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05 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Suisse: des militants de greenpeace penètrent dans une centrale nucléaire (20mn)

nuke

Zurich – Une centaine de militants de Greenpeace ont pénétré dans la centrale nucléaire de Beznau, en Suisse, pour exiger la mise à l’arrêt immédiate de ce site jugé trop vétuste, a annoncé mercredi l’association dans un communiqué.

Originaires de Suisse et de différents pays européens, dont l’Allemagne, l’Autriche et la France, les militants ont suspendu plusieurs banderoles, barrées du slogan «The End» sur le site. Cette action non violente a pour but d’éviter que, 3 ans après la catastrophe de Fukushima, la Suisse ne soit touchée par un drame similaire, a affirmé l’association dans un communiqué. Basé en Argovie, entre Bâle et Zurich, la centrale est bien trop âgée pour être considérée comme sûre. Elle compte 45 années d’activité, selon le communiqué de Greenpeace.

«En découlent plusieurs défauts de sécurité inadmissibles susceptibles de mettre en danger la population suisse ainsi que nos voisins européens», a estimé Greenpeace. L’association exige la mise à l’arrêt immédiate de la centrale de Beznau, mais aussi de celle de Mühleberg, située dans le canton de Berne. «Trois des plus vieux réacteurs nucléaires de la planète se trouvent sur le territoire suisse», a déclaré Florian Kasser, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace Suisse, cité dans le communiqué.

«Avec des installations aussi vétustes, le risque d’accident augmente avec chaque jour qui passe», Greenpeace a appelé le Parlement de la Confédération à se prononcer sur la date butoir pour la durée d’exploitation des centrales nucléaires et de concrétiser la sortie du nucléaire.

Créé le 05/03/2014 à 10h30 — Mis à jour le 05/03/2014 à 10h30
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04 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Ukraine, la nouvelle proie du fmi (cadtm)

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Le 26 fevrier, les autorités provisoires ukrainiennes ont sollicité un prêt du FMI pour pouvoir rembourser la dette du pays dans les délais, soit 13 milliards de dollars rien que pour cette année. Le FMI a répondu positivement et a décidé d’envoyer une mission d’« experts » en Ukraine pour discuter des conditions attachées à ce prêt.

Alors que le pays est en pleine ébullition, le remboursement de la dette publique apparaît comme la priorité absolue de Kiev et de ses créanciers.

Les besoins de la population passent quant à eux au second plan. Cette situation pourrait même encore se dégrader si un accord est conclu avec le FMI, qui est en position de force pour imposer une cure d’austérité au peuple ukrainien en échange du prêt.

En effet, les difficultés financières de l’Ukraine sur fond de trouble politique sont une nouvelle opportunité pour le FMI d’imposer une thérapie de choc, à l’instar de la Grèce, du Portugal et de l’Irlande, qui appliquent, depuis l’éclatement de la crise, de violentes mesures d’aus- térité dictées par la « Troïka », qui est composée du FMI, de la Commission européenne et la Banque centrale européenne.

Dans ces pays, le risque de défaut de paiement à l’égard des créanciers (principalement les banques privées) a été le point de départ de l’intervention du FMI et des acolytes européens. Ainsi, la Grèce, le Portugal et l’Irlande, qui n’avaient plus accès aux marchés financiers en raison des taux d’intérêt prohibitifs, se sont tournés vers la Troïka qui en a profité pour leur proposer des prêts, certes moins onéreux, mais assortis de programmes d’austérité connus sous le nom de « memo- randum ».

La liste des mesures contenues dans ces memoranda est toujours la même : priva- tisations des secteurs stratégiques de l’économie, baisse des salaires, des pensions, augmentation d’impôts injustes comme la TVA, licenciements massifs dans la fonction publique, coupes drastiques dans les budgets sociaux, etc.

L’Ukraine se trouve aujourd’hui dans une situation similaire puisqu’elle est au bord de la cessation de paiement et ne peut raisonnablement plus emprunter sur les marchés financiers suite à la dégradation de sa note par les agences de notation. Pour pouvoir emprunter sur le court terme, l’Ukraine doit aujourd’hui payer un taux d’intérêt exorbitant de 34,5 %, contre 5 % il y a seulement cinq mois. Par ailleurs, elle ne peut plus compter sur la Russie qui vient d’annuler le versement de la deuxième tranche d’un prêt de 15 milliards de dollars, suite à la destitution de l’ancien président Viktor Ianoukovitch.

L’Ukraine dispose donc actuellement d’une faible marge de manœuvre. Toutefois, le FMI ne peut en aucun cas faire partie de la solution vu les conséquences dramatiques des programmes d’austérité qu’il impose aux populations depuis plus de trente ans. Dans tous les pays qui ont conclu des accords avec cette organisation, on observe de manière générale une augmentation de la pauvreté et des inégalités. C’est le cas de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal mais également des pays du Sud soumis aux plans d’ajustement structurel (PAS) depuis le début des années 80 et des pays de l’Europe de l’Est qui ont aussi subi une thérapie de choc administrée par ce même FMI dans les années 90.

Au lieu de s’endetter auprès du FMI pour régler les dettes passées, il faudrait plutôt s’in- terroger sur la légalité et la légitimité des dettes que l’Ukraine compte payer avec ce prêt du FMI. En effet, le remboursement des dettes publiques n’est pas une obligation absolue du point de vue politique et juridique.

Rappelons aussi qu’en droit international public, les devoirs d’un État envers sa po- pulation sont supérieurs aux engagements pris envers ses créanciers et que l’obligation de rembourser ne vaut que pour les dettes « contractées dans le cadre d’un accord valide et légitime » comme le souligne l’Expert des Nations unies sur la dette Cephas Lumina [1]. Si les dettes sont illégales ou illégitimes alors l’Ukraine n’a aucune obligation de les rembourser et par conséquent, n’a aucun intérêt d’emprunter au FMI.

