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15 mars 2019 ~ 0 Commentaire

4 propositions pour le climat (psl)

sud

4 propositions pour le climat et pour un changement de système

1/ Des transports publics gratuits, de qualité et en suffisance

La gratuité et la qualité des transports publics est une revendication très populaire qui répond directement aux tentatives d’opposer action climatique et pouvoir d’achat.

Avec le processus de libéralisation et de privatisation du secteur, les transports publics sont devenus de plus en plus chers pour les usagers. Le transport international de passagers a été libéralisé, ce qui a entraîné une hausse des tarifs.

Nos parents et grands-parents prenaient encore régulièrement le train pour voyager à l’étranger, c’est aujourd’hui quasiment inabordable. Un trajet Anvers-Amsterdam coûte 70 euros ! Le transport ferroviaire de marchandises a été libéralisé, de sorte que la part du rail est passée de 10% à 7% entre 2000 et 2015. Résultat : davantage de camions sur les routes ! La politique actuelle aggrave les problèmes de mobilité et nuit à notre environnement. Au lieu des amendes individuelles aux resquilleurs, il nous faut des alternatives collectives : la gratuité et la qualité des transports publics représentent un élément essentiel. Luttons pour davantage de moyens publics et pour une planification rationnelle de la mobilité !

2/ L’énergie aux mains du public

Les 100 entreprises responsables de 71% des émissions mondiales depuis 1988 sont presque exclusivement des compagnies actives dans le secteur du gaz, du charbon et du pétrole ! Les scientifiques sont donc unanimes : un changement radical s’impose dans notre paysage énergétique. La façon dont nous produisons de l’énergie aujourd’hui, y compris en brûlant des combustibles fossiles, produit trop d’émissions de gaz à effet de serre.

Nous ne pourrons pas convaincre les géants de l’énergie avec de bons arguments. L’an dernier, toutes les sociétés pétrolières et gazières cotées en bourse n’ont fourni que 1,3% de leur budget total aux investissements dans l’énergie verte.

Des mesures provisoires telles qu’une réduction de la TVA ou un contrôle des prix peuvent faire baisser les prix. Mais pour compenser la perte de revenu pour le gouvernement, il faut aller chercher l’argent là où il se trouve.

Un impôt progressif sur le capital peut y contribuer. Les multinationales s’opposeront bec et ongles à ce genre de mesure. Il suffit de penser aux campagnes du lobby nucléaire ou à la résistance d’une entreprise comme Amazon lorsqu’une taxe limitée sur l’entreprise a été proposée à Seattle.

A Barcelone, l’appel d’offres public pour la fourniture d’électricité a reçu une clause sociale…. et aucune entreprise n’a fait d’offre ! Une procédure en justice a également été engagée dès que la ville a créé sa propre société d’énergie ! Quiconque touche aux sacro-saints profits est combattu de toutes les manières possibles.

3/ Augmentation du financement public pour une recherche scientifique démocratique et indépendante

L’argument favori des politiciens de droite et d’autres cyniques contre les jeunes activistes du climat est qu’ils devraient aller à l’école pour acquérir suffisamment de connaissances pour s’attaquer au problème climatique. Les connaissances techniques et scientifiques ne manquent pas. Mais qui contrôle la recherche ? Comment est-elle financée ?

La recherche ne se fait généralement qu’en fonction du profit. De plus, les découvertes qui peuvent apporter une contribution positive à la lutte contre le changement climatique sont souvent achetées par des entreprises qui veulent empêcher leur application.

Des brevets pour des batteries durables et un stockage efficace de l’énergie sont disponibles dans les coffres d’entreprises telles qu’Exxon Mobil. Il est dans leur intérêt que chaque goutte de pétrole soit forée avant que les alternatives ne soient mises sur le marché.

Pire encore, ces dernières années, les multinationales ont investi des milliards dans la ‘‘recherche’’ pour nier ou minimiser le changement climatique. Les compagnies pétrolières connaissent le lien entre combustibles fossiles et empoisonnement de notre atmosphère depuis la fin des années ‘70. L’information n’a pas été divulguée et, lorsqu’elle a été connue, les grands groupes pétroliers ont investi dans toutes sortes de groupes de réflexion qui l’ont contestée.

De plus, des investissements ont été faits dans le travail de lobbying pour préserver ou faciliter les pratiques polluantes. Sous le capitalisme, des milliards sont gaspillés pour la destruction de notre environnement, les marxistes veulent utiliser ces milliards pour le développement d’alternatives écologiques.

Pour l’instant, nous ne disposons pas d’un tableau complet des mesures nécessaires et possibles pour sauver notre cadre de vie. Souvent, ce n’est pas non plus une priorité pour la recherche. Même dans les universités, elle dépend de plus en plus de mécènes privés.

Bien sûr, les grandes entreprises sont particulièrement intéressées par les projets qui peuvent leur apporter des bénéfices supplémentaires. C’est pourquoi, à travers la privatisation de l’enseignement supérieur, elles s’efforcent de mieux contrôler les universités.

Bien sûr, des recherches intéressantes proviennent des universités et de leurs laboratoires, même si cela s’effectue souvent sans réelle coordination et que les découvertes sont achetées par les entreprises pour éviter qu’elles ne soient appliquées. Beaucoup de connaissances existent déjà. Mais pour avoir une vision plus complète de la situation, les leviers de notre économie et de notre savoir doivent être aux mains de la collectivité.

Il faut que la recherche scientifique soit débarrassée de toute ingérence de l’industrie et du secteurs privé. Nous exigeons que la recherche scientifique soit indépendante et non soumise à la recherche du profit. Une abolition des brevets et des investissements massifs dans la recherche sur les technologies durables est nécessaire pour mettre toutes les connaissances au service de l’homme et de la planète. Cela signifierait que toute la technologie et les connaissances disponibles pourraient être utilisées dans la lutte contre le réchauffement climatique !

4/ Pour une économie planifiée écologique et démocratique

Les grandes multinationales responsables de la plus grande partie des émissions sont aux mains d’un petit groupe d’ultra-riches. Les 26 personnes les plus riches possèdent autant que les 3,8 milliards les plus pauvres. Imposer des règles ne suffit pas : ces grandes entreprises trouvent des milliers d’échappatoires et ont suffisamment de lobbyistes et d’autres politiciens établis dans leurs poches pour tricher comme bon leur semble.

Nous ne pouvons pas contrôler ce que nous ne possédons pas. C’est ce qui pousse à la réaction, compréhensible, de se concentrer non pas sur la production, mais sur la consommation. Les médias font tout pour renforcer cela : presque chaque entretien avec un jeune activiste du climat commence par une question sur ses efforts personnels.

Parfois, cela va jusqu’à la défense de mesures antisociales comme les écotaxes. Ces taxes n’ont pas accru la production respectueuse de l’environnement, elles ont par contre affecté le pouvoir d’achat des travailleurs ordinaires et des jeunes en évitant de toucher à l’essentiel : la production. Il n’est donc pas surprenant qu’une entreprise comme ExxonMobil soit en faveur d’une taxe sur le CO2 !

L’absence de planification démocratique entraîne un énorme gaspillage. Un quart à un tiers de la production alimentaire est gaspillée : au moins 1,3 milliard de tonnes par an ! Sans parler du gaspillage résultant des investissements dans la publicité, du lobbying et de l’arrêt de la production de biens plus durables et à plus longue durée de vie.

Une réorientation majeure de la production est nécessaire. Pour y parvenir, il faut investir massivement dans les énergies renouvelables. Le GIEC estime qu’il faut y consacrer 2.400 milliards de dollars par an.

Ce budget est à notre portée : pourquoi ne pas utiliser les 1.700 milliards de dollars dépensés annuellement dans l’armement? Et si l’on y ajoute les sommes englouties par la fraude fiscale et la spéculation, on pourrait largement couvrir les besoins pour la transition écologique et en même temps améliorer significativement le bien-être de l’humanité.

Selon l’Organisation Internationale du Travail (OIT), 24 millions d’emplois devront être créés dans le monde afin d’adapter nos modes de production. Bref, relever le défi climatique ne signifie pas entrer dans une ère de privations et de régression, c’est même plutôt le contraire… sauf pour les capitalistes et leurs profits ! Mais si tous les secteurs stratégiques de l’économie ne sont pas sous propriété publique démocratique, nous ne pourrons pas maîtriser correctement le changement de cap radical qui s’impose.

C’est pourquoi nous défendons la nationalisation des secteurs clés de l’économie sous contrôle démocratique de la communauté. Cela doit poser les bases d’une planification rationnelle, en adaptant les ressources disponibles aux besoins et aux exigences de l’humanité et de la planète.

Le capitalisme exploite tout à la fois le travail humain et la nature, les deux sources de toute richesse. Une économie planifiée rationnellement et démocratiquement permet d’arrêter le gaspillage, d’utiliser les connaissances disponibles et de commencer une transition verte. C’est ce que nous appelons le socialisme. (Résumé)

15 mars 2019

https://fr.socialisme.be/

Commentaire: Commentaire: Et puis surtout, réunissez-vous, organisez-vous, coordonnez-vous, structurez-vous, en toute indépendance des organisations « adultes »!

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15 mars 2019 ~ 0 Commentaire

intersindical (pùblico)

drets

Le procés catalan modifie la carte des syndicats catalans et entraîne l’Intersindical-CSC

En plus de gagner la semaine dernière dans la fonction publique de la Generalitat, ce syndicat a atteint la troisième position dans les élections dans l’éducation, avec 47 délégués.

Le CSC intersindical vit des jours d’euphorie, grâce aux résultats syndicaux remarquables qui se sont enchaînés ces dernières semaines. En quelques jours, il a réussi à faire la 3è place aux élections du personnel enseignant, devenant la troisième force avec 47 délégués – derrière USTEC-STE et CCOO ( Correspndant à la FSU et la CGT) , tandis que l’entité sœur SEGCat a été créée au Conseil de sécurité des Mossos (flics autonomes catalans paticulièrement violents), avec 1 des 12 délégués en jeu.

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Cependant, le joyau de la couronne ce sont les 35 délégués syndicaux atteints la semaine dernière lors des élections à la fonction publique de la Generalitat, qui rejoint les autres syndicats depuis leur maigre position antérieure (ils n’avaient que 4 représentants). À tout cela, il faut ajouter l’attrait pour ses rangs d’une partie de la section syndicale des pompiers de Catalogne jusqu’à présent dans la COS (l’ancien syndicat nationaliste Le blog)Selon l’Intersindical-CSC, leur croissance « répond au besoin d’un syndicalisme attaché au projet de construction de la République catalane et devrait amener d’autres syndicats à opter pour cette construction collective du projet national et républicain ».

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En faveur de la République et, accessoirement, message pour les autres syndicats. Ils ne cachent pas que, de toute évidence, leur positionnement explicite dans la situation politique les a aidés à croître. Si juste après le référendum du 1 er octobre, il comptait 1 800 membres, il en compte maintenant environ 3 600. Et sur les 300 délégués qu’il avait en novembre 2017, il y en a environ 400 actuellement. Malgré les bons résultats de ce cycle électoral dans le secteur public, ce n’est pas non plus un syndicat de fonctionnaires: 65% des délégués appartiennent au secteur privé. .Les mêmes sources ajoutent: « Ces résultats consolident le syndicat en tant qu’entité qui connaît la plus forte croissance dans ce cycle d’élections syndicales. » On pourrait ajouter un autre secteur puisque les 26 et 27 mars, l’Institut Català de la Salut (centres de soins primaires et hôpitaux). Cela clôturera un cycle dans lequel environ 200 000 travailleurs du secteur public catalan auront pu voter.
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La face visible des grèves du procés
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Son succès est notamment dû au leadership et à la visibilité obtenus dans l’appel à la grève du procés (notamment le 8 novembre 2017 et le 21 février dernier). Pour cette raison, l’Inter-union reçoit le soutien des secteurs indépendantistes les plus favorables à la voie de la souveraineté unilatérale. Des membres de la CUP (particulièrement liés à l’actuel Poble Lliure), en passant par certains CDR (comité de défence de la république) locaux, aux adeptes de Puigdemont.Les délégués que remporte l’Intersindical viennent en grande partie de l’UGT (CFDT) et de CCOO (CGT). Dans l’enseignement, le syndicalisme UGT-CCOO est passé de 34% à 22% des délégués.
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Dans la fonction publique de la Generalitat, ils sont passés de 48% (en 2015) à 37% la semaine dernière. Une diminution qui s’ajoute à l’accumulation: en 2010, ils avaient obtenu 64% des délégués. C’est-à-dire que les principaux syndicats perdent du poids, pour céder la place à d’autres centrales syndicales: Intersindical et COS (indépendantistes), la CGT (proche de Solidaires) et la CNT (libertaires).
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Vers un syndicalisme comme au Pays Basque et Nafarroa
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Si l’Intersindical (comme COS, USTEC et CATAC-IAC) maintenait une trajectoire de croissance, nous nous approcherions peu à peu d’un scénario plus proche du syndicalisme galicien ou basque, qui possède des syndicats puissants implantés exclusivement sur leur territoire.
Au Pays Basque et en Navarre, les syndicats nationalistes ELA ( nationaliste de gauche) et LAB (proche des « abertzales ») constituent la « majorité syndicale », avec plus de la moitié des délégués.
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En effet, la somme d’ELA et de LAB atteint 60% des délégués au Pays Basque et près de 40% en Navarre. Cette corrélation de forces est historique, puisque ELA et LAB sont des centrales syndicales consolidées depuis la transition (ELA provient du STV, créé au début du 20è siècle était lié à l’origine au PNV, tandis que LAB est une partie stricte de la gauche Abertzale et est né. en 1974).
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Malgré le fait que le COS catalan soit le syndicat officiellement membre de Esquerra Independentista, certains militants de l’IE travaillent également dans l’Intersindical (notamment le secteur de Poble Lliure), ce qui générerait a priori une certaine synergie. Fomento del Trabajo, qui tentait déjà d’interdire les grèves de l’Intersindical, comme celle du 8 novembre 2017, affirmant qu’il s’agissait d’une protestation politique et non d’un travail a échoué, la Cour supérieure de justice de Catalogne a rejeté l’appel des employeurs.
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15/03/2019 Ander Zurimendi
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Commentaire:
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Le texte est résumé. Au quatuor: CGT-CFDT – Solidaires- FSU  correspondent: CCOO-UGT-CGT- STEs. En Galice la syndicat majoritaire la CIG est lié à un courant genre « UDB » en Bretagne. A la majorité basque  LAB-ELA, il faut ajouter la « FSU »: STEE-Eilas, ( l’USTEC de Catalogne) et les paysans de la « Conf » basque.
Au niveau affiliation internationale, CIG,COS et CSC sont à la FSM (ex pays socialistes) tandis que les syndicats « ordinaires » comme les nôtres sont à la CIS sauf certaines fédés CGT

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14 mars 2019 ~ 0 Commentaire

france insoumise (le-monde lvsl)

europe

Elections européennes

Que veut exactement La France Insoumise ?

Depuis plusieurs semaines, les « insoumis » multiplient les analyses contradictoires quant à leur stratégie européenne. Jean-Luc Mélenchon a voulu marquer les esprits. Le leader de La France insoumise (LFI) a vertement répondu à la « Lettre aux Européens » d’Emmanuel Macron, par un texte intitulé « Sortez des traités européens, stupides ! ». (Publié dimanche 10 mars sur le site de Libération et le lendemain dans plusieurs titres du continent).

M. Mélenchon tente d’y résumer le programme de son mouvement, qu’il va développer jeudi soir lors d’un meeting à Caen, en compagnie de Manon Aubry, la tête de liste LFI pour les élections européennes du 26 mai. Une occasion, également, de relancer une campagne qui peine à décoller.

La pensée « insoumise » au sujet de l’Union européenne (UE) est articulée autour d’une stratégie mise en avant lors de la campagne présidentielle de 2017 :

Celle du plan A 

« Sortie concertée des traités européens » et « Négociation d’autres règles » 

et d’un plan B 

« Sortie des traités européens unilatérale par la France »  en cas d’échec de la première méthode. Le premier comporte la fin de l’indépendance de la Banque centrale européenne, la mise en place d’un « protectionnisme solidaire » ou encore une harmonisation fiscale et sociale. A l’époque de la campagne présidentielle, M. Mélenchon résumait cela en une formule choc : « L’Union européenne, on la change ou on la quitte. »

Dans son texte, le député des Bouches-du-Rhône le rappelle : pour « commencer un nouvel âge de la civilisation humaine », en finir avec « la concurrence libre et non faussée », une seule solution : « Sortir des traités qui organisent l’Union européenne. » « Toutes nos misères écologiques et sociales ont leur origine dans le contenu de ces traités. Ils ont figé toutes les politiques économiques dans le dogme absurde de l’ordolibéralisme et de l’atlantisme », développe-t-il.

« Sortir des traités européens, c’est le Frexit : la sortie de l’UE et de l’euro. Il n’y a pas d’autre alternative », selon Dominique Berlin, professeur émérite de droit européen.

Mais que signifie exactement « sortir des traités européens » ? Selon Mme Aubry, ce serait une sorte de situation intermédiaire entre les « Européens béats » et les « frexiters [partisans d’une sortie de la France de l’UE] ». Elle l’assure : « Nous n’avons pas un problème avec l’Union Européenne, mais avec les traités actuels.

On ne veut pas sortir de l’UE, mais on ne veut pas de statu quo non plus. » Seulement voilà, et la juriste le sait : il est impossible de sortir des traités sans sortir de l’UE. « Sortir des traités européens, c’est le Frexit : la sortie de l’UE et de l’euro. Il n’y a pas d’autre alternative », confirme Dominique Berlin, professeur émérite de droit européen à l’université Panthéon-Assas. « Sortir des traités, c’est les dénoncer. Donc c’est sortir de l’UE », abonde Yves Bertoncini, président du Mouvement européen en France.

Loin du scénario défendu en 2017

Mme Aubry jure pourtant que ce n’est pas l’objectif des « insoumis ». Et apporte une nouvelle interprétation du « Plan A/ Plan B ». « Le plan A, c’est renégocier tous ensemble pour tenir les promesses de l’Europe. Si ça ne marche pas, le plan B, c’est avancer à plusieurs avec les pays qui le souhaitent et désobéir aux dispositions qui posent problème, comme la règle des 3 % de déficit, le travail détaché, etc. » On est donc bien loin du scénario défendu en 2017 par le candidat Mélenchon mais plus proche d’une notion d’affranchissement de certaines règles des traités.

« Si un Etat veut sortir, c’est possible, c’est ce que fait le Royaume-Uni. C’est le seul moyen car il n’y a pas de clauses d’expulsion dans les traités, rappelle encore M. Bertoncini. Ne pas respecter les traités, c’est autre chose. Cela place le pays dans une situation de désobéissance. C’est un peu comme une assemblée de copropriétaires qui ne peut pas expulser un locataire refusant de payer son loyer. »

Cependant, complète M. Berlin, cela met le pays « en position de manquement » avec des conséquences importantes : « Il y aurait d’abord des recours devant la Cour de justice puis des sanctions sous forme d’amendes. » Un scénario prévu par les « insoumis » qui « refuseraient de payer » s’ils étaient confrontés à cette situation. Ce qui exposerait la France à d’autres sanctions, comme, par exemple, la privation du droit de vote au sein du Conseil européen.

En tout cas, en jouant sur les mots et les concepts, les « insoumis » entretiennent un flou qui les arrange. C’est, en effet, un sujet sensible avec ses partenaires européens (notamment les Espagnols de Podemos et les Portugais du Bloco) réunis dans le mouvement Maintenant le peuple ! Dans leur manifeste, aucune mention du « Plan B », ou de quitter l’Union européenne, mais simplement la volonté de « rompre avec les carcans des traités européens ».

Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon est aussi tiraillé, en interne, entre une vision souverainiste et une autre, plus eurocompatible. Depuis plusieurs mois, de nombreux tenants de la ligne « souverainiste » ont claqué la porte, se sont éloignés ou ont été écartés.

C’est le cas de l’économiste Liem Hoang Ngoc ; de l’ancien porte-parole Djordje Kuzmanovic ; de l’enseignant François Cocq ou encore de Charlotte Girard, coresponsable du programme, qui fut un temps pressentie comme tête de liste et qui a préféré prendre du champ.

A sa place, Manon Aubry, elle, a toujours défendu une ligne plus pro-européenne. A tel point que les exégètes de LFI en perdent parfois leur latin quand il s’agit de l’Europe. Ce trouble pourrait être le même chez les électeurs.

Abel Mestre 14 mars 2019
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https://www.lemonde.fr/
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Lire aussi:

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La France Insoumise : du parti au mouvement (LVSL)

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14 mars 2019 ~ 0 Commentaire

climat (bastamag)

basta

Grève de la jeunesse pour le climat

« Si on perd cette bataille, on aura tout perdu »

C’est une nouvelle vague qui monte, pour que leur futur ne soit pas hypothéqué : dans toute l’Europe, des écoliers, des collégiens, des lycéens et des étudiants s’engagent pour le climat.

Né en Suède, à l’initiative de Greta Thunberg, âgée de 16 ans, le mouvement des grèves du vendredi a pris de l’ampleur en Allemagne et en Belgique.

Et arrive en France où des lycéens et des étudiants commencent à se mobiliser et à descendre dans la rue pour l’avenir de la planète et en finir avec « l’inertie folle » des dirigeants.

Reportage à Lyon et à Berlin, où se prépare activement la grande journée de mobilisation mondiale des jeunes pour le climat prévue le 15 mars.

Eros Sana, Rachel Knaebel, Sophie Chapelle 14 mars 2019

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Lire aussi:

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14 mars 2019 ~ 0 Commentaire

rapport (pùblico france-info)

 macron ecolo

Rapport sur l’environnement dans le monde des Nations Unies

La résistance aux antibiotiques sera la première cause de mortalité dans le monde et quatre autres clés du rapport des Nations Unies

Les travaux publiés mercredi par les Nations Unies appellent à des mesures pour lutter contre la crise climatique actuelle. La sixième édition du Rapport mondial sur l’environnement de l’ONU a été présentée mercredi à Nairobi dans le cadre de la quatrième Assemblée des Nations Unies pour l’environnement (ANUE-4), qui se tient cette semaine dans la capitale kényane.

Les cinq principales clés du rapport, connues en anglais sous le nom de General Environment Outlook et réalisées par 250 experts de plus de 70 pays, sont les suivantes:

1. La pollution de l’air continuera de causer des décès prématurés entre 4,5 et 7 millions de personnes chaque année jusqu’en 2050. Ce phénomène, qui cause actuellement 6 à 7 millions de décès prématurés, en particulier en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient , continuera à tuer pour les prochaines décennies. Les personnes très âgées ou très jeunes, atteintes de maladies cardiorespiratoires ou de faible niveau économique, sont plus vulnérables à la pollution atmosphérique.

2. La résistance aux antibiotiques sera la première cause de mortalité dans le monde en 2050. La capacité des micro-organismes, tels que les bactéries, les virus et certains parasites, à prévenir l’effet des antimicrobiens (antibiotiques, antiviraux ou antipaludéens) facilitera les infections. augmenter dans la population.

Certaines causes sont des polluants rejetés dans l’eau, tels que les excréments animaux et humains. Une solution est l’usine de traitement des eaux usées, qui peut éliminer les bactéries résistantes aux antibiotiques de l’eau, mais à peine les antibiotiques eux-mêmes.

3. Les « perturbateurs endocriniens » modifieront la fertilité des hommes et des femmes et le développement neurologique des mineurs. Ces « perturbateurs » sont des substances externes au corps qui altèrent, inhibent ou stimulent les fonctions du système hormonal, et sont présentes dans de nombreux produits chimiques.

Ils provoquent des processus physiologiques anormaux, tels qu’une menstruation prématurée ou le développement d’un cancer du sein ou de la prostate. Les « perturbateurs endocriniens » sont également transmis par les eaux usées et se retrouvent dans les produits de consomma-tion courante, tels que le lait de transformation ou les pesticides appliqués aux cultures.

4. Une diminution de la consommation de viande et du gaspillage alimentaire réduirait de 50% la nécessité de produire des aliments. Ce besoin moindre de produire de la nourriture affecte-rait plus de 9 milliards d’habitants estimés dans le monde d’ici 2050. Une alimentation saine avec moins de viande, associée à des systèmes efficaces de collecte des déchets peut aug-menter la productivité du travail et réduire les besoins des terres pour l’agriculture destinées à l’alimentation du bétail. 33% de la nourriture est gaspillée dans les pays développés.

5. Un accord mondial est nécessaire de toute urgence pour réduire les 8 millions de tonnes de plastique jetées chaque année dans les océans. Bien que les données sur les océans compor-tent de nombreuses lacunes en raison du manque de bases de données mondiales, des micro-plastiques ont été détectés dans tous les océans du monde et même dans les glaces arcti-ques. Les débris marins, dont les plastiques représentent 75%, représentent une menace majeure pour la biodiversité.

Madrid 13/03/2019

https://www.publico.es/

Lire aussi:

Pollution de l’air, eau potable, gestion des déchets… Six chiffres alarmants à retenir du rapport de l’ONU sur l’environnement (France Info)

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12 mars 2019 ~ 0 Commentaire

zehra dogan libérée (télérama)

z&ara

Zehra Doğan, journaliste kurde libérée de prison 

“Une personne en lutte ne s’arrête jamais”

Sa détention avait mobilisé des artistes comme Banksy ou Ai Weiwei. Après deux ans passés derrière les barreaux en Turquie, celle qui est aussi artiste a recouvré sa liberté le 24 février dernier. Elle décrit les conditions de vie atroces des prisonniers et les entraves à la liberté de la presse et de l’art.

Julie Honoré 11/03/2019

https://www.telerama.fr/

Lire aussi:

Le festival des Autres Mondes 2018 « Autour de Zehra Doğan

Qui est Zehra Doğan ?

 

 

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09 mars 2019 ~ 0 Commentaire

européennes (npa)

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Européennes : la fuite en avant

Pour ne pas répondre aux mobilisations sociales

Depuis le 17 novembre et l’irruption de la mobilisation des Gilets jaunes, secouant et contestant les institutions mais aussi les partis institutionnels, la question des élections européennes était passé au second plan dans les discours des différentes forces politiques.

Cela n’empêchait ni les uns ni les autres de distiller leur propagande

Protectionnisme versus libéralisme, repli national versus défense des institutions de l’Union Européenne et, pour la plupart des forces politiques institutionnelles, accord pour considérer la question des réfugiéEs comme un « problème ».

Les échéances électorales se rapprochant à grands pas, les différentes forces politiques sont obligées de dévoiler plus précisément leur jeu avec une contrainte commune;

Capitaliser sur les mobilisations sans amener aucune réponse politique concrète

Ni aux Gilets jaunes,

Ni à touTEs celles et ceux qui galèrent entre précarité et bas salaires,

Ni aux salariéEs qui tentent de résister aux plans de licenciements et de suppressions d’emplois dans le privé comme dans le public,

NI aux jeunes qui se mobilisent sur les questions écologiques,

Ni aux réfugiéEs qui veulent vivre dignement,

Ni aux femmes qui ne lâchent pas sur l’égalité salariale et la lutte contre toutes les formes de sexisme…

Macron en sauveur de l’UE

Il y a ceux pour lesquels les choses sont simples, qui font la course électorale en tête dans les sondages et qui se sont auto-désignés comme les meilleurs adversaires : LREM et le Rassemblement national.

Le plus que jamais « parti de Macron » parle à l’oreille de celles et ceux qui, en panique face aux mobilisations sociales, rêvent d’ordre et de stabilité pour garantir leur position.

Pour faire tenir l’attelage acrobatique de tous les ralliés (MODEM, AGIR, radicaux, ex écolos en quête de places) une seule solution : placer Macron au centre avec le rêve délirant de réitérer son tour de passe-passe de la présidentielle sur le terrain européen.

C’est la fonction de la tribune grandiloquente et creuse

« Pour une renaissance européenne » adressée à grand renfort de battage médiatique aux        « citoyens d’Europe » le 5 mars, qui tente d’ériger Macron en « sauveur » d’une Union Européenne en perdition.

Alors qu’en France, ses vertus de dialogue avec les mobilisations se résument aux matraques et aux cellules de garde à vue et de prison, ses discours vides et prétentieux risquent surtout de nourrir le rejet de l’Europe des élites et de sa personnalisation du pouvoir.

C’est bien pour cela que le meilleur argument de campagne du RN est d’en dire le moins possible. La campagne se déroule sur son terrain de prédilection : le sentiment de peur, des étrangerEs, de la précarité, de l’avenir. Il se contente de dénoncer le mépris du pouvoir pour les classes populaires, en se gardant bien de parler de sa politique sociale et économique libérale.

Rupture du monde du travail avec la gauche institutionnelle

Il y a ceux pour lesquels cette campagne électorale commence comme une dégringolade institutionnelle qui s’accompagne évidemment de tiraillements et de déchirements internes.

Alors que Les Républicains courent derrière le RN sans autre effet que de se ridiculiser, la gauche institutionnelle (EÉLV et LFI mis à part) est confrontée au dilemme de trouver d’impossibles alliances ou de disparaître de ce qui est leur moyen et leur raison d’exister, les tribunes parlementaires.

Si EÉLV et LFI semblent sauver quelques meubles, c’est en restant en-dessous des 10 % des intentions de vote. Un des symptômes de la rupture du monde du travail avec la gauche institutionnelle.

Cela ne signifie pas pour autant qu’un boulevard électoral s’ouvrirait devant le NPA.

Nous ne pouvons pas nous satisfaire de l’abstention d’une grande majorité de notre classe, parce qu’elle laisse le terrain électoral à nos adversaires. Nous ne pouvons pas nous contenter d’une posture de commentateur, parce que nous savons que les effets de cette campagne, avant même les résultats, seront délétères et dangereux.

C’est pour cela que nous voulons faire entendre une voix clairement anticapitaliste, internationaliste et révolutionnaire.

Nous ne prétendons pas être le débouché politique des Gilets jaunes, ni des mobilisations, mais nous voulons utiliser cette campagne pour faire entendre des idées, des revendications qui seront utiles au renforcement de ces mobilisations et à leur convergence pour un « TouTEs ensemble ».

Mais pour pouvoir faire entendre notre voix jusqu’au bout, en présentant une liste, il nous reste à trouver les moyens financiers, car la démo­cratie institutionnelle a un coût, c’est la sélection par l’argent. C’est pour cela que nous appelons à verser à la souscription du NPA.

Cathy Billard 2019-03-07

https://www.anti-k.org/

Souscription.npa2009.org

Lire aussi:

Pourquoi une liste anticapitaliste ? (RP)

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04 mars 2019 ~ 0 Commentaire

gauche de la gauche (telos)

gauche arabe

Pourquoi la gauche de la gauche

N’y arrive pas non plus

La littérature sur la crise (irréversible ?) de la social-démocratie européenne est abondante, et pourrait-on même dire topique. Mais la stagnation des formations politiques situées à sa gauche, et qui pourraient en théorie profiter de son essoufflement, est beaucoup moins documentée.

Il est vrai que les situations dans les différents pays ne sont pas homogènes.

Car certains partis de gauche post-communiste ont une vraie influence politique (Le Bloco de Esquerda portugais (proche du NPA le blog), le Vänsterpartiet suédois et même Podemos en Espagne malgré la crise interne qu’il traverse).

Cependant, en général, ces partis n’ont pas été capables de profiter massivement du mécon-tentement et de la déception suscités par les sociaux-démocrates. En ce sens, ce qui interpelle le plus c’est que l’extrême-droite, à de rares exceptions, accapare le vote protestataire. Une de ces exceptions dans le camps progressiste semble être représentée par les Verts, en particulier les Allemands de Die Grünen, qui pourraient dépasser le SPD et les post-communistes (Die Linke), même s’il est encore un peu hasardeux de faire une telle prévision.

Il faut donc revenir sur les limites de la gauche radicale, celle qui est plus ou moins apparentée aux traditions ouvriéristes européennes.

Le vieux communisme orthodoxe maintient une présence surprenante (bien que limitée) au Portugal (PCP), en Grèce (KKE) et en Tchéquie (KSČM). On notera le contraste territorial européen, puisque dans les Pays d’Europe centrale et orientale, à l’exception de la Tchéquie, le communisme partisan stricto sensu a pratiquement disparu.

En Europe occidentale, la grande majorité des partis de la gauche radicale peuvent être qualifiés de partis d’opposition (sauf le grec Syriza), même si certains d’entre eux ont participé aux gouvernements des socio-démocrates et de leurs alliés ou les ont soutenus au Parlement (en son temps le Front de Gauche français ou Sinistra Ecologia e Liberta en Italie par exemple), les accords régionaux ou locaux étant beaucoup plus fréquents.

La nouvelle gauche possède quelques atouts pour croître (les dures critiques des politiques néo-libérales et de l’austérité orthodoxe imposées par la Troika). Mais cela n’a pas été suffisant pour lui permettre d’être le porte-parole du mécontentement causé par la déception devant les maigres résultats des gouvernements sociaux-démocrates.

Le paradoxe est peut-être que l’actuelle gauche post-communiste défend un programme très similaire à celui de la social-démocratie keynésienne des années 50, basée sur un secteur public fort, une réglementation stricte du marché, des impôts élevés sur les grandes fortunes et une large couverture sociale. (…)

De plus, la gauche radicale, en critiquant la globalisation capitaliste (qui a sans aucun doute aggravé les inégalités), en est venue à promouvoir un certain protectionnisme, une proposition impulsée aujourd’hui par l’extrême droite. La critique frontale de l’impérialisme américain est un grand classique, mais l’habituel silence de la gauche radicale devant un gouvernement aussi réactionnaire que celui de Vladimir Poutine ou aussi autoritaire que celui de Xi Jinping en Chine est incompréhensible. Les partis d’extrême gauche s’opposent par exemple aux sanctions contre la Russie pour son inqualifiable agression contre l’Ukraine.

Devant l’épuisement évident des références idéologiques ouvriéristes, la gauche radicale a embrassé d’autres causes (féminisme, écologie, LGTBI, minorités ethniques) même si ces dernières ne se sont pas laissées coloniser politiquement.

L’autre voie, pour se renforcer et s’affirmer, a été de recourir à certaines formes de populisme supposément progressiste. Cette option a des avantages et des inconvénients : elle peut sembler attrayante parce qu’elle semble aller plus loin que les vieilles divisions idéologiques, mais son caractère flou et son opportunisme, représenter les « honnêtes gens », comme disait l’ex-leader de Podemos, Juan Carlos Monedero ou représenter les « multitudes » comme le suggérait Toni Negri ne clarifie en rien leurs contenu.

Pire encore, dans le cas où leurs positions s’inspirent d’expériences latino-américaines (c’est le cas de Podemos), leur silence devant le despotisme et les inégalités des gouvernements bolivariens ne rend pas une telle option politique crédible.

Quatre dilemmes

Pour résumer, la gauche radicale doit faire face à différents dilemmes pour lesquels elle n’offre pas toujours une réponse claire. Le premier porte sur l’organisation et pose la question du choix entre un parti classique (même s’il est modernisé) et une organisation mouvementiste. Les pulsions « léninistes-centralisatrices » affleurent constamment et la mythique démocratie directe à travers les réseaux sociaux n’est qu’une apparence de démocratie.

Le deuxième dilemme est idéologique et touche à l’autodéfinition.

D’un côté le terme révolution a pratiquement disparu du jargon politique européen et a été remplacé par des euphémismes tels que antisystème et radical. Or, ce dernier terme ne jouit pas d’une très bonne presse car il a fini par avoir une signification aux connotations stigmatisantes ; c’est pourquoi on préfère dans cet espace l’expression « gauche transformatrice » opposé à la social-démocratie gestionnaire.

Il est cependant frappant de constater que Syriza (dont l’acronyme signifie littéralement Coalition de Gauche Radicale) a géré (et non pas transformé) l’économie grecque en respectant les injonctions de Bruxelles et l’a fait avec une notoire modération.

Troisièmement se pose aux post-communistes le dilemme stratégique

S’allier ou non avec la social-démocratie. S’ils font un pacte avec elle ils courent le risque de se trouver à la remorque du réformisme, mais s’ils se situent en opposition frontale ils peuvent alors faire le jeu de la droite. Le rêve de ce qu’on appelle en espagnol « el sorpaso », le dépassement (note de la traductrice : le « sorpaso » est le fait pour un parti jusque-là minoritaire de dépasser le parti habituellement au gouvernement, par exemple Podemos pour le PSOE ou Ciudadanos pour le Parti Populaire en Espagne) s’est matérialisé en Grèce avec des résultats très décevants du point de vue de la radicalité.

Le dernier dilemme concerne l’Union européenne, parce qu’il y a une division interne dans cet espace entre ceux qui assument l’Europe pour la changer (les euro-critiques) et ceux qui considèrent qu’elle est irréformable et inutilisable (les eurosceptiques).

Quelques exemples

Quelques exemples concrets montrent les limites de ces partis en tant qu’alternative à la social-démocratie.

En Allemagne, Die Linke ne sait pas très bien quel type d’opposition il doit mener. Après s’être défait de la nostalgie de la RDA (ce qui n’a pas été facile), il n’apparaît toujours pas comme un allié crédible dans un quelconque gouvernement au niveau fédéral. Ses ambiguïtés et ses divisions internes chroniques ont favorisé la récupération du vote protestataire en Allemagne par les ultras de AfD.

Il est vrai qu’en France, la France Insoumise a obtenu aux élections législatives des résultats bien meilleurs (11%) que ceux d’un PS agonisant (7,4%), mais le fait que le PCF semble plutôt rechercher des alliances avec les socialistes de Générations (Hamon) plutôt qu’avec Jean-Luc Mélenchon, montre que la ligne politique de ce dernier n’est pas non plus très attractive : une nouvelle fois le vote protestataire est capitalisé par Marine Le Pen et non par la gauche alternative.

Le désastre des gauches italiennes est le plus surprenant en Europe, car elles ont dilapidé un capital historique important : le Parti Démocratique, comme option réformiste de centre-gauche, a échoué et tout ce qui est à sa gauche a obtenu des résultats insignifiants : la coalition Liberi e Uguali a obtenu 3,3%.

En Grèce, Syriza est en mauvaise position (les enquêtes les situent derrière les conservateurs) et la normalisation d’une partie de l’extrême-droite (Anel a été associé à leur gouvernement) ne figurent pas précisément comme une de leur réussites les plus progressistes.

Enfin, en Espagne la crise de Podemos ne cesse de s’aggraver

Après leur recul aux élections de 2016 par rapport à l’année précédente, les résultats des élec-tions de 2018 en Andalousie confirment leur mouvement à la baisse, et les divisions dues à la crise madrilène (note de la traductrice : avec le départ d’Íñigo Erejon ancien n° 2 du parti pour soutenir Manuela Carmena aux élections municipales de mai 2019), peuvent avoir pour eux des conséquences négatives.

Podemos est coincé entre ses différentes contradictions : il n’est pas possible d’harmoniser le modèle d’un parti traditionnel et institutionnel avec le modèle d’« assemblées primaires » des réseaux sociaux.

Il est encore plus difficile de maintenir l’unité confédérale avec les confluences territoriales. Enfin il faut choisir entre se situer sur la gauche du PSOE ou constituer un mouvement post-idéolo-gique (à la manière de Cinque Stelle? (5 étoiles italien) et il est en tout cas insoutenable à long terme d’essayer à la fois de prétendre être un mouvement patriote espagnol et de défendre le droit à l’auto-détermination des nationalistes.

Tant que ses positions sur toutes ces questions ne sont pas mieux définies Podemos ne cessera de perdre en unité et, en tant que mouvement protestataire, il court également le risque aussi de voir nombre de ses électeurs chercher d’autres options.

Il résulte donc du panorama européen ainsi décrit qu’en dépit des exceptions et nuances rappelées les gauches radicales sont aussi déconcertées et dépourvues de réponses effectives que la vieille social-démocratie dans la conjoncture, critique et complexe, actuelle.

Cet article, a été traduit par Isabel Serrano 4 mars 2019

https://www.telos-eu.com/

Commentaire:

C’est une description d’une partie de la gauche (celle représentée au Parlement Européen) avec qui nous recherchons l’unité dans l’action, mais avec qui nous avons de profondes divergences. Le soutien aux PS, aux dictateurs… Un nationalisme virulent opposé aux peuples minoritaires. Gauche de la gauche, mais pas gauche de gauche: anticapitaliste!

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03 mars 2019 ~ 0 Commentaire

rosa luxembourg (la brèche numérique)

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Rosa Luxemburg

Et la question nationale

C’est par la question nationale que Rosa Luxemburg effectue son entrée sur la scène internationale. Elle tentait de faire obstacle en 1896 à la volonté du Parti socialiste polonais (PPS) de faire de l’indépendance de la Pologne l’un des objectifs de l’Internationale.

Lutte contre le nationalisme qui la situe dans le camp des internationalistes intransigeants mais qui n’est pas pour autant synonyme d’indifférence au phénomène national. La même année, en effet, à propos de la question d’Orient et du massacre des Arméniens, elle réaffirme sa lecture du marxisme en matière nationale : soutenir les mouvements de libération en se situant résolu-ment du côté des opprimés mais tenir compte, ce faisant, de l’objectif prioritaire que constitue la défense des intérêts de classe du prolétariat.

Elle ne cesse de ferrailler contre le « social-patriotisme » du parti rival, le PPS dont l’aile droite, dirigée par Pilsudski, finit par présider aux destinées de la Pologne indépendante dans l’entre-deux-guerres, tandis que l’aile gauche, le PPS-Lewica, rejoint la Social-démocratie du Royaume de Pologne et de Lituanie (SDKPiL), le parti de Rosa Luxemburg, pour former, après la grande guerre, le Parti communiste polonais.

L’enjeu organisationnel est de taille, non seulement dans la « grande » Internationale, mais aussi dans la petite Internationale qu’est le Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR). Jusqu’à son deuxième congrès en 1903 l’indécision demeure sur la question de savoir qui, du PPS ou de la SDKPiL, en fera partie.

La question n’est pas tranchée en 1903. Le PPS se rapproche plutôt de la nébuleuse socialiste révolutionnaire. Au congrès de 1903, connu pour la scission entre bolcheviks et mencheviks, le débat s’articule autour de l’opposition entre organisations nationales ou territoriales, donc autour du problème de la fédération.

Ne voulant pas se fondre dans des comités locaux nationalement indifférenciés, la SDKPiL quitte le congrès avant même qu’il ne se déplace de Bruxelles à Londres. Le Bund, parti ouvrier juif, fait de même à Londres.

C’est alors que s’amorce un différend crucial entre les partisans du droit à l’autodétermination nationale et ceux qui proposent la création d’« institutions garantissant la liberté du développe-ment culturel national », formule avancée par la SDKPiL et reprise par le Bund.

Luxemburg n’assiste pas à ce congrès, mais elle énonce les directives auxquelles les délégués de la SDKPiL doivent se conformer ; ses prises de position se situent plutôt sur le versant polonais qu’allemand de son action.

Elle explique son refus du droit à l’autodétermination par l’intégration, l’interdépendance écono-mique des différentes nations qui composent l’empire russe ; dans le caractère illusoire, à l’ère impérialiste, d’une indépendance des petites nations qui ne peut qu’être préjudiciable au prolétariat.

Lénine insiste plutôt (selon la formule des pères fondateurs qui veut qu’une nation qui en opprime une autre ne peut se libérer elle-même) sur le caractère émancipateur du droit à l’autodétermination.

Les positions de Rosa Luxemburg ne sont pas pour autant figées : avec la révolution de 1905 dans l’empire russe, elle prend conscience de l’importance du sentiment national et de ses potentialités révolutionnaires en Pologne. Elle énonce alors un des présupposés de sa démar-che : la nécessité de faire sortir les certitudes du mouvement ouvrier du coffret où elles sont conservées comme un trésor. Elle contribue à élaborer la revendication d’autonomie territoriale pour la Pologne.

On a longtemps considéré que Rosa Luxemburg, internationaliste intransigeante, s’était rangée dans le camp que Lénine qualifie d’« historico-économique » en matière nationale, en opposition avec la conception « psychologico-culturelle » qu’il attribue aux austro-marxistes et, en particu-lier, à Otto Bauer, qui fut sans doute le meilleur théoricien marxiste de la question nationale.

Or, si l’on compare l’analyse de la culture nationale par Bauer (dans La Question des nationalités et la social-démocratie) et par Luxemburg (en particulier dans la série d’articles intitulée « la Question nationale et l’autonomie » publiée en 1908-1909), on est frappé par des similitudes.

Mêmes agents de la culture nationale ­les « gens cultivés » chez Otto Bauer, l’intelligentsia que Rosa Luxemburg ne réduit pas, contrairement à d’autres, aux « travailleurs de la langue » ; même rôle des paysans ­« tenanciers » de la nation chez Bauer, conservatoire susceptible d’un examen anthropologique chez Luxemburg ; même nécessité pour le prolétariat de s’approprier la culture bourgeoise dont il est le producteur sans en avoir la jouissance pour Otto Bauer et que, « rejeton déshérité », il dévoie en kitsch selon Rosa Luxemburg.

Mais alors que Bauer, infirmant les pronostics d’Engels qui les vouait à la disparition ou à l’absorption par des nations plus fortes, analyse le « réveil des nations sans histoire », Luxem-burg reste dans la lignée hégélienne, voire darwinienne, des pères fondateurs, refusant le statut de nation à ces peuples paysans.

Lituaniens, Biélorusses, voire Ukrainiens. Là, elle ne fait pas de distinction entre nations domi-nantes et « peuples sans histoire » en condamnant le nationalisme, même si elle lui concède un rôle émancipateur dans des conjonctures historiques précises, bien délimitées (en particulier pour les colonies) au nom de la hiérarchie des priorités énoncée dès le début de son activité militante.

Un de ses derniers textes, le « Fragment sur la guerre, la question nationale et la révolution », est particulièrement éloquent : « Des nations et des mini-nations s’annoncent de toutes parts et affirment leurs droits à constituer des Etats. Des cadavres putréfiés sortent de tombes cente-naires, animés d’une nouvelle vigueur printanière et des peuples »sans histoire« qui n’ont jamais constitué d’entité étatique autonome ressentent le besoin violent de s’ériger en Etat [...], c’est aujourd’hui la nuit de Walpurgis sur le Brocken nationaliste. »

Historienne, Claudie Weill est ingénieur de recherche à l’Ecole des Hautes études en sciences sociales. Elle a notamment publié l’Internationale et l’autre (Arcamtère, 1987), Etudiants russes en Allemagne 1900-1914 (L’Harmattan, 1996) et, en collaboration avec Georges Haupt et Michael Löwy, Les Marxistes et la question nationale 1848-1914 (réédition L’Harmattan, 1997).

mardi 26 février 2019 WEILL Claudie

http://www.preavis.org/

Lire aussi:

La Taupe bretonne (Wikipédia)

Commentaire:

Questions toujours d’actualité dans les rangs des forces de gauche, par rapport au souverainisme catalan, par exemple.

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03 mars 2019 ~ 0 Commentaire

futur de l’humanité (internationalisme)

clima 3

Combat pour le futur de l’humanité

Manifestations massives de jeunes en Belgique contre la détérioration dramatique du climat

Ces derniers mois, le débat public en Belgique a été marqué par les grèves des lycéens et les protestations des jeunes contre la dégradation dramatique du climat et l’absence de perspectives pour inverser la tendance.

Un premier signal dans ce sens avait été donné par la manifestation du 2 décembre 2018, appelée dans le cadre de la campagne Rise for Climate Belgium, qui avait rassemblé 75 000 personnes à Bruxelles. Cette manif donnait d’emblée à la mobilisation contre le changement climatique une dimension inconnue jusqu’alors, cette mobilisation fut reconduite avec une nouvelle manifestation de 80 000 participants dans les rues de Bruxelles le dimanche 27 janvier 2019.

Les protestations prirent toutefois une autre dimension lorsque deux lycéennes d’un lycée à Mortsel (près d’Anvers), inspirées par les “grèves lycéennes” en Suède, qui avaient lieu chaque vendredi depuis quelques mois, lancèrent début janvier un appel sur les médias sociaux pour se réunir chaque jeudi à Bruxelles afin de manifester contre la catastrophe écologique qui menace la planète. Cet appel connut un succès fulgurant : de 3 000 participants lors de la première manif, ils étaient plus de 35 000 jeunes le 24 janvier, venant de Flandre, de Bruxelles et de Wallonie, et dans les semaines suivantes, les manifs regroupent encore des milliers de lycéens à Bruxelles ou dans d’autres grandes villes du pays.

Ces jeunes qui prennent l’initiative dans les protestations contre la destruction de la nature ne se battent pas seulement pour leur propre avenir, pas seulement pour le futur de la génération actuelle, mais aussi pour celui des générations suivantes. Ici aussi, ce sont pour la plupart de futurs travailleurs et travailleuses qui ont déclenché cette importante vague d’indignation.

Depuis des années, les scientifiques lancent des avertissements à propos des conséquences des changements climatiques pour l’homme et le milieu. Malgré cela, les gouvernements de l’ensemble des pays sont restés passifs. Ce n’est donc pas étonnant que les jeunes de nombreux pays soient déçus et indignés par rapport à l’absence de mesures concrètes de la part des politiciens bourgeois. L’appel à une perspective climatique véritable face à une société qui va droit à la catastrophe est plus nécessaire et urgent que jamais. Youth for Climate est un mouvement qui pose fondamentalement la question d’une alternative pour cette société.

Les manifs de lycéens exprimant l’inquiétude concernant la détérioration du climat, ne se déroulent d’ailleurs pas uniquement en Belgique, mais ont lieu partout dans le monde. En décembre 2018, des protestations de lycéens se sont étendues sur des dizaines de pays, parmi lesquels l’Australie, l’Autriche, le Japon.

En janvier, au même moment où les jeunes manifestaient massivement en Belgique, il y avait des grèves lycéennes en Finlande, au Canada, aux Pays-Bas. Pendant le week-end des 17-18 janvier, 45.000 étudiants descendaient dans la rue en Allemagne et en Suisse pour protester. En février, les mobilisations s’étendent encore, comme en Angleterre ou en France, où les jeunes rejoignent également les protestations par milliers. Le moment fort le plus récent des protes-tations internationales a eu lieu le 2 février, quand 60 000 jeunes ont bruyamment exprimé leur indignation dans toute la Suisse.

Youth for Climate a surgi comme un mouvement qui n’était pas « contaminé » politiquement et qui était disposé à écouter. Les jeunes y sont ouverts à différentes opinions. Le mouvement n’a pas la force du mouvement des « indignés » en Espagne, avec ses assemblées générales, mais des discussions ont lieu chaque semaine dans les lycées en préparation des manifs.  La seule chose qui leur importe est la viabilité de notre planète et ils l’expriment avec des slogans en néerlandais, français ou anglais tels que “There is no planet B”, “Occupy planet earth”, “One planet, one people, one future”. 

Un lycéen genevois de 18 ans déclare lors d’un interview : « Il existe ici une grande méfiance envers la politique institutionnelle, mais aussi envers les organisations écologistes comme Greenpeace, qui sont perçues comme bien trop modérées et institutionnalisées » (“Grèves pour le climat en Suisse : “Il faut organiser notre mouvement de manière démocratique » ; Kyle Michiels, 13 février 2019 ; De Wereld Morgen). Contrairement au mouvement des “gilets jaunes”, Youth for Climate ne se présente pas comme apolitique mais ne veut pas se lier à une mouvan-ce politique particulière. L’appel au changement est d’autant plus fort : les lycéens veulent des orientations politiques énergiques et cela dès maintenant !

La dynamique du mouvement

Une des forces principales du mouvement est le fait de n’avoir pas formulé de revendications spécifiques. « Les lycéens ne font en fait pas beaucoup plus que de reprendre les uns des autres leurs messages sur les médias sociaux et leurs slogans, sans qu’il existe une opinion élaborée à propos de la stratégie ou des mesures précises à revendiquer » (interview de Matthias Lievens, co-auteur du livre “Le mythe de l’économie verte »). Ils revendiquent une perspective et critiquent les politiciens qui « mettent en danger notre avenir ». Ils posent la question d’une alternative face au blocage écologique dans la société capitaliste.

Une autre force du mouvement est sa dimension et son rayonnement international. En quelques mois, ces manifestations des jeunes pour le climat ont fait tache d’huile sur l’ensemble de la planète. Par ailleurs, dans le cadre de la campagne Global Strike for Future, un appel a été lancé pour une journée de grève internationale en faveur du climat le vendredi 15 mars. Des mouvements lycéens et étudiants de 37 pays ont déjà répondu à l’appel.

Pour justifier cet appel à une grève internationale pour le climat, les initiateurs soulignent que « depuis 40 ans déjà, les partis politiques de toutes les couleurs sont en train de perdre la guerre contre le changement climatique ! ».

Une dimension importante du mouvement est également sa tentative d’étendre le mouvement vers d’autres groupes de la société. En Belgique, Youth for Climate a lancé un appel aux institu-teurs, enseignants et au personnel des écoles pour fermer les portes des établissements scolai-res le 15 mars et pour participer aux protestations internationales contre le mépris scandaleux du capitalisme pour la nature. Les jeunes sont confiants que « tous les adultes honnêtes rejoin-dront sans nul doute notre grève le 15 mars » (Global Strike for Justice, Climaxi Ostende). Sous la pression de ces appels, les syndicats se sont sentis obligés de couvrir le personnel du secteur public participant aux actions le 15 mars.

Derrière la bannière des Scientists for Climate, 3400 scientifiques belges ont exprimé leur soutien aux jeunes manifestant pour le climat.

Ils affirment : « Sur la base des faits objectifs, nous ne pouvons en tant que scientifiques que conclure : les manifestants ont pleinement raison. Engager le débat maintenant et entreprendre des actions collectives est nécessaire pour accélérer fortement la transition vers une société à émission de carbone neutre ». Et des scientifiques néerlandais ont emboité le pas à leurs collègues belges par le biais d’une lettre ouverte : « Il est effectivement grand temps de prendre des mesures radicales ».

Les pièges qui menacent le mouvement

Les caractéristiques positives du mouvement massif des lycéens sont incontestablement sa spontanéité, le caractère massif de ses manifestations, qui instille sans nul doute chez ces jeunes l’idée qu’ils ne sont pas impuissants face au système, et enfin l’orientation du mouve-ment, non pas vers des revendications particulières ou des solutions individuelles, mais vers une perspective d’avenir globale pour l’humanité, perspective qui est mise en danger de façon cynique par les gouvernants actuels.

Comme nous l’avons déjà signalé ci-dessus, les organisations politiques et écologiques n’ont pas réussi jusqu’à présent à mettre le grappin sur le mouvement. Une tentative des politiciens au gouvernement de discréditer le mouvement en suggérant qu’il était le fruit d’un complot, a lamentablement échoué. Le dynamisme juvénile et l’engagement des jeunes n’empêche cepen-dant pas l’apparition de pièges dangereux pour le mouvement visant à miner le caractère général et ouvert de celui-ci et à entraver la nécessité d’une réflexion et d’une discussion collective aussi large que possible.

  • Alors que la force du mouvement réside précisément dans le caractère global de sa revendication (“Save the climate, change the system”), les entretiens avec les ministres, parlementaires, lobbyistes et activistes écolos ne mènent qu’au démantèlement de la revendication globale “change the system” et à l’embourbement du mouvement dans les arcanes du droit et de la politique. Apparaît alors le danger des « tentatives d’« engager le dialogue » avec les porte-paroles, où toutes sortes de promesses sont formulées sans que quelque chose ne change vraiment, menant à ce que les initiateurs du mouvement soient coupés de la dynamique de mobilisation » (Interview de Matthias Lievens).
  •  Dans différentes écoles par exemple, des « comités climatiques » ont été créés en vue de développer des « projets climatiques » par école. Sous le slogan mystificateur « Change le monde, commence par toi-même », l’objectif proposé est de réduire sa propre « empreinte écologique ». Ce type d’orientations ne fait qu’enfermer le mouvement dans l’école, le plonge dans d’interminables discussions « techniques » et finit par le mener au découragement.
  • La force du mouvement réside particulièrement dans son caractère spontané, sa mobilisation en dehors des structures établies sans subir le joug d’un plan de marche préétabli.
  • Une autre tentative pour déforcer le mouvement consiste à l’entraîner dans des actions radicales minoritaires de certains « activistes ». Ainsi, Act for Climate Justice a recouvert d’affiches des panneaux publicitaires lumineux dans 7 grandes villes belges pour protester contre la masse d’énergie qu’ils consomment. Ces affiches lançaient un appel à harceler les ministres responsables pour le climat par des sms, des mails, des tweets ou des appels téléphoniques. Youth for Climate a réagi de façon correcte en se distanciant ouvertement des attaques « électroniques » de Act for Climate Justice.
  • Un autre piège pour le mouvement lycéen est l’adjonction aux manifs d’écoliers et même de jeunes enfants. Lors de la quatrième marche pour le climat à Bruxelles, on pouvait relever un nombre important d’élèves de l’enseignement primaire et le 7 février à Courtrai, une classe entière de bambins participait même à la manif.

Des choix fondamentaux s’imposent

Youth for Climate se trouve aujourd’hui face à un choix fondamental : le mouvement se mettra-t-il à la remorque des partis Verts, des lobbys climatiques ou des groupes de pression ou poursuivra-t-il sur le chemin engagé, celui d’un combat pour un changement radical et global du système ? Et qu’est-ce qu’un tel changement radical du système implique ? Rendre le capitalisme plus écologique en aidant les partis verts à prendre le pouvoir ?

Les problèmes de la destruction de la nature, de l’épuisement des ressources naturelles, de la détérioration et du réchauffement climatique ne peuvent être résolu que sur un plan mondial. La bourgeoisie ne peut pas le faire car, dans le capitalisme, l’Etat-nation est la forme maximale d’unité qu’elle peut atteindre.

En conséquence, les nations s’affrontent comme des vautours, aussi « verts » que leurs gouvernements puissent être, et ceci malgré l’existence des conférences internationales et des organisations supranationales comme l’ONU. La prise en charge planétaire des problèmes exige donc un ‘system change’, un renversement des rapports capitalistes existants. Cela n’est pas possible au moyen de réformes par pays, il faut pour cela une révolution mondiale.

Quelles forces sociales peuvent réaliser un tel changement fondamental ? Contrairement à la bourgeoisie, la classe ouvrière est capable de s’unir au niveau mondial, de dépasser les divi-sions et les oppositions entre Etats-nations et n’a pas de privilèges à defendre dans l’actuelle société d’exploitation, bien au contraire. Ce n’est que dans le cadre d’une lutte révolutionnaire de la classe ouvrière que les problèmes climatiques peuvent être traités à un niveau mondial.

Seule la classe ouvrière en est capable, parce qu’elle n’a aucun intérêt, en tant que classe la plus exploitée, à défendre plus longtemps ce système décadent . Le mouvement contre le réchauffement climatique se développe dans un contexte d’absence quasi totale de luttes de la classe ouvrière, qui est par ailleurs confrontée à une perte de confiance en soi et même de sa propre identité de classe.

En conséquence, la classe ouvrière n’est pas capable pour le moment de répondre à la question que le mouvement des jeunes met en avant, à savoir celui d’une perspective d’avenir face à une société capitalisme qui va droit vers le gouffre, et de lui offrir une boussole. Cela rend toute perspective pour le mouvement fort aléatoire et accroît sa vulnérabilité aux manipulations de la bourgeoisie, qui tend à lui imposer le faux dilemme : hausse des revenus ou protection du climat.

Est-ce que cela signifie que le mouvement des jeunes pour le climat n’a pas de sens ?

Absolument pas ! Toute cette expérience de lutte contre le système capitaliste qui a été acquise peut mener, si les leçons appropriées sont tirées, à un approfondissement de la conscience parmi les participants à ce mouvement.

Dans ce sens, le mouvement lycéen pour la défense du climat devrait, à ce stade de la lutte, favoriser des discussions étendues et approfondies à propos de ses perspectives et des moyens de sa lutte, à travers par exemple la constitution de groupes de discussion.

Tout comme le mouvement du 15 mai en Espagne en 2011, qui lui aussi était confronté à « un horizon dépourvu de tout espoir et sans avenir », le mouvement pour le climat peut transformer sa préoccupation et son indignation en une volonté de comprendre quelles sont les vraies forces sociales responsables de l’actuelle dégradation du climat. (Résumé)

Dennis    Internationalisme le 1 mars, 2019

https://fr.internationalism.org/

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