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17 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

shoah (jdd)

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Mémoire de la Shoah

Un sondage montre que l’école continue de jouer son rôle

En dépit des contenus haineux sur Internet, le travail des professeurs préserve la connaissance du génocide des Juifs : 86 % des jeunes ont ainsi « entendu parler » de l’Holocauste, d’après notre étude Ifop pour le JDD. Mais des signaux inquiétants perdurent.

L’école conserve un rôle fondamental, et efficace, dans la transmission de la mémoire du génocide juif. Même si certains signaux témoignent d’une inquiétante dégradation. C’est ce que met en évidence notre sondage Ifop sur « le regard des jeunes sur la Shoah » pour le JDD et l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), réalisé à l’occasion de la Cérémonie du souvenir en mémoire des déportés et des victimes, dimanche.

86 % des jeunes ont ainsi « entendu parler » de l’Holocauste – à titre de comparaison, ils sont 71 % à avoir entendu parler du génocide des Arméniens de 1915 et 1916, et 49 % de celui des Tutsis au Rwanda en 1994. Chez les collégiens, lycéens et étudiants, le total monte même à 93 %. « Bravo aux professeurs, se félicite Samuel Lejoyeux, président de l’UEJF. Le travail fait par l’Éducation nationale et les associations mémorielles porte vraiment ses fruits. »

Il en va de même des différents aspects de l’assassinat systématique des Juifs par les nazis, puisque 92 % des jeunes connaissent les chambres à gaz ; 88 % le camp d’Auschwitz-Birkenau ; et 72 % la rafle du Vel d’Hiv des 16 et 17 juillet 1942, dont le 80e anniversaire a été commémoré cet été : c’est 4 points de plus qu’il y a deux ans. Concernant la Shoah par balles, 61 % des jeunes la connaissent. Une progression de 3 points en deux ans, fruit des travaux des historiens, ces dernières années.

10 % y voient « un drame parmi d’autres de cette guerre »

De même, quoique moins popularisés par la littérature ou le cinéma, les « Justes », ces citoyens qui ont sauvé des Juifs traqués pendant l’Occupation, sont connus par une majorité (53 %) de jeunes.

Même si, dans le détail, seuls 19 % peuvent en donner la définition exacte. La perception du nombre de personnes assassinées se révèle plus approximative : la majorité des jeunes (54 %) estiment qu’ils furent moins de 5 millions. « La Shoah demeure un objet historique bien identifié, malgré des lacunes », analyse Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop. De fait, 83 % des jeunes ont d’abord acquis leur bagage culturel sur le génocide par l’école, contre 29 % par des films, livres, documentaires ou fictions ; 14 % par le biais d’Internet, autant par des musées ou des expositions ; et 12 % par la transmission familiale.

Le constat se révèle plus problématique dès lors qu’on se penche sur les représentations associées au génocide. Certes, 80 % des jeunes estiment qu’il s’agit d’« un crime monstrueux ». Mais 10 % le considèrent « comme un drame parmi d’autres de cette guerre qui a fait beaucoup de victimes », 3 % « comme une exagération » et seulement 1 % « comme une invention, tout cela n’a jamais existé ». Soit près d’un jeune sur six qui tend à relativiser le caractère unique de ce crime.

De même, 89 % des jeunes considèrent qu’« il est important d’enseigner la Shoah aux jeunes générations afin d’éviter que cela ne se reproduise ». Mais seuls 69 % d’entre eux disent que c’est un « crime qui n’a pas d’équivalent dans l’histoire de l’humanité », « ce qui veut dire qu’un jeune sur trois est sur une logique de relativisation », commente ­Frédéric Dabi.

De même, un jeune sur trois, soit 34 %, estime qu’elle est « trop abordée dans les programmes scolaires au détriment d’autres évènements tels que la guerre d’Algérie ou la traite négrière ». Et 56 % des jeunes sont d’accord avec l’assertion selon laquelle « la Shoah est utilisée par l’État d’Israël pour justifier sa politique vis-à-vis des Palestiniens ». Ils sont même 59 % à le considérer chez les partisans de la majorité présidentielle, 67 % chez ceux de La France insoumise et 80 % chez les musulmans.

Après les polémiques suscitées pendant la campagne présidentielle par les propos d’Éric Zemmour, et en dépit de la récente mise en valeur du rôle des autorités françaises dans la rafle du Vel d’Hiv, 33 % des jeunes estiment que « la France n’a pas à s’excuser de son attitude durant la Shoah ».

Ils sont 42 % des sympathisants du Rassemblement national (RN) à le considérer. D’ailleurs, 17 % des jeunes sont d’accord avec l’affirmation d’Éric Zemmour selon laquelle « Philippe Pétain avait sauvé, pendant l’occupation, les Juifs français en livrant les Juifs étrangers aux nazis », quand 41 % s’y opposent (42 % ne se prononcent pas). Pour 21 % des jeunes, soit un sur cinq, la Shoah est un « évènement daté dont l’enseignement ne devrait plus être une priorité ». Et 33 % considèrent que « la commémoration de la Shoah empêche l’expression de la mémoire d’autres drames de l’histoire ».

« Blagues et plaisanteries »

75 % des jeunes, contre 79 % deux ans plus tôt, affirment que l’enseignement de la Shoah en classe d’histoire s’est déroulé de manière satisfaisante. Mais, interrogés sur les comportements observés à cette occasion, 35 % évoquent des « blagues et des plaisanteries » ; 20 %, l’expression de critiques concernant « la place trop importante » accordée à ce sujet par rapport à d’autres ; 18 %, la remise en cause de certains aspects du génocide (existence des chambres à gaz, nombre de victimes) ; et 14 %, le refus, par un ou plusieurs élèves, de voir la Shoah enseignée.

Ils sont même 11 % à mentionner le fait que le professeur d’histoire ne puisse plus enseigner la Shoah. « Cela souligne le rôle central de l’école, qui n’empêche pourtant pas des incidents et une petite dégradation », diagnostique Frédéric Dabi.

Quant à l’exposition à des contenus antisémites ou révisionnistes, 32 % des jeunes, soit plus d’un sur trois, ont déjà « lu ou visionné des articles et vidéos remettant en cause l’existence de la Shoah ».

Enfin, concernant le parallèle établi dans les manifestations, pendant la crise du Covid, entre la situation des Juifs pendant la dernière guerre mondiale et celle des non vaccinés, 22 % des jeunes le trouvent justifié – et même 35 % des sympathisants RN et 37 % des LFI.

Et 27 % ne trouvent pas choquant le fait que des manifestants anti-passe portent des étoiles jaunes. Soit un jeune sur quatre. « C’est inquiétant, mais cela reste minoritaire, estime Samuel Lejoyeux. Bien que ces parallèles ignobles aient pu être diffusés par le médias, les jeunes prennent beaucoup de recul. » À l’heure de la disparition des derniers témoins, la mémoire demeure un perpétuel combat.

Cette année, un hommage sera rendu aux Justes parmi les nations, porté notamment par la voix de leurs enfants et petits-enfants et par Nathalie Saint-Cricq, Philippe Labro, Pierre-François Veil, Claire Chazal, Rachel Khan… Ce dimanche à 10h45, en direct sur France 2.

Sondage Ifop pour l’Union des étudiants juifs de France et le JDD, réalisé les 7 et 13 septembre 2022 auprès d’un échantillon représentatif de 802 personnes âgées de 15 à 24 ans. Les interviews ont eu lieu par questionnaire autoadministré en ligne. La marge d’erreur est située entre 1,5 et 3,5 points.

17 septembre 2022 David Revault d’Allonnes

https://www.lejdd.fr/

Commentaire:

Il va de soit, pour nous, qu’Israel se sert de la Shoah dans son combat contre les palestiniens!

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05 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

atsem (france-info lo)

atsem

« On n’a rien, aucune reconnaissance depuis des années » : les Atsem en grève lundi pour des salaires revalorisés

Les Atsem (Agent territorial spécialisé des écoles maternelles) sont appelés à faire grève lundi 5 septembre. Ces fonctionnaires, à 99% des femmes, employées par les mairies, réclament une hausse de salaires et un dégel du point d’indice de 10% au moins, pour compenser la multiplication de leurs tâches au quotidien.

Préparer les activités avec la maîtresse, consoler les enfants quand ils pleurent, les accompagner aux toilettes, surveiller la récré et la sieste, leur apprendre à manger et à débarrasser. Et après tout cela, parfois faire le ménage dans la classe.

Les journées de Maria, Atsem en Seine-Saint-Denis, sont interminables. « Tout est chronométré, à la minute. Et on ne tient pas compte qu’en face, on a des enfants et pas des objets, explique-t-elle. Donc il y a tous les imprévus : les pipis, les malades, les bobos etc… »

« Il faut courir dans tous les sens. Beaucoup nous appellent maîtresse, ou la dame de la cantine, ou encore la dame de ménage. On ne sait pas, parce qu’en fait on est partout ! » Maria, Atsem en Seine-Saint-Denis

Tout cela pour 1 300 à 1 800 euros net selon l’ancienneté.  »Il y a de plus en plus d’Atsem qui veulent se reconvertir parce qu’elles saturent, elles sont crevées », ajoute-t-elle.

Les 50 000 Atsem en France, à 99% des femmes, font grève lundi 5 septembre à l’appel des syndicats CGT, Force Ouvrière et Unsa. Alors qu’elles sont indispensables dans les classes de maternelle pour accompagner les enseignants, elles réclament une hausse de salaire et un dégel du point d’indice de 10% au moins, pour faire face à l’inflation et compenser la multiplication de leurs tâches.

Une autre grève prévue fin septembre

Mélodie, Atsem dans la Somme, pointe une inégalité de traitement entre ses collègues et d’autres fonctionnaires en charge d’enfants, les aides-soignantes et auxiliaires de puériculture. Ces dernières ont été promues en catégorie B, avec des hausses de salaire, quand les Atsem sont toujours dans la catégorie en-dessous.

« Alors qu’on a le même niveau d’étude, soupire-t-elle. lls ont aussi eu droit à la prime Ségur de 183 euros par mois, alors qu’on a accueilli des enfants dans des conditions difficiles liées à la crise sanitaire. On n’a rien, on n’a aucune reconnaissance depuis des années. »

Les Atsem prévoient d’autres mouvements ici et là en septembre, et une nouvelle journée de grève nationale est prévue à la fin du mois.

Thomas Giraudeau 04/09/2022

https://www.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

Atsem : les invisibles se font voir

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25 août 2022 ~ 0 Commentaire

profs (fr3)

le-petit-ecolier

Pénurie de professeurs : « La Bretagne n’aura plus de réserve de remplaçants », selon le SNES-FSU

A une semaine de la rentrée scolaire 2022, et alors que partout en France on s’inquiète du manque d’enseignants dans le 1er et le 2nd degré, qu’en est-il en Bretagne ? Nous avons sollicité l’avis de Matthieu Mahéo, secrétaire académique du SNES-FSU.

A l’approche de cette rentrée scolaire, quelle est la situation dans l’Académie de Rennes ? 

Matthieu Mahéo : Nous avons eu un échange avec le rectorat ce mardi 23 août et on peut dire que la situation est un peu meilleure que dans d’autres académies, avec par exemple un manque criant d’enseignants dans les académies franciliennes. En Bretagne, on peut penser qu’il y aura bien un professeur dans chaque classe à la rentrée. Il faut dire que pas mal de contractuels ont été embauchés. Malgré tout, il demeure des tensions.

Où sont les points de tension ? 

Matthieu Mahéo : L’année dernière déjà, la pénurie se faisait sentir dans certaines disciplines comme l’Allemand ou les enseignements technologiques. Mais surtout, là où nous avons une véritable inquiétude, c’est sur la question des remplacements dans la mesure où tous les contractuels qui faisaient des remplacements vont être désormais en poste.

Sans compter qu’avec la réforme de la formation initiale, de nombreux enseignants stagiaires sont eux aussi affectés. Ce qui signifie que la Bretagne n’aura plus de réserve pour les remplacements. On est inquiets à ce sujet.

Selon vous, la raison de ce problème d’attractivité du métier d’enseignant, ce sont les salaires ? 

Matthieu Mahéo : Quand un enseignant démarre aujourd’hui, il gagne 1,3 fois le Smic. Dans les années 1980, il gagnait 2,2 fois le Smic. Tout est dit.
Si vous ajoutez à cela le fait qu’il est compliqué de se loger, l’inflation, la dégradation des conditions de travail, l’alourdissement des effectifs en classe, cela devient très problématique. Alors, les 10% de revalorisation salariale promis par le gouvernement, c’est déjà pas mal, mais ce sera loin d’être suffisant pour inverser la tendance.

25/08/2022 Laurence Postic

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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24 août 2022 ~ 0 Commentaire

profs (le télégramme)

profs

Pourquoi la rentrée scolaire s’annonce tendue en Bretagne

Le nombre de candidats et aussi d’admis au concours de recrutement de professeurs des écoles (CRPE) est en baisse, en France et aussi en Bretagne. Le signe d’une désaffection pour la profession, disent les syndicats enseignants, qui annoncent une rentrée scolaire 2022 « sous tension ».

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Baisse du nombre de candidats, recours à des contractuels plutôt qu’à des titulaires remplaçants, pouvoir d’achat et moral des enseignants « en berne »… En Bretagne aussi, la rentrée scolaire 2022 s’annonce sous tension. On vous explique pourquoi.

  • 1 Moins de profs admis, moins de postes ouverts

Au niveau national, le ministère de l’Éducation nationale vient de confirmer la tendance à la baisse. 8 265 candidats ont été admis au concours de recrutement de professeurs des écoles (CRPE), pour le premier degré, en 2022. C’est moins que les 9 688 de 2021. Les postes non pourvus (ouverts au recrutement) vont passer de 5,3 % en 2021 à 16,9 % cette année.

Même dans la très prisée académie de Rennes, le nombre de candidats (3 342 en 2021, aucune communication du rectorat pour 2022) est en baisse, « signe de la désaffection pour le métier », assure le secrétaire général de l’Unsa Éducation Bretagne, Philippe Le Roy. La tendance est la même dans le secondaire, où face aux 13 620 postes à pourvoir, seulement 11 353 candidats ont été admis en France. Les lettres classiques et l’allemand sont particulièrement sous-dotés cette année.

    • 2 L’EPS dans le viseur en Bretagne

La situation des professeurs de sport, pour la rentrée 2022, en Bretagne, a été épinglée par le Syndicat national de l’éducation physique (Snep Bretagne), dès le mois d’avril 2022. En cette rentrée de septembre, seulement 17 professeurs de sport intégreront l’académie de Rennes, alors que 57 postes seront vacants. La barre du barème pour permettre la mutation dans cette académie est devenue historiquement haute (1 349,2 points).

Pour les nombreux enseignants d’autres académies candidats au retour au pays, le seuil devient infranchissable. C’est le cas de Manon Aubin, que nous avions rencontrée début 2022. D’après le syndicat, l’administration organise, in fine, « la pénurie de remplaçants ». Le recours probable aux contractuels fait aussi grincer des dents. « Il y a un risque de précarisation du métier », dit le Brestois Alain Billy, co-secrétaire régional du Snep-FSU.

    • 3 Un job dating qui ne dit pas son nom

Face au manque annoncé de nouveaux professeurs à la rentrée 2022, certaines académies, comme celle de Versailles, ont organisé, en fin d’année scolaire, des job dating, pour recruter jusqu’à 2 035 contractuels.

À Rennes, sans opération de communication officielle, le rectorat a mis sur pied, le 6 juillet dernier, « une journée d’information en prévision de la rentrée, pour les candidats contractuels qui se sont déjà manifestés pour le second degré ». C’est une première. « Et donc le signe d’une situation qui se détériore », disent les syndicats. Interrogé, le rectorat de Rennes ne donne aucun chiffre à ce propos pour l’instant.

    • 4 Le malaise des TZR

« L’arrivée de contractuels supplémentaires, avec des conditions plus avantageuses, va créer de la tension avec des personnels comme les TZR (Titulaires de zone de remplacement) du secondaire, ou encore les contractuels CDIsés mais pas titulaires de leur poste », commente encore Philippe Le Roy à l’Unsa.

Côté premier degré, une pétition a été lancée pour alerter sur le sort des candidats aux listes complémentaires, « qui fournissent un vivier de gens formés et en attente. Ils devraient être prioritaires sur les candidats aux job dating ».

    • 5 Un budget qui n’apaise pas

La hausse du budget de l’Éducation nationale de 3,6 milliards, en 2023, ne suffit pas visiblement à réduire le malaise, selon l’UNSA. Une bonne partie de cette augmentation sera consacrée aux hausses de salaires. Ces 3,6 milliards porteront ce budget au-delà de 80 milliards d’euros. Il était de 42 milliards en 1997 (57 milliards d’aujourd’hui, corrigés de l’inflation).

Sophie Prévost le 22 août 2022

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23 août 2022 ~ 0 Commentaire

planning (jdd)

Affiche-du-Planning-familial

Qu’est-ce que le Planning familial ?

 Une affiche du Planning familial suscite la controverse à droite et à l’extrême droite. Mais quelle est l’histoire de cette confédération ?

« Au Planning, on sait que des hommes aussi peuvent être enceints » : une affiche sur la parentalité des hommes transgenre, nés avec un sexe biologique féminin et ayant gardé leur utérus après leur transition de genre, fait polémique depuis ce week-end à droite et à l’extrême droite. À l’origine de la campagne, le Mouvement français pour le planning familial (MFPF), une confédération d’environ 70 associations locales.

Plus communément appelé « Planning familial », le mouvement tient les rênes de nombreux centres dédiés à la santé reproductive et sexuelle, essentiellement financés par des subventions publiques.

Ils accueillent chaque année plus de 300 000 personnes selon l’association. Les consultations y sont anonymes, gratuites pour les mineures et mineurs. On peut y avoir accès à différents services de santé (contraception, dépistage des maladies et infections sexuellement transmissibles, avortement) ou sociaux (lieu d’écoute en cas de violence, groupes de paroles, éducation à la sexualité).

Créé en 1956 sous l’appellation La Maternité heureuse, l’association – qui se définit aujourd’hui comme un « mouvement féministe et d’éducation populaire » – revendiquait à ses débuts le droit pour chaque femme et chaque couple de contrôler les naissances, alors que la contraception et l’avortement étaient illégaux.

23 août 2022  Zoé Lastennet

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22 août 2022 ~ 0 Commentaire

transports (fr3)

Bus-bondé

Transports scolaires. « Ça va coincer à la rentrée ». Pourquoi la Bretagne est-elle confrontée à une pénurie de conducteurs de car

En Bretagne, ce sont plus de 100.000 élèves qui utilisent les transports scolaires pour se rendre au collège et au lycée.

La Bretagne est l’une des régions françaises les plus touchées par la pénurie de conducteurs de car. La Fédération nationale des transports de voyageurs a fait le calcul : il en manque 555 sur le territoire breton. Une situation qui aura forcément des incidences sur l’organisation des transports scolaires à la rentrée. Explications.

« A la rentrée, ça va coincer ». Le délégué régional de la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV) ne tourne pas autour du pot quand on l’interroge sur la pénurie de conducteurs de car. Alors, certes, le problème n’est pas nouveau et touche l’ensemble des régions françaises, mais il n’a jamais été aussi important en Bretagne. « Il manque 555 conducteurs, indique Olivier Gougeon. La tension est profonde et cela va forcément avoir des incidences sur le transport scolaire ».

Mieux rémunérer les conducteurs

Les parents d’élèves vont-ils devoir assurer eux-mêmes le trajet de leurs enfants jusqu’à l’école dans certains secteurs, comme ce fut le cas durant la dernière année scolaire ? La Région Bretagne, en charge des transports scolaires et interurbains depuis 2017, a bien tenté de pallier les difficultés en « offrant un service, certes dégradé, à un maximum d’élèves et de familles, dit-elle dans un communiqué, mais ce n’est pas acceptable que la continuité du service public de transport ait pu ainsi être rompue ».

Face à ces constats, la Région et la FNTV se sont assises autour de la même table pour « trouver des solutions durables » qui ont abouti, en juin, à la création d’une charte, visant à mieux rémunérer les conducteurs et à rendre « plus attractif » un métier délaissé depuis la crise sanitaire liée au Covid-19.

Le conducteur à contrat scolaire assure deux vacations par jour : l’une, tôt le matin et l’autre, en fin d’après-midi, pour un salaire moyen de 450 euros par mois. La charte entre la FNTV et la Région prévoit de « valoriser la période d’inactivité des conducteurs » dans la journée via une indemnité compensatrice pouvant aller jusqu’à 150 euros brut par mois. Le texte valide également la mise en place, par les entreprises de transports, d’un 13e mois dès l’embauche.

Du 2 en 1

Chez Océlorn, réseau de transports implanté dans le Finistère et les Côtes-d’Armor, il manque une bonne vingtaine de conducteurs. Avec 470 cars qui emmènent, chaque jour, 10.000 élèves au collège et au lycée, l’entreprise est parfois contrainte « de resserrer certains de ses services », en particulier dans le sud-Finistère où la pénurie de conducteurs est plus forte. « On fait du 2 en 1, en quelque sorte. On va dévier un véhicule de son trajet habituel pour qu’il aille chercher les élèves à différents points de regroupements, précise Alain Roué, le patron d’Océlorn. Et si on n’a pas la capacité d’assurer le transport, parce qu’un conducteur est absent et que l’on ne peut pas le remplacer, on annule le ramassage. On n’a pas le choix ».

Dans cette entreprise, le transport scolaire représente 75 % du chiffre d’affaires. Alain Roué, qui préside aussi la FNTV Bretagne, salue la volonté de la Région de revaloriser la profession. « On espère que d’autres collectivités, qui organisent du transport sur leur territoire, s’engageront dans cette démarche ».

Conditions de travail

La pénurie de conducteurs de car s’est amplifiée lentement mais sûrement ces vingt dernières années. La pyramide des âges est élevée dans la profession, les départs en retraite laissent de nombreux postes vacants. La crise sanitaire n’a rien arrangé non plus. Fermeture des établissements scolaires, chômage partiel, etc. Certains conducteurs ont décidé de changer de métier et trouvé des conditions de travail plus en phase avec leur vie personnelle.

« Avant la crise sanitaire, on pouvait avoir entre 30 et 50 candidats lors des sessions de recrutement avec Pôle Emploi. Aujourd’hui, on en a 6 voire 7, pas plus » observe Olivier Gougeon. Le délégué régional de la FNTV évoque des pistes de réflexion, comme le bi-emploi, pour inverser la courbe. « Le transport scolaire, c’est du temps partiel, dit-il. Cela peut venir en complément d’une autre activité ».

Le casse-tête de la rentrée

Reste que les candidats ne se bousculent pas au portillon et que la rentrée, elle, arrive à grands pas.  Avec 555 conducteurs de car en moins sur le territoire breton, l’organisation du transport scolaire va, une fois encore cette année, ressembler à un casse-tête. « Combien même nous avons un déficit de conducteurs, nous avons pris un certain nombre de mesures pour que cette rentrée se passe bien, remarque Michaël Quernez, vice-président de la Région Bretagne chargé des mobilités. On y verra plus clair fin août quand toutes les inscriptions des élèves seront bouclées ».

L’élu se veut rassurant et dit que « toutes les solutions sont étudiées ». Y compris le TER quand le car fait défaut. En Bretagne, plus de 100.000 collégiens et lycéens utilisent les transports scolaires. 2.500 cars sont sur les routes chaque jour et assurent le ramassage dans 1.000 communes.

22/08/2022 Carole Collinet-Appéré

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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21 août 2022 ~ 0 Commentaire

grèves uk (f24)

greve g

Au Royaume-Uni, le spectre d’une grève générale pour dire non à l’inflation

Le Royaume-Uni connaît depuis jeudi une nouvelle salve de débrayages massifs dans les transports, la poste ou encore les ports. Un mouvement de grève commencé cet été qui prend de l’envergure et coagule autour d’un problème central : le pouvoir d’achat des Britanniques, qui veulent des augmentations de salaires.

« Allons-nous vers une grève générale ? », titrait la BBC le 28 juillet. Si le Royaume-Uni ne semble pas encore avoir atteint ce stade, les grèves se multiplient pourtant dans plusieurs secteurs outre-Manche depuis le début de l’été contre une inflation galopante.

Derniers en date, les salariés du port de Felixstowe – plus grand port de fret dans l’est de l’Angleterre, qui traite près de quatre millions de conteneurs par an – ont entamé, dimanche 21 août, une grève de huit jours pour demander de meilleurs salaires face à une inflation record. Grutiers, opérateurs de machines, dockers… Quelque 1 900 membres du puissant syndicat britannique Unite ont cessé le travail pour demander des revalorisations salariales. Une première depuis plus de trente ans, la dernière grève remontant à 1989, à la fin des années Thatcher.

Et ils ne sont pas les seuls : les services postaux, les éboueurs, les avocats, les employés de l’opérateur télécom BT ou encore les manutentionnaires d’Amazon ont aussi débrayé ou prévoient de le faire bientôt. Les employés du rail perturbent, quant à eux, le fonctionnement des transports britanniques (dont le métro londonien) depuis le 18 août. Il s’agit d’ores et déjà du plus gros mouvement de grève du rail – là aussi depuis 1989. Il pourrait « se poursuivre indéfiniment », a prévenu le secrétaire général du syndicat RMT, Mick Lynch, les débrayages des cheminots se poursuivant par épisodes depuis juin pour réclamer une hausse de salaires adaptée à l’augmentation du coût de la vie.

« C’est un été très chaud sur le plan social », explique notre correspondante au Royaume-Uni, Bénédicte Paviot. « Les grèves existantes dans plusieurs secteurs vont sans doute augmenter, c’est le sentiment qui prévaut ici. »

« Ce qui est historique dans ce mouvement, ce sont les secteurs en grève », note pour sa part auprès de FranceInfo Marc Lenormand, maître de conférences à l’université Paul Valéry en études anglophones et civilisation britannique, spécialiste des mouvements sociaux britanniques. « Ce qui est particulier aujourd’hui, c’est de voir des secteurs privés, parfois industriels, en grève, ce qui n’a pas été le cas selon les secteurs depuis vingt, trente, voire quarante ans. »

Contexte économique et détermination des grévistes

La perte de pouvoir d’achat pour les Britanniques est un ciment de la contestation sociale actuelle : les salaires ne suivent pas, en effet, le cours de l’inflation au Royaume-Uni – qui a atteint 10,1 % sur un an en juillet, contre 6,1 % en France. Et les prévisions économiques ne s’annoncent pas meilleures : la Banque d’Angleterre s’attend à une inflation revue à la hausse, à 13,3 % en octobre, et prédit qu’elle va rester à des niveaux élevés en 2023.

Selon le secrétaire général du syndicat RMT, « les travailleurs britanniques sont fondamentalement sous-payés ». Et Mick Lynch d’ajouter que le mouvement « ne sera pas brisé » et pourrait au contraire s’étendre à « chaque secteur de l’économie » dans les prochaines semaines.

Face à l’augmentation du prix des aliments, des vêtements ou encore de l’énergie – une augmentation de 82 % de la facture d’électricité est attendue pour octobre prochain –, les hausses de salaires proposées pour le moment secteur par secteur ne satisfont pas les salariés grévistes.

Les responsables du port de Felixstowe se sont dits « déçus que Unite n’ait pas accepté notre offre d’annuler la grève » après avoir proposé une hausse de salaire de 8 % en moyenne – et proche de 10 % pour les salariés les moins bien payés. Les négociations pour le secteur du rail sont, quant à elle, dans l’impasse.

Seule certitude : les grévistes semblent déterminés, alors qu’initier un mouvement social aujourd’hui au Royaume-Uni relève du parcours d’obstacles. C’est un héritage des années Thatcher, quand la Première ministre britannique (1979-1990) – surnommée la « Dame de fer » en raison de sa résistance à plusieurs mouvements sociaux – a fait modifier le droit de grève.

« (Elle) a fait adopter une loi pour que cela soit particulièrement difficile de faire grève et, loin d’avoir été supprimée depuis, cette loi a été renforcée par le gouvernement actuel », selon Sarah Pickard, maîtresse de conférences en civilisation britannique contemporaine à la Sorbonne Nouvelle, interrogée par 20 Minutes. La spécialiste explique que les grèves spontanées sont complètement interdites outre-Manche, et qu’il faut déposer un préavis de vote, puis organiser un vote des syndicats tout en « sachant que la voix des absents est considérée comme un vote contre. »

Liz Truss dans les pas de Margaret Thatcher

Malgré ces obstacles législatifs, plusieurs secteurs britanniques ont massivement participé au vote d’une grève. « Ce qui est tout à fait remarquable, c’est qu’effectivement dans ces consultations, il y a des taux de participation très forts, souvent de plus de 80 % », note encore Marc Lenormand sur FranceInfo.

Face à cette situation sociale inflammable, le gouvernement britannique – secoué par une crise politique qui a fait chuter Boris Johnson – tarde à apporter des réponses. Dans le secteur du rail, l’actuel ministre des Transports, Grant Shapps, est pointé du doigt par les organisations syndicales, accusé de ne pas donner de mandat suffisant aux entreprises pour négocier.

Autre motif de colère sociale : l’exécutif vient de modifier la loi afin de permettre le recours à des intérimaires pour remplacer les grévistes si nécessaire.

Enfin, les deux successeurs potentiels de Boris Johnson à Downing Street – Liz Truss et Rishi Sunak – ne semblent pas vouloir d’un dialogue social. L’ex-chancelier de l’Échiquier est plutôt en faveur d’interdire les grèves pour les services publics essentiels.

La favorite au poste de Premier ministre a, quant à elle, déclaré dans un tweet, le 19 août, qu’elle « ne laissera pas » le Royaume-Uni « être rançonné par des syndicalistes militants » si elle devient Première ministre. Elle a aussi promis qu’elle réprimerait plus durement les grèves en cours, s’inscrivant dans les pas d’une certaine Margaret Thatcher.

21/08/2022 Jean-Luc MOUNIER

https://www.france24.com/fr/

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29 juillet 2022 ~ 0 Commentaire

pape (l’étincelle ci)

indio guarani

Canada : des Mohawks manifestent contre l’Église catholique et la visite du Pape

Un groupe de femmes amérindiennes de la tribu des Mohawks a manifesté à Montréal contre la visite du Pape et dénoncé le « génocide » commis par l’Église catholique à l’encontre des enfants autochtones embrigadés de force pendant plus d’un siècle dans des pensionnats tenus par des religieux.

Ce groupe féminin, qui s’intitule « Les mères mohawks », soutient que la visite du pape au Canada a été reçue « comme une farce, comme une comédie » par nombre de membres de leur communauté.

Il déplore aussi qu’aucun prêtre n’ait eu à faire face à des actions judiciaires pour leur traitement des enfants des peuples autochtones.

En outre il demande que la mairie fasse disparaitre la grande croix qui surplombe le Mont Royal, là où se déroulait la manifestation, car il s’agit, selon elles, d’un symbole de l’oppression dont s’est rendue coupable l’Église catholique.

Des orphelins de Duplessis – ces milliers d’enfants autochtones faussement déclarés malades par le gouvernement du Québec et confinés dans des institutions psychiatriques entre les années 1940 et 1960 – participaient à la manifestation.

28 juillet 2022

https://www.convergencesrevolutionnaires.org/

Lire aussi:

Le Canada demande l’extradition d’un prêtre français accusé d’agressions sexuelles sur mineurs

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07 juillet 2022 ~ 0 Commentaire

aesh brest (lt)

aesh

AESH non-reconduites dans le Finistère : les syndicats dénoncent « le cynisme de l’administration »

Dans le Finistère, les syndicats de l’enseignement s’insurgent, ce mercredi 6 juillet, face au non-renouvellement de contrat de plusieurs AESH (Accompagnant des élèves en situation de handicap).

« Ce qu’on dénonce, c’est le cynisme absolu de l’administration, qui n’est pas capable d’avoir la moindre bienveillance envers ses personnels ». Secrétaire départementale du SNUipp-FSU dans le Finistère, Sabrina Manuel n’y va pas par quatre chemins pour exposer son point de vue sur la non-reconduction de contrats de plusieurs AESH (Accompagnant des élèves en situation de handicap), à la rentrée 2022.

Ce mercredi 6 juillet, l’intersyndicale de l’enseignement réunie à Brest souhaitait alerter « sur des dizaines de professionnels en danger ». Il y a une dizaine de jours, la situation de Marylène, AESH dans un lycée brestois et non-reconduite à la rentrée prochaine alors qu’elle soigne un cancer, avait été évoquée.

Des arrêts « qui mettent à mal l’Éducation nationale »

Ce mercredi, en présence des syndicats, Isabelle, AESH dans un collège finistérien, et Rozenn, qui travaille dans le premier degré, ont exposé leur situation. Elles aussi ont appris, par téléphone, que leurs contrats ne seront pas reconduits en septembre 2022.

« J’ai été embauchée en CDD avec la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH). Pendant la crise covid, j’ai bénéficié du dispositif ASA (Autorisation spéciale d’absence), en exerçant en télétravail. Depuis mai 2022, je soigne un cancer. Lors de mon entretien, où j’ai appris que mon contrat ne serait pas reconduit, on m’a dit que mes multiples arrêts de travail mettent à mal le bon fonctionnement de l’Éducation nationale. Vous imaginez la violence… ».

Une situation qui irrite les syndicats : « On parle de personnes malades, qui vivent une situation difficile, et à qui l’employeur n’apporte aucun soutien. C’est ça la vraie violence étatique », s’indigne un représentant du SNES-FSU.

« Il y a une forme de piège. Maintenant, les gens qui ont bénéficié de l’ASA vont se voir reprocher leur absence, alors que c’était un dispositif de mise en sécurité », appuie Olivier Cuzon, représentant de Sud Éducation.

Sabrina Manuel, pour le SNUipp-FSU, tient à apporter une pointe d’optimisme : « Nous avons eu, ces derniers jours, un contrat renouvelé pour une AESH que l’on accompagne. Si l’employeur a revu sa copie pour une personne, on peut avoir de l’espoir pour nos collègues écartées ».

06 juillet 2022

https://www.letelegramme.fr/

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07 juin 2022 ~ 0 Commentaire

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Combien coûte Parcoursup : 100 millions d’euros pour des « listes d’attente considérables »

À l’heure où les élèves de terminale ont commencé à recevoir les réponses à leurs choix sur Parcoursup, le collectif Nos services publics pointe le coût exorbitant du dispositif, et ses dysfonctionnements depuis quatre ans.

Le 2 juin, les lycéennes et lycéens de terminale ont commencé à recevoir des réponses de Parcoursup. Comme tous les ans depuis la création de ce système d’orientation en ligne en 2018, Parcoursup est synonyme de longues semaines, voire de mois, de stress pour nombre d’élèves dans l’attente des réponses des établissements d’études supérieures sollicités.

Parcoursup a remplacé l’ancienne procédure d’affectation vers l’enseignement supérieur d’Admission Post-Bac (APB), critiqué pour la place qu’il laissait au tirage au sort mais qui permettait à plus des trois quart des futurs étudiants de disposer d’une réponse positive rapide en matière d’affectation. « La nouvelle procédure élargit la logique de classement à l’ensemble des formations du supérieur, alors qu’elle était autrefois uniquement réservée aux filières sélectives », résume le collectif

Nos services publics dans une note publié le 2 juin. Nos services publics est composé d’agents des services publics, fonctionnaires, contractuels, agents de la sécurité sociale… chargés de la conception et de la mise en œuvre des politiques publiques et engagé pour les services publics. L’un de ses porte-parole, Arnaud Bontemps, est haut fonctionnaire et diplômé de l’ENA.

Avec Parcoursup, les candidats sont classés en fonction « de 15 000 algorithmes locaux » au sein des universités, remplaçant les critères nationaux en place avant 2018. Les élèves les mieux classés par les logiques algorithmiques sont prioritaires pour choisir les affectations qui leur sont proposées, puis laissent les places non occupées à ceux qui les suivent, placés en liste d’attente.

L’équivalent de 2 000 enseignants pour étudier les vœux

« Le jour de la publication des résultats, près de la moitié des lycéens n’obtiennent aucune réponse positive et doivent attendre que leurs camarades “mieux classés” se décident avant de pouvoir faire leurs propres choix », explique Nos services publics. Ses membres ont étudié les conséquences du passage à Parcoursup. Ils n’ont trouvé rien de positif, avec des « listes d’attente considérables, une désorganisation du secondaire et des coûts massifs, pour des résultats peu satisfaisants ».

Pour que le système fonctionne, les personnels « doivent parvenir, en l’espace de moins de deux mois, à ordonner près de 12 millions de voeux formulés par plus de 900 000 candidat·e·s. » Le procédé augmente le temps des personnels passé à évaluer au détriment du temps pédagogique. Selon les calculs de Nos services publics, lors de la clôture de la phase d’enregistrement des dossiers, ce sont plus de 600 000 appréciations qui sont effectuées par plus de 19 000 enseignants différents. Ce procédé coûterait environ 2,6 millions d’heures de travail, soit l’équivalent de 2000 enseignant.e.s à temps plein sur l’année. Ce qui équivaut à 100 millions d’euros de budget, « uniquement pour classer les candidatures » [1].

« L’ensemble de ces efforts aboutit à un résultat dont l’objectivité est très contestable. En l’absence d’harmonisation nationale, comment distinguer deux dossiers scolaires construits par des enseignants différents, dans des établissements différents et selon des critères différents ? » interroge Nos services publics. Le collectif note aussi que « le problème sous-jacent du manque de place dans les formations supérieures publiques reste pour sa part inchangé ». Ce qui relance l’une des principales interrogations émises lors de la mise en place de Parcoursup : s’agit-il vraiment d’améliorer l’orientation ou seulement de gérer la pénurie des places, en faisant en sorte que les étudiants socialement les mieux lotis n’en subissent pas les conséquences ?

Parcoursup et les formations du privé

En 2020, l’université accueillait 57 % des étudiantes et étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur. Elle est cependant « quatre fois moins financée que les classes préparatoires aux grandes écoles », dénonce Nos Services publics. Le coût moyen annuel par étudiant en licence est de 3700 euros par an à l’université, contre 13 400 euros pour une année en classe préparatoire aux grandes écoles. Dans le même temps, les dotations universitaires par étudiant ont diminué, « de 12,6 % entre 2013 et 2019 ». Et les formations supérieures privées ont pris plus d’importance : elles représentent en 2020 le quart des nouvelles admissions dans l’enseignement supérieur.

« À plusieurs égards, la plateforme Parcoursup constitue un marchepied efficace pour les formations de l’enseignement supérieur privé, qu’elles soient ou non reconnues par l’État », pointe la note de Nos services publics. La carte des formations de la plateforme Parcoursup recense ainsi cette année près de 8000 formations privées (contre plus de 13 000 dans des établissements publics).

« Sur ces près de 40 % de formations privées, un tiers sont « hors contrat » et sont pourtant mises par Parcoursup sur un pied d’égalité avec les formations reconnues nationalement, souligne Nos services publics. Ce faisant, l’État organise de facto l’indifférenciation entre les formations qu’il reconnaît et les autres, et donc la diminution de la valeur de sa propre compétence de régulation. » Les élèves qui se retrouvent sur des listes d’attentes interminables sont plus susceptibles de se tourner vers une formation privée que si elles et ils pouvaient, tout simplement, s’inscrire à l’université, largement moins onéreuse pour ses usagers.

Rachel Knaebel  7 juin 2022

https://basta.media/

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