Archive | Educ’action

10 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

quimper brest rennes (fr3)

lycees

Rennes Le Lycée Émile Zola

Perturbé par les élèves

Ce lundi matin, dès le début des cours, les lycéens de l’établissement Émile Zola situé avenue Jean Janvier en filtrent l’entrée. Opposés au projet de réforme du baccalauréat proposé par le gouvernement, ils montrent leur désaccord dans une ambiance bon-enfant.

À cent et à grand bruit. Quiconque passait sur l’avenue Jean Janvier les remarquait ce matin. Leurs meneurs montés sur des poubelles, les lycéens fédéraient leurs camarades pour montrer leur opposition au projet de réforme du baccalauréat prévue pour 2021.Ce nouveau bac consiste en « une épreuve de français à la fin de la classe de première, quatre épreuves en terminale et une part de contrôle continu, déclare l’Éducation Nationale. Le baccalauréat est à la fois plus simple dans son organisation. »

Une réforme du bac qui ne passe pas

Pourtant, elle ne convient pas aux principaux intéressés. Depuis une semaine déjà, ils montrent leur mécontentement dans toute la France, en parallèle du mouvement des Gilets jaunes. Leur mouvement semble se solidariser des manifestations des universités, qui elles s’opposent à l’augmentation des frais de scolarité pour les étudiants étrangers. L’opposition au nouveau outil d’orientation Parcoursup semble pouvoir regrouper étudiants et lycéens.

Au total en France, entre 100 et 120 lycées sont perturbés aujourd’hui, les cours ne sont pas tous assurés. Parmi eux, une quarantaine sont carrément bloqués par leurs élèves. Aujour-d’hui, les lycéens n’ont pas prévu d’actions directes et organisées. D’après eux, la grosse journée sera « mardi : on va regrouper tous les lycées et manifester devant la mairie » selon l’une de leurs représentantes.

Corentin Bélard 10/12/2018

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

Le campus de l’université Rennes 2 bloqué (FR3)

Entre 100 et 120 lycées sont perturbés ce matin dans toute la France, dont 40 totalement bloqués (France Info)

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09 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

université (le télégramme)

univ

« Y a pas écrit éducation nationale »!

Université de Bretagne Sud.

Crise ouverte avec le Département

« Grave », « brutale », « incompréhensible »… Le président de l’Université de Bretagne Sud ne mâche pas ses mots pour qualifier la suppression programmée de la subvention (422 750 €) du conseil départemental.

La nouvelle réglementation imposée par la loi NOTRe, argument avancé par François Goulard, ne convainc pas.

Et pour cause : des départements continuent d’assurer le financement des universités .Le climat social est orageux. Il est également électrique entre l’Université de Bretagne Sud et le conseil départemental du Morbihan.

En cause, la réception, le 22 octobre dernier, d’un courrier signé du conseil départemental signifiant à l’UBS la suppression programmée en 2020 de la subvention (elle était de 422 750 € en 2018). « Nous n’avons reçu aucune notification préalable à cette décision, aucun contact entre les services. C’est du jamais vu », déplore Jean Peeters, le président de l’UBS.

La brutalité de la méthode n’est pas seulement décriée.

Derrière l’argument avancé par le Département (la Loi NOTRe), le président de l’UBS y voit surtout « une décision personnelle et une volonté politique de ne pas soutenir l’université. Comment expliquer alors que des Départements voisins continuent d’apporter des finance-ments à leurs établissements ? Une telle mesure signifie que l’enseignement supérieur n’est pas une priorité pour le Département. C’est grave et incompréhensible ».

Une situation financière déjà tendue

Dans le Morbihan, comme ailleurs, les universités ne cessent de tirer la sonnette d’alarme sur leur situation financière. « Ce n’est pas le moment d’enlever des moyens budgétaires à un établissement qui fait régulièrement la preuve de son engagement pour le territoire et de sa collaboration active avec le secteur économique », plaide Jean Peeters qui cite le rachat à venir du plateau Compositic à Ploemeur (1,25 M€).

Et si les 422 750 € en cause pèsent peu, a priori, face aux 80 M€ de budget de l’UBS, le prési-dent dit s’appuyer sur cette seule subvention pour financer des postes dans la recherche et le développement. Des « ingénieurs transferts » comme on les appelle, qui œuvrent dans les domaines du nautisme, du composite, de la cybersécurité, ainsi que dans le secteur des bio-procédés, à Pontivy, à travers la plateforme d’innovations Prodiabo.

« C’est l’avenir de notre territoire qui est en jeu ».

En 2019, la dotation du Département sera revue à la baisse (281 800 €) puis se limitera à 44 250 € pour le seul financement des doctorants. « Après 2020, l’université ne percevra plus rien ». La seule solution consistera à trouver de nouvelles ressources en interne pour assurer le versement des salaires. Une équation d’autant plus délicate que chaque année, le Glisse-ment Vieillesse Technicité (GVT) fait déjà flamber la masse salariale de 600 000 €.

La loi NOTRe, rien que la loi

Contacté, le conseil départemental se retranche derrière la loi NOTRe qui interdit désormais à la collectivité de financer les universités ou alors « de manière très limitée. C’est ce que nous avons expliqué dans le courrier adressé à l’UBS. Le Département veut rester dans les clous de la loi ». Jean Peeters attend toujours d’être reçu au conseil départemental par François Goulard, qui est, doit-on le rappeler, un ancien ministre de l’Enseignement supérieur. « Ce n’est pas la vision que j’ai de la loi NOTRe », tacle le président de l’UBS.

07 décembre 2018

https://www.letelegramme.fr/

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07 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

mantes la jolie (les inrocks)

casimir
Rien ne peut les arrêter!
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“La vidéo de Mantes-la-Jolie a été un électrochoc”
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Reportage à la manif des lycéens à Paris

A l’appel de l’Union nationale des lycéens (UNL), une manifestation lycéenne a eu lieu entre Stalingrad et République vendredi 7 décembre, à Paris. Au lendemain de la diffusion des images des lycéens de Mantes-la-Jolie agenouillés et mains sur la tête, l’indignation était partagée par les manifestants.

Les images de leur interpellation ne cessent de susciter l’indignation depuis leur diffusion sur les réseaux sociaux 

Jeudi 6 décembre, devant un lycée de Mantes-La-Jolie (Yvelines), 153 lycéens se sont retrou-vés à genoux, mains sur la tête ou derrière le dos, le tout sous la surveillance de policiers armés de matraques et de boucliers. Ces adolescents avaient été interpellés à la suite de violences commises en marge de blocages de deux établissements environnants – ce jour-là, c’est en tout 700 lycéens dans toute la France qui ont été concernés par des interpellations.

Aussi, lors de la manifestation à l’initiative de l’Union nationale des lycéens (UNL) ce vendredi 7 décembre – l’appel à se mobiliser contre la réforme du bac ou encore de l’accès à l’université, dans le sillage du mouvement des gilets jaunes, avait été lancé dès lundi 3 décembre – nombre de lycéens évoquent cette vidéo et les violences policières.

“Tout le monde déteste la police”, crient en choeur plusieurs d’entre eux, réunis sur la place de la Rotonde, à Stalingrad (Paris 19è), lieu de départ de la manif, prévue pour aller jusqu’à République. Alors que 200 lycées sont perturbés depuis le matin, plusieurs centaines d’adoles-cents ont fait le déplacement. Aux cris de “Macron démission”, “Macron t’es foutu, les lycéens sont dans la rue” ou encore “Macron tu fais la guerre, et ta police aussi, mais on reste déter pour bloquer le pays”, le cortège s’est mis en branle dans le calme vers 11h30.

“Nous n’avons pas à nous taire”

Parmi les manifestants, Camille, 16 ans, lycéenne à Paris en 1ère S. La jeune fille a plusieurs griefs à faire savoir : “Parcoursup, la hausse des frais de scolarité pour les étudiants étran-gers… On s’était déjà mobilisés l’année dernière, mais on n’est jamais entendus. Mais nous n’avons pas à nous taire.

Concernant la réforme du lycée, qui prévoit dès la rentrée 2019 la suppression des séries de la voie générale, remplacées par des enseignements de spécialités, elle est également plus que sceptique. “Il n’y aura pas les mêmes spécialités dans tous les établissements [voir cet article à ce propos], ce qui n’est pas juste. Et, par ailleurs, choisir sa spécialité dès la seconde, celle qui déterminera les études après le bac, c’est trop tôt.” Un avis partagé par un lycéen, en classe de seconde justement, qui nous interpelle alors que l’on discute avec son copain : “C’est trop difficile de faire le choix si jeune.”

On croise ensuite un jeune homme avec un mégaphone, qui nous indique avec malice “ne pas trop être au courant de la réforme”, et nous renvoie vers un ami à lui, bien mieux informé. C’est le cas : Ulysse, 17 ans, en terminale L au lycée Voltaire, à Paris, est prolixe.

“Je suis ici pour soutenir le mouvement lycéen, mais aussi pour soutenir les profs, dont 2000 postes vont être supprimés en 2019. Et puis, cette histoire de spécialités, cela va faire que l’on va avoir un bac par lycées, pas un bac national. On va vers une forme d’élitisme, à la fois tradi-tionnelle et insupportable : par exemple, les élèves méritants de banlieue seront défavorisés par rapport aux élèves méritants du coeur de Paris. [rapport à l’inégale répartition des spécialités dans les lycées ndlr].” Concernant les images de Mantes-la-Jolie, l’adolescent évoque “une escalade de violences qui fait très peur”.

“C’est une provocation à l’égard des élèves, du mépris à l’encontre des profs”

Il n’y a pas que les lycéens pour penser ainsi : dans le cortège, des étudiants – l’une d’elle, très critique par ailleurs de la réforme de l’université, assure avoir “pleuré toute la nuit” à leur visionnage, dénonçant une “dérive hyper-fascisante du gouvernement” – des profs ou encore des membres de syndicats et des responsables politiques dénoncent ce qu’ils ont vu sur cette vidéo.

Comme par exemple l’ex-Secrétaire national du Parti communiste Pierre Laurent, qui affirme être “totalement scandalisé par la réaction de Jean-Michel Blanquer” à propos de cette affaire [ce matin sur France inter, le Ministre de l’Education nationale a reconnu “des images choquantes” mais a également mis en avant le “climat de violence exceptionnelle” à l’oeuvre en ce moment, appelant à remettre cette vidéo dans son contexte, ndlr]. Le Sénateur de Paris est ainsi venu aujourd’hui “en soutien des revendications des lycéens, mais aussi, si possible, pour servir de protection pour eux, vu les interventions incroyables de la police des derniers jours”.

Adeline, professeure dans le collège Gustave Courbet de Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), accompagnée de plusieurs collègues, dit la même chose : “C’est notamment à cause de la crainte que la police se laisse aller à des excès s’il n’y avait pas d’adultes à la manif que nous sommes venus.” La vidéo de Mantes-La-Jolie a été pour elle “un electrochoc” : “C’est une provocation à l’égard des élèves, du mépris à l’encontre des profs : quand on entend dans la vidéo “Voilà une classe calme”, cela sous entend qu’il faudrait nécessairement des flics pour tenir une classe !”

Celle qui arbore une pancarte « Moins de répression, plus d’éducation » se sent d’autant plus sensibilisée à la question que c’est non loin de son collège, au lycée Utrillo, à Stains, qu’un ancien gendarme a récemment été nommé proviseur adjoint à la sécurité de l’établissement, ce qui a provoqué un tollé.

A l’évocation du mouvement des gilets jaunes, l’enseignante venue en soutien des lycéens se dit par ailleurs “solidaire de tous les gens se considérant malmenés par ce gouvernement”. Rue du Faubourg du Temple, un vieux monsieur applaudit au passage du cortège, tout en criant “bravo!”, tandis qu’un homme agite par sa fenêtre un gilet jaune… et est alors acclamé par les adolescents.

A l’arrivée à République, plusieurs d’entre eux se mettent à genoux, mains sur la tête, pour tristement rappeler ce qui s’est passé la veille à Mantes-la-Jolie. Le défenseur des droits a, quant à lui, annoncé l’ouverture d’une enquête.

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07 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

gilets lycéens (jdd bastamag fr3)

crs cesse

Mouvement lycéen:  y-a-t-il vraiment un lien avec les Gilets Jaunes

Lien ambigu avec les Gilets Jaunes

Toutefois, le lien entre les deux mouvements reste pour l’instant assez ambigu. Chez SGL, le soutien aux Gilets jaunes est toutefois affiché. « On veut une révolte générale », a ainsi déclaré à l’AFP Nabil Hedar, le porte-parole du syndicat appelant de ses voeux « un mouvement intergé-nérationnel, avec les Gilets jaunes ». Dans un communiqué, le syndicat dit regretter « les violen-ces dans les métropoles du pays » mais « réitère son soutien aux gilets jaunes pacifistes ». « Les lycéens doivent avoir une part de responsabilité dans cette révolte citoyenne », poursuit le texte.

Le propos est plus mesuré du côté de la FIDL

« Bien que la mobilisation des Gilets jaunes puisse porter certaines revendications pouvant concerner les lycéens et pouvant avoir un effet entraînant pour les dynamiques de mobi-lisations lycéennes, la FIDL ne se revendique pas « gilet jaune », peut-on ainsi lire dans un communiqué daté du 3 décembre.

« Comme le reste de la France, les lycéens sont inquiets pour leur avenir, ils ont le sentiment d’être incompris et expriment une exaspération globale », affirme Stéphane Crochet, du syndicat enseignant SE-Unsa. Tout en disant comprendre « l’inquiétude légitime de la jeunesse », la fédé-ration Peep de parents d’élèves a dénoncé « les amalgames » entre les revendications des Gilets jaunes et celles des lycéens.

Les revendications de ces derniers restent en effet assez centrées sur les thématiques qui leur sont propres. Plus qu’aux Gilets jaunes, le hashtag #RevanchesLycéennes fait d’ailleurs référence aux mobilisations du printemps dernier. Même constant dans un tract de l’Union nationale des lycéens (UNL), qui liste plusieurs revendications.

Des revendications propres au mouvement lycéen

Tout d’abord, l’UNL se positionne contre Parcoursup. Le syndicat estime qu’avec la loi Orien-tation et réussite des étudiants en vigueur depuis mars, « le gouvernement a fait le choix de la sélection » avec cette nouvelle plateforme.

Un argument abondement repris lors du mouvement au printemps dernier. Cette fois cepe-ndant, s’ajoute la contestation contre la réforme du bac qui doit entrer en vigueur à partir de l’année prochaine. L’UNL estime en effet que la multiplication des options « augmente les inégalités sociales ». Le syndicat lycéen critique également la réforme de la formation profes-sionnelle, s’oppose à l’instauration du service national universel qu’il juge « coûteux » et « inutile » et demande l’augmentation des bourses.

Enfin, le trac de l’UNL dénonce une hausse des frais d’inscription de 170 euros à 2.800 euros (en fait 2.770) pour les licences… en oubliant de préciser que cette hausse ne concerne en réalité que les étudiants étrangers hors Union européenne.

Début de mobilisation dans les universités

C’est seulement sur ce point en particulier que se mobilise depuis plusieurs jour l’Unef. Le syndicat étudiant appelle à la mobilisation le 13 décembre après une première journée de protestation samedi 1er décembre. En parallèle, deux sites d’universités parisiennes sont bloqués depuis mardi. Le campus Censier de l’université Sorbonne Nouvelle et le site de Tolbiac, épicentre de la contestation contre la loi ORE au printemps dernier. Ils ont été rejoints jeudi matin par une partie du campus lettres et sciences humaines et sociales à Nantes.

De son côté, l’UNL appelle à une manifestation vendredi à 11 heures depuis la place Stalingrad à Paris avant de rejoindre la place de la République.

Environ 200 lycées sont bloqués ce jeudi après l’appel à la mobilisation de deux syndicats. Plusieurs incidents ont éclaté et 146 personnes ont notamment été interpellées à Mantes-la-Jolie. Alors que certains espèrent profiter de l’élan des Gilets jaunes, les revendications du mouvement lycéen restent centrées sur des thématiques propres aux élèves. Depuis lundi, les lycéens, et dans une moindre mesure les étudiants, se mobilisent pour protester contre la politique gouvernementale. Environ 200 lycées et collèges ont été de nouveau bloqués ou perturbés en France jeudi alors que deux syndicats lycéens, la SGL et la FIDL, avaient appelé à maintenir la pression et intensifier le mouvement. En marge de ces rassemblements, plu-sieurs incidents ont éclaté. Un total de 146 personnes ont notamment été interpellées jeudi devant un lycée de Mantes-la-Jolie, après des heurts et dégradations dans cette ville des Yvelines. Ces arrestations ont eu lieu après de nouveaux incidents à proximité du lycée Saint-Exupéry, où deux voitures ont été incendiées mercredi et où des heurts ont éclaté avec la police. Des échauffourées ont aussi eu lieu à Nice et Marseille et deux lycéens ont été légère-ment blessés dans des heurts à Béziers. De nombreux incidents avaient déjà été relevés en début de semaine. Lundi, des accrochages ont notamment opposé des manifestants aux forces de l’ordre à Toulouse. Des violences avaient également éclaté à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), aux abords du lycée Timbaud, où un feu avait été déclenché. Mercredi, un jeune homme a été gravement blessé à la tête par un tir de flash-ball devant un lycée de Saint-Jean-de-Braye (Loiret). Selon France Bleu Paris, un lycéen a également été hospitalisé à la suite également d’un tir de flash-ball à Garges-les-Gonesse (Val-d’Oise). 

6 décembre 2018

https://www.lejdd.fr/

Lire aussi:

Une répression massive, à coups de flashball, provoque des blessés graves chez les lycéens (Bastamag)

Manifestation de lycéens et gilets jaunes à Saint-Brieuc : que s’est-il passé? (Fr3)

Deuxième jour de blocage dans certains lycées bretons (Fr3)

A Rennes, les lycéens rejoints par les étudiants dans leur contestation des réformes (Fr3)

Facebook FIDL

Facebook SGL

Facebook UNL

Facebook SUD

 

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07 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

canada francophones (essf)

 franco

Les francophones hors Québec

Canada. Les francophones indignés

Contre les coupes de l’Ontario dans les services en français

En imposant des coupes dans les services publics en français, les conservateurs au pouvoir dans la province la plus peuplée du Canada ont suscité des réactions très vives dans la presse et dans la rue.

Des milliers de Franco-Ontariens étaient dans les rues d’une quarantaine de villes de l’Ontario le 1er décembre pour dénoncer les compressions dans les services dans leur langue effectu-ées par le gouvernement conservateur de la province canadienne. Leur communauté est outrée, les médias du pays sont aux abois.“Nous vivons un moment historique”, a clamé la ministre canadienne de la Francophonie, Mélanie Joly, devant la foule de Canadiens francophones venus des quatre coins du pays pour manifester à Ottawa. La Presse rapporte que la ministre Joly a prévenu les pouvoirs provin-ciaux et municipaux qui voudraient “affaiblir” les minorités linguistiques que son gouvernement veillerait à “protéger le fief français au pays”.Au Québec, signale le Huffington Post, les députés ont adopté une motion pour réitérer l’impor-tance de la survie de la langue française et exprimer leur solidarité envers la communauté franco-ontarienne et la députée ontarienne, Amanda Simard. Celle-ci a claqué la porte du gouvernement conservateur de l’Ontario après avoir tenté en vain de le convaincre de revenir sur ses décisions d’abandonner le projet d’université francophone et d’abolir le commissariat aux services en français, pour lutter contre le déficit.

Une minorité qui “mérite mieux”

Les réactions sont vives dans le pays. Dans un éditorial, Le Devoir relève ce qu’il considère comme le cœur du problème, ce qu’a confirmé la députée Amanda Simard, désormais indé-pendante : le Premier ministre ontarien, Doug Ford, “considère les francophones comme n’importe quelle minorité ethnique” dans sa province.

En Ontario, le quotidien anglophone Ottawa Citizen y est allé d’un éditorial en français pour dire que “les Franco-Ontariens méritent mieux”. The Hamilton Spectator évoque une décision “irréfléchie”. Même le quotidien conservateur National Post parle de “mauvaises nouvelles” pour les Franco-Ontariens, sans toutefois y voir une “apocalypse”.

La controverse a eu des échos jusqu’en Alberta, dans l’Ouest, où le quotidien Red Deer Advocate évoque la “gaffe” de Doug Ford.

Situation linguistique et démographique inquiétante

La Presse rappelle en éditorial que pour les francophones en dehors du Québec, la survie de la langue française est en jeu, “parce que tout se déroule en anglais dans leur environne-ment” et qu’il ne suffit pas d’avoir des “boîtes de céréales bilingues” pour endiguer leur assimi-lation. Le journal rappelle que le taux de transmission du français aux enfants hors Québec n’est que de 49 %, contre 96 % dans la Belle Province.

“Grande offense pour peu d’économies”, tranche le Globe and Mail, qui souligne que les 622 000 Franco-Ontariens pourraient ne représenter plus que 4 % de la population de la province dans dix ans. Les francophones en dehors du Québec ne représentent que 4,5 % de la population canadienne, mais ils sont présents dans les dix provinces et dans le nord du pays.

Martin Gauthier mercredi 5 décembre 2018

https://www.courrierinternational.com/

http://www.europe-solidaire.org

Lire aussi:

Langue bretonne. Diwan réclame justice (Le Télégramme)

Commentaire: S’il faut mettre un « pognon de dingue », pourquoi seulement au Canada? En France aussi il y a des langues minoritaires en danger! (mais qui ne valent pas le français, bien sûr!)

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06 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

lycées brest (le télégramme)

supergirl

Lycéens. « C’est notre avenir qui est en jeu »

 « Il faut créer des universités et des postes.
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Pourquoi ce mouvement maintenant ? On a l’impression que ça tombe comme un cheveu sur la soupe…
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« Il s’agit d’un appel national lancé jeudi par l’Union nationale lycéenne (UNL). J’ai vu le message passer sur les réseaux sociaux et j’ai décidé de le relayer au niveau local. J’ai créé un groupe, à Lesven uniquement dans un premier temps, et ça a pris de l’ampleur. Au départ, vendredi, on était trois à bloquer. Les autres ne semblaient pas très motivés. On a essayé d’empêcher un prof d’entrer. Il a voulu forcer. J’ai tenu. Les autres élèves sont alors arrivés, on était 30, puis 100, puis 500 en fin de journée. Je ne pensais pas qu’on serait autant ».
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Vous vous êtes improvisé leader ?
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« Pas leader, il n’y a pas de chef. Plutôt porte-parole. Vu que je fais partie du conseil de vie lycéenne, de la Maison des lycéens, du conseil d’administration aussi, je me suis senti investi »
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.Vos parents vous soutiennent-ils dans cette action ?
« Oui. Comme ils soutiennent les gilets jaunes, même s’ils n’ont pas manifesté. Ils comprennent que si c’est difficile pour eux en ce moment, on puisse, nous lycéens, s’inquiéter pour demain. Bien sûr, ils sont dans leur rôle de parents et m’ont mis en garde, m’ont demandé d’être prudent. Mais ils comprennent mes convictions »..

Quelles sont vos revendications exactement ?

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« Avant tout, on soutient les gilets jaunes. On se dit que les taxes, tout ça, c’est nous qui paie-rons plus tard. C’est donc maintenant qu’il faut défendre notre avenir. On dénonce aussi la réforme du bac qui va engendrer des suppressions de postes d’enseignants. Ça veut dire qu’on va se retrouver à plus de 40 par classe, ce n’est pas pensable. Sans parler de Parcoursup qui laisse des gens sur le carreau ».

Et que suggérez-vous ?

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« Il faut créer des universités et des postes. Il faut embaucher dans les filières prisées plutôt que de sélectionner et réorienter des gens vers des études qui ne les intéressent pas. Au lieu de tout mettre en œuvre pour qu’on ait de bonnes conditions de travail, le gouvernement veut nous imposer le Service national universel qui va coûter une fortune. Ils se trompent de priorités ».

Que pensez-vous ce qui s’est passé à Paris ce week-end ?

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« Je suis pacifiste et je déplore les débordements qu’il y a eu. Ils ont été un peu loin en s’attaquant à l’Arc de Triomphe… Mais quand on n’est pas écouté, je comprends aussi qu’on essaye de se faire entendre comme on peut ».

Vendredi, certains ne semblaient pas savoir pourquoi ils manifestaient… Ce lundi, c’est parti un peu dans tous les sens… Vous n’avez pas le sentiment d’avoir été débordé ?

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« À la base, ce n’est pas du tout ça qui était prévu. L’appel de l’UNL, c’était de bloquer les établissements. À Lesven, le principal a refusé catégoriquement que nous manifestions dans l’enceinte et nous a demandé de partir. J’ai été convoqué dans son bureau. Quand je suis ressorti, j’ai expliqué ce qu’il m’avait dit et on a voté. Les lycéens se sont retrouvés dehors. On a été rejoint par des gilets jaunes qui ont commencé à donner des ordres et tout est parti sans que rien ne soit vraiment préparé. Vendredi, je pense qu’on a réussi à se faire entendre. Ce lundi, on a été un peu dépassé par les événements. Ce n’est pas comme ça qu’on voyait les choses ».

Est-ce que le mouvement va se poursuivre ?

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« Franchement, je ne sais pas. L’UNL appelle à maintenir la pression toute la semaine. Ici, certains ont envie de continuer, d’autres pas. Ça me semble compliqué dans ces conditions, je suis un peu déçu de la tournure qu’ont pris les choses et je pense qu’il faut faire une pause. Quitte à se remobiliser dans quelques semaines. Personnellement, en plus, j’habite à Lannilis. Et vu la pénurie de carburant, je ne suis même pas sûr de pouvoir venir au lycée les prochains jours ».

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Il faut embaucher dans les filières prisées plutôt que de sélectionner et réorienter des gens vers des études qui ne les intéressent pas », soutien Maxime, 16 ans. Ils étaient 500 dans les rues vendredi dernier. Un peu moins ce lundi 3 décembre. Mais du boulevard Montaigne à la place de Strasbourg, ils ne sont pas passés inaperçus. À l’origine de ce mouvement lycéen à Brest : Maxime. À 16 ans, cet élève de 1re ES à Jules-Lesven, qui se destine à devenir avocat, explique « se battre contre les injustices ». Mais reconnaît aussi avoir été « un peu débordé par les événements »…

03 décembre 2018  Sarah Morio

 https://www.letelegramme.fr/

Lire aussi:

Réforme du bac: des actions dans des lycées d’Ille-et-Vilaine (FR3) 

Des lycéens s’opposent à la réforme de leur scolarité en Bretagne aussi (FR3)

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06 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

bretagne lycées (fr3 of)

lycees

Des lycées bloqués en Bretagne

Ce jeudi 6 matin, plusieurs lycées bretons sont bloqués ou perturbés.

Ces établissements rejoignent un mouvement national de protestation contre la réforme de l’enseignement au lycée, contre la réforme du Bac, et contre le système Parcours sup d’admission à l’Université, instauré cette année.

Les cours sont annulés à Joliot-Curie, à Rennes, au moins pour la matinée. Les élèves sont allés rejoindre leurs voisins du lycée Chateaubriand. Avant de partir en cortège pour faire le tour des établissements publics de la ville.
Certains élèves rejoindront l’assemblée générale organisée à l’Université Rennes 2 ce jeudi 6 après-midi. A Saint-Brieuc, Pleyben, Bruz, et Guer, d’autres lycées sont bloqués ou perturbés.Les protestations lycéennes se trouvent réactivées dans la foulée des « gilets jaunes ».
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Elles se font aussi plus pressantes à l’approche de la mise en oeuvre de la réforme du lycée:
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Dès le mois de janvier 2019, les élèves de seconde vont devoir pré-sélectionner les trois « matières » qu’ils conserveront en passant en classe de 1ère, en dehors du tronc commun à tous (français, philo, histoire-géo, enseignement moral et civique, deux langues vivantes, sport, « humanités scientifiques et numériques »). Et l’une de ces matières, qui peut être les maths ou la physique-chimie par exemple, devra être abandonnée en classe de Terminale.Ce système de choix des matières étudiées en 1ère et Terminale fait craindre à certains élèves un enseignement diminué. Par ailleurs, associé au système Parcours sup pour entrer à l’Uni-versité, il pourrait contraindre l’élève dans une orientation dès la fin de la classe de seconde.
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 M Thiébaut 06/12/2018
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https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/lycees-bloques-bretagne-1587345.html
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Lire aussi:

A Nantes, devant le lycée Camus, des lycéens ont créé une « zone pacifique » pour se faire entendre. Les casseurs sont arrivés. Ils sont au moins dix fois plus, des échauffourées ont lieu devant le lycée Monge la Chauvinière, indique France Bleu Loire Océan. Des élèves de l’établissement, et de lycées voi-sins, âgés de 15 à 17 ans, provoquent les forces de l’ordre. Des gaz lacrymogènes ont été jetés en retour. Devant le lycée la Colinière, environs 250 jeunes se sont regroupés et ont mis le feu à des poubelles. Les policiers les ont dispersés avec des gaz lacrymogènes. Le Campus du Tertre est fermé. (RadioFrance 06/12/2018)

Réforme du bac: des actions dans des lycées d’Ille-et-Vilaine (FR3)

Réforme du bac : le mouvement prend de l’ampleur (FR3)

Des lycéens s’opposent à la réforme de leur scolarité en Bretagne aussi (FR3) 

Saint-Nazaire : blocus au lycée Aristide Briand ce jeudi 6 décembre (Actu)

Les bloqueurs de Joliot-Curie tentent de rallier d’autres lycées (OF)

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06 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

lycées (alternative-libertaire bastamag)

ecole pole emploi

Les lycées rejoignent la colère !

Depuis lundi 3 décembre, des centaines de lycées ont connu des blocages ou tentatives de blocages dans des dizaines de villes.

Toulouse, Bordeaux, Pau, Lyon, Rennes, Nice, Dijon, Limoges, Orléans…

Au total, ce sont des milliers de lycéens et lycéennes qui ont manifesté. Vendredi dernier, une trentaine de lycées avaient connu des tentatives de blocages. Cette montée en puissance de la mobilisation est impressionnante et a toutes les raisons de s’amplifier encore davantage dans les jours à venir.

Au-delà de l’appel des syndicats lycéens, cet élan est bien la conséquence de l’actuel climat de révolte qui s’enracine. C’est une preuve de plus que l’ambiance sociale et politique a considérablement changé en quelques jours. Il est propice a l’explosion d’une colère et d’un ras le bol profond, chez les travailleurs et travailleuses comme dans la jeunesse.

Les réformes actuelles du gouvernement dans l’Éducation nationale, la sélection à travers la loi ORE et la mise en place de Parcoursup ne représentent qu’une face d’un rejet plus profond du projet de société porté par ce gouvernement au service des capitalistes.

Nous ne sommes pas naïf-ves, nous voyons bien ce qu’on nous réserve lorsqu’on barre aux enfants de classes populaires l’accès à l’Université. On voit bien ce qui nous attend quand on voit ses parents galérer à boucler le mois et l’entourage enchaîner les CDD, les périodes de chômage et les missions d’intérim précaires. A accepter sans broncher les pires conditions de boulots et les humiliations des petits chefs pour ne pas perdre son taff. La vie chère, le mépris des gouvernants, l’injustice et les inégalités…

Toute cette colère des gilets jaunes, les jeunes aussi la partagent. Mais une nouvelle fois, le gouvernement n’a qu une seule réponse : la répression policière. Les flics sont déchaînés. Ils tabassent, mutilent, enferment et ont même failli tuer un lycéen à Orléans.

C’est à nous d’amplifier la mobilisation, de nous organiser et nous coordonner. De discuter de nos revendications en organisant des assemblées générales et des discussions dans nos lycées. D’aller à la rencontre des étudiantes et des salarié.e.s en lutte. Le gouvernement de Macron est plus que jamais affaibli.

Contre la sélection à l’Université, l’augmentation des frais d inscription pour les étudiant.es étranger.es, pour l’augmentation des salaires et la répartition des richesses. Passons à l’offensive !

Ronan 56,  5 décembre 2018

http://alternativelibertaire.org/

Lire aussi:

Clash, bulletin jeunesse d’AL :

« Lycéen.nes, étudiant.es : c’est aussi notre lutte »

Lycéens et étudiants dénoncent aussi le « mépris » du gouvernement (Bastamag)

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04 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

unl (regards)

Louis Boyard : « Si les jeunes rejoignent les gilets jaunes, on peut gagner »

Depuis vendredi dernier, des lycéens sont entrés dans la danse pour accompagner et participer aux mouvements des gilets jaunes. Louis Boyard, président de l’Union nationale lycéenne (UNL), était l’invité de #LaMidinale.

 Sur le contexte de la mobilisation des lycéens 

« Notre mobilisation s’inscrit dans le contexte social des gilets jaunes. »
« Le gouvernement ne nous écoute pas : on a eu la sélection à l’université, la réforme du baccalauréat, la réforme de la voie professionnelle, le service national universel, des suppressions de postes de professeurs. » « Nous aussi, on a un quotidien difficile et des attentes auxquelles personne ne répond. »

 Sur le mouvement des gilets jaunes 

« Les gilets jaunes sont en colère parce qu’ils ont un quotidien difficile et un gouvernement qui ne répond pas à leurs attentes et nous les lycéens, on a aussi ce même ressenti. »
« Les gilets jaunes, c’est la colère populaire. » « On a cela en commun avec les gilets jaunes : on souffre de la politique libérale. » « Il y a un ras-le-bol général de toutes les politiques qu’on a toujours menées. » « Si aujourd’hui le quotidien est difficile, c’est que les services publics sont en difficulté. » « Si on est obligé d’autant taxer les gens, c’est parce que l’on taxe moins les riches. » « On l’attend toujours le ruissellement. »

 Sur le fait que les lycéens n’ont rejoint les gilets jaunes que 3 semaines après le début du mouvement 

« Ca a posé des questions les gilets jaunes : on ne savait pas trop ce que c’était. »
« Beaucoup d’organisations, notamment lycéennes, sont restées dans l’immobilisme par peur de ce qu’étaient les gilets jaunes. »
« Aujourd’hui, les gilets jaunes, c’est une occasion en or de pouvoir gagner des avancées sociales. »
« Le problème quand on est jeune et qu’on s’inscrit dans un mouvement qui est plus large, souvent, les revendications des jeunes sont effacées. »
« Notre appel, c’est que les jeunes se mobilisent avec des mobilisations propres. »
« Il y a des lycéens qui portent des gilets jaunes. »
« On n’a pas de consignes à donner sur la couleur du gilet ou sur l’étiquette à avoir ; juste à sortir dans la rue et à porter sa colère. »

 Sur l’importance de la convergence des luttes 

« Les gilets jaunes sont dans la rue et ils sont en train de gagner des choses. »
« On est reçu par le gouvernement pour discuter : on ne cédera pas sur nos revendications. Pour nous, c’est tout ou rien. »
« Les gilets jaunes ont compris que si les jeunes les rejoignent, leur rapport de force sera d’autant plus puissant pour pouvoir gagner. »
« Aujourd’hui, on a un gouvernement qui a peur et qui comprend que tous les week-ends, il manque la révolution. »
« La légitimité du gouvernement à être au pouvoir est remise en question. »

 Sur l’avenir du mouvement des lycéens et des gilets jaunes 

« Notre mobilisation est toute naissante mais elle prend extrêmement bien. »
« Il ne faudra pas commettre à nouveau les erreurs commises à l’époque de la loi Travail : il faudra être très durs sur la ligne à porter. »
« Emmanuel Macron ne cède pas à la marche dans la rue mais au blocage du pays. »
« Il n’y a pas de lutte plus importante qu’une autre. »
« On a un ennemi commun qui est Emmanuel Macron. »
« Il n’y a qu’en ayant un mouvement de masse que l’on réussira à gagner. »
« Nous, on appelle à bloquer les moyens de production. »
« Plus la mobilisation durera, plus les violences s’accentueront. »
« Aujourd’hui, on est en capacité de canaliser les violences mais on ne le sera pas toujours. »

http://www.regards.fr/

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04 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

mépris (bastamag)

le peril jeune

Lycéens et étudiants dénoncent aussi le « mépris » du gouvernement

Les blocages de lycées ont repris tôt ce matin, un peu partout en France. « Nous ne voulons plus être les ignoré.es de ce quinquennat », avait lancé l’Union nationale lycéenne (UNL) ce 30 novembre, appelant à bloquer les lycées et à rallier le mouvement des gilets jaunes [1].

Rejoignant les revendications des gilets jaunes sur la question du pouvoir d’achat, les syndicats lycéens évoquent le coût des transports qui pèse sur le quotidien des élèves et les difficultés financières qui les empêchent parfois, tout simplement, de se nourrir correctement. Autre point de convergence : le mépris du gouvernement.

« Plutôt qu’une oreille attentive, c’est un certain mépris qui a maintes fois été opposé aux aspi-rations de la jeunesse, que ce soit sur la mise en place de la plateforme Parcoursup, la réfor-me du bac ou les annonces concernant l’implantation de policiers dans les lycées. C’est ce mépris qui est l’élément déclencheur de toutes ces mobilisations, de cette réponse collective », renchérit Marouane Majrar, vice-président de la FIDL, interrogé par Marianne ce lundi 3 décembre.

Parcoursup, acte 2

Parmi les sujets que les lycéens aimeraient aborder : l’augmentation des bourses et les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur que Parcoursup a beaucoup renforcées. La mise en place de ce système, une plateforme internet sur laquelle les bacheliers enregistrent leurs vœux pour leur année post-bac, avait suscité un vaste mouvement étudiant au printemps dernier.

« La sélection a laissé des milliers de lycéens sans université au début de l’année scolaire, dénonce aujourd’hui l’UNL. La réforme de la voie professionnelle offre une main d’œuvre gratuite et docile au patronat. Notre droit à l’éducation est attaqué, notre droit à l’avenir est remis en doute, notre liberté de choix est entravée. » Soutenus par certains enseignants, les lycéens annoncent qu’ils ne reculeront pas. Ils espèrent être rejoints par d’autres secteurs d’activité comme celui des transporteurs. À Limoge, ce lundi, des agriculteurs ont rallié le rassemblement lycéen.

Samedi 1er décembre, il y avait aussi des étudiants dans les rues – notamment étrangers – pour demander l’annulation d’une brutale augmentation des frais d’inscription à l’université pour les « non-européens ». À compter de la rentrée 2019, ces frais passeront de 170 à 2770 euros en licence et de 380 à 3770 euros en master et doctorat. « Cette mesure vient renforcer les inégalités qui existent entre les étudiant.e.s français.e.s et étranger.e.s ainsi que la préca-rité subie par les étudiant.e.s étranger.e.s » ont dénoncé des organisations de jeunesse dans un appel à manifester le 1er décembre [2]. Samedi, dans certaines villes, comme à Lyon, les cortèges des étudiants ont rejoint ceux des gilets jaunes.

Vers une augmentation généralisée des frais d’insription ?

« Le seul le droit d’entrer dans une université française coûte [déjà] environ 2000 euros, précise un collectif d’étudiants non-européens [3]. Ce sont les frais minimums pour venir étudier en France, auxquels s’ajoutent ensuite ceux du logement, de la nourriture, du transport… De plus, pour la plupart d’entre nous le foyer fiscal n’est pas en France, nous n’avons donc accès ni aux bourses ni aux logements du Crous. »

« Cette première augmentation des frais d’inscription pour les étudiant.e.s étranger.e.s ouvre également la porte à des augmentations successives et généralisées des frais d’inscription » , poursuit le collectif d’associations qui comprend notamment le syndicat étudiant Unef et le syndicat lycéen Unel.

Une crainte que soulève également Solidaires étudiants :

« Il est évident que cette première annonce de l’augmentation des frais pour les étudiant.e.s étranger.e.s sert à préparer l’opinion à une augmentation généralisée des frais d’inscription avec pour conséquences à terme le renoncement aux études supérieures pour les plus démunis ou un surendettement massif pour ceux qui persisteraient. C’est exactement ce qui s’est passé au Royaume-Uni ».

En Grande-Bretagne, l’idée de faire payer les étrangers a été initiée dès 1980 par Margaret Thatcher, puis amplifiée par Tony Blair et les gouvernements successifs. Aujourd’hui les étudiants britanniques paient l’éducation supérieure publique la plus chère du monde industrialisé et croulent sous les dettes.

Nolwenn Weiler 4 décembre 2018

https://www.bastamag.net/

Lire aussi:

Parcoursup : un algorithme absurde qui renforce les inégalités sociales.

Parcoursup : comment les portes de l’université vont se refermer pour les « bacs pro » issus des classes populaires.

Notes:

[1] Lire ce tract sur la page FB du syndicat.

[2] Liste des organisations qui ont appelée à manifester : MJCF – Jeunes Génération.s – Réseau Jeune du Parti de Gauche – FIDL – JOC – UNEF – UNL.

[3] Détail des 2000 euros : cours de français et examen requis pour l’admission : 1000 euros ; procédures et ses traductions : 261 euros ; frais de dépôt du dossier sur Campus France : de 75 euros à 200 euros ; timbre fiscal pour l’obtention du titre de séjour – et pour son renouvellement : de 79 à 269 euros.

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