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16 juin 2020 ~ 0 Commentaire

trans (pùblico)

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Le débat sur les droits des transgenres divise le mouvement féministe

Des personnalités et des spécialistes du monde de la politique, de la pensée, de la littérature ou du militantisme féministe et des LGTBI sont les protagonistes d’une amère controverse qui a pour toile de fond la simple définition de ce qu’est « être une femme ».

Un récent tweet de l’ONU Femmes (retiré par la suite) parlait de « personnes en période de menstruation » pour faire référence à la nécessité de mettre fin aux stigmates et aux tabous concernant la règle a provoqué une réaction de colère des féministes dans différentes parties du monde, qui accusent l’institution d’effacer les femmes et d’avoir cédé aux préceptes de la théorie queer.

Peu après, J.K. Rowling, auteur de la saga Harry Potter, a publié une série de messages sur les réseaux sociaux et un manifeste dénonçant que « si le concept de sexe n’est pas réel, la réalité vécue par les femmes du monde entier est effacée.

Ses arguments ont été réfutés dans les réseaux eux-mêmes et dans des articles l’accusant d’être une féministe radicale transphobe (TERF). Jusqu’à sept des protagonistes de ses films ont exprimé leur rejet des paroles de l’auteur. L’acteur Daniel Radcliffe, qui joue le personnage populaire de Rowling au cinéma, a écrit que « les femmes transgenres sont des femmes ». Toute déclaration contraire efface leur identité et leur dignité ».

Le débat est également intense en Espagne. Mercredi dernier, un document interne du PSOE a commencé à circuler à travers les réseaux sociaux et les groupes Whatssap qui s’opposent à l’inclusion de « l’autodétermination sexuelle » dans les lois, déclarant que « si le sexe est nié, l’inégalité qui est mesurée et construite sur la base de ce fait biologique est niée ».

Dans une interview accordée à Cuarto Poder, Victoria Rosell, juge et aujourd’hui déléguée du gouvernement contre la violence sexiste, a déclaré que « l’inclusion des femmes et des enfants transsexuels n’efface pas les femmes ni ne les brouille » et que certains messages émis par certaines féministes sont proches des postulats défendus par des organisations d’extrême droite comme Hazte Oír.

Ce sont des mots grossiers de part et d’autre qu’une grande partie du public ne comprend pas, non seulement en raison de la prolifération des acronymes (TERF, CIS, etc.), mais aussi en raison de la profondeur et de l’importance de ce débat en termes sociaux, culturels, juridiques et de droits de l’homme.

Au cœur du débat se trouve la question de savoir si les personnes transsexuelles doivent ou non subir une forme quelconque de traitement hormonal ou chirurgical pour être officiellement considérées comme des femmes, ou s’il leur suffit d’exprimer qu’elles « se sentent comme une femme ». Cela s’appliquerait également aux personnes nées avec le sexe biologique d’une femme mais qui se sentent comme un homme.

Pourquoi un débat qui semblait clos depuis que le PSOE a présenté en 2007 une loi selon laquelle une personne transgenre n’a pas besoin de subir d’intervention chirurgicale pour régulariser son identité en fonction du sexe auquel elle s’identifie, suscite-t-il autant de controverses ?

Pour commencer, parce qu’il n’a jamais été dépassé par les lois. La législation exige que pour effectuer le changement d’enregistrement, la personne doit avoir été diagnostiquée comme ayant une dysphorie de genre par un psychiatre et avoir reçu un traitement hormonal pendant deux ans afin d’adapter ses caractéristiques physiques à celles du sexe ressenti.

Cela va à l’encontre des demandes de la communauté trans, mais aussi de celles d’organisa-tions telles que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et Amnesty International : qu’il soit mis fin à la médicalisation et à la protection de ce groupe. Tout comme l’homosexualité n’était plus considérée comme une « maladie mentale » par l’OMS il y a seulement 30 ans.

Un secteur du féminisme a toujours été préoccupé par la pleine égalité des personnes nées du sexe masculin biologique mais qui se sentent femmes, avec les femmes nées du sexe masculin biologique. Pourquoi ? De peur que cela ne brouille le concept même de ce que c’est que d’être une femme et que cela n’ait des conséquences importantes lors de l’adoption et de la mise en œuvre de lois et de politiques visant à lutter contre l’inégalité entre les sexes.

Cette crainte est clairement reflétée dans le document distribué par certains affiliés du PSOE : « S’il suffit qu’un homme exprime à un moment donné qu’il se sent femme, sans autre considé-ration : comment cela affecte-t-il la collecte de statistiques fondamentales pour connaître les problèmes (inégalité du travail et des salaires, féminisation de la pauvreté, violence masculine, etc. Comment cela affecte-t-il la loi sur la violence de genre ? Un homme agresseur pourrait-il indiquer qu’il se sent femme et donc ne pas pouvoir être jugé pour ce crime ?

Le débat est également ancré dans deux concepts qui, pour le féminisme radical (appelé ainsi parce qu’il va à la racine du problème), ont toujours été essentiels et différenciés, et qui sont aujourd’hui remis en question : le sexe et le genre.

Si le sexe est une condition biologique (être né avec des organes génitaux féminins ou masculins), le genre, tel que compris et diffusé par les féministes radicales au milieu des années 70, est une construction sociale qui attribue à chaque sexe un rôle, des stéréotypes qui ont servi de base à l’oppression historique des femmes. C’est pourquoi les féministes radicales se déclarent abolitionnistes des genres.

Les défenseurs des droits des transgenres, en revanche, ne comprennent pas l’identité de genre comme une oppression, mais comme la définition de leur propre être : cette identité de genre est le sexe ressenti, celui qui définit qui vous êtes, indépendamment du sexe biologique avec lequel vous êtes né.

Pourquoi maintenant ?

Le débat sur l’identité de genre n’est pas nouveau pour le féminisme, mais il s’est particuliè-rement aigri ces derniers mois en raison de l’approbation ou de la proposition de plusieurs lois dans différents pays qui ouvrent la porte à l’autodétermination de genre (c’est-à-dire qu’il n’est pas nécessaire que la volonté de la personne soit reconnue par son sens du genre).

En Espagne, plusieurs propositions et projets de loi qui sont tombés sous la précédente législa-ture et qui doivent maintenant être traités prévoient dans leurs articles cette autodétermination des sexes. Ce sont des lois qui sont sous l’aile du ministère de l’égalité, dirigé par Podemos. Un parti qui a une conception différente de celle du PSOE et un large secteur de féminisme radical autour, précisément, de l’identité de genre.

Des lois telles que la loi sur l’égalité des LGTBI et la loi dite « Trans » en sont deux exemples clairs. Mais il y en a aussi d’autres, comme la loi sur la liberté sexuelle, qui a été approuvée par le Conseil des ministres le 8 mars et qui a été paralysée par la pandémie de covid-19. Une règle qui, entre autres, devrait servir à mettre en œuvre la réforme tant attendue du code pénal dans le domaine des infractions sexuelles.

C’est précisément dans le feu de l’élaboration de cette dernière norme qu’a été créé un groupe de féministes radicales qui, sous le nom d’Alliance contre l’effacement des femmes (ACBM), a présenté il y a quelques jours une série d’allégations au projet de loi organique de garantie intégrale de la liberté sexuelle.

Parmi elles, elles avertissent que la proposition omet les femmes prostituées, ignore la lutte contre la pornographie et « favorise dans la législation la confusion intentionnelle entre le sexe et le genre ».

Selon l’alliance, cette confusion est déterminée par l’inclusion dans ses articles d’une « fiction juridique » telle que les termes « identité de genre » et « expression de genre » qui demandent à être retirés du texte parce qu’ils « sapent la protection active des femmes ».

Parmi les allégations, ils affirment que le texte issu du Conseil des ministres est contraire à la loi contre la violence sexiste et à la loi sur l’égalité. Pour cette alliance, la loi est un « pas en arrière » et se rapproche de « postulats similaires à ceux de l’extrême droite, lorsqu’ils nient cette forme de violence subie par les femmes parce qu’elles sont femmes ».

Pour sa part, Toño Abad, activiste LGTBI et directeur de l’Observatoire LGTB de Valence, a averti dans un fil de discussion sur Twitter que « quelqu’un devrait clarifier si, lorsque nous traitons une femme trans qui est victime de son partenaire masculin, elle a le droit d’être considérée comme une victime de violence de genre ; ou lorsqu’un réseau d’exploitation sexuelle des femmes est démantelé, les femmes trans ont le droit aux ressources de secours disponibles ».

Abbad souligne qu’il faut expliquer que ces femmes « sont aussi victimes du patriarcat le plus brutal, du machisme » et qu’ »il ne suffit pas de les nier et de dire qu’elles mettent en danger leur propre existence ».

Le débat est devenu compliqué. La simple mention par certaines féministes de la nécessité de protéger les droits acquis par les femmes ou les doutes sur le fait que les droits de la population trans pourraient rendre invisibles des années de lutte des femmes, aboutissent à la disqualifi-cation systématique de ces féministes sous le sigle « TERF » ou en les appelant directement « travestis ». TERF est un acronyme qui fait référence à Trans-Exclusionary Radical Feminist et est à l’ordre du jour sur les réseaux sociaux comme une insulte qui empêche tout débat possible.

Pendant ce temps, la défense des droits des transsexuels se termine généralement par l’accusation de ceux qui les utilisent comme un cheval de Troie du féminisme et de vouloir imposer la théorie queer, qui remet en cause la construction du sexe comme système binaire homme-femme.

La confrontation a atteint un tel point que la Fondation Pedro Zerolo a dû publier un communiqué rappelant que ses objectifs fondateurs sont « la défense du féminisme et la lutte permanente pour la dignité et les droits des personnes LGBT, deux mouvements d’émancipation personnelle qui doivent continuer à travailler à l’unisson ».

La Fondation appelle au « respect et au dialogue sincère » face à « l’augmentation alarmante d’idées et de politiques qui cherchent à remettre en question des conquêtes fondamentales et élémentaires de la société espagnole, telles que la lutte contre la violence à caractère sexiste, les politiques d’égalité effective entre les femmes et les hommes, les politiques d’action positive, d’identité et d’autonomie de la volonté des personnes par rapport à leur propre autodétermination ».

Le communiqué souligne la nécessité de ne pas promouvoir « des confrontations superficielles et inutiles, car l’ennemi est dans ceux qui nient ou remettent en question les avancées et le cheminement commun pris pour la défense des droits et des libertés de toutes les femmes et des personnes LGBT+.

Un message qui reflète fidèlement l’esprit qui a caractérisé la trajectoire de la politicienne féministe et défenseuse des droits des LGTBI et qui contraste notamment avec le débat viscéral auquel nous assistons ces jours-ci.

madrid 16/06/2020 Marisa kohan

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14 juin 2020 ~ 0 Commentaire

assa traore angela davis (ballast)

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13 mai 2020 ~ 0 Commentaire

sexe et genre (pùblico)

travail-enfants

Différences entre sexe et genre

S’il y a quelque chose de négatif dans la lutte féministe, c’est, sans aucun doute, la confusion croissante entre les concepts vitaux pour comprendre le féminisme: le sexe et le genre.

Il est extrêmement important de comprendre ces deux éléments pour pouvoir bien conceptu-aliser, pouvoir argumenter correctement et ne pas nous permettre de nous faufiler dans des conceptions misogynes qui rendent les femmes invisibles. Le travail de confusion que le «féminisme» néolibéral fait à cet égard est en train d’être brisé.

Le patriarcat est particulièrement renforcé lorsque les fausses déclarations proviennent de courants féministes autoproclamés. Le féminisme sait se défendre clairement contre les discours fascistes ou ouvertement anti-féministes, mais quand des voix nient les concepts de base ou leur donnent une interprétation individualiste, la confusion est servie.

Et comme le dit Celia Amorós, « conceptualiser, c’est politiser ». Si nous ne conceptualisons pas correctement, nous politisons mal. Et dans cette mauvaise politisation, on sait déjà qui sont toujours celles qui paient.

SEXE.

Le sexe est une réalité biologique. Je commence de cette façon parce que les auteurs des théories Queer insistent sur le fait qu’il s’agit d’une construction, utilisant des personnes intersexes pour se charger des raisons. Mais non, les êtres humains naissent avec une vulve ou un pénis (sauf les personnes intersexes, qui présentent les caractéristiques sexuelles masculines et féminines dans une mesure ou une autre).

À quoi sert notre sexe au patriarcat? Il sert à tout et il l’utilise dès la naissance pour perpétuer le système des oppressions.

Comment? La première chose qu’une société patriarcale doit savoir sur un nouveau-né est son sexe. Garçon ou fille. En fait, avant votre naissance, vous avez déjà préparé une série d’éléments classés par sexe.

En Espagne, les bébés filles se feront percer les oreilles pour mettre un ornement qui les différenciera des garçons.

Vos vêtements seront différents et avec des couleurs et des motifs différents. De plus, dès leur naissance, elles recevront un nom typiquement féminin si elles naissent avec une vulve. Il convient de garder à l’esprit qu’en tant que bébé, la société ne fait pas bien la distinction entre une fille ou un garçon, de sorte que le patriarcat se sert du berceau pour que son propre environnement l’identifie correctement.

Une fois « correctement » identifiés, avec leurs couleurs correspondantes, leurs parures ou leur absence, leurs différents vêtements et accessoires, la société sera prête à leur transmettre tel ou tel contenu. Un bébé est-il traité de la même manière qu’un autres bébé? Non, voici un des nombreux exemples.

Autour du sexe, réalité biologique qui implique une anatomie spécifique, le genre se construit, une construction socioculturelle exclusive et répressive, et le principal outil du patriarcat pour opprimer les femmes.

GENRE.

Après nous avoir parlé différemment, nous avoir traités différemment, nous avoir appelés différents, nous habiller et nous coiffer différemment, il nous apparaît très clairement à quelle catégorie nous appartenons, que ce soit les privilégiés (hommes) ou les opprimées (femmes). Rappelons qu’à seulement six ans, les filles se considèrent déjà moins brillantes que les garçons. En d’autres termes, le travail du patriarcat est excellent.

Quelques informations supplémentaires sur ce que signifie naître avec une vulve dans le monde entier:

Au moins 200 millions de femmes et de filles âgées de 15 à 19 ans ont subi des mutilations génitales féminines dans les 30 pays disposant de données représentatives.

On estime aujourd’hui à 650 millions le nombre de femmes et de filles dans le monde qui sont mariées avant l’âge de 18 ans.

Les filles se font moquer plus souvent pour l’apparence de leur visage ou de leur corps que les garçons. La violence basée sur le genre dans le contexte scolaire est un obstacle majeur à la scolarisation universelle et au droit des filles à l’éducation

Environ 120 millions de filles de moins de 20 ans dans le monde (environ 1 sur 10) ont subi des rapports sexuels forcés ou d’autres actes sexuels forcés

C’est çà le genre. Il existe une catégorie sociale privilégiée, les hommes, qui sont créés avec le droit d’exercer des violences de toutes sortes contre les filles, les adolescentes et les femmes. Et ils le pensent parce que le système patriarcal l’enseigne, l’encourage et le perpétue.

Le genre institue des rôles classés en deux: ceux des filles et les femmes et ceux des garçons et des hommes, en les façonnant de différentes manières afin qu’ils s’intègrent dans l’un ou l’autre compartiment étanche. La violence reçue pour ne pas rentrer dans le compartiment qui vous est assigné, nous le savons toutes très bien, va jusqu’à la mort, bien sûr.

C’est pourquoi le féminisme cherche l’abolition du genre. Sans genre, sans rôles différents, sans ces messages qui nous sculptent comme deux types de personnes différents, personne n’aura besoin de s’insérer dans une boîte rigide. Les femmes ne différeront des hommes que par l’anatomie. Personne ne recevra une éducation différente pour être né avec un pénis, et personne ne sera traité avec violence pour être né avec une vulve.

Autre conséquence du genre dont nous, les femmes, souffrons, évidemment simplement parce qu’elles sont nées avec une anatomie féminine, ou comme l’écrivait Simone de Beauvoir, avec « le deuxième sexe »:

ANDROCENTRISME:

Que le monde prenne le modèle masculin comme standard nous affecte les femmes, qui sommes l’altérité. Notre corps et notre anatomie sont «l’autre».

Cela se manifeste à bien des égards, mais l’un des plus graves pour notre santé et notre vie est l’androcentrisme médical: la médecine prend le corps masculin comme modèle et cette vision nous exclut, en plus du biais macho qui est appliqué affecte directement nos vies simplement en étant né avec vulve, utérus, ovaires …

Pourquoi l’anatomie masculine est-elle prise comme modèle alors que nous, les femmes, sommes 52% de la population? Parce qu’il y a le genre: les hommes sont l’important, le standard, le générique – même en langage: UN. Les femmes sont l’accessoire, l’altérité, les DEUX.

Le classement des sexes dans notre société est évident. Le premier sexe peut nous opprimer  partout. Le premier sexe bénéficie de l’exploitation sexuelle et reproductive du deuxième sexe. C’est pourquoi il y a traite, prostitution, mère porteuse, violence masculine, violence sexuelle, etc. Parce qu’il y a des hommes et parce qu’il y a des femmes, au sens socioculturel du terme.

Barbijaputa 13 mai 2020

https://blogs.publico.es/barbijaputa/

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27 avril 2020 ~ 0 Commentaire

sexisme (ballast)

feminisme

Valérie Rey-Robert :

Le problème, c’est la manière dont les hommes deviennent des hommes

Et cher­cher à déman­te­ler les pré­ju­gés en ligne, ?

C’est non seule­ment une perte de temps, mais ça pro­duit sou­vent l’effet inverse. J’ai pu l’observer très clai­re­ment, dans le cadre de mon tra­vail de modé­ra­tion, concer­nant la pro­pa­gande anti­sé­mite :

lorsque des jour­naux s’efforcent de démon­ter des pré­ju­gés anti­sé­mites, ils contri­buent fina­le­ment à les ali­men­ter et à en faire la publi­ci­té, car ça ne convainc que les convain­cus.

C’est aus­si très clair dans le cas des théo­ries du com­plot. C’est l’une des limites d’Internet : lorsque des gens tiennent ouver­te­ment des pro­pos cor­res­pon­dant peu ou prou à votre pen­sée, cela vous donne de la légi­ti­mi­té. Et plus ils sont viru­lents, plus cela vous fait pas­ser pour quelqu’un de modé­ré et donc vous auto­rise et vous conforte dans votre pen­sée.

C’est même une tech­nique qui a été direc­te­ment uti­li­sée par des groupes d’extrême droite ou des groupes mas­cu­li­nistes : envoyer d’abord dans les médias les mili­tants tenant les pro­pos les plus viru­lents pour cho­quer, puis envoyer ceux qui semblent plus modé­rés pour que leurs dis­cours paraissent bien plus audibles.

« La vio­lence mas­cu­li­niste est une doc­trine poli­tique. Ce n’est pas une his­toire de bêtise ou de manque de réflexion. »

Or il faut bien voir que, sou­vent, les oppo­sants au fémi­nisme cherchent dans les médias la parole qui les confor­te­ra dans ce qu’ils pensent. Prenons un sujet comme la galan­te­rie : si des fémi­nistes leur disent que c’est une forme de sexisme, ils cher­che­ront jusqu’à trou­ver une inter­lo­cu­trice leur disant qu’elle adore les hommes galants et, alors, ils se sen­ti­ront assu­rés dans leurs posi­tions.

Internet sert éga­le­ment à fédé­rer ces groupes-là, et c’est notam­ment grâce à lui qu’ils se ren­forcent et sont de plus en plus vio­lents. Il faut com­prendre que la vio­lence mas­cu­li­niste — à l’instar de la vio­lence homo­phobe ou raciste — est une doc­trine poli­tique où des gens pensent sin­cè­re­ment que les femmes — ou les homosexuel·les, les per­sonnes raci­sées — ne doivent pas avoir les mêmes droits qu’eux. Ce n’est pas une his­toire de bêtise, de manque de réflexion…

Internet contri­bue-t-il à per­pé­tuer cette « culture du viol » dont vous par­lez dans votre pre­mier livre ?

Il est un vec­teur de la culture du viol. Mais il faut pré­ci­ser ce que signi­fie ce terme : si on parle de « culture », c’est pour dési­gner l’en­semble des idées reçues autour du viol, des vio­leurs et des vic­times qui imprègnent tous les pans d’une socié­té et se trans­mettent de géné­ra­tion en géné­ra­tion.

Le terme est appa­ru dans les années 1970 aux États-Unis : à ce moment-là, les fémi­nistes com­men­çaient à pro­duire de la théo­rie autour des vio­lences sexuelles et ont employé le terme « rape culture » afin de dénon­cer le fait que les vio­lences sexuelles étaient extrê­me­ment pré­sentes dans la socié­té amé­ri­caine. Le terme a peu à peu dis­pa­ru, pour réap­pa­raître au début des années 2010.

Vous avez tra­vaillé sur sa sin­gu­la­ri­té natio­nale : « à la fran­çaise », dites-vous…

En tant que « culture », la culture du viol est for­cé­ment liée à un lieu par­ti­cu­lier, de sorte qu’il y a une culture du viol à l’américaine, à l’italienne… Et donc une culture du viol à la fran­çaise, avec cha­cune leurs spé­ci­fi­ci­tés.

En France, les acti­vistes qui dénoncent des vio­lences sexuelles se voient sys­té­ma­ti­que­ment expli­quer qu’elles se trompent, qu’il ne s’agit pas de vio­lences sexuelles mais qu’il s’a­git d’une manière typi­que­ment fran­çaise d’envisager les rela­tions entre hommes et femmes — laquelle serait intrin­sè­que­ment inéga­li­taire et vio­lente.

On l’a par­ti­cu­liè­re­ment obser­vé en 2011 quand les défen­seurs de Dominique Strauss-Kahn ont décla­ré qu’avec son pro­cès, c’était « l’amour cour­tois » et donc le patri­moine fran­çais que les Américains — qui n’y connais­saient rien ! — atta­quaient.

Ce qui revient tou­jours, c’est que la dénon­cia­tion des vio­lences sexuelles serait, au fond, une dénon­cia­tion de l’esprit pro­pre­ment « gau­lois » et de l’idée de « galan­te­rie à la fran­çaise ». C’est d’ailleurs cette idée qui a ren­du pos­sible la com­pa­rai­son par­fois éta­blie entre les fémi­nistes accu­sant les agres­seurs sexuels et les vio­leurs, d’une part, et les col­la­bo­ra­teurs dénon­çant les Juifs pen­dant la guerre, d’autre part : les unes comme les autres seraient des traîtres à la nation.

Pour com­prendre en quoi cela est spé­ci­fique à la France, on peut prendre les exemples de Silvio Berlusconi et de Donald Trump, tous deux accu­sés de vio­lences sexuelles mais venant de pays fon­da­men­ta­le­ment dif­fé­rents.

On pour­rait pen­ser que, cultu­rel­le­ment, l’Italie est plus proche de la France que les États-Unis ; pour­tant, lorsqu’on ana­lyse les dis­cours de ceux qui les ont défen­dus, on observe que les argu­ments étaient au fond assez simi­laires — et assez dif­fé­rents de ceux qu’on entend en France : « Ce sont des hommes », « Ils sont comme ça », « On ne peut pas en attendre beau­coup d’eux », etc.

On n’a pas invo­qué la culture natio­nale, on n’est pas allés cher­cher Dante ou Casanova pour défendre Berlusconi. Ici, en revanche, les édi­to­ria­listes n’hésitent pas à rap­pe­ler que la France est le pays qui aurait inven­té l’amour et que ce pro­to­type du séduc­teur « à la fran­çaise » aurait der­rière lui 500 ans de lit­té­ra­ture pour le légi­ti­mer. Les vio­leurs de tous les pays trouvent leurs défen­seurs mais c’est seule­ment en France qu’ils le font en convo­quant une idée fan­tas­mée de l’identité natio­nale.

Vous vous mon­trez quant à vous très cri­tique à l’en­droit de la solu­tion car­cé­rale…

On avait déjà enten­du ce type de réjouis­sances à pro­pos de la condam­na­tion de deux poli­ciers accu­sés du viol col­lec­tif d’une tou­riste cana­dienne — il est à noter qu’ils ont fait appel der­rière.

Mais on ne peut pas se fier à une seule déci­sion de jus­tice pour juger d’une situa­tion glo­bale. Harvey Weinstein a vio­lé un nombre incal­cu­lable de femmes pen­dant 30 ou 40 ans et n’a fina­le­ment été condam­né que pour un ou deux viols.

Il me semble que la notion de « suc­cès », dans ce cas, est pour le moins rela­tive, et même com­plè­te­ment exa­gé­rée dès lors qu’il s’agit sim­ple­ment d’une réso­lu­tion judi­ciaire nor­male — qu’un homme soit condam­né pour avoir vio­lé. C’est tout de même très révé­la­teur qu’on en soit à se réjouir qu’un homme ait fini par être condam­né alors qu’il a vio­lé en toute impu­ni­té des dizaines de femmes pen­dant plu­sieurs décen­nies !

Actuellement, der­rière les per­sonnes incar­cé­rées pour vio­lences volon­taires, les délin­quants sexuels sont le deuxième plus gros contin­gent de déte­nus. Force est de consta­ter que leur pré­sence en pri­son ne dis­suade pas ceux qui, bien plus nom­breux, sont en liber­té, de vio­ler ou d’agresser sexuel­le­ment.

Le livre récent de Gwenola Ricordeau, Pour elles toutes : femmes contre la pri­son, le montre bien : mettre les vio­leurs en pri­son n’éradiquera pas le viol. Au contraire même, puisque cela revient à ajou­ter de la viri­li­té à la viri­li­té — l’emprisonnement étant la puni­tion virile par excel­lence. Or on sait que le pro­blème prin­ci­pal du patriar­cat, c’est jus­te­ment la manière dont les hommes deviennent des hommes. C’est sur cela qu’il faut tra­vailler.

C’est là tout l’en­jeu de votre der­nier livre, Le Sexisme, une affaire d’hommes. Comment empêche-t-on ça, alors ?

Il faut dégen­rer l’éducation. Il faut apprendre à consi­dé­rer que seules les aspi­ra­tions des enfants comptent et qu’il n’y a pas de jeu, de loi­sir, de sport, d’activité, de métier pro­pre­ment « mas­cu­lin » ou « fémi­nin ».

En somme, il faut édu­quer les gar­çons à ne pas être virils. La viri­li­té se consti­tue de plu­sieurs élé­ments, comme le fait de n’exprimer aucune émo­tion à l’ex­cep­tion de la dure­té et de l’agressi-vité, d’être en com­pé­ti­tion per­ma­nente avec les autres hommes, de tou­jours cher­cher et vou­loir des rela­tions sexuelles avec des femmes, d’éviter tout ce qui est consi­dé­ré comme « fémi­nin » afin qu’il n’y ait aucune confu­sion quant à sa mas­cu­li­ni­té et, enfin, de refu­ser l’homosexualité.

Les jeunes gar­çons apprennent très rapi­de­ment à mépri­ser les femmes, à consi­dé­rer qu’ils valent mieux qu’elles. Pensez que le plus grand com­pli­ment qu’on peut faire à une femme qui fait très bien une tâche consi­dé­rée comme mas­cu­line est de lui dire qu’elle est « aus­si bonne qu’un homme » ou est « un vrai gar­çon man­qué ». À l’in­verse, jamais on ne consi­dé­re­ra comme posi­tif de dire à un homme qu’il est « une fille man­quée » — ce sera vécu comme une insulte. C’est cette bina­ri­té qui entre­tient le sexisme.

Ce livre s’adresse-t-il d’a­bord aux hommes ?

J’ai été très frap­pée — quoique pas éton­née — de consta­ter que lorsque je fai­sais des pré­sen­ta­tions de mon pre­mier livre, le public était com­po­sé en qua­si-tota­li­té de femmes. Je me sou­viens même d’une inter­ven­tion dans un café asso­cia­tif où un homme pré­sent avant la pré­sen­ta­tion a dit à une femme qu’il ne comp­tait pas res­ter car il ne se sen­tait pas concer­né.

Je me suis alors deman­dé pour­quoi, dans notre socié­té, toutes les femmes — même si elles n’ont pas été vio­lées elles-mêmes — devraient se sen­tir concer­nées par la ques­tion des vio­lences sexistes et sexuelles et lut­ter contre elles, tan­dis qu’aucun homme — ni ceux qui ont vio­lé, ni ceux qui n’ont pas vio­lé — ne le devrait.

Après tout, puisque ce type de crimes et de délits est majo­ri­tai­re­ment com­mis pas des hommes, c’est bien à eux de s’y confron­ter ! En ce moment, beau­coup d’hommes reven­diquent le fait d’être fémi­nistes et déclarent vou­loir contri­buer à cette lutte : qu’ils se chargent donc d’éduquer leurs amis, col­lègues, frères, pères !

La construc­tion de la viri­li­té passe notam­ment par l’humiliation des femmes et des hommes homo­sexuels. C’est le fameux « Bros before Hoes » [« Les potes avant les putes »]. Les hommes hété­ro­sexuels qui pré­tendent être concer­nés par les vio­lences faites aux femmes, par le sexisme, par l’homophobie, peuvent donc com­men­cer par rompre toute ami­tié, cama­ra­de­rie et lien avec les hommes sexistes ou homo­phobes de leur entou­rage.

Ils peuvent refu­ser les plai­san­te­ries sexistes autour de la machine à café, refu­ser de se taire devant une énième blague homo­phobe — même si celui qui la pro­fère « est sym­pa par ailleurs ».

Ils peuvent, au lieu de conti­nuer à fré­quen­ter un homme qu’ils disent être « lourd » avec les femmes, rompre tout contact avec lui, le confron­ter à ses actes, lui expli­quer qu’ils ne les approuvent pas — car on sait ce que veut dire « lourd » : c’est un agres­seur sexuel.

Puisque la pre­mière réac­tion des hommes lorsqu’on parle de sexisme ou de vio­lences sexuelles est d’ex­pli­quer qu’eux « ne sont pas comme ça », à eux de le démon­trer par l’exemple, en édu­quant ceux qui « sont comme ça ».

Mais que répon­dez-vous à celles qui vous diraient qu’on ne doit pas gas­piller son éner­gie à ten­ter d’éduquer les hommes, de les « réfor­mer », et qu’il vaut mieux se consa­crer à la construc­tion d’espaces fémi­nistes et d’autodéfense ?

Les deux sont indis­pen­sables et com­plé­men­taires. Lorsque je parle d’éducation, je pense avant tout aux enfants, filles comme gar­çons, que nous édu­quons tous col­lec­ti­ve­ment — que nous ayons ou non des enfants, d’ailleurs.

Si nous nous com­por­tons de manière sexiste, alors les enfants inté­gre­ront que c’est nor­mal de le faire. Une cam­pagne publi­ci­taire aus­tra­lienne dénon­çant les vio­lences patriar­cales montre en quelques minutes com­ment elles com­mencent : en expli­quant que les petits gar­çons qui font mal aux petites filles le font « parce qu’ils les aiment bien ».

Et les hommes adultes se disant fémi­nistes doivent aus­si édu­quer les autres hommes, ils ne doivent pas les lâcher, ne leur auto­ri­ser aucun com­por­te­ment, blague, atti­tude sexiste. C’est là qu’ils mon­tre­ront qu’ils sont de vrais alliés.

Mais, bien évi­dem­ment, le fémi­nisme est là pour empuis­san­ter, pour don­ner du pou­voir, de la puis­sance aux femmes ; il est là pour leur don­ner suf­fi­sam­ment d’autonomie (tant finan­cière que morale, si je puis dire) pour ne pas avoir à comp­ter sur les hommes, en ins­tau­rant des liens de soro­ri­té forts — chose que le patriar­cat nous empêche de faire.

Vous dénon­cez régu­liè­re­ment le « femi­nism washing », autre­ment dit l’instrumentalisation et la dépo­li­ti­sa­tion conduites par des per­son­na­li­tés ou des entre­prises…

On pour­rait se réjouir que le fémi­nisme ait désor­mais cette image « cool », mais s’il l’est, c’est qu’il n’est plus radi­cal. Il ne faut pas for­cé­ment sou­hai­ter que le fémi­nisme plaise au plus grand nombre, car être fémi­niste c’est avoir le pro­jet radi­cal de chan­ger la socié­té.

Or les hommes n’ont aucun inté­rêt à ce qu’elle change. Le fémi­nisme ne ser­vi­ra jamais les inté­rêts mas­cu­lins — si les femmes sont plus fortes, alors méca­ni­que­ment les hommes le seront moins. Ils vont donc y perdre. Et il ne sert à rien de pré­tendre que le fémi­nisme va leur ser­vir à eux éga­le­ment : c’est faux.

Le fémi­nisme ne doit donc pas être un vain mot. Il doit être inclu­sif. S’intéresse-t-il aux droits de toutes les femmes ? En oublie-t-il sur le car­reau ? A‑t-il pris en compte qu’en com­bat­tant telle dis­cri­mi­na­tion, il efface telles reven­di­ca­tions d’autres femmes ? Nous devons sans cesse inter­ro­ger notre fémi­nisme, le ques­tion­ner.

Je par­lais pré­cé­dem­ment des vio­lences gyné­co­lo­giques et obs­té­tri­cales, qui sont un com­bat fémi­niste récent : ce com­bat ne peut être mené sans tenir compte des dis­cri­mi­na­tions croi­sées — si on est une femme trans, une femme grosse, une femme raci­sée, une les­bienne, alors on est encore plus sus­cep­tible d’être vic­time de dis­cri­mi­na­tions par le corps médi­cal. Le dire, contrai­re­ment à ce qu’affirment cer­tains fémi­nistes dites « uni­ver­sa­listes », n’efface en rien le sexisme vécu ; cela aide à mieux cibler les com­bats. (Résumé voir lien)

https://www.revue-ballast.fr/

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19 avril 2020 ~ 0 Commentaire

panorama (arc)

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Panorama des différents courants se réclamant de l’écologie

Sans pouvoir prétendre à l’exhaustivité dans le cadre de ce document, tant la variété des courants et sous-courants se réclamant de l’écologie est grande, particulièrement si l’on se place à l’échelle internationale, il vaut sans doute la peine de présenter brièvement les courants suivants, en nous concentrant sur ceux que nous rencontrons plus particulièrement dans les mobilisations.

Éco-socialisme / éco-communisme

C’est notre projet. Ce terme a été popularisé entre autres par Michael Löwy. La 4è Internationale ainsi que le NPA s’en sont réclamés bien avant que Mélenchon ( Parti de Gauche puis France Insoumise) ne se le réapproprie.

Il s’agit simplement d’un moyen commode pour signifier que la société socialiste que nous cherchons à construire permet de prendre en charge les défis écologiques auxquels le capitalisme est par nature incapable de faire face.

Un tel rappel n’est parfois pas inutile, tant il est vrai que dans l’imaginaire collectif, les termes     « socialisme » ou « communisme » sont encore souvent associés au productivisme soviétique. Ce qui compte, c’est en revanche ce que l’on met concrètement derrière l’appellation « écoso-cialisme» : les questions qui doivent se poser sont celles de la stratégie pour parvenir à l’écosocialisme et du programme éco-socialiste que l’on défend, et il existe effectivement des divergences importantes en ces matières.

Capitalisme vert / libéralisme vert

Ses partisan.e.s essaient de répondre aux problèmes écologiques via des mécanismes de marché et en monétisant la nature. Bien souvent, c’est le progrès technologique, lui-même permis et stimulé par la concurrence, qui apparaît alors comme la principale solution. Dans le paysage politique français, l’écologie selon Macron et LREM en constitue l’incarnation chimiquement pure.

Écologisme ou écologie politique traditionnelle / écologie dans le cadre du marché

En règle générale, le mouvement politique écologiste traditionnel ne remet nullement en cause le capitalisme, et il prétend trouver des solutions au sein de ce système. Mais à la différence d’un capitalisme vert assumé, il insiste davantage sur la nécessité de mesures de régulation plutôt que sur l’extension du marché, et il cherche à faire pression sur les États et les institutions de l’extérieur ou de l’intérieur.

Il s’agit dans une telle perspective de concilier social et environnemental en prônant un               « développement durable » derrière lequel se cache en réalité une « croissance verte » : d’où, le plus souvent, un programme centré autour de politiques de relance et d’investissement qui en restent à la surface des choses et ne répondent en définitive ni à la crise économique que traverse le capitalisme, ni aux problèmes écologiques générés par le productivisme et la course aux profits.

Au nom d’une telle écologie ont pu être mises en place des taxes socialement injustes comme la « taxe carbone », qui frappent plus durement les travailleurs les plus pauvres et creuse ainsi encore les inégalités. On peut classer dans cette catégorie la quasi-totalité des partis « Verts », dont l’électorat est concentré dans les couches supérieures du salariat.

Il faut toutefois souligner l’hétérogénéité qui existe au sein de tels partis ou associations, en particulier entre leurs directions et toute une frange de leurs militant.e.s de terrain, lesquels peuvent souvent être nos allié.e.s dans les luttes locales.

À l’inverse, leurs dirigeant.e.s sont très largement intégrés aux institutions bourgeoises et lorsqu’ils/elles sont amené.e.s à faire partie du gouvernement, ils/elles servent en dernière instance les intérêts de la classe dominante — malgré parfois certaines démissions, qui ne font qu’attester la contradiction qui existe entre leurs aspirations écologistes et leur soumission aux règles de la politique bourgeoise.

Écologie réformiste

En France, la France Insoumise incarne une écologie réformiste qui — au contraire de la majorité des partis verts — se maintient clairement dans l’opposition aux partis bourgeois au pouvoir.

La FI a un programme keynésien de relance économique, tout en se revendiquant de l’écoso-cialisme. La « planification écologique » est au centre de sa propagande, mais celle-ci ne peut être qu’inconséquente dans la mesure où elle ne se donne pas les moyens de retirer le pouvoir économique des mains des capitalistes : aucune remise en cause radicale de la propriété privée des moyens de production ne figure au programme. Dans cette mesure, l’écosocialisme de Mélenchon est un slogan sans contenu.

En effet, on ne peut pas véritablement planifier sans exproprier les capitalistes.

On retrouve là les contradictions réformistes. La « planification écologique » proposée par la France Insoumise est une planification partielle qui n’implique aucune sortie hors du cadre du capitalisme (1 ): il s’agit seulement d’orienter le capital via un « pôle public bancaire » qui financerait une transition écologique, dont un « pôle public de l’énergie » de l’énergie serait le fer de lance.

Entendons-nous bien : un « pôle public » n’est pas un monopole, mais un ensemble d’entrepri-ses publiques en concurrence avec le privé. Il ne s’agit pas pour l’État d’exproprier, mais nécessairement de rentrer dans le capital de certaines entreprises (en payant au prix fort).

Et précisément, les marges de manœuvre sont très faibles, car un tel projet n’est pas articulé à l’expropriation de l’ensemble du secteur bancaire et financier. Dans ce cadre, c’est la fiscalité qui constitue la seule ressource possible pour financer la transition : comme si, sans remise en cause de leur pouvoir, les capitalistes allaient supporter une telle pression fiscale !

On en revient toujours au même point : d’une façon ou de l’autre, la planification exige toujours que le pouvoir économique soit arraché au main des capitalistes ! L’expropriation constitue un préalable que l’écosocialisme ne peut en aucun cas esquiver.

Du reste, les courants réformistes évoquent aujourd’hui de plus en plus l’idée d’un Green New Deal, qui consisterait en un programme d’investissements « verts » financés par une ponction importante sur la plus-value capitaliste (impôts sur les sociétés par exemple).

Même dans les pays impérialistes, les capitalistes ne peuvent plus supporter une telle ponction sans augmenter leurs prix et baisser les salaires, dans un contexte où les taux de profit sont relativement faibles et où la concurrence internationale s’est intensifiée. Même une application minimale de ce « Green New Deal » aurait un effet désastreux sur les conditions de vie des travailleurs-ses.

Décroissance

La décroissance est une nébuleuse politique qui s’oppose au mode de vie façonné par le capitalisme, qui promeut une « sobriété volontaire » pour sortir de l’aliénation consumériste, mais qui peine à définir une stratégie de rupture avec l’ordre capitaliste. Stratégie d’autant plus essentielle qu’une décroissance dans le cadre du capitalisme engen-drerait une crise du système aux conséquences sociales désastreuses.

Ses partisans remettent en cause l’idée que la croissance permet d’améliorer les conditions de vie et est compatible avec une politique écologique. Cela s’accompagne aussi d’une réflexion sur le fait de consommer et produire localement et sur le concept d’autosuffisance. Il s’agit d’un mouvement très diversifié et hétérogène.

Il pose certes une vraie question : celle de la production matérielle qu’il faudra diminuer, au moins dans certains secteurs conséquents, dans la perspective de construire une société durable et vivable. Reste que la plupart du temps, la question stratégique n’est pas abordée, si ce n’est dans l’injonction individuelle (ou au mieux à l’échelle de petites communautés autono-mes) à expérimenter et à essayer de changer son mode de vie et de consommation dès à présent. Une telle perspective esquive la question de la prise du pouvoir, condition pourtant nécessaire à toute remise en cause significative de la marche productiviste du monde.

Écologie profonde

La page Wikipédia en propose la caractérisation suivante : « L’écologie profonde est une philo-sophie écologiste contemporaine qui se caractérise par la défense de la valeur intrinsèque des êtres vivants, c’est-à-dire une valeur indépendante de leur utilité pour les êtres humains.

Elle attribue plus de valeur aux espèces et aux différents écosystèmes que ne le font les mouvements écologiques classiques, ce qui entraîne le développement d’une éthique environnementale.

Tandis que l’écologie classique, bien que développant de nouvelles alternatives, pose toujours la satisfaction des besoins humains comme finalité (anthropocentrisme) et attribue au reste du vivant le statut de « ressource », l’écologie profonde réinscrit les finalités humaines dans une perspective plus large, celle du vivant (biocentrisme) afin de prendre en compte les besoins de l’ensemble de la biosphère, notamment des espèces avec lesquelles la lignée humaine co-évolue depuis des milliers d’années. » 

La collapsologie

Ce courant semble avoir le vent en poupe, notamment aux États-Unis, mais aussi en France. Il est important de connaître ses points de vue et de savoir les combattre. Aux USA, on peut citer la figure marquante de Jared Diamond, dont certains ouvrages à très grande diffusion:

«Collapse », « Upheaval », « The World until Yesterday »… ont eu aussi des retombées internationales, notamment en France. Ici, Pablo Servigne, avec notamment ses compères Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle, publie des ouvrages et présente des conférences qui attirent une large audience.

D’un côté, la collapsologie a le mérite de nous interpeller et de nous forcer à revoir notre logiciel pour ce qui est de l’intégration de l’écologie dans une stratégie de changement social. Un des points forts de cette analyse est le fait qu’elle vise à intégrer l’ensemble des méfaits du système pour comprendre la logique d’effondrement dans laquelle il est pris.

Pour aller vite, la question du réchauffement climatique n’y est pas prise séparément, mais en lien avec d’autres problèmes, environnementaux et sociaux : la fuite en avant dans les bulles financières, la tendance à l’épuisement des métaux rares, le productivisme agricole, etc.

L’intégration des conséquences logiques du capitalisme et du productivisme au sein de l’analy-se, en elle-même, est indispensable pour avoir une vision assez lucide de là où nous allons dans le cadre social actuel. Mais on peut voir deux problèmes majeurs dans les positions défendues par ce courant.

Le premier est son absence complète d’analyse des classes sociales et de leurs logiques antagoniques. En conséquence, on laisse croire que l’auto-effondrement programmé du capitalisme (un terme très rarement employé) rendrait obsolète le problème de la division de la société en classes.

Mais le capitalisme peut-il s’effondrer de lui-même ? L’expérience du fascisme a montré que la bourgeoisie est prête à employer tous les moyens (étatisation partielle de l’économie), même les plus barbares (guerres, extermination…) pour se maintenir en tant que classe dominante y compris dans une situation où le capitalisme aurait temporairement épuisé ses possibilités de développement.

Et si effondrement du système économique il y avait (au plan financier et productif), cela laisserait les classes sociales existantes aujourd’hui dans des positions diamétralement opposées, en sorte qu’on peut parier sur le fait que les exploiteurs/euses d’aujourd’hui sauraient tirer profit de la détresse des exploité.e.s pour maintenir leurs privilèges : la lutte des classes, prenant de nouvelles formes, ne s’arrêterait certainement pas, et le problème de la société à construire resterait entièrement devant nous.

Le second problème majeur que pose le courant de la collapsologie est qu’il est par nature défaitiste ; il se fonde largement sur l’idée que « tout est déjà joué » et que la seule chose que les êtres humains (puisqu’il n’y a pas lieu de diviser entre eux) peuvent faire à ce stade, c’est de cultiver la résilience et l’entre-soi dans des communautés au plan local, pour faire « autrement » et y apprendre la sobriété.

C’est le repli localiste qui domine dans les préceptes de la « collapsosophie », pendant pratique à la théorie des collapsologues. Or, il est impossible de dire aujourd’hui que « tout est déjà foutu» : en matière de dérèglement climatique, en particulier, on sait qu’il existe un – voire des – point(s) de basculement vers un réchauffement incontrôlable, mais il est impossible de dire s’il est déjà trop tard pour éviter la catastrophe.

Nous ne pourrons savoir qu’après coup si un tel « tipping point » a été franchi. Ce qui est sûr, c’est que plus le temps passe alors que s’aggrave la gabegie productiviste du capital, plus la catastrophe climatique est proche et certaine. Mais faire croire que tout est déjà perdu démobili-se alors qu’il faut au contraire – plus que jamais – mobiliser. Vu l’urgence de la situation, cette démobilisation nous apparaît comme une grave faute politique.

Paradoxalement, une telle théorisation de l’effondrement programmé a pourtant pu donner lieu à la naissance de mouvements activistes comme Extinction Rebellion, dont l’idéologie est directement influencée par les collapsologues.

Écoféminisme

L’émergence du terme « écoféminisme » remonte aux années 1970. Ce courant, à la fois philosophique et éthique, est apparu pour permettre la jonction entre le féminisme et l’écologie. Cela dit, sa délimitation n’est pas tout à fait évidente : il a existé et il existe des mouvements pour la défense de l’environnement animés par des femmes, au moins majoritairement, et qui ne sont généralement pas considérés comme écoféministes.

C’est le cas de bien des luttes situées sur le terrain de la justice environnementale, où des femmes noires ou amérindiennes, de milieux populaires et ne se considérant pas elles-mêmes comme écologistes ou féministes, ont mené des batailles parfois acharnées contre les dégâts causés à la santé, notamment par des émanations industrielles toxiques — par exemple aux Etats-Unis.

L’écoféminisme s’est développé surtout à partir des années 1980, en Europe (Royaume-Uni, Italie, Allemagne) mais surtout aux USA, à partir de l’élection de Reagan. Dans ce pays, la lutte contre les menaces de guerre nucléaire, considérablement aggravées par la politique de la présidence et du Pentagone, ont permis une large éclosion des conceptions et luttes écoféministes.

Il s’y trouve des sensibilités assez différentes mais globalement convergentes sur plusieurs points. En particulier, ses initiatrices cherchaient à faire le lien entre l’exploitation des ressources naturelles et l’exploitation subies par les femmes, et rejetaient clairement la dichotomie nature/culture qui sous-tend la conception dominante et patriarcale de la notion de progrès.

Parmi ses diverses sensibilités, voire sous-courants, relevons la présence :

  • D’un écoféminisme matérialiste, dont la sociologue, écrivaine et militante marxiste et féministe allemande Maria Mies est l’une des représentantes ;
  • D’un écoféminisme de la résistance, dont l’une des figures les plus marquantes est l’écrivaine et militante indienne Vandana Shiva, qui a su élaborer des orientations faisant converger dans la pratique la lutte concrète des femmes et la défense de l’environnement. En Inde, dès les années 1970, le mouvement Chipko a en effet construit une lutte acharnée de femmes paysannes contre la déforestation à des fins industrielles.

On peut penser que c’est (notamment ?) avec ces deux dernières sensibilités écoféministes – matérialiste et de la résistance – que les écosocialistes trouveront le plus d’axes communs dans les luttes. L’ouvrage commun de Maria Mies et Vandana Shiva, Écoféminisme (publié initiale-ment en 1993), se situe ainsi dans une claire perspective altermondialiste, et jette les bases d’un nouvel internationalisme fondé à la fois sur le féminisme et l’écologie, en partant de la nécessaire résistance à la violence de la mondialisation néolibérale. (Résumé voir lein)

ARC 17 avril 2020

https://alt-rev.com

L’ARC (Alternative Communiste Révolutionnaire) est un courant du NPA.

Notes:

1. Sur la France Insoumise voir : https://tendanceclaire.org/article.php?id=1149

2. https://www.monde-diplomatique.fr/

3. https://www.contretemps.eu/

4. https://www.contretemps.eu/

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29 mars 2020 ~ 0 Commentaire

cordée (arc)

macron

Les premiers de cordée ou celles et ceux sans qui la société s’écroule ?

La situation de pandémie du coronavirus (SARS-CoV-2) est historique et secoue le monde entier, et la France en particulier.

Ici, les actions du gouvernement sont criminelles :

Tergiversation, inaction, liquidation des stocks, amateurisme, effet de communication, etc. les fautes sont bien trop nombreuses. Cela est directement lié à leur axe politique : c’est un gouver-nement au service du système capitaliste. Leur axe central n’est pas tant de sauver des vies, mais plutôt de « limiter » la casse humaine et surtout d’éviter que l’économie s’écroule.

L’ultralibéralisme de Macron a été incarné par son expression des « premiers de cordée ».

Pour le président ce sont ceux qui, parce qu’ils sont patrons, hauts fonctionnaires, cadres à haut postes, en somme, ceux qui font partie des classes exploiteuses, tirent la société française vers le haut.

Évidemment avec cette vision du monde, le sort des plus exploité·e·s, des plus opprimé·e·s, des précaires, des chomeurs/ses, des petites gens, des « sans-dents , des petites mains n’est pas important, de toute façon, si l’économie va tout va…

Et en tant de crise économique (que le coronavirus a accéléré seulement), ce sont ces gens là qui sont les premières cibles des contre-réformes faites pour redresser l’économie (loi travail, réforme de l’assurance chômage, CAP2022, réforme ferroviaire, réforme des retraites, etc.).

Des premiers de cordée… à celles et ceux qui sont tout !

Oui, mais est survenue la crise sanitaire mondiale due au coronavirus ! Et, si celle-ci est désastreuse, et qu’elle est gérée par le gouvernement pour limiter la casse économique, elle permet de mettre en lumière l’ignominie des classes dirigeantes.

En effet, aujourd’hui, les «premiers de cordée» autre que les médecins, n’ont que peu d’utilité. Pour que la société continue à fonctionner en temps de crise sanitaire aussi importante, il faut que les petites mains (principalement des femmes) de notre monde aillent en première ligne et travaillent d’arrache-pied pour qu’on puisse être soigné·e, qu’on puisse manger, qu’on puisse se déplacer.

Mais qui des caissier·e·s, que les réformes de Macron ont permis de toujours plus exploiter ; qui des infermier·e·s, que les gouvernements n’ont cessé de mépriser en détruisant minutieusement le système de santé français ; qui des conducteurs/trices de métro et de RER, que les gouvernements n’ont cessé de toujours essayer de casser leur statuts ; qui des éboueurs/ses ; qui de tou·te·s ces exploité·e·s n’a jamais eu la moindre reconnaissance de la part des gouvernements depuis des dizaines d’année ?

La réalité peut enfin apparaître les métiers les plus essentiels sont les plus maltraités.

Plus que de la reconnaissance, des conditions de vie dignes pour toutes et tous

Évidemment, le travail abattu par les infirmier·e·s, les caissier·e·s, les conducteurs/trices de bus/métro/RER, est énorme et salutaire. La solidarité envers ces travailleurs/ses là est indispensable et les applaudissements à 20h sont un beau symbole.

Cependant, il faut rester vigilant·e 

Ce qu’il faut pour que ces travailleurs/ses là puissent faire leur travail en sécurité, et dans de bonnes conditions, ce sont des moyens. Malheureusement, quand le gouvernement et autres administrations ont l’indécence d’appeler à participer à ces moments de remerciement symbolique, alors cela pose problème.

En effet, ce sont les derniers gouvernements qui ont asphyxié les hôpitaux, ont détruit les services publics, ont détruit le code du travail. Ce sont aussi des décisions politiques qui font fermer des hôpitaux et des maternités. De plus, il faut aussi apporter notre solidarité aux caissier·e·s, éboueurs/ses, routier·e·s, etc.

Dès lors que le gouvernement vient mettre son sale nez dans cette solidarité spontanée, il devient encore plus nécessaire de la politiser. Il nous faut donc accompagner ces applaudisse-ments de discours et de slogans politiques revendiquant des moyens, des hausses de salaires, etc.

Afin de mieux les soutenir, plusieurs appels à crier des slogans tous les soirs circulent :

  • “Du fric pour l’hôpital public ! Du blé pour la santé !”
  • « Éboueurs, infirmières, caissières : héros de la classe ouvrière ! »
  • « De l’argent, il y en a, dans les caisses du patronat ! »
  • « Nos vies, nos vies, valent plus que leurs profits ! »

Plus généralement, on s’aperçoit dans cette crise sans précédent que tout un tas de services, aux mains de grand groupes capitalistes, sont vitaux pour le fonctionnement de la société, et reposent sur des travailleurs/ses sur-exploité·e·s. Ces services là, de la grande distribution, aux éboueurs/ses, etc. tout ce qui fonctionne encore dans un pays presque confiné comme la France, est en réalité un service public !

Ainsi, et en opposition frontale avec les politiques néolibérales des dernières décennies, il est plus que nécessaire de renforcer les services publics et de les extraire de la recherche de profit.

Ces services là doivent exister, non pas pour qu’une minorité s’enrichisse, mais pour répondre aux besoins de toute la population. De même, il est assez fou que, dans la situation actuelle de crise sanitaire, des industries comme la production de masques et de tests fassent des profits sur le matériel minimal dont on devrait disposer pour contrer l’épidémie.

Ces industries doivent être réquisitionnées pour planifier leur production.

Plus généralement le profit capitaliste n’a plus sa place dans notre situation confronté aux conséquences des destructions du capitalisme. Le réchauffement climatique (ou plutôt le dérè-glement) va à court terme nous pose des problèmes du type que celui que nous affrontons.

Nous avons donc besoin de changer de modèle économique, de le rendre plus juste plus solidaire plus écologique et le capitalisme par définition ne peut répondre à ces missions. Il est en train de nous le montrer en s’écroulant et en créant du chômage et des injustices en masse.

Un gouvernement pour les exploité·e·s et les opprimé·e·s et par elles et eux !

Le gouvernement français gère donc la crise pour limiter la casse économique. C’est son objectif principal. Ce sont leur profit avant nos vies ! D’un côté il faut se confiner, mais d’un autre, il faut aller travailler. Les manquements sont extrêmement graves !

Mais cela découle directement de leur mode de penser : l’économie capitaliste avant tout. Si nous, les exploité·e·s, les opprimé·e·s, les exclus de ce monde dégueulasse, nous voulons que nos vies, nos conditions de vies, soient bonnes, soient justes, et que les services, la production, l’éducation, etc. satisfassent nos besoins, alors il faudra mettre fin à ce système économique.

Il faudra que par la mobilisation massive, nous arrivions à le renverser pour imposer un gouvernement des exploité·e·s et des opprimé·e·s qui agit pour les intérêts du plus grand nombre. La production et les services doivent être organisés par les travailleurs et les travailleuses eux mêmes. C’est cela une vraie démocratie.

À la démocratie représentative privatrice, nous opposons une démocratie directe, un communisme auto-gestionnaire, qui renverse les objectifs : à la recherche du profit, nous opposons la satisfaction des besoins des exploité·e·s.

Lucas Battin 28 mars 2020
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ARC (Alternative Révolutionnaire Communiste) est un courant du NPA

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10 mars 2020 ~ 0 Commentaire

haine des femmes (garance inprecor)

voilee

Trump aux Etats-Unis, Bolsonaro au Brésil et Duterte aux Philippines ne sont que la pointe infâme l’iceberg brun.

L’anti-féminisme virulent gagne du terrain notamment grâce aux financements américains de groupements européens d’ultra-droite.

En Europe, les exemples de la haine des femmes et des féministes que porte l’extrême-droite sont nombreux :

  • En Pologne, le Congrès de la nouvelle droite est mené par Janusz Korwin-Mikke qui voudrait abolir le droit de vote des femmes car celles-ci seraient moins intéressées par la politique que les hommes.
  • En Hongrie, Fidesz, le parti de Viktor Orban, mène une politique nataliste qui vise à renvoyer les femmes au foyer : faire des bébés hongrois, ce serait empêcher la migration. C’est pourquoi, la constitution protège depuis 2013 le mariage hétérosexuel et la famille traditionnelle, ainsi que le foetus à partir de la conception. Si l’avortement n’est pas encore interdit, la pression monte, avec le financement public de campagnes et d’organisations anti-choix et la récente proposition de mesures natalistes qui favorisent fiscalement et financièrement les familles jeunes et nombreuses.
  • En Espagne, VOX s’oppose au droit à l’avortement, aux quotas électoraux et au mariage de couples du même genre. Les mobilisations de masse féministes (5 millions de manifes-tantes pour la grève des femmes !) des dernières années mettent à mal la vision ultra-catholique de ce parti sur les relations de genre, et par conséquent, les élu.e.s tentent de déconstruire les avancées légales et sociales. Le parti s’attaque notamment aux mesures de lutte contre les violences conjugales et aux subventions d’associations féministes qui aident les femmes victimes de violence. Et évidemment, le féminisme est, pour VOX, une « dictature intellectuelle » de la gauche qui veut imposer partout son « idéologie du genre ».
  • Aux Pays-bas, Thierry Baudet du Forum voor Democratie défend une masculinité tradition-nelle et toxique : « Nous perdons notre masculinité, nous tendons vers le consensus, une valeur féminine. Nous avons peur ». Pour lui, l’émancipation des femmes est la raison pour laquelle la natalité en occident diminue (et grâce à la thèse du grand remplacement, il devient donc logique d’être raciste et sexiste à la fois).
  • En Suède, un scandal a éclaté chez les Sverigedemokraten (le seul grand parti suédois qui ne se dit pas féministe), juste avant les élections, autour de l’accusation du candidat en tête de liste Peter Lundgren pour harcèlement sexuel. La députée européenne des SD, Kristina Winberg, avait dénoncé dans les médias les attouchements de Lundgren sur une autre femme. Ce que Lundgren a confirmé et tenté de justifier par son état d’ébriété au moment des faits. Comme si ce n’était pas en soi suffisant pour démontrer le caractère sexiste du SD, le parti a rayé Winberg de la liste électorale pour avoir « conspiré à dénigrer un collègue de parti à l’aide des médias » et a publié une vidéo où la victime, une membre du parti, explique qu’il est malheureux que la fête où les attouchements ont eu lieu soit « devenue si stupide ».
  • Au Royaume-Uni, deux youtubeurs masculinistes étaient candidats pour UKIP. Les deux diffusent depuis longtemps de la misogynie pure sur la toile. Par exemple, ils défendent l’idée que les inégalités entre les femmes et les hommes n’existent pas, que les livres préférés des femmes mettent en scène des fantasmes de viol ou que l’on peut battre sa femme quand on a un mauvais jour. L’un d’eux, Carl Benjamin, a gagné en notoriété quand il a tweeté qu’il ne pourrait pas violer une élue travailliste, car elle ne serait pas assez attractive. L’autre, Mark Meechan, a été arrêté pour avoir enseigné le salut hitlérien au chien de sa copine. UKIP défend ce genre de remarques comme satire.
  • Lire aussi:

Nouvelles droites et antiféminisme

  • En Espagne, il existe une longue liste de sites et de blogs comme Stop Feminazis, groupe facebook sur la garde partagée ou contre les soi-disant dénonciations calomnieuses, et des médias, avec un argot propre – féminazie, féministe suprémaciste, idéologie de genre – qui promeut le sexisme, la misogynie, l’antiféminisme et l’« anti-genre ». Tout ce jargon – le glossaire de la manosphère – semble sortir d’une caricature réactionnaire de guerre de communication, mais contribue en réalité à articuler un discours antiféministe qui alimente les positions, organisations et partis de l’ultra-droite. Quand bien même il n’existe pas nécessairement de liens organiques, ce mouvement sur la toile a bien souvent rencontré référents et porte-parole dans les partis d’extrême droite.C’est le cas du parti espagnol Vox, qui a fait de ces thèmes des éléments centraux de son discours. L’utilisation des concepts de violence intrafamiliale et d’idéologie de genre, son refus de participer aux minutes de silence lorsqu’un meurtre machiste est commis, la remise en question, une fois de plus, de la loi sur l’avortement, ses demandes à accéder aux noms des femmes qui travaillent sur les violences de genre en Andalousie, et le discours répressif à propos des organisations féministes radicales, sont venus remettre sur la table des questions supposément déjà tranchées ou qui ne se posaient pas, et ont forcé d’autres partis, comme le Parti populaire (PP) et Ciudadanos (Cs), à réviser leurs positions.
  • Cependant, il semble que toutes les droites radicales n’ont pas les mêmes relations avec le féminisme et l’antiféminisme. Par exemple, ni Salvini ni Le Pen ne s’aventurent sur des sujets comme celui de l’avortement, alors que Vox et le PiS (la droite polonaise) ne s’en privent pas.
  • Nous observons également des inflexions dans le temps au sein d’un parti, comme c’est le cas pour le Front national-Rassemblement national, qui, avec Marine Le Pen, a voulu s’adresser davantage aux femmes et aux personnes homosexuelles, se différenciant ainsi des positions tenues par son père.
  • Des partis comme l’Alternative für Deutschland (AfD) en Allemagne ont promu des groupes de femmes (Frauen in der Alternativ) pour accroître la présence des femmes dans la structure du parti et au niveau électoral. Quelques membres de l’AfD sont allés plus loin encore en luttant pour les droits des femmes à travers l’utilisation du discours du mouvement MeToo.

S’agissant du féminisme, les partis d’extrême droite semblent tenir deux positions apparemment contradictoires mais qui, dans de nombreux cas, sont exprimées simultanément – en particulier en ce qui concerne l’extrême droite européenne. Nous définirons la première comme nettement antiféministe, « anti-genre », sexiste et misogyne, et incarnée par des figures comme celles de Jair Bolsonaro, condamné à indemniser une députée pour lui avoir dit qu’il ne la violerait pas « parce qu’elle ne le méritait pas », et qui a nommé Damares Alves ministre de la Femme, de la famille et des droits de l’homme, qui a déclaré que les féministes n’aiment pas les hommes « parce qu’elles sont moches » et « parce qu’aucun homme n’a voulu les épouser ».

La seconde position se caractérise par l’utilisation du féminisme pour défendre des mesures et des politiques xénophobes et racistes, sous prétexte qu’elles sont nécessaires à la libération des femmes. Nous pourrions appeler cette logique purplewashing (de l’anglais purple, violet, et whitewash, blanchir ou couvrir), pour utiliser un terme déjà répandu et inventé par la féministe Brigitte Vasallo, ou fémonationalisme (contraction de féminisme et nationalisme), concept plus récent de Sara R. Farris.

À titre d’exemple, Nicole Höchst, membre de l’AfD, affirmait à l’automne 2018 dans un entretien à Der Spiegel être préoccupée par l’avenir de l’Allemagne et par le fait de protéger les femmes des islamistes radicaux et des migrants. Elle ajoutait : « Je crois que nous sommes le seul parti en Allemagne qui lutte réellement pour les droits des femmes, parce que nous signalons le danger qui nous menace de perdre les libertés et les droits des femmes pour lesquelles nous avons lutté pendant des siècles » (Bonhomme, 2019).

Le purplewashing et le fémonationalisme sont devenus des procédés utilisés par la majorité, pour ne pas dire la totalité, des partis d’extrême droite en Europe. L’originalité, c’est que l’extrême droite n’est pas la seule à recourir à ces concepts, sur lesquels surfent également la droite conservatrice et le social-libéralisme.

La proposition de la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’inscrit dans cette logique en plaçant « la protection de notre style de vie européen » dans les six axes programmatiques de son prochain mandat. On pourrait penser, de façon naïve ou ingénue, qu’elle fait ici référence à la volonté d’inverser les effets de l’austérité, de renforcer le pilier social européen et de préserver les droits sociaux et économiques, mais le fait est que son discours est accompagné de l’idée de frontières extérieures fortes comme un élément de la politique intérieure :

« Nous avons besoin de frontières extérieures fortes. Un élément fondamental de cette ambition est le renforcement de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) », et d’un discours sécuritaire, toujours concernant la politique intérieure : « Toute personne qui se trouve dans l’Union a le droit de se sentir en sécurité dans la rue et dans son propre foyer. Quand il s’agit de protéger nos citoyens, on ne peut se passer d’aucun moyen. Nous devons améliorer notre coopération transfrontalière pour répondre aux lacunes de la lutte contre la criminalité et le terrorisme en Europe » (Gil, 2019).

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09 mars 2020 ~ 0 Commentaire

mexique (courrier inter)

mex
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9 Mars au Mexique

une journée sans femmes pour dénoncer les féminicides

Des collectifs féministes mexicains appellent à une “Journée sans nous” ce lundi 9 mars. Cette initiative est née en réaction à deux récents féminicides qui ont provoqué un émoi sans précédent dans le pays. Au Mexique, dix femmes sont assassinées chaque jour en raison de leur statut de femme.

Le 9 mars, toutes les femmes du Mexique sont invitées à une journée off : les rues du pays, les entreprises, les services publics, les magasins pourraient se vider de toute présence féminine.

L’appel a été lancé en février, dans la foulée de la vague d’indignation qu’ont soulevée “deux féminicides particulièrement choquants”, rapporte La Jornada.

Sur les réseaux sociaux, le collectif Brujas del Mar a convoqué les femmes à une manifestation nationale, sous la forme d’une ‘Journée sans nous’. Les Mexicaines sont invitées à ne pas aller travailler, sortir dans la rue, faire leurs courses ni se rendre à leurs cours.”

Un cri pour les disparues

L’appel de Brujas del Mar (“Les Sorcières de la mer”), dont l’initiatrice est une spécialiste du marketing, Arussi Unda, a pris une ampleur considérable avec son hashtag #UnDiaSinNosotras (#UneJournéeSansNous).

“C’est le réveil des femmes du Mexique”, assure Milenio, qui constate que, même si les avis sont partagés sur cette initiative, six Mexicains sur dix connaissent son existence. L’appel à une journée sans femmes a été relayé par de grandes entreprises, des administrations publiques, des écoles et des universités, qui ont toutes annoncé qu’elles “ne décompteraient pas de jour de salaire” aux femmes si elles ne venaient pas travailler le 9 mars, poursuit La Jornada.

“Nous sommes le cri de celles qui ne sont plus là”, écrit un collectif associé à l’initiative.

Depuis plusieurs années, le nombre de féminicides augmente au Mexique. La presse évoque une hausse de 137 % à l’échelle de tout le pays depuis 2015, et beaucoup plus dans certains États. Selon des chiffres de l’ONU cités par La Jornada, entre 2017 et le début de 2020, le nombre de meurtres de femmes est passé de sept à plus de dix par jour.

Une parole publique critiquée

Face à ces drames, l’attitude du président López Obrador est vivement critiquée, notamment depuis les meurtres atroces d’Ingrid Escamilla et de Fátima, une fillette de sept ans, en février.

Depuis lors, il assure vouloir mettre en œuvre une campagne de sensibilisation des hommes, rapporte le site Expansión, mais il a aussi demandé aux femmes de “ne pas se laisser manipuler par des conservateurs”. Le président fait ainsi référence à ses opposants politiques. Sa phrase est largement dénoncée par des militantes qui y voient un affront supplémentaire.

Sabine Grandadam  09/03/2020

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09 mars 2020 ~ 0 Commentaire

8 mars (fr3 the-guardian)

“Nous sommes la puissance”

Les femmes du monde entier ont marché pour défendre leurs droits

De Londres à Bagdad en passant par Paris, Mexico ou encore Alger, les femmes – et les hommes – ont manifesté dimanche 8 mars pour la Journée internationale des droits des femmes. Féminicides, viols, inégalités salariales… Les raisons de marcher sont encore nombreuses.

“Je voudrais transmettre un message aux femmes du monde entier en cette Journée internatio-nale des droits des femmes : nous sommes la puissance, nous représentons la moitié de la société, et nous sommes essentielles.”

Comme cette Irakienne qui a manifesté à Bagdad, des centaines de milliers de femmes ont marché partout dans le monde dimanche 8 mars à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, pour exprimer leur colère face aux violences et aux discriminations qu’elles subissent.

La vidéo publiée par The Guardian au lendemain des manifestations compile des images issues de plusieurs continents.

À Londres, des militantes du mouvement écologiste Extinction Rebellion ont formé une chaîne humaine sur le pont de Waterloo pour dénoncer la vulnérabilité des femmes face à la crise climatique.

À Paris, place de la Concorde, des manifestantes féministes ont chanté des slogans contre le “patriarcat virus”, faisant écho à une autre actualité, celle de la progression du nouveau coronavirus dans l’Hexagone.

Deux marches ont par ailleurs été organisées dans la capitale : la première a eu lieu de nuit le samedi 7 mars au soir, la seconde est partie de la place d’Italie dimanche 8 mars vers 14 heures, pour rejoindre République.

Dans la compilation publiée par le quotidien britannique, on peut également voir des images des manifestations à Istanbul, Alger, Mexico ou encore à Bichkek, capitale du Kirghizistan.

09/03/2020

https://www.courrierinternational.com/

 

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08 mars 2020 ~ 0 Commentaire

8 mars (france 24)

fem mes de plog

Historique, officielle, internationale…

Mais à quoi se réfère le 8 mars ?

Est-ce la journée des fleurs ou la journée des combats ? L’histoire de cette date oscille entre les deux conceptions de la place de la femme dans la société.

Il faut remonter au début du XXe siècle pour voir émerger l’idée d’une journée consacrée aux femmes. Elle naît dans l’esprit d’une militante socialiste allemande Clara Zetkin, qui suggère l’idée en 1910 lors d’une conférence internationale des femmes travailleuses à Copenhague.

Cent femmes venues de 17 pays sont présentes et acceptent sa proposition à l’unanimité. « Cette initiative avait pour but de mettre en avant les luttes socialistes pour les femmes, notamment d’inclure le droit de vote dans la lutte des classes, et de proposer une alternative aux mouvements ‘féministes’, considérés comme ‘bourgeois’, qui étaient très puissants au début du siècle », explique Françoise Picq, historienne du féminisme, contactée par France 24.

Dès l’année suivante, le concept prend forme en Autriche, au Danemark, en Allemagne et en Suisse, un million de femmes descendent dans les rues le 19 mars. Quelques jours plus tard, le 25 mars 1911, l’incendie de l’usine de textile Triangle Shirtwaist à New York, qui a tué 129 ouvrières prises au piège des flammes, marque fortement le rapprochement entre la lutte des femmes et le mouvement ouvrier.

Lénine décrète la « journée internationale des travailleuses »

Le 8 mars 1917, dans la ville russe de Petrograd (ancien nom de Saint-Pétersbourg), plusieurs cortèges de femmes étudiantes, employées, ouvrières du textile manifestent dans le centre-ville pour réclamer « du pain et la paix ». Leur action est rejointe par des ouvriers qui quittent le travail pour grossir les rangs de la manifestation. Les slogans prennent rapidement une tonalité politique. C’est le premier jour de la révolution du 18 février 1917 – selon le calendrier julien, soit le 8 mars dans le calendrier grégorien.

Quatre ans plus tard, le 8 mars 1921, Lénine décrète la « journée internationale des travailleuses », en hommage aux femmes qui ont initié la révolution bolchévique de 1917. Il déclare dans son discours qu’ »on ne saurait amener les masses à la vie politique sans y attirer les femmes.

Car, en régime capitaliste, les femmes, la moitié de l’espèce humaine, sont doublement exploitées. L’ouvrière et la paysanne sont opprimées par le capital, et par surcroît, (…) elles ne jouissent pas de tous les droits, car la loi ne leur confère pas l’égalité avec les hommes ; deuxièmement, et c’est là l’essentiel, elles restent confinées dans ‘l’esclavage domestique’, elles sont des ‘esclaves du foyer’ accablées par les travaux ménagers, les plus mesquins, ingrats, durs et abrutissants, et en général par les tâches domestiques et familiales individuelles. »

La charge politique de Lénine sur la place des femmes est rapidement oubliée dans l’histoire de la Russie soviétique. « Pendant la révolution russe, il y a eu une poussée de remises en question des rôles genrés, l’avortement est même évoqué. Puis on assiste à un retour en arrière sous Staline, qui dit que les ouvrières sont de formidables mères de la Nation, fournissant les soldats dont le pays a besoin. » Le 8 mars est devenue une fête avec son folklore et son lot de célébrations des femmes dans l’histoire de la révolution soviétique.

Importance du 8 mars 1965 à Alger

Le 8 mars se répand après la Seconde Guerre mondiale à tout le bloc de l’Est, dans les pays sous forte influence soviétique durant la Guerre froide, de l’Algérie à Cuba en passant par le Vénézuéla et la RD Congo.

C’est même une date très importante dans l’histoire de plusieurs pays dits du Tiers-monde. Ainsi le 8 mars 1965 en Alger, les femmes sont descendues massivement dans la rue. Elles « en avaient assez : assez de leurs petits boulots mal payés, assez du chômage, assez du manque de formation, assez du contrôle social exercé par les frères et les maris », rappelle l’historienne Natalya Vince.

« On ne sait dire combien de femmes participent (à la manifestation), mais certainement des milliers : habillées ‘à l’européenne’ comme on disait à l’époque, d’autres portent le haïk [vêtement traditionnel algérien, NDLR].

Il y a là des femmes de l’Union nationale des femmes algériennes (UNFA), des étudiantes, des femmes de ménage. Les slogans et les banderoles expriment la solidarité des femmes algériennes avec leurs sœurs en lutte dans le monde, en Angola, en Érythrée ou ailleurs. » Des décennies plus tard, le mouvement du « Hirak » contre le régime Bouteflika a connu une très forte mobilisation des femmes, le 8 mars 2019.

Internationalisation de la journée du 8 mars

En 1977, « c’est à la demande des pays du bloc de l’Est que l’instauration d’une Journée interna-tionale des femmes a été discutée à l’ONU, puis votée », rappelle Françoise Picq. Cinq ans plus tard, le gouvernement socialiste sous la présidence de François Mitterrand institue la journée en France, et peu après les États-Unis, pendant le mandat du démocrate Jimmy Carter.

Aujourd’hui encore, la date du 8 mars oscille toujours entre revendications des luttes féministes, récupérations politiques et folklore sociétal. La convergence des luttes féministes et sociales revient régulièrement au cœur des préoccupations dans certains pays, comme en France, où cette année le refus de la réforme des retraites est un des principaux slogans, renouant avec une tradition historique d’un 8 mars très politique.

08/03/2020  Priscille LAFITTE

https://www.france24.com/fr/

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