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20 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Grâce à la Brique, les rues de Rennes se féminisent (Les Inr)

Grâce à la Brique, les rues de Rennes se féminisent (Les Inr) dans Féminisme marion

A Rennes, moins de 10% des lieux publics portent des noms de femmes.

Depuis un mois, une campagne d’affichage sauvage dénonce ce constat. A la tête de l’initiative, un collectif : la Brique. “Trop peu de rues portent des noms de femmes.” Derrière ce slogan se cache le travail de fin de cursus de deux étudiantes en dernière année des Beaux Arts de Rennes. Mathilde, 23 ans, marinière, grandes lunettes et cheveux coupés au carré et Juliette, 24 ans, gilet mauve, foulard rouge et forêt de cheveux rassemblés dans un chignon. Le voilà, le duo créateur de la Brique. “Militantes comme le pavé”, avec l’envie de “construire” quelque chose de nouveau “comme avec des briques”, elles se sont lancées dans l’aventure en avril. “On a eu l’idée pendant l’été. De retour à Rennes, le projet était lancé.” L’ absence de chiffres précis sur leur ville les a incitées à réaliser un décompte manuel. “On a pris une carte de la ville et on a pointé tous les lieux avec des noms de femmes.” Timidement, elles avancent la proportion suivante : “94% des personnalités donnant leur nom aux rues sont des hommes, 6% des femmes”.

“Une fois la preuve sous les yeux, on a réalisé que Rennes se prêtait parfaitement à l’affichage sauvage.

Toutes deux étudiantes en graphisme, elles conçoivent des affiches noires et oranges. Elles tapissent les rues la nuit. “Notre premier essai fut un échec. Le papier n’était pas de bonne qualité. Mais une fois changé, on n’a plus eu de problèmes”, rigolent-elles. En une nuit, Juliette et Mathilde – armées de patience et de force – ont collé plus de 150 affiches dans les rues du centre historique. “On a voulu se concentrer sur le centre historique pour mieux sensibiliser les gens. Certaines affiches sont un peu dégradées, mais elles sont encore toutes là”, soulignent-elles fièrement. Accrochées au même niveau que les yeux des passants, les pancartes sont toutes accompagnées d’une petite biographie de “la personnalité féminine choisie”. Elles ont puisé dans l’histoire locale, repéré les parcours de femmes remarquables. “Elles ont vécu, pour la plupart, entre le XIXe et le XXe siècle.” Comme Odette du Puigaudeau, journaliste et ethnologue, Louise Bodin, femme politique, ou Clotilde Vautier, artiste peintre. Cependant, les deux étudiantes ne manquent pas de souligner les efforts de la ville de Rennes. En effet depuis 1995, le nombre de femmes représentées dans les rues a presque doublé, passant de 47 à 98. Une augmentation constatée notamment au nord ouest de Rennes, dans le nouveau quartier Beauregard. “La parité progresse”, affirment-elles, un soupçon d’ironie dans la voix.

Un phénomène répandu en France

“Rennes n’ est pas la seule ville française à avoir un problème de parité dans les rues. A Toulouse, 9% des rues seraient de sexe féminin”, explique Mathilde. Elle poursuit : “Dans une dizaine de villes de France, l’administration a l’obligation de mener une politique de féminisation de la rue.” Les premières plaques furent accrochées en 1728. Réservées d’abord aux bourgeois, écrivains et hommes de théâtre, elles donneront à partir de 1782 leurs noms aux rues autour de la Comédie Française. Sous l’Empire, les deux premières femmes, Blanche de Castille et Marie Stuart, trouvent leur place dans le paysage masculin parisien. Aujourd’hui, sur les 6 000 voies et places parisiennes, près de 200 portent des noms de femmes. La municipalité de la ville essaye de faire évoluer les choses. A l’occasion de la journée internationale de la femme, le 8 mars, douze femmes ont été célébrées : on a donné leur nom à des endroits de la ville. Le 12 mars dernier la Commission d’attribution des noms de lieux parisiens s’est prononcée en faveur d’une liste strictement paritaire. Cent personnalités sont concernées, dont Romy Schneider pour une rue dans le XVIIIe arrondissement, ou encore Anna Marly pour un jardin dans le XIVe. La Brique risque de ranger ses posters. Le projet de Juliette et Mathilde se termine d’ici fin mai. “On n’est pas sûres de continuer avec l’affichage”. Mystérieuses, elles ajoutent : “En tout cas, c’est le début de quelque chose. La parité homme femme commence dans la rue.”


16/05/2013 | 09h28 http://www.lesinrocks.com/2013/05/16/actualite/grace-a-la-brique-les-rues-de-rennes-se-feminise-11395021/

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14 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Intervention féministe : dans le mouvement ouvrier et dans le mouvement autonome des femmes

Intervention féministe : dans le mouvement ouvrier et dans le mouvement autonome des femmes  dans Féminisme debout

Notre courant, anticapitaliste et révolutionnaire, comprend l’oppression des femmes comme une double oppression : en tant que travailleuses et en tant que femmes. C’est pourquoi nous défendons une perspective féministe dans les mouvements sociaux, et que nous avons à cœur de reconstruire le mouvement autonome des femmes.

Une perspective féministe dans notre action politique
Les femmes sont les premières touchées par la crise, parce qu’elles sont plus affectées par le chômage, que leurs emplois sont plus précaires et qu’elles subissent très majoritairement les temps partiels. D’autre part, la mise à mal des services publics sous le coup de l’austérité affecte principalement les femmes sur qui retombe encore la majorité des tâches domestiques. Plus récemment, la réforme des retraites est venue aggraver leur situation car les femmes ont plus souvent des bas salaires, des carrières incomplètes et donc des pensions insuffisantes.  Si ces aspects liés au travail sont fondamentaux, ce ne sont pas nos seules préoccupations : défendre une perspective féministe, c’est aussi lutter pour la PMA revendiquée par les lesbiennes et abandonnée par le gouvernement, pour la régularisation de touTEs les sans-papiers, contre la remise en cause du droit à l’avortement, etc. À l’heure où la nécessité d’une riposte contre les attaques du gouvernement se fait de plus en plus sentir, le NPA porte ces thématiques pour donner à toutes nos campagnes une dimension féministe.

La reconstruction du mouvement autonome des femmes
Parce que la perspective féministe est trop souvent considérée comme secondaire dans un espace syndical et politique encore très masculin, nous pensons qu’il est nécessaire de reconstruire un mouvement autonome des femmes. Et en effet, dans les années 1970, ce mouvement autonome a pu porter des revendications comme le droit à l’avortement jusqu’à la victoire.  Sa reconstruction va de l’animation de commissions femmes dans les syndicats à la constitution de collectifs unitaires sur des questions féministes. Dans de nombreuses villes, facs ou quartiers populaires, des structures existent et défendent les droits des femmes : droit à l’avortement, lutte contre les violences faites aux femmes, solidarité internationale, etc.

Comment l’intervention féministe s’organise-t-elle au NPA ?
Comme sur tous les sujets, les comités portent l’orientation du parti et ont des activités féministes, pour le 8 mars ou à d’autres occasions. Les militantEs qui ont une activité féministe régulière se réunissent au niveau régional et au niveau national (commission nationale d’intervention féministe) pour échanger sur leurs activités et coordonner au mieux leur intervention. Enfin, les formations sur le féminisme organisées à divers échelons nationaux et internationaux ainsi que les congrès sont des moments au cours desquels touTEs les militantEs peuvent s’emparer du débat sur l’intervention féministe.
Parce que le NPA n’est pas en dehors de la société, la bataille pour une organisation réellement féministe reste un enjeu permanent : directions paritaires, prise en charge collective des enfants lors des réunions… sont autant de pas vers un parti à l’image de la société que nous voulons, débarrassée de toutes les oppressions !

