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17 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

étudiant(e)s (politis)

jeunes

Étudiants précaires : se nourrir, un casse-tête

Alors que les APL ont diminué de 5 euros, la précarité étudiante augmente. Premier budget impacté : celui des repas. Face à cela, au-delà de la débrouille, des associations tentent de mettre en place des solutions collectives, comme les épiceries solidaires.

Tout n’est pas noir non plus », « Je ne me plains pas, il y a pire »…

Les étudiants ont tendance à minimiser leur précarité. Un peu par honte, surtout parce qu’ils se sentent préservés de la « vraie » misère. Pourtant, un rapport édité par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) constatait, en 2015, que 19,1 % des étudiants vivaient en dessous du seuil de pauvreté, soit avec 987 euros par mois (60 % du revenu médian). Plus d’un tiers, 36 %, touchaient des aides directes, mentionne ce même texte.

Augmentation des demandes de bourse

Un chiffre qui a sans doute évolué. D’après l’étude annuelle de l’Unef, le coût la vie étudiante a augmenté de 2,09 %. À la rentrée 2017, les demandes de bourse des centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (Crous) ont cru de 2,2 % a révélé Le Monde.

Plus significatif encore de la paupérisation des étudiants : l’augmentation des demandes d’aides d’urgences délivrées par le Crous dans des situations d’extrême précarité. Il en existe de deux sortes, ponctuelle et annuelle, les montants sont fonction de l’échelon de bourse de l’étudiant. Ce fond spécial est alimenté par l’État. En 2016, 42 037 étudiants y ont eu recours, soit 1 160 de plus que l’année précédente (2,8%).

Ces données expliquent l’indignation estudiantine lorsque le gouvernement a annoncé la diminution des APL de 5 euros cet été. « Si à 18, 19, 20, 24 ans, vous commencez à pleurer pour 5 euros, qu’est-ce que vous allez faire de votre vie ? », avait rétorqué la députée LREM de l’Eure, Claire O’Petit.

Alimentation : le système D

Léa [1] sait ce qu’elle va faire de sa vie : avocate pour les droits des étrangers. Elle a plus de mal à boucler le mois sans se retrouver à découvert: « Ça me prend souvent la tête, je galère. » La jeune fille qui vit à Paris touche les APL et son père l’aide à hauteur de 300 euros par mois. Après le paiement de son loyer, il lui reste 200 euros pour vivre.

Lorsque le reste à vivre de l’étudiant (la somme qui reste après le paiement du loyer et des charges) est égal ou inférieur à 7,50 euros par jour, on parle d’extrême précarité. À Paris, environ 30 % des étudiants seraient passés sous ce seuil. « Une bonne part de mon budget passe dans les transports, du coup, je marche beaucoup et je fraude un peu, admet Léa. C’est pour les repas que c’est plus compliqué… ».

En mai dernier, un rapport de la Croix-Rouge révélait que 130 000 étudiants sautaient en moyenne 4 à 5 repas par semaine. C’est déjà arrivé à Clément [1] : Je suis devenu un expert pour les bons plans et les stratégies de consommation. Je mange essentiellement des pâtes et du riz, et très peu de légumes. Pour les produits que je ne peux pas acheter, comme la viande ou le fromage, il m’est déjà arrivé de les voler dans les grandes surfaces.

Un dixième des prix dans le commerce

Face à ce constat, des épiceries solidaires étudiantes ont émergé, coordonnées par la Fage avec l’aide d’associations locales. Depuis cinq ans, on en compte une quinzaine en France métropolitaine, et d’autres projets sont à l’étude.

Dans la capitale, l’Agoraé, située sur le campus de Paris 7 Diderot (XIIIe arrondissement), a fêté son premier anniversaire le 22 septembre. Cette épicerie jouxte un lieu de vie ouvert à tous. La trentaine de bénéficiaires ont dû remplir un dossier et prouver avoir un reste à vivre journalier égal ou inférieur à 7,50 euros. « Mais la moitié d’entre eux ont un reste à vivre négatif », souligne Lina, une bénévole.

Sur les étagères, des boîtes de conserve à 0,28 euros, du dentifrice à moins de 50 centimes et des légumes vendues à 33 centimes le kilo. « Les prix sont fixés à 1 dixième de ceux que l’on trouve dans le commerce », explique Alix de Faucal, vice-présidente de l’Association générale de étudiants de Paris chargée de l’Agoraé. « Que l’étudiant participe financièrement, c’est symbolique, mais c’est aussi une forme de responsabilisation », souligne la jeune fille, étudiante en orthophonie. « D’autant qu’ici, 5 euros ça équivaut à 90 paquets de pâte », sourit ironiquement Lina. Un petit message pour la députée de l’Eure.

[1] Les prénoms ont modifiés à la demande des interlocuteurs.

 Malika Butzbach 16 octobre 2017

https://www.politis.fr/

Lire aussi:

Christophe Robert : « La baisse des APL, une décision dangereuse »

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16 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

écriture (npa)

soviet

En défense de l’écriture inclusive

La polémique est lancée… Les féministes entreprendraient la défiguration de la langue françai- se par l’écriture dite « inclusive ». Partout, on entend parler d’agenda idéologique, on entend dire que la langue est comme elle est, ou encore que ce n’est pas la priorité. Cette polémique en rappelle une autre : celle de la réforme de l’orthographe. Il y a un peu plus de deux ans, nombreux et nombreuses avaient ainsi tiré à boulets rouges sur Najat Vallaud-Belkacem en raison de la mise en place d’une réforme de l’orthographe qui datait en réalité… de 1990. Alors pas touche à la langue ?

L’écriture inclusive : késako ?

Tout d’abord, il faut préciser ce qu’on entend par écriture inclusive. Loin d’être une nouveauté, cela fait plus d’une vingtaine années que les chercheuses et chercheurs y réfléchissent et qu’elle est utilisée dans différentes structures politiques, syndicales ou associatives. Elle est par exemple la norme dans nos publications, que ce soit sur le site internet ou dans le journal du NPA, même s’il peut y avoir des oublis et parfois des difficultés. Nous sommes loin d’être les seulEs à utiliser cette graphie, elle est aussi beaucoup par Solidaires.

Au début des années 2000, on utilisait beaucoup le (e) mais, parce qu’il n’était pas question de mettre les femmes entre parenthèses, on est assez rapidement passé au E majuscule, qui a l’avantage de simplifier la lecture et l’écriture par rapport au ·e ou · « marque du féminin », plus en vogue dans les milieux universitaires. Le E majuscule ou marque du féminin majuscule a bien entendu une raison politique : celle de mettre en avant la visibilisation des femmes.

À cette problématique s’ajoute celle des métiers à féminiser où, là encore, le conservatisme est tenace.

Est-il du fait de la langue française, comme le prétendent certains ? Rien n’est moins sûr, puisque dans divers pays et régions francophones comme la Belgique ou le Québec, les noms de métiers sont largement féminisés depuis une vingtaine d’années tandis que la France traîne toujours la patte avec ses « Madame le Sénateur » ou « Madame le Procureur ».

Rappelons aussi que ce sont pour les fonctions prestigieuses qu’il y a des difficultés à féminiser. Pour « institutrice » et « infirmière », aucun problème !

Alors, auteure ou autrice ? Pour l’instant, les règles de l’écriture inclusive sont mouvantes et encore peu codifiées. Mais là aussi, il faut se rappeler qu’avant la Renaissance la langue française était extrêmement changeante et que ce sont les habitudes et les conventions qui l’ont construite. Aussi peut-on trouver 4 ou 5 orthographes différentes d’un mot dans des textes écrits au Bas Moyen Âge.

L’écriture inclusive est donc, pour résumer, l’ensemble des procédés visant à ne pas marquer une domination des hommes sur les femmes par le biais langagier. En gros, en finir avec cette règle arbitraire et sexiste selon laquelle « le masculin l’emporte avec le féminin ».

Depuis que le débat est lancé dans les médias mainstream, on a pu entendre nombre d’argu- ments contre ce type d’écriture. Nous en résumerons ici trois, qui sont le fait d’hommes repré- sentant des vecteurs de l’idéologie dominante : l’Éducation nationale, les intellectuels pour médias et l’Académie française.

« Je ne suis pas certain (…) qu’on facilite l’apprentissage quand on généralise ce type d’usage » Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale

Selon le ministre, l’Éducation nationale ne pourrait pas intégrer l’écriture inclusive car cela empêcherait de faciliter l’apprentissage du français. Une fois de plus, « l’apprentissage du français » a bon dos ! S’il s’agissait d’une préoccupation majeure, on se demande pourquoi il a fallu plus de 20 ans à l’Éducation nationale pour commencer à réfléchir à intégrer une réforme orthographique qui devait précisément « faciliter » cet apprentissage. Derrière les déclarations hypocrites, il y a en réalité une volonté consciente et maintenue de ne pas faciliter l’apprentissage et l’usage de la langue.

Chaque pas fait pour que la langue permette à chacunE de pouvoir s’exprimer reçoit de vio- lents tirs de barrage, y compris de la gauche. La langue porterait « l’histoire d’une nation ». Il est certes vrai que la langue porte une histoire. Mais le problème est que cette histoire est celle de la domination, celle du pouvoir. L’histoire moderne de la langue française est celle d’une langue qui en écrase d’autres, les langues « régionales » parfois appelées avec mépris « dialectes »( plutôt « patois » comme Macron Note du blog), comme si elles n’étaient pas de vraies langues, et que l’on interdisait dans les cours de récréation.

La langue française est en outre une langue qui a été largement modifiée à l’écrit pour la rendre « noble ». Ainsi, à partir du 17e siècle, de nombreux de mots latins et grecs ont été réintroduit dans la langue afin qu’elle puisse être celle de l’élite, quitte à créer des mots doublons.

L’histoire de la langue française montre un réel conservatisme dans son usage à l’écrit : la langue est un instrument de domination, surtout dans la manière de l’apprendre, et c’est un outil de discrimination et de sélection sociale1. Un « modèle » qu’il faut remettre en cause.

« Agression de la syntaxe par l’égalitarisme », Raphaël Enthoven, pseudo philosophe

La langue, la culture et l’écriture ne sont pas figées dans le temps, elles ne sortent pas ex nihilo avec des règles neutres et objectives qui se seraient imposées spontanément. Au con- traire, la langue française est bel et bien le produit d’une idéologie, de dynamiques culturelles, mais aussi des rapports entre les classes et entre les peuples. Il ne faudrait par exemple pas oublier que la langue française a été un outil de la colonisation, et que la dézinguer en se la réappropriant a été un acte de résistance (par exemple pendant le mouvement littéraire de la Négritude).

Il est clair que ce que Raphaël Enthoven appelle « égalitarisme », et ce que nous appelons pour notre part féminisme, a un agenda idéologique :

Celui d’une lutte pour gagner une hégémonie culturelle. L’écriture inclusive est un acte militant. Pourtant nombreux et nombreuses sont celles et ceux à gauche qui veulent nous inviter à revoir nos priorités : « est-ce vraiment le plus urgent ? » Probablement pas. C’est moins urgent que le droit à l’IVG pour touTEs, moins urgent que d’obtenir la PMA, moins urgent que les femmes qui sont battues et violées. Sauf que le système d’oppression s’appuie sur l’idéologie dominante et que celle-ci est diffusée et maintenue, entre autres, par le biais de la langue.

Penser la langue, permettre de la transformer, pour qu’elle soit la nôtre c’est permettre de se réapproprier une culture.

C’est dans ce sens que Trotsky écrivait, dans Littérature et Révolution en 1924, ce qui suit : « Cependant, même si les problèmes élémentaires de la nourriture, du vêtement, de l’abri et aussi de l’éducation primaire étaient résolus, cela ne signifierait encore en aucune façon la victoire totale du nouveau principe historique, c’est-à-dire du socialisme. Seuls un progrès de la pensée scientifique sur une échelle nationale et le développement d’un art nouveau signifie- raient que la semence historique n’a pas seulement grandi pour donner une plante, mais a aussi fleuri. »

« Ce n’est pas à la langue de changer les mentalités » Michael Edwards, académicien

On terminera sur cette citation de l’académicien français Michael Edwards. Nous pouvons lui donner raison sur cette phrase. Oui, il est vrai que ce n’est pas à la langue de changer les mentalités. Oui, il est vrai que ce n’est pas à l’Académie française de changer les mentalités. Et heureusement ! Qu’attendre de l’Académie lorsque l’on sait qu’il aura fallu attendre 1980 pour voir la première femme y siéger, et lorsque l’on sait qu’aujourd’hui sur 40 sièges, seuls 4 sont occupés par des femmes ?

Mais n’en déplaise à l’académicien : les langues évoluent en les parlant, justement parce que ce sont des langues vivantes et, si elles ne changent pas les mentalités, ce sont bien les mentalités qui les changent. Et ces dernières sont bien le produit des rapports de forces sociaux, politiques et idéologiques entre les classes.

Mimosa Effe Vendredi 13 octobre 2017

https://npa2009.org/

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13 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

mutuelles (révolution permanente + unef)

etudiants

L’ennemi numéro 1 de la jeunesse Après la sélection à l’université, Macron s’attaque aux mutuelles étudiantes

Pour la rentrée de septembre 2018, le gouvernement compte supprimer le régime spécifique de la sécurité sociale étudiante, en l’intégrant au régime général, sous le prétexte volontaire- ment flou de simplifier les démarches administratives. Mais la conséquence réelle de cette « simplification », c’est l’accès à ce marché aux mutuelles privées, qui ne se priveront pas de faire de l’argent sur le dos des étudiants.

Depuis 1948, la vente des complémentaires santé et des assurances est réservée à des organismes à but non lucratif, les « mutuelles étudiantes », obligatoires pour les étudiants, sauf exception. Mais cette chasse gardée, inaccessible aux grandes mutuelles, est remise en cause par le gouvernement Macron, qui souhaite inviter la concurrence jusqu’à l’université.

Quant au budget alloué aux mutuelles étudiantes, qui permet aux étudiants de se protéger pour des tarifs corrects (217€ par an au maximum), il risque très certainement d’être remis en question, cela « coûtant trop cher à l’état ». Alors que le gouvernement explique que les « acteurs existants pourraient continuer à intervenir sur des missions de prévention et de promotion de l’accès aux soins », celui-là même ne prévoie même pas son financement dans le projet de budget de l’année prochaine.

Les différents représentants des mutuelles étudiantes actuelles, invité-e-s à une réunion de représentants des ministères et des mutuelles rapportent un projet « peu clair », voire une réforme « sans ambition et sans objectifs politiques ». Edouard Philippe, interrogé sur la question, a préféré s’esquiver, maintenant le flou sur ces mesures.

La fin de la sécurité sociale étudiante telle qu’elle existe aujourd’hui est une des nombreuses attaques du gouvernement Macron contre les étudiants précaires, les soumettant jusqu’à  l’université à un régime concurrentiel.

Tout comme la baisse de budget de l’enseignement supérieur de 331 millions d’euros, la baisse des APL, ainsi que la sélection à l’université, cette réforme démontre la volonté de ce gouvernement des riches d’exclure progressivement les étudiants les plus précaires et les classes populaires des universités, en s’attaquant aux porte-monnaies.

Mais la stratégie adoptée par ce gouvernement témoigne de sa faiblesse : avec une base sociale très faible en début de mandats, Macron tente de se légitimer auprès des classes possédantes en attaquant vite et fort nos droits, le tout en masquant le plus possible ses réformes antisociales. Ce dont ce gouvernement a peur, c’est d’une réaction de la part de notre camp social, et notamment de la jeunesse, mouvement qui pourrait d’autant plus prendre de l’ampleur au vu de la faible popularité de Macron, déjà considéré comme le « président des riches ».

Ce dont les étudiants ont besoin, ce n’est pas de mutuelles privées qui ne cherchent que le profit, mais d’une véritable sécurité sociale, leur permettant d’accomplir leurs études dans des conditions correctes, sans avoir besoin de travailler à coté et avec une véritable couverture sociale !

Mar Leroye jeudi 12 octobre

http://www.revolutionpermanente.fr/

le peril jeune

Suppression du régime étudiant de sécurité sociale : une décision inaccep- table qui met fin à un outil indispensable pour les étudiant∙e∙s !

Lors d’une rencontre organisée le 10 octobre avec les mutuelles étudiantes, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a annoncé la fin du régime étudiant de sécurité sociale (RESS) dès le PLFSS (Projet de Loi de Finances de la Sécurité Sociale) 2018.

Un dialogue inexistant

Depuis plusieurs semaines, l’UNEF demande l’ouverture de discussions sur le régime étudiant de sécurité sociale et plus largement sur les problématiques d’accès aux soins des étu- diant∙e∙s. Pourtant, le Ministère préfère prendre une décision arbitraire sans recevoir les organisations étudiantes et sans se questionner sur les conséquences sur la santé des jeunes. Cette annonce arrive à quelques jours de la fin des concertations sur la réforme du premier cycle dans l’enseignement supérieur, et est de mauvais augure pour la suite !

Un choix politique déconnecté des besoins des étudiant∙e∙s …

Encore une fois, le gouvernement fait le choix de s’attaquer aux jeunes en menant une politi- que qui va à l’encontre de leurs besoins. Supprimer le RESS c’est mettre à mal un outil es- sentiel à l’autonomie et à la santé des jeunes. Cette décision est de plus en totale contradiction avec le discours du Ministère qui défend la gestion par les pairs sur de nombreux sujets mais qui apparemment ne concerne pas nos questions de santé !

… Qui ne répondra pas aux problématiques d’accès aux soins

Les difficultés sociales des étudiant∙e∙s ont des conséquences négatives sur leur santé, qui est trop souvent sacrifiée par manque de moyens. Alors même que l’état de santé des jeunes a des conséquences pour le reste de leur vie, ils sont un∙e sur trois à renoncer aux soins. Face à la précarité grandissante des étudiant∙e∙s, la suppression du RESS ne répondra en rien aux difficultés d’accès aux soins des étudiant∙e∙s, bien au contraire. Le RESS est un outil essentiel en matière de prévention et d’éducation à la santé. En mettant en place des actions non stigmatisantes réalisées par des étudiant∙e∙s, il permet de répondre à des besoins spécifiques de cette population.

Le gouvernement fait le choix de supprimer un outil essentiel sans réfléchir à la suite

Sous prétexte de vouloir créer un « droit commun » pour les étudiant∙e∙s, le gouvernement fait le choix de supprimer le RESS. Pourtant avec cette réforme, tou∙te∙s les étudiant∙e∙s ne seront pas dans le régime général, puisque nombreux.ses sont celleux qui continueront à être rattaché.e.s à celui de leurs parents. La seule conséquence sera donc, encore une fois, de mettre un coup à l’autonomie des étudiant∙e∙s.

De plus, rien n’est prévu, pour l’instant, pour permettre aux mutuelles étudiantes de continuer leurs actions d’accompagnement des étudiant∙e∙s sur les campus universitaires.

Une réforme purement politique qui ne peut pas être faite au nom des jeunes !

L’UNEF exige que le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche ouvre dans les plus brefs délais des discussions avec les organisations étudiantes sur la question du RESS et plus largement sur les conditions d’accès aux soins des étudiant∙e∙s. Les étudiant∙e∙s ont besoin d’une véritable réforme et non pas d’annonces sans ambition !

12 octobre 2017

http://unef.fr/

Lire aussi:

L’Unef annonce la fin du régime de sécurité sociale étudiante (Les Echos)

 

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09 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

familles (tv5 monde)

legende-garcons-naissent-choux-filles-roses-L-urSyzx

C’tait l’bon temps! Un papa, une maman et un chou!

Mamans ou papas solo, couples homo : les enfants des « nouvelles » familles se portent bien selon une étude anglaise

Un papa ou une maman, ou alors deux papas ou deux mamans etc etc… Le modèle dit de la famille nucléaire a explosé ces dernières années dans les pays occidentaux. Et les enfants dans tout ça ? Ils vont bien merci ! Comme le démontrent ces études menées par la professeure Susan Golombok à l’Université de Cambridge. De quoi tordre le cou à certains préjugés.

La liste est longue. Familles monoparentales par choix, couples de même sexe, maternité de substitution, parents transgenres ou encore procréation médicalement assistée. Ces exemples de nouvelles structures familiales qui se répandent en Occident depuis les années 1970 se distinguent de la famille nucléaire, définie par la présence d’un père, d’une mère et de leur(s) enfant(s).

Depuis plusieurs années, les recherches menées par la professeure Susan Golombok, direc- trice du Centre for Family Research de l’Université de Cambridge, sont pionnières en la matière et jouissent d’une reconnaissance internationale. «De nombreuses personnes pensent que plus un modèle familial dévie de la norme, plus l’impact sur l’enfant sera négatif, explique la psychologue. Cette opinion est basée sur des préjugés. Le besoin de résultats empiriques est crucial pour être au clair avec ces situations.»

Invitée par les organisateurs du 15e Congrès de la Société suisse de psychologie, Susan Golombok s’exprimait lundi 5 septembre sur le résultat de ses recherches dans le cadre d’une conférence publique à l’Université de Lausanne. «La qualité des relations interpersonnelles au sein d’une famille est plus importante pour le développement d’un enfant que la structure dans laquelle il grandit.» Une qualité notamment définie à la lumière de l’implication émotionnelle, d’une présence chaleureuse et d’une bonne communication.

La guerre aux idées reçues

Des études longitudinales menées sur plusieurs années ont permis de montrer que ces nou- veaux modèles familiaux n’étaient ni dysfonctionnels, ni sources de problèmes psychologiques chez l’enfant. Un constat qui tord le cou à plusieurs préjugés, à commencer par l’impact sur l’orientation sexuelle.

«Dans une de nos recherches, plus de 90% d’enfants de parents homosexuels s’identifiaient comme hétérosexuels à l’âge adulte, explique Susan Golombok. De plus, cet environnement n’exacerbe pas forcément la masculinité chez une fille ou à l’inverse la féminité chez un garçon.»

Non seulement les formes de familles contemporaines se portent bien, mais parfois mieux. «La forte volonté des parents à avoir des enfants peut expliquer la qualité élevée de leur rapport. L’enfant se sent désiré et valorisé, ce qui influence son développement de manière positive.»

Un constat qui gagne à être connu alors que la stigmatisation continue d’exister, bien que celle-ci soit moins courante qu’auparavant. «Les gens ont souvent peur de ce qu’ils ne con- naissent pas ou de ce qui n’entre pas dans la norme. Mais il suffit parfois qu’un individu soit concerné par le sujet pour qu’il change d’avis. Par ailleurs, plus la réalité de ces familles non traditionnelles sera portée à la connaissance du grand public, plus elle aura des chances d’être acceptée.»

Frontières brouillées

Le discours selon lequel la famille nucléaire disparaîtra n’a aucun fondement selon la cher- cheuse. «La famille dont les parents sont mariés ou non reste le modèle le plus courant.»

Dans le vaste imbroglio formé par de nouvelles configurations, quelle définition de la famille prévaut ? «Difficile d’en donner une, admet la psychologue. Quand on leur pose la question, certains enfants incluent dans leur réponse des personnes avec qui ils n’ont pas de lien génétique. C’est une notion variable et personnelle.»

Un discours globalement optimiste qu’elle n’hésite pas à teinter de prudence à l’heure où la cellule familiale a tendance à s’élargir. «A l’inverse du Royaume-Uni, les Etats-Unis ne limitent pas le nombre d’enfants conçus par donneur. Cela signifie qu’un enfant peut se retrouver avec des dizaines de demi-frères ou demi-sœurs. Dans ces cas de figure, il faut penser à eux: pour certains, la découverte du nombre peut constituer un choc. De plus, le père biologique ne voudra peut-être pas tous les rencontrer.»

Une généalogie transfigurée qui pourrait se révéler être un véritable casse-tête juridique et génétique. «Les nouvelles technologies permettent de petits miracles mais elles doivent être appliquées dans un cadre contrôlé pour éviter les dérives.»

Responsabiliser l’école et l’Etat

Le visage de la famille nucléaire n’occupe plus une place exclusive au sein des représenta- tions. Dans l’espace public ou à l’école, les familles non traditionnelles gagnent progressive- ment en visibilité. «L’école a pour rôle l’éducation et doit faire en sorte que tous les enfants se sentent égaux, notamment à travers des discussions ouvertes. Dans les lieux publics, j’ai le sentiment que les illustrations se diversifient de plus en plus», relève la chercheuse.

Ses études sont également un moyen de faire pression sur les lois. «Le sujet des familles porte un enjeu fondamentalement politique. Il est injuste de constater que des enfants ne sont pas protégés juridiquement. Les lois doivent s’adapter et correspondre à la réalité», estime Susan Golombok.

La famille suisse reste traditionnelle

Selon des chiffres de l’OFS parus en avril 2017, les couples avec des enfants sont mariés dans trois quarts des cas. Les couples homosexuels avec des enfants représentent moins de 3% du paysage familial. Des configurations qui dépendent de lois plus restrictives.

En termes de procréation médicalement assistée par exemple, la Suisse occupe une place moins libérale que le Royaume-Uni et l’Amérique du Nord. Les mères porteuses, les dons d’ovocytes et d’embryons sont encore interdits, ce qui pousse certains couples à se rendre à l’étranger pour procréer, alimentant ainsi un tourisme médical controversé. Les dons de sperme sont quant à eux autorisés et réservés aux couples mariés, à condition qu’un donneur ne puisse pas être le père biologique de plus de huit enfants.

La pluralisation de la notion de famille s’accompagne de subjectivité et d’une certaine évanes- cence. Si les enfants se portent bien dans les modèles non traditionnels, est-ce que cela signifie qu’il n’y a pas de limites? «Ces questions restent ouvertes, conclut Susan Golombok. D’autres modèles émergeront et il sera intéressant de voir grandir les prochains enfants dont ils sont issus et de les analyser en tant que parents.»

En France le nombre de familles monoparentales a presque doublé depuis 1990
La composition des familles avec au moins un enfant mineur a évolué. En 2013, 6,2 millions sont constituées autour d’un couple ; elles étaient 6,3 millions dans ce cas en 1999 et 6,7  millions en 1990. Cette diminution est due essentiellement à la hausse des séparations. Le nombre de familles monoparentales avec enfants mineurs, lui, ne cesse de croître régulière- ment : 1,8 million en 2013, contre à peine 1,3 million en 1999 et un million en 1990 (soit + 87 % en 23 ans). La part des familles monoparentales est ainsi passée de 12 % en 1990 à 17 % en 1999 pour atteindre 22 % en 2013. (Source rapport Insee publié le 3 septembre 2017)

 Site du Temps

09 oct 2017 Alexia Nichele (Le Temps.ch)

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06 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

rennes sc po (solidaires)

rennes

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04 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

rentrée (npa)

silence

Rentrée : derrière le piteux spectacle du duel Lussault-Blanquer, un déni de démocratie

Toutes les conditions étaient réunies pour que la dernière affaire de cette rentrée scolaire excite les férus de débats hors-sol dont la « Une » du Monde du 29 septembre, sobrement intitulée « École, la guerre idéologique est relancée », constitue un modèle du genre.

De quelle guerre parle-t-on ici ?

Michel Lussault, dernier président du Conseil supérieur des programmes (CSP) vient de démissionner, profitant de l’occasion pour dénoncer la boulimie d’annonces du ministre Jean- Michel Blanquer.

Ce dernier s’en donne en effet à cœur joie depuis sa prise de fonction pour fustiger dans les médias, de Libération au Point en passant par Valeurs actuelles et Sportmag, toutes les décisions de sa prédécesseure Najat Vallaud-Belkacem et à promettre le grand soir de l’école sur fond de neuro-sciences, de retour aux fondamentaux et d’apprentissage syllabique de la lecture.

Offensive anti-égalitaire du gouvernement

Dénonçant des propos « outranciers » de Lussault, Blanquer a illico fait savoir que sa démis- sion ne l’empêcherait pas de dormir. Tout cela mériterait de rejoindre les combles déjà débor- dants des anecdotes politiciennes qui feront jubiler les Stéphane Bern de demain, mais l’ampleur prise par l’affaire mérite qu’on s’y attarde en relevant ce qu’elle masque au moins à trois niveaux :

La violence de l’offensive anti-égalitaire de l’actuel gouvernement,

La visée antidémocratique qui l’accompagne et

La confiscation de toute parole professionnelle.

Dans son opération de butinage médiatique, Jean-Michel Blanquer n’a cessé de distiller les deux piliers de sa future politique : la lutte contre le « pédagogisme » et son mépris de l’« égalitarisme ». Bien entendu, chez Causeur comme au Figaro, on a frétillé du derrière : depuis toujours on y dénonce toute politique visant à redistribuer équitablement les richesses au nom d’une justice sociale qui priverait les élites de leurs outils de domination.

Pensez-vous, l’égalité, ce vieux fantasme de gauchistes ; mieux, de « pédagauchistes ». Le mot est apparu récemment sous la plume d’une pamphlétaire du Figaro Vox, le bras droit du Figaro, c’est dire.

Car les mêmes qui convulsent sur la disparition d’un accent circonflexe ou sur l’écriture inclusive débordent d’inspirations linguistiques quand il s’agit de cibler leurs ennemis.

Bref. En assumant cette formule de « pédagogiste », Blanquer emboîte volontairement le pas des éditocrates spécialistes autoproclamés de l’école qui pontifient contre « le niveau qui baisse » et l’illettrisme des enfants des quartiers populaires, qu’ils ne croisent évidemment jamais ailleurs que dans les hallucinations des professionnels de la lamentation dont l’Académie française constitue un vivier inépuisable puisque malheureusement immortel.

Car si l’on peut en effet s’inquiéter de certaines dérives de courants pédagogiques plus prompts à s’exciter sur les instruments de mesure du bonheur qu’à s’intéresser aux apprentissages des élèves, on sait bien que chez ces gens, et désormais chez leur ministre chouchou, le « pédagogiste » recouvre un spectre beaucoup plus large et amalgame sans sourciller tous les pédagogues, dont je suis, postulant que la première mission de l’école publique est de ne jamais tergiverser sur l’égalité et la démocratisation.

Déni de démocratie

L’autre non-dit de la mise en scène du duel Lussault/Blanquer touche au cœur de la  démo- cratie. Depuis des semaines, le ministre assène à tout va ce qu’il estime être les programmes et méthodes adéquats.

Or la confection des programmes est une chose extrêmement politique.

Pour le dire autrement, un programme scolaire est un montage de savoirs agencés et enchâs- sés de manière à constituer un stock de savoirs considérés comme nécessaire pour pouvoir quitter l’école.

C’est une responsabilité considérable qui assigne à des enfants, dès l’âge de trois ans,  un chemin d’apprentissages pour affronter le monde. En France, le caractère national des programmes ajoute une dimension sensible au projet.

C’est la raison pour laquelle toute écriture de programme doit a minima être collective afin de faire l’objet de négociations, arbitrages et votes.

L’existence d’une organisation collégiale est la première condition ; son autonomie et indépen- dance vis-à-vis de l’exécutif (dernier maillon du circuit) aussi. Ce sur quoi a achoppé le gouver- nement précédent qui n’a pas su laisser à distance le travail du CSP. Mais, pour le moins, avoir un ministre s’arrogeant publiquement le pouvoir décisionnaire en la matière est en tout point comparable à l’autoritarisme d’un Président préférant l’ordonnance au débat parlementaire. Un déni de démocratie donc.

Enfin, tout ce pathétique spectacle rejoue pour la énième fois la partition d’une école que l’on dit clivée entre pédagogues et réacs-publicains.

S’il y a certes des oppositions idéologiques fortes sur l’école, le prisme du terrain offre des opportunités de poser les problèmes sous un angle autrement plus réaliste (et parfois dramatique) que ces débats de salons.

La précarisation des personnels, l’accentuation de leur mise au pas, la cadence des réformes auxquelles ils sont soumis sans y être associés, l’indigence de leur formation, tout cela mériterait une attention autrement plus urgente que ces épanchements politiciens.

Mercredi 4 octobre 2017 Laurence de Cock est historienne et docteure en sciences de l’éducation1, sollicitée par l’Anticapitaliste pour évoquer les enjeux politiques et idéologiques autour de la rentrée scolaire.

1. Dernier ouvrage paru : Laurence De Cock (dir), La Fabrique scolaire de l’histoire, Agone, 2017.

https://npa2009.org/

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03 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

skol lannuon (le tregor)

becassine

Et où est donc la Bretagne? Elle existe pas!

Ecole Saint-Roch à Lannion : les parents d’élèves mécontents

Mouvement des parents d’élèves, lundi matin, à l’école Saint Roch pour protester contre un changement d’enseignant.

L’institutrice de Cm2 de l’école saint Roch bilingue, à Lannion a fait ses adieux aux élèves vendredi. De quoi  faire naître un mouvement d’humeur chez les parents d’élèves qui ont manifesté devant l’école lundi matin. Eddy Penven, le président de Div Yezh, l’association de parents d’élèves pour l’enseignement du breton à l’école publique dénonce :

« En poste à mi temps à Plestin et à Lannion, l’institutrice a appris, jeudi, qu’elle devait quitter son poste pour être remplacée par une titulaire venue d’ailleurs nommée après la rentrée sur ce même poste. Déjà l’an passé, la classe de CM2 avait eu de grandes difficultés dû à une gestion de l’académie très hasardeuse sur les remplacements ».

L’enseignante qui assure les heures de décharge de la directrice de l’école, était en poste depuis la rentrée. Les parents d’élèves ajoutent: « Encore une fois ces changements après la rentrée se font au mépris des enfants . Ils s’étaient habitués à leur institutrice. Ils vont perdre un mois le temps de remettre en place ».

Des rendez-vous sont pris avec l’inspection académique pour tenter de se faire expliquer ces changements « d’autant que nous ne savons pas qui sera là mercredi, ni s’il y aura quelqu’un » s’interrogent les parents.

2 Oct 17

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03 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

féminin (slate)

cab do

Si seulement mes enfants pouvaient ne pas apprendre «le masculin l’emporte toujours sur le féminin»

Parce qu’à travers cette règle grammaticale, c’est bien une vision du monde qui nous était offerte.

Attention, je vais écrire très calmement et posément sur un sujet qui rend certaines personnes dingos.

Quand j’étais en CM1, on nous a fourni un livre de grammaire. Il était très vieux et, à la fin de l’année, l’école ayant décidé d’en acheter de nouveaux, la maîtresse, Mme Péron, nous a laissé nos vieux livres. Ce manuel de grammaire était excellent, il m’a servi pendant toutes mes études supérieures, et cela explique qu’il soit encore présent dans mon bureau. Dans ce manuel, il y avait évidemment la règle d’accord «le masculin l’emporte toujours sur le féminin».

«Vous êtes moins fortes! Vous êtes moins fortes!

J’avais 9 ans, et cette image m’a révoltée. Le jour de cette leçon, toutes les filles de la classe ont hué et les garçons ont applaudi. On comprenait parfaitement ce qui était en jeu et l’illustra- tion du livre nous le jetait à la gueule. Les filles perdaient la partie. Guillaume et Quentin ont claironné: «Vous êtes moins fortes! Vous êtes moins fortes!» Mme Péron a tenté de tempérer les choses en expliquant que c’était de la grammaire, qu’il n’était pas question de justice, que c’était la règle. Il fallait apprendre la règle et respecter la règle. Mais nous, ce qu’on voyait, c’était que la règle nous disait que les garçons l’emportaient. Et les garçons comprenaient exactement la même chose.

Il nous a donc fallu apprendre par cœur et réciter «le masculin l’emporte toujours sur le féminin». Ce n’était pas seulement une règle écrite. C’était une phrase qu’on devait dire à haute voix, plusieurs fois, devant toute la classe. Je me sentais assez humiliée de devoir faire ça. Mais j’étais une bonne élève, et je voulais avoir de bonnes notes. On a fait tous les exer- cices pour bien se rentrer dans le crâne que le masculin l’emporte toujours sur le féminin et qu’il s’agissait d’une règle qu’on ne devait pas questionner. En fin d’année, tous les élèves de la classe avaient vissé dans la tête la formule «le masculin l’emporte toujours sur le féminin».

Une règle du 17è siècle

Il a fallu attendre la fac pour apprendre que cette règle n’était pas immuable. Pendant long- temps, l’usage qui prévalait c’était l’accord de proximité «l’adjectif qualificatif s’accorde avec le mot le plus proche auquel il se rapporte». Au 17è siècle, en pleine période de reprise en main idéologique de la langue française, une nouvelle règle a été inventée. Celle de la supériorité du masculin. Il s’agissait de prouver cette supériorité jusque dans la langue courante.

La règle d’accord de proximité paraît pourtant plus logique et donc plus simple à retenir. Et si cela vous heurte que «le manteau et la veste soient blanches» ou que «les hommes et les femmes soient belles», la magie de cette règle c’est que vous pourrez toujours écrire que «la veste et le manteau sont blancs» et que «les femmes et les hommes sont beaux». Génial, non?

Une autre proposition de l’écriture inclusive consiste à passer au féminin un nom de profession quand on parle d’une femme. Ça ne me semble pas délirant d’écrire «une députée» ou «une agricultrice». De même, parler des «humains» et non des «hommes» quand on désigne l’en- semble de l’espèce humaine, je ne vois pas où est le problème. Je dirais même plus: je ne comprends pas où est le problème. Entre «Sylvie est un agriculteur consciencieux» et «Sylvie est une agricultrice consciencieuse», qu’est-ce qui vous semble le plus choquant?

La controverse du point médian

En fait, le vrai point de friction vient de mots auxquels on ajoute le point médian suivi d’un féminin voire d’un féminin pluriel. Franchement, on s’y habitue. Mais je peux comprendre que cela perturbe certaines personnes qui trouvent que c’est trop compliqué (mais alors, on est ok pour l’accord de proximité du coup, vu qu’il est plus simple?).

Si on n’aime pas écrire «les électeur·trice·s» on peut se contenter d’un «les électeurs et les électrices» voire même «le corps électoral». De manière générale, de toute façon, on décon- seille le point médian quand les formes au masculin et au féminin sont trop différentes. Et c’est évident qu’il ne faut pas en coller partout. Mon bémol personnel, c’est que ça a un petit côté écriture administrative et pour le coup, je pense que toutes les administrations doivent l’adopter.

En même temps, pour les textes plus littéraires, c’est intéressant d’un point de vue stylistique de se forcer à chercher d’autres formulations, à équilibrer différemment ses phrases. Je l’ai très peu utilisé pour l’instant, mais je me dis qu’il y a matière à s’amuser, à triturer un peu la langue française. Par exemple, le point médian pour des insultes, j’adore, «les abruti·e·s», «les connard·asse·s» ce qui ouvre la possibilité à la création du mot «connardasse», qui lui-même pourrait engendrer «connardard». Raphaël Enthoven manque cruellement d’imagination.

Mémoire sélective

Mais à titre personnel, ce qui m’importe le plus c’est que mes enfants ne se retrouvent pas à ânonner «le masculin l’emporte toujours sur le féminin». (Ils sont en maternelle, ça nous laisse quelques années.) Je sais que Raphaël Enthoven va répondre que c’est l’histoire, notre passé, que les mots sont des cicatrices que le mercurochrome du féminisme ne doit pas soigner, comme s’il y avait un devoir de mémoire grammaticale de la domination masculine.

Mais il n’y a rien d’immuable et ce n’est pas parce que c’était comme ça avant que ça ne doit pas changer. Et si ça peut le rassurer, il me semble un peu optimiste de penser qu’on est à deux doigts d’oublier des siècles de domination masculine.

En plus, il y a fort à parier que si on lançait une initiative quelconque pour que la société se souvienne de ce qu’elle a fait endurer aux femmes, là, d’un coup, Enthoven ne serait plus du côté de la mémoire. Parce que ce qu’il veut, ce n’est pas qu’on se souvienne de l’inégalité, mais qu’on n’oublie pas la domination masculine, ce qui n’est pas la même chose.

Enfin, si mémoire il y a, elle existe dans les textes qui nous précèdent. De même qu’on n’a pas réécrit Racine (qui utilisait souvent la règle d’accord de proximité) pour que ses textes respec- tent la règle du masculin qui l’emporte toujours, on ne va pas modifier les anciens textes qui suivent la réforme du 17è siècle.

Pour rassurer les réfractaires, vous noterez que dans ce texte, je n’ai pas eu une seule occasion d’écrire de façon inclusive. Il faut aussi relativiser les choses et se rendre compte que ces questions ne se posent pas à chaque phrase.

Titiou Lecoq  29.09.2017

http://www.slate.fr/

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01 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

école plestin (le trégor)

rythmes_scolaire

Plestin. École primaire : rien ne va plus

5 enseignantes en 4 semaines au Penker à Plestin : les parents d’élèves de CP-CE1 ne décolèrent pas.

Les parents des élèves de l’école du Penker de Plestin-les-Grèves se sont mobilisés jeudi matin pour entamer diverses actions et signaler leur mécontentement quant aux changements successifs des personnels enseignants. Apprenant mercredi la nomination d’une nouvelle enseignante dans la classe de CP-CE1 à la place de Mme Pauline Bourhis, qui occupait un mi-temps avec Mme Poussin (actuellement remplacée), les parents d’élèves sont exaspérés. Cette nomination prend effet ce lundi 2 octobre et le constat dépasse selon eux l’enten- dement : en 4 semaines depuis la rentrée, ce sera la 5e enseignante.

« Cette situation est contraire au bon sens »

« Cette situation engendrée par l’inspection académique est contraire au bon sens et à l’intérêt de l’enfant » estiment les parents, en droit d’exiger une continuité de l’enseignement. « À leur âge les enfants ont besoin d’un repère-adulte qu’est l’enseignant » ajoute un autre parent.
Ce changement intervient à un moment où les apprentissages sont cruciaux, à savoir la lecture et l’écriture.

Les parents signent collectivement :

À l’heure où le gouvernement affirme publiquement vouloir lutter contre l’échec scolaire (notamment en CP), la direction académique serait bien avisée de mieux considérer les conséquences de ces décisions et d’envisager des solutions plus appropriées avec les différents acteurs du monde éducatif, dont les parents.

« L’école est un lieu où l’on cherche l’intérêt de l’enfant » : les parents reprennent à leur compte ces paroles de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, et jugent déraisonnable de traiter des recours d’affectation aussi tardivement au risque de perturber la scolarité des enfants. Les parents de la classe de CP-CE1 de l’école du Penker demandent que « la direction académique révise son affectation pour permettre à Pauline Bourhis de terminer l’année scolaire à Plestin ».

« La patience a des limites »

Les parents d’élèves de CP-CE1 ont manifesté jeudi matin contre la décision prise par la direction académique en organisant une chaîne symbolique. La délégation de parents reçue dans la matinée de jeudi par Mme Rouxel, inspectrice de la circonscription de Lannion, n’a pas obtenu d’assurance pour son maintien jusqu’à la fin de l’année scolaire.

Ce vendredi matin à 9 h, ils ont réitéré leur mouvement de contestation. « La patience a des limites » ou encore « trop c’est trop » entendait-on dans la cour de l’école des uns et des autres parents. Informée, la municipalité de Plestin devrait venir en soutien de la revendication des parents d’élèves. « Le temps presse, la nouvelle nommée devrait prendre ses fonctions dès ce lundi alors que Pauline Bourhis serait mutée sur 4 établissements dans la circons- cription de Guingamp », concluait la porte-parole des parents. « Nous allons renforcer la mobilisation ».

29 Sep 17

https://actu.fr/

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28 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

réacs (qdc)

fafs

L’école : un des enjeux de l’actuelle crise au FN ?

Au Front national, la démission de Florian Philippot a immédiatement été suivie de celle de ses plus proches partisans. L’un d’entre eux, le n° 1 du parti en Loire-Atlantique, n’est autre qu’Alain Avello, également président du Collectif Racine des « enseignants patriotes », le premier des collectifs créés au sein du Rassemblement Bleu Marine…

L’action de Florian Philippot et de ses amis s’était en effet résolument inscrite dans l’obsession historique de l’extrême droite pour l’éducation. En lui donnant toutefois une nouvelle coloration: républicaine et souverainiste, en phase avec l’évolution qu’ils souhaitaient donner au parti de la dynastie familiale Le Pen.

Le FN, porte-parole de ceux qui rêvent d’un retour à l’ordre scolaire d’antan…

Longtemps partisan d’un ultralibéralisme scolaire (avec la promotion du « chèque éducation » dans son programme jusqu’en 1996 et la revendication de parité de subvention entrel’ensei- gnement public et le privé), porteur d’une vision religieuse de l’enseignement (suppression de l’école maternelle, par exemple pour le retour des mères au foyer, etc.), le FN avait progres-sivement repris à son compte les diatribes du courant réac-publicain, son déclinisme et sa nostalgie de l’école d’avant 68. Surfant sur le succès de trente ans de pamphlets alarmistes sur l’effondrement du niveau, le FN entendait devenir le porte-parole de ceux qui rêvent d’un retour à l’ordre scolaire d’antan…

Le lancement du collectif Racine en 2013, tout comme la première des conventions prési- dentielles de Marine Le Pen sur le thème de l’éducation (septembre 2016) avec l’annonce des 100 mesures pour redresser l’école, avait replacé la question éducative au cœur du program- me frontiste et consacré le projet de Florian Philippot, d’ailleurs lui-même fils d’instituteur.

« Redresser les corps, redresser les esprits pour redresser la nation »

Un programme ainsi résumé par l’un des membres du Collectif : « Redresser les corps, redres- ser les esprits pour redresser la nation » et, pour cela, conquérir le pouvoir, et diriger depuis la rue de Grenelle la mise au pas des élèves et des personnels…

C’était l’objectif de l’opération séduction de Marine Le Pen en direction des enseignants, dès 2011.

« Je le sais, longtemps, il y a eu un malentendu entre nous. Longtemps, nous avons donné le sentiment de vous regarder en ennemis. » Un mea culpa qui ne signifiait en rien une remise en cause des déclarations de papa Le Pen ou des diatribes fascistes anti-immigrés… comme en témoignent ces propos de campagne en décembre 2016 : « Je n’ai rien contre les étrangers, mais je leur dis : « Si vous venez dans notre pays, ne vous attendez pas à ce que vous soyez pris en charge, à être soignés, que vos enfants soient éduqués gratuitement, maintenant c’est terminé, c’est la fin de la récréation ! » »

« C’est la fin de la récréation »

Le national-républicanisme version Philippot ne s’est pas imposé sans mal, surtout auprès de la frange intégriste du FN, farouchement attachée aux écoles privées, de préférence hors contrat. Quand Marion Marechal-Le Pen ou Robert Ménard se faisaient les défenseurs de l’enseignement privé religieux, le Collectif Racine prétendait, lui, agir au sein de l’école publique.

Le départ du FN du dirigeant de ce Collectif d’enseignants (précisons-le, assez microscopique) annonce donc très probablement des évolutions quant à la ligne « éducative » du parti. D’a- bord au sein du FN lui-même où les partisans des fondamentaux anti-école publique (on se souvient des diatribes de Jean-Marie Le Pen contre « la racaille enseignante » et « les profes- seurs avec des blue-jeans crasseux, aux savates éculés […] fumeurs de shit invétérés » pourraient reprendre la main sur le programme éducatif, s’inspirant peut-être du modèle des écoles Espérance banlieues.

Ainsi, à Béziers, c’est une école copiée sur le fonctionnement d’Espérance banlieues qui est créée par Ménard

Ainsi, à Béziers, c’est une école copiée sur le fonctionnement d’Espérance banlieues qui est créée par Ménard (uniforme, salut au drapeau, méthodes pédagogiques d’avant-hier, etc.) que le maire, Robert Ménard, a ouvert dans sa commune. Dans le 93, le secrétaire départemental FN 93, Jordan Bardella, avait visité le cours Alexandre-Dumas (qui s’en était d’ailleurs publiquement réjoui…).

Hors du parti aussi, ce départ aura des conséquences. N’en doutons pas, les démission- naires vont continuer leur action, de manière autonome ou en s’alliant avec d’autres, le parti de Nicolas Dupont-Aignan, par exemple. Opposés sur les questions économiques (retraites, droit du travail, etc.), ils se retrouvent cependant dans la même obsession pour remettre au pas l’école, à l’image du responsable éducation du parti Debout la France, le fameux Jean-Paul Brighelli (l’auteur de La Fabrique du crétin). Ce dernier, avant d’avoir appelé à voter Le Pen avait déjà salué le programme du collectif Racine, précisant même que celui-ci lui avait « volé » ses idées en matière de retour en arrière pédagogique.

De Brighelli à Philippot, en passant par Polony : une même obsession : remettre au pas l’école

Il est donc possible qu’une reconfiguration du paysage politique se dessine, paysage où les questions éducatives pourraient jouer un rôle fédérateur. Car d’autres courants, dans la galaxie souverainiste, y accordent aussi une extrême importance, sans être étiqueté à la droite de la droite (comme Natacha Polony).

Il y a deux ans, faisant tribune commune lors des universités d’été de Debout la France – consacrée à « l’école de l’excellence » et organisée par Jean-Paul Brighellli – Nicolas Dupont-Aignan est Jean-Pierre Chevènement affirmaient que « c’est autour de l’école que se fera l’union des souverainistes des deux rives »…

« Cest autour de l’école que se fera l’union des souverainistes des deux rives » …

« Libéré » de l’estampille FN, Philippot et ses éventuels alliés pourraient vouloir incarner un débouché politique pour la nébuleuse réac-publicaine dont le discours décliniste et nostalgique en appelle aux solutions autoritaires et identitaires.

Nos luttes : sociales et pédagogiques !

Face aux nouveaux visages de l’extrême droite, la vigilance sera de mise. À nous de veiller, dans nos réflexions, nos combats et nos pratiques, à ne pas leur laisser le monopole de la critique d’une institution déjà trop inégalitaire, injuste et autoritaire. Les luttes de demain, dans et hors l’école, seront sociales et pédagogiques !

Grégory Chambat  24 septembre 2017

http://www.questionsdeclasses.org/

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