Archive | Europe

21 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Un ancien membre d’Aube dorée témoigne (CI)

Un ancien membre d'Aube dorée témoigne (CI) dans Antifascisme robert-de-niro-as-al-capone-in-the-untouchables

Le quotidien grec To Ethnos a rencontré un ancien membre du parti néonazi Aube dorée, deux jours après la mort d’un militant antifascite tué par un membre de la formation d’extrême droite. Extraits.
Un ancien membre d’Aube dorée (AD) révèle l’existence d’un bataillon d’assaut de l’organisation nazie : leur manière d’organiser des attaques, où est-ce qu’ils « cachent leurs armes », les conditions pour entrer dans l’équipe et le respect de la hiérarchie. Ce dernier a appartenu au noyau dur d’Aube dorée durant un an et demi.Pendant cette période, il en a vu beaucoup et a côtoyé de près les hommes qui composent la branche locale du parti, « dont le meurtrier de Pavlos Fyssas était sous-chef », affirme-t-il. Dans ce long entretien qu’il accorde à To Ethnos, il fait sortir de l’ombre cette branche locale dangereuse d’Aube dorée de la ville de Nikaia [ou Nicée], au sud-ouest d’Athènes. Il nous a aussi fourni des documents que nous ne pouvons publier, pour des raisons évidentes.  Ce qu’il nous révèle est plus ou moins ce que nous imaginions, mais les preuves sont choquantes. Le bataillon d’assaut de Nikaia, dirigée par Giorgos Patelis et présidé par le député Ioannis Lagos, dispose d’une hiérarchie, d’une structure et d’une organisation que l’on rencontre seulement dans des équipes paramilitaires criminelles.

Prouver qu’on est digne du parti Leur quartier général est leur bureau. On y donne les ordres pour attaquer les migrants et pour d’autres actions. C’est dans ce bureau que sont gardés les battes, stylets et bâtons télescopiques qu’ils font disparaître quand il y a un contrôle de police. « Quand il fallait les cacher, nous mettions nos armes dans la voiture de Giorgos Pantelis et dans la maison de sa maman », nous dit cet ancien membre du parti. « D’ailleurs, un policier de Nikaia est lui-même membre d’AD et donne des informations quand un contrôle se prépare, ou bien il se charge de nettoyer le casier judiciaire de ceux qui se font prendre en flagrant délit. »

En se confiant au journal, l’ex-membre du parti analyse l’organigramme de la branche d’AD de Nikaia et affirme que s’il se passait quoi que ce soit dans le quartier, « tous en auraient informé Giorgos Pantelis. Ce dernier devait, à son tour, informer Ioannis Lagos qui était le fer de lance de toutes les actions de la branche. Si nous avions son accord, nous pouvions sortir dans les rues. Pour taguer nos slogans sur les murs de la ville, ou s’en prendre à des Pakistanais, il fallait que Pantelis et Lagos soient informés. »

« Pour intégrer le bataillon d’assaut de Nikaia », explique notre témoin, « il faut appartenir à la ‘clique’ de Giorgos Pantelis et être capable de prouver sa valeur. Une fois membre, on entre dans le cercle, et puis, une fois qu’on prouve que l’on est digne du parti, on approche du noyau dur. On te dit, dès le départ, ‘tu n’es rien, tu es nul’. On te dit de faire des pompes et on te donne des coups de pieds dans les côtes devant tout le monde. Une fois dans le noyau dur, on te donne un livret où sont inscrits tous tes services : dans combien de rassemblements tu t’es rendu, combien de fois tu es allé aider à l’organisation du bureau, etc. »

Des profils variés La plupart des membres ont entrepris la protection des rassemblements du parti dans tout le pays. Mais ce ne sont pas que des malabars qui assurent le service de sécurité. « Il y a aussi des hackers qui attaquent les profils Facebook de tous ceux qui ont été renvoyés ou se sont retirés du parti. Certains membres se font passer pour des anarchistes ou des antifascistes, pour pouvoir apprendre ce qui se trame dans le camp adverse. La communication entre membres du parti se fait par des messages Internet prépayés. » Alors qu’ils se présentent comme les sauveurs de la Grèce, qui vont renvoyer les migrants du pays, les masques tombent.

Selon notre témoin, les vêtements que les membres d’AD rassemblent pour prétendument les distribuer aux plus démunis, sur présentation d’une carte d’identité, sont en réalité revendus par des Pakistanais, et les membres du parti prennent une commission sur les ventes. Dans la branche d’AD de Nikaia, il y a aussi des mineurs, des collégiens et des lycéens qui suivent une formation pour diffuser leur idéologie dans les écoles. On appelle ces jeunes « les centaures ». To Ethnos  Lefteris Bintelas 20 Septembre 2013

Lire la suite

19 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Paris/Rassemblement/assassinat en Grèce de Pavlos Fyssas, militant antifasciste (Union syndicale Solidaires)

Paris/Rassemblement/assassinat en Grèce de Pavlos Fyssas, militant antifasciste (Union syndicale Solidaires) dans Europe killahp_bandeau_0

Rassemblement jeudi 19/09/13 à place St Michel

Le musicien de hip-hop et militant antifasciste Pavlos Fyssas est mort. Il a été froidement assassiné par un membre du parti néo-nazi, Aube Dorée le 17 septembre 2013. L’antifasciste a reçu des coups de couteau directement au niveau du cœur devant de dizaines des personnes avec la tolérance des forces policières qui ont refusé d’intervenir.

