Archive | Educ’action

28 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

dialectes (allemagne)

allemands

En Allemagne, l’utilisation très politique des dialectes et langues régionales

Les dialectes et langues minoritaires sont régulièrement utilisés par les politiques d’outre-Rhin. “Deutschlandfunk” s’est intéressé aux messages et aux stratégies derrière ce phénomène de société.

L’Allemagne est loin d’être un pays aussi homogène que la France sur le plan linguistique.

De nombreux dialectes ou langues régionales, comme le “plattdeutsch” (le bas allemand), le “kölsch” (le dialecte de la région de Cologne) ou le “sächsisch” (le saxon) sont parlés sur le territoire. Et “si vous pensez que les débats politiques ne se jouent que dans le haut allemand le plus pur, vous vous trompez”, assure Deutschlandfunk dans une longue enquête.

Ces dernières années, l’usage de l’allemand littéraire (aussi appelé “haut allemand”) s’est généralisé au Bundestag, mais les autres idiomes n’ont pas pour autant disparu de la scène politique.

“On a trop longtemps cru en Allemagne qu’il ne pouvait y avoir qu’une seule langue dans le même pays, explique le linguiste Hubert Klausmann à Deutschlandfunk. C’est une grosse erreur.” Même les chanceliers allemands ont à l’occasion émaillé leurs discours de mots et d’expressions locaux.

https://www.courrierinternational.com/

Lire aussi:

Dialekte in der Politik

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15 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

ccb (fr3)

langues hum

Qu’est-ce que le conseil culturel de Bretagne, qui vient d’élire sa nouvelle présidente ?

On en parle souvent, mais à quoi sert vraiment le Conseil culturel de Bretagne ? La réponse à toutes vos questions sur cette institution créée en 2009, qui vient d’élire sa nouvelle présidente.

La nouvelle présidente du Conseil culturel de la Bretagne a été élue le samedi 14 janvier 2023. L’occasion de répondre à quelques questions sur cette institution.

Qu’est-ce que le Conseil culturel de Bretagne ?

C’est un organisme créé pour faire la promotion de la culture bretonne en France et à l’étranger. Grâce à différentes commissions, il fournit au conseil régional des dossiers sur différentes thématiques liées à la culture bretonne. Cette assemblée consultative a un rôle d’études et de recommandations.

Quand a-t-il été fondé ?

L’association défendant la culture bretonne existe depuis la fin des années 70, après la signature de la Charte culturelle bretonne en 1977.

Mais c’est en 2009, sur proposition de Jean-Yves Le Drian, alors président de la région, que cette association devient une institution consultative auprès du conseil régional de Bretagne.

Qui sont ses membres ?

Les membres du Conseil culturel de Bretagne sont des personnalités qualifiées et expérimentées dans leur domaine, qui sont élues par leurs pairs. L’assemblée est composée de 70 membres.

Comment le président est-il élu ?

Le président est élu par les différents membres du Conseil lors d’une assemblée générale.

Vous pouvez retrouver la liste des membres en cliquant sur ce lien.

Quel est son fonctionnement ?

Le Conseil culturel de Bretagne se réunit au minimum 4 fois par an. Il est composé de différentes commissions ou groupes de travail sur des thématiques diverses (langues de Bretagne ; transmission culturelle et création en Bretagne ; patrimoine, sport, tourisme ; droits culturels y compris droits linguistiques).

Les résultats de ces différents travaux sont ensuite transmis au Conseil régional et au Conseil Économique Social et Environnemental Régional (CESER).

Qui est la nouvelle présidente du conseil culturel de Bretagne ?

C’est Rozenn Milin, elle a été élue le samedi 14 janvier 2023. Elle est historienne, journaliste et productrice et donc désormais présidente du conseil culturel de Bretagne.

14/01/2023 Gwendal Kerbastard .

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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07 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

étudiants (espagne)

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04 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

femmes médecins (the conversation)

medicaments

La disparition progressive des femmes médecins du Moyen Âge, une histoire oubliée

La plupart des « sorcières » persécutées en Europe à partir du 15è siècle étaient en réalité des sages-femmes et des guérisseuses, héritières d’une longue tradition d’exercice laïc de la médecine, plus pragmatique que théorique.

Mais pour raconter l’histoire de ces expertes (avant qu’elles soient totalement évincées), les chercheurs se heurtent à plusieurs obstacles : les informations sont peu nombreuses et disparates, fragmentées en de nombreuses sources très différentes ; sources biographiques, par exemple, mais aussi sources économiques, judiciaires, administratives.

Quelquefois ne subsistent que des prénoms ou des noms, comme ceux des femmes inscrits à l’Ars Medicina de Florence (un traité médical), ou celui de la religieuse apothicaire Giovanna Ginori, inscrite sur les registres fiscaux de la pharmacie dans laquelle elle travaillait pendant les années 1560.

Ces recherches permettent néanmoins de mieux comprendre comment les femmes ont peu à peu été exclues de la médecine, de sa pratique et de ses études, de par un système institutionnel et hiérarchique totalement dominé par les hommes.

La Scola Salernitana

Il faut d’abord évoquer la plus célèbre École de Médecine active au début du Moyen Âge, celle de Salerne, la Scola Salernitana. Elle comptait dans ses rangs plusieurs femmes médecins : Trota (ou Trotula), pionnière de la gynécologie et chirurgienne, Costanza Calenda, Abella di Castellomata, Francesca di Romano, Toppi Salernitana, Rebecca Guarna et Mercuriade, qui sont assez connues et aussi celles qu’on nommait les mulieres salernitanae.

Contrairement aux femmes médecins de l’École, les mulieres travaillaient à un niveau plus empirique. Leurs remèdes étaient examinés par les médecins de l’École, qui décidaient ou non de les accepter, comme en témoignent le manuel Practica Brevis de Giovanni Plateario et les écrits de Bernard de Gordon. A Salerne se croisaient savants chrétiens, juifs et musulmans ; différentes cultures y cohabitaient, faisant de l’École un lieu exceptionnel, vivier de rencontres et d’influences scientifiques.

Des femmes accusées d’exercer illégalement

Cependant, dès 1220, la situation se complique car nul ne peut plus exercer la médecine s’il n’est pas diplômé de l’Université de Paris ou s’il n’a pas obtenu l’accord des médecins et du chancelier de l’Université, sous peine d’excommunication.

Citons l’exemple de Jacoba Felicie de Alemannia. Selon un document produit par l’Université de Paris en 1322, elle traitait ses patients sans connaître « vraiment » la médecine (c’est-à-dire sans avoir reçu d’enseignement universitaire) et était passible d’excommunication ; elle devait par conséquent payer une amende. Les actes du litige décrivent le déroulement d’un examen médical prodigué par cette femme : on apprend qu’elle analysait visuellement l’urine, prenait les pouls, palpait les membres du malade, et qu’elle soignait des hommes. C’est l’un des rares témoignages qui mentionne le fait que les femmes soignaient aussi des hommes.

Le procès de la jeune médecin a lieu pendant une période où l’on dénonçait et condamnait celles et ceux qui n’étaient pas diplômés de l’université. Avant elle, Clarice de Rouen avait été excommuniée pour l’exercice de la profession de médecin pour la même raison – avoir soigné des hommes – tandis que d’autres femmes expertes en médecine furent à nouveau condamnées en 1322 : Jeanne la converse de Saint-Médicis, Marguerite d’Ypres et la juive Belota.

En 1330, les rabbins de Paris sont également accusés d’exercer illégalement l’art de la médecine, ainsi que quelques autres « guérisseurs » qui se faisaient passer pour des experts sans l’être (selon les autorités) : on les taxait d’imposture, même s’ils étaient compétents. En 1325, le pape Jean 22, opportunément sollicité par les professeurs de l’Université de Paris après l’affaire Clarice, s’adresse à l’évêque de Paris Stephen en lui ordonnant d’interdire aux ignorantes de la médecine et aux sages-femmes l’exercice de la médecine à Paris et dans les environs, en insistant sur le fait que ces femmes pratiquaient des sortilèges.

La formalisation des études

L’interdiction progressive de la pratique de la médecine pour le genre féminin a lieu parallèlement à la formalisation du canon des études, le début de contrôle minutieux par les hiérarchies d’enseignants et par les corporations, marginalisant toujours plus les femmes médecins.

Elles continuent pourtant d’exister et d’exercer – parmi les italiennes on connaît les Florentines Monna Neccia, mentionnée dans un registre fiscal, l’Estimo de 1359, Monna Iacopa, qui a soigné les pestiférés en 1374, les dix femmes inscrites à la corporation des médecins de Florence – l’Arte dei Medici e degli Speziali – entre 1320 et 1444, ou les Siennoises Agnese et Mita, payées par la Ville pour leurs services en 1390, par exemple.

Toutefois, pratiquer la médecine devient très risqué pour elles, les soupçons de sorcellerie se faisant de plus en plus pesants.

Malheureusement, les sources officielles manquent de données au sujet des femmes médecins, car elles exerçaient dans une société dans laquelle seuls les hommes accédaient aux plus hautes fonctions.

Malgré tout, le cadre historique que l’on peut reconstituer montre l’existence non seulement de femmes qui étaient expertes et pratiquaient l’art de la médecine, mais aussi de femmes médecins qui ont étudié, souvent à titre non officiel – la plupart étaient instruites par leur père, leur frère ou leur mari.

Les femmes médecins dans les sources littéraires

Les sources non institutionnelles, comme les textes littéraires, sont très précieuses. Par exemple, Bocacce évoque une femme médecin dans le Decameron. Le narrateur, Dioneo, parle d’une certaine Giletta di Nerbona, une femme médecin intelligente qui parvint à épouser l’homme qu’elle aimait – Beltramo da Rossiglione – en récompense d’avoir guéri le roi de France d’une fistule à la poitrine. Boccacce fait dire à Giletta, qui perçoit bien le manque de confiance du souverain en elle, en tant que femme et jeune femme :

« Je vous rappelle que je ne suis pas médecin grâce à ma science, mais avec l’aide de Dieu et grâce à la science de Maître Gerardo Nerbonese, qui fut mon père et un célèbre médecin de son vivant ».

Boccace nous présente donc une femme experte en médecine d’une manière simple et naturelle : c’est peut-être un signe du fait qu’il se référait à des situations plus communes et connues par son public de lecteurs qu’on ne le croit généralement. Ce que dit Giletta au reflète une réalité de l’époque pour les femmes qui pratiquaient la médecine : ce qu’elle sait, elle l’a appris de son père.

Il existe en particulier beaucoup de données concernant les femmes médecins juives, actives en particulier dans le Sud de l’Italie et en Sicile, qui apprenaient l’art médical dans leur familles.

L’Université de Paris a joué un rôle très important dans le processus historique de normalisation et d’institutionnalisation de la profession médicale. Dans son article « Les femmes et les pratiques de la santé dans le Registre des plaidoiries du Parlement de Paris, 1364–1427 », Geneviève Dumas a bien montré l’importance des sources judiciaires parisiennes du 14è et 15è siècle, parce qu’on y trouve la mémoire des femmes qui ont été condamnées pour avoir pratiqué illicitement la médecine ou la chirurgie. Dumas a publié deux procès : celui qui a été mené contre Perette la Pétone, chirurgienne, et contre Jeanne Pouquelin, barbier (les barbiers étaient aussi autorisés à pratiquer certains actes de chirurgie).

Tandis que l’enseignement de la médecine à l’Université de Paris devenait la seule formation valable en Europe et que l’École de Salerne perdait en influence, les femmes ont été peu à peu exclues de ces professions.

La disparition progressive des femmes médecins est à mettre en relation avec les interdictions ecclésiastiques, mais aussi avec la professionnalisation progressive de la médecine et avec la création d’institutions de plus en plus strictes telle que les Universités, les Arts et les Guildes, fondées et contrôlées par des hommes.

En Europe, il faudra attendre le milieu du 19è siècle pour que les premières femmes médecins diplômées puissent exercer, non sans essuyer de vives critiques.

