Archive | Educ’action

12 février 2017 ~ 0 Commentaire

iut (lannion)

lannion

La dépeçage de l’université publique se poursuit et l’IUT de Lannion est totalement concerné. Son conseil d’institut risque de voter jeudi une baisse de 5 % des cours donnés aux étudiants, à exécution immédiate. Trois des quatre départements ne respectent pourtant déjà pas les volumes imposés par les programmes nationaux !

C’est un aller sans retour, résultat d’énièmes coupes budgétaires imposées par Rennes 1, qui souffre elle-même des baisses de dotations de l’Etat.

Attaqué jusqu’à l’os, obligé de renier dans les dépenses d’investissement, de geler les embauches d’enseignants, d’employer des vacataires (les précaires du service public) et de surcharger ses titulaires, l’IUT de Lannion – au même titre que les autres établissements publics – s’en prend maintenant à la pédagogie et en cours d’année.

La loi LRU a rendu l’université dépendante du secteur privé. Or les partenariats avec les entreprises sont volatils, inégaux selon les filières et poussent aux conflits d’intérêts. Tout porte à croire que la prochaine étape sera la hausse des frais d’inscription. La politique libérale dégrade nos services publics, sous prétexte de « concurrence libre et non faussée ». L’hôpital de Lannion en fait aussi les frais, alors qu’une immense clinique a poussé près de Saint-Brieuc.

Or dans un société digne et juste, la santé comme le savoir ne se privatisent pas. Les étudiant.e.s se sont déjà réunis en assemblée générale mercredi. Aujourd’hui un mot d’ordre Mobilisation IUT !

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11 février 2017 ~ 0 Commentaire

fac mirail toulouse (anti-k)

etudiants

Les étudiants appellent à la journée de grèves et manifs des services publics le 7 mars

Voici l’appel voté hier par l’Assemblée Générale de la fac du Mirail à laquelle nous étions autour de 300.

Rendez-vous le 7 mars dans la rue !

De la maternelle à l’Université, mobilisons-nous pour un réel service public d’enseignement, contre la sélection et la fusion des universités !

Les étudiantEs et personnels de l’Université Toulouse – Le Mirail (UT2J) et leurs organisations syndicales (CGT, FO, FSU, SUD Éduc, Solidaires étudiantEs, Union des ÉtudiantEs de Toulouse et UNEF) appellent l’ensemble des établissements universitaires et d’enseignement primaire et secondaire à se mobiliser pour de meilleures conditions d’étude et de travail en exigeant :

– le retrait des projets de fusion et de grands établissements ;
– l’arrêt des politiques de sélection en L1 et en Master 1 ;
– des moyens pour l’éducation à la hauteur des besoins, pour une enseignement public de qualité et ouvert à touTEs par le biais d’un réinvestissement massif de l’État dans l’enseignement supérieur et le recherche et dans l’éducation.

Nous appelons dès maintenant à rejoindre partout la journée nationale de grèves et de manifestations qui aura lieu le mardi 7 mars 2017 dans les services publics.

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10 février 2017 ~ 0 Commentaire

squiffiec trégonneau (ouest france)

sardines e

Squiffiec-Trégonneau. Les parents d’élèves manifestent à Saint-Brieuc

Les parents d’élèves de l’école Squiffiec-Trégonneau, près de Guingamp, contestent la fermeture d’une classe. Ce midi, ils manifestaient à Saint-Brieuc, devant la préfecture.

La nouvelle est tombée il y a 15 jours. L’inspection académique annonçait vouloir fermer une classe sur le regroupement pédagogique intercommunal Squiffiec-Trégonneau à la rentrée 2017.

En cause, 16 élèves de CM2 qui s’en vont. « Nous passons ainsi en dessous des effectifs de leur moyenne. Sauf que sur nos communes nous connaissons des démographies positives. Des élèves en cours d’inscription vont arriver », explique Aurore Steunou, maman d’élève.

Des classes surchargées

« Une suppression de classe induirait des effectifs de 30 à 40 élèves. Certaines classes pourraient atteindre 60 élèves », s’inquiète la maman.

Depuis, les parents n’ont cessé de lutter pour maintenir leur classe. Pétitions, réseaux sociaux, réunions avec les élus, tous les moyens ont été réunis pour mettre du poids dans la balance.

Les parents d’élèves de l’école Squiffiec-Trégonneau, la conseillère départementale Cinderella Bernard (PCF), et Jean-Luc Picaud, maire de Trégonneau, ont été reçus à 13 h 30 par l’Inspection académique.

En parallèle, le préfet, le président du conseil départemental, des fédérations de parents d’élèves, des représentants des organisations syndicales, des délégués départementaux de l’Éducation nationale, des élus du conseil départemental se réunissent pour discuter des ouvertures et fermetures de classes à l’échelle départementale.

09/02/2017

http://www.ouest-france.fr/

Signez la pétition:

https://www.change.org/p/direction-académique-de-saint-brieuc-non-à-la-fermeture-d-une-classe-du-rpi-squiffiec-trégonneau

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23 janvier 2017 ~ 0 Commentaire

fest noz diou yez

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diee

divyezh@gmail.com

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Commentaire: Le NPA défend le droit des parents à voir leurs enfants recevoir un enseignement en breton (y compris en immersion) de la maternelle au BAC avec le recrutement d’enseignants nécessaire.

