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21 août 2019 ~ 0 Commentaire

féministe algérienne (le-tél ouest-france)

alger

Douarnenez. Une féministe dans le mouvement algérien

L’Algérienne Amel Hadjadj s’affirme féministe. Mais aussi une militante qui œuvre pour la construction d’une démocratie dans son pays. Un itinéraire qu’elle raconte en tant qu’invitée du festival de Douarnenez, intitulé cette année « Algériennes, Algériens ».

Il faut croire que les têtes pensantes ont eu du flair en baptisant l’édition 2019 du festival de Douarnenez « Algériennes, Algériens ». Car le mouvement pacifique, qui secoue depuis six mois, l’Algérie est structuré aussi bien par des hommes que des femmes. Parmi elles figure, Amel Hadjadj, la trentaine pugnace. La jeune femme est originaire de Constantine, mais voilà quatre ans qu’elle réside à Alger où elle poursuit des études en médecine.

Amel Hadjadi c’est un œil vif et une faconde, une parole à la fois franche et déterminée. En résumé, une femme de son temps, résolue à activer une société civile étouffée par de longues décennies de gabegie FLN. « L’Algérie est un pays peuplé majoritairement de jeunes », rappelle Amel. Y cohabitent des forces vives qui comptent inscrire leur pays dans le mouvement de la modernité.

« Nos droits c’est tout le temps et partout »

À ce titre, Amel Hadjadj a activement contribué à la création du « Premier carré féministe », un groupe de manifestantes fondu dans la masse des contestataires qui battent le pavé. C’était le 8 mars 2019.

« Le 16 du même mois, on a mis sur pied la première coordination féministe à Alger ». En son sein on discute, on débat, on rêve d’une autre Algérie. Pas question pour Amel de dresser les femmes comme les hommes. Elle veut plutôt partager un idéal commun qui s’enrichit de contri-butions sur la page Facebook « Le Journal Féministe Algérien », autrement baptisé le JFA. « Nos droits c’est tout le temps et partout », peut-on lire notamment sur les banderoles d’Amel et ses amies.

L’Algérie et les femmes, c’est une longue série d’actes manqués. « À l’indépendance en 1962, on a dit aux femmes : retournez à vos fourneaux. Lors des évènements d’octobre 1988, on leur a assené : ce n’est pas le moment d’évoquer vos problèmes », rappelle Amel.

Mais il y a une date que la Méditerranéenne peine à digérer plus encore : 1984 et son code de la famille, entérinant sous la forme d’une loi l’inégalité de fait entre les hommes et les femmes.

Dans l’Algérie de 2019, « la majorité des diplômés du supérieur sont des femmes », assène dans la foulée Amel. Elle et ses « sœurs » en sont convaincues : il faut en finir avec « le génocide intellectuel, culturel et politique de l’ère Bouteflika ».

Se débarrasser d’un pouvoir honni est une chose, « contextualiser » son combat en est une autre. « Il faut donner du contenu au dégagisme. Le dégagisme en soi n’est pas un projet de société. C’est dans la réflexion que la mobilisation va perdurer », affirme Amel Hadjadj. « À la rentrée, en septembre, le combat va reprendre »

19 août 2019 Gilles Carrière

https://www.letelegramme.fr/

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15 août 2019 ~ 0 Commentaire

difenn (douarnenez)

Photo de Festival de cinéma de Douarnenez.
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Ateliers d’auto-défense féministe

Difenn, association féministe bilingue, ouverte à toutes et tous, vous concocte 4 ateliers d’autodéfense féministe spécial festival, histoire de pouvoir se balader, danser, chanter, dormir, librement dans tous les festivals (et ailleurs) de France et de Navarre !

Marre de te faire emmerder sans rien dire ?

Marre des relous ? Viens à l’atelier d’autodéfense féministe ! Techniques physiques simples et immédiatement efficaces.

Techniques verbales pour apprendre à dire non, à stopper des situations désagréables ou dangereuses, face à des personnes connues ou inconnues, en festival ou ailleurs… Viens découvrir ton potentiel dans un cadre bienveillant, confidentiel et ludique.

Pas besoin d‘être sportive pour se faire respecter. Accessible à toutes les femmes, meufs, trans, intersexes. Dès 16 ans, viens comme tu es, pas de tenue particulière requise.

RDV dans la salle du réfectoire de Sainte Elisabeth, rue d’Estienne d’Orves, 29100 Douarnenez, France

Pour s’inscrire: A l’accueil du public sur la place du festival, ouvert toute la journée, durant toute la durée du festival. Confirmez votre réservation de place par le paiement du stage
(chèque ou espèce) et en indiquant votre nom, et un numéro de téléphone.

C’est quand?

Lundi 19 août : 14h 17h
Mardi 20 août: 14h 17h
Mercredi 21 août: 14h 17h
Jeudi 22 août : 14h 17h

Le prix?

10e (tarif réduit),
15e (tarif moyen)
20e (tarif plein)
20 et + en fonction des possibles

L’argent ne devant pas être un frein à la participation au stage, nous réservons systémati-quement des places solidaires. Si vous souhaitez en bénéficier, précisez-le lors de l’inscription.

Si vous souhaitez soutenir la tenue des stages, n’hésitez pas à faire un don : toute somme donnée sera placée dans la caisse de solidarité permettant à des personnes n’ayant pas les moyens financiers de participer aux stages..

INSCRIPTIONS ET INFOS À L’ACCUEIL, PLACE DU FESTIVAL. (OUVERT DE 10H À 22H).

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13 août 2019 ~ 0 Commentaire

écosocialisme 1 (4è internationale)

ecosocialisme

LA DESTRUCTION CAPITALISTE DE L’ENVIRONNEMENT ET L’ALTERNATIVE ÉCOSOCIALISTE

A la mémoire de Berta Caceres, militante indigène, écologiste et féministe du Honduras, assassinée le 3 mars 2016 par les hommes de main des multinationales, ainsi que de tous les martyrs des luttes pour une justice environnementale ».

La pression que l’humanité exerce sur le Système Terre ne cesse de croître de plus en plus rapidement depuis les années 1950.

En ce début du 21e siècle, elle atteint un niveau extrêmement alarmant, et qui continue de croître dans presque tous les domaines. Des seuils critiques de dégradation sont d’ores et déjà franchis dans plusieurs domaines, tels que la concentration atmosphérique en gaz à effet de serre.

Le risque est dès maintenant réel et non négligeable que cette pression quantitative croissante, observable partout et dans la plupart des domaines, débouche à tout moment sur un bascule-ment qualitatif qui pourrait être brusque (quelques décennies) et largement irréversible.

Le Système Terre entrerait alors dans un nouveau régime d’équilibre dynamique, caractérisé par des conditions géophysiques et géochimiques très différentes, ainsi que par une diminution encore plus forte de sa richesse biologique.

Au minimum, outre les conséquences sur les autres êtres vivants, la transition vers ce nouveau régime mettrait en danger l’existence de centaines de millions d’êtres humains parmi les plus pauvres, en particulier des femmes, des enfants et des personnes âgées. Au maximum, un effondrement écologique de proportions globales pourrait entraîner l’effondrement de notre propre espèce.

Le danger augmente de jour en jour, mais la catastrophe peut être conjurée, ou au moins limitée et contenue.

En effet, ce n’est pas l’existence humaine en général qui est la cause déterminante de la menace mais bien le mode de production et de reproduction social de cette existence, qui comprend aussi son mode de distribution et de consommation, ainsi que des valeurs culturelles.

Le mode en vigueur depuis deux siècles environ -le capitalisme- est insoutenable parce que la concurrence pour le profit, qui en est le moteur, implique une tendance aveugle à la croissance quantitative sans limites, incompatible avec les flux et cycles limités de matière et d’énergie dans le système Terre.

Au cours du 20è siècle, les pays dudit « socialisme réel » ont été incapables d’offrir une   alternative à la destruction productiviste de l’environnement, à laquelle ils ont contribué de façon importante.

En ce début du 21e siècle, l’humanité est confrontée à l’obligation sans précédent de maîtriser son développement dans tous les domaines afin de le rendre compatible avec les limites et la bonne santé de l’environnement au sein duquel elle a pu se développer.

Aucun projet politique ne peut plus faire l’impasse sur cette conclusion des études scientifiques sur le « changement global ».

Tout projet politique doit au contraire être jugé en premier lieu sur la prise en compte du risque, les réponses systémiques qu’il y apporte, la conformité de ces réponses avec les exigences fondamentales de la dignité humaine, et leur articulation avec son programme dans les autres domaines, particulièrement dans le domaine social et économique. (Extrait voir lien)

mardi 11 juin 2019  Quatrième Internationale Inprecor, mars 2019

https://www.pressegauche.org/

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Ecosocialisme 2 (4è internationale)

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09 août 2019 ~ 0 Commentaire

inégalité (pùblico)

 Femmes-de-la-préhistoire

Les débuts de l’inégalité hommes-femmes

À quelle moment a commencé la domination des hommes sur les femmes? Des chercheurs ont une réponse

Une équipe d’archéologues de l’Université de Séville a étudié les origines de l’inégalité des sexes dans la préhistoire péninsulaire. La conclusion principale est que c’est au Néolithique que la domination masculine est devenue évidente.

Des chercheurs du département de préhistoire et d’archéologie de l’université de Séville ont étudié les restes archéologiques des sociétés néolithiques de la péninsule ibérique sous l’angle de la problématique hommes-femmes.

Selon les résultats de ses travaux, publiés dans le European Journal of Archaeology, c’est au Néolithique que nait l’inégalité entre les sexes, à l’origine de la domination masculine dans les périodes historiques ultérieures.

Pour parvenir à ces conclusions, les auteurs ont analysé d’une part les conditions de vie et les aspects démographiques et d’autre part, les pratiques funéraires. Dans le premier groupe, ils ont étudié des facteurs tels que le sexe ratio (ratio démographique hommes-femmes), l’alimentation, les données génétiques, la mobilité, les maladies les plus courantes et les marqueurs de stress détectés.

L’inégalité entre les sexes n’a pas été consolidée ni généralisée pendant le néolithique péninsulaire, mais des situations de domination sont apparues progressivement

Dans un deuxième groupe, ils ont examiné des données telles que le type d’inhumation, le caractère primaire ou secondaire du gisement, qu’il s’agisse d’une sépulture individuelle ou collective, l’organisation spatiale du gisement, la position et l’orientation des corps, les éléments de resserrement ils ont été déposés dans la tombe ou dans les gestes funéraires (signes de manipulation des cadavres, de pigmentations ou d’altérations induites par la chaleur).

L’étude conclut que l’inégalité entre hommes et femmes n’était ni consolidée ni généralisée dans le néolithique péninsulaire. Cependant, les situations indiquant une domination des hommes sur les femmes apparaissent progressivement.

Rites et rôles funéraires

Les auteurs soulignent quatre axes principaux dans lesquels l’inégalité entre hommes et femmes peut être examinée au cours de périodes historiques successives: leur accès aux rites funérai-res, les conditions matérielles de leur existence, l’émergence de rôles sociaux spécifiques pour chacun des genres et l’association croissante de l’homme à la violence.

C’est précisément ce dernier aspect qui ressort le plus dans son étude. Les blessures de flèches dans les corps des hommes, le dépôt de projectiles dans leurs tombes ou les représentations picturales (art rupestre) d’hommes participant à des activités de chasse ou de guerre n’ont pas de équivalent chez les femmes.

Par conséquent, les chercheurs soulignent la naissance d’une idéologie associant les hommes à l’exercice de la force. À cet égard, ils soulignent que la création de rôles différenciés fondés sur le genre et d’autres formes d’inégalité de genre a joué un rôle fondamental dans l’émergence de la complexité sociale, facteur qui n’a pas toujours été bien compris dans les documents de recherche précédents.

Madrid 19/06/2019

https://www.publico.es/

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06 août 2019 ~ 0 Commentaire

contraception (alternative libertaire)

boss

L’inquiétant retour des méthodes naturelles

Plus de soixante ans après l’invention de la pilule (autorisée en France depuis seulement la loi Neuwirth de 1967), le débat est relancé sur la contraception hormonale et ses « méfaits » selon ses détracteurs. Nombre d’applications fleurissent, vantant les méthodes dites naturelles.

Et la culpabilisation des femmes bat son plein.

Depuis plusieurs années, les publications se succèdent pour expliquer aux femmes à quel point la contraception est dangereuse pour leur santé et nocive pour l’environnement. S’il n’est pas question de nier les effets secondaires gênants pour certaines femmes, il convient cependant de ne pas oublier les bienfaits de la contraception hormonale, sur leurs conditions de vie et leur sexualité.

La découverte de la pilule a marqué une révolution dans l’histoire des femmes. Elle leur a en effet permis de planifier leurs grossesses, de permettre à celles qui ne veulent pas d’enfant de ne pas en avoir, d’avoir des rapports sexuels (y compris avant le mariage) sans crainte d’une grossesse.

Rappelons que, jusque dans les années 60, les « filles-mères » (et leurs enfants) étaient extrêmement stigmatisées. On reprochait aux filles et aux femmes d’être enceintes, tout en leur interdisant un moyen de contraception. Il s’agissait de contrôler la sexualité féminine.

Les méthodes de contraception de l’époque (Ogino, Billings, température, retrait…) avaient un taux d’échec de plus de 25 %. Elles reviennent pourtant en force, vantées par des applications mais aussi des médecins et associations.

Sous couvert de vanter une vie plus saine et écologique (pollution des rivières par les urines des femmes sous contraception hormonale), on fait prendre aux femmes le risque d’une grossesse.

Le taux annoncé de 98 % de succès des méthodes dites « naturelles » est un leurre.

Il ne correspond qu’aux femmes ayant une connaissance parfaite de leur corps et ne tient pas compte des évènements de la vie qui peuvent décaler l’ovulation (stress, deuil, désir, choc émotionnel, traumatisme…). Les méthodes naturelles prônent en outre des périodes d’absti-nence durant lesquelles une femme est fertile. C’est méconnaître la situation des femmes victimes de violence, pour qui il est impossible de choisir le moment des rapports (en réalité des viols).

Ces méthodes sont réservées à celles qui ont le temps d’écouter leur corps (qui a le temps de prendre sa température matin et soir, de compter son cycle sur plusieurs mois, de vérifier chaque jour sa glaire cervicale ?). De telles méthodes privent les femmes d’une sexualité épanouie et choisie.

Le propos ici n’est pas de stigmatiser les femmes qui utilisent ces méthodes « naturelles ». En revanche, il n’est pas question de culpabiliser celles qui utilisent une contraception hormonale.

La meilleure contraception, c’est celle que l’on choisit, de manière libre et éclairée. C’est cela aussi le droit à disposer de son corps, sans pression, qu’elle soit médicale ou sociale.

2 août 2019 Gaëlle Backer (UCL Saint-Denis)

http://alternativelibertaire.org/

Commentaire:

Il faudrait ajouter quand même que la contraception (hormonale notamment) n’a pas empêché la culpabilisation des femmes qui sont d’autant plus sommées d’être maîtresses d’elles-mêmes qu’elles auraient les moyens de tout contrôler (l’IVG devient pour certain.es d’autant moins acceptable que la contraception existe). Et des contraceptions (qui ne sont pas des méthodes naturelles) non hormonales existent (DIU cuivre) mais encore faudrait-il que tou.te.s les gynécologues acceptent de les poser aux femmes qui le souhaitent – ce qui est loin d’être le cas, notamment pour les nullipares (Une personne est dite nullipare lorsqu’elle n’a jamais accouché). Bref on a en effet encore beaucoup à faire pour la liberté des femmes sur ce plan là. (Ka Rine)

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02 août 2019 ~ 0 Commentaire

emma (ballast)

emma

Comment en vient-on un jour à parler politique en dessin ?

Emma: À la base, je suis ingénieure en informatique. Je n’ai jamais été très politisée ; c’est récent. J’ai grandi avec des parents profs, un peu « gauche molle », puis j’ai évolué dans un milieu plutôt de droite durant mes études.

J’ai d’ailleurs eu quelques difficultés avant de prendre cette direction : ma formation initiale de BTS informatique n’était pas censée déboucher sur des études d’ingénieure. Lorsque j’ai obtenu mon diplôme, j’avais vraiment l’impression d’avoir mérité ma place, de m’être construite toute seule. J’en étais assez fière. J’avais bien intégré le discours selon lequel « Quand on veut on peut », celui qui dit que si les gens sont en difficulté, c’est qu’ils n’ont pas assez travaillé…

Lorsque j’ai pris des responsabilités professionnelles, dans un environnement très toxique, je me suis retrouvée en difficulté malgré tous les efforts que je fournissais : je faisais des horaires de malade, je me donnais tout le mal du monde et m’organisais avec mon fils sur les bras. Malgré tout ça, je ne m’en sortais pas. Comme j’étais toujours convaincue que « Quand on veut, on peut », je me disais que je n’avais pas fait assez d’efforts, que je n’étais pas capable.

Je m’en voulais. C’est à cette époque que j’ai rencontré des ami·e·s politisé·e·s qui m’ont aidée à analyser la situation et à réaliser que si je rencontrais autant de difficultés, c’est d’abord parce que j’étais une femme. J’ai alors commencé à beaucoup lire sur le féminisme, surtout sur Internet, et, peu à peu, j’ai saisi que j’avais eu des bâtons dans les roues… mais aussi des privilèges ! Et que d’autres personnes avaient encore plus de difficultés que moi à s’en sortir. Je suis blanche, hétérosexuelle, fille de profs : j’ai galéré à l’école mais j’avais aussi un bagage culturel qui me permettait de gravir des échelons, qui passait bien auprès des enseignants, lesquels avaient sur moi un a priori positif.

Début 2016, au moment du projet de la loi Travail, j’ai commencé à faire des petits dessins sur Valls. On m’a suggéré de créer une page publique ; au début, on était 10 dessus !

Avez-vous été ou êtes-vous proche de certaines organisations politiques ?

Je me sens proche du NPA, comme pas mal de mes ami·e·s, parce que je suis d’extrême gauche et révolutionnaire. C’est l’organisation à laquelle je participe le plus. J’ai essayé de rejoindre des collectifs mais, malheureusement, des rapports de pouvoir s’y exercent — y compris dans des collectifs non-mixtes.

Ces expériences m’ont beaucoup aidée à avoir davantage confiance en moi, à prendre la parole, mais j’y ai quand même rencontré des personnes qui ont intégré les codes masculins de notre société, qui cherchent à s’imposer en parlant plus fort. Je n’arrive pas du tout à m’adapter dans ces circonstances.

Parmi les collectifs féministes, j’ai milité à « Stop harcèlement de rue », mais il faut passer beau-coup de temps à essayer de faire entendre sa voix et ce n’est pas adapté à tous les caractères. Ils font des trucs géniaux, ils ont beaucoup fait avancer les choses et j’y ai rencontré des person-nes formidables, mais j’avais le sentiment de ne pas avoir mon utilité car j’étais trop effacée. Je préfère bosser seule de mon côté pour le collectif, plutôt que de bosser collectivement pour finalement me mettre en retrait…

Votre travail porte à la fois sur les luttes sociales, comme celle des cheminots et les questions féministes.  Les différents publics qui vous lisent parviennent-ils à suivre cette oscillation ?

Cette alternance est tout à fait volontaire. J’essaie de faire converger les luttes. Mais ce n’est pas seulement fait « exprès » : tous les sujets m’intéressent. Je parle à des publics différents et ne fais pas un format adapté pour chacun. Le public féministe est composé de femmes, à 90 %, mais aussi de quelques hommes qui viennent en support pour parler aux autres hommes — ce que je trouve génial. Sur les sujets qui parlent de luttes sociales, il y a en revanche beaucoup d’hommes et très peu de femmes.

On pourrait rapprocher votre production du dessin de presse, pourtant majori-tairement axé sur la caricature et l’humour. Quel regard portez-vous sur cet espace d’expression ?

Il y a beaucoup à dire. Déjà, c’est un monde qui a été possédé par les hommes blancs, depuis toujours, et ça se ressent énormément dans les orientations qui sont prises. Même dans les supports de gauche, ça n’est jamais antiraciste ni féministe. Il y a donc une place à prendre pour nous, pour redresser la barre. Je réfléchis de plus en plus aux moyens d’avoir un pouvoir d’action plus fort sur ces questions.

Comment appréhendez-vous la multiplication et la rapidité des réactions, liées à la vitesse de propagation de l’information sur les réseaux sociaux ?
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Je le vis plus ou moins bien. En un sens, j’apprécie. C’est valorisant de poster quelque chose et d’avoir des réactions immédiatement, davantage que de préparer un livre pendant un an et de n’avoir le résultat que bien plus tard. J’aime ce contact avec les gens et c’est ce que je voulais : pouvoir échanger autour d’un support. Ça change tout. Par contre, dans les retours que j’ai, il y a différents types de réactions. Il y a des insultes, certes, mais ça ne m’affecte pas.  Mais ce qui me fatigue le plus, c’est le nombre d’hommes qui viennent m’apprendre comment militer, qui m’écrivent des pavés immenses.
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Généralement, quand j’ouvre un mail et que je vois qu’il y a plus de 50 lignes, je me dis que ça va être un mec-cis-hétéro-machin qui vient m’expliquer comment faire mon travail alors qu’il n’est pas militant, bien sûr. Mais il croit qu’il a les 10 bonnes façons de mieux faire, ou qu’il peut changer ma façon de faire.
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Des changements qui incluent évidemment de brosser dans le sens du poil, d’arrêter de « dire du mal des hommes », d’arrêter bien entendu l’écriture inclusive… Et puis d’être « plus objective » ! Il faudrait que je présente le point de vue des cheminots mais aussi le point de vue du gouvernement… Certaines semaines, je n’en peux plus.

Vous évoquiez lors d’un entretien le fait que les conseils prodigués à propos de la charge mentale s’adressent uniquement aux femmes et sont relayées par des médias qui ciblent un lectorat féminin…

Je ne pense pas que j’arriverai jamais à m’adresser aux hommes sur les questions féministes. Ça viendra de nous. Quand les femmes décideront que c’est fini, ce sera fini. Ma cible, ce sont les femmes. Quand certains hommes disent que mon travail les touche, je suis contente mais ça n’est pas mon objectif premier. Certaines féministes me disent que sans les hommes, on ne pourra pas y arriver. On est mal barrées dans ce cas !

Sur le congé paternité, par exemple, chaque fois que j’ai assisté à des réunions, il n’y avait que des femmes. Tant qu’on est dans une société de concurrence, de loi du plus fort, de survie, les hommes conserveront leurs privilèges car ça leur permet de mieux y vivre.

Je ne vois pas quel homme aujourd’hui se dirait qu’il préfère rester à la maison s’occuper des enfants, prendre un congé parental et avoir une retraite de merde. Qui a envie d’avoir le statut des femmes aujourd’hui ? Personne. Nous, on est dedans et on essaie d’en sortir.

Je ne dis pas non plus qu’il faut accéder au statut des hommes, ni prendre leur position actuelle comme référence. Les valeurs des femmes sont importantes — je ne dis pas ça dans une perspective essentialiste. Je parle des valeurs qu’on nous a transmises petites : l’attention portée aux autres, le soin, l’empathie.

Lorsque les femmes s’organiseront, elles feront péter le patriarcat en même temps que le capitalisme. Car cette société ne nous permet pas de vivre convenablement avec ces valeurs ; elle nous rend vulnérables, pauvres, exposées aux violences. Il faut bien sûr qu’on accepte de se mettre plus souvent en colère, de s’affirmer, mais je ne crois pas qu’on doive essayer de se rapprocher du rôle qu’ont les hommes aujourd’hui. (Extraits, voir lien)

https://www.revue-ballast.fr/

 

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01 août 2019 ~ 0 Commentaire

femmes soudan (courrier-international ga)

APTOPIX Mideast Egypt Sudan
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Que veulent les femmes qui participent à la révolution au Soudan ?
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Justice et responsabilité en matière de violences sexuelles

Pour de nombreuses manifestantes, l’État doit être tenu responsable des injustices commises au cours de ses trente années au pouvoir. Et celles qui ont vécu dans des zones de guerre récla-ment justice pour les violences sexuelles. “Nous voulons que soient punis les auteurs d’abus sexuels au Darfour et dans d’autres régions du pays.”

Plusieurs femmes, en particulier les plus jeunes, redoutaient que les forces de sécurité n’aient recours à ce type de violence pour contrer les manifestations.

Leurs craintes se sont concrétisées le 3 juin lorsque les Forces de soutien rapide – une unité paramilitaire issue des milices Janjawid responsables des atrocités commises au Darfour – ont commis des dizaines de viols. “Les femmes ont beau porter des vêtements convenables, elles sont exposées à la violence verbale et physique, et [les agresseurs] prennent l’islam comme prétexte”, s’indigne une jeune diplômée.

Les militantes des droits des femmes n’ont pas attendu la révolution pour lutter contre les violences sexuelles. La question a même occupé le devant de la scène politique dans les années 2000, lorsque la Cour pénale internationale a inculpé l’ancien président Omar Al-Bachir et plusieurs de ses sbires pour le recours systématique et généralisé aux abus sexuels au Darfour. Aujourd’hui, la plupart des manifestantes veulent que les fonctionnaires de l’État soient poursuivis.

“Pour moi, la justice, ce serait que tous les participants au régime précédent payent pour ce qu’ils ont fait subir à notre pays”, a déclaré une femme du Kordofan du Sud, où les accusations de violence sexuelle font également surface. “Ils devraient être tenus responsables et punis pour les abus sexuels au Darfour et dans d’autres régions du pays.”

Liberté de choisir sa vie

Pour nombreuses manifestantes, surtout les plus jeunes, la liberté de décider de sa vie, que les choix soient petits ou grands, est une revendication importante. “Je veux pouvoir décider libre-ment de la façon dont je m’habille, où je vais et à quelle heure je dois rentrer à la maison”, lance une jeune femme de 28 ans, diplômée de l’université. La plupart évoquent certaines restrictions liées au droit de la famille régi par la charia au Soudan, comme le droit de choisir son mari, de travailler à l’extérieur du foyer et d’avoir la garde des enfants. “Je manifeste contre cette loi qui va m’enlever mes enfants si je divorce.”

De nombreuses femmes évoquent également la liberté de se déplacer dans l’espace public et les codes vestimentaires. Ces sujets ont été évoqués par des manifestantes de différents milieux sociaux, d’étudiantes à l’université à des vendeuses ambulantes. Actuellement, une série de lois sur l’ordre public et de décrets présidentiels – prétendument fondés sur l’islam – interdisent aux femmes de travailler en soirée et exigent le port du hijab en public. La police peut procéder à des arrestations sans mandat et mettre en prison sans procès les personnes dont la tenue est jugée inconvenante.

De nombreuses manifestantes jugent ces lois oppressives et contraires à la dignité des  femmes.Je suis contre toutes les lois de ce régime… surtout la loi sur l’ordre public qui a permis de torturer des femmes soudanaises et a limité leurs facultés de réflexion, leur liberté et leur libre circulation”, fustige une des femmes interviewée.

“Pour moi le plus pénible c’est le hijab obligatoire”, dit une autre. Certaines déplorent que la reli-gion soit instrumentalisée à des fins répressives. “La religion c’est notre relation avec Dieu. Et ma relation à Dieu est peut-être meilleure que la leur, mais ce n’est pas un hijab qui le prouve”, explique une manifestante. Les militantes féministes veulent depuis longtemps faire abolir ces lois qu’elles jugent contraires à la Constitution et à l’islam. La mobilisation au Soudan a repris ses thèmes et réclame plus de libertés pour les femmes.

Réforme du droit et égalité des sexes

Pour de nombreuses manifestantes, un élément clé des revendications de la contestation est l’égalité des sexes. Elles veulent que les hommes et les femmes aient les mêmes droits, en cela elles ont tiré les leçons des mouvements populaires de 1964 et 1985, où les femmes avaient été mises sur la touche.

Elles savent qu’elles vont devoir se battre. Leurs revendications sont simples et directes : “Nous savons qui nous sommes et ce que nous voulons : l’égalité des sexes”, explique une femme membre d’une coalition, la Mansam, qui comprend 8 huit associations politiques de femmes, 18 organisations de la société civile, plusieurs associations de jeunes et plusieurs militantes et universitaires.

La Mansam faisait partie des signataires, le 1er janvier 2019, de la Déclaration de la liberté et du changement, qui réclamait la fin du règne de Bachir, mais elle n’a pas été représentée dans les négociations avec le Conseil miliaire de transition du Soudan.

Cette exclusion des femmes dans les pourparlers les a poussées à réclamer une plus juste représentation des femmes dans les organes officiels intérimaires. Et la Mansam a même mis au point une liste de femmes diplômées susceptibles de convenir pour participer au gouvernement civil de transition. D’autres groupes, comme “Initiatives stratégiques dans la corne de l’Afrique” et “Non à l’oppression des femmes” ont exprimé des demandes similaires concernant la parité.

La Mansam a également rédigé un projet de loi détaillant les droits des femmes que l’association veut voir inclus dans la nouvelle Constitution soudanaise. La plupart des femmes rencontrées soutiennent l’égalité des droits, et si elle est adoptée cette loi rectifierait les discriminations envers les femmes dans de nombreux domaines, notamment la famille et la loi sur l’ordre public. La Mansam souhaite également légiférer sur l’orientation sexuelle et l’identité sexuelle, une position radicale dans un contexte soudanais.

La révolution des femmes

Si elles ont été à la tête de la mobilisation, les femmes au Soudan ont été exclues de la table des négociations. Elles avaient déjà été mises à l’écart lors des discussions pour mettre fin au conflit entre le Soudan et le Soudan du Sud en 2005, et n’avaient été que très peu représentées lors des pourparlers de paix sur le Darfour.

Là encore, les femmes sont écartées des négociations entre le Conseil militaire de transition et l’opposition. Mais cette fois, les femmes et les militants des droits des femmes sont mieux prépa-rés à se faire entendre. Les femmes interrogées ont expliqué que les Soudanaises attendent ce moment depuis trente ans. Et si elles sont encore exclues des négociations, elles s’inviteront à la table pour faire parvenir leurs revendications en matière de justice, de liberté et d’égalité. Comme le dit une manifestante : “Cette révolution est la révolution des femmes.”

soud

Quoique à la tête de la mobilisation, les femmes sont tenues à l’écart des négociations en cours entre des représentants de la contestation et les généraux qui dirigent le pays depuis la destitution d’Al-Bachir en avril. African Argument a interviewé 64 manifestantes alors que les pourparlers destinés à mener la transition vers un pouvoir civil, peinent à avancer.

Tout au long de la révolution au Soudan, les femmes ont joué un rôle clé dans le combat pour la liberté, la justice et la paix, notamment en entonnant des chants révolutionnaires. Des manifesta-tions de décembre 2018 aux énormes marches d’il y a quelques jours, les manifestantes ne se sont pas laissées intimider par les arrestations, la torture, les agressions sexuelles, l’usage des gaz lacrymogènes et de balles réelles. Même quand les forces de sécurité ont tué 118  person-nes et violé des dizaines d’autres le 3 juin, [le 29 juillet six personnes ont été tuées lors d’une manifestation dans la ville d’Al-Obeid, dans le centre du pays] des femmes de tous les milieux, toutes générations confondues, de religions différentes mais aussi de niveaux d’instruction et d’ethnies multiples ont continué à se mobiliser pour exiger des changements.

Afin de comprendre les motivations de ces femmes, nous avons interviewé 64 manifestantes. Il est intéressant de noter que certaines ont parlé directement de l’égalité hommes-femmes : “Il n’y a pas d’égalité, et c’est la raison pour laquelle j’ai participé aux manifestations… je crois en l’égalité des sexes.” Alors que d’autres n’étaient pas vraiment dans cette dynamique : “Nous manifestons pour obtenir une vie meilleure, pas pour l’égalité entre les sexes, parce que nous sommes avant tout musulmanes. Nous revendiquons nos droits, mais pas sur tous les plans.” Si toutes les personnes interrogées ont déclaré que leur priorité était de renverser le régime, les femmes ont également apporté leur pierre aux revendications du mouvement : “Liberté, Paix et Justice”.

Samia Al-Nagar et Liv Tønnessen  01/08/2019
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26 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

festivals féminisme (fr3)

sisters

Festival de Cornouaille : les artistes féminines sur les scènes bretonnes, la route est encore longue

Barba Loutig, Annie Ebrel, Nolùen Le Buhé, Marthe Vassalo, Nolwenn Korbell, Aziliz Manrow… Les fêtes de Cornouaille font la part belle aux artistes féminines dans leur programmation. Pourtant sur près de 300 musiciens invités cette année, 85 % sont des hommes.

Répondre à la question de la place des femmes sur la scène bretonne, quand on est une artiste féminine… c’est lassant. Pourtant, les chanteuses de Barba Loutig et du trio Ebrel-Le Buhé-Vassalo ont accepté de partager leurs expériences avec nous.

« On ne recherche pas cette visibilité-là », nous explique Lina Bellard du quatuor de chant polyphonique Barba Loutig. On peut les comprendre. Et nous préférerions d’ailleurs vous pour parler plus en longueur de leur spectacle « Saflikad » ou de « Paotred », présenté par Annie Ebrel, Nolùen Le Buhé et Marthe Vassalo.

Mais les chiffres sont éloquents et ne peuvent pas nous laisser indifférents.

Au festival de Cornouaille cette année, les femmes ne représentent que 15% des effectifs. Ce n’est pas nouveau et c’est le cas dans la plupart des festivals de musiques traditionnelles et actuelles. Avec le mouvement #Me Too, les médias et les programmateurs en prennent de plus en plus conscience. Les artistes que nous avons rencontrées, elles, le savent elles depuis bien longtemps.

« Quand on regarde les affiches de fest-noz et de concerts, il y a parfois des fois des groupes de chanteuses, mais il n’y a pas tant que ça de musiciennes. Et dans certains festivals, sur une trentaine de formations, il n’y a quasiment que des hommes », relate Enora de Parscau, de Barba Loutig. « Le fait que des festivals veuillent mettre les femmes en avant prouve qu’il y a un manque, c’est révélateur du fait que l’on n’est pas assez visibles », poursuit-elle.

Plus de professionnels que de professionnelles

Il ne s’agit pourtant pas de jeter la pierre aux organisateurs. Puisque de fait, si les plateaux sont en majorité masculins, c’est qu’il y a beaucoup plus de musiciens professionnels que de musi-ciennes professionnelles. Avec, il faut le noter, un peu plus de parité chez les chanteuses et chanteurs.

Igor Gardes, directeur du festival de Cornouaille, a conscience de ce phénomène. « Quand je suis arrivé dans l’équipe du festival en 2014, j’ai exposé ces interrogations-là », raconte-il. « A défaut de pouvoir faire une programmation paritaire, je voulais au moins marquer le coup sur un fest-noz paritaire, qui s’est tenu le vendredi soir pendant trois ou quatre ans ». Mais l’expérience n’a pas été renouvelée. « Avec mes collaborateurs, on s’est vite rendu compte qu’on n’y arrivait pas. Nous avions vite fait le tour des groupes un peu connus », explique le directeur.

Elsa Corre, des Barba Loutig, abonde dans ce sens : « Je participe à la programmation du fest-noz du festival du cinéma de Douarnenez et tous les ans je me retrouve face à la même problématique, il n’y a pas de femmes. On a des duos de chanteuses, et après ? »  Pour elle, le problème ne vient pas des programmateurs. Il faut sans doute aller chercher du côté de la formation des musiciennes et comprendre pourquoi elles sont bien moins nombreuses que les hommes à se professionnaliser.

Travailler sur la formation des musiciennes

« Dans la musique traditionnelle, il y a toujours le syndrome du mâle blanc », plaisante la chanteuse Nolùen Le Buhé. Ses deux acolytes, Annie Ebrel et Mathe Vassalo, acquiescent. « Nous animons des stages de chant aujourd’hui. Mais il y a eu une époque où seuls les hommes animaient ces stages. Et les hommes encourageaient les hommes. Ils voyaient chez un homme un futur professionnel mais ils ne voyaient pas une future professionnelle chez une femme ».

Marthe Vassalo va même plus loin.« La musique a un pouvoir sur les gens. Chanter et jouer c’est avoir du pouvoir sur les gens et on vit dans une société dans laquelle les hommes n’aiment pas tellement partager le pouvoir. Plus une femme est compétente et présente, plus ce qu’elle fait est impressionnant, plus elle sera dérangeante», détaille la chanteuse.

Les petites filles manquent aussi de modèles féminins auxquels s’identifier, les professionnels et les professeurs de musique étant des hommes dans la grande majorité. Et comme pour n’impor-te quelle activité, elles se tournent encore vers des instruments ou des disciplines à « connotation plus féminine », comme le chant par exemple.

Pourtant, des initiatives existent pour atténuer ces tendances. « Il y a des écoles de musique qui proposent des classes d’éveil où les petits peuvent tester tous les instruments, que ce soit la batterie, la basse… c’est un bon départ pour s’ouvrir à n’importe quelle discipline par la suite », constate Elsa Corre de Barba Loutig.

Vie d’artiste et vie de famille

Mais au-delà de la question de la formation, il y a la question de la vie de famille et des inégalités dans la répartition des tâches au quotidien. Et les sept artistes que nous avons rencontrées sont unanimes, c’est probablement le premier frein à la professionnalisation des musiciennes. Car vie d’artiste et vie de maman sont difficile à concilier. « On est amenées à bouger beaucoup, ou à partir sur des longues périodes, parfois à l’autre bout de la France », raconte Elsa Corre.

Comme les autres chanteuses de Barba Loutig, elle dit avoir vu sa vie d’artiste changer avec la naissance de son enfant : « Quand on devient maman, la réalité du métier change. Pour certains papas c’est aussi le cas, mais les musiciens masculins qu’on voit autour de nous viennent rarement avec leur bébé en résidence… « .

Les contraintes liées à la grossesse, l’allaitement font que la parentalité n’a pas le même impact sur la vie d’artistes des femmes et des hommes. « On a l’impression que pour les organisateurs d’événements, les femmes ont des gestations de mammouths », dit Nolùen Le Buhé. « Car entre le moment où un organisateur apprendre que vous êtes enceinte, que vous avez accouché, que vous êtes en train de vous occuper d’un enfant… il peut se passer deux ou trois ans avant qu’on vous rappelle ».

Pour Lina Bellard de Barba Loutig, certaines initiatives pourraient pourtant aider les artistes féminines : « Les festivals pourraient nous demander si on a besoin d’une ou d’un baby sitter, de la même manière qu’ils nous demandent si on a besoin d’un hébergement ». « Et ils pourraient le proposer aux artistes hommes qui ont des enfants également », ajoute Enora de Parscau.

Pour que les musiciennes se professionnalisent et que les scènes se féminisent, toutes s’accordent à dire que les habitudes et les mentalités doivent changer.

Bleuenn Le Borgne 26/07/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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21 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

puerto rico (cadtm àl’encontre psl)

4502

À Puerto Rico : la population dans la rue contre le sexisme, l’homophobie, l’austérité et la corruption

Un scandale politique a éclaté récemment à Puerto Rico qui a poussé la population à descendre dans la rue pour des manifestations rassemblant plusieurs milliers de personnes autour d’un mot d’ordre : « Ricky Renuncia ! », Ricardo, démissionne ! – Ricardo Rossello est l’actuel gouverneur de l’île.

Le 11 juillet, une source anonyme a publié les messages personnels du compte Telegram (application de messagerie cryptée équivalente à Whatsapp) du gouverneur, lié à Donald Trump. 2 jours plus tard, le Centre de Journalisme d’Investigation de Puerto Rico les publiait en ligne, révélant des messages d’une teneur profondément misogyne et homophobe, tenus par le gouverneur Rossello et de nombreux hommes politiques proches de lui.

Deux d’entre eux ont démissionné immédiatement après la publication, dont le Secrétaire d’État Luis Rivera Marín. Mais cela n’a pas suffit à calmer la colère de la population, qui avait commencé à se rassembler dans la rue dès que le scandale a éclaté.

Les manifestations ont atteint un pic, mercredi 17 juillet, avec près de 100 000 personnes dans les rues de San Juan, la capitale, lorsque le consortium de journalistes a révélé un « réseau de corruption de plusieurs millions de dollars », mettant en cause plusieurs sociétés publiques.

Depuis 2016, Puerto Rico est sous le contrôle d’un conseil de supervision financière (Financial oversight board) instauré par la loi PROMESA (Puerto Rico Oversight, Management and Economic Stability Act), elle-même adoptée durant l’administration Obama.

Le but de ce conseil de représentants non-élus est de mettre en place un plan de rembourse-ment des créanciers de l’île (principalement de grands fonds d’investissement étasuniens) en appliquant un plan d’austérité radical, incluant des fermetures d’écoles, des coupes énormes dans les pensions et surtout pas le moindre investissement dans l’économie locale, les infrastructures ou les politiques sociales.

C’est dans ce contexte, illustrant parfaitement la Doctrine du Choc de Naomi Klein, que l’île fut frappée, 2 fois consécutivement, par des ouragans qui ont causé d’énormes ravages sur l’île, tués plus de 3 000 personnes et détruits le réseau électrique. Il aura fallu 11 mois pour restaurer le courant sur toute l’île, ce qui a passablement augmenté le nombre de décès résultant à la fois de l’ouragan, du manque d’entretien du réseau électrique et des choix catastrophiques qui ont été fait dans la gestion de cette crise. Les révélations du consortium de journalistes confirment largement ce dernier point.

Pour la restauration du réseau électrique, détenu par l’entreprise publique PREPA (Puerto Rican Electric Power Authority), celle-ci a d’abord passé un contrat avec une entreprise qui n’avait aucune expérience dans la région mais qui avait des liens étroits avec le secrétaire du ministère de l’Intérieur Ryan Zinke.

Le contrat a fini par être annulé et un nouveau contrat fut signé avec une entreprise liée au géant des énergies fossiles Mammoth Energy Services, alors que la situation de l’île et son exposition face aux ouragans ont largement démontré qu’il était nécessaire pour elle de s’appuyer sur une production locale d’énergie renouvelable.

Ricardo Rossello ne résistera certainement pas à cette vague de mécontentement. Ses adversaires politiques préparent déjà un recours pour tenter de mettre en place une mesure d’empêchement (impeachment). Mais cela ne retirera pas le mal fait, et ne changera pas le programme du conseil de supervision financière qui poursuivra dans sa voie austéritaire, en faveur des créanciers de l’île qui dégagent des profits pharamineux. La saison des ouragans débute maintenant…

Rappelons que le CADTM international s’était rendu à Puerto Rico en décembre 2018 et qu’un programme d’activités très réussi avait été organisé par son partenaire local, le front citoyen pour l’audit de la dette.

20 juillet  Pierre Gottiniaux

http://www.cadtm.org/

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20 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

sexisme (psl)

femmes gj

Qu’est-ce que l’austérité vient faire avec le sexisme ?

C’est vrai, beaucoup de gens pensent directement aux publicités et à l’objetisation du corps des femmes lorsqu’on parle de sexisme.

Nous combattons bien entendu tout cela. Mais, par exemple, lorsqu’on est victime de violence domestique – première cause de mortalité des femmes de moins de 45 ans en Belgique, loin devant les accidents de la route – c’est encore plus difficile de quitter son compagnon si on se trouve en situation de dépendance financière.

Les mesures qui bloquent nos salaires, qui réduisent les allocations sociales si l’on est en couple, la chasse aux chômeurs,… tout cela impacte encore plus gravement les femmes.

Selon nous, combattre le sexisme signifie de combattre la position de second rang occupée par la majorité des femmes dans cette société.

Cela implique une lutte contre les bas salaires et les mauvaises conditions de travail, qui empêchent d’obtenir une réelle indépendance économique. Mais aussi une lutte pour une société qui prend en charge collectivement les services et les soins aux personnes (enfants, personnes âgées, malades, …), aujourd’hui essentiellement porté par les femmes.

Pour ce travail domestique, celles qui ont les moyens font appel au secteur privé, aux conditions de travail – des femmes majoritairement – désastreuses ; pour les autres, ce sont des journées sans fin… Il faut nous battre pour arracher plus de moyens pour les services publics, au lieu de réduire les budgets comme le font les gouvernements actuels.

Vous êtes anticapitalistes ?

Oui, clairement. Le sexisme existe parce que le système capitaliste a besoin qu’il existe. Le sexisme est une source d’argent gigantesque (cosmétiques, mode, porno…) tandis que toutes les tâches qui sont prises en charges gratuitement par les femmes représenteraient aussi des moyens gigantesques s’ils étaient pris en charge par la société, comme ce devrait être le cas.

Le capitalisme entretient et nourrit le racisme, le sexisme, la LGBT phobie pour diviser la population en différentes catégories et les monter les unes contre les autres. De cette manière, l’infime élite au sommet de la société peut continuer à exploiter plus facilement la majorité de la population.

Nous défendons une société où les richesses seraient utilisées pour satisfaire les besoins de chacun et chacune dans le respect de la planète, et ce n’est possible que si le pouvoir économique est retiré des grandes entreprises pour être collectivisé. Notre féminisme est donc un féminisme anticapitaliste.

https://fr.socialisme.be/

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Femmes et gilets jaunes : pour une transition sociale, féministe et écologique (F Copernic)

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