Archive | Féminisme

12 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

non una di meno (essf)

feminsite

Italie : l’envol du jeune mouvement féministe, radical et intersectionnel:  » Non Una di Meno »

Une année est écoulée depuis l’émergence sur la scène politique Italienne d’un nouvel acteur politique. Il ne s’agit pas d’une organisation ni d’autant moins d’un parti. Cependant il opère dans la société à tout champ pour la transformer radicalement et de long en large. Il est conformé par des dizaines de milliers de jeunes qui deviennent des activistes, souvent pour la première fois dans leur vie. C’est le (nouveau-né ou re-né) mouvement des femmes* [1] NON UNA DI MENO (N1DM).

Surgi l’année passée en réponse à l’appel de nos sœurs argentines de Ni Una Menos, à se mobiliser le 25 novembre, la journée internationale contre les violences faites aux femmes , N1DM a pris toute suite une ampleur inattendue. Le samedi 26 novembre 2016 150.000 femmes* [2] ont inondé les rues de Rome en criant leur indignation face à toutes formes de violences : sexuelle et de genre, domestique, sociale, économique, idéologique, raciale, patriarcale et hétéronormative… dont elles sont l’objet.

Une nouvelle génération de lycéennes, étudiantes, jeunes précaires s’est déclarée – dans les pratiques outre que dans les mots – féministe, radicale et intersectionnelle c.à.d. qui n’est préte à accepter aucune forme d’injustice ou d’oppression sociale et culturelle, qu’elle soit de nature raciale, de classe, de genre, d’origine ou de quelconque type.

Les organisatrices du mouvement, dont le noyau initiale était composé par la coordination des collectifs féministes romains Io Decido et la coordination des centres (refuges)antiviolences DIRE, ont dès le début inscrit le mouvement dans la durée en convoquant le lendemain de la manif une assemblée générale (participée par 1.500 femmes*) qui s’est donné comme objectif d’élaborer un Plan Féministe de base contre les violences faites aux femmes.

Plus que d’un simple plan qui devait contraster le Plan que le gouvernement était en train d’émaner, N1DM a produit, à travers 9 commissions thématiques et 5 assemblées nationales un véritable Manifeste politique qui concerne tous les aspects de la vie des femmes* et qui analyse les mécanismes de l’oppression structurelle dont la violence physique n’est que le sommet visible de l’iceberg.

Le Plan comprend soit une vision d’ensemble soit des mesures concrètes concernant par exemple les lois sécuritaires qui empèchent une insertion digne et légale des immigrées ou les récentes mesures qui précarisent de plus en plus le marché du travail (Jobs Act) et aggravent l’exploitation.

A la suite de l’énorme succès de la manif du 26 novembre 2016, des assemblées N1DM se sont constituées dans des dizaines de villes, en reprenant les grands thèmes des commissions de travail et en les articulant dans des actions locales spécifiques. Sur la question de l’objec- tion de « conscience » des médecins anti-avortement, de la discrimination des femmes travailleuses ou le harcèlement dans les lieux de travail, l’éducation androgène dans les écoles, le sexisme dans les médias, etc…

Un nouveau défi a été vaincu avec la prise en charge de la journée du 8 mars par N1DM qui a bouleversé la routine, faite de paroles vides et de mimosas. De nouveau N1DM a répondu à l’appel international à la GREVE des femmes. Une grève à pratiquer dans les entreprises mais aussi par rapport au travail – non rétribué et invisibilisé – reproductif (domestique et de soin), et par rapport aux impositions liées aux genres. Le logo, les slogans et les vidéos qui expliquaient les raisons et les modalités de la grève ont inondé les medias sociaux. Cela a été un succès en Italie et au niveau international.

Pendant ce temps les travaux pour l’écriture – collective et d’en bas – du manifeste ont procédé et ont culminé finalement dans le Plan (un livret de 56 pages) que nous avons présenté à l’occasion de ce 25 novembre, quand N1DM est descendu de nouveau dans les rues de la capitale.

