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17 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

catalans (le peuple breton)

republica-catalana

Un million de Catalans pour relancer la construction de la République

La Diada nacional de Catalogne le mardi 11 septembre, avec plus d’un million de manifestants dans les rues de Barcelone pour la 7ème année consécutive, a relancé le processus de concrétisation de la république.

La mobilisation massive des Catalans et des associations civiques, l’Assemblea Nacional de Catalunya et Òmnium cultural, a réclamé aux gouvernants et aux politiques d’avancer pour respecter le mandat du peuple exprimé lors du référendum sur l’indépendance du 1er octobre 2017 et confirmé lors des élections du Parlement le 21 décembre.

Après des mois d’incertitude (qui doivent faire les institutions catalanes retrouvées après six mois de suspension de l’autonomie et l’emprisonnement et l’exil de l’ancien gouvernement démis de Carles Puigdemont ?), la société et les indépendantistes semblent reprendre l’initiative face à la répression espagnole et au refus des socialistes de dialoguer.

La manifestation de la Diada nacional, avec le slogan « Fem república », remet sur le devant de la scène la détermination pacifique, sereine et civique (aucun incident pendant la manifestation de la Fête nationale) du peuple catalan pour obtenir la reconnaissance de la république proclamée, en poussant les politiques à sortir de l’impasse où la Catalogne a été acculée par les autorités espagnoles.

Le président de la Catalogne, Quim Torra a déclaré après la manifestation qu’il approuvait ces réclamations et que le gouvernement allait bientôt lancer le processus constitutionnel et qu’avant le 1er octobre le Conseil de la République en Belgique, dirigée par Carles Puigdemont serait en fonctionnement.

Le président catalan a également lancé un appel vendredi 14 septembre un « ne pas avoir peur et à aller jusqu’au bout pour rendre effective la république de tous », « pour défendre les droits civils, sociaux et nationaux de la Catalogne » en référence aux prisonniers politiques et aux exilés catalans et aux plus de 1 000 indépendantistes catalans poursuivis par les tribunaux. Il a dénoncé à nouveau « qu’il est incompréhensible au milieu du 21è siècle qu’il y ait des prisonniers politiques et des exilés pour le crime d’avoir donné la parole au peuple. C’est totalement inacceptable. Voter n’est pas un crime ; organiser un référendum n’est pas un crime ; vouloir vivre librement n’est pas un crime.

Les espagnolistes ridiculisés

De leur côté, les espagnolistes qui, avec Ciudadanos, avaient organisé une manifestation à Barcelone pour dénoncer la « manipulation indépendantiste » de la fête nationale, se sont ridiculisés en ne rassemblant qu’une vingtaine de manifestants sur la plaça Reial devant quelques élus. Une autre manifestation unioniste quelques jours avant avait rassemblé quelque 2 000 personnes qui se sont distingués par des cris et des salutations fascistes, l’ostentation de symboles nazis et franquistes et par l’agression d’indépendantistes (6 blessés) à la fin de la manifestation.

Malgré plus d’un million de manifestants dans la rue de Barcelone pour la Diada, les médias espagnols, notamment la télévision publique, se sont illustrés par leur silence sur l’événement. La droite et les socialistes espagnols tentent toujours de faire croire que le mouvement catalan provoque agressivité et fracture de la société catalane et que les indépendantistes ne sont pas majoritaires (aux élections les indépendantistes ont totalisé plus de 47 % des voix contre 37 % pour les anti-indépendantistes).

Incident diplomatique à Perpignan

Cette semaine, la politique sud-catalane à de nouveau été d’actualité en Catalogne Nord, avec un incident diplomatique inhabituel provoqué par l’ambassadeur d’Espagne en France, Fernando Carderera qui a reproché par lettre au maire de Perpignan d’avoir reçu officiellement Quim Torra, « un président inconstitutionnel » (sic).

Jean-Marc Pujol a répondu qu’il était « très surpris et choqué » par une telle ingérence, le président catalan ayant été « démocratiquement élu » et a demandé « depuis quand un ambassadeur d’Espagne se permet de demander à un élu français de se justifier ». Le diplomate a continué la controverse vendredi 14 septembre en critiquant que le maire ait reçu Torra avec le symbole du ruban jaune « qui divise, qui ne représente pas la majorité des Catalans et remet en question le caractère démocratique de l’Espagne ».

Les autorités espagnoles semblent accroître la pression sur la France contre les Catalans du Nord pour leur solidarité avec leurs compatriotes du Sud. Plusieurs personnes ont fait état de pressions sur des fonctionnaires, en particulier des enseignants, qui portent le symbole du ruban jaune pour exiger la libération des prisonniers politiques, et que certains qualifient de signe partisan incompatible avec l’obligation de réserve et de neutralité des fonctionnaires. De même, les milieux catalans à Perpignan commencent à s’interroger sur la coïncidence entre la solidarité exprimée avec les Catalans du Sud et le refus de l’État de créer l’Office de la langue catalane publique.

Au chapitre judiciaire, les avocats des prisonniers et exilés catalans ont dénoncé cette semaine les manœuvres du Tribunal constitutionnel espagnol, qui, contrairement à son habitude, accepte tous les recours des indépendantistes (sans les examiner) pour retarder leur possibilité de recours en dernière instance devant les tribunaux européens.

De plus, la salle n° 13 du tribunal de Barcelone a demandé a Tribunal suprême d’ouvrir une procédure contre le vice-président du gouvernement catalan, Pere Aragonès pour « désobéissance » au motif qu’il n’aurait rien fait pour empêcher un référendum considéré comme illégal. Et le tribunal a entamé une procédure judiciaire contre la ville de Vic pour avoir diffusé chaque jour jusqu’au 11 septembre un message via les haut-parleurs municipaux réclamant la liberté des prisonniers politiques. Le procureur étudie s’il peut s’agir d’un délit et s’il peut être considéré comme un détournement de fonds publics (18 des 21 conseillers municipaux de Vic sont indépendantistes). De leur côté, 400 avocats catalans ont demandé la protection pour Gonzalo Boye, l’avocat de Puigdemont devant le refus du barreau espagnol d’assurer sa protection devant les menaces dont il est l’objet.

Écrire aux prisonniers pour leur 11ème mois de détention provisoire

En ce qui concerne la campagne de soutien aux prisonniers politiques, l’ANC, Assemblea nacional catalana et Òmnium Cultural lancent un appel pour écrire aux prisonniers qui totalisent ces jours-ci 11 mois de détention (les présidents respectifs des associations, Jordi Sanchez et Jordi Cuixart) en organisant des ateliers d’écriture.

Les courriers peuvent aussi être envoyés via le site https://catalansalmon.com/campanyes/llibertat/.

Alà Baylac Ferrer 17 septembre 2018

http://lepeuplebreton.bzh/

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14 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

debout? (npa + rp + le monde)

aufstehen

Aufstehen, un premier pas dans la mauvaise direction

Le mouvement «Aufstehen» en Allemagne: Debout… pour quoi faire ?

Le 4 septembre, Sahra Wagenknecht, co-présidente du groupe parlementaire de Die Linke au Bundestag (la chambre des députéEs), a présenté à la presse le nouveau mouvement Aufstehen / Debout , qu’elle a initié avec son mari Oskar Lafontaine. 

En présentant ce « mouvement », Wagenknecht était accompagnée d’un membre des Grünen (les Verts), d’une membre du SPD et d’un conseiller, représentant 40 personnalités très connues. L’objectif était ainsi de présenter Aufstehen comme un mouvement qui serait en mesure de dépasser les limites des partis existants, et de réunir la gauche.

Un « mouvement » autoproclamé 

La réalité est beaucoup plus prosaïque. Aufstehen n’est pas à même de jouer un rôle dans les luttes et encore moins dans la clarification et le développement des positions de la gauche, même réformiste.

Même si plus de 100 000 intéresséEs se sont inscrits sur la plateforme internet, le mouvement est en réalité autoproclamé.

Wagenknecht est inspirée par La France insoumise et n’a pas proposé son projet dans Die Linke, mais l’a préparé d’une façon quasi clandestine avec un petit cercle de fidèles (Team Sahra). De cette façon, Wagenknecht détermine et contrôle absolument tout dans ce projet qui est à 100 % « top-down » :

Il n’y a pas de comités préparatoires qui pourraient élaborer quoi que ce soit, et le mouvement n’est en aucune façon un rassemblement des forces qui sont actives dans les divers mouve-ments réels tel que  Aufstehen gegen Rassismus / Debout contre le racisme, Seebrücke/ Embarcadère  mouvement qui lutte pour le sauvetage des réfugiés en Méditerranée, les mouvements antimilitaristes Abrüsten Jetzt et Rüstungsexport Stoppen, les comités de soutien aux luttes syndicales, contre les loyers exorbitants, etc.

Après les émeutes racistes à Chemnitz, nombre d’initiatives ont été prises, et nombre d’intellectuels se sont engagés dans les mobilisations antiracistes, ce qui a permis un concert de solidarité avec plus de 65 000 personnes dans les rues de Chemnitz. Cela a démontré la force toujours importante et peut-être grandissante du mouvement antiraciste. Mais aucune personne de Aufstehen n’avait appelé à participer, et aucunE des protagonistes du prétendu mouvement de Rassemblement n’y était présent.

Un programme plus qu’ambigu

Wagenknecht, très médiatisée, explique clairement son objectif : elle veut récupérer les électeurEs qui souffrent d’un sentiment d’abandon. L’AfD (le parti populiste de droite avec une forte aile d’extrême droite) est forte, parce que « les gens se sentent défavorisés » et parce « nous ne leur parlons plus », dit-elle. Donc pour contrer l’AfD, elle veut capter les voix des «déçus» en défendant les services publics, en taxant les riches et en tenant… un discours anti-migrants qui va sur le même terrain que l’AfD.

Un des éléments centraux du profil d’Aufstehen est son programme anti-migrants

Totalement contradictoire avec une riposte progressiste au drame des réfugiéEs qui est, depuis 2015, la question-clé d’une politique non seulement humanitaire mais répondant aux intérêts des travailleurEs. Pour Wagenknecht (comme pour les partis bourgeois), l’immigration est un « problème », et il faut donc limiter le nombre des migrantEs qui sont autorisés à entrer en Allemagne, prétendant que « nos capacités sont limitées ».

Pour Wagenknecht, ce n’est pas le capitalisme qui est le problème mais ce sont les réfugiéEs

Même si elle ajoute qu’il faut combattre les raisons de la fuite des migrantEs de leur pays. Elle s’est adaptée aux « populistes » de droite et, ce faisant, leur a donné gain de cause. Aufstehen est avant tout un événement médiatique, malgré les 110 000 inscritEs. Ces dernierEs espèrent, comme Wagenknecht et Lafontaine, qu’un nouveau mouvement de gauche en coalition avec le SPD et les Verts pourra remplacer le gouvernement CDU-CSU-SPD.

En fin de compte, ce « mouvement » n’a d’autre raison d’être que de préparer la fondation d’un nouveau parti pour les élections en 2021. 

Avec son programme extrêmement opportuniste, flirtant avec la droite et avec le soutien de l’aile droite de Die Linke, cette manœuvre risque de discréditer Die Linke, déjà très compromis par sa participation aux gouvernements de trois Bundesländer (États fédéraux), dont Berlin, en y mettant en œuvre une politique néolibérale.

Jakob Schäfer, membre de l’ISO (Organisation socialiste internationale)

Vendredi 14 septembre 2018

https://npa2009.org/

Lire aussi:

L’accueil des réfugiés, cette question qui met l’Europe (forteresse) en crise (Révolution Permanente)

Mélenchon désavoue son porte-parole, et ses propos sur l’immigration (Le Monde)

Asile et migrations: lettre à un ami du PTB (Le Vif.be)

France Insoumise: une crise à la croisée des chemins bruns (Anti-K)

Ian Brossat répond aux Insoumis : Je suis affligé de voir certains flancher sur la question de l’immigration (JDD)

Entre Insoumis et communistes, les querelles sur l’immigration s’invitent à la Fête de l’Huma (JDD)

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13 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

jeux dangereux (politis)

Bretagnen Antifasciste

Jeux dangereux

Nous devrions être vaccinés contre cette mortelle illusion qui consiste à emprunter tout ou partie du discours de l’extrême droite pour la combattre.

On a beau se dire que ces gens sont ultra minoritaires et que c’est pire en Grèce avec Aube dorée ; on a beau se répéter que l’Allemagne en 2018, ce n’est pas ça, on n’échappe pas aux douloureuses résonances de l’histoire. Ces vociférations néo-nazies dans les rues de villes allemandes font un bruit assourdissant. Comment en est-on arrivé là dans un pays qui a pour-tant accompli mieux que la France ce qu’on appelle, avec parfois une certaine emphase, un « devoir de mémoire » ? La vraie question n’est pas de l’existence de ces groupuscules, qui n’ont jamais disparu, mais de leur arrogance aujourd’hui publique.

À Köthen, comme à Chemnitz, ils se sont livrés à ce qui ressemble à des débuts de pogroms, appliquant cette « loi » effroyable du bouc émissaire quand toute une population est tenue pour responsable du crime d’un seul. Des migrants ont été traqués et frappés en raison de leur apparence. Pour trouver une explication, ce n’est pas tant le passé qu’il faut interroger que l’état actuel d’une Europe désespérante d’inégalités. Si ces gens osent aujourd’hui passer à l’acte et invoquer les mânes d’Hitler, c’est aussi que s’est formée à partir de cet embryon de folie une chaîne de complaisances, et de complicités, jusqu’aux plus hauts sommets de l’État. Un continuum qui va du mouvement d’extrême droite AfD, les amis de Madame Le Pen, jusqu’au ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, lui-même.

Certes, ce dirigeant de la CSU, pièce maîtresse de la coalition d’Angela Merkel, n’est pas un néo-nazi, mais en approuvant les manifestations, il légitime ces mouvements.

En affirmant que « l’immigration est la mère de tous les problèmes », il prétend hypocritement « contenir » la percée de l’AfD. En vérité, il espère transférer les peurs et les frustrations socia-les sur le terrain de la xénophobie, et dissimuler les causes profondes du malaise : le chômage et la détresse sociale. Ce n’est plus le résultat de la politique de la coalition dont il est un pilier, mais la faute des migrants. Mais laissons là Seehofer.

Car l’idée selon laquelle il faudrait aller sur les thématiques de l’extrême droite pour « contenir » ses avancées se répand, hélas, jusqu’à la gauche radicale.

Avec d’autres motivations, bien sûr, c’est le calcul inquiétant de l’une des figures de proue de Die Linke, Sahra Wagenknecht, qui vient de fonder un mouvement antimigrants en dénonçant « la bonne conscience » de la gauche.

En France, l’étrange conseiller de Jean-Luc Mélenchon, Djordje Kuzmanovic, a défendu sur le site de L’Obs une thèse similaire, en tentant, gauche oblige, de la couvrir d’un vernis «marxiste». Il a d’ailleurs reçu, et sans doute mérité, l’hommage de Valeurs actuelles. Pour lui, l’immigration massive répondrait aux vœux d’un patronat avide de posséder une main-d’œuvre à vil prix. Mélenchon lui-même s’était hasardé quelques jours auparavant dans cette voie qui relève de la vulgate marxiste. On ne sache pas que le Medef, et ses amis politiques, Macron et Wauquiez, soient d’ardents partisans de l’immigration… Pas davantage qu’avant eux Manuel Valls ou François Fillon.

Ce sont aujourd’hui les délocalisations

Et la sous-traitance dans les pays à faible niveau social qui permettent aux patrons d’exacerber la concurrence aux dépens des travailleurs français. Mais, à ce débat, l’historien Roger Martelli a apporté une réponse convaincante, remplaçant la vulgate marxiste par le marxisme lui-même. Plus largement, la question qui transparaît ici est celle de la stratégie électorale. Ce sont des jeux dangereux. Nous devrions être vaccinés contre cette mortelle illusion qui consiste à emprunter tout ou partie du discours de l’extrême droite pour la combattre. C’est au contraire un terrible facteur de confusion et de désarroi. Tenir le discours de l’adversaire pour capter son électorat, on connaît. C’est ce même raisonnement qui a conduit la social-démocratie, au nom du réalisme, à reprendre à son compte les dogmes budgétaires de la droite.

Dans son dernier ouvrage, Pierre Rosanvallon tire un juste et sévère bilan de ce froid « réalisme » (lire l’article d’Olivier Doubre, ici). La gauche a opéré le tournant de l’orthodoxie budgétaire en 1982-83 pour convaincre la droite qu’elle savait « gérer » aussi bien qu’elle. En 1997, elle a pris le tournant sécuritaire avec le même alibi. C’est ainsi que de petits pas en petits pas, elle a laissé son âme. Nous avons encore, à gauche, quelques mouvements qui ont une âme. Elle est précieuse. Sauvons-là !

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13 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

russie retraites (courrier international + amnesty)

russe

Camarades russes

Russie. Dans les petites villes où l’on meurt jeune, la réforme des retraites est dramatique

Avec la réforme du système des retraites, Moscou a ouvert un chantier très impopulaire. Reportage dans une petite ville du sud de l’Oural.

Verkhni Oufaleï est une ville mono-industrielle [ 28 000 habitants, dans la région de Tchelia-binsk, au sud de l’Oural], où le dernier site de production de nickel s’est arrêté en 2015. Ici, comme dans beaucoup de petites villes, la réforme des retraites passe mal. Impossible pour les ouvriers de plus de 50 ans de trouver du travail. C’est déjà une gageure de survivre jusqu’à la retraite.

“Chez nous, ceux qui atteignent 65 ans sont rares. Les gens meurent un ou deux ans après la retraite, explique le député communiste Khalil Mingaliev. Selon moi, il faudrait au contraire abaisser l’âge du départ à la retraite.” Khalil Mingaliev récolte des signatures pour la lettre ouverte du Parti Communiste contre la réforme des retraites et pour la démission du gouvernement.

Les jeunes fuient la ville

Les gens le soutiennent. Outre le site de production de nickel, la ville comptait plusieurs dizaines d’usines, mais elles sont toutes soit fermées, soit moribondes. À l’usine Uralelement, par exemple, les ouvriers attendent les commandes : s’il y a du travail, ils y vont, le reste du temps ils restent à la maison.

“Chez nous, les gens ne peuvent compter que sur la retraite et n’ont pas d’autres revenus. Les jeunes fuient la ville. On vient me voir pour me demander quand aura lieu la manifestation. Des inconnus m’abordent en disant : ‘Nous sommes prêts à signer la lettre et à participer au  réfé-rendum.’ La tension ne cesse de monter, et le maire a peur que la manifestation dérape. Il nous demande si nous saurons les ‘contenir’.”

Les communistes de Verkhni Oufaleï projetaient de se joindre à la manifestation nationale organisée par le PC le 27 juillet, mais la municipalité ne leur a pas délivré d’autorisation. Dans les petites villes, les choses ne se passent pas exactement comme dans les grandes. Khalil Mingaliev affirme que personne ne soutient cette réforme. Il est persuadé que le maire lui-même est contre, mais qu’il ne peut pas le dire. (Le reste est payant)

Vitali Leïbine  13/09/2018
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13 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

suède (à l’encontre)

sweden

Jeunes du Parti de Gauche

Suède. Deux revers d’importance

Le résultat des élections législatives suédoises du 9 septembre 2018 confirme une tendance européenne générale: un populisme de droite en hausse et une social-démocratie affaiblie.

L’image traditionnelle de la Suède en tant que patrie d’un Etat-providence social-démocrate progressiste s’est estompée depuis plusieurs décennies. Au moins depuis les crises profondes de l’économie suédoise au début des années 1990, le parti social-démocrate [1] a accepté les grandes lignes d’une politique économique néolibérale incluant des dérégulations et des privatisations du secteur public.

Dans le même temps, l’organisation du parti, autrefois si impressionnante, a été fortement affaiblie.

Le SAP a perdu 2/3 de ses membres au cours des deux dernières décennies et la Confédé-ration syndicale des ouvriers (LO), étroitement affiliée au parti, a vu ses effectifs réduits de ¼ au cours des dix dernières années. Le parti, qui, au cours de 85 ans, n’avait été absent du pouvoir que durant neuf ans, a perdu le pouvoir au profit d’un gouvernement de droite en 2006. Au cours des huit années qui ont suivi, ce gouvernement de droite a accéléré le démantèlement du secteur public en multipliant les privatisations et les réductions d’impôt.

Lorsque les sociaux-démocrates sont revenus au pouvoir en 2014, ils l’ont fait à partir d’une position extrêmement affaiblie.

Le parti, qui remporta pendant longtemps environ 45% des voix, vient alors d’atteindre le seuil de 31%. Au pouvoir avec son parti allié, le Parti Vert [qui obtint 6,89% des suffrages] et avec le soutien parlementaire du Parti de gauche [qui rassembla 5,72% des voix], le gouvernement était encore minoritaire. Et il n’avait ni l’ambition ni le pouvoir de changer fondamentalement la politique du gouvernement sortant.

Le résultat le plus spectaculaire des élections de 2014 a été la montée des Démocrates de Suède, les populistes de droite.

Ils ont réussi à plus que doubler leurs voix, en atteignant 12,86% [par rapport aux 5,7% de 2010], ce qui impliquait qu’aucun des blocs politiques traditionnels n’a été en mesure de former une majorité.

• Contrairement à ses partis jumeaux au Danemark [Dansk Folkeparti – Parti populaire danois] et en Norvège [Parti du Progrès], le parti des Démocrates de Suède plonge ses racines dans des organisations ouvertement racistes et pro-nazies. Depuis la fin des années 1990, une nouvelle génération de jeunes dirigeants a réussi à mettre sur pied une organisation partisane efficace, à partir de quelques bastions locaux dans le sud de la Suède. La xénophobie et l’orientation anti-immigration furent la principale plate-forme idéologique du parti et la principale raison pour laquelle il a pu gagner des électeurs.

Avec une influence parlementaire croissante, ce parti s’est efforcé de minimiser sa rhétorique la plus ouvertement raciste, expulsant même certains de ses représentants les plus zélés. Récemment, le parti a aussi essayé de mettre l’accent sur ses traits nationaux-conservateurs, s’approchant de courants similaires en Pologne et en Hongrie. Leur politique économique et sociale est proche de celle du parti conservateur [qui porte le nom de Modérés].

Pendant longtemps, il y a eu un accord de facto entre les partis traditionnels au parlement afin d’essayer d’isoler les Démocrates de Suède et de s’abstenir de négocier avec eux. C’est la raison pour laquelle les partis de droite ont accepté la coalition rouge-verte en 2014.

• L’énorme vague de réfugié·e·s en 2014 et 2015 – respectivement 80 000 et 160 000 sont arrivés en Suède – a changé la situation politique presque en une nuit. Jusqu’en octobre 2015, il y avait un large consensus sur le fait que les Suédois étaient prêts à «ouvrir leur cœur», pour citer l’ancien chef du parti conservateur Fredrik Reinfeldt.

Au départ, seuls les Démocrates de Suède ont critiqué l’immigration massive.

Lorsque le parti a commencé à se développer et que les lacunes dans l’organisation de l’accueil des réfugié·e·s sont devenues évidentes, la plupart des principaux partis, y compris la social-démocratie, ont accepté de mettre un point d’arrêt à cette pratique et d’adapter la politi-que suédoise d’immigration aux critères minimums de l’UE. Ce changement n’était pas seule-ment une adaptation formelle, il s’accompagnait d’une montée des sentiments anti-immigrés, d’une agitation anti-musulmane et d’exigences pour une législation plus sévère dirigée contre ce qui était prétendu être des crimes liés aux immigrants, y compris de la part des partis traditionnels, dont les sociaux-démocrates au gouvernement.

Il est évident que l’une des raisons de cette évolution réside dans la manière dont ont réagi les sociaux-démocrates et les conservateurs face aux Démo-crates de Suède.

Comme on pouvait s’y attendre de l’expérience d’autres pays, leur revirement de tactique n’a pas fonctionné. Les Démocrates de Suède ont continué à se développer aux dépens de ces deux partis, en particulier.

• Le résultat de l’élection de septembre 2018 confirme cette conclusion.

Les sociaux-démocrates sont tombés à 28,4% [moins 2,8%], leur résultat le plus bas depuis leur victoire électorale obtenue en 1921 [avec 36,2% des suffrages]. Les conservateurs [Modérés] ont perdu encore plus, soit 3,5%. Et les Démocrates de Suède ont gagné près de 5%, atteignant les 17,5%.

Un autre résultat intéressant de ces élections réside dans le résultat obtenu par le Parti de gauche qui a gagné 2,2% pour obtenir 7,9%.

Ce parti a fait une bonne campagne et a réussi à mobiliser un nombre impressionnant de jeunes. Les Verts, en revanche, ont payé un lourd tribut pour leur coalition avec les sociaux-démocrates. Ils ont perdu un tiers de leurs voix par rapport à 2014. Ils étaient proches, avec 4,3%, de ne pas atteindre le quorum fixé à 4% pour disposer d’une représentation parlementaire.

Cette tendance a été encore plus forte dans les grandes villes; les élections nationales régionales et locales ont lieu en même temps en Suède. Avant les élections, l’alliance rouge-verte détenait la majorité à Stockholm, Göteborg et Malmö. Les gains du Parti de Gauche n’ont pas pu compenser les grosses pertes des Verts.

Même si les Démocrates de Suède sont nettement plus faibles à Stockholm et à Göteborg en particulier – avec seulement 8% des voix – ils peuvent empêcher une majorité du bloc de gauche et du bloc de droite.  Dans une perspective européenne, le résultat des élections n’est peut-être pas étonnant. La Suède s’adapte à une tendance internationale.

• Cependant, dans le contexte suédois, il s’agit d’une situation nouvelle et le résultat est un sérieux revers à plusieurs égards.

Deux d’entre eux méritent d’être mentionnés ici. Le premier réside dans la menace d’une réelle influence des Démocrates de Suède sur la politique quotidienne du gouvernement. Il y a actuellement une impasse entre les deux blocs politiques traditionnels et les Démocrates de Suède pourraient décider de qui sera le prochain Premier ministre.

La ligne de démarcation qui existait jusqu’à présent entre les partis politiques traditionnels et le populisme xénophobe de droite extrême n’existe plus. Il est évident que les conservateurs sont prêts à entamer des négociations formelles ou informelles avec les Démocrates de Suède afin de pouvoir former un gouvernement de droite. L’expérience danoise démontre à quel point les conséquences peuvent être désastreuses dès lors que de telles formations peuvent fixer l’agenda politique.

Le second est lié à la gauche et à la classe ouvrière.

Il est vrai que le Parti de gauche – les anciens communistes (PC) – a obtenu des gains substantiels – de 5,7 à 7,9% – et surtout a pu mener une campagne électorale étonnante auprès des jeunes. Cependant, la gauche n’a jamais été aussi faible qu’aujourd’hui, en réunis-sant 35% environ de l’électorat. Et la majorité de la classe ouvrière ne vote plus à gauche. Il y a 30 ans, 80% de la classe ouvrière votaient pour les sociaux-démocrates (et 10% pour les communistes). En 2014, 50% des membres de LO ont encore voté pour les sociaux-démo-crates. En 2018, seuls 37% d’entre eux ont voté ces derniers (et 10% pour le Parti de gauche).

Il est évident que la principale raison pour laquelle les sociaux-démocrates ont perdu leur forte position au sein de la classe ouvrière est qu’ils ont abdiqué face à ce qui était autrefois leur principale force: la défense d’un Etat-providence fondé sur l’égalité et la solidarité.

Rien n’indique qu’ils ont tiré un enseignement quelconque de cette leçon.

La principale ambition de la direction du parti pour résoudre la conjoncture politique présente est d’essayer de former une coalition avec les partis bourgeois, ce qui supposerait un nouvel affaiblissement de l’Etat-providence et des attaques renouvelées contre les droits de la classe ouvrière. (Article reçu de l’auteur le 12 septembre 2018; traduction A l’Encontre)

Kjell Östberg est professeur d’histoire contemporaine à l’Université Södertörn, à Stockholm. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur la vie sociale et le mouvement ouvrier en Suède, entre autres deux ouvrages consacrés à Olof Palme dont on pourrait traduire le titre ainsi, pour le premier: En syntonie avec son temps: Olof Palme (1927-1969),  et pour le deuxième: Quand le vent a tourné: Olof Palme (1969-1986), publiés par les éditions Léopard förlag, en 2008 et en 2010

[1] Parti socialdémocrate suédois des travailleurs; en suédois: Sveriges Socialdemokratiska Arbetareparti, SAP.

12 septembre  2018 Kjell Östberg

http://alencontre.org/

Lire aussi:

Suède : l’échec de la social-démocratie et l’absence d’alternative sont responsables de la montée de l’extrême-droite (Tendance Claire)

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12 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

corbyn (npa + orient 21 + afrique-asie + ci)

swp

Grande-Bretagne : des nouvelles de la guerre anti-Corbyn

Au cours des derniers mois, l’intense guerre menée contre la direction de gauche du Parti travailliste depuis trois ans s’est portée sur le front de l’antisémitisme, que Corbyn est désormais censé avoir déchaîné dans la société britannique tout entière.

Les trois journaux juifs britanniques (The Jewish Chronicle, Jewish News et le Jewish Telegraph) ont notamment publié un éditorial commun annonçant qu’un gouvernement conduit par Corbyn représenterait rien moins qu’« une menace existentielle pour les juifs de Grande-Bretagne », dès lors que les condamnations de la politique de l’État d’Israël devaient invaria-blement signifier une hostilité congénitale envers les juifs.

La folie de ce genre d’imputation n’est pas nouvelle

Elle prend le risque considérable de traiter avec un opportunisme et une légèreté coupables l’horreur des persécutions et de l’extermination nazies. Elle s’aggrave en outre de l’amalgame chronique qui voudrait rendre tous les juifs, où qu’ils se trouvent, comptables de facto d’une politique israélienne annexionniste sous protection trumpiste.

Pression et chantage

La récente séquence, lancée courant mars 2018, a conduit à la focalisation sur l’adoption, dans le règlement intérieur du Labour britannique, d’une définition de l’antisémitisme formulée dans un document de travail de l’IHRA: Alliance internationale pour la mémoire de l’holocauste.

La droite du parti travailliste en exigeait l’adoption dans son intégralité, et donc à l’inclusion des exemples de manifestation d’antisémitisme que constituerait la critique de la politique israélien-ne et du projet sioniste, pourtant si controversés à l’heure de la « loi sur l’État nation du peuple juif », des annexions et des massacres sur les populations gazaouies, entre autres.

Après des semaines de pression et de chantage d’une virulence exceptionnelle, appuyés sur des spéculations sémantiques toujours plus fébriles sur tel segment de phrase, tel tweet ou photographie (le corpus est décidément maigre), le comité exécutif national du parti, pourtant majoritairement pro-Corbyn, a finalement adopté la définition de l’IHRA dans son entièreté le 4 septembre.

Le fond de l’affaire est simple 

La possibilité, maintenant bien réelle, qu’une des premières puissances au monde voie arriver au pouvoir un défenseur historique de la campagne BDS, est un cauchemar pour le pouvoir israélien et ses divers soutiens et alliés. Contrairement à ce que rapporte une partie de la presse française depuis quelques jours, ce n’est pas une controverse sur l’antisémitisme qui se serait emparé du Labour : c’est, tout à fait à l’inverse, une petite fraction du labour parlemen-taire inconditionnellement pro-sioniste, est prise de panique depuis que les sondages (mi-juillet) donnent quatre à cinq points d’avance au Labour de Corbyn sur les conservateurs. L’angoisse profonde n’est plus de perdre les élections, mais bien de les gagner !

Norme réactionnaire et xénophobe

La campagne diffamatoire de proportion industrielle contre la gauche travailliste (avec la collaboration très active de la BBC et du Guardian) est elle-même le symptôme d’une norme réactionnaire et xénophobe en formation à échelle européenne, dont l’extrême droite pro-israélienne offre le terrain de convergence consensuelle aujourd’hui : la communion générale dans l’islamophobie et contre tout ce qui pourrait contrarier cette belle unité, à commencer par tous les juifs qui refusent l’injonction à soutenir la politique israélienne.

Pour une note plus positive, la virulence de l’assaut anti-Corbyn reste aussi un aveu d’impuis-sance face à l’audience de masse de la gauche en Grande-Bretagne. Nous pouvons (et devons) longuement débattre sur ce qu’incarne, en fin de compte, Corbyn.

Il demeure, cependant, qu’en ce qui concerne ses adversaires, les choses paraissent claires depuis le début : Corbyn est le nom d’une menace grave à noyer d’urgence dans un vacarme d’effrois et d’indignations fabriquées.

Thierry Labica

Créé le Mercredi 12 septembre 2018

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12 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

marins galiciens (pùblico + gc )

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Marins républicains galiciens, Almeria 1937

« La Norvège s’est comportée avec nous avec racisme et cupidité »

Environ 12 000 marins espagnols embarqués dans la flotte marchande  scandinave entre 1948 et 1994 demandent à Oslo de reconnaître le droit à une pension ou de restituer les impôts qu’ils ont payés.

Ils disent que la Norvège n’est pas le pays que la plupart des Européens pensent. Celui des prix Nobel, qui promeut la paix et la concorde, l’État providence,  l’égalité et la justice sociale. Ils disent qu’ils sont la preuve vivante que cette image que le monde a du pays nordique ne correspond pas du tout à la réalité.

Ils l’ont exprimé une centaine de fois:

à Madrid, à Oslo, à Bruxelles, à Santiago, Paris, Berlin, Londres, Dublin, Strasbourg, Copenha-gue… ont exposé leur cas au gouvernement régional de Galice, aux gouvernements espagnol et norvégien, à l’UE, aux Nations Unies, à l’Organisation internationale du travail. Et bien qu’ils n’aient pas encore atteint leur objectif, ils assurent qu’ils ne cesseront pas de lutter.

Ils sont environ 12 000 marins de la marine marchande, pour la plupart des galiciens, qui ont travaillé pendant des décennies dans la flotte norvégienne et à qui le pays nordique refuse maintenant de leur verser la pension qui leur correspond. Ce sont tous des vétérans qui se voient et voient leur famille, destinés à subsister sans aide quand ils en ont le plus besoin, maintenant qu’ils ont pris leur retraite après avoir passé toute leur vie en mer.

Alberto Paz: « Ils nous ont promis les mêmes droits que nos collègues norvégiens, mais ils nous ont trompés »

À la fin des années cinquante du siècle dernier, environ 200 marins galiciens sont recrutés dans la flotte marchande norvégienne, à la recherche d’une main-d’œuvre qualifiée et qui était venu cles chercher dans l’Espagne de Franco, dans laquelle la Galice était la régions la plus pauvres, saignée par le départ des exilés, les migrations forcées par la misère et les persécutions politiques d’après-guerre.

Ces Galiciens étaient des types durs, entraînés, sérieux et capables, les armateurs des pays nordiques se sont rendus compte qu’ils avaient trouvé l’idéal pour leur rôle dans le plein essor du commerce maritime international. Cinq ans plus tard, ils ont emmené 3 500 autres marins de toute l’Espagne. Et à partir de ce moment et jusqu’au milieu des années quatre-vingt-dix, ils ont continué.

« Ils nous ont promis les mêmes droits et obligations que les partenaires norvégiens. Mais ils nous ont trompés », explique Alberto Paz, porte-parole de Long Hope, l’association qu’ils ont créée il y a dix ans pour défendre leur droit à la retraite.

Il est originaire de Porto do Son, une petite ville portuaire située sur la côte sud de la Corogne, dans l’estuaire de Noia, où il y a peu de familles non liées à la mer. Alberto avait 17 ans quand il a émigré au Danemark en 1986 pour embarquer sur un navire de ce pays. Puis il a émigré en Norvège, où il a travaillé pendant plus de quinze ans. Ils ne les ont pas considérés comme des résidents, c’est pourquoi la sécurité sociale norvégienne a refusé de les couvrir.

A cette époque, en Espagne, on ne payait presque pas d’impôts.

Mais en Norvège, oui. Les premiers marins espagnols arrivés, le gouvernement d’Oslo a commencé par les priver de 15% de leur salaire en impôt sur le revenu. Mais depuis la réforme fiscale de 1970, le taux a augmenté, entre 20% et 30%. A payer comme tout autre citoyen du pays. En 1994, lorsqu’est créé l’espace économique européen qui associe les 28 membres de l’UE, la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein, ces migrants marins n’ont pas eu droit aux allocations chômage ou l’un des avantages sociaux dont ils auraient dû jouir dans ce pays.

Ils étaient sur mer et bien que les règlements internationaux considèrent que le pavillon d’un navire vaut comme le territoire de l’État qu’ils représentent, ils ne furent pas considé comme  résidents. Pour cette même raison, la sécurité sociale norvégienne a refusé leurs cotisations!

Le gouvernement d’Oslo s’accroche maintenant à cela pour leur refuser une  retraite.

Et cela semble être un argument juridiquement raisonnable, même s’il cache une pratique antisociale qui a légalisé une situation discriminatoire d’exploitation de ces travailleurs. En Norvège, la cotisation Sécurité sociale représente environ 24,6% de la masse salariale d’un travailleur. « Il contribue à 3,5%, l’Etat finance 14,1% et l’employeur, les 7% restants. Ainsi, entre 1948 et 1994, l’État norvégien a économisé environ 3 500 millions de couronnes, soit environ 520 millions d’euros aujourd’hui. Les armateurs, quant à eux, ont économisé environ 14 millions de couronnes, soit 1,5 million d’euros par an », explique Alberto Paz.

« C’est ainsi  qu’ils ont réussi à créer l’une des flottes les plus compétitives au monde. Ils avaient des coûts très bas et personne ne pouvait rivaliser avec leur fret », ajoute le porte-parole de Long Hope, qui rappelle que la Norvège a pendant des années financé une partie de ses retraites avec les budgets généraux de l’Etat. C’est à dire les impôts. Comme ceux qu’ils ont payés.

« Entre 1948 et 1994, l’État norvégien a sauvé environ 3 500 millions de couronnes avec nos contributions »

Après presque 10 ans passés à essayer de négocier avec Oslo pour reconnaître leur droit à une pension ou pour être remboursés ce qu’ils ont payé, Long Hope a intenté un procès. En avril de l’année dernière, un tribunal d’Oslo a rejeté sa demande, bien que le gouvernement ait dû admettre que les personnes touchées avaient été taxées sans bénéficier des avantages qu’un contribuable pouvait en retirer: pour les enfants,  droit à des bourses d’études, ou déductions fiscales pour la location d’une maison. Rien du tout », dit Paz.

L’affaire est maintenant devant la Cour suprême d’Oslo, qui jugera en février prochain. S’ils perdent, ils auront au moins épuisé la voie judiciaire en Norvège pour pouvoir s’adresser à la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg, où ils espèrent gagner.

Les marins se plaignent du peu d’attention que leur accordent les institutions jusqu’à présent: « Les gouvernements de Rajoy n’ont rien fait pour nous. Et la Xunta, la vérité c’est qu’on n’en attend rien », déclare Paz, qui souligne que l’Espagne pourrait faire beaucoup plus pour faire pression sur Oslo par la voie diplomatique. C’est l’idée qu’il a transmise au ministre des affaires étrangères, Josep Borrell, peu après son arrivée.

Peu de temps après, le Premier ministre, Pedro Sánchez, s’est intéressé à la question devant le Premier ministre norvégien, Erna Solberg, avec qui il s’est réuni à Bruxelles en juillet et qui a simplement répondu que la décision était en instance de jugement dans son pays.

« Nous ne demandons pas l’aumône, nous demandons justice »

Quelques jours plus tard, le Parlement de Galice a approuvé à l’unanimité une proposition visant à demander au gouvernement espagnol de présenter une plainte interétatique contre la Norvège, alléguant que ses droits sociaux avaient été violés en les obligeant à se passer de Sécurité sociale. Le PP a voté pour, malgré le fait que, selon Paz, les gouvernements de Feijóo et de Rajoy n’ont jamais rien fait pour eux.

Quelque chose commence à bouger.

Il y a quelques jours, ils étaient à Copenhague. Et au début de l’année, à Oslo, devant le Palais Royal, le jour où les prix Nobel ont été décernés. « Ils nous ont mis dans un endroit sans abri, pensant que nous n’allions pas supporter. Nous sommes restés là, trois heures à quinze degrés en dessous de zéro », a déclaré le porte-parole de Long Hope.

Le lendemain le 21, ils manifesteront à Stockholm puis à Helsinki. « La Norvège s’est comportée avec nous avec racisme et cupidité. Nous ne demandons pas l’aumône. Nous ne voulons pas profiter d’eux parce qu’ils ressemblent à un pays riche ou parce qu’ils ont cette fausse image d’un État égalitaire et social. Ce que nous demandons, c’est la justice « , déclare Paz. Et il souligne que l’Espagne a également l’obligation de les défendre. Parce que la Constitution dit dans son article 42: « L’Etat veillera particulièrement à la sauvegarde des droits économiques et sociaux des travailleurs espagnols à l’étranger ».

JUAN OLIVER A CORUÑA 12/09/2018

https://www.publico.es/

Lire aussi:

Mariñeiros galegos: « Noruega, por que non hai pensións? » (GC)

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12 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

roumanie santé (global voices)

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Grève générale du 26 avril 2018

La pénurie de pédiatres en Roumanie, signe alarmant d’un système de santé en crise

Depuis son adhésion à l’Union européenne (UE) en 2007, la Roumanie fait face à un immense exode migratoire  de ses médecins, à l’origine d’un manque de capital humain dont les soins de santé infantile sont les premières victimes.

Plusieurs hôpitaux des villes autres que Bucarest, la capitale du pays, sont contraints de fonc-tionner avec un seul pédiatre de garde. S’ils partent en vacances, c’est l’unité entière qui doit fermer, car les remplacements sont de plus en plus difficiles à obtenir. Selon les données de l’Institut roumain des statistiques en 2017 et 2016, le nombre de médecins dans le pays n’a que très légèrement augmenté depuis 2015.

La plupart des médecins ne sont pas disposés à accepter le salaire réduit et les conditions matérielles inadéquates des cliniques des zones rurales. Ils préfèrent donc s’installer dans les grandes villes, ou envisagent les multiples opportunités offertes par l’expatriation. Alors même que le taux de mortalité infantile en Roumanie est le plus élevé de l’Union Européenne, les dépenses de santé par habitant y sont également les plus basses. Un mauvais classement pour lequel le pays est suivi de près par la Bulgarie, qui a également rejoint l’UE en 2007, et qui fait face à des tendances similaires d’émigration de son personnel médical.

En 2016, le taux de mortalité infantile en Roumanie était d’environ 10 décès pour 1 000 naissances vivantes, une baisse significative par rapport aux 15 pour 1 000 enregistrés en 2003, mais qui reste malgré tout bien supérieur au taux moyen de 3,7 pour 1 000 observé au sein de l’UE.

Ioana Moldovan, une photojournaliste ayant travaillé sur la pénurie de pédia-tres, a ainsi écrit sur son site internet l’année dernière :

La Roumanie a une population de près de 20 millions d’habitants. Les médecins des zones rurales sont deux fois moins nombreux que ceux des villes, alors même que la moitié de la population vit à la campagne. Le secteur de la santé est dépassé par les crises et les problè-mes sans fin. Dans les 27 années depuis la révolution anticommuniste de 1989, le pays a vu défiler au moins 25 ministres de la Santé. Aucun d’entre eux n’a jusqu’ici réussi à faire en sorte que les patients aient accès à des soins de qualité équivalente à ceux offerts dans les pays occidentaux.

Dans une déclaration faite à Global Voices, le Dr Constantin Giosanu, pédiatre et coordinateur de la Fondation IMED, a reconnu que la plupart des hôpitaux publics en Roumanie reçoivent des ressources financières provenant de fonds publics, mais : … pas assez pour un fonction-nement normal, les fonds arrivent avec du retard et ne sont parfois pas utilisés de manière adéquate par les gestionnaires de ces hôpitaux.

Pour ne rien arranger, la Roumanie souffre également du plus faible taux d’infirmier(e)s et de sages-femmes par habitant en Europe.

Elles ou ils travaillent souvent dans des hôpitaux ne disposant même pas de l’équipement de première nécessité, et où des traitements particuliers ne peuvent être mis en œuvre que si les patients fournissent eux-mêmes le matériel.

Ces conditions tendues et le bas niveau de salaire ont constitué le terreau qui a permis à la corruption de se développer et de devenir une réalité quotidienne dans les hôpitaux publics.  Les cas de patients s’assurant l’accès à des soins vitaux en offrant argent ou autres « ca-deaux » aux médecins et aux infirmières sont devenus monnaie courante. En 2016, selon une enquête réalisée dans le pays par OpenDemocracy, 77 oncologues ont été accusés de corruption pour avoir prescrit à des patients des médicaments anticancéreux en échange de vacances en Inde.

Un pédiatre pour 200 000 personnes

La ville de Tulcea, qui compte plus de 70 000 habitants, ne dispose que de 361 médecins, soit l’un des taux de médecins par habitant les plus bas de toute la Roumanie. En août 2016, des dizaines de parents ont organisé une manifestation pour protester contre les conditions drama-tiques de l’unité de pédiatrie de l’hôpital du comté. L’hôpital, desservant 200 000 personnes de Tulcea et de ses environs, ne compte qu’un seul pédiatre et doit fermer l’unité chaque fois qu’il part en vacances.

En 2017, l’unité est restée fermée pendant près d’un an du fait de l’absence totale de médecin qualifié. Début 2018, un pédiatre a finalement été embauché, permettant enfin à l’unité de reprendre son activité. Cependant, avec un seul spécialiste disponible, les familles doivent encore attendre des heures avec leurs enfants avant d’être prises en charge Toujours en 2017, l’hôpital a annoncé une pénurie de médecins dans toutes les spécialités. 33 postes étaient à pourvoir, sans qu’aucun candidat ne se manifeste.

Tudor Năstăsescu, directeur de l’hôpital, avait commenté la situation pour F media : La situa-tion est exactement la même que dans le reste du pays … Nous organisons un recrutement et nous faisons tout notre possible pour bien accueillir les candidats et leur éviter tout stress additionnel. Nous offrons même de payer leur loyer, mais ça ne suffit plus aujourd’hui. Je reçois moi-même chaque mois des offres d’emploi à l’étranger.

La situation est similaire dans d’autres comtés comme Calarasi, Giurgiu et Ialomita. Pourtant, au même moment, plus de 12 500 médecins travaillent à Bucarest, la capitale, soit 22% du nombre total de médecins dans le pays. Une histoire semblable a été rapportée dans l’hôpital municipal de Drăgăşani, dans le comté de Valcea  où le département de pédiatrie a dû fermer en juillet 2017 quand le seul pédiatre de l’hôpital est parti deux semaines en congés. Avec seulement deux ambulances en état pour toute la ville, le risque de rester en rade en cas d’urgence était extrêmement élevé.

Comment la Roumanie peut-elle sortir de cette crise ?

Le Dr Giosanu a une idée : Je pense qu’il revient aux médecins et aux médias d’éduquer la population et les patients à ne plus accepter la corruption, la gestion désastreuse du système de santé, et la qualité médiocre des soins. De cette manière, le système se développera pour atteindre le niveau de l’Europe occidentale.

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11 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

sécu (le peuple breton)

dentiste breton

C’est vrai qu’en Bretagne, la sécu laisse à désirer!

Tournée bretonne pour promouvoir l’assurance maladie alsacienne

Le Régime Local d’Alsace-Moselle constitue un modèle de protection sociale connu et envié dans le monde entier.

Pourtant, ce régime est menacé par le jacobinisme français associé à une politique néo-libérale qui souhaite à terme privatiser le système de santé. L’Union démocratique bretonne a invité Andrée Munchenbach pour promouvoir l’expérimentation du régime local en Bretagne.

Adossée au régime général de sécurité sociale, la complémentaire santé obligatoire des salariés alsaciens et mosellans, la « Krànkekàss », garantit l’accès aux soins sur le principe de la solidarité. Autogérée, elle présente un bilan financier équilibré.

Elle est cependant menacée par la concurrence des assurances privées, à but lucratif, alors qu’elle devrait inspirer les politiques publiques de santé.

Un tel système de protection sociale, efficace et solidaire, mériterait au contraire d’être étendu et généralisé. Il pourrait inspirer les politiques de santé publique notamment en Bretagne où, comme ailleurs en France, de nombreux étudiants, retraités ou demandeurs d’emploi renoncent trop souvent à se soigner pour des raisons financières.

Dans cette perspective, l’Union démocratique bretonne organise conjointement avec le parti alsacien Unser Land une tournée d’information du 10 au 15 septembre à travers toute la Bretagne.

Responsables politiques bretons, représentants syndicaux ou associatifs, citoyens sont invités à échanger avec la présidente du parti Unser Land, Andrée Munchenbach, qui présentera les avantages du Régime Local d’Alsace Moselle. Dans le cadre du droit à la différenciation des territoires, la Bretagne pourrait en effet expérimenter ce système exemplaire et tendre vers un service public d’assurance maladie unique et généralisé.

Programme

La tournée commencera par une conférence de presse à Rennes, le lundi 10 septembre à 11 heures, au Club de la presse, à Rennes. Par la suite Andrée Munchenbach restera à Rennes pour deux journées de rencontres avec des élus locaux, régionaux, des parlementaires et des représentants politiques.

Le public est invité lundi 10 septembre au local de l’UDB Rennes, rue Paul Bert, à partir de 20h30.

Ensuite, Andrée Muchenbach partira pour Lannion, Quimper, Carhaix et Lorient. Une discussion à Nantes est également prévue.

10 septembre 2018

http://lepeuplebreton.bzh/

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10 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

sondage état espagnol (abc)

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Sondage:

Podemos freine sa chute. Il profite de l’usure du PSOE au pouvoir. Podemos (en alliance avec Izquierda Unida ex PCE) arriverait en 4è position avec 15,9% et 43 sièges loin des 21,1% et 71 sièges de 2016. Unidos-Podemos est allié avec En Comù (Catalogne) Compromis (Valence) et En Marea (Galice). Le PNV est le parti nationaliste basque de droite, ERC la gauche sociale-libérale catalane et Bildu la coalition nationaliste radicale basque. Vox est un parti d’extrême droite en construction.

https://www.abc.es/

Commentaire: ABC est un journal d’extrême droite

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