Archive | Handicap

12 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

tribune (jdd)

handicap

« Nous sommes tous des handicapés »

Oui, tous. Si ce n’est en raison d’une maladie ou d’un accident, ce sera par l’âge. Tout le monde, un jour ou l’autre, sera confronté à la dépendance, soit directement, soit en tant qu’accompagnant.

L’immense majorité des personnes en situation de handicap pourrait travailler, mais elles sont deux fois plus touchées que les autres par le chômage.

La plupart des entreprises, publiques ou privées, préfèrent payer une amende plutôt que d’embaucher des personnes handicapées, alors que toutes les études prouvent qu’elles sont plus productives que les « valides ». Et les autres? Celles que le handicap, visible ou invisible, empêche d’envisager un travail? Doit-on les abandonner sur le bord de la route au prétexte qu’elles seraient inutiles à notre start-up nation?

Les salaires et les statuts des personnels accompagnants, à l’école, au travail, à la maison, à l’hôpital ou dans les Ehpad sont scandaleux

Notre gouvernement clame haut et fort qu’il fait beaucoup pour la cause. Qu’on en juge : dans la loi Élan, la promesse de logements neufs accessibles a été ramenée de 100% à… 10%. L’allocation adulte handicapé va passer de 860 euros à 900 euros en 2019, laissant cette population au-dessous du seuil de pauvreté.

Aux AVS (assistants de vie scolaire) en contrat aidé pendant trois ans, sans qualification en fin de période, ont succédé les AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap), sous-payés et en CDD pendant six ans.

Les salaires et les statuts des personnels accompagnants, à l’école, au travail, à la maison, à l’hôpital ou dans les Ehpad sont scandaleux. C’est vrai, il est difficile pour des personnes âgées ou en situation de handicap d’être premiers de cordée. Alors on les isole? On les abandonne? On les méprise?

Cette obsession de la rentabilité à court terme nous aveuglerait au point de condamner une partie de la population à la misère, au prétexte qu’elle ne serait pas productrice de richesse? Qu’il n’y aurait pas de retour sur investissement? Même si le monde libéral dans lequel nous vivons tente chaque jour de nous faire croire que la place de l’humain est devenue dérisoire, n’oublions pas que s’occuper des plus faibles est la marque d’une société évoluée et le devoir absolu de notre service public.

Par Sam Karmann, acteur et réalisateur. Texte cosigné par Luc Leprêtre et Catherine Wimphen (association L’Hippocampe et festival Regards Croisés).

Dans un tribune au JDD, Sam Karmann, acteur et réalisateur pousse un cri d’alarme sur les conditions de vie des handicapés. L’acteur et réalisateur Sam Karmann a rédigé une tribune dans le JDD pour sensibiliser au handicap. Dans un texte cosigné par Luc Leprêtre et Catherine Wimphen (association L’Hippocampe et festival Regards Croisés), il affirme que tout le monde sera, à un moment de sa vie, confronté directement ou indirectement au handicap. Il juge la politique du gouvernement d’Edouard Philippe en la matière et dénonce les conditions de vie des personnes handicapées face à l’ »obsession de la rentabilité à court terme ».

12 novembre 2018

https://www.lejdd.fr

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07 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

ehpad (côté quimper)

cfdt

Unité syndicale!

Finistère. Conditions de travail dans les Ehpad 

La CFDT interpelle Richard Ferrand

Mardi 6 novembre 2018, la CFDT du centre hospitalier de Quimper-Concarneau a dénoncé les conditions de travail dans les Ehpad. Elle demande un entretien avec Richard Ferrand.

La section CFDT du centre hospitalier intercommunal (Chic) de Quimper-Concarneau réclame des moyens supplémentaires pour le personnel en poste dans les établissements d’hébergement pour les personnes âgées dépendantes (Ehpad).

Conditions de travail difficiles et frustration

Mardi 6 novembre 2018, ses membres ont mené une courte action à l’Ehpad Ty Créac’h à Quimper. Elles ont rappelé et dénoncé des conditions de travail difficile. Une aide soignante en poste depuis 17 ans confie : Aujourd’hui, nous sommes obligées d’aller à 200 à l’heure et une fois, rentrées à la maison, nous pouvons nous sentir frustrées de ne pas avoir bien fait notre travail.

Dans cet établissement, selon la CFDT, environ 70 agents sont employés pour 120 résidents accueillis. « Le temps que nous passons à les apaiser, à les écouter n’est jamais compté. Et à côté ça, on nous demande de plus en plus de tâches à accomplir. »

« Vivez ce que vous décidez »

Tout cela, le personnel l’a exprimé en inscrivant des messages sur une blouse. Leurs collègues des cinq autres Ehpad qui dépendant du Chic de Quimper-Concarneau en ont fait de même. Laurence Journal, la secrétaire de la section CFDT du Chic, explique : Dans chacun d’entre eux, nos collègues ont inscrit des messages sur une blouse. Nous en avons donc six que nous comptons remettre à Richard Ferrand, le président de l’Assemblée nationale.

Elle espère un rendez-vous d’ici à la fin du mois de novembre 2018, à Châteaulin dans les bureaux de la permanence du député La République en Marche. « L’idée est de lui remettre nos blouses et de l’inviter à passer une journée avec nous. Cela rejoint le nom de notre opération baptisée Vivez ce que vous décidez », poursuit Laurence Journal.

Mouvement à l’échelle de la Bretagne

La CFDT a lancé ce mouvement à l’échelle de la Bretagne. « Il a été repris dans l’ensemble des Ehpad, publics, privés ou associatifs (où la CFDT est implantée, NDLR). Le but est de nous faire entendre avant l’examen du plan gouvernemental Grand âge à l’Assemblée nationale. » Le rendez-vous avec Richard Ferrand a été demandé. La balle est dans son camp.

Matthieu Gain mardi 6 Nov 2018

https://actu.fr/bretagne/

Lire aussi:

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Commentaire: Nous avions déjà noté la présence de sections de la CFDT EHPAD lors de manifs CGT FO  SUD FSU etc auxquelles la CFDT n’appelait pas. Preuve que la situation est très tendue. Espérons que ce n’est pas juste pour la proximité des élections syndicales du 6 décembre…

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20 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

avs aesh (france bleu)

handicap

Je gagne 686 euros par mois

En travaillant du lundi au vendredi » Céline AVS à Saint-Etienne

Alors que tous les députés de l’opposition demandent à ce que le statut d’AVS (Auxiliaire de vie scolaire) et AESH (Accompagnants des Élevés en Situation de Handicaps) soit mieux reconnu, une proposition de loi n’a pas été retenue à l’Assemblée.

Les AVS ou AESH ce sont ces personnes qui aident les enfants handicapés dans les écoles, les collèges ou les lycées.

L’ensemble de l’opposition des Républicains à la France Insoumise a soutenu une proposition sur « l’inclusion des élèves en situation de handicap ». C’est une honte, nous n’avons même pas pu défendre notre proposition, Dino Cinieri, député les Républicains de la Loire

Mais cette proposition de loi n’a pas été retenue à l’Assemblée Nationale.

Le but était de rendre moins précaire ces métiers. Le député de la Loire Dino Cinieri est en colère :   »Il faut se mettre à la place de l’enfant qui est handicapé et qui a une AVS et on lui change chaque année, résultat il perd tous ses repères ! » avant d’ajouter : « Nous quand nous déposons des amendements c’est pour être constructif pour le bien-être de ces enfants et tout cela est balayé d’un revers de main par la majorité » conclu-t-il énervé.

Un métier très précaire  

La plupart des AVS ont des contrats d’une vingtaine d’heures par semaine payés au Smic et renouvelable d’années en années. Conséquence beaucoup se retrouvent à vivre sous le seuil de pauvreté. C’est le cas de Céline (nom d’emprunt) elle travaille dans une école à Saint-Etienne. Elle est AVS depuis 3 ans : »Je travaille 24 heures par semaine, mais pas pendant les vacances scolaires, résultat à l’année j’ai l’équivalent de 57% d’un temps plein« .

Céline gagne 686 euros par mois avec ces horaires du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30

Il est difficile pour elle de trouver un autre emploi : « J’arrive à donner quelques cours de soutien scolaire, mais je ne me fais jamais de gros mois ! » Avant de conclure : « Même si j’aime mon travail si je trouve un autre emploi ailleurs à plein temps et en CDI, c’est sûr j’y vais ! »

Vendredi 19 Octobre 2018  Mélodie Viallet,

https://www.francebleu.fr/

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25 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

hôpital guéméné (le télégramme)

manifestants-hopital-sud

Guémené-sur-Scorff. Les syndicats vent debout contre la diminution capacitaire du prochain hôpital

Jeudi, Isabelle Le Gal (déléguée CGT) et Anne-Marie Le Guellec (déléguée FO) ont fait part de leurs inquiétudes et de leur « grogne » quant à la diminution capacitaire annoncée pour la construction du nouvel hôpital local.

« Depuis de nombreuses années avec l’ensemble des acteurs concernés (personnels soignants, usagers, familles, élus, la population du canton et des environs, ainsi que toutes les personnes attachées au maintien d’un service public de qualité et de proximité en zone rurale, nous nous sommes battus pour la reconstruction d’un nouvel hôpital avec maintien de tous les services existants.

Par un courrier du 29 janvier 2013, le Département s’était engagé pour la reconstruction de la partie Ehpad avec ses 170 places.

Aujourd’hui, alors que le plan de financement est finalisé, que le permis de construire est prêt à être déposé, le Département revient sur son engagement et demande à l’établissement de revoir le capacitaire de l’Ehpad, soit une suppression de 30 à 50 places au profit de la région lorientaise », expliquent d’abord les deux déléguées.

Des interrogations sur 30 à 50 résidants

« C’est remettre en cause l’ensemble du projet architectural. C’est priver une partie de la population du Centre Ouest Bretagne de places d’hébergements, alors même que l’établisse-ment affiche complet depuis de nombreuses années et qu’il existe une liste d’attente importan-te », continuent Isabelle Le Gal et Anne-Marie Le Guellec.

Amputer la maison de retraite de 30 à 50 places : c’est perdre 15 à 25 emplois et mettre dans une situation précaire des personnels qui ont construit leur vie familiale et professionnelle dans le secteur.

Les syndicats tiennent à préciser que contrairement aux chiffres avancés par M. Kervarrec, vice-président du conseil départemental, la majorité des résidants de la maison de retraite sont originaires de la région, ou y ont des attaches familiales. De plus, les communes de Bubry et Inguiniel qui font partie de l’agglomération de Lorient ne se trouvent qu’à 12 km de Guémené. Les syndicats s’interrogent sur le devenir des 30 à 50 résidents hébergés dans l’établissement en cas de diminution capacitaire.

« Aujourd’hui, l’ensemble du département manque de places d’Ehpad »

« Amputer la maison de retraite de 30 à 50 places : c’est perdre 15 à 25 emplois et mettre dans une situation précaire des personnels qui ont construit leur vie familiale et professionnelle dans le secteur.

Réduire le capacité de la maison de retraite de Guémené ne réglera en rien le manque de places d’Ehpad, que ce soit à court ou à long terme. Aujourd’hui, l’ensemble du département manque de places d’Ehpad (200 places étaient prévues dans le précédent schéma gérontolo-gique, mais elles n’ont pas été créées), cela ne va pas s’améliorer avec le vieillissement de la population. En 2035, un Morbihannais sur trois aura plus de 75 ans selon l’Insee », ont rajouté Isabelle Le Gal et Anne-Marie Le Guellec.

L’Intersyndicale CGT/FO appelle l’ensemble des élus « à intervenir auprès du conseil départe-mental afin qu’il respecte ses engagements de 2013 et que la construction du nouvel hôpital démarre enfin ».

21 septembre 2018

https://www.letelegramme.fr

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18 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

école (libération)

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Rentrée scolaire : de trop nombreux enfants à la porte de l’école

En France, des milliers d’enfants ne sont pas scolarisés, en raison de facteurs multiples (éloignement des lieux de vie, expulsions à répétition, manque d’infrastructure…). Un collectif interpelle le chef de l’Etat et le ministre de l’Education nationale pour rendre le droit à la scolarisation pleinement effectif.

A l’heure où la majorité des enfants en France se familiarisent avec leur nouvelle école ou leur nouvelle classe, une minorité d’enfants et adolescents invisibles continuent d’être exclus de l’école, laissés pour compte. L’école est un droit en France, mais elle n’est pas un acquis pour les milliers d’enfants et adolescents qui chaque année voient leur avenir compromis.

Pourtant, garantir l’accès à l’éducation à tous les enfants, indépendamment de leur situation sociale, géographique, familiale ou de leur origine est une obligation inscrite dans le code de l’éducation comme dans plusieurs conventions internationales que la France a choisi de signer. Le Comité des droits de l’enfant des Nations unies a ainsi rappelé la France à l’ordre, lui demandant de «garantir à tous les enfants le droit à l’éducation sans discrimination».

Le candidat Emmanuel Macron avait annoncé que l’école primaire serait une priorité s’il devenait président, «pour que tous les élèves sachent lire, écrire et compter en arrivant en sixième». Si le dédoublement des classes de CP puis CE1 en réseau d’éducation prioritaire a envoyé un signal positif aux écoliers les plus fragiles, nous déplorons profondément que cette nouvelle rentrée scolaire perpétue l’exclusion de l’école des enfants les plus fragiles.

Une approche globale

Il est difficile d’évaluer précisément le nombre d’enfants et adolescents non-scolarisés. En effet, la majorité des maires ne s’acquittent pas de l’obligation d’établir une liste des mineurs de la commune soumis à l’obligation scolaire.

Des estimations permettent toutefois de cerner l’ampleur du phénomène.

En France, 80% des enfants vivant en bidonvilles et en squats ne sont pas scolarisés, mais c’est aussi le cas d’enfants vivant en habitat précaire, en hébergement d’urgence, ou encore accueillis temporairement avec leur famille chez des proches. De nombreux jeunes sans repré-sentants légaux sur le territoire sont également exclus de l’école durant des mois, notamment quand leur minorité est contestée.

Des milliers de jeunes handicapés se retrouvent également sans aucune solution de scolari-sation. Le problème est décuplé dans les départements d’outre-mer : certaines estimations évoquent 5 000 enfants à Mayotte et 10 000 enfants en Guyane privés d’école. Quel avenir, quelles perspectives la France propose-t-elle à ces enfants et adolescents ?

La non-scolarisation est une problématique dont la pluralité des facteurs nécessite une approche globale :

éloignement des lieux de vie des écoles (ou inaccessibilité par les transports en commun), expulsions de bidonvilles ou squats ou déplacements contraints d’un hôtel social à un autre, entraînant une rupture dans la scolarité, double déficit en infrastructures et en personnels qualifiés à Mayotte et en Guyane, barrières matérielles liées aux conditions de vie (achat de vêtements, coût de la cantine, etc.), dispositifs pour élèves allophones saturés dans certains territoires, freins liés aux situations de handicap, tels que le manque d’auxiliaire de vie scolaire, etc.

Les refus d’inscription scolaire ou les tracasseries administratives opposées par certaines municipalités sont particulièrement inadmissibles :

variabilité des pièces à fournir, demandes abusives de justificatifs, création de listes d’attente opaques et injustifiées. Si ces pratiques des mairies sont inacceptables, l’Etat doit faire en sorte qu’elles cessent : est-il nécessaire de rappeler que l’inscription scolaire en maternelle et primaire est une mission exercée par les maires au nom de l’Etat qui engage, in fine, la responsabilité de celui-ci ?

Politique nationale d’inclusion scolaire

Nous appelons donc solennellement le président de la République et le ministre de l’Education nationale à insuffler la dynamique indispensable qui permettra de combler le fossé entre les textes et leur application effective.

Cette question est d’autant plus d’actualité que le gouvernement a étendu la scolarité obliga-toire à 3 ans. Faisons de cette mesure importante une opportunité pour enrayer l’exclusion scolaire dès le plus jeune âge. Nos organisations ont des solutions concrètes à proposer pour rendre pleinement effectif ce droit fondamental et avancer vers une école toujours plus inclu-sive. Parmi celles-ci, la mise en place d’un observatoire de la non-scolarisation dans toutes les académies permettrait un réel pilotage d’une politique nationale d’inclusion scolaire, de mettre des chiffres et des visages sur cette réalité. En pratique, la mise en place d’un travail de médiation pour faire le pont entre ces publics fragiles et l’institution scolaire s’avère être une piste pertinente.

Nous suggérons également au gouvernement de prendre avant la fin de l’année un décret fixant la liste des pièces justificatives devant être acceptées par les maires lors de l’inscription en primaire, afin de limiter les abus en clarifiant les règles applicables et en imposant la délivrance d’un récépissé de dépôt de la demande.

A la veille du 30e anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant, il est urgent d’agir pour mettre fin aux dénis de droit constatés. L’accès à l’école de tous les enfants, c’était le sens de l’engagement du candidat Emmanuel Macron à travers la tribune d’Anne Lebreton et Alain Régnier, le 23 mars 2017 : «Pour Emmanuel Macron, l’école doit être une réalité pour tous les enfants» : la place de tous les enfants est à l’école !

17 septembre 2018

https://www.liberation.fr/

Premiers signataires :

Christine Lazerges, présidente de la Commission nationale consultative des droits de l’homme; Unicef France; CNDH Romeurope; AEDE (Agir ensemble pour les drois de l’enfant); ADJIE (permanence d’Aide et défense des jeunes isolés étrangers); ASET Franche Comte ; ASET 95 (Aide à la scolarisation des enfants tziganes); ASET 69; Association Rencont’roms nous Toulouse; Association TANGRAM (Guyane); ATD Quart Monde; ADDE (Avocats pour la défense des droits des étrangers); CCFD–Terre solidaire 93; CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens); CGT (Confédération générale du travail); Chrétiens dans l’enseignement public; CLASSES (Collectif lyonnais pour l’accès à la scolarisation et le soutien aux enfants des squats); Collectif Romeurope du Val Maubuée; Collectif Romeurope-Antony; Collectif Solidarité roms Toulouse; COFRADE (Conseil français des associations pour les droits de l’enfant); CFHE (Conseil français des personnes handicapées pour les questions européennes); Ecole dans la rue; Ecole enchantiée; FASET (Fédération des associations d’aide à la scolarisation des enfants tsiganes); FCPE (Fédération des conseils des parents d’élèves); Fédération Sud Education; FSU (Fédération syndicale unitaire); Gisti (Groupe d’intervention et de soutien des immigrés); Hors la rue; ICEM-Pédagogie Freinet; La Cimade; Ligue des droits de l’homme (LDH); LDH-Section du Pays d’Aix-en-Provence; Le Village d’Eva (Mayotte); Ligue de l’Enseignement; Médecins du monde; La voix des Rroms; MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples); Réseau Accueil insertion de l’Hérault; RESF (Réseau Education sans frontières); Romeurope 94; Secours catholique; SUD éducation 93; Syndicat des avocats de France; UNAPEI; UNSA (Union nationale des syndicats autonomes); UNSA Education.

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10 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

handicap (questions de classe + basta)

handicap

Vous voulez aider les élèves ? Détruisez-les d’abord !

En 2005, la scolarisation des élèves en situation de handicap en milieu ordinaire a été inscrite dans la loi.
Depuis 2013, on parle plus largement d’école inclusive, au sens où tou·te·s les élèves devraient pouvoir être scolarisé·e·s, quelles que soient leurs difficultés (handicap cognitif, moteur, social…). C’est maintenant à l’école de s’adapter pour permettre à ces élèves d’accéder aux apprentissages, et non l’inverse.

La route reste longue…

13 ans après la loi pour l’égalité des droits et des chances, la route reste longue et la situation bien insatisfaisante – et décourageante – dans de nombreux établissements. Et ce n’est pas faute d’essayer, du côté des enseignants, des élèves et des familles ! Mais les entraves sont nombreuses et le parcours de certain·e·s jeunes et de leurs familles est souvent chaotique et éprouvant. J’avais déjà abordé ces difficultés du côté des familles et le travail à faire, dans le groupe-classe, pour que les inclusions fonctionnent : https://www.questionsdeclasses.org/?Une-place-dans-la-classe

Mais la lenteur du système est parfois mortifère pour les élèves à Besoins éducatifs particuliers (BEP).

Lenteur des tests par les professionnels extérieurs à l’école, mais indispensables pour la prise en compte des difficultés. Lenteur de l’examen (ou du réexamen) du dossier par le médecin scolaire ou par la MDPH(1), faute de personnels. Lenteur dans le va-et-vient des dossiers, sans compter ceux qui se perdent en cours de route ou qui restent sans réponse, parce qu’in-complets (il est apparemment acquis que si des documents manquent, aucune réponse n’est donnée aux familles…). Ces tergiversations peuvent prendre des mois, et parfois plus d’un an !

S’organiser pour permettre l’accès aux apprentissages… en attendant !

Alors, face à cette machine administrative à la lenteur et au fonctionnement aberrants, les enseignant·e·s, les AESH(2), les élèves et leurs proches s’organisent : rendez-vous réguliers pour faire des bilans de parcours, travail d’équipe, échanges de pratiques, adaptations des cours, des supports, réflexion sur la différence et le handicap avec les élèves…

Tout cela pour permettre l’accès aux apprentissages, mais toujours dans l’attente d’une décision concrète de la part des services compétents, afin de rendre les aménagements pérennes et officiels, et d’obtenir, pour les familles, des moyens matériels, humains ou financiers pour favoriser la scolarisation des jeunes.

Et, doucement, nous y arrivons. Certain·e·s élèves s’accrochent, progressent, réussissent grâce aux efforts de toutes celles et tous ceux qui les entourent, obligé·e·s d’agir pour rendre le quotidien accessible, malgré les difficultés parfois très lourdes des élèves (troubles des apprentissages, du comportement ou troubles autistiques).

Aider ou laisser couler

Or, ces petites réussites ont parfois des conséquences surprenantes, voire insensées. Tout  d’abord, il n’est pas rare de nous entendre dire que l’élève réussit « trop bien », que le médecin scolaire (ou la MDHP) a consulté les bulletins et a considéré que les difficultés n’étaient pas assez prononcées pour que l’élève puisse bénéficier d’un accompagnement spécifique ou d’une « reconnaissance handicap ».

Première absurdité : les aides fournies par les équipes profitent aux élèves, dans leurs apprentissages quotidiens, mais les desservent sur le plan administratif. Or, sans recon-naissance officielle, les aides ne peuvent pas durer, notamment pour les examens. Et de là une autre absurdité : certaines directions n’hésitent pas à donner des « consignes » aux ensei-gnant·e·s , expliquant qu’il faut que les difficultés apparaissent sur le bulletin, dans les notes, dans les évaluations, autrement dit, que l’échec se voie, et se voie bien !

Ne pas adapter les évaluations, faire perdurer, volontairement, les difficultés des élèves en ne les prenant pas en compte, les laisser, sciemment, en situation d’échec, voilà à quoi nous devrions être réduit·e·s, pour qu’un dossier ait des chances d’être validé, administrativement.
Et nous en arrivons à la recommandation scandaleuse suivante : détruisons les élèves, pour mieux les aider ensuite !

On imagine aisément devant quel cas de conscience se trouvent les enseignant·e·s, qui ne savent plus comment agir : aider les élèves au quotidien, au risque de trop les aider ? Attendre une décision administrative, qui peut mettre des mois à tomber, au risque de voir la souffrance des élèves se développer ?

Le chemin est donc long, encore, pour une école inclusive qui ne se contente pas de mots et d’effets d’annonce (3), pour une école inclusive qui prenne en compte non seulement les jeunes et leurs difficultés, mais également celles des personnes qui les entourent au quotidien (proches, enseignant·e·s, AESH, personnels des MDPH, de la médecine scolaire…) et qui œuvrent, coûte que coûte, pour que chacun·e puisse bénéficier d’une scolarisation digne.

 8 septembre 2018  Jacqueline Triguel

(1) MDPH : Maison Départementale des Personnes Handicapées – structure habilitée à traiter les demandes des familles pour qu’un enfant soit reconnu comme personne handicapée et reçoivent l’accompagnement et les aides nécessaires, dans ou hors l’école.

(2) AESH : Accompagnant·e·s des élèves en situation de handicap

(3) Il n’y a qu’à comparer la communication faite autour de la rentrée du président Macron dans un établissement accueillant une Ulis (Unité localisée pour l’inclusion scolaire) et le silence autour des élèves en situation de handicap non scolarisés, ou sans AESH, sans compter les difficultés quotidiennes des enseignant·e·s pas assez formé·e·s sur ces questions.

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Logements, lieux publics, transports : le gouvernement continue d’exclure les personnes handicapées (Bastamag)

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07 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

auxillaires de vie scolaire (france info + ouest france)

ehpad

« Ce n’est pas juste, tout était fait depuis des mois » 

Des centaines d’enfants handicapés ont fait leur rentrée sans auxiliaire de vie scolaire

C’était une promesse du candidat Macron qui n’est visiblement pas respectée. Plusieurs centaines d’élèves franciliens n’ont pas pu bénéficier d’un auxiliaire de vie scolaire pour la rentrée, et les parents ne savent toujours pas quand ils pourront l’avoir à leurs cotés.

Malgré les promesses du gouvernement d’augmenter le nombre d’auxiliaires de vie scolaire, Joshua, atteint de trisomie 21, a fait sa rentrée à Paris sans l’auxiliaire de vie scolaire (AVS) qui lui avait pourtant été attribué. « Tout avait été fait depuis 8 ou 9 mois pour que l’auxiliaire puisse être là à temps », explique la mère du petit garçon à France Bleu Paris. « Mais finalement, elle n’était pas là », déplore-t-elle.

Une situation agaçante et dont l’issue est encore inconnue. « Je ne peux même pas dire à la maîtresse ’ne vous inquiétez pas, ça sera résolu dans les prochains jours’ parce que personne ne nous dit rien ! »

Plusieurs centaines d’enfants concernées en Île-de-France

Joshua a besoin de quelqu’un à ses cotés pour lui répéter les consignes et l’aider à se concen-trer en classe. Pour l’instant, les dizaines de coups de fil passés par sa mère aux administra-tions n’ont rien donné. « On se dit que ce n’est pas juste. Il y a droit et on a tout fait pour. Honnêtement, les dossiers c’est vraiment du boulot. On a l’impression qu’on empêche notre fils de grandir comme il pourrait le faire », s’agace la maman de Joshua. On ressent de la colère et une lassitude mais on ne peut pas se laisser aller car il s’agit de mon petit garçon. La mère de Joshuaà France Bleu Paris

Plusieurs centaines d’autres enfants en Île-de-France ont fait leur rentrée seul, malgré les promesses d’Emmanuel Macron de donner un auxiliaire de vie scolaire à tous ceux qui en ont besoin.

Thomas Pontillon Faustine Calmel 07/09/2018

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03 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

handicap (jdd)

nhs

La scolarisation des élèves handicapés est de droit, pourtant la réalité reste cruelle »

« Comme chaque rentrée, l’achat des fournitures et le premier jour de l’année scolaire feront lundi la une des journaux.

Comme chaque année, nombre de parents d’élèves handicapés témoigneront de leur désarroi de ne pas savoir comment leurs enfants pourront faire la leur, faute de s’être vu attribuer par l’Education nationale une auxiliaire de vie scolaire (AVS). Comme chaque année, on passera sous silence le scandale de milliers de jeunes handicapés qui n’ont aucune solution de scola-risation, bénéficient d’un temps faible d’école ou doivent patienter sur les listes d’attente des établissements spécialisés.

Mesdames et messieurs les députés et sénateurs, la scolarisation des élèves handicapés est de droit, pourtant la réalité reste cruelle.

Aujourd’hui, en 2018, on vend aux Français le rêve d’une école ouverte à tous qui ne se réali-se pas dans les faits à cause du manque de moyens humains et financiers. Les annonces gouvernementales récentes constitueront-elles de véritables leviers?

Les associations qui accompagnent les enfants handicapés, ne pourront pas résoudre seules un problème systémique vieux de quarante ans

Nous, administrateurs de l’Unapei et présidents d’association, en doutons et réaffirmons que les associations qui accompagnent les enfants handicapés, ne pourront pas résoudre seules un problème systémique vieux de quarante ans.

On vous dit, on nous dit que la proportion d’élèves handicapés à l’école augmente. Ces chiffres doivent être mis en perspective avec la hausse du nombre de diagnostics, le maintien des élèves dans des dispositifs inadaptés, le gonflement des listes d’attente dans l’enseigne-ment spécialisé.

Nous, administrateurs de l’Unapei et présidents d’association, demandons que tous les enfants handicapés soient effectivement scolarisés, quel que soit leur handicap. Mesdames et messieurs les députés et sénateurs, nous avons tous un rôle à jouer pour faire bouger les lignes. Saurez-vous être #AvecNous? »

TRIBUNE A la veille de la rentrée scolaire, Luc Gateau président de l’Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei) dénonce le manque de moyens humains et financiers pour permettre aux enfants handicapés d’être effectivement scolarisés.

Luc Gateau, président de l’Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei).

2 septembre 2018

https://www.lejdd.fr/

Lire aussi:

“Tout va très bien, Monsieur le ministre…” (Lutte Ouvrière)

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13 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

travailleurs invalides (capital + l’humanité)

handicap

Le gouvernement sucre la prime d’activité aux travailleurs invalides

Un nouveau mode de calcul de la prime d’activité est appliqué depuis le 1er juillet. Les travailleurs qui touchent une pension d’invalidité en subissent les conséquences de plein fouet.

“Je veux partager le témoignage d’une mère de famille célibataire, conseillère clientèle à mi-temps car son handicap ne lui permet pas de travailler plus. Elle perçoit une pension de 726 euros par mois et entre 600 et 700 euros de salaire. Elle va perdre à partir de ce mois sa prime d’activité de 140 euros par mois”. C’est ainsi qu’Ericka Bareigts, députée Nouvelle Gauche de La Réunion, a commencé son intervention à l’Assemblée mardi. Elle interpellait le gouverne-ment au sujet de la modification du mode de calcul de la prime d’activité.

Depuis le 1er juillet, de nombreux travailleurs invalides subissent de ce fait une importante réduction de leurs revenus mensuels.

Le nouveau mode de calcul, adopté lors du vote du budget 2018, mais dont l’application a été repoussée à l’été, est en effet défavorable aux bénéficiaires de la pension d’invalidité ou de la rente accident du travail-maladie professionnelle (rente AT-MP). En 2016, une dérogation avait été mise en place, afin que ces aides soient considérées comme des revenus pour le calcul de la prime d’activité. Cette dernière est accordée aux travailleurs disposant de revenus modes-tes, moins de 1.500 euros par exemple dans le cas d’une personne seule et sans enfant.

Désormais, avec le nouveau mode de calcul, les pensions invalidité et rente AT-MP sont considérées comme des allocations, ce qui en pratique empêche les personnes concernées de recevoir la prime d’activité. En revanche, rien ne change pour les bénéficiaire de l’allocation adulte handicapé (AAH).

Une perte de revenus de 158 euros par mois en moyenne

D’après APF France handicap (ex-Association des paralysés de France), la perte moyenne s’élève à 158 euros par mois pour les pensionnés d’invalidité. “Cet argent n’est pas utilisé pour aller s’acheter le dernier téléphone mais pour payer les factures de gaz, une partie du loyer, la moitié des courses du mois…”, s’insurge Véronique Bustreel, conseillère nationale de l’asso-ciation en charge du dossier. “Ça touche majoritairement des femmes seules avec des enfants, ce sont des personnes qui ont des revenus très modestes”.

Pour justifier cette mesure, le gouvernement avance deux arguments. D’abord, l’ancien mode de calcul ne serait “pas cohérent avec l’esprit de la prime d’activité”, a affirmé Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat aux personnes handicapées, devant l’Assemblée, mardi. “Je suis scotchée !”, réagit Véronique Bustreel. “C’est totalement dans le rôle de la prime d’activité que de soutenir l’activité de personnes qui travaillent et qui ont des revenus modestes”.

Second argument du gouvernement : “peu de personnes ont été touchées par cette mesure”. En effet, sur les 260.000 personnes touchant une pension d’invalidité et exerçant une activité professionnelle, seulement 6.600 bénéficiaient de la prime d’activité. “On n’a rien fait pour lutter contre le non-recours ! Il n’y a eu aucune information du gouvernement et des caisses pour prévenir ces personnes qu’elles étaient éligibles”, s’insurge la conseillère nationale d’APF France handicap.

Malgré les multiples alertes des associations depuis novembre dernier, le gouvernement assume donc cette mesure. Véronique Bustreel espère, elle, qu’il changera de cap. “Je veux bien qu’on repousse le plan pauvreté à la rentrée si on réinstaure l’ancien mode de calcul”, affirme-t-elle. “Le droit à l’erreur, le gouvernement peut se l’appliquer à lui-même”.

Sophie LEVY AYOUN 12/07/2018

https://www.capital.fr/

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05 juin 2018 ~ 0 Commentaire

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Logement et handicap: « On a l’impression de repartir des années en arrière »

Les associations regrettent l’adoption par les députés d’un article de loi prévoyant le passage de 100% à 10% de logements accessibles aux personnes handicapées dans la construction neuve. Le gouvernement se défend, insistant sur l’importance d’avoir un logement évolutif tout au long de la vie.

Sophie Cluzel, Jacques Mézard et Julien Denormandie. Lundi matin, les trois ministres étaient dans les médias pour défendre le projet de loi Elan, notamment l’article 18 voté vendredi et qui prévoit le passage de 100% à 10% de logements accessibles aux personnes handicapées dans la construction neuve.

Depuis plusieurs semaines, et la présentation du texte par le gouvernement, les associations sont montées au créneau pour appeler au retrait de cet article.

En vain. « Le gouvernement fait tourner la roue de l’histoire à l’envers », dénonce Henri Galy, le président du Comité pour le droit au travail des handicapés et l’égalité des droits (CDTHED), joint par le JDD. « Le combat n’est pas fini. On ne lâchera pas le morceau », met-il en garde, alors que le projet de loi – encore en cours de discussions à l’Assemblée – doit ensuite être examiné au Sénat.

Le gouvernement, lui, assure être « pleinement mobilisé » pour « la société d’inclusion » et vante l’adaptabilité de ces futurs logements neufs : le passage « du 100% accessible au 100% « évo-lutif », en « décalant des cloisons », a expliqué le secrétaire d’Etat Julien Denormandie (Cohésion des territoires) sur BFMTV. « Ce qu’il faut regarder, c’est surtout le 100% évolutif », renchérit sur RTL la ministre Sophie Cluzel (Personnes handicapées), qui précise qu’un décret est actuelle-ment en cours de rédaction sur la définition d’un appartement évolutif et rappelle que des discussions ont eu lieu avec les associations. « Elles ont été consultées, mais pas écoutées. La discussion a abouti à un échec », nuance Henri Galy. « La co-construction n’existe pas », ajoute Arnaud de Broca, secrétaire général de la Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés (FNATH).

« Ce nouveau quota de 10% contrevient au principe d’accessibilité universelle consacré par la Convention internationale des droits des personnes handicapées », avait pour sa part jugé le Défenseur des droits à la mi-mai dans un avis dans lequel il plaidait pour la suppression du quota.

Une « discrimination » liée à l’évolutivité

Fin mars, avant même l’examen du texte à l’Assemblée nationale, une dizaine d’associations critiquaient, dans un communiqué commun, des mesures allant « à l’encontre des besoins, quantitatifs et qualitatifs, des personnes en situation de handicap et des personnes âgées » et évoquaient une « grave régression sociale ». Outre l’article 18 en lui-même, Arnaud de Broca, se dit « choqué » auprès du JDD des propos tenus lors des débats parlementaires, notamment par le ministre Jacques Mézard (Cohésion des territoires) : « Il a parlé des personnes handicapées comme des charges supplémentaires, financières. On a l’impression de repartir des années en arrière où le handicap n’était pas bien perçu. »

L’évolutivité? « C’est une arnaque », complète Henri Galy, pour qui cette mesure « introduit une discrimination très importante à la location » : selon lui, face à plusieurs dossiers de locataires, un propriétaire n’opterait pas pour celui d’une personne handicapée qui demanderait des « adaptations » des lieux, ce qui décalerait d’autant son entrée dans le logement.

Vers une évolution sur les ascenseurs?

Dans leur communiqué fin mars, les associations avaient calculé qu’avec l’entrée en vigueur de cette loi les personnes en situation de handicap et âgées n’auraient ainsi accès « qu’à un peu plus de 2.000 logements neufs chaque année ». Henri Galy explique qu’aujourd’hui l’exigence d’accessibilité se fait déjà « sous certaines conditions » dans les constructions neuves : par exemple, un ascenseur n’est obligatoire que dans les immeubles composés d’au moins quatre étages. « Même avec la règle actuelle, il faudrait donc plusieurs décennies avant qu’il y ait suffi-samment de logements pour les personnes handicapées. Si cette loi passe, ce ne sera pas des décennies, ce ne sera jamais! », estime-t-il.

Lundi matin, la ministre Sophie Cluzel a laissé entendre qu’une évolution pourrait avoir lieu sur ce point. « Nous allons nous remettre autour de la table pour pouvoir réfléchir à abaisser le niveau de l’ascenseur, peut-être au 3e étage, au 2e étage. Et là, nous aurions une société accessible. Tout est ouvert », a-t-elle lancé, alors qu’un amendement en ce sens porté par La France insoumise a été rejeté par les députés. « C’est une avancée. Elle a dit qu’elle était ouverte sur ce sujet. On va suivre ça », se félicite Arnaud de Broca, qui se demande quand même si ces propos auront réellement une suite. Il attend aussi la réaction d’Emmanuel Macron. « Il avait fait du handicap sa priorité. Il ne va peut-être pas apprécier de la voir mise en difficulté… »

4 juin 2018

https://www.lejdd.fr/

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