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10 juin 2017 ~ 0 Commentaire

élections au royaume-uni (npa)

swp

Des camarades du Socialist Worker’s Party

hope

Derrière la claque pour May et les conservateurs

La victoire il y a un an du Brexit a été présentée par beaucoup de gens comme une évolution inexorable du pays vers la droite. L’échec humiliant de Theresa May et la percée spectaculaire de Jeremy Corbyn nous montrent que les choses sont bien plus complexes.

Au lieu d’une majorité accrue, certains parlaient d’une marge de 100 (!) sièges, les conservateurs se retrouvent avec 12 sièges en moins. Sans majorité absolue, ils sont obligés de négocier une coalition fragile avec les loyalistes protestants et très réactionnaires de l’Irlande du Nord (le DUP) avec la perspective de nouvelles élections en cas d’échec d’ici quelques mois.

Avec 318 sièges et 42% des voix, les conservateurs restent le premier parti devant les travaillistes, 262 sièges (32 en plus). Par contre en pourcentage, les travaillistes, avec 40% des voix, non seulement talonnent les conservateurs mais augmentent leur score de 10% depuis 2015, le plus grand bond entre deux élections depuis 1945. Corbyn fait même un meilleur score que Gordon Brown (2010) et Tony Blair (2005), les grands défenseurs de la troisième voie social-libérale.

Cap à gauche

Il y a deux mois, les conditions semblaient plus que favorables à la réussite du pari de Theresa May. Les sondages lui donnaient une avance de 20%, la presse tabloïde était en ordre de bataille pour des unes virulentes contre Corbyn le  « fantaisiste » ou « Djihadi Jeremy » pour ses positions pro-palestiniennes et anti-guerre. La majorité des députés travaillistes (très droitiers) ne cessaient de critiquer Corbyn et certains de ses « amis » prétendaient que le programme de gauche était bon mais qu’il fallait un dirigeant plus charismatique pour gagner.

D’une part, sans Corbyn comme dirigeant il n’y aurait pas eu de manifeste de gauche et d’autre part, la réussite s’est faite non seulement grâce au contenu du manifeste le plus à gauche depuis 1983 (et malgré ses limites) mais grâce aussi au passé militant d’un homme simple, sincère, perçu comme susceptible de tenir ses promesses et dont les apparitions à la télévision contredisaient la caricature présentée par une grande partie des médias.

jeremy

Militant anti-guerre

Deux autres questions peuvent expliquer aussi le résultat : les jeunes et les attentats. Corbyn a clairement démontré sa capacité de faire rêver beaucoup de jeunes. « For the many not the few » (Pour le plus grand nombre pas pour la petite élite) était le slogan de la campagne et il se déclinait en une série de mesures très concrètes : pour l’éducation, la santé, le logement et l’emploi avec augmentation des impôts pour les riches. Enthousiasmés par les grands meetings et les débats à la télévision, plus d’un million de jeunes de 18-24 ans se sont inscrits sur les listes électorales après l’annonce de l’élection, dont la majorité pour voter travailliste. Et plus important, 74% d’entre eux ont voté quand seulement 43% ont voté en 2015.

Quant aux retombées des attentats, en général favorables au gouvernement en place et aux réflexes nationalistes et sécuritaires, c’est Corbyn, militant anti-guerre de longue date, qui s’en est sorti le mieux.

S’il a insisté sur le fait que Theresa May, en tant que ministre de l’intérieur, avait présidé à la réduction de 20.000 postes de policiers c’est aussi en insistant sur la responsabilité des guerres extérieures menées par les gouvernements précédents que Corbyn a marqué des points auprès du public. 53% de la population était d’accord avec lui. Seulement 24% pensaient le contraire.

Canaliser la colère

Tout cela n’empêche pas bien sûr les manifestations de haine raciste comme les attaques contre les musulmans qui se sont multipliées après les attentats. Par contre, le succès de la campagne de Corbyn montre, non pas l’absence de courants réactionnaires et xénophobes au Royaume Uni mais le fait qu’ils ne sont pas forcément dominants dans la société et qu’ils ne sont pas voués à un développement sans frein.

Nous vivons dans des sociétés de plus en plus polarisées où la colère de millions de personnes qui subissent les effets de la crise peut être canalisée dans des directions très différentes.

Par le dynamisme de sa campagne et l’espoir qu’elle a soulevé, Corbyn a su attirer des millions de personnes vers des solutions de gauche. Par exemple, le Parti pour l’indépendance du Royaume Uni (l’UKIP) s’est effondré, passant de 12% à 2%. Une partie s’est (re)tournée vers les conservateurs et un Brexit dur mais au moins un tiers a voté travailliste, attiré par un projet qui leur parlait après des années de gouvernements travaillistes qui leur avaient tourné le dos.

Retour de la question sociale ?

La période qui s’ouvre risque d’être de plus en plus instable. May est déjà contestée au sein de son parti et sera bientôt remplacée mais les centaines de milliers de personnes qui ont été dynamisées par la campagne de Corbyn pourraient se mettre à contester la légitimité de l’ensemble du Parti conservateur.

Ce sera en particulier le rôle des anticapitalistes et révolutionnaires de faire en sorte que la colère ne soit canalisée vers l’attente de nouvelles élections mais qu’elle s’exprime dans des campagnes concrètes sur le terrain, contre l’austérité, contre la guerre, pour la défense des services publics et tant d’autres choses. Après des années de recul, l’espoir pour la gauche britannique semble de nouveau permis.

Ross Harrold Samedi 10 juin 2017

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Royaume-Uni : Theresa May s’accroche au pouvoir en s’appuyant sur un parti extrémiste

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10 juin 2017 ~ 0 Commentaire

dup (le huffington post)

loyalists

Les amis de Theresa May tels qu’on les voit

Qu’est-ce que le DUP, ce parti sulfureux grâce auquel Theresa May pourra gouverner

Le Parti Unioniste Démocrate d’Irlande du Nord est extrêmement conservateur et historiquement lié à des organisations paramilitaires loyalistes.

Theresa May semble prête à tout pour rester à la tête d’un gouvernement majoritaire. Après que le parti conservateur a perdu la majorité absolue aux élections législatives anticipées du 8 juin, la Première ministre britannique compte désormais s’allier avec le DUP, Parti unioniste démocrate d’Irlande du Nord. Si le parti des Tories est arrivé en tête des résultats en rempor- tant 318 sièges au Parlement britannique, il lui en manquait huit pour jouir de la majorité absolue (326 sièges) et pouvoir former un gouvernement qui ne soit pas minoritaire.

Ce vendredi 9 juin, Theresa May était ainsi en passe de conclure un accord avec le DUP qui a lui gagné dix sièges. De quoi obtenir la majorité nécessaire pour gouverner. Mais à quel coût?

« S’il est peu probable que des membres du DUP participent au gouvernement de Theresa May », décrypte Le Monde, « le Parti unioniste démocrate devrait voir, en échange de son soutien lors des votes de confiance ou du budget, certaines de ses idées faire du chemin à Westminster. »

Un conservatisme poussé à l’extrême

Le DUP est le parti le plus conservateur de Grande-Bretagne, comme le décrit The Indepen- dent, qui a publié vendredi un florilège d’anecdotes très représentatif. Concernant les droits des personnes LGBT, le DUP a déjà utilisé son veto à de nombreuses reprises pour empêcher l’adoption de la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe (toujours interdit en Irlande du Nord). En 2007, le fils du fondateur du parti, Ian Paisley Jr, a qualifié l’homosexualité d’ »immorale, choquante et ignoble » et dit que les gays et lesbiennes le « dégoûtaient ».

Plus récemment, l’ancien ministre de la santé nord-irlandais, Jim Wells, a déclaré lors d’une campagne électorale que « le lobby gay est insatiable ». Il a aussi affirmé que les enfants élevés pas des couples homosexuels couraient plus de risques d’être violés ou délaissés (propos pour lesquels il a présenté ses excuses par la suite). L’avortement est également un sujet tabou pour le DUP qui s’y oppose fermement, à tel point qu’il n’est toujours pas décriminalisé en Irlande du Nord. Il ne peut y être pratiqué que lorsque la vie de la mère est en danger.

La chef du parti et Première ministre d’Irlande du Nord, Arlene Foster, a d’ailleurs déclaré en 2016: « Je ne veux pas que l’avortement devienne aussi facilement accessible ici qu’il ne l’est en Angleterre, et ne soutiens pas l’extension de la loi de 1967 à notre région » (loi qui autorise l’avortement en Angleterre, en Ecosse et au Pays de Galles).

Elle s’est aussi fait taxer de sexisme lorsqu’en mai dernier, elle a traité Michelle O’Neil, la responsable du parti républicain Sinn Féin en Irlande du Nord, de « blonde ». « Je ne veux pas être sexiste car je n’en ai pas le droit », a-t-elle sorti avant de critiquer la leader de l’opposition: « Vous ne la verrez jamais sans maquillage, vous ne la verrez jamais décoiffée ».

Le DUP rejette aussi fervemment la théorie de l’évolution. Thomas Buchanan, député de l’Assemblée d’Irlande du Nord, a participé en 2016 à un événement qui promouvait « l’ensei- gnement du créationnisme dans chaque école ». Un autre responsable du parti, Edwin Poots, a déclaré en 2013 que la Terre était une « jeune planète » créée il y a 4 000 ans.

Des liens historiques avec des organisations terroristes

En décembre 2015, l’ex-Premier ministre conservateur David Cameron avait accusé Jeremy Corbyn, leader du parti travailliste, de « sympathisant des terroristes » car il s’opposait à l’action militaire en Syrie. Le Daily Mail avait surnommé le chef de l’opposition britannique de la même manière, cette fois-ci à cause de ses liens avec Sinn Féin. Ce parti républicain est histori-quement proche de l’IRA, l’Armée Républicaine Irlandaise, un ensemble d’organisations paramilitaires qui ont lutté contre la présence britannique en Irlande du Nord lors du conflit nord-irlandais.

En référence à ces accusations, un journaliste de la radio LBC a interpellé les conservateurs vendredi en demandant si Theresa May subirait les mêmes reproches: « Si Jeremy Corbyn est un sympathisant des terroristes, que direz-vous d’un parti politique qui a été soutenu par l’UDA? »

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Les loyalistes tels qu’ils se voient

L’Ulster Defense Association est elle aussi une organisation paramilitaire, également impliquée dans le conflit nord-irlandais, mais du côté loyaliste. Elle a longtemps figuré sur la liste des groupes considérés comme terroristes par le Conseil de l’Union européenne, dont elle est sortie en 2009. Son nom est en revanche toujours inscrit dans la liste des Etats-Unis.

Si le lien entre le DUP et l’UDA ne semble pas direct, celui entre le parti politique et une autre organisation paramilitaire l’est très fortement. Comme le démontre Metro, « le parti a des liens historiques puissants avec le groupe terroriste Ulster Resistance, qui a été fondé par des gens devenus d’importants responsables du DUP’. Et pas n’importe qui: l’un des cofondateurs d’Ulster Resistance n’est autre que Ian Paisley… qui a créé le DUP quinze ans plus tôt. Le deuxième créateur du groupe est Peter Robinson, ancien leader du DUP également, et dont la photo de lui armé d’un fusil commence à circuler sur les réseaux sociaux.(…)

Diane Frances 09/06/2017

http://www.huffingtonpost.fr/

Commentaire: Si l’IRA était une « armée de libération » se battant contre l’armée anglaise, les groupe loyalistes eux, ressemblent plus à un Ku Klux Klan destiné à terrifier les irlandais catholiques. Ils ne se sont battus, ni contre l’armée du Sud, ni contre l’IRA, mais  ont tué des centaines de catholiques pris au hasard

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09 juin 2017 ~ 0 Commentaire

élections britanniques (the guardian + the telegraph)

2556article

Résultats au Royaume « Uni »:

elec brit

Theresa May va faire appel au DUP un parti Nord Irlandais proche de l’extrême droite et des milices Loyalistes. L’ancien ami des conservateurs, l’UUP « modéré », a disparu.

Les Lib Dem (Libéraux Démocrates) ont gouverné avec les Tories (Conservateurs)

Les autres sont « de gauche »:

Le SNP (centre gauche) écossais essuie une lourde perte. Les Verts gardent leur élue.

Parmi les « others » il y a le Plaid Cymru gallois proche du SNP et le Sinn Fein irlandais, qui siège au Parlement Européen avec le PG et le PCF.

Source The Guardian

carte

Carte « The Telegraph »

On voit bien les concentrations industrielles en rouge et la campagne en bleu!

Les gallois en vert (et rouge), les irlandais nationalistes en vert et les loyalistes en rouge, les écossais en orange clair (sauf les gains des conservateurs en bleu). Orange foncé: les centristes Lib-Dem.

 

 

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05 juin 2017 ~ 0 Commentaire

pologne (amnesty)

proabortion 

Les restrictions touchant la contraception d’urgence sont catastrophiques pour les femmes et les jeunes filles

Le président polonais, Andrzej Duda, ne doit pas approuver des dispositions régressives qui limiteront l’accès à la contraception d’urgence pour les femmes et les jeunes filles, a déclaré Amnesty International après l’adoption de ce projet de loi par le Sénat mercredi 1er juin.

« Les restrictions de l’accès à la “pilule du lendemain” auront des conséquences désastreuses pour les femmes et les jeunes filles qui vivent dans un pays ayant déjà l’une des législations les plus restrictives d’Europe en matière d’avortement, a déclaré Anna Błuś, chercheuse d’Amnesty International sur l’Europe centrale et les droits des femmes.

« Associées à la “clause de conscience” qui permet aux médecins de refuser un traitement pour des motifs religieux, elles constitueront de nouveaux obstacles pour les personnes qui ont besoin d’une contraception d’urgence. Ces obstacles pourraient s’avérer insurmontables pour les adolescentes et les personnes qui se trouvent dans des zones rurales isolées, et ils auront des conséquences particulièrement catastrophiques pour les victimes de viol. »

Complément d’information

Le projet de loi a été adopté par le Sénat polonais le 1er juin. S’il est promulgué par le prési- dent, il entrera en vigueur sous 30 jours et la contraception d’urgence ne sera plus accessible que sur prescription en Pologne, contrairement aux recommandations de l’Union européenne.

1 juin 2017

https://www.amnesty.org/fr/

 

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04 juin 2017 ~ 0 Commentaire

nucléaire (jdd)

nucleairefrance

La France, dernière forteresse du nucléaire

Alors que tous ses voisins ont amorcé leur retrait du nucléaire, la France tarde encore à s’engager dans cette voie.

Les Suisses ont décidé, ­dimanche dernier, de sortir du nucléaire en acceptant par référendum, à 58%, une loi interdisant les nouvelles centrales, soutenant les énergies vertes et réduisant la consommation énergétique.

L’Allemagne et l’Italie se sont engagées aussi sur ce chemin, l’Espagne et la ­Belgique y travaillent. Tous ces pays sont nos voisins, ils entourent et observent, inquiets, la forteresse nucléaire française. Le Luxembourg même, qui ne possède pas de centrale, propose de financer la fermeture de celle de Cattenom, située à 20 km de sa frontière.

En Suisse, comme en Allemagne, le processus de sortie est la conséquence de la catastrophe de Fukushima, en 2011. Il a été mûri par de longues discussions parlementaires et il faudra trente ans encore avant sa réalisation complète. Il est maintenant irréversible alors que le pays tire tout de même 35% de ses besoins énergétiques de ses cinq réacteurs nucléaires.

A Fessenheim, EDF a gagné contre le politique

La France aussi se donne du temps, mais plutôt dans l’art de tergiverser, voire de procrastiner. Cinq ans pour simplement amorcer la fermeture de Fessenheim? Bien trop court. Chez nous, ce qui est voté n’est jamais près de s’appliquer : la loi de transition énergétique prévoit de descendre de 75% à 50% de production ­nucléaire d’ici à 2025. Personne n’y croit, surtout pas EDF, qui règle le calendrier. A Fessenheim, c’est l’entreprise qui a gagné contre le politique. Sur le cap des 50%, le géant de l’énergie, selon des informations de BFM Business sorties cette semaine, a plutôt des plans à l’horizon 2050…

Le président Macron et son ­ministre écologiste, Nicolas Hulot, ont l’air d’accord pour éluder un débat qui semble ­impossible chez nous, contrairement à la petite Suisse.

Comme si un point de non-retour avait été atteint : ­indépendance ­énergétique, ­puissance ­économique, poids social des 220.000 salariés de la filière… Ces arguments pèsent davantage que toutes les ­interrogations sur la sûreté. Selon différents chiffrages à peu près impossibles à vérifier, sortir du nucléaire coûterait aussi cher que d’y rester. La France pourra toujours se payer de mots.

2 juin 2017 Guillaume Rebière

Sur le même sujet :

http://www.lejdd.fr

Commentaire: Indépendance oblige, si bien sûr l’Afrique reste notre fournisseur. Fournisseur à « défendre » à coups de guerres…

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03 juin 2017 ~ 0 Commentaire

grande bretagne (socialist resistance + npa)

2556article

Pour une victoire travailliste le 8 juin

Le lancement du manifeste du Labour (For The Many. Not the Few) a stimulé la campa- gne de Corbyn, laquelle a réuni des milliers de personnes lors de rassemblements à travers le pays.

Les débats se sont déplacés sur un nouveau plan, remplaçant les railleries sans fin visant le dirigeant travailliste par une discussion sérieuse sur une politique alternative; non seulement pour mettre un terme à l’austérité mais en cherchant à la renverser: «Pour une majorité. Non pour une minorité».

Le manifeste, qui exige une renationalisation des chemins de fer, de la poste royale et des services de distribution de l’eau, est le plus radical [du parti] depuis 1983. Ces engagements étaient en outre avancés avant la défaite des mineurs [grève de mars 1984 à mars 1985 dont la figure publique fut Arthur Scargill] lors d’un sommet d’une lutte, politique et industrielle, du 20èsiècle.

Pour la première fois après de longues années de politiques conservatrices [Tories], une réelle alternative est présentée à ces élections. Elle s’oppose aux politiques d’austérité, aux coupes des budgets sociaux, aux bas salaires, à l’insécurité de l’emploi, aux contrats zéro-heure [contrat de travail sur un appel] et aux banques alimentaires. Il s’agit là d’une opportunité unique pour la gauche. Il s’agit d’un manifeste qui rompt avec le mur de fumée du Brexit que May souhaite utiliser pour tenter de remporter une majorité conservatrice.(…)

Il ne reste que quelques semaines pour, sur la base de ce manifeste, changer la dynamique et élire un gouvernement sous direction travailliste le 8 juin. Les sondages commencent à indi- quer une hausse du soutien envers le Labour ainsi qu’un enthousiasme répandu en faveur des politiques que nous promouvons. Le sondage électoral effectué les 30 e 31 mai 2017, donne les résultats suivants: conservateurs: 42%; travaillistes: 39%; libéraux-démocrates: 7%; UKIP: 4%  Nous appelons nos partisans à mouiller leur chemise, à s’engager pleinement, à faire tout ce qui est possible pour permettre une victoire travailliste.

Ce n’est pas une tâche facile. L’UKIP (Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni) s’est effondré, ce qui a engendré un Parti Conservateur «ukipisé». T. May tente de séduire les 17 millions de personnes qui ont voté en faveur du Brexit: qu’elles votent pour elle si elles veulent que la décision référendaire soit pleinement appliquée. Dans un contexte de crise sociale provoquée par sept ans d’austérité Tory, tout reste en jeu.

Une victoire des conservateurs signifierait un désastre. Elle impliquerait une poursuite à toute vapeur des politiques d’austérité du Tory ainsi qu’une sortie de l’Union Européenne sous une ligne brutale, contre la classe laborieuse, avec tout ce que cela signifie de modifications des conditions politiques et sociales en Grande-Bretagne pour longtemps. Ainsi que l’affirme Corbyn, il s’agit d’une politique de la peur plutôt que de l’espoir.

Le message est clair: si vous désirez que vos salaires continuent à être gelés, si vous voulez la destruction du NHS et si vous voulez qu’il n’y ait toujours aucun droit au travail, si vous voulez un «hard» Brexit: votez Tory.

La droite du Labour n’a pas abandonné ses tentatives de saboter Corbyn. Tony Blair, Peter Mandelson [membre du gouvernement sous Blair et Gordon Brown puis commissaire européen entre 2004 et 2008, siège à la Chambre des Lords!] et Roy Hattersley [dirigeant du Labour de 1983 à 1992] font de leur mieux en ce sens. (…)

Une bataille aux proportions importantes se déroule au sein du Labour afin de défendre la direction Corbyn contre les saboteurs de la droite de Labour. Cette bataille continuera proba-blement, avec même une plus grande intensité, quel que soit le résultat des élections, le parti travailliste les remportant ou essuyant une défaite et nous invitons avec insistance tous les activistes qui le peuvent de s’impliquer dans ce combat.

Des propositions radicales

Outre la renationalisation des chemins de fer, des postes (Royal Mail), des services d’appro- visionnement en eau ainsi que d’une partie de l’industrie énergétique, le manifeste propose un renversement majeur des coupes menées par les conservateurs dans les budgets sociaux. (…) (Résumé)

Alencontre  3 – juin – 2017 Socialist Resistance

Commentaire: Nos correspondants en GB sont « Socialist Resistance », mais nous sommes aussi en bons termes avec le Socialist Worker Party /Socialist Worker au sein de la Gauche Anticapitaliste Européenne.

Lire en entier:
Lire aussi:

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25 mai 2017 ~ 0 Commentaire

état espagnol (alternative libertaire)

 Cartel 27-Mayo-animacion

Tod@s à la calle, tous et toutes dans la rue !

Malgré l’effet délétère de Podemos sur le mouvement social ibérique, le Bloc syndical combatif (CGT, Intersindical Aragon, CO.BAS, Solidaridad Obrera …) montre la voie avec des Marches de la dignité le samedi 27 mai, qui convergeront sur Madrid).

De premières Marches de la dignité, décentralisées, s’étaient tenues le dimanche 25 février, dans plusieurs villes de la Péninsule. Le mouvement social ibérique, en retrait depuis deux ans, reprend l’initiative et le chemin de la résistance.

Un réveil qui constitue une vraie bonne nouvelle, tant « l’effet » Podemos a fait du mal, au point de faire oublier que la lutte des classes se situait dans la rue et dans les entreprises, et non dans les urnes. Ce poison du « débouché politique » a, hélas, pénétré de nombreux cercles militants sincères (y compris dans les rangs du mouvement libertaire). Ce poison a eu des conséquences évidentes sur le niveau de combativité, alors que le mouvement social outre-Pyrénées a toujours été caractérisé par sa créativité, son caractère de masse (entre autres le mouvement des Indignad@s) et sa radicalité.

Un recul confirmé et résumé par Irène de La Cuerda, du secrétariat à l’action sociale de la centrale anarcho-syndicaliste espagnole CGT : « L’irruption de Podemos et ses prises de position ont largement contribué à la démobilisation en faisant croire que l’on pouvait changer les choses de l’intérieur du système. Que pénétrer les rouages des institutions pouvait changer la donne. » Cette journée des Marches de la dignité du 25 février entrouvre une nouvelle ère de mobilisations. C’est qu’elle a été couronnée de succès, avec plusieurs dizaines de milliers de personnes dans la rue, et ce dans plusieurs villes.

Taux de chômage largement supérieur aux 20%

Comme pour les marches antérieures, celles-ci ont des revendications propres au contexte du moment. Assuré d’une majorité parlementaire, le président du gouvernement Mariano Rajoy (Parti populaire, droite) entend approfondir la contre-réforme des retraites initiée par les socialistes du PSOE en 2011. Une telle attaque contre les droits sociaux aura des conséquences gravissimes pour la population tout entière.

Dans un pays où le taux de chômage est largement supérieur aux 20% et atteint les 40 % chez les moins de 30 ans, dans bien des ménages la pension des retraité.es est la seule ressource fixe des familles.

De premières marches, décentralisées, ont eu lieu le 25 février.

D’autres revendications étaient mises en avant dans les cortèges des manifestations : la fin de l’impunité des politiques et de la corruption, l’abrogation de la loi Mordaza (loi Bâillon) [1] qui entend criminaliser le mouvement social ou encore l’exigence de l’amnistie des militantes et militants emprisonnés ou poursuivis par la justice. « De nouvelles marches sont prévues pour le 27 mai, avec l’idée qu’elles convergent toutes vers Madrid », conclut Irène de la Cuerda. Le mouvement social ibérique n’a donc pas dit son dernier mot…

Jérémie Berthuin (AL Gard) 25 mai 2017

http://alternativelibertaire.org/

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23 mai 2017 ~ 0 Commentaire

turquie (amnesty)

amenesty

« Anéantissement professionnel » de 100 000 fonctionnaires dans le cadre de la purge qui a suivi la tentative de coup d’État

Le licenciement de plus de 100 000 employés du secteur public en Turquie est arbitraire et a des conséquences catastrophiques sur leurs vies et leurs moyens d’existence, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport.

Ce document, intituléNo end in sight: Purged public sector workers denied a future in Turkey , révèle que des dizaines de milliers de personnes, parmi lesquelles des médecins, des policiers, des enseignants, des universitaires et des soldats, qualifiés de « terroristes » et bannis de la fonction publique, luttent désormais pour joindre les deux bouts.

« L’onde de choc de la répression qui a suivi la tentative de coup d’État en Turquie continue de ruiner la vie de nombreuses personnes qui ont perdu leur emploi et ont vu leur vie profes- sionnelle et familiale anéantie, a déclaré Andrew Gardner, chercheur sur la Turquie à Amnesty International.

« Déshonorés par le qualificatif de «  terroristes  » et privés de leurs moyens de subsistance, de nombreux citoyens en Turquie ne peuvent plus poursuivre leurs carrières et leurs perspectives de retrouver un autre emploi sont bloquées. »

Le rapport d’Amnesty International, basé sur 61 entretiens menés à Ankara, à Diyarbakır et à Istanbul, révèle que ces employés, occupant jadis des postes sûrs dans le secteur public, se retrouvent dans une situation très difficile, sans recours pour obtenir réparation. Les person- nes interrogées expliquent qu’en raison de l’absence de toute aide, y compris d’allocations sociales, elles sont contraintes de vivre de leurs économies, de compter sur le soutien de leurs amis ou de leur famille, d’accepter des emplois dans l’économie parallèle ou de se débrouiller avec les maigres aides financières allouées par leurs syndicats.

De nombreux fonctionnaires licenciés se voient interdire de travailler à titre privé dans des professions réglementées par l’État, comme le droit et l’enseignement. De même, des policiers et des militaires limogés se voient interdire par décret de trouver des emplois analogues dans le secteur privé. Les quelques professionnels qui sont autorisés à poursuivre leurs carrières dans le secteur privé, comme les professionnels de santé, bataillent pour trouver des emplois, notamment un travail équivalent à leur ancien poste avec un niveau de salaire équivalent.

Les passeports des fonctionnaires renvoyés du secteur public ont été annulés, ce qui leur ôte toute possibilité de travailler à l’étranger et restreint encore davantage leurs perspectives d’emploi. « Ils nous interdisent de quitter le pays, ils nous interdisent de travailler… Que veulent-ils que je fasse ? », a déclaré à Amnesty International une femme limogée d’un haut poste dans la fonction publique au sein du bureau du président.

Même si certains limogeages – ceux des soldats ayant pris part à la tentative de coup d’État par exemple – peuvent être justifiés, l’incapacité des autorités à établir des critères clairs ou à fournir des preuves individualisées de délits ouvre une brèche dans leur allégation selon laquelle tous les renvois sont nécessaires au nom de la lutte contre le terrorisme. Au contraire, des éléments de preuve attestent que la purge s’appuie sur des motivations abusives et discriminatoires. Un ancien employé du gouvernement au niveau local a déclaré à Amnesty International : « Si quelqu’un veut vous éliminer de l’institution, il lui suffit de livrer votre nom en tant que partisan de Gülen. »

Le fait que les licenciements soient publics rend les choses très difficiles pour les personnes concernées. « J’étais considéré comme un héros par la société. Aujourd’hui, je suis devenu un terroriste et un traître » a déclaré un ancien soldat stationné à l’autre bout du pays lorsqu’a éclaté le coup d’État. Une universitaire limogée en août 2016 a déclaré : « Mon fils ne voulait pas aller à l’école, les autres enfants n’arrêtaient pas de l’embêter, en disant que sa mère était une terroriste et une traîtresse. »

Aucune des personnes interrogées par Amnesty International n’a obtenu d’explication, hormis l’accusation collective d’entretenir des liens avec des organisations terroristes. Pourtant, malgré le caractère totalement arbitraire des décisions de renvoi, il n’existe pas de procédure d’appel permettant aux fonctionnaires de les contester. La commission mise sur pied en janvier pour évaluer les cas n’a ni l’indépendance ni les compétences requises pour être efficace. Elle n’est toujours pas opérationnelle.

Un petit nombre de fonctionnaires limogés ont protesté publiquement et se sont retrouvés en butte au harcèlement, voire à la détention et aux mauvais traitements, infligés par la police. Nuriye Gülmen, universitaire, et Semih Özakça, instituteur, sont entrés dans leur 75e jour de grève de la faim pour protester contre leur licenciement.

« Interdire à 100 000 personnes l’accès au travail est comparable à un anéantissement profes- sionnel de grande échelle et s’inscrit clairement dans la vaste purge lancée contre les oppo- sants politiques réels ou présumés, a déclaré Andrew Gardner.

« Les autorités doivent cesser ces licenciements arbitraires et réintégrer tous ceux qui ne sont déclarés coupables d’aucun délit. Ceux qui ont été limogés doivent bénéficier d’une procédure d’appel rapide et efficace leur permettant d’être innocentés, d’être indemnisés et de retrouver leur emploi. »

22 mai 2017

https://www.amnesty.org/

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23 mai 2017 ~ 0 Commentaire

dublin (change)

dublin (change) dans Altermondialisme

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M. le Préfet, vous pouvez dédubliner !

C’est quoi, dédubliner ? Cela veut juste dire : permettre à un migrant de déposer une demande d’asile en France, même s’il est en «procédure Dublin». La «procédure Dublin» dit qu’une personne doit demander l’asile dans le premier pays européen où elle est entrée ou passée (ce qui n’est pas forcément son souhait).

Au moment du démantèlement du camp de Calais, le gouvernement a promis que les person- nes qui acceptaient d’aller dans les «CAO» (Centre d’Accueil et d’Orientation) sortiraient de la «procédure Dublin», et pourraient donc déposer une demande d’asile en France. Cette promesse a été globalement respectée dans le Finistère (merci !) et nous restons vigilants pour ceux qui ne le sont pas encore…

MAIS… les autres personnes (venant des camps de Grande-Synthe, Paris, ou étant dans d’autres hébergements d’urgence…) sont menacées d’expulsion de la France. C’est une atteinte flagrante au principe républicain de l’égalité des droits ! Pour mieux comprendre, prenons par exemple les cas de Marwan et de Kamal*
(prénoms fictifs)

Marwan part du Soudan, passe par l’Italie, arrive à Calais et de là part en CAO à Brest : il est autorisé à demander l’asile en France.

Kamal part du Soudan, passe par l’Italie, arrive à Paris et de là part en CAO à Brest : il n’est pas autorisé à demander l’asile en France, la préfecture lui délivre un billet d’avion pour être expulsé vers l’Italie, où il est censé pouvoir demander l’asile.

Pourquoi est-ce si grave de devoir retourner en Italie ?

Parce que l’Italie ne peut assurer des conditions d’accueil dignes, au vu des arrivées très importantes sur son territoire, et surtout parce qu’il existe des accords entre l’Italie et le Soudan qui font craindre, à juste titre, que l’Italie n’expulse le réfugié vers le Soudan, qu’il a quitté parce que sa vie y était menacée. Rapport Amnesty International

Une personne choisit de demander l’asile dans un pays pour des raisons objectives, et c’est en accord avec le respect des droits à la libre circulation inscrite dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (article 13).

M. le Préfet, vous POUVEZ rétablir cette égalité des droits !

Ce que nous vous demandons est en accord avec la loi : les accords de Dublin III vous permettent ce «dédublinage» :  Clause discrétionnaire énoncée à l’art. 17 al. 1 du Règlement de Dublin III : « (…) chaque État membre peut décider d’examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. »

Nous ne vous demandons pas d’accorder le statut de réfugié à toutes ces person- nes: nous vous demandons juste de leur permettre de déposer une demande d’asile. Cette demande sera examinée, acceptée ou refusée, mais ils auront au moins eu accès au droit fondamental de demande de protection de notre pays.

Vous aussi, vous souhaitez que M. le Préfet du Finistère permette aux personnes en procédure Dublin de déposer une demande d’asile ? Signez déjà cette pétition en ligne, et vous pouvez venir pour le rassemblement qui aura lieu le Samedi 3 juin, à 11H, Place de la Résistance à Quimper, afin de signer la pétition papier que nous remettrons ensuite à M. le Préfet du Finistère.

Signataire :
Ligue des Droits de l’Homme – Quimper
L’Auberge des Migrants

https://www.change.org/

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22 mai 2017 ~ 0 Commentaire

italie (npa)

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En Italie, un mouvement féministe de masse est en marche

Depuis désormais plus de trois mois un nouveau mouvement féministe, qui surprend par son ampleur, sa composition et sa radicalité, a fait irruption sur la scène italienne.

Les premiers signes de la maturation d’une nouvelle génération féministe, avec ses propres codes d’expression et sa propre sensibilité politique, étaient déjà visibles ces deux dernières années dans les initiatives italiennes, notamment à Rome, pour le plein exercice du droit à l’avortement – prévu par la Loi 194 mais non garanti dans la pratique des hôpitaux à cause de la présence croissante des « objecteurs de conscience » – et en solidarité avec les luttes des femmes espagnoles contre le projet de loi anti-avortement du ministre Gallardon.

 Cette fois aussi, l’inspiration est venue des mobilisations féministes internationales contre la violence machiste dans de nombreux pays latino-américains, pour l’égalité salariale en Islande et pour l’avortement en Pologne, qui ont encouragé l’envie de réagir à une situation de violence structurelle envers les femmes qui caractérise ce pays et dont l’assassinat d’une femme par un fiancé, un mari ou un ex n’est que la pointe de l’iceberg.

Ainsi, de la confluence des pratiques des collectifs de jeunes féministes et de l’expérience de centres antiviolence, gérés par les femmes, est né un appel à la mobilisation nationale, à l’occasion de la journée du 25 novembre, conçue comme le début d’un processus de réflexion et d’action qui s’en prend à toutes les formes de violences structurelles envers les femmes.

L’appel, rédigé à Rome sous le nom Non Una di Meno (Pas une [seule femme] en moins), a été accueilli avec enthousiasme et dans plusieurs villes des assemblées locales se sont autoconvoquées pour préparer la manifestation. Contrairement au passé ces rendez- vous,  parfois à l’initiative de nouveaux collectifs de jeunes féministes ou de groupes informels, souvent liés aux espaces occupés, qui se sont adressés à tout le monde à travers les medias sociaux, ont connu un grand succès.

150 000 femmes dans les rues de Rome

Samedi 26 novembre, au moins 150 000 femmes, LGBTIQ et un certain nombre de (jeunes) hommes solidaires sont descendus dans la rue en formant une marée colorée, joyeuse et irrépressible qui a envahi le centre de Rome. Cette manifestation, pleine d’énergie et de volonté de bouleverser le monde, auto-organisée, sans le support des structures tradition- nelles de la gauche, s’est déroulée dans un esprit unitaire, inclusif des instances antiracistes, antipatriarcales et LGBTIQ.

Il s’agit d’un mouvement qui est certainement hostile aux gouvernements du Parti démocrate (Renzi d’abord et Gentiloni ensuite) à cause de leurs attaques contre la santé publique, les conditions de vie des travailleuses et des précaires, l’autodétermination des femmes en matière reproductive (voir la promotion du « Fertility Day » par la ministre de la santé, Beatrice Lorenzin) ; à cause aussi de la suspension des financements pour les centres antiviolence et d’une politique migratoire qui, dans les faits, est punitive et interdit aux nouveaux et nouvelles arrivé-e-s une vie digne sur notre territoire. Mais en même temps, il ne se reconnait dans aucune autre force politique ou syndicale établie.

Cette manifestation, dont le succès a dépassé toutes les attentes, a été suivie d’une journée d’élaboration des contenus de la protestation, avec une assemblée nationale, articulée en huit tables rondes (chacune d’environ 200 personnes provenant de tout le pays), qui se sont penchées sur les différents aspects de la violence (hétéro)patriarcale : du cadre juridico-légal à la violence économique, au travail et dans la protection sociale ; de l’éducation sexiste à l’école aux medias ; de l’accompagnement féministe pour sortir de la violence au plan de santé sexuelle et reproductive ; de la double ou triple violence que vivent les femmes immigrées au sexisme dans les mouvements sociaux. Cette élaboration mènera à l’écriture d’un plan féministe antiviolence, partant d’en bas, en contraste avec celui qui est en préparation de la part du gouvernement et qui sera présenté en juin.

Refuser les comportements de genre imposés

Pendant ce temps, « Non Una di Meno » a fait sien l’appel du « Ni Una Menos » argentin à une grève internationale des femmes à l’occasion du prochain 8 mars. Une journée dans laquelle nous proclamerons : « si nos vies ne valent rien, nous nous arrêtons ». Nous ne produisons pas, nous ne soignons pas, nous ne consommons pas, nous « faisons grève » en refusant les comportements de genre imposés.

Galvanisé par la manifestation gigantesque au cours de laquelle des milliers de jeunes femmes – et hommes – sont descendues dans la rue pour la première fois, le mouvement s’est encore élargi en s’articulant dans des assemblées par ville qui travaillent dans l’optique soit d’approfondir les thèmes de tables rondes nationales, soit de préparer concrètement la grève des femmes du prochain 8 mars, chacune sur son territoire.

Une deuxième assemblée nationale qui vient de se conclure à Bologne le week-end dernier a défini la plateforme – résultat de discussions approfondies dans les tables rondes – et les modalités de la grève : choix d’endroits symboliques pour réaliser des flash mobs, soutien aux travailleuses précaires ou soumises au chantage du patron à travers des « actions de trouble » (qui dérangent le déroulement du service ou de la production), choix d’un symbole unique – les couleurs noir et fuchsia et les poupées russes – à exposer à la fenêtre ou à porter pour signaler l’adhésion à la grève de celles qui ne sont pas en mesure de quitter leur poste ; en plus des assemblées sur les lieux de travail et dans les écoles, pour bloquer les cours et discuter de la violence et de l’oppression des femmes.

Ensuite, on se donnera rendez-vous à la fin de l’après-midi sur les places centrales de toutes les villes, où l’on créera des connexions nationales et internationales entre manifestantes, pour conclure dans quelques villes, en soirée, par des cortèges du type « reprenons la nuit » ou sous le slogan « les rues sûres sont garanties par les femmes qui y passent » (et non par les « forces de l’ordre »).

Autogestion, entraide et éducation à la différence

Tout en gardant bien en main l’autonomie du mouvement, Non Una di Meno a lancé l’invitation et le défi à tous les syndicats, majoritaires et de base, à rejoindre son action, en appelant à une grève générale de 24 heures, le seul moyen par lequel les employées peuvent faire grève légalement. Jusqu’ici,  seuls quelques syndicats de base ont répondu positivement à cet appel, sans s’engager pleinement pour sa réussite, tandis que la CGIL3 décidait de ne pas adhérer au mouvement, en se contentant d’inviter sa base à tenir des assemblées sur ce thème sur les lieux de travail.

Ce nouveau mouvement féministe, qui exprime un refus radical de l’existant, tire sa force de la combinaison d’actions massives de protestation et d’actions directes avec des expériences d’autogestion et d’entraide, dans les centres antiviolence, dans les cours d’édu- cation à la différence, dans les collectifs d’étudiantes et dans les espaces occupés, qui se réfèrent à la construction d’une société libérée du machisme, du racisme, de l’homo-lesbo-transphobie, et qui dépasse les logiques du marché capitaliste.

Il se sent partie prenante d’une marée – sera-ce la fameuse troisième vague ? – de protagonisme des femmes qui traverse le monde et qui met en cause les politiques misogynes et excluantes d’un establishment qui a perdu toute crédibilité.

C’est le premier mouvement de masse qui secoue le sens d’impuissance et de passivité qui semble avoir frappé l’Italie depuis que le centre-gauche de Renzi est arrivé au pouvoir, en promettant de moderniser le pays et de faire redémarrer l’économie, en rajeunissant sa classe politique et en alignant son fonctionnement sur les standards d’efficience européens.

Espérons que ce mouvement, unique par sa force d’auto-organisation, dirigé par une nouvelle génération de femmes – et dans lequel nous sommes pleinement engagées – pourra se consolider et donner un nouvel élan pour la reprise des mouvements sociaux dans leur ensemble.

Samedi 20 mai 2017

Nadia De Mond: Les articles de la rubrique Idées n’expriment pas nécessairement le point de vue du parti

La Gauche LCR.Belgique

https://npa2009.org/

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