Archive | Féminisme

25 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

irlande (tv5 monde)

ireland

Irlande: la mention « femme au foyer » pourrait disparaître de la Constitution

Après avoir ouvert la voie à une dépénalisation de l’IVG, le gouvernement irlandais envisage de supprimer de la Constitution l’article qui consacre la « vie au foyer » des femmes. Décryptage avec Marlène Coulomb-Gully,  chercheuse en communication politique et spécialisée en représentations du genre dans les médias.

« L’État reconnaît que, par sa vie au foyer, la femme apporte à l’État un soutien sans lequel le bien commun ne peut être atteint ».

« L’État s’efforce, par conséquent, de veiller à ce que les mères ne soient pas obligées, en raison de nécessités économiques, de travailler en négligeant les devoirs au sein de leurs foyers. »

Cet article 41 de la Constitution de 1937 consacre la notion de « vie au foyer » des femmes en Irlande. En novembre 2018, le gouvernement prévoit d’organiser un référendum pour suppri-mer ce terme de la Constitution. Cette décision confirme une certaine envie de modernisation de la part du gouvernement irlandais. Premier pas dans ce sens, le 25 mai 2018, lorsque les Irlandaises et Irlandais votaient « oui » à 66% au référendum pour la légalisation de l’avorte-ment.

Si l’IVG est légalisée depuis près de 40 ans en France, la dénomination d’un « Ministère de la Famille, enfance et des droits des femmes » avait il y a encore peu de temps, (sous mandat du président Hollande), suscité un tollé. Certaines comme certains y voyaient une réduction du statut de la femme, représentée comme simple mère de famille ou épouse. L’annonce de la nomination de Laurence Rossignol à la tête de ce ministère « familial » avait alors provoqué l’ire de la twittosphère féministe. Exit le ministère de la famille, aujourd’hui il est remplacé par un Secrétariat d’Etat chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Invisibilisation et occultation du travail des femmes

On n’en est pas encore là en Irlande. Aucun secrétariat ni ministère de ce genre à l’horizon, seul existe un ministère de l’Enfance et de la Jeunesse, tenu par une femme, Katherine Zappone… « Madame au foyer et Monsieur gagne le pain, on est exactement dans l’invisibili-sation, dans l’occultation du travail des femmes dans une société patriarcale où la religion chrétienne est prégnante », s’exclame Marlène Coulomb-Gully, interrogée par Terriennes.

C’est le reflet d’une société non pas paternaliste mais patriarcale et je crois qu’on ne peut pas réagir à ce qu’il se passe en Irlande sans faire le parallèle avec le poids de la religion. Marlène Coulomb-Gully

Si la mention de la religion est présente jusque dans la Constitution, elle s’est traduite récem-ment par la tardive dépénalisation de l’avortement. Dans la revue universitaire « Le statut des femmes dans le monde », une étude a été réalisée « L’Irlande à deux vitesses : droit des fem-mes et croissance économique » dans laquelle il est rappelé que l’Eglise a un impact direct sur les lois puisqu’elles sont pour beaucoup régies par la religion catholique.

Un texte qui inscrit dans la loi le schéma familial dit traditionnel avec un homme et une femme. Un modèle de couple principalement hétérosexué comme le rappelle Marlène Coulomb Gully :« C’est une forme d’hétéronormativité, qui fait que le couple est encore nécessairement un homme et une femme. Là encore cela n’est pas déconstruit vu que c’est un modèle patriarcal. On voit bien tout ce que cela porte en germe: la stigmatisation des couples qui ne se fondraient pas sur ce modèle-là ».

Malgré le schéma classique porté par le gouvernement, l’Irlande reste le premier pays au monde à avoir légalisé le mariage homosexuel par référendum. Le vote remonte à 2015, le peuple irlandais répondait oui à 62,1%  à la question :« Le mariage peut-il être contracté suivant la loi entre deux personnes sans distinction de sexe ? »  

Les mots en politique: un frein à l’émancipation des femmes ?

Pour l’experte en médias, les mots sont «révélateurs d’un état d’esprit». «Cette notion semble avoir comme injonction qu’une femme ne peut être qu’au foyer et en ce sens, les mots sont contraignants », souligne-t-elle.

Les mots sont révélateurs et prescripteurs. Il y a toujours une dialectique entre les mots et la société.

« Ce n’est jamais que symbolique », estime Marlène Coulomb-Gully, citant comme exemple, « le texte qui a dépénalisé l’homosexualité en France en 1982. Cependant les personnes homo-sexuelles n’étaient plus criminalisées depuis fort longtemps. Il n’empêche que ce texte était toujours là ! ».

