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22 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

état espagnol: face à la réforme de la loi sur l’avortement (ia)

españa tiempos de franco mujer falangista pura copia de las chicas de hitler may 13

Nous devons à nouveau expliquer où se situe réellement le débat.

L’Eglise et les secteurs les plus réactionnaires se dressent à nouveau contre celles d’entre nous qui exerçons notre liberté et pour nous criminaliser. Il ne s’agit pas de savoir quand commence la vie. Pour ce faire, la science a plus à nous dire que l’Eglise.

Ils ne défendent pas la vie. Ils ne se préoccupent pas des femmes qui meurent en pratiquant un avortement clandestin, ni des femmes qui ne peuvent se permettre de tomber enceinte parce qu’elles sont sans emploi. Ils ne se préoccupent pas du droit à l’éducation, à la santé, à un logement, à une vie digne pour ceux qui sont déjà au monde. Et ils se taisent face aux politiques d’austérité et de démantèlement des conquêtes sociales.

Car ce n’est pas la vie qui les intéresse : c’est le contrôle du corps des femmes, de leur capacité de reproduction. Il s’agit pour eux de remettre en question la capacité de décision des femmes sur leur propre corps et leur sexualité ; de réinstaurer les rôles traditionnels dans lesquels la femme doit être soumise ; d’imposer un modèle de sexualité lié à la reproduction et de réduire la sexualité au seul modèle hétérosexuel.

Nous ne voulons ni revenir en arrière ni continuer comme maintenant

Le PP nous menace avec une nouvelle loi – proposée par le Ministère de la Justice et non par celui de la Santé – qui éliminera les 14 semaines d’avortement libre et établira un système de pré-requis plus restrictif que la loi actuelle datant de 1985. Mais dans la situation actuelle, l’avortement n’est déjà que partiellement dépénalisé. Le PSOE avait fait quelques pas en avant mais il n’a pas osé s’opposer frontalement à l’Eglise, ni rompre avec la logique de privatisation.

  • 98% des avortements sont réalisés en dehors du secteur de la santé publique, dans des cliniques privées et concertées. Certaines Communautés Autonomes n’en pratiquent pas, dans d’autres il faut payer mais avorter dans un autre centre de santé, dans une autre ville, en cachette, comme s’il s’agissait d’un crime.
  • Dès que tu as prévenu ton médecin, tu as trois jours pour réfléchir, avec un document d’information dont le contenu est loin d’être impartial (avantages fiscaux, adoption…). On remet constamment en question le choix de la femme, comme si nous étions des hystériques et des impulsives, incapables de prendre toutes seules une décision.
  • Il n’y a pas d’accès gratuits aux contraceptifs. Or, la prévention est fondamentale ; c’est un droit élémentaire.
  • Il n’existe pas non plus d’éducation sexuelle et affective qui apporte des réponses à la réalité. L’unique information donnée concerne les maladies sexuellement transmissibles et les aspects biologiques de la reproduction. Or, la sexualité fait partie de notre identité et cela va bien plus loin que la reproduction.
  • Beaucoup de médecin qui se déclarent publiquement « objecteurs de conscience » pratiquent des avortements en privé. La morale passe au second plan quand on peut faire de bonnes affaires, mais eux seuls en bénéficient. Pour les autres, on nous impose une moralité absurde qui punit ce qui ne cadre pas dans leurs définitions réductionnistes de la sexualité, de la famille, etc.
  • Les coupes dans les aides éducatives, l’assistance sociale, aux personnes dépendantes, les licenciements, les expulsions de logement, etc. limitent nos droits dans tous les domaines. Des coupes et des mesures qui frappent bien plus les femmes parce qu’elles partent d’une situation déjà désavantageuse et parce qu’elles sont les principales bénéficiaires des services publics.

Nouvelle loi du PP, nouveau tour de vis

Le PP menace de convertir à nouveau en délit le choix des femmes sur leur maternité, en nous forçant à devenir mères, sauf si nous pouvons démontrer que nous avons été violées ou si nous courrons un risque grave. Cette loi peut condamner à la mort des femmes qui ne peuvent pas voyager jusqu’à Londres pour avorter. Elle place les mineures sous tutelle en les considérant comme capables de devenir mères, mais pas pour décider de ne pas l’être, alors qu’elles peuvent avoir ce choix lorsqu’il s’agit d’une autre opération chirurgicale.

