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09 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Alter sommet à Athènes : solidarité avec le peuple grec contre la troïka

Alter sommet à Athènes : solidarité avec le peuple grec contre la troïka dans Altermondialisme

Les 8 et 9 juin aura lieu à Athènes le premier Alter sommet : une réunion européenne de solidarité avec le peuple grec et contre la troïka mise en route par plus de 150 collectifs provenant de 20 pays européens.

Un événement organisé conjointement avec les mouvements sociaux grecs. Seront présents des syndicats comme Verdi en Allemagne, GSEE et Adedy de la Grèce, CGT, FSU et Solidaires de France, CSC et FGTB de Belgique, etc. Des réseaux comme Attac Europe, le CADTM, le réseau européen de la Marche mondiale des femmes, etc. Des initiatives comme Que se lixe a troika du Portugal, Blockupy d’Allemagne, Coalition of Resistance du Royaume-Uni, etc. Athènes devrait donc être la première étape pour la convergence européenne des mouvements qui s’opposent aux politiques antisociales et anti- écologiques imposées par les gouvernements, les institutions européennes, ainsi qu’un moment important pour exprimer sa solidarité avec le peuple grec.
Lors de cet Alter sommet, les organisations membres de l’initiative vont rendre publique un Manifeste (le contre-memorandum) élaboré entre les promoteurs de l’initiative au cours de ces derniers mois. Compte tenu de la diversité et de l’hétérogénéité de leurs composantes, il n’a pas été facile de s’accorder, tant sur le contenu politique du Manifeste que sur la définition de l’événement.

Du Manifeste à la manifestation
Cet Alter sommet d’Athènes aura 3 moments clés :
- La présentation du Manifeste avec des interventions qui éclaireront la portée du projet et le désir de progresser dans l’accumulation et le regroupement des forces européennes pour renverser la situation actuelle. Il y aura aussi des interventions de personnalités politiques qui soutiennent le Manifeste et l’initiative (comme Tsipras de la coalition Syriza)
- 15 assemblées thématiques se dérouleront pour donner la voix aux luttes contre les politiques d’austérité dans les différents domaines (logement, santé, dette, etc.), avec la participation d’activistes du mouvement luttant contre les expulsions, contre la privatisation des soins de santé et les services publics, etc. Contrairement aux forums sociaux européens, l’objectif de ces réunions n’est pas tant de conclure avec des manifestes ou une longue liste de rendez-vousde mobilisation, mais de progresser dans les discussions stratégiques pour avancer dans la construction d’une réponse d’ensemble du mouvement.
- Enfin, une grande manifestation en solidarité avec le peuple grec et contre les politiques de la troïka, aura lieu.
Pour terminer, il y aura le dimanche une rencontre finale entre organisations membres de l’Alter sommet pour décider des suites à donner à cette mobilisation. Au-delà de ces activités, l’événement sera un moment important de rencontre entre mouvements et militants européens, et collectifs grecs.
Josu Egireun
http://www.altersummit.eu/?lang=fr

http://npa2009.org/node/37570

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09 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Suède : « explosion » des inégalités

Suède : « explosion » des inégalités dans Austérité 2434895_intermittents-unedic

Les récentes émeutes à Stockholm ont peut-être été une surprise à l’étranger où la Suède est encore vue comme un paradis sur terre, un État-providence ou un modèle d’État social-démocrate.

Mais ici en Suède et dans les autres pays nordiques, il est clair pour tout le monde que le modèle scandinave ou nordique n’existe plus depuis bien longtemps. La Suède a commencé à changer dans les années quatre-vingt lorsque les premières privatisations, les mesures d’austérité et autres réformes néolibérales ont été mises en œuvre par des gouvernements sociaux-démocrates. Le rythme de ces contre-réformes néolibérales s’est accéléré dans les années quatre-vingt-dix. Le système de retraite a été partiellement privatisé et est maintenant totalement dépendant du marché boursier. Les coupes dans les dépenses publiques ont été suivies par des réductions d’impôts pour les entreprises et les riches. Les chemins de fer, ainsi que l’électricité, les télécoms, les entreprises publiques ont été déréglementés et privatisés, comme l’ont été en partie les écoles, le système de santé et les hôpitaux.
L’impôt sur la fortune a été supprimé.

L’impôt foncier, ainsi que celui sur les sociétés et sur les revenus du capital, a été abaissé. La baisse de l’impôt sur le revenu a été financée par une réduction des prestations sociales, de l’allocation chômage et des prestations pour congé maladie. Le bilan de toutes ces réformes néo-libérales a été la croissance des inégalités la plus rapide de tous les pays de l’Europe occidentale. Selon un rapport de l’OCDE, la Suède a dévissé de la première à la quatorzième place du classement des pays les plus égalitaires. Dans le même temps, le chômage a explosé. Actuellement, le taux de chômage est officiellement de 8 %, un taux largement sous-estimé. Celui des jeunes est officiellement de 20 % et à peu près de 30 % dans la communauté somalienne. Les réformes néolibérales ont provoqué une pénurie majeure de logements. Dans la seule ville de Göteborg (la deuxième ville du pays), il manque près de 30 000 logements. À Stockholm, la situation est pire encore. Dans de nombreux quartiers, on vit à l’étroit et nombre d’enfants et d’adolescents passent une grande partie de leur temps dans les rues.

Émeutes du désespoir
Cette situation a conduit à des tensions sociales croissantes. Depuis 2008, il y a eu chaque année des émeutes dans les banlieues. Les pires émeutes à ce jour ont eu lieu en 2009, dans la banlieue de Göteborg, centre industriel de la Suède. Des émeutes qui ont duré d’août à novembre, et qui ont eu lieu, si ce n’est tous les jours, au moins chaque semaine. Différents groupes ont pris part à ces émeutes, allant de membres de gangs à quelques militants politiques qui sont descendus dans la rue. Les émeutes sont alimentées par les inégalités flagrantes et le désespoir. En ce sens, leurs racines sont politiques, même s’il ne s’agit pas d’actions politiques en tant que telles. Des émeutes déclenchées par les violences et les bavures policières, comme c’est le cas pour les émeutes récentes dans la région de Stockholm suite au décès d’un retraité tué par la police et aux mensonges qui ont entouré les circonstances de cette mort. Après quelques protestations pacifiques contre la police et des appels à une enquête indépendante sur cette mort, quelques pillages et incendies de voitures ont eu lieu un dimanche dans la banlieue de Husby au nord de Stockholm. Lorsque la police est intervenue, elle l’a fait avec beaucoup de violence et des comportements racistes. Les émeutes ont été la réponse immédiate des jeunes adultes et adolescents.  En l’espace d’une semaine, les émeutes se propageaient à toute la région de Stockholm et à certaines petites villes suédoises.

De Göteborg, Anders Svensson
Traduction Raymond Adams
Vendredi 7 juin 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 198 (06/06/13)

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09 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Communiqué de presse de la Résistance de Taksim, 5 Juin 2013

Communiqué de presse de la Résistance de Taksim, 5 Juin 2013 dans Europe occupy-gezi-protests-erdogan-300x191

Au Gouvernement de la République de Turquie et à l’opinion publique. Les citoyens ont exprimé leur indignation démocratique sur la place Taksim à Istanbul et dans tout le pays contre l’insensibilité du gouvernement à l’égard de l’inquiétude du public concernant la destruction de facto du parc Gezi qui a eu lieu le 27 mai vers 10 heures.

Nous partageons la douleur des familles d’Abdullah Comert et de Mehmet Ayvalitas et nous tenons à exprimer nos souhaits de prompt rétablissement aux milliers de citoyens blessés. Malheureusement, le gouvernement persiste dans ses politiques violentes, répressives et d’interdiction face à la volonté de la population d’exprimer ses revendications fondées sur les droits démocratiques et humains. Nous aimerions que l’on sache que nous faisons un effort extrême pour assurer un climat social dans lequel personne n’est blessé, les tensions sont résolues et les revendications démocratiques peuvent être exprimées. Pour ces raisons, en tant que Résistance de Taksim, nous attendons que le gouvernement prenne des mesures concrètes allant vers la réalisation des exigences ci-dessous.

Nous exigeons que :

Le Parc Gezi doit rester un parc. Il ne doit y avoir aucune construction dans le parc, que ce soit sous le nom de TopcuKislasi ou sous un autre nom. Une déclaration officielle doit être faite pour annoncer l’annulation du projet. Les tentatives de démolition de l’Ataturk KulturMerkezi (Centre culturel Ataturk) doivent être arrêtées.

Tous les responsables – à commencer par les gouverneurs et les chefs de la police d’Istanbul, Ankara et Hatay – qui se sont opposés au droit d’expression des personnes dans la résistance à Taksim et en d’autres endroits, ceux qui ont ordonné l’usage de la violence et ceux qui ont supervisé et appliqué ces ordres doivent être démis de leurs fonctions. L’utilisation de bombes lacrymogènes et de dispositifs similaires doit être interdite.

Les citoyens qui ont été arrêtés dans tout le pays pour avoir soutenir la résistance doivent être libérés immédiatement. Une déclaration annonçant qu’aucune autre enquête ne sera menée contre ces personnes doit être faite.

L’interdiction et l’empêchement de facto des réunions, des protestations et des manifestations sur nos places et dans nos lieux publics doit finir, à commencer par les places Taksim et Kiziliay et les célébrations du 1er mai. Les obstacles à la liberté d’expression doivent être levés.

En outre, nous pensons que les autorités doivent comprendre le contenu, l’esprit, les espoirs et les exigences de la réaction qui est venue de la rue et d’un grand nombre de lieux publics depuis le 27 mai à 10 h. Essayer d’expliquer ce qui s’est passé en parlant de « marginaux » revient à ignorer ces événements. Nous pouvons voir que les citoyens interprètent l’intervention au Parc Gezi – qui symbolise la pensée générale du gouvernement – comme « une ingérence dans leurs croyances et modes de vie et un signe de condescendance », qui suscite un cri de « Nous sommes ici et nous avons des revendications » et une grande émotion publique de la part de toutes sortes de gens, femmes ou hommes, jeunes ou vieux.

Nous aimerions que les autorités se rendent compte que la réaction des citoyens porte également sur le projet de loi sur la Protection de la Nature et de la Biodiversité qui a abouti à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale et sur les projets qui pillent nos richesses écologiques, à commencer par le troisième aéroport à Istanbul, le troisième pont sur le Bosphore, la construction d’AOC et les centrales hydro-électriques (HEPP).

Cette réaction est également l’expression de la « volonté de paix et de la résistance à la politique de guerre qui se déploie dans notre pays et dans la région ; de la sensibilité des citoyens alévis ; des revendications légitimes des victimes de projets de transformation urbaine ; des voix qui s’élèvent contre la politique masculine conservatrice visant au contrôle du corps des femmes ; de la résistance à la coercition imposée aux universités, au pouvoir judiciaire et aux artistes ; des revendications de tous les travailleurs, à commencer par les employés de la Turkish Airlines, contre le non-respect de leurs droits ; de la lutte contre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre ; et de l’aspiration à ouvrir la voie au droit d’accès à l’éducation et à la santé pour tous les citoyens « .

La Résistance de Taksim, 5 juin 2013 Occupy Taksim

Source : socialistproject.ca
Traduction française pour Avanti4.be : Jean Peltier http://www.avanti4.be/actualite/article/communique-de-presse-de-la-resistance-de-taksim

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07 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Pays basque: une grève difficile mais nécessaire

Pays basque: une grève difficile mais nécessaire dans A gauche du PS euskadi

Le jeudi 30 mai a eu lieu au Pays basque une journée de grève appelée par les syndicats basques ELA, LAB, ESK, STEE-EILAS, EHNE, HIRU, CGT-LKN et plus de cinquante groupes sociaux.
Elle ciblait deux objectifs. En premier lieu, dire Ya basta ! aux politiques mises en œuvre depuis le début de la crise par le gouvernement d’Espagne et les gouvernements de la Communauté autonome du Pays basque et de la Navarre. Il s’agissait aussi d’amorcer un processus d’« accumulation de forces, de luttes pour construire une alternative au Pays basque » à partir d’une charte des droits sociaux pour le Pays basque.

Mobilisation inégale
D’après les données fournies par les syndicats, la grève a été suivie par 59, 88 % des 516 entreprises industrielles de plus de 50 travailleurs de Araba, Bizkaia et Gipuzkoa, et 70 % de grévistes dans 211 autres entreprises. Mais, sauf dans le secteur de l’éducation, elle n’a pas percé au-delà des équipes mili- tantes. En particulier, les salariéEs de grandes entreprises comme Michelin et Mercedes n’ont pas suivi l’appel, et ceux des coopératives de Mondragon (Fagor, Eroski, etc.), qui habituellement marquent le thermomètre de la réussite ou non des grèves générales dans le Pays basque, n’ont pas rejoint le mou- vement. À cela s’ajoute la faiblesse des piquets de grève, et à quelques exceptions près, la grève n’a pas eu de visibilité et, contrairement à d’habitude, n’a pas perturbé la vie quotidienne des villes et villages. Les manifestations étaient également plus faibles : 85 000 contre 110 000 le 26 septembre (jour de la dernière journée de grève appelée par les mêmes organisations).  Il y avait néanmoins un niveau de mobilisation loin d’être négligeable en ces temps dif- ficiles. Cette grève générale a servi à montrer la volonté d’un large spectre politique, syndical et social, majoritaire dans le Pays basque, de construire la lutte et la mobilisation dans une période où le pire n’est pas le chômage et la crise, mais surtout l’absence de réaction sociale et syndicale qui s’est installée dans le paysage politique. L’importance de cette initiative est que, malgré toutes les difficultés, la mobilisation a permis d’exprimer le rejet des politiques actuelles.

Josu Egireun Jeudi 6 juin 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 198 (06/06/13)

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07 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Italie : peine alourdie en appel contre le patron d’Eternit (LO)

Italie : peine alourdie en appel contre le patron d'Eternit (LO) dans Europe dalton.fr_-300x212

La cour d’appel de Turin a condamné en appel à dix-huit ans de prison, contre seize ans en première instance, le milliardaire suisse Stephan Schmidheiny, propriétaire d’Eternit Suisse, pour avoir causé la mort de trois mille personnes, ouvriers ou riverains victimes de l’amiante produit dans l’une des quatre usines italiennes du groupe, celle de Casale Monferrato.

Il a aussi été condamné à verser plusieurs dizaines de millions d’euros de dédommagement aux nombreuses parties civiles. Du fait de son décès l’an dernier, les poursuites contre le baron belge Louis de Cartier de Marchienne, co-administrateur du groupe Eternit, ont été abandonnées. Les avocats de Schmidheiny ont aussitôt dénoncé un verdict « absurde » et « injuste » et annoncé que l’industriel allait se pourvoir en cassation. En tant qu’individu, il s’indignerait sans doute de voir une crapule assassiner une personne pour s’enrichir en lui volant ses économies. Mais, en tant qu’industriel, il n’est pas choqué que sa société ait empoisonné toute une région pendant près de quatre-vingts ans, entre 1907 et 1986, et d’avoir caché la vérité alors que les dangers de l’amiante étaient connus depuis 1906 ; il estime « injuste » qu’on lui reproche d’avoir tué au moins trois mille personnes pour lui permettre de devenir milliardaire, et il ne veut pas en payer les conséquences.

Le procès intenté en Italie contre les deux anciens propriétaires et administrateurs d’Eternit pour « catastrophe sanitaire et environnementale », et qui a abouti à leur condamnation en février 2012, était une première, due à l’acharnement d’un procureur ainsi qu’à la mobilisation des victimes de l’amiante et des collectivités locales touchées. Que la peine ait été non seulement confirmée mais alourdie en cour d’appel est une victoire pour tous, même si l’accusé, réfugié en Suisse, reste hors d’atteinte de la justice italienne. En France, la justice n’a encore jamais osé s’en prendre au puissant lobby de l’amiante. Les plaintes déposées contre ces criminels se sont terminées par un non-lieu et la seule juge qui tentait de les incriminer, la juge Bertella-Geffroy, a été dessaisie de ses dossiers sous un prétexte bureaucratique. Les industriels et leurs complices, responsables de la mort de milliers de personnes, s’en sont toujours sortis les mains blanches, aussi blanches que les fibres mortelles qu’ils produisaient.

Marianne LAMIRAL http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2340&id=37

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05 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Turquie : des violences policières aux émeutes

Turquie : des violences policières aux émeutes dans Europe yy02-224x300Journal de camarades turcs

Le mouvement spontané qui a démarré à Istanbul a ensuite pris une dimension sans précédent dans l’histoire du pays…

Tout a commencé quand un groupe de citoyens a décidé d’occuper pacifiquement le parc Gezi afin exprimer son opposition au réaménagement du parc, place de Taksim en pleine centre d’Istanbul. Selon les déclarations du Premier Ministre Erdogan, le parc Gezi doit être l’objet d’un projet de réaménagement comprenant la reconstruction comme centre commercial de luxe d’une ancienne caserne ottomane. Un projet dénoncé par de nombreux urbanistes, architectes et écologistes. Vendredi le 31 mai, le jour même où un tribunal administratif d’Istanbul a pris une décision de suspendre le projet de recons- truction de la caserne, la police a attaqué les occupants pacifique du parc Gezi. L’agression de la police a suscité une réaction massive de la part des habitants qui se sont solidarisés des occupants du parc, et après de violents affrontements, la police a dû libérer les lieux le 1er et 2 juin. Les guerres de rue se sont poursuivies jour et nuit dans de plusieurs quartiers du centre d’Istanbul. Au pouvoir depuis dix ans, le Parti de la justice et du développement (AKP) a pris un tournant autoritaire, suscitant des réactions dans la jeunesse, et le rejet des politiques néolibérales. L’intervention de la police, qui a évacué brutalement les gens avec leurs enfants et incendié leurs tentes, a largement fourni l’étincelle pour déclencher l’explosion. L’AKP subit donc une première défaite, et dans la rue en plus. Il venait juste d’ouvrir des négociations avec les kurdes afin de trouver une solution pacifique à la question nationale et jusque-là, sa politique n’était contestée que par des milieux de gauche militants mais peu influents.

Qui sont les manifestantEs ?

Malgré l’importance de la participation aux manifestations des milieux kémalistes laïques, la majorité des manifestants a été aussi bien des groupes de gauche que des gens de 20 à 30 ans qui ont pris place pour la première fois dans une lutte politique. C’était des jeunes femmes qui occupaient les premiers rangs pendant les affrontements avec la police. Les habitants des quartiers de pauvres à proximité du centre ont aussi participé. Même si cela restait limité, certains membres du parti d’extrême droite MHP ont aussi participé aux manifestations, mais la direction du parti leur a tout de suite donné l’ordre de quitter les rangs. Bref, un mélange de jeunes filles qui portaient le foulard, de « musulmans anticapitalistes », de fans de clubs de foot, de groupes LGBT, de kurdes, de kémalistes et surtout de ceux qui disaient contre Tayyip Erdoğan « nous aussi nous sommes là, nous existons ». Les mots d’ordre importants étaient « Tayyip démissionne », « au coude à coude contre le fascisme », « Ce n’est qu’un début, la lutte continue », mais aucune revendication nette exprimée par la foule. Même si l’Initiative de Taksim a formulé la revendication de la démission du ministre de l’intérieur, cette revendication ne s’est pas encore très répandue dans la masse. Ce qui est le plus important, c’est le fait que, pour la première fois, des centaines de milliers de gens se sont rendus sur les places publiques sans qu’ils soient dirigés par un parti, un syndicat ou l’État, afin de s’opposer aux politiques du gouvernement. Même si les reven- dications sociales n’ont pas encore vu le jour, il est bien évident que c’est la mise en œuvre des politiques néolibérale et autoritaire qui provoque l’indignation des masses.

La revanche du 1er Mai

Le 1er Mai dernier, le gouvernement avait fermé la place de Taksim sous prétexte de travaux en cours, afin d’empêcher les manifestations et avait déployé des policiers partout. La ville avait été paralysée. Il y a une « guerre des mémoires » entre la gauche et le gouvernement au sujet de la place de Taksim, connue comme « place du 1er Mai. » Face à une gauche qui souhaiterait perpétuer la mémoire de 42 personnes tombées sur cette place le 1er mai 1977, ainsi que les idéaux de la classe ouvrière, le gouvernement voudrait, en reconstruisant la caserne d’artillerie, à la fois « revivifier l’histoire » et, en transformant le caserne en centre commercial, créer sa propre légitimité historique. Les deux prochaines années auront lieu les élections municipales et législatives, ainsi que l’élection présidentielle. Selon de nombreux analystes, il est presque certain que Erdogan soit élu président. Erdogan voudrait réa- liser un amendement constitutionnel qui lui permettrait de constituer un régime présidentiel à la Poutine… Cependant, ces derniers événements sont une défaite inattendue pour lui. Dorénavant, ce dont nous avons besoin, c’est de nouvelles expériences de masse.

D’Istanbul, Masis Kurkçugil Mardi 4 juin 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 198 (06/06/13)

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05 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Italie. Un accord entre patronat et appareils syndicaux qui vise les salarié·e·s et délégués syndicaux de lutte (Al’e)

Italie. Un accord entre patronat et appareils syndicaux qui vise les salarié·e·s et délégués syndicaux de lutte (Al'e) dans A gauche du PS patto

Les chiffres officiels (ISTAT) du chômage en Italie, en avril 2013, viennent d’être publiés fin mai.

Le nombre de chômeurs officiels est de 3,830 millions. C’est une augmentation de 23’000 par rapport au mois de mars. Sur une année, 373’000 tra- vailleuses et travailleurs de plus sont officiellement au chômage. Cette augmentation du chômage concerne aussi bien les hommes que les femmes. Parmi les jeunes de 15 à 24 ans, 656’000 recherchent un travail. Le taux de chômage par rapport à cette tranche d’âge est de 40,5%; c’est une augmentation de 5,9% depuis début mars. Ces chiffres ne reflètent pas la réalité, comme dans tous les pays. Ne sont pas pris en compte les centaines de milliers de femmes qui sont contraintes à un travail à temps partiel, avec un salaire de 500 à 600 euros par mois, que ce soit dans les grands magasins, le nettoyage, les hôpitaux, l’éducation, etc. Ne sont pas pris en compte des dizaines de milliers de travailleurs au chômage technique (Cassa integrazione) qui ne travaillent pas ou quelques jours par mois, et qui reçoivent durant un certain temps leur salaire au travers d’un fonds constitué par des versements patronaux et des salarié·e·s. Pour avoir une idée de l’importance de cette précarisation qui annonce un futur chômage, un chiffre suffit. Dans la région de Turin, les travailleurs de l’automobile et de la métallurgie ont cumulé, en 2012, 143 millions d’heures de chômage technique! Cela indique l’explosion encore à venir du chômage et donc de la pauvreté.

Prenons un exemple concret concernant l’historique province de Turin où se trouve encore une petite partie de l’industrie automobile sous le sigle du groupe Fiat. En 2008, au début de la crise, étaient répertoriées 406 entreprises en difficulté. En fin 2012, 31,7% d’entre elles avaient fermé leurs portes; 12’000 postes de travail étaient perdus. Dans l’entreprise Fiat de Mirafiori, depuis juillet 2012, les travailleurs ne sont «occupés» que trois jours par mois pour produire un seul modèle de Fiat, la Mito. La direction du groupe, symbolisée par l’Italo-Canadien Sergio Marchionne qui a opéré la fusion Chrysler- Fiat, propose comme solution pour l’emploi la création d’un pôle de voitures de luxe: la Maserati à 160’000 euros le prix le plus bas. Les chômeurs pour- ront voyager à l’aise. C’est une vraie provocation et un acte d’arrogance assumée pour des travailleurs qui, avec le chômage technique, reçoivent pour une très grande partie moins de 800 euros par mois, dans une ville où le coût de la vie est identique à celui de Paris ou de Genève.

«Non à l’accord de la honte, non à l’accord des patrons»

Dans ce contexte, dans la nuit du vendredi 31 mai au samedi 1er juin, les directions des trois confédérations syndicales – la UIL (Unione Italiana del Lavoro), la CISL (Confederazione Italiana Sindacati dei Lavoratori) et le syndicat formellement le plus à gauche la CGIL (Confederazione Generale Italiana del Lavoro) – ont signé un accord portant sur ladite représentation syndicale avec la Confindustria (l’organisation patronale italienne). Y compris la fédération des mécaniciens et métallurgistes, la FIOM, considérée historiquement comme la colonne vertébrale du syndicalisme tradionnel de classe, a signé cet accord. Cet accord a été signé sans avoir été discuté dans aucune assemblée, en particulier de la CGIL, contrairement à tous les statuts.

Sans entrer dans les détails techniques, cet accord institue le système suivant: les conventions collectives de travail à l’échelle nationale adoptées par la majorité des trois syndicats doivent être appliquées dans chaque branche industrielle ou de services et dans chaque usine ou bureau. Les délégués d’entreprise élus par la base ouvrière n’ont pas le droit de s’opposer à ces accords, d’organiser des assemblées dans l’usine, même si 45% des travailleurs refusent l’accord. S’ils le font, leur statut de délégué sera supprimé et ils seront sur une liste noire pour le patronat. En fait, cet accord a pour but de casser le secteur des délégués syndicaux combatifs qui sont le relais de travailleurs de plus en plus exaspérés et qui sont très distants des appareils syndicaux. En éliminant cette couche, la Confindustria et les appareils syndicaux – de vrais «labor lieutenant of the capital», selon la formule du syn- dicalisme de lutte de classe aux Etats-Unis dans les années 1930 –  cherchent à briser l’anneau qui assurerait une jonction entre une toujours possible révolte populaire, face aux plans d’austérité de la Troïka, et une mobilisation dans les lieux de travail. L’éditorial du quotidien financier Il Sole 24 Ore, signé par son directeur Roberto Napoletano, porte-parole de la Confindustria, en date du 1er juin 2013, affirme: «L’accord sur la représentation conclu entre la Confindustria et les syndicats, y compris la CGIL, est un signal fort qui laisse espérer une nouvelle reconstruction du pays. Beaucoup d’autres tabous [comprenez: ce qui reste du Code du travail gagné après les luttes de 1969-70], évidemment, devront tomber… Cela quand chacun aura fait sienne et cela tous ensemble la reconstruction de l’Italie.» C’est de l’unité nationale avec une tonalité de Mussolini soft. Face à cette provocation des appareils syndicaux, le Réseau du 28 avril, animé par l’ancien dirigeant de la FIOM, Giorgio Cremaschi, et de très nombreux syndicats de base (USB, CUB, etc.), organise le 28 juin une assemblée nationale pour riposter immédiatement à cet accord et construire une alternative.

Publié par Alencontre le 4 – juin – 2013 Par Charles-André Udry

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05 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Turquie: le nouveau et l’ancien. Une opportunité pour la gauche radicale de Turquie? (Al’e)

Turquie: le nouveau et l’ancien. Une opportunité pour la gauche radicale de Turquie? (Al'e) dans A gauche du PS nana-istanbul

Le mouvement de masse en Turquie a des traits nouveaux, par rapport à l’histoire des cinquante dernières années en Turquie. Un militant de la gauche de plus de 40 ans déclarait à une journaliste française de Mediapart: «Vendredi matin [31 mai] quand tout le monde marchait en direction de la place Taksim, j’ai dit à l’ami militant qui m’accompagnait: “Nous sommes en train de faire quelque chose de nouveau.» Deux histoires néanmoins cohabitent. Les forces de gauche (et y compris nationalistes) habituées aux manifestations se sont positionnées à l’entrée du parc Gezy, en bordure de la place Taksim. La raison est simple: de là, tout le monde peut voir leurs drapeaux, leurs banderoles. L’éventail politique est large. Les groupes moins politisés, de multiples collectifs, féministes, écologiques, d’artistes, des lycéens occupent des secteurs de la place. D’ailleurs, le lundi 3 juin se trouvent des lycéens en grand nombre et y compris des groupes de supporters d’équipes de football avec leur écharpe. Ils sont habitués aux slogans. Les militants socialistes et communistes historiques se retrouvent parfois, surpris, avec des secteurs actifs dont ils découvrent l’engagement. Les courants et les positions sont très différents. Certains sont kémalistes. D’autres représentent une sorte de kémalisme de gauche. D’autres ont rompu avec le kémaliste et se situent dans une tradition communiste, d’origine plus ou moins maoïste recyclée.

Il est trop tôt pour appréhender la dynamique possible de ce mouvement. Une chose apparaît presque majoritaire. La question de l’organisation de la ville, de la construction du centre commercial, exprime la volonté de pouvoir décider de l’avenir d’une ville, Istanbul, et, de fait, de l’avenir du pays, face à un gouvernement autoritaire et arrogant. C’est cette dernière dimension qui explique l’extension du mouvement à Ankara et à d’autres villes. Il y a une mise en question du fait du pouvoir du gouvernement. Il y a là la base de la brutalité de la répression. Face à cette répression, la dialectique du passé et du présent joue: en quatre jours, les manifestants ont appris, malgré la violence répressive, à s’organiser, avec l’aide des plus expérimentés. Il y a un mélange social et politique qui peut se développer si la gauche radicale (turque, kurde, mixte), très divisée et souvent sectaire, ne reste pas politiquement en marge de cette dynamique nouvelle qui semble la dépasser, mais avec qui elle pourrait fusionner, partiellement.

Ce d’autant plus qu’une grève de deux jours a été déclarée par les travailleurs du secteur public en soutien aux manifestations anti-gouvernementales. La confédération des syndicats des travailleurs du secteur public a dénoncé: «la terreur d’Etat contre les manifestations de masse». Cette confédération, qui réunit 11 fédérations, rassemble, selon ses déclarations, 240’000 travailleurs. Dans une ville comme Ankara, l’appel à la grève a eu un impact significatif, selon divers reportages. Deux manifestants ont été tués, l’un brutalement renversé par un taxi, l’autre a été tué dans la ville frontière avec la Syrie, Antakya. Dans la meilleure tradition, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé le mouvement de masse comme manipulé par des extrémistes et des agents de l’étranger, ce qui est assez étonnant pour quelqu’un qui se déclarait contre la politique d’Assad dont toute la rhétorique vise les extrémistes de tout ordre et surtout «un complot de l’étranger».

Les luttes des années 1960 et 1970 éclairent aussi la place Taksim

Il faut replacer les mobilisations actuelles dans le cadre d’une commémoration de l’histoire du mouvement ouvrier turc, qui sera célébrée les 15 et 16 juin. Dans la seconde moitié des années 1960, une montée des luttes ouvrières s’est affirmée en Turquie. Sur le plan syndical, cela s’est traduit par la création du «Conseil de solidarité entre les syndicats» en 1967 qui a été à l’origine de la création du DISK: Confédération des syndicats ouvriers révolutionnaires. Les militants qui sont à l’origine de cette nouvelle expression du mouvement de classe viennent de l’industrie du verre, de la métallurgie, des pneumatiques et de la presse. L’émergence de syndicats marque une rupture avec une structure syndicale officialiste: le TÜRK-IS, lié aux structures du pouvoir.

Les mesures d’intimidation, les interdictions, la répression n’ont pas pu arrêter une vague de grèves dans les verreries, dans le textile de Kula. Les ouvriers du pétrole de la compagnie nationale vont mener une grève de trois mois. En 1968, les mineurs des mines de charbon de Zonguldak (mer Noire) ont réussi à imposer une convention collective. L’usine de pneumatiques Derby a été occupée. Les mineurs de lignite de la région de Corum ont fait 43 jours de grève. Comme ils n’étaient payés, ils ont organisé eux-mêmes la vente de charbon qu’ils ont extrait lors de la reprise de leur travail. Il a fallu la force militaire pour les faire plier. Les groupes nationalistes d’extrême droite se réorganisèrent dans le Parti du mouvement nationaliste (MHP) du colonel Türkes. Ce sont les célèbres «Loups gris» qui étaient leur bras paramilitaire.

Face à cette montée ouvrière, le gouvernement Demirel prit des mesures pour limiter les droits syndicaux et frapper le DISK qui regroupait 500’000 membres en 1970. Face à ces mesures, une grève fut lancée les 15 et 16 juin 1970. Ce fut un véritable soulèvement contre le pouvoir des patrons et de leur Etat. Le 15 juin, des dizaines de milliers de travailleurs descendent dans la rue. Le 16, le double occupe la rue, malgré la fermeture des routes, le blocage des ponts et l’arrêt des bateaux reliant les rives du Bosphore. Les ouvriers s’attaquent à la fonderie Haymak qui appartenait à un des frères du premier ministre. Des travailleurs sont tués. Des centaines sont blessés. La mobilisation prévue pour le 17 juin doit atteindre un nouveau seuil. La direction du DISK est débordée et son président, Kemal Türkler, lance un appel à la radio comme quoi les travailleurs ne doivent pas s’affronter à «l’honorable armée turque».

Ce coup de frein va donner le feu vert à la réaction qui passe à l’offensive. Les militaires vont renverser le gouvernement Demirel et surtout s’attaquer aux travailleurs et travailleuses. C’est un coup d’Etat contre la classe ouvrière, à la différence des coups d’Etat précédents. S’installe alors un état d’urgence prolongé, où les militaires tiendront le gouvernail, même lorsque le dit social-démocrate Ecevit le parti laïco-kémaliste du CHP (Parti républicain du peuple) seront au gouvernement après les élections d’octobre 1973.

Publié par Alencontre le 4 – juin – 2013 Par Charles-André Udry

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04 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Socialistes français, droite allemande : fausse polémique, vraie complicité

Socialistes français, droite allemande : fausse polémique, vraie complicité dans Economie grande-illusion-1937-20-g1

Pour ceux d’en haut: « La Grande Illusion ». Pour ceux d’en bas: « Le radeau de la méduse »!

Le 2 mai 2013, la commission européenne offrait son cadeau d’anniversaire à François hollande : un sursis de deux ans pour appliquer la fameuse « règle d’or » budgétaire d’un déficit public à 3 % du PIB.

Sauf que le commissaire européen aux affaires économiques, Olli Rehn, se chargeait aussitôt de rappeler les contreparties : la France devait profiter du délai imparti pour « mener des réformes structurelles de grande ampleur. » au menu, sans surprise : la réforme des retraites, du marché du travail, de l’assurance-chômage, une « plus grande ouverture à la concurrence des marchés, notamment ceux de l’électricité ou du transport ferroviaire ». Le 15 mai, veille de sa conférence de presse à l’Elysée, Hollande se rendait à Bruxelles pour rassurer la commission, si tant est qu’elle en avait besoin : « En France, nous avons engagé des réformes de compétitivité et nous allons continuer, non parce que l’Europe nous le demanderait mais parce que c’est l’intérêt de la France. » Il le répétera dès le lendemain à Paris : « Le temps qui nous a été donné doit être mis au service de réformes de compétitivité et de croissance. Ce ne sont pas tant les déficits budgétaires que les écarts de compétitivité [entre les économies européennes] qu’il faut corriger. » Patrons, vous avez aimé (sans l’avouer) la première année du règne socialiste ? Vous allez adorer la saison 2… Le gouvernement Hollande confirme donc bien, et définitivement, ce qu’il est : un gouvernement austéritaire et libéral de combat, qui a l’obsession de la « baisse du coût du travail ». Comme tous les gouvernements européens actuels, qu’ils soient socialistes ou de droite.

Une politique absurde ?

Où nous amènent-ils ? C’est presque toute la zone euro qui est désormais en récession, la France l’étant depuis deux trimestres (-0, 2 % du PIB au dernier trimestre 2012 puis encore –0, 2 % au premier trimestre 2013). les plans d’austérité aggravent les effets de la crise générale du capitalisme, font s’effondrer les recettes fiscales… et gonfler à nouveau les déficits, censés pourtant justifier l’austérité ! C’est pour cela que la commission européenne, loin de faire un compromis avec le gouvernement français, n’a en réalité que pris acte de l’impossibilité d’appliquer la « règle d’or » pour l’instant. Mais pour les dirigeants européens, tant pis. Ils n’ont aucune solution « contre la crise ». Ils se sont résignés à laisser l’Europe s’enfoncer dans une décennie de dépression éco- nomique. pour eux, cependant, il serait dommage de rater l’occasion d’une bonne crise pour mener leurs « réformes », qui visent à fonder la sécurité des profits et des fortunes sur l’insécurité sociale des travailleurs et des peuples. Ce que Naomi Klein appelait la « stratégie du choc ». C’est bien la boussole commune de Hollande et de Merkel.

La faute à Bruxelles ? à Berlin ?

C’est cette complicité active que « l’aile gauche » de la majorité gouvernementale ne veut pas reconnaître. D’où sa misérable polémique engagée à la fin avril.  Bartolone a réclamé une « confrontation » avec l’Allemagne. Montebourg, dans un entretien au Monde, a affirmé que « cette politique d’austérité conduit à la débâcle ». Mais pour préciser aussitôt que ce n’est pas la politique d’austérité conduite en France qu’il condamne, mais celle qui est… « imposée par l’Europe ». Le ministre Benoît Hamon a même réussi à dire sur RMC que l’austérité est appliquée en Europe « sous la pression de la droite allemande », puis, à propos de son propre gouvernement, que « nous ne conduisons pas une politique d’austérité » ! Comprenne qui pourra. La virulence contre les « diktats » allemands sert ainsi à masquer l’engagement profond du pouvoir socialiste en faveur du patronat français, des banques, des plus fortunés.  Et le vide des propositions de cette gauche, qui ne conteste même pas le pacte de compétitivité de Hollande, mais suggère seulement de lui mettre des garde-fous ! Face à la politique de misère du gouvernement : misère politique de la « gauche » du parti socialiste… La riposte viendra déci- dément d’ailleurs, de la colère des classes populaires. peut-être de cette jeunesse européenne qui, dans des pays comme l’Espagne et la Grèce, subit des taux inimaginables de chômage, de 50 à 60 %, et pour laquelle le président français a fait une seule proposition : consacrer 6 milliards d’euros du budget européen « à la formation ».

Par Yann Cézard  Dimanche 2 juin 2013 Publié dans : Revue Tout est à nous ! 44 (juin 2013)

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04 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Solidarité avec les mobilisations à Istanbul et dans toute la Turquie (Npa)

Solidarité avec les mobilisations à Istanbul et dans toute la Turquie (Npa) dans Europe riot-police-use-tear-gas-during-an-anti-government-protests-at-taksim-square-in-central-istanbul

Depuis quatre jours la Turquie est secouée par des manifestations antigouvernementales sans précédent qui ont contraint le pouvoir à un premier recul malgré une terrible répression policière.

Partie de protestations contre un projet immobilier du gouvernement et de la mairie d’Istanbul qui impliquait la destruction d’un parc au cœur de la ville, le mouvement est vite devenu une révolte contre le gouvernement et la dictature qu’il prétend imposer à la population en voulant soumettre la société aux lois religieuses. Malgré la répression policière qui a fait des centaines de blessés, la mobilisation a réussi à occuper en masse la place Taksim, obligeant la police à se retirer alors que des mouvements similaires se développent dans les autres villes du pays. Le gouvernement d’Erdogan et son parti l’AKP ont le cynisme de dénoncer les « provocations d’éléments extrémistes ». Ils montrent une nouvelle fois leur véritable visage, une dictature au service des puissants et du libéralisme.
Le NPA exprime sa pleine solidarité avec les occupants de la place Taksim, avec toutes celles et ceux qui se mobilisent à Istanbul et qui se sont jointEs à leur mobilisation à travers la Turquie. Nous soutenons touTEs les manifestantEs victimes de la barbarie policière et dénonçons toutes les poursuites judiciaires. Nous soutenons toutes les manifestations de solidarité dans toute la France, en particulier celle qui aura lieu, à Paris, à la Fontaine des Innocents à 19 heures mardi 4 juin. NPA, Montreuil, le 3 juin 2013

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