Archive | Féminisme

13 février 2019 ~ 0 Commentaire

affaire baupin (npa)

feminsite

L’affaire Baupin

Un cas d’école concernant les violences sexistes

« L’affaire Baupin » est exemplaire à de nombreux égards. Tout d’abord, elle met en lumière toutes les caractéristiques des affaires de violences constamment dénoncées par les féministes. Ensuite elle soulève des questions sur les évolutions législatives et sociales.

Cette affaire est malheureusement très classique pour qui s’intéresse à la question des violences. Mais pour une fois, tout apparaît en pleine lumière.

Enfin sur le devant de la scène médiatique !

On trouve la difficulté à rompre l’omerta : tout le monde savait mais personne n’a rien dit, les victimes sont isolées et sans soutien, alors que le comportement de Baupin est largement connu. Celles qui parlent sont renvoyées à leur faiblesse de n’avoir pas su faire face, au fait qu’elles n’auraient pas compris la « drague », que ce n’est « pas si grave ».

On veut faire porter aux victimes la responsabilité des conséquences sociales sur l’agresseur sans évoquer un seul instant les conséquences des agressions sur les femmes. Par exemple, D. Voynet ose dire : « Peut-être qu’il a commis ces gestes, mais est-ce que ça valait ce déchaînement et cette mort sociale ? »

On retrouve la solidarité de groupe pour défendre la structure, que ce soit un parti ou une entreprise : celle qui accuse la met en danger via-à-vis de l’extérieur, en salit l’image.

Il y a aussi la peur de perdre son emploi, réelle pour les attachées parlementaires comme pour n’importe quelle salariée, et la peur d’être attaquée politiquement pour les militantes.

L’impunité des agresseurs apparaît inattaquable puisque, bien que tout le monde soit au courant, leurs positions ne sont pas remises en cause. Et même dans les cas où les femmes ont dénoncé les violences, ce sont généralement les victimes qui changent de poste, perdent leur emploi, quittent leur organisation politique, les responsables restant à leur place, souvent blanchis par l’institution judiciaire.

Il y a la honte des victimes parce que l’agression remet en cause l’intégrité morale et/ou physique. Cet aspect est renforcé dans les organisations qui se revendiquent du féminisme, où les femmes sont supposées être aussi « fortes » que les hommes à tous points de vue, ce qui est vécu comme contradictoire avec le fait d’être victimes de violences sexistes. À la honte de ne pas avoir su repousser l’agression s’ajoute celle de ne pas oser parler.

Pour couronner le tout, Baupin n’hésite pas à attaquer pour diffamation les femmes qui l’ont dénoncé et les journalistes qui ont mené l’enquête. Cette contre-attaque est également un classique de la défense des agresseurs.

Des évolutions urgentes

Cette affaire pose la question du délai de prescription. On sait que les victimes ont besoin de temps, parfois de nombreuses années pour arriver à dénoncer les violences. Les délais ont récemment été doublés mais cela reste insuffisant dans certains cas. Quoiqu’il en soit, l’ardoise des violences faites aux femmes ne peut être effacée simplement par le temps d’autant plus que le sentiment d’impunité s’en trouve largement renforcé.

Elle pose la question de la libération de la parole. Dans la foulée de l’affaire Weinstein, le mouvement #Metoo a contribué à donner une légitimité aux accusations portées par les femmes et à la dénonciation des violences sexistes de manière générale. Espérons que l’affaire Baupin contribue dans le même sens, malgré le classement pour prescription. De ce point de vue le jugement qui doit être rendu en avril sera très important.

Dans la vague de cette libération de la parole, la construction d’un rapport de forces qui permettra réellement d’en finir avec les violences sexiste est à l’ordre du jour.

Commission nationale d’intervention féministe Mardi 12 février 2019

https://npa2009.org/

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13 février 2019 ~ 0 Commentaire

8 mars (émancipation anti-k)

yes-can-do-

Les femmes valent mieux que ça

Nous représentons 52% de la population française.

Nous sommes caissières, enseignantes, agentes d’entretien, secrétaires, infirmières, aides à domiciles, assistantes maternelles, travailleuses sociales, administratives, sage-femmes, hôtesses…

Nos métiers sont indispensables à la société. Pourtant, ils sont mal rémunérés et leur pénibilité n’est pas reconnue.

Nous sommes ingénieures, techniciennes, ouvrières, employées ou cadres. Nous faisons le même travail que des hommes mais avec un salaire inférieur.

Nous sommes à temps partiel avec un salaire partiel souvent parce que nous n’avons pas d’autre choix.

Entre les courses, le ménage et les enfants, nous réalisons en moyenne 20 heures de tâches ménagères par semaine.

Notre travail est invisibilisé et dévalorisé. Notre salaire est inférieur de 26 % à celui des hommes. De ce fait,à partir de 15h 40 nous travaillons gratuitement.

Nous sommes retraitées et notre pension est de 40 % inférieure à celle des hommes.

Nous combattons de longue date la précarité remise sur le devant de la scène avec force par les gilets jaunes.

Nous sommes étrangères,victimes de racisme, handicapées, lesbiennes, et nous cumulons les discriminations.

Nous sommes des femmes et au travail, dans la rue ou chez nous, nous sommes confrontées à des violences sexistes et sexuelles.

Nous sommes des Brésiliennes, des Espagnoles, des Iraniennes, des Argentines, des Polonaises, des Indiennes, des États-Uniennes… et nous sommes partout dans le monde solidaires de toutes les femmes qui luttent contre les réactionnaires et conservateurs au pouvoir.

Pour dire que nous exigeons nos droits. Pour exiger que notre travail soit reconnu et rémunéré. Pour imposer la fin des violences et garantir nos libertés de choix. Pour gagner l’égalité. Pour faire entendre nos revendications à nos employeurs et au gouvernement :

Nous appelons à une grève féministe le 8 mars,

à des actions, des rassemblements, des manifestations.

Débrayons à 15h40

Portons toutes et tous un foulard violet !

Premières signataires :

Action Aid Peuples Solidaires, ANEF,CGT, Chiennes de Garde, Collectif national pour les Droits des Femmes, CQFD Lesbiennes féministes, Émancipation, Femmes Égalité, Femmes migrantes debout, FSU, Groupe F, Ligue des Femmes Iraniennes pour la démocratie, Marche Mondiale des Femmes Ile de France, Maison des Femmes de Paris, Maison des femmes Thérèse Clerc, Planning Familial, Rajfire, Ruptures, SKB, Solidaires…

vendredi 8 février 2019   Rosine

http://www.emancipation.fr

Lire aussi:

Pourquoi une grève des femmes le 8 mars ? (Anti-k)

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02 février 2019 ~ 0 Commentaire

gilets roses (fr3 sud-ouest)

Rennes: les assistantes maternelles

Manifestent en gilets roses

Une nouvelle couleur est apparue sur la gamme des manifestations sociales. Les assistantes maternelles ont choisi le rose pour dénoncer, à Rennes, le projet de réforme de l’Assurance-chômage.

Une trentaine d’assistantes maternelles se sont regroupées à Rennes, place de la République, rejoignant la journée des « Gilets roses », les « nounous en colère ». En Bretagne, des manifes-tations étaient prévues également à Saint-Brieuc, Brest et Vannes.Les assistantes maternelles protestent contre la réforme de leur indemnisation chômage, qui compense leur précarité. « Une assistante maternelle est obligée de cumuler plusieurs contrats de travail pour arriver à faire un salaire correct, on doit faire plus de 50 heures par semaine pour arriver à un SMIC, donc généralement, on a deux ou trois employeurs » explique Albane Karalambakis. »Quand un de nos employeurs dont l’enfant entre à l’école nous retire les enfants, en attendant de retrouver un contrat, Pôle Emploi nous donne une indemnisation pour compenser la perte de salaire » poursuit-elle, « c’est cette indemnisation-là qui peut être diminuée ou supprimée, pour faire des économies, par la réforme de l’assurance chômage. »Les assistantes maternelles ont ouvert un groupe Facebook, « nounous en colère » dès le début du mouvement des Gilets jaunes, en novembre dernier.

Stéphane Grammont  02/02/2019
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28 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

viol (breiz femmes)

violacion

Elle ne le demande pas, le viol n’est jamais la faute de la victime

Une parole qui sauve

« Il y a des choses qu’on ne peut pas dire aux gens parce que c’est trop difficile de se dire que ça s’est réellement passé! »

En quelques mots, Mathilde Franchet résume le propos du film qu’elle tourne dans quelques jours en Bretagne. Son sujet, à la fois difficile et nécessaire, ce sont les conséquences physiques et psychologiques d’un viol.

Et son souhait principal : que son film incite des victimes à sortir du silence. Parce que dit-elle « parler, ce n’est pas facile, mais si on en a le courage, c’est salvateur ! »

Désordre émotionnel, angoisse silencieuse, peur de l’enfermement mais aussi peur de sortir, de voir des gens… Sans raison apparente, Manon perd prise avec la vie réelle autour d’elle. Dans ce quotidien bouleversé, elle décide de prendre rendez-vous avec une psychologue. De leur rencontre et de leurs paroles échangées jaillira la terrible vérité : la jeune fille a été victime d’un viol.

Tel est le propos du court-métrage L’âge de raison que Mathilde Franchet, jeune Dinardaise de 23 ans qui termine ses études de cinéma à Paris, s’apprête à tourner à Rennes et à Saint-Malo. « Si je fais un beau film, ce sera comme une carte de visite ; peut-être qu’après on m’ouvrira les portes plus facilement dans le milieu du cinéma » dit la jeune femme. Mais pour l’instant, elle pense peu à son avenir professionnel. Pour elle, l’enjeu va bien au-delà d’une simple réussite cinématographique.

« Verbaliser permet de dire que ça s’est vraiment passé; tant qu’on ne l’a pas fait, ça reste un peu flou »

« Quand je suis entrée à l’école de cinéma, je savais déjà que ça allait être le sujet de mon film de fin d’études » dit-elle. Pour elle, ce qui est au cœur du sujet c’est la parole et l’importance de verbaliser une douleur. Cela fait près de cinq ans qu’elle s’y prépare.

Comme son héroïne, elle a vécu cette « occultation totale » avant d’enfin pouvoir se libérer de la pression qui étouffe. « Comment est-ce possible d’oublier quelque chose comme ça ? » s’interroge-t-elle aujourd’hui.

Pourtant, le déni existe vraiment et ses conséquences sont graves. « On appelle les victimes à porter plainte mais on oublie que le viol, qui paraît évident d’un point de vue extérieur, ne l’est presque jamais pour la personne concernée » explique Mathilde, pour qui « verbaliser permet de dire que ça s’est vraiment passé ; tant qu’on ne l’a pas fait, ça reste un peu flou. »

« Loin d’être pessimiste, l’Age de Raison raconte [qu'] une reconstruction est possible »

Parce que son sujet est important et que son synopsis a plu, Mathilde n’a pas eu de mal à s’entourer d’une bonne équipe. Des « professionnel-le-s » précise-t-elle avec un peu de fierté. Quant aux lieux de tournage, c’était pour elle une évidence. Elle n’envisageait pas de faire ça ailleurs que dans sa région d’origine dont elle apprécie « l’atmosphère ».

Malgré des économies, amassées depuis des années, elle n’a pas réussi à rassembler une somme suffisante alors elle a lancé un financement participatif afin de s’assurer « un certain confort et que chacun-e puisse être défrayé-e ».

« Loin d’être un film pessimiste, L’âge de raison raconte qu’après ce temps de perte de repères et de négation de soi, une reconstruction est possible – peut-on lire sur la page du financement en ligne – C’est avant tout un film sur la libération, une libération qui passe nécessairement par la parole [qui] permet de tuer quelque chose en soi pour continuer à vivre. »

Geneviève ROY 26 janvier 2019

http://www.breizhfemmes.fr

Pour aller plus loin : il ne reste que quelques jours pour participer au financement

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28 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

sorcières (breiz femmes)

sorzerez

« Une balade en balai » (On peut dire aussi « skubelenn »)

Toutes des sorcières ?

« Je n’avais jamais mesuré que la chasse aux sorcières avait concerné toute la société » ni qu’il y avait eu autant de « victimes indirectes » reconnaissait Mona Chollet voilà quelques semaines lors d’une présentation de son livre Sorcières, la puissance invaincue des femmes à Rennes à la librairie La Nuit des Temps.

Si l’autrice a beaucoup appris en écrivant ce livre, les lectrices et les lecteurs en apprendront tout autant. Non seulement sur l’histoire de ces femmes, victimes d’une société fortement machiste, mais aussi sur les conséquences qui ont façonné les sociétés suivantes et notamment la place réservée aux femmes.

Les sorcières du 21ème siècle ne sont plus accusées de pacte avec le diable, mais elles existent toujours – de plus en plus ? – et se caractérisent par leur capacité à tenir tête aux diktats de la société. Autant dire qu’on en trouve beaucoup dans les rangs des féministes…

Mona Chollet parle de toutes les femmes en s’intéressant aux sorcières. Celles d’hier mais aussi celles d’aujourd’hui. Celles qui finalement, au fil des siècles, se sont construites en réaction à ces moments de l’Histoire où les femmes étaient accusées de tous les maux.

« C’est à cette époque – explique l’autrice – qu’a été remodelé le comportement féminin et que les mères ont commencé à dire à leurs filles : « Tiens-toi à carreau ! » ; quand vous vous sentiez en permanence sous la menace d’une dénonciation, il fallait apprendre à ne pas déranger, ne pas se faire remarquer. » « Se montrer dociles, soumises, discrètes » écrit-elle.

Dans son ouvrage elle le résume ainsi : « toute tête féminine qui dépassait pouvait susciter des vocations de chasseurs de sorcières » ou encore « avoir un corps de femme pouvait suffire à faire de vous une suspecte ».

Une « figure positive » qui « tient debout toute seule »

Chiffres à l’appui, Mona Chollet défend l’idée que la misogynie était bien au cœur des chasses aux sorcières d’antan et que « des lignées féminines entières furent alors éliminées » ; elles représentaient 80% des accusées et 85% des condamnées quand les institutions qui les jugeaient étaient, elles, entièrement masculines.

Ce travail de recherche mené, l’autrice est catégorique : « la sorcière est définitivement devenue pour moi – dit-elle – une figure positive ». Pourtant dominées socialement, car femmes du peuple, les victimes des persécutions possédaient ce que beaucoup d’hommes n’avaient pas : le savoir – et donc le pouvoir – de soigner voire de guérir à une époque où les médecins étaient plus proches de « charlatans » que d’hommes de sciences.

« Et si le diable, c’était l’autonomie ? » interroge Mona Chollet dans son livre.

Désormais, on ne parle plus de bûchers, mais écrit-elle on subit toujours « le pouvoir patriarcal qui exclut, qui cogne et qui mutile pour maintenir les réfractaires dans leur positions d’éternelles subalternes ».

Pour elle, la sorcière est une « femme qui tient debout toute seule ». Et les sorcières d’aujour-d’hui sont celles qui montrent des « velléités d’indépendance ». Mona Chollet cite en particulier celles qui font le choix du célibat ou qui refusent la maternité, celles qui affichent la maîtrise de leur corps et de leur sexe ou encore, dans une société qui renvoie sans cesse les femmes à leur apparence physique, celles qui assument de vieillir.

« Un idéal vers lequel tendre » avec « une immense volupté »

« Une femme sûre d’elle-même qui affirme ses opinions, ses désirs et ses refus, passe très vite pour une harpie, une mégère » écrit-elle encore affirmant non sans humour : « la seule chose qui existe de plus idiot qu’une femme, c’est une femme âgée ». Parmi les insultes sexistes très en vogue, on ne peut ignorer le classique « vieille sorcière » !

« La sorcière surgit au crépuscule, alors que tout semble perdu. Elle est celle qui parvient à trouver des réserves d’espoir au cœur du désespoir. (…) [Elle] incarne la femme affranchie de toutes les dominations, de toutes les limitations ; elle est un idéal vers lequel tendre. » Une telle description ne peut qu’encourager à suivre « la voie des sorcières ». Mona Chollet, elle-même, qui se présente volontiers comme une féministe « courant poule mouillée » prétend qu’elle écrit « des livres comme celui-là pour [se] donner du courage ».

Une invitation pour chacune à devenir – ou à rester – une sorcière, à assumer ses choix, ses désirs et ses cheveux blancs. « Nous sommes les petites-filles des sorcières que vous n’avez pas réussi à brûler » disait un vieux slogan féministe. Mona Chollet en écho propose de cultiver cette « immense volupté à laisser notre pensée et notre imagination suivre les chemins sur lesquels nous entraînent les chuchotements des sorcières ».

Geneviève ROY 26 janvier 2019

http://www.breizhfemmes.fr/

Lire aussi :

Lire le livre de Mona Chollet, Sorcières, la puissance invaincue des femmes aux éditions La Découverte – Zones

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28 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

femmes gilets jaunes (npa al)

yes-can-do-

Les Gilets Jaunes sur des épaules de femmes

Une des particularités remarquées du mouvement des Gilets jaunes (GJ) est sa forte féminisation. Retour sur un phénomène qui rappelle, à qui l’avait oublié, l’importance des questions féministes et leur lien essentiel avec la lutte de classe.

D’emblée, nous devons relever deux choses :

– Il n’y a sans doute pas plus de femmes mobilisées dans les GJ qu’il n’y en a eu dans les autres grandes luttes touchant à nos conditions de travail et de vie, mais en partie du fait que ce mouvement émerge en dehors des cadres et des représentations traditionnelles du mouvement ouvrier, leur présence et leur rôle central sont aujourd’hui largement reconnus. Certains s’éton-nent d’y trouver autant de femmes, nous nous étonnons qu’il ait fallu attendre autant pour qu’ils arrivent enfin à les voir ;

– Les femmes commencent à s’organiser en tant que femmes dans ce mouvement. Ainsi les cortèges femmes GJ dans les manifestations du samedi, puis les manifestations en propre des femmes GJ, sont de leur propre initiative.

De la même façon que ce mouvement pose les conditions d’un formidable développement de la conscience de classe, il pose aussi celles d’un développement à très large échelle de la conscience féministe.

Quand précarité rime avec féminité 

Mères seules, femmes au foyer, temps partiels imposés, infériorité des salaires, retraites misérables… Il suffit de demander à une GJ pourquoi elle bloque son rond-point ou pourquoi elle manifeste pour entendre parler des particularités de ses conditions de vie et de travail de femme.

Le constat d’être les précaires des précaires dans l’organisation de la vie sociale est largement partagé.

De plus, beaucoup d’entre elles font directement le lien entre la précarité et l’exposition aux violences. Certes, les violences contre les femmes existent dans toutes les classes sociales, mais il est d’autant plus difficile de quitter un foyer violent quand on n’est pas autonome finan-cièrement. D’ailleurs, personne n’a été dupe du vernis féministe dont Macron a tenté de se parer lors de son premier discours de réaction aux GJ, tentant d’opposer les vraies victimes (« les femmes de courage ») aux vrais coupables : les GJ violents.

Des « femmes en lutte » au féminisme 

Ces expériences accumulées de manifestations et de cortèges de femmes amènent aujourd’hui à de nouvelles étapes dans la structuration des femmes GJ qui posent avec acuité la nécessité de passer d’un mouvement des femmes à un mouvement féministe.

La présence de l’extrême droite, y compris chez les femmes gilets jaunes, en particulier dans la manifestation du 20 janvier, impose de lutter contre les discours essentialistes et ceux qui ten-tent d’opposer droits des femmes et des autres catégories discriminées. Comme une militante GJ le dit : « Féministe, pas raciste, pas LGBTI-phobe ».

Tout comme au reste des GJ, la question des revendications se pose, et c’est très naturellement que les revendications classiques du mouvement féministe prennent leur place au côté de celles communes à tout le mouvement.

L’agenda du mouvement féministe commence à croiser celui des GJ, et l’absurdité de ne pas manifester ensemble se pose de plus en plus. Dimanche dernier à Paris, deux manifs de femmes avaient lieu en plus de celle des femmes GJ… La question se pose d’autant plus que nombre de femmes GJ organisatrices de ces rassemblements se pensent explicitement comme féministes, qu’elles soient organisées ou non.

De la liberté de disposer de son corps à celle de mener sa vie dignement 

Si le mouvement des GJ mobilise une partie du prolétariat qui était ces dernières années relativement absente des grandes luttes du mouvement ouvrier, cela ne veut certainement pas dire qu’il ne s’agit pas de lutte des classes.

Et s’il mobilise des femmes et minorités de genre relativement absentes du mouvement féministe organisé, cela ne veut certainement pas dire qu’il ne s’agit pas d’une lutte féministe. Bien au contraire, les GJ représentent un des éléments de l’avenir des mouvements ouvriers et féministes à reconstruire.

Les femmes organisées sur leurs revendications sont une des avant-gardes des grandes luttes, comme elles le furent dans toutes les révolutions (de 1789 à 1917). Plus proche de nous, on peut citer le mouvement de 1995 précédé de la grande manif du 25 novembre ou encore… la manif de lancement des GJ se faisant sur fond de la plus grosse manif féministe de ces der-nières années.

Le 8 mars approche, la grève du travail domestique et salarié aussi, à nous d’être à la hauteur de nos responsabilités et de la situation : nos corps et nos vies nous appartiennent !

Femmes précaires, femmes en colère, femmes en guerre !

Aurore K., Lisa D. et Louise R. Jeudi 24 janvier

https://npa2009.org/

Lire aussi:

La colère des femmes en jaune (AL)

Les femmes en gilets jaunes : une expression de la profondeur du mouvement (Révolution)

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27 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

travailleuses (le télégramme)

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Sonia Larue, la réalisatrice de « Travailleuses, travailleuses »
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A suivi plusieurs femmes du pays de Lorient dans leur quotidien.
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Elles sont (ou étaient) coiffeuse, secrétaire, maraîchère, serveuse et directrice financière. Héroïnes du premier film documentaire de la réalisatrice Sonia Larue « Travailleuses, travailleuses », cinq femmes du pays de Lorient racontent leur vie au travail. Une énergie qui crève l’écran. Rencontres.

Il y a Katia la saisonnière, Isabelle, ancienne cadre convertie en thérapeute, Véronique, la révoltée, Sabrina, la working girl et Julie, la militante… Un casting 100 % féminin concocté par la réalisatrice Sonia Larue pour son premier documentaire « Travailleuses, travailleuses », sorti fin 2018.

Le court-métrage de 54 minutes, projeté en avant-première au Vulcain le 17 décembre dernier, met en scène cinq femmes du pays de Lorient. Cinq parcours de vie filmés de façon intime et personnelle par la caméra bienveillante et engagée de la réalisatrice finistérienne.

Une rencontre née en 2015 d’un travail avec la metteuse en scène et comédienne Erika Vande-let, qui voulait adapter au théâtre le Journal d’une femme de chambre. Une pièce enrichie par des portraits de femmes d’aujourd’hui qui parlent de leur travail et du sentiment de servitude qu’elles éprouvent.

Face caméra et dans leur élément

Sur la vingtaine de femmes rencontrées, Sonia Larue en a fait témoigner sept. « Une fois le spectacle Les Confidentes monté, j’ai eu envie de poursuivre ces échanges et de mettre ces travailleuses sur le devant de la scène ». Envie de transmettre ces histoires, de partager ces parcours de reconversion et surtout ces questionnements que le film a fait naître.

La suite ? Un documentaire sur l’histoire de cinq femmes, cinq personnalités, qui décident de (re) prendre leur vie au travail en main.

Le tournage s’est fait au printemps dernier, pendant dix jours, après des dizaines d’heures de rencontres, d’échanges, de confidences captés entre 2015 et 2018. Les unes après les autres, et une fois ensemble. « C’est pour une scène de danse qui démarre et termine le film », raconte la réalisatrice. La danse du poireau tournée au port de commerce de Lorient. « Je leur ai deman-dé de mimer leur travail. Katia a bluffé les autres avec le ramassage du poireau. Un très beau geste repris en cadence par toute la troupe ».

Au-delà de ces entretiens réalisés face caméra, la réalisatrice a suivi ces travailleuses chez elles, sur leur lieu de travail, en situation avec leurs collègues, les clients… Toutes évoquent la passion, le stress, le manque ou la fatigue du travail. « Un jour, elles ont tenté de s’affranchir de leur servitude et de réinventer leur vie au travail ».

Des séquences entrecoupées de brèves apparitions de Célestine, la petite bonne du « Journal d’une Femme de Chambre » d’Octave Mirbeau. « Une figure tutélaire qui les interroge sur leur rapport à la hiérarchie et à l’organisation du travail ». Et donne aussi une vision politique aux témoignages.

Une énergie qui crève l’écran

Sans fard ni faux-semblant, Katia, Véro, Isabelle, Sabrina et Julie donnent la réplique avec beaucoup de naturel et d’aplomb. Un concentré de vérité mis en scène avec justesse. Et une énergie qui crève l’écran.

Personne ne se dérobe. Le spectateur devient alors, en direct, le confident des coups durs, doutes et satisfactions des unes et des autres. « Excepté Katia, la benjamine, toutes sont, à différents niveaux, à un moment charnière de leur vie. Elles font le bilan de leur première partie de carrière et s’interrogent sur ce que sera le premier jour du reste de la vie au travail », raconte la cinéaste. Comme dans la vraie vie, rien n’est figé. La métamorphose (même physique) est évidente entre les premiers entretiens en 2015 et les dernières séquences trois ans plus tard.

« Rien à voir avec un film sociologique sur les femmes au travail aujourd’hui », prévient Sonia Larue. Un film forcément féministe. Militant aussi. Qui parlent à toutes les Travailleuses travailleuses !

Le doc « Travailleuses, travailleuses ! » met en scène cinq parcours de vie. « Cinq femmes du pays de Lorient évoquent la passion, le stress, le manque ou la fatigue que leur inspire le travail, à la fois source d’émancipation et d’aliénation. Un jour, elles ont tenté de s’affranchir de leur servitude et de réinventer leur vie au travail. Mais leur liberté a parfois eu un prix ».

21 janvier 2019  Katell Brélivet

https://www.letelegramme.fr/

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21 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

ivg (le huffington post)

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21 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

femmes gilets jaunes (le huffington post)

 Lire aussi:

Ordre et service d’ordre: un service d’ordre c’est fait pour protéger les manifestants… oui mais de qui ? (Révolution Permanente)

L’austérité et ses effets sur la reproduction sociale: des femmes Gilets Jaunes prennent la parole (Al’Encontre.ch)

Mère célibataire, héroïne (éphémère) des ronds-points (Slate)

Gilets Jaunes, l’urgence de l’acte. La véritable surprise de ce mouvement réside dans l’irruption d’un nouvel acteur issu des couches parmi les plus « invisibilisées » (ESSF)

Une approche critique du mouvement des Gilets jaunes… (ESSF)

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19 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

quimper gilets jaunes

kemper

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