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30 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

résistance (cqfd)

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« À l’été 1940, la Résistance, on ne sait pas comment la pratiquer, même pas comment la nommer »

La bande dessinée Des vivants revient sur les premières heures de la Résistance française, avec l’évocation des hommes et femmes ayant animé le réseau du musée de l’Homme (1940-1942). Entretien avec le trio à l’œuvre, par le mensuel CQFD.

« Un peu de conscience s’éveillait çà et là, une minuscule et vacillante protestation qui ne savait pas quelle forme elle pourrait bien prendre. On se cherchait à tâtons, dans l’obscurité. » L’homme qui s’exprime ainsi  [1] s’appelle Jean Cassou. Romancier, poète, critique d’art, il fait partie des quelques rares personnalités françaises à avoir choisi la voie de la résistance dès l’été 1940, quand dans le vent brun de l’histoire tout était à bâtir. Pas d’expé-rience concrète, pas de véritable structure clandestine, pas d’aide extérieure, simplement l’expression d’un non viscéral proclamé par quelques hommes et femmes regroupés au sein d’un petit cercle, le réseau dit du musée de l’Homme (en référence à ce lieu consacré à l’ethnographie où travaillaient celles et ceux qui ont posé les premiers jalons du réseau).

D’abord centré sur Paris avant de lancer des ramifications là où d’autres non s’élevaient, comptant dès octobre 1940 une centaine de membres plus ou moins impliqués, le réseau plante sur le vif les premières graines de sédition : propagande clandestine (notamment via le journal Résistance), évasion de prisonniers, renseignement à destination des Anglais…

Mais ces vivants jouent gros : leur vie. Dès janvier 1941 et suite à une trahison, les premières arrestations frappent le groupe, vite décimé. Un procès tenu en janvier 1942 viendra sceller le sort de ses principaux organisateurs et organisatrices : dix peines capitales (les trois femmes condamnées seront finalement déportées). Et le 23 février 1942, à 17 heures, sept hommes sont fusillés au Mont-Valérien : Jules Andrieu, Georges Ithier, Anatole Lewitsky, Léon-Maurice Nordmann, René Sénéchal, Boris Vildé et Pierre Walter.

C’est sur une terrible évocation de cette macabre scène que se clôt Des vivants (éditions 2024, octobre 2021), magistrale mise en scène graphique et orale d’une histoire trop peu connue. Au scénario, les auteurs Raphaël Meltz et Louise Moaty, qui ont écumé les bibliothèques et les archives pour réaliser ce tour de force : tous les dialogues structurant le long récit correspondent à des paroles ou à des écrits de feu les acteurs de cette histoire.

Quant au dessin, signé Simon Roussin, il offre une atmosphère onirique au déploiement des voix, peignant un Paris aux couleurs vives et au ciel strié de lourdes menaces. Les nuages s’accumulent, les vivants les défient. Formulé par l’une des pionnières du réseau, Sylvette Leleu  [2] : « C’était ça, la Résistance, tout simplement : le refus des choses que l’on ne pouvait pas admettre sur le plan moral. Le refus d’une certaine forme de vie inadmissible pour des gens libres. Le refus, et après : beaucoup d’actes. »

Pour cet entretien, les trois auteurs de Des vivants ont choisi de mêler leurs voix en une seule. Sans doute par souci de cohérence avec leur démarche : laisser toute la place à ces autres voix, humbles et si puissantes, qu’ils et elle ont entrepris de sortir de l’oubli.

Ces premières heures de la Résistance, 1940-1942, ne sont pas les plus connues. Or c’est un moment très fort, car il s’agit alors de tout inventer, d’improviser les premières esquisses de réseau et d’action…

C’est en partie pour ça que ce sujet s’est imposé à nous. Il faut s’imaginer l’été 1940 : la résistance, on ne sait pas comment la pratiquer, on ne sait même pas comment la nommer. C’est d’abord une simple impulsion, une « douleur physique », comme dit Boris Vildé quand il voit des soldats allemands, une réaction au « spectacle irréel » qu’est Paris occupé (Jean Cassou).

De ces réactions primaires naît l’invention du passage à l’acte, et c’est ce qui nous a tout de suite semblé passionnant, quand nous avons plongé dans les souvenirs des différents personnages. C’est pour ça que la notion d’« invention de la Résistance » est si présente dans le livre : les rencontres, les discussions, les premiers actes un peu maladroits parfois, le futur aussi (ils commençaient déjà à programmer des actions armées). On a voulu faire partager au lecteur ce mouvement allant de la conviction intime au projet collectif, de la notion au geste – mais aussi de la prise de risque à la condamnation finale.

En parallèle, il y a aussi une forme de maladresse, de naïveté. Comme le dit Germaine Tillion : « En se reliant les unes aux autres, les équipes accroissaient leur part de danger. Ce manque d’étanchéité constituait une grande faiblesse. On recrutait trop pour vivre longtemps. » Par moments, il y a même cette impression de sacrifice, bien représentée par Boris Vildé. Comme s’il avait fallu une première génération non professionnelle de la Résistance pour qu’ensuite viennent d’autres vagues, plus aguerries…

Le côté sacrificiel est en effet important chez Boris Vildé – mais dans son cas, c’est plus une histoire de caractère personnel (on retrouve cette étonnante relation à la mort dans son très beau journal, écrit en prison  [3]). Ce qu’on peut dire plutôt, c’est que certains des premiers résistants n’avaient pas vraiment conscience du danger – lequel était moindre, de fait, au tout début.