Si la Constitution irlandaise n’a jamais empêché ses citoyennes à sortir du foyer pour aller travailler, il n’en reste pas moins qu’en Irlande, les femmes sont encore sous représentées dans les postes à responsabilité. D’après un rapport de la Commission Européenne datant de 2017, les Irlandaises représentent 13,2% des conseils d’administration des plus grandes sociétés du pays, un taux nettement inférieur à la moyenne l’UE (21,2%). Ce même rapport indique que « l’écart de rémunération global entre les sexes, qui tient compte des désavantages subis par les femmes en terme de rémunération horaire plus faible, d’heures de travail réduites et de taux d’emploi plus faibles en raison des soins aux enfants ou aux proches, s’élève à 34,7%. » Ainsi derrière le symbole, la notion de « femme au foyer » n’encourage guère les femmes à s’élever professionnellement.

Ce référendum prévu le 24 novembre 2018 pourrait donc dépoussiérer de vieilles lois patriarcales. (Le même jour, le peuple irlandais sera appelé à voter pour ou contre l’abolition du délit de blasphème, ndlr).

 24.07.2018 Soukaina Skalli
.

Lire la suite

24 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

france culte (le huffington post)

curé

France Culture rappelle à l’ordre l’Église après une homélie anti-mariage pour tous et anti-avortement diffusée en direct

Les représentants de l’Église doivent « respecter les valeurs du service public, comme la tolérance, le respect et la non-discrimination ».

La Conférence des évêques de France s’est vue rappeler à l’ordre après la diffusion, sur le service public, d’une homélie qui avait eu du mal à passer auprès de certains auditeurs, révèle Franceinfo ce lundi 23 juillet. Alors que le monseigneur Jean-Pierre Cattenoz s’en était pris à la communauté LGBT, au mariage pour tous et à l’avortement à plusieurs reprises pendant sa messe d’une heure le 15 juillet sur France Culture, la radio a exigé des représentants de l’Égli-se catholique qu’ils « respectent les valeurs du service public, comme la tolérance, le respect et la non-discrimination ».

Dans un courrier envoyé dès le 16 juillet, la radio de service public demande un rendez-vous avec le président de la Conférence des évêques de France monseigneur Georges Pontier pour évoquer l’ecclésiastique qui a cru bon d’estimer que « le mariage pour tous peut bien exister » mais que « ce ne sera jamais qu’une amitié » ou avouer avoir « pleuré il y a quelques semaines en voyant conduire au panthéon de la République le corps de celle qui a permis la légalisation de l’avortement ».

Après ses propos sur Simone Veil, le religieux, choisi Conférence des évêques de France pour célébrer cette messe en direct,  avait poursuivi avec des citations dont une de Jean-Paul II: « l’avortement est le crime le plus abominable qui soit car la victime n’a même pas la possibilité de crier sa propre souffrance ».

D’après le délégué aux programmes de France Culture Vincent Lemerre, interrogé par France-info, l’esprit du courrier de la radio est de « s’associer aux réactions des auditeurs qui ont pu être choqués par les propos de monseigneur Cattenoz ». Et servir de rappel aux intervenants que ces messes « sont diffusées sur une antenne du service public » et que « chacun doit être conscient de cela ».

Le but sera aussi de remettre à plat le cadre de cet exercice, assure-t-on au HuffPost tout en précisant que ce genre de dérapage n’est jamais arrivé depuis la mise en place du programme il y a 50 ans. L’occasion pourrait aussi être saisie entamer une discussion plus large entre Radio France et le bureau des cultes sur le traitement de la religion.

Cette homélie s’était déroulée pendant le 72e Festival d’Avignon dont le thème autour du masculin et du féminin avait déjà fait grincer les dents monseigneur Jean-Pierre Cattenoz, l’archevêque de la ville. Il avait réclamé quelques jours plus tôt que le festival ne soit « plus centré sur l’homosexualité et le transgenre ».

24/07/2018 Rédaction du HuffPost

https://www.huffingtonpost.fr/

Commentaire: Avec les compliment de Macron qui a dit à la conférence des évêques que « la manif pour tous avait beaucoup souffert » et que  » qu’il faut rétablir les liens entre république et église » (donc revenir sur la loi de 1905! ). Partant de là, pourquoi se gêner!

Lire la suite

24 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

nord de l’irlande (courrier inter)

cingles

Coalition de cinglés!

342 Nord-Irlandaises ont eu recours à l’IVG en Angleterre depuis mars

Ce nombre est en forte augmentation depuis la mise en place d’une ligne verte visant à faciliter la prise de rendez-vous avec l’organisme britannique chargé d’accompagner les patientes souhaitant mettre un terme à leur grossesse. La pression s’accentue sur le gouvernement afin d’aligner la législation nord-irlandaise sur celle du reste du Royaume-Uni, où l’avortement est pratiqué jusqu’à la 24e semaine.

Le 25 mai dernier, en validant la suppression du 8e amendement de la Constitution par 66 % des suffrages exprimés, les électeurs irlandais ont ouvert la voie à la légalisation de l’avorte-ment. Le pays s’apprête à quitter un club très fermé de nations de l’Union européenne inter-disant encore l’Interruption volontaire de grossesse (IVG). Mais sur l’île, le Nord reste à la traîne : l’Abortion Act, adopté en 1967 dans le reste du Royaume-Uni, n’y est jamais entré en vigueur, et l’IVG y reste interdit, sauf en cas de danger pour la santé de la femme enceinte.

Dimanche, 170 personnalités politiques de tout bord, britanniques et irlandaises, ont appelé le gouvernement dans le Sunday Times à modifier la législation, afin de “se mettre en conformité avec la Convention européenne des droits de l’homme”, comme le prévoit l’accord du Vendredi saint de 1998, qui avait mis fin aux Troubles en Irlande du Nord. “Le mois dernier, la Cour suprême du Royaume-Uni a estimé que la législation nord-irlandaise [encadrée par une loi de 1861] était ‘intenable’ et nécessitait un ‘réexamen urgent’”, rappellent les signataires.

En parallèle, des chiffres publiés lundi 23 juillet ont laissé apparaître une explosion du nombre de recours à l’IVG émanant de femmes nord-irlandaises en Angleterre. “Un total de 342  personnes ont fait le voyage depuis mars”, détaille le Belfast Telegraph, contre 190 patientes sur les neuf mois précédents et un total de 919 femmes en 2017. Cette forte augmentation coïncide avec la mise en place au printemps d’une ligne verte destinée à faciliter la prise de rendez-vous avec le British Pregnancy Advisory Service, organisme chargé d’accompagner les femmes enceintes souhaitant mettre un terme à une grossesse non désirée.

24/07/2018

https://www.courrierinternational.com/

Commentaire:

Comme le dit l’image, une « coalition de cinglés » est derrière tout çà!

Avant l’indépendance de 1922, république depuis 1949 seulement, l’Irlande formait une seule entité: une colonie anglaise sous le joug délégué à deux « sectarismes », celui de l’église catholique au sud (et au nord) et celui des églises protestantes au nord. En partant les anglais ont laissé au sud leurs lois, donc celles de l’église catholique: écoles, santé, morale sexuelle, dépendaient de l’église. Le Nord n’est donc pas sous le joug direct de Londres mais de celui des Unionistes et de leurs églises. L’église catholique, propriétaire terrien au nord, peut par exemple y refuser d’en prêter aux nationalistes pour ouvrir une école « diwan » concurrente.

L’île d’Irlande compte 32 comtés, en 4 provinces historiques: Ulster la plus rebelle (qu’il fallait affaiblir par un surcroit  de colonies) , Munster, Leinster et Connacht. L’Ulster a 9 comtés. Malgré la colonisation, les catholiques-nationalistes y sont majoritaires. Londres n’en a donc pris que 6 qui donnent, miracle!, une majorité aux protestants-unionistes et en a laissé 3 à la république

Lire la suite

22 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

intégristes (lml)

avortement

Sarthe Depuis janvier, l’hôpital du Bailleul ne pratique plus les avortements.

Au centre hospitalier du Bailleul, il n’a pas été pratiqué d’interruptions volontaires de grossesse depuis le début de l’année. En cause ? Un manque de praticiens. Mais pas que…

Depuis six mois, aucune interruption volontaire de grossesse (IVG) n’a été pratiquée au centre hospitalier du Bailleul. « Attention, il ne s’agit pas d’un arrêt de cette activité mais bien d’une suspension ». Le Dr Abdelhadi Maslho, chef du pôle ACME (Anesthésie Chirurgie et Mère Enfant) tient à cette précision. Pourquoi cette interruption ? : « il nous manque un praticien, tant que ce poste ne sera pas comblé, nous ne pourrons pas assurer ce service. ». Au centre hospitalier du Bailleul, sur cinq gynécologues en poste en 2017, trois ont fait valoir leur clause de conscience.

« La clause de conscience, c’est, pour le médecin, le droit de refuser la réalisation d’un acte médical pourtant autorisé par la loi mais qu’il estimerait contraire à ses propres convictions personnelles, professionnelles ou éthiques ».

Suite au départ en retraite d’un praticien, il ne reste donc plus qu’un médecin en mesure de pratiquer l’IVG. Mais l’organisation du service suite à la vacance de ce poste ne permet plus d’assurer les IVG.

