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04 février 2018 ~ 0 Commentaire

epr (le parisien)

le monde

EPR de Flamanville : quatre questions sur une catastrophe industrielle

Sept ans de retard et un devis qui a triplé en dix ans : le chantier de l’EPR de Flamanville a reçu vendredi la visite de Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat de Nicolas Hulot.

Après la centralede Fessenheim (Haut-Rhin) et le futur site d’enfouissement de déchets à Bure (Meuse), le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique, Sébastien Lecornu, a visité vendredi dans le Cotentin (Manche) le centre de retraitement de la Hague et l’EPR de Flamanville. Une tournée des grands ducs du nucléaire avant le débat public sur la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), lancée ce printemps. Elle doit fixer le nombre et le calendrier de fermetures des réacteurs les plus anciens. Le point sur un dossier clé pour EDF et politiquement sensible.

1. Quand l’EPR de Flamanville entrera-t-il en service ? 

« Notre objectif est de faire en sorte que nous puissions charger le combustible nucléaire dans la cuve au mois de décembre, a précisé le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy. Le calendrier est tendu, mais nous y sommes habitués. » Trois jours plus tôt, Pierre-Franck Chevet, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), avait aussi émis des doutes sur ce calendrier. La mise en service commerciale ne pourra de toute façon avoir lieu qu’après la fermeture de Fessenheim, prévue en 2019.

2. Au final, combien coûtera l’EPR ?

Démarré en avril 2007, l’EPR devait coûter 3,3 Mds€ et entrer en service en 2012. Sauf que le chantier a accumulé les déboires, dont le point culminant fut en avril 2015, après la découverte par l’ASN d’une anomalie dans l’acier du couvercle et du fond de la cuve du réacteur. En juin 2017, EDF obtient de l’ASN l’autorisation d’exploiter la cuve, mais la confiance dans la technologie de l’EPR s’est érodée. La facture a explosé : autour de 11 Mds€.

3. La France construira-t-elle un second EPR ?

EDF l’envisage sérieusement, probablement dans la Manche, où le nucléaire est bien accepté. EDF ne compte d’ailleurs pas s’arrêter là. En 2017, Jean-Bernard Lévy plaidait pour la mise en service dans l’Hexagone « d’une trentaine de nouveaux EPR entre 2030 et 2050 ». Une pro- vocation? « Nous allons pour cela réduire les coûts de cet EPR nouveau modèle afin qu’il soit plus compétitif », plaidait Xavier Ursat, ancien patron de l’hydraulique devenu celui des projets EPR.

4 Combien d’anciens réacteurs seront fermés ? 

La bataille fait rage entre EDF et l’Etat, son actionnaire principal (83,5 %). Si ce dernier a reporté de 2025 à 2035 son objectif de réduire la part du nucléaire dans la production d’élec- tricité de 75 % à 50 %, EDF a indiqué mardi dernier, par la voix de Philippe Sasseigne, le directeur du parc nucléaire français, «ne pas souhaiter arrêter d’autres réacteurs avant 2029». Ce qui n’a pas manqué d’irriter Nicolas Hulot, le ministre de la Transition énergétique qui, en juillet 2017, avait évoqué la fermeture de 17 réacteurs. Avant que l’Etat ne tranche le débat, Sébastien Lecornu a souhaité un « dialogue franc et sincère » avec EDF. « Il est temps, a-t-il conclu comme un avertissement, d’avoir une relation mature. »

Où entreposer le combustible nucléaire ?

Deux mois de grève, un changement de nom effectué il y a quelques jours seulement… C’est dans un contexte agité que Sébastien Lecornu a visité vendredi, en compagnie d’une déléga- tion de députés et de sénateurs, l’usine de retraitement du combustible usé d’Orano (ex-Areva) de la Hague.

Ouvert il y a quarante ans, la Hague est devenu le plus grand complexe de « recyclage » de combustible nucléaire usé au monde.

Une véritable « machine à laver » géante du nucléaire où arrivent 1 200 t de déchets par an, en provenance des 19 centrales d’EDF, mais aussi de très nombreuses centrales dans le monde. Sur place, le secrétaire d’Etat a insisté sur la nécessité d’avancer sur la question des déchets radioactifs. « 96 % des combustibles usés sont réutilisés pour l’électricité, a-t-il rappe- lé. Mais il reste à traiter les 4 % non réutilisables. » Sauf que les piscines sont pleines à ras bord. EDF projette donc de construire une nouvelle piscine d’entreposage du combustible nucléaire usé en France. Pour l’instant, le site est encore à l’étude.

Erwan Benezet 03 février 2018

http://www.leparisien.fr/

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31 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

rennes triskalia (le télégramme)

pesticideis

Pesticides. La cour d’appel jugera en mars pour les ex-Triskalia

Les deux anciens salariés de Triskalia ont reçu, hier, devant la cour d’appel, le soutien du Collectif de l’ouest de soutien aux victimes des pesticides. Pascal Brigant et Claude Le Guyader, deux anciens salariés de l’usine de production d’aliments pour bétail Nutréa-Triskalia, à Plouisy (22), étaient, hier, devant la cour d’appel du tribunal des affaires sociales, à Rennes, pour demander la reconnaissance de leur intoxication aux pesticides comme maladie professionnelle par la MSA.
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Après de multiples renvois et la demande d’un avis au Comité régional de reconnaissances des maladies professionnelles (CRRMP) de Normandie, la cour d’appel rendra sa décision le 14 mars prochain.
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Maladie professionnelle pour l’un et pas pour l’autre ?

Les deux anciens chauffeurs travaillaient depuis 1986 dans l’usine Triskalia de Plouisy. Comme plusieurs autres salariés de la coopérative, ils estiment avoir été intoxiqués par des pesticides déversés en masse sur les céréales, en 2009 et 2010.

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Ils ont développé une hypersensibilité aux produits chimiques multiples, ce « syndrome d’into- lérance aux odeurs » se traduisant par des troubles digestifs, oculaires, neurologiques mais aussi psychiques comme un état dépressif.
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La cour d’appel, qui a déjà étudié le dossier à plusieurs reprises, avait demandé un nouvel avis auprès du CRRMP de Normandie, après l’avis défavorable prononcé à l’encontre des ex-salariés par le CRRMP de Bretagne.
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Les experts normands ont rendu des conclusions différentes des experts bretons, estimant que la pathologie de M. Le Guyader pouvait être reconnue comme maladie professionnelle. En revanche, ils estiment toujours que le lien de causalité entre les symptômes de M. Brigant et son exposition professionnelle ne démontrent pas « un lien direct et essentiel avec le travail ».
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Me Lafforgue, l’avocat des plaignants, s’indigne de « l’obstination de la MSA à empêcher cette reconnaissance ». Il redoute de nouvelles procédures de la part de l’organisme social qui repousseraient encore la décision de plusieurs années. Il a aussi précisé que l’Union européenne commence à s’inquiéter de l’exposition des populations bretonnes aux pesticides.
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  31 janvier 2018
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28 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

lait (via campesina)

map

Une crise du lait annoncée

Tous les indicateurs nous annoncent de nouveaux excédents de lait qui vont, une nouvelle fois, toucher les producteurs. Cette crise du lait va menacer l’existence de la plupart d’entre eux, mais aussi rendre difficile, voire impossible, la transmission aux jeunes générations. Tous les modèles de ferme seront impactés. Celles qui le seront le plus seront celles des jeunes installés et celles des grandes structures lourdement endettées.

Cette crise va engendrer de nouveaux drames familiaux incommensurables. Elle va aussi, à terme, mettre en danger nos territoires et notre dépendance alimentaire, alors que des solutions existent !

Tous les grands pays producteurs de lait de l’U.E. ont reconstitué leur cheptel et sont en augmentation importante.

L’augmentation cumulée de janvier à septembre 2017 est de +/- 0.4%. Si l’on compare septembre 2016 à septembre 2017 :

L’Allemagne a produit 81.000 tonnes en plus, la France 65 000, l’Irlande 63 000, la Pologne 44 000, le Danemark 38 000, le Royaume Uni 32 000, la Belgique 24 000, l’Espagne 22 000, l’Italie 19 000, l’Autriche 16 000, la Roumanie 9 000, la Hollande, la Bulgarie et la République Tchèque, toutes trois 7.000 tonnes en plus. Pour un total cumulé sur l’ensemble de l’UE de +/- 439.000 tonnes (source MMO du 28 novembre 2017).

La poursuite de cette courbe ne peut changer au plus tôt avant l’été 2018. Mesurons bien ces chiffres : fin 2016 – début 2017, nous avons connu dans l’UE la mesure de réduction volontaire à laquelle +- 48.000 producteurs ont participé. Ils ont diminué leur production de 834.000 tonnes. Les mois qui ont suivi, la production est repartie de plus belle…

De plus, tous les pays exportateurs mondiaux sont eux aussi en croissance. Aux USA, la production annoncée pour 2018 est de +/- 1,4%. En NZ, +/- 2,7% pour octobre, en Australie, + 6,7% de juillet à octobre. L’Amérique latine, qui réapparaît sur le marché mondial, est à + 2%.

L’UE traine comme un boulet ses stocks de poudre de lait, qui s’élèvent toujours à 350.000 tonnes. Le beurre a connu cet été un pic de prix qui a tiré le prix du lait vers le haut. Depuis octobre, c’est la dégringolade. Le beurre est passé de 677€/100kg en septembre à 496,74€/100kg début décembre et 471,10€/100kg fin décembre.

Il faut comprendre les producteurs. Déjà dans une conjoncture favorable, beaucoup n’ont d’autre choix que de produire plus pour boucher les trous des dettes accumulées ces deux dernières années. Bien entendu, d’autre facteurs expliquent l’augmentation de la production actuelle : la bonne qualité des fourrages récoltés cet été, rendant favorable un bon rendement par vache, de même que la nouvelle génération de génisses tirant les rendements vers le haut.

Au stade où nous en sommes, l’effondrement des prix est prévu pour le printemps prochain. Cependant, si nous agissons maintenant, il est possible de corriger le tir.

Comment ? En activant des instruments de crise pour réguler les surplus à venir. Or, ces instruments ont été proposés à la Commission mais n’ont pas été retenus. En effet, la réforme Omnibus votée en novembre ne les a pas prévus. L’UE remet en avant le paquet-lait, avec comme seul « fer de lance » l’organisation des producteurs (OP). Or, nous le savons tous, les OP n’ont aucun poids ni sur les volumes ni sur les prix.

La Commission ne tire aucune leçon des crises précédentes. La souffrance vécue dans les familles, les suicides chez les éleveurs, les jeunes qui se détournent du métier, faute de perspective de revenu et d’une vie digne, tout cela n’interpellent pas la Commission. Et que dire des stocks de poudre de lait ? Les paysans et paysannes du sud voient arriver de la poudre de lait exportée chez eux à des prix en dessous de leurs coûts de production. Ils sont contraints de grossir les bidonvilles, voire d’émigrer vers l’Europe qui ne veut pas d’eux. Non, rien ne semble interpeller la Commission.

L’orientation actuelle de la Commission va prioritairement dans le sens d’une expor- tation vers les pays extra-européens, d’un établissement de nouveaux accords de « libre » échange et du gain continuel de parts de marchés.

Pour y parvenir, il faut nécessairement des prix bas au départ, chez les producteurs. Cette orientation est intenable. Elle provoque une volatilité des prix impossible à gérer, tant pour les producteurs en place que pour la jeune génération qui voudrait s’engager dans le métier. Cette absence de vue sur le long terme nous conduit à la désertification des territoires herbagers. Il s’agit là d’un non-sens, car une multitude de petites et moyennes fermes herbagères jouent un rôle important au niveau du climat et donnent de l’emploi.

La Commission reste sourde aux multiples appels des producteurs et des citoyens, mais reste à l’écoute des industriels et de la grande distribution.

Oui, nous pouvons éviter cette nouvelle crise en donnant priorité à la mise en place d’outils de régulation, en rendant rentable une multitude de fermes à taille humaine, en permettant aux fermes de prioriser la fonction nourricière de la population européenne, en soutenant des fermes qui font pâturer leurs vaches sur tous les territoires. Pas de lait sans pâture !

Osons mettre en avant la Souveraineté Alimentaire ici dans l’UE et partout.

Oui. La Commission européenne doit avoir des indicateurs qui prennent les coûts de production en compte, main-d’œuvre comprise. Des indicateurs englobant les piliers du développement durable, les accords sur le climat, les modèles agricoles qui permettent une vie digne des paysans avec une rentabilité assurée sur le long terme. Ces modèles plus autonomes, plus économes existent déjà, avec des fermes plus résilientes.

Oui, la Commission doit prendre les commandes, le pilotage de la régulation nécessaire et non pas mettre sur l’autel le dieu du tout au marché.

Oui, la Commission doit envisager que le prix du lait soit calculé à partir de l’ensemble des valorisations du lait et non uniquement sur le beurre et sur la poudre, qui ne représentent que 25% des valorisations totales.

Il reste à souhaiter que l’impact de la contamination (par des salmonelles) des poudres de lait infantiles du géant Lactatis ne brise pas la confiance de nos importateurs qui sont majoritai- rement Chinois. En effet, cela provoquerait un net ralentissement de nos exports. Cette crise rappelle que miser prioritairement sur l’export est vulnérable. Elle nous prouve également que la grande industrie laitière n’est pas nécessairement un gage de sécurité en termes d’alimen- tation.

Il est urgent pour l’UE de tirer les leçons des crises précédentes et de suivre les recomman- dations du Comité européen des Régions en faveur de la régulation du marché. Puisse l’UE et toutes les instances politiques bien mesurer les enjeux qui se profilent à l’horizon.

Henri Lecloux Brussels, 26 janv. 2018  Mouvement Action Paysanne (MAP)

http://www.eurovia.org/fr

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26 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

le bar (ligneurs pointe de bretagne)

raz de sein

Ligneur dans le Raz de Sein

L’hiver, la bonne saison pour (la surpêche) du bar

Le 21 janvier 2018, le Télégramme de Brest publiait en Une « Mangeons du poisson de saison ». Pour consommer responsable, il faut consommer de saison. Cette logique issue de l’agriculture s’appliquerait donc aux produits de la mer, le bar et la tomate partagent bien des points communs, comme chacun sait. On trouve donc en page 3, un encart fourni par l’Organisation de Producteurs Pêcheurs de Bretagne indiquant aux lecteurs les poissons à consommer l’hiver : congre, sole, coquille, bar…

Saisonnalité des espèces recommandée par l’OP pêcheurs de Bretagne dans l’article du Télégramme

Et il faut acheter le bar principalement en hiver puisque c’est là qu’il est le plus abondant… Voilà le principe : la bonne saison, c’est celle de l’abondance, quand il peut être pêché par centaines de tonnes par des techniques de pêche intensives, quitte à surpêcher…. Mais à la bonne saison !

On apprend ainsi dans l’article que l’Armement lorientais APAK, 5 chalutiers de 17 à 22 mètres, revendique une pêche « responsable » et de saison, avec une démarche proche de celle des paysans responsables, vendant en circuit court…. Quand on sait que cet armement a été l’un des plus ardents défenseurs de la pêche du bar au chalut pélagique sur les frayères, cela revient à attribuer à la ferme des mille vaches le label du parfait Petit Producteur Respon- sable… La dernière phrase de l’article a particulièrement choqué nos adhérents, car s’il y a bien des pêcheurs qui disparaissent actuellement, ce sont plutôt les ligneurs, et non les navires de l’APAK qui ne ferait pas construire un 6ème navire s’il était en danger…

Nous voulons dénoncer ici la logique qui fait la promotion de la pêche intensive, surtout lorsque, dans le cas du bar, elle se fait au détriment de toute une flottille qui le pêche en faible quantité mais tout au long de l’année, à l’exception de sa période de frai.

Le bar, une espèce surexploitée par la pêche hivernale sur frayères

Le bar est une espèce qui subit depuis plus de vingt ans une surpêche massive en hiver par les chalutiers pélagiques, sur les zones de frayères où les poissons se rassemblent par milliers pour se reproduire. Ces navires pêchent en bœuf, c’est-à-dire qu’ils trainent avec leurs deux bateaux un chalut de très grande dimension et peuvent ainsi réaliser des coups de chalut de plusieurs tonnes de bar, écrasant et piquant le poisson, et débarquent ainsi d’énormes quan- tités de poisson, de faible qualité, qu’ils écoulent à bas prix pour les promotions de grandes surfaces.

L’association des Ligneurs de la Pointe de Bretagne se bat depuis des décennies pour que cesse cette surpêche hivernale et qu’on laisse une période de repos pour le bar lors de la reproduction. En vain… Le nombre de ligneurs de bar diminue chaque année, en silence et dans l’indifférence totale des représentants professionnels et de l’administration. En 2014, l’avis scientifique sur le stock de bar dans les eaux de la Manche et de la Mer du Nord tombe : le stock est gravement surexploité et son avenir est menacé, et avec lui, celui de nombreux ligneurs de bar…

Le métier de ligneur consiste à capturer le poisson avec des hameçons, essentielle- ment. Cela peut être avec une seule ligne à main, au bout de laquelle est accroché un leurre ou un appât, à la traîne ou à la palangre, une ligne composée de plusieurs dizaines d’hame- çons posée sur le fond. La particularité des métiers de l’hameçon, c’est de dépendre de l’appétit du poisson. Contrairement au chalut ou au filet, si le poisson n’est pas décidé à mordre, il ne peut le capturer.

Cette technique de pêche est l’une des plus respectueuses de la ressource et du milieu marin qui soit. Elle n’abîme pas les fonds, elle est économe en carburant, elle permet de rejeter vivants les poissons trop petits ou non commercialisables. Les poissons capturés sont le fruit de marées d’une journée au maximum. Ils sont capturés un par un, saignés afin d’éviter que le sang ne tâche la chair et n’altère son goût.

C’est aussi l’une des techniques les respectueuses des hommes… La flottille des ligneurs en France est forte de plus de 500 navires, quasiment exclusivement des petits bateaux de moins de 12 mètres, embarquant entre un et trois hommes à bord. En capturant peu mais en valorisant bien, les ligneurs peuvent vivre sans surexploiter la ressource. Les ligneurs de bar possèdent aussi la particularité d’être extrêmement dépendant à cette espèce. Toute interdiction ou même diminution du quota autorisé sonnerait immédiatement leur arrêt de mort. Les bars de ligne  sont d’excellente qualité, les yeux bombés et brillants, la chair bien ferme et la peau luisante. Cela permet de valoriser au mieux le bar, entre deux à trois fois le prix du bar de chalut en criée…

En 2015, le chalutage pélagique sur frayères est interdit par l’Union Européenne en Manche et en Mer du Nord et un moratoire hivernal en février et mars est instauré. Malgré cette décision (tardive), la situation du bar est loin d’être rétablie et le bar est désormais quasi- ment interdit de capture, à l’exception d’un quota annuel de 5 tonnes pour les ligneurs.

Paradoxalement, ni les instances représentatives des pêcheurs, ni l’administration ne semblent avoir tiré les leçons du scénario catastrophe vécu par tous les pêcheurs, sans exception, en Manche. Ainsi, la pêche du bar sur frayères est toujours autorisée dans le golfe de Gascogne, entre Audierne et les côtes du nord de l’Espagne. Il n’y a donc AUCUNE remise en question quant à la durabilité d’une telle technique de pêche sur une espèce aussi sensible que le bar.

Alors que les bars de part et d’autre de la pointe Bretagne ne forment très probablement qu’un seul et même stock, le fait de continuer à les pêcher intensivement en période hivernale menace dangereusement le stock, et l’ensemble des navires qui dépendent du bar pour vivre. Paradoxalement, cela menace aussi tous les autres métiers, chalutiers de fond et fileyeurs, qui en capturent de façon accessoire et qui risquent, comme en Manche, d’en être privé si la sous-population du golfe de Gascogne s’effondre comme en Manche.

Nous appelons donc l’Union Européenne et l’Etat français à reconsidérer cette situation et instaurer un moratoire intégral pour tous les métiers et toutes les zones en février et mars de chaque année. Nous appelons également les poissonniers, les grandes surfaces et les citoyens à adopter une attitude responsable et bannir le bar des étals entre février et mars.

Et enfin nous demandons aux citoyeux soucieux de l’avenir du bar et de la petite pêche de signer la pétition lancée il y a un an pour demander aux grandes surfaces d’arrêter de vendre du bar en février et mars :

Pétition des ligneurs de bar : cessez de vendre du bar lors de la reproduction

23 janvier 2018

http://pointe-de-bretagne.fr/

Lire aussi:

Gestion du bar en 2018 : les ligneurs toujours menacés de disparition

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25 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

huîtres bio (la conf’)

France aquaculture biologique carte huitre crevette algue bar truite daurade marche saumon

Nouveau règlement européen de la production de coquillages bios : favoriser les productions traditionnelles !

Le règlement européen CE n°710/2009 encadrant la production biologique d’animaux marins est actuellement en cours de révision pour un vote en avril prochain. La version actuelle méconnaît la réalité de l’ostréiculture traditionnelle en la résumant à une simple activité de « pêcheur à pied ».

Elle trahit la finalité même de l’éthique du bio et rajoute un grave danger sur la production naturelle du naissain d’huîtres creuses.

C’est pourquoi, l’association « ostréiculteur traditionnel » et la Confédération paysanne appel- lent à une réécriture de ce règlement en faveur de l’huître naturelle. En effet, le règlement actuel prône une dérogation pour la production de naissain d’écloserie, alors même que le principe fondateur de la production biologique impose de « rester aussi proche que possible de la nature ». Chacun sait que la reproduction et l’élevage des premiers stades larvaires en circuit fermé ont recours aux antibiotiques et sont extrêmement gourmands en énergie fossile.

Ce règlement stipule aussi que « la production aquacole doit maintenir la biodiversité des écosystèmes aquatiques naturels ».

Impossible de concilier ce principe avec la production d’huîtres d’écloserie. En effet, ces huîtres, du fait de leur « fardeau » génétique, sont plus vulnérables. C’est pourquoi nous demandons que soient privilégiées les huîtres nées en mer.

Nos productions traditionnelles, déjà largement impactées par des facteurs environ- nementaux, ont besoin que soit levée cette épée de Damoclès !

Dans un contexte de croissance régulière du bio, le règlement actuel ne répond en rien aux nouvelles attentes des consommateurs en termes de naturalité, de biodiversité, de saisonnalité et de respect des savoir-faire ! Pire, il aggrave la tromperie déjà largement dénoncée par l’absence d’étiquetage permettant de différencier l’origine des huîtres consommées !

A l’issue des Etats généraux de l’alimentation (EGA), où nous avions regretté l’ab- sence totale des produits de la mer lors des débats, nous demandons à l’État d’assumer son rôle de protecteur des savoir-faire vertueux et de défendre en urgence une réécriture de la partie 2 de l’article 25 sexdecies de ce règlement.

L’État a le devoir d’accompagner une production emblématique du littoral français, première en Europe, moteur de l’attrait touristique du littoral et véritable puit de carbone. Il doit s’engager pour garantir un règlement biologique compatible avec les annonces faites au sortir des EGA et respectueux des consommateur.

Communiqué de presse  23 janvier 2018

https://viacampesina.org/

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L’huître bio n’est pas triploïde (Reporterre)

L’huître biologique : produire différemment pour se démarquer

 

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24 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

corse (jdd + a manca)

a manca

Corse : Gilles Simeoni, en « désaccord total » avec Matignon et le Sénat, appelle à la mobilisation

Le président nationaliste du conseil exécutif corse, Gilles Simeoni, a fait état mardi soir de sa déception face à l’attitude de l’Etat, appelant à la tenue « dans les prochains jours d’une grande manifestation populaire », sur son compte Twitter.

Lundi soir, Gilles Simeoni, le président du conseil exécutif corse, avait d’abord temporisé après sa rencontre avec le Premier ministre Edouard Philippe. Mais, vingt-quatre heures tard et après avoir rencontré le président LR du Sénat Gérard Larcher, l’élu nationaliste est sorti de ses gonds.

« Cette discussion [entre les élus corses et l'Etat français] n’en est pas une, il n’y a pas lieu de la continuer, a-t-il déclaré à la caméra de Public Sénat dans la cour du Palais du Luxem- bourg. Nous sommes ici pour parler de l’existence d’un peuple, de son droit à la vie, de son combat, de la reconnaissance de ses droits. Et on nous parle de technique, d’alignement sur le droit commun. Donc je crois que manifestement il y a un désaccord qui est profond, qui est total. »

Gilles Simeoni, accompagné dans son séjour parisien par Jean-Guy Talamoni, le président indépendantiste de l’Assemblée de Corse, a ensuite rejoint le plateau de Canal+.  »Aujourd’hui on est dans une situation d’impasse », a-t-il déclaré face à Yves Calvi, affirmant que « le seul qui peut débloquer cette situation c’est le président de la République ». Il a cependant réitéré son attachement au dialogue : « Nous resterons sur ce chemin. »

Les élus corses attendent désormais la position de Macron

Mardi, le président du Sénat Gérard Larcher a réaffirmé son opposition au statut de résident et à la co-officialité de la langue corse et assuré que le Sénat serait « à la fois garant de l’unité nationale et initiateur de libertés nouvelles accordées à nos territoires ». Lundi soir, après l’entretien avec Edouard Philippe, Gilles Simeoni avait affiché « une forme de déception » car « le gouvernement n’est pas allé plus loin dans la prise en compte de nos demandes et reven- dications », même si « le dialogue qui a été initié ce soir doit se poursuivre dans les prochains jours ».

Et d’exprimer son souhait que le président Macron donne « ‘le la’ sur ce que sera la position non seulement du gouvernement mais de l’Etat concernant le rapport à la Corse ». Le président de la République doit se rendre le 6 février en Corse. Lui seul semble pouvoir dénouer ce qui s’annonce comme une nouvelle crise politique entre la France et son île.

23 janvier 2018

http://www.lejdd.fr/

a manca

Lire aussi:

POUR UN FRONT DÉMOCRATIQUE LARGE.

Vieux de plusieurs siècles, l’État Français, en dépit des changements de régime a toujours privilégié ses intérêts fondamentaux et tenté de maintenir sa cohésion. Ce qui le caractérise particulièrement est une vision hyper centraliste et une concentration permanente des pouvoirs qui lui paraissent essentiels.

De la monarchie à l’Empire en passant par le jacobinisme, ce sont ces conceptions qui prédominent, jusqu’à nos jours y compris.

L’appareil d’État peut ainsi répondre aux projets du politique comme il peut jouer sa propre partition s’il estime que le politique met en danger les fondements du pouvoir. L’ère Macron n’échappe pas à cette complexité. Dans le cadre des négociations avec l’actuelle majorité régionale, le gouvernement oscille entre des positions tranchées et des positions plus nuancées tout en entretenant un flou sur ses véritables intentions finales.

Ce qui apparaît en sus de cette méthode, tient à l’attitude de l’appareil d’État qui lui poursuit immuablement ses objectifs.

La convocation par la justice anti-terroriste de Cathy Bartoli, présidente de l’Association Sulidarità en est la démonstration, et si rien ne vient gripper cette machine d’autres manœuvres de ce genre sont à prévoir. Cette convocation poursuit un but principal : Il s’agit dans les faits d’une provocation destinée à ouvrir une crise politique afin de fragiliser les équilibres politiques au sein de la majorité régionale et si possible également de tendre les relations entre toutes les sensibilités du mouvement national.

Cette action de basse politique n’a rien de très nouveau, et notre pays sait quel a été le prix a payer lorsque cet appareil d’État est parvenu à ses fins. C’est de cette histoire encore récente dont nous devons absolument tenir compte sans rien renier de nos sensibilités, mais en sachant tout autant faire preuve de lucidité et de pragmatisme.

Face aux atermoiements du pouvoir politique français et aux menées de son appareil d’État nous devons collégialement répondre publiquement et avec la plus grande fermeté.

Nul ne peut ignorer nos positions critiques quant à bien des points du programme politique de la nouvelle majorité régionale, pour autant nous nous refusons de céder à des pulsions sectaires et irresponsables. A plusieurs reprises, des États et leurs gouvernements ont bafoué la démocratie. Le traité de Lisbonne a invalidé les résultats du vote sur la constitution européenne. Les résultats du référendum en Catalogne ont été invalidé par le gouvernement Espagnol. Alors qui sont vraiment les défenseurs de la démocratie ?

Notre société a besoin de changements profonds. Comme nous ne cessons de l’affirmer, sans les mobilisations de terrain ces changements vitaux n’interviendront pas. A un exercice de la démocratie par délégation, il nous faut substituer les bases d’une démocratie directe. Toutes celles et ceux qui ont privilégié les seules urnes et qui sont aujourd’hui très majoritaires ne pourraient comprendre que le mouvement national dans son ensemble ne fasse pas respecter leurs expressions.

Le message fort que nous devons donc envoyer à ce gouvernement et à l’appareil d’État doit être sans ambiguïté.

Il n’y aura pas de retour en arrière et nous mettrons en échec toutes les tentatives de déstabilisation. C’est pourquoi nous réitérons ce jour notre appel à toutes les organisations du mouvement national afin qu’une manifestation publique soit organisée très rapidement. Nous devons exiger dans l’unité :

Une loi d’amnistie.
Le rapprochement des emprisonnés et la cessation de toutes les poursuites.
La co-officialité et la reconnaissance du peuple Corse.

Cette base minimale peut aisément réunir les autonomistes, les indépendantistes et les partisans du droit à l’autodétermination. Elle peut également inviter les véritables démocrates qui n’ont pas fait le choix du nationalisme à se joindre librement à une vaste mobilisation populaire.

14 janvier 2018

http://a-manca.org/

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23 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

irrintzina (brest)

iririn

« Irrintzina »   à Brest,  Lundi 29 Janvier 2018.  

« Face au sentiment d’impuissance que provoque l’extrême gravité du dérèglement climatique, quelques militants de l’organisation basque Bizi ! font un pari fou : construire en quelques années une mobilisation sans précédent en vue de la COP21 et lancer un grand mouvement non-violent pour le climat : Alternatiba.

De Bayonne à Paris, sur des vélos multiplaces, coup de pédale après coup de pédale, en multipliant les villages des alternatives, de petites victoires en grandes mobilisations contre les multinationales des énergies fossiles et les banques qui les soutiennent, le film raconte les étapes de cette mobilisation. »

Un film    très tonique, positif,  engagé  (non violent), raconte  le tour de France Alternatiba de  2015, la mobilisation lors de la COP 21 et  celle de la rencontre internationale du secteur du pétrole offshore à Pau (avril 2016)

Lundi 29 janvier à 20h
Cinéma les Studios,  rue Jean Jaurès à Brest
En présence du réalisateur Pascal Hennequin

Le collectif local d’organisation comprend  : AE2D, Collectif Transition citoyenne en pays de Brest, Terres des possibles,  ATTAC, Canal Ti Zef.

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17 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

irrationalité (libération)

envahisseurs

Politique migratoire: l’irrationalité au pouvoir ?

Comme celle de ses prédécesseurs, la politique migratoire d’Emmanuel Ma- cron, en visite ce mardi à Calais, refuse d’entendre ce que disent les cher- cheurs depuis des années: les dispositifs répressifs créent le «problème migratoire» qu’ils prétendent pourtant résoudre.

Très loin du renouveau proclamé depuis l’élection du président Macron, la politique migratoire du gouvernement Philippe se place dans une triste continuité avec celles qui l’ont précédée tout en franchissant de nouvelles lignes rouges qui auraient relevé de l’inimaginable il y a encore quelques années. Si, en 1996, la France s’émouvait de l’irruption de policiers dans une église pour déloger les grévistes migrant·e·s, que de pas franchis depuis: accès à l’eau et distributions de nourriture empêchées, tentes tailladées et couvertures jetées, familles traquées jusque dans les centres d’hébergement d’urgence en violation du principe fondamental de l’inconditionnalité du secours.

La loi sur l’immigration que le gouvernement prépare marque l’emballement de ce processus répressif en proposant d’allonger les délais de rétention administrative, de généraliser les assignations à résidence, d’augmenter les expulsions et de durcir l’application du règlement de Dublin, de restreindre les conditions d’accès à certains titres de séjour, ou de supprimer la garantie d’un recours suspensif pour certain.e.s demandeur·e·s d’asile. Au-delà de leur apparente diversité, ces mesures reposent sur une seule et même idée, jamais démontrée et toujours assénée, de la migration comme «problème».

Des idées reçues bien tenaces

Cela fait pourtant plusieurs décennies que les chercheurs spécialisés sur les migrations, toutes disciplines scientifiques confondues, montrent que cette vision est largement erronée.

Contrairement aux idées reçues, il n’y a pas eu d’augmentation drastique des migrations durant les dernières décennies. Les flux en valeur absolue ont certes augmenté mais le nombre relatif de migrant·e·s par rapport à la population mondiale stagne à 3% et est le même qu’au début du 20è siècle. Dans l’Union Européenne, après le pic de 2015, qui n’a par ailleurs pas concerné la France, le nombre des arrivées à déjà chuté. Sans compter les «sorties» jamais intégrées aux analyses statistiques et pourtant loin d’être négligeables. Et si la demande d’asile a connu, en France, une augmentation récente, elle est loin d’être démesurée au regard d’autres périodes historiques.

Au final, la mal nommée «crise migratoire» européenne est bien davantage une crise institu- tionnelle, une crise de la solidarité et de l’hospitalité, qu’une crise des flux. Car ce qui est inédit dans la période actuelle c’est bien davantage l’accentuation des dispositifs répressifs que l’augmentation de la proportion des arrivées.

La menace que représenteraient les migrant·e·s pour le marché du travail est tout autant exagérée.

Une abondance de travaux montre depuis longtemps que la migration constitue un apport à la fois économique et démographique dans le contexte des sociétés européennes vieillissantes, où de nombreux emplois sont délaissés par les nationaux. Les économistes répètent inlas- sablement qu’il n’y a pas de corrélation avérée entre immigration et chômage car le marché du travail n’est pas un gâteau à taille fixe et indépendante du nombre de convives. Ils s’échinent à faire entendre qu’en Europe, les migrant·e·s ne coûtent pas plus qu’ils/elles ne contribuent aux finances publiques, auxquelles ils/elles participent davantage que les nationaux, du fait de la structure par âge de leur population.

Imaginons un instant une France sans migrant·e·s. L’image est vertigineuse tant leur place est importante dans nos existences et les secteurs vitaux de nos économies: auprès de nos familles, dans les domaines de la santé, de la recherche, de l’industrie, de la construction, des services aux personnes, etc. Et parce qu’en fait, les migrant·e·s, c’est nous : un·e Français.e sur quatre a au moins un·e parent·e ou un grand-parent immigré·e.

Les migrants ne sont pas des fardeaux !

En tant que chercheur·e·s, nous sommes stupéfait·e·s de voir les responsables politiques successifs asséner des contre-vérités puis jeter de l’huile sur le feu. Car loin de résoudre des problèmes fantasmés, les mesures que se sont empressées de prendre chaque nouvelle majorité, n’ont cessé d’en fabriquer de plus aigus.

Les situations d’irrégularité et de précarité qui feraient des migrant·e·s des «fardeaux» sont précisément produites par nos politiques migratoires:

la quasi absence de canaux légaux de migration (pourtant préconisés par les organismes internationaux les plus consensuels) oblige les migrant·e·s à dépenser des sommes consi- dérables pour emprunter des voies illégales. Elle les dépossède des ressources financières nécessaires pour prendre place dans les sociétés d’arrivée.

La vulnérabilité financière mais aussi physique et psychique produite par notre choix de verrouiller les frontières (et non par leur choix de migrer) est ensuite redoublée par d’autres pièces de nos réglementations: en obligeant les migrant·e·s à demeurer dans le premier pays d’entrée de l’UE, le règlement de Dublin les prive de leurs réseaux familiaux et communau- taires, souvent situés dans d’autres pays européens et si précieux à leur insertion.

A l’arrivée, nos lois sur l’accès au séjour et au travail les maintiennent, ou les font basculer, dans des situations de clandestinité et de dépendance.

Enfin ces lois contribuent paradoxalement à rendre les migrations irréversibles: la précarité administrative des migrant·e·s les pousse souvent à renoncer à leurs projets de retour au pays par peur qu’ils ne soient définitifs. Les enquêtes montrent clairement que c’est l’absence de «papiers» qui empêche ces retours. Nos politiques migratoires fabriquent bien ce contre quoi elles prétendent lutter.

Contrairement à une idée largement répandue, les migrant·e·s ne sont pas «la misère du monde». Ce sont précisément nos choix politiques qui font basculer une partie d’entre eux/elles dans la misère. Comme ses prédécesseurs, le gouvernement signe donc aujourd’hui les conditions d’un échec programmé, autant en termes de pertes sociales, économiques et humaines, que d’inefficacité au regard de ses propres objectifs.

Imaginons une autre politique migratoire.

Une politique migratoire enfin réaliste. Elle est possible, même sans les millions utilisés pour la rétention et l’expulsion des migrant·e·s (qui ne les empêchent par ailleurs pas de revenir), le verrouillage hautement technologique des frontières (qui ne les empêchent pas de passer), le financement de patrouilles de police et de CRS (qui ne les empêche pas de résister), les sommes versées aux régimes autoritaires de tous bords pour qu’ils retiennent, reprennent ou enferment leurs migrant·e·s.

Une politique d’accueil digne de ce nom, basée sur l’enrichissement mutuel et le respect de la dignité de l’autre coûterait certainement moins cher que la politique restrictive et destructrice que le gouvernement a choisi de renforcer encore un peu plus aujourd’hui. Quelle est donc sa rationalité: ignorance ou électoralisme?

16 janvier 2018

http://www.liberation.fr/

Karen Akoka Maîtresse de conférence à l’Université Paris Nanterre et chercheuse à l’Institut des Sciences sociales du politique (ISP).

Camille Schmoll Maîtresse de conférence à l’Université Paris Diderot, membre de l’Institut universitaire de France et chercheuse à l’umr Géographie-cités.
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15 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

pêche (jjd)

bloom

Sauvons la pêche artisanale plutôt que d’électrocuter les fonds marins »

« Trop souvent sommes nous percutés, choqués par les atteintes incessantes aux mers et aux océans : pollutions chimiques et pétrolières, ‘continents’ de sacs plastiques, coraux morts, espèces massacrées ou menacées de disparition, montée des eaux liée au dérèglement climatique…

A ces drames qui nous éloignent toujours plus de la beauté magique de ces écosystèmes exceptionnels s’ajoute, chaque jour, la machine infernale de la surexploitation des ressources halieutiques : les poissons comme les pêcheurs disparaissent. Souvent dans l’indifférence ou le cynisme de politiques publiques favorisant dans la pêche, comme dans l’agriculture, les systèmes les plus industriels, les plus intensifs et les plus destructeurs.

L’Europe a commencé d’adapter la capacité de ses pêches aux stocks de poissons. Une évidence qui n’est qu’apparente tant il faut la mobilisation et la pression des scientifiques, des organisations de la société civile, des citoyens et des consommateurs, des quelques élus convaincus et d’une partie des pêcheurs pour qu’elle se concrétise. Quelle mobilisation a-t-il fallu pour obtenir enfin l’interdiction du chalutage en eaux profondes en Europe!

Nous refusons la dérive de la pêche électrice

Une nouvelle aberration pourrait être banalisée : celle de la pêche électrique. Combien de génie humain perverti pour inventer l’électrocution des poissons, et de toute espèce vivante à proximité, afin de capturer la dernière sole? Les fileyeurs de Dunkerque et les pêcheurs arti- sans de Boulogne-sur-Mer, directement menacés de disparition par cette technique utilisée par la flotte néerlandaise, parlent de cimetières marins, de nouveaux déserts. Nous refusons cette dérive et nous nous battrons jusqu’au bout pour que le Parlement européen rejette cette folie.

Les représentants de la pêche professionnelle ont, dans leur grande majorité, influencé depuis des décennies les politiques de pêche, toujours dans le même sens : accroissement de la performance technologique des navires et concentration des capacités de capture. Par le jeu des quotas, des licences de pêche et par leurs capacités financières, les gros navires et armements ont accumulé et capté une grande majorité des droits de pêche.

Thoniers senneurs industriels (pour le thon rouge), chalutiers électriques (pour la sole), chalutiers pélagiques en bœuf (pour le bar, l’anchois et le thon germon), bolincheurs semi- industriels (pour les sardines et maquereaux notamment), senneurs danois (pour les poissons plats et les rougets barbets) sont des armes de destruction générées par ces politiques des pêches suicidaires en matière d’emplois et d’environnement.

Les petits pêcheurs artisans sont exclus du partage du gâteau

Résultat, les petits pêcheurs artisans sont exclus du partage du gâteau. Combien de ports de pêche français de Dunkerque à Saint Jean de Luz, de Port-Vendres à Menton en passant par Barfleur, Doëlan ou encore les Salins d’Hyères, ont vu le nombre de leurs petites embarcations professionnelles diminuer de manière effrayante ces dernières décennies? Nous refusons cette fatalité qui consisterait à laisser mourir les pêcheurs artisans, celles et ceux qui respectent la mer et la ressource et nous fournissent un poisson de qualité, beau et bon.

Une politique soutenable des pêches doit se réapproprier la notion de territoire.

Si l’objectif partagé est bien de mettre en place une exploitation durable des ressources mari- nes et de faire vivre un nombre plus important de marins pêcheurs, il faut rebattre les cartes en changeant les règles. Ce ne doit plus être ceux qui ont pêché le plus par le passé qui doivent avoir accès aux droits et aux quotas mais bien ceux qui démontrent que leur stratégie de pêche est socialement efficace, écologique et économiquement viable sans soutien publique pérenne.

Des démarches allant dans ce sens fleurissent en France et Europe.

C’est le cas de la pêche de la langoustine au casier, de la coquille Saint-Jacques en plongée ou encore des poissons capturés à la ligne. Le prélèvement et l’impact sont moindres, la valorisation à la vente bien supérieure. La petite pêche s’est aussi regroupée à travers la Plateforme Petite Pêche en France et dans la fédération européenne LIFE (Low Impact Fishers of Europe). Tant mieux si elle peut enfin être entendue et si le débat s’ouvre au sein d’une profession souvent contrainte à l’omerta.

Ces initiatives suscitent un engouement croissant chez les consommateurs qui veulent rester au contact de pêcheurs nombreux et déguster des produits de qualité sans avoir la sensation de manger le dernier poisson ou un aliment péché de l’autre côté du globe dans des conditions lamentables. Alors, plutôt que d’électrocuter les fonds marins, soutenons résolument la pêche artisanale pour maintenir vivants nos territoires côtiers. »

Selon des organisations de pêcheurs et des ONG, la Commission européenne a ignoré, voire caché, les conclusions d’un rapport défavorable à la pêche électrique, interdite en Europe depuis 1998. Charles Braine, militant associatif et ancien marin pêcheur, et Yannick Jadot, député européen, réclament dans le JDD l’arrêt de « la machine infernale de la surexploitation des ressources halieutiques ».  13 janvier 2018

* www.plateforme-petite-peche.fr

* lifeplatform.eu

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09 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

madame france! (a manca)

corse

Madame France doit revoir sa copie!

Madame Gourault, présentée par les médias comme « Madame Corse » s’est révélée, a contrario de cette désignation hasardeuse, comme une « Madame France » et c’est bien ainsi qu’elle s’est exprimée. La voix qu’elle a fait entendre lors de sa visite est bien celle d’un Etat, qui au-delà des changements de gouvernements, demeure hostile aux revendications du peuple corse, fussent-elles exprimées avec modération.

En se refusant d’emblée à admettre la co- officialité (de la langue NdB) et le principe d’une amnistie, la plénipotentiaire d’Emmanuel Macron signifie clairement que le résultat des derniè- res élections n’est pas pris en compte par celui-ci. Ce déni de démocratie n’est pas sans rappeler celui perpétré par le gouvernement espagnol au lendemain des élections du 21 décembre en Catalogne.

Mais Madame Gourault ne s’est pas contentée d’opposer un « niet » cinglant aux représentants de l’actuelle majorité régionale.

Elle a, sans aucune ambiguïté, envisagé que soient adaptées les règles en matière d’urbanis- me et de gestion du foncier. En cela, elle rejoint les propositions de Camille de Rocca-Serra, lequel envisageait il y a peu, de « dé-sanctuariser » le littoral, en d’autres termes de mettre définitivement en pièces la loi « Littoral ».

C’est un signal fort qui vient d’être envoyé aux spéculateurs et à leurs associés.

Il s’agit en effet d’offrir sur un plateau aux 10% environ des Corses tirant de juteux profits du tout-tourisme des perspectives d’enrichissement exponentielles en même temps que d’imposer au reste de la population que forment les classes populaires la précarité de masse via la saisonnalité comme seul débouché professionnel.

Cela signifie que l’actuel gouvernement envisage de faire subir à notre pays une cure de libéralisme totalement débridé.

En tentant de faire miroiter l’illusoire projet d’un développement économique sous ce régime, ce gouvernement s’inscrit pleinement dans les conceptions qui dominent actuellement au sein de la communauté européenne.

Le rapport de force qui seul, peut permettre de faire barrage à ces visées, doit se construire en s’appuyant bien entendu sur le résultat des dernières élections. Mais cela ne peut suffir pas.

À toutes celles et ceux qui exigent que leurs voix soient entendues de se mobiliser publique- ment et dans la rue. Aucune négociation ne trouve d’issue positive sans la construction de ce rapport de force. C’est là le sens de l’appel que nous lançons ce jour.

A Manca 8 janvier 2018

http://a-manca.org/

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