Archive | Economie

09 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

la grande évasion (fiscale)

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08 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

lannion grands projets inutiles

51f8Zca-CDL

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01 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

fillon (osons causer)

Programme de Fillon : qui veut travailler plus pour gagner moins ?

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30 novembre 2016 ~ 0 Commentaire

boulots de merde (bastamag + npa)

diplom serf

On revient à une économie de type féodale, une économie de la domesticité

Produire ou servir plus, avec moins : c’est l’injonction faite à tous les travailleurs, des chaînes de montage automobiles aux couloirs des hôpitaux, en passant par les salles de classe ou les bureaux de poste.

A la souffrance de ces boulots dégradés, s’ajoute la précarité grandissante de travailleurs qui quittent le salariat pour la «liberté» de l’auto-entreprenariat. Une violence sociale féroce dans laquelle les journalistes Julien Brygo et Olivier Cyran ont plongé pour écrire leur ouvrage Boulots de merde.

Ils y décrivent l’âpre quotidien de celles et ceux qui exercent des métiers difficiles et souvent utiles, à comparer avec certains boulots très bien payés et plutôt confortables, mais qu’ils jugent socialement nuisibles. Entretien

Vous expliquez que tous ces « remaniements » de services publics sont inspirés du « Lean management », une méthode élaborée dans les années 1950 au Japon par les ingénieurs de Toyota, et revue par le très libéral Massachusetts Institute of Techno- logy (MIT) aux États-Unis au début des années 1990. Comment cela se traduit-il dans le monde du travail ?

Le « Lean management » est devenu la marotte des directions de ressources humaines, et s’immisce et se propage dans tous les secteurs du monde du travail : dans les multinationales ou les services publics, chez les gros industriels et les sous-traitants.

Il consiste à imposer aux salariés de faire plus avec moins, en s’attaquant notamment à tous les temps morts : les pauses jugées superflues, les respirations qualifiées d’improductives, toutes les minutes qui ne sont pas « rentables ».

Dans nos reportages, tout montre que les travailleurs n’arrivent pas à faire face à cette inten- sification du travail. Ce qu’on leur impose en terme de rythme et d’objectifs n’a plus de sens. Nous nous dirigeons vers un état de souffrance au travail généralisée. Il y a des vagues de suicides partout. Et on parle là des secteurs de la santé ou de l’éducation : ce sont des secteurs fondamentaux de notre vie sociale. Lire la suite

Nolwenn Weiler 30 novembre 2016

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Plaintes patronales et souffrances salariales (NPA)

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29 novembre 2016 ~ 0 Commentaire

fukushima (anti-k + libération+ npa + al)

ffukushima

Nucléaire : la facture de Fukushima double encore une fois

Selon le Nikkei, le gouvernement a réévalué le montant de la seule indemnisation des victimes de Fukushima à 8.000 milliards de yens. Mais une commission d’experts a révisé en octobre les évaluations de Tepco et du gouvernement en indiquant que les des indemnités dépasse- ront allègrement cette somme.

42 milliards d’euros, puis 80 et maintenant 170.
Selon le quotidien économique « Nikkei », le gouvernement japonais a encore lourdement réévalué son estimation du coût de la catastrophe nucléaire survenue à Fukushima à la suite du tsunami du 11 mars 2011. Le total de la facture nécessaire notamment à l’indemnisation des victimes et au démantèlement de la centrale de Fukushima Daiichi est désormais estimé à plus de 20.000 milliards de yens (170 milliards d’euros).

Le ministre du Commerce avait auparavant estimé à 11 000 milliards de yens (80 milliards d’euros) le coût de la catastrophe, dont 5 400 milliards d’indemnisations, 2.500 pour la décontamination, 1.100 pour la construction d’un lieu de stockage des sols contaminés et 2.000 milliards pour le démantèlement de la centrale administrée par l’énergéticien japonais Tokyo Electric Power (Tepco) .

