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25 mai 2017 ~ 0 Commentaire

état espagnol (alternative libertaire)

 Cartel 27-Mayo-animacion

Tod@s à la calle, tous et toutes dans la rue !

Malgré l’effet délétère de Podemos sur le mouvement social ibérique, le Bloc syndical combatif (CGT, Intersindical Aragon, CO.BAS, Solidaridad Obrera …) montre la voie avec des Marches de la dignité le samedi 27 mai, qui convergeront sur Madrid).

De premières Marches de la dignité, décentralisées, s’étaient tenues le dimanche 25 février, dans plusieurs villes de la Péninsule. Le mouvement social ibérique, en retrait depuis deux ans, reprend l’initiative et le chemin de la résistance.

Un réveil qui constitue une vraie bonne nouvelle, tant « l’effet » Podemos a fait du mal, au point de faire oublier que la lutte des classes se situait dans la rue et dans les entreprises, et non dans les urnes. Ce poison du « débouché politique » a, hélas, pénétré de nombreux cercles militants sincères (y compris dans les rangs du mouvement libertaire). Ce poison a eu des conséquences évidentes sur le niveau de combativité, alors que le mouvement social outre-Pyrénées a toujours été caractérisé par sa créativité, son caractère de masse (entre autres le mouvement des Indignad@s) et sa radicalité.

Un recul confirmé et résumé par Irène de La Cuerda, du secrétariat à l’action sociale de la centrale anarcho-syndicaliste espagnole CGT : « L’irruption de Podemos et ses prises de position ont largement contribué à la démobilisation en faisant croire que l’on pouvait changer les choses de l’intérieur du système. Que pénétrer les rouages des institutions pouvait changer la donne. » Cette journée des Marches de la dignité du 25 février entrouvre une nouvelle ère de mobilisations. C’est qu’elle a été couronnée de succès, avec plusieurs dizaines de milliers de personnes dans la rue, et ce dans plusieurs villes.

Taux de chômage largement supérieur aux 20%

Comme pour les marches antérieures, celles-ci ont des revendications propres au contexte du moment. Assuré d’une majorité parlementaire, le président du gouvernement Mariano Rajoy (Parti populaire, droite) entend approfondir la contre-réforme des retraites initiée par les socialistes du PSOE en 2011. Une telle attaque contre les droits sociaux aura des conséquences gravissimes pour la population tout entière.

Dans un pays où le taux de chômage est largement supérieur aux 20% et atteint les 40 % chez les moins de 30 ans, dans bien des ménages la pension des retraité.es est la seule ressource fixe des familles.

De premières marches, décentralisées, ont eu lieu le 25 février.

D’autres revendications étaient mises en avant dans les cortèges des manifestations : la fin de l’impunité des politiques et de la corruption, l’abrogation de la loi Mordaza (loi Bâillon) [1] qui entend criminaliser le mouvement social ou encore l’exigence de l’amnistie des militantes et militants emprisonnés ou poursuivis par la justice. « De nouvelles marches sont prévues pour le 27 mai, avec l’idée qu’elles convergent toutes vers Madrid », conclut Irène de la Cuerda. Le mouvement social ibérique n’a donc pas dit son dernier mot…

Jérémie Berthuin (AL Gard) 25 mai 2017

http://alternativelibertaire.org/

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23 mai 2017 ~ 0 Commentaire

turquie (amnesty)

amenesty

« Anéantissement professionnel » de 100 000 fonctionnaires dans le cadre de la purge qui a suivi la tentative de coup d’État

Le licenciement de plus de 100 000 employés du secteur public en Turquie est arbitraire et a des conséquences catastrophiques sur leurs vies et leurs moyens d’existence, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport.

Ce document, intituléNo end in sight: Purged public sector workers denied a future in Turkey , révèle que des dizaines de milliers de personnes, parmi lesquelles des médecins, des policiers, des enseignants, des universitaires et des soldats, qualifiés de « terroristes » et bannis de la fonction publique, luttent désormais pour joindre les deux bouts.

« L’onde de choc de la répression qui a suivi la tentative de coup d’État en Turquie continue de ruiner la vie de nombreuses personnes qui ont perdu leur emploi et ont vu leur vie profes- sionnelle et familiale anéantie, a déclaré Andrew Gardner, chercheur sur la Turquie à Amnesty International.

« Déshonorés par le qualificatif de «  terroristes  » et privés de leurs moyens de subsistance, de nombreux citoyens en Turquie ne peuvent plus poursuivre leurs carrières et leurs perspectives de retrouver un autre emploi sont bloquées. »

Le rapport d’Amnesty International, basé sur 61 entretiens menés à Ankara, à Diyarbakır et à Istanbul, révèle que ces employés, occupant jadis des postes sûrs dans le secteur public, se retrouvent dans une situation très difficile, sans recours pour obtenir réparation. Les person- nes interrogées expliquent qu’en raison de l’absence de toute aide, y compris d’allocations sociales, elles sont contraintes de vivre de leurs économies, de compter sur le soutien de leurs amis ou de leur famille, d’accepter des emplois dans l’économie parallèle ou de se débrouiller avec les maigres aides financières allouées par leurs syndicats.

De nombreux fonctionnaires licenciés se voient interdire de travailler à titre privé dans des professions réglementées par l’État, comme le droit et l’enseignement. De même, des policiers et des militaires limogés se voient interdire par décret de trouver des emplois analogues dans le secteur privé. Les quelques professionnels qui sont autorisés à poursuivre leurs carrières dans le secteur privé, comme les professionnels de santé, bataillent pour trouver des emplois, notamment un travail équivalent à leur ancien poste avec un niveau de salaire équivalent.

Les passeports des fonctionnaires renvoyés du secteur public ont été annulés, ce qui leur ôte toute possibilité de travailler à l’étranger et restreint encore davantage leurs perspectives d’emploi. « Ils nous interdisent de quitter le pays, ils nous interdisent de travailler… Que veulent-ils que je fasse ? », a déclaré à Amnesty International une femme limogée d’un haut poste dans la fonction publique au sein du bureau du président.

Même si certains limogeages – ceux des soldats ayant pris part à la tentative de coup d’État par exemple – peuvent être justifiés, l’incapacité des autorités à établir des critères clairs ou à fournir des preuves individualisées de délits ouvre une brèche dans leur allégation selon laquelle tous les renvois sont nécessaires au nom de la lutte contre le terrorisme. Au contraire, des éléments de preuve attestent que la purge s’appuie sur des motivations abusives et discriminatoires. Un ancien employé du gouvernement au niveau local a déclaré à Amnesty International : « Si quelqu’un veut vous éliminer de l’institution, il lui suffit de livrer votre nom en tant que partisan de Gülen. »

Le fait que les licenciements soient publics rend les choses très difficiles pour les personnes concernées. « J’étais considéré comme un héros par la société. Aujourd’hui, je suis devenu un terroriste et un traître » a déclaré un ancien soldat stationné à l’autre bout du pays lorsqu’a éclaté le coup d’État. Une universitaire limogée en août 2016 a déclaré : « Mon fils ne voulait pas aller à l’école, les autres enfants n’arrêtaient pas de l’embêter, en disant que sa mère était une terroriste et une traîtresse. »

Aucune des personnes interrogées par Amnesty International n’a obtenu d’explication, hormis l’accusation collective d’entretenir des liens avec des organisations terroristes. Pourtant, malgré le caractère totalement arbitraire des décisions de renvoi, il n’existe pas de procédure d’appel permettant aux fonctionnaires de les contester. La commission mise sur pied en janvier pour évaluer les cas n’a ni l’indépendance ni les compétences requises pour être efficace. Elle n’est toujours pas opérationnelle.

Un petit nombre de fonctionnaires limogés ont protesté publiquement et se sont retrouvés en butte au harcèlement, voire à la détention et aux mauvais traitements, infligés par la police. Nuriye Gülmen, universitaire, et Semih Özakça, instituteur, sont entrés dans leur 75e jour de grève de la faim pour protester contre leur licenciement.

« Interdire à 100 000 personnes l’accès au travail est comparable à un anéantissement profes- sionnel de grande échelle et s’inscrit clairement dans la vaste purge lancée contre les oppo- sants politiques réels ou présumés, a déclaré Andrew Gardner.

« Les autorités doivent cesser ces licenciements arbitraires et réintégrer tous ceux qui ne sont déclarés coupables d’aucun délit. Ceux qui ont été limogés doivent bénéficier d’une procédure d’appel rapide et efficace leur permettant d’être innocentés, d’être indemnisés et de retrouver leur emploi. »

22 mai 2017

https://www.amnesty.org/

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23 mai 2017 ~ 0 Commentaire

dublin (change)

dublin (change) dans Altermondialisme

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M. le Préfet, vous pouvez dédubliner !

C’est quoi, dédubliner ? Cela veut juste dire : permettre à un migrant de déposer une demande d’asile en France, même s’il est en «procédure Dublin». La «procédure Dublin» dit qu’une personne doit demander l’asile dans le premier pays européen où elle est entrée ou passée (ce qui n’est pas forcément son souhait).

Au moment du démantèlement du camp de Calais, le gouvernement a promis que les person- nes qui acceptaient d’aller dans les «CAO» (Centre d’Accueil et d’Orientation) sortiraient de la «procédure Dublin», et pourraient donc déposer une demande d’asile en France. Cette promesse a été globalement respectée dans le Finistère (merci !) et nous restons vigilants pour ceux qui ne le sont pas encore…

MAIS… les autres personnes (venant des camps de Grande-Synthe, Paris, ou étant dans d’autres hébergements d’urgence…) sont menacées d’expulsion de la France. C’est une atteinte flagrante au principe républicain de l’égalité des droits ! Pour mieux comprendre, prenons par exemple les cas de Marwan et de Kamal*
(prénoms fictifs)

Marwan part du Soudan, passe par l’Italie, arrive à Calais et de là part en CAO à Brest : il est autorisé à demander l’asile en France.

Kamal part du Soudan, passe par l’Italie, arrive à Paris et de là part en CAO à Brest : il n’est pas autorisé à demander l’asile en France, la préfecture lui délivre un billet d’avion pour être expulsé vers l’Italie, où il est censé pouvoir demander l’asile.

Pourquoi est-ce si grave de devoir retourner en Italie ?

Parce que l’Italie ne peut assurer des conditions d’accueil dignes, au vu des arrivées très importantes sur son territoire, et surtout parce qu’il existe des accords entre l’Italie et le Soudan qui font craindre, à juste titre, que l’Italie n’expulse le réfugié vers le Soudan, qu’il a quitté parce que sa vie y était menacée. Rapport Amnesty International

Une personne choisit de demander l’asile dans un pays pour des raisons objectives, et c’est en accord avec le respect des droits à la libre circulation inscrite dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (article 13).

M. le Préfet, vous POUVEZ rétablir cette égalité des droits !

Ce que nous vous demandons est en accord avec la loi : les accords de Dublin III vous permettent ce «dédublinage» :  Clause discrétionnaire énoncée à l’art. 17 al. 1 du Règlement de Dublin III : « (…) chaque État membre peut décider d’examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. »

Nous ne vous demandons pas d’accorder le statut de réfugié à toutes ces person- nes: nous vous demandons juste de leur permettre de déposer une demande d’asile. Cette demande sera examinée, acceptée ou refusée, mais ils auront au moins eu accès au droit fondamental de demande de protection de notre pays.

Vous aussi, vous souhaitez que M. le Préfet du Finistère permette aux personnes en procédure Dublin de déposer une demande d’asile ? Signez déjà cette pétition en ligne, et vous pouvez venir pour le rassemblement qui aura lieu le Samedi 3 juin, à 11H, Place de la Résistance à Quimper, afin de signer la pétition papier que nous remettrons ensuite à M. le Préfet du Finistère.

Signataire :
Ligue des Droits de l’Homme – Quimper
L’Auberge des Migrants

https://www.change.org/

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22 mai 2017 ~ 0 Commentaire

italie (npa)

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En Italie, un mouvement féministe de masse est en marche

Depuis désormais plus de trois mois un nouveau mouvement féministe, qui surprend par son ampleur, sa composition et sa radicalité, a fait irruption sur la scène italienne.

Les premiers signes de la maturation d’une nouvelle génération féministe, avec ses propres codes d’expression et sa propre sensibilité politique, étaient déjà visibles ces deux dernières années dans les initiatives italiennes, notamment à Rome, pour le plein exercice du droit à l’avortement – prévu par la Loi 194 mais non garanti dans la pratique des hôpitaux à cause de la présence croissante des « objecteurs de conscience » – et en solidarité avec les luttes des femmes espagnoles contre le projet de loi anti-avortement du ministre Gallardon.

 Cette fois aussi, l’inspiration est venue des mobilisations féministes internationales contre la violence machiste dans de nombreux pays latino-américains, pour l’égalité salariale en Islande et pour l’avortement en Pologne, qui ont encouragé l’envie de réagir à une situation de violence structurelle envers les femmes qui caractérise ce pays et dont l’assassinat d’une femme par un fiancé, un mari ou un ex n’est que la pointe de l’iceberg.

Ainsi, de la confluence des pratiques des collectifs de jeunes féministes et de l’expérience de centres antiviolence, gérés par les femmes, est né un appel à la mobilisation nationale, à l’occasion de la journée du 25 novembre, conçue comme le début d’un processus de réflexion et d’action qui s’en prend à toutes les formes de violences structurelles envers les femmes.

L’appel, rédigé à Rome sous le nom Non Una di Meno (Pas une [seule femme] en moins), a été accueilli avec enthousiasme et dans plusieurs villes des assemblées locales se sont autoconvoquées pour préparer la manifestation. Contrairement au passé ces rendez- vous,  parfois à l’initiative de nouveaux collectifs de jeunes féministes ou de groupes informels, souvent liés aux espaces occupés, qui se sont adressés à tout le monde à travers les medias sociaux, ont connu un grand succès.

150 000 femmes dans les rues de Rome

Samedi 26 novembre, au moins 150 000 femmes, LGBTIQ et un certain nombre de (jeunes) hommes solidaires sont descendus dans la rue en formant une marée colorée, joyeuse et irrépressible qui a envahi le centre de Rome. Cette manifestation, pleine d’énergie et de volonté de bouleverser le monde, auto-organisée, sans le support des structures tradition- nelles de la gauche, s’est déroulée dans un esprit unitaire, inclusif des instances antiracistes, antipatriarcales et LGBTIQ.

Il s’agit d’un mouvement qui est certainement hostile aux gouvernements du Parti démocrate (Renzi d’abord et Gentiloni ensuite) à cause de leurs attaques contre la santé publique, les conditions de vie des travailleuses et des précaires, l’autodétermination des femmes en matière reproductive (voir la promotion du « Fertility Day » par la ministre de la santé, Beatrice Lorenzin) ; à cause aussi de la suspension des financements pour les centres antiviolence et d’une politique migratoire qui, dans les faits, est punitive et interdit aux nouveaux et nouvelles arrivé-e-s une vie digne sur notre territoire. Mais en même temps, il ne se reconnait dans aucune autre force politique ou syndicale établie.

Cette manifestation, dont le succès a dépassé toutes les attentes, a été suivie d’une journée d’élaboration des contenus de la protestation, avec une assemblée nationale, articulée en huit tables rondes (chacune d’environ 200 personnes provenant de tout le pays), qui se sont penchées sur les différents aspects de la violence (hétéro)patriarcale : du cadre juridico-légal à la violence économique, au travail et dans la protection sociale ; de l’éducation sexiste à l’école aux medias ; de l’accompagnement féministe pour sortir de la violence au plan de santé sexuelle et reproductive ; de la double ou triple violence que vivent les femmes immigrées au sexisme dans les mouvements sociaux. Cette élaboration mènera à l’écriture d’un plan féministe antiviolence, partant d’en bas, en contraste avec celui qui est en préparation de la part du gouvernement et qui sera présenté en juin.

Refuser les comportements de genre imposés

Pendant ce temps, « Non Una di Meno » a fait sien l’appel du « Ni Una Menos » argentin à une grève internationale des femmes à l’occasion du prochain 8 mars. Une journée dans laquelle nous proclamerons : « si nos vies ne valent rien, nous nous arrêtons ». Nous ne produisons pas, nous ne soignons pas, nous ne consommons pas, nous « faisons grève » en refusant les comportements de genre imposés.

Galvanisé par la manifestation gigantesque au cours de laquelle des milliers de jeunes femmes – et hommes – sont descendues dans la rue pour la première fois, le mouvement s’est encore élargi en s’articulant dans des assemblées par ville qui travaillent dans l’optique soit d’approfondir les thèmes de tables rondes nationales, soit de préparer concrètement la grève des femmes du prochain 8 mars, chacune sur son territoire.

Une deuxième assemblée nationale qui vient de se conclure à Bologne le week-end dernier a défini la plateforme – résultat de discussions approfondies dans les tables rondes – et les modalités de la grève : choix d’endroits symboliques pour réaliser des flash mobs, soutien aux travailleuses précaires ou soumises au chantage du patron à travers des « actions de trouble » (qui dérangent le déroulement du service ou de la production), choix d’un symbole unique – les couleurs noir et fuchsia et les poupées russes – à exposer à la fenêtre ou à porter pour signaler l’adhésion à la grève de celles qui ne sont pas en mesure de quitter leur poste ; en plus des assemblées sur les lieux de travail et dans les écoles, pour bloquer les cours et discuter de la violence et de l’oppression des femmes.

Ensuite, on se donnera rendez-vous à la fin de l’après-midi sur les places centrales de toutes les villes, où l’on créera des connexions nationales et internationales entre manifestantes, pour conclure dans quelques villes, en soirée, par des cortèges du type « reprenons la nuit » ou sous le slogan « les rues sûres sont garanties par les femmes qui y passent » (et non par les « forces de l’ordre »).

Autogestion, entraide et éducation à la différence

Tout en gardant bien en main l’autonomie du mouvement, Non Una di Meno a lancé l’invitation et le défi à tous les syndicats, majoritaires et de base, à rejoindre son action, en appelant à une grève générale de 24 heures, le seul moyen par lequel les employées peuvent faire grève légalement. Jusqu’ici,  seuls quelques syndicats de base ont répondu positivement à cet appel, sans s’engager pleinement pour sa réussite, tandis que la CGIL3 décidait de ne pas adhérer au mouvement, en se contentant d’inviter sa base à tenir des assemblées sur ce thème sur les lieux de travail.

Ce nouveau mouvement féministe, qui exprime un refus radical de l’existant, tire sa force de la combinaison d’actions massives de protestation et d’actions directes avec des expériences d’autogestion et d’entraide, dans les centres antiviolence, dans les cours d’édu- cation à la différence, dans les collectifs d’étudiantes et dans les espaces occupés, qui se réfèrent à la construction d’une société libérée du machisme, du racisme, de l’homo-lesbo-transphobie, et qui dépasse les logiques du marché capitaliste.

Il se sent partie prenante d’une marée – sera-ce la fameuse troisième vague ? – de protagonisme des femmes qui traverse le monde et qui met en cause les politiques misogynes et excluantes d’un establishment qui a perdu toute crédibilité.

C’est le premier mouvement de masse qui secoue le sens d’impuissance et de passivité qui semble avoir frappé l’Italie depuis que le centre-gauche de Renzi est arrivé au pouvoir, en promettant de moderniser le pays et de faire redémarrer l’économie, en rajeunissant sa classe politique et en alignant son fonctionnement sur les standards d’efficience européens.

Espérons que ce mouvement, unique par sa force d’auto-organisation, dirigé par une nouvelle génération de femmes – et dans lequel nous sommes pleinement engagées – pourra se consolider et donner un nouvel élan pour la reprise des mouvements sociaux dans leur ensemble.

Samedi 20 mai 2017

Nadia De Mond: Les articles de la rubrique Idées n’expriment pas nécessairement le point de vue du parti

La Gauche LCR.Belgique

https://npa2009.org/

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18 mai 2017 ~ 0 Commentaire

macron et merkel (npa)

macron tank

Sont sur un bateau…

Dès le lendemain de sa prise de fonction, Macron était à Berlin pour rencontrer Merkel. Les nationalistes et « patriotes » de toutes nuances vont sans doute présenter cette visite comme celle d’un vassal à sa suzeraine. En fait, l’Europe à laquelle Macron a prêté allégeance est celle du capital. Quand Macron déclare à Berlin : « La première tâche sera de mettre en place un agenda de réformes. Non parce que l’Europe le demande mais parce que la France en a besoin », il ne ment pas, sauf que « sa » France, c’est celle de Bernard Arnault, de Bolloré, de Dassault, de la famille Peugeot, etc.

Les dirigeants européens ont un vrai souci face auquel, Allemands compris, ils savent qu’il n’y a pas de recettes miracles : l’Union européenne (UE) est en crise dans un environnement mondial de plus en plus instable, alors qu’à la tête du « juge de paix » du capital international se trouve désormais Trump, un président nationaliste et tout aussi instable. Dans ce contexte, même après le Brexit, capitalistes et gouvernants européens, malgré des diffé- rences de points de vue, pensent que mieux vaut une Europe brinquebalante qu’un éclatement qui ajouterait encore plus d’incertitude.

De cette rencontre à Berlin, il n’est sorti que des déclarations d’intention. Macron, avec beaucoup de prudence, a essayé de convaincre Merkel de progresser vers un budget de l’Eurozone pour financer des investissements et réduire l’impact des chocs provoqués par les politiques libérales (qui seraient poursuivies avec encore plus de ténacité). Cela pourrait nécessiter une modification des traités européens. Merkel n’a pas dit non… mais n’a pris aucun engagement.

Vu l’affaiblissement relatif du capitalisme français, Macron n’a que des arguments politi- ques pour essayer de convaincre, et une seule carte dans sa manche : une fois la Grande-Bretagne partie, la France demeure pour l’instant la seule puissance militaire de l’UE capable d’interventions extérieures. Depuis des années d’ailleurs, l’activisme militaire est utilisé par les dirigeants français pour compenser le déclin économique du capitalisme national. Le command-car avec lequel Macron a paradé sur les Champs-Élysées renvoie aussi à cette réalité.

Au-delà des combinaisons politiciennes, le cocktail macronien des mois à venir sera donc un mélange de réformes antisociales, d’avancées vers un budget militaire à 2 % du PIB, et de « maintien de l’ordre ». Tout cela avec la bénédiction d’Angela Merkel.

Mercredi 17 mai 2017 Henri Wilno

https://npa2009.org/

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18 mai 2017 ~ 0 Commentaire

rij 2017 (jac)

RIJ-2017

Rencontres Internationales des Jeunes (RIJ) 2017

Du 23 au 29 juillet 2017, dans le Sud de l’Italie, auront lieu les 34èmes Rencontres internationales de jeunes, qui rassemblent chaque année plusieurs centaines de jeunes militant-e-s et sympathi-sant-e-s de la gauche radicale, venant principalement de pays européens mais aussi d’ailleurs. Ces Rencontres sont organisées par les jeunes de la Quatrième internationale, dont la LCR/SAP et les Jeunes anticapitalistes (JAC) sont membres en Belgique.

Cette semaine de rencontres est l’occasion de discuter, d’échanger, de s’informer autour des luttes sociales et politiques visant à l’émancipation de tou-te-s et au renversement du capita- lisme à l’échelle mondiale. Crise économique et précarité, impérialisme, guerres et racisme, féminisme, droits des MOGAI et luttes contre le patriarcat, changement climatique et nécessité d’un écosocialisme seront, parmi d’autres thèmes, au centre des discussions. Bien sûr, une place forte est accordée aux moments festifs et aux échanges informels autour d’un verre !

Ce camp auto-organisé est l’occasion de mettre en pratique notre vision de la société : participation de tou-te-s aux différentes tâches, bienveillance mutuelle, lutte contre les discriminations et organisation autonome des victimes d’oppressions spécifiques (femmes, MOGAI, personnes racisées…).

Les frais de participation au camp sont de 140 € et permettent de couvrir les frais de nourriture, de location du terrain, du matériel et d’utilisation des installations sanitaires. Un transport collectif (départ le 22 juillet et retour le 30 juillet) depuis Bruxelles sera organisé, dont le prix devrait tourner autour de 150 € pour celles et ceux qui l’utiliseront à l’aller et au retour. Cependant, le coût ne devrait pas être un obstacle à la participation et nous tâcherons de trouver des solutions pour celles et ceux qui ne pourraient pas assumer l’entièreté de ces dépenses.

Le programme complet des RIJ est ici !

Commentaire: Ceci est l’invitation belge, pour les français(e)s:

Facebook Jeunes Toulouse

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12 mai 2017 ~ 0 Commentaire

ceta (anti-k)

 ceta

Emmanuel Macron élu : nous ne le laisserons pas ratifier le Ceta !

Communiqué commun de la CGT, des Amis de la Terre, Attac et Foodwatch 

Emmanuel Macron sera le Président en charge de soumettre le Ceta à la ratification française. Le collectif Stop Tafta et Ceta rappelle qu’une consultation impliquant réellement les citoyen-ne-s est un impératif démocratique et lance, en amont des élections législatives, de nouveaux outils de mobilisation contre ce traité.

L’entrée en vigueur du Ceta, l’accord de commerce et d’investissement entre l’UE et le Canada, entraînerait des conséquences désastreuses et irréversibles sur la santé, l’agriculture, l’emploi, le climat, l’environnement et les services publics.

Les mécanismes de coopération réglementaire et de règlement des différends investisseur- Etat menacent profondément notre démocratie, en France et en Europe, déjà fragile. C’est pourquoi, loin de toute forme de repli sur soi [1], des pans entiers de la société civile dénon- cent depuis des mois les dangers du Ceta (associations, syndicats et syndicatsagricoles, parlementaires de différents bords politiques, etc.).

En décembre, la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme, autorité adminis- trative indépendante, a également émis de fortes inquiétudes [2]. Même la légalité de cet accord est contestée [3].

Une semaine avant son élection, Emmanuel Macron, qui a toujours défendu le Ceta lorsqu’il travaillait auprès de François Hollande. Comme ministre de l’Economie, a dit qu’il entendait désormais les « doutes » et les « incertitudes ». Il commanderait donc à une commission d’experts un rapport sur les « conséquences environnementales, sur la santé, de cet accord » et qu’il s’engageait à revenir vers la Commission Européenne et les Etats membres pour, le cas échéant, « faire modifier ce texte » en fonction des conclusions de cette commission.

Le Collectif Stop Tafta et Ceta, qui travaille depuis des années à décrypter ces accords et à mobiliser face à leurs dangers, insiste sur l’urgence : 90% du texte du Ceta va entrer en vigueur dès cet été [4] et le texte n’est plus amendable : un État membre ne peut que le rejeter intégralement, ce que nous demandons.

Une consultation sur la ratification impliquant réellement les citoyen-ne-s est un impératif démocratique.

Afin de faire barrage à la ratification par la France de ce traité toxique, le collectif Stop Tafta et Ceta lance de nouveaux outils de mobilisation :

  • Il appelle les citoyen-ne-s et les organisations locales ou nationales à s’engager contre le Ceta en signant l’initiative « Stop Ceta » sur www.stop-ceta.fr ;
  • il invite à interpeller les candidat.e.s aux élections législatives pour qu’ils et elles se positionnent sur www.legislatives-ceta.fr, afin d’éclairer le choix des électeurs et de mobiliser la future assemblée nationale sur le sujet.

Alors que la Commission européenne négocie actuellement d’autres accords de libre-échange présentant le même type de menaces (avec le Japon, le Mexique, le Viêt- nam, les pays du Mercosur, etc.) et que les discussions avec les Etats-Unis sur le Tafta pour- raient reprendre prochainement, le nouveau Président et les futur-e-s député-e-s devront, s’ils ou elles veulent endiguer la défiance vis-à-vis des institutions européennes, mettre enfin un terme à cette politique commerciale qui place l’intérêt des multinationales au-dessus de l’intérêt général.

Montreuil, le 11 mai 2017

http://www.anti-k.org/

Lire aussi:

Stop TAFTA & CETA : nous nous battons des deux côtés de l’Atlantique, au-delà des frontières nationales !

Ne sacrifions pas les droits de l’homme aux intérêts commerciaux

CETA : saisine inédite du Conseil constitutionnel

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02 mai 2017 ~ 0 Commentaire

extrême droite (lmd)

euroope

Quand l’autoritarisme dominait

Les habits respectables de l’extrême droite européenne

Peu nombreux sont désormais les partis politiques qui assument l’héritage idéologique des fascismes, et a fortiori du national-socialisme. L’extrême droite européenne des années 2010 a opéré une mue radicale : elle prétend vouloir défendre l’identité du Vieux Continent contre le multiculturalisme et les musulmans.

La seule entreprise politique digne d’intérêt qui assume l’héritage idéologique des fascismes est italienne : l’association Casapound tente d’investir le champ culturel et social dans la continuité des idées de la république de Salo. La filiation fasciste demeure au sein de quelques partis d’extrême droite est-européens, dont le mieux implanté est le Jobbik hongrois. Le néo-national-socialisme du Nationaldemokratische Partei Deutschlands (NPD) promeut quant à lui, avec quelque succès électoral dans l’est de l’Allemagne, un pangermanisme agressif et antisémite qui doit, pour survivre, rester dans les limites de l’ordre juridique fixé par la Loi fondamentale de 1949.

En fait, l’extrême droite des années 2010 a entamé depuis dix ans, avec l’émergence du phénomène Pim Fortuyn aux Pays-Bas, une mue complète. Succédant à une vague de mouve- ments nationalistes xénophobes qui avaient percé électoralement dans la décennie 1985-1995 et dont le symbole demeure le Front National (FN) français, une droite radicale, populiste et xénophobe s’oppose avant tout au multiculturalisme et à la présence de l’islam en Europe. Elle brouille la ligne de partage entre les droites démocratiques et les extrêmes.

L’Union démocratique du centre (UDC) en Suisse, les populismes scandinaves, la Ligue du Nord italienne et le Parti de la liberté (PVV) du Néerlandais Geert Wilders incarnent cette tendance. Leur socle doctrinal commun est fait du détournement des valeurs fondamentales de la démocratie libérale (primat de la liberté individuelle, égalité des sexes et droits des minorités, laïcité et libre arbitre) au profit du combat contre le prétendu nouveau totalitarisme : celui du multiculturalisme hétérophile qui conduirait les sociétés européennes à la soumission intellec- tuelle à un islam en passe de conquérir le Vieux Continent.

Sous la direction de Marine Le Pen, le FN semble décidé à effectuer aussi un tour- nant important, abandonnant les polémiques sur le génocide « détail de l’histoire » pour se concentrer sur la défense des valeurs françaises. Ces idées sont aussi prisées dans les anciens pays communistes, où elles ne sont pas incompatibles avec des formes d’antisémitis- me virulent, comme en Hongrie ou dans la partie est de l’Allemagne.

C’est en effet l’islam (et non l’islamisme) qui est l’ennemi principal de cette droite radicale nourrie de la théorie du choc des civilisations et du concept d’Eurabia, inventé par la polémiste britannique Bat Ye’or. Depuis les attentats commis en Norvège le 22 juillet 2011, il apparaît que ces partis légaux risquent de sécréter des dérives terroristes individuelles : Anders Behring Breivik est un « djihadiste antidjihadiste » issu des rangs du Parti du Progrès.

La crainte du déclassement

Le combat contre le multiculturalisme et l’islam donne une tonalité nouvelle au discours anti- immigration de formations comme le FN français et le Vlaams Belang flamand. Ces partis justifient toujours l’arrêt de l’immigration et l’inversion des flux migratoires par le contexte de récession.

Ils utilisent aussi les replis identitaires suscités par la mondialisation libérale pour désigner le musulman non seulement comme un concurrent sur le marché du travail, mais comme un ennemi civilisationnel. La progression des mouvements d’extrême droite se produit parfois dans des pays frappés par la crise économique ; mais, dans ceux qui résistent mieux à celle-ci, la crainte du déclassement social et le sentiment de délitement des repères culturels permettent à l’extrême droite d’attirer un électorat transclassiste qui adhère en outre à l’idée du retour d’un Etat protecteur.

Le terme « populiste », souvent utilisé pour qualifier l’extrême droite, suggère une identité de contenu entre l’idéologie de celle-ci et d’autres formes de radicalité politique. Si ce terme rend bien compte de la dimension protestataire du phénomène, il occulte la différence fondamentale qui distingue les électeurs d’extrême droite des autres « populistes » : le degré d’ethno- centrisme.

Jean-Yves Camus

http://www.monde-diplomatique.fr/

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01 mai 2017 ~ 0 Commentaire

gb élections (anti-k)

blair

Blair (comme Valls) soutient la droite et combat le leader du Labour, Corbyn

Élections anticipées au Royaume-Uni  : le pari de Theresa May

Après en avoir écarté la possibilité à plusieurs reprises, la Première ministre britannique vient d’appeler à des élections législatives pour le 8 juin. Pourquoi ?

Le vote référendaire très inattendu en faveur du Brexit continue à peser lourdement sur la situation politique au Royaume-Uni.

Theresa May, une eurosceptique qui a néanmoins voté contre le Brexit, se trouve confronté à une série de défis importants. La période de deux ans prévue pour négocier la sortie de l’Union européenne risque d’être très mouvementée car le Parti Conservateur, et l’ensemble du pays – sont toujours très divisés. La grande majorité du patronat et la majorité des députés conser- vateurs étaient contre le Brexit et voient d’un mauvais œil une rupture radicale avec l’UE sous la forme d’un Brexit « dur ».

C’est pourtant ce qu’a choisi Theresa May même si cela est peut-être une posture de négo- ciation et qu’à l’arrivée un accord de compromis pourrait être signé pour un Brexit beaucoup plus « soft »… En même temps, l’aile droite réactionnaire pro Brexit est toujours vivace et n’hésiterait pas à réagir devant les éventuelles « concessions » de May. Éviter la perspective de batailles internes féroces étalées au grand jour pendant de longs mois (jusqu’en 2020) est certainement une des raisons de la décision de May d’appeler aujourd’hui à des élections dans le délai très court de sept semaines. Augmenter sa majorité lui permettrait sans doute de mieux imposer son autorité non seulement au sein du parti conservateur mais aussi à l’extérieur.

Face au rejet du système

Le vote pour le Brexit, malgré les aspects réactionnaires et racistes de la campagne, a été en grande partie le reflet d’un rejet des élites et de l’austérité qu’elles imposent. En Écosse, c’est le Parti National Ecossais (SNP) qui a su capter cette colère. Enfin, cela s’est aussi traduit par l’étonnante victoire de Jeremy Corbyn lors de deux élections pour la direction du Parti Travailliste.

Ce sont donc ces trois « menaces » que Theresa May espère conjurer en appelant à des élections très rapides. Après un vote majoritaire des Écossais contre le Brexit, le SNP demande un nouveau référendum sur l’indépendance afin, entre autres, de rester dans l’UE. Une grande victoire de May aux élections en juin lui donnerait plus de légitimité pour refuser un deuxième scrutin et éviter ou retarder l’explosion du royaume.

Quant au Parti Travailliste, il est aujourd’hui très bas dans les sondages, à 18 points derrière les conservateurs. La majorité (très droitière) des députés travaillistes sont opposés à Corbyn et cherchent sans cesse à l’affaiblir dans l’espoir de recentrer le parti. Vu cet affaiblissement et la désorientation du Parti Travailliste, il n’est guère étonnant que May ait saisi l’occasion pour lancer des élections anticipées afin d’écraser Corbyn et d’en finir, espère-t-elle, avec tout espoir de changement radical à gauche.

Quelles perspectives à gauche ?

La situation semble très peu favorable pour Corbyn, avec un parti divisé, un niveau des luttes au plus bas depuis des décennies, et seulement sept semaines pour essayer de recréer la dynamique des meetings géants de ses campagnes pour la direction du parti. Sa première réaction a été d’annoncer une campagne offensive et radicalement à gauche et de rappeler qu’au début de sa première campagne, les bookmakers donnaient ses chances à 200 contre 1… L’avenir nous réserve-t-il des surprises ?

labour

Quant à la gauche anticapitaliste et révolutionnaire, les principales formations (SWP, Left Unity, Socialist Party) appellent à un soutien critique à Corbyn, là où en 2015 elles avaient présenté une centaine de candidatEs indépendants.

Quel que soit le résultat des élections, les débats au sein de toute la gauche, corbyniste, anticapitaliste et révolutionnaire, continueront à s’intensifier, sur les luttes à mener ensemble, sur les stratégies pour gagner… À suivre.

Ross Harrold Vendredi 28 avril 2017

https://npa2009.org/

http://www.anti-k.org/

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01 mai 2017 ~ 0 Commentaire

poutine marine (le monde)

LePen-Poutine

Marine peut remercier Poutine pour ses bombardements en Syrie

Jeudi 27 avril en meeting à Nice, Marine Le Pen ressortait un de ses arguments phare de la campagne : l’invasion par « des millions de réfugiés ».

En réalité, la France n’a accueilli que quelques milliers de réfugiés (36 233 personnes ont été protégées en France en 2016, 445 000 personnes ont été protégées en en Allemagne en 2016), notre pays est devenu une terre de non-asile tellement les conditions d’accueil sont difficiles. Les affirmations du clan Le Pen comme toutes celles des populistes Européens visent directement la dernière vague de réfugiés qu’a connu l’Europe ces 3 dernières années et qui a été surtout supportée par l’Allemagne, la Suède et la Grèce. Il ne s’agit pas là de nier cette vague de réfugiés mais de rappeler les responsabilités.

Pour les populistes européens cette vague de réfugiés correspond à une invasion islamiste, et leur lecture des évènements s’arrête à cet argument, argument qui a été repris par le camp du Brexit avec le résultat qu’on connait. Aucun de ceux qui appellent à la fermeture des frontières et au refoulement des réfugiés ne pointe du doigt la responsabilité de Poutine dans la crise des réfugiés actuelle. L’ami des nationalistes européens n’est responsable de rien aux yeux d’une extrême-droite aveuglée par la haine et la xénophobie.

A travers son intervention en Syrie, Poutine a donné un sérieux coup de pouce à tous les anti-européens. Une des premières conséquences de cette action a été le Brexit. Il en espère probablement autant avec la France et Marine Le Pen. Effectivement, l’offensive militaire russe en Syrie semble très éloignée de l’objectif officiel qui est la lutte contre Daesh (90% des frappes russes en Syrie ne visent pas les djihadistes).

En ce mois d’avril 2017, sept bombardements ont visé les hôpitaux de la province d’Idlib. Depuis le début de l’intervention militaire russe en septembre 2015, plus de cent bombardements ont été effectués contre des hôpitaux. L’objectif de tels crimes de guerre est clair, ne laisser aucun moyen aux populations civiles de survivre dans les zones non contrôlées par le régime syrien.

Les évacuations sous l’égide de l’ONU des populations des zones assiégées de Homs ou dans la banlieue de Damas (par exemple Daraya) par le régime syrien jettent en réalité encore plus de réfugiés sur les routes de l’Europe. Ces populations sont déplacées dans un premier temps dans les zones rebelles du nord de la Syrie, et deviennent la cible des bombar-dements quotidiens de l’aviation d’Assad et de son allié russe, ce qui pousse ces populations à un deuxième exil.

Ainsi Poutine jette des centaines de milliers de réfugiés sur les routes de l’Europe pendant que ses amis populistes européens crient à l’invasion « islamiste » et jouent sur la peur et le fantasme.

Les médias russes viennent soutenir cet effort considérable de Poutine en diffusant leur venin : les réfugiés sont accusés d’être des violeurs de chrétiennes, des voleurs d’allocation, des terroristes infiltrés… Les larges moyens dont disposent les réseaux de propagande russe permettent aux populistes de véhiculer leur haine et mensonges bien au-delà des réseaux qui ne dépassaient pas habituellement la fachosphère. Les exemples de fausses agressions et viols diffusés par les medias russes ne manquent pas.

Les syriens sont les victimes directes de ce jeu cynique. Poutine les pousse à l’exil et véhicule les pires messages haineux pour empêcher leur accueil. Aucun de ses amis d’extrême droite n’ira condamner ce jeu macabre qui permet d’engranger des voix, non ils ne feront que reprendre son argumentaire fasciste sur les réfugiés. L’Allemagne qui a négocié l’accord entre l’UE et la Turquie pour tenter de résorber cette crise des réfugiés devient la cible des popu- listes. Au lieu de remercier ce pays qui assume en grande partie les conséquences de l’action de Poutine, la chancelière Angela Merkel est trainée dans la boue et est accusée de faire le jeu des islamistes. L’indécence et le cynisme n’ont aucune limite chez les nouveaux fascistes, qui oui, gagneront des élections et qui en retour servirons les intérêts de Poutine au sein de l’Union Européenne, en l’affaiblissant.

Firas KONTAR 30 avril 2017

http://syrie.blog.lemonde.fr/

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