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10 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Corlay ( FR3)

Bus-bondé

« C’est d’une violence extrême ! » Les parents réagissent à la fermeture confirmée du collège de Corlay

Dans les Côtes-d’Armor, le plus petit collège du département vit ses derniers jours. Le tribunal administratif de Rennes a rejeté la requête des parents et élus qui réclamaient le maintien de l’établissement. Pour ce collectif, qui se bat depuis un an, c’est désormais la vitalité du territoire qui est menacée.

Le tribunal administratif de Rennes a rejeté la requête des parents et élus qui réclamaient le maintien du collège de Corlay dans les Côtes d’Armor. L’établissement doit fermer cet été. Pour le collectif qui se bat depuis un an, c’est désormais la vitalité du territoire qui est menacée…

« Collège menacé, territoire en danger. » Le message est affiché en grand et en couleurs sur le portail du collège Pier An Dall de Corlay. La banderole ne date pas d’hier. Cela fait des mois que parents d’élèves et habitants de cette commune d’environ 1.000 âmes se battent pour conserver leur établissement scolaire, sur la sellette depuis mai 2023.

« Les gens sont dépités », réagit agacée Chloé Foussard, une des membres actives de l’association de défense du collège de Corlay. Elle, continue de le clamer : Il faut se battre pour nos institutions ! Pour l’enseignement public… »

Un combat qui les amené depuis un an, à Saint-Brieuc, où les tracteurs ont défilé pour la défense de leur « petit collège » puis à Rennes et devant le tribunal administratif qui a fini par trancher : en ce début mai, la requête des parents et élus vient d’être rejetée. Le collège fermera ses portes à la fin de l’année scolaire.

« Les oubliés dans cette histoire, ce sont les enfants ! déplore Estelle Collin, secrétaire de l’association de défense. Il y avait peut-être que 58 collégiens, ils avaient le droit de rester dans leur collège ! »

« Nos enfants ne sont pas des chiffres »

58, c’est le nombre qui fait mal. « Insuffisant » considère à demi-mot le conseil départemental qui s’appuie surtout sur le coût de rénovation de l’établissement vieillissant pour justifier son choix de construire un neuf à quelques kilomètres de là. Des choix que ne comprend pas le maire de la commune costarmoricaine :

« Un collégien coûte ici une somme dérisoire par rapport à un collège neuf. On n’arrive pas à comprendre. Ni pour des raisons budgétaires, parce que ça ne coûtait pas cher, ni pour des raisons de ruralité… » explique Olivier Allain qui voit au contraire de plus en plus de familles s’installer en Centre Bretagne depuis les confinements.

Près du collège de Corlay, des banderoles alertent : « Les calculs ne sont pas justes ! Nos enfants ne sont pas des chiffres. » En vain.

Le département, qui a en charge la gestion des collèges, souhaite construire un nouvel établissement à 8 kilomètres de là, à Saint-Nicolas-du-Pélem, commune dans laquelle se trouve un autre collège. Le nouveau collège pourra accueillir 150-200 élèves, quand celui de Corlay en abritait 73 à la rentrée 2023, et celui de Saint-Nicolas 83.

Plutôt que de venir à pied, les collégiens auront donc un bus scolaire à prendre. Une heure de trajet avec les arrêts, « ça leur fera du bien de sortir de leur campagne » a-t-on expliqué à ceux qui doutent de l’intérêt : « On a traité nos enfants d’inadaptés parce qu’il n’y avait pas assez de mixité sociale, raconte Nathalie Houdemon de l’association de défense du collège de Corlay.

A ses côtés, une autre maman rebondit : « Si sortir de notre campagne, c’est aller à 10 kilomètres encore plus profondément dans la campagne, je ne comprends pas… Ces temps de trajets en plus, c’est leur enlever des chances alors qu’on nous dit qu’ils en ont déjà moins ! s’insurge Chloé Foussard. Cette décision, c’est d’une violence extrême. C’est à se demander s’ils veulent qu’on continue à vivre ici ou qu’on aille tous dans les grandes villes… »

• ©Séverine Breton, Philippe Queyroux et Jean-François BarréÉcrit par Valérie Chopin et Séverine Breton

Lire aussi :

Education. La fermeture du collège de Corlay provoque colère et incompréhension

« C’est un déni de démocratie ». Le collège de Corlay fermera ses portes en 2024.

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03 mai 2024 ~ 0 Commentaire

étudiant(e)s

étudiant(e)s  dans Educ'action
  • Pourquoi les mobilisations étudiantes pour la Palestine font-elles si peur ?

Aux États-Unis et dans certains pays d’Europe, les manifestations de soutien au peuple palestinien dans les universités rencontrent une répression grandissante. Il est vrai que la force de mobilisation des étudiant·es a de quoi inquiéter… ou réjoui

« Enveloppé dans un keffieh, un garçon pose ses mains sur la rambarde de la fenêtre du premier étage du siège de Sciences Po, la prestigieuse université de l’élite parisienne. Il fait partie des nombreux étudiants qui occupent depuis jeudi soir l’établissement », raconte le journal italien Il Manifesto le 27 avril. Depuis, la mobilisation a fait tâche d’huile, comme à Sciences Po Bordeaux ou à l’école de journalisme ESJ de Lille.

Les démonstrations de solidarité dans les universités états-uniennes et européenne s’inscrivent dans un contexte tendu. Il Manifesto parle, dans un autre article, d’« une restriction inquiétante des espaces de discussion, dans les médias et dans les universités ».

« La démocratie s’apprend à l’école et à l’université »

Le périodique italien complète d’une longue liste de « pressions qui limitent de plus en plus la liberté académique » en Italie et cite les mots de la secrétaire générale de la Fédération nationale de la presse italienne, Alessandra Costante : « La démocratie s’apprend à l’école et à l’université. Ne pas laisser quelqu’un s’exprimer sur des positions différentes des siennes est une attitude fasciste. »

Aux États-Unis, la répression des mobilisations sur les campus fait la une des médias internationaux. Le site israélo-palestinien +972 s’intéresse au traitement des étudiant·es en lutte dans les universités américaines qui « ont suspendu des groupes d’étudiants, limité le discours académique et appelé la police contre des manifestants pacifiques sur les campus d’un bout à l’autre du pays ». Le média dresse la liste des universités mobilisées, de celle de Columbia (New-York), depuis le 17 avril, à Berkeley (San Francisco) en passant par Yale (New Heaven), sous le titre « Les manifestations sur les campus en faveur de Gaza grandissent, la répression aussi ».

Les interventions des forces de l’ordre ont marqué par leur violence. À Atlanta par exemple, les manifestants de l’Université Emory ont été violemment délogés seulement quelques heures après s’être installés. « La police a utilisé des gaz lacrymogènes et des pistolets paralysants pour disperser le campement, tout en plaquant les gens au sol, et elle est accusée d’avoir utilisé des balles en caoutchouc », rapporte le média états-unien Truthout en accompagnement d’une vidéo des affrontements.

Les mobilisations prennent dans les universités européennes

« Ni la répression policière, ni les centaines d’arrestations et de harcèlements de ces dernières semaines n’ont pu arrêter le mouvement. Au contraire, il grossit chaque jour comme une boule de neige, recueillant le soutien de professeurs, d’employés d’université, de dirigeants politiques et de personnalités du monde de la culture en solidarité avec le peuple palestinien », affirme le média espagnol El Salto. La répression n’a fait que renforcer la détermination des étudiant·es, appuie le journal en ligne : « La lutte du peuple palestinien est interconnectée avec le reste des luttes des peuples et groupes opprimés du monde. »

En Espagne, un premier campement d’étudiant·es en soutien à la Palestine s’est installé à l’Université de Valence le 29 avril. « Il est difficile de regarder ces événements sans se souvenir d’autres moments historiques marqués par le mouvement étudiant, comme Mai 68 ou les manifestations contre la guerre du Vietnam qui ont eu lieu dans les années 1960 et 1970 aux États-Unis », renchérit El Salto.

Les étudiant·es font peur, oui, mais pour les bonnes raisons : c’est leur capacité à se mobiliser, à incarner leurs luttes, à les prendre à cœur, c’est l’intensité de la jeunesse, qui inquiète ou impressionne. Certains discréditent les étudiant·es en pointant du doigt leur radicalité ou leur jeune âge.

On devrait plutôt admirer la capacité de mobilisation des universités, ces lieux de réflexion et de production du savoir critique, où l’on donne le temps à la pensée politique de se développer. La force des jeunes en leur sein n’est pas à sous-estimer. Mieux vaut s’en inspirer.

Emma Bougerol 3 mai 2024

Photo : Campement et manifestation pour Gaza et la Palestine à l’Université George Washington le 26 avril 2024/CC BY-NC 2.0 Deed teachingforchange via Flickr

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22 avril 2024 ~ 0 Commentaire

Olivier Cuzon (FR3)

Olivier Cuzon visé par une plainte déposée par le ministre de l'Intérieur pour un article dans le journal Sud éducation 29.
Olivier Cuzon visé par une plainte déposée par le ministre de l’Intérieur pour un article dans le journal Sud éducation 29. • © F. Malésieux /FTV

Un syndicaliste brestois visé par une plainte du ministre de l’Intérieur : « on cherche à nous faire taire »

Ce 19 avril 2024, Olivier Cuzon était convoqué pour une audition au commissariat de Police de Brest. Le syndicaliste brestois y a appris qu’une plainte avait été déposée contre lui pour diffamation et injure publique envers la Police et la Gendarmerie et que cette plainte émanait du ministre de l’Intérieur en personne, Gérald Darmanin. En cause, un article dans le journal de Sud éducation du Finistère.

« Le journal de Sud éducation Finistère, c’est un tout petit journal qui est envoyé dans les salles des professeurs des écoles, collèges, lycées du département, ironise Olivier Cuzon. C’est une feuille de chou sans prétention. C’est quand même très étonnant qu’un ministre de l’Intérieur prenne la peine de déposer une plainte contre le directeur de rédaction que je suis pour un journal qui a une audience très modeste et limitée, c’est beaucoup d’honneurs qu’il nous fait. »

Des classes défense qui interrogent l’enseignant

Dans cette « feuille de chou », en octobre 2023, l’enseignant brestois s’étonnait de l’apparition des Classes défense sécurité globale. « Après les attentats de 2015, explique l’article, un protocole a été signé entre le Ministère de l’Education nationale et celui de la défense ». Des militaires sont donc appelés à venir dans les salles de classe pour enseigner aux élèves les principes et valeurs de la République.

L'article de Sud Education 29 du mois d'octobre 2023 qui a conduit Olivier Cuzon au Commissariat de Police.
L’article de Sud Education 29 du mois d’octobre 2023 qui a conduit Olivier Cuzon au Commissariat de Police. • © Sud éducation 29

Le professeur persiste et signe : « C’est un article qui questionne la légitimité des policiers et des gendarmes à intervenir devant nos élèves. Je considère qu’en tant qu’enseignant cela fait partie de nos missions ».Lire : « Liberté, égalité, laïcité », quand l’école redonne du sens aux valeurs de la République et à la laïcité

Et il s’étonne, « l’éducation civique, ce n’est pas forcément à des gens en uniforme de s’en occuper et de faire quelque chose qui pourrait être assimilé à une forme d’endoctrinement ou de militarisation. C’est avant tout aux enseignants de travailler avec les élèves sur ces questions qui sont importantes. »

Une forme de militarisation de la jeunesse ?

Olivier Cuzon fait le lien avec le Service national universel que le ministère souhaite étendre à l’ensemble d’une classe d’âge. Il y voit une volonté d’une forme de militarisation de la jeunesse. « Ces 15 jours où les élèves font le lever du drapeau, apprennent à tirer, pourraient être pris sur du temps scolaire. Nous, on pense que ces 15 jours à l’école sont au moins aussi importants que 15 jours pour aller faire un petit service militaire dans les casernes. »

Il rappelle que dans tous les cours, les enseignants abordent les notions d’instruction civique, d’éducation à la citoyenneté, de valeurs de la République. « On n’a pas besoin de policiers ou de militaires dans les écoles pour ça. On remet en cause leur légitimité, ils ne sont pas formés pour cela. Ils sont formés pour d’autres missions, qui sont toutes aussi importantes, mais pas pour des missions d’éducation auprès des élèves. »

Entendu pendant une heure par les policiers

Une remise en cause qui n’aurait donc pas été du tout au goût du ministre de l’Intérieur, mais c’est surtout le paragraphe sur des dérives des membres des forces de l’ordre qui l’aurait fait sortir de ses gonds. Il y est écrit : «  Ce questionnement est important quand on connaît la culture droitière, misogyne et homophobe sous de trop nombreux képis. Les enquêtes de Médiapart révélant l’existence de groupuscules nazis dans certaines casernes, les groupes de discussions racistes des policiers et gendarmes, ou la participation récente de militaires en civil à la répression des dernières émeutes de banlieues ne plaident pas en faveur du républicanisme des militaires. »

Sollicité, le cabinet du ministre explique que « l’ auteur de cet article accuse des militaires de la gendarmerie nationale d’appartenir à des « groupuscules nazis », de participer, ainsi que des policiers, à des « groupes de discussions racistes  » et leur attribue une culture »misogyne » et « homophobe ». De telles allégations ou imputations sont de nature à porter atteinte à l’honneur ou à la considération de l’ensemble des militaires de la gendarmerie nationale et des fonctionnaires de la police nationale« , et justifie la plainte, « ces propos rendus publics caractérisent le délit de diffamation publique à l’encontre des administrations publiques de la gendarmerie nationale et de la police nationale, délit prévu et réprimé par le premier alinéa de l’article 29 et l’article 30 de la loi du 29 juillet 1881 relative à la liberté de la presse. »

Olivier Cuzon a été entendu pendant plus d’une heure par les policiers. « La plainte voudrait laisser penser qu’on s’attaque à l’institution, s’agace-t-il. Ce n’est pas le cas de l’article qui cible un certain nombre de dérives individuelles, racistes, sexistes ou homophobes. C’est un travail qui a été documenté par des journalistes, des sociologues et on ne fait que rapporter quelque chose qui existe. »

« Je trouve particulièrement dommage que le ministre, au lieu d’essayer de faire le ménage et de faire la chasse à ces groupuscules qui entachent l’image de la Police, s’attaque à des syndicalistes qui dénoncent des faits qui sont avérés et connus. »

Atteinte à la liberté syndicale

Le procureur de la République de Brest devra décider de poursuivre l’enseignant ou de classer la plainte du ministre de l’Intérieur. Mais quoi qu’il arrive, pour Olivier Cuzon, le mal est fait. Il parle d’atteinte à la liberté syndicale et de pressions.

« On a tendance à penser que le ministre de l’Intérieur a d’autres chats à fouetter. C’est déstabilisant de se voir infliger une plainte par le ministre de l’Intérieur, on se demande ce qu’on a fait de vraiment très mal pour subir cela. »

« On cherche à faire taire une liberté de parole syndicale alors que c’est un pilier de notre démocratie. On voudrait nous empêcher de parler de choses qui fâchent. Et au-delà de cette atteinte aux libertés fondamentales, c’est un petit coup de pression. On utilise la diffamation comme une arme pour faire taire des syndicalistes, parce que c’est vrai que la prochaine fois qu’on rédigera un article, on aura forcément ça en tête, comme une épée de Damoclès, en se disant, mais attention, là, est ce que je ne vais pas être attaqué ».

« On a l’impression qu’il y a une police politique qui cherche à museler un peu une presse libre. C’est une presse d’opinion la presse syndicale, mais on ne s’en cache pas, elle a le mérite d’exister et ça fait partie des grandes libertés constitutionnelles. »

« On ne se laissera pas intimider, on ne va pas se laisser faire, on va se bagarrer parce qu’on tient à ces libertés et ce n’est pas un ministre qui fait la loi en France, j’ai toute confiance dans la justice de mon pays et à l’Etat de droit pour que les faits soient rétablis et que justice soit faite. »

De nombreux soutiens

Le syndicaliste a reçu de nombreux soutiens, politiques, associatifs. La Ligue des Droits de l’homme de Brest Métropole évoque une atteinte à la liberté de la presse. Pierre Bodenez son président n’hésite pas lui aussi à parler de « coup de pression » et de « risque d’autocensure. »

Un contexte liberticide

Olivier Cuzon ne cache pas une certaine inquiétude. « Il y a une dérive liberticide dans ce pays, déclare-t-il. Dans la semaine, un syndicaliste de la CGT du nord de la France a été condamné pour un tract sur la Palestine, des meetings sont interdits, des libertés associatives sont remises en cause par des subventions qui sont supprimées du jour au lendemain parce que le discours de telle ou telle association ne plaît pas, regrette-t-il. On sent un Etat qui veut s’immiscer de plus en plus dans la vie associative, dans la vie syndicale et qui aimerait bien que les associations soient plus le doigt sur la couture du pantalon. »

Mais il l’affirme, cela ne sera pas le cas. « On garde notre liberté, ça fait partie des libertés fondamentales et on se bagarrera pour les faire vivre.  »

(avec Florence Malésieux) Séverine Breton  21/04/2024

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15 mars 2024 ~ 0 Commentaire

services publics (basta)

 

services publics (basta) dans Altermondialisme

10 milliards d’euros en moins, ce sont des écoles fermées, des logements pas rénovés, des aides réduites

Le collectif Nos services publics, qui regroupe des fonctionnaires engagés, a épluché le décret sur les 10 milliards de réduction de dépenses publiques annoncés par le gouvernement, pour estimer ce que représentent ces coupes au quotidien.

« Nous ferons 10 milliards d’économies sur l’État, pas sur les Français », a déclaré le ministre de l’Économie Bruno Le Maire il y a trois semaines. Nous avons épluché le décret d’annulation des dépenses pour estimer ce que représenteraient, au quotidien, ces 10 milliards d’euros. Le résultat pique les yeux.

La conséquence du recours au décret pour annuler dix milliards, c’est que tout cela reste incroyablement abstrait. Comment les économies seront-elles faites ? Sur qui cela pèsera ? En l’absence d’informations et de contrôle parlementaire, il est impossible de le savoir précisément.Pour autant, cela nous a semblé nécessaire d’illustrer l’impact de ces dix milliards d’annulations. Alors, nous avons décortiqué le décret ligne à ligne pour représenter, en ordre de grandeurs, les conséquences de la suppression de 900 millions ici ou 300 millions là.

Moins de logements rénovés

Première source d’économies : le gouvernement fait le choix de retirer 2,2 milliards d’euros à l’écologie, dont un milliard en moins sur la rénovation thermique des logements (Ma prime renov). C’est l’équivalent de 100 000 à 150 000 logements non rénovés, soit du nombre de logements d’une ville comme Rennes ou Lille.

Toujours sur l’écologie : la suppression de 500 millions d’euros sur le fonds vert ? C’est l’équivalent de 48 collèges non rénovés. Suppression de 340 millions sur les transports ? L’équivalent d’un an de travaux en plus sur le prolongement de la ligne 14 du métro parisien.

Écoles et collèges supprimés

690 millions d’euros, essentiellement de masse salariale, ont disparu des budgets dédiés à l’éducation. L’équivalent de la suppression de 436 écoles primaires et 54 collèges et l’absence d’accompagnement pour 14 000 élèves en situation de handicap.

Toujours sur l’éducation : moins 900 millions dans la recherche et l’enseignement supérieur. C’est comme si l’on supprimait un cours sur trois pour chaque étudiant en licence. Ou que l’on définancait 1500 projets de recherche, soit le budget annuel de l’Agence nationale de la recherche.

Autre objectif du gouvernement : plus d’un milliard d’euros d’économies réalisées sur le travail et l’emploi (on rappelle que le « plein emploi » est affiché comme priorité du gouvernement). C’est l’équivalent de 130 000 aides à l’embauche d’apprentis. Soit un poste d’apprenti sur trois supprimé dans l’enseignement secondaire.

160 euros en moins pour chaque allocataire de l’AAH

Quatrième grand poste d’économies : l’aide publique au développement avec une suppression de 742 millions d’euros. L’équivalent de 18 hôpitaux régionaux de 250 lits en Palestine, Haïti, Côte d’Ivoire, Tunisie ou Turquie.

Cinquième poste d’économies : la solidarité, l’insertion et l’égalité des chances avec une baisse de 310 millions d’euros. L’équivalent d’une baisse de 160 euros par an pour chaque bénéficiaire de l’allocation adulte handicapé (AAH). Toujours sur les solidarités : diminution du budget de l’aide à l’accès au logement avec 300 millions d’euros annulés. L’équivalent d’une baisse des APL de 3,5 euros par mois pour chaque personne qui y a droit.

20 milliards d’économies en plus en 2025

Et on pourrait continuer : moins 300 millions d’euros sur la justice, moins 230 millions d’euros sur la sécurité, moins 200 millions d’euros sur la culture, moins 180 millions d’euros sur la jeunesse, le sport et la vie associative, moins 75 millions sur l’outre-mer, etc. La liste est longue, et à ce stade encore sans détails sur ces suppressions.

20 milliards d’économies ont de nouveau été annoncés pour 2025. Nous les étudierons de près, en espérant que cette fois nous puissions disposer de données précises sur la composition de ces coupes dans les services publics.

Collectif Nos services publics

> Le site du Collectif Nos services publics

Photo de une : Une manifestation d’enseignants et enseignantes et de parents contre le manque de profs dans des collèges de Seine-Saint-Denis en 2021/©Emma Bougerol.

P.-S.

Cette analyse a été publiée sous forme the thread sur X le 7 mars. Sur le blog du collectif Nos services publics, hébergé par Mediapart, médecins, météorologues, enseignants ou agents du ministère de l’Écologie racontent de l’intérieur ce qu’ils ont vécu et s’apprêtent à vivre avec ces nouvelles couples budgétaires : la lassitude, les injonctions contradictoires, les conséquences.

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04 mars 2024 ~ 0 Commentaire

malbouffe (reporterre)

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« 90 % des goûters d’enfants sont de la malbouffe ultra-transformée »

Une récente étude démontre un lien entre les aliments ultra-transformés et un risque plus élevé, entre autres, de maladies cardiaques et de cancers. Le Dr Anthony Fardet appelle les pouvoirs publics à s’emparer de ce fléau.

Près de 10 millions d’individus suivis. Jamais une étude si vaste n’avait été menée sur le sujet. Le 28 février, dans le British Medical Journal, quinze chercheurs ont démontré le lien entre les aliments ultra-transformés et trente-deux effets nocifs sur la santé. Notamment, un risque plus élevé de maladies cardiaques, de cancers, de diabète de type 2, d’anxiété, de troubles mentaux, voire de décès prématurés.

Face à ce fléau grandissant, le Dr Anthony Fardet, chercheur en alimentation préventive et durable à l’Inrae [1] de Clermont-Ferrand et auteur de Bien manger est si simple — Pourquoi tout compliquer ? (éd. Thierry Souccar, 2021), appelle les pouvoirs publics à s’en emparer sans tarder.

Reporterre — Paquets de céréales, barres protéinées, boissons gazeuses, plats préparés… Tous ces produits ont un point commun : ce sont des aliments ultratransformés. Qu’est-ce qui, dans leur fabrication, se révèle dangereux pour notre santé ?

Anthony Fardet — Tous ont été artificialisés par l’ajout d’au moins un des quatre marqueurs d’ultra-transformation. À savoir : des arômes ; des additifs cosmétiques, comme les colorants ou les modificateurs de goût ; des techniques industrielles de transformation, comme le soufflage ou la cuisson-extrusion ; et enfin des lipides, des glucides, des protéines ou des fibres ultra-transformés, par exemple des isolats de gluten.

Les aliments ultratransformés, bien souvent, demandent moins de mastication et réduisent donc la satiété, puis l’acte alimentaire. Le consommateur mange alors en excès, notamment du sel, du sucre et du gras ajoutés.

Sans parler des xénobiotiques ingérés, c’est-à-dire des composés étrangers au corps humain que nos organismes ne rencontraient jamais auparavant. Ce peut être des résidus de pesticides, des additifs de synthèse, voire, d’après l’hypothèse d’autres chercheurs, des résidus migrant des emballages plastiques.

Ils contiennent des xénobiotiques, c’est-à-dire des composés étrangers au corps humain que nos organismes ne rencontraient jamais auparavant. CC0/ Pxhere

Et puis, autre point central, une grande majorité de ces aliments contiennent moins de composés protecteurs, tels que les minéraux, les fibres, les vitamines, et les oligoéléments.

En revanche, on ne peut pas blâmer un composé en particulier : des milliers et des milliers de combinaisons existent entre tous les marqueurs d’ultra-transformation. Pour protéger notre santé, il faut réduire la proportion de l’ensemble de ces aliments dans nos régimes, et non se contenter de cibler isolément tel ou tel produit. C’est vraiment la proportion d’aliments ultratransformés dans le régime qui compte.

D’après l’étude, au Royaume-Uni et aux États-Unis, plus de la moitié des produits consommés sont des aliments ultratransformés. Ce chiffre grimpe jusqu’à 80 % pour les jeunes et les personnes les plus démunies. Pourquoi eux ?

Il y a, chez les jeunes, davantage d’ignorance sur ces questions. Le manque d’éducation nutritionnelle est flagrant. D’autant qu’en face, les géants de l’agro-industrie exercent un marketing très élaboré, visant à présenter ces produits comme bons pour la santé. Et je ne parle pas seulement de la malbouffe, mais aussi des aliments véganes, végétariens, allégés, enrichis, sans gluten ou bio.

Parmi les aliments ultratransformés, il y a certes la malbouffe, mais aussi certains aliments véganes, végétariens, sans gluten ou bio. CC0/ Open food facts

Par ailleurs, l’ultratransformé est souvent synonyme de calories et de bon marché. Or, quand on n’a pas beaucoup d’argent, la première préoccupation est de se remplir le ventre sans dépenser trop d’argent. Les ménages les plus modestes s’orientent donc vers ces aliments, comme un grand nombre d’étudiants en voie de paupérisation.

Si la nocivité de ces aliments est prouvée, pourquoi continuer à en produire ?

Les ultratransformés sont ultrarentables. Tout d’abord, parce que les marqueurs d’ultra-transformation coûtent peu d’argent. Mais ce n’est pas tout ! En exacerbant les goûts, les textures et les couleurs, les industriels signent une triple rentabilité.

Premièrement, en poussant le consommateur à en manger plus que de raison. Qui n’a jamais terminé un paquet de chips industrielles, avec plaisir, mais sans avoir réellement faim ? Deuxièmement, en poussant le consommateur à en racheter une seconde fois. Double rentabilité. Et enfin troisièmement, en ciblant les enfants dès leur plus jeune âge, on s’assure une clientèle à vie. Triple rentabilité.

Il y a quelques années, l’industrie du tabac incitait les jeunes à fumer tôt. Une fois ceux-là addicts, cela pouvait en faire des clients à vie.

La logique est la même ici : je travaille en ce moment sur les goûters des petits, et plus de 90 % d’entre eux sont composés de malbouffe ultra-transformée. Le mieux pour leur santé serait une poignée de noix ou d’amandes. Mais comment voulez-vous rivaliser avec des Kinder Pingui ?

Plusieurs universitaires brésiliens ont d’ailleurs appelé les Nations unies et les États membres à élaborer et mettre en œuvre une convention-cadre sur ces aliments, analogue à celle sur le tabac. Les politiques ont-ils un rôle à jouer dans cette bataille ?

Bien sûr. Il faut agir à deux niveaux. Déjà, du côté des scientifiques, en sensibilisant la population. Via les médias, en écrivant des livres, des articles de vulgarisation, en menant des conférences et en allant dans les écoles.

L’éducation alimentaire est la voie royale à long terme. En luttant contre l’ignorance, les consommateurs deviendront les véritables acteurs de leur alimentation et pourront faire des choix avisés.

« J’ai défendu l’idée d’une taxe sur l’ultratransformation. Plus le nombre de marqueurs est élevé, plus la taxe grimpe »

Seulement, le tabac l’a démontré, prévenir des risques de cancer ne fonctionne pas toujours. Il faut taper dans le porte-monnaie, faire grimper le prix du paquet à 15 euros. Sur ce point, les politiques doivent agir.

Il y a quelque temps, j’ai défendu l’idée d’une taxe sur l’ultra-transformation. Plus le nombre de marqueurs est élevé, plus la taxe grimpe. Il est urgent que les gouvernants se saisissent du dossier : l’enjeu est crucial non seulement pour la santé humaine, mais aussi pour la santé de notre planète, pour le bien-être animal, les inégalités socio-économiques, etc. Et ça passera par rendre les ultra-transformés plus chers que les vrais aliments.

Avez-vous des conseils pour mieux identifier ces aliments sur les étals des supermarchés ?

L’objectif est de repérer les marqueurs d’ultra-transformation. Il existe deux repères simples : premièrement, au-delà de cinq ingrédients sur la liste, il y a 8 chances sur 10 que l’aliment soit ultra-transformé.

Deuxièmement, si vous voyez des noms que vous n’utilisez pas en cuisine… alors, méfiez-vous ! Autrement dit, choisissez les listes d’ingrédients les plus courtes possibles et avec des noms connus.

Par ailleurs, les emballages très colorés, les portions individualisées et les promotions (car produire ces aliments coûte si peu cher qu’ils peuvent se le permettre) sont autant de signaux d’alerte. Les mentions promettant un produit « allégé » ou « enrichi » doivent aussi vous mettre la puce à l’oreille. Là encore, il s’agit presque à coup sûr d’aliments ultra-transformés.

Emmanuel Clévenot 4 mars 2024

https://reporterre.net/

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14 février 2024 ~ 0 Commentaire

poher (le telegramme)

Parents et enfants avaient manifesté, samedi 10 février, à Quimper, pour obtenir le maintien des quatre classes de l’école Jean-Caër, à Berrien.
Parents et enfants avaient manifesté, samedi 10 février, à Quimper, pour obtenir le maintien des quatre classes de l’école Jean-Caër, à Berrien. (Archives Yvan Richard)

Carte scolaire dans le Poher : un sursis qui donne de l’espoir à Carhaix et Berrien

Les contours de la carte scolaire 2023-2024 ont été dessinés. Depuis plusieurs jours, les écoles du Poher craignaient des fermetures de classes dans le premier degré. Si les projections ont provisoirement été déjouées pour Jean-Caër à Berrien et Kerven à Carhaix, deux établissements du territoire sont impactés.

Les directions des établissements concernés avaient coché la date du 13 février sur les agendas scolaires. Une version définitive du projet de carte scolaire 2024 dans le Finistère était attendue ce mardi dans la journée. À l’issue du Comité social administratif (CSA), à Quimper, le couperet est tombé. Sur les 67 fermetures de poste révélées en fin de semaine dernière par le projet de carte scolaire : 64 ont été actées. Seuls trois postes, dont deux en Poher, pourraient se voir sauver la mise : « La direction départementale de l’Éducation nationale a accepté de revenir sur la suppression d’un poste à l’école Kerven de Carhaix, à l’école Marie-Rose-Le Bloch, à Telgruc-sur-Mer, et Jean-Caër, à Berrien », annonçait Olivier Cuzon, élu de Sud Éducation, en sortant de la réunion du jour.

Les postes de Kerven et Jean Caër en ballottage favorable

Du côté de l’école maternelle de Kerven, « on prend l’info, on se réjouit et on attend la confirmation, fait savoir, Pauline Jarnet-Queyroi, représentante des parents d’élèves. On a d’abord été surpris en apprenant qu’un poste était menacé car on a eu la chance, en début d’année, d’avoir une ouverture de classe. L’enseignante est super. Aujourd’hui, on est très contents de cette nouvelle qui va dans le bon sens pour l’éducation des enfants. » À Berrien, c’était opération « ville morte », ce mardi. L’école Jean-Caër avait récemment vu planer la menace de la fermeture de sa quatrième classe donnant lieu à une forte mobilisation dans la commune. Ce poste n’apparaît plus, lui aussi, sur la sellette. Mais Yvan Richard, parent d’élève et membre du conseil de l’école, se veut « vigilant tant que ce n’est pas écrit noir sur blanc » et affiche sa « solidarité avec les autres écoles ».

Une nouvelle rencontre du CSA aura lieu le jeudi 22 février et doit déboucher sur une réponse définitive pour ces deux établissements.

Pas de miracle pour l’école de Saint-Hernin et Huella à Carhaix

À Saint-Hernin, c’est l’histoire d’un « espoir déçu » après l’annonce de la fermeture d’un demi-poste. Marie-Christine Jaouen, la maire de la commune l’admet : cette annonce est « à décourager les élus locaux de défendre les intérêts des enfants de sa commune », déplorait-elle. L’édile espérait jusqu’ici que « l’Éducation Nationale prenne en compte les spécificités de l’enseignement en milieu rural » et déplorait, mardi soir, que « tous les enfants » n’aient « pas les mêmes chances de réussir ». « Je crains que ça n’encourage une fuite vers l’enseignement privé, regrette-t-elle. Les décideurs porteront la responsabilité de ce qu’adviendra l’Éducation dans le futur. »

À l’école maternelle de Huella, à Carhaix, l’espoir lui n’est pas vain alors que l’établissement doit passer de trois à deux classes. Solenn Lang, maman d’une fille en grande section, fait partie des parents mobilisés depuis plusieurs jours. « Entre 25 et 30 personnes », estime-t-elle. Tous ont rejoint un groupe WhatsApp pour s’organiser et échanger. Eux s’attendaient à cette fermeture de poste. Après la pétition, le collectif entend bien contrecarrer les plans et sauver le poste en danger. Pour cela, « on est à la recherche de familles qui vont ou voudraient s’installer à Carhaix dans les prochains mois et pourraient y inscrire un enfant en maternelle », explique Solenn Lang. La mère de famille explique qu’une « une inscription a déjà été obtenue. « Entre 7 et 10 » seraient nécessaires pour infléchir la décision du Comité social administratif (CSA), d’ici le 22 février.

Par Raphaël Rufflé-Marjot 13 février 2024

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13 février 2024 ~ 0 Commentaire

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12 février 2024 ~ 0 Commentaire

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(Photo d'illustration)
 • © Florence Malésieux-France Télévisions

« Manque de vision à long terme, fragilité financière et juridique. » Le réseau d’écoles Diwan passé au crible par la Cour des comptes

 

La Chambre régionale des comptes a publié un rapport sur Diwan, le réseau des écoles bretonnes bilingues par immersion. Rien d’alarmiste mais le compte rendu pointe un manque de vision à long terme du à une fragilité juridique. Un constat qui n’étonne pas les responsables de Diwan.

« C’est une sorte d’audit extérieur assez large, ça nous permet d’avancer. » Yann Uguen, le président de l’association Diwan reste serein lorsqu’on évoque le nouveau rapport de la Cour des comptes sur son réseau d’écoles bretonnes bilingues par immersion. Le financement, la vision trop court-termiste ou encore le statut juridique, autant de points à améliorer, selon le rapport.

Diwan doit diversifier ses ressources

Les sources de financement de Diwan sont principalement constituées de subventions publiques, dons de particuliers et reversements des associations du réseau. « L’essoufflement de l’engagement bénévole fait planer une menace sur les mécanismes de solidarité instaurés au sein du réseau et, par répercussion, sur les finances de l’association, pointe la Cour des comptes. Diwan demeure, dans ces conditions, financièrement dépendant de partenaires, notamment les Départements et Région, eux-mêmes confrontés à des arbitrages budgétaires dictés par les circonstances ou obéissant à des logiques qui leur sont propres. »

« La Cour des comptes donne des pistes pour diversifier nos ressources, explique Yann Uguen, notamment en allant voir des acteurs économiques. Chose qu’on ne faisait pas. On y réfléchit. » La cour évoque également la possibilité de mobiliser des « personnalités locales attachées à la culture bretonne ».

En tout cas, pour Diwan, il est hors de question de remettre en cause la gratuité des écoles.

Mobilisation générale

L’association espère aussi remobiliser ses troupes. « Il y a eu une fracture après le Covid au niveau des engagements et des disponibilités, développe Yann Uguen. On y travaille pour le reconstruire. On essaye de reformer nos bénévoles et nos parents, de renforcer le réseau, l’interconnexion entre les écoles et le projet politique. »

Une vision à court terme

La cour pointe également un manque de vision sur le long terme. Si la difficulté de se projeter est aussi liée aux ressources financières compliquées, l’association affirme avoir considéré la critique. « On a une orientation en congrès de deux ans. Ils nous disent qu’il faudrait une vision sur un plus long terme. On prend note des remarques pour se fixer des objectifs sur le court et le long terme pour mettre en place des stratégies plus opérationnelles et politiques. »

Se projeter à long terme sans avoir une visibilité des capacités qu’on pourrait avoir, c’est difficile. Et l’aspect juridique nous met une insécurité, on le sait bien et on doit avancer sur ce point-là Yann Uguen Président de l’association Diwan

L’aspect juridique est en effet un point sur lequel les acteurs de Diwan et du territoire se battent. Car, comme le souligne la Cour des comptes, « l’association et le réseau sont exposés à des risques juridiques importants. »

Si l’administration a, en 2021, reconnu la faculté de recourir à cette méthode dite immersive par voie de circulaire, cette méthode d’enseignement « s’écarte » de normes constitutionnelles. Diwan espère donc pouvoir sécuriser la situation.

  Quentin Cezard 12/02/2024

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11 février 2024 ~ 0 Commentaire

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Grève dans l’Éducation Nationale. Nos enfants ne sont pas des sardines ». Enseignants et parents d’élèves manifestent dans les Côtes d’Armor

C’est une nouvelle journée de mobilisation des enseignants ce mardi 6 février. En ligne de mire : le salaire, mais aussi la mise en place de groupes de niveaux décidée par Gabriel Attal. Dans les Côtes d’Armor, il y avait également l’inquiétude de voir 45 classes fermer à la rentrée prochaine. Enseignants et parents d’élèves ont manifesté devant l’inspection d’académie à Saint-Brieuc. •

C’est une nouvelle journée de mobilisation des enseignants ce mardi 6 février. En ligne de mire : le salaire, mais aussi la mise en place de groupes de niveaux décidée par Gabriel Attal. Dans les Côtes d’Armor, il y avait également l’inquiétude de voir 45 classes fermer à la rentrée prochaine. Enseignants et parents d’élèves ont manifesté devant l’inspection d’académie à Saint-Brieuc.

Dans un contexte de nouvelle journée de grève des enseignants par rapport entre autres à l’inquiétante mise en place de groupes de niveau au collège dès la rentrée prochaine, dans les Côtes d’Armor, c’est la menace de fermeture de 45 classes dans le département qui tracasse parents et professeurs. Une manifestation s’est tenue devant la direction académique des Côtes d’Armor à Saint Brieuc. Une délégation a été reçue. Ces fermetures sonnent dans les esprits, comme une marque supplémentaire d’un abandon des territoires.

C’est une attaque sans précédent qui est faite contre l’école et qui suit une saignée en 2023 où 46 classes avaient été fermées. Stéphane Chiarelli co-secrétaire du SNUIPP-FSU 22

Ils sont venus porter leur message aux portes de l’académie à coup de cormuse. Leur slogan s’affiche sur les pancartes : Non à la fermeture des classes. Dans le cortège, des élus, des parents d’élèves, des professeurs. Selon les syndicats, 45 classes risquent de fermer à la rentrée prochaine dans les Côtes d’Armor. Ils dénoncent une casse du service public : « C’est une attaque sans précédent qui est faite contre l’école et qui suit une saignée en 2023 où 46 classes avaient été fermées », témoigne Stéphane Chiarelli, co-secrétaire du SNUIPP-FSU 22.

Du côté des parents d’eleves, l’inquiétude a gagné les esprits. Ils craignent de voir leurs enfants étudier dans des classes de primaire surchargées. Sur des pancartes, on peut lire ici et là « Nos enfants ne sont pas des sardines ». Une image qui en dit long.

Un non-sens

Plusieurs écoles du département risquent de voir une classe fermer à la rentrée. C’est le cas à Erquy, commune de 4 000 habitants. Une situation incompréhensible pour le maire, Henri Labbé, qui œuvre pour redynamiser son territoire : « Fermer une classe à Erquy, c’est un non sens. Si on ferme une classe, les gens risquent d’aller dans le privé après et puis, surtout on veut avoir de la jeunesse à Erquy ».

Dans ce quartier, 12 nouveaux logements sociaux sont sortis de terre. Un peu plus loin, 5 autres maisons sont prêtes à accueillir des familles à la rentrée prochaine.

Alors la fermeture de classes laissent un goût amer. Certains élus locaux voient dans la situation, un abandon des territoires : « Il faut savoir également qu’on a un collège qui va fermer l’année prochaine. Ce n’est même pas un sentiment, c’est une réalité en fait », conclut Murielle Lepvraud, députée LFI des Côtes-d’Armor.

Tous ici gardent l’espoir de voir des classes maintenues à la rentrée prochaine. La direction académique des Côtes d’Armor devrait rendre sa décision dans les dix prochains jours.

Avec Inès Tayeb et Fabrice Leroy

Écrit par Laurence Postic 06/02/2024

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10 février 2024 ~ 0 Commentaire

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Les parents d’élèves se mobilisent contre les suppressions de classes en Bretagne

Elus et parents d’élèves se mobilisent contre les fermetures de classes, alors que le Finistère et les Côtes-d’Armor doivent rendre respectivement 35 et 22 postes à la rentrée scolaire.

Une manifestation aura lieu le 1er mars devant l’Inspection académique à Saint-Brieuc, alors que les Côtes-d’Armor doivent rendre 22 postes d’enseignants à la rentrée scolaire. C’est – avant les derniers ajustements – l’équivalent de 45 fermetures de classes.

Le Finistère doit lui rendre 35 postes, ce que dénonce Olivier Cuzon, enseignant et représentant Sud-Éducation dans le Finistère. Il était l’invité de France Bleu Breizh Izel ce mardi.

France Bleu Breizh Izel : 35 postes de moins à la rentrée ?

Olivier Cuzon : L’Éducation nationale va rendre 35 postes dans le Finistère, ça va se traduire par 52 fermetures de classes et quinze ouvertures en situation où cela était vraiment nécessaire à cause des effectifs.

Ça veut dire qu’il y a moins d’élèves, c’est pour cela que ces classes ferment ?

Oui, c’est ce qui est argumenté par l’Éducation nationale. Il est vrai que nos départements subissent une baisse démographique, sauf l’Ille-et-Vilaine où ça augmente un petit peu. On pensait que c’était l’occasion d’en profiter pour avoir des conditions de travail meilleures, d’améliorer les conditions de travail et d’apprentissage.

Même le ministère reconnaît que les petits effectifs sont bénéfiques puisque aujourd’hui, il y a des dédoublements dans les réseaux d’éducation prioritaire en CP, en CE1, en allant jusqu’à des classes à 12. Les bienfaits des petits effectifs ont fait leurs preuves en termes de carte de proximité, de moins de bruit qui perturbent les apprentissages, en termes d’attention qu’on peut porter à chaque élève, en termes de méthodes de travail, d’individualisation aussi face aux problèmes de chacun des enfants. Et La France reste largement au-dessus de la moyenne européenne. On est le dernier pays européen en termes d’effectifs par classe avec la Roumanie.

Où y a-t-il des ouvertures, des fermetures ?

Les fermetures sont beaucoup concentrées dans les zones rurales, c’est extrêmement dommage parce qu’une des caractéristiques du département, c’est cette ruralité. C’est extrêmement important dans les villages, dans les petites villes. Ça a un coût que le ministère refuse de prendre en compte. Le deuxième caractéristique du département, c’est le bilinguisme auquel tout le monde est très attaché aussi. Ça a aussi un coût parce qu’on ouvre à 12-15 élèves dans ces classes, ça se répercute sur d’autres classes qui se retrouvent avec des moyennes à l’approche de 30.

Pour vous, le bilinguisme pénalise le monolinguisme?

Il y a des efforts particuliers qui doivent être faits pour donner une dynamique, pour relancer les filières bilingues. Ça a des répercussions sur les enseignements monolingues où les classes se retrouvent parfois plus chargées.

C’est assez antinomique avec la convention spécifique en faveur des langues de Bretagne. L’année dernière, il y a eu trois fermetures de classes aussi en bilingue français-breton. Vous estimez vous qu’il n’y a pas de moyens pour développer cet apprentissage et que, au final, c’est au détriment du français ?

Il n’y a pas de moyens supplémentaires effectivement dans le département, alors que l’État s’engage au travers de conventions. Le département du Finistère devrait être doté, lié à cette caractéristique de volonté de développer le bilinguisme. De la même façon, son côté rural aussi. On peut faire des économies d’échelle dans les grandes écoles qu’on ne peut pas faire dans les petites villes. Ces caractéristiques ont un coût en termes de postes.

Le maire de Plounéour-Ménez, dans les Monts d’Arrée, explique que les nouveaux arrivants, en cours d’année, n’ont pas encore inscrit leurs enfants à l’école et qu’il ne faut pas fermer la classe, justement. Mais ça, c’est le cas tous les ans.

L’Éducation nationale a du mal à prendre en compte cette finesse des questions démographiques au dernier moment. Alors, il y aura une nouvelle carte scolaire d’ajustement en septembre, mais les répartitions sont faites, les classes en septembre sont plus difficiles à ouvrir parce que ça perturbe le fonctionnement.

Est-ce la fin de l’école à deux ans en Bretagne ?

Elle est de plus en plus mise en difficulté par le fait que les effectifs ne sont pas pris en compte effectivement ou mal pris en compte dans la région pour ouvrir des classes. Les directeurs ne sont pas du tout encouragés à prendre les inscriptions des enfants dès deux ans. C’est terrible parce qu’on sait que c’est une forme de sociabilisation qui se fait dès cet âge-là et qu’il y a un certain nombre d’enfants qui auraient toute leur place à l’école dès deux ans.

Des maires du Trégor menacent de démissionner. La députée insoumise Muriel Lepvraud annonce qu’elle va manifester avec les parents mercredi à Saint-Brieuc. Le sénateur LR du Finistère Philippe Paul interpelle le ministre. Il peut y avoir, des ajustements avant la décision finale. Mais est-ce que vous pensez que tout ça peut faire bouger les lignes ?

Malheureusement non, parce qu’en fait, c’est ce qu’on appelle un jeu à enveloppe fermée. Quand la directrice académique cède pour l’ouverture d’une classe quelque part, elle est obligée, pour répondre à cette commande, de récupérer ailleurs. Et donc, ce sera une autre école qui sera victime de fermeture. On voudrait rediscuter de l’ensemble de l’enveloppe.

Et ça, ce n’est pas possible.

Non, il n’y a pas de volonté. Il n’y a pas de volonté du ministère de faire baisser massivement les effectifs. Et c’est dommage parce que toutes les études socioéconomiques démontrent que l’école aggrave les inégalités sociales. Aujourd’hui, non seulement elle les comble pas, mais elle les aggrave. C’est un constat qui est terrible pour les personnels de l’Éducation nationale, ça nous met en colère.

  • Aurélie Lagain Mardi 28 février 2023 France Bleu Breizh Izel

https://www.francebleu.fr/

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