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21 août 2019 ~ 0 Commentaire

algérie langues (le télégramme)

algerie

L’Algérie, une tour de Babel linguistique

L’Algérie, un millefeuille linguistique ? Mourad Yelles, professeur en littératures maghrébines à l’Inalco (Paris) le confirme.

Comment cohabitent l’arabe et le berbère dans l’espace linguistique algérien ?

Le berbère (compris par environ 40 % de la population algérienne), qui est le fondement linguis-tique du Maghreb, cohabite en effet avec l’arabe algérien majoritairement parlé dans la vie quotidienne.

L’arabe algérien ne doit pas être confondu avec l’arabe littéral (littéraire) ou classique qui est la langue de l’administration, des médias, et qui est enseigné à l’école l’arabe standard moderne. D’où cet énorme paradoxe : l’arabe littéral, officiel, n’est pas pratiqué au quotidien !

Comment situer le français, introduit plus tardivement dans le pays ?

Le français, qu’on le veuille ou non, est très présent en Algérie, y compris dans le primaire. Certes, les jeunes générations ont été arabisées après l’indépendance mais entre 35 % et 40 % de la population du pays est capable de comprendre et converser dans la langue de Molière.

Récemment, le ministère de l’enseignement supérieur a proposé de substituer l’anglais au français dans le cursus universitaire, une initiative jugée farfelue et qui a suscité une vive polémique dans l’opinion publique comme dans les médias. Kateb Yacine, écrivain algérien, disait que le français est un butin de guerre. En outre, la littérature algérienne d’expression française est très dynamique.

Peut-on, de fait, considérer l’Algérie comme un espace polyphonique ?

Oui, d’ailleurs pendant le mouvement de contestation auquel nous assistons depuis plusieurs mois, les slogans figurant sur les banderoles étaient inscrits en arabe classique, arabe algérien, berbère, français. Les jeunes générations s’ouvrent aussi à l’anglais. D’autres, pour des raisons professionnelles, se tournent même vers le chinois…

Quelles autres langues peut-on dénombrer ?

Le judéo-maghrébin, une variété qui dérive de l’arabe algérien par la prononciation et quelques mots empruntés à l’hébreu : il ne subsiste difficilement en réalité que parmi les rapatriés, en banlieue parisienne. Évoquons, en outre, la place du tagnawit, un mélange d’arabe, de berbère et de bambara  (le bambara est une langue courante au Mali) qui est encore parlée par certains descendants des esclaves noirs.

L’usage d’une langue n’est pas neutre et relève consciemment ou non d’un acte politique, n’est-ce pas ?

Ce qui se passe en Algérie ne relève pas de l’exception. La question de la langue est centrale dans l’imaginaire collectif et politique du pays. Par exemple, si tous les berbérophones ou presque maîtrisent l’arabe, l’inverse n’est pas vrai.

Mourad Yelles, professeur des universités en littératures maghrébines et comparées à l’Inalco (Paris), comparatiste et anthropologue, invité du festival de cinéma de Douarnenez.

19 août 2019 Gilles Carrière

https://www.letelegramme.fr/

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09 août 2019 ~ 0 Commentaire

inégalité (pùblico)

 Femmes-de-la-préhistoire

Les débuts de l’inégalité hommes-femmes

À quelle moment a commencé la domination des hommes sur les femmes? Des chercheurs ont une réponse

Une équipe d’archéologues de l’Université de Séville a étudié les origines de l’inégalité des sexes dans la préhistoire péninsulaire. La conclusion principale est que c’est au Néolithique que la domination masculine est devenue évidente.

Des chercheurs du département de préhistoire et d’archéologie de l’université de Séville ont étudié les restes archéologiques des sociétés néolithiques de la péninsule ibérique sous l’angle de la problématique hommes-femmes.

Selon les résultats de ses travaux, publiés dans le European Journal of Archaeology, c’est au Néolithique que nait l’inégalité entre les sexes, à l’origine de la domination masculine dans les périodes historiques ultérieures.

Pour parvenir à ces conclusions, les auteurs ont analysé d’une part les conditions de vie et les aspects démographiques et d’autre part, les pratiques funéraires. Dans le premier groupe, ils ont étudié des facteurs tels que le sexe ratio (ratio démographique hommes-femmes), l’alimentation, les données génétiques, la mobilité, les maladies les plus courantes et les marqueurs de stress détectés.

