Archive | Educ’action

07 juin 2015 ~ 0 Commentaire

ploërmel: 800 manifestants pour la construction du lycée public (fr3)

diable h111

Ce samedi matin, plus de 800 manifestants ont défilé dans les rues de Ploërmel dans le Morbihan.

Ils réclament la construction du lycée public, véritable serpent de mer. Il y a 20 ans, près de 1.000 personnes avaient déjà battu le pavé pour la même raison. Habitants de Ploërmel ou des environs, élus, syndicalistes, ils étaient nombreux ce samedi matin à venir demander que le projet de lycée public aboutisse enfin.

Partisans du principe de laïcité, ils veulent avoir une alternative au privé, la ville de 10.000 âmes n’ayant que deux établissements privés dont un agricole. Les adeptes du public réclament que le choix du terrain du futur lycée se fasse rapidement. Ils mettent en avant la nécessité de la gratuité de l’éducation de leurs enfants qui actuellement sont obligés de faire l’aller-retour quotidien jusqu’à Guer.

Un serpent de mer Il faut dire que la mobilisation pour ce lycée ne date pas d’aujourd’hui. Depuis les années 60, la question de l’implantation d’un lycée public à Ploërmel divise la population et les élus. A l’époque, il avait été décidé de construire le lycée de Ploërmel … à Guer, à 26 km de là. Puis l’idée d’en réaliser un sur la commune même resurgit. Une pre- mière manifestation regroupant plusieurs centaines de personnes, se déroulera en mai 1995. Cette même année, le projet sera voté par la Région, avant d’être gelé en 2000.

Ce n’est qu’en 2014 que l’idée est relancée. Une étude du Conseil Régional estime à 700 le nombre de lycéens à accueillir dans les années à venir. Une enveloppe de 25 millions d’euros est évaluée et provisionnée pour sa construction.

Le choix du terrain Reste que si la communauté de commune a déjà voté son implan- tation, le choix du terrain n’est pas encore validé. Les manifestants qui défilaient ce samedi estiment que la question du lieu n’est qu’un prétexte pour gagner du temps et faire traîner le projet jusqu’aux prochaines élections régionales. En effet, si la majorité de gauche actuelle de la Région n’attend que la mise à disposition d’une parcelle pour lancer le projet, la cons- truction de cet établissement pourrait ne plus être d’actualité en cas de victoire de la droite, moins favorable au lycée.

Prochaine épisode le 10 juin Le 2 avril dernier, le conseil municipal avait retiré de l’ordre du jour, au dernier moment, le vote en faveur d’un terrain public semblant pourtant correspondre parfaitement. Une « manoeuvre » politique selon les partisans du lycée qui ne voient dans cette décision qu’une façon de retarder la construction. Le 10 juin prochain, le conseil commu- nautaire devra se pencher sur le choix d’un terrain parmi 6 possibilités. Une étape de plus dans ce dossier qui ne cesse de traîner.

Par Thierry Peigné Publié le 06/06 17:26, mis à jour le 06/0619:28
Commentaire: Sarko: Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé … Amen!

Lire la suite

01 juin 2015 ~ 0 Commentaire

à gauche, on ne peut qu’affirmer le principe d’une école commune (regards)

rythmes_scolaire

Regards. Comment peut-on résumer la situation critique de l’enseignement en France ?

Samy Johsua. Au départ de la réflexion, il y a une constatation irréfutable et une préoccupation largement partagée: les inégalités scolaires sont de plus en plus graves. On ne doit pas seulement retenir des enquêtes internationales la baisse du niveau moyen en France, car les écarts et les variations sont en réalité très mini- mes. Le fait que les catégories en difficulté le sont de plus en plus, et ce pour la première fois dans l’histoire multiséculaire du pays, est beaucoup plus significatif. Jusqu’au milieu des années 90, c’est-à-dire jusqu’aux réformes libérales, l’aug- mentation du niveau moyen était obtenue par une progression de tous. Cette évolution est catastrophique car elle annonce une cassure du pays dans les années à venir.

On a le sentiment que les annonces du gouvernement ont déclenché une énième guerre de tranchées sur ces sujets, sans réel débat. Les polémiques recouvrent-elles de vraies questions ?

Il y a une vraie opposition, menée par la droite, sur des faux problèmes. Dès que l’on s’intéresse au problème central des inégalités scolaires, la droite monte au créneau, et pas seulement la droite, mais aussi une partie de la gauche qui est sur les mêmes positions. Un système de pensée s’est imposé, depuis vingt-cinq ans, qui cherche au problème des inégalités un type de solutions qui ne font que les renforcer. La voix de ceux qui souhaitent à la fois tenir compte des problèmes posés et trouver une issue réellement démocratique est de plus en plus affaiblie.

« Pour combattre réellement les inégalités, il faut d’abord résoudre le problème de l’organisation de la carte scolaire »

Le collège est-il vraiment le principal lieu de l’échec des politiques sco- laires ?

Presque personne ne dit que l’on peut réduire cette question globale seulement au collège. Pour combattre réellement les inégalités, il faut d’abord résoudre le pro- blème de l’organisation de la carte scolaire. Les mesures du gouvernement de Nicolas Sarkozy pour assouplir la carte scolaire ont été conservées, voire renfor- cées, par le gouvernement actuel. Dès lors, il y a tromperie: tout débat sur la mixité sociale dans les classes est faussé dans la mesure où elle est impossible dans ce contexte, quoi que l’on fasse. Elle l’est d’autant plus avec la fuite vers les établissements privés. Tant que ceux-ci peuvent peuvent recruter sans limite, tou- tes les mesures un tant soit peu coercitives en faveur de la mixité vont accélérer cette fuite des classes moyennes et supérieures. Dans un tel contexte, les mesures prises ne peuvent être que plus ou moins mauvaises.

