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17 février 2014 ~ 1 Commentaire

les handicapés, ces «assistés» que les conservateurs britanniques veulent remettre au travail (basta)

-Handicap

Sous prétexte de coupes budgétaires, le Royaume-Uni recourt à des sociétés privées pour sous-traiter des missions auparavant réalisées par son administration publique.

La société française Atos s’est vue confier la tâche de mettre en œuvre la réforme des pensions que perçoivent invalides et handicapés. Et d’évaluer leur aptitude au travail. Résultat : malgré des pathologies lourdes, plusieurs dizaines de milliers de bénéficiaires ont été recalés et exclus de ce système de protection sociale.

Les recours se multiplient et la colère gronde contre les méthodes d’Atos.

Evaluer l’aptitude au travail des personnes invalides et handicapées. Telle est la mission que le gouvernement britannique a confiée à l’entreprise française Atos, dirigée par l’ancien ministre de l’Economie Thierry Breton, à l’occasion d’une réforme de cette protection sociale, entamée en 2011. Les 2,6 millions de personnes qui bénéficiaient de ces différentes pensions d’invalidité et d’aides aux handicapés basculent dans un nouveau système de prise en charge, l’Employment and Support Allowance (ESA), censé simplifier et unifier l’ensemble de ces aides.

Ce n’est donc plus à l’administration britannique de vérifier que les bénéficiaire des anciennes aides ne sont vraiment pas en mesure de travailler, à cause de leur état de santé ou de leur handicap, et de leur attribuer une pension en conséquence. Mais à Atos. Si une personne est jugée apte, elle n’aura plus le droit de percevoir cette allocation – d’un montant moyen de 500 euros mensuels pour une personne de plus de 25 ans. Elle sera alors considérée comme demandeur d’em- ploi. Et pourra seulement prétendre à une aide de 350 euros pendant six mois. Elle coûtera donc moins cher à la sécurité sociale britannique… Gestion des prestations sociales, du droit d’asile, des prisons (lire notre article), du système de justice : le Royaume-Uni fait figure de pionnier européen pour confier la sous-traitance des services publics à des sociétés privées.

Trier les aptes et les inaptes au travail

Réaliser ce tri entre aptes et inaptes pour le compte du Département du travail et des retraites britannique (Department of Work and Pensions, DWP) rapporterait 134 millions d’euros par an à Atos. Qui s’est attelé à la tâche avec zèle depuis 2011, d’autant que tout doit être terminé cette année. Ses « évaluateurs » examinent plus de 700 000 dossiers d’allocataires chaque année, sur la foi d’une méthodologie de plus en plus contestée, l’« évaluation d’aptitude au travail » (Work Capacity Assessment, WCA). Celle-ci consiste à noter le niveau d’invalidité des demandeurs avec un système de points, qui déterminera le montant de la pension.

Une note trop faible, et vous basculez dans la catégorie demandeur d’emploi. Résultat : plus de la moitié des demandes seraient désormais refusées. Les témoignages de personnes invalides subissant ces contrôles ou confrontées à la lenteur administrative d’Atos font désormais régu- lièrement la une des journaux britanniques. Et les histoires tragiques se multiplient : des personnes handicapées « évaluées » se sont suicidées, d’autres sont jugées « aptes au travail » alors qu’elles agonisent sur un lit d’hôpital.

« J’ai reçu l’instruction de modifier mes dossiers, et de réduire le nombre de points dont auraient pu bénéficier les ayant droits. Cela m’a semblé une faute, professionnellement et éthiquement », raconte Greg Wood, ex-évaluateur chez Atos, dans un documentaire diffusée par la BBC [1]. « Une autre lanceuse d’alerte, Joyce Drummund, ancienne infirmière chez Atos, a raconté à un journal écossais, le Daily Record, avoir reçu l’instruction de réduire la note d’ayant droits dont elle savait qu’ils étaient inaptes au travail », relate Jennifer Kennedy, contributrice du site Open Demo- cracy [2]. « Nulle part dans le système il n’y a d’objectifs chiffrés [de réduction des allocations] », avait démenti l’ancien ministre de l’Emploi, le conservateur Chris Grayling. Mais l’intégralité du contrat d’externalisation passé entre le gouvernement et Atos n’a pas été dévoilé.

Protestation de la British Medical Association, rapport très critique d’une commission d’enquête parlementaire en 2013, reportages accablants, rien n’y fait, les évaluations continuent. Les radiations massives aussi. Et les recours d’allocataires lésés contre Atos se multiplient. Les Citizen Advice Bureaux, des associations qui assistent les citoyens britanniques dans leurs démarches administratives, déclarent avoir traité un demi-million de contestations liés à l’allocation handicap depuis trois ans et la mise en place du nouveau système d’évaluation.

Mauvaises décisions

42% des procédures en appel aboutissent, contredisant les décisions d’Atos de reclasser des invalides en demandeurs d’emploi. Une marge d’erreur impressionnante, surtout quand elle pénalise la vie de dizaines de milliers de citoyens. « Je ne peux plus supporter le stress, la douleur et la fatigue qu’Atos n’arrête pas de m’occasionner… Il n’y a absolument aucun doute sur le fait que j’ai droit à cette allocation, même Atos a admis dans une de ses réponses qu’ils avaient assez d’attes- tations dès le départ pour confirmer que j’étais inapte au travail.

On ne peut que se demander pourquoi ils font tout ça », témoigne une personne invalide. Selon des chiffres dévoilés par le Parti travailliste, les frais judiciaires liés aux procédures ont triplé en quatre ans, passant de 21 à 66 millions de livres (de 25,5 à 80 millions d’euros). « Le système actuel produit trop de mauvaises décisions, qui occasionnent inévitablement des coûts supérieurs pour le contribuable », accuse, en août dernier Sarah Lambert, responsable des politi- ques publiques pour la National Autistic Society (NAS, Société nationale pour l’autisme).

Le gouvernement britannique et la firme française viennent de répondre à leur ma- nière à la multiplication de ces contestations en justice. Selon The Independent, les demandeurs qui feraient appel à la décision d’Atos se verront désormais privés de leur allocation durant toute la durée de la procédure. Et contraints de faire réévaluer l’ensemble de leur dossier avant de pouvoir saisir les Citizen Advice Bureaux. Pour le directeur général de ces structures d’appui aux citoyens, ces nouveaux obstacles « signifient que des milliers de gens seront forcés de se débrouiller tout seuls, sans source de revenus. Le meilleur moyen de réduire le nombre et le coût des appels est de s’assurer que les décisions prises sont bonnes au premier coup, plutôt que de les forcer à passer par des étapes supplémentaires inutiles et stressantes. » Pour le porte-parole de l’entreprise, « les appels se font contre les décisions [de l’administration britannique], pas contre Atos. »

Une journée nationale d’action est prévue outre-Manche le 19 février prochain, sou- tenue par des organisations de défense des personnes handicapées, des mouvements sociaux, des syndicats et des partis politiques (Verts, Labour). par Ivan du Roy 17 février 2014

Ivan du Roy, avec l’Observatoire des multinationales

http://www.bastamag.net/Les-handicapes-ces-assistes-que

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28 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Ehpad du Steir, manifestation à Plogonnec (LT+OF)

Ehpad du Steir, manifestation à Plogonnec (LT+OF) dans Austérité manifestants-hopital-sud-copie-11

Leur mobilisation s’est traduite par une manifestation, hier, dans le bourg de Plogonnec. Des salariés et proches de résidents de l’Ehpad du Steïr ont réclamé des moyens dans la rue. Des moyens, ils en auront plus.

Hier sous l’auvent d’accès à la Résidence du Steïr (76 résidents permanents et 50 salariés ETP actuellement), à Plogonnec. Une quarantaine de salariés et proches de résidents participent ou assistent au premier mouvement social de l’Ehpad ouvert en 2009. L’établissement rencontre des difficultés structurelles, financières, d’organisation depuis trop longtemps. Les agents hésitent à se confier. Sylvie, la déléguée CFDT, résume leur pensée : « La situation est dramatique : manque de moyens, de personnel, résidents en danger ». L’agent social décrit « un dos qui casse, deux épaules qui lâchent, une fatigue nerveuse, l’épuisement, des filles quittant leur service en pleurant, des arrêts de travail de moins en moins remplacés… »

« On n’a plus le temps »  « À un moment, on travaillait à six ou sept le matin à l’étage (40 résidents), actuellement on est cinq ou quatre. Quatre également l’après-midi et même chose au cantou (36 résidents désorientés), dans le meilleur des cas », expose la syndicaliste. « On n’a plus le temps de prendre leur main, de prévenir les angoisses du coucher et de la nuit. On ne peut plus faire certains levers, on oblige donc les gens à rester dans leur lit », poursuit-elle. Ses collègues acquiescent.

« Je suis tout à fait solidaire de ce mouvement de « grève » : il y a un manque prégnant de personnel. Le ménage dans les chambres n’est plus fait ou est très épisodiquement. Plus grave, les douches et shampoings ne sont pas faits régulièrement. Ma mère, n’en a pas eu pendant un mois. On déplore ce manque de moyens récurrent et qui s’aggrave », témoigne Yvette. « Un cantou de 36 personnes, ce n’est pas tenable. Ça donne lieu à des situations désastreuses. Plusieurs fois, j’ai constaté qu’il n’y avait que deux personnes pour s’occuper de 36 résidents désorientés. Il suffit d’une tension chez une personne pour que les choses dégénèrent », s’indigne Marie-Béatrice. « Plusieurs fois, je suis partie d’ici en pleurant, désespérée de devoir laisser un parent dans une structure dans cet état. C’est de la maltraitance pour les résidents et aussi pour le personnel. C’est épouvantable ! », émet-elle. « L’inquiétude des salariés est légitime. Et, nous, nous payons très cher ici, avec une augmentation de 10 % des tarifs cette année. Le service public doit être rendu à la hauteur, estime Michel. Ma mère est pratiquement toujours allongée dans son lit, sans douche, depuis trois semaines. Elle me dit : mais il n’y a plus personne à travailler ici ! ».

« Sacré coup de main »  « J’espère qu’on va nous entendre. On n’acceptera pas de mettre les personnes âgées et nous-mêmes en danger », lance Sylvie aux personnes mobilisées. Une vingtaine de salariés et trois proches de résidents lui emboîtent le pas dans les rues du bourg de Plogonnec. Aux cris « On veut du personnel » ! Jusqu’à la mairie, à la rencontre de Christian Keribin, le président du CIAS du Steïr qui gère la maison de retraite. En vain. Selon un autre proche de résident, « le conseil général s’est engagé à financer plusieurs contrats d’avenir, l’Agence régionale de santé apporte un budget supplémentaire pour pallier l’absentéisme et boucler l’année ». « Ça vient de nous être officialisé. Ça va nous donner un sacré coup de main », a confirmé, hier, le président du CIAS, sans vouloir en dire plus. Cela, les manifestants ne le savaient pas. Bruno Salaün 28 septembre 2013 à 08h31

http://quimper.letelegramme.fr/local/finistere-sud/quimper/ville/ehpad-du-steir-manifestation-a-plogonnec-28-09-2013-2249753.php

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Quimper.-Les-personnels-des-maisons-de-retraite-ont-debraye_40820-2233132——29232-aud_actu.Htm

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11 août 2013 ~ 0 Commentaire

JM Le Pen et les handicapés

JM Le Pen et les handicapés dans Antifascisme handi

« On aide trop les handicapés. En privilégiant, en favorisant par trop les faibles dans tous les domaines, on affaiblit le corps social en général. On fait exactement l’inverse de ce que font les éleveurs de chiens et de chevaux »

*Jean-Marie Le Pen ( « La droite aujourd’hui »,J.P. Apparu en 1979).

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12 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Lannion, Émeraude ID, premier débrayage en 30 ans ! (LT+OF)

Lannion, Émeraude ID, premier débrayage en 30 ans ! (LT+OF) dans Handicap y-en-a-marre-300x182

Hier, la CGT a allumé une drôle de bougie. Quelques semaines après avoir célébré son 30e anniversaire, l’association d’insertion professionnelle Émeraude ID a connu son premier débrayage. Une grogne historique « et grave » sur fond de risques psychosociaux.

empty dans Luttes sociales en Bretagne

Après la fête, la défaite ? Hier matin, l’ambiance n’était pas franchement aux cotillons et aux embrassades devant le restaurant d’Émeraude ID. À l’appel de la CGT, une vingtaine de salariés, rejoints par des syndicalistes d’Alcatel-Lucent et Orange (au total, 33 personnes), ont débrayé, de 11 h 30 à 12 h 30, pour protester contre le management de l’entreprise adaptée, qui a soufflé ses trente bougies au printemps. Historique et singulier (une large partie du personnel est travailleur handicapé), ce mouvement social n’aurait rien d’un coup de gueule subit et sans len- demain, expliquent, tracts en main, les représentants des 208 salariés.

« Événements graves »  « Depuis trois ans, plusieurs événements graves touchant à la santé des salariés se sont produits », s’émeuvent Rozenn Bobin, déléguée CGT et Hélène Garnier, secrétaire du CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, organisme paritaire qui veille à la santé des salariés). « Stress, conflits, propos blessants »… Les stigmates d’une ambiance dégradée seraient légion, es- timent les deux femmes qui invoquent également « des malaises ». Preuve que ce diagnostic inquiétant n’aurait rien de partisan, le médecin du travail aurait donné « l’alerte » pour les salariés de la Sapi (un des sept secteurs d’intervention de l’association). Il aurait jugé les salariés « en épuisement professionnel ».

Audit trop cher ?  « En décembre, le CHSCT a voté l’intervention d’un expert en risques psychosociaux, afin de comprendre et rechercher des solutions, embraient Rozenn Bobin et Hélène Garnier. Nous avons désigné cet expert en mars. Mais début juin, le conseil d’administration qui n’a pas compétence pour statuer a refusé l’audit. Le président, Lucien Cornic, a refusé de signer la lettre de mission, estimant que c’était trop cher (lire ci-dessous) ». Un veto assimilé à de l’abus de pouvoir par la CGT qui argumente en trois points. Primo, une telle expertise doit être, selon la loi, naturellement provisionnée par l’entreprise. Deuzio, en trois décennies d’existence, le syndicat n’aurait demandé d’audit qu’une seule fois, il y a trois ans « et encore, cela touchait aux finances ». Tertio, la démarche de la CGT serait soutenue « par l’Inspection du travail et par la Carsat (Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail) ». Autant d’éléments qui font dire « Ça suffit ! » au personnel, d’autant plus remonté que la direction d’Émeraude ID chercherait à dissuader certains de se plaindre, en agitant la carotte des primes. « M. Cornic a dit qu’il préférait distribuer 500 € d’intéressement à ses salariés plutôt que d’investir dans un audit. Dire ça à un public vulnérable, auprès de qui il convient de prendre encore plus de précautions, c’est le meilleur moyen de foutre la m… ! », s’étrangle Hélène Garnier qui, avec ses collègues, n’hésite pas à parler « de manipulation ».

« Temps d’investir dans l’humain »  Trente ans, l’âge des premiers démons pour Émeraude ID ? « C’est une association qui a grandi rapidement. On peut comprendre certaines choses, mais maintenant, il est grand temps de se poser des questions », ajoute la CGT qui ponctue son débrayage d’un couplet sans équivoque : « Après avoir investi dans des bâtiments, dans du matériel plus performant, il est nécessaire aujourd’hui d’investir dans l’humain ». Le plus sûr moyen « de travailler mieux au service du projet de l’association ».

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12 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Scolarisation. 6.000 enfants handicapés sans solution à la rentrée ! (LT)

Scolarisation. 6.000 enfants handicapés sans solution à la rentrée ! (LT) dans Educ'action Image_AVS

C’est une information d’Europe 1 : à la rentrée prochaine, 6.000 enfants handicapés n’auront pas de places dans des établissements médicalisés ou adaptés. « Il y a un manque de places qui existe depuis quelques années (…), alors qu’une décision a été prise par la Maison départementale des personnes handicapées pour qu’ils puissent faire leur scolarité dans des conditions normales dans un institut médico-éducatif », a expliqué Marie Derain, Défenseur des droits chargé des droits des enfants. Face à cette situation, au non-respect de la loi de 2005 sur le handicap, certains parents sont désespérés. Ce qui est le cas de Nora, mère de jumeaux autistes âgés de 15 ans : le premier a trouvé une place dans un établissement spécialisé; le second, non. L’adolescent n’est plus scolarisé depuis maintenant deux ans et demi.  »J’en ai ras-le-bol. (…) Mon fils doit se demander pourquoi son frère va à l’école et pas lui », a-t-elle témoigné.

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