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18 janvier 2017 ~ 0 Commentaire

émancipation (npa)

garcons

Réactualiser le combat pédagogique pour l’émancipation

La question de ce qu’on enseigne à l’école et comment on le transmet prend une grande importance dans la campagne pour les élections présidentielles.

Si on en croit la plupart des candidats des droites, la source de tous les dysfonc- tionnements de l’école tient en un seul terme : le « pédagogisme » 1.

La solution serait donc dans l’enseignement de prétendus fondamentaux : la lecture, la morale et le roman historique de la France, où par exemple, la colonisation ne visait qu’à « partager [sa] culture aux peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Nord » (Fillon, le 28 août dernier).

Hollande, pendant son quinquennat, a détourné des préoccupations pédagogiques parfois légitimes pour ses réformes réactionnaires.

Les rythmes scolaires à l’école ou les enseignements interdisciplinaires en collèges ne sont pensés par le ministère que comme des moyens pour diminuer le temps d’apprentissage des jeunes, et donc réduire le « coût » de l’éducation et augmenter les inégalités sociales. Dans ces conditions, la tentation est grande de penser que la pédagogie n’est qu’un artifice, qui nous éloignerait des revendications indispensables sur l’augmentation des moyens financiers pour enseigner et apprendre dans de bonnes conditions. Et de reléguer la pédagogie aux lendemains du « grand soir ».

La pédagogie au cœur du combat au sein de l’école

Le projet politique des droites comme du PS est une offensive idéologique et économique pour un retour à l’école de la 3è République de Jules Ferry : le livret scolaire unique, numérique, permet de contrôler la main-d’œuvre, les rythmes scolaires de renforcer les différences édu- catives entre quartiers riches et quartiers pauvres, les successions de nouveaux programmes diminuent les contenus culturels et l’autonomie des élèves et ainsi renforcent les inégalités sociales.

L’offensive sur la morale et la désignation d’un ennemi intérieur, les exercices antiterro- ristes, incitent à penser le monde comme le théâtre d’une guerre de civilisation dans lequel la puissance de la France serait une protection.

Face à cela, nous opposons un projet global d’émancipation des jeunes.

Il faut réactualiser les thèses des pédagogues du début du siècle. Le faire dans les classes, dès aujourd’hui, tout en continuant de nous battre pour améliorer les moyens d’enseignement et d’apprentissage, est un outil pour l’autonomie scolaire et politique des jeunes, ainsi que pour affaiblir l’État policier.

Dans les luttes, nous essayons de mettre en place des espaces de discussion et de prise de décision collectifs, nous établissons des rapports humains basés sur la coopération et l’entraide. Les pédagogies émancipatrices cherchent à transposer cela dans les écoles. Il ne s’agit pas de savoir si un mode de fonctionnement différent permet de finir les programmes, mais de faire émerger d’autres rapports entre les individus, qui correspondent plus aux rapports que nous voulons mettre en place dans une autre société.

Vendredi 13 janvier 2017

PUB:

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  • Néologisme inventé par Brighelli, ex-chevènementiste reconverti au FN. Lire à ce sujet l’École des Réac-publicains de Grégory Chambat, ed. Libertalia, 2016.

https://npa2009.org/

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11 janvier 2017 ~ 0 Commentaire

dsk (médiapart)

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DSK Nous n’avons décidément rien appris

En prime time sur le service public, a été diffusé un documentaire sur Dominique Strauss-Kahn, son parcours et sa chute. Un documentaire, ou plutôt un panégyrique faisant de cet agresseur sexuel en série un personnage mythique au destin brisé. Dès le début, le ton est donné : les femmes sont à la fois présentées comme celles qui lui ont permis de réussir et celles qui ont causé sa chute. Oui, je dis bien “causé”, comme si elles étaient responsables des crimes dont cet homme a été accusé à plusieurs reprises.

Sarah Briand et Jean-Baptiste Arnaud ont commis un film qui présente ad nauseam Strauss- Kahn comme un immense talent politique gâché par quelques “affaires embarrassantes”. Un propos allègrement étayé de témoignages tous plus complaisants les uns que les autres de la part de journalistes, d’hommes et femmes politiques et d’ami-e-s, qui évoquent sans sourciller les fameux “comportements lourdingues”, la “drague insistante” ou encore les “écarts” de cet homme.

N’a-t-on vraiment rien appris depuis 2011 ?

Les médias, les hommes politiques, les commentateurs de tout bord n’ont-ils rien écouté et rien retenu des récentes “affaires” de harcèlement et d’agressions sexuelles commises par des hommes puissants ? Depuis 2011, plusieurs événements ont mis en lumière des cas de harce- leurs et agresseurs jouissant de la plus totale impunité. Des femmes ont dénoncé ce qu’elles subissent au quotidien : les agissements de Denis Baupin, le harcèlement répété dans tous les milieux, qu’elles soient collaboratrices parlementaires (Chair Collaboratrice), avocates (Paye ta robe) ou journalistes (Paye ton journal). On ne pourra pas dire que tout est encore de la faute des femmes qui n’ont pas osé parler !

Et pourtant, dans ce documentaire diffusé début 2017, on retrouve tous les argu- ments de défense les plus abjects des agresseurs. Aucune empathie pour les victimes. Pas un mot, rien.

Cela commence par l’ami qui présente Strauss-Kahn comme un homme qui était tellement sérieux à l’adolescence qu’il n’a pas pu en profiter. Et donc, nous explique cet ami, “il se rattra- pe lorsqu’il s’aperçoit qu’il plaît aux femmes et qu’il peut en abuser”. En abuser, le premier euphémisme est lâché. Ce festival de vocabulaire déculpabilisant, euphémisant, indulgent à l’extrême se poursuit durant tout le reportage : des “affaires”, un “écart”, un “dragueur”, etc.

Des mots bienveillants utilisés par les ami-e-s de Strauss-Kahn pour attester de son irréprochabilité.

Une ex-maîtresse, parfait alibi pour créer de la confusion dans l’esprit du téléspectateur/trice, vole ainsi au secours du pauvre homme à l’appétit sexuel débordant et annonce de but en blanc “Je n’ai pas connu un Dominique violeur”. Mais on ne pense jamais connaître un violeur, jusqu’à ce qu’il nous viole ! Personne ne pense que son frère, son ami, son père est un violeur. Et pourtant, avec 84 000 femmes majeures victimes de viols ou tentatives de viols par an, il faut bien qu’il y en ait, des violeurs !

Le poids des mots est énorme dans un documentaire comme celui-ci, car les mots qualifient des actes et justifient des décisions de justice. Ainsi, est évoqué le “harcèlement” dont Tristane Banon aurait été victime de la part de Strauss-Kahn. Ce n’est pourtant pas pour harcèlement qu’elle a porté plainte, mais pour viol. Un crime, donc. De même, la voix off explique qu’il a été accusé par une collaboratrice au FMI de l’avoir “contrainte à une relation sexuelle”. En droit français, cela s’appelle un viol.

Les mots choisis, tout au long du documentaire, entretiennent délibérément la confusion entre liberté sexuelle et violence sexuelle. C’est grave, très grave ; c’est une confusion indigne, une gifle à toutes les femmes victimes de violences sexuelles. Prétendre que les victimes étaient consentantes est le plus vieil argument des agresseurs pour discréditer les victimes. Les accusations pesant sur Strauss-Kahn sont présentées comme un jugement moral sur son soi-disant libertinage, sa liberté sexuelle, ses adultères. Rappelons donc, puisque cela semble encore nécessaire, que les accusations de plusieurs femmes contre cet homme relèvent du pénal et non du moral. Elles ne relèvent pas de la vie privée mais de la cour d’assises.

Tout le monde, dans ce film, semble éberlué qu’un homme accusé de viol soit mis en prison et jugé. Rien d’étonnant à cela quand on sait que seul 1% des violeurs est condam- né… Les manifestations d’empathie vis-à-vis de l’agresseur, présenté comme une victime, égrènent le documentaire : DSK “très atteint et extrêmement déprimé”, victime d’“une extrême violence”, en proie à une “extrême souffrance”.

L’apothéose de cette inversion de la culpabilité intervient lorsqu’un des témoins du film explique que Strauss-Kahn est victime d’acharnement judiciaire parce qu’il est un “homme blanc puissant” accusé par une “femme noire pauvre”… Comme si les femmes racisées, pauvres, victimes de toutes les oppressions et toutes les discriminations, étaient en mesure d’engager un rapport de force favorable avec le patron du FMI !

Mal nommer les agressions, créer de l’empathie avec les coupables et mettre les victimes en responsabilité voire en accusation : autant de procédés qui entretiennent la stratégie des agresseurs. Osez le féminisme! a, encore récemment, dénoncé l’impunité avec sa campagne Stop Agresseurs. Mais les associations ne peuvent porter ce combat seules. Les médias ont une responsabilité, les femmes et hommes politiques aussi : cessez de présenter Strauss-Kahn comme un homme providentiel déchu, c’est pathétique. Cela discrédite la classe politique et ajoute aux traumatismes de toutes les femmes qui ont déjà été victimes de violences.

Vers la fin du reportage, on entend cette phrase insupportable prêtée à Strauss-Kahn : “J’ai vécu des choses violentes et j’ai beaucoup perdu”. Dominique Strauss-Kahn a beaucoup, beaucoup moins perdu que toutes les femmes aux vies brisées, victimes de violences de la part d’hommes puissants qui restent dans l’impunité la plus totale.

9 janv. 2017 Marie Allibert

Le blog de Marie Allibert

https://blogs.mediapart.fr

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27 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

niñ@s (pùblico.es + rp + al + le huff’)

Genres et Sexualités En Espagne, les écoles publiques de la région de Valence doivent désormais s’adapter aux élèves transgenres

Les écoles devront respecter les toilettes et les vestiaires choisis par ces enfants et adolescents, ainsi que les prénoms avec lesquels ils voudront être appelés.

Le Conseil de l’Éducation de la région de Valence en Espagne a décidé de faire un pas en avant pour que les élèves transgenres dans ses écoles soient mieux intégrés. Ces élèves pourront ainsi choisir le nom par lequel ils voudront être appelés, s’habiller et choisir quels toilettes et vestiaires ils voudront utiliser, conformément au genre auquel ils s’identifient.Cette mesure, inscrite au Journal Officiel de la Generalitat de Valence, est entrée en vigueur ce mardi 27 décembre. Elle concerne pour l’instant tous les établissements publics et a vocation à s’élargir à toutes les autres écoles qui le souhaitent. Lorsque la loi valencienne sur l’identité de Genre sera ratifiée, cette mesure concernera toutes les écoles financées par l’argent public, explique El Pais

Selon le communiqué officiel cité par El Mundo et nos confrères espagnols du HuffPost, cette mesure vise à « favoriser l’intégration éducative, à assurer l’égalité et la diversité en tant que valeurs capitales et indispensables, de sorte que toutes les personnes qui forment la communauté éducative respectent et fassent respecter les droits humains. »

Un coordinateur nommé dès que le cas se présentera

D’un point de vue administratif, le nom et le genre dans lesquels l’élève se reconnaît seront consignés et accompagnés d’une demande officielle de la famille ou du tuteur légal si l’élève est mineur. Cependant, les documents officiels du dossier de l’élève ne seront définitivement modifiés que lorsque que le changement de nom aura été enregistré auprès du registre civil

Un coordinateur au sein de l’école sera chargé de superviser et de veiller au respect de cette mesure. Il sera en lien avec l’équipe dirigeante et éducative ainsi que la famille de l’élève, en particulier pendant le processus de transition, s’il a lieu pendant la période scolaire.

Le communiqué officiel conclut: « Les centres éducatifs garantiront un climat de sécurité pour devenir des espaces sans harcèlement, agression ni discrimination pour quelque motif que ce soit. Tous les agents éducatifs réaliseront les changements nécessaires pour la prévention, la détection et l’éradication des attitudes et pratiques basées sur des préjugés sexistes ou des discriminations s’appuyant sur des préjugés négatifs sur l’identité de genre, les sexes biologiques non binaires ou l’orientation sexuelle. »

« Il s’agit d’un instrument légal qui reconnaît aux enfants transgenres les mêmes droits qu’aux autres. Le droit à l’intimité, à l’égalité, s’est félicitée Ana Navarro, la mère d’une mineure transgenre et porte-parole d’une fondation qui milite pour les droits de ces enfants et adolescents interrogée par El Pais. Maria [sa fille NDLR] sait qu’elle est une fille et qu’elle a le droit de vivre une enfance en bonne santé. On ne peut pas choisir son identité. J’ai vu des enfants de sept ans souffrir beaucoup et avoir peur d’aller à l’école à cause des railleries qu’ils pourraient subir », dénonce-t-elle encore.

La région de Valence n’est pas la première en Espagne à vouloir mieux intégrer les élèves transgenres. Le Pays Basque espagnol, la Navarre, l’Andalousie, la région de Madrid ou la Catalogne l’ont fait avant elle.

29/12/2016

http://www.huffingtonpost.fr/

Rien de tel qu’une femme pour faire le ménage! Pécresse part en croisade contre les études de genre.

Valérie Pécresse, Présidente de la région Île-de-France, a annoncé jeudi 15 décembre la suppression du financement des études sur le genre, les inégalités et les discriminations. Dans le cadre du DIM (Domaines d’Intérêt Majeur), 90 bourses de doctorats et posts-docs (repré- sentant 10 millions d’euros environ sur 10 ans) étaient distribuées pour certains domaines de recherches, comprenant les études sur le genre, mais surtout allouées aux « sciences dures ». Cela avait été mis en place en 2006 à l’initiative de Marc Lipinski (élu Les Vert).

« Rien de tel qu’une femme pour faire le ménage ! » avait dit Valérie Pécresse lors d’une journée organisée durant la campagne des régionales pour une « opération de nettoyage » d’un ancien emplacement d’un camp de roms qui avait été évacué. Cela laissait déjà présager certaines décisions politiques qu’elle pourrait prendre en tant que Présidente de région, et elle n’a pas manqué de le confirmer avec ses dernières déclarations.

Si cette coupe budgétaire semble être une aberration, on se souvient des propos qu’elle avait sortis à l’occasion d’une « manif pour tous », et qui nous laisse un arrière-goût amer :

« Je suis pour l’égalité homme-femme, c’est à la racine de mes convictions. L’égalité oui, mais pas l’indifférenciation des sexes [qui est] un projet politique, une idéologie. On ne subven- tionnera pas la théorie du genre ». Dire cela ce n’est rien comprendre au sujet (ou bien ne pas vouloir comprendre). Il ne s’agit pas d’une « théorie du genre » (comme s’il s’agissait d’un complot), mais d’étudier les processus et les conséquences de reproductions sociales qui aliènent les êtres humains, et qui déterminent leur comportement, leur place dans la société selon leur genre.

Être assigné à la naissance du genre féminin ou masculin détermine le type d’édu-cation que l’on va recevoir, que ce soit de la part de la famille, de la société, de l’État, ou des médias, etc., et détermine aussi le comportement que les individus auront envers nous. Supprimer ces subventions, c’est ignorer les discriminations, les oppressions, les violences subies par les femmes, mais aussi par les personnes LGBTI qui ne correspondraient pas aux normes sociétales imposées.

Une fois de plus, nous subissons les attaques réactionnaires de Pécresse, dans le sillage de Le Pen, Fillon et cie.

Ces recherches, qui se développent notamment grâce aux subventions régionales, sont un premier pas pour une meilleure compréhension des mécanismes de construction sociale et genrée et des moyens de s’en émanciper. Ce type de prises de décisions est synonyme de recul réactionnaire et cela risque d’aggraver les choses en invisibilisant encore plus (comme si cela ne l’était pas déjà assez) les conséquences liées au genre qui nous est attribué sur nos conditions de vie.

Apparemment, il n’est pas d’un « Intérêt Majeur » pour Valérie Pécresse de nous permettre d’avoir des rapports égalitaires, mais plus de participer à l’aggravation de ceux-ci.

23 décembre 2016 Solange Julien

http://www.revolutionpermanente.fr/

Source espagnole:

http://elasombrario.com/ninos-reivindican-su-visibilidad/

Lire aussi:

Livres jeunesse: Pour Noël, subvertissez les enfants! (Alternative Libertaire)

Los niños transexuales podrán elegir nombre, vestimenta y baño en los colegios valencianos (Pùblico)

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22 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

histoire (l’obs)

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Le Collège de France vire à gauche

L’historien Patrick Boucheron, nouvellement élu au Collège de France, a secoué le monde académique dans sa leçon inaugurale. 

Il s’est passé quelque chose jeudi soir au Collège de France. L’historien Patrick Boucheron, 50 ans, spécialiste des cités italiennes au Moyen-Age et récemment élu au sein de la plus presti- gieuse institution de l’université française, n’a pas seulement prononcé sa leçon inaugurale. Il a secoué le petit milieu des historiens français, engoncé depuis trop longtemps dans le conformisme et la crainte de s’engager.

Une demi-heure avant la séance, l’amphithéâtre Marguerite de Navarre était plein à craquer, sauf les trois premiers rangs. Thierry Mandon, le secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur, est d’abord venu s’asseoir tout seul, au milieu de la première rangée. Puis ces messieurs les professeurs du Collège sont arrivés tous ensemble pour occuper les places réservées. Il y avait une sorte d’électricité dans l’air, ce qui n’est pas si fréquent dans ce lieu.

Et Boucheron s’est engagé. Certes, puisqu’on est dans un temple du savoir académique, il a livré une fresque historique brillante, comme il sait faire, avec de beaux effets de chronologie, des points bluffants d’érudition et des formulations fulgurantes. Par exemple lorsqu’il explique que les années 1560 avaient précipité «des nouvelles formes de violences politiques, comme ces mises à mort, en masse, de civils désarmés appelés du nom de massacre», et donne aussitôt une illustration: la Saint-Barthélemy.

Mais, ce faisant, il a fait bouger les lignes politiques de la discipline. Dans les limites du genre très spécial qu’est la leçon inaugurale, on peut même dire qu’il a renversé la table. D’abord en se référant à plusieurs reprises à Bourdieu et Foucault, qui enseignèrent tous deux au Collège de France mais qui, contrairement à ce qu’on pourrait croire, sont détestés par une partie de l’Université française, parce que trop politiques, trop à gauche, trop inventifs, trop brillants.

Ensuite en martelant que l’Histoire ne doit pas se contenter de raconter la façon dont les pouvoirs se sont établis (les rois, la formation des nations, des Etats), mais aussi les tentatives d’organiser la cité autrement, même et surtout quand elles ont échoué. Ces «expéri-mentations politiques», qui pullulent dans l’Italie des trecento et quattrocento, l’historien doit s’y montrer attentif, car elles nous indiquent d’autres mondes possibles. «Ce que peut l’histoire, c’est aussi de faire droit aux futurs non advenus, à ses potentialités inabouties.»

« Ce que peut l’Histoire », c’était le titre de la leçon. Boucheron y a tordu le cou à l’idée que l’Histoire serait là pour remonter aux origines et fixer des identités. Il a taclé les déclinistes de tous poils, qui «répugnent à l’existence même d’une intelligence collective». Il a contesté que l’Histoire soit finie. «Pourquoi se donner la peine d’enseigner sinon, précisément, pour convaincre les plus jeunes qu’ils n’arrivent jamais trop tard?»

Plus délicat encore : sans le nommer, il a clairement révoqué l’idée majeure défendue par François Furet, qui déduisait de ses travaux sur la Révolution française que toute tentative de construire un autre monde est voué à l’échec. Pour Boucheron, l’Histoire peut servir à penser «une émancipation critique». Quand il a prononcé le mot, certains visages dans l’assemblée se sont fermés.

Mais pour Boucheron, rien n’est plus mortifère que de faire l’Histoire une machine à fabriquer des leçons de désespoir. «Comment se résoudre à un devenir sans surprise, à une histoire où plus rien ne peut survenir à l’horizon, sinon la menace d’une continuation? Ce qui surviendra, nul ne le sait. Mais chacun comprend qu’il faudra, pour le percevoir, être calme, divers, et exagérément libres.» Et c’est sur ces mots capables de donner le frisson qu’il a terminé sa leçon.

Les applaudissements ont fusé. Ils ne venaient pas de tout le monde, mais ils étaient chaleureux, très chaleureux. Ils ont duré, et duré encore. A un moment, on a senti que leur longueur allait devenir un enjeu. Avoir une signification. Alors, les éminents professeurs assis au premier rang se sont levés comme un seul homme, mettant un terme à l’acclamation.

 Eric Aeschimann 9 décembre 2015

http://bibliobs.nouvelobs.com/i

Lire aussi.

Boucheron, l’historien qui veut « monter le son »

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15 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

arabe (orient 21)

malcomx

Malcom X

Qui a peur de la langue arabe ?

À l’occasion de la Journée mondiale de la langue arabe fêtée par l’UNESCO le 18 décembre et en partenariat avec Orient XXI, l’Institut du monde arabe organise une série d’évènements pour célébrer cette grande langue vivante. Ni « communautaire » ni dangereuse comme certaines argumentations voudraient le faire croire, elle fait intimement partie du patrimoine humaniste de l’Europe et de la France.

Les polémiques autour de la langue sont souvent idéologiques et servent des intérêts politiques. Qu’il s’agisse, pour une puissance coloniale, de contrôler sévèrement l’usage d’une langue maternelle pour mieux asseoir sa domination économique et politique, sous prétexte de « mission civilisatrice » ou, inversement, pour un régime du Sud en quête de légitimité, d’une politique d’arabisation à outrance, éradicatrice de la diversité, contre-produc- tive pour les classes populaires au profit de l’élite sous prétexte d’émancipation, c’est d’une certaine manière le même bégaiement de l’histoire.

La querelle récente autour du danger d’enseigner à nos chères têtes blondes et brunes cette « langue communautaire » que serait l’arabe est bien du même ordre : celui d’une instru- mentalisation de la question à des fins électorales sous prétexte de « sécurité », et « d’identité culturelle ». La polémique lancée en ce sens par la députée Annie Genevard1, et reprise avec ardeur par Bruno Lemaire, candidat malheureux à l’élection primaire « de la droite et du centre »2 a cependant suscité dans la presse suffisamment de tribunes pertinentes sous la plume d’intellectuels, d’enseignants et… d’humoristes, tels que le malicieux Gorafi sur les chiffres arabes.

Dans les mosquées de France

Mais arrêtons-nous un moment sur une proposition qui ne semble choquer personne, reprise allègrement par des responsables politiques de droite comme de gauche. Une petite phrase si anodine qu’elle fait désormais partie de la panoplie de questions en matière de sondage, mais dont on mesure mal les effets ravageurs sur l’imaginaire collectif, une formule a priori emprein- te de sagesse évidente, qui ponctue les débats sur les attentats terroristes : interdire les prêches en arabe dans les mosquées de France. En effet, quoi de plus naturel ? Après tout, nous sommes en France. Et les services de renseignement doivent pouvoir surveiller de près les éléments radicaux.

Sauf que cette assertion répétée ad nauseam implique un insidieux amalgame. Il y a tout d’abord l’assimilation implicite, désormais rituelle, du terrorisme à l’islam, la généralisation à toutes les « mosquées de France » accréditant l’idée qu’elles sont un lieu de recrutement potentiel de candidats terroristes, agissant sous le couvert d’une langue étrangère, alors qu’il apparaît clairement que l’enrôlement des jeunes s’opère le plus souvent sur internet ou dans nos prisons. Il est symptomatique que dans ce pays aujourd’hui, la simple évocation d’une « grande mosquée à Bordeaux » sur les réseaux sociaux puisse être transformée en arme de dissuasion massive pour les électeurs de la droite et du centre, achevant de déstabiliser Alain Juppé, longtemps donné favori par les sondages, qui a visiblement eu le tort de vouloir rassembler les Français sur le thème de « l’identité heureuse »3.

« L’ennemi de l’intérieur »

L’autre méprise est celle qui confond langue et religion, deux attributs qui ne sont guère assi- milables : la majorité des musulmans dans le monde ne parlent pas arabe (faut-il rappeler que le pays musulman le plus peuplé du monde est l’Indonésie ?) et les habitants du monde arabe ne sont pas tous musulmans. Ces deux attributs semblent cependant jouer le même rôle de marqueur identitaire de « l’Autre », celui que l’on rejette, qui incarne le Mal et représente « l’ennemi de l’intérieur ». Ainsi combinés, ils forment un commode épouvantail pour des responsables politiques souhaitant se prémunir contre tout questionnement d’ordre économique, social, sécuritaire ou militaire à propos du terrorisme.

Pour mieux comprendre cependant ce que cette affirmation peut avoir de choquant pour les arabophones, il suffit de changer la cible de l’interdiction. Interdit-on aux églises évangéliques de France d’utiliser l’anglais dans leurs messes ? Somme-t-on les églises ortho- doxes de ne pas avoir recours au russe ? Cela sera-t-il le cas pour la nouvelle et flamboyante cathédrale russe inaugurée récemment quai Branly, à deux pas de la tour Eiffel ?

L’argument d’une radicalisation spécifique à l’islam pour expliquer une telle excep- tion n’est pas convaincant, les services de renseignement étant dotés de tous les moyens d’enregistrement et de traduction. Il ne justifie en rien l’opprobre public jeté sur une grande langue vivante, qui, au demeurant, a préexisté à l’islam. S’il est vrai que le Coran l’a sublimée aux yeux de ses locuteurs en lui donnant une perfection poétique jugée inimitable (i’djaz), contribuant ainsi à sa préservation, il n’en demeure pas moins qu’elle a rempli les fonctions les plus diverses selon les époques, notamment, dans le Proche-Orient du 19è siècle, celle de porte-étendard patriotique du mouvement de renouveau socioculturel de la Nahda, mené par une intelligentsia multiconfessionnelle à forte composante chrétienne.

« Interdire les prêches en arabe », répète-t-on sans réfléchir… Comment s’étonner dès lors que des parents craignent pour leur progéniture une diffusion de la langue à l’école ? Admettons que la priorité ne soit pas à l’enseignement de l’arabe. Mais alors l’urgence est certainement au renforcement d’autres disciplines. À commencer par les principes élémen- taires de la logique, qui font qu’on ne peut à la fois prôner la séparation de la religion et de l’État et se mêler de savoir dans quelle langue le ministre d’un culte doit s’adresser à ses ouailles dans ce qui relève du domaine privé.

« L’Homme est l’ennemi de ce qu’il ignore »

Il conviendrait de promouvoir l’enseignement de l’histoire, où l’on découvrirait que la langue arabe fait depuis longtemps partie du paysage français. Et qu’en 1587 déjà, le roi Henri III créait la première chaire d’arabe au Collège de France, suivant en cela le souhait du roi Fran- çois 1er d’introduire en France l’enseignement des langues « orientales ». Il serait souhaitable également de mieux étudier la littérature française, pour y fréquenter des humanistes de la Renaissance tels que François Rabelais, qui n’hésitait pas à dépeindre son personnage Gargantua recommandant à son fils Pantagruel d’étudier la « langue arabique » pour mieux façonner son esprit4.

L’étude comparée des langues permettrait de saisir les riches apports de l’arabe aux langues européennes. Pas moins de 2500 mots, appartenant aux lexiques scientifique, mathématique, toponymique, concernant la faune et la flore : un véritable trésor que l’on redécouvre dans la présentation approfondie de Christian Lochon « L’arabe, une langue d’Europe depuis des siècles », et qui témoigne du rôle joué par cette langue sur le vieux continent, comme vecteur de la transmission des savoirs, ainsi que l’expliquent en détail deux livres de référence à mettre entre toutes les mains : Pensée grecque, culture arabe, de Dimitri Gutas, aux Éditions Aubier, et Ce que la culture doit aux Arabes d’Espagne, de Juan Vernet, aux éditions Sindbad-Actes Sud.

On aurait enfin intérêt à favoriser une meilleure transmission des sciences de la vie, pour rappeler que l’apprentissage de plusieurs langues dès le plus jeune âge stimule et développe le cerveau, de l’avis unanime des neurologues.

Le protectionnisme linguistique, par frilosité identitaire ou nostalgie impériale, est délétère. Fin 2016, la France demeure incroyablement faible en anglais selon un classement mondial établi par Education first : 29e sur 72 pays testés, 22e sur 26 en Europe. La franco- phonie prônée partout dans le monde comme une philosophie de la diversité culturelle ne peut signifier pour la jeunesse un repli à l’intérieur des frontières nationales.

« L’Homme est l’ennemi de ce qu’il ignore », dit un proverbe arabe. C’est pour éviter le « choc des ignorances » de tous bords — autrefois déploré par l’ancien président Jacques Chirac5 — que des personnalités très diverses, de tous horizons professionnels, se réunissent à l’Institut du monde arabe toute la journée du mardi 13 décembre pour évoquer les multiples facettes de l’arabe, langue du monde.

Notes:

1Lire par exemple Claude Lelièvre,«  L’arabe,’’ langue communautaire’’  !  », Mediapart, 26 mai 2016  ; Pierre-Louis Reymond, «  La langue arabe « communautaire » : « Un contresens lourd de conséquences »  », L’Express, 31 mai 2016.

2L’élection primaire permet de sélectionner un candidat commun à plusieurs partis (droite et centre, gauche) à l’élection présidentielle.

3Dans Les 12 travaux de l’opposition, nos projets pour redresser la France, ouvrage collectif publié en septembre 2014, Alain Juppé signait un chapitre consacré à «  l’identité heureuse  ». Il y proposait une définition de l’identité française appelant à comprendre les liens entre certains Français et leur culture d’origine et vantant la diversité des origines comme une richesse pour la société française. La formule prenait le contrepied de L’identité malheureuse, ouvrage polémique d’Alain Finkielkraut paru en 2013 jugeant négatif l’impact de l’immigration sur la société française.

4«  J’entens et veulx que tu aprenes les langues parfaitement : premièrement la Grecque, comme le veult Quintilian, secondement la Latine, et puis l’Hebraïcque pour les sainctes letres, et la Chaldaïcque et Arabicque pareillement  », in Pantagruel, chapitre VIII.

5«  (…) ceux qui, en attisant le feu des fanatismes, provoquent un triste ’’choc des ignorances » qualifié de « choc des civilisations », alors que nous avons en partage des valeurs que nous devons travailler à faire fructifier en commun  », conclusion du discours prononcé devant le Conseil consultatif à Riyad, le 5 mars 2006.

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12 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

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Éducation prioritaire : « Mardi 3 janvier, jour de la rentrée scolaire, c’est un ultimatum national »

Entretien. Professeur de mathématiques au lycée Maupassant de Colombes dans les Hauts-de-Seine (92), David est membre du collectif « Touche pas à ma ZEP » (TPAMZ).

Comment a démarré ce mouvement et quelle en sont les raisons ?

Ce mouvement vient en fait de la disparition de l’éducation prioritaire en lycée, alors que lors de la réforme REP/REP+ en 2014, qui avait déclenché des luttes importantes dans le 93, 92, 95, on avait annoncé aussi un classement des lycées. Celui-ci a pourtant été repoussé à plusieurs reprises. En avril 2016, dans un courrier de la ministre à un député du 92, on a appris qu’en fait, l’ensemble des lycées dits en éducation prioritaire allaient disparaître de ce classement. Cela aurait pour conséquence immédiate plus aucune garantie de moyens spécifiques dans nos lycées de quartiers populaires, comme à Colombes, à Saint-Denis ou à Gennevilliers pour ne citer qu’eux. En prenant appui sur la mobilisation contre la loi travail, le 18 mai 2016, des lycées du 92, 95, 93… se sont mobilisé devant le ministère pour dénoncer cette annonce.

Le collectif TPAMZ semble se structurer et être très actif. Comment s’est-il constitué ? Comment fonctionne-t-il ?

Les lycées mobilisés, au départ dans le 92 puis le 95, ont pris conscience de la nécessité d’informer l’ensemble des bahuts de la sortie de l’éducation prioritaire dès 2017. En effet, le projet de la ministre était bien sûr de casser l’éducation prioritaire en catimini, sans annonce officielle, par décret. La première tâche était donc d’informer les lycées et de convoquer des assemblées générales communes à la bourse du travail de Paris. À partir de là est rédigé un appel à l’ensemble de l’éducation prioritaire ouvert à la signature collective par les établissements mobilisés, quel que soit le label des établissements (zone sensible, zone violence, REP…) mais aussi à l’ensemble des lycées qui devraient en relever. Cet appel est lancé pendant l’été afin de préparer la mobilisation pour la rentrée. À la rentrée, un établissement est prêt a partir en grève reconductible, le lycée Joliot-Curie à Nanterre. On s’est mis d’accord pour que ce soit une grève marchante en faisant le tour des bahuts du 92 nord, du 95, du 93 afin de populariser l’appel. Le collectif s’est monté à la rentrée et l’appel regroupe aujourd’hui plus de 90 lycées signataires dans 14 académies. La grève s’est étendue au-delà de la région parisienne après le 29 septembre. Ce jour-là, c’était la première date commune pour les lycées mobilisés en éducation prioritaire. Le 11 octobre, Marseille et Dreux sont entrés dans le mouvement de grève. Il y a des AG de coordination régulières des lycées mobilisés permettant de décider ensemble des échéances à venir. À partir du 17 novembre, on a réussi à organiser des AG de grève massives qui ont regroupé plus d’une centaine de collègues en région parisienne les 17 et 29 novembre. C’est là que nous avons commencé à discuter concrètement de la possibilité de reconduire la grève. Des AG ont également eu lieu à Marseille et à Dreux. Nous avons organisé des réunions de coordination par vidéoconférence pour nous mettre d’accord sur les dates et frapper ensemble.

Quel a été le rôle des directions syndicales ?

Le problème de la disparition de l’éducation prioritaire est évidemment un problème national, mais la mobilisation est partie au départ de lycées mobilisés localement. Ceux-ci ont reçu le soutien de l’intersyndicale de Versailles, d’une intersyndicale de la région parisienne et de l’académie d’Aix- Marseille. La mobilisation grandissant, nous avons obtenu la mise en place d’une intersyndicale nationale pour la grève du 29 novembre.

Quelles sont vos revendications ?

Une des spécificités du collectif et de l’appel est d’avoir recherché l’unité de tous les lycées concernés (quel que soit le label, ou bien précédemment sans label ou classement), mais aussi d’avoir cherché des revendications unifiantes à tous les personnels. C’est pourquoi nous demandons une carte élargie de l’éducation prioritaire, mais surtout une carte assortie d’un label commun pour sortir de la dérégulation et de la jungle des sigles actuels. Ce label – et ça, c’est l’expérience des grève passées avec les collègues des collèges et des écoles contre la réforme REP/REP+ qui nous l’a appris – devra être contraignant en terme de moyens (dédoublements, effectif par classe) et de compensations pour les personnels (indemnités, primes, facilitation pour les mutations). Et justement, cette demande d’un label contraignant n’existe pas en REP/REP+ (écoles et collèges). C’est pourtant lui qui permet de faire la jonction entre écoles, collèges et lycées de l’éducation prioritaire, se rassemblant pour un label commun de la maternelle jusqu’au bac.

Et aujourd’hui, quelles sont vos perspectives ?

Le mouvement est maintenant national. Notre premier objectif est donc atteint, alors que cette question, rentrée 2016, était soi-disant localisée dans le 92 et ne méritait pas de réponse ministérielle d’après Najat Vallaud-Belkacem. Quatre mois plus tard, on en est à un décret et un arrêté ministériel sur la question des primes et des mutations – qui concernent les anciens collègues… mais pas les collègues arrivés après 2015 ! – ainsi que des annonces de créations de postes… mais pour la seule rentrée 2017 et sans garantie pour la suite ! En tout cas, ils n’auront pas réussi à sortir en catimini les lycées d’éducation prioritaire. Le pot aux roses a été découvert ! Face à la légitimité du mouvement, même la ministre est obligée de dire que nous avons raison ! Maintenant la perspective est claire, ça fait deux ans que la ministre a promis un classement : deux ans pour rendre sa copie, c’est assez ! Le mardi 3 janvier, jour de la rentrée scolaire, c’est un ultimatum national… et un départ en grève reconductible en l’absence de réponse de Najat Vallaud-Belkacem. Le décompte a commencé le 29 novembre…

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Propos recueillis par Armelle Pertus Lundi 12 décembre 2016,

http://npa2009.org/

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