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15 août 2013 ~ 0 Commentaire

Éducation nationale : assouplir une « carte scolaire » de l’inégalité (LO)

Éducation nationale : assouplir une « carte scolaire » de l'inégalité (LO) dans Educ'action carteScolaire

Six ans après les mesures mises en place par Sarkozy pour donner plus de liberté aux familles en facilitant l’obtention de dérogations, l’Éducation nationale vient de rendre public un rapport sur l’évolution de l’affectation des élèves dans les établissements du primaire et du secondaire.

Le bilan est sans appel. La fuite d’élèves vers de « bons lycées » s’est accélérée, aggravant par voie de conséquence les difficultés des écoles, collèges et lycées ayant mauvaise réputation : pour faire court, les établissements des quartiers populaires. Depuis les années 1960, le prin- cipe de base pour affecter un élève dans un établissement est celui dit de la carte scolaire. L’élève doit être scolarisé au plus près de son domicile dans l’établissement du secteur. Le territoire est ainsi découpé en secteurs de scolarisation. C’est vrai pour l’école maternelle et élémentaire, pour le collège et le lycée.

Ce système n’a en fait jamais permis une quelconque égalité des chances. Même s’il était appliqué d’une façon stricte, il demeu- rerait fondamentalement inégalitaire, tout simplement parce que les quartiers, les villes, les territoires n’ont pas le même profil social. Une école de Neuilly, banlieue chic de Paris, ne scolarise pas les enfants des mêmes milieux qu’une autre de Sevran, en Seine-Saint-Denis, par exemple. Lorsqu’elles jugeaient que l’école, le collège ou le lycée de leur secteur n’avaient pas, selon elles, bonne réputation et le bon niveau, les familles qui le souhaitaient se sont toujours débrouillées pour inscrire leur enfant ailleurs. Indiquer l’adresse de la nourrice, d’un grand-parent, pour scolariser dans le primaire ou au collège, choisir une option rare, tel le chinois ou le théâtre, proposée par de « bons lycées », sont depuis longtemps quelques-uns des moyens pour y parvenir.

La réforme de 2007 a donné seulement davantage de possibilités pour ceux qui le souhaitaient de fuir les écoles, collèges et lycées du secteur initial d’affectation. Cet assouplissement fut alors justifié par l’objectif prétendu de favoriser l’égalité des chances et d’aider à la mixité sociale, puisque, théoriquement, la carte scolaire était assouplie pour tous. Quel que soit le milieu social, les dérogations étaient accessibles à tous. Les enfants des milieux populaires boursiers devaient même être prioritaires.  Le rapport publié indique que, comme on pouvait s’y attendre, la réforme a eu un effet inverse aux bonnes intentions affichées. En 2007, 6 % des élèves entrant en sixième avaient demandé une dérogation. Ce pourcentage a bondi à 11 % quatre ans plus tard, et la réforme a profité aux milieux les plus favorisés pour qui, c’est une évidence, il est plus facile de définir une stratégie pour obtenir ce type de dérogations.

Le résultat a été que les établis-sements ainsi abandonnés ont concentré des difficultés toujours plus grandes et les résultats scolaires les moins bons. Le gouvernement réfléchirait maintenant à la manière de revenir en arrière. En attendant, ce n’est pas la réforme dite des « rythmes scolaires » de Peillon qui va aider les établissements en difficulté. Mettant à la charge des communes l’orga-nisation du temps scolaire, elle va encore aggraver l’inégalité entre les écoles primaires des communes riches et de celles qui le sont moins, c’est dire si l’égalité des chances au niveau de l’école est une formule creuse.

Michel ROCCO http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2350&id=6

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23 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Universités, l’Unef pointe des « frais illégaux » à Rennes, Nantes et Brest (LT)

Universités, l'Unef pointe des

Vingt-quatre établissements du supérieur, dont Rennes 1, l’UBO et Centrale Nantes, imposeraient des frais d’inscription « illégaux » à leur étudiants, selon l’Unef. Le syndicat dénonce par ailleurs des « sélections illégales » des étudiants dans 27 universités, mais aucune en Bretagne. 

La cuvée 2013 du dossier Unef sur le non-respect par les universités et les établissements publics de l’enseignement supérieur de leurs obligations en matière d’accueil des étudiants vient de sortir. Comme chaque année, le syndicat pointe notamment les « frais d’inscription illégaux » ayant cours dans plusieurs d’entre eux.