L’inégalité entre les sexes n’a pas été consolidée ni généralisée pendant le néolithique péninsulaire, mais des situations de domination sont apparues progressivement

Dans un deuxième groupe, ils ont examiné des données telles que le type d’inhumation, le caractère primaire ou secondaire du gisement, qu’il s’agisse d’une sépulture individuelle ou collective, l’organisation spatiale du gisement, la position et l’orientation des corps, les éléments de resserrement ils ont été déposés dans la tombe ou dans les gestes funéraires (signes de manipulation des cadavres, de pigmentations ou d’altérations induites par la chaleur).

L’étude conclut que l’inégalité entre hommes et femmes n’était ni consolidée ni généralisée dans le néolithique péninsulaire. Cependant, les situations indiquant une domination des hommes sur les femmes apparaissent progressivement.

Rites et rôles funéraires

Les auteurs soulignent quatre axes principaux dans lesquels l’inégalité entre hommes et femmes peut être examinée au cours de périodes historiques successives: leur accès aux rites funérai-res, les conditions matérielles de leur existence, l’émergence de rôles sociaux spécifiques pour chacun des genres et l’association croissante de l’homme à la violence.

C’est précisément ce dernier aspect qui ressort le plus dans son étude. Les blessures de flèches dans les corps des hommes, le dépôt de projectiles dans leurs tombes ou les représentations picturales (art rupestre) d’hommes participant à des activités de chasse ou de guerre n’ont pas de équivalent chez les femmes.

Par conséquent, les chercheurs soulignent la naissance d’une idéologie associant les hommes à l’exercice de la force. À cet égard, ils soulignent que la création de rôles différenciés fondés sur le genre et d’autres formes d’inégalité de genre a joué un rôle fondamental dans l’émergence de la complexité sociale, facteur qui n’a pas toujours été bien compris dans les documents de recherche précédents.

Madrid 19/06/2019

https://www.publico.es/

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07 août 2019 ~ 0 Commentaire

freinet (ballast)

pedagogie freinet

Freinet : une pédagogie émancipatrice

Célestin Freinet (1896 1966), comme dit le brésilien Freire à son propos 

« Les rêves de Freinet sont aussi mes rêves : la lutte, l’engagement permanent pour une édu-cation populaire, pour une école qui tout en étant sérieuse n’a pas honte d’être heureuse. »

Les luttes et les rêves de Freire et Freinet ont en effet bien des choses en commun. Les deux appellent de tous leurs vœux une autre école, populaire et émancipatrice ; les deux rejettent l’école-usine de la bête obéissance et du rabâchage des leçons ; les deux dérangent autant qu’ils fascinent et, surtout, les deux placent, l’esprit critique au centre de leur pédagogie révolutionnaire.

« Échappant de peu à la mort et n’étant plus utile aux yeux de l’armée, il devient ce pacifiste convaincu que c’est par l’éducation qu’on évitera d’autres guerres. »

Célestin Freinet est né en octobre 1896 dans les Alpes-Maritimes. La vie lui a accordé très peu de répit : issu d’une famille paysanne pauvre, il a déjà eu le temps, à 21 ans, de voir trois de ses frères et sœurs disparaître, d’être mobilisé pour la Grande Guerre et d’y être gravement mutilé.

Échappant de peu à la mort et n’étant plus utile aux yeux de l’armée, il devient ce pacifiste convaincu que c’est par l’éducation qu’on évitera d’autres guerres. « Freinet n’en est jamais resté aux discours d’espoir. Pour lui, le temps de l’attente, c’était un temps d’action », raconte à son propos Paulo Freire.

Pour agir, Freinet devient instituteur et atterrit à Bar-sur-Loup, un village misérable où des agri-culteurs peinent à subvenir ne serait-ce qu’aux besoins primaires de leurs enfants. Et c’est là qu’il réalise sa première expérience d’éducation populaire sans autre matériel que des pupitres à quatre places.

Célestin et son épouse, Élise Freinet, font de ce village une véritable capitale de la pédagogie avec des méthodes et des pratiques totalement innovantes comme les promenades scolaires, les correspondances, l’imprimerie, la cueillette de fleurs et d’olives, la fabrication de parfums ou l’organisation de fêtes.

La discipline se fait autodiscipline et l’erreur est revalorisée ; elle devient une étape nécessaire dans l’apprentissage par « le tâtonnement expérimental ». Au fur et à mesure que son expéri-mentation avance, Freinet tâtonne lui même et évolue, comme ses élèves.

Il abandonne les manuels scolaires, les leçons et les devoirs afin de parvenir à une forme idéale d’activité, centrée sur l’expression libre, l’envie, l’initiative et la motivation des écoliers.

Pour Freinet, l’apprentissage est une démarche naturelle chez l’enfant et le rôle de l’enseignant est dès lors de lui permettre d’avancer de façon la plus autonome possible vers son épanouissement personnel.

Avec son épouse, ils susciteront bien des moqueries à Bar-Sur-Loup en exposant fièrement les réussites de leurs élèves. Mais les sarcasmes cèderont à la peur et à la haine : au début des années 1930, en pleine montée des fascismes européens, Charles Maurras lance une vaste campagne contre Célestin Freinet.

L’enseignant est mis en accusation à propos du texte libre d’un enfant imaginant une révolte de la classe contre le maire du village. Freinet est déplacé, mais refuse de baisser les bras et fonde, avec Élise, une école « prolétarienne » à Vence, dans laquelle il accueille les enfants réfugiés de la guerre d’Espagne.

« Peut-on être à la fois communiste et instituteur ? », se demandait à son sujet une certaine presse conservatrice. Le simple fait de poser la question froisse Célestin Freinet ; dans les pas de Paulo Freire, il dénonce l’utilisation capitaliste du concept de neutralité ainsi que la domination qui se cache derrière.

Pour lui, la neutralité en éducation n’a pour but que de reproduire l’idéologie dominante et les inégalités en veillant à ce que les classes sociales ne soient jamais remises en cause : « La neutralité, c’est la mort. La vie ne peut pas être neutre. » (Résumé voir lien)

https://www.revue-ballast.fr/

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06 août 2019 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

blanquer

Préparer une rentrée offensive contre Blanquer et ses réformes

Blanquer a eu un gros coup de chaud, et pas à cause de la canicule de juin. Après avoir voulu passer en force sur la mise en œuvre de ses réformes (dans la voie générale et professionnelle) en jetant une pagaille généralisée, il a fait le choix de passer en force sur les examens.

Avec comme premier résultat de discréditer le bac et, au-delà, le cadre de l’école comme service public pour touTEs les élèves, en systématisant l’inégalité de traitement des jeunes.

Face à ce gâchis, qui s’inscrit dans la logique de ce gouvernement qui élève en principe fondateur l’individualisme et la différenciation de l’accès à l’éducation, les enseignantEs mobilisés ne lâchent pas.

Alors que Blanquer cherche à opposer les 99 % d’enseignantEs qui feraient leur devoir consciencieusement au 1 % d’énervéEs, le développement de la solidarité à travers les caisses de grève montre bien que, comme beaucoup l’ont dit, il n’y a pas de fossé entre les grévistes des examens et celles et ceux qui n’ont pas fait grève mais se reconnaissent et partagent les raisons de la grève.

Les organisations syndicales CGT, SNES, SNALC et FO ont témoigné de ce rapport de forces dans une déclaration le 9 juillet en comité interministériel : « Les menaces de sanctions, de retrait de jours de grève à compter de la date de prise des copies, par le ministre prêt à tout pour publier les résultats dans n’importe quelles conditions, ne peuvent qu’indigner toute la profession.

Nos organisations affirment leur totale opposition aux menaces de retenues de salaires sur des périodes qui ne correspondent pas aux seuls jours de grève. Ces menaces sont attentatoires au droit de grève et à nos libertés fondamentales. »

Cadres de solidarité

Après avoir rendu les copies le 8 juillet, les enseignantEs mobilisés ont aidé les organisations lycéennes (UNL notamment) et de parents d’élèves à structurer la défense des droits des jeunes lésés par le passage en force de Blanquer.

Ils et elles ont mis conjointement en place une permanence en ligne « SOS Bac », qui a reçu en 3 jours plus de 20 000 appels, d’après le président de la FCPE.

Cette permanence vise à orienter jeunes et familles dans les démarches : recours administratif, procédure juridique devant le Tribunal administratif, toutes les possibilités sont envisagées et décidées avec un cadre de solidarité pour les mettre en œuvre (du soutien moral au soutien financier).

Une cellule de veille a également été créée pour recenser les sanctions annoncées par le ministre et préparer la riposte en lien avec les organisations syndicales.

Mais il s’agit surtout de préparer la rentrée qui s’annonce calamiteuse.

L’application des réformes Blanquer commence en effet avec des plans de licenciements des contractuelEs, qui se déclinent académie par académie (600 collègues rien que dans l’académie de Créteil).

Un casse-tête inédit pour construire les emplois du temps des élèves et des enseignantEs, une impréparation totale des programmes non finalisés ou vides de contenu. Les raisons d’une explosivité existent objectivement. Il reste les moyens subjectifs à structurer pour empêcher une catastrophe annoncée.

Unifier la colère accumulée

L’AG Île-de-France des enseignantEs mobilisés, en lien avec les collègues de Toulouse, Marseille, Montpellier, Dijon, a lancé l’initiative d’Université d’été de l’éducation les 26, 27 et 28 août.

3 jours pour tirer les bilans d’une année de luttes dans tous les secteurs de l’éducation du 1er et du 2nd degré, mais qui n’ont pas réussi à converger, qui sont restées dans le champ de leur spécificité catégorielle et surtout dépendantes de l’agenda du ministère et du gouvernement.

L’enjeu est de réussir à unifier la colère accumulée par les expériences de ces luttes pour organiser une riposte en ayant conscience qu’une partie de l’affrontement à construire dépasse le cadre de la seule Éducation nationale puisque la Loi de modernisation de la Fonction publique s’applique également à ce secteur.

Les objectifs sont élevés, mais la lutte inédite des dernières semaines a révélé un potentiel et une détermination nouvelle.

Cathy Billard Mardi 6 août 2019

https://npa2009.org/

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18 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

bacheliers (gauche révolutionnaire)

frais-bancaires

Dans la réalité

Bacheliers et déjà sur les rails du capitalisme !

Sur les rails mais pas forcément tous en première classe ! 160€ pour les mentions très bien mais seulement 40€ pour une mention assez bien, rien sans mention ! Voilà ce que certaines banques réservent aux bacheliers sur «un livret d’épargne» !

Au delà de la méthode commerciale, les banques escomptent qu’une fois devenu travailleur, le jeune bachelier avec une mention très bien leur procurera un plus grand bénéfice !

Les banques savent que le capitalisme par l’intermédiaire de l’État, de ses lois et de ses réformes instrumentalise l’école pour assurer et reproduire les inégalités. Elles entendent bien en profiter.

Reprenons la lutte à la rentrée : pour plus d’égalité dans l’école, pour que une éducation gratuite et de qualité pour tous !

Christine 18/07/2019

http://www.gaucherevolutionnaire.fr/

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18 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

macron (émancipation)

macron catho

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Soumission de Macron à l’Église catholique

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La réalité anti-laïque de ce pouvoir apparaît de plus en plus clairement, comme d’ailleurs son caractère réactionnaire dans tous les domaines.

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Lors de sa visite au pape, Macron avait rappelé son point de vue : “La religion est partout dans la société. Nous avons anthropologiquement, ontologiquement, métaphysiquement besoin de la religion”.

 

Cela fait suite à son discours du 9 avril sur le fait que “le lien abîmé entre l’Église et la République doit être réparé”, et précède son discours de soumission à l’Église catholique du Latran précisant :

 

“La volonté de la France d’approfondir les relations d’amitié, de compréhension, de confiance qu’elle entretient avec le Saint-Siège”.

 

Cela est en lien avec toute une série de mesures actuelles ou en préparation marquant une nouvelle attaque contre la laïcité de l’État, par exemple (liste non exhaustive) :

 

La main tendue à la “Manif pour tous”

 

Notamment en perspective de la révision des lois de bioéthique, l’obligation scolaire à trois ans dont l’objectif réel est d’accroître encore le financement public des écoles privées sous contrat, etc.

 

D’autres forces instrumentalisent la laïcité à des fins xénophobes et racistes, pour diviser les exploitéEs et les oppriméEs. Émancipation combat au contraire pour unifier toutes les luttes pour une égalité réelle.

 

Pour Émancipation, ni paravent de la xénophobie, ni morale de maintien de l’ordre social, ni tolérance des intrusions de forces religieuses dans les services publics, la laïcité est une des conditions pour la liberté de conscience, le vivre ensemble et l’égalité des droits.

 

Il faut donc défendre la loi de 1905

 

Et abroger tous les dispositifs anti-laïques (notamment la loi Debré), et ceux qui financent l’enseignement privé et renforcent ainsi la concurrence scolaire. La politique du gouvernement visant à préparer par étapes la privatisation du système éducatif :

 

Autonomie accrue des établissements,

 

Remise en cause du statut fonctionnaire,

 

Recrutement par les chefs d’établissements,

 

Promotion de l’enseignement supérieur privé via la pénurie de places dans le public, etc…

 

Cela justifie plus que jamais la perspective d’une école émancipatrice et unifiée.

 

Ce qui nécessite la nationalisation laïque de l’enseignement privé sans indemnité ni rachat et sous contrôle des personnels.
Émancipation combat les attaques contre la laïcité de l’État, et contribuera sur ces bases aux initiatives unitaires progressistes contre la politique gouvernementale.

 

http://www.emancipation.fr/

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17 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

élèves migrants (questions de classe)

Migrants

Apprendre, solidaire, aux côtés des élèves migrants

Le nouveau hors-série de la revue N’Autre école, « Apprendre, solidaire, aux côtés des élèves migrants » de Jean-Pierre Fournier est maintenant disponible en librairie et en commande sur notre site.

Comment je suis tombé dans le chaudron

En juin 2004, naît le Réseau éducation sans frontières : l’événement passe à peu près inaperçu, y compris dans les milieux militants. Je suis au courant parce que je connais Richard Moyon, l’initiateur du projet : militant trotskiste en rupture de chapelle, il anime un petit bulletin, Cinquième zone, à destination des jeunes et des enseignants de son lycée professionnel et technique de Châtenay-Malabry.

Il y traite des « questions vives » du quartier – et du monde – dans un style véhément et direct, loin du ton compassé des tracts. Il a découvert avec surprise l’impasse dans laquelle se trouvent certains de ses élèves, du fait de leur « situation irrégulière », et s’est engagé dans leur défense.

Au fil de ses combats, il rencontre un autre enseignant « du technique », Pablo Krasnopolsky, lui aussi syndiqué à la CGT éduc’action. Il y a également Pierre Cordelier, ancien instit de Vitruve, la célèbre école innovante du 20è arrondissement : c’est un chevronné de « l’action qui entraîne l’action », il a su faire rayonner le Comité Tlemcen, qui propage la mémoire des élèves juifs déportés « parce que nés juifs » dans les écoles de l’arrondissement et au-delà.

J’ai appris l’existence de ce Comité par un gamin du quartier, qui m’avait pris par la manche pour me dire : « Eh, tu sais que dans mon école on a tué des enfants seulement parce qu’ils étaient juifs ? » Des non-enseignants les rejoignent, comme Brigitte Wieser, militante de la FCPE au collège-lycée Voltaire, dans le 11è arrondissement de Paris. Leur point commun, outre une rare énergie, c’est la volonté de ne pas s’enfermer dans telle ou telle tendance d’extrême gauche, et surtout le pari sur les capacités de mobilisation de monsieur-madame-tout-le-monde, bien au-delà des cercles d’initiés.

Je ne découvre quant à moi le réseau que quelques semaines plus tard, en me rendant à une réunion où témoignent des jeunes. Leurs paroles sont émouvantes, j’entre à mon tour dans un monde que je ne connaissais pas et je rencontre aussi ces militants qui, au lieu de s’enfermer dans une secte ou de se décourager, veulent rebondir de façon créative et large.

L’un d’entre eux me dit qu’il va m’appeler. Quand il le fait, je suis désarçonné par ce qu’il me dit : « Dans ton collège, il y a deux pères d’élèves chinois qui risquent l’expulsion. » Il me donne les noms, et c’est à peu près tout, fin de l’échange… Le rythme des premières années du RESF est donné : on est dans l’urgence, on agit et c’est à chacun de faire, à chacun de mobiliser très largement, sans appui ni conseil ni mode d’emploi. On y va.

Dès le lendemain, j’informe mes collègues. D’abord l’enseignante du dispositif d’accueil pour les élèves primo-arrivants, puis je m’adresse à toutes et tous à la récréation. Je rédige, à destination de la préfecture, un texte annon­çant que « la communauté éducative sera vigilante… ».

Le lendemain, j’apprends par le camarade qui m’avait alerté que ça y est : l’un a déjà été expulsé et l’autre est « sur la passerelle » – ou tout comme. Je propose alors aux profs de débrayer une demi-heure après la récréation. Unanimité – c’est la première fois que je vois ça.

Je téléphone au commissariat : « Le collège est en grève, tout le monde va être informé. »
Rentré chez moi, une officier de police me rappelle : « Tranquillisez vos collègues, le père d’élève est rentré chez lui. » Victoire. Je suis immensément content – et surpris –, mes collègues aussi ! Gagné à ce combat, et pas prêt de m’en « décrocher ».

16 juillet 2019  Collectif Q2C

https://www.questionsdeclasses.org/

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08 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

programmes (émancipation)

femme ecrivain

Portait trouvé dans l’oasis du Fayoum en Egypte

Place des femmes dans les programmes de Première : encore raté !

Le 4 avril, vient d’être publié au Bulletin Officiel , le programme national pour l’enseignement du français au lycée. Les œuvres au programme en classe de Première sont réparties en quatre thèmes : poésie, littérature des idées, roman, théâtre. Pour chaque thème, trois œuvres sont proposées, l’enseignant·e devant en choisir une par thème. Sur la liste des 12 œuvres, seules deux ont été écrites par des femmes. On est extrêmement loin de la parité.

De plus, pour aggraver la situation, les deux autrices, Madame de Lafayette et Marguerite Yourcenar, pour la voie générale et Madame de Lafayette et Nathalie Sarraute pour la voie technologique, sont “en compétition” parce qu’elles sont toutes les deux dans le même sujet d’étude, le roman.

Donc parmi les quatre œuvres que devront lire et étudier les élèves de Première, une seule au maximum aura été écrite par une femme et dans nombre de classes, il pourra n’y en avoir aucune.

Que veut-on nous faire croire ?

Qu’il est impossible de trouver des autrices de poésie, de théâtre ? Que la littérature d’idées est l’apanage des hommes ? De qui se moque-t-on ? C’est à croire que celles et ceux qui sont à l’origine de cette sélection d’œuvres, ont des préoccupations bien éloignées de l’égalité filles/garçons pourtant mise en avant par leur Ministère…

Marie de France, Olympes de Gouges, Virginia Woolf, Colette… du Moyen-Âge à nos jours, les femmes de lettres, en France et au-delà, sont très nombreuses ; le site Le deuxième texte (http://george2etexte.free.fr), plateforme web qui met à disposition des professeur·e·s une base de textes écrits tant par des femmes que par des hommes de la manière la plus exhaustive et paritaire possible, nous le confirme.

Il est plus que temps d’agir pour augmenter la visibilité des femmes et de leurs travaux dans tous les domaines, aussi bien littéraires, artistiques que scientifiques.

C’est dès l’âge de l’école et jusqu’à la fin du lycée qu’il faut battre en brèche les stéréotypes et les idées reçues. Les propos tenus par le ministère au sujet de l’égalité homme/femme, fille/garçon, ne feront pas bouger les lignes s’ils ne sont pas suivis d’actes concrets.

On en a malheureusement l’habitude et la montée au créneau pour affirmer nos exigences en matière d’égalité et de droits est d’autant plus nécessaire.

Joëlle dimanche 7 juillet 2019

http://www.emancipation.fr/

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07 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

snu (jdd)

snu

« Le service national universel est la réintroduction au pas de l’oie du service militaire »

« Une expérience qu’on peut rapprocher de la préparation militaire, mais sans maniement des armes. »

Qui tient de tels propos? Le ­ministre de la Défense? Non, mais plus curieusement, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’­Education nationale et de la Jeunesse, qui a ainsi révélé le vrai visage du service national ­universel (SNU).

De qui parle-t-il? Des 2.000 volontaires de l’édition 2019 du SNU qui jouent un peu partout en France les apprentis bidasses. Si le ministère a l’air plutôt satisfait de l’expérience, les parents de la FCPE n’ont pour leur part aucune envie de voir leurs enfants suivre des entraînements de commandos!

Même si les jeunes ont accepté de se « prêter au jeu », doit-on pour autant leur faire subir tout et n’importe quoi?

Est-il normal que, pour être punis d’avoir gardé les mains dans leurs poches, certains d’entre eux soient obligés de faire des pompes? Est-ce acceptable que, pour une raison inconnue, on laisse ces jeunes en uniforme immobiles sous un soleil de plomb avant qu’une vingtaine d’entre eux tournent de l’oeil? En sommes-nous encore là en matière de relation éducative? Pourtant, l’éducation, ce n’est pas l’apprentissage de la soumission ni la banalisation des rapports de domination.

Pour faire connaître la vie en collectivité et ses règles, nul besoin de passer par les codes militaires ou l’aboiement de pseudo-caporaux-chefs en mal d’autoritarisme

Si, parmi ces volontaires, certains adolescents envisagent de suivre une carrière dans l’armée, c’est au ministère de la Défense de les former. Quant au ministère de l’Education nationale, même par le biais de son secrétariat d’Etat de rattachement, il ferait mieux d’investir dans d’autres domaines pour favoriser le vivre-ensemble. La FCPE peut lui donner quelques idées, surtout quand l’addition pour ce nouveau service national se chiffre à 1,5 milliard d’euros, à comparer aux seuls 20 millions débloqués pour les cantines à 1 euro…

Avec 1,5 milliard, c’est beaucoup plus que ces quelque 2.000 jeunes que l’on aurait pu nourrir gratuitement à la cantine.

Autour d’une table, ils auraient d’ailleurs pu apprendre d’autres valeurs, nouer d’autres liens que ceux qu’ils n’ont pu créer en s’alignant en rang ­d’oignons lors d’une cérémonie d’inauguration. Pour faire connaître la vie en collectivité et ses règles, les valeurs de la République, le civisme, nul besoin de passer par les codes militaires ou l’aboiement de pseudo-caporaux-chefs en mal d’autoritarisme.

On peut par exemple inscrire nos enfants dans des colonies de ­vacances, malheureusement inaccessibles aux familles les plus en difficulté en raison de tarifs souvent prohibitifs. Cette manne financière aurait aussi pu permettre la prise en charge des voyages scolaires, plutôt que de compter sur les parents qui passent des après-midi à faire des gâteaux et à les vendre aux sorties d’école pour alléger la facture des plus démunis.

Ils seront 40.000 jeunes pour jouer à la guerre et satisfaire ceux qui gardent le film « Les Choristes » en guise de madeleine de Proust éducative

Au lieu du service militaire « light », la FCPE propose que chaque enfant puisse bénéficier gratuitement, comme c’est le cas pour le SNU, d’une classe de découverte ou d’une colonie de vacances.

Mais nous avons bien compris que l’entêtement du gouvernement rendait difficile le retour en arrière sur ce service national très bien financé à défaut d’être très bien pensé pour l’intérêt des jeunes.

Le SNU est la réintroduction au pas de l’oie et à grand renfort de communication du service militaire.

Se pose donc la question ­essentielle, dans le cadre républicain, de ­l’objection de conscience.

Car, alors qu’à 16 ans les jeunes commencent à prendre leurs propres décisions, ils seront dès l’année prochaine 40 000 à se retrouver coincés dans des ­bootcamps pour jouer à la guerre et satisfaire celles et ceux qui gardent le film Les Choristes en guise de madeleine de Proust éducative.

Dans une tribune, les coprésidents de la FCPE, la fédération des parents d’élèves, Rodrigo Arenas et Carla Dugault, déplorent l’aspect militaire du service national universel, expérimenté en juin.

7 juillet 2019

https://www.lejdd.fr/

Appel au refus du «Service national universel»  Objection de conscience!

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06 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

enseignante gréviste (politis)

blanquer 1

Une enseignante gréviste répond à Jean-Michel Blanquer

Alors que les résultats seront proclamés aujourd’hui, je souhaiterais m’exprimer pour expliquer à vos lecteurs les raisons de mon engagement dans une action qui peut sembler difficilement compréhensible à beaucoup.

Faisant partie des enseignants grévistes traités d’irresponsables, je souhaiterais répondre à monsieur Blanquer qui a refusé de recevoir les membres des collectifs d’enseignants opposés à la réforme.

Pourquoi avons-nous décidé de conserver encore les copies alors que le Blanquer multiplie les mensonges et les illégalités ?

Les raisons de la rétention des notes sont connues : une école de la confiance qui propage la défiance en empêchant les enseignants de s’exprimer librement. Une réforme du bac qui n’est pas faite pour permettre à chacun de s’épanouir, car les élèves devront pas exemple supprimer une de leurs trois de leurs options en terminale par rapport à la première, sauf dans certains établissements privés, qui ont déjà annoncé qu’ils permettraient à leurs élèves de poursuivre les trois matières choisies, pour mieux être préparés à leurs études supérieures.

Dans ces conditions, il n’est pas difficile d’imaginer que bon nombre de parents qui en ont les moyens enverront leurs enfants dans les établissements qui offrent cette possibilité. Des économies de budget sont faites en dépit du bon sens : moins d’enseignants mais plus de tablettes, ce qui est mauvais pour le commerce extérieur, le climat, la santé des enfants et a un apport pédagogique peu évaluable.

Le service national universel va faire dépenser un argent fou alors que les classes seront surchargées par choix de faire des classes de 35/36 enfants au lycée, mais aussi en maternelle si rien ne change dans certaines écoles.

Et alors que la priorité devrait aller à l’encadrement humain de tous les élèves, le gouvernement fait le choix d’acheter encore des balles d’armes interdites en Europe pour la police, sans doute pour des classes qui se tiennent bien sages, comme à Mantes-la-Jolie en décembre dernier.

Ce n’est pas notre conception de l’Éducation nationale dans une République.

Si les syndicats lycéens ont soutenu une décision lourde à prendre, si les parents ont soutenus aussi cette rétention des notes qui va jusqu’à demander la démission du ministre, j’ai peur que l’on se retrouve dans la même situation que pour la privatisation de la SNCF, d’EDF, de la Poste, de la santé et même des prisons.

En serrant les budgets par idéologie néolibérale, et en le détournant vers d’autres fins :

Plus d’ISF, un CICE qui permet à de grands groupes pharmaceutiques de gagner plus d’argent tout en renvoyant des chercheurs, des aides à l’intelligence numérique qui détruisent plus d’emplois qu’elles n’en créent, ceux qui nous gouvernent étranglent les services publics pour pouvoir dire EN MÊME TEMPS qu’ils ne fonctionnent pas. Mais tout le monde a bien vu que depuis la privatisation de l’énergie les prix de l’électricité ont augmenté.

Pourquoi avoir rendu l’école obligatoire à trois ans, alors que cela va occasionner de grosses dépenses des mairies pour les écoles privées

Sans augmenter le nombre d’élèves scolarisés! L’Éducation nationale doit rester au service des enfants et des parents, non pas au service de l’idéologie de la révolution néolibérale (titre du livre du candidat Macron). Si le statut des fonctionnaires est traité de privilège par la droite classique et par les néolibéraux, c’est pour mieux « diviser pour régner ».

Alors que le service public est au service de la nation, le mouvement « en marche » fait croire qu’il la ruine, alors que l’on voit bien que depuis deux ans, les ordonnances sur le travail et toutes les décisions prises ne vont que dans le sens d’un enrichissement des plus riches au détriment de tous.

Nous ne devrions pas rendre les copies avant les feux d’artifice du 13 juillet si nous étions des citoyens responsables, mais nous ne sommes que des profs, et nous connaissons le stress de nos élèves. Les chiffres auxquels j’ai eu accès par les courriels échangés après les assemblées générales qui se sont tenues un peu partout en France donnaient 27% de notes non rentrées sur le logiciel à l’heure butoir mardi dernier.

Pourtant, bon nombre de collègues ont fini par céder sous la pression et le chantage exercé par le ministre d’une retenue de 15 jours de salaire. Nous nous battons pour nos élèves et nos enfants : ce que nos grands-parents avaient obtenu après la guerre 39-45 grâce au Conseil national de la Résistance disparaît peu à peu, comme si les prétendues Trente Glorieuses et l’économie qui gouverne le monde depuis quelques années étaient plus prédatrices que cette deuxième guerre mondiale.

Alors que beaucoup de Français sont dans des situations économiques précaires, cumulent de petits boulots sans s’en sortir, il est de notre devoir d’enseignants de préserver l’égalité d’instruction, de veiller à entretenir la justice et la fraternité entre des élèves qui viennent de tous les milieux.

Le fait que le président et notre ministre aient fait leurs études dans des établissements privés explique peut-être le peu de cas qu’ils se font du service public. Il s’agit bien d’une attaque dangereuse pour la cohésion nationale et l’égalité des élèves.

 Vendredi 5 juillet, jour des résultats du baccalauréat, une professeure des Yvelines explique le choix de retenir les copies pour s’opposer à la réforme « pour l’école de la confiance » et celle du baccalauréat.

Une professeure gréviste 5 juillet 2019

 

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