Mais le chiffre sur lequel se fondait le gouvernement auparavant était de « seulement » 5.800 milliards de yens (42 milliards d’euros), estimation deux fois trop basse avait déjà dénoncé, en août 2014, Kenichi Oshima, professeur d’économie environnementale à l’Université Ritsumeikan est catégorique.

Aujourd’hui, la facture dévoilée par le Nikkei se détaille ainsi :

  • L’indemnisation des victimes est désormais estimée à 8.000 milliards (mais en octobre dernier, des experts estimaient que ce sera bien plus),
  • La décontamination nécessiterait 4.000 à 5.000 milliards,
  • Et le budget du démantèlement subit une hausse du même ordre.

Des coûts qui reposeront sur le contribuable

Selon plusieurs sources proches du dossier citées par le Nikkei, une partie de cette augmen- tation sera reportée sur les coûts de l’électricité. En 2014, l’universitaire Kenichi Oshima avait déjà pointé du doigt le fait que ces coûts vont reposer sur les citoyens, en tant que contribu- ables si l’État paye, ou en tant qu’utilisateurs de courant via la facture émise par la compagnie si elle finit par rembourser les sommes avancées. En théorie, Tepco, sauvée de la faillite par les pouvoirs publics, est censée rendre l’argent avancé.

Sollicité, le ministère japonais du Commerce s’est abstenu de tout commentaire.

Repère:
Le 11 mars 2011, un violent séisme de magnitude 9 puis un tsunami dévastateur ont abouti à l’accident de la centrale de Fukushima Daiichi, la pire catastrophe nucléaire depuis celle de Tchernobyl en 1986.

latribune.fr    28/11/2016

http://www.anti-k.org/

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Hinkley Point : EDF et la grosse galère de l’EPR (Alternative Libertaire)

COP22 : L’indispensable transition énergétique devra attendre ! (Commission Ecologie du NPA)

Fukushima : la facture explose (Libération)

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26 novembre 2016 ~ 0 Commentaire

soldes (culturebene)

black-friday

Aujourd’hui le Black Friday désigne le lendemain du repas de Thanksgiving, un grand jour de soldes pour lancer la saison des achats aux États-Unis.

Mais il fut un temps où cette célébration désignait la liquidation pure et simple du reste d’es- claves noirs non vendus, par leurs maîtres blancs sur le marché de la place publique. Avant le départ vers l’Afrique pour en attraper de nouveaux plus frais, et renouveler ainsi le stock.

C’est ainsi que des esclaves étaient exposés devant des centaines d’acheteurs, qui faisaient leur choix et en ramenait dans leurs plantations pour travailler du coton, de la canne à sucre, ou dans leur maisons afin d’effectuer les taches domestiques.

Cette version n’est pas souvent citée, peut-être pour des raisons de tranquillité et éviter qu’elle ne divise l’Amérique, de même que la véritable version de la Thanksgiving qui est en fait le jour où les indiens (autochtones) ont décidés de donner des couvertures aux colons blancs pour pas qu’ils meurent de froid, marquant ainsi une trêve dans la guerre qui les opposait, symbolisée par un partage de nourriture entre les deux clans.

http://www.culturebene.com/

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26 novembre 2016 ~ 0 Commentaire

changeons d’ère (gilles balbastre)

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Un an après la sortie du documentaire « Vérités et mensonges sur la SNCF »  commandé par le CE SNCF Nord-Pas-de-Calais, un autre comité d’entreprise cheminot, celui de FRET SNCF, m’a demandé de réaliser un film sur l’état du transport de marchandises en France en 2016.

En tant que fils de cheminot, qui plus est en poste durant toute sa carrière au triage d’Hourcade près de Bordeaux, en tant que journaliste et réalisateur «spécialisé» dans le domaine du travail, des services publics, de l’économie, je savais plus ou moins que le fret ferroviaire n’était pas en forme. Mais de là à avoir conscience de l’étendue des dégâts et de la rapidité de la casse, il y avait un pas que ce film a permis de franchir. 85% des marchandises passent désormais par la route, à peine 10% par le rail. La part du rail a été divisée par trois en une quinzaine d’années seulement.