Le débat s’est cristallisé sur l’enseignement du latin et du grec, ainsi que sur la suppression des classes « bilangues »…

On peut tout à fait débattre de la question de l’enseignement des langues ancien- nes, mais ce n’est à mon sens pas le problème principal. Le gouvernement veut supprimer les classes bilangues pour limiter la séparation des enfants des classes favorisées au sein du collège supposé unique. Mais, faute d’application réelle de la carte scolaire et compte tenu de la concurrence de l’enseignement privé, on a très peu de chances d’y parvenir. On obtiendra un collège formellement plus égalitaire, mais en pratique, les enfants des classes moyennes vont simplement partir. En l’état, ce type de mesure ne peut qu’accentuer les difficultés.

Pourquoi la mise à jour des programmes suscite-t-elle toujours autant de controverses ?

La réflexion sur les programmes a été engagée depuis longtemps, mais le gouver-nement y a mis un terme avant d’élaborer son projet. Cet autoritarisme est en soi incompréhensible. Une discussion tout à fait légitime portait sur l’évolution des programmes, un exercice délicat, notamment parce que les parents exigent de retrouver les enseignements de leur propre époque, et parce qu’il faut néces- sairement « faire de la place » dans les programmes. L’équilibre est compliqué à trouver, et on a vu les réactions suscitées à droite par l’enseignement, tout à fait indispensable, de l’histoire de l’islam et de la colonisation. Je ne m’engage pas dans les controverses sur ces aspects-là, même si je suis surpris de la mala- dresse de certaines dispositions comme le placement des Lumières dans les matières facultatives.

« Ce n’est pas parce qu’on leur fera faire des choses rigolotes que les élèves vont mieux apprendre »

La question de l’autonomie des établissements semble plus cruciale. Le renforcement des inégalités territoriales, la mise en concurrence des établis- sements sont-ils fatals ?

En accordant à chaque collège 20% du choix des contenus, on prétend assurer l’autonomie des établissements, leur offrir une « respiration ». Mais ces choix seront faits par une commission dont la direction choisira elle-même les membres, et sur- tout ils le seront en fonction d’une logique gestionnaire et des moyens disponibles. Cela ne pourra que générer des déséquilibres considérables entre les établis- sements. Dans les collèges des quartiers les plus favorisés, ce sont les contenus les plus traditionnels qui vont être renforcés. Ailleurs, l’idée très répandue chez bon nombre de spécialistes mais que je ne partage pas, est qu’en s’éloignant des contenus traditionnels, on va résoudre les problèmes. Alors que vingt-cinq ans d’expériences dans ce sens montrent l’inverse.

On ne peut pas espérer que cette autonomie permette une meilleure adaptation aux situations spécifiques des élèves les moins favorisés ?

Ce qui est décisif, ce sont les points de vue qui déterminent les choix. La réforme entend notamment introduire des enseignements interdisciplinaires, avec l’idée qu’ils sont plus concrets et seraient à ce titre plus adaptés aux élèves des milieux populaires. D’abord, l’opposition que font certains entre disciplines et contenus interdisciplinaire est artificielle: les disciplines actuelles sont des constructions interdisciplinaires, l’histoire-géographie, les mathématiques, la physique-chimie, le français qui réunit littérature, grammaire, linguistique, etc. Ces construits histo- riques gardent toutefois un lien avec les savoirs universitaires, avec les contenus validés. Si l’on glisse vers une construction interdisciplinaire décidée à l’échelle des établissements, la solidité des savoirs en question n’est plus garantie.

L’interdisciplinarité est-elle en soi une impasse ?

Je n’exprime pas une opposition de principe: le bilan des travaux personnels encadrés (TPE), qui consistent en la réalisation de sortes de mémoires par des groupes d’élèves, est par exemple positif. Mais les TPE résultent d’une réflexion sérieuse, pour établir des savoirs solides. Or on voit s’établir, dans la façon ac- tuelle de procéder, une opposition entre les enseignements sérieux, qui seraient ennuyeux et des enseignements concrets, ludiques: c’est une très mauvaise façon de prendre le problème. S’il n’y a pas une « libido cognitive », c’est-à-dire si on ne comprend pas que l’acquisition de la connaissance doit en elle-même susciter de la jouissance, on ne pourra pas avancer. Ce n’est pas parce qu’on leur fera faire des choses rigolotes que les élèves vont mieux apprendre. En musique ou en sport, on sait bien qu’il faut répéter ses gammes, s’entraîner, pour parvenir à un résultat. Diminuer de 20% le temps consacré aux disciplines traditionnelles sans modifier les objectifs finaux à l’issue de la troisième ne fera que rendre encore plus difficile l’atteinte de ces objectifs. En résumé, l’effet de ces enseignements interdisciplinaires va être très positif dans les bons établissements et très négatif dans les établissements en difficulté.

« La suppression du collège unique relève d’une position purement réactionnaire »

Compte tenu de l’impuissance du collège unique à enrayer la reproduction ou l’aggravation des inégalités, comment continuer à en défendre le principe ?

