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25 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

hôpital guéméné (le télégramme)

manifestants-hopital-sud

Guémené-sur-Scorff. Les syndicats vent debout contre la diminution capacitaire du prochain hôpital

Jeudi, Isabelle Le Gal (déléguée CGT) et Anne-Marie Le Guellec (déléguée FO) ont fait part de leurs inquiétudes et de leur « grogne » quant à la diminution capacitaire annoncée pour la construction du nouvel hôpital local.

« Depuis de nombreuses années avec l’ensemble des acteurs concernés (personnels soignants, usagers, familles, élus, la population du canton et des environs, ainsi que toutes les personnes attachées au maintien d’un service public de qualité et de proximité en zone rurale, nous nous sommes battus pour la reconstruction d’un nouvel hôpital avec maintien de tous les services existants.

Par un courrier du 29 janvier 2013, le Département s’était engagé pour la reconstruction de la partie Ehpad avec ses 170 places.

Aujourd’hui, alors que le plan de financement est finalisé, que le permis de construire est prêt à être déposé, le Département revient sur son engagement et demande à l’établissement de revoir le capacitaire de l’Ehpad, soit une suppression de 30 à 50 places au profit de la région lorientaise », expliquent d’abord les deux déléguées.

Des interrogations sur 30 à 50 résidants

« C’est remettre en cause l’ensemble du projet architectural. C’est priver une partie de la population du Centre Ouest Bretagne de places d’hébergements, alors même que l’établisse-ment affiche complet depuis de nombreuses années et qu’il existe une liste d’attente importan-te », continuent Isabelle Le Gal et Anne-Marie Le Guellec.

Amputer la maison de retraite de 30 à 50 places : c’est perdre 15 à 25 emplois et mettre dans une situation précaire des personnels qui ont construit leur vie familiale et professionnelle dans le secteur.

Les syndicats tiennent à préciser que contrairement aux chiffres avancés par M. Kervarrec, vice-président du conseil départemental, la majorité des résidants de la maison de retraite sont originaires de la région, ou y ont des attaches familiales. De plus, les communes de Bubry et Inguiniel qui font partie de l’agglomération de Lorient ne se trouvent qu’à 12 km de Guémené. Les syndicats s’interrogent sur le devenir des 30 à 50 résidents hébergés dans l’établissement en cas de diminution capacitaire.

« Aujourd’hui, l’ensemble du département manque de places d’Ehpad »

« Amputer la maison de retraite de 30 à 50 places : c’est perdre 15 à 25 emplois et mettre dans une situation précaire des personnels qui ont construit leur vie familiale et professionnelle dans le secteur.

Réduire le capacité de la maison de retraite de Guémené ne réglera en rien le manque de places d’Ehpad, que ce soit à court ou à long terme. Aujourd’hui, l’ensemble du département manque de places d’Ehpad (200 places étaient prévues dans le précédent schéma gérontolo-gique, mais elles n’ont pas été créées), cela ne va pas s’améliorer avec le vieillissement de la population. En 2035, un Morbihannais sur trois aura plus de 75 ans selon l’Insee », ont rajouté Isabelle Le Gal et Anne-Marie Le Guellec.

L’Intersyndicale CGT/FO appelle l’ensemble des élus « à intervenir auprès du conseil départe-mental afin qu’il respecte ses engagements de 2013 et que la construction du nouvel hôpital démarre enfin ».

21 septembre 2018

https://www.letelegramme.fr

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18 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

école (libération)

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Rentrée scolaire : de trop nombreux enfants à la porte de l’école

En France, des milliers d’enfants ne sont pas scolarisés, en raison de facteurs multiples (éloignement des lieux de vie, expulsions à répétition, manque d’infrastructure…). Un collectif interpelle le chef de l’Etat et le ministre de l’Education nationale pour rendre le droit à la scolarisation pleinement effectif.

A l’heure où la majorité des enfants en France se familiarisent avec leur nouvelle école ou leur nouvelle classe, une minorité d’enfants et adolescents invisibles continuent d’être exclus de l’école, laissés pour compte. L’école est un droit en France, mais elle n’est pas un acquis pour les milliers d’enfants et adolescents qui chaque année voient leur avenir compromis.

Pourtant, garantir l’accès à l’éducation à tous les enfants, indépendamment de leur situation sociale, géographique, familiale ou de leur origine est une obligation inscrite dans le code de l’éducation comme dans plusieurs conventions internationales que la France a choisi de signer. Le Comité des droits de l’enfant des Nations unies a ainsi rappelé la France à l’ordre, lui demandant de «garantir à tous les enfants le droit à l’éducation sans discrimination».

Le candidat Emmanuel Macron avait annoncé que l’école primaire serait une priorité s’il devenait président, «pour que tous les élèves sachent lire, écrire et compter en arrivant en sixième». Si le dédoublement des classes de CP puis CE1 en réseau d’éducation prioritaire a envoyé un signal positif aux écoliers les plus fragiles, nous déplorons profondément que cette nouvelle rentrée scolaire perpétue l’exclusion de l’école des enfants les plus fragiles.

