Archive | Féminisme

15 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

budget (bastamag)

feminsite

Droits des femmes: «Grande cause nationale » mais budget minuscule

Le téléphone n’arrête plus de sonner. Suite aux révélations du New-York Times accusant le producteur Harvey Weinstein de harcèlement sexuel, les associations qui prennent en charge les appels des victimes travaillent à flux tendu.

Au 39 19, numéro d’écoute national destiné aux femmes victimes de violences, les appels spécifiques au harcèlement sexuel au travail ont doublé.

« Mais cela fait remonter les traumatismes liés à toutes les violences sexuelles, anciennes et récentes », précise François Brié, présidente de la fédération Solidarités femmes qui gère le 39 19.

Au collectif féministe contre le viol (CFCV), qui reçoit des appels au 0800 05 95 95, « nous sommes submergées d’appels, dit Gabriella Bravo, coordinatrice administrative de l’association. À tel point que les salariées ont dû remette à plus tard la rédaction des fiches qui permettent de tracer les récits des victimes, pour pouvoir assurer un suivi d’écoute. » Leur rythme de travail est intense.

Au CFCV, les appels ont doublé en 2016, « et en 2017 ce devrait être encore plus élevé », prédit Gabriella Bravo. « Nous avons actuellement plus de demandes qui arrivent par jour que d’ordinaire par semaine, soit 5 à 6 appels quotidiens », témoigne de son côté Marilyn Baldeck, déléguée générale de l’Association européenne contre les violences faîtes aux femmes au travail (AVFT).

Une hausse en trompe l’œil

Les moyens alloués à ces structures vont-ils augmenter en conséquence ? Hélas non… du moins si l’on en croit le budget 2018 prévu pour le secrétariat d’État dédié à l’égalité entre les femmes et les hommes. La ministre en charge du secteur, Marlène Schiappa, s’est félicitée de l’augmentation de son budget, qui passe de 29,7 millions à… 29,8 millions. Soit une hausse d’à peine 100 000 euros. En pourcentage du budget total, cette « grande cause nationale » plafonne à 0,007%.

« De plus, cette augmentation n’est due qu’à un tour de passe-passe, dénonce la députée socialiste Ericka Bareigts. La hausse apparente est due à l’abondement sur l’une des actions d’une enveloppe de 2,8 millions d’euros auparavant inscrite dans un autre budget.

Le programme affiche donc, sans ce tour de passe-passe, une baisse importante. » Plusieurs actions voient diminuer leurs dotations, comme la « prévention et lutte contre la prostitution et la traite des êtres humains » qui perd 1,8 million d’euros. « Cela fait craindre aux associations une aggravation des conditions de vie des personnes se prostituant. », estime la députée.

Marlène Schiappa a par ailleurs été interpellée par le député LR des Vosges Stéphane Viry sur sa promesse d’exécuter entièrement le budget en 2018 :

« Vous nous dîtes, cette année, faîtes moi confiance, on va tout consommer. C’est la raison pour laquelle Il y aura un effet majeur (sur l’effectivité des actions en faveur de l’égalité femme-homme, ndlr). Mais quelles garanties vous avez qu’il n’y aura pas la mauvaise surprise que beaucoup ont eu en juillet dernier lorsqu’il y a eu cette réserve de précaution qui a amputé un certain nombre de crédits ? » La secrétaire d’État a répondu qu’il fallait… lui faire confiance.

L’égalité femmes-hommes, « grande cause nationale », vraiment ?

Qu’en est-il du côté du budget transversal pour l’égalité entre femmes et hommes ? Selon une analyse du site d’information Les Nouvelles News, il augmenterait au mieux de 25 millions d’euros, et non de 115 millions d’euros comme annoncé par Marlène Schiappa. Le montage comptable décrypté pourrait même aboutir à une simple stagnation de ce budget…

En 2016 déjà, le Haut conseil à l’égalité dénonçait le manque de lisibilité de ces budgets interministériels : « Il est souvent difficile de connaître avec précision la réalité des dépenses en faveur des droits des femmes et de l’égalité qui se cachent derrière de grandes enveloppes globales », regrettait le rapport.

À ces mauvaises nouvelles, il faut ajouter l’inquiétude des associations d’accueil de femmes victimes qui fonctionnent avec des emplois aidés, et le fait que les ordonnances réformant le code du travail menacent la possibilité de dénoncer les violences pour les victimes de harcèlement sexuel. L’égalité femmes-hommes, « grande cause nationale », vraiment ?

 Nolwenn Weiler 14 novembre 2017
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09 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

25 novembre (lutte ouvrière)

25n

25 novembre : contre les violences faites aux femmes

Cette année, la manifestation contre les violences faites aux femmes, organisée par le Collectif national pour les droits des femmes le 25 novembre, aura une résonance particulière.

Après les accusations de harcèlement et viols à l’encontre du producteur Weinstein, suivies d’accusations similaires à l’encontre de nombreuses personnalités, de nombreuses femmes se font entendre. Elles le font malgré le flot d’insultes que certaines subissent, après avoir osé porter plainte contre Tariq Ramadan par exemple. Elles mettent en cause les violences, allant parfois jusqu’au meurtre de femmes, le plus souvent par leur conjoint, compagnon ou ex- amant, qui sont plus d’une centaine chaque année en France. Mais il y aussi tous les actes quotidiens et répétés, gestes, insultes, pressions exercées par des hommes convaincus de leur droit à dominer les femmes.

Cette libération de la parole témoigne de l’ampleur du harcèlement sexuel.

Une femme sur deux dit avoir déjà été victime d’agression sexuelle ou de harcèlement. Une centaine de femmes connues ont décidé de lancer une pétition, adressée au président de la République, pour obtenir un plan d’urgence. Elles demandent le doublement immédiat des subventions aux associations accueillant les femmes victimes, une formation obligatoire de l’ensemble des professionnels en contact avec elles, la création d’un brevet de la non-violence, sur le modèle du brevet de la sécurité routière au collège, la formation obligatoire en entreprise contre le harcèlement sexuel au travail et une vaste campagne nationale de communication.

Pour l’heure, la politique d’austérité du gouvernement ne va pas dans leur sens.

La précarité de la situation de nombreuses femmes et la remise en cause de certaines aides est d’ores et déjà un obstacle pour protéger les victimes contre ceux qui les frappent, les violent ou les insultent au quotidien. Il est vrai que la secrétaire d’État en charge de l’Égalité entre femmes et hommes a annoncé son intention de modifier et de durcir la loi contre les acteurs des violences sexuelles, en ciblant aussi le harcèlement de rue. Mais dans une société d’inégalité, dans laquelle ceux qui disposent de pouvoir, d’argent et de préjugés tentent inévitablement d’en abuser, le changement profond des comportements ne pourra pas résulter uniquement d’une loi.

Une véritable mobilisation est indispensable pour dénoncer ces comportements intolérables et faire progresser la prise de conscience. C’est pourquoi de nombreuses associations, dont le Collectif national pour les droits des femmes, appellent à manifester. Lutte ouvrière se joint à cet appel.

Manifestation à Paris le 25 novembre 14 h 30

Départ : Paris, place de la République

https://journal.lutte-ouvriere.org/

Lire aussi:

L’inégalité progresse

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03 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

11h44 (jdd)

barbies

Depuis 11h44, les Françaises travaillent gratuitement

Pour dénoncer un recul de l’égalité salariale en France, « Les Glorieuses » rappellent qu’à partir de ce vendredi, à 11h44, les femmes travaillent gratuitement. Désormais, les femmes travaillent gratuitement. Depuis ce vendredi 3 novembre, à 11h44 (et 9 secondes précisément), les Françaises sont à la tâche bénévolement et ce jusqu’à la fin de l’année, selon les calculs des Glorieuses, newsletter féministe.

Payées 15,8% de moins que les hommes.

« En étant payées 15,8% de moins que les hommes (selon les chiffres d’Eurostat), les femmes travaillent ‘gratuitement’ pendant 39,7 jours ouvrés. En d’autres termes, s’il y avait une égalité des salaires en France, elles pourraient s’arrêter de travailler le vendredi 3 novembre 2017 à 11h44 et gagner autant sur l’année 2017″, expliquent Les Glorieuses sur leur site. Eurostat, organisme de statistiques de l’Union européenne, fonde ses données sur la différence de la moyenne horaire brute de rémunération entre les femmes et les hommes, tous secteurs éco- nomiques confondus. Les chiffres ont été actualisés sur la base des salaires perçus en 2015.

Un « recul de l’égalité salariale ». Les Glorieuses dénoncent ainsi un « recul de l’égalité salariale en France » : « cet écart de rémunération est plus important que celui de la dernière étude d’Eurostat ». En 2016, les Françaises ont en effet commencé à travailler ‘bénévolement’ à partir du 7 novembre, soit quatre jours plus tard que cette année.

Campagne d’affichage. Si l’année dernière, des centaines de femmes avaient investi la place de la République à Paris, il n’en sera rien cette année. Déjà fortement mobilisées suite aux révélations d’agressions sexuelles en cascade depuis l’affaire Weinstein, Les Glorieuses n’ont pas prévu de rassemblement vendredi dans la capitale, explique-t-on à Europe1.fr. Seul une mobilisation est prévue à Toulouse. Toutefois, une campagne d’affichage est déployée pour la journée dans de nombreuses stations du métro parisien.

03 novembre 2017

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30 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

pma (alternative libertaire)

pma

La PMA pour toutes : c’est reparti pour un tour ?

L’annonce par le gouvernement de l’ouverture en 2018 de la PMA aux couples de deux femmes et aux femmes seules a déjà entrainé l’accaparement de l’espace médiatique par les réacs de la Manif pour tous.

Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, a annoncé le 12 septembre que le gouvernement ouvrirait en 2018 la PMA aux couples de deux femmes ainsi qu’aux femmes seules.

Etendre ce droit au-delà du couple hétérosexuel était une promesse de campagne de Macron.

On se souvient malheureusement qu’en 2012-2013, quand Hollande et son gouvernement avaient timidement ouvert le mariage à tous les couples, toutes les voix conservatrices et homophobes du pays s’étaient unies sous la bannière de la Manif pour tous, qui avait atteint une capacité certaine à peser dans le débat public.

Déjà, le gouvernement avait promis la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de lesbiennes, mais avait reculé face au lobbying agressif de la Manif pour tous.

Le débat avait ouvert une boîte de Pandore, et les homophobes s’étaient crus autorisés à déverser leur haine dans l’espace public. Comment aurait-il pu en être autrement ? Les débats avaient traîné en longueur, le gouvernement avait repoussé l’examen de la loi et multiplié les déclarations «  d’apaisement  » qui ne servaient en fait qu’à conforter les réactionnaires [1].

Ménager les conservateurs

Un scénario semblable se profile avec l’annonce de Schiappa. En effet, dès que l’information a commencé à tourner, la Manif pour tous et ses copains ont accaparé l’espace médiatique au son d’arguments tantôt homophobes, tantôt soi-disant protecteurs des femmes (en réalité paternalistes). La brèche est ouverte.

Macron considère que la manière dont ont été menés les débats sur le mariage pour tous est une des «erreurs fondamentales  » du quinquennat précédent, et souhaite «parler et partager les désaccords» afin de ne pas «humilier» les opposants.

Mais qui est humilié.e  ?

Qui est agressé-e verbalement et physiquement dans la rue  ? Qui est viré.e de chez lui ou elle à l’adolescence car ses parents ont découvert son homosexualité  ? Qui est discriminé.e à l’embauche à cause de son orientation sexuelle  ? Les personnes lesbiennes, gays, bi. Quand il s’agit de casser le Code du travail, Macron veut légiférer rapidement mais quand c’est pour l’égalité des droits, le temps est plutôt à la lenteur et à la liberté d’expression pour toutes les haines et intolérances.

Nul doute que Macron souhaite s’octroyer les grâces des personnes lesbiennes, gays, bi, trans (LGBT) tout en ménageant les conservateurs. La Manif pour tous dit le tenir en horreur, ayant milité pour Fillon pendant la campagne présidentielle, mais ils savent qu’ils ont de puissants relais au sein du gouvernement. Des ministres sont proches de la Manif pour tous (Darmanin et Lemoyne par exemple).

Entraver les avancées sociales

Schiappa a déjà rétropédalé, annonçant que 2018 ne serait que l’année où un calendrier serait fixé, tandis que Collomb estime le sujet «  non prioritaire  ». La communauté a donc dû subir un nouveau flot d’injures de la part de la Manif pour tous pour… rien  ! Macron ne donnera aucun droit gratuitement, et cet épisode n’est qu’un avant-goût du rapport de force qui attend les militantes et militants LGBT. Comme toujours, c’est dans la rue que se gagneront de nouveaux droits !

Adèle, (AL Montreuil) 29 octobre 2017

http://alternativelibertaire.org/

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27 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

écriture inclusive (le monde + france inter)

acad

En trois siècles et demi d’existence, l’Académie a beaucoup travaillé à masculiniser le français. Porte­-bannière des partisans du « genre le plus noble », ce vestige de la monarchie absolue mène depuis le milieu des années 1980 une croisade contre la « féminisation », en dépit des besoins langagiers d’une société où l’égalité des sexes progresse, en dépit, surtout, des logi- ques de la langue française et des évolutions à l’œuvre dans les autres pays francophones.

Sans se soucier de remplir le rôle pour lequel l’entretiennent les contribuables, les Immortel·les en habit vert campent sur des positions purement idéologiques, en proférant des sentences qui se veulent paroles d’Évangile alors qu’elles vont à rebours des dynamiques du français. Les « Quarante », il est vrai, ne sont ni grammairiens, ni linguistes, ni philologues – et pas toujours écrivains.

Ce livre retrace cette guerre de trente ans, menée à coup de déclarations aussi péremptoires qu’infondées, réactionnaires et sexistes, face auxquelles les protestations n’ont pas manqué. Il permet également de faire le point sur les objets de ces controverses, et de comprendre pourquoi la France a fini par entamer sa « révolution langagière »… envers et contre les avis des Messieurs-Dames du Quai Conti.

https://www.babelio.com/

http://www.univ-lyon2.fr/

http://www.academia.edu/

corse

L’Académie française met en garde contre le « péril mortel » de l’écriture inclusive

Dans un communiqué, les Immortels jugent que l’écriture inclusive « aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression ».Une charge lourde contre l’écriture inclusive. « A l’unanimité », les membres de l’Académie française lancent, dans un communiqué diffusé jeudi 26 octobre, « un cri d’alarme » contre l’utilisation de ce type de graphie qui prône des règles grammaticales plus neutres, en rendant visibles en même temps le féminin et le masculin. Exemple : « Les candidat·e·s à la présidentielle. »

Pour les Immortels, l’écriture inclusive, promue notamment par des mouvements féministes, « aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité ».

« On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture, visuelle ou à voix haute et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs. »

« Devant cette aberration “inclusive”, la langue française est en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures », poursuivent-ils. « Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète. »

« Egalité des sexes »

Si l’expression « écriture inclusive » est assez récente, la réflexion a été amorcée il y a une vingtaine d’années autour de l’idée de neutralité dans l’écriture. Ce n’est que récemment que l’usage de cette graphie, longtemps cantonnée aux mouvements féministes, a commencé à s’élargir et à apparaître dans le débat public. Notamment depuis qu’elle a été encouragée par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE), qui publiait dès 2015 un guide pratique « pour une communication sans stéréotype de sexe », soulignant :

« Une langue qui rend les femmes invisibles est la marque d’une société où elles jouent un rôle second. C’est bien parce que le langage est politique que la langue française a été infléchie délibérément vers le masculin durant plusieurs siècles par les groupes qui s’opposaient à l’égalité des sexes. »

Inspirées des recommandations du HCE, les éditions Hatier ont franchi le pas cette année en publiant le premier manuel scolaire en écriture inclusive. Ce choix a suscité la polémique. Cette graphie pourra en tout cas être utilisée plus facilement par ceux qui le souhaitent à partir de 2018, puisque le « point milieu » viendra rejoindre les touches de nos claviers, selon l’Afnor. L’organisme précise toutefois que cet ajout avait été pensé au départ pour certaines langues régionales.

LE MONDE | 26.10.2017

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26 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

#me too (npa + libération)

une

Construire un mouvement de masse contre les violences faites aux femmes

L’affaire Weinstein aura créé un véritable buzz médiatique qui en France est en train de se transformer pour devenir une initiative de rue et militante. Nous en parlions la semaine dernière dans nos colonnes : les #BalanceTonPorc et #MeToo ont pris une ampleur importante sur les réseaux sociaux, permettant de faire prendre conscience du problème structurel des violences faites aux femmes et empêchant les hommes de fermer encore les yeux sur celles-ci.

De #Metoo à #Wetoogether

Cette visibilité, si elle ne pouvait être que bénéfique, manquait toutefois d’un caractère militant : comment passer d’une dénonciation individuelle à la construction d’une lutte collective ?

Cette transformation est en train de se faire, puisque des rassemblements sont appelés ou en train de l’être dans de nombreuses villes de France :

Paris, Lyon, Montpellier, Nantes, Marseille. Si l’initiative est au départ individuelle, elle a rapidement trouvé un écho collectif et une dynamique militante est en train de se mettre en place : collage d’affiches, animation de la place de la République dimanche prochain.

Sur le modèle de ce qui avait été fait par les militantes italiennes de Non Una Di Meno (« Pas une de moins »), le mot d’ordre est #Wetoogether : contraction de « nous aussi » et « nous ensemble ». À moins d’un mois du 25 novembre, Journée internationale contre les violences faites aux femmes, il est possible et indispensable de construire un mouvement massif sur cette question qui a trouvé un écho à l’international ces dernières années (Argentine, Italie, Inde,…)

Des problèmes qu’il faut résoudre…

Si ces rassemblements sont très positifs et offrent enfin la possibilité de créer un mouvement qui sortirait des divisions du mouvement féministe, il nous faut pointer les problèmes qui, s’ils persistent, pourraient empêcher la construction d’un mouvement qui soit massif.

Le premier est le lien avec le mouvement féministe.

Ce n’est pas un secret : ce mouvement est, en France, très divisé, avec d’un côté le mouve- ment féministe structuré issu des années 1970 et, de l’autre, des organisations radicales, et souvent l’impossibilité à agir ensemble (deux manifestations le 8 mars, par exemple). Mais cela n’en fait pas un mouvement inexistant, ni qu’il faudrait balayer d’un revers de la main. Ainsi le mouvement issu des années 1970, s’il s’est trop instutionnalisé, a des liens forts avec le mouvement ouvrier, notamment syndical, et mène un travail essentiel dans l’accueil de victimes de violences. D’ailleurs, dans certaines villes, ce sont ces cadres déjà existants qui appellent au rassemblement, comme à Marseille où le rassemblement est appelé par le collectif 13 Droit des femmes.

Le deuxième problème, et pas des moindres, est le cloisonnement de l’organisation de ces rassemblements.

Il est difficile de s’en emparer et de créer une dynamique réellement collective pour le moment, toutes les décisions sont prises par en haut avec des systèmes de référentEs pour à peu près toutes les questions. Pour construire un mouvement de masse qui soit collectif et durable, et non un mouvement ponctuel initié d’en haut, il faut absolument développer des structures d’auto-organisation : assemblées générales, collectifs de quartiers, etc.

Enfin, le dernier problème est l’idée de rassemblement « apartisan », qui n’est pas la même chose que ce qu’on appelle mouvement autonome : autonome des organisations du mouve- ment ouvrier certes, mais évidemment pas autonome de la lutte des classes…

Ces trois problèmes doivent être résolus, en permettant l’unité du mouvement féministe autour des rassemblements du 29 octobre, avec en perspective la manifestation du 25 novembre, en favorisant l’auto-organisation et, enfin, en faisant le lien entre oppression des femmes et lutte des classes. Ainsi, nous pourrons vraiment dire « nous toutes ensemble ».

Lundi 23 octobre 2017  Mimosa Effe

https://npa2009.org/

metto

Rassemblements #Metoo dans la rue: une semaine de mobilisation dans l’Hexagone

Loin d’être cantonnée aux réseaux sociaux, la mobilisation des victimes de harcèlement et de violences sexuelles a d’ores et déjà commencé à se concrétiser dans la rue. Des rassemblements sont organisés dans le monde entier depuis quelques jours et à partir de ce mercredi en France.

La vague de témoignages et de mobilisation qui a déferlé sur les réseaux sociaux à la suite des révélations de l’affaire Harvey Weinstein ne s’est pas arrêtée aux fils d’actualité Facebook et Twitter. Partout dans le monde, des manifestations pacifistes sont organisées sous différentes formes afin de dénoncer de façon concrète et visible le harcèlement et les violences sexuelles. A Singapour ou encore Stockholm, des victimes ainsi que leurs soutiens sont déjà descendus dans la rue il y a quelques jours et de nombreuses autres villes vont leur emboîter le pas dans les semaines à venir comme New Delhi, Houston, Los Angeles, Toronto ou encore Bristol.

Le point d’orgue dimanche

La France n’est pas en reste et cette semaine sera marquée par la tenue de différents rassemblements. A l’initiative de Carol Galand, un événement #MeToo dans la vraie vie a été créé sur Facebook voilà une semaine. Le rassemblement, prévu dimanche 29 octobre, à 15 heures, place de la République à Paris a rapidement suscité l’intérêt au-delà de la capitale. Sur le même principe, d’autres mobilisations ont donc été lancées dans l’Hexagone.

Les premières auront lieu ce mercredi à Rennes (place de la mairie) et à Dijon (place Darcy), à 18 heures. Le lendemain à la même heure, ce sera au tour des Nantais de se rassembler, place du Bouffay.

En écho à la manifestation de Paris, la plupart des autres villes organiseront leurs rassemblements dimanche 29 octobre :

Lyon (place Bellecour, à 14 heures),

Montpellier (Place de la Comédie, à 15 heures),

Lille (Place de la République, à 15 heures),

Marseille (L’Ombrière du Vieux port, à 16 heures),

Toulouse (Allées Jean-Jaurès, à 14 heures),

Besançon (Place de la Révolution, à 15 heures) et

Pointe-à-Pitre en Guadeloupe (place de la Victoire, à 14 heures).

25n

Nice a pour sa part opté pour la date symbolique du samedi 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Marlène Thomas  25 octobre 2017

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20 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

porcs (npa)

cochons

#BalanceTonPorc et la force des femmes

Dans la foulée de l’affaire Weinstein, dont nous vous parlions hier, un hashtag a fait son apparition sur Twitter le vendredi 13 octobre, lancé par la journaliste Sandra Muller : #balancetonporc, en suggérant à chaque femme l’utilisant de raconter son histoire et le nom de son (ses) agresseur(s). Ce hashtag a été extrêmement suivi et des milliers de femmes se sont mises à raconter agressions, violences subies, harcèlement au travail et dans la rue.

Certains éditorialistes et certaines personnalités politiques ont été rapides à condamner cette chasse aux sorcières.

Ils ont expliqué que cela pouvait avoir des conséquences disproportionnées. Et si elles men- taient ? Et si elles profitaient de cet instant rare de libération de la parole des femmes pour dénoncer le voisin qu’elles n’aiment pas ? Et si ?

Pour toutes les femmes victimes de violences, l’argument est connu et même reconnu. Le soupçon est toujours de mise. Tant de barrières sont là pour empêcher de parler, de dire, de raconter les violences. Quand on raconte enfin, il faut supporter la mise en culpabilité : qu’avons-nous fait pour provoquer ça ?

N’oublions pas les chiffres qui, s’ils ne parlent pas d’eux-mêmes, permettent de mesurer l’ampleur du phénomène : 84 000, c’est le nombre de femmes qui chaque année subissent de violences sexuelles en France. 90% connaissent l’agresseur. 10% portent plainte. En 2014, seuls 5139 hommes ont été condamnés.

Not All Men

Natacha Polony a fait fort, s’inquiétant que ce hashtag brime les hommes dans leur sexualité : « Je ne voudrais pas que ce discours tourne comme souvent, que tout homme qui essaye d’exercer une séduction est potentiellement un agresseur» a-t-elle ainsi déclaré sur France Inter le 16 octobre. Elle évoque un glissement dans le discours des féministes. Vraiment ? Là aussi, certains rappels sont nécessaires, au sujet du traitement médiatique des violences conjugales ou de la culture du viol dans le cinéma et la publicité. Mais malgré tout l’argument revient souvent : il ne faudrait pas criminaliser les hommes, les féministes veulent criminaliser tous les hommes et stigmatiser tous les hommes comme des agresseurs potentiels.

Il va bien falloir ouvrir les yeux. Ces milliers de tweets, de posts Facebook, ces milliers de femmes qui racontent… il a bien fallu des hommes pour les agresser, pour les violer ! Ces milliers de messages qui brisent enfin le silence montrent que ces hommes qui agressent, qui harcèlent, qui violentent, ne sont pas des exceptions, des individus isolés, mais bien un problè- me structurel. Ce problème, c’est le système patriarcal qui éduque les hommes à dominer les femmes, à se penser supérieur, à considérer les femmes comme des objets, à se les appro- prier, à les agresser. Les hommes qui agressent ne sont pas des exceptions.

Il faudra retenir la position de Jean-Marc Proust sur Slate qui offre une réflexion plus intéres- sante en réponse à ce « Not all men » : « Je suis coupable, nous sommes, les mecs, coupa- bles. Certes, je n’ai pas commis d’agression sexuelle. Mais je sais qu’à maintes reprises je n’ai pas été à la hauteur. En lançant parfois une blague salace, parce que je ne résiste jamais à un bon mot, et qui s’avérait déplacée. Ou bien en me murant dans le silence lâche, ou même le sourire honteux et facile, lorsque fusaient une remarque sexiste, une insulte, une proposition limite. »

Une question d’orientation

Ce #balancetonporc a eu quelque chose d’incroyablement positif : montrer, rendre visible un problème structurel. Il a permis aux hommes de ne plus pouvoir se cacher derrière des excuses. Il a permis d’ouvrir les yeux. Il a permis aux femmes de parler, de ne plus se taire, de prendre conscience qu’elles ne sont pas seules, de leur force collective en tant que femmes.

Cependant, il faut discuter de ce hashtag, de son positionnement politique, de ses conséquences, car dénoncer ne suffit pas. Il faut se battre et proposer une orientation féministe pour reconstruire un mouvement de masse contre les violences. Ce hashtag pose plusieurs problèmes que nous résumerons en trois points :

1°) Il ne faudrait pas fuir la réalité : les hommes qui agressent ne sont pas des « porcs ». Ce sont des agresseurs, des violeurs, des harceleurs. Ce sont des hommes construits par le système patriarcal. Ce mot de « porc », qui tend à souligner une « animalité » distincte de « l’humanité », voire une  « monstruosité » permet de mettre une distance en eux et nous, nous faisant oublier que ce sont notre entourage, notre frère, notre pote, notre fils, notre père, un militant…

2°) La libération de la parole est une chose importante pour toutes les femmes, mais il y a une nette différence entre le faire dans un cadre non-mixte et sur les réseaux sociaux, spécifiquement parce que le cadre non-mixte permet de savoir à qui s’adresse cette parole dans une première phase de prise de conscience et, dans une seconde phase, que cette prise de conscience provoque une mise en action : se battre, manifester, construire un mouvement de masse pour changer de société

3°) Balancer un nom n’est jamais anodin et il faut bien y réfléchir. D’abord parce que cela peut mettre en danger une victime qui ne s’y est pas préparée. Les soutiens de la victime qui dénoncent sont ici virtuels. Les conséquences que cette dénonciation provoquera sont difficilement gérables pour la victime, elle ne maîtrisera plus sa propre affaire. Les méthodes qui seront employées ne seront pas forcément celles qu’elle souhaite.

Il faut cependant nuancer : ce hashtag a rapidement mué en une dénonciation sans nom, juste pour dire « moi aussi ». Un hashtag qui est d’ailleurs apparu sur Facebook le lundi 16 octobre #MeToo, avec un copié/collé permettant de montrer que c’est un problème structurel et non une question d’individu.

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Cette déferlante sur les réseaux sociaux doit se concrétiser par une transformation militante!

Mettre en action les femmes contre les violences, comme cela a été le cas en Argentine et en Italie avec des mouvements de masse « Ni Una Menos »/ « Non Una Di Meno ». Il faut trans-former cette prise de conscience en une force collective, visible dans la rue. Le 25 novembre, Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, sera en cela une date importante à construire. Mais parce que c’est d’un problème structurel dont on parle, c’est bien ce système que nous devrons renverser !

Mimosa Effe Mardi 17 octobre 2017

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Cantat, Weinstein, la culture et l’idéologie dominante (NPA)

Balance ton porc, chasse à l’homme ou chasse aux femmes? (Slate)

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19 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

me too (rennes)

rennes

Depuis quelques jours, c’est un déferlement de témoignages sur les réseaux sociaux répondant au hashtag #metoo. Moi aussi. Nous aussi. Nous subissons et avons subi des violences sexuelles : harcèlement sexuel sur nos lieux d’études ou de travail, agressions sexuelles, viols. Nous ne sommes pas des cas isolés, bien au contraire.

Alors que la parole se libère sur les violences sexuelles quotidiennes – y compris au sein de la famille et dans nos cercles de proches, retrouvons nous (in real life) pour montrer à quel point nous sommes nombreux•ses à vivre ces violences et à quel point nous sommes prêt•es à protester, résister, attaquer la loi du silence et l’impunité !

En écho à l’appel spontané de Paris, Rendez-vous mercredi 25 octobre à 18h place de la Mairie.

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16 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

écriture (npa)

soviet

En défense de l’écriture inclusive

La polémique est lancée… Les féministes entreprendraient la défiguration de la langue françai- se par l’écriture dite « inclusive ». Partout, on entend parler d’agenda idéologique, on entend dire que la langue est comme elle est, ou encore que ce n’est pas la priorité. Cette polémique en rappelle une autre : celle de la réforme de l’orthographe. Il y a un peu plus de deux ans, nombreux et nombreuses avaient ainsi tiré à boulets rouges sur Najat Vallaud-Belkacem en raison de la mise en place d’une réforme de l’orthographe qui datait en réalité… de 1990. Alors pas touche à la langue ?

L’écriture inclusive : késako ?

Tout d’abord, il faut préciser ce qu’on entend par écriture inclusive. Loin d’être une nouveauté, cela fait plus d’une vingtaine années que les chercheuses et chercheurs y réfléchissent et qu’elle est utilisée dans différentes structures politiques, syndicales ou associatives. Elle est par exemple la norme dans nos publications, que ce soit sur le site internet ou dans le journal du NPA, même s’il peut y avoir des oublis et parfois des difficultés. Nous sommes loin d’être les seulEs à utiliser cette graphie, elle est aussi beaucoup par Solidaires.

Au début des années 2000, on utilisait beaucoup le (e) mais, parce qu’il n’était pas question de mettre les femmes entre parenthèses, on est assez rapidement passé au E majuscule, qui a l’avantage de simplifier la lecture et l’écriture par rapport au ·e ou · « marque du féminin », plus en vogue dans les milieux universitaires. Le E majuscule ou marque du féminin majuscule a bien entendu une raison politique : celle de mettre en avant la visibilisation des femmes.

À cette problématique s’ajoute celle des métiers à féminiser où, là encore, le conservatisme est tenace.

Est-il du fait de la langue française, comme le prétendent certains ? Rien n’est moins sûr, puisque dans divers pays et régions francophones comme la Belgique ou le Québec, les noms de métiers sont largement féminisés depuis une vingtaine d’années tandis que la France traîne toujours la patte avec ses « Madame le Sénateur » ou « Madame le Procureur ».

Rappelons aussi que ce sont pour les fonctions prestigieuses qu’il y a des difficultés à féminiser. Pour « institutrice » et « infirmière », aucun problème !

Alors, auteure ou autrice ? Pour l’instant, les règles de l’écriture inclusive sont mouvantes et encore peu codifiées. Mais là aussi, il faut se rappeler qu’avant la Renaissance la langue française était extrêmement changeante et que ce sont les habitudes et les conventions qui l’ont construite. Aussi peut-on trouver 4 ou 5 orthographes différentes d’un mot dans des textes écrits au Bas Moyen Âge.

L’écriture inclusive est donc, pour résumer, l’ensemble des procédés visant à ne pas marquer une domination des hommes sur les femmes par le biais langagier. En gros, en finir avec cette règle arbitraire et sexiste selon laquelle « le masculin l’emporte avec le féminin ».

Depuis que le débat est lancé dans les médias mainstream, on a pu entendre nombre d’argu- ments contre ce type d’écriture. Nous en résumerons ici trois, qui sont le fait d’hommes repré- sentant des vecteurs de l’idéologie dominante : l’Éducation nationale, les intellectuels pour médias et l’Académie française.

« Je ne suis pas certain (…) qu’on facilite l’apprentissage quand on généralise ce type d’usage » Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale

Selon le ministre, l’Éducation nationale ne pourrait pas intégrer l’écriture inclusive car cela empêcherait de faciliter l’apprentissage du français. Une fois de plus, « l’apprentissage du français » a bon dos ! S’il s’agissait d’une préoccupation majeure, on se demande pourquoi il a fallu plus de 20 ans à l’Éducation nationale pour commencer à réfléchir à intégrer une réforme orthographique qui devait précisément « faciliter » cet apprentissage. Derrière les déclarations hypocrites, il y a en réalité une volonté consciente et maintenue de ne pas faciliter l’apprentissage et l’usage de la langue.

Chaque pas fait pour que la langue permette à chacunE de pouvoir s’exprimer reçoit de vio- lents tirs de barrage, y compris de la gauche. La langue porterait « l’histoire d’une nation ». Il est certes vrai que la langue porte une histoire. Mais le problème est que cette histoire est celle de la domination, celle du pouvoir. L’histoire moderne de la langue française est celle d’une langue qui en écrase d’autres, les langues « régionales » parfois appelées avec mépris « dialectes »( plutôt « patois » comme Macron Note du blog), comme si elles n’étaient pas de vraies langues, et que l’on interdisait dans les cours de récréation.

La langue française est en outre une langue qui a été largement modifiée à l’écrit pour la rendre « noble ». Ainsi, à partir du 17e siècle, de nombreux de mots latins et grecs ont été réintroduit dans la langue afin qu’elle puisse être celle de l’élite, quitte à créer des mots doublons.

L’histoire de la langue française montre un réel conservatisme dans son usage à l’écrit : la langue est un instrument de domination, surtout dans la manière de l’apprendre, et c’est un outil de discrimination et de sélection sociale1. Un « modèle » qu’il faut remettre en cause.

« Agression de la syntaxe par l’égalitarisme », Raphaël Enthoven, pseudo philosophe

La langue, la culture et l’écriture ne sont pas figées dans le temps, elles ne sortent pas ex nihilo avec des règles neutres et objectives qui se seraient imposées spontanément. Au con- traire, la langue française est bel et bien le produit d’une idéologie, de dynamiques culturelles, mais aussi des rapports entre les classes et entre les peuples. Il ne faudrait par exemple pas oublier que la langue française a été un outil de la colonisation, et que la dézinguer en se la réappropriant a été un acte de résistance (par exemple pendant le mouvement littéraire de la Négritude).

Il est clair que ce que Raphaël Enthoven appelle « égalitarisme », et ce que nous appelons pour notre part féminisme, a un agenda idéologique :

Celui d’une lutte pour gagner une hégémonie culturelle. L’écriture inclusive est un acte militant. Pourtant nombreux et nombreuses sont celles et ceux à gauche qui veulent nous inviter à revoir nos priorités : « est-ce vraiment le plus urgent ? » Probablement pas. C’est moins urgent que le droit à l’IVG pour touTEs, moins urgent que d’obtenir la PMA, moins urgent que les femmes qui sont battues et violées. Sauf que le système d’oppression s’appuie sur l’idéologie dominante et que celle-ci est diffusée et maintenue, entre autres, par le biais de la langue.

Penser la langue, permettre de la transformer, pour qu’elle soit la nôtre c’est permettre de se réapproprier une culture.

C’est dans ce sens que Trotsky écrivait, dans Littérature et Révolution en 1924, ce qui suit : « Cependant, même si les problèmes élémentaires de la nourriture, du vêtement, de l’abri et aussi de l’éducation primaire étaient résolus, cela ne signifierait encore en aucune façon la victoire totale du nouveau principe historique, c’est-à-dire du socialisme. Seuls un progrès de la pensée scientifique sur une échelle nationale et le développement d’un art nouveau signifie- raient que la semence historique n’a pas seulement grandi pour donner une plante, mais a aussi fleuri. »

« Ce n’est pas à la langue de changer les mentalités » Michael Edwards, académicien

On terminera sur cette citation de l’académicien français Michael Edwards. Nous pouvons lui donner raison sur cette phrase. Oui, il est vrai que ce n’est pas à la langue de changer les mentalités. Oui, il est vrai que ce n’est pas à l’Académie française de changer les mentalités. Et heureusement ! Qu’attendre de l’Académie lorsque l’on sait qu’il aura fallu attendre 1980 pour voir la première femme y siéger, et lorsque l’on sait qu’aujourd’hui sur 40 sièges, seuls 4 sont occupés par des femmes ?

Mais n’en déplaise à l’académicien : les langues évoluent en les parlant, justement parce que ce sont des langues vivantes et, si elles ne changent pas les mentalités, ce sont bien les mentalités qui les changent. Et ces dernières sont bien le produit des rapports de forces sociaux, politiques et idéologiques entre les classes.

Mimosa Effe Vendredi 13 octobre 2017

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15 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

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