Archive | Féminisme

23 avril 2018 ~ 0 Commentaire

nantes (émancipation)

nantes

Militantisme féministe à Nantes

Les droits des femmes, comme les droits des exilé-es sont caractérisés par un discours omni- présent, des productions nombreuses de textes, d’images donnant parfois le tournis. Si dévoi- ler, dénoncer est nécessaire, cela ne suffit pas à faire bouger la réalité concernant l’égalité des droits, en France comme ailleurs. Et ce n’est pas parce qu’il y a davantage de femmes dépu- tées “en marche !”, ce dont s’enorgueillit E.Macron, que les moyens réels permettant de faire avancer les droits sont là.

Au contraire : les centres de planning familial disparaissent dans certaines villes ; les accueils, logements et accompagnements pour les femmes ayant subi des violen- ces sont de plus en plus réduits ; le nombre d’inspecteurs-inspectrices du travail ne permet pas de faire respecter véritablement les règles et lois existantes ; à l’école, lieu essentiel de cons- truction pour l’égalité des droits, les outils, les formations, les professionnel-les (médecins, assistant-es social-es, infirmièr-es) manquent toujours plus…

À Nantes, une petite enquête tend à montrer une vitalité, sur cette question, comme sur d’autres.

Le Planning familial

Le Planning familial, mouvement féministe d’éducation populaire est implanté depuis 60 ans (voir article par ailleurs) et a récemment déménagé, à proximité du tramway et de la Loire. Les baisses de financements ont amené l’association à supprimer une antenne sur quatre dans le département (celle de Clisson) et à réduire l’amplitude d’ouverture (lundi, mercredi, vendredi). Les missions de planification et d’information sont assurées, notamment, par des conseillères conjugales ; des consultations avec médecins et sages-femmes sont proposées, gratuitement pour les mineur-es, il semblerait qu’il n’y ait pas de problème majeur concernant les demandes d’IVG assurées en milieu hospitalier, sauf si les délais sont dépassés (accompagnement pour démarche à l’étranger…). Un des problèmes rencontrés est celui de l’ouverture des droits à la santé, en particulier pour les femmes exilées. Un numéro vert gratuit fonctionne toute la semaine sauf le dimanche, mais au delà de l’écoute, les hébergements, les accompagnements longs, par des professionnel-les, manquent.

L’Espace Simone de Beauvoir

Non loin du Planning, un autre espace, tout à fait spécifique à la ville existe depuis 1992 : l’Espace Simone de Beauvoir Il fait suite à un “espace femmes” existant depuis 1988. Quasi- ment entièrement financée par la municipalité, cette association a des moyens : vaste local lumineux, fonds documentaire, deux jeunes salariées à temps complet depuis janvier, deux autres à temps partiel. À l’origine ses objectifs étaient de “pacifier les relations entre féministes” et de regrouper les 16 associations adhérentes : “espace ressource pour toutes et tous, laboratoire d’idées féministes en faveur de l’égalité femmes-hommes dans tous les domaines.

Des évènements (conférence, exposition, table ronde, concert, projection…) selon des cycles définis dans son projet d’orientation 2017-2018”. Concrètement du 5 mars au 6 avril, beaucoup de propositions : projection-débat du film Hope, conférences avec des invité-es sur “Féminisme et lesbianisme”, ou “La liberté d’être femme et d’en jouir, le clitoris, histoire d’un tabou” , ou encore “La réparation judiciaire, femme et emprise”, “Femmes dans la musique”. Si l’on peut sans doute se féliciter de l’existence de ce lieu d’accueil d’associations qui se veut avant tout un espace de “créations évènementielles, un laboratoire d’idées féministes”, on peut s’interro- ger sur les stratégies communicationnelles de la municipalité qui sont à l’œuvre quand dans le même temps, les situations de femmes seules, brutalisées restent sans réponse institutionnelle.

N’est-il pas, aussi, troublant de voir, à proximité, que l’existence du mémorial de l’esclavage associé à l’espace Delgrès, très subventionné-contrôlé, constituant également, une vitrine – certes utile – n’empêche pas la maire de Nantes d’exiger l’expulsion des exilé-es, laissant des jeunes, des femmes, des hommes, majoritairement d’origine africaine, à la rue. Cela avait été mis en lumière par A. Davis. Venue à Nantes pour l’inauguration elle avait déclaré : “le sort réservé aux exilé-es aujourd’hui est un crime contre l’humanité, comme le fut l’esclavage”. Autrement dit la prise en compte des besoins des femmes, associée à la lutte pour l’égalité des droits, renvoie au “dire”, mais surtout “au faire” !

L’Émancipation syndicale et pédagogique

dimanche 22 avril 2018  Catherine

http://www.emancipation.fr/

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20 avril 2018 ~ 0 Commentaire

magdalene indonésie (global voices)

Le magazine Magdalene offre une plateforme en ligne dédiée aux femmes et aux autres communautés marginalisées d’Indonésie

“Je suis Magdalene. Je représente une multitude de personnes.” Depuis 2013, Magdalene publie des articles qui s’adressent aux adolescentes et aux femmes, aux membres de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre (LGBT) et aux minorités religieuses d’Indonésie.