« Frais de dossier » ou de « sport » Cette année, l’AgroCampus Ouest et l’Université de Rennes 1 sont notamment pointés du doigt pour des « frais pédagogiques » à hauteur de 750 euros demandés aux étudiants en Master 1 et 2 co-habilités dans les deux établissements, frais « dont les prestations ne sont pas définies », dénonce le syndicat. L’AgroCampus Ouest, présent à Rennes et Angers, est également accusé de demander 50 euros de « frais de dossier » à l’inscription. L’Ecole Centrale de Nantes est pointée du doigt pour ses 92 euros de frais de dossier à l’inscription au concours. L’Université de Bretagne occidentale (rebaptisée Bretagne Ouest dans le document de l’Unef), enfin, apparaît au titre des 25 euros qu’elle demande pour « frais de sport ». C’est d’ailleurs sous cette dénomination, correspondant à des sommes de 10 à 50 euros, que sont pointés le plus grand nombre d’établissements. Le « record » de l’année reviendrait à l’Institut national polytechnique de Toulouse (INPT), où l’inscrip- tion au diplôme d’ingénieur s’élève à 9.000 euros contre un tarif réglementé de 606 euros. Le montant de 9.000 euros « concerne seulement une cinquantaine d’étudiants de masters internationaux, majoritairement dispensés en anglais », a précisé l’établissement.

« Prestations clairement identifiées » La tendance est plutôt à l’amélioration avec 24 établissements épinglés, contre 30 l’an dernier et plus 50 en 2005, souligne toutefois le syndicat.  Une baisse que souligne également dans un communiqué la ministre de l’Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, ce qui « témoigne de l’engagement des établissements à y mettre fin ». La ministre « a demandé que soit procédé à l’examen rigoureux des informations » rendues publiques par l’Unef.  « Les recteurs seront saisis pour rappeler à l’ordre les universités qui sor- tiraient de la légalité » et « le cas échéant, l’Etat prendra ses responsabilités pour y mettre fin », assure Geneviève Fioraso. »Si les universités dis- posent de la possibilité de réclamer des droits d’inscription complémentaires, ceux-ci doivent être facultatifs dès l’inscription, correspondre à des prestations clairement identifiées et qui ne relèvent pas du coeur des missions de service public des universités », rappelle la ministre.

Une « tendance » à la sélection Vingt-sept universités pratiquent une sélection illégale des étudiants après le bac, dénonce par ailleurs l’Unef. « De plus en plus d’établissements choisissent de limiter le nombre de places disponibles dans leurs licences par un processus de sélec- tion », déplore le premier syndicat étudiant dans son rapport annuel sur les dérives des universités.  « Cette nouvelle tendance » est « en totale contradiction avec la loi, qui stipule que la sélection d’un bachelier pour l’accès aux premiers cycles universitaires est prohibée », ajoute le syndicat.  Parmi les mises en cause figurent les universités de Savoie (pour ses licences de physique-chimie), Bordeaux 1 (mathématiques), Paris I et Paris X (droit franco-allemand), Bourgogne (Administration économique et sociale), Rouen, Marne-la-Vallée, etc.

« Pré-requis » ou non ? Certaines universités s’abritent, selon l’Unef, derrière le fait que des formations spécialisées nécessitent des « pré- requis », par exemple en musique. Le syndicat rejette cet argument au motif qu’une formation de licence « est censée être adaptée au niveau baccalauréat ».  Cette pratique résulte du « manque de moyens » des établissements, dont 16 prévoient d’être en déficit à la fin de l’année, selon le syndicat. Dans ce contexte, certaines « préfèrent réduire le nombre d’étudiants plutôt que d’affecter leurs moyens à l’embauche d’enseignants et au maintien de leurs capacités d’accueil », ajoute l’Unef. Elle a pour conséquence de pousser les étudiants « dans les bras du privé », estime le syndicat. Selon son rapport, seuls 32,2% des bacheliers suivent des cours en faculté aujourd’hui contre 39,1% en 2005, alors que la progression des étudiants dans le privé a augmenté de 32% au cours de cette période.

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17 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Enseignants, hausse des recrutements: pour les syndicats, le compte n’y est pas (LT)

Enseignants, hausse des recrutements: pour les syndicats, le compte n'y est pas (LT) dans Educ'action les-profs-97-648x251

A l’issue des concours 2013, le recrutement de professeurs a augmenté de 39 % par rapport à la session précédente. « Au total, ce sont 17.585 recrutements qui ont été réalisés », soit « près de 5.000 de plus », a indiqué le ministère de l’Education nationale. Mais, pour les syndicats, le compte n’y est pas. Loin de là !

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« Les postes n’ont pas pu être pourvus à 100 % », mais « des progrès se font sentir, y compris dans les disciplines rencontrant des difficultés de recrutement particulières », a souligné le ministère de l’Education nationale, notant que « pour la première fois depuis trois ans, les 1.000 postes proposés au Capes de lettres modernes ont pu l’être ». En revanche, dans le secondaire, les difficultés subsistent dans les matières déjà défi- citaires. C’est le cas des mathématiques (un tiers des postes non pourvus), des lettres classiques (deux-tiers), de l’anglais et de l’allemand (respectivement un quart).
Des « mesures d’urgence » réclamées
Dans le primaire, les problèmes de recrutement apparaissent dans « les académies de Créteil, Paris et Versailles, a indiqué Sébastien Sihr, du SNUipp-FSU. On avait une tendance à la baisse du nombre de candidats dans ces académies, mais, pour cette session 2013, un cap a été franchi et on a basculé dans une situation de déficit », a-t-il dit, réclamant des « mesures d’urgence avec des pré-recrutements ». « Au final, aux concours des professeurs des écoles, près de 230 postes n’ont pas de candidats. On est dans une meilleure perspective (…), mais on a des postes qu’on n’arrive pas à pourvoir, c’est le paradoxe français ». « On a là la conséquence d’une dévalorisation du métier ces dernières années, soulignée par l’OCDE, et d’une formation totalement abandonnée ».

« Un métier qui apparaît comme de plus en plus difficile »
Christian Chevalier, du SE-Unsa, y voit, de son côté, une « vraie alerte ». « On a du mal à recruter en raison de la faiblesse de certains viviers – on a moins d’étudiants en master qu’on en avait en licence -, des faibles rémunérations, et d’un métier qui apparaît comme de plus en plus difficile ».

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12 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Scolarisation. 6.000 enfants handicapés sans solution à la rentrée ! (LT)

Scolarisation. 6.000 enfants handicapés sans solution à la rentrée ! (LT) dans Educ'action Image_AVS

C’est une information d’Europe 1 : à la rentrée prochaine, 6.000 enfants handicapés n’auront pas de places dans des établissements médicalisés ou adaptés. « Il y a un manque de places qui existe depuis quelques années (…), alors qu’une décision a été prise par la Maison départementale des personnes handicapées pour qu’ils puissent faire leur scolarité dans des conditions normales dans un institut médico-éducatif », a expliqué Marie Derain, Défenseur des droits chargé des droits des enfants. Face à cette situation, au non-respect de la loi de 2005 sur le handicap, certains parents sont désespérés. Ce qui est le cas de Nora, mère de jumeaux autistes âgés de 15 ans : le premier a trouvé une place dans un établissement spécialisé; le second, non. L’adolescent n’est plus scolarisé depuis maintenant deux ans et demi.  »J’en ai ras-le-bol. (…) Mon fils doit se demander pourquoi son frère va à l’école et pas lui », a-t-elle témoigné.

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04 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Morbihan, conseil général. Rassemblement de soutien à une éducatrice spécialisée (LT)

Morbihan, conseil général. Rassemblement de soutien à une éducatrice spécialisée (LT) dans Educ'action y-en-a-marre-300x182

Une vingtaine d’agents du conseil général du Morbihan se sont rassemblés, hier matin, devant le centre départemental de gestion de la fonction publique territoriale, à Vannes, pour soutenir une éducatrice spécialisée (de l’aide sociale à l’enfance), convoquée le matin même en conseil de discipline. « Elle a refusé une charge de travail supplémentaire qui aurait dégradé la qualité de service rendu aux familles morbihannaises et risque six mois de mise à pied », indique le syndicat CGT. « Chaque éducateur a un certain nombre d’enfants placés à gérer, dit Alain Le Guennec, délégué CGT. Mais aujourd’hui, il y a de plus en plus de dossiers et les agents n’y arrivent plus. Alors, elle a dit ça suffit et a refusé de prendre un dossier supplémentaire ». Alain Le Guennec ajoute : « On demande aux agents d’en faire de plus en plus à moyens constants. Or, la population du Morbihan augmente de 1 % par an. Le nombre d’ayants droit à l’action sociale augmentant, il faut plus de moyens ». 4 juillet 2013

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/morbihan/conseil-general-rassemblement-de-soutien-a-une-educatrice-specialisee-04-07-2013-2159540.php

 

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28 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Loi Fioraso : la LRU 2.0 doit être mise en échec

Loi Fioraso : la LRU 2.0 doit être mise en échec  dans Educ'action 68nanterre-163x300

C’est dans l’indifférence médiatique que la loi Fioraso a été votée au Sénat le 22 juin, devant une vingtaine de Sénateurs présents.

Elle a recueilli les votes du PS, d’une partie de la droite et du groupe EELV. De plus, les sénateurs EELV ont fait adopter un amendement qui, dans les circonstances actuelles et sans autre garantie pour leur statut national, pourrait conduire à instituer un recrutement purement local, voire mandarinal, des enseignants-chercheurs. Au-delà de cet amendement, qui réveille aujourd’hui la colère d’une grande partie de la communauté universitaire, c’est toute la loi Fioraso qui doit être rejetée. En effet, cette loi vise à la mutualisation des moyens entre universités d’un même « territoire » et aboutirait immanquablement à la suppression de filières dans chaque université de ce « territoire ». Elle entend de surcroît transformer chaque université en entreprise qui dégagerait des moyens propres en vendant au prix fort ses formations (aux étudiants étrangers ou en reprise d’études, pour commencer, à l’ensemble des étudiant-e-s à terme). Elle impliquerait le « transfert » vers le privé des résultats d’une recherche publique entièrement soumise aux injonctions de l’État « stratège » et aux intérêts à court terme des capitalistes. Dans le cadre de l’acte 3 de la décentralisation, la régionalisation de l’université conduirait à la soumission du secteur au patronat local et à la remise en cause des statuts nationaux des personnels. Inspirée par une vision néolibérale, marchande et utilitariste de l’université, la loi Fioraso est une nouvelle arme de destruction massive du service public national d’enseignement supérieur et de recherche, dans la droite ligne de la loi LRU de Sarkozy et Pécresse.

Le vote de la loi Fioraso, quelle que soit sa forme définitive après passage en commission mixte du Sénat et de l’assemblée, ne signifie pas que le combat contre la marchandisation de l’université va s’interrompre. La mobilisation contre la loi LRU avait connu ses moments les plus forts bien après le vote de la loi, en 2007 et 2009 notamment. La rentrée universitaire va être également marquée par une pénurie budgétaire sans précédent : les suppressions de postes continuent, les moyens pour le fonctionnement sont en chute libre. L’austérité dans l’enseignement supérieur et la recherche entraîne une dégradation violente des conditions de travail des personnels comme des conditions d’études des étudiants. La mobilisation contre la loi « LRU 2.0″ de Fioraso et l’austérité ne fait que commencer. A nous, étudiant-e-s et personnels des universités et des labos, d’organiser la riposte dès la rentrée universitaire !

Montreuil, le 26 juin 2013 http://www.npa2009.org/node/37892

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25 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Projet de loi Fioraso : L’éducation n’est pas une marchandise !

Projet de loi Fioraso : L’éducation n’est pas une marchandise ! dans Educ'action lutte-de-classe1

La nouvelle loi-cadre sur l’enseignement supérieur et la recherche (ESR), présentée au conseil des ministres le 20 mars par Geneviève Fioraso, est l’aboutissement d’une décennie de déréglementation du système universitaire en France. Elle ne répond en rien aux attentes, même modérées, de ceux et celles qui s’étaient battus contre les « réformes », décrets, plans et arrêtés qui ont attaqué et plongé ce secteur dans la pénurie depuis 2003.

En 1999, le ministre de l’Education nationale, Claude Allègre (PS), lançait avec ses homologues allemand, britannique et italien, un appel à la construction d’un « espace européen de l’enseignement supérieur » (EEES). Un document commun, adopté par 29 pays, lançait le « processus de Bologne ». Il préconisait la diversification des sources de financement des universités et entamait une première déréglementation des diplômes. Un objectif assumé était de concurrencer les universités états-uniennes et des pays émergents, en créant quelques grands pôles compétitifs. En 2002, son successeur Jack Lang (PS également) instaurait la réforme « licence-master-doctorat » (LMD). Les diplômes étaient désormais composés de crédits (les ECTS), correspondant à un nombre d’heures d’enseignement. Mais une heure d’enseignement ne signifie pas obligatoirement une heure de cours en présence d’un enseignant : l’attribution des ECTS prend aussi en compte le temps de travail personnel des étudiants. Cela a été le début d’une folle déréglementation : chaque université peut varier, selon ses moyens et ses choix, le contenu de ses formations (nombre de matières et d’« enseignements complémentaires », organisation des emplois du temps et des modalités de contrôle des connaissances…). C’est la fin du cadre national des diplômes alors que celui-ci est le garant d’une reconnaissance sur le marché du travail de garanties collectives sociales.

Autonomie des universités et politiques d’austérité En 2007, cette fois sous Sarkozy et sa ministre Valérie Pécresse, la loi « relative aux libertés et aux nouvelles responsabilités des universités » (LRU) donnait à chaque université la possibilité de gérer ses ressources humaines et ses primes, ainsi que de recruter sur fonds propres des personnels techniques, enseignants ou chercheurs, en contrat de droit privé. L’autonomie permet désormais aux universités de privilégier les filières de leur choix, tandis que la part d’argent public leur étant directement affecté (la DGF, dotation générale de fonctionnement) passait sous la barre des 50 %. Cela a été le point de départ de la crise budgétaire qui aujourd’hui débouche et sert de justification aux politiques d’austérité dans les universités. Au printemps 2009, le décret d’application de la LRU sur le statut des enseignants-chercheurs, prévoyant que ces derniers se verraient attribuer par leurs présidents plus ou moins d’heures d’enseignement en fonction de la qualité de leurs travaux – au détriment de leur temps de recherche – mit le feu aux poudres. La seconde attaque contenue dans les décrets d’application de la LRU était le calcul des « performances » de chaque université pour leur financement, accroissant ainsi un peu plus les inégalités entre elles.

La loi Fioraso, dans la continuité La nouvelle loi Fioraso s’inscrit comme une nouvelle pièce, dans la droite ligne des réformes précédentes, de cette refonte de l’enseignement supérieur en fonction des besoins de la classe dirigeante. Elle ne remet absolument pas en cause l’autonomie budgétaire, pourtant à l’origine des déficits de millions d’euros que les universités connaissent aujourd’hui. Le gouvernement Hollande-Ayrault a même apparemment l’intention d’aggraver les choses, puisqu’il annonce que sa loi entrainera une économie de 50 à 100 millions d’euros sur les budgets de l’ESR. Ce projet de loi poursuit le même mouvement de dérégulation de l’enseignement supérieur et d’adaptation du système éducatif aux besoins des entreprises. Il accentue les processus d’autonomie. La refonte de la carte universitaire (répartition des universités et des formations sur le territoire) se poursuit autour d’une logique de grands regroupements régionaux permettant de piloter les budgets en articulant austérité et compétitivité. Main dans la main avec Peillon, qui réforme de son côté le secondaire, il s’agit d’accroître la régionalisation de l’éducation, mettant fin de fait au service public national.

Adapter les diplômes aux besoins des capitalistes La nouvelle loi veut développer la professionnalisation et instaurer « la spécialisation progressive des études ». Derrière ce terme, il s’agit de développer la pluridisciplinarité en première année de licence, voir en deuxième. La spécialisation disciplinaire n’arrivant qu’à la fin du cycle de licence, cela dégrade la valeur d’un diplôme puisque cela abaisse le contenu pédagogique, les savoirs enseignés. Sur le plan pédagogique, la professionnalisation et la pluridisciplinarité réduisent le contenu disciplinaire des diplômes et permettent de former une main-d’œuvre ayant un socle basique de connaissance, déjà rodé aux logiques d’entreprises et donc facilement adaptable sur le marché du travail. Le cœur de l’offensive du projet de loi consiste à renforcer l’adaptation en temps réel de l’offre de formation aux évolutions économiques.

Alors que les diplômes sont actuellement habilités sur leur spécialité, le projet de loi propose d’établir une nomenclature nationale des licences qui comprendrait l’ensemble des intitulés des licences, mais s’arrêterait à la mention et donc la définition de grands ensembles de formation. Ainsi, 50 % d’un diplôme pourraient tout à fait n’avoir rien à voir avec la mention pédagogique de ce diplôme, être « à la carte », mais cela n’empêcherait pas un diplôme d’être reconnu dans cette nomenclature. Celle-ci ne serait toutefois absolument pas contraignante sur le marché du travail, puisque non mise en rapport avec l’inscription des diplômes dans les conventions collectives. L’élaboration des diplômes dans les universités se ferait selon une nouvelle procédure d’accréditation. C’est un renforcement très important de l’autonomie pédagogique des établissements, car une fois que l’université aura obtenu l’accréditation pour un domaine de formation, elle pourra aisément modifier son contenu. C’est la possibilité de faire évoluer les formations très rapidement, y compris pourquoi pas d’un semestre à l’autre, en fonction des évolutions économiques, des stratégies budgétaires des universités, des effectifs dans les diplômes en question ou d’autres critères encore plus opaques. Une licence obtenue par un étudiant aura beau être reconnue dans une nomenclature nationale, sa qualité et son contenu seront encore plus marqués par l’établissement dans lequel elle aura été obtenue, voire l’année de son obtention.

Accroître la concurrence entre université Le gouvernement propose de mettre en place des contrats budgétaires avec des regroupements d’universités. A l’heure actuelle, chaque université passe avec l’Etat un contrat tous les cinq ans pour obtenir ses moyens financiers sur des critères précis. Demain, avec ces regroupements d’universités, ce ne sera plus chaque université qui recevra les financements mais les nouvelles structures ainsi créées, qui les répartiront ensuite à leur guise. Le regroupement réorganisera la carte des formations à l’échelle d’un territoire, selon la stratégie qu’il aura adoptée. Dans la pénurie budgétaire actuelle, cela laisse présager des fermetures de filières, en particulier dans les petites universités. Le processus entamé depuis plus de dix ans, visant à adapter l’éducation à l’économie capitaliste, se poursuit donc sous le gouvernement Hollande. Une raison de plus d’organiser la résistance face à cette politique. Une résistance qui ne pourra se construire qu’avec le monde du travail, tant ces réformes de l’éducation concerne l’ensemble de notre camp social. Car si la classe dirigeante s’en prend si régulièrement au système éducatif, c’est parce qu’il forme les travailleurs de demain. La casse des formations, c’est la casse des conditions de travail des générations futures. C’est tirer vers le bas les conditions de travail de tous en faisant jouer à plein la concurrence. Parce que notre avenir vaut plus que leurs profits, la riposte de tous est donc nécessaire.

Par Jean-Baptiste Pelé et Hugo Perlutti Samedi 22 juin 2013Publié dans : Revue Tout est à nous ! 44 (juin 2013)

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10 juin 2013 ~ 0 Commentaire

L’extravagante leçon d’Histoire de Vincent Peillon à des enfants de dix ans (Rue 89)

L’extravagante leçon d’Histoire de Vincent Peillon à des enfants de dix ans (Rue 89) dans Educ'action etambour

La dernière réunion du Parlement des enfants – une sorte de mise en scène convenue qui voit les responsables politiques faire semblant de prendre les enfants au sérieux, pourvu que ces derniers récitent bien leur leçon – a donné l’occasion à Vincent Peillon, endossant ses habits préférés de Père La Morale, de développer devant son jeune auditoire, sans doute décontenancé, une conception qu’on lui sait chère de l’Histoire et de la République, malheureusement sans guère de rapport avec la réalité. Le ton avait été donné par le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, avec des accents à la Déroulède :

« Cette année, vos travaux vous ont permis d’approfondir le sens de la devise de notre République, “ liberté, égalité, fraternité ”. Héritée, comme les trois couleurs, bleu, blanc, rouge, de notre drapeau, de la révolution de 1789, cette devise, inscrite au fronton de chacune de vos mairies ou de vos ambassades, constitue l’identité profonde de notre démocratie. »

Qu’on se le dise : à l’école primaire, l’éducation civique – du moins dans sa version BOEN (Bulletin officiel de l’Education nationale) – c’est d’abord cela : se lever pendant la Marseillaise et honorer le drapeau. Le reste attendra.

Rousseau et Kant, des auteurs pour les 9-10 ans

Ce fut alors au tour de Peillon de se lancer dans une extravagante homélie à la gloire de la République – citée pas moins de onze fois en quelques minutes – et de la Révolution française (quatre mentions), agrémentant son exposé de références à Rousseau, Condorcet, Kant, des auteurs parfaitement appropriés à des enfants de neuf ou dix ans, mais aussi à Robespierre, à qui l’on doit, paraît-il, la devise républicaine « sainte devise de nos pères ». Les écoliers, sage- ment rassemblés dans l’hémicycle, auront donc appris que la liberté, l’égalité, la fraternité sont le legs de l’homme de la Terreur, de la loi des suspects, des massacres de masse et de la guillotine. Puisque c’est le Ministre qui le dit. Mais Peillon ne saurait s’arrêter à de si mesquins détails : en quelques minutes, il délivre sa version de l’Histoire, celle d’un régime républicain sans taches, immaculé, paré de toutes les vertus, un régime à qui l’on doit la liberté, l’instruction, la justice sociale, qui a fait sortir l’humanité des ténèbres, quelque chose de jamais égalé et d’ailleurs d’insurpassable.

Si les écoliers ne sont pas émus aux larmes…

Florilège :

  • « Ce qui a fait notre modernité, ce qui a fait la République depuis la Révolution française, c’est l’affirmation que l’humanité se définit précisément par cette qualité imprescriptible et qu’aucun pouvoir ne peut et ne doit atteindre : la liberté de chaque individu. Liberté de conscience, liberté de pensée, liberté d’expression, liberté de mouvement, liberté de contester tous les pouvoirs […] ;
  • Pour que la liberté soit celle de chacun, il faut veiller à ce qu’il n’y ait pas entre les hommes trop d’inégalités ; il faut veiller à ce que chaque homme et chaque femme puisse avoir accès à cette liberté. Cela suppose des conditions d’instruction auxquelles on a réfléchi dès la Révolution. Elle a donné à chacun ce droit à l’instruction […] ;
  • La République est donc allée plus loin, elle s’est dit qu’il fallait la liberté pour chacun et pour tous, l’égalité des droits pour tous et pour chacun, mais aussi la fraternité, la justice, la solidarité. Telle est la grandeur de notre République : avoir posé la question de la justice sociale et du droit à la subsistance, vouloir vaincre à la fois l’ignorance et l’indigence […] ;
  • L’idée même de la fraternité, la voici : c’est le père à la table avec ses enfants. L’enfant est plus faible que le père, mais si l’enfant a faim, alors à chacun selon ses besoins. Cette grande devise de justice a animé tout le développement de notre République au XIXe siècle. »

Si les écoliers à qui l’on s’adresse ainsi ne sont pas émus aux larmes, c’est à désespérer de l’éducation civique… ou de la République. A moins qu’ils ne se soient endormis.

L’Histoire qu’on racontait au XIXe siècle

Pour les besoins de la cause, Peillon réécrit l’Histoire. Ou plutôt, il recopie celle qu’on écrivait au XIXe siècle, avec ses petits mensonges et ses grandes omissions, celle qu’ont apprise des générations de Français et dont on pensait pourtant qu’elle n’avait plus sa place sur les bancs de l’école ou dans le débat public. Une Histoire qui oublie que la république est née dans un bain de sang – la Terreur pour la première, la Commune pour la troisième –, qu’elle fut plus souvent portée sur la coercition et la violence que sur la tolérance. Qu’elle s’est compromise sans remords avec la colonisation et l’esclavage, pudiquement qualifié de travail forcé. Qu’en 1940, sans beaucoup d’hésitations, elle a laissé les clefs de la maison à Vichy et à la collaboration. Qu’elle a légitimé la torture et les massacres de la décolonisation, les tribunaux d’exception. Que la raison d’Etat a couvert bien des crimes. Qu’elle s’est accom-modée, jusqu’en 1945, d’une démocratie sans les femmes et aujourd’hui sans les immigrés. Que, dans un pays miné par le chômage et les inégalités, la justice sociale est plus souvent l’objet de belles paroles que d’une pratique. Et qu’enfin, dans les écoles, les enfants en situation d’échec sont dans tous les cas issus de milieux défavorisés, ce qui ne semble guère émouvoir un Ministre manifestement peu désireux d’y remédier et dont la loi d’orientation, dont il n’est pourtant pas peu fier, se révèle au final comme un élément de communication, en réalité une coquille vide.

Une conception de l’éducation civique ringarde et rudimentaire

Au fil des mois, la politique de Peillon se dévoile réellement pour ce qu’elle est : à défaut de refonder le système éducatif, il se rabat toujours plus sur le champ des symboles, dans l’espoir de flatter un électorat complaisant en la matière. Après le drapeau au fronton des écoles, après les leçons de morale, voilà qu’il instrumentalise l’Histoire dans un sens qui laisse d’ailleurs bien mal augurer d’un renouvellement des programmes ; renouvellement, qu’au passage, on attend toujours. Comme tous ses prédécesseurs, il s’avère incapable de dissocier le légitime apprentissage de la vie collective du cadre national, qui n’en est que la déviance. Son intervention ampoulée et pontifiante devant le Parlement des enfants témoigne d’une conception de l’éducation civique ringarde et rudimentaire, où l’endoctrinement et la contemplation béate d’un passé qui n’a jamais existé seraient censés répondre aux défis du moment.

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07 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Éducation nationale : une loi largement votée…

Éducation nationale : une loi largement votée… dans Educ'action c23-10-12-classes-surchargee

Après son adoption au Sénat le samedi 25 mai, le gouvernement est sur le point de faire valider la loi d’orientation sur l’école.

Fait politique significatif, les sénateurs communistes ont voté pour cette loi. Ils seront certainement bientôt suivis par les députés, ce qui n’est pas sans créer des remous au sein du Front de gauche. Pour justifier ce vote, les sénateurs évoquent des « avancées » et arguent de reculs du gouvernement. Il  n’en est rien, les modifications sont marginales, le contenu de la loi d’orientation demeure le même, avec notamment la confirmation des mesures sarkozystes, la poursuite de la destruction de la formation des enseignants, la marche vers l’école du socle commun et le projet éducatif territorial contre lequel les enseignantEs du premier degré se battent toujours. Au-delà, qui peut croire que la régionalisation/destruction de l’enseignement professionnel public n’est pas enclenchée ?

Nouvelle offensive sur les rails
Le gouvernement ne peut que se féliciter d’un tel « rassemblement ». La suite logique, c’est le statut des enseignantEs. Vincent Peillon ne s’en cache pas, tandis que le rapporteur de la loi d’orientation explique que la Cour des comptes « donne 1 000 fois raison à notre politique » (cf. article dans Tout est à nous ! n°197). Une concertation sur le statut est prévue à l’automne. Plus que jamais, la défense de l’enseignement public implique de rompre avec ce gouvernement.

Eric Aba Jeudi 6 juin 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 198 (06/06/13)

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31 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Rapport de la Cour des comptes : ronger l’éducation jusqu’à l’os

Rapport de la Cour des comptes : ronger l’éducation jusqu’à l’os dans Educ'action topaze-1950-07-g

La Cour des comptes a publié, le 22 mai dernier, un rapport sur l’éducation. Le titre est clair : « gérer les enseignants autrement. » Rien de moins. Le problème est simple : alors que 70 000 postes d’enseignants ont été supprimés ces dernières années, l’éducation « coûte » encore à l’État 49, 5 milliards d’euros, premier poste de dépense de l’État. La Cour des comptes a donc fait l’inventaire de toutes les dépenses que représente la transmission de savoirs et de savoir-faire. L’avantage de ce long rapport est qu’il donne une explication économiste de toutes les réformes de ces cinq dernières années.

Casse du statut de fonctionnaire
Pour la Cour des comptes, le problème central n’est pas un manque d’enseignantEs (que ce soit les enseignantEs remplaçantEs, les réseaux d’aide ou le manque de candidat aux concours), mais une trop grande rigidité des horaires. Les enseignantEs n’ont pas l’obligation de faire 35 heures par semaine, ils sont uniquement tenus d’enseigner 18 heures par semaine dans les collèges et lycées (ou 15 heures pour les agrégéEs) ou 26 heures à l’école. Tous les rapports et sondages de ces dernières années montrent qu’unE enseignantE travaille effectivement 40 voire 42 heures par semaine en moyenne. Mais cela ne doit pas être assez pour la Cour des comptes qui propose d’annualiser le temps de travail des enseignants. Ceci permettrait notamment de ­diminuer les heures supplémentaires, de supprimer un certain nombre de décharges horaires accordées aux profs en première et terminale (les « heures de chaire »). Voilà comment la Cour des compte annonce pouvoir économiser 8 041 équivalents temps plein (ETP)…

Conséquence de « l’école du socle »
Pour aller plus loin, le rapport propose que les instits puissent enseigner au collège et réciproquement. À ces niveaux, il s’agit d’enseigner « le socle commun de connaissance », c’est-à-dire un minimum pour tous. Donc peu importe la formation des enseignants ou ses spécificités… Dans cet élan, la Cour des comptes propose que les remplacements soient effectués au sein d’un établissement et que touTEs les enseignantEs soient au maximum de service, indépendamment de la matière enseignée. Enfin, les directeurs d’école, les proviseurs ou les recteurs d’académie doivent pouvoir recruter des ensei- gnantEs.  En clair, un prof de français pourra se retrouver à enseigner les maths ou les SVT, sur plusieurs collèges ou dans l’école d’à côté, pourvu qu’il soit à temps plein. Peu importe, tant que l’État fait des économies ! Au-delà, si toutes ces recommandations sont appliquées, ça en est fini du service public national d’éducation, du statut d’enseignant-fonctionnaire, qui est déjà fortement attaqué. Voilà comment la Cour des comptes propose d’économiser 2 527 ETP…

Diminuer la masse salariale
Pour faire passer cette pilule, la Cour des comptes propose de travailler sur les salaires. Par rapport aux enseignantEs d’Europe, unE enseignantE est payéE 15 % à 20 % de moins en France. La Cour des comptes a une solution pour augmenter les salaires : réduire les enseignements et les filières, ce qui aura comme conséquence de diminuer le nombre d’enseignantEs, et on pourra ainsi payer plus ceux et celles qui restent, tout en diminuant le volume global.
Tout ceci a comme un goût de déjà vu, et la Cour des comptes n’invente rien. Les réformes qu’elle propose ont déjà vu le jour sous la droite, avec les réformes Fillon, de Robien, Ferry, Darcos… Ce qui est nouveau, c’est que cette fois, c’est le PS qui est au pouvoir. Et Peillon trouve que le rapport de la Cour des comptes comporte « beaucoup de bonnes choses ». Il a d’ailleurs décidé d’ouvrir en septembre 2013 des négociations sur les salaires. Voilà où les principaux syndicats vont s’engouffrer. Mais sans rapport de forces, sans manifestations et grèves massives des enseignants, il y a fort à parier que l’on subisse la même défaite que sur la loi de refondation de l’école cette année. C’est pourquoi, nous devons dès maintenant informer largement de ce que trame le gouvernement, sous couvert d’un rapport « objectif » de la Cour des comptes. Et construire une opposition la plus large possible à cette politique d’austérité.

Raphaël Greggan Vendredi 31 mai 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 197 (30/05/13)
Rapport : www.ccomptes.fr/Publications/Publications/Gerer-les-enseignants-autrement

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