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20 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Liberté immédiate pour Amina!

Liberté immédiate pour Amina! dans Féminisme tumblr_mk8lqycujm1qavmuuo1_12802

Amina Sboui, la première Femen tunisienne, a été arrêtée le 19 mai dernier alors qu’elle venait de taguer, seule, les cinq lettres du mot FEMEN sur un muret d’enceinte du cimetière de Kairouan.

D’abord inculpée pour détention illégale d’un aérosol d’autodéfense et écrouée à la prison de Messaadine, elle voit depuis les inculpations les plus fantaisistes tomber les unes après les autres : « association de malfaiteurs », « outrage public à la pudeur », « profanation de sépulture » (pour le tag, alors qu’il a été écrit à l’extérieur et non à l’intérieur du cimetière), puis « diffamation et outrage à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions », toutes accusations qui, si elles étaient retenues, seraient passibles de longues années d’emprisonnement. La liberté provisoire lui a été refusée en raison de « la gravité du crime imputé ». Elle répondra de la dernière accusation lors d’une audience prévue le 22 juillet. Amina Sboui a dix-huit ans. En Tunisie, un comité de soutien s’est constitué et elle a reçu la solidarité de l’Association Tunisienne des Femmes démocrates, de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme ou encore du Parti Pirate. Au niveau international, Amnesty International, Human Rights Watch, l’OMCT et la FIDH se sont d’ores et déjà mobilisées à des degrés divers. Reste que face à ce harcèlement judiciaire pour un simple délit d’opinion et d’expression, Amina a besoin d’une campagne de soutien au niveau international.

Le NPA exige sa libération immédiate et l’abandon des charges retenues contre elle.

Montreuil, le 19 juillet 2013

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15 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Projet de loi : encore loin de l’égalité femmes-hommes

Projet de loi : encore loin de l’égalité femmes-hommes dans Féminisme hello-kitty-punisher-n-1024x1024-300x300

Le mercredi 3 juillet, la ministre des Droits des femmes a présenté au conseil des ministres un projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes.

Cette liste de mesures va dans le sens des revendications féministes, mais elles sont beaucoup trop faibles pour avoir un véritable impact.
Le projet de loi veut réformer le congé parental, pour inciter les pères à en prendre davantage, car 96  % des 540 000 bénéficiaires sont des femmes. Ainsi, les parents d’un seul enfant, qui ont aujourd’hui droit à six mois de congé, pourront prendre six mois de plus à condition que ce soit le second parent qui en bénéficie. À partir de deux enfants, la durée du congé restera de trois ans à condition que six mois soient pris par le second parent. Les salaires des hommes étant supérieurs à ceux des femmes, il semble improbable que les couples renoncent à cette source de revenus. Cette réforme va permettre au gouvernement de faire des économies sur les congés parentaux et rendre plus difficile la garde des jeunes enfants : qui va s’occuper d’eux pendant les 6 mois restants avant l’entrée en maternelle ? Les places en crèche, malgré les 100 000 supplémentaires annoncées sont insuffisantes. Un dispositif d’accès prioritaire sera créé, mais ne résoudra pas le problème.

Un manque d’ampleur Autre mesure, l’expérimentation par une dizaine de départements pendant trois ans d’une garantie contre les impayés de pensions alimentaires. Le texte prévoit leur recouvrement par la CAF, qui pourra effectuer des saisies sur les prestations fami- liales. On peut s’interroger sur la nécessité de cette « expérimentation » : n’est-elle pas seulement faite dans un souci d’économie ?
En ce qui concerne les entreprises, celles qui seront condamnées pour discrimination ou non-respect des dispositions en matière d’égalité professionnelle ne pourront pas soumissionner aux marchés publics. La Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) s’est empressée de réagir : « cela pénalisera les PME qui recrutent avant tout des compétences et n’ont pas les moyens des grands groupes pour satisfaire à toutes les obligations nouvelles ». D’ici le début du débat parlementaire sur la loi, prévu le 10 septembre prochain, la CGPME aura sûrement le temps de faire du lobbying pour le retrait de ce point.
Ce projet de loi annonce aussi que l’ordonnance de protection pour les femmes victimes de violences sera prolongée de 4 à 6 mois. Elle est censée être prise « dans les meilleurs délais », cela reste flou et insuffisant. On remarque que les mesures restent cantonnées aux violences conjugales : rien n’est fait pour les victimes de viol, de la prostitution, ou encore des mutilations. De plus, cette loi oublie complètement de traiter l’égalité salariale ou encore l’éducation de l’égalité homme-femme à l’école. Si les mesures vont plutôt dans le bon sens, on ne peut que constater leur manque d’ampleur ainsi que celui bien sûr des moyens financiers.

Magali Villeneuve Samedi 13 juillet 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 203 (11/07/13)

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14 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

« Nous aussi des citoyennes », les femmes dans la Révolution française de 1789 (Rouge)

« La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits », jette Olympe de Gouges à la face des citoyens.

Paradoxe majeur d’une Révolution française fondée sur l’universalité du droit naturel: la moitié de la société reste exclue des droits politiques et du suffrage dit universel.  Les femmes jouèrent un rôle important, et même souvent un rôle moteur, dans le processus révolutionnaire. Rappelons ainsi la marche de milliers de femmes sur Versailles, les 5 et 6 octobre 1789, qui ramena le roi à Paris et l’obligea à ratifier les décrets du 4 août. Remémorons-nous l’engagement actif des « tricoteuses » parisiennes aux côtés des Montagnards dans le conflit qui les opposa, en 1793, aux Girondins. Ou évoquons encore les manifestations de femmes qui, en avril et mai 1795, marquèrent le déclenchement des grandes insurrections de l’an III. Contrairement à une vision répandue, la revendication du pain ne fut jamais l’unique étendard des foules féminines.

Présentes à chaque étape On retrouve la présence des femmes à chacune des étapes qui marquèrent la radicalisation de la Révolution : dans le rassemblement du Champ-de-Mars, le 17 juillet 1791 ; parmi les initiateurs de la pétition pour l’abolition de la royauté ; au sein du mouvement des sans-culottes parisiens, en 1793, et souvent sur les positions politiques les plus avancées. Ce sont elles encore qui peuplèrent les tribunes des grands clubs Jacobins et Cordeliers et de l’Assemblée nationale, d’où elles n’hésitèrent pas à interrompre les orateurs pour manifester leur approbation ou leurs désaccords. Leur exclusion des droits politiques ne suscita pas la naissance d’un mouvement féministe tel qu’en connut le XXe siècle. Mais la tonalité féministe de nombre de déclarations et d’écrits de ces femmes semble indéniable. Leur action mit souvent en cause concrètement le statut traditionnel que la société, même révolutionnaire, leur réservait alors.

 Cette dimension féministe, on en trouve des traces dès les débuts de la Révolution, dans cette floraison de brochures, motions et pétitions à laquelle donne lieu la préparation des états généraux. Quelques femmes, de milieu aisé, prennent elles aussi la plume pour dénoncer la situation de mineures à vie qui est le lot de la moitié de la société. « La devise des femmes est travailler, obéir et se taire, écrit ainsi M.B. dans son « Cahier de doléances et réclamations des femmes », en 1789. « Voilà certes un système digne de ces siècles d’ignorance, où les plus forts ont fait les lois et soumis les plus faibles. » Les principales revendications alors mises en avant portent sur les droits civils (la fin du privilège de masculinité en matière d’héritage, le divorce) et sur l’instruction. « Ne nous élevez plus comme si nous étions destinées à faire les plaisirs du sérail », proteste encore M.B. Mais cette période reste avant tout marquée par deux grands textes de portée plus théorique: celui d’un homme, Condorcet (« Sur l’admission des femmes au droit de cité », paru dans la presse en juillet 1790), et la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne », d’Olympe de Gouges, en septembre 1791. Tous deux se placent d’emblée sur le terrain de l’égalité. Pour Condorcet, « ou aucun individu de l’espèce humaine n’a de véritables droits, ou tous ont les mêmes »; si les femmes restent exclues des droits politiques, c’est une violation des principes de 1789, un « acte de tyrannie ».

L’égalité ou la tyrannie De son côté, l’article premier de la Déclaration d’Olympe de Gouges proclame : « La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. » Ce qui inclut les droits politiques (article VI) : « La loi doit être l’expression de la volonté générale; toutes les citoyennes et tous les citoyens doivent concourir personnellement, ou par leurs représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous. » Anticipation véritablement révolutionnaire, la Constitution du 3 septembre 1791, adoptée au même moment, instaure le suffrage censitaire masculin… Beaucoup plus modérée sur le plan politique, Olympe de Gouges dénonce à plusieurs reprises la politique des Montagnards : elle meurt sur l’échafaud le 3 novembre 1793. Mais le commentaire publié quelques jours plus tard dans le Moniteur montre bien quel est son principal crime: « Elle voulut être homme d’Etat. Il semble que la loi ait puni cette conspiratrice d’avoir oublié les vertus qui conviennent à son sexe. »

 D’autres voix s’élèvent également pour dénoncer l’exclusion des femmes des droits naturels. Celle de M. Jodin, qui écrit en 1790, dans ses Vues législatives pour les femmes : « Et nous aussi nous sommes citoyennes. » Ou encore, la même année, celle d’Etta Palm, avec son Discours sur l’injustice des lois en faveur des hommes, au dépend des femmes. Un changement va toutefois se produire à partir de 1792: les femmes ne vont pas rester en dehors du mouvement qui pousse le peuple à intervenir de plus en plus directement dans le cours d’une histoire en train de s’accélérer (menaces de guerre aux frontières, menées contre-révolutionnaires des « ennemis de l’intérieur », difficultés économiques croissantes, etc.). Et, ainsi, aux prises de position individuelles des premières années succèdent des formes d’action plus collectives et portées par des femmes d’origine plus populaire, qui vont inscrire dans les faits cette aspiration égalitaire.

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De la réthorique à la pratique Cette évolution est manifeste, par exemple, dans l’histoire des clubs de femmes, qui font leur apparition dès 1790-1791 dans plusieurs villes de province (une trentaine sont actuellement connus). Constitués au début essentiellement de bourgeoises, épouses ou filles de membres des clubs masculins, et principalement tournés vers des activités philanthropiques d’éducation et d’assistance publiques, activités traditionnelles qui traduisent toutefois la volonté de leurs adhérentes de contribuer directement au « service de la patrie », la plupart de ces clubs se radicalisent rapidement sous la pression des événements. Ils participent activement à la vie politique de leur ville, en même temps que leur recrutement se démocratise (parallèlement, de nombreuses femmes, et parfois les mêmes, entrent dans les sociétés populaires qui acceptent plus facilement leur participation).

La question de l’armement des femmes est une des revendications les plus souvent mises en avant. Au-delà de la volonté patriotique, il s’agit, pour celles qui avancent cette revendication, de s’affirmer comme citoyennes à part entière. « La société ne peut nous ôter ce droit que la nature nous donne, à moins que l’on ne prétende que la Déclaration des droits n ‘a point d’application pour les femmes »: de cette façon s’expriment trois cent dix-neuf Parisiennes en mars 1792 dans une pétition à l’Assemblée nationale. Quelques jours plus tard, Théroigne de Méricourt, devant la Société fraternelle des minimes, appelle les femmes à s’organiser en corps armé: « Il est temps enfin que les femmes sortent de leur honteuse nullité où l’ignorance, l’orgueil et l’injustice des hommes les tiennent asservies depuis si longtemps. » Comme on peut s’en douter, toutes ces demandes sont refusées: « Gardons-nous d’intervertir l’ordre de la nature », réplique un député aux signataires de la pétition…

Dans la rue et les clubs La volonté des femmes de participer pleinement à la vie politique et de peser directement sur la marche des événements se manifeste aussi par de nombreuses pétitions ou adresses portant sur des thèmes généraux, non spécifiques. Celles de Nantes demandent, par exemple, l’arrestation des nobles; à Besançon, elles réclament l’arrestation de la reine; d’autres dénoncent le clergé réfractaire ou exigent « la punition de tous les conspirateurs ». Le même souci anime celles qui, le 10 mai 1793, fondent à Paris le Club des citoyennes républicaines révolutionnaires. Estimant qu’elles ne pouvaient s’exprimer pleinement au sein des clubs et sociétés populaires, elles décident de se regrouper à part afin, expliquent-elles, de « délibérer sur les moyens de déjouer les projets des ennemis de la République ».

Elles vont ainsi se mobiliser pleinement, en mai-juin 1793, contre les Girondins, demandant leur mise en accusation et l’épuration des administrations. Elles participent directement à l’insurrection des 31 mai et 2 juin, qui pousse la Convention à décréter l’arrestation de vingt-neuf députés girondins. Durant toute cette période, leur club constitue l’une des principales forces du mouvement révolutionnaire, à l’origine directe de nombreuses initiatives. L’écrasante majorité des députés n’en continue pas moins à ne pas se poser le problème des droits politiques des femmes (à de rares exceptions près comme Guyomar ou Romme). La Constitution adoptée le 24 juin 1793 ne leur accorde toujours pas le droit de vote. Ce qui n’empêche pas un grand nombre de femmes, lors du référendum de ratification de la Constitution, de venir voter et prêter serment, elles aussi, manifestant dans les faits, une nouvelle fois, leur refus d’être exclues de la nation. Elles se regroupent donc, dans plusieurs villes, pour voter l’acceptation de la Constitution et rédiger des déclarations à l’adresse de la Convention: « Les citoyennes ont aussi le droit de ratifier un acte auquel elles ont si efficacement concouru. Les droits de l’homme sont aussi les nôtres », affirment les républicaines de Beaumont. Tandis que les citoyennes de la section du faubourg Montmartre regrettent que « la loi les prive du droit précieux de voter ».

Un sentiment d’injustice Ces femmes ont le sentiment légitime d’avoir contribué à la victoire du mouvement révolutionnaire et de représenter une force importante. Ce sentiment de leur force rend l’injustice d’autant plus flagrante. Cela éveille des interrogations, suscite des remises en cause… Cette prise de conscience, si elle reste encore minoritaire, n’est plus limitée, comme au début, à quelques individus isolés. Il ne s’agit pas d’un mouvement organisé, mais d’un débat diffus qui traverse la plupart des clubs et nombre de sociétés populaires. Début juillet 1793, des citoyennes de la section des Droits de l’homme affirment par exemple qu’elles ne veulent plus être considérées comme des « êtres passifs et isolés », relégués dans la « sphère étroite de leur ménage ». Durant tout l’été et l’automne 1793, les militantes des clubs vont continuer à intervenir directement dans le champ politique. Mais ceux qui viennent de s’assurer le pouvoir grâce à l’appui du mouvement populaire cherchent maintenant à endiguer celui-ci…

Sous l’impulsion de ses dirigeantes, Claire Lacombe et Pauline Léon, le Club des citoyennes républicaines révolutionnaires se rapproche des positions des Enragés. Dans une pétition, le 26 août, ce club dénonce « les prévarications sans nombre qui ont lieu dans les ministères », l’ »anarchie et le règne des Intrigants », les « scélérats qui sont à la tête de nos armées ». Les signataires demandent aux députés de destituer tous les nobles et les administrateurs coupables et de créer des tribunaux révolutionnaires. Un peu plus tard, le Club se prononce pour le contrôle et la responsabilité des agents de l’Etat, et pour un exécutif placé sous le contrôle direct du peuple organisé dans les sections. Cette conception de la démocratie directe va susciter l’hostilité croissante du gouvernement et des grands clubs masculins.

Auto préservation masculine A partir de septembre 1793. des députés dénoncent devant la Convention ces « prétendues révolutionnaires ». Elles sont désormais considérées comme suspectes, et à double titre: du fait de leurs positions politiques avancées, et parce qu’elles remettent directement en cause la suprématie masculine. La citoyenne Dubreuil l’a bien compris: « Les hommes s’aperçoivent qu’à mesure que les femmes s’éclaireront leur despotisme marital disparaîtra, comme celui du ci-devant roi. » La Convention va se saisir du premier prétexte venu – une rixe entre des membres du Club et des marchandes des Halles au sujet du port du bonnet rouge, pour déclencher l’offensive. Le député Fabre d’Eglantine se fait l’écho des angoisses et des fantasmes masculins devant ces « filles émancipées », ces « grenadiers femelles » qui, prédit-il, après avoir obtenu, peu de temps auparavant, l’extension aux femmes de l’obligation de porter la cocarde, ne vont pas tarder à « demander la ceinture, puis les deux pistolets à la ceinture ». Le lendemain, le 30 octobre, après avoir rappelé dans un long discours que « les fonctions privées auxquelles sont destinées les femmes par la nature même tiennent à l’ordre général de la société », Amar, le rapporteur du Comité de sûreté générale, conclut: « Il n’est pas possible que les femmes exercent des droits politiques. » En conséquence, la Convention décrète l’interdiction des clubs et sociétés populaires de femmes, « sous quelque dénomination que ce soit ». Un seul député proteste.

Le coup du 9 brumaire C’est ainsi que le problème des droits politiques des femmes est, pour la première fois, débattu à l’Assemblée nationale… et rapidement tranché! De ce 9 brumaire an 1 (30 octobre 1793) date la première grande mesure contre-révolutionnaire de la Convention. Ce décret renvoie officiellement les femmes au domaine du privé – que selon beaucoup de gens, elles n’auraient jamais dû quitter. Reste que, à travers les Citoyennes révolutionnaires, cette mesure vise aussi tous les courants politiques radicaux. Le deuxième article du décret (toutes les séances des sociétés populaires doivent dès ce moment être publiques) annonce déjà l’offensive suivante, contre les sociétés sectionnaires. Celles qui se veulent des « femmes libres » trouvent bien peu de défenseurs, même parmi les révolutionnaires politiquement les plus avancés. Le rapport Amar exorcise sans doute des peurs masculines largement partagées! Le décret du 9 brumaire ne met pas un terme à l’intervention politique des femmes, qui continuent à jouer un rôle de premier plan dans toutes les manifestations de mécontentement général, jusqu’à l’insurrection du 1er prairial an III (20 mai 1795). L’échec de ce dernier signe la fin du mouvement féminin de masse : les décrets des 1er et 4 prairial interdisent aux femmes d’assister aux assemblées politiques et de s’attrouper dans la rue à plus de cinq. En revanche, le 9 brumaire met bien fin à ce mouvement d’idées qui s’est développé depuis le début de la Révolution, pour lequel l’avènement d’une société réellement nouvelle devait signifier aussi l’avènement d’une femme nouvelle, une femme libre. Après le rapport Amar, personne n’élèvera la voix pour défendre les droits des femmes.