Dans une lettre de 1942, Yvonne Oddon rappelle que pour un même acte (en l’occurrence, publier un journal clandestin), on est passé en quelques temps d’une peine de six mois de prison à la peine de mort. L’enthousiasme des débuts, qui était une sorte d’instinct vital et qui parfois en effet se traduisait par une forme de naïveté, s’est transformé petit à petit en une sorte de professionnalisation (choix de pseudos, cloisonnement, etc.).

C’est par exemple notable lorsque Pierre Brossolette entre dans le réseau (un des passages qu’on n’a pas pu garder dans le livre, on l’évoque seulement dans les notes). Malheureusement, pour beaucoup de nos personnages, ça arrivera trop tard. Et la génération suivante, à partir de 1941, sera beaucoup plus attentive aux menaces. (Extraits)

26 septembre 2022 par Émilien Bernard (CQFD)

https://basta.media/

 

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27 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

échelle mobile (psl)

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Retour sur une conquête historique du mouvement ouvrier : l’indexation automatique

La Belgique est un des seuls pays au monde à connaître un système d’indexation automatique des salaires et des allocations sociales. Ce système implique que les salaires de la majeure partie des travailleurs du secteur privé, ainsi que les salaires des agents de la fonction publique, les allocations et les pensions s’adaptent d’une certaine manière à l’évolution des prix à la consommation. Une conquête qui a fêté ses 100 ans en 2020 et qui n’a cessé d’être dans le collimateur du patronat et de ses alliés. Comprendre comment cet acquis a été arraché, c’est se préparer à le défendre de la façon la plus efficace possible.

Guerre et flambée des prix… déjà

Aux massacres de la grande boucherie que fut la Première Guerre mondiale s’est ajoutée une phénoménale explosion des prix. En 1917, les prix de l’alimentation avaient augmenté de 100 à 300% par rapport à 1914 concernant les produits fournis par les magasins communaux de ravitaillement.

Mais la pénurie a également nourri le marché noir, où les prix étaient 1.500 % plus élevés. Une fois la guerre terminée, les prix sont restés nettement plus élevés. Ainsi, l’indice des prix de détail à Bruxelles (les prix de l’année 1914 instituant l’indice 100) s’établissait en moyenne à 350 en 1919, à 450 en 1920 et à 400 en 1921. Au sein des luttes du mouvement ouvrier, la revendication d’une hausse des salaires proportionnelle à la hausse du coût de la vie s’est faite plus pressante et s’est imposée à côté du combat pour la journée des 8 heures (obtenue en 1921).

On entend parfois dire que l’indexation et l’inscription dans la loi de la journée de travail de 8 heures sont, à l’instar du suffrage universel (universel masculin, 1919), en quelque sorte des ‘‘cadeaux’’ octroyés par la bourgeoisie pour remercier les travailleurs de leurs efforts durant la Grande Guerre. C’est faux. Le patronat n’a jamais rien cédé par bonté de cœur.

La guerre, accoucheuse de la révolution

Karl Marx faisait déjà remarquer à son époque que la guerre peut agir comme « accoucheuse de la révolution ». Le constat ne s’est pas démenti avec la Première Guerre mondiale, qui a été arrêtée par la révolution en Allemagne en 1918 à la suite de la Révolution russe de 1917 qui avait renversé la dictature tsariste puis instauré le premier état ouvrier au monde, la République des soviets (conseils).

Une vague de révolte et d’agitation – une véritable poussée révolutionnaire – a déferlé de pays en pays, grèves et soulèvements alimentés par le rejet des horreurs de la guerre et par l’inspiration de la victoire bolchevique en Russie. La bourgeoisie n’avait pas le choix : lâcher du lest ou bien risquer de tout perdre.

Imaginez qu’en 1919, pas moins de 733 grèves ont été comptabilisées par l’inspection du travail en Belgique ! Les revendications se concentraient sur une augmentation salariale de 100 %, la journée de travail des huit heures, l’instauration d’un salaire minimum et la reconnaissance des syndicats. Mais le pire n’était même pas là : les travailleurs gagnaient en confiance.

Cette année-là furent organisées les premières élections sous le principe « un homme, une voix » (à l’exception des veuves de guerre, les femmes devront attendre 1947 pour pouvoir voter). Pour la première fois depuis 1884, les catholiques perdirent leur majorité absolue. L’ancêtre du PS, le Parti ouvrier belge (POB), doubla ses scores électoraux et devint la seconde force politique du pays avec 24%. En Wallonie et à Bruxelles, il obtint même 36% des voix et devint la première force politique sur le plan électoral.

