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03 décembre 2020 ~ 0 Commentaire

lithium (arte)

Portugal : Lithium, un enjeu européen ARTE

On l’appelle « l’or blanc », le lithium est un métal de plus en plus utilisé, de plus en plus convoité. L’Europe importe 86% de sa consommation (de Chine, du Chili, d’Australie) alors que ses sous-sols en contiennent.
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La demande et les besoins explosent. 
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Selon la Commission européenne, l’Europe aura besoin de 18 fois plus de lithium d’ici à 2030, et presque 60 fois plus en 2050. Pour quel usage ? Essentiellement les batteries des voitures électriques et les batteries de stockage d’énergie. Pour Thierry Breton, le commissaire européen en charge notamment de la politique industrielle, « l’Europe se met en position pour être quasiment autosuffisante en lithium pour nos batteries en 2025. »
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C’est au Portugal que se trouveraient les plus importants gisements de lithium en Europe. Plusieurs entreprises ont prospecté et comptent bien exploiter les sous-sols de différentes zones du nord du pays.
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Mais les premières étapes de ce processus ont rencontré l’opposition des populations locales. Selon le maire de l’une des communes concernées, « la plus grande valeur que nous ayons aujourd’hui n’est pas le lithium, mais la biodiversité. »
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La région de Montalegre et Boticas est classée « patrimoine agricole mondial » par la FAO.  Le débat est complexe : pour devenir plus verte, l’Europe doit-elle exploiter ses ressources, en creusant une partie de son sous-sol ?
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•16 nov. 2020
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01 décembre 2020 ~ 0 Commentaire

le pen 2 (socialist worker)

fachos milice

L’ère de Marine Le Pen

La France est entrée dans le 21è siècle comme la septième économie mondiale.

Toutefois, comme en Grande-Bretagne et dans d’autres grandes puissances européennes, certaines régions souffrent de désindustrialisation et de pauvreté extrême . Il s’agit, par exemple, de pans entiers du nord de la France et des banlieues entourant les grandes villes, où vivent les plus pauvres de la société française, dont beaucoup d’origine immigrée.

Ces communautés sont confrontées à l’isolement économique et à de mauvaises conditions de logement, ainsi qu’au racisme d’État et au harcèlement policier. L’absence de moyens contre ces inégalités a entraîné un déclin du vote des partis traditionnels, ce qui a permis au FN de devenir le troisième parti le plus important.

L’élection de Marine Le Pen à la tête du parti en 2011 a marqué à la fois une rupture avec l’héritage politique de son père mais aussi une continuité avec les idées de l’ancien FN. Elle a remporté un premier siège de conseillère régionale dans le Nord-Pas de Calais en 1988. En 2017, elle a été élue à l’Assemblée nationale dans la région du Pas de Calais, une ancienne zone minière qui a souffert de la désindustrialisation et du chômage, un bastion de gauche.

Son père a facilité son ascension grâce à la direction du parti, la nommant vice-présidente du FN en 2003, alors qu’elle avait été 34e aux élections du parti. Elle a remporté le poste de leader contre Bruno Gollnisch, représentant de longue date de la vieille garde du parti, en obtenant 67,65 % des voix.

Elle a fait l’éloge de son père dans son discours d’arrivée, citant sa « fermeté, son âme noble, sa persévérance, la vision et la bravoure ». Son père qui a financé sa campagne présidentielle de 2017 avec un prêt de 6 millions d’euros, même après qu’elle l’ait expulsé du parti.

Marine Le Pen a une grande visibilité médiatique et est souvent traitée comme une célébrité de la télévision.

Elle a intitulé son programme présidentiel 2012 : « Mon projet, pour la France et pour le peuple français ». Pour la campagne présidentielle de 2017, elle a simplement utilisé son prénom sur la publicité et a changé l’emblème du parti , une flamme tricolore (à l’origine inspirée du parti fasciste italien, Movimento Sociale Italiano MSI, pour une rose.

Après avoir atteint le second tour contre le candidat du centre de gravité Emmanuel Macron, elle a annoncé, deux semaines avant le vote final, qu’elle se retirait de la présidence du FN, en disant « Ce soir, je ne suis plus la présidente du Front national. Je suis la candidate à la présidence française ». L’élection de 2017 lui a permis de remporter plus de 10,6 millions de voix.

Marine Le Pen s’est engagée depuis longtemps dans la stratégie de dédiabolisation et son leadership représente une nouvelle phase, plus profonde, dans ce processus. Sa « Génération Le Pen » s’articule autour de ses jeunes membres qui souhaitent moderniser le parti.

Dans le cadre de cette stratégie, elle a tenté de prendre ses distances avec les membres du parti qui expriment des opinions plus extrêmes et qui participent à des actes de violence dans la rue. Comme le dit Wallerand de Saint-Just, le trésorier du parti : « Toute phrase maladroite ou malheureuse peut nous tuer. Et Marine Le Pen n’en est que trop consciente ».

Elle a également été l’instigatrice de changements dans les alliances internationales du parti, en retirant le parti d’un groupement européen avec d’autres partis fascistes. Elle n’appelle plus à une sortie de l’UE, s’engageant plutôt à la changer de l’intérieur. Elle considère la Russie comme un allié, affirmant qu’elle partage ses « valeurs sociales ». Elle a proposé « un axe nationaliste Washington-Paris-Moscou » avec Donald Trump et Vladimir Poutine.

Mais elle aussi a également dû maintenir un équilibre délicat. Elle veut conserver la base que le parti a construite au cours des décennies, tout en gagnant de nouveaux partisans. Lorsqu’elle s’exprime, elle continue à donner des signaux au hardcore du RN.

Racisme et Marine Le Pen

Les récents attentats terroristes ont permis une escalade toujours plus importante du racisme à l’encontre des musulmans. Marine Le Pen a cherché à en tirer parti, en présentant les musulmans de France comme des personnes qui alimentent le terrorisme et en affirmant que la France multiculturelle était devenue « une université pour les djihadistes ».

les auteurs des attentats terroristes : « Ces monstres sont aussi les enfants de la diversité ». L’islamophobie est si profondément ancrée au sein de la classe dirigeante française, et dans toute la société française, qu’elle fausse les politiques et les pratiques des partis et des mouvements de tout l’éventail politique.

La représentation de l’islam comme une religion arriérée, intrinsèquement oppressive pour les femmes et un défi à la laïcité, est devenue une vision de bon sens. En prétendant défendre les valeurs républicaines de laïcité lorsqu’elle attaque l’Islam, Marine Le Pen gagne à la fois la légitimité de son islamophobie et positionne le FN comme un défenseur de la République française, plutôt qu’un défi contre-révolutionnaire à celle-ci.

L’absence d’une opposition soutenue à l’islamophobie lui a permis de gagner en légitimité, même parmi certaines féministes et sections de la gauche. .

Marine Le Pen n’a pas inventé le récit raciste contre les musulmans, qui fait passer le sexisme de la société pour un produit de l’Islam, de l’immigration et du multiculturalisme. Cependant, en tant que femme dirigeante politique, elle a réussi à armer cette racialisation du sexisme, en affirmant que la société multiculturelle et l’immigration « font reculer les femmes de plusieurs siècles ».

Antisémitisme

L’antisémitisme fait toujours partie intégrante de la vision du monde de Marine Le Pen. Sa défense de la laïcité a pour effet de cibler implicitement les juifs pratiquants. Lorsqu’elle dénonce la fourniture de viande halal dans les écoles, elle inclut également la nourriture casher. Pourtant, elle déclare avoir rompu avec l’antisémitisme auquel le parti a adhéré dans le passé. Son ancien partenaire, Louis Aliot, élu maire de Perpignan (RN) en 2020, affirme :

C’est l’antisémitisme qui empêche les gens de voter pour nous. C’est la seule chose… Dès que vous brisez cet étau idéologique, vous libérez le reste. C’est tout ce qu’il y a. Marine Le Pen est d’accord avec cela. Elle n’a pas compris pourquoi et comment son père et les autres n’ont pas vu qu’il y avait une erreur sur le parti.

Elle a expulsé son père du FN en août 2015 pour ses commentaires répétés qui nient l’Holocauste, bien qu’elle lui ait trouvé des excuses jusqu’en 2014, en disant « Je suis convaincue que le sens attribué à ses paroles provient d’une interprétation malveillante ».

Elle refuse cependant de condamner le gouvernement de Vichy ou les collaborateurs nazis français. Elle a déclaré que la France n’était pas responsable de la déportation notoire, en 1942, de 13 000 hommes, femmes et enfants juifs du Vélodrome d’Hiver de Paris vers les camps de la mort nazis, malgré l’implication de la police française.

La prétendue défense du peuple juif est également utilisée pour légitimer les attaques contre les musulmans, qui sont supposés être antisémites. Elle a déclaré que la communauté juive « n’a rien à craindre du FN » et a affirmé qu’elle « devrait pouvoir se tourner vers nous pour obtenir un soutien » parce qu’elle a « été de plus en plus victime d’attaques de la part de radicaux islamiques ».

La théorie du « grand remplacement

Marine Le Pen a déclaré qu’elle ne souscrivait pas à la théorie du « grand remplacement », popularisée par Renaud Camus et privilégiée par l’extrême droite au niveau international. Cette théorie prétend que les populations occidentales blanches seront « remplacées » par les migrants entrants et leur progéniture.

Pourtant, les propos de Marine Le Pen sur l’immigration, par exemple lorsqu’elle parle de « submersion migratoire », découlent directement de ce point de vue. Cette position se reflète également dans son soutien à la « préférence nationale », selon laquelle les allocations familiales ne devraient être versées qu’aux familles « ayant au moins un parent français ».

Marine Le Pen utilise constamment le glissement vers la droite des politiques générales sur ces questions pour pousser l’idéologie et les politiques encore plus loin vers la droite. Lors de l’élection présidentielle de 2017, elle a fait naître des préjugés anti-immigrants en utilisant un langage similaire à celui de son père : « Il suffit de regarder les intrus du monde entier venir s’installer chez nous… Ils veulent transformer la France en un squat géant ».

Qui soutient Marine Le Pen ?

Le nombre de membres du FN a considérablement augmenté sous Marine Le Pen.

Le racisme a été la principale motivation des électeurs du FN et du RN. Les électeurs de Jean-Marie Le Pen étaient constamment plus « intolérants » que les autres électeurs sur des questions telles que l’immigration et la peine de mort. « Les recherches sur les candidats aux élections du FN révèlent que peu de choses ont changé aux niveaux local et régional, indépendamment de la volonté des dirigeants d’être respectables.

Une étude a révélé que « lors des élections départementales de 2015, 104 candidats du FN ont  été poursuivis pour des commentaires ouvertement racistes, homophobes et antisémites ». Dans un sondage auprès des partisans du FN, la moitié des personnes interrogées ont déclaré que l’expression « sale Arabe » n’était « pas condamnable ». L’expression « sale juif » ne l’était pas non plus pour 36 % d’entre eux.

Des études suggèrent que la base électorale du FN a été principalement constituée par les commerçants et les petits propriétaires agricoles ainsi que par des propriétaires de petites entreprises et des travailleurs indépendants. La base sociale de soutien du FN, ses racines historiques et sa vision idéologique du monde montrent que le FN de Jean-Marie Le Pen était au cœur un parti fasciste, mais qu’il a réussi à attirer le soutien de courants d’extrême droite plus larges.

Sous la direction de Marine Le Pen, le parti a maintenu et développé son soutien traditionnel. Par exemple, elle a obtenu le soutien de 51 % de la gendarmerie – la police militarisée de la France – lors de l’élection présidentielle de 2017.

Elle dirige un parti qui conserve son noyau de cadres fascistes, bien qu’affaibli, mais elle a également gagné des électeurs et des membres au RN sur la base qu’il n’est plus identifié avec le fascisme et la négation de l’Holocauste.

Cela a permis au parti de s’implanter dans des domaines qui n’étaient pas auparavant associés à l’extrême droite. Par exemple, des études montrent qu’il y a eu une augmentation du soutien au RN parmi les électeurs âgés de 18 à 24 ans.

Il est également prouvé que l’écart historique entre les sexes parmi les électeurs du parti a été presque entièrement comblé. Une étude a montré que l’écart entre les sexes est passé d’une différence de sept points entre les femmes et les hommes lors des élections présidentielles de 1988 et 1995 à un seul point en 2012.

Dans les années 1980, seulement 20 % des membres du parti étaient des femmes ; en 2012, les femmes représentaient 45 %. Marine Le Pen a été la première dirigeante d’un parti d’extrême droite à élargir son attrait auprès des femmes en mettant en avant le genre dans sa campagne.

Elle se présente comme une mère célibataire qui travaille, étrangère dans un monde dominé par les hommes. Cependant, les apparences peuvent être trompeuses : la direction du parti reste extrêmement dominée par les hommes. Après le congrès de 2018 du parti, elle était la seule femme au sein de l’exécutif du parti, et seuls 12 des 43 membres du bureau national étaient des femmes.

Un certain nombre de commentateurs en ont conclu que le FN a gagné des sièges dans les anciennes zones industrielles du nord, ce qui lui permet d’attirer le soutien de la classe ouvrière. Nous devons faire attention à ne pas exagérer cette évolution.

L’effondrement des industries lourdes et l’affaiblissement des syndicats et des organisations socialistes au cours des 40 dernières années ont entraîné la dislocation de nombreuses personnes de ces communautés et liens avec leurs origines de classe.

Des décennies de chômage élevé et de privations ont laissé beaucoup de personnes en marge de l’économie, et un nombre encore plus important d’entre elles sont devenues des travailleurs indépendants. Le FN peut gagner des voix parmi la petite bourgoisie et le lumpenprolétariat dans ces régions. Pourtant, malgré tous les discours sur la représentation des « Français oubliés », une étude de cas sur la base de vote du FN réalisée par l’universitaire française Christèle Marchand-Lagier montre qu’elle n’a pas changé de manière significative :

Les catégories les plus ouvertes au vote du FN restent les plus socialement stabilisées, pour la plupart des salariés, et pas nécessairement les plus précaires financièrement. Contrairement au discours diffusé par les dirigeants du FN, ce parti n’est pas le parti des marginaux, des classes populaires ou des groupes vivant dans la précarité. Ces groupes s’abstiennent dans une bien plus large mesure que de voter FN.

Le processus de modernisation des FN a également conduit à l’expulsion ou à la marginalisation des combattants de rue et des néonazis ouverts. Un processus similaire s’est déroulé au sein du Parti national britannique et des démocrates suédois mal nommés, et il se déroule actuellement au Jobbik en Hongrie.

Marine Le Pen a été heureuse d’utiliser les éléments violents du parti comme fantassins pour ses campagnes, mais elle s’en est consciemment distancée lorsqu’ils sont devenus un handicap électoral. Par exemple, au cours de sa première année à la tête du parti, elle a annoncé que les skinheads n’étaient pas les bienvenus lors de la marche du 1er mai.

Des groupes plus ouvertement fascistes sont toujours liés au FN. Par exemple, l’organisation skinhead Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires a assuré la sécurité des événements du FN.

Elle s’inscrit dans la stratégie électorale qui domine le parti depuis les années 1980. Elle a maintenant travaillé plus longtemps dans un milieu politique électoraliste qu’au sein d’une organisation qui se considérait comme contestant ouvertement le système.

La principale ligne de faille dans le RN se situe aujourd’hui entre ceux qui soutiennent la campagne électorale de Marine Le Pen et une partie du parti qui soutient toujours la stratégie adoptée par Jean-Marie Le Pen. Un exemple très visible est celui de Marion Maréchal, nièce de Marine Le Pen et rivale potentiel-le qui a évoqué un possible retour à l’activité politique.

Maréchal veut que le parti se batte sur un programme idéologique plus dur et est mécontente de toute concession sur le rôle traditionnel des femmes dans la famille, l’avortement et les droits des LGBT+, par exemple.

Il existe des divisions et des tensions autour de nombreuses questions dans un parti de masse de longue date comme le RN. Ses dizaines de milliers de membres ont des priorités politiques et une histoire différentes au sein de l’extrême droite. Il peut s’agir de questions moins centrales mais néanmoins controversées, comme le changement de position du parti sur l’UE et sa position sur l’intervention de l’État pour sauver des emplois.

Marine Le Pen espère contenir ces tensions à l’approche du grand test de la prochaine élection présidentielle. Il lui sera plus facile de maintenir sa domination si elle remporte des succès électoraux. C’est sous-estime à la fois l’héritage du passé du parti. En outre, d’autres forces politiques pourraient se faire remarquer au sein du parti en cas de graves défaites électorales. Il serait insensé de supposer que, dans une crise politique ou économique profonde, il est hors de question de se tourner vers la construction d’un mouvement de rue.

Conclusion

Marine Le Pen vise résolument l’élection présidentielle de 2022. La popularité du président Macron a fortement chuté depuis le début de sa présidence ; les taux d’approbation sont passés de 60 % à 38 % à la fin du mois de juillet 2020.

Le projet néolibéral de Macron visant à résoudre les problèmes du capitalisme français a fait face à des vagues successives de résistance. Le mouvement des Gilets Jaunes (Gilets jaunes) s’est d’abord développé en opposition aux taxes sur les carburants, mais il s’est ensuite attaqué à des questions plus larges concernant les politiques de Macron et les inégalités dans la société française (Le RN a tenté d’influencer les groupes locaux des Gilets Jaunes avec un succès limité).

Le projet de Macron d’attaquer les droits à pension de millions de travailleurs a provoqué des actions de masse des travailleurs à partir de décembre 2019 à un niveau jamais vu depuis des décennies. Le blocage de Covid-19 a bloqué les luttes mais la gestion de la pandémie par Macron ne fait qu’ajouter à ses problèmes, et maintenant une nouvelle crise économique se profile à l’horizon.

Marine Le Pen espère que les difficultés de Macron et l’échec de son projet politique donneront une ouverture au RN, mais elle se heurte à une contradiction en essayant d’exploiter l’opposition à Marcon. Les luttes ouvrières, les Gilets Jaunes et, plus récemment, le mouvement Black Lives Matter, qui a amené de nouvelles forces dans les rues pour contester le racisme dans la société française, la menacent également. Ces mouvements ouvrent de nouvelles possibilités pour construire une organisation de front unique à large assise* qui pourrait la  défier.

Le Covid-19 pose également des problèmes à Marine Le Pen. Sa première réaction a été de soutenir les actions de Macron, ce qui a entraîné une chute des sondages, elle s’est donc tournée vers la critique.

Elle a racialisé la crise sanitaire, blâmant l’immigration pour la propagation du virus et plaidant pour la fermeture des frontières, tout en montrant son soutien aux théories de conspiration populaires au sein de sa base. Un sondage a montré que 40 % des membres de RN pensaient que le Covid-19 était « conçu intentionnellement dans un laboratoire ». Elle a publié un livre au cours de l’été 2020 condamnant la gestion de la crise par le gouvernement, intitulé « Le livre noir du coronavirus » : Du Fiasco à l’abîme.

Les dernières élections locales et régionales ne se sont pas bien déroulées pour le RN. Bien que la victoire de l’ancien allié de Le Pen, Louis Aliot, au siège de maire de la ville de Perpignan, ait fait la une des journaux, sa campagne a pris ses distances avec le parti et son chef.

Ailleurs, le vote pour le RN a été en baisse. Les problèmes du parti sont aggravés par ses énormes dettes, qui ont conduit à un prêt controversé d’une banque russe, et par des enquêtes de longue date sur des allégations de fraude et de mauvaise utilisation des fonds européens, qui ont conduit le parti à perdre des subventions publiques.

Ces revers ont conduit certains à conclure que le RN a atteint la limite de son succès. De telles déclarations ont été faites chaque fois que la chance du parti a fondu. Néanmoins, les sondages placent toujours Marine Le Pen en deuxième position lors de l’élection présidentielle, et affirmer que le RN est fini est à la fois prématuré et dangereux.

L’histoire a montré que les crises peuvent propulser les organisations fascistes en avant lorsque les gens sont désillusionnés par les options politiques dominantes et cherchent des alternatives.

Tous les ingrédients des multiples crises politiques et économiques existent en France. Le RN a le potentiel pour tirer profit de cette situation. Une victoire de Marine Le Pen renforcerait la confiance de l’extrême droite et des fascistes dans le monde entier, tout comme une défaite constituerait un revers important. L’enjeu est de taille.

6 octobre 2020 Judith Orr

http://isj.org.uk

Note:

Une organisation de front unique à large assise* fait réference aux campagnes « monstrueuses »  que savent construire les camarades anglais: telle la « Poll Tax » et celles contre les guerres impérialistes. 

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27 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

irlande (socialist democracy)

tricolore

L’Irlande Unie du Sinn Fein un « gadget »

Fin novembre 2020, Pearse O’Doherty de Sinn Fein a lancé un nouveau document : « Les avantages économiques d’une Irlande unie ».

Ce document est une reprise ennuyeuse et banale de vieux arguments académiques.  Une Irlande Unie serait économiquement plus efficace et résoudrait la question de Brexit.  L’importance de la subvention britannique est surévaluée et, de toute façon, elle paierait les retraites etc.

Mais ce n’est qu’une apparence. En réalité, l’initiative menée parallèlement aux campagnes pour un référendum sur la frontière, ne vise que la base du parti, en le rassurant sur le fait que Sinn Fein est en route pour une Irlande Unie.

De plus en plus de ses partisans doivent fermer les yeux et se mettre le doigt dans l’oreille pour acheter ce genre de propos. L’accord du Vendredi Saint de 1998 ne prévoit pas de référendum sur le tracé de la frontière.

Les Britanniques refusent catégoriquement d’en envisager un. Ils parlent maintenant de « quatre nations » en parlant de la zone des six comtés et la réponse est le silence. De nombreux membres de la classe moyenne catholique sont satisfaits du statu quo et le gouvernement irlandais cherche désespérément à enterrer le républicanisme.

Ce qui a changé, c’est le niveau de contradiction entre le discours optimiste de Sinn Fein et le monde réel.

Tout au long de la progression de la transmission du Covid-19 en Irlande, une simple contre-mesure a été préconisée par les principaux épidémiologistes.  Il s’agit de la synchronisation des politiques Nord et Sud et d’une politique commune dans les ports et les aéroports.

Cela permettrait de sauver des vies, à mille lieues de l’Irlande Unie. Ce n’est pas sur la table.

Le Sinn Fein est incapable d’affronter le Parti Démocrate Unioniste (DUP extrême droite) sur cette question.  En fait, le DUP se révolte contre toute mesure globale et a utilisé à deux reprises leur droit de veto sectaire pour bloquer les progrès et ont été acceptés par Sinn Fein.

Sinn Fein n’est pas sur la voie d’une Irlande unie. Il n’est même pas en voie d’avoir un contrôle égalitaire de l’administration locale. La volonté du DUP est de démanteler l’Accord l’emporte sur son désir ardent de garder ses fesses au Parlement.

Cette politique de la poudre aux yeux n’est pas nouvelle. En 1948, De Valera, le leader du Fianna Fail, a lancé une campagne internationale contre la partition. Le Fianna Fail était élu pour installer un État de 26 comtés (contre 32 pour Irlande unifiée) et réprimait sauvagement le républicanisme. Ils avaient besoin d’un « gadget » pour distraire leurs partisans et c’est ce que la campagne a permis de faire.

Le Sinn Fein ne construit pas un véritable mouvement. Ils sont sur la même route que Fianna Fail.  Aujourd’hui, ils agitent des gadgets. En réalité, ils s’approchent de la situation actuelle de Micheál Martin ( Taoiseach premier ministre) qui rejette une démocratie irlandaise complète au profit d’une « île partagée ».

24 novembre 2020

http://www.socialistdemocracy.org/

 

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24 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

crise (cadtm)

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22 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

bildu (pùblico)

euskal herria

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Il ne fait plus peur au Pays Basque 

EH Bildu brise les clichés

La décision de la coalition souverainiste basque  de soutenir le budget général de l’État (gouverné par le PSOE) consolide son rôle politique et lui confère un protagonisme sans précédent dans l’État, bien que déjà normalisé au Pays Basque et en Navarre.

Le 5 mai 2011 Bildu (« Reunir » en basque) commençait à faire parler de lui. Cette nuit-là, le Tribunal suprême a décidé qu’aucune interdiction ne serait plus appliquée  et que, par conséquent, le souverainisme basque pouvait être représenté à nouveau aux élections. Sur la scène de l’Arenal, il y avait non seulement des représentants de la gauche abertzale traditionnelle , mais aussi un jeune parlementaire basque de l’IU. Son nom : Oskar Matute. Ou encore Pello Urizar, leader de l’EA social-démocrate, une scission du PNV.

Neuf ans plus tard, Matute est l’un des cinq députés d’EH Bildu qui, « si tout va bien » – selon les termes du coordinateur général de cette formation, Arnaldo Otegi – soutiendra le budget général de l’État. L’annonce a eu un grand succès : la droite et les médias qui lui sont liés n’ont pas hésité à accuser le gouvernement de faire un pacte avec les « héritiers de l’ETA » ou avec les « batasunos », autre terme utilisé pour désigner de manière péjorative ceux qui font partie d’une coalition qui, tant sur le plan politique qu’organisationnel, dépasse les limites de la traditionnelle gauche abertzale.

« Ici, le débat est inexistant », déclare Asier Blas, directeur du département de sciences politiques et d’administration de l’Université du Pays basque (UPV). En ce sens, il souligne que l’alarme générée par la droite à Madrid avant la décision de EH Bildu de soutenir le budget n’a aucun effet au Pays Basque. « Rappelons-nous que lorsque Bildu gouvernait le Conseil provincial de Gipuzkoa, ils faisaient passer les budgets avec le soutien du PSE ».

Lors des élections basques du 12 juillet dernier, EH Bildu a renforcé sa position de principale force politique d’opposition et s’est une nouvelle fois placé derrière le PNV avec 21 sièges.

Il a également obtenu le pourcentage de voix le plus élevé de l’histoire politique de la gauche souverainiste (27,8 %) et a remporté 249 580 voix, soit un peu moins que les 277 923 ( 25 % des suffrages exprimés) qu’aux élections basques de 2012. Il gouverne 83 des 251 conseils municipaux du Pays Basque et 34 des 272 conseils de Navarre, tandis qu’il dispose actuellement de sept sièges au Parlement de la Communauté autonome de Navarre.

« EH Bildu est très présent dans la société basque. Aujourd’hui, il est logique qu’il participe et assume une fonction parlementaire standard, ce qui est un symptôme de normalité », déclare Xabier Aierdi, ancien directeur du département de sociologie de l’Université du Pays Basque (UPV).

En fait, il pense que la controverse construite par la droite autour du soutien de la coalition au budget est un « débat de Madrid » qui découle d’un « microclimat toxique ». « Parfois, les gens ne pensent pas, depuis Madrid, à quel point ces débats peuvent être ennuyeux et inintéressants ».

La normalisation d’EH Bildu dans la vie politique a été ressentie ces jours-ci également au Parle-ment de Navarre, où la formation indépendantiste a conclu un nouvel accord avec le gouverne-ment dirigé par le PSN pour faciliter l’approbation des budgets foraux (usages locaux blog). « Une chose est le scénario du Congrès et une autre est celui qui se configure au Pays Basque et en Navarre avec une dynamique particulière », souligne le sociologue et professeur à l’Université publique de Navarre Ricardo Feliú.

Selon lui, « Bildu a évidemment un programme politique qui est engagé pour l’indépendance,  républicain, mais acceptant le jeu des institutions », c’est pourquoi il comprend que « cette gauche abertzale des années 80 et 90 est très loin ».

Dans ce sens, Feliú considère qu’il y a eu une « réarticulation » des deux grands « axes discursifs » de la gauche abertzale : « Elle ne renonce pas à l’indépendance et à la construction nationale  mais elle se réarticule ». « Il est très intéressant de voir comment dans les mairies régies par Bildu, des hommages ont commencé à être rendus aux victimes de l’ETA »

Aujourd’hui, la feuille de route d’EH Bildu comporte des ingrédients clairement de gauche, non seulement au Pays Basque et en Navarre, mais aussi en Espagne : son engagement est également de former des majorités qui lui permettront de promouvoir des politiques progres-sistes, sans abandonner la question territoriale basque, et en même temps d’exiger des solutions pour les prisonniers de l’ETA.

« Ce n’est pas une chose simple que de refermer les blessures sociales et émotionnelles de 40 ans de terrorisme, c’est un processus très lent. En tout cas, il est très intéressant de voir comment dans les mairies régies par Bildu, on a commencé à rendre hommage aux victimes de l’ETA, ou que ce groupe participe à des actes de ce genre », souligne Feliú.

Ce qui est certain, c’est qu’au sein de l’EH Bildu, des forces aux trajectoires différentes coexistent, également en ce qui concerne la violence. Au sein de cette coalition, il y a Sortu, ( avec qui le NPA a des relations blog) l’actuel parti officiel de la gauche abertzale, avec Eusko Alkartasuna – aujourd’hui plongé dans une grave crise interne qui menace son avenir – et Alternatiba, l’organisation politique à laquelle appartient Matute. Aralar, un parti créé par le secteur critique de Batasuna, a décidé en 2017 de se dissoudre au sein de l’EH Bildu, où aujourd’hui plusieurs de ses principaux membres continuent à participer.

« La droite utilise le fantôme de l’EH Bildu, alors qu’il y a des secteurs qui ont toujours condamné la violence », dit Blas. Ainsi, parmi les membres de la coalition – tant ceux qui représentent les partis qui la composent que ceux qui y participent en tant qu’indépendants – il y a eu des lectures et des positions différentes sur le terrorisme. Dans ses statuts, l’EH Bildu a écrit son rejet de toute violence, y compris celle de l’ETA.

Cela a également été réaffirmé dans l’accord gouvernemental qu’il a signé en 2015 pour entrer dans l’Exécutif quadripartite de Navarre avec Géroa Bai, Podemos et Izquierda-Ezkerra. A la page six de ce document, EH Bildu a exprimé « le rejet et la condamnation de tout type d’expression de violence qui pourrait se produire, y compris celle de l’ETA ».

Ramón Zallo, professeur de communication audiovisuelle à l’UPV, s’accorde à mettre en garde contre l’artificialité du débat mis en place par la droite au Congrès au vu du soutien d’EH Bildu au budget. « À Madrid, il se heurte à certains courants, mais ici, en revanche, il est totalement intégré. Après tout, il est la deuxième force du Parlement basque », a-t-il déclaré.

Grandir à gauche

EH Bildu aspire également à élargir sa base politique, en se développant principalement à travers la gauche, sans oublier son conflit d’hégémonie avec le PNV lorsqu’il s’agit de conserver les électeurs nationalistes. « Il est également vrai que si vous vous développez beaucoup dans le domaine du nationalisme, vous commencez à perdre le soutien à gauche », reflète Zubero. En ce moment, je crois qu’ils ont la capacité de se développer en pénétrant dans le territoire que Podemos a semé ».

Pour sa part, Zallo estime que le parti basque a maintenant la possibilité de « renforcer ce discours de gauche, qui a été mis de côté pendant trop longtemps ». « Cela signifie qu’il faut rivaliser et aussi collaborer avec Podemos et même établir des alliances ».

BILBAO 21/11/2020 DANILO ALBIN

https://www.publico.es/

Commentaire:

Le PNV est le parti hégémonique, démocrate chrétien, pro patrons et souvent allié du PSOE.

EA en est sorti sur la gauche.

IU c’est l’ancien PCE-EPK allié à Podemos.

Aralar est une scission pacifiste de Batasuna

Navarre:

Izquierda-Ezquerra est formé de IU et de « Batzarre » vestige de la LCR

Geroa Bai: coalition Parti nationaliste basque, Aralar, Eusko Alkartasuna et Batzarre.

 

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22 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

sarkozy (the guardian)

sarko

Nicolas Sarkozy sur le banc des accusés 

Enfin le « procès historique » sur la corruption

L’ancien président français est accusé d’avoir reçu des fonds illicites et de trafic d’influence. Sarkozy a vigoureusement nié toute malversation dans les enquêtes.

Nicolas Sarkozy, l’ancien président français, entrera dans l’histoire lundi lorsqu’il comparaîtra devant le tribunal accusé de corruption et trafic d’influence.

Cette affaire est la première de plusieurs enquêtes menées contre l’homme politique de droite qui a dirigé la France entre 2007 et 2012.  Il se présente devant les juges après des années de tentatives pour faire abandonner ou annuler les accusations.

Dans une affaire connue sous le nom d’ « affaire des écoutes », l’accusation allègue que Sarkozy et son avocat, Thierry Herzog, ont tenté de soudoyer un haut magistrat, Gilbert Azibert, pour qu’il leur remette des informations secrètes provenant d’une enquête distincte menée contre l’ancien dirigeant français. En retour, Sarkozy est accusé d’avoir proposé à Azibert de l’aider à obtenir un emploi confortable sur la Côte d’Azur.

Sarkozy a fait l’objet d’une série d’enquêtes judiciaires, allant d’allégations de financement illicite de la campagne par feu le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi à la réception de prétendus pots-de-vin provenant de ventes d’armes au Pakistan.

Les policiers français ont commencé à surveiller les communications de Sarkozy en septembre 2013 dans le cadre d’une enquête sur des allégations selon lesquelles il aurait reçu un don non déclaré et illégal de 50 millions d’euros de Kadhafi pour financer sa campagne présidentielle de 2007.

Les conversations enregistrées ont cependant orienté les enquêteurs dans une direction entière-ment nouvelle et inattendue. Ils ont révélé que l’ancien président et Herzog communiquaient « secrètement » à l’aide de téléphones portables enregistrés sous de faux noms. Le téléphone de Sarkozy a été attribué à un certain Paul Bismuth.

Des écoutes supplémentaires sur ces téléphones ont permis de capter des conversations suggérant que Sarkozy avait été en contact avec Azibert, alors membre de la Cour de Cassation – la plus haute cour de France – via Herzog pour demander des informations confidentielles sur une enquête séparée visant à déterminer si Sarkozy avait reçu des dons de l’héritière de L’Oréal, Liliane Bettencourt, qui était malade.

Les enquêteurs ont saisi les agendas de Sarkozy dans le cadre de l’enquête Bettencourt, et l’ancien président aurait voulu qu’Azibert lui dise ce qu’ils comptaient en faire. En retour, il aurait promis de glisser un mot pour qu’ Azibert soit nommé dans une sinécure à Monaco.

L’affaire Bettencourt a finalement été abandonnée, mais l’enquête sur la corruption et le trafic d’influence avait alors été ouverte.

Sarkozy a toujours vigoureusement nié toute malversation dans toutes les enquêtes passées et présentes. Il a affirmé que les accusations de Bismuth étaient « une insulte à son intelligence ».

Herzog a également soutenu que l’écoute et l’enregistrement de leurs téléphones enfreignaient les règles de confidentialité avocats-clients, mais ses tentatives répétées pour faire rejeter les preuves ou faire classer l’affaire ont échoué.

Les trois défendeurs: Sarkozy, Herzog et Azibert, sont accusés de « corruption » et de « trafic d’influence ». Herzog et Azibert sont également accusés de « violation de secret professionnel ». Ils risquent tous jusqu’à 10 ans de prison et de lourdes amendes s’ils sont reconnus coupables.

Dans sa réquisition, le parquet national financier (PNF) a accusé Sarkozy de se comporter comme un « délinquant chevronné » et a accusé ses avocats de « paralyser » l’enquête par de nombreux recours.

Les partisans de Sarkozy, dont l’ancienne ministre de la justice Rachida Dati, ont, à leur tour, accusé le PNF, créé sous son successeur, le socialiste François Hollande, de dispenser une « justice politique ».

Fabrice Arfi, rédacteur en chef du site d’information Mediapart, qui a mené plusieurs enquêtes approfondies sur des allégations de corruption politique, a déclaré à l’Observer ( nom du Guardian le dimanche blog) que les tentatives de Sarkozy pour détourner l’attention et pour montrer du doigt le système juridique et politique étaient du « populisme pur ».

« C’est un procès historique pour la justice en France car c’est la première fois qu’un président comparaîtra devant un tribunal accusé de corruption. C’est absolument crucial et probablement le plus grand test auquel les juges anticorruption français sont confrontés », selon M. Arfi.

« Sarkozy est en procès mais, au lieu de répondre aux accusations, ce qu’il a essayé de faire, c’est de montrer du doigt le système judiciaire français et de lui faire un procès. Nous avons un ancien président qui se comporte comme Berlusconi et Trump ».

Sarkozy devrait comparaître l’année prochaine dans une autre affaire, l’ « affaire Bygmalion », dans laquelle il est accusé d’avoir dépensé trop d’argent pour sa réélection en 2012. Aucune date n’a été fixée dans les autres enquêtes liées à Sarkozy.

Kim Willsher  Dim 22 Nov 2020

https://www.theguardian.com/

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20 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

abajo el rey! (essf)

rey

« A bas le roi » : de la fin du « juancarlisme » au moment républicain

Le centralisme, le joyau de la couronne

Marx a dit dans ses textes sur l’Espagne révolutionnaire que la monarchie avait été construite sur la base de la dissolution « des deux piliers de la liberté espagnole : les Cortes et les Mairies ».

L’Etat monarchique moderne est le fruit d’une longue bataille contre les libertés municipales et provinciales de Castille, d’Euskal Herria (Pays Basque) et ses anciens royaumes de la Couronne d’Aragon: Catalogne).

La guerre révolutionnaire de 1808, la Première République [1873-1874] surtout, mais aussi la Seconde République [1931-1939] seraient les tentatives de reconstruction moderne des anciennes libertés et des droits nationaux, foraux [droits locaux existant dans certaines communautés autonomes] et municipaux].

La Transition (1976 78), malgré tout, n’a pas pu contenir complètement les nouvelles tentatives de démocratisation de l’Etat ; la force des mouvements sociaux, la poussée andalouse pour l’autonomie, la force de l’Assemblée de Catalogne ou la mobilisation populaire basque sont quelques-uns des exemples qui ont contraint l’Etat à s’ouvrir.

Bien qu’à la suite du coup d’État du 23-F en 1981, les forces armées et le roi parviennent à un Pacto del capó, qui inversèrent les timides tendances fédéralisantes vers une recentralisation élitiste prolongée. « Le Pacto del capó fait référence au pacte qui fut passé entre l’un des acteurs du coup d’Etat du 23 février 1981, Antonio Tejero, colonel de la Guardia civil – pour accepter de cesser l’occupation du Congrès – et la Monarchie.

Ainsi, la protection initiale de l’Etat unitaire qui par l’article 145 interdit la fédération des communautés autonomes et institue la convocation de référendums comme compétence exclusive de l’Etat, est renforcée par la LOAPA (Ley Orgánica de Armonización del Proceso Autonómico-Loi organique d’harmonisation du processus autonomique), approuvée en 1982 pour réduire l’autonomie des communautés autonomes.

La sentence contraire du Tribunal constitutionnel n’a invalidé que 14 des 38 articles de la LOAPA, de sorte que même le Parti socialiste de Catalogne et le Parti socialiste d’Euskadi ont dû s’opposer à cette loi à l’époque (pourtant pactée entre le PSOE et l’UCD- Unión de Centro Democrático, dirigé par Adolfo Suárez, un des personnages clés de la Transition).

Mais dans le même débat constitutionnel, il apparut clairement que le texte approuvé n’était guère plus que la Constitution d’un « État centralisé régionalisé », comme l’explique le député d’Euskadiko Ezkerra Francisco Letamendia :

« On a dit dans cette salle que cette Constitution marquait la fin de l’Etat centraliste, et cela est faux. Un État ne cesse d’être centraliste que lorsqu’il devient fédéral – ou confédéral –, et l’État envisagé par la Constitution dans son titre VIII, sur l’organisation territoriale et dans les dispositions complémentaires, n’est pas un État fédéral, mais un État centraliste régionalisé. ».

Même Jordi Solé Tura [l’un des rédacteurs de la Constitution de 1978 au titre du Parti Communiste catalan, le PSUC ; à la fin des années 1980 il rejoint le Parti des socialistes de Catalogne] reconnaîtra le caractère centraliste de la Constitution formelle de l’État, défendant ainsi dans son ouvrage Autonomies, federalisme i autodeterminació (Ed. Laia, 1987) la nécessité d’aller vers des statuts de deuxième génération en tant que réformes fédéralisantes qui modifieront la Constitution matérielle d’un État dont la Constitution formelle n’avait rien changé, bien au contraire.

Le blocage des tentatives de réforme fédéralisante – le Plan Ibarretxe (proposition de statut politique de la Communauté d’Euskadi présenté par Juan José Ibarretxe et approuvé, par la suite, par le parlement basque en 2004) et le Statut Miravet préparé par le gouvernement tripartite de Catalogne en 2006 – est ce qui oblige le fédéralisme à se déplacer vers l’option d’un changement de régime dans la mesure où toute transformation interne au régime est niée.

L’hypothèse de Solé Tura se clôt par une fermeture plus hermétique de l’Etat, dit Jordi Cuixart [président d’Omnium Cultural, mis en examen en 2017 et condamné en octobre 2019 par le Tribunal suprême à 9 ans de prison pour sédition] :

« Si le pays avait vu son autonomie gouvernementale pour l’essentiel respectée et améliorée, avec une véritable option fédérale, ainsi que la langue et les cultures respectées, le catalanisme n’aurait probablement pas muté jusqu’ au souverainisme actuel. ».

Au cours de la crise de 2008, cette fermeture centraliste a été renforcée avec la loi Montoro et la réforme de l’article 135 pour centraliser les ressources financières et les excédents municipaux pour payer la dette publique. Le centralisme est une logique extractive qui n’a aucune pitié pour les administrations locales, territoriales ou nationales.

Comme le dit le grand républicain de Cornellà [Jordi Cuixart], il y a « des conditions objectivement favorables pour laisser la place aux républiques de notre Ibérie ». En définitive, il faut prendre le pouls du développement de tous les nouveaux souverainismes en tant que propositions démocratiques déterminées à transformer un État asphyxiant, dont la dynamique centraliste constitue « l’authentique séparatisme par sa vision unificatrice, suprémaciste et classiste qu’il possède ».

Vers un bloc populaire pour les droits et les libertés ?

En conclusion, je voudrais souligner l’une des vertus du livre ¡Abajo el rey ! Repúblicas qui est celle de compter sur une pluralité de voix représentatives des volontés transformatrices. Bien que pour avancer vers cet horizon, il faudra élargir les dialogues, les perspectives et les mobilisations, invitant les différentes sensibilités progressistes madrilènes à se rassembler dans un front de ce type contre le déluge monarchique en cours. Et, plus important encore, il sera nécessaire de s’associer aux mouvements et aux syndicats pour le droit au logement et à la santé publique.

Parce qu’il ne s’agit pas seulement de construire un mouvement populaire en faveur d’une consultation pour la République mais aussi de construire un projet d’Etat populaire. C’est ce que les républicains confédéraux de la Première République ont fait avec leur ouvriérisme et la triade revendicative contre les impôts indirects, contre le service militaire et pour le suffrage universel.

Ou dans le cas des républicains de gauche qui ont lié l’alliance de Saint-Sébastien [ce pacte a été passé en août 1930 entre tous les partis républicains pour faire face à la monarchie d’Alfonso XIII et proclamer la Seconde République] à l’autodétermination de la Catalogne, la réforme agraire et l’amélioration des conditions de travail des travailleurs et travailleuses.

La confédération des différents « archipels de résistances » dont parlent Jaime Pastor et Miguel Urbán, devra également assumer des défis tels que la conquête de l’amnistie pour dépénaliser le droit à l’autodétermination et l’ouverture d’une voie vers une loi de clarté [référence à une loi sur la clarté référendaire à propos d’une sécession d’une province au Canada] qui la rende possible. Parce que le gouvernement des peuples libres prendra la forme de république ou il ne le sera pas.

Mais une telle victoire ne peut être que partagée, populaire et plébéienne. Dit dans les termes de Jordi Cuixart : « Le droit de vote pour l’autodétermination en Catalogne et parmi les peuples de tout l’Etat espagnol se gagne dans la rue, comme c’est aussi dans la rue que se gagne le droit des Espagnols à décider du type d’Etat qu’ils veulent. ».

Ce n’est qu’ainsi qu’il sera possible de répondre à la question « dans quel type de pays vivons-nous ? » avec une fierté collective : « dans une république que nous voulons, dans pays dont nous avons besoin et avec la justice sociale que nous méritons »

L’amnistie des prisonniers politiques, la réforme urbaine des loyers, l’instauration d’un revenu de base et la refondation de la santé pourraient très bien être l’échafaudage d’un esprit de 45 républicain [allusion au film de Ken Loach, El espíritu del 45, qui renvoie à l’instauration de l’Etat social] qui arrête la dérive absolutiste du régime en proposant sa transformation la plus radicale possible, c’est-à-dire la plus nécessaire. (Extrait voir lien)

Albert Portillo

A l’occasion de la parution de l’ouvrage « Abajo el Rey ! Repùblicas ! » (Viento Sur). samedi 7 novembre 2020, par PASTOR Jaime, PORTILLO Albert , URBAN CRESPO Miguel

https://www.europe-solidaire.org/

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18 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

lgbt moyen-âge (pùblico)

bagdad

Artiste: Yahya ibn Mahmud al-Wasiti en 1237 à Bagdad, les deux personnages, Al-Hârith (le narrateur) et Abû Zayd (le héros), auréolés de leur amour,

Pedro y Muño, le premier mariage gay en Espagne… en 1061

Le premier mariage homosexuel documenté dans la péninsule ibérique a eu lieu il y a mille ans. Le couple a promis de prendre soin l’un de l’autre et d’hériter des biens de leur conjoint en cas de décès.

Un mariage homosexuel entre deux hommes en 1061 ?

Il en fut ainsi, plus précisément le 16 avril, il y a presque mille ans, et fut contracté par Pedro Díaz et Muño Vandilaz, voisins de la paroisse de Santa María de Ordes, située dans le conseil d’Ourense de Rairiz de Veiga.

Une union officielle dans laquelle les deux parties s’engagent à prendre soin l’une de l’autre, à partager leurs biens et à travailler sur un pied d’égalité. « Et si Pedro mourrait avant Muño, il laisserait les biens et les documents à Muño. Et si Muño meurt avant Pedro, il lui laissera la maison et les papiers ».

C’est ce qui est indiqué dans le texte du jumelage institutionnel, réalisé en présence de témoins qui ont attesté du mariage.

Ce n’est pas le seul émariage qui a eu lieu en Europe au Moyen Âge, mais c’est le plus ancien de la péninsule ibérique. Il y en a peut-être eu d’autres avant cela, bien qu’ils ne soient pas documentés, de sorte que le couple est considéré comme le pionnier du mariage homosexuel dans l’Espagne et le Portugal actuels.

L’écrit avait été déposée à Celanova, jusqu’à son transfert aux Archives historiques nationales de Madrid, un pillage qui s’est étendu à d’autres centres de documentation du royaume de Galice.

Le médiéviste américain John Boswell a écrit « Le mariage de la ressemblance. Les unions homosexuelles dans l’Europe pré-moderne » (Muchnik) où il examine la tolérance du christianisme à ses origines avec les relations entre deux hommes, dont l’union est officialisée ou sanctifiée par un rituel similaire à celui du mariage hétérosexuel. Au début du siècle dernier, le juriste Eduardo Hinojosa avait déjà cité l’union de Pedro et Muño dans ses études sur les protocoles de fraternité en Galice, en León et au Portugal.

L’indice a conduit le philologue Carlos Callón à se pencher sur ce mariage, dont il parle dans le livre Amigos e sodomitas. A configuración da homosexualidade na Idade Media (Sotelo Blanco). Il avait déjà trouvé des références aux relations homosexuelles dans la poésie des troubadours.

Il met l’accent sur les unions entre personnes du même sexe, comme Boswell l’avait déjà fait, où il affirmait qu’elles avaient l’approbation ou la participation de l’Église, jusqu’à ce que le catholicisme commence à condamner les relations entre hommes à partir du 12e siècle.

Callon, s’appuyant sur des études antérieures, analyse comment se constituent les préjugés anti-gais et comment la sodomie devient un acte de péché, même si au Moyen-Âge il y avait encore de la permissivité dans les relations homosexuelles.

« Nous connaissions l’existence de pierres tombales qui parlent de l’amour entre deux hommes dans le contexte péninsulaire, mais ce document est particulier car il reflète le fait que l’amour entre hommes n’est pas une invention récente », explique-t-il depuis Lisbonne, où il enseigne l’histoire à l’Institut Giner de los Rios.

Les critiques pourraient faire valoir que, plus qu’un mariage, il s’agissait d’une adelfopoiesis (du grec, faire des frères), une cérémonie de jumelage similaire au mariage hétérosexuel, sous la coupole d’une église et officiée par un prêtre.

Pour Callon, « Boswell aussi le cite comme un cas qui n’est pas de l’adelfopoiesis. En fait, ce rituel n’était pas suivi, mais était une union entre deux hommes qui promettaient de partager leurs biens et de prendre soin l’un de l’autre tout au long de leur vie, avec la possibilité d’une séparation ».

Si, au lieu de Muño, la mariée était Sara, personne ne remettrait en question ce mariage, reflète le philologue galicien, qui insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une union pour des raisons économiques.

« À l’époque, il n’y avait pas de mariages d’amour, mais plutôt des mariages arrangés, mais celui-ci a toutes les implications de ce que nous comprenons comme tel aujourd’hui », qualifie Carlos Callón, dont la thèse est qu’une « amitié spéciale » est solennisée avec des résultats juridiques, la cohabitation et l’héritage similaires à ceux d’un mariage hétérosexuel.

L’appeler mariage, selon lui, ne serait pas approprié si l’on tient compte du fait que l’Église n’a pas montré d’intérêt à le réglementer avant le 10e siècle, alors que le sacrement n’a pas nécessité son intervention avant le 4e Concile du Latran (1215).

Néanmoins, certains critiques considèrent ce type de mariage comme une union sans liens affectifs ou sexuels, dans le but de consolider les familles ou les héritages. Une circonstance qui, d’autre part, pourrait également être attribuée aux mariages hétérosexuels, comme le prévient Callon, qui considère que le document précise qu’il ne s’agit pas d’un mariage de complaisance, mais d’une union plus profonde.

Il exclut également le simple « jumelage », bien qu’il rappelle que dans le passé, « frère » était utilisé pour désigner le conjoint hétérosexuel, tout comme « ami » était synonyme d’amant dans la poésie de troubadour. En Galice ceux qui étaient unis lors de cette cérémonie aient été enterrés ensemble.

Le débat serait anachronique, à cette époque, il n’y avait pas de frontières immuables entre l’amitié et l’amour, comme le reflète les chants médiévaux, où le terme « ami » avait des connotations érotiques.

En tout cas, le document fait référence à une relation homosexuelle en raison de l’affection et parce qu’elle n’est pas basée sur une union de parenté, mais sur « l’amitié ». En outre, le texte met en évidence ce que devrait être la vie entre les deux, au-delà d’un contrat commercial, et stipule les mêmes droits et devoirs qu’un mariage hétérosexuel.

Certains articles aient donné lieu à des malentendus, car ils situent la célébration dans l’église de Santa Maria de Ordes, avec le consentement du prêtre. Tous deux vivaient à côté du temple, qui était leur propriété, ainsi que des terres adjacentes.

Ainsi, dans le document, on peut lire : « Pedro Díaz et Muño Vandilaz font un pacte entre nous et pour la connaissance des autres [...] en ce qui concerne la maison et l’église de Santa María de Ordes, que nous possédons tous deux et dans lesquelles nous sommes égaux en travail, en accueillant les visiteurs, en prenant soin d’eux, en la décorant et en la gouvernant, ainsi qu’en plantant, en construisant et en travaillant dans le jardin ». Il s’agissait donc d’une union civile.

Sodomie et homophobie

Boswell a été critiqué pour avoir traduit le concept moderne d’homosexualité à l’époque,  Callon insiste sur le fait qu’il s’agit là d’une dispute académique : « Si ce mot n’existait pas, on peut affirmer que le terme hétérosexuel n’existait pas non plus.

Callón, pour sa part, attribue le mérite à John Boswell et précise que son travail a consisté à mettre le document en contexte, pour cela il s’est appuyé sur Michel Foucault, Robert Ian Moore et d’autres auteurs cités, ainsi que sur les recueils de chansons de troubadours.

Il n’y a pas d’autres preuves qu’il s’agissait d’un mariage homosexuel que les noms masculins du couple lui-même, bien qu’il n’hésite pas à le considérer comme homosexuel si l’on suit le contexte affectif du document. « Nous n’avons pas non plus compris les chants de mépris et de malédiction à cause des préjugés avec lesquels nous avons été élevés, dans lesquels seule l’hétérosexualité avait sa place.

Son étude approfondie l’a amené à observer des clins d’œil gais dans certaines chansons, alors que dans les chansons de mépris et de malédiction les références sont évidentes. « Ils ont été interprétés comme homophobes, alors qu’en fait ils ne critiquent pas la sodomie, mais le rôle passif dans une relation », dit Callon.

« De plus, pendant le processus de recherche, j’ai rencontré de nombreux spécialistes qui, lorsqu’ils trouvaient une allusion homosexuelle, se joignaient à la satire et faisaient des blagues « de pédés ». Cependant, alors que les préjugés homophobes se façonnent à l’époque, il rappelle que l’art et la littérature incarnent un idéal d’amitié entre les hommes qui leur permet d’exprimer librement leur amour en public.

« Dans la correspondance médiévale, il y a des déclarations d’amour effusives entre deux hommes. Il y a aussi des éléments que, dans les termes d’aujourd’hui, nous qualifierions de « tomber amoureux » ou de « couple ». Maintenant qu’ils sont devenus une cause de péché, ces signes disparaissent, mais pendant longtemps la frontière qui différenciait une amitié idéale ou pécheresse était très nébuleuse », explique le philologue galicien, qui se réfère à nouveau à la position de la religion concernant les relations homosexuelles.

« Pendant les mille premières années du christianisme, il n’y a pas eu de mots pour faire référence au péché ultérieur de la sodomie, pas même dans la prédication de Jésus-Christ. Les préjugés homophobes sont nés au XIe siècle et se sont consolidés à la fin du Moyen Âge.

Le sexe en est venu à jouer un rôle plus important dans le discours de l’Église. Et, en même temps, les monarchies autoritaires qui commençaient à germer ont eu recours à des crimes qui leur ont permis d’avoir plus de pouvoir. C’est pourquoi Alfonso X a réglementé la sodomie ou pourquoi Isabel et Fernando en sont venus faire office de juges », explique Callón.

L’auteur de l’essai Friends and Sodomites, qui a remporté le prix Fervenzas Literarias, pense que l’histoire a été falsifiée, en supposant que l’hétérosexualité est « éternelle ».

Les relations homosexuelles ont laissé leur marque dans des écrits documentant les mariages civils et même religieux. Mais « les femmes étaient aliénées de la société à cause de la misogynie. Les cantigas galego-portugaises nous offrent beaucoup plus d’informations sur les couples de femmes, mais en revanche, ne figurent pas dans les documents d’état civil. En d’autres termes, il n’y avait pas de reconnaissance de leurs unions parce qu’elles n’avaient pas la même considération ou position sociale ».

Ce vide se reflète également dans une chanson d’amour lesbienne qui a été modifiée dans les éditions du XIXe et du XXe siècle. Dans « Dizia la ben-talhada », attribuée à Pedr’Eanes Solaz, les pronoms féminins sont changés en pronoms masculins.

« Le travail de Boswell a été couronné, mais ses études ne sont pas dans les manuels. La diversité sexuelle a été mal représentée et marginalisée, il faut aussi se demander où sont les femmes. Il les rendra bientôt visibles dans une enquête qui reflète l’amour et le désir entre elles – et parmi elles – dans la littérature médiévale.

madrid 18/11/2020 henrique mariño

https://www.publico.es/

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15 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

jean luc melenchon (the guardian)

jlm

Jean-Luc Mélenchon, le leader radical français, envisage une nouvelle course à la présidence

L’agitateur célèbre admet que le Covid va changer sa tactique pour tenter de diriger le pays en 2022. Selon M. Mélenchon, le pays doit avoir un choix positif en 2022, et pas seulement devoir voter contre Marine Le Pen.

L’ancien agitateur de gauche français, Jean-Luc Mélenchon, s’apprête à nouveau à se dresser contre ses ennemis de droite après avoir annoncé qu’il se présentera aux élections présidentielles de 2022, la troisième fois qu’il relève le défi pour diriger le pays.

Le leader de la France Insoumise (FI) a déclaré la semaine dernière qu’il se porterait candidat si 150 000 citoyens français signaient une pétition en sa faveur. En quelques jours, il a confortablement atteint sa cible, et les signatures affluent toujours.

A 18 mois de la prochaine élection présidentielle, les sondages suggèrent qu’il est probable que se répète 2017, un second tour entre l’actuel leader centriste, le président Emmanuel Macron, et la députée d’extrême droite Marine Le Pen.

Mélenchon vise à le perturber. « J’ai dit que je ne veux pas que ce pays élise encore une fois Monsieur Macron contre Madame Le Pen. Il est temps d’offrir aux Français un vrai choix de ce qu’ils veulent », dit-il.

Mélenchon, qui aura 71 ans en 2022 et qui admet que chaque fois qu’il apparaît dans une élection, quelqu’un lui dit « Encore vous », admet que sa pétition est un moyen de faire parler de lui.

Le magazine Marianne a souligné que la pétition n’était guère un baromètre du soutien populaire, affirmant l’avoir signée trois fois sous de faux noms, dont celui de Maximilien Robespierre, ce qui a incité la FI à répondre avec colère que la liste serait vérifiée de manière indépendante et légale.

Il n’y a qu’un seul problème. Comment un fauteur de trouble politique avouant son mode opératoire, peut-il trouver le ton juste au moment de la crise du coronavirus ?

« La situation de Covid-19 rend notre travail très difficile car nous sommes en opposition et nous nous opposons à la façon dont la crise sanitaire a été gérée, mais nous ne pouvons pas être ceux qui organisent plus de désorganisation. Nous ne pouvons pas pousser les gens à désobéir et créer le chaos. Nous ne pouvons tout simplement pas le faire « , a déclaré Mélenchon à l’Observer.

« Cela nous a amenés, nous les Insoumis, à changer de tactique. Nous sommes sortis de la période du son et de la fureur, où il s’agit de canaliser la colère collective qui est l’expression de l’anticapitalisme, de l’agiter, de l’amplifier et de lui donner une voix.

« Les sociétés en état de détresse ont tendance à resserrer les rangs, à s’unir dans l’entraide. Alors maintenant, disons d’abord, que pouvons-nous faire pour en sortir ? Deuxièmement, pourquoi ne le faisons-nous pas, et troisièmement, qui est à blâmer ?

« Je ne dis pas que cela exclut d’adopter une position conflictuelle, mais ce n’est pas notre principal objectif. Nous ne nous engageons pas dans des affrontements frontaux ».

En 2012, sa première campagne présidentielle, Mélenchon a obtenu 11,1 % des voix – quatrième derrière le président de centre-droit de l’époque, Nicolas Sarkozy, et son successeur, le socialiste François Hollande, et Le Pen.

En 2017, il a obtenu 19,6 % des voix, mais il est encore une fois arrivé en quatrième position. Macron a gagné, mais avec un important vote anti Le Pen.

Mélenchon a déclaré qu’il était faux de penser que les gens avaient « cessé de penser » pendant la crise de la santé. Covid-19 était déjà en train de « changer les mentalités », dit-il.

« Chaque fois que j’ai dit qu’il fallait nationaliser quelque chose, ça a fait peur à tout le monde. Maintenant, les gens disent que nous ne pouvons pas laisser certaines entreprises fermer, nous devons les nationaliser. Et quand j’ai parlé de réquisitionner l’industrie textile pour faire des masques, quelqu’un a-t-dit que l’Armée rouge était derrière Mélenchon ?

« Il n’y a pas de révolution dans le monde qui soit arrivée pour une raison idéologique, elles sont toutes arrivées pour des raisons pratiques, sans exception, y compris la révolution de 1789, y compris la révolution russe.

Mélenchon a déclaré que son parti était en train de dépoussiérer son programme 2017, de le mettre à jour et de chercher de nouvelles idées auprès de ses partisans.

S’il est élu président, a-t-il dit récemment, il mettra fin à la cinquième république instaurée par Charles de Gaulle en 1958, rédigera une nouvelle constitution pour une sixième république, et réunira les personnes clés pour leur dire de « régler le problème de la pauvreté et des sans-abri. Je suis sûr que quelqu’un sait comment faire ».

Mélenchon, qui a été décrit comme autocratique, autoritaire, passionné et charismatique, présente un visage plus doux et plus jovial. Demain, ce sera différent, admet-il. « Avec la crise sanitaire, c’est plus Mélenchon l’anthropologue et le sociologue qui vous répond, par opposition à l’homme politique. Après… eh bien, le conflit [politique] n’est jamais loin ».

Sun 15 Nov 2020 Kim Willsherin Paris

https://www.theguardian.com/

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Présidentielle 2022 : Jean-Luc Mélenchon en quête des 500 signatures des maires

Le retour de Sarkozy « intéresse » Mélenchon, et ce n’est pas une première

 

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14 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

douarnenez (psl)

douarnenez

Il était une fois dans l’histoire de la lutte de classes

La grève des sardinières de Douarnenez

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la Bretagne est une région peu industrialisée, pauvre et catholique. L’agriculture reste traditionnelle et nourrit avant tout les familles paysannes qui comptent beaucoup d’enfants. Au domicile, la langue usuelle est le breton. Les enfants n’apprennent le français qu’en entrant à l’école primaire.

A Douarnenez, un port du Finistère, on pêche essentiellement la sardine : 21 usines de conserves produisent annuellement 40 millions de boîtes de sardines.

Les matelots partent pêcher le soir à bord de chaloupes et rentrent le matin. Les femmes sont sardinières : elles nettoient et préparent les sardines avant leur mise en conserve. Elles attendent longtemps le retour des chaloupes en espérant pouvoir traiter les tonnes de sardines achetées par les usiniers.

Leur travail est précaire car il dépend des résultats de la pêche. Si celle-ci est abondante, elle est vendue à bas prix aux usiniers. Les sardinières font alors de longues heures supplémen-taires pour tout mettre en boîte : jusque 70 heures de travail d’affilée et sans primes !

Mais si la pêche est maigre, les patrons pêcheurs vendent leur pêche aux grossistes qui l’écoulent dans le commerce. Dans ce cas, les sardinières sont sans travail. Leurs heures d’attente ne sont pas payées. Les matelots touchent une part de la vente de la pêche. On voit donc qu’une grève des sardinières risque vite de dresser les matelots contre la grève.

Deux militants communistes hors du commun

Deux militants communistes exceptionnels vont jouer un rôle important dans la grève qui s’annonce : Charles Tillon(1), responsable local de la CGTU, et Daniel Le Flanchec, un communiste libertaire qui vient d’être élu maire de la ville en octobre 1924.

Le mouvement de grève commence à l’usine Carnaud où les soudeurs et les manœuvres arrêtent le travail. Le maire court à l’usine soutenir les grévistes. Mais les ouvriers de Carnaud estiment qu’ils ne pourront pas gagner seuls et ils décident d’aller discuter avec les sardinières de toutes les usines pour les inciter à la grève.

La grève s’étend comme une traînée de poudre : des milliers de sardinières se mettent en grève pendant plusieurs semaines. Le comité de grève reçoit le soutien de la municipalité. La grève est terrible car elle est unanime. Elle devient un enjeu national et de nombreux responsables (ministres, députés communistes, viennent sur place).

L’attentat

Les patrons conserveurs engagent alors des tueurs pour abattre ceux qu’ils considèrent comme « meneurs ». Le jour de l’An, Le Flanchec est abattu en public. Transporté d’urgence à l’hôpital, le maire en réchappe. Mais la colère des grévistes est à son comble. Les renforts de police envoyés sur place ont fort à faire pour protéger les demeures des patrons.

Victoire !

L’affaire prend tellement de l’ampleur que les patrons usiniers sont contraints de céder. Le salaire des sardinières passe de 8 francs par jour (pour 10 heures) à 12 francs (pour 8 heures) soit une augmentation de 30 %. Dorénavant les heures d’attente seront payées et les heures supplémentaires seront majorées de 50 %.

De ceci, retenons l’essentiel. Cette lutte menée par des femmes, des ouvrières dans un petit port du bout de la Bretagne, c’est aussi, au-delà de la hausse de salaire, la conquête d’une dignité.

Et s’il vous arrive de temps à autre d’ouvrir une boîte de sardines, ayez une pensée pour les sardinières de Douarnenez !

1) En 1921, alors qu’il était mécanicien sur un navire de guerre français en mer Noire, Charles Tillon avait animé une révolte de l’équipage pour s’opposer aux manœuvres de la flotte française qui soutenait les Blancs lors de la guerre civile en Russie. Condamné à 5 ans de bagne militaire, puis libéré à la suite d’une campagne de solidarité, il était devenu un animateur de la CGTU (La branche communiste du syndicat de 1921 à1936).

samedi 14/11/20 Guy Van Sinoy,

https://fr.socialisme.be

Commentaire:

Le PSL est un parti anticapitaliste belge

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