Cette nouvelle attaque n’est pas isolée des autres mesures que nous subissons : les coupes, les licenciements et la précarité font partie de la même logique. Le capitalisme a besoin de contrôler nos corps pour survivre et sortir de cette crise, pour tirer profit de la situation de la femme sur le marché du travail, pour générer plus de précarité du travail en l’élargissant à toute la classe travailleuse, en chargeant sur le dos des femmes le travail domestique, l’éducation des enfants, les soins aux personnes malades et dépendantes. Pendant ce temps, on coupe dans les budgets publics et on précarise encore plus les conditions de vie des femmes et des autres catégories sociales.

La nouvelle loi est un nouveau tour de vis. Le droit de décider fait partie des droits et des conquêtes sociales et politiques qui entravent les profits du capital et c’est pour cela qu’ils veulent les démanteler. Nous qui luttons au quotidien pour défendre notre dignité, nous devons prendre conscience de ce qui est en jeu. C’est en descendant dans la rue que nous devons faire notre la lutte féministe pour le droit de décider.

Avortement libre et gratuit ! Des droits reproductifs et sexuels pour tous et toutes !

  • Droit à l’autodétermination sur notre propre corps et notre sexualité ; sans intromissions de l’Etat ni de l’Eglise. Reconnaissance de notre capacité à décider si nous voulons être mères ou pas et quand nous le souhaitons, sans tutelles, sans période de réflexion, que nous soyons mineures ou majeures d’âge.
  • Dépénalisation de l’avortement : retrait de l’avortement du code pénal et droit à décider sur notre corps sans aucune limitation. Décider n’est pas un délit, c’est un droit.
  • Avortement libre et gratuit. Pour en finir avec la valse des cliniques privées. Interruption volontaire de grossesse pour toutes dans la santé publique.
  • Accès gratuit aux contraceptifs ; dans les centres éducatifs, dans les centres de santé, dans les centres de services sociaux.
  • Education sexuelle pour jouir de notre propre sexualité, sans risques, avec autonomie et responsabilité, en rompant avec l’hétéronormativité. Le plaisir n’est pas un péché.
  • Droits reproductifs pour toutes : retrait de la restriction sur la reproduction assistée pour les femmes célibataires et lesbiennes. Il n’existe pas qu’un seul modèle de famille.
  • Défense de la vie face à l’austérité et la précarité. Nos vies valent plus que leurs profits !

Source :
http://www.anticapitalistas.org/spip.php?article29240
Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera

http://www.avanti4.be/actualite/article/etat-espagnol-face-a-la-reforme-de-la-loi-sur-l

Chez nous aussi:

http://lci.tf1.fr/politique/ivg-pas-a-l-etat-de-reparer-l-inattention-des-femmes-selon-marion-7580580.html

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21 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

avortement: le droit des femmes se prend une grande claque en espagne (rue 89)

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En Espagne, le Conseil des ministres a approuvé (après cinq tentatives ratées) ce vendredi la réforme de la loi sur l’avortement.

Le nouveau texte s’appellera « loi organique de protection de la vie de la personne conçue et des droits de la femme enceinte ». Si le texte est adopté par le parlement, il s’agira d’un extraordinaire retour en arrière de 30 ans. La grossesse ne pourra être interrompue volontairement que dans deux cas :

  • si elle présente un grave danger pour la santé physique et psychique de la mère constaté par (le délai est de 22 semaines)
  • ou si elle est le fruit d’un viol (il faut qu’il fasse l’objet d’une plainte et le délai est alors de 12 semaines)

Le fait que le fœtus soit atteint d’une malformation grave ne sera plus un motif d’avortement. « Il n’y a pas de première ou seconde catégorie », selon le gouvernement. La loi autorise en revanche l’objection de conscience pour les médecins du secteur public qui refuseraient de pratiquer l’intervention pour des raisons idéologiques. Les mineures de 16 et 17 ans n’auront plus la possibilité de passer outre la volonté parentale et devront avoir leur accord pour demander une interruption de grossesse.

Un retour en arrière de 30 ans

L’avortement ne sera donc plus un droit de la femme mais un « délit régulé ». Cette régression était une promesse électorale du gouvernement conservateur du premier ministre Mariano Rajoy. Jusqu’à présent, une femme en Espagne pouvait demander l’interruption de sa grossesse jusqu’à quatorze semaines sans avoir à justifier sa décision.