Une approche globale

Il est difficile d’évaluer précisément le nombre d’enfants et adolescents non-scolarisés. En effet, la majorité des maires ne s’acquittent pas de l’obligation d’établir une liste des mineurs de la commune soumis à l’obligation scolaire.

Des estimations permettent toutefois de cerner l’ampleur du phénomène.

En France, 80% des enfants vivant en bidonvilles et en squats ne sont pas scolarisés, mais c’est aussi le cas d’enfants vivant en habitat précaire, en hébergement d’urgence, ou encore accueillis temporairement avec leur famille chez des proches. De nombreux jeunes sans repré-sentants légaux sur le territoire sont également exclus de l’école durant des mois, notamment quand leur minorité est contestée.

Des milliers de jeunes handicapés se retrouvent également sans aucune solution de scolari-sation. Le problème est décuplé dans les départements d’outre-mer : certaines estimations évoquent 5 000 enfants à Mayotte et 10 000 enfants en Guyane privés d’école. Quel avenir, quelles perspectives la France propose-t-elle à ces enfants et adolescents ?

La non-scolarisation est une problématique dont la pluralité des facteurs nécessite une approche globale :

éloignement des lieux de vie des écoles (ou inaccessibilité par les transports en commun), expulsions de bidonvilles ou squats ou déplacements contraints d’un hôtel social à un autre, entraînant une rupture dans la scolarité, double déficit en infrastructures et en personnels qualifiés à Mayotte et en Guyane, barrières matérielles liées aux conditions de vie (achat de vêtements, coût de la cantine, etc.), dispositifs pour élèves allophones saturés dans certains territoires, freins liés aux situations de handicap, tels que le manque d’auxiliaire de vie scolaire, etc.

Les refus d’inscription scolaire ou les tracasseries administratives opposées par certaines municipalités sont particulièrement inadmissibles :

variabilité des pièces à fournir, demandes abusives de justificatifs, création de listes d’attente opaques et injustifiées. Si ces pratiques des mairies sont inacceptables, l’Etat doit faire en sorte qu’elles cessent : est-il nécessaire de rappeler que l’inscription scolaire en maternelle et primaire est une mission exercée par les maires au nom de l’Etat qui engage, in fine, la responsabilité de celui-ci ?

Politique nationale d’inclusion scolaire

Nous appelons donc solennellement le président de la République et le ministre de l’Education nationale à insuffler la dynamique indispensable qui permettra de combler le fossé entre les textes et leur application effective.

Cette question est d’autant plus d’actualité que le gouvernement a étendu la scolarité obliga-toire à 3 ans. Faisons de cette mesure importante une opportunité pour enrayer l’exclusion scolaire dès le plus jeune âge. Nos organisations ont des solutions concrètes à proposer pour rendre pleinement effectif ce droit fondamental et avancer vers une école toujours plus inclu-sive. Parmi celles-ci, la mise en place d’un observatoire de la non-scolarisation dans toutes les académies permettrait un réel pilotage d’une politique nationale d’inclusion scolaire, de mettre des chiffres et des visages sur cette réalité. En pratique, la mise en place d’un travail de médiation pour faire le pont entre ces publics fragiles et l’institution scolaire s’avère être une piste pertinente.

Nous suggérons également au gouvernement de prendre avant la fin de l’année un décret fixant la liste des pièces justificatives devant être acceptées par les maires lors de l’inscription en primaire, afin de limiter les abus en clarifiant les règles applicables et en imposant la délivrance d’un récépissé de dépôt de la demande.

A la veille du 30e anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant, il est urgent d’agir pour mettre fin aux dénis de droit constatés. L’accès à l’école de tous les enfants, c’était le sens de l’engagement du candidat Emmanuel Macron à travers la tribune d’Anne Lebreton et Alain Régnier, le 23 mars 2017 : «Pour Emmanuel Macron, l’école doit être une réalité pour tous les enfants» : la place de tous les enfants est à l’école !

17 septembre 2018

https://www.liberation.fr/

Premiers signataires :

Christine Lazerges, présidente de la Commission nationale consultative des droits de l’homme; Unicef France; CNDH Romeurope; AEDE (Agir ensemble pour les drois de l’enfant); ADJIE (permanence d’Aide et défense des jeunes isolés étrangers); ASET Franche Comte ; ASET 95 (Aide à la scolarisation des enfants tziganes); ASET 69; Association Rencont’roms nous Toulouse; Association TANGRAM (Guyane); ATD Quart Monde; ADDE (Avocats pour la défense des droits des étrangers); CCFD–Terre solidaire 93; CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens); CGT (Confédération générale du travail); Chrétiens dans l’enseignement public; CLASSES (Collectif lyonnais pour l’accès à la scolarisation et le soutien aux enfants des squats); Collectif Romeurope du Val Maubuée; Collectif Romeurope-Antony; Collectif Solidarité roms Toulouse; COFRADE (Conseil français des associations pour les droits de l’enfant); CFHE (Conseil français des personnes handicapées pour les questions européennes); Ecole dans la rue; Ecole enchantiée; FASET (Fédération des associations d’aide à la scolarisation des enfants tsiganes); FCPE (Fédération des conseils des parents d’élèves); Fédération Sud Education; FSU (Fédération syndicale unitaire); Gisti (Groupe d’intervention et de soutien des immigrés); Hors la rue; ICEM-Pédagogie Freinet; La Cimade; Ligue des droits de l’homme (LDH); LDH-Section du Pays d’Aix-en-Provence; Le Village d’Eva (Mayotte); Ligue de l’Enseignement; Médecins du monde; La voix des Rroms; MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples); Réseau Accueil insertion de l’Hérault; RESF (Réseau Education sans frontières); Romeurope 94; Secours catholique; SUD éducation 93; Syndicat des avocats de France; UNAPEI; UNSA (Union nationale des syndicats autonomes); UNSA Education.

