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21 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

berlin (les inrocks)

Les lesbiennes s’emparent de la rue

Le 21 juillet 2017, plusieurs milliers de lesbiennes défileront dans les rues de la capitale allemande sous la bannière de la “Dyke* March Berlin”. Née aux États-Unis dans les années 1990, cette manifestation internationale qui a généralement lieu la veille de la Marche des fiertés s’est donnée pour but de rendre les lesbiennes plus visibles.

De belles mécaniques chevauchées par des femmes aux postures hiératiques, du cuir, beau- coup de cuir, des nuques fièrement taillées au rasoir. Les “dykes on bikes” qui ouvrent chaque année le cortège de la Dyke* March Berlin sur leurs motos rutilantes ne font pas dans la dentelle, et c’est le but. “Il y a beaucoup de clichés sur les lesbiennes qui ont un fond de vérité. Les lesbiennes ont souvent un penchant pour les grosses machines, les bus, les camions, et aussi pour les motos” explique Manuela Kay, rédactrice en chef du magazine lesbien L-Mag (1) et instigatrice de la manifestation berlinoise: “Cette tradition des ‘dykes on bikes’ vient d’Amé- rique du Nord, où il y a beaucoup de clubs de moto féminins et lesbiens. Rouler en moto véhicule une image puissante et sexy.” Voilà pour le côté glamour de cette marche des lesbiennes, qui aura lieu le 21 juillet 2017 dans les rues de Berlin pour la cinquième année consécutive.

“Le ‘L’ de ‘lesbiennes’ est souvent laissé de côté”

Si le mot d’ordre de la manifestation, “visibilité lesbienne et joie de vivre”, peut paraître léger à première vue, les organisatrices entendent bien faire passer un message politique en défilant la veille de la Pride berlinoise, lors de laquelle les luttes féministes et antisexistes peinent à exister au milieu des drapeaux arc-en-ciel. “Nous prenons possession de la rue et défilons pour nos droits car durant le CSD (2), et de manière générale au sein de la communauté LGBTIQ, le ‘L’ de ‘lesbiennes’ est souvent laissé de côté”, déplore Manuela Kay, qui ajoute:

“Déjà qu’il n’a pas été facile autrefois pour les lesbiennes de se faire une place au côté des gays, dans un contexte sociétal patriarcal, maintenant que la communauté compte de plus en plus de groupes d’intérêts qui luttent évidemment eux aussi pour leur visibilité, les lesbiennes sont repassées à l’arrière-plan.”

Elle constate également ces dernières années “un certain repli sur la sphère privée” au sein de la communauté lesbienne allemande et une certaine forme de dépolitisation au fur et à mesure que les droits des lesbiennes se sont étendus – elles ont par exemple le droit de se marier depuis peu et ont accès à la PMA, même si les discriminations envers les couples lesbiens restent très répandues dans ce domaine de la part des médecins.

La Dyke* March Berlin se donne donc pour mission “de réinscrire les sujets qui concernent les lesbiennes à l’agenda politique”. L’étoile qui flanque le mot “dyke” se veut une invitation explicite à l’adresse des personnes trans à se joindre à la marche.

Fières d’être “gouines”

Née aux États-Unis, la Dyke March a eu lieu pour la toute première fois le 24 avril 1993 à Washington D.C. Ce jour-là, plus de 20 000 lesbiennes ont défilé dans les rues de la capitale américaine à l’appel du groupe d’action directe “The Lesbian Avengers”. Rassemblées devant la Maison blanche, elles se sont mises à scander “The fire will not consume us. We take it and make it our own”, avant de se mettre à “manger” du feu, comme on peut le voir sur ces images d’archives.

Les manifestantes voulaient attirer l’attention sur un crime raciste et homophobe survenu quelques semaines plus tôt: attaqués par une bande de néonazis qui avait mis le feu à leur domicile dans la ville de Salem (Oregon), Hattie Mae Cohens, une lesbienne noire et son colocataire gay Brian Mock avaient été brûlés vifs.

En reprenant à leur compte le mot “dyke“, qui signifie “gouine” en anglais et qui a gagné en visibilité aussi grâce à la géniale BD de la dessinatrice lesbienne américaine Alison Bechdel Dyke Out, traduite en français en 2016 aux Éditions Même pas mal sous le titre Gouines à suivre, les fondatrices des Dyke Marchs avaient à cœur dès le départ de rendre les lesbiennes plus visibles au sein de la société américaine. Un point que Facebook ne semble toujours pas avoir compris: ces dernières semaines, plusieurs utilisatrices se sont faites temporairement virer du réseau social parce que les modérateurs de l’entreprise américaine continuent de ne voir qu’une insulte dans le mot “dyke“, comme le rapportait récemment Slate.com.

Les marches organisées aujourd’hui dans les grandes villes d’Amérique du Nord rassemblent chaque année la veille de la Pride des milliers de participantes, à l’instar de celles de New York, San Francisco ou Toronto. Bien représenté en Allemagne – il y a également des manifestations à Cologne, Hambourg et Heidelberg – le mouvement peine à s’exporter en Europe. Londres s’y est mise depuis plusieurs années, ainsi que Vienne. À quand Paris?

(1) L’auteure de cet article écrit également pour le magazine queer berlinois Siegessaeule, qui appartient à la même maison d’édition que L-Mag
(2) Abréviation de “Christopher Street Day”, le nom donné à la Marche des fiertés en Allemagne, en référence aux émeutes de Stonewall  survenues en 1969 à New York, qui sont considérés comme le point de départ du militantisme LGBT

 Annabelle Georgen  20 juillet 2017
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Commentaire:  A bas la société patriarcale!

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17 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

femmes (jdd)

coquillard

Droits des femmes : les associations féministes craignent une forte baisse des subventions

Selon plusieurs associations féministes, le budget alloué aux droits des femmes par le gouver- nement pourrait être sérieusement réduit. Le secrétariat d’Etat a confirmé auprès de LCI une baisse sans pour autant préciser le montant.