Il faut s’entendre sur les termes. Il est faux de dire que l’école crée des inégalités : au pire, elle ne parvient pas à les combattre. Avec une telle façon de poser le pro- blème, on pourrait aussi conclure qu’il faut supprimer l’école… On ne va pas enlever de la constitution le principe de l’égalité salariale entre les hommes et les femmes au motif qu’on ne parvient pas à l’assurer! La suppression du collège unique relève en réalité d’une position purement réactionnaire qui conduit imman- quablement à revenir à une école pour les riches et une école pour les pauvres – et pas seulement pour le collège. À gauche, on ne peut qu’affirmer le principe d’une école commune, indifférenciée. Quand on aura mis « chacun chez soi », cela n’ira mieux que pour ceux qui seront débarrassés des pauvres. Un élève en diffi- culté, mais pas encore décroché, aura beaucoup plus de chances de s’en sortir dans une classe avec des élèves plus forts. Alors que, comme le montrent les études internationales, pour les bons élèves, la présence d’élèves en difficulté ne change quasiment rien. Les élites n’ont pas de problèmes.

Plusieurs intellectuels spécialistes de l’éducation, dans une tribune publiée par Le Monde, appellent à «rompre avec le mythe d’un traitement uniforme des collégiens»

Ce constat de départ n’est pas faux. Si vous traitez également des personnes inégales, vous ne pourrez créer que de l’inégalité. Pour construire l’égalité, il faut traiter inégalement des gens inégaux. La réponse ne doit pas d’abord porter sur la pédagogie, mais sur la nature et la composition des programmes et des savoirs. On devrait ainsi transformer ce que l’on définit comme la culture commune, qui valorise très peu des aspects pourtant importants dans certaines catégories sociales, comme l’enseignement technique et technologique. Des demandes de savoir très fortes au sein de la société ne sont pas présentes à l’école, comme celles qui concernent la médecine, la psychologie, etc.

Adapter les enseignements à chaque élève est donc une fausse bonne idée?

L’individualisation des pédagogies massivement prônée aujourd’hui, y compris par le gouvernement, se fait immanquablement au bénéfice des plus forts. Et elle va à rebours des pédagogies qui montrent que l’apprentissage est plus efficace quand il est collectif, à l’image des activités humaines elles-mêmes. Au lieu de concevoir l’enseignement comme une course de cent mètres, qui établit des premiers et des derniers à l’arrivée, tout en ignorant que certains partent avec un sac de ciment sur le dos, on devrait s’inspirer des sports collectifs: dans une équipe, il y a des joueurs forts et d’autres qui ratent leur match, mais c’est l’équipe qui gagne ou qui perd. Dans toutes les disciplines, on peut enseigner en favorisant un appren- tissage collaboratif, pour atteindre les objectifs communs, au bénéfice de tous. Ce point de vue est non seulement de gauche, mais aussi anthropologique.

http://www.regards.fr/Samy-Johsua-A-gauche-on-ne-peut-qu

Mise à jour des programmes, interdisciplinarité, autonomie des établissements, enseignement des langues… La réforme du collège suscite les controverses, mais elle ne pourra qu’accentuer les inégalités scolaires, nous explique Samy Johsua.  ancien professeur en sciences de l’éducation, conseiller municipal Front de gauche à Marseille.

Commentaire: Regards est une revue proche du courant « Ensemble » du FDG

Lire la suite

22 mai 2015 ~ 0 Commentaire

austérité: les dépenses d’éducation par élève (basta)

austérité: les dépenses d’éducation par élève (basta) dans Educ'action

Atteignent leur niveau le plus bas depuis quinze ans

Sur fond de réforme des collèges, quels sont les moyens alloués par élève pour assurer leur scolarité ? Selon le ministère de l’Éducation nationale, les dépenses par élèves ont augmenté de 500 euros en dix ans. Mais si l’on se penche en détail sur les chiffres fournis, le discours officiel peut être mis en doute. Une étude réalisée par le syndicat Force ouvrière montre au contraire que ces dépenses, en grande majorité assurées par l’Etat et les collectivité locales, diminuent.

Pour le collège, la France consacrerait même moins d’argent par élève qu’il y a 15 ans. Priorité à la jeunesse ? Le temps n’est plus aux restrictions budgé- taires: la dépense par collégien aurait augmenté de près de 500 euros entre 2006 et 2013. C’est ce qu’affirme le ministère de l’Éducation nationale, alors que les syndicats ont manifesté ce 19 mai contre la réforme du collège proposée par la ministre Najat Vallaud-Belkacem, qui a pourtant inscrit le texte au Journal officiel dès le lendemain.

Des dépenses en augmentation ? Les chiffres du ministère eux-mêmes montrent pourtant le contraire. La dépense moyenne par élève a chuté de 7% entre les années scolaires 2010-2011, alors que Luc Chatel (UMP) était ministre de l’Éducation nationale, et 2013-2014, sous son successeur Vincent Peillon (PS). C’est ce que révèle une analyse détaillée réalisée par le syndicat Force ouvrière, à partir des documents de synthèse publiés chaque année par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du ministère. Ces dépenses moyennes par élève prennent en compte toutes les dépenses d’édu- cation : celles de l’État pour payer les enseignants, l’administration, la documen- tation pédagogique ou la médecine scolaire par exemple, celles des collectivités locales pour assurer l’entretien des établissement l’activité des cantines ou des transports scolaires, celles engagées par les ménages pour l’achat de fournitures liées à l’école [1]. État et collectivités assurent 84% des dépenses et les ménages 7,5%.

