Archive | Féminisme

02 décembre 2020 ~ 0 Commentaire

anne sylvestre (npa)

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Anne Sylvestre, une grande dame de la lutte des femmes

Anne Sylvestre s’est donc éteinte la veille du 1er décembre, journée internationale de lutte contre le Sida. Cette immense artiste aura laissé une trace dans des cœurs de tous âges.

Elle refusait de chanter en public ses Fabulettes. Pourtant, ses chansons pour enfants avaient le mérite, dès 1962, de prodiguer des paroles ne véhiculant pas les préjugés et les oppressions sur des mélodies riches. Elles abordaient les thèmes classiques de l’enfance avec intelligence. Le petit sapin est une ode à la différence et à la tolérance, Le petit bonhomme et les pommes une fable contre les rapports marchands, La comptine aux prénoms un encouragement à l’amitié, Pomme rouge verte ou bleue un apprentissage par l’erreur, Berceuse pour rêver un magnifique songe en l’honneur des rêves d’avenir des enfants, un encouragement à grandir.

Les chansons pour enfant encouragent la solidarité, l’espièglerie, la découverte du monde, l’autonomie.

Casser les normes sexistes

Anne Sylvestre fait partie de ces monuments de la chanson qui ont traversé les époques, abordant de façon militante les problèmes de leur temps. En 1961, elle chante l’autonomie des femmes avec Mon mari est parti et Philomène, Maryvonne la liberté sexuelle des femmes. En 1971, avec Abel, Caïn, mon fils, raconte les difficultés à élever un garçon dans la société patriarcale et le capitalisme :

« Il me faudra un grand courage, Pour t’élever comme un souci, Car, si tu deviens violence, Tu peux être bêtise en plus, La sincérité à outrance, Devient mensonge, le sais-tu ? ». La chambre d’or bouscule les préjugés sexistes de l’amour : « change moi de pays, change-moi de tendresse, change-moi cet amour qui qui s’endort et trouve moi plus belle encore que les princesses dormant dans leur chambre d’or ».

Jusqu’au bout, une « grande dame »

En 1973, Non, tu n’as pas de nom écrit « l’un des plus beaux textes sur l’avortement » (Florence Montreynaud), alors que celui-ci était encore interdit. En 1986, Petit bonhomme moque un mari infidèle et l’occasion pour les femmes de s’en libérer.

Son retour en 2013 avec Juste une femme continue la bataille poétique. Des calamars à l’harmonica mêle la joie de vivre même dans la pauvreté et la découverte de la lutte féministe : « quand j’étais mère de famille, boudez plus les filles, on n’en est plus là », « Puis j’ai découvert des livres de femmes, je n’savais même pas qu’elles écrivaient, quoi c’était pour moi tout ce beau programme, j’avais une tête et je m’en servais […] je chantais des chansons abolitionnistes, comme un très méchante féministe ».

Dans Lettre d’adieu et Juste une femme, elle se révolte encore contre l’oppression subie par les femmes et les violences sexistes des chefs, des maris, des hommes. Dans Violette, elle défend encore les femmes âgées, « mettez vous bien ça dans la tête, c’est pas une “petite dame”, Violette ! ».

On pouvait l’écouter régulièrement à la fête de Lutte ouvrière, ou la croiser au Forum Léo Ferré à Ivry, un verre à la main, avec son amour des êtres humains, elle qui aime les gens qui doutent. Elle est sans doute avec Barbara une des plus grandes compositrice-interprète, par la force de ces textes et leur capacité à conjuguer critique sociale et réalité de nos vies. Avec des musiques et une voix qui font ressentir toutes les épreuves comme le début de leurs solutions.

Antoine Larrache Mardi 1 décembre 2020

https://lanticapitaliste.org/

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19 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

21 novembre rennes

rennes

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18 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

une

Contre les violences de genre, riposte anticapitaliste et féministe!

Pour les femmes, cette année a été particulièrement éprouvante. Avec le confinement, les violences physiques et psychologiques dans le cadre familial ont explosé, violences auxquelles se sont ajoutées des conditions de travail dramatiques pour une grande partie des professions « en première ligne » ultra féminisées (infirmières, aides-soignantes, aides à domicile, caissières…).

Et les conséquences sociales et économiques de cette crise sanitaire, avec un million de personnes pauvres supplémentaires, vont être particulièrement dramatiques pour les femmes.

Stoppons les violences sexistes et sexuelles

Le confinement favorise les violences : « enfermées dedans », des femmes, comme des personnes LGBTI, se sont retrouvées victimes de violences physiques, sexuelles, psychiques, économiques… Le numéro d’urgence du gouvernement a vite montré ses limites, alors que 220 000 femmes sont victimes chaque année de violences conjugales et qu’une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son (ex)conjoint.

Le chiffre des agressions est sous-estimé car de nombreuses femmes se taisent par peur des représailles, et lorsqu’elles décident de porter plainte, elles ne sont souvent pas prises au sérieux. Ainsi, près de la moitié des victimes de féminicides avaient déjà au moins une fois contacté la police.

Concernant les viols et tentatives de viol, seul 1 % donne lieu à une condamnation. L’impunité est presque totale en matière de violences sexistes et sexuelles. Cette ambiance nauséabonde touche tous les étages de notre société : Darmanin, poursuivi pour viol, a pourtant été nommé ministre de l’Intérieur, et Polanski, reconnu coupable de viol pédophile aux USA, a reçu il y a quelques mois le César du meilleur réalisateur !

Notre corps nous appartient

Au travail, 32 % des femmes ont déjà subi du harcèlement sexuel. C’est énorme, et pourtant aucune mesure n’est prise pour obliger les entreprises à agir. Là aussi, ces violences s’intègrent à un système plus global de domination qui permet la surexploitation : infirmières, aides à domicile, enseignantes…

Toutes ces fonctions essentielles, comme on l’a encore vu pendant la crise sanitaire, reposeraient sur les qualités prétendument « naturelles » des femmes, ce qui légitime leur dévalorisation. Ajouté au travail domestique gratuit réalisé dans le cadre de la famille, cela permet des économies gigantesques sur le dos des femmes.

Par ailleurs, on demande aux lycéennes de bien vouloir « se rhabiller » car leurs tenues « déconcentreraient » les garçons… On veut ainsi leur signifier que leur corps ne leur appartient pas mais qu’il est un objet politique. De plus, dans un contexte global d’islamophobie, on polémique autour du burkini ou du voile. Nos corps sont toujours pointés du doigt pour excuser les comportements sexistes et violents des hommes légitimés par une culture du viol largement répandue.

Tant qu’il le faudra !

Nous devons refuser de vivre dans un monde où les violences faites aux femmes seraient normales. Il faut investir des moyens, par milliards, à hauteur des besoins des associations intervenant sur cette question, au plus près des victimes.

En Amérique Latine, le mouvement contre les féminicides a pris une ampleur politique qui lui permet de contester globalement la société dans laquelle nous vivons. Il montre à quel point les questions féministes portent en elles une dimension subversive : en finir avec les violences et la domination des hommes sur les femmes n’est pas possible dans le cadre du capitalisme, car celui-ci s’en nourrit pour perdurer. S’attaquer aux racines des oppressions nécessite de remettre globalement en question le système.

Pour mettre fin à l’oppression des femmes, il faut construire un mouvement fort, combatif, de rue, solidaire des femmes du monde entier : un mouvement qui lutte pour nos droits et pour en gagner de nouveaux, qui participe de la lutte des classes et au renversement de l’ordre établi !

Mardi 17 novembre 2020

https://nouveaupartianticapitaliste.org/

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17 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 8 m

Contre les violences de genre, riposte anticapitaliste et féministe !

Pour les femmes, cette année a été particulièrement éprouvante. Avec le confinement, les violences physiques et psychologiques dans le cadre familial ont explosé, violences auxquelles se sont ajoutées des conditions de travail dramatiques pour une grande partie des professions « en première ligne » ultra féminisées (infirmières, aides-soignantes, aides à domicile, caissières…).

Et les conséquences sociales et économiques de cette crise sanitaire, avec un million de personnes pauvres supplémentaires, vont être particulièrement dramatiques pour les femmes.

Stoppons les violences sexistes et sexuelles

Le confinement favorise les violences : « enfermées dedans », des femmes, comme des personnes LGBTI, se sont retrouvées victimes de violences physiques, sexuelles, psychiques, économiques…

Le numéro d’urgence du gouvernement a vite montré ses limites, alors que 220 000 femmes sont victimes chaque année de violences conjugales et qu’une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son (ex)conjoint.

Le chiffre des agressions est sous-estimé car de nombreuses femmes se taisent par peur des représailles, et lorsqu’elles décident de porter plainte, elles ne sont souvent pas prises au sérieux.

Ainsi, près de la moitié des victimes de féminicides avaient déjà au moins une fois contacté la police. Concernant les viols et tentatives de viol, seul 1 % donne lieu à une condamnation. L’impunité est presque totale en matière de violences sexistes et sexuelles.

Cette ambiance nauséabonde touche tous les étages de notre société : Darmanin, poursuivi pour viol, a pourtant été nommé ministre de l’Intérieur, et Polanski, reconnu coupable de viol pédophile aux USA, a reçu il y a quelques mois le César du meilleur réalisateur !

Notre corps nous appartient

Au travail, 32 % des femmes ont déjà subi du harcèlement sexuel. C’est énorme, et pourtant aucune mesure n’est prise pour obliger les entreprises à agir. Là aussi, ces violences s’intègrent à un système plus global de domination qui permet la surexploitation : infirmières, aides à domicile, enseignantes…

Toutes ces fonctions essentielles, comme on l’a encore vu pendant la crise sanitaire, reposeraient sur les qualités prétendument « naturelles » des femmes, ce qui légitime leur dévalorisation. Ajouté au travail domestique gratuit réalisé dans le cadre de la famille, cela permet des économies gigantesques sur le dos des femmes.

Par ailleurs, on demande aux lycéennes de bien vouloir « se rhabiller » car leurs tenues « déconcentreraient » les garçons… On veut ainsi leur signifier que leur corps ne leur appartient pas mais qu’il est un objet politique.

De plus, dans un contexte global d’islamophobie, on polémique autour du burkini ou du voile. Nos corps sont toujours pointés du doigt pour excuser les comportements sexistes et violents des hommes légitimés par une culture du viol largement répandue.

Tant qu’il le faudra !

Nous devons refuser de vivre dans un monde où les violences faites aux femmes seraient normales. Il faut investir des moyens, par milliards, à hauteur des besoins des associations intervenant sur cette question, au plus près des victimes.

En Amérique Latine, le mouvement contre les féminicides a pris une ampleur politique qui lui permet de contester globalement la société dans laquelle nous vivons. Il montre à quel point les questions féministes portent en elles une dimension subversive : en finir avec les violences et la domination des hommes sur les femmes n’est pas possible dans le cadre du capitalisme, car celui-ci s’en nourrit pour perdurer.

S’attaquer aux racines des oppressions nécessite de remettre globalement en question le système.

Pour mettre fin à l’oppression des femmes, il faut construire un mouvement fort, combatif, de rue, solidaire des femmes du monde entier : un mouvement qui lutte pour nos droits et pour en gagner de nouveaux, qui participe de la lutte des classes et au renversement de l’ordre établi !

Mardi 17 novembre 2020

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14 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

ibis batignolles

Les grévistes de l’IBIS Batignolles lancent leur clip musical !

Les femmes de chambre de l’IBIS Batignolles sont en lutte depuis plus de 15 mois pour exiger l’embauche directe par l’établissement où elles travaillent, la baisse de leurs cadences et l’augmentation de leurs salaires.

Leur lutte est devenue en quelques mois, un symbole de résistance pour des milliers de femmes et d’hommes qui font le ménage en France. 19 femmes de chambres et un équipier font face au géant hôtelier, le multimilliardaire groupe ACCOR.

Dans le secteur du nettoyage, les salarié-e-s sont soumis à des conditions de travail extrêmement difficiles, des harcèlements, voire même des agressions par les directions voyous des entreprises de « la propreté ».

Des dizaines de milliers de travailleurs et travailleuses souvent étrangers sont réduits au silence. Cette chanson ce veut être un hymne pour celles et ceux qui choisissent de résister, elle reprend le principal slogan de manifestation du personnel de nettoyage dans l’hôtellerie depuis des années : « Frotter, frotter, il faut payer ».

La chanson et le clip sont interprétés par Bobbyodet, le mari d’une des leadeuses (Rachel Keke) des femmes de chambre de l’hôtel IBIS Batignolles. Chanteur, chorégraphe, compositeur, Bobbyodet a mis ses talents à contribution pour soutenir sa femme et ses collègues de travail, pour parler de leur quotidien et des difficultés qu’elles traversent. Le clip a été réalisé grâce à un financement collaboratif sur la plateforme Kickstarter et réalisé par « Sébastien » un syndicaliste de la CGT HPE.

Nous appelons les médias, partis et personnalités politiques, syndicales, associatives à partager le clip pour rendre visible une lutte emblématique et mettre la lumière sur le quotidien des femmes et valets de chambre en France.

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25 octobre 2020 ~ 0 Commentaire

avortement (libération)

avortement

Trente-deux pays se liguent contre le droit à l’avortement

Dans une déclaration commune, les gouvernements des Etats-Unis, du Brésil ou encore de la Hongrie affirment leur volonté d’une souveraineté nationale pour les lois liées à l’IVG.

«Il n’y a pas de droit international à l’avortement, ni d’obligation des Etats de financer ou de faciliter l’avortement» : 32 pays, parmi lesquels les Etats-Unis, le Brésil ou l’Egypte, ont fièrement cosigné une déclaration commune qui s’attaque frontalement au droit à l’IVG.

Cette «déclaration pour la santé de la femme et le renforcement de la famille», programmée pour être présentée à l’Assemblée mondiale de la santé qui se tient tous les ans à Genève, a été dévoilée ce jeudi par Alex Azar, le Monsieur Santé de l’administration Trump, à l’occasion d’une cérémonie virtuelle.

La déclaration vante les «familles traditionnelles»

Noyé au milieu d’idées aux atours progressistes comme l’accès pour les femmes à une «éduca-tion de qualité» ou aux «mêmes chances d’accéder à un emploi que les hommes», le texte affirme clairement une volonté de restreindre le droit d’accès à l’avortement, sous prétexte de «bien-être de la femme», et de «préservation de la vie humaine».

La déclaration ne manque pas non plus de vanter le mérite des «familles traditionnelles» (comprendre, les couples hétérosexuels). Parmi les signataires, de nombreux Etats africains. Figurent également l’Indonésie ou le Pakistan, et sur le continent européen, la Hongrie et la Pologne.

«Certaines riches nations, et agences des Nations unies, affirment à tort que l’avortement est un droit universel humain», a notamment déclaré Alex Azar lors de la cérémonie. Le secrétaire à la Santé assène, drapeaux flottants dans le dos : «Nous affirmons que les gouvernements ont le droit souverain de créer leurs propres lois pour protéger les vies innocentes et écrire leurs règlements sur l’avortement.» 

Surenchère de discours conservateurs

Son discours fini, et après une intervention du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, des déclarations vidéo des représentants des 32 Etats signataires ont été diffusées. «Nous défendons la place de la famille comme unité centrale de notre société, et réaffirmons notre devoir de protéger la vie, dès sa conception», lance Ernesto Araujo, ministre des Affaires étrangères du Brésil.

Katalin Novak, ministre hongroise de la Famille, s’indigne, elle, d’une époque où les «valeurs traditionnelles de nos sociétés sont constamment attaquées», pendant que l’on donne aux femmes «de fausses obligations les poussant à être en compétition avec les hommes, et d’abandonner le privilège de devenir des mères».

Si cette surenchère de discours conservateurs a de quoi inquiéter, la déclaration présentée ce jeudi a surtout une valeur symbolique.

Elle marque une étape de plus dans la guerre que mènent certains gouvernements contre l’avortement et les minorités LGBT, comme aux Etats-Unis où de nombreux Etats ont durci l’accès à une interruption volontaire de grossesse. Ou, plus récemment en Pologne, où il a été déclaré inconstitutionnel l’avortement en cas de malformation du fœtus.

Julien Lecot 23 octobre 2020

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23 octobre 2020 ~ 0 Commentaire

résistantes (actu)

femmes-d-exception-en-bretagne-sous-l-occupation

Bretagne : Portraits croisés de résistantes hors norme

Isabelle Le Boulanger, docteure en histoire, enseignante et chercheure associée au Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC) de Brest, vient de publier chez Coop Breizh, Femmes d’exception en Bretagne sous l’Occupation. L’ouvrage fait suite à Bretonnes et Résistantes, publié en 2018.

Ce nouveau livre dresse des portraits croisés de femmes bretonnes engagées dans la Résistance et vise à retracer le parcours de ces héroïnes ordinaires, anonymes pour la plupart, ces femmes d’exception, trop souvent oubliées par les livres d’histoire et la mémoire collective.

Parcours exceptionnels

Pourtant, « il n’est pas un seul domaine de la Résistance où elles n’aient œuvré », explique l’auteure. Beaucoup furent arrêtées, torturées, déportées ou massacrées… La guerre achevée, les survivantes ont, pour beaucoup, repris le cours normal de leur vie. Seule une minorité d’entre elles ont eu envie de prolonger leur engagement sous une forme nouvelle.

Le livre présente donc au lecteur ces femmes aux parcours exceptionnels, à travers des anecdotes, des témoignages, des rencontres, des photos d’hier ou d’aujourd’hui. L’occasion de découvrir l’Histoire sous un nouvel angle…Dans les yeux de ces femmes bretonnes.

Lenaïk Jaubert Publié le 23 Oct 20

Infos pratiques
Femmes d’exception, en Bretagne sous l’Occupation, Isabelle Le Boulanger, Éd. Coop-Breizh. 196 pages, 19 euros.
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23 octobre 2020 ~ 0 Commentaire

pologne (courrier inter)

polognre
Une du quotidien polonais Gazeta Wyborcza du 23 octobre 2020.
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Le droit à l’IVG pratiquement supprimé en Pologne

Déjà très limité, l’accès à l’interruption volontaire de grossesse ne sera plus possible en cas de malformation grave du fœtus, a décidé la Cour constitutionnelle polonaise. Pour ce journal libéral, le parti au pouvoir utilise ce sujet pour détourner l’attention d’une situation sanitaire déplorable.

“La guerre aux femmes”, titre le quotidien libéral polonais Gazeta Wyborcza dans son édition du vendredi 23 octobre, au lendemain de la décision de la Cour constitutionnelle de limiter encore davantage l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

Soumise à l’influence d’une puissante Église catholique, la Pologne disposait déjà, depuis 1993, d’une législation très restrictive puisque l’IVG y était par principe interdite en dehors de trois situations : grossesses résultant d’un viol ou inceste, grossesses présentant un risque pour la vie ou la santé de la femme, ou malformations graves du fœtus.

C’est cette dernière exception, à l’origine de 98 % des IVG légalement pratiquées dans le pays mais qualifiée par ses détracteurs d’“avortement eugénique”, qui a été délégalisée par les juges constitutionnels au motif qu’elle porterait atteinte à la “dignité humaine des enfants non encore nés”. La validité de la décision est cependant contestée par l’opposition en raison du manque d’indépendance de la juridiction.

“Au milieu de la crise la plus grave des dernières années, le parti au pouvoir [le PiS, national conservateur] utilise le sujet de l’avortement pour embraser l’opinion publique et détourner l’attention de la situation catastrophique du système de santé et de l’incapacité de l’État à tenir l’épidémie sous contrôle, estime Gazeta Wyborcza.

Ce geste n’est pas seulement indigne des dirigeants du cinquième plus grand pays de l’Union européenne, il est aussi impardonnable et répugnant.

23/10/2020

https://www.courrierinternational.com/

 

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11 octobre 2020 ~ 0 Commentaire

pma brest (le télégramme)

BRES PMA:

Tandis que le collectif « Marchons enfants », émanation de la Manif pour tous, rassemblait entre 200 et 300 militants, la contre-manifestation a, elle, mobilisé entre 400 et 500 personnes. Si le second cortège a fini par rejoindre le premier, aucun heurt n’a été à déplorer.

Deux cortèges, deux ambiances. À Brest, ce samedi, comme dans plusieurs autres villes de Bretagne (Saint-Brieuc, Vannes, Rennes) et de France, deux appels à manifester avaient été lancés.

D’un côté, celui du collectif « Marchons Enfants », relayé notamment dans la cité du Ponant par le Parti Chrétien Démocrate, et, de l’autre, celui de Visa 29 (pour « Vigilance et initiatives syndicales antifascistes »), association intersyndicale réunissant CGT Éduc’Action et CGT Enseignement privé, la CNT, la FSU et Solidaires.

En jeu : le projet de loi bioéthique – PMA sans père – GPA, examiné en deuxième lecture à l’Assemblée Nationale fin juillet.

« On y va parce que, comme d’habitude, ceux de la Manif pour tous se préoccupent de choses qui ne les concernent pas »

Vers 14 h 30, plusieurs centaines de contre-manifestants – jeunes pour la plupart – se massaient déjà sur les marches du parvis de la faculté Victor-Ségalen. Un cortège auquel plusieurs formations politiques (France Insoumise, NPA, PCF), la CNT, le Planning familial ainsi que la Ligue des Droits de l’Homme ou l’association étudiante LGBTQIA + (*) de l’UBO « West-Up », s’étaient joints. Au total : entre 400 et 500 personnes (320 selon la police).

Alliance VITA en force, cours Dajot

Vers 15 h, la manifestation (non-déclarée en préfecture) prenait la direction du Cours Dajot, où se tenait celle des « pro vie » réunissant entre 200 et 300 personnes (220 selon les chiffres officiels) : des familles, mais aussi des représentants de l’association Alliance VITA (fondée en France fin 1993 au moment des premières lois bioéthiques).

« On y va parce que, comme d’habitude, ceux de la Manif pour tous se préoccupent de choses qui ne les concernent pas », expliquait Tony, jeune militant de l’association West-Up. « À nous de nous battre pour notre bonheur », poursuivait-il, tandis que le cortège s’éloignait déjà.

« On est là pour réaffirmer que ce projet de loi est la suite logique du mariage pour tous, expliquait quant à lui Olivier Cuzon, de la Ligue des Droits de l’Homme. Les personnes homosexuelles ont aujourd’hui le droit de se marier, aucune raison de les priver de celui d’avoir des enfants ».

« La PMA, ça ne vous concerne pas ! »

Une vision pas franchement partagée cours Dajot, où les responsables d’Alliance VITA multipli-aient les prises de parole, tandis que le cortège de contre-manifestants se heurtait, lui, à un cordon de police situé à l’angle des rues de Denver et Jean-Macé.

« Nous sommes là parce que ce projet de loi, qui se pare de bons sentiments et qui se targue d’instaurer un progrès qui n’en est pas un, reste inscrit au calendrier administratif », expliquait ainsi le responsable brestois de l’association, avant de dénoncer « un projet de loi fondé sur l’idéologie du genre (…) ayant une autre finalité : celle de livrer le corps humain à l’avidité des marchés financiers (…) au mépris du droit des enfants d’avoir un père et une mère ».

Après avoir « joué » au chat et à la souris avec la vingtaine de policiers mobilisés pour l’occasion, les contre-manifestants parvenaient finalement à confronter leurs opposants, « pour se faire entendre ».

Séparés par le cordon policier, manifestants des deux bords se sont alors livrés à une « bataille » de slogans. Du côté « Marchons enfants » émanaient notamment des « Liberté, égalité, paternité » qu’une contre-manifestante reprenait à son compte : « elle est où la liberté, l’égalité ? La PMA, ça ne vous concerne pas ! », criait-elle ainsi, les yeux emplis de larmes de colère.

10 octobre 2020

https://www.letelegramme.fr/

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08 octobre 2020 ~ 0 Commentaire

ivg (jdd)

haddock

Pourquoi le gouvernement risque d’être lâché par sa majorité à l’Assemblée

Une proposition de loi prévoyant notamment d’allonger les délais légaux pour avoir recours à une IVG est à l’origine d’un bras-de-fer à l’Assemblée entre l’exécutif et la majorité macroniste. Elle sera débattue jeudi.

Un texte sur l’IVG oppose l’exécutif et la majorité.

Une proposition de loi allongeant notamment de deux semaines le délai légal pour avoir recours à une interruption volontaire de grossesse (IVG) est débattue jeudi à l’Assemblée nationale.

Elle est issue du groupe Ecologie Démocratie Solidarité, formé en mai dernier et composé en partie d’anciens députés marcheurs. Mais le texte divise aujourd’hui le gouvernement, très prudent sur cette mesure et partisan d’une solution de « consensus », et la majorité macroniste, qui y est favorable. Le nouveau patron du groupe LREM, Christophe Castaner, a d’ailleurs indiqué qu’il voterait pour, comme « un grand nombre de députés de la majorité ». Le gouvernement pourrait donc perdre cette bataille.

Un contexte déjà bouillant pour En Marche.

Ce nouveau vote intervient deux jours à peine après un autre bras-de-fer à l’Assemblée natio-nale. Le projet de loi controversé permettant la réintroduction temporaire des néonicotinoïdes tueurs d’abeilles pour sauver la filière betterave a bien été adopté, comme le voulait l’exécutif, mais au prix d’une contestation jamais vue dans ses rangs : 32 députés LREM ont voté contre et 36 autres se sont abstenus.

Le précédent record de « fronde », qui date de juillet 2019 sur la ratification du traité de libre-échange entre l’UE et le Canada (Ceta), s’était traduit par 9 votes contre et 52 abstentions. Le parti présidentiel est globalement à la peine depuis plusieurs mois à l’Assemblée, victime de départs en série qui lui a fait perdre sa majorité absolue.

Le dernier en date est intervenu hier avec le député de Gironde, Benoit Simian, qui laisse le groupe LREM à 270 élus, contre 314 en début de mandat en 2017.

Allonger les délais de l’IVG : de quoi parle-t-on?

Matignon répète ne pas avoir d’ « opposition de fond » sur ce sujet, mais bien un problème de méthode qui favoriserait l’empressement. Les défenseurs de ce texte jugent à l’inverse qu’il « y a urgence à lever les freins au droit à l’avortement », comme le dit au JDD sa rapporteure Albane Gaillot.

Pour elle, le débat n’est plus « éthique », comme au moment de la loi Veil en 1974, mais bien « pratique » pour aider les 3.000 à 5.000 femmes qui, chaque année, avortent à l’étranger après avoir dépassé les délais légaux en France.

Manque d’information, délais pour obtenir un rendez-vous, déserts médicaux… Les obstacles sont nombreux pour respecter ces durées légales, de cinq semaines pour une IVG médicamenteuse au domicile à douze semaines pour une IVG chirurgicale.

7 octobre 2020 Arnaud Focraud

https://www.lejdd.fr

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