Paru dans un supplément à « Rouge », juillet 1989, Par Anne Marie Granger le Dimanche, 02 Septembre 2007

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=796:qnous-aussi-des-citoyennesq-les-femmes-dans-la-revolution-francaise-de-1789&option=com_content&Itemid=53

CouvGuerin Une lecture indispensable!

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13 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Irlande, oui à l’avortement, mais à minima (CI)

Irlande, oui à l'avortement, mais à minima (CI) dans Europe savita-hero

Le Parlement irlandais vient d’adopter un projet de loi autorisant l’avortement, au cas où la vie de la mère serait en danger.
Un texte très controversé dans ce pays à forte tradition catholique. Le gouvernement du Premier ministre Enda Kenny (issu du Fine Gael, parti de centre-droit, au pouvoir depuis mars 2011) a fait voter jeudi 11 juillet à minuit une loi autorisant l’avortement uniquement si la vie de la mère est mise en danger par sa grossesse, et notamment si elle menace de se suicider. La loi a été votée à 127 voix contre 31, après des dis- cussions enflammées sur 165 amendements. Dans ce pays très catholique, rappelle Lise Hand, du Irish Independent, le débat sur l’avortement « est un combat parlementaire à couteaux tirés, qui a commencé en 1992″, date d’un arrêt de la Cour Suprême que reprend l’actuel projet de loi.Parmi les cinq députés du Fine Gael ayant voté contre le projet, la ministre aux Affaires européennes, Lucinda Creighton, a fait un discours remarqué, s’insurgeant contre le fait que le projet allait « ouvrir la boîte de Pandore des abus potentiels », en faisant de la menace de suicide un outil de revendication. Un discours qui l’a forcée à démissionner après le vote, et qui lui coûte une carrière « pourtant prometteuse », selon Irish Independent.  A l’opposé de l’ex-ministre, Dearbhail McDonald, du Irish Independent, s’indigne de ce que des questions cruciales aient été évacuées du débat, comme celle de légaliser « l’avortement en cas de viol ou d’inceste », sur laquelle il y a pourtant « un large consensus sociétal » en Irlande. Pour elle, du fait de l’intimidation menée par « la hiérarchie catholique », le véritable enjeu – la vie de femmes et d’enfants – a été éclipsé « au profit du drame joué au sein de Fine Gael ».

Ruadhàn Mac Cormaic, du Irish Times, souligne quant à lui que la nouvelle loi n’inclut pas d’amendement pour autoriser l’avortement « au cas où le foetus présenterait des anomalies fatales ». Le gouvernement a refusé cette situation en affirmant qu’il avait « les mains liées » sur la ques- tion, car il devait « agir dans les limites du jugement rendu par la Cour Suprême en 1992, qui ne dit rien » à ce sujet. Faire passer cet amen- dement aurait nécessité un référendum, « un pas politique » que le gouvernement n’était pas prêt à faire, regrette le journaliste. Même avec cette loi, l’Irlande garde donc « l’un des systèmes les plus restrictifs du monde occidental sur l’avortement », déplore Dearbhail McDonald. Le gou- vernement a ignoré « le vote silencieux » des quelques quatre mille femmes par an qui « se rendent au Royaume-Uni » pour avorter, laissant aux autres pays le soin de régler leur problème. Courrier international  Chloé Paye 12 juillet 2013

 

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10 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Camp d’été des Jeunes Féministes d’Europe

Camp d'été des Jeunes Féministes d'Europe dans Féminisme campamentonovasmmm

Le Camp des Jeunes Féministes européennes, est une initiative de la Coordination européenne de la Marche Mondiale des Femmes, un mouvement social mondial qui rassemble des groupes de femmes de la base, pour lutter contre le patriarcat, l’exploitation et les violences subies par les femmes dans le monde. L’idée du campement est de construire un réseau et de la solidarité entre jeunes femmes féministes d’Europe  et globalement pour rendre notre combat plus fort et durable.

Nous avons commencé avec le 1er camp en 2011 près de Toulouse en France, où environ 70 jeunes féministes de France, Roumanie, Suisse, Arménie, Allemagne, Pays Basque, Belgique, Macédoine, Portugal, Pologne et d’autres pays d’Europe ont participé. Le but du camp était de se rencontrer avec des jeunes femmes partageant les mêmes luttes et pour être plus fortes en unissant ces luttes. Il y a eu de nombreux ateliers autour de la situation des femmes dans les différents pays et permettant d’apprendre différents outils et techniques pour nous aider dans les mouvements de femmes. Nous avons aussi fait une manifestation dans la ville de Toulouse et rédigé un Manifeste commun. Nous avons donné de la voix à différentes luttes dans lesquelles nous sommes engagées comme le droit à l’avortement, contre l’austérité, les violences contre les femmes, le racisme, l’homo-lesbo-transphobie, le changement climatique, etc.

On s’est retrouvées en 2012 en Roumanie pour le deuxième Camp de Jeunes Féministes d’Europe avec un plus grand réseau incluant des femmes du Chili, du Brésil, de Turquie et de nombreuses féministes d’Europe venant pour la 1ère fois. De nouveau nous avons eu un super camp, qui nous a amené à plusieurs projets et actions collectives. Vous pouvez en savoir plus sur notre blog : http://youngfeministcamp.wordpress.com/

Notre réseau a grandi et s’est développé depuis notre premier campement en 2011 et nous voulons continuer de grandir. Nous avons besoin de votre aide pour nous rencontrer une nouvelle fois en Aout cette année. Cette fois, nous nous rencontrerons au Portugal, où la troika – l’alliance du FMI, de la Commission européenne et de la Banque Centrale Européenne – avec les gouvernements qui soutiennent leur politique a dévasté le pays depuis 2 ans.

Cette année nous voulons continuer à nous étendre en incluant plus de pays d’Europe de l’est comme la Bosnie Hérzegovine, la Croatie, la Bulgarie, le Montenegro … et pous inviter des femmes des Philippines, de Tunisie et du Kenya. Nous croyons qu’il est important de mettre en lien les femmes malgrè les difficultés politiques et les barrières culturelles afin de briser celles qui ont été construites entre nous pour nous garder faibles et divisées.

Le chômage, la précarité et la pauvreté ont augmenté, hypothéquant la vie de la plupart des gens, et notamment de millions de femmes. Le droit à la santé sexuelle et reproductive devient de plus en plus un mirage pour nombre d’entre nous. Le Portugal est un des seuls pays européens à avoir vu la différence entre les salaires des hommes et ceux des femmes augmenter. Les violences faites aux femmes ont aussi augmentées et se sont intensifiées.

Alors que les années précédentes, nous étions financées par le programme Jeunesse de l’Union Européenne, notre financement de cette année est encore incertain. Nous savons que ces camps ont été des moments cruciaux dans nos vies de jeunes femmes en lutte pour mettre fin aux violences et aux injustices dans nos vies, nos communautés, nos pays. Nous avons vu nos luttes réaffirmées, rendues plus fortes et connectées aux luttes des autres jeunes femmes du réseau des Jeunes Féministes d’Europe des campements des 2 dernières années. Et nous croyons qu’il est important de continuer de se rencontrer, de partager des idées et des exemples de luttes, des succès et des échecs, d’engager encore des conversations parfois difficiles entre nous, de casser les stéréotypes et de collaborer pour rendre le monde meilleur pour toutes les femmes.

Votre contribution nous permettra de nous rencontrer en aout et de continuer de construire le mouvement. En donnant, vous faites aussi part de ce mouvement qui travaille pour en finir avec la pauvreté, le racisme, l’homo-lebo et transphobie, et avec toutes les injustices subies par les femmes dans les différents pays. Si nous atteignons notre objectif de budget, nous pourrons inviter des femmes d’autres pays en dehors d’Europe pour rejoindre nos luttes collectives et devenir plus fortes dans l’unité.

http://www.indiegogo.com/projects/european-young-feminists-camp

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15 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Grande distribution : « Les salariéEs ne sont pas tant mobiliséEs par des discours patronaux qu’immobiliséEs par leurs conditions de travail »

Grande distribution : « Les salariéEs ne sont pas tant mobiliséEs par des discours patronaux qu’immobiliséEs par leurs conditions de travail » dans Féminisme les-damnees-de-la-caisse

Entretien. Marlène Benquet, sociologue, publie un livre sur la grande distribution.

À travers une longue enquête de près de trois ans dans une des principales entreprises, l’auteure montre comment ce secteur a connu de profonds bouleversements au cours des dernières décennies. Du siège de la direction aux caissières des supermarchés, en passant par la principale organisation syndicale, ce regard d’ensemble permet de mieux comprendre le fonctionnement d’une telle entreprise.

Le groupe de grande distribution que tu as étudié, a profondément été transformé par l’apparition d’acteurs financiers. Comment vois-tu ce processus et ses conséquences ?
Depuis une vingtaine d’années en France, on voit se développer une financiarisation importante de l’actionnariat des entreprises. Des entreprises qui étaient jusqu’ici détenues par des actionnaires industriels ou familiaux passent entre les mains d’acteurs financiers, principalement des fonds d’inves-tissement. Les montants investis par les fonds en France ont été multipliés par sept entre 1999 et 2009. La spécificité des fonds, c’est qu’ils achètent les entreprises à crédit, avec deux types de capitaux : des emprunts bancaires remboursés chaque mois et des capitaux prêtés par des investisseurs institutionnels qu’il leur faut rendre au bout de quelques années en vendant l’entreprise. Leur objectif est donc d’abord de revendre l’entreprise rapidement en réalisant la plus-value la plus importante. De plus, ils ne peuvent supporter la moindre baisse de rentabilité de l’entreprise, qui les met en situation de ne plus pouvoir rembourser leurs emprunts. Les entreprises sont ainsi mises sous tension, et doivent générer le plus de cash possible dans un temps très court.

La grande distribution est l’un des plus gros employeur en France, pourtant la conflictualité semble assez faible dans ce secteur. Pourquoi ?
La grande distribution emploie environ 600 000 personnes en France. Carrefour est le premier employeur privé français, comme Walmart aux USA. Avec 2, 8 % de syndiqués, le secteur est l’un des plus faiblement syndicalisé. Il emploie très majoritairement des femmes, d’âge intermédiaire donc souvent en charge de jeunes enfants, avec des horaires de travail très flexibles, autant d’éléments qui rendent difficiles l’organisation d’actions collectives.  Cela dit, les choses changent. Depuis le milieu des années 2000, on a vu apparaître les premières journées interenseignes de grèves collectives, une journée d’action a été organisée le 8 avril 2011 au sein du groupe Carrefour, en juillet 2011 au sein du groupe Auchan et en avril 2013 chez Casino. Les organisations syn- dicales qui privilégiaient la négociation et la coopération avec le patronat, optent de plus en plus pour des stratégies contestataires et sont suivies par les salariéEs.

Tu décris une certaine « adhésion » des salariéEs à leur travail. Sur quoi cela repose-t-il ?
Je ne pense pas qu’il soit souhaitable de parler d’ « adhésion » des salariéEs aux objectifs de l’entreprise. Ils ne sont pas tant mobilisés par des discours patronaux qu’immobilisés par leurs conditions de travail. Le présupposé du consentement à la domination est très présent dans le champ des sciences sociales ainsi que dans l’extrême gauche, notamment via la notion d’aliénation. Il me semble plus utile de décrire les dispositifs pratiques mis en place dans les entreprises pour empêcher la contestation. Ce que le patronat cherche à obtenir, ce n’est pas tant l’adhésion des salariéEs que leur travail effectif.

Propos recueillis par Pierre Baton
Marlène Benquet Encaisser ! Enquête en immersion dans la grande distribution, La Découverte, 20 euros.

Vendredi 14 juin 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 199 (13/06/13)


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11 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Allemagne : comment la réforme du marché du travail renvoie les femmes à la maison (Bastamag)

Allemagne : comment la réforme du marché du travail renvoie les femmes à la maison (Bastamag) dans Crise 1999-kinder-kueche-kirche KKK en allemand: enfant, cuisine, église!

L’Allemagne, sa compétitivité, sa flexibilité, sa capacité à réformer son marché du travail…

Et ses femmes que l’on rend dépendantes économiquement à vie de leurs maris, renvoyées, de fait, au foyer. Car une Allemande sur deux travaille à temps partiel, dont 4,5 millions dans le cadre d’un « minijob » : ces boulots payés moins de 450 euros, qui n’ouvrent aucun droit ou presque. Un divorce, un mari au chômage ou décédé, et c’est la pauvreté. Le modèle allemand, un modèle d’avenir ? « Pour notre service de soins à domicile à Essen nous recherchons un/une aide aux personnes âgées », annonce cette entreprise allemande sur le site de l’Agence fédérale pour l’emploi (Arbeitsagentur), l’équivalent en Allemagne de Pôle emploi. En plus d’une formation spécifique de trois ans, elle demande au candidat d’être flexible, autonome et engagé dans son travail, et, si possible, d’avoir déjà acquis une expérience et d’être titulaire d’un permis de conduire. Tout cela pour… 400 euros par mois, sans préciser le volume horaire ! « Une embauche en temps partiel ou temps plein n’est pas exclue », laisse miroiter l’annonce. Cette offre est en fait celle d’un « minijob », une forme d’emploi précaire qui a explosé en Allemagne depuis la première loi, dite Hartz, de dérégulation du marché du travail il y a dix ans. Des minijobs qui touchent particulièrement les femmes.

Des jobs payés en dessous des bas salaires

Les lois Hartz, ce sont ces réformes adoptées par le gouvernement social-démocrate et vert de Gerhard Schröder et entrées en vigueur entre 2003 et 2005. Vantées par l’Élysée comme par la droite néolibérale de ce côté-ci du Rhin, leur bilan est très controversé en Allemagne. Les défenseurs des lois Hartz assurent qu’elles ont permis de lutter contre le chômage et de relancer l’emploi. La réalité est bien moins rose, surtout pour les femmes. « La situation des femmes sur le marché du travail s’est détériorée avec les réformes Hartz, en premier lieu à cause de la loi qui a facilité les minijobs », estime Ursula Engelen-Kefer, ancienne vice-présidente de la Fédération syndicale allemande DGB. Ces minijobs existent depuis longtemps, mais étaient limités à une activité de 15 heures de travail par semaine maximum, rémunérée 325 euros par mois. La première loi a levé la limite horaire et augmenté le plafond salarial à 400 euros (passé à 450 euros cette année).

7 millions de « minijobbers »…

Résultat : ces jobs sont très mal payés. « Aujourd’hui, l’employeur peut légalement exiger 24 heures de travail par semaine pour 450 euros ! » souligne la syndicaliste. 450 euros par mois pour 20h par semaine, cela revient à un salaire horaire de seulement 5,60 euros. Pour 15h par semaine, ce taux horaire monte à 7,50 euros. Dans la pratique, 90% des employés en minijobs travaillent moins de 20 heures par semaine, selon une étude du ministère de la Famille publiée en avril [1]. Reste que plus de trois-quarts des « minijobbers » touchent un salaire inférieur à 8,50 euros de l’heure, analyse la fédération syndicale DGB. Soit en dessous du niveau des bas salaires allemands [2]. Sur les 7 millions de personnes qui travaillent dans le cadre d’un minijob [3], près des deux tiers sont des femmes. Et ce minijob constitue, pour les trois quarts d’entre elles, leur seul et unique emploi. Les secteurs d’emploi tradition- nellement féminins sont aussi les plus touchés par le phénomène : plus d’un million de minijobs dans le commerce, près de 800.000 dans le nettoyage, plus de 400.000 dans la santé. Dans la restauration, un travailleur sur deux est en minijob ! Car tout employeur, du particulier à la multinationale, en passant par l’administration ou l’éducation [4], peut recourir à un minijob, sans restriction : la seule condition, c’est que le salaire mensuel ne dépasse pas 450 euros.

… Sans sécurité sociale, ni assurance chômage

Dans ces conditions, comment explique-t-on ce succès ? Les minijobs recrutent selon la formule « salaire brut = salaire net ». Ces emplois sont exemptés de cotisations sociales pour les employés, les employeurs payant un forfait de cotisations patronales de 30 %. Un piège. Car les minijobbers ne bénéficient ni d’assurance maladie, ni d’assurance chômage quand leur contrat s’arrête. Et leurs cotisations retraites sont ridicules. Travaillez 45 ans en minijob et vous aurez droit à une pension mensuelle de 140 euros seulement ! Et ce piège s’est refermé sur les femmes : une femme active – entre 18 et 64 ans – sur dix est en minijob. « Cela signifie que les femmes qui cherchent un emploi et ne disposent pas de qualifications particulières ou reviennent sur le marché du travail après une pause pour s’occuper des enfants, ne reçoivent souvent pas d’autres offres d’emploi que ces jobs », analyse Ursula Engelen-Kefer.

Dépendantes à vie de leur mari

Sans cotisations salariales, « les femmes en minijobs dépendent de leur partenaire pour avoir une assurance maladie, conclut la syndicaliste. L’autre conséquence, c’est la pauvreté assurée une fois à la retraite. Le problème, c’est que beaucoup de femmes encore jeunes ne se rendent pas compte ce que signifie se retrouver sans retraite ni assurance maladie et dans la dépendance à leur mari. Elles se disent simplement “le brut pour le net, c’est merveilleux”. Cette situation est soutenue par les hommes, qui paient moins d’impôts si leurs femmes travaillent peu. Ce développement des minijobs va donc exactement dans la mauvaise direction. » Pas étonnant, dans ce contexte, que 84% des femmes qui exercent un minijob comme activité principale soient mariées. Alors que la proportion n’est que de 60 % dans l’ensemble de la population féminine allemande. En outre, une fois en minijob, les femmes y restent : un tiers exerce ce type d’emploi depuis dix ans ou plus, et plus de la moitié depuis plus de six ans. Contrairement à certaines idées reçues, en France, les minijobs ne s’adressent pas qu’aux étudiants ou aux retraités, en quête d’un complément de pension. La grande majorité (58%) sont des actifs.

Les femmes : « Des salaires d’appoint pour le foyer »

« En cas de divorce, de chômage ou du décès du mari, les femmes en minijobs ne peuvent que difficilement assurer leur existence et celle de leur famille », prévient le sociologue Carsten Wippermann, qui a conduit l’étude publiée en avril par le ministère de la Famille. Pour lui, les minijobs constituent en fait un « programme de production de dépendance et d’impuissance économique des femmes à vie ». Un programme validé par la première loi Hartz, sous un gouvernement social-démocrate… Les réformes allemandes du marché du travail ont-elles au moins développé l’emploi des femmes ? Au premier abord oui. Leur taux d’emploi a connu une nette hausse passant de 62% en 2002 à 71,5% en 2012. Il dépasse maintenant le niveau des femmes françaises (65 %) [5]. Mais à y regarder de plus près, le tableau est moins glorieux. « Nous avons effectivement plus de femmes actives aujourd’hui qu’il y a dix ans, mais elles se partagent le même volume de travail, déplore Karin Schwendler, du syndicat du tertiaire Ver.di. Le temps plein recule et la temps partiel augmente toujours plus. » Près d’une travailleuse allemande sur deux (45%) est à temps partiel, contre moins d’une sur trois en France [6]. Les femmes allemandes à temps partiels travaillent en moyenne moins de 19 heures par semaine contre plus de 23 heures en France [7].

Vers un salaire minimum… excluant les femmes ?

« Chez nous, les femmes qui travaillent sont encore considérées comme des salaires d’appoint pour le foyer. La représentation qui domine, c’est toujours celle de l’homme qui ramène l’argent à la maison, et la femme qui apporte peut-être un petit quelque chose en plus », explique la responsable du syndicat des services. Les réformes Hartz fonctionnent sur ce modèle, avec l’extension des minijobs, mais aussi avec la réduction (en 2005) des allocations chômage individuelles à une année contre plus de deux auparavant. Elles sont ensuite relayées par des prestations versées en fonction des revenus du foyer, comme pour le RSA, dont est cependant soustrait en partie le revenu lié à un minijob. Il y a dix ans, ces réformes avaient été décidées par les sociaux-démocrates alors au pouvoir. Aujourd’hui dans l’opposition, ils ont placé la question des bas salaires et la revendication d’un salaire minimum au cœur de leur pro- gramme pour les élections législatives de septembre. « Nous espérons la mise en place d’un salaire minium après les élections, indique Karin Schwendler. Nous voulons aussi que les minijobs soient soumis à cotisations sociales dès la première heure travaillée. » Ursula Engelen-Kefer est moins optimiste : « Dans les programmes des partis pour les législatives, on lit beaucoup de choses sur le travail intérimaire, qui concerne 900.000 personnes, et très peu sur les minijobs, qui touchent pourtant sept fois plus de travailleurs ». Est-ce si étonnant ? 70% des intérimaires allemands sont des hommes. Par Rachel Knaebel (10 juin 2013)

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En savoir plus: L’analyse d’Arnaud Lechevalier, d’Alternatives économiques sur son blog

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10 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Cannes 2013 : festival du sexisme

Cannes 2013 : festival du sexisme dans Féminisme vintage-sexism-hoover

En plus de l’absence des femmes dans la sélection pour la Palme d’Or (une seule sur 18 hommes), Cannes a été le festival des déclarations misogynes et des préjugés.


François Ozon, réalisateur du film Jeune et Jolie, film racontant la vie d’une jeune fille de 17 ans qui se prostitue par « plaisir » a émis publiquement des propos réactionnaires. Pour lui, la prostitution serait un « fantasme » pour les femmes : « Je pense que vouloir être un objet sexuel, être désirée, être utilisée, est quelque chose de très courant. C’est le genre de passivité que les femmes recherchent ». Ces propos et ce film ont déclenchés de nombreuses réactions et ont contribué à un déferlement de sexisme dans les médias.
Fantasmes réactionnaires
Loin de s’intéresser aux causes de la prostitution étudiante, entre autres l’augmentation de la précarité et du coût de la vie, le film et ses critiques (dont l’écrasante majorité sont des hommes) préfère y voir l’éveil de la sexualité féminine comme ils le fantasment. Le physique de Marine Vatch, l’actrice prin- cipale, passe dans les médias comme le principal intérêt du film. Ainsi, l’Humanité se régale devant le soleil qui « brûle la peau appétissante de son corps idéalement bronzé » et le Figaro.fr regrette « Au-delà du sex-appeal de Marine Vatch […] une mise en scène finalement assez chaste ». Les films montrant une prostitution « propre », loin de la réalité, se sont aussi multipliés ces dernières années (Sleeping beauty, Elles…). Ce festival s’est terminé sur les propos du réalisateur au passé bien connu : Roman Polanski. Pour lui, l’égalité hommes/femmes est une « tendance idiote » et la pilule, qui est un acquis des luttes pour disposer de son corps, « chasse le romantisme » en « masculinisant » les femmes. Le « romantisme » incarne donc pour Polanski une vision traditionnelle de la femme-mère et féminine, celle qui s’occupe des enfants et de son mari à la maison et celle dont le corps sert à la procréation, à l’inverse de celui de Jeune et Jolie qui est exposé pour satisfaire à la fois les « pulsions sexuelles » des personnages masculins du film, et les fantasmes des spectateurs masculins…
Jessica Ibre Dimanche 9 juin 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 198 (06/06/13)

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10 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Mélissa Blais : « Des objectifs politiques qui visent à renforcer les privilèges masculins » (AL)

Mélissa Blais : « Des objectifs politiques qui visent à renforcer les privilèges masculins » (AL) dans Féminisme rahan-267x300

Nous avons rencontré Mélissa Blais, militante féministe, doctorante en sociologie à l’UQAM et professionnelle de recherche à l’Institut de recherches et d’études féministes (Iref), membre du Groupe interdisciplinaire de recherche sur l’antiféminisme (Giraf).

On connaît la misogynie, le machisme, le virilisme, mais moins le masculinisme. Quelle est la spécificité de ce mouvement ? En particulier, peux tu nous expliquer comment est né ce mouvement, ce qu’il « revendique » et comment il agit aujourd’hui ?

Mélissa Blais : Comme le note l’historienne Christine Bard à propos de l’antiféminisme, à la différence notamment de la misogynie (la haine des femmes) ou du machisme (la supériorité des hommes), qui sont des comportements répandus, le masculinisme est une forme d’antiféminisme qui – se nourrissant à même la misogynie – s’arrime aux luttes féministes pour en contester les revendications, la portée et les projets de transformation sociale. En ce sens, le masculinisme est organisé et entretient un rapport d’opposition mimétique (récupération/renversement) avec le féminisme que l’on dit de la « deuxième vague ». En d’autres termes, les militants masculinistes prétendent que les hommes sont victimes des femmes et du féminisme, en témoignent selon eux les statistiques sur le suicide des hommes. En vue de s’en prendre au féminisme, ils récupèrent à la fois le vocable féministe (le patriarcat se transforme en matriarcat par exemple), les modes d’organisations (dont la non-mixité organisationnelle et les groupes de conscience), et parfois même la couleur (le violet) ainsi que les noms des organisations.

Même si on retrouve des éléments du discours masculiniste dans l’histoire de la France par exemple, soit cette idée voulant que la masculinité soit en « crise » à cause d’une trop grande féminisation de la société, le masculinisme organisé se développe davantage durant les années 1980 à tout le moins en Europe (Grande-Bretagne, France, etc.) en Amérique du Nord (États-Unis, Canada) et en Australie avec la multiplication des groupes de pères et des grou- pes de « conscience » pour hommes. En prenant le Québec en exemple (puisque c’est la province du Canada que je connais le mieux), on observe que le masculinisme naît d’initiatives d’hommes alliés des féministes (proféministes) durant les années 1980. Au départ, des proféministes se regroupaient pour réfléchir à la masculinité dominante. Une scission apparaît assez rapidement entre les groupes d’hommes qui réfléchissent aux rapports sociaux de sexe du point de vue des femmes, c’est-à-dire entre ceux qui pensaient la domination et l’exploitation des femmes par les hommes et ceux qui réfléchissent à une masculinité en soi et pour soi, c’est-à-dire une masculinité désincarnée, qui existe sans ces rapports sociaux.

Le glissement une fois opéré a ouvert la porte au discours actuel sur la « crise de la masculinité ». Une crise occasionnée par les féministes qui seraient allées trop loin et par les femmes qui, grâce aux féministes, imposeraient désormais une soi-disant culture de la féminité notamment sur le marché du travail. Pouvant plus facilement être qualifiées d’antiféministes, d’autres organisations apparaissent dans les années 90 et 2000, plus précisément au moment où des mesures gouvernementales rappellent aux pères qu’ils doivent payer leurs pensions alimentaires. En général, les organisations mascu-linistes actives aujourd’hui revendiquent davantage de droits pour les pères et plus de ressources pour les hommes. Ils se structurent essentiellement autour de trois types d’organisations soient 1) les groupes de père, 2) les groupes d’aide pour hommes violents et hommes violentés et 3) les groupes de conscience de tendance psychanalytique.

À première vue, leurs revendications apparaissent légitimes et en phase avec certaines revendications féministes. Le travail de recherche consiste pré- cisément à analyser l’argumentaire qui accompagne les revendications ainsi que leur discours, car sous ces revendications se cachent des objectifs poli- tiques qui visent à renforcer les privilèges masculins. Ainsi, il faut être attentive et attentif, car de la même manière qu’une personne raciste ne dit pas « je suis raciste », les antiféministes qui s’identifient comme tels sont plutôt minoritaires. Comme je le disais précédemment, tout le travail consiste justement à analyser le contenu des sites Internet des groupes de père et des ouvrages portant sur la masculinité pour y voir de plus près.

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07 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Féminisme : toujours en marche

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Le 9 juin à Paris, la cause des femmes se fera entendre dans la rue.

Le mot d’ordre de la manifestation : « contre l’austérité », mais aussi « imposer une autre politique ». L’appel vient de plus de 150 femmes militantes, associatives, politiques, ou syndicales. Les femmes sont les premières touchées par l’austérité : temps partiels imposés, bas salaires, retraites misérables ou tout simplement pauvreté. Parmi les salariéEs à bas salaire, 75 % sont des femmes, avec sur­représentation des mères seules avec enfants. Elles sont deux fois plus au Smic que les hommes, son augmentation devient donc une revendication féministe pour réduire les inégalités de salaires entre les sexes.
Le temps partiel, féminin à 80 %, est souvent imposé. Il faut permettre de passer à temps plein à demande. D’autant plus que, dans 40 % des cas, le temps partiel est pris pour s’occuper des enfants ou d’un proche. Mais le gouvernement va dans un tout autre sens, avec l’ANI, qui va faciliter les variations d’amplitude d’horaire et autoriser des dérogations sur la durée minimale pour le temps partiel. Les baisses d’effectifs et des rémunérations dans le secteur public, où les femmes sont majoritaires, va creuser aussi davantage le fossé des inégalités.

Social et santé : des acquis à défendre
Diminution des aides aux familles, mais aussi insuffisance des places de crèche, les coupes budgétaires dans la protection sociale sont subies de plein fouet par les femmes. Même problématique dans le domaine de la santé, où le droit à l’avortement est remis en question par la fermeture de centres d’IVG. La fusion des établissements hospitaliers et les déserts médicaux mettent en danger les acquis du féminisme. La mise en liquidation programmée de la clinique des Bluets, connue comme pionnière de l’accouchement sans douleur, est un exemple de plus de la situation alarmante que nous vivons.
Aujourd’hui le mouvement féministe a toutes les raisons de continuer à exister, de se battre pour une autre politique, économique et sociale. Une politique réellement féministe ne peut exister qu’en faisant d’autres choix de société, qu’en remettant en cause la répartition actuelle des richesses.

Delphine Grenoble Jeudi 6 juin 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 198 (06/06/13) 

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