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23 février 2018 ~ 0 Commentaire

brezoneg (le télégramme)

langues hum

Langue bretonne. Une place dans les francophonies

Un pavé est sorti, en fin d’année, aux éditions allemandes de Gruyter : le « Manuel des francophonies ». Son contributeur pour la partie Bretagne, Fañch Broudic, nous explique la démarche novatrice.

Son tarif (200 €) le réserve presque aux bibliothèques ou aux structures comme le Centre de recherche bretonne et celtique. Le « Manuel des francophonies », aux éditions (allemandes) de Gruyter, 745 pages, présente les francophonies (on ne parle pas le même français partout) sur tous les continents.

« L’approche d’Ursula Reutner, de l’université de Passau (Allemagne), qui en est à l’origine, est nouvelle et audacieuse : c’est la première fois que la France est considérée comme un pays francophone comme les autres, et non comme la mère de la francophonie. Cela donne une acception géographique neutre », explique Fañch Broudic, journaliste et chercheur associé au Centre de recherche bretonne et celtique.

Elle l’a contacté il y a au moins trois ans pour rédiger une vingtaine de pages sur la Bretagne et les langues qui y sont parlées. Il y évoque le français qui y est parlé, des bretonnismes, le breton et le gallo. « Je suis surpris de voir figurer la Bretagne dans ce type d’ouvrage », sur les francophonies. « Mais il y a des situations plurilingues en France aussi, comme sur d’autres continents ».

Parmi d’autres « langues de France »

Les statistiques de Fañch Broudic datent de 2007. Elles indiquent que le breton était alors parlé (très bien ou assez bien) par 246.000 personnes, en baisse de 30 % par rapport aux dix années précédentes. Elles sont sans doute moins de 200.000 aujourd’hui, plus d’un million au moment de la Seconde Guerre mondiale.

« C’est une langue qui a perdu 80 % de ses locuteurs en deux générations », résume l’auteur. D’autres langues régionales (on dit paraît-il, désormais, « langues de France ») et d’autres régions figurent dans ce recueil : l’Alsace, le Pays Basque, la Catalogne, la Corse… Par ailleurs, Fañch Broudic met en ligne progressivement sa thèse de 1993, parue deux ans plus tard aux Presses universitaires de Rennes, et aujourd’hui épuisée, sur la pratique du breton. Avec quelques chapitres inédits et des données.

Pratique:
« Manuel des francophonies », aux éditions de Gruyter, 199,95 €, sur commande.

Un exemplaire est disponible au Centre de recherche bretonne et celtique, à la fac Segalen, à Brest.

23 février 2018

www.degruyter.com

www.univ-brest.fr/crbc

Le Blog « Langue Bretonne » de Fañch Broudig

Brezhoneg Digor (Un site d’enregistrements)

Commentaire sur les chiffres:

Il y a environ 200 000 locuteurs du brezoneg selon les scientifiques. « Locuteurs natifs » comme dans tous les pays, ce n’est pas l’école mais la famille qui leur a enseigné. Ils ne sont pas passés par l’école (jacobine) et ne connaissent pas « le breton » enseigné, ce qui exaspère les militants, qui considèrent qu’ils résistent volontairement « au bon parler ». Les vieux ne reconnaissent pas leur langue prononcée et pensée à la française et peinent à communiquer. De plus il n’a pas en Bretagne le sentiment nationaliste qui fait adopter la « normalisation linguistique » en Euskadi par exemple.

Mais il y a aussi 10 000 personnes (?) qui on été en contacts (sporadiquement) avec le breton: stages, écoles, médias, méthodes. Certains en font une langue quotidienne. Scientifiquement parlant, ils ne sont pas locuteurs natifs, puisque leur langue première est le français. Certains se « plient » volontiers à la syntaxe et à la prononciation des vrais locuteurs. D’autres ne modifient en rien leur accent français. Le résultat est que l’inter-compréhension entre les deux groupes est parfois impossible. Le futur de la langue est pourtant dans ce groupe.

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22 février 2018 ~ 0 Commentaire

bluff (lutte ouvrière)

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Classes de CP : le bluff du dédoublement

Ces dernières semaines, la répartition des postes dans les écoles maternelles et primaires a été publiée, département par département. Les enseignants, les parents d’élèves et les syndicats dénoncent leur nombre insuffisant et se mobilisent localement.

Répondant aux critiques, le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a déclaré qu’à la rentrée prochaine, « chaque département rural aura plus de professeurs par élève ». Le ministre joue malhonnêtement avec les chiffres.

Il est vrai que le nombre d’enfants en primaire devrait diminuer l’an prochain et que 3 880 créations de postes sont annoncées.

Mais rien que pour couvrir les dédoublements des classes de CP et de CE1 dans les établis- sements classés en éducation prioritaire, il faudrait 6 400 postes. Cette mesure de dédou- nblement, permettant de réduire de moitié le nombre d’enfants par professeur dans les classes concernées, est évidemment une bonne chose. Mais elle ne concerne qu’une petite minorité d’enfants, même parmi ceux issus des classes populaires puisque presque les trois quarts d’entre eux sont scolarisés en dehors des zones classées en éducation prioritaire.

Tout le problème est que les professeurs nécessaires pour la mise en place de cette mesure manqueront ailleurs puisque le gouvernement ne crée pas les postes nécessaires.

Ainsi, des fermetures de classes sont annoncées, notamment en maternelle ; le nombre d’enfants par classe va augmenter dans bien des écoles ; il y aura moins de remplaçants pour pallier les absences et les décharges accordées aux directeurs d’école diminueront.

Pour améliorer les conditions dans les écoles et compenser au moins un peu les effets des inégalités sociales sur l’éducation des enfants, il est bien sûr essentiel d’augmenter la proportion d’adultes. C’est à cette question que le gouvernement prétend s’attaquer par le dédoublement des classes des premières années de primaire. Mais cette mesure n’est qu’un gadget qui sert d’enveloppe à sa politique.

La réalité, moins reluisante, est celle des économies faites au détriment de l’apprentissage des nouvelles générations.

Nicolas CAR 21 Février 2018

https://journal.lutte-ouvriere.org

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19 février 2018 ~ 0 Commentaire

saint laurent école (fr3)

sardines e

L’école de Saint-Laurent (22) à vendre sur le Bon Coin

Les parents d’élèves de l’école Saint-Laurent, dans les Côtes d’Armor protestent contre la fermeture d’une classe à la rentrée de septembre. Ils mettent l’école en vente sur le site du Bon Coin. RARE !!! indique l’annonce du Bon Coin. « Nous mettons en vente notre école de saint Laurent charmant petit village rural et isolé, situé dans l’arrondissement de Guingamp, niché au creux de la vallée du Jaudy. Notre jolie école offre tous les avantages à un apprentissage de qualité dans un environnement bucolique. »

À la rentrée, l’école comptera 48 élèves, c’est-à-dire 4 de moins que cette année et devrait perdre une classe sur trois, selon les projections de l’inspection académique.
« Notre école se compose de 3 classes claires et agréables, idéalement équipées afin d’offrir de bonnes conditions de travail, indique l’annonce du Bon Coin, ( …) Grandes cours équipées pour le plaisir des enfants. C’est à regret que nous nous séparons de ce bien dorénavant inutile, en effet l’inspection académique a choisi d’entasser nos enfants dans 2 petites classes à 4 niveaux, pourquoi donc garder cet établissement ?«   Un second comité technique se tiendra à l’inspection académique le 20 février pour confirmer ou non les mesures annoncées.
 Sylvaine Salliou  18/02/2018
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Pétition: CHANGE

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19 février 2018 ~ 0 Commentaire

vannes lycéen-ne-s ( fr3)

refugies

Vannes : mobilisation massive de lycéens pour refuser l’expulsion de France de deux élèves

Plus de 500 élèves du lycée Lesage à Vannes se sont rassemblés ce lundi matin devant leur établissement. Ils protestent contre le risque d’expulsion de leurs camarades, deux élèves de seconde d’origine albanaise arrivés en France il y a plus de trois ans.  8 h 30 ce matin. Devant les grilles du lycée Alain René Lesage de Vannes, plus de 500 lycéens, enseignants, parents d’élèves sont venus soutenir deux jeunes scolarisés en classe de seconde.

Une pétition circule et deux jeunes filles du Conseil de la vie scolaire prennent la parole. Il y a quelques jours, Danjel et Erikson ont appris qu’ils risquaient d’être expulsés du sol français avec leur famille. Les deux délégués rappellent que « selon le Code de l’éducation, aucune exclusion ne doit compromettre la scolarité d’un élève, ni compromettre l’accompagnement social d’une personne. »

Une scolarité suivie 

Danjel et Erikson sont arrivés en France il y a trois ans et demi. Ils ont été scolarisés au collège à Vannes avant d’arriver en début d’année en classe de seconde au lycée Lesage. Leur scolarité se passe bien et selon la représentante du Réseau Éducation sans frontière, Anita Kervadec, « Danjel a reçu les encouragements du conseil de classe au premier trimestre.  Erikson montre de son côté des compétences dans le domaine scientifique qui peuvent lui permettre d’envisager une poursuite de ses études. »

Arrivée en 2016, la famille de Danjel et Erikson a obtenu deux titres de séjours successifs pour raison de santé. Des titres qui n’ont pas été renouvelés. Le 17 février, une obligation de quitter le territoire est émise alors qu’un dossier de demande d’asile est en cours d’instruction. La pétition en ligne déposée par le Réseau Éducation sans frontière et la pétition papier ont pour l’instant recueillies 750 signatures. Elles demandent l’annulation d’obligation de quitter le territoire pour la famille de Danjel et Erikson.

A.Castier 19/02/2018

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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contact@resf56.info

 

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19 février 2018 ~ 0 Commentaire

sélection (alternative libertaire + npa)

matthieu

Contre la sélection, pour le droit à l’éducation

Le point commun entre la réforme du bac, la sélection à la fac, les attaques contre le code du travail en 2016 avec la loi El Khomri et en 2017 avec les Ordonnances Macron ? La fin de nos conquêtes sociales, qui nous garantissent des droits et des protections collectives, pour mieux nous exploiter.

Des facs fermées aux classes populaires

Le gouvernement Macron prétend que ses réformes sont une solution, alors que lors de ces dernières années les budgets des facs ont été réduits et le nombre d’étudiant-e-s a augmenté. C’est à cause de cette volonté politique de tailler dans les budgets que les facs ne peuvent pas accueillir tout le monde.

Des lycéen-nes qui auront eu leur bac ne pourront pas rentrer à l’université et devront se tourner vers des boulots précaires, ubérisés, que les récentes attaques contre le Code du travail ont justement développés. Ou alors ils et elles iront dans des écoles sélectives et très chères, ce qui au final nuira aux plus pauvres. En licence, avoir la moyenne dans toutes les matières sera obligatoire pour avoir son année, ce qui sera impossible pour celles et ceux qui travaillent à côté.

Pour les étudiant-e-s et les lycéen-nes, ces réformes vont encore accentuer une sélection sociale déjà très présente, car elle sera dans la loi. Avec le contrôle continu pris en compte pour le bac et la sélection, les lycéen-nes de quartiers populaires, et en bac pro ou techno, seront encore moins à entrer à l’université. Les inégalités sociales et l’élitisme vont s’aggraver.

Des facs élitistes au service des intérêts des patrons

Certaines facs prestigieuses seront réservées à l’élite, tandis que les filières considérées comme non rentables vont disparaître. Cette « excellence » vantée par le gouvernement, les présidents d’université, ce sont les filières qui sauraient « s’adapter au marché », répondre aux appels à projet, bref se soumettre aux intérêts économiques privés, aux patrons qui siègent d’ores et déjà dans les conseils d’administration des facs.

Face à cette offensive, nous devons vanter notre propre idée « d’excellence » : celle d’une université émancipatrice, qui forme à l’esprit critique, enrichie de filières diverses. Refusons la hiérarchie qui tente de s’imposer entre les filières dites « d’innovation » et d’ingénierie scientifique d’un côté, et de l’autre les filières d’arts, de lettres, de sciences humaines et sociales.

Si les jeunes ne trouvent pas de travail, ce n’est pas parce que la fac ne serait « pas assez adaptée au monde de l’entreprise ». Si le taux de chômage est trop élevé, c’est parce que le temps de travail est trop élevé – les syndicats SUD et CGT réclament la réduction du temps de travail à 32 heures avec embauches correspondantes pour créer 4 millions d’emplois en prenant sur les profits mirobolants des actionnaires. Avec nos ami.e.s et nos familles, refusons les discours faciles sur le prétendu « trop plein d’étudiant.es » (alors que l’augmentation était prévisible depuis plus de 15 ans). Rappelons que ce gouvernement préfère mettre des milliards dans les JO 2024 ou d’autres grands projets inutiles, et pas pour les services publics.

Luttons pour des facs ouvertes et émancipatrices !

Au lieu de cela, refusons l’hégémonie idéologique libérale, luttons pour des facs émancipatrices, autogérées par les étudiant-e-s, les enseignant-e-s et les personnel-les. Facs ouvertes aux enfants d’ouvrièr-e-s et des quartiers ! Facs fermées aux intérêts privés !

C’est par les luttes collectives qu’on pourra résister et renverser la tendance ! Contre les attaques du gouvernement, il faut convaincre le plus de monde possible. Appelons à des Assemblées Générales pour se réunir et décidons ensemble de bloquer, d’occuper et de faire grève.

14 février 2018

http://alternativelibertaire.org/

Lire aussi:

Lycée Blanquer : « orienter » pour sélectionner (NPA)

Face à Macron et sa politique : une colère et une combativité à entretenir et développer (NPA)

Réforme du bac : ce qui se cache derrière le « contrôle continu » instauré par Jean-Michel Blanquer (Anti-K)

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18 février 2018 ~ 0 Commentaire

plouhinec poulgoazec (le peuple breton)

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Lycée professionnel de Plouhinec : la Région botte en touche

Deuxième étape du rétropédalage. Après avoir annoncé sa disponibilité à discuter avec les élus et le personnel du lycée Jean Moulin de Plouhinec dont le Conseil régional de Bretagne administrative a déjà voté la fermeture, Loïg Chesnais-Girard a été un peu plus loin durant la session du Conseil Régional.

jeudi dernier (hier), il a annoncé que les élus régionaux n’avaient pas eu connais- sance des projets avancés pour développer de nouvelles filières et retrouver un nombre viable de lycéens.

Cette annonce intervient après une mobilisation sans doute plus importante que prévue pour sauver le lycée, avec une véritable solidarité bretonne exprimée à Rennes comme à Concar- neau (la section locale de l’UDB ayant communiqué contre le déplacement du lycée à Concarneau).

D’un côté, une communauté éducative qui se serait vue opposer une fin de non- recevoir à chaque proposition visant à garantir l’avenir du lycée ; de l’autre, une Région qui n’aurait reçu aucun dossier.

Est-ce à dire que le Rectorat aurait sciemment ignoré les propositions issues du lycée de Plouhinec ? C’est peut-être ce qu’a voulu sous-entendre Loïg Chesnais-Girard, préparant le terrain à une annulation de la décision de fermeture ?

Pourtant, le président du Conseil régional a réaffirmé dans le même discours que le vote avait eu lieu. Que retenir alors de cette intervention qui admet à demi-mot que la décision du Conseil régional a été prise sur la base d’informations peu fiables, tout en n’annonçant aucun revirement ?

Sans doute une manière de se défausser sur le Rectorat… Rectorat qui, lors de l’entre- tien des manifestants à Rennes, déclarait qu’il avait suivi l’avis de la Région. En tout cas, on voit mal après ces propos comment la Région pourrait maintenir sa décision de fermeture du lycée si une alternative crédible était présentée.

 16 février 2018

http://lepeuplebreton.bzh/

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18 février 2018 ~ 0 Commentaire

le faou (fr3)

Le Faou: les parents ne veulent pas d’une nouvelle fermeture de classe

Le Faou avait déjà perdu une classe en 2012 Les habitants du Faou se mobilisent contre la fermeture d’une classe à la rentrée prochaine. L’école publique accueille plus de 150 élèves et compte aujourd’hui 7 classes de maternelles et primaires.

Ce matin, les parents d’élèves et leurs enfants ont manifesté devant la mairie du Faou, dans le Finistère.
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Ils refusent de revivre une autre fermeture de classe. En 2012 déjà, l’école du bourg avait été délestée d’un poste. En primaire, les effectifs par classe sont aujourd’hui de 22 élèves, permet- tant des apprentissages plus individualisés. En maternelle, en revanche, le chiffre des effectifs grimpe à 29 élèves. De quoi alarmer les parents si l’école perd sa 7e classe.
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La discussion sur cette future carte scolaire entre l’inspectrice d’académie et les syndicats de l’éducation devait avoir lieu mardi dernier. Face à la fronde syndicale, le comité paritaire a été repoussé à jeudi prochain. Dans le projet initial, 42 classes fermeraient et 22 ouvriraient à la rentrée 2018 dans le Finistère.
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Sylvaine Salliou  17/02/2018
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sardines-d

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16 février 2018 ~ 0 Commentaire

jm blanquer (n’autre école + anti-k)

esprit d'entreprise -prof

Un ministre en marche.. arrière

En arrivant au ministère de l’Éducation nationale en mai 2017, monsieur Blanquer déclare qu’il ne veut pas tout réformer et souhaite « ne garder que ce qui marche ». Mais très vite, et tout l’été, des annonces de mesures innovantes se succèdent. Des articles fleurissent dans toute la presse, des interviews se multiplient sur les plateaux télévisés, il n’arrête pas.

Ses premières mesures savent résonner sur ce que chacun a connu dans son enfance et que sa mémoire embellit :

Une école qui sait apprendre à lire, à écrire et à compter avec des méthodes de déchiffrage, de répétition… allant du plus simple au plus complexe. Il flatte le conservatisme, joue sur la nostalgie en annonçant son objectif prioritaire : « Lire, écrire, compter et respecter autrui ».
Monsieur Blanquer joue ainsi finement avec les désirs individuels des parents et des ensei- gnants : le retour à la semaine de quatre jours, le rétablissement des classes bilangues et des classes européennes, la mise en place de stages de remise à niveaux pendant les vacances scolaires avant l’entrée en 6e, l’instauration d’une aide aux devoirs au collège, le dédou- blement des CP en zone prioritaire. Il sait aussi utiliser la lassitude des enseignants avec les dernières réformes imposées et l’intérêt individuel des adultes, comme la réforme du collège et la semaine scolaire.

Et depuis septembre, monsieur Blanquer ne cesse d’annoncer de nouvelles mesures pour l’éducation

Les classes de CP à 12 mises en place en REP + sont fortement médiatisées, on y voit des enfants sereins et un professeur qui peut individualiser… on ne voit pas les autres classes aux forts effectifs, on ne parle pas du dispositif « Plus de maîtres que de classes » confisqué pour récupérer des professeurs, ni des organisations pédagogiques spécifiques rendues impossi- bles comme les classes de CP/CE1 qui donnent deux ans aux enfants pour apprendre à lire…

Au retour des vacances d’automne

Dans Le Parisien du 13 novembre, le ministre présente ses nouvelles mesures. Le dispositif  « devoirs faits » se met en place. Quatre heures par semaine en moyenne pour les élèves volontaires « La proportion d’élèves susceptible de bénéficier du dispositif est liée à la situation de chaque établissement, en fonction des besoins de ses élèves et des moyens dont il dispose.… » [1] ce qui donne des mises en place très inégalitaires.

Monsieur Blanquer, euphorique sans doute annonce que le dispositif serait étendu au primaire à la rentrée 2018, en oubliant que les devoirs à la maison n’existent plus en primaire depuis l’arrêté du 23 novembre 1956 qui aménage les horaires des écoles primaires et inscrit les devoirs pendant le temps scolaire. En application de l’arrêté, la circulaire du 23 novembre 1956 supprime sans équivoque les devoirs à la maison, retenant des arguments d’efficacité et de santé.

Le ministre souhaite rénover le baccalauréat et met en place une concertation avec l’ensemble des acteurs de la communauté éducative.

Il faut donc du temps et les résultats seront publiés en février. Mais sans attendre, monsieur Blanquer en donne déjà les grandes lignes : en finir avec le bachotage, redonner du sens à l’examen et en faire un tremplin pour le supérieur. Il évoque la suppression des filières L, S et ES tout en rappelant la concertation en cours… Il parle également de la finalité du nouveau bac : aboutir à quatre matières pour les épreuves finales. Le reste des notes serait issu du contrôle continu. Mais comme chacun doit « cultiver son excellence » dans un domaine donné que l’élève aura choisi, il y aura au moins des options, s’il n’y a plus de filières… À suivre !

Un minimum d’écrans jusqu’à 7 ans. Monsieur Blanquer, après la lecture de différents rapports de santé sur l’addiction aux écrans demande leur usage modéré et ciblé. Néanmoins, il préconise l’usage de robots pour faciliter la socialisation dans les petites classes, surtout pour les enfants autistes. Mais pas de modération pour l’école élémentaire, les entreprises d’applications et de dispositifs numériques n’ont rien à craindre et pourront se rattraper dans les différentes disciplines scolaires !

Les méthodes de lecture responsables de l’inflation des orthophonistes et bien sûr pas n’importe lesquelles ! Toutes celles qui s’appuient sur la « méthode globale », l’éternelle coupable, car elle fait entrer l’enfant dans la lecture par la photographie mentale des mots au lieu de lui donner accès à la conscience phonétique.

jm blanquer (n'autre école + anti-k) dans Educ'action

Davantage de conseils de discipline. Monsieur Blanquer souhaite à la fois une école du bonheur, de la confiance où l’on s’épanouit, mais également une école de l’autorité et ceci en utilisant davantage les conseils de discipline. Ainsi, il réduit aux seules sanctions du conseil de discipline le rétablissement de l’autorité et l’amélioration du climat scolaire. Pourtant, une organisation démocratique de l’établissement avec la participation des élèves est plus efficace, la sanction devient alors une décision pensée et réfléchie par tous. Mais l’élève n’a pas à donner son avis qu’il obéisse !

La création d’unités de laïcité. Ce sont des équipes spécialisées intervenant dans les établissements en difficulté avec certains de leurs élèves pour protéger l’esprit scientifique et l’esprit républicain : soit qu’ils remettent en cause les connaissances enseignées ou plus généralement qu’ils touchent à la laïcité par des comportements radicalisés. Ces unités aideront les professeurs et le chef d’établissement. La dimension de participation démocratique des élèves est toujours ignorée. Des espaces de paroles mixtes (adultes et jeunes) aident pourtant.

Tout se règle sans les élèves ! La Convention internationale des droits de l’enfant, la grande méconnue de ce ministère.

Le recrutement et la formation. Les 50 000 assistants d’éducation seront le vivier des futurs professeurs. Il suffit de repérer les vocations à travers les bourses ou les contrats de travail. Comment se fera le repérage ? Par qui ? Qu’adviendra-t-il des autres ? Le rôle des inspec- teurs ? Des directeurs et des chefs d’établissement ?  La formation doit évoluer, elle doit s’améliorer grâce à la recherche et s’appuyer sur des praticiens. Les formateurs seront donc devant une classe. Mais on ne sait pas comment : avec des postes à temps partiel ? dans les ESPE, dans les établissements ?

On est toujours dans le déclaratif. Une prime annuelle de 3000 euros pour les enseignants de REP+. Elle devrait se mettre en place en 2018, si les organisations syndicales suivent, mais la discussion n’a pas encore commencé… Qui sera attiré par cette prime ? Toujours des jeunes, ou plutôt des professeurs expérimentés ? Les augmentations de salaire ne doivent pas se réduire au seul point d’indice. Elles peuvent se faire de manière différenciée. Mais aucune précision : l’obéissance aux préconisations ministérielles ? les résultats scolaires des élèves ? l’évaluation des directeurs et chefs d’établissement, des inspecteurs ? Tout est possible.

La mise en place d’un « plan mercredi » avec les ministères de la Culture et des Sports. La remise en cause par Monsieur Blanquer de la semaine de quatre jours et demi ne fait aucun doute. Et comme il n’y a aucune évaluation… supprimons ! Ce qui importe au ministre, c’est la participation des enfants à des activités intelligentes, utiles et gratuites le mercredi. Donc pour lui, l’école le mercredi matin ne propose pas d’activités intelligentes, utiles et gratuites ! L’appui aux collectivités proposé par le ministre serait la bienvenue pour la mise en place d’activités intelligentes, utiles et gratuites le mercredi après la matinée de classe…

Le calendrier scolaire. Une concertation « Le temps et l’espace de l’enfant et de l’adolescent au 21è siècle » doit être lancée. Déjà annoncée fin août en clôture des rencontres du CNESCO,  elle se fait attendre… et elle devrait durer plusieurs mois pour créer un large consensus. Il n’y a pas d’urgence pour monsieur Blanquer. Eh oui ! l’intérêt de l’enfant n’est pas une urgence et ne pèse pas lourd face aux intérêts particuliers et économiques !

 dans Hollandie

Des « innovations » pas toujours nouvelles…

Ceux qui apprécient ces « innovations » ne savent pas qu’elles sont pour beaucoup récupé- rées dans les armoires des réformes de l’Éducation nationale. Elles ont été expérimentées, puis abandonnées et enfin reprises dans ces différentes mesures, avec bien sûr des actuali- sations, des références à la recherche… Quant à ce qui est supprimé pour « ne garder que ce qui marche », c’est juste à la « lumière des sciences » – version déclarative –, car il n’y a pas toujours d’évaluation des dispositifs concernés.

… et portées par des objectifs libéraux

L’individualisation, l’élitisme, les évaluations, les orientations et les parcours séparés, la responsabilité de chaque élève et surtout de sa famille, l’externalisation de l’aide (soutien, orthophonie, pédopsychiatre…), le recrutement des professeurs … sont les plus lisibles.
Ces nouvelles mesures peuvent effectivement satisfaire des citoyens et certains politiques… Quant à ceux qui ne sont pas satisfaits – et peut-être porteurs de visées émancipatrices – ils sont peu visibles.

[1] Sur le site du ministère : http://www.education.gouv.fr/

12 février 2018 par Catherine Chabrun

https://www.questionsdeclasses.org/

Commentaires:

  • Sans oublier : le peu d’intérêt et d’estime manifesté à l’égard des démarches coéducatives portées et développées par les démarches de Projet Educatif Local et de Projet Educatif de Territoire. Pouvant associer localement les parents, mais aussi les enfants et les jeunes eux-mêmes, ainsi que les associations et mouvement d’éducation populaire aux côtés des équipes enseignantes et des collectivités locales, elles ont pourtant pu créer de véritables dynamiques locales de concertation et de coéducation démocratiques et mériteraient d’être soutenues, améliorées, approfondies et prises en considération, au delà de la seule question des « rythmes » éducatifs et scolaires. Frédéric Jésu

  • Cette analyse ne dénonce pas les conséquences évidentes de la « réforme » du bac. Le passage en contrôle continu de la majorité des épreuves transformerait le bac en diplôme-maison.  On perdrait l’anonymat des copies, et le caractère égalitaire sur le territoire.
    Le diplôme, complètement dévalorisé, connaitrait alors le destin du Brevet « national » des collège, et cette dévalorisation finale permettrait de justifier la sélection à l’université. Ce serait aussi le point de départ de l’effondrement des qualifications reconnues par l’Etat, au profit des « compétences » déterminées par le MEDEf.. Tout ceci semble ne pas avoir été compris le point de vue de l’auteur du texte.. dommage !  Michel

    Lire aussi:

    Réforme du bac : ce qui se cache derrière le « contrôle continu » instauré par Jean-Michel Blanquer (Anti-K)

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15 février 2018 ~ 0 Commentaire

saint laurent (guingamp)

sardines

Non a la fermeture d’une classe à Saint Laurent

Maintenir 3 classes à l école de Saint Laurent, c’est offrir a nos enfants les conditions indispensables d une école de qualité et à la construction de leur avenir.

Non à 2 classes de 4 niveaux !

Offrons a nos enfants le meilleur pour développer leurs apprentissages !

Maryline QUILLIOU

Pétition:

CHANGE

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15 février 2018 ~ 0 Commentaire

négationnisme (le monde)

shoah

L’ultime bataille du négationniste Robert Faurisson

M. Faurisson a fait appel d’une décision de justice de 2017 qui reconnaissait que la journaliste du « Monde » Ariane Chemin avait rapporté la preuve qu’il était « un menteur professionnel ».

Robert Faurisson n’avait évidemment pas digéré le jugement de juin 2017 : pour la première fois, un tribunal avait reconnu que le traiter de « menteur professionnel », « falsificateur » et « faussaire de l’histoire » n’était que la simple vérité. Le monsieur de 89 ans, qui soutient depuis quarante ans que les chambres à gaz n’ont jamais existé, a ainsi fait appel d’un jugement, jeudi 8 février, qui avait accordé « l’exception de vérité » à Ariane Chemin, une journaliste du Monde.

Une décision rarissime : si le négationniste a perdu la plupart de ses procès en diffamation, ses accusateurs étaient toujours relaxés au bénéfice de la bonne foi. La 17e chambre correc- tionnelle de Paris, en revanche, a estimé le 7 juin 2017 que la journaliste avait rapporté la preuve qu’il était « un menteur professionnel ».

L’affaire remonte assez loin, à une tribune de Faurisson publiée par Le Monde en 1978, de surcroît surtitrée « Le débat sur les chambres à gaz »

Les guillemets sont de l’époque. « Une bourde monumentale », avait écrit Ariane Chemin, dans un article du 21 août 2012, intitulé « Le jour où “Le Monde” a publié la tribune de Faurisson ». Le vieux professeur avait aussitôt poursuivi l’article, mais un choix malheureux de son avocat l’avait convaincu d’attaquer pour injure et non pour diffamation : il a été débouté en 2014, tant en première instance qu’en appel. Or l’article a été repris dans un livre édité par Flammarion, Le Monde, 70 ans d’histoire, et Robert Faurisson à de nouveau porté plainte, cette fois en diffamation. Le vieux monsieur ne désarme d’ailleurs pas. Il avait expliqué que sa pensée avait été fort bien résumée à la radio, le 17 décembre 1980 : « Les prétendues chambres à gaz hitlériennes et le prétendu génocide des juifs forment un seul et même mensonge historique, qui a permis une gigantesque escroquerie politico-financière, dont les principaux bénéficiaires sont l’Etat d’Israël et le sionisme international. »

« Nier l’existence des chambres à gaz est un délit »

A l’audience d’appel, jeudi, le négationniste est venu soutenir ses thèses, accompagné de son petit frère et d’une poignée de sympathisants. La présidente Catherine Bézio n’a pas compris tout de suite dans quel pétrin elle s’était fourrée. Ariane Chemin est venue une nouvelle fois défendre son travail. « J’assume absolument ce que j’ai écrit, a indiqué la journaliste, je suis de la génération de la loi Gayssot, pour moi, il est évident que nier l’existence des chambres à gaz est un délit. Dire que M. Faurisson est un menteur professionnel, c’était une évidence. »

« Sur quoi vous fondez-vous pour dire qu’il est un menteur ? », s’est interrogée benoîte- ment la présidente. Légère stupeur dans les rangs de la cour. La présidente a cru se repren- dre en posant quelques questions à Robert Faurisson. Le vieux monsieur n’attendait que ça ; il a raconté sa vie, son œuvre, ses voyages à Auschwitz, le contenu de la Pravda du 2 février 1945, les contradictions d’Elie Wiesel et de Raoul Hilberg, l’auteur de La Destruction des juifs d’Europe  l’homme est intarissable, et il n’a pas été simple de l’arrêter.

Son nouvel avocat, Damien Viguier, un proche d’Alain Soral et de Dieudonné, s’est curieusement félicité d’un arrêt de 1983 (qui a débouté son client), et a soutenu « qu’il n’y avait pas de vérité officielle en France ; les tribunaux ne sont pas là pour établir une vérité histori- que.  Le juge de 2017 s’est prononcé sur la vérité, et il l’a fait de travers. Robert Faurisson est un chercheur attentif, honnête, viscéralement attaché à la vérité, c’est son défaut ». Il a ajouté, « pour moi, c’est un grand honneur d’avoir été choisi pour défendre Robert Faurisson » qui, c’est vrai, change souvent d’avocat.

« La bataille contre le négationnisme, il faut la mener tous les jours »

Pour Le Monde, Me Catherine Cohen-Richelet a indiqué que « non seulement Robert Fauris- son falsifie l’histoire, mais aussi la jurisprudence ». Le professeur de lettres a été débouté de ses procès en 1981, 1982, 1983, 1985, 1990, 2007, 2014 ; et condamné pour contestation de crime contre l’humanité en 1991, 1998 et 2006. « La loi Gayssot établit la vérité des crimes contre l’humanité, a rappelé l’avocate. Ça n’empêche pas les historiens de faire des recher- ches, mais le génocide, c’est une vérité. La contester, c’est être un faussaire. »

Enfin pour Flammarion, Me Christophe Bigot a souligné l’enjeu de l’audience. « Pen– dant vingt ans où Faurisson était traité de falsificateur, les tribunaux ont répondu, “vous n’établissez pas que c’est un menteur”. La justice avait adopté une position un peu confortable, un peu plan-plan. La 17e chambre a remis courageusement les choses dans le bon sens. Si vous revenez en arrière, vous remettez en cause la réalité de tous ceux qui ne sont pas revenus des camps. » D’autant que Robert Faurisson « est loin d’être un imbécile », a souligné l’avocat, il instrumentalise chacune des décisions : « Il pourra dire que ses diffamateurs n’ont pas rapporté la preuve, et donc qu’il disait la vérité. »

« J’ai péché par naïveté, a enfin conclu Ariane Chemin. Je n’avais pas soupçonné que la bataille contre le négationnisme, il faut la mener tous les jours. Il y a une relève, des jeunes qui ne s’appuient plus sur le vieil antisémitisme traditionnel, mais sur le courant inspiré par Robert Faurisson, avec Alain Soral, ou Dieudonné. » Décision le 12 avril.

 08.02.2018  Franck Johannès
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