Correspondantes commission nationale intervention féministe

Lundi 13 mai 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 194 (08/05/13)

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14 mai 2013 ~ 0 Commentaire

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08 mai 2013 ~ 0 Commentaire

L’Union ouvrière de Flora Tristan

L'Union ouvrière de Flora Tristan dans Féminisme flora

Publié par la militante révolutionnaire Flora Tristan en 1843,

cet ouvrage est désormais disponible sur Gallica.fr. Sa lecture est facile et gratuite sur le web. L’intérêt principal de ce petit livre est de prêcher l’union des prolétaires et des femmes contre la société de classe et l’ordre patriarcal. Flora Tristan, influencée par la doctrine de Saint-Simon et la militante féministe Mary Wollstonecraft, poussa son engagement révolutionnaire jusqu’à tenter pour la première fois de susciter l’union organisée des prolétaires, à travers un tour de France et ce petit livre : l’Union ouvrière, qui connut alors un grand succès.
Femme libre, partisane du divorce et des droits des femmes à disposer d’elles-mêmes, elle est également l’auteure des Pérégrinations d’une Paria. Avant Marx, on trouve chez elle une première approche de la lutte des classes, intrinsèquement liée à la lutte des femmes pour leur émancipation. Pour l’auteure la seule issue pour établir l’égalité entre les hommes et les femmes passe par la destruction de la société de classes. Elle écrit : « Jusqu’à présent, la femme n’a compté pour rien dans les sociétés humaines. Qu’en est-il résulté ? Que le prêtre, le législateur, le philosophe, l’ont traitée en vraie paria. […] De même, pendant six mille ans, les sages des sages ont porté un jugement non moins terrible sur une autre race de l’humanité : les prolétaires […] Or donc, tâchez de bien comprendre ceci : la loi qui asservit la femme et la prive d’instruction, vous opprime, vous, hommes prolétaires ».
À l’heure où le pouvoir socialiste communique sur l’égalité salariale entre hommes et femmes tout en appliquant une politique de droite qui brise les droits des salariés, cette lecture rafraîchissante offre un démenti cinglant. De ce fait, l’Union ouvrière est une lecture actuelle, utile et salutaire, en dépit du siècle et demi qui nous sépare de sa première publication.

Essai : l’Union ouvrière de Flora Tristan, Gallica.fr, gratuit
T. Schoumaker

Lundi 6 mai 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 193 (01/05/13)

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08 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Irlande : avortement, le débat sans fin (Politis)

Irlande : avortement, le débat sans fin (Politis) dans Europe prochoice1-289x300

Sujet récurrent depuis une vingtaine d’années, le débat sur l’avortement fait son retour en Irlande avec un projet de loi visant à autoriser une interruption de grossesse lorsque la vie de la mère est en danger.

L’Irlande est, avec Malte, le dernier pays de l’Union européenne à considérer l’avortement comme illégal. Dans ce pays toujours attaché aux valeurs catholiques, l’avortement est un crime passible d’emprisonnement à perpétuité (durée que le Premier ministre Enda Kenny entend abaisser à 14 ans).  Le gouvernement vient de rouvrir timidement le débat la semaine dernière, avec une proposition de loi légalisant l’avortement lorsque la vie de la mère est en danger. Cette proposition fait suite à la mort d’une dentiste indienne, décédée d’une septicémie en octobre dernier après s’être vu refuser un avortement : Savita Halappanavar, 31 ans, avait demandé d’avorter pour éviter une fausse-couche, mais les médecins ont refusé tant que le cœur du fœtus battait encore, de peur d’aller à l’encontre de la loi. La mort de la jeune femme a provoqué des protestations au-delà des frontières irlandaises contre une législation jugée trop stricte.  Avec son projet de loi, le gouvernement cherche à faire appliquer une décision rendue par la Cour Suprême en 1992 qui autorisait l’avortement lorsque la vie de la mère était mise en danger par la grossesse. En absence de loi, femmes et personnel médical sont dans une situation de flou depuis plus de 20 ans, ne sachant pas clairement ce qui est légal et ce qui ne l’est pas. Selon le Premier ministre, le projet de loi va « clarifier les circonstances selon lesquelles un médecin peut intervenir lorsque la vie de la femme enceinte est en danger ».

« Un droit constitutionnel déjà existant »

Mais certains députés du parti au pouvoir, Fine Gael (centre-droit), ainsi que de nombreux militants « pro-life », ont déjà émis des réserves : ils s’opposent notamment à une mesure qui autoriserait l’avortement lorsque la femme est gravement dépressive, craignant que ce ne soit une porte ouverte à « l’avor tement à la demande ». Le Premier ministre assure que le nouveau projet de loi ne fera que « garantir des droits constitutionnels déjà existants sans créer de nouveaux droits », ni aller à l’encontre des différentes restrictions sur l’avortement.  Un sondage Ipsos commissionné par le quotidien Irish Times en février 2013 montre que près des 3/4 des personnes interrogées sont en faveur d’une loi permettant l’avortement lorsque la vie de la mère est en danger (en incluant le risque de suicide). 11% sont contre tandis que 18% n’ont pas d’opinion sur la question. Le sondage montre aussi que l’avortement en cas de viol ou d’inceste ainsi qu’en cas d’anormalités du foetus est soutenu par près de 80% des répondants. En revanche, près de deux tiers des personnes interrogées sont contre « l’avortement sur demande ».

Pour la majorité des femmes souhaitant recourir à un avortement, la proposition de loi ne changera pas grand-chose puisqu’elle maintient l’interdiction en cas de viol, d’inceste, d’anomalies du fœtus ou de difficultés socio-économiques. Dans ces cas-là, la seule solution pour interrompre leur grossesse est d’aller ailleurs en Grande-Bretagne ou à l’étranger, lorsque les femmes en ont les moyens.  Selon le Ministère de la Santé britannique, elles seraient plus de 4 000 Irlandaises à s’être rendues en Angleterre pour avorter en 2011. Au cours des 30 dernières années, elles seraient au moins 150 000. Mais l’Association irlandaise pour le planning familial rappelle que ces chiffres restent des estimations puisque certaines femmes ne communiquent pas leur adresse irlandaise pour des raisons de confidentialité. Paradoxalement, le débat sur l’avortement a lieu alors que la légalisation du mariage entre personnes de même sexe s’apprête à devenir une réalité en Irlande. Une convention constitutionnelle composée de 66 citoyens et de 33 politiciens s’est prononcée à 79 % en faveur du mariage pour tous en avril dernier. Un référendum sera organisé en 2014, probablement après les élections locales et européennes.

http://www.politis.fr/Irlande-avortement-le-debat-sans,22058.html

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06 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Souveraineté alimentaire, une perspective féministe (Esther Vivas)

Souveraineté alimentaire, une perspective féministe (Esther Vivas) dans Féminisme autosuff

Les systèmes de production et de consommation d’aliments ont toujours été socialement organisés, mais leurs formes ont varié historiquement.

Au cours des dernières décennies, sous l’impact des politiques néolibérales, la logique capitaliste s’est imposée de plus en plus dans la manière dont sont produits et distribués les aliments (Bello 2009). Avec le présent article, nous souhaitons analyser l’impact de ces politiques agro-industrielles sur les femmes et le rôle clé joué par les femmes paysannes, tant dans les pays du Nord que du Sud, dans la production et la distribution d’aliments. Nous analyserons donc de quelle manière une proposition alternative au modèle agricole dominant doit nécessairement intégrer une perspective féministe et de quelle manière les mouvements sociaux qui travaillent dans cette direction, en faveur de la souveraineté alimentaire, tentent de l’intégrer.

Paysannes et invisibles

Dans les pays du Sud, les femmes sont les principales productrices de nourriture, les responsables du travail de la terre, de la conservation des semences, de la récolte des fruits, du ravitaillement en eau, de la surveillance du bétail… Entre 60 et 80 % de la production d’aliments dans ces pays relèvent de la responsabilité des femmes, au niveau mondial ce chiffre se monte à 50% (FAO, 1996). Les femmes sont les principales productrices des cultures essentielles comme le riz, le blé et le maïs qui nourrissent les populations les plus appauvries du Sud global. Mais malgré leur rôle clé dans l’agriculture et l’alimentation elles sont, avec les enfants, les plus affectées par la faim.

Les femmes paysannes ont été responsables, pendant des siècles, des tâches domestiques, des soins aux personnes, de l’alimentation de leurs familles, des cultures destinées à l’autoconsommation, de l’échange et de la commercialisation des quelques excédents produits par l’exploitation familiale, assumant le travail reproductif, productif et communautaire en étant confinées à la sphère privée et invisible. A l’opposé, les principales transactions économiques agricoles, ont été traditionnellement assumées par les hommes, dans les foires agricoles, avec l’achat et la vente des animaux, la commercialisation en gros des céréales… en occupant la sphère publique paysanne. Cette division des rôles assigne à la femme l’entretien de la maison, la santé et l’éducation dans la sphère familiale et octroie à l’homme la gestion de la terre et des machines, soit de la « technique ». Elle maintient intacts dans nos sociétés contemporaines les rôles assignés au féminin et au masculin durant des siècles. (Oceransky Losana, 2006).

Si nous observons les chiffres, ceux-ci parlent d’eux-mêmes. Selon les données de l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO) (1996), dans de nombreux pays africains les femmes représentent 70% de la main-d’œuvre agricole ; elles s’occupent à 90% de l’approvisionnement en eau des foyers ; elles ont la responsabilité à hauteur de 60 à 80% de la production alimentaire pour la consommation familiale et la vente. Elles réalisent également 100% du conditionnement et de la préparation des aliments, 80% des activités de stockage et de transport des aliments et 90% des tâches de préparation de la terre. Ces chiffres mettent en relief le rôle crucial joué par les femmes africaines dans la production agricole à petite échelle et dans l’entretien et la subsistance familiale.

Cependant, dans de nombreuses régions du Sud global, en Amérique latine, en Afrique subsaharienne et en Asie du sud, on assiste à une notable « féminisation » du travail agricole salarié, spécialement dans les secteurs orientés vers l’exportation non traditionnelle (Fraser 2009). Entre 1994 et 2000, selon White et Leavy (2003), les femmes ont occupé 83% des nouveaux emplois dans le secteur de l’exportation agricole non traditionnelle. Ainsi, nombre d’entre elles ont accédé pour la première fois à un poste de travail rémunéré et à un revenu qui leur ont permis d’avoir plus de pouvoir dans les prises de décisions et d’être actives dans un cadre social extérieur à celui du foyer familial (Fraser, 2009).

Mais cette dynamique est accompagnée d’une division de genre marquée par la répartition des postes de travail : dans les plantations, les femmes réalisent les tâches non qualifiées comme le conditionnement et l’emballage, alors que les hommes s’occupent de la plantation et de la récolte. Cette incorporation des femmes au travail salarié implique une double charge de travail car elles continuent à être responsables des soins familiaux tout en travaillant pour obtenir un revenu et en occupant bien souvent des emplois précaires. Ces femmes bénéficient de conditions de travail pires que celles de leurs collègues masculins. Elles reçoivent un salaire inférieur pour les mêmes tâches et doivent travailler plus longtemps pour percevoir les mêmes revenus. En Inde, par exemple, le salaire moyen des femmes pour un travail occasionnel dans l’agriculture est inférieur de 30% à celui des hommes (Banque Mondiale 2007). Dans l’État espagnol, les femmes perçoivent un salaire 30 à 40% inférieur à celui des hommes (Oceransky Losana, 2006).

VIVAS Esther3 mai 2013

* http://esthervivas.com/francais/sou…

* Traduction pour SolidaritéS (Suisse).

* Esther Vivas @esthervivas | facebook.com/esthervivas | www.esthervivas.com

* Ici vous pouvez télécharger le text complet [16 pages] : http://www.solidarites.ch/geneve/im…

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22 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Filles garçons : rapport en tous genres

Filles garçons : rapport en tous genres dans Féminisme petite-fille-garcon-manque-10407901vymyj-297x300

Les stéréotypes de genre débutent dès la crèche. Tel est le constat révélé par le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), remis récemment à Najat Vallaud-Belkacem.


Il révèle en effet que l’éducation est sexuée dés la petite enfance, et rappelle que les professionnels de la petite enfance (0-3 ans) sont quasi exclusivement des femmes, donnant déjà une influence à l’apprentissage. Le rapport énumère aussi les différences observées au niveau des sports, des jouets, des habits ou des livres :
–  Les jouets de garçons sont plus nombreux et diversifiés. Associés à l’extérieur, ils favorisent l’exploration et sont une occasion de développer des compétences spatiales, mathématiques et analytiques, alors que les filles restent à l’intérieur avec des jouets domestiques ou maternels.
– Les vêtements et les activités des filles sont cantonnés à la destination d’être jolie et plaire, tandis que les garçons ont des vêtements confortables et pratiques et sont orientés vers le sport de compétition et d’équipe.

– On habitue plus les filles à parler de leurs émotions, alors que les garçons ont plus d’interactions verbales et sont moins interrompus.
–  78 % des couvertures de livres pour enfants présentent un personnage masculin et les hommes sont plus souvent le héros de l’histoire. Les familles sont mixtes (maman et papa). Les mamans le sont à plein temps et ne travaillent pas à côté. Les papas arrivent, eux, à concilier vie de père et travail (trop forts !). Les garçons sont décrits par leurs qualités intellectuelles, les filles par leur physique et émotions (jolies et câlines !).
Ce n’est pas un problème individuel
Ce rapport est déjà un bon point car il met en valeur l’éducation sexuée des enfants, cependant il dispose de nombreuses limites, notamment en terme d’analyse de fond et de solutions proposées.
Pourquoi les enfants de 0 à 3 ans ? Parce que selon le rapport, c’est dès la naissance et à la crèche exclusivement que ces apprentissages se font. Comme si le conditionnement sociétal auquel les enfants font face par la suite n’a aucune influence. La solution pour déconstruire serait donc de « bien » éduquer les enfants dès la crèche et hop, le sexisme disparaîtrait ? Pour cela, il suffirait donc de sensibiliser les professionnels de la petite enfance afin d’accueillir les enfants de manière neutre… Et les parents ­aussi sembleraient soumis à cette formation. Tout serait donc la faute de ces travailleurs qui reproduisent malgré eux, sans y prêter attention, ces différences. Le rapport, évoquant aussi un peu le rôle de la publicité, ne propose pourtant aucune solution concernant ce média social de masse. Serait-il trop sacré pour notre société de surconsommation ?
Il serait illusoire de croire que c’est aux personnes de s’émanciper elles-mêmes. Le sexisme existe car c’est un des fondements du patriarcat rattaché au capitalisme actuel, qui prône ces différences afin d’assurer une reproduction hétérosexuelle éternelle. Ce n’est qu’en sortant du système que l’on pourra s’émanciper. En attendant, c’est à chacunE d’éduquer ses enfants ou ceux des autres, de manière antisexiste.


Pauline Jité et Anastasia Damamme

Dimanche 21 avril 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 191 (18/04/13)

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22 avril 2013 ~ 0 Commentaire

IVG et contraception : poudre aux yeux

IVG et contraception : poudre aux yeux dans Féminisme arton170

Fin mars paraissait le décret répondant aux promesses du candidat Hollande :

gratuité de la contraception pour les mineurs et remboursement à 100 % de l’avortement. Seulement, une fois au pouvoir, ce qui est mis en place répond assez mal aux besoins. Ce décret ne résout en effet que très partiellement les problèmes auxquels les femmes sont confrontées.

Rembourser l’avortement, c’est bien… Mais ce que nous exigeons, c’est la gratuité, sinon le problème reste entier : l’avance des frais ! De plus, le nouveau décret ne prévoit pas le remboursement de l’échographie de datation ainsi que tous les actes médicaux liés à l’IVG. La situation actuelle rend toujours moins réel le droit des femmes à disposer de leur corps. L’information, l’accès à la contraception sont faibles. Le nombre de gynécologues baisse, les délais pour avorter restent trop courts, les centres d’IVG ferment… La clause de conscience permettant aux médecins de ne pas pratiquer l’avortement est maintenu, et la formation du personnel médical sur ces sujets reste minimale quand elle n’est pas tout simplement inexistante…
Rien de nouveau sous le soleil…
La contraception des mineures est gratuite et anonyme dans les Plannings familiaux depuis 1974. Hélas, il en reste peu.  Dans les autres lieux, la gratuité sauce Hollande s’applique seulement aux filles, de 15 à 18 ans, et uniquement pour les pilules de 1re et 2e génération, le stérilet et l’implant, alors qu’ils sont peu prescrits aux mineures. Le décret exclut le préservatif, pourtant contraceptif le plus usité car protégeant des infections sexuellement transmissibles et du VIH.  Le décret introduit la notion d’âge « plancher » à 15 ans qui sème la confusion avec celle de majorité sexuelle, qui a été abolie. Et il impose de présenter la carte Vitale des parents en pharmacie… Vous avez dit anonymat ?
La lutte pour la gratuité et le libre accès à la contraception et à l’avortement doit donc plus que jamais continuer.
Naouel Peel

Dimanche 21 avril 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 191 (18/04/13)

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