Un audit des dettes ukrainiennes permettrait d’identifier la part illégitime qui doit être annulée sans condition. L’audit permet notamment de répondre à ces questions : Qui a contracté ces dettes ? Étaient-ils juridiquement compétents pour contracter ces prêts ? Qui en a profité ? Les prêteurs ont-ils mis des conditions à l’octroi des prêts ? Ces conditions violent-elles le droit national du pays emprunteur ? A combien s’élève le montant des intérêts engrangés par les prêteurs ? Quels sont les projets financés par la dette ? etc.

Vu l’urgence, une réponse immédiate pourrait être la suspension du remboursement de la dette (avec gel des intérêts) et le gel des négociations avec le FMI dans l’attente (au minimum) des résultats des prochaines élections prévues le 25 mai et d’un vrai débat public sur les implications d’un prêt du FMI et les alternatives à l’endettement.

Les arguments pour décréter ce type de moratoire ne manquent pas. L’Ukraine et ses créanciers pourraient invoquer « un changement fondamental de circonstances » suite au renversement de Ianoukovitch et la nature provisoire du gouvernement mis en place le 26 février. Seul manque aujourd’hui la volonté politique aussi bien de la part des autorités provisoires de l’Ukraine que de l’Union européenne qui se déclare pourtant du côté du peuple ukrainien…

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Renaud Vivien, co-secrétaire général du CADTM Belgique

Note:1] Principes directeurs relatifs à la dette extérieure et aux droits de l’homme, Annexe au rapport de l’expert indépendant Cephas Lumina du 10 avril 2012 (A/HCR/20/23). Sauf mention contraire, les citations sont issues de ce rapport.

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04 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Contre la guerre en ukraine

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Déclaration des anarchistes

Guerre à la guerre ! Pas une goutte de sang pour la « nation » !

La lutte de pouvoir entre les clans de l’oligarchie en Ukraine menace de se transformer en conflit international armé. Le capitalisme russe tente d’utiliser la redistribution du pouvoir au sein de l’Etat ukrainien pour mettre en oeuvre ses vieilles aspirations impériales et expansionnistes en Crimée et en Ukraine orientale, régions où il a d’importants intérêts économiques, financiers et politiques.

Dans le contexte de la prochaine crise imminente en Russie, le régime tente d’attiser le nationalisme russe afin de détourner l’attention de l’aggravation des problèmes socio-économiques des travailleurs : salaires et pensions de misère, démantèlement des soins accessibles, de l’éducation
et d’autres services sociaux. Dans la tempête d’une rhétorique nationaliste et agressive, il est plus facile d’instaurer un Etat autoritaire et corporatiste basé sur des valeurs réactionnaires et des
politiques répressives.

En Ukraine, la crise politique et économique aiguë a conduit à exaspérer la confrontation entre les « nouveaux » et « vieux » clans oligarchiques, et a pour la première fois utilisé des formations ultra-nationalistes et ultra-droitières pour réaliser un coup d’Etat à Kiev. L’élite politique de Crimée et d’Ukraine orientale n’a pas l’intention de partager son pouvoir et ses propriétés avec les nouveaux dirigeants de Kiev et se tourne vers le gouvernement russe pour avoir de l’aide.

Des deux côtés, on a recours à l’hystérie nationaliste, respectivement ukrainien et russe. Il y a des affrontements armés et effusion de sang. Les puissances occidentales ont leurs propres intérêts et leurs propres aspirations, et leur intervention dans le conflit pourrait mener à une troisième guerre mondiale.

Ces messieurs des différentes cliques belligérantes nous poussent, comme d’habitude, nous les gens ordinaires, les travailleurs salariés, les chômeurs, les étudiants, les retraités…, à nous battre pour leurs intérêts.

Ils veulent nous saouler avec leur drogue nationaliste, nous pousser les uns contre les autres, nous faire oublier nos réels besoins et intérêts : que nous n’avons que faire de leurs « nations », alors que nous avons à régler d’autres problèmes urgents et vitaux : comment joindre les
deux bouts dans ce système qu’ils ont instauré pour nous opprimer et nous réduire en esclavage.

Nous ne succomberons pas à l’intoxication nationaliste ! Qu’ils aillent en enfer avec leurs Etats et « nations », leurs drapeaux et leurs discours ! Ce n’est pas notre guerre et nous ne devons pas y participer et payer avec notre sang leurs palais, leurs comptes en banques et leurs plaisirs de
s’asseoir dans les confortables fauteuils du pouvoir. Et si les messieurs de Moscou, Kiev, Lvov, Kharkov, Donetsk et Simferopol commence cette guerre, notre devoir est d’y résister par tous les moyens !

Pas de guerre entre les « nations »  Pas de paix entre les classes !

KRAS-AIT /Confédération Révolutionnaire Anarcho-Syndicaliste (Russie),
Fédération Anarchiste de Moldavie (Moldavie),
Fraction Socialisme Révolutionnaire (Ukraine),
Internationalistes d’Ukraine, de Russie, de Lituanie, d’Israël et de Moldavie.

http://regard-noir.toile-libre.org/declaration-des-anarchistes-contre-la-guerre-en-ukraine/

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03 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Europe: pour le droit à la santé

Europe: pour le droit à la santé dans Europe 1366250227-H4f

Le 7 février a eu lieu à Bruxelles le lancement d’une campagne européenne « la santé et la protection sociale ne sont pas à vendre ».

Portée par le Réseau européen contre la privatisation et la commercialisation de la protection so- ciale et de la santé (1), cette campagne veut faire entendre lors des élections européennes l’exigence, partout en Europe, de droits fondamentaux, attaqués par les contre-réformes : l’accès aux soins pour tous garantis par des systèmes de santé et de protection sociale publics.

Ce jour-là, sous une pluie battante, plusieurs centaines de syndicalistes, appartenant aux deux grandes centrales belges ainsi que des militants des mouvements sociaux, ont manifesté dans le centre de Bruxelles.

Par groupes, ils ont accompagné des délégations venues de Grèce, de Grande-Bretagne, d’Allemagne, du Portugal, de l’État espagnol, de Pologne, et de France aux ambassades de chacun des pays. Ils y ont remis un manifeste :

La santé, la protection sociale ne sont pas à vendre. Une délégation a également été reçue au cabinet du Premier ministre de Belgique. Le cortège s’est ensuite rendu au siège de l’Unesco, où une demande d’inscription des systèmes publics de santé et de protection sociale au patrimoine mondial de l’humanité a été déposée.

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La manifestation s’est terminée devant le siège de la commission européenne. Une entrevue avec les représentants de trois commissaires européens a eu lieu. Cette manifestation, suivie d’une conférence publique et d’une réunion du Réseau européen, marque le lancement d’une campagne qui sera menée dans les différents pays jusqu’aux élections européennes de mai.

Partout la protection sociale régresse, partout la privatisation avance… Les contre-réformes de la protection sociale et de santé ont des conséquences sociales dramatiques pour les populations de toute l’Europe. Elles prennent un caractère catastrophique en Europe du Sud– Grèce, État espagnol, Portugal – mais concernent aussi tous les autres pays.

Des résistances s’organisent. Ainsi, dans l’État espagnol, les «marées blanches», rassemblant professionnels et usagers de la santé, ont remporté des victoires, comme l’abandon de la priva- tisation de quatre hôpitaux de Madrid.

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Tout en prétendant ne pas intervenir sur ces questions, l’Union européenne impulse de fait cette offensive par la promotion d’un modèle libéral. Le réseau a donc décidé d’un plan d’action : diffusion large du manifeste et d’une version résumée, interpellations lors de débats publics et contradictoires des candidats aux élections européennes, initiatives coordonnées autour du 7 avril, journée mondiale de la santé, qui sera le temps fort de cette campagne, et participation à d’autres échéances telles que le 8 mars ou le 1er mai.

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Bref, une campagne qui trace, en actes, une alternative tant aux politiques libérales qu’aux replis nationalistes, pour une Europe des droits sociaux et des peuples.

Hebdo L’Anticapitaliste – 231 (27/02/2014) Correspondants

1  – Crée en 2011, le réseau regroupe aujourd’hui des syndicats, mouvements sociaux, partis, dans plus de 10 pays d’Europe. Pour la France, y participent la fédération Sud Santé Sociaux, la coor- dination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, la Convergence des services publics, les différentes composantes du Front de gauche et bien entendu le NPA.

Lire aussi: http://orta.dynalias.org/inprecor/article-inprecor?id=1578

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03 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Mélenchon, la crimée, le bruit des bottes russes (reu 89)

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Le Front de Gauche en ébullition

La bagarre se tient essentiellement chez Politis. Tout part d’une déclaration de Jean-Luc Mélenchon, samedi matin, en marge d’une manifestation toulousaine contre le pacte de responsabilité. Voici ses propos rapportés par l’AFP :

« Les ports de Crimée sont vitaux pour la sécurité de la Russie, il est absolument prévisible que les Russes ne se laisseront pas faire, ils sont en train de prendre des mesures de protection contre un pouvoir putschiste aventurier, dans lequel les néonazis ont une influence tout à fait détestable. (…) Nous Français, n’avons rien à faire dans une histoire pareille, nous n’avons rien à faire à encourager les provocations contre les Russes, cela dit sans sympathie pour le gouvernement russe. »

Comme nous le relations dimanche, Claude-Marie Vadrot, journaliste spécialiste de la Russie, blogueur à Politis, lui vole dans les plumes :

« Que dire face à cette injure aux morts ukrainiens qu’il a ensuite tenté de modérer au nom des “ intérêts de la France ” ? Que Monsieur Mélenchon ne sait plus quoi dire ou quoi faire pour se faire remarquer. Ou bien que le vieux stalinien qui sommeillait en lui, a repris vie.

[...] Quand à l’autre argument qui consiste a expliquer qu’il ne faut pas faire prendre un risque à la France, l’allié objectif de Poutine l’aurait probablement avancé quand la Pologne a été envahie par l’armée allemande en août 1939, où quand l’Allemagne Nazie a annexé l’Alsace parce que l’on y parlait allemand. »

La pensée Walt Disney

Michel Soudais, autre blogueur de la revue proche du Front de gauche, prend la défense de Mélenchon ce lundi dans un papier « Les “ applaudissements ” rêvés de Jean-Luc Mélenchon » :

« Que la déclaration de Jean-Luc Mélenchon ait heurté jusqu’à certains de ses sympathisants, c’est indéniable. Il n’est qu’à lire tous les commentaires suscités par le post de blog de Claude-Marie Vadrot, jusque sur les réseaux sociaux, pour en trouver. Le rappel de réalités géopolitiques est toujours choquant dans un monde où les esprits ont moins été initiés à l’école d’Yves Lacoste que formés à la pensée de Walt Disney. La pensée binaire des médias mainstream a imposé sa norme. Dans tout conflit, il y a désormais les bons et les méchants, le bien et le mal. »

Michel Soudais explique ensuite pourquoi Jean-Luc Mélenchon a raison de mettre en garde contre le nouveau pouvoir en Ukraine.

« Ce mouvement ne peut pas être réduit aux forces réactionnaires et ultranationalistes qui y participent »

Ce lundi également, mise au point de « Ensemble ! Mouvement pour une alternative de gauche, écologiste et solidaire », membre du Front de gauche, qui publie un communiqué:

« Solidarité avec le mouvement populaire qui a chassé Ianoukovitch. » :

« La crise politique en Ukraine a atteint une nouvelle phase avec la chute du président-gangster Ianoukovitch et l’accentuation de l’interventionnisme du gouvernement russe. Le renversement de Ianoukovitch n’est pas un coup d’Etat mais le résultat d’une mobilisation de masse multiforme et contradictoire ainsi que de l’indignation face à la répression meurtrière.

