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14 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

jet skis (swp)

swp

Des « jet-skis » pour lutter contre les réfugiés dans la Manche

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09 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

theodorakis (npa , presse de gauche)

Hommage au musicien

Mikis Theodorakis, une grande voix populaire… avec de fausses notes politiques

Avec la mort du compositeur Mikis Theodorakis, « Mikis » pour toute la population, c’est une légende qui s’éteint, qui a consisté à parer Mikis de toutes les valeurs de gauche, comme l’a fait depuis très longtemps la gauche réformiste française.

Ce qui serait à retenir du parcours de Mikis Theodorakis, c’est, à la différence du militant exemplaire que fut le résistant Manolis Glezos, toute sa vie fidèle à la gauche (réformiste et radicale), des engagements et des positionnements que lui-même revendiquait comme ceux d’un homme contradictoire.

À ce titre, le siècle de vie de Mikis renvoie surtout aux tragédies de l’histoire grecque moderne (à part le Pasok en 1981 et Syriza en 2015, le pays n’a connu que des gouvernements fascistes ou de droite extrême, au mieux très réactionnaires) et aux impasses dans lesquelles la gauche communiste, stalinienne ou « rénovatrice », a plongé le « peuple de gauche ». Reste l’œuvre du compositeur, magnifique et plus que jamais stimulante pour les combats actuels et à venir !

Un parcours politique sans cohérence malgré une dynamique de gauche

Dans sa jeunesse, Mikis adhère à EON : mouvement d’embrigadement des jeunes mis en place par le dictateur fasciste Metaxas. Mais, en 1943, Mikis rejoint, comme des dizaines de milliers de militantEs, la résistance anti-nazie, intégrant l’organisation armée ELAS et le KKE (PC grec).

Une fois le pays libéré par la Résistance, Churchill obtient de Staline la reddition des armes de ELAS et lance ses soldats et les fascistes impunis dans une guerre civile : Mikis se bat, tout en critiquant la ligne du KKE, et il est arrêté et déporté.

Plus tard, il obtient la permission de partir à Paris étudier la musique. À son retour en 1960, il est actif dans EDA (Gauche démocratique unie, sorte d’union de la gauche) puis, après l’assassinat du député (centre gauche) Lambrakis (voir le film Z), il fonde avec succès les Jeunesses Lambrakis, reprenant notamment les « marathons de la paix ».

Face au risque de voir le centre-gauche gagner les élections, les USA provoquent le coup d’État militaire des colonels en 1967. Mikis est vite arrêté, mais une campagne internationale obtient sa libération en 1970.

Revenu à Paris, il est une figure de la gauche anti-junte, organisant des tournées mondiales artistiques et anti­fascistes. Ces années sont aussi celles de la grande scission du KKE entre orthodoxes et eurocommunistes (noyau du futur Syriza), Mikis penchant pour les eurocommunistes. Après la chute de la junte en 1974 et un retour émouvant et triomphal en Grèce, il milite entre EDA et le KKE, devenant député de celui-ci en 1981 et 1985.

À partir de 1989, son parcours devient très chaotique : il va devenir ministre (sans portefeuille) … de la droite (Nouvelle Démocratie) ! À vrai dire, rien de surprenant : centrés sur une ligne anti-Pasok, le KKE et le noyau du futur Syriza s’allient avec la droite en 1989…

Dès lors, les positionnements deviennent de plus en plus contradictoires, entre soutien à la droite et soutien à Syriza, surtout avec un cours de plus en plus nationaliste, en contradiction avec ses positions de soutien aux peuples palestinien ou turc ! Cette contradiction permanente fait de Mikis la figure la plus emblématique des dangers pour la gauche (pas seulement réformiste) et la classe ouvrière d’un nationalisme qui gangrène la Grèce depuis 20 ans en particulier.

Ses dernières contradictions :

– La dernière apparition politique de Mikis, en février 2018, a été la participation comme orateur à un rassemblement appelé par la fange nationaliste et y compris par les nazis contre les projets de reconnaissance de l’État de Macédoine du Nord, Mikis y saluant la présence de l’extrême droite « patriotique »…

– Pourtant, la dernière volonté politique de Mikis, c’est de mourir en étant considéré comme communiste, comme l’a révélé le secrétaire du KKE, la droite extrême au pouvoir ne pouvant ainsi en faire « son » héros.

La voix musicale d’une conscience de gauche en Grèce

Si Mikis a été reconnu comme un grand compositeur de musique de chambre ou symphonique, ce qui va faire de lui le musicien enthousiasmant ses auditoires en Grèce et dans le monde. (Souvenir impérissable de ses concerts enflammés en France au début des années 70 !), c’est son talent unique de lier les musiques populaires redécouvertes – en particulier le rébétiko, « blues grec » des banlieues populaires et maudit jusqu’à Mikis – aux textes des plus grands poètes grecs contemporains, faisant chanter par toutes les générations les poèmes d’amour et de résistance des Ritsos, Séféris et autres Anagnostakis.

Alors, si Mikis peut être retenu comme une grande figure de la gauche, c’est avant tout pour son œuvre musicale, la force et l’espoir qui s’en dégagent et permettent de résister dans les pires périodes.

Le mot de la fin ? Vendredi, face aux flics les chargeant sauvagement, les étudiantEs en manif contre la casse de l’université ont entonné « Lorsqu’ils serrent les poings », célèbre poème de Ritsos mis en musique par Mikis !

 Athènes Vendredi 10 septembre 2021

https://lanticapitaliste.org/

Lire aussi:

Mikis Théodorakis : Génie musical et militant indomptable

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31 août 2021 ~ 0 Commentaire

aube dorée (lannion questembert)

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LANNION LUNDI 6 SEPTEMBRE EN EXCLUSIVITE AUX BALADINS
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« Au Festival de cinema de Douarnenez 2021, ses documentaires sur le parti néonazi grec Aube dorée secouent le Festival de cinéma de DouarnenezAngélique Kourounis, journaliste, est l’auteure de deux documentaires sur le parti néonazi grec Aube dorée. Projetés au Festival de cinéma de Douarnenez, ils ont rencontré un gros succès et secoué les spectateurs. Rencontre avec la réalisatrice.Dans les rues d’Athènes, une immense clameur monte parmi une foule de dizaines de milliers de personnes. En ce mercredi 7 octobre 2020, la justice grecque vient de qualifier officiellement le parti néonazi grec Aube Dorée d’organisation criminelle.
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Une formation sur laquelle a enquêté, pendant de longues années, la réalisatrice Angélique Kourounis, née de parents grecs et qui a grandi en France. Elle en a tiré deux documentaires, « Aube Dorée, une affaire personnelle » (2016), et « Aube Dorée, l’affaire de tous : quelle résistance ? » (2020).Projetés à Douarnenez cette semaine lors du Festival de cinéma, ils ont attiré de nombreux spectateurs à chaque séance. On y voit les ressorts idéologiques de cette formation, profondément raciste, xénophobe, homophobe, antisyndicaliste, prompte à éliminer ses opposants politiques.
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Cela n’a pas empêché Aube Dorée, dotée de puissants relais dans les médias ou la police, d’accéder au parlement grec en 2012, puis au parlement européen, prospérant, entre autres raisons plus historiques, sur la crise économique et politique, et les politiques d’austérité infligées par le FMI et l’Europe.
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« On n’a pas réalisé le danger »
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« Les gens ici ne connaissaient pas cela. Quand ils ont vu l’idéologie nazie, ils ont été extrêmement étonnés, surpris, effrayés, et ont découvert un combat qu’ont mené une partie des Grecs.
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Le procès a été peu couvert par la presse conventionnelle grecque, ou même par la presse française », indique Angélique Kourounis, qui travaille pour Radio France ou encore Charlie Hebdo. « On n’a pas réalisé le danger, et on ne réalise toujours pas à quel point nous sommes au bord du gouffre », expose la journaliste, citant Trump, Bolsonaro, Orban ou le Rassemblement national.
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Et accusant, aussi, les partis traditionnels européens de « camoufler cette idéologie nauséabonde », en nouant des alliances avec des formations d’extrême-droite, ou en reprenant à leur compte des éléments de leur programme. Le chef du parti néonazi grec Aube dorée condamné à treize ans de prison.
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« On n’a pas éradiqué le fascisme »
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Menacée physiquement, frappée par des militants d’Aube Dorée, au même titre que son collaborateur Thomas Iacobi, Angélique Kourounis s’est notamment concentrée, pour son deuxième documentaire, sur le combat judiciaire mené par Magda Fyssas.
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Cette dernière est la mère de Pavlos Fyssas, un rappeur antifasciste grec, assassiné en septembre 2013, victime d’un guet-apens monté par Aube Dorée. En acceptant de lier cette affaire à d’autres meurtres commis ou commandités par des membres du parti néonazi grec, elle a permis de faire condamner à de lourdes peines, non pas quelques-uns de ses membres, mais bien l’ensemble d’une formation politique, chose totalement inédite.
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« On n’a pas éradiqué le fascisme avec cette décision », concède Angéligue Kourounis, « mais elle peut faire jurisprudence dans d’autres pays confrontés au phénomène. Ce procès nous montre que tout est possible ».
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27 août 2021.https://www.letelegramme.fr/.Projections en Bretagne :

  • Le 3 septembre au cinéma Iris, Questembert, 56230, 20h30
  • Le 5 septembre, à Brasparts, lieu-dit Tromac’h 29190, 17h
  • Le 6 septembre, au cinéma Les Baladins, Lannion, 22300, 20h
  • Le 7 septembre, au cinéma Le Vulcain, Inzinzac-Lochrist, 56650, 20h30
  • Le 8 septembre, au cinéma Club 6, St Brieuc, 22000, 20h
  • Le 9 septembre, au cinéma Rex, Pontivy, 56300, 20h
  • Le 10 septembre,au Patronnage Laĩc Guérin Brest, 29200, 20h
  • Le 11 septembre, à Ty An Oll, Plourin-les-Morlaix, 29600, 16h
  • Le 14 septembre, MJC Kerfeuteun, Quimper, 29000, 20h
  • Le 16 septembre, au cinéma Ty Hanok, Auray, 56400 20h45
  • Le 17 septembre, Fête de l’Ével, Baud, 56150, 19h30
  • Le 21 septembre, au cinéma Arvor, Rennes, 35000, 20h15
  • Le 23 septembre, au cinéma Le Vauban, St Malo, 35400, 20h

Lire aussi:

Lannion. Les réalisateurs du film Aube Dorée aux Baladins

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28 août 2021 ~ 0 Commentaire

die linke (à l’encontre)

allemands

Allemagne. Die Linke: un premier de classe… impopulaire

Il est extrêmement rare que le leader du FDP (Freie Demokratische Partei), Christian Lindner, soit d’accord avec le Parti de gauche (Die Linke).

Dans le talk-show de Sandra Maischberger sur la chaîne ARD, Christian Linder a cependant dû admettre que Die Linke veut alléger la charge fiscale qui pèse sur les revenus moyens et que, en principe, ce n’est pas du tout une mauvaise idée. La coprésidente [depuis le 27 février 2021] de Die Linke, Janine Wissler, n’a pas seulement précisé dans le programme que son parti soulagerait la plupart des habitants du pays; elle a également reproché à Lindner ses positions contradictoires sur le frein à l’endettement et les investissements.

Des instituts tels que le Centre Leibniz pour la recherche économique européenne (ZEW) sont d’accord avec la tête de la liste rouge: avec la gauche au gouvernement, la charge sur les revenus faibles et moyens serait réduite et le budget national serait augmenté de 36,8 milliards d’euros. Avec les libéraux (FDP), en revanche, le budget de l’Etat serait allégé de 87,6 milliards d’euros, selon le ZEW. En outre, ce sont surtout les hauts revenus qui bénéficieraient d’un gouvernement sous direction du FDP.

Comment se peut-il qu’un parti de hauts revenus, avec son programme contradictoire, obtienne actuellement 12 % des voix, dans les sondages, et puisse devenir le faiseur de roi dans une coalition de type Jamaïque (CDU, CSU et FDP) ou de type feu tricolore (SPD, Verts et FDP)? En tout cas, cela ne peut pas être dû à sa compétence économique. Mais peut-être est-ce dû à un vide politique lors de la crise du coronavirus, que le FDP a habilement utilisé pour critiquer le gouvernement sur les questions de fond.

Die Linke, en revanche, a semblé partiellement inoffensif pendant la pandémie, mais ce parti a travaillé avec diligence sur des concepts aptes à être mis en œuvre.

Il y a peu de temps, le chef du groupe parlementaire, Dietmar Bartsch, a présenté un plan pour un impôt équitable sur le revenu. Une semaine avant, Jörg Schindler– qui dirige la politique du parti à l’échelle fédérale – a parlé d’un nouveau concept d’Etat-providence, et une semaine avant d’un programme d’emplois liés à la crise climatique. Des concepts présentés à un rythme hebdomadaire. Et même la presse, par ailleurs plutôt dédaigneuse, est d’humeur positive.

Par rapport au FDP, qui peut flirter avec les coalitions, Die Linke n’a aucune option de pouvoir gouvernemental.

Bien qu’une coalition rouge-rose-verte (Die Linke, SPD, Verts) soit concevable au niveau du gouvernement fédéral – et actuellement également possible en termes mathématiques – politiquement, aucun parti à part Die Linke n’est prêt à s’engager sur ce terrain.

Et même Die Linke devrait, pour rester crédible, soumettre sa participation à l’établissement des lignes rouges strictes en matière de politique étrangère et de mesures de politique sociale. En particulier sur la question des missions étrangères de l’armée, leur position – comme le montre aujourd’hui l’Afghanistan – a fait ses preuves.

Cependant, cela rend la perspective plus difficile pour le SPD et les Verts, car les conflits sont préprogrammés. En termes de politique gouvernementale, ils préfèrent se déplacer vers le centre plutôt que d’expérimenter avec la gauche.

Le problème du parti Die Linke pourrait donc être qu’il est utile mais qu’il n’a pas de bons arguments pour cela. Il est le premier de la classe, mais personne ne veut avoir affaire avec lui. En outre, les personnes peu intéressées et les abstentionnistes ne voient pas non plus une alternative dans Die Linke.

Il est peut-être temps que Die Linke convainque non seulement les instituts scientifiques et les journalistes, mais aussi ceux qui bénéficieraient grandement de ses propositions politiques: la majorité de la société, mais surtout ceux qui sont au bas de l’échelle.

Die Linke aurait alors une base d’adhésion supérieure aux 7% actuels et pourrait intégrer ses propositions dans les négociations pour une coalition, au lieu de les laisser à nouveau disparaître dans un tiroir.

(Article paru sur le site de l’hebdomadaire Der Freitag du 18 août 2021; traduction de la rédaction de A l’Encontre)

Ines Schwerdtner est rédactrice en cheffe du magazine Jacobin.

https://alencontre.org/

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Allemagne. Die Linke, parti que tant de gens craignent, et son humeur de gouverner

Commentaire:

Die Linke ou France Insoumise semblent avoir le même problème avec « le peuple ».

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25 août 2021 ~ 0 Commentaire

grèce (cadtm)

affiche_festival_de-cinema-douarnenez-2021

Comment l’austérité a contribué aux incendies historiques de forêts en Grèce

Si Ferdinand Lassalle vivait aujourd’hui, il pourrait voir ses idées mal vieillir. En 1862, Lassalle, s’adressant à un rassemblement socialiste à Berlin, exposait sa théorie de l’État veilleur de nuit – un concept néolibéral selon lequel l’État transfère son modus operandi au secteur privé et ne conserve que quelques fonctions vitales mais limitées, comme assurer la sécurité et la stabilité sociale.

Ces dernières semaines en Grèce, la majeure partie des habitant·e·s aurait été surprise d’en avoir eu un aperçu. L’État grec a failli, même à assumer une fonction de veilleur de nuit dont la seule responsabilité aurait été d’éviter le pire.

Á l’heure où j’écris, plus de 250.000 hectares de terrains ont brûlés en Grèce par des incendies ravageurs, dont 150.000 sur l’île d’Eubée. Plus de 100.000 personnes ont été touchées.

La série d’incendies des deux dernières semaines a littéralement carbonisé de vastes zones d’Athènes, du Péloponnèse et d’ailleurs. Quarante communautés et villes ont été balayées alors que les incendies restent hors de contrôle obligeant des milliers de personnes à fuir leurs maisons, souvent dans des délais très courts. Sur la plupart des fronts, camions de pompiers, forces terrestres et forces aériennes étaient limitées voir même carrément inexistantes. Les États de l’UE, qui par le passé ont contraint la Grèce à accepter des coupes budgétaires, se précipitent aujourd’hui pour fournir de l’aide et des avions bombardiers d’eau.

La pire catastrophe écologique de tous les temps en Grèce, et l’une des pires en Europe, est survenue au plus fort d’une vague de chaleur extrême qui a duré environ trois semaines. La chaleur a asséché l’humidité effrayante et laissé les forêts de pins prêtes à brûler – ce qui prouve que le dérèglement climatique est déjà là.

La question qui reste en suspens est simple : est-ce que quelque chose aurait pu être évité ? Ces incendies sont-ils directement liés aux effets de la crise climatique, ou s’agit-il de quelque chose de plus compliqué ?

Au mois de novembre dernier, juste avant que le gouvernement grec ne rédige le budget annuel de 2021, les autorités forestières ont officiellement demandé 17,7 millions d’euros. Le gouvernement ne leur a accordé que 1,7 million.

Cela n’a surpris personnes : les dernières années ont été marquées par l’austérité et les coupes budgétaires. De 2016 à 2020, les dépenses gouvernementales dirigées vers les autorités forestières n’étaient en moyenne que de 1,72 million d’euros, laissant leurs opérations structurellement sous-financées et donc les services en sous-effectif – malgré le fait qu’un tiers du pays soit couvert de forêts. Environ cinq mille pompiers ont également vu leur contrat prendre fin, tandis que le gouvernement a augmenté le nombre de policiers de plusieurs centaines.

L’austérité est très présente en Grèce, malgré ce que les penseurs néolibéraux peuvent prêcher sur un retour à la « normalité économique ». Les incendies de forêt à Eubée, la deuxième plus grande île grecque après la Crète, sont les résultats dévastateurs d’un État qui ne parvient pas à aligner ses priorités sur celles de sa population. Ces derniers mois, 1,9 milliard d’euros ont été consacrés à l’achat d’avions de combat pour justifier l’antagonisme militaire entre la Grèce et la Turquie (toutes deux membres de l’OTAN), et 6,6 milliards d’euros ont été versés à l’OTAN. 30 millions d’euros ont été alloués à la création d’une force de police spéciale qui sera placée dans les universités publiques de Grèce. C’est là que réside la contradiction d’un État qui dépense autant pour des mécanismes de répression mais ne peut assurer la sécurité (de sa population).

La stratégie du gouvernement pour faire face aux incendies reposait en grande partie sur des messages d’évacuation envoyés sur les téléphones portables des habitant·e·s. Mais les efforts du Premier ministre pour éviter les pertes humaines se sont retournés contre lui : en l’absence de lignes de défense autour des villages et des petites villes, les habitant·e·s ont décidé de prendre le relais et de mener la bataille d’eux et elles-mêmes. À l’aide de toutes sortes de moyens, des tuyaux d’arrosage aux véhicules agricoles, des camions-citernes aux pelles et aux bêches, les habitant·e·s, ainsi que les personnes qui passaient leurs vacances dans la région, se sont jetées sur les incendies, souvent avec des résultats remarquables. En raison de l’urgence et de l’incapacité de l’État à fournir le soutien nécessaire, les réseaux de solidarité ont pu prendre l’initiative.

Ces réseaux et organisations prennent désormais en charge la situation. Elles ont commencé à construire des contre-structures pour fournir des produits de première nécessité aux personnes touchées, à mettre en place des cuisines sociales, à apporter des générateurs là où l’électricité est coupée et à apporter un soutien psychologique à celles et ceux qui en ont besoin. Un nouveau monde renaissant littéralement de ses cendres a permis à tous et toutes de réfléchir à ce qui s’est passé et à ce qui reste à venir.

Les incendies sont maintenant presque sous contrôle [1], mais l’étendue de leurs ravages n’a pas encore été déterminée. Des milliers de personnes risquent d’être évacuées sur le long terme et de perdre leurs maisons, leurs fermes et leurs entreprises, sans parler des infrastructures.

Pour les communautés locales, c’est une question de survie et non pas juste une question de gestion de crise pour des personnes marginalisées. Dans un monde en proie au changement climatique, nous sommes tou·te·s potentiellement marginalisé·e·s. Regarder les gens fuir leur maison pour rejoindre les petits bateaux sur la côte illustre clairement à quoi pourraient ressembler les réfugiés climatiques.

En déplaçant notre regard du local au global, nous sommes forcé·e·s de constater que l’ordre néolibéral dans le monde d’aujourd’hui n’a rien « d’ordonné ». Avant que nous finissions par nous battre pour la survie de nos communautés, nous devrions considérer si le combat pour la redistribution des richesses et un déplacement majeur des priorités de nos États ne serait pas une condition sine qua non pour avoir une chance décente de survie. Nous devrions également envisager ce qui nous attend : l’aggravation des inégalités, la lutte pour les ressources restantes, l’instabilité sociale et géopolitique.

Ce qui se passe en Grèce pourrait bien n’être que le prélude à tous ces avenirs. Si ceux qui alimentent la crise climatique mondiale n’ont pas l’intention d’agir, il faudra que ce soit nous.

Traduit par Eva BetavatziCADTM

22 août par Stelios Foteinopoulos

https://www.anti-k.org/

 

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25 août 2021 ~ 0 Commentaire

extinction rebellion (londres)

extinction

A Londres, des milliers de manifestants d’Extinction Rebellion lancent deux semaines d’actions

Des milliers de militants écologistes du groupe Extinction Rebellion (XR) se sont réunis lundi dans le centre de Londres pour donner le coup d’envoi de deux semaines de larges manifestations afin d’appeler les gouvernements à agir d’ »urgence » contre le changement climatique.

Armés de drapeaux ou de pancartes avec des slogans comme « la planète avant le profit », les militants ont convergé vers Trafalgar Square, dans le centre de la capitale, où une fanfare et des discours étaient prévus.

Surveillés par un important dispositif policier, certains ont bloqué les rues menant à la place, où d’autres ont déployé une gigantesque table rose, sur laquelle une banderole appelle les dirigeants mais aussi les citoyens à se « mettre à la table » des négociations pour sauver la planète.

« Alors qu’inondations, incendies et famines éclatent dans le monde entier, il est clair que le dérèglement climatique est déjà là et qu’il faut agir de toute urgence », a estimé le mouvement dans un communiqué, affirmant que « tout le monde » a « son mot à dire » sur « la plus grande crise de notre époque ».

Certains participants avaient amené leur propre chaise ou table roses afin « d’inviter les gens à travers la ville à parler du climat et de l’urgence écologique », précise Extinction Rebellion.

Ce réseau d’activistes, formé au Royaume-Uni en 2018, utilise régulièrement la désobéissance civile pour mettre en lumière l’inaction des gouvernements face au changement climatique.

Cette marche constitue le coup d’envoi de deux semaines d’actions, manifestations, conférences et formations prévues dans la capitale anglaise.

Les manifestants réclament notamment que le gouvernement britannique cesse tout investissement dans les combustibles fossiles, alors que le Royaume-Uni doit accueillir en novembre le sommet de l’ONU sur le climat COP26, à Glasgow (Écosse).

De nombreux militants écologistes estiment que cette rencontre constitue la dernière chance pour les dirigeants mondiaux de s’accorder sur des politiques radicales afin d’éviter un trop important réchauffement de la planète, après « l’avertissement sévère » début août du GIEC.

Selon ce rapport des experts climat de l’ONU, la planète devrait atteindre le seuil de +1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle autour de 2030, soit dix ans plus tôt qu’estimé.

En 2019, XR avait réalisé une série d’actions choc au Royaume-Uni et dans le reste du monde. Après des incursions dans le centre financier de Londres, la police avait interdit les manifestations dans la capitale britannique et avait arrêté en dix jours 1.828 personnes.

24 Août 2021

https://www.goodplanet.info/

Lire aussi:

Norvège : actions coups de poing d’Extinction Rebellion, 29 arrestations

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17 août 2021 ~ 0 Commentaire

ken loach (libération, aplutsoc)

ken loach

Royaume-Uni : en excluant Ken Loach de ses rangs, le Parti travailliste continue de faire le ménage

Le cinéaste britannique, connu pour son engagement à gauche, a dénoncé une «chasse aux sorcières» au sein du grand parti d’opposition du pays, en proie à de vives divisions entre sa direction centriste et son aile gauche

Le ménage continue. Depuis samedi, le réalisateur britannique Ken Loach n’est plus un fidèle membre du Parti travailliste britannique. Le socialiste, dont les films sont salués pour leur traitement de la pauvreté au Royaume-Uni, retrouve la clique des «expulsés» du premier parti d’opposition.

Et devient une énième victime de la «purge», selon ses propres mots, qui se déroule au cœur de la formation politique avec l’arrivée de Keir Starmer en avril 2020. L’illustration du combat interne que se livrent, depuis des années, la frange centriste et la frange plus à gauche du Labour.

Des divisions largement malmenées par les accusations d’antisémitisme qui visent indirectement le prédécesseur du libéral Keir Starmer, Jeremy Corbyn, leader du parti de 2015 à 2020. Durant ses années de leadership, celui qui représente l’aile gauche du parti était régulièrement accusé de laisser impunis ceux qui attaquaient directement la communauté juive ou l’Etat d’Israël. L’an dernier, une enquête du Comité pour l’égalité et les droits humains a dévoilé ce qui était passé sous silence, en pointant des défaillances «inexcusables» et un «manque de volonté de s’attaquer à l’antisémitisme plutôt qu’une inaptitude à le faire».

Ken Loach fait partie des indéfectibles soutiens de l’ancien chef travailliste. «Les entreprises et leurs alliés politiques, y compris l’aile droite du Parti travailliste, ont lancé une campagne pour détruire Jeremy Corbyn et les possibilités qu’il représentait. Corbyn, un homme de paix et antiraciste de longue date, a été qualifié d’antisémite», écrivait le réalisateur dans une tribune du journal The Scotsman en avril 2020, quelques mois après l’annonce du retrait de Corbyn de la tête du parti.

Car pour ses partisans, les attaques pour antisémitisme n’étaient qu’un moyen de justifier l’expulsion de figures travaillistes d’extrême gauche. Comme Ken Loach qui, en 2019, lorsque d’anciens employés du Labour parlent pour la première fois du sentiment anti-juifs dans un documentaire diffusé par la BBC, réduit cela au seul but de «détruire Corbyn».

«Il a toujours soutenu les opprimés»

Le réalisateur a donc finalement lui aussi été mis à la porte. «Le QG travailliste a décidé que je n’étais pas acceptable en tant que membre du parti, parce que je ne renierai pas ceux qui ont déjà été expulsés. Je suis fier d’être aux côtés des bons amis et camarades victimes de la purge», a réagi Ken Loach, 85 ans, samedi, sur Twitter. Celui qui a remporté la palme d’or en 2016 pour I Daniel Blake s’est insurgé contre une «chasse aux sorcières».

Son expulsion n’a pas manqué de faire réagir Jeremy Corbyn : «Ken Loach a réalisé des films exceptionnels et a toujours soutenu les opprimés. Il mérite notre respect et notre solidarité», a-t-il dénoncé. Le député Labour John McDonnell, ex-bras droit de Corbyn, a estimé, lui, que c’était une «honte» d’expulser un «excellent socialiste».

Ce énième départ forcé, dont la raison officielle n’a pas encore été dévoilée, intervient à seulement un mois du congrès annuel du Labour, qui se tiendra fin septembre. Et laisse à penser que Keir Starmer cherche à se démarquer politiquement de son prédécesseur, une fois de plus.

Mais aussi à se différencier sur la manière de faire face à l’antisémitisme qui constitue toujours une question très sensible au sein de la formation. «Lorsque Keir Starmer a été élu chef des travaillistes, il a dit qu’il œuvrerait sans relâche pour faire du parti un endroit accueillant et sûr pour les personnes juives, et il reste déterminé à tenir cette promesse», a justifié un proche du dirigeant dans le quotidien The Times. Fin juillet, le comité exécutif national du parti a ainsi exclu quatre groupes proches de Jeremy Corbyn, dits «incompatibles» avec les valeurs du parti.

Nina Guérineau de Lamérie, correspondante à Londres

 16 août 2021
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Lire aussi:
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Le parti travailliste britannique plongé dans les convulsions d’une crise historique, par Roger Silverman (aplutsoc)

Commentaire:

Ken Loach est victime d’une « chasse aux sorcières » contre les pro-palestiniens, comme Corbyn avant lui.

 

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11 août 2021 ~ 0 Commentaire

république (antikapitalistak)

anticap

Antikapitalistak et le débat républicain

Dans le débat du 15è congrès de l’ELA (principal syndicat basque), qui se tiendra en novembre de cette année, la direction du syndicat est favorable à un État indépendant et à la république.

Antikapitalistak a toujours été clair sur le fait qu’il s’agit d’un débat important pour la gauche politique et syndicale du Pays Basque. Mais de notre point de vue, ce débat est fondamental dans la situation actuelle, mais il doit être mené dans le cadre d’une stratégie qui nous permette de faire de la souveraineté sociale et nationale une réalité.

Il ne s’agit pas de faire de brillantes déclarations sur les aspirations à la liberté que nous avons en tant que peuple ou en tant que classe. Il ne s’agit pas non plus d’un débat basé sur la définition de ce que serait la position de ceux qui, à partir de l’équation souveraineté nationale égale constitution d’un État indépendant, n’envisagent pas la manière de réaliser cette souveraineté nationale et sociale.

Nous partageons les positions de certaines personnes qui participent à ce débat, qui placent la réponse de notre lutte anti-néolibérale et la rupture avec le capitalisme, mais qui supposent que cela ne peut pas nous amener à ignorer le rôle de la corrélation des forces dans la stratégie de rupture avec un état centraliste, comme dans des expériences proches comme les déclarations de la République Catalane et les difficultés que le peuple catalan, avec une importante majorité sociale en faveur de cette république, a trouvé dans la confrontation avec l’état.

Il ne s’agit pas de simplifier les caractéristiques de l’État espagnol en le qualifiant de fasciste, libéral ou irréformable, comme si les peuples de cet État étaient intrinsèquement antisociaux et incapables d’unir leur lutte avec les peuples basque, catalan, andalou, galicien et les autres peuples d’Espagne pour un État social et la reconnaissance des réalités nationales et de leurs droits.

Faire des déclarations pour la République basque socialiste sans définir la stratégie pour y parvenir n’est pas différent de ces déclarations que nous entendons de la part du parti majoritaire en Euskal Herria parlant de la nation basque, mais qui restent de simples références historiques.

Les forces de la gauche alternative, les syndicats, les activistes et bien d’autres encore, ne cessent de répéter que le mantra selon lequel le Pays basque est une oasis est un mensonge. Mais nous devons mettre les pieds sur terre et accepter que le Pays basque n’est pas non plus une île et que la lutte pour des conditions de vie décentes, pour des droits du travail équitables, pour une répartition équitable des richesses qui renforce l’ensemble du système de santé publique sans oublier l’éducation, le RGI et les services et prestations publiques, sont également en jeu aujourd’hui sur le territoire espagnol.

L’engagement d’Antikapitalistak en faveur de la construction nationale souveraine d’Euskal Herria est clair. Que chaque nation de l’état actuel exerce librement le droit de décider de son avenir et de sa relation ultérieure avec le reste des peuples libres de la péninsule en faveur d’une confédération de républiques socialistes de travailleurs.

Nous sommes d’accord avec ceux qui, dans ce débat, quand nous parlons de République, nous parlons d’une alternative aux États oppressifs de nationalités, mais aussi aux États-nations que nous avons connus ; nous voulons une communauté de femmes et d’hommes libres, souverains pour définir tout ce qui concerne son peuple et ses peuples ; souverains pour décider de la relation avec les autres nations, sur un pied d’égalité et sans interférence.

Et nous défendons la souveraineté non seulement dans les aspects politiques, mais aussi économiques et organisationnels. Par conséquent, la pleine souveraineté n’est pas seulement liée au modèle étatique.

Pour nous, être anticapitaliste et souverainiste ne signifie pas assumer une position morale face aux injustices du système capitaliste et proposer ce qu’un État basque indépendant serait censé nous apporter.

Il s’agit de construire une véritable alternative de souveraineté et de démocratie dans tous les domaines, social, politique et économique. Il s’agit de rechercher une stratégie qui nous permette d’être notre propre sujet de décision. Mais cela n’implique pas que la liberté ne signifie pas la recherche de formes d’État avec des sujets politiques nationaux libres qui s’entraident et tissent des alliances pour la liberté des peuples et des travailleurs.

Nous voulons une république basque et une république qui lutte avec le reste des peuples de l’État espagnol pour la souveraineté et les droits des peuples, ce devra être une république construite d’en bas et pour ceux d’en bas, du peuple, avec la justice sociale comme bannière, le féminisme comme bannière et cela, en mettant le droit à la vie et aux soins au centre d’une République basque libre et confédérée avec le reste des républiques des peuples de l’État.

Des républiques qui nationalisent les banques et toutes les entreprises privatisées, stratégiques et de services essentiels et les mettent au service des classes populaires.

ll s’agit donc de créer les conditions pour que les citoyens des peuples de l’État espagnol tissent des réseaux et des sentiments de solidarité et d’entente afin de changer le modèle et le régime qui nous gouverne.

Nous devons trouver un moyen de renforcer notre souveraineté nationale tout en tissant des alliances de classe, de lutte, de fraternité avec les autres territoires de l’État espagnol. La souveraineté des peuples va se confronter au modèle établi en 1978 et seule la lutte commune et unie des peuples de l’État espagnol pourra briser le modèle national-centriste, les institutions monarchiques et tout le cadre hérité de la dictature. Et ils affronteront ceux qui ont été et sont les béquilles du régime actuel.

Le moment est venu d’appeler à un débat ouvert dans les prochains mois avec les forces politiques et les syndicats du Pays basque afin de construire une alternative républicaine dans laquelle nous partageons le consensus minimum, comme le droit de décider.

Depuis Antikapitalistak nous mettrons tous nos efforts et notre travail pour ouvrir ce débat et poser les bases pour avancer dans la constitution de ce front républicain, souverainiste et anticapitaliste.

https://www.antikapitalistak.org/

Eusko Langileen Alkartasuna (ELA)

Langile Abertzaleen Batzordeak (LAB)

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11 août 2021 ~ 0 Commentaire

occitan (global voices)

occitant

Le recul de l’occitan: Échec des initiatives culturelles ou défaillance de l’État?

Parmi la vingtaine de langues dites régionales parlées en France métropolitaine, six sont placées sous la rubrique d’occitan ou langue d’oc. Parlé par plus d’un demi-million de personnes, et alimenté par une pratique éducative, médiatique et culturelle, l’occitan voit pourtant son nombre de locuteurs reculer. A qui la faute?

L’occitan (prononcé “outsita” en occitan) tire son nom d’une division des langues romanes issues du latin autour de la prononciation du mot “oui” selon une ligne qui partage la France en deux. Au nord, oui prend la forme du mot “oïl” alors qu’au sud il devient “oc”,  ce qui a donné les termes de langue d’oc et d’occitan qui sont aussi utilisés pour décrire l’aire géographique et culturelle d’Occitanie qui représente la majeure partie du sud de la France.

L’occitan en tant que langue écrite est attesté dès le 10è siècle, et a fonctionné comme langue littéraire, juridique et orale jusqu’au 18ème siècle. A partir du 19è siècle, il devient une langue principalement parlée qui reste la langue dominante des populations d’Occitanie dont beaucoup ne comprennent pas le français.

Qui parle occitan aujourd’hui?

Le nombre de locuteurs occitanophones qui se prête à de nombreuses interprétations reflétant différentes définitions de la maîtrise et de la pratique d’une langue.

Aujourd’hui, les estimations varient: une enquête linguistique réalisée en 2020 auprès de 8 000 personnes sur une grande partie de l’Occitanie par l’Office de la langue occitane, un établissement public créé en 2016 et couvrant 22 départements, indique que 7% en moyenne de la population parle l’occitan. Cette population représente plus d’un demi-million de locuteurs.

Aujourd’hui, on distingue six principales variantes de l’occitan selon la région où elles comptent le plus de locuteurs: le gascon, le languedocien, le provençal, l’auvergnat, le limousin et le vivaro-alpin.

En dehors de la France, deux autres pays reconnaissent l’occitan comme langue avec statut régional officiel: l’Espagne dans région du Val d’Aran, et l’Italie dans les Vallées occitanes du Piémont et de Ligurie. Monaco compte également 15% d’occitanophones. (Les médias ignorent cela et considèrent les occitants d’Italie et d’Espagne comme des francophones, ce qu’ils sont aussi, blog).

En France, les occitanophones sont en moyenne des hommes de 66 ans vivant à la campagne et qui pratiquent cette langue principalement en famille et avec leurs amis et leurs voisins. Plus de détails sur cette enquête sont disponibles dans cette vidéo sur YouTube:

Fait important, on ne compte plus d’occitanophones monolingues. On peut diviser les locuteurs de cette langue en deux catégories: une population qui a plus de 60 ans et parle l’occitan car cette langue leur a été transmise par la famille, et un deuxième groupe qu’on pourrait qualifier de néo-occitanophones qui apprennent la langue dans des écoles immersives, et dont les parents ou la famille ne parle pas toujours occitan.

Pour ce qui est de l’éducation scolaire, l’Occitanie compte plusieurs écoles immersives dites Calandreta. L’occitan est également proposé comme matière facultative dans les écoles et enseigné dans les universités où il est possible d’obtenir un diplôme supérieur en langue et culture occitanes.

Au niveau des médias, il existe une chaîne de télévision en langue occitane, OcTele; plusieurs stations de radio en général bilingues occitan et français, et une série de sites d’information régionale en occitan. Le rôle des médias est essentiel car ils valorisent une langue et contribuent à la transmission aux générations futures en ancrant cette langue dans la modernité et la culture numérique

La culture est un vecteur qui permet à la fois de conserver l’héritage du passé tout en évitant la réduction au folklore ou à la muséologie. A ce titre, le monde occitan dispose de plusieurs institutions culturelles qui participent au prestige de la langue: des académies littéraires comme celle des Jeux Floraux qui date de 1694, la fondation Félibrige qui date de 1854, le Congrès permanent de la langue occitane, l’Office de la langue occitane déjà mentionné, des maisons d’édition en occitan.

Certaines de ces initiatives, tout comme certains médias, bénéficient d’un soutien financier de l’État alors que d’autres sont privées.

Une langue qui reste menacée

Toutes les initiatives décrites ci-dessus sont positives et témoignent d’un renouveau certain, pourtant un fait reste avéré: le nombre de locuteurs ne cesse de diminuer. Il ne semble pas que le manque d’initiatives culturelles soit à incriminer.

Le phénomène de recul est bien sûr lié au vieillissement des locuteurs occitanophones traditionnels dont la génération disparaît peu à peu. Mais réduire le problème à une explication purement démographique serait trop simpliste.

Il existe en effet des facteurs politiques tout aussi essentiels. Une des principales raisons est l’imposition du français qui accumule depuis trois siècles les arguments juridiques pour empêcher un usage plus répandu de l’occitan. Ainsi, dès 1802, il est interdit de parler autre chose que le français à l’école publique. Cette interdiction est ensuite renforcée par des punitions et maintenue jusqu’aux années 1950, date à laquelle certaines langues régionales commencent à être enseignées.

Le débat est loin d’être terminé comme en témoigne la dernière polémique en date autour de la loi dite Molac de 2021 à propos de l’enseignement immersif dans les écoles publiques, car l’État reste farouchement attaché à l’article 2 de la constitution française qui déclare que “La langue de la République est le français”.

Les communautés des langues régionales et leurs représentants – activistes, personnalités politiques et de la culture ont beau se référer à la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, Paris refuse pour le moment de ratifier cette charte, après l’avoir toutefois signée.  Cette méfiance répétée à l’égard des langues régionales explique la difficulté à valoriser l’occitan au sein de générations plus jeunes et surtout à une échelle plus étendue.

Ainsi, comme l’explique Jean-Christophe Dourdet, chercheur en langues occitanes dans un article de 2020:

La question de la revitalisation des langues est avant tout une question sociolinguisti-que. Plutôt que de demander une reconnaissance officielle des langues, d’autres approches de « revitalisation » visent à revendiquer des droits linguistiques pour les locuteurs et groupes de locuteurs de ces langues.

 

Cette approche ne fonctionne que s’il existe une conscience linguistique suffisante pour permettre une revendication de groupe. En France, les locuteurs des langues de France ne présentent en général qu’une très faible conscience linguistique étant donné qu’ils considèrent leurs idiomes comme des « patois » au sens d’objets dépréciés. Cette idée est le fruit de décennies de politiques linguistiques françaises niant toute diversité linguistique au profit du tout français comme langue universelle d’émancipation.

La situation ne peut donc évoluer dans un sens d’une revalorisation active que dans le cas d’un soutien politique non-équivoque qui ne voit pas les langues régionales comme une menace. A ce sujet, la Charte européenne est très claire dans la définition de ses objectifs:

La Charte se fonde sur une approche qui respecte pleinement les principes de souveraineté nationale et d’intégrité territoriale. Elle ne conçoit donc pas les relations entre les langues officielles et les langues régionales ou minoritaires en termes de concurrence ou d’antagonisme ; le développement de ces dernières ne doit pas, en effet, entraver la connaissance et la promotion des premières. Selon la Charte, chaque langue a sa place légitime.

James Costa, un chercheur britannique qui travaille sur les langues occitanes et écossaise entre autres, résume bien la situation en rappelant que la demande de plus de droits pour l’occitan se place dans une vision ouverte tournée vers l’avenir. Dans ce sens, quand on parle de revitalisation linguistique, il ne s’agit pas de régénérer des groupes pré-existants mais en fait d’en inventer de nouveaux, basés sur de nouveaux principes, tout en s’appuyant sur un socle éternel et ancien de ces groupes.

Filip Noubel 10 août 2021

https://fr.globalvoices.org/

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03 août 2021 ~ 0 Commentaire

auschwitz (socialist worker)

Héroïsme et horreur – l’histoire vraie d’une évasion d’Auschwitz

La candidature slovaque à l’Oscar du meilleur film international raconte l’histoire vraie de deux prisonniers d’Auschwitz qui ont échappé à l’enfer.

Rudolf Vrba et Alfred Wetzler ont fourni un rapport rare, de première main et choquant sur le génocide du camp. Après une planification méticuleuse et avec l’aide et la résilience de leurs codétenus, ils parviennent à s’échapper.

Les détenus qu’ils avaient laissés derrière eux tiennent courageusement tête aux officiers nazis du camp. Pendant ce temps, les deux hommes sont poussés à survivre par l’espoir que leur témoignage pourrait sauver des vies.

Emaciés et blessés, ils se frayent un chemin à travers les montagnes jusqu’en Slovaquie pour faire part de leur horrible rapport à la Croix-Rouge américaine.

Déchirant à chaque instant, L’évasion d’Auschwitz a pour but de raconter l’horreur et la vérité de l’Holocauste.

Cela signifie que le réalisateur Peter Bebjack doit montrer la brutalité terrifiante du régime en place dans le camp, ce qu’il parvient à faire de manière claire mais sensible.

Bebjack se concentre toutefois sur l’héroïsme des deux évadés et de ceux qui sont restés sur place et ont risqué leur vie pour les aider.

Il n’en reste pas moins que ce film est inévitablement très difficile à regarder.
The Auschwitz Escape, disponible sur Amazon Prime Video à partir du vendredi 6 août.

Hannah Smith Sun 1 Aug 2021

https://socialistworker.co.uk

Lire aussi:

Basé sur une histoire vraie, celle du rapport Vrba-Wetzler

Les évadés d’Auschwitz

Auschwitz, avril 1944. Alfred Wetzler et Rudolf Vrba, deux Juifs originaires de Slovaquie, sont parvenus à rassembler des informations sur le fonctionnement du lieu de détention. Ils les dissimulent dans une morgue à l’insu de leurs geôliers. Grâce à la complicité de leurs camarades du neuvième baraquement, ils échafaudent un plan pour s’enfuir dans l’espoir de transmettre leur rapport à la résistance. Durant trois jours, du 7 au 10 avril, ils se terrent dans une cachette située près de la réception des marchandises. Pendant ce temps, les gardes nazis, qui ont constaté leur disparition, sonnent l’alerte et soumettent leurs codétenus à un interrogatoire, mais se heurtent à leur silence. Date de sortie au Québec : 7 mai 2021

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