Cet assassinat intervient cinq jours seulement après l’attaque meurtrière par des néonazis d’Aube Dorée contre des militants du PC grec qui faisaient un collage dans un quartier ouvrier de Pirée. Ces événements font partie d’une grande série d’agressions, de ratonnades et d’assas- sinats d’immigrants et de militants antifascistes qui ont eu lieu pendant les dernières années.

Dans un pays où le taux du chômage atteint 28%, où la plupart des travailleurs sont soit licenciés soit au chômage technique, où le 20% de la population vit sous le seuil de pauvreté, les néonazis en pleine collaboration avec le gouvernement grec poursuivent leur attaque contre l’ennemi intérieur. Chaque travailleur qui ne baisse pas la tête devant les attaques du capital, chaque immigrant qui essaie de gagner sa vie, chaque femme qui défend ses droits, chaque résistance contre la politique gouvernementale est qualifié « d’ennemi intérieur ». L’Aube Dorée est devenu l’amortisseur parfait de la colère populaire née par le désastre humanitaire provoqué par le gouvernement et la Troïka.

Le gang d’assassins a « bien » choisi les dates des attaques. Au moment où les enseignants menacés de licenciement descendent dans la rue avec une participation à la grève qui monte à 90%, au moment où les travailleurs d’autres secteurs rejoignent les enseignants en lutte, les néonazis jouent le seul rôle qu’ils connaissent depuis 70 ans, celui de l’écrasement de chaque voix libre.

La mort de Pavlos Fyssas ne sera pas vaine. Elle rend plus décisives la lutte antifasciste et la lutte des travailleurs contre le gouvernement, la Troïka et l’Aube Dorée, le bras dur du capitalisme.

Les morts de Clément Méric et de Pavlos Fyssas doivent être les derniers crimes des criminels fascistes et néonazis.

Ni en France, ni en Grèce !
El fascismo no pasarà !
Solidarité internationale !

Union syndicale Solidaires

Lire la suite

19 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Grèce, violents affrontements après le meurtre d’un militant d’extrême gauche (OF)

Grèce, violents affrontements après le meurtre d’un militant d’extrême gauche (OF) dans Antifascisme killahp_bandeau_0

Des heurts ont éclaté mercredi soir entre la police et des manifestants, dans plusieurs villes grecques, après le meurtre d’un rappeur antifasciste, tué par un militant néonazi présumé.

L’assassinat de Pavlos Fyssas, un musicien et militant antifasciste âgé de 34 ans, tué dans la nuit de mardi à mercredi par un homme identifié, selon la police, comme étant un membre présumé du parti néonazi Aube dorée, a ravivé les tensions en Grèce.

La police tire des gaz lacrymogènes

Ce mercredi soir, plusieurs manifestations ont dégénéré en affrontements. Dans une banlieue d’Athènes, la police a tiré des grenades lacrymogènes pour disperser un groupe de manifestants qui lançaient des pierres et des morceaux de bois sur les forces de l’ordre, selon la même source. À Salonique, la deuxième ville du pays, deux manifestations antifascistes réunissant environ 6 000 personnes ont été émaillées d’affron- tements avec les forces de l’ordre, qui ont tiré des gaz lacrymogènes sur des manifestants qui s’en prenaient à des vitrines. Des heurts ont également été signalés à Patras, dans l’ouest du pays, où le centre-ville a été bouclé.

Le président condamne le meurtre Aube dorée a démenti toute implication dans le meurtre, vivement condamné jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. « J’en appelle à un réveil social et institutionnel, à la volonté politique de lutter contre cette ignominie. Nous avons tous le devoir de ne pas laisser les portes ouvertes au fascisme », a déclaré Carolos Papoulias, le président grec. Faits divers mercredi 18 septembre 2013

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Grece.-Violents-affrontements-apres-le-meurtre-d-un-militant-d-extreme-gauche_6346-2230112_actu.Htm

Commentaire: Bla bla bla! Quand la police et les fachos font ensemble la chasse aux immigrés, quand les fachos tuent et que les flics n’interviennent pas, qui est l’assistant de l’autre?

Lire la suite

19 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Roumanie : une mine d’orde Rosia Montana, le gouvernement contraint de reculer face à la mobilisation (LO)

Roumanie : une mine d'orde Rosia Montana, le gouvernement contraint de reculer face à la mobilisation (LO) dans Ecologie & climat rosia

Au lendemain d’une journée de manifestation, dimanche 8 septembre, au cours de laquelle quelque 15 000 personnes ont défilé dans les principales villes du pays, le Premier ministre roumain Victor Ponta a annoncé qu’il retirait son soutien à un projet de loi, adopté par son gouvernement deux semaines plus tôt, visant à démarrer l’exploitation d’une mine d’or à Rosia Montana, un village de Transylvanie au cœur des Carpates.