« La vie de l’enfant à venir [“el concebido”, le conçu, ndlr] et pas encore né représente une valeur fondamentale, » a expliqué le ministre de la Justice Alberto Ruiz-Gallardon. « Et l’Etat est obligé de la défendre. » Pour lui, ce projet de loi permet de rééquilibrer les droits de la femme et ceux de l’enfant à venir.

Les mouvements de gauche et féministes se préparent à une mobilisation exceptionnelle avant le débat devant le parlement pu le parti populaire au pouvoir détient la majorité absolue. Si elle est votée, la loi « la plus restrictive depuis le retour de la démocratie “selon El Pais, renverra l’Espagne 30 ans en arrière. Dans une déclaration qui enflamme déjà les progressistes espagnols, le ministre de la Justice a dit : ‘La femme n’est jamais coupable, la femme est toujours victime.’Signalé par
Blandine Grosjean

http://www.rue89.com/2013/12/20/avortement-droit-femmes-prend-grande-claque-espagne-248502

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19 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

individualiser l’impôt sur le revenu: une nouvelle hausse en perspective? (lo)

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La ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, envisage l’indivi- dualisation de l’impôt sur le revenu pour, dit-elle, favoriser l’accès des femmes à l’emploi.

Dans le système actuel, les revenus d’un couple marié ou pacsé sont déclarés ensemble. Cette déclaration commune a tendance à diminuer l’impôt à payer, du moins pour 60 % des couples mariés ou pacsés.

Pour les couples où l’homme et la femme ont des salaires à peu près équivalents, la différence est quasi nulle. Pour ceux dont l’un gagne beaucoup plus que l’autre, ou dont l’un ne travaille pas, elle peut devenir très importante. À l’inverse, le retour au travail de celui qui était inactif, le plus souvent la femme, peut s’avérer plus coûteux dans le cas de la déclaration commune.

S’appuyant sur ce constat, et en se basant un rapport de 2003 qui estime qu’un passage à la déclaration individuelle pourrait inciter 80 000 personnes (des femmes en majorité) à revenir sur le marché de l’emploi, Najat Vallaud-Belkacem affirme donc que la déclaration commune a pour conséquence de dissuader les femmes de travailler. Sauf que, si 1,5 million de femmes sont au chômage, c’est parce qu’elles ne trouvent pas de travail, et pas parce qu’elles paieraient un peu plus d’impôt si elles travaillaient.

Et, pour les couples qui ne sont pas concernés par ce retour à l’emploi très théorique, comme les couples de retraités, seule resterait l’augmentation d’impôt découlant d’une déclaration individuelle des revenus. Elle pourrait rapporter 3,7 milliards d’euros à l’État. Un aspect qui a sans doute plus compté que les droits des femmes pour rendre particulièrement attrayant aux yeux de la ministre le passage à la déclaration individuelle des revenus. Valérie FONTAINE

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2368&id=11

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16 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

théorie du genre: judith butler répond à ses détracteurs (obs)

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Négation des sexes et des corps, arrière-pensée politique, obsession de la domination: la pionnière du « gender » revient sur les inquiétudes que son courant de pensée suscite en France.

Née en 1956, professeur à Berkeley, la philosophe Judith Butler a publié «Trouble dans le genre» en 1990. Paru en octobre, son dernier ouvrage traduit en français porte sur la question israélienne: «Vers la cohabitation. Judéité et critique du sionisme» (Fayard).

Le Nouvel Observateur En 1990, vous aviez publié «Trouble dans le genre», qui devait marquer l’irruption dans le débat intellectuel de la «théorie du genre». De quoi s’agit-il ?

Judith Butler Je tiens tout de suite à préciser que je n’ai pas inventé les «études de genre» (gender studies). La notion de «genre» est utilisée depuis les années 1960 aux Etats-Unis en sociologie et en anthropologie. En France, notamment sous l’influence de Lévi-Strauss, on a longtemps préféré parler de différences sexuelles. Dans les années 1980 et 1990, le croisement de la tradition anthropologique américaine et du structuralisme français a donné naissance à la théorie du genre.