19.07.2018

http://www.lemainelibre.fr/

Commentaire: On dirait une victoire des intégistes non?

Lire la suite

16 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

féminisme (paris luttes + basta + npa)

cahiers du fem

Petite histoire du féminisme

Prémisses de féminismes :

Peut-être pourrait-on faire débuter les premières réflexions sur le féminin et le masculin par Sappho. Sappho était une poétesse grecque qui vivait sur l’île de Lesbos, -625 -580 BC. Ses poèmes amoureux connaissent depuis l’antiquité un grand succès. Avec un monde sans hom-me sur une île autonome, elle annonce déjà des revendications face à la place des femmes dans la Grèce archaïque. De là viennent les adjectifs lesbienne, saphique.

Dès le 15è siècle, après Christine de Pizan (1364-1430), poétesse et philosophe, quelques femmes et hommes écrivent pour « défendre » le sexe féminin et imaginer l’égalité des sexes. Christine de Pizan est considérée comme la première femme de lettres française ayant vécu de ses écrits. (J’aurais mis après les femmes pirates comme Mary Reid (vers 1690 – 1721) et Anne Bonny. Note du Blog)

De la Révolution française à la République.

Les femmes çà et là expriment une volonté collective où la prise de conscience de leurs problè-mes spécifiques va de pair avec leur désir d’appartenir, comme les hommes, à une nouvelle société politique. On voit apparaître les cahiers de doléances, des pétitions, des clubs politi-ques et la déclaration des droits de la femme d’Olympe de Gouges.

Olympe de Gouges (1748-1793), aristocrate française, est la première à poser dans la décla-ration des droits de la femme l’égalité des hommes et des femmes. (…) Elle est guillotinée en 1793 pour s’être opposée à la montée en puissance des Montagnards. Thérésa Cabarus (1773-1835), militante girondine, sera aussi connue pour ses pensées « féministes ». En l’église Notre-Dame de Bordeaux, transformée alors en temple de la raison, elle fait lire en 1793 ses essais sur l’éducation des femmes.

C’est à partir de 1830 que les femmes vont se constituer comme un groupe de sujets politiques avec l’émergence des mouvements utopistes (saint-simoniens et fouriéristes).

Elles dénoncent leur asservissement séculaire, réclamant un affranchissement et une éman-cipation. En 1848 pendant la brève révolution apparaît « La Voix des Femmes », premier quoti-dien féministe. Louise Michel (1830-1905), militante anarchiste et institutrice française est une figure primordiale de cette période. Outre son militantisme « socialiste » (elle arbore le drapeau noir et écrit dans « Le Cri du Peuple), elle est secrétaire de la « Société démocratique de moralisation », dont le but est d’aider les femmes à vivre par le travail. En 1870, elle est élue présidente du Comité de vigilance des Citoyennes du 18è arrondissement. Elle adhère au groupe « Le Droit des Femmes ».

Flora Tristan (1803-1844), aimait se désigner comme une « aristocrate déchue, femme socialiste et ouvrière féministe ».

Son ouvrage L’émancipation de la Femme ou le Testament de la Paria est publié de manière posthume. « L’affranchissement des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes. L’homme le plus opprimé peut opprimer un être qui est sa femme. Elle est le prolétaire du prolétaire même ».  Les révolutions de 1789, 1830, 1848 permettent l’expression de l’exigence féministe, mais y opposent le refus de ses conséquences réelles. A chaque fois on ferme les clubs de femmes, on discrédite leurs actions politiques, les inégalités sexistes sont affirmées.

L’histoire du féminisme ne s’arrête pas entre les périodes, on peut cependant noter des pics d’avancées féministes. Ainsi on parle communément de trois vagues féministes.

Première vague :

Le mouvement le plus connu de la première vague est celui des suffragettes, qui recherchent les mêmes droits civiques que les hommes sur le principe du suffrage universel. Néanmoins, il est simpliste de réduire la première vague féministe aux suffragettes : le féminisme de l’entre-deux-guerres est multiple. Le mouvement des suffragettes constitue déjà un féminisme violent, dont les militantes vont jusqu’à molester certains parlementaires.

En 1908 une répression s’organise contre elles. En 1913, Emily Davidson, militante féministe britannique, est brutalement tuée, ce qui fait changer l’opinion anglaise en faveur des féminis-tes. En 1918 les femmes anglaises obtiennent le droit de vote. Pour la première fois, les problématiques du féminisme investissent le débat public.

Mis à part les suffragettes tournons-nous vers deux personnalités marquantes du féminisme de cette époque.