Ce n’était que le point d’orgue d’une mobilisation qui durait depuis une semaine, avec des manifestations quotidiennes à Bucarest, la capitale, et des milliers de personnes se retrouvant jour et nuit sur l’une des places centrales de la ville, la place de l’Université. À l’origine de ce projet, une société canadienne, Gabriel Resources, ambitionne de mettre en œuvre l’exploitation de la plus grande mine d’or à ciel ouvert d’Europe, à travers une filiale, Rosia Montana Gold Corporation, qu’elle contrôlerait à 80 %, l’État roumain détenant les 20 % restants. Elle espère pouvoir extraire au total plus de 300 tonnes d’or et 1 480 tonnes d’argent, ce qui dépasserait la production de tous les pays de l’Union européenne. Les enjeux financiers sont donc considérables. Mais depuis plus de dix ans la mine d’or n’est toujours pas ouverte, tant elle suscite une hostilité importante dans une partie de la population.

Son exploitation nécessiterait en effet le déplacement de centaines de familles et la destruction partielle de quatre montagnes. Selon l’étude d’impact remise au ministère de l’Environnement, une telle exploitation nécessiterait l’utilisation, pour isoler l’or, d’environ 12 000 tonnes de cyanure par an, douze fois plus que les 1 000 tonnes annuelles utilisées dans les mines d’or d’Europe. Des chiffres qui ont de quoi inquiéter tous ceux qui se souviennent de la pollution au cyanure du Danube et de ses affluents engendrée, en 2000, par une fuite dans un bassin de décantation d’une mine d’or de Baia Mare, dans le nord de la Roumanie.

La société minière n’a pas ménagé ses efforts financiers pour mener des campagnes de communication et parvenir à isoler les opposants à son projet. Elle a déjà racheté environ 80 % des maisons de Rosia Montana. Depuis le début, le projet a bénéficié du soutien des dirigeants roumains successifs. Mais le pouvoir a dû tenir compte jusqu’à maintenant de l’écho important trouvé dans la population par les opposants. Le Premier ministre actuel, avant d’être élu, avait promis pendant sa campagne électorale de stopper le projet. Mais fin août son gouvernement avait transmis au Parlement un projet de loi facilitant les expropriations et l’expulsion du dernier carré d’irréductibles de Rosa Montana, ainsi que l’obtention des permis nécessaires pour la mine. Mal lui en prit, car c’est la menace de voir ce projet de loi adopté qui a relancé la mobilisation, lui donnant une nouvelle ampleur et obligeant le gouvernement à reculer. Marc RÉMY

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2355&id=45

Lire la suite

18 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Grèce : stupeur après l’assassinat du rappeur antifa Killah P (Rue 89)

Grèce : stupeur après l’assassinat du rappeur antifa Killah P (Rue 89) dans Antifascisme killahp_bandeau_0

Le rappeur grec Pavlos Fyssas, connu sous le nom de scène Killah P, a été assassiné dans la nuit de mardi à mercredi à Athènes, devant un café à Amfiali, un quartier populaire du Pirée.

L’artiste, connu pour son engagement dans le mouvement antifasciste, est décédé dans la nuit à l’hôpital de Tzanio, des suites de ses blessures à l’arme blanche. Le site indépendant EnetEnglish rapporte qu’« un groupe de quinze à vingt fascistes, portant des T-shirts noirs, des bottes et pantalons militaires, déployés » dans la rue, auraient hélé le rappeur de 34 ans, qui se promenait alors avec sa petite amie et un autre couple.

L’agresseur présumé a été appréhendé peu après par la police, selon un rapport d’agence. L’homme de 45 ans aurait reconnu appartenir au parti néonazi de l’Aube dorée et avoir agi avec un motif politique. Le parti fasciste dément toute implication. Dans un climat extrêmement tendu, Petros Constantinou, leader du parti anticapitaliste Antarsya dénonce ce mercredi sur la radio Skai la passivité des agents de police présents non loin des lieux de l’altercation.

Alors que des manifestations antifascistes s’organisent à Athènes ce mercredi, l’annonce suscite la stupeur sur les réseaux sociaux et la blogosphère grecs les rassemblements s’initient et où l’on apostrophe le premier ministre conservateur Antonis Samaras pour l’inciter à condamner officiellement l’assassinat. Aurélie Champagne | Journaliste

http://www.rue89.com/rue89-culture/2013/09/18/grece-stupeur-apres-lassassinat-rappeur-antifa-killah-p-245819

Lire la suite

17 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Portugal, vers une école à deux vitesses (CI)

Medef : Gattaz et la lutte de classes dans NPA lutte-des-classes

Une nouvelle loi sur le financement de l’école privée par l’Etat risque de mettre en péril l’aspect égalitaire de l’éducation au Portugal, selon le journaliste Daniel Oliveira. Ce dernier prend nettement position contre cette mesure qu’il qualifie d’ »apartheid scolaire ».
Le jeudi 5 septembre, le gouvernement portugais a approuvé, sans guère de débat national, la possibilité de financer directement la scolarité des élèves de l’enseignement privé. En vertu de cette ordonnance, cette aide n’a pas besoin d’être justifiée par une quelconque carence de l’école publique. Nulle référence, non plus, à d’éventuelles difficultés économiques dont souffriraient ceux qui bénéficieront de ces subsides. Dans les faits, comme dans le cadre des « contrats simples d’aide à la famille », que ne régit aujourd’hui aucun règlement d’attribution, l’Etat traite désormais l’enseignement privé de la même façon que les écoles publiques (le ministre de l’Education, Nuno Crato, l’a d’ailleurs reconnu), contribuant aux frais de scolarité à la même hauteur dans le privé et dans public.

Les établissements privés ont un nombre de places limitées. Ainsi, dès lors qu’il y a plus de candidats que de places, il faut procéder à une sélection, sélection qui a toujours les mêmes objectifs : il s’agit d’une part de capter les meilleurs élèves, pour pouvoir grimper dans les classements et faire face à la concurrence, et d’autre part d’éviter les élèves à problèmes, qu’ils soient sociaux ou disciplinaires. Personne ne peut raisonnablement imaginer qu’une école privée renonce, officiellement ou officieusement, à cette prérogative de sélection.

En réalité, peu d’écoles ont une offre pédagogique vraiment distincte de celle du public. La majorité des établissements vit précisément de cette sélection, qui leur permet de garantir de meilleurs résultats. Et pour cause : quand on ne perd pas de temps avec des élèves ayant des besoins éducatifs particuliers, des problèmes de discipline ou des problèmes sociaux, c’est déjà la moitié du chemin parcourue pour offrir un environnement scolaire plus favorable et de meilleurs résultats. Il est naturel que les parents préfèrent que leurs enfants étudient dans cette ambiance protégée et triée sur le volet.

L’école publique ne garde que les enfants à problèmes D’une façon ou d’une autre, les écoles privées continueront à vouloir garder les meilleurs élèves et ceux ne présentant pas de difficulté disciplinaire ni sociale : des enfants sans problèmes, issus de familles riches ou de la classe moyenne, ou encore, grâce à cette subvention, les enfants les plus brillants des familles défavorisées. Tout cela avec des financements publics – et non, comme le voudrait la logique et comme c’est le cas dans certaines écoles, grâce au mécénat ou à des bourses versées par l’école elle-même. En d’autres termes, les écoles publiques récupéreront ce qui reste : les problèmes sociaux, les problèmes de discipline et les besoins particuliers.

Quel parent enverrait son enfant dans une école ghetto ? Celui qui n’a pas le choix. L’Etat va ainsi financer, aux frais des contri-buables, un système éducatif à deux vitesses, avec des écoles accessibles aux seuls élèves riches et doués, et d’autres pour les pauvres et les médiocres. Cet « apartheid scolaire » qui nous est sympathiquement vendu comme une marque de liberté scolaire ne va faire qu’annihiler la fonction première de l’école publique : garantir l’égalité des chances sans laquelle la liberté n’est qu’illusion.

Au Portugal, rien n’oblige à scolariser ses enfants dans le public. Les Portugais peuvent choisir librement entre écoles publiques et privées, laïques ou confessionnelles, portugaises ou étrangères. Ce qui est en cause, ce n’est pas cette liberté de choix, qui est garantie et légitime. Il s’agit de savoir si l’obligation de l’Etat porte sur la fourniture d’un service public universel et gratuit, ou si cette obligation s’étend au subventionnement d’entreprises privées du secteur éducatif.

Avec cette ordonnance, l’Etat garantit le financement à hauteur du coût d’un élève dans le système public. Cela signifie que, pour les plus défavorisés, la liberté scolaire se limite aux écoles qui coûtent moins cher que ce coût moyen. De plus, des familles riches qui aujourd’hui paient la scolarité de leurs enfants sans aide publique vont bénéficier de subventions pour les placer dans les établissements les plus chers du pays, et elles seules auront les moyens de payer le dépassement que ne couvre pas l’aide publique. Car la liberté scolaire a toujours des limites. Et le moyen le plus juste de la garantir consiste à créer les conditions nécessaires pour que les écoles publiques soient attrayantes pour tous, transcendant les classes sociales et offrant un enseignement de qualité : or cela nécessite des moyens financiers que la stratégie actuelle détourne au profit d’écoles à but lucratif.

Les classes moyennes ont déserté le privé Mieux vaut, certes, ne pas s’en tenir aux principes. Nous savons bien dans quel pays nous vivons. Nous savons que l’Etat fait affaire avec le privé. Nous avons même une certaine expérience du financement public d’établissements privés, par le biais des contrats d’association. L’un des cas a été présenté par la chaîne de télévision TVI, et je m’en suis fait l’écho dans un de mes articles : grâce à son entregent au ministère et alors qu’il offrait de moins bonnes conditions que les établissements publics voisins, GPS, un groupe de 24 écoles privées, avait pu détourner des élèves que le public était en mesure d’accueillir.

Il n’est pas impossible qu’on ne doive cette ordonnance qu’au fanatisme idéologique de Nuno Crato. Il n’en est pas moins curieux que cela se produise au moment même où des milliers de familles de la classe moyenne, faute de moyens financiers, ont retiré leurs enfants du privé. Cela crée de lourds problèmes pour de nombreux établissements privés, mais c’était aussi une excellente nouvelle pour les écoles publiques, qui voyaient ainsi revenir les classes moyennes, et qui allaient pouvoir renouer avec un enseignement plus égalitaire tel qu’il existait dans les années 1980. Or tout cela n’est pas pour enthousiasmer notre ministre. Alors que les coupes dans le budget de l’éducation se poursuivent et que l’année scolaire commence dans le chaos pour les écoles publiques, Nuno Crato semble surtout soucieux de consacrer son énergie, et nos impôts, au sauvetage des écoles privées en difficulté. Expresso Daniel Oliveira 16 Septembre 2013

Commentaire:  » Surtout ne pas ranimer la guerre scolaire »! Non ! Faire çà en douceur!

