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20 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

andorre (nueva tribuna)

andorre

Le roman « El Andorrano » menacé de saisie en Andorre et en Espagne

Quelqu’un demande l’interdiction du roman « L’Andorran » qui raconte comment certains contrebandiers andorrans sont devenus millionnaires en assassinant et volant les gens qui fuyaient les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale

Nous avons appris qu’un cabinet d’avocats de Barcelone a été chargé de demander le retrait, menaçant d’interdiction en cas de refus, du livre publié récemment par l’écrivain et journaliste Joaquín Abad. C’est par un un fax que l’éditeur du roman de fiction, le Groupe Cibeles, a été convoqué à une réunion de conciliation.

On n’a pas encore pu en acheter en librairie, il n’est disponible que sur Amazon. Les avocats prétendent agir au nom de personnes qui se sont senties visées à lire le livre et qui demandent le retrait de la vente sur Internet du roman qui rend nerveuses quelques personnalités andorranes. La plainte étant déposée en Espagne, on ne sait pas si elle peut être exécutée en Andorre, ni quelle est clairement la portée de l’interdiction demandée.

L’auteur insiste dans une interview publiée dans le journal andorran « Bondia » qu’il a écrit un roman de fiction, mais que logiquement les noms et les lieux étant Andorrans, certaines personnes d’une certaine importance dans le petit pays pyrénéen se sont ressentis visées par les similitudes avec leur vie et leur histoires personnelles.

Le roman sur la circulation des personnes et des biens pendant la guerre civile espagnole et la Seconde Guerre mondiale à travers les neiges et les sentiers difficiles, est basé sur des faits historiques, des informations prouvées et des recherches menées par les proches de certains disparus. Plus précisément le cas d’un bijoutier juif de Paris, Schroedel, est rapporté dans le roman de façon détaillée.

Le livre commence par une phrase du fondateur du journal sensationnaliste « El Caso » en 1952, journal duquel Joaquín Abad était devenu directeur: « Toutes les grandes fortunes ont une origi-ne délinquante, voire criminelle. » En attendant, le livre en est à sa troisième édition et continuer de se vendre. Ceux qui l’attaquent ne vont que lui donner une plus large diffusion. Il y a une autre affaire récente dans ce pays avec la tentative avortée d’interdire le roman « Farina » (qui traite du trafic de cocaïne en Galice Note du Blog).

newtribuna.es 19 juillet 2018

https://www.nuevatribuna.es/

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19 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

barrages (reporterre)

pipeau

La privatisation des barrages menace la gestion de l’eau

Le 30 mai dernier, Marie-Noëlle Battistel, députée (PS) de l’Isère, présentait devant la commis-sion des Affaires économiques les conclusions du groupe de travail sur les concessions hydro-électriques. La rapporteuse s’alarme notamment de la possible mise en concurrence des 662 barrages qui représentent 10 % à 12 % de la production d’électricité en France.

Le 22 décembre 2015, l’Union européenne a adressé à la France une mise en demeure de favoriser la concurrence, dénonçant « la position dominante d’EDF ».

Dans une note datée du 22 janvier 2018, dévoilée dans la presse, le gouvernement semble aller dans ce sens en proposant l’ouverture à la concurrence de plusieurs lots de 3 à 5 con-cessions. 150 concessions hydrauliques arrivent en effet à échéance en 2023, dont les infra-structures nécessitent, pour la plupart, d’être rénovées. Si cette proposition se confirme, elle pourrait mettre à mal les objectifs de la loi de transition énergétique promulguée le 18 août 2015.

Un levier essentiel du développement des énergies renouvelables

Les grands ouvrages hydrauliques sont aujourd’hui l’un des seuls moyens de produire une énergie renouvelable fiable, efficace et rentable. Par le biais des stations de transfert d’énergie par pompage [1], l’énergie hydraulique est devenue stockable et on peut désormais la mobiliser en fonction des pics de consommation.

Représentant plus des deux tiers de la production d’électricité renouvelable en France, l’énergie hydraulique est un levier essentiel pour porter, comme inscrit dans la loi de transition énergétique, les énergies renouvelables à 32 % de la consommation finale brute d’énergie contre seulement 18,4 % en 2017.

Cependant, comme le souligne Marie-Noëlle Battistel, « la gestion des conces-sions ne doit pas être abordée sous le seul angle de la production d’énergie ».

Les barrages tiennent en effet un rôle structurant dans la gestion de la ressource en eau. Ils sont des instruments de régulation de la ressource pour l’irrigation agricole ou encore l’eau potable.

On oublie bien souvent que les barrages stockent 75 % des réserves d’eau douce de surface en France.

Les concessionnaires doivent impérativement prendre en compte les contraintes de l’amont et de l’aval des centrales également pour les enjeux touristiques. Au barrage de Serre-Ponçon, dans les Hautes-Alpes, par exemple, EDF et les collectivités territoriales sont en contact per-manent pour définir des niveaux d’eau satisfaisants tout à la fois pour les besoins de turbinage et pour les diverses pratiques nautiques. Les barrages jouent également un rôle fondamental dans la sécurité des populations en aval, en régulant les crues, en évitant les inondations et sont notamment en lien avec Météo France. À ce jour, toutes ces prérogatives incombent pour plus des deux tiers à un seul opérateur, qui n’est autre qu’EDF, détenu par l’État à plus de 80 %. Et c’est là où le bât blesse pour l’Union européenne.

Acteur historique, EDF est reconnue pour son expertise et son travail avec les collectivités pour préserver l’intérêt général. La mise en concurrence ouvrirait la porte à de nouveaux exploitants n’ayant pas la même connaissance du parc hydraulique français.

« Un risque pour la souveraineté énergétique et la maîtrise de la production » 

En fragmentant le réseau, il existe un risque de « désoptimisation » des chaînes de production hydraulique existantes. Disposées au gré des rivières et des fleuves, les centrales composent de véritables vallées hydrauliques en interface avec les collectivités territoriales pour la gestion du débit et des sédiments. Ouvrir à la concurrence les barrages imposerait d’écrire des cahiers des charges, prévoyant les usages futurs de la ressource en eau dans un contexte de change-ments climatiques.

Or cet exercice semble difficile.

Par ailleurs, pour s’assurer que les contrats de concession seront bien respectés, les pouvoirs publics devront se doter d’un outil de contrôle inexistant à ce jour. L’enjeu est de taille : assurer une qualité de service équivalente à celle des exploitants historiques, garantir la sûreté des barrages et prévenir les risques naturels.

L’autre pierre d’achoppement est la question de l’ouverture des marchés.

Comme le martèle Marie-Noëlle Battistel, « Elle introduit un risque pour la souveraineté énergétique et la maîtrise de la production ». Si des entreprises étrangères venaient à exploiter les grands ouvrages hydrauliques français, l’État pourrait ne plus être en mesure de garantir l’indépendance énergétique du pays.

La mise en concurrence ne pourrait-elle pas pourtant permettre de réduire les coûts de l’électricité ? Rien n’est moins sûr.

« Le consommateur, pour sa part, ne souffre en aucune manière de l’absence de concurren-ce. » Pour Marie-Noëlle Battistel, « la situation actuelle permet à l’usager français de bénéficier de tarifs acceptables et parfois plus accessibles que dans les pays ouverts à la concurrence ». Il faut admettre que les Français sont plutôt bien lotis au regard de leurs voisins européens et en particulier allemands, qui ont payé en moyenne, sur l’année 2017, deux fois plus cher leur électricité ! À ce jour, aucune étude n’a été menée pour prouver les effets potentiellement positifs sur les tarifs d’une mise en concurrence des barrages.

Le gouvernement semble donc avancer à l’aveuglette pour répondre à une exigence de la commission qui tiendrait davantage du dogme économique que d’une décision raisonnée. Espérons que cette tentative ne sera pas la goutte d’eau qui fera déborder le vase.

Sous l’impulsion de l’Union européenne, le gouvernement français prépare la mise en concur-rence des concessions des barrages hydroélectriques. Ce projet inquiète l’auteur de cette tribune, qui rappelle le rôle joué par les barrages dans la régulation des eaux, dans la transition énergétique et dans l’indépendance du pays. Nathan Méténier est étudiant à Sciences Po Grenoble.

17 juillet 2018 / Nathan Méténier

https://reporterre.net/

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18 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

brexit (npa)

darth v

Grande-Bretagne : La « crise du Brexit » s’approfondit

Si Theresa May espérait que la visite de Donald Trump lui donnerait un répit dans le cadre de la crise du Brexit, cela n’a pas été le cas. Bien au contraire. La crise dans le Parti conservateur s’approfondit depuis le résultat surprise du référendum de 2017 (52 % pour le Brexit et 48 % contre).

Depuis, les partisans d’un Brexit « dur » (Boris Johnson, David Davis, William Rees-Mogg), c’est-à-dire sans accord du tout avec l’Union européenne, se sont retrouvés en position de force.

Mais un Brexit dur effraye l’industrie et la finance britanniques : près de 40 % du commerce se fait vers l’UE. Un Brexit dur réintroduirait en outre une frontière physique en Irlande, ce qui créerait une crise politique de plus.

Impossible équilibre 

En annonçant qu’elle respecterait la décision du référendum, Theresa May doit tenir un impossible équilibre : sortir de l’UE, mais avec des accords commerciaux pour satisfaire les besoins de l’industrie britannique. Pour la droite des Tories, qui sont pour le Brexit dur, tout accord commercial avec l’UE implique être dans la zone douanière et être soumis a la juridic-tion de la Cour européenne de justice, ce qui leur est tout a fait inacceptable.

Après une réunion de crise tenue le 6 juillet, David Davis, ministre pour le Brexit, a démission-né, suivi 24 heures plus tard par Boris Johnson, ministre des Affaires étrangères. Ils accusent Theresa May de proposer un Brexit « soft », c’est-à-dire de rester d’une manière détournée dans l’UE. Dès le 5 juillet, Trump avait jeté de l’huile sur le feu avec une interview dans le Sun, dans laquelle il assure qu’il n’y aura pas d’accord commercial avec le Royaume-Uni en cas de Brexit « soft », et que Boris Johnson ferait un très bon Premier ministre !

Trump encourage ainsi la droite des Tories, ainsi que l’extrême droite du Brexit, a monter au créneau

Pour forcer Theresa May à abandonner un Brexit soft et poursuivre un Brexit dur. Mais tout accord de Brexit, dur ou soft, devrait être soumis a un vote du Parlement, ce que May veut éviter, et aussi à un vote populaire. Il est clair que la crise des Tories s’approfondit de jour en jour et que May pourrait perdre un vote de confiance dans le Parlement et déclencher des élections générales anticipées.

Une fracture profonde

La visite de Trump a montré la profondeur de la fracture dans le pays. Vendredi 13 juillet, 250 000 personnes ont manifesté dans les rues de Londres contre sa visite. Les manifestantEs protestaient contre sa politique raciste et nationaliste, c’est-à-dire la même politique qui anime la droite des Tories et ceux qui veulent un Brexit dur.

La manifestantEs ont écouté Jeremy Corbyn, qui a déclaré vouloir un monde qui n’est pas divisé par le racisme, la misogynie et la haine.

Dans la crise du Brexit, Corbyn et le Labour s’opposent à toute solution proposée par les Tories. Ils acceptent le résultat du référendum, mais proposent un Brexit très soft, avec des garanties sur l’emploi et les conditions de travail, et s’opposent à toute dérégulation. Le Labour recule néanmoins sur la liberté de mouvement des citoyens de l’UE. La gauche du Labour s’oppose à ce recul.

Deux ans après, il est clair que le vote pour le Brexit a ouvert la porte à une droite nationaliste, xénophobe et raciste.

Les attaques racistes sont en augmentation, ainsi que les reconduites à la frontière de travail-leurs n’ayant pas les permis corrects. Mais le plus inquiétant est que les néo-nazis sont redes-cendus dans la rue, avec plus de 10 000 manifestants a Londres il y un mois.

Le vote pour le Brexit a aussi ouvert une crise pour la bourgeoisie puisque les Tories ne sont plus un instrument politique fiable qui représente ses intérêts. Dans ce contexte de tourmente politique, la gauche doit s’opposer vigoureusement au Brexit dur des Tories et construire un front commun contre l’austérité, l’extrême droite et le racisme.

Frédéric Leplat Mercredi 18 juillet

https://npa2009.org/

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17 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

barrages (bastamag)

 brouette

Des experts du secteur hydroélectrique appellent à ne pas privatiser les barrages

La mise en concurrence des barrages hydroélectriques français est « dangereuse » et « antinomique de l’intérêt général ».

C’est la conclusion d’un récent rapport du syndicat Sud énergie rédigé à la demande de la députée socialiste Marie-Noëlle Battistel, très impliquée sur le sujet de par l’important nombre de barrages sur sa circonscription, située en Isère.

Présenté à la mi-mai aux députés, ce rapport entend peser sur la possible décision estivale d’en finir définitivement avec la gestion publique des barrages, lors des discussions qui se tiendront dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

Cela fait dix ans déjà que la pression monte sur le sujet, et elle s’est accrue en octobre 2015, lorsque la Commission européenne a mis en demeure la France, considérant que les retards pris dans la mise en œuvre de l’ouverture à la concurrence du secteur hydroélectrique renfor-çaient la position dominante d’EDF. En octobre dernier, le gouvernement d’Édouard Philippe a répondu à l’intersyndicale du secteur, vent debout contre la privatisation des barrages, que l’ouverture à la concurrence restait bien d’actualité.

Un système public totalement amorti

Bâti pour l’essentiel au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le système hydroélectrique français est totalement amorti.

Nolwenn Weiler 17 juillet 2018

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17 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

teresa rodriguez (pùblico)

 teresa-rodriguez

Teresa Rodríguez remporte la primaire de Podemos Andalucía avec 75% des voix et son projet de confluence est renforcé

Isabel Franco, la candidate que la direction de l’Etat a vu « avec sympathie », obtient 22% des voix des plus de 11 000 inscrits qui ont participé à la primaire.

Teresa Rodriguez a gagné les primaires de Podemos Andalousie pour choisir la candidate à la présidence de la Junta de Andalucía (Gouvernement autonome)  avec 75% des voix des plus de 11.000 inscrits qui ont participé au processus. Pour sa part, Isabel Franco, la candidate que la direction de l’Etat a vu « avec sympathie »  a reçu 22% des votants. Une troisième candidate, Leticia García, a obtenu 3%. Ce résultat renforce sans aucun doute les positions de la secré-taire générale face à la direction nationale, afin de faire aboutir son projet d’alliance électorale avec Izquierda Unida et d’autres formations andalouses.

Podemos Andalousie a déclaré dans un communiqué annonçant les résultats: « Le projet politique de confluence de Teresa Rodriguez avec Izquierda Unida, Primavera Andaluza et Andalucista de gauche, a l’ambition d’associer les organisations et les personnes qui veulent un changement pour l’Andalousie, est soutenu majortairement par les militants. Rodriguez se présente comme le meilleur choix pour les militants andalous pour l’emporter l’élection face à Susana Diaz. »

Rodríguez obtient la majorité dans toutes les provinces andalouses.

La déclaration de l’adresse andalouse ajoute: «  D’une part, nous avons utilisé le système de vote Dowdall, garant des minorités et du pluralisme, où aucun des candidatures ne peut occuper plus de 60% de toutes les listes. En outre, pour la première fois les candidats ont été élus sur leur territoire dans leur circonscription provinciale, quelque chose de totalement nouveau à Podemos  » .

16/07/2018 Raúl Bocanegra

http://www.publico.es/

Lire aussi:

Izquierda Unida (Wikipédia)

Adelante Andalucía-Coalition (Wikipédia)

Commentaire: A Podemos les votes ont un côté « plébiscitaire » ou « centralisme démocratique »: le vainqueur ne laisse que des miettes à ses opposants. Le but de cette confluence est d’essayer de battre le PSOE et son leader Susana Diaz.  Teresa Rodriguez est membre d’Anticapitalistas.

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16 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

grève (gauche hebdo.ch)

suisse

«Faire grève, ça change une vie»

Après la révolution d’octobre en Russie, une vague révolutionnaire se propa-ge au niveau mondial, notamment en Allemagne, Hongrie, mais aussi au Mexique et en Chine. En Suisse, une grève générale a lieu du 12 au 14 novem-bre 1918. Qu’a-t-elle représenté pour le mouvement ouvrier suisse?

Alessandro Pelizzari A mon sens, il y a trois leçons à tirer. Premièrement, il faut souligner qu’avant même la Grève générale, le mouvement ouvrier suisse avait pendant très longtemps les mêmes «gènes» et un taux de grèves comparable à celui des autres pays d’Europe. Les revendications principales des travailleurs participaient du programme du mouvement ouvrier européen. Grâce à la Grève générale, celles-ci se sont concrétisées peu à peu, mais avec beaucoup de retard.

Le deuxième élément, c’est la réponse très brutale de la bourgeoisie et du patronat suisses. L’armée est intervenue, il y a eu des morts, et il est clair que ces événements préfigurent la réaction très forte qui a émergé plus tard en Europe, notamment avec le fascisme. La Suisse n’a donc pas fait exception non plus dans ce domaine.

Enfin, le troisième élément pourrait être défini comme une «spécificité» suisse. L’écrasement de la Grève générale s’est accompagné d’une forte intégration du mouvement ouvrier dans les institutions bourgeoises. D’abord avec les syndicats des employés de banque, une des forces principales de la Grève générale, puis avec la conclusion dès 1937 de conventions collectives prévoyant la paix absolue du travail. A partir de là, les syndicats ont posé les armes durant presque un siècle.

Quelle est la différence entre une grève générale et une grève classique?

Une grève générale est une grève politique lors de laquelle le mouvement ouvrier arrête le pays et montre sa force pour faire passer des revendications sociales ou politiques. La bour-geoisie suisse a tout fait pour empêcher que 1918 ne se reproduise. Premièrement, l’inscrip-tion du droit de grève dans la Constitution fédérale date de 2000, ce qui est très tardif en comparaison internationale. Ensuite, sa définition est très restrictive. C’est-à-dire que même les grèves «classiques», en lien avec un conflit du travail, ne sont considérées légales qu’à des conditions très particulières. Ce qui donne au patronat une arme non négligeable puisqu’il peut licencier des grévistes avec effet immédiat. C’est ce qui s’est passé par exemple à Neuchâtel, lors du conflit à l’hôpital de la Providence.

Pourquoi n’y a-t-il plus eu de grève générale en Suisse depuis un siècle?

A mon sens, il faut plutôt se demander pourquoi il y a aussi peu de grèves en Suisse. Je pense que cela est essentiellement dû à trois facteurs. Le premier, je l’ai déjà évoqué. Il s’agit du cadre conventionnel et légal que les syndicats ont accepté à partir des années 1930, qui comprend la paix du travail, et qui génère une peur chez les travailleurs de se retrouver dans l’illégalité.

Le deuxième élément, conséquence directe du premier, c’est qu’en acceptant le principe de la paix du travail, le syndicalisme suisse a substitué la négociation au sein des institutions de l’Etat bourgeois à la construction d’un rapport de force. Ce syndicalisme de «beau temps», qui a fonctionné jusqu’à la crise des années 1970, a pourtant très vite montré ses limites. Durant des décennies, les syndicats sont demeurés complètement incapables de répondre aux défis et aux attaques patronales, notamment par des grèves.

Et le troisième élément est un peu plus subjectif. La grève c’est aussi l’expression d’un imagi-naire collectif qui conçoit que la lutte collective sert à quelque chose. Moins on organise de grèves, moins les gens participent à des grèves, et moins ils savent de quoi on parle. Inverse-ment, plus il y a des grèves, plus les travailleurs commencent à la percevoir comme un instru-ment légitime de défense. Faire grève, ça change une vie. C’est une expérience très forte.
A Genève, nous avons eu l’occasion d’accompagner plusieurs grèves ces derniers mois, chez Uber, dans des EMS ou chez ABB par exemple. Certaines ont eu un écho médiatique important et nous avons perçu que dans ce contexte, il était plus facile pour de nombreux travailleurs de nous solliciter pour les aider à s’organiser.

Fin 2017, Unia a publié «Grèves au 21e siècle» Cet ouvrage montre pourtant que le nombre de grèves est en augmentation depuis le début des années 2000…

C’est le cas, car c’était effectivement le calme plat jusque dans les années 1990. La création d’Unia était aussi un projet de création d’un syndicat combatif. Par exemple, il est clair que la grève de cinq jours suivie par 800 travailleurs chez Merck Serono en 2012, ou les 200 person-nes qui ont fait grève dans les ateliers CFF de Bellinzone en 2008 durant un mois, on fait aug-menter les statistiques. Mais si on compare la Suisse avec les autres pays européens, la conflictualité sociale reste extrêmement faible. Ceci dit, il ne faut pas sous-estimer que dans un contexte aussi difficile que celui qu’on connaît en Suisse, il y a des travailleurs qui ont le coura-ge de faire grève. Le livre d’Unia est important pour promouvoir ces expériences.

Nous avons évoqué des grèves organisées chez Uber ou encore dans des EMS. Quelle est l’influence de phénomènes tels que la numérisation ou la tertiarisation sur leurs caractéristiques?

Je pense qu’il y a une tendance que l’on retrouve partout, qui est celle de l’éclatement des conditions de travail. Et c’est extrêmement brutal dans des sociétés comme Uber, où les chauf-feurs sont seuls face à leur application, totalement atomisés. Avant qu’ils s’adressent au syn-dicat, les chauffeurs d’Uber se connaissaient à peine. Mais la grève a montré que même dans une telle réalité, les travailleurs arrivent à s’organiser et à créer une dynamique collective.

Depuis le début de l’année, il y a eu de nombreuses annonces de licenciement collectif. Doit-on s’attendre à une augmentation de la conflictualité?

Il est difficile d’émettre des avis très généraux là-dessus. Je dirais qu’une augmentation de la conflictualité dépend aussi, en grande partie, de la manière dont le syndicat intervient pour canaliser l’expression collective qui peut émerger dans une entreprise. Les statistiques des grèves montrent d’ailleurs que la plupart des grèves en Suisse ont lieu en quelques régions: Genève, Tessin, Vaud. Donc je pense que c’est le fruit de choix politiques et d’orientations syndicales. Les travailleuses et les travailleurs ont partout les mêmes problèmes et les mêmes peurs, la même envie de se battre. Aux syndicats de leur donner confiance ainsi que les instruments pour s’organiser.

Est-ce un outil que les syndicats suisses devraient remettre au centre de leur action ?

A mon avis, les syndicats ont tout à gagner d’en faire un axe prioritaire. Si nous cumulons des expériences de mobilisations collectives et que nous obtenons des succès, les travailleurs nous feront confiance. Et cette confiance est décisive, pour qu’ils puissent dépasser la peur, qui est omniprésente sur les lieux de travail. Parce que la grève est le seul outil qui nous permette une certaine autonomie. Si on n’est pas capables de faire grève, on sera toujours dépendants du bon vouloir du patronat.

Suisse: les syndicats et partis gauche célèbrent en novembre le centième anniversaire de la Grève Générale de 1918, la seule dans l’histoire suisse. Alessandro Pelizzari, secrétaire régional d’Unia Genève et président de la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS), nous explique l’importance de cet événement pour les luttes actuelles.

28 juin 2018  Talissa Rodriguez

https://www.gauchebdo.ch/

Lire aussi:

Grève générale de 1918 en Suisse (Wikipédia)

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15 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

londres (le huff’ + swp)

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14 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

juan carlos (antonio liz)

monark

Juan Carlos 1er, l’impunité ou la République?

Les enregistrements que la princesse Corinna a organisés en 2015 avec l’ancien commissaire Villarejo et l’ancien président de Telefónica Villalonga ont fait l’effet une bombe dans la presse. Cependant, il est de notoriété publique depuis de nombreuses années que Juan Carlos I est pourri d’argent grâce aux sommes puisées dans le budget de l’Etat, alors opaque, et grâce à son rôle d’intermédiaire dans les contrats d’état à l’occasion desquels il demandait des commissions.

Que pendant ces quarante ans, Juan Carlos I a eu plusieurs maîtresses payées par les contribuables, aujourd’hui même les enfants nourris au sein savent que le prix du lait a augmenté pour payer pour ses bijoux et ses demeures.

On sait aussi depuis des années que les services secrets, CESID et le CNI depuis 2002, « avertissent » ses maîtresses de la fermer.  (…)  » Par conséquent, les menaces présumées à Corinna par le directeur de la CNI sont plus que crédibles. N’oublions pas que le CNI, en plus des analystes, des collaborateurs permanents et des informateurs occasionnels, a des agents opérationnels, c’est-à-dire des messieurs qui peuvent décerner un passeport pour l’autre monde.

Les enregistrements compromettants ne sont pas un exercice démocratique, une information désintéressée pour le grand public. Bien sûr que non. C’est clairement du chantage. Villarejo est en prison et ne veut pas continuer et Corinna se sent menacée: c’est la meilleure façon de se protéger pour que demain elle n’ait pas un « accident ». Mais le fait qu’ils puissent exercer un tel chantage sur l’ex roi est déjà une information en soi!  Qu’est-ce qu’ils ont d’autre! Il n’est pas difficile d’imaginer que par exemple, des infos concrètes sur les comptes de Juan Carlos  dans des paradis fiscaux, entraîneraient une tempête sociale difficile à supporter pour la monarchie! (…)

Pour vraiment juger Juan Carlos Ier et récupérer pour les fonds qu’il a empochés en tant que chef d’Etat, le régime politico-juridique actuel devrait être changé. Il n’est pas très risqué de pronostiquer que si un référendum avait lieu sur la monarchie ou la république, le régime actuel de 78 n’aurait pas beaucoup de chances de survivre.

Exiger un référendum organisant des mobilisations sociales et une collecte de milliers et de milliers de signatures est aujourd’hui le seul moyen de forcer le PSOE et Podemos à prendre parti.

Ce n’est que s’ils voient leur statut de partis réformistes en danger qu’ils seront forcés de se manifester. Sans mouvements sociaux, sans signatures, sans mobilisations le PSOE regardera ailleurs. (…)

Pour la gauche révolutionnaire il faut contraindre la gauche réformiste à appeler à un référen-dum, monarchie ou République. Ce sera l’occasion de se présenter aux yeux de la majorité sociale avec un programme de société alternative et de croître en force sociale. En outre, un référendum, non seulement en finirait avec la monarchie, mais ouvrirait un riche débat social sur le genre de république que nous voulons. Une « démocratie pour les riches » ou une république des ouvriers et employés .

Madrid, le 13 juillet 2018

https://antonioliz.wordpress.com/

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13 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

xose manuel beiras (pùblico)

drap galiz

10 000 euros pour raconter l’histoire récente de Galice

Un producteur de Santiago recourt à un crowfunding pour financer un documentaire sur la figure de la référence historique du nationalisme galicien, Manuel Beiras

Xosé Manuel Beiras (Santiago, 1936) est la grande référence du nationalisme galicien de gauche et sa vie reflète une bonne partie de l’histoire récente de la Galice. Mais jusqu’à présent, personne n’avait songé retracer dans un documentaire sa biographie et sa carrière politique, académique et intellectuelle. La société de production Ollo Vivo, de Brión, de Santiago, a lancé un crowdfunding pour le financer. En un peu plus de deux semaines, ils ont déjà recueilli plus de 6 000 euros sur les 10 000 qui, au moins, sont nécessaires pour le financer.

Fils d’un militant historique du Parti Galicien de Castelao, Beiras a participé très jeune à des cercles anti-franquistes  nationalistes, surtout après son arrivée à l’université. Il est diplômé en droit de l’Université de Santiago, spécialisé en économie et en littérature française à la Sorbon-ne à Paris. Il a également étudié à la London School of Economics and Political Science, peu avant de fonder, en 1963, le Parti Socialiste Galicien. Cette formation s’alliera à la fin des années soixante-dix avec l’Union de Povo Galego UPG (lié à l’UDB Note du Blog) pour configurer, avec d’autres partis, le Bloc Nationaliste Galicien BNG auquel adhéreront les militants de la LCR de Galice dans les années 90 (Note du Blog). « Nous ne voulions pas un documentaire sur Beiras, mais un documentaire avec Beiras », explique Gaspar Broullón

« Notre principale préoccupation était que nous ne voulions pas faire un documentaire sur Beiras, mais un documentaire avec Beiras « , explique Gaspar Broullón, un cinéaste de 35 ans et l’un des trois codirecteurs du film. (…)

Broullón explique que l’idée de faire un documentaire sur le leader nationaliste charismatique est venue de Fernando Rodriguez Peñaño, s’étonnait que, malgré l’importance historique, l’influence politique et intellectuelle et le poids social de Beiras, il n’y avait pas de document complet audiovisuel.

Traducteur de Camus, pianiste virtuose et auteur d’une ample production d’essais en économie, Beiras est devenu en 1985 le premier député autonome du BNG. À ce moment, il occupait la chaire de structure économique de l’Université de Santiago et jouissait d’un énorme prestige académique et politique. Felipe González lui a proposé le ministère de l’Economie de son premier gouvernement, un poste qu’il a refusé.

Avec lui comme porte-parole national, référence intellectuelle et Manuel Fraga (ex ministre de Franco NdB) à la tête du gouvernement régional dans les années 90, le BNG  élection après élection avait pour but de dépasser le PSOE et devenir en 1997 la deuxième force politique de Galice. Le nationalisme dirigera également plusieurs villes galiciennes, telles que Pontevedra, Ferrol et Vigo.

« Raconter sa vie, c’est revoir la vie de beaucoup de Galiciens et, avec eux, celle de Galice », raconte Broullón qui dit que la principale raison d’opter pour le crowfunding comme moyen de financement du documentaire est d’assurer son « indépendance ». « La majorité de ceux qui nous ont soutenus jusqu’à présent sont des citoyens sans affiliation politique, qui ne demandent qu’à raconter leur histoire », dit-il.

Le documentaire s’intitule Beiras: Vivre deux fois.

« Nous l’avons choisi pour plusieurs raisons », explique le réalisateur. « Pour l’expérience de vie de Beiras [qui a disparu de la vie publique pendant près de trois ans au début des années quatre-vingt à cause d'une grave altération de son état d'esprit], mais aussi parce que le documentaire aura deux vies. Tout le matériel complet, avec les enregistrements intacts qui ne sont pas inclus dans l’édition finale, sera disponible au public sur un blog « .

La vérité est que Beiras semble jouir de plusieurs vies, au moins dans sa carrière politique. Ses divergences avec l’UPG firent échouer sa candidature à la Xunta juste avant la chute de Fraga et la formation du gouvernement PSOE-BNG, auquel il n’a pas participé. Lorsque le PP a récupéré la Xunta avec Feijoo en 2009, le BNG a connu une période de conflits internes qui a conduit trois ans plus tard Beiras abandonner la formation avec un grand groupe de militants du Bloque.

Il a fondé alors Anova, qui, allié avec Izquierda Unida dans Alternative Galega de Esquerdas, a dépassé le BNG aux élections régionales de 2012 avec lui en tête d’affiche. Plus tard, sans Beiras, Anova s’alliera dans En Marea avec Podemos et des listes locales pour devenir, encore une fois, la deuxième force politique de Galice.

Broullón assure que Beiras n’a mis aucune condition sur le contenu du documentaire.

13/07/2018 JUAN OLIVER

http://www.publico.es/

Lire aussi:

Castelao

Parti Socialiste Galicien (Wikipédia)

Union du Peuple Galicien (Wikipédia)

Bloc Nationaliste Galicien (Wikipédia)

Anova-Fraternité Nationaliste (Wikipédia)

Alternativa Galega de Esquerda (Wikipédia)

En Marea (Wikipédia)

Commentaire:

On ne parle pas souvent de la Galice en Bretagne. Pourtant il y a bien des ressemblances avec… le Léon et le Morbihan! La droite malgré un fort mouvement populaire, y semble indéboulonnable!

Dans les années 70 l’UPG de Galice était le « parti frère » de l’UDB, tous deux signataires de la « Charte de Brest » tentative d’internationale nationaliste. Quand la LCR a disparu dans l’Etat espagnol, dans les années 90 ses militants ont intégré le BNG. Anticapitalistas pour sa part est aujourd’hui dans Podemos de Galice.

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12 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

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trump

Donald Trump en Grande-Bretagne : des manifestations prévues « contre tout ce qu’il représente, sa misogynie, son homophobie, son islamophobie »

Le président des États-Unis est attendu à Londres à partir de jeudi pour sa première visite en Grande-Bretagne. Un séjour attendu de pied ferme par des manifestants hostiles à sa politique. Londres se prépare à accueillir le président des États-Unis, Donald Trump, à partir de jeudi 12 juillet, pour une visite inédite de quatre jours. Son séjour risque d’être ponctué par des manifestations de protestation qui se préparent depuis plusieurs semaines.

Un contexte hostile et organisé

Au centre communautaire de Peckham, un quartier du sud-est de Londres, s’entassent quelque 200 pancartes, fabriquées par Gemma et ses amis. « Sur la plupart, on a écrit notre principal slogan « Résiste ! », mais au milieu on a laissé un grand espace blanc pour que les gens écrivent leur propre message ou que les enfants dessinent ce qu’ils veulent », détaille la jeune femme, l’une des organisatrices de la Stop Trump Coalition.

Le mouvement regroupe une quarantaine d’associations, des ONG, et des citoyens qui coordonnent la marche anti-Trump. « C’est contre tout ce qu’il représente, sa misogynie, son homophobie, son islamophobie, sa façon de prendre aussi les migrants pour des boucs émissaires », ajoute Gemma. Les manifestants comptent aussi envoyer un message à leur gouvernement, pour « dire que les Britanniques sont opposés à la normalisation des relations avec Donald Trump ».

Le président américain peu présent à Londres

Toutes les visites de Donald Trump se situent à au moins une heure de route de Londres, la soirée de gala, le déjeuner de travail avec Theresa May, un rendez-vous avec la reine pour prendre le thé à Windsor. Cet éloignement représente le fruit de plusieurs mois de mobilisation, estime Shabbir Lakha de l’association Stand up to Trump, un autre organisateur de la marche de protestation. « À part dormir une nuit dans la résidence de son ambassadeur, il ne va pas du tout rester à Londres, indique-t-il. Pourquoi donc un chef d’État visiterait-il son plus fidèle allié en évitant complètement sa capitale ? C’est déjà une victoire de l’avoir fait fuir. »  Á chaque étape de sa visite, Donald Trump croisera des manifestants sur sa route. Toutefois, ils seront éloignés par un impressionnant dispositif de sécurité.

12/07/2018

https://www.francetvinfo.fr/

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