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03 juin 2013 ~ 0 Commentaire

En Allemagne, la légalisation de la prostitution est un échec (Rue 89)

En Allemagne, la légalisation de la prostitution est un échec (Rue 89) dans Europe prostitution-2

La légalisation de la prostitution est un échec.

C’est la conclusion que tire Der Spiegel dans son dernier numéro qui fait le bilan du changement de la législation, en 2001, quand la prostitution a été considérée « comme un travail comme les autres ». Selon un rapport du ministère de la famille allemand, la loi n’a donné lieu à aucune amélioration notable de la protection sociale des prostitué(e)s. Et ni les conditions de travail ni les possibilités de quitter le métier ne se sont améliorées. La législation n’a pas réduit la criminalité et seulement 1 % des femmes interrogées ont signé un contrat de travail de prostituées.

Le magazine constate :

« Aujourd’hui, beaucoup de policiers, d’associations de femmes et de politiciens qui connaissent le milieu de la prostitution sont convaincus que la loi bienveillante n’est guère qu’un programme de subvention aux proxénètes et qu’elle rend le marché plus attractif pour la traite. »

Der Spiegel rapporte que l’introduction des prix forfaitaires dans les maisons closes est un coup marketing qui a empiré les conditions de travail des prostituées en Allemagne. (Par exemple : « Du sexe avec toutes les femmes pendant autant de temps que vous voulez, autant de fois que vous voulez, de la manière que vous le voulez. Sexe. Sexe anal. Sexe oral sans préservatif. Triolisme. Partouze. Gang bangs. Le tout pour 70 euros la journée. ») En outre, depuis que la Roumanie et la Bulgarie ont rejoint l’Union Européenne, l’afflux de femmes provenant de ces pays a cru de façon dramatique et « les prix ont chuté ». Le chef de la police de Munich note pour sa part « une augmentation explosive de la traite ». La rédaction de Der Spiegel se demande pourquoi les nombreux cas sordides de jeunes femmes victimes de traite ne font pas réagir les autorités et avance la thèse suivante : « Dans le débat autour de la prostitution une position politiquement correcte pèse plus lourd que les réalités déplorables. »

Signalé par Florencia Rovira Torres

http://www.rue89.com/rue69/2013/06/03/allemagne-legalisation-prostitution-est-echec-242913

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30 mai 2013 ~ 0 Commentaire

L’incroyable diversité des formes de la famille

L’incroyable diversité des formes de la famille dans Féminisme mariage_gateau

Docteur en sciences économiques et enseignant à l’université Paris Diderot, Christophe Darmangeat est l’auteur de deux ouvrages importants d’anthropologie marxiste. A l’heure du mariage pour tous et des mobilisations réactionnaires de ses opposants, il était utile de solliciter son éclairage sur les formes que la famille, le mariage, la parenté ont pu prendre dans l’histoire.
Les opposants au mariage pour tou-te-s présentent la famille avec père, mère et enfants comme le seul modèle possible. Existe-t-il ou a-t-il existé des sociétés fonctionnant sur d’autres organisations de la famille ?

Toutes les sociétés ont eu tendance à légitimer leurs institutions en expliquant qu’elles étaient les seules conformes aux lois impératives de la Nature ou de Dieu. En réalité, quand on observe différents types de famille sur l’ensemble de la planète, on est surtout frappé par l’incroyable variété de formes que les êtres humains ont pu imaginer pour vivre ensemble et élever leurs enfants. La seule constante, jusqu’à l’avènement du capitalisme, est une profonde division sexuelle du travail. Les hommes et les femmes occupant des rôles économiques complémentaires — ce qui ne veut pas forcément dire équitables —, partout la forme courante de la famille incluait des gens des deux sexes. Mais à partir de là, l’imagination humaine a été d’une fertilité sans limites, tant en ce qui concerne les unions sexuelles que les liens de filiation. Par exemple, pour leurs premiers-nés, les Samo du Burkina dissociaient la paternité biologique de la paternité sociale. Le père social, mari de la mère, n’était pas le procréateur. Tout le monde connaissait celui-ci ; on évitait simplement de prononcer son nom en présence du mari, sauf pour l’offenser. Et toujours en Inde, chez les Toda, qui pratiquaient la polyandrie(1), le père officiel d’un enfant était le dernier à avoir accompli la cérémonie appropriée, et cela, même s’il était décédé depuis des années ! L’ethnologie fourmille ainsi d’exemples tous aussi étonnants les uns que les autres. Les anthropologues bien-pensants ont toujours cherché à nier cette diversité en expliquant que tout cela n’était que des variations autour de l’éternelle famille nucléaire. C’est une escroquerie. Comme tout ce qui est humain, la famille — de même que certains des sentiments qui lui sont souvent associés, comme la jalousie —, n’est pas « naturelle ». C’est une construction sociale, éminemment variable.

