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26 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

1789 (révolution ucl)

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La Révolution française de 1789 /1794

La Révolution française de 1789 / 1794 a marqué la fin du régime féodal en France. Pourtant, la bourgeoisie française éprouve aujourd’hui de la gêne, voire de l’hostilité, face à cet événement fondateur de son propre règne.

Seuls les débuts de la Révolution sont glorifiés, présentés comme la victoire d’un peuple uni face aux injustices de l’Ancien Régime. La suite est souvent présentée comme le déferlement de violence d’une populace inculte et manipulée par des révolutionnaires fanatiques.

Contrairement à ce qu’on entend trop souvent, la Révolution française n’a pas été l’aboutissement des « progrès de la Raison ». Elle marqua surtout l’entrée en action des classes populaires contre un régime politique et économique qui les étouffait. Comme l’écrivait Trotsky, une révolution est avant tout « une irruption violente des masses dans le domaine où se règlent leurs propres destinées ». C’est à ce titre que la Révolution française est toujours riche en leçons, pour ceux qui veulent transformer la société.

Les contradictions de la société féodale

A la veille de la Révolution, la population française est composée à 80 % de paysans. Le secteur industriel est nettement moins important qu’en Grande-Bretagne, où le développement du capitalisme est plus avancé. L’« industrie » française peine à dépasser le stade de l’artisa-nat. Dans tout Paris, on ne compte qu’une cinquantaine d’usines et d’ateliers employant entre 100 et 800 travailleurs. Il n’existe qu’un prolétariat embryonnaire.

Des éléments de capitalisme existent, pourtant.

Il y a bien une bourgeoisie riche et puissante, mais son développement « normal » est entravé par les restrictions féodales. Les corporations encadrent les activités de leurs métiers avec une telle rigueur qu’elles freinent le développement des forces productives.

Par exemple, la règle à calcul (ancêtre de la calculatrice) n’est quasiment pas employée en France, alors qu’elle est largement utilisée dans les usines et les chantiers navals de Grande-Bretagne. C’est que la production d’un tel outil nécessiterait l’entente entre plusieurs corps de métiers différents, ce qui contreviendrait aux règles du corporatisme, lesquelles interdisent de divulguer les savoir-faire de métiers.

L’ensemble du système féodal est à bout de souffle.

La société d’ordres (noblesse, clergé et tiers-état) profite aux deux premiers, au détriment de l’immense majorité de la population. Les paysans doivent payer des redevances à leur seigneur, auxquelles s’ajoute l’impôt dû au clergé (dîme). Ils subissent aussi des impôts royaux directs (taille, vingtième) et indirects (gabelle). Une fois le tout payé, il ne reste plus grand-chose aux paysans, pour survivre.

A l’autre pôle de la société, la monarchie en pleine décadence se gave et continue de mener des guerres lointaines, qu’elle finance par de nouveaux impôts. Alors que les révoltes de la faim se multiplient, le gouvernement en déficit veut mettre en place un nouvel impôt, mais la noblesse refuse d’y contribuer.

Pour tenter de trouver une solution à la crise financière, Louis 16 convoque des « Etats Généraux ». Mais le résultat de la manœuvre n’est pas celui escompté : les « cahiers de doléances », rédigés par le peuple, réclament la fin des privilèges des nobles.

Ce manque de discernement de la majorité de la classe dirigeante, qui bloque des mesures rognant légèrement ses privilèges, alors que ces mesures pourraient sauver le système qui la nourrit, est typique d’une situation pré-révolutionnaire.

Comme le faisait remarquer Lénine, une révolution commence toujours par une division au sommet de la société. Incapable de faire avancer la société, la classe dirigeante commence à se fissurer, à la recherche de solutions contradictoires. Et c’est par ces fissures que s’engouffre la révolte des masses.

Du « Règne de la Raison » à l’idéologie libérale

La Révolution qui commence en 1789 ne se fait pas pour le compte de la majorité de la population. Si elle abolit les anciens ordres, seule une minorité en profite pleinement. En effet, dans cet ensemble hétérogène (le tiers) se côtoie la totalité de la population n’appartenant ni à la noblesse, ni au clergé. S’y trouvent donc mélangés les paysans pauvres et les grands bourgeois, les salariés et leurs patrons, les petits artisans et les riches fournisseurs : autant de couches sociales aux aspirations bien différentes.

Si la masse des paysans et des artisans espère que l’abolition des droits seigneuriaux débouchera sur la fin des famines et de la misère, la bourgeoisie, elle, aspire à la « liberté d’entreprendre », c’est-à-dire d’exploiter les pauvres.

Mais à elle seule, la bourgeoisie n’est pas assez forte pour renverser le régime.

Elle doit s’appuyer sur la mobilisation des masses. L’abolition des privilèges, le 4 août 1789, n’a pu être obtenue qu’à la suite de la « Grande Peur », une vague de soulèvements spontanés des paysans contre leurs seigneurs. Or, pour mobiliser les couches les plus opprimées de la société, la bourgeoisie doit s’appuyer non sur les valeurs du « libre marché », mais sur les aspirations à davantage de justice et d’égalité.

Engels expliquait ainsi cette dynamique :

« A côté de l’opposition entre la noblesse féodale et la bourgeoisie qui se donnait pour le représentant de tout le reste de la société, existait l’opposition universelle entre exploiteurs et exploités, riches oisifs et pauvres laborieux. Et c’est justement cette circonstance qui permit aux représentants de la bourgeoisie de se poser en représentants non pas d’une classe particulière, mais de toute l’humanité souffrante. »

C’est de ce tour de passe-passe qu’est sortie l’idéologie républicaine, qui prétend établir une égalité « légale » entre exploités et exploiteurs, entre affamés et affameurs. Les dirigeants bourgeois de la Révolution française ont beau en appeler à la Raison et à l’Egalité, son résultat sera le transfert du pouvoir d’une minorité à une autre minorité.

La bourgeoisie possédante est représentée à l’Assemblée par les Girondins.

Dans un premier temps, ils se situent au centre ( à gauche des monarchistes) et font figure de républicains « modérés ». Ils appliquent le programme de leur classe : le maintien de l’ordre et de la propriété. La Constitution de 1789 définit le droit de propriété comme « inviolable et sacré ». Pourtant, la Révolution déborde à plusieurs reprises ce carcan bourgeois, sous l’impact de l’entrée en action des masses, qui poussent en avant leurs représentants jacobins.

L’action des masses et la Terreur

Le 14 juillet 1789 n’est que le début de la Révolution. La focalisation des commémorations sur 1789 n’a rien d’anodin. Cette année-là, la grande bourgeoisie – aux côtés de la noblesse « réformiste » – domine encore les débats politiques. Mais en mobilisant les masses contre le régime, elles les ont mises en mouvement et en ont perdu le contrôle.

A de nombreuses reprises, c’est l’intervention directe des masses, en particulier à Paris, qui pousse en avant la Révolution. C’est le cas en octobre 1789, lorsque l’Assemblée cherche un moyen légal de limiter le pouvoir royal.

Les femmes de Paris envahissent le château de Versailles et ramènent le roi à Paris, sous la surveillance directe du peuple. C’est de nouveau le cas en août 1792, lorsque le roi attend son salut des armées monarchistes qui envahissent le pays. Alors, le peuple de Paris n’attend pas la fin des délibérations de l’Assemblée ; prenant d’assaut, les armes à la main, le palais des Tuileries, il arrête le roi et met fin, de facto, à la monarchie.

De nos jours, les historiens bourgeois se lamentent sur la « Terreur révolutionnaire ».

Les « massacres de septembre » 1792, pendant lesquels la foule parisienne tue les aristocrates prisonniers à Paris, sont souvent présentés comme la preuve qu’une Révolution se termine toujours dans un bain de sang.

Mais, en réalité, tout comme la Terreur de 1793 / 1794, cet acte de fermeté sanglante est une réponse aux menaces des royalistes insurgés et des armées d’invasion envoyées par les monarchies coalisées d’Europe.

A l’été 1792, le Manifeste de Brunswick exige la reddition sans condition du régime révolu-tionnaire et le retour à l’ordre monarchique, faute de quoi les armées prussiennes livreront Paris à « une exécution militaire et une subversion totale ».

La réaction du peuple à ces menaces doit être analysée comme un acte d’autodéfense visant à terroriser les ennemis de la Révolution. Ceux qui s’en scandalisent se montrent souvent beaucoup plus tolérants à l’égard de la « Terreur blanche » qui a sévi – contre les révolutionnaires.

Les limites objectives de la Révolution

Au fil des événements, la situation se polarise : les jacobins sont poussés vers la gauche par les masses plébéiennes, ce qui entraîne la Révolution au-delà de ses cadres bourgeois. Paradoxalement, ils se battent contre ceux qui hériteront ensuite des conquêtes de la Révolution : la grande bourgeoisie naissante.

Mais, malgré les tendances communistes qui transparaissent dans certains de ses épisodes, la Révolution française ne pouvait déboucher sur une société socialiste. Pour cela, il lui manquait à la fois une base sociale et des forces productives suffisamment développées.

La classe ouvrière était encore trop faible, numériquement et socialement, pour prendre conscience d’elle-même comme classe spécifique, sans même parler de prendre le pouvoir. Le capitalisme n’avait pas eu le temps de jouer son rôle, qui était de poser les bases nécessaires à la transformation socialiste de la société.

La chute de Robespierre et des jacobins, en juillet 1794, marque un tournant.

Le pendule révolutionnaire repart vers la droite. Le mouvement insurrectionnel des masses plébéiennes est à bout de souffle – et la bourgeoisie reprend le contrôle de la situation, livrant à sa vengeance sanglante tous ceux qui avaient été en avance sur l’histoire.

La Révolution française a balayé l’Ancien Régime et instauré, sur ses ruines, l’empire de l’exploitation capitaliste et du « libre marché ».

L’implication des masses populaires l’a poussée au-delà de sa base bourgeoise, mais ce mouvement a fini par se heurter à ses limites objectives.

Aujourd’hui, la République française se gargarise d’être le « pays des droits de l’homme ».

Mais la République capitaliste actuelle ne contient plus un seul atome de contenu progres-siste ; elle cache de plus en plus mal la domination économique et politique de la grande bourgeoisie.

Il nous reste la « liberté » de manifester sous les gaz lacrymogènes, « l’égalité » des chances face au chômage de masse, et la « fraternité » des contrôles de police… Il nous faut une nouvelle révolution, socialiste, cette fois-ci !

22 septembre 2019 Marie L.

https://www.marxiste.org/

Lire aussi:

Les classiques de la subversion : « Bourgeois et bras nus »

« Bourgeois et bras nus » de Daniel Guérin

BOURGEOIS ET BRAS-NUS : réédition du livre de Daniel Guérin 

Club breton

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25 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

l’état (révolution)

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Qu’est-ce que l’Etat ?

Cette question est délibérément embrouillée par les intellectuels bourgeois. Ils présentent l’Etat comme le garant de « l’intérêt général ». Il serait une institution indépendante des classes sociales, surplombant les classes – et assurant même leur conciliation.

Les réformistes de gauche – les dirigeants de la FI et du PCF, par exemple – reprennent et diffusent cette théorie. Simplement, ils insistent davantage sur le rôle prétendument « social » de l’Etat. Ce faisant, ils aggravent la confusion, car ils caractérisent l’Etat par des éléments (services publics, etc.) qui n’en constituent pas la fonction fondamentale.

Quelle est la véritable fonction de l’Etat ? C’est un instrument par lequel la classe dominante assure sa domination sur les classes exploitées. Il en a toujours été ainsi – ou plutôt, il en est ainsi depuis que la société est divisée en classes aux intérêts inconciliables. C’est cette division, il y a des milliers d’années, qui a déterminé l’émergence de l’Etat.

A l’époque de la Grèce et de la Rome antiques, l’Etat assurait la domination des propriétaires d’esclaves.

A l’époque du féodalisme, il assurait la domination de l’aristocratie.

De nos jours, il assure, défend et protège la domination de la bourgeoisie, qui possède les grands moyens de production (banques, multinationales, etc.) et exploite la classe des salariés.

Ainsi, loin de garantir on ne sait quel « intérêt général », l’Etat moderne défend les intérêts d’une poignée de milliardaires.

C’est vrai en France, aux Etats-Unis, en Suisse, en Egypte et dans tous les pays capitalistes, qu’ils soient « démocratiques » ou dictatoriaux. On comprend, dès lors, que la bourgeoisie cherche à embrouiller cette question !

Des hommes en armes

Comment l’Etat assure-t-il sa fonction ? Par le monopole de la violence. En dernière analyse, derrière ses divers décorums, l’Etat consiste en détachements spéciaux d’hommes en arme (polices et armées permanentes), qui sont liés à tout un système répressif, avec ses tribunaux et ses prisons. C’est très clair dans les dictatures militaires. Mais c’est aussi le cas dans les démocraties bourgeoises, comme la France.

Il est vrai que dans les Etats « démocratiques », la domination de la bourgeoisie ne repose pas toujours directement et systématiquement sur la répression violente des masses exploitées.

En fait, la plupart du temps, la propagande capitaliste, le poids des traditions et la corruption des sommets du mouvement ouvrier suffisent à garantir la domination de la bourgeoisie.

Mais lorsque, sous l’impact de la crise du capitalisme, la lutte des classes s’intensifie et s’oriente vers une révolution, l’Etat bourgeois apparaît dans toute sa nudité, sous la forme d’escadrons de CRS, de matraques, de canons à eau, de gaz lacrymogènes et de LBD.

Les Gilets jaunes en savent quelque chose. Et quand ces « techniques de maintien de l’ordre » ne suffisent pas, l’Etat bourgeois tire à balles réelles, comme on l’a vu récemment au Chili et en Iran.

Nous consacrerons un autre article à l’Etat ouvrier, c’est-à-dire au type d’Etat dont les travailleurs auront besoin dans la foulée d’une révolution socialiste. A ceux qui veulent étudier cette question (et celle de l’Etat en général), on conseille vivement de lire L’Etat et la révolution, de Lénine.

24 janvier 2020

https://www.marxiste.org/

Commentaire:

La différence entre les marxistes et les anarchistes et libertaires, c’est que pour les marxistes l’état doit dépérir (être remplacé par l’autogestion) seulement après que la révolution soit installée. Cela n’a jamais eu lieu vu que les révolutions ont toujours entraîné une guerre civile et /ou une intervention militaire des autres pays et cela dès 1792. Les monarchies envahirent la France ! Un climat peu favorable au dépérissement des institutions coercitives. Cela pose la question de l’internationalisme pour faire face aux interventions extérieures.

 

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23 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

holocauste (pùblico al’e)

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Il n’y a pas eu qu’un massacre, il y a eu résistance

Israël commémore la mémoire d’Auschwitz, mais ignore son propre rôle au Moyen-Orient

Quarante dirigeants du monde entier assistent au Forum mondial de l’Holocauste qui a lieu à Jérusalem jeudi pour commémorer le 75e anniversaire de la libération d’Auschwitz. Alors que la mémoire de l’Holocauste est de plus en plus présente dans la vie des Occidentaux, leurs dirigeants préfèrent ignorer le chaos qu’Israël entraîne au Moyen-Orient.

Les souffrances causées par l’Holocauste étaient énormes et sont devenues une référence centrale pour la vie contemporaine de l’Occident. De plus en plus de musées, de films, de documentaires et d’actes en tout genre se souviennent dans les quatre points cardinaux. Si après la Seconde Guerre mondiale, on ne l’a presque pas évoqué, il n’y a pas de jour où il n’apparaisse dans les médias.

Les médias israéliens n’en doutent pas un instant: Benjamin Netanyahu capitalise politiquement grâce au forum mondial sur l’Holocauste, comme il capitalise sur tout ce qui passe à sa portée. Mais ce Premier ministre israélien est celui qui a le plus contribué à la déstabilisation du Moyen-Orient au cours de la dernière décennie, et qui continue de le faire, et cela ne semble pas du tout avoir d’importance pour les dirigeants qui assistent à l’événement.

À seulement quelques dizaines de kilomètres de Jérusalem se trouve la bande de Gaza, un endroit devenu grâce à Netanyahu un enfer humanitaire avec un siège brutal subi chaque jour, chaque heure et chaque minute, par deux millions de Palestiniens. Cela ne semble pas non plus avoir d’importance pour les présidents.

Ces dernières années, Israël n’a autorisé que 2% des demandes de construc-tion faites par la population palestinienne

Les données officielles de l’armée israélienne indiquent qu’au cours des dernières années, Israël n’a autorisé que 2% des demandes de construction faites par la population palestinienne dans la zone C de la Cisjordanie occupée, (et en détruit chaque semaine blog) un autre fait qui n’a pas d’importance pour les personnes invitées au forum. Au cours de la même période, Israël a multiplié de façon exponentielle la construction de maisons pour les colons juifs en violation du droit international. Cela ne semble pas non plus les inquiéter.

La dernière action controversée de Netanyahu, mardi, a été de s’engager publiquement à annexer la vallée du Jourdain à Israël, ce qui représente environ 30% du territoire de la Cisjordanie. Certes, cela a déjà été dit plus d’une fois, mais le répéter à l’arrivée des dirigeants occidentaux silencieux est une provocation supplémentaire.

Mercredi, Netanyahu a rencontré Emmanuel Macron, un homme politique qui représente très bien la position d’une Europe qui se lave les mains non seulement des Palestiniens mais de tout ce qui se passe au Moyen-Orient, excepté par des commentaires aseptisés auxquels Bruxelles nous a habitués. Malheureusement, l’attitude de Macron n’est pas unique sur un continent de plus en plus anesthésié au niveau politique.

Il y a quelque temps, un homme politique européen de premier plan a expliqué qu’il savait exactement ce qu’il devait faire, mais ils ne savait pas comment il gagnerait les élections s’il le faisait, des mots qui reflètent fidèlement le cynisme qui règne parmi les dirigeants de France, d’Allemagne et du reste de l’Europe. Les pays européens ne se soucient que du résultat des élections dans leur propre pays.

A l’issue de sa rencontre avec Macron, Netanyahu a déclaré que les deux avaient décidé d’établir un « dialogue stratégique » sur les « intérêts communs ». Il est facile d’imaginer ce que sont les «intérêts communs» et ce qu’un «dialogue stratégique» signifie en voyant ce qui se passe au Moyen-Orient. Les Européens se prêtent ainsi au « jeu démocratique » particulier qu’Israël promeut.

L’ « intérêt commun » d’Israël et de la France est de fournir des armes à l’Arabie saoudite pour bombarder le Yémen. Certes, la France n’est pas le seul pays européen impliqué dans ce genre d’activité (l’Espagne aussi blog), mais tout le monde connaît les conséquences que çà a au Moyen-Orient. Il est clair que Netanyahu poursuit un objectif consistant à déstabiliser au maximum la région, mais Macron lui veut gagner quelques millions d’euros.

Netanyahu a également exigé que Macron impose des sanctions à l’Iran. Au premier ministre israélien ne suffit pas la paralysie européenne à l’égard de Téhéran. Il veut que les Européens aillent plus loin et étouffent l’économie iranienne en difficulté, quelles que soient les conditions de vie minimales de dizaines de millions de personnes souffrant d’une punition totalement injuste.

Les médias hébreux affirment que Netanyahu demande à ses interlocuteurs d’attaquer la Cour pénale internationale. La dernière phase de l’opération de harcèlement et de démolition de ce tribunal a commencé il y a quelques semaines, lorsque la CPI a décidé d’enquêter pour savoir si Israël avait commis des crimes de guerre dans les territoires palestiniens, ce qui est évident pour tout observateur impartial. Israël attaque le procureur et, comme si cela ne suffisait pas, il discrédite ce tribunal avec le soutien explicite et implicite des dirigeants qui sont venus à Jérusalem pour l’Holocauste.

Le journaliste de « Haaretz », Zvi Barel, a publié mercredi un article ironique intitulé « Merci, chers dirigeants, d’avoir mentionné l’Holocauste ». Il y dénonce qu’il ne peut y avoir de plus grand soutien à la politique de Netanyahu que le conclave de Jérusalem. Il dénonce également l’oppression brutale des Palestiniens exercée par Netanyahu  et d’autres dans la région.

Il est certes nécessaire de se souvenir sans cesse de l’Holocauste, mais ce qui se passe aujourd’hui au Moyen-Orient doit également être traité par de manière urgentes, de la situation des Palestiniens à la guerre du Yémen, et cela ne se fait pas. Les mêmes dirigeants qui visitent Jérusalem ces jours-ci sont en grande partie directement responsables de tant de calamités.

JÉRUSALEM 23/01/2020 eugenio garcía gascón

https://www.publico.es/

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Lire aussi:

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Le travail esclavagiste, les fusillades de masse et les chambres à gaz. Les Roms, le génocide oublié de la Seconde Guerre mondiale

Commentaire:

Alors que se préparait un holocauste, les pays y compris les USA fermaient les frontières aux juifs, comme aux migrants actuellement. Les « justes » qui individuellement ont sauvé des juifs étaient bien seuls.

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19 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

les studios brest (ouest france)

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Brest. Quatre films courts de René Vautier aux Studios

Les Rencontres de la Cinémathèque proposent de découvrir le travail du cinéaste engagé de René Vautier, parmi ses films emblématiques. À voir ou revoir au cinéma Les Studios, à Brest, mardi 21 janvier 2020.

Trois questions à Marie Carrez, responsable de la programmation et de l’action culturelle à la Cinémathèque de Bretagne.

Il y a cinq ans disparaissait René Vautier…

Il est décédé en janvier 2015, en effet, et c’est une des raisons pour lesquelles nous avons choisi de programmer certains de ses films. Mais la première raison est que nous souhaitions surtout commencer les Rencontres de la Cinémathèque en 2020 avec un hommage à son œuvre. C’est un cinéaste encore très présent dans l’histoire militante du cinéma breton et national. Nous avons pas mal de demandes pour projeter ses films dans divers lieux à travers la France.

La Cinémathèque de Bretagne est dépositaire de l’ensemble de son œuvre, n’est-ce pas ?

Oui et cela représente environ un volume de quatre-vingts films, longs et courts métrages. Parmi ceux-ci, on a des films emblématiques comme Marée Noire, Colère Rouge sur la lutte des Bretons contre le mazout de l’Amoco Cadiz. Quand tu disais Valéry sur la longue grève des ouvriers de l’usine de fabrication de caravanes, près de Saint-Nazaire. Avoir vingt ans dans les Aurès sur la guerre d’Algérie. Quand les femmes ont pris la colère, sur le féminisme. Un homme est mort, également.

Vous projetez quatre films courts. Comment les avez-vous sélectionnés ?

On a choisi en fonction des sujets importants qu’il a traités au cours de sa vie. Sur la guerre d’Algérie, l’immigration et la colonisation, entre autres. Et on a trouvé que ces quatre films courts étaient représentatifs de ces thèmes.

Afrique 50 est le premier film anticolonialiste de l’Hexagone, tourné en Afrique occidentale française. Les trois cousins est une fiction sur les conditions de vie de trois cousins algériens à la recherche d’un travail en France.

Techniquement si simple raconte le parcours d’un technicien coopérant qui se remémore son travail d’installation de mines destinées à tuer des civils, durant le conflit algérien. Le Remords, enfin, est un film dialogue durant lequel René Vautier s’interroge sur son incapacité à dénoncer un fait divers raciste dont il est témoin entre un Algérien et un policier parisien.

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Mardi 21 janvier, à 20 h 15, au cinéma Les Studios, 136, rue Jean-Jaurès à Brest. La projection sera suivie d’un temps d’échange autour d’un verre. Avec la participation de Moïra Chappedelaine-Vautier.

19/01/2020

https://www.ouest-france.fr/

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19 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

monarchie (marxist)

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Royaume Uni: «Megxit» et la crise de la monarchie

Ces derniers mois, la monarchie a été en crise plusieurs fois, symptôme de la crise du capitalisme.  Maintenant c’est la crise du «Megxit». Renversons cette relique féodale!

L’année 2019 a été dure pour la famille royale. Tout a commencé par une bosse lorsque Phillip, 97 ans, s’est plafonné une autre voiture, avec une mère et son bébé de 9 mois à l’intérieur. Heureusement, il s’est avéré que le code de la route ne s’appliquait pas à lui.

En automne, Boris est allé encore plus loin. En prorogeant le Parlement, il nous a appris que littéralement aucune des lois ne s’applique à Son Altesse Royale! Les tribunaux ont dû se tortiller et se retortiller pour annuler la prorogation de Boris sans décider accidentellement que la reine avait enfreint la loi. Vous voyez, c’est tout à fait impossible.

Sa Majesté était très mécontente des actions de Boris, qui ont révélé les pouvoirs illimités dont elle dispose officiellement en vertu de la constitution britannique. Mais la cerise sur le gâteau de cette annus horribilis royale était sans aucun doute l’acte de génie en relations publiques du prince Andrew en novembre, qui a mis son innocence hors de doute dans l’affaire du réseau international d’exploitation sexuelle de Jeffrey Epstein.

On ne peut qu’imaginer l’atmosphère à la table du déjeuner royal le lendemain de Noël. Alors que Leurs Altesses Royales s’asseyaient devant des sandwichs froids à la dinde; priaient-ils pour que 2020 soit l’année où le patrimoine de la Maison Royale augmente? Si tel est le cas, à quel point ils doivent être déçus. Malgré le discours de Noël de la Reine sur la réconciliation et la guérison des vieilles blessures, l’année a débuté avec discorde et division. Oubliez le Brexit, c’est le «Megxit» dont nous devons nous inquiéter.

« Megxit »

Tous les signes sont là. Harry et Meghan ont d’abord quitté la maison familiale pour s’installer dans leur propre appart, rénové pour 2,4 millions d’euros d’argent des contribuables. Puis le couple royal a déclaré unilatéralement son indépendance sur instagram.  Cela n’a sûrement pas surpris les observateurs royaux aux yeux d’aigle, quand les deux ont finalement annoncé qu’ils se retiraient en tant que membres de la famille royale et faisaient une pause pour «indépendance financière».

Le jeune couple a notre plus profonde sympathie pour cette aventure. Janvier est une période difficile pour la plupart des gens. Une fois le loyer, la taxe municipale et les factures sortis, il ne reste généralement pas grand-chose, sinon rien du tout, pour la plupart des parents.

Bien qu’il ait une femme et un jeune enfant, Harry était jusqu’à récemment, à l’âge de 35 ans, obligé de vivre chez son père. Il n’a pas de source de revenu indépendant et est obligé de compter sur la succession de Charles pour 1 milliard de livres sterling, le duché de Cornwall et  les maigres revenus de sa grand-mère.

A quoi ressemblera «l’indépendance financière»? Cela signifiera-t-il faire appel au crédit? Meghan sera-t-elle obligée de chercher un travail d’actrice?  «L’indépendance financière» signifie renoncer à 5% de leurs revenus qui proviennent de la subvention de la souveraine. 95% proviennent de la succession du Prince Charles. Et en renonçant à ces 5%, ils reculeront devant des tâches vitales telles que couper des rubans.

Ces nouvelles équivalent à une grêle de bombes nucléaires pour les éditeurs de tabloïds. Le lendemain matin, le Daily Mail nous a donné 17 pages «d’analyses». Pendant ce temps, le Daily Star a déclaré: «Dégage Harry!». L’année dernière, tout était au top lorsque la duchesse a dépensé 64 000 £ pour une robe et maintenant les tabloïds sont soudainement indignés par la débauche du couple, le Daily Star exigeant de rendre les 2,4 millions de £ dépensés pour leur maison!

Alors que Harry et Meghan entament leur voyage pour monétiser la marque royale, que leur réserve l’avenir? Des fast food «Royal Sussex» peut-être? Des produits dérivés comme des shampooings ou des lunettes de soleil? Selon Influencer Marketing Hub, ils pourraient gagner 34 000 $ pour un seul article sponsorisé. Certains estiment que leur marque pourrait rapporter jusqu’à 500 millions de livres sterling la première année.

Pilier de l’établissement

Un riche parasite veut rompre les liens familiaux pour devenir encore plus riche. De quoi parle-t-on? Pour la classe dirigeante, ce n’est pas une tempête dans une tasse de thé. Il s’agit de bien plus que du potentiel de gain futur d’un couple de gosses de riches devenus influenceurs Instagram.

Cela remet en question l’essence même d’un élément clé de leur propre règle. The Economist, un journal connu pour accueillir avec enthousiasme les bébés royaux et pour donner des conseils judicieux aux millionnaires britanniques, a averti que la ponction d’argent des Sussex pourrait être catastrophique pour un bastion du capitalisme britannique. Dans un article intitulé « Harry, Meghan et Marx », ils ont expliqué:

«Marx a prédit que le capitalisme détruirait tous les vestiges de la féodalité, qu’il briserait «les liens féodaux hétéroclites qui liaient l’homme à ses « supérieurs naturels», selon le Manifeste communiste». Ce n’est pas pour rien que la classe dirigeante a préservé et renforcé ce «vestige de la féodalité» en particulier:

« Dans « La Constitution anglaise »: loin de saper le capitalisme, la monarchie, sous sa forme britannique, l’a renforcé, agissant comme un ciment dans une société divisée en classes antagonistes et détournant les masses des vraies sources de pouvoir. Il a injecté de l’apparat, de la romance, du mystère et du drame dans la vie des Britanniques, atténuant le triste destin de n’être un rouage du capitalisme.  »

Ces mots expriment un haut degré de conscience de classe de la part des représentants du capital. La monarchie britannique a toujours servi de vitrine pour le règne des patrons. La pompe et la cérémonie de l’institution, son apparence et sa solennité sont censés inspirer la crainte et la révérence.

Les fonctions réelles de l’État, en tant qu’outil répressif de la domination de classe, reçoivent une sorte de «dignité». Nous sommes censés croire que tout cela est une partie ancienne de notre patrimoine national. C’est, bien sûr, un non-sens, et les patrons le savent. L’apparat «antique» date presque entièrement du règne de Victoria, dont le début a coïncidé avec la montée des chartistes (premiers prolétaires blog) et dont la fin a coïncidé avec l’aube de l’ère du capitalisme monopoliste.

Le secret et l’isolement de la famille royale sont un ingrédient clé de tout le spectacle. En restant à l’écart, l’institution est censée garder un peu de mystère. Comme l’a dit Walter Bagehot en 1867, «Son mystère est sa vie. Nous ne devons pas laisser entrer la lumière du jour sur la magie. » Et voici le problème du déménagement des Sussex. Il a apporté et continuera d’apporter beaucoup de lumière à cette institution la plus trouble.

On nous a dit jusqu’à présent que si la famille royale jouit d’une richesse énorme, elle a le devoir de servir la nation. Avec le dernier tour d’Harry, il s’avère que vous pouvez tout simplement prendre le fric et courir. Le «service et le devoir» ne sont que des foutaises dont vous pouvez vous passer. Et rien n’est moins «mystèrieux» que la course au pognon.

Jusqu’où les Sussex iront-ils pour ratisser large? Un bouquin peut-être? Vont-ils répandre des saletés sur leurs proches? Que découvrirons-nous de cette institution vénérée? Une chose est sûre: elle perdra sa capacité d’inspirer autre chose que du mépris. Cela fait perdre le sommeil à certains stratèges de la classe dirigeante. Pour reprendre les mots de l’Economist:

«[Le] duc et la duchesse de Sussex sont sur le point de donner raison à Marx. Ils représentent le danger le plus profond pour la monarchie depuis que Bagehot a brandi sa plume [...]  »

Crise de la monarchie

La crise de la famille royale est vraiment remarquable. Elle a réussi à survivre à toutes les crises des trois derniers siècles et pourtant elle sombre dans la crise la plus profonde qu’elle ait connue depuis le 17è siècle.

Un point d’interrogation grandit sur leur règne. Et cela juste au moment où la classe dirigeante en a le plus besoin. Ce n’est pas un hasard. La crise du capitalisme provoque un tumulte sans précédent et entraîne des batailles de classe de plus en plus dures. Des événements révolutionnaires seront à l’ordre du jour en Grande-Bretagne. C’est à cette époque que la monarchie doit sortir de l’ombre et que son pouvoirs apparaît pour ce qu’il est: une police d’assurance pour la classe dirigeante.

Mais si la monarchie avant pouvait éviter les crises c’est une tâche impossible avec ces parasites totalement détachés. La Reine ne rajeunit pas vraiment. Et une fois que la science n’aura plus les moyens de prolonger son règne, la délicate question de la transition vers un nouveau monarque se posera.

En tant que lumière permanente pour nos vies, elle a été plus ou moins acceptée comme «faisant partie du mobilier». Le roi Charles c’est une toute autre question. Il aurait dû être le dernier monarque britannique il y a 400 ans. Notre résolution du Nouvel An: que le roi Charles soit le dernier monarque britannique et que cette décennie marque l’aube d’une République socialiste en Grande-Bretagne.

Ben Curry 16 janvier 2020

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19 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

cnt (pùblico)

Affiche_CNT-FAI_guerre_civile_d'Espagne

La CNT, le syndicat anarchiste pragmatique qui a gagné la journée de travail de 8 heures

Entre le 30 octobre et le 1er novembre 1910, le Palais des Beaux-Arts de Barcelone a accueilli le congrès fondateur de la Confédération Nationale du Travail. La CNT est née. Le bâtiment a été endommagé par une bombe fasciste pendant la guerre civile et a été démoli par la dictature de Franco. Le syndicat, comme le Palais des Beaux-Arts, a été défait par le fascisme pendant la guerre civile et par la suite persécuté.

109 ans après la fondation de l’organisation ouvrière, l’historien du mouvement ouvrier Julián Vadillo publie le livre « Histoire de la CNT: utopie, pragmatisme et révolution » (Catarata, 2019). Comme déjà indiqué dans le sous-titre, l’auteur résume en moins de 300 pages plus d’un siècle de vie d’une union avec deux âmes qui se nourrissent: l’utilitaire et l’utopique.

Réformisme anarchiste

Pour comprendre les fondements de la CNT, Vadillo remonte jusqu’en 1864 pour raconter la naissance de la Première Internationale et le développement du mouvement libertaire dans le dernier tiers du 19è siècle en Espagne sans lequel il est impossible de comprendre le 20è siècle en Espagne, selon l’historien .

« Si nous passons en revue la modernisation du pays, les revendications sociales ou la demande de droits à la classe ouvrière, la CNT a toujours eu un rôle de premier plan et, à certains endroits, une position hégémonique dans le mouvement ouvrier », explique Vadillo.

L’un de ses plus grands exploits est la conquête de la journée de travail de 8 heures grâce à la lutte qu’il a entreprise lors de la grève de « La Canadienne » en 1919.

Des victoires partielles telles que cette revendication historique du mouvement ouvrier n’étaient pas en contradiction avec le désir révolutionnaire de ses membres. Pour Vadillo, la CNT « a toujours cherché le bien-être général de la classe ouvrière en Espagne » à travers une double voie: des revendications immédiates qui ont amélioré la situation matérielle des travailleurs, combinée à « une position finaliste où la transformation révolutionnaire de la société conduit vers un monde plus égalitaire, visant une société anarchiste.  »

Les moyens et les objectifs ont été équilibrés, «essentiels pour créer une conscience de classe et montrer que l’immédiat n’était pas en contradiction avec la lutte pour un monde différent», ajoute l’auteur. Ce pragmatisme et cette diversité ont permis au syndicat de devenir hégémoni-que dans certains secteurs de la classe ouvrière jusqu’à la victoire de Franco dans la guerre civile.

Amour-haine avec UGT

Son grand rival syndical a toujours été l’Union Générale des Travailleurs (UGT), syndicat lié depuis sa fondation en 1888 au Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE). Cependant, la CNT, depuis son congrès fondateur, avait comme but « que la classe ouvrière espagnole ait une seule organisation syndicale », explique l’auteur.

Ils sont même parvenus à plusieurs reprises à des accords, comme ce fut le cas en 1916 ou lors de la guerre civile, malgré des structures très différentes, car «la CNT a toujours demandé à l’UGT de s’éloigner de la tutelle du PSOE».

L’une des caractéristiques de la CNT, face à l’UGT, était l’action directe. Ce concept, souvent associé à tort à la violence, n’est que l’antonyme de l’action déléguée. «C’est la capacité des travailleurs à représenter leurs intérêts sans intermédiaires, revendiquant leurs droits vis-à-vis de l’employeur ou de l’État sans avoir à déléguer cette action à des personnes spécifiques qui les représentent. Une action directe peut ou non avoir une procédure violente, mais ce n’est pas obligatoire en soi », explique Vadillo.

De nombreux mythes et  accompagnent encore la CNT, même chez les historiens. L’un est celui qui relie l’anarchisme et la violence. « La violence est présente dans toutes les organisations politiques et sociales de l’Espagne contemporaine ».

Le problème survient lorsque les responsabilités de la violence sont attribuées uniquement et exclusivement à un seul groupe politique. La CNT a exercé la violence politique et a utilisé la violence comme outil d’action syndicale. Les grèves, les affrontements avec les patrons, les tentatives révolutionnaires, etc., sont marqués par des épisodes violents », explique Vadillo.

Mais ce qui n’a pas existé, explique l’historien, c’est un « terrorisme syndical » contre « un terrorisme patronal » pendant les soi-disant années des « pistoleros ». «Il existait des groupes d’action anarchistes qui ont organisé une réponse violente contre la violence exercée contre les travailleurs, organisée les employeurs et l’État comme protagonistes», précise-t-il.

Un autre mythe que Vadillo démantèle est celui de la CNT contrôlée par la Fédération Anarchiste Ibérique «radicale» (FAI), un groupe anarchiste spécifique fondé en 1927, pendant la dictature de Primo de Rivera.

Entre la révolution et gouvernement

Le grand moment pour la CNT a été la Seconde République, dont l’arrivée (en 1931) suite à la dictature de Primo de Rivera a mis fin à la monarchie d’Alphonse 13. Une république qui a été attaquée par un coup d’État militaire en 1936, pour lequel la CNT était prête. Les militants anarchistes ont joué un rôle clef, comme à Barcelone pour mettre en échec l’armée rebelle.

La guerre civile espagnole a commencé. En ce moment historique crucial, la CNT a une nouvelle fois montré sa double face pragmatique et révolutionnaire. Alors qu’à certains endroits la CNT était hégémonique, elle s’est lancée dans la révolution sociale et la collec-tivisation des terres et des moyens de production, ailleurs elle collaborait avec l’UGT. EIle a également décidé de collaborer avec les forces républicaines pour créer le Comité central des milices antifascistes de Catalogne, puis de participer d’abord à la Generalitat de Catalunya puis au gouvernement central républicain.

Cette collaboration, explique Vadillo, «a été largement soutenue compte tenu des circons-tances exceptionnelles de la guerre. De toute évidence, il y a eu des affrontements entre différentes visions, car il y avait des secteurs très critiques envers cette participation gouver-nementale et militaire. » Cependant, « ce qui est indéniable, c’est qu’il y a eu un processus révolutionnaire, canalisé par les libertaires, qui a montré une forme d’organisation différente, où la collectivisation et le contrôle ouvrier ont joué un rôle de premier plan ».

La longue nuit de la CNT

Finie la guerre et la révolution, la CNT a été durement persécutée par Franco. La CNT en exil s’est scindée en deux après l’expérience de la guerre civile. La mort de Franco en 1976 a favorise le retour des exilés, qui se sont affrontés avec les nouvelles générations de l’intérieur, plus influencées par mai 68. « En fin de compte, le pragmatisme des autres temps a cessé d’exister dans la CNT de la transition. » Vadillo résume ainsi le déclin de l’anarcho-syndicalisme après sa légalisation.

Actuellement, la CNT est toujours en vie plus d’un siècle plus tard, bien qu’elle soit l’ombre d’elle même. Elle reste impliquée dans les conflits du travail mais décimée par 1934les scissions et les exclusions.

L’historien du mouvement ouvrier Julián Vadillo reconstruit les origines et le passé de la Confédération Nationale du Travail, toujours entourée de mythes.

18/01/2020 Fermín Grodira

https://www.publico.es/

Lire aussi:

Confédération Nationale du Travail (Espagne)

Amis de Durruti

Commentaire:

Le rôle des anarchistes (Léon Trotsky)

Les anarchistes n’ont eu, dans la révolution espagnole, aucune position indépendante. Ils n’ont fait qu’osciller. Plus exactement, les ouvriers anarchistes tendaient instinctivement à trouver une issue (19 juillet 1936, journées de mai 1937), alors que les chefs, au contraire, repoussaient de toute leur force les masses dans le camp du Front populaire c’est-à-dire du régime bourgeois. Les anarchistes ont fait preuve d’une incompréhension fatale de la révolution et de ses tâches lorsqu’ils ont tenté de se limiter aux syndicats, c’est-à-dire à des organisations de temps de paix, imprégnées de routine et ignorant ce qui se passait en dehors d’eux, dans la masse, dans les partis politiques et dans l’appareil d’Etat. Si les anarchistes avaient été des révolutionnaires, ils auraient avant tout appelé à la création de comités réunissant tous les représentants de la ville et du village, y compris ceux des millions d’hommes les plus exploités qui n’étaient jamais entrés dans les syndicats. Dans ces comités, les ouvriers révolutionnaires auraient naturellement occupé une position dominante. Les staliniens se seraient trouvés en minorité insignifiante. Le prolétariat se serait convaincu de sa force invincible. L’appareil de l’Etat bourgeois n’aurait plus été en prise sur rien. Il n’aurait pas fallu un coup bien fort pour que cet appareil tombât en poussière.

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17 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

caisse de grève (pl guérin)

guerin

Projections en soutien aux caisses de grève

Jeudi 23 janvier à partir de 17 H au Patronage Laïque Guérin 1, rue Alexandre Ribot à Brest.

17 H  Quand tu disais Valéry – réalisateur  Renée VAUTIER
1975 – VERSION RESTAURÉE  – Documentaire – 145 mn
Huit cents salariés qui fabriquent des caravanes pour l’entreprise Trigano. Lorsqu’il sont licenciés, ils décident d’occuper l’usine. A la mort de Pompidou, les pouvoirs publics ne tiennent pas leurs promesses et l’usine est définitivement fermée. Ce film est avant tout une œuvre militante. Les travailleurs eux-mêmes ont conçu et réalisé le film, basé sur des interviews. Il constitue un témoignage important des luttes ouvrières des années 1970.

20 H Une histoire de la grève Générale. De la commune au Front Populaire
Documentaire – 60 mn – réalisateurs Olivier AZAM et Laure GUILLOT.
La semaine sanglante, la création de la CGT révolutionnaire des débuts, la catastrophe de la mine de Courrière, la grande petite peur de 1906, le midi rouge, la journée des 8 heures, le Front Populaire… Des épisodes qui ont construit peu à peu les conquêtes sociales et qui ont tous été traversés par une idée qui, à l’époque, opposait Jean Jaurès et Émile Pouget : La grève générale . À partir d’archives très peu connues, les historiens Miguel Chueca et Charles Jaquier (chargé de la collection Mémoires sociales aux Éditions Agone) racontent l’histoire des luttes syndicales, à travers les idées et les actes qui ont marqué cet âge d’or et ont abouti aux conquêtes sociales qui fondent le monde du travail d’aujourd’hui.

21 H 15  Les jours heureux

Documentaire – 97 mn – réalisateur Gilles PERRET
Quand l’utopie des Résistants devint réalité… Entre mai 1943 et mars 1944, sur le territoire français encore occupé, seize hommes appartenant à tous les partis politiques, tous les syn-dicats et tous les mouvements de résistance vont changer durablement le visage de la France. Ils vont rédiger le programme du Conseil National de la Résistance intitulé magnifiquement :     « Les jours heureux ». Ce programme est encore au cœur du système social français puisqu’il a donné naissance à la sécurité sociale, aux retraites par répartition, aux comités d’entreprises, etc.

Celles et ceux qui veulent participer à l’organisation de la soirée sont les bienvenus.

Soirée de soutien réalisée avec l’aide de Moïra Vautier, des Mutins de Pangée, de CP Productions, de Gilles PERRET, du Pl Guérin et de Termaji. contact : 02 98 80 08 42.

Entrée en libre participation, toutes les recettes seront reversées aux caisses de grève.

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12 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

le canard enchaîné (retronews)

canard

1915 : naissance du « Canard enchaîné »

En pleine Première Guerre mondiale, tandis que la propagande pro-militaire bat son plein, paraît le premier numéro du futur plus grand journal satirique français, le célèbre Canard enchaîné.

L’histoire du Canard enchaîné commence en septembre 1915, tandis que la France traverse la tourmente de la Première Guerre mondiale.

Ayant à cœur de remonter le moral des Français, et de tourner en dérision les événements tragiques liés à la guerre ressassés dans la presse de l’époque, le journaliste Maurice Maréchal, son épouse Jeanne et le dessinateur Henri-Paul Gassier décident de créer un journal satirique indépendant et totalement autonome afin de contrer la censure et la propagande.

En effet, en ce contexte tendu de la Grande Guerre, les correspondances, la publicité, les productions artistiques ainsi que la presse française sont soumises à la censure du gouvernement.

Pour éviter les remontrances des censeurs, les créateurs du journal se présentent dès le départ comme un journal humoristique dont la particularité est de n’annoncer que des nouvelles fausses. Ils pensent ainsi pouvoir s’exprimer en toute liberté.

Le titre du journal fait allusion au « canard » qui désigne en argot une nouvelle parfois vraie, parfois fausse et bien souvent exagérée ; ici, ledit canard est « enchaîné », en référence à la censure qui surveille et traque la presse d’alors. Le 10 septembre 1915, le premier numéro du Canard enchaîné paraît dans les kiosques de Paris.

Aussitôt, le journal socialiste L’Humanité relaie auprès de ses lecteurs la création de ce nouveau journal satirique en citant un court passage de son article-préambule :

« Le Canard enchaîné prend l’engagement d’honneur de ne céder, en aucun cas, à la déplorable manie du jour : c’est assez dire qu’il s’engage à ne publier, sous aucun prétexte, un article stratégique, diplomatique ou économique, quel qu’il soit. Son petit format lui interdit, d’ailleurs, formellement, ce genre de plaisanterie. Enfin, le Canard Enchaîné prendra la liberté grande de n’insérer, après minutieuse vérification, que des nouvelles rigoureusement inexactes.

Chacun sait, en effet, que la presse française, sans exception, ne communique à ses lecteurs, depuis le début de la guerre, que des nouvelles implacablement vraies ! Eh bien ! le public en a assez ! Le public veut des nouvelles fausses… pour changer. Il en aura.

Pour obtenir ce résultat, la direction du Canard enchaîné n’a pas hésité à passer un contrat d’un an avec la très célèbre agence Wolff qui lui transmettra, chaque semaine, de Berlin, par fil spécial barbelé, toutes les fausses nouvelles du monde entier… Qu’on se le dise ! »

Mais, malgré le soutien de nombreux confrères de la presse parisienne, ce premier lancement est un échec.

En décembre 1915, après la parution des cinq premiers numéros, Le Canard enchaîné cesse brutalement de paraître. Ce n’est que quelques mois plus tard, le 5 juillet 1916, que le journal revient à la vie, avec une équipe plus étoffée et la présence de Victor Snell à la direction de la rédaction.

Dès le lendemain, L’Humanité se réjouit de cette renaissance : « Le Canard enchaîné a fait, hier, sa réapparition. Notre humoriste confrère a apporté dans ce nouveau premier numéro quelques heureuses modifications. On y trouve, à côté de spirituelles chroniques et dessins de Victor Snell, H.-P. Gassier, Depaquit, Laforge, des échos d’une amusante rosserie. »

Malgré les précautions des journalistes du Canard, leurs articles sont immédiatement la cible des censeurs, qui tentent de les empêcher de publier  certains de leurs contenus jugés impertinents. Les dessinateurs du journal ne manquent pas de railler instantanément ces moralistes d’État, à travers la représentation d’une main armée d’une paire de ciseaux, caricature de la censure et de ses coupures.

Contre vents et marées, Le Canard enchaîné saura conserver son indépendance d’esprit, son ton populaire, railleur et restera fidèle à sa vocation de faire rire, même dans les temps les plus tristes. De nombreux collaborateurs, rédacteurs et dessinateurs de talent viendront s’associer aux publications du journal, dont la célébrité n’aura de cesse d’augmenter au fil des ans.

À compter de 1960, tout en gardant son ton humoristique et corrosif, Le Canard enchaîné deviendra un journal d’investigation, à l’affût des derniers  – et cette fois-ci, véritables – scandales politiques et financiers.

De tous les journaux satiriques apparus au tournant du 20è siècle, Le Canard enchaîné est le seul à avoir survécu. Il continue aujourd’hui, plus d’un siècle après sa création, à attirer un large et fidèle lectorat dans la France entière.

Priscille Lamure  10/01/2020

https://www.retronews.fr/

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08 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

pinar selek (bourrasque)

pinar

Soirée de solidarité avec Pınar Selek

Afin de financer un évènement qui aura lieu au mois de juin sur les raisons du procès de Pınar Selek, nous vous invitons à une soirée de solidarité le 25 janvier à 18h, au Coin d’la Rue :

Court-Métrage « Les colombes inquiètes » de Zeynep Danisman
Lectures d’extraits du 4e procès de Pınar Selek en 2014, retranscrit par Anne Monteil Bauer
Lectures d’extraits d’ouvrages de Pınar Selek

Pınar Selek est une féministe franco-turque, sociologue, arrêtée et torturée en 1998 pour ses recherches sur le mouvement kurde. Refusant de livrer ses sources, elle fait depuis l’objet d’un harcèlement judiciaire avec un procès qui dure depuis 20 ans, sur un acte d’accusation dont son innocence a été très rapidement prouvé. S’ensuit 4 acquittements, le procureur fait sans cesse appel. La Cour de Cassation a demandé le 25 janvier 2017 une condamnation à perpétuité.

C’est pourquoi, les collectifs de solidarité en Turquie, en France et en Suisse, luttent pour obtenir un acquittement définitif en rendant visibles la cause de Pınar Selek et ses travaux comme sociologue et écrivaine.

A Brest, le 25 janvier 2020, à 18h, nous vous invitons au Coin d’la rue, 10 rue Saint Malo, autour de la lecture d’extraits de la retranscription de son procès de 2014, par Anne Monteil Bauer, d’extraits d’ouvrages écrits par Pınar elle-même et sa biographie, ainsi qu’autour d’un court-métrage de Zeynep Danisman, « Les colombes inquiètes ». Un chapeau circulera afin de financer un évènement au mois de juin sur les raisons de son procès.

7 janvier 2020

https://bourrasque-info.org

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05 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

parti (psl)

Petite-Histoire-de-la-révolution-française_couv

Changer le monde. Le rôle du parti révolutionnaire

Action spontanée et parti révolutionnaire

Comment le capitalisme doit-il être renversé et comment la transformation vers la socialisme peut-elle être faite ?

Le débat autour de ces questions a suscité des réponses en tous genres au cours de ces 150 ans. Parmi toutes celles-ci, Lénine et ses camarades du parti bolchevik ont conduit les travailleurs russes au renversement de l’Etat tsariste et à la construction d’un Etat ouvrier.

Cependant, depuis lors – bien que le capitalisme a provoqué un niveau croissant de souffrance, de pauvreté et de dégradation écologique sur la planète et malgré des luttes gigantesques dans beaucoup de pays – un renversement du capitalisme conduisant à un Etat ouvrier démocratique ne s’est plus reproduit nulle part.

La discussion sur la nécessité d’un parti révolutionnaire et sur ses formes d’organisation est très importante aujourd’hui, tout particulièrement parce que beaucoup de jeunes se considèrent eux-mêmes comme « anticapitalistes » et se montrent intéressés par les idées socialistes mais sont très méfiants envers les partis politiques.

Cela n’a rien de surprenant, étant donné les méthodes bureaucratiques et antidémocratiques utilisées par les principaux partis politiques capitalistes (de gauche et de droite blog) et les attaques qu’ils mènent contre les conditions de vie de la population quand ils sont au pouvoir.

Les jeunes peuvent aussi être méfiants face à l’idée même d’une organisation avec des organes de direction, que ce soit à cause de leur connaissance de l’existence passée des régimes staliniens bureaucratiques et oppressifs ou pour d’autres raisons comme de mauvaises expériences avec les syndicats.

En fonction de tout cela, les jeunes peuvent être poussées vers d’autres conceptions, comme les actions spontanées et « inorganisées » et les réseaux informels. Cependant, bien qu’il y ait des moments où l’action spontanée peut amener une accélération des événements, il y a de grandes limites à ce genre d’action. Il est vraisemblable que l’impact sera bien plus grand si un grand nombre de gens protestent d’une manière organisée et unie.

Le rôle d’un parti révolutionnaire

Qu’existe ou non un parti révolutionnaire, quand les conditions de vie deviennent intolérables pour les travailleurs et les pauvres, des luttes, et à un certain stade des mouvements révolutionnaires, se développent. Le résultat final, en l’absence d’un parti révolutionnaire, est clair : la révolution échouera ou ne posera pas les bases du socialisme.

Un parti révolutionnaire est donc essentiel. Mais quel rôle doit jouer ce parti ? Un parti révolutionnaire ne crée pas les conditions qui conduisent les travailleurs à entrer en lutte. Mais, quand ces conditions existent, la parti peut jouer un rôle clé en accélérant le développement de la conscience des travailleurs et en fixant des objectifs pour leurs luttes.

Dans la société capitaliste, on nous enseigne à l’école l’histoire vue du point de vue et selon les intérêts de la classe dirigeante, la bourgeoisie. Un parti révolutionnaire doit donc mener à bien un type de formation entièrement différent : la vision des événements historiques du point de vue de la classe des travailleurs et du marxisme.

Deuxièmement, les membres d’un parti révolutionnaire doivent prendre part eux-mêmes aux activités quotidiennes et aux luttes des travailleurs et des jeunes autour d’eux, de manière à pouvoir apprendre d’expériences de première main. Le parti est alors en position pour déterminer quelles tâches sont nécessaires pour faire avancer la lutte.

Les gens ne tirent pas toujours les mêmes conclusions au même moment. Un parti révolutionnaire peut évaluer les niveaux de la conscience des diverses couches et mettre en avant un programme qui joue un rôle unificateur – en liant les luttes entre elles autant que possible, en élargissant le soutien envers elles et en élevant la conscience quant aux pas suivants à faire. (Résumé)

5 janvier 2020

https://fr.socialisme.be/

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