la CGT. L’émeute était d’ailleurs annoncée auparavant sur différents sites et avait été reprise par la communication de la Préfecture de police, des appels internationaux à rejoindre la bagarre avaient été traduits dans de nombreuses langues.

La « révolution ne sera pas télévisée » et ce ne sont pas les seuls actes spectaculaires qui nous donneront un avantage dans l’opinion, que cela soit celle du cortège de tête, du reste de la manifestation ou de la population. Nous jouons à armes inégales, tant matérielles que médiatiques. De plus, il semble illusoire et contradictoire de vouloir destituer et combattre la presse bourgeoise en arborant des techniques spectaculaires.

 Non au foquisme du Black Bloc

Dans la manifestation comme parfois en dehors, il semble que le fait de participer à la casse organisée ou à des bagarres avec la police sonne parfois comme un argument d’autorité dans un certain milieu radical. Pour nous, il est clair que le choix et la maitrise de cette technique ne donne en aucun cas une légitimité politique. Cette tendance au « foquisme » du Black Bloc est une dérive autoritaire vouée à l’échec. Il est hors de question d’abandonner le monopole de l’action et de la parole à ceux qui seraient plus entrainés, plus forts, plus équipés. La direction politique aux foyers de guérilla urbaine, non merci !

Le problème est que la technique Black Bloc peut avoir un impact si important sur le reste de la manifestation, que celle-ci ne peut que soutenir les cop(a)in(e)s lorsqu’ils sont nassés ou lancés dans le feu de l’action. Car qui serions-nous si nous vous laissions tou(te)s seul(e)s, sans soutien pendant et après la manif ? Mais la question inverse se pose également : quelle légitimité auriez-vous si nous ne vous soutenions pas activement pendant et après la manif ?

Pour un black bloc qui bloque autre chose que la manif

Nous ne sommes pas hostiles à la technique du Black Bloc et nous l’avons maintes fois utilisée. Et même quand nous n’y sommes pas, nous sommes solidaires des cop(a)in(e)s en pleine action, blessés ou arrêtés. Mais pour nous elle doit servir quelque chose d’autre que la simple joie d’exister ou de se faire plaisir entre les convaincus. Autrement dit nous aimerions un Black Block qui bloque autre chose que la manifestation. 1200 personnes en black bloc, 15 000 dans le cortège de tête pour juste défoncer un mac do et cramer un concessionnaire c’est franche- ment du gâchis… notamment quand on voit le nombre d’arrestations.

Pourquoi cette technique n’est pas utilisée pour bloquer des lieux de pouvoirs, des centres logistiques, décisionnels ? Elle serait pourtant très utile aux actions de blocage et de sabo- tage… Pourquoi n’est-elle pas utilisée lorsque la pression médiatique est moindre ? C’est pourtant là où on risquerait le moins…

 « Franchement on s’amusait mieux sans le Black Bloc »

Nous comprenons très bien que pour certains, l’expression d’une violence contre les objets symboliques du capitalisme soient un exutoire à une existence sur laquelle s’exercent la violen- ce et le contrôle de l’État. Mais de là à en tirer une théorie générale d’interprétation du monde et de la révolution, c’est pousser le bouchon un peu loin.

Ainsi on peut vivre de belles scènes de solidarité dans l’émeute ou des manifestations plus énervées mais on peut aussi avoir des mauvaises expériences : violence gratuite et aveugle, sexisme, répression très violente, arrestations… Comme ailleurs ! Si nous avons réussi à désacraliser la manifestation cadrée par les syndicats, continuons sur notre route et désa- cralisons l’émeute, le black bloc ou même le cortège de tête. Ce ne sont que des stratégies, des techniques, pas une fin en soi. 

Prenons tous la tête du cortège de tête

Le cortège de tête est devenu lui aussi ritualisé et pourrait presque remplacer le cortège syndical car il est aujourd’hui aussi nombreux dans les manifestations. Au début de l’événe- ment, le Black Bloc et quelques groupes précis prennent la tête avec leurs banderoles, posent pour les caméras et les photographes et donne le départ d’un pas assuré. Il y a donc bien une hiérarchie dans le fonctionnement actuel du cortège de tête et il faut prendre conscience de cela. Soyons inventifs pour remettre en cause cet ordre établi, pour montrer du doigt l’autoritarisme quand il existe chez nous, sans pour autant nous diviser !

Ce qui nous semble le plus urgent ce n’est pas la convergences des luttes mais l’extension des luttes. Pour cela, nous ne pouvons pas rester figés sur nos bases inébranlables de convain- cus. Qu’elles volent en éclats avec les autres certitudes du vieux monde ! Le cortège de tête n’appartient à personne. Prenons la tête du cortège de tête !

vendredi 4 mai 2018 Des cop(a)in(e)s

https://paris-luttes.info/

http://www.europe-solidaire.org/

Lire aussi:

Le 1er mai 2018 à Paris : qui sont les 15 000 personnes qui ont défilé devant le cortège syndical du 1er mai ? (Essf)

« L’enfer, ce n’est pas ce qu’ont vécu les forces de l’ordre le 1er Mai, c’est le monde que vous nous préparez. » (Mili)

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07 mai 2018 ~ 0 Commentaire

mai 1968 (ti ar vro cavan)

68

PREZEGENN / CAUSERIE MAI 68 en BRETAGNE

Bep miz e vez aozet abadennoù gant Ti ar Vro Treger-Goueloù, asambles gant Levraoueg Aodoù-an-Arvor.

Mae : Erik Neveu
Mai 68 par celles et ceux qui l’ont vécu. – Editions de L’Atelier/Mediapart

Mae 68, hanter-kant bloaz diwezhatoc’h… Komzet e vez alies eus darvoudoù an amzer-se c’hoazh, met piv oar penaos oa cheñchet buhez milionoù a dud boutin d’ar c’houlz-se ?

A-benn lakaat war wel ul lodenn a-bouez eus an istor o deus   embannadurioù L’Atelier ha Mediapart klasket adkavout testenioù an dud. Ouzhpenn 300 den dizanv eus prantad Mae-Even 1968 o deus respontet dezho ha kaset testennoù, fotoioù ha teulioù a bep seurt.

Liammet an eil re gant ar re all, o istorioù a za da sevel ur freskenn o taolenniñ un amzer dremenet na vez ket klevet alies, met chomet bev-mat avat. Ar pajennoù-mañ a zo roudoù dibar eus ar pezh e oa bet miz Mae 1968 evit an dud vunut.
Pal la levr ? Reiñ ar gaoz da vouezioù all, da veizhegezhioù all eus miz Mae 68 !

Dibabet eo bet tammoù an ouzhpenn 2000 pajennad testennoù dastumet gant tri c’helenner skol-veur arbennik war darvoudoù miz Mae 68 : Christelle Dormoy-Rajramanan, Boris Gobille  hag  Erik Neveu (kelenner war ar skiantoù politikel e-barzh skipailh CNRS Arènes ha kelenner e « Sciences Po » Roazhon) a zeuio da ginnig al labour bet kaset da benn ganto ha lakaat war wel darvoudoù ar prantad-se e Breizh

Merc’her 23 a viz Mae 2018 da 8e30 noz  – Ti ar Vro, e Kawan
Kinniget e vo deoc’h al levr Mai 68 par celles et ceux qui l’ont vécu embannet gant Éditions de L’Atelier ha Mediapart e miz Meurzh 2018
Eskemmoù gant Erik Neveu (kelenner e « Sciences Po » Roazhon) – e galleg

68 5

La Bibliothèque des Côtes d’Armor et Ti ar Vro vous convient à leur rendez-vous mensuel.

Mai : Erik Neveu
Mai 68 par celles et ceux qui l’ont vécu. – Editions de L’Atelier/Mediapart

Mai 68, cinquante ans après… L’événement génère encore beaucoup de débats, mais qui sait comment cet épisode extraordinaire est entré dans la vie de millions de personnes ordinaires ?

Pour sortir de l’oubli de cette part essentielle de l’histoire, les Éditions de L’Atelier et Mediapart ont lancé un vaste appel à témoignages. Plus de 300 acteurs anonymes de Mai-Juin 1968 y ont répondu en envoyant textes, photos et documents.

Enfant de la banlieue rouge, collégienne des beaux quartiers en blouse, étudiant algérien en art dramatique, ajusteur, professeur de collège, opératrice des PTT, monteuse stagiaire dans le cinéma, métallo d’une usine automobile, appelé du contingent, aumônier de jeunes…
reliés les uns aux autres, leurs récits forment une véritable fresque qui incarne un passé trop souvent silencieux mais jamais oublié. Ces pages forment la trace précieuse, inédite à cette échelle, de ce que fut Mai 68.

Le pari de ce livre ? D’autres paroles, d’autres intelligences de Mai 68 !

Ce livre a été « orchestré » par trois universitaires spécialistes de Mai 68 : Christelle Dormoy-Rajramanan, Boris Gobille  et  Erik Neveu (professeur de science politique dans l’équipe CNRS Arènes et enseignant à Sciences Po Rennes), qui viendra nous présenter leur travail et mettra en lumière les événements de l’époque en Bretagne.

Mercredi 23 mai 2018 à 20h30   Ti ar Vro, à Cavan
Présentation et dédicace du livre Mai 68 par celles et ceux qui l’ont vécu paru aux Éditions de L’Atelier en mars 2018
Échanges avec Erik Neveu (en français)

http://r.keleier.tiarvro22.com/

http://www.tiarvro22.com/

Lire aussi:

1968 : un « moment global », l’engagement d’une génération militante

«Écrivez partout»: Mai 68 et la littérature (CNRS)

Mai 1968 : quand l’étincelle étudiante a mis le feu à la plaine

 Mai 68 a été une rampe de lancement pour nous

Cela a été le baptême du feu dans tous les sens du terme

C’était assez fou comme ambiance, assez joyeux même

Ce qui paraissait invraisemblable avant devient d’un seul coup naturel

Il y avait une telle complicité entre les gens, ça paraissait merveilleux

 

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