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05 mars 2021 ~ 0 Commentaire

8 mars (madrid)

madrid

Pour le 8 mars, Madrid interdite les manifestations et ça fait bondir les féministes

La capitale espagnole n’accueillera pas de rassemblements pour la journée internationale des droits des femmes en raison de l’épidémie de Covid-19.

Madrid privé de célébration le 8 mars. En raison de la situation sanitaire, les autorités espagnoles ont annoncé jeudi 4 mars l’interdiction de toute manifestation pour la Journée internationale des droits des femmes à Madrid, qui est habituellement le théâtre de gigantesques marches le 8 mars.

“J’ai pris la décision d’interdire, pour des raisons de santé publique, tous les rassemblements et manifestations car Madrid reste l’une des zones d’Espagne ayant le plus fort taux d’infections” au Covid-19, a déclaré devant la presse le préfet de Madrid, José Manuel Franco.

Cette décision a entraîné les vives critiques des organisations féministes. “Ils veulent nous faire taire, mais notre cri est déjà mondial”, ont écrit sur Twitter les représentants de la Commission du 8 Mars dans la région de Madrid. “Nous serons présents le 8 mars. Parce que la crise provoquée par la pandémie a affecté tout particulièrement les femmes, ont-ils ajouté, sans donner de précisions sur la forme que prendra leur mobilisation.

Membre du parti de gauche radicale Podemos, la ministre de l’Égalité, Irene Montero, a dénoncé “ceux qui veulent nier notre droit (à descendre) dans la rue”, tout en assurant qu’elle respecterait cette interdiction. Plusieurs ministres du Parti socialiste, qui gouverne en coalition avec Podemos, avaient appelé fin février à ne pas défiler en raison de la situation épidémiologique.

Un rendez-vous incontournable en Espagne

L’an dernier, la manifestation du 8 Mars avait rassemblé plus de 100.000 personnes dans la capitale espagnole. De nombreux membres du gouvernement de Pedro Sanchez, qui se revendique féministe, y avaient participé.

Trois avaient été testés positifs peu après, dont Irene Montero. Le 14 mars, moins d’une semaine après la marche, le pays décrétait l’un des confinements les plus stricts au monde pour freiner épidémie et un rapport de police publié en mai critiquait l’autorisation de cette manifestation au début de la pandémie, enflammant le débat politique.

En Espagne, le 8 mars est devenu un rendez-vous incontournable pour les féministes depuis 2018, lorsqu’une grève massive avait été suivie et des centaines de milliers de personnes avaient défilé dans les rues. Considérée comme pionnière depuis l’adoption de la loi de 2004 sur les violences de genre, l’Espagne compte un puissant mouvement féministe et dispose par ailleurs d’un observatoire public des féminicides.

04/03/2021

https://www.huffingtonpost.fr/

Commentaire:

Il s’agit de la préfecture de région, socialiste, non du gouvernement régional qui lui est très à droite. Par ailleurs, l’hommage à la « Division Azul » qui a combattu l’URSS avec Hitler, a lui été autorisé. La Russie et Israël avaient protesté.

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04 mars 2021 ~ 0 Commentaire

pays de galles (the guardian)

dragon rouge

Le Dagon Rouge est aussi l’emblème du Trégor

Westminster prévenu alors que les sondages montrent un soutien record à l’indépendance galloise

Un sondage pour ITV News Tonight a révélé une « augmentation spectaculaire » avec 40% de soutien pour l’indépendance et la plupart de ses soutiens parmi les jeunes

Un sondage suggérant que le soutien à l’indépendance parmi les citoyens gallois est à un niveau record devrait servir d’avertissement au gouvernement britannique et l’inciter à travailler plus dur dans ses relations avec les nations décentralisées, ont déclaré des partisans de l’union.

Un peu moins de 40% des Gallois interrogés ont déclaré qu’ils voteraient pour l’indépendance, citant le sentiment que leur pays a une attitude sociale différente de celle du Royaume-Uni dans son ensemble et le mécontentement face à la réponse de Westminster à la pandémie de Covid.

Peter Hain, l’ancien secrétaire d’État travailliste du Pays de Galles et député de Neath, a déclaré « Il s’agit d’un sinistre avertissement à Boris Johnson que son hostilité cavalière envers les droits démocratiques et le parlement du Pays de Galles, risquent de déchirer le Royaume-Uni. À lui seul (cela se discute! blog), il a transformé un soutien dérisoire à l’indépendance en un soutien menaçant ».

Mick Antoniw, membre travailliste du parlement gallois, qui est l’un des principaux partisans d’un nouveau « fédéralisme radical » pour le Royaume-Uni, a déclaré : « Il ne fait aucun doute que de plus en plus de personnes au Pays de Galles souhaitent un changement dans nos relations avec Westminster.

Cette évolution est principalement due à l’intention du gouvernement conservateur britannique de centraliser le pouvoir à Downing Street et à son incapacité à s’engager avec le gouvernement gallois sur des politiques et des réformes clés. L’Angleterre devrait prendre au sérieux le soutien du Pays de Galles à l’indépendance avant qu’il ne soit trop tard

« Pour certains, cela prend la forme d’appels à l’indépendance et pour d’autres, d’un fédéralisme radical. Les relations actuelles entre les gouvernements britannique et gallois sont de plus en plus fracturées et déconnectées.

« Je crois que le moment est venu pour une « Convention du peuple gallois » d’engager le peuple du Pays de Galles dans la décision sur la future gouvernance du Pays de Galles et sur nos relations avec le reste du Royaume-Uni. Si nous ne parvenons pas à adopter un véritable changement, le Royaume-Uni se disloquera ».

La députée Nia Griffith, secrétaire d’État fantôme du parti travailliste, a déclaré qu’un référendum sur l’indépendance au Pays de Galles serait « source de division et inutile » et conduirait au « chaos ».

Le sondage, réalisé pour l’émission ITV News Tonight et réalisé avec la société de recherche Savanta ComRes, suggère qu’en excluant les réponses « ne sait pas », 39% des Gallois voteraient « oui » si un référendum était organisé immédiatement. Les réserves les plus souvent citées sont des inquiétudes concernant l’impact économique et la liberté de voyager et de travailler dans d’autres nations du Royaume-Uni.

Pendant de nombreuses années, le nombre de partisans de l’indépendance du Pays de Galles est resté stable, à environ 10 %, mais il a augmenté ces dernières années et les sondages ont montré qu’environ un tiers de la population était favorable à l’indépendance.

Laura McAllister, professeur de politique publique et de gouvernance du Pays de Galles à l’université de Cardiff, a déclaré que le nouveau sondage semblait montrer une « augmentation spectaculaire » du soutien à l’indépendance.

Elle a ajouté que le nouveau sondage semblait montrer une « augmentation spectaculaire » du soutien à l’indépendance : Nous savons qu’il y a eu une augmentation du nombre de personnes se disant « curieuses » et, étant donné que les sondages ont montré de façon constante que les plus grands niveaux de soutien à l’indépendance se trouvent dans les groupes d’âge les plus jeunes, tout cela suggère que l’indépendance sera un sujet d’actualité dans ces élections à Senedd ( Assemblée galloise) et au-delà ».

Le leader de Plaid Cymru, Adam Price, a affirmé que le sondage confirmait une « opinion croissante » selon laquelle l’union échouait dans toutes les régions du Royaume-Uni « au-delà de la bulle de Westminster ».

Un porte-parole du gouvernement britannique a déclaré : « Le Royaume-Uni est l’union politique et économique la plus réussie que le monde ait jamais connue, et cette pandémie et notre réponse collective, du programme de congés à l’achat de vaccins et au soutien de notre personnel militaire, a montré que nous sommes au plus fort lorsque nous travaillons ensemble vers un objectif commun ».

Steven Morris Jeu 4 Mar 2021

https://www.theguardian.com/

Commentaire:

Comme en Ecosse, au Pays de Galles l’électorat des nationalistes vient de la gauche. Le Labour les a perdu notamment, par son « Unionisme » qui lie conservateurs et social-démocrates. Les nationalistes ont beau jeu à se positionner « plus à gauche » que lui.

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03 mars 2021 ~ 0 Commentaire

commune (l’anticapitaliste)

com

1871-2021 : La Commune de Paris et nous

Mardi 16 mars sur les pages de la Gauche anticapitaliste, la Formation Léon Lesoil, Contretemps et l’Anticapitaliste.

Il y a 150 ans, les classes populaires de Paris se soulevaient contre l’oppression et l’exploitation.
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Dans un contexte social et politique très tendu, Paris bouillonne. L’Empire de Louis-Napoléon Bonaparte s’effondre en 1870 dans la défaite militaire face à la Prusse, et la Troisième République est sur le point de naître.
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Alors que la guerre se termine, après avoir transféré le siège de l’Assemblée nationale à Versailles, le 18 mars 1871, le gouvernement d’Adolphe Thiers tente de désarmer de force la Garde Nationale, composée en majeure partie des ouvriers et artisans de Paris.
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Ce jour-là, les soldats chargés de prendre les canons refusent de tirer sur le peuple de Paris et fraternisent avec la Garde Nationale. Dans tout Paris, des barricades se dressent et le pouvoir passe entre les mains du Comité Central de la Garde Nationale, composé d’officiers élus et révocables.
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Ceux-ci décident d’organiser les élections le 26 mars, et, le 28 mars, la Commune de Paris est proclamée.
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La Commune interdit le cumul des mandats, pose les bases d’un enseignement gratuit, laïc et obligatoire, reporte l’échéance des loyers, crée des boucheries municipales subventionnées, supprime le travail de nuit des ouvriers boulangers, permet la réquisition des ateliers par la collectivité ouvrière, etc.
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Furieux, le gouvernement Versaillais revanchard va massacrer les Communards lors de la Semaine Sanglante du 21 au 28 mai 1871. Des communards s’exilent en Belgique où, suite à la célébration du quinzième anniversaire de la Commune à Liège, les grandes révoltes ouvrières de 1886 se déclenchent.
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La Commune a aussi un impact important sur les débats de l’Association internationale des travailleurs (AIT) et en particulier sur les écrits de Marx sur l’Etat et la démocratie. Les échos de cette révolution ouvrière ont résonné à travers l’histoire et inspiré tant la gauche que les mouvements sociaux aspirant à une démocratie radicale et populaire et à l’auto-organisation des travailleur.se.s.
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150 ans après, la Gauche anticapitaliste, la Formation Léon Lesoil, la revue Contretemps et l’Anticapitaliste se joignent pour célébrer l’apport historique de la Commune de Paris et ses vies ultérieures.
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Que reste-t-il de la Commune et que nous-dit elle sur le monde d’aujourd’hui ? Nous en discuterons avec :
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Ludivine Bantigny, historienne à l’université de Rouen-Normandie et autrice de « La Commune au Présent » (La Découverte, 2021)
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Isabelle Garo, philosophe, autrice de plusieurs ouvrages dont « Communisme et stratégie » (éd. Amsterdam 2019) et « Marx et l’invention historique » (Syllepse, 2012)
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Julien Dohet, historien, administrateur de l’IHOES, syndicaliste et l’un des coordinateurs dans la région liégeoise des évènements du 150ème anniversaire de la Commune
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Sixtine d’Ydewalle, doctorante en théorie politique sur la question du communalisme et de la démocratie directe et co-organisatrice de l’exposition itinérante Vive la Commune, soutenue par de nombreuses associations dont la Formation Léon Lesoil
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Un évènement organisé par la Formation Léon Lesoil en collaboration avec la Gauche anticapitaliste, Contretemps – revue de critique communiste, et le journal l’Anticapitaliste
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Note:
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GA et Fondation Léon Lesoil sont des camarades belges

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01 mars 2021 ~ 0 Commentaire

pétroliers (basta!)

 mafoia

La vraie mafia c’est le capitalisme!

Cet obscur traité qui menace les objectifs climatiques européens et pourrait rapporter gros aux pétroliers

Un accord international méconnu, le Traité sur la charte de l’énergie, pourrait détruire les efforts des pays européens pour atteindre leurs objectifs climatiques. Face aux industries de l’énergie, ONG et parlementaires tentent d’alerter sur cette menace.

Quelque part entre l’eau turquoise, les cabanes de pêcheurs sur pilotis, les plages et la roche verdoyante des Abruzzes, se trouve un petit coin de paradis en Italie : la côte sauvage des Trabocchi.

En été, le soleil, les oiseaux, les vignobles et le vin attirent ici les milliers de touristes qui font vivre les villages alentours. Mais un beau matin de 2008, le paysage de carte postale a failli se brouiller.

« Nous avons vu une petite plate-forme apparaître au milieu de la mer, se rappelle encore ému Enrico Gagliano. C’était une abomination. » Sous la pression, les autorités finissent par dévoiler l’existence du projet Ombrina Mare lancé par l’entreprise britannique, Rockhopper : une plate-forme pétrolière à seulement 11 kilomètres de la côte de Trabocchi.

À mesure que l’infrastructure prend forme sur l’eau turquoise, le mouvement de contestation de ce mégaprojet, dont Enrico Gagliano est l’un des fondateurs, prend de l’ampleur. En 2015, les manifestations réunissent jusqu’à 60 000 personnes, une mobilisation impressionnante pour la région.

Le gouvernement finit par céder et suspend Ombrina Mare ainsi que tous les forages étrangers qui se trouvent à moins de 22 kilomètres (12 miles nautiques) des côtes italiennes. « Nous sommes parvenus à nous faire entendre ! » conclut fièrement Gagliano.

La victoire est grande pour les villageois des Abruzzes et les défenseurs de l’environnement, mais dans l’ombre, la société d’exploration prépare sa revanche.

Un an plus tard, elle poursuit l’Italie en justice en vertu d’un accord international presque inconnu de tous : le Traité sur la charte de l’énergie (TCE). Ce texte que l’Italie a ratifié à la fin des années 1990, comme une cinquantaine d’autres pays, permet aux entreprises de l’énergie de poursuivre les États pour la perte de leurs investissements et profits futurs.

Le gouvernement de l’époque tombe de haut, tous avaient oublié jusqu’à l’existence de cet accord rédigé après la guerre froide, pour sécuriser les investissements de l’Ouest dans les pays de l’ex-Union soviétique considérés instables. Ces poursuites judiciaires ne sont pourtant que les premières d’une longue série lancées par les investisseurs de l’énergie contre les pays européens.

Depuis une décennie, cet accord est même devenu le plus utilisé du monde en matière énergétique.

Le nombre d’affaires a été multiplié par cinq, soit 136 recensées par le secrétariat du TCE. Il y en a sans doute davantage car États comme investisseurs n’ont aucune obligation de tenir informé ce secrétariat des procédures ouvertes.

Les jugements du TCE sont rendus par des tribunaux d’arbitrage – basés à Washington, Stockholm ou La Haye –, dont les procédures, jusqu’aux audiences, sont confidentielles.

Pourtant, ce sont bien des fonds publics qui sont dans la balance de cette justice parallèle. C’est l’argent des contribuables des pays membres – dont la France – qui est en jeu dans ce système judiciaire que personne ne contrôle.

Leila Minano 23 février 2021

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28 février 2021 ~ 0 Commentaire

vitoria 3 de marzo de 1976 (nueva-tribuna musique-basque)

Le 3 mars 1976 – el 3 de marzo 1976

Ce 3 mars 2017, le groupe de métal Soziedad Alkoholika sortait son dernier album sistema antisocial, date qui ne doit rien au hasard puisqu’elle est l’anniversaire des événements qui se déroulèrent à Vitoria Gasteiz le 3 mars 1976. Le troisième titre de cet opus qui s’intitule no olvidamos, el tres de marzo est un hommage aux victimes de cette journée.
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Les événements du 3 mars 1976 à Vitoria Gasteiz.

Franco est mort depuis quelques semaines. La royauté est restaurée. Juan Carlos règne sur l’Espagne. Nous sommes en pleine transition démocratique espagnole. La société civile aspire à plus de libertés. Droits de grève et de réunion sont toujours interdits. Cependant, depuis le mois de janvier, grèves et manifestations se succèdent, à Vitoria-Gasteiz pour protester contre le plafonnement des salaires et obtenir de meilleures conditions de travail.

En ce 3 mars 1976, le mot d’ordre de grève générale est particulièrement suivi. Dès le matin et jusqu’en début d’après-midi, les affrontements avec la police sont violents. Aux environs de 17h00, la police encercle l’église Saint François d’Assises où siége une assemblée d’ouvrier.

Malgré la protection accordée par le Concordat et l’intervention du prêtre, les forces de l’ordre procèdent à l’expulsion de l’église. Des grenades lacrymogènes sont lancées dans la nef provoquant un mouvement de panique et une ruée vers les sorties.

Las ! A l’extérieur matraques et tirs à balle réelle accueillent les manifestants. Dès ce moment, les affrontements se font plus violents et la police perd pratiquement le contrôle de la ville jusque vers 21h00 et ne le retrouve que grâce à l’arrivée de renforts.

Au bilan, plusieurs centaines de blessés et cinq morts :

  • Pedro María Martínez, 27 ans, employé de Forjas Alavesas, mort sur le coup ;
  • Francisco Aznar Clemente 17 ans, étudiant et ouvrier boulanger, mort sur le coup ;
  • Romualdo Barroso Chaparro 19 ans, gravement blessé, mort de ses blessures peu de temps après ;
  • José Castillo, 32 ans, ouvrier de Basa, une société de Grupo Arregui, mort des suites de ses blessures ;
  • Bienvenido Pereda,30 ans, ouvrier, mort des suites de ses blessures.
  • François Lescoutte 5 mars 2017

http://www.musique-basque.fr/

Le 3 mars prochain, 45 ans se seront écoulés depuis l’une des tragédies qui ont marqué notre passé le plus récent. Il a fallu plus de quatre décennies pour qu’un ancien ministre franquiste se présente pour la première fois devant les tribunaux.

Réalisé uniquement à partir de documents d’archives, VITORIA, MARS 1976 est le témoignage choquant d’événements qui n’auraient jamais dû se produire.

Un crime impuni

La ville de Vitoria a été le protagoniste de l’un des moments les plus critiques de la transition. Le 3 mars 1976, après avoir assisté à une assemblée dans l’église de San Francisco, trois travailleurs ont été abattus par la police. Deux autres sont morts dans les jours suivants des suites de leurs blessures. Le 5 mars, un impressionnant cortège funèbre a défilé dans les rues de la capitale basque dans une atmosphère débordante.

Les événements ont teinté la ville de deuil, des balles jonchent les rues, des centaines de blessés. Deux jeunes hommes de Basauri et de Tarragone sont morts lors de manifestations de solidarité. La justice militaire a reconnu l’existence d’un crime d’homicide. Jugement provisoire en raison de l’absence des auteurs, finalement prescrit.

Ces événements ont précipité la chute du gouvernement d’Arias Navarro. Les événements de Vitoria sont parmi les plus dramatiques de ces années capitales.

Réalisé par Luis E. Herrero et produit par Hanoi Films et Aved Producciones, VITORIA, MARS 1976 est disponible en ligne sur FILMIN après son passage au festival. Avec la musique de Dimos Vryzas, Alfonso Arias Paputxi, Angelo Mancini et Pelo Mono.

Synopsis : Au début de 1976, l’Espagne est plongée dans une spirale de conflits. La situation politique délicate après la mort de Franco est aggravée par l’impact de la crise, mettant le gouvernement dans les cordes. À Vitoria, les assemblées des travailleurs ont appelé à la grève le 3 mars. Une tragédie se profilait qui allait marquer la transition vers la démocratie.

Franquisme et transition

Pour la première fois depuis la fin de la dictature, un ancien ministre franquiste a dû comparaître devant un tribunal. La déclaration de Rodolfo Martín Villa devant le juge Servini a marqué une étape importante en abordant certaines des pages les plus sombres de notre histoire la plus immédiate.

Des événements tels que ceux de Vitoria ou l’affaire Scala sont restés impunis et les principaux hommes politiques de l’époque, Fraga et Martín Villa, ont toujours fui leurs responsabilités.
Mais si un ministre de l’intérieur n’est pas responsable des forces de police sous son mandat, alors qui l’est ?

27 de febrero de 2021

https://www.nuevatribuna.es

Lire aussi:

Événements de Vitoria

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25 février 2021 ~ 0 Commentaire

jeunesse (révolution permanente)

Pablo-Hasel

Etat Espagnol. Dans la rue, la jeunesse met en cause le régime et son aile gauche

Les mobilisations pour la liberté de Hasel et la répression policière du gouvernement central et de la Generalitat ont mis à mal leurs récits « progressistes » et « pro-indépendance ». Il y a donc une nécessité de mettre en place un grand mouvement indépendant, qui impacte et permette l’entrée en scène de la classe ouvrière. Un mouvement qui permettrait d’avancer dans la construction d’une gauche anticapitaliste et de classe. 

C’était impossible à prévoir. Une semaine après les élections catalanes, la situation politique espérée a totalement changé. Les éditorialistes et autres faiseurs d’opinion n’ont eu que le lundi pour analyser l’échec de l’opération Illa [Candidat du parti socialiste aux élections autonomes et ministre de la santé à Madrid], le renforcement de l’indépendantisme ou encore les progrès électoraux de Vox.

Mardi, l’emprisonnement de Pablo Hásel par les Mossos d’Esquadra (police catalane) – menés par le gouvernement intérimaire de l’Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) et de Junts per Catalunya (JxCAT) – à l’université de Lleida, a donné le coup d’envoi de la vague de manifestations la plus massive et la plus étendue dans tout l’État depuis le début de la pandémie.

Des milliers de jeunes ont envahi les rues de dizaines de villes et devraient continuer à le faire dans les prochains jours. Les manifestations les plus massives ont eu lieu en Catalogne et à Madrid, et, sans surprise, c’est dans ces deux villes que la répression policière s’est faite la plus forte.

La jeunesse exprime dans les rues un malaise social aggravé après une année de crise et de pandémie

La raison immédiate des manifestations est la demande de libération de l’énième personne condamnée dans l’État Espagnol pour un crime de liberté d’opinion. Le fait que l’un des deux crimes pour lesquels il est emprisonné soit une insulte à la monarchie, un délit qui semble remonter au Moyen Âge, accroît la haine de toute une génération qui ne reconnaît pas le roi.

La Monarchie est perçue comme caduque, antidémocratique et corrompue, surtout chez les plus jeunes, comme c’était déjà clairement le cas il y a deux ans.

En outre, cette vague de manifestations sert de caisse de résonance aux fortes contradictions et aux souffrances sociales aggravées pendant cette année de pandémie. A la réponse coercitive et punitive à la pandémie, alors que tous les gouvernements ont refusé de mettre en œuvre des mesures sanitaires urgentes pour enrayer la catastrophe, s’ajoute une crise économique et sociale qui détruit les espoirs pour le futur d’une génération qui, pour les plus jeunes, n’a vécu qu’en temps de crise.

Le chômage parmi les jeunes avoisine les 50%, l’université et l’enseignement supérieur sont presque devenus un luxe, les campagnes de criminalisation des jeunes sont constantes et brutales… Une situation qui se traduit, selon diverses études, par une augmentation des problèmes d’anxiété et de dépression. Mais cela peut et doit commencer à changer, c’est ce qu’affirment les jeunes qui descendent massivement dans la rue.

Une mobilisation qui remet en question la « gauche » du régime

Le consensus sur la pandémie commence-t-il à s’effriter ? C’est une possibilité. Les grandes organisations de la gauche réformiste et de la bureaucratie syndicale feront tout leur possible pour l’éviter.

C’est pourquoi les grands syndicats n’ont pas appelé à la moindre action malgré le caractère scandaleux de l’affaire, c’est pourquoi la gauche réformiste se contente de faire un tweet, à commencer par celle qui est au gouvernement. Certains, comme le secrétaire général du PCE, vont jusqu’à envoyer des messages de soutien aux forces de police.

Ces manifestations mettent en évidence l’imposture du gouvernement « progressiste » dans l’une de ses promesses les plus fondamentales, celle de mettre fin à la loi Mordaza et aux autres articles du Code Pénal qui sont des instruments de répression de la liberté d’expression.

Comme celui de l’insulte à la monarchie ou de la glorification du terrorisme. Même ces exigences démocratiques de base n’ont pas été approuvées par le « gouvernement le plus progressiste de l’histoire« . Ainsi, on se trouve avec des rappeurs en prison ou en exil, des journalistes et des tweetos condamnés à à payer des amendes, entre autres choses.

Le gouvernement est, de plus, directement responsables d’une grande partie de la répression. C’est la délégation du gouvernement à Valence, mardi, ou à Madrid, mercredi, qui a donné l’ordre à la police nationale d’empêcher par la force la manifestation de poursuivre sa marche, ce qui a donné lieu à des charges.

Mais le malaise contre cette « gauche », représentée par le PSOE et aujourd’hui encore par Podemos, Izquierda Unida (IU) et le PCE, vient aussi du fait qu’elle n’a tenu aucune de ses promesses fondamentales. Parmi elles, l’abrogation de la réforme du travail qui crée une part importante de la précarité, le maintien des expulsions, le versement de milliards aux entreprises de l’IBEX35 (CAC 40) ou la protection de la corruption de la Maison royale.

ERC et JxCat à l’avant-garde de la répression en Catalogne, la CUP va-t-elle les investir ?

En Catalogne, ce malaise s’étend au gouvernement de la Generalitat et aux partis indépendan-tistes qui sont à l’avant-garde, et continueront vraisemblablement à l’être. L’ERC et JxCat, qui devant la tribune sont pleins de belles paroles pour défendre la liberté d’expression, sont toujours en charge des Mossos qui ont arrêté Hásel ou qui ont réprimé les manifestations de Barcelone, Gérone ou Vic…

Leur police anti-émeute continue d’utiliser des armes telles que les flashballs, qui ont arraché l’œil d’un jeune manifestant mardi. Ce sont eux qui gèrent la pandémie et la crise sociale, avec les mêmes politiques criminelles que le gouvernement central.

Les mobilisations en Catalogne désignent les partis catalans. La CUP (Candidatura de Unidad Popular) continuera-t-elle à laisser la porte ouverte à un soutien à l’investiture, à un accord législatif ou même à une entrée au gouvernement avec ces partis?

Si c’est le cas, à la fracture entre la rue et la Generalitat – qui a commencé avec les mobilisations contre laes jugements en 2019 – continuera entre cette gauche et toute une nouvelle génération indignée.

L’irruption dans les rues de cette nouvelle génération, principalement entre 16 et 22 ans, pourrait annoncer une nouvelle crise de la représentation.

Une extrême droite qui avance sur le dos du régime et de ses partis

Que face à une telle crise sociale et économique, le fait que la gauche ait été intégrée au régime, comme c’est le cas d’Unidas Podemos, laisse un terrain ouvert aux options ouvertement réactionnaires pour tenter de capitaliser sur le malaise et les désillusions. Surtout si nous ne mettons pas en place une gauche différente et capable d’aller au plus loin que celle qui gouverne aujourd’hui à la Moncloa.

Nous l’avons vu, quelque part, lors des élections catalanes de dimanche. Le bon résultat de VOX, avec 7,7% des voix et 11 députés, est particulièrement inquiétant dans les principales villes et quartiers populaires – où il a doublé ou triplé ceux de la CUP – et le fait que 20% sont des jeunes entre 18 et 35 ans.

Vox ne parle plus seulement d’espagnolisme. Il affine son message démagogique anti-establishment, dénonce la caste politique et exige un programme populiste de « sauvetage » des classes moyennes ruinées, qu’elle oppose ouvertement à l’immigration.

Cette issue est totalement réactionnaire, mais s’il n’y a pas de contre-proposition tout aussi radicale qui avance l’expropriation des capitalistes pour leur faire payer la crise et renverser ce régime pourri, elle peut gagner des adeptes parmi les secteurs populaires.

La puissance de la réponse à l’emprisonnement de Hasel montre qu’il existe des forces sociales sur lesquelles s’appuyer pour tenter de construire une telle gauche. Il y a des centaines de milliers de jeunes et de travailleurs qui ne doivent rien à ce régime, à ses partis et au capitalisme espagnol aujourd’hui en crise, auxquels nous pouvons nous adresser depuis la gauche anticapitaliste et ouvrière dont nous nous revendiquons. (Résumé)

Santiago Lupe mardi 23 février

https://www.revolutionpermanente.fr/

CUT

JxCat

ERC

Lire aussi:

De Madrid à Barcelone, la révolte de la jeunesse unifie la contestation extraparlementaire de la monarchie et du capitalisme

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24 février 2021 ~ 0 Commentaire

8 mars ( galice sud)

Principale confédération de Galice/ Galiza (Etat Espagnol)

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22 février 2021 ~ 0 Commentaire

jenny marx 2 (el diario)

jenny

Jenny Marx et sa fille

Jenny Marx

Dans ses « Brèves Scènes », Jenny détaille les hauts et les bas quotidiens, mais laisse une place à l’analyse de la politique européenne et les perspectives du mouvement communiste :

« La révolution hongroise, l’insurrection badoise, le soulèvement italien, tous ont échoué. (…). La bourgeoisie a poussé un soupir de soulagement, le petit bourgeois est retourné à ses affaires et les petits philistins libéraux ont serré les poings dans leurs poches, les ouvriers ont été harcelés et persécutés, et les hommes qui ont combattu avec l’épée et la plume pour le royaume des pauvres et des opprimés se sont contentés de pouvoir gagner leur pain à l’étranger », a-t-elle résumé après la défaite de la vague révolutionnaire de 1848.

Ce dont elle a le plus souffert, comme elle le note dans son journal, ce sont les maladies et les décès de quatre de ses sept enfants. Le premier est mort en 1850, et une fois de plus, les comptes personnels et politiques ont fusionné en un seul.

« Fin 1851, Louis Napoléon réalise son coup d’État et au printemps suivant, Karl termine le « 18  Brumaire de Louis Bonaparte » (…). Il a écrit le livre dans notre petit appartement de Dean Street, au milieu du bruit des enfants et de l’agitation de la maison.

En mars, j’ai fini de copier le manuscrit et il a été envoyé, mais il n’a été publié que beaucoup plus tard et n’a rapporté aucun revenu. Le contact Karl avec la Tribune [un journal qui l'avait engagé] a mis fin à nos besoins urgents et quotidiens.

En 1860, Jenny est malade, mais toujours aussi militante. Elle n’a jamais cessé d’échanger des idées avec son mari. « A cette époque, j’étais sur le point de mourir de la variole et je venais de me remettre suffisamment d’une terrible maladie pour dévorer ce livre, Herr Vogt, avec des yeux à moitié aveugles », écrit-elle dans Brèves Scènes…

Le texte était dédié au scientifique allemand Carl Vogt, qui avait calomnié Marx, l’accusant de chantage et d’espionnage. En outre, elle est intervenue dans le débat entre les communistes et un autre référent important du socialisme européen : Lasalle.

Les critiques de Jenny étaient aussi sardoniques que – le temps le prouvera – exactes. « En juillet 1862, Ferdinand Lassalle est venu nous rendre visite. Le poids de la renommée qu’il avait acquise en tant qu’universitaire, penseur, poète et homme politique, l’avait presque écrasé. La couronne de lauriers semblait fraîche sur son front olympique (…).

Il rentre à Berlin et là (…) il choisit de prendre un chemin encore inexploré : il devient le Messie des travailleurs. (…) Ce mouvement s’est avéré particulièrement sympathique au gouvernement dans sa politique (…) et a donc été tranquillement favorisé et indirectement subventionné ».

Sans hésiter, elle a accusé Lasalle de voler les doctrines marxistes, avec des ajouts ouvertement réactionnaires. Comme cela sera prouvé après sa mort, Lasalle – qui ne partageait pas l’avis de Marx sur la caractérisation de l’État et les objectifs du mouvement socialiste – avait conclu des accords secrets avec le Premier ministre prussien de l’époque, Otto von Bismarck.

Sans aucun doute, l’un des rôles les plus importants de la vie de Jenny a été de transcrire et d’aider à ordonner le Capital, dont le premier volume a été publié en 1867. Dans une lettre adressée à Ludwig Kugelmann, un avocat ami de la famille et diffuseur de ses idées en Allemagne, elle se plaint du mauvais accueil qu’a reçu, selon elle, le traité, qu’elle avait qualifié, en de précédentes occasions, de véritable « Léviathan », en raison du temps, de l’énergie et des discussions qu’il lui avait pris, à elle et à son mari.

La dissection unique du mode de production capitaliste reste l’un des travaux théoriques, économiques et politiques les plus importants. Au 21è siècle, d’importants universitaires et courants militants utilisent et actualisent ses enseignements.

La fille en or

En 1871, un journaliste du New York World a interviewé Karl Marx et a trouvé en lui « la plus formidable conjonction de forces : un rêveur qui pense, un penseur qui rêve ». L’histoire a une dette envers une autre conjonction : celle qui a existé entre Marx et Jenny ; celle qui a généré les conditions de l’unité entre le rêve et la pensée, et la possibilité de sa traduction en mots et en mouvement politique.

Tout au long de la maladie de sa femme (qui a coïncidé avec l’aggravation de ses propres maux), Marx n’a pas été inactif. Il rédige ses « notes ethnologiques » et approfondit ses études sur l’État, de la Rome antique à la modernité. Pourtant, les échanges épistolaires avec ses filles, ses amis et ses camarades montrent le coup qu’il a subi : les discussions stratégiques et l’analyse de la conjoncture sont toujours présentes, mais sous une forme beaucoup plus limitée que les années précédentes ; toujours interrompues par des références à la santé de sa compagne et à son propre rôle de garde malade .

Au cours des mois précédant le décès de Jenny, en grande difficulté physique et financière, le couple a effectué une série de voyages : d’abord sur la côte anglaise, puis à Argenteuil, où ils ont rencontré leur fille et leurs petits-enfants.

De retour à Londres, Marx souffre d’une bronchite compliquée d’une pleurésie, pour laquelle – il passe trois des six dernières semaines de la vie de sa femme dans une chambre voisine, presque incapable de la voir.

Les médecins ne lui permirent pas d’assister aux funérailles qui, respectant la volonté de Jenny, eurent lieu sans faste, au cimetière de Highgate, quelques jours après sa mort, qui eut lieu le 2 décembre 1881.

Wilhem Liebknecht – un éminent dirigeant socialiste – avoua que, sans elle, il aurait succombé aux misères de l’exil.

21 de febrero de 2021 Jazmín Bazán

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22 février 2021 ~ 0 Commentaire

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jenny marx

 De baronne à prolétaire

Jenny est née il y a 207 ans, le 12 février 1814, dans une famille aristocratique prussienne : ses parents étaient baron et baronne, son grand-père paternel avait été chef de cabinet de facto de Ferdinand de Brunswick, et sa grand-mère paternelle était une noble écossaise liée à la maison  Stuart.

Dans les hauts cercles sociaux de sa ville, la jeune fille était surnommée « la reine de la danse de Trèves ». Cependant, dès son plus jeune âge, elle s’intéresse au romantisme allemand, au socialisme français et sympathise avec la « fête de Hambach », une manifestation de 1832 au cours de laquelle des étudiants, des libéraux, des intellectuels et des paysans proclament l’unité de l’Allemagne.

Elle a rencontré Karl Marx – un voisin de quatre ans son cadet – à l’adolescence et a partagé avec lui de longues discussions sur la philosophie et la littérature anglaise, deux domaines dans lesquels elle s’est plongée plus profondément.

L’intense cour – ainsi que leur ton baroque – a été enregistré dans les missives qu’ils se sont envoyées : « Un sentiment si rare m’envahit quand je pense à vous, et je ne pense pas que ce soit dans des moments isolés ou des occasions spéciales ; non, toute ma vie et mon être ne sont qu’une grande pensée pour vous », écrivait-elle en 1839. Son prétendant n’était pas financièrement stable et n’avait pas de titres de noblesse, ce qui était socialement inacceptable à l’époque, mais elle s’en moquait.

Ce sentiment n’a pas empêché la jeune femme de souligner, avec une ironie caractéristique, ce qui la dérangeait.

Après avoir obtenu son doctorat en philosophie à l’âge de 23 ans, avec une thèse sur Démocrite et Épicure, Marx lui a écrit ce qui peut être lu comme un reproche pour le manque de reconnaissance de ses contributions : « Comme je suis heureuse que vous soyez heureux, que ma lettre vous ait rendu heureux (…) et que vous buviez du champagne à Cologne et qu’il y ait des clubs hégéliens. Mais, malgré tout cela, il manque quelque chose : vous auriez pu reconnaître un peu ma connaissance du grec et consacrer quelques lignes élogieuses à mon érudition.

Mais il est typique de vous, messieurs les Hégéliens, vous ne reconnaissez rien, même si c’est de l’excellence, si cela ne correspond pas exactement à votre point de vue, alors je dois être modeste et me reposer sur mes propres lauriers ».

Le couple se marie en 1843 et s’installe bientôt à Paris, où ils rencontrent Frederick Engels. « Mon père a épousé son amie et sa camarade », se souvient Eleanor, une de leurs filles. Karl avait 25 ans et Jenny en avait 29. Même pendant leur lune de miel, la politique et les débats ne quittent pas la scène : c’est alors qu’il termine son livre La question juive.

En 1844, alors que son mari est en France et que la jeune mariée reste à Trèves avec sa petite fille, elle assiste avec excitation à une révolte ouvrière pour le congé du dimanche et la journée de douze heures.

« Tous les germes de la révolution sociale sont présents ici », a-t-elle fait savoir à son mari, dans un message qui a été publié par la suite par un journal parisien. De loin, elle l’exhorte à écrire quand ses esprits faiblissent : « Laissez le stylo passer sur le papier, même s’il trébuche et tombe parfois (…). Vos pensées, cependant, se dressent, (…) si honorables et courageuses. Cette année-là, Marx a achevé pas moins que Les manuscrits économico-philosophiques et la Critique de la philosophie du droit de Hegel, deux jalons de son héritage.

À partir de 1846, Jenny ne s’occupe pas seulement de la famille, elle milite aussi : elle est membre de la Ligue des Justes comme premier membre, de l’Union des travailleurs allemands et du Comité communiste. Elle se rendit brièvement à Paris avec son bien-aimé, d’où ils furent expulsés.

Ils sont arrivés à Bruxelles et y ont vécu comme dans la capitale française : entourés de misère et de dettes. Bientôt, un nouvel exil allait se produire. Marx a été accusé par le gouvernement belge de conspiration et d’intrigue. Jenny a été brièvement emprisonnée et soumise à un interrogatoire de deux heures. Fièrement, elle a raconté qu’ »ils ne pouvaient pas en tirer grand-chose ».

Lors du « Printemps des peuples » de 1848, la famille Marx a demandé au gouvernement provisoire français de révoquer son ancien arrêté d’expulsion.

« Paris nous est désormais complètement ouvert, et où pouvons-nous nous sentir plus à l’aise qu’au soleil de la révolution montante ? Nous devons y aller sans hésiter », note Jenny dans ses mémoires.

Pour pouvoir voyager, il a vendu et mis en gage même ce qu’elle n’avait pas. Après une brève période, Karl est arrêté et déporté en Angleterre (où Jenny et ses enfants le retrouveront plus tard).

De là, il publie l’un des textes les plus lus de l’histoire : le Manifeste du parti communiste, commandé par le deuxième Congrès de la Ligue communiste. Jenny a joué un rôle actif dans les discussions sur le contenu.

21 de febrero de 2021 Jazmín Bazán

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21 février 2021 ~ 0 Commentaire

gaz (anti-k)

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Gaz et électricité. « La concurrence fera baisser les prix », qu’ils disaient. Et aujourd’hui…

Selon l’économiste David Cayla : « L’électricité repose sur un coût fixe important. On plaque un système de concurrence là où c’est le monopole centralisé qui était efficace. »

Bond de 60 % sur la facture d’électricité en quinze ans, de 3,5 % en février sur le gaz… La dérégulation du marché de l’énergie et le « dopage » subventionné du secteur privé n’en finissent pas de plomber le budget des ménages.

C’est devenu une triste habitude pour les foyers français : les prix de l’électricité ont connu une nouvelle hausse, le 1er février, de 1,6 %. Une progression qui devrait coûter en moyenne 15 euros supplémentaires aux ménages par an, d’après la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

C’est la quatrième année consécutive que la facture grimpe, atteignant une augmentation cumulée de plus de 11 % depuis 2019. Si la CRE, à l’origine de la proposition de hausse des tarifs, et EDF justifient ce renchérissement par des phénomènes conjoncturels liés à la pandémie de Covid 19 – notamment l’ampleur des impayés des entreprises –, les raisons profondes de cette évolution sont plutôt à chercher du côté des choix de l’État en matière de politique énergétique, estiment plusieurs spécialistes de la question.

Parafiscalité et profits du privé

« Sur une dizaine d’années, les prix de l’électricité pour le consommateur ont bondi de 50 à 60 %, soit trois à quatre fois l’inflation.

Quand on regarde les données de manière objective, la majeure partie de la hausse des prix de l’électricité vient de la parafiscalité », explique François Carier, chargé du dossier énergie pour l’association Consommation logement cadre de vie (CLCV).

Au-delà de la TVA, c’est notamment la contribution au service public de l’électricité (CSPE) qui pèse lourd dans la balance. Destinée principalement à financer la transition énergétique, cette taxe est en effet passée de 4,50 euros du kilowatt/heure à 22,50 euros du kilowatt/heure en 2016.

« D’un côté, on est favorable aux énergies renouvelables ; de l’autre, on peut se demander si les conditions auxquelles EDF rachète cette électricité à ces acteurs privés ne sont pas trop avantageuses », précise François Carier.

En 2018, un rapport particulièrement sévère de la Cour des comptes estimait que l’État s’acquitte chaque année de 2 milliards d’euros pour produire par le solaire… 0,7 % du mix électrique français.

« Le gouvernement a fait le choix que le développement de ces énergies soit privé. Or, on fait porter cette politique de subvention vers le privé aux consommateurs, en augmentant le prix de l’électricité », dénonce Aurélien Bernier, auteur du livre « les Voleurs d’énergie ».

Mais, plus fondamentalement, ce phénomène serait surtout un effet de la libéralisation du marché de l’énergie. « Il y a plein de libéralisations qu’on soutient. (Pas nous! blog) Mais là, au minimum, il était clair dès le début que la concurrence n’a pas permis de faire baisser les prix et, depuis deux-trois ans, cela les a même fait grimper », estime François Carier.

« La caractéristique de l’électricité, c’est qu’elle repose sur des coûts fixes importants en ce qui concerne la production et la distribution. La construction et l’entretien de centrales nucléaires ou de barrages hydrauliques coûtent très cher. Mais les coûts marginaux en termes de production unitaire du kilowatt/heure sont ensuite très faibles », analyse David Cayla, maître de conférences à l’université d’Angers et membre des Économistes atterrés. « On a voulu plaquer un système de concurrence sur une situation où, en réalité, c’est le monopole centralisé qui était efficace », précise l’économiste.

Un cadeau à la concurrence, un « poison » selon le PDG  d’EDF

Afin d’organiser ce marché et de le rendre « artificiellement rentable » pour les nouveaux entrants, comme l’explique Aurélien Bernier, l’État a décidé d’imposer à EDF de vendre à prix coûtant un quart de sa production nucléaire à ses concurrents privés.

C’est le mécanisme de l’Arenh (accès régulé à l’électricité nucléaire historique), mis en place par le gouvernement Fillon en 2011 après la loi portant sur la nouvelle organisation du marché de l’électricité (Nome). Un cadeau à la concurrence que même le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, a qualifié de « poison », conduisant l’entreprise publique au surendettement.

Mais, pour achever de convaincre ces acteurs privés de rentrer sur le marché, encore faut-il que le prix à la revente soit attractif, de même que la perspective de profits. « Le législateur a décidé que le tarif réglementé allait varier en fonction des coûts de production, mais aussi des coûts de l’électricité en Bourse », poursuit le spécialiste de l’énergie.

C’est ainsi que la Commission de régulation de l’énergie se retrouve à proposer, année après année, le rehaussement du tarif réglementé de vente de l’électricité (TRV), pour s’aligner sur les attentes du privé.

Pour ces concurrents d’EDF – une trentaine d’entreprises sur le marché français –, c’est tout bénéfice.

« Quand les prix en Bourse sont bas, elles vont acheter sur ce marché et n’usent pas leur droit à l’Arenh, mais dès que les prix s’envolent en Bourse, on les voit se ruer dessus », décrypte Aurélien Bernier. Un comportement purement parasitaire, qui n’apporte rien de plus, in fine, au consommateur.

« Quand les concurrents d’EDF vous proposent des prix plus bas, c’est qu’en réalité, ils font des économies de bouts de chandelle en délocalisant des services clientèle. Et qu’ils vous présen-tent des prix hors taxes », ajoute le spécialiste. « Ces acteurs privés ne sont que des reven-deurs. Si vous êtes énergéticien et que vous ne savez pas produire de l’énergie, peut-être qu’il vaudrait mieux faire des baraques à frites », tacle François Carier.

Pour satisfaire l’Europe libérale

Si le système de l’Arenh doit prendre fin en 2025, ce qui est amené à le remplacer n’est pas bien plus réjouissant pour les usagers. « Le gouvernement français est en discussion avec Bruxelles pour faire en sorte que cette mise à disposition de l’énergie nucléaire d’EDF à ses concurrents ne soit plus limitée à 25 % de ses capacités, et que cela continue ad vitam aeternam », alerte le représentant de CLCV. « In fine, le projet phare de l’Union européenne, c’est l’Europe de l’énergie : un grand marché régi par une concurrence au niveau européen entre grands opérateurs », estime Aurélien Bernier.

DERRIÈRE HERCULE, UN ENJEU DÉMOCRATIQUE

« Les prix de l’électricité sont fixés sur la base de montages d’une extraordinaire complexité, plus personne n’y comprend rien. On a substitué des formules techniques à un débat démocratique », fustige l’auteur Aurélien Bernier, qui estime qu’une privatisation accrue d’EDF, comme ce que propose le projet Hercule, représenterait un nouveau recul social. À l’image de la campagne populaire de mobilisation autour des Aéroports de Paris, celui-ci espère que cet enjeu d’un grand service public de l’énergie sera porté bien au-delà des seuls salariés d’EDF, qui luttent depuis des mois contre ce projet. Une pétition lancée par l’intersyndicale et déjà signée par plus de 33 000 personnes est disponible sur change.org.

 

L’Humanité, 20 février 2021

 

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