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07 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Emilie Martin: «Madrid veut m’arrêter. Et la France, elle dit quoi ?» (libération)

Emilie Martin: «Madrid veut m'arrêter. Et la France, elle dit quoi ?» (libération) dans Europe roazhon

La militante basque est recherchée par l’Espagne, obligeant les autorités françaises, comme pour sa sœur avant elle, à clarifier leur position.

Leur histoire est troublante de similitudes. Les sœurs Aurore et Emilie Martin se retrouvent, l’une après l’autre à un an d’intervalle, à incarner la position de la France sur la question basque. Chacune à leur tour, elles sont visées par la justice espagnole pour leur militantisme. Et obligent la France à clarifier sa position, notamment dans le cadre du processus de paix engagé depuis deux ans.

Il y a quinze jours, Emilie, la cadette des Martin, reçoit dans sa boîte aux lettres une convocation de la justice espagnole. «Il y avait juste écrit de me présenter ce mardi matin à 10 heures à Madrid, sans même me dire pourquoi, explique-t-elle. En précisant que si je n’obéissais pas, je serais sous le coup d’un mandat d’arrêt européen.»Elle a préféré ne pas s’y rendre. Elle sait pertinemment ce qu’on lui reproche : son implication dans Herrira. A 28 ans, elle est porte-parole en France de cette association qui aide les détenus basques, souvent des anciens membres de l’organisation séparatiste ETA.

«Rien n’oblige la France à m’arrêter» «En France, rappelle-t-elle, l’association est tout à fait légale, on reçoit les subventions du conseil général, je suis salariée de l’association.» Mais en Espagne, Herrira a été interdite il y a peu. Le 30 septembre dernier, les bureaux en Espagne ont été fermés, la page Facebook bloquée. 18 membres ont été interpellés, et se retrouvent sous contrôle judiciaire. Les charges sont lourdes. Ils sont poursuivis pour appartenance à un groupe armé, apologie et financement du terrorisme.

«Le gouvernement espagnol est toujours dans la théorie « tout est ETA ». Cela n’a aucun sens. Notre association a justement été créée dans le cadre du processus de paix pour résoudre les conséquences du conflit, en permettant le retour des réfugiés politiques et des prisonniers basques. Encore une fois, le gouvernement espagnol fait tout pour casser la dynamique !» Elle poursuit : «En ce moment, se déroulent là-bas deux méga procès : 80 personnes sont jugées. Nous faisons tout pour avancer vers la paix et eux, ils nous font des procès.»

Emilie Martin a des mots durs, assure n’avoir aucune confiance en la justice espagnole. «Je connais leurs tribunaux. Tout le monde sait ici qu’ils bafouent constamment les droits de l’homme sur la question basque. Madrid m’appelle, mais que dit la France ?», interpelle-t-elle. Dans les jours qui viennent, l’Espagne va certainement déposer un mandat d’arrêt européen à son encontre. «La France aura alors le choix. Rien ne l’oblige à l’activer et m’arrêter comme ils ont arrêté ma sœur.»

«Il ne s’agit pas d’un conflit de personnes» Le 1er novembre 2012, Aurore Martin était stoppée par les gendarmes sur une petite route des Pyrénées-Atlantiques, et livrée illico aux autorités espa- gnoles qui la recherchaient pour des faits non répréhensibles en France. A savoir, avoir participé à des réunions publiques du parti séparatiste Batasuna, interdit en Espagne, mais légal en France (autodissous depuis). C’était la première ressortissante française remise à l’Espagne dans une affaire basque. Sa sœur sera-t-elle la prochaine ?

«On va bien voir», répond, stoïque, Emilie Martin. Elle balaie d’un revers de main tout «achar-nement contre ma sœur et moi. J’avoue, c’est étrange mais c’est tombé comme ça. Il ne s’agit pas d’un conflit de personnes. Nous sommes dans un conflit politique. Parfois, des familles entières se retrou- vent en prison.»

Emilie ne compte pas se cacher. Elle se dit même «plutôt curieuse» de voir comment les autorités françaises vont réagir. «Il est plus que temps que la France arrête de s’aligner sur l’Espagne sur la question basque. Qu’on avance vers la paix.» Demain, comme tous les jours, elle se rendra dans les locaux de Herrira, au cœur du petit Bayonne. «Pour travailler. Evidemment que je continue. Même si avec l’interdiction en Espagne, on a une jambe en moins.»

Marie PIQUEMAL 5 novembre 2013 à 19:28 (Mis à jour : 6 novembre 2013 à 10:25)

http://www.liberation.fr/societe/2013/11/05/emilie-martin-madrid-veut-m-arreter-et-la-france-elle-dit-quoi_944838

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05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Contre l’Europe de la crise et la troïka de l’austérité, on continue! (1)

Contre l’Europe de la crise et la troïka de l’austérité, on continue! (1) dans Austérité rapetous

Depuis plusieurs mois, des mobilisations secouent l’Europe, en particulier les pays du Sud du continent.

Contre la terrible loi de la troïka — Union européenne, BCE et Fonds monétaire international — les peuples portugais et italiens sont descendus dans la rue par dizaines de milliers samedi 19 octobre. Et ce samedi 26 octobre, à l’appel du mouvement « Que la troïka aille se faire voir », les Portugais ont encore largement manifesté dans les rues de Lisbonne pour protester contre la politique de rigueur menée dans tout le pays. Des rassemblements se déroulaient également à Porto et dans une douzaine d’autres villes du pays, à l’appel du mouvement citoyen.
« Il y a une issue : gouvernement à la rue » pouvait-on lire sur certaines banderoles et affiches brandies par la foule réunie à Lisbonne.

Les raisons de la colère ? De nouvelles mesures d’austérité annoncées pour l’année prochaine, dans le cadre du programme de rigueur négocié par le Portugal avec la troïka, en échange d’un prêt de 78 milliards d’euros accordé en mai 2011. Il y a deux semaines, le gouvernement avait présenté un projet de budget prévoyant de nouvelles économies et des recettes supplémentaires de 3, 9 milliards d’euros, l’objectif étant de ramener le déficit public à 4 % du PIB en 2014. Une « petite musique » que l’on connaît bien dans toute l’Europe…

Contre les élites européennes et les gouvernements qui, comme ici, orchestrent les coupes budgétaires et la régression sociale, la mobilisation continue, au Portugal et ailleurs ! L’objet de ce nouveau dossier est de donner quelques éclairages internationaux venus d’Italie, de l’État espagnol et de Grèce.

Dimanche 3 novembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 215 (31/10/2013)

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05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Italie: journées cruciales (2)

Italie: journées cruciales (2) dans Austérité we-wont-pay2-375x248

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Des dizaines de milliers de travailleurs, de jeunes, de gens issus de l’immigration, de militants des mouvements pour la défense de l’environnement ont pacifiquement manifesté dans les rues de Rome durant deux journées extraordinaires de mobilisation, les 18 et 19 octobre.

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Automne 2013, encore un automne de crise, de licenciements, de pauvreté… Un automne qui n’a pas encore vu de grève appelée par les trois principaux syndicats (Cgil, Cisl et Uil), des syndicats qui ont seulement décidé d’une petite grève de quatre heures…

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Le vendredi 18 octobre, la grève générale décidée par les syndicats alternatifs (Usb, Cub et Cobas) a eu des bons résultats, surtout dans les secteurs de la santé et des transports. Plu- sieurs villes ont été bloquées. La participation à la manifestation de Rome a dépassé les prévisions. Il y avait beaucoup de travailleurs du secteur public et privé, des immigrés… À Milan, il y avait un millier de participants, dont des travailleurs du transport issus de l’immigration.

La « trêve sociale » enfin brisée Le lendemain, la manifestation du samedi 19 octobre a été un succès extraordinaire. Des dizaines de milliers de personnes ont défilé pendant plusieurs heures dans un climat de tension et un état de siège voulu par les autorités et alimenté par des médias qui pariaient sur une réédition de la journée du 15 octobre 2011. Dans la rue, il y avait les mouvements organisés dans les réseaux pour le droit au logement et dans les comités qui militent pour l’environnement (No Tav, No Muos…).

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La manifestation s’est déroulé sans incident, ce qui a montré la véritable unité politique des manifestants et des organisateurs. Il y bien eu des moment de tensions : quand les militants de Casapound (un centre social néo-fasciste) ont cherché à attaquer le cortège, sous le regard indifférent de la police ; quand les forces de l’ordre ont chargé une partie des manifestants près du ministère de l’Économie, l’un des principaux responsables du massacre social. Les personnes arrêtés ont été libérées quelques jours après. Après le cortège s’est formée une acampada (un rassemblement) qui a duré plusieurs jours.

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La « trêve sociale » a donc été finalement brisée. Des dizaines et dizaines de milliers de parti-cipants sont descendus dans la rue sans le soutien des appareils syndicaux ou politiques. Dernier grand rassemblement militant, le 15 octobre 2011 avait peut-être été plus massif, mais il y avait eu à l’époque le soutien de la Fiom (syndicat des métallurgistes) et de l’Arci (un réseau d’associations progressistes).

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Le 19 octobre ouvre des perspectives La décision de créer une convergence entre les mani- festations du vendredi et celle du samedi a été très positive. Elle montre la voie à suivre : l’unité de tous les mouvements sociaux en lutte contre l’austérité. La petite grève de quatre heures appelée par la Cgil, Cisl et Uil contre la loi budgétaire est une tentative des appareils syndicaux pour éviter qu’autour des secteurs les plus radicaux se regroupent les travailleurs gravement touchés par la crise et qui, ces dernières années, n’ont pas eu l’occasion de se mobiliser.

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Enfin, disons un mot sur la journée du 12 octobre « en défense de la Constitution ». Cette journée a vu les rues de Rome traversées par un peuple de gauche déçu par le délabrement des forces du mouvement ouvrier, et qui chercherait donc un improbable compromis social. Les promoteurs de cette journée n’ont pas voulu de dialogue avec les initiatives du 18 et du 19, et dans certains cas, ils ont même participé au climat de criminalisation. Leur priorité est le dialogue avec le seul Parti démocrate (centre gauche), mais cela ne signifie pas que les milliers de personnes descendues dans la rue le 12 soient condamnés à cette vaine modération.

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Le mouvement du 19 octobre n’est pas à cette étape suffisant pour bouleverser la donne. Une relation pas encore bien installée avec le mouvement des travailleurs, et une méfiance justifiée envers les syndicats (méfiance qui peut aussi s’étendre vers les syndicats de classe) risquent d’alimenter de fausses divisions. Mais il est toujours possible d’affronter et de dépasser ces problèmes dans la mobilisation de masse plutôt que dans des discussions académiques. Le 19 octobre marque l’ouverture de cette possibilité. De Turin, Gippo Mukendi Ngandu

http://npa2009.org/node/39400

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05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

État espagnol, l’anti-austérité, point central de la lutte des classes (3)

État espagnol, l’anti-austérité, point central de la lutte des classes (3) dans Austérité cartel-mitin-26-11-2010

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Le cycle de luttes ouvert depuis le début de la crise connaît des formes mouvantes, reflet du divorce des organisations traditionnelles de la gauche, en particulier les syndicats, et de la classe ouvrière, ainsi que d’une situation de fragmentation sociale.

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Les syndicats majoritaires n’ont pas eu ces dernières années une stratégie claire de résis- tance face aux attaques. C’est ainsi qu’ont surgi de nouveaux phénomènes qui dessinent les possibles lignes de recomposition de la classe dans un sens historique. L’anticapitalisme militant a besoin de comprendre ces problèmes, limites et potentialités pour pouvoir jouer un rôle dans la période.

Contre le « réformisme passif » Ces évolutions (d’abord les syndicats qui ont appelé aux grèves générales, le Mouvement 15M, et aujourd’hui le mouvement des Mareas) reflètent et encouragent une attitude de résistance. Certes il n’y a pas de victoires, mais pas encore non plus de sentiment généralisé de défaite, et la dynamique de montées et baisses de luttes entretient encore un certain état d’esprit d’indignation.

Cette colère sociale a comme principal adversaire le blocage institutionnel du Parti populaire (PP), qui agit comme un gouvernement « thatchériste », mais elle doit aussi faire face à l’orientation de Izquierda Unida (IU), qui se situe dans une perspective électoraliste et subordonnée à la logique de gestion avec le social-libéralisme (ainsi, en Andalousie, IU gouverne avec le PSOE, assumant les coupes budgétaires, devenant pour IU l’exemple à suivre pour tout l’État).

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L’absence de victoires importantes renforce ce sentiment de « réformisme défensif » et amène une partie importante des gens à penser que nous ne pouvons qu’aspirer à réduire les coupes sombres, pas plus. Nous, les anticapitalistes, nous avons donc besoin de nous implanter davantage et mieux dans les luttes, en transformant notre organisation pour permettre, avec d’autres, des victoires significatives des résistances contre l’austérité.

Des brèches peuvent être ouvertes Ces deux derniers mois, la lutte pour l’éducation publique rassemble tous les secteurs qui refusent les politiques du gouvernement PP. Il ne s’agit pas seulement d’une lutte contre la baisse des budgets dans ce secteur, mais elle constitue aussi une ligne de démar- cation politique. Sa capacité à rassembler un large secteur, à politiser et cristalliser les débats, fait de la lutte pour la santé et l’éducation publique le symbole de la lutte des classes.

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De même, il y a eu durant des semaines une grève illimitée exemplaire dans les îles Baléares, avec un soutien impressionnant, grève qui n’a été défaite que par l’attitude passive des directions syndicales majoritaires qui ne s’en sont pas servies pour étendre le conflit en appelant à une grève générale dans toutes les îles afin d’obliger le gouvernement à négocier avec les enseignants. Sans cette nouvelle erreur des directions syndicales, nous aurions été dans une bien meilleure position pour appeler aux mobilisations pour l’enseignement qui se sont déroulées le 24 octobre. Cependant, cette grève et le soutien populaire massif montrent que des brèches peuvent être ouvertes à travers la pression sur les gouvernements régionaux.

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De plus, nous avons eu la semaine dernière trois jours de grève étudiante combinée avec une grève de toute l’éducation. Il y a eu d’énormes manifestations, dans lesquelles Izquierda Anti- capitalista a joué un grand rôle dans bien des villes, surtout dans le mouvement étudiant où nous coor- donnons mieux notre implantation. Nous avons aussi joué un rôle dans Marea Verde dans certaines provinces et régions.

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De même, nos camarades de Catalogne ont pu ouvrir une brèche dans le débat sur l’indépendance grâce à l’initiative du « Procés Constituent », combinant revendications sociales et nationales, en partant de l’indignation sociale suscitée par la restriction des budgets.

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L’anti-austérité est le point de départ des anticapitalistes pour être en lien avec les sentiments et les expériences de classe, ainsi que pour pousser fortement les résistances vers de possibles ruptures. La réussite de cette politique ouvrira des possibilités pour les révolutionnaires. Ne pas le comprendre ou ne pas nous impliquer dans ces tâches permettraient une recomposition d’un régime pourtant en crise.

De Cadix, Jesús Rodríguez González (traduction Monica Casanova)

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05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Grèce : résistance sociale (4)

Grèce : résistance sociale (4) dans Austérité grece-300x212

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Si récemment on a beaucoup parlé des crimes en tout genre de Aube dorée et de ses liens avec la haute finance (on vient même de trouver chez un armateur, Pallis, des armes et un musée nazi !), l’essentiel — qui nourrit la vermine nazie — reste la misère sociale.

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Le chômage devrait bientôt frapper 30 % des travailleurs. Le gouvernement ose parler d’une baisse à 24 % en 2014, mais les experts européens confirment que la crise va durer, ajoutant que les Grecs doivent s’habituer à vivre ainsi ! Environ 900 000 personnes sur une population de 11 millions sont désormais au chômage depuis plus d’un an, sans aucune perspective. Et le gouvernement semble s’orienter vers la liberté totale de licencier, le déverrouillage intervenu ces derniers temps ne permettant pas de virer assez de travailleurs d’un coup, sauf à se déclarer en faillite.

Des écoles aux universités… Néanmoins, le quotidien est fait de nombreuses résistances, comme on le voit dans le secteur public : dans l’éducation, des luttes ont eu lieu dans les collèges et lycées, pour dire non aux suppressions de postes, aux mutations d’office. Mais la grève, trahie par la direction syndicale en mai, a eu du mal à durer cet automne, même si des lycéens sont entrés en lutte au côté des enseignants.

Il y a aussi les gardiens d’école, mis de fait au chômage, revendiquant pourtant leur rôle face aux dégradations en tout genre : ils viennent de clore un marathon de protestation et même des députés de droite promettent de dénoncer le caractère inconstitutionnel de la mesure, ce qui pourrait ouvrir une porte contre toutes les mesures prises de la sorte ! Les facs sont aussi en ébullition : la même « disponibilité » frappe le personnel administratif, avec en réaction un mouvement de désobéissance qui dure : refus des directions de transmettre au ministère la liste des personnels. Le secteur est au bord de l’explosion !
Bien sûr, d’autres secteurs sont en lutte, le gouvernement droite-Pasok s’apprêtant à mettre en disponibilité 30 000 agents ! Les hôpitaux sont en première ligne, avec calculs technocratiques de rendements par lit ! Ainsi, entre autres exemples, dans la ville martyre anti-nazie de Kalavryta (près de Patras), la population se bat contre la décision de fermer la section des soins pathologiques. Autre secteur important pour le pays, les personnels de l’archéologie se mobilisent contre le manque de crédits pour les fouilles, et contre le risque de privatisation du secteur.

Page noire de l’histoire grecque Dans le privé, de nombreuses luttes dispersées ont lieu. Ainsi, à Chalkis (île d’Eubée), les travailleurs de plusieurs boîtes viennent de s’affronter à la police en voulant occuper la préfecture. Venus de plusieurs entreprises importantes (cimenteries, meubles de bureau…), ils protestent contre les licenciements et contre une pratique du patronat moderne : faire travailler… sans rémunérer ! On a ici l’embryon d’une coordination locale, comme il devrait s’en développer partout !

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Deux luttes restent aussi des références : les employés de la radio télévision publique (ERT) mis à la porte au début de l’été, occupent toujours et diffusent ! Mais les menaces augmentent : neutralisation de leur accès à un satellite, demande de députés de droite de les expulser des locaux… La solidarité devient urgente ! La lutte des habitants de Skouries (nord du pays) contre une nouvelle mine d’or, réprimée comme une action terroriste, gagne aussi en soutien : libération de deux personnes emprisonnées depuis 6 mois, concert de solidarité à Salonique avec 35 000 participants…

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Face à cette résistance, un conseiller du Premier ministre Samaras vient de gaffer, déclarant que la politique de la troïka est une des pages noires de l’histoire grecque ! Gêne bruyante de la droite et du Pasok devant cette justification involontaire des luttes… Une nouvelle occasion pour le mouvement ouvrier d’étendre sa résistance, comme il l’a fait récemment en contraignant la direction de la confédération GSEE — pourtant proche du Pasok — à appeler à une grève générale de 24 heures ce jeudi 6 novembre. D’Athènes,  A. Sartzekis

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05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Grèce, quelles perspectives pour Syriza?

Grèce, quelles perspectives pour Syriza? dans A gauche du PS grece

Le 1er novembre 2013, l’assassinat par deux tueurs « au comportement professionnel » de Giorgios Fountoulis, 27 ans, et de Manos Kapelonis, 22 ans, ainsi que les graves blessures infligées à Alexandros Gerontas, 29 ans – qui gardaient le siège de l’organisation néonazie Aube dorée dans le quartier de Neo Irakleio, au nord-est d’Athènes – a modifié partiellement le climat politique.

De suite, le gouvernement d’Antonis Samaras a pu remettre à jour sa théorie de « la lutte contre les deux extrémismes », de gauche et de droite. Celle-ci avait été fortement écornée suite à la protestation massive antifasciste qui s’est manifestée après l’assassinat du rappeur Pavlos Fyssas dans la nuit du 17 au 18 septembre. Ce qui avait conduit le gouvernement Samaras à arrêter quelques dirigeants reconnus d’Aube dorée.

SYRIZA, DEA, les organisations antifascistes – telle Expulser le racisme – ont condamné fermement l’assassinat des deux membres d’Aube dorée.

Le gouvernement Samaras tente de modifier l’agenda politique en mettant l’accent sur « le maintien de la loi et de l’ordre », ce qui représente, de fait, une continuité de sa politique. L’autoritarisme consubs-tantiel à l’application des mesures dictées par les Mémorandums a d’ailleurs trouvé une nouvelle concrétisation dans l’article 458A, un amendement au Code pénal grec. Cet amendement vise à criminaliser les protestations, les objections, les oppositions aux décisions adoptées par le parlement grec. Le ministre grec de la Justice déclare que cette modification du Code pénal découle d’une directive de l’Union européenne. Ce qui n’est pas faux.

Si les deux assassinats du 1er novembre sont à condamner, il serait grave de ne pas saisir que de nombreuses autres formes d’assassinats sont aujourd’hui le résultat des inhumaines mesures d’austérité, entre autres dans le domaine hospitalier, sans même mentionner les crimes commis contre les immigré·e·s. Ils restent dans l’ombre et ont été évoqués, brièvement, lors des arrestations et de l’enquête contre Aube dorée.

Les dirigeants d’Aube dorée multiplient les déclarations visant à polir leur image publique et à effacer les traces laissées par la première étape de l’enquête pénale engagée contre des membres des cercles dirigeants, accusés de constituer « une organisation criminelle terroriste » (art. 187 et 187e de la Constitution). Les rapports publiés par la presse (Ta Nea), reprenant des dossiers des services secrets (EYP), donnent un « curriculum vitae » de certains députés qui est parlant : « chantage », « détention illégale d’armes », « trafic de femmes en vue de la prostitution »… Et cela concernant par exemple un député, Nikos Lagos, responsable des groupes d’assaut d’Aube dorée. Il est vrai que des ex-ministres et responsables sont accusés, eux, de détournements de fonds considérables. Deux mondes se rejoignent ici.

Les tentatives du gouvernement Samaras, avec l’appui des médias, d’utiliser la conjoncture créée par l’assassinat des membres d’Aube dorée ont pour fonction de faire passer à l’arrière-fond les nouvelles mesures d’austérité en cours et qui seront confirmées si ce n’est péjorées par la délégation de la Troïka qui « négociera » avec le gouvernement dès le mardi 5 novembre.

Un jour de grève générale a été appelé par la confédération syndicale du secteur privé (GSEE) et celle du secteur public (ADEDY) le mercredi 6 novembre. Une partie des transports publics (métro, ferry, train) entreront en grève le 5 novembre.

Publié par Alencontre le 4 – novembre – 2013

http://alencontre.org/europe/grece/grece-quelles-perspectives-pour-la-gauche-de-syriza-resolution-du-congres-de-dea.html

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31 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Maria est rom, elle va donc redevenir invisible (ci)

Maria est rom, elle va donc redevenir invisible (ci) dans Antiracisme tintin_1

Face à la montée du racisme contre les roms, Zeljko Jovanovic, lui même d’origine tsigane et défenseur des droits des roms, revient sur l’exclusion dont est victime cette communauté en Europe. La principale raison à cela : le défaut de documents officiels d’identité.
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La Bulgarie veut récupérer « l’ange blond »
Sofia s’est dite prête à accueillir la petite Maria, dont les parents biologiques, Sachka et Atanas Roussev, vivent dans une pauvreté extrême avec leurs sept autres enfants dans le ghetto tsigane de Nikolaevo (sud). « L’Agence de protection de l’enfance fera le nécessaire pour récupérer la fillette Maria trouvée dans une famille rom en Grèce », précise le gouvernement dans un communiqué. Les parents de la petite fille avaient déjà exprimé le souhait de la voir revenir mais, suspectés d’avoir vendu leur enfant, ils font l’objet d’une enquête de police. Côté grec, c’est également la justice qui doit se prononcer sur un éventuel retour de Maria, a répondu l’association Le sourire de l’enfant, où a été placée la petite.

Maria, la « mystérieuse » petite fille retirée à un couple rom en Grèce, était la fille biologique d’un couple rom de Bulgarie. C’est ce qu’ont montré les analyses d’ADN. Des cheveux blonds et des yeux bleus avaient suffi à la police grecque pour entrer en action, et la même chose s’est passée dans deux affaires qui se sont déroulées en Irlande.

Mais maintenant qu’on sait que Maria est une enfant rom, l’intérêt du public pour son cas va malheureusement s’atténuer. Quel que soit le sort judiciaire du couple accusé de l’avoir enlevée, Maria, comme les autres enfants roms, passera sa vie à naviguer entre illettrisme, chômage et ségrégation.

Elle aura une espérance de vie en moyenne inférieure de dix ans à celle de la majorité de la population à cause de la faim et de la malnutrition, de conditions de logement sordides et de soins médicaux insuffisants. Si les gouvernements européens ont vraiment envie d’aider Maria et les autres enfants roms, ils doivent commencer par leur assurer un accès aux documents d’identité de base et aux droits fondamentaux.

Je suis rom et je travaille sur la justice sociale depuis de nombreuses années. Les incidents qui viennent de se dérouler en Grèce et en Irlande doivent faire comprendre clairement au grand public à quelle vitesse l’Europe peut basculer dans l’hystérie raciste. Ils illustrent également un problème pour lequel les associations de défense des Roms se battent depuis des années : le défaut de documents officiels – que souligne l’absence de certificat de naissance et autres papiers officiels dans le cas de Maria –, qui explique en grande partie l’exclusion dont les Roms sont victimes en Europe aujourd’hui.

Pas d’existence officielle Aucun pays d’Europe ne dispose de chiffres sur la population dans son recensement officiel ou autres statistiques publiques. Nombre de Roms n’ont pas de certificat de naissance ; les familles oublient souvent de déclarer la naissance d’un enfant auprès des autorités locales car le coût du certificat de naissance est parfois prohibitif. Cette invisibilité officielle fait que les Roms n’ont pas accès à la protection de la loi, aux soins médicaux et n’ont pas la possibilité d’envoyer leurs enfants à l’école, de trouver du travail ni de s’inscrire sur les listes électorales. Cela veut dire également qu’ils sont davantage susceptibles d’être victimes de trafic d’êtres humains et de dysfonctionnements judiciaires. Quand on n’a pas d’existence officielle, il est facile de disparaître, volontairement ou non.

Les recensements officiels présentent des lacunes hallucinantes concernant les Roms. Une campagne menée par les Open Society Foundations et les communautés roms de Hongrie a fait passer la population rom répertoriée de 190 000 à plus de 300 000, soit une augmentation de 63 %. Les disparités demeurent énormes. En Serbie, le recensement 2012 répertoriait 150 000 Roms alors que le chiffre véritable est plus proche de 400 000.

Une invisibilité politiquement et économiquement pratique Certains Roms ne signalent pas officiellement leur identité de peur de la discrimination. Il y a soixante ans seulement, certains propagateurs de haine et dirigeants politiques ont envoyé plus de 1 million de personnes à la mort pour le « crime collectif » d’être rom. Ce souvenir est toujours vivant dans la communauté et cette méfiance n’est pas dénuée de fondement. On a appris récemment que la police suédoise tenait une liste secrète et illicite de plus de 4 000 Roms, dont beaucoup d’enfants.

Les difficultés juridiques et procédurales mises délibérément en place par les gouver-nements empêchent souvent les Roms d’obtenir des documents d’identité. Si la population rom était entièrement répertoriée et disposait de papiers officiels, les autorités devraient lui accorder des droits fondamentaux comme l’accès à l’éducation, la santé et la justice ; elles devraient respecter des quotas de Roms dans la fonction publique et présenter des candidats roms aux élections. Pour nombre de gouvernements d’Europe, l’invisibilité des Roms est politiquement et économiquement pratique.

Sans documents d’identité officiels ni acte de propriété, les familles roms risquent davantage que les autres d’être considérées comme apatrides. Un apatride n’est ressortissant d’aucun Etat. C’est important parce que la nationalité est une base essentielle de l’identité officielle d’une personne, c’est le droit d’avoir des droits. Nombre de Roms d’Europe sont aujourd’hui coincés dans ces limbes juridiques.

Les 12 millions de Roms d’Europe continuent à subir agressions, attentats à la bombe et meurtres en série, mais leur invisibilité officielle est peut-être tout aussi mortelle.

The Guardian 30 octobre 2013 Zeljko Jovanovic est directeur du programme Roma Initiative, une association du réseau Open Society Foundations

http://www.courrierinternational.com/article/2013/10/30/maria-est-rom-elle-va-donc-redevenir-invisible

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28 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Des mouches transgéniques pour l’agriculture ? (Esther Vivas)

Des mouches transgéniques pour l’agriculture ? (Esther Vivas) dans Ecologie & climat mouche

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Il semble qu’on a trouvé l’invention ultime pour mettre fin à certains fléaux dans l’agriculture. Il s’agit de la mouche transgénique.

Et le premier endroit de la planète où l’on envisage de l’utiliser n’est autre que la Catalogne. Ce n’est pas pour rien que l’Etat espagnol est la principale porte d’entrée des transgéniques en Europe. Dommage que ce qui nous est vendu comme la solution magique au fléau de la mouche de l’olivier soulève plus de questions que de réponses.

L’information, diffusée cet été, est passée relativement inaperçue si l’on tient compte des conséquences qu’une telle découverte peut avoir pour l’environnement et pour notre santé. L’entre- prise biotechnologique anglaise Oxitec a demandé une autorisation à la Generalitat de Catalogne afin de libérer dans la campagne de Tarragone des mouches transgéniques destinées à combattre le problème de la mouche de l’olivier. Si cette requête est acceptée, ce sera alors la première fois qu’on libèrera dans l’environnement des insectes génétiquement modifiés.

Même si l’entreprise insiste sur les vertus d’une telle mesure, celle-ci soulève des doutes importants. Quelle sera la réaction des mouches transgéniques après leur introduction ? Comment vont-elles interagir avec les autres êtres vivants ? Quelles conséquences peuvent avoir son entrée dans la chaîne alimentaire en étant mangées par des oiseaux et des rongeurs ? Et sur notre santé ? Il faut tenir compte du fait que les mouches transgéniques n’ont été testées qu’en laboratoire. Or, la nature est un système complexe dans lequel plusieurs espèces interagissent de manière non mécanique.

Le principe de précaution devrait prévaloir. On ne peut pas mettre en liberté des insectes dont l’ADN a été modifié avec les gênes d’autres organismes sans être certains des conséquences que cela pourrait avoir et sans savoir si ces conséquences sont irréversibles ou non. Une fois de plus, les entre- prises biotechnologiques font le choix de mener leurs expériences avec la nature et avec nous-mêmes, guidées par leur soif de profit maximal. Les insectes transgéniques ne sont en effet rien d’autre qu’une nouvelle source de bénéfices pour les multinationales de ce secteur.

Le conflit d’intérêt est un autre problème évident. Aucun pays au monde ne dispose d’une réglementation spécifique par rapport à l’introduction d’insectes génétiquement modifiés. Or, à qui donc est-on en train de demander d’élaborer des directives et un cadre de travail ? Aux mêmes em- ployés de la principale entreprise pourvoyeuse, Oxitec. Le rapport « Genetically-modified insects : under whose control ? » de GeneWatch ne laisse aucun doute. Oxitec, par ailleurs, compte sur le soutien actif du géant de l’industrie biotechnologique Syngenta.

La science et la technologie sont des outils indispensables pour obtenir des progrès sociaux, mais elles ne peuvent pas, comme cela arrive trop souvent, être subordonnées aux intérêts du capital privé. Nous avons besoin d’informations et de transparence. Où seront exactement libérées ces mouches transgéniques au cas où la demande serait approuvée ? Sur quels champs il y a-t-il aujour- d’hui des cultures utilisant des organismes génétiquement modifiés ? Ces informations, on n’a jamais voulu les rendre publiques. Nous avons le droit de décider si nous voulons ou pas des transgéniques, mais jamais personne ne nous l’a demandé.  Esther Vivas 27 octobre 2013

Article publié dans « Etselquemenges.cat », 03/09/2013.
http://esthervivas.com/presentacio/moscas-transgenicas-para-la-agricultura/
Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera

http://www.avanti4.be/actualite/article/des-mouches-transgeniques-pour-l-agriculture

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28 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

L’allocation universelle contre la protection sociale (essf)

L’allocation universelle contre la protection sociale (essf) dans Europe gastonlagaffe-com-03

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L’allocation universelle, un concept à la mode, aussi bien à droite qu’à gauche. Mais certains, comme le sociologue Mateo Alaluf, ne sont pas du tout d’accord avec cette idée. Pour lui, l’établissement d’une telle allocation entrainerait une régression sociale.

Périodiquement, la proposition d’instaurer une allocation universelle revient à l’avant plan de l’actualité. Elle consiste à verser un revenu fixe et inconditionnel à toute personne en remplacement partiel ou complet des prestations sociales (revenu d’insertion RIS, allocations de chômage, pensions, allocations familiales, assurance maladie). L’octroi d’un tel revenu qui compte des partisans aussi bien à droite, dans les milieux ultralibéraux, qu’à gauche, dans les groupes alternatifs, serait une réponse à la crise de l’Etat providence. L’allocation universelle permettrait selon ses promoteurs de desserrer l’injonction à l’emploi qui pèse sur les chômeurs, de baisser le coût du travail, de créer de l’emploi et de rétablir la compétitivité, tout en autorisant des modes de vie alternatifs pour ceux qui le souhaitent.

Naturel à droite, surprenant à gauche L’homme d’affaires Roland Duchâtel (…) avait fait de l’allocation universelle le point central de son programme politique. A présent, cette proposition fait l’objet d’une « initiative citoyenne » en Europe, sera soumise à une « votation » en Suisse et a fait l’objet d’un dossier du Monde diplomatique (mai 2013).

L’intérêt que suscite l’allocation universelle dans les milieux de droite est bien compréhensible. Le revenu de base constituant déjà une partie des revenus du salarié, l’employeur pourrait en faire l’économie, diminuant d’un montant équivalent son « coût salarial », et écarterait du même coup tout risque de surenchère salariale. De plus, l’octroi d’une allocation universelle permet- trait à l’Etat, en accord avec la doxa libérale, de se désengager de la politique sociale et d’attribuer aux groupes les plus fragiles, en raison du bénéfice d’un revenu de base, l’entière responsabilité de leur sort. Certains libéraux considèrent cependant comme immorale une allocation, surtout si elle devait être d’un montant élevé et sans contrepartie, et craignent qu’elle ne soit une incitation à l’inactivité. Même s’ils ne sont pas absolument acquis à l’idée, beaucoup jugent l’allocation universelle préférable au système actuel de protection sociale affublé, selon eux, de tous les défauts.

Le revenu inconditionnel a comme avantage majeur pour les employeurs de remplacer les minima sociaux (RIS, allocations de chômage, garantie de revenu aux personnes âgées GRAPA). Les salaires proposés doivent être dans ce système plus élevés que les revenus procurés par les minima, leur augmentation entraînerait celle des salaires et l ‘amélioration des conditions de travail pour rendre les emplois attractifs. On comprend que la droite préfère un revenu de base qui constitue une subvention à l’emploi, aux minima sociaux qui sont une barrière à la diminution des salaires.

Il est surprenant d’observer l’attraction qu’exerce l’octroi d’un revenu de base incon- ditionnel dans certains milieux de gauche. Le Monde diplomatique a intitulé son dossier « une utopie à portée de main ». La conditionnalité croissante des aides, les contrôles tatillons exercés sur les bénéficiaires, les intrusions moralisantes des « accompagnateurs » sur la vie privée, le doute systé- matique distillé sur le futur des retraites par l’état social actif ont déconsidéré les systèmes de protec- tion sociale. L’allocation universelle a trouvé dans l’effritement de la sécurité sociale sous les coups de l’activation l’espace pour se donner une jeunesse auprès de certains milieux de gauche.

Une machine de guerre contre l’état social Remplacer un système de protection sociale financé principalement par les cotisations et reposant sur la solidarité salariale, par une rente versée par l’état et financée par la fiscalité, apparaît comme une machine de guerre contre l’état social. De plus, un montant versé sans condition à toute personne ne peut être que médiocre et ne peut assurer l’indé- pendance économique des bénéficiaires. Ceux-ci seraient obligés d’accepter du travail à n’importe quel prix pour arrondir leur allocation. Il en résulterait une dégradation du marché du travail et la proli- fération de «boulots» mal payés. Le revenu inconditionnel contribue ainsi à institutionnaliser, selon les termes de Robert Castel, « le précariat ».

La logique d’une allocation universelle financée par l’impôt conduirait à juxtaposer un dispositif public fiscalisé (l’allocation universelle) à des régimes professionnels préfinancés par ceux qui ont la possibilité d’épargner. Cette situation conduit à l’instauration d’une allocation universelle pour tous, coexistant avec des fonds de pension et des assurances privées, pour ceux qui en ont les moyens. La protection sociale consisterait ainsi à terme dans l’assistance de l’Etat aux pauvres par une allocation universelle et un système d’assurances privées basé sur l’accumulation financière pour les plus aisés. On renouerait de cette manière avec la logique libérale basée sur le droit de tirer de son travail une propriété privée et le droit à un minimum de revenu assuré par l’Etat. Ce système permet de distinguer ceux qui ont pu se constituer un patrimoine par leur travail de ceux qui, dans la mesure où ils n’y sont pas parvenus, se trouvent acculés à la pauvreté. Le caractère universel du revenu permet de masquer cette stigmatisation.

Pour la mise en place d’un revenu maximal La cohésion sociale paraît menacée aujourd’hui par la rupture qui s’est opérée entre d’une part un nombre croissant de personnes précaires, sans emploi ou occupant des emplois ne leur permettant pas d’échapper à la pauvreté et d’autre part une minorité de nantis bénéficiant de revenus et de privilèges exorbitants. Il en résulte une dynamique dont la dérégulation est le moteur et les inégalités,  le carburant.

Face à cette explosion des inégalités deux types de mesures paraissent aujourd’hui ur- gentes : d’une part, le renforcement des minima sociaux à condition de les réformer et de les adapter à l’évolution du bien être, et d’autre part, la mise en place d’un revenu maximal pour intégrer les ultra riches dans la société. L’Etat social a déjà permis à travers les minima sociaux, les pensions de retraite, les allocations familiales, les bourses d’études… de découpler revenu et travail. Ne faudrait-il pas plutôt approfondir cette brèche que succomber au piège de l’allocation universelle ?

 Professeur émérite de l’ULB ALALUF Mateo   Mateo Alaluf – © Tous droits réservé  14 juin 2013
* RTBF, vendredi 14 juin 2013 à 12h31 : http://www.rtbf.be/info/opinions/de…

* Docteur en sciences sociales, Mateo Alaluf est un spécialiste de la sociologie du travail, particulièrement des questions d’emploi et de formation. Homme engagé, il intervient régulièrement dans le débat public. http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article30154

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25 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Hier, grève générale de l’éducation en Espagne

Hier, grève générale de l'éducation en Espagne dans Austérité 2013_10_24_photo01

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