Archive | Féminisme

15 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

rennes effrontées (bzh femmes)

Comment et pourquoi devient-on féministes aujourd’hui quand on est une jeune femme de moins de trente ans ?

Marianne – Je n’avais pas du tout conscience de la portée collective et politique du féminisme. Mais en faisant des études dans le travail social, j’ai dû faire un dossier sur les dispositifs publics mis en place contre les violences faites aux femmes. Pendant mes recherches, j’ai été interpellée par la manière dont c’était toujours systémique, avec les mêmes procédés, la même manière de faire.

Puis c’est en militant politiquement que j’ai commencé à avoir des échanges et des formations sur le féminisme et que je me suis rendu compte que c’était un vrai sujet politique. Pourtant, ce n’est pas si consensuel qu’on le pense même dans les milieux militants ; c’est ça qui m’a donné envie de m’engager !

Elsa - Quand j’étais au collège j’ai eu une très mauvaise image du féminisme. J’avais une prof qui se revendiquait féministe qui nous avait interpellées en cours en nous demandant si nous voulions avoir des enfants plus tard. Les filles des deux premiers rangs, qui étaient toutes de bonnes élèves, avaient levé la main pour dire qu’elles voulaient des enfants et même en avoir trois, quatre, cinq ! Et moi, notamment, je voulais avoir trois ou quatre enfants !

Et la prof nous avait grondées, nous disant que ce n’était pas normal, qu’on étaient des jeunes femmes du 21ème siècle et qu’il fallait penser à nous d’abord pas à avoir des enfants. Rétros-pectivement, je me rends compte que son propos était contre productif parce qu’elle parlait à des enfants qui se disaient que c’est chouette d’avoir une famille mais j’avais gardé cette image très négative.

Et c’est au moment des débats autour de la loi pour le mariage pour tous, que j’ai commencé à me poser des questions sur la sexualité, le genre, etc. J’avais 18/19 ans à ce moment-là et je suis allée voir des ami-e-s militant-e-s et au fur et à mesure de mes échanges avec ces gens-là je me suis rendu compte que j’avais une approche un peu essentialiste des différences hommes femmes, j’ai commencé à déconstruire tout ça et à voir comment ça impactait ma vie, ma vie de couple, mes rapports aux institutions, mes rapports avec mes profs, le monde du travail, etc. et c’est comme ça que je suis devenue féministe !

Pourquoi militez-vous au sein des Effronté-es ?

Marianne - Il n’existe que deux antennes locales des Effronté-es en France : Rennes et Strasbourg. J’ai lancé la dynamique à Rennes il y a à peu près un an et demi et j’ai été vite rejointe par d’autres filles.

J’étais en accord évidemment avec le fond ; il me semblait intéressant de porter une vision politique du féminisme qui soit intersectionnelle c’est-à-dire qu’on considère qu’il y a plusieurs oppressions qui agissent en même temps et donc qu’il faut agir de front pour lutter contre toutes ces oppressions sans faire de hiérarchie dans les luttes que sont le racisme, l’homo-phobie, l’handiphobie sans oublier les oppressions économiques ; les politiques libérales d’austérité nuisent énormément aux droits des femmes.

Quand il y a eu les manifestations contre la loi travail on y a pris part parce que la plupart des précaires sont des femmes.

Il y avait plusieurs lieux de féminisme à Rennes, par exemple à Rennes 2 ou à Sciences Po avec l’association George Sand, ou dans des sections syndicales, etc. mais il n’y avait pas d’association de la gauche féministe ouverte à tout le monde qu’on travaille ou qu’on soit étudiant-e et on trouvait que ça manquait ! Après, c’est bien aussi qu’il y ait cette « offre diversifiée » pour que chacun-e trouve sa propre clef d’entrée dans le féminisme.

Sur des choses concrètes comme le rassemblement de défense de l’IVG le 28 septembre ou des événements en lien avec le 25 novembre ou le 8 mars, on est capables de s’organiser collectivement avec les autres comme le Planning Familial, Osez le Féminisme, les associations trans ou LGBT, les collectifs de défense des sans-papiers, etc. Il y a une complémentarité dans nos associations qui est intéressante. L’idée c’est vraiment de ne pas se laisser diviser par nos divergences, et en même temps de les assumer, de pouvoir les exprimer.

Elsa – Je suis arrivée à Rennes l’an dernier. J’étais déjà militante des Effronté-es à Stras-bourg d’où je viens. Donc, c’est tout naturellement que j’ai rejoint le groupe. Bien qu’on soit peu nombreux-ses ici on arrive à faire plein de choses ; pour nous l’inter-oganisation est à la fois une force et une solution. C’est une force politique dans le sens où on a des façons diffé-rentes de militer, des compétences différentes, et pour les grandes causes on rejoint les autres comme par exemple le collectif breton pour la PMA dont nous faisons partie. C’est une asso-ciation mixte ; les hommes y sont les bienvenus ; ils viennent principalement avec leurs questions et ça nous fait un travail de pédagogie…

Marianne – Le féminisme, c’est vraiment une question de société qui ne concerne pas que les femmes. L’émancipation féministe n’est pas due à des comportements individuels et l’éman-cipation des femmes ne peut pas passer que par une émancipation individuelle ; ça doit être une émancipation collective donc il faut déconstruire un système de société : le patriarcat ! Je pense qu’il y a deux choses importantes : à la fois conquérir des droits, conquérir notre éman-cipation, ce qui suppose d’être dans une attitude de lutte ; et en même temps pour nourrir cette dimension, il faut aussi construire une solidarité féministe qui va nous donner notre force pour agir ; c’est ce qu’on vit dans nos temps d’échanges, dans notre soutien aussi les unes aux autres.

Quelles sont les actions des Effronté-es ?

Marianne et Elsa – Nous proposons régulièrement des temps de formation et de débat un peu informels autour d’un sujet, ouverts aux adhérent-e-s mais aussi à celles et ceux que ça intéresse. L’an dernier une de nos membres avait fait un exposé sur les femmes en milieu carcéral, une autre sur le féminisme en Allemagne. Nous avions aussi reçu le collectif l’Utéruse.

Cette année, nous aimerions faire une soirée par mois ; quelques idées ont déjà été lancées notamment la prostitution, les femmes kurdes, les personnes intersexes… Pour le 25 novem-bre, journée pour l’élimination des violences faites aux femmes, nous envisageons de faire quelque chose sur les violences gynécologiques et obstétricales.

Et comme c’est parfois pesant de militer sur ces questions et de se rendre compte que notre condition n’est vraiment pas cool, nous aimerions parler de sujets plus positifs comme le matrimoine ou encore le plaisir féminin. Sans doute à l’occasion de la journée de l’orgasme [le 21 décembre - ndlr] ; ça donnerait une image plus attrayante du féminisme !

L’association les Effronté-es est née à Paris en 2012 d’une volonté d’ancrage à gauche. Ses fondatrices estimaient que les associations existantes et notamment Osez le Féminisme étaient trop proches du pouvoir et pas assez critiques de la politique de François Hollande. Pour Marianne et Elsa, membres de l’antenne des Effronté-es créée l’an dernier à Rennes, c’est bien ce positionnement à gauche toute qui a été déterminant au moment de choisir leur lieu de militance. Plus qu’une association féministe parmi tant d’autres, les Effronté-es veulent être présentes dans toutes les luttes sociales en particulier celles concernant les politiques libérales qui impactent principalement les femmes. Au moment d’entrer en action, elles rejoignent le monde associatif mais aussi les syndicats ou autres organisations politiques.

Propos recueillis par Geneviève ROY   6 octobre 2018

http://www.breizhfemmes.fr/

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11 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

11 octobre (effrontées)

filles

11 Octobre Journée Internationale des Filles
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A l’occasion de la journée internationale des filles le 11 octobre, l’association Les Effronté-es Rennes souhaite apporter son soutien aux millions de filles dans le monde qui n’ont pas la possibilité d’être scolarisées.
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En effet, au Soudan du sud, en République centrafricaine, ou en Afghanistan, seule une fille sur quatre va à l’école primaire. Ces tristes observations s’expliquent par les mariages forcés précoces subis par 10 millions de filles chaque année, par la pauvreté, ou l’exploitation sexuelle et domestique.*
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En France, bien que le taux de scolarisation des filles ne soit pas alarmant, celles-ci subissent toujours des inégalités. Les stéréotypes encouragent encore dès le plus jeune âge les garçons et les filles à prendre des voies différentes.
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Par le biais de jouets genrés, on apprend aux filles à se détourner des activités dites « de garçons ». C’est le premier pas pour déclencher les phénomènes de « stick-floor » – un terme qui désigne les obstacles que les femmes s’imposent elles-mêmes, se croyant incapables dans certaines activités, à cause des stéréotypes – ou encore de « plafond de verre » :
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L’idée selon laquelle les femmes ont des difficultés à accéder à des postes à responsabilités, notamment à cause de stéréotypes tels que leur volonté tenace de faire des enfants, leur vulnérabilité, ou leur incapacité à prendre des décisions. Notre association soutiendra toute initiative qui pourra ouvrir aux filles le champs des possibles en terme d’éducation et de formation !
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Aussi, il n’est pas rare que des élèves soient renvoyées de cours pour des bretelles de soutien-gorge apparentes, ou un short court, comme dernièrement, dans un lycée de l’Hérault, sous prétexte que cela distrairait les garçons.
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Le contraire serait pourtant bien étonnant. En effet, on verrait mal un garçon être renvoyé à cause d’un élastique de caleçon dépassant du pantalon ! Les Effronté-es Rennes déplorent cette pratique sexiste qui insinue que la scolarité des filles est moins importante que leur respect des normes patriarcales et participe à leur chosification. Au lieu de pénaliser les filles, pourquoi ne pas responsabiliser les garçons ?
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03 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

saint malo (france-info fr3)

Discrimination : Congé maternité, carrières bloquées

L’égalité salariale est la priorité affichée du gouvernement. Pourtant, il reste beaucoup à faire dans l’administration française pour réduire les écarts salariaux entre les hommes et les femmes. À l’Hôpital de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), une quarantaine d’infirmières et d’aides-soignantes veulent lancer une action de groupe.

Le congé maternité a bloqué les augmentations salariales de certaines employées de l’hôpital de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), ce qui est illégal.

Myriam Herbel a compris que quelque chose clochait quand elle a comparé sa fiche de paie avec celle de son compagnon. Ils avaient pourtant commencé en même temps à l’hôpital de St Malo. « Ma progression de carrière était ralentie par rapport à certains qui étaient arrivés en même temps ou après moi », raconte-t-elle. 99 euros d’écart de salaire. À cause de ses congés maternité, sa notation annuelle a été gelée en 2006 et 2008, une pratique discriminante mais qui était la norme à l’hôpital de Saint-Malo.

14% de moins que les hommes

En mai dernier, le tribunal administratif a reconnu la discrimination dans le cas de Myriam Herbel. Ce jugement encourage une quarantaine de femmes à préparer une action de groupe. Le gouvernement ne peut que reconnaître le problème et prépare une nouvelle loi sur la fonction publique pour 2019. Dans la fonction publique hospitalière, les femmes gagnent en moyenne 14% de moins que les hommes.

02/10/2018

https://www.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

Discrimination pendant leur grossesse : action des infirmières de Saint-Malo (FR3)

 

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30 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

avortement rennes (ouest france)

avortement

150 personnes rassemblées à Rennes pour dire « l’avortement est un droit »

43 ans après le vote de la loi Veil, faire respecter le droit à l’avortement est toujours un par-cours du combattant. Pour le défendre, 150 personnes se sont rassemblées à l’appel de plusieurs associations, ce vendredi, devant la mairie de Rennes, en cette journée mondiale du Droit à l’avortement.

« Plannings familiaux ou services hospitaliers qui ferment, médecins qui invoquent leur clause de conscience, lobbying conservateur… L’IVG est légale, mais beaucoup de garde-fous qui entravent encore les droits des femmes », déplore Marine Arigasci, représentante d’Osez le féminisme.

Elle a pris la parole devant 150 manifestants et manifestantes, ce vendredi, devant la mairie de Rennes, pour rappeler que malgré l’entrée de Simone Veil au Panthéon, les droits des femmes n’étaient pas garantis.

Solidarité internationale

Avec une pensée également pour les « autres femmes du monde », a rappelé au micro cette représentante des Effrontées, pour qui l’avortement est toujours illégal.

Virginie ÉNÉE 28/09/2018

https://www.ouest-france.fr/

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25 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

avortement (bretagne)

lorient

SAINT BRIEUC

Jeudi 28 Septembre 2017 à 12h

Rassemblement place Salvador Allende

Contact : maisondesfemmes22@gmail.com

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RENNES

Mardi 26 Septembre 2017 à 20h

Conférence : Avortement, un droit acquis ?

Maison des associations, 6 Cours des Alliés

Jeudi 28 Septembre 2017 à 18h

Rassemblement Place de la République

Marche jusqu’à l’hôpital Sud où se trouve le centre IVG

dz

DOUARNENEZ

Jeudi 28 Septembre 2017 à 19h

Rassemblement Place de la Mairie

brest

Facebook BREST

Facebook PARIS

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21 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

lorient lieu d’accueil (bastamag)

feminsite

Un lieu d’accueil pour les femmes victimes de violences fermé faute de budget

A Lorient, un lieu d’accueil de jour pour les femmes victimes de violences a fermé fin 2017, faute de budget.

Malgré la constitution d’un collectif, une pétition, des manifestations, des rencontres avec les élus locaux et des demandes de rendez-vous auprès de la ministre Marlène Schiappa, les quelques dizaines de milliers d’euros nécessaires à la réouverture du lieu n’ont pu être déblo-qués. Une situation qui n’a malheureusement rien d’exceptionnel : partout en France, alors que la question est censée être une priorité du quinquennat d’Emmanuel Macron, les associations qui accompagnent les femmes victimes de violences peinent à boucler leurs budgets.

« En France, il faut faire la manche pour les femmes victimes de violences qui ont besoin d’écoute et que l’État abandonne », proteste le collectif « Femmes en marge ». Ce collectif se mobilise depuis des mois pour la réouverture d’un accueil de jour à Lorient, dans le sud de la Bretagne. Pilotée par le centre d’information sur le droit des femmes et des famille du Morbihan (CIDFF) et l’association Sauvegarde 56, l’antenne lorientaise du dispositif « Moments Pour Elles » était ouverte trois demi-journée par semaine. Le lieu voyait passer près de 100 femmes chaque année, reçues par une psychologue, une travailleuse sociale et une juriste.

Un lieu pour souffler et être soutenues

« L’accueil de jour, qui existe aussi pour les SDF, les personnes handicapées ou les personnes âgées, offre un lieu de convivialité où l’on peut se ressourcer, en parlant de ses difficultés autour d’un café ou d’un goûter. Les femmes victimes de violences peuvent y reprendre confiance en elles, explique Charline Houet, présidente du CIDFF du Morbihan.

La convivialité peut être un tremplin, ensuite, pour entamer un combat juridique contre le conjoint violent. » À l’annonce d’une coupe de plusieurs milliers d’euros dans la subvention allouée par l’État, le CIDFF a décidé, la mort dans l’âme, de fermer l’accueil de jour de Lorient pour se concentrer sur un seul lieu, à Vannes. « Le territoire de Lorient reste couvert par notre juriste, qui assure des permanences dans divers endroits de la ville », précise Charline Houet.

« Beaucoup de femmes nous ont témoigné leur reconnaissance pour le travail d’écoute et d’accompagnement proposé par l’équipe », souligne le rapport d’activité 2017 du CIDFF. Certaines nomment comme un « déclic » la rencontre avec ce lieu d’accueil, qui leur a été indispensable pour entrevoir autre chose dans leur existence que la violence subie. Les femmes qui élèvent seules leurs enfants ont pu y trouver des relais. La fermeture de cet endroit où elles pouvaient être reçues sans rendez-vous, souffler et être soutenues, leur semble totalement incompréhensible.

Silence du côté du ministère

« Dans le Morbihan, il n’existe donc désormais plus qu’un seul lieu d’accueil de jour pour les femmes victimes de violences. Cela laisse de côté environ les 4/5èmes de la population du département, constatent Marilyn et Aurore, porte-paroles du collectif en lutte pour la réou-verture de l’antenne lorientaise. On sait combien la proximité est importante pour les femmes victimes de violences, dont beaucoup sont surveillées par leur conjoint ou ex-conjoint. » Le collectif a commencé par lancer une pétition qui a recueilli 30 000 signatures. Puis, sans réponse aux courriers envoyés à la Caf, à la Préfecture, aux élus locaux et régionaux, au ministère et à l’Élysée, Aurore, Marilyn et le reste du collectif décident d’organiser une série de mobilisations et de rendez-vous pour rencontrer des élus et responsables administratifs.

En fin de semaine dernière, le collectif s’est invité à l’ouverture de l’université d’été du féminisme organisé par la ministre en charge de l’égalité femmes-hommes Marlène Schiappa. Sollicitée par le collectif à plusieurs reprises, elle n’a jamais donné suite. Elle n’a pas non plus, à ce jour, répondu à Laurence Cohen, sénatrice PCF du Val de Marne qui lui a demandé « comment elle entendait intervenir pour permettre la réouverture [du lieu d’accueil] et accorder les moyens nécessaires aux associations accompagnant les femmes victimes de violences ». Entre 40 000 et 60 000 euros sont nécessaires pour ouvrir à nouveau l’antenne de Lorient. Une somme bien moindre que celle consacrée à l’université du féminisme de Marlène Schiappa, qui aurait coûté 300 000 euros selon le Canard Enchaîné.

225 000 femmes subissent des violences dans leur couple chaque année

Avant d’arriver à Paris, le collectif a fait escale à la communauté d’agglomération de Lorient, où aucun élu n’a pris le temps de les rencontrer. Reçues par le directeur de cabinet du maire (PS) de Lorient Norbert Métairie, Aurore et Marilyn se sont entendues dire que le financement d’un tel lieu n’entrait pas dans les compétences de l’agglomération.

Au conseil régional de Bretagne, où la vice-présidente chargée de l’égalité, Anne Patault, n’était pas non plus disponible, les citoyennes ont rencontré des membres du pôle « Égalité des droits », qui ont également évoqué un budget « restreint » pour les droits des femmes. Pas de budget non plus du côté de la Préfecture, où l’on ne pense pourtant que du bien de l’accueil de jour, et où l’on concède que 40 000 euros, ce n’est pas grand chose. Seule la Caf pourrait peut être allouer quelques milliers d’euros….

« Il est difficile de mobiliser des fonds sur la problématique des violences, constate Charline Houet.

C’est beaucoup plus facile d’obtenir des financements sur ce que l’on considère comme « positif » : la sensibilisation des scolaires à l’égalité, ou la communication autour des métiers qu’il faut féminiser. Il y a vraiment des réticences à prendre en compte l’accompagnement des victi-mes de violences. C’est comme si on ne voulait pas regarder le problème en face. » Massives, les violences faîtes aux femmes nécessiteraient pourtant un vrai plan d’urgence (lire notre article ici). En France, 225 000 femmes subissent des violences dans leur couple, la plupart du temps de manière répétitive. Plus de 10% des femmes déclarent avoir été violées. Près de 150 femmes sont tuées chaque année par leur conjoint ou ex-conjoint.

0,007% du budget de l’État

Le 25 novembre 2017, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violen-ces faites aux femmes, Emmanuel Macron avait fait observer une minute de silence en hom-mage aux 123 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2016. Il avait déclaré l’égalité entre les femmes et les hommes « grande cause du quinquennat ».

L’accompagnement des victimes faisait partie des « priorités ». Malheureuse-ment, aucun financement exceptionnel n’est venu appuyer ces déclarations.

En pourcentage du budget total de l’État, la « grande cause nationale » plafonne à 0,007%… Les associations qui prennent en charge les victimes continuent à compter leurs sous et à bricoler avec des budgets qu’il faut sans cesse négocier. Celles qui font de l’accueil télé-phonique travaillent à flux tendu, d’autant que le mouvement #Metoo a encouragé les femmes à dénoncer les violences qu’elles subissent.

La situation du lieu d’accueil de Lorient « n’est malheureusement pas isolée, rappelle la sénatrice Laurence Cohen dans la question qu’elle a adressée à Marlène Schiappa. Nombre de structures associatives dans ce domaine se trouvent en difficulté faute de financements suffisants. » Le collectif Femmes en marge rappelle dans l’un de ses communiqués qu’à Boulogne- Billancourt (92), « c’est carrément le CIDFF (centre d’information sur les droits des femmes et des familles) qui a mis la clé sous la porte.

À Saint-Denis (93), l’existence de la maison des femmes est menacée, aucun financement pérenne n’étant prévu. À Lille (59), l’association l’Échappée qui prend en charge des victimes de violences sexistes et sexuelles a dû lancer un appel aux dons pour boucler les 15 000 euros qui manquaient à son budget pour ne pas fermer en 2018 ».

On se souvient également qu’en janvier 2018, l’AVFT, association européenne contre les violences faites aux femmes au travail, avait dû fermer son accueil téléphonique faute de moyens pour faire face aux demandes. « On s’inquiète du maintien des permanences juridi-ques en milieu rural, ajoute Charline Houet, dans des endroits où les femmes ont de réels problèmes de mobilité. C’est bien d’encourager les femmes à se séparer d’un conjoint violent mais derrière, qui les accompagne ? Comment ? »

Nolwenn Weiler 21 septembre 2018

https://www.bastamag.net/

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19 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

ivg fougères (fr3)

avortement

Fougères: l’accès à l’interruption volontaire de grossesse de plus en plus difficile

Avec le départ à la retraite d’un gynécologue à l’hôpital de Fougères, les femmes ont de plus en plus de difficultés à accéder à l’interruption volontaire de grossesse.

Deux des trois praticiens du service invoquent leur clause de conscience.

C’est le groupe féministe fougerais qui a alerté la direction de l’hôpital de Fougères et l’Agence régionale de santé. Il s’indigne que depuis le mois de janvier 2018, l’interruption volontaire de grossesse chirurgicale se pratique désormais difficilement à Fougères. Dans les faits, depuis le départ en retraite d’un gynécologue qui pratiquait les IVG, la plupart des patientes de Fougè-res et des communes environnantes sont redirigées vers le CHU de Rennes. Car, sur les trois médecins du service fougerais, seul l’un d’entre eux à temps partiel, accepte de pratiquer les avortements chirurgicaux. Les deux autres praticiens du service refusent, invoquant leur clause de conscience.

Une à deux IVG chirurgicale par mois, contre quatre en moyenne en 2016 et 2017

Le directeur de l’hôpital de Fougères, David Chambon arrivé en mai dernier explique qu’on pratique « une à deux IVG chirurgicale par mois, contre quatre en moyenne en 2016 et 2017« . Il rappelle que les IVG médicamenteuses sont toujours réalisées à l’hôpital par l’intermédiaire des sage-femmes. Deux à trois femmes sont orientées vers l’hôpital de Rennes chaque mois.
La direction de l’hôpital de Fougères espère un retour à la normale, pour la fin de l’année. Différents praticiens vont se positionner pour couvrir les périodes manquantes, notamment des médecins généralistes formés.

Sylvaine Salliou  18/09/2018

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

Le médecin n’a pas à être le juge du droit des femmes à disposer de leur corps (Le Huffington Post)

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06 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

permanence lorient (breizh femmes)

lorient1

A Lorient, la mobilisation continue

Formé au printemps dernier, le collectif pour la réouverture de la permanence d’accueil des femmes victimes de violences « Moments pour Elles » à Lorient, profite de cette rentrée pour donner un nouvel élan à ses revendications.

Que s’est-il passé depuis notre dernier article paru début mai ?

Le 5 mai, notre rassemblement à Lorient n’a pas mal fonctionné. Nous avons pu recueillir de nouvelles signatures pour la pétition et nous sommes passées en quelques jours de 5 000 à 25 000 soutiens ; aujourd’hui nous dépassons les 29 000 signatures. En revanche, tous nos courriers envoyés en avril sont restés sans réponse à l’exception d’une lettre type reçue du secrétariat d’état nous disant : « Nous avons reçu votre courrier, nous allons l’étudier et nous vous répondrons… »

Pour la rentrée vous avez donc décidé de mobiliser largement sur plusieurs villes en Bretagne et même jusqu’à Paris ?

Oui, faute de réponses, nous avons sollicité des rendez-vous notamment avec la mairie et l’agglomération de Lorient, la CAF, la préfecture du Morbihan qui je le rappelle est à l’origine de la fermeture de la permanence suite à la suppression de ses subventions. A ce jour, nous n’avons aucune réponse. Donc, nous avons décidé, réponse ou pas, d’aller sur place pour essayer de rencontrer quelqu’un, essayer de rassembler du monde pour interpeller les médias et l’opinion publique.

Nous avons pris la liste des institutions qui finançaient déjà la structure auxquelles nous avons ajouté la mairie de Lorient et l’agglomération puisque étant donné que c’est une petite somme qui manque pour que la permanence continue à exister, la mairie pourrait participer par exemple en mettant un local à disposition.

Du 10 au 12 septembre, nous allons faire la tournée de tous ces gens-là. Nous commencerons le lundi 10 par aller voir le matin la mairie et l’agglomération de Lorient puis l’après-midi la pré-fecture de Vannes et la CAF. Le mardi 11, nous serons à Rennes au Conseil Régional et le lendemain, le mercredi 12, nous irons à Paris pour interpeller la secrétaire d’état et le président de la République.

Notre idée n’est pas seulement de pointer ce qui se passe à Lorient mais aussi de parler au niveau régional puis national de l’accueil des femmes victimes de violences qui reste très insuffisant. Nous avons notamment eu échos d’autres situations, comme par exemple à Boulo-gne Billancourt ou dans le Loiret, où des permanences sont soit déjà fermées soit menacées de fermeture pour les mêmes raisons que chez nous. Nous essayons de nous mettre en lien avec ces différents endroits pour une mobilisation groupée.

Ce que nous souhaitons c’est une vraie mobilisation citoyenne ; on est toutes et tous concer-né-e-s par ce problème et nous voulons montrer à quel point cette situation est complètement contradictoire avec les promesses faites par le président de la République en début de mandat concernant la lutte contre les violences faites aux femmes.

Vous gardez confiance, mais qu’advient-il des femmes en souffrance sur le territoire de Lorient ?

Nous essayons de garder confiance oui, même si ce n’est pas tous les jours facile. Nous avons quand même réussi à faire un peu de bruit ; une pétition de 29 000 signatures, ce n’est pas rien ! Au départ, nous ne demandions que la réouverture de Lorient sans autre prétention notamment au niveau national. Malgré cette belle réussite, rien ne bouge en face et c’est assez décourageant. Pendant ce temps-là, les femmes, elles, ne sont plus prises en charge sur le plan psychologique.

Il reste une permanence à Lorient, animée par le CIDFF 56, mais elle est simplement juridique, il n’y a plus aucun dispositif d’accompagnement social ou psychologique. Quant aux psycho-logues libéraux, beaucoup de femmes n’ont pas les moyens de les consulter et souvent, ils et elles ne sont pas formé-e-s à ces situations quand même très particulières.

Depuis quelques mois, la pétition en ligne n’a cessé d’engranger de nouveaux soutiens. Pour-tant, du côté des « institutions » – anciens financeurs ou financeurs potentiels – toujours pas de réponse. Le point avec Aurore, une des membres fondatrices du collectif à la veille de plusieurs journées d’action.

Propos recueillis par Geneviève ROY

Aller plus loin : pour connaître les lieux et horaires de rassemblement des 10 et 11 septembre en Bretagne, consulter la page facebook de l’événement.

Lire aussi :

Lorient, loin des grandes causes

http://www.breizhfemmes.fr/

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14 août 2018 ~ 0 Commentaire

rosière (le huffington post + le peuple breton)

goya

La sorcière, femme libre, suppôt du démon! On progresse!

La fête de la Rosière, basée sur des critères de virginité, fait scandale dans l’Oise

Le maire de Salency songe même à annuler l’événement prévu pour le 2 juin 2019.

Depuis la publication d’un article du Parisien, le mercredi 8 août, les réactions fusent sur les réseaux sociaux. En cause? La réapparition de la fête de la Rosière en 2019 à Salency, dans l’Oise. L’objectif de cette tradition qui remonterait au début du Moyen-Âge est de célébrer la « réputation vertueuse » de jeunes filles âgées de 15 à 20 ans.

Disparue de ce village depuis 1987, la fête de la Rosière fait son retour à l’initiative de la confrérie de Saint-Médard et de son président Bertrand Tribout. Ce dernier organise l’événement depuis 1971 et souhaite revoir cette célébration historique prendre vie.

Mais, les critères de sélection pour élire la Rosière dérangent. En effet, elle doit adopter une conduite irréprochable, de la vertu, de la piété et de la modestie.

Surtout, il faut que la jeune candidate soit vierge.

« C’est un critère qui me gêne et sur lequel il faut sans doute revenir », confiait le maire du village, Hervé Deplanque au Parisien en août 2017. Il n’est pas le seul à douter de la légitimité de cette fête aujourd’hui. Les internautes ont également voulu exprimer leur mécontentement depuis la semaine dernière. Le maire songe même à annuler l’événement. D’après lui, la majorité des habitants de Salency ne veut pas de cette célébration. Pourtant, plusieurs candidates sont déjà pressenties, comme Camille, la fille de la dernière Rosière de 1987.

« La vertu, c’est aussi le fait de ne pas boire, ne pas fumer, ne pas se droguer, explique la jeune de 18 ans à franceinfo, aujourd’hui, la virginité n’est plus un critère pour devenir Rosière. » Un point sur lequel s’accorde Bertrand Tribout: « on ne parle pas forcément de la pureté en tant que virginité, il n’y a pas de critère de ce point de vue-là ». Des paroles que soutiennent certains sur Twitter.

La confrérie de Saint-Médard cherche à honorer la mémoire de cet évêque de Noyon né en 456 dans le village de Salency, qui avait lancé cette tradition dans l’espoir de récompenser la femme la plus « obéissante » et la plus « sage » du village. La Rosière est choisie au hasard parmi trois jeunes femmes sélectionnées par les habitants. Une fois élue, elle reçoit une couronne de fleurs et défile avec un cortège de 12 garçons et filles. Tout un pan du patrimoine selon Bertrand Tribout.

Marie Boetti 14/08/2018

https://www.huffingtonpost.fr/

Lire aussi:

« Je songe à tout annuler » : dans l’Oise, le retour annoncé d’une fête honorant la « vertu des jeunes femmes » fait scandale (France Info)

Sois ce que l’on veut que tu sois et tais-toi ! (Le Peuple Breton)

Commentaire: Transmis aux soi disant « laïcairds » et vrai racistes, maladivement anti-islam! Alors chez vous aussi on est wahabite? Plus sérieusement: chassez le naturel, il revient au galop! Les monothéismes ne rêvent que de « dompter » les femmes!

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11 août 2018 ~ 0 Commentaire

las rojas (mas)

arg

Les « rouges » du MAS

Qui sont Las Rojas?

Pourquoi s’appellent-elles Las Rojas?

Nous sommes l’organisation des femmes du « MAS » (Movimiento Al Socialismo-Mouvement pour le Socialisme), c’est un parti trotskyste. Nous nous appelons les rouges parce que nous sommes non seulement féministes, mais aussi rouges, socialistes. Nous pensons qu’il n’y aura pas de véritable féminisme ou de libération des femmes sans socialisme, et qu’il n’y aura pas de véritable socialisme sans l’émancipation des femmes.

Vous existez depuis combien de temps?

Nous existons depuis le début des années 2000. Nous avons constaté la nécessité de créer un mouvement de femmes et de lutter pour nos droits. À partir de 2004, le mouvement a commencé à se développer, renforçant la lutte de genre.

Comment ça s’est passé?

La lutte des femmes a commencé à se renforcer en 2001, avec l’envie de se battre dans les rues. Cela a rendu le mouvement des femmes plus dynamique. Il existe des réunions de femmes depuis les années 80, mais depuis 2001,  le parti a grandi et comme il luttait pour le droit à l’avortement et à l’indépendance économique, il était nécessaire que cette spécificité s’organise. C’est aussi une une conception théorique de ce que devrait être le socialisme.

Comment las Rojas ont-elles émergé ici à La Plata?

Nous appartenons à un courant international  «Socialisme ou Barbarie» car, tout comme le capitalisme est international, le socialisme devrait également être international. Nous avons des partenaires au Brésil, Las Rojas du Costa Rica, un groupe en France et au fur et à mesure que le mouvement progresse, il grandit. Nous avons des compañeras dans divers endroits d’Argentine parce que c’est là que le courant est né.

Comment êtes vous reçues par la société?

Très bien. Le combat est en cours de modification. Les années précédentes les femmes étaient certaines que le gouvernement allait nous accorder certains droits tels que le droit à l’avortement. Il ne la pas fait, alors les femmes ont commencé à chercher une autre alternative: la lutte et l’autonomie du mouvement des femmes. Elles ont compris qu’on ne peut compter que sur notre mobilisation.

http://mujeres-enlucha.blogspot.com/

Lire aussi:

Argentine. Trois trotskystes à la pointe du combat pour l’avortement en Argentine (Révolution Permanente)

Nuevo Mas (Wikipedia) Groupe de femmes « Las Rojas »

Movimiento Socialista de los Trabajadores (Wikipedia)

Forment « Izquierda al Frente por el Socialismo« 

Partido de los Trabajadores Socialistas (Wikipédia) Groupe de femmes « Pan y Rosas »

Partido Obrero (Wikipedia)

Izquierda Socialista (Wikipedia)

Forment « Frente de Izquierda y de los Trabajadores »

Commentaire:

Le trotskisme argentin est extrêmement fragmenté: au moins 5 partis avec 2 mouvements féministes! Ces militant(e)s sont souvent issu(e)s du courant de Nahuel Moreno, d’où le surnom de « morénistes ». Leur « flirt » en France avec le courant de Pierre Lambert du POI a autrefois créé des méfiances de la part de la LCR. Tout cela est fini et des partisan(e)s des deux Fronts de Gauche sont dans le NPA, aussi bien ceux du FIT que ceux du IFS.

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