Archive | Europe

16 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Italie: pauvres riches ! (ci)

Dessin de Ballaman

D’après des chiffres annoncés le 14 novembre par le ministère de l’Economie italien, les employés gagnent plus que les entrepreneurs.
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A moins qu’ils ne déclarent simplement davantage leur revenus. Mais qu’importe, la lutte contre l’évasion n’est plus une priorité en Italie, déplore l’éditorialiste.
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Selon le fisc italien, les employés gagnent plus que les chefs d’entreprise.J’aurais dû écouter ma mère, point de salut sans bulletin de salaire. Aujourd’hui, il est finalement clair pour tout le monde que le secteur libéral est l’antichambre de la misère, et le métier d’employé le seul qui rapporte. Il suffit de penser qu’il contribue à hauteur de 83 % aux recettes fiscales, avec l’aide d’une autre catégorie de privilégiés, les retraités.
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Sans salariés ni retraités, l’Etat n’aurait pas assez d’argent pour payer les salaires et les retraites.Mieux vaut en sourire, de toutes façons plus personne ne s’indigne. Certaines nouvelles font désormais l’effet d’une dose de morphine : on s’habitue, à force. Un « retraité en or » à 2 000 euros net par mois fait plus scandale qu’un fraudeur qui étale sa richesse. Le travail au noir est accepté comme une échappatoire inévitable, sans préjudice, puisque l’Etat est à tout le monde, autrement dit à personne. Le chagrin pour tous ces entrepreneurs honnêtes, poussés au suicide par des impôts aberrants et des créanciers retors, atténue l’indignation contre leurs homologues malhonnêtes, ceux qui fraudent les impôts pour écraser la concurrence.
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Je signale aux amateurs de sensations fortes le rapport de l’OCDE sur les émoluments des cadres de la fonction publique. Les mieux payés au monde sont les Italiens : le triple des Alle- mands. Sûrement en récompense de la compétence et de l’efficacité des services rendus. Les cadres de la fonction publique rentrent dans la catégorie des employés. Ce sont eux qui ont dû faire augmenter la moyenne. La Stampa Massimo Gramellini 16 novembre 2013

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13 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Non à la criminalisation de ceux qui luttent pour l’accès à la terre et aux ressources (la conf’)

Non à la criminalisation de ceux qui luttent pour l'accès à la terre et aux ressources (la conf') dans Europe cartel-juicios-turquilla

Le 11 novembre, plus de cinquante militants du Sindicato Andaluz de Trabajadores, mouvement de travailleurs et ouvriers agricoles, sont appelés à comparaître devant le Tribunal supérieur de justice d’Andalousie (tribunal de grande instance) à Grenade.

Accusés d’usurpation, de dommages et de désobéissance grave, ils risquent 88 années de prison et 275 000 € d’amende.

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Leur crime ? Avoir occupé en 2012 une exploitation agricole, propriété de l’Etat espagnol, largement sous utilisée par l’armée pour y garder quelques ânes et chevaux. Dans cette région où règne un chô- mage de masse, tous les partis avaient pourtant demandé que cette exploitation soit cédée à la ville d’Osuna, afin de donner un usage social à la terre. La Coordination paysanne Via Campesina, et toutes ses organisations membres, apportent leur soutien aux camarades interpelés.

C’est l’accès aux ressources, à une vie décente pour tous qui est en jeu. La terre, l’eau, les semences, sont des moyens de production et de survie. Ils ne doivent pas être confisqués à des fins spéculatives, ni par les Etats, ni par les compagnies privées.

http://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=2050&PHPSESSID=1pekvf19a05agrajdlsbhd7vf5

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10 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Pays basque : dans la rue pour les droits civils et politiques

Pays basque : dans la rue pour les droits civils et politiques dans Europe roazhon-300x261

Samedi 26 octobre, une délégation du NPA conduite par Philippe Poutou et Gaël Quirante a participé à Bilbao à la manifestation appelée en soutien aux militants accusés de pré- tendus liens avec ETA.

Ceux-ci passent en jugement depuis le 17 octobre et encourent de lourdes peines de prison. Des milliers de personnes avaient revêtu pour l’occasion des T-shirt orange et des ballons de même couleur flot- taient au-dessus des manifestants. À Bilbao, ce jour-là, comme depuis plusieurs mois dans d’autres villes du Pays basque, cette couleur symbolise la lutte pour le respect des droits civils et politiques.
C’est ainsi que dans les rues de la capitale de la Biscaye, près de 10 000 personnes ont réclamé la fin des procès politiques alors que se tiennent à Madrid deux « macro procès » contre des dizaines de militants de la gauche abertzale (indépendantiste).

Procès politiques « Konponbidearen alde, eskubide guztiak, epaiketa politikorik ez » (« En faveur de la résolution, tous les droits, pas de procès politique ») était le mot d’ordre central des manifestants. Derrière la banderole de tête, les militants inculpés (74 au total), soutenus par une foule déterminée, ont une nouvelle fois réclamé que cessent toutes les poursuites engagées par la justice espagnole.
« Les temps ne sont pas aux procès politiques et à l’incarcération de militants, mais à la recherche de solutions pour mettre fin au conflit et à ses conséquences » ont ainsi développé dans le discours final Floren Aioz et Garazi Rodriguez, respectivement mis en examen dans les dossiers numé- rotés 35/02 (pour un prétendu financement de l’organisation rendue illégale Batasuna) et 26/11 ( 40 militants accusés d’appartenance à l’organisation de jeunesse interdite Segi).
« Nous sommes jugés coupables d’avoir impulsé et ouvert une nouvelle ère politique au Pays Basque, de lutter pour obtenir la démocratie, la paix, la normalisation politique et le respect de nos droits » a repris Floren Aioz, tout en accusant les magistrats de l’Audience nationale de fonder leurs accusations sur des propos arrachés par la torture.

Au nom de notre délégation et de l’ensemble de notre parti, notre camarade Philippe Poutou a réaffirmé publiquement que « le NPA apporte son soutien aux militants politiques qui luttent pour leurs droits et pour la résolution du conflit. » Vendredi 8 novembre 2013

Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 216 (07/11/2013) Pedro Carrasquedo

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10 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

La nuit sanglante du 9 novembre 1932 à Genève

La nuit sanglante du 9 novembre 1932 à Genève  dans Europe

Il y a septante et un ans, le parti fasciste local, l’Union nationale de Georges Oltramare, se met en tête de « juger », lors d’une réunion publique, ses adversaires politiques :

les dirigeants socialistes Léon Nicole et Jacques Dicker. La gauche convoque une contre-manifestation. Ce soir-là, l’armée tirera sur la foule, tuant treize personnes et en blessant 65 autres, dans les rangs antifascistes et parmi les curieux. A l’époque, comme partout en Europe, la crise économique sévit, le chômage est important (8 000 chômeurs à Genève), les scandales politiques et financiers nombreux (à l’instar de la faillite de la Banque de Genève), la classe moyenne s’appauvrit et la classe ouvrière connaît la misère.

Appel au meurtre Le 5 novembre 1932 fleurissent sur les murs de la ville des affiches de l’Union nationale annonçant pour le 9 une « mise en accusation publique des sieurs Nicole et Dicker » à la salle communale de Plainpalais. Des tracts les accusent de préparer la guerre civile et concluent : « Abattons-les ! » Le Parti socialiste demande l’interdiction de ce « procès », requête déclinée par les autorités municipales et cantonales. Dès 19h, les rues environnantes du meeting sont bouclées. Quelque 5 000 manifestants affluent. Ils sont empêchés de pénétrer dans la salle communale. A la rue de Carouge, un barrage commence à céder. Des bagarres éclatent, mais la police contient la foule.

Confondant échauffourée et insurrection, le conseiller d’Etat libéral Frédéric Martin demande alors l’intervention de la troupe. La I re Compagnie, des recrues inexpérimentées, se fraie un passage à travers la foule ; quelques soldats sont désarmés, des fusils cassés, des appels à fraterniser lancés. L’or- dre leur est donné de se replier. Les soldats se retrouvent alors dos au mur du Palais des Expositions, encerclés par un certain nombre de manifestants. Personne n’a compris les sommations. Ni ne sait que les balles à blanc ont été remplacées par des balles réelles. A 21 h 34, la troupe ouvre le feu : 150 coups sont tirés en douze secondes. Le premier à être abattu est Henri Fürst, président du Parti communiste genevois. Parmi les treize morts, également des curieux comme ce fraiseur de 54 ans, dont le fils faisait partie des recrues.

« L’ordre est rétabli » Ce fut une tragédie et un immense gâchis. Mais « l’ordre est rétabli », comme l’affirmera le lendemain le président de la Confédération, Giuseppe Motta, en déplacement à Genève. Le jour même, le Conseil d’Etat interdit tout rassemblement sur la voie publique « jusqu’à nouvel ordre » et Léon Nicole est arrêté, puis sera condamné à six mois de prison pour émeute.

samedi 8 novembre 2003, par Christiane Pasteur, Tribune de Genève

http://www.lescommunistes.org/spip.php?article330

Lire aussi:

http://npa29quimper.over-blog.fr/article-9-novembre-1932-l-ordre-regne-a-geneve-treize-morts-et-une-centaine-de-blesses-par-balle-112117269.html

 

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08 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Ne touchez pas à Jokin et à Emilie!

Ne touchez pas à Jokin et à Emilie! dans Europe roazhon-300x261

Halte à la répression !  L’heure est à la résolution du conflit !

Jokin Aranalde, porte parole du Collectif des exilé-e-s politiques basques, résidant en Iparralde depuis plus de 10 ans, est sous le coup d’un mandat d’arrêt européen (MAE) honteusement validé par Paris. Jokin a décidé de ne pas se soumettre. Il se cache et continue à militer avec le Collectif pour la résolution politique et démocratique du conflit.
Nous sommes entièrement solidaires de sa décision et le soutenons inconditionnellement.

Emilie Martin, porte parole d’Herrira (mouvement de soutien aux prisonnier-e-s politiques
basque) en Iparralde a été convoquée par l’Audiencia Nacional dans le cadre de l’offensive
répressive contre ce mouvement. Elle a refusé de se soumettre à ce tribunal d’exception et
ne s’est pas rendue à Madrid qui émettra très probablement un MAE à son encontre dans
les prochains jours. Elle place du même coup le gouvernement français devant ses
responsabilités.

Nous sommes entièrement solidaires de sa décision et la soutenons
inconditionnellement.

L’abrogation du MAE est plus que jamais à l’ordre du jour ! Une nouvelle fois il sert
d’outil liberticide aux mains des états pour écraser les organisations qui les dérangent. Jokin
et Emilie sont deux militant-e-s qui oeuvrent en faveur du processus de paix et c’est parce
qu’ils sont artisans de ce processus que l’état espagnol, avec l’appui zélé de l’Etat français,
les poursuit. Les deux Etats ne veulent aujourd’hui ni la paix, ni la démocratie. Il faudra les y
contraindre. Jokin et Emilie montrent la voie, celle de la résistance. Cette résistance doit
s’amplifier et devenir celle de la société civile, de ses partis, de ses syndicats, de ses
associations… En même temps, il s’agit de poursuivre dans la construction de la résolution
du conflit, dans l’organisation du débat et de la mobilisation pour les droits démocratiques en
Pays Basque.

Arrêt immédiat des poursuites envers Jokin et Emilie !
Fin des mesures et des tribunaux d’exception ! Abrogation du MAE !
Respect des droits des prisonnier-e-s et des exilé-e-s !
Pour les droits démocratiques en Pays basque !
Le NPA Pays Basque participera à toutes les initiatives à venir qui iront dans ce sens.

Pays Basque, le 7 novembre 2013  Communiqué du NPA Pays Basque

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07 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Emilie Martin: «Madrid veut m’arrêter. Et la France, elle dit quoi ?» (libération)

Emilie Martin: «Madrid veut m'arrêter. Et la France, elle dit quoi ?» (libération) dans Europe roazhon

La militante basque est recherchée par l’Espagne, obligeant les autorités françaises, comme pour sa sœur avant elle, à clarifier leur position.

Leur histoire est troublante de similitudes. Les sœurs Aurore et Emilie Martin se retrouvent, l’une après l’autre à un an d’intervalle, à incarner la position de la France sur la question basque. Chacune à leur tour, elles sont visées par la justice espagnole pour leur militantisme. Et obligent la France à clarifier sa position, notamment dans le cadre du processus de paix engagé depuis deux ans.

Il y a quinze jours, Emilie, la cadette des Martin, reçoit dans sa boîte aux lettres une convocation de la justice espagnole. «Il y avait juste écrit de me présenter ce mardi matin à 10 heures à Madrid, sans même me dire pourquoi, explique-t-elle. En précisant que si je n’obéissais pas, je serais sous le coup d’un mandat d’arrêt européen.»Elle a préféré ne pas s’y rendre. Elle sait pertinemment ce qu’on lui reproche : son implication dans Herrira. A 28 ans, elle est porte-parole en France de cette association qui aide les détenus basques, souvent des anciens membres de l’organisation séparatiste ETA.

«Rien n’oblige la France à m’arrêter» «En France, rappelle-t-elle, l’association est tout à fait légale, on reçoit les subventions du conseil général, je suis salariée de l’association.» Mais en Espagne, Herrira a été interdite il y a peu. Le 30 septembre dernier, les bureaux en Espagne ont été fermés, la page Facebook bloquée. 18 membres ont été interpellés, et se retrouvent sous contrôle judiciaire. Les charges sont lourdes. Ils sont poursuivis pour appartenance à un groupe armé, apologie et financement du terrorisme.

«Le gouvernement espagnol est toujours dans la théorie « tout est ETA ». Cela n’a aucun sens. Notre association a justement été créée dans le cadre du processus de paix pour résoudre les conséquences du conflit, en permettant le retour des réfugiés politiques et des prisonniers basques. Encore une fois, le gouvernement espagnol fait tout pour casser la dynamique !» Elle poursuit : «En ce moment, se déroulent là-bas deux méga procès : 80 personnes sont jugées. Nous faisons tout pour avancer vers la paix et eux, ils nous font des procès.»

Emilie Martin a des mots durs, assure n’avoir aucune confiance en la justice espagnole. «Je connais leurs tribunaux. Tout le monde sait ici qu’ils bafouent constamment les droits de l’homme sur la question basque. Madrid m’appelle, mais que dit la France ?», interpelle-t-elle. Dans les jours qui viennent, l’Espagne va certainement déposer un mandat d’arrêt européen à son encontre. «La France aura alors le choix. Rien ne l’oblige à l’activer et m’arrêter comme ils ont arrêté ma sœur.»

«Il ne s’agit pas d’un conflit de personnes» Le 1er novembre 2012, Aurore Martin était stoppée par les gendarmes sur une petite route des Pyrénées-Atlantiques, et livrée illico aux autorités espa- gnoles qui la recherchaient pour des faits non répréhensibles en France. A savoir, avoir participé à des réunions publiques du parti séparatiste Batasuna, interdit en Espagne, mais légal en France (autodissous depuis). C’était la première ressortissante française remise à l’Espagne dans une affaire basque. Sa sœur sera-t-elle la prochaine ?

«On va bien voir», répond, stoïque, Emilie Martin. Elle balaie d’un revers de main tout «achar-nement contre ma sœur et moi. J’avoue, c’est étrange mais c’est tombé comme ça. Il ne s’agit pas d’un conflit de personnes. Nous sommes dans un conflit politique. Parfois, des familles entières se retrou- vent en prison.»

Emilie ne compte pas se cacher. Elle se dit même «plutôt curieuse» de voir comment les autorités françaises vont réagir. «Il est plus que temps que la France arrête de s’aligner sur l’Espagne sur la question basque. Qu’on avance vers la paix.» Demain, comme tous les jours, elle se rendra dans les locaux de Herrira, au cœur du petit Bayonne. «Pour travailler. Evidemment que je continue. Même si avec l’interdiction en Espagne, on a une jambe en moins.»

Marie PIQUEMAL 5 novembre 2013 à 19:28 (Mis à jour : 6 novembre 2013 à 10:25)

http://www.liberation.fr/societe/2013/11/05/emilie-martin-madrid-veut-m-arreter-et-la-france-elle-dit-quoi_944838

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05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Contre l’Europe de la crise et la troïka de l’austérité, on continue! (1)

Contre l’Europe de la crise et la troïka de l’austérité, on continue! (1) dans Austérité rapetous

Depuis plusieurs mois, des mobilisations secouent l’Europe, en particulier les pays du Sud du continent.

Contre la terrible loi de la troïka — Union européenne, BCE et Fonds monétaire international — les peuples portugais et italiens sont descendus dans la rue par dizaines de milliers samedi 19 octobre. Et ce samedi 26 octobre, à l’appel du mouvement « Que la troïka aille se faire voir », les Portugais ont encore largement manifesté dans les rues de Lisbonne pour protester contre la politique de rigueur menée dans tout le pays. Des rassemblements se déroulaient également à Porto et dans une douzaine d’autres villes du pays, à l’appel du mouvement citoyen.
« Il y a une issue : gouvernement à la rue » pouvait-on lire sur certaines banderoles et affiches brandies par la foule réunie à Lisbonne.

Les raisons de la colère ? De nouvelles mesures d’austérité annoncées pour l’année prochaine, dans le cadre du programme de rigueur négocié par le Portugal avec la troïka, en échange d’un prêt de 78 milliards d’euros accordé en mai 2011. Il y a deux semaines, le gouvernement avait présenté un projet de budget prévoyant de nouvelles économies et des recettes supplémentaires de 3, 9 milliards d’euros, l’objectif étant de ramener le déficit public à 4 % du PIB en 2014. Une « petite musique » que l’on connaît bien dans toute l’Europe…

Contre les élites européennes et les gouvernements qui, comme ici, orchestrent les coupes budgétaires et la régression sociale, la mobilisation continue, au Portugal et ailleurs ! L’objet de ce nouveau dossier est de donner quelques éclairages internationaux venus d’Italie, de l’État espagnol et de Grèce.

Dimanche 3 novembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 215 (31/10/2013)

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05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Italie: journées cruciales (2)

Italie: journées cruciales (2) dans Austérité we-wont-pay2-375x248

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Des dizaines de milliers de travailleurs, de jeunes, de gens issus de l’immigration, de militants des mouvements pour la défense de l’environnement ont pacifiquement manifesté dans les rues de Rome durant deux journées extraordinaires de mobilisation, les 18 et 19 octobre.

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Automne 2013, encore un automne de crise, de licenciements, de pauvreté… Un automne qui n’a pas encore vu de grève appelée par les trois principaux syndicats (Cgil, Cisl et Uil), des syndicats qui ont seulement décidé d’une petite grève de quatre heures…

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Le vendredi 18 octobre, la grève générale décidée par les syndicats alternatifs (Usb, Cub et Cobas) a eu des bons résultats, surtout dans les secteurs de la santé et des transports. Plu- sieurs villes ont été bloquées. La participation à la manifestation de Rome a dépassé les prévisions. Il y avait beaucoup de travailleurs du secteur public et privé, des immigrés… À Milan, il y avait un millier de participants, dont des travailleurs du transport issus de l’immigration.

La « trêve sociale » enfin brisée Le lendemain, la manifestation du samedi 19 octobre a été un succès extraordinaire. Des dizaines de milliers de personnes ont défilé pendant plusieurs heures dans un climat de tension et un état de siège voulu par les autorités et alimenté par des médias qui pariaient sur une réédition de la journée du 15 octobre 2011. Dans la rue, il y avait les mouvements organisés dans les réseaux pour le droit au logement et dans les comités qui militent pour l’environnement (No Tav, No Muos…).

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La manifestation s’est déroulé sans incident, ce qui a montré la véritable unité politique des manifestants et des organisateurs. Il y bien eu des moment de tensions : quand les militants de Casapound (un centre social néo-fasciste) ont cherché à attaquer le cortège, sous le regard indifférent de la police ; quand les forces de l’ordre ont chargé une partie des manifestants près du ministère de l’Économie, l’un des principaux responsables du massacre social. Les personnes arrêtés ont été libérées quelques jours après. Après le cortège s’est formée une acampada (un rassemblement) qui a duré plusieurs jours.

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La « trêve sociale » a donc été finalement brisée. Des dizaines et dizaines de milliers de parti-cipants sont descendus dans la rue sans le soutien des appareils syndicaux ou politiques. Dernier grand rassemblement militant, le 15 octobre 2011 avait peut-être été plus massif, mais il y avait eu à l’époque le soutien de la Fiom (syndicat des métallurgistes) et de l’Arci (un réseau d’associations progressistes).

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Le 19 octobre ouvre des perspectives La décision de créer une convergence entre les mani- festations du vendredi et celle du samedi a été très positive. Elle montre la voie à suivre : l’unité de tous les mouvements sociaux en lutte contre l’austérité. La petite grève de quatre heures appelée par la Cgil, Cisl et Uil contre la loi budgétaire est une tentative des appareils syndicaux pour éviter qu’autour des secteurs les plus radicaux se regroupent les travailleurs gravement touchés par la crise et qui, ces dernières années, n’ont pas eu l’occasion de se mobiliser.

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Enfin, disons un mot sur la journée du 12 octobre « en défense de la Constitution ». Cette journée a vu les rues de Rome traversées par un peuple de gauche déçu par le délabrement des forces du mouvement ouvrier, et qui chercherait donc un improbable compromis social. Les promoteurs de cette journée n’ont pas voulu de dialogue avec les initiatives du 18 et du 19, et dans certains cas, ils ont même participé au climat de criminalisation. Leur priorité est le dialogue avec le seul Parti démocrate (centre gauche), mais cela ne signifie pas que les milliers de personnes descendues dans la rue le 12 soient condamnés à cette vaine modération.

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Le mouvement du 19 octobre n’est pas à cette étape suffisant pour bouleverser la donne. Une relation pas encore bien installée avec le mouvement des travailleurs, et une méfiance justifiée envers les syndicats (méfiance qui peut aussi s’étendre vers les syndicats de classe) risquent d’alimenter de fausses divisions. Mais il est toujours possible d’affronter et de dépasser ces problèmes dans la mobilisation de masse plutôt que dans des discussions académiques. Le 19 octobre marque l’ouverture de cette possibilité. De Turin, Gippo Mukendi Ngandu

http://npa2009.org/node/39400

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05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

État espagnol, l’anti-austérité, point central de la lutte des classes (3)

État espagnol, l’anti-austérité, point central de la lutte des classes (3) dans Austérité cartel-mitin-26-11-2010

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Le cycle de luttes ouvert depuis le début de la crise connaît des formes mouvantes, reflet du divorce des organisations traditionnelles de la gauche, en particulier les syndicats, et de la classe ouvrière, ainsi que d’une situation de fragmentation sociale.

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Les syndicats majoritaires n’ont pas eu ces dernières années une stratégie claire de résis- tance face aux attaques. C’est ainsi qu’ont surgi de nouveaux phénomènes qui dessinent les possibles lignes de recomposition de la classe dans un sens historique. L’anticapitalisme militant a besoin de comprendre ces problèmes, limites et potentialités pour pouvoir jouer un rôle dans la période.

Contre le « réformisme passif » Ces évolutions (d’abord les syndicats qui ont appelé aux grèves générales, le Mouvement 15M, et aujourd’hui le mouvement des Mareas) reflètent et encouragent une attitude de résistance. Certes il n’y a pas de victoires, mais pas encore non plus de sentiment généralisé de défaite, et la dynamique de montées et baisses de luttes entretient encore un certain état d’esprit d’indignation.

Cette colère sociale a comme principal adversaire le blocage institutionnel du Parti populaire (PP), qui agit comme un gouvernement « thatchériste », mais elle doit aussi faire face à l’orientation de Izquierda Unida (IU), qui se situe dans une perspective électoraliste et subordonnée à la logique de gestion avec le social-libéralisme (ainsi, en Andalousie, IU gouverne avec le PSOE, assumant les coupes budgétaires, devenant pour IU l’exemple à suivre pour tout l’État).

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L’absence de victoires importantes renforce ce sentiment de « réformisme défensif » et amène une partie importante des gens à penser que nous ne pouvons qu’aspirer à réduire les coupes sombres, pas plus. Nous, les anticapitalistes, nous avons donc besoin de nous implanter davantage et mieux dans les luttes, en transformant notre organisation pour permettre, avec d’autres, des victoires significatives des résistances contre l’austérité.

Des brèches peuvent être ouvertes Ces deux derniers mois, la lutte pour l’éducation publique rassemble tous les secteurs qui refusent les politiques du gouvernement PP. Il ne s’agit pas seulement d’une lutte contre la baisse des budgets dans ce secteur, mais elle constitue aussi une ligne de démar- cation politique. Sa capacité à rassembler un large secteur, à politiser et cristalliser les débats, fait de la lutte pour la santé et l’éducation publique le symbole de la lutte des classes.

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De même, il y a eu durant des semaines une grève illimitée exemplaire dans les îles Baléares, avec un soutien impressionnant, grève qui n’a été défaite que par l’attitude passive des directions syndicales majoritaires qui ne s’en sont pas servies pour étendre le conflit en appelant à une grève générale dans toutes les îles afin d’obliger le gouvernement à négocier avec les enseignants. Sans cette nouvelle erreur des directions syndicales, nous aurions été dans une bien meilleure position pour appeler aux mobilisations pour l’enseignement qui se sont déroulées le 24 octobre. Cependant, cette grève et le soutien populaire massif montrent que des brèches peuvent être ouvertes à travers la pression sur les gouvernements régionaux.

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De plus, nous avons eu la semaine dernière trois jours de grève étudiante combinée avec une grève de toute l’éducation. Il y a eu d’énormes manifestations, dans lesquelles Izquierda Anti- capitalista a joué un grand rôle dans bien des villes, surtout dans le mouvement étudiant où nous coor- donnons mieux notre implantation. Nous avons aussi joué un rôle dans Marea Verde dans certaines provinces et régions.

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De même, nos camarades de Catalogne ont pu ouvrir une brèche dans le débat sur l’indépendance grâce à l’initiative du « Procés Constituent », combinant revendications sociales et nationales, en partant de l’indignation sociale suscitée par la restriction des budgets.

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L’anti-austérité est le point de départ des anticapitalistes pour être en lien avec les sentiments et les expériences de classe, ainsi que pour pousser fortement les résistances vers de possibles ruptures. La réussite de cette politique ouvrira des possibilités pour les révolutionnaires. Ne pas le comprendre ou ne pas nous impliquer dans ces tâches permettraient une recomposition d’un régime pourtant en crise.

De Cadix, Jesús Rodríguez González (traduction Monica Casanova)

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05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Grèce : résistance sociale (4)

Grèce : résistance sociale (4) dans Austérité grece-300x212

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Si récemment on a beaucoup parlé des crimes en tout genre de Aube dorée et de ses liens avec la haute finance (on vient même de trouver chez un armateur, Pallis, des armes et un musée nazi !), l’essentiel — qui nourrit la vermine nazie — reste la misère sociale.

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Le chômage devrait bientôt frapper 30 % des travailleurs. Le gouvernement ose parler d’une baisse à 24 % en 2014, mais les experts européens confirment que la crise va durer, ajoutant que les Grecs doivent s’habituer à vivre ainsi ! Environ 900 000 personnes sur une population de 11 millions sont désormais au chômage depuis plus d’un an, sans aucune perspective. Et le gouvernement semble s’orienter vers la liberté totale de licencier, le déverrouillage intervenu ces derniers temps ne permettant pas de virer assez de travailleurs d’un coup, sauf à se déclarer en faillite.

Des écoles aux universités… Néanmoins, le quotidien est fait de nombreuses résistances, comme on le voit dans le secteur public : dans l’éducation, des luttes ont eu lieu dans les collèges et lycées, pour dire non aux suppressions de postes, aux mutations d’office. Mais la grève, trahie par la direction syndicale en mai, a eu du mal à durer cet automne, même si des lycéens sont entrés en lutte au côté des enseignants.

Il y a aussi les gardiens d’école, mis de fait au chômage, revendiquant pourtant leur rôle face aux dégradations en tout genre : ils viennent de clore un marathon de protestation et même des députés de droite promettent de dénoncer le caractère inconstitutionnel de la mesure, ce qui pourrait ouvrir une porte contre toutes les mesures prises de la sorte ! Les facs sont aussi en ébullition : la même « disponibilité » frappe le personnel administratif, avec en réaction un mouvement de désobéissance qui dure : refus des directions de transmettre au ministère la liste des personnels. Le secteur est au bord de l’explosion !
Bien sûr, d’autres secteurs sont en lutte, le gouvernement droite-Pasok s’apprêtant à mettre en disponibilité 30 000 agents ! Les hôpitaux sont en première ligne, avec calculs technocratiques de rendements par lit ! Ainsi, entre autres exemples, dans la ville martyre anti-nazie de Kalavryta (près de Patras), la population se bat contre la décision de fermer la section des soins pathologiques. Autre secteur important pour le pays, les personnels de l’archéologie se mobilisent contre le manque de crédits pour les fouilles, et contre le risque de privatisation du secteur.

Page noire de l’histoire grecque Dans le privé, de nombreuses luttes dispersées ont lieu. Ainsi, à Chalkis (île d’Eubée), les travailleurs de plusieurs boîtes viennent de s’affronter à la police en voulant occuper la préfecture. Venus de plusieurs entreprises importantes (cimenteries, meubles de bureau…), ils protestent contre les licenciements et contre une pratique du patronat moderne : faire travailler… sans rémunérer ! On a ici l’embryon d’une coordination locale, comme il devrait s’en développer partout !

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Deux luttes restent aussi des références : les employés de la radio télévision publique (ERT) mis à la porte au début de l’été, occupent toujours et diffusent ! Mais les menaces augmentent : neutralisation de leur accès à un satellite, demande de députés de droite de les expulser des locaux… La solidarité devient urgente ! La lutte des habitants de Skouries (nord du pays) contre une nouvelle mine d’or, réprimée comme une action terroriste, gagne aussi en soutien : libération de deux personnes emprisonnées depuis 6 mois, concert de solidarité à Salonique avec 35 000 participants…

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Face à cette résistance, un conseiller du Premier ministre Samaras vient de gaffer, déclarant que la politique de la troïka est une des pages noires de l’histoire grecque ! Gêne bruyante de la droite et du Pasok devant cette justification involontaire des luttes… Une nouvelle occasion pour le mouvement ouvrier d’étendre sa résistance, comme il l’a fait récemment en contraignant la direction de la confédération GSEE — pourtant proche du Pasok — à appeler à une grève générale de 24 heures ce jeudi 6 novembre. D’Athènes,  A. Sartzekis

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