« I’m a feminist », déclarait en décembre 2016 Emmanuel Macron au Women’s Forum for the Economy and Society plongé en pleine campagne présidentielle. Un message fort envoyé à l’époque aux associations féministes et en particulier à celles contre les violences faites aux femmes. Neuf mois plus tard, Emmanuel Macron est devenu président de la Répu- blique et semble aussi avoir revu ses priorités. Dans le cadre de sa promesse de campagne d’économiser 60 milliards d’euros sur l’ensemble du quinquennat, le gouvernement pourrait bien piocher dans le budget alloué au ministère des droits des femmes. En 2016, il ne corres- pondait pourtant qu’à… 0,05% du budget total de l’Etat selon le rapport « Où est l’argent pour le droit des femmes? »

Un indiscret du JDD ce dimanche a jeté le trouble. Plusieurs associations ont communiqué à notre journal des craintes d’une baisse d’un quart des subventions dont elles dépendent pour accueillir les victimes d’agressions et de harcèlement. Une information démentie par Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes.

« Il y aura des baisses comme partout »

Pourtant, auprès de LCI, le cabinet de Marlène Schiappa reconnaît que des économies allaient être réalisées sur le secrétariat d’Etat. Certaines militantes féministes assurent même, selon leurs informations, que ces coupes pourraient se chiffrer à 30% du budget, soit 6 millions d’euros environ, ce qui impacterait immanquablement les associations de terrain luttant contre les violences faites aux femmes.

« Le budget est en pleine construction et oui, il y aura des baisses, comme partout. Le chiffre de 25 à 30% n’a strictement aucun fondement, mais nous ne sommes pas exclus des mesures d’économies », détaille toujours à LCI le cabinet de la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité des femmes et des hommes, Marlène Schiappa. « Cependant, il y a une grosse diffé- rence par rapport aux situations précédentes. C’est la dimension interministérielle du secré- tariat d’Etat. En effet, nous sommes rattachés à Matignon, cela nous procurera d’autres apports financiers », veut-on souligner au secrétariat d’Etat.

16 juillet 2017

http://www.lejdd.fr/

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11 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

macron (les inrocks + tv5 + cadtm + essf )

blague-mcron afriqque

Quand Macron s’attaque au ventre des femmes africaines

Les femmes africaines seraient-elles responsables du sous-développement de l’Afrique ? C’est ce que semble penser Emmanuel Macron. Interrogé sur le développement de ce continent, lors du sommet du G20, le président de la République a pointé du doigt les “7 à 8 enfants”, qu’aurait chaque Africaine. Un problème “civilisationnel”, selon lui.

Pour Emmanuel Macron, le sous-développement de l’Afrique ne serait pas dû à la misère, à la pauvreté ou à des années sous l’emprise du colonialisme et de l’esclavagisme. Le président y voit une tout autre raison, “beaucoup plus profonde”, comme il l’a affirmé à l’occasion du sommet du G20, qui s’est clôturé samedi 8 juillet.

“La transition démographique est l’un des défis essentiel de l’Afrique”, a-t-il déclaré, comme on l’entend dans cette vidéo. Il ajoute : “Dans un pays qui compte encore 7 à 8 enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien.”

“C’est le sous-développement qui entraîne la surpopulation”

Une manière très réductrice d’expliquer le sous-développement du continent, comme le rappelle la politologue Françoise Vergès dans le Ventre des Femmes (Albin Michel), paru en mars dernier. Dans cet ouvrage, elle met en lumière un scandale des années 1970 survenu sur l’île de la Réunion, où les femmes étaient contraintes aux avortements forcés et aux stérilisa- tions par des médecins blancs, sans consentement.

On rend les femmes du tiers-monde responsables du sous-développement. En réalité, on inverse la causalité : la plupart des études prouvent aujourd’hui que c’est le sous-développe- ment qui entraîne la surpopulation”, explique-t-elle dans Libération, avant de poursuivre : “La théorie de la surpopulation évite aussi de questionner le rôle du colonialisme et de l’impéria- lisme dans la pauvreté. Et ces discours visent, bien sûr, avant tout les femmes.”

Pour rappel, en 2016, l’Afrique subsaharienne enregistrait son plus faible taux de croissance, selon la Banque mondiale. L’organisation pointait alors un tout autre facteur, qui n’a rien à avoir avec le “ventre” des Africaines : pour la Banque mondiale, l’effondrement du taux de croissance s’explique “par les difficultés rencontrées par les plus grandes économies de la région. Principaux exportateurs de matières premières, ces pays subissent toujours les consé-quences de la chute des cours, doivent faire face à des conditions de financement moins favorables et réajuster leur cadre macroéconomique.”

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06 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

ivg (npa)

Contraception

Avortement : « La loi de 1975 est une loi de compromis »

Peux-tu revenir sur le contexte – on l’imagine rétrograde – du début des années 1970, au moment même de la lutte qui a abouti ensuite à la loi de 1975 dite loi Veil ?

Au niveau de l’avortement, c’était la loi de 1920 votée par une chambre « bleue horizon » qui était encore en vigueur : interdiction de tout avortement et de toute propagande en sa faveur, afin de repeupler la nation. Toute la droite restait donc très rétive à l’avortement. Les repré- sentations de « la femme » étaient tout à fait traditionnelles : elles devaient rester à la maison pour s’occuper des enfants, la pression de l’église réactionnaire était très importante…

Ce qui était révélateur de la période, c’est que par exemple la loi Neuwirth sur la contraception va être votée en 1967… mais les décrets d’application ne sortiront qu’en 1972. Il y avait évidemment une grande masse d’avortements clandestins. Les femmes qui avaient de l’argent avortaient en Suisse dans de bonnes conditions. Les autres le faisaient dans de bien piètres conditions, avec des conséquences médicales qui pouvaient être graves pour la santé. Mais de toute façon, une femme qui voulait avorter le faisait.

Ces derniers jours, on a à juste titre rendu hommage au courage personnel de Simone Veil qui s’est en particulier affronté à son propre camp, mais on a très peu abordé la mobilisation – pourtant essentielle – en faveur de l’avortement, avec en particulier le rôle joué par le MLAC (Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception)…

On était quelques années après Mai 1968 où il n’y avait pas eu de mouvement féministe à proprement parler. Symboliquement, le point de départ du Mouvement de libération des fem- mes (MLF) est le dépôt d’une gerbe à la femme du soldat inconnu à l’Arc de triomphe en août 1970. En avril 1971 est publié dans le Nouvel observateur le Manifeste des 343 femmes qui déclarent avoir avorté, un premier geste de désobéissance civile : aucune signataire n’est poursuivie.

Il y a ensuite en octobre et novembre 1972 le procès de Bobigny, où une jeune fille de milieu ouvrier, Marie-Claire, est poursuivie pour avoir avorté après un viol, ainsi que sa mère, la « faiseuse d’ange » et deux femmes qui les ont aidées. L’avocate est Gisèle Halimi, et le procès devient un procès politique où est revendiqué l’avortement. Le verdict en demi-teinte est quasiment considéré comme une victoire : Marie-Claire et les deux femmes qui l’ont aidée sont relaxées et personne ne subit de prison ferme. Enfin, en février 1973, sort le Manifeste des 331 médecins qui déclarent avoir pratiqué des avortements, nouveau geste de désobéissance civile.

Dans la foulée, en avril 1973, est constitué le MLAC, en particulier pour assurer une protection au cas où il y aurait des inculpations de médecins. C’est lui qui sera le principal acteur de la mobilisation, une force très unitaire composée de féministes, d’avocates, du Planning familial, d’une bonne partie des organisations d’extrême gauche, de la MNEF, de la CFDT… Il y avait entre 300 et 400 comités, autonomes entre eux, sur tout le pays : on revendiquait le droit à l’avortement, on en pratiquait par la méthode Karman (par aspiration), on organisait des départs collectifs à l’étranger, notamment en Angleterre, pour avorter… Il y a aussi eu un film, interdit mais qui a circulé dans toute la France, Histoire d’A, pour montrer un avortement par la méthode Karman.  Et bien évidemment, il y a eu aussi de grandes manifestations. C’était un grand mouvement social de fond.

Du coup, le pouvoir est obligé de répondre, et donc de changer la loi.

Le 26 novembre 1974, quand Simone Veil prononce son premier discours à l’Assemblée nationale, avant de mettre en avant la question des femmes en détresse, les avortements clandestins, elle dit d’abord que la loi de 1920 est bafouée et qu’il faut rétablir l’ordre. En tant que femme de droite, elle était prise en étau entre un grand mouvement social et la droite réactionnaire. Le pouvoir a donc été obligé de légiférer. C’est dans ce contexte qu’elle a pu affronter, à l’Assemblée et en dehors, les fachos.

La loi de 1975 est une loi de compromis, très restrictive. Elle est votée cinq ans à l’essai et en 1979, il a fallu redescendre dans la rue. L’avortement n’est pas remboursé. Le délai très court est à dix semaines, neuf si on enlève la semaine de réflexion incompressible après les entre- tiens préalables obligatoires. Il y a des restrictions pour les étrangères qui doivent être rési- dentes depuis au moins trois mois pour pouvoir avorter. Pour les mineurEs, il faut l’autorisation des parents, et il y a une clause de conscience spéciale pour les médecins.

Il a donc fallu améliorer cette loi par la suite. On s’est donc remobilisé dans la rue en 1979 pour confirmer la loi, avec deux manifestations (une mixte et une non-mixte), avec un réel risque de retour en arrière. En 1982, il a fallu arracher au gouvernement de gauche le remboursement de l’avortement, Bérégovoy, alors ministre des Affaires sociales, était contre l’avortement. Et plus tard, on a obtenu de nouvelles améliorations en 2001 et 2014.

L’IVG est donc un droit qui existe aujourd’hui en France, mais quelles menaces planent sur celui-ci ?

La menace la plus importante est liée à la restructuration hospitalière, avec la loi HPST (Hôpital, patients, santé, territoires). Elle a restructuré l’hôpital public, en fermant notamment des maternités de proximité dans lesquelles se trouvent souvent les CIVG (Centre d’interrup- tion volontaire de grossesse). De fait, cela pose des problèmes pour avorter. On réclame donc l’ouverture de centre IVG, la levée de la clause de conscience des médecins, et un accroissement des délais, même si on est passé à douze semaines.

Il reste aussi évidemment l’épée de Damoclès : les militants anti-­avortement qui n’ont jamais lâché, rentrant dans les CIVG, s’enchainant, détruisant les dossiers… La Cadac (Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception) a bien obtenu un délit d’entrave à l’IVG, mais dernièrement il y a encore « les Survivants », Xavier Dor et SOS Tout petit, ou Sens Commun. Soutiens de Fillon, ceux-ci sont une émanation de la Manif pour tous et ont choisi dans le cadre de la mobilisation contre le mariage de ne pas affirmer leur opposition à l’avortement… Mais ils sont bien entendu contre. Ceci dit, c’est complexe : Marine Le Pen, pour obtenir des suffrages féminins indispensables, a enlevé dans son programme présidentiel de 2017, toute référence à l’avortement… Tout en disant qu’elle enlèverait le délit d’entrave numérique à l’avortement si elle devenait présidente !

Au-delà de nos frontières, on voit que la mobilisation pour le droit à l’avortement reste aussi une nécessité. Quelles perspectives ?

En 2014, il y a eu une sérieuse menace sur le droit à l’avortement en ­Espagne, avec une riposte d’abord dans le pays puis dans toute l’Europe. À Paris, il y a eu 30 000 manifestantEs le 1er février 2014. Dernièrement, on s’est aussi mobilisé en Pologne où le gouvernement veut réduire une loi pourtant déjà très restrictive. Il y a des pays comme l’Irlande ou Malte où cela reste interdit, et beaucoup de pays où il y a tout types de menaces liées à l’austérité, comme en France. L’avortement n’est pas du ressort de l’Union européenne mais des législations nationales. C’est une question qui n’est pas dans la charte des droits fondamentaux.

De ces manifestations de soutien est né un appel, une pétition internationale, avec, autour du 28 septembre, des mobilisations dans toute l’Europe. En particulier, il y aura une grande manifestation à Bruxelles le 28 septembre, journée internationale de lutte pour l’avorte- ment, avec des délégations venues de toute l’Europe. Au-delà, la question des perspectives, notamment pour 2018, année d’élections européennes, reste posée.

Entretien. Après la disparition de Simone Veil, nous avons rencontré Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes, pour parler de la lutte pour le droit à l’avortement et de son actualité.

Propos recueillis par Manu Bichindaritz

Mercredi 5 juillet 2017

https://npa2009.org/idees/

Lire aussi:

Simone Veil, une femme libre et engagée, mais les symboles ne suffisent pas pour faire avancer les droits des femmes (NPA)

Disparition de Simone Veil (NPA)

Contraception et avortement : enjeux de luttes féministes 1956-1979 (ESSF)

Irlande du Nord. La loi anti-IVG condamne une femme à accoucher d’un fœtus mort (Révolution Permanente)

Loi Veil : un droit conquis par la lutte des femmes (Lutte Ouvrière)

Simone Veil : du côté de l’ordre social (Lutte Ouvrière)

Simone Veil, pour nous féministes Histoire d’un conquis : le droit à l’avortement (ESSF)

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03 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

ivg (npa + anti-k)

mlac

Disparition de Simone Veil

Après son décès, Simone Veil est saluée par un concert de louanges unanimes, à commencer par ceux (anciens dirigeants du RPR et de l’UDF, du FN ) qui l’ont combattue de la plus indigne des manières, lorsqu’elle a défendu la loi de légalisation de l’IVG en 1974.

Le NPA ne participe pas à cette unanimité même si nous respectons le courage de cette survivante des camps nazis qui a eu le cran de défendre une loi qu’aucun dirigeant de son parti ne voulait assumer et qu’à peu près tous combattaient. Mais le courage de Simone Veil ne nous fait pas oublier que cette loi de légalisation de l’IVG, nous la devons à une mobilisation des femmes et des hommes qui organisaient des manifestations de masses pas seulement en France mais partout en Europe, aux Etats Unis et en Amérique Latine pour le droit des femmes à disposer de leur corps.

On ne doit pas non plus oublier le courage des signataires du Manifeste dit des 343 « Salopes » déclarant avoir avorté, les pétitions de médecins ayant pratiqués des avortements, les comités de soutiens à des femmes poursuivies pour avoir aidé ou subi un avortement comme le procès de Bobigny, la dénonciation des centaines de milliers d’avortements clandestins pratiqués chaque année et la mise en danger de la vie des femmes.

C’est cette vague de mobilisation bouillonnante et multiforme qui a imposé au gouvernement Giscard-Chirac qui n’y était pas du tout favorable une loi de légalisation de l’IVG en 1974.

Et le respect pour son engagement commence par ne pas travestir le combat qui a été le sien : ce n’est pas en tant que féministe défendant les droits des femmes à disposer de leur corps que Simone Veil a défendu cette loi mais en tant que ministre de la Santé refusant les risques sanitaires que l’interdiction de l’avortement faisait courir aux femmes.

Alors pour nous saluer le courage avec lequel Simone Veil a affronté le déchainement misogyne des députés, de son propre parti, c’est aussi nous souvenir que lorsqu’un mouvement social utilise toutes les ressources créatrices de la mobilisation il peut s’imposer et trouver des relais, y compris parmi celles et ceux qui ne partagent pas ce combat.

NPA Montreuil, le 30 juin 2017

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Droit à l’avortement: Pourquoi l’hommage unanime à Simone Veil est-il hypocrite et mensonger ?

L’annonce de la mort de Simone Veil, figure de la loi de 1975 instaurant pour la première fois en France le droit à l’avortement, a été l’occasion de nombreux hommages, de part et d’autre du champ politique. 

« Icône de la lutte pour les droits des femmes », d’après Le Monde, « Une femme debout », pour Libération, « une femme de conviction » au « destin hors norme », se rappelle Le Figaro, « le meilleur de la France », pour Emmanuel Macron, et même « une femme qui aura marqué son empreinte sur la vie politique française », selon…Marine Le Pen. Dès l’annonce de son décès, l’ensemble du champ médiatique et politique s’est exprimé pour rendre hommage à l’ancienne ministre de la Santé de Giscard d’Estaing, rescapée des camps de concentration pendant la Seconde Guerre Mondiale et défenseure de l’Union Européenne. Une telle unani- mité pour une femme politique et pour les droits des femmes à disposer de leur corps ne peut guère passer inaperçue. Que nous vaut donc cet élan de sympathie pour les droits des femmes ? Retour sur l’histoire de cette loi de 1975, sur la figure de Simone Veil, et sur son instrumentalisation.

Ce que fut la bataille de Simone Veil pour le droit à l’avortement… et ce qu’elle ne fut pas

L’histoire de la loi de 1975 que l’on nous apprend à l’école – et que nous apprennent tous les articles en hommage à Simone Veil depuis l’annonce de sa mort – a tout d’une fresque épique. Celle-ci raconte l’histoire d’une femme, rescapée des camps de la mort, dont le mari refusait qu’elle travaille, qui s’est battue pour pouvoir le faire, est devenue femme politique, femme ministre, et a bataillé seule face à l’Assemblée Nationale pour arracher une majorité favorable au droit à l’avortement.

Ce récit, comme tout récit mythique, a évidemment une part de réalité. Insultée, compa- rée aux nazis, poursuivie jusque chez elle où des croix gammées sont dessinées… Toutes les méthodes les plus abjectes, que les messieurs de l’Assemblée réservent bien souvent aux femmes, ont été utilisées contre elle, comme le rappelle ce court reportage de France Info.

Mais la dureté de cette bataille et le courage certain qu’a eu Simone Veil en défen- dant ce projet de loi promis par Giscard d’Estaing ne peuvent être utilisés pour réécrire l’histoire.

Car si justement le nouveau président élu en 1974 promet cette loi, ce n’est pas par simple bonté d’âme ou convictions féministes. S’il le fait, c’est parce qu’il n’a pas qu’une seule et unique femme en face de lui, mais des milliers, descendues dans la rue à la chaleur des années 68.

Et ramener la lutte pour le droit à l’avortement à la bataille d’une femme « icône » n’est en rien anodin. Cela permet notamment de faire oublier les limites de la loi de 1975. En effet, cette loi déjà très tardive par rapport à d’autres pays du monde – rappelons d’ailleurs que le premier pays à l’avoir autorisé était l’URSS en 1918 dans les premières années de la révolution russe – avait un certain nombre de limites, la rendant presque contradictoire avec la logique portée par le mouvement féministe.

En premier lieu, la loi Veil légalisait l’avortement sans pour autant le reconnaître comme un droit, et le liait à « une situation de détresse » :

Il ne s’agissait donc pas là du droit à disposer de son corps, mais de « sauver » les femmes en détresse. Ensuite, elle limitait le recours à l’avortement à 10 semaines de grossesse (12 aujourd’hui, depuis 2001), et imposait un « délai de réflexion » encadré par un professionnel de santé. Par ailleurs, elle obligeait les mineures à avoir l’autorisation de leurs parents et sou- mettait l’avortement des femmes étrangères à des conditions de séjour et l’avortement n’était pas remboursé par la Sécurité sociale. Enfin, elle laissait aux médecins une « clause de cons- cience », qui leur permettait de refuser de le pratiquer. Si cette loi était belle et bien une vic- toire, une avancée et un acquis pour de nombreuses femmes, on était bien loin de la revendication de l’avortement libre et gratuit !

Bien loin surtout des méthodes d’organisation et de lutte du mouvement féministe, basées sur l’auto-organisation des femmes et sur la réappropriation de son corps.

Bien plus que pour un droit reconnu et encadré par l’Etat et les médecins, les femmes se sont battues pour pouvoir décider, pouvoir connaître ce corps que tant d’hommes ont cherché à humilier et rabaisser, pouvoir vivre leur sexualité – une lutte merveilleusement racontée dans le documentaire « Regarde, elle a les yeux grands ouverts », qui raconte l’histoire d’une section du Mouvement de Libération de l’Avortement et de la Contraception et de ses pratiques d’auto-organisation, d’automédication, d’auto-avortement et d’auto accouchement, disponible ici. Raconter à nouveau, sous prétexte du décès de Simone Veil, une histoire tronquée de cette lutte est une insulte au mouvement des femmes, à toutes celles « qui n’ont pas d’histoire », comme le dit l’hymne du MLF

Le Panthéon de l’hypocrisie et de l’instrumentalisation

Depuis l’annonce de son décès, de nombreuses voix se sont élevées pour faire entrer Simone Veil au Panthéon. Une pétition a même été adressée à Emanuel Macron. Le président lui-même n’y a en effet pas été de main morte pour rendre hommage à Simone Veil.

Ce qu’oublie de préciser le président, c’est ce pour quoi Simone Veil lui apparaît comme « le meilleur de la France ». Serait-ce pour cette bataille qu’elle a mené à l’Assemblée en 1975, ou bien pour sa défense de l’Union Européenne dont le président cherche à redorer le blason ? Ou bien plus problématique encore, pour son soutien à la Manif pour tous ?

Il est plus plausible, en réalité, de penser que si le président tient à lui rendre cet hommage, c’est parce qu’il permet, à peu de frais, de faire oublier les dangers qui pèsent sur le droit à l’avortement en France.

En dix ans, ce ne sont pas moins de cent trente centres d’IVG qui ont fermé, du fait de coupes budgétaires, de même que certains Planning Familiaux. Et, alors que le gouvernement Philippe prévoit une nouvelle cure d’austérité, il y a fort à parier sur le fait que c’est sans doute à nouveau des services publics de ce type qui en payeront les frais.

Quelques mots d’hommage et une place au Panthéon pour faire oublier les droits des femmes, et surtout faire oublier que la lutte pour ces droits a été et reste une lutte collective, dans la rue et par l’auto-organisation, c’est bien peu cher payer. Il s’agit de faire oublier, en définitive, que cette grande République française soi-disant progressiste, ne nous a jamais accordé aucun droit que nous n’ayons pas conquis de haute lutte.

Sarah Brunel vendredi 30 juin

http://www.revolutionpermanente.fr

Lire aussi:

Elsa Desmoulins: L’anniversaire de la loi Veil, ou la commémoration d’une histoire sans lutte (Anti-k)

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01 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

ivg (essf)

avortement

Appel Européen : Pour le droit à l’avortement dans toute l’Europe ! – Les Femmes décident !

Mobilisations partout en Europe autour du 28 septembre 2017

Délégations à la manifestation bruxelloises le 28 septembre 2017.

En solidarité avec l’ensemble des femmes européennes, après la lutte exemplaire des femmes espagnoles en 2014, polonaises en 2016, nous exigeons que les droits des femmes, la liberté à disposer de son corps, le droit à l’avortement et à la santé soient respectés dans tous les pays européens et inscrits comme droits fondamentaux pour l’égalité en Europe.

Aujourd’hui, le droit à l’avortement au sein de l’Europe relève de la compétence de chaque Etat. Interdit à Malte, sous hautes contraintes en Irlande, en Hongrie et en Pologne.

Le droit à l’avortement, même légalisé est, peut ou pourrait être remis en question par le maintien de la clause de conscience des médecins (Italie), l’absence de structures hospita- lières adéquat (Grèce, Bavière), les restrictions de personnels et les suppressions des centres pratiquant l’avortement lors de restructurations hospitalières (France), et, dans tous les pays, par l’élection de gouvernements réactionnaires, conservateurs et rétrogrades.

Nous réaffirmons que :

• L’accès à l’avortement est un droit ;

• L’avortement est un choix personnel – mon corps m’appartient, je choisis ma vie ;

• Des moyens financiers doivent être donnés pour que les centres pratiquant l’avortement et les centres de planification soient accessibles à toutes sur les territoires ;

• Des campagnes tous publics sont nécessaires ;

• L’éducation à la vie sexuelle doit être prodiguée à toutes et à tous pour qu’elles et ils puissent avoir des choix libres et éclairés ;

• La formation aux techniques d’avortement et à l’accompagnement doit faire partie intégrante de la formation initiale des professionnel/les de santé ;

• La clause de conscience des professionnel-les de santé doit être supprimée ;

• Les délais légaux pour avorter doivent être harmonisés sur ceux des pays les plus progressistes en Europe et les États doivent dépénaliser totalement l’avortement.

Nous appelons à la construction d’une mobilisation européenne autour du 28 septembre 2017, journée internationale du droit à l’avortement, où chaque pays inscrira ses revendications en vue d’une harmonisation européenne pour le respect des droits des femmes.

Les associations et organisations peuvent signer sur :

avortement-libre-en-europe@rezisti.org

Le Courrier de la Marche Mondiale des Femmes contre les Violences et la Pauvreté – N° 338 – 27 juin 2016.

mardi 27 juin 2017 Marche mondiale des femmes

https://marchemondialedesfemmesfrance.org/

http://www.europe-solidaire.org/

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20 juin 2017 ~ 0 Commentaire

irlande (mademoiselle)

2 Choice

Une jeune Irlandaise internée de force alors qu’elle voulait avorter

En Irlande, une jeune fille a été internée alors qu’elle se présentait à l’hôpital pour avoir recours à un avortement.

En Irlande, une adolescente a fait l’expérience douloureuse fin décembre d’être internée en hôpital psychiatrique, alors qu’elle souhaitait recourir à un avortement. L’affaire a été rapportée par le Child Care Law Reporting Project, mis en place pour s’assurer du bon traitement des enfants au cours des procédures légales.

Le Mental Health Act, un frein à l’avortement ?

Fin 2016, alors qu’elle souhaitait avorter et pensait être reçue à l’hôpital dans cet objectif, une adolescente a été internée suite au diagnostic d’un psychiatre, rapporté par le Child Care Law Reporting Project, expliquant que :

« L’état psychologique de l’adolescente résultant de la grossesse pourrait la conduire à se faire du mal voire à se suicider, mais qu’un traitement pouvait permettre de réguler ces risques et que l’interruption de la grossesse ne résoudrait pas tous les problèmes de l’adolescente à ce stade. »

En effet, en Irlande, il existe une loi, le Mental Health Act, qui permet sous certaines conditions d’interner de force des individus atteints de troubles mentaux. Ce processus peut être mis en place si les conditions suivantes sont réunies : « [Être atteint] d’une maladie mentale, démence sévère ou d’incapacités intellectuelles conséquentes avec un risque sérieux de représenter un danger pour soi ou pour les autres. »

Cela peut aussi être le cas si le jugement de l’individu est « si altéré que la condition de la personne pourrait encore se dégrader si un traitement, qui ne peut être administré qu’en hôpital, n’était pas suivi ».

Libérée grâce à des contre-expertises psychologiques

Pourtant, la jeune femme et sa mère pensaient qu’elle était transférée à Dublin dans le but de pouvoir recourir à une IVG. Le Guardian Ad Litem (la personne responsable d’un•e mineur•e pris•e en charge par la justice) avait par la suite demandé d’autres expertises psychologiques à deux praticiens, qui avaient conclu que son état ne nécessitait pas un internement.

Elle n’était pas selon eux dans un état de détresse mentale suffisant pour être internée de force dans le cadre du Mental Health Act, un état qualifié également de « difficile à évaluer » étant donné les circonstances. Suite à cela, l’adolescente avait été libérée, mais le rapport n’indique pas si elle a pu recourir à une IVG ou non.

L’Irlande : l’un des pays les plus restrictifs en matière d’avortement

Cette histoire est symptomatique du traitement réservé aux femmes qui souhaitent avorter en Irlande, où la législation est l’une des plus restrictives du monde. En effet, la Constitution et en particulier son article 40.3.3 (introduit par le 8ème amendement) consacre « le droit à la vie des enfants à naître », considéré égal à celui de la mère.

Dans les faits, ça veut dire que l’avortement ne peut être légal que s’il y a un « risque sérieux et réel » pour la vie de la mère. Autant dire que ça réduit les possibilités. D’ailleurs l’ONU a appelé l’Irlande à faire évoluer sa législation, qui violerait le Pacte International relatif aux droits civils et politiques en infligeant un traitement cruel, inhumain et dégradant aux femmes.

En 2016, Slate avait d’ailleurs publié un article sur le parcours du combattant de deux jeunes femmes irlandaises pour pouvoir avorter.

La lutte pour le droit à l’avortement au quotidien

En Irlande, la lutte pour obtenir le droit à l’avortement est donc quotidienne. Une organisation, The Coalition to Repeal the Eight Amendment, réunit les voix qui s’élèvent pour organiser un référendum sur la question. Suite à cette affaire, une pétition a également été lancée pour appeler le gouvernement à faire en sorte que le Mental Health Act ne soit plus utilisé dans ce genre de circonstances.

Cette actualité nous rappelle aussi la difficulté d’accès à l’avortement sur toute l’île : l’Irlande du Nord (faisant partie du Royaume-Uni) a également une législation très restrictive en la matière. En mars, les locaux de militantes avaient été perquisitionnés par la police à la recherche de pilules abortives lors de la journée internationales des droits des femmes.

Esther  19 juin 2017

Pour signer la pétition, c’est ici !

http://www.madmoizelle.com/

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12 juin 2017 ~ 0 Commentaire

madame…(anti_k)

pt du raz

Madame Badinter allez porter une robe à fleurs à l’Assemblée!

Burkinis, cafés non-mixtes, voile à l’Université, harcèlement de rue… d’inlassables polémiques ne cessent de faire courir la même petite musique : le problème de la condition des femmes en France, ce serait l’islam ou les étrangers. Autant de tentatives de dédouaner nos hommes autochtones ou sévissant dans les beaux quartiers.

Pendant la Primaire de la droite où il ne fut pas besoin d’un quelconque voile pour souligner la quasi-invisibilité des femmes, ces messieurs ont vanté leurs valeurs laïques et féministes. Pourtant, rien sur l’ingérence politique de mouvements conservateurs comme la Manif Pour Tous et le très fillonniste Sens commun. Rien sur celle du Pape gendarmé contre la théorie du genre à l’école. Rien sur la participation de Jean-Frédéric Poisson à leur compétition, candidat ouvertement opposé au droit à l’avortement. Évidemment rien sur la publicité sexiste qui ne cesse de nous réduire à l’état d’objets sexuels, comme Yves-Saint Laurent, ou qui promeut la culture du viol comme Bagelstein.

Pendant ce temps, les candidats aux législatives LR outrés contre le harcèlement de rue dans le nord de Paris ne comptent que 39% de femmes.

Leur groupe a systématiquement voté contre tous les projets de délibération sur le genre et l’espace public au Conseil de Paris. Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France, a diminué de plus de la moitié son soutien financier aux actions pour l’égalité femmes-hommes !

À gauche, Manuel Valls a tenté d’attaquer son concurrent aux primaires Benoit Hamon sur le terrain des droits des femmes et de la laïcité.

Lui qui s’était pourtant fait remonter les bretelles par le Conseil d’État désapprouvant les arrêtés hors-la-loi anti-burkini. Là aussi, quelle surprise de voir tous ces maires devenir de fervents défenseurs des droits des femmes alors que nous ne les avons jamais vu s’opposer à tous ceux qui tirent profit à millions sur le dos des violences faites aux femmes, publicitaires, marques de luxe, alors que l’affichage dans l’espace public est dans leurs prérogatives. Nous le réaffirmons, contraindre les femmes à se dévêtir comme à se rhabiller n’est qu’une humiliation et une violence sexiste de plus.

Ainsi, dans notre pays où 120 femmes ont été tuées par leurs compagnons en 2016, où seules 14% des 220 000 femmes battues ont osé porter plainte, où une femme sur cinq subit un harcèlement sexuel au travail, où 230 sont violées chaque jour, où 100% sont harcelées dans l’espace public, le patriarcat serait le fait des étrangers ? Est-on entrain de créer implicitement un sexisme acceptable labellisé Made in France ?

Féministes, nous nous insurgeons contre l’instrumentalisation de notre combat par une classe dominante au service de ses intérêts xénophobes et oligarchiques.

En pointant du doigt le sexisme des autres, des étrangers, des classes sociales dominées, ils veulent dissimuler celui des puissants, garantir leur impunité par diversion voire alimenter leurs campagnes électorales.

On vous le confirme : les femmes sont en insécurité partout, dans la rue, au foyer, au travail, en politique et jusque dans l’hémicycle du Palais Bourbon comme le dénonce le collectif des assistantes parlementaires « Chair collaboratrice ».

Pourquoi ? Parce que dans tous ces lieux, il y a des hommes, de toutes les couleurs, de toutes les classes sociales, élevés en société patriarcale avec des valeurs misogynes. Et quand on essaye d’en inculquer d’autres via des programmes scolaires contre le sexisme, les mêmes féministes de la dernière heure hurlent à la théorie du genre !

Oui, le harcèlement sexiste sévit et jouit d’une quasi-totale impunité dans tous les environnements à forte concentration masculine, les places au soleil, des terrasses de cafés, les manifestations en passant près des cortèges syndicaux très masculins, les partis qui sont souvent des zones d’omerta, les festivals, les RDV d’hommes puissants en cols blancs au Carlton où ils ont fait subir des « boucheries » à des personnes prostituées, dans le milieu journalistique comme le dénonce le collectif « Prenons la Une » etc.

Bref, de la mèche rousse de Donald Trump aux boucles brunes de Maxime Hamou, la misogynie est la tare la plus partagée entre les hommes !

Les violences sexistes n’ont ni pays ni frontières, n’ont d’autre lieu de naissance que le Patriarcat. Elles sont le résultat de tout un écosystème qui suppose l’existence d’inégalités sociales et de rapports de domination qui n’épargnent en rien les structures de pouvoir, au contraire, car plus on les pénètre, plus on se rapproche du système des « dominants », plus les violences contre les femmes sont manifestes… mais dissimulées. Avez-vous déjà regardé les vidéos des actions du collectif « la Barbe » dans les lieux de pouvoir ? Les interjections sexistes qu’elles reçoivent en pluie n’ont rien à envier à celles qui peuvent aussi arriver en longeant des terrasses de café.

Loin de nous l’idée d’euphémiser quoique ce soit, où que ce soit, dans le Nord de Paris comme dans la baignoire hollywoodienne de Roman Polanski ou dans une chambre d’hôtel à New-York.

En effet, mieux vaut éviter de porter des robes, des jupes ou des décolletés dans tous les endroits très masculinisés, paramètre qui a tendance à accentuer un rituel de construction de l’identité virile par la violence, la domination et l’humiliation des femmes.

Ni la surenchère policière, ni les happenings de campagne racistes, ni la persécution des pauvres, ni la militarisation des quartiers, ni les contrôles au faciès, ni la chasse aux sans papiers, ne tireront d’affaire les femmes face aux violences masculines.

Seules l’éducation, nos luttes, notre autodéfense et notre audace à briser la loi du silence nous permettront de défendre notre intégrité physique et morale.

Grâce à l’insolence des féministes si souvent taxées de pisse-froid, le traitement de l’affaire Baupin en 2016 n’a pas été le même que celui de l’affaire DSK en 2011. Ses victimes n’ont pas été moquées comme l’avait été Tristane Banon. Maxime Hamou a écopé d’un bad buzz. Michel Sapin a dû s’excuser et s’expliquer. On avance grâce à notre intransigeance, et les années à venir nous donnent déjà raison.

Qu’il plaise à la 67ème fortune de France, la grande bourgeoisie Badintériste, « féministe » qui signe des contrats juteux avec l’Arabie Saoudite, de nous faire croire qu’elle a peur de mettre des jupes lorsqu’elle va à la supérette à 22h porte de la Chapelle, on la croit, on ne peut que l’inviter à faire cette brillante intervention à l’Assemblée en portant la robe à fleurs bleues de Cécile Duflot !

Fatima-Ezzahra Benomar  Porte-parole des effronté-e-s
Héloïse Raslebol Cofondatrice du collectif Stop harcèlement de rue
Hanane Karimi Ancienne porte-parole des Femmes dans la Mosquée
Sonia Nour  Afroféministe
Lorraine Questiaux  Secrétaire Générale du Mouvement du Nid
Charlotte Soulary Cofondatrice du collectif Chair collaboratrice

Le blog de Christine Delphy Vendredi, 9 Juin, 2017 L’Humanité

delphysyllepse | 11/06/2017

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12 juin 2017 ~ 0 Commentaire

masculinisme (tv5 monde)

Alpha mâle en crise : masculin, masculiniste ou machiste ?

L’homme, le « mâle » est-il en crise, affaibli par plusieurs décennies de féminis- me ? Comment réagissent les hommes qui s’estiment bafoués dans leur mas- culinité ? L’anthropologue Mélanie Gourarier a mené l’enquête. Dans un livre titre « Alpha mâle ». Séduire les femmes pour s’apprécier entre hommes« , elle analyse les conditions masculines en souffrance et leurs expressions.

Les hommes ont-ils vraiment perdu leur pouvoir ? Ce discours majoritaire d’une soi-disant crise masculine, l’anthropologue Mélanie Gourarier le déconstruit dans un livre brillant. En réalité,  la masculinité, s’apprend, se construit socialement, et s’adapte aux changements pour permettre aux hommes de garder le pouvoir, explique-t-elle. La domination masculine ne faiblit pas, demeure ainsi invisible et reste hégémonique. Mélanie Gourarier est spécialiste de l’anthro-pologie du genre et des rapports de pouvoir. Elle est aussi enseignante à l’Ecole des Hautes études en sciences sociales et historienne de l’art.

Dans son livre « Alpha mâle – Séduire les femmes pour s’apprécier entre hommes« , publié aux Editions du Seuil, elle part du postulat que certains hommes considèrent qu’ils ont perdu le pouvoir sur les femmes et qu’elles les maintiennent en soumission. Ils n’entendent pas se laisser faire et souhaitent être rétablis dans leur masculinité. Qui sont ces hommes ? Quels seraient les ‘déclencheurs’ de leur malaise masculin – droits de la femme, parité, mixité …? Qu’est-ce que le masculinisme ? Réponses à ces questions, à bien d’autres encore, avec Mélanie Gourarier sur le plateau de TV5MONDE.

11 juin 2017

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05 juin 2017 ~ 0 Commentaire

pologne (amnesty)

proabortion 

Les restrictions touchant la contraception d’urgence sont catastrophiques pour les femmes et les jeunes filles

Le président polonais, Andrzej Duda, ne doit pas approuver des dispositions régressives qui limiteront l’accès à la contraception d’urgence pour les femmes et les jeunes filles, a déclaré Amnesty International après l’adoption de ce projet de loi par le Sénat mercredi 1er juin.

« Les restrictions de l’accès à la “pilule du lendemain” auront des conséquences désastreuses pour les femmes et les jeunes filles qui vivent dans un pays ayant déjà l’une des législations les plus restrictives d’Europe en matière d’avortement, a déclaré Anna Błuś, chercheuse d’Amnesty International sur l’Europe centrale et les droits des femmes.

« Associées à la “clause de conscience” qui permet aux médecins de refuser un traitement pour des motifs religieux, elles constitueront de nouveaux obstacles pour les personnes qui ont besoin d’une contraception d’urgence. Ces obstacles pourraient s’avérer insurmontables pour les adolescentes et les personnes qui se trouvent dans des zones rurales isolées, et ils auront des conséquences particulièrement catastrophiques pour les victimes de viol. »

Complément d’information

Le projet de loi a été adopté par le Sénat polonais le 1er juin. S’il est promulgué par le prési- dent, il entrera en vigueur sous 30 jours et la contraception d’urgence ne sera plus accessible que sur prescription en Pologne, contrairement aux recommandations de l’Union européenne.

1 juin 2017

https://www.amnesty.org/fr/

 

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