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10 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

handicap (questions de classe + basta)

handicap

Vous voulez aider les élèves ? Détruisez-les d’abord !

En 2005, la scolarisation des élèves en situation de handicap en milieu ordinaire a été inscrite dans la loi.
Depuis 2013, on parle plus largement d’école inclusive, au sens où tou·te·s les élèves devraient pouvoir être scolarisé·e·s, quelles que soient leurs difficultés (handicap cognitif, moteur, social…). C’est maintenant à l’école de s’adapter pour permettre à ces élèves d’accéder aux apprentissages, et non l’inverse.

La route reste longue…

13 ans après la loi pour l’égalité des droits et des chances, la route reste longue et la situation bien insatisfaisante – et décourageante – dans de nombreux établissements. Et ce n’est pas faute d’essayer, du côté des enseignants, des élèves et des familles ! Mais les entraves sont nombreuses et le parcours de certain·e·s jeunes et de leurs familles est souvent chaotique et éprouvant. J’avais déjà abordé ces difficultés du côté des familles et le travail à faire, dans le groupe-classe, pour que les inclusions fonctionnent : https://www.questionsdeclasses.org/?Une-place-dans-la-classe

Mais la lenteur du système est parfois mortifère pour les élèves à Besoins éducatifs particuliers (BEP).

Lenteur des tests par les professionnels extérieurs à l’école, mais indispensables pour la prise en compte des difficultés. Lenteur de l’examen (ou du réexamen) du dossier par le médecin scolaire ou par la MDPH(1), faute de personnels. Lenteur dans le va-et-vient des dossiers, sans compter ceux qui se perdent en cours de route ou qui restent sans réponse, parce qu’in-complets (il est apparemment acquis que si des documents manquent, aucune réponse n’est donnée aux familles…). Ces tergiversations peuvent prendre des mois, et parfois plus d’un an !

S’organiser pour permettre l’accès aux apprentissages… en attendant !

Alors, face à cette machine administrative à la lenteur et au fonctionnement aberrants, les enseignant·e·s, les AESH(2), les élèves et leurs proches s’organisent : rendez-vous réguliers pour faire des bilans de parcours, travail d’équipe, échanges de pratiques, adaptations des cours, des supports, réflexion sur la différence et le handicap avec les élèves…

Tout cela pour permettre l’accès aux apprentissages, mais toujours dans l’attente d’une décision concrète de la part des services compétents, afin de rendre les aménagements pérennes et officiels, et d’obtenir, pour les familles, des moyens matériels, humains ou financiers pour favoriser la scolarisation des jeunes.

Et, doucement, nous y arrivons. Certain·e·s élèves s’accrochent, progressent, réussissent grâce aux efforts de toutes celles et tous ceux qui les entourent, obligé·e·s d’agir pour rendre le quotidien accessible, malgré les difficultés parfois très lourdes des élèves (troubles des apprentissages, du comportement ou troubles autistiques).

Aider ou laisser couler

Or, ces petites réussites ont parfois des conséquences surprenantes, voire insensées. Tout  d’abord, il n’est pas rare de nous entendre dire que l’élève réussit « trop bien », que le médecin scolaire (ou la MDHP) a consulté les bulletins et a considéré que les difficultés n’étaient pas assez prononcées pour que l’élève puisse bénéficier d’un accompagnement spécifique ou d’une « reconnaissance handicap ».

Première absurdité : les aides fournies par les équipes profitent aux élèves, dans leurs apprentissages quotidiens, mais les desservent sur le plan administratif. Or, sans recon-naissance officielle, les aides ne peuvent pas durer, notamment pour les examens. Et de là une autre absurdité : certaines directions n’hésitent pas à donner des « consignes » aux ensei-gnant·e·s , expliquant qu’il faut que les difficultés apparaissent sur le bulletin, dans les notes, dans les évaluations, autrement dit, que l’échec se voie, et se voie bien !

Ne pas adapter les évaluations, faire perdurer, volontairement, les difficultés des élèves en ne les prenant pas en compte, les laisser, sciemment, en situation d’échec, voilà à quoi nous devrions être réduit·e·s, pour qu’un dossier ait des chances d’être validé, administrativement.
Et nous en arrivons à la recommandation scandaleuse suivante : détruisons les élèves, pour mieux les aider ensuite !

On imagine aisément devant quel cas de conscience se trouvent les enseignant·e·s, qui ne savent plus comment agir : aider les élèves au quotidien, au risque de trop les aider ? Attendre une décision administrative, qui peut mettre des mois à tomber, au risque de voir la souffrance des élèves se développer ?

Le chemin est donc long, encore, pour une école inclusive qui ne se contente pas de mots et d’effets d’annonce (3), pour une école inclusive qui prenne en compte non seulement les jeunes et leurs difficultés, mais également celles des personnes qui les entourent au quotidien (proches, enseignant·e·s, AESH, personnels des MDPH, de la médecine scolaire…) et qui œuvrent, coûte que coûte, pour que chacun·e puisse bénéficier d’une scolarisation digne.

 8 septembre 2018  Jacqueline Triguel

(1) MDPH : Maison Départementale des Personnes Handicapées – structure habilitée à traiter les demandes des familles pour qu’un enfant soit reconnu comme personne handicapée et reçoivent l’accompagnement et les aides nécessaires, dans ou hors l’école.

(2) AESH : Accompagnant·e·s des élèves en situation de handicap

(3) Il n’y a qu’à comparer la communication faite autour de la rentrée du président Macron dans un établissement accueillant une Ulis (Unité localisée pour l’inclusion scolaire) et le silence autour des élèves en situation de handicap non scolarisés, ou sans AESH, sans compter les difficultés quotidiennes des enseignant·e·s pas assez formé·e·s sur ces questions.

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Logements, lieux publics, transports : le gouvernement continue d’exclure les personnes handicapées (Bastamag)

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07 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

auxillaires de vie scolaire (france info + ouest france)

ehpad

« Ce n’est pas juste, tout était fait depuis des mois » 

Des centaines d’enfants handicapés ont fait leur rentrée sans auxiliaire de vie scolaire

C’était une promesse du candidat Macron qui n’est visiblement pas respectée. Plusieurs centaines d’élèves franciliens n’ont pas pu bénéficier d’un auxiliaire de vie scolaire pour la rentrée, et les parents ne savent toujours pas quand ils pourront l’avoir à leurs cotés.

Malgré les promesses du gouvernement d’augmenter le nombre d’auxiliaires de vie scolaire, Joshua, atteint de trisomie 21, a fait sa rentrée à Paris sans l’auxiliaire de vie scolaire (AVS) qui lui avait pourtant été attribué. « Tout avait été fait depuis 8 ou 9 mois pour que l’auxiliaire puisse être là à temps », explique la mère du petit garçon à France Bleu Paris. « Mais finalement, elle n’était pas là », déplore-t-elle.

Une situation agaçante et dont l’issue est encore inconnue. « Je ne peux même pas dire à la maîtresse ’ne vous inquiétez pas, ça sera résolu dans les prochains jours’ parce que personne ne nous dit rien ! »

Plusieurs centaines d’enfants concernées en Île-de-France

Joshua a besoin de quelqu’un à ses cotés pour lui répéter les consignes et l’aider à se concen-trer en classe. Pour l’instant, les dizaines de coups de fil passés par sa mère aux administra-tions n’ont rien donné. « On se dit que ce n’est pas juste. Il y a droit et on a tout fait pour. Honnêtement, les dossiers c’est vraiment du boulot. On a l’impression qu’on empêche notre fils de grandir comme il pourrait le faire », s’agace la maman de Joshua. On ressent de la colère et une lassitude mais on ne peut pas se laisser aller car il s’agit de mon petit garçon. La mère de Joshuaà France Bleu Paris

Plusieurs centaines d’autres enfants en Île-de-France ont fait leur rentrée seul, malgré les promesses d’Emmanuel Macron de donner un auxiliaire de vie scolaire à tous ceux qui en ont besoin.

Thomas Pontillon Faustine Calmel 07/09/2018

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Scolarisation des enfants en situation de handicap : « Le droit à l’école n’est pas effectif en France », dénonce l’Unapei

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03 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

handicap (jdd)

nhs

La scolarisation des élèves handicapés est de droit, pourtant la réalité reste cruelle »

« Comme chaque rentrée, l’achat des fournitures et le premier jour de l’année scolaire feront lundi la une des journaux.

Comme chaque année, nombre de parents d’élèves handicapés témoigneront de leur désarroi de ne pas savoir comment leurs enfants pourront faire la leur, faute de s’être vu attribuer par l’Education nationale une auxiliaire de vie scolaire (AVS). Comme chaque année, on passera sous silence le scandale de milliers de jeunes handicapés qui n’ont aucune solution de scola-risation, bénéficient d’un temps faible d’école ou doivent patienter sur les listes d’attente des établissements spécialisés.

Mesdames et messieurs les députés et sénateurs, la scolarisation des élèves handicapés est de droit, pourtant la réalité reste cruelle.

Aujourd’hui, en 2018, on vend aux Français le rêve d’une école ouverte à tous qui ne se réali-se pas dans les faits à cause du manque de moyens humains et financiers. Les annonces gouvernementales récentes constitueront-elles de véritables leviers?

Les associations qui accompagnent les enfants handicapés, ne pourront pas résoudre seules un problème systémique vieux de quarante ans

Nous, administrateurs de l’Unapei et présidents d’association, en doutons et réaffirmons que les associations qui accompagnent les enfants handicapés, ne pourront pas résoudre seules un problème systémique vieux de quarante ans.

On vous dit, on nous dit que la proportion d’élèves handicapés à l’école augmente. Ces chiffres doivent être mis en perspective avec la hausse du nombre de diagnostics, le maintien des élèves dans des dispositifs inadaptés, le gonflement des listes d’attente dans l’enseigne-ment spécialisé.

Nous, administrateurs de l’Unapei et présidents d’association, demandons que tous les enfants handicapés soient effectivement scolarisés, quel que soit leur handicap. Mesdames et messieurs les députés et sénateurs, nous avons tous un rôle à jouer pour faire bouger les lignes. Saurez-vous être #AvecNous? »

TRIBUNE A la veille de la rentrée scolaire, Luc Gateau président de l’Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei) dénonce le manque de moyens humains et financiers pour permettre aux enfants handicapés d’être effectivement scolarisés.

Luc Gateau, président de l’Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei).

2 septembre 2018

https://www.lejdd.fr/

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“Tout va très bien, Monsieur le ministre…” (Lutte Ouvrière)

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13 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

travailleurs invalides (capital + l’humanité)

handicap

Le gouvernement sucre la prime d’activité aux travailleurs invalides

Un nouveau mode de calcul de la prime d’activité est appliqué depuis le 1er juillet. Les travailleurs qui touchent une pension d’invalidité en subissent les conséquences de plein fouet.

“Je veux partager le témoignage d’une mère de famille célibataire, conseillère clientèle à mi-temps car son handicap ne lui permet pas de travailler plus. Elle perçoit une pension de 726 euros par mois et entre 600 et 700 euros de salaire. Elle va perdre à partir de ce mois sa prime d’activité de 140 euros par mois”. C’est ainsi qu’Ericka Bareigts, députée Nouvelle Gauche de La Réunion, a commencé son intervention à l’Assemblée mardi. Elle interpellait le gouverne-ment au sujet de la modification du mode de calcul de la prime d’activité.

Depuis le 1er juillet, de nombreux travailleurs invalides subissent de ce fait une importante réduction de leurs revenus mensuels.

Le nouveau mode de calcul, adopté lors du vote du budget 2018, mais dont l’application a été repoussée à l’été, est en effet défavorable aux bénéficiaires de la pension d’invalidité ou de la rente accident du travail-maladie professionnelle (rente AT-MP). En 2016, une dérogation avait été mise en place, afin que ces aides soient considérées comme des revenus pour le calcul de la prime d’activité. Cette dernière est accordée aux travailleurs disposant de revenus modes-tes, moins de 1.500 euros par exemple dans le cas d’une personne seule et sans enfant.

Désormais, avec le nouveau mode de calcul, les pensions invalidité et rente AT-MP sont considérées comme des allocations, ce qui en pratique empêche les personnes concernées de recevoir la prime d’activité. En revanche, rien ne change pour les bénéficiaire de l’allocation adulte handicapé (AAH).

Une perte de revenus de 158 euros par mois en moyenne

D’après APF France handicap (ex-Association des paralysés de France), la perte moyenne s’élève à 158 euros par mois pour les pensionnés d’invalidité. “Cet argent n’est pas utilisé pour aller s’acheter le dernier téléphone mais pour payer les factures de gaz, une partie du loyer, la moitié des courses du mois…”, s’insurge Véronique Bustreel, conseillère nationale de l’asso-ciation en charge du dossier. “Ça touche majoritairement des femmes seules avec des enfants, ce sont des personnes qui ont des revenus très modestes”.

Pour justifier cette mesure, le gouvernement avance deux arguments. D’abord, l’ancien mode de calcul ne serait “pas cohérent avec l’esprit de la prime d’activité”, a affirmé Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat aux personnes handicapées, devant l’Assemblée, mardi. “Je suis scotchée !”, réagit Véronique Bustreel. “C’est totalement dans le rôle de la prime d’activité que de soutenir l’activité de personnes qui travaillent et qui ont des revenus modestes”.

Second argument du gouvernement : “peu de personnes ont été touchées par cette mesure”. En effet, sur les 260.000 personnes touchant une pension d’invalidité et exerçant une activité professionnelle, seulement 6.600 bénéficiaient de la prime d’activité. “On n’a rien fait pour lutter contre le non-recours ! Il n’y a eu aucune information du gouvernement et des caisses pour prévenir ces personnes qu’elles étaient éligibles”, s’insurge la conseillère nationale d’APF France handicap.

Malgré les multiples alertes des associations depuis novembre dernier, le gouvernement assume donc cette mesure. Véronique Bustreel espère, elle, qu’il changera de cap. “Je veux bien qu’on repousse le plan pauvreté à la rentrée si on réinstaure l’ancien mode de calcul”, affirme-t-elle. “Le droit à l’erreur, le gouvernement peut se l’appliquer à lui-même”.

Sophie LEVY AYOUN 12/07/2018

https://www.capital.fr/

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05 juin 2018 ~ 0 Commentaire

handicap (jdd)

handicap

Logement et handicap: « On a l’impression de repartir des années en arrière »

Les associations regrettent l’adoption par les députés d’un article de loi prévoyant le passage de 100% à 10% de logements accessibles aux personnes handicapées dans la construction neuve. Le gouvernement se défend, insistant sur l’importance d’avoir un logement évolutif tout au long de la vie.

Sophie Cluzel, Jacques Mézard et Julien Denormandie. Lundi matin, les trois ministres étaient dans les médias pour défendre le projet de loi Elan, notamment l’article 18 voté vendredi et qui prévoit le passage de 100% à 10% de logements accessibles aux personnes handicapées dans la construction neuve.

Depuis plusieurs semaines, et la présentation du texte par le gouvernement, les associations sont montées au créneau pour appeler au retrait de cet article.

En vain. « Le gouvernement fait tourner la roue de l’histoire à l’envers », dénonce Henri Galy, le président du Comité pour le droit au travail des handicapés et l’égalité des droits (CDTHED), joint par le JDD. « Le combat n’est pas fini. On ne lâchera pas le morceau », met-il en garde, alors que le projet de loi – encore en cours de discussions à l’Assemblée – doit ensuite être examiné au Sénat.

Le gouvernement, lui, assure être « pleinement mobilisé » pour « la société d’inclusion » et vante l’adaptabilité de ces futurs logements neufs : le passage « du 100% accessible au 100% « évo-lutif », en « décalant des cloisons », a expliqué le secrétaire d’Etat Julien Denormandie (Cohésion des territoires) sur BFMTV. « Ce qu’il faut regarder, c’est surtout le 100% évolutif », renchérit sur RTL la ministre Sophie Cluzel (Personnes handicapées), qui précise qu’un décret est actuelle-ment en cours de rédaction sur la définition d’un appartement évolutif et rappelle que des discussions ont eu lieu avec les associations. « Elles ont été consultées, mais pas écoutées. La discussion a abouti à un échec », nuance Henri Galy. « La co-construction n’existe pas », ajoute Arnaud de Broca, secrétaire général de la Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés (FNATH).

« Ce nouveau quota de 10% contrevient au principe d’accessibilité universelle consacré par la Convention internationale des droits des personnes handicapées », avait pour sa part jugé le Défenseur des droits à la mi-mai dans un avis dans lequel il plaidait pour la suppression du quota.

Une « discrimination » liée à l’évolutivité

Fin mars, avant même l’examen du texte à l’Assemblée nationale, une dizaine d’associations critiquaient, dans un communiqué commun, des mesures allant « à l’encontre des besoins, quantitatifs et qualitatifs, des personnes en situation de handicap et des personnes âgées » et évoquaient une « grave régression sociale ». Outre l’article 18 en lui-même, Arnaud de Broca, se dit « choqué » auprès du JDD des propos tenus lors des débats parlementaires, notamment par le ministre Jacques Mézard (Cohésion des territoires) : « Il a parlé des personnes handicapées comme des charges supplémentaires, financières. On a l’impression de repartir des années en arrière où le handicap n’était pas bien perçu. »

L’évolutivité? « C’est une arnaque », complète Henri Galy, pour qui cette mesure « introduit une discrimination très importante à la location » : selon lui, face à plusieurs dossiers de locataires, un propriétaire n’opterait pas pour celui d’une personne handicapée qui demanderait des « adaptations » des lieux, ce qui décalerait d’autant son entrée dans le logement.

Vers une évolution sur les ascenseurs?

Dans leur communiqué fin mars, les associations avaient calculé qu’avec l’entrée en vigueur de cette loi les personnes en situation de handicap et âgées n’auraient ainsi accès « qu’à un peu plus de 2.000 logements neufs chaque année ». Henri Galy explique qu’aujourd’hui l’exigence d’accessibilité se fait déjà « sous certaines conditions » dans les constructions neuves : par exemple, un ascenseur n’est obligatoire que dans les immeubles composés d’au moins quatre étages. « Même avec la règle actuelle, il faudrait donc plusieurs décennies avant qu’il y ait suffi-samment de logements pour les personnes handicapées. Si cette loi passe, ce ne sera pas des décennies, ce ne sera jamais! », estime-t-il.

Lundi matin, la ministre Sophie Cluzel a laissé entendre qu’une évolution pourrait avoir lieu sur ce point. « Nous allons nous remettre autour de la table pour pouvoir réfléchir à abaisser le niveau de l’ascenseur, peut-être au 3e étage, au 2e étage. Et là, nous aurions une société accessible. Tout est ouvert », a-t-elle lancé, alors qu’un amendement en ce sens porté par La France insoumise a été rejeté par les députés. « C’est une avancée. Elle a dit qu’elle était ouverte sur ce sujet. On va suivre ça », se félicite Arnaud de Broca, qui se demande quand même si ces propos auront réellement une suite. Il attend aussi la réaction d’Emmanuel Macron. « Il avait fait du handicap sa priorité. Il ne va peut-être pas apprécier de la voir mise en difficulté… »

4 juin 2018

https://www.lejdd.fr/

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Logement, ces 5 points du projet de loi posent problème

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11 mars 2018 ~ 0 Commentaire

handicap (le télégramme)

handicap

Adapei 22. 800 personnes handicapées mentales en attente de placement

« Cela se nomme un virage inclusif et c’est une catastrophe, une situation pour le moins inquiétante ». Ainsi parlait Jean-Yves Herviou, ce samedi soir, à Paimpol lors de l’assemblée générale de l’Adapei 22 (*) dont il est le président, faisant référence à un projet de loi récent.

« Concrètement, cela veut dire que nous devrions garder chez nous nos enfants handicapés, quel que soit leur âge, tout petits, adolescents comme adultes. Or, 80 % d’entre eux ne peu- vent pas vivre en milieu ordinaire. Si le gouvernement poursuit son idée, il n’y aura plus de structures nouvelles alors que déjà nous avons 800 personnes en attente ; c’est 50 de plus que l’an passé ».

Des projets innovants en cours

Pour autant, lors de la réunion de ce samedi, Jean-Yves Herviou, comme Frédéric Gloro, directeur général de l’Adapei, et Catherine Baudouin-Quéromes, directrice de la maison d’accueil spécialisé l’Archipel à Paimpol, ont évoqué des projets innovants et importants.

Un jardin sensoriel unique en Bretagne à destination des autistes pour Paimpol (les travaux vont démarrer à la fin de ce mois de mars) et la réunion sur un même site de l’ensemble des bâtiments de l’IME de Tréguier à l’horizon 2020 pour un budget global de 5 millions d’euros subventionné à hauteur de 2,3 millions d’euros par l’Agence régionale de santé (ARS).

* Association départementale des associations de parents et amis de personnes handicapées mentales des Côtes-d’Armor

  11 mars 2018

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08 février 2018 ~ 0 Commentaire

sexisme (jdd)

caverne

Violences sexistes : « Tout notre vocabulaire est à revoir »

Après les aveux de son client, qui a reconnu mardi le meurtre d’Alexia Daval, l’avocat de Jonathann Daval a évoqué un drame, un accident, un jeune homme écrasé par son épouse.

En cela, il fait son travail. Mais la reprise de ses propos sans distance dans les médias pose question. Le sujet des violences faites aux femmes, et l’homicide en est clairement une, est souvent mal traité parce qu’on ne réfléchit pas suffisamment aux mots utilisés. Pourquoi, à la place de « Drame familial dans l’Aube, une femme poignardée », devrait-on écrire « Dans l’Aube, une femme a été poignardée à mort par son mari »?

Un drame, c’est un événement tragique qui peut aussi bien être un accident qu’une catastrophe naturelle.

Dans le cas d’un meurtre, il y a une victime, qui a été tuée, et un meurtrier. Drame, ce n’est le prénom de personne. Ce n’est pas « Drame » qui a pris un couteau et poignardé une mère de famille. Ce mot fait partie des automatismes de langage, mais ce n’est pas parce que c’est une expression convenue que c’est une expression neutre. Au contraire. Son emploi dénature les faits en donnant l’impression d’une fatalité, qu’il n’y a pas vraiment de coupable et que tout le monde est victime. Le drame déresponsabilise le coupable.

Or, si on veut lutter contre ces violences, il faut cesser à la fois de les minimiser et de les considérer comme inévitables.

Cela s’appelle un homicide. C’est tout simplement la qualification légale des actes. Il faut dire correctement les choses même si c’est violent

Une « dispute conjugale » ne tourne pas mal quand un membre du couple étrangle l’autre à mains nues. Cela s’appelle un homicide.

C’est tout simplement la qualification légale des actes. Il faut dire correctement les choses même si c’est violent, justement parce que c’est violent, parce que la réalité de ces affaires est violente et que les formules comme « tourne mal », « dégénère », « drame », « triste fin » jettent un voile pudique sur le réel et rendent acceptable ce qui ne devrait jamais l’être.

Je me souviens d’un titre dans la presse, il y a quelques mois : « Un père de famille se suicide au volant avec ses deux enfants. » Ce titre choisissait de mettre en avant le suicide. Mais on aurait aussi bien pu titrer sur un père qui avait tué ses deux enfants.

Ce n’est pas « un amoureux éconduit qui craque », mais un homme qui tue une femme parce qu’elle lui a dit non.

On n’est pas jugé pour des « gestes déplacés » mais pour une agression sexuelle. Aux assises, il n’y a pas de « papy trop câlin » ou de « grand-père pervers », mais des individus poursuivis pour pédophilie. Cet argument de l’amour tend lui aussi à déresponsabiliser le coupable. Finale- ment, c’est lui qui souffrait parce que l’autre ne l’aimait pas assez ou plus du tout

Tout notre vocabulaire est à revoir.

On ne tue pas, on ne viole pas, on n’agresse pas parce qu’on aime trop fort. A quel moment veut-on nous faire croire que l’amour s’exprimerait par le fait de détruire l’autre? Si l’on suit ce raisonnement, respecter celui ou celle qu’on aime, c’est ne pas l’aimer vraiment?

Cet argument de l’amour tend lui aussi à déresponsabiliser le coupable.

Finalement, c’est lui qui souffrait parce que l’autre ne l’aimait pas assez ou plus du tout. Et si son crime est motivé par l’amour, alors la victime, celle dont le corps a fini dans un drap mor- tuaire, est peut-être coupable de ne pas avoir su répondre à tant d’amour. Elle n’a pas su le rassurer, le calmer, trouver les bons mots. Comme si c’était à elle que revenait la responsabilité de sa propre mort. On oublie alors que le coupable est celui qui a pris un fusil, un couteau ou s’est contenté de ses mains nues pour passer à l’acte.

Dans certains films, ça semble facile de tuer. Je ne sais pas si ça l’est. Je ne sais pas pourquoi certains, à un moment, décident d’étrangler la personne qui leur fait face plutôt que de sortir de la maison. Mais tuer quelqu’un qui ne voulait pas mourir, ce n’est jamais un geste d’amour. C’est un acte de domination absolue.

Titiou Lecoq 6 février 2018

L’auteure et journaliste Titiou Lecoq revient sur le traitement médiatique de l’affaire Alexia Daval.

http://www.lejdd.fr/

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14 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

handicap (le télégramme)

handicap

Handicap. Le SOS de parents bretons

Ce samedi matin, un collectif de familles, qui comptent toutes un jeune adulte en situation de handicap, s’est réuni à Saint-Allouestre, dans le Morbihan. Elles réclament une solution d’accueil pour leurs jeunes. 536 familles sont concernées en Bretagne.

Ils s’appellent François, Chloé, Naomi, Nadège, Yoann et pas sûr que, pour ces jeunes Bretons, 20 ans soit le plus bel âge de la vie. Non pas du fait du handicap dont ils sont tous porteurs : atteintes physiques, psychiques, polyhandicaps, lourds voire très lourds pour quasi- ment tous. Ce handicap, eux et leurs proches vivent avec depuis tellement longtemps qu’ils ont appris à composer. Avec difficultés, souvent, et combativité, toujours. Non, 20 ans, c’est pour eux l’âge de l’épée de Damoclès : celui où la loi estime qu’en tant qu’handicapés, ils ne sont plus à prendre en charge du côté des enfants, et qu’ils doivent donc quitter leur place en institution spécialisée, des instituts médico-éducatifs (IME) la plupart du temps.

Mais pour aller où ? Ce samedi matin, à Saint-Allouestre (56), les représentants d’un collectif de parents (*) ont décidé de monter au front. Lassés de devoir se défendre chacun de leur côté et lassés de demander, grâce à l’amendement Creton, un sursis pour leurs enfants : la faveur de les laisser en IME, le temps de trouver une autre solution alors que rien ne se profile à l’horizon… et quitte à bloquer des places pour des enfants qui en auraient, eux aussi, bien besoin. Cercle vicieux.

« En Bretagne, on compte 534 cas relevant de l’amendement Creton », détaille Marie-Noëlle Lallement, la maman de Yoann, jeune homme aux yeux clairs, polyhandicapé de 24 ans. « On dirait que notre galère est une spécificité bretonne : en Vendée ou en Aveyron, ce type de problème n’existe pas ! »

« Il faut leur mettre un bonnet rouge, à nos gosses ? »

Le courrier envoyé, en août dernier, par le collectif à l’Élysée, avec copie au secrétariat d’État aux Personnes handicapées, aux ARS et aux présidents de conseils départementaux est, à ce jour, resté désespérément sans réponse. « La situation est explosive en Bretagne. Que faut-il faire pour que les pouvoirs publics, l’ARS et, surtout, le gouvernement prennent en compte nos demandes et que l’État ne cesse de se désengager ? Les personnes handicapées ont droit à un accompagnement tout au long de leur vie. Alors que faire pour qu’on nous entende ? Il faut leur mettre un bonnet rouge sur la tête, à nos gosses ? »

Le collectif appelle les familles isolées à les rejoindre

Une autre maman embraye : « Ce que nous voulons, ce sont aussi des situations adaptées aux spécificités propres à chacun de nos enfants. Tous n’ont pas vocation à partir en internat (les familles les retrouvent alors pour les week-ends et les vacances, NDLR) et, pour autant, il n’y a pas de place en accueil de jour ! ». Le collectif, qui compte une trentaine de familles pour « noyau dur », est en train d’être rejoint par d’autres collectifs ou associations. Il espère fédérer en son sein le maximum des 536 amendements Creton de Bretagne.

« Certaines familles ont baissé les bras et sont hyperisolées. Il y en a encore qui ont honte, qui se cachent, qui sont épuisées… ». La veille de leur réunion, l’ARS du Morbihan a annoncé à Marie-Noëlle Lallement que 14 places seraient créées dans le département. « C’est un début mais qu’est-ce qu’on va faire pour les 520 autres ? On ne lâchera rien ».

* Pour rejoindre le collectif et pour tout renseignement, consulter le groupe Facebook

Collectif de parents pour l’accueil de nos jeunes handicapés de 20 ans et +

14 janvier 2018 nAnne-Cécile Juillet

http://www.letelegramme.fr/

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