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16 février 2018 ~ 0 Commentaire

potere al popolo (anti-k + contretemps)

anti

Potere al popolo ! est né lors de l’assemblée du 18 novembre en réponse à la crise de la gauche radicale.

Elle risquait encore une fois de disparaître des bulletins de vote, entraînée dans des alliances avec des forces ambiguës par rapport à leurs relations avec le PD (le parcours du Brancaccio, puis la convergence en grande partie avec Liberi et Uguali), ou présentant des propositions politiques de faibles impact sur les secteurs d’avant-garde de la classe ouvrière.

Voilà pourquoi la proposition avancée par le centre social Je so’pazzo (je suis fou), qui a su saisir le bon moment et la bonne occasion  pour mettre sur pied  une proposition alternative après la faillite du Brancaccio a été très opportune. Une proposition qui va dans le même sens que celle que Sinistra Anticapitalista avait faite au début de l’été, mais qui à ce moment-là n’avait pas abouti parce que les conditions qui ont rendu disponibles d’autres forces politiques, en premier lieu Rifondazione, pour entreprendre un parcours unitaire radical,  n’étaient pas encore mûres.

Le programme électoral de Potere al popolo ! contient une série de propositions radicales, qui se situent objectivement en contradiction par rapport au capitalisme et à ses institutions (L’Union Européenne), et qui répondent aux exigences ressenties par les masses des travailleuses et des travailleurs, exploité(e)s et opprimé(e)s.

Citons en quelques unes :

La réduction de la durée du travail à 32 heures avec maintien du salaire,

La réintroduction de l’échelle mobile,

Le droit à la retraite à 60 ans ou après 35 ans d’activité,

La création d’un revenu minimum garanti pour les chômeurs,

La réalisation d’investissements et de postes de travail publics,

La mise à disposition d’un million de logements sociaux publics,

Le blocage des privatisations de l’eau, des services publics et leur renationalisation,

L’arrêt des grands projets et la planification participative en ce qui concerne l’environnement, comme alternative à la Green economy, 

L’introduction d’un impôt sur le patrimoine, la nationalisation de la Banca d’Italia et la création d’un pôle financier public, la restructuration de la dette publique.

La liste de Potere al popolo ! se présente de façon double 

comme une coalition de la gauche de classe et en même temps comme résultat d’un important processus d’activation (et de réactivation) de militants sociaux et politiques qui ont participé en masse aux plus de cent assemblées qui se sont tenues en quelques semaines.

Un front de classe entre des sujets organisés qui a su intercepter les revendications antilibé- rales et anticapitalistes de nombreuses et de nombreux militant(e)s qui s’étaient résigné(e)s à regarder la politique comme un corps étranger aux luttes qu’ils/elles doivent mener tous les jours sur leur lieu de travail, dans les quartiers et les territoires.

Nous ne croyons pas que les élections soient la baguette magique qui renversera d’un jour à l’autre les très mauvais rapports de forces entre les classes, qui se jouent sur le terrain, mais  l’expérience de Potere al popolo peut sans aucun doute constituer un outil de reconnais- sance entre différents secteurs de la classe ouvrière et donc être utile à la reprise des luttes en Italie.

Qu’arrivera-t-il après les élections ? Nous sommes sûrs que cette liste obtiendra un bon premier résultat le 4 mars. Mais il faut continuer à s’élargir après aussi, en développant les propositions programmatiques dans un sens explicitement anticapitaliste, internationaliste, écosocialiste et féministe, en attirant d’autres énergies militantes présentes sur les terrains plus ou moins organisés de la gauche d’opposition, populaire et de classe, qui impulsent des luttes ou qui y participent.

Nous souhaitons que Potere al popolo ! devienne dans le futur proche un pôle antilibéral et anticapitaliste capable de concurrencer dans la société les forces patronales de la droite (de celle qui est fasciste comme de celle qui est libérale), celles du Parti démocra- tique et de ses satellites, des bureaucraties syndicales complices. Nous croyons qu’un pro- gramme né des assemblées doit vivre non seulement pendant la campagne électorale mais surtout dans les luttes, sur les lieux de travail et dans les territoires, en favorisant à partir du bas la résistance à un capitalisme toujours plus féroce et l’auto-organisation des luttes. Comme le dit le slogan : lutter et créer le pouvoir populaire !

Chiara Carratù

https://anticapitalista.org

http://www.anti-k.org/

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Lire aussi:

Potere al popolo : un nouvel espoir de la gauche anticapitaliste en Italie

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15 février 2018 ~ 0 Commentaire

aides (lutte ouvrière)

npa agricol

Refonte des aides : agriculteurs en colère

Depuis plusieurs semaines, du Sud-Ouest au Centre, les agriculteurs se mobilisent : le 12 janvier, ceux du Gers ont bloqué les accès à Auch, ceux du Loiret et d’Indre-et-Loire ont installé des barrages sur l’autoroute A10, d’autres, dans le Cher, ont manifesté sous le mot d’ordre « Touche pas à ma ZAD (Zone agricole défavorisée) ! ».

