Archive | Féminisme

14 août 2018 ~ 0 Commentaire

rosière (le huffington post + le peuple breton)

goya

La sorcière, femme libre, suppôt du démon! On progresse!

La fête de la Rosière, basée sur des critères de virginité, fait scandale dans l’Oise

Le maire de Salency songe même à annuler l’événement prévu pour le 2 juin 2019.

Depuis la publication d’un article du Parisien, le mercredi 8 août, les réactions fusent sur les réseaux sociaux. En cause? La réapparition de la fête de la Rosière en 2019 à Salency, dans l’Oise. L’objectif de cette tradition qui remonterait au début du Moyen-Âge est de célébrer la « réputation vertueuse » de jeunes filles âgées de 15 à 20 ans.

Disparue de ce village depuis 1987, la fête de la Rosière fait son retour à l’initiative de la confrérie de Saint-Médard et de son président Bertrand Tribout. Ce dernier organise l’événement depuis 1971 et souhaite revoir cette célébration historique prendre vie.

Mais, les critères de sélection pour élire la Rosière dérangent. En effet, elle doit adopter une conduite irréprochable, de la vertu, de la piété et de la modestie.

Surtout, il faut que la jeune candidate soit vierge.

« C’est un critère qui me gêne et sur lequel il faut sans doute revenir », confiait le maire du village, Hervé Deplanque au Parisien en août 2017. Il n’est pas le seul à douter de la légitimité de cette fête aujourd’hui. Les internautes ont également voulu exprimer leur mécontentement depuis la semaine dernière. Le maire songe même à annuler l’événement. D’après lui, la majorité des habitants de Salency ne veut pas de cette célébration. Pourtant, plusieurs candidates sont déjà pressenties, comme Camille, la fille de la dernière Rosière de 1987.

« La vertu, c’est aussi le fait de ne pas boire, ne pas fumer, ne pas se droguer, explique la jeune de 18 ans à franceinfo, aujourd’hui, la virginité n’est plus un critère pour devenir Rosière. » Un point sur lequel s’accorde Bertrand Tribout: « on ne parle pas forcément de la pureté en tant que virginité, il n’y a pas de critère de ce point de vue-là ». Des paroles que soutiennent certains sur Twitter.

La confrérie de Saint-Médard cherche à honorer la mémoire de cet évêque de Noyon né en 456 dans le village de Salency, qui avait lancé cette tradition dans l’espoir de récompenser la femme la plus « obéissante » et la plus « sage » du village. La Rosière est choisie au hasard parmi trois jeunes femmes sélectionnées par les habitants. Une fois élue, elle reçoit une couronne de fleurs et défile avec un cortège de 12 garçons et filles. Tout un pan du patrimoine selon Bertrand Tribout.

Marie Boetti 14/08/2018

https://www.huffingtonpost.fr/

Lire aussi:

« Je songe à tout annuler » : dans l’Oise, le retour annoncé d’une fête honorant la « vertu des jeunes femmes » fait scandale (France Info)

Sois ce que l’on veut que tu sois et tais-toi ! (Le Peuple Breton)

Commentaire: Transmis aux soi disant « laïcairds » et vrai racistes, maladivement anti-islam! Alors chez vous aussi on est wahabite? Plus sérieusement: chassez le naturel, il revient au galop! Les monothéismes ne rêvent que de « dompter » les femmes!

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11 août 2018 ~ 0 Commentaire

las rojas (mas)

arg

Les « rouges » du MAS

Qui sont Las Rojas?

Pourquoi s’appellent-elles Las Rojas?

Nous sommes l’organisation des femmes du « MAS » (Movimiento Al Socialismo-Mouvement pour le Socialisme), c’est un parti trotskyste. Nous nous appelons les rouges parce que nous sommes non seulement féministes, mais aussi rouges, socialistes. Nous pensons qu’il n’y aura pas de véritable féminisme ou de libération des femmes sans socialisme, et qu’il n’y aura pas de véritable socialisme sans l’émancipation des femmes.

Vous existez depuis combien de temps?

Nous existons depuis le début des années 2000. Nous avons constaté la nécessité de créer un mouvement de femmes et de lutter pour nos droits. À partir de 2004, le mouvement a commencé à se développer, renforçant la lutte de genre.

Comment ça s’est passé?

La lutte des femmes a commencé à se renforcer en 2001, avec l’envie de se battre dans les rues. Cela a rendu le mouvement des femmes plus dynamique. Il existe des réunions de femmes depuis les années 80, mais depuis 2001,  le parti a grandi et comme il luttait pour le droit à l’avortement et à l’indépendance économique, il était nécessaire que cette spécificité s’organise. C’est aussi une une conception théorique de ce que devrait être le socialisme.

Comment las Rojas ont-elles émergé ici à La Plata?

Nous appartenons à un courant international  «Socialisme ou Barbarie» car, tout comme le capitalisme est international, le socialisme devrait également être international. Nous avons des partenaires au Brésil, Las Rojas du Costa Rica, un groupe en France et au fur et à mesure que le mouvement progresse, il grandit. Nous avons des compañeras dans divers endroits d’Argentine parce que c’est là que le courant est né.

Comment êtes vous reçues par la société?

Très bien. Le combat est en cours de modification. Les années précédentes les femmes étaient certaines que le gouvernement allait nous accorder certains droits tels que le droit à l’avortement. Il ne la pas fait, alors les femmes ont commencé à chercher une autre alternative: la lutte et l’autonomie du mouvement des femmes. Elles ont compris qu’on ne peut compter que sur notre mobilisation.

http://mujeres-enlucha.blogspot.com/

Lire aussi:

Argentine. Trois trotskystes à la pointe du combat pour l’avortement en Argentine (Révolution Permanente)

Nuevo Mas (Wikipedia) Groupe de femmes « Las Rojas »

Movimiento Socialista de los Trabajadores (Wikipedia)

Forment « Izquierda al Frente por el Socialismo« 

Partido de los Trabajadores Socialistas (Wikipédia) Groupe de femmes « Pan y Rosas »

Partido Obrero (Wikipedia)

Izquierda Socialista (Wikipedia)

Forment « Frente de Izquierda y de los Trabajadores »

Commentaire:

Le trotskisme argentin est extrêmement fragmenté: au moins 5 partis avec 2 mouvements féministes! Ces militant(e)s sont souvent issu(e)s du courant de Nahuel Moreno, d’où le surnom de « morénistes ». Leur « flirt » en France avec le courant de Pierre Lambert du POI a autrefois créé des méfiances de la part de la LCR. Tout cela est fini et des partisan(e)s des deux Fronts de Gauche sont dans le NPA, aussi bien ceux du FIT que ceux du IFS.

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09 août 2018 ~ 0 Commentaire

ivg argentine (essf + le monde + jdd + anti-k + npa + rp)

Le sénat argentin a refusé de voter la loi sur l’avortement qu’a voté le parlement

Argentine : Le droit à l’avortement maintenant pour ne pas mourir ! (NPA)

Cette nuit, le sénat argentin a voté contre l’ouverture du droit à l’avortement libre et gratuit pendant les 14 premières semaines, avec 38 voix contre, 31 pour et 2 abstentions.
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En définitive l’influence de l’Eglise catholique et des héritiers de la dictature sur le monde politique a été victorieuse, alors qu’hier la mobilisation des féministes était massive dans les rues de Buenos Aires.
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L’ouverture de ce débat et la proposition de loi pour la première fois en Argentine s’est faite entièrement sous pression d’un mouvement féministe de masse qui a permis non seulement de se battre contre les violences faites aux femmes et pour le droit à l’avortement en Argentine, mais a donné un vrai souffle au mouvement féministe dans le monde entier. Ce sont les fémi-nistes argentines qui ont impulsé ces deux dernières années une grève internationale des femmes.
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Le vote du Sénat argentin montre encore une fois que la vie et le corps des femmes ne leur appartient pas alors qu’on y recense plus de 500 000 avortements illégaux chaque année.
 Mais cette décision ne mettra pas fin à un mouvement qui a mobilisé des centaines de millier de femmes depuis des mois. Il n’y a pas de retour en arrière possible!
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Le combat pour le droit à disposer de son corps, à la contraception et à l’avortement libres et gratuits est un combat international. Le NPA tient à exprimer sa solidarité féministe et internationale à toutes les féministes qui luttent en Argentine : le droit à l’avortement maintenant pour ne pas mourir !
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Montreuil, le 9 août 2018.
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arg
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Argentine : les sénateurs rejettent la légalisation de l’avortement (JDD)

Le projet de loi pour légaliser l’avortement a été rejeté par les sénateurs argentins à 38 votes sur 51 après deux semaines de débats intenses.

