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11 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Sabin Arana Bilbao, un résistant original et politique (EP)

Sabin Arana Bilbao, un résistant original et politique (EP) dans Antifascisme 90531np

Hier mardi est mort à Vitoria-Gasteiz le tenace combattant antifranquiste  Sabin Arana Bilbao ( Sestao, Bizkaia, 1944).

Il a pris contact avec ETA en 1959, même si, comme il avait l’habitude de dire:   » C’était alors , plus de l’aventure  intrépide que de la clandestinité « . En 1962 il est à la tête de l’ETA de  Sestao, mais au début de 1963, il attrape la tuberculose. Cela signifiait le repos absolu , alors il lit, de façon plutôt désordonnée:   de Thomas d’Aquin à Frantz Fanon, « Les Damnés de la Terre », ce qui l’a amené à enquêter sur les inégalités sociales et à découvrir sa conscience socialiste.

Il a été arrêté deux fois en 1964. Deux ans plus tard, il passe à la clandestinité,  « permanent » de l’ETA,  responsable de l’une de ses « Herrialde » (zones) . En Mars 1968, la police l’arrête à Vitoria, après avoir échappé à la souricière préparée pour la voiture dans laquelle il se trouvait et après une fusillade de rue. Il est torturé et le quatrième jour évacué à l’hôpital,  il pouvait à peine respirer entre les râles. Les huit longues années de prison jusqu’à l’amnistie de 1977 sont extrêmement actives et importantes .

Alors qu’il était à la prison de Carabanchel, le 7 Juin 1968,  deux personnes sont tuées pour la première fois dans un affrontement entre les forces de sécurité et ETA : le  garde civil José Pardines et Txabi Etxebarrieta ,  membre de l’ETA et l’une des figures clés de l’organisation. Quel- ques heures plus tard,  fut arrêté Iñaki Sarasketa, il sera condamné à mort, mais sa peine sera commuée . Quelques semaines plus tard , le com- missaire en chef de la Brigade politique sociale de Gipuzkoa , Pommes Meliton , est tué dans un attentat de l’ETA . L’ état ​​d’urgence est décrété et les prisons se remplissent. C’est le lieu  d’une vie politique intense et une période de formation et d’ étude très importante pour Sabin Arana .

En 1970, c’est la rupture entre la 5ème Assemblée ETA ( qui ensuite demeurera une organisation armée ) et la 6è Assemblée d’ ETA , qui a entamé un processus de transformation en organisation de gauche révolutionnaire basque. En dehors des prisons,  ETA 6è a fusionné avec la Ligue communiste révolutionnaire (LCR-ETA 6) et beaucoup de prisonnier(e)s , Sabin Arana y compris, les soutenaient . Il fit ensuite partie de la tentative ratée d’évasion de la prison de Ségovie.

Après l’amnistie, Sabin Arana a continué à faire ce qu’il a toujours fait : beaucoup écouter , expliquer et tenir ses engagements . En ce moment il était très actif et même décisif dans le mouvement créé pour que la juge de Buenos Aires, Maria Servini de Cubria, inculpe  d’anciens ministres de franco, des juges et divers policiers. Il y a quelques semaines, il faisait partie de la délégation qui s’est rendue à Buenos Aires. Ces jours-ci , alors que le reste de la délégation y est retournée , Sabin Arana est mort à Vitoria  d’un cancer inattendu.

Petxo Idoyaga est agrégé de communication à l’ UPV / EHU .

http://politica.elpais.com/politica/2013/09/10/actualidad/1378844253_857586.html

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09 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Allemagne: deux semaines avant les élections fédérales (lcr.be)

Allemagne: deux semaines avant les élections fédérales (lcr.be) dans A gauche du PS panzer Die Linke se moque du panzer solaire des Verts

Les campagnes électorales des partis établis comme la CDU/CSU (chrétien-conservateur), le SPD (social-democrate), les Verts et le FDP (libéral) reprennent en partie à leur façon, des thèmes pris de l’arsenal de Die Linke (La Gauche).

Die Linke, constitué comme nouveau parti par la fusion de la Linkspartei et du WASG (Alternative Electorale pour la Justice Sociale) en 2007, était entré au Bundestag (le parlement fédéral de l’Allemagne) avec 11,9% en l’an 2009. C’était un succès indéniable, la faiblesse traditionelle de la Linkspartei/PDS dans les „vieux Länder“ à l’ouest de l’Allemagne avait commencé à se relativiser. Et le thème le plus entendu, c’était la justice sociale en général et à plus forte raison encore l’argumentation pour un salaire minimum.

Avec cette revendication, en 2009, Die Linke faisait cavalier seul. Aujour’hui, le SPD et les Verts se font champion du salaire minimum, bien qu’ils parlent seulement de 8,50 Euro par heure. Il est vrais que cela donnerait un progrès réel pour un nombre important de salariés très mal payé. Il y des secteurs, où l’on ne gagne que de 4 à 6  Euros. Mais même la revendication de Die Linke, qui n’a pas changé le montant du salaire minimum revendiqué par elle depuis 2009, c’est-à dire 10 Euro, est insuffisante pour protéger le salarié concerné contre la pauvreté qui l’attend à l’age de la pension.

CDU/CSU et FDP ne polémiquent ouvertement, ni contre la revendication du salaire minimum, ni contre l’agitation pour l’amélioration des pensions et des minimas sociaux. Ils disent, que ce n’est pas l’Etat qui  devrait fixer un salaire minimum, qu’il faut continuer à régler cela par branches, et qu’en dernière analyse – c’est le FDP qui souligne – c’est l’affaire des “partenaires sociaux” (organisations patronales et syndi- cats). Mais les syndicats du DGB, eux, font campagne pour un salaire minimum général de 8,50 tout comme le SPD et les Verts…

La politique néolibérale féroce du SPD et des Verts sous le chancelier Gerhard Schröder avait eu des conséquences très négatives pour les rapports traditionnellement symbiotiques de la direction du SPD avec celle des syndicats du DGB.  La Gauche avait pu renforcer sa présence acceptée au sein des syndicats. Certes, nous ne sommes pas revenu à la situation d’avant Schröder, mais quand-même, les appareils social-democrates politiques et syndicaux on recommencé à mieux s’entendre. Et Die Linke peut se vanter d’avoir influencé l’évolution des positions des autres partis, mais au prix de s’affaiblir du point de vue électoral. Entretemps, elle est tombée jusqu’à 6% dans les sondages d’opinion (en printemps 2012). Dans les récents sondages, elle est quand-même regrimpée à 9% pour l’institut Emnid (un institut lui avait même donné 10% la semaine dernière, d’autres lui accordent entre 8 et 9%).

A la CDU/CSU, qui n’avait obtenu que 33,8% en 2009, les instituts accordent entre 39 et 41% maintenant. Ceci, et la  popularité inébranlée de la chancelière Angela Merkel, montrent bien la force d’une politique ressentie comme favorable  à un bien-être relatif allemand, au détriment des populations des pays  plus faibles au sein de l’UE. Le facteur d’incertitude, c’est le FDP, qui avait obtenu 14,6% en 2009 et qui tourne maintenant autour des 5%, ce qui met en danger la continuité de la coalition conservatrice/libérale.

Le SPD, lui, se trouve à 25% dans les sondages, et les Verts à 11% (leur envolée après Fukushima, c’est du passé). Le candidat à la chancellerie du SPD, Peer Steinbrück, un type froidement technocrate, est peu crédible pour les thèmes sociaux. Et il refuse une coalition  Die Linke-SPD, pour remplacer le gouvernement conservateur-libéral. Une nouvelle “grande coalition” CDU/SPD pourrait doncsortir de ces  élections.

Pour compléter le tableau, la percée des Pirates semble terminée , ils piétinent à 3%, tout comme le AfD  (Alternative pour l’Allemagne), qui veut la sortie de la zone Euro pour ne plus « payer pour les plus pauvres ». Par Manuel Kellner le Dimanche, 08 Septembre 2013

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=3006:allemagne–deux-semaines-avant-les-elections-federales-&option=com_content&Itemid=53

 

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03 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Grèce, une rentrée sous le signe de la grève (CI)

http://www.lefigaro.fr/medias/2012/05/04/9e6f0a2a-95f9-11e1-a519-10040b45a524-493x328.jpg

Les Grecs continuent de faire face aux mesures d’austérité.
La rentrée des classes pourrait être troublée (sic) par une grève illimitée des fonctionnaires du corps enseignant. La rentrée des classes s’annonce, cette année encore, bien difficile. Depuis le 1er septembre, une nouvelle mesure d’austérité est entrée en vigueur. Elle prévoit, comme l’explique le quotidien To Ethnos, la mise en « disponibilité de 12 500 fonctionnaires, dont de nombreux enseignants. La mutation des fonctionnaires est obligatoire et la plupart d’entre eux risquent d’être licenciés s’ils la refusent. Les enseignants menacent donc d’entamer une grève illimitée dès les premiers jours de classe », titre le quotidien.

La rentrée, prévue le 11 septembre, risque donc d’être chamboulée. « Nombre de professeurs sont effrayés par ces mutations forcées » renchérit le journal I Kathimerini. Qui rappelle que 4 600 postes sont concernés. La mobilisation contre cette mesure s’organise. Les enseignants ont appelé à manifester le 6 septembre, jour de la rentrée politique à Thessalonique, dans le nord du pays. Les syndicats d’enseignants suivront aussi la grève de quarante-huit heures lancée à l’appel de la confédération des syndicats des fonctionnaires du public (Adedy). Tous les journaux rappellent que l’opposition de gauche radicale, Syriza, demande des élections législatives anticipées pour mettre un terme au mémorandum de rigueur. Afin de tempérer la colère des Grecs, le gouvernement multiplie les déclarations pour rassurer les fonctionnaires et les classes les plus touchées par la crise.

Depuis le 1er septembre, les produits périmés ou en passe de l’être font leur grand retour en rayon. L’information, reprise par le site de To Vima, précise qu’il s’agit de « produits dont la date de péremption arrive à échéance ». L’opération avait été testée au printemps et avait rem- porté un franc succès. Pour cause, ces produits sont vendus moins chers dans les supermarchés, ce qui est « un moyen d’aider les familles les plus vulnérables », précise To Vima. Le même site révèle que le Premier ministre, Antonis Samaras, a décidé de reverser aux plus démunis les finances de l’excédent budgétaire du pays. Une manière d’aider la population exsangue.Alexia Kefalas 3 Septembre 2013

 

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02 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Roumanie: manifestations contre une mine d’or et le gaz de schiste (S&A)

Roumanie: manifestations contre une mine d'or et le gaz de schiste (S&A) dans Ecologie & climat rosia

Des milliers de personnes ont manifesté dimanche dans toute la Roumanie pour défendre l’environnement et dire « non » aux gaz de schiste et à un projet canadien de mine d’or utilisant de grandes quantités de cyanure.

A Bucarest, 4.000 manifestants selon la gendarmerie, 7.000 selon les organisateurs, ont sillonné le centre-ville jusqu’au siège du gouver- nement où ils ont scandé des slogans contre le projet de mine d’or de la société canadienne Gabriel Resources dans le village de Rosia Mon- tana, en Transylvanie (nord-ouest). De retour place de l’Université, point de départ de leur manifestation, ils se sont assis sur la chaussée, bloquant en partie la circulation sur le principal axe routier de la capitale durant quelques heures, ont constaté des journalistes de l’AFP.

« Nous ne voulons pas de cyanure, nous ne voulons pas de dictature » ou encore « Unis, nous sauverons Rosia Montana », scandaient les protestataires, dont de nombreux jeunes et des familles. « Nous espérons sauver Rosia Montana », a expliqué à l’AFP Irina Enea, une créatrice de bijoux venue avec son mari et ses deux enfants. « Le droit à un environnement sain est violé et nous protestons contre le fait que le gouvernement ait approuvé cette semaine un projet de loi spécial déclarant la mine d’intérêt national », a-t-elle ajouté. Ce projet va être soumis au Parlement qui tranchera, a indiqué le Premier ministre Victor Ponta.

Les manifestants ont accusé le gouvernement d’avoir trahi ses promesses en accordant des permis à la compagnie américaine Chevron pour l’exploration des gaz de schiste et en déclarant « priorité nationale » le projet minier. La coalition de centre gauche du Premier ministre Victor Ponta s’opposait à ces projets avant d’arriver au pouvoir. Les manifestants ont aussi critiqué l’oppo- sition et le président Traian Basescu pour leur soutien à ces projets. La mine de Rosia Montana, qui pourrait produire jusqu’à 300 tonnes d’or, serait la plus grande d’Europe, selon la compagnie, et nécessiterait l’utilisation de 12.000 tonnes de cyanure par an en moyenne.

Des manifestations ont également eu lieu dans plusieurs grandes villes du pays, de Cluj (nord-ouest) à Iasi (nord-est) en passant par Timisoara (ouest).

A Barlad, une petite ville du nord-est de la Roumanie, plus de 3.500 personnes ont défilé, dans deux cortèges, contre le projet d’exploration des gaz de schiste du géant américain de l’énergie Chevron. De nombreux prêtres de l’église orthodoxe, religion majoritaire en Roumanie, étaient dans les cortèges. « Gaz de schiste = mort », ont clamé des manifestants brandissant un cercueil dans le village de Banca, en banlieue de Barlad. « Nous avons hérité de nos ancêtres une terre propre et saine et nous devons la maintenir telle quelle pour nos enfants et nos petits-enfants. Si nous les laissons faire avec les gaz de schiste, ils empoisonneront notre terre », a déclaré Mihai Berlea, un ancien militaire âgé de 86 ans.

Chevron a obtenu en juillet des permis d’exploration des gaz de schiste dans trois villages de la région de Barlad avec l’ambition d’y développer ensuite l’extraction par fracturation hydraulique ou « fracking ». Cette méthode jugée dangereuse par les défenseurs de l’environnement consiste à injecter à très haute pression de l’eau mêlée à du sable et des produits chimiques pour libérer le gaz de la roche. Chevron assure de son côté respecter « les normes les plus élevées en termes de sécurité et d’environnement ». « Beaucoup de manifestants ne sont pas ici aujourd’hui seulement pour des raisons écologiques mais parce qu’ils ont l’impression d’avoir été trompés » par les hommes politiques, a estimé le sociologue Mircea Kivu.  Bucarest (AFP) – Publié le 01-09-2013 à 22h30 – Mis à jour le 02-09-2013 à 13h45

http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/nature-environnement/20130901.AFP3941/roumanie-manifestations-contre-un-projet-canadien-de-mine-d-or.html?xtor=RSS-16

Plus d’infos:

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/10/reclaim-the-fields-sans-terre-et-sans-label_3174638_3244.html

http://www.reclaimthefields.org/

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02 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Grèce: l’antisémitisme fait-il la loi ?

Grèce: l’antisémitisme fait-il la loi ? dans Antifascisme 2
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Le 3 septembre prochain aura lieu jeudi le procès de Savvas Michaël-Matsas,intellectuel grec engagé et dirigeant d’une des organisations de la gauche marxiste-révolutionnaire, poursuivi pour diffamation et incitation à la violence à la suite d’une plainte du parti grec néonazi Aube Dorée.Le parquet a retenu comme charges la diffamation (l’Aube Dorée ayant été désignée comme ‘criminelle’), l’incitation à la violence (du fait de l’appel Savvas Michaël-Matsas à lutter contre les nazis), et le trouble de la paix civile (censément menacée par l’appel à manifester contre eux).La plainte de l’Aube Dorée à l’encontre de Savvas Michaël-Matsas inverse les rôles afin d’apparaître comme victime, en le dénonçant dans leurs moyens de communication comme « un agent de la conspiration juive mondiale contre la Nation grecque, pour provoquer une guerre civile et établir un régime judéo-bolchévique »…

Savvas Michaël-Matsas se trouve actuellement poursuivi par la justice grecque pour un tract et notamment un texte mis en ligne contre les nazis tandis que ceux-ci continuent à agresser et poignarder des migrants, des homosexuels et des militants de gauche en toute impunité.
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L’appel à la lutte contre le nazisme deviendrait ainsi un crime passible de prison.
Ce n’est point un hasard si au même moment dans les médias proches de nazis Savvas Michaël-Matsas fait l’objet des attaques nauséabondes et de propos ignominieux et notamment en sa qualité de juif et d’intellectuel marxiste. Le procès est prévu pour le 3 septembre et une confé- rence de presse des solidaires aura lieu jeudi prochain 29 août. Tout geste de solidarité serait le bienvenu.
Pour plus d’info voir l’article de Michael Löwy, Grèce : L’antisémitisme fait-il la loi ?
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Pour le rejet de la plainte déposée par les néo-nazis contre Savvas Mikhail Matsas et Konstantinos Moutzouris, veuillez signer et faire circuler la pétition.  Pour des messages de solidarité, il est possible d’écrire directement à Savvas Mikhail Matsas à l’adresse suivante : savvasmatsas@gmail.com

*http://www.editions-lignes.com/Grece-L-antisemitisme-fait-il-la.html

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30 août 2013 ~ 0 Commentaire

Le lock-out de Dublin en 1913 (CQFD)

Le lock-out de Dublin en 1913 (CQFD) dans Europe nli-exhibition2

Août 1913, Dublin. Toutes les discussions politiques tournent autour de la question de l’indépendance, de la défense de la culture et de la religion catholique.

Mais, soudain, et seulement pour quelques mois, la question sociale supplante avec violence la question nationale, redistribuant les cartes politiques sur des bases jamais vues dans le pays et qu’on ne reverra plus.

 Tout commence avec l’arrivée à Dublin de James « Big Jim » Larkin. « God sent Larkin in 1913, a labor man with a union tongue / He raised the workers and gave them courage ; he was their hero, the worker’s son » [1], chanteront les Irlandais en sa mémoire. Il crée un syndicat de masse pour les ouvriers, l’Irish Transport and General Workers Union (ITGWU). Face à lui, William Murphy, le très catholique et indépendantiste dirigeant du patronat dublinois, réagit radicalement : renvoi des ouvriers arborant le badge de l’ITGWU et obligation pour tous les travailleurs de signer un document par lequel ils s’engagent à ne jamais adhérer au syndicat. La grève éclate, d’abord dans les tramways dirigés par Murphy, puis sur les docks et gagne, par solidarité, rapidement les filatures… toute la ville. Jusqu’à la fin de l’année, Dublin est complètement paralysée.

Tous les grévistes ne partagent pas les idéaux révolutionnaires de Larkin!  C’est la défense des ouvriers licenciés et le refus de se soumettre au diktat de Murphy qui animent les premières revendications. Un meeting était interdit ? Les grévistes occupaient la rue et l’organisaient quand même, défiant le pouvoir, le patronat et les charges policières qui laissent derrières elles de nombreuses victimes. C’est toute la société irlandaise qui se retrouve coupée en deux selon une ligne de fracture toute nouvelle : d’un côté pour les ouvriers en grève, de l’autre pour l’ordre et William Murphy. Indépendantistes ou unionistes, catholiques ou anglicans, irlandais ou anglo-irlandais, se retrouvent dans les deux camps, entre ceux prêts à mourir pour leur cause et ceux prêts à les affamer.

D’ailleurs, le pain devient très vite le nerf de la guerre. Des comités d’aide aux grévistes, souvent animés par les femmes issues des mouvements nationalistes et féministes, comme l’actrice Maud Gonne ou Constance, « la Comtesse Rouge »,  Markievicz, organisent des soupes populaires « rouges » ou de « charité ». Des chargements de nourriture sont envoyés par les syndicats anglais. Et c’est là que l’Église catholique réveille son vieux démon : cette charité internationaliste ressemble trop à un complot pour convertir ses ouailles aux diaboliques athéisme et pire, protestantisme. Avec le projet des syndicalistes d’envoyer en Angleterre les enfants affamés de Dublin pour les sauver, la coupe est pleine ! Walsh, l’évêque de Dublin, dira : « Elles ne méritent plus le nom de mères catholiques si elles oublient leur devoir au point d’envoyer leurs enfants dans un pays étranger… » L’Église reçoit le soutien de quelques grands noms de la cause nationaliste comme Arthur Griffith, fondateur du Sinn Féin.

De l’autre côté, les artistes de l’avant-garde irlando-anglaise s’engagent généralement derrière les ouvriers, par convictions (Bernard Shaw), par intérêt et solidarité (W. B. Yeats dont le théâtre dublinois souffre de la grève), par mysticisme irlandais (George Russell qui pensait naïve- ment que dans un pays libre, le patronat aurait soutenu les ouvriers). Le dramaturge A. E. présentera avec ironie ses excuses pour les prêtres irlandais préférant des enfants affamés à Dublin plutôt que des enfants bien nourris en Angleterre. Il est vrai que ces artistes partageaient avec les grévistes le même ennemi : l’Église et son conservatisme.

Finalement, c’est l’hiver 1913-1914 et ses rigueurs qui auront raison du mouvement. Vaincus par la faim, le découragement et la violence de la campagne anti-gréviste menée par les catholiques, les travailleurs retournent à leurs postes tandis que Larkin part pour les U.S.A. La relève sera assurée par son camarade James Connolly qui allie dans un même mouvement socialisme révolutionnaire et nationa- lisme irlandais, autour de l’Irish Citizen Army (ICA), créée et armée à l’origine pour défendre les grévistes de 1913. Aux côtés des nationalistes conservateurs, Connolly dirigera l’insurrection de Pâques 1916 à l’issue sanglante. La question sociale continuellement remise à plus tard, l’église catholique, sa censure, son sexisme et son conservatisme vont régner d’une main de fer bien au-delà de l’indépendance du pays conquise en 1921. Mais peut être qu’à l’occasion du centenaire du Lock-out de 1913… ?

Notes

[1Ballad of Jim Larkin, chanson de Donagh MacDonagh, chantée par Christy Moore en 1969 puis par les Dubliners. Dans cet extrait, c’est Dieu qui envoie Jim Larkin aux travailleurs. paru dans CQFD n°112 (Juin 2013),   mis en ligne le 02/08/2013

http://cqfd-journal.org/La-grande-greve-dublinoise-de-1913

 

 

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27 août 2013 ~ 0 Commentaire

Balkans : La parole aux citoyens (PE)

Balkans : La parole aux citoyens (PE) dans Europe ljubljana-anti-austerity-demonstration-07 Ljubljana

Les Balkans sont secoués par une vague de contestation. De la Slovénie à la Bulgarie, la population descend dans la rue pour dénoncer des abus. Des citoyens prennent la parole pour exiger une nouvelle politique.

Au début, ils étaient sept. « Un ami m’a demandé de prendre ma voiture et de filer au Parlement. Nous voulions faire entendre notre voix, pour une fois », se souvient Zlatko Abaspahić. Ils étaient tous confrontés au même problème, l’impossibilité d’inscrire leurs nouveaux-nés dans les registres, le Parlement étant incapable d’adopter une loi le permettant. Cela a été le début de la révolution des bébés qu’a connue la Bosnie cet été. Armés de poussettes, de tambours et de sifflets, ils ont rappelé leurs politiciens à l’ordre. Pour l’inscription des nouveaux-nés, mais aussi sur les sujets les plus divers, comme le manque de moyens financiers accordés aux universités ou les salaires exorbitants des députés. « C’est la première fois en vingt ans que les gens expriment leur angoisse et affichent leur mécontentement », dit Aldin Arnautović, autre manifestant de la première heure.

Les mouvements de protestation de ce type sont en vogue. En Croatie, en Roumanie et en Macédoine, des manifestations spontanées ont eu lieu. En Slovénie, un Premier ministre, un dirigeant de l’opposition et un maire ont été contraints de démissionner cet hiver. En Bulgarie, le gouvernement et un maire ont jeté l’éponge au printemps mais depuis, de nouvelles protestations ont éclaté dans le pays, d’une ampleur dépassant de loin celle de tous les autres mouvements qui se sont produits jusqu’à présent dans les Balkans. Depuis près de deux mois, des milliers de personnes bloquent chaque jour les rues proches du Parlement à Sofia pour exiger de nouvelles élections.

Comme si de rien n’était, les députés sont en vacances mais les manifestations continuent

Comme si de rien n’était, les députés sont en vacances mais les manifestations continuent. Dans la chaleur du soleil couchant, l’air autour du Parlement désert est saturé de transpiration et de la salive jaillit des milliers de sifflets. « Bonnes vacances !« , peut-on lire sur une banderole, ou « Le mois d’août ne vous sauvera pas ». ”Maintenant, on constate à quel point il est difficile de provoquer la chute des communistes”, constate Hristo Vodenov, en faisant allusion à la classe politique dominante qui, de l’opposition au gouvernement, est profondément enracinée dans le passé communiste et dont les manifestants veulent se débarrasser une bonne fois pour toute.

Confiance érodée Les motifs qui poussent les gens à descendre dans la rue sont toujours locaux. Le temps d’un instant, des scandales ou des personnes sont au cœur de l’attention mais, très vite, la contestation s’étend. La révolte se déchaîne et les citoyens en attendent davantage. Les mouvements de protestation ont beau être locaux, ils ont beaucoup de points communs. Srdja Popović, qui s’est fait connaître pendant la révolte populaire en Serbie qui a contraint Slobodan Milosević à la démission, propose à présent ses conseils à des mouvements comparables. Il parle de ”people’s power”(pouvoir du peuple) : ”Ces mouvements, tout comme en Turquie et au Brésil, montrent que les courants politiques dominants ont perdu leur légitimité, et que des gens ordinaires, créatifs, peuvent devenir des acteurs importants.”

Cette légitimité de la classe politique établie est remise en cause partout dans les Balkans. Les scandales de corruption et le cynisme politique érodent la confiance. Les promesses électorales sont des plaisanteries notoires. Et chaque pays a ses politiciens qui, même très compromis dans des affaires, s’accrochent au pouvoir.

Les militants attendent plus de transparence et un comportement responsable de la part de leurs politiciens Mais que cherchent à obtenir les manifestants ? Les choses sont claires. Les militants attendent plus de transparence et un comportement responsable de la part de leurs politiciens. Ils exigent des résultats concrets en contrepartie de leurs impôts et avant tout du respect. Ce sont les politiciens qui sont là pour les citoyens, et non le contraire.

Mais il existe rarement un programme concret. Les manifestants sont unis par un rejet des pratiques politiques dominantes. Ce n’est parfois qu’un vernis. ”Je n’aime vraiment pas ces gens-là”, dit un manifestant libéral en Croatie, d’un air entendu, en pointant le doigt vers un groupe nationaliste également présent à la manifestation. ”Mais le gouvernement me dégoûte encore plus…” Tant que les manifestations interpellent l’ensemble de la nomenklatura politique, il existe une unité. Les partis politiques qui tentent de se joindre aux manifestants sont chassés sous les huées. ”Nous ne sommes pas ici pour remplacer le gouvernement actuel par le suivant”, est un slogan très répandu.

Aucun leader n’a émergé de tous ces mouvements de protestation. Quiconque s’y est efforcé est vite tombé de son piédestal. Les personnalités porteuses dans l’organisation cherchent à se défaire le plus vite possible de l’attribut de porte-parole pour ne pas être rapidement décriées par les autres manifestants. Les stratégies sont souvent débattues en séance plénière. Chaque manifestant peut s’avancer pour exposer sa propre vision. Cette absence de dirigeant et de programme est à la fois la force et la faiblesse de ces mouvements de contestation. Elle permet aux mouvements de rassembler de grands groupes hétérogènes, mais signifie que personne ne prend les devants pour mettre en œuvre de vraies réformes. L’opposition officielle est aussi suspecte que le gouvernement en place. Une multitude de petits partis se forment qui ne parviennent pas à susciter la confiance. Les élections menacent par conséquent de perdre leur fonction de moteur du changement.

Dénégation ou populisme En Bulgarie, d’après certains sondages, près de la moitié de la population soutient les manifestants. On serait tenté de conclure que cette même moitié est celle qui, d’habitude, ne se rend pas aux urnes. L’aversion et la méfiance sont si profondément enracinées que la « politique » est considérée comme un problème, et non comme la solution.

Les gouvernements essaient par conséquent de tenir bon à travers la tempête. En Slovénie, le Premier ministre, Janez Janša, s’est maintenu au pouvoir pendant plus d’un mois alors que tout le monde s’entendait déjà pour dire que sa carrière était terminée. En Bosnie, le Parlement a décidé d’instaurer une période de congé dans l’espoir que les manifestations finiront par cesser. En Bulgarie, le Premier ministre, Plamen Orecharski, ne veut pas encore entendre parler de nouvelles élections. Choisissant tantôt la dénégation, tantôt l’application de mesures populistes, comme l’augmentation des retraites et des allocations familiales, il s’efforce d’apaiser les tensions.

Sans objectifs concrets, il est difficile de savoir si la vague de contestation populaire a été un succès. Mais peut-être a-t-elle déjà produit des résultats. ”Au moins, nous avons chassé l’apathie et montré que nous pouvions parvenir à quelque chose ensemble”, dit Arnautović à Sarajevo. ”Même si le mouvement s’effondre maintenant, de nouveaux groupes peuvent en émerger.”

CANVAS, centre belgradois pour une action et une stratégie appliquées non-violentes se spécialise dans la théorie du pouvoir populaire. CANVAS publie des livres, organise des conférences et conseil sur demande les mouvements de contestation. Son fondateur, Srdja Popovic, voit dans la vague actuelle de manifestations qui déferle sur les Balkans un lien étroit avec ce qui se passe au Brésil et en Turquie : ”Les citoyens apprennent à rappeler aux politiciens leur responsabilité”. Une interaction avec ces politiciens sera indispensable. Les manifestants ont-ils une vision claire et peuvent-ils instaurer une discipline ? De leur côté, les politiciens peuvent-ils s’entendre sur des valeurs communes avec les manifestants, ou les considèrent-ils seulement comme des traîtres et des terroristes, à l’instar du premier ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan ?

A cet égard, la révolte slovène semble pour l’instant la plus réussie : des politiciens compromis ont disparu de la scène, tandis que le nouveau gouvernement a conscience d’être sous la haute surveillance de la population. Les prochains mois révèleront si les mouvements de contestation dans d’autres pays peuvent aussi parvenir à un tel résultat. |

Traduction : Isabelle Rosseli  26 août 2013 Trouw Amsterdam

http://www.presseurop.eu/fr/content/article/4085361-la-parole-aux-citoyens

 

 

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25 août 2013 ~ 0 Commentaire

21 août 1968, fin du Printemps de Prague (lcr.be)

21 août 1968, fin du Printemps de Prague (lcr.be) dans Europe 20-aoutpar325515

Conseils de travailleurs et autogestion En janvier 1968, le réformateur Alexandre Dubcek remplace Antonin Novotny à la tête du Parti communiste tchécoslovaque (PCT). Sous la pression de la population, cette révolution de palais se transforme en véritable mouvement en faveur des réformes démocratiques : c’est le Printemps de Prague.

À l’aube de 1968, le stalinien Novotny cumule les fonctions de secrétaire général du Parti communiste et de président de la République tchécoslovaque. Le 5 janvier, le comité central du PCT désigne Alexandre Dubcek pour le remplacer à sa tête. En mars, Ludvik Svoboda est porté à la présidence. On pourrait penser qu’il n’y a là qu’une révolution de palais. Mais la « société civile » s’engouffre dans les brèches, obtenant l’abolition de la censure, la liberté d’expression. C’est le Printemps de Prague qui, ouvrant une autre voie au socialisme, contrarie l’URSS. Amalgamant « socialisme à visage humain » et « restauration du capitalisme », les troupes de cinq pays du Pacte de Varsovie1 occupent la Tchécoslovaquie, le 21 août. Au nom de l’unité du camp socialiste et de la lutte contre l’impérialisme, des partis et gouvernements progressistes du tiers monde, dont Fidel Castro, approuvent l’intervention.

Or, la dynamique ouverte au printemps 1968 était bien celle d’une authentique émancipation politique et sociale. Au sein même des entreprises commençaient à se développer des « conseils d’entreprise » ou « conseils de travailleurs », qui prirent leur essor après le 21 août.

La classe ouvrière est déjà alors expérimentée. En 1945, des conseils d’entreprise existent, mais après la prise du pouvoir, en 1948, par le Parti communiste, les syndicats deviennent un instrument de mobilisation pour la production, le modèle de gestion bureaucratique demeure calqué sur la planification à la soviétique. Au début des années 1960, pour faire face à la crise, une réforme est envisagée : économie déconcentrée, autonomie des entreprises dans le cadre d’un plan désormais indicatif. Pour faire face aux blocages d’une partie de l’appareil, les réformateurs doivent s’appuyer sur d’autres forces sociales, en promouvant une plus forte « participation » des travailleurs. Certains, n’entendant pas remplacer les bureaucrates par des technocrates, comptent aller plus loin. Sur le plan politique, une libéralisation progressive aboutit à des changements, appuyés par les intellectuels.

Réforme économique Sous la direction de Radovan Richta, une équipe pluridisciplinaire publie, en 1966, sous l’intitulé La Civilisation au carrefour, une synthèse de travaux sur les conséquences de la « révolution scientifique et technique » (RST), qui succède à la révolution industrielle et à la parcellisation des tâches. Le travail humain se transforme, son activité créatrice implique une « révolution des qualifications » et une « révolution dans l’éducation ». Une transformation radicale doit toucher les systèmes d’organisation et réduire la dichotomie entre dirigeants et dirigés. L’accent est mis sur le développement de la formation et des qualifications, afin de mettre en pratique des modèles de gestion faisant appel à l’initiative humaine, non seulement dans les entreprises, mais dans l’ensemble de la société.

L’autogestion évoquée dans les journaux et les revues devient sujet de discussion dans les usines. En avril 1968, le PCT adopte un programme d’action énonçant le principe de l’autogestion de la propriété sociale (et non plus d’État). La base syndicale se mobilise, fait pression sur les directions (fin 1968, les trois-quarts des fonctionnaires syndicaux ont été remplacés). Dès la mi-mai, on réunit des commissions, des assemblées, pour préparer une loi sur « l’entreprise socialiste ». Des grèves éclatent contre l’incompétence de certains dirigeants d’entreprise. Début juin, dans les forteresses ouvrières de CKD-Prague et Skoda Plzen, des conseils se mettent en place. Les objectifs deviennent structurels.

Deux conceptions voient le jour. Au « conseil de travailleurs », le parti préfère le terme de « conseil d’entreprise », doté de prérogatives plutôt limitées. Pour les partisans de l’autogestion, les conseils doivent élaborer eux-mêmes les objectifs de production, nommer les directeurs. Ils préconisent leur coordination en tant qu’expression indépendante du mouvement ouvrier. La position gouvernementale évolue avec l’adoption, le 30 juin, de « principes provisoires pour la constitution des conseils de travailleurs », autorisant la constitution de conseils « à titre expérimental » en attendant l’adoption de la « loi sur l’entreprise socialiste ».

Mouvement d’en bas Au cours de l’été 1968, de nouveaux conseils apparaissent. Mais, avec l’invasion du territoire, le 21 août 1968, le processus s’accélère et se politise. Le congrès du PCT se tient clandestinement dans l’usine CKD-Visocany, sous la protection du conseil de travailleurs. Le 23 août, avec la grève générale de protestation contre l’invasion, s’enclenche une dynamique unissant la gauche politique, les structures ouvrières et les étudiants. Les conseils se multiplient dans les usines. Malgré la prudence du gouvernement, qui estime qu’il n’est « pas utile de poursuivre cette expérience », en janvier 1969, dans l’usine Skoda, à Plzen, les délégations de 182 grandes entreprises représentant 890 000 salariés, soit plus du quart des travailleurs de Tchécoslovaquie, se réunissent en une rencontre consultative. En mars 1969, le congrès des syndicats réclame la légalisation des conseils ouvriers. À l’été, près de 500 entreprises et plus de 1 million de travailleurs sont concernés.

Prisonnière à la fois de sa propre culture politique et d’une recherche de compromis avec l’occupant, la direction dubcekienne agit comme un frein. Un projet du gouvernement, en février 1969, est largement en retrait par rapport à celui issu de l’assemblée des conseils de Plzen. Le 17 avril, Husak remplace Dubcek. Le 29 avril, on annonce le report, « à une date indéterminée », de la discussion du projet de loi. Il n’y en aura finalement pas.

Fin 1969, le comité central du PCT, « normalisé », estime que les conseils ont des compétences trop larges, ce qui nuirait à « l’efficacité » des entreprises, des « tendances extrémistes et anarchisantes » affaiblissant le rôle du parti. Officiellement, le dépérissement de l’État et l’autogestion demeurent des buts, mais « éloignés ». En attendant, le parti se « sacrifie » pour assumer les tâches ingrates. « L’autogestion et ses lourdes responsabilités prendraient trop de temps aux travailleurs, et trop d’énergie intellectuelle, les privant ainsi des loisirs dont ils ont besoin. » Au cours de l’année 1970, 50 000 syndicalistes sont démis de leur fonction. En septembre 1970, l’Union des écrivains est dissoute. Au Parti communiste, la purge touche 500 000 membres.

Avec la chute du Mur de Berlin et la « révolution de velours », les libertés politiques ont été rétablies, mais il en va différemment des droits sociaux. Des idées du Printemps de Prague, le marché a bien été retenu, mais amputé de la propriété sociale et de l’autogestion qui étaient, et demeurent, les éléments indissociables d’un socialisme authentique.

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?option=com_content&view=article&id=1092:printemps-de-prague-1968-1969&catid=98:R%C3%A9volutions&Itemid=53

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21 août 2013 ~ 0 Commentaire

Gibraltar : des colonies qui défient le sens de l’histoire (PE)

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L’Empire britannique n’est plus et conserver des territoires autrefois stratégiques comme Gibraltar n’est qu’une relique du passé. Le succès florissant du Rocher comme paradis fiscal a exaspéré son voisin englué dans la crise financière, pourtant son avenir est loin d’être menacé.

Rien de tel qu’un bon vieux navire de guerre. Le 12 août, le HMS Illustrious quittait Portsmouth en majesté, passant devant le HMS Victory et une foule de patriotes en liesse. Une semaine plus tard, il était au large de Gibraltar, à portée de canon du cap Trafalgar. Dans la nation entière, les poitrines se gonflent, les yeux s’embuent. Voilà l’orgueil national, encore fouetté par l’esprit olympique, qui s’en va roussir la barbe du roi d’Espagne [référence à la phrase prêtée à Francis Drake, qui incendia 37 navires espagnols dans le port de Cadix en 1587]. L’Empire britannique avait certes bien des atouts, mais il n’existe plus, il a disparu, il est mort et enterré, fini l’Empire.
La seule idée d’un navire britannique censé menacer l’Espagne est ridicule. Est-il supposé aller bombarder Cadix ? Ses canons ont-ils le pouvoir de désengorger les embouteillages aux heures de pointe dans cette colonie que la majorité des Britanniques consi-dèrent comme un repaire d’évadés fiscaux, de trafiquants de drogue et de geignards de droite ? Les Gibraltariens ont des droits, certes, mais on voit mal en quoi le contribuable britannique devrait, pour garantir leur application, envoyer des bâtiments de guerre, même dans le cadre de simples « exercices ». Tout examen de la situation des colonies britanniques actuellement disputées, Gibraltar et les Malouines, ne peut débou- cher que sur deux conclusions : soit le droit international ratifie sans conteste la légitimité de la souveraineté britannique, soit tout cela n’est plus aujourd’hui qu’une parfaite aberration.

Les Etats nations du XXIème siècle ne souffrent plus l’humiliation d’être amputés par ces rognures d’empires datant des XVIII-XIXe siècles. La plupart des empires européens étaient fondés sur la realpolitik de l’équilibre des puissances, et plus précisément sur les traités d’Utrecht (1713) et de Paris (1763). Aujourd’hui, la même realpolitik impose leur démantèlement. C’était d’ailleurs l’une des premiè- res vocations des Nations unies. Il va de soi que les habitants de ces colonies ont droit à la considération, mais jamais l’on n’a vu ces droits -là l’emporter sur le réalisme politique. Cela n’a d’ailleurs jamais été la position de la Grande-Bretagne, en tout cas quand les circonstances l’exi-geaient. On n’a pas pris la peine de consulter la population de Hong Kong ou de Diego Garcia, sans parler même de leur accorder l’ »autodéter-mination », quand la Grande-Bretagne a décidé de les jeter aux oubliettes de l’Histoire. Hong Kong a été rétrocédée à la Chine en 1997 quand a pris fin le bail sur les Nouveaux Territoires, et Diego Garcia a été livrée au Pentagone, en 1973, quand celui-ci l’a exigé. Les Britan- niques de Hong Kong se sont vu refuser un passeport, et les habitants de Diego Garcia ont été envoyés sans discussion à l’île Maurice et aux Seychelles.

Magouilles en tout genre Ces colonies n’apportent rien à la sécurité de la Grande-Bretagne, qui ne dépend pas de stations de ravitaillement dans l’Atlantique. La France a survécu à la perte du Sénégal et de Pondichéry, et le Portugal à celle de São Tomé et de Goa. Quand les Indiens ont annexé Goa en 1961, la communauté internationale n’a pas moufté. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le [premier] plan d’invasion des Malouines par l’Argentine en 1982 avait été baptisé “opération Goa”,  Buenos Aires s’imaginait qu’il passerait lui aussi comme une simple petite remise en ordre post-impériale.

Les dernières reliques de l’Empire britannique survivent aujourd’hui dans les interstices de l’économie mondiale. Elles comptent parmi les grands gagnants de l’hémorragie fiscale permise par la mondialisation financière ; nombre d’entre elles sont devenues synonymes de magouilles en tout genre. Les Bermudes mettent en rage les autorités fiscales américaines. [Le ministre britannique des Finances] George Osborne, lui, entend bien avoir la peau des évadés fiscaux des Caïmans et des îles Vierges britanniques. L’Espagne entretient de longue date des griefs quant au rôle trouble de Gibraltar dans la contrebande, le blanchiment d’argent et les jeux d’argent offshore, qui échappent à son champ d’action légal. La grogne a même atteint un paroxysme en 2007 avec la publication d’un rapport du FMI sur les lacunes de la réglementation financière du Rocher. Grâce à son statut de paradis fiscal, Gibraltar attire des flots d’argent, et l’Espagne enrage de voir pareilles sommes échapper à l’impôt et circuler sur ce qu’elle considère comme son territoire. Ces vastes parcs à thème british, avec boîtes à lettres rouges, fish and chips et bière tiède, entendent avoir le beurre et l’argent du beurre

Ces colonies se prétendent « plus britanniques que les Britanniques », à ceci près qu’elles ne paient aucun impôt à la Grande-Bretagne et servent de paradis fiscaux aux fonds britanniques. Gibraltar s’est en particulier spécialisée dans les paris sur Internet. Ces colonies assurent faire allégeance à la Couronne, mais pas à son chancelier de l’Echiquier, ni à ses autorités financières. Ces vastes parcs à thème british, avec boîtes à lettres rouges, fish and chips et bière tiède, entendent avoir le beurre et l’argent du beurre. Et quand leurs voisins se mettent en rogne, elles exigent de ceux dont les impôts financent leur protection d’envoyer soldats, diplomates et juristes à la rescousse. Dans la querelle juridique entre la Grande-Bretagne et l’Espagne, c’est la première qui est dans son droit. Bien que les Britanniques aient refusé de faire partie de l’espace Schengen, qui instaure la liberté de circulation aux frontières, tous les Etats de l’Union européenne sont censés faciliter les déplacements de leurs ressortissants. La taxe d’entrée de 50 euros voulue par l’Espagne est excessive. Il est peut-être paradoxal pour des ministres tories d’aller plaider leur cause devant des tribunaux européens honnis, mais c’est bien ce qu’il faut faire. [Comme le disait Churchill], de longs blablas (même juridiques) valent toujours mieux qu’une longue guerre.

Grains de sable  Cela dit, il serait bien inconcevable qu’un honnête médiateur ne puisse résoudre cette dispute vieille de plusieurs siècles. La Grande-Bretagne a cherché à plusieurs reprises à conclure un compromis sur la souveraineté de Gibraltar. Thatcher avait ouvert des pour- parlers en 1984 après avoir réussi à régler les deux questions de la Rhodésie et de Hong Kong. Les Espagnols ont proposé pour le Rocher un statut d’autonomie complète semblable à celui des Basques et des Catalans, qui respecte la langue et la culture locales et offre une certaine indépendance fiscale. Comme l’a montré l’exemple hongkongais, transfert de souveraineté ne signifie pas absorption politique.

Mais voilà, l’incurie espagnole alimente l’intransigeance gibraltarienne. Bloquer une frontière n’a jamais permis de reconquérir les cœurs et les esprits, pas plus que de faire débarquer aux Malouines les forces spéciales argentines. L’Espagne exigeait la souveraineté immé- diate, et peu importe qu’elle possède elle-même des colonies en Afrique du Nord. Elle a ainsi mis au pied du mur les gouvernements britan- niques successifs, rendus vulnérables aux lobbyistes colonialistes agitant le spectre de l’autodétermination. En 2002, un référendum à Gibraltar a débouché sur 98 % de soutien au maintien du statut actuel, le scrutin organisé aux Malouines a abouti à un résultat semblable.

A dire vrai, les paradis fiscaux britanniques sont plus tranquilles qu’ils ne l’ont jamais été, placés par l’Histoire sous la pro- tection de la Grande-Bretagne et barbotant à leur guise dans les eaux troubles de l’économie mondiale pour y pêcher la manne financière. Ce double atout a engendré une tribu de British pleins aux as qui vivent dans un monde parallèle. Quand j’ai demandé à ce Gibraltarien qui se proclamait « Britannique à 150 % » pourquoi il ne payait donc pas au moins 100 % d’impôts au fisc britannique, il m’a répliqué : « Pourquoi est-ce que je paierais pour des gens qui sont à des milliers de kilomètres ? ».

Tant qu’ils nieront la logique de l’Histoire et de la géographie, ni Gibraltar ni les Malouines ne seront vraiment « en sécurité ». Un de ces jours, ces reliques d’un autre temps finiront bien par se fondre de nouveau dans leur territoire naturel et cesseront d’être des grains de sable dans les rouages des relations internationales. Ce jour arrivera plus vite si les Etats se décident à agir contre les paradis fiscaux. En attendant, les habitants de Gibraltar peuvent bien continuer à voter autant qu’ils le veulent pour « rester Britanniques ». Mais s’ils n’acceptent ni la fiscalité ni la discipline que la plupart des Européens acceptent, et ce tout en phagocytant l’activité des centres financiers européens, ils ne peuvent guère s’attendre à ce qu’un Etat de l’UE vienne les protéger contre un autre. Six heures d’attente de temps en temps au poste-frontière de La Línea, ce n’est pas bien cher payé pour rester en dehors de la réalité.

Traduction : Julie Marcot  20 août 2013 The Guardian Londres 

http://www.presseurop.eu/fr/content/article/4071201-des-colonies-qui-defient-le-sens-de-l-histoire

Commentaire: Et les 6 comtés que Londres a enlevés à l’Irlande, dans tout çà?

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21 août 2013 ~ 0 Commentaire

Allemagne, trop chère, la vie (CI)

Allemagne, trop chère, la vie (CI) dans Austérité german1

Après l’augmentation drastique des loyers, c’est le prix des denrées alimentaires qui grève le budget des Allemands.
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Les organisations caritatives sonnent l’alarme. Depuis que l’Office allemand de la statistique a annoncé, le 13 août dernier, que le coût des denrées alimentaires avait augmenté au mois de juillet de 5,7 % par rapport au mois précédent, de nombreuses organisations caritatives se mobilisent pour exiger un relèvement de l’aide sociale aux personnes en difficulté. « Un adulte qui perçoit l’indemnité Hartz IV [l'aide sociale] dispose actuellement de 4,30 euros par jour pour se nourrir, » explique l’un des porte-parole au quotidien de Hanovre Neue Presse. Les revendications vont d’un minimum de base de 437 euros par mois (au lieu de 382 euros) à des primes sporadiques pour des biens de première nécessité (comme une paire de chaussures) ou le remplacement d’appareils ménagers,  « comme le faisait jadis l’aide sociale », souligne Die Tageszeitung. L’aug- mentation vertigineuse du prix des pommes de terre, qui atteint 44 %, est l’une des causes du renchérissement brutal de l’alimentation en Allemagne. Courrier international   21 août 2013
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Commentaire: La photo se veut « humoristique » et surtout pas une « caractérisation politique » de Kohl et de Merkel

 

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