Ce magazine en ligne a été lancé pour offrir un espace dédié aux auteurs qui souhaitaient s’attaquer aux sujets tabous dans un pays où les radicaux islamistes poussent avec acharne- ment les autorités à  imposer leurs croyances religieuses à la société.

L’Indonésie est le plus grand pays majoritairement musulman au monde. Les principes fondamentaux qui régissent la nation incluent la promotion du pluralisme et de la modération, ainsi qu’un concept d’harmonie entre religions, connu sous le nom de Pancasila.

Magdalene est le fruit de notre vision d’une publication en ligne qui offre des perspectives nouvelles transcendant les limites classiques relatives au genre et à la culture. Nous faisons entendre les voix des féministes, des pluralistes et des progressistes ou tout simplement de ceux qui n’ont pas peur d’être différents, peu importe leurs genres, couleurs ou préférences sexuelles. Notre objectif est d’impliquer et pas de marginaliser.

Les fondatrices de Magdalene sont d’anciennes journalistes : Devi Asmarani, Hera Diani et Karima Anjani. Elles ont indiqué dans une récente interview que leur objectif de départ était de créer un magazine en ligne qui servirait de plateforme de lecture alternative pour les femmes. Asmarani explique plus en détails : Nous souhaitons aborder des questions importantes… des questions progressistes qui bénéficient d’une faible couverture médiatique grand public entre autres parce que les sujets sont tabous.

Cinq ans après sa création, Magdalene continue à publier des histoires dont on parle rarement dans les médias grands publics. Les sujets délicats abordés incluent les LGBT, le pluralisme, la violence sexuelle et le “body shaming” (harcèlement lié à l’apparence physique). Le magazine a acquis une équipe d’auteurs dévoués ainsi qu’une base de lectorat en constante augmentation qui soutient le manifeste du site internet.

Voici ci-dessous quelques commentaires élogieux de la part des lectrices de Magdalene :

L’un des journaux quotidiens en ligne que j’ai toujours lu, en tant que musulmane je trouve le contenu varié très inspirant.

Un article si important !  C’est bon de savoir que je ne suis pas seule dans cette situation. Je suis une féministe et j’ai du mal avec le concept de religion. “Nous remettons en question notre cercle social. Nous ne nous sentons pas à l’aise quant à la façon dont les membres de notre famille, nos proches et nos amis voient le monde.”

Dans une interview, l’auteure Hera Diani a mentionné que depuis peu 30 à 40 pour cent des lecteurs sont des hommes. Elle a ajouté que de nombreux hommes lisant Magdalene ont exprimé leur gratitude pour les articles instructifs publiés par le magazine. Les lecteurs de la communauté LGBT ont également commenté la façon dont les articles de Magdalene ont ouvert leurs esprits sur les comportements paternalistes, misogynes et hétéro-normatifs qui existent encore dans la communauté.

17 Avril 2018

https://fr.globalvoices.org/

Lire aussi:

Le Doing Cafe à Séoul : lieu privilégié pour parler féminisme, un sujet toujours tabou en Corée du Sud (GV)

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19 avril 2018 ~ 0 Commentaire

brest marche blanche (l cause)

arton1465

Brest. Une marche blanche en hommage à la victime du meurtre de Bellevue

Suite au meurtre d’une femme dans le quartier de Bellevue lundi 16 avril 2018, l’association L Cause lance un appel à une marche blanche jeudi 19 avril à 18h30 à Brest.

Lundi 16 avril 2018, un homme tuait son ex-compagne d’un coup de couteau dans le quartier de Bellevue à Brest, sur fond de jalousie. Il s’était alors présenté de lui-même à la police, reconnaissant les faits. Comme le rapporte Ouest France, il a été mis en examen mercredi 18 avril et placé en détention provisoire.

Un hommage

L’association L Cause a décidé d’organiser une marche silencieuse jeudi 19 avril. En hommage à Isabelle, poignardée le 16 avril par son ex compagnon et à toutes les femmes victimes de violences. Le rendez-vous est donné à 18h30 place de la Liberté à Brest. Les participants sont invités à venir munis d’un vêtement ou d’un accessoire blanc.

https://actu.fr/bretagne/

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18 avril 2018 ~ 0 Commentaire

mfpf (émancipation)

mlac

Le Planning Familial aujourd’hui

Dans ce dossier sur le Planning Familial, Émancipation a voulu recueillir la parole de Véronique Séhier, l’une des deux co-présidentes du Planning Familial, pour connaître les orientations et les problématiques actuelles du mouvement.

Émancipation : Le dernier congrès du MFPF s’est tenu à Grenoble en 2016 (congrès des 60 ans), peux-tu l’évoquer brièvement, et nous parler des orientations qui y ont été prises ?

Véronique Séhier : Nous avons réaffirmé notre positionnement sur deux points essentiels pour nous. D’abord réaffirmer que nous sommes un mouvement politique de transformation sociale, pour l’égalité des sexes et des sexualités, la liberté, le droit de choisir ; nous voulons déconstruire les rapports sociaux de genre, et lutter contre toutes les formes de discriminations et de violences liées au genre et à l’orientation sexuelle, en impliquant filles et garçons dès le plus jeune âge.

Nous avons également réaffirmé notre volonté d’agir pour défendre les droits des femmes migrantes, des personnes en situation de prostitution et des personnes en situation de handicap.

D’autre part, réaffirmer, à travers le slogan essentiel “mon corps m’appartient”, l’approche globale et l’approche par les droits que défend le Planning, dans le respect total des choix des personnes, notamment en matière d’avortement et de contraception. Il est nécessaire aussi de casser les tabous sur les contraceptions masculines, sur les contraceptions définitives… Rap- pelons que le dispositif Essure® est à ce jour supprimé du marché en France ; or c’est une méthode approuvée par de nombreuses femmes et avec moins d’effets secondaires que ce que la presse en a dit ; une récente étude dément un surcroît de complications médicales (allergies, dépression, maladies auto-immunes, etc.) liées à cette méthode. C’est en réalité une suppression pour raisons commerciales… Le Planning soutient que la meilleure contraception, c’est toujours celle que l’on choisit librement et en toute connaissance de cause ! Ce qui nécessite une véritable information, objective et sans jugement ni sanitaire, ni moral… Tout cela bien sûr en faisant vivre les valeurs de l’éducation populaire, une des clés du développement et de l’autonomie des personnes : faire“avec”, et non pas “à la place”.

É : Depuis 2016, le MFPF a une nouvelle organisation interne ; qu’elle est-elle et dans quel but a-t-elle été mise en place ?

V.S. : L’objectif est de construire un réseau fort et un mouvement plus inclusif, mieux adapté aux nouvelles formes d’engagement, et qui facilite un pilotage collectif. Le Planning est, depuis le dernier congrès, organisé en deux pôles. L’un travaille davantage sur la gouvernance et la vie associative, car il est très important de renforcer l’organisation en réseau (associations départementales, fédérations régionales et Confédération nationale), l’autre travaille sur les questions liées aux droits et aux sexualités. Le tout est complété par des chantiers auxquels peuvent davantage participer des membres du réseau. Le but est de renforcer la transversalité au sein du mouvement.

É : La fin de l’année 2017, a vu “les violences faites aux femmes” occuper la scène médiatique, pour le Planning c’est un axe d’intervention très important, peux-tu nous éclairer sur ses modalités d’actions vis à vis de la lutte contre ces violences ?

V.S. : Pour le Planning deux points sont essentiels. La prévention contre les violences sexistes, sexuelles, homophobes, lesbophobes, transphobes… passe prioritairement par une éducation à la sexualité dès le plus jeune âge pour construire une société égalitaire et sans violences. L’autre pilier est l’accompagnement des personnes victimes de violences avec les moyens mis pour cela : cela va du renforcement de la formation des professionnel.les (santé, police, gen- darmerie, services sociaux…) pour un réel accompagnement, à l’augmentation du nombre de places d’hébergement.

É: Le Planning est un mouvement féministe, les inégalités (au sens large) qui persistent en 2018 entre les femmes et les hommes ne peuvent le laisser indifférent ; que penser des mesures annoncées par le gouvernement en ce mois de mars pour les réduire ?

V.S. : Le Planning fait partie du Collectif “8 mars 15h40” pour défendre les droits des femmes et exiger des mesures contre les inégalités, contre les violences sexistes et sexuelles. Des mesures sont annoncées mais quels moyens seront mis pour les faire appliquer ? Il est nécessaire d’abord de se fixer des objectifs et de tout faire pour les atteindre, ce que nous avons constaté jusqu’à présent va rarement dans ce sens. Nous attendons une politique interministérielle ambitieuse en termes d’organisation, de financement et d’évaluation. Par ailleurs cette semaine, le gouvernement veut proposer de légiférer sur l’âge du consentement sexuel.

Il est dangereux à notre avis de fixer un seuil d’âge, et de stigmatiser la sexualité des jeunes, sans renforcer vraiment leur protection : toute personne victime de violences doit être proté- gée, à 14, 15, 16 ans ou plus.C’est pourquoi nous proposons d’inverser la charge de la preuve. Sous couvert de protection des jeunes, on va rendre plus difficile donc plus risquée leur vie sexuelle. Même si l’âge moyen du premier rapport chez les jeunes reste stable (autour de 17 ans), nous accueillons au Planning quelques très jeunes, moins de 15 ans, qui ont une vie sexuelle librement consentie et viennent par exemple chercher une contraception, comme la loi le leur permet. Le risque, c’est qu’ils ne viendront plus demander des contraceptifs ni de l’information !

Notre priorité ? C’est une éducation à la sexualité des jeunes pour travailler sur l’égalité, le consentement, et leur permettre de faire leur propre choix. Toute personne qui intervient en collège sur ce sujet sait bien que, pour ce qui est de la “la maturité”, la disparité est très grande. Un.e jeune de 14 ans 6 mois pourrait être considéré.e comme victime de viol, un.e autre de 15 ans 6 mois serait consentant.e..

É: Un projet du gouvernement concerne la future formation des médecins avec un “service sanitaire” obligatoire : les étudiant.es mèneraient des actions de prévention dans les collèges et lycées sur entre autres la santé sexuelle et affective. Qu’en pense le Planning, qui intervient là depuis longtemps ?

V.S. : En effet, dès la rentrée 2018, il a été annoncé que les étudiant.es en médecine effec- tueront un “service sanitaire” obligatoire pendant 60 demi-journées, qui vont comprendre formation, actions de prévention et restitution. Certain.es pourront donc intervenir devant des élèves sur les questions de sexualités.

Sur le principe l’intention est louable, à condition que les personnes soient volontaires, formées et accompagnées. Depuis plus de 20 ans, le Planning Familial – qui intervient milieu scolaire et hors scolaire – et l’Éducation nationale exigent une formation “éducation à la vie” de 160h et des stages pratiques pour garantir la qualité des interventions en éducation à la sexualité. Ces interventions sont des espaces de questionnement et d’échanges qui permettent aux jeunes de se construire par rapport à la dimension relationnelle de la sexualité, le rapport à l’autre, les questions d’égalité et de discrimination, les rôles sociaux, et qui leur permettent d’appréhender les risques et les prises de risque. Elles se font de préférence sur du temps long, en lien avec les acteurs de terrain et les lieux ressources. Nous avons des inquiétudes et serons donc très vigilant.es. Dans certaines associations départementales du Planning, des étudiant.es en médecine interviennent déjà, mais d’une manière volontaire ; de plus elles et ils sont formé.es et accompagné.es dans leurs interventions.

É : Depuis janvier 2017, le CCNE (comité consultatif national d’éthique) a mis en place les États généraux de la bioéthique ; quelle part le MFPF peut-il prendre à ces débats ? Sur la question de la PMA, y-a-t-il une position qui fait consensus au Planning ? Et sur la GPA ?

V.S. : Pour le Planning, l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, quelle que soit leur situation (célibataire, en couple hétéro, en couple lesbien) est une question d’égalité et de justice. Ce n’est pas une question d’éthique. Elle s’inscrit dans un continuum de droits sexuels fonda- mentaux, qui permet aux femmes de décider librement si, quand, comment et avec qui avoir un enfant. C’est pourquoi le Planning encourage vivement ses adhérent.es à contribuer aux échanges lors des différents débats proposés dans les régions.

En présentant l’accès à la PMA pour les couples lesbiens et les femmes célibataires « à débattre », alors que ce droit est déjà acquis pour les couples hétérosexuels, l’Etat perpétue une fois de plus le contrôle exercé sur le corps des femmes et singulièrement sur les femmes qui échappent à la norme hétérosexiste (les femmes lesbiennes et toutes celles qui décident d’avoir un enfant seules). De plus on redonne ainsi la parole aux mouvements anti-choix qui sont très mobilisés sur ce sujet.

En tant que mouvement féministe mais aussi en tant que mouvement d’éducation populaire, le Planning réclame l’ouverture de la PMA entièrement remboursée à toutes les femmes dans l’immédiat et réaffirme avec force qu’il luttera tant qu’il le faudra pour que chaque personne puisse disposer librement de son corps. C’est le slogan que nous avons porté ce 8 mars dernier.

Quant à la GPA, nous sommes en période de réflexionet de débat au sein du mouvement ; il y a dix ans le Planning s’était positionné contre la GPA. Mais lors du congrès il nous est apparu nécessaire de ré-ouvrir le débat. Déjà pour les enfants nés de GPA, nous avons soutenu la circulaire Taubira : ce n’est pas aux enfants de subir les conséquences de leur mode de naissance. Ce sujet est complexe et ne peut se trancher par un pour ou contre la GPA. Nous avons une approche pragmatique de ces situations

É: On sait que partout dans le monde, les femmes subissent de plein fouet toutes sortes de discriminations, d’inégalités, en ce qui concerne l’accès à l’éducation, à la santé, à la contraception. Peux-tu nous parler de la dimension internationale des actions du mouvement ?

V.S. : Le Planning est membre de l’IPPF (International Planned Parenthood Federation) depuis 1960, ONG international qui lutte pour les droits sexuels et reproductifs de toutes les person- nes et pour l’égalité entre les sexes et les sexualités. Notre rôle à l’international est double. Nous faisons à la fois du plaidoyer pour défendre ces droits ici et dans le monde, et intervenons sur des projets à l’international.

Nous intervenons à travers un programme “Santé sexuelle, droits et genre”, avec des associations d’autres pays : nous sommes intervenus par exemple à Madagascar, dans un programme qui visait à améliorer la santé des femmes et des enfants, avec d’autres ONG et associations internationales. Nous sommes aussi partenaires avec des associations du Cameroun, du Burkina Faso, et intervenons au Tchad dans le cadre d’actions de formation auprès d’acteurs de prévention et de soins… Le second volet est de promouvoir les droits des femmes et les droits sexuels dans la politique internationale de la France, et lors de conférences internationales.

J’ai justement participé à New York, au nom du Planning, la semaine dernière à la 62e CSW, commission sur le statut de la femme, à l’ONU, issue de la conférence de Pékin. La situation est actuellement difficile depuis que le gouvernement de Trump a interdit, à travers la “Global Gag rule”, ou règle du bâillon, le financement d’ONG internationales qui soutiennent l’avortement. Cela a conduit à la fermeture de services de santé sexuelle, qui permettaient notamment l’accès à la contraception dans des pays où l’avortement est interdit, d’où des conséquences dramatiques pour les femmes.

En réponse, des pays comme la Suède, le Danemark, la Belgique… se sont mobilisés finan- cièrement par la campagne “she decides” pour le soutien mondial à l’IVG. Pour la France, M. Schiappa à la CSW de l’ONU a annoncé un don de 10 millions d’euros supplémentaires du budget de l’État, un geste positif, mais timide.

Le droit à l’avortement est actuellement fortement menacé aux États-Unis ; dans plusieurs pays d’Amérique Latine, dont certains sont pourtant en avance sur le mariage des homosexuel.les, l’avortement est pénalisé et sous la puissante influence de l’Église Catholique, les législations répressives sont difficiles à faire progresser.

Fortes inquiétudes aussi plus près de nous en Europe, où les anti-avortement sont à l’œuvre en Pologne, en Hongrie, en Irlande, à Malte… La plus grave menace est aujourd’hui en Pologne : cette semaine, le Parlement polonais débat d’un nouveau projet de loi intitulé “Stop à l’avortement”. Ce nouveau projet veut, suite à une demande des évêques, interdire l’avortement en cas de malformation foetale, ce qui représente 96 % des motifs aujourd’hui, et alors qu’il est déjà d’accès très limité, et considère que la vie de “l’enfant à naître” prévaut sur le choix et la santé des femmes. Un espoir du côté de l’Irlande où un referendum aura lieu fin mai, pour proposer de supprimer l’article de la constitution interdisant l’avortement.

La France a une parole forte à porter en Europe sur l’avortement, les droits des LGBT et l’éducation à la sexualité mais le rapport de forces est compliqué. Nous sommes très inquiet.es au Planning mais nous restons très mobilisé.es ! On luttera tant qu’il le faudra ! Le Planning continuera à s’opposer à toute forme de régression qui entrave la liberté des personnes, et à exiger de véritables politiques éducatives, préalables à l’exercice d’une citoyenneté sexuelle.

Rosine Charlut Joëlle Lavoute

mardi 17 avril 2018

http://www.emancipation.fr/

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11 avril 2018 ~ 0 Commentaire

lorient moments pour elles (change)

lorient

Pour la réouverture de la permanence Moments pour Elles de Lorient

La permanence d’accueil Moments pour Elles à Lorient a fermé ses portes en novembre, faute de subventions.  Ce lieu d’accueil, d’écoute et d’accompagnement recevait des femmes victimes de violences conjugales et leur proposait un accompagnement juridique, social et psychologique, gratuit et anonyme.

Aujourd’hui à Lorient, il reste possible de se tourner vers la permanence juridique du CIDFF, mais aucun accompagnement social n’est proposé même aux plus vulnérables, et les femmes demandeuses d’un suivi psychologique doivent se tourner vers les consultations payantes (non remboursées) des psychologues libéraux (pas forcément formés à cette problématique), ou vers les centres médico-psychologiques dont les délais de rendez-vous atteignent parfois les 6 mois.

A l’heure où tout le monde s’accorde à célébrer la libération de la parole des femmes, à l’heure de #BalanceTonPorc, et alors que le président de la république a déclaré que l’égalité entre les hommes et les femmes serait une « grande cause nationale du quinquennat », il est urgent de lui faire respecter sa parole, de lutter contre la régression des acquis des femmes et la disparition des organismes qui viennent en aide à celles qui en ont le plus besoin.

Nous demandons donc la réouverture urgente de la permanence pluridisciplinaire Moments pour Elles à Lorient.

https://www.change.org/

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11 avril 2018 ~ 0 Commentaire

rennes pma

renes

L’accès à la Procréation Médicalement Assistée (PMA) à toutes les femmes faisait partie des promesses d’Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle il y a tout juste un an.

Nous n’avons aucune garantie à ce jour de la part du gouvernement et sa majorité sur la mise en place effective de cette réforme !

L’État donne « à débattre » l’accès à la PMA pour les couples lesbiens et les femmes céliba- taires dans le cadre des états généraux de la bioéthique alors que ce droit est déjà acquis pour les couples hétérosexuels. Ce faisant, il perpétue une fois de plus le contrôle exercé sur le corps des femmes et singulièrement sur les femmes qui échappent à la norme hétérosexiste (les femmes lesbiennes et toutes celles qui décident d’avoir un enfant seules).

Loin d’être une question éthique, l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, quelle que soit leur situation (célibataire, en couple hétérosexuel, en couple lesbien) est plutôt une question d’égalité et de justice. Elle s’inscrit dans un continuum de droits fondamentaux, qui permet aux personnes de décider librement si, quand, comment et avec qui, avoir un enfant.

Nous revendiquons :

- L’accès à la PMA avec donneur à toutes les personnes en âge de procréer
Toutes les personnes en âge de procréer doivent pouvoir avoir accès à la PMA avec donneur, sans distinction de leur situation conjugale, orientation sexuelle ou identité de genre.

- La filiation automatique pour tous les couples
Les deux mères doivent pouvoir signer avant la PMA avec donneur un consentement mutuel de non contestation de la filiation, devant un juge ou un notaire, comme pour les couples hétérosexuels.

- Le remboursement sans discrimination
Les lesbiennes et les célibataires sont des citoyennes comme les autres et payent leurs cotisations. Les actes médicaux liés à la PMA doivent leur être remboursés à 100 %, comme pour les couples hétérosexuels.

Nous exigeons qu’une loi soit votée dans les plus brefs délais pour mettre fin aux discriminations à l’encontre des couples de femmes, des femmes célibataires et des personnes transgenres en leur garantissant l’accès à la PMA.

Le collectif breton pour la procréation médicalement assistée

Nous appelons à manifester à Rennes:

Samedi 21 avril 2018, Place de la République à 14 heures

Signataires : AGLAE, Centre Gay, Lesbien, Bi et Trans de Rennes, Commune Vision, Contact Ille et Vilaine, les Effronté·e·s Rennes, les Enfants d’Arc en Ciel l’asso !, Ouest Trans, le Planning Familial Rennes – Saint Malo, Rainbow BREST, SOS homophobie – délégation Bretagne

Contact: sos-bretagne@sos-homophobie.org

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10 avril 2018 ~ 0 Commentaire

pma (osez le féminisme!)

npa

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Etats Généraux de la bioéthique : PMA pour toutes, maintenant !

Dans le cadre des Etats généraux de la Bioéthique, Osez le Féminisme a demandé à être auditionnée en tant qu’association féministe impliquée dans la lutte contre les discriminations contre les lesbiennes. Voici notre contribution :

Nous pensons qu’il est crucial de reconnaître l’existence et les droits des famille monoparen- tales et homoparentales. C’est pourquoi nous demandons l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires, comme c’est le cas ailleurs en Europe.

Il ne s’agit pas, comme le voudrait un certain nombre de détracteurs, d’une demande de “confort”, qui sortirait la PMA de son cadre médical. Les couples de femmes ainsi que les femmes célibataires ne peuvent procréer sans soutien médical, et leur infertilité de fait (quel que soit l’état de fonctionnement de leurs appareils reproductifs propres), est donc comparable à celle des couples hétérosexuels auxquels la PMA est aujourd’hui proposée. Surtout, comme l’a rappelé Jacques Toubon, Défenseur des droits, la législation actuelle institue une discrimination injustifiable, basée sur l’orientation sexuelle et/ou la situation conjugale, dans l’accès à des techniques médicales. Ces discriminations portent un préjudice grave aux droits des femmes lesbiennes et célibataires à tenter de fonder une famille. Elles portent également préjudices aux enfants dont les mères ont eu recours à de telles techniques à l’étranger (non-reconnaissance de la filiation), et nient l’existence pourtant bien réelles de telles familles sur le territoire français.

L’interdiction d’accès à la PMA pour les femmes non-hétérosexuelles est aujourd’hui l’outil de l’Etat pour favoriser certains schémas familiaux. Il s’agit donc de fait d’une ingérence de la puissance publique dans la vie privée des familles, ce qui va à l’encontre de l’article 8 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

Garantir la possibilité du recours à la PMA pour toutes est un élément fondamental de la lutte pour l’égalité des droits.

Par ailleurs, autoriser la PMA permet de réduire le recours à des pratiques dangereuses pour les femmes et leurs enfants : rapports sexuels non désirés avec un homme, achat de sperme en dehors des circuits légaux, insémination artisanale… Le tout sans accompagnement ni suivi médical et psychologique. Le suivi médical des femmes qui ont eu recours à la PMA de manière illégale et/ou dans des pays voisins est également plus difficile. En Europe et de par le monde, les pays ayant modifié leur législation en ce sens sont de plus en plus nombreux : ces mesures sont donc viables, tant pour le système médical que pour les familles concernées.

En outre, l’inscription de ce droit n’aura pas de réalité s’il n’est pas accompagné de mesures d’application concrètes. Ainsi, la prise en charge par la sécurité sociale des dépenses inhérentes à ces actes médicaux devra évoluer en conséquence, au même niveau que les droits déjà ouverts aux couples hétérosexuels.

Par ailleurs, nous sommes convaincu.e.s que l’ouverture de la PMA pour toutes doit s’accompagner d’une évolution des liens de filiations. Une réflexion globale sur le droit de la famille doit nécessairement avoir lieu.

Osez le Féminisme ! 29 mars 2018

http://osezlefeminisme.fr/

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06 avril 2018 ~ 0 Commentaire

non mixité (basta)

non miste

Les espaces « non-mixtes », un choix plus que légitime dans les stratégies de luttes collectives

« Il semble que chaque génération politique doive la redécouvrir » : instrument de lutte pour le mouvement des droits civiques aux États-Unis, puis pour le mouvement féministe des années 70, la non-mixité fait pourtant encore débat quand elle ressurgit, comme au cours du mouvement Nuit debout lorsque des femmes ont choisi de se réunir sans hommes.

Lieux d’expression et de prise de conscience libérés de la présence des groupes dominants, les espaces non-mixtes permettent de redécouvrir ses forces et d’élaborer des stratégies de lutte collective. Une pratique non-seulement légitime, mais aussi « vitale », jugent des militantes et intellectuelles interrogées par Basta !.

Nolwenn Weiler 6 avril 2018

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23 mars 2018 ~ 0 Commentaire

rennes féminisme (breizh femmes)

beca ssine

Du CRIF au CIDF, toute une histoire

C’était l’époque où l’on parlait de condition féminine et où se dire féministe signifiait adhérer aux thèses radicales de quelques militantes échevelées du MLF. A Rennes, la culture asso- ciative coordonnée par l’OSC était déjà bien développée. Et c’est dans des commissions de cet Office Social et Culturel que se retrouvaient les présidentes des associations de femmes.

Parce qu’elles avaient identifié des demandes récurrentes d’information notamment sur les nouvelles lois ou les nouveaux droits, elles ont commencé à envisager ensemble la création d’un centre pour y répondre collectivement. La réflexion dura presque trois ans et en septembre 1979 débutaient les permanences du CRIF qui deviendrait deux ans plus tard, le CIDF toujours actif aujourd’hui.

Blandine Lefierdebras s’est penchée sur l’histoire du CRIF – centre rennais d’information des femmes – voilà quelques années pour son mémoire de master d’histoire. Elle prolonge désormais son travail au sein de l’association Histoire du Féminisme de Rennes et puisque le thème pour le mois de mars cette année était l’engagement des femmes, elle a partagé ses connaissances – illustrées d’archives de l’INA – dernièrement au Tambour. Ce fut l’occasion de revenir sur cette France de la fin des années 70 qui découvrait peu à peu les droits des femmes.

Elu président de la République en 1974, Valéry Giscard d’Estaing qui veut incarner la moder- nité a pris deux mesures emblématiques : l’abaissement de la majorité à 18 ans et la légalisa- tion de l’avortement. Localement, Rennes a changé de majorité municipale avec l’élection en 1977 du socialiste Edmond Hervé. Mai 68 est passé depuis dix ans, c’est le moment de mettre en place des politiques en faveur des femmes, si ce n’est par conviction au moins pour « canaliser le mouvement social qui s’exprime » de plus en plus clairement.

Des questions multiples, une réponse collective

A Rennes, trois associations sont au plus près des questions quotidiennes des femmes : l’UFCS (Union Féminine Civique et Sociale) présidée par Anne Cogné, l’UFF ( Union des Femmes Françaises qui deviendra Femmes Solidaires) présidée par Nelly Bigot et l’AFCF (association des Femmes Chefs de Famille qui contribuera quelques années plus tard sous son nouveau nom d’association des familles monoparentales à la fondation de l’ASFAD) présidée par Armelle Couanon.

Au cours de leurs permanences respectives, les trois associations ont fait le constat suivant : les femmes sont de plus en plus en demande d’information et personne n’est véritablement formé pour leur répondre. L’idée naît alors de créer un centre d’information pour « accueillir, écouter et orienter les femmes ».

De février 1976 à septembre 1979, les réunions se succèdent entre les trois principales asso- ciations bientôt rejointes par les veuves civiles et veuves de guerre, la municipalité, la délé- gation régionale à la condition féminine et une dizaine de femmes personnellement motivées par ces questions. A l’automne 79, le CRIF – centre rennais d’information des femmes – voit le jour et propose des permanences animées par des bénévoles qui trouvent tout de suite leur public.

Associations féminines ou féministes ?

Depuis la fin du 19è siècle des associations féminines comme celles qui donnent naissance au CRIF sont actives auprès des femmes mais aussi des pouvoirs publics pour influer sur les politiques. Parallèlement, en cette décennie 70 s’est développée une pensée féministe qui remet en cause la structure patriarcale de la société analysée comme étant à l’origine de l’oppression des femmes et des inégalités. C’est pour Blandine Lefierdebras « la complé- mentarité de ces deux tendances qui impose une prise en compte politique de la question des femmes ».

Mais elle précise aussi que ces deux courants se fréquentent peu et que « le CRIF n’est pas un engagement militant » ; pas plus qu’il n’est un « engagement institutionnel » puisque très vite ses fondatrices tiennent à garder leurs distances des instances de l’Etat. C’est plutôt un « engagement pragmatique » répondant à des besoins concrets ; son objectif est d’être « un outil au service des femmes », de toutes les femmes « même celles qui n’osent pas pousser la porte d’une association féminine », un outil « neutre, presque à l’image d’un service public ». 

Toutefois, pas question pour les bénévoles qui portent le projet de devenir une émanation du pouvoir. Elles veulent toucher de plus en plus de femmes mal informées sur les évolutions législatives notamment et ont une réelle exigence professionnelle en particulier dans la formation des écoutantes bénévoles. Mais avant tout, elles font le choix de garder leur autonomie.

Une structure associative très liée à l’Etat

Leur « rapport au pouvoir » est selon Blandine Lefierdebras « mesuré ». Les associations qui veillent à la création du CRIF acceptent volontiers d’être des interlocutrices notamment de la délégation régionale à la condition féminine mais elles refusent d’adhérer au CIF, association créée à Paris en 1972 qui bénéficie d’un contrôle du gouvernement assez rapproché.

En 1981, avec l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand et après deux ans d’un bénévolat chronophage, les choses ne s’envisagent plus de la même façon. La condition féminine s’est transformée en droits des femmes et Yvette Roudy, nommée ministre, propose de créer des CIDF, centre d’information sur les droits des femmes, dans toutes les villes de France.

Le CRIF y voit une opportunité pour pérenniser son action. Ce nouveau réseau, doté de réels moyens, va permettre de passer du bénévolat au salariat et de créer quatre postes à mi-temps. Une façon nouvelle aussi de s’engager.

Près de quarante ans plus tard, le CIDF reste « une structure associative avec une mission d’intérêt général confiée par l’Etat » comme le rappelait Régine Lepinay, jeune retraitée après plus de trente ans d’activité au sein du CIDF 35, à l’issue de la conférence. C’est désormais un acteur reconnu dans la lutte pour les droits des femmes et aujourd’hui, se dire féministes n’est plus un problème pour ses représentantes, bien au contraire !

Geneviève ROY  21 mars 2018

http://www.breizhfemmes.fr

Pour aller plus loin : cet épisode ainsi que toutes les luttes des femmes à Rennes dans les années 1965/1985 sont décrites par Lydie Porée et Patricia Godard dans leur ouvrage « Les femmes s’en vont en lutte » (éditions Goater – 2014)

Lire aussi:

Une féministe « en évolution » (Planning Rennes)

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17 mars 2018 ~ 0 Commentaire

marielle franco (essf)

mar1

L’assassinat à Rio de Marielle Franco, élue locale et militante contre les violences policières, émeut le Brésil

Agée de 38 ans, enfant noire des favelas cariocas, a été tuée, mercredi, pour un motif encore inexpliqué.

Le cercueil de Marielle Franco avait à peine franchi les portes du cimetière de Caju, à Rio de Janeiro, jeudi 15 mars, qu’une foule, sonnée et révoltée, scandait, dans plus d’une dizaine de capitales régionales du Brésil, le nom de la militante de gauche assassinée. « Ce tir était adressé au peuple », « Pour que le deuil se transforme en lutte. Marielle Franco, présente ! », « La vie des Noirs et des LGBT comptent. Marielle Franco, présente ! », pouvait-on lire sur les banderoles à Sao Paulo, Rio de Janeiro ou Belo Horizonte.

Conseillère municipale de Rio pour le Parti socialisme et liberté (PSOL), Marielle Franco, 38 ans, enfant des favelas cariocas, militante des droits humains, des femmes et de la cause noire, a été tuée vers 21 h 30, mercredi, par quatre balles de 9 millimètres dans la tête alors qu’elle était assise à l’arrière de son véhicule. Son chauffeur, Anderson Pedro Gomes, a lui aussi succombé à une rafale de tirs. La police émet l’hypothèse d’un assassinat : les criminels ont pris la fuite sans dérober quoi que ce soit.

 Vengeance policière

Dans une ville en plein chaos, minée par la corruption, ruinée et tourmentée par la guerre des gangs, Marielle Franco était une critique virulente de l’action des forces de l’ordre. Dénonçant les dérives policières, elle s’attaquait notamment à l’action des Unités de police pacificatrice (UPP), mises en place à partir de 2008 pour apaiser – en vain – les favelas de Rio.

Effrontée, considérée comme une enquiquineuse par certains bataillons de policiers militaires, qu’elle qualifiait de « bataillons de la mort », elle fut aussi prompte à fustiger l’intervention militaire fédérale décrétée en février pour prendre en charge la sécurité de l’Etat de Rio.

« MARIELLE N’A PAS ÉTÉ PRISE PAR HASARD. LES POSITIONS QU’ELLES PRENAIENT ONT À VOIR AVEC SON EXÉCUTION », AFFIRME JEAN WYLLYS, DÉPUTÉ DU PSOL

Le motif du crime reste obscur. Mais une partie des Brésiliens y voit une vengeance de la part des policiers. Appuyant cette thèse, la télévision locale de Rio, RJTV, révélait vendredi que les douilles retrouvées près des victimes proviendraient de lots de cartouches vendues à la police fédérale de Brasilia en 2006. « Marielle avait été nommée rapporteuse de la commission parlementaire des conseillers municipaux sur l’intervention fédérale. (…) Elle venait de rédiger son master : “UPP : la favela au-delà de trois lettres”, rapporte un porte-parole de l’ONG Amnesty International. Il faut une enquête immédiate et rigoureuse. Il ne peut y avoir de doutes sur le contexte, les motivations et l’auteur de l’assassinat. »

 Un pays où les forces de l’ordre ont perdu tout crédit

« Marielle n’a pas été prise par hasard. Les positions qu’elles prenaient ont à voir avec son exécution. C’était une femme, noire, lesbienne, de la favela, de gauche et du PSOL », ajoute Jean Wyllys, député du PSOL, qui espère faire de la mort de sa consœur l’« emblème de la lutte de ce qu’il reste de démocratie au Brésil. » Avec plus de 60 000 homicides par an, dont une infime proportion est élucidée, le Brésil offre, avec cet assassinat, l’image d’une nation où les forces de l’ordre ont perdu tout crédit. Conscient de l’émoi, le président, Michel Temer, a promis, jeudi, que les auteurs de ce crime « d’une extrême lâcheté » seraient punis au plus vite.

Claire Gatinois Le Monde 16.03.2018

http://www.europe-solidaire.org/

Lire aussi:

Marielle Franco: Why my friend was a repository of hope and a voice for Brazil’s voiceless, before her devastating assassination (The Independant)

Marielle Franco Pour nos mortes, pas une minute de silence, mais une vie de lutte! (Marche Mondiale des femmes)

Rio de Janeiro (Brésil) : indignation face à l’assassinat de Marielle Franco! (France Amérique latine)

Brésil. L’assassinat odieux de la conseillère municipale de Rio de Janeiro: Marielle Franco (Al’encontre.ch)

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