38 votes contre, 31 pour et 2 abstentions. Le sénat argentin a rejeté ce jeudi le projet de loi qui visait à légaliser l’interruption volontaire de grossesse pendant les 14 premières semaines de grossesse. C’est la septième fois en près de vingt ans qu’il était présenté devant le Congrès argentin, et jamais son approbation n’avait été aussi proche. En juin, le chambre des députés avait adopté ce projet. C’est une énorme déception pour les organisations féministes et les pro-IVG en général qui s’étaient accaparé l’espace public pendant ces semaines de débat.

Depuis mercredi matin, ils étaient massivement rassemblés aux abords du Congrès, brandis-sant les foulards verts, symbole des revendications d’avortement légal, libre et gratuit. A l’annonce des résultats, une poignée de manifestants isolés ont incendié des palettes contre une des deux rangées de grilles séparant les deux camps et lancé des pierres sur les policiers anti-émeutes.

L’avortement toujours considéré comme un délit

Chez les anti-IVG, le vote a été accueilli par des feux d’artifice et des cris de joie parmi les militants anti-IVG rassemblés à Buenos Aires devant le Parlement, où se déroulaient les débats. En juin, les opposants au projet de loi avait reçu le soutien du pape François, de nationalité argentine.  »Au siècle dernier, tout le monde était scandalisé par ce que faisaient les nazis pour veiller à la pureté de la race. Aujourd’hui nous faisons la même chose en gants blancs », avait déclaré le pontife.

La loi en vigueur reste donc celle de 1921 qui considère l’avortement comme un délit et qui le sanctionne entre un et quatre ans de prison.

Seuls deux exceptions sont autorisées. En cas de danger pour la santé ou la vie de la femme et en cas de viol. D’après les estimations, 500.000 avortements sont pourtant pratiqués chaque année en Argentine.

Il faudra probablement attendre 2020 avant que la question de l’avortement puisse de nouveau être examinée par le parlement.

La loi fixe un délai d’un an après un rejet, mais en août 2019, à deux mois de l’élection prési-dentielle, il est peu probable que les partis politiques souhaitent reprendre le débat en pleine campagne électorale. Le député de la coalition gouvernementale Cambiemos (Changeons) Daniel Lipovetzky, évoque la possibilité de convoquer un référendum. « Quand les députés pensent d’une manière et les sénateurs d’une autre. Cela mérite peut-être un système de démocratie directe. C’est possible qu’on le propose ». En Amérique latine, seuls deux pays, Cuba et Uruguay, autorisent l’IVG.

9 août 2018  Alexis Boisselier

https://www.lejdd.fr/

avortement

Lire aussi:

Argentine : malgré d’intenses mobilisations, le Sénat rejette la légalisation de l’avortement (Essf)

Après plus de seize heures de débats, le Sénat rejette la légalisation de l’avortement (Le Monde)

 Droit à l’avortement en Argentine : « Ce vote est une honte. Les sénateurs n’ont rien compris » (Le Monde)

Des millions de militants dans les rues en attente du vote des sénateurs sur L’IVG (le Monde)

Le combat des jeunes Argentines pour la légalisation de l’avortement (Le Monde)

Quino dénonce le détournement de son personnage Mafalda par les antiavortement (Le Monde)

«Le système patriarcal pèse sur les structures politiques» (Anti-k)

Grèves de femmes, grèves politiques. (Anti-k)

Argentine. L’avortement restera un privilège de classe (Révolution Permanente)

 

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07 août 2018 ~ 0 Commentaire

8 août (pan y rosas)

Le 8 août le projet de loi pour la légalisation de l’IVG sera voté au Sénat argentin.

Le débat a eu lieu entre différentes positions, dans un climat favorable au foulard vert symbolisant la lutte pour le droit à l’avortement, tandis qu’une réaction conservatrice s’est manifestée par le biais du foulard bleu clair.

Pour le mouvement des femmes à l’échelle internationale, cette date est non seulement un jalon dans l’histoire des mobilisations de femmes sur le continent sud-américain, mais elle va également s’illustrer par une grande marée verte qui traverse les frontières, portant la voix de la lutte pour les droits des femmes à l’échelle internationale.

Pendant que les foulards verts se rassembleront par milliers devant le Sénat argentin, notamment à l’appel du collectif féministe et lutte de classe Pan y Rosas, et du Parti des Travailleurs Socialistes (PTS), des mobilisations en solidarité avec la lutte pour le droit à l’avortement qui s’est intensifiée depuis plusieurs mois en Argentine auront lieu dans plus de vingt pays : au Chili, au Brésil, au Costa Rica, au Japon, aux Pays-Bas, en Colombie, en Uruguay, en Australie, au Paraguay, au Pérou, en Belgique, en Bolivie, dans l’Etat espagnol et en Equateur, parmi d’autres.

paris

En France, à l’appel de plusieurs collectifs, un rassemblement aura lieu le mercredi 8 août à 19h face au Sénat, 16 rue de Tournon. Nous appelons nos lecteurs à s’y joindre nombreux.

http://www.revolutionpermanente.fr

Facebook

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03 août 2018 ~ 0 Commentaire

pub (tendance claire)

 tronche

Publicité : quelle critique anticapitaliste?

La publicité est devenue une sorte de symbole du capitalisme, et se retrouve donc critiquée par des mouvements de « gauche » très divers, allant d’associations modérées comme Résis-tance à l’agression publicitaire (RAP) à des groupes comme Casseurs de pubs (groupe fondé en 1999 qui a aussi fondé le journal La Décroissance en 2004). Si les actions anti-pub se limi-tent à des minorités, le « sentiment anti-pub » est largement partagé: un sondage de 2013 donnait par exemple 64 % des personnes en France trouvant la publicité « désagréable ». D’où l’intérêt de développer une critique anticapitaliste de la publicité.

La pub, enfant du capitalisme

Avant le capitalisme, les marchandises prenaient une part très réduite de la vie quotidienne. La division du travail était bien moins poussée (la nourriture et beaucoup d’objets étaient produits dans les foyers, comme les habits, meubles, bougies…), et même dans les villes les corpora-tions limitaient la concurrence, si bien qu’on allait davantage voir « le » forgeron, « le » potier, etc. que « telle marque ».

L’essor du capitalisme a représenté une généralisation de la marchandisation, et a engendré un objectif de maximisation des profits pour chaque capitaliste, qui pousse à passer par la publicité pour plusieurs raisons :

  • Vendre ses produits à la place de ceux des autres, dans un cadre où la concurrence s’est généralisée,
  • Vendre plus d’unité de chaque produit (d’autant plus que l’industrie apporte des écono-mies d’échelles qui font chuter le « coût marginal »), en touchant plus de gens et en stimulant des « besoins ».

Des débuts où la publicité était largement prise en charge par les grands industriels, la logique du capitalisme a, comme partout, donné naissance à un secteur spécialisé de la publicité, au-jourd’hui dominé par 3 grands groupes mondiaux : WPP (UK), Omnicom (USA) et Publicis (FR).

La pub, omniprésente

L’invasion publicitaire est étroitement liée à l’essor de la consommation, donc à la croissance. Elle commence donc à décoller dès le 19e siècle (où elle s’adresse d’abord à la bourgeoisie), et connaît un boom au moment où naissent les « sociétés de consommation » : années 1920 aux Etats-Unis, années 1960 en Europe… C’est donc logiquement dans l’après-guerre que vont se développer les mouvements anti-pub, spécialisés (comme le Billboard liberation front aux Etats-Unis) ou plus propagandistes (comme la critique situationniste de la « Société du spectacle »).

Aujourd’hui la publicité est réellement omniprésente : panneaux dans les rues, panneaux plus grands le long des routes (puisque l’on passe plus vite en voiture, il faut des panneaux plus grands, le tout-voiture accentue donc la nuisance), dans les journaux et les revues, à la télévision, sur les sites internet et les applications mobile… Comme autre phénomène assimi-lable à de la publicité, on peut citer les boutiques qui laissent leurs enseignes ou lumières intérieures allumées toute la nuit… Toutes ces dépenses, par ailleurs, nous les payons puis-qu’elles se répercutent dans les prix d’achat. Puisque les dépenses totales des annonceurs s’élèvent à 30 milliards par an en France, on peut estimer que chacun·e de nous paie 450 € / an pour ce « service » non demandé, certains parlent de « principe pollué-payeur ».

La publicité, c’est aussi le placement de produit 

Dans les films, les jeux vidéos1, les clips de musique et même les chansons, ou encore les romans : dès les années 1970 Gérard de Villiers négociait avec le groupe Havas le nombre de citations de la vodka Eristoff dans son prochain SAS2… L’utilisation des « influenceur·se·s » se développe aussi de plus en plus : Fanta qui organise un concours entre youtubeur·ses pour réaliser la meilleure pub pour elle, une marque de cosmétique va offrir des échantillons de produit à tel·le instagrameur·se pour qu’il en parle dans ses vidéos… Et ce serait jusqu’à 11 fois plus rentable qu’une publicité classique3.

La pub, un modèle économique rodé

On entend parfois des gens dire : « C’est pas efficace, ça marche pas sur moi ». Soyons clairs : si c’était le cas, les capitalistes ne réinvestiraient pas des milliards de leurs chiffres d’affaire dans la publicité (pour Coca-Cola c’est autour de 40 %). Si le secteur de la publicité en lui-même ne pèse que 5 % du PIB (et 2 % des emplois), il est une pièce majeure pour l’ensemble du capitalisme : certains estiment qu’un euro investi en publicité engendrerait 7 euros de PIB.4

Des experts se spécialisent dans l’analyse de l’efficacité publicitaire, mènent des études pour comparer les différents média (papier, télévision…). La publicité sur internet s’est beaucoup développée, et sa part a dépassé celle des autres médias depuis 2017. Une des possibilités qui intéresse particulièrement les annonceurs, c’est l’accumulation des données (« big data ») sur les utilisateur·trices, pour cibler la clientèle potentielle. L’idée est simple : à celui qui « like » un article sur les voitures électriques, on va envoyer une pub pour Tesla, à celle regarde des vidéos sur les jeux vidéos sur Youtube, on va envoyer des pub de jeux vidéo, etc. Il paraît ainsi inutile de diffuser des pubs pour couches au « segment » des jeunes sans enfant, de proposer une grosse Mercedes à un·e prolétaire sans le sou, etc.

Cependant d’autres « experts » nuancent cette idée 

Le fait d’avoir vu pendant des années des pubs pour les couches fait qu’on est influencé si un jour on veut en acheter. Par ailleurs, les publicités pour des produits de luxe diffusées pour le « grand public » ont aussi un effet : celui d’entretenir l’image sociale. C’est parce que « tout le monde sait quel bien est prestigieux » que la minorité qui peut se l’offrir va avoir un « intérêt » à le posséder, et donc à l’acheter.5 Certaines études indiquent même qu’un euro investit dans un spot publicitaire à la télé rapporte plus qu’un euro investi dans la pub en ligne. Il semble en tout cas que les plus grandes marques, à vocation « hégémonique », ont tout intérêt à être présentes sur tout type de média, même si certaines entreprises peuvent se contenter de mar-chés « ciblés ». On passe peut-être d’un modèle économique à plusieurs, mais la publicité n’est pour l’instant pas menacée…

Ces dernières années, de plus en plus de « services » gratuits ont été mis à notre disposition, sur la base du financement via la publicité (en particulier les différentes plateformes de réseaux sociaux). L’essor de la collecte des données sur les utilisateurs a rendu célèbre la formule « Si c’est gratuit, c’est que vous êtes le produit ». Elle n’est pas exacte (les produits restent des marchandises que nous achèterons indirectement, les transactions de données n’étant qu’un secteur « improductif » intermédiaire), mais a le mérite de rappeler que l’entreprise qui «offre» le service gratuit s’y retrouve largement (elle pourra capter une part de la plus-value en échange de nos données).

Par certains côtés, ces nouveaux phénomènes ne font que prolonger une logique ancienne « d’entraide » entre capitalistes petits et gros. Dès les années 1960, JC Decaux inventait un modèle qui a connu un succès mondial, celui de l’abribus publicitaire (JC Decaux propose aux mairies du mobilier urbain à moindre coût grâce aux recettes de la pub)6. Cela fait aussi très longtemps que, par exemple, Coca ou Pepsi font des accords d’exclusivité avec des bars, en échange de verres Pepsi ou de mobilier Coca, ou en faisant figurer Coca sur l’enseigne du bar, etc.

La pub institutionnelle

Des campagnes « publicitaires » sont aussi massivement utilisées par des politiciens ou des institutions : la « pub » que va faire tel ou tel conseil général sur un bus ou une infrastructure qu’il a financée, l’apparition d’Obama dans le jeu vidéo Burnout Paradise pour sa campagne de 2008, le jeu vidéo America’s Army créé par l’armée états-unienne pour recruter… Bien sûr il s’agit de propagande et de ressorts différents de ceux de la sphère marchande. Mais la logi-que marchande façonne la façon de communiquer contemporaine : ces « pubs » sont des façons de « rentabiliser » les investissements de tel ou tel parti de gouvernement (avec une tendance à se réduire à des « marques » dépolitisées) dans le cadre de la « concurrence politique ». Elles utilisent les mêmes techniques et passent par les mêmes canaux (à l’image de Clear Channel qui s’occupe à la fois de coller des affiches publicitaires ou électorales).

La pub comme problème écologique

Une des principales critiques faites à la publicité est celle de son impact écologique, par son but d’incitation à la consommation comme par son coût direct. Il est malheureusement très diffi-cile de trouver un bilan global de l’empreinte écologique de la pub, si jamais il existe. Quelques indications permettent cependant de cerner le problème. On estime qu’un quart du papier consommé en France (chiffre en augmentation)7 est dû aux prospectus dans nos boîtes aux lettres. A cela il faudrait ajouter toutes les pages de pub dans les journaux, magasines, etc. pour avoir un bilan de tout le papier gâché.

Mais cela fait un certain temps que la publicité s’est mise à consommer de l’électricité de manière permanente, avec les panneaux électriques de tous types, et maintenant les écrans animés (plus redoutablement efficaces pour happer notre attention au détour d’un couloir de métro…). En région parisienne, les panneaux éclairés équivaudraient à la consommation élec-trique de plus de 100 000 personnes. Et bien évidemment il faudrait évaluer la part de la consommation due à la pub dans toute l’énergie utilisée pour faire tourner les serveurs d’internet.

Depuis le 1er juillet 2018, les enseignes et vitrines commerciales sont censées être éteintes entre 1h et 6h du matin (entrée en vigueur d’une loi de 20128). Cela devrait permettre d’éco-nomiser l’équivalent de la consommation annuelle d’électricité de 370 000 ménages. Mais l’expérience montre que ce genre de mesure nécessite des contrôles pour être un minimum appliquée, et ce n’est pas prévu…

La pub comme moyen de pression

La publicité est une recette majeure pour de nombreux médias, et devient donc pour les entre-prises un moyen de pression sur ces médias. Pendant l’affaire « dieselgate », une agence de publicité qui travaille pour Volkswagen a invité des journaux français à n’écrire « aucun article relatif à la crise VW » durant quelques jours, faute de quoi elle supprimerait 1,5 million d’euros d’ordres publicitaires9. EDF paie des encarts publicitaires dans la presse depuis des années, même à l’époque où elle avait le monopole de la fourniture d’électricité. L’intérêt est de mainte-nir une épée de Damoclès en menaçant de retirer cette manne… C’est arrivé par exemple à la Tribune après un article critique sur l’EPR…10

Bien sûr pour les grands médias on ne peut pas parler de domination, mais seulement d’échanges de bons procédés entre capitalistes. Ce qui pouvait être exprimé avec cynisme par Patrick Le Lay, ex-PDG de TF1, expliquant que son métier était de vendre « du temps de cerveau disponible »11.

La pub comme reflet du sexisme et du racisme

Le sexisme dans la publicité est si répandu que le terme de « publisexisme » a été forgé. On n’assumerait certes plus les pubs des années 1960 autour de l’électroménager centrées sur « la ménagère », mais très régulièrement des exemples viennent rappeler l’ancrage des rôles de genre. On avait la célèbre pub Audi de 1993 « il a la voiture, il aura la femme », on a (2015) « Tu veux pécho, passe ton permis moto ! ». Ou encore une pub de 2017 où une femme boit de la Volvic et se transforme en « Reine du shopping »… Autre fait marquant depuis la «libéra-tion sexuelle» des années 1970 : on nous sert des femmes à moitié nues pour vendre à peu près n’importe quoi.

Le terme de « publiracisme » n’existe pas, mais la réalité, si.

Là encore, on ne diffuserait plus une publicité « Ya bon Banania », mais H&M n’hésite pas à représenter un petit garçon noir avec un sweat « Coolest monkey in the jungle » (2018), et Dove récidive régulièrement en mettant en scène des femmes noires qui… deviennent blan-ches une fois savonnées, une crème affichant sans fard « pour peau normale à noire »…12 On peut bien évidemment parler de l’homophobie de la même façon. En 2017 une pub (Fireworld) faisait très fort avec le pitch : « Savoir si mon fils est gay : « il passe des heures à se coiffer ? il s’intéresse plus à la culture qu’au foot ? Encore mieux, notre logiciel espion pour savoir ce qu’il fait sur internet… ».13

La pub comme aliénation consumériste

Enfin une des grandes critiques qui revient contre la publicité, c’est la source d’aliénation qu’elle représente : le fait qu’elle contribue à nous faire faire des pseudo-choix qui ne nous appartiennent pas vraiment. Plusieurs ressorts psychologiques (fortement liés à l’état général de notre société) nous rendent perméables : vouloir acheter des biens ostensibles pour montrer un certain statut social, vouloir plus de biens parce qu’on n’est pas bien, qu’on pense compenser par là un manque de relations humaines, etc. Les géants de l’agroalimentaire savent aussi s’appuyer sur notre appétence en partie instinctive pour le gras, le sucré et le salé.

Une grande part du niveau de consommation actuel dans les pays dominants pourrait donc diminuer si l’on rompait avec le capitalisme.

Il est important cependant d’être prudents avant de prétendre juger ce qui est « faux besoin » et « vrai besoin », car c’est un domaine extrêmement subjectif, et sujet à toutes sortes de biais : biais patriarcal (suspecter comme superficielle avant tout la consommation des femmes), biais raciste et mépris de classe (focalisation sur les « m’as-tu-vu » de rue et valorisation des « m’as-tu-vu » snobs…).

La pub, réformable ?

Il y a bien sûr des régulations de la publicité, qui montrent qu’une certaine marge de manœu-vre existe : dimensions limitées, protection des paysages, interdictions/limitations pour certains produits (tabac, alcool…), protection des enfants (à Paris les panneaux publicitaires sont inter-dits à moins de 50 m des écoles, en Suède les publicités visant les moins de 12 ans sont inter-dites et toute publicité est interdite pendant les plages horaires réservées aux enfants…).

Il existe même de rares cas d’interdiction pure et simple des panneaux publicitaires 

Les Etats américains du Vermont et du Maine dès les années 1970, São Paulo depuis 2007, Grenoble en 2014… Mais cela engendre un manque à gagner important que seules des villes assez riches peuvent se permettre (Sao Paulo a réintroduit la pub en 2013…). Dans un contex-te de restrictions budgétaires, où les richesses sont accaparées par les capitalistes, les volon-tés anti-pub passent le plus souvent au second plan face aux propositions de financements des publicitaires. Même si la publicité ne représente qu’une faible part des recettes de la RATP (3%), une augmentation du prix des billets ou des impôts pour compenser sa suppression serait sans doute impopulaire. Encore plus impopulaire serait la suppression de la publicité à la télévision, qui nécessiterait des chaînes payantes ou des impôts plus élevés.

Il n’y a que quelques grandes chaînes publiques (comme la BBC, qui bénéficie d’une redevance plus élevée) qui se passent totalement de publicités.

Sarkozy avait passé une réforme qui supprimait la pub de 20h à 6h sur France Télévisions, officiellement pour fournir des chaînes publiques de qualité, officieusement pour faire un cadeau aux chaînes privées (qui récupèrent ainsi des recettes publicitaires) et à son ami Bouygues en particulier. Aujourd’hui avec le même double jeu, le patron de M6 réclame la suppression totale de la pub sur France Télévisions.

On voit donc que les avancées possibles dans le cadre de ce système sont maigres et repor-tent presque toujours le problème ailleurs. Pour sortir de ce dilemme « gratuité/publicité ou augmentation des prix » il faut des moyens, qui sont largement disponibles sur le papier, mais que les capitalistes gardent jalousement. La publicité est née avec le capitalisme et ne disparaîtra qu’avec lui.

La pub et nos revendications

Il faut donc une approche plus « radicale ». Cela ne veut pas dire basculer dans l’illusion d’une action directe comme solution, qui fétichise la pub et voit donc la subversion dans la casse ou le détournement. Non pas que ce soit toujours inutile (des tags sur une publicité sexiste n’ont probablement pas moins d’impact qu’un tract), mais il faut que ce soit adossé à un mouvement et à une perspective révolutionnaire.

Seul une reprise en main de l’économie par la classe travailleuse peut balayer ce système de la concurrence pour le profit, et donc supprimer la base de la publicité. En expropriant les grandes entreprises et en les faisant tourner en fonction des besoins, la distribution des biens pourra être planifiée, le revenu des travailleur·se·s garanti à vie, indépendamment du niveau des « ventes » (la sphère marchande pourra d’ailleurs laisser rapidement place à des services publics gratuits en nombre croissant).

Les travailleur·se·s du secteur de la publicité devront bien évidemment conserver leur revenu et se voir proposer de nouveaux métiers utilisant leurs compétences techniques et « artisti-ques ». Hors de la logique de marketing, des formes de « publicité » (à valeur informative) et de campagnes de sensibilisation perdureraient : des informations sur des concerts, exposi-tions… des campagnes antisexistes, antiracistes, écologistes, de prévention santé… De moyens d’aliénation, les médias actuellement utilisés par la pub pourraient devenir (comme les médias en général) des moyens de diffusions d’idées soutenues par des choix collectifs et libres.

Julien Varlin 01 août 2018

https://tendanceclaire.org/

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03 août 2018 ~ 0 Commentaire

irlande ivg (inprecor)

SAVITA

La mort de Savita, laissée mourir a marqué l’opinion

Raz-de-marée victorieux pour le droit à l’avortement

L’abrogation de l’interdiction est passée avec une écrasante majorité des deux tiers, soit 66,4 % de Oui. Le peuple irlandais a déclaré par son vote que les moralisateurs hypocrites de la campagne « prolife » ne sont plus libres de juger et culpabiliser les femmes qui veulent décider de ce qui est le meilleur pour leur vie.

« Une victoire stupéfiante », c’est ainsi que j’ai décrit les résultats du référen-dum sur la suppression de l’interdiction constitutionnelle de l’avortement, dans un article de l’Irish Times du lundi 28 mai.

Ce ne fut pas une campagne douce et légère. Elle fut vicieuse malgré la minimisation par la campagne du Oui du comportement de beaucoup de ceux du camp du Non. Les sondages à la sortie des bureaux ont montré que 42 % des votants ont été influencés par les histoires personnelles des femmes. En lisant cela, j’ai été heureuse d’avoir raconté mon histoire d’avor-tement alors que j’étais une jeune femme . J’ai décidé de raconter mon histoire parce que j’étais fatiguée de l’intimidation et de la culpabilisation des femmes qui avaient avorté. De nombreuses personnes, particulièrement des jeunes femmes lors de la campagne, m’ont remerciée. Cela avait beaucoup d’importance pour elles d’entendre une femme d’une autre génération en parler.

L’ampleur du vote Oui

Ce à quoi nous assistons, c’est un changement radical. Une majorité, dans toutes les régions du pays, a voté pour l’abrogation sauf dans une circonscription électorale où la défaite a été très courte et il faut noter que cette circonscription connaît la migration des jeunes la plus élevée du pays. Dublin a voté à 75,46 % pour le Oui, et d’autres centres urbains étaient à plus de 72 %. Plusieurs quartiers populaires dublinois ont enregistré un massif 80 % en faveur de l’abrogation. La division urbain-rural s’est effondrée avec un 63 % pour le Oui.

Les résultats à travers le pays ont marqué un glissement décisif et les sondages à la sortie des bureaux par le RTE Behaviour and Attitudes ont montré un autre glissement spectaculaire : 84 % de ceux et celles qui avaient voté Oui ont dit qu’ils/elles l’avaient fait sur la base du droit d’une femme à choisir. Ce formidable glissement était confirmé chaque jour par les militant-e-s faisant du porte-à-porte : la raison qu’on leur donnait le plus souvent de voter Oui était de donner le choix à une femme face à un problème de grossesse.

Il y eut le spectacle émouvant dans les aéroports de jeunes irlandais rentrés pour voter, faisant le voyage depuis la Grande-Bretagne, l’Europe, l’Australie, le Japon et le Brésil juste pour voter. Ceci a démontré la passion en faveur de l’abrogation et que les gens étaient contre la persécution des femmes menacées de 14 années de prison pour avoir pris la pilule du lendemain, illégale, ou pour être allées en Grande-Bretagne pour un avortement.

Le contexte de la stupéfiante victoire

La mort de Savita Halappanavar, il y a presque six ans, à la suite du refus de l’autoriser à avor-ter après de multiples requêtes faites par elle et son mari, a donné lieu à des mobilisations de colère et au début d’un mouvement pour l’abrogation du 8e amendement de la Constitution. Sa mort tragique s’est produite dans un contexte où plusieurs autres femmes se sont vu refuser un avortement et ont été traînées devant les tribunaux au cours des deux dernières décennies.

Ces affaires ont déclenché une étincelle, et un dynamique mouvement de jeunes femmes a appelé à une manifestation, Strike4Repeall (grève pour l’abrogation totale), lors de la Journée internationale des femmes 2017, ainsi qu’à d’autres dates. Ça a été un grand mouvement, nombreux, militant et composé de jeunes femmes, dont beaucoup d’âge scolaire. Des marches ont eu lieu partout dans le pays, apportant une énergie nouvelle.

Un facteur important lors de ces mobilisations a été la désaffection des jeunes à l’égard de l’Église catholique et d’un État qui les avaient déçus.

Les mobilisations MeToo en solidarité avec une femme victime d’un viol alors que trois célèbres joueurs de rugby ont été acquittés, la colère globale concernant la violence faite aux femmes, ont contribué à dynamiser le mouvement pour l’abrogation. Il y a eu un certain nombre de manifestations impressionnantes mais, à ce jour, il n’y a toujours pas de mouvement organisé de femmes.

La victoire massive du référendum sur le mariage pour tous en 2015 a donné aux femmes et aux groupes pro-choix, tels que la Abortion Rights Campaign (Campagne pour le droit à l’avortement), la détermination pour avancer en faveur de l’abrogation. Il y a beaucoup de raisons qui expliquent le résultat raz-de-marée, ne serait-ce que la litanie des tortures et des abus subis par les femmes et les orphelins de la part des ordres religieux, des écoles profes-sionnelles, des foyers mère-enfant ainsi que des abus sexuels par les les prêtres pédophiles, qui étaient déplacés et pouvaient continuer de violer d’autres enfants vulnérables, et l’Église refusant de payer des compensations à leurs victimes.

Un avenir pour l’Église catholique ?

Il y a eu un déclin massif de l’assistance à la messe et, à mesure que le dégoût des croyants face à la litanie des abus grandissait, ceux-ci ont abandonné l’Église. Déstabilisée par le résul-tat du référendum, elle est confrontée à un scénario quelque peu apocalyptique. En 1983, lors du référendum qui avait inséré l’amendement dans la Constitution, la fréquentation des églises était d’environ 80 %. Le changement radical est mis en lumière par les résultats du sondage à la sortie des bureaux de vote par la radio-télévision d’État RTE. Ce sondage a montré qu’à peine 12 % disaient que leurs opinions religieuses avaient une influence sur la manière dont ils votaient.

La raison pour laquelle cela s’est produit tient à la longue série d’abus d’enfants et de femmes confiés à ses soins, qui ont duré des décennies. De 1994 à aujourd’hui, une série de scanda-les d’abus d’enfants a montré le traitement cruel et inhumain par des ordres religieux contre des enfants et des femmes. Les révélations continues de brutalités dans les écoles profession-nelles, les foyers pour mère-enfant gérés par l’église et, en 2014, les révélations que 796 bébés et jeunes enfants morts de maladie et de malnutrition, alors qu’ils étaient confiés aux soins d’ordres religieux, avaient été enterrés dans une fosse septique. 1 000 enfants avaient été envoyés pour des adoptions illégales aux États-Unis sans le consentement de leurs mères. D’autres avaient été utilisés pour expérimenter des médicaments et l’argent obtenu par ce trafic avait été siphonné pour financer des collèges privés sélectifs. Cette histoire brutale et les enseignements dogmatiques sur la sexualité des femmes et la reproduction, ont été fermement rejetés par l’électorat.

Leurs commentaires sur l’après-référendum sont une indication du degré d’éloignement de l’Église de la population.

Juste deux jours après le référendum, un évêque, discutant des implications du référendum, pressait les « pêcheurs » ayant voté Oui de se rendre au confessionnal pour se repentir. Cela a provoqué un tollé. Une déclaration de l’archevêque d’Irlande demandait si les écoles catholi-ques « se consacraient à l’investissement que nous mettons dans le développement de la foi ». Il est allé jusqu’à dire que beaucoup verraient le résultat du référendum comme la preuve que l’Église était considérée avec « indifférence » et n’avait plus qu’un rôle marginal à jouer dans la société.

Tout ceci pousse à la crise et à ce que l’Église soit face à un dilemme complet quant à la façon dont elle va consolider sa base. 90 % des jeunes ont rejeté les diktats de l’église sur l’avorte-ment et ont voté Oui. Le rapport entre l’Église et l’État s’est tendu. L’Église catholique a été la base solide du conservatisme par son contrôle des écoles et des grands hôpitaux, y compris les maternités. Elle les contrôle toujours, ce qui est un problème auquel la campagne doit s’attaquer prioritairement.

La campagne du Non

Une minorité très extrême dans le camp du Non est désormais bien organisée mais rejetée par une partie importante de la population. La campagne du Non est composée d’un certain nombre d’organisations bien financées. De nombreux groupes de cinglés se sont ralliés à elle, ils ont mené leurs propres opérations parallèles, ce qui a nui à la campagne du Non, mais la direction principale est venue de l’Institut Iona, un groupe catholique très conservateur, reven-diquant le statut d’organisme de bienfaisance.

Les militant·e·s de la campagne pour le droit à l’avortement ont accusé la RTE d’avoir des rapports très chaleureux avec le camp du Non, car ceux-ci sont apparus dans tous les princi-paux programmes de radio et de télévision et ont été traités avec des gants.

Il a été affirmé dans les médias que l’église catholique n’était pas impliquée dans la campagne, ce qui était manifestement faux.

Dans les premiers temps, des militants du Non étaient invités à parler devant les fidèles au cours de la messe et, alors que cette pratique devait s’arrêter le jour précédant le vote, les prêtres ont continué de plaider en faveur du Non. Je suis allée voir comment ça se passait dans mon église locale et, au cours de la messe, le prêtre a lu la déclaration de l’archevêque appelant à voter Non devant l’assemblée de personnes âgées, on était le dimanche, veille du jour de vote. Personne ne sortit, mais la majorité des personnes âgées, à la sortie de l’église, refusèrent la littérature en faveur du Non proposée par un vieux monsieur. Lors d’une céré-monie de Première communion dans une ville rurale, des parents sont sortis quand le prêtre a commencé à parler du référendum. Les affiches sordides et le matériel financé par les groupes religieux d’extrême droite américains et britanniques ont contraint les gens qui menaient la campagne du Non à se distancier d’eux.

La campagne Ensemble pour le Oui

Together for Yes (Ensemble pour le Oui) fut le principal groupe menant campagne pour un vote Oui. C’était un amalgame de plusieurs organisations et partis politiques, dont les principaux partis gouvernementaux. Les militants clés du QG étaient des stratèges professionnels dont certains avaient travaillé dans des ONG ou pour le Parti travailliste discrédité. Leur message visait la douceur, centré sur le thème Care, Compassion, Trust (soin, compassion, confiance). Sa publicité était édulcorée et obscure avec des affiches disant « Parfois une affaire privée a besoin d’un soutien public, Votez Oui ».

Cette approche a laissé de nombreux activistes sur le terrain mal à l’aise avec la campagne. Elle était centrée sur les sujets difficiles d’anomalie fœtale, de viol et d’inceste. Les militan-te·e·s, qui menaient le dur combat, pensaient que ce n’était pas suffisamment agressif, car cela ne répondait pas aux questions qui leur étaient posées lors du porte-à-porte. La réticence à mentionner le mot avortement était évidente et c’est seulement dans les derniers jours de la campagne que la question du choix pour les femmes fut posée. Les affiches et la littérature des deux principales organisations de gauche: Solidarity (Socialist Party), People Before Profit (SWP) (2 partis amis du NPA Blog) et de Rosa (groupe de femmes socialistes) ont mis en avant le droit de choisir.

Les implications du vote pour le Nord

Le résultat raz-de-marée va centrer l’attention sur l’Irlande du Nord où l’avortement est toujours illégal. Le Parti unioniste démocrate, réactionnaire, est opposé à l’avortement. Le DUP, qui soutient Teresa May à Westminster, pourrait menacer d’abandonner les Tories s’il y a pression pour l’extension du droit britannique à l’avortement en Irlande du Nord. Cependant, le DUP n’a pas prêché le feu et le soufre l’an dernier, comme c’est leur façon de faire sur les questions morales, quand il a été accordé aux femmes dans le Nord des avortements pris en charge par la sécurité sociale en Grande-Bretagne. Cependant, cela aurait peut-être été une autre affaire s’il s’était agi d’avoir des cliniques d’avortement opérant en Irlande.

La dirigeante du Sinn Fein, Mary Lou McDonald, a joué un rôle prédominant dans la campagne dans le Sud. Elle a promis de poser la question de l’avortement dans le Nord. Ce ne sera pas facile. Elle pourrait se joindre à des forces luttant déjà sur cette question et construire une vigoureuse campagne pour l’avortement, mais cela est quelque peu improbable étant donné la position peu ferme que le Sinn Fein a sur l’avortement et le dilemme que poserait l’effondre-ment de l’Assemblée du Nord à ce parti. (Où il gouverne avec le DUP Blog)

Le fait qu’il ne s’empare pas de cette campagne dans le Nord a posé de sérieux problèmes au Sinn Fein, car toute sa légitimité repose sur le succès du processus de paix et sur les arrange-ments de partage du pouvoir dans le cadre de l’Accord du vendredi saint. Les unionistes bigots d’extrême droite n’ont pas accepté même des lois limitées concernant la langue irlandaise. Il est donc peu probable, étant donné leurs pieuses politiques obscurantistes anti-femmes, qu’ils n’élèvent pas une opposition concertée au fait d’avoir des cliniques d’avortement opérant dans le Nord. Idéologiquement, ils sont semblables à la campagne bigote du Non dans le Sud.

En tout cas, le vote raz-de-marée dans le Sud aura un impact majeur. Ce vote spectaculaire est particulièrement bienvenu étant donné le contexte international, où le populisme d’extrême droite est montant en Europe et où l’administration Trump impose des freins sur les droits à l’avortement aux États-Unis.

Et la suite

Le résultat a ouvert un espace où les femmes du Sud peuvent continuer leurs revendications pour des centres de soins de santé et d’avortement de qualité. Pour le moment, le niveau des services de santé et sociaux dépend de ce qui reste après le paiement de la dette bancaire. Les jeunes n’accepteront pas l’argument qu’il n’y a plus d’argent pour financer les services de santé et des soins de qualité pour les femmes subissant des interruptions de grossesse.

La récente remise à un ordre de religieuses d’un nouvel hôpital national de maternité est une énorme contradiction. Le gouvernement n’a pris aucune mesure pour en prendre le contrôle de la propriété. Le vote de l’abrogation visait à sortir l’Église de la vie reproductrice des femmes, mais nous avons là une preuve évidente du contrôle de l’État par l’Église.

Les jeunes militantes de la campagne pourraient être rapidement secouées par la confrontation avec la réalité de l’Église.

L’intégration de l’État et la réalité de la Troïka ont imposé l’austérité. Une majorité des militant·e·s de la campagne ont moins de 30 ans. Elles et ils ont fait du porte-à-porte pour parler aux gens de tout âge à propos de l’abrogation et de la législation sur l’avortement, elles ont montré un grand courage, et les agressions subies de la part du camp du Non ont été un choc et un éveil. Le matériel et les affiches misogynes du camp du Non leur ont donné une vision de ce qu’est la droite catholique dure. Elles ont répondu en se mobilisant, en rendant la campagne visible dans les rues aux feux rouges, dans les endroits fréquentés. La réponse des automobilistes qui passaient était incroyable: un concert continu de klaxons et de poings levés.

Il était clair au cours de la dernière semaine de la campagne que nous assistions à une recrudescence du rejet de la vieille et cruelle hypocrisie pieuse qui a hanté l’Irlande depuis la fondation de l’État. L’organisme national supervisant Together for Yes à l’échelle nationale a été plutôt timide dans son approche de l’agressivité et des mensonges de la campagne du Non. Il y a eu de nombreux axes d’attaque que le camp du Oui n’a jamais repris, par exemple un porte-parole du camp du Non a défendu la guerre totale contre l’Iran et l’Irak, ce qui fut alors couvert par les médias, mais il ne fut jamais interpellé sur ses références « pro life ». Un autre dirigeant défenseur du camp du Non était le porte-parole d’un des évêques et, alors qu’il travaillait à ce poste, l’évêque couvrait des abus sexuels sur les enfants.

Dans la semaine qui a précédé le vote, l’ancien secrétaire général du congrès des syndicats irlandais (ICTU), depuis peu à la retraite, David Beggs, a appelé à voter Non, disant que ce sont des soutiens sociaux qui devraient être mis en place pour les femmes et les enfants. Des rumeurs le disent membre de la société secrète catholique Opus Dei. Étant donné que l’ICTU a négocié des coupes budgétaires sans précédent dans la santé, l’éducation et les autres budgets sociaux et a imposé le soutien du mouvement syndical aux mesures draconiennes d’austérité pour renflouer le système bancaire, son appel a eu peu, sinon pas du tout d’effet sur le résultat du référendum.

La direction actuelle de l’ICTU a dénoncé l’attaque de Beggs contre l’abrogation, mais pas son hypocrisie sur la question d’aides sociales pour les femmes et les enfants, parce qu’ils sont tous d’accord que les syndicats limitent leurs ambitions dans  la sauvage offensive d’austérité dictée par les institutions de l’Union européenne. Leur soutien aux droits des femmes est limité par leur soutien à l’offensive capitaliste.

Au fur et à mesure du développement de la campagne, l’énergie et l’enthousiasme étaient palpables. Des jeunes gens, qui n’avaient peut-être jamais parlé à des inconnus auparavant, débattaient de la difficile question de l’avortement avec des gens de tout âge. Leur énergie ne connaissait aucune limite, circulant souvent par groupes de 50 ou plus, marquant la visibilité de la campagne, et ils tenaient des stands d’information improvisés.

Il y a eu beaucoup d’initiatives telles que Walk in Her Shoes March (marche dans les chaussu-res d’une femme) depuis le centre-ville jusqu’à l’aéroport avec de nombreuses femmes portant des valises pour représenter le trajet qu’au moins neuf femmes par jour font pour aller avorter en Grande-Bretagne. Ce fut une manifestation émouvante. Elle était organisée par le groupe socialiste féministe Rosa. Ces activités étaient un pas en avant par rapport au travail dans les circonscriptions. Le caractère de la campagne est passé du simple vote à des revendications plus affirmées du droit des femmes à choisir.

Il y a une forte volonté de continuer à se rencontrer et s’organiser.

Il faut maintenant organiser une conférence pour débattre de la législation proposée et des idées de la campagne pour mettre en œuvre le Oui et avancer plus loin. La campagne a beau-coup de travail à faire et doit se poursuivre, mais elle ne sera pas couronnée de succès si la nouvelle génération de jeunes militante·e·s reste à l’écart, comme des pom-pom girls encoura-geant des activistes aguerris.

Un service de qualité gratuit composé de médecin·e·s, infirmier·e·s et conseiller·e·s avec une formation spécifique dans le domaine est nécessaire. À l’heure actuelle, 17 % de la population en Irlande sont des migrants, dont une partie n’a pas le droit de voyager, tels les demandeurs d’asile, ce qui rend impérative la mise en œuvre rapide de la législation sur l’avortement. Les femmes ne pourront pas avoir le contrôle de leur vie si elles ne peuvent pas contrôler leur reproduction.

Nous ne pouvons pas nous fier aux gouvernements capitalistes pour faire des changements pour nous.

Nous devons compter sur nos propres forces pour combattre ensemble dans un mouvement de masse de femmes, incluant les femmes travailleuses et immigrées et recherchant des réponses socialistes révolutionnaires aux questions auxquelles nous sommes confrontées en tant que femmes.

Anne Conway est une féministe socialiste et anti-impérialiste, engagée depuis longtemps dans les campagnes pour les droits reproductifs en Irlande.

Dublin 29 mai 2018

http://www.inprecor.fr/

Lire aussi:

Irlande

Repeal the eighth! Defend the Right to Choose! Separate Church and State! (Socialist Democracy)

Catholic Church knocked down by repeal vote but the Irish state dodges the bullet (Socialist Democracy)

Commentaire:

L’Irlande avant l’indépendance était gérée par l’église catholique et les britanniques. En partant ceux-ci ont laissé leurs lois, conservées par le nouvel état qui lui aussi a favorisé l’église. A la notion de « service public » il faut rajouter « géré par des religieux ».

Le gouvernement chargé d’appliquer ce vote est loin d’être fiable. Il faut rester vigilant(e)s sur ce qu’il va (ou pas) mettre en place.

Le Sinn Fein (proche de la FI et du PCF au parlement européen) a longtemps été ambigu, ne tranchant pas entre ses militantes et son électorat, supposé catholique conservateur.

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02 août 2018 ~ 0 Commentaire

japon (france info + huff’)

fem

Japon : une école de médecine soupçonnée d’avoir baissé les notes des femmes au concours

Selon le journal « Yomiuri », qui publie une enquête jeudi, l’étalissement aurait commencé à falsifier les notes dès 2011… pour que les candidates admises ne dépassent pas 30% de l’effectif.

Scandale dans l’enseignement au Japon.

Une école de médecine de Tokyo est accusée par le journal Yomiuri, jeudi 2 août, d’avoir  baissé les notes des femmes se présentant au concours d’admission pour limiter leur nombre parmi les élèves. Et ce, pendant plusieurs années.

Selon le journal, qui cite des sources anonymes, l’université a commencé à baisser les notes des tests d’entrée des candidates en 2011, après avoir constaté une hausse du nombre de femmes reçues à l’examen en 2010.

Cette année-là, elles représentaient environ 40% des candidats acceptés, soit le double de l’année précédente. Depuis, l’école s’est efforcée de maintenir le pourcentage d’étudiantes admises autour de 30%.  »A la suite de cet article de presse, nous avons demandé à un cabinet d’avocats d’ouvrir une enquête interne », a déclaré à l’AFP le porte-parole de l’établissement. Les résultats devraient être connus dans le mois.

« Les femmes renoncent souvent à être médecin »

Pour justifier la falsification des notes, une source confie au journal que « les femmes renoncent souvent à être médecin une fois qu’elles sont mariées et ont des enfants ». « Il y a un consensus au sein de l’université selon lequel les médecins hommes sont d’un plus grand soutien pour l’hôpital universitaire », qui exige souvent de se mobiliser en urgence et d’effectuer de longues heures de travail.

Les femmes japonaises sont en général très instruites, mais les habitudes de travail dans l’archipel, qui se caractérisent par un grand nombre d’heures supplémentaires au point de mener parfois à des cas de mort par surmenage, les conduisent souvent à arrêter leur carrière au moment où elles fondent une famille.

02/08/2018

https://www.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

Comment les personnes LGBT sont-elles perçues au Japon ? (Les Inrocks)

Des étudiantes de l’EM Lyon, une école de commerce, fichées et notées sur leur physique (Le Huff’)

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25 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

irlande (tv5 monde)

ireland

Irlande: la mention « femme au foyer » pourrait disparaître de la Constitution

Après avoir ouvert la voie à une dépénalisation de l’IVG, le gouvernement irlandais envisage de supprimer de la Constitution l’article qui consacre la « vie au foyer » des femmes. Décryptage avec Marlène Coulomb-Gully,  chercheuse en communication politique et spécialisée en représentations du genre dans les médias.

« L’État reconnaît que, par sa vie au foyer, la femme apporte à l’État un soutien sans lequel le bien commun ne peut être atteint ».

« L’État s’efforce, par conséquent, de veiller à ce que les mères ne soient pas obligées, en raison de nécessités économiques, de travailler en négligeant les devoirs au sein de leurs foyers. »

Cet article 41 de la Constitution de 1937 consacre la notion de « vie au foyer » des femmes en Irlande. En novembre 2018, le gouvernement prévoit d’organiser un référendum pour suppri-mer ce terme de la Constitution. Cette décision confirme une certaine envie de modernisation de la part du gouvernement irlandais. Premier pas dans ce sens, le 25 mai 2018, lorsque les Irlandaises et Irlandais votaient « oui » à 66% au référendum pour la légalisation de l’avorte-ment.

Si l’IVG est légalisée depuis près de 40 ans en France, la dénomination d’un « Ministère de la Famille, enfance et des droits des femmes » avait il y a encore peu de temps, (sous mandat du président Hollande), suscité un tollé. Certaines comme certains y voyaient une réduction du statut de la femme, représentée comme simple mère de famille ou épouse. L’annonce de la nomination de Laurence Rossignol à la tête de ce ministère « familial » avait alors provoqué l’ire de la twittosphère féministe. Exit le ministère de la famille, aujourd’hui il est remplacé par un Secrétariat d’Etat chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Invisibilisation et occultation du travail des femmes

On n’en est pas encore là en Irlande. Aucun secrétariat ni ministère de ce genre à l’horizon, seul existe un ministère de l’Enfance et de la Jeunesse, tenu par une femme, Katherine Zappone… « Madame au foyer et Monsieur gagne le pain, on est exactement dans l’invisibili-sation, dans l’occultation du travail des femmes dans une société patriarcale où la religion chrétienne est prégnante », s’exclame Marlène Coulomb-Gully, interrogée par Terriennes.

C’est le reflet d’une société non pas paternaliste mais patriarcale et je crois qu’on ne peut pas réagir à ce qu’il se passe en Irlande sans faire le parallèle avec le poids de la religion. Marlène Coulomb-Gully

Si la mention de la religion est présente jusque dans la Constitution, elle s’est traduite récem-ment par la tardive dépénalisation de l’avortement. Dans la revue universitaire « Le statut des femmes dans le monde », une étude a été réalisée « L’Irlande à deux vitesses : droit des fem-mes et croissance économique » dans laquelle il est rappelé que l’Eglise a un impact direct sur les lois puisqu’elles sont pour beaucoup régies par la religion catholique.

Un texte qui inscrit dans la loi le schéma familial dit traditionnel avec un homme et une femme. Un modèle de couple principalement hétérosexué comme le rappelle Marlène Coulomb Gully :« C’est une forme d’hétéronormativité, qui fait que le couple est encore nécessairement un homme et une femme. Là encore cela n’est pas déconstruit vu que c’est un modèle patriarcal. On voit bien tout ce que cela porte en germe: la stigmatisation des couples qui ne se fondraient pas sur ce modèle-là ».

Malgré le schéma classique porté par le gouvernement, l’Irlande reste le premier pays au monde à avoir légalisé le mariage homosexuel par référendum. Le vote remonte à 2015, le peuple irlandais répondait oui à 62,1%  à la question :« Le mariage peut-il être contracté suivant la loi entre deux personnes sans distinction de sexe ? »  

Les mots en politique: un frein à l’émancipation des femmes ?

Pour l’experte en médias, les mots sont «révélateurs d’un état d’esprit». «Cette notion semble avoir comme injonction qu’une femme ne peut être qu’au foyer et en ce sens, les mots sont contraignants », souligne-t-elle.

Les mots sont révélateurs et prescripteurs. Il y a toujours une dialectique entre les mots et la société.

« Ce n’est jamais que symbolique », estime Marlène Coulomb-Gully, citant comme exemple, « le texte qui a dépénalisé l’homosexualité en France en 1982. Cependant les personnes homo-sexuelles n’étaient plus criminalisées depuis fort longtemps. Il n’empêche que ce texte était toujours là ! ».

Si la Constitution irlandaise n’a jamais empêché ses citoyennes à sortir du foyer pour aller travailler, il n’en reste pas moins qu’en Irlande, les femmes sont encore sous représentées dans les postes à responsabilité. D’après un rapport de la Commission Européenne datant de 2017, les Irlandaises représentent 13,2% des conseils d’administration des plus grandes sociétés du pays, un taux nettement inférieur à la moyenne l’UE (21,2%). Ce même rapport indique que « l’écart de rémunération global entre les sexes, qui tient compte des désavantages subis par les femmes en terme de rémunération horaire plus faible, d’heures de travail réduites et de taux d’emploi plus faibles en raison des soins aux enfants ou aux proches, s’élève à 34,7%. » Ainsi derrière le symbole, la notion de « femme au foyer » n’encourage guère les femmes à s’élever professionnellement.

Ce référendum prévu le 24 novembre 2018 pourrait donc dépoussiérer de vieilles lois patriarcales. (Le même jour, le peuple irlandais sera appelé à voter pour ou contre l’abolition du délit de blasphème, ndlr).

 24.07.2018 Soukaina Skalli
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24 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

france culte (le huffington post)

curé

France Culture rappelle à l’ordre l’Église après une homélie anti-mariage pour tous et anti-avortement diffusée en direct

Les représentants de l’Église doivent « respecter les valeurs du service public, comme la tolérance, le respect et la non-discrimination ».

La Conférence des évêques de France s’est vue rappeler à l’ordre après la diffusion, sur le service public, d’une homélie qui avait eu du mal à passer auprès de certains auditeurs, révèle Franceinfo ce lundi 23 juillet. Alors que le monseigneur Jean-Pierre Cattenoz s’en était pris à la communauté LGBT, au mariage pour tous et à l’avortement à plusieurs reprises pendant sa messe d’une heure le 15 juillet sur France Culture, la radio a exigé des représentants de l’Égli-se catholique qu’ils « respectent les valeurs du service public, comme la tolérance, le respect et la non-discrimination ».

Dans un courrier envoyé dès le 16 juillet, la radio de service public demande un rendez-vous avec le président de la Conférence des évêques de France monseigneur Georges Pontier pour évoquer l’ecclésiastique qui a cru bon d’estimer que « le mariage pour tous peut bien exister » mais que « ce ne sera jamais qu’une amitié » ou avouer avoir « pleuré il y a quelques semaines en voyant conduire au panthéon de la République le corps de celle qui a permis la légalisation de l’avortement ».

Après ses propos sur Simone Veil, le religieux, choisi Conférence des évêques de France pour célébrer cette messe en direct,  avait poursuivi avec des citations dont une de Jean-Paul II: « l’avortement est le crime le plus abominable qui soit car la victime n’a même pas la possibilité de crier sa propre souffrance ».

D’après le délégué aux programmes de France Culture Vincent Lemerre, interrogé par France-info, l’esprit du courrier de la radio est de « s’associer aux réactions des auditeurs qui ont pu être choqués par les propos de monseigneur Cattenoz ». Et servir de rappel aux intervenants que ces messes « sont diffusées sur une antenne du service public » et que « chacun doit être conscient de cela ».

Le but sera aussi de remettre à plat le cadre de cet exercice, assure-t-on au HuffPost tout en précisant que ce genre de dérapage n’est jamais arrivé depuis la mise en place du programme il y a 50 ans. L’occasion pourrait aussi être saisie entamer une discussion plus large entre Radio France et le bureau des cultes sur le traitement de la religion.

Cette homélie s’était déroulée pendant le 72e Festival d’Avignon dont le thème autour du masculin et du féminin avait déjà fait grincer les dents monseigneur Jean-Pierre Cattenoz, l’archevêque de la ville. Il avait réclamé quelques jours plus tôt que le festival ne soit « plus centré sur l’homosexualité et le transgenre ».

24/07/2018 Rédaction du HuffPost

https://www.huffingtonpost.fr/

Commentaire: Avec les compliment de Macron qui a dit à la conférence des évêques que « la manif pour tous avait beaucoup souffert » et que  » qu’il faut rétablir les liens entre république et église » (donc revenir sur la loi de 1905! ). Partant de là, pourquoi se gêner!

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24 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

nord de l’irlande (courrier inter)

cingles

Coalition de cinglés!

342 Nord-Irlandaises ont eu recours à l’IVG en Angleterre depuis mars

Ce nombre est en forte augmentation depuis la mise en place d’une ligne verte visant à faciliter la prise de rendez-vous avec l’organisme britannique chargé d’accompagner les patientes souhaitant mettre un terme à leur grossesse. La pression s’accentue sur le gouvernement afin d’aligner la législation nord-irlandaise sur celle du reste du Royaume-Uni, où l’avortement est pratiqué jusqu’à la 24e semaine.

Le 25 mai dernier, en validant la suppression du 8e amendement de la Constitution par 66 % des suffrages exprimés, les électeurs irlandais ont ouvert la voie à la légalisation de l’avorte-ment. Le pays s’apprête à quitter un club très fermé de nations de l’Union européenne inter-disant encore l’Interruption volontaire de grossesse (IVG). Mais sur l’île, le Nord reste à la traîne : l’Abortion Act, adopté en 1967 dans le reste du Royaume-Uni, n’y est jamais entré en vigueur, et l’IVG y reste interdit, sauf en cas de danger pour la santé de la femme enceinte.

Dimanche, 170 personnalités politiques de tout bord, britanniques et irlandaises, ont appelé le gouvernement dans le Sunday Times à modifier la législation, afin de “se mettre en conformité avec la Convention européenne des droits de l’homme”, comme le prévoit l’accord du Vendredi saint de 1998, qui avait mis fin aux Troubles en Irlande du Nord. “Le mois dernier, la Cour suprême du Royaume-Uni a estimé que la législation nord-irlandaise [encadrée par une loi de 1861] était ‘intenable’ et nécessitait un ‘réexamen urgent’”, rappellent les signataires.

En parallèle, des chiffres publiés lundi 23 juillet ont laissé apparaître une explosion du nombre de recours à l’IVG émanant de femmes nord-irlandaises en Angleterre. “Un total de 342  personnes ont fait le voyage depuis mars”, détaille le Belfast Telegraph, contre 190 patientes sur les neuf mois précédents et un total de 919 femmes en 2017. Cette forte augmentation coïncide avec la mise en place au printemps d’une ligne verte destinée à faciliter la prise de rendez-vous avec le British Pregnancy Advisory Service, organisme chargé d’accompagner les femmes enceintes souhaitant mettre un terme à une grossesse non désirée.

24/07/2018

https://www.courrierinternational.com/

Commentaire:

Comme le dit l’image, une « coalition de cinglés » est derrière tout çà!

Avant l’indépendance de 1922, république depuis 1949 seulement, l’Irlande formait une seule entité: une colonie anglaise sous le joug délégué à deux « sectarismes », celui de l’église catholique au sud (et au nord) et celui des églises protestantes au nord. En partant les anglais ont laissé au sud leurs lois, donc celles de l’église catholique: écoles, santé, morale sexuelle, dépendaient de l’église. Le Nord n’est donc pas sous le joug direct de Londres mais de celui des Unionistes et de leurs églises. L’église catholique, propriétaire terrien au nord, peut par exemple y refuser d’en prêter aux nationalistes pour ouvrir une école « diwan » concurrente.

L’île d’Irlande compte 32 comtés, en 4 provinces historiques: Ulster la plus rebelle (qu’il fallait affaiblir par un surcroit  de colonies) , Munster, Leinster et Connacht. L’Ulster a 9 comtés. Malgré la colonisation, les catholiques-nationalistes y sont majoritaires. Londres n’en a donc pris que 6 qui donnent, miracle!, une majorité aux protestants-unionistes et en a laissé 3 à la république

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