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01 août 2017 ~ 0 Commentaire

licence (npa)

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APB, « prérequis en licence », réduction des budgets : attaque généralisée dans l’enseignement supérieur

Alors que le gouvernement Macron-Philippe profite de l’été pour avancer sur sa loi travail 2, l’enseignement supérieur et la recherche ne sont pas exempts des attaques du ministère, entre la réduction des budgets, les 65 000 bacheliers sans facs, et la réforme sur la sélection en licence pour 2018.

65 000 étudiants sans inscription…

Ils n’étaient que 2 500 l’an dernier, les voilà 65 000, soit près d’un étudiant sur 13, à ne pas avoir été admis dans une formation post-bac par le logiciel APB. Évidemment, l’augmentation de celles et ceux qui commencent leur vie estudiantine par une année blanche n’est pas due à un problème informatique du portail APB, malgré des défaillances régulières. En réalité, il était attendu près de 40 000 demandes de plus, à raison de l’augmentation du nombre de bacheliers chaque année.

Mais les récentes attaques contre les universités, qui ont amené à des fermetures de filières ou à des réductions des places disponibles, ont rendu les universités françaises incapables d’accueillir tous les bacheliers. En effet, le quinquennat Hollande aura été celui des « fusions d’universités », qui ont largement abouti à des fermetures de filières (surtout dans les sciences sociales et les arts) et parfois d’établissements. La nouvelle ministre de l’ESR, Frédérique Vidal, a d’ailleurs annoncé que cette situation ne pouvait plus durer, pour instaurer dès 2018 ce qui existe déjà de fait : la sélection dès la licence.

La sélection en licence dès la rentrée 2018

C’est la prochaine attaque d’ampleur à laquelle devront faire face les étudiantEs : dès 2018, le gouvernement veut imposer la sélection en licence sous la forme de « prérequis ». Une façon de revenir sur le droit de tous les étudiantEs à pouvoir aller dans l’enseignement supérieur, en s’appuyant sur les déficits de places, qui exempte le gouvernement de toute responsabilité.

D’autant plus que la sélection existe déjà à l’université : outre la sélection en master 1, qui a été instaurée cette année par le gouvernement Hollande et acceptée par l’Unef, ce sont près de 380 cursus universitaires qui pratiquent déjà la sélection, notamment via la forme sélective des doubles licences. Le moyen de faire une université à deux vitesses, entre des cursus d’excellence sélectifs d’un côté, avec plus d’heures et des classes moins remplies, et des cursus « poubelles » de l’autre, avec moins d’heures de cours et des salles pleines à craquer…

Et on peut penser que cela va aller de mal en pis : le gouvernement a aussi annoncé une baisse de 331 millions d’euros du budget pour le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Des centaines de millions d’euros qui seront surtout retirées aux facultés les moins prestigieuses : en 2013, le budget moyen de l’État pour un étudiant de l’université était de 8 000 euros… et de 21 000 euros pour les grandes écoles publiques comme Polytechnique ou Centrale. Un fossé qui va encore s’élargir, et avec lui les inégalités sociales qui vont avec.

Mardi 1 août 2017 Arthur (secteur jeune du NPA)

https://npa2009.org

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21 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

universités (npa)

matthieu

La sélection n’est pas la solution !

Le gouvernement vient d’annoncer un plan de coupes budgétaires de 331 millions d’euros dans l’enseignement supérieur et la recherche. Le candidat Macron avait pourtant annoncé lors de sa campagne qu’il souhaitait « sanctuariser le budget de l’enseignement supérieur ».
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On voit ce que vaut ce genre de promesses lorsqu’elles sont prononcées par des hommes politiques uniquement préoccupés de sanctuariser les intérêts des plus riches et des grandes entreprises.
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Edouard Philippe vient en effet d’annoncer une baisse de l’impôt sur les grandes fortunes (ISF) et de l’impôt sur les bénéfices des sociétés.
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La première fera gagner aux ménages les plus riches et coûtera à l’Etat 3 milliards d’euros, le Premier ministre précisant sans rire : « C’est 3 milliards d’euros qui sont rendus aux Français ». Preuve que les coupes imposées à l’Université ne découlent pas d’une implacable logique comptable (un manque d’argent dans les caisses de l’Etat) mais d’un pur choix politique : celui d’une redistribution des richesses à l’envers, puisqu’une nouvelle fois, on veut prendre au service public pour donner aux plus riches, qui ne se sont pourtant jamais portés si bien.
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Mais ce n’est pas tout.
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Profitant d’une situation absurde créée par les gouvernements successifs, où 87 000 bache- liers se retrouvent sans affectation universitaire, la classe dominante est à l’initiative pour tenter d’imposer, une nouvelle fois !, la prétendue nécessité d’une sélection à l’université.
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Un éditorial du Monde plaide ainsi pour cette vieille lubie des gouvernements con- servateurs en prétendant que la sélection scolaire,  dont on sait qu’elle est aussi sociale, puisqu’elle aboutit à éliminer prioritairement les jeunes des classes populaires, serait plus juste que le tirage au sort. Cette fausse alternative doit être dénoncée : elle n’a pour fonction que de justifier la destruction déjà en cours de l’Université publique.
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Remarquons au passage la profonde injustice qu’il y a à vouloir instaurer une sélection à présent que le bac est devenu plus accessible au plus grand nombre, et notamment aux  enfants des classes populaires.
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Ce dont l’Université a besoin, c’est donc de davantage de moyens : pour permettre à chaque bachelierE de suivre des études dans la filière de son choix, pour améliorer les conditions d’accueil et d’étude des étudiantEs (il n’y a pas de raison que l’Etat n’aligne pas les moyens de l’Université sur ceux accordés aux classes préparatoires aux grandes écoles), pour embaucher les dizaines de milliers de précaires, personnels BIATSS et enseignantEs-cher- cheurEs, sans lesquelLEs l’Université ne pourrait fonctionner, et pour revaloriser les salaires.
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Le NPA appelle donc à la mobilisation la plus large, dès la rentrée universitaire, pour imposer le retrait des coupes budgétaires dans l’enseignement supérieur et la recherche, contre l’instauration d’une sélection, et pour une véritable démocratisation des études supérieures.
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Ni tirage au sort, ni sélection : il faut un plan d’investissement public massif dans l’Université et la recherche publiques ! 
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Montreuil, le 20 juillet 2017
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Lire aussi:
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09 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

profs (france info)

globale

Crise de recrutement chez les enseignants : des centaines de postes non pourvus à la rentrée de septembre

Les derniers résultats des concours de recrutement d’enseignants viennent d’être publiés. Il y aura un manque de professeurs dans certaines matières à la rentrée scolaire.

Il va manquer des professeurs à la rentrée, au mois de septembre 2017. Les résultats définitifs des concours de recrutement d’enseignants viennent d’être publiés au début du mois de juillet, et comme les années précédentes, tous les postes n’ont pas été pourvus dans les établis- sements du premier et du second degré. Il n’y a pas eu assez de bons candidats et certaines classes seront donc sans professeur.

Pas assez de candidats au niveau

573 postes ne seront pas pourvus en école maternelle et élémentaire, d’après le syndicat enseignant majoritaire SNUipp. Ces postes étaient pourtant ouverts aux concours, mais il n’y a pas eu suffisamment de candidats au niveau. Les jurys ont estimé que malgré la pénurie d’en- seignants, ils ne reverraient pas leurs exigences à la baisse jusqu’à se résoudre à embaucher les plus mauvais candidats. L’académie de Créteil au Sud-Est de Paris, où un concours sup- plémentaire s’est pourtant tenu, est particulièrement touchée par cette crise du recrutement. Les académies de Versailles, d’Amiens et de Guyane sont aussi impactées, dans une moindre mesure.

Le second degré est également touché par ce problème, d’après les résultats du Capes externe. Cette année, 80 postes n’ont pas trouvé preneur en mathématiques par exemple, 150 en lettres modernes, 150 en lettres classiques, 350 en anglais et plus de 200 en allemand. Cette pénurie s’explique par un manque d’attractivité du métier, réputé difficile et mal payé au regard des études demandées. En revanche, contrairement aux années précédentes, l’Éducation nationale a pourvu cette fois-ci tous les postes ouverts en sciences et vie de la terre (SVT), en physique-chimie et en espagnol.

08/07/2017

http://www.francetvinfo.fr/

Commentaire: Et l’attractivité du métier? Les enseignants français sont parmi les plus mal payés d’Europe! La liste des tâches et des heures de présence augmente. Les rythmes scolaires ont consisté à « bordeliser » les écoles…

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07 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

bacheliers (basta!)

larent wauquiez

Des bacheliers reversent leur « bourse au mérite » accordée par Wauquiez à des associations

Des bacheliers fraîchement diplômés viennent de donner une leçon d’éthique à leur président de région, Laurent Wauquiez (LR). La région Auvergne – Rhône-Alpes accorde une « bourse au mérite » d’un montant de 500 euros aux bacheliers ayant obtenu la mention très bien, sans condition de revenu.

Dans une lettre ouverte publiée notamment sur Rue89 Lyon, une dizaine d’élèves du lycée Antoine de Saint-Exupéry à Lyon ont « décidé d’agir pour une région plus juste ».

« Nous refusons d’utiliser cette prime pour un usage personnel, d’autant que cette distribution de fonds publics se fait en parallèle d’un désengagement massif de la Région du secteur associatif, qui se traduit par un recul des services publics d’intérêt général », écrivent-ils. « Nous avons ainsi décidé de reverser les 500 euros que vous nous accordez à une association d’intérêt général. »

Dans leur lettre, les lycéens soulignent que cette prime est « injuste » dans la mesure où celle-ci est accordée « à des élèves sans doute favorisés dès le départ ».

6 000 lycéens pourraient être concernés par cette bourse, dont le coût est évalué à environ trois millions d’euros pour la région. Les bacheliers altruistes rappellent que de nombreuses associations à but non lucratif ont vu leurs subventions fortement baisser depuis l’élection de Laurent Wauquiez à la présidence de leur région (notre enquête sur ces coupes budgétaires). Si les structures de promotion de l’agriculture biologique et paysanne sont particulièrement visées par ces baisses, c’est aussi le cas dans le domaine de la solidarité internationale, de la culture, de l’éducation à l’environnement, des droits des femmes… [1]

Les auteurs de la lettre ont décidé de faire don de leur bourse au mérite au Réseau Rhône-Ain-Saône, qui rassemble les MJC de l’Ain, du Rhône et de la métropole de Lyon.

Et appellent l’ensemble des nouveaux bacheliers d’Auvergne – Rhône-Alpes ayant reçu la mention « très bien » à se joindre à leur appel « en reversant eux aussi cette « bourse » illégitime à une des nombreuses associations actuellement mises en danger par la politique régionale ».

Contact des auteurs de la lettre : jeunesaura@gmail.com

Sophie Chapelle 5 juillet 2017

https://www.bastamag.net/

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07 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

bac pont l’abbé (le télégramme + of)

pont l'abbé 1

Copie de pont l'abbé2

Lire aussi:

Pont-l’Abbé. Ninon est la meilleure bachelière de Bretagne (OF)

Une enseignante publie les « anti-perles du bac », contre l’impression du « niveau qui baisse » (France Info)

 

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23 juin 2017 ~ 0 Commentaire

brevet (reporterre)

nuclear-teacher

L’uranium vient d’Afrique (merci l’armée) et bien sûr les déchets ne sont pas un problème!

A l’examen du brevet des collèges, une propagande subtilement nucléariste

Les épreuves scientifiques de l’examen du brevet des collèges à Pondichéry ont fait réagir les auteurs de cette tribune. Selon eux, les sujets ont présenté aux élèves une approche « partielle et partiale » de l’énergie, promouvant le nucléaire.

Le sujet de sciences du diplôme national du brevet donné à Pondichéry, premier publié depuis la réforme du collège de 2016, était attendu avec impatience par les ensei- gnants de sciences. Espérons que les messages véhiculés par les sujets futurs ne soient pas aussi caricaturaux, pour ne pas dire scandaleux, du point de vue de la formation des futurs citoyens que sont les collégiens de troisième.

Dans la partie de Physique-chimie, il s’agissait de montrer pourquoi le développement de l’énergie éolienne n’a pas été fait « à grande échelle » (entendre « sur tout le territoire français »). Pour ceci, après avoir fait estimer qu’il faudrait couvrir l’équivalent d’un départe- ment français d’éoliennes actuelles (aucune allusion aux innovations techniques à venir dans le domaine) pour répondre à la consommation d’aujourd’hui, on demande aux candidats de formuler un avis uniquement « à charge » en formulant deux arguments pour conclure que l’énergie éolienne ne peut pas être le seul choix pour répondre aux « besoins croissants » en électricité (efficacité et sobriété énergétiques ne sont jamais évoquées).

La partie Sciences de la vie et de la terre est encore plus caricaturale : on demande en effet aux élèves de trouver quel mode de production d’énergie est plus adapté à différentes villes françaises. Tout semble discutable, tant sur le fond que sur la forme : une classification des énergies pour le moins originale (les énergies non renouvelables, les énergies renou-velables… et l’énergie nucléaire), un centrage sur trois énergies renouvelables seulement (qui oublie la biomasse et l’hydraulique) en présentant des cartes de France (répartition du débit d’énergie géothermique, moyenne d’ensoleillement et vitesse des vents), ou encore un tableau très partiel et partial présentant apparemment les avantages et les inconvénients de ces trois énergies alors qu’il omet, par exemple, la question des rejets polluants.

L’élève-citoyen doit alors se positionner et indiquer la ou les énergies renouvelables pertinen- tes pour trois villes françaises, puis, enfin, proposer une solution d’approvisionnement éner- gétique (alors qu’il n’est question ici que d’électricité) pour la ville de Reims, qui ne répond évidemment à aucune condition d’exploitation des trois énergies renouvelables.

Cela porte un nom : cela s’appelle du scientisme 

En résumé, on demande donc qu’avec si peu d’informations, en oubliant deux tiers des éner- gies renouvelables, en omettant complètement la question du transport de l’énergie, celle de l’utilisation d’énergie non électrique, et toutes celles liées aux rejets polluants et en passant totalement sous silence la question de la place de la technique dans la société, l’élève-citoyen puisse conclure à un recours logique au nucléaire pour la ville de Reims.

Il nous parait inadmissible que ce sujet de brevet ne respecte pas une certaine éthique dans l’appropriation citoyenne des résultats scientifiques. Il propose de façon insi- dieuse un choix orienté des résultats présentés puis demande d’en tirer une conclusion appa- raissant comme logique, objective et neutre. Cette manière de faire du tri dans l’information transmise, de prioriser certains critères face à d’autres relève bel et bien de choix politiques et non d’une objectivité scientifique.

Pour que la science ne soit pas remise en cause et délégitimée par les citoyens, il nous apparaît nécessaire de distinguer le résultat scientifique, qui se doit d’être objectif, de son appropriation par les citoyens et du tri des informations, qui relèvent d’un choix politique personnel influencé par d’autres ressources que seulement scientifiques. Dans ce sujet de brevet, non seulement la distinction n’est pas faite, mais de plus, la seule expertise nécessaire à la prise de décision politique relèverait de la science…

Cela porte un nom : cela s’appelle du scientisme. Cette manière partielle et partiale de présenter le problème est très connotée politiquement. Elle s’inscrit dans un contexte histo- rique et est au service d’une cause économique spécifiquement française : le nucléaire. En tant qu’enseignant et éducateur, nous sommes donc censé diffuser ce document, faire travailler nos élèves de troisième sur ce sujet… exemplaire ! Un joli message pour former nos élèves à l’esprit critique…

Produire un sujet simple sur une question de société complexe n’est évidemment pas chose aisée. Mais relever ce défi ne doit pas conduire à confondre simplification et orientation forte du débat sous couvert d’une apparente neutralité scientifique.

Jacques Vince et Julien Machet sont enseignants et formateurs en physique-chimie dans l’académie de Lyon. 23 juin 2017

https://reporterre.net/

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19 juin 2017 ~ 0 Commentaire

égalité des chances (l’étudiant)

excelence

Seul un étudiant sur dix est enfant d’ouvrier

Les enfants d’ouvriers sont trois fois moins nombreux que les enfants de cadres dans l’enseignement supérieur.

Si le nombre de diplômés de l’enseignement supérieur a augmenté, le nombre d’enfants d’ouvriers reste sous-représenté par rapport à son poids dans la population des 18-23 ans. Une des données à retenir du dernier rapport de l’Observatoire des inégalités, publié ce 30 mai 2017.

L’accès à l’enseignement supérieur reste inégalitaire en fonction de la catégorie socio-professionnelle d’origine : c’est ce qui ressort du dernier rapport sur les inégalités, publié ce mardi 30 mai 2017 par l’Observatoire des inégalités, organisme associatif indépendant s’appuyant sur un comité scientifique, fondé en 2003.Représentant presque 30 % des jeunes de 18 à 23 ans, les enfants d’ouvriers ne constituent que 11 % des effectifs étudiants en 2014-2015, pointe ce rapport sous la direction d’Anne Brunner et Louis Maurin. Ceux qui accèdent à l’enseignement supérieur sont surreprésentés dans les STS, et sous-représentés dans les autres filières.

Les filières d’excellence toujours aussi peu accessibles

Cette inégalité est particulièrement flagrante dans les  filières sélectives : classes prépara- toires, écoles d’ingénieurs, écoles de commerce. « La part, dans les classes préparatoires aux grandes écoles, des enfants d’ouvriers et d’employés, qui représentent 40 % des jeunes, n’a pas changé depuis la fin des années 1990″, pointe le rapport.

Une situation à mettre en regard des différentes opérations d’ouverture sociale menées par les établissements ou les pouvoirs publics, comme les Cordées de la réussite ou les dispositifs « Égalité des chances ». Ces programmes n’ont eu « aucun impact au niveau global et servent surtout d’outils de communication », répondent les auteurs. Certaines écoles « mettent l’accent sur l’augmentation de la part d’élèves boursiers, mais une partie de ces boursiers appartien- nent aux classes moyennes et disposent de bourses de très faible niveau ». La part, dans les classes préparatoires aux grandes écoles, des enfants d’ouvriers et d’employés, qui représentent 40 % des jeunes, n’a pas changé depuis la fin des années 1990.

Un accès aux études plus important, mais inégalitaire

L’inégalité entre enfants d’ouvriers et enfants de cadres concerne également l’université. Ici, les enfants d’ouvriers se raréfient au fur et à mesure de l’avancée dans le cursus, réprésentant 7,8 % des étudiants en master, contre 33,5 % pour les enfants de cadres ou de professions libérales.

Des chiffres à analyser sur fond d’augmentation des effectifs étudiants et du nombre de diplô- més de l’enseignement supérieur dans la population. « Près de la moitié des enfants d’ouvriers et d’employés âgés de 20 à 24 ans sont diplômés ou étudient dans l’enseignement supérieur, alors qu’un cinquième seulement de leurs aînés (45-49 ans) ont obtenu un diplôme de ce niveau. Les choses ont bien changé en une génération si on raisonne sur les chiffres bruts », écrivent les auteurs.

« Pour autant, le phénomène a aussi bénéficié aux enfants de cadres. Au fil du temps, l’écart entre les deux catégories s’est réduit, mais de façon assez modeste. [...] Au vu de la part des enfants d’ouvriers dans les cursus les plus sélectifs, il est peu probable que l’on observe une forme de démocratisation dans les filières les plus valorisées », poursuivent-ils.

RELATIVISER L’ENQUÊTE PISA

Autre enseignement du rapport : la comparaison internationale des systèmes éducatifs. Les auteurs nuancent les résultats de l’enquête Pisa, menée par l’OCDE auprès des jeunes de 15 ans, souvent utilisée pour dire que la France serait la championne des inégalités. Le rapport critique d’abord la méthode utilisée par l’enquête Pisa: « On mesure des compétences très spécifiques et non l’ensemble du niveau scolaire, alors que chaque pays n’a pas les mêmes programmes. »

Ensuite, s’appuyant sur les données d’Eurostat, les auteurs pointent le fait que la France, par rapport à ses voisins européens, n’est pas la plus mauvaise élève, à différents égards : elle est en effet l’un des pays qui comptent le plus de diplômés de l’enseignement supérieur « au sein des générations récentes », devant l’Espagne et l’Allemagne ; et l’un des pays qui « comptent le moins de sortants précoces du système scolaire », là encore devant l’Allemagne. La France est l’un des pays qui comptent le plus de diplômés de l’enseignement supérieur au sein des générations récentes.

Moins de reproduction sociale en France qu’en Allemagne

En matière d’ascenseur social également, la France n’apparaît pas mal située non plus par rapport aux autres pays européens : 22 % des enfants de parents peu diplômés (niveau troisième au maximum) sortent du système scolaire aussi peu diplômés que leurs parents, contre 36 % en Allemagne ou encore 50 % en Espagne et en Italie. « Seul le Royaume-Uni fait mieux avec 16 % », écrivent les auteurs.

Si, selon les auteurs, on ne peut pas dire que « l’école augmente les inégalités », on ne peut pas affirmer pour autant que le système éducatif joue pleinement son rôle de réduction des inéga- lités sociales. « La situation n’est pas bonne », estiment-ils. Parmi les facteurs qui expliquent cette situation, le rapport cite notamment l’apprentissage précoce de la lecture « à un moment où les inégalités dans la maîtrise du vocabulaire sont grandes », la « valorisation de la culture académique et d’un savoir mathématique théorique »… et les « évaluations à répétition ».

Catherine de Coppet   30.05.2017

http://www.letudiant.fr/

Commentaire: Comme dirait Franck Lepage: « Pour que les pauvres puissent rattraper  les riches, il faudrait interdire à ceux-ci de se cultiver le temps d’arriver à l’égalité? »

D’autre part les riches (même pas très riches) ont des stratégies pour contrer les progrès des pauvres: classes réservées (latin, grec, langues rares) déménagement ou logements fictifs…

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14 juin 2017 ~ 0 Commentaire

échec (le monde)

lutte-des-classes

Education : « Les responsables de l’échec sont de retour »

L’ancien inspecteur général de l’éducation nationale Jean-Paul Delahaye dénonce, dans une tribune au « Monde », un projet qui reste fondé sur « l’objectif de tri et de sélection des meilleurs ».

TRIBUNE. Aujourd’hui, 44 % des jeunes d’une génération quittent le système éducatif avec un diplôme de l’enseignement supérieur, c’est plus que nos voisins européens, et plus du double de la génération qui part à la retraite aujourd’hui. Le nombre des sorties annuelles sans qualification qui restait bloqué à 140 000 vient de passer à moins de 100 000. C’est le fruit d’une mobilisation générale et de politiques conduites dans la continuité.

Notre école ne va donc pas aussi mal qu’on le dit. Elle va même très bien pour une partie de la jeunesse. Les évaluations internationales nous montrent que nous avons une très bonne école, mais pour seulement la moitié de nos élèves issus majoritairement des classes moyen- nes et favorisées. Dans le même temps, 30 % des élèves, massivement issus des milieux populaires, sont en difficulté. Nous sommes le pays du grand écart.

La France de l’échec scolaire, terriblement inégalitaire, est dans son immense majo- rité issue des catégories défavorisées. Ce n’est pas le fruit d’un malheureux concours de circonstance. Cette situation est inhérente à un système qui n’a jamais été organisé pour faire réussir tous les élèves, mais qui est tout entier et historiquement concentré, y compris dans certains de ses choix budgétaires, sur l’objectif de tri et de sélection des meilleurs. Cette situation est insupportable, crée des dégâts humains, met le pacte républicain en danger, freine la croissance.

Sous couvert de pragmatisme

D’autres pays concernés par ces inégalités de réussite ont réagi très tôt, ont connu leur « PISA Choc » [Programme international pour le suivi des acquis], et ont vu leur situation s’améliorer de 2003 à 2012, l’Allemagne notamment.

La France a longtemps tergiversé, préférant dénigrer le thermomètre, et a pris de 2002 à 2012 l’exact contre-pied de ce qu’il aurait fallu faire:

En supprimant 80 000 postes y compris en éducation prioritaire, mais en créant les internats d’excellence, action compassionnelle pour les « méritants », ceux que Ferdinand Buisson [(1841-1932), auteur d’un Rapport sur l’instruction primaire en 1873, directeur de l’enseigne- ment primaire du ministère de l’instruction publique de 1879 à 1896, prix Nobel de la paix en 1927] appelait « les exceptions consolantes » ;

En tentant de sortir certains élèves du tronc commun de formation avec l’apprentissage junior à 14 ans ;

En supprimant une matinée de classe en primaire ;

En divisant par trois la scolarisation des enfants de moins de trois ans ;

En supprimant la formation professionnelle des enseignants, mais en dotant les débutants d’un DVD de prise de fonction ; en dénonçant le « pédagogisme », alors que les enseignants français sont les enseignants de l’OCDE qui s’estiment à juste titre les moins formés en pédagogie, pour ne prendre que quelques exemples de politiques ayant aggravé notre situation.

Ce sont les équipes qui ont travaillé à cette régression qui sont aujourd’hui de retour rue de Grenelle. Sous couvert de pragmatisme, sont annoncées des premières mesures prises sans concertation véritable et encore moins d’évaluation de ce qui a été fait précédemment. Ce qui n’empêche pas de se déclarer fier de ne pas passer par la loi et de déclarer vouloir en finir avec les injonctions qui viennent du ministère, ce qui est assez incroyable à entendre compte tenu de ce qui est en train de se passer.

Dysfonctionnements

(…) une loi suscite un débat public (trois mois de concertation en 2012 puis un débat parlementaire pour la loi de refondation de 2013). Ce qui n’est évidemment pas le cas des décisions prises actuellement certes accompagnées d’une communication rassurante, mais qui sont un bel exemple de décisions autoritaires prises au sommet.

(…) la réussite scolaire de tous se heurte inévitablement à des intérêts particuliers qui n’ont pas forcément besoin et donc envie que l’école se transforme. Les dysfonctionnements de notre système éducatif ne nuisent pas à tout le monde.

Pourquoi sommes-nous le seul pays au monde à avoir infligé en 2008 aussi facilement et sans concertation une semaine de quatre jours aux enfants de notre école primaire et pourquoi est-ce si difficile, chez nous seulement, de remettre en place une scolarité sur cinq jours de classe pratiquée partout ailleurs dans le monde ? En réalité, une partie de la population qui peut compléter le travail de l’école grâce à son capital social et culturel, vit très bien avec la semaine de quatre jours. Mais qu’en est-il de tous les autres ?

Priorité au primaire

Comment expliquer que cette avancée démocratique que représente une deuxième langue vivante offerte à tous les enfants en 5e et plus seulement à quelques-uns en 6e soit autant combattue par certains ? Qui cela peut-il gêner ? Peut-être ceux qui utilisaient les langues vivantes pour séparer leurs enfants des enfants des autres dès la classe de 6e, mais qui ne peuvent évidemment avancer cet argument à visage découvert et qui préfèrent parler de nivellement par le bas.(…)

Comment expliquer le fait qu’on ait pu diviser par deux les fonds sociaux des établissements destinés aux élèves des familles populaires de 2002 à 2012 et qu’on ait pu, sur la même période, augmenter de 50 % certains crédits destinés aux classes préparatoires aux grandes écoles ?

Il n’y a pas eu alors de grève, pas de manifestation, pas de pétition pour protester. Alors que la moindre modification des programmes de la série S des lycées affole tous les journaux télévisés de 20 heures.

Qui sont vraiment les assistés et que penser de cette solidarité à l’envers où les économies faites sur les plus démunis servent à préserver les positions acquises par les « élites » ? Peut-on dans ce cas parler d’intérêt général ?(…)

Position dominante

(…) Une des difficultés rencontrées pour réformer l’école vient du fait que les intérêts parti-culiers portés à la conservation d’un système qui fait si bien réussir leurs enfants, se retrouvent sur les deux côtés de l’échiquier politique et s’expriment beaucoup dans les médias, savent se faire entendre, défendent les positions acquises y compris s’agissant des choix budgétaires, et ont un pouvoir de retardement des réformes, voire de blocage.

Le plus désolant sans doute c’est que les mesures annoncées répondent aux demandes de certaines élites sociopolitiques, quel que soit par ailleurs leur positionnement politique, à droite, au centre ou à gauche. Celles-ci veulent conserver leur position dominante dans le système éducatif. Elles visent plus à restaurer pour les leurs qu’à refonder pour tous.

Jean-Paul Delahaye

Ancien directeur général de l’enseignement scolaire et chargé de mission au cabinet du ministre de l’Education nationale Jack Lang de 2001 à 2002.

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05 juin 2017 ~ 0 Commentaire

formation (npa rennes)

rennes

L’enquête ouvrière. Persistances et réinventions d’un outil politique majeur.

La notion d’ « enquête » envisagée comme outil politique trouve ses racines dans les premières recherches entreprises sur la réalité de la condition ouvrière dans le cadre de l’accélération du développement capitaliste au début du XIXe siècle.

C’est alors clairement d’ « enquête ouvrière » qu’il s’agit, menée par des sociétés ouvrières pour dresser un réquisitoire contre la société capitaliste. En 1880, Marx propose à la Revue socialiste un questionnaire comportant 101 questions pour envisager de manière systématique tous les aspects de cette condition ouvrière.

Il ne s’agit pas ici de recherche purement sociologique, mais d’amener les travailleur-euse-s à acquérir une connaissance plus précise de leur condition. Ces enquêtes, menées au début de l’histoire du mouvement ouvrier ont été reprises de diverses manières : par le syndi- calisme révolutionnaire dans la première partie du XXe siècle, par le courant marxiste « opéraïste » italien et certains courants de l’extrême-gauche dans le sillage de 1968.

Elle a trouvé des prolongements dans l’enquête dite conscientisante de Paulo Freire ou le travail de Saul Alinsky. Dans toutes ces expériences, il s’agit d’enraciner le travail militant, l’action politique dans la réalité concrète des manières de vivre, en particulier au travail, mais pas seulement, des opprimé-e-s.

A celles et ceux qui savent qu’on ne se sauve pas seul, que les expériences commu- nautaires alternatives, bien que nécessaires, ne peuvent suffire, que les élections ne change- ront pas la vie, il peut revenir de mettre en partage cette notion d’enquête et ce qu’elle peut signifier aujourd’hui, alors que les classes populaires et le capitalisme ont changé de visage et que les organisations « traditionnelles » du mouvement ouvrier connaissent depuis longtemps un affaiblissement.

Le NPA de Rennes vous invite, après un exposé sur la notion d’enquête et quelques interventions de camarades d’autres organisations (qui proposeront un éclairage quant à la pertinence actuelle de cette notion sur le plan théorique et pratique) à venir débattre autour de quelques questions :

- Quel rôle joue pour nous la notion d’enquête dans le travail politique que nous menons, et quelle forme lui donnons-nous ?

- La pratique et le partage des résultats de l’enquête pourrait-elle être un moteur d’une plus grande coopération entre organisations, sections syndicales, collectifs qui veulent lutter pour l’égalité de tou-te-s et la rupture avec le capitalisme ?

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31 mai 2017 ~ 0 Commentaire

ognon / questions de classes(s)

l-oignon

Le fait que, en ce mois de mai 2017, vingt-sept ans après la publication des « recti- fications orthographiques » recommandées par le Conseil supérieur de la langue française en 1990 et insérées par Darcos dans les programmes scolaires en 2008, une chroniqueuse de télévision en mal de buzz ait vivement reproché à l’ex-ministre de l’éducation Vallaud-Belkacem cette prétendue « réforme de l’orthographe » est révélateur de deux phénomènes inquiétants, l’un sociétal, l’autre politique.

D’une part, cela témoigne de la persistance d’un attachement irrationnel à une orthographe immuable et figée jusque dans ses aberrations. C’est ce qui conduit certain-e-s à s’insurger contre la suppression du -i- de oignon, qui n’est ni prononcé ni étymologique, ou contre la correction de nénuphar en un nénufar conforme à l’étymologie, ou contre le fait d’écrire désormais portemonnaie sans tiret comme on écrivait depuis longtemps portefeuille. Quant à la suppression de l’accent circonflexe sur, seulement, certains -u- et -i- pour lesquels il ne joue aucun rôle dans la langue actuelle (il est conservé lorsqu’il a une valeur distinctive, comme dans mûr / mur), elle est vécue comme un véritable scandale, et l’introduction à l’école de cette orthographe rectifiée conduit à vouer aux gémonies le ministre qui a osé suivre les recommandations du Conseil supérieur.

Ou plutôt la ministre. Car lorsque, en juin 2008, sous Sarkozy, le ministère Darcos fait inscrire dans les programmes que, en primaire «L’orthographe révisée est la référence», et que au collège «Pour l’enseignement de la langue française, le professeur tient compte des rectifications de l’orthographe proposées par le Rapport du Conseil supérieur de la langue française, approuvées par l’Académie française», il n’y a pas de réaction notable.

Mais lorsque, fin 2015, le ministère de Vallaud-Belkacem reprend la même consigne : « L’enseignement de l’orthographe a pour référence les rectifications orthographiques publiées par le Journal officiel de la République française le 6 décembre 1990 », et que, dans la foulée, en février 2016 des éditeurs de manuels décident de l’appliquer, c’est la curée : droite et extrême droite dénoncent un « nivellement par le bas » (Ciotti) ou « une « réforme-massacre de notre belle langue française ! » (Philippot).

Pour La Manif pour tous, « @fhollande s’attaque à notre identité », et Laurence Parisot ressent une « Fêlure à l’âme ». Et cela va des propos policés de Fillon « ce n’est vraiment pas le moment », jusqu’aux déferlements racistes d’internautes cachés derrière leurs pseudos : « Notre langue doit rester ce qu’elle était, si c’est trop fatigant pour un arabe d’apprendre à mettre des accents qu’ils retournent au pays ».

Enfin, tristement révélateur, un dernier fait en dit long sur les « défenseurs du circonflexe ». Après le massacre à Charlie Hebdo, les internautes avaient exprimé leur soutien avec l’expression « Je suis Charlie » et créé sur Twitter le mot-dièse #jesuisCharlie, qui a été repris au fil des attentats sous les formes #jesuisBruxelles ou #jesuisParis. En février 2016, quand les éditeurs de manuels scolaires s’apprêtent à tenir compte de quelques rectifications orthographiques, d’aucuns ont jugé bon de créer le mot-dièse #jesuiscirconflexe.

Et dans un amalgame qui ne paraît pas les gêner, certains se jetteront dessus, de Philippot : « Face à l’infâme et bête réforme, devant laquelle quelques démagogues se pâment, parce que le français est notre âme, #Jesuiscirconflexe » à Estrosi : « Refusons la réforme absurde de l’orthographe et le nivellement vers le bas ! #Jesuiscirconflexe » …

Alain Chevarin 28 mai 2017

http://www.questionsdeclasses.org/

Commentaire: Revue et site proches de la CNT.

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