Lire la suite

17 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Espagne, le sombre avenir que nous réserve le FMI : dette, chômage et pauvreté (Cadtm)

Espagne, le sombre avenir que nous réserve le FMI : dette, chômage et pauvreté (Cadtm) dans Austérité tumblr_mpg5rzNeuk1rw5czao1_400

Espagne 2018. Ce n’est pas le titre d’un film de science fiction apocalyptique. C’est le sombre avenir que nous réserve le Fonds monétaire international (FMI) dans son récent rapport annuel relatif à l’Espagne. Après plusieurs coupes budgétaires brutales qui ont appauvris massivement la population, une réforme du travail et une autre des retraites sous sa houlette, cette institution recommande encore plus d’austérité. Le résultat, selon ses propres prévisions, sera plus de dette, de chômage et une augmentation de la pauvreté.

Le rapport du FMI rendu public début août 2013 s’attaque à nouveau à l’Etat providence, déjà fort malmené par les précédentes mesures. Il recommande ainsi fermement la réforme du système des retraites, « la révision des dépenses de services clefs comme l’éducation et la santé », l’augmentation de la TVA et des impôts spéciaux ainsi que la réduction des personnels de l’Etat, des collectivités territoriales et des organes de Sécurité sociale. De plus, dans un pays dont le taux de chômage officiel se monte à 26,3 % de la population active dans un contexte de pauvreté croissante, il propose de baisser les salaires des travailleurs-ses de 10 % en deux ans.

La mesure permettrait, selon le Fonds, de réduire le chômage entre six et sept points de pourcentage d’ici à 2016, de diminuer le déficit et d’augmenter le PIB. Même si les prévisions du FMI étaient atteintes– ce qui n’arrive pratiquement jamais, vu qu’il révise périodiquement ses propres prévisions antérieures jusqu’à se tromper à nouveau –on atteindrait un taux chômage de 20 %, ce qui est loin d’être une perspective enthousiasmante.

Ce que nous venons de mentionner serait le scénario le plus optimiste que le FMI peut nous offrir, à condition d’accélérer ses recettes de misère. En effet, le FMI reconnait le désastre qui nous attend après l’application servile de ses recettes sous un gouvernement conservateur d’un Partido popular corrompu disposé quoi qu’il arrive à mener les ajustements jusqu’à ses ultimes conséquences. Les estimations jusqu’en 2018 du FMI pour l’Espagne montrent un panorama de « faiblesse prolongée » avec un taux de chômage estimé à 27 % en 2014 et qui serait encore au dessus des 25 % en 2018 ; une dette publique qui s’envole à 106 % du PIB sans que la dette privée ne baisse en dessous des 236 % du PIB au cours des cinq prochaines années. Dans le même temps, il admet qu’un scénario à la baisse pourrait avoir lieu avec une « spirale macro-financière négative » qui nous amènerait à des niveaux élevés de dette publique et privée, un PIB en recul jusqu’en 2017 et un chômage estimé dans un « futur prévisible » à plus de 27%. En plus de grandes contradictions, le FMI fausse par ailleurs les données, en omettant de comptabiliser l’impact des sauvetages bancaires – que le rapport chiffre à 246,4 milliards d’euros – dans l’estimation prévisionnelle du déficit budgétaire.

Olli Rehn avise : « le mois qui vient nous évaluerons en détail la réforme du travail de 2012 ».

La proposition de baisser les salaires de 10 % a reçu l’aval de la Commission européenne (CE) par la voix de son vice-président en charge des matières économiques, Olli Rehn, qui touche 22 963 euros par mois. Pour une fois, le gouvernement, les partis politiques et syndicats – dont certains avaient pourtant approuvé la réforme du travail exigée par le FMI – ont affirmé leur opposition à cette proposition. Olli Rehn a alors volé au secours du FMI et écrit sans honte le 6 août, que « ceux qui rejettent instantanément [la proposition de baisser les salaires] porteront sur leurs épaules l’énorme responsabilité du coût social et humain » |1|. Cependant, beaucoup pensent que la faute de l’énorme « coût social et humain » repose en premier lieu sur son institution, la Commission européenne, le FMI et le gouvernement qui leur est soumis.

Les commandements du FMI, piliers du capitalisme sans frontières Chaque année, en application de l’article IV de ses statuts, une mission du Fonds visite les autorités des pays membres et distribue ses recommandations, ce qui permet de suivre de près les politiques économiques appliquées par les gouvernements respectifs et d’exercer son influence. Ses recommandations, qui constituent des conditions à ses prêts ou assistance, visent à affaiblir le fragile Etat providence, détruire la souveraineté du pays pour le soumettre aux riches créanciers et laisser la liberté de mouvement maximale aux entreprises privées.

Quelle est la légitimité d’une organisation qui demande de couper dans les salaires quand sa directrice, Christine Lagarde, s’octroie 11 % d’augmentation à son arrivée à la tête du FMI ? Son salaire annuel se monte à 323 000 euros annuels (441 980 dollars), plus un supplément pour frais de représentation de 58 000 euros (83 760 dollars annuels), exonérés d’impôts en vertu de son statut de fonctionnaire internationale.

Il est grand temps de mettre fin à l’impunité dont jouissent les hauts fonctionnaires du FMI. Cette institution néfaste doit être abolie et ses responsables jugés. Elle doit être remplacée par un organisme international réellement démocratique, qui respecte le droit international et qui travaille pour une stabilité financière au service des peuples. 16 septembre par Jérome Duval , Fatima Fafatale

Notes |1| Spanish Sketches A.D. 2013 : Can Spain achieve what Ireland and Latvia did ? 6 août 2013 http://blogs.ec.europa.eu/rehn/span…

http://cadtm.org/Espagne-Le-sombre-avenir-que-nous

Lire la suite

14 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Grèce : défaite du pouvoir et des nazis

Grèce : défaite du pouvoir et des nazis  dans Antifascisme traction_11_legere_1939

Le procès qui a eu lieu les 4 et 5 septembre à Athènes relève de l’odieux : « Est-il possible que des nazis, qui se félicitent d’Auschwitz, puissent déposer une plainte contre les antifascistes et que l’affaire puisse arriver jusqu’au tribunal ? » (parole d’un témoin de la défense)…
Qui sont les deux accusés ciblés par ce procès ? Il s’agit de Konstantinos Moutzouris et de Savvas Michail. Au premier, ancien président de l’université polytechnique d’Athènes et ancien candidat de droite à la députation, on reproche de ne pas avoir fait interdire les émissions d’Indymedia depuis la fac… Le second, dirigeant du petit groupe trotskyste EEK, philosophe antifasciste connu, est mis en accusation pour un tract qui se conclut par « le peuple n’oublie pas, les fascistes, il les pend », mot d’ordre de masse de toute la gauche dans la période qui avait suivi la dictature.
Utiles au pouvoir Plus que le procès, la vraie question est de comprendre pourquoi l’Europe libérale et son rouage grec accorde ses faveurs à un groupe ouvertement nazi, raciste, antisémite, qui non seulement serait certainement interdit depuis longtemps en France mais dont bien des membres devraient être en prison.

La réponse coule de source : si le ministre grec de « l’Ordre public » parle bien de Chryssi Avgi (Aube dorée) comme d’un groupuscule extrémiste aux idées totalitaires, il laisse dans le même temps ces petites frappes agir et tenter de tuer en toute impunité (sans parler des scènes où l’on voit flics et nazillons côte à côte contre les antifascistes)… Dans la Grèce du mémorandum, l’existence de cette bande paraétatique est considérée comme utile, voire indispensable, à une partie de la bourgeoisie européenne.
Ainsi, les provocations meurtrières des nazis contre les immigréEs aident le gouvernement à intensifier sa politique raciste, invoquant « l’exaspération de groupes de citoyens ». Conséquence : de véritables camps de concentration existent désormais en Grèce, enfermant dans des conditions terribles des centaines d’immigréEs.
Voilà donc ce qui explique que la justice grecque ait accepté les plaintes déposées en 2009 par des membres de ce groupe nazi, dont un député marchand d’armes et d’insignes nazis, et une inculpée de violences à coups de couteau (dont le procès a curieusement été repoussé huit fois) !
Ils reculent sous la mobilisation Les deux accusés ont finalement été innocentés à 100 %, le pouvoir risquant trop gros des conséquences d’une condamnation. Mais ce résultat doit surtout être apprécié dans le cadre d’une mobilisation antinazie qui s’intensifie. Ce procès a donné lieu à une campagne de solidarité en Grèce et à l’étranger. Le NPA a par exemple apporté son soutien aux deux accusés par un communiqué. De plus, la mobilisation au tribunal était imposante, et pas l’ombre d’un de ces nazillons n’y a été vue.
Il s’agit donc d’une grosse défaite des nazis, une défaite venant après une première humiliation fin juillet. Sous la pression de la mobilisation antifasciste, le gouvernement avait dû interdire au dernier moment leur rassemblement international à Kalamata (dans le sud du pays). Et le lendemain, plus de 3 000 antinazis de tout âge avaient encerclé le siège local de Aube dorée, d’où n’osaient plus sortir la dizaine de nazillons enfermés. Et ces derniers temps, des interventions de la population ont mis en fuite ces criminels, lors d’attaques contre des immigréEs ou contre des militantEs de gauche.
Les nazis sont une menace d’autant plus forte qu’ils sont un élément du pouvoir pour faire passer la politique de la troïka. Mais à partir du moment où une mobilisation unitaire et résolue s’engage, le rapport de forces sur le terrain peut être largement en faveur du mouvement social ! D’Athènes, A. Sartzekis Jeudi 12 septembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 208 (12/09/2013)

Lire la suite

13 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Catalogne : Une indépendance pour ceux d’en bas (Esther Vivas)

Catalogne : Une indépendance pour ceux d’en bas (Esther Vivas) dans Europe 100913_esquerra11s-184x300

Plusieurs centaines de milliers de personnes sont sorties dans les rues ce 11 septembre dans toute la Catalogne.

On estime qu’une chaîne humaine d’un million et demi de personnes a traversé le pays du nord au sud, sur un tracé de 400 Km, à travers les routes, les places, les ponts, les rues, pour crier haut et fort « Indépendance ! ». L’Assemblée Nationale Catalane (ANC), qui a organisé l’événement, préparait depuis des mois une action qui a débordé le cadre politique institutionnel. Les gens, comme on a pu le voir dans leurs déclarations, sur les photographies et les réseaux sociaux, ont eu le sentiment d’écrire une page de notre histoire collective.

Certains évoqueront le poids du gouvernement catalan dans l’organisation de l’événement, ou de tel ou tel parti. Les liens entre les partis CiU (Convergence et Union, droite nationaliste) et ERC (Esquerra Republicana de Catalunya, parti indépendantiste de gauche modéré) avec l’ANC sont réels et souvent plus étroits qu’ils ne devraient. Mais cela n’enlève rien au fait que la grande majorité de ceux qui ont participé hier à « La Via Catalana cap a la Independència » l’ont fait parce qu’ils veulent décider de l’avenir de la Catalogne, parce que la voix du peuple catalan a été réduite au silence par la sentence du Tribunal Consti-tutionnel et parce que beaucoup sont conscients du fait que sans mobilisation sociale, rien ne sera obtenu.

Mais il n’y a pas que le cri « Indépendance » qu’on a pu entendre tout au long de la chaîne humaine. Des milliers de personnes ont encerclé des édifices emblématiques comme l’Hôpital « Josep Trueta » à Gérone, l’école « Progrés » et le lycée « Llauna » à Badalone ou encore le siège de la banque « La Caixa » à Barcelone afin d’exiger non seulement une « Catalunya lliure »  mais aussi une Catalogne libérée des corrompus, de l’austérité, de la répression et des dettes illégitimes. Indépendance, oui ! Mais indépendance de toutes les politiques qui nous oppriment et qui nous appauvrissent. Car l’indépendance n’est pas une formule magique qui va tout résoudre, comme beaucoup tentent de le faire croire. Elle peut être une coquille vide si elle n’implique pas une rupture avec les impositions du capital financier et avec le remboursement de la dette.

Il ne s’agit pas d’échanger M. Mariano Rajoy par M. Artur Mas (président de la « Generalitat »), ni la banque BBVA par La Caixa, ni l’affaire Gürtel par l’affaire des ITV, ni M. Amancio Ortega par M. Antoni Brufau (tous deux grands patrons), ni la police nationale par les « Mossos d’Esquadra ». Ne nous trompons pas. Nous n’aurons pas moins de coupes, ni moins d’expulsions de logement, ni moins de corruption, ni moins de précarité, ni moins de répression en langue catalane.

L’indépendance doit être une opportunité pour décider sur tout et pour mettre définitivement à la porte ceux qui nous ont « volés au dessus de nos possibilités ». Une opportunité pour arracher un véritable Processus Constituant à partir d’en bas, pour discuter sur quel modèle de pays et de société nous voulons. Un processus qui puisse être utilisé, en outre, comme levier à l’extérieur de la Catalogne afin de faire sombrer le régime issu de la Transition et ouvrir ainsi la voie à d’autres processus constituants dans le reste de l’Etat espagnol.

Le président Mas ne cesse se contredire quant au référendum ou aux élections plébiscitaires. Porter l’indépendance et le droit de décider jusqu’à leurs ultimes conséquences implique de désobéir aux lois et aux constitutions injustes. Ces mêmes lois qui combattent ceux qui occupent des logements vides, des banques, des écoles, des hôpitaux, des supermarchés et, aussi, ceux qui refusent de payer les péages. La légalité institutionnelle s’affronte à la légitimité de la rue et aux droits inaliénables des peuples. Légalité que les défenseurs de la « Loi et de l’Ordre » en Catalogne ne sont pas prêts à transgresser.

Selon moi, il y a trois éléments clés pour avancer vers une indépendance écrite par et pour ceux d’en bas.

Primo: l’indépendance, le droit de décider et un référendum pour 2014 ne seront possibles qu’avec une mobilisation sociale destinée à maintenir la pression sur les gouvernements catalan et espagnol. La manifestation d’hier fut, précisément, un pas dans cette direction. Des centaines de milliers de personnes se sont faites entendre en débordant, partiellement, la dynamique institutionnelle et de ses partis.

Secundo: un pays inclusif, pour tous, ne sera possible que si nous prenons en compte ceux qui sont réduits au silence, les opprimés, les invisibles, les « riens du tout ». Il ne s’agit pas de construire la Catalogne des « gagnants » mais bien celle des perdants, celle de ceux qui souffrent de l’austérité et de la destruction des droits. La Catalogne des immigrés, des jeunes, des chômeurs, des sans-toits, des femmes. La Catalogne de ceux qui parlent catalan mais aussi castillan, arabe, ourdou, etc. Le grand défi est de rassembler toute cette pluralité et toutes ces différences dans la Catalogne de demain, cette République catalane des 99%, aussi souveraine qu’amie des peuples voisins.

Et tercio: que personne ne se fasse d’illusions, nous ne serons jamais libres tant que nous serons dans les mains de ceux qui vendent notre pays au plus offrant, que ce soient à des magnats des jeux, aux banques ou aux marchés étrangers. L’indépendance et la liberté ne seront possibles que débarrassées des jougs politiques et économiques. Et cela ne dépend que de nous. Esther Vivas 12 septembre 2013

http://www.avanti4.be/actualite/article/catalogne-une-independance-pour-ceux-d-en-bas

Lire la suite

12 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Catalogne, une chaîne humaine de 400 km pour l’indépendance (LT)

Catalogne, une chaîne humaine de 400 km pour l’indépendance (LT) dans Europe 100913_esquerra11s L’affiche de l’extrême gauche pour cette journée

 Une impressionnante chaîne humaine a traversé ce mercredi la Catalogne du nord au sud, sur 400 kilomètres, dans une démonstration de force des indépendantistes pour réclamer un référendum d’autodétermination dans cette région du Nord-Est de l’Espagne. Drapées dans des esteladas, le drapeau indépendantiste rayé rouge et jaune, frappé d’une étoile blanche, portant des maillots jaunes où est inscrit « Voie catalane vers l’indépendance », des centaines de milliers de personnes, selon les organisateurs, se sont donné la main.

« Independencia ! » Tout est symbolique : l’heure, 17H14, parce qu’elle fait écho à la date du 11 septembre 1714, jour de la prise de Barcelone par les troupes franco-espagnoles à l’issue de la guerre de Succession, qui a débouché sur une réduction draconienne de l’autonomie de la Catalogne.  A l’heure dite, les participants se prennent par la main, en criant « Independencia ». Les lieux où passe la chaîne ont été choisis pour attirer l’attention du reste du monde, comme autour de la basilique de la Sagrada Familia de Gaudi, à Barcelone, ou dans le Camp Nou, le stade de l’équipe de football du FC Barcelone. « En dépit des tentatives du gouvernement d’aller contre la volonté du peuple, nous voulons montrer que nous allons obtenir l’indépendance de manière pacifique », affirme Albert Garcia, un médecin de 60 ans qui agite une grande estelada. Au Camp Nou, les espoirs sont les mêmes. « La consultation ne peut plus être retardée. Le sentiment est désormais très fort et ce n’est pas bon de repousser le processus. Nous sommes en démocratie. Nous devons aller de l’avant », affirme aussi Arnau Ivern, un étudiant en physique de 18 ans.

86 communes traversées Au centre de la Plaza de España de Barcelone, la pelouse verte est recouverte de l’inscription en anglais « We want independance » (Nous voulons l’indépendance). Les images aériennes prises par la télévision catalane à travers la région montrent une inter-minable ligne jaune formée par une multitude de personnes alignées le long des routes, dans les villes et les villages. Dans un champ, au bord d’une route nationale, s’étale une immense senyera, le drapeau catalan. La chaîne humaine devait ainsi parcourir 86 communes le long du littoral méditerranéen, selon l’Assemblée nationale catalane (ANC), l’association indépendantiste organisatrice. « Chaque année pour la Diada, il y a beaucoup d’ambiance dans le village. Mais cette année il y a quelque chose de particulier », confiait Teresa Forn, un commerçante ambu- lante de 53 ans qui vendait drapeaux et chemises aux couleurs catalanes dans la rue principale d’Arenys de Munt, un village indépendantiste situé au nord de Barcelone.

Journée « historique » Cette journée « sera historique », avait promis Carme Forcadell, la présidente de l’ANC, qui attendait plus de 400.000 personnes, un an après une gigantesque manifestation indépendantiste à Barcelone. Car dans une Espagne frappée par la crise depuis 2008, les difficultés économiques de cette puissante région ont nourri les rancoeurs envers Madrid et alimenté le sentiment indépendantiste. « Avant, je n’étais pas indépendantiste. Je me suis radicalisé avec le temps », racontait Albert Solé, un enseignant de 46 ans qui avec toute sa famille était au rendez-vous à Arenys de Munt. « Je me suis toujours senti très catalan mais aujourd’hui, nous sommes arrivés à un point où l’asphyxie économique est telle que le sentiment indépendantiste se trouve exacerbé ».

Opposition de Madrid Les indépendantistes espèrent ainsi faire pression sur le président de la région, le nationaliste conservateur Artur Mas, pour qu’il organise en 2014 un référendum sur l’autodétermination de la Catalogne, en dépit de l’opposition de Madrid. Artur Mas a d’ailleurs réaffirmé mercredi que « toute solution en Catalogne passait par les urnes ». Pourtant, conscient qu’une partie de la Catalogne et de sa propre coalition CiU est contre l’indépendance, il a dit soutenir la chaîne humaine sans y participer. Cette consultation est aussi exigée par la gauche indépendantiste de l’ERC, devenue l’an dernier deuxième force politique de cette région de 7,5 millions d’habitants. Soucieux d’apaiser les tensions, Mariano Rajoy et Artur Mas se sont rencontrés le 29 août en secret. Artur Mas a confirmé mercredi la rencontre, mais a assuré « ne pas voir de volonté politique » de la part de Madrid de répondre aux besoins de la Catalogne. 11 septembre 2013 à 19h51

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/france-monde/monde/catalogne-une-chaine-humaine-de-400-km-pour-l-independance-11-09-2013-2230517.php

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin