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05 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Les enseignants face au gouvernement : de la sourde colère à la révolte ? (2)

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La continuité néolibérale

Cette continuité apparaît d’autant plus fortement que l’on se penche sur le projet global qui donne sens à la politique scolaire du gouvernement, en prenant au sérieux ce qu’écrit Vincent Peillon lui-même dans un livre où il prétend livrer sa vision de l’Ecole.

Après avoir affirmé que la « refondation scolaire » est impérative pour permettre à la France de « conserver son rang et sa puissance », ambition patriotique qui fait une belle jambe aux enseignants et aux élèves, il affirme :« Comment ne pas voir que, aujourd’hui encore plus qu’hier, à l’heure d’un monde globalisé, l’éducation, la formation et la qualification sont au cœur des défis du redressement et de la croissance ? C’est une évidence et il ne faut pas se lasser de la répéter »12. Le chapitre dont ces propos sont tirés s’intitule d’ailleurs « Investir dans l’avenir ».

Au-delà de la triste banalité de telles déclarations d’intention, qui pourraient être énoncées par n’importe quel homme politique de droite, ces propos signalent une incapacité à penser l’Ecole autrement qu’à travers un prisme économiciste.  Peillon pense que la croissance de la production est  l’alpha et l’oméga des politiques publiques (ce qui paraît d’emblée problématique, étant donnée l’ampleur de la crise écologique), et indexe les idéaux scolaires sur des objectifs économiques et de puissance nationale. On ne comprendrait pas, en effet, l’insistance du ministre de l’Education nationale sur les rapports entre Ecole et entreprises si on n’avait en tête l’absence de toute rupture sur ce terrain avec le sarkozysme. La conversion du Parti socialiste au néolibéralisme éducatif est faite, tel qu’il est porté par l’OCDE et la Commission européenne13, mais aussi par des lobbys patronaux tels que l’ERT (European Roundtable of industrialists), qui écrivait dans un rapport publié dès 1995 : « L’éducation doit être considérée comme un service rendu au monde économique ».

S’inscrivant dans cette doxa néolibérale, François Hollande peut ainsi affirmer, dans un discours prononcé le 29 avril 2013 et longuement applaudi par un parterre de 300 patrons : « Notre premier devoir, c’est de stimuler l’esprit d’entreprise dans notre pays. C’est d’abord le rôle de l’école ». Quelques mois auparavant, dans un long entretien accordé le 2 octobre 2012 aux Echos, V. Peillon allait jusqu’à parler de « coéducation », mettant ainsi sur le même plan le travail réalisé par les enseignants et le rôle nouveau qu’il souhaite attribuer aux entreprises : « Je veux que l’on puisse ajuster les préoccupations des entreprises et les nôtres pour donner la meilleure formation possible et la plus utile aux jeunes. L’éducation nationale est capable de changer le contenu de ses diplômes et de ses formations pour répondre rapidement aux besoins de l’économie et des entreprises ; elle est mobile. La co-éducation, c’est aussi cela ».

Là encore, de tels appels du pied au patronat viennent de loin, puisque, dès 1998, le ministre socialiste de l’Education nationale qui promettait par ailleurs de « dégraisser le mammouth » – C. Allègre – assénait : « Je veux instiller l’esprit d’entreprise dans le système éducatif »14. Mais là où la mobilisation sociale des enseignants avait permis de faire reculer le ministre en le contraignant à la démission, les vœux patronaux ont cette fois des chances réelles d’être exaucés puisque F. Hollande a d’ores et déjà fait savoir – au cours du discours mentionné plus haut – que des cours de « sensibilisation à l’entrepreneuriat » verraient le jour à l’école, de la 6ème à la terminale. Gageons qu’un tel enseignement, prôné de longue date par le MEDEF afin de « réhabiliter l’image de l’entreprise chez les jeunes », permettra de faire face non seulement à la crise scolaire mais aussi à la crise sociale, en faisant de chaque élève un petit patron en puissance.

Des oublis lourds de sens Ces annonces ont été accueillies froidement par les syndicats de l’enseignement secondaire, aussi bien par le SNES-FSU – largement majoritaire – que par le SE-UNSA, ce dernier étant pourtant proche du PS. Non consultés avant ces annonces, leurs représentants ont notamment contesté la thèse sous-jacente à ces discours, à savoir que le niveau atteint par le chômage serait lié à une méconnaissance, de la part de ceux et celles qui en sont victimes, du « monde de l’entreprise ». Mais cette focalisation sur l’esprit d’entreprise, et plus largement l’injonction à renforcer « le service rendu [par l’école] au monde économique », a également pour effet de faire oublier les questions qui travaillent le système d’enseignement dans son ensemble, en particulier : la croissance des inégalités sociales, l’exacerbation de la ségrégation scolaire et la généralisation de la précarité parmi les enseignants15.

Ces « oublis » dérivent de la déconnexion entre la question scolaire et la question sociale. Hautement et régulièrement affichée, la priorité mise sur l’Ecole apparaît en effet comme une solution illusoire à cette crise économique qui prend de plus en plus l’allure d’une crise de civilisation. Non seulement l’école ne peut pas tout16, particulièrement dans un contexte d’accroissement des inégalités sociales et de précarisation généralisée auquel le gouvernement actuel est loin d’apporter des réponses (quand il n’en renforce pas les causes, comme c’est le cas avec la « loi de sécurisation de l’emploi », écrite sous la dictée du Medef). Mais à attribuer au système éducatif des fonctions – réduire le chômage, susciter de la « cohésion sociale », diminuer les inégalités, etc. – qui excèdent à l’évidence ce qu’elle peut réaliser, ne compromet-on pas l’accomplissement de ce qui devrait être sa fonction centrale : l’émancipation par les apprentissages17 ?

Source: http://npa2009.org/node/38523

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05 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Les enseignants face au gouvernement : de la sourde colère à la révolte ? (3)

Les enseignants face au gouvernement : de la sourde colère à la révolte ? (3) dans Educ'action education-nationale-echec

La tendance à l’inflation des objectifs assignés à l’institution scolaire tend par ailleurs à dissimuler l’absence de réponses politiques à la crise du capitalisme.

Celui-ci, en accroissant la menace du chômage et de la précarité, renforce indirectement la pression utilitariste sur l’Ecole (élèves et parents devenant de plus en plus soucieux de la rentabilité professionnelle immédiate des études).

Ainsi la question scolaire peut-elle être instrumentalisée en tant que substitut commode à la question sociale, les élites politiques et administratives étant plus promptes à appeler à une « refondation scolaire » qu’à engager une confrontation avec le patronat et la finance pour la défense des intérêts des salariés. Mais l’ambition pompeusement exprimée de « refonder la République par l’école », comme l’écrit Vincent Peillon dans son livre, masque également la faiblesse des solutions apportées à la montée des inégalités sociales devant l’Ecole et aux difficultés contemporaines du métier d’enseignant.

Ainsi de la ségrégation scolaire, dont plusieurs rapports et études – réalisés par l’IGEN18, le Sénat ou des chercheurs indépendants19 – ont montré qu’elle ne se contente pas de refléter la ségrégation spatiale et qu’elle s’est notablement renforcée depuis une dizaine d’années, en lien direct avec les politiques d’ « assouplissement » de la carte scolaire. Or la loi dite de « refondation scolaire », votée à l’Assemblée nationale le 19 mars 2013, reste très floue quant aux moyens de lutter contre la différenciation croissante des publics scolaires qui, en concentrant dans un petit nombre d’établissements les publics qui rencontrent le plus de difficultés scolaires, accroît les inégalités d’apprentissage et rend de plus en plus difficile la tâche des enseignants qui y travaillent.

Sans même parler de l’enseignement privé, qui permet de contourner la carte scolaire et d’éviter ainsi la mixité, la circulaire de rentrée 2013 publiée récemment ne revient même pas sur les « assouplissements » opérés sous la présidence de N. Sarkozy, dont les effets ségrégatifs ont pourtant été largement démontrés.

C’est également à des logiques ségrégatives – et notamment à la sous-dotation de certains territoires – que s’opposent, actuellement en Seine-Saint-Denis (93), des enseignants et des parents d’élèves. Ainsi, près de quinze ans après le mouvement qui avait réussi à obtenir la création de 3000 postes sur trois ans pour le département20, un collectif de parents a vu le jour à l’automne 2012 afin – comme l’affirme l’un des membres – de « faire respecter l’égalité républicaine » en contestant notamment le déficit d’enseignants, qui ne permet pas d’assurer les remplacements21.

S’ils ont été reçus par le ministre et sont parvenus, par leur mobilisation obstinée, à obtenir l’embauche d’une centaine d’enseignants supplémentaires, cette concession leur semble loin du « plan d’urgence » qu’ils revendiquent, tant l’accroissement des effectifs scolarisés – du fait de la structure démographique du département – risque d’absorber très rapidement les embauches promises. Les enseignants ne sont pas en reste puisque les syndicats d’enseignants – notamment la CGT Educ’Action – luttent contre la discrimination territoriale subi par le département, sous la forme d’une sous-dotation structurelle qui supposerait, pour être résorbée, l’embauche immédiate d’une centaine d’enseignants à temps plein dans les seuls lycées professionnels de la Seine-Saint-Denis.

Sans rompre avec le carcan de l’austérité budgétaire et avec l’inféodation des apprentissages scolaires aux logiques de concurrence et de rentabilité, qui engendrent immanquablement inégalités, ségrégation et précarité, il est extrêmement douteux que le gouvernement actuel soit en mesure – ou ait même la volonté réelle – de changer l’Ecole dans un sens favorable aux élèves, à l’égalité et à l’émancipation.

Or il ne fait guère de doute que l’échec en cours contribuera, encore un peu plus, à briser le lien privilégié que les enseignants entretenaient depuis longtemps avec le PS. Si un basculement vers la droite paraît improbable, tant celle-ci a brutalisé la profession de 2002 à 2012 en détériorant les conditions d’exercice du métier et en accroissant les inégalités, un tel échec pourrait aussi bien engendrer une dépolitisation accrue du monde enseignant que susciter un mouvement social capable, de la maternelle à l’Université, de proposer et d’imposer une politique alternative d’émancipation scolaire22.

Pour les notes: http://npa2009.org/node/38523

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04 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Saint-Evarzec, les parents d’élèves en colère (OF)

Saint-Evarzec, les parents d’élèves en colère (OF) dans Educ'action sardines-d

À Saint-Evarzec, entre Quimper et Fouesnant, la rentrée est mouvementée. Les parents de l’école maternelle de Vinci sont en colère contre « les classes surchargées ».

C’est un jour de rentrée mouvementé pour l’école maternelle Léonard-de-Vinci. Une cinquantaine de parents d’élèves ont décidé d’occuper les classes pendant la journée. Muriel Quay-Thévenon de l’association des parents d’élèves précise la raison de cette occupation symbolique des locaux : « Suite à la suppression d’un poste lors de la rentrée 2012, nous nous retrouvons aujourd’hui avec 4 classes de 30 élèves chacune voire plus. Nous manifesterons notre réprobation, jeudi matin, devant l’Inspection Académique. »

Une manifestation est également prévue dans la commune ce mercredi à 16 h. Éducation mardi 03 septembre 2013

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04 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Lorient, des parents occupent la maternelle de Lanveur (OF)

 Lorient, des parents occupent la maternelle de Lanveur (OF) dans Educ'action sardines-d

À l’école maternelle de Lanveur, à Lorient, la suppression d’un demi-poste, déjà annoncée à la fin de l’année scolaire, ne passe pas du tout. Ce mardi, des parents ont décidé d’occuper symboliquement l’école.

Depuis ce mardi à l’école maternelle Lanveur, il y a trois enseignantes le matin, elles ne sont plus que deux l’après-midi et doivent ainsi se partager les 65 enfants. Pour manifester leur désaccord, les parents ont symboliquement occupé les classes, cet après-midi.

Vers une fermeture de classe Les parents sont persuadés que ce demi-poste supprimé est une première étape avant la fermeture complète d’une classe. Les élus relativisent De leur côté, Norbert Métairie, maire, et Danièle Garnier, adjointe aux affaires scolaires, relativisent : « Nous étions prévenus du mouvement des parents d’élèves. La maternelle a perdu un demi-poste, c’est toujours difficile. Il y a trois classes le matin, deux l’après-midi. Mais il faut savoir que s’il y a une ouverture quelque part, il y a une fermeture ailleurs… ». Éducation mardi 03 septembre

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Commentaire: Il y a une ouverture, il y a une fermeture! C’est beau comme du Sarkozy!

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03 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Saint-Evarzec. Les parents d’élèves de l’école maternelle en colère (OF)

Saint-Evarzec. Les parents d’élèves de l’école maternelle en colère (OF) dans Educ'action sardines-d

Demain matin, la rentrée à l’école maternelle Léonard de Vinci sera agitée. Les parents d’élèves protestent. Cette année, il y aura environ 120 enfants répartis dans quatre classes. Déterminés, les parents d’élèves pourraient même, mercredi, bloquer le bourg.

« On a envie d’être entendu. On a déjà posé des affiches sur la grille de l’école », raconte Solenn Moysan, secrétaire de l’association des parents d’élèves de Leonard-de-Vinci. « Avec 30 élèves par classe, les cours sont forcément bruyants. Des conditions difficiles pour les enfants comme pour les enseignants. Nous souhaitons l’ouverture d’une classe supplémentaire », explique Solenn Moysan.

Demain, en plus de la manifestation, les parents d’élèves seront également invités à signer une pétition. Mercredi, « le bourg sera certainement bloqué ». Éducation lundi 02 septembre 2013

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03 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Rentrée scolaire : où en est-on des inégalités à l’école ? (Odi)

Rentrée scolaire : où en est-on des inégalités à l’école ? (Odi) dans Educ'action

L’école française, pourtant performante, demeure marquée par de fortes inégalités. Pour mieux comprendre où en est le système éducatif français en matière d’inégalités, l’Observatoire des inégalités propose une synthèse et une sélection de données chiffrées et d’analyses.

La rentrée scolaire 2013 est marquée par la mise en place de la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République, votée le 8 juillet dernier. L’entrée en application de cette loi a pour objectif énoncé par le ministre de l’éducation nationale de « permettre aux élèves de mieux apprendre, pour qu’ils puissent tous réussir, et former les citoyens de demain ». Les mesures mises en place permettront-elles de lutter contre les inégalités toujours présentes à l’école ? (voir le détail des mesures sur le site du ministère). L’accent particulier mis sur l’école primaire est en soi un bon signe car c’est là que les écarts entre les enfants de milieux favorisés et ceux de milieux populaires commencent à se creuser. Il en découle des parcours et des réussites scolaires différenciés selon l’origine sociale. Le décrochage scolaire, les inégalités entre les filles et les garçons, la réussite éducative, font aussi partie des chantiers de cette loi, mais elle ne dit rien, par exemple, de la carte scolaire.

Surtout, la nouvelle loi semble oublier l’essentiel du problème français : la pédagogie, le contenu et les méthodes d’ensei-gnement. Bref, la manière d’enseigner. Pourtant, l’école française doit se réformer dans son ensemble pour lutter contre les inégalités scolaires : revoir les savoirs trop académiques qu’elle dispense, valoriser les savoirs professionnels et techniques, reconsidérer son système d’évaluation permanente, s’adapter à tous les élèves quelque soit leur milieu social et non plus fonctionner pour ceux déjà favorisés par leur environnement social. Une réforme de fond doit être engagée.

L’école : état des lieux L’école n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était dans les années 1950. Elle n’est plus réservée à une élite et toutes les catégories sociales ont bénéficié de l’élévation du niveau d’éducation, grâce à un effort national sans précédent en faveur de l’acquisition du savoir pour tous des années 1950 à la fin des années 1980. Pourtant, les chances de réussite ne sont pas les mêmes selon qu’on est issu d’une famille d’ouvriers ou de cadres supérieurs.

Les premiers seraient-ils moins « capables » que les seconds ? Moins « intelligents » ? Chaque enfant bénéficie en théorie dès l’entrée en maternelle peu ou prou des mêmes structures, des mêmes enseignements, etc. Mais l’école est loin d’être socialement neutre. Les programmes valorisent la culture des catégories socialement favorisées : la culture générale, la maîtrise d’un savoir mathématique théorique et de la langue française. A partir du collège en particulier, le système très académique défavorise ceux qui peinent à entrer dans le moule. Les évaluations à répétition dévalorisent et contribuent à l’échec des plus faibles. Le travail demandé hors temps scolaire est important et profite à ceux qui disposent d’un soutien à domicile (des parents ou par le biais de cours privés). Au bout du compte, la France est l’un des pays où le milieu social influence le plus le niveau scolaire (voir notre article France, le pays où le milieu social influe le plus sur le niveau scolaire).