Loin des tendances à la hausse annoncées par le ministère, pour tout le second degré (collège et lycées), le niveau de dépense moyen par élève est aujourd’hui au plus bas depuis 2006. La baisse des dépenses par élève serait de 6% pour le collège et de 10% pour les lycées d’enseignement général et technologique, sur ces quatre dernières années. (…) Lire la suite

Agnès Rousseaux 21 mai 2015

Lire la suite

21 mai 2015 ~ 0 Commentaire

réforme du collège: les enseignants bretons dans la rue (fr3)

gwenn ha du

La réforme du collège proposée par la ministre de l’Education Nationale ne fait pas l’unanimité.

Plusieurs syndicats enseignants ont appelé à faire grève. En Bretagne, les grévistes mobilisés représentent entre 30 et 60% des personnels. Près de 600 grévistes se sont réunis ce mardi 19 mai 2015, place de la Marie à Rennes. Les enseignants se sont rendus vers le rectorat pour dénoncer leur mécontentement sur certains points de la réforme des collèges.

Parmi les points qui divisent : les classes bilangues et européennes, qui per- mettent aux élèves d’apprendre deux langues dès la 6e. La réforme prévoit leurs suppressions. La ministre de l’Education juge ce cursus trop élitiste. En contre- partie, tous les élèves, dès la cinquième, apprendront une deuxième langue.

Autre point chaud: la suppression du latin et du grec, deux langues mortes actuellement facultatives, inquiète certains professeurs. Le ministère ne prévoit pas leur disparition mais leur enseignement dans des cours plus vastes, comme l’histoire de l’Antiquité.

Les enseignants redoutent l’autonomie accrue donnée aux établissements sur leur fonctionnement. Les avis divergent quant à l’interdisciplinarité. Le SNES, syndicat majoritaire concède que cette forme d’apprentissage rend les savoirs plus concrets, mais ses effets sur les performances scolaires restent à prouver. Selon les grévistes, le risque serait d’accroitre l’inégalité des chances.

NFM Publié le 19/05/2015 | 12:33, mis à jour le 19/05/2015 | 16:17

Lire la suite

19 mai 2015 ~ 0 Commentaire

en grève pour le retrait pur et simple de la réforme du collège (npa)

ecole anpe

Najat Vallaud-Belkacem, Valls, Hollande, tous sont montés au créneau pour défendre leur réforme du collège.

Les décret et arrêté, validés par le conseil supérieur de l’Éducation devraient en être publiés fin mai. C’est une attaque majeure contre le service public de l’Édu- cation nationale.

Sarkozy et des parlementaires de droite ou du centre, divers commenta- teurs, se sont insurgés contre la réforme. Mais leurs critiques portent sur quel- ques aspects qui masquent l’enjeu véritable de la réforme: l’autonomie des établis- sements, leur mise en concurrence, faire voler en éclats tout cadre national des horaires, des programmes et des diplômes.

Najat Vallaud-Belkacem prétend que «l’accompagnement personnalisé et le tra- vail en petits groupes seront renforcés». Mais comment, avec seulement 4 000 postes supplémentaires alors qu’il y a plus de 7 000 collèges en France? Même bluff sur la deuxième langue vivante en 5e, alors que les heures sont diminuées en 4e et 3e, que les classes bilangues ou européennes ainsi que le latin et le grec en tant que disciplines sont supprimés.

Autonomie sur les horaires et les programmes Mais le cœur de la réforme est ailleurs: l’affectation de plus de 20 % de la dotation horaire serait définie au sein même des établissements. Du temps auparavant dédié à l’enseignement des disci- plines serait consacré à un «accompagnement personnalisé» (AP) ou aux «ensei- gnements pratiques interdisciplinaires» (EPI).
Le volume des enseignements disciplinaires diminuerait ainsi de près de 500   heures sur l’ensemble de la scolarité d’un collégien. Chaque établissement pour- rait décider du contenu des EPI dans le cadre de huit thèmes raccordés au socle commun de ­compétences.
C’est une brèche de taille dans le principe de programmes nationaux, globa- lement identiques pour tout le monde. Sont également prévus la globalisation en 6e des enseignements scientifiques et le rapprochement des disciplines artistiques qui pourraient être enseignées sur un semestre. Autant d’économies budgétaires en perspective. De plus les horaires de cours de 5e, 4e et 3e seront modulables localement sur le cycle, l’organisation des enseignements étant «fixée par le conseil d’administration».
En parallèle, les projets de programmes par cycles constituent l’application de cette réforme: ils réorganisent les enseignements non plus en fonction d’objectifs de connaissances dans les disciplines, de savoirs, mais suivant l’approche par compétences. Celles-ci, dites transversales, correspondent davantage aux attentes du ­marché du travail. Une telle logique implique une définition locale des program- mes. Les enseignantEs seraient soumis à la multiplication des réunions facilitée par de nouveaux décrets sur le statut, leur liberté pédagogique serait sévèrement remise en cause.

Stopper la politique du gouvernement, lui infliger une défaite La «refonda- tion» Peillon-Hamon-Vallaud-Belkacem est fondée sur l’autonomie des établis- sements et les projets locaux, un moyen pour le gouvernement de faire des éco- nomies, et organise la mise en concurrence des établissements, avec à la clef une explosion des inégalités entre les établissements, entre les élèves.
Ce n’est pas nouveau : la réforme des rythmes scolaires en 2013 transférait le financement de certaines activités scolaires aux frais des communes, et la réfor- me de l’éducation prioritaire en décembre dernier sonnait la fin du «donner plus à ceux qui ont le plus besoin».
Cette politique forme un ensemble cohérent qui menace toute l’éducation nationale. Tout doit être entrepris pour la stopper. Cela commence par ne pas participer aux «concertations» avec le gouvernement. Les syndicats doivent organiser le boycott de la consultation sur les nouveaux programmes et en exiger le retrait.
Une large intersyndicale appelle à la grève le 19 mai pour le retrait de la réfor- me. La réussite de cette journée est décisive. C’est par leur propre mobilisation que les enseignantEs, mais aussi les parents d’élèves, pourront faire entendre leur voix, contre la propagande gouvernementale et les discours réactionnaires de l’UMP et du FN.
Il s’agit aussi de préparer la suite. Si nous voulons obtenir le retrait de cette réforme, il faudra s’engager dans une mobilisation de type grève reconductible qui fasse converger les luttes qui ont lieu depuis plusieurs mois dans l’éducation. Ainsi, en Seine-Saint-Denis, une intersyndicale du premier degré, dont le SNUipp (majoritaire), appelle les primaires et maternelles à rejoindre la grève de ce mardi 19 sur la revendication de moyens supplémentaires.
De cette façon, il sera possible de construire dès ce 19 mai la mobilisation unitaire contre le gouvernement afin de lui infliger une défaite.

Lundi 18 Mai 2015 Commission Éducation nationale

Lire la suite

18 mai 2015 ~ 0 Commentaire

lycées: la nouvelle politique éducative du gouvernement (npa)

lycées: la nouvelle politique éducative du gouvernement (npa) dans Educ'action
*
À Paris, à Rennes, au Mans et dans d’autres villes, les lycéenEs ont été le secteur de la jeunesse le plus actif depuis l’élection de Hollande. Les mobilisations contre les expulsions des lycéens sans-papiers Leonarda et Khatchik, ainsi que contre les violences policières après l’assassinat de Rémi Fraisse, ont traduit la révolte que suscite la politique raciste et répressive du gouvernement auprès de la plus jeune génération.
*
À force de coupes budgétaires, nos établissements sont asphyxiés, et ça va continuer à la rentrée prochaine avec les suppressions de postes dans les lycées, qui nous condamnent aux classes surchargées, au non-remplacement des profs absents, au manque de matériel… Il y a chaque année des dizaines de milliers de jeunes qui se retrouvent sans lycée, et tous les prétextes sont bons désormais pour refuser ou exclure un élève.
*
Délation organisée  Et vu qu’«école publique» rime avec «République», et que depuis janvier c’est «Sois Charlie et tais-toi!» sur les lycées, on a désormais le droit aux cours de morale citoyenne, sur un fond bleu-blanc-rouge, avec en arrière goût les débats récents sur l’uniforme obligatoire et le grand retour du service militaire.
*
Dernièrement, le ministère a fait circuler un livret qui préconise aux profs la délation des jeunes «radicalisés» contre «le consumérisme» et «l’autorité», tout cela au nom de la lutte contre le terrorisme. Cette fièvre ne vise qu’à nous inti- mider et nous réprimer, et à faire monter la sauce islamophobe qui a déjà conduit à la stigmatisation d’élèves qui ne se reconnaissaient pas dans le 11 janvier, et à la mise à pied d’un prof de philo de Poitiers qui avait mis en avant les liens entre les attentats et l’impérialisme français! La presse a récemment indiqué que plus de 500 lycéens avaient déjà été dénoncés par le biais de ce livret. Une véritable entreprise de délation massive!
*
Des traces des mobilisations, une conscience politique Il n’est pas nouveau que les classes dominantes se servent de l’«éducation nationale» comme un outil pour enrégimenter toute une génération, à coups de programmes scolaires bien ficelés: l’histoire du colonialisme français n’est plus au programme au lycée, mais aussi d’horaires stricts et rigides, de discipline arbitraire. Bref, tout pour nous apprendre à nous taire une fois arrivéEs dans le monde du travail.
*
Mais les mobilisations de ces derniers mois ont laissé des traces, et des milliers de lycéenEs ont développé une conscience politique, quoi qu’en dise l’idéologie patriarcale qui voudrait que l’on ne puisse pas penser de façon indé- pendante parce que l’on a moins de 18 ans.
*
Avec toutes celles et ceux qui le souhaitent, nous voulons lutter contre cet encadrement de la jeunesse. Nous voulons des lycées publics, financés à la hauteur des besoins, où l’on ait notre mot à dire, des cours qui nous permettent de comprendre le monde… pour mieux le transformer !*
*
Nathan (commission lycéenne Paris)

Lire la suite

17 mai 2015 ~ 0 Commentaire

la ministre s’enferre et déclenche la colère (ee + sud + emancipation)

cnt

La réforme des collèges est de plus en plus débattue dans les salles des professeurEs, les syndicats critiques de la réforme (ceux de la FSU mais aussi la CGT, FO et Solidaires par exemple) sont très sollicités pour animer des heures d’information syndicales sur le sujet.

Les analyses déjà publiées ici par l’école émancipée restent toutes valables tant la ministre campe sur ses positions. Les annonces sur les nouveaux program- mes vont dans le même sens : il s’agit d’une attaque frontale contre le second degré qui se fait contre la majorité des personnels. En effet lors du vote au CSE le 10 avril dernier, la réforme a été adoptée par 51 voix contre 25 avec le soutien du SE-UNSA, du SGEN-CFDT, de l’UNEF et du MEDEF par exemple (soit l’ensemble des forces très influencées par le PS alliées au patronat) et le rejet des syndicats qui représentent 80 % de la profession (FSU, CGT, FO et Solidaires par exemple).

Une intersyndicale du second degré s’est tenue dans la foulée le 15 avril dernier et la date du 19 mai prochain se détache comme journée de grève nationale contre cette réforme.

La réussite de cette journée se doit d’être pleine et entière et les suites doivent être préparées dès maintenant, c’est dans ce sens que les militantEs de l’école émancipée interviendront et agiront : une journée, même massive ne suffira sans doute pas à obtenir le retrait de cette contre-réforme d’inspiration néo- libérale et des dérèglementation qu’elle porte. C’est pourquoi les initiatives qui la précéderont devront aussi être réussies : rassemblements et grèves tournantes par période sur les vacances de printemps par exemple.

La réforme du collège est sur les rails, elle a beau être contestée par tous – les profs hurlent, les syndicats claquent la porte des discussions (comme l’a fait la FSU mardi 28 au soir)-, la ministre a décidé qu’elle s’appliquerait à la rentrée 2016, et pour tous les niveaux du collège en une seule fois !

Cela devient une habitude avec ce gouvernement : passage en force (à peine un mois de consultation) pour un projet inadmissible !

Le nouveau collège que dessine cette réforme va modifier en profondeur les contenus, l’organisation, et les finalités du système éducatif… C’est une attaque extrêmement grave contre le collège unique, et une remise en cause du métier et des missions des personnels. C’est un tissu de mensonges, plus ou moins larvés, non dits, mais tromperies tout de même. Jugeons un peu :

- Les horaires profs/élèves : inchangés. MAIS les profs doivent inclure, dans le même volume horaire, d’autres tâches (Aide Personnalisée, par exemple, ou EPI, enseignement pratiques interdisciplinaires). Ce qui signifie bien au passage une BAISSE réelle des horaires disciplinaires.

- Les EPI sont des travaux interdisciplinaires, avatars des IDD, qui seront autant de variables d’ajustement des services des profs, et usines à gaz de gestion des élèves… Déréglementation forcenée à l’horizon.

- Certains horaires disciplinaires seraient globalisés (ceux des sciences en 6ème, par exemple). Nouvelle variable d’ajustement des services, une réponse à la pénurie des enseignants dans ces disciplines. Qui décidera de la répartition des heures au sein des disciplines ? Le conseil pédagogique… La réforme consacre les hiérarchies intermédiaires (conseils pédagogiques, conseils de cycle, …) dont les coordonnateurs seront autant de nouveaux petits chefs.

- Les horaires disciplinaires sont fixés par matière et par niveau MAIS il est possible (autonomie de l’établissement) de les répartir, comme bon semblera au conseil pédagogique, à l’intérieur d’un même cycle : autrement dit, dans le collège x, on fait 4 heures de français en 6ème, et 2h en 5ème. C’est l’inverse dans le collège Y. Pas de chance pour cet élève qui change de collège en 5ème et qui aura fait seulement 2h de français en 6ème et en 5ème…
C’est la fin des horaires et programmes nationaux sur le territoire.

- La LV2 intervient désormais dès la 5ème : les horaires sont inchangés pour cet enseignement, répartis seulement sur 3 ans au lieu de 2. Cela permet au passage de supprimer les classes bilangues et les classes européennes (qui « consomment » beaucoup d’heures pour assez peu d’élèves). Economie substantielle… Et les profs de LV, comme beaucoup d’autres, dont l’horaire baisse, devront donc enseigner à une, voire deux classes de plus dans leur service. Augmentation de la charge de travail…

- Les langues anciennes sont elles aussi supprimées, elles seront éventuellement tolérées (mais avec un horaire à la baisse, une heure de moins pour chaque niveau) à la seule condition que l’établissement les finance sur ses propres fonds. Mise en concurrence des disciplines et des établissements : autant dire qu’en collège REP, là où la demande des familles est moins forte, on ne fera pas le choix du latin…

Ce collège n’a donc plus rien d’unique, il piétine les principes d’égalité pour tous et toutes face aux apprentissages, aux offres de formation, aux contenus et revoit toutes les exigences à la baisse ; le ministère a misé sur la caporalisation pour faire passer toutes ces nouvelles prescriptions. Un tel projet ne doit pas voir le jour : il faut le refuser et en obtenir le retrait.

http://www.ecoleemancipee.org/spip.php?article1919

Lire aussi:

http://www.emancipation.fr/spip.php?article1106

Collège • Leur critique n’est pas la nôtre (Sud-Educ)

Les critiques que la Droite adresse à la réforme ministérielle (ainsi que certaines organisations syndicales) pourraient presque la faire passer pour un projet social et pédagogique… Nous ne partageons rien avec ces critiques émises au nom d’un collège passéiste, inégalitaire et élitiste.

Ce n’est pas sur ces bases que la grève du 19 mai a été lancée, l’appel intersyndical critique « l’autonomie des établissements et la multiplication des hiérarchies intermédiaires », le fait qu’elle ne ferait « qu’engendrer davantage d’inégalités entre les élèves, aggraver les conditions de travail des personnels, mettre en concurrence personnels, disciplines et établissements. »

Pour notre part, nous ne défendons absolument pas le statu quo et constatons depuis longtemps que le collège prétendument unique est celui du tri social. Il faut revendiquer en priorité la diminution des effectifs-élèves, la diminution du temps de travail et du temps de service devant élèves des enseignant-e-s, et tout projet de réforme scolaire doit s’inscrire dans la perspective d’une école polytechnique pour toutes et tous, égalitaire et émancipatrice.

http://www.sudeducation.org/Le-Panneau-Syndical-SUD-education-5897.html

Lire la suite

05 mai 2015 ~ 0 Commentaire

collèges: public ou privé? pas vraiment le choix…(jdd)

st quay port

Expulsion des religieuses de la congrégation des Saints Coeurs de Jésus et de Marie: départ des religieuses pour l’exil: Saint-Quay-Portrieux 1908

Alors que le ministère de l’Éducation a fait de la laïcité une priorité, des parents d’élèves se battent toujours, en Maine-et-Loire, pour avoir un collège public à côté de chez eux.

Véronique* a attendu le dernier moment, gardant espoir : « Si un collège public ouvre ses portes, ma fille ira là-bas. » À Beaupréau (Maine-et-Loire), les parents des élèves de CM2 avaient jusqu’au 29 avril pour choisir leur collège pour la ren- trée 2015. Comme rien n’a bougé, il a fallu se résigner: « Nos enfants ne sont pas baptisés, leur père et moi ne sommes pas mariés mais on les inscrit dans un collège catholique, quelle logique! »

Pas surprenant dans ce coin d’Anjou, entre Nantes et Angers, où les calvai- res prolifèrent. ­Depuis des années, des parents se battent pour qu’un collège pu- blic voie le jour en Centre-Mauges. En vain, nous sommes au cœur d’un « désert scolaire ». Ou presque… il existe trois collèges privés. Notamment le collège catho- lique Charles-de-Foucauld, enraciné depuis trois cents ans, auquel le conseil départemental de Maine-et-Loire verse 350.000 euros par an.

Quasiment tous les élèves de l’école publique de Beaupréau y poursuivent leur scolarité. Patrick Lestimé, croyant et pratiquant, y a envoyé son aîné: « C’est à 400 m de chez nous. Augustin peut revenir à pied. » Mais si un collège public ou- vre demain, ce quadra en polo blanc y inscrira ses autres enfants, « pour des rai- sons financières ». L’établissement privé coûte 350 euros par an et par enfant, sans compter les frais de cantine (5 euros le repas). À en croire une enquête de la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves) de 2013, la majorité des parents choisirait le collège public s’il existait.

Le département n’a pas les moyens de financer un collège public Sur la col- line d’en face, des pelleteuses s’ébranlent dans un nuage de poussière. Le lycée ­public, ­financé par la Région (PS), se dresse déjà coiffé de panneaux photovol- taïques. L’inauguration est prévue pour septembre. « Pourquoi on ne construit pas le collège avant le lycée? », interroge Antoine, 7 ans. « Parce que ce ne sont pas les mêmes personnes qui décident de la construction! », réplique sa mère, Marina Giet, membre du collectif pour la promotion de l’école publique dans les Mauges.

Le conseil départemental de Maine-et-Loire refuse en effet de construire un collège supplémentaire. « On a la possibilité d’accueillir les enfants dans de bonnes conditions dans les collèges publics des environs », estime le président (UDI) Christian Gillet, qui assure que la nouvelle ligne de bus permet de s’y rendre « en vingt minutes ». Puis le département, déjà très endetté, n’a pas les moyens de financer un collège public « à 10-12 millions d’euros ». D’autant que celui-ci pour- rait, selon lui, déséquilibrer les effectifs des établissements voisins. Le courrier de la ministre de l’Éducation n’y changera rien: « Si elle veut le financer, qu’elle le fasse elle-même! » Ni la proposition du conseil régional de mettre, en attendant, « des salles à disposition pour accueillir des sixièmes » dans le nouveau lycée public.

Une pétition déposée au ministère Tant pis… Séverine Redureau enverra son fils dans le public: « Nous sommes athées et voulons que nos enfants puissent choisir leurs croyances. » Mais cela ­implique des sacrifices: « Lenny se lèvera beaucoup plus tôt, il prendra le car de 7h30 pour arriver avant le début des cours, à 8 h 20. » Et son fils restera à la cantine: pas le temps de faire l’aller-retour.

« Najat Vallaud-Belkacem parle de laïcité à tour de bras, s’énerve une ensei- gnante de l’école publique. Voilà l’occasion de montrer qu’elle veut défendre les valeurs de la République! » Une pétition, forte de 7.000 signatures, a été déposée Rue de Grenelle. « La ministre suit le dossier de près, affirme son entourage. Elle a demandé au recteur d’examiner attentivement la situation. Nous nous rapproche- rons certainement des collectivités dans les semaines qui viennent pour voir quelles solutions peuvent être trouvées. »

Dans les Mauges, le combat se veut plus large: 37 communes sur 79 ne pos- sèdent que des écoles privées. Coron, 1700 habitants, fait partie du lot. La majo- rité de la population, satisfaite de l’école catholique, ne semble rien trouver à re- dire. Mais de nouveaux venus revendiquent le droit de choisir. La famille Laigre, par exemple, préférerait scolariser ses quatre filles dans le public: l’école Saint- Louis lui coûte 623 euros à l’année. Mathilde Ferrand, elle, fait tous les jours un crochet pour déposer ses enfants à l’école publique voisine, à plus de 8 km.

Les tenants de la laïcité ne lâchent pas À Coron, la façade de l’hôtel de ville n’arbore ni drapeau tricolore ni devise républicaine. Pour le nouveau maire, Xavier Testard, ce combat public-privé n’est plus d’actualité: « On a une école dans la commune qui répond aux demandes des enfants. » Plutôt que de financer un éta- blissement public, l’ancien a fermé en 2002 faute d’effectif!, l’élu plaide la mutua- lisation avec les écoles ­publiques voisines et une meilleure prise en charge des transports.

Mais les tenants de la laïcité ne lâchent pas. Ils ont réussi à faire ouvrir un « re- gistre d’intentions d’inscription à l’école publique primaire » en mairie. « Le directeur des services académiques nous a dit qu’il fallait 48 enfants pour que ce soit via- ble », rapporte Olivier Schaffer, du comité départemental de la FCPE. Pour le mo- ment, il n’y a que 26 inscrits… « Les gens ont peur du qu’en-dira-t-on, soupire une maman. Mais si quelques familles connues osaient, d’autres leur emboîteraient le pas… »La preuve? Trois nouvelles écoles publiques ont vu le jour ces dix dernières années dans les Mauges. Le nombre d’élèves ne cesse d’y croître.

 *Le prénom a été modifié.

Marie Quenet, envoyée spéciale à Beaupréau (Maine-et-Loire) – Le Journal du Dimanche dimanche 03 mai 2015

http://www.lejdd.fr/Societe/Education/Colleges-public-ou-prive-Pas-vraiment-le-choix-730636

Commentaire: Des ressemblances avec la Bretagne! Si on résume, si la laicité lèse le clergé c’est total ringard, mais si elle est tournée contre des français bronzés, c’est génial!

Lire la suite

04 mai 2015 ~ 0 Commentaire

école primaire, un laboratoire de contre-réformes éducatives (npa)

http://www.delacaveaugrenier-blogcine.fr/wp-content/uploads/2013/04/monstres-565x290.jpg

Des milliers de postes ont été supprimés en 5 ans sous Sarkozy… et bien entendu pas restitués par Hollande. Ainsi, depuis 2008, il manquerait 1 800 postes de remplaçantEs et 4 000 postes d’enseignantEs de RASED (réseaux d’aide spécialisée aux enfants en difficulté).

Mais ce n’est pas tout... Depuis 30 ans, les gouvernements successifs n’ont eu de cesse de revenir sur le nombre d’enseignants mais aussi sur les éléments émancipateurs introduits par touches successives dans l’école. On est bien loin de Montessori qui écrivait : « L’éducation doit être une aide à ce mouvement de la vie en chaque enfant. »

La maternelle comme garderie et l’école élémentaire comme boîte de tri L’école maternelle devait être le lieu d’accueil des jeunes enfants qui, dès 2 ans, devraient avoir la possibilité de s’ouvrir au monde en étant dans un environnement stable et serein du fait de leur vulnérabilité émotionnelle.

Pourtant, aujourd’hui, dans toute la France, 7 000 classes de maternelles accueillent plus de 30 enfants en leur sein! Avec 70 000 enfants supplémentaires scolarisés en deux ans et seulement 2 511 postes prévus pour la rentrée prochai- ne, la scolarisation des tout-petits et des petits est donc la première sacrifiée.

Dans le même temps, l’évaluation de plus en plus précoce en maternelle tend à induire peu à peu l’idée que la grande section de maternelle, c’est bien la «vraie» école parce qu’on y évalue l’enfant… au lieu d’être la «vraie» école parce qu’on y apprend à connaître et à faire.

Et cette pédagogie de l’évaluation explose en élémentaire où les dispositifs se multiplient, se superposent: évaluation en CE1, en CM2, et aide personnalisée, projet personnel de réussite éducative, projet personnel de scolarisation… Le seul projet ignoré est celui qui consiste à créer des postes afin que l’effectif maximum soit de 20 enfants par classe, avec une infirmière et des RASED complets par groupe scolaire, des locaux et des supports adaptés sans qu’il soit besoin de les quémander !

Rythmes et refondation de l’éducation prioritaire: le gouvernement poursuit le sale boulot La vérité des prix, c’est que les enfants sont plus fatigués et toutes les craintes des enseignantEs étaient justifiées: transfert d’activités et d’autorité aux municipalités, par le choix des horaires et donc de l’organisation quotidienne des équipes éducatives, non formation des personnels d’animation recrutés à la va-vite et souvent avec un statut précaire, inégalité territoriale des «nouvelles activités périscolaires» en fonction de la gratuité ou pas…

Ce gouvernement, si soucieux parait-il des rythmes de l’enfant, a récemment informé la profession d’un nouveau découpage des zones de vacances scolaires en fonction des intérêts économiques des lobbies touristiques (!). Dans ce qu’ils portent de désorganisation du temps de travail et d’apprentissage et de grignotage du statut des professeurEs des écoles, les nouveaux rythmes restent les premiers facteurs de colère de la profession.

Mais la cerise sur le gâteau est venue cet hiver avec la refondation de l’édu- cation prioritaire. Loin de concentrer les moyens sur les écoles qui en avaient le plus besoin, elle a surtout permis de faire de nouvelles économies: hausse des effectifs, suppression de décharges de direction… tandis que dans les REP et REP +, c’est toujours «Rien En Plus»!

Partout en France depuis des mois, des dizaines et des dizaines d’écoles, pa- rents et enseignantEs, se mobilisent contre des fermetures de classe, le déclas- sement du réseau d’éducation prioritaire, la perte d’un enseignant sur­numéraire ou d’une décharge de direction. ;Après la grève du 9 avril, il s’agit de trouver les moyens de s’unir, par la grève le 19 mai, pour dire non à cette politique de des- truction des droits des enseignantEs et du service public d’éducation !

Lundi 4 Mai 2015 Denise Sarraute

Lire la suite

13 avril 2015 ~ 0 Commentaire

centre bretagne: non aux fermetures d’écoles!

npa fdg

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin