Archive | Féminisme

16 février 2018 ~ 0 Commentaire

rennes (npa)

arabe

Y-a- t’il encore une gauche arabe?

7 ans après les révolutions tunisiennes et égyptiennes de 2011 et l’embrasement populaire dans tout le monde arabe, la situation politique dans la région est dramatique : guerre civile en Syrie, dictature militaire en Égypte, effondrement de la Libye, guerre civile au Yémen, éclatement de l’Irak, régimes monarchiques ultra-conservateurs dans les pays du Golfe, poursuite de la colonisation et de l’occupation en Palestine…

Face à ces défis, les gauches arabes semblent marquer le pas face aux forces de l’islam politique.

Nous reviendrons sur la place des militant-e-s et des organisations de gauche dans les processus révolutionnaires arabes, les débats stratégiques qu’elles se posent, le déclin du nationalisme de type « nassérien » arabe… Face au pessimisme, décortiquer les situations douloureuses ne peut que faire du bien pour penser l’avenir et l’émancipation.

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09 février 2018 ~ 0 Commentaire

pma (ouest france)

autoc-pma

PMA. La CEDH juge la plainte d’un couple de femmes irrecevable

Les juges européens ont rejeté la plainte du couple, estimant qu’elles n’avaient pas épuisé tous les recours du droit français.

La Cour européenne des droits de l’homme a rejeté une plainte pour discrimination d’un couple homosexuel. Les deux femmes mariées s’étaient vues refuser l’accès à la PMA par un hôpital de Toulouse en 2014. La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a rejeté la plainte pour discrimination déposée par deux femmes mariées. En 2014, l’hôpital de Toulouse leur avait refusé l’accès à la procréation médicalement assistée (PMA).

Saisir les juridictions françaises

Le couple cherchait donc à faire annuler la décision du centre hospitalier. Les juges européens ont rejeté leur plainte, estimant qu’elles n’avaient pas épuisé tous les recours du droit français. Selon la CEDH, les deux femmes auraient d’abord dû saisir les juridictions administratives « d’un recours en annulation pour excès de pouvoir de la décision du CHU de Toulouse ». « Il n’y avait aucune chance que cela aboutisse », a répliqué l’avocate du couple Caroline Mecary. « La Cour a botté en touche ».

« S’exiler pour fonder notre famille »

Le couple de trentenaires, marié depuis quatre ans, souhaite voir ce refus de l’hôpital reconnu comme une violation du droit au respect de la vie privée et familiale et au principe d’interdiction de la discrimination par les juges européens. « Nous n’avons pas d’autre choix que de nous exiler pour fonder notre famille alors même qu’après l’accouchement, la loi française nous autorise à adopter notre propre enfant », a déclaré l’une des plaignantes. « Il est temps que la France sorte de cette hypocrisie ».

Changer la loi Bioéthique

Le couple avait saisi la CEDH en 2015 pour « une discrimination fondée sur l’orientation sexuelle ». L’hôpital n’avait pas répondu à leur demande d’information concernant une PMA avec insémination artificielle, justifiant que « la loi Bioéthique actuellement en vigueur en France n’autorise pas la prise en charge des couples homosexuels ». Une loi qui devrait être revue par le Parlement à l’automne 2018. Sur Twitter, l’avocate des jeunes femmes Caroline Mecary a interpellé le président de la République. « Emmanuel Macron doit maintenant faire ce qu’il a promis : ouvrir la PMA à toutes les femmes », a-t-elle déclaré.

09/02/2018

https://www.ouest-france.fr/

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07 février 2018 ~ 0 Commentaire

harcèlement (the guardian)

Contre le harcèlement , Londres, dimanche

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04 février 2018 ~ 0 Commentaire

maternités (le monde)

fille

Deux tiers des maternités ont fermé en France en quarante ans

Selon les données recueillies par « Le Monde », 519 établissements étaient en activité au début de 2016 et plus d’une dizaine ont fermé depuis. Entre fin décembre 2017 et début janvier 2018, trois maternités ont fermé leurs portes, à Oloron-Sainte-Marie, dans les Pyrénées-Atlantiques, à Die dans la Drôme et à Brive en Corrèze (regroupement avec l’hôpital public).

D’autres sont menacées à Saint-Chamond, dans la Loire, à Creil, dans l’Oise, à Saint-Claude, dans le Jura, ou fermées provisoirement, à Cosne-Cours-sur-Loire dans la Nièvre…

La liste, non exhaustive, illustre la lente érosion du nombre de maternités en France, qui se poursuit après une baisse massive dans les années 1980 et 1990. Pour réaliser un état des lieux de l’accouchement en France, Les Décodeurs du Monde ont récupéré, avec l’aide de la Fédération française des réseaux de santé en périnatalité, des données sur les maternités en 2016. Au cours de cette seule année, sept établissements ont fermé, faisant passer le total de 519 à 512 établissements, dont 491 en France métropolitaine.

Des maternités plus techniques

Le paysage des maternités a beaucoup évolué durant ces quarante dernières années. En 1972, le décret Dietrich a entraîné la fermeture des structures dirigées par des sages-femmes. Un nombre de quinze lits au minimum a ensuite été imposé, puis progressivement des normes de plus en plus strictes d’encadrement ont été prises, qui ont entraîné des regroupements de maternités.

En 1998, les maternités ont été divisées en trois niveaux, selon leur degré de technicité :

  • type I, avec une simple unité d’obstétrique, pour les grossesses à bas risques et les naissances normales ;
  • type II, disposant en plus d’une unité de néonatalogie pour les risques modérés et les nouveau-nés nécessitant une surveillance particulière (avec une subdivision entre IIA pour les prématurés à partir de la 32e semaine et la IIB pour les soins intensifs) ;
  • type III, offrant en plus de tout cela un service de réanimation néonatale, pour les grossesses à risques et les grands prématurés.

Alors que les naissances sont restées relativement stables, autour de 800 000 par an en France, le nombre de maternités a été divisé drastiquement. Et ce sont les établissements les moins techniques (type I) qui ont fait les frais de cette concentration, alors que les grandes maternités de type III accueillent de plus en plus d’accouchements à bas risque.

Depuis les années 1970, trois fois moins de maternités pour autant de naissances

Depuis le classement des établissements par type (I, II et III), en 1998, les fermetures ont surtout touché les établissements les moins techniques, destinés aux accouchements à bas risque.
Les petites structures menacées

Les fermetures et regroupements se sont réalisés au détriment des maternités les plus petites : alors que 107 maternités réalisaient moins de 500 accouchements par an en 2003, elles n’étaient plus que 63 fin 2016, selon notre décompte. Durant la même période, les grandes structures, réalisant plus de 2 000 naissances annuelles, sont passées de 95 à 132 (dont 60 accueillent plus de 3 000 naissances).

Si les mobilisations sont plus importantes en milieu rural, où la question géographique est cruciale, l’Ile-de-France n’est pas épargnée par les fermetures. Durant la seule année 2016, quatre cliniques ont fermé : à Fontainebleau, Athis-Mons, Neuilly-sur-Seine et Rueil-Malmaison.

Le premier argument des autorités de santé est la qualité des soins.

« Dans les maternités de petite taille, il n’y a pas forcément d’équipe d’anesthésistes ou de pédiatres sur place, et elles ne peuvent pas toujours avoir le même niveau de sécurité que les grandes », explique le Dr Catherine Crenn-Hébert, du réseau de périnatalité Ile-de-France. Vient ensuite la difficulté du recrutement. « Pour faire tourner une équipe et assurer des gardes, il faut un volume minimum d’accouchements. Certaines structures tournent avec des remplaçants qui travaillent parfois dans plusieurs maternités. »

Le Dr Jacques Chameaud, obstétricien à la clinique des Emailleurs à Limoges, « la seule maternité privée pour cinq départements du centre de la France », s’alarme du manque de praticiens désireux de travailler dans les petites cliniques : « Ici, deux accoucheurs sont partis, on ne trouve pas de remplaçants, même en cherchant des obstétriciens étrangers. C’est un métier difficile et dangereux, on se lève la nuit pour faire des césariennes en moins de quinze minutes et à la moindre erreur, on est chez le procureur. » (…)

01.02.2018  Anne-Aël Durand

 http://www.lemonde.fr/

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28 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

rennes (breiz femmes)

rennes

Le mois de mars avant l’heure… Avec Breizh Femmes et Histoires Ordinaires (.fr) venez rencontrer des femmes engagées lors d’une bibliothèque vivante aux Champs Libres à Rennes.

Une bibliothèque vivante c’est un moment d’humanité et de discussion intime, une rencontre avec des personnes qui deviennent le temps d’un échange des livres vivants racontant un chapitre singulier de leurs parcours. C’est l’occasion d’un dialogue bienveillant en tête-à-tête d’une vingtaine de minutes avec des femmes de tous horizons qui parlent d’elles…

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26 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

malala à davos (le huff’)

N’attendez plus que les hommes changent le monde, changez le vous-mêmes! C’est le message que Malala Yousafzai a fait passé, jeudi 25 janvier, lors du Forum économique mondial à Davos, où elle était invitée.

La jeune femme, icône de l’éducation des filles, prix Nobel de la Paix 2014 et étudiante à Oxford depuis septembre, s’est exprimée sur le féminisme, les mouvements #metoo et Donald Trump (et son rapport aux femmes.

Malala (Wikipédia)

Prix Nobel de la Paix 2014 : « Seul le socialisme nous sauvera »

Malala Yousafzai, une voix contre l’obscurantisme

Birmanie : Malala Yousafzai interpelle Aung San Suu Kyi sur le sort des musulmans rohingyas

Lire aussi:

Inégalités : « La “liberté d’importuner” n’est rien d’autre qu’un privilège masculin » (AUTAIN Clémentine, CASTA Laetitia)

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23 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

patriarcat (npa)

marriage

#MeToo : Défendre la liberté d’importuner le patriarcat

La tribune défendant « le droit à la liberté d’importuner indispensable à la liberté sexuelle », parue dans le Monde le 9 janvier, est l’une des plus récentes expressions de la contre-offensive réactionnaire face à #MeToo. Au-delà de son contenu, le plus choquant dans le texte publié par le Monde, c’est que plus de 100 femmes, dont des artistes et des intellectuelles, se soient mises du côté des dominants, des hommes agresseurs, du système patriarcal.

Ces femmes défendent un camp social

La preuve que les femmes ne sont pas toutes féministes, mais surtout la preuve que dans le groupe social composé par les femmes certaines pensent avoir intérêt à conserver ce système politique. Car nous ne pouvons ignorer qui sont les signataires : dans leur grande majorité des petites-bourgeoises blanches dont beaucoup se trouvent dans les sphères de pouvoir média- tique et intellectuel.

Nous ne pouvons pas ignorer non plus qu’elles nous demandent de choisir une forme de patriarcat plutôt qu’une autre. C’est en ce sens qu’il faut comprendre cette phrase: «Cette fièvre à envoyer les « porcs » à l’abattoir, loin d’aider les femmes à s’autonomiser, sert en réalité les intérêts des ennemis de la liberté sexuelle, des extrémistes religieux». Au-delà de la classe à laquelle elles appartiennent, il s’agit aussi de comprendre la politique qui est ainsi légitimée : certaines signataires défendent la Réaction depuis de nombreuses années, à l’instar d’Élisabeth Lévy.

La défense de l’hétéronormativité

Il y a une confusion notoire dans la tribune, que l’on a beaucoup entendue par ailleurs, y compris dans nos milieux : les hommes auraient peur de draguer, il faudrait faire attention à ne pas les brimer. C’est autour de la défense de la drague, de l’amour, de la liberté sexuelle, qu’est construite cette tribune.

Mais contrairement à ce qu’avance ce texte, il n’y a rien de sauvage dans les relations sexuelles/amoureuses/affectives :

Les sociétés humaines sont construites. D’ailleurs les « pulsions animales » n’ont jamais l’air de concerner les femmes… Cette défense de la liberté sexuelle contre une pseudo-morale victo-rienne est en fait une défense de l’hétéronormativité et de ses rapports de domination. C’est postuler le droit pour les hommes de poser leur main sur les genoux d’une femme. Est-ce que MeToo présente un risque pour la liberté des hommes de harceler, d’agresser, de violenter, de violer ? S’agit-il de brimer les hommes qui veulent nous forcer à entrer dans une relation sexualisée dont nous ne voulons pas ? Oui, cent fois oui. Et nous l’assumons.

La liberté des dominants

Au fond, c’est toujours la même rhétorique : il faut défendre la liberté d’importuner des domi- nants, de caricaturer les dominéEs, de blaguer contre celles et ceux qui subissent l’oppression. La prétendue censure est un mythe. La grande majorité des films, des écrits, de la production culturelle est un vecteur de l’idéologie dominante, de l’idéologie de classe, patriarcale et raciste.

Dans cette rhétorique, il s’agit toujours de défendre les dominants, mais jamais celles et ceux qui subissent.

Nous assumons de défendre les dominéEs, les oppriméEs, les exploitéEs, celles et ceux qui n’ont pas leur place dans les livres d’histoire, celles et ceux qui sont invisibles, celles et ceux dont on n’écoute pas la voix. Nous assumons de vouloir créer un rapport de forces pour changer de système.

Nous défendons la liberté d’importuner.

D’importuner les dominants, d’importuner le patriarcat, d’importuner la classe bourgeoise. Et même de renverser ce système pour créer une société d’émancipation, où chacunE pourra s’épanouir.

Lundi 22 janvier 2018 Mim Effe

https://npa2009.org/

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11 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

féminisme (anti-k)

gros deg
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Deux tribunes, l’une signée par un collectif de femmes et l’autre par des féministes, s’opposent sur le harcèlement sexuel et le mouvement #balancetonporc.
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Deux visions du féminisme qui s’affrontent ou expression d’un contre-mouvement ?  Les points de vue divergent pour finir par s’opposer. Dans le sillage de l’affaire Weinstein et du mouve- ment #balancetonporc, un collectif de 100 femmes, dont Catherine Deneuve ou Brigitte Lahaie, a publié mardi une tribune dans Le Monde pour « défendre » la « liberté d’importuner » des hommes.
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« En tant que femmes, nous ne nous reconnaissons pas dans ce féminisme qui, au-delà de la dénonciation des abus de pouvoir, prend le visage d’une haine des hommes et de la sexualité »,assure le collectif.
En réponse à cette tribune, une trentaine de militantes féministes, emmenées par Caroline De Haas, ont publié mercredi un texte où elles accusent les signataires de vouloir « refermer la chape de plomb » soulevée par la déchéance du producteur de cinéma et de « mépriser » les victimes de violences sexuelles. Assiste-t-on simplement à l’expression de deux visions du féminisme ? Quelle sera la place du mouvement #balancetonporc dans l’histoire du féminisme français ? Pour mieux comprendre, nous avons posé la question à Christine Bard, historienne du féminisme, professeure à l’université d’Angers et directrice du Dictionnaire des féministes (PUF, 2017).

LCI.fr : Ces deux tribunes sont-elles le reflet de deux féminismes qui s’opposent ?

Christine Bard : Absolument pas, la tribune sur la défense du droit d’importuner n’est en rien féministe. Elle accumule les clichés antiféministes et minimise gravement les violences sexuel- les et la culture du viol qui les encourage. D’ailleurs, les signataires ne s’identifient pas comme féministes. On a encore une telle méconnaissance du féminisme que quand des femmes signent ensemble un texte, on y voit automatiquement du féminisme. Mais des femmes peuvent aussi s’associer pour faire de l’antiféminisme !

 Les critiques, notamment celles venant des femmes, ne démontrent-elles pas que nous sommes à un moment charnière ?

Oui, je le pense et l’espère. La tolérance au sexisme sous toutes ses formes est encore extrê- mement forte, même en France où l’on aime, entre galanterie et gauloiserie, se représenter les relations entre les sexes comme un jardin d’Eden. Les révolutions ne se font pas sans résis- tances et sans contre-mouvements cultivant leur imaginaire nostalgique et leurs craintes pour l’avenir. Le conflit a une forte dimension irrationnelle, ce qui complique la discussion. Toutes les femmes ne sont pas convaincues qu’il faut en finir avec la domination masculine.

Autrefois, la question du féminisme agitait-elle autant le débat public ?

Oui, et puis on l’oublie. A l’époque de la conquête du droit de vote, le féminisme était un sujet au quotidien dans la presse. L’une des ruses de l’antiféminisme est de faire du féminisme une question secondaire. Mais elle est centrale : c’est l’un des plus grands mouvements de trans- formation qui agit dans la vie sociale, culturelle, politique, économique. Il modifie notre vie collective mais aussi notre vie individuelle : nos comportements, notre conscience, nos manières de nous exprimer, nos représentations.

Quelle sera et quelle est la place, s’il n’est pas trop tôt pour le dire, de #balance-tonporc dans l’histoire du féminisme en France ?

2017, c’est le moment où la masse des femmes dénonçant ce qu’elles ont subi rejoint le dis- cours et l’action des féministes, pour lesquelles la lutte contre les violences sexuelles est une priorité depuis de longues années. Le féminisme en sort légitimé, mieux connu, reconnu dans son utilité sociale. Mais toutes les femmes ne sont pas convaincues qu’il faut en finir avec la domination masculine…

Le combat va continuer. Il oppose notamment deux visions de la sexualité : l’une, naturaliste, justifiant la fatalité de la violence, l’autre, culturaliste, estimant que la culture du viol et le sys- tème de la domination masculine sont responsables des violences sexuelles. La première conception rend inutile tout combat féministe (« contre-nature »), la deuxième nous laisse l’espoir d’un monde plus agréable à vivre et c’est celle des féministes.

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10 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

voeux de philippe poutou

Lire aussi:

Philippe Poutou appelle à la reconstruction d’un mouvement féministe pour aller plus loin que #MeToo et « affronter le patriarcat » (Europe1)

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08 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

féminisme (npa)

lapinRevu

#MeToo : une fin d’année féministe pour recréer des solidarités

Retour sur l’année 2017. L’affaire Weinstein aura marqué la fin de l’année 2017. Véritable tsunami dans la sphère hollywoodienne, où les agresseurs tombent à présent comme des mouches, même si l’on constate avec amertume que certains sont passés entre les mailles du filet et sont encore bien présents dans les sphères de pouvoir, elle a entraîné un mouvement de libération de la parole de celles qui subissent au quotidien les violences sexistes.

En France aussi, la parole des femmes s’est libérée. Derrière la déferlante #MeToo, ce qui est devenu visible c’est que la violence n’est en rien une relation d’individu à individu, mais une violence structurelle, systémique.

Les violences sexistes se retrouvent dans toutes les sphères de la société et dans l’ensemble des classes et groupes sociaux. Dans la rue, dans les transports en commun, dans le cadre de la famille, dans le cadre du couple hétérosexuel (35 % des violences sexuelles) et bien sûr dans le cadre du travail. Des violences qui sont intrinsèquement liées au système patriarcal, et renforcées par les rapports de pouvoir du capitalisme.

Car l’affaire Weinstein c’est aussi le harcèlement d’un patron sur ses employées, qui montre bien que capitalisme et patriarcat sont les deux faces d’une même pièce. 

Ces violences sont très rarement condamnées (seulement 2 % des viols en France), et peuvent être meurtrières : en 2016, 123 femmes sont mortes, en France, sous les coups de leur conjoint. Ces violences sont des violences de genre : 96 % des violeurs sont des hommes et 91 % des victimes sont des femmes.

MeToo dans la rue !

Des rassemblements ont été organisés dans plusieurs villes de France le 29 octobre. À Paris, nous étions près de 3 000 sur la place de la République. À la suite de ce rassemblement réussi, nous avons commencé à nous réunir en Assemblée MeToo afin de préparer le 25 novembre, journée internationale contre les violences faites aux femmes, mais aussi de construire un mouvement féministe contre les violences sexistes sur la durée. Ces assemblées ont été une réussite, puisque nous nous sommes retrouvées à trois reprises à plus de 100 personnes, en formant des groupes de travail, des ateliers thématiques, mais aussi en permettant d’avoir une dynamique militante autour de la contruction d’un rapport de forces dans la rue.

La manifestation du 25 novembre à Paris a réuni elle aussi entre 2 000 et 3 000 personnes, ce qui peut sembler peu, mais qui est largement supérieur aux années précédentes.

L’assemblée MeToo a proposé un cortège auto-organisé de plus de 300 personnes. C’est certes loin d’être suffisant, et nous pouvons dire en cette fin d’année que nous sommes très loin d’un mouvement féministe de masse. Mais il faut regarder d’où nous partons : si le mouvement féministe existe bel et bien en France, il est largement divisé. De nouveaux liens de solidarité entre les opprimées ont été construits, et commencent à émerger des groupes de parole, de réflexion, d’action : une nouvelle génération militante, étape dans la reconstruction du rapport de forces.

Des petits pas

On parle désormais de l’inversion de la charge de la preuve en matière de justice. La Suède est en train de changer la législation sur le viol : les nouveaux critères ne seront plus la surprise, la contrainte physique ou la menace, mais le caractère explicite du consentement. Évidemment un changement législatif ne réglera pas tout, mais ce sont des petits pas qui montrent à quel point la vague a eu un impact, même à l’intérieur des États bourgeois et d’une justice de classe.

En France, Emmanuel Macron avait choisi la date du 25 novembre pour lancer la « grande cause nationale » contre les violences faites aux femmes. Au programme : une prétendue augmentation du budget, des modules pour une éducation non sexiste, une extension du délai de prescription et de l’âge du consentement, un renforcement de l’appareil répressif, des unités hospitalières dédiées aux violences… Des annonces qui sont de l’affichage, quand elles ne sont pas des attaques lorsque Macron profite de l’occasion pour renforcer l’arsenal policier alors que les flics sont aussi des agresseurs, et que toutes les femmes qui ont été victimes de violences ont eu peur de porter plainte.

Vers un changement de société

Mais ces annonces montrent que l’impact du mouvement a été tel qu’il a fallu y répondre. Que se passerait-il si, au lieu d’être quelques milliers dans les rues, nous étions la prochaine fois des centaines de milliers ? Car il n’y aura pas de raccourci possible : c’est bien d’un mouvement de masse dont nous aurons besoin pour gagner.

La faiblesse du mouvement féministe en France n’est pas une fatalité 

En Argentine et en Italie ont ainsi émergé des mouvements féministes de masse, portés par de nouvelles générations. Mais dans le mouvement féministe comme ailleurs, il faut reconstruire patiemment, en prenant des initiatives pour faire émerger, entre autres, des états généraux qui remettraient tout à plat.

Les violences sexistes, l’oppression des femmes en général, ne sont pas une fatalité. Mais nous n’obtiendrons aucune égalité réelle sans changer de système, car le système capitaliste a tout intérêt à maintenir les femmes opprimées : tâches ménagères gratuites, division du travail, division de notre classe.

Construire une société émancipatrice, c’est construire une société débarrassée des rapports d’exploitation et d’oppression, qu’elle soit patriarcale ou raciste, et donc renverser le système capitaliste et patriarcal : le combat féministe doit être partie intégrante du combat des anticapitalistes.

Dimanche 7 janvier 2018 Mimosa Effe

https://npa2009.org

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