Celle d’Emma Goldman (1869-1940), anarchiste d’origine russe émigrée au États-Unis, qui milite pour l’égalité des sexes, la libre disposition de son corps, le contrôle des naissances, l’homosexualité, l’antimilitarisme, les luttes ouvrières et syndicales, la défense des chômeurs, et ce sans hiérarchie entre les luttes. Elle considère le droit de vote comme réformiste et critique les suffragettes. Elle insiste déjà sur l’importance de la mère dans la reproduction des rôles sociaux de la société patriarcale.

La personnalité de Madeleine Pelletier (1874-1939) est particulièrement intéressante. Activiste anarchiste dès 1906, c’est une féministe radicale, première femme médecin diplômée en psy-chiatrie en France. Elle est proche du mouvement néo-malthusien (qui prône un contrôle radi-cal des naissances) et considère que « C’est à la femme seulement de décider si et quand elle veut être mère ». Elle milite en faveur de l’avortement et de la contraception. Elle est mise à l’écart du mouvement féministe car ses choix paraissent trop violents. Elle considère que l’hété-rosexualité est liée au système d’oppression des femmes et s’habille en homme. Elle pratiquera des avortements pendant toute sa vie.

La deuxième vague : la France des années 70

Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir (1908-1986), littératrice française, change les esprits dès sa parution en 1949 ; c’est une rupture, on dissocie alors la femme de la mère. Elle lance le « Manifeste des 343 » réclamant l’avortement libre et gratuit, elle cofonde le mouve- ment « Choisir » (Proche du PS avec Gisèle Halimi, blog), cofonde et préside la revue « Nouvel-les Questions Féministes ». Elle écrit dans « Le deuxième sexe » la célèbre phrase « On ne naît pas femme, on le devient ». C’est une figure connue du féminisme matérialiste.  Le deuxième sexe et la création du Planning Familial (association qui promeut le droit des femmes – avorte-ment et contraception – à ne pas confondre avec les centres de planning familial, institution étatique) en 1956 ne sont que la face visible d’une évolution sociale qui s’est faite en dehors du militantisme féministe, mais pas sans lui.

« Le privé est politique » est la citation la plus connue de cette « deuxième vague ». Son auteure, Ulrike Meinhof (1934-1976), est militante et terroriste allemande de la Fraction Armée Rouge. On connaît surtout cette seconde vague pour ses luttes pour la maîtrise du corps avec les actions du MLF (Mouvement de Libération des Femmes) (et le MLAC « Mouvement pour la Liberté de l’Avortement de de la Contraception »! Blog) mais c’est aussi la période qui voit la naissance des études universitaires féministes.

Le féminisme des années 70 est une continuité autant qu’une rupture.

La lutte des classes se transpose sur la lutte des sexes, les idées marxistes influencent les idées féministes. Juste après mai 1968, dans l’extrême-gauche maoiste, anar et trotskyste, des femmes s’organisent. Les partis et les syndicats sont traversés par la « question des femmes». (On voit alors apparaître des « groupes femmes » autonomes sur les lieux de travail et d’étude et des « réunions non-mixtes » à l’intérieur de certains partis et syndicats. Tous ces groupes auto-nomes, de partis de syndicats, forment de fait un « Mouvement Autonome des Femmes » infor-mel, que le MLF prétendait chapeauter. Blog )

A l’extérieur de ces groupes de femmes, apparaît une volonté de travailler « en direction des femmes », de manière à intégrer en le contrôlant l’essor du féminisme. A noter que depuis 1946  les femmes ont le droit de vote ce qui pousse les partis politiques à racoler les voix féministes.

On parle d’oppression et de patriarcat, termes qui découlent du vocabulaire marxiste qu’intègre dès lors le féminisme. Le patriarcat est le système social qui organise la domination des hommes sur les femmes.(Un peu résumé, voir le lien pour l’intégrale)

« Une petite histoire du féminisme » est un texte d’abord écrit pour mettre à niveau en théories féministes une assemblée de personnes souhaitant étudier l’art avec un point de vue féministe dans la lignée des « Gender Studies ».  Par ailleurs plusieurs personnes ont exprimé la néces-sité de faire connaître les courants et l’histoire du féminisme pour tous les néophytes. Qu’on ne s’y trompe pas, ça ne rend pas l’auteure spécialiste de la question, c’est un travail collectif de recherches et de discussions qui a permis d’élaborer ce texte. Ce n’est pas non plus un travail qui se veut exhaustif ou objectif, il comporte un point de vue même si l’on a cherché à s’en éloigner. Il ne faut pas oublier le contexte de la rédactrice, qui est blanche, française, bourgeoise, et avec des influences féministes matérialistes radicales.

14 juillet 2018

https://paris-luttes.info/

feminsite

Symbole du courant « lutte de classe »

Lire aussi:

Le torchon brûle (Wikipédia)

Mouvement de libération des femmes (Wikipédia)

Les Pétroleuses (« Tendance lutte de classe »)

Histoire du MLF : entretien avec Josette Trat (NPA)

« Si la liberté des femmes n’a cessé d’être contestée, c’est qu’elle entraîne toutes les autres » (Basta)

Lire la suite

09 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

consentement (pùblico + libération)

slutwalk

Seuls onze pays d’Europe reconnaissent que le sexe sans consentement est un viol

La Suède vient d’adopter une loi reconnaissant le terme criminel de « viol par négligence ». La plupart des pays de l’UE ne se conforment pas à la convention d’Istanbul, qui exige de pénaliser tout acte de nature sexuelle effectué sans consentement.

Le sexe sans consentement est un viol.

Cette prémisse très fondamentale est devenue un objet de droit en Suède il y a quelques jours et a corrigé la législation précédente dictait que pour rqu’il y ait viol, il fallait démontrer que l’agresseur avait usé de la force. De cette façon, la législation suédoise introduit une nouveauté pénale nécessaire au niveau international: la violation par négligence.

La mesure, qui a été bien accueillie par la plupart des médias internationaux, nous amène à nous demander ce qui se passe en Europe et combien de pays offrent des normes juridiques similaires à celles approuvées par le gouvernement suédois.

La réponse: peu, pour ne pas dire insuffisant.

En Espagne, nous savons bien que les femmes ne sont pas protégées légalement en cas de viol. Le cas de ‘La Manada’ a révélé les lacunes de la législation dans les cas de violence sexiste. Cependant, et malheureusement, nous ne sommes pas très loin de la norme euro-péenne générale!  Nous ne trouvons actuellement que onze pays qui reconnaissent que le sexe sans consentement est un viol.

Tant et si bien que, dans la plupart des pays du vieux continent, les cas de viol ne sont reconnus que lorsqu’ils sont porteurs de violence et de menaces physiques. Onze pays  européens, sur 33, se conforment à la Convention sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes

A la Suède, il faut ajouter l’Islande, l’Allemagne, le Luxembourg, l’Angleterre, l’Irlande du Nord, la République d’Irlande, le Pays de Galles, l’Ecosse, la Belgique et Chypre comme seuls pays ayant adopté une législation sur le sexe avec consentement explicite.

S’il est vrai que dans les pays du Nord le débat est vivant et semble aboutir à une nouvelle législation, pour le moment le contraste est plutôt faible: 11 pays sur 33 se conforment à la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence contre les femmes et la violence domestique (Convention d’Istanbul), qui oblige les pays signataires à pénaliser tous les actes de nature sexuelle commis sans consentement.

Et, malgré le fait que ce traité international ait été ratifié par plus de vingt pays européens, pas même la moitié ont procédé à l’adaptation de leur système juridique aux réalités de l’accord, comme le dénonce Amnesty International. « Un nombre excessif de systèmes de justice pénale impose aux femmes le fardeau de se battre pour être reconnues victimes « ,  déplore l’ONG.

Le changement de la législation suédoise est le bon moyen pour respecter les engagements internationaux de ce pays en termes de genre. En fait, avec la nouvelle loi, le pays nordique est «en conformité avec la Convention d’Istanbul», explique Anna Blus, une experte en recherche sur les droits des femmes. Le Groupe d’experts contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (GREVIO) ou le Comité des Parties à la Convention veillent à ce que les Etats signataires se conforment aux mesures convenues à Istanbul, mais les chiffres montrent qu’il reste beaucoup à faire .

« La signature et la ratification de la Convention sont volontaires, de sorte qu’en devenant Etat membre, l’Etat s’engage à respecter les obligations imposées par la Convention. » Cela peut parfois prendre du temps. Le GREVIO est un moyen de responsabiliser les États et de les inciter à apporter des changements si nécessaire », explique M. Blus.

Madrid 07/09/2018

http://www.publico.es/

Lire aussi:

En Suède, la définition du viol élargie (Libération)

Dès 1970, le viol au cœur des luttes féministes (NPA)

Lire la suite

07 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

chili (bastamag)

feminsite

Au Chili, les étudiantes dans la rue depuis trois mois bousculent la domination masculine

Elles manifestent seins nus, visages cagoulés et poings levés : les étudiantes chiliennes bloquent depuis le mois d’avril les principales universités du pays et défilent régulièrement dans les rues pour protester contre le harcèlement sexuel systématique auquel elles sont confrontées dans le système éducatif. Le mouvement divise l’opinion publique, mais il a déjà poussé l’actuel gouvernement chilien, pourtant de droite, à annoncer des mesures en faveur de l’égalité femme-homme. Les étudiantes chiliennes regardent aussi du côté de leurs sœurs argentines, qui viennent d’obtenir le droit à l’avortement sûr et gratuit. Reportage.

Anne Le Bon 6 juillet 2018

Lire sur Bastamag

Lire la suite

04 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

femmes de gaza (pùblico.es)

gaza

Gaza: des milliers de Palestiniennes manifestent pour réclamer la fin du blocus et de l’occupation israélienne

Elles manifestent dans le cadre des mobilisations de la Marche du Grand Retour qui ont lieu dans l’enclave depuis le 30 mars

Des milliers de femmes ont manifesté dans l’est de Gaza, près de la frontière avec Israël, dans le cadre des manifestations de la Marche du Grand Retour qui ont eu lieu dans l’enclave de-puis le 30 mars. Une grande colonne de femmes a marché vers la zone frontalière de l’enclave sous le blocus, agitant des drapeaux et scandant des slogans contre Israël et l’occupation.

Certaines participantes portaient des linceuls blancs et des masques noirs, plusieurs marchaient sur des drapeaux israéliens et américains étalés sur le sol. Selon des sources médicales palestiniennes, au moins trois personnes ont été blessées.

Iktimal Hamad, qui dirige la commission des femmes dans la campagne de protestation, a expliqué à la presse que la manifestation avait été appelée parce que les femmes « sont un partenaire principal de la cause palestinienne et une partie originelle de toute activité nationale ». Hamad a déclaré que les femmes ont été séparées des manifestations de la Grande Marche de retour, qui amène beaucoup de monde le long de la frontière tous les vendredis depuis des mois.

Israël a tué 136 Palestiniens pendant ces manifestations selon le ministère palestinien de la Santé.

« Maintenant, nous avons décidé de revenir avec force », a déclaré l’activiste. « Nous sommes toujours dans une société arabe patriarcale traditionnelle où les femmes palestiniennes n’ont pas pris leurs droits au sérieux et nous continuons à revendiquer pleinement nos droits », a-t-elle dit. Ces demandes incluent la fin du blocus et de l’occupation israéliens. Ces situations, a-t-elle rapporté, affectent les femmes d’une manière particulière parce que leur vie privée n’est pas respectée.

Elle a rejeté toute forme de discrimination et revendiqué la présence des femmes dans le processus de négociation pour la paix ou la fin de la division nationale, où elles ont été «marginalisées». En outre, elle a déclaré qu’une mobilisation similaire est attendue aujourd’hui dans la ville de Haïfa, dans le nord d’Israël et qu’un appel a été lancé aux femmes du monde entier pour soutenir les manifestations, pour lesquelles elles ont reçu des soutiens de Malaisie, d’Algérie, des États-Unis et de Ramallah (Cisjordanie).

Podemos a été le seul parti qui a exprimé sa solidarité avec la manifestation de ces femmes à Gaza. « Nous nous associons à la demande de solidarité féministe et de soutien aux femmes de Gaza et de toute la Palestine dans leur lutte pour leurs droits nationaux. La lutte mondiale pour les droits des femmes est inéluctable et une condition indispensable pour tout projet émancipa-toire digne de ce nom « , dit la formation dans une déclaration.

03/07/2018

http://www.publico.es/

Lire aussi:

Appel international pour la libération de Khalida Jarrar, féministe et parlementaire palestinienne ! (Agence Medias Palestine)

Palestine. La flottille pour Gaza empêchée d’accoster à Paris (L’Humanité)

La flottille pour Gaza accueillie chaleureusement à Lyon (Libreinfo74)

 

Lire la suite

30 juin 2018 ~ 0 Commentaire

féminisme au chili

Lire la suite

25 juin 2018 ~ 0 Commentaire

concurrence (mfpf 44)

mfpf

Mettre en concurrence les associations de lutte contre les violences faites aux femmes, une nouvelle stratégie du gouvernement ?

L’Association Européenne contre les Violences Faites aux Femmes au Travail (AVFT) tirait en début d’année la sonnette d’alarme : face à l’augmentation des appels téléphoniques suscités par #MeToo et #BalanceTonPorc, elle était obligée de fermer son accueil téléphonique, faute de moyens supplémentaires pour y faire face.*

La réponse de l’État, via la Secrétaire d’État à l’Égalité Femmes Hommes fut sans nuance 

Puisque l’AVFT ne pouvait plus « assumer ses fonctions », déclarait-elle en « oubliant » que son activité de soutien aux victimes va bien au-delà de la réponse téléphonique, elle annonçait que l’État devait « reprendre la main » par le biais d’une nouvelle ligne téléphonique, en faisant fi de l’expertise accumulée par l’AVFT depuis 1985.
Sous réserve de sérieuses compétences, répondre à des appels téléphoniques c’est bien. Accompagner les victimes tout au long de leurs procédures judiciaires, faire évoluer la légis-lation, assumer la formation, la recherche, c’est beaucoup mieux et c’est indispensable.

Mais, oubliant déjà le service public, un appel à projet d’un million d’euros était lancé pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles au travail par Marlène Schiappa.

Cet appel est problématique pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, la lutte contre les violences contre les femmes nécessite un maillage territorial et un véritable travail en réseau des acteurs institutionnels et associatifs. Alors que la logique et le souci d’efficacité devraient amener à associer, renforcer voire développer une association experte sur les violences au travail depuis 33 ans, l’appel à projet « vise à soutenir l’émer-gence d’actions nouvelles »… tout en reprenant dans ses critères les missions de l’AVFT (prise en charge et accompagnement judiciaire des victimes, sensibilisation, formation) ! Un tel discrédit porté aux associations est stupéfiant.

De plus, selon l’appel à projets, non seulement le même montant sera versé indistinctement à chaque région, sans prise en compte du nombre de départements ni des spécificités territo-riales, mais l’aide ne sera pas pérenne, les projets devant se réaliser avant la fin 2019 sans assurance de renouvellement pour 2020. Une fois de plus, tout est fait dans la précipitation et sans garantie sur le long terme.

Enfin, alors qu’un soutien efficace aux victimes ne peut jaillir que de la coopération entre associations agissant chacune dans un domaine de compétence spécialisé, un tel modèle de financement les met au contraire en concurrence, précarise les salariées et limite leur montée en compétences sur le long terme. L’appel à projet est donc directement préjudiciable aux victimes de violences masculines, qui ont besoin d’un accompagnement stable et durable pour faire face à des procédures longues et éprouvantes.

Ces attaques gouvernementales contre les associations spécialisées telles que l’AVFT entrent en contradiction avec la Charte d’engagement réciproque entre l’État, les collectivités territo-riales et le mouvement associatif du 14 février 2014. L’État s’était alors engagé à favoriser dans la durée des soutiens publics aux associations et à privilégier la conduite de projets sur le long terme par des conventions pluriannuelles. Force est de constater que les récentes décisions mettent en échec les engagements pris.

De tels agissements doivent nous interroger et nous pousser à (re)définir ce que serait un véritable service public pour la protection des droits des femmes.

Sans concertation, échange, dialogue préalables, impossible de construire ensemble un Ser-vice public de qualité, cohérent et adapté pour la protection et la défense des femmes. Sans subventions conséquentes pour les structures associatives existantes engagées aux côtés des femmes avec un renforcement des services publics (hôpitaux, justice, force de l’ordre, éduca-tion nationale, etc.), impossible de répondre aux besoins des victimes, impossible de dévelop-per la prévention pour lutter durablement contre les violences masculines.

Enfin, dans un contexte de démantèlement de la fonction publique (120 000 postes supprimés, y compris à l’inspection du travail !), comment l’État peut-il prétendre reprendre en main aussi rapidement des missions qu’il n’a jamais assumé et qui ont été conçues et réalisées par les seules associations…?

Nous, militant.e.s féministes, associations, organisations, prenons acte du choix gouverne-mental de fragiliser le tissu associatif, d’amoindrir le Service public en général et de favoriser une approche concurrentielle de la lutte contre les violences faites aux femmes, au détriment de l’expertise féministe. Pour lutter contre toutes les violences faites aux femmes, nous sommes tou.te.s solidaires, et nous le resterons !

*L’AVFT a depuis début juin rétabli cette ligne téléphonique.

Facebook

Signataires :

Réseau Féministe “Ruptures”, Archives Recherches Cultures Lesbiennes, Osez le Féminisme !, Collectif National pour les Droits des Femmes, Marche Mondiale des Femmes France, Mouvement du Nid Paris, Collectif 13 Droits des femmes, Centre audiovisuel Simone de Beauvoir, Attac, Maison des Femmes Thérèse Clerc à Montreuil, Ligue des femmes Iraniennes pour la Démocratie-LFID, Le Planning Familial, Collectif “Tout.e.s contre les Violences Obstétricales et Gynécologiques”, Fédération Nationale Solidarité Femmes, Femmes libres (Radio libertaire), Ensemble, Femmes Egalité, Collectif Féministe Contre le Viol, Voix de Femmes, Ligue des Droits de l’Homme, Initiative Féministe Euromed IFE-EFI, Union syndicale Solidaires, Réseau International des Mères en Lutte, Association nationale des études féministes (ANEF), SOS les Mamans et les Enfants, Femmes Migrantes Debout.

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin