Archive | Educ’action

07 mars 2021 ~ 0 Commentaire

irlande (the guardian)

tricolore

Un républicain dissident irlandais exhorte les groupes armés à renoncer à la violence
.
Les meurtres détournent les gens de la cause, déclare l’ancien dirigeant extrémiste Des Dalton.

Des Dalton, ancien président du républicain Sinn Féin, a appelé à la fin de la violence. Une voix politique de premier plan dans le républicanisme dissident irlandais a exhorté tous les groupes paramilitaires armés d’Irlande du Nord à  un cessez-le-feu et à mettre fin à leurs violences.

.
Des Dalton, l’ancien président du groupe républicain idéologiquement dur Sinn Féin, est devenu la première figure à émerger des groupes républicains dissidents pour conseiller à ceux comme lui opposés à l’accord du Vendredi saint que la «lutte armée» devrait être suspendue.
.
Son appel à un cessez-le-feu républicain dissident intervient à un moment de tension croissante en Irlande du Nord, en particulier au sein des factions paramilitaires loyalistes d’ Ulster.
.
Un organisme « parapluie » représentant l’Ulster Volunteer Force, l’Ulster Defence Association et les groupes Red Hand Commandos a retiré son soutien à l’accord du Vendredi saint.
.
Les loyalistes disent que l’imposition d’une «frontière» le long de la mer d’Irlande coupant économiquement l’Irlande du Nord du reste du Royaume-Uni les a forcé à repenser leur position pro-accord.
.
L’Observer comprend que cela ne signifie pas que les cessez-le-feu de ces groupes terroristes soient menacés à court ou moyen terme, même si les relations entre les loyalistes et le gouvernement irlandais sont très tendues.
.
Dans une interview pour un projet de l’Université de Liverpool sur l’avenir constitutionnel de l’Irlande, obtenue par l’observateur, Dalton souligne que sa demande de cessez-le-feu est faite à titre personnel et non au nom du républicain Sinn Féin (RSF).
.
Le membre de l’exécutif national de RSF estime que les campagnes armées actuelles ne peuvent être justifiées stratégiquement et moralement. Il ajoute que la suspension de la «lutte armée» créera de meilleures conditions pour que le dialogue irlandais sur la réunification se déroule dans l’ère post-Brexit.
.
Le Républicain Sinn Féin et ses alliés de l’ IRA de la Continuité (CIRA) sont les plus anciennes des organisations républicaines dissidentes. RSF a été fondée en 1986 après une scission au sein du Sinn Féin suite à l’abandon par ce dernier de la politique traditionnelle de boycott du parlement irlandais, Dáil Éireann.
.
Le CIRA a été responsable d’un petit nombre d’attaques armées depuis sa création. En mars 2009, un  « snipper »  du CIRA a abattu le policier Stephen Carroll, le premier membre du service de police d’Irlande du Nord (PSNI) à être tué par des paramilitaires.
.
Tout en soulignant qu’il soutiendra toujours «le principe, le droit de s’engager dans une action armée lorsque cela est nécessaire», Dalton déclare: «C’est un point de vue personnel, pas le point de vue du Républican Sinn Féin, mais je pense que le climat actuel, en au moment où nous nous trouvons, n’est pas propice aux actions armées.
.
Du point de vue de l’avancement des objectifs républicains, c’est contre-productif. Regardez les actions des deux dernières années et aucune d’entre elles n’a fait avancer la cause du républicanisme traditionnel, même ils ont fait reculer cette cause.
.
Il cite le meurtre de la jeune journaliste Lyra McKee il y a deux ans à Derry comme un exemple d’actions armées qui ont freiné le républicanisme traditionnel. La journaliste avait été abattue lors d’une attaque bâclée par une arme à feu de la Nouvelle IRA contre les forces de police de la ville en avril 2019.
.
«Mon expérience est que lorsque les républicains traditionnels font des progrès pour gagner du soutien, il y a eu des actions armées où tout est perdu. L’action armée balance et étouffe tout message que nous, les républicains traditionnels, essayons de faire passer.
.
Il suffit de regarder les conséquences de la mort tragique de Lyra McKee et la façon dont elle a retourné tant de gens contre les républicains traditionnels », a-t-il déclaré. De manière controversée à partir d’une position républicaine dure, Dalton dit qu’il n’y a pas actuellement de campagne armée proprement dite de la part des différents groupes dissidents, mais plutôt une série de ce qu’il appelle des «actions sporadiques».
.
Il poursuit: «D’un point de vue moral, il y a deux aspects à tout cela. Il y a l’immoralité d’envoyer des jeunes hommes et femmes  se suicider ou perdre la vie et faire face à des dépenses, 10, 15, 20 ans de prison.
.
Je pense que moralement ce n’est pas justifiable en ce moment, cela ne peut pas être justifié quand la réalité est qu’il n’y a pas de campagne et d’autant plus que ces actions armées sporadiques vont à l’encontre du républicanisme traditionnel.

.
«Je regarde les prisons et je vois des jeunes face à 10 ou 20 ans de leur vie, puis je pense à quelque chose qui n’est pas une campagne efficace, ce n’est pas quelque chose qui mène à une sorte de percée significative.
.
Dans ces circonstances, je ne pense pas qu’il soit justifié de demander aux gens de faire ce genre de sacrifices et, de toute évidence et plus encore, de se suicider. «En 1923 et 1962, des cessez-le-feu ont été appelés même s’il n’y avait pas de retour à l’idéologie républicaine traditionnelle. Ils ont été faits uniquement en termes pratiques pour que le mouvement prenne du recul et réévalue.
.
Je ne pense pas que mon appel soit différent d’alors. » Interrogé par l’Observer s’il croit que son appel au cessez-le-feu pourrait être entendu dans les rangs de la Continuity IRA et d’autres factions telles que la Nouvelle IRA,
.
Dalton a déclaré: «Franchement, je ne sais pas, mais tout ce que je peux faire, c’est offrir mon point de vue et si ce n’est pas adoptét, alors je devrai voir où j’en suis et partir de là. Mais je reste vraiment un républicain traditionnel et la position du républicain Sinn Féin reflète ma propre vision. « 
.
Henry McDonald Sun 7 Mar 2021
.
.
Commentaire:
.
L’Observer c’est The Guardian du week-end.

Lire la suite

26 février 2021 ~ 0 Commentaire

université (npa)

une

«Islamo-gauchisme»: l’énième attaque du macronisme contre l’université publique

Invitée à intervenir sur le plateau de C-News le 14 février, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Frédérique Vidal a dénoncé la présence de « l’islamo-gauchisme » à l’Université, et lancé une vaste campagne contre le monde universitaire.

« L’islamo-gauchisme gangrène la société dans son ensemble », a déclaré Vidal, en para-phrasant le titre du Figaro, avant de préciser : « Des gens peuvent utiliser leurs titres et l’aura qu’ils ont […] pour porter des idées radicales ou des idées militantes… ».

Ces déclarations, prononcées par une membre d’un gouvernement qui a fait des privilèges de classe et des fractures sociales sa marque de fabrique, sont inacceptables.

La ministre de l’Enseignement supérieur, accompagnée de Jean-Michel Blanquer, reprend le discours des nationalistes xénophobes, en écho au vote de la loi sur le séparatisme venant renforcer le virage (électoraliste ?) à l’extrême droite.

Dans ce contexte, Vidal accuse les chercheurEs de faire du militantisme et non pas de la science et, provocation suprême, déclare devant l’Assemblée nationale vouloir confier au CNRS une enquête sur les courants de recherche en France.

Le monde de la recherche s’insurge et refuse ces accusations infondées, infantilisantes et intimidatrices, qui ne sont pas sans rappeler la répression et les listes noires de la période du Maccarthysme. Le CNRS est une organisation de chercheurEs et non pas un corps d’inspection ayant vocation à jouer le rôle d’inquisiteur auprès des collègues…

L’indignation du monde de la recherche

Les réponses de l’ESR (Enseignement supérieur et recherche) ont été immédiates. Pour la CPU (Conférence des présidents d’université), pourtant traditionnellement modérée, la condamnation des propos de Vidal est immédiate et claire : « l’islamo-gauchisme » n’est pas un concept.

C’est une « pseudo-notion dont on chercherait en vain un commencement de définition scientifique »1. Dans la même ligne, le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) déclare que l’« islamo-gauchisme » est un « slogan politique qui ne correspond à aucune réalité scientifique ».

Il condamne en outre avec fermeté les tentatives d’instrumentalisation politique de la science et la délégitimation de certaines communautés scientifiques comme les études post-­coloniales, intersectionnelles et celles utilisant le concept de « race »2 .La ministre semble en effet ignorer que les SHS (Sciences humaines et sociales) mobilisent le concept de « race » pour désigner une construction issue des rapports sociaux de domination et non pas une entité biologique.

Dans une tribune parue dans le Monde, plus de 600 membres du personnel de l’ESR, dont l’économiste Thomas Piketty et la sociologue Dominique Meda, dénoncent la « chasse aux sorcières » menée par leur ministre de tutelle.

L’indignation de la communauté universitaire enflamme la toile et le #Vidaldemission connait très rapidement un franc succès et plus de 10 000 personnels de l’ESR réclament aujourd’hui sa démission.

En plus d’un appel du pied à l’extrême droite, il s’agit d’une attaque très grave contre les libertés académiques qui s’inscrit dans le projet global de la reforme du gouvernement (Loi de programmation de la recherche) préfigurant une généralisation du système de financement fléché qui obligerait les chercheurEs à répondre à des commandes préfabriquées plutôt qu’à faire de la science.

Les approches critiques minorées   

Supposément susceptibles de dériver dans le militantisme, d’encourager le terrorisme et le séparatisme, certaines approches de la recherche en SHS, ayant notamment comme objectif de mettre à nu les discriminations, se retrouvent stigmatisées et minorées par le gouvernement.

La ministre semble avoir oublié que les travaux de recherche font l’objet d’une évaluation par les pairs qui ne repose pas sur des opinions ou des positionnements politiques mais sur une méthode scientifique rigoureuse.

Elle confond peut-être la dimension engagée vis-à-vis du monde social, affichée par certaines approches critiques, avec la pratique militante.

En empruntant une définition à Karl Marx, la penseuse féministe Nancy Fraser définit la Théorie critique comme une « clarification opérée par le temps présent sur ses propres luttes et ses propres aspirations »3.

Contrairement à l’attitude grossière et politisée de la ministre, les chercheurEs critiques sont conscientEs de la nécessité de se débarrasser des idées reçues, des préjugés et des schèmes de pensée issus de leurs propres cadres d’expérience.

Cette mise à distance est nécessaire pour dévoiler les tensions et les contradictions de l’ordre social afin d’appuyer, par le travail théorique et empirique, des forces sociales susceptibles de constituer un levier pour l’émancipation.

Ainsi, les approches critiques sont nécessaires à la compréhension du monde et permettent aux individus de s’armer théoriquement pour dévoiler les différentes formes d’exploitation et d’oppression auxquelles elles ou ils font face.

La démarche du gouvernement est claire : pas de place pour la pensée critique dans sa société. Enfin, gare à ceux et celles qui souhaitent penser les inégalités et les injustices : Vidal leur enverra sa police de la pensée. Nous ne nous laissons pas faire !

Hélène Marra Hebdo Abi L’Anticapitaliste 25/02/2021

https://lanticapitaliste.org/

Lire aussi:

ÉtudiantEs précaires, Vidal et gouvernement réactionnaires !

 

Lire la suite

26 février 2021 ~ 0 Commentaire

aed (rdf)

le peril jeune

Éducation : les pions repartent en grève en mars

Après une première mobilisation inédite de 24 h en décembre, puis plusieurs journées de grève entre le 19 et le 21 janvier, la Coordination nationale des collectifs d’assistants d’éducation (AED) appelle à une « semaine morte dans les Vies scolaires » à partir du lundi 22 mars.

Toujours au centre de leur revendication, la création d’un vrai statut pérenne passant par la reconnaissance d’un « métier d’Éducateur scolaire », loin du rôle de « gardien de prison et de conciergerie » dans lequel ils considèrent être trop souvent consignés, particulièrement en ses temps de crise sanitaire.

En plus de la revendication d’un vrai statut et que leurs contrats, renouvelés annuellement, ne prennent pas fin au bout de six ans d’exercice, les AED réclament des embauches, des augmentations salariales et dénoncent la précarité de leur profession. Selon leur coordination nationale, 55 % des 62 812 pions subissent un temps partiel imposé, payé au salaire minimum.

Forts d’un millier de vies scolaires fermées ou perturbées en France lors des précédentes journées de mobilisation, sur un total de 8 800 collèges et lycées, les AED seront de nouveau en grève entre les vacances de février et celles de Pâques.

Cette fois pendant une semaine complète « pour engager un réel rapport de force » avec le ministère de l’Éducation nationale.

24 février 2021 Stéphane Ortega

Lire aussi :

AED : construire la lutte des précaires de l’Éducation Nationale

https://rapportsdeforce.fr/

Lire la suite

19 février 2021 ~ 0 Commentaire

écriture (jdd)

ecole b

Qu’est-ce que l’écriture inclusive?

60 députés ont signé une proposition de loi pour l’interdire dans les documents administratifs. Mais qu’est-ce que l’écriture inclusive, qui déchaîne les passions depuis 2017

Un choix « personnel et militant », « en rien majoritaire », qui « brouille les messages » et « complexifie l’apprentissage de la langue française ».

Le député François Jolivet (LREM), auteur de la proposition déposée mercredi à l’Assemblée, ne mâche pas ses mots contre l’écriture inclusive. La soixantaine de ses collègues qui le soutient, principalement issue de la majorité et de l’opposition de droite, souhaite interdire l’usage de l’écriture inclusive dans les documents administratifs et pour les personnes morales chargées d’une mission de service public.

Le but de cette proposition de loi, essentiellement symbolique, est de pousser les ministres à s’emparer du sujet, « à l’instar d’Edouard Philippe en 2017″, déclare François Jolivet. Dans une circulaire du 21 janvier 2017, l’ancien Premier ministre avait en effet « invité » les ministres, « en particulier pour les textes destinés à être publiés au Journal officiel de la République française, à ne pas faire usage de l’écriture dite inclusive ».

Les promoteurs de l’écriture inclusive, eux, défendent qu’elle promeut simplement l’égalité entre les hommes et les femmes, en évitant de rendre ces dernières invisibles ou moins importantes dans les écrits et en retirant au masculin son caractère générique. Elle consiste en quatre grands principes :

  • Exprimer à la fois le masculin et le féminin dès qu’on parle d’un groupe
  • C‘est le point le plus controversé de l’écriture inclusive. Afin de souligner la présence à la fois des hommes et des femmes dans un groupe donné, l’écriture inclusive marque d’un point médian les différences de genre. Il est taxé d’ »illisible » par ses détracteurs. Dans les faits, il est donc préconisé d’écrire « un·e apprenti·e » ou « les ingénieur·es », « les électeur.rices » ou « créatif·ive ».
  • D’autres solutions existent en dehors du point médian. L’emploi d’un terme épicène peut être privilégié pour désigner un groupe, soit un mot englobant les deux genres : « les élèves », « les personnes candidates », « les volontaires ». On peut autrement recourir à la double flexion, c’est-à-dire accoler le féminin et le masculin d’un même mot : « les agriculteurs et les agricultrices », « celles et ceux », « les Françaises et les Français »…
  • Accorder les métiers, fonctions, grades et titres 
  • Plus simplement, l’écriture inclusive consiste à féminiser tous les noms de profession, le plus souvent en ajoutant un « e » à la fin des mots. On parle donc d’une « jardinière », « principale », « cheminote », ou à défaut, d’une « chercheuse », d’une « carreleuse ».
  • Même l’Académie française, pourtant peu portée sur l’écriture inclusive, s’est prononcée en février 2019 en faveur d’une telle féminisation – à l’exception des fonctions et des grades. Reste certains mots comme chef (« cheffe », « cheffesse », « cheftaine » ?) ou auteur (« autrice », « auteure », « auteuse » ?) qui continuent de faire débat.
  • Accorder l’adjectif avec le sujet le plus proche, et non au masculin
  • « Le masculin l’emporte sur le féminin » est la règle au pluriel dès qu’un groupe comprend au moins un homme. Les défenseurs de l’écriture inclusive souhaitent y mettre fin par l’accord de proximité, qui s’attache au sujet le plus proche.
  • On dira ainsi « les villages et les villes sont belles » ou « les pays et régions étrangères ». A noter que la règle actuelle n’a pas toujours existé, comme le rappelle sur Europe 1 Eliane Viennot, professeur de l’Université de Saint-Etienne et promotrice de l’écriture inclusive : « Elle a été mise au point au 17e siècle. D’ailleurs, à cette époque-là, on ne disait pas exactement cette formule, mais ‘le genre le plus noble s’impose lorsque les deux genres sont en présence’. Ça veut tout dire. »
  • Eviter les termes génériques comme « droits de l’Homme »
  • L’écriture inclusive proscrit enfin les antonomases du nom commun, c’est-à-dire tous les noms commençant à l’écrit par une majuscule. On parlera ainsi de « droits humains » ou de « droits de la personne humaine » plutôt que de « droits de l’Homme ».

Le débat sur l’écriture inclusive a surgi en France en octobre 2017, après la parution d’un manuel d’histoire-géographie à destination des CE2, qui mettait en avant des femmes parmi ses exemples mais féminisait aussi métiers et syntaxe, en utilisant le point médian. Son auteure, Sophie Le Callennec, a rappelé qu’elle s’appuyait sur les recommandations du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, qui dès 2015, publiait un Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe, dont l’écriture inclusive.

Et à l’étranger ?

En dehors du français, d’autres langues font face aux mêmes débats, relève BuzzFeed. En italien, l’astérisque est utilisée à la place du point médian ; en espagnol, on rajoute le plus souvent a/o à la fin des mots. (Ou @ qui est « o » et « a » ). Outre-Rhin, on accole la marque « innen » au pluriel, précédé d’une astérisque. « Student*innen » signifie ainsi « les étudiant.es » et « Bürger*innen », « les citoyen.nes ».

En Suède, le pronom « hen », proposé dès 1966 par un journal régional, gagne en popularité, tandis qu’au Japon, les femmes emploient de moins en moins les préfixes marquant la politesse, qu’elles utilisent plus souvent que les hommes.

Certaines langues parviennent néanmoins à échapper au débat : l’anglais a le refuge du pronom « they », l’islandais utilise systématiquement le genre neutre au pluriel pour parler des hommes et des femmes, tandis que le chinois, le turc ou le japonais n’ont tout simplement pas de genre.

19 février 2021 Louis de Briant

https://www.lejdd.fr

Lire la suite

17 février 2021 ~ 0 Commentaire

islam (révolution permanente)

croisades

#Vidaldémission

« Islamo-gauchisme ». Derrière la rhétorique réactionnaire, Frédérique Vidal s’attaque à la liberté académique

Frédérique Vidal s’est engouffrée dans une offensive réactionnaire contre le monde de la recherche en annonçant la demande d’une enquête sur « l’islamophobie-gauchisme » à l’université. Relançant la chasse aux sorcières islamophobe initiée par Blanquer contre les universitaires.

Dimanche 14 février sur CNEWS la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Frédérique Vidal, interrogée par Jean-Pierre Elkabbach sur l’article « Comment l’islamo-gauchisme gangrène les universités » du Figaro, publié le 12 février, déclarait : « Moi je pense que l’islamo-gauchisme gangrène la société dans son ensemble et que l’université n’est pas imperméable, [elle] fait partie de la société ».

Une nouvelle attaque réactionnaire contre le monde de la recherche

Cette attaque vise sans détour le monde académique. Elle s’inscrit dans la droite lignée de l’offensive islamophobe du gouvernement qui s’intensifie ces derniers jours.

L’adoption en première lecture à l’Assemblée nationale ce mardi et la surenchère réactionnaire entre LREM et le RN, illustrée par le débat entre Darmanin et Le Pen jeudi 11 février, ont concrétisé cette offensive.

Si la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche prétend défendre les libertés de recherche et d’expression et affirme ainsi qu’« on ne peut pas interdire l’approche critique à l’université », le sens même de cette offensive contre l’« islamogauchisme » à l’université, présenté comme un danger vital, est de censurer sinon contrôler l’ensemble des discours critiques, notamment sur le racisme, qui s’y développent et ce non sans recourir à la provocation.

Ainsi, lorsque Jean-Pierre Elkabbach ironise « Il y a une sorte d’alliance entre Mao Zedong, si je puis dire, et l’Ayatollah Khomeini » celle-ci répond, sourire aux lèvres : « Mais vous avez raison ».

En visant « l’islamo-gauchisme », la ministre vise ni plus ni moins qu’une répression des discours universitaires critiques qui traitent des enjeux de race, de genre et de classe et qui, par là-même, remettent en cause la société capitaliste et en son sein l’université bourgeoise.

Pourtant selon une étude de Patrick Simon et Juliette Galonnier chercheurs à Sciences Po (temple bien connu du gauchisme français), les recherches portant sur la question raciale dans la sociologie française sont largement minoritaires et ne représentent que 2% du total de la production scientifique dans le champ de la sociologie comme le relaye Mediapart.

Lorsque Vidal annonce qu’elle compte : « demander […] au CNRS de faire une enquête sur l’ensemble des courants de recherche sur ces sujets dans l’université de manière à ce qu’on puisse distinguer ce qui relève de la recherche académique de ce qui relève […] du militantisme et de l’opinion » ce qui est visé comme l’a dénoncé ce mardi, la conférence des présidents d’université (CPU), c’est ce qui reste de liberté académique et de critique à l’université.

Cette attaque loin d’être isolée s’inscrit dans la continuité des propos de Jean-Michel Blanquer, qui, en octobre dernier, instrumentalisait l’attentat contre Samuel Paty, au service de la lutte contre « ce qu’on appelle l’islamo-gauchisme » et qui « fait des ravages […] à l’université », et ce notamment dans le milieu militant étudiant, citant parmi les représentants des « islamisés » le syndicat étudiant de l’UNEF.

Multipliant alors les appels guerriers, il prétendait vouloir se saisir d’un « combat à mener contre […] des thèses intersectionnelles » puisqu’une « partie non négligeable des sciences sociales françaises [seraient gangrénées] ». En ligne de mire, déjà les travaux universitaires critiques se revendiquant de l’intersectionnalité – concept employé en sociologie et en réflexion politique qui vise à révéler la pluralité des discrimination de classe, de sexe et de race- et ceux portant sur les questions raciales et post-coloniales.

Déjà, à l’occasion de la loi de programmation de la recherche (LPR) adoptée définitivement par le Sénat le 20 novembre 2020 qui entérinait la privatisation et la précarisation croissante de la recherche et de ses travailleurs, l’on pouvait trouver des traces de cette offensive.

Un amendement soutenu par Vidal mis à l’ordre du jour à la séance du 28 octobre au Sénat sur proposition de la rapporteuse de la LPR, Laure Darcos, proposait que « Les libertés académiques s’exercent dans le respect des valeurs de la République ».

Un cadre on ne peut plus flou laissant libre court aux interprétations et aux accusations qui remet en cause la garantie, à la fois des libertés académiques et de l’indépendance de la recherche universitaire.

Par ailleurs, un autre amendement, lui aussi ajouté au dernier moment par la commission mixte paritaire, introduisait le délit d’intrusion, passible jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende : « le fait de pénétrer ou de se maintenir dans l’enceinte d’un établissement d’enseignement supérieur sans y être habilité […] ou y avoir été autorisé par les autorités compétentes, dans le but de troubler la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement ».

Cet amendement qui criminalisait la mobilisation étudiante, avait bien été définitivement adopté le 20 novembre, avant d’être finalement censuré un mois plus tard, le 21 décembre 2020, par le Conseil Constitutionnel.

Une attaque qui masque mal la situation dramatique de l’enseignement supérieur et de ses étudiants

Les étudiants font aujourd’hui face à une précarité sans précédent, exacerbée par la crise sanitaire et économique. Nombre d’étudiants n’ont même plus les moyens de subvenir à leurs besoins les plus fondamentaux, comme s’alimenter ou payer son loyer et la détresse psychologique poussant certains étudiants à se suicider est actuellement un problème de santé publique.

Face à cette situation, Vidal et le gouvernement n’ont rien donné aux universités ou à la santé et ont préféré renflouer les caisses du patronat à coup de milliards, alors que celui-ci continue de supprimer des emplois et avec eux les perspectives de la jeunesse.

Pour répondre à la crise que traverse la jeunesse Vidal a simplement annoncé la mise en place de repas à 1 euros, une mesure ridicule et particulièrement inefficace sachant qu’un nombre important de restaurant universitaire restent fermés.

Aujourd’hui, plutôt que de répondre à la détresse étudiante, Vidal et le gouvernement préfèrent accélérer leur agenda répressif et réactionnaire en réduisant toujours plus la liberté académique et en réprimant celles et ceux qui osent remettre en cause l’ordre établi.

L’argument réactionnaire ne saurait cacher que ce sont les gouvernements de ces dernières décennies qui sont responsables de la situation terrible de l’université publique. Les nombreuses contre-réformes qui se sont succédées, comme la loi LPR de Vidal, ont libéralisé et vidé l’univer-sité publique de ses moyens et conclu à l’asphyxie budgétaire soumettant ainsi l’enseignement supérieur à une logique de marché. Les conséquences sont aujourd’hui dramatiques.

Le hashtag #balancetafac avait mis sous le feu des projecteurs en septembre les cours surchargés, les amphis bondés et les personnels en sous-effectifs.

Mais plutôt que d’injecter les besoins massifs dont l’université a besoin, Frédérique Vidal dresse le portrait d’un ennemi intérieur qui « gangrénerait » l’université, joue sur les fantasmes pour faire tout sauf remédier aux problèmes véritables de l’université.

La rhétorique est classique pour la bourgeoisie, en situation de crise économique et sociale, il faut masquer la responsabilité de l’Etat et des classes dominantes. L’ennemi est tout trouvé, il est agité depuis des mois par le gouvernement.

Et alors que sous couvert de lutte contre l’islamisme, le gouvernement avec la loi séparatisme s’est attaqué à nos libertés fondamentales, se sont aujourd’hui les libertés académiques qui sont attaquées et avec, la possibilité d’un enseignement critique qui est menacée.

Pour les étudiants et personnels de l’université, la seule voie permettant de contrer cette offensive répressive et réactionnaire se trouve dans la mobilisation.

Les travailleurs et les travailleuses des universités, les étudiants doivent s’unir pour construire un mouvement large et massif capable d’imposer le retrait des contre-réformes néo-libérales qui précarisent l’université.

De la même manière, seul un tel mouvement, en lien avec le mouvement ouvrier, sera en mesure de faire reculer le gouvernement pour le retrait de la loi séparatisme et de toutes les loi liberticides.

Nathan Erderof Lili Krib mercredi 17 février

https://www.revolutionpermanente.fr/

Lire aussi:

Islamo-gauchisme (Wikipedia)

Enseignement supérieur : on vous explique la polémique sur l’enquête visant l’ »islamo-gauchisme » réclamée par le gouvernement (France Info)

« Islamo-gauchisme » : stopper la confusion et les polémiques stériles (Conférence des Présidents d’Université)

La chasse aux musulmanEs et aux «islamo-gauchistes» est ouverte, et le gouvernement en est responsable (NPA)

Enquête sur l’ »islamo-gauchisme » dans la recherche : l’impossible décolonisation de l’Université

 

Lire la suite

11 février 2021 ~ 0 Commentaire

grèce (pùblico)

Greece

Les étudiants grecs aux barricades

En lutte contre projet de loi sur l’éducation

Le gouvernement est accusé d’avoir porté l’ « ordre public » à de nouveaux sommets avec des projets de police des campus

Avant que le soleil ne se lève sur Salonique mercredi, Stergios Grigoriou et ses camarades avaient encerclé le principal site universitaire de la métropole grecque et en avaient barricadé toutes les entrées.

L’acte de défi n’était pas unique. Dans un pays où la politique de protestation règne en maître, les étudiants ont une mission : renverser un projet de loi qui, au nom de l’ordre dans les universités indisciplinées, prévoit la création de conseils de discipline et d’une force de police spéciale sur le campus.

« Notre demande est simple. Le projet de loi sur l’éducation doit être retiré », a déclaré M. Grigoriou. « C’est une loi répressive qui, loin de servir nos besoins, ne sert que les faux besoins d’une poignée de conservateurs. »

En troisième année de cours d’administration des affaires, le jeune homme de 20 ans admet qu’il passe maintenant plus de temps « sur la ligne de front » que sur ses livres. Mais il est loin d’être seul. Dans tout le pays, les étudiants protestent de plus en plus contre cette législation, qui est considérée comme un recul des droits acquis depuis le rétablissement de la démocratie en 1974.

Alors que les députés doivent voter sur le projet de loi tard jeudi, des manifestations ont été organisées à Athènes, Thessalonique et dans d’autres villes pour s’opposer à la tentative du gouvernement de centre-droit de réformer le secteur.

La Grèce, l’un des plus petits pays d’Europe, compte 24 universités d’État et plus de 600 000 étudiants, ce qui montre à quel point l’enseignement supérieur est considéré comme un levier de mobilité sociale. Mais de chaos règne également.

Bien que cette loi ait été abrogée par Kyriakos Mitsotakis quelques semaines après qu’il soit devenu premier ministre en 2019, l’héritage de la loi dite d’asile persiste.

Dans les centres urbains, les campus, autrefois considérés comme des zones interdites à la police, sont devenus synonymes de criminalité et de délabrement. Le trafic de drogue, les agressions sexuelles et la présence d’anarchistes et d’autres groupes anti-établishment dans les universités sont autant de facteurs qui ont poussé de plus en plus de Grecs à poursuivre des études supérieures à l’étranger.

« Nous entendons parler de transgressions scandaleuses de la sécurité, même de professeurs attaqués dans des amphithéâtres, ainsi que de vandalisme et de vol », a déclaré le professeur Kevin Featherstone, qui enseigne les études grecques contemporaines à la London School of Economics. « Les droits d’asile nés à une autre époque ont été grossièrement exploités au détriment de tous ».

Les critiques du projet de loi se sont concentrées sur les projets de création d’une force de police non armée.

Habilitée à arrêter les étudiants perçus comme étant impliqués dans des activités criminelles, cette force de 1 030 hommes et femmes spécialement formés serait en mesure de faire appel à la police anti-émeute si cela s’avérait nécessaire.

Pour les partis de gauche qui considérent la loi sur l’asile comme sacro-sainte – et qui sont conscients du rôle des campus comme lieux de recrutement – la perspective d’une présence policière est dangereusement proche de l’effacement de la liberté d’expression.

« Aucun pays au monde n’a de police sur les sites universitaires », a déclaré Nikos Filis, le porte-parole du principal parti d’opposition Syriza pour l’éducation, notant que l’ensemble de la communauté universitaire et même la police étaient contre cette mesure.

« C’est le gouvernement qui porte son programme d’ordre public à de nouveaux sommets. Pourquoi ne pas réintégrer les agents de sécurité qui ont été licenciés lorsque la Grèce s’est engagée dans une politique d’austérité [mandatée par l'UE] pendant la crise économique ? Une force de police ne fera qu’ajouter de l’huile sur le feu ».

Pour Niki Kerameus, ministre de l’éducation d’Athènes et architecte de ces mesures, la législation dépasse largement la question de la surveillance policière limitée à seulement « quatre ou cinq » universités, dit-elle, où le problème de la sécurité est aigu.

« Ce n’est pas une mesure horizontale et avec le temps, le corps peut même être enlevé s’il n’est plus nécessaire », a-t-elle déclaré au Guardian. « Cela dit, il est tout simplement faux de dire qu’ailleurs la police n’intervient pas lorsque des incidents criminels se produisent sur les campus, parce qu’elle le fait ».

À 40 ans, cet avocat formé à Harvard est l’un des plus jeunes ministres du gouvernement et rêve que la Grèce devienne un centre d’éducation dans le sud-est de l’Europe. Pour y parvenir, dit-elle, le pays doit enfin s’attaquer aux éternels problèmes qui accablent l’enseignement supérieur.

« Notre système d’enseignement supérieur a un potentiel énorme, prouvé par le fait que tant de nos diplômés vont étudier dans les meilleures universités à l’étranger », dit-elle. « Nous devons simplement libérer ce potentiel. Et pour ce faire, nous devons prendre certaines mesures ».

Sous la direction de Kerameus, des cours de premier cycle en anglais ont commencé à être dispensés dans le cadre d’une campagne visant à attirer les étudiants étrangers et à forger des partenariats avec des universités de premier plan aux États-Unis et ailleurs.

Mais cela aussi a suscité des critiques de la part de l’opposition, qui accuse le gouvernement de s’acharner à privatiser l’enseignement supérieur au détriment du caractère public des universités.

Tous les étudiants ne sont pas contre. Katerina Tsitomenea, étudiante en droit à l’université d’Athènes, est d’accord pour dire que les changements sont attendus depuis longtemps. « Il y a des types étranges sur le campus et vous ne vous sentez pas toujours en sécurité », dit-elle. « J’ai des amis qui étudient le droit au Royaume-Uni et je suis toujours surprise de voir à quel point l’environnement est différent dans les universités de ce pays ».

Pour Featherstone, qui a siégé au Conseil national grec pour la recherche et la technologie en tant que premier membre étranger, cette fureur équivaut à une guerre culturelle sur la façon dont la Grèce devrait se développer.

« Ce que nous voyons fait partie d’un conflit à long terme entre deux parties de la société grecque. L’une est tournée vers l’international, cherche à instaurer la méritocratie, a des valeurs libérales et aspire à ce que la Grèce soit compétitive dans le monde », a-t-il déclaré.

« L’autre est insulaire, craintif, non méritocratique, rejette l’excellence et veut que les institutions académiques fonctionnent sur des valeurs très différentes. C’est une guerre culturelle de bout en bout ».

Helena Smith Thu 11 Feb 2021

https://www.theguardian.com/

 

Lire la suite

09 février 2021 ~ 0 Commentaire

jeunes (a-et-r npa)

le peril jeune

Jeunesse précarisée et réprimée, y en a marre !

Solitude, précarité et enfermement dans des logements exigus et parfois insalubres…

Les étudiants et les étudiantes voient leurs conditions de vie et d’études s’aggraver depuis le début de la pandémie. Beaucoup décrochent (au moins 45 000 depuis la fermeture des facultés en novembre dernier), ne trouvent pas de stages, cherchent des boulots qui se raréfient, ne
mangent plus à leur faim…

Les jeunes dans la galère…

L’isolement, notamment causé par la fermeture des facs, se fait terriblement sentir, allant
parfois jusqu’aux suicides qui ont fait l’actualité.

Dans les AG et sur les réseaux sociaux, de nombreux témoignages insistent sur le caractère insupportable du confinement tel qu’il est imposé aux jeunes.

Le hashtag #etudiantsfantomes a été énormément relayé ces dernières semaines par les jeunes. Ils ont décidé d’exprimer sur les réseaux sociaux leur fatigue et leur colère, s’estimant oubliés par le gouvernement dans la gestion de la crise sanitaire.

Pour que la réouverture des universités dans les meilleures conditions (sanitaires et pédagogi-ques) soit autre chose qu’un horizon lointain, il faudrait bien plus de moyens : des milliers d’embauches de personnels et de profs et la réquisition de locaux. Et derrière les problémati-ques universitaires, la situation des étudiants expose l’impossibilité d’avoir accès à un revenu ou un logement correct pour l’essentiel des jeunes.

Les jeunes en colère !

Les prises de parole dénonciatrices et les manifestations, notamment celles qui ont eu lieu le 20
janvier dernier, sont l’expression d’une colère face au mépris du gouvernement, et à l’avenir
que leur réserve la société qui leur dit « Étudie (comme tu peux), travaille (si tu peux)                 et tais-toi ! ».

Ce qu’on leur demande d’accepter, ce sont les licenciements massifs qui vont des salariés en
CDI aux jeunes payés au noir, la quasi-disparition des liens sociaux, la restriction des libertés
symbolisée par la loi sécurité globale et la répression policière, à l’image de l’intervention des
flics interpellant des étudiants à Paris 4 le 7 janvier lorsqu’ils ont refusé de passer des
partiels dans conditions inacceptables.

C’est finalement le sort qui est réservé à des pans entiers du monde du travail que la jeunesse étudiante est en train d’expérimenter dans sa chair à une échelle encore plus large qu’avant la pandémie de Covid-19.

Le 15 février, soyons aux côté d’Ayoub, Barth, Selim et Victor

Alors que la situation des étudiant-e-s s’aggrave considérablement, comme le dénonce la
jeunesse actuellement mobilisée, il est plus que jamais essentiel de défendre les militant-e-s qui
luttent contre l’aggravation des conditions d’existence des jeunes.

Lundi prochain, quatre étudiants de l’université de Nanterre, Ayoub, Barth, Selim et Victor, passeront en procès au tribunal de grande instance de Nanterre pour leurs activités syndicales. Ils risquent des amendes lourdes et même de la prison.

Alors que ce sont des désaccords politiques qui opposaient la présidence de Nanterre, soumise aux directives du gouvernement et des réformes sélectives, et ces jeunes syndicalistes, qui revendiquent une université gratuite et ouverte à toute et tous.

M. Balaudé, alors président, avait décidé d’entamer des procédures judiciaires contre eux, en portant devant le tribunal de fausses accusations à leur égard.

Soyons nombreux et nombreuses à accompagner ces quatre étudiants lundi prochain aux
portes du tribunal pour que la seule issue de leur procès soit la relaxe ! Plus que jamais, étudier
est un droit, militer n’est pas un crime !

https://anticapitalisme-et-revolution.blogspot.com/

Nanterre Manifestation contre la répression étudiante

Lundi 15 février 2021 – 12h30

TOU.TE.S AU TRIBUNAL DE NANTERRE LE 15 FÉVRIER À 12H30 ! RELAXE POUR SELIM, BARTH, VICTOR ET AYOUB, POURSUIVIS POUR AVOIR DÉFENDU LE DROIT D’ÉTUDIER !

Le procès de Selim, Barth, Victor et Ayoub, initialement prévu le 29 juin, a été reporté au 15 février. Départ en manifestation depuis le parvis de la gare de Nanterre-Université à 12h30 jusqu’au tribunal.

Lundi 15 février 2021, à 13 heures, quatre étudiants de l’université de Nanterre, Ayoub, Barth, Selim et Victor, passeront en procès au tribunal de grande instance de Nanterre pour leurs activités syndicales. Ils risquent des amendes lourdes et même de la prison. Nous exigeons leur relaxe ! Une manifestation partira à 12h30 de la gare Nanterre-Université pour les accompagner au tribunal.

La rentrée de l’année 2019 a été marquée, comme c’est le cas depuis de nombreuses années à Nanterre, par une campagne syndicale permettant l’inscription des lycéen-ne-s et des étudiant-e-s refusé-e-s à l’université.

Pendant plusieurs mois, les sans-facs et les militant-e-s de l’UNEF se sont organisé-e-s pour faire entendre les revendications de celles et ceux qui font les frais de la sélection, dénoncée depuis des années par les étudiant-e-s et de nombreux enseignant-e-s mais appliquée avec zèle par les présidences d’universités.

Le 7 octobre 2019, la présidence de Nanterre a bafoué la démocratie la plus élémentaire en réunissant un Conseil de la formation et de la vie universitaire (CFVU) sans convoquer une partie des élus étudiants, dont Barth et Victor. Les deux élus ont été empêchés physiquement, par le chef adjoint de la sécurité et des vigiles de l’université, de pénétrer dans le bâtiment où la réunion devait se tenir. Ceci constitue une entrave à l’exercice du mandat syndical pour lequel ils ont été élus. Ils ont de ce fait porté plainte contre le responsable de la sécurité.

Les élus étaient accompagnés par des sans-facs qui se trouvaient encore, un mois après la rentrée, sans affectation dans l’enseignement supérieur et par d’autres militant-e-s de l’UNEF. C’est à l’issue de cet évènement que quatre de nos camarades, Ayoub, Barth, Selim et Victor, se sont trouvés convoqués au commissariat sur des accusations des vigiles qui avaient repoussé les étudiant-e-s. Ils ont été placés en garde à vue et à l’issue de celle-ci, ils ont été convoqués le 29 juin au tribunal de grande instance de Nanterre. Le procès a finalement été reporté au 15 février prochain.

Ce n’était pas la première fois que l’ancien président de Nanterre, M. Balaudé s’en prenait à des syndicalistes puisqu’il avait déjà tenté, en 2019, d’exclure de l’établissement deux militants de l’UNEF, dont Victor, qui ont été relaxés après avoir été entendus en section disciplinaire. Un an plus tôt, trois militants avaient été arrêtés en pleine assemblée générale pendant la mobilisation d’avril 2018 contre la sélection à l’université. Depuis, deux ont été relaxés de leurs accusations de violences contre des policiers et un, Roga, a vu sa peine de prison ferme abaissée en prison avec sursis lors du procès en appel.

Alors que ce sont des désaccords politiques qui opposaient la présidence de Nanterre, soumise aux directives du gouvernement et des réformes sélectives, et les syndicalistes, qui revendiquent une université gratuite et ouverte à tou-te-s, M. Balaudé avait décidé d’entamer des procédures judiciaires, en portant devant le tribunal des fausses accusations contre des étudiants syndicalistes.

M. Gervais-Lambony, président nouvellement élu, avait exprimé durant sa campagne sa volonté de « ressouder » la communauté universitaire, Ce procès n’en est pas l’illustration. Nous ne pouvons compter que sur notre mobilisation pour nous opposer à ces accusations qui n’ont qu’un objectif : criminaliser l’activité militante et syndicale à l’université. C’est cette mobilisation qui en novembre dernier, lors du procès en appel pour la mobilisation de 2018, a permis que Victor soit relaxé et que le risque de prison ferme soit levé pour Roga.

Alors que la situation des étudiant-e-s s’aggrave considérablement, comme le dénonce la jeunesse actuellement mobilisée, il est plus que jamais essentiel de défendre les militant-e-s qui luttent contre l’aggravation des conditions d’existence des jeunes.

Ces poursuites judiciaires sont inacceptables. Ayoub, Barth, Selim et Victor n’ont rien à faire dans un tribunal. Nous exigeons leur relaxe et nous mettrons les moyens nécessaires pour être le plus nombreuses et nombreux possible le 15 février prochain à 12h30, départ en manifestation depuis le parvis de Nanterre-Université, en direction du tribunal pour les soutenir.

https://nouveaupartianticapitaliste.org/

Lire la suite

05 février 2021 ~ 0 Commentaire

aesh quimper (fsu cgt)

ash

Lire la suite

01 février 2021 ~ 0 Commentaire

l’émission (npa)

Lire la suite

27 janvier 2021 ~ 0 Commentaire

étudiant-e-s brest (le télégramme)

« Étudiants en colère », « enseignants épuisés » : plus de 700 manifestants crient leur ras-le-bol à Brest

Étudiants, enseignants du primaire et du secondaire, personnels des écoles…

Les revendications étaient multiples, au cœur de la mobilisation du monde éducatif, ce mardi à Brest. D’une même voix, les 700 manifestants ont clairement fait entendre que malgré les annonces du gouvernement, ils ne se mureront pas dans le silence.Si elle devait résumer la situation, ce mardi matin, elle dirait que c’est avant tout des retrouvailles.

Des gens qui se parlent les yeux dans les yeux, sans écran interposé. Des gens qui enfilent un blouson pour prendre la rue. « Et ça n’arrive pas souvent, je peux vous le dire ». Étudiante en Droit, Marie n’a pas hésité un instant avant de se glisser dans le cortège de manifestants, réuni ce mardi à Brest.

« Franchement, on n’en peut plus, raconte la jeune femme. On a envie de dire : « Mais écoutez-nous, enfin ! ». Beaucoup parlent de la détresse des étudiants, sans savoir ce que ça représente au quotidien. C’est usant ».

Masque à gaz et colère

Comme elle, plusieurs centaines d’étudiants de l’université, mais aussi bon nombre de leurs enseignants, s’étaient fixé rendez-vous à 10 h, sur le parvis de la faculté de Segalen. Un moyen d’échanger, de se retrouver, mais aussi de mettre la pression sur le gouvernement, dont les récentes annonces (retour un jour par semaine à l’université) n’ont pas suffi à apaiser la colère étudiante. Dans le cortège menant les manifestants vers la place de la Liberté, un jeune homme a même enfilé un masque à gaz, tenant à bout de bras une pancarte « Étudiant asphyxié ».

« Quelle valeur pour nos diplômes ? »

Après 11 h, le cortège universitaire est rejoint sur la place de la Liberté par des enseignants et personnels des écoles primaires. Sur la table des revendications : la revalorisation des salaires, le maintien des épreuves anticipées du baccalauréat, plus de moyens pour faire face à la crise dans les écoles… Entre autres.

« On a besoin de voir des gens en vrai, de retourner en cours ».

Dans la foule, Prunelle, Nolwenn et Enora, étudiantes en deuxième année de géographie à Brest, discutent de la situation. « On a l’impression de ne pas être écoutés. Il y a plein d’étudiants qui sont très mal en ce moment. Et puis, il y a la question de la valeur de nos diplômes qui se posent : ça vaut quoi une Licence où plus de la moitié des cours se sont passés en visio ? ». Les trois jeunes femmes concèdent « s’habituer un peu » aux cours à distance. « Mais j’ai baissé en productivité », insiste Enora.

« La fatigue » des profs

À deux pas de là, Elouan, étudiant en espagnol, appuie ces propos. « C’est compliqué, encore plus pour ceux dont la situation familiale n’est pas facile. En fait, on est obligé de s’habituer à ce mode de fonctionnement à distance parce que c’est comme ça pour l’instant. Mais c’est franchement compliqué quand, chaque jour, tu es bloqué devant ton écran dans ta chambre. Rouvrir les facs un jour par semaine, déjà, ce serait bien. On a besoin de voir des gens en vrai, de retourner en cours ».

S’ils représentent l’écrasante majorité des manifestants réunis sur la place de la Liberté, les étudiants ne sont pas seuls. Bon nombre d’enseignants du primaire, accompagnés de personnel de l’éducation, pour certains venus de la région morlaisienne, avaient aussi besoin d’être entendus.

« La colère aujourd’hui est partagée, raconte une professeur d’un collège brestois. On a l’impression que le gouvernement navigue à vue dans cette crise, et que nous sommes en première ligne dans les écoles. Il y a beaucoup de fatigue chez les profs ».

26 janvier 2021

https://www.letelegramme.fr/

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin