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23 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

fine gael (rebel)

fine-gael

Les sombres origines de Fine Gael

Les nouveaux dirigeants de Fine Gael ont beaucoup travaillé pour se fabriquer une image libérale.

Le calcul de Leo Varadkar et de son équipe de spin-doctors bien rémunérés, est de montrer que Fine Gael maintenant se présente comme un parti moderne et compatissant, afin de s’adapter à l’évolution des opinions dans la société irlandaise, en particulier chez les jeunes. Cette évolution a été très évidente lors du référendum sur l’avortement et  Varadkar a proposé d’apporter de nouvelles modifications à la constitution. Fine Gael court après les manifesta-tions de masse découvrant soudain le libéralisme,  lui qui a fait obstruction pendant des années aux droits des femmes.

En un sens, cela devrait être considéré comme une victoire pour la gauche et les mouvements sociaux. Le fait que nous ayons forcé le parti historique du conservatisme irlandais à adopter ces positions témoigne sans aucun doute du potentiel de l’action populaire dans la transforma-tion de ce pays. Mais il faut aussi être attentif à un autre danger; en se repositionnant, Fine Gael tente de jeter les bases d’un établishment irlandais qui garantit que les architectes de l’inégalité et du capitalisme gangster en auront encore pour quelques décennies au pouvoir.

Le parti de Varadkar n’a pas abandonné sa politique de base.

Ce que nous avons, c’est du vieux vin dans de nouvelles bouteilles: un libéralisme profond. Derrière ce nouveau look se cache une histoire profondément troublante, un Fine Gael qu’on préférerait que vous oubliiez. Récemment, par exemple, ils ont produit une vidéo époustou-flante «célébrant» les 85 ans d’histoire de leur parti, et l’ont diffusée sur les réseaux sociaux. La vidéo réussit à éviter les origines louches de Fine Gael: lié à des organisations d’extrême droite, inspiré des mouvements fascistes européens  et n’a pas montré leur président saluant comme les nazis, Eoin O’Duffy. Fine Gael souhaite blanchir leur horrible histoire. pour analyser leur trajectoire actuelle, il convient donc de revenir sur les ancêtres de Leo Varadkar.

Contre-révolutionnaire

Les racines de Fine Gael commencent dans l’Irlande post-révolutionnaire des années 1930. De 1918 à 1922, a eu lieu une énorme vague de mobilisations populaires impliquant des grèves, des occupations d’usines et des saisies de terres, ainsi qu’une lutte armée entre les forces britanniques et l’IRA. Des centaines de milliers de personnes ont été directement impli-quées dans les divers éléments de la révolution. la bataille pour la libération nationale et les aspirations sociales ont finalement été vaincues.

Après la défaite, une contre-révolution suivit dans la société irlandaise, cristallisée dans le traité anglo-irlandais et la guerre civile qui a suivi. La contre-révolution a été menée par des groupes qui tentaient de casser les revendications sociales de la révolution. C’est de ces forces contre-révolutionnaires qu’émergera finalement le Fine Gael.

Le traité anglo-irlandais, signé en décembre 1921, divise le mouvement indépendantiste en deux camps. Les contre-révolutionnaires favorables aux traités ont formé Cumann na nGaedheal et utilisé les armes fournies par les Britanniques pour écraser l’opposition républi-caine anti-traité. Cette guerre civile qui a duré un an. En décembre 1922, l’État libre d’Irlande est créé et avec lui la partition et un nouveau statu quo. Cumann na nGaedheal représente une classe dirigeante catholique en plein essor, liée au pouvoir de l’Église.

Les personnalités clés à la tête de l’État étaient W.T. Cosgrave et Kevin O’Higgins. O’Higgins, comme beaucoup de la classe dirigeante catholique émergente, a fait ses études au Clongowes Wood College, une école privée d’élite. En 1926, les anciens de Clongowes étaient plus nombreux que les anciens combattants de 1916 au gouvernement.

Au cours de la révolution, cette élite a remarqué que les grèves rurales et les occupations de terres envahissaient les campagnes et que les travailleurs des villes occupaient les lieux de travail et établissaient des «soviets». Pour briser ce militantisme, le gouvernement contre-révolutionnaire a utilisé la nouvelle Armée de l’Etat libre pour briser les grèves et exécuter soixante-dix-sept républicains lors de la répression violente. Les éléments conservateurs de la société irlandaise avaient gagné et la contre-révolution a été approfondie de 1922 à 1932, quand Cumann na nGaedheal a régné sans opposition.

Réaction

La Grande Dépression de 1929 et les années de famine qui suivront auront un impact profond sur la politique irlandaise. À l’instar d’autres pays européens, cela entraînera l’émergence d’un radicalisme et d’une réaction des deux côtés du spectre politique, y compris l’émergence d’organisations ouvertement d’extrême droite. En 1932, cette instabilité politique conduira à un nouveau parti de gouvernement, le Fianna Fáil d’Eamon de Valera qui remporta une majorité.

Fianna Fáil a été créée en 1927 après avoir abandonné la politique d’abstentionnisme ( des républicains proche de l’Ira vaincue note du blog) dans l’espoir d’attirer des soutiens. Cumann na nGaedheal craignait que cela ne déstabilise leur État conservateur. Quelques années auparavant seulment, Cumann na nGaedheal exécutait et emprisonnait des membres de l’IRA, dont certains éléments étaient désormais au pouvoir. Leurs craintes n’ont fait que s’aggraver lorsque Fianna Fáil, au deuxième mois de son mandat, a levé l’interdiction de l’IRA et libéré les prisonniers.

Pour une partie de Cumann na nGaedheal, la menace était trop grave pour rester inactifs.

Des personnalités de haut rang ont formé une organisation appelée l’Association des camara-des de l’armée, initialement composée d’anciens combattants de l’armée de l’Etat Libre qui se sont engagés à protéger Cumann naGaedheal contre la violence de l’Etat et de l’IRA. L’ACA a atteint son apogée sous la direction d’Eoin O’Duffy; un ancien chef de la guérilla de l’IRA pendant la guerre d’indépendance, puis général de la guerre civile du côté des pro-traités. Il devint plus tard commissaire de police en 1922.

Il fut relâché par de Valera après qu’il eut exhorté Cosgrave d’organiser un coup d’État après les élections de 1932. Il est rapidement devenu le symbole de la résistance à la « révolution » de Fianna Fáil. Sous son commandement, le groupe fut renommé « garde nationale », adopta la chemise bleue pour se reconnaître lors des émeutes, le salut nazi et une politique corporatiste. Les adhésions atteignirent des dizaines de milliers, d’immenses rassemblements eurent lieu et le groupe fut mieux mieux connu sous le nom de «The Blueshirts».

Chemises de blues

Les Blueshirts étaient les fondamentalistes de la contre-révolution, ils attiraient ceux qui avaient le plus à perdre d’un réveil des aspirations sociales de la révolution. Ned Cronin, un fondateur des Blueshirts et plus tard membre de Fine Gael, a promis que «si une dictature est nécessaire pour le peuple irlandais, nous en aurons une. Ce sera mieux que le soi-disant gouvernement démocratique que nous avons, dirigé par des étrangers et des juifs ».

Les Blueshirts ont dénoncé « un complot de Valera », un «agent juif étranger». De Valera a même ressenti le besoin de confirmer dans le Dáil qu ‘«il n’y a pas une goutte de sang juif dans mes veines, je suis un descendant de catholiques des deux côtés… je ne veux pas parler d’une attaque contre les Juifs, mais seulement énoncer les faits.  »

O’Duffy a limité l’adhésion aux Blueshirt à « des irlandais ou à ceux de foi chrétienne», car il affirmait que «les juifs sont les instigateurs du communisme». Les dirigeants de Cumann na nGaedheal, notamment Ernest Blythe, ont lutté contre un gouvernement Fianna Fáil et  l’influence grandissante de l’IRA « communiste ». Le souvenir de la révolution irlandaise, la réalité de l’Union soviétique en pleine croissance et le discours de Fianna Fáil sur la distribution des terres et l’extension du bien-être ont conduit les élites politiques, les gros agriculteurs et la classe moyenne vers les Blueshirts.

Thomas F. O’Higgins – un autre fondateur des Blueshirts et plus tard le leader parlementaire du Fine Gael – a décrit Fianna Fáil comme «l’avant-garde de la politique communiste» en Irlande et de Valera comme un «agent communiste». O’Duffy a mené une violente résistance contre la politique du gouvernement visant à saisir les bovins invendus et à distribuer la viande aux pauvres. De graves affrontements et des affrontements entre les Blueshirts et les militants républicains et socialistes eurent lieu dans tout le pays, entraînant des morts des deux côtés.

En 1933, les Blueshirts ont frôlé la confrontation avec l’État Fianna Fáil. Un défilé de masse était prévu à Dublin pour commémorer Arthur Griffith, Michael Collins et Kevin O’Higgins, les héros de la contre-révolution. Le défilé planifié rappelait la marche de Mussolini sur Rome et l’IRA, et les socialistes envisageaient d’y faire face.

Craignant un coup d’État, de Valera a interdit la marche, admettant plus tard qu’il n’était pas certain que l’armée obéirait. Le test ne s’est pas concrétisé car O’Duffy a reculé et a organisé des parades provinciales plus petites. Ce fut un moment majeur pour les Blueshirts; il est apparu clairement que les dirigeants n’avaient pas confiance en leurs forces extraparle-mentaires. Les conservateurs les plus modérés des Blueshirts étaient partis, rebutés par les longues batailles de rue avec l’opposition de gauche.

Au lieu de tenter de renverser l’État, les Blueshirts se sont tournés vers une stratégie électo-rale en collaboration avec leurs partenaires conservateurs. Les politiciens démoralisés de Cumann na nGaedheal étaient impressionnés par la capacité d’O’Duffy à mobiliser un nombre important de personnes et à oublier sa politique fasciste. Ainsi, en 1933, les Blueshirts ont fusionné avec Cumann na nGaedheal pour former le Fine Gael.

Une droite unie

Fine Gael a unifié l’opposition avec Eoin O’Duffy comme premier président et W. T. Cosgrave comme vice-président. Le premier test est venu aux élections locales de 1934. Fianna Fáil a été le grand gagnant avec une performance très décevante pour de Fine Gael.

La base des Blueshirts a commencé à décliner alors qu’ils faisaient face à une résistance sur le terrain. Il est également apparu rapidement que de Valera n’était pas un radical de gauche, comme le craignaient les agriculteurs et les chefs d’entreprise.

Alors que le flirt de Fine Gael avec le fascisme prenait fin, ils ont essayé de freiner la politique d’O’Duffy et il a démissionné. Le premier président du Fine Gael a ensuite créé le parti national fasciste, mais après avoir échoué à organiser quoi que ce soit de significatif, il a envoyé une brigade irlandaise se battre pour Franco dans la guerre civile espagnole.

Fine Gael s’est développé à partir des éléments les plus réactionnaires de la contre-révolution irlandaise.

L’élite irlandaise méprisait les revendications de la classe ouvrière du début des années 1920 et craignait que la vague révolutionnaire ne traverse l’Europe. Pour eux, la fin de l’impérialisme britannique était un moyen d’installer une nouvelle classe dirigeante locale et non la fin du système d’exploitation. Comme l’a écrit John M. Regan, «Le nouveau parti a achevé la consolidation de la droite irlandaise amorcée par Kevin O’Higgins une décennie auparavant».

Fine Gael représente toujours ces mêmes intérêts aujourd’huiI

Ils sont de loin le parti le plus riche avec leurs 50 députés ayant une richesse combinée de 80 millions d’euros. Confrontés à une crise du logement, ils protégeront les propriétaires fonciers et subventionneront les promoteurs. En période de crise économique, ils vont aider leur propre classe et infliger l’austérité aux familles monoparentales, aux travailleurs et aux plus vulnéra-bles. pendant les années 1930, ils étaient prêts à flirter avec le fascisme pour défendre leur classe. Aujourd’hui, ils adoptent le visage du libéralisme pour garder le pouvoir. La leçon de l’histoire ombragée du Fine Gael est simple; ne jamais leur faire confiance.

Leo Varadkar veut représenter Fine Gael comme le visage du libéralisme dans la politique irlandaise. Mais comme l’explique Barney Doherty, il préférerait que vous ne sachiez pas les origines de son parti à l’extrême droite du spectre politique.

Barney Doherty 25 juin 2018

http://www.rebelnews.ie/

Commentaire:

Leo Varadkar est le Taoiseach, premier ministre irlandais

La politique irlandaise ressemble assez à la France: le parti gaulliste de De Gaulle avec son passé de libérateur,  serait représenté par le populaire Fianna Fail de De Valera. Le PCF pas vraiment opposé sur bien des points à De Gaulle serait l’IRA et les républicains. La droite « libérale » avec des tentations extrêmes vers le RN serait le Fine Gael. En Irlande le Labour a longtemps été allié au Fine Gael.

L’embrouille est considérable: les 3 Partis (Fianna Fail, Fine Gael, même une partie de Sinn Fein mais pas le Labour marginal), ont surfé sur ce qu’ils croyaient être une hégémonie totale de l’église catholique et n’ont pas osé défendre l’avortement. Mais c’est le Fine Gael qui passe pour libéral!

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23 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

progressistes? (npa)

AMERICA

Macron, veut nous faire croire qu’il est Captain America!

Europe : « Progressistes contre populistes » , encore un mensonge macronien

Dans la perspective des futures élections européennes, Macron se présente comme le chef d’un camp « progressiste » face aux nationalistes et aux populistes.

Un clivage on ne peut plus trompeur.

Le 28 août à Milan, Orban (Premier ministre hongrois) et Salvini (ministre de l’Intérieur italien) se sont rencontrés. Orban a décerné à Macron le titre de « chef des partis promigrants » en Europe, et a déclaré : « Il y a actuellement deux camps en Europe. Macron est à la tête des forces politiques soutenant l’immigration. De l’autre côté, il y a nous…» Macron insiste lui aussi sur ce clivage et se présente comme le chef de file d’un « camp progressiste » face aux nationalistes et populistes.

En fait, s’il n’est pas question de sous-estimer le danger qu’ils représentent, Orban, Salvini, Le Pen… sont les « meilleurs ennemis » de Macron 

Ils lui permettent de tenter de redorer un blason défraichi après un peu plus d’un an de prési-dence. Selon le chef de LREM, Christophe Castaner, le camp des progressistes aurait, en France, vocation à rassembler « de Cohn-Bendit à Juppé »… L’objectif est clair : tenter d’attirer des électeurEs de gauche et siphonner la droite.

Malgré les coups portés aux travailleurEs, Macron est en effet en difficulté : non seulement sa cote de popularité est au même niveau que celle de Hollande, mais les premiers sondages donnent à sa liste aux européennes environ 1/5 des suffrages, soit un score faible pour une majorité (et inférieur aux 24 % de Macron au premier tour de la présidentielle.

Orban et Salvini, « meilleurs ennemis » de Macron

Pourtant, la relance de l’Union européenne (UE) était présentée comme un des axes forts de sa présidence et, dès les premiers mois. Il s’était activé en ce sens. Son objectif était de restaurer le couple franco-allemand comme moteur de l’UE.

Et de lui donner une impulsion dans un monde rendu de plus en plus incertain par la politique de Trump en avançant sur quelques dossiers.  L’avenir de la zone euro, la taxation des géants du numérique, et une position commune sur l’immigration.

Macron avait ainsi réussi à négocier avec Angela Merkel, en juin dernier, un texte commun pour un futur minibudget (bien en deçà de ce que voulait Macron au départ) commun de la zone euro et des mesures sur l’immigration.

Mais très vite, il s’est avéré que le budget ne suscitait pas un franc enthousiasme parmi les autres États-membres. Et sur la question des migrations, rien n’a avancé. L’Europe reste une forteresse, et les gouvernements hongrois et italien ont fait clairement comprendre qu’ils ne se sentaient en rien engagés.

Enfin, des divergences sont apparues sur la taxation des multinationales du numérique. Notons que Merkel, soumise à la pression de la droite de sa coalition et de l’extrême droite, a une liberté d’initiative plus restreinte et ne paraît pas prête à soutenir inconditionnellement Macron. D’autant que le parti d’Orban participe, comme les démocrates-chrétiens allemands, au Parti Populaire Européen du Parlement européen.

Un progressisme en carton-pâte

Mais au-delà des aléas et rebondissements qui ne vont pas manquer, une chose est claire : le pseudo-progressisme de Macron n’est qu’un masque. Sur les migrations, Salvini hurle et insul-te mais il ne fait pas grand-chose de différent de ce que fait la France de Macron.

Comme avant, Hollande et Valls : refuser d’accueillir des migrantEs, sauf au compte-goutte.

Et si on regarde les politiques concrètement menées, on trouvera des similitudes : ainsi, en matière de fiscalité, « progressistes » comme « nationalistes » veulent réduire les impôts des riches et des entreprises. Macron l’a fait, Trump également, et Salvini entend le faire. Fonda-mentalement, comme l’écrivent Serge Halimi et Pierre Rimbert dans le Monde diplomatique de septembre, « les deux visions ont en commun […] le mode de production et de propriété ».

Les deux camps présentés comme opposés sont des serviteurs du capital 

La politique des pseudo-progressistes nourrit les dérives nationalistes qu’ils dénoncent. Il faudra bien qu’aux élections européennes se fasse entendre une voix clairement opposée tant aux politiques capitalistes qu’aux dérives nationalistes et anti-immigréEs.

Henri Wilno Jeudi 20 septembre 2018

https://npa2009.org/

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20 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

sabotage (euractiv)

monfilshigh

Le Medef européen prépare le sabotage des objectifs climatiques européens

La stratégie de communication de BusinessEurope est de « s’opposer » à toute hausse des ambitions climatiques de l’UE.

Mais  en affichant un soutien de façade, explique une note interne obtenue par Euractiv. Le patronat européen compte soutenir la lutte contre le réchauffement climatique… mais seulement en façade.

Dans une note interne datée du 13 septembre et obtenue par Euractiv, BusinessEurope, qui fédère les associations patronales de 34 pays européens, détaille une stratégie en deux temps face aux ambitions européennes dans la lutte contre le changement climatique.

Si BusinessEurope, compte réserver un accueil plutôt positif à la politique climatique europé-enne,  ce soutien sera uniquement valable « tant qu’on parle d’une déclaration politique sans implications » précises sur les engagements existants dans le cadre de l’accord de Paris pour le climat.

Le document doit être discuté lors d’une réunion le 19 septembre.

La stratégie de BusinesseEurope fait écho à l’annonce du commissaire européen à l’action climatique, Miguel Arias Cañete,  qui a récemment proposé de réhausser les objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. L’Espagnol estime que le niveau d’ambition prévu avait été dépassé « de facto » par un accord sur la part des renouvelables et l’efficacité énergétique conclu en juin.

32 % de renouvelables, un chiffre insuffisant

L’objectif de 32 % de renouvelables fixé la semaine dernière serait « bien en deçà » de ce qui est nécessaire pour respecter l’Accord de Paris sur le changement climatique. À l’heure actuel-le, l’UE prévoit de réduire ses émissions « d’au moins 40 % » par rapport au niveau de 1990 d’ici 2030. L’accord passé en juin ferait en réalité augmenter cet objectif de 5 %, selon le commissaire. Cette position est aussi celle de Jean-Claude Juncker, qui a déclaré lors de son discours sur l’état de l’union que la volonté du Parlement de hausser les objectifs était « scientifiquement exacte et politiquement nécessaire ».

Aux premières loges des pays réticents à ces changements, l’Allemagne, qui craint que cela n’entrave la compétitivité de son industrie, largement dépendante des exportations. En août, Angela Merkel s’est ainsi exprimée contre la révision des objectifs climatiques, estimant que « nous devrions commencer par nous en tenir aux objectifs que nous nous sommes déjà fixés ».

Merkel s’oppose à l’ambition climatique de l’UE

Angela Merkel s’est exprimée contre des objectifs climatiques plus ambitieux lors d’une émis-sion télévisée. Elle soutient néanmoins l’idée d’une transition vers des transports propres. Le mémo de BusinessEurope est dans la même veine. Il conseille de « s’opposer à une nouvelle hausse des ambitions en utilisant les arguments habituels » : l’Europe ne peut tout faire toute seule et devrait trouver un accord avec ses concurrents sur les marchés mondiaux avant de prendre de nouvelles décisions.

Le document propose de « minimiser le sujet » en arguant que la hausse des ambitions « n’est pas ce qui importe le plus » et que « l’essentiel est de persuader d’autres grandes économies de se mettre au même niveau que l’Europe ». Le lobby propose aussi de « mettre le processus en cause » en demandant davantage d’études coût-bénéfice et « plus de transparence sur les calculs ».

Tara Connolly, activiste chez Greenpeace, dénonce les « manœuvres politiques » de Busi-nessEurope, à un moment où les Européens « sont les témoins directs des effets du change-ment climatique » après un été marqué par des canicules et une sécheresse qui a obligé l’UE à débloquer des fonds pour aider les agriculteurs.

« La Commission européenne a la responsabilité d’avancer, d’ignorer les boniments, les men-songes et les tactiques de retardement des dinosaures que sont les corporations européen-nes. Il serait irresponsable de tomber dans le panneau des déclarations alarmistes et de ne pas prêter attention aux dangers économiques, sanitaires et environnementaux du changement climatique », estime-t-elle.

Ce n’est pas la première fois que Berlin entrave les ambitions climatiques européennes. En juin, son ministre de l’Énergie, Peter Altmaier, a rejeté les appels d’autres États membres d’élever la part des renouvelables à 33 ou 35 % d’ici 2030.

Frédéric Simon  19 septembre. 2018

https://www.euractiv.fr/

Berlin douche les espoirs de l’UE sur les renouvelables

Si les électeurs européens ne font plus confiance aux politiques, c’est notamment à cause d’ambitions « irréalisables » sur les renouvelables, estime le ministre allemand à l’Énergie, opposé à un objectif de 33 ou 35 % de renouvelables d’ici 2030.

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19 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

suède (npa)

sweden

Jeunes du Parti de Gauche

Suède : l’extrême droite creuse son sillon

Jusqu’en octobre 2015, il y avait un large consensus sur le fait que les Suédois étaient prêts à « ouvrir leur cœur » [aux migrantEs], pour citer l’ancien chef du parti conservateur Fredrik Reinfeldt. Au départ, seuls les Démocrates de Suède [extrême droite] ont critiqué l’immigration massive.

Adaptation à l’extrême droite

Lorsque le parti a commencé à se développer et que les lacunes dans l’organisation de l’accueil des réfugiéEs sont devenues évidentes, la plupart des principaux partis, y compris la social-démocratie, ont accepté de mettre un point d’arrêt à cette pratique et d’adapter la politique suédoise d’immigration aux critères minimums de l’UE.

Ce changement n’était pas seulement une adaptation formelle, il s’accompagnait d’une montée des sentiments anti-immigrés, d’une agitation antimusulmane et d’exigences pour une législa-tion plus sévère dirigée contre ce qui était prétendu être des crimes liés aux immigrants, y compris de la part des partis traditionnels, dont les sociaux-démocrates au gouvernement.

Il est évident que l’une des raisons de cette évolution réside dans la manière dont ont réagi les sociaux-démocrates et les conservateurs face aux Démocrates de Suède.

Comme on pouvait s’y attendre de l’expérience d’autres pays, leur revirement de tactique n’a pas fonctionné. Les Démocrates de Suède ont continué à se développer aux dépens de ces deux partis, en particulier.

Le résultat de l’élection de septembre 2018 confirme cette conclusion.

Les sociaux-démocrates sont tombés à 28,4 % [– 2,8 %], leur résultat le plus bas depuis leur victoire électorale obtenue en 1921. Les conservateurs ont perdu encore plus, soit 3,5 %. Et les Démocrates de Suède ont gagné près de 5 %, atteignant les 17,5 %. Un autre élément intéressant de ces élections réside dans le résultat obtenu par le Parti de Gauche qui a gagné 2,2 % pour obtenir 7,9 %. Ce parti a fait une bonne campagne et a réussi à mobiliser un nombre impressionnant de jeunes.

L’extrême droite en position d’arbitre ? 

Dans une perspective européenne, le résultat des élections n’est peut-être pas étonnant. La Suède s’adapte à une tendance internationale. Mais, dans le contexte suédois, il s’agit d’une situation nouvelle, et le résultat est un sérieux revers à plusieurs égards. Deux d’entre eux méritent d’être mentionnés ici.

Le premier réside dans la menace d’une réelle influence des Démocrates de Suède sur la politique quotidienne du gouvernement. Il y a actuellement une impasse entre les deux blocs politiques traditionnels et les Démocrates de Suède pourraient décider qui sera le prochain Premier ministre.

La ligne de démarcation qui existait jusqu’à présent entre les partis politiques traditionnels et le populisme xénophobe de droite extrême n’existe plus. Il est évident que les conservateurs sont prêts à entamer des négociations formelles ou informelles avec les Démocrates de Suède afin de pouvoir former un gouvernement de droite. L’expérience danoise démontre à quel point les conséquences peuvent être désastreuses dès lors que de telles formations peuvent fixer l’agenda politique.

Le second est lié à la gauche et à la classe ouvrière.

Il est vrai que le Parti de gauche – les anciens communistes (PC) – a obtenu des gains substantiels – de 5,7 à 7,9 % – et surtout a pu mener une campagne électorale étonnante auprès des jeunes. Cependant, la gauche n’a jamais été aussi faible qu’aujourd’hui, en réunis-sant 35 % environ de l’électorat. Et la majorité de la classe ouvrière ne vote plus à gauche. Il y a 30 ans, 80 % de la classe ouvrière votait pour les sociaux-démocrates (et 10 % pour les communistes).

En 2014, 50 % des membres de LO [Confédération syndicale des ouvriers ] ont encore voté pour les sociaux-démocrates. En 2018, seuls 37 % d’entre eux ont voté pour ces derniers (et 10 % pour le Parti de gauche).

Il est évident que la principale raison pour laquelle les sociaux-démocrates ont perdu leur forte position au sein de la classe ouvrière est qu’ils ont abdiqué face à ce qui était autrefois leur principale force : la défense d’un État-providence fondé sur l’égalité et la solidarité.

Rien n’indique qu’ils ont tiré un enseignement quelconque de cette leçon.

La principale ambition de la direction du parti pour résoudre la conjoncture politique présente est d’essayer de former une coalition avec les partis bourgeois, ce qui supposerait un nouvel affaiblissement de l’État-providence et des attaques renouvelées contre les droits de la classe ouvrière.

Retour sur les élections législatives en Suède, qui se sont déroulées le 9 septembre, avec des extraits d’un article publié sur le site À l’encontre, sous le titre « Suède : deux revers d’importance ».

Kjell Östberg  Mercredi 19 septembre 2018

https://npa2009.org/

 

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17 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

catalans (le peuple breton)

republica-catalana

Un million de Catalans pour relancer la construction de la République

La Diada nacional de Catalogne le mardi 11 septembre, avec plus d’un million de manifestants dans les rues de Barcelone pour la 7ème année consécutive, a relancé le processus de concrétisation de la république.

La mobilisation massive des Catalans et des associations civiques, l’Assemblea Nacional de Catalunya et Òmnium cultural, a réclamé aux gouvernants et aux politiques d’avancer pour respecter le mandat du peuple exprimé lors du référendum sur l’indépendance du 1er octobre 2017 et confirmé lors des élections du Parlement le 21 décembre.

Après des mois d’incertitude (qui doivent faire les institutions catalanes retrouvées après six mois de suspension de l’autonomie et l’emprisonnement et l’exil de l’ancien gouvernement démis de Carles Puigdemont ?), la société et les indépendantistes semblent reprendre l’initiative face à la répression espagnole et au refus des socialistes de dialoguer.

La manifestation de la Diada nacional, avec le slogan « Fem república », remet sur le devant de la scène la détermination pacifique, sereine et civique (aucun incident pendant la manifestation de la Fête nationale) du peuple catalan pour obtenir la reconnaissance de la république proclamée, en poussant les politiques à sortir de l’impasse où la Catalogne a été acculée par les autorités espagnoles.

Le président de la Catalogne, Quim Torra a déclaré après la manifestation qu’il approuvait ces réclamations et que le gouvernement allait bientôt lancer le processus constitutionnel et qu’avant le 1er octobre le Conseil de la République en Belgique, dirigée par Carles Puigdemont serait en fonctionnement.

Le président catalan a également lancé un appel vendredi 14 septembre un « ne pas avoir peur et à aller jusqu’au bout pour rendre effective la république de tous », « pour défendre les droits civils, sociaux et nationaux de la Catalogne » en référence aux prisonniers politiques et aux exilés catalans et aux plus de 1 000 indépendantistes catalans poursuivis par les tribunaux. Il a dénoncé à nouveau « qu’il est incompréhensible au milieu du 21è siècle qu’il y ait des prisonniers politiques et des exilés pour le crime d’avoir donné la parole au peuple. C’est totalement inacceptable. Voter n’est pas un crime ; organiser un référendum n’est pas un crime ; vouloir vivre librement n’est pas un crime.

Les espagnolistes ridiculisés

De leur côté, les espagnolistes qui, avec Ciudadanos, avaient organisé une manifestation à Barcelone pour dénoncer la « manipulation indépendantiste » de la fête nationale, se sont ridiculisés en ne rassemblant qu’une vingtaine de manifestants sur la plaça Reial devant quelques élus. Une autre manifestation unioniste quelques jours avant avait rassemblé quelque 2 000 personnes qui se sont distingués par des cris et des salutations fascistes, l’ostentation de symboles nazis et franquistes et par l’agression d’indépendantistes (6 blessés) à la fin de la manifestation.

Malgré plus d’un million de manifestants dans la rue de Barcelone pour la Diada, les médias espagnols, notamment la télévision publique, se sont illustrés par leur silence sur l’événement. La droite et les socialistes espagnols tentent toujours de faire croire que le mouvement catalan provoque agressivité et fracture de la société catalane et que les indépendantistes ne sont pas majoritaires (aux élections les indépendantistes ont totalisé plus de 47 % des voix contre 37 % pour les anti-indépendantistes).

Incident diplomatique à Perpignan

Cette semaine, la politique sud-catalane à de nouveau été d’actualité en Catalogne Nord, avec un incident diplomatique inhabituel provoqué par l’ambassadeur d’Espagne en France, Fernando Carderera qui a reproché par lettre au maire de Perpignan d’avoir reçu officiellement Quim Torra, « un président inconstitutionnel » (sic).

Jean-Marc Pujol a répondu qu’il était « très surpris et choqué » par une telle ingérence, le président catalan ayant été « démocratiquement élu » et a demandé « depuis quand un ambassadeur d’Espagne se permet de demander à un élu français de se justifier ». Le diplomate a continué la controverse vendredi 14 septembre en critiquant que le maire ait reçu Torra avec le symbole du ruban jaune « qui divise, qui ne représente pas la majorité des Catalans et remet en question le caractère démocratique de l’Espagne ».

Les autorités espagnoles semblent accroître la pression sur la France contre les Catalans du Nord pour leur solidarité avec leurs compatriotes du Sud. Plusieurs personnes ont fait état de pressions sur des fonctionnaires, en particulier des enseignants, qui portent le symbole du ruban jaune pour exiger la libération des prisonniers politiques, et que certains qualifient de signe partisan incompatible avec l’obligation de réserve et de neutralité des fonctionnaires. De même, les milieux catalans à Perpignan commencent à s’interroger sur la coïncidence entre la solidarité exprimée avec les Catalans du Sud et le refus de l’État de créer l’Office de la langue catalane publique.

Au chapitre judiciaire, les avocats des prisonniers et exilés catalans ont dénoncé cette semaine les manœuvres du Tribunal constitutionnel espagnol, qui, contrairement à son habitude, accepte tous les recours des indépendantistes (sans les examiner) pour retarder leur possibilité de recours en dernière instance devant les tribunaux européens.

De plus, la salle n° 13 du tribunal de Barcelone a demandé a Tribunal suprême d’ouvrir une procédure contre le vice-président du gouvernement catalan, Pere Aragonès pour « désobéissance » au motif qu’il n’aurait rien fait pour empêcher un référendum considéré comme illégal. Et le tribunal a entamé une procédure judiciaire contre la ville de Vic pour avoir diffusé chaque jour jusqu’au 11 septembre un message via les haut-parleurs municipaux réclamant la liberté des prisonniers politiques. Le procureur étudie s’il peut s’agir d’un délit et s’il peut être considéré comme un détournement de fonds publics (18 des 21 conseillers municipaux de Vic sont indépendantistes). De leur côté, 400 avocats catalans ont demandé la protection pour Gonzalo Boye, l’avocat de Puigdemont devant le refus du barreau espagnol d’assurer sa protection devant les menaces dont il est l’objet.

Écrire aux prisonniers pour leur 11ème mois de détention provisoire

En ce qui concerne la campagne de soutien aux prisonniers politiques, l’ANC, Assemblea nacional catalana et Òmnium Cultural lancent un appel pour écrire aux prisonniers qui totalisent ces jours-ci 11 mois de détention (les présidents respectifs des associations, Jordi Sanchez et Jordi Cuixart) en organisant des ateliers d’écriture.

Les courriers peuvent aussi être envoyés via le site https://catalansalmon.com/campanyes/llibertat/.

Alà Baylac Ferrer 17 septembre 2018

http://lepeuplebreton.bzh/

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14 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

debout? (npa + rp + le monde)

aufstehen

Aufstehen, un premier pas dans la mauvaise direction

Le mouvement «Aufstehen» en Allemagne: Debout… pour quoi faire ?

Le 4 septembre, Sahra Wagenknecht, co-présidente du groupe parlementaire de Die Linke au Bundestag (la chambre des députéEs), a présenté à la presse le nouveau mouvement Aufstehen / Debout , qu’elle a initié avec son mari Oskar Lafontaine. 

En présentant ce « mouvement », Wagenknecht était accompagnée d’un membre des Grünen (les Verts), d’une membre du SPD et d’un conseiller, représentant 40 personnalités très connues. L’objectif était ainsi de présenter Aufstehen comme un mouvement qui serait en mesure de dépasser les limites des partis existants, et de réunir la gauche.

Un « mouvement » autoproclamé 

La réalité est beaucoup plus prosaïque. Aufstehen n’est pas à même de jouer un rôle dans les luttes et encore moins dans la clarification et le développement des positions de la gauche, même réformiste.

Même si plus de 100 000 intéresséEs se sont inscrits sur la plateforme internet, le mouvement est en réalité autoproclamé.

Wagenknecht est inspirée par La France insoumise et n’a pas proposé son projet dans Die Linke, mais l’a préparé d’une façon quasi clandestine avec un petit cercle de fidèles (Team Sahra). De cette façon, Wagenknecht détermine et contrôle absolument tout dans ce projet qui est à 100 % « top-down » :

Il n’y a pas de comités préparatoires qui pourraient élaborer quoi que ce soit, et le mouvement n’est en aucune façon un rassemblement des forces qui sont actives dans les divers mouve-ments réels tel que  Aufstehen gegen Rassismus / Debout contre le racisme, Seebrücke/ Embarcadère  mouvement qui lutte pour le sauvetage des réfugiés en Méditerranée, les mouvements antimilitaristes Abrüsten Jetzt et Rüstungsexport Stoppen, les comités de soutien aux luttes syndicales, contre les loyers exorbitants, etc.

Après les émeutes racistes à Chemnitz, nombre d’initiatives ont été prises, et nombre d’intellectuels se sont engagés dans les mobilisations antiracistes, ce qui a permis un concert de solidarité avec plus de 65 000 personnes dans les rues de Chemnitz. Cela a démontré la force toujours importante et peut-être grandissante du mouvement antiraciste. Mais aucune personne de Aufstehen n’avait appelé à participer, et aucunE des protagonistes du prétendu mouvement de Rassemblement n’y était présent.

Un programme plus qu’ambigu

Wagenknecht, très médiatisée, explique clairement son objectif : elle veut récupérer les électeurEs qui souffrent d’un sentiment d’abandon. L’AfD (le parti populiste de droite avec une forte aile d’extrême droite) est forte, parce que « les gens se sentent défavorisés » et parce « nous ne leur parlons plus », dit-elle. Donc pour contrer l’AfD, elle veut capter les voix des «déçus» en défendant les services publics, en taxant les riches et en tenant… un discours anti-migrants qui va sur le même terrain que l’AfD.

Un des éléments centraux du profil d’Aufstehen est son programme anti-migrants

Totalement contradictoire avec une riposte progressiste au drame des réfugiéEs qui est, depuis 2015, la question-clé d’une politique non seulement humanitaire mais répondant aux intérêts des travailleurEs. Pour Wagenknecht (comme pour les partis bourgeois), l’immigration est un « problème », et il faut donc limiter le nombre des migrantEs qui sont autorisés à entrer en Allemagne, prétendant que « nos capacités sont limitées ».

Pour Wagenknecht, ce n’est pas le capitalisme qui est le problème mais ce sont les réfugiéEs

Même si elle ajoute qu’il faut combattre les raisons de la fuite des migrantEs de leur pays. Elle s’est adaptée aux « populistes » de droite et, ce faisant, leur a donné gain de cause. Aufstehen est avant tout un événement médiatique, malgré les 110 000 inscritEs. Ces dernierEs espèrent, comme Wagenknecht et Lafontaine, qu’un nouveau mouvement de gauche en coalition avec le SPD et les Verts pourra remplacer le gouvernement CDU-CSU-SPD.

En fin de compte, ce « mouvement » n’a d’autre raison d’être que de préparer la fondation d’un nouveau parti pour les élections en 2021. 

Avec son programme extrêmement opportuniste, flirtant avec la droite et avec le soutien de l’aile droite de Die Linke, cette manœuvre risque de discréditer Die Linke, déjà très compromis par sa participation aux gouvernements de trois Bundesländer (États fédéraux), dont Berlin, en y mettant en œuvre une politique néolibérale.

Jakob Schäfer, membre de l’ISO (Organisation socialiste internationale)

Vendredi 14 septembre 2018

https://npa2009.org/

Lire aussi:

L’accueil des réfugiés, cette question qui met l’Europe (forteresse) en crise (Révolution Permanente)

Mélenchon désavoue son porte-parole, et ses propos sur l’immigration (Le Monde)

Asile et migrations: lettre à un ami du PTB (Le Vif.be)

France Insoumise: une crise à la croisée des chemins bruns (Anti-K)

Ian Brossat répond aux Insoumis : Je suis affligé de voir certains flancher sur la question de l’immigration (JDD)

Entre Insoumis et communistes, les querelles sur l’immigration s’invitent à la Fête de l’Huma (JDD)

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13 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

jeux dangereux (politis)

Bretagnen Antifasciste

Jeux dangereux

Nous devrions être vaccinés contre cette mortelle illusion qui consiste à emprunter tout ou partie du discours de l’extrême droite pour la combattre.

On a beau se dire que ces gens sont ultra minoritaires et que c’est pire en Grèce avec Aube dorée ; on a beau se répéter que l’Allemagne en 2018, ce n’est pas ça, on n’échappe pas aux douloureuses résonances de l’histoire. Ces vociférations néo-nazies dans les rues de villes allemandes font un bruit assourdissant. Comment en est-on arrivé là dans un pays qui a pour-tant accompli mieux que la France ce qu’on appelle, avec parfois une certaine emphase, un « devoir de mémoire » ? La vraie question n’est pas de l’existence de ces groupuscules, qui n’ont jamais disparu, mais de leur arrogance aujourd’hui publique.

À Köthen, comme à Chemnitz, ils se sont livrés à ce qui ressemble à des débuts de pogroms, appliquant cette « loi » effroyable du bouc émissaire quand toute une population est tenue pour responsable du crime d’un seul. Des migrants ont été traqués et frappés en raison de leur apparence. Pour trouver une explication, ce n’est pas tant le passé qu’il faut interroger que l’état actuel d’une Europe désespérante d’inégalités. Si ces gens osent aujourd’hui passer à l’acte et invoquer les mânes d’Hitler, c’est aussi que s’est formée à partir de cet embryon de folie une chaîne de complaisances, et de complicités, jusqu’aux plus hauts sommets de l’État. Un continuum qui va du mouvement d’extrême droite AfD, les amis de Madame Le Pen, jusqu’au ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, lui-même.

Certes, ce dirigeant de la CSU, pièce maîtresse de la coalition d’Angela Merkel, n’est pas un néo-nazi, mais en approuvant les manifestations, il légitime ces mouvements.

En affirmant que « l’immigration est la mère de tous les problèmes », il prétend hypocritement « contenir » la percée de l’AfD. En vérité, il espère transférer les peurs et les frustrations socia-les sur le terrain de la xénophobie, et dissimuler les causes profondes du malaise : le chômage et la détresse sociale. Ce n’est plus le résultat de la politique de la coalition dont il est un pilier, mais la faute des migrants. Mais laissons là Seehofer.

Car l’idée selon laquelle il faudrait aller sur les thématiques de l’extrême droite pour « contenir » ses avancées se répand, hélas, jusqu’à la gauche radicale.

Avec d’autres motivations, bien sûr, c’est le calcul inquiétant de l’une des figures de proue de Die Linke, Sahra Wagenknecht, qui vient de fonder un mouvement antimigrants en dénonçant « la bonne conscience » de la gauche.

En France, l’étrange conseiller de Jean-Luc Mélenchon, Djordje Kuzmanovic, a défendu sur le site de L’Obs une thèse similaire, en tentant, gauche oblige, de la couvrir d’un vernis «marxiste». Il a d’ailleurs reçu, et sans doute mérité, l’hommage de Valeurs actuelles. Pour lui, l’immigration massive répondrait aux vœux d’un patronat avide de posséder une main-d’œuvre à vil prix. Mélenchon lui-même s’était hasardé quelques jours auparavant dans cette voie qui relève de la vulgate marxiste. On ne sache pas que le Medef, et ses amis politiques, Macron et Wauquiez, soient d’ardents partisans de l’immigration… Pas davantage qu’avant eux Manuel Valls ou François Fillon.

Ce sont aujourd’hui les délocalisations

Et la sous-traitance dans les pays à faible niveau social qui permettent aux patrons d’exacerber la concurrence aux dépens des travailleurs français. Mais, à ce débat, l’historien Roger Martelli a apporté une réponse convaincante, remplaçant la vulgate marxiste par le marxisme lui-même. Plus largement, la question qui transparaît ici est celle de la stratégie électorale. Ce sont des jeux dangereux. Nous devrions être vaccinés contre cette mortelle illusion qui consiste à emprunter tout ou partie du discours de l’extrême droite pour la combattre. C’est au contraire un terrible facteur de confusion et de désarroi. Tenir le discours de l’adversaire pour capter son électorat, on connaît. C’est ce même raisonnement qui a conduit la social-démocratie, au nom du réalisme, à reprendre à son compte les dogmes budgétaires de la droite.

Dans son dernier ouvrage, Pierre Rosanvallon tire un juste et sévère bilan de ce froid « réalisme » (lire l’article d’Olivier Doubre, ici). La gauche a opéré le tournant de l’orthodoxie budgétaire en 1982-83 pour convaincre la droite qu’elle savait « gérer » aussi bien qu’elle. En 1997, elle a pris le tournant sécuritaire avec le même alibi. C’est ainsi que de petits pas en petits pas, elle a laissé son âme. Nous avons encore, à gauche, quelques mouvements qui ont une âme. Elle est précieuse. Sauvons-là !

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13 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

russie retraites (courrier international + amnesty)

russe

Camarades russes

Russie. Dans les petites villes où l’on meurt jeune, la réforme des retraites est dramatique

Avec la réforme du système des retraites, Moscou a ouvert un chantier très impopulaire. Reportage dans une petite ville du sud de l’Oural.

Verkhni Oufaleï est une ville mono-industrielle [ 28 000 habitants, dans la région de Tchelia-binsk, au sud de l’Oural], où le dernier site de production de nickel s’est arrêté en 2015. Ici, comme dans beaucoup de petites villes, la réforme des retraites passe mal. Impossible pour les ouvriers de plus de 50 ans de trouver du travail. C’est déjà une gageure de survivre jusqu’à la retraite.

“Chez nous, ceux qui atteignent 65 ans sont rares. Les gens meurent un ou deux ans après la retraite, explique le député communiste Khalil Mingaliev. Selon moi, il faudrait au contraire abaisser l’âge du départ à la retraite.” Khalil Mingaliev récolte des signatures pour la lettre ouverte du Parti Communiste contre la réforme des retraites et pour la démission du gouvernement.

Les jeunes fuient la ville

Les gens le soutiennent. Outre le site de production de nickel, la ville comptait plusieurs dizaines d’usines, mais elles sont toutes soit fermées, soit moribondes. À l’usine Uralelement, par exemple, les ouvriers attendent les commandes : s’il y a du travail, ils y vont, le reste du temps ils restent à la maison.

“Chez nous, les gens ne peuvent compter que sur la retraite et n’ont pas d’autres revenus. Les jeunes fuient la ville. On vient me voir pour me demander quand aura lieu la manifestation. Des inconnus m’abordent en disant : ‘Nous sommes prêts à signer la lettre et à participer au  réfé-rendum.’ La tension ne cesse de monter, et le maire a peur que la manifestation dérape. Il nous demande si nous saurons les ‘contenir’.”

Les communistes de Verkhni Oufaleï projetaient de se joindre à la manifestation nationale organisée par le PC le 27 juillet, mais la municipalité ne leur a pas délivré d’autorisation. Dans les petites villes, les choses ne se passent pas exactement comme dans les grandes. Khalil Mingaliev affirme que personne ne soutient cette réforme. Il est persuadé que le maire lui-même est contre, mais qu’il ne peut pas le dire. (Le reste est payant)

Vitali Leïbine  13/09/2018
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Lire aussi:
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13 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

suède (à l’encontre)

sweden

Jeunes du Parti de Gauche

Suède. Deux revers d’importance

Le résultat des élections législatives suédoises du 9 septembre 2018 confirme une tendance européenne générale: un populisme de droite en hausse et une social-démocratie affaiblie.

L’image traditionnelle de la Suède en tant que patrie d’un Etat-providence social-démocrate progressiste s’est estompée depuis plusieurs décennies. Au moins depuis les crises profondes de l’économie suédoise au début des années 1990, le parti social-démocrate [1] a accepté les grandes lignes d’une politique économique néolibérale incluant des dérégulations et des privatisations du secteur public.

Dans le même temps, l’organisation du parti, autrefois si impressionnante, a été fortement affaiblie.

Le SAP a perdu 2/3 de ses membres au cours des deux dernières décennies et la Confédé-ration syndicale des ouvriers (LO), étroitement affiliée au parti, a vu ses effectifs réduits de ¼ au cours des dix dernières années. Le parti, qui, au cours de 85 ans, n’avait été absent du pouvoir que durant neuf ans, a perdu le pouvoir au profit d’un gouvernement de droite en 2006. Au cours des huit années qui ont suivi, ce gouvernement de droite a accéléré le démantèlement du secteur public en multipliant les privatisations et les réductions d’impôt.

Lorsque les sociaux-démocrates sont revenus au pouvoir en 2014, ils l’ont fait à partir d’une position extrêmement affaiblie.

Le parti, qui remporta pendant longtemps environ 45% des voix, vient alors d’atteindre le seuil de 31%. Au pouvoir avec son parti allié, le Parti Vert [qui obtint 6,89% des suffrages] et avec le soutien parlementaire du Parti de gauche [qui rassembla 5,72% des voix], le gouvernement était encore minoritaire. Et il n’avait ni l’ambition ni le pouvoir de changer fondamentalement la politique du gouvernement sortant.

Le résultat le plus spectaculaire des élections de 2014 a été la montée des Démocrates de Suède, les populistes de droite.

Ils ont réussi à plus que doubler leurs voix, en atteignant 12,86% [par rapport aux 5,7% de 2010], ce qui impliquait qu’aucun des blocs politiques traditionnels n’a été en mesure de former une majorité.

• Contrairement à ses partis jumeaux au Danemark [Dansk Folkeparti – Parti populaire danois] et en Norvège [Parti du Progrès], le parti des Démocrates de Suède plonge ses racines dans des organisations ouvertement racistes et pro-nazies. Depuis la fin des années 1990, une nouvelle génération de jeunes dirigeants a réussi à mettre sur pied une organisation partisane efficace, à partir de quelques bastions locaux dans le sud de la Suède. La xénophobie et l’orientation anti-immigration furent la principale plate-forme idéologique du parti et la principale raison pour laquelle il a pu gagner des électeurs.

Avec une influence parlementaire croissante, ce parti s’est efforcé de minimiser sa rhétorique la plus ouvertement raciste, expulsant même certains de ses représentants les plus zélés. Récemment, le parti a aussi essayé de mettre l’accent sur ses traits nationaux-conservateurs, s’approchant de courants similaires en Pologne et en Hongrie. Leur politique économique et sociale est proche de celle du parti conservateur [qui porte le nom de Modérés].

Pendant longtemps, il y a eu un accord de facto entre les partis traditionnels au parlement afin d’essayer d’isoler les Démocrates de Suède et de s’abstenir de négocier avec eux. C’est la raison pour laquelle les partis de droite ont accepté la coalition rouge-verte en 2014.

• L’énorme vague de réfugié·e·s en 2014 et 2015 – respectivement 80 000 et 160 000 sont arrivés en Suède – a changé la situation politique presque en une nuit. Jusqu’en octobre 2015, il y avait un large consensus sur le fait que les Suédois étaient prêts à «ouvrir leur cœur», pour citer l’ancien chef du parti conservateur Fredrik Reinfeldt.

Au départ, seuls les Démocrates de Suède ont critiqué l’immigration massive.

Lorsque le parti a commencé à se développer et que les lacunes dans l’organisation de l’accueil des réfugié·e·s sont devenues évidentes, la plupart des principaux partis, y compris la social-démocratie, ont accepté de mettre un point d’arrêt à cette pratique et d’adapter la politi-que suédoise d’immigration aux critères minimums de l’UE. Ce changement n’était pas seule-ment une adaptation formelle, il s’accompagnait d’une montée des sentiments anti-immigrés, d’une agitation anti-musulmane et d’exigences pour une législation plus sévère dirigée contre ce qui était prétendu être des crimes liés aux immigrants, y compris de la part des partis traditionnels, dont les sociaux-démocrates au gouvernement.

Il est évident que l’une des raisons de cette évolution réside dans la manière dont ont réagi les sociaux-démocrates et les conservateurs face aux Démo-crates de Suède.

Comme on pouvait s’y attendre de l’expérience d’autres pays, leur revirement de tactique n’a pas fonctionné. Les Démocrates de Suède ont continué à se développer aux dépens de ces deux partis, en particulier.

• Le résultat de l’élection de septembre 2018 confirme cette conclusion.

Les sociaux-démocrates sont tombés à 28,4% [moins 2,8%], leur résultat le plus bas depuis leur victoire électorale obtenue en 1921 [avec 36,2% des suffrages]. Les conservateurs [Modérés] ont perdu encore plus, soit 3,5%. Et les Démocrates de Suède ont gagné près de 5%, atteignant les 17,5%.

Un autre résultat intéressant de ces élections réside dans le résultat obtenu par le Parti de gauche qui a gagné 2,2% pour obtenir 7,9%.

Ce parti a fait une bonne campagne et a réussi à mobiliser un nombre impressionnant de jeunes. Les Verts, en revanche, ont payé un lourd tribut pour leur coalition avec les sociaux-démocrates. Ils ont perdu un tiers de leurs voix par rapport à 2014. Ils étaient proches, avec 4,3%, de ne pas atteindre le quorum fixé à 4% pour disposer d’une représentation parlementaire.

Cette tendance a été encore plus forte dans les grandes villes; les élections nationales régionales et locales ont lieu en même temps en Suède. Avant les élections, l’alliance rouge-verte détenait la majorité à Stockholm, Göteborg et Malmö. Les gains du Parti de Gauche n’ont pas pu compenser les grosses pertes des Verts.

Même si les Démocrates de Suède sont nettement plus faibles à Stockholm et à Göteborg en particulier – avec seulement 8% des voix – ils peuvent empêcher une majorité du bloc de gauche et du bloc de droite.  Dans une perspective européenne, le résultat des élections n’est peut-être pas étonnant. La Suède s’adapte à une tendance internationale.

• Cependant, dans le contexte suédois, il s’agit d’une situation nouvelle et le résultat est un sérieux revers à plusieurs égards.

Deux d’entre eux méritent d’être mentionnés ici. Le premier réside dans la menace d’une réelle influence des Démocrates de Suède sur la politique quotidienne du gouvernement. Il y a actuellement une impasse entre les deux blocs politiques traditionnels et les Démocrates de Suède pourraient décider de qui sera le prochain Premier ministre.

La ligne de démarcation qui existait jusqu’à présent entre les partis politiques traditionnels et le populisme xénophobe de droite extrême n’existe plus. Il est évident que les conservateurs sont prêts à entamer des négociations formelles ou informelles avec les Démocrates de Suède afin de pouvoir former un gouvernement de droite. L’expérience danoise démontre à quel point les conséquences peuvent être désastreuses dès lors que de telles formations peuvent fixer l’agenda politique.

Le second est lié à la gauche et à la classe ouvrière.

Il est vrai que le Parti de gauche – les anciens communistes (PC) – a obtenu des gains substantiels – de 5,7 à 7,9% – et surtout a pu mener une campagne électorale étonnante auprès des jeunes. Cependant, la gauche n’a jamais été aussi faible qu’aujourd’hui, en réunis-sant 35% environ de l’électorat. Et la majorité de la classe ouvrière ne vote plus à gauche. Il y a 30 ans, 80% de la classe ouvrière votaient pour les sociaux-démocrates (et 10% pour les communistes). En 2014, 50% des membres de LO ont encore voté pour les sociaux-démo-crates. En 2018, seuls 37% d’entre eux ont voté ces derniers (et 10% pour le Parti de gauche).

Il est évident que la principale raison pour laquelle les sociaux-démocrates ont perdu leur forte position au sein de la classe ouvrière est qu’ils ont abdiqué face à ce qui était autrefois leur principale force: la défense d’un Etat-providence fondé sur l’égalité et la solidarité.

Rien n’indique qu’ils ont tiré un enseignement quelconque de cette leçon.

La principale ambition de la direction du parti pour résoudre la conjoncture politique présente est d’essayer de former une coalition avec les partis bourgeois, ce qui supposerait un nouvel affaiblissement de l’Etat-providence et des attaques renouvelées contre les droits de la classe ouvrière. (Article reçu de l’auteur le 12 septembre 2018; traduction A l’Encontre)

Kjell Östberg est professeur d’histoire contemporaine à l’Université Södertörn, à Stockholm. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur la vie sociale et le mouvement ouvrier en Suède, entre autres deux ouvrages consacrés à Olof Palme dont on pourrait traduire le titre ainsi, pour le premier: En syntonie avec son temps: Olof Palme (1927-1969),  et pour le deuxième: Quand le vent a tourné: Olof Palme (1969-1986), publiés par les éditions Léopard förlag, en 2008 et en 2010

[1] Parti socialdémocrate suédois des travailleurs; en suédois: Sveriges Socialdemokratiska Arbetareparti, SAP.

12 septembre  2018 Kjell Östberg

http://alencontre.org/

Lire aussi:

Suède : l’échec de la social-démocratie et l’absence d’alternative sont responsables de la montée de l’extrême-droite (Tendance Claire)

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12 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

corbyn (npa + orient 21 + afrique-asie)

swp

Grande-Bretagne : des nouvelles de la guerre anti-Corbyn

Au cours des derniers mois, l’intense guerre menée contre la direction de gauche du Parti travailliste depuis trois ans s’est portée sur le front de l’antisémitisme, que Corbyn est désormais censé avoir déchaîné dans la société britannique tout entière.

Les trois journaux juifs britanniques (The Jewish Chronicle, Jewish News et le Jewish Telegraph) ont notamment publié un éditorial commun annonçant qu’un gouvernement conduit par Corbyn représenterait rien moins qu’« une menace existentielle pour les juifs de Grande-Bretagne », dès lors que les condamnations de la politique de l’État d’Israël devaient invaria-blement signifier une hostilité congénitale envers les juifs.

La folie de ce genre d’imputation n’est pas nouvelle

Elle prend le risque considérable de traiter avec un opportunisme et une légèreté coupables l’horreur des persécutions et de l’extermination nazies. Elle s’aggrave en outre de l’amalgame chronique qui voudrait rendre tous les juifs, où qu’ils se trouvent, comptables de facto d’une politique israélienne annexionniste sous protection trumpiste.

Pression et chantage

La récente séquence, lancée courant mars 2018, a conduit à la focalisation sur l’adoption, dans le règlement intérieur du Labour britannique, d’une définition de l’antisémitisme formulée dans un document de travail de l’IHRA: Alliance internationale pour la mémoire de l’holocauste.

La droite du parti travailliste en exigeait l’adoption dans son intégralité, et donc à l’inclusion des exemples de manifestation d’antisémitisme que constituerait la critique de la politique israélien-ne et du projet sioniste, pourtant si controversés à l’heure de la « loi sur l’État nation du peuple juif », des annexions et des massacres sur les populations gazaouies, entre autres.

Après des semaines de pression et de chantage d’une virulence exceptionnelle, appuyés sur des spéculations sémantiques toujours plus fébriles sur tel segment de phrase, tel tweet ou photographie (le corpus est décidément maigre), le comité exécutif national du parti, pourtant majoritairement pro-Corbyn, a finalement adopté la définition de l’IHRA dans son entièreté le 4 septembre.

Le fond de l’affaire est simple 

La possibilité, maintenant bien réelle, qu’une des premières puissances au monde voie arriver au pouvoir un défenseur historique de la campagne BDS, est un cauchemar pour le pouvoir israélien et ses divers soutiens et alliés. Contrairement à ce que rapporte une partie de la presse française depuis quelques jours, ce n’est pas une controverse sur l’antisémitisme qui se serait emparé du Labour : c’est, tout à fait à l’inverse, une petite fraction du labour parlemen-taire inconditionnellement pro-sioniste, est prise de panique depuis que les sondages (mi-juillet) donnent quatre à cinq points d’avance au Labour de Corbyn sur les conservateurs. L’angoisse profonde n’est plus de perdre les élections, mais bien de les gagner !

Norme réactionnaire et xénophobe

La campagne diffamatoire de proportion industrielle contre la gauche travailliste (avec la collaboration très active de la BBC et du Guardian) est elle-même le symptôme d’une norme réactionnaire et xénophobe en formation à échelle européenne, dont l’extrême droite pro-israélienne offre le terrain de convergence consensuelle aujourd’hui : la communion générale dans l’islamophobie et contre tout ce qui pourrait contrarier cette belle unité, à commencer par tous les juifs qui refusent l’injonction à soutenir la politique israélienne.

Pour une note plus positive, la virulence de l’assaut anti-Corbyn reste aussi un aveu d’impuis-sance face à l’audience de masse de la gauche en Grande-Bretagne. Nous pouvons (et devons) longuement débattre sur ce qu’incarne, en fin de compte, Corbyn.

Il demeure, cependant, qu’en ce qui concerne ses adversaires, les choses paraissent claires depuis le début : Corbyn est le nom d’une menace grave à noyer d’urgence dans un vacarme d’effrois et d’indignations fabriquées.

Thierry Labica

Créé le Mercredi 12 septembre 2018

Lire aussi:

Royaume-Uni. Jeremy Corbyn, un homme à abattre Le leader du Parti travailliste est-il antisémite ? (Orient 21)

Jeremy Corbyn, l’homme à abattre (Afrique Asie)

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