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Ce mouvement n’a pas de ligne claire mais ne peut pas être réduit aux forces réactionnaires et ultranationalistes qui y participent et doivent être combattues. Parallèlement, les mobilisations de masse parmi la population russophone ne sont pas de simples manipulations de Moscou mais des manifestations d’inquiétudes profondes face aux premières initiatives du nouveau gouvernement au sujet de l’avenir économique, de l’intégrité et de la diversité de l’Ukraine.

Dans tous les cas, l’avenir de l’Ukraine relève de la volonté des peuples de ce pays tout entier attaché à son indépendance. Cela est incompatible avec toute politique grand-russe de Poutine, autant qu’avec tout traité imposant une aggravation de la situation de la population. “ Ensemble ! Mouve- ment pour une alternative de gauche, écologiste et solidaire ”, membre du Front de Gauche : s’op- pose à toute forme d’intervention militaire de la Russie et à une quelconque volonté d’ingérence de l’OTAN. »

Signalé par Blandine Grosjean Lire sur politis.fr

Lire le communiqué d’Ensemble:

http://rue89.nouvelobs.com/2014/03/03/melenchon-crimee-bruits-bottes-russes-place-a-defense-250368

 

 

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03 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Bosnie, le défi est que les gens prennent de plus en plus conscience de leurs forces communes

bosnie
Pour construire une société solidaire 

Entretien avec Miroljub Radomirović, juriste et membre fondateur du parti politique bosnien Lijevi (La Gauche).

Le 5 février, le peuple a mis le feu à l’édifice du gouvernement du canton de Tuzla. Une révolte contre les privatisations criminelles, les salaires impayés et la corruption des oligarques au pouvoir. Une violence jugée nécessaire pour enfin, se faire entendre, et sortir de la misère. Les ministres ont démissionné, le peuple reprend les rênes de la vie politique. Très vite, plus de 700 citoyens et citoyennes se sont regroupés dans des Plénums, véritables exercices de démocratie directe. L’effet «  Tuzla  » se propage dans d’autres villes en Bosnie-Herzégovine… et le vent de la colère gagne les rues en Croatie, Monténégro, Macédoine, etc. si bien que l’on parle déjà, en France et en Europe, d’un «  printemps  » des Balkans. Mais à Tuzla, les perspectives vont au-delà d’une simple saison. Cela fait vingt ans que l’on attend ce moment. La situation est chargée de tels espoirs que l’on se méfie du vertige de cette révolution en cours. Il s’agit de procéder étape par étape, pour construire les bases d’une justice sociale et politique faite pour durer.

Kassia Aleksic et Ivica Mladenovic – Après une première semaine de Plénums, des groupes de travail se sont mis en place, divisés selon les différents ministères  : économie et industrie, santé, éducation, sport et culture, etc. Tu fais partie du groupe légal. Peux-tu nous en dire plus  ? Quels sont les objectifs et les priorités pour les mois à venir  ?

Miroljub Radomirović – Il faut d’abord bien faire la différence entre le groupe de travail pour la justice et l’administration, dont l’objectif est de pointer les problèmes dans ces secteurs, et l’équipe légale du Plénum de Tuzla. Celle-ci est très importante pour le Plénum, car elle révise les demandes de chaque groupe de travail, et les articule de la bonne manière. Nous vérifions les lois qui régulent chaque secteur, pour garantir que ces demandes sont aux normes de chaque département responsable pour régler tel ou tel problème. C’est donc très important que les demandes soient concrètes  !

Nous mettons la pression pour que le gouvernement vérifie tous les contrats de privatisations de notre canton. S’il s’avère que ces contrats n’ont pas été respectés, ils devront être annulés. Il existe aussi des éléments de poursuite si les entreprises ont été détruites, même si les contrats ont été respectés. Il faut s’assurer que les mesures commencent tout de suite.

Vous avez déjà remporté une première victoire…

Oui, nous avons récupéré 1 million de BAM (mark convertible, soit 500 000 euros) grâce à l’annulation du «  pain blanc  », c’est-à-dire les salaires que les ministres continuaient à toucher un an après la fin de leur mandat. Nous avons d’autres mesures pour éliminer les différents «  bonus  » votés au fil des années par l’élite corrompue et sans pitié. Pas seulement les ministres, mais aussi les parlementaires.

Notre groupe de travail va essayer de proposer une série d’amendements, que ce soit nous qui les fassions, pas eux. Tous les jours, nous venons avec de nouvelles idées à concrétiser, donc ce ne sont pas les initiatives qui manquent pour les semaines à venir.

Tu es impliqué dans l’équipe légale du Plénum, et tu es aussi membre fondateur du parti politique Lijevi. Peux-tu nous rappeler comment votre parti est né  ?

Nous étions tous membres du Parti social-démocrate (SPD), dans l’opposition. Nous avions le même but et le même ennemi. Mais lorsque le SPD a été élu en 2010, il a formé une coalition avec le SDA (Parti d’action démocratique). Les sociaux démocrates avaient mis beaucoup d’espoir en nous, mais nous étions trop critiques, et nous sommes partis.

Nous avons d’abord fondé l’ONG Revolt pour critiquer leurs promesses non tenues. Mais peu à peu, l’ONG a perdu son caractère offensif et son agressivité politique. Alors nous avons décidé de fonder un vrai parti de gauche.

Nous luttons contre les privatisations et destructions d’usines. Il faut annuler les contrats de privatisations et rendre l’argent volé à l’état. Nous militons pour une économie où les secteurs d’intérêts publics seront propriétés d’état sous contrôle social. Nos premières actions étaient en soutien avec les ouvriers en lutte de l’usine Dita. Nous les avons aidés, avec une visibilité médiatique, une assistance légale, et de la nourriture lorsqu’ils bloquaient l’usine.

Un mouvement de solidarité existait-il déjà à ce moment-là entre les travailleurs  ? Qu’en était-il des syndicats  ?

Il n’existait pas jusqu’à maintenant de vraies solidarités entre les travailleurs confrontés aux mêmes problèmes. C’était chacun pour soi. Nous avions un problème avec les syndicats, dont 90 % des représentants étaient corrompus. Maintenant les choses commencent à se relâcher, les travailleurs s’expriment directement dans les Plénums. Ils ne soutiennent plus aussi aveuglement les dirigeants syndicaux, qui sont remis en cause. Certains d’entre eux ont voulu créer une sorte de coopération avec le comité d’organisation du Plénum, mais celui-ci ne marche pas comme ça. Nous n’y avons aucune fonction attitrée, il n’y a pas de représentants. Les rapports doivent être changés.

Le Plénum ouvre-t-il un espace pour une gauche à Tuzla  ? Permet-il de consolider Lijevi  ?

Je suis de plus en plus optimiste. Des forums citoyens se forment aujourd’hui dans tout le pays, malgré tous les efforts des autorités et médias pour les discréditer. Je suis particulièrement heureux que mes camarades du parti, par leurs propositions et leur engagement, commencent à jouir d’une réputation grandissante et de la confiance des citoyens. Il faut savoir qu’ici, en ex-Yougoslavie, il y a eu une telle stigmatisation de toute l’idéologie communiste, que si tes valeurs en sont proches, tu commences avec un gros désavantage. Et pourtant les gens viennent nous voir, ils s’intéressent à notre parti. En même temps, la situation était tellement catastrophique que l’espoir est à gauche.

Quels sont les enjeux majeurs pour poursuivre la révolte aujourd’hui  ?

Nous devons maintenir la pression dans les rues, parallèlement aux groupes de travail. Ce qui se passe aujourd’hui est le résultat d’années de luttes. Aujourd’hui, le gouvernement ne peut plus se comporter de manière arrogante et ignorer les demandes des travailleurs comme il l’a fait depuis vingt ans. Notre Plénum va se poursuivre après les élections, comme force de contestation, mais aussi d’alternatives réelles. Le pouvoir est à nous. Le défi est que les gens prennent de plus en plus conscience de leurs forces communes pour construire une société solidaire.

Propos recueillis par Kassia Aleksic et Ivica Mladenovic

* Hebdo L’Anticapitaliste – 231 (27/02/2014). http://npa2009.org/

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01 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Déclaration sur l’ukraine (qi)

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Déclaration adoptée par le Comité international de la Quatrième Internationale.

1- La crise politique a commencé en Ukraine en novembre 2013 quand le président Ianoukovitch a décidé, sous fortes pressions russes, de ne pas signer l’association de libre-échange avec l’UE, en dépit de la campagne officielle menée par le Parti des Régions depuis des mois. Elle s’est déclenchée dans le contexte d’une profonde crise sociale et d’endettement qui plaçait le pays sous pression du FMI. La façon dont la décision a été prise par le pouvoir personnel du président, a donné force à la crainte populaire d’une nouvelle intégration de l’Ukraine dans un projet régional dominé par la Russie, et que cela accentuerait les dérives oligarchiques répressives et présidentielles du régime visibles depuis 2010.

Dès lors la crise fut loin d’opposer deux camps ou programmes clairement délimités : elle a révélé des différenciations et hésitations parmi les oligarques et élites, même au sein du Parti des Régions (du président), et – en dépit de différences culturelles, sociales et politiques entre différentes régions historiques du pays –, l’émergence des masses comme un facteur indépendant exprimant leur « indignation » et défiance envers les partis politiques – que ce soit par l’implication directe dans le mouvement Maïdan (surtout dans l’ouest et le centre du pays) ou de façon passive (dominant dans l’est russophone).

Une semaine de violence sanglante a imposé le point de vue des protestataires en faveur du départ immédiat du président Ianoukovitch. Ce n’est pas un « coup d’Etat » qui l’a renversé : son impopularité croissante est devenue rejet absolu devant l’horreur de quelques 80 victimes de ses snipers tirant à balles réelles contre les manifestants. C’est cela qui a produit, après des mois d’hésitation des institutions dominantes entre répression et dialogue, l’isolement radical du président dans son propre camp : le Parlement a voté sa destitution, pendant qu’une partie des forces de police et sans doute de l’armée se déclarait à Kiev, comme en régions, « du côté du peuple », et que la fuite vers la Russie du président était stoppée dans le Donetsk, au cœur de son propre bastion.

2- Ce mouvement, depuis le début, a présenté des traits combinés, à la fois révolu- tionnaires (démocratiques, anti-hiérarchiques, auto-organisé) et réactionnaires – dont l’issue globale est et demeure tributaire de luttes politiques et sociales. Ces traits ont été également profondément liés au caractère marquant l’actuelle société ukrainienne post-soviétique (atomisée, sans identité de classe claire, avec une dégradation de l’éducation et l’hégémonie des idées nationalistes réactionnaires dans la société – combinées avec un légitime attachement à l’indépendance nationale et l’héritage dramatique du stalinisme).

Nous soutenons le mécontentement et les aspirations populaires à une vie décente et libre dans un Etat de droit débarrassé de son régime oligarchique et criminel, exprimés dans le mouve- ment dit EuroMaïdan et dans le pays – tout en étant convaincus que l’Union européenne (UE) est incapable de les satisfaire, et en le disant.

Nous soutenons le droit du peuple ukrainien tout entier à décider et contrôler les accords internationaux négociés – ou rompus – en son nom, que ce soit avec la Russie ou avec l’UE. Avec une pleine transparence sur leurs effets politiques et socio-économiques.

Nous dénonçons toutes les institutions et forces politiques internationales ou nationales, quelles que soient leurs étiquettes, qui limitent la pleine et libre détermination de ces choix par la population, que ce soit par des diktats économiques ou financiers, par des lois et forces de sécurité liberticides, ou par des agressions physiques qui interdisent la pleine expression pluraliste des choix et désaccords. Sur ce plan, nous dénonçons tout autant les courants d’extême-droite que les forces de sécurité du régime, qui partagent d’ailleurs souvent la même idéologie réactionnaire, antisémite et nationaliste violemment exclusive.

Alors que les principales forces politiques organisées étaient de droite ou d’extrême-droite, nous soutenons les forces sociales et politiques qui ont cherché à construire une opposition de gauche au sein de ce mouvement. Elles ont ce faisant refusé de rester à l’extérieur de ce mouvement ou de l’assimiler à l’extrême-droite. Cette orientation autonome impliquait une difficile confrontation aux courants fascistes et l’accent sur la dénonciation de 25 ans de privatisations quelles que soient les partis politiques au pouvoir depuis l’indépendance du pays.

3- Après la chute du régime Ianoukovitch, le mouvement de masse lui-même, n’a pas de programme progressiste basé sur des revendications démocratiques nationales et sociales ou de force politique et syndicats indépendants implantés parmi les travailleurs – tout en étant imprégné d’espoirs de réels changements politiques et sociaux. Quels que soient les résultats des prochaines élections, des désillusions populaires suivront. Et quels que soient les accords conclus avec l’UE, les nouveaux partis au pouvoir poursuivront les attaques sociales, avec le risque de confrontations intérieures conduisant le pays à la désintégration.

La gauche alternative doit répondre aux espoirs et illusions populaires par ses propres propositions sur les enjeux sociaux, linguistiques, démocratiques, contre les divers partis de droite.

Nous espérons que la population ukrainienne trouvera ses propres formes auto-organisées d’expression autonome de ses exigences concrètes et de défiance envers les partis dominants, dans toutes les régions du pays.

Comité international de la Quatrième Internationale, le 25 février 2014

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article31230

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28 février 2014 ~ 0 Commentaire

Merkel hollande, libéraux et impérialistes

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Nous avons tant de choses en commun!

Tout juste reconduite pour un 3e mandat à la chancellerie allemande, Angela Merkel était à Paris le 19 février où se tenait le 16e conseil des ministres franco-allemand.

L’occasion pour Merkel et Hollande de rappeler leur « horizon commun », leurs « convergences » libérales et impérialistes pour « amorcer maintenant une nouvelle étape » dont ils ont bien du mal à définir le contenu…

Manœuvres des grandes puissances La seule décision pratique de ce sommet, un « symbole fort », pas seulement « symbolique », a été l’officialisation du déploiement d’ici juin d’un contingent de quelque 250 soldats de la brigade franco­-allemande au Mali.

Merkel a souhaité « davantage de convergences » dans la coopération militaire au Mali et en Centrafrique. Pour François Hollande, « ce n’est pas une initiative bilatérale mais bien européenne », certes, mais une initiative militariste de l’Europe des grandes puissances où l’Alle- magne n’entend pas laisser le terrain à la France.

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Vis-à-vis de la crise ukrainienne, les grandes déclarations sont un écran de fumée pour masquer les responsabilités de l’Union européenne. « La chancelière et moi-même, avec nos deux gouvernements, nous avons condamné tous ces actes et la répression venant du pouvoir », a déclaré le président Hollande. « Notre premier appel, c’est que ça cesse et que le calme, la sérénité, l’apaisement puissent être de retour.[…] Nous voulons, l’Allemagne et la France, et tous les Euro- péens sont animés de la même volonté, permettre à l’Ukraine de connaître sa transition politique vers de nouvelles élections et un rassemblement.[…] L’Europe est toujours disponible pour l’accord d’association qui a été proposé à Vilnius », a ajouté Hollande.

Cette langue de bois esquive leurs responsabilités dans la crise ukrainienne où la po- pulation, ses aspirations sociales et démocratiques, sont étouffées par la répression sanglante et les forces réactionnaires, par les luttes d’influences entre la Russie et l’UE aux conséquences dramatiques.

« Airbus de l’énergie », taxe financière et baratin… «Nous n’avons pas fait nécessairement les mêmes choix depuis des années. Et pourtant nous sommes en total accord »… Ces étranges propos d’Angela Merkel illustrent le vide du projet de « l’Airbus de l’énergie » avancé par Hollande ima- ginant « une grande entreprise franco­-allemande pour la transition énergétique » comme le fut Airbus à la fin des années 60 pour l’aéronautique…

Même genre de baratin sur la taxe sur les transactions financières qui devait intervenir d’ici les élections européennes. « Je préfère une taxe imparfaite à pas de taxe du tout » dixit Hollande soutenu par Merkel, « si les choses bougent, certains pays pourraient perdre leurs réticences », mais rien n’est fait et la finance n’a pas de raison de s’inquiéter… Même baratin encore sur « la structure de taxation des entreprises » et l’harmonisation des fiscalités.

Et un message inquiétant Grand sujet de satisfaction bilatérale, Angela Merkel a accepté de venir en France le 6 juin prochain pour le 70e anniversaire du Débarquement. Elle sera au côté de la reine Élisabeth II et d’Obama. Pour Hollande, voilà « un beau message » correspondant « à l’esprit de l’amitié franco-allemande ». Un beau message pour une cérémonie célébrée à la gloire de la perpé- tuation de la domination sur le monde des USA et de leurs alliés européens, à travers le traité de libre-échange transatlantique en négociation…

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Libéralisme et impérialisme se combinent pour offrir des « marchés » d’exportation aux grandes firmes, en éliminant toutes les barrières douanières et surtout en harmonisant vers le bas toutes les règles du commerce et les normes sociales, sanitaires, alimentaires ou environ- nementales. Un « marché unique transatlantique » qui voudrait permettre aux puissances occi- dentales de perpétuer leur domination face aux pays émergents comme le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud ou l’Indonésie.

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Le marché capitaliste, la libre concurrence, avec le militarisme et l’Otan comme complément pour soumettre les peuples. Cette Europe, leur Europe, nous n’en voulons pas. L’avenir est à la coopération et à la solidarité des peuples. Yvan Lemaitre

http://npa2009.org/content/merkel-hollande-liberaux-et-imperialistes

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28 février 2014 ~ 0 Commentaire

Ianoukovitch chassé (militant)

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Ce samedi 22 février 2014, Ianouchkovtich vient de fuir Kiev, pour se rendre semble t-il à Kharkov.

C’est une victoire des masses, comme les fuites de Ben Ali, de Moubarak et de Morsi. Dire cela n’implique aucun optimisme béat mais constitue le BA-ba de tout réalisme révolutionnaire. Mais, parce que l’Ukraine c’est l’Europe, le double rideau de fumée construit à partir de la confusion politique réelle des évènements qui s’y produisent, vise d’abord à interdire aux peuples européens de comprendre ce qui s’y passe, car cela pourrait être dangereux.

La question nationale ukrainienne est peut-être la plus importante, et pour cela même la plus occultée, des questions nationales qui tissent la trame de la lutte des classes en Europe. D’ores et déjà, la situation ukrainienne comporte des risques de contagion, dans plusieurs directions.

D’abord vers la Russie. Car, oui, c’est tout à fait exact, mais pas dans le sens qu’y donne la pro- pagande pro-russe : les peuples russe et ukrainien sont liés profondément, organiquement, non seulement par l’oppression du tsarisme, du stalinisme et du «poutinisme» contemporain sur les Russes et tous les peuples de l’empire, et par l’oppression nationale russe sur l’Ukraine, mais aussi par la lutte commune pour la liberté. Leur histoire révolutionnaire est commune et nul doute que ce qui se passe à Kiev n’amorce une onde de choc, une lame de fond, vers toute la profondeur de la terre russe.

 Aussi vers l’Ouest. Il n’est pas sûr que l’exemple des prises de pouvoirs détruisant les forces de police à travers la Galicie ne rassure vraiment le gouvernement polonais officiellement en pointe, avec l’Allemagne, pour construire un «compromis acceptable dans la crise ukrainienne».

Mais surtout c’est à Sarajevo, Tuzla, Mostar … dans toute la Bosnie-Herzégovine, qu’en ce moment même, regroupant à nouveau les Bosniaques, les Croates et les Serbes, un soulèvement social, chassant les administrations locales et imposant le pouvoir de comités de techniciens placés sous le contrôle d’assemblées générales urbaines régulières, fait sonner le réveil de la révolution, plus proche encore du cœur de la Mitteleuropa – cela malgré les manœuvres des dirigeants en place pour tenter de relancer les conflits ethno-nationaux, les dirigeants de la Republika Sprska en parti- culier diffusant de fausses informations sur les manifestations de Tuzla, présentées comme préparant une offensive armée contre eux, ce à quoi plus personne ne veut croire !

Pas un mot dans nos médias franchouillards sur ce magnifique mouvement bosnien qui s’en prend à la cantonalisation «ethnique» voulue dans les années 1990 par les milices fascisan- tes serbes et croates, par l’Union dite Européenne et sanctionnée par les accords de Dayton en 1995. On ne peut pas présenter ce mouvement comme «pro-européen» comme on le fait de celui de la place Maidan à Kiev.

L’Ukraine est un nœud essentiel de l’Europe, la vraie, qui n’est ni celle de la Commission de Bruxelles et de la BCE de Francfort, ni l’union eurasienne préconisée par Poutine, mais un concert de nations luttant ensemble contre tous les empires en une révolution permanente visant à l’éman- cipation commune.

La voila, notre Europe, celle qu’auraient voulu voir Jaurès ou James Connolly voici un siècle ! Dans cette Europe là, la nation ukrainienne peut s’épanouir. La grande et terrible leçon que ressent le peuple ukrainien, c’est que l’indépendance officielle réalisée depuis 1991 entre Union européenne et Russie ne peut être une indépendance réelle. Pas d’indépendance nationale, pas de démocratie, pas de souveraineté, sans révolution sociale et internationale. Le rideau de fumée construit pour empêcher toute perception, toute empathie, parmi la jeunesse et le monde du travail des pays d’Europe occidentale, envers les évènements d’Ukraine, est double en effet. Sa première couche, la plus voyante, celle qui domine, consiste dans la présentation média- tique des faits.

Pratiquement aucun journaliste, aucun grand média, ne fait l’effort d’aller parcourir le pays et tous, depuis des mois, expliquent qu’il y a une place à Kiev, appelée Maidan, où des mani- festants «pro-européens» risquent leur vie pour que leur pays passe un accord avec l’Union Euro- péenne. Comme il est totalement impossible à qui que ce soit de normalement constitué en France, en Allemagne ou en Grande-Bretagne, pour ne rien dire des Grecs, Italiens, Espagnols, Chypriotes ou Portugais durement éprouvés par la soi-disant «Europe», de ressentir la moindre espèce de com- préhension, de pouvoir simplement concevoir, qu’il soit possible de manifester pour les beaux yeux de José Manuel Barroso ou Catherine Ashton, d’aspirer à baiser des billets de 100 euros et de s’esbaudir devant des circulaires de la Commission européenne, cette mystérieuse présentation des choses, complètement mystificatrice, a pour effet de plonger dans un profond sommeil le spectateur des fumées de la place Maidan.

Tout au plus comprend-il que c’est le bazar et que si ces pauvres Ukrainiens se font de telles illusions alors que leurs voisins roumains ou polonais en sont déjà bien revenus, de cette «Europe», alors c’est qu’ils doivent être vraiment, vraiment malheureux …

Mais, sous cette première couche, il y a la seconde, celle des militants qui se pensent «avertis» et pas dupes des médias, moyennant quoi ils le sont aussi, en prenant simplement leur contrepied. Ils trouvent cela louche, des «manifestants pro-européens», ce qui se comprend, mais, acceptant la mystification, la gobant en fait telle quelle, ils se contentent de penser et de dire que ces manifestants sont les vrais méchants, pas les gentils.

C’est normal, puisque les «médias mainstream» nous trompent qui sont à la solde de «l’Empire» : les méchants, dans les dits médias, sont donc en vérité les gentils ! Ces esprits forts de pacotille tiennent donc pour gentils, ou plus exactement (ça fait moins plouc) pour «anti-impéria-listes» les dirigeants chinois, russes, iraniens, vénézuéliens, et quelques autres comme Bachar el Assad, et comme il semblerait que «l’Occident» soutienne les «manifestants de la place Maidan», alors il faut soutenir les Berkut (police anti-émeute du régime) et le régime de Ianouchkovitich, un pâle oligarque que l’Union Européenne aurait pu acheter (elle l’a certainement fait, d’ailleurs), mais qui cette fois-ci tiendrait tête aux adeptes de la démocratie occidentale… et même, sauf que là c’est tellement providentiel, ça tombe tellement à point pour étayer tous les fantasmes, qui tiendrait tête aux fascistes et aux nazis !

Car, oyez oyez bonnes gens, il y a des nazis-fascistes dans cette affaire. L’info, amplement distillée par la blogosphère officieuse du pouvoir russe et largement reprise, circule en boucle : «Svoboda, nazis ! Svoboda, nazis ! Svoboda…», etc. Elle finit par tenir lieu d’explication, et pas n’importe où, dans l’Humanité dimanche. Attention, attention, qu’on se le dise : «Le parti Svoboda est fasciste», faux scoop du 20 février, avec comme sous-titre : «La situation insurrectionnelle que traverse l’Ukraine est due à l’apparition de nombreux mouvements d’extrême-droite».

Vous avez bien lu : pour l’Humanité, l’Humanité de 2013, la situation ukrainienne s’explique par l’apparition de mouvements fascistes. Voila qui ne nous rajeunit pas ! En 1953 les grèves ouvrières insurrectionnelles à Dresde avaient, par le même journal, été «expliquées» par la présence de nazis, en 1956 l’insurrection hongroise des conseils ouvriers par la présence de fascistes et de cléricaux, et avec plus d’états d’âmes en 1968 le printemps de Prague par la propa- gande occidentale rockn’ roll, bien que l’intervention russe ne fut pas jugée opportune, puis en 1980 les grèves de masse en Pologne par le nationalisme et le catholicisme. Tant qu’il y aura des boni- menteurs pour «expliquer» ainsi les situations insurrectionnelles, et des niais pour croire à de telles «explications», il ne faudra pas espérer qu’une pensée vivante, libre et, qui plus est, marxiste, advienne parmi eux. Avant d’aller plus loin, expliquons nous sur ce point qui a pour fonction d’interdire de réfléchir et donc d’agir : pour débroussailler les choses, il faut expliquer et ce qu’est Svoboda, et son rôle place Maidan. (…)

A ce stade, une comparaison s’impose. Imaginez une grande ville d’un pays arabe, des manifestations de masse, un point de fixation sur une place publique, des agressions policières et venant de la pègre. La pègre est présente en Ukraine, l’équivalent, en supplétifs craints et sadiques des Berkuts, des nervis baltagiyas étant tenus par les groupes de Titouchkis, petites frappettes policières qui rançonnent et terrorisent. Donc, dans cette place, il faut s’organiser pour se défendre et contre-attaquer. Des professionnels se présentent, soit transfuges du régime, soit islamistes, soit même mafieux sentant le vent tourner, ils sont inquiétant, mais efficaces dans l’immédiat. Place Tahir au Caire, n’a-t-on pas connu depuis 2011 à plusieurs reprises des moments similaires ? (…)

D’ores et déjà, on peut s’interroger sur les dangers courus par le Juifs à Kiev, où le rabbin vient de les appeler à partir, prenant contact avec les services israéliens pour un éventuel exode. Intox ou pas, c’est à prendre au sérieux : les chefs de Svoboda à l’Ouest aussi bien que les adeptes de l’«eurasisme» disciples de Dugin à l’Est sont capables de monter des diversions antisémites meurtrières pour éviter que l’auto-organisation populaire ne finisse de détruire la police et la bureaucratie mafieuse en place.

Oui, de telles nouvelles sont sinistres, mais elles doivent être comprises pour ce qu’elles sont : la révolution prolétarienne, celle du XXI° siècle, commencée à Sidi Bouzid en Tunisie au tournant des années 2010 et 2011, remonte décidemment en Europe, et, bien entendu, elle y rencontre la contre-révolution, les deux semblant parfois se mêler, inévitable confusion après ce qu’a été le XX° siècle … Mais si l’on veut combattre le fascisme sérieusement, on ne doit pas s’abreuver de fantasme sur une déferlante qui n’existe pas, mais comprendre la situation concrète. (…)

«Tu me demande que penser de la situation en Ukraine. En fait le mouvement ukrainien fait partie de la vague de protestations civiles ayant déferlé sur le monde ces dernières années («Printemps arabe», Occupy Wall Street, Indignés, Grèce, Turquie, Russie …). En Ukraine, le prétexte a été le refus du président de signer un accord d’association avec l’Union Européenne. Dans ce pays semi- autoritaire, une grande partie de la population considère que cette association serait un pas vers la démocratie, les droits, un meilleur niveau de vie, etc. Les demandes positives du mouvement sont démocratiques (constitution de 2004, élections libres et honnêtes, etc.) : les gens se battent pour leur droit. Le fait principal est que ce mouvement est auto-organisé (autonome) à travers tout le pays, avec des militants occupant les mairies, etc. Les syndicats qui ont participé à notre conférence de Kiev l’an dernier ont récemment formé un comité de grève pan-ukrainien.

Pour ce qui est des «personnalités éminentes» du mouvement, on voit la même chose qu’en Russie, Turquie, etc. : des politiciens essaient de se mettre à la tête mais la grande masse des manifestants ne les reconnait pas comme leurs dirigeants. Oui, il y a des courants variés, dont des nationalistes ukrainiens (et aussi la gauche, dans le «secteur citoyen» des manifestants), mais l’immense majorité, comme en Russie en ailleurs, sont des citoyens, pas des militants. (…) Vincent Présumey

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28 février 2014 ~ 0 Commentaire

España 2014? Todo va bien!

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