Archive | Féminisme

02 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

violences maroc (the guardian)

« Je ne me tairais pas » (Vidéo en français)

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27 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

la permission (courrier international)

“La Permission”

Le combat d’une Iranienne pour disputer le match de sa vie

Baran Kosari joue Afrooz. “Vous trouvez énormément de figures féminines comme elle dans l’histoire de l’Iran”, dit-elle.

Inspiré d’une histoire vraie, La Permission met en scène une joueuse de futsal à qui son mari interdit de partir à l’étranger pour jouer un match décisif. Rare et osé, ce film a failli être censuré en Iran, nous raconte le site d’information Rooziato. Il sort le 28 novembre en France.

La Permission raconte une réalité douloureuse à propos des droits des femmes en Iran.

La loi stipule qu’elles ne peuvent sortir du pays sans l’autorisation de leur mari. Cette loi a, à de nombreuses reprises, mis en difficulté des Iraniennes. L’histoire du film emprunte ainsi à la mésaventure vécue en 2015 par Niloufar Ardalan, la capitaine de l’équipe nationale féminine de futsal [une sorte de football en salle] : celle-ci a été empêchée par son mari, Mehdi Toutounchi [un présentateur de la télévision iranienne], de se rendre en Malaisie pour le championnat d’Asie de futsal. Cet incident a suscité beaucoup de réactions sur la Toile et le scénariste s’en est grandement inspiré pour faire un film subtil.

Le résultat est tellement polémique que La Permission a failli ne jamais sortir en Iran.

*Le scénario peut, selon certains, paraître “radicalement féministe”, mais il reflète bien la réalité. En Iran, la législation prive les femmes majeures du droit de décider pour elles-mêmes. Et d’autres lois non écrites les discriminent. Par exemple, les bureaux chargés d’enregistrer les mariages requièrent la présence des parents de la mariée quand celle-ci renonce à toute dot [une concession que font souvent les Iraniennes pour que, en échange, leur conjoint leur accorde le droit de travailler et de voyager librement].

Le droit de réaliser un rêve d’enfance

Le long-métrage de Soheil Beiraghi alerte sans ambiguïté sur le sort de femmes comme Afrooz, l’héroïne du film [campée par Baran Kosari]. Depuis onze ans, elle évolue au sein de l’équipe nationale et fait la fierté de ses compatriotes par ses victoires. Elle est la star de l’équipe, toutes les joueuses comptent sur elle.

Afrooz rêve de remporter la Coupe d’Asie des nations. Or tout bascule lorsqu’elle apprend, à l’aéroport, juste avant de s’envoler pour la finale en Malaisie, que son mari Yaser [Amir Jadidi], animateur d’une émission religieuse à la télévision, lui a interdit de sortir du pays. Tous deux vivent séparément depuis un an et Yaser abuse du pouvoir que la loi iranienne lui donne. Il conditionne son autorisation au retour de sa femme à la maison.

L’avocate d’Afrooz, Pantea Aledavood [Leili Rashidi], décide d’étaler cette affaire sur les réseaux sociaux, en Iran et à l’étranger.

Par sa gestuelle, son maquillage et son élocution, elle rappelle la grande avocate iranienne Nasrin Sotoudeh [lauréate en 2012 du prix Sakharov pour la liberté de l’esprit, décerné par le Parlement européen, cette militante des droits de l’homme a été condamnée à cinq ans de prison en juin 2018, notamment pour avoir défendu des Iraniennes qui contestaient le port du voile obligatoire].

D’un autre côté, la directrice de l’équipe iranienne de futsal, jouée par Sahar Dolatshahi, est une femme extrêmement religieuse qui considère Afrooz comme une rebelle. Afrooz, quant à elle, veut réaliser son rêve d’enfance. L’un des points forts du film est son casting. Par exemple, Baran Kosari a perdu beaucoup de poids et s’est entraînée sérieusement pour incarner Afrooz, une performance qui reste très rare dans le cinéma iranien.

Des points marqués contre la censure

Bien que La Permission soit un film très féministe, il n’est pas possible de le qualifier d’exagéré. Il convoque des émotions très douloureuses et amène les spectateurs à réfléchir au sort des femmes. Il réussit même à susciter l’empathie des hommes. Le comble survient lors de la formi-dable scène du jugement : le spectateur est mis à la place du juge, sommé de décider si oui ou non Afrooz pourra se rendre en Malaisie.

Le film contient aussi quelques scènes délicates et subtiles, inédites dans le cinéma iranien depuis la révolution islamique de 1979 et qui témoignent de l’ingéniosité de l’équipe du film pour contourner les restrictions qui pèsent sur le cinéma iranien [un acteur et une actrice ne peuvent par exemple pas se toucher à l’écran, sauf s’ils sont mari et femme dans la vraie vie].

À un moment du film, il est ainsi fait allusion à la personnalité de Yaser, qui exige de sa femme une obéissance absolue : ce pourrait être un indice de la perversité du personnage et de son caractère dominateur. De même, Afrooz cohabite avec une autre joueuse de l’équipe, et les commentaires négatifs des cadres de l’équipe suggèrent une possible relation amoureuse entre les deux femmes. Quand on connaît la sévérité de la censure iranienne, ces scènes semblent incroyables.

En raison de son sujet, nouveau et polémique, et de la célébrité de ses actrices, La Permission suscite l’espoir que d’autres films verront le jour, aussi subtils et justes, pour faire avancer la cause des Iraniennes. La Permission sort le 28 novembre en France, en partenariat avec Courrier international.

Arash Parsapour
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Repères

LA RÉVOLUTION PAR LE SPORT

La Permission, deuxième long-métrage du réalisateur Soheil Beiraghi, est sorti le 26 septembre en Iran, un mois avant que l’équipe masculine du FC Persépolis ne décroche son billet pour la finale de la Ligue des champions asiatique de football. Le match, organisé à Téhéran, le 10  novembre, a fait l’histoire : s’il s’est soldé par la défaite des Iraniens, il s’est joué en présence de 850 femmes, autorisées à entrer dans le stade pour regarder la rencontre. Du jamais-vu depuis la révolution islamique de 1979.

UN FILM BOYCOTTÉ EN IRAN

Les accents féministes de La Permission n’ont guère plu au distributeur Hozeh Honari, connu pour son conservatisme, qui a refusé de programmer le film dans les 97 salles de son réseau. Dans une lettre ouverte, l’Association des réalisateurs iraniens, une organisation indépen-dante, a dénoncé ce boycottage comme étant “une violation de la loi”, le film ayant obtenu son visa d’exploitation. Face au tollé, Hozeh Honari n’a nullement fait marche arrière et a accusé le film d’être “contre les valeurs familiales”.

27/11/2018

https://www.courrierinternational.com/

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24 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

féminisme (npa)

feminsite

Contre toutes les violences sexuelles et sexistes

Construisons un mouvement féministe, massif et international !

Le 25 novembre est la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes et, cette année comme depuis plusieurs années maintenant, cette journée a une importance particulière.

En effet, partout dans le monde les femmes se mobilisent massivement pour leurs droits, contre les violences, pour le droit à disposer de leur corps. Elles s’auto-organisent et prennent leurs affaires en main. Depuis le début des années 2000, on observe qu’un nouveau cycle de luttes des femmes s’est ouvert, rappelant les années 1970. Avec l’affaire Weinstein l’année dernière et le #MeToo et #BalanceTonPorc, c’est une véritable vague de libération de la parole qui a déferlé sur les réseaux sociaux et qui, dans plusieurs pays, s’est concrétisée en mobilisations.

Dans plusieurs pays comme l’Argentine ou l’Italie, des mouvements massifs se construisent contre les violences sexistes, en particulier les féminicides, mais aussi pour le droit à l’avortement. En Argentine, où l’avortement est interdit, il s’agit bien d’une violence très concrète contre les choix des femmes et leur droit à disposer de leur corps.

Les féminicides ne sont pas des faits exceptionnels, qui se passeraient ailleurs : la France est elle aussi largement touchée. Ces violences sont utiles pour maintenir les femmes en état de domination et c’est pourquoi elles sont légitimées par la société : c’est ce qu’on appelle la culture du viol, qui se retrouve partout, dans les médias comme à l’école ou au travail.

Ces violences ne sont pas le fait d’hommes isolés et fous. Elles font partie intégrante d’un système de domination des hommes sur les femmes. Ces violences se retrouvent dans toutes les sphères de la société : dans la rue, mais aussi dans le cadre du foyer (qui semble parfois être le cadre sécurisant alors que la majorité des violences sexuelles s’y produisent), mais aussi au travail.

Le combat contre les violences sexistes doit se mener dès aujourd’hui avec la compréhension que ce système de domination ne pourra pas être abattu magiquement. C’est pourquoi il faut construire un mouvement massif et international.

En Amérique Latine, le 21e siècle sera féministe !

féminisme (npa) dans Féminisme

Du Mexique à l’Argentine

En Amérique latine, une lame de fond féministe est en plein développement. Elle s’est construite ces dernières années dans la lutte contre les violences, en particulier les féminicides.

Urgence pour les femmes migrantes et leurs enfants

Une enquête menée par France terre d’asile entre novembre 2017 et mai 2018 dénonce les violences auxquelles sont exposées les femmes réfugiées et demandeuses d’asile quand elles arrivent en France.

Viols, violences : les femmes face à la justice patriarcale

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, pour un fait aussi grave qu’un viol, la plupart des victimes ne portent pas plainte et, même lorsqu’elles le font, il est très peu probable que leur agresseur soit condamné.

 Dossier réalisé par la commission féministe du NPA.

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24 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

rennes lorient nous toutes (ouest-france fr3)

Harcelement

Rennes: 1000 manifestant(e)s

Contre les violences faites aux femmes

En slogans et en chansons, un bon millier de manifestants et manifestantes ont marché samedi matin dans Rennes contre les violences sexistes et sexuelles.

« Harcelées, humiliées, ça ne peut plus durer ! »

Derrière les banderoles et les slogans des premières lignes, un millier d’hommes et de femmes ont marché dans Rennes, au départ de la place de la République samedi matin. Un mouve-ment #Noustoutes, qui fait suite aux nombreux témoignages de #Metoo (moi aussi) :  « On a beaucoup parlé depuis un an, mais maintenant il faut des actes » , insistent Iris, Lenaig et Marie-Elise, trois étudiantes venues avec des amies et amis.

« Il faut maintenant agir »

« Les blagues sexistes c’est non, les inégalités salariales, le harcèlement de rue, les violences conjugales… Toutes les sphères de la société sont touchées et il faut maintenant que les hommes disent stop et que le gouvernement fasse des lois. »

Après une manifestation bon enfant, entre slogans féministes, chansons et pancartes, les manifestants ont rejoint la place de la République vers 12h30. Des actions de sensibilisations seront menées cet après-midi par le planning familial et des associations sur la place de la mairie.

Virginie ENÉE. 24/11/2018

https://www.ouest-france.fr

Lire aussi:

Lorient: contre les violences faites aux femmes, une manifestation pour la réouverture d’un centre d’accueil (FR3)

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23 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

violences (atlasocio.com)

violence

secu

Violences envers les femmes dans le monde 

L’état de la situation

Selon les Nations unies, une femme sur trois dans le monde a déjà été victime de violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie. État de la situation : rapports d’enquêtes, cartes, graphiques et statistiques par régions du monde.

Un fléau mondial

« La violence à l’égard des femmes est si répandue que chacun d’entre nous peut faire quelque chose pour la combattre. Nous devons unir nos forces pour faire disparaitre ce fléau, promouvoir une égalité pleine et entière entre les sexes et édifier un monde dans lequel les femmes et les filles seront en sécurité, comme chacune d’entre elles le mérite et pour le bien de l’humanité toute entière ». C’est ainsi que Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU, a choisi de résumer cette situation dramatique le 25 novembre dernier, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes [1].

Faits et chiffres, selon l’ONU :

▶ 1 femme sur 3 dans le monde est victime de violence physique ou sexuelle, la plupart du temps par son conjoint [2] ;
▶ Plus de 133 millions de filles ont subi une forme de mutilation génitale féminine dans les 29 pays d’Afrique et du Moyen-Orient où cette pratique est la plus courante ;
▶ Dans le monde, plus de 700 millions de femmes aujourd’hui mariées l’ont été enfant, dont 250 millions avant l’âge de 15 ans.

Toutes les régions du monde sont touchées : seuls les deux tiers des pays disposent de lois contre la violence conjugale, et 52 pays, sur les 197 reconnus par l’ONU, ont explicitement criminalisé le viol conjugal. Concrètement, 2,6 milliards de femmes et de filles vivent dans des pays n’ayant pas explicitement criminalisé le viol.

Toutes les catégories socio-économiques et culturelles sont concernées

Même s’il convient d’admettre que les inégalités socio-économiques sont des facteurs aggravants, notamment le chômage, la violence faite aux femmes sévit dans toutes les catégories sociales, économiques et culturelles, en milieu urbain ou rural et ce, quel que soit le contexte éducatif ou religieux.

La perception biaisée du phénomène proviendrait en réalité de son traitement médiatique : « S’il vient d’un milieu aisé, le criminel est traité avec bienveillance par les médias. S’il est issu d’une couche défavorisée, et plus encore d’une famille immigrée, la stigmatisation est de rigueur. Pourtant, la violence touche les femmes des beaux quartiers tout autant que celles des banlieues » [3].

Le profil de l’agresseur n’est donc pas toujours celui que l’on s’imagine. « Il s’agit en majorité d’hommes bénéficiant par leur fonction professionnelle d’un certain pouvoir. On remarque une proportion très importante de cadres (67%), de professionnels de la santé (25%) et de mem-bres de la police ou de l’armée », commente le professeur Roger Henrion, membre de l’Aca-démie nationale de médecine et responsable d’une étude menée pour le ministère de la Santé [4].

Modes opératoires et qualifications pénales

Pour le cas de la France, la formulation véhiculée par les campagnes de sensibilisation « tuée sous les coups de son conjoint » sous-entend en premier lieu un décès accidentel. Or, au regard des statistiques, l’homicide involontaire demeure l’exception puisqu’il représente seule-ment 5% des cas en 2015. En effet, 74,38% des auteurs masculins ont utilisé une arme (40 homicides par arme à feu, 38 par arme blanche, 10 avec « arme par destination »), viennent ensuite la strangulation (17), et les coups (6) [5]. Aussi, la volonté voire la préméditation de tuer sa femme est mise en exergue par l’analyse des modes opératoires.

Différences pénales entre « meurtre », « assassinat », et « violences volontaires »

▶ Assassinat : meurtre commis avec préméditation ou guet-apens (article 221-3 Code Pénal).
▶ Meurtre : fait de donner volontairement la mort à autrui (article 221-1 du code pénal).
▶ Les violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner sont prévues par l’article 222-7 du code pénal.

Sur le plan juridique, la Convention interaméricaine sur la prévention, la sanction et l’élimination de la violence contre la femme, dite « Convention de Belém do Para », est le premier instru-ment contraignant relatif à la violence contre les femmes.

Ce texte, signé le 9 juin 1994 à Belém (Brésil), est ratifié par 32 des 34 États membres de l’Organisation des États américains entre août et décembre 1995 [6]. Depuis, dix-huit codes pénaux sud-américains (dont la Bolivie, l’Argentine, le Chili, le Costa Rica, la Colombie, Salvador, le Guatemala, le Mexique, et le Pérou) qualifient le meurtre d’une femme en raison de sa condition féminine de « féminicide ».

Ce terme, théorisé par la sociologue américaine Diana E. H. Russell [7], est employé en Europe dans le domaine des sciences humaines et sociales mais ne possède aucune réalité juridique. Certains États européens ont toutefois adopté des lois visant à lutter contre les violences faites aux femmes : l’Espagne en 2004, et l’Italie en 2013.

Une violence conjugale trop souvent justifiée

Selon l’UNICEF [8], dans plus de la moitié des pays où la violence conjugale est constatée, les femmes la justifient plus encore que leurs partenaires masculins. Ainsi, au Burundi en 2013, 73 % des femmes contre 44% des hommes pensent qu’un mari est en droit de frapper son épouse si elle brûle le repas, se dispute avec lui, sort sans son autorisation, néglige les enfants ou refuse d’avoir des rapports sexuels. Il en va de même en Éthiopie où 68 % des femmes trouvent ces violences légitimes contre 45 % des hommes, ainsi qu’au Cambodge (46% des femmes contre 22% des hommes).

La vie de couple incarne un idéal, dont les femmes victimes de violences conjugales sont souvent prisonnières psychiquement.

Selon Marie-France Hirigoyen, docteure en médecine spécialisée en psychiatrie, le processus d’emprise se déroule en deux temps : la phase de « séduction narcissique » destinée à fasci-ner l’autre et à le paralyser, suivie de « procédés violents de plus en plus manifestes » [9]. La femme, empêchée de se révolter, devient obéissante et absout son agresseur en légitimant la violence qu’elle subit.

Les paramètres comportementaux évoqués ci-dessus doivent impérativement être pris en compte lorsqu’il s’agit d’interpréter les statistiques relatives aux violences faites aux femmes. De ce fait, 43 % des enquêtés ayant participé à une étude russe en 2002 ont déclaré qu’un mari battant sa femme relève d’une affaire privée dans laquelle personne ne devrait interférer  [10].

Toutefois, certains chiffres officiels sont disponibles. En 2015, l’agence nationale russe des statistiques a recensé 49 579 affaires de violences domestiques, dont 3 899 impliquant des violences contre une femme. La même année, selon l’association ANNA qui vient en aide aux femmes victimes de violences, 7 500 femmes russes ont été tuées par leur compagnon. Autre fait inquiétant, sur les 22 % de femmes victimes de viol en Russie, seulement 8 % ont décidé de porter plainte [11].

L’absence de données objectives quant à la situation des femmes au Moyen-Orient (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Koweït, Qatar, Oman etc.) met en exergue les difficultés d’évo-quer tout ce qui a trait à la notion de conjugalité. Et, si les statistiques de pays comme l’Afgha-nistan, l’Égypte, ou bien encore la Jordanie démontrent des conditions de vie souvent difficiles pour la femme, il n’en demeure pas moins que leur parution prouvent une certaine clarté voire prise de conscience. Aussi, le « silence » sur cette thématique peut laisser présager des condi-tions de vie plus dures encore en matière d’égalité homme/femme.

À l’inverse, il peut paraître surprenant que les femmes scandinaves semblent plus concernées que les autres européennes par les violences psychologiques ou le harcèlement [12]. Mais l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (UE) n’omet pas de préciser que dans ces pays, très en avance en matière d’égalité des genres, « les femmes se sentent sans doute davantage légitimes à dénoncer ce qui leur arrive ».

05/08/2018 Guilhèm Moreau

https://atlasocio.com/

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23 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

violences (alternative libertaire)

feminsite

Contre les violences faites aux femmes par les hommes

La peur va changer de camp!

À l’occasion de la journée internationale contre les violences faites aux femmes, associations, syndicats, mouvements divers dont en particulier « Nous toutes » appellent à un grand rassemblement pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Après une certaine libération de la parole des femmes, c’est dans la rue que nous devons montrer notre détermination ! Les violences des hommes envers les femmes prennent plusieurs formes. Qu’elles soient physiques, sexuelles ou psychologiques, toutes sont à combattre !

LES AGRESSEURS ET LEURS STRATÉGIES

Marre d’être frappées ! En 2016, 3 femmes victimes sur 4 déclarent avoir été frappées de façon répétée. La même année, 123 femmes ont été tuées par leur partenaire ou ex-partenaire intime. Marre d’être agressées sexuellement ! Chaque jour, 243 femmes sont victimes de viol ou de tentative de viol. Marre d’être insultées ! 3⁄4 des auteurs d’insultes à l’égard des femmes dans l’espace public sont des hommes. Les insultes renvoient souvent à des stéréotypes sexistes : « salope », « conne », « sale pute », « vieille ».

Les violences faites aux femmes sont partout : dans la rue, dans les transports, à l’école, au travail mais surtout dans la sphère privée. Celles faites par des hommes masqués dans une ruelle sombre sont minimes.

Dans 91 % des cas, les violences sont commises par des personnes connues de la victime (père, frère, ami, médecin, camarade, militant, collègue). Dans 45 % des cas, l’agresseur est le conjoint ou l’ex- conjoint. Le privé est politique, ne baissons jamais la garde. Les violences des hommes contre les femmes font partie du système patriarcal. Ne le laissons pas nous enfermer dans la peur et nous empêcher de nous révolter. Avec la déferlante de témoignages, la peur est en train de changer de camp.

LUTTES MULTIPLES : HOMOPHOBIE, RACISME, VALIDISME, CLASSISME

Le patriarcat atteint toutes les femmes, particulièrement les femmes racisées, faisant partie de la communauté LGBTI, porteuses de handicap, issues de milieu populaire qui subissent des oppressions simultanées affectant leur vie. Elles sont de ce fait plus susceptibles de subir des violences.

PRÉPARONS LA MOBILISATION, POUR UNE GRÈVE GÉNÉRALE DES FEMMES

Aucune solution judiciaire n’est adaptée. La justice non seulement ne fait pas son travail mais perpétue la culture du viol et donc les violences à l’encontre des femmes. Refus de prendre les plaintes des victimes dans les commissariats, discours culpabilisateurs, remise en question de la parole des femmes, relaxes des agresseurs. Ce sont encore aux femmes agressées de prouver leur non-consentement et non aux agresseurs d’apporter la preuve de l’assurance du consentement de l’agressée. Ni soutenues, ni écoutées, ni rassurées par la justice, peu de femmes victimes portent plainte.

Le samedi 24 novembre, notre colère et notre solidarité féminine vont se transformer en grand mouvement collectif ! Nous ne sommes pas seules ! Patrons, collègues, conjoints, la peur va changer de camp ! Comme en Espagne où 6 millions de femmes ont participé aux grèves et manifestations féministes du 8 mars dernier, créons un rapport de force pour que ça bouge.

Après le 24 novembre, rendez-vous le 8 mars 2019 pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes !

Nous, les femmes, exigeons l’égalité économique, sociale et politique avec les hommes ! Les travailleuses gagnent environ 23,7% de moins que les hommes. Elles sont davantage touchées par la précarité.Nous, les femmes, voulons être libres ! Libres de marcher n’importe où, à n’importe quel moment de la journée, dans n’importe quel état, dans n’importe quelle tenue. Libres de notre orientation sexuelle et affective. Libres de procréer ou non et avec qui on veut. Libres d’accéder à des contraceptions gratuites et à l’IVG et à des consultations gynécologiques sans maltraitances.

23 novembre 2018

http://alternativelibertaire.org

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22 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

violences (brest + quimper)

stage-penhars

Violences faites aux femmes

Une manifestation à Brest

La Maison pour toutes LCause organise une manifestation le 24 novembre à Brest, Finistère, dans le cadre de la journée internationale des violences faites aux femmes.Toute l’année à Brest (Finistère), la Maison pour toutes LCause accueille les femmes qui cherchent « un endroit pour parler ». Et, comme chaque année, le collectif organisera une manifestation, mixte, dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux femmes.

Rendez-vous aux ateliers des Capucins le 24  novembre 2018 pour des prises de paroles et un dépôt de gerbes « en hommage aux femmes mortes sous les coups ». Chaque participant est d’ailleurs invité à venir avec une fleur.

La marche prendra ensuite la direction de la maison pour toutes, avec de nouvelles prises de paroles sur le parcours, place de la Liberté et rue Jean-Jaurès. À l’arrivée, une discussion suivra des témoignages de Brestoises victimes de violences au travail. Car c’est le sujet sur lequel LCause veut appuyer lors de ce rendez-vous. Françoise Daunay, fondatrice de LCause, explique :

L’inégalité de salaire est d’ailleurs représentative : elle signifie qu’une femme vaut moins qu’un homme. C’est un système de domination. Tant qu’il n’y aura pas d’égalité, il y aura des violences.

Accompagner

Des chiffres, communiqués par l’Association européenne contre les violences faites aux femmes sont éloquents : 20 % des femmes disent avoir été victimes de harcèlement sexuel au cours de leur carrière professionnelle, 25 % des agressions sexuelles se produisent sur les lieux de travail, huit viols ou tentatives s’y produisent chaque jour…

Pourtant, seulement 5 % ont déposé plainte. « Il y a encore beaucoup de travail à faire. Nous sommes là pour les accompagner », rapporte Françoise Daunay qui estime « que la société bouge » mais se veut ferme sur les conséquences du mouvement #MeToo : « Ce n’est pas la parole des femmes qui s’est libérée, c’est la société qui est plus à l’écoute. »

Infos pratiques:

Samedi 24 ovembre 2018

15 h aux ateliers des Capucins, 25 rue de Pontaniou  Brest.

LCause, 4 rue Ernest-Renan à Brest. Ouvert le Mardi de 10 h à 17 h, du mercredi au vendredi de 13 h à 17 h.

espace.lcause@gmail.com

manif

Infos pratiques Quimper:

Café-ciné-débat : vendredi 23 novembre, de 14 h à 16 h, à la MPT de Penhars, 39 bd de Bretagne à Quimper. Entrée gratuite.
Marche samedi 24 novembre : rendez-vous à 14 h, place Saint-Corentin à Quimper. Facebook noustoutes29.
L’association Difenn propose un atelier d’autodéfense verbale, accessible à toutes les femmes, samedi 24 novembre de 10 h à 13 h à l’espace associatif, 53 impasse de l’Odet.
Inscriptions à autodefense@difenn.bzh ou au 07 69 16 33 35.
Tarif : 25 euros.

22 Novembre 2018

https://actu.fr/bretagne/brest

Lire aussi :

Des événements à Quimper pour dire stop aux violences faites aux femmes

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21 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

nous toutes (france info)

Women Workers Rising rally

Les militantes féministes de #NousToutes comptent bien « faire entendre leurs voix » samedi

Malgré la mobilisation des « gilets jaunes »

Samedi 24 novembre, des manifestations seront organisées pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Mais c’est aussi le jour choisi par les « gilets jaunes » pour une nouvelle journée d’action nationale.

« Il n’y a aucune raison valable pour nous faire taire.

Et il n’est pas question que notre manifestation soit relaguée au second plan ». Cela fait des mois que Madeline Da Silva, adjointe au maire des Lilas (Seine-Saint-Denis), travaille sur l’organisation des marches féministes de #NousToutes, qui auront lieu samedi 24 novembre partout en France, à la veille de la journée contre les violences faites aux femmes.

« Ces rassemblements ont pour but de lutter contre les violences sexistes et sexuelles, et ils sont absolument nécessaires », explique l’organisatrice.  Mais ils risquent d’être concurrencés par la prochaine journée nationale de mobilisation décidée par les « gilets jaunes ». De quoi dépiter et inquiéter les militantes, dont certaines réclament aux « gilets jaunes » de changer la date de leur rassemblement.

Une manifestation annulée à Bourg-en-Bresse

Lola*, l’une des coordinatrices du mouvement, craint ainsi que les blocages des « gilets jaunes » ne rendent la mobilisation plus compliquée pour les militantes de #NousToutes. « Les organisa-trices des manifestations régionales sont inquiètes, explique-t-elle à franceinfo. Elles ont peur d’être bloquées sur les routes par les gilets jaunes, de ne pas pouvoir franchir d’éventuels barrages… » Si elle assure « comprendre totalement » le besoin de mobilisation des « gilets jaunes », elle déplore cette « superposition » de manifestations.

La hausse du prix du diesel n’est pas plus importante que les femmes qui meurent tous les trois jours sous les coups de leurs conjointsLola*, co-organisatrice des manifestations de #NousToutesà franceinfo

D’autant que certaines marches #NousToutes ont déjà été annulées. C’est le cas à Bourg-en-Bresse (Ain). « C’est avec une tristesse infinie que nous sommes dans l’obligation d’annuler la marche du 24 novembre à Bourg… », annonce ainsi l’organisatrice sur la page Facebook de l’événement. « Nous ne sommes pas du tout persuadés que les gens pourront accéder au lieu de rassemblement ni même assurer votre sécurité en cas de débordements », justifie-t-elle.

Pas question de créer « un mouvement unitaire »

A Paris, où de nombreux « gilets jaunes » comptent affluer samedi pour marquer leur désaccord contre la hausse du prix des carburants, les difficultés pourraient se cristalliser autour de la place de la Concorde.

C’est en effet le lieu évoqué par les « gilets jaunes » pour se rassembler, même si le ministère de l’Intérieur n’est pas de cet avis. Or, la marche parisienne de #NousToutes doit partir de la place voisine de la Madeleine.  »Malgré la présence des gilets jaunes, nous ne modifierons pas le trajet de la manifestation à Paris. Et il est également inenvisageable de la décaler ou de l’annu-ler », assure Madeline Da Silva, qui redoute tout de même « quelques blocages [pouvant] ralentir le cortège ».

Malgré ces possibles perturbations, le mouvement des « gilets jaunes » aurait « renforcé la motivation » de certaines participantes aux marches féministes, « plus déterminées » que jamais à défendre les droits des femmes, assurent les organisatrices.

« Malgré les événements, nous restons extrêmement motivées pour ces manifestations, insiste Madeline Da Silva. La mobilisation continuera de s’organiser avec passion et nous passerons à l’action. Nous ferons entendre nos voix ». Et sa collègue Lola de renchérir : « Nos marches, à Paris et en région, seront sécurisées, déclarées et pacifiques. J’invite les gens à venir marcher avec nous, à ne pas se démotiver et à manifester haut et fort. Et j’appelle les femmes en gilets jaunes à l’enlever pour porter un foulard violet si elles le souhaitent ! ». 

Pour autant, pas question de créer de « mouvement unitaire » avec les « gilets jaunes » : « Nos combats sont différents. #NousToutes ne veut pas de combat violent et n’est pas en accord avec certains slogans extrêmement sexistes qui ont pu être vus lors des manifestations des gilets jaunes », explique la co-organisatrice.

* Le prénom a été modifié à la demande de la personne interviewée

Céline Delbecque  21/11/2018

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11 novembre 1918: « Jamais plus de guerre »?

Un armistice pour sauver le capitalisme et préparer de nouvelles guerres

1. L’armistice : une pause pour préparer de nouvelles guerres

En novembre 1918, l’Europe était plongée dans un énorme chaos et des millions de personnes avaient été chassées de leurs maisons et de leurs régions et étaient à la recherche d’un endroit où poursuivre et reconstruire leur vie. Ainsi, un million de Belges s’étaient réfugiés en Hollande, et plus de 100.000 devaient toujours rentrer après l’armistice ; 300.000 réfugiés belges résidaient en France et devaient rentrer en 1918.

De plus, il y avait les centaines de milliers de militaires blessés, mutilés, invalides qui parcou-raient les régions d’Europe à la recherche de leur ville ou village. A cause du chaos de la guerre mondiale, des migrations massives qui l’accompagnaient et de l’épuisement des popu-lations, la grippe espagnole a pu faire de terribles ravages et causer en fin de compte plus de morts que la guerre mondiale elle-même.

Les idéologues bourgeois s’accordent sur le fait que les conditions, imposées par les alliés à l’Allemagne par le Traité de Versailles, ont posé les germes d’une nouvelle guerre vingt ans plus tard.

Le « traité de paix » a suscité le développement de sentiments de vengeance et de rétorsion qui se sont répandus dans de larges couches de la population allemande dans le courant des années 1920. Le commentaire du quotidien du SDAP (social-démocrate) en Hollande en 1919 en donne un avant-goût : « Cette paix pour tous est vue comme une amère désillusion, une déception ressentie comme une catastrophe. (…) Le traité de paix fixe le statut d’une Europe en décadence, de son recul à un niveau inférieur de civilisation. Le plus grand peuple du conti-nent est enchaîné et condamné aux travaux forcés (…) à l’humiliation et à l’amertume. La ran-cœur ici, la suffisance, la soif de puissance, la témérité là-bas, sont les nouveaux « traits de civilisation » générés par le traité de paix » (Het Volk, 21.06.1919).

Les bourgeoisies de divers pays étaient pleinement conscientes que cette paix était condam-née à l’échec. Il n’y avait pas seulement la politique envers l’Allemagne qui exacerbait les ran-cœurs, mais aussi, « la création de nouveaux états comme la Pologne, l’Autriche, la Hongrie et la Yougoslavie a mené à des conflits incessants à propos des nouvelles frontières de ces pays. Cela concernait en particulier la Hongrie qui perdait les deux tiers des territoires qu’elle occu-pait avant la guerre, (…). Bref, la paix était un échec » (Jay Winter, interview dans Le Monde, 12.11.2014).

L’armistice du 11 novembre 1918 était au fond une paix qui mettait fin à toute forme de paix !

La première guerre mondiale marquait l’entrée du capitalisme en décadence et la période qui s’ouvre alors menait à un état quasi permanent de guerre. Quelques exemples des deux décennies suivantes le démontrent.

Après la fin de la première guerre mondiale, la Grèce se voit attribuée une zone d’occupation en Turquie. Pendant l’été de 1920, les Grecs veulent étendre leur zone d’occupation. Ils se heurtent alors à une résistance exacerbée des Turcs. Ceci est le début de la guerre gréco-turque qui a duré jusqu’en 1922. Cette guerre a mené à des atrocités des deux côtés, comme par exemple le massacre de dizaines de milliers de Grecs et d’Arméniens par les Turcs.

En 1920, les tribus du Riff au Nord du Maroc s’unissent et déclenchent une guerre contre la domination espagnole. Lors de l’été de 1921, environ 19.000 soldats espagnols périssent. Cette guerre contre l’Espagne, plus tard épaulée par la France, durera jusqu’en 1926. Les Espagnols et les Français utiliseront pendant cette guerre des gaz asphyxiants, causant des milliers de morts.

En 1929, les Chinois occupent le chemin de fer de Mandchourie. Cela a mené à un conflit ouvert avec l’Union Soviétique. Lorsque les troupes soviétiques franchissent la frontière chinoise le 15 novembre, cela débouche sur des combats féroces, causant du côté chinois plus de 2.000 morts et 10.000 blessés.

L’incident de Mandchourie en 1931, un attentat à la bombe visant une voie ferrée, est exploité par le Japon pour déclencher la guerre et occuper la province chinoise. En 1937, la guerre est étendue par l’attaque de tout le sub-continent chinois, dont la plus grande partie est aussi occupée par le Japon. Pendant cette guerre, des centaines de milliers de Chinois seront tués, pour l’essentiel des civils et les troupes japonaises se rendront coupables de nombreux massacres.

Le 3 octobre 1935, l’Italie déclenche une guerre contre l’Ethiopie. Après 7 mois d’intenses com-bats, elle réussit à conquérir le pays. Dans leurs attaques contre la population civile, les Ita-liens ont utilisé à grande échelle le gaz moutarde. En plus des 25.000 militaires tués dans les combats, le conflit a coûté la vie à 250.000 civils.

En 1936, un certain nombre de généraux commencent une guerre contre la république espa-gnole, avec le soutien de l’Italie, l’Allemagne et le Portugal. De son côté, la république est soutenue par l’Union soviétique et le Mexique. Cette guerre, qui durera trois ans et qui se terminera par la victoire des généraux, se solde au total par plus d‘un demi-million de morts.

Le 12 mars 1938, les Allemands rentrent en Autriche et le 15 mars 1939, ils occupent la Tché-quie, tandis que des troupes hongroises occupent la Slovaquie. Ces conquêtes militaires constituaient les premières actions guerrières qui déboucheront sur l’éclatement de la seconde guerre mondiale.

L’armistice du 11 novembre 1918 n’a donc nullement ouvert une période de paix mais a conduit à une succession ininterrompue de conflits qui ont finalement débouché sur la seconde guerre mondiale.

2. L’armistice : une attaque contre la révolution prolétarienne en réaction à la guerre

L’armistice a permis à la bourgeoisie de déclarer la guerre au prolétariat:

(a) En divisant les ouvriers entre ceux des pays “vainqueurs” et ceux des pays “vaincus” et

(b) En retournant les armes contre la révolution.

En Russie, la contre-révolution s’était développée avec force. En Allemagne aussi, la bour-geoisie était prête à déclencher sa terreur contre-révolutionnaire. Nourrie d’une haine farouche contre la classe ouvrière, elle se préparait à écraser par la force et à exterminer les foyers de la révolution communiste.

Tardi-Vernet-copie

a) Diviser la classe ouvrière

La bourgeoisie était consciente du danger : « Toute l’Europe est pétrie de l’esprit de la révolu-tion. Il n’y a pas seulement un sentiment profond de mécontentement, mais également de colè-re et de révolte parmi les travailleurs (…). L’ensemble de l’ordre existant, aussi bien dans ses aspects politiques, sociaux et économiques est remis en question par les masses populaires d’un bout de l’Europe à l’autre » (Lloyd George, premier ministre britannique dans un mémo-randum secret adressé au premier ministre français Georges Clemenceau, mars 1919).

De par la signature de l’armistice, la classe ouvrière en Europe était divisée en deux parties 

D’un côté les ouvriers qui se trouvaient dans le camp des états-nations vaincus et de l’autre côté ceux qui vivaient dans les états capitalistes vainqueurs et qui étaient submergés par une vague de national-chauvinisme (surtout en France, en Grande-Bretagne, en Belgique et aux USA). De cette manière, la bourgeoisie réussit à limiter les mouvements révolutionnaires au premier groupe d’états (plus l’Italie).

La situation particulière qui a surgi à Bruxelles quelques jours avant le 11 novembre illustre parfaitement les conséquences de cette division. Les soldats allemands qui y étaient casernés, renforcés par des détachements de marins de la Kriegsmarine provenant d’Ostende, se révol-tent et élisent un conseil révolutionnaire de soldats. Ils manifestent dans les rues de Bruxelles avec des drapeaux allemands, belges et rouges et appellent à la solidarité des travailleurs belges et de leurs organisations.

Face à quelques fraternisations avec des membres des Jeunes Gardes Socialistes, les organi-sations syndicales ont rapidement appelé à ne pas bouger et, sous l’influence de la propagan-de chauvine, les ouvriers bruxellois ne se mobilisent pas mais attendent passivement l’entrée triomphale de l’armée belge victorieuse dans Bruxelles quelques jours plus tard.

b) Diriger les armes contre la révolution

« Les différentes bourgeoisies nationales avaient d’abord essayé de s’arracher mutuellement des territoires sur les champs de bataille de la guerre impérialiste au prix de 20 millions de morts et d’un nombre incalculable de blessés. Mais, confrontées à une classe ouvrière qui lutte sur son terrain de classe, elles sont d’emblée disposées à resserrer les rangs. Une fois de plus, ceci confirme que la classe dominante, de nature divisée, peut s’unir dans une situation révolutionnaire pour affronter la classe ouvrière ».

Lorsque les soviets prirent le pouvoir en octobre 1917, la réaction des forces impérialistes ne s’est pas fait attendre. Une bourgeoisie, unie sur le plan international, a affronté la jeune répu-blique soviétique avec des armées provenant de 21 pays. L’attaque contre-révolutionnaire a commencé en 1917 et a duré jusqu’en 1922.

Les « armées blanches » ont déclenché une terrible guerre civile. Les armées des états capita-listes d’Europe, des USA et du Japon ont causé par leurs attaques contre la classe ouvrière en Russie un nombre incalculable de victimes. Parmi les victimes de la guerre civile, il y avait envi-ron un million de soldats de l’armée rouge et plusieurs millions de personnes sont par ailleurs décédées à cause de conséquences indirectes de la guerre, comme la famine ou les épidé-mies. Le nombre de décès causés par la terreur des armées blanches se situe entre 300.000 et 1 million de personnes.

Le déclenchement de la révolution en Europe centrale: l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, etc.  a nécessité de ne pas désarmer complètement l’armée allemande. « On partait de l’idée que l’armée allemande devait être suffisamment forte pour maintenir l’ordre intérieur et pour empê-cher une éventuelle prise du pouvoir par les Bolcheviks » (Lloyd George at War, George H. Cassar). C’est ainsi qu’on permit à l’état-major allemand, qui en demandait 30.000, de garder 5.000 mitrailleuses.

En Allemagne également, l’insurrection éclata à la fin de 1918.

Le 10 novembre 1918, le général Groener, le successeur de Ludendorf à la tête du quartier général de l’armée allemande, propose par téléphone un pacte au chef du gouvernement, le social-démocrate Friedrich Ebert. Le général propose une collaboration loyale pour mettre fin aussi vite que possible au « bolchevisme » et pour assurer une restauration « de la loi et de l’ordre ». « C’était un pacte contre la révolution.

« Ebert accepta ma proposition d’alliance », écrit Groener. « A partir de ce moment, nous discutions chaque soir au moyen d’une connexion secrète entre la chancellerie et l’état-major les indispensables mesures à prendre. L’alliance a bien fonctionné » » (Sebastian Haffner, La révolution trahie).

À cause de l’influence de la révolution, la bourgeoisie ne pouvait plus se fier à de larges parties de l’armée de terre et de la marine.

Dans la perspective de la guerre de classes, le social-démocrate Gustav Noske, qui avait rejoint en décembre 1918 le gouvernement de Ebert, avait reçu la mission de constituer des Corps-francs. Ceux-ci regroupaient des soldats de métiers fidèles, conservateurs et ultranatio-nalistes, qui voulaient défendre leur patrie contre le bolchevisme et qui se retrouvaient de par la fin de la guerre en marge de la société.

Ainsi, l’État allemand pouvait à nouveau disposer en janvier 1919 d’unités militaires loyales de quelques centaines de milliers de soldats, parmi lesquelles 38 Corps-francs. Dans la lutte contre la révolution, Le SPD n’a pas hésité à utiliser sans la moindre pudeur ces forces armées les plus réactionnaires. En affirmant que « quelqu’un doit être le chien sanglant » et en dénon-çant les ouvriers et soldats révoltés comme « les hyènes de la révolution », Noske envoie les corps-francs contre les ouvriers : la guerre contre la classe ouvrière allemande avait commencé.

À partir de la mi-janvier, débute l’attaque militaire contre les insurgés et les organisations révolu-tionnaires (partis, groupe, la presse, etc.). Des quartiers ouvriers entiers des grandes villes étaient attaqués les uns après les autres et partout étaient perpétrés de terribles massacres.

La guerre contre la classe ouvrière n’était pas seulement menée en Allemagne mais aussi dans d’autres pays. Un de ces pays était la Hongrie, où la révolte ouvrière avait aussi mené au pouvoir une direction révolutionnaire. La révolte y fut également écrasée dans le sang après quelques mois au moyen d’une invasion militaire des forces capitalistes.

Le 1er août 1919, la Roumanie envahit la Hongrie et renversa le gouvernement révolution-naire, ce qui mit fin à l’expérience communiste. Soutenue par la France, l’Angleterre et l’armée blanche, les troupes roumaines entrent le 1er août dans Budapest et installent un gouverne-ment syndical qui liquide les conseils ouvriers. Lorsque les syndicats ont terminé leur basse besogne, ils transmettent le pouvoir à l’Amiral Horty (plus tard un collaborateur des nazis) qui met en place un régime de terreur contre les travailleurs (8.000 exécutions, 100.000 déportations).

François Kupka

3. La paix n’existe pas au sein du capitalisme

Le capitalisme, c’est la violence, et la paix au sein du capitalisme est une illusion complète. L’histoire du 20e siècle démontre qu’un « armistice » est seulement conclu pour commencer une nouvelle guerre. Tandis que les armes ne se sont jamais tues entre la première et la deuxième guerre mondiale, cette tendance à la guerre permanente est devenue encore plus évidente après la seconde guerre mondiale.

Ainsi la période de « guerre froide » n’était pas, contrairement à ce qui est souvent suggéré, une période de « simple » paix armée, mais bien de dizaines de confrontations: Corée, Vietnam, Moyen Orient… sur l’ensemble de la planète avec des millions de victimes.

Un vœux pieu de paix n’empêche pas la guerre, même s’il est soutenu par des manifestations massives. Ainsi, le 25 juillet 1914, le SPD appela à une manifestation de masse contre la guerre. L’appel fut massivement suivi : les 29 et 30 juillet, 750.000 personnes participent aux protestations dans toute l’Allemagne. Cela n’a pas amené la bourgeoisie à arrêter sa course vers la guerre. Bien au contraire, ce même SPD social-démocrate décida quelques jours plus tard de trahir les masses ouvrières et de soutenir la bourgeoisie dans sa ferveur guerrière.

Une manifestation de masse peut être un moment dans la résistance contre la guerre mais elle doit alors avoir lieu, dans le cadre d’une révolte ouvrière généralisée, dans une dynamique d’attaque contre l’Etat bourgeois, comme cela a eu lieu en 1917 en Russie. Et même en Alle-magne en 1918, la révolte visait seulement en première instance la fin de la guerre. Et la guerre fut effectivement arrêtée parce qu’il existait une menace réelle que les travailleurs pren-nent le pouvoir. De fait, seuls un renversement révolutionnaire et la prise du pouvoir par la classe révolutionnaire peuvent mettre fin à toute forme de guerre.

« Ou bien le gouvernement bourgeois fait la paix, comme il a fait la guerre, et alors l’impéria-lisme continuera, comme après chaque guerre, à dominer et la guerre sera suivie d’un nouvel réarmement, de nouvelles guerres, de destruction, de réaction et de barbarie. Ou bien, vous devez réunir vos forces pour une insurrection révolutionnaire, vous battre pour acquérir le pouvoir politique qui vous permettra d’imposer la paix, à l’intérieur du pays comme autre part » (Rosa Luxemburg, Spartakus, avril 1917).

Intro: Le 11 novembre 2018, cela fait exactement cent ans que la Grande Guerre s’est arrêtée. Les médias y consacrent une large attention. Faut-il effectivement saluer l’armistice du 11 novembre 1918 ? Avait-il pour but de déposer définitivement les armes et de bannir à jamais tout acte de guerre dans le futur ? Eliminait-il les causes réelles qui avaient mené à l’éclate-ment de la première guerre mondiale ? A-t-il effectivement ouvert pour les Etats européens une période de « jamais plus de guerre » ?

Dennis  10 novembre, 2018

http://fr.internationalism.org/

militarisme1

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 dans Anticolonialisme

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tardi drapeau

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