Tout en étant un mouvement très politisé – qui présente une alternative globale de société, solidaire, écologique, internationaliste, anticapitaliste et antipatriarcale – N1DM sauvegarde soigneusement son autonomie par rapport au scénario politique traditionnel. Aucun des outils politiques réellement existants – partis, syndicats, … — sont considérés comme utilisables pour la réalisation de notre Plan. Au contraire N1DM se méfie beaucoup de l’instrumentalisation du discours féministe de la part de ces organisations pour leur propre compte.

Le mouvement préfère donc créer ces propres moments de mobilisation, à partir de son propre programme, avec ses modes d’expression et d’organisation, incluants mais subordonnés à personne. Et en même temps il pratique des formes d’auto-organisation, souvent désobéissantes par rapport aux lois injustes, pour répondre aux exigences immédiates des femmes, en matière de contraception et IVG, refuges, logement, création de revenu, défense des conditions de travail, etc…

Notre prochaine échéance, nationale et internationale, sera le 8 mars 2018 où nous répèterons, en l’élargissant l’expérience, la grève des femmes, en répondant de nouveau « presente » à l’appel des femmes argentines.

Lundi 11 Décembre 2017 Nadia de Mond  Périodique suisse Solidarités.

* Nadia De Mond, (Italo-Belge), féministe marxiste, membre du réseau Communia et activiste du mouvement Non Una di Meno

http://www.europe-solidaire.org/

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06 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

droits des femmes (pùblico + huff’)

pan y rosas

Camarades argentines

L’Espagne, un des pays où l’opposition aux droits reproductifs des femmes se développe le plus

Un rapport du Conseil de l’Europe, analyse les défis et les obstacles à la jouissance des droits sexuels et reproductifs des femmes sur le continent. La crise économique et l’émergence du conservatisme, parmi les principaux obstacles.

Un rapport du Conseil de l’Europe a cité l’Espagne comme l’un des pays du continent, ainsi que la Hongrie, où l’opposition au droit des femmes de décider de leur sexualité et leurs droits de reproduction est de plus en plus forte et explicite . Le document, intitulé « Santé et droits sexuels et reproductifs des femmes en Europe », met également en garde contre la crise économique et les réductions associées aux budgets publics, ainsi que l’émergence de positions conservatrices.

Le document indique que « compte tenu des attaques il est plus important que jamais que le Parlement européen défende les droits sexuels et reproductifs en tant que droits de l’homme » et de fournir un résumé de l’état actuel de la santé sexuelle et reproductive et des droits voisins au niveau européen  »

Dans son exposé, le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Nils Muiznieks, a critiqué les « violations et restrictions » des droits sexuels et reproductifs des femmes et a appelé les 47 Etats membres « à travailler sur le développement de l’égalité genre.  »

Muiznieks souligne « qu’on a vu ces dernières années des menaces », en particulier en Russie, en Slovaquie, en Arménie ou en Géorgie « tenter de saper le compromis conclu sur l’égalité des sexes l’universalité des droits des femmes. »

Outre les motivations idéologiques, le document met en garde contre l’impact de la crise financière, les difficultés économiques et les coupes budgétaires dans les budgets publics, qui conduisant les Etats à «accélérer la privatisation des services de santé, en réduire l’accès ainsi que leur qualité.  »

L’étude souligne que de nombreux États membres ne collectent pas les données nécessaires pour mesurer pleinement la santé sexuelle et reproductive. Par exemple, plus des deux tiers des États membres ne disposent pas d’informations sur le pourcentage de femmes enceintes ayant bénéficié d’au moins une visite prénatale et plus d’un quart des pays ne disposent pas de données sur le pourcentage de naissances assistées par un professionnel de santé qualifié.

« Bien que la compilation de ce type de données puisse être considérée comme inutile par certains pays hautement développés, elle contient des indicateurs importants qui permettent un suivi cohérent des normes de santé reproductive », prévient le rapport.

Education sexuelle et droits à l’avortement

Bien que le document reconnaisse que dans la plupart des États membres, l’éducation sexuelle est obligatoire et réglementée par les lois nationales, le contenu et la qualité varient énormé- ment d’un pays à l’autre. « Selon une étude récente, les meilleures éducations sexuelles se trouvent dans les pays du Benelux et les pays nordiques, la France et l’Allemagne. Les États membres d’Europe de l’Est et du Sud ont tendance à avoir des programmes pauvres ou inexistants d’éducation sexuelle ».

Les difficultés à accéder à l’avortement sont un autre point clé du document, qui souligne l’imposition d’un nombre croissant d’obstacles pour accéder à ces services même ceux qui ont une législation permissive sur l’avortement. « Principalement, les femmes doivent faire face à l’utilisation non réglementée de l’objection de conscience par les professionnels de santé, les périodes d’attente obligatoires ou de conseil. »

Il souligne que la pratique de l’objection de conscience a empêché de nombreuses femmes d’avoir accès à des services de santé

Tels l’information, l’accès et l’achat de contraceptifs, les analyses prénatales et l’interruption légale de grossesse. Des cas ont été signalés en Slovaquie, en Hongrie, en Roumanie, en Pologne, en Irlande et en Italie où près de 70% des gynécologues et 40% de tous les anesthésistes sont opposés à l’avortement pour des raisons de conscience.

« Ces barrières contreviennent clairement aux normes des droits de l’homme et aux normes médicales internationales. » Le rapport fait 54 recommandations, y compris garantir à toutes les femmes un avortement légal et sûr, et que les contraceptifs soient «abordables, disponibles et accessibles».

Il appelle à «prévenir les mesures rétrogrades» qui compromettent la santé et les droits sexuels et reproductifs, et à mettre en place des systèmes de santé qui préservent et progressent à cet égard, et garantissent une éducation sexuelle complète.

Madrid 12/5/2017 Marisa Kohan

http://www.publico.es/

Commentaire: Le Conseil de l’Europe est une institution « morale » qui n’a rien à voir avec la Commission et le Parlement européens.

Lire aussi:

IVG et contraception : le droit des femmes régresse selon le Conseil de l’Europe (Huffington Maghreb)

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30 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

rennes pma

rennes

Actuellement, en France, la PMA est seulement accessible aux femmes en couple et/ou mariées avec un homme, qui prouvent d’une vie commune de plus de 2 ans et de difficultés à avoir un•e enfant…

STOP À CETTE DISCRIMINATION !

NOUS EXIGEONS DONC SANS PLUS ATTENDRE L’OUVERTURE DE LA PMA (Procréation Médicalement Assistée) A TOU•TE•S (couple de femmes, femmes célibataires et personnes trans) SANS CONDITIONS !

Pour cela venez nombreux•ses au rassemblement

DIMANCHE 10 DÉCEMBRE À 14H PLACE DE LA RÉPUBLIQUE à RENNES.

Un stand d’information sur la PMA se tiendra tout l’après-midi place de la République et des porteur.se.s de paroles animerons la place en faisant réagir les passant.e.s.

PLUS D’INFOS SUR LA PMA :

https://www.sos-homophobie.org/guide-pratique/assistance-medicale-la-procreation-amp-ou-pma

https://www.sos-homophobie.org/ouverture-de-la-procreation-medicalement-assistee-pma-toutes-les-femmes-questionsreponses

CONTACT :
delegues-bretagne@sos-homophobie.org

Facebook

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27 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

violences (essf)

gaceta

Les syndicats s’inquiètent de la position française sur les violences sexuelles au travail

Les organisations déplorent que le gouvernement « refuse toute approche fondée sur le genre ».

En ces temps de désunion syndicale, il est rare de voir un courrier signé par Philippe Martinez, Laurent Berger, Jean-Claude Mailly et Philippe Louis, les numéros un de la CGT, CFDT, FO et CFTC. Les quatre dirigeants syndicaux ont pourtant pris la plume pour s’adresser au premier ministre, Edouard Philippe. Dans ce texte, qui devait être envoyé mercredi 22 novembre et que Le Monde a pu consulter, ils s’inquiètent des positions que le gouvernement s’apprête à pren- dre concernant la construction d’une norme à l’Organisation internationale du travail (OIT) sur « la violence et le harcèlement contre les femmes et les hommes dans le monde du travail ».

En 2014, la France avait pris position en faveur de l’élaboration d’une convention sur ce sujet, qui a une valeur contraignante pour les pays qui la ratifient.

Selon les centrales, qui militent avec la Conférence syndicale internationale pour une norme contre les violences sexistes et sexuelles, cet engagement a été « déterminant » pour voir cette question inscrite à l’ordre du jour de la Conférence internationale du travail en juin 2018. Pour préparer cette session, l’organisme international, composé de représentants des Etats, des employeurs et des salariés, a envoyé un questionnaire aux premiers pour connaître leur avis sur des points précis. Le projet de réponses de Paris à l’OIT a été transmis aux syndicats fin octobre. Ces derniers déplorent depuis que les services du gouvernement « refusent systé- matiquement toute approche spécifique des violences fondées sur le genre ». En clair, ils regrettent que le cas des femmes ne soit pas distinct des autres.

« Regrettable »

« 20 % des femmes disent avoir été victimes de harcèlement sexuel au travail, près de 10 viols ou tentatives de viols sont commis chaque jour sur un lieu de travail en France, rappellent les quatre syndicats. Refuser de traiter la question des violences fondées sur le genre dans la norme OIT conduirait à empêcher que des politiques de prévention et de sanction appropriées soient mises en place. »

Ce qui constituerait « un changement de position très regrettable » de la part de la cinquième puissance mondiale, jugent les organisations de salariés, qui entendent profiter d’un contexte favorable pour pousser leurs pions après l’affaire Weinstein aux Etats-Unis et le hashtag #BalanceTonPorc en France. « Ce recul serait d’ailleurs bien incompréhensible à l’heure où (…) le gouvernement (…) a annoncé une nouvelle loi sur les violences sexuelles », concluent-elles dans ce courrier.

Sophie Binet, membre du bureau confédéral de la CGT chargée de l’égalité femmes-hommes, ne décolère pas :

« Ce n’est pas Poutine, Trump ou Erdogan qui vont défendre une norme sur les violences sexuelles au travail. La position des chefs d’Etat européens sera déterminante. » Un avis partagé par Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC. « Il faut arrêter de se cacher derrière son petit doigt : la réalité, c’est que les victimes de ces violences sont à 95 % des femmes, souligne-t-il. Mais le gouvernement réagit sur son champ international : il ne veut pas vexer un certain nombre de partenaires qui lui passent de gros contrats. »

Du côté du ministère du travail, on rappelle que, « si les organisations syndicales estiment que les réponses du gouvernement français au questionnaire occultent ou sous-estiment le caractère genré des discriminations, nos réponses rappellent en réalité le principe de l’équivalence des discriminations en droit français (genre, âge, langue, origine, etc.) ». « Les violences faites aux femmes seront donc bien abordées dans le cadre de la construction de cette norme, ainsi que d’autres cas », ajoute-t-on.

Raphaëlle Besse Desmoulières LE MONDE | 22.11.2017

http://www.lemonde.fr/

http://www.europe-solidaire.org/

Lire aussi:

Violences faites aux femmes : les syndicats entrent dans le mouvement (Libération)

Violences et harcèlement sexiste : les syndicats taclent le gouvernement (Les Echos)

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27 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

masculin l’emporte (essf)

dom masc

« Nous n’enseignerons plus que « le masculin l’emporte sur le féminin »

314 membres du corps professoral de tous niveaux et tous publics, enseignant la langue française ou ayant à corriger des copies ou autres textes rédigés dans cette langue, s’engagent à ne plus enseigner la règle de grammaire résumée par la formule « le masculin l’emporte sur le féminin ».

Nous, enseignantes et enseignants du primaire, du secondaire, du supérieur et du français langue étrangère, déclarons avoir cessé ou nous apprêter à cesser d’enseigner la règle de grammaire résumée par la formule « Le masculin l’emporte sur le féminin ».

Trois raisons fondent notre décision :

• La première est que cette règle est récente dans l’histoire de la langue française, et qu’elle n’est pas nécessaire. Elle a été mise au point au 17è siècle. Auparavant, les accords se faisaient au gré de chacun·e, comme c’était le cas en latin et comme c’est encore souvent le cas dans les autres langues romanes.

Bien souvent, on pratiquait l’accord « de proximité », venu du latin, qui consiste à accorder le ou les mots se rapportant à plusieurs substantifs avec celui qui leur est le plus proche. Par exemple : « afin que ta cause et la mienne soit connue de tous » (Ronsard, épître à la Response aux injures et calomnies…, 1563).

La nouvelle règle a d’ailleurs dû attendre la généralisation de l’école primaire obligatoire pour être appliquée massivement : « On peut aller sur le lac [d’Évian], en bateaux à vapeur ou petits-bateaux, et visiter les coteaux et montagnes voisines, à pied ou en voiture » (DrLinarix, Guide pratique de la Savoie et Haute-Savoie médicale et pittoresque, 1896).

• La seconde raison est que l’objectif des promoteurs de la nouvelle règle n’était pas linguis- tique, mais politique : « Parce que le genre masculin est le plus noble, il prévaut seul contre deux ou plusieurs féminins, quoiqu’ils soient plus proches de leur adjectif. » (Dupleix, Liberté de la langue françoise, 1651) ; « Le masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle » (Beauzée, Grammaire générale… 1767).

Si l’école de la République a préféré abandonner cette formule au profit de celle qu’on connaît, c’est en reconduisant l’ordre de valeur qui est à son fondement. Un ordre que les classes politiques maintenaient parallèlement, en refusant aux femmes les droits politiques jusqu’en 1944, et en refusant plus longtemps encore de leur ouvrir les grandes écoles ou d’abroger les dernières dispositions du « Code Napoléon ».

• La troisième raison est que la répétition de cette formule aux enfants, dans les lieux mêmes qui dispensent le savoir et symbolisent l’émancipation par la connaissance, induit des repré- sentations mentales qui conduisent femmes et hommes à accepter la domination d’un sexe sur l’autre, de même que toutes les formes de minorisation sociale et politique des femmes.

Pourquoi n’accepteraient-elles pas de gagner moins que leurs collègues, ou d’accomplir des corvées dont leurs compagnons se dispensent, ou de supporter leurs coups, s’il est admis au plus haut niveau que « le masculin l’emporte sur le féminin » ? La lutte contre les stéréotypes de genre, qui est essentielle au progrès de l’égalité réelle des femmes et des hommes, ne peut être efficacement menée si cette maxime n’est pas mise au ban de l’école.

D’autres mesures travaillant à l’expression d’une plus grande égalité dans la langue sont nécessaires, mais le plus urgent est de cesser de diffuser cette formule qui résume la nécessaire subordination du féminin au masculin.

En conséquence :

– Nous déclarons enseigner désormais la règle de proximité, ou l’accord de majorité [1], ou l’accord au choix [2] ;

– Nous appelons les enseignantes et les enseignants de français, partout dans le monde, à renouer avec ces usages ;

– Nous les appelons à ne pas sanctionner les énoncés s’éloignant de la règle enseignée jusqu’à présent ;

– Nous appelons le Ministère de l’Éducation nationale à donner à ses personnels et à ceux des établissements sous sa tutelle des instructions précises allant dans le même sens ;

– Nous appelons les professionnelles et les professionnels de la presse et de l’édition, les correcteurs et correctrices, les écrivaines et les écrivains à en faire autant ;

– Nous appelons les citoyennes et les citoyens francophones à en faire autant.

mardi 7 novembre 2017

http://www.slate.fr/

greve g

Nous ne voulons plus que « le masculin l’emporte sur le féminin »

En complément de ce manifeste, une pétition de soutien aux enseignant·es et d’appel à suivre le mouvement est ouverte sur Change.org.

314 professeur·es de tous niveaux et tous publics, enseignant la langue française ou ayant à corriger des copies ou autres textes rédigés dans cette langue, ont déclaré, dans un Manifeste publié le 7 novembre 2017 par le magazine Slate.fr, ne plus enseigner la règle de grammaire résumée par la formule « Le masculin l’emporte sur le féminin ».

Nous, francophones de toutes professions et qualités, soutenons cette initiative ainsi que les signataires dans l’exercice de leur métier. Nous nous apprêtons aussi, pour notre part, à ignorer désormais cette règle d’un autre âge, dont l’enseignement incruste dans la tête de chacun et chacune des injonctions contraires à nos valeurs d’égalité, et dont l’usage quotidien les y maintient.

Nous le faisons avec d’autant plus de liberté et d’enthousiasme que l’abandon de cette règle ne constitue aucunement une entrave ou une entorse au fonctionnement de la langue française, qui, comme le rappellent les enseignant·es du Manifeste, s’en est passée durant des siècles.

Notes

[1] L’accord de majorité consiste à accorder le ou les mots se rapportant à plusieurs substantifs avec celui qui exprime le plus grand nombre : « Un Français et mille Françaises sont enthousiasmées par l’accord de proximité ».

[2] Avec l’accord au choix, le ou les mots se rapportant à plusieurs substantifs sont accordés selon le bon vouloir du rédacteur ou de la rédactrice.

Pour la signer, cliquez ici :
https://www.change.org

http://www.europe-solidaire.org/

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23 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

dossier féministe (npa)

25n

Le 25 novembre est la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, et cette année, il résonnera particulièrement avec l’actualité puisqu’il se fait dans le contexte de la libération de la parole des femmes suite à l’affaire Weinstein.

Dans plusieurs pays comme l’Argentine ou l’Italie, des mouvements massifs se construisent contre les violences sexistes, en particulier les féminicides auxquels la France n’échappe pas puisqu’en 2016, 123 femmes sont mortes sous les coups de leur (ex-)conjoint.

Ce sont aussi 84 000 femmes qui subissent chaque année des violences sexuelles en France. 90 % connaissent l’agresseur et seulement 10 % portent plainte. Pire, en 2014, seuls 5 139 hommes ont été condamnés par la justice.

Le traitement médiatique réservé à ces violences est extrêmement problématique. On se souvient, il y a quelques semaines, de la « Une » des Inrocks avec Bertrand Cantat, symbole de la violence conjugale après l’assassinat de Marie Trintignant. Mais la culture du viol ou plus généralement de la violence sexiste est partout dans les médias, en particulier dans les publicités, dans les films, dans les séries.

Ces violences ne sont pas le fait d’hommes isolés et fous. Elles font partie intégrante d’un système de domination des hommes sur les femmes. Ces violences se retrouvent dans toutes les sphères de la société : dans la rue, mais aussi dans le cadre du foyer (qui semble parfois être le cadre sécurisant alors que la majorité des violences sexuelles s’y produisent), mais aussi au travail.

Le combat contre les violences sexistes doit se mener dès aujourd’hui avec la compréhension que le système patriarcal ne pourra être abattu sans un changement de société.

Dossier réalisé par la Commission nationale intervention féministe 

Un viol est un viol, et un viol est un crime !

 dans Hollandie

En septembre dernier, le viol d’une mineure de 11 ans par un adulte de 28 ans était qualifié de simple atteinte sexuelle par le tribunal de Pontoise. Le motif est que les faits avaient eu lieu « sans violence ni contrainte ni surprise ».

Imposons nos revendications face à ce gouvernement !

 
Face à la vague de témoignages de viol et d’agression, 
le gouvernement répond par des campagnes publicitaires 
et un projet de loi contre le harcèlement de rue, 
qui est un écran de fumée et un prétexte pour accroître
la présence des forces de police

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22 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

édito 25 novembre (npa)

encore

25 def

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15 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

budget (bastamag)

feminsite

Droits des femmes: «Grande cause nationale » mais budget minuscule

Le téléphone n’arrête plus de sonner. Suite aux révélations du New-York Times accusant le producteur Harvey Weinstein de harcèlement sexuel, les associations qui prennent en charge les appels des victimes travaillent à flux tendu.

Au 39 19, numéro d’écoute national destiné aux femmes victimes de violences, les appels spécifiques au harcèlement sexuel au travail ont doublé.

« Mais cela fait remonter les traumatismes liés à toutes les violences sexuelles, anciennes et récentes », précise François Brié, présidente de la fédération Solidarités femmes qui gère le 39 19.

Au collectif féministe contre le viol (CFCV), qui reçoit des appels au 0800 05 95 95, « nous sommes submergées d’appels, dit Gabriella Bravo, coordinatrice administrative de l’association. À tel point que les salariées ont dû remette à plus tard la rédaction des fiches qui permettent de tracer les récits des victimes, pour pouvoir assurer un suivi d’écoute. » Leur rythme de travail est intense.

Au CFCV, les appels ont doublé en 2016, « et en 2017 ce devrait être encore plus élevé », prédit Gabriella Bravo. « Nous avons actuellement plus de demandes qui arrivent par jour que d’ordinaire par semaine, soit 5 à 6 appels quotidiens », témoigne de son côté Marilyn Baldeck, déléguée générale de l’Association européenne contre les violences faîtes aux femmes au travail (AVFT).

Une hausse en trompe l’œil

Les moyens alloués à ces structures vont-ils augmenter en conséquence ? Hélas non… du moins si l’on en croit le budget 2018 prévu pour le secrétariat d’État dédié à l’égalité entre les femmes et les hommes. La ministre en charge du secteur, Marlène Schiappa, s’est félicitée de l’augmentation de son budget, qui passe de 29,7 millions à… 29,8 millions. Soit une hausse d’à peine 100 000 euros. En pourcentage du budget total, cette « grande cause nationale » plafonne à 0,007%.

« De plus, cette augmentation n’est due qu’à un tour de passe-passe, dénonce la députée socialiste Ericka Bareigts. La hausse apparente est due à l’abondement sur l’une des actions d’une enveloppe de 2,8 millions d’euros auparavant inscrite dans un autre budget.

Le programme affiche donc, sans ce tour de passe-passe, une baisse importante. » Plusieurs actions voient diminuer leurs dotations, comme la « prévention et lutte contre la prostitution et la traite des êtres humains » qui perd 1,8 million d’euros. « Cela fait craindre aux associations une aggravation des conditions de vie des personnes se prostituant. », estime la députée.

Marlène Schiappa a par ailleurs été interpellée par le député LR des Vosges Stéphane Viry sur sa promesse d’exécuter entièrement le budget en 2018 :

« Vous nous dîtes, cette année, faîtes moi confiance, on va tout consommer. C’est la raison pour laquelle Il y aura un effet majeur (sur l’effectivité des actions en faveur de l’égalité femme-homme, ndlr). Mais quelles garanties vous avez qu’il n’y aura pas la mauvaise surprise que beaucoup ont eu en juillet dernier lorsqu’il y a eu cette réserve de précaution qui a amputé un certain nombre de crédits ? » La secrétaire d’État a répondu qu’il fallait… lui faire confiance.

L’égalité femmes-hommes, « grande cause nationale », vraiment ?

Qu’en est-il du côté du budget transversal pour l’égalité entre femmes et hommes ? Selon une analyse du site d’information Les Nouvelles News, il augmenterait au mieux de 25 millions d’euros, et non de 115 millions d’euros comme annoncé par Marlène Schiappa. Le montage comptable décrypté pourrait même aboutir à une simple stagnation de ce budget…

En 2016 déjà, le Haut conseil à l’égalité dénonçait le manque de lisibilité de ces budgets interministériels : « Il est souvent difficile de connaître avec précision la réalité des dépenses en faveur des droits des femmes et de l’égalité qui se cachent derrière de grandes enveloppes globales », regrettait le rapport.

À ces mauvaises nouvelles, il faut ajouter l’inquiétude des associations d’accueil de femmes victimes qui fonctionnent avec des emplois aidés, et le fait que les ordonnances réformant le code du travail menacent la possibilité de dénoncer les violences pour les victimes de harcèlement sexuel. L’égalité femmes-hommes, « grande cause nationale », vraiment ?

 Nolwenn Weiler 14 novembre 2017
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09 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

25 novembre (lutte ouvrière)

25n

25 novembre : contre les violences faites aux femmes

Cette année, la manifestation contre les violences faites aux femmes, organisée par le Collectif national pour les droits des femmes le 25 novembre, aura une résonance particulière.

Après les accusations de harcèlement et viols à l’encontre du producteur Weinstein, suivies d’accusations similaires à l’encontre de nombreuses personnalités, de nombreuses femmes se font entendre. Elles le font malgré le flot d’insultes que certaines subissent, après avoir osé porter plainte contre Tariq Ramadan par exemple. Elles mettent en cause les violences, allant parfois jusqu’au meurtre de femmes, le plus souvent par leur conjoint, compagnon ou ex- amant, qui sont plus d’une centaine chaque année en France. Mais il y aussi tous les actes quotidiens et répétés, gestes, insultes, pressions exercées par des hommes convaincus de leur droit à dominer les femmes.

Cette libération de la parole témoigne de l’ampleur du harcèlement sexuel.

Une femme sur deux dit avoir déjà été victime d’agression sexuelle ou de harcèlement. Une centaine de femmes connues ont décidé de lancer une pétition, adressée au président de la République, pour obtenir un plan d’urgence. Elles demandent le doublement immédiat des subventions aux associations accueillant les femmes victimes, une formation obligatoire de l’ensemble des professionnels en contact avec elles, la création d’un brevet de la non-violence, sur le modèle du brevet de la sécurité routière au collège, la formation obligatoire en entreprise contre le harcèlement sexuel au travail et une vaste campagne nationale de communication.

Pour l’heure, la politique d’austérité du gouvernement ne va pas dans leur sens.

La précarité de la situation de nombreuses femmes et la remise en cause de certaines aides est d’ores et déjà un obstacle pour protéger les victimes contre ceux qui les frappent, les violent ou les insultent au quotidien. Il est vrai que la secrétaire d’État en charge de l’Égalité entre femmes et hommes a annoncé son intention de modifier et de durcir la loi contre les acteurs des violences sexuelles, en ciblant aussi le harcèlement de rue. Mais dans une société d’inégalité, dans laquelle ceux qui disposent de pouvoir, d’argent et de préjugés tentent inévitablement d’en abuser, le changement profond des comportements ne pourra pas résulter uniquement d’une loi.

Une véritable mobilisation est indispensable pour dénoncer ces comportements intolérables et faire progresser la prise de conscience. C’est pourquoi de nombreuses associations, dont le Collectif national pour les droits des femmes, appellent à manifester. Lutte ouvrière se joint à cet appel.

Manifestation à Paris le 25 novembre 14 h 30

Départ : Paris, place de la République

https://journal.lutte-ouvriere.org/

Lire aussi:

L’inégalité progresse

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03 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

11h44 (jdd)

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Depuis 11h44, les Françaises travaillent gratuitement

Pour dénoncer un recul de l’égalité salariale en France, « Les Glorieuses » rappellent qu’à partir de ce vendredi, à 11h44, les femmes travaillent gratuitement. Désormais, les femmes travaillent gratuitement. Depuis ce vendredi 3 novembre, à 11h44 (et 9 secondes précisément), les Françaises sont à la tâche bénévolement et ce jusqu’à la fin de l’année, selon les calculs des Glorieuses, newsletter féministe.

Payées 15,8% de moins que les hommes.

« En étant payées 15,8% de moins que les hommes (selon les chiffres d’Eurostat), les femmes travaillent ‘gratuitement’ pendant 39,7 jours ouvrés. En d’autres termes, s’il y avait une égalité des salaires en France, elles pourraient s’arrêter de travailler le vendredi 3 novembre 2017 à 11h44 et gagner autant sur l’année 2017″, expliquent Les Glorieuses sur leur site. Eurostat, organisme de statistiques de l’Union européenne, fonde ses données sur la différence de la moyenne horaire brute de rémunération entre les femmes et les hommes, tous secteurs éco- nomiques confondus. Les chiffres ont été actualisés sur la base des salaires perçus en 2015.

Un « recul de l’égalité salariale ». Les Glorieuses dénoncent ainsi un « recul de l’égalité salariale en France » : « cet écart de rémunération est plus important que celui de la dernière étude d’Eurostat ». En 2016, les Françaises ont en effet commencé à travailler ‘bénévolement’ à partir du 7 novembre, soit quatre jours plus tard que cette année.

Campagne d’affichage. Si l’année dernière, des centaines de femmes avaient investi la place de la République à Paris, il n’en sera rien cette année. Déjà fortement mobilisées suite aux révélations d’agressions sexuelles en cascade depuis l’affaire Weinstein, Les Glorieuses n’ont pas prévu de rassemblement vendredi dans la capitale, explique-t-on à Europe1.fr. Seul une mobilisation est prévue à Toulouse. Toutefois, une campagne d’affichage est déployée pour la journée dans de nombreuses stations du métro parisien.

03 novembre 2017

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