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05 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

10 objectifs anticapitalistes (lcr.be)

10-objectifs

Ces jours-ci la FGTB (équivalent belge et socialiste de notre « CGT » note du blog)  Charleroi édite une nouvelle brochure.

Après les « 8 questions » autour du thème « politique et indépendance syndicale », voici « 10 objectifs d’un programme anticapitaliste d’urgence », sous le titre sans équivoque « Changer de cap maintenant ».

Nous avons déjà dit tout le bien que nous pensons de la brochure « 8 questions », nous ne pouvons que le redire après cette deuxième publication qui offre aux militants une série d’explications, d’arguments et surtout de revendications face à l’offensive du capital. La FGTB de Charleroi se place ainsi dans le prolongement de l’importante assemblée d’avril 2013 : « la déclaration commune de l’assemblée du 27 avril 2013 à la Géode disait:

 ‘Il est illusoire de penser qu’on peut réformer le capitalisme pour qu’il devienne un « bon » capitalisme de relance. Il faut donc être clair: il faut une stratégie pour sortir du capitalisme et le remplacer par un autre système qui satisfait les besoins de la population et préserve notre planète’ » rappelle la conclusion du document.

Le capitalisme est en crise Dès la première page, le ton est donné. « Nous ne sommes donc pas face à un phénomène passager de récession, auquel succèdera une expansion, mais face à une crise globale dont tous les aspects (financier, économique, social, alimentaire, environnemental, culturel, idéologique…) nous renvoient à la nature du capitalisme. Ce sont les lois fondamentales du système (la course au profit, la concurrence et le marché) qui sont au cœur du problème… et des solutions. ».

Et des « solutions » le document n’en manque pas. Il est évident qu’en une vingtaine de pages il n’est pas possible de développer une analyse détaillée et complète du capitalisme d’aujourd’hui et de tous ses ravages mais la brochure brosse les dix thèmes à partir d’un schéma qui rend la compréhension facile : une description, des revendications, des explications, des exemples, des chiffres-clé.

Un catalogue ? En fin de document, les syndicalistes mettent les points sur les « i » : « Nous nous refusons à en faire un catalogue de bonnes intentions dans lequel chacun pourrait venir puiser des éléments à sa guise. Ce programme et ses articulations doivent être compris comme une dynamique qui tend vers un changement radical des rouages de la société »

Qu’il s’agisse de Refuser le chômage massif en répartissant le travail entre tous pour « Travailler moins, travailler tous (et vivre mieux) » ; ou encore de

Redistribuer les richesses en « reprenant aux patrons, par la hausse des salaires et  une fiscalité redistributrice, les points de valeur ajoutée confisqués aux salariés depuis le début des années 1980 », les syndicalistes de Charleroi revisitent les textes des congrès syndicaux, si âprement discutés et si rapidement remisés dans les tiroirs, pour en faire un vrai plan de bataille. Les « 10 objectifs » s’articulent entre eux, ne se limitant pas aux thèmes syndicaux classiques. Le sommaire de la brochure en dit long : outre les deux points ci-dessus, on notera également : Pour de vrais services publics ; Pas touche à la sécu ; Pour une fiscalité juste ; Désarmer la finance ; Dette publique: on ne paie pas ! ; Pour une autre Europe ; Pour notre terre ; Un monde solidaire. Et pour chaque thème la volonté de décortiquer les responsabilités et d’avancer des propositions radicales (« qui vont à la racine »).

Un outil Comme les « 8 questions » qui a été tirée en milliers d’exemplaires (en français et en néerlandais), il est évident que la brochure « 10 objectifs » ne s’adresse pas qu’aux militants de la FGTB Charleroi, c’est un outil précieux pour tous ceux qui veulent « comprendre le monde pour le changer ». Elle doit tourner dans les équipes syndicales, dans les formations syndicales, dans les associations et les organisations. C’est le souhait des syndicalistes de Charleroi.

« Ce programme anticapitaliste d’urgence n’est pas à prendre ou à laisser. Nous allons l’enrichir ensemble dans la démocratie qui bourgeonnera dans nos combats » concluent-ils.

2014 n’est pas loin Dès le discours du Secrétaire Régional de la FGTB Charleroi en mai 2012 il était clair que la question d’un prolongement politique aux luttes des travailleurs était posée sous un angle nouveau. « Surtout, l’appel de la FGTB de Charleroi-Sud Hainaut et l’écho qu’il a reçu (notamment à la CNE) permettent d’espérer faire un premier pas en direction d’une recomposition en profondeur du mouvement ouvrier, à la fois sur le terrain politique/électoral et sur le terrain social/syndical » analysait une déclaration récente de la LCR[2] .

La brochure « 8 questions » s’appuyant sur la Déclaration de principes de la FGTB (1945) redonnait un sens aux interactions entre combat syndical et combat politique. En septembre nous citions  un extrait de cette brochure : « La stratégie alternative proposée par la FGTB Charleroi Sud Hainaut permet, à ses yeux, de retrouver une vraie indépendance syndicale: élaborer nous-mêmes, en tant que mouvement syndical, notre programme de lutte, en fonction d’une seule préoccupation: les besoins des travailleur·euse·s. En les encourageant à s’impliquer activement et démocratiquement, afin que ce programme et ces luttes soient les leurs. «Alors, au lieu que les partis nous dictent leur politique, c’est nous qui exigerons des partis qu’ils s’engagent à lutter avec nous pour ce programme»[3]. Les « 10 objectifs » prolongent et concrétisent cette démarche et s’adressent aussi à ceux qui vont briguer les suffrages des travailleurs.

Ceci vient bien à point dans la perspective des élections de 2014 pour lesquelles une dynamique unitaire est en train de voir le jour, même si elle est encore timide, même si un certain nombre de « puristes », de « sceptiques » qui se posent des questions ou déprécient ces efforts  arguent « que « d’avoir des élus » n’est pas un but en soi, la question est pourquoi faire ? Pour défendre quelle position ? », à ceux-là nous conseillons la lecture de la brochure de la FGTB Charleroi.

Freddy Mathieu 4 décembre 2013

http://www.lcr-lagauche.org/10-objectifs-anticapitalistes/

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05 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Les esclaves de la Chinatown toscane (ci)

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Prato, en Toscane, est la troisième ville chinoise d’Europe.
Le 1er décembre, sept employés chinois d’une usine de textile ont péri dans un incendie. Un drame qui met en lumière les conditions de travail auxquelles sont soumis ces esclaves modernes.

L’émotion est arbitraire. Même au beau milieu d’une tragédie, un simple détail suffit à la dé- clencher. Sur le carrelage noir de cendres et d’eau, des boutons. Des centaines, des milliers de boutons, de toutes les formes et de toutes les couleurs. Archéologie contemporaine. Un tapis de boutons à la dérive dans une Pompéi chinoise à Prato.

Il est 16 heures passées. Le médecin légiste ressort de l’antre encore fumant. Il a repéré trois cadavres, ou plutôt ce qu’il en reste. « Il y a une femme. Les autres morceaux ne permettent pas de déterminer le sexe, pour le moment. » Déjà quatre corps reposent à la morgue. Le bilan s’élève donc à sept victimes. Sur les quatre personnes secourues, deux sont sorties de l’hôpital. Les deux autres sont dans un état grave mais « pas désespéré », annonce Mme le préfet de Prato, Maria Laura Simonetti, en poste depuis trois mois.

Dès que j’en aurai le temps, j’aimerais lui demander combien de salariés, à la préfecture et dans les services de police, parlent chinois ou du moins le comprennent. Après Londres et Paris, Prato est la troisième ville chinoise en Europe. Les pompiers sont venus de toute la province – Prato est au carrefour de Florence, Lucques, Pistoia et Pise. Ils travaillent d’arrache-pied depuis le petit matin et n’ont pas encore maîtrisé l’incendie. Ils craignent que les gravats cachent d’autres corps.

Des usines incontrôlables Les victimes n’étaient probablement pas en train de travailler [au moment de l’incendie]. Dans ces entrepôts, on travaille presque tout le temps, mais surtout la nuit. Les ouvriers venaient peut-être de se coucher, après avoir cherché un moyen de se réchauffer. Avec les premières lueurs de décembre sont arrivés le froid et le vent.

« Ils travaillent et chargent les camions de nuit, pour éviter les contrôles. » Je n’ai pas le temps de demander en quoi, depuis l’invention de l’électricité, les poids lourds passent davantage inaperçus la nuit. En parlant de contrôles, le maire, les dirigeants de l’agence sanitaire locale et la police expliquent que pratiquement chaque inspection se termine par une mise sous séquestre. Mais ils ont beau faire 300 contrôles, les usines se comptent par milliers et poussent comme des champignons, sans même se préoccuper de ressembler à des usines. Cette fois, le drame s’est produit dans la zone développée, « commerciale », et non parmi les vieux abris de fortune accolés aux fourmilières humaines. Comme quoi, les alcôves funéraires qui servent de dortoirs et les showrooms ne sont pas incompatibles.

Je suis arrivé avec le président de la région de Toscane, Enrico Rossi [Parti démocrate, gauche]. Selon lui, cette tragédie, cette humiliation de l’humanité qui se joue tous les jours dans le tristement célèbre district de la confection, « nous en sommes tous responsables ». Il entend par là l’admi- nistration, l’Etat.

Prato était gouverné par la gauche à l’époque où la colonie chinoise a commencé à se greffer à l’industrie florissante du textile. La gauche a fini par perdre Prato, en raison de ses divisions internes, aussi infantiles que séniles. Si cette défaite ne fut que provisoire, elle n’en fut pas moins symbolique. Outre le lieu où elle s’est produite, elle a surtout laissé place libre à une campagne à forts relents xénophobes, aussi tapageuse que velléitaire. La communauté chinoise était comme invisible. Mais pour qu’un élément soit invisible, il faut aussi que des personnes, au moins la moitié, ferment les yeux.

Ils travaillent seize heures par jour Le 2 décembre, interrogé sur le nombre de Chinois qui travaillent (et vivent, en supposant qu’ils en aient le temps) ici, le maire de Prato, Roberto Cenni [Liste civique, centre droit] a donné une réponse vague : « ‘Officiellement, on en dénombre 16 000.’ En réalité, ils sont entre 20 000 et 40 000. Cela dit, l’édile a un jour laissé entendre qu’ils seraient près de 50 000… » Cette incertitude à forme d’hyperbole coïncide avec une extraterritorialité croissante. Pour Enrico Rossi, c’est comme si le tissu de Prato – la ville, ses dortoirs, ses magasins et ses logements – s’était délocalisé sans même changer de place, comme s’il s’était transformé en une Chine à domicile. Une Chine qui travaille quinze ou seize heures par jour dans le meilleur des cas, qui est payée pour produire des vestes d’une valeur de 19 euros mais qui seront vendues à 100 ou 200 euros aux consommateurs européens du prêt-à-porter.

Ce réseau de production et de distribution, cette grande Rosarno [ville des Pouilles connue pour abriter des saisonniers africains] où le textile se substitue aux tomates et aux oranges, s’affranchit en grande partie des lois et des droits italiens. Le racket chinois, fait de menaces et d’extorsions, fournit les services nécessaires : un double régime fiscal en somme. Il y a bien eu quelques actions ré- pressives, mais les méthodes policières, pour être efficaces, conduiraient à l’arrestation de l’en- semble de la population chinoise de Prato. Une folie.

Un secteur fondé sur l’esclavage La réintégration du travail illégal permettrait en revanche quelques avancées élémentaires, comme un toit et une dignité pour les travailleurs, ainsi qu’une économie qui ne serait plus fondée sur l’esclavage. Pour cela, l’Etat italien doit intervenir. Il doit revendiquer l’autorité qui est la sienne sur un territoire aussi précieux et trouver le bon compromis avec l’interlocuteur asiatique : que la criminalité chinoise se limite à frapper ses compatriotes, comme c’est le cas aujourd’hui.

Grâce à la Toscane, les Chinois bénéficient d’un système de santé efficace, avec une protection particulière pour les femmes enceintes. Mais le vrai changement ne peut s’opérer à l’échelle locale. Prato se sent oublié par l’Etat italien qui ferme les yeux depuis les années 1960 et 1970, quand la population doubla presque du jour au lendemain. Le drame d’hier est un petit Lampedusa. Il a braqué les projecteurs sur la Chine de Prato. Dommage qu’il s’agisse de la lumière d’un incendie. La Repubblica  Adriano Sofri 3 Décembre 2013

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04 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Quand l’indignation gagne les entreprises (esther vivas)

patron

Qu’ont en commun Telefónica, HP-Hewlett Packard et Panrico ?

Des travailleurs qui ne baissent pas les bras, qui refusent d’accepter des chantages supplémentaires, qui, face à des politiques de précarité insupportables, ont dit « basta ». L’indignation atteint ainsi les lieux de travail. Comme David contre Goliath, certains travailleurs se dressent face à des entreprises et à des multinationales toutes-puissantes. Un pouvoir « suprême » qui repose sur la peur exercée contre ceux qu’elles exploitent.

Travailler plus pour gagner moins, des journées incompatibles avec une vie personnelle et familiale, la précarité, des salaires de misère, la flexibilité… tel est le quotidien dans ces lieux de travail. Et si tu lèves la tête pour te plaindre, t’organiser ou partir en grève, une armée de chômeurs attend ta place à la porte de l’entreprises ; merci et au revoir ! Malgré tout, certains ne se résignent pas et montrent l’exemple de la lutte, de la persévérance et de la dignité.

C’est le cas des travailleurs de Telefónica-Movistar. Un an après une grève de la faim de six employés à Barcelone qui avait duré 23 longs jours, ils ont brisé le black-out médiatique pour mettre en lumière la précarité et l’exploitation sévissant dans cette entreprise. La grève exigeait la réadmission de Marcos A. Armenteros, licencié pour avoir été absent à cause de problème de santé justifiés et que la direction, aujourd’hui encore, refuse de réintégrer alors qu’il a gagné contre elle tous les procès intentés et obtenu un large soutien social et politique. On a célébré hier le premier anniversaire de cette grève de la faim, de la faim de dignité. Les travailleurs sont toujours déterminés à exiger la réadmission de leur collègue, des conditions de travail dignes et la fin de la répression patronale et syndicale.

Telefónica, fidèle reflet de la « marque Espagne », augmente le salaire de ses dirigeants, engage des personnages de la taille de Iñaki Urdangarín (ancien joueur de l’équipe nationale de handball et époux de la seconde fille du roi, NdT) et Rodrigo Rato (ancien ministre PP de l’économie et ex-directeur général du FMI, NdT), et baisse en même temps le salaire de ses travailleurs, précarise leurs conditions de travail et jette à la rue ceux qui combattent ces mesures. Depuis sa privatisation en 1999, la multinationale a supprimé 50.000 postes de travail par des licenciements collectifs et des chantages. L’effectif des employés s’élève aujourd’hui à 20.000 travailleurs. Mais en même, elle a augmenté son volume d’emplois via les sous-traitants, qui lui permettent de réduire les coûts et de se dégager de toute responsabilité entrepreneuriale. On estime que Telefónica compte en réalité plus de 100.000 travailleurs en sous-traitance.

Un autre cas est celui de HP-Hewlett Packard. Ces trois dernières années, l’entreprise a supprimé 300 emplois. Mais ses travailleurs n’ont pas capitulé. En juin dernier, ils ont mené à bien l’une des plus importantes grèves dans le secteur informatique : sept jours de grève contre des coupes salariales et la précarisation des conditions de travail. Aujourd’hui, en novembre, ils ont à nouveau intensifié leur lutte à la suite de 30 nouveaux licenciements. Ils organisent une importante mobilisation à l’occasion d’un grand événement promotionnel au siège de Hewlett Packard à Barcelone du 10 au 12 décembre, où se tiendra le « HP Discover », qui doit réunir plusieurs milliers de personnes du monde entier. Comme on le sait, l’image de marque est le « trésor » le plus soigné par ces multinationales et l’objectif des travailleurs en lutte sera donc de la briser, ou plutôt de révéler son authentique visage.

Panrico est l’autre grande entreprise dans laquelle des travailleurs se sont résolument dressés. Le centre de Santa Perpetua de Mogoda est en grève illimitée depuis 6 semaines déjà. Ils s’opposent au licenciement de 745 travailleurs, sur un effectif de 2.000, et une réduction de 18% des salaires, qui s’ajoute aux coupes antérieures. Panrico est un exemple clair de l’usure et de la spéculation, de la manière dont des entités financières, des fonds rapaces et des firmes de capital de risque ont fait main basse sur le contrôle de la compagnie pour le profit maximum à court terme, et où la dernière chose qui compte pour eux ce sont les droits de leurs salariés.

Nous disons souvent que la peur commence, partiellement, à changer de camp. Des actions de désobéissance civile, des occupations de logements vides propriétés des banques, etc. se développent ces derniers temps, avec le soutien de larges secteurs de la société. Mais la peur reste très présente dans les lieux de travail, dans la salle des machines du capital. Peur de perdre son travail, de ne pas pouvoir payer le loyer ou l’hypothèque, qu’on t’expulse ou qu’on t’enlève la garde de tes enfants. Une peur qui nous paralyse.

Nous avons peur également car, qui donc défend nos droits dans les entreprises ? Les directions des grands syndicats ont capitulé face au patronat et au gouvernement. Elles ont signé une réforme de la négociation collective, des pensions, du Code du Travail, etc. Tout cela signifie un énorme recul en termes de droits qui avaient coûté des décennies pour être obtenus. Nous avons urgemment besoin d’un syndicalisme de combat, dont le centre de gravité repose sur la mobilisation et la protestation et non sur la table des négociations. Un syndicalisme ouvert à apprendre de ce qui est nouveau, à agréger, à tisser des alliances avec d’autres mouvements sociaux. Un tel syndicalisme est possible, comme ces expériences nous le démontrent.

Face à tant d’injustice, il ne reste que la dignité de ceux qui luttent. Merci pour votre exemple.

Esther Vivas  * Source : Publico.es, 29/11/2013.

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27 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

La Commission craint que la population ne rejette les négociations transatlantiques (euroactiv)

La Commission craint que la population ne rejette les négociations transatlantiques (euroactiv) dans Economie tumblr_m7oj1jiZoZ1qkx3d4o6_250

Un document interne de la Commission révèle les craintes de l’UE dans sa négociation avec les Etats-Unis.

La faiblesse de la croissance en Europe et les divisions en amont des élections européennes pour- raient aboutir à un rejet de l’accord commercial avec les États-Unis par les peuples européens.

La Commission a tenu une réunion secrète le 22 novembre avec des représentants des 28 États membres, selon le magazine danois Notat, plutôt eurosceptique. Lors de cette réunion, la Commission a affirmé que l’UE devait adopter une stratégie de communication « radicalement différente » sur le Partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (PTCI) par rapport aux initiatives commerciales précédentes.

« L’objectif est de définir les termes du débat en communiquant de façon positive sur le PTCI (par exemple : les gains économiques, ou encore l’accès à un leadership mondial sur les questions commerciales), et non en adoptant une attitude défensive, en communiquant sur ce qu’il n’est pas (le partenariat ne traite pas des données à caractère personnel, ne vise pas à abaisser les normes réglementaires européennes, etc. », indique le document. Selon ce même document, la Commission a expliqué aux États membres que la peur relative aux négociations commerciales était liée à la perception de la « faiblesse de la position » de l’UE vis-à-vis des États-Unis dans les pourparlers.

« Une autre explication étant que l’UE est actuellement dans une situation économique plus difficile que les États-Unis et ipso facto a plus besoin du PTCI que ces derniers, » selon ce document.

« Nous devons dissiper les doutes et affirmer que ce n’est pas le cas. Malgré la crise, l’UE reste le marché le plus vaste au monde et est, en tant que tel, un partenaire indispensable pour toute économie commerciale. Les deux parties ont donc un grand intérêt économique dans ces négociations. »

Des acteurs issus du secteur de la santé ou des groupes de consommateurs ont déjà exprimé leurs inquiétudes en ce qui concerne l’accord de libre-échange. Selon eux, il pourrait mettre à mal les systèmes de santé européens, les systèmes bancaires, la protection des données ou encore les règlements en matière de sécurité alimentaire. Le Parlement européen avait rejeté le projet ACTA, le traité contre la contrefaçon et le piratage, pour les mêmes raisons.

Dans ledit document, la Commission explique aux États membres qu’elle a fourni une série d’ar- guments en vue de communiquer sur le PTCI. Le but étant de réfuter toute analogie avec ACTA. La Commission a souligné qu’il était essentiel que l’UE parle d’une seule voix. Elle a également rappelé à cette occasion l’importance de la prochaine campagne pour les élections européennes, qui pourrait bien faire office de caisse de résonance pour les partis rejetant l’accord commercial.

« Il semble évident que des groupes politiques de plusieurs États membres vont prendre position sur différents volets des discussions, étant donné l’importance que revêt la négociation », selon le document.

D’après une source rencontrée par EurActiv, la Commission a présenté son nouveau site Internet concernant le PTCI au cours de la réunion. Le but premier de ce site est d’informer les petits États membres sur la manière de communiquer sur les négociations commerciales auprès des citoyens.

EurActiv a contacté la Commission, mais celle-ci a refusé de faire tout commentaire quant au document révélé.

Publié 26 novembre 2013, mis à jour 27 novembre 2013

http://www.euractiv.fr/europe-dans-le-monde/lue-sinquiete-de-la-faiblesse-de-news-531958

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26 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Portugal, ils protestent contre le budget et réclament des élections (of)

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Des milliers de manifestants se sont rassemblés mardi matin devant le Parlement portugais.

Ils protestent contre les nouvelles mesures de rigueur prévues par le budget 2014.

Les retraités et fonctionnaires les plus touchés « L’heure est arrivée pour le gouvernement de s’en aller », « y en a marre des escrocs, on veut des élections », ont scandé les protestataires réunis à l’appel de la CGTP, la principale confédération syndicale du pays Parmi les manifestants se trouvaient de nombreux retraités et fonctionnaires, les catégories les plus touchées par le train de mesures d’austérité inscrit au budget de l’État pour 2014 dans le cadre du plan d’aide internationale accordé par l’Union européenne et le FMI.

Vote définitif dans l’après-midi Afin de ramener le déficit public à 4% du PIB l’an prochain, le gouvernement de centre droit a présenté un projet de loi de finances prévoyant un effort d’assai- nissement de 3,9 milliards d’euros, grâce notamment à des coupes sévères dans les salaires et les retraites des fonctionnaires. La version définitive de la loi de Finances devait être adoptée mardi en début d’après-midi par la coalition gouvernementale qui détient la majorité absolue.

L’annonce des nouvelles mesures d’austérité pour l’an prochain a provoqué une multiplication des grèves et des manifestations ces dernières semaines au Portugal, mobilisant enseignants, postiers, magistrats et même les forces de l’ordre. Portugal – 13h32

http://www.ouest-france.fr/portugal-ils-protestent-contre-le-budget-et-reclament-des-elections-1740816

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24 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Danemark: L’Alliance Rouge-Verte, grande gagnante des élections communales (avanti.be)

enhedslisten

Les élections municipales et régionales le 19 Novembre au Danemark ont été un succès historique pour l’Alliance Rouge-Verte (RGA ou Enhedslisten), le parti de la gauche radicale.

Anne Rehder, la secrétaire de la RGA pour le travail international, analyse les résultats de ce scrutin. La RGA est maintenant un parti à l’échelle nationale avec des représentants dans toutes les régions et les moindres coins du Danemark.

Percée de la RGA La RGA a augmenté ses voix de 4,6% par rapport à l’élection précédente en 2009, passant de 2,3% à 6,9%. Nous avons maintenant des sièges dans 79 communes (sur 98) et dans les 5 régions du Danemark, alors que nous étions seulement présents dans 10 communes et que nous n’avions qu’un représentant dans la région de la capitale Copenhague. Le nombre total de nos conseillers municipaux est ainsi passé de 14 à 119 et celui de nos élus régionaux de 1 à 15.

En outre, les résultats permettent à la RGA d’avoir un siège à l’Organisation nationale des muni- cipalités, qui négocie l’économie des communes avec le gouvernement et qui a jusqu’ici toléré un budget d’austérité après l’autre, alors même qu’elle était dirigée par une majorité constituée du Parti Social-Démocrate (SD – semblable à « notre » PS) et du Parti Socialiste Populaire (SF – un parti historiquement situé à gauche des SD). Cela donne à la RGA une chance de briser le consensus d’austérité.

Le résultat des élections locales est le meilleur obtenu par la RGA depuis notre fondation en 1989. Il va bien au-delà de l’objectif que nous nous étions fixé pour la campagne électorale, qui était d’obtenir 100 conseillers municipaux et entre 5 et 6% des votes. En fait, c’est le meilleur résultat obtenu par une force politique à gauche de SF depuis les élections municipales d’après-guerre en 1946.

A Copenhague, la RGA est devenu le deuxième plus grand parti avec 19,5% des voix, les sociaux-démocrates restant le parti le plus important avec 27,8%. Au cours des négociations en fin de nuit, la RGA à Copenhague a remporté le siège d’échevin du département de la construction et des affaires techniques, ce qui nous donne l’occasion de donner la priorité à une orientation verte et créatrice d’emplois pour le développement de la capitale danoise.

Dans les deuxième et troisième plus grandes villes du Danemark, Aarhus et Aalborg, la RGA est devenu le troisième parti en importance après le Parti Social-Démocrate et le Parti libéral. Mais, plus important encore, notre résultat signifie que nous sommes maintenant représentés dans tous les coins du Danemark et faisons partie de la politique locale dans la majorité des municipalités danoises. C’est un grand pas en avant dont nous pouvons espérer qu’il nous aidera à consolider notre succès.

Défaite pour la gauche gouvernementale Le résultat général est une défaite pour les partis gouvernementaux SD et SF Une défaite qui reflète clairement la perte de confiance de nombreux électeurs envers ces deux partis depuis qu’ils sont entrés au gouvernement. Ils y ont poursuivi la politique économique néolibérale de l’ancien gouvernement de droite, une politique à laquelle leurs électeurs se sont opposés.

Le SF a perdu plus de la moitié de son soutien au niveau local, avec seulement 5,6% des voix contre 14,5% à l’élection de 2009. Le SD a perdu aussi des voix mais a gardé sa position de plus grand parti politique au niveau communal. Le troisième parti au pouvoir, le Parti social-libéral, a légèrement progressé, passant de 3,7% à 4,8%. (…)

Nouvelles opportunités, nouvelles responsabilités Globalement, le résultat a été historique pour notre parti et nous donne une position renforcée pour défendre le bien-être, la santé et la sécurité sociale de la population ainsi que pour mettre en avant une politique verte qui crée des emplois. En outre, il nous donne l’occasion de renforcer notre position comme l’un des principaux partis dans le mouvement des travailleurs au Danemark.

Il est clair que les électeurs ont récompensé la RGA pour avoir lutté contre les coupes dans les budgets sociaux et, en même temps, pour avoir travaillé avec pragmatisme afin d’obtenir toutes les améliorations possibles en faveur des gens et de l’environnement. Anne Rehder 24 novembre 2013

Article publié le 20 novembre 2013 sur le site australien www.links.org.au
Traduction française et intertitres pour Avanti4.be : Jean Peltier

http://www.avanti4.be/analyses/article/danemark-l-alliance-rouge-verte-grande

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22 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Turquie: alliance entre la gauche et les Kurdes pour les élections de 2014 ? (orient21)

turc

Le député et cinéaste Sırrı Süreyya Önder, leader d’un nouveau parti

Sırrı Süreyya Önder est un personnage atypique dans le paysage politique turc. Député et cinéaste reconnu, il est l’une des figures du mouvement Gezi, la vague de protestation lancée en mai 2013 dans le parc d’Istanbul du même nom. Il vient d’adhérer à un nouveau parti, le Parti démocratique des peuples, soutenu par la gauche libérale et par les Kurdes. Önder pourrait se présenter à la mairie d’Istanbul aux élections municipales de mars 2014.Portrait. Il s’appelle Önder, qui signifie « leader » en turc. Une prédestination ? Peut-être. En tout cas, Sırrı Süreyya Önder vient de faire peur à beaucoup de monde en déclarant qu’il était candidat aux élections municipales du 30 mars 2014 à Istanbul, avant de préciser qu’il faisait de l’ironie.

S’il décidait finalement de se présenter, ce personnage très populaire et atypique — à la fois député, journaliste, écrivain, musicien et cinéaste — pourrait bouleverser le jeu politique. Sırrı Süreyya Önder est l’une des figures de proue d’une nouvelle formation, le Parti démocratique des peuples (Halkların Demokratik Partisi, HDP)1 qui rassemble une partie de la gauche et les Kurdes.

Le HDP se veut le représentant du « mouvement Gezi »2. Il inquiète le principal parti d’opposition, le très kémaliste Parti républicain du peuple (Cumhuriyet Halk Partisi, CHK) qui espère ravir en 2014 la mairie d’Istanbul au parti au pouvoir, le Parti de la justice et du développement (Adalet ve Kalkınma Partisi, AKP). Cette mairie avait marqué le début de l’ascension des islamistes conservateurs quand en 1994, elle avait été gagnée par Recep Tayyip Erdoğan, alors président de l’AKP, aujourd’hui premier ministre.

Le héros des manifestants du parc Gezi Le parti laïciste se prétend lui aussi l’héritier du mouvement Gezi. Il aimerait surfer sur la vague de contestation, mais il sait très bien que la grande majorité des manifestants n’étaient pas, eux, kémalistes. Bien au contraire, dès le début des pro- testations, c’est ce personnage hors du commun, Sırrı Süreyya Önder, qui est devenu le héros des manifestants quand il s’est dressé devant les bulldozers venus arracher les arbres. La gauche libérale aimerait capitaliser sur Gezi à travers la figure d’Önder, à la fois proche des Kurdes, des milieux intellectuels, des jeunes et des démocrates.

Le parcours de cet homme aux multiples talents est singulier. Né en 1962 à Adıyaman au sud-est de la Turquie, au milieu d’une province à majorité kurde, il se dit issu d’une famille turque, voire turkmène3. Selon ses dires, il a subi une « assimilation inverse » depuis son enfance : alors que les Kurdes de Turquie étaient soumis à une absorption forcée dans la « turcité », notamment à travers la langue, Önder, du fait de sa proximité sociale et politique, a été vite sensibilisé à la question kurde. Cette proximité sociale était double. D’une famille modeste, mais très politisée — son père, barbier, était un des militants du Parti ouvrier turc4 dans les années 1960 — il a souffert de la répression contre les Kurdes, mais aussi contre la gauche en général. Dès son plus jeune âge, il a dû travailler pour subvenir aux besoins de la famille, son père étant décédé en 1970. C’est en tant qu’apprenti chez le photographe du village qu’il s’est pris de passion pour cet art qui le conduira par la suite vers le cinéma.

Une éducation politique de gauche Önder connaît la prison en 1978, à l’âge de 16 ans, lorsqu’il est arrêté après une manifestation condamnant les pogroms de Maraş de la même année, où cent cinquante alévis5 furent tués et plus de deux cents maisons brûlées. Après sa libération, il entame des études de sciences politiques dans la prestigieuse université d’Ankara, devenant une des figures de la jeunesse socialiste. Lors du coup d’État militaire de 1980, il est de nouveau arrêté et empri- sonné par la junte, sans pouvoir terminer ses études. Condamné à douze ans de prison pour « ac- tivités illégales », il purge sept années dans diverses geôles de Turquie, ponctuées de grèves de la faim et d’insubordinations aux règles pénitentiaires. À sa sortie, il s’installe à Istanbul, où il exerce divers petits boulots, y compris ceux d’ouvrier en bâtiment et de chauffeur de camion, tout en militant activement dans des mouvements révolutionnaires et en écrivant.

Il adopte alors pour devise l’aphorisme d’une chanteuse, entendu lorsqu’il jouait du saz 6 dans les bas-fonds d’Istanbul : « s’il ne regarde pas vers toi, mets-toi là où il regarde, il entendra ce que tu dis ». C’est ainsi qu’il explique son engagement dans l’art et le journalisme, pour se faire entendre, parce qu’en tant que socialiste et humaniste, il avait des choses à dire. Il écrit dans Birgün, un quotidien socialiste, puis dans Radikal, temple de la gauche libérale à la fin des années 2000 et enfin dans Özgür Gündem, quotidien kurde rédigé en turc.

Önder se fait aussi cinéaste, avec le même succès. Il rencontre le grand public en 2006 dès son premier film, L’Internationale (Beynelmilel) dont il a écrit le scénario pendant quatre ans, et qu’il réalise. Le film, qui raconte d’une manière douce-amère les aventures d’une fanfare provinciale au lendemain du coup d’État de 1980 remporte plusieurs prix dans les festivals nationaux et internationaux7. Il introduit son auteur dans les cercles intellectuels d’Istanbul. À partir de cette date, ses interviews, ses articles, ses apparitions médiatiques font de l’homme une des figures incontournables de la gauche libérale, qui avait commencé à contester ouvertement la répression étatique des Kurdes.

La vie du cinéaste change en 2011 quand il se lance en politique. Le Parti de la paix et de la démocratie (Barış ve Demokrasi Partisi — BDP), branche politique du PKK8 décide de soutenir des candidats indépendants à l’ouest du pays, afin de contourner le seuil national de 10 % établi par la junte militaire pour empêcher les Kurdes d’accéder à l’Assemblée nationale9. Önder est l’un de ces candidats. Il est élu à Istanbul avec les voix des Kurdes et d’un front de gauche ad hoc. Il rejoindra ensuite officiellement le BDP.

Négociateur avec le leader emprisonné du PKK On lui prédit une existence ennuyeuse de parlementaire, loin de sa vie trépidante d’auteur et de metteur en scène. Il n’en sera rien. C’est juste au moment de son élection que commencent les négociations ouvertes entre le gouvernement et Abdullah Öcalan, leader du PKK, emprisonné sur l’île İmralı, au milieu de la mer de Marmara. C’est ainsi qu’Önder se retrouve dans la délégation envoyée auprès d’Öcalan, à la demande de ce dernier. Le député cinéaste commence à faire la navette entre Ankara, İmralı et Kandil, base des militants armés du PKK dans le nord de l’Irak. Une vie à la James Bond dans un Proche-Orient en ébullition, en ferry et en 4×4 blindé, car il a peur de l’avion. On commence à le surnommer « SSÖ », ses initiales évoquant un agent secret.

L’adhésion récente de Sırrı Süreyya Önder au nouveau parti de gauche, le HDP, procède encore une fois d’une stratégie destinée à unir la gauche libérale et les Kurdes. Alors que les négociations entre le PKK et le gouvernement sont entrées dans une phase moins dynamique, le BDP a préparé un plan en vue des élections municipales et locales de mars 2014 : à l’ouest du pays, là où les Kurdes sont minoritaires, et dans les grandes villes, les Kurdes et les divers mouvements de gauche (socialistes, mouvement LGBT10, les Verts, etc.) se sont réunis sous le « parapluie » du HDP. Le BDP et Öcalan lui-même ont donné leur aval, et c’est avec leur accord qu’Önder a rejoint le HDP. Ses détracteurs l’accusent de saper les fondements de la République ou de faire des compromissions pour une carrière politique. Quoi qu’il arrive, Sırrı Süreyya Önder semble parti pour rester sur le devant de la scène politique et intellectuelle de la Turquie pendant encore un bon moment.

Samim Akgönü http://orientxxi.info/magazine/turquie-alliance-entre-la-gauche,0408

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18 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Le combat contre le dumping social… (rue 89)

Le combat contre le dumping social... (rue 89) dans Europe polonaispenduparis_2

N’est pas un combat du salarié français contre le salarié polonais

Le mois dernier, Le Parisien rapportait un « afflux inédit de travailleurs détachés roumains dans les abattoirs Gad ». Cette société d’abattage et de découpe de porc breton a été placée en redressement judiciaire en février 2013, et a été « sauvée » par le Tribunal de commerce de Rennes au prix du licen-ciement de près de 900 employés. Contrairement à ce que certains politiciens peu scrupuleux ont avancé, la directive Bolkestein n’a rien à voir là-dedans, puisque qu’elle a été enterrée en 2006, et à raison.

Mais alors comment diable des salariés historiques se retrouvent-ils licenciés au profit de salariés « low cost » ? Ce paradoxe apparent est en fait l’illustration de la forte progression du « travail détaché » en Europe et en France.

Qu’est-ce que le travail détaché ? Le travail détaché repose sur une directive européenne de 1996, qui visait à garantir le respect de normes sociales minimales pour tous les salariés européens exerçant dans un autre pays de l’UE. Dans le cadre du détachement, le salarié est temporairement affecté à une tâche dans un autre pays de l’Union européenne. Il reste couvert par la sécurité sociale de son pays d’origine mais a le droit au salaire minimum local.  Le principe du détachement en lui-même n’est pas mauvais, s’il permet, par exemple, aux entreprises de détacher un salarié aux compétences pointues pour accomplir une tâche complexe dans un pays étranger, sur une durée limitée.

Le problème est que de nombreux employeurs ont profité des failles d’une législation aujourd’hui largement désuète pour augmenter leurs marges sur le dos des travailleurs détachés. Pire, les moins scrupuleux d’entre eux ne déclarent pas les détachements, plongeant de facto les travailleurs dans le travail illégal et la plus grande précarité.

Sur le terrain, il est en effet extrêmement difficile pour les Inspecteurs du Travail de contrôler la régularité du détachement, par exemple, s’assurer que le salarié est bien couvert par la Sécurité sociale de son pays d’origine. Ainsi, le Ministère du Travail estime les travailleurs détachés à 145 000 en France, auxquels il faut rajouter 300 000 détachements non déclarés  !  Le chantier de l’EPR de Flamanville est à cet égard un exemple flagrant, les employeurs du chantier ayant exploité des centaines de travailleurs étrangers dans des conditions de travail illégales et indignes. Trois ouvriers y sont morts.

Concurrence déloyale Mais les difficultés ne sont pas réservées aux travailleurs étrangers exploités. Car l’autre versant du détachement, c’est bien la concurrence déloyale qu’elle impose entre les salariés européens. Dans plusieurs secteurs, notamment celui du bâtiment particulièrement sinistré par les effets du dumping social, la pression à l’emploi est considérable. En effet, pour les salariés de Gad par exemple, les entreprises allemandes payent leurs salariés détachés moins chers, puisqu’il n’y a pas de salaire minimum dans la filière de l’abattage de viande. Ils gagnent donc inexorablement des parts de marchés et poussent les employeurs français, soit à licencier, soit à contourner les règles pour sauver l’activité et les emplois. (…)

Mais poussons l’analyse plus loin. Imaginons que tous les travailleurs détachés voient leur situation régularisée, leurs droits élémentaires respectés. En l’absence d’harmonisation européenne sur le salaire minimum, sur la protection sociale, sur le temps de travail, les salariés européens conti- nueront d’être mis en concurrence, non sur la base de leurs compétences ou de leur motivation, mais bien sur la base du nivellement par le bas de leurs droits sociaux et de leurs conditions de travail.

Disons-le alors clairement : le combat contre le dumping social n’est pas un combat du salarié français contre le salarié polonais. C’est un combat idéologique, entre les tenants de l’Europe sociale et les tenants du tout-marché, entre l’Europe qui protège et celle qui détruit. (..)

En parallèle, nous avons besoin d’un salaire minimum européen, d’un revenu minimum européen, de la fin des abus sur le temps de travail, et d’un cadre européen pour la santé et la sécurité au travail (…).  Karima Delli Publié le 15/11/2013 à 17h36

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17 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

1500 manifestant-e-s à Varsovie (lcr.be)

1500 manifestant-e-s à Varsovie (lcr.be) dans Ecologie & climat varsovie

« System change, not climate change »

Les gouvernements voulaient avoir un sommet climatique (COP 19) tranquille à Varsovie. Des évènements  comme le super-typhon aux Philippines ne sont pas du genre à  déranger leurs pourparlers tranquilles, qui servent surtout à gagner du temps jusqu’à la COP 21 de Paris, en 2015.

Deux années gagnées, c’est toujours ça. Et au diable le rapport du GIEC qui énonce clairement les raisons pour lesquelles il ne reste pas beaucoup de temps pour sauver le climat comme nous le connais- sons,  d’un basculement vers un climat nettement plus hostile pour les travailleur(euse)s et paysan(ne)s des régions les plus pauvres du monde.

C’était sans compter sur Climat et Justice Sociale Belgique. Contre vent et marées C&JS a su réunir des partenaires pour rassembler 700 personnes dans un train vers Varsovie. Il a pourtant fallu faire face à un harcèlement policier, d’abord à la frontière polonaise – deux heures de fouille pour ne rien trouver- puis dans toutes les gares, même là ou le train se s’arrêtait pas, un cordon policier sur le quai.

Un hélicoptère de l’armée a  survolé le train tout le long du parcours polonais. L’accueil à la gare centrale de Varsovie était surprenant: nous étions isolé(e)s des autres voyageurs, comme en qua- rantaine, et escorté(e)s au-dehors par des centaines de robocops. La manifestation était forte d’environ 1500 personnes, et encadrée par environ 300 robocops arrogants et agressifs. Les responsables de la police prétendaient qu’ils voulaient nous protéger des fascistes, qui furent pourtant invisibles.

Pourtant la manifestation était plutôt combative et animée, surtout grâce au groupe des COMAC. Elle nous amené du centre culturel au lieu où se déroule le sommet.

La teneur de la manifestation était clairement radicale, avec le slogan « system change, not climate change » que certains groupes, notamment les verts, essayaient de tempérer.

La mobilisation en Pologne était décevante: les Polonais ne formaient que la moitié de la mani- festation, le reste étant heureusement formé de délégations étrangères, dont le train belge.

17 novembre 2013 par Louis Verheyden

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16 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Italie: pauvres riches ! (ci)

Dessin de Ballaman

D’après des chiffres annoncés le 14 novembre par le ministère de l’Economie italien, les employés gagnent plus que les entrepreneurs.
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A moins qu’ils ne déclarent simplement davantage leur revenus. Mais qu’importe, la lutte contre l’évasion n’est plus une priorité en Italie, déplore l’éditorialiste.
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Selon le fisc italien, les employés gagnent plus que les chefs d’entreprise.J’aurais dû écouter ma mère, point de salut sans bulletin de salaire. Aujourd’hui, il est finalement clair pour tout le monde que le secteur libéral est l’antichambre de la misère, et le métier d’employé le seul qui rapporte. Il suffit de penser qu’il contribue à hauteur de 83 % aux recettes fiscales, avec l’aide d’une autre catégorie de privilégiés, les retraités.
*
Sans salariés ni retraités, l’Etat n’aurait pas assez d’argent pour payer les salaires et les retraites.Mieux vaut en sourire, de toutes façons plus personne ne s’indigne. Certaines nouvelles font désormais l’effet d’une dose de morphine : on s’habitue, à force. Un « retraité en or » à 2 000 euros net par mois fait plus scandale qu’un fraudeur qui étale sa richesse. Le travail au noir est accepté comme une échappatoire inévitable, sans préjudice, puisque l’Etat est à tout le monde, autrement dit à personne. Le chagrin pour tous ces entrepreneurs honnêtes, poussés au suicide par des impôts aberrants et des créanciers retors, atténue l’indignation contre leurs homologues malhonnêtes, ceux qui fraudent les impôts pour écraser la concurrence.
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Je signale aux amateurs de sensations fortes le rapport de l’OCDE sur les émoluments des cadres de la fonction publique. Les mieux payés au monde sont les Italiens : le triple des Alle- mands. Sûrement en récompense de la compétence et de l’efficacité des services rendus. Les cadres de la fonction publique rentrent dans la catégorie des employés. Ce sont eux qui ont dû faire augmenter la moyenne. La Stampa Massimo Gramellini 16 novembre 2013

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