Le mariage est-il une institution commune à l’ensemble des sociétés ?

Le mariage est une institution presque universelle… mais pas tout à fait ! Un peuple de Chine, souvent présenté à tort comme un matriarcat, les Na, ignorait aussi bien le concept de mariage que celui de paternité. Les femmes avaient des amants « visiteurs », qui ne passaient avec elles que les nuits. Les enfants étaient élevés par leur mère et leurs oncles maternels. Ailleurs, le mariage a pu revêtir toutes les formes possibles. Familles monogames, polygynes, polyandres, resserrées, élargies(2), divorce facile ou interdit, adultère admis ou puni de mort, on trouve absolument tout ! Parfois, le mariage ne con- cernait que deux individus, parfois il était l’enjeu de stratégies complexes. Parfois il se faisait sans plus de formalités, parfois il était conditionné par de lourds paiements, soit de la femme à l’homme (la dot), soit de l’homme aux parents de sa future épouse (le « prix de la fiancée »). Bref, à l’échelle de l’humanité, il n’a clairement pas existé « une », mais de très nombreuses significations sociales du mariage. Dans notre propre société, ceux qui pratiquent l’union libre ont démontré depuis fort longtemps que pour vivre ensemble entre adultes consentants (quel qu’en soit le sexe), on pouvait se passer de monsieur le maire et de monsieur le curé sans que le ciel ne tombe sur la tête de quiconque…

Existe-t-il des sociétés où les parents socialement reconnus sont de même sexe ?

Absolument. Il me vient à l’esprit deux cas. Le premier est celui de nombreuses sociétés africaines, comme les Nuer, des pasteurs du Soudan. Sous réserve qu’elle en ait les moyens, une femme stérile avait le droit de prendre elle-même une ou plusieurs épouses. Elle payait alors, à l’instar des hommes, la somme voulue à leurs parents, et devenait à tous égards le « mari » de ces femmes. Elle devenait aussi le « père » des enfants que celles-ci ne manquaient pas d’avoir avec des hommes de passage. Ce mariage était homosexuel, mais n’impliquait a priori pas des rapports amoureux entre les conjoints. Le second cas, très différent, est celui de l’Amérique du Nord. Dans la plupart des tribus indiennes existaient des « berdaches », également appelés êtres aux « deux esprits », car ils étaient censés cumuler les «esprits » et les rôles sociaux des deux sexes. Ils et elles pouvaient entretenir des relations sexuelles ou se marier de manière hétérosexuelle comme homosexuelle. Dans ce cas, lorsque le conjoint avait eu des enfants d’une précédente union, ces enfants possédaient deux parents du même sexe.

Mercredi 29 mai 2013 Un entretien avec Christophe Darmangeat. Propos recueillis par Elsa Collonges.

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29 mai 2013 ~ 0 Commentaire

 Le communisme primitif n’est plus ce qu’il était 

 Le communisme primitif n’est plus ce qu’il était  dans Féminisme tounga

Christophe Darmangeat vient de publier une Conversation sur la naissance des inégalités où, de questions en réponses, il nous fait avancer dans les pas de diverses sociétés humaines pour tenter de comprendre l’apparition des inégalités sociales.

Nous revenons ici sur son précédent ouvrage, Le communisme primitif n’est plus ce qu’il était, Aux origines de l’oppression des femmes, réédité l’an dernier et qui traite d’une inégalité particulière, celle des sexes.(1) Il y a des questions qu’on ne se pose pas tous les matins en se levant mais presque et qui vous turlupinent, auxquelles les réponses qui vous sont proposées restent insatisfaisantes. C’est le cas de celle-ci, assez fondamentale : mais pourquoi est-ce que ce sont les femmes qui sont opprimées par les hommes et non l’inverse ? Quand et comment nous sommes-nous fait avoir ? Le livre de Chris- tophe Darmangeat n’apporte pas de réponse simple. Mais armé de solides outils marxistes, il offre une limpide synthèse de l’état des connaissances et des théories sur ce sujet (enfin) plus de 130 ans après Engels.

Matérialiste dialectique, l’auteur l’est, sans aucun doute. Du coup, on le suit avec confiance et plaisir dans sa critique d’Engels, Kollontaï ou Luxemburg… S’appuyant sur les travaux les plus récents, il réinterroge les œuvres classiques pour en souligner l’importance et les manques, se moque gentiment des conclusions parfois hâtives qui y sont tirées dans le contexte de l’époque. C’est drôle et cela incite à toujours bien garder son sens critique, même quand on lit Lénine ou Luxemburg. Les références sont nombreuses et ont été encore enrichies pour la 2e édition. Une partie du livre, placée en fin de volume, discute des différentes formes de famille et des systèmes de parenté (sujet qui constitue la matière des premiers chapitres de L’origine de la famille d’Engels). Mais c’est la première partie, consacrée à la question des rapports entre les sexes dans les sociétés pré-étatiques, qui constitue l’essentiel de l’ouvrage. La théorie généralement admise est que dans les sociétés primitives qui n’avaient pas accumulé de richesses, l’oppression des femmes aurait été inconnue et celles-ci auraient occupé des positions élevées. Le livre démontre que cette théorie est largement contredite par les recherches scientifiques menées depuis un siècle. Décortiquant différentes organisations sociales, l’auteur nous entraîne à la recherche d’un matriarcat introuvable…

Des interrogations persistantes

Alors même qu’on ne trouve pas de sociétés dans lesquelles les femmes auraient réellement eu le pouvoir, la question reste entière : quelle est l’origine de l’oppression des femmes ? Christophe Darmangeat nous propose des éléments de réponse, avec l’humilité de celui qui essaye de comprendre en s’appuyant avec rigueur sur les données scientifiques disponibles à notre époque. On le suit bien sur la nécessité de la division du travail pour en augmenter la pro- ductivité, sur les critères de cette division (jeunes/vieux, femmes/hommes…). De son propre aveu, les choses deviennent plus délicates lorsqu’il s’agit de mettre en évidence et d’expliquer la mise en place des mécanismes de domination. Prudent sur les causes de la division sexuelle du travail, une carac- téristique propre à l’espèce humaine, il s’étend en revanche longuement sur ses conséquences, en particulier celles du monopole détenu par les hommes tout à la fois sur la chasse au gros gibier et sur la guerre. Les femmes se retrouvent donc dépossédées à la fois des armes et de la vie sociale extérieure au clan. De là à les inférioriser puis à les surexploiter, il n’y a qu’un pas à franchir… Pas qui prendra de multiples formes selon les lieux et les époques, mais dont on ne peut que constater l’universalité aujourd’hui. L’auteur prend le temps d’argumenter ses propositions, de les étayer par des faits, mais ne cache pas les difficultés liées aux interprétations des découvertes archéologiques ou au manque de preuves irréfutables. Du même coup, le livre éclaire les raisons pour lesquelles l’idéal de l’égalité des sexes est une idée profondément moderne, qui ne pouvait émerger que sur la base des structures éco- nomiques marchandes généralisées par le capitalisme. Bref, un livre à lire absolument pour actualiser notre analyse marxiste de l’origine de l’oppression des femmes et continuer à nous poser des questions !

Note

1. Conversation sur la naissance des inégalités, éd. Agone, février 2013, 200 pages, 12 euros. Le blog de l’auteur présente des articles, notes de lecture, enregistrements de débats, une brochure à télécharger… De quoi prolonger la réflexion autour du marxisme, de l’anthropologie et de l’évolution sociale : http://cdarmangeat.blogspot.fr/

Mardi 28 mai 2013Publié dans : Revue Tout est à nous ! 43 (mai 2013)

Le communisme primitif n’est plus ce qu’il était. Aux origines de l’oppression des femmes, éd. Smolny, mars 2012 pour la 2e édition, 480 pages, 20 euros

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24 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Une Européenne sur trois travaille plus de 70 heures par semaine (Bastamag)

Une Européenne sur trois travaille plus de 70 heures par semaine (Bastamag) dans Féminisme femmes1

70 heures : c’est, en moyenne, le temps de travail hebdomadaire « global » des femmes européennes occupant une activité professionnelle à temps plein, soit le tiers d’entre elles. Ce « temps de travail global » prend en compte le temps de travail rémunéré et le temps de travail non rémunéré : les tâches ménagères, les soins aux enfants et aux adultes dépendants… Ce calcul a été réalisé par la fondation de Dublin, qui publie tous les cinq ans une enquête sur les conditions de travail en Europe [1].

Ce calcul met en évidence le fait que les femmes travaillent en réalité bien davantage que les hommes. Ceux-ci ont des horaires plus lourds en moyenne, mais en majorité dans le cadre de leur emploi rémunéré. Si les célibataires sans enfants travaillent 48 h par semaine, quel que soit leur sexe, la vie de couple marque un premier palier de progression vers l’inégalité. Alors que le temps de travail global des hommes grimpe d’une heure, celui des femmes augmente de six heures, pour arriver à 54 h hebdomadaires. Quand les couples ont des enfants, le travail global s’accroît encore : plus 70 heures de labeur pour les mères, contre 59 h pour les pères.

Le précédent rapport de la Fondation, publié en 2005, révélait que même les femmes qui occupent un emploi à temps partiel [2] travaillent au total deux heures de plus par semaine que les hommes embauchés à temps plein ! Elles utilisent en effet les heures gagnées sur le travail rémunéré pour prendre soin de leur famille et s’atteler aux courses, ménage, et autres réjouissances quotidiennes. Ce qui n’est pas le cas des hommes à temps partiel, qui consacrent encore moins d’heures à leurs enfants et aux tâches ménagères que ceux qui travaillent à plein temps. Le constat est d’autant plus alarmant qu’il ne se base que sur la population occupant un emploi. Étendue aux personnes sans profession (avec une majorité de femmes au foyer), les enquêtes de la Fondation risqueraient de mettre en évidence des inégalités de genre encore plus cruelles. Par Nolwenn Weiler (24 mai 2013)

Notes

[1] A télécharger ici. Avec un résumé en français ici.

[2] En Europe, 20% des femmes salariées travaillent moins de 20 heures par semaine, contre 7% des hommes. Une femme sur trois est à temps partiel quand elle a un ou des enfants de moins de 16 ans, alors que seulement 5% des hommes sont dans ce cas.

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20 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Grâce à la Brique, les rues de Rennes se féminisent (Les Inr)

Grâce à la Brique, les rues de Rennes se féminisent (Les Inr) dans Féminisme marion

A Rennes, moins de 10% des lieux publics portent des noms de femmes.

Depuis un mois, une campagne d’affichage sauvage dénonce ce constat. A la tête de l’initiative, un collectif : la Brique. “Trop peu de rues portent des noms de femmes.” Derrière ce slogan se cache le travail de fin de cursus de deux étudiantes en dernière année des Beaux Arts de Rennes. Mathilde, 23 ans, marinière, grandes lunettes et cheveux coupés au carré et Juliette, 24 ans, gilet mauve, foulard rouge et forêt de cheveux rassemblés dans un chignon. Le voilà, le duo créateur de la Brique. “Militantes comme le pavé”, avec l’envie de “construire” quelque chose de nouveau “comme avec des briques”, elles se sont lancées dans l’aventure en avril. “On a eu l’idée pendant l’été. De retour à Rennes, le projet était lancé.” L’ absence de chiffres précis sur leur ville les a incitées à réaliser un décompte manuel. “On a pris une carte de la ville et on a pointé tous les lieux avec des noms de femmes.” Timidement, elles avancent la proportion suivante : “94% des personnalités donnant leur nom aux rues sont des hommes, 6% des femmes”.

“Une fois la preuve sous les yeux, on a réalisé que Rennes se prêtait parfaitement à l’affichage sauvage.

Toutes deux étudiantes en graphisme, elles conçoivent des affiches noires et oranges. Elles tapissent les rues la nuit. “Notre premier essai fut un échec. Le papier n’était pas de bonne qualité. Mais une fois changé, on n’a plus eu de problèmes”, rigolent-elles. En une nuit, Juliette et Mathilde – armées de patience et de force – ont collé plus de 150 affiches dans les rues du centre historique. “On a voulu se concentrer sur le centre historique pour mieux sensibiliser les gens. Certaines affiches sont un peu dégradées, mais elles sont encore toutes là”, soulignent-elles fièrement. Accrochées au même niveau que les yeux des passants, les pancartes sont toutes accompagnées d’une petite biographie de “la personnalité féminine choisie”. Elles ont puisé dans l’histoire locale, repéré les parcours de femmes remarquables. “Elles ont vécu, pour la plupart, entre le XIXe et le XXe siècle.” Comme Odette du Puigaudeau, journaliste et ethnologue, Louise Bodin, femme politique, ou Clotilde Vautier, artiste peintre. Cependant, les deux étudiantes ne manquent pas de souligner les efforts de la ville de Rennes. En effet depuis 1995, le nombre de femmes représentées dans les rues a presque doublé, passant de 47 à 98. Une augmentation constatée notamment au nord ouest de Rennes, dans le nouveau quartier Beauregard. “La parité progresse”, affirment-elles, un soupçon d’ironie dans la voix.

Un phénomène répandu en France

“Rennes n’ est pas la seule ville française à avoir un problème de parité dans les rues. A Toulouse, 9% des rues seraient de sexe féminin”, explique Mathilde. Elle poursuit : “Dans une dizaine de villes de France, l’administration a l’obligation de mener une politique de féminisation de la rue.” Les premières plaques furent accrochées en 1728. Réservées d’abord aux bourgeois, écrivains et hommes de théâtre, elles donneront à partir de 1782 leurs noms aux rues autour de la Comédie Française. Sous l’Empire, les deux premières femmes, Blanche de Castille et Marie Stuart, trouvent leur place dans le paysage masculin parisien. Aujourd’hui, sur les 6 000 voies et places parisiennes, près de 200 portent des noms de femmes. La municipalité de la ville essaye de faire évoluer les choses. A l’occasion de la journée internationale de la femme, le 8 mars, douze femmes ont été célébrées : on a donné leur nom à des endroits de la ville. Le 12 mars dernier la Commission d’attribution des noms de lieux parisiens s’est prononcée en faveur d’une liste strictement paritaire. Cent personnalités sont concernées, dont Romy Schneider pour une rue dans le XVIIIe arrondissement, ou encore Anna Marly pour un jardin dans le XIVe. La Brique risque de ranger ses posters. Le projet de Juliette et Mathilde se termine d’ici fin mai. “On n’est pas sûres de continuer avec l’affichage”. Mystérieuses, elles ajoutent : “En tout cas, c’est le début de quelque chose. La parité homme femme commence dans la rue.”


16/05/2013 | 09h28 http://www.lesinrocks.com/2013/05/16/actualite/grace-a-la-brique-les-rues-de-rennes-se-feminise-11395021/

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14 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Intervention féministe : dans le mouvement ouvrier et dans le mouvement autonome des femmes

Intervention féministe : dans le mouvement ouvrier et dans le mouvement autonome des femmes  dans Féminisme debout

Notre courant, anticapitaliste et révolutionnaire, comprend l’oppression des femmes comme une double oppression : en tant que travailleuses et en tant que femmes. C’est pourquoi nous défendons une perspective féministe dans les mouvements sociaux, et que nous avons à cœur de reconstruire le mouvement autonome des femmes.

Une perspective féministe dans notre action politique
Les femmes sont les premières touchées par la crise, parce qu’elles sont plus affectées par le chômage, que leurs emplois sont plus précaires et qu’elles subissent très majoritairement les temps partiels. D’autre part, la mise à mal des services publics sous le coup de l’austérité affecte principalement les femmes sur qui retombe encore la majorité des tâches domestiques. Plus récemment, la réforme des retraites est venue aggraver leur situation car les femmes ont plus souvent des bas salaires, des carrières incomplètes et donc des pensions insuffisantes.  Si ces aspects liés au travail sont fondamentaux, ce ne sont pas nos seules préoccupations : défendre une perspective féministe, c’est aussi lutter pour la PMA revendiquée par les lesbiennes et abandonnée par le gouvernement, pour la régularisation de touTEs les sans-papiers, contre la remise en cause du droit à l’avortement, etc. À l’heure où la nécessité d’une riposte contre les attaques du gouvernement se fait de plus en plus sentir, le NPA porte ces thématiques pour donner à toutes nos campagnes une dimension féministe.

La reconstruction du mouvement autonome des femmes
Parce que la perspective féministe est trop souvent considérée comme secondaire dans un espace syndical et politique encore très masculin, nous pensons qu’il est nécessaire de reconstruire un mouvement autonome des femmes. Et en effet, dans les années 1970, ce mouvement autonome a pu porter des revendications comme le droit à l’avortement jusqu’à la victoire.  Sa reconstruction va de l’animation de commissions femmes dans les syndicats à la constitution de collectifs unitaires sur des questions féministes. Dans de nombreuses villes, facs ou quartiers populaires, des structures existent et défendent les droits des femmes : droit à l’avortement, lutte contre les violences faites aux femmes, solidarité internationale, etc.

Comment l’intervention féministe s’organise-t-elle au NPA ?
Comme sur tous les sujets, les comités portent l’orientation du parti et ont des activités féministes, pour le 8 mars ou à d’autres occasions. Les militantEs qui ont une activité féministe régulière se réunissent au niveau régional et au niveau national (commission nationale d’intervention féministe) pour échanger sur leurs activités et coordonner au mieux leur intervention. Enfin, les formations sur le féminisme organisées à divers échelons nationaux et internationaux ainsi que les congrès sont des moments au cours desquels touTEs les militantEs peuvent s’emparer du débat sur l’intervention féministe.
Parce que le NPA n’est pas en dehors de la société, la bataille pour une organisation réellement féministe reste un enjeu permanent : directions paritaires, prise en charge collective des enfants lors des réunions… sont autant de pas vers un parti à l’image de la société que nous voulons, débarrassée de toutes les oppressions !

Correspondantes commission nationale intervention féministe

Lundi 13 mai 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 194 (08/05/13)

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14 mai 2013 ~ 0 Commentaire

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08 mai 2013 ~ 0 Commentaire

L’Union ouvrière de Flora Tristan

L'Union ouvrière de Flora Tristan dans Féminisme flora

Publié par la militante révolutionnaire Flora Tristan en 1843,

cet ouvrage est désormais disponible sur Gallica.fr. Sa lecture est facile et gratuite sur le web. L’intérêt principal de ce petit livre est de prêcher l’union des prolétaires et des femmes contre la société de classe et l’ordre patriarcal. Flora Tristan, influencée par la doctrine de Saint-Simon et la militante féministe Mary Wollstonecraft, poussa son engagement révolutionnaire jusqu’à tenter pour la première fois de susciter l’union organisée des prolétaires, à travers un tour de France et ce petit livre : l’Union ouvrière, qui connut alors un grand succès.
Femme libre, partisane du divorce et des droits des femmes à disposer d’elles-mêmes, elle est également l’auteure des Pérégrinations d’une Paria. Avant Marx, on trouve chez elle une première approche de la lutte des classes, intrinsèquement liée à la lutte des femmes pour leur émancipation. Pour l’auteure la seule issue pour établir l’égalité entre les hommes et les femmes passe par la destruction de la société de classes. Elle écrit : « Jusqu’à présent, la femme n’a compté pour rien dans les sociétés humaines. Qu’en est-il résulté ? Que le prêtre, le législateur, le philosophe, l’ont traitée en vraie paria. […] De même, pendant six mille ans, les sages des sages ont porté un jugement non moins terrible sur une autre race de l’humanité : les prolétaires […] Or donc, tâchez de bien comprendre ceci : la loi qui asservit la femme et la prive d’instruction, vous opprime, vous, hommes prolétaires ».
À l’heure où le pouvoir socialiste communique sur l’égalité salariale entre hommes et femmes tout en appliquant une politique de droite qui brise les droits des salariés, cette lecture rafraîchissante offre un démenti cinglant. De ce fait, l’Union ouvrière est une lecture actuelle, utile et salutaire, en dépit du siècle et demi qui nous sépare de sa première publication.

Essai : l’Union ouvrière de Flora Tristan, Gallica.fr, gratuit
T. Schoumaker

Lundi 6 mai 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 193 (01/05/13)

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08 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Irlande : avortement, le débat sans fin (Politis)

Irlande : avortement, le débat sans fin (Politis) dans Europe prochoice1-289x300

Sujet récurrent depuis une vingtaine d’années, le débat sur l’avortement fait son retour en Irlande avec un projet de loi visant à autoriser une interruption de grossesse lorsque la vie de la mère est en danger.

L’Irlande est, avec Malte, le dernier pays de l’Union européenne à considérer l’avortement comme illégal. Dans ce pays toujours attaché aux valeurs catholiques, l’avortement est un crime passible d’emprisonnement à perpétuité (durée que le Premier ministre Enda Kenny entend abaisser à 14 ans).  Le gouvernement vient de rouvrir timidement le débat la semaine dernière, avec une proposition de loi légalisant l’avortement lorsque la vie de la mère est en danger. Cette proposition fait suite à la mort d’une dentiste indienne, décédée d’une septicémie en octobre dernier après s’être vu refuser un avortement : Savita Halappanavar, 31 ans, avait demandé d’avorter pour éviter une fausse-couche, mais les médecins ont refusé tant que le cœur du fœtus battait encore, de peur d’aller à l’encontre de la loi. La mort de la jeune femme a provoqué des protestations au-delà des frontières irlandaises contre une législation jugée trop stricte.  Avec son projet de loi, le gouvernement cherche à faire appliquer une décision rendue par la Cour Suprême en 1992 qui autorisait l’avortement lorsque la vie de la mère était mise en danger par la grossesse. En absence de loi, femmes et personnel médical sont dans une situation de flou depuis plus de 20 ans, ne sachant pas clairement ce qui est légal et ce qui ne l’est pas. Selon le Premier ministre, le projet de loi va « clarifier les circonstances selon lesquelles un médecin peut intervenir lorsque la vie de la femme enceinte est en danger ».

« Un droit constitutionnel déjà existant »

Mais certains députés du parti au pouvoir, Fine Gael (centre-droit), ainsi que de nombreux militants « pro-life », ont déjà émis des réserves : ils s’opposent notamment à une mesure qui autoriserait l’avortement lorsque la femme est gravement dépressive, craignant que ce ne soit une porte ouverte à « l’avor tement à la demande ». Le Premier ministre assure que le nouveau projet de loi ne fera que « garantir des droits constitutionnels déjà existants sans créer de nouveaux droits », ni aller à l’encontre des différentes restrictions sur l’avortement.  Un sondage Ipsos commissionné par le quotidien Irish Times en février 2013 montre que près des 3/4 des personnes interrogées sont en faveur d’une loi permettant l’avortement lorsque la vie de la mère est en danger (en incluant le risque de suicide). 11% sont contre tandis que 18% n’ont pas d’opinion sur la question. Le sondage montre aussi que l’avortement en cas de viol ou d’inceste ainsi qu’en cas d’anormalités du foetus est soutenu par près de 80% des répondants. En revanche, près de deux tiers des personnes interrogées sont contre « l’avortement sur demande ».

Pour la majorité des femmes souhaitant recourir à un avortement, la proposition de loi ne changera pas grand-chose puisqu’elle maintient l’interdiction en cas de viol, d’inceste, d’anomalies du fœtus ou de difficultés socio-économiques. Dans ces cas-là, la seule solution pour interrompre leur grossesse est d’aller ailleurs en Grande-Bretagne ou à l’étranger, lorsque les femmes en ont les moyens.  Selon le Ministère de la Santé britannique, elles seraient plus de 4 000 Irlandaises à s’être rendues en Angleterre pour avorter en 2011. Au cours des 30 dernières années, elles seraient au moins 150 000. Mais l’Association irlandaise pour le planning familial rappelle que ces chiffres restent des estimations puisque certaines femmes ne communiquent pas leur adresse irlandaise pour des raisons de confidentialité. Paradoxalement, le débat sur l’avortement a lieu alors que la légalisation du mariage entre personnes de même sexe s’apprête à devenir une réalité en Irlande. Une convention constitutionnelle composée de 66 citoyens et de 33 politiciens s’est prononcée à 79 % en faveur du mariage pour tous en avril dernier. Un référendum sera organisé en 2014, probablement après les élections locales et européennes.

http://www.politis.fr/Irlande-avortement-le-debat-sans,22058.html

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06 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Souveraineté alimentaire, une perspective féministe (Esther Vivas)

Souveraineté alimentaire, une perspective féministe (Esther Vivas) dans Féminisme autosuff

Les systèmes de production et de consommation d’aliments ont toujours été socialement organisés, mais leurs formes ont varié historiquement.

Au cours des dernières décennies, sous l’impact des politiques néolibérales, la logique capitaliste s’est imposée de plus en plus dans la manière dont sont produits et distribués les aliments (Bello 2009). Avec le présent article, nous souhaitons analyser l’impact de ces politiques agro-industrielles sur les femmes et le rôle clé joué par les femmes paysannes, tant dans les pays du Nord que du Sud, dans la production et la distribution d’aliments. Nous analyserons donc de quelle manière une proposition alternative au modèle agricole dominant doit nécessairement intégrer une perspective féministe et de quelle manière les mouvements sociaux qui travaillent dans cette direction, en faveur de la souveraineté alimentaire, tentent de l’intégrer.

Paysannes et invisibles

Dans les pays du Sud, les femmes sont les principales productrices de nourriture, les responsables du travail de la terre, de la conservation des semences, de la récolte des fruits, du ravitaillement en eau, de la surveillance du bétail… Entre 60 et 80 % de la production d’aliments dans ces pays relèvent de la responsabilité des femmes, au niveau mondial ce chiffre se monte à 50% (FAO, 1996). Les femmes sont les principales productrices des cultures essentielles comme le riz, le blé et le maïs qui nourrissent les populations les plus appauvries du Sud global. Mais malgré leur rôle clé dans l’agriculture et l’alimentation elles sont, avec les enfants, les plus affectées par la faim.

Les femmes paysannes ont été responsables, pendant des siècles, des tâches domestiques, des soins aux personnes, de l’alimentation de leurs familles, des cultures destinées à l’autoconsommation, de l’échange et de la commercialisation des quelques excédents produits par l’exploitation familiale, assumant le travail reproductif, productif et communautaire en étant confinées à la sphère privée et invisible. A l’opposé, les principales transactions économiques agricoles, ont été traditionnellement assumées par les hommes, dans les foires agricoles, avec l’achat et la vente des animaux, la commercialisation en gros des céréales… en occupant la sphère publique paysanne. Cette division des rôles assigne à la femme l’entretien de la maison, la santé et l’éducation dans la sphère familiale et octroie à l’homme la gestion de la terre et des machines, soit de la « technique ». Elle maintient intacts dans nos sociétés contemporaines les rôles assignés au féminin et au masculin durant des siècles. (Oceransky Losana, 2006).

Si nous observons les chiffres, ceux-ci parlent d’eux-mêmes. Selon les données de l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO) (1996), dans de nombreux pays africains les femmes représentent 70% de la main-d’œuvre agricole ; elles s’occupent à 90% de l’approvisionnement en eau des foyers ; elles ont la responsabilité à hauteur de 60 à 80% de la production alimentaire pour la consommation familiale et la vente. Elles réalisent également 100% du conditionnement et de la préparation des aliments, 80% des activités de stockage et de transport des aliments et 90% des tâches de préparation de la terre. Ces chiffres mettent en relief le rôle crucial joué par les femmes africaines dans la production agricole à petite échelle et dans l’entretien et la subsistance familiale.

Cependant, dans de nombreuses régions du Sud global, en Amérique latine, en Afrique subsaharienne et en Asie du sud, on assiste à une notable « féminisation » du travail agricole salarié, spécialement dans les secteurs orientés vers l’exportation non traditionnelle (Fraser 2009). Entre 1994 et 2000, selon White et Leavy (2003), les femmes ont occupé 83% des nouveaux emplois dans le secteur de l’exportation agricole non traditionnelle. Ainsi, nombre d’entre elles ont accédé pour la première fois à un poste de travail rémunéré et à un revenu qui leur ont permis d’avoir plus de pouvoir dans les prises de décisions et d’être actives dans un cadre social extérieur à celui du foyer familial (Fraser, 2009).

Mais cette dynamique est accompagnée d’une division de genre marquée par la répartition des postes de travail : dans les plantations, les femmes réalisent les tâches non qualifiées comme le conditionnement et l’emballage, alors que les hommes s’occupent de la plantation et de la récolte. Cette incorporation des femmes au travail salarié implique une double charge de travail car elles continuent à être responsables des soins familiaux tout en travaillant pour obtenir un revenu et en occupant bien souvent des emplois précaires. Ces femmes bénéficient de conditions de travail pires que celles de leurs collègues masculins. Elles reçoivent un salaire inférieur pour les mêmes tâches et doivent travailler plus longtemps pour percevoir les mêmes revenus. En Inde, par exemple, le salaire moyen des femmes pour un travail occasionnel dans l’agriculture est inférieur de 30% à celui des hommes (Banque Mondiale 2007). Dans l’État espagnol, les femmes perçoivent un salaire 30 à 40% inférieur à celui des hommes (Oceransky Losana, 2006).

VIVAS Esther3 mai 2013

* http://esthervivas.com/francais/sou…

* Traduction pour SolidaritéS (Suisse).

* Esther Vivas @esthervivas | facebook.com/esthervivas | www.esthervivas.com

* Ici vous pouvez télécharger le text complet [16 pages] : http://www.solidarites.ch/geneve/im…

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