Cette théorie est parfois reçue comme une façon de dire que les différences sexuelles n’existent pas…

On croit que la définition du sexe biologique est une évidence. En réalité, elle a toujours été l’objet de controverses entre scientifiques. On me demande souvent si j’admets l’existence du sexe biologique. Implicitement, on me dit: «Vraiment, il faudrait être fou pour dire que cela n’existe pas.» Et, c’est vrai, le sexe biologique existe. Il n’est ni une fiction, ni un mensonge, ni une illusion. Simplement, sa définition nécessite un langage et un cadre de pensée – autant de choses qui par principe peuvent être contestées et qui le sont. Nous n’avons jamais une relation simple, transparente, indéniable au sexe biologique. Nous devons passer par un cadre discursif, et c’est ce processus qui intéresse la théorie du genre.

Les genres, ce sont aussi des normes, que vous critiquez.

Les études de genre ne décrivent pas la réalité de ce que nous vivons, mais les normes hétéro-sexuelles qui pèsent sur nous. Nous les avons reçues par les médias, par les films ou par nos parents, nous les perpétuons à travers nos fantasmes et nos choix de vie. Elles nous disent ce qu’il faut faire pour être un homme ou une femme. Nous devons sans cesse négocier avec elles. Certains d’entre nous les adorent et les incarnent avec passion. D’autres les rejettent. Certains les détestent mais s’y conforment. D’autres jouent de l’ambivalence… Je m’intéresse à l’écart entre ces normes et les différentes façons d’y répondre.

Il n’y a donc pas de «nature masculine» ou de «nature féminine»? Jamais on ne peut dire «moi, en tant qu’homme» ou «moi, en tant que femme»?

Il se peut qu’existe une nature féminine, mais comment le savoir ? Et comment la définir? A l’instant même où nous commençons à en parler, nous nous devons d’argumenter, de défendre notre point de vue: le genre est toujours l’objet d’une discussion publique, ce n’est jamais une évidence donnée par la nature. Certes, je peux parler en tant que femme. Par exemple, je peux dire qu’en tant que femme je combats les discriminations qui pèsent sur les femmes. Une telle formulation a un effet politique incontestable. Mais décrit-elle ce que je suis? Suis-je tout entière contenue dans ce mot «femme»? Et est-ce que toutes les femmes sont représentées par ce terme lorsque je l’utilise pour moi?

Vos travaux s’inscrivent dans une tendance de la pensée américaine qui s’intéresse aux victimes de la domination: les femmes et les homosexuels pour les «gender studies», les minorités raciales pour les «postcolonial studies», les personnes vulnérables pour la «théorie du care». En face, il y a un adversaire commun: le «mâle blanc hétéro riche». Votre réflexion s’adresse-t-elle aussi à lui?

Comme tout le monde, le «mâle blanc hétéro riche» est l’objet de demandes variées auxquelles il doit se conformer. Vivre son hétérosexualité, sa «blanchitude», ses privilèges économiques, cela signifie se mouler dans les idéaux dominants, mais aussi refouler les autres aspects de sa personnalité: sa part homosexuelle, sa part féminine, sa part noire… Comme tout le monde, le mâle blanc hétéro négocie en permanence. Il peut prendre certains risques. Mais parfois, lorsqu’il se regarde dans le miroir, il voit… une femme ! Et tout ce à quoi il croyait tombe en morceaux !

La théorie du genre a-t-elle une visée politique ?

Je pense aux personnes dont le genre ou la sexualité a été rejetée et je voudrais aider à l’avènement d’un monde où elles puissent respirer plus facilement. Prenez le cas de la bisexualité: la notion d’orientation sexuelle rend très difficile d’aimer tantôt un homme, tantôt une femme – on vous dira qu’il faut choisir. Voyez encore la situation des «intersexes», les gens sexuellement ambigus ou indéterminés: certains demandent que leur ambiguïté soit acceptée comme telle et qu’ils n’aient pas à devenir homme ou femme. Comment faire pour les aider ? L’Allemagne vient de créer un troisième genre dans les catégories de l’administration. Voilà une façon de rendre le monde plus vivable pour tout le monde.

Peut-on se libérer du genre ? Certains plaident pour un monde où le sexe ne serait plus qu’une variable secondaire, comme la couleur des cheveux ou la taille…

Je n’ai jamais pensé qu’il fallait un monde sans genre, un monde post-genre, de même que je ne crois pas à un monde post-racial. En France, des élus de gauche ont demandé qu’on supprime le mot «race» de la Constitution. C’est absurde ! Cela revient à vouloir construire un monde sans histoire, sans formation culturelle, sans psyché… Nous ne pouvons pas faire comme si la colonisation n’avait pas eu lieu et comme s’il n’existait pas des représentations raciales. De même, à propos du genre, nous ne pouvons pas ignorer la sédimentation des normes sexuelles. Nous avons besoin de normes pour que le monde fonctionne, mais nous pouvons chercher des normes qui nous conviennent mieux.

Dans les pays occidentaux, la droite et même l’extrême droite utilisent le thème de l’homosexualité pour dénoncer l’islam et l’accuser d’homophobie. En 2010, lors de la Gay Pride de Berlin, vous aviez refusé un prix en dénonçant la dérive xénophobe du mouvement homosexuel. Cette inquiétude est-elle toujours d’actualité ?

Il existe une façon nationaliste, de droite, de défendre les homosexuels. Mais à l’opposé on trouve des gays et lesbiennes qui combattent à la fois l’homophobie et le nationalisme extrême. Porteurs d’un projet de justice social, ils ne se contentent pas de réclamer des droits seulement pour eux- mêmes, mais aussi pour les autres minorités et notamment pour les migrants.

Ce qui m’avait gênée à Berlin, c’est que le seul groupe dont les associations allemandes dénonçaient l’homophobie, c’était les immigrés musulmans. Comme s’il était facile d’être un adolescent gay dans le système éducatif allemand ! Comme si les Eglises avaient soutenu le combat des homosexuels ! Réduire l’homophobie en Europe à l’islamisme, cela permet de dire: nous, Européens, nous sommes civilisés, nous ne sommes pas homophobes comme les musulmans. C’est faire de l’islam un bouc émissaire. Or l’affaire est beaucoup plus complexe. Par exemple, quiconque a été au Caire ou à Ramallah sait qu’il existe là-bas des communautés gays très vivantes.

Vous avez critiqué les lois françaises interdisant le port du voile islamique à l’école et celui de la burqa. Pourtant, c’est un exemple manifeste de discrimination liée au genre…

Je ne comprends pas la fixation française sur ce sujet. Le voile peut certes être un signe de sou- mission, mais c’est aussi un signe d’appartenance à une famille, à une religion, à un pays d’origine, à une communauté. Contraindre une femme à ôter le voile, c’est l’obliger à se couper de ses attaches, à se déraciner. Certes, on peut juger que s’arracher à son milieu d’origine est une bonne chose, mais ce n’est pas à l’Etat d’en faire une norme obligatoire. Enlever le voile, pour une musulmane, ce doit être un choix, comme le mariage pour un couple gay: personne ne vous oblige à vous marier, mais on vous en donne la possibilité. C’est une norme, mais ce n’est pas obligatoire.

Publié le 15-12-2013 à 19h19 – Mis à jour à 19h30 Propos recueillis par Eric Aeschimann

http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20131213.OBS9493/theorie-du-genre-judith-butler-repond-a-ses-detracteurs.html

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15 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

A « la brèche », des livres pour les fêtes

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Free Angela raconte l’histoire d’une jeune professeure de philosophie, née en Alabama, issue d’une famille d’intellectuels afro-américains, politiquement engagée.

Durant sa jeunesse, Angela Davis est profondément marquée par son expérience du racisme, des humiliations de la ségrégation raciale et du climat de violence qui règne autour d’elle. Féministe, communiste, militante du mouvement des droits civiques aux États-Unis, proche du parti des Black Panthers, Angela Davis s’investit dans le comité de soutien aux Frères de Soledad, trois prisonniers noirs américains accusés d’avoir assassiné un gardien de prison en représailles au meurtre d’un de leur codétenu.
Accusée en 1970 d’avoir organisé une tentative d’évasion et une prise d’otage qui se soldera par la mort d’un juge californien et de 4 détenus, Angela devient la femme la plus recherchée des Etats- Unis. Arrêtée, emprisonnée, jugée, condamnée à mort, elle sera libérée faute de preuve et sous la pression des comités de soutien internationaux dont le slogan est FREE ANGELA !
Devenue un symbole de la lutte contre toutes les formes d’oppression : raciale, politique, sociale et sexuelle, Angela Davis incarne, dans les années 70, le « Power to People ». Avec sa coupe de cheveux « boule » et sa superbe silhouette elle lancera, malgré elle, la mode « afro », reprise à cette époque par des millions de jeunes gens.
Quarante ans plus tard, à l’occasion de l’anniversaire de l’acquittement d’Angela Davis, Shola Lynch, avec Free Angela, revient sur cette période cruciale de la deuxième partie du XXe siècle. Toujours engagée, militante abolitionniste, l’icône Angela continue le combat. Power to people !

DVD : Free Angela and all political prisoners

http://www.la-breche.com/catalog/product_info.php?products_id=2996&osCsid=3b94dc6cf791e6860e8af60493322bc8

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15 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Strasbourg refuse de faire de l’avortement «un droit européen» (lm)

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Le Parlement européen a rejeté, mardi 10 décembre, à Strasbourg, un texte qui réclamait, pour les femmes, un accès généralisé à la contraception et à des services d’avortement sûrs.

Ce « rapport d’initiative », non contraignant, élaboré par Edite Estrela, une élue socialiste portugaise qui préside la commission pour les droits de la femme et l’égalité des genres, divisait l’assemblée. Le vote d’un texte alternatif affirmant la primauté des Etats sur de telles questions et enterrant le rapport Estrela – qui prônait également la liberté de choix quant au fait d’avoir ou non des enfants, et à quel moment – a récolté 334 voix pour et 327 contre.

« L’hypocrisie et l’obscurantisme l’ont emporté », estime l’eurodéputée portugaise. « L’éthique de certains est “en solde” à six mois des élections », juge son collègue belge Marc Tarabella (PS), membre de la même commission. « Ce vote traduit une nette régression pour les droits de la femme ; le Parlement et l’Europe vivent de mauvaises heures », poursuit, au nom des Verts, l’élue française Nicole Kiil-Nielsen.

INTENSE LOBBYING DES ULTRA-CONSERVATEURS

En octobre, lors d’une première tentative de vote du texte en séance publique, Mme Estrela avait été huée et une demande de renvoi présentée par le groupe des Conservateurs et réformistes européens (ECR) – qui rassemble notamment la droite catholique polonaise et les conservateurs britanniques – avait récolté une majorité de suffrages. Bruno Gollnisch (FN), très applaudi, avait guerroyé contre un texte qu’il qualifiait encore, mardi, d’« abominable », se réjouissant qu’il ait été « flingué ».

La conférence des évêques allemands avait appelé à un rejet ferme du rapport. Son président, Mgr Robert Zollitsch, avait dénoncé, à Bruxelles, « la marginalisation de droits fonda-mentaux comme la dignité humaine, le droit à la vie et la liberté de conscience ». Il reprochait également au texte de « transgresser » les droits des parents en matière d’éducation sexuelle. De quoi encourager une campagne massive des ultra-conservateurs qui ont mené un intense lobbying – 100 000 courriels ont été adressés aux eurodéputés – contre « le lobby proavortement ». « Ils agissaient avec la volonté affichée de déformer les faits et affirmaient, par exemple, qu’il s’agissait de légaliser la pédophilie », affirme Mme Kiil-Nielsen.

Mal à l’aise, certains groupes politiques se sont divisés. L’Alliance des libéraux et démo- crates (ALDE) a finalement fait pencher la balance du côté des détracteurs du texte, malgré l’en- gagement en sa faveur de leur porte-parole, la Néerlandaise Sophia in’t Veld. C’est toutefois le groupe PPE (conservateurs) qui est montré du doigt et accusé par la gauche d’avoir fait résonner « un signal grave, celui des dangers qui menacent les droits des citoyens », selon la Française Sylvie Guillaume (PS).

« Ma ligne est celle de Simone Veil, première présidente PPE du Parlement européen, et je suis favorable à l’IVG », réplique Elisabeth Morin-Chartier (UMP). Cette élue, opposante au rapport Estrela, déplore « le dogmatisme et le manque de diplomatie » de sa collègue portugaise, qu’elle accuse d’avoir elle-même favorisé « l’explosion » en ajoutant à son rapport des considérations sur la procréation assistée pour les lesbiennes ou les droits des transsexuels.

Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen) LE MONDE | 11.12.2013 à 12h26

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article30609

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14 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Pas de cadeaux pour le sexisme!

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Parce que le sexisme nous assène son trop plein de clichés particulièrement pendant cette période de Noël (catalogue de jouets, rayonnage des magasins, etc.), Mix-Cité Rennes organise la riposte samedi 14 décembre, dès 15h, place de la République, à Rennes. Afin de déjouer le sexisme dans l’attribution des jouets, l’association proposera un jeu de l’Oie géant, des chants de Noël revisités, la possibilité d’être pris.e en photo aux côtés de la mère Noël, un stand de littérature de jeunesse anti-sexiste et des cadeaux surprise !

Vous avez sans doute maintes et maintes fois feuilleté les très traditionnels catalogues de jouets à l’approche des festivités de Noël…
Mais avez-vous déjà réfléchi aux stéréotypes et aux normes qui y sont véhiculés ?
Deux mondes sont clairement séparés et aisément repérables par un code couleur d’une originalité folle : le monde rose des filles et l’univers bleu des garçons. D’un côté des kits de chimiste, de docteur, de bricoleur et des jeux de guerre, de l’autre des poupées, des jeux d’imitation (sic) : aspirateur, dînette, tête à coiffer…
Comment s’étonner alors que l’on retrouve cette division dans le monde adulte : 80% des tâches ménagères effectuées par les femmes, 78% des employé.e.s non qualifié.e.s sont des femmes, un écart persistant de 27% entre les salaires des femmes/hommes.

De plus, ce monde manichéen, tout bleu ou tout rose, ne laisse aucune place à tout autre modèle que celui du couple hétéronormé. Quelle liberté quant aux choix de l’enfant concernant son développement socio-sexuel ? Refus de la vie en couple à deux, refus du mariage, homosexualité, bisexualité, trans-sexualité… vendredi 13 décembre 2013 Mix-Cité Rennes

http://www.rennes-info.org/Pas-de-cadeaux-pour-le-sexisme,7058

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13 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

L’avortement, c’est un droit, c’est un choix!

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(sos petits blancs, bien sûr!)

Paris, appel à un rassemblement

Après avoir été chassés du centre IVG Tenon (20è) par les contre-rassemblements, les anti- avortement de « SOS tout petits » s s’en prennent désormais à celui de Port-Royal : ils organisent ce samedi 14 décembre un rassemblement contre l’avortement.

Nous affirmons haut et fort que nous ne leur laisserons pas le terrain.

Nous serons là, face à eux, pour affirmer le droit des femmes à disposer de leur corps : un enfant, si je veux, quand je veux !

Le droit à l’avortement à été acquis de haute lutte par les mouvements féministes, et constitue un élément fondamental de l’émancipation des femmes. Contester ce droit, c’est remettre en cause la liberté des femmes de décider si elles veulent avoir un enfant, et quand, c’est vouloir les placer dans la hantise d’une grossesse non désirée. Et on sait bien que lorsque l’avortement est pénalisé, les femmes avortent quand même mais dans des conditions déplorables qui les mettent en danger de mort, ou vont à l’étranger pour celles qui en ont les moyens.

Ces dernières années, le droit à l’avortement, contesté par les réactionnaires, a été remis en cause dans les faits par les politiques de réduction des coûts et des effectifs dans le secteur de la santé. La tarification à l’acte, les regroupements hospitaliers, les diminution du nombre de personnel·le·s sont autant de menaces qui pèsent sur l’accès à l’IVG. Réclamons une véritable prise en compte des besoins des femmes, contre une politique de rentabilité.

Ce rassemblement est aussi un moyen de signifier aux réactionnaires de tout poil, qui ont pris de la confiance avec les « manifs pour tous », que les forces progressistes seront toujours là face à eux et ne les laisseront pas promouvoir le sexisme, l’homophobie et le racisme.

Pour le droit à l’avortement, des moyens à la hauteur des besoins dans le secteur de la santé, et contre l’extrême-droite, venez manifester ce samedi à 10h à Port-Royal (gare du RER B).

Premiers signataires : 8 mars pour toutes, Alternative Libertaire, Ensemble, Ligue des droits de l’Homme Paris 6/14è, Nouveau Parti Anticapitaliste Paris, Parti de Gauche 6è, Solidaires étudiant·e·s ENS.

Rdv à 10h à Port-Royal, RER B

http://npa2009.org/node/40020

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11 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Histoire des luttes féministes à rennes (rennes infos)

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 Appel à souscription !

L’association Histoire du féminisme à Rennes est très heureuse de vous informer de la sortie, mi-février 2014, du livre « Les femmes s’en vont en lutte ! Histoire et mémoire des luttes féministes à Rennes (1965-1985) ».

Pour soutenir l’édition du livre, nous lançons une souscription : si vous commandez le livre à partir de maintenant et jusqu’au 12 février 2014 il vous coûtera 12 € au lieu de 14 € lors de sa parution. Le bulletin est à envoyer, accompagné de votre règlement par chèque, aux éditions Goater 12 rue Gaston Tardif 35000 Rennes.mardi 10 décembre 2013

Vous pouvez également le commander sur le site internet des Éditions Goater http://www.editions-goater.org

Pour plus d’informations vous pouvez consulter le blog de l’association http://histoire-feminisme-rennes.bl… .

http://www.rennes-info.org/Livre-sur-l-histoire-des-luttes

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05 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Le dico des chiantes (l’a.ch)

tais toi

Camouflé en livre sympa – brillant, pailleté, rose –, le Dico des Filles est un ouvrage destiné aux adolescentes en quête de conseils.

Le concept est plaisant; c’est exactement le genre de bouquin que ma mère aurait pu m’acheter pour mes 15 ans. Publié chaque année, il se propose de donner aux jeunes filles des «infos, des bons plans, et des astuces afin de traverser dans la douceur et la gaieté le pays escarpé de l’adolescence ». C’est gentil, merci.

Sauf que ce Dico n’échappe pas à la règle et s’avère être – à chaque fois, immanquablement – bourré de clichés sexistes et d’injonctions misogynes et homophobes servant le modèle traditionnel de notre bonne vieille société patriarcale. C’est le cas d’un bon nombre de livres «éducatifs» pour enfants, mais celui-ci est une petite perle dont je ne peux m’empêcher de partager ici les fulgurances.

Le poil, c’est mal Le ton est donné dès les premières pages du livre, puisqu’on y trouve tout naturellement un «cahier de tendances, avec des articles mode et actu, ainsi que des conseils beauté».

Ma fille, tu te poses trop de questions, apprends donc plutôt à te maquiller, tu verras ça ira mieux! Les choses sérieuses ne commencent qu’après ce petit ramassis gratuit d’inepties (style, mode, psycho, sexo, comment perdre 10 kilos en une minute, dois-je me raser entièrement la tête comme Britney Spears pour être vraiment branchée…).

Des sections thématiques, comme les notoires «Avortement», «Complexes», «Egalité», «Homosexualité», sont traitées sous divers angles, mais toujours de manière culpabilisante et conservatrice. En ce qui concerne l’avortement, on peut lire que «si la loi permet cet acte, elle ne le rend pas pour autant juste ou moral». Dans la section consacrée aux complexes: «Vous avez une poitrine qui vous encombre, vous n’osez pas vous mettre en maillot de bain. Il faut peut-être envisager à la fin de l’adolescence d’avoir recours à la chirurgie esthétique». Dans la même veine, on nous rappelle solennellement que le poil, c’est le mal: «les gens seraient choqués de vous voir avec des poils sous les aisselles […] cela peut donner l’impression qu’une femme ne prend pas soin d’elle ou pire, qu’elle est sale».

Les garçons, c’est bien Certains articles sur la sexualité, la virginité ou l’égalité, sont tout bon- nement accablants; il est notamment sous-entendu que le plaisir des garçons est plus important que celui des filles, et que l’égalité entre les sexes n’est qu’une théorie, un vaste complot des féministes visant à mettre tout le monde dans le même panier, à nier les différences et à tuer la créativité et les talents de chacun·e.

L’édition 2011 affirmait qu’il fallait «attendre l’âge adulte pour être vraiment fixé sur sa sexualité», parce que l’adolescence est l’âge «des désirs confus et des sentiments troubles, et qu’il en est de même pour [nos] amies». Dès lors, le Dico des Filles nous conseille, et on l’en remercie: «Apprenez à garder la bonne distance. L’intimité entre amies s’arrête aux limites de la pudeur. Evitez de dormir dans le même lit ou de prendre des douches ensemble afin de ne pas vous retrouver dans une situation gênante»! Le message est clair: sois belle, conforme, inoffensive, soumise, hétéro. Pitié. Est-ce que c’est vraiment comme ça qu’on veut éduquer nos filles?

Rosita Manos 28 novembre 2013 – Article paru dans L’Anticapitaliste n°101, 28 novembre2013

http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=11403

Commentaire: Rappelons aux camarades suisses que « Fleurus » c’est catho et l’église reste l’église! Ils ne peuvent pas tout le temps être à la manif pour tous. Il y a d’autres taches!

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