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08 mars 2024 ~ 0 Commentaire

violence masculine (basta)

violence masculine (basta) dans Altermondialisme

« La violence masculine est une affaire de femmes »

  • Les inégalités de genre persistent dans le monde. Face aux discriminations, aux violences et au manque de perspectives, les femmes se battent, partout, pour un avenir meilleur. Les médias indépendants internationaux nous partagent leurs histoires.

« Cinq femmes et une fille, étouffées, poignardées, abattues. Dans un bordel et à la maison, par un inconnu, un père, un compagnon de vie. » En Autriche, en l’espace de quelques jours, six féminicides ont eu lieu, raconte la journaliste Lara Ritter dans une chronique pour le journal allemand Die Tageszeitung, le 28 février.

Trois de ces femmes, vraisemblablement d’origine étrangère, ont été poignardées dans une maison close de Vienne. Un demandeur d’asile a été arrêté.

Au lieu de soulever la nécessité de prendre en main le problème des violences, par exemple en créant des places d’hébergement d’urgence pour les femmes ou en luttant contre la précarité, « les féminicides servent souvent de prétexte à l’agitation raciste et au scandale », écrit la journaliste du quotidien indépendant. Face à cela, le silence du gouvernement autrichien envoie un message : « Il déclare ainsi que la violence masculine est une affaire de femmes. »

Partout, celles qui sortent dans la rue, bravent les interdits, osent bousculer l’ordre et se battent contre les violences sont des femmes. Elles se battent pour être reconnues, disposer de leur corps, ou simplement : vivre. Cet édito leur est consacré, et le contenu de notre newsletter également, car on ne peut penser un monde meilleur sans s’intéresser aux droits des femmes.

Toutes les femmes. Celles tuées parce qu’elles existent en tant que femmes, celles privées du droit à avorter, celles qui le font malgré tout, celles persécutées parce qu’elles ont le malheur de ne pas être nées dans le bon corps, celles qui haussent la voix et celles qui ne peuvent pas le faire.

Les inégalités existent toujours, partout

Le 8 mars est l’occasion de rappeler que l’inégalité entre les genres est encore la norme dans le monde. Ce jour est « l’occasion de reconnaître les luttes féministes qui ont élargi les horizons académiques, professionnels et économiques de femmes historiquement invisibles », suggère le magazine colombien Razón Pública. Le média se donne aussi pour mission de quantifier « les obstacles à la pleine égalité des sexes, en particulier dans des domaines critiques tels que le marché du travail, la ruralité, la fiscalité ». La pandémie de Covid-19 a eu un impact économique plus grand sur les femmes que les hommes, plus exposées au chômage encore.

« Si les inégalités sur le marché du travail sont marquées pour les femmes, les perspectives sont encore plus difficiles pour les femmes rurales », précise le média. Déjà en difficulté pour accéder à « la propriété foncière, aux crédits de production et aux marchés », elles sont également confrontées aux violences. C’est une réalité partagée dans le monde.

En Espagne, infoLibre raconte les conséquences de l’exode rural des femmes, notamment causé par des difficultés d’accès à la propriété des exploitations et à la seule perspective du travail non rémunéré. Dans « ces villes où il n’y a guère plus que l’église et le bar », la natalité baisse et l’avenir des communautés entières en est fragilisé. Le sort des femmes regarde tout le monde.

Cette chronique pourrait être un livre de milliers et de milliers de pages. Le nombre d’histoires rapportées infini. Nous avons choisi de vous raconter certaines d’entre elles qui peuvent nous inspirer toutes et tous, d’où qu’elles viennent. Vous partager le récit d’une femme trans, Maria Belén Correa, qui écrit de sa communauté, dans la version sud-américaine d’elDiario : « Nous ne nous projetions pas dans la vieillesse. » Car « si la vieillesse est un problème de société dans son ensemble, en ce sens qu’elle est considérée comme un rebut, imaginez que vous soyez une vieille femme transgenre. »

Le droit à l’avortement en France et dans le monde

Nous parlerons dans cette édition des réactions de la presse internationale à la constitutionnalisation du droit à l’avortement en France. Si la nouvelle fait réagir hors de nos frontières, c’est parce que ce droit est loin d’être un acquis. Enab Baladi, média indépendant syrien, raconte les difficultés auxquelles font face les femmes de la ville d’Idlib qui veulent avorter. Et ce, même lorsque leur santé est mise en danger par la grossesse : « La loi syrienne considère l’avortement comme un crime passible d’une peine d’emprisonnement pour la mère et toute personne qui l’a aidée, y compris les médecins, les pharmaciens ou autres. »

En juillet 2023, le site de datajournalisme italien Openpolis faisait un état des lieux du droit à l’avortement en Europe et constatait qu’il était encore « souvent entravé, principalement par l’objection de conscience ». Aux États-Unis, alors que le droit à l’IVG n’est plus protégé nationalement depuis 2022, la Cour suprême de l’Alabama a statué fin février sur le statut légal des embryons congelés (dans le cadre d’une fécondation in vitro, ou FIV, par exemple). Ce sont des êtres vivants à ses yeux. Dans cet État, « l’idée qu’un fœtus ou un embryon devrait avoir les mêmes droits qu’un enfant » a eu des conséquences immédiates, raconte Mother Jones : nombre de cliniques de FIV ont interrompu leurs services, de peur d’être poursuivies en justice si quoi que ce soit arrivait aux embryons.

Face à cette incertitude, mercredi 6 mars, la gouverneure républicaine d’Alabama a promulgué une loi protégeant les personnes bénéficiant ou se chargeant de fécondations in vitro. Mais la décision de la Cour suprême pose d’autres questions : « Si un fœtus est un enfant, qu’est-ce que cela signifie pour les fausses couches ? Que se passe-t-il avec le droit de la responsabilité civile : la succession d’un fœtus peut-elle intenter une action en justice en cas de préjudice ? » Dans une interview pour le média états-unien Mother Jones, l’autrice et docteure Michele Goodwin explique les conséquences, nombreuses, de telles décisions pour les femmes : « Nous avons constaté qu’à la suite de l’adoption de lois contre l’avortement, certains petits amis et maris ont agi de manière abusive et criminelle, croyant qu’ils avaient une certaine autorité sur le corps des femmes qu’ils côtoyaient. »

Nous vous parlerons aussi des femmes qui se battent pour protéger l’Amazonie dans un monde où nous dépendons tous de la santé de la nature. Nous vous raconterons l’histoire de celles qui inventent de nouveaux moyens de lutter contre le « no future » en Colombie, des femmes kurdes qui se battent pour la liberté en Irak ou des personnes LGBTQI+ mises en danger au Ghana. Ces récits de vie de personnes situées à l’intersection des discriminations, et bien d’autres, sont à lire dans cette édition de « Chez les indés International ».

Emma Bougerol 8 mars 2024

https://basta.media/

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08 mars 2024 ~ 0 Commentaire

8 mars brest (OF, Le Tél)

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  • À Brest, environ 500 personnes mobilisées contre les inégalités de salaires femmes-hommes

Des centaines de personnes se sont rassemblées sur la place de la Liberté, à Brest (Finistère), à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Une manifestation organisée par l’intersyndicale.

Entre 200 et 300 personnes se sont réunies, ce vendredi 8 mars 2024, sur la place de la Liberté, à Brest (Finistère), à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Des manifestants rejoignent le cortège, qui atteint environ 500 personnes au total.

Cette première manifestation, qui se tient depuis 15 h 40, est particulière car elle commencé à l’heure précise où les femmes travailleraient gratuitement, en raison de l’écart de salaire entre les hommes et les femmes. Une mobilisation nationale, lancée par l’intersyndicale.

Des salaires inférieurs à ceux des hommes

Cette dernière rappelle que 62 % des personnes payées au Smic (salaire minimum interprofessionnel de croissance) sont des femmes. Elles touchent également des salaires un quart inférieur à ceux des hommes.

Marin RABIN. Publié le 08/03/2024

https://www.ouest-france.fr/

Brest, elles ont manifesté pour leurs droits ce vendredi 8 mars (Le Tel)

Pour la journée internationale des droits des femmes, environ 300 personnes ont manifesté ce vendredi 8 mars à Brest. Elles revendiquaient notamment l’égalité salariale et des actions contre les violences sexistes et sexuelles.


La PMA (procréation médicalement assistée) pour toutes était l’une des revendications de la manifestation.

Les violences sexistes et sexuelles étaient notamment au centre des revendications

Les femmes ont marché à Brest dans une ambiance de défiance vis-à-vis du gouvernement.

L’heure était inhabituelle mais symbolique. Vendredi 8 mars 2024, l’intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaires et Union pirate a donné rendez-vous place de la Liberté à Brest à 15 h 40, horaire théorique auquel les femmes cessent d’être payées au regard de l’écart de salaires entre femmes et hommes. Environ 300 personnes, en majorité des femmes, ont répondu à cet appel à la grève du travail et des tâches domestiques en venant manifester.

Isabelle Jaffré 08 mars 2024

https://www.letelegramme.fr/

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06 mars 2024 ~ 0 Commentaire

8 mars carhaix (OF)

photo  une manifestation à paris, le 8 mars 2022 (photo d’illustration). .

À Carhaix le 8 mars, un rassemblement pour la Journée de lutte pour les droits des femmes

L’union locale du syndicat CGT (Confédération générale du travail) encourage la population à se réunir vendredi 8 mars 2024, devant la maison des syndicats à Carhaix (Finistère), à l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

https://brest.maville.com

À Brest, plusieurs syndicats appellent à une grève « féministe » pour le 8-Mars

La CGT, Solidaires, la FSU, FO et Union Pirate organisent une manifestation à Brest (Finistère), à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, vendredi 8 mars 2024. Les syndicats appellent également à une grève « féministe » du travail, des tâches domestiques et de la consommation.

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06 mars 2024 ~ 0 Commentaire

agricultrices (basta)

agricultrices (basta) dans Ecologie & climat

Publié dans Plus invisibles que les paysans : les paysannes
 Agriculture et féminisme, une alliance heureuse

Des gros tracteurs et des gros bras : c’est la méthode qu’a – encore une fois – choisi le monde agricole pour se faire entendre ces dernières semaines. Mais à l’ombre de ces actions médiatiques bruisse une autre révolte agricole, qui propose un avenir plus collectif et plus joyeux. Portée par des paysannes qui revendiquent la non-mixité comme un espace de choix pour s’émanciper, cette révolte s’appuie sur une longue tradition de groupes « femmes », nés dans le secteur au sortir de la guerre.

Être libres d’apprendre

La rencontre des Travailleuses de la terre, qui s’est tenue en septembre 2022 dans une ferme près de Rennes (Ille-et-Vilaine), est l’héritière d’une histoire de non-mixité vieille de plus de 50 ans dans le monde agricole. Parmi les objectifs de cette rencontre de deux jours : la réappropriation des savoirs techniques. « Il y avait des ateliers câblage de prises, moteurs deux et quatre temps, abattage de poules… » raconte Manon Lemeux, qui prévoit de s’installer prochainement comme agricultrice. En Isère, où ont eu lieu au même moment les Rencontres paysannes féministes, on pouvait apprendre à se servir d’une tronçonneuse et d’un poste à souder. Quel est l’intérêt de ces échanges de savoirs en non-mixité ?

« On peut poser toutes les questions qu’on veut, répond Manon Lemeux. Et on est libres d’apprendre sans le regard masculin qui, même sans être malveillant, nous place toujours dans un rapport de séduction et une recherche de validation. » Faire part de ses doutes ou de son ignorance à des collègues masculins, c’est plus difficile, rapportent les femmes qui ont pu bénéficier de ces espaces d’apprentissage en non-mixité. Elles s’exposent à des moqueries inconfortables qui s’ajoutent à un présupposé de moindre compétence, lassant à force d’être répété.

« Avoir une formatrice facilite l’identification des participantes », remarque Agathe Demathieu, ingénieure en mécanique et membre de l’Atelier paysan [1]. « L’exemple, c’est fondamental. Cela montre qu’on est capable. De conduire un tracteur, de faucher, de mener une exploitation… » pense la sénatrice Marie-Pierre Monier. Ces ateliers sont aussi l’occasion de concevoir des ergonomies de machines agricoles plus adaptées, comme les postes de conduite des tracteurs, généralement peu confortables pour les femmes, qui n’arrivent pas toujours à atteindre les pédales.

« Une femme qui avait de grandes surfaces nous a fait part de ses difficultés avec son enrouleur d’irrigation [sur lequel on rembobine les tuyaux d’arrosage, ndlr], très difficile à manier, rapporte Marie-Pierre Monier. La mise au point d’outils plus petits est vraiment nécessaire pour les femmes. Cela permet aussi à de nombreux hommes d’éviter des troubles musculo-squelettiques. »

Concilier travail agricole et travail domestique

Moins initiées que les hommes au maniement des machines lors de leurs formations initiales, les femmes disposent d’un temps de formation continue assez restreint. Agathe Demathieu a ainsi calculé que plus les formations proposées par l’Atelier paysan étaient longues, moins les femmes y participaient. Elles représentaient 57 % des participants aux formats d’initiation sur deux jours, mais seulement 20 % des participants aux formations avancées qui durent cinq jours. « Pour les paysannes installées, se libérer cinq jours d’affilée pour assister à une formation semble compliqué – d’autant plus pour les femmes qui ont des enfants en bas âge », note l’ingénieure. Ce problème d’organisation ne semble pas toucher les jeunes pères.

La conciliation entre le travail domestique et le travail agricole faisait partie des thèmes de discussion des Travailleuses de la terre. Il faut dire qu’il y a là de quoi faire, tant la confusion entre les deux sphères est importante dans les fermes, au détriment des femmes le plus souvent. « Les normes de rendement des fermes se basent sur le travail domestique gratuit des femmes qui n’est jamais comptabilisé, avance Gwenen Montagnon, installée en polyculture élevage et en Gaec [Groupement agricole d’exploitation en commun, ndlr] avec son compagnon. On paye une personne alors qu’elles sont deux à travailler. C’est cela qui a permis de rendre l’alimentation pas chère. »

Avec les Elles de l’Adage, un collectif d’une dizaine de femmes dont elle fait partie, Gwenen Montagnon réfléchit à cette invisibilité du travail des femmes. Parmi les solutions à l’étude de leur petit groupe [2] figurent les banques de travail, qui permettraient par exemple d’échanger une demi-journée de maraîchage ou une demi-journée de baby-sitting contre un panier de légumes.

« Casser le schéma capitaliste »

Sa collègue Lucie Rigal estime que « les installations collectives peuvent permettre de casser le schéma capitaliste qui s’appuie sur la famille nucléaire, où la femme est exploitée à la maison et l’homme, en dehors ». Installée en Gaec avec son frère, elle explique qu’ils ont tous les deux eu à cœur de se « déspécialiser »  : « On ne voulait pas que mon frère s’occupe que des machines, et jamais de ses enfants, et inversement pour moi. J’avais moins de compétences que lui en électricité et en plomberie, par exemple. Mais on a décidé ensemble qu’il fallait me laisser le temps de réapprendre. J’ai mené des chantiers dans lesquels il n’est pas intervenu. » De son côté, son frère a choisi de passer beaucoup de temps auprès de ses enfants, de ne pas laisser ce travail à sa seule compagne. « Ce sont des choix qui font qu’on a eu moins de temps pour le travail de production de la ferme, prévient Lucie Rigal. Du coup on n’a pas décollé tout de suite économiquement. »

Toutes ces réflexions, Lucie et Gwenen les élaborent en lien étroit avec leurs collègues féminines, prolongeant des pratiques déjà anciennes. « Dans le monde agricole perdure une longue tradition d’engagement des femmes en non-mixité, avec des commissions féminines dans tous les syndicats et organisations agricoles, précise la sociologue Rose-Marie Lagrave. Dans les commissions « agricultrice », s’élaborait un travail syndical entre femmes qui était ensuite reversé dans les structures mixtes. Ces commissions femmes étaient des espaces nécessaires pour s’enhardir à prendre la parole en séance plénière devant les hommes. C’était des lieux de formation et de réassurance pour elles. »

« Dès les années 1960 en Aveyron, des agricultrices se sont réunies pour améliorer leurs conditions de travail et de vie, situe Alexandre Guérillot, sociologue. À l’époque, elles réclamaient de ne plus cohabiter avec leurs belles-familles qui les exploitaient volontiers. Et elles voulaient pouvoir mettre en place leurs propres ateliers de production. » En Ille-et-Vilaine, à la même époque, elles questionnent la pertinence du surinvestissement matériel dans les fermes. « Combien de fermes sont encombrées de matériel qui traîne dans la cour ? » demandent-elles lors de l’AG du Centre national des jeunes agriculteurs de juillet 1957. « Le matériel ménager utilisé tous les jours n’est-il pas plus rentable, plus nécessaire ? » interrogent celles qui doivent alors cumuler deux journées et s’entendre dire qu’elles ne travaillent pas…

Moteurs de la transition

« Ces femmes ont été pionnières, mais pour des raisons presque opposées à celles des groupes féministes qui décident de se retrouver en non-mixité pour faire sécession, reprend Rose-Marie Lagrave. Au sein des commissions femmes de la FNSEA ou de la Jac, il s’agissait de se former pour pouvoir mieux coopérer avec les hommes. Il y avait toujours cette idée d’être complémentaires des hommes. Toutes les femmes ont souligné l’importance dans leur vie professionnelle et personnelle de ces groupes non mixtes. »

Cette idée de complémentarité avec les hommes semble toujours d’actualité, si l’on en croit un texte de la Coordination rurale (syndicat minoritaire classé à droite [3]) qui s’intéresse au rôle « central » des femmes : « Nous ne faisons pas du militantisme féministe, nous faisons du militantisme égalitaire qui accepte les différences, mais dans leurs complémentarités. »

On assiste donc aujourd’hui à un renouveau des dynamiques de non-mixité, plutôt portées par les organisations relevant de l’agriculture paysanne : Confédération paysanne, Associations pour le développement de l’emploi agricole et rural (Adear), et Centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural (Civam). Il existe une douzaine de groupes non mixtes dans le réseau Civam. Plutôt mal vus au début, ces groupes ont fini par gagner en légitimité. Mais Sixtine le Prioux, coordinatrice femmes et milieu rural au sein de cette organisation, regrette de « devoir sans arrêt justifier la non-mixité ». Elle rappelle que « c’est un outil transitoire de transition agroécologique, qui permet aux femmes de mettre en place des changements de pratiques sur leurs fermes. Il ne s’agit pas simplement de bien-être intello. »

Plusieurs études ont en effet démontré que les groupes non mixtes sont des moteurs dans la transition des fermes vers des modèles plus résilients. « Beaucoup de conversions à l’agriculture biologique se font sous leur impulsion, dit Émilie Serpossian, animatrice au sein d’un Civam. L’enjeu de l’agroécologie, c’est d’être en collaboration avec le vivant. Or, du fait de leur expérience de travail de care (soin), qui impose de prendre en compte des besoins multiples, les femmes ont acquis des compétences sur cette collaboration. C’est pourquoi il est plus facile pour elles de se mettre à l’agroécologie [4]. »

Agriculture paysanne et écoféminisme

« Dans les discussions que j’entends au sein des groupes non mixtes, il y a une remise en cause perpétuelle, quelque chose d’infini dans le souci de s’améliorer en termes de préoccupations environnementales et de qualité du travail », relève Manon Lemeux. « Pour nous, c’est important de poser qu’avec nos expériences de femmes paysannes travaillant avec le vivant, nous avons une expertise sur le sujet, ajoute Gwenen Montagnon. Nous revendiquons d’avoir des choses à dire sur des questions telles que la mort animale par exemple. »

Le sujet a été longuement abordé lors des rencontres des Travailleuses de la terre. « La mort dans les abattoirs ne nous convient pas, complète Lucie Rigal. Comment fait-on pour se la réapproprier ? Nous avons mis en place des ateliers d’abattage et j’ai pu accompagner des femmes à tuer leur premier animal, en prenant en compte les affects, le besoin de soins, de douceur, leurs pleurs… » Lucie et Gwenen revendiquent un féminisme « incarné ». « Il s’agit de partir de nos savoir-faire, vécus et expériences afin de créer du savoir qui émerge du terrain et ne plus laisser aux seuls intellectuels l’apanage d’écrire notre histoire, précise Lucie Rigal. Nous voulons creuser le lien ténu entre agriculture paysanne et écoféminisme et voir comment les articuler pour donner une nouvelle dimension à nos luttes et pratiques paysannes ! »

« Les agricultrices qui se revendiquent de l’écoféminisme sont de plus en plus nombreuses, remarque Rose-Marie Lagrave. On assiste à une rencontre entre des agricultrices qui pensent à partir de leurs expériences quotidiennes et des chercheuses qui analysent à partir d’ enquêtes pour proposer des théories. Les théoriciennes sont reliées à celles qui travaillent la terre, telle Geneviève Pruvost [chercheuse au CNRS, sociologue du travail et du genre, diplômée de permaculture, ndlr], pour ne citer qu’elle. » Toutes les paysannes évoluant au sein de groupes non mixtes racontent l’apaisement que ces moments de rencontres leur procurent. Et la joie aussi d’évoluer dans des espaces libres de domination.

Nolwenn Weiler 6 mars 2024

https://basta.media/

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04 mars 2024 ~ 0 Commentaire

valentin ( l’yonne)

8mars

.Retrouvez ci-dessus les mobilisations du 8 mars 2024.

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La Saint-Valentin, le rendez-vous des clichés sexistes

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Comme chaque année, le 14 février annonce le jour de la Saint-Valentin. Une fête commerciale ancrée dans la tradition du sexisme et du patriarcat.

Mais d’où vient cette fête ?

D’origine romaine, la Saint-Valentin faisait partie des Lupercales, fêtes païennes qui se déroulaient le 15 février en l’honneur de Faunus, défenseur des troupeaux et dieu de la fécondité.

Le pape Gélase Ier instaura la Saint-Valentin le 14 février dans l’espoir d’en faire une fête religieuse. Le choix de ce nom vient d’un moine, Valentin de Terni, tué un 14 février pour avoir continué de marier des couples malgré l’interdiction de l’Empereur Claude II Le Gothique* visant à obliger les hommes à partir à la guerre. Les romains organisaient également des loteries amoureuses dont les participant·es étaient des « Valentins » et des « Valentines ».

1 000 ans plus tard, Valentin est officiellement désigné comme le saint patron des amoureux par l’Église catholique dans le but de contrer la tradition anglaise du valentinage qui consistait à associer des couples désignés par le hasard pour une journée. Le 14 février, les jeunes femmes désignaient leurs fiancés comme leur Valentin et leur destin dépendait de l’oiseau observé : un rouge-gorge signifiait un marin, un moineau un mariage heureux mais pauvre et un chardonneret un homme riche.

La fête commerciale que nous connaissons aujourd’hui a pris son essor aux États-Unis à la fin du 20e siècle avec la vente de cartes postales. Sous couvert de preuves d’amour, offrir bouquets de roses, gadgets ou dîners au restaurant est devenu une véritable aubaine pour les entreprises !

*L’empereur voulait interdire le mariage pour éviter que les hommes soient tentés de rester avec leurs fiancées plutôt que de partir à la guerre.

Business, sexisme et désastre écologique

L’approche de la Saint-Valentin est donc l’occasion rêvée pour les entreprises de pousser à une consommation, jugée irresponsable à l’heure du dérèglement climatique. En effet, 85% des fleurs commercialisées sont importées de l’étranger (Kenya, Colombie, Pays-Bas, Équateur) et enregistrent un bilan carbone conséquent.

Le chocolat fait aussi partie intégrante du désastre écologique et humain. L’industrie du cacao est principalement structurée autour de pratiques esclavagistes, notamment envers les enfants et d’une déforestation des régions tropicales : les industriels détruisent les écosystèmes locaux afin de planter des plans de cacao, au détriment de la biodiversité locale.

La surconsommation de bijoux, de bougies, de produits cosmétiques et de parfums engendre une dégradation des conditions de travail dans les pays exportateurs des matières premières et l’utilisation de produits chimiques dans la production ou la transformation, néfastes pour l’environnement.

À la catastrophe écologique s’ajoute la propagande d’une fête « traditionnelle » ritualisant une nouvelle norme conjugale, imposant d’afficher son amour à une date précise et de se plier à des codes et des rôles bien définis. Si l’homme doit offrir des cadeaux et des roses à sa partenaire dans un restaurant, la femme ne doit-elle pas consentir, en contrepartie, à un rapport sexuel à l’issue de ce rendez-vous « romantique » ?

La Saint-Valentin exerce ainsi une pression sociale et participe au maintien de stéréotypes sexistes qui continuent de forger les mentalités et les comportements, comme en témoigne le rapport 2024 du Haut Conseil à l’Égalité sur l’état des lieux du sexisme en France : 70% des hommes pensent encore qu’un homme doit avoir la responsabilité financière de sa famille pour être respecté dans la société.

En célébrant et idéalisant l’hétérosexualité, l’hétéronormativité est devenue une réelle exigence destinée à entretenir une domination patriarcale qui rend les femmes et leurs corps, disponibles à l’appropriation masculine. L’injonction s’opère dès le plus jeune âge, par sacralisation du désir masculin, une sociabilisation qui efface le désir féminin et invisibilise l’amour entre femmes.

Diffuser ces stéréotypes contribue à la reproduction de schémas genrés qui renforcent les inégalités et les privilèges. Ils poussent à l’exclusion et jouent sur les discriminations. Selon le rapport annuel du HCE sur le sexisme en France*, 9 femmes sur 10 déclarent avoir subi une situation sexiste et 37% d’entre elles déclarent avoir vécu une situation de non-consentement, un chiffre qui grimpe à plus de 50% chez les 25-34 ans.

*Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes, rapport annuel 2024 sur l’état des lieux du sexisme en France, S’attaquer aux racines du sexisme.

14.02.24

https://yonnelautre.fr/

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28 février 2024 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

UnJourSansNous_8mars

8 mars : notre colère est sans limite et sans frontières !

Chaque année, nous avons encore plus de raisons d’être dans la rue pour hurler notre colère devant ce monde injuste et violent, en particulier pour les femmes.

Solidaires avec toutes les femmes en situation de guerre

Depuis des mois nous parviennent des images et des témoignages insupportables de la situation de Palestine. Les femmes en particulier tentent de survivre avec leurs enfants, accouchent dans des conditions horribles… En ce 8 mars 2024, la solidarité avec le peuple palestinien, et en particulier avec les femmes de Palestine, est au premier rang de nos revendications.

Au Soudan ou en République démocratique du Congo, ce sont des millions de femmes qui sont exposées aux violences sexistes et sexuelles dans des contextes de conflits armés, de déplacements massifs de population, de relégation dans des camps de refugié.es.

En Ukraine aussi des viols et des violences sexistes sont perpétrées par l’armée russe.

Et lorsqu’elles fuient les situations de guerre, les migrantes, en plus de toutes les autres violences, sont soumises aux viols, aux agressions sexuelles, à l’escalavage.

Nous nous battons pour les femmes du monde entier

Nous voulons une paix juste et durable partout dans le monde parce que c’est une condition indispensable pour l’émancipation des toutes les femmes et des personnes LGBTI. Pour cela, ici en France, nous devons combattre les puissances impérialistes. En tout premier lieu, nous combattons la politique du gouvernement Français qui soutient Israël, qui défend ses intérêts en soutenant des dictatures en Afrique depuis des dizaines d’années, qui asphyxie les pays pauvres par le mécanisme de la dette, qui laisse mourir les migrant.es aux frontières de l’Europe… Ce sont les intérêts des grands groupes capitalistes à travers le monde, les profits générés par les ventes d’armes, les politiques impérialistes des Etats à leur service qui sont à l’origine de ces bains de sang, de toutes ces violences contre l’humanité, contre les femmes en particulier.

Se battre ici comme ailleurs

Pour enrayer ces logiques mortifères, nous devons trouver les forces pour peser sur nos gouvernements, construire nos luttes pour qu’elles pèsent politiquement. Pour cela nous devons être extrêmement nombreuses à manifester, à dénoncer le capitalisme, le patriarcat et leurs conséquences. Pour manifester massivement le 8 mars, nous devons être en lutte et nous sortir de la contrainte du travail salarié et du travail domestique. Pour cela, il n’y a pas d’autre solution que d’être en grève.

Le 8 mars, nous devons être dans la rue, en grève, nombreuses, solidaires et déterminées, pour détruire ce système capitaliste et patriarcal qui détruit nos vies.

Nous sommes en grève…

Nous sommes en grève pour les femmes du monde entier, contre les guerres impérialistes, pour le droit des peuples à vivre en paix sur leur territoire.

Nous sommes en grève contre toutes les violences subies par les femmes et les minorisé.es de genre ici comme ailleurs. La nouvelle vague de libération de la parole des femmes contre les violences sexistes et sexuelles dans le cinéma français résonne avec celles de toutes les femmes, dans tous les milieux.

Nous sommes en grève pour l’accueil inconditionnel de tou.tes les migrant.es victimes de violences sexistes et sexuelles, de violences de genre, des guerres…

Nous sommes en grève contre la domination et la surexploitation que subissent les femmes et les minorisé.es de genre.

Par nos mobilisations, par la grève, nous nous attaquons à l’ordre capitaliste et patriarcal, et parce que nous sommes unies, fortes et solidaires, nous changerons la société !

Mardi 27 février 2024

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23 février 2024 ~ 0 Commentaire

filles (mozambique HRW)

moz

Les filles du Mozambique privées de leur droit à l’éducation

Le Mozambique est confronté à d’énormes difficultés pour scolariser les jeunes femmes et les filles enceintes, ou celles qui ont des enfants en bas âge, selon un nouveau rapport de HRW.

Ces femmes et ces filles ont besoin d’un soutien fort de la part des écoles, en particulier pendant l’une des périodes les plus vulnérables de leur vie.

Pourquoi les jeunes femmes et filles enceintes ou mères abandonnent-elles l’école ? Les raisons varient : elles sont confrontées à la discrimination, à la violence sexiste et à la pauvreté. Pour beaucoup d’entre elles, il est impossible de jongler entre l’école et les responsabilités liées à la garde des enfants. Et l’absence d’éducation gratuite pousse de nombreuses filles issues des ménages les plus pauvres à quitter l’école. La plupart d’entre elles n’ont aucune possibilité de garde d’enfants.

L’ampleur du défi est considérable :

Selon une étude, 70 % des filles enceintes au Mozambique quittent l’école.
Le pays a le cinquième taux de mariage d’enfants le plus élevé au monde. Le taux de grossesse des adolescentes au Mozambique est l’un des plus élevés d’Afrique. Selon les Nations unies, au moins une fille sur dix a eu un enfant avant l’âge de 15 ans.
En 2022, seulement 41 % des filles ont terminé le premier cycle de l’enseignement secondaire.
En 2020, seules 4 % des filles ont terminé le deuxième cycle de l’enseignement secondaire.

En 2003, le gouvernement a demandé aux responsables scolaires de transférer les filles enceintes et les mères adolescentes des écoles de jour vers les écoles de nuit. Ce décret a de fait autorisé et consolidé la discrimination à l’encontre de ces élèves dans le système éducatif national.

Par la suite, des groupes de la société mozambicaine ont mené une campagne qui a permis de faire pression sur le ministère de l’éducation pour qu’il abroge le décret en 2018. Mais bien qu’il ait fait preuve d’une volonté politique de changement, le gouvernement a eu du mal à s’attaquer aux énormes obstacles systémiques et sociaux auxquels les filles sont confrontées pour rester à l’école.

Dans le cadre de nos recherches, Human Rights Watch a constaté que certains enseignants et autorités scolaires continuaient d’orienter automatiquement les élèves vers les écoles de nuit en raison de la stigmatisation, des pratiques discriminatoires existantes, ou d’un manque de consignes des responsables. Heureusement, d’autres enseignants soutiennent les étudiantes pour qu’elles restent à l’école.

Le Mozambique devrait adopter des réglementations juridiquement applicables pour garantir le droit des filles à l’éducation pendant la grossesse et la parentalité. Le gouvernement devrait également veiller à ce que tous les élèves aient accès à une éducation sexuelle complète et à des services de santé reproductive adéquats.

Les filles du Mozambique – comme les filles du monde entier – ont un droit fondamental à l’éducation, quelles que soient les circonstances dans lesquelles elles se trouvent – et ce droit doit être garanti.

21 février 2024       Human Rights Watch

https://www.afriquesenlutte.org/

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23 février 2024 ~ 0 Commentaire

action aid (50/50)

action aid (50/50) dans Altermondialisme

Salma Lamqaddam : « nous nous inscrivons dans la lignée des mouvements sociaux féministes, antiracistes et anticapitalistes en France et dans le monde » 1/2

Salma Lamqaddam est chargée de la question des droits des femmes à ActionAid France, une ONG qu’elle définit comme étant féministe et altermondialiste. L’ONG soutient, dans de nombreux pays les luttes des ouvrières dont les conditions de travail sont terribles. Ainsi, elle a porté plainte contre les marques Yves Rocher et Auchan.

Présentez-nous ActionAid France

ActionAid France est une ONG de solidarité internationale, présente dans près de 70 pays dans le monde. En France, ActionAid est une association féministe et altermondialiste, portée par une trentaine de groupes locaux et près de 180 000 personnes mobilisées dans le cadre de nos campagnes.

Attention, nous faisons de la solidarité internationale au sens décolonial du terme ; nous ne faisons pas d’humanitaire ou de charité, nous ne construisons pas d’école ou de puits à l’autre bout du monde, nous avons à l’inverse une approche par les droits. Nous soutenons des personnes, des collectifs, des syndicats dans leur lutte pour les droits économiques, sociaux et environnementaux de tous et toutes. Nous nous inscrivons dans la lignée des mouvements sociaux féministe, antiracistes et anticapitalistes en France et dans le monde.

Nous sommes mobilisé·es sur trois sujets : les enjeux liés aux droits des femmes et des travailleuses en particulier, je suis en charge de cette question. La dignité au travail et la régulation des multinationales par le biais de lois contraignantes, car nous ne pouvons nous appuyer sur le bon vouloir des entreprises pour respecter les droits humains et environnementaux. Et enfin, la justice climatique qui passe notamment chez nous, par la défense d’une agriculture familiale et paysanne contre le modèle de l’agrobusiness et la lutte contre les accaparements de terre.

Dans la campagne droits des femmes au travail, nous soutenons les ouvrières dans leurs luttes et leur organisation collective, nous documentons les violations de leurs droits, informons et sensibilisons en France sur leurs cas et enfin, nous interpellons les pouvoirs publics pour mettre en place des lois protectrices des travailleuses des chaînes de production mondiales. Dans la foulée, nous mettons également la pression sur les marques pour imposer des meilleures conditions de travail dans leurs usines.

Sur la question de l’égalité entre les femmes et les hommes que faite -vous ? Vous vous mobilisez principalement en direction des ouvrières ?

Une grande partie de mon travail consiste à suivre spécifiquement les conditions de travail dans les chaînes d’approvisionnement mondialisées, dans les secteurs où les femmes représentent la main-d’œuvre majoritaire. Sans surprise, ce sont des secteurs où les femmes sont exploitées, sous-payées, dévalorisées, méprisées. Pourtant, ce sont des secteurs qui engrangent des milliards : le textile, cosmétique, transformation alimentaire etc. autant de pans de l’économie que les femmes portent à bout de bras. Je m’intéresse en particulier à ce qui se joue dans l’arrière-cuisine des multinationales françaises, surtout lorsque celles-ci se drapent d’un discours féministes pour faire leur business.

Il y a des multinationales qui nous vendent en masse des produits dont nous n’avons pas besoin, des produits peu durables qui polluent massivement et exploitent en passant la vie de millions d’ouvrières se situant dans les pays producteurs, souvent pauvres, du sud global. Nous sommes en lien avec plusieurs collectifs qui accompagnent ces travailleuses (syndicats, associations féministes, ONG, etc.) nous les soutenons principalement en donnant de la voix à leurs demandes en France et en Europe.

Aussi lorsque nous le pouvons, car nous sommes une toute petite association, nous contribuons financement à leurs luttes pour les soutenir de manière concrète, quelques milliers d’euros par le biais de nos financeurs ou de nos militant·es. Nous nous mobilisons toujours à la demande des ouvrières et toujours à leurs côtés, jamais à leur place. Un bon exemple de comment nous nous situons est notre lutte aux côtés des travailleuses licenciées d’Yves Rocher en Turquie. Notre mission était d’informer et de mobiliser ici afin d’accompagner la réparation de l’injustice là-bas. On a sensibilisé le public ici, interpellé la marque ici, celle-ci a finalement indemnisé les salariées concernées, mais ce n’était pas suffisant, alors on a continué.

ActionAid a porté plainte contre Yves Rocher entre autres, parlez nous de vos actions.

L’histoire se passe en 2018, à Gebze, dans la banlieue industrielle d’Istanbul dans laquelle des milliers d’ouvrières et ouvriers produisent tous les jours dans des usines faisant le lien entre Europe et Asie. Parmi elles et eux, 350 travaillent à Flormar, antenne turque de la marque Yves Rocher.

Réalisant pour certaines qu’elles étaient salariées depuis plus de quinze ans dans l’usine sans avoir jamais obtenu la moindre augmentation, elles décident de se syndiquer et de porter cette question dans le cadre de négociations collectives avec les propriétaires de l’usine et les représentant·es de la marque. En plus des salaires trop bas, elles fustigent également le manque d’égalité entre hommes et femmes dans la boite. Elles sont payées moins que les hommes, ont moins le droit à des pauses et sont victimes de violences sexistes.

La syndicalisation leur permettant de se battre pour leurs droits, elles se rapprochent du syndicat de branche Petrol-Is et en deviennent membres. Cela ne plait pas à l’usine qui licencie par petites grappes les ouvrières concernées jusqu’à licencier un tiers de ses employé-e-s quelques mois après le lancement de la campagne de syndicalisation. 134 personnes, principalement des femmes sont licenciées, cela ne serait jamais arrivé en France ! Pourtant, on est là encore face à une marque qui a construit son image sur un prétendu bien être des femmes et une certaine idée – tout à fait fantasmée, du fait d’être une femme.

Ce sont pourtant des femmes qu’on a mises dehors pour s’être syndiquées. Pendant 10 mois, les travailleuses ne vont pas lâcher le morceau : elles tiennent un piquet de grève, occupent la rue en face de l’usine, elles font lien avec des réseaux de solidarité dans le monde entier ; notamment avec notre organisation qui s’est tout de suite déplacée pour rencontrer les travailleuses et leur manifester notre soutien.

Elles n’appellent pas à boycotter la marque, nous organisons des rassemblements en France, nous lançons une pétition qui mobilise plus de 100 000 personnes et nous demandons aux clientes de mettre la pression sur la marque en renvoyant les cartes de fidélité. De nombreuses personnes nous ont envoyé des photos de leur carte de fidélité déchirée, des ouvrières turques sont venues en France pour réclamer justice. Nous avons organisé avec elles un rassemblement en Bretagne, face aux locaux d’Yves Rocher avec des groupes d’ActionAid, des assos partenaires mobilisées également et des syndicats. Pendant plusieurs mois, nous avons accompagné la lutte des ouvrières qui sur place continuaient avec une ténacité exemplaire à se mobiliser pour faire reconnaitre l’injustice dont elles avaient été collectivement victimes dans ce cas classique de répression syndicale.

Le 8 mars 2019, alors que nous organisions un 8 mars combatif autour de cette affaire, appelant les féministes à se solidariser avec les travailleuses turques et les travailleuses du monde entier, nous avons appris par un communiqué de la marque que celle-ci s’engageait contre toute attente à indemniser les travailleuses licenciées. Le communiqué publié la veille du 8 mars se saisissait de cette date pour symboliser l’engagement de la marque en faveur des femmes. Là encore, nous étions face à un cas classique de récupération d’une séquence politique féministe, qui nous appartenait à nous les féministes, et pas aux entreprises multinationales.

Certes, c’était une première victoire, Yves Rocher reconnaissait qu’il y avait eu violations de droits et s’engageait à réparer ces méfaits, mais je dois dire que la modalité nous dérangeait, et qu’à la veille du 8, nous avon du annuler notre rassemblement. Néanmoins les travailleuses et leurs soutiens avaient gagné. Après examen des indemnités, nous avons réalisé que les taux de calculs étaient très faibles et ne dépassaient pas pour les plus importantes les seuils légaux du minimum reversé en cas de licenciement abusif. Une honte ! Avec le syndicat Petrol-Is et l’association de juristes française Sherpa, nous nous sommes dit qu’on ne pouvait s’arrêter là. La loi du devoir de vigilance en France venait d’être votée.

Depuis 2017, elle permet de rendre responsable les multinationales de toutes les violations de droits humains et de droits environnementaux qui ont lieu sur leur chaine de valeur y compris lorsque ces violations concernent des sous- traitants, des filiales ou des fournisseurs à l’autre bout du monde. Dans notre cas, nous avons une multinationale française le Groupe Rocher qui sous-traite une partie de sa production en Turquie sans prévenir les risques de violations de droits qui pourraient s’y produire. Peu importe ce qu’en dit le droit turc, le Groupe Rocher doit répondre devant la loi française.

Nous accusons la marque de répression syndicale, de violences de genre et de mise en danger des personnes. Nous estimons que la marque n’a pas fait le nécessaire pour identifier les risques inhérents aux tâches et missions des travailleur-euses. L’affaire est toujours en cours, nous appelons toutes les féministes à se saisir de cette affaire qui rappelle que la solidarité féministe contre les multinationales n’a pas de frontières.

 Propos recueillis par Caroline Flepp 50-50 Magazine

https://www.50-50magazine.fr

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18 février 2024 ~ 0 Commentaire

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18 février 2024 ~ 0 Commentaire

urgences lannion ( le trégor)

lannion urg

Lannion. Environ 1 500 manifestants pour défendre les urgences de l’hôpital

Environ 1 500 personnes ont défilé dans les rues de Lannion, samedi 17 février, pour défendre les urgences du centre hospitalier. D’autres actions sont prévues.

C’est moitié moins par rapport à la manifestation de janvier. Les organisateurs espéraient le double de manifestants dans les rues de Lannion samedi 17 février pour défendre les urgences du centre hospitalier.

« Lannion a des moyens »

Qu’importe, le message, soutenu par de nombreux élus, a été applaudi pour défendre les urgences, régulées depuis le printemps dernier et qui fermeront la nuit à partir du 1 er mars.

A Lannion, tous les moyens sont disponibles mais l’ARS et la directrice de Saint-Brieuc nous les rendent indisponibles. Comité de défense de l’hôpital

14 médecins inscrits

Selon le comité de défense, dans son discours, les locaux du service des urgences sont neufs. Ils ont coûté 2 millions d’euros.

Il faut 12 médecins pour assurer les gardes, il y en a 14 inscrits, alors pourquoi fermer Lannion ? Le comité de défense

Des interrogations applaudies par les 1 500 manifestants rassemblés devant le conservatoire de musique, sur l’allée du tribunal de Lannion.

Le député hué

Plusieurs élus avaient fait le déplacement dont le sénateur Gérard Lahellec. Plusieurs maires du Trégor également dont Paul Le Bihan, le maire de Lannion, et son premier adjoint, Eric Robert. Il n’y a pas de piste pour que le service retrouve un fonctionnement normal après ces quatre mois de régulation. Paul Le Bihan . Le député Eric Bothorel, absent, a lui été hué suite à ses prises de position.

Après avoir été régulé depuis le printemps dernier, le service des urgences sera fermé toutes les nuits à partir du 1er mars et jusqu’à cet été au moins selon la direction.

« Où sont les économies ? »

On emmène des malades à Guingamp ou Saint-Brieuc la nuit pour les ramener au centre hospitalier de Lannion le lendemain. Où est l’économie ? CGT Sdis 22

Après les prises de parole, le cortège a fait le grand tour des quais de Lannion jusqu’à 12 h 30.

D’autres rendez-vous sont déjà pris par les manifestants qui promettent de ne rien lâcher.

D’autres actions

Mardi 20, ils réservent un comité d’accueil à la directrice de l’ARS Bretagne qui viendra expliquer les régulations à la conférence des maires de l’agglomération.

Christophe Ganne  17 Fév 24

https://actu.fr/bretagne

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