Mais le soutien de la direction du POB aux grèves fut fort timide. Celle-ci était effrayée par la tournure des événements. Elle avait décidé d’entrer dans un gouvernement bourgeois en 1916 et son président, Émile Vandervelde, s’était même rendu en Russie pour convaincre les soldats russes affamés de continuer le massacre des tranchées ! Pour la bourgeoisie, attirer le POB dans l’union nationale ouvrait la possibilité d’exercer un certain contrôle sur les troubles sociaux.

Le rapport de force, le rapport de force, encore et toujours le rapport de force

Les luttes ouvrières qui ont suivi la Première Guerre mondiale ont établi le caractère de masse des syndicats en Belgique. Cette lutte a conduit à des victoires telles que le suffrage universel masculin, la journée de travail des huit heures et la reconnaissance des syndicats. Une Commission de la vie chère fut aussi finalement créée. Ne disposant d’aucune donnée précise sur les différents postes du budget des ménages, la commission élabora un indice des prix de détail de type monétaire. Cet indice des prix de détail fut immédiatement saisi par le mouvement ouvrier dans plusieurs secteurs pour gagner une évolution salariale correspondante à cet indice.

En juillet 1920, les mineurs ont obtenu la première convention collective sectorielle pour lier les salaires à l’évolution de l’indice. Vers la fin de l’année, environ 13% des Conventions collectives de Travail prévoyaient un système d’indexation automatique des salaires. En 1924, à peine 4 ans plus tard, elles étaient déjà 73%. À partir de 1935, l’indice est également utilisé pour faire évoluer les allocations familiales et les pensions (pas encore les indemnités de chômage). L’augmentation du pouvoir d’achat des travailleurs en Belgique continua jusqu’à la grande dépression de 1929.

L’établissement de Conventions collectives de travail a établi de facto la reconnaissance syndicale en entreprise. Ce fut la porte ouverte pour une autre série de victoires autour de la Journée des 8 heures et de la semaine de 48 heures dans les mines, la métallurgie et les carrières, élargies à tous les secteurs en 1921.

C’est la création d’un rapport de force sur le terrain reposant sur la lutte qui a été déterminant et fondamental pour arracher tant l’indexation que la réduction collective du temps de travail.

Aujourd’hui, face à l’inflation galopante et face à la charge de travail intenable, ces reven-dications brillent d’un nouvel éclat. Inspirons-nous du combat héroïque mené il y a tout juste plus d’un siècle pour un mécanisme d’indexation qui traduise réellement – et directement – l’augmentation véritable du coût de la vie et pour garantir un travail acceptable à toutes et tous !

vendredi 23/09/22 Nicolas Croes

https://fr.socialisme.be/

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26 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

gasteiz 1976 (ballast)

espagne

Les drapeaux des nationalités pendant la guerre

Se souvenir du massacre de Vitoria-Gazteiz

En Espagne, si l’année 1975 est marquée par la mort du dictateur Franco, le régime autoritaire et répressif franquiste ne s’éteint pas avec lui. Jusqu’aux premières élections législatives, en 1977, les manifestations se multiplient dans le pays.
L’une d’elles se tient le 3 mars 1976 à Vitoria-Gasteiz, au Pays Basque. L’intervention de la police conduit à un massacre : cinq manifestants sont tués par balle, une centaine blessés. Depuis, le souvenir de l’événement fait l’objet d’un combat permanent. L’auteur du présent texte revient sur l’histoire récente d’un processus mémoriel qui, dans l’Espagne contemporaine, doit composer avec le déni des crimes perpétrés sous le régime franquiste.  Par Arnaud Dolidier

3 mars 1976. 18 000 personnes sont en grève à Vitoria-Gasteiz au Pays Basque. 80 usines sont fermées ou occupées par les travailleurs. Après la tenue de plusieurs assemblées dans ces dernières, des manifestations partent de façon simultanée des différents quartiers ouvriers de la ville. 12 000 personnes arrivent devant l’église San Francisco où une assemblée est prévue à 17 heures.

Parmi elles, 5 000 parviennent à rentrer dans l’édifice tandis que les 7 000 autres restent aux alentours, bloquées par la police qui encercle l’église. Elle procède à son évacuation en jetant des gaz lacrymogènes à l’intérieur, ce qui provoque la panique des grévistes qui se ruent hors du bâtiment. La police, comme en témoigne les enregistrements de leurs communications radio1 se sent acculée et menacée.

Au moment où les grévistes sortent de l’édifice, elle tire à balles réelles, provoquant une centaine de blessés, dont vingt graves, et la mort de cinq personnes. Deux jours plus tard, environ 70 000 travailleurs assistent aux funérailles des ouvriers tués. Puis le lundi 8 mars, une grève générale réunit 600 000 personnes dans la rue pour exiger la dissolution des corps de police armée et un procès pour les responsables du massacre du 3 mars. Ce jours-là, deux autres personnes meurent sous les balles.

1er juin 2021. Le roi d’Espagne Felipe VI et le chef du gouvernement Pedro Sánchez inaugurent à Vitoria-Gasteiz le Centre-mémorial des victimes du terrorisme. Il s’agit d’un musée dont l’accès est gratuit, où le public peut s’informer et rendre hommage aux 1 453 victimes du terrorisme comptabilisées depuis 1960, date de l’assassinat d’une enfant, Begoña Uñoz, par le DRIL2 jusqu’aux deux reporters espagnols David Beriain et Roberto Fraile, exécutés par Al-Qaeda en avril dernier. Si le mémorial englobe l’ensemble des actions terroristes des dernières décennies — de l’attentat de l’Hypercor par l’ETA le 19 juin 1987 en passant par celui de la gare d’Atocha de Madrid le 11 mars 2004 — il n’intègre pas les victimes de la répression franquiste et notamment celles du franquisme tardif, c’est-à-dire celles situées entre le 20 novembre 1975, date de la mort du dictateur, et juin 1977, moment des premières élections législatives depuis 1936. Bien qu’un nouveau régime mémoriel se soit consolidé durant les années 2000, accompagné de nouveaux termes comme « violations des droits de l’homme », « impunité », « crimes contre l’humanité », pour caractériser le passé franquiste, ce dernier n’est pas considéré comme un régime politique dont l’appareil répressif pourrait être qualifié de terrorisme d’État. Les victimes de la violence d’État franquiste, et notamment du second franquisme (1960–1977), ne sont donc pas reconnues officiellement comme telles.

Le pacte de silence érigé pendant la période dite de transition démocratique — un pacte d’oubli autant que d’amnésie —, scellé par la loi d’amnistie d’octobre 19773, a permis la libération des prisonniers politiques, mais a également garanti l’impunité aux criminels franquistes4.

La légitimité de cette loi a été remise en question par le mouvement citoyen de « récupération de la mémoire historique » qui a abouti en 2007 à la loi dite de « mémoire historique ». Cependant, le texte comporte de nombreux écueils. Si la loi de 2007 condamne officiellement le franquisme et déclare illégitimes les sentences prononcées par la dictature franquiste, elle ne les annule pas et n’affirme pas l’illégalité des tribunaux franquistes5.

Faisant face à ces manquements, les associations mémorielles se sont tournées vers la justice internationale pour les combattre. Elles ont aussi construit des instruments de lutte au service de la vérité, de la justice et de la réparation6.

Dans leur sillage, d’autres acteurs, comme l’association des victimes du massacre du 3 mars 1976, ont également entrepris des recours devant les tribunaux tout en déployant d’autres ressources afin d’être reconnus par l’État comme victimes du terrorisme et demander justice. Cette mobilisation s’articule à la volonté de combattre l’oubli de l’événement, un oubli qui s’explique en partie parce que la transition apparait, aujourd’hui encore, comme une période mythifiée, fondée sur un imaginaire politique où le processus de démocratisation aurait été pacifique et modérée. Pourtant, les travaux scientifiques de ces dernières années ont montré qu’après la mort du dictateur, le régime a employé la violence et la terreur pour mettre un terme aux mobilisations populaires d’une ampleur inédite, comme cela fut le cas à Vitoria7

(Extrait)

21 septembre 2022
Note:
Gasteiz est la capitale de l’Alava, une communauté basque avec le Guipuzcoa (San Sebastian-Donosti), la Biskaia (Bilbao). La Navarre ( Pampelune-Iruña) est à part.

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23 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

pif le chien (france info)

pif le chien

L’auteur de BD François Corteggiani, l’un des auteurs de Pif le chien, est mort

Ce scénariste et dessinateur de bande dessinée, mort à 69 ans, a collaboré avec un grand nombre de dessinateurs. Il dessinait « Pif le chien » depuis 2011 dans le quotidien L’Humanité.

Le scénariste et dessinateur François Corteggiani, l’un des auteurs des aventures du personnage de bande dessinée Pif le chien, est mort, a annoncé l’éditeur Glénat. « C’est avec tristesse que nous apprenons le décès de François Corteggiani qui s’est éteint ce mercredi 21 septembre à l’âge de 69 ans« , a indiqué la maison d’édition dans un communiqué.

Il et mort à son domicile de Carpentras (Vaucluse), ville où il avait choisi de s’installer et de continuer à dessiner. Ce Niçois de naissance était venu à Paris avant ses 20 ans pour travailler dans l’illustration et la publicité. Mais sa vraie passion, née lors de son enfance, était la BD.

« Pif le chien », « Blueberry », « Lefranc »

« Créant de nombreux personnages, François Corteggiani a collaboré tout au long de sa carrière avec un grand nombre de dessinateurs et travaillé pour divers éditeurs dont Dargaud avec la reprise de La Jeunesse de Blueberry (1990-2015) ou Casterman avec la série Lefranc (2015)« , a indiqué Glénat.

Pour cette maison, il a travaillé sur les séries Bastos et Zakousky, Chafouin et Baluchon, De Silence et de sang, et Sundance. Scénariste de nombreux albums de Pif le chien (personnage né en 1948), et rédacteur en chef BD d’une éphémère reprise du magazine Pif Gadget (de 2004 à 2009), il dessinait ce personnage depuis 2011 dans L’Humanité. Le quotidien a rendu hommage à ses « multiples talents« .

23/09/2022

https://www.francetvinfo.fr/

Pif le Chien

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16 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

fatma n’soumer (l’orient le jour)

alger

Lalla Fatma N’Soumer, la résistante kabyle qui s’opposa à la colonisation en Algérie

19è siècle, Algérie. Au cours de sa courte existence, cette jeune femme qui refusait de se plier aux règles du patriarcat a réussi à s’imposer comme chef de guerre. Et a mis en déroute l’armée française.

Il paraît qu’aucun homme n’aura eu véritablement de pouvoir sur son corps ou son esprit. Si l’histoire de lalla Fatma N’Soumer a pu être romancée, voire mythifiée, par ceux qui voyaient en elle le prolongement de Kahina, reine guerrière berbère qui a combattu l’invasion arabe au Maghreb au VIIe siècle, Fatma N’Soumer est avant tout la figure de la femme kabyle qui défia l’armée coloniale française en Algérie, menant au combat des villages entiers et cassant les codes sociopolitiques de son temps.

Fatma N’Soumer, née Fatma sid Ahmad Ou Méziane, a grandi dans les plus hautes montagnes de la Kabylie, région historique peuplée de tribus guerrières dans le nord du pays, à l’est d’Alger, au cœur du massif du Djurdjura, dans le village d’Ouerdja. Coïncidence, malédiction ou ironie du sort, la France avait lancé, sur ordre du roi Charles X, sa vaste conquête de l’Algérie l’année exacte où est née celle qui défiera son occupation en 1830. L’Algérie restera une colonie française jusqu’à la déclaration de son indépendance, en juillet 1962, qui mit fin à huit années de guerre civile.

Féministe avant l’heure

Les quelques récits racontant son histoire sont unanimes : Fatma N’Soumer, chef de guerre et guide spirituelle, a marqué les esprits de tous ceux qui ont croisé sa route, ennemis comme partisans. [Elle était] petite mais robuste, et sa beauté et son élégance étaient chantées dans des poésies populaires berbères. Dans Récits de Kabylie. Campagne de 1857, l’explorateur et homme politique Émile Carrey la décrit drapée de foulards colorés, ornée de bijoux et couverte de henné alors qu’elle menait au combat les Imseblen, volontaires de la mort.

Féministe avant l’heure, elle a refusé la consommation d’un mariage qui lui a été imposé par l’un de ses frères.

L’Orient-Le Jour

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Lalla Fatma N’Soumer, la résistante kabyle qui défia l’armée coloniale française

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16 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

amiens (jdd)

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Qu’est-ce que la charte d’Amiens ?

Les discussions entre syndicats et membres de la Nouvelle Union populaire écologiste et sociale (Nupes) sur l’organisation d’une grande marche en octobre sont l’occasion de revenir sur la charte d’Amiens. De quoi parle-t-on ?

Un cri du cœur. « Qu’est-ce qu’on me saoule avec la charte d’Amiens même moi, je n’ai pas 116 ans », a lancé Jean-Luc Mélenchon  à la Fête de l’Humanité. Lui veut organiser une marche contre la vie chère mi-octobre. Si possible avec les syndicats qui sont plutôt réticents. Car la charte d’Amiens – qui découle d’un congrès de la CGT datant de 1906 – consacre la volonté d’indépendance du syndicalisme vis-à-vis du monde politique, à l’époque de la SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière).

La charte est claire : « Afin que le syndicat atteigne son maximum d’effet, l’action économique doit s’exercer directement contre le patronat, les organisations confédérées n’ayant pas, en tant que groupements syndicaux, à se préoccuper des partis et des sectes. » Selon les historiens, le mot secte renvoie probablement au courant anarchiste.

Pour autant ce texte n’est pas pour autant apolitique puisque la CGT veut se faire la voix de « tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat ». A l’époque, la CGT était le seul syndicat. Aujourd’hui, tous les syndicats de Force ouvrière à la CFDT, se disent attachés à l’esprit de cette charte.

15 septembre 2022 Arthur Nazaret

https://www.lejdd.fr/

 Commentaire:
Contexte: la Charte d’Amiens concerne une autre CGT, anarco-syndicaliste du 19è siècle qui refusait de voir les « politiques », en fait le PS (SFIO) les trahir en entrant aux gouvernements de droite (déjà!). Ce n’est pas une incantation à séparer « le politique » et « le syndical ».

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16 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

cancer (of)

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Les cancers chez les adultes de moins de 50 ans augmentent partout dans le monde

Depuis 1990, le nombre de cancers à début précoce, c’est-à-dire diagnostiqués chez des adultes de moins de 50 ans, a augmenté de façon spectaculaire. La cause probable ? Le changement de nos modes de vie, de notre environnement, de notre alimentation…

En 2018, 9,6 millions de personnes sont décédées d’un cancer selon l’Observatoire mondial du cancer. Un chiffre qui risque d’augmenter dans les prochaines années. Car depuis 1990, le nombre de cancers à début précoce, c’est-à-dire diagnostiqués chez des adultes de moins de 50 ans, a augmenté de façon spectaculaire dans le monde entier, selon un article scientifique publié dans la revue Nature Reviews Clinical Oncology, le 6 septembre 2022. Le fait que le nombre de personnes atteintes de cette maladie soit en hausse dans la société moderne depuis les années 1940-1950 n’est pas une découverte mais les cancers à début précoce, si.

Pour l’affirmer, les chercheurs se sont penchés sur les personnes nées dans les années 1950 et 1960 et ont étudié leur taux de cancer à partir des années 1990. Ils ont examiné les données relatives à 14 types de cancer, que ça soit le cancer du sein, du foie, du rein, de la tête et du cou. Ainsi, grâce aux données mondiales, ils se sont aperçus que les maladies étudiées étaient en augmentation chez les adultes de moins de 50 ans entre 2000 et 2012.

Une épidémie mondiale émergente

«Nous avons constaté que ce risque augmente avec chaque génération », explique l’un des chercheurs, Shuji Ogino, pathologiste et épidémiologiste au Brigham and Women’s Hospital de Boston au média ScienceAlert. Il ajoute:« Par exemple, les personnes nées en 1960 ont connu un risque de cancer plus élevé avant d’avoir 50 ans que les personnes nées en 1950 et nous prévoyons que ce niveau va continuer à augmenter dans les générations successives ».

L’objectif des chercheurs était de savoir si le cancer à déclenchement précoce était devenu une épidémie mondiale émergente. D’après les résultats, la réponse est oui, depuis les années 90 notamment.

L’augmentation des dépistages a forcément contribué à ce phénomène. Plus on cherche, plus on détecte. Mais ce n’est qu’une partie de l’explication.

D’autant plus que les chercheurs notent que certains cancers à déclenchement précoce sont en augmentation même dans les pays qui n’ont pas de programme de dépistage… La raison, donc ? Le changement de nos modes de vie, de notre environnement… ou encore de notre alimentation et de l’apparition des aliments ultra-transformés.

Huit cancers en hausse liés au système digestif

« Parmi les 14 types de cancer en hausse que nous avons étudiés, huit étaient liés au système digestif », explique l’épidémiologiste Tomotaka Ugai de la Harvard Medical School à ScienceAlert. Sans parler des boissons sucrées, de l’obésité, de la sédentarité et de la consommation d’alcool qui ont tous significativement augmenté depuis les années 1950. Autre fait notable : contrairement aux adultes qui n’ont pas radicalement changé leur durée de sommeil, les enfants dorment beaucoup moins qu’il y a quelques décennies. Tout cela pourrait interagir avec les susceptibilités génétiques au cancer et le fonctionnement de cette maladie, selon l’étude.

Les chercheurs ne comptent pas s’arrêter là : ils souhaitent poursuivre leurs travaux et mettre en place des études de cohorte suivies dans le temps, afin de pouvoir observer l’évolution de la santé de jeunes enfants sur plusieurs décennies et déterminer ce qui faisait qu’une personne était atteinte d’un cancer dans le passé et aujourd’hui. Ils veulent également sensibiliser davantage le public et les professionnels de santé aux risques de cancers précoces.

 Juliette BROSSAULT.  13/09/2022

https://www.ouest-france.fr/

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16 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

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 Jon-Luc Godard, "New Wave" film director   NYC 4/70   sheet 612 frame 16

« Une image davantage qu’un sujet » : les femmes dans le cinéma de Jean-Luc Godard – La « Nouvelle Vague » (France, années 60)

Geneviève Sellier, historienne du cinéma, nous parle des films de Jean-Luc Godard (et plus largement, de la Nouvelle Vague) au prisme du genre.

Historienne du cinéma, Geneviève Sellier est spécialiste de l’étude des représentations des rapports sociaux de sexe et des identités de sexe au cinéma et à la télévision. En 2005, elle a publié l’ouvrage « La Nouvelle Vague, un cinéma au masculin singulier » (CNRS éditions) et écrit régulièrement pour le site « Le genre et l’écran ». Nous l’avons questionnée sur le « male gaze » propre à Jean-Luc Godard, et son rapport ambivalent au féminin.


Jean-Luc Godard vient de disparaître, à l’âge de 91 ans. Votre approche critique porte sur les rapports de genre au cinéma, et vous avez plus particulièrement étudié la Nouvelle Vague. Est-ce difficile de critiquer un « monstre sacré », est-ce que la légende – largement bâtie du vivant de Godard – oblitère en un sens la possibilité d’une telle critique ? Comment a-t-elle été reçue, en France et ailleurs ?

Mon livre sur la Nouvelle Vague (2005, CNRS éditions) a été largement ignoré ou boycotté par les universitaires et les critiques français pour qui Godard (et plus largement la Nouvelle Vague) est intouchable ; il faut ajouter que la question du genre (gender) est complètement taboue en France, en particulier quand il s’agit de traiter d’un « auteur », été 2020). En revanche dans les pays anglophones, ce livre a été bien accueilli, traduit par Kristin Ross et publié en 2008.

La critique des films de Godard du point de vue du genre a été inaugurée par la chercheuse britannique Laura Mulvey en 1980 dans un ouvrage co-écrit avec Colin MacCabe, Godard : Images, Sounds, Politics (Macmillan). Une vision critique d’un point de vue sociologique est développée par Jean-Pierre Esquenazi et par Philippe Mary, mais ces approches restent très marginales dans l’énorme bibliographie multilingue sur Godard qui se caractérise principalement par son ton hagiographique. Encore aujourd’hui, Godard reste un monument intouchable de « l’art contemporain ».

Comment résoudre le paradoxe (dans l’imaginaire collectif) d’une époque d’émancipation des femmes, dans les années 1960, d’un cinéma vu comme « moderne », et dans le même temps d’un regard masculin qui enferme les femmes dans des rôles fétichisés, dans un regard sexiste ?

Ce paradoxe n’est qu’apparent. L’imaginaire collectif est encore imprégné de la misogynie et du sexisme qui caractérisent sous des formes différentes la culture de masse et les « grands auteurs » en France. Comme en témoigne l’invisibilité des femmes (et des actrices) de plus de 50 ans dans les films alors qu’elles sont de plus en plus présentes dans le monde professionnel et politique, y compris aux postes de pouvoir. Comme l’a montré Reine Prat à propos du spectacle vivant, la création culturelle est un des domaines où la domination masculine reste la plus affirmée, sous prétexte que « le talent n’a pas de sexe ».

Godard est aussi celui qui a fait « émerger » de grandes actrices (Jeanne Moreau, Anna Karina). Sommes-nous aussi prisonniers de cette vision du cinéaste « Pygmalion » ? Comment ces actrices ont-elles réussi à s’émanciper – ou non – de ce regard ?

Cette affirmation est fausse concernant Jeanne Moreau : formée au Conservatoire, comédienne reconnue au théâtre (TNP) puis dans le cinéma populaire des années 1950 (La Reine Margot, Dréville, 1954), c’est Louis Malle qui crée son image « Nouvelle Vague » dans Ascenseur pour l’échafaud (1957) et Les Amants (1958), et Truffaut qui va la consacrer dans Jules et Jim (1962) comme « la » star de la Nouvelle Vague. Elle continuera en toute indépendance sa carrière au cinéma, au théâtre, à la télévision et dans la chanson. C’est sans doute la solidité de sa formation théâtrale qui lui permit d’exister en dehors de et après la Nouvelle Vague.

En revanche Anna Karina, jeune mannequin danoise sans formation, est en effet une « création » de Godard (de dix ans son aîné) qui la configure comme une femme-enfant, fétichisée par les alter-egos du réalisateur dans la fiction et par la caméra. De 1960 à 1967, elle incarne une vision réactionnaire et infantilisante de « l’éternel féminin » qui disparaîtra du cinéma de Godard après sa rencontre avec Anne-Marie Miéville en 1972. Quant à l’actrice Anna Karina, elle aura le plus grand mal à exister après ses « années Godard », malgré quelques performances remarquables (La Religieuse, Rivette, 1967), une carrière de chanteuse et même deux réalisations (Vivre ensemble, 1973 ; Victoria, 2008).

Quelles formes prend ce regard masculin chez Godard, pour donner quelques exemples ? Y a t-il des « gimmicks », des stéréotypes qui reviennent, dans la représentation des femmes, les paroles et les comportements qui leur sont attribués ?

Le prototype féminin dans le cinéma du Godard, du moins jusqu’aux années 1970, est une femme-enfant androgyne, souvent étrangère, maîtrisant mal le français, opaque, une image davantage qu’un sujet : dans les films centrés sur un personnage masculin alter-ego de l’auteur (A bout de souffle, Le Petit Soldat, Pierrot le fou), elle est l’objet d’une fixation amoureuse qui sera fatale au héros, soit qu’elle le trahisse, soit qu’elle le rende vulnérable.

Dans les films centrés sur un personnage féminin, elle est l’objet du regard à la fois fétichiste et « sociologique » du réalisateur, mais jamais le sujet actif et conscient de son histoire : Une femme est une femme, Vivre sa vie, Une femme mariée, Masculin féminin, Deux ou trois choses que je sais d’elle. Elles incarnent souvent l’aliénation de/à la société de consommation que le discours masculin commente en voix off ou par l’intermédiaire d’intellectuels.

Seuls les personnages féminins incarnés par des stars échappent en partie à ce stéréotype : Jean Seberg dans A bout de souffle est une aspirante journaliste et sa liaison avec le « mauvais garçon » Belmondo perturbe son projet professionnel : elle le fera arrêter. Brigitte Bardot dans Le Mépris est une secrétaire qui a épousé un scénariste (Michel Piccoli) fasciné par sa beauté : quand elle comprend qu’il l’utilise pour faire carrière, elle le quitte.

Quelles sont les conséquences d’un tel regard sur le monde du cinéma sur la place des réalisatrices, sur les types de narration ou la façon dont nous considérons les actrices ?