Et pourtant, ce n’est pas faute pour les cheminots d’avoir tiré le signal d’alarme. Mais que voulez-vous, les médias et les journalistes détournent leurs yeux vers des sujets plus importants …

Les principales leçons que l’on peut tirer après avoir fait et vu ce film sont :

1 – des choix économiques et écologiques d’importance sont faits dans notre pays dans une absence totale de débat public et dans un silence médiatique assourdissant,

2- la parole des salariés, des élus salariés et des syndicalistes est d’une très grande richesse quand on prend le temps d’aller la chercher et de la restituer.

A l’aube d’une campagne présidentielle et législative qui s’annonce plus glauque et réactionnaire que jamais, il faut rendre grâce à un comité d’entreprise comme celui de SNCF Fret dirigé par des syndicats combatifs de créer un espace de liberté pour une information non polluée.

Gilles Balbastre

balbastre.nada.info@gmail.com

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19 novembre 2016 ~ 0 Commentaire

patrimoine (npa)

riches-impots

Rompre avec les inégalités et l’injustice fiscale

Selon le dernier rapport de l’Insee publié début novembre, les inégalités de patrimoines ont légèrement diminué de 2010 à 2015, mais, sans grande surprise, pas chez les plus pauvres, chez qui elles ont au contraire augmenté…

Selon ce rapport, le patrimoine brut médian des ménages français atteignait 158 000 euros début 2015 (cela signifie que la moitié des ménages possèdent moins de 158 000 euros de patrimoine… et que l’autre moitié en possède beaucoup plus). Et les écarts peuvent donner le tournis.

En effet, la moitié des ménages les plus riches concentrent 92 % des avoirs patrimo-niaux.

De plus, les 10 % des plus riches disposent d’au moins 595 000 euros de patrimoine brut, détenant près de la moitié de l’ensemble du patrimoine. Cerise sur ce gros gâteau, 1 % des ménages les plus riches possèdent chacun plus de 1,95 millions d’euros d’actifs.

En revanche, à l’autre bout, la moitié des ménages les moins dotés détient 8 % du patrimoine brut, et les 10 % de ménages les moins dotés possèdent chacun moins de 4300 euros de patrimoine, et collectivement moins de 0,1 % de la masse totale.

Les inégalités progressent chez les plus pauvres

Si l’Insee tente de relativiser en titrant que les écarts de patrimoines «se réduisent légère-ment», on s’aperçoit vite que c’est la concentration du patrimoine chez les plus riches qui s’est réduite. Et qu’au bout du bout, les plus riches possèdent toujours 139 fois plus de patrimoine que les plus pauvres !

De 2010 à 2015, la situation des plus pauvres s’est détériorée.

Au sein des 10 % de ménages les moins dotés, l’indice Gini, qui varie entre 0 et 1, 0 corres- pondant à l’égalité parfaite, 1 à l’inégalité extrême) a ainsi fortement augmenté, passant de 0,523 à 0,684. Et le rapport entre les plus gros patrimoines et les plus modestes a augmenté d’un tiers en 5 ans !

De plus, les politiques d’austérité, le chômage de masse ont obligé les plus modestes à puiser dans leurs économies.

Selon l’Insee, « le patrimoine moyen des 10 % de ménages les moins dotés, presque intégra- lement constitué de comptes-chèques et de livrets d’épargne réglementée », a en effet forte- ment diminué depuis début 2010 (- 30,2 %). Leur montant moyen est ainsi passé de 250 euros en 2010 à 150 euros en 2015 pour les comptes-chèques, et de 110 euros à 90 euros pour les livrets d’épargne réglementée…

Une fiscalité qui accentue les inégalités

Ce qu’oublie de mentionner le rapport de l’Insee, c’est que les inégalités de patrimoine aug- mentent également en raison des différentes politiques fiscales. Lors de son quinquennat, Sarkozy avait considérablement réduit la place de l’imposition du patrimoine, allégeant consi- dérablement l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et la fiscalité de la transmission du patrimoine (donations et successions).

Certes, Hollande est revenu sur ces allègements… mais sans réinstaurer les impôts d’avant 2007. En effet, tout au long de son mandat, il a essentiellement tourné son action vers l’impôt sur les revenus du capital, la fiscalité sur le stock, la transmission du patrimoine étant totalement délaissée.

Cela sans parler de tous ceux au sein du gouvernement ou de la majorité qui ont revendiqué la suppression de l’ISF, comme c’est aussi le cas pour la quasi- totalité des candidats à la primai- re de la droite. Car à droite, ils avancent tous le même argument : l’ISF ferait fuir les plus riches… La suppression de l’ISF représenterait pourtant une perte de 5 milliards d’euros environ dans les caisses de l’État. Et avec les baisses d’impôts sur les revenus du capital proposées par les candidats de la primaire, la facture grimperait à 10 milliards d’euros. Et tous voudraient compenser cette perte en passant à la retraite à 65 ans (voire même plus…) et en diminuant les minima sociaux…

De plus, Sarkozy propose, lui, d’exonérer de toute taxation la donation du vivant en ligne directe en dessous de 400 000 euros. Bruno Le Maire propose que le plafond d’exonération pour les donations en ligne directe passe de 100 000 à 150 000 euros et de 31 865 à 100 000 euros des grands-parents aux petits-enfants. On retrouve une telle mesure chez Fillon mais sans précision chiffrée.

Taxer le patrimoine, vraiment !

Pour le NPA et son candidat à la présidentielle Philippe Poutou, il faut une taxation des succes- sions selon un barème fortement progressif, s’accompagnant de la suppression de toutes les possibilités d’évasion qui ont été mises en place. Sur l’ISF, notre proposition est de construire un impôt incluant l’ensemble du patrimoine, « outil de production » et œuvres d’art compris, fortement progressif, et sans plafonnement (ce qui permet aujourd’hui aux plus riches de le contourner).

Les politiques fiscales des dernières décennies ont accentué l’injustice fiscale. Une véritable politique anticapitaliste s’appuierait sur des mesures qui privilégient les impôts directs et la progressivité de l’impôt, taxant réellement le capital mais aussi le patrimoine.

Sandra Demarcq Mardi 15 novembre 2016

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18 novembre 2016 ~ 0 Commentaire

chauffage (ouest france)

poor

Chauffage : il fait froid chez 75% des Français

Trois quarts des Français déclarent avoir froid chez eux et un quart indique même que c’est « systématique ». Ce constat expliquerait les dépenses conséquentes des ménages en chauf- fage qui s’élèvent à 14% en moyenne. 75 % des Français ont froid chez eux. Selon un son- dage réalisé par Opinion Way pour le site Quelleenergie.fr et relayé ce mardi par RTL, 23 % Français ont même « systématiquement froid » quand ils sont dans leur logement.

Les femmes ont plus froid que les hommes

Dans le détail, les femmes ont plus froid que les hommes. Elles sont ainsi 82 % à ressentir le froid chez elles, contre 66 % des hommes. Selon le sondage, les plus de 60 ans sont, quant à eux, moins frileux que les moins de 35 ans. Ces chiffres peuvent, en partie, expliquer la part non négligeable des dépenses de chauffage, soit 14 % du budget global des ménages. Ceci alors que seules 16 % des personnes interrogées ont déclaré que leur chauffage leur coûtait moins de 5 % de leur budget global.

Mauvaise isolation des logements

A noter que ces dépenses conséquentes sont également étroitement liées à la mauvaise isolation des logements français. Pourtant, seuls 17 % des personnes interrogées se sont dits prêtes à envisager des travaux d’isolation qui permettraient de réduire leur facture énergétique et ce, malgré les avantages fiscaux. « On peut dépenser beaucoup d’argent à chauffer une maison, mais si elle est mal isolée on chauffe autant l’extérieur de la maison que l’intérieur. Et donc au final on a froid et on dépense beaucoup d’argent »  a expliqué à RTL Thibaut de Robien. Un directeur marketing et commercial de Quelleenergie.fr qui a assuré que « le constat que l’on fait aujourd’hui risquait de s’aggraver » sachant que l’on pouvait « s’attendre à ce que l’énergie coûte plus cher dans les prochaines années ».

16/11/2016
Commentaire: Au lieu de verser 60 milliards au Medef, on aurait pu subventionner l’isolation de tous les HLM (et d’autres) ?  Mais çà aurait été contraire au « libéralisme »!

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16 novembre 2016 ~ 0 Commentaire

autocar 1er (la tribune)

otokar

Les déboires des homologues européens d’Emmanuel Macron

Emmanuel Macron devrait annoncer jeudi 16 novembre sa candidature à l’élection présidentielle. L’occasion d’examiner l’évolution des expériences comparables qui ont été menées ailleurs en Europe… sans grand succès.

Alors qu’Emmanuel Macron devrait annoncer mardi 16 novembre officiellement sa candidature à l’élection présidentielle française, il peut être utile de se pencher sur les expériences politi- ques comparables en Europe. Ce sera l’occasion pour l’ancien ministre de l’Economie français de rappeler le cœur de son discours : un « réformisme » entendu comme une libéralisation de l’économie et de la société qui transcenderait les divisions politiques traditionnelles au nom de la « modernisation » du pays. L’idée n’est pas tant de s’intégrer dans le système politique que de le transformer radicalement en faisant du mouvement de ce candidat un pôle central de la politique nationale capable d’attirer les « réformistes » de tous bords.

Si cette position a déjà été maintes fois tentée – en vain – en France, de Jean Lecanuet à François Bayrou, comme les observateurs politiques le soulignent souvent, on ignore généra- lement les expériences comparables en Europe.  En Italie et en Espagne, on a vu surgir des partis nouveaux soucieux de dépasser les clivages au nom d’un réformisme perçu comme positif. Ont-ils été plus heureux que les prédécesseurs français de l’ancien ministre de l’Economie ?

En Italie, la grande défaite de Mario Monti

Mario Monti est, a priori, assez éloigné d’Emmanuel Macron dont il est l’aîné de plus de 34 ans. Lorsqu’il devient président du Conseil italien en novembre 2011, le Milanais a déjà une brillante carrière d’universitaire et de commissaire européen derrière lui. Pourtant, politiquement, son expérience ressemble assez à ce que cherche à faire le jeune énarque d’Amiens.

Mario Monti a pris les rênes du gouvernement après la démission de Silvio Berlusconi, démis- sion fortement « souhaitée » par les dirigeants européens pour « rassurer les marchés » et éviter une offensive contre une des principales dettes souveraines d’Europe. Sa tâche est donc simple : « réformer » pour rassurer les marchés et l’Europe en s’appuyant sur une large coalition regroupant centre-gauche et centre-droite. Cette politique de réformes doit conduire à un renouvellement politique incarné par Mario Monti, le « technocrate » au-dessus des combi- nazioni et des jeux politiciens qui déstabilisent la politique italienne, du moins dans l’esprit de ses partenaires européens.

Mario Monti loge au palais Chigi pendant 18 mois et y mène une politique d’austérité classique saupoudrée de quelques réformes, dont celle de la réduction du nombre et de l’importance des provinces ou encore celle du marché du travail. A l’approche des élections législatives de février 2013, il se laisse tenter sous la pression de ses amis par la création d’un mouvement, le « Choix Citoyen/Scelta Civica » . Les similitudes avec celui d’Emmanuel Macron sont frappantes : il s’agit de poursuivre les réformes en en finissant avec l’ancien système bipartisan, tenu responsable du « blocage du pays ». Comme Emmanuel Macron, Mario Monti bénéficie alors d’une immense sympathie dans les cercles médiatiques et dirigeants européens.

Mais le chef du gouvernement subit le contrecoup de sa politique, fortement rejetée par une grande partie des Italiens. Mario Monti peine par ailleurs à incarner le renouvellement de la politique alors qu’il s’est allié avec les partis centristes traditionnels et qu’il dirige une « grande coalition ». La « régénération » est mieux représentée alors par le Mouvement 5 Etoiles de Beppe Grillo, qui lutte contre la corruption, l’ancien système politique et l’austérité. Aux élections, il obtient 25 % des voix contre à peine 10 % au parti de Mario Monti. Un échec cinglant qui a montré que les espoirs des « réformistes » avaient peu d’échos dans l’opinion italienne.

A l’issue de ces élections, le parti de Mario Monti décide logiquement de soutenir le gouverne- ment « réformiste » d’Enrico Letta, puis celui de Matteo Renzi. Il est rejoint par la minorité du parti de Silvio Berlusconi qui choisit de soutenir ces gouvernements. Finalement, il devient une force d’appoint parlementaire pour le Parti démocrate. L’arrivée de Matteo Renzi au palais Chigi ôte toute « raison d’être » à ce parti centriste puisque l’ancien maire de Florence reprend – avec un succès incertain – le discours réformiste et le replace dans le cadre de l’opposition droite-gauche classique. Dans les sondages, le centre italien n’est plus guère crédité que de 3 % à 3,5 % des voix. Mario Monti a abandonné la politique et Choix citoyen, désormais simple composante fantôme de ce centre, réduit à peau de chagrin.

En Espagne, l’expérience Ciudadanos

Ciudadanos est peut-être le parti qui se rapproche le plus de la tentative d’Emmanuel Macron. Son fondateur, Albert Rivera, est de deux ans le cadet du fondateur d’En Marche. Son par- cours est cependant assez différent : ancien juriste travaillant pour la banque La Caixa, il a participé à la fondation de Ciudadanos (Citoyens) un parti alors purement catalan qui veut combattre la politique visant à répandre l’usage du catalan dans les écoles de la région. Le parti parvient à entrer en 2006 au parlement catalan, mais reste un phénomène local. En 2009, lors des élections européennes, il entre dans la coalition de droite eurosceptique Libertas.

Albert Rivera modifie cependant sa position avec la crise. Progressivement, le parti adopte des positions libérales et « réformistes » ainsi qu’une conviction européenne fédéraliste. La nou- velle doctrine de Ciudadanos n’est pas sans rappeler celle de Potami en Grèce et d’Emmanuel Macron : il s’agit d’en finir avec la vieille politique pour vraiment « réformer » l’Espagne. Ceci le conduit à rejeter le bipartisme et la politique d’austérité menée par les deux partis traditionnels, le PSOE et le PP. Albert Rivera reprend à son compte un vieux thème de la politique espagno- le, la « régénération », considèrant que l’austérité budgétaire est stérile si elle est réalisée par des partis qui profitent de la dépense publique sans avoir une réelle volonté de réformer. Là aussi, on est assez proche des positions d’Emmanuel Macron : il faut vraiment libéraliser en « cassant les carcans » de l’Etat entretenus par les vieilles forces politiques. Mais, parallèlement, Ciudadanos rejette fortement Podemos à gauche qui est accusé de refuser les « réformes nécessaires ».

Ciudadanos émerge dans le paysage politique espagnol dans le courant de l’année 2015, alors que Podemos est au plus haut dans les sondages. Albert Rivera propose une alternative centriste au bipartisme. Suite à une forte exposition médiatique, son parti commence à progresser, obtient de nombreux élus régionaux et, selon certains sondages, frôle même les 20 %. Albert Rivera peut donc, comme Mario Monti, penser devenir le pôle central de la politique espagnole, regroupant les « réformistes » et imposant son agenda aux deux grands partis avec pour objectif de les évincer.

Lors des élections du 20 décembre 2015, le parti réunit 13,95 % des voix et finit quatrième. Ce bon score place Albert Rivera en position de « faiseur de roi ». Ce dernier passe, du reste, un accord avec le leader socialiste Pedro Sánchez fin février en imposant plusieurs de ses « réformes » dans l’agenda du futur gouvernement. Cette option permettrait à Ciudadanos d’attirer les Socialistes vers le réformisme tout en se démarquant du PP jugé trop corrompu. Mais il se heurte au refus de Podemos de s’abstenir pour laisser s’installer un tel gouverne- ment. Podemos rejette le refus de Ciudadanos de laisser organiser un référendum d’autodéter- mination en Catalogne et ses réformes d’inspiration libérale, notamment sur le marché du travail où Albert Rivera milite pour des contrats plus flexibles.

Cet échec conduit à de deuxièmes élections, le 26 juin dernier. Ciudadanos perd 10,6 % de son électorat et obtient 13,2 % des voix. C’est un coup dur, car il semble que le parti atteigne un palier dans l’électorat espagnol. Albert Rivera, devant la montée du PP, adopte une nou- velle stratégie : il passe un pacte avec Mariano Rajoy en espérant l’abstention des Socialistes. Cette stratégie est risquée. Certes, Ciudadanos semble, comme c’est le cas au niveau régio- nal, faire bon marché de son exigence de régénération qui est pourtant la base de sa stratégie « réformiste » en recherchant à tout prix l’alliance des partis établis. Il prend le risque d’appa- raître comme « opportuniste », même si Albert Rivera défend l’idée qu’il est capable d’imposer des réformes essentielles à ses partenaires.

L’histoire de Ciudadanos n’est pas terminée, il peut encore profiter de la décomposition du PSOE à condition qu’il prouve qu’il peut changer la politique espagnole et pas seulement s’y glisser. Son alliance avec le PP est donc un défi : devenu partenaire « junior » du parti conser- vateur pourra-t-il véritablement infléchir la politique de Mariano Rajoy et les pratiques des Populares ? Rien n’est moins sûr. En réalité, à 13% ou 14 % des voix, le parti aura bien du mal à renouveler la politique espagnole et à imposer des réformes propres. Le risque serait pour le parti d’Albert Rivera de n’être qu’un parti anti-indépendantiste, centré sur la Catalogne. En Galice et au Pays Basque le 25 septembre, Ciudadanos n’a pas obtenu un seul élu. Et dans les sondages, le parti est annoncé en déclin, entre 11 % et 12 %. Le rêve d’Albert Rivera pourrait avoir fait long feu.

Le défi d’Emmanuel Macron

Emmanuel Macron peut-il faire mieux que ces expériences européennes ? Rien n’est sans doute impossible. Mais ces exemples montrent que le défi de ces mouvements « réformistes » est immense. Il leur semble impossible, même lorsque les systèmes politiques sont en pleine décomposition, même lorsque leur leader est populaire et jeune, de percer suffisamment pour imposer leur agenda au reste du monde politique. Leur discours de « réformes » peine régu- lièrement à convaincre des populations qui préfèrent accorder leur confiance aux partis conservateurs pour les réaliser.

Progressivement, ces partis sont alors contraints de « choisir leur camp », officiellement pour imposer leurs idées. Mais, ce faisant, ils entrent dans le jeu politique et perde leur caractère « rénovateur ».

La chance d’Emmanuel Macron est peut-être la très forte personnalisation du pouvoir en France. Mais c’est aussi sa limite : s’il n’est pas élu président de la République, il lui faudra obtenir assez d’élus à l’assemblée pour participer à une majorité et rester visible pendant 5 ans, ce qui suppose des ancrages locaux qui sont encore à réaliser. Sinon, son avenir après la présidentielle risque de ressembler à celui de François Bayrou après 2007 ou de ses homologues européens. (NDB: Nous avons omis la Grèce)

latribune.fr  Romaric Godin  15/11/2016

http://www.anti-k.org/

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