Isabella Gagliardi Professeur Associé d’Histoire du christianisme, Fondation Maison des Sciences de l’Homme (FMSH)

https://theconversation.com/

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21 décembre 2022 ~ 0 Commentaire

iran (université)

Quand les étudiants iraniens de l’université Sharif de Téhéran reprennent El pueblo unido jamás será vencido (« Le peuple uni ne sera jamais vaincu ») la chanson chilienne écrite par le groupe Quilapayún et composée par le musicien Sergio Ortega en 1973.

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29 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

merc’hed (cgt)

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19 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

lycées pro (gr)

lycées pro (gr) dans A gauche du PS P4-2022-10-18-Photo-Jeunes-LP-Manif-Valence-1024x768

Lycées pro : construire la mobilisation
pour stopper l’attaque !

Le 18 octobre dernier, il y a eu 60 % de grévistes dans les LP. Les manifestations spécifiques ont rassemblé des milliers de personnels et de groupes de lycéens : 3 000 à Paris, 1 200 à Marseille, 1 000 à Bordeaux… Une grève historique, et pour cause.

Depuis juin, les lycées professionnels sont placés sous la double tutelle du ministère du travail et de celui de l’éducation. Objectif affiché par Macron : « une meilleure adéquation entre formation et compétences métiers attendues ». Concrètement la carte des formations scolaires se fera selon les besoins immédiats en main d’œuvre des entreprises du bassin d’emploi. Cela se traduira par la fermetures de certaines filières jugées sans débouchés locaux. Peu importe le projet professionnel des jeunes, il faut qu’ils soient utiles aux patrons de la région où ils sont scolarisés.

Les réformes précédentes (Lycées des métiers, Bac pro en 3 au lieu de 4 ans… ) allaient déjà dans ce sens. Mais Macron et Ndiaye s’activent annonçant une augmentation de 50 % du temps de stage en entreprise pour les lycéens. Pour ces lycéens, souvent issus des classes les plus populaires, des enfants d’ouvriers, c’est une perte majeure d’heures de cours, de qualité de formation et de possibilités de réorientation après.

Coté personnels, dans plusieurs régions, la fermeture de plusieurs lycées pro est déjà planifiée pour septembre 2023.

Des fermetures de postes sont annoncées, des personnels recasés n’importe où et des craintes sur les conditions de travail qu’on leur imposerait sur les temps de stage. Afin de construire la riposte, une grande journée de grève nationale est (était) annoncée le 17 novembre. Les personnels ne veulent pas lâcher. La lutte commune avec les lycéens et les parents est à l’ordre du jour.

16/11/2022

https://www.gaucherevolutionnaire.fr/

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18 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

grève (jdd)

ecole emancipee

Grève contre la réforme des lycées professionnels : les syndicats dénoncent l’augmentation du temps de stage

Ce jeudi, de nombreux lycées professionnels étaient fermés à l’appel d’une grande partie des syndicats d’enseignants de ces établissements. En cause : un projet de réformes voulu par Emmanuel Macron. Une des mesures ne passe pas, celle de l’augmentation prévue du temps de stage d’au moins 50 %.

Professeurs et lycéens sont en colère et le font savoir. Ce jeudi, de nombreux lycées professionnels se sont mis en grève et ont donc fermé leurs portes. Cette initiative vient d’une rare alliance intersyndicale, l’appel a été lancé par huit organisations, dont les principaux syndicats du secteur.

Seul le Sgen-CFDT s’est désolidarisé du mouvement. Ils dénoncent un projet de réformes voulu par le président de la République, Emmanuel Macron, comme le souligne l’AFP. Projet au sein duquel une mesure est particulièrement critiquée : l’augmentation prévue du temps de stage d’au moins 50 % qui réduirait les heures d’enseignement général. Une première journée de mobilisation suivie par de nombreux enseignants de la voie pro avait eu lieu le 18 octobre .

À Paris, le cortège, composé de 3 000 personnes selon les organisateurs, s’est élancé vers 14 heures de la place de la Sorbonne, en direction du ministère de l’Éducation nationale, a constaté une journaliste de l’AFP. Selon les chiffres du ministère de l’Éducation nationale, le taux de grévistes à la mi-journée atteignait 8,84 % dans les lycées professionnels. Une baisse de 14,16 % par rapport au premier mouvement des syndicats du secteur.

« On en a marre de la galère » 

Toujours dans la capitale, des « lycées pro en colère, on en a marre de la galère » ou encore « les gamins des quartiers populaires ne sont pas de la main d’oeuvre pour actionnaires » étaient scandés par les enseignants, élèves et élus.

Tandis que sur une banderole de tête, on pouvait lire : « pour l’avenir des élèves de la voie professionnelle, non à la casse des lycées pros », comme le souligne l’AFP. Jérôme Fournier, secrétaire national du SE-Unsa présent dans le cortège parisien, déclare à l’AFP que « l’objectif aujourd’hui c’est de mobiliser et faire pression sur le gouvernement pour qu’il entende et qu’il revienne en arrière sur les projets qui sont annoncés ».

Samuel Azemard  17/11/2022

https://www.lejdd.fr/

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07 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

rennes (of)

rennes lycees

Salaires, retraites… nouvelle manifestation jeudi 10 novembre à Rennes

Plusieurs syndicats appellent à manifester jeudi 10 novembre, à Rennes, pour de meilleurs salaires et contre la réforme des retraites. La précédente manifestation avait eu lieu le 18 octobre.

« Le gouvernement et le patronat n’ont pas entendu le message des travailleurs et travailleuses. Les revendications demeurent et notre volonté de gagner aussi ! » Une nouvelle journée de mobilisation sur les salaires, les retraites et les minima sociaux, est annoncée jeudi 10 novembre. Plusieurs syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires et les étudiants de la FSE) appellent « l’ensemble des salariés, précaires, privés d’emploi, retraités, jeunes, étudiants, à poursuivre et amplifier » la précédente mobilisation du 18 octobre dernier.

Les syndicats espèrent une démonstration de force pour faire barrage « à la réforme des retraites et à celle de l’assurance-chômage, pour la défense et le développement des services publics, enseignement, santé… ». Ils militent aussi « pour la réduction du temps de travail hebdomadaire à 32 heures, pour la revalorisation immédiate du Smic à 2 000 euros brut, la remise en place d’une échelle mobile des salaires et, a minima, une indexation des salaires et pensions sur l’inflation. »

Rassemblement jeudi 10 novembre, 11 h, esplanade de Gaulle à Rennes.

04/11/2022

https://www.ouest-france.fr/

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24 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

animateurs-trices (basta)

ecole b

Animateurs périscolaires : « La ville est aux abonnés absents quand il s’agit de nos conditions de travail »

Parmi les très bas salaires de l’Éducation, il y a les animatrices et animateurs périscolaires. En plus, la profession souffre du temps de travail fractionné et du manque de reconnaissance, témoigne Damien. Il alerte sur ses conditions de travail

Sur la page de Pôle emploi, l’annonce de recrutements est toujours d’actualité. Plus d’un mois et demi après la rentrée scolaire, cette ville moyenne de Bourgogne-Franche-Comté recherche encore de nombreux postes d’animateurs et animatrices périscolaires. Avec 21 heures de travail hebdomadaire pour un salaire mensuel net de 580 euros, et la prise en charge du repas de midi, il n’est pas surprenant que les candidats et candidates ne se pressent pas.

Les rémunérations de ces emplois sont très faibles, le temps de travail est fractionné, en plus du manque de valorisation sociale et d’une absence de perspectives. Déjà en 2020, un rapport d’information sur les « métiers du lien », présenté par les députés Bruno Bonnell (LREM) et François Ruffin (LFI), soulignait le peu de reconnaissance et les mauvaises conditions de travail auxquelles doivent faire face ces professions, d’assistant·e maternelle à auxiliaire de vie sociale en passant par accompagnant·e d’enfant en situation de handicap ou animateur·rice périscolaire. La proposition de loi déposée à l’automne 2020 par les deux députés pour mieux payer ces métiers du lien avait pourtant été rejetée à l’Assemblée nationale.

Depuis, peu de choses semblent avoir évolué, comme en témoigne Damien, employé, justement, par cette commune pourtant gérée par la gauche (le prénom a été changé à sa demande, et le nom de la ville anonymisé).

« On est dans une situation de pion au lieu d’être animateur »

« Cela fait plusieurs rentrées que j’assure en tant qu’animateur périscolaire. Quand je le peux, quand je le veux aussi, je bosse pendant les vacances scolaires, en centre aéré ou en colo.

Si on travaille sur les trois temps d’accueil périscolaire journaliers et sur un poste fixe, dans une seule école, ça fait un peu moins de 21 heures par semaine, temps de préparation et de réunion compris, pour un salaire net autour de 680 euros [Damien gagne un petit peu plus que le salaire initial proposé par la municipalité, ndlr].

Ce qui nous est demandé, c’est de participer à l’éducation, à l’épanouissement et au développement des enfants, qui sont sous notre responsabilité pendant les temps d’accueil. Avec des objectifs pédagogiques posés au niveau de la municipalité et qu’on doit essayer de respecter par les animations ou les projets menés avec les enfants.

Mais concrètement, nous n’avons pas les moyens de monter ces animations, par manque de temps de préparation, par overdose de réunions, à moins d’accepter de travailler gratuitement. On se retrouve dans une situation de pion au lieu d’être animateur. Et du coup, ça nous frustre, ça frustre les enfants, ça frustre les parents, à juste titre d’ailleurs.

Pour ma part, je construis les projets que j’ai envie de proposer aux enfants comme je peux et dans la limite du temps qui m’est payé. D’autres collègues vont, malheureusement, prendre un peu plus de temps en dehors de leurs horaires sur place en travaillant sur des idées d’activités ou de projets pendant les week-ends ou les soirs.

« Notre employeur reste sur une vision de l’animation comme job étudiant ou job d’été »

Malgré le fait qu’on nous désigne comme partie prenante et participant actif à l’épanouissement et au développement des enfants, nous ne recevons aucune reconnaissance. Notre employeur reste sur une vision de l’animation comme job étudiant ou job d’été et non comme véritable profession. Et ce, malgré une professionnalisation rampante avec la mise en place de diplômes au niveau national. Ce n’est pas un hobby, ce n’est pas un job d’été. La majorité des animateurs le font parce qu’ils ont envie de bosser dans l’animation et d’en faire leur métier. Mais ça ce n’est pas reconnu et ça explique en partie le fait qu’on nous maintient dans des conditions dignes d’un mauvais job étudiant.

Ce peu de reconnaissance transparaît aussi dans les conditions de travail qu’on nous impose. On peut être baladés et mis à disposition d’autres équipes en sous-effectif. Chaque fin de mois de septembre, on apprend par la presse locale que des dizaines, voire une centaine d’enfants, ont été refusées en accueil périscolaire du midi parce qu’il n’y a pas assez d’animateurs et d’animatrices pour les accueillir sur le temps méridien. Et encore aujourd’hui, la ville où je travaille est à la recherche de personnel, qu’elle ne trouve pas, parce que c’est mal payé, avec un temps partiel subi et des conditions de travail qui ne sont pas valorisées ni attrayantes.

On a également des horaires découpés. On fait 7 h 30-8 h 15 pour l’accueil du matin, puis 11 h 30-14 h pour le midi et 16 h 30-18 h pour le soir. Donc, c’est quasiment impossible de cumuler un deuxième emploi en journée. Si on veut en prendre un, ça implique que ce soit le mercredi ou le samedi et de se priver de temps de repos. Parce que même si on n’a pas énormément d’heures de travail, c’est intense de s’occuper d’enfants, que ce soit physiquement ou mentalement.

« On a déjà fait trois grèves depuis le début de l’année scolaire »

On a déjà fait trois grèves depuis le début de l’année scolaire. Mais la ville est aux abonnés absents quand il s’agit de nous répondre concrètement sur nos conditions de travail, sur le salaire, sur la précarité, sur l’absence de projections et la demande de formation.

Et il faut se rendre compte que sur un traitement à 680 euros, voire un petit peu moins, un jour de grève, ça fait 22 euros. Pour beaucoup, ça correspond à presque une semaine de nourriture achetée en hard discount. Mais on est tellement peu reconnus, tellement peu payés, que ce coût, il faut malheureusement le supporter pour avoir plus. »

Propos recueillis par Nils Hollenstein

20 octobre 2022

https://basta.media/

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