Deux phénomènes sont à l’œuvre :

1- Une forte élévation du niveau d’éducation Sur une longue période, le niveau global d’éducation s’accroît (voir notre article : Le niveau de diplôme des Français) et le nombre d’élèves qui sortent du système scolaire sans qualification diminue : en 1975, un quart des élèves étaient dans ce cas, contre 5 % aujourd’hui, selon une étude du ministère de l’éducation. Cette tendance est une évolution majeure de nos sociétés : l’accès au savoir constitue un élément déterminant dans l’émancipation des citoyens. A partir des années 1950, la collectivité a investi massivement dans l’éducation, ce qui a profité aux plus défavorisés. Le taux d’accès au bac s’est élevé pour toutes les catégories sociales. Les catégories populaires et moyennes ont notamment eu progressivement accès au collège et une grande partie au lycée, qui était auparavant réservé à une élite. La moitié des jeunes issus d’une famille ouvrière nés au tout début des années 1980 ont obtenu le baccalauréat, contre 10 % de ceux nés dans les années 1950. Au total, près des deux tiers des générations nées entre 1979 et 1982 ont obtenu le bac, contre un peu plus de 20 % de celles nées vingt années plus tôt.

2- Mais les inégalités se sont déplacées vers le haut Le niveau d’éducation s’est élevé pour tous, y compris pour les plus favorisés. Du coup, les inégalités se sont pour partie déplacées plus haut dans le cursus scolaire. La sélection qui se faisait dans les années cinquante en fin d’école primaire s’effectue aujourd’hui en fin de collège. Le ralentissement de l’effort de scolarisation à partir du milieu des années 1990 pénalise les couches sociales les moins favorisées. Si l’on classe les élèves par durée de scolarité, celle-ci a augmenté, au cours de la période 1985-2010, de quatre années pour les 10 % aux scolarités les plus longues, contre 1,3 année pour les 10 % aux scolarités les plus courtes (voir notre article L’allongement inégal des scolarités). Entre 1996 et 2002, les taux d’accès au bac ont même diminué pour les enfants d’employés de services et d’ouvriers non-qualifiés. L’écart de réussite à l’école entre les catégories sociales, et notamment au bac, s’est creusé : en 1996, un enfant d’enseignant avait 8,5 fois plus de chances d’être bachelier qu’un enfant d’employé de service. En 2002, c’était 15,7 fois plus… le 2 septembre 2013  -Observatoire des inégalités

Pour aller plus loin :

De la sixième aux études supérieures : le poids des catégories sociales

L’inégal accès au bac des catégories sociales

L’allongement inégal des scolarités

France, le pays où le milieu social influe le plus sur le niveau scolaire

Pourquoi l’école française est-elle si inégalitaire ?

Dépenses d’éducation : la France dépense-t-elle vraiment trop ?

Ecole : comment rendre les notes plus justes. Point de vue de Pierre Merle

Comment redonner de la confiance aux élèves en difficulté ? Analyse de Benoit Galland

« Il faut repenser la façon de faire l’école », entretien avec François Dubet

« Le système d’évaluation joue un rôle essentiel dans les inégalités scolaires », entretien avec André Antibi

Les causes sociales des inégalités à l’école

notre rubrique Education

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27 août 2013 ~ 0 Commentaire

Bretagne rentrée, le Snes-FSU ne prévoit pas d’amélioration (LT)

Bretagne rentrée, le Snes-FSU ne prévoit pas d'amélioration (LT) dans Educ'action greve_education_nationale

Pour le syndicat de professeurs Snes-FSU Bretagne, il ne faut pas s’attendre à une amélioration des conditions de la rentrée 2013 dans le second degré. Dans sa dernière publication, le syndicat considère que les 178 nouveaux emplois attribués aux collèges et lycées de l’académie n’auront aucun impact sur les classes surchargées puisque ces moyens supplémentaires seront «entièrement absorbés par l’augmentation des effectifs d’élèves». Selon les prévisions du rectorat, dont le SNES craint qu’elles ne soient dépassées, le nombre de collégiens augmenterait de 789 et celui des lycéens de 901.

700 stagiaires affectés dans les établissements Le syndicat s’inquiète, par ailleurs, des conséquences de l’arrivée de 700 stagiaires et étudiants sous contrat dans les établissements. Ils seront affectés prioritairement dans les collèges et lycées proches des sites universitaires. À en croire le Snes, cela aura pour effet d’éloigner des grandes villes les titulaires-remplaçants et les contractuels, et pourra créer des tensions dans les établissements accueillant de nombreux stagiaires (impact de leurs décharges horaires sur les heures supplémentaires, contraintes d’emploi du temps).27 août 2013 à 07h28

http://www.letelegramme.fr/presse-ecole/rentree-le-snes-fsu-ne-prevoit-pas-d-amelioration-27-08-2013-2213519.php

 

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19 août 2013 ~ 0 Commentaire

Universités : le coût de la rentrée en augmentation de 2% (OF)

Universités : le coût de la rentrée en augmentation de 2% (OF) dans Educ'action affiche-3

Le coût de la rentrée universitaire et celui de la vie étudiante sur l’ensemble de l’année grimpent encore en 2013-2014, selon des enquêtes distinctes publiées aujourd’hui par les deux principales organisations étudiantes.

Sur l’année, le coût de la vie étudiante augmente de 1,6%, soit 1,5 fois l’inflation, selon l’Unef, première organisation étudiante, en raison de la hausse de dépenses liées au logement comme l’électricité et l’assurance habitation, mais aussi de l’augmentation des frais obligatoires (frais d’inscription à l’université, tickets de restauration universitaire, cotisation à la Sécurité sociale étudiante…) qui ont progressé de 1,6% cette année et de 35% sur les dix dernières années. Il faudra ainsi compter entre 10.500 et 15.500 euros pour financer une année d’études hors domicile parental, alors qu’il devient de plus en plus difficile pour les étudiants de faire appel à la solidarité familiale sur fond de crise, pointe l’Unef. D’où un recours au salariat pour plus de la moitié des étudiants, qui obère leurs chances de réussite, tandis que certains renoncent à des soins médicaux. Pour le seul mois de septembre, le coût de la rentrée affiche une hausse de 2% à 2.481,73 euros, selon la Fage, deuxième organisation étudiante.

Entre 10 500 et 15 500 € par an » Le mois de septembre sera une nouvelle fois synonyme de sacrifices et de difficultés financières » pour les étudiants et leurs familles, pointe dans un communiqué le président de la Fage, Julien Blanchet. Et la hausse des dépenses liées aux études conduit « de plus en plus de jeunes issus des classes sociales les plus populaires à rester à la porte de l’université », regrette-t-il. « Le diplôme reste un rempart contre le chômage, mais encore faut-il y avoir accès ». La refonte du système des bourses étudiantes annoncée cet été par le gouvernement permettra à 5% des étudiants de voir leur coût de la vie diminuer cette année, relève l’Unef, mais pour les 75% étudiants non boursiers, la hausse du coût de la vie attteint 1,9%. Parmi les postes de dépenses qui posent particulièrement problème, les deux organisations citent le logement et en appellent au gouvernement.

Les mutuelles dans le viseur Le poste santé est caractérisé par « des tarifs en augmentation constante et une qualité de service en diminution constante », relève la Fage, évoquant la « vente de produits d’assurances inutiles » ou des « délais de remboursement ahurissants » qui peuvent « mettre en difficulté un étudiant sur plusieurs mois ». L’organisation considère qu’il est « urgent de repenser le régime de Sécurité sociale étudiante ». En décembre, un rapport de la commission des Affaires sociales du Sénat avait jugé les mutuelles étudiantes complexes et peu efficaces.

Publié le lundi 19 août 2013 à 09:10. http://www.jactiv.ouest-france.fr/job-formation/se-former/universites-cout-rentree-augmentation-2-22354

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15 août 2013 ~ 0 Commentaire

Éducation nationale : assouplir une « carte scolaire » de l’inégalité (LO)

Éducation nationale : assouplir une « carte scolaire » de l'inégalité (LO) dans Educ'action carteScolaire

Six ans après les mesures mises en place par Sarkozy pour donner plus de liberté aux familles en facilitant l’obtention de dérogations, l’Éducation nationale vient de rendre public un rapport sur l’évolution de l’affectation des élèves dans les établissements du primaire et du secondaire.

Le bilan est sans appel. La fuite d’élèves vers de « bons lycées » s’est accélérée, aggravant par voie de conséquence les difficultés des écoles, collèges et lycées ayant mauvaise réputation : pour faire court, les établissements des quartiers populaires. Depuis les années 1960, le prin- cipe de base pour affecter un élève dans un établissement est celui dit de la carte scolaire. L’élève doit être scolarisé au plus près de son domicile dans l’établissement du secteur. Le territoire est ainsi découpé en secteurs de scolarisation. C’est vrai pour l’école maternelle et élémentaire, pour le collège et le lycée.

Ce système n’a en fait jamais permis une quelconque égalité des chances. Même s’il était appliqué d’une façon stricte, il demeu- rerait fondamentalement inégalitaire, tout simplement parce que les quartiers, les villes, les territoires n’ont pas le même profil social. Une école de Neuilly, banlieue chic de Paris, ne scolarise pas les enfants des mêmes milieux qu’une autre de Sevran, en Seine-Saint-Denis, par exemple. Lorsqu’elles jugeaient que l’école, le collège ou le lycée de leur secteur n’avaient pas, selon elles, bonne réputation et le bon niveau, les familles qui le souhaitaient se sont toujours débrouillées pour inscrire leur enfant ailleurs. Indiquer l’adresse de la nourrice, d’un grand-parent, pour scolariser dans le primaire ou au collège, choisir une option rare, tel le chinois ou le théâtre, proposée par de « bons lycées », sont depuis longtemps quelques-uns des moyens pour y parvenir.

La réforme de 2007 a donné seulement davantage de possibilités pour ceux qui le souhaitaient de fuir les écoles, collèges et lycées du secteur initial d’affectation. Cet assouplissement fut alors justifié par l’objectif prétendu de favoriser l’égalité des chances et d’aider à la mixité sociale, puisque, théoriquement, la carte scolaire était assouplie pour tous. Quel que soit le milieu social, les dérogations étaient accessibles à tous. Les enfants des milieux populaires boursiers devaient même être prioritaires.  Le rapport publié indique que, comme on pouvait s’y attendre, la réforme a eu un effet inverse aux bonnes intentions affichées. En 2007, 6 % des élèves entrant en sixième avaient demandé une dérogation. Ce pourcentage a bondi à 11 % quatre ans plus tard, et la réforme a profité aux milieux les plus favorisés pour qui, c’est une évidence, il est plus facile de définir une stratégie pour obtenir ce type de dérogations.

Le résultat a été que les établis-sements ainsi abandonnés ont concentré des difficultés toujours plus grandes et les résultats scolaires les moins bons. Le gouvernement réfléchirait maintenant à la manière de revenir en arrière. En attendant, ce n’est pas la réforme dite des « rythmes scolaires » de Peillon qui va aider les établissements en difficulté. Mettant à la charge des communes l’orga-nisation du temps scolaire, elle va encore aggraver l’inégalité entre les écoles primaires des communes riches et de celles qui le sont moins, c’est dire si l’égalité des chances au niveau de l’école est une formule creuse.

Michel ROCCO http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2350&id=6

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23 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Universités, l’Unef pointe des « frais illégaux » à Rennes, Nantes et Brest (LT)

Universités, l'Unef pointe des

Vingt-quatre établissements du supérieur, dont Rennes 1, l’UBO et Centrale Nantes, imposeraient des frais d’inscription « illégaux » à leur étudiants, selon l’Unef. Le syndicat dénonce par ailleurs des « sélections illégales » des étudiants dans 27 universités, mais aucune en Bretagne. 

La cuvée 2013 du dossier Unef sur le non-respect par les universités et les établissements publics de l’enseignement supérieur de leurs obligations en matière d’accueil des étudiants vient de sortir. Comme chaque année, le syndicat pointe notamment les « frais d’inscription illégaux » ayant cours dans plusieurs d’entre eux.

« Frais de dossier » ou de « sport » Cette année, l’AgroCampus Ouest et l’Université de Rennes 1 sont notamment pointés du doigt pour des « frais pédagogiques » à hauteur de 750 euros demandés aux étudiants en Master 1 et 2 co-habilités dans les deux établissements, frais « dont les prestations ne sont pas définies », dénonce le syndicat. L’AgroCampus Ouest, présent à Rennes et Angers, est également accusé de demander 50 euros de « frais de dossier » à l’inscription. L’Ecole Centrale de Nantes est pointée du doigt pour ses 92 euros de frais de dossier à l’inscription au concours. L’Université de Bretagne occidentale (rebaptisée Bretagne Ouest dans le document de l’Unef), enfin, apparaît au titre des 25 euros qu’elle demande pour « frais de sport ». C’est d’ailleurs sous cette dénomination, correspondant à des sommes de 10 à 50 euros, que sont pointés le plus grand nombre d’établissements. Le « record » de l’année reviendrait à l’Institut national polytechnique de Toulouse (INPT), où l’inscrip- tion au diplôme d’ingénieur s’élève à 9.000 euros contre un tarif réglementé de 606 euros. Le montant de 9.000 euros « concerne seulement une cinquantaine d’étudiants de masters internationaux, majoritairement dispensés en anglais », a précisé l’établissement.

« Prestations clairement identifiées » La tendance est plutôt à l’amélioration avec 24 établissements épinglés, contre 30 l’an dernier et plus 50 en 2005, souligne toutefois le syndicat.  Une baisse que souligne également dans un communiqué la ministre de l’Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, ce qui « témoigne de l’engagement des établissements à y mettre fin ». La ministre « a demandé que soit procédé à l’examen rigoureux des informations » rendues publiques par l’Unef.  « Les recteurs seront saisis pour rappeler à l’ordre les universités qui sor- tiraient de la légalité » et « le cas échéant, l’Etat prendra ses responsabilités pour y mettre fin », assure Geneviève Fioraso. »Si les universités dis- posent de la possibilité de réclamer des droits d’inscription complémentaires, ceux-ci doivent être facultatifs dès l’inscription, correspondre à des prestations clairement identifiées et qui ne relèvent pas du coeur des missions de service public des universités », rappelle la ministre.

Une « tendance » à la sélection Vingt-sept universités pratiquent une sélection illégale des étudiants après le bac, dénonce par ailleurs l’Unef. « De plus en plus d’établissements choisissent de limiter le nombre de places disponibles dans leurs licences par un processus de sélec- tion », déplore le premier syndicat étudiant dans son rapport annuel sur les dérives des universités.  « Cette nouvelle tendance » est « en totale contradiction avec la loi, qui stipule que la sélection d’un bachelier pour l’accès aux premiers cycles universitaires est prohibée », ajoute le syndicat.  Parmi les mises en cause figurent les universités de Savoie (pour ses licences de physique-chimie), Bordeaux 1 (mathématiques), Paris I et Paris X (droit franco-allemand), Bourgogne (Administration économique et sociale), Rouen, Marne-la-Vallée, etc.

« Pré-requis » ou non ? Certaines universités s’abritent, selon l’Unef, derrière le fait que des formations spécialisées nécessitent des « pré- requis », par exemple en musique. Le syndicat rejette cet argument au motif qu’une formation de licence « est censée être adaptée au niveau baccalauréat ».  Cette pratique résulte du « manque de moyens » des établissements, dont 16 prévoient d’être en déficit à la fin de l’année, selon le syndicat. Dans ce contexte, certaines « préfèrent réduire le nombre d’étudiants plutôt que d’affecter leurs moyens à l’embauche d’enseignants et au maintien de leurs capacités d’accueil », ajoute l’Unef. Elle a pour conséquence de pousser les étudiants « dans les bras du privé », estime le syndicat. Selon son rapport, seuls 32,2% des bacheliers suivent des cours en faculté aujourd’hui contre 39,1% en 2005, alors que la progression des étudiants dans le privé a augmenté de 32% au cours de cette période.

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