Leur cible est la réforme des aides aux agriculteurs, très souvent des éleveurs, dont les terres sont situées dans des zones difficiles en raison de handicaps naturels, géographiques ou climatiques.

Prétendant éviter une « hétérogénéité trop importante entre les États membres », l’Union européenne a demandé aux différents États de revoir l’attribution de ces aides comprises dans le budget de la PAC, la politique agricole commune.

Le gouvernement a donc proposé une refonte de la carte des zones défavorisées, qui datait de 1976. Il intègrerait de nouveaux bénéficiaires, mais il en exclut d’autres. Dans le sud de la France, le projet prévoyait ainsi l’exclusion de 508 communes, chiffre ramené à 345 suite aux premières mobilisations. En Touraine,150 communes sur 277 seraient touchées.

Être exclus du dispositif signifie pour certains agriculteurs perdre de 5 000 à 10 000 euros par an. Un éleveur du Sud-Ouest disait qu’il passerait d’un revenu équivalant à un smic mensuel à un demi-smic.

Le gouvernement devrait présenter en mars son projet définitif avec application en janvier 2019. Il ne promet aux futurs exclus que des mesures compensatoires mais temporaires. Il n’y a pas là de quoi convaincre les agriculteurs et les éleveurs les plus déterminés.

Sylvie MARÉCHAL 14 Février 2018

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15 février 2018 ~ 0 Commentaire

négationnisme (le monde)

shoah

L’ultime bataille du négationniste Robert Faurisson

M. Faurisson a fait appel d’une décision de justice de 2017 qui reconnaissait que la journaliste du « Monde » Ariane Chemin avait rapporté la preuve qu’il était « un menteur professionnel ».

Robert Faurisson n’avait évidemment pas digéré le jugement de juin 2017 : pour la première fois, un tribunal avait reconnu que le traiter de « menteur professionnel », « falsificateur » et « faussaire de l’histoire » n’était que la simple vérité. Le monsieur de 89 ans, qui soutient depuis quarante ans que les chambres à gaz n’ont jamais existé, a ainsi fait appel d’un jugement, jeudi 8 février, qui avait accordé « l’exception de vérité » à Ariane Chemin, une journaliste du Monde.

Une décision rarissime : si le négationniste a perdu la plupart de ses procès en diffamation, ses accusateurs étaient toujours relaxés au bénéfice de la bonne foi. La 17e chambre correc- tionnelle de Paris, en revanche, a estimé le 7 juin 2017 que la journaliste avait rapporté la preuve qu’il était « un menteur professionnel ».

L’affaire remonte assez loin, à une tribune de Faurisson publiée par Le Monde en 1978, de surcroît surtitrée « Le débat sur les chambres à gaz »

Les guillemets sont de l’époque. « Une bourde monumentale », avait écrit Ariane Chemin, dans un article du 21 août 2012, intitulé « Le jour où “Le Monde” a publié la tribune de Faurisson ». Le vieux professeur avait aussitôt poursuivi l’article, mais un choix malheureux de son avocat l’avait convaincu d’attaquer pour injure et non pour diffamation : il a été débouté en 2014, tant en première instance qu’en appel. Or l’article a été repris dans un livre édité par Flammarion, Le Monde, 70 ans d’histoire, et Robert Faurisson à de nouveau porté plainte, cette fois en diffamation. Le vieux monsieur ne désarme d’ailleurs pas. Il avait expliqué que sa pensée avait été fort bien résumée à la radio, le 17 décembre 1980 : « Les prétendues chambres à gaz hitlériennes et le prétendu génocide des juifs forment un seul et même mensonge historique, qui a permis une gigantesque escroquerie politico-financière, dont les principaux bénéficiaires sont l’Etat d’Israël et le sionisme international. »

« Nier l’existence des chambres à gaz est un délit »

A l’audience d’appel, jeudi, le négationniste est venu soutenir ses thèses, accompagné de son petit frère et d’une poignée de sympathisants. La présidente Catherine Bézio n’a pas compris tout de suite dans quel pétrin elle s’était fourrée. Ariane Chemin est venue une nouvelle fois défendre son travail. « J’assume absolument ce que j’ai écrit, a indiqué la journaliste, je suis de la génération de la loi Gayssot, pour moi, il est évident que nier l’existence des chambres à gaz est un délit. Dire que M. Faurisson est un menteur professionnel, c’était une évidence. »

« Sur quoi vous fondez-vous pour dire qu’il est un menteur ? », s’est interrogée benoîte- ment la présidente. Légère stupeur dans les rangs de la cour. La présidente a cru se repren- dre en posant quelques questions à Robert Faurisson. Le vieux monsieur n’attendait que ça ; il a raconté sa vie, son œuvre, ses voyages à Auschwitz, le contenu de la Pravda du 2 février 1945, les contradictions d’Elie Wiesel et de Raoul Hilberg, l’auteur de La Destruction des juifs d’Europe  l’homme est intarissable, et il n’a pas été simple de l’arrêter.

Son nouvel avocat, Damien Viguier, un proche d’Alain Soral et de Dieudonné, s’est curieusement félicité d’un arrêt de 1983 (qui a débouté son client), et a soutenu « qu’il n’y avait pas de vérité officielle en France ; les tribunaux ne sont pas là pour établir une vérité histori- que.  Le juge de 2017 s’est prononcé sur la vérité, et il l’a fait de travers. Robert Faurisson est un chercheur attentif, honnête, viscéralement attaché à la vérité, c’est son défaut ». Il a ajouté, « pour moi, c’est un grand honneur d’avoir été choisi pour défendre Robert Faurisson » qui, c’est vrai, change souvent d’avocat.

« La bataille contre le négationnisme, il faut la mener tous les jours »

Pour Le Monde, Me Catherine Cohen-Richelet a indiqué que « non seulement Robert Fauris- son falsifie l’histoire, mais aussi la jurisprudence ». Le professeur de lettres a été débouté de ses procès en 1981, 1982, 1983, 1985, 1990, 2007, 2014 ; et condamné pour contestation de crime contre l’humanité en 1991, 1998 et 2006. « La loi Gayssot établit la vérité des crimes contre l’humanité, a rappelé l’avocate. Ça n’empêche pas les historiens de faire des recher- ches, mais le génocide, c’est une vérité. La contester, c’est être un faussaire. »

Enfin pour Flammarion, Me Christophe Bigot a souligné l’enjeu de l’audience. « Pen– dant vingt ans où Faurisson était traité de falsificateur, les tribunaux ont répondu, “vous n’établissez pas que c’est un menteur”. La justice avait adopté une position un peu confortable, un peu plan-plan. La 17e chambre a remis courageusement les choses dans le bon sens. Si vous revenez en arrière, vous remettez en cause la réalité de tous ceux qui ne sont pas revenus des camps. » D’autant que Robert Faurisson « est loin d’être un imbécile », a souligné l’avocat, il instrumentalise chacune des décisions : « Il pourra dire que ses diffamateurs n’ont pas rapporté la preuve, et donc qu’il disait la vérité. »

« J’ai péché par naïveté, a enfin conclu Ariane Chemin. Je n’avais pas soupçonné que la bataille contre le négationnisme, il faut la mener tous les jours. Il y a une relève, des jeunes qui ne s’appuient plus sur le vieil antisémitisme traditionnel, mais sur le courant inspiré par Robert Faurisson, avec Alain Soral, ou Dieudonné. » Décision le 12 avril.

 08.02.2018  Franck Johannès
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14 février 2018 ~ 0 Commentaire

autriche (à l’encontre.ch)

AutricheZ

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13 février 2018 ~ 0 Commentaire

italie (slate)

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L’Italie, le pays où la gauche a disparu

Des décennies durant, la gauche italienne fut pourtant la plus brillante d’Euro- pe avant de quasiment disparaître. Dans un mois, les partis se revendiquant de la «sinistra» ne sont pas assurés de siéger au Parlement.

Il existe un pays où il n’y a plus de gauche. Il se trouve que ce pays fut celui avec la gauche probablement la plus brillante d’Europe. Ce pays c’est l’Italie. Quel cataclysme a pu frapper la gauche italienne pour qu’en moins de deux décennies elle soit quasiment absente des écrans radars de la politique, quasiment rayée de la carte et sortie de l’Histoire?

Le cinéma italien recèle nombre de références à la détresse de la gauche transalpine. Ainsi dans Viva la Liberta, Toni Servillo incarne le très dépressif président du Partito Demo- cratico (PD), cerné par les mauvais sondages et la défiance croissante au sein de ses propres rangs. Remplacé par son jumeau tout juste sorti de l’hôpital psychiatrique, il assiste à l’envol des intentions de vote pour une gauche qui reprend des couleurs. Un songe cinématographi- que qui dit beaucoup de l’ambiance politique italienne.

Dans Aprile, son film-journal, Nanni Moretti implore Massimo D’Alema, leader du centre-gauche des années 1990, de «dire quelque chose de gauche» puis tout simplement de «dire quelque chose» ou encore plus simplement de «réagir». Les leaders du PD, comme Matteo Renzi, refusent d’employer le mot «gauche» à propos de leur propre parti. Ainsi, la «sinistra» italienne est confinée à un espace politique représentant électoralement moins de 10% des intentions de vote. Tout cela s’explique très logiquement…

Quand la gauche rayonnait

Un film dit presque tout de la puissance et du rayonnement de la gauche italienne, c’est celui de Bernardo Bertolucci, l’Addio a Berlinguer consacré aux obsèques du leader communiste en 1984. Enrico Berlinguer fut victime d’une attaque cérébrale en plein meeting à Padoue. Il en décéda quelques jours plus tard. Plus de deux millions de personnes accompagnèrent le cer- cueil du charismatique chef du Parti communiste italien (PCI). Ce jour là, le PCI et la gauche italienne furent probablement à leur apogée. Les témoignages d’Italiens très divers contenus dans le film montrent à quel point elle était puissante et ancrée dans la société.

Ce n’est d’ailleurs pas le PSI (parti socialiste italien) de Bettino Craxi qui fit alors de l’ombre au PCI.

Craxi fut tour à tour à peu près tout et n’importe quoi, quêtant à l’étranger des modèles por- teurs, adhérant au libéralisme avec jubilation, nouant des alliances avec les franges de la Démocratie Chrétienne pas forcément les plus progressistes et instituant un système de corruption à échelle industrielle qui le força in fine à l’exil et fit périr le PSI. Son apport à la domination culturelle de la gauche d’alors peut donc être relativisé.

C’est la disparition de Berlinguer qui a sonné les trois coups de la tragédie qui emporta la gauche italienne. Le contraste avec ses prédécesseurs est spectaculaire. Berlinguer a, il faut le dire, marqué son temps, marqué l’histoire. Pour en parler le plus juste- ment possible, Walter Veltroni, figure du «centre-gauche» issue du PCI, a lui aussi réalisé un film, Quando c’era Berlinguer, qui exhume les très riches heures d’une gauche italienne domi- née par le PCI et génère sinon de la nostalgie, du moins un fort questionnement quant au contraste entre cette époque et la nôtre.

Berlinguer sut enclencher une réelle dynamique politique dans l’Italie des Années de Plomb et dessiner des perspectives politiques véritables pour le PCI.

Berlinguer fut celui qui hissa le PCI à des scores dépassant les 30% aux élections de 1979 et posa la question de sa participation au pouvoir. Le «Compromis Historique» apparaît encore, rétrospectivement, comme l’une des initiatives politiques les plus marquantes des années 1970. Si les vents portent à gauche, le putsch contre Allende au Chili impose aux gauches du «monde libre» de définir des stratégies qui leur évitent de périr.

Berlinguer, dont les articles théoriques ponctuent l’avancée du Compromis Historique, accepte l’appartenance de l’Italie au Bloc occidental. Dans le même temps il tend la main à la Démo- cratie Chrétienne et à son aile la plus progressiste, celle d’Aldo Moro, pour construire des «réformes profondes» et forger un bloc social suffisamment solide pour les défendre. Le Compromis Historique ne se bornait pas à un simple accord de gouvernement mais visait à la construction d’une coalition orientée à gauche des communistes aux catholiques progressistes.

Une gauche à la bolognaise

Ce sont bien les rejetons les plus choyés par l’appareil du PCI ou par le journal l’Unita qui se sont chargés de la conversion libérale du parti héritier du PCI. Tout a en fait commencé à Bologne. C’est dans cette ville emblématique de la gauche italienne qu’Achille Occhetto a fait prendre au PCI un virage historique. Depuis longtemps, le PCI ne faisait plus peur ni n’évoquait le bolchévisme. Il occupait l’espace d’un parti de gouvernement réformiste. Si le Compromis Historique avait tourné court, près d’un tiers de l’électorat avait pu se reconnaître dans le projet politique du parti de Berlinguer.

En 1989, une partie du PCI emporta avec elle la faucille, le marteau et l’héritage de Gramsci [...] L’autre fonda le Partito democratico della Sinistra.

En mars 1989, Occhetto ponctua son discours au Congrès du PCI d’étranges et peu utiles odes au marché. Trois jours après la Chute du Mur, en novembre 1989, il annonça à Bologne la dilution de l’identité communiste dans une grande formation «de gauche». Une partie du PCI emporta avec elle la faucille, le marteau et l’héritage de Gramsci et Togliatti au sein de Rifon- dazione Comunista. L’autre fonda donc le Partito democratico della Sinistra (PDS). Tout l’enjeu était désormais de forger une identité politique propre à ce nouveau parti. De par la configu- ration de ses alliances (avec des morceaux de la démocratie chrétienne), le contexte européen (marche vers la monnaie unique) et la difficulté à forger un corpus substitutif à celui du PCI, cette quête n’eut jamais de fin….

D’Alema et Maastricht

Pour l’ancien PCI devenu après mutation le PDS, Parti Démocratique de la Gauche, la question d’une identité de substitution au communisme s’est immédiatement posée. Il était peu envisa- geable de revendiquer l’étiquette «socialiste» qui avait sombré avec le parti du même nom coulé par les affaires et le passif du craxisme. Encore moins social-démocrate dont la tradition était étrangère à la formation des cadres issus du PCI. Massimo d’Alema eut alors la riche idée d’indexer le destin politique du PDS sur les rendements politiques de la logique politique contenue dans le traité de Maastricht. Être les meilleurs élèves de Maastricht…

Moretti, dans Aprile, parle de «centre centre centre centre centre gauche». Les anciens cadres du PCI ont semblé, vingt années durant, avoir été pris d’inhibition devant le déchaîne- ment démagogique et les offensives droitières du «centre droit» de Berlusconi, Fini et Bossi, chaotique mais victorieux équipage de 1994.

Le PDS allié à des partis issus de la Démocratie Chrétienne porte au Palais Chigi le «Professore», Romano Prodi, jadis proche d’Aldo Moro, en 1996. La densité idéologique, la définition d’une base sociale, la mise en avant d’un signifiant mobilisateur (il est dur de s’iden- tifier à un olivier, l’arbre qui symbolise la coalition du PDS) font défaut. Les formations héritières du PDS n’ont cessé de poursuive une course au centre qui les a progressivement définiti- vement privées de la centralité recherchée. L’adhésion au consensus libéral ne s’est jamais démentie. Le processus de fusion d’organisations issues de traditions à ce point dissemblables qu’elles furent placées en coma artificiel ne s’est jamais arrêté. Le PD d’aujourd’hui n’est plus de gauche et on peine à savoir ce qu’il est véritablement. Il est cependant incarné par Matteo Renzi.

Scissions, captations: destin de la Sinistra

De la formation politique de Matteo Renzi on sait peu de chose sinon qu’il a été scout et n’a «jamais lu Gramsci». Assez simplement, Renzi est le fils d’un hiérarque de la démocratie chré- tienne. Le PD fait cohabiter en son sein d’anciens membres du PCI et de la DC. On est néan- moins assez loin du Compromis Historique en termes de contenu et si l’on s’en réfère à la politique menée par Renzi on pourrait être tenté par un jeu de mots. La ligne politique du PD façon Renzi consiste à calquer ses mesures sur le cahier des charges défini par les institutions européennes. Le Mouvement 5 Etoiles de Beppe Grillo, même s’il refuse de se positionner sur l’axe gauche-droite, invoque fréquemment la figure de Berlinguer et sa critique morale du régime. Il existe quelques jeunes pousses à la gauche du PD. Une scission de gauche du PD emmenée par Giuseppe Civati, opposant interne à Renzi et vigoureux détracteur du Job Act, n’est pas impossible. Il participe à la coalition Libres et Égaux.

La gauche italienne, à commencer par les héritiers du PCI auquel ils appartinrent, a donc expérimenté, mais à son détriment, les leçons de Gramsci. En trente ans, sa chute a été vertigineuse et son incapacité à contenir ou refouler le berlusconisme patente. Troquant le «communisme» pour la «gauche», les leaders du PDS/DS/PD n’eurent de cesse de se défaire de cette nouvelle étiquette déjà trop encombrante. Si la gauche n’existe plus en Italie, c’est au fond parce qu’elle a décidé de ne plus exister.

Gaël Brustier Chercheur en science politique 12.02.2018
Commentaire:
Nous ne partageons pas cette analyse même si les faits sont là! Comme si le PCI avait échappé au discrédit du « socialisme réellement existant », par son « eurocommunisme ». On évoque Berlinguer mais au même moment nous avions Mitterrand sur la même ligne (mais qui ne le disait pas non plus!)
La morale, c’est qu’une gauche sans projet de changement social, de partage des richesses, et qui ne défend que la nation des riches, çà ne sert à rien. Autant qu’elle aille à la mangeoire!

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13 février 2018 ~ 0 Commentaire

castorama brico dépôt (ouest france)

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Suppression de 409 postes chez Castorama et Brico Dépôt

Le groupe Kingfisher a annoncé ce mardi la suppression de 409 postes dans ses magasins Castorama et Brico Dépôt en France. Le groupe anglais Kingfisher, spécialisé dans les maga- sins de bricolage, a annoncé ce mardi la suppression de 409 postes en France chez Casto- rama et Brico Dépôt, une décision que déplorent les syndicats qui pointent « toujours plus de dividendes aux actionnaires », alors que les activités financières du groupe ont été réunies à Cracovie en Pologne.

Le « plan de transformation » nommé « One Kingfisher » prévoit un programme d’« investisse- ments informatiques, la mise en place d’une centrale d’achat unique, des évolutions des métiers du marketing et du commerce, ainsi que la création d’un centre de services partagés en Pologne pour gérer ses activités de transactions financières et comptables », a détaillé Kingfisher dans un communiqué.

Le groupe compte 20 000 emplois en France

« La mise en œuvre de ce projet entraînerait en France la suppression de 409 postes, la création de 102 postes et le transfert de 164 postes à conditions d’emplois équivalentes », ajoute la direction. Les suppressions d’emplois se partagent entre 321 chez Castorama et 88 chez Brico Dépôt, dans un groupe fort de 20 000 employés en France. « Dans un contexte de mutations profondes du secteur du commerce, ces évolutions doivent permettre aux enseignes de restaurer leur compétitivité et de renouer avec la croissance, en proposant à la clientèle des produits de qualité à un prix hautement concurrentiel et en développant la qualité de service », explique la direction.

Un chiffre d’affaires en baisse de 8 %

Pour le délégué central CFE-CGC chez Brico Dépôt, Philippe Banse « l’activité commerciale du groupe, le chiffre d’affaires, régressent certes, mais les résultats opérationnels et les actions en Angleterre progressent tous les ans ». « Il y a eu de la part de la direction un manque d’anticipation du commerce sur internet », a-t-il critiqué auprès de l’AFP. Kingfisher a annoncé en septembre un recul de 8,1 % de son bénéfice net au premier semestre, à 295 millions de livres (332 millions d’euros).

« C’est intolérable, c’est toujours pour donner plus de dividendes aux actionnaires », a également dénoncé auprès de l’AFP Nicolas Euzenot, délégué CGT de Castorama. «

Ils déroulent le projet comme un rouleau compresseur et les dommages collatéraux sont là ». Le syndicaliste dénonce dans les transferts « un plan social déguisé » : « La plupart des sala- riés concernés ne vont pas vouloir changer de métier, surtout ceux proches de la retraite », a-t-il dit. La directrice générale du groupe Kingfisher, la Française Véronique Laury, avait annoncé le 8 novembre, dans une vidéo diffusée dans l’ensemble des sociétés, le regroupe- ment des activités comptabilité et contrôle de gestion dans un centre de services à Cracovie. Le plan devrait être effectif à horizon fin 2018.

13/02/2018

https://www.ouest-france.fr/

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11 février 2018 ~ 0 Commentaire

sinn fein ard fheis (jdd)

sinn fein

Sinn Fein fait partie de la gauche européenne

Mary Lou McDonald, celle qui remplace Gerry Adams à la tête du Sinn Féin

Mary Lou McDonald, une Dublinoise de 48 ans, a officiellement pris la tête du Sinn Féin (nationaliste, républicain) en Irlande samedi lors du traditionnel congrès, appelé « Ard Fheis » (Et prononcé « Ardèche » NdB). Unique candidate, elle succède à Gerry Adams, qui incarnait le parti depuis 1983.

Le Sinn Féin a été considéré pendant des décennies comme la vitrine politique de l’IRA (Armée républicaine irlandaise) dont les attentats anti-britanniques ou contre les protestants dans la province d’Ulster ont traumatisé le Royaume-Uni et l’Irlande. « J’ai grandi en regardant Gerry Adams à la télévision, jamais je n’aurais pensé un jour devenir son patron. » Née à Dublin, Mary Lou McDonald a été élevée à Rathgar, considéré comme l’un des quartiers les plus bourgeois de Dublin. Ce qui la différencie de Gerry Adams, d’extraction plus populaire, dont elle a pris la succession samedi.

Une femme controversée pour avoir défendu l’IRA

Elle fait des études de littérature anglaise, avant d’entrer en politique et de devenir, en 2004, la première représentante européenne du Sinn Féin au Parlement européen pour la République d’Irlande. Depuis 2011, elle est députée au Parlement (Dáil Éireann) pour la circonscription de Dublin-Centre.

Non sans humour, elle a déclaré : « Personne ne peut entrer dans les chaussures de Gerry Adams, ça tombe bien, j’ai apporté les miennes. » Mais cette femme réputée pugnace et courageuse, bien que controversée pour avoir défendu les terroristes de l’IRA, a pour très sérieuse mission de donner vie à deux aspirations : apporter au Sinn Féin une respectabilité tant recherchée, et se battre contre les partisans du Brexit. Afin que la province d’Ulster et la République d’Irlande restent unies au sein de l’Union européenne.

Karen Lajon 11 février 2018

http://www.lejdd.fr/

Lire aussi:
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Irlande du Nord : les « malgré-eux » du Brexit

Comprendre le processus de paix (Libération Irlande)

Processus de Paix (Socialist Democracy)

Does Britain have a strategic interest in Ireland?

Commentaires:

Le Sinn Fein n’est pas « nationaliste », ce courant est représenté par le Fianna Fail au Sud et le SDLP au Nord celui-ci « middle class ». Or SF est « républicain » (en référence à la Révolution française) et s’adresse au petit peuple. Il est d’ailleurs dans le même groupe européen que PCF, Parti de Gauche et « Insoumis ».

Les trois derniers articles soulèvent la question du pourquoi les anglais restent en Irlande. Ils ont très bien « vendu » leur indifférence à la question. Or les sommes engagées pendant 30 ans et encore aujourd’hui, pour l’armée, semblent énormes, pour un pays « qui n’a aucun intérêt à rester »!

Enfin, Bernadette McAliskey a longtemps été proche de la LCR.

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11 février 2018 ~ 0 Commentaire

hdp turquie (jdd)

hdp

Quel est l’avenir du parti kurde face à Erdogan?

Le Parti démocratique des peuples (HDP) se réunit dimanche en congrès afin d’élire de nouveaux dirigeants et d’essayer de faire entendre sa voix, alors qu’il est en butte à une répression politique accrue.

Pour le parti prokurde, il s’agit de désigner un successeur au charismatique Sela- hattin Demirtas, emprisonné depuis novembre 2016.

« C’est surtout l’occasion de nous rassembler et d’essayer de trouver de nouveaux moyens de résister et de lutter contre la politique d’Erdogan », estime Ayhan Bilgen, député et porte-parole du HDP. La tâche est d’autant plus rude dans le contexte de l’offensive lancée le 20 janvier par l’armée turque contre les Kurdes de Syrie, dans le canton d’Afrin, au nord-ouest du pays.

Le HDP est le seul parti qui s’oppose à la guerre, et ses partisans en payent le prix.

En quelques semaines, plusieurs centaines de ses membres ont été arrêtés pour avoir critiqué l’intervention militaire sur les réseaux sociaux. Ils sont allés rejoindre derrière les barreaux les milliers de militants et d’élus du HDP, de plus en plus isolé sur la scène politique turque. La ferveur guerrière et nationaliste qui s’est emparée de l’opinion publique risque par ailleurs de compliquer les possibilités d’alliance électorale sans lesquelles ce parti doit se contenter de ses seules places fortes dans l’est du pays.

Cet écueil du repli sur sa base électorale, oubliant la gauche et les libéraux turcs dont les voix lui avaient permis de dépasser le seuil des 10% aux dernières élections de 2015, menace l’organisation kurde. Pour Ayhan Bilgen, « le HDP n’est pas un parti ethnique, et je crois que l’ensemble de la Turquie a besoin plus que jamais d’un parti qui se fasse l’écho du combat pour la démocratie et les droits de l’homme ».

Zeynep, l’une des militantes, parmi les 30.000 partisans à faire le déplacement à Ankara, estime pour sa part qu’il faut que le HDP « arrête de se concentrer sur les dynamiques électo- rales et se coordonne avec la société civile, les associations et les syndicats pour appeler les gens à se mobiliser, à descendre dans la rue ». Une stratégie risquée, à l’heure de l’état d’ur- gence. Le président Recep Tayyip Erdogan a prévenu ceux qu’il appelle les « traîtres ». « S’ils sortent dans la rue, ils le paieront très cher ».

11 février 2018

http://www.lejdd.fr/

Commentaire: Le HDP n’est pas seulement le parti des kurdes, il fédère des forces laïques, féministes et LGBTI, dont l’équivalent du NPA.

Lire aussi:

Parti démocratique des peuples (Wikipédia)

La liberté de dire « Non » (Inprecor)

Métamorphose idéologique du PKK (1/2)

Métamorphose idéologique du PKK  (2/2)

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09 février 2018 ~ 0 Commentaire

macron (a manca)

a manca 1

A NAZIONE OGHJE PIÙ CHÈ MAI.

En deux courtes journées, le président de la république française a ressuscité la momie de la CFR ( Corse Française Républicaine ex-droite note du blog) de sinistre mémoire. La droite des Mondoloni et Bozzi, en manifestant sa satisfaction, ne s’y est pas trompé.

Minoritaire dans les urnes en décembre 2017, elle tient sa revanche puisque l’essentiel du discours de Macron consacre son argumentaire, tant au niveau des politiques institutionnelles qu’aux plans économiques et sociaux. Le déni de démocratie perpétré par le chef de l’état français donne entière satisfaction à cette droite qui doit désormais assumer pleinement sa collaboration à l’entreprise de liquidation que Macron se propose d’entreprendre.

En rejetant en bloc toutes les propositions présentées par la majorité régionale, le patron de l’État a donné à voir et à entendre la réalité du véritable fond idéologique qui l’anime.

Chantre de la mondialisation capitaliste, Macron est également un néo-colonialiste pour qui la démocratie s’arrête là où commence la raison d’État. Ses discours, condescendants et paternalistes, sont venus rappeler à tous la véritable nature des rapports unissant l’État français et le peuple corse. Il n’y aura donc pas de pacte, car au déni de démocratie se sont ajoutées en forme de surenchère des agressions verbales et des provocations qui constituent un défi dont Macron pense sortir victorieux.

Ce défi s’inspire de celui que l’État espagnol a lancé au peuple catalan.

C’est une violence symbolique qui entend se satisfaire du chaos plutôt que de la paix. Les calculs de Macron et l’appareil d’État sont limpides. Il s’agit d’abord de fracturer l’actuelle majorité régionale, puis en spéculant sur un rapport de force très défavorable à l’ensemble du mouvement national, de liquider toute velléité de résistance et à terme toute volonté d’existence en tant que peuple.

Le président de la république française souhaite désarticuler encore plus profondément la société en procédant à deux autres manœuvres. Il s’agit de faire rentrer pleinement la Corse dans la compétition libérale en accentuant un mode de développement fondé sur le tout tourisme, tout en éradiquant le substrat culturel dont notre langue est le principal vecteur.

En jetant en pâture les lois littoral et montagne aux marchés fonciers et immobiliers, il se refuse à admettre la coofficialité en spéculant ainsi sur le profit et l’avidité plutôt que sur un développement durable qui répondrait à nos véritables besoins collectifs.

Ce faisant, Macron et ses conseillers n’ignorent rien du climat politique qui ne peut manquer de se tendre à l’extrême.

Ils veulent pousser à la faute des pans entiers de la société corse en espérant qu’ils soient très minoritaires et coupés de l’ensemble du peuple. En écrasant toute les volontés de résistance, le chef de l’État français fait miroiter l’illusion d’un aménagement à la marge de la Constitution. Il tente ainsi d’attirer à lui ceux dont il espère un renoncement en les engluant définitivement dans le piège tendu.

Ce sont tous ces défis qu’il nous faut collectivement relever en imaginant des moyens de mobilisations, publics, collectifs.

Ces champs ne peuvent s’ouvrir sans une détermination sans faille. Des fronts de luttes doivent impérativement se structurer et leur convergence doit viser à imposer le peuple corse comme seul dépositaire de toutes les légitimités. Ces mobilisations concernent les corses d’aujourd’hui et toutes celles et ceux qui souhaitent en conscience bâtir l’espoir.

Dans ce cadre, le monde du travail par son nombre et son potentiel occupe une place centrale.

Aujourd’hui morcelés et affaiblis par le fléau que constitue le racisme, les travailleurs sont paralysés. La seule vague qui submerge notre nation commune, c’est celle de l’argent à laquelle s’ajoute le flot de ceux qui détiennent abusivement tous les capitaux. Lutter contre la xénophobie, c’est déconstruire ce mensonge qui détourne les légitimes colères de celles et ceux qui n’ont que leur force de travail pour vivre. S’opposer sans concession au démantèlement des lois littoral et montagne, c’est aussi mettre un terme à cette spéculation qui ruine le droit au logement, au même titre que nos espaces naturels collectifs.

Imposer et pratiquer à tout prix et en toute circonstance la langue corse, c’est défendre un lien qui doit unir toutes les composantes de notre société. Exiger la démocratie, c’est affirmer que la lutte de libération nationale est indissociable de la lutte de libération sociale.

Macron, représentant de commerce de la banque et de la finance, se présente à nos yeux pour ce qu’il est : un liquidateur de tous nos droits. Nous n’avons donc rien à attendre de lui, ni de son État.

La désaliénation ne peut venir que de nous, du libre exercice de nos consciences vives, de la mise en œuvre opiniâtre de nos volontés et de nos capacités à créer nos cadres culturels, sociaux, économiques et politiques. Mettre un terme à la domination, c’est d’abord et avant tout faire la démonstration en nous-mêmes et par nous-mêmes que nous pouvons construire librement notre avenir par l’autogestion.

A NAZIONE OGHJE PIÙ CHÈ MAI.

 8 février 2018

http://a-manca.org/

Lire aussi:

Corse : Déni de démocratie, déni d’existence (A Manca)

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07 février 2018 ~ 0 Commentaire

harcèlement (the guardian)

Contre le harcèlement , Londres, dimanche

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