Archive | Europe

20 mai 2019 ~ 0 Commentaire

européennes (bastamag ci)

europe

Rond point de Troyalac’h, Quimper

Gauches, écologistes, néolibéraux, droites extrêmes :

Quelle force politique dominera l’Europe de demain ?

Et si on prenait un peu de hauteur avec les débats et sondages franco-français sur les élections européennes ? Les intentions de vote exprimées dans chaque pays de l’Union européenne commencent à dessiner les contours du Parlement européen de demain.

Et des rapports de forces à l’œuvre parmi les près de 400 millions d’électrices et d’électeurs, entre celles et ceux qui aspirent à davantage de politiques sociales, environnementales, à plus d’égalité fiscale, et, au contraire, à ceux qui privilégient le business à tout prix ou – parfois les mêmes – qui préfèrent montrer du doigt les migrants. État des lieux en attendant l’expression concrète des citoyens à l’issue du scrutin, qui se déroule le 26 mai en France.

Ils seront 751 députés à siéger au Parlement européen, puis 705 quand les Britanniques auront quitté l’Union. Les nouvelles alliances qui se formeront suite au scrutin du 26 mai auront des conséquences sur les politiques européennes, économiques, sociales, écologiques ou vis-à-vis des migrants.

Quel rapport de force surgira de ses élections ? D’après les derniers sondages réalisés dans chacun des États membres, les deux forces politiques traditionnelles – les conservateurs du Parti populaire européen (PPE, dont LR en France) et les sociaux-démocrates (avec ce qui restera du PS français) – devraient demeurer prédominants même s’ils perdront entre 30 et 50 députés chacun, selon les estimations du site d’analyse politique Europe Elects.

Les députés français en voie de disparition chez les sociaux-démocrates européens

Les projections attribuent environ 180 sièges aux conservateurs et 150 aux sociaux-démocrates. Les élus français rattachés à ces deux familles politiques y perdront cependant de leur influence. La France est pourtant la deuxième pourvoyeuse d’eurodéputés, dont le nombre pour chaque pays dépend du poids démographique : 96 sièges sont ainsi attribués à l’Allemagne, 74 à la France, 73 à l’Italie et au Royaume-Uni, 54 à l’Espagne, etc. Mais la droite classique, et la gauche social-démocrate encore davantage, se sont effondrées électoralement en France.

Au sein du PPE, les élus LR, qui ne réunissent que 12 % des intentions de vote, pèseront donc bien moins que leurs homologues allemands, deux fois plus nombreux, ou polonais, et autant que les Hongrois du parti de Viktor Orban – si ces derniers ne rejoignent pas un groupe d’extrê-me droite. La Hongrie ne possède que 21 sièges, mais le Fidesz, le parti ultraconservateur, est crédité de plus de la moitié des suffrages.

Au sein du groupe social-démocrate, la deuxième force politique en Europe, les députés PS-Place publique feront, au mieux, de la figuration.

Si la liste emmenée par Raphaël Glucksmann atteint le seuil fatidique des 5 %, elle pourra prétendre à une poignée de sièges. Les socialistes français y seront donc soit inexistants, soit très affaiblis face au Labour britannique (quatre fois plus nombreux, selon les derniers sondages), aux socialistes allemands ou espagnols qui devraient chacun compter au moins trois fois plus de sièges que leurs camarades français. Une fois le Brexit finalisé, le groupe social-démocrate se réduira encore davantage avec le départ d’une vingtaine d’élus britanniques.

Ils pourraient aussi perdre l’appui de la quinzaine d’élus du Parti démocrate italien, désormais tenté par une alliance avec le groupe libéral et de centre-droit dont feront partie les élus LREM.

La gauche radicale inexistante en Europe de l’Est, légère progression des écologistes

Selon ces projections, la gauche radicale européenne et les écologistes tiennent bon, et pourraient même gagner quelques sièges.

La Gauche Unie ( PCF, FI blog) devrait faire élire une cinquantaine de députés, grâce à Podemos en Espagne, Die Linke en Allemagne et la liste France insoumise emmenée par Manon Aubry en France – chacune de ses listes étant créditées de plus ou moins 10 %. Grâce aussi aux probables bons scores de Syriza, du Premier ministre Alexis Tsipras en Grèce (créditée de 25 %), du « Bloc de gauche » portugais (17%) ou du Sinn Féin irlandais (18%).

La gauche radicale a cependant été totalement balayée en Italie et reste quasi inexistante en Europe de l’Est. Sauf surprise, le Parti Communiste français ne sera plus représenté au parlement : selon les sondages actuels, la liste de Ian Brossat demeure en-deça de la barre des 5 % nécessaires pour obtenir des sièges – comme celle de Benoît Hamon (Générations).

Les écologistes devraient compter sur plus d’une cinquantaine de députés.

Les Verts allemands y seront probablement prédominants (19 %, 18 sièges), devant les écologistes français d’EELV crédités d’une petite dizaine de sièges, suivi par l’ « Ecolos » belge autour de 15 % dans les sondages. Dans les pays baltes, les mouvements écologistes pourraient également réaliser de très bons scores (entre 20 % et 25%), mais ces petits pays envoient peu de députés au Parlement européen. (Extrait voir lien)

Ivan du Roy 20 mai 2019

https://www.bastamag.net/

Soutenez l’indépendance de Basta! en faisant un don.

Lire aussi:

Le SPD envisage une alliance avec Macron (CI)

Lire la suite

18 mai 2019 ~ 0 Commentaire

hugo palheta (la rotative)

hugo
.

Ugo Palheta :

« Le durcissement autoritaire auquel on assiste favorise l’extrême-droite »

Le 10 mai dernier, le sociologue Ugo Palheta venait présenter à Tours son ouvrage La possibilité du fascisme : France, la trajectoire du désastre [1]. Nous proposons ici une synthèse de son exposé. Il montre comment l’apparition d’une crise de la domination politique a ouvert une brèche à une extrême-droite dont le discours s’est banalisé.

Extrême-centre néolibéral contre extrême-droite néofasciste

Le but du projet néolibéral, c’est d’en finir avec les conquêtes sociales et démocratiques du 20è siècle. Sarkozy était tout à fait clair là-dessus, Hollande l’était moins mais a agi dans une stricte continuité avec Sarkozy, et Macron est revenu à un discours de clarté qui ressemble en partie à celui de Sarkozy : « On ne peut plus se permettre la protection sociale, les services publics, le droit du travail, tout ça il faut s’en débarrasser et rentrer dans la modernité ». Et rentrer dans la modernité, pour eux, c’est nous faire revenir un siècle et demi en arrière.

Le danger actuel, c’est de passer d’une situation où depuis trois décennies nous avions une alternance sans alternative entre le PS, qui était devenue dès les années 1980 une sorte de droite complexée, et la droite décomplexée type Sarkozy – à une situation politique encore plus désastreuse, marquée par une confrontation entre l’extrême-centre néolibéral et l’extrême-droite néofasciste. Ce livre n’est donc pas un énième ouvrage sur le FN mais cherche à comprendre comment on en est arrivé là, et notamment cherche à identifier les facteurs politiques, sociaux, économiques qui propulsent les extrêmes droites contemporaines sur le devant de la scène politique.

On a besoin de remettre à jour nos catégories de pensée pour comprendre la situation actuelle. L’hypothèse du livre, c’est qu’on a changé de période historique. On a longtemps vécu sur les équilibres sociaux, institutionnels, politiques, électoraux, de l’après-guerre. Là où on avait une alternance tranquille entre droite et gauche, les champs politiques ont explosé partout, ont été pulvérisés.

Lors de la dernière élection présidentielle, on n’a pas eu la gauche d’un côté et la droite de l’autre, mais quatre forces qui ont engrangé chacune environ 20 % des voix au premier tour. Des situations qui semblaient impossibles il y a quelques années redeviennent possibles, y compris l’arrivée au pouvoir d’une extrême-droite qui ne se contenterait pas de prolonger l’action des gouvernements des dernières décennies, mais viendrait démultiplier la violence de l’État.

Le livre s’enracine également dans deux paradoxes. Le premier, c’est que la progression de l’extrême-droite, sur le plan électoral et sur le plan idéologique, s’accompagne d’un recul de la sensibilité antifasciste, de l’idée que l’extrême-droite serait un danger mortel pour nous.

Ainsi, quand Marine Le Pen est parvenue au second tour de l’élection présidentielle, où elle a engrangé deux fois plus de voix que Jean-Marie Le Pen en 2002, il n’y a quasiment eu aucune réaction pendant l’entre-deux tours : pas de manifestations de masse de la jeunesse ou à l’initia-tive des gauches et des mouvements sociaux, pas de réactions d’intellectuels ou d’artistes…

C’est passé comme une lettre à la poste, on a fini par s’y habituer. Le deuxième paradoxe, c’est que l’hypothèse de la conquête du pouvoir par l’extrême-droite et les conséquences d’une telle prise de pouvoir sont peu prises au sérieux. Or l’extrême-droite n’est plus un simple épouvantail utilisé pour nous faire peur mais qui n’aurait aucune chance de conquérir le pouvoir politique.

Ils sont déjà au pouvoir, dans des situations d’alliance, en Italie ou en Autriche ; et en Pologne ou en Hongrie, les partis au pouvoir oscillent entre droite extrême et extrême-droite.

Le projet fasciste : purification ethno-raciale et purge politique

Qu’est-ce que je mets derrière le mot « fascisme » ? Le fascisme, ce n’est pas simplement des gens violents qui défilent au pas de l’oie et en uniforme par centaines de milliers dans les rues. Si le fascisme, c’est ça, alors effectivement on n’en voit pas la résurgence. Le fascisme c’est d’abord et avant tout une certaine idéologie, un certain projet politique.

Et cette idéologie fasciste a perduré en s’actualisant et en se débarrassant des formes de l’entre-deux-guerres. Fondamentalement, le projet fasciste est un projet nationaliste qui se caractérise par la volonté de faire « renaître la nation » à travers un projet de purification ethno-raciale et de purge politique.

Il s’agit d’une part de débarrasser la nation des éléments qui l’éloignerait de son identité profon-de, de son essence (minorités ethno-raciales, minorités religieuses), et d’autre part de la débar-rasser des éléments qui génèrent de la division en son sein, c’est-à-dire les mouvements de contestation syndicaux, politiques, associatifs, artistiques, même modérés.

Évidemment, l’idée qu’il existerait des intérêts de classe divergents entre patrons et salarié-es est haïe des fascistes, qu’elle s’exprime sous une forme révolutionnaire ou réformiste, puisque toute lutte de classe vient nécessairement fracturer la nation.

Comment ces idéologies peuvent-elles renaître ? Comment retrouvent-elles l’oreille de millions de gens, sous des formes souvent masquées et atténuées ? Pour le comprendre, il faut s’interroger sur la nature de la crise que nous traversons. Dans quel type de crise les fascistes sont-ils en capacité de gagner de l’audience ?

La situation de crise économique n’est pas une explication suffisante : de nombreux pays ont traversé des crises économiques sans pour autant connaître le fascisme. L’explication selon laquelle les fascistes se développeraient parce que la classe dirigeante a besoin d’eux est également insuffisante ; l’accession au pouvoir de Mussolini ou d’Hitler survient après que la menace révolutionnaire ait été repoussée.

Crise d’hégémonie et crise de l’alternative

La réponse que je propose, c’est que les fascistes peuvent se développer à l’occasion d’une crise d’hégémonie, au sens que donne Antonio Gramsci à cette notion. C’est-à-dire une situation de crise dans laquelle les classes dominantes ont de plus en plus de mal à obtenir le consente-ment des dominés, à convaincre la majorité de la population du bien-fondé des politiques menées.

Cette crise d’hégémonie se traduit par une crise du consentement des dominés à la domination sociale de la bourgeoise ; c’est une crise de la domination politique. Il me semble qu’on voit bien de quoi il est question quand on observe la situation présente en France : toute une partie de la population est en sécession par rapport au pouvoir politique incarné par Emmanuel Macron, et la situation n’était pas bien différente sous Hollande, qui avait atteint des sommets d’impopularité en raison des politiques menées et de la trahison des engagements pris (s’en prendre à « la finance »).

Cette crise d’hégémonie se double d’une crise de l’alternative, c’est-à-dire d’une crise des formes de contre-hégémonie, de contestation et d’opposition, qui pendant plus d’un siècle ont été incarnées par les gauches communistes, socialistes, et plus généralement par le mouvement ouvrier.

Ces mouvements permettaient aux classes populaires d’exprimer leur opposition au système de domination, à l’exploitation, et aux politiques menées. Or, ces formes de contre-hégémonie sont entrées en crise dans les années 80, et cette crise atteint aujourd’hui un niveau très important en France (ce qui ne veut nullement dire que le mouvement syndical n’a plus de capacité de mobili-sation, ce que les mouvements sociaux de 2010 ou de 2016 réfutent). La crise de la domination politique de la classe dirigeante s’accompagne donc d’une crise de la capacité des classes dominées à s’organiser collectivement et à porter un projet politique.

Cette situation crée un vide. Et depuis les années 80, l’extrême-droite est parvenue à remplir partiellement ce vide. Elle se développe du fait de cette double crise de la domination politique et de la capacité des dominé-es à développer une parole politique propre ainsi que des organisa-ions qui les représentent au moins en partie.

Quand on a ce schéma en tête, on comprend mieux le durcissement autoritaire auquel on assiste actuellement. Quand vous gouvernez sans le consentement d’une part croissante de la population, que votre légitimité s’effrite, vous êtes amenés, quand la population se rebelle ou se mobilise, à accroître le niveau de répression. Le mouvement des Gilets jaunes, sans être très fort numériquement (mais très soutenu dans la population au moins pendant les trois premiers mois), fait ainsi l’objet d’une répression ahurissante. Le durcissement autoritaire est très clairement un produit de cette crise du consentement, de cette crise d’hégémonie.

Évidemment, ce durcissement autoritaire favorise l’extrême-droite, car il banalise et légitime une grande partie du projet de l’extrême-droite, qui depuis toujours prétend être la mieux à même de défendre l’ordre et la sécurité. Quand Jean-Marie Le Pen déclare qu’à la fin, les gens préfèrent l’original à la copie, il a d’une certaine manière raison, ou plutôt les faits lui donnent raison. Pourquoi se contenter de Valls ou Castaner quand on pourrait avoir Le Pen ?

La crise d’hégémonie vient également nourrir le racisme. Quand vous êtes de moins en moins apte à convaincre la population que vos politiques économiques et sociales vont améliorer sa situation matérielle, vous êtes tentés de déplacer le débat sur le terrain du nationalisme, et plus précisément de la nation menacée par des ennemis intérieurs, en particulier les musulmans et musulmanes, Rom-e-s, migrant-es, etc.

On l’a vu avec la réaction d’Emmanuel Macron à la crise des Gilets jaunes. Alors que, jusque-là, il n’avait pas employé cette carte, sa première réaction après avoir été mis en difficulté a consis-té à reprendre les éléments de langage de Nicolas Sarkozy à une autre époque, en faisant des liens entre immigration, identité nationale et « laïcité bousculée ». Quand on est mis en difficulté sur ses politiques économiques et sociales, on va changer les coordonnées du débat politique : « Rediscutons des menaces que font peser sur la République ces gens qui ne respectent pas la laïcité ».

On voit très bien ici la tactique employée. C’est la même qui avait été mise en œuvre par les socialistes dans les années 80 : le recul sur les politiques économiques et sociales, ce qu’on a appelé « le tournant de la rigueur », est concomitant des reculs du parti socialiste sur la question de l’immigration. Là encore, ces positions viennent renforcer l’extrême-droite. On peut prendre l’exemple de la loi Asile et immigration, qui est venue durcir toutes les dispositions en matière d’accueil des réfugiés, et qui s’est accompagnée de discours comme celui de Gérard Collomb, qui reprenait ceux du FN en parlant de « submersion migratoire ». Ces discours et ces actes viennent là encore banaliser et légitimer les positions traditionnelles de l’extrême-droite.

Une crise qui ouvre des brèches

Les réactions des gouvernements à la crise d’hégémonie en cours renforcent donc les positions de l’extrême-droite, à la fois sur le plan du durcissement autoritaire et sur le plan de la xénophobie et du racisme.

On est donc pris dans ce piège, dans cette crise provoquée par les gouvernements eux-mêmes et par les politiques néo-libérales menées à partir des années 80. En menant des politiques de destruction des services publics, du Code du travail, de la protection sociale, on ne pouvait pas espérer que ça n’ait pas des conséquences, à terme, dans le champ politique.

Ces politiques ont permis aux capitalistes de relancer la machine à faire des profits, de discipli-ner la main-d’œuvre dans les entreprises, mais cela s’est aussi traduit par un affaiblissement des classes dominantes dans le champ politique. Elles ne disposent plus de la légitimité dont elles pouvaient se prévaloir dans les années 70, quand la majorité de la population pouvait avoir le sentiment d’une amélioration possible, dans le cadre du système existant, de ses conditions matérielles d’existence.

La crise d’hégémonie en cours ouvre des brèches pour le pire, car l’extrême-droite a pris un coup d’avance, à la fois électoralement et idéologiquement. Mais elle ouvre aussi des brèches pour le meilleur : des millions de gens sont disponibles à autre chose, alors qu’il y a vingt ans ces personnes auraient peut-être adhérer mécaniquement à ce que leur racontaient les partis de droite ou le parti socialiste, ou ne se serait pas impliquées dans des mobilisations sociales. Aujourd’hui, il y a une attraction pour « autre chose », la recherche d’une alternative.

La question qui se pose est donc la suivante : qui va parvenir à capter l’attention des millions de gens qui cherchent une voie pour sortir du marasme ? C’est tout l’enjeu du mouvement des Gilets jaunes. Qui donne le ton en son sein ? Est-ce que c’est l’extrême-droite, avec ses « idées » ultra-autoritaires et racistes, ou est-ce que peuvent y triompher les idées de démo-cratie réelle, de justice sociale et de lutte contre toutes les oppressions ? C’est un combat qu’il faut mener, on ne peut pas s’abstenir.

6.05.2019

https://larotative.info/

Lire la suite

17 mai 2019 ~ 0 Commentaire

europe (psl rp)

bourge fille

 

Combattre la crise de l’UE et la croissance de l’extrême droite avec une alternative internationaliste et socialiste

Les élections du nouveau Parlement européen à la fin du mois de mai sont caractérisées par le manque d’enthousiasme, la méfiance et même une hostilité ouverte envers l’Union européenne. La saga autour du Brexit n’en est qu’une illustration.

Dans la plupart des pays, la participation sera très faible. En outre, toutes sortes de partis populistes de droite et d’extrême droite vont marquer des points. Il est difficile d’encore trouver de l’optimisme pour le progrès et une plus grande unité du projet européen. Dans toute l’Europe, l’establishment est confronté à un profond discrédit politique.

L’Europe du capital sous pression

Ces dernières décennies, l’establishment a fait tout son possible pour rendre l’UE synonyme de paix, de prospérité et de coopération. On parle encore aujourd’hui souvent des ‘‘valeurs euro-péennes’’ de démocratie et de tolérance, mais toute cette hypocrisie tombe en miettes.

L’UE est une machine d’austérité néolibérale qui ne tolère aucune contradiction. Le peuple grec en a durement fait l’expérience en 2015 lorsqu’il a démocratiquement choisi un gouvernement qui avait promis de rompre avec l’austérité. L’UE a alors agi en véritable tyran pour empêcher que cela n’arrive et forcer le gouvernement Syriza à rentrer dans le rang.

Les promesses de prospérité liées à la coopération européenne n’ont été concrétisées que pour les ultra-riches.

Les multinationales ont bénéficié de l’élargissement du marché intérieur et d’une meilleure position concurrentielle face à d’autres blocs comme les États-Unis, le Japon et, de plus en plus, la Chine. Depuis ses origines, la raison d’être de l’UE est la défense des intérêts des grandes entreprises.

L’UE est donc utilisée pour imposer privatisations, libéralisations et mesures antisociales. Tout cela est présenté comme nécessaire pour la ‘‘compétitivité’’ des entreprises. Ces politiques néolibérales jouent un rôle de premier plan dans l’aversion croissante que suscite l’UE. Le déclin d’enthousiasme est évident au vu du taux de participation aux élections. Lors des toutes premiè-res élections du Parlement européen en 1979, deux tiers des électeurs s’étaient rendus aux urnes ; contre 40% aux élections européennes de 2014.

Les gouvernements nationaux se cachent souvent derrière les diktats de l’UE en déplorant n’avoir d’autre choix que de mener une politique néolibérale.

Ils oublient de préciser que ces mêmes partis sont également au pouvoir à l’UE. Les gouverne-ments nationaux composent d’ailleurs la Commission européenne, l’organe non élu qui prend les décisions les plus importantes.

Le Parlement européen a une fonction plus propagandiste mais, là aussi, ce sont les mêmes familles politiques forment la majorité. Depuis 1979, il y a toujours eu une large majorité en faveur de la ‘‘grande coalition’’ composée des sociaux-démocrates (le groupe Socialistes & Démocrates) et des démocrates chrétiens (le groupe du Parti Populaire Européen). Les élections de cette année menacent de bouleverser les choses pour la première fois. (…)

L’establishment des différents États membres, et donc aussi de l’UE, n’est pas du tout en mesure de répondre à ce que les citoyens considèrent comme des défis majeurs : l’avenir de l’humanité et de la planète. Des centaines de milliers de personnes manifestent pour le climat, mais l’UE n’est pas en mesure de lutter contre la fraude des logiciels automobile…

L’UE n’a-t-elle rien à offrir ?

Qu’en est-il du processus d’unification ? C’est vrai, nous nous n’avons plus besoin de nous arrêter à la frontière pour nous rendre en France ou aux Pays-Bas. Nous n’avons plus besoin de changer d’argent. Parallèlement, la libéralisation du transport ferroviaire international rend les trains à destination d’autres pays, même limitrophes, particulièrement onéreux.

L’envoi d’une lettre ou d’un colis dans un pays voisin est également plus cher en raison de la libéralisation des services postaux. Et même l’unité européenne est sous pression. Le cas du Brexit est bien connu. Mais il existe d’autres sources de tension. La Russie tente d’accroître son influence par l’intermédiaire des pays d’Europe centrale et orientale ; la Chine est également en train d’explorer ses possibilités dans cette région.

Des tensions existent aussi entre pays européens. La France soutient, par exemple, la dictature au Tchad et le chef de guerre libyen Khalifa Haftar qui contrôle le sud de la Libye. Début février, la France a participé à une opération militaire de ces forces et elle a également soutenu de récentes attaques, bien qu’elles visaient des alliés de l’Italie et d’autres pays européens. Il est évident que l’UE n’est pas si unie.

Une Europe en lutte

Nous n’entretenons aucune illusion ni aucun espoir envers le projet capitaliste européen. Mais notre réponse ne réside pas dans le retour à l’État-nation. Nous soutenons la lutte pour l’autodétermination en Écosse et en Catalogne, dans le cadre de la lutte contre l’austérité.

Nous combinons ce soutien à la nécessité de rompre avec le capitalisme pour bâtir des fédérations socialistes dans ces régions et dans l’ensemble de l’Europe. Depuis 2007, dans toute l’Europe, des mobilisations prennent place sous la forme de manifestations, de grèves et même de grèves générales contre l’austérité.

Ces dernières années, les manifestations contre le racisme et le sexisme se sont également multipliées. Plus récemment, une nouvelle génération de jeunes s’est mobilisée autour de la question du réchauffement climatique, ce qui a donné lieu à de grandes mobilisations le 15 mars en reprenant une méthode typique de la classe ouvrière : la grève.

Nous défendons les droits sociaux et démocratiques des travailleurs. Cela signifie que nous exigeons plus de moyens pour le secteur de la santé et de l’éducation ; la réduction collective du temps de travail et, en même temps, une augmentation des salaires.

Il faut aller chercher l’argent dans les poches des riches pour répondre aux besoins de la classe des travailleurs et de la jeunesse. Comme le dit le slogan, nous ne nous battons pas seulement pour une plus grande part du gâteau, nous voulons toute la boulangerie ! Nous exigeons que nos droits démocratiques ne se limitent pas à aller voter à quelques années d’intervalle : nous voulons disposer d’un pouvoir réel sur les richesses de la société et la manière de les produire.

L’UE, ses partis et ses institutions ne sont pas des outils visant à mettre fin au racisme et à la croissance de l’extrême droite. L’UE fait partie du problème et non de la solution. Nous luttons contre l’Europe des patrons, contre les coupes budgétaires, contre le racisme et contre l’extrême droite.

Cela signifie de mettre fin à cette UE, à ses institutions et à sa politique d’austérité. Nous exigeons l’égalité des droits pour toutes les personnes vivant en Europe, la fin de l’Europe-Forteresse et que les richesses des super-riches soient saisies pour permettre à chacun de connaitre une vie décente.

Nous luttons pour une Europe socialiste gérée démocratiquement et constituée sur une base volontaire. Cela signifie que notre solution aux problèmes en Europe ne réside pas dans les États-nations, mais dans la capacité des travailleurs à diriger et contrôler l’économie et la société pour qu’elle réponde aux besoins de tous, et non à la soif de profits de l’élite.

On ne combat pas efficacement l’extrême droite en se limitant à faire appel aux ‘‘valeurs européennes’’. L’attitude des syndicats vis-à-vis de l’UE et de la manière de lutter pour les intérêts des travailleurs doit fondamentalement changer.

Ce combat exige des organisations et des partis de gauche socialistes qu’ils ne tombent pas dans le piège de la défense du ‘‘moindre mal’’ européen face à l’extrême droite, mais qu’ils adoptent une position d’indépendance de classe. Cela nécessite des forces socialistes qui lient la lutte contre l’extrême droite à la lutte contre le capitalisme et pour des États socialistes volontaires, démocratiques et unis d’Europe. (Résumé voir lien)

16 mai 2019

https://fr.socialisme.be/

Lire aussi:

Européennes. Pourquoi Révolution Permanente ne soutient pas La France Insoumise (RP)

Lire la suite

16 mai 2019 ~ 0 Commentaire

européennes état espagnol (rp)

elecciones

« Choisissez le représentant du CAC 40″

Elections européennes : quels enjeux dans l’Etat Espagnol ?

Les sondages indiquent un scénario similaire à celui des élections générales, avec un avantage donné aux sociaux-démocrates du PSOE, une accentuation de la chute du Partido Popular et l’entrée de l’extrême-droite de VOX pour la première fois au Parlement européen.

Le Centre de recherches sociologiques de Madrid (CIS) a récemment publié une enquête sur les intentions de vote aux élections du 26 mai dans l’Etat Espagnol. En plus des députés européens, le pays devra élire les représentants des municipalités et des autonomies.

Dans plusieurs pays, les Européennes s’annoncent comme un indicateur anticipant les tendances politiques nationales.

Au contraire, dans l’Etat espagnol, le match le plus important s’est déroulé le 28 avril, avec la victoire des sociaux-démocrates de Pedro Sánchez. La campagne pour le 26 mai apparait ainsi comme une continuation des élections générales, alors que le pays est toujours dans l’attente de la formation d’une coalition gouvernementale.

Bien que les « socialistes » néolibéraux du PSOE affirment qu’ils chercheront à gouverner seuls, Unidas Podemos persiste à faire pression pour un gouvernement de coalition.

Selon l’enquête du CIS, les socialistes devraient réunir 29 à 31% des voix, soit un total de 17 ou 18 sièges à Strasbourg, surpassant leurs 14 sièges actuels.

Le PP pourrait passer de 16 à 12 sièges, et Unidas Podemos pourrait se retrouver avec 8 députés, soit l’équivalent des sièges de Podemos et Izquierda Unida à l’heure actuelle.

La candidature de Lliures per Europa, dirigée par Carles Puigdemont, exilé en Belgique depuis l’automne catalan, concentre quant à elle l’attention internationale dans ces élections. Alors que plusieurs de ses anciens compagnons du Parlement catalan sont toujours en détention provisoire, Puigdemont a de fortes chances d’être élu au Parlement européen.

Il est accompagné sur sa liste de deux autres exilés poursuivis par la justice espagnole : Toni Comín et Clara Ponsatí. Dans une vidéo de campagne, les trois candidats demandent du soutien aux prochaines élections et déclarent : « A tous ceux qui veulent nous faire taire, qui nous veulent vaincus, emprisonnés et oubliés, disons clairement ce 26 mai en Catalogne et en Europe que nous ne nous rendrons pas et que nous gagnerons ».

La Commission électorale espagnole a tenté d’empêcher sa candidature, en réponse à une demande du PP et de Ciudadanos, avant que le Bureau du Procureur général ne réaffirme le droit des trois candidats à se présenter, position qui a également été ratifiée par le Tribunal Constitutionnel.

Puigdemont affirme que, s’il est élu au Parlement européen, il jouira de l’immunité et ne pourra être détenu en Espagne. Cela reste à voir, mais il s’agira sans aucun doute d’un élément de plus dans l’affaire complexe du conflit catalan.

Enfin, VOX entrera pour la première fois au Parlement européen avec environ 4 sièges, rejoignant le bloc des partis populistes d’extrême-droite et xénophobes, qui dans ces élections pourraient atteindre 20% à 25% des sièges, avec un discours de haine, de racisme et d’euroscepticisme.

Ni l’extrême droite, ni l’Europe du capital et des frontières

Les candidats du PSOE, du PP et des citoyens sont totalement alignés sur Bruxelles et l’Europe du capital. Le candidat socialiste, Josep Borrell, a déjà été président du Parlement européen entre 2004 et 2007. La défense des politiques austéritaires et liberticides de Bruxelles, la politi-que étrangère impérialiste comme celle menée à l’encontre du Venezuela et l’augmentation de la xénophobie institutionnelle sont des éléments partagés par l’ensemble du spectre politique espagnol, de la droite aux « progressistes » néolibéraux du PSOE.

Alors que des milliers de migrants continuent de mourir chaque année en Méditerranée, la gouvernance de l’UE et les gouvernements impérialistes renforcent les barrières, les murs et les forces de police pour empêcher le passage ou réprimer les millions de migrants qui vivent déjà dans l’UE, les « colonisés internes », avec la menace pesante de déportation. Les États encou-ragent ainsi les discours racistes et xénophobes sur lesquels l’extrême-droite s’élève.

De la Grèce au Portugal, le néo-réformisme ne passe pas le test

La candidature Unidas Podemos cambiar Europa regroupe Podemos, Izquierda Unida, Catalunya en Comú et Anticapitalistas. María Eugenia Rodríguez Palop, professeure d’univer-sité, a été nommé tête de liste en remplacement de Pablo Bustinduy, après que celui-ci ait quitté ses fonctions en raison de ses affinités avec Errejón, au milieu de la grave crise interne du parti de Pablo Iglesias.

Unidas Podemos se présente comme une alternative au « néolibéralisme et au néofascisme » dans l’Union européenne et dénonce les accords entre le groupe socialiste et le groupe des conservateurs au Parlement européen, qui ont permis d’appliquer les principales politiques néolibérales.

Cependant, en même temps qu’ils dénoncent le PSOE au Parlement européen, ils encouragent un gouvernement commun avec celui-ci dans l’État espagnol. Une situation à l’image de celle du Bloc de Gauche et du Parti Communiste au Portugal, qui soutiennent depuis quatre ans le gouvernement socialiste de Costa qui a maintenu les contre-réformes du code du travail et les privatisations.

Depuis l’échec retentissant de Syriza, devenu l’un des principaux agents des politiques de la Troïka en Europe, la crise des projets néo-réformistes s’est aggravée. Il faut mettre de côté la rhétorique et parler clairement : du PSOE, il ne faut attendre aucune alternative aux politiques néolibérales, les partis sociaux-démocrates étant les principaux garants de l’ordre capitaliste de l’Europe du capital.

Face à la croissance de l’extrême-droite et aux néolibéraux pro-européens défenseurs des grandes multinationales, la seule issue possible est la lutte pour une alternative indépendante, qui contribue à construire une gauche internationaliste, révolutionnaire et de classe, avec un programme anticapitaliste et défendant la perspective stratégique des Etats-Unis socialistes d’Europe.

15 mai 2019

https://www.revolutionpermanente.fr

Commentaire:

Pas un mot de l’autre liste catalane, celle de ERC (qui a gagné en Catalogne) alliés avec Eh Bildu (Basque « radicaux ») et BNG (galiciens) . RP est un courant du NPA

Lire la suite

15 mai 2019 ~ 0 Commentaire

rn (bastamag)

fachos milice

Egalité salariale, santé des travailleurs, droits des femmes : au Parlement européen, le RN vote contre ou s’abstient

Aux élections européennes du 26 mai, le Rassemblement national de Marine Le Pen pourrait arriver en tête, comme en 2014. Il devrait dépasser les 20 % de voix. Dans toute l’Europe, des partis d’extrême droite travaillent à une large alliance pour constituer un groupe qui pourrait dépasser 80 députés au Parlement européen.

Pour quelle politique ?

Que votent les élus du Rassemblement national à Bruxelles et Strasbourg ? Ils se sont certes prononcés contre les récents accords de libres échange, mais aussi, et à chaque fois que cela leur est possible, contre toutes les mesures de protection des travailleurs européens.

Le Front national est arrivé en tête lors des élections européennes de 2014, obtenant près de 25 % des voix et passant de 3 à 24 représentants au Parlement européen. Depuis, le parti a changé de nom, une partie de ses députés l’ont quitté tout en continuant à siéger, comme Bruno Gollnish, Jean-Marie Le Pen ou Florian Philippot.

Marine Le Pen a de son côté abandonné son mandat européen pour devenir députée de l’Assemblée nationale en 2017. Aujourd’hui, 15 députés du Rassemblement national siègent à Strasbourg au sein du groupe appelé « Europe des nations et des libertés ».

L’extrême droite française s’y est alliée avec les élus italiens de la Ligue du Nord – le parti de Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur italien –, ceux du FPÖ autrichien, de l’Ukip britannique – qui ont fait campagne pour le Brexit – et du PVV néerlandais, ainsi qu’une poignée d’élus d’extrême droite belges, polonais ou allemand.

Pour le scrutin du 26 mai, le Rassemblement national (RN) est crédité de plus de 20 % d’intentions de votes. À jeu égal avec La République en marche (LREM), il pourrait faire élire une vingtaine de députés.

Ils rejoindront probablement la nouvelle alliance d’extrême droite en cours de constitution sous l’égide de la Ligue de Matteo Salvini : l’Alliance européenne des peuples et des nations (EAPN). Grâce à la montée de l’extrême droite presque partout en Europe, de l’AfD allemande au parti espagnol Vox, le groupe pourrait compter près de 90 sièges, contre 37 aujourd’hui (sur 751 sièges, la sortie du Royaume Uni de l’UE ayant été reportée.

Ce pôle des extrêmes droites deviendrait ainsi la quatrième force politique en Europe, après la droite conservatrice, les sociaux-démocrates, juste derrière le centre-droit néolibéral.

Égalité salariale entre hommes et femmes : Le RN vote contre

Ces deux dernières années, les élus du RN ont continué dans la même veine : ils votent systématiquement contre les mesures de protection des travailleurs, encore plus s’il s’agit de travailleuses.

En mars dernier, les députés européens doivent se prononcer sur une résolution en faveur de l’égalité professionnelle entre femmes et hommes dans l’UE. Dans les faits, il s’agit d’en finir avec les écarts de salaire injustifiés, à postes équivalents.

Le texte incite la Commission européenne à agir contre ces discriminations salariales par le biais d’une directive, et demande la création d’un observatoire européen de la violence sexiste. La résolution est adoptée. Mais les élus du FN votent contre, sauf Louis Aliot, absent.

Rachel Knaebel  15 mai 2019

Lire la suite sur Bastamag

Lire la suite

15 mai 2019 ~ 0 Commentaire

financement (batamag)

rapport

Milliardaires états-uniens, banques russes ou corruption 

Les étranges financements de l’extrême droite européenne

Les migrants ont bon dos, le « système » aussi : un rapport publié aujourd’hui par l’organisation indépendante Corporate Europe Observatory décrypte les modes de financement des principaux mouvements d’extrême droite européens, de la Ligue de Matteo Salvini en Italie au RN/FN français, en passant par l’AfD allemande.

Soutiens de milliardaires, fraudes aux subventions européennes, facilités financières du régime de Vladimir Poutine, revenus opaques… Le bilan n’est pas brillant pour ces partis qui dénoncent volontiers la corruption des élites.

De la France à l’Allemagne, en passant par l’Italie, la Hongrie, l’Autriche, le Danemark ou les Pays-Bas, les partis européens d’extrême droite prospèrent sur un discours contre les « élites » en place.

Ils se posent souvent en défenseurs des travailleurs et des plus pauvres, en tous cas s’ils sont nationaux, voire blancs. Et stigmatisent les migrants. C’est avec cette rhétorique qu’ils pourraient récolter de très bons scores lors des élections européennes qui se déroulent du 23 au 26 mai à travers l’Europe (le 26 en France) : l’extrême droite italienne est créditée de 36 %, l’autrichienne de 22 %, le RN en France de plus de 20 %, l’AfD allemande de 14 %…

Une alliance des extrêmes droites est en train de se préparer pour former un puissant groupe au Parlement européen.

Dans les faits, ces partis – le Rassemblement national français (ex-FN), la Ligue en Italie, le Fidesz en Hongrie, l’Ukip britannique – sont largement soutenus, voire directement financés, par de puissants milliardaires.

Ils sont aussi traversés de scandales de corruption et de détournements de fonds. Leurs élus au Parlement européen sont parmi ceux qui ont le plus de revenus annexes à leur émoluments de parlementaires, pourtant généreux. C’est ce que montre un rapport de l’organisation indépendante bruxelloise Corporate Europe Observatory (CEO) qui sort ce mercredi 15 mai.

Rachel Knaebel 15 mai 2019

Lire la suite sur Bastamag

 

Lire la suite

15 mai 2019 ~ 0 Commentaire

turquie (npa)

turkeywomenpic

Turquie : « Les femmes sont plus fortes ensemble »

Alors que de nombreuses mesures progressistes ont été adoptées grâce aux luttes féministes en Turquie, il est particulièrement difficile pour les femmes turques de voir que les pas en avant vers l’égalité femmes-hommes sont remis en question, un par un, par les cercles pro-gouvernementaux, par les médias et par le gouvernement lui-même.

440 féminicides en 2018

L’attaque de la police, à coups de gaz au poivre, contre la 17e édition du rassemblement nocturne d’Istanbul à l’occasion de la journée internationale pour les droits des femmes du 8 mars, a montré que le gouvernement entend adopter une attitude encore plus dure – si cela est possible – vis-à-vis des revendications des femmes et des questions d’égalité.

Cette année, la police turque a tout simplement déclaré illégal ce rassemblement pacifique, et bloqué tous les accès à l’avenue İstiklal, lieu de nombreuses manifestations et rassemblements de tout type depuis bien longtemps, soumis à un contrôle de plus en plus strict au cours des dernières années.

L’une des questions les plus importantes de l’agenda féministe en Turquie est la question des violences sexistes.

L’année dernière, ce sont pas moins de 440 femmes qui ont été tuées par des hommes, selon les chiffres de la plateforme « Nous stopperons les féminicides ». Plus de 60 % de ces meurtres ont été commis par des maris, des ex-maris, des frères ou des pères.

D’après un rapport présenté par Sezgin Tanrıkulu, député du parti d’opposition CHP, ce sont 15 034 femmes qui auraient été assassinées depuis l’accession au pouvoir d’Erdogan et de son parti AKP en 2002, année où 66 féminicides avaient été comptabilisés.

Mais au lieu de prendre des mesures pour lutter contre les violences sexistes, le gouvernement AKP préfère établir des commissions destinées à lutter contre le divorce, forcer les femmes à rester dans les foyers où elles sont victimes de torture quotidiennement, qualifier les féministes de briseuses de foyers et s’appuyer sur ses alliances avec les médias conservateurs pour attaquer les instruments légaux, nationaux et internationaux, les plus vitaux pour les femmes : loi nationale pour la prévention des violences, droit à la pension alimentaire pour les femmes, droits sexuels, convention d’Istanbul (1), CEDAW(2), etc.

Violences au foyer et au travail

Alors que la Turquie a été secouée par des affaires de maltraitance sur des enfants et de viols au cours des dernières années, le gouvernement a proposé un projet de loi dont l’objectif est de baisser l’âge légal pour les relations sexuelles dans le cadre d’un mariage.

Si ce projet devait être adopté, cela pourrait conduire au pardon de milliers d’hommes actuellement en prison pour des violences sexuelles et à leur libération, et les tribunaux pourraient retarder les peines ou différer les verdicts pour des hommes ayant illégalement épousé des filles trop jeunes.

On le voit, les raisons sont multiples pour que les femmes en Turquie soient en colère. En janvier dernier, une plateforme de 157 organisations féministes et LGBTIQ ont signé une déclaration pointant le fait qu’une telle amnistie serait un encouragement pour les auteurs de violences sexuelles et les mariages illégaux avec des enfants, et qu’elle découragerait définitivement les survivantes d’engager des ­poursuites judiciaires.

La place et la participation des femmes au travail est une autre question essentielle en Turquie, un pays dans lequel un ancien ministre des Finances de l’AKP avait déclaré que les taux de chômage « avaient l’air » élevés car les femmes aussi cherchaient des emplois…

Pas besoin, dans de telles circonstances, de faire de grandes démonstrations pour comprendre quelle est l’approche dominante quant aux questions d’égalité en Turquie. Avec moins de 35 % de femmes dans la force de travail, la Turquie se classe au 131e rang (sur 144) du Rapport mondial sur l’écart entre les sexes (édition 2017).

On peut le dire sans hésiter : en Turquie, le travail gratuit des femmes est invisible, et le travail salarié est plus précaire. En outre, les questions de discriminations au travail, de critères patriarcaux dans les embauches et d’inégalités de salaire sont loin d’être résolues.

Les femmes ne renoncent pas

Il convient en outre de souligner que l’espace dans lequel peuvent se développer les organi-sations travaillant sur les questions de genre est de plus en plus réduit, et de rappeler qu’à peu près toutes les organisations de femmes kurdes ont été déclarées illégales par le gouvernement après la proclamation de l’état d’urgence en 2015.

Cela ne signifie pas, bien sûr, que les femmes renoncent. Bien au contraire. En 2018, des organisations de femmes et des militantes indépendantes venues de toute la Turquie ont formé une nouvelle coalition, « Les femmes sont plus fortes ensemble », un front uni contre le patriarcat et les inégalités de genre. Parce que les femmes en Turquie en ont vraiment assez de l’antiféminisme, des fauteurs d’inégalités, et des attaques contre leurs corps, leurs identités, leurs droits et leurs vies.

Sanem Ozturk, traduit par J.S. Lundi 13 mai 2019

  • 1. Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, adoptée en 2011 à Istanbul.
  • 2. Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, adoptée en 1979 par l’Assemblée générale des Nations unies.

https://npa2009.org/

 

Lire la suite

14 mai 2019 ~ 0 Commentaire

manifeste (cadtm)

manifeste (cadtm) dans A gauche du PS
.

Rencontre-discussion : Quelle stratégie internationaliste en Europe ?

Rencontre-discussion autour du Manifeste pour un nouvel internationalisme des peuples en Europe

L’Union européenne continue de se construire de manière antidémocratique et au service des plus riches. La crise écologique, les violentes politiques d’austérité, le danger représenté par la montée d’une extrême droite raciste et xénophobe ne rendent que plus urgente la définition d’une stratégie associant auto-organisation populaire, mouvements sociaux et organisations politiques, afin de mettre la politique au service du plus grand nombre. Ces dernières années, plusieurs occasions ont été manquées, notamment en 2015 en Grèce.

Ce Manifeste a été élaboré par un collectif de militantes et de militants, de chercheuses et chercheurs, provenant d’une douzaine de pays d’Europe qui ont souhaité proposer un plan appelé à être mis en œuvre par des forces de gauche populaire.

Il s’inscrit dans le cadre du projet « ReCommonsEurope » initié par deux réseaux internationaux, le CADTM et EReNSEP, ainsi que par le syndicat basque ELA, afin de contribuer aux débats stratégiques qui traversent la gauche populaire en Europe aujourd’hui.

Nous avons rédigé une proposition cohérente concernant les engagements, les initiatives et les mesures que devraient prendre les forces de gauche populaire en Europe. Les propositions portent sur les principaux problèmes auxquels un gouvernement populaire devra faire face de manière urgente dès son arrivée au pouvoir.

Le Manifeste s’adresse tant aux organisations politiques qu’aux mouvements sociaux (syndicaux, associatifs, citoyens) qui luttent aux niveaux local, national et international pour les droits humains fondamentaux et l’égalité de toutes et tous, pour l’émancipation sociale et la démocratie, et contre la destruction des écosystèmes.

Pour initier la discussion, les intervenant-e-s, qui ont directement participé à la rédaction du Manifeste, présenteront le Manifeste et plus particulièrement ses chapitres consacrés aux premières mesures d’un gouvernement populaire, aux banques, aux relations internationales ainsi qu’à la stratégie des luttes sociales et des confrontations politiques.

Une brochure papier de la version courte du Manifeste sera distribuée gratuitement.

Organisée par le CADTM et EReNSEP

Avec:

  • Alexis Cukier (philosophe, EReNSEP France)
  • Stathis Kouvélakis (philosophe, EReNSEP, Grèce et Royaume-Uni)
  • Nathan Legrand (CADTM Belgique)
  • Catherine Samary (économiste, Attac France, NPA)
  • Patrick Saurin (CADTM, France)

europe

Samedi 25 mai 2019 à 16h
6, rue Sorbier, 75020 Paris -
01 40 33 26 29 – contact@lelieudit.com

Accès :

Métro Ménilmontant (ligne 2) ou Gambetta (ligne 3) bus : n° 96

Voir la version longue du Manifeste, en ligne

http://www.cadtm.org/

http://www.cadtm.org/Rencontre-discussion

Lire la suite

13 mai 2019 ~ 0 Commentaire

cardiff (the guardian)

 AUOB_-facebook-twitter-saesneg

Des milliers à Cardiff pour l’indépendance du Pays de Galles

Les manifestants disent que le Brexit et l’austérité ont augmenté l’envie de quitter le Royaume-Uni

Des milliers de personnes ont manifesté à Cardiff pour réclamer l’indépendance du Pays de Galles,  les organisateurs l’ont qualifié de première marche de ce type dans l’histoire galloise.

Certains manifestants ont affirmé être des partisans de l’indépendance de toujours, tandis que d’autres ont été convertis par le Brexit et l’austérité. Un récent sondage réalisé pour ITV Pays de Galles a montré que 12% des gens sont favorables à l’autodétermination gouvernementale.

Hen Wlad Fy Nhadau (Bro Goz ma Zadou en breton)

Après l’hymne national gallois, le chef du parti nationaliste Plaid Cymru, a déclaré que les problèmes pourraient être plus facilement résolus si des décisions étaient prises au sein de la nation.

«Pendant de nombreuses années, notre désir de voir un pays de Galles indépendant a semblé lointain. Mais le vent tourne, les marches grandissent et les voix sont plus fortes », a-t-il déclaré.
«Les décennies de négligence de Westminster ont abouti à la pauvreté et au sous-investisse-ment. Un tiers de nos enfants vivent dans une pauvreté relative et il suffit de regarder le chaos du Brexit pour constater que Westminster n’est pas apte à gouverner ou à représenter le Pays de Galles. »

Llywelyn ap Gwilym, porte-parole de l’organisation  All Under One Banner Cymru, a déclaré à WalesOnline: «Le débat sur l’avenir constitutionnel du pays de Galles s’est intensifié depuis la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union Européenne.

« De plus en plus de monde estiment que le Pays de Galles et ses habitants auraient un avenir meilleur en tant que nation indépendante hors du Royaume-Uni … Il est de plus en plus évident que l’indépendance est normale. »

Mattha Busby Sam 11 Mai 2019

https://www.theguardian.com/

Commentaire:

Plaid Cymru est l’ancien parti nationaliste qui actuellement « se positionne » au « centre gauche ».

Lire la suite

13 mai 2019 ~ 0 Commentaire

manifestes (anti-k)

europe sd

Manifeste à l’occasion des prochaines élections européennes

L’Union Européenne est une machine de guerre contre la classe ouvrière et les peuples d’Europe

Il faut rompre avec l’UE et l’euro pour construire une Europe des travailleurs!

L’UE s’est révélée être une machine de guerre sociale, placée sous la domination du capitalisme impérialiste allemand en alliance avec le français. Ils disposent, avec l’euro et la BCE, d’armes puissantes, des instruments qui leur permettent de sceller leur hiérarchie par rapport aux autres capitalismes européens ; en l’absence de monnaie nationale, les pays les moins compétitifs doivent ajuster leurs salaires pour éviter les déséquilibres externes.

UE et Euro ne sont pas un organisme et une monnaie « neutres » dont les peuples peuvent se servir. Au contraire, ce sont des instruments du capital dont la classe ouvrière doit se débarrasser pour mettre fin à l’offensive du capital et obtenir un réel changement dans ses conditions de vie et de travail.

L’UE et l’euro ce sont des coupes budgétaires généralisées, privatisations et licenciements dans le secteur public (éducation, santé, etc.), contre-réformes du travail et des retraites, générali-sation du travail précaire, réductions salariales et augmentation insultante de l’inégalité sociale.

Alors que l’UE a été la grande protagoniste des pires plans d’ajustement et de contre-réformes du travail depuis la Seconde Guerre mondiale, ses défenseurs la présentent comme un rempart « démocratique » contre l’extrême droite.

Pourtant, la politique de l’UE à l’égard des réfugiés et des migrants est aussi xénophobe et raciste que celle actuellement appliquée par Salvini et Kurz à l’échelle de l’Italie et de l’Autriche. Une politique basée sur les centres d’internement, les expulsions et la sous-traitance du travail ingrat à des dictatures corrompues comme la Turquie ou à des mafias comme en Libye.

L’UE a également soutenu la répression scandaleuse de l’Etat espagnol contre le peuple de Catalogne qui veut exercer son droit légitime à l’autodétermination.

Plus généralement, l’UE a été l’instrument des principales puissances impérialistes européennes pour développer leur politique étrangère, avec des accords économiques pour leurs multinatio-nales, des ventes d’armes à des régimes sanguinaires et corrompus comme l’Arabie saoudite ou l’Egypte, ou des interventions militaires colonialistes telles que celles de la France en Afrique ou celles menées dans le cadre de l’OTAN en solidarité avec les États-Unis.

L’UE traverse une crise profonde

Les attaques menées contre les droits et conquis sociaux des travailleurs n’ont pas permis aux capitalismes européens de sortir véritablement de la crise. L’Europe est depuis dix ans plongée dans une longue dépression économique.

En fait, l’exigence de restauration du taux profit implique de poursuivre et d’amplifier ces attaques. La « reprise économique » a été anémique et inégale, mais surtout, fondée non pas sur un nouveau cycle d’investissement, mais sur une augmentation de la dette. Une nouvelle récession se profile à l’horizon, et elle éclatera quand les profits baisseront sur un fond de bulle spéculative et de montée des taux d’intérêt.

C’est sur cet arrière-plan économique et social que se développe la plus grande crise de l’UE depuis sa création. Les projets visant à renforcer les compétences de l’UE au détriment de celles des États sont restés lettre morte. L’Allemagne est incapable de discipliner ses partenai-res, tout en mettant en danger sa propre stabilité politique. La France est perturbée par la mobilisation des Gilets jaunes qui accroît l’instabilité du régime Macron. La Grande-Bretagne, profondément déstabilisée, se prépare à quitter l’UE sans savoir ce qui se passera dans un avenir proche. Le gouvernement espagnol est incapable de résoudre le problème catalan.

Le nouveau réformisme

Au cours de ces années, le déclin accéléré des partis sociaux-libéraux européens a cédé le pas à l’apparition d’un nouveau réformisme qui s’est déclaré favorable à la «refondation de l’UE».  Son modèle a été, pendant toute une période, Syriza. Lors des élections européennes précé-dentes, Tsipras était la référence de Podemos, de Mélenchon, du Bloco portugais, de Rifondazione ou de Die Linke. Le problème est que, deux ans plus tard, Tsipras est devenu le nouvel homme de main de la Troïka en Grèce, afin de rester dans l’euro et dans l’UE. Actuellement, les anciens amis de Tsipras ne prennent plus de selfies avec lui. Ils continuent toutefois, dans les grandes lignes, de maintenir la même stratégie qu’en 2013.

Le 12 avril, Iglesias (Podemos), Catarina Martins (Bloco) et Mélenchon (La France insoumise) ont annoncé à Lisbonne une campagne commune lors des prochaines élections européennes et ont signé un manifeste commun, « Maintenant le peuple ».

Ce manifeste, qui pourrait être signé par n’importe quel social-démocrate, ne mentionne pas une seule fois les mots classe ouvrière, bourgeoisie, impérialisme ou socialisme. Pour ses signatai-res, il n’y a pas de classes sociales, mais uniquement « des élites et le peuple ». Leur objectif est limité à la récupération de l’État providence et à la promotion de politiques keynésiennes, ce qui non seulement est incompatible avec le cadre austéritaire de l’UE et de l’euro, mais représente aussi une impasse pour régler la crise du capitalisme.

Les nouveaux réformistes veulent refonder l’UE et ils excluent de sortir de l’euro. Ils parlent de modifier les traités de l’UE, d’une éventuelle désobéissance pour les plus « radicaux » d’entre eux (France insoumise qui a abandonné son plan B de sortie de l’UE), mais il n’y a pas de désobéissance possible à l’intérieur de l’UE.

C’est pourquoi nous sommes en désaccord avec les forces d’extrême gauche qui s’opposent à la rupture avec l’UE et l’euro en disant que ce serait une solution « nationaliste » qui « profite à l’extrême droite ». Cette argumentation amalgame le rejet populaire de l’UE, qui est bien justifié, avec le chauvinisme et la xénophobie de l’extrême-droite, déformant ainsi grossièrement la réalité et donnant une couverture de gauche aux néo-réformistes défenseurs de l’UE et de l’euro.

Un programme incompatible avec l’UE et l’euro

Un programme avec ces caractéristiques est impossible à mettre en œuvre sans annuler la dette publique, exproprier les banques et les grandes entreprises, socialiser l’investissement et établir le contrôle des travailleurs sur la production. Ces mesures ne peuvent être mises en œuvre qu’en s’appuyant sur une mobilisation générale et soutenue des masses et sont totalement incompatibles avec l’adhésion à l’UE et à l’euro.

La mise en œuvre de ces mesures nécessitera que le pouvoir passe entre les mains de Gouvernements des travailleurs, issus de nouvelles institutions soutenues par un réseau d’assemblées et de comités populaires constitués dans les lieux de travail et de vie du peuple sur la base de délégués révocables à tout moment.

Certains critiqueront le fait que ce programme n’est pas « réaliste ». Dans un sens, ils ont raison, car il ne peut pas être appliqué par des procédures « parlementaires », ni par le « dialogue social » manipulé par les bureaucrates syndicaux. Il s’agit d’un programme visant à changer véritablement la vie de la classe ouvrière, ce qui signifie qu’il exigera de grandes mobilisations et des affrontements de classes très durs. (Extraits)

Anti-K

https://tendanceclaire.org/

Lire aussi:

Les défis pour la gauche dans la zone euro (Cadtm)

Commentaire:

Deux manifestes proposés par des membres du NPA

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin