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22 juin 2018 ~ 0 Commentaire

la meute libérée (courrier international + france info)

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En Espagne, la colère monte devant la libération prochaine de « La Meute »

Des manifestations se préparaient vendredi dans toute l’Espagne, indignée par l’annonce de la prochaine libération sous caution de « La Meute », cinq hommes qui ont abusé d’une jeune fille, en attendant que leur condamnation soit jugée en appel.

Le tribunal qui avait déjà scandalisé l’Espagne en avril dernier en écartant la qualification de viol pour les faits établis: les accusés âgés de 27 à 29 ans, s’étaient filmés en train d’abuser de la jeune femme pendant les fêtes de la San Fermin à Pampelune, a autorisé leur mise en liberté sous contrôle judiciaire moyennant une caution de 6.000 euros chacun.

Ils avaient été condamnés à neuf ans de prison chacun pour « abus sexuel »

« Le Tribunal de La Meute intensifie la colère en la libérant », titre en Une le quotidien catalan La Vanguardia, tandis qu’à Madrid, le journal conservateur ABC proclame en première page « Colère et stupeur devant la libération de La Meute ». Des mouvements féministes ont appelé à manifester vendredi soir à Madrid, mais aussi à Valence, à Séville d’où sont originaires les cinq agresseurs, à Saragosse, à Grenade et plusieurs autres villes d’Espagne.

Les premières manifestations avaient eu lieu jeudi à Pampelune même, où la jeune femme s’était fait agresser à l’été 2016, à Barcelone et dans les trois grandes villes du Pays basque : Bilbao, Vitoria et San Sebastian. « C’est une honte, ces vauriens de violeurs s’en tirent facile-ment. On dirait qu’on veut les libérer pour qu’ils soient prêts à recommencer le 7 juillet, jour de la San Fermin », a déclaré à l’AFP Carmen Roman, une manifestante de 66 ans à Barcelone.

‘Gravissime’ 

Dans sa décision rendue publique vendredi, le tribunal de Navarre explique autoriser la libération des cinq Sévillans parce que la pression sociale qui s’exerce sur eux rend « prati-quement impensable » le risque de récidive. S’ils paient la caution, les condamnés, qui ont déjà passé près de deux ans en détention provisoire, resteront soumis à un contrôle judiciaire: interdiction de quitter l’Espagne et retrait du passeport, obligation de se présenter les lundis, mercredis et vendredis au tribunal de leur lieu de résidence, et interdiction de se rendre à Madrid où réside leur victime.

Mais un des trois juges a émis une opinion divergente, se prononçant pour leur maintien en détention sans condition pendant la moitié de leur peine, soit quatre ans et demi. Les cinq jeunes hommes, dont un garde civil et un ancien militaire, attendent leur procès en appel, le parquet ayant contesté le jugement en première instance, le jugeant trop clément.

Le maire de Pampelune, Joseba Asiron, a annoncé vendredi que la mairie, partie civile dans l’affaire, ferait aussi appel de la libération sous contrôle judiciaire. « Il y a un divorce croissant entre certaines décisions de justice et ce que pense l’ensemble des citoyens », a affirmé cet élu du parti de gauche indépendantiste basque EH Bildu. Une pétition lancée en ligne sur le site change.org, contre la libération des condamnés, avait recueilli à la mi-journée plus de 500.000 signatures.

La décision du 26 avril dernier, où les cinq accusés avaient été disculpés de viol, avait provo-qué une vague de manifestations dans toute l’Espagne, où les mouvements féministes sont particulièrement puissants. Ils avaient mobilisé des millions de femmes lors d’une grève générale féministe le 8 mars dernier.

La nouvelle ministre socialiste de la Justice, Dolores Delgado, a évité de commenter la décision du tribunal, se contentant de souligner que les faits établis dans le procès étaient « gravissimes » et d’appeler à une « réforme des mentalités ». La toute première mesure annoncée par le nou-veau gouvernement de Pedro Sanchez, entré en fonctions au début du mois et composé de 11 ministres femmes pour six hommes, est une formation des magistrats pour les sensibiliser aux questions de violences faites aux femmes.

22.06.2018

https://www.courrierinternational.com/

Lire aussi:

Carte des manifestations

Espagne : la colère monte devant la libération prochaine de « La Meute » (France Info)

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11 juin 2018 ~ 0 Commentaire

genre (cetri.be)

malala

Repolitiser le genre

Si le concept de genre occupe une place clé dans l’émergence et la vitalité des luttes fémi-nistes au Nord et au Sud, plusieurs de ses usages mainstream portent préjudice à l’éman-cipation visée. Il en va ainsi des instrumentalisations technocratique, néolibérale, nationaliste ou encore suprémaciste du genre, qui perpétuent les inégalités et masquent l’imbrication des différentes formes de domination. Place à un féminisme « intersectionnel » et « décolonial ».

Les premières lignes de cet éditorial sont couchées un 8 mars, « journée inter-nationale des femmes » . Ce hasard du calendrier est une entrée en matière idéale pour signifier l’ambivalence du recours à leurs droits. Pour le meilleur, il est l’occasion de rappeler que nulle part au monde, les femmes ne bénéficient d’une égalité véritable avec les hommes, que les luttes en faveur de l’égalité ne sont donc ni dépassées ni secondaires et, de surcroît, que cette journée ne concerne pas uniquement la moitié de l’humanité. Pour le pire, cette date symbolique est réduite à une ode à la femme prononcée, le temps d’un instant, par une élite possédante et dominante, soucieuse de ses intérêts. Récupération politique, médiatique ou commerciale, elle devient alors une illustration de l’entreprise de dépolitisation des luttes féministes.

Cet exemple, aussi dérisoire puisse-t-il sembler, est un révélateur parmi d’autres d’une tendance profonde : l’accaparement des idéaux féministes par des acteurs historiquement opposés – ou indifférents – à ceux-ci.

« Au nom des droits des femmes » devient un leitmotiv brandi opportunément, un discours légitimateur, au bénéfice de ceux qui le prononcent. Cette instrumentalisation décomplexée amène en bout de course à des affirmations contradictoires et des situations d’ordre schizo-phrénique. Les offensives néolibérales, depuis les années 1970, se sont traduites sur tous les continents par une détérioration des conditions d’existence d’une majorité de femmes. Pour-tant, un récit enchanteur, développé depuis les années 1990 par les institutions internationales et relayé en chœur par des États, laisse entendre qu’en dépit des « dommages collatéraux », la mondialisation se traduirait pour elles par des opportunités plus que par des contraintes.

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05 juin 2018 ~ 0 Commentaire

autodéfense (les inrocks)

poing

“L’autodéfense féministe joue un rôle dans l’émancipation des femmes beaucoup plus large que la sécurité”

Comment définir l’autodéfense féministe ?

Irene Zeilinger – C’est une approche globale de prévention primaire des violences fondées sur le genre. “Prévention primaire” renvoie à tout ce que l’on peut faire pour que ce type de violences n’arrive pas, tandis que “basées sur le genre” renvoie aux violences qui nous tou-chent différemment en fonction de notre position sociale, que l’on soit femme, personne non-binaire, etc. Enfin, c’est une approche globale car elle ne s’appuie pas que sur la défense physique, mais prend en compte toutes les dynamiques des différentes types d’agressions, ainsi que toutes les choses que l’on peut faire le plus tôt possible, afin d’arrêter la situation avant que cela ne soit nécessaire de se défendre physiquement.

La première édition de votre ouvrage date de 2008, nous sommes en 2018. L’autodéfense féministe a-t-elle évolué depuis dix ans ?

Oui. En nombre, déjà : il y a plus d’associations, plus de formatrices et plus de femmes et de filles qui participent aux stages. Mais je vois aussi des évolutions par rapport à leur contenu même : je fais de l’autodéfense depuis 25 ans, et, à mes débuts, on parlait peu, que ce soit les formatrices ou les participantes, des violences faites par les proches. Et cela a complètement changé depuis. Nous mettons beaucoup plus l’accent là-dessus, sur les mécanismes à l’œuvre qui rendent parfois plus difficile de se défendre contre des proches que contre des inconnus.

Par ailleurs, quand j’ai commencé à pratiquer l’autodéfense, c’était les femmes pour les femmes. Il y avait relativement peu de débats au sein du mouvement d’autodéfense fémi- niste, enfin tel que moi je l’ai connu, sur la diversité des femmes : elles ne sont pas homo-gènes, peuvent même être en conflit d’intérêt les unes avec les autres… Et il peut y avoir des rapports de domination entre femmes, par d’autres facettes de nos identités et appartenances.

Le mouvement d’autodéfense féministe est plus conscient aujourd’hui de cette complexité, et prend beaucoup de soin de se rendre accessible à toutes les femmes, en répondant aux spécificités de chacune. Cela se voit dans des animations en non-mixité choisie, où la non-mixité ne concerne d’ailleurs pas que le genre mais aussi le fait d’être racisée, de vivre avec un handicap… Par exemple, dans mon association Garance, on travaille spécifiquement avec les femmes issues de l’immigration, on met beaucoup plus l’accent sur comment on peut réagir en cas de discrimination raciste, islamophobe, etc., qu’on ne l’aurait fait il y a dix ans.

La recherche scientifique s’intéresse également beaucoup plus à ce que l’on fait. Il y a plus de recherches sur ce qui fonctionne réellement, et on voit très clairement que l’autodéfense féministe, en promouvant une approche préventive, s’en sort beaucoup mieux que l’autodéfense conventionnelle.

Enfin, quand je suis arrivée en Belgique [Irene Zeilinger est originaire de l’Autriche, ndlr], il n’y avait pas du tout d’autodéfense féministe à Bruxelles… et la pratique avait une image très caricaturale : c’était forcément un truc contre les hommes, ça allait rendre les femmes agres-sives, ça allait mener à la guerre des sexes… Donc pendant vingt ans, il a fallu – je n’étais pas seule – défendre et expliquer la pratique. C’est aussi dans cette perspective que j’ai écrit ce livre. Cela a porté ses fruits : aujourd’hui, en Belgique, l’autodéfense féministe est beaucoup plus connue, que ça soit des pouvoirs publics ou des médias… Et puis, il y a dix ans, les fem-mes qui faisaient de l’autodéfense étaient proches des assos féministes. Maintenant, on arrive à toucher des femmes pour qui c’est le premier contact avec le féminisme. Ainsi, l’autodéfense féministe joue un rôle dans l’émancipation des femmes beaucoup plus large que la sécurité.

Conseilleriez-vous à toutes les femmes de faire un stage de ce type ?

Je pense que ce qui est important pour profiter de cette expérience de stage, c’est que ce soit le bon moment dans la vie. Apprendre à se défendre peut confronter une participante à des violences qu’elle a vécues. Si jamais j’ai vécu des violences et je n’ai pas déjà atteint une certaine stabilité émotionnelle, participer à un stage de ce type peut être contre-productif. Ou encore je suis à une étape dans mon cheminement, où je n’ai pas tellement besoin d’appren-dre à comment me défendre, mais où j’ai plutôt besoin d’exprimer tout ce qui m’est déjà arrivé.

Il y a bien évidemment de l’écoute dans les groupes d’autodéfense, mais ça ne sont pas des groupes de parole. Donc je dis toujours aux femmes qui hésitent qu’elles sont les seules per-sonnes à savoir si elles sont prêtes pour ce type d’expérience. Et que du côté des formatrices, le travail est fait pour que tout se passe bien, mais qu’il y a aussi un travail à faire de la part de chacune pour que ça se passe bien. Si elles n’ont pas de ressources du tout à ce moment-là pour prendre bien soin d’elles-mêmes, peut-être que ça n’est pas le moment de faire un stage d’autodéfense.

Loin de l’idée que l’autodéfense serait forcément physique, vous expliquez qu’elle peut être aussi émotionnelle ou encore verbale…

C’est la grande différence de l’autodéfense féministe de l’autodéfense conventionnelle : celle de tenir compte de tous les aspects des personnes mais aussi des situations. Dans notre pers-pective, le but est de prévenir les violences, et le plus tôt on commence, mieux c’est. Mais si on commence tôt à réagir, la défense physique n’est pas forcément légitime aux yeux de la loi. Du coup, il faut d’autres outils : on est donc forcément dans le mental, l’émotionnel, le verbal. Et puis, même si j’ai des très bons outils physiques, si je n’arrive pas à gérer mes émotions, je ne vais pas forcément pouvoir les mettre à profit. Donc ce sont différents aspects de l’auto-défense, qui se complètent entre eux et se renforcent entre eux.

Que faire en cas de harcèlement ou d’agression ? Sachant que, comme vous l’expliquez, les techniques varient selon la situation, le contexte, et la femme concernée…

Dans l’autodéfense féministe, on arrive avec notre boîte à outils, en expliquant lesquels sont disponibles. Ensuite, c’est à chacune de choisir celui qui lui convient le mieux à tel moment de sa vie et dans telle situation. Dans le livre, je fais des propositions. Mais les femmes peuvent en inventer d’autres, questionner celles que je propose ou même faire le contraire ! Elles savent mieux que moi ce qui est mieux pour elle.

Ceci dit, statistiquement il y a des tendances. Dans le cadre d’agressions sexuelles, ce qui ressort des enquêtes est que le fait ne pas réagir a moins de chances de mettre un terme à l’agression, et a plus de risque d’aggraver les choses. Par exemple, quand c’est possible de le faire, fuir, c’est super – mais ça n’est pas toujours possible… C’est la même chose avec le fait de demander de l’aide : si c’est possible, ça marche bien. Mais quand on doit se limiter aux choses qu’on peut faire soi-même, on peut par exemple crier, dire clairement non, rendre public le problème, se défendre physiquement.. Bref, faire plein de choses différentes à la fois, en fonction de la situation.

Concernant le harcèlement, ce mot renvoie à différentes situations et comportements : harcè-lement au travail, dans la rue, chez soi… Il n’y a donc pas une réponse unique, mais des réponses différentes. A chacune de puiser dans la boîte à outils pour faire ce qui lui convient le mieux.

Comme vous le rappelez, contrairement au cliché des agressions qui seraient forcément subies au fond d’un parking glauque, la majorité des cas de violences se passe au sein même des couples et des cellules familiales…

Oui, malheureusement. Ces dernières années, il y a plus de conscience du fait que les femmes peuvent assez fréquemment subir de la violence de la part de proches. Évidemment, les cas de femmes agressées par des violeurs au coin de la rue, par un homme qu’elles ne connaissent pas, existent aussi. Mais ils ne sont pas les plus communs. Par rapport à ces mythes et ces croyances, je pense donc qu’il est important de s’informer sur la question des violences commises par des proches. Pas pour être parano et voir le danger partout, mais pour être moins surprise si cela devait arriver. Être informée permet de moins culpabiliser, en se rendant compte que cela arrive à plein d’autres femmes, et, dans le même temps, cela permet de reconnaître ce type de situations plus tôt et donc d’avoir plus de facilités à s’en sortir.

Votre ouvrage dénonce les discriminations systémiques que subissent les femmes du fait de leur genre, et comment elles intériorisent elles-mêmes certains compor-tements dès le plus jeune âge, du fait d’une socialisation et d’une éducation mettant en place des stéréotypes de genre non fondés du type “Une jeune fille se doit d’être polie, ne doit pas trop l’ouvrir, ne doit pas se battre”, etc. L’un des problèmes de fond est-il donc celui de l’éducation, que ce soit celle des filles ou et bien sûr aussi celle des garçons ?

Le genre se construit dans une interaction. Si on apprenait seulement aux filles comment se défendre ça ne réglerait pas le problème si, en parallèle, on continue à apprendre aux garçons à être bagarreurs, à dominer, etc. Donc je dirai que le problème de source, le fond de la question, est vraiment les rapports de domination. Que ce soit des rapports de domination de genre, de race, etc. Cela va au-delà du problème d’éducation. Et pour mettre un terme aux rapports de domination et à la violence, il faut changer toute la structure de la société.

Que vous inspire l’émergence de #MeToo et #Balancetonporc  ?

De l’étonnement : à chaque fois que des femmes se mettent à parler de ce qui peut leur arriver de façon massive et publique, il y a un grand étonnement, comme si c’était la première fois. Quand vous pensez à la fin des années 1960, où les femmes échangeaient entre elles dans des groupes de conscientisation féministe pour ensuite écrire l’histoire et témoigner en public, c’était la même chose. Aujourd’hui, ce qui est différent, c’est que le média a une portée plus large. Mais à l’époque, parler de leur vécu était l’un des moyens d’action des femmes dans le mouvement féministe. D’ailleurs, dans le mouvement féministe, la source du savoir est l’expérience des femmes. Cela n’est donc pas nouveau, juste le média qui est nouveau, et aussi notre mémoire qui est mauvaise !

C’est super en soi qu’il y ait des moments dans l’histoire où surgit une marée de témoignages, qui permettent la prise de conscience chez les femmes, mais aussi chez les hommes. Mais ce que je vois aussi, c’est que dès que des femmes se mettent à témoigner, il y a tout de suite une réaction anti-féministe qui va décrédibiliser, banaliser, qui va jeter l’opprobre sur les femmes, en décrivant les hommes comme des pauvres victimes des femmes… Et ça non plus, ça n’est pas nouveau !

En tout cas, #MeToo et #balancetonporc me semble être un bon moment pour réfléchir, cher- cher des solutions, pour s’accrocher à cette prise de conscience et demander des change- ments concrets. Mais témoigner seulement n’est pas assez : il faut vraiment changer les cho- ses. Et il faut aussi mettre en place des stratégies de protection de ce mouvement et des femmes individuellement contre ce relent antiféministe qui va arriver automatiquement.

En France, un loi contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles a récemment été adoptée par l’Assemblée nationale. Elle contient notamment la création d’une infraction d’outrage sexiste, censée permettre de sanctionner le harcèlement de rue. Pensez-vous que cette loi va dans le bon sens ?

Des lois qui s’appuient sur le code pénal ne vont jamais résoudre le problème des violences, car le code pénal, en soi, est un instrument qui hiérarchise, qui exclut et qui est donc un instrument de domination – et qui ne pourra pas, a fortiori, changer les rapports de domination. Après, je comprends bien la volonté de faire une action politique, et de marquer le coup comme quoi notre société n’accepte plus le sexisme.

Mais je vois aussi plein d’inconvénients : d’abord, comment le sexisme est défini. Pour moi, il y a plein d’outrages sexistes qui ne se retrouvent pas dans cette définition de l’outrage sexiste. Cela réduit le sexisme à des comportements individuels envers des femmes individuelles. Ce qui ne se trouve pas dedans, ce sont des comportements ou des situations de la part d’institutions sexistes qui touchent les femmes en tant que groupe social. Autre outrage sexiste : les clichés qui sont véhiculés dans les médias. Et puis, cette définition n’inclut pas du tout le sexisme qui peut avoir lieu dans l’espace privé. Pourquoi limiter le sexisme à l’espace public ? En quoi il serait pire que le sexisme que je subis chez moi de la part de mes proches ?

Deuxième problème : est-ce que punir va résoudre le problème ? Quand on regarde les articles du code pénal qui punissent les violences faites aux femmes, comme le viol ou les violences conjugales, cela ne semble pas vraiment fonctionner puisque ça continue… Donc on rajoute encore un article qui, après, ne va pas être appliqué convenablement, et va juste renforcer le sentiment d’impunité qui fait déjà souffrir bon nombre de femmes. Il y a très peu de femmes qui osent porter plainte pour viol, etc., oui, mais c’est parce qu’elles n’ont pas confian- ce dans ce système. Pourquoi elles se mettraient toute tout à coup à porter plainte contre le sexisme ? D’autant plus qu’il y a la question du sexisme de la part même de la police.

Enfin : qui va être puni ? Si l’outrage sexiste consiste en des remarques devant les gens dans l’espace public, la punition va plus concerner les hommes qui sont le plus dans l’espace public, pour des raisons de problèmes de logement, de faibles revenus, d’un manque de loisirs accessibles etc. Ils vont être proportionnellement plus touchés que les hommes plus aisés, qui, eux, investissent moins l’espace public, mais ne sont pas moins sexistes pour autant. Cela renforce au final encore des inégalités existantes, au lieu de résoudre les inégalités de genre. Je suis donc très frileuse en ce qui concerne l’utilisation du code pénal pour résoudre les problèmes sociétaux. Je trouve que c’est le dépannage bon marché que le politique aime bien brandir, car cela ne coûte pas grand chose, au lieu de faire le travail de fond qui permettrait de changer vraiment les réalités sociales.

Comme vous l’expliquez dans le livre, la prévention coûterait in fine moins cher que les mesures prises après que les agressions ont lieu…

Économiquement, la prévention a du sens : si j’arrive à ce qu’une agression n’arrive pas, je ne dois pas payer les frais médicaux, des psychologues pour s’occuper de la victime, la police qui va éventuellement arrêter l’agresseur, la justice, la prison, etc. On est toujours en train de réagir au lieu d’agir. Or cela a du sens politiquement aussi : il y a tant de souffrances que l’on pourrait s’épargner si les violences n’arrivaient pas.

Et, avec l’autodéfense féministe, l’idée est d’agir avant de réagir. Cela serait donc intéressant pour les pouvoirs publics d’investir de l’argent dans cet outil qui a déjà fait ses preuves : il réduit en effet les violences faites aux femmes. L’autodéfense féministe aide non seulement à ce que les femmes confrontées à la violence s’en sortent mieux une fois que la violence est là, mais on voit également que les femmes qui suivent des cours d’autodéfense subissent moins d’agressions. Il y a maintenant des pratiques émergentes, notamment dans les pays du Sud, avec un travail qui se fait au niveau des communautés avec les garçons et les hommes pour changer leurs habitudes, leur mentalité par rapport aux femmes. Bref, que non seulement les femmes sachent mieux se défendre de la violence, mais que les hommes, eux aussi, fassent leur part du travail.

autodéfense (les inrocks) dans Altermondialisme 9782348036255

A l’heure où les femmes sont tous les jours la cible d’interpellations, de harcèlement et d’agres-sions, que ce soit dans l’espace public et privé ou encore au travail, la sociologue et formatrice d’autodéfense féministe Irene Zeilinger propose dans un guide pratique réédité en poche une série d’astuces pour “poser ses limites et se sortir de situations difficiles”. Dans “Non, c’est non » « Petit manuel d’autodéfense à l’usage de toutes les femmes qui en ont marre de se faire emmerder sans rien dire », la fondatrice de l’association belge « Garance » revient également avec verve sur les clichés entourant cette pratique, qui vise avant tout à prévenir les violences et à lutter contre les rapports de domination. Entretien.

Irene Zeilinger, Non c’est non  Petit manuel d’autodéfense à l’usage de toutes les femmes qui en ont marre de se faire emmerder sans rien dire, éd. La Découverte, 266 pages, 10,90 €

https://www.lesinrocks.com/

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30 mai 2018 ~ 0 Commentaire

irlande (npa + al)

dublin

Référendum en Irlande : une grande victoire

De façon massive (66,4% contre 33,6%) les IrlandaisEs ont voté oui à l’abrogation de la clause de la Constitution (le 8e amendement) qui disait que la vie d’un fœtus était aussi importante que la vie de la femme. Cet amendement était le résultat d’un réfé- rendum populaire en 1983 : beaucoup se sont déjà battues et ont attendu cette victoire depuis longtemps.

Il y eu des étapes dans l’évolution de cette Irlande profondément catholique, où 90 % de la population assistait régulièrement à la messe. Le divorce, puis le mariage entre deux person-nes du même sexe ont été approuvés par vote populaire (en 1995 et 2015 respectivement). Il y a eu les scandales sur la pédophilie au sein de l’Église, et sur le traitement des jeunes mères non mariées dans les « Magdalene laundries » gérées par les ordres religieux catholiques.

En ce qui concerne l’avortement, la mort de Savita Halappanavar en 2012, une dentiste indienne à qui on refusait l’IVG qui lui aurait sauvé la vie, sous prétexte que le cœur du fœtus battait, a marqué un tournant.

Depuis 2013 quelque 25 avortements par an ont pu avoir lieu en Irlande, pendant que dix femmes par jour continuaient à partir en Grande-Bretagne pour se faire avorter et quatre autres commandaient les médicaments par internet.

Forte mobilisation

Le vote « oui » a été majoritaire dans tous les secteurs de la population sauf parmi les plus âgées (plus de 65 ans) et dans une seule circonscription, le Donegal dans le nord-ouest. Dans toutes les autres circonscriptions le « oui » a obtenu au moins 55 %, jusqu’à 78 % dans une des circonscriptions de Dublin. La campagne pour le « oui » a mobilisé très largement dans la société irlandaise, avec des coalitions larges d’associations, de partis et de syndicats organi-sant des réunions, des affichages, du porte-à-porte partout dans le pays.

Et les IrlandaisES à l’étranger éligibles pour voter (absents depuis moins de 18 mois) ont également entrepris des longs voyages pour revenir voter oui: d’Australie, du Canada, de Singapour, proposant parfois, quand ils ou elles ne pouvaient pas voyager, d’aider quelqu’un d’autre pour aller voter oui. Les IrlandaisEs sont en outre très massivement venus de Grande-Bretagne où le Syndicat national des étudiants (NUS) et des syndicats d’étudiantEs de certai- nes universités (par exemple Oxford) ont aidé à financer les voyages pour celles et ceux qui voulaient retourner voter.

Une législation en positif

Il faut maintenant une législation en positif. L’engagement du gouvernement, suivant la recom-mandation du comité parlementaire qui s’est penché sur la question, est de légaliser l’IVG à la demande de la femme jusqu’à 12 semaines, et pour raisons médicales jusqu’à 24  semaines. Cette proposition faisait partie du débat pendant la campagne et, même si elle était moins plébiscitée que l’abrogation, elle n’a pas été un obstacle au « Yes » massif.

Le Premier ministre et son ministre de la Santé ont promis d’introduire la loi au Parlement dans les six mois. Il faudra aussi que les moyens suivent et qu’une clause de conscience pour les professionnels de la santé ne devienne pas un obstacle à l’accès à l’IVG pour les femmes. Il faudra également que les TD (membres du Parlement), qui auront un vote libre sur la législation, respectent les vœux de l’électorat. Le leader de Fianna Fáil, Micheál Martin, dont plusieurs des parlementaires, et une grande partie de son électorat, ont soutenu le non, a demandé à ses TDs de respecter le vote populaire.

Du côté du Nord…

Les yeux des Irlandaises se tournent maintenant vers le nord, les six comtés qui font toujours partie du Royaume-Uni, mais où la loi de 1967 libéralisant l’accès à l’avortement n’a jamais été appliquée. Donc les Irlandaises du Nord sont également obligées de faire le voyage vers l’Écosse ou l’Angleterre pour pouvoir pratiquer une IVG.

Ce blocage concernant l’IVG est venu historiquement aussi bien de l’Église catholique (qui a un rôle encore important au Nord NDB) que des protestants intégristes qui dominent le parti le plus important, le Democratic Unionist Party (DUP). Aujourd’hui ce sont les dix parlementaires du DUP élus à Westminster qui permettent la survie du gouvernement de Theresa May. La ministre de l’Égalité et des Droits des femmes du gouvernement May, et ses trois prédéces-seurs, demandent que le Parlement de Westminster vote maintenant l’extension de la loi de 1967 à l’Irlande du Nord, une proposition refusée par le DUP et par May. Les Irlandaises seront peut-être à l’origine de la prochaine crise du gouvernement britannique.

Penelope Duggan

swp

Commentaire: Pour doucher un peu l’optimisme: au parlement du Sud, le DAIL, les trois partis majoritaires, comptent des partisans « Pro Life » du « NON »! Que ce soit Sinn Fein 23 (proche de la FI mais bigot compatible), Fine Gail 50 (ultra libéral) et Fianna Fail 44 (nationaliste de droite).  L’avortement libre jusqu’à 12 semaines (vite passées!) sera dur à obtenir, les femmes ne pouvant compter que sur une partie de Sinn Fein, les Travaillistes 7 (libéraux), les Verts 2 et nos camarades de « People before Profit » 6.

Repeal8thWSMbannerthin

Lire aussi:

Irlande : les anarchistes en campagne pour le « oui » au référendum sur l’IVG (Alternative Libertaire)

Commentaire:

En Irlande, les anarchistes ont réussi à construire et à maintenir une organisation politique qui a un certain poids! Peut-être cela est-il dû au fait qu’elle a, contrairement aux autres anars, espagnols par exemple, toujours eu une analyse correcte de la « Question Nationale Irlandaise » ce qui lui permet d’être anarchiste et républicaine, ce qui ne va pas de soit dans la gauche irlandaise!

Workers Solidarity Movement (Wikipedia)

Site

 

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28 mai 2018 ~ 0 Commentaire

macron humaniste? (jdd)

fille

Annie Ernaux : « La politique macronienne est marquée par un manque d’humanisme »

La lutte a-t‑elle toujours fait partie de votre vie?

La lutte, c’est la vie. Je l’ai appris tôt. Tout est question d’éducation. J’ai été choquée du nom- bre d’enfants présents dans les manifestations contre le mariage pour tous. Il faut se souvenir que c’est une enfant de 12 ans qui a brandi une banane à Christiane ­Taubira. La lutte contre le racisme et l’antisémitisme passe aussi par l’éducation.

Comment vous sentez-vous dans la France d’Emmanuel Macron?

J’ai voté Jean-Luc Mélenchon et je ne le regrette pas. J’adhère à son programme et notam- ment à l’instauration d’une 6è  République, à laquelle je tiens. Je suis vent debout dans la France macronienne. J’étais dans l’attentisme, mais le tournant néolibéral, très ferme, me révolte. On le voit avec la réforme de la SNCF. Je soutiens les grévistes car, malgré toutes les ­dénégations, on s’achemine vers une privatisation.

La « concurrence » est devenue le mot royal. Tout doit être ouvert à la concurrence mais non, tout ne doit pas être ouvert à la concurrence! La politique macronienne est marquée par un manque d’humanisme doublé de beaucoup d’autoritarisme. On met en avant la culture  d’Emmanuel Macron mais, à la lecture de l’entretien donnée à la NRF, j’ai un sérieux doute. N’a-t-il donc rien lu depuis Colette et Giono? N’y a-t‑il donc pas d’écrivains à l’étranger? Emma- nuel Macron est un habile communicant. ­François Mitterrand et Jacques Chirac étaient réelle- ment cultivés, sans communiquer dessus. Il y a chez Emmanuel Macron, dans l’homme et la politique, une grande dureté.

Qu’est-ce qui mène le monde : le sexe, l’argent, le pouvoir? (La lutte ! NDB)

Les jeux de pouvoir mènent le monde. Le sexe devient moins important avec l’âge alors que la soif de pouvoir reste jusqu’au bout, au point, d’ailleurs, de remplacer parfois avantageusement le sexe. Le besoin de domination corrompt tout.

26 mai 2018

Annie Ernaux, auteure des Années, et de Mémoire de fille, qui sort en poche, a construit une œuvre traversée par la lutte des classes et des sexes en résonance avec l’actualité. Elle se confie longuement au JDD. Elle est une admiratrice de ­Simone de Beauvoir et de Simone Veil. Annie Ernaux a connu la consécration avec Les Années (2008), une autobiographie collective et intime couvrant soixante ans de notre histoire, et a devancé l’actualité avec Mémoire de fille (2016), récit sur un rapport sexuel violent l’été de ses 18 ans. L’écrivaine est restée silencieuse ces derniers temps. Elle nous ­reçoit aujourd’hui, dans sa maison de Cergy en région pari- sienne, pour parler littérature et politique. Dans ces deux domaines, elle a toujours fait preuve de persévérance et de cohérence.

https://www.lejdd.fr/

Lire aussi:

Annie Ernaux (Wikipédia)

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25 mai 2018 ~ 0 Commentaire

avortement irlande (collectif + sd + france info + slate)

dublin

Ensemble pour le OUI ! Solidarité avec les femmes irlandaises dans leur combat pour le droit à l’avortement 

Le 25 mai prochain, les Irlandais.e.s pourront voter par référendum pour ou contre la révision du 8ème amendement de la constitution irlandaise. Cet amendement reconnaît le « droit à la vie de l’enfant à naître » à égalité avec le droit à la vie de la femme enceinte, et interdit ainsi l’avortement.

Aujourd’hui, les femmes irlandaises ne peuvent toujours pas choisir d’interrompre une grossesse non voulue! Cela les oblige à prendre le bateau ou l’avion pour aller avorter au Royaume Uni ou à avorter de façon clandestine en Irlande, à leurs risques et périls, notamment celui d’aller en prison !

En votant pour la suppression de cet amendement, les Irlandais.e.s vont enfin permettre aux femmes de leur pays de disposer librement de leur corps. La mobilisation sans précédent de la société civile – citoyen.ne.s et personnalités irlandaises à côté du mouvement « Together  for Yes », composé de plus de 70 organisations, groupes et communautés – montre à quel point cette mesure répond à une demande sociale forte.

Si le « oui » l’emporte, ce serait une étape décisive : l’Irlande pourrait désormais garantir à ses citoyennes, sans restriction, un droit à l’avortement jusqu’à la douzième semaine de grossesse.

Dans un contexte européen et international de menaces pour les droits des femmes (Pologne, Italie, Amérique latine…) et face aux ultra-conservateur.rice.s, les associations réunies au sein du collectif « Avortement libre en Europe : Les Femmes Décident » soutiennent le combat pour la liberté des femmes, de toutes les femmes, à disposer de leurs corps.

L’avortement fait partie des droits humains fondamentaux. Nous devons obtenir la garantie d’un accès universel à ce droit pour toutes les femmes en Europe et dans le monde, notamment à travers la mobilisation des parlementaires européens. Mercredi 23 mai 2018

Communiqué unitaire 

Associations membres du Collectif :

Marche Mondiale des Femmes France, Le Planning Familial, CADAC, Osez le Féminisme, MMF22, Europe solidaire sans frontières (ESSF),  Fasti, Attac France, Union Syndicale Solidaires, CGT, CFDT, FSU, UNEF, Coordination nationale des Comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, EELV, PCF, MJCF, Ensemble, Alternative libertaire,NPA etc

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Repeal the eighth! Defend the Right to Choose! Separate Church and State! ( Socialist Democracy)

« Les femmes qui veulent avorter savent qu’on ne peut rien pour elles » : en Irlande, le désarroi des médecins « pro-choix »(France Info)

En Irlande, «celles qui n’ont pas d’argent ont des bébés» (Slate)

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06 mai 2018 ~ 0 Commentaire

mater guingamp (of + lt + fr3)

Mater

Guingamp. 800 personnes pour sauver la maternité (Le Télégramme)

Samedi après-midi, environ 800 personnes, selon la police, sont descendues dans les rues pour protester contre la possible fermeture de la maternité de Guingamp. Une mesure considérée comme « purement économique » qui pourrait mettre à mal le réseau de soins de proximité.  « Ça commence par la maternité, après peut-être les urgences de Paimpol, et ainsi de suite. C’est un engrenage », déplore Agathe, qui accouchera à Guingamp dans deux semaines. « On est là pour mettre un coup de pression », explique Karen Boualeguel, puéricultrice de la maternité.

« On veut mobiliser la population pour que le service public ne soit pas tué ». L’Agence régionale de santé (ARS) devrait donner sa décision lundi 14 mai.

5 mai 2018

http://www.letelegramme.fr/

hopitla

Guingamp. Un millier de défenseurs de la maternité dans les rues

Si le rassemblement ne semblait pas impressionnant, ce samedi, à 16 h, place de l’Échiquier, il a pris de l’ampleur sur le chemin menant à l’hôpital de Guingamp (Côtes-d’Armor). Ils étaient plus de 1 000 manifestants à crier leur soutien envers la maternité.

« Liberté, égalité, maternité ». Il suffisait de changer deux lettres à la devise de la Répu- blique française pour trouver un slogan clinquant. Et ils étaient nombreux à le scander, ce samedi après-midi. Les syndicats de la CGT, Sud, Solidaires et la CFDT avaient appelé à manifester pour défendre la maternité de l’hôpital de Guingamp, menacée de disparition par l’agence régionale de santé (ARS).

2 500 signatures

Le rendez-vous, à 16 h, a permis de rassembler les manifestants sur la place de l’Échiquier. Si la place ne semblait pas pleine, elle s’est remplie jusqu’au discours de Thierry Perennes, qui parlait au nom du comité de défense santé du pays de Guingamp. « Nous exigeons un maillage territorial qui répond aux besoins de la population », a-t-il lancé, avant d’être salué par la foule, précisant au passage que la pétition avait atteint 2 500 signatures.

Le mouvement s’est poursuivi, à partir de 16 h 30, dans les rues. Banderoles en main, le comité de soutien de l’hôpital a dévalé la place du Champ-au-Roy avant de tourner à droite, rue du Général-de-Gaulle. Le cortège, comportant plus d’un millier de personnes, a remonté la rue jusqu’au centre hospitalier de Guingamp. Sous les chants des manifestants.

« Très contentes et fières »

Une fois arrivés sur le parking de l’hôpital, vers 17 h, un goûter attendait les familles. Les « Allez, Guingamp » habituellement entonné au Roudourou, laissaient place aux « Mater-nité ».

De quoi toucher les premières concernées. « Nous sommes très contentes et fières, souligne Sylvie, 49 ans, auxiliaire de puériculture à la maternité. En fin de compte, on voit que les gens nous soutiennent. On ne pensait pas voir autant de monde.  Sous un grand ciel bleu, quelques femmes enceintes avaient fait le déplacement. Et des dizaines d’enfants accompagnaient leurs parents, brandissant parfois des pancartes. Signe que tout le monde était mobilisé.

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23 avril 2018 ~ 0 Commentaire

nantes (émancipation)

nantes

Militantisme féministe à Nantes

Les droits des femmes, comme les droits des exilé-es sont caractérisés par un discours omni- présent, des productions nombreuses de textes, d’images donnant parfois le tournis. Si dévoi- ler, dénoncer est nécessaire, cela ne suffit pas à faire bouger la réalité concernant l’égalité des droits, en France comme ailleurs. Et ce n’est pas parce qu’il y a davantage de femmes dépu- tées “en marche !”, ce dont s’enorgueillit E.Macron, que les moyens réels permettant de faire avancer les droits sont là.

Au contraire : les centres de planning familial disparaissent dans certaines villes ; les accueils, logements et accompagnements pour les femmes ayant subi des violen- ces sont de plus en plus réduits ; le nombre d’inspecteurs-inspectrices du travail ne permet pas de faire respecter véritablement les règles et lois existantes ; à l’école, lieu essentiel de cons- truction pour l’égalité des droits, les outils, les formations, les professionnel-les (médecins, assistant-es social-es, infirmièr-es) manquent toujours plus…

À Nantes, une petite enquête tend à montrer une vitalité, sur cette question, comme sur d’autres.

Le Planning familial

Le Planning familial, mouvement féministe d’éducation populaire est implanté depuis 60 ans (voir article par ailleurs) et a récemment déménagé, à proximité du tramway et de la Loire. Les baisses de financements ont amené l’association à supprimer une antenne sur quatre dans le département (celle de Clisson) et à réduire l’amplitude d’ouverture (lundi, mercredi, vendredi). Les missions de planification et d’information sont assurées, notamment, par des conseillères conjugales ; des consultations avec médecins et sages-femmes sont proposées, gratuitement pour les mineur-es, il semblerait qu’il n’y ait pas de problème majeur concernant les demandes d’IVG assurées en milieu hospitalier, sauf si les délais sont dépassés (accompagnement pour démarche à l’étranger…). Un des problèmes rencontrés est celui de l’ouverture des droits à la santé, en particulier pour les femmes exilées. Un numéro vert gratuit fonctionne toute la semaine sauf le dimanche, mais au delà de l’écoute, les hébergements, les accompagnements longs, par des professionnel-les, manquent.

L’Espace Simone de Beauvoir

Non loin du Planning, un autre espace, tout à fait spécifique à la ville existe depuis 1992 : l’Espace Simone de Beauvoir Il fait suite à un “espace femmes” existant depuis 1988. Quasi- ment entièrement financée par la municipalité, cette association a des moyens : vaste local lumineux, fonds documentaire, deux jeunes salariées à temps complet depuis janvier, deux autres à temps partiel. À l’origine ses objectifs étaient de “pacifier les relations entre féministes” et de regrouper les 16 associations adhérentes : “espace ressource pour toutes et tous, laboratoire d’idées féministes en faveur de l’égalité femmes-hommes dans tous les domaines.

Des évènements (conférence, exposition, table ronde, concert, projection…) selon des cycles définis dans son projet d’orientation 2017-2018”. Concrètement du 5 mars au 6 avril, beaucoup de propositions : projection-débat du film Hope, conférences avec des invité-es sur “Féminisme et lesbianisme”, ou “La liberté d’être femme et d’en jouir, le clitoris, histoire d’un tabou” , ou encore “La réparation judiciaire, femme et emprise”, “Femmes dans la musique”. Si l’on peut sans doute se féliciter de l’existence de ce lieu d’accueil d’associations qui se veut avant tout un espace de “créations évènementielles, un laboratoire d’idées féministes”, on peut s’interro- ger sur les stratégies communicationnelles de la municipalité qui sont à l’œuvre quand dans le même temps, les situations de femmes seules, brutalisées restent sans réponse institutionnelle.

N’est-il pas, aussi, troublant de voir, à proximité, que l’existence du mémorial de l’esclavage associé à l’espace Delgrès, très subventionné-contrôlé, constituant également, une vitrine – certes utile – n’empêche pas la maire de Nantes d’exiger l’expulsion des exilé-es, laissant des jeunes, des femmes, des hommes, majoritairement d’origine africaine, à la rue. Cela avait été mis en lumière par A. Davis. Venue à Nantes pour l’inauguration elle avait déclaré : “le sort réservé aux exilé-es aujourd’hui est un crime contre l’humanité, comme le fut l’esclavage”. Autrement dit la prise en compte des besoins des femmes, associée à la lutte pour l’égalité des droits, renvoie au “dire”, mais surtout “au faire” !

L’Émancipation syndicale et pédagogique

dimanche 22 avril 2018  Catherine

http://www.emancipation.fr/

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20 avril 2018 ~ 0 Commentaire

magdalene indonésie (global voices)

Le magazine Magdalene offre une plateforme en ligne dédiée aux femmes et aux autres communautés marginalisées d’Indonésie

“Je suis Magdalene. Je représente une multitude de personnes.” Depuis 2013, Magdalene publie des articles qui s’adressent aux adolescentes et aux femmes, aux membres de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre (LGBT) et aux minorités religieuses d’Indonésie.

Ce magazine en ligne a été lancé pour offrir un espace dédié aux auteurs qui souhaitaient s’attaquer aux sujets tabous dans un pays où les radicaux islamistes poussent avec acharne- ment les autorités à  imposer leurs croyances religieuses à la société.

L’Indonésie est le plus grand pays majoritairement musulman au monde. Les principes fondamentaux qui régissent la nation incluent la promotion du pluralisme et de la modération, ainsi qu’un concept d’harmonie entre religions, connu sous le nom de Pancasila.

Magdalene est le fruit de notre vision d’une publication en ligne qui offre des perspectives nouvelles transcendant les limites classiques relatives au genre et à la culture. Nous faisons entendre les voix des féministes, des pluralistes et des progressistes ou tout simplement de ceux qui n’ont pas peur d’être différents, peu importe leurs genres, couleurs ou préférences sexuelles. Notre objectif est d’impliquer et pas de marginaliser.

Les fondatrices de Magdalene sont d’anciennes journalistes : Devi Asmarani, Hera Diani et Karima Anjani. Elles ont indiqué dans une récente interview que leur objectif de départ était de créer un magazine en ligne qui servirait de plateforme de lecture alternative pour les femmes. Asmarani explique plus en détails : Nous souhaitons aborder des questions importantes… des questions progressistes qui bénéficient d’une faible couverture médiatique grand public entre autres parce que les sujets sont tabous.

Cinq ans après sa création, Magdalene continue à publier des histoires dont on parle rarement dans les médias grands publics. Les sujets délicats abordés incluent les LGBT, le pluralisme, la violence sexuelle et le “body shaming” (harcèlement lié à l’apparence physique). Le magazine a acquis une équipe d’auteurs dévoués ainsi qu’une base de lectorat en constante augmentation qui soutient le manifeste du site internet.

Voici ci-dessous quelques commentaires élogieux de la part des lectrices de Magdalene :

L’un des journaux quotidiens en ligne que j’ai toujours lu, en tant que musulmane je trouve le contenu varié très inspirant.

Un article si important !  C’est bon de savoir que je ne suis pas seule dans cette situation. Je suis une féministe et j’ai du mal avec le concept de religion. “Nous remettons en question notre cercle social. Nous ne nous sentons pas à l’aise quant à la façon dont les membres de notre famille, nos proches et nos amis voient le monde.”

Dans une interview, l’auteure Hera Diani a mentionné que depuis peu 30 à 40 pour cent des lecteurs sont des hommes. Elle a ajouté que de nombreux hommes lisant Magdalene ont exprimé leur gratitude pour les articles instructifs publiés par le magazine. Les lecteurs de la communauté LGBT ont également commenté la façon dont les articles de Magdalene ont ouvert leurs esprits sur les comportements paternalistes, misogynes et hétéro-normatifs qui existent encore dans la communauté.

17 Avril 2018

https://fr.globalvoices.org/

Lire aussi:

Le Doing Cafe à Séoul : lieu privilégié pour parler féminisme, un sujet toujours tabou en Corée du Sud (GV)

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19 avril 2018 ~ 0 Commentaire

brest marche blanche (l cause)

arton1465

Brest. Une marche blanche en hommage à la victime du meurtre de Bellevue

Suite au meurtre d’une femme dans le quartier de Bellevue lundi 16 avril 2018, l’association L Cause lance un appel à une marche blanche jeudi 19 avril à 18h30 à Brest.

Lundi 16 avril 2018, un homme tuait son ex-compagne d’un coup de couteau dans le quartier de Bellevue à Brest, sur fond de jalousie. Il s’était alors présenté de lui-même à la police, reconnaissant les faits. Comme le rapporte Ouest France, il a été mis en examen mercredi 18 avril et placé en détention provisoire.

Un hommage

L’association L Cause a décidé d’organiser une marche silencieuse jeudi 19 avril. En hommage à Isabelle, poignardée le 16 avril par son ex compagnon et à toutes les femmes victimes de violences. Le rendez-vous est donné à 18h30 place de la Liberté à Brest. Les participants sont invités à venir munis d’un vêtement ou d’un accessoire blanc.

https://actu.fr/bretagne/

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