Au-delà du cas Godard, dont le cinéma est devenu de plus en plus confidentiel, les cinéastes masculins de la Nouvelle Vague et leurs héritiers (Arnaud Desplechin, Olivier Assayas, Léos Carax, François Ozon, Bertrand Bonello, Christophe Honoré, Emmanuel Mouret…) sont considérés par la critique et par les institutions cinéphiliques comme des « auteurs » dont l’œuvre échappe aux déterminations sociales – c’est-à-dire aux questions de genre, de classe et d’ethnicité –, et qu’il s’agit d’abord de valoriser auprès d’un public pas toujours sensible au narcissisme plus ou moins abscons de beaucoup de ces films (je renvoie aux critiques publiées sur le site Le Genre et l’écran). Les réalisatrices qui peinent à faire partie de ce premier cercle, ont le plus souvent intériorisé ce modèle du cinéma d’auteur masculin (Claire Denis, Catherine Breillat, Valeria Bruni-Tedeschi, Maïwenn, Anne Fontaine…) et même si leurs films font une place beaucoup plus conséquente aux personnages féminins de tous âges, on y décèle rarement une conscience féministe ou un regard critique sur les rapports homme/femme.

Qu’en est-il des autres grands noms de la Nouvelle Vague, en matière de regard genré ?

Contrairement à Godard, beaucoup d’autres cinéastes de la Nouvelle Vague ont insufflé un ton nouveau au cinéma de fiction sans remettre en cause les conventions narratives du scénario et des dialogues, la vraisemblance, l’identification du public à des personnages incarnés par des stars au glamour indiscutable…

Si Chabrol et Truffaut ont largement rejoint le cinéma narratif dominant et se sont illustrés dans des genres populaires (policier, film à costumes), un cinéaste plus confidentiel comme Rohmer a construit sa carrière sur sa capacité à reconduire le même type de récit « intimiste », le même genre d’écriture « ciselée », le même type d’acteurs et d’actrices « ordinaires », qui s’inscrivent dans une tradition littéraire dont l’élite cultivée raffole. Mais ce type de récit, aussi bien que le cinéma de genre, contribuent à maintenir l’asymétrie genrée qui naturalise la domination masculine.

Geneviève Sellier, Professeure émérite en études cinématographiques, Université Bordeaux Montaigne mercredi 14 septembre 2022

https://www.europe-solidaire.org/

 

 

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14 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

commune (brest)

brest

Brest, samedi prochain « Les Archives de Brest » (1 rue Jean Foucher) présentent une exposition sur le thème « Une prison dans la baie : Les Navires-Pontons 1871-1872″.

Salutations communardes.

Denis ORJOL

tresorier.1871@orange.fr

https://commune-1871-armor.pagesperso-orange.fr

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13 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

godard (slate lmd)

Chef de file de la Nouvelle Vague

Fustigeant la «tradition de la qualité», ce cinéma de papa, fleurant bon les films d’époque avec costumes et naphtaline, des jeunes critiques prônent un cinéma plus libre et inventif. Ils s’appellent Bazin, Truffaut, Rohmer, Godard… À longueur de colonnes, ils démolissent consciencieusement les films de Claude Autant-Lara (voire de Jacques Becker, réalisateur du passionnant film carcéral Le Trou, à la sortie de Montparnasse 19) et s’enthousiasment pour Roberto Rossellini, Ingmar Bergman, Fritz Lang… sans oublier des petits maîtres du cinéma américain (de Samuel Fuller à Budd Boetticher).

Des années de maoïsme bêlant

Le militantisme justement. Chez Jean-Luc Godard, l’engagement politique est consubstantiel à l’œuvre. Très tôt: évoquant la guerre d’Algérie, Le Petit Soldat est tourné en 1960 mais, censuré, ne sort que trois ans plus tard. En 1967, il succombe aux sirènes maoïstes. Un égarement politique qu’il partage avec d’autres intellectuels de renom: Michel Foucault, Philippe Sollers, etc.

Pendant que la révolution culturelle torture et massacre sans relâche, Godard fait office d’idiot utile avec un film brillant d’un point de vue esthétique mais navrant du point de vue politique. On y lit et déclame le petit livre rouge jusqu’à l’écœurement. Comme le rapporte Christophe Bourseiller dans Les Maoïstes (2007), La Chinoise ne séduit pas les orthodoxes de L’Humanité, qui s’emportent contre un film tourné dans un appartement empli des «meubles bourgeois, d’électrophones de luxe», où «l’étudiant bourgeois» se «balade en décapotable» avant d’aller étudier «la philosophie à l’université de Nanterre».

Le maoïsme de Godard est durable et, alors que les massacres de la révolution culturelle commencent à être solidement documentés, aveugle comme celui d’une bonne partie des intellectuels de l’époque.

À cet aveuglement volontaire s’ajoutent un combat en faveur du droit des Palestiniens et un rapport équivoque à la Shoah qui nourrissaient un antisémitisme navrant. Comme le veut la formule, Godard préférait «avoir tort avec Sartre que raison avec Aron». C’est peu glorieux.

.https://www.slate.fr/

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