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17 février 2014 ~ 0 Commentaire

La gauche révolutionnaire grecque à un tournant ?

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Alors que se rapprochent des échéances qui pourraient être décisives, une série de processus sont à l’œuvre dans et autour du parti Syriza, comme aussi de la coalition Antarsya. 

Dans un contexte social toujours marqué par de brutales attaques de la part de la classe dominante et par d’âpres résistances sociales, la Grèce s’approche d’une importante séquence électorale. Des élections municipales, régionales et européennes auront lieu en mai. La coalition gouvernementale PASOK (parti socialiste) – Nouvelle Démocratie (droite), dont la politique sape jusqu’à ses propres bases sociales, ne peut plus compter que sur une majorité de deux députés. Il est probable que le premier semestre 2014 voie la fin de ce gouvernement à bout de souffle et que des élections légis- latives viennent s’ajouter au calendrier, portant Syriza au pouvoir. Les sondages lui donnent en effet régulièrement la première place.

Syriza sur les marches du pouvoir

Créée en 2004, la coalition de la gauche radicale Syriza est devenue lors des élections de juin 2012 la première force d’opposition et la seconde du pays. Les dix-huit mois écoulés depuis ont vu Syriza subir un certain nombre d’inflexions politiques allant dans le sens d’un recentrage gestionnaire, alors qu’elle fait constamment l’objet d’un feu médiatique et politique roulant de la part des « perroquets du système ». (…)

Si, lors de son dernier congrès, Syriza a adopté des textes programmatiques établissant les grandes orientations d’un gouvernement de gauche, il semble que la direction vise le contournement de ceux-ci et des travaux des commissions internes par l’organisation de sept « forums thématiques de personnalités et de mouvements ». (…)

Pendant de cette ouverture à droite, le congrès constituant de juillet 2013, qui a fait de la coalition un parti unifié, a permis à la direction majoritaire de tenter d’imposer la dissolution de l’ensemble des organisations participant à Syriza. Cette mesure visait notamment à faire de l’élection du président un plébiscite, et à rendre inaudibles les désaccords formulés par la gauche du parti. Cela n’a pas empêché la constitution de la Plateforme de gauche, qui a rassemblé 30 % des délégués (représentant plus de 10 000 des 35 000 votants au congrès), et le maintien de plusieurs organisations révolutionnaires au sein de Syriza.

Construction d’une opposition… et course contre la montre 

La Plateforme de gauche a pour principale composante l’ancien Courant de gauche de Synaspismos (euro-communiste, force majoritaire de Syriza jusqu’au dernier congrès), animé par Panagiotis Lafazanis, porte-parole du groupe parlementaire de Syriza. Issu du Parti communiste grec (KKE), qu’il a quitté en 1991 pour prendre part à la construction de Synaspismos, Lafazanis a des liens et une audience importante auprès des secteurs ouvriers et syndicaux de Syriza. Bien que réformiste, son positionnement de classe plus accentué que celui de la majorité et son attachement à la perspective du socialisme font de lui la figure connue la plus radicale du parti. (…)

Constitué fin 2012, le Réseau rouge (qui s’exprime sur le site Rproject) est la seconde composante de la Plateforme de gauche. (…) C’est donc à ce double niveau que l’opposition de gauche se structure. A ce stade, il faut relever les acquis suivants : le score de la Plateforme au congrès a été relayé largement par les médias, l’existence d’une opposition interne est donc une donnée publique et connue de tous. (…)

La construction de l’opposition se heurte cependant à des limites et des faiblesses. Le degré d’intégration des structures de la Plateforme et du Réseau rouge reste très faible voire nul. Pour le moment, les militants des différentes composantes continuent d’intervenir dans le cadre de leurs organisations antérieures, ce qui découle en partie de la grande hétérogénéité des perspectives envisagées par les uns et les autres en cas de constitution d’un gouvernement de gauche. Si DEA exclut d’y participer, Panagiotis Lafazanis et d’autres dirigeants du Courant de gauche pourraient y occuper des postes ministériels. Ainsi, tandis que les uns tiennent à conserver leur indépendance organisationnelle et se disent prêts à assumer une éventuelle rupture, les autres (majoritaires) jouent la critique constructive et la modération vis-à-vis de la direction. Ceci complique la structuration de l’opposition sur le plan local, et bride sa capacité à gagner et organiser des membres de Syriza.

Le Réseau rouge est l’aile la plus radicale de Syriza, mais reste en grande partie tributaire des députés du Courant de gauche dans l’impulsion de l’opposition dans les instances du parti et dans le groupe parlementaire. La Plateforme de gauche compte dans ses rangs huit des 71 députés de Syriza, dont deux de DEA. (…)

Antarsya et le « front commun »

La coalition anticapitaliste Antarsya regroupe depuis 2009 une dizaine d’organisations d’extrême gauche de tradition diverse, dont l’OKDE-Spartakos, section grecque de la Quatrième Internationale. Les forces structurantes en son sein sont le NAR (Nouveau courant de gauche, issu d’une ancienne scission du KKE) et le SEK (Parti socialiste des travailleurs, lié au SWP britannique). Non représentée au parlement, elle a obtenu 0,33 % des voix aux élections de juin 2012. Antarsya a lancé en juin 2013 un appel à une alliance pour les élections européennes aux forces de l’« autre gauche ». Cet appel s’est traduit par une rencontre le 3 octobre dernier à laquelle ont participé six organisations1. Si la plupart d’entre elles se situe dans la démarche du front commun, c’est la négociation avec« le Plan B » qui concentre les débats.

Ce mouvement créé il y a deux ans par Alekos Alavanos2 rassemble des personnalités assez influentes médiatiquement mais sans base militante. (…) Le discours du Plan B est centré sur la sortie de l’euro comme principal moyen de reconstruire l’appareil productif grec (via une drachme dévaluée) et l’annulation de la dette. Cette posture d’apparence plus radicale que celle de la direction de Syriza est à relativiser : ce monétarisme obsessionnel n’a pas pour débouché un programme de rupture anticapitaliste, mais le sauvetage économique du pays dans le cadre du système bourgeois, à grand renfort de rhétorique patriotique. Cette idée de reconstruction d’un capitalisme national contre l’impérialisme, sous-tendue par une conception stratégique très étapiste, est la première source de désaccord avec Antarsya. (…)

Parallèlement à ces discussions, Antarsya mène campagne contre la présidence grecque de l’UE. Le 8 janvier, la manifestation à laquelle elle appelait a été interdite et brutalement réprimée par la police. Le KKE et Syriza ont condamné cette interdiction, sans appeler à la manifestation, Tsipras boycottant la fête officielle d’inauguration. L’absence de la majorité de la gauche lors de cette échéance est d’autant plus regrettable qu’en 2003, la précédente présidence grecque avait suscité une campagne massive et unitaire.

Antarsya a été au cœur des mobilisations populaires depuis 2010, ce qui s’est traduit par une progression importante de ses tendances syndicales tant dans le public que le privé. Lors du dernier congrès de la fédération du public ADEDY, Antarsya a obtenu 2 représentants au comité exécutif (2 également pour le KKE, 3 pour Syriza). Dans l’union locale d’Athènes de la fédération du privé GSEE, la gauche détient 16 sièges sur 31 (dont 9 KKE, 4 Syriza, 2 Antarsya). Et la gauche anticapitaliste est désormais majoritaire dans la fédération des enseignants du second degré. Ces résultats sans précédent donnent à Antarsya des perspectives nouvelles pour peser sur les évolutions à venir.

Quelles que soient les avancées partielles et les difficultés rencontrées par les uns et les autres, la période qui vient sera faite à nouveau d’affrontements et de tests politiques, sans doute dans le contexte nouveau d’une gauche au pouvoir… et d’une Aube Dorée toujours bien vivante, second parti d’opposition. En dépit des arrestations de ses dirigeants suite à l’assassinat du rappeur Pavlos Fyssas, le parti fasciste réussit à maintenir ses pourcentages de 2012. Régulièrement sous-estimé dans les intentions de votes, certains sondages le placent devant la Nouvelle Démocratie aux prochaines élections. Elément qui devra être pris en compte par la gauche révolutionnaire dans la séquence à venir.

Revue L’Anticapitaliste n°51 (février 2014) Emil Ansker

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17 février 2014 ~ 1 Commentaire

les handicapés, ces «assistés» que les conservateurs britanniques veulent remettre au travail (basta)

-Handicap

Sous prétexte de coupes budgétaires, le Royaume-Uni recourt à des sociétés privées pour sous-traiter des missions auparavant réalisées par son administration publique.

La société française Atos s’est vue confier la tâche de mettre en œuvre la réforme des pensions que perçoivent invalides et handicapés. Et d’évaluer leur aptitude au travail. Résultat : malgré des pathologies lourdes, plusieurs dizaines de milliers de bénéficiaires ont été recalés et exclus de ce système de protection sociale.

Les recours se multiplient et la colère gronde contre les méthodes d’Atos.

Evaluer l’aptitude au travail des personnes invalides et handicapées. Telle est la mission que le gouvernement britannique a confiée à l’entreprise française Atos, dirigée par l’ancien ministre de l’Economie Thierry Breton, à l’occasion d’une réforme de cette protection sociale, entamée en 2011. Les 2,6 millions de personnes qui bénéficiaient de ces différentes pensions d’invalidité et d’aides aux handicapés basculent dans un nouveau système de prise en charge, l’Employment and Support Allowance (ESA), censé simplifier et unifier l’ensemble de ces aides.

Ce n’est donc plus à l’administration britannique de vérifier que les bénéficiaire des anciennes aides ne sont vraiment pas en mesure de travailler, à cause de leur état de santé ou de leur handicap, et de leur attribuer une pension en conséquence. Mais à Atos. Si une personne est jugée apte, elle n’aura plus le droit de percevoir cette allocation – d’un montant moyen de 500 euros mensuels pour une personne de plus de 25 ans. Elle sera alors considérée comme demandeur d’em- ploi. Et pourra seulement prétendre à une aide de 350 euros pendant six mois. Elle coûtera donc moins cher à la sécurité sociale britannique… Gestion des prestations sociales, du droit d’asile, des prisons (lire notre article), du système de justice : le Royaume-Uni fait figure de pionnier européen pour confier la sous-traitance des services publics à des sociétés privées.

Trier les aptes et les inaptes au travail

Réaliser ce tri entre aptes et inaptes pour le compte du Département du travail et des retraites britannique (Department of Work and Pensions, DWP) rapporterait 134 millions d’euros par an à Atos. Qui s’est attelé à la tâche avec zèle depuis 2011, d’autant que tout doit être terminé cette année. Ses « évaluateurs » examinent plus de 700 000 dossiers d’allocataires chaque année, sur la foi d’une méthodologie de plus en plus contestée, l’« évaluation d’aptitude au travail » (Work Capacity Assessment, WCA). Celle-ci consiste à noter le niveau d’invalidité des demandeurs avec un système de points, qui déterminera le montant de la pension.

Une note trop faible, et vous basculez dans la catégorie demandeur d’emploi. Résultat : plus de la moitié des demandes seraient désormais refusées. Les témoignages de personnes invalides subissant ces contrôles ou confrontées à la lenteur administrative d’Atos font désormais régu- lièrement la une des journaux britanniques. Et les histoires tragiques se multiplient : des personnes handicapées « évaluées » se sont suicidées, d’autres sont jugées « aptes au travail » alors qu’elles agonisent sur un lit d’hôpital.

« J’ai reçu l’instruction de modifier mes dossiers, et de réduire le nombre de points dont auraient pu bénéficier les ayant droits. Cela m’a semblé une faute, professionnellement et éthiquement », raconte Greg Wood, ex-évaluateur chez Atos, dans un documentaire diffusée par la BBC [1]. « Une autre lanceuse d’alerte, Joyce Drummund, ancienne infirmière chez Atos, a raconté à un journal écossais, le Daily Record, avoir reçu l’instruction de réduire la note d’ayant droits dont elle savait qu’ils étaient inaptes au travail », relate Jennifer Kennedy, contributrice du site Open Demo- cracy [2]. « Nulle part dans le système il n’y a d’objectifs chiffrés [de réduction des allocations] », avait démenti l’ancien ministre de l’Emploi, le conservateur Chris Grayling. Mais l’intégralité du contrat d’externalisation passé entre le gouvernement et Atos n’a pas été dévoilé.

Protestation de la British Medical Association, rapport très critique d’une commission d’enquête parlementaire en 2013, reportages accablants, rien n’y fait, les évaluations continuent. Les radiations massives aussi. Et les recours d’allocataires lésés contre Atos se multiplient. Les Citizen Advice Bureaux, des associations qui assistent les citoyens britanniques dans leurs démarches administratives, déclarent avoir traité un demi-million de contestations liés à l’allocation handicap depuis trois ans et la mise en place du nouveau système d’évaluation.

Mauvaises décisions

42% des procédures en appel aboutissent, contredisant les décisions d’Atos de reclasser des invalides en demandeurs d’emploi. Une marge d’erreur impressionnante, surtout quand elle pénalise la vie de dizaines de milliers de citoyens. « Je ne peux plus supporter le stress, la douleur et la fatigue qu’Atos n’arrête pas de m’occasionner… Il n’y a absolument aucun doute sur le fait que j’ai droit à cette allocation, même Atos a admis dans une de ses réponses qu’ils avaient assez d’attes- tations dès le départ pour confirmer que j’étais inapte au travail.

On ne peut que se demander pourquoi ils font tout ça », témoigne une personne invalide. Selon des chiffres dévoilés par le Parti travailliste, les frais judiciaires liés aux procédures ont triplé en quatre ans, passant de 21 à 66 millions de livres (de 25,5 à 80 millions d’euros). « Le système actuel produit trop de mauvaises décisions, qui occasionnent inévitablement des coûts supérieurs pour le contribuable », accuse, en août dernier Sarah Lambert, responsable des politi- ques publiques pour la National Autistic Society (NAS, Société nationale pour l’autisme).

Le gouvernement britannique et la firme française viennent de répondre à leur ma- nière à la multiplication de ces contestations en justice. Selon The Independent, les demandeurs qui feraient appel à la décision d’Atos se verront désormais privés de leur allocation durant toute la durée de la procédure. Et contraints de faire réévaluer l’ensemble de leur dossier avant de pouvoir saisir les Citizen Advice Bureaux. Pour le directeur général de ces structures d’appui aux citoyens, ces nouveaux obstacles « signifient que des milliers de gens seront forcés de se débrouiller tout seuls, sans source de revenus. Le meilleur moyen de réduire le nombre et le coût des appels est de s’assurer que les décisions prises sont bonnes au premier coup, plutôt que de les forcer à passer par des étapes supplémentaires inutiles et stressantes. » Pour le porte-parole de l’entreprise, « les appels se font contre les décisions [de l’administration britannique], pas contre Atos. »

Une journée nationale d’action est prévue outre-Manche le 19 février prochain, sou- tenue par des organisations de défense des personnes handicapées, des mouvements sociaux, des syndicats et des partis politiques (Verts, Labour). par Ivan du Roy 17 février 2014

Ivan du Roy, avec l’Observatoire des multinationales

http://www.bastamag.net/Les-handicapes-ces-assistes-que

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15 février 2014 ~ 0 Commentaire

A Tuzla, les citoyens réinventent la démocratie directe (essf)

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Chaque soir depuis samedi, le « Plenum des citoyens » de Tuzla se réunit à 18 heures.

Ouvertes à tous, les réunions ont pour but de formuler les diverses revendications qui seront pré- sentées à l’Assemblée cantonale afin de trouver des solutions démocratiques et de former un nou- veau gouvernement suite à la démission du gouvernement du canton. Un exercice pratique de démocratie directe.

Le « Plenum des citoyens » est un groupe de volontaires, animés par la même envie, « agir pour le bien de tous ». Composé de professeurs de l’Université de Tuzla, de juristes, de travailleurs des usines privatisées, de membres d’associations, d’étudiants, etc, le plenum se retrouve pour manifester devant la carcasse brûlée du bâtiment du canton de Tuzla, puis se réunit en assemblée à 18 heures à la Maison de la Paix.

Selon le manifeste, le Plenum s’impose comme un facteur de la société civile à travers des initiatives et des propositions. L’un de ses objectifs est notamment d’empêcher la mani- pulation des manifestants. Il représente la voix des citoyens du canton de Tuzla, un organe de dé- cision civique qui fonctionne sur le principe de la démocratie directe, auquel chaque personne intéressée peut participer, exprimer son opinion et prendre des décisions sur un pied d’égalité. Chacun dispose d’une voix lors des votes à main levée et de deux minutes de parole.

Le Plenum n’a ni leader, ni porte-parole, ni délégué. Des modérateurs sont nommés pour chaque session. Les décisions sont prises à la majorité des votants. En cas d’égalité des voix, la décision est prise sur consensus. Ouvertes à tous, les réunions du Plenum ont pour but de formuler les diverses revendications qui seront présentées à l’Assemblée cantonale afin de trouver des solutions démocratiques et de former un nouveau gouvernement suite à la démission vendredi 7 février du Premier ministre Sead Čaušević. Une démission qui avait entraîné la chute du gouvernement du canton de Tuzla.

Les premières revendications ont été formulées lors de l’assemblée qui s’est tenue dimanche 9 février. Pour Damir Arsenijević, professeur d’anglais à l’Université de Tuzla et l’un des organisateurs des manifestations, le problème est que celles-ci se sont criminalisées, politisées et font l’objet de manipulations. « Il est donc désormais nécessaire d’assurer la sécurité des mani- festants afin de maintenir un climat pacifique lors des manifestations. Des organisations inter- nationales telles que Human Right Watch et Transparency International suivent le déroulement des manifestations »

En second lieu, le Plenum exige de l’Assemblée du canton, qui dispose des mécanismes juridiques nécessaires conformément à la Constitution, qu’elle assure le fonctionnement du canton dans l’intérêt des citoyens, sans l’intervention du gouvernement démissionnaire et qu’elle procède, en collaboration avec le Plenum, à l’élection et à la nomination d’un nouveau gouvernement formé d’experts non corrompus et n’appartenant à aucun parti politique, d’ici au 1er mars 2014.

Le Plenum a ainsi affirmé que certains médias avaient donné de fausses informations dans le but de manipuler l’opinion publique en déclarant que la démission du gouvernement du canton avait entraîné un vide juridique insurmontable. Les participants au Plenum sont d’avis que la politique ne doit pas se mêler à ces réunions et qu’il ne doit être question que des problèmes sociaux et économiques à régler en priorité au sein du canton. Ils se sont notamment refusé pour l’instant à débattre sur la question de la disparition des cantons en Fédération.

Les actions futures du Plenum Les participants à la réunion de lundi soir ont affirmé qu’il était désormais question de l’ensemble de l’économie du canton et plus seulement de la situation des travailleurs des usines privatisées. De nouvelles revendications ont été formulées, qui ont été pré- sentées à l’Assemblée du canton de Tuzla dans la matinée de mardi, entre autres la suspension immédiate des poursuites engagées contre les organisateurs et les participants aux manifestations pacifiques précédentes et l’arrêt des mesures répressives.

Selon Zlatan Begić, professeur de droit public à l’Université de Tuzla, le droit de mani- fester est l’une des libertés fondamentales selon la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen. « Il faut donc amnistier les participants aux manifestations et établir la responsabilité du com- missaire principal de police, à titre professionnel et personnel, en raison de l’usage excessif de la force de la part de la police. » Cette proposition a été votée à l’unanimité, tout comme la demande de démission du commissaire et du porte-parole de la police du canton. Le Plenum a également exigé que les faits soient établis concernant le rôle des services de sécurité et des médias en Bosnie-Herzégovine, en termes de propagation de la désinformation favorisant une situation chaotique lors des manifestations, et que les autorités du canton s’engagent à entamer des procédures afin de déterminer leur responsabilité.

Les autorités ont été appelées à ouvrir une enquête sur l’information qui affirmait que, parmi les manifestants, se seraient introduits des personnes soutenues par certains partis politiques et groupes d’intérêt. Le Plenum affirme en effet que cette information a attisé la fureur et le désordre, et était uniquement destinée à discréditer des manifestations justifiées. Trois groupes de travail ont été formés au sein du Plenum : le premier concernant la logistique, le second l’organisation des mani- festations et la culture (chaque manifestation pacifique faisant l’objet d’interventions artistiques), et le troisième concernant la partie médias.

Les problèmes rencontrés

Il faut pourtant souligner que la situation est toujours confuse à Tuzla, car l’Assemblée du canton avait dès samedi entrepris des pourparlers avec un autre groupe de citoyens, le « Conseil éco- nomique » mené par Aldin Širanović. Ce membre du groupe UDAR avait été porté en héros et son histoire avait favorisé la fureur des manifestants après qu’il a été mis en garde à vue et battu par les forces de police spéciales mercredi 5 février. Composé d’entrepreneurs locaux endettés et issus de diverses branches politiques, dont certains ont pris part aux privatisations d’après-guerre, le « Conseil économique » ne semble pas obtenir la faveur de la population car, n’organisant pas d’assemblées publiques, on leur reproche leur manque de transparence et l’on craint qu’ils ne soient animés que par des intérêts personnels.

Le Plenum a déclaré ne pas partager les revendications de ce groupe de citoyens, affirmant qu’un « groupe dont les membres sont directement impliqués dans la situation déplorable du canton et dont les employés sont privés de salaire et de leurs droits sociaux fondamentaux, ne peut représenter les intérêts des citoyens. »

Un soutien officiel Le Plenum a obtenu le soutien de l’Université de Tuzla, de diverses orga- nisations internationales, ainsi que du ministre britannique des Affaires étrangères William Hague actuellement en visite à Bruxelles. Le maire de Tuzla Jasmin Imamović a également donné son soutien moral et matériel au Plenum de citoyen et mis à leur disposition les institutions municipales afin qu’ils puissent s’y réunir : « Je souhaite apporter publiquement mon soutien au Plenum de citoyens du canton de Tuzla qui représente une action ouverte et démocratique pour la protection et la promotion des biens publics. Je soutiens toutes les revendications énumérées dans les déclarations du Plenum de citoyens afin que Tuzla devienne un modèle pour une Bosnie-Herzégovine multinationale et solidaire ». Ce soutien a été bien accueilli par le Plenum, qui tiendra désormais ses réunions au Théâtre municipal.

Le chef de la Mission de l’OSCE en Bosnie-Herzégovine, Fletcher M. Burton, a pour sa part déclaré : « Nous encourageons les autorités à tous les niveaux en Bosnie-Herzégovine d’écouter les demandes de réforme, exprimées de manière légale et pacifique. » Il a souligné qu’un dialogue constructif entre les autorités et les citoyens dans un cadre démocratique et pacifique devait être à la base des progrès qui conduiront à des solutions efficaces et durables. 12 février 2014

Eléonore Loué-Feichter, de notre correspondante à Tuzla

Retrouvez notre dossier : Bosnie-Herzégovine : la révolte sociale gagne tout le pays :
http://balkans.courriers.info/spip….* Le Courrier des Balkans, mercredi 12 février 2014 : http://balkans.courriers.info/artic…

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article31094

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14 février 2014 ~ 0 Commentaire

Lettre ouverte en soutien aux citoyen(ne)s de bosnie (essf)

Nous soussignés, exprimons notre complet soutien aux citoyen/ne/s de Bosnie-Herzégovine dans leur colère justifiée et leurs demandes légitimes. Leur revendication d’une vie décente, d’une véritable démocratie, d’une solidarité par delà les frontières – qu’elles soient ethniques, nationales ou religieuses -, l’égalité sociale et la justice résonne à travers le monde.

Tout comme les mobilisations de la place Tahrir, du Park Zuccotti, des places Taskim et Syntagma, les manifestant/e/s bosniaques ont eu le courage d’aller par delà tous les obstacles institutionnels et toutes les limitations que le gouvernement impose à ses citoyens et ont repris les rues et les places. Les peuples de Bosnie-Herzégovine se soulèvent contre le système d’exploitation, l’injustice et l’inégalité au service d’une petite élite politique, économique et financière.

Un siècle après l’assassinat de Franz Ferdinand lorsque les leaders de l’Europe impérialiste ont poussé leurs nations dans la destruction mutuelle, la Bosnie envoie un signal fort à chacun/e. Le monde dans lequel nous vivons est un monde de divisons, dans lequel on assiste à l’expansion du fascisme, à un apartheid politique et social croissant et à la destruction capitaliste continue de la nature comme des biens communs. Les citoyens/ne/s de Bosnie-Herzégovine ont fait l’expérience de cela au quotidien au cours des 20 dernières années. Après la guerre nationaliste entre 1992 et 1995 au cours de laquelle 100.000 personnes ont perdu la vie, l’installation de la paix institutionnelle a restauré le système capitaliste, détruit la classe ouvrière et la classe moyenne et ont mis en place des divisions non seulement sociales mais aussi ethniques qui ont été exploitées avec succès par les élites politiques. Ils ont dit « assez » et nous disons « assez » avec eux.

Nous apportons notre soutien à leurs efforts légitimes pour créer une société de justice et d’égalité en Bosnie Bosnie-Herzégovine. Nous appelons tous les forces sociales et politiques progressistes à soutenir le peuple de Bosnie-Herzégovine dans sa lutte décisive pour un meilleur futur pour tou/te/s. 12 février 2014

Signataires:

Tariq Ali, écrivain et militant, UK

Etienne Balibar, professeur émérite, Université Paris Ouest, France

Noam Chomsky, linguiste et militant, MIT, USA

Naomi Klein, auteure et militante, USA

Catherine Samary, économiste, France

Eric Toussaint, économiste, CADTM, Belgique

Slavoj Žižek, philosophe, Slovénie

* Publié en français le 13 février 2014 : http://cadtm.org/Lettre-ouverte-en-…

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article31083

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14 février 2014 ~ 0 Commentaire

Grand baromètre: le ptb fait mal au ps (le soir.be)

A cent jours des élections, le sondage RTL Ipsos Le Soir marque la percée de l’extrême gauche : 6,7 % en Wallonie, 6,8 % à Bruxelles.

(…) A Bruxelles, la grande leçon se situe à l’extrême gauche de l’échiquier : le PTB passe de 2,6 % à 6,8 %. C’est tout à la fois l’évolution la plus marquante de notre sondage, mais aussi le score le plus élevé jamais réalisé dans la capitale.

Principale « victime » de cette progression appuyée : le PS de Laurette Onkelinx et Rudi Vervoort. Les socialistes gardent certes le leadership, mais de toute justesse (1,2 point d’avance, seulement, sur les libéraux). Et, surtout, ils sont, de nouveau en recul : avec 21,2 %, ils encaissent une perte de 2,9 points.

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Wallonie : le PS perd 10 % par rapport à 2010

En grande méforme depuis quelques mois, le PS est désormais crédité de 28,4 %. Soit (quasi) 10 points sous son score électoral des législatives de 2010. (…) Les mouvement le plus vif du sondage s’observe au PTB (extrême gauche) et au Parti populaire. Ce dernier profite de façon claire du ralliement du populaire Luc Trullemans, l’ex-météorologue de RTL-TVI. En hausse tendancielle depuis quelques mois, le PTB enregistre un sursaut probablement dû à son entrée officielle dans la campagne (présentations des listes, etc.) et par la récente (et très suivie) comparution de Raoul Hedebouw à « Jeudi en prime », la nouvelle émission politique de la Une.

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Méthodologie: Le Grand Baromètre RTL Ipsos Le Soir a été réalisé du 6 au 10 février 2014 par Ipsos. Il a été effectué auprès de 2.747 répondants, formant des échantillons représentatifs des Belges de 18 ans et plus. L’échantillon est constitué comme suit : 1.113 en Wallonie, 1.122 en Flandre et 512 dans les 19 communes de la Région de Bruxelles-Capitale. Les interviews ont eu lieu via l’Ipsos On Line Panel. La marge d’erreur maximale, pour un pourcentage de 50 % et un taux de confiance de 95 %, est de +/- 2,9 en Wallonie, +/- 2,9 en Flandre et de +/-4,3 à Bruxelles.

Véronique Lamquin, Pierre Bouillon et David Coppi
Mis en ligne jeudi 13 février 2014, 19h27

http://www.lesoir.be/427584/article/actualite/belgique/elections-2014/2014-02-13/grand-barometre-ptb-fait-mal-au-ps

Commentaire: Nos camarades de la LCR .be appellent à soutenir le PTB ( le PCB aussi) pour ne pas disperser les anticapitalistes, ce qui fait débat. Le PTB a un « lourd passé » stalinien.

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13 février 2014 ~ 0 Commentaire

Bosnie: contre une situation dramatique, le mouvement social s’étend (lo+essf)

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En Bosnie-Herzégovine, depuis le début du mois, aux cris de « qu’ils s’en aillent tous », des dizaines de milliers de manifestants réclament le départ de l’ensemble des dirigeants du pays, de tous les dirigeants.

Des maires des communes au Premier ministre, ils les accusent de s’être enrichis par la corruption et le pillage des ressources publiques, et d’avoir réduit la population au chômage et à la pauvreté. Selon les statistiques officielles, un Bosnien sur cinq vit dans la pauvreté.

Le mouvement est parti le 5 février d’une manifestation de chômeurs à Tuzla, grande ville industrielle du centre du pays. Il a rapidement gagné Sarajevo, la capitale. Les autorités ont répondu par la répression. Le 7 février, dans la capitale, plusieurs centaines de manifestants et de policiers ont été blessés. Dans plusieurs villes, les sièges des autorités régionales ont été saccagés et, à Sarajevo, le siège de la présidence bosnienne a été incendié. Dans les jours qui ont suivi, le mouvement s’est étendu à l’ensemble du pays. Suite aux manifestations, les chefs de quatre administrations régionales sur dix ont présenté leur démission.

À Tuzla, outre la démission du gouvernement, les manifestants exigent, entre autres, l’égalisation entre les salaires des représentants du gouvernement et ceux des travailleurs du secteur public et privé, la fin des primes de toutes sortes et l’arrêt du paiement des salaires des ministres et autres représentants dont le mandat a pris fin. À Sarajevo, dans une proclamation rendue publique le 9 février au nom des « citoyens de Sarajevo, sans nom, ni nationalité, ni parti politique », les mani- festants demandent l’augmentation des retraites minimales de 400 marks (200 euros), dénoncent le prêt souscrit auprès du FMI, exigent de mettre un terme à la hausse des prix du service public et à l’introduction de nouvelles taxes.

Ils demandent également une révision des conditions dans lesquelles les entreprises publiques ont été privatisées, la formation d’une commission indépendante pour lutter contre la corruption, mais aussi de supprimer les cantons et d’abolir les deux entités, la Fédération croato-musulmane et la République serbe de Bosnie entre lesquelles le pays est partagé. Depuis les accord de Dayton, en 1995, qui mirent fin après trois ans de carnages à la guerre déclenchée après l’écla- tement de la Yougoslavie, la Bosnie-Herzégovine est composée de ces deux entités, sous la sur- veillance d’un « haut représentant » européen toujours présent en Bosnie, et toujours chargé, presque vingt ans après, de veiller au respect des dits accords.

Ces derniers entérinaient un découpage réalisé selon des critères ethniques ou religieux imposés par les partis ultra-nationalistes serbe, croate et bosniaque avec la bénédiction des puissances impérialistes, parties prenantes aux accords de Dayton. Le mouvement témoigne en tout cas de la profondeur du discrédit des partis et des politiciens nationalistes au pouvoir depuis près de vingt ans en Bosnie.

La division de l’ex-Yougoslavie en un entrelacs de micro-États constitués sur des bases ethniques, l’éclatement d’une économie qui avait été partiellement unifiée, maintenant réduite à une série d’entités dont aucune n’est vraiment viable, tout cela a débouché sur un retour en arrière catastrophique sur le plan social.

Sur les murs de Tuzla, lors de la manifestation du 7 février un slogan serait apparu : « Mort au nationalisme ». Le mouvement aurait même trouvé un écho au-delà – timide, mais significatif – en République serbe de Bosnie, en Croatie et en Serbie, sous la forme de rassemblements de solidarité avec les manifestants bosniaques. C’est bien dans l’émergence d’un mouvement po- pulaire, mettant au premier plan des revendications sociales, que réside le seul espoir de surmonter un jour la situation désastreuse créée par l’éclatement de l’ex-Yougoslavie. Jean-Jacques LAMY

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2376&id=51

Lire aussi: http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article31076

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12 février 2014 ~ 0 Commentaire

Taubira à Bayonne

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 Euskal Presoak, Euskal Herrira

Samedi prochain, Christiane Taubira, Garde des Sceaux, sera au Pays Basque et participera à Bayonne à une réunion dont le thème est « quelle justice pour demain ? ».

Sa visite a lieu dans une situation particulière : l’ETA a annoncé l’arrêt définitif de la lutte armée depuis près de deux ans et demi, le processus de paix est en route, mais de façon totalement unilatérale. A ce jour, l’Etat espagnol, et à sa suite l’Etat français, se refusent à amorcer le dialogue et maintiennent, voire accentuent, la répression. En particulier, la même politique carcérale continue, caractérisée notamment par l’éloignement et la dispersion des prisonniers politiques basques. Elle a fait une nouvelle victime la semaine dernière en la personne d’Arkaitz Bellon, âgé de 36 ans, qui devait être libéré en mai prochain après 13 ans d’emprisonnement à la prison de Cadiz. La mobilisation doit se poursuivre et s’intensifier pour obliger les Etats espagnol et français à changer d’attitude.

*
Le NPA appelle à participer massivement à la manifestation organisée par Etxerat (association des familles de prisonnier-e-s et d’exilé-e-s politiques basques) le samedi 15 février à la Place des Basques de Bayonne, à 15h30, sous le mot d’ordre

« Euskal Presoak, Euskal Herrira »:
- pour le respect des droits des prisonnier-e-s et exilé-e-s. Libération et droit au retour immédiats pour celles et ceux qui sont malades ! Libération immédiate pour celles et ceux qui peuvent être mis en libération conditionnelle !
- pour le rapprochement et le regroupement des prisonnier-e-s
- pour qu’il soit mis fin aux lois et mesures d’exception, dont le mandat d’arrêt européen.

L’Etat français et son gouvernement, dont Mme Taubira est l’une des ministres, ont aujourd’hui la responsabilité d’en finir avec la voie répressive et de faire des gestes en direction du processus de paix. C’est bien la résolution politique, démocratique et pacifique du conflit qui est aujourd’hui à l’ordre du jour, avec en particulier comme perspective la libération de tou-te-s les prisonniers et le retour de tou-te-s les exilé-e-s Le 12 février 2014 NPA

http://npa2009.org/node/40286

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11 février 2014 ~ 0 Commentaire

Bosnie: ils ruinent notre avenir, nous voulons qu’ils s’en aillent (rue 89)

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Le pays n’avait pas connu de manifestations de cette ampleur depuis la fin de la guerre intercommunautaire (1992-1995).

Depuis sept jours, la Bosnie-Herzégovine est secouée par de violentes contestations. En cause, la pauvreté, le chômage (près d’un habitant sur deux n’a pas d’emploi) et l’impotence du gouver- nement.

« Ils nous volent depuis 25 ans et ruinent notre avenir. Nous voulons qu’ils s’en aillent », a déclaré l’un des leaders de la manifestation à Tuzla, cité par FranceTvInfo. The Balkanist Magazine publie les demandes des manifestants, traduites en anglais par un blogueur. Lundi, ils étaient plus d’un million devant le siège du gouvernement pour réclamer à nouveau la démission du Premier ministre, relate RFI. Celui-ci a rejeté toute démission à la télévision, lundi soir. « Le Parlement devrait décider ce mardi matin si un scrutin anticipé est organisé. » Les chefs de quatre des dix gouvernements régionaux ont déjà présenté leur démission.

Incendies et échauffourées

Le mouvement est parti de Tuzla, au nord-est du pays, le 5 février, avant de s’étendre à d’autres villes. « Ils ont manifesté pour les retraites, les contributions sociales impayées et la misère à Tuzla qui, avant la guerre, était un centre industriel majeur », explique Tim Judah dans The Economist. « La reconstruction de l’après-guerre a donné un coup de fouet à l’économie, mais ce n’est plus qu’un souvenir. Les privatisations ont souvent été rongées par la corruption. »

Vendredi, une centaines de jeunes ont pénétré dans l’immeuble du gouvernement local et y ont mis le feu. A Sarajevo, des manifestants ont incendié le siège de la présidence. Des échauffourées avec la police ont fait près de 150 blessés, rapporte l’Agence France presse. Le Courrier des Balkans relate la « propagande officielle » servie par les médias qui parlent surtout « des hooligans, des drogués et des voleurs » et qui chouchoutent les politiques sur les plateaux :  « Seuls les réseaux sociaux servent d’antidote à la désinformation. »

« Inutilité » et « irresponsabilité »

« Ils veulent mettre un terme à l’égoïsme de la classe politique, ils veulent pouvoir travailler, et ils veulent une amélioration des droits sociaux à tous les niveaux », explique sur son blog Eric Gordy, chercheur à l’UCL (University College of London) : « Aucun d’entre eux ne fonde ses revendications sur la nationalité, la religion, ou une autre division caractérisant la Bosnie-Herzégovine dans les stéréotypes tenaces du pays. »

En toile de fond se pose le problème politique du pays, depuis les accords de Dayton en 1995. L’institution politique, au sein de laquelle Serbes, Croates et Bosniaques se partagent le pouvoir, a depuis démontré son « irresponsabilité » et son « inutilité », appuie le spécialiste. L’administration est complexe, coûteuse et pléthorique : elle compte 180 000 salariés pour 3,8 millions d’habitants. Emilie Brouze | Journaliste  mardi 11 février 2014 à 14h30

http://rue89.nouvelobs.com/2014/02/11/bosnie-ils-ruinent-avenir-voulons-quils-sen-aillent-249824

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11 février 2014 ~ 0 Commentaire

Partenariats public privé: marché de dupes ? (arte)

mardi 11 février à 22h35 (75 min) Rediffusé vendredi 21.02 à 9h00

Pour leurs grands chantiers et leur mission de service public, les gouvernements européens et les exécutifs régionaux sont désormais confrontés à des restrictions budgétaires drastiques.

D’où l’idée d’avoir recours à des entreprises privées pour assurer les prestations nécessaires. Les grandes banques d’investissement et les magnats du bâtiment sont les premiers à profiter de ces partenariats public-privé (PPP).

Avec des concessions qui peuvent courir sur une période de trente ans, ceux-ci peuvent s’avérer au final fort coûteux pour les États, donc pour les contribuables. Or les négociations et les accords passés entre les deux parties restent secrets, ce qui, accusent nombre de parlementaires, constitue un grave déni de démocratie.

L’ancien rédacteur en chef du Spiegel Stefan Aust et son collègue Thomas Ammann ont mené une investigation approfondie sur quatre projets contestables des deux côtés du Rhin. En France, ils ont enquêté sur la nouvelle Ligne ferroviaire à grande vitesse Tours-Bordeaux, qui fait la part belle au groupe Vinci et sur la future cité judiciaire des Batignolles, à Paris, qui constitue pour le groupe Bouygues une aubaine.

En Allemagne, ils s’intéressent au chantier de la Philharmonie de l’Elbe, à Hambourg, source de polémiques, et aux travaux pharaoniques entrepris sur un tronçon d’autoroute en Basse-Saxe. Un tableau documenté qui donne la parole aux partisans du système des PPP comme à ses détracteurs, à des commissaires aux comptes et à des responsables politiques.

http://www.arte.tv/guide/fr/049258-000/les-partenariats-public-prive-un-marche-de-dupes

 

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11 février 2014 ~ 0 Commentaire

La catalogne interdit à son tour la fracturation hydraulique (basta)

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La Catalogne est devenue la quatrième région d’Espagne à interdire la fracturation hydrau-lique, après la Cantabrie, la Rioja et la Navarre. Jusqu’à présent, le parlement régional catalan refusait chaque licence d’exploration sollicitée par un groupe pétrolier (voir la carte ci dessous). Avant d’intégrer finalement le 30 janvier un changement dans la législation, comme le rapporte El Pais. La loi sur l’urbanisme stipule désormais qu’il « n’est pas permis d’utiliser la technologie de la fracturation hydraulique quand elle peut avoir des effets négatifs sur les caractéristiques géologiques, environnementales, paysagères ou socio-économiques ».

« Les principales raisons ayant motivé cette interdiction ne sont pas environnementales ou so- ciales, mais purement économiques », relève Ejolt, un réseau d’organisations, d’universités et de laboratoires de recherche sur la justice environnementale. Selon les rapports commandés par le gouvernement catalan (de centre-droit), l’extraction de gaz non conventionnel n’est pas suffi- samment rentable et fournirait seulement huit mois de consommation de gaz à la région. Le coût politique d’une autorisation aurait par ailleurs été élevé : de nombreuses municipalités et collectifs sont opposés à l’extraction des hydrocarbures non conventionnels.

L’interdiction en Catalogne survient alors que le ministère de l’Industrie espagnol a autorisé l’exploration dans quatre zones se situant à cheval sur la région autonome et l’Aragon. Le gouvernement central a annoncé qu’il ferait appel de ces interdictions devant la Cour constitutionnelle. Mais l’opposition de l’opinion publique demeure forte : « Dans les Asturies et dans la province de Burgos, plusieurs entreprises de fracturation ont déjà renoncé à cause de l’opposition et de la pression citoyenne », remarque le collectif Ejolt. A l’échelle du pays, plus de 400 villes espagnoles se sont déclarées « Libre de Fracking ». Par Sophie Chapelle 11 février 2014

Source : fracturahidraulicano.info

http://www.bastamag.net/Gaz-de-schiste-quatre-regions

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