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23 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Pays Basque, la CEDH condamne fermement Madrid et ordonne la libération d’Ines del Rio (JPB+RFI)

Pays Basque, la CEDH condamne fermement Madrid et ordonne la libération d’Ines del Rio (JPB+RFI) dans Europe ines-del-rio-queda-libre_54391535443_53699622600_601_341 Ines del Rio libérée

Deux ans et un jour après la décision d’ETA d’abandonner les actions armées, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a envoyé un signal fort à l’etat espagnol concernant sa politique pénitentiaire.

La décision de la Grande Chambre de l’instance suprême européenne rendue publique hier sonne le glas de la doctrine 197/2 006 alias “doctrine Parot” (jurisprudence qui permet l’allongement de la durée d’incarcération, cf. encadré). Accueillie favorablement au Pays Basque, la décision a été déplorée par certaines associations de victimes d’ETA et des partis politiques espagnols et par le gouvernement espagnol. Celui-ci a annoncé qu’il revenait à la justice de se prononcer sur son application et que les autres recours déposés par des prisonniers basques contre la doctrine 197/2006, seraient examinés au cas par cas. La Grande Chambre de la CEDH a donc confirmé l’arrêt rendu public le 10 juillet 2012 par la Cour européenne dans lequel elle ordonnait la remise en liberté de la prisonnière basque Ines del Rio Prada et estimait que la doctrine 197/2 006 violait la convention européenne des droits de l’homme.

Par 15 voix contre deux les 17 magistrats composant la Grande Chambre ont confirmé qu’il y avait dans ce cas violation de l’article 7 de la Convention. Un article qui indique qu’il ne peut y avoir de peine sans loi : “Il n’est infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l’infraction a été commise” est il écrit dans cet article. Cet arrêt conforte donc tous ceux, mouvements de défense des droits des prisonniers basques mais aussi juristes, qui dénonçaient le caractère rétroactif de la “doctrine Parot”. De plus c’est à l’unanimité que les magistrats de la CEDH ont jugé qu’Ines del Rio faisait “l’objet d’une détention non régulière” depuis le 3 juillet 2008 (date à laquelle elle aurait du être libérée sans l’application de la doctrine) et donc d’une violation de l’article 5 § 1 de la Convention (droit à la liberté et à la sécurité). Enfin, à 16 voix contre une ils ont estimé “qu’il incombe à l’Etat défendeur d’assurer la remise en liberté de la requérante dans les plus brefs délais.” La Grande Chambre a également confirmé le montant de 30 000 euros qui avait été accordé à la prisonnière pour les dommages et intérêts.

Des dizaines de recours Après Ines del Rio, trente autres cas similaires de prisonniers basques sont en attente d’une décision de la Cour européenne des Droits de l’homme. Pour l’instant aucun délai n’est encore fixé et il faudra dans un premier temps que la Cour admette ces recours. Une fois admis, les requérants bénéficieront par contre automatiquement de la jurisprudence du cas del Rio.

D’autres recours sont également en cours devant les diverses juridictions espagnoles. Une session plénière de l’Audience nationale doit justement se tenir vendredi pour examiner certains de ces recours. Il se pourrait qu’elle étende son examen à l’ensemble des cas qui lui sont posés. D’autre part cette plénière se réunira de façon exceptionnelle aujourd’hui pour déterminer les conditions de libération d’Ines del Rio puisque la CEDH a ordonné sa libération immédiate. Une décision que la justice espagnole pourra difficilement ignorer puisque les arrêts de la Grande Chambre ne peuvent faire objet d’aucun recours et que “les arrêts définitifs sont transmis au Comité des Ministres du Conseil de l’Europe qui en surveille l’exécution”. En cas de refus de libération la défense d’Ines del Rio pourrait donc saisir cette instance qui regroupe 47 états européens.

Les ministres espagnols de l’Intérieur et de la Justice ont tenu hier une conférence de presse à Madrid pour déplorer l’arrêt de la CEDH et renvoyer aux tribunaux les conséquences de cette décision sur les autres cas. “L’arrêt concerne une personne, Inés del Río” a déclaré le ministre de la Justice Alberto Ruiz Gallardon, indiquant ainsi que rien n’oblige la justice espagnole à libérer les autres prisonniers visés par la doctrine. “La décision d’appliquer la sentence de la CEDH appartient à la justice espagnole” a-t-il poursuivi. Pour le gouvernement c’est donc à l’Audience nationale de régler le problème “au cas par cas” et après examen “approfondi”. Des cas qui seront tout de même regardés à la loupe par le parquet.

Les ministres ont aussi averti qu’en cas d’“éventuelles libération”, le gouvernement sera impitoyable pour tout ce qui pourra ressembler à de l’“apologie du terrorisme”. Familles et proches des prisonniers sont ainsi avertis : pas question de réaliser des actes publics de bienvenue. “Lors de la conférence de presse gouvernementale nous avons entendu dire que l’‘état de droit n’est pas suspendu’. Il ne l’est pas, ce sont les droits de l’homme qui sont suspendus au pays Basque. Et c’est ce qu’a dit la Cour européenne ce matin” a répondu aux ministres l’avocate d’Ines del Rio, Amaia Izko. Accompagnée d’autres avocats et juristes dont l’Uztariztar Didier Rouget, l’avocate n’a pas caché sa “satisfaction” et sa “joie” après la décision de la CEDH. Elle a cependant regretté le temps perdu depuis 2008 date à laquelle aurait dû être libérée Ines del Rio. Mais aussi depuis le premier arrêt rendu en juillet 2 012. Selon elle en déposant ce recours le gouvernement espagnol a “manœuvré” pour reculer l’échéance tout en sachant “à chaque minute qu’il portait atteinte aux droits humains”.

“Mort” de la doctrine Elle a annoncé que les avocats allaient demander “la mise en liberté immédiate de tous les prisonniers à qui on a appliqué de manière rétroactive la doctrine 197/2 006” qui seraient au nombre de 56. Elle a également accusé le gouvernement espagnol de ne pas vouloir faire appliquer la sentence. “Lors de la conférence de presse que nous avions tenue après le premier arrêt de la CEDH nous avions annoncé que la doctrine 197/2 006 était blessée à mort. Aujourd’hui nous pouvons dire qu’elle est morte !” s’est exclamée l’avocate. En revanche elle a déploré que “si la doctrine Parot va sur sa fin, ce n’est pas le cas des atteintes aux droits humains au Pays Basque”.

Qu’est ce que la doctrine 197/2006 ? La doctrine 197/2006, (“doctrine Parot”), est une jurisprudence du Tribunal suprême (TS) espagnol du 28 février 2006 qui permet d’allonger la durée d’incarcération d’un détenu grâce à un décompte des remises de peine différent de celui appliqué jusqu’alors. Elle a été nommée “doctrine Parot” car il s’agissait d’une réponse à un recours du Bayonnais Unai Parot. Jusqu’à lors, les prisonniers qui avaient été condamnés avant 1995 à plusieurs centaines d’années de prison se voyaient octroyer des remises de peine sur 30 ans, ce qui était la durée maximale d’incarcération possible dans le code pénal espagnol de 1973 (il fut modifié en 1995). Le TS a décidé en février 2006 que les remises de peine se feraient désormais sur chaque condamnation et non sur la durée totale de trente ans. Les condamnés avant 1995 apprenaient alors qu’ils devraient rester en détention plusieurs années de plus que la date de libération à laquelle ils pouvaient prétendre au moment de leur condamnation. C’est sur cette rétroactivité interdite par la Constitution espagnole et les conventions internationales que la CEDH a confirmé hier la condamnation de l’Etat espagnol.22/10/2013 Giuliano CAVATERRA

http://www.lejpb.com/paperezkoa/20131022/428865/fr/La-CEDH-condamne-fermement-Madrid-et-ordonne-liberation-d%E2%80%99Ines-Rio

http://www.rfi.fr/europe/20131023-ines-del-rio-prada-libre-ETA-espagne-independantiste-terrorisme-victimes

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20 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Zapatero double le PP sur sa droite!

Zapatero double le PP sur sa droite!  dans Europe huelga2

Le Parti Populaire, l’UMP des Ibères, voulait faire un projet de loi qui éliminait la dénomination du pays comme « Royaume d’Espagne » au profit d’ « Espagne » tout court, dans les traités internationaux! Il s’est trouvé une majorité au conseil d’état, où peuvent figurer d’office les anciens premiers ministres comme Zapatero, pour renvoyer dans les cordes les goujats! Et c’est Zapatero qui a pris la tête de la fronde monarchique! Que diantre!

Les malins font remarquer que Zapatero, lui employait bien un « Gouvernement de l’Espagne », assez hérétique! En fait, c’est pure conjoncture,  on serrerait plutôt les rangs (ou les fesses) chez les « centralistes espagnolistes » devant le danger de l’indépendance de la Catalogne. Comme le remarque « El Pais », le « Royaume d’Espagne » n’est même pas cité dans la constitution!

D’après: http://politica.elpais.com/politica/2013/10/17/actualidad/1382034532_501960.html

Commentaire: Les grandes manoeuvres sont en cours: l’Europe a déjà prévenu qu’elle ne reconnaîtrait pas une Catalogne indépendante qui donc se trouverait hors de l’Europe, devrait demander son adhésion… impossible avec le véto espagnol, et toc! Deuxio, alors c’est qui le plus à droite, hein Manuel?

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19 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Portugal, une nouvelle année de vaches maigres (CI)

Portugal, une nouvelle année de vaches maigres (CI) dans Austérité cgtp-1

La CGTP, principale centrale syndicale appelle à une large mobilisation le 19 octobre pour dénoncer la cure d’austérité annoncée par le gouvernement sous l’impulsion de l’Union européenne, du Fonds monétaire international et de la Banque centrale européenne.

A la suite de l’examen par la troïka (UE, FMI et BCE) des comptes de l’Etat portugais, le gouvernement de Pedro Passos Coelho a annoncé le 13 octobre son budget pour l’année 2014. Alors que le bilan économique semblait plutôt positif et que des promesses de relance semblaient s’esquisser, c’est une nouvelle cure d’austérité dans les dépenses publiques qui s’annonce, décortiquée attentivement par la presse portugaise. En effet, sous l’impulsion de la troïka qui impose une réduction des dépenses publiques de l’ordre de 4 %, le gouvernement espère économiser plus de 2 milliards d’euros et gagner en crédibilité sur les marchés pour se refinancer à un taux plus bas.

Ainsi, l’âge de la retraite passe de 65 à 66 ans et les pensions supérieures à 2 000 euros seront taxées. Les salaires de plus de 600 euros de la fonction publique subiront une baisse de 2,5 % à 12 %. En outre, presque tous les ministères devront se serrer la ceinture avec des coupes claires dans le budget de la santé (300 millions d’euros), de l’enseignement primaire et secondaire (500 millions), de l’enseignement supérieur (80,5 millions), de la justice (90 millions) et de la sécurité intérieure (27 millions). Il est également prévu la réduction de 30 % des effectifs de la défense nationale, l’augmentation du prix de l’électricité de 2,8 % et celle de la taxe audiovisuelle de 18 %. Le tribunal constitutionnel, qui a régulièrement botté en touche les propositions de lois du gouvernement, a vu son budget significativement réduit pour atteindre une baisse de 25 % en trois ans.

Mario Soares, l’ancien président de la République, considéré comme un des pères de la démocratie, a qualifié le budget 2014 de « terrible » et il a accusé le gouvernement de « vouloir en finir avec l’Etat social ». Le leader de la Confédération générale des travailleurs portugais (Cgtp) a comparé ces nouvelles mesures d’austérité à « un braquage dans le dos » et appelle à une vaste mobilisation le 19 octobre à Lisbonne et à Porto. Le Premier ministre Pedro Passos Coelho a déclaré quant à lui qu’il avait « conscience des difficultés » que les gens vivaient, mais que de « nombreuses personnes font ces sacrifices pour sauver le pays de la situation dans laquelle il est ».  Courrier international 18 octobre 2013

http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/2013/10/18/une-nouvelle-annee-de-vaches-maigres

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14 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

SNCF : lutter contre la réforme

SNCF : lutter contre la réforme dans Europe la_bataille_du_rail2-256x300

Le 16 octobre, le projet de réforme ferroviaire va être présenté au Conseil des ministres, pour un examen au Parlement au premier semestre 2014 et une application au 1er janvier 2015.
Le gouvernement et la direction SNCF veulent accélérer l’ouverture à la concurrence du chemin de fer, c’est-à-dire le processus de privatisation. La direction SNCF a déjà pris de l’avance : aujourd’hui, presque toutes les missions remplies par des cheminots SNCF (conduire un train, réparer une rame, entretenir les voies, vendre des billets, accueil des voyageurs…) sont aussi remplies par des filiales de droit privé de la SNCF, qui font le même travail pour moins cher (avec du personnel sans le statut et la réglementation du travail SNCF). La concurrence, c’est en réalité l’auto-concurrence !
Cela aboutit à des suppressions de postes (–30 000 en 10 ans), à l’augmentation de la charge de travail, et aussi à rogner sur les investissements et les dépenses d’entretien. Les causes majeures de la catastrophe ferroviaire de Brétigny…

Démantèlement et reculs La réforme commence par diviser la SNCF en trois entreprises. La « SNCF » (maison mère) : une  coquille vide avec quelques milliers de chefs, mais qui encaisserait les bénéfices des 2 autres entreprises filiales. La filiale « SNCF Réseau », propriétaire et gestionnaire du réseau ferré (mission coûteuse en investissement et non privatisable), et qui absorberait les 55 000 agents des postes d’aiguillage et de l’entretien des voies (soit un tiers des cheminots). Enfin, la filiale « SNCF Mobilités », qui devra faire rouler les trains et les commercialiser, et qui regrouperait les 110 000 cheminots restants, en attendant de pouvoir les transférer par lots au privé, au rythme des appels d’offres (à partir de 2019)…

Le deuxième axe de cette réforme consiste à remplacer la réglementation du travail des cheminots (le « RH0077 ») par une convention collective qui alignerait les conditions de travail des cheminots SNCF sur celles du ferroviaire privé. Pépy et les patrons du ferroviaire veulent se libérer de règles jugées trop contraignantes et trop chères : ils veulent pouvoir faire travailler les cheminots plus longtemps, avec des repos plus courts, des amplitudes plus flexibles et plus de journées travaillées dans l’année…
C’est donc contre cette réforme que les cheminots se préparent à bagarrer. Le premier épisode a été la grève du 13 juin dernier, unitaire et très réussie : près d’un cheminot sur deux en grève. Mais au lieu de prendre appui sur ce succès pour préparer une grève reconductible et rechercher la convergence avec la lutte sur les retraites, les directions syndicales préfèrent commencer à préparer les élections professionnelles de 2014…

Comment comprendre autrement les appels timides et désunis pour les prochaines échéances ? La CGT appelle les cheminots à faire grève le 9 octobre dans le cadre d’un appel européen contre le « 4e paquet ferroviaire » de la Commission européenne, alors que SUD-Rail les appelle à manifester la semaine suivante, le 16 octobre, jour de présentation de la réforme au conseil de ministres. Sans parler de l’UNSA qui appelle le 15 octobre… Bref, une cacophonie qui ne prépare pas sérieusement l’affrontement. Il faudra donc que les cheminots comptent sur leurs propres forces, pour trouver le chemin de la grève reconductible !

Correspondants Samedi 12 octobre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 212 (10/10/2013)

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09 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Bosnie Herzégovine, un recensement de la population à haut risque (CI)

Bosnie Herzégovine, un recensement de la population à haut risque (CI) dans Europe 11610 Manif contre le blocage des institutions

Pour la première fois depuis la fin de la guerre, il y a plus de vingt ans, les Bosniens seront recensés.
Loin d’être une simple opération de statistiques, l’exercice ravive de vieilles plaies. Pour la première fois depuis vingt-deux ans, la Bosnie-Herzégovine procède à un recensement de sa population (entre le 1er et le 15 octobre). Une fois les données statistiques recueillies et recoupées, nous connaîtrons les chiffres officiels concernant la population de notre pays, le nombre de maisons, de vaches, de fermes, etc. Il était temps ! Les recensements de 2001 et de 2011* n’ont pas pu avoir lieu conformément aux critères de l’Eurostat [l'office de statistiques de l'Union européenne], faute d’accord des dirigeants politiques d’un pays où tout est surpolitisé. Au final, ils se sont entendus sur le questionnaire. Et les questions portant sur l’appartenance ethnique et religieuse ainsi que sur la langue pratiquée – aucune des trois n’exigeait une réponse obligatoire – sont remontées à la surface comme étant les plus importantes. Ainsi, les données portant sur le nombre de Musulmans bosniaques, de Serbes et de Croates vivant en Bosnie-Herzégovine, sur la répartition des musulmans, des orthodoxes et des catholiques, ou sur la langue qu’ils parlent sont devenues la question centrale pour les élites politiques.Toutes les données qui touchent à la vie réelle, à savoir au nombre d’hôpitaux et d’écoles dont on a besoin, aux terres cultivables ou encore au nombre de gens bénéficiant d’un emploi ont été repoussées au second plan. Depuis deux mois, tous les appels des hommes politiques et des dignitaires religieux incitant la population à participer au recensement sont accompagnés de « consignes » pour inciter à déclarer clairement la confession et l’appartenance ethnique.

Répartir les postes bien rémunérés  Certes, le recensement risque de donner à voir l’état réel des conséquences de la guerre [1992-1995] qui a sévi en Bosnie-Herzégovine, à savoir des modifications démographiques résultant du nettoyage ethnique et de l’obstruction au retour des réfugiés. Tout cela sera répertorié. Toutefois, les leaders nationaux ne s’en soucient guère. Ils se préoccupent davantage de la future structure ethnique que le recensement fera apparaître. D’autant plus qu’elle servira de base pour la répartition des postes ministériels, dans le système judiciaire ou dans les conseils d’administration des grandes entreprises. Bref, de toutes les fonctions bien rémunérées dans les institutions publiques, depuis les collectivités locales, en passant par les cantons et les entités [la Bosnie-Herzégovine et composée de deux entités : la Fédération croato-bosniaque (ou croato-musulmane) et la République serbe de Bosnie (ou Republika Srpska)], jusqu’au sommet de l’Etat.  Depuis plus d’une décennie, l’égalité des peuples constituant le pays (Musulmans bosniaque, Serbes et Croates) est garantie aux niveaux de l’Etat central et des entités régionales. Mais, en réalité, seules certaines lois garantissant cette égalité sont appliquées. L’égalité des peuples n’est respectée que dans le domaine de la justice, et au sommet du pouvoir exécutif et législatif des entités locales.

Les minorités écartées Si le principe d’égalité avait été respecté à la lettre, le nombre de représentants des minorités embauchés dans les municipalités locales ne se serait pas réduit comme une peau de chagrin. Si cela avait été le cas, les écoliers bosniaques de Vrbanjac et de Konjevic Polje [des localités situées en République serbe de Bosnie] n’auraient pas boycotté leurs écoles, étant privés du droit fondamental de bénéficier d’une éducation en langue maternelle. Toutefois, ceux qui appellent aujourd’hui les citoyens à déclarer de manière claire leur appartenance ethnique et religieuse ne sont pas très convaincants. A part les éternelles lamentations sur la non-application des lois, ils ont fait très peu de démarches concrètes pour changer l’état actuel des choses.

Et comme si les appels répétés soulignant l’importance de l’appartenance ethnique, de la confession et de la langue pour les Serbes bosniens ne suffisaient pas, l’Alliance des sociaux-démocrates indépendants (Snsd, parti serbe] a rappelé l’ »obligation » de la population de l’entité serbe de se déclarer en tant que citoyens de la République serbe de Bosnie. Cette insinuation ne peut que profiter au Premier ministre Milorad Dodik et à ses acolytes, et alimenter leur discours que la République serbe de Bosnie constitue un Etat à part entière.

Certes, les citoyens auront le dernier mot. La plus grande sanction infligée à ceux qui vivent confortablement sur leur dos depuis plus de vingt-deux ans serait de refuser de déclarer une appartenance ethnique. Ou alors de s’y soumettre, dans la mesure où cela permettrait de mettre fin au principe de l’exclusivité ethnique, ce qui donnerait une chance aux gens éduqués et intelligents, et pas seulement à ceux caractérisés par leur profil ethnique. Ce serait beau…

Note :* Le dernier recensement en Bosnie-Herzégovine a eu lieu en 1991 – à l’époque, le pays faisait partie de la république fédérale de Yougoslavie. La population locale avait été estimée à 4,4 millions d’habitants, dont 43,5 % de Musulmans bosniaques, 31,2 % de Serbes et 17,4 % de Croates. A l’heure actuelle, elle serait de 3,8 millions d’habitants. Oslobodjenje Gordana Katana 8 octobre 2013

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05 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Allemagne : après la victoire de Merkel

Allemagne : après la victoire de Merkel dans Europe 02germany-articlelarge

Une « Grande coalition » entre sociaux-démocrates et conservateurs pro-européens : c’est l’issue la plus probable aux élections législatives allemandes, qui se sont déroulées le dimanche 22 septembre. Ce sont les conservateurs d’Angela Merkel, les unions chrétienne-démocrate et chrétienne-sociale (CDU-CSU, 41, 5 % aux législatives), qui dictent le tempo des négociations politiques. Au lendemain du scrutin, Merkel a appelé les dirigeants sociaux-démocrates, mais pas ceux des Verts. Indiquant la direction dans laquelle elle préfère négocier.

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Une droite en recherche d’alliés Une alliance entre la droite chrétienne-démocrate et les Verts n’est toutefois pas une chose exclue, et la CSU – la branche bavaroise de la CDU, plus droitière – vient d’abandonner ses réserves de principes contre des pourparlers dits « noirs-verts ». L’alliance entre conservateurs et Verts avait été expérimentée à Hambourg entre 2008 et 2010, mais aussi de 2009 à 2012 (en incluant le parti libéral FDP) dans la Sarre. Cependant, ces alliances n’ont pas atteint la fin de la mandature, et ont éclaté en raison de contradictions internes. Une alliance entre droite et Verts est un objet de discussion depuis 1987, à la fois pour les « modernisateurs » dans le camp de la droite et pour l’aile la plus droitière des écologistes allemands. Mais elle reste encore un serpent de mer.
Aujourd’hui, elle aurait néanmoins une base matérielle plus solide qu’il y a 10 ou 20 ans : le capitalisme allemand a su entrer dans un nouveau cycle de croissance ces dernières années, entre autres en misant sur la transition vers de nouvelles sources énergétiques. Le capitalisme allemand a créé 1, 9 million d’emplois depuis 2005, mais souvent des emplois précaires et/ou mal rémunérés : il n’existe toujours pas de salaire minimum légal.

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Une des raisons de ce cycle de croissance réside aussi dans le train de « réformes » effectué principalement sous le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder de 1998 à 2005, pour démanteler une large partie des droits des chômeurs et faciliter le recours au travail précaire. Aujourd’hui, le SPD remonte légèrement à 25, 7 % (contre 23 % en 2009), mais n’a aucune dynamique. Son passé gouvernemental, mais aussi la personnalité de son candidat au poste de chef de gouvernement – Peer Steinbrück, un technocrate arrogant de la finance – l’ont bien empêché de susciter le moindre espoir.

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Quelle opposition ? Les deux principaux partis situés (relativement) à sa gauche, les Verts et « Die Linke », ont également baissé d’environ 3 points chacun, obtenant respectivement 8, 4 % et 8, 6 %. Ils avaient profité en 2009 de la « Grande coalition », constellation politique qui favorise toujours les partis de taille moyenne formant l’opposition parlementaire. « Die Linke » ne s’est pas révélée un facteur de mobilisation d’une opposition sociale, mais est plutôt restée cantonnée à son travail parlementaire et à ses divisions internes. Le parti reste très écartelé entre l’Ouest de l’Allemagne – où il obtient environ 5 % des voix, et ressemble à ce que représente le Front de gauche en France – et l’Est, où il dépasse encore les 20 %.

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Mais dans les États-régions situés plus à l’Est, où le parti a parfois gouverné (et gouverne encore dans le Brandebourg), c’est nettement moins un parti de gauche et/ou de classe, plus un parti régionaliste défendant l’Est contre l’arrogance de l’Ouest, vainqueur de la réunification des années 1990. Les Verts ont sans doute payé leur absence de véritable stratégie claire, et l’excès de confiance dont ils avaient fait preuve à partir de 2011, quand l’« effet Fukushima » leur a fait dépasser le seuil des 20 % dans les sondages. Ils ont vu trop grand… Par ailleurs, alors que le parti est devenu largement embourgeoisé et centriste, un débat programmatique sur l’augmentation de certains impôts (revendication destinée « aux riches » mais dont l’impact avait été mal calculé) a été utilisé contre lui. Ses adversaires venant dire qu’il était finalement gauchiste et anti-riches, alors que sa base électorale gagne en moyenne plutôt bien sa vie.
Reste donc à construire une alternative politique à la « Grande coalition » qui s’annonce et qui verra conservateurs et sociaux-démocrates tenter d’imposer de nouveaux reculs…

Bertold du Ryon Mercredi 2 octobre 2013Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 211 (03/10/2013)

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04 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Un accord sur le dos des paysans (la Conf’)

Un accord sur le dos des paysans (la Conf') dans Europe hormones

Dans la série des tractations pour des accords de libre-échange, voici les négociations pour un  partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement (TTIP), entre l’Union européenne et les Etats-Unis. La Confédération paysanne fait partie des organisations qui s’y opposent. Et pour cause !

L’Europe a une balance commerciale agricole largement excédentaire (6 milliards d’euros) dans ses échanges avec les Etats-Unis. Elle y exporte des produits à bonne valeur ajoutée (vin, alcool, fromages) et importe surtout des produits non transformés (céréales, protéagineux, viande). Ce sont ces produits que les industriels américains souhaitent vendre en plus grande quantité aux Européens, profitant des grandes différences structurelles entre les fermes des deux côtés de l’Atlantique.

Dans le cadre de l’accord en tractation, les industries agro-alimentaires américaines souhaitent voir les droits de douanes baisser sur les importations de viandes (porcs, volailles et bœuf), baisse accompagnée d’une augmentation substantielle des quotas à taux réduits. Les coûts de productions aux Etats-Unis sont beaucoup plus bas qu’en Europe. Le foncier est moins cher, les fermes en moyenne treize fois plus grandes (1), et les hormones de croissance interdites en Europe y sont utilisées massivement. C’est notamment le cas de l’hormone laitière, ou BST, qui permet de produire à bas-coût de grandes quantités de lait dans des élevages de plusieurs milliers de vaches, ou de la ractopamine, activateur de croissante largement employé dans les élevages porcins.

Les industries de la viande exigent que l’Europe reconnaisse l’utilisation d’hormones de croissance et d’hormones laitières. D’une manière générale, ces industries comptent faire baisser les normes d’hygiène jugées trop contraignantes en Europe, et qui sont très laxistes outre-atlantique (carcasses de poulets javélisées, ionisation…).

L’élimination progressive des droits de douane et l’ouverture de quotas tarifaires supplémentaires dans le secteur des viandes, voire du lait, auraient donc un impact dévastateur sur l’élevage européen. Mais ce ne sera pas la seule conséquence en agriculture. Ainsi, les semenciers ont fait connaître leurs prétentions : ils exigent une levée des moratoires sur les cultures de plantes trans-géniques, et une accélération des processus d’agrément par l’Efsa, l’agence de sécurité alimentaire européenne.

Viande hormonée, hormone laitière, OGM : nous retrouvons-là quelques-uns des plus importants combats de la Confédération paysanne depuis la fin des années 80. Ces combats ont tous été gagnés, mais la bataille semble bel et bien se rouvrir.

La Confédération paysanne a donc rejoint le 11 septembre une large coalition d’organisations déterminées à faire échouer le projet d’accord de libre échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis. D’Attac aux syndicats de salariés CGT, FSU et Solidaires, en passant par les partis du Front de Gauche et d’EE-LV, jusqu’à la Fondation Copernic, Artisans du Monde ou la Coalition francilienne contre les gaz de schiste, la première réunion a permis de dessiner les contours de ce nouveau et large front de résistance qui se constitue pour une action de longue haleine, les tractations pouvant durer trois à quatre ans, peut-être davantage. Benoît Ducasse

(1)   12,6 ha en moyenne pour une exploitation européenne, contre 170 ha pour une exploitation aux Etats-Unis

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02 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Solidarité contre la répression au Pays basque sud

Solidarité contre la répression au Pays basque sud  dans Europe eusjkasdi

Ce lundi 30 septembre au matin la Guardia civil espagnole a mené une vaste opération policière au Pays basque sud contre l’association Herrira, mouvement social populaire qui défend les droits des prisonnierEs et réfugiéEs politiques basques et organise le soutien à leurs familles au nord comme au sud du Pays basque. Au cours de l’opération, qui s’est soldée par 18 détentions de militantEs, la Guardia civil, a assailli 4 sièges publics de l’association (à Hernani, Bilbao, Iruñea et Gasteiz) pour fouiller ses locaux et les faire fermer, bloquer ses comptes bancaire et ses pages web.

Cette intervention est une preuve de plus que l’État espagnol – tout comme l’État français qui n’a fait que renforcer sa colla-boration avec Madrid depuis 2 ans sur les questions de répression – refuse toujours de s’engager dans le processus de paix au Pays Basque. Au contraire, toutes les résistances de la population et des travailleurEs sont systématiquement criminalisées et accusées de terrorisme.

Cette vaste opération contre le mouvement Herrira a d’ailleurs lieu alors que vont s’ouvrir le mois prochain à Madrid deux grands procès politiques impliquant une centaine de militants basques.

Le NPA apporte son soutien aux militantEs arrêtéEs et dénonce la répression par l’État espagnol, avec la complicité de l’État français, des organisations et des militantEs politiques qui luttent pour leurs droits et pour la résolution du conflit politique au Pays basque.

Le NPA sera présent le 26 octobre 2013, à Bilbao, aux côtés des manifestants qui défendent le respect des droits des prisonnièrEs politiques basques.

Liberté pour les 18 prisonnierEs ! Droit d’autodétermination pour le peuple basque !

Montreuil, le 1 octobre 2013 http://npa2009.org/node/38960

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30 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

« Dehors les Gitans ! » (CI)

Dessin de Mix et Remix (Le Matin)Dessin de Mix et Remix (Le Matin)
En adoptant un discours qui n’est pas le leur au sujet des Roms, les socialistes français touchent le fond, juge El Pais.
L’essor de l’extrême droite dans l’Union européenne excite les peurs des partis traditionnels, qui semblent rivaliser pour reprendre ses thèmes favoris. Il y a trois ans, la minorité rom de Roumanie avait été stigmatisée par le président Nicolas Sarkozy : leurs campements avaient alors été démantelés et des milliers d’entre eux avaient été expulsés du territoire français.Les socialistes avaient promis d’agir différemment, mais ils n’ont pas trouvé les moyens d’y parvenir après leur victoire électorale. Pour finir, c’est le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, qui a expliqué la marche à suivre : il suffit de démanteler les campements de Roms et de les expulser du territoire français. Il donne ainsi raison à ceux qui pensent que le socialisme bat sérieusement de l’aile en raison de sa tendance à embrasser les idées des autres. En tout état de cause, le sort réservé à cette minorité se jouera au début de l’année prochaine. En effet, l’humeur des Français se mesurera à deux baromètres : celui des élections municipales et celui des européennes.

Une communauté montrée du doigt Manuel Valls, de père espagnol et de mère helvético-italienne, est l’un des durs du Parti socialiste. Plusieurs de ses amis socialistes s’alarment, au même titre que la Commission européenne : si le pays des libertés républicaines (et deuxième économie de la zone euro) ne peut pas intégrer une minorité européenne ou lui interdit l’entrée pour des raisons ethniques, cela signifie que la liberté de circulation ne sera pas seule menacée.

Entre 15 000 et 20 000 Roumains de la communauté montrée du doigt vivent en France, la plupart dans des campements sauvages à la périphérie des grandes villes. Des maires ou des aspirants maires les accusent de délinquance. Bien souvent, on leur refuse la scolarisation de leurs enfants pour pouvoir mieux les expulser. Un certain nombre de ces enfants volent les Français et les touristes ; les familles sont expulsées, mais elles reviennent, et le cercle vicieux se perpétue.

Il y a quelques mois, Manuels Valls se disait préoccupé – dans des déclarations à El País – par le rejet grandissant des immigrés musulmans. Maintenant, il justifie l’expulsion des Tsiganes roumains, car il lui paraît « illusoire » d’essayer de les intégrer. Ce qui circule librement aujourd’hui, c’est la peur, tandis que les politiques ne se sortent pas de leurs petits calculs.  El País  Editorial 30 Septembre 2013

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26 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Allemagne : il n’y a pas de miracle mais une guerre de classe (LO)

Allemagne : il n'y a pas de miracle mais une guerre de classe (LO) dans Europe rich-poor-283x300

Dimanche dernier, Angela Merkel a emporté les élections législatives haut la main.

Alors que la crise a renversé les majorités dans toute l’Europe, la réélection de Merkel pour un troisième mandat fait figure d’exception. Une exception qu’on nous explique par le prétendu miracle économique allemand. L’Allemagne aurait traversé la crise « sans encombre », disent les uns, quand d’autres prétendent que le pays en est sorti plus fort qu’il n’y est entré. Du point du vue de la bourgeoisie, il n’y a pas de doute : elle a profité de la crise. Elle a restructuré, rentabilisé et gagné en compétitivité.

Et elle l’a fait de la seule façon possible : contre les travailleurs. Le chômage partiel et les baisses de salaire ont été systématisés. Quand les commandes baissaient de 20 %, les salaires baissaient de 20 %. Les primes, les horaires, les effectifs ont été adaptés aux besoins patronaux. Les salariés ont servi d’amortisseur. Comment les ouvriers faisaient-ils pour vivre avec un salaire amputé ? Ceux qui ont vanté la « réussite allemande » ne s’y sont pas intéressés.

Le grand patronat ne s’est pas gêné pour fermer des usines et licencier. Rien que dans une ville de la Ruhr, à Bochum, Nokia a fermé son usine et Opel va fermer la sienne, mettant pas loin de 7 000 travailleurs sur le carreau, sans compter les milliers de sous-traitants. La seule faillite de la chaîne de magasins Schlecker a fait 25 000 licenciements.

Quant à affirmer que l’Allemagne a « éradiqué le chômage de masse », c’est un mensonge révoltant. Il y a toujours 3 millions de chômeurs. Et, surtout, ce chiffre cache 8 millions de travailleurs pauvres. Certains d’entre eux doivent se contenter de quelques heures de travail par semaine pour un maximum de 450 euros par mois, quand d’autres sont contraints de faire des travaux d’intérêt général payés 1 euro de l’heure. Ils ne sont pas comptabilisés comme chômeurs, mais ils cherchent bel et bien un emploi et un salaire dignes de ce nom.

Il n’y a pas de miracle. Des centaines de milliers d’ouvriers licenciés ont, par exemple, été réembauchés en intérim dans la même entre-prise, au même poste et avec les mêmes horaires, mais avec 500, 600, voire 900 euros en moins sur la feuille de paye. Alors, oui, cela laisse une bonne marge pour le patron.

Sans doute vaut-il mieux être pauvre et chômeur en Allemagne qu’en Pologne, en Roumanie ou en Grèce. C’est peut-être ce que se sont dit certains des électeurs de Merkel. Et puis, quelles raisons les travailleurs allemands avaient-ils de préférer le Parti social-démocrate, le SPD, à la CDU, le parti de Merkel ? Quand ils sont au pouvoir, rien ne différencie la politique du SPD et celle de la CDU. Les deux partis ont d’ailleurs gouverné ensemble de 2005 à 2009, et ils sont prêts à le faire de nouveau.

Sans compter que beaucoup, parmi les ouvriers et les plus pauvres, ne pardonnent pas la politique qu’a menée le SPD quand Schröder était chancelier, dans les années 2000. Avec les lois Hartz, il a attaqué avec une brutalité inouïe les droits des salariés : baisse des allocations chômage, baisse des droits à la retraite, généralisation des petits boulots, flexibilité des salaires… En Allemagne, c’est la gauche, le SPD, qui a fait le sale boulot contre les travailleurs, au point que Merkel n’a plus eu grand-chose à faire, si ce n’est féliciter le courage de Schröder.

Oui, ce qui se passe en Allemagne doit nous servir de leçon. L’Allemagne bat des records d’inégalités. De plus en plus de travailleurs en sont à cumuler deux, trois petits boulots pour vivre. Des retraités doivent se remettre à travailler à 65, 67 ans. L’espérance de vie régresse dans certaines régions. Voilà ce que les défenseurs du capitalisme appellent une « réussite ». Voilà ce qu’est pour eux un pays prospère et compétitif !

Tous les politiciens, de gauche comme de droite, qui donnent la priorité à la compétitivité, à la rentabilité des capitaux, en nous expliquant que cela ira mieux pour tout le monde, sont des menteurs. L’Allemagne nous en donne la preuve. Le marché, la concurrence, les lois du capitalisme conduisent à sacrifier les travailleurs sur l’autel de la compétitivité, même dans les pays qui s’en sortent le mieux.

Les intérêts patronaux et les intérêts des travailleurs sont incompatibles. Les travailleurs ne pourront se défendre efficacement qu’en en étant convaincus. C’est leur compétitivité, ou nos emplois. C’est leurs profits, ou nos salaires. C’est leurs privilèges, ou nos retraites. C’est eux, ou c’est nous !

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2356&id=1

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