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10 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

appel

etudiants

Appel des fédérations CGT, FO, FSU, SUD éducation, Solidaires étudiant-e-s, UNEF et UNL

Alors même que les personnels, étudiant·es et lycéen·nes prennent connaissance du contenu du projet de réforme du premier cycle universitaire et commencent à se mobiliser, le gouver- nement fait le choix du passage en force et de la précipitation. Un certain nombre de mesures sont mises en place avant même l’adoption de la loi. Le plus emblématique est la saisie du CSE sur des décrets avant même l’étude de la loi par l’Assemblée Nationale.

Dans les universités les budgets proposés aux conseils d’administration prévoient la gestion des demandes d’affectation, les modules de mise à niveau, la définition des « attendus » et celle des capacités d’accueil des filières. Dans les lycées la mise en place du·de la 2e professeur·e principal et des nouvelles mesures d’orientations sont mises en œuvre à marche forcée.

De toute évidence, cette précipitions va mettre en difficulté immédiate les bachelier·es, leurs familles, les personnels des lycées et des universités. Mais ce sont aussi les établissements et les formations du supérieur qui seront en difficultés : comment définir le nombre de dossiers acceptés au vu des capacités d’accueils en prévoyant les désistements de candidat·es qui auront formulés dix vœux non hiérarchisés ?

Ce ne sont pas les annonces budgétaires qui vont permettre une amélioration de la situation, le budget est loin d’être à la hauteur des ambitions affichées.

Sur le milliard annoncé à destination de l’Enseignement supérieur étalé sur cinq ans, 450 millions d’euros étaient déjà budgétisés à travers le Grand plan d’investissement qui se fera sous forme d’appels à projets privant de facto une partie des universités de ce financement. Il ne reste que 500 millions d’euros sur 5 ans pour accueillir près de 3 millions d’étudiant·es d’ici 2025, ce qui est largement insuffisant. Aucune garantie n’existe sur les recrutements d’enseignant·es et de personnels techniques, administratifs et de bibliothèques pour accueillir l’ensemble des étudiant·es attendus, faire baisser les effectifs des cours en TD et en amphi, améliorer les conditions de travail des personnels de universités très dégradées ces dernières années.

Cette réforme remet en cause le principe de libre accès à l’université qui garantit à chaque jeune titulaire du baccalauréat de pouvoir continuer ses études.

Sans oser le dire, le gouvernement met en place une véritable logique de sélection dans tout l’accès aux études supérieures. Nous tenons à rappeler que le nombre de PSY EN qui sont les personnels qualifiés pour orienter les élèves est nettement insuffisant et qu’en ce moment même c’est bien le gouvernement qui prend la responsabilité de fermer des Centres d’Information et d’Orientation. En prévoyant que le conseil de classe de terminale examine les vœux du·de la lycéen·ne et participe à un avis formulé par le·la chef·fe d’établissement, cela revient à faire des enseignant·es en lycée des acteurs de la sélection.

Les fuites organisées dans la presse et les déclarations du ministère de l’éducation sur une refonte du lycée font preuve d’une accablante cohérence avec nos analyses du projet de réforme du premier cycle post-bac et de la mise en place des « prérequis » ou « attendus ». Se dessine une réduction des matières sujettes à un examen ponctuel, une introduction très importante du contrôle continu, une modularité des cursus des lycéen·nes et des examens de spécialité avancés dans l’année pour permettre leur prise en compte dans les dossiers d’admission post-bac. Ces annonces constituent manifestement la volonté de remettre en cause le baccalauréat comme diplôme national reposant sur des épreuves nationales, terminales et anonymes et comme premier grade universitaire.

Nos organisations réaffirment :

  • la nécessité de travailler tout au long du parcours au lycée à une orientation choisie, construite, accompagnée et évolutive avec les moyens humains et financiers nécessaires.
  • Le maintien du baccalauréat comme diplôme national et 1er grade universitaire, garantissant l’accès de tous les bachelier·es sur tout le territoire aux filières post bac et aux établissements de leur choix.
  • L’exigence d’ouverture massive de places supplémentaires en 1er cycle post bac et le refus de toute sélection à l’entrée à l’université.
  • Le refus de l’instauration de blocs de compétences en lieu et place des diplômes et des qualifications.
  • L’abandon du projet de loi sur 1er cycle post bac et du plan « étudiants » qui l’accompagne, condition pour permettre une réforme ambitieuse qui garantisse le libre accès de chacun·e au supérieur.

Nos organisations confirment leur volonté de construire dans la durée la mobilisation nécessaire pour exiger le retrait des projets gouvernementaux.

Elles invitent les personnels de Education nationale, de l’Enseignement supérieur, les étudiant·es, lycéen·nes et parents d’élèves à se réunir en assemblée générale pour définir les formes de leur mobilisation.

Elles soutiennent les mobilisations qui s’organiseront le 12 décembre, jour de présentation du projet de loi à l’Assemblée Nationale. Elles appellent les personnels, les étudiant·es, les lycéen·nes, en particulier de la région parisienne, à organiser les délégations qui se rassembleront devant l’assemblée nationale à 12h

 7 décembre 2017

http://www.sudeducation.org/

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07 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

handicap (lutte ouvrière)

handicap

Élèves handicapés : où sont les AVS ?

Bientôt les vacances de Noël, et plus de 3 200 élèves en situation de handicap sont encore en attente d’un ou d’une auxiliaire de vie scolaire (AVS).

La promesse électorale du candidat Macron est loin d’être réalisée. Quelques mois après son arrivée à la présidence, des organismes s’occupant d’enfants autistes en particulier estimaient entre dix et trente mille les élèves handicapés privés d’AVS ou d’AESH (accompagnant d’élève en situation de handicap), ce qui exclut de fait certains d’entre eux du système scolaire.

La secrétaire d’État aux Personnes handicapées vient de voler au secours de Macron en annonçant, pour la rentrée scolaire 2018, la création de plus de 11 000 postes d’AVS. « Le système ne fonctionne pas. Les budgets sont là mais on a des problèmes de recrutement », a-t-elle admis au passage, interviewée sur RTL. Ce serait, d’après elle, la faute du recrutement précaire basé sur des contrats aidés.

Une AVS recrutée pour environ 20 heures hebdomadaires et gagnant 700 euros n’a en effet pas un salaire permettant de vivre.

Mais pourquoi ne pas recruter les AVS à temps complet, avec un salaire de 1 800 euros, le minimum nécessaire pour tous ? Et pourquoi les AESH, postes créés en juin 2014 qui peuvent être transformés en CDI au bout de six ans, sont-ils eux aussi à temps partiel et aussi peu rémunérés ? Il s’agit bien là de choix budgétaires, et les suppressions d’emplois aidés dans le domaine scolaire, comme celles de postes de fonctionnaires, s’inscrivent dans cette logique.

Ces choix sur le plan budgétaire, confirmés, car les nouvelles promesses du gouvernement, qui ne prévoient implicitement que des contrats à temps partiels, éclairent des choix sur le plan humain. Des milliers d’enfants qui auraient besoin, autant que d’autres, plus même que d’autres, de s’intégrer à l’école en sont privés. À l’école de l’hypocrisie, le quadra Macron est déjà passé maître.

V. L. 06 Décembre 2017

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02 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

plouhinec jean moulin (of+ lt)

63 étudiants sont concernés par la fermeture du lycée.

(Entre 1000 et ) 500 manifestants contre la fermeture du lycée

Ils étaient nombreux à manifester ce samedi en début d’après-midi contre la fermeture du lycée professionnel Jean-Moulin, prévue pour la rentrée 2018. Après un rassemblement à Poulgoazec, à Plouhinec (Finistère), le cortège a marché jusqu’à Audierne.

Dès 13 h 30, ce samedi 2 décembre, les manifestants étaient déjà nombreux à se rassembler à Poulgoazec, sur la commune de Plouhinec. Anciens élèves, enseignants, élus ou simples habitants du Cap, tous manifestaient contre la fermeture du lycée professionnel Jean-Moulin mais aussi contre la désertification du Cap.

« Profitez du Cap sous le soleil, bientôt il n’y aura plus rien » scandaient ironiquement les manifestants à l’approche du pont d’Audierne.

63 étudiants sur le carreau

« Nous avons la volonté de nous battre jusqu’au bout contre cette décision du Conseil régional et du Rectorat, annonçait en début de manifestation Pierre Garrec, membre de l’opposition municipale. « Il y a une volonté de déshabiller le Cap au bénéfice d’autres communes, ajoute l’élu, mais en faisant cela, on accentue déséquilibres entre l’est et l’ouest. »

Pour Pascal Barbotte, enseignant en charpente maritime, cette fermeture du lycée est « réfléchie depuis bien longtemps : méthodiquement, les sections ont déménagé une à une dans d’autres établissements. Cela fait cinq ans qu’on interpelle la mairie et la région à ce sujet. La seule réponse que nous avons toujours obtenue est « pas de fermeture à l’ordre du jour ». »

L’enseignant précise que les effectifs du lycéen, 63 apprentis et adultes en formation, sont toujours les même que l’an dernier. « Mais en période électorale, ça ne devait pas être politiquement correct d’annoncer une fermeture de lycée… » ajoute-il avant de déplorer « le cynisme » du Rectorat « qui a laissé des élèves s’inscrire en première année : ils les ont envoyés droit dans le mur »

Pour rappel, la formation charpente maritime devrait déménager à Concarneau et la formation bois (pour adultes) sera envoyée à Pleyben. « Dans un collège déjà engorgé ! Comment vont-ils faire pour accueillir 50 élèves de plus, sans nuire à la formation de tous ? »

« Le cap : un territoire qu’on abandonne »

Pour les Capistes présents dans le cortège, les solutions sont trouvables : « La dotation régionale de fonctionnement annuel du lycée s’élève à 110 000 €. Ça représente 3 centimes par foyer breton » s’amusent à calculer les manifestants. Mais tous préfèrent mettre en avant l’ancrage local du lycée professionnel, ouvert en 1947.  » Cette fermeture c’est l’arbre qui cache la forêt : le cap est un territoire qu’on abandonne. Et ce n’est pas en faisant partir les jeunes qu’on va le redynamiser. »

« On ne demande que ça, accueillir plus d’élèves, mais toutes nos propositions de mise en place de formations nouvelles ont été refusées par la Région » ajoute Pascal Barbotte.

Un sentiment partagé par Laurent Coatmeur, prof de menuiserie :  » l’éolien marin, le brevet pro charpente, le partenariat kayak, les décrocheurs scolaires… Au fil des ans ils ont refusé toutes nos propositions. » « Notre lycée est d’utilité publique, ajoute Isabelle Favero, professeur de français et d’histoire. Il doit vivre ! »

« Résigné », le maire de Plouhinec, Bruno Le Port, a seulement confié être « préoccupé » par le devenir du personnel du lycée et être actuellement en discussion avec la Région à ce sujet.

De leur côté, les enseignants réfléchissent déjà à aller manifester à Rennes le 14 décembre prochain, jour de vote au conseil régional.

02/12/2017 Pauline BOURDET

https://www.ouest-france.fr/

Lire aussi:

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Commentaire:
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La mémoire ouvrière s’estompe! Une personne a évoqué l’un des deux « fondateurs » du
lycée, sans pouvoir nommer l’autre.
L’un était Albert Trividic, instituteur communiste, responsable du théâtre à l’amicale laïque pendant la guerre pour envoyer des colis aux prisonniers, dit « Labous Koat ».
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L’autre c’était, Noël Mathurin Le Gouil, mutin à Sébastopol en URSS en 1919,  CGTU 1924, PC 1926,  connu comme « Deïk ar Goïl », patron pêcheur sur le Stalingrad, secrétaire de la CGT et président du comité local des pêches.
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jean_moulin

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29 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

plouhinec jean moulin (lt + of )

jean_moulin

Plouhinec. Fermeture du lycée Jean-Moulin en 2018 !

Le lycée professionnel Jean-Moulin de Plouhinec (29), spécialisé dans la charpente navale, devrait fermer ses portes à la rentrée de 2018. La décision a été annoncée, ce mercredi, par le président de Région, Loïg Chesnais-Girard.

Selon un professeur : « Il y aura un vote le 14 décembre au conseil régional.

Puis, le préfet validera la fermeture par arrêté. Cette mesure interrompra la scolarité des élèves de 1re année de Bac pro. Ils vont se retrouver sur le carreau », poursuit-il.

Actuellement, une cinquantaine d’élèves étudient dans les diverses formations du métier du bois, accompagnés par 20 professeurs et administratifs. L’ensemble du personnel s’oppose à cette mesure et prendra part, ce jeudi, à la journée d’actions qui aura lieu à Quimper. D’autres actions devraient aussi être organisées.

http://www.letelegramme.fr/

cap

Lire aussi:

Plouhinec. Lycée Jean-Moulin : les soutiens ne faiblissent pas (Ouest France)

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27 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

neurosciences (europe1)

peanuts

Education : le principal syndicat du primaire inquiet de la prédominance des neurosciences

Jean-Michel Blanquer s’est prononcé à de nombreuses reprises prononcé en faveur des neurosciences.

Dans un appel signé par 56 chercheurs, le syndicat Snuipp-FSU s’inquiète de la place accordée aux neurosciences par le gouvernement pour orienter les méthodes d’enseignement ou les programmes.

Le principal syndicat du primaire, le Snuipp-FSU, rejoint par une cinquantaine de chercheurs, s’inquiète lundi de la prédominance des neurosciences dans l’éducation, après l’annonce de la création d’un Conseil scientifique de l’éducation nationale dirigé par le professeur de psychologie cognitive Stanislas Dehaene.

« Dans le dialogue permanent que l’école doit entretenir avec la recherche, aucune discipline ne peut légitimement s’imposer aux autres et aucune ne doit être ignorée », écrit le syndicat dans un appel signé par 56 chercheurs. « Toutes les recherches et tous les mouvements pédagogiques, qui prennent l’école et les apprentissages pour objet, concourent à la constitution d’un corpus de connaissances en perpétuel développement. »

Une recherche « instrumentalisée ».

Les signataires de cet appel, parmi lesquels le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, l’historien de l’éducation Claude Lelièvre, le géographe et ancien président du Conseil supérieur des programmes Michel Lussault, le professeur en sciences de l’éducation Philippe Meirieu,  redoutent une recherche « instrumentalisée ».

Dernier exemple en date : l’annonce la semaine dernière par Jean-Michel Blanquer de la création d’un Conseil scientifique de l’éducation nationale avec à sa tête le professeur de psychologie cognitive Stanislas Dehaene, ce qui marque, selon eux, « la prédominance des neurosciences dans l’approche gouvernementale de l’école ».

Les orientations du ministre.

Jean-Michel Blanquer s’est à de nombreuses reprises prononcé en faveur des neurosciences pour modifier les méthodes d’enseignement ou les programmes. Il les a par exemple mention- nées lorsqu’il a préconisé la méthode de lecture dite « syllabique », ou la maîtrise des quatre opérations au CP et au CE1.

Le ministre a détaillé à l’hebdomadaire Le Point de la semaine dernière les objectifs du Conseil scientifique de l’éducation : « il s’agit de pouvoir consulter des scientifiques de différentes disciplines, notamment dans les sciences cognitives, afin d’avoir une vision fondée des politiques publiques ». Il faut, selon lui, « que les débats soient davantage argumentés et appuyés sur ce qui est prouvé et ce qui marche à la lumière des sciences. »

27 novembre 2017

http://www.europe1.fr/

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27 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

masculin l’emporte (essf)

dom masc

« Nous n’enseignerons plus que « le masculin l’emporte sur le féminin »

314 membres du corps professoral de tous niveaux et tous publics, enseignant la langue française ou ayant à corriger des copies ou autres textes rédigés dans cette langue, s’engagent à ne plus enseigner la règle de grammaire résumée par la formule « le masculin l’emporte sur le féminin ».

Nous, enseignantes et enseignants du primaire, du secondaire, du supérieur et du français langue étrangère, déclarons avoir cessé ou nous apprêter à cesser d’enseigner la règle de grammaire résumée par la formule « Le masculin l’emporte sur le féminin ».

Trois raisons fondent notre décision :

• La première est que cette règle est récente dans l’histoire de la langue française, et qu’elle n’est pas nécessaire. Elle a été mise au point au 17è siècle. Auparavant, les accords se faisaient au gré de chacun·e, comme c’était le cas en latin et comme c’est encore souvent le cas dans les autres langues romanes.

Bien souvent, on pratiquait l’accord « de proximité », venu du latin, qui consiste à accorder le ou les mots se rapportant à plusieurs substantifs avec celui qui leur est le plus proche. Par exemple : « afin que ta cause et la mienne soit connue de tous » (Ronsard, épître à la Response aux injures et calomnies…, 1563).

La nouvelle règle a d’ailleurs dû attendre la généralisation de l’école primaire obligatoire pour être appliquée massivement : « On peut aller sur le lac [d’Évian], en bateaux à vapeur ou petits-bateaux, et visiter les coteaux et montagnes voisines, à pied ou en voiture » (DrLinarix, Guide pratique de la Savoie et Haute-Savoie médicale et pittoresque, 1896).

• La seconde raison est que l’objectif des promoteurs de la nouvelle règle n’était pas linguis- tique, mais politique : « Parce que le genre masculin est le plus noble, il prévaut seul contre deux ou plusieurs féminins, quoiqu’ils soient plus proches de leur adjectif. » (Dupleix, Liberté de la langue françoise, 1651) ; « Le masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle » (Beauzée, Grammaire générale… 1767).

Si l’école de la République a préféré abandonner cette formule au profit de celle qu’on connaît, c’est en reconduisant l’ordre de valeur qui est à son fondement. Un ordre que les classes politiques maintenaient parallèlement, en refusant aux femmes les droits politiques jusqu’en 1944, et en refusant plus longtemps encore de leur ouvrir les grandes écoles ou d’abroger les dernières dispositions du « Code Napoléon ».

• La troisième raison est que la répétition de cette formule aux enfants, dans les lieux mêmes qui dispensent le savoir et symbolisent l’émancipation par la connaissance, induit des repré- sentations mentales qui conduisent femmes et hommes à accepter la domination d’un sexe sur l’autre, de même que toutes les formes de minorisation sociale et politique des femmes.

Pourquoi n’accepteraient-elles pas de gagner moins que leurs collègues, ou d’accomplir des corvées dont leurs compagnons se dispensent, ou de supporter leurs coups, s’il est admis au plus haut niveau que « le masculin l’emporte sur le féminin » ? La lutte contre les stéréotypes de genre, qui est essentielle au progrès de l’égalité réelle des femmes et des hommes, ne peut être efficacement menée si cette maxime n’est pas mise au ban de l’école.

D’autres mesures travaillant à l’expression d’une plus grande égalité dans la langue sont nécessaires, mais le plus urgent est de cesser de diffuser cette formule qui résume la nécessaire subordination du féminin au masculin.

En conséquence :

– Nous déclarons enseigner désormais la règle de proximité, ou l’accord de majorité [1], ou l’accord au choix [2] ;

– Nous appelons les enseignantes et les enseignants de français, partout dans le monde, à renouer avec ces usages ;

– Nous les appelons à ne pas sanctionner les énoncés s’éloignant de la règle enseignée jusqu’à présent ;

– Nous appelons le Ministère de l’Éducation nationale à donner à ses personnels et à ceux des établissements sous sa tutelle des instructions précises allant dans le même sens ;

– Nous appelons les professionnelles et les professionnels de la presse et de l’édition, les correcteurs et correctrices, les écrivaines et les écrivains à en faire autant ;

– Nous appelons les citoyennes et les citoyens francophones à en faire autant.

mardi 7 novembre 2017

http://www.slate.fr/

greve g

Nous ne voulons plus que « le masculin l’emporte sur le féminin »

En complément de ce manifeste, une pétition de soutien aux enseignant·es et d’appel à suivre le mouvement est ouverte sur Change.org.

314 professeur·es de tous niveaux et tous publics, enseignant la langue française ou ayant à corriger des copies ou autres textes rédigés dans cette langue, ont déclaré, dans un Manifeste publié le 7 novembre 2017 par le magazine Slate.fr, ne plus enseigner la règle de grammaire résumée par la formule « Le masculin l’emporte sur le féminin ».

Nous, francophones de toutes professions et qualités, soutenons cette initiative ainsi que les signataires dans l’exercice de leur métier. Nous nous apprêtons aussi, pour notre part, à ignorer désormais cette règle d’un autre âge, dont l’enseignement incruste dans la tête de chacun et chacune des injonctions contraires à nos valeurs d’égalité, et dont l’usage quotidien les y maintient.

Nous le faisons avec d’autant plus de liberté et d’enthousiasme que l’abandon de cette règle ne constitue aucunement une entrave ou une entorse au fonctionnement de la langue française, qui, comme le rappellent les enseignant·es du Manifeste, s’en est passée durant des siècles.

Notes

[1] L’accord de majorité consiste à accorder le ou les mots se rapportant à plusieurs substantifs avec celui qui exprime le plus grand nombre : « Un Français et mille Françaises sont enthousiasmées par l’accord de proximité ».

[2] Avec l’accord au choix, le ou les mots se rapportant à plusieurs substantifs sont accordés selon le bon vouloir du rédacteur ou de la rédactrice.

Pour la signer, cliquez ici :
https://www.change.org

http://www.europe-solidaire.org/

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26 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

blanquer (autre école)

Blanquer-dinosaure

Un ministre en marche.. arrière

En arrivant au ministère de l’Éducation nationale en mai 2017, monsieur Blanquer déclare qu’il ne veut pas tout réformer et souhaite « ne garder que ce qui marche ». Mais très vite, et tout l’été, des annonces de mesures innovantes se succèdent. Des articles fleurissent dans toute la presse, des interviews se multiplient sur les plateaux télévisés, il n’arrête pas.

Ses premières mesures savent résonner sur ce que chacun a connu dans son enfance et que sa mémoire embellit : une école qui sait apprendre à lire, à écrire et à compter avec des méthodes de déchiffrage, de répétition… allant du plus simple au plus complexe. Il flatte le conservatisme, joue sur la nostalgie en annonçant son objectif prioritaire : « Lire, écrire, compter et respecter autrui ». 

Monsieur Blanquer joue ainsi finement avec les désirs individuels des parents et des enseignants :

Le retour à la semaine de quatre jours, le rétablissement des classes bilangues et des classes européennes, la mise en place de stages de remise à niveaux pendant les vacances scolaires avant l’entrée en 6e, l’instauration d’une aide aux devoirs au collège, le dédoublement des CP en zone prioritaire. Il sait aussi utiliser la lassitude des enseignants avec les dernières réformes imposées et l’intérêt individuel des adultes, comme la réforme du collège et la semaine scolaire.

Et depuis septembre, monsieur Blanquer ne cesse d’annoncer de nouvelles mesures pour l’éducation

Les classes de CP à 12 mises en place en REP + sont fortement médiatisées, on y voit des enfants sereins et un professeur qui peut individualiser… on ne voit pas les autres classes aux forts effectifs, on ne parle pas du dispositif « Plus de maîtres que de classes » confisqué pour récupérer des professeurs, ni des organisations pédagogiques spécifiques rendues impos- sibles comme les classes de CP/CE1 qui donnent deux ans aux enfants pour apprendre à lire…

Au retour des vacances d’automne

Dans Le Parisien du 13 novembre, le ministre présente ses nouvelles mesures. Le dispositif « devoirs faits » se met en place. Quatre heures par semaine en moyenne pour les élèves volontaires « La proportion d’élèves susceptible de bénéficier du dispositif est liée à la situation de chaque établissement, en fonction des besoins de ses élèves et des moyens dont il dispose.… »[1] ce qui donne des mises en place très inégalitaires..

Monsieur Blanquer, euphorique sans doute annonce que le dispositif serait étendu au primaire à la rentrée 2018, en oubliant que les devoirs à la maison n’existent plus en primaire depuis l’arrêté du 23 novembre 1956 qui aménage les horaires des écoles primaires et inscrit les devoirs pendant le temps scolaire. En application de l’arrêté, la circulaire du 23 novembre 1956 supprime sans équivoque les devoirs à la maison, retenant des arguments d’efficacité et de santé.

Le ministre souhaite rénover le baccalauréat et met en place une concertation avec l’ensemble des acteurs de la communauté éducative. Il faut donc du temps et les résultats seront publiés en février. Mais sans attendre, monsieur Blanquer en donne déjà les grandes lignes : en finir avec le bachotage, redonner du sens à l’examen et en faire un tremplin pour le supérieur. Il évoque la suppression des filières L, S et ES tout en rappelant la concertation en cours…

Il parle également de la finalité du nouveau bac :

Aboutir à quatre matières pour les épreuves finales. Le reste des notes serait issu du contrôle continu. Mais comme chacun doit « cultiver son excellence » dans un domaine donné que l’élève aura choisi, il y aura au moins des options, s’il n’y a plus de filières… À suivre !

Un minimum d’écrans jusqu’à 7 ans. Monsieur Blanquer, après la lecture de différents rapports de santé sur l’addiction aux écrans demande leur usage modéré et ciblé. Néanmoins, il préco- nise l’usage de robots pour faciliter la socialisation dans les petites classes, surtout pour les enfants autistes. Mais pas de modération pour l’école élémentaire, les entreprises d’applications et de dispositifs numériques n’ont rien à craindre et pourront se rattraper dans les différentes disciplines scolaires !

Les méthodes de lecture responsables de l’inflation des orthophonistes et bien sûr pas n’importe lesquelles !

Toutes celles qui s’appuient sur la « méthode globale », l’éternelle coupable, car elle fait entrer l’enfant dans la lecture par la photographie mentale des mots au lieu de lui donner accès à la conscience phonétique.

Davantage de conseils de discipline.

Monsieur Blanquer souhaite à la fois une école du bonheur, de la confiance où l’on s’épanouit, mais également une école de l’autorité et ceci en utilisant davantage les conseils de discipline. Ainsi, il réduit aux seules sanctions du conseil de discipline le rétablissement de l’autorité et l’amélioration du climat scolaire. Pourtant, une organisation démocratique de l’établissement avec la participation des élèves est plus efficace, la sanction devient alors une décision pensée et réfléchie par tous.

Mais l’élève n’a pas à donner son avis qu’il obéisse ! 

La création d’unités de laïcité. Ce sont des équipes spécialisées intervenant dans les établissements en difficulté avec certains de leurs élèves pour protéger l’esprit scientifique et l’esprit républicain : soit qu’ils remettent en cause les connaissances enseignées ou plus généralement qu’ils touchent à la laïcité par des comportements radicalisés. Ces unités aideront les professeurs et le chef d’établissement. La dimension de participation démocratique des élèves est toujours ignorée. Des espaces de paroles mixtes (adultes et jeunes) aident pourtant.

Tout se règle sans les élèves !

La Convention internationale des droits de l’enfant, la grande méconnue de ce ministère.
Le recrutement et la formation. Les 50 000 assistants d’éducation seront le vivier des futurs professeurs. Il suffit de repérer les vocations à travers les bourses ou les contrats de travail.
Comment se fera le repérage ? Par qui ? Qu’adviendra-t-il des autres ? Le rôle des inspecteurs ? Des directeurs et des chefs d’établissement ?

La formation doit évoluer, elle doit s’améliorer grâce à la recherche et s’appuyer sur des praticiens. Les formateurs seront donc devant une classe. Mais on ne sait pas comment : avec des postes à temps partiel ? dans les ESPE, dans les établissements ?

On est toujours dans le déclaratif.

Une prime annuelle de 3000 euros pour les enseignants de REP+. Elle devrait se mettre en place en 2018, si les organisations syndicales suivent, mais la discussion n’a pas encore commencé… Qui sera attiré par cette prime ? Toujours des jeunes, ou plutôt des professeurs expérimentés ?

Les augmentations de salaire ne doivent pas se réduire au seul point d’indice.

Elles peuvent se faire de manière différenciée. Mais aucune précision : l’obéissance aux préconisations ministérielles ? les résultats scolaires des élèves ? l’évaluation des directeurs et chefs d’établissement, des inspecteurs ? Tout est possible.

La mise en place d’un « plan mercredi » avec les ministères de la Culture et des Sports.

La remise en cause par Monsieur Blanquer de la semaine de quatre jours et demi ne fait aucun doute. Et comme il n’y a aucune évaluation… supprimons ! Ce qui importe au ministre, c’est la participation des enfants à des activités intelligentes, utiles et gratuites le mercredi. Donc pour lui, l’école le mercredi matin ne propose pas d’activités intelligentes, utiles et gratuites ! L’appui aux collectivités proposé par le ministre serait la bienvenue pour la mise en place d’activités intelligentes, utiles et gratuites le mercredi après la matinée de classe…

Le calendrier scolaire.

Une concertation « Le temps et l’espace de l’enfant et de l’adolescent au XXIe siècle » doit être lancée. Déjà annoncée fin août en clôture des rencontres du CNESCO, elle se fait attendre… et elle devrait durer plusieurs mois pour créer un large consensus. Il n’y a pas d’urgence pour monsieur Blanquer. Eh oui ! l’intérêt de l’enfant n’est pas une urgence et ne pèse pas lourd face aux intérêts particuliers et économiques !

Des « innovations » pas toujours nouvelles…

Ceux qui apprécient ces « innovations » ne savent pas qu’elles sont pour beaucoup récupé- rées dans les armoires des réformes de l’Éducation nationale. Elles ont été expérimentées, puis abandonnées et enfin reprises dans ces différentes mesures, avec bien sûr des actua- lisations, des références à la recherche… Quant à ce qui est supprimé pour « ne garder que ce qui marche », c’est juste à la « lumière des sciences » – version déclarative –, car il n’y a pas toujours d’évaluation des dispositifs concernés.

… et portées par des objectifs libéraux

L’individualisation, l’élitisme, les évaluations, les orientations et les parcours séparés, la responsabilité de chaque élève et surtout de sa famille, l’externalisation de l’aide (soutien, orthophonie, pédopsychiatre…), le recrutement des professeurs … sont les plus lisibles.
Ces nouvelles mesures peuvent effectivement satisfaire des citoyens et certains politiques… Quant à ceux qui ne sont pas satisfaits – et peut-être porteurs de visées émancipatrices – ils sont peu visibles.

Attendons les prochaines annonces ! Peut-être à la rentrée des vacances d’hiver ?

 14 novembre 2017 par Catherine Chabrun

http://www.questionsdeclasses.org/

Lire aussi :
Exercice de révisionnisme : la philosophe et le ministre critiquent la pédagogie active…
blanquer (autre école)  dans A gauche du PS

[1] Site du ministère : http://www.education.gouv.fr/

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26 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

solidarité sud educ 93

blanquer

En quelques heures, nous avons reçu plus de 150 signatures sur ce texte de soutien à Sud Education 93, menacé de procès par le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer. Libération le publiera dimanche: continuons de le faire tourner !

Au croisement des répressions

Soutien au syndicat SUD Éducation 93

« Nous en avons assez des tergiversations et des atermoiements de tous ces “responsables’’ élus par nous qui nous déclarent “irresponsables’’ (…). Nous en avons assez du racisme d’État qu’ils autorisent. » Pierre Bourdieu

Reprenant les inepties propagées par la fachosphère, c’est un ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, qui a attaqué publiquement et devant la représentation nationale le syndicat SUD Éducation 93 pour son stage de formation syndicale « Au croisement des oppressions : où en est-on de l’antiracisme à l’école ? »

Nous sommes pour tout dire stupéfait.es de cette atteinte grave aux libertés syndicales comme de la tournure que prend le débat public, virant littéralement au lynchage avec beaucoup d’amalgames, d’approximations, voire de mensonges. Cette médiatisation a des conséquences pour les militant.es de ce syndicat qui subissent depuis plusieurs jours menaces, injures, calomnies émanant de l’extrême droite. Et il est inacceptable qu’un ministre légitime cette entreprise.

Avant toute chose il faut rappeler l’évidence 

Oui, ce stage de formation syndicale est bien un stage antiraciste, visant à combattre les discriminations raciales. Alors, on peut avoir des réserves sur la pertinence des méthodes employées par SUD Éducation 93 dans ce stage, dont celle qui fait couler beaucoup d’encre, les ateliers en non-mixité. Nous pouvons même, après tout, être en désaccord et en débattre. Mais il y a des impostures agitées par les détracteurs de SUD Éducation 93 que nous ne pouvons accepter.

Les deux ateliers non-mixtes (sur neuf) constituent une partie seulement du programme du stage, dont une grande part se déroule en plénière, mixte. Il ne s’agit donc absolument pas d’un stage « interdit aux blancs » comme plusieurs médias ont cru pouvoir l’affirmer. Ces ateliers restent organisés dans un but : déconstruire des mécanismes d’oppressions avec pour finalité de mieux comprendre le racisme pour mieux le combattre aujourd’hui.

Comme l’a expérimenté le mouvement féministe avec intérêt, l’intention de la méthode de non-mixité est bien de chercher à faire avancer l’égalité… celle-là même qui s’inscrit aux frontons de nos mairies sans se traduire dans les faits pour des millions de nos concitoyen.nes. Et c’est cela qui devrait être la préoccupation des pouvoirs publics.

Mais, c’est à l’opposé de cette préoccupation que Jean-Michel Blanquer a annoncé vouloir attaquer en diffamation le syndicat SUD Éducation 93 pour l’usage des mots « racisme d’État ».

Nous demandons au ministre : faudra-t-il demain mettre au pilon l’abondante littérature scientifique qui utilise cette expression et en analyse les déclinaisons, malheureusement bien concrètes ? Faudra-t-il demain bannir des ouvrages les pages de Michel Foucault, Pierre Bourdieu ou d’autres qui l’évoquent ?

Nous ne pouvons pas non plus accepter la répression syndicale et sa judiciarisation croissan- te, impulsée par le sommet de l’État. Au moment où Jean-Michel Blanquer attaque le syndicat SUD Éducation, Muriel Pénicaud met à pied une inspectrice du travail également membre de SUD et sanctionne deux militants de la CGT.

Le cas présent nous amène bien « au croisement des répressions » : surfant sur les paniques identitaires, le ministre de l’Éducation nationale s’aligne sur le calendrier dicté par l’extrême droite pour chercher à disqualifier le mouvement social et faire diversion face aux contestations.

Nous exigeons que toutes les poursuites à l’égard de SUD Éducation 93 soient immédiatement abandonnées.

Premier.es signataires :

Olivier Besancenot, porte-parole du NPA ;

Eric Beynel, porte-parole national de l’Union syndicale Solidaires ;

Julien Salingue, docteur en science politique ;

Catherine Samary, économiste

Michèle Sibony, membre de l’Union juive française pour la Paix

 

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21 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

lycéen(ne)s

silentium

Et « silentium » dans les rangs!

Les lycéen(ne)s au hachoir de la sélection

Là où le bac, diplôme national certes imparfait, sanctionnait anonymement un niveau scolaire, la réforme de l’entrée à l’université va introduire des inégalités entre les bacheliers en mettant en œuvre une sélection.

Derrière ce projet se cache un renforcement du tri social… peu étonnant de la part du « président des riches ». 

Après une rentrée universitaire catastrophique, avec des milliers de bachelierEs sans affec- tation ou affectés dans des filières par défaut, la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédé- rique Vidal s’est empressée de présenter son projet de réforme de l’entrée à l’université. Arguant des défauts du système APB et de l’iniquité du tirage au sort dans les filières « sous tension », le gouvernement de Macron en a profité pour modifier le Code de l’éducation.

Désormais, ce ne seront plus les bachelierEs qui choisiront leur université mais les universités qui choisiront leurs étudiantEs.

Pour mener cette sélection, il est prévu d’associer étroitement les enseignantEs du secondaire qui ont pour mission d’effectuer un premier tri en validant les dix vœux des élèves de termina- les. Le dossier du/de la futurE bachelierE passera ensuite entre les mains des universités qui détermineront si le/la canditatE est pleinement acceptéE, acceptéE sous condition d’une remise à niveau en fonction de prérequis, ou rejetéE faute de places suffisantes dans la filière.

Ce nouveau système est donc bien loin de répondre aux problèmes des universités, avant tout dépourvues des moyens budgétaires et humains nécessaires pour faire face à l’afflux de bachelierEs issus du baby-boom des années 2000 ainsi qu’aux difficultés des étudiantEs. Par contre, il a pour évidente mission de renforcer le tri social entre les bachelierEs.

Un renforcement considérable des inégalités sociales

La sélection des candidatEs à l’université, dont les contours restent flous, pose plusieurs écueils.  Aucune mention de « quota » n’est faite pour l’instant pour définir le nombre de candidatEs acceptéEs sous condition de remise à niveau, pas plus qu’il n’est prévu de prendre en compte le critère des bourses.

De même, on se sait comment sera pris en compte l’établissement d’origine du futur étudiant alors que ce critère peut s’avérer être un facteur discriminant ou valorisant.

Par contre, les projets personnels des élèves, leur investissement extra-scolaire et leurs loisirs seront valorisés sans tenir compte du capital économique et social que de tels critères requièrent ! Cette réforme va donc considérablement renforcer les inégalités sociales dont sont victimes les jeunes des classes populaires et tout particulièrement les bachelierEs du professionnel et du technologique.

La sélection renforcée dès le lycée

D’autant plus, que la loi Vidal va renforcer la compétition scolaire dès le lycée. Le manque de formation des enseignantEs du secondaire, la mise à l’écart des professionnelLEs de l’orien- tation (PsyEN), le manque de moyens des établissements des quartiers populaires ne permettront pas de combler le fossé avec les lycées des beaux quartiers.

Dotés d’un capital social, d’une connaissance des filières (plus de 12 000) et pourquoi pas en ayant recours à des services privés d’orientation sur le mode cours particuliers, les enfants de la bourgeoisie, non contents d’occuper déjà les places dans les classes prépas, seront les mieux positionnés pour entrer dans l’université de leur choix.

On peut, d’ores et déjà, envisager que les lycées seront classés, non plus en fonction de leurs résultats au bac, mais en fonction du nombre d’élèves reçuEs à l’université en fonction de leurs vœux.

Les enseignantEs seront donc contraints d’exercer un contrôle social renforcé en incitant les élèves à choisir telle ou telle filière dans le cadre d’une mise en concurrence des établisse- ments s’éloignant ainsi de plus en plus d’une conception émancipatrice de l’enseignement.

Une aide… bien incertaine

On peut, certes, se féliciter que soient enfin prises en compte les difficultés des nouveaux étudiantEs à s’adapter au système universitaire, un système exigeant qui ne manifestait que trop peu d’intérêts pour les questions pédagogiques et l’accompagnement des étudiantEs.

Mais c’est sans tenir compte que les solutions proposées, année d’adaptation ou modules de remédiation, ont un coût difficile à assumer pour les universités dans un contexte de restriction budgétaire. Et surtout, ces mesures ont un coût pour les étudiantEs issuEs des classes popu- laires, qui doivent travailler en parallèle à leur cursus universitaire et peuvent difficilement assumer d’avoir des cours en plus ou de rallonger leurs études d’une année ; études déjà bien allongées avec la masterisation.

Renforcement de la compétition scolaire, contrôle et tri social renforcés, logique d’austérité, la réforme de l’entrée à l’université condense à elle seule le projet politique de Macron.

Les classes populaires en feront une fois de plus les frais. L’idée de démocratisation scolaire est bel et bien enterrée. Désormais, même la massification est remise en cause pour laisser la place à la compétition scolaire.

Face au renforcement de cette école de classe, lycéens, étudiants, enseignants du secondaire et du supérieur et parents d’élèves devons nous mobiliser massivement pour refuser cette réforme et réaffirmer le rôle émancipateur de l’éducation.

Camille Jouve Lundi 20 novembre 2017

https://npa2009.org/

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21 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

formation professionnelle (basta)

shadok2

Moins d’un chômeur formé sur trois retrouve un emploi durable

En déplacement à Tourcoing le 14 novembre, Emmanuel Macron a insisté sur l’importance de la formation, « cœur de la politique de l’emploi du gouvernement ». Taclant ceux et celles qui protestent contre la disparition brutale de dizaine de milliers de contrats aidés, le chef de l’État a défendu l’investissement dans la formation, nécessaire « si nous voulons vraiment éradiquer le chômage dans notre pays. »

Le lendemain, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a transmis au patronat et aux syndicats le « document d’orientation » relatif à la réforme de la formation professionnelle.

15 milliards d’euros devraient être dépensés, sur cinq ans, avec une attention particulière pour les demandeurs d’emploi les plus éloignés du travail. Faire de la formation un levier pour lutter contre le chômage n’a rien de nouveau. Parmi les dispositifs récemment mis en place, on peut citer les plans de formation des demandeurs d’emploi, le dernier en date, le « plan 500 000 » (le nombre d’actions de formation) a été lancé en janvier 2016, les préparations opération- nelles à l’emploi collectives ou individuelles (POE) ou encore les emplois d’avenir (EAV) pour les jeunes, qui intègrent une dimension de formation obligatoire.

Les effets de la formation sont parfois négatifs

«Ce volontarisme politique s’est traduit par une augmentation du nombre de demandeurs d’emploi en formation », remarque un rapport publié en août dernier par le commissariat général à la stratégie et à la prospective, une institution rattachée à Matignon.

L’efficacité de ces plans du point de vue du retour à l’emploi semble difficile à évaluer.

« La massification des plans de formation ne s’est pas accompagnée d’une amélioration de l’accès à l’emploi durable: 28 % des demandeurs d’emploi formés dans le cadre du plan 500  000 ont retrouvé un emploi durable», cite le rapport. En fait, les effets de la formation sont très variés selon les individus.

Si l’effet est « positif et significatif » pour les individus ayant connu une expérience d’emploi récente, il apparaît « non significatif, voire négatif, pour les personnes ayant quitté leur emploi depuis longtemps ou pour les nouveaux entrants sur le marché du travail ».

Les plus diplômés bénéficient davantage que les autres de la formation continue délivrée aux chômeurs, mais la probabilité de retrouver du travail diminue avec l’âge. « Le niveau et la spé- cialité de formation ne sont pas toujours le premier critère de recrutement des entreprises », remarque le rapport. Certaines entreprises privilégient plutôt l’expérience et la motivation [1].

Une autre étude publiée par pôle emploi en 2016 soulignait déjà ce faible rapport entre formation des chômeurs et reprise du travail.

Ainsi en 2015, 57 % des demandeurs d’emploi ont accédé à un emploi dans les six mois qui ont suivi la fin d’une formation. Une personne sur cinq déclare cependant « n’avoir pas eu le choix » parce qu’elle « devait vite retrouver un emploi ». Surtout, à peine 30% des chômeurs formés ont trouvé un emploi durable, CDI ou CDD de plus de six mois. Bref, contrairement aux rengaines gouvernementales, si les chômeurs ne trouvent pas de travail, ce n’est pas forcément parce qu’ils ne sont pas « employables ».

Nolwenn Weiler 